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Phédre, la fille d'Euclion ¹6).— Mégadore va mettre en exécution son projet au plus vite; lorsqu'il veut aller trouver le père de sa future, le voilà qui vient du marché, et Mégadore lui fait sa proposition. Euclion, de sa part, est tourmenté de soupçons, car cette proposition serait-elle sincère? Ce projet de mariage apparent ne serait-il pas inspiré par l'avarice, par le désir de s'emparer de son pot d'or? Coup sur coup il court dans sa maison pour s'assurer de sa marmite; enfin, Euclion consent au mariage, non sans avoir stipulé la condition que la fille n'aurait pas de dot. Après avoir fixé le soir pour les noces, Mégadore va au marché pour faire les emplettes nécessaires pour la fête, et bientét les cuisiniers, pris exprès pour la fête, arrivent, chargés de force mangeailles, qu'ils vont transporter dans la maison du vieillard pour préparer le diner nuptial. Les scènes qui suivent sont d'une grande force comique: les disputes et les querelles des cuisiniers rapaces ¹⁷), le partage des moutons et des fläteuses(tibicinae), les arrangements de Strobile, les injures de Staphyla; enfin Pytho- dicus, pintendant de la maison de Mégadore, advient pour surveiller les cuisiniers. Sur ces entrefaites, Euclion revient; il a été au marché pour acheter, lui aussi, des provisions; mais comme tout lui a paru trop cher, il n'a fait d'autres acqui- sitions que des parfums et quelques guirlandes. Lorsqu'il voit sa maison ouverte et qu'il entend un des cuisiniers, Congrion, parler d'un pot, il est saisi de terreur, se précipite à toutes jambes dans sa maison et en chasse les cuisiniers à force de coups de baton. Une scène exquise s'ensuit entre Euclion et un des cuisiniers, Congrion; c'est une scène pleine de verve et de vivacité ¹8). Euclion court dans la maison pour s'assurer de sa marmite et, après l'avoir trouvée et prise, il n'a plus rien à dire contre les cuisiniers; qu'ils entrent, qu'ils cuisent, qu'ils préparent le diner ¹⁵⁹); il
¹⁶) Il est trés probable qu'il y a dans cette scène une interpolation; selon Weise une grande partie serait apocryphe, notamment ces vers: 16— 25; 34— 37. La conduite d'Eunomie après la déclaration de Mégadore est étrange; elle prend congé d'une manibre trop sèche et laconique. V. Weise, die Komödien des Plautus, p. 38.
¹⁷) Les cuisiniers nous sont représentés par Plaute comme une race de voleurs et de querelleurs; il s'approprient ce qu'ils peuvent et profitent de l'occasion pour s'enrichir dans les maisons où on les a pris pour une fèête. cf. Pseudolus, III, 2, 5: coquum multiloquum, gloriosum, insulsum, inutilem.— Ib. v. 2: non coquinum est, verum furinum est forum. v. 105: praedo (sc. coquus) in proxumo est.
¹8) Weise(Komödien des Plautus, pag. 41) trouve que toute cette scène est écrite en vers
saturniens; cette déconverte n'est pas des plus süres à ce qu'il parait. Voir Klein, Gesch.
des griech. u. röm. Dramas. II, p. 496:„Die Scene ist lebhaft, hitzig und komisch, wenn
man will, aber das Wunder, das Weise, der Saturnier, darin entdeckt„„eine der gewal-
tigsten““ u. s. f., konnte nur Einer darin finden, mit dem, in der Freude seines Herzens
über das halbe Schock Saturnier— wenn es Saturnier sind!— sein Heureka durchging.“
Ite sane nunc iam intro omnes, et coqui, et tibicinae.
Etiam introduce, si vis vel gregem venalium.
Coquite, facite, festinate nunc iam quantum lubet ete. Aulul. III, 3, 3. ss.
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