12 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE (Voyage dans les Alpes, parag. 639), est une montagne de gra: nit veiné composé de quartz, de feldspath et de mica. Dans cette roche le quartz et le feldspath confusément mêlés, sont ranges le plus souvent par tranches séparées d’autres tranches plus minces de mica noir ou brun(auquel Kirwan a donné, dans ses derniers Elémens de minéralogie, le nom de micarelle), ce qui doune à la pierre un œiïl rayé ou rubanneé. L’épaisseur de ces veines alternatives varie à l'infini, soit dans les différentes cou- ches de la montagne, soit même dans les morceaux les plus petits de la même couche. Il est donc impossible que l’analyse puisse donner avec exactitude les proportions des principes qui consti- tuent cette montagne; elle ne nous donne qu’un à-peu-près dont il faut être forcé de se contenter. Outre le quartz, le feld- spath et le mica, cette montagne contient, mais accidentellement, des cristaux de schorl, de grénat, de hornblende, de la chlorite, de la steatite lamelleuse. J'ai trouvé, un peu au-dessous de son sommet, sur sa face occidentale, un filon d’un pied de large de hornblende verte Jlamelleuse, qui se rapproche un peu de la smaragdite qu’on trouve alliée au jade dans les cailloux roulés des environs de Genève. Le granit dont j'ai fait l’analyse étoit dépourvu de ces substances accidentelles. 1e mélange de quartz et de feldspath qui le formoient en partie, offroit des veines de 2. à 4 millimètres d'épaisseur. Les couches de micarelle avoient au plus 2 millimètres dans le même sens. J’ai pulvérisé 244 gram- mes de cette roche, prise dans le voisinage des plantes qui fe- ront l’objet de cette dissertation.
(a) Cent parties(5 grammes) de ce granit pulvérisé ont été mêlées avec 61 grammes d'acide muriatique: il ne s’est produit aucune effervescence. Le mélange a été soumis à l’ébulition et filtré. La roche n’a perdu que-? de son poids par cette digestion.
(b) Ce résitlu insoluble mêlé avec trois fois son poids de soude effleurie, et soumis à une forte chaleur dans un creuset de pla- tine, à formé un verre à demi-transparent, couleur vert de porreau. Ce verre pulvérisé a été mis en digestion dans de l’acide nuriatique qui ne l’a dissous qu’en partie.
(c) Ce dernier résidu insoluble a été traité, comme ci-dévant, avec l’alkali et l'acide qui cette fois a paru dissoudre le tout en entier. Les dissolutions muriatiques(a. b. c.) mêlées, ont été évaporées à une douce chaleur. il s’est formé une gelée qu’on a eu soin de remuer sur le feu jusqu’à ce qu'elle fut réduite en poudre sèche par l'agitation et le dessèchement. Cette poudre a été mise en digestion dans de l’acide muriatique qui l’a dissoute


