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Il paroît que les végétaux calcaires considérés dans leur état de verdeur, contiennent plus de charbon que les végétaux gra- nitiques, et que cette substance remplace en partie dans les végétaux calcaires l’eau que ces derniers contiennent en plus petite quantité. Si le sol, comme plusieurs physiologistes le pensent, fournit aux plantes une grande quantité du carbone qu’elles contiennent, cet effet n’est point difhcile à expliquer, puisque le carbone peut leur être fourni en abondance par les montagnes calcaires qui en contiennent presque le quart de leur poids.
Cendres des végétaux calcaires et granitiques.
$- XIV. Rien n’est moins connu encore que le rôle que jouent les cendres dans les différentes combinaisons de carbone d’oxy- gène, d'hydrogène et d’azote qui constituent les substances vé- gétales. Nous ignorons si ces matières salines et terreuses sont essentielles à ces combinaisons, si elles sont toujours identiques dans les mêmes végétaux, si le sol a quelqu'influence pour en changer la nature. La plupart des auteurs ont cru qu’elles étoient un produit de la végétation, et ont admis par conséquent que le sol n’avoit aucune influence sur leurs parties constituantes.
La quantité de cendres obtenue de la combustion des vÉgé- taux varie suivant la manière dont elle s’opère. Si elle est étouf- fée, lente et sans flamme apparente, on doit obtenir moins de cendres, parce qu’il se forme alors des combinaisons vola- tiles et inflammables qui s’échappant sans s’enflammer, sous- trayent une partie des cendres que leur combustion auroit pro- duit. La quantité de cendres doit varier encore suivant le degré de feu où elle s’opère, en supposant même la combustion com- plette et instantannée, puisqu’elles peuvent être plus ou moins privées du gaz acide carbonique dont les terres absorbantes et les alkalis se saturent pendant la combustion, et puisque les sels qu'eiles contiennent peuvent être plus ou moins volatilisés.
S- XV. Pour mettre la plus grande uniformité possible dans lincinération des végétaux que j'éprouvois, je les ai jetés après leur dessication à l’air libre, dans un grand creuset de fer rougi obscurément; ils se sont enflammés sur-Jle-champ, et quand leurs cendres ont atteint la couleur qui leur étoit propre et qu’on n’y distinguoit plus de charbon, je les ai pesées avant leur refroidisse- ment, et j'ai réduit les quantités obtenues à celles que cent parties des végétaux employés auroient données dans leur état de verdeur.


