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1 (1806)
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146
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166 HISTOIRE NATURELILE.

conservé toute la pureté de leurs formes et de leurs couleurs; et parmi tels oiseaux très beaux, très purs, qu'on a placés dans une collection, il en est beaucoup encore qui au bout de plus ou moins d'années deviennent méconnoissables; et le coq de roche est un de-ceux dont la dégradation des couleurs s'opere le plus promptement: on a vu des individus de l'es- pece plus foncés en couleur que d'autres et n'en devenir pas moins dans des cabinets très éclairés couleur de feuille morte, et même presque entièérement d'un blanc roux ou isabelle.

L'opinion le plus généralement adoptée chez les naturalistes sur la différence des sexes dans l'espece du coq de roche est que le màâle est d'un jaune orangé, et la femelle d'un brun plus ou moins nué de jaune orange. Comme je mai jamais été dans le cas de disséquer moi-même aucun de ces oiseaux, je donne aussi sur celles de mes planches qui les représen- tent le brun orange pour la femelle de l'espece. Je dois cependant avouer que je ne suis pas tout-à-fait de l'avis des naturalistes à cet égard, et que je pense que la femelle coq de roche devient entièrement couleur d'orange comme le male lorsqu'elle atteint làge fait, quoiqu'elle n'ait jamais les couleurs aussi vives que lui, dont elle differe encore en ce qu'elle est plus petite. La raison de la restriction que je mets ici à l'opinion des natura- listes, que j'adopte néanmoins en attendant des renseignemens certains à l'égard du sexe chez ces oiseaux, c'est que sur trente-un coqs de roche, bruns, brun orangé, ou tachetés d'orange et de brun, que j'ai vus, je n'en ai pas trouvé un seul qui ne m'ait présenté tous les caracteres d'oiseaux jeunes encore; tandis que sur plus de deux cents individus adultes de P'espece je n'en ai pas vu un seul dont le plumage fút brun. Jai remarqué dans ces derniers que les uns étoient plus gros que les autres, et que les plus gros avoient des huppes plus amples et plus élevées que les plus petits, en général moins colorés aussi, abstraction faite des différents degrés de décoloration opérés par les causes que nous avons indiquées plus haut, et qui sont faciles à reconnottre pour un cœil exercé.

Tout ce que nous avons pu apprendre des mœurs et des habitudes du coq de roche, c'est qu'il habite les cavernes profondes et obscures des rochers, qu'il y construit grossièrement son nid avec de petits morceaux de bois sec; que la femelle pond deux œufs blancs de la grosseur de ceux des plus gros pigeons; que l'espece se nourrit de fruitqu'elle a l'habi- tude de gratter la terre, de battre des ailes, et de se secouer comme les poules; qu'enfin le cri de ces oiseaux peut étre rendu par la syllabe, prononcée d'un ton aigu et trainant; qu'ils s'apprivoisent très facilement, et qu'on les trouve en assez grande quantité dans la montagne Luca, prèͤs d'Oyapoc, et dans celle Conrouage, près de la riviere d'Aprouack. Nous ajouterons à ces observations qu'on doit à Sonnini, qui les avoit commu- niquées à Buffon, qu'autrefois le coq de roche étoit très-rare, mais qu'au- jourd'hui il est très-recherché et déja assez commun dans nos collections

d' Europe.

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