Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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Belle-Alliance! Waterloo! C'est comme un carillon venant d'une vallée lointaine, un roulement de tambour faisant surgir le passé: Vous voyez les alliés, se tendant la main pour une belle alliance. Voilà le péle-méle d'un combat sanglant! Voici le lion aux abois! Vous entendez le cri:La garde meurt, mais ne se rend pas! Mais ce cauchemar s'évanouit et est remplacé par un tableau plus joyeux et plus gai:

Voici une classe de jeunes filles, groupées autour de leur professeur; suspendues pour ainsi dire à ses lèvres, elles écoutent, retenant leur haleine, avec la plus profonde attention le récit de ce qui s'est passé à Waterloo, il y a presque cent ans.

C'est M. LOHMEVYER avec sa classe. II avait eu l'amabalité de m'inviter à l'accompagner.

Maintenant nous allons traverser les vastes et riches plaines de la Flandre, ces parties du paysoùð le bœuf et le cheval gonflent à jouer l'éléphant, la femme vaut un homme et souvent mieux, les hommes grouillent comme les insectes après l'orage.*)

Ce sol fertile a joué un grand rôle dans l'histoire. A maintes reprises, il a été le champ de bataille des peuples de l'Europe. L'architecture s'y est développée d'une manière correspondant au caractère sensuel et amolli de ses habitants La peinture y trouve des représentants de premier ordre qui ne manquent jamais de garder toute l'originalité de leur race. Le godt de la musique s'y ajoute. Voilà la Flandre telle qu'elle est.

Tout en suivant la ligne Bruxelles-Ostende, j'ai fait maintes stations, pour visiter la contrée.

D'abord, je me suis arrété dans le Nuremberg de la Belgique, à Bruges. Je tenais à visiter cette ville dont la richesse était si grande au moyen- âge que Jeanne de Navarre, faisant son entrée à Bruges en 1302, s'écria:Je croyais étre reine toute seule, mais en voici des centaines qui se présentent. Partout des souvenirs du passé se dressent devant vous. La population même a bien gardéèé l'empreinte du temps oùð l'Espagnol régnait, la terreur d'un duc d'Albe pesait sur le pays. Mélé aux types purement germaniques, vous voyez le vrai descendant des anciens oppresseurs du pays qui, ne sachant rien des haines d'antant, s'est uni peut-être par des liens de famille les plus étroits à''arrièere-petit-fils du Flamand ruiné par ses ancétres. Et puis, quelle foule d'édifices historiques! La maison privée, ''église et l'hôtel des anciennes familles nobles, toutes ces constructions vous rappellent le temps d'autrefois.

Voici la Cathédrale St.-Sauveur en style ogival entremélé de parties en style roman, et à l'intérieur de Péglise, ce ne sont que de glorieux souvenirs

*¹) cf. MICHELET, Notre France, p. 260/61.