jo JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE
recueillir et de comparer les diflérentes observations, et ne pas négliger même les plus légers apperçus. J’ai cru devoir faire connoître les miens et mettre les naturalistes en état de les cons- tater ou de les détruire. J'ai communiqué plusieurs de ces obser- vations à la société de physique et d’histoire naturelle de Genève, le 2 messidor an 7, mais j’en ai depuis lars fait de nouvelles, et j'ai soumis les premières à un examen plus approfondi, qui m'a forcé de faire à ce sujet un travail absolument neuf,
S. il. Jorsqu’on passe des montagnes calcaires aux montagnes granitiques, on est frappé des différentes influences que ces deux sols ont sur la végétation(1). Le sol calcaire paroît l'emporter sur le granitique, non-seulement par la variété des plantes auxquelles il sert de support, mais encore par l’état de vigueur et de pros- périté où elless’y trouvent. J'ai cru longtemps, avec la plupart des physiologistes, que les parties constituantes des végétaux étoient les mêmes quelque fût le sol qui leur avoit donné nais- sance. J’attribuois alors les différences qu’on observe dans Ja fertilité des terreins calcaires et granitiques, aux propriétés phy- siques de ces deux sols; je pensoïs que le sol calcaire pouvoit être plus favorable à la végétation, à raison de sa faculté plus ou moins grande de retenir l'humidité, et de la facilité avec la- quelle les racines pouvoient le pénétrer et détruire la force de cohésion qui réunit les. molécules calcaires. Mais lorsque j'ai dirigé mon attenticn sur les vertus nutritives des végétaux cal- caires et des végétaux granitiques, ou en d'autres termes, des végétaux qui avoieut cru Sur un sol calcaire et sur un sol grani- tique, j'ai vu que les animaux qui se nourrissoient sur les gra- nits étoient plus petits, plus maigres et fournissoient moins de lait que ceux qui se nourrissoient sur les terreins calcaires, quoi- que les végétaux crus sur les deux sols fussent les mêmes, et que les quantités de ces végétaux fournies aux animaux dans les deux cas fussent égales. J’ai vu de plus que le lait des monta- gnes granitiques étoit moins chargé de parties butireuses ct ca- seuses. que celui des montagnes calcaires. Il n’est point de cou- reur de montagnes des contrés que j'habite, qui n'ait pu apperr
(1) Plusieurs naturalistes ont cru reconnoitre que certaines plantes étoient ap: propriées au sol calcaire, et que d’autres plantes eroissoient de préférence sur un sol granitique.( V. Annales chimiques d’Istery.).
Le C. Necker, mon beau-frère, qui s’est particulièrement occupé de ces recherches, n’a jamais trouvé le ckrysanthemum alpinum que sur des montagnes gramtques.


