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1 (1806)
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DES GEAIS. 137

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LE GRANbD ASEUh.

(XN' 49.)

Ex jetant un coup-d'œil de comparaison entre notre geai d'Europe et T'es- pece du grand jaseur dont nous faisons le sujet de cet article, et qui habite aussi l'Europe, on ne peut qu'ètre surpris qu'aucun des naturalistes qui ont parlé de ce dernier ne P'ait réuni au genre du geai, plutòt que d'en avoir, comme Brisson, fait une grive, ou comme Linnée, une pie-grieche, etc. Les Anglois seuls paroissent avoir saisi les rapports frap- pants qu'a cet oiseau avec notre geai, puisqu'entre beaucoup d'autres aoms ils lui ont donné celui de geai de Bohème, Bohemian gay: en effet ces deux oiseaux se ressemblent parfaitement par tous les caracteres ex- térieurs, ou ce que nous nommons physionomie; seulement chez celui-ci les traits de cette physionomie sont dans un plus petit module; le grand jaseur enfin est suivant nous; et dapréès tous ses attributs, un très petit geai, un geai en miniature: on ne sauroit donc sans se refuser à P'évi- dence s'empécher de le placer au moins immédiatement à la suite des geais, si Pon ne veut absolument pas le comprendre dans leur genre; ce que nous n'hésitons pas à faire, nous: il est mème à observer que le grand jaseur s'éloigne moins des geais proprement dits et des rolliers que les

especes de geais d'Amérique; car celles-ci ont le bec plus plat, les tarses

plus hauts, la queue plus longue et plus étagée que les geais et les rol- liers, tandis que le jaseur et notre geai d'Europe ont ces parties absolu- ment semblables, ainsi qu'il sera facile au lecteur de s'een convaincre par

la simple comparaison des figures fort exactes et de grandeur naturelle

que nous donnons de ces oiseaux: mais si après les formes matérielles nous considérons le port, Tattitude, les divers mouvements du grand ja- seur, c'est alors sur-tout qu'on est frappé de l'analogie qu'il y a entre lui et notre geai jusque dans T'espece de cri de surprise qu'il exprime de la gorge, et en ouvrant beaucoup le bec en mème temps quil releve sa belle huppe, plus grande encore que celle que forme ce dernier en redressant les plumes de sa téte.

Ainsi Pespece du grand jaseur est très bien caractérisée, d'abord par

une grande huppe, et ensuite par les appendices rouges qui terminent plusieurs des pennes moyennes de ses ailes, et qui sont formées par le prolongement de la côte de chacune d'elles au-delaà des barbes, laquelle