Plaute imité par Molière et par Shakespeare
par
W. Klingelhöffer,
Docteur en philosophie.
Comœdiam esse Cicero ait imitationem vitae, speculum consuetudinis, imaginem veritatis. De re publ. IV, 11, 13.(ed. Klotz.)
„eJe n'ai plus que faire d'étudier Plaute et Térence, ni d'éplucher les fragments de Ménandre; je n'ai qu'à étudier le monde-— dit Molière ¹) après la représentation des Précieuses ridicules«, qui avaient eu un succès prodigieux.
Donc Molière avoue lui-même avoir épluché- les anciens ²). On pourrait s'éton- ner d'un tel aveu de la bouche d'un poète qu'on a appelé le génie poétique le plus complet et le plus plein qu'on ait eu en France ³).— C'est le même Molidère, dont Goethe disait qu'il est si grand, qu'il nous étonne de nouveau chaque fois que nous le lisons; c'est un homme à part, dit-il, ses pièces touchent au tragique et personne n'a le courage de chercher ⸗à les imiter- 4).— Quel curieux contraste: Molière avoue avoir imité lui-méême et par d'autres il est déclaré inimitable!
Et l'autre poète dramatique, dont nous nous sommes proposé de parler, Shakes- peare, pourra-t-on dire de lui la même chose? A-t-il imité aussi? Les productions de Shakespeare sont marquées au coin de son originalité éminente, pourtant on ne sau-
¹) Taschereau, histoire de la vie et des ouvrages de Molidre; livre I, p. 45.
²) Türaboschi va plus loin encore; il dit: II Molidre si d approfittato dei poeti comici italiani a tal segno, che se gli fosse tolto tutto cid che ha preso da altrui, i volumi delle sue commedie si scemarebbero di molto. V. Storia della letteratura italiana, lib. III.§. 25.
²) Sainte- Beuve, causeries du lundi, 21. oct. 1850.
¹) Goeche, über französische Literatur. Bd. 33. p. 106.—-.‚—
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