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Neuvaine
regardaient comme des biens, et les plonge dans une infinité de maux qui seront éternels. Mais il n'en est point ainsi par rapport aux justes; c'est ce qui met le comble à leur bonheur: Beati qui in Domino moriuntur. C'est la fin de leurs peines et le commencement de leur félicité. Le tombeau est pour eux, dit saint Ambroise, le berceau de l'immortalité glorieuse. Sous ce dernier point de vue, la mort n'avait rien d'effrayant pour Stanislas.Quoique jeune encore, il trouvait déjà son exil bien long, et il soupirait après le moment où, les liens de son corps étant rompus, il pourrait se réunir à Jésus- Christ. Ce sentiment s'accrut en lui d'une manière extraordinaire aux approches de l'Assomption de la Reine des vierges. Il conçut alors le désir le plus ardent de célébrer dans le ciel, avec les Saints et les Esprits bienheureux, le triomphe de leur auguste Reine; et pour obtenir ce qu'il désirait avec tant d'ardeur, il prit pour son protecteur spécial le glorieux S. Laurent, dont la fête précède de quelques jours celle de l'Assomption. On dit même qu'ayant écrit comme une requête à la Mère de Dieu, dans laquelle il exposait la vivacité de ses désirs, il posa cet écrit sur sa poitrine, et que le tenant ainsi collé contre son cœur, il communia le jour de la fête de ce Saint.
Réflexion. Pour être capable d'une pareille démarche, il fallait sans doute qu'il fût dans cet heureux état où la perfection de la charité élève l'âme au- dessus de toute crainte;


