Le Mareſchal
CRAr. LXXV. Du cheual morueux.
A morue eſt vne maladie aux cheuaux fort con⸗ Lageuſe elle eſt engendréc d'vn vicux rhumèé, cauſè de froid, penettant iuſques au milieu du cer- ueau:& les conduits eſtans gros& Parges, il regoit
rande abondance de vent& de froit, i empeſche ge la chaleur nacurelle ne peut teſiſter contre vne relle abondance de rheume, qui le rend morfondu, lequel rheume ſe mulriplianr, ſe ſaiſit des parties nobles,& eſt le corps gandement infecté de cette humeur,& le cerueau en receuant les vapeurs, elles conrraigoenr la ceruelle de leur faire place, puis ſe congelent enſemble: de telle ſorte que le cheual ne peut᷑ reſpiter& deuient pouſſif,& lors nature deffaut, oppoſant routes ſes forces à la repouſſer qui eſt cau- ſe de la langueur du cheual. Les ſignes ſont que le cheual perd peu à peu ſes forces„il a ſa teſte peſente: & la tient preſque touſiours baiſſée,& toaſſe fort, mange peu,& à vne glande deſſous le gofſer ſans en- Heure& ſi prenez ladite glande, il n'en fait conte& ne s'en deult: il iette vn humeur jaune par les na- zeaux, quelques fois cpaiſſe,& d autres fois liquide & froide,& quand l'humeur paroit rougeaſtre c'clt quelque preſage de morr. Remede. II faut faigner le cheual de la veine du col, ſelon ſon aage& force,& le iour ſuiuant luy donner le breuuage tel que s'en- ſuit: Prenez poivre, muſcade, clou de geroffle, canelle, & gingembre, autant del'vn que de l'autre,& le tour iufques à vne once& demie, reduiſez tout en poudre
& le meſlez dans vn pot de vin blanc, auec ſix jaunes 4 d'œ ufs,
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