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1 (1806)
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135
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DES GEAIS. 135

brun de lAmérique méridionale, tel que nous le connoissons, tel que nous l'avons vu et examiné à loisir dans plusieurs cabinets. Nous ne par- lerons pas de ses dimensions, la figure que nous en donnons le représen- tant de grandeur naturelle; sa téte, forte et abondamment fournie de longues plumes soyeuses qui lui forment une espece de huppe hérissée, assez semblable à celle de notre geai d Europe, est d'un brun terreux clair qui se répand sur le derriere du cou, le manteau, le dos, et les pennes intermédiaires de la queue; la gorge est blanchàâtre, mais ce blanc se charge d'un gris roussaàtre sur les joues, et à mesure qu'il descend sur la poitrine il finit par être tout-à-fait roux sur les flancs et sur les couver- tures du dessous de la queue; le croupion et les pennes latérales de la queue sont aussi roux; les petites couvertures du poignet des ailes sont gris-brun, les moyennes et les grandes rousses; les pennes alaires sont en général d'un brun-noir et portent une bordure rousse qui file sur les bords extérieurs de leurs barbes vers leur naissance; le bec, les pieds et les ongles sont bruns. Jai vu cinq individus de lespece du geai brun-roux, dont un chez M. Holthuysem; à Amsterdam, le mieux conservé de tous, celui aussi que j'ai fait servir à la figure que j'en donne; le second fait partie du cabinet de M. Raye de Breuckelerwaert, même ville; M. Boers, bailli d'Hasserswoude, près Leyde, en possede un autre; l'abé Aubry enfin et Mauduit en avoient chacun un dans leurs beaux cabinets à Paris. Nous ne connoissons pas par nous-méèmes les mœœurs de cet oiseau; mais Pen- nant, qui paroit l'avoir observé dans son pays natal, rapporte qu'il n'ha- bite pas seulement le Canada, mais qu'il a trouvé encore à la baie d Hud- son, à Terre-Neuve, et même sur d'autres parties de la côte occidentale du nord de lAmérique; cet auteur ajoute que l'espece habite les forêts, et que pendant l'hiver elle approche des habitations, ouù elle se fait détes- ter par ses voleries et les dégaàts qu'elle y fait; car, comme notre geai d Eu- rope, celui-ci fait des provisions d'hiver; à défaut de grains il se nourrit d'algues, de vermisseaux et de chair: il fait son nid sur les pins, et ses cœufs sont de couleur bleue.

Si nous terminons ici Phistoire des geais sans parler des especes que les naturalistes ont rapportées à ce genre, c'est que nous ne les avons jamais vues en nature, et qu'il sera facile au lecteur de suppléer à notre réserve en consultant la nouvelle édition de Buffon par Sonnini, ouù il trouvera rassemblées, d'après les différents auteurs qui en ont parlé les premiers, toutes ces especes, sur lesquelles nous ne pouvons établir notre opinion: nous ferons seulement observer que lespece donnée par Sonnini sous le nom de rollier geai est un double emploi du cuit ou rollier de Minda— nao de Buffon, qui est notre cuit ou rollier varié: il suffira pour s'en con- vaincre de voir qu'à Tarticle du cuit ou rollier de Maindanao de Buffon, méme dans la nouvelle édition par Sonnini, on renvoie à la planche 326

dEdwards, ouù ce dernier donne le cuit en effet sous le nom de geai bleu 35