233
à S. Stanislas Kostka.
CINQUIEME JOUR.
MÉDITATION
04
Sur ce que saint Stanislas eut à souffrir dans la maison d'un luthérien.
LE Seigneur a coutume de faire passer par de plus rudes épreuves ceux dont il veut épurer davantage la vertu. Ce fut la conduite qu'il tint à l'égard du jeune Stanislas. L'ordre qu'il reçut de quitter le collége et d'aller demeurer avec Paul, son frère aîné, et quelques autres de ses compagnons, dans la maison d'un luthérien, fut pour lui comme le signal du combat: une vie aussi retirée que la sienne, son éloignement de tout plaisir, son extérieur négligé, son recueillement, des heures entières employées à l'oraison, tout en lui déplaisait à son frère, et choquait des compagnons dont la vie ne s'accordait guère avec la sienne. Ils voyaient dans ses manières d'agir une censure continuelle de leurs mœurs: c'en fut assez pour le leur rendre odieux. Les paroles injurieuses, les railleries les plus piquantes furent les premiers effets de cette haine: on en vint bientôt aux traitements les plus rigoureux; et pendant deux ans Stanislas eut à soutenir, et soutint en effet avec une patience inaltérable, la guerre la plus cruelle et la plus opiniâtre.
Réflexion. Quels sont nos sentiments, en nous rappelant cette conduite rigoureuse du Seigneur à l'égard de son fidèle serviteur?


