Aufsatz 
Observations sur les enfants d'Édouard de Delavigne et sur les rapports de cette tragédie au Richard III de Shakspeare / von dem Gymnasiallehrer Dr. Müller
Entstehung
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quelle a pour ses enfants, est sans doute plus fortement exprimé que dans la piece Shakspearienne; en more elle sinquiète de son fils absent et souffrant; elle prend plaisir à regarder son Richard paréè pour le jour du sacre; mais elle le blâme aussi fortement, lorsqu'il s'oublie au point de tirer son poignard contre Glocester. Il est vrai que, dans Shakspeare, elle montre aussi de l'amour pour ses enfants, mais seulement dans les plaintes qu'elle fait sur la mort des princes. La scene la plus importante pour le caractère d Elisabeth, tel que Shakspare le dépeint, c'est celle*) ou elle se laisse persuader par Glocester à gagner pour lui le coeur de sa fille Elisabeth. Car Glocester songe à l'epouser, après s'étre défait, pen avant, de son é6ponse Anne, à ce que Shakspeare nous fait entendre. En effet, dans cette scène la reine a la faiblesse de préter l'oreille aux paroles insinuantes de son beaun-frere et à la fin elle consent à disposer le coeur de sa fille pour le meurtrier de ses deux fils. Ainsi son caractère paraitrait sans doute beancoup plus noble, si elle n'eùt pas montré cette inex- cusable faiblesse pour le vil usurpateur.

Le Glocester de Delavigne est une pure copie de celai de Shakspeare; mais une copie atténuée et polie. Et comment serait-il possible à aucun poète de peindre ce caractère méchant, ambitieux et eruel, de couleurs plus vives et plus grandioses que Shakspeare l'a peint? Ne fallait-il pas que la peinture de ses forfaits, quelle qu'elle fut, le cédàt de beancoup à celle de Shakspeare? Le pocte anglais le fait paraitre, des l'entrée, comme un franc scélérat, tout comme Glocester lui-mèême avait déconvert sa nature dans la troisième partie de Henri VI. Mais celui des lecteurs de la tra- gedie des Enfants d'Edouard, qui ne connait pas le Richard de Shakspeare, ne prévoit point la grandeur des crimes que projette Glocester. Daus Shakspeare, ²) celui-ci exprime à Clarence sans déguisement la haine qu'il a pour les parents de la reine et pour la reine elle-meme; et il ne dis- simule pas à Elisabeth ³¹) combien il se pique qu'elle ait été élevee à la dignité de reine et que de si grands honneurs et emplois aient été conférés aux parents de lady Gray. Les paroles en présence de la reine et des parents de la reine sont si rudes et si peu amicales que ceux-ci n'en peuvent conclure rien de bon. Mais dans Delavigne il cache à la reine toute sorte de sentiments ennemis et se montre en toute occasion prévenant et insinuant, et ce n'est qu'à Buckingham qu'il déeclare ouvertement sa haine pour la reine et pour les Gray, ainsi que le dépit qu'il ressent de l'elevation de cette parenté. Tontefois seulement tant qu'il voit Buchingham marcher dans le mème chemin que lui: car aussitét qu'il apercoit que celni-ci fait minede le laisser en chemin, il commence à parler avec réserve et à cacher ses desscins. Il est clair en général que Delavigne a représenté beaucoup plus ce qu'il y a d'hypocrite et de déguisé dans son caractère quc Shakspeare, oi il parait

presque tonjours dans toute sa grossiere méèchanceté qui ne fait que cracher des injures, beaucoup

1) Acte IV, Scene 4. 2) Acte I, Scene 1. 3) Acte I, Scene 3.