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elle forme une croix. On place dans cette der- nière fosse, qui est peu profonde, un madrier qui doit servir de point d'appui pour soutenir la tête du bélier, qu'on renverse sur le dos, dans la fosse qui forme l'arbre de la croix. Un homme s’étend à plat-ventre sur le bélier; il appuie fortement la tête de l'animal sur le ma- drier, d'une main, tandis que de l’autre, il tient empoigné un long et large ciseau, pesant quatre ou cinq livres, qu'il fixe successive- ment sur les cornes, et sur lequel un second homme assène un ou deux coups d’un maillet de bois, ce qui suffit pour emporter très-net la partie de la corne qu'on a dessein de retran- cher. L'appareil qu'exige cette méthode, doit lui fait préférer celle de la scie.
C'est à un an que se fait ordinairement cette opération. Il n’est pas rare que les cornes, en repoussant, viennent à toucher quelques parties de la tête, qu’elles génent beaucoup, dans lesquelles mêmes elles finiroient pars’enfoncer, si l'on n’avoit l'attention de faire une seconde amputation.
La queue est, dans le mouton, un fardeau à peu près inutile et incommode; la queue se charge d'ordures qu’elle dépose en grande partie sur la toison. Les anglais, les espagnols, et généralement tous les peuples qui se sont attachés à l'amélioration des laines, ont grand


