42 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE
les retortes, on chausse celle-ci sur les murs de la chauffe avec des morceaux de briques et de la glaise pétrie; ensuite on met sur leurs goulots une couche de la même terre pétrie, et sur celle-ci une autre de briques, ce qui raffermit assez les retortes. Lorsque les retortes sont ainsi montées, on met sur leurs fonds tout le long de Ja chaufie une rangée de briques étroites, longues; cela fait on couvre le tout avec de grandes briques carrées, épaisses; lesquelles posent tant sur les briques qui sont mises sur. les fonds, que sur celles qui sont sur les goulots des retortes; briques qu’on met aussi sur une couche de plaise pétrie. Ces grosses briques ont des soupiraux ménagés dans leurs coins pour donner issue à la fumée; on ménage aussi au bout de la galère conire le mur d’appui, une petite cheminée pour donner issue à la fumée.
$. VI. Lorsque cela est fait, on remplit les retortes avec du vitriol calciné, et pour cela on se sert d’une cuillère de fer-blanc, longue, faite en forme de tuile et clouée à un manche de bois; trois de ces cuillerées remplissent une retorte; et pour pousser bien la couperose dans les retortes, on a une rondelle de bois avec son manche dans le centre, en forme de rable. On met trois livres de couperose dans chaque cuine, lesquelles rendent une livre et demie d'acide sulfurique. Lors jue les retortes sont remplies, on allume le feu dans la chauffe, et on laisse encore évaporer le flegme du vitriol; car quoïqu'on Pait calciné au blanc, il contient encore assez d’eau. Cette eau en sortant en vapeurs, porte du vitriol en dissolution, et si on ne laissoit pas sortir ces vapeurs les vaisseaux briseroient.
$. VII. Après cela on ajoute les récipiens aux retortes, et ceux- ci enfilent dans les bouches des mêmes retortes, et on lute alors toutes les jointures avec un lut de glaise pulvérisée et pétrie avec de l’eau et de l’acide sulfurique, et ce même lut sert aussi pour enduire les cuines. Le lut endurci qui se retire des cuines et récipiens, après la distillation, est écrasé et pétri encore avec de la glaise fraîche pour servir toujours de nouveau.
$. VIII. L'opération de la distillation dure d'ordinaire 32 heu- res, car si on suspendoit le feu avant ce temps-là, on perdroit beaucoup d’acide qui resteroit encore dans le vitriol mal brûlé. Le feu doit être toujours égal, sans être trop fort; mais dans les six dernières heures, on le pousse assez violemment pour chasser du vitriol les dernières particules d'acide; les trois livres de sulfate de fer donnent une livre et demie d'acide sulfurique bien concentré.


