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On a vu, S. V, que la pierre qui constitue la montagne de la Salle contenoit de la terre siliceuse, et que les végétaux qui croissent sur son sol en contenoient aussi une petite quantité. Il s’agissoit maintenant de reconnoître si les végétaux provenus d’un sol absolument dépourvus de cette terre en serolent éga- lement privés. La montagne du Reculey de Thoiry m’a offert heureusement, après quelques recherches infructueuses, un sol propre à cette recherche intéressante. J'ai eu à regretter seule- ment que la saison, l'élévation et l’année où j’ai pris sur cette montaoue les plantes dont je m'occupe, ne m’aient pas permis de constater les autres observations que j’avois faites sur les végétaux de la Salle, comparativement à ceux du Breven; car on peut présumer que les quantités d’eau et de charbon que contiennent les végétaux sont subordonnées à ces circonstances,
tandis que la nature des principes terreux de ces mêmes végé-
taux, en est absolument indépendante.
Le Reculey de Thoiry. Analyse de la pierre dont il est
formé.
S. XIX. La montagne du Reculey de Thoiry est située à 5o où
60 kilomètres à l’ouest du Breven, dans la ligne occidentale la Frs s D ere à
plus élevée de la chaîne du Jura. Il est formé d’une pierre cal-
caire compacte qui prend une couleur d’un gris blanchâtre par
le contact de l’air, mais souvent d’un jaune clair à l'intérieur.
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Sa cassure est ordinairement matte uelquefois un peu scin-
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tillante et inégale. Elle est demi-dure ou un peu plus que demi-
_ dure: on y trouve accidentellement et rarement des géodes et
des concrétions siliceuses, sur-tout dans la partie basse de la montagne. Les végétaux que jy ai recueillis ont été pris à une élévation de 1,400 mètres au-dessus de la mer. La pierre cal- caire dont le Reculey de Thoiry est formé se dissout avec une violente effervescence dans les acides; elle perd dans cette dis- solution la o,#2 partie de son poids, ce qui équivaut à trés-peu- près à la perte que souffre la crême de chaux par cette même dissolution. Lorsqu'on fait dissoudre cette pierre dans un acide muriatique délayé; on sent une odeur très-frappante de pétrole, et il n’y a aucun résidu, si l’on en excepte quelques flocons bruns qui brûlent comme le pétrole, et qui équivalent au plus à la 0,002 partie du poids de la pierre soumise à l’analyse. Cette dissolution muriatique filtrée laisse précipiter, lorsqu'elle est saturée d’ammoniac non effervescent, quelques flocons jau- 2


