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1 (1806)
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140
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140 HISTOIRE NATURELLE

logistes inexpérimentés. Un naturaliste a osé avancer, d'après un individu mutilé qu'il aura vu sans doute, que la femelle du jaseur avoit douze pennes à la queue, et le maàle dix: cette assertion est trop ridicule pour que nous prenions la peine de nous y arrèter; on peut au surplus consub ter Buffon, art. du jaseur, si Ton veut avoir tout ce qui a été dit sur cet oiseau, quoiqu'on n'ait encore rien dit de satisfaisant sur ses mœurs, ses habitudes, etc., ce qu'il seroit cependant bien intéressant de connoitre pour compléter son histoire. Le jaseur voyage en troupe; mais cela arrive généralement à tous les oiseaux erratiques, et ce n'est pas une raison pour croire qu'il vive en société: nous savons que les cailles et beaucoup d'au- tres oiseaux voyageurs qui traversent par bandes d'immenses pays ne vi- vent pas pour cela en troupes, comme les étourneaux par exemple. Ainsi, quoique le jaseur, que nous surnommons grand, pour le distinguer du ja- seur de[Amérique septentrionale, beaucoup plus petit que lui, et dont nous parlerons dans P'article suivant, soit un oiseau d'Europe, nous ne connoissons pas plus son histoire que s'il habitoit les contrées les plus éloignées de notre continent: il faut donc encore le mettre au nom- bre de ces especes presque inconnues et qui s'offrent aux observations de quelque voyageur éclairé. Je ne vois mème pas pourquoi on a donné à cet oiseau le nom de jaseur; car quoiqu'on ait dit qu'il chantoit très bien, je m'ai entendu faire à l'individu de l'espece que j'ai eu vivant que les cris, geai, geai, gouéc, gouéc, enfin j'ai trouvé en tout à cet oiseau tant de rap- ports avec notre geai d'Europe, que je suis étonné qu'on ait pu le séparer de la tribu de ce dernier. Il est à croire que de tous les auteurs qui l'ont décrit il n'en est aucun qui Pait examiné avec attention.