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tient son pot d'or ²⁰), c'est tout ce qu'il demande. Du reste, il attribue tout ce tapage à la ruse de Mégadore, qui veut le ruiner; il va même jusqu'à soupçonner que le cod de la maison est au service de ses ennemis; car, s'il n'en était pas ainsi,-pour- quoi le diable cet animal se mit-il à gratter précisément à la place ouù se trouvait enterré le pot-; il fallait donc l'assommer.
A ce moment Mégadore arrive et, dans un grand monologue, il exprime son con- tentement concernant son choix; il s'étend longuement sur le luxe des femmes et les dépenses folles qui en sont inséparables 2¹). Désormais Euclion ne croit plus son foyer asile assez sůr pour son trésor, et craignant, par dessus le marché, que Mégadore n'ait l'intention de le griser le soir pour le voler ensuite, il porte sa marmite au temple de la Foi. Phèdre, fille d'Euclion, qui a été séduite par Lyconides, neveu de Mégadore, s'approche du terme de sa délivrance, et comme celui-ci ne veut pas que son oncle Mé- gadore marche sur ses brisées, il envoie Strobile, son esclavée ²²), pour s'informer sur tout ce qui s'est passé; celui-ci arrive justement au moment où Euclion sort du temple. Quelques paroles qu'il adresse à la déesse trahissent son secret, et Strobilé s'est élancé déjà vers le sanctuaire dans l'intention de chercher le trésor, lorsque le vieil- lard revient sur ses pas, devenu soupçonneux par le croassement d'un corbeau; trouve Strobile au temple, le tire par les cheveux, le fouille, le chasse enfin et emporte son argent dans la forèét de Sylvan. Mais Strobile, qui a épié le projet du vieillard, le devance, grimpe sur un arbre, observe ce que fait Euclion et se saisit du pot au moment ouùs l'autre s'en va.— Le pauvre Euclion s'aperçoit bientôt du vol; il est au
¹⁰) Comment Euclion a pu porter la marmite dans cette scène et pendent les 2 suivantes, en sorte que les spectateurs le vissent, tandis que ni Congrion ni Mégadore n'en apercevaient rien, c'est difficile à imaginer. Les paroles ne nous en donnent aucune explication. II la portait probablement au sein du pallium, de manière à la cacher pour les interlocuteurs ct. à divertir en mèôme temps le public. cf. Weise, p. 42.
²¹) La description des„dotatae“(les éwi-“οαν des grecs) était un lieu commun de la co- mnédie nouvelle des Romains; de même que: de parasitis, servis, scurris, lenonibus, damnosis, militibus gloriosis etc. Des fragments innombrables se trouvent p. c. dans A. Gellius; aussi notre auteur Plaute en parle: Asinaria, Miles(III, 1, 85, 199), Menèchmes, Mostellaria (III, 2, init.), Mercator(IV, 3, 4).— Cependant il y a des critiques(ef. Weise, p. 43) qui croient une grande partie de ce monologue interpolée et apocryphe.
²²) Nous remarquons ici une inconséquence dans le rôle de Strobile. Plus haut, à la fin du 2me acte, nous le voyons comme esclave de Mégadore; car celui-ci l'a envoyé pour partager les provisions achetées au marché(Aulul. II. 4, 1. ss). Au 4me acte Strobile entre en scène comme esclave de Lyconides.— Ces deux rôles étaiènt probablement représentés par le même acteur et avec le mêème masque. C'était la figure conventionnelle d'un esclave quelconque; il importait peu, si esclave de Mégadore ressemblait plus au moins à celui de Lyconides.


