Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 2. Teil. Die germanische Invasion / von Ludwig Ehlers
Entstehung
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anciens. Mêeme de nos jours il y a plus d'un mot dont, malgré tout notre appareil de eritique, il ne nous est pas possible de fixer la provenance, parce que, au fond du creuset etymologi- que nous trouvons le radical sanscrit, commun aux langues qui ont fourni le dictionnaire roman.

Dancien gaelique offre bar, héros. M. Diez, tout en acceptant la signification du vocable gaelique, fait observer que les mots romans dérivant d'un primitif celtique ne permettent pas le déplacement de Paccent au cas-régime, la déclinaison gauloise n'ayant pas de theme dul en put justifier la forme allongée(ber-baron.) M. Littré, tout en reconnaissant la justesse de la remarque de M. Diez, demande grâce pour baron en admettant une intervention du mot germanique. Ce ne serait pas sans exemple. Cependant comment concilier P'idée de héros avec la donnée du scholiaste et d'Isidore d'un côté et la signification du classique baro de l'autre? Je n'en vois pas la possibilité.

Le sens de baro du latin moyen dge aussi bien que celui du mot roman n'est pas héros, mais homo, vir. Parfaitement d'accord avec les idées qui dominent le moyen âge, il finit par désigner l'homme par excellence dans son double rapport à Dieu et à TEmpereur. Homo- hons étant employé à marquer des rapports secondaires ¹) de T'hiérarchie féodale, ber-baron remplacça vir dont on ne savait que faire dans le passage du latin au roman. Le sens primitif du lmà. baro étant vir et la signification du mot classique étant encore plus incompatible que celle de vir avec l'idée éveillée par le gaulois bar, il faut que le scholiaste se soit trompé sur l'origine de notre mot et sa notice prouve seulement que, selon ses informations, le mot était d'origine étrangère. Le gaulois ainsi mis hors de la question, nous n'avons plus pour donnée qu'un adjectif baro d'une latinité suspecte et qui signitie stolidus, bardus, stupidus, plus un substantif qui, dans la langue qui l'a fourni au latin, signifie servus militum et mercenarius. Or, comme colons, les Germains étaient les mercenaires des Romains; comme esclaves ils étaient les por- tefaix des soldats romains. On est donc porté à s'adresser aux idiomes germaniques pour découvrir le primitif et du mot classique et du mot roman. W'anc-haut-allem. a bar homo, qui va parfaitement pour la forme. Comme ce mot est de la famille du gothique bairan, porter, il a dü avoir une nuance d'homme fort. Cela explique d'un côté le Soous, fortis in laboribus d'Isidore, de P'autre la signification d'homme par excellence que baro contient en germe, en attendant que les événements viennent la développer. Que des Germains prisonniers de guerre employés comme portefaix des soldats romains aient é6té désignés du nom qu'ils se donnaient dans leur langue, c'est fort naturel; que cette dénomination de baro füt tournée bientét en terme de mépris, c'était presque une fatalité. Les Germains étant devenus les maitres de l'empire, baro se releva de sa chute et devint un titre d'honneur comme le nom de Barbarus lui-même. L'idée de mépris attachée à baro passa à goujat que je dérive de cujas, quojas, homme sans aveu, et qui signifie absolument la même chose, servus militum et stolidus, bardus, portefaix des soldats et butor. Ahal. bara, feretrum: beran an énaru bärun üt at thera burges dore, magujungan man. Hel. 2182. fr. bière, brancard, cercueil.

1) Serez ses hom par honur e par ben. Ch. R. 89. Serai ses hom par amur e par feid ib. 86. Qu'il devendrat jointes ses mains tis hom. ib. 223. Tu n'ies mes hom ne jo ne sui tis sire. ib. 318.