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148 HISTOIRE NATURELL E

bec est blanc et les pieds sont gris. Dans cette figure, en outre, la queue est coupée carrément; ses couvertures de dessous sont jaunes, et les yeux entourés d'une large peau nue, blanche; la gorge et les joues, enfin, y sont couvertes de longues plumes, comme chez les Cacatoès: or, dans sa description, Buffon ne dit pas un mot de tous ces caractères. Ma Perruche, ayant la queue pointue, les plumes de la gorge et celles de la face très-petites, et n'ayant de partie nue que la paupière, n'est donc pas le Sosové de Buffon: la figure à laquelle renvoie ce naturaliste, m'est donc pas celle de son Sosové. Javouerai, d'ailleurs, que je ne connois aucune Perruche, soit de Cayenne ou de tout autre pays, qui ressemble à la description ou à la figure de ce Sosové, quoique Buffon en dise l'espèce très-com- mune à la Guiane, vers l'Oyapoc et l'Amazone. Espérons qu'elle nous parviendra un jour, et, en attendant, ne chargons pas la liste des Perruches avérées, de noms dont les sujets pourroient bien n'avoir jamais existé. Buffon Taura décrite, cette espèce, d'après quelque figure, et non d'après un individu. Cette supercherie lui est fami- lière, ainsi que pourroient s'en convaincre tous ceux qui porteroient sur ses descriptions et ses figures lattention que j'y ai portée moi- méme. Il est probable que le bec étoit blanc sur la figure qu'il avoit sous les yeux en décrivant son Sosové: sur celle que j'ai consultée dans ses ouvrages, il est rouge; dans tel autre exemplaire il est peut- étre jaune. Comment ne pas s'égarer en voulant se frayer un passage à travers toutes ces discordances? Ne vaudroit-il pas mieux s'ouvrir une route nouvelle et sure.

Revenons à notre Perruche à tache souci, à laquelle cependant on rendroit le nom de osovw, dans le cas que ce ft à elle que les naturels de la Guiane l'eussent donné par hasard.

Le caractère le plus saillant de la Perruche dont il est question dans cet article, est une grande tache d'un beau souci vif, qui occupe tout le milieu du bord extérieur de Faile; car ce sont précisément ces grandes couvertures, ayant la forme de petites pennes, qui, dans tous les oiseaux, couvrent le pied des grandes plumes des ailes, et que plusieurs naturalistes ont nommées, je crois, aile batarde, qui sont de cette couleur. Elles sont ici au nombre de sept, et toutes du méême jaune-souci: cette même couleur, un peu moins prononcée cependant, tache encore quelques- unes des autres couvertures du bord de T'aile, en remontant vers le poignet. On en apercoit, enfin, une teinte, mais presque insensible, directement sous la gorge. Le