Siessen b V Un Biſ. PRINCIPES RAISONNES DAGRICULTURF. -ðA¶eℳ—-':ͤAnͤAn-:—˙nAN ꝛnÖêB8 TOME OUATRIEME. * 8 . TA LbnN 2 NGl.IX —j— D PRINCIPES RAISONNES D'AGRICULTURE, — TRADUITS DE LALLEMAND D'A. THAER, Conseiller d'Etat de S. M. le Roi de Prusse, membre de l'Académie Royale des Sciences de Berlin, de l'Académie Royale de Goettingue, de l'Insutut d'Amsterdam, du Département d'Agriculture de la Grande-Bretagne, de la Société des Amis de l'Histoire Naturelle de Berlin, et de plusieurs Sociétés Gconomiques, Seigneur héréditaire de Moegelin. PAR E. V. B. CRUD. TOME QUATRIEM E, CoNTENANT LA REPRODUCTION DES sUBSTANCES VECETALES ET L'ECONOMIE DU BETAIL. 4 FIB Is E. H K ₰ P. ROXIGIIEHENN ACAbLMIE SLANDLA/ 20 NO.GI.IN 3 A PARIS, Chez J. J. PAscHoup, Libraire, rue Mazarine, n.“ 22. et à GENRAVE, Chez le mème, Imprimeur-Libraire. 1816. 2 PI 1. IIIRN G e8t depos ecouoni 1— oue le Tantre 3 pohich des ma Un m mais b ſes II b voufen rop sc de dir que Su PRINCIPES RAISONNES D'AGRICULTURF. LA REPRODUCTION DES SUBSTANCES VECGETALES ET ANIMALES. INTRODUCTION. Or met ordinairement en paralléèle la reproduction et la fabrication, et Pon est disposé à croire que, tant sous les rapports physiques, que sous ceux de Péconomie et de l'art, ces deux choses sont tellement opposées l'une à l'autre, que les principes qui sont applicables à l'une, ne le sont en aucune manière à Pautre, et que, par conséquent, le cultivateur, le fabricant, et Péconome- politique, doivent adopier pour chacune de ces deux manières de procurern, des maximes toutes différentes. Il n'y a aucun doute, en effet, que ces deux choses ne soient de diverse nature, et que chacune d'elles n'ait des particularités qui lui soient propres; mais ces particularités ne sont point tellement opposées, ni même si éloignées les unes des autres, qu'on le prétend communément. Bien moins encore trouvera-t-on fondées, ces différences dans leurs principes fondamentaux que, trop souvent, on a admises comme réelles. II ne sera donc pas hors de propos de dire ici un mor, tant sur P'analogie de ces deux manidres de Procurer, que sur leurs différences. Les principes et les règles qui ont été adopiés, et ceux qui assurent le suocés, dans l'économie des fabriques, se trouvent déjà développés avec détail et q'une manidère claire; ils peuvent servir de direction dans Péconomie de la reproduction, si, de la ressemblance de celle-ci avec la fabricalion, découle la possibilité de leur appliquer les mémes règles. L'on a dit que la fabrication ne faisoit que dénaturer les matiéres, et leur donner une forme différente; iandis que, par la reproduction, on les pro- curait de nouveau. 4 Mais la reproduction n'est point une création, une formaution faite sans matière. Les élémens pour la formation, pour la croissance et pour Paccomplissement de la plante iout comme de lanimal, doivemt exister avant tout. Celui qui vent procurer la reproduction, doit se procurer ces élémens tout comme le fabricant; souvent T. IV. 1 2 PRINCIPES RAISONNES méme il doit les chercher au-dehors, et leur donner une préparation artificielle. La reproduction, tout comme la fabrication, ne peut avoir lieu qu'à l'aide de substances qui existent déjà, qu'elle décompose, et auxquelles elle donne de nouvelles formes. Mais cette formation, dit-on, se fait dans la reproduction, à Paide de la seule force de la nature; tandis que, dans la fabrication, P'effet n'est produit que par P'art et la force de l'homme. Mais dans la fabrication, aussi, l'homme n'agit que par l'usage des forces de la nature; sans celles-ci il ne procurerait que peu d'objets de fabrication. Dans quelques-uns, à la vérité, il dirige cette force plus ou moins sclon sa propre volonté; mais, dans d'autres, il est réduit à laisser agir la nature uniquement d'aprèés ses propres lois; c'est le cas dans tous ceux qui s'opèrent par des procédés de chimie, par exemple, de la tein- ture, de la fabrication du vin, de la biêre, des eaux de vie eic. ‚autant d'opé- ralions dans lesquelles on ne peut que régler et modérer Paction naturelle que les substances ont les unes sur les autres. Mais, dira-t-on, la nature a donc une beaucoup plus grande part à la reproduction qu'à la fabrication? Sans doute, si la nature ne doit fournir qu'à des objets ou des besoins de peu d'étendue! Sur un sol dépeuplé, la nature peut produire suffisamment pour que, dans la rénnion des produits de ce sol et du gibier qui Phabite, des hordes nomades et isolées y trouvent leur subsistance; encore cela ne peut-il avoir lieu, guère que dans ces climats favorisés, où Pespèce humaine a eu sa pre- mière origine. Après que l'homme fut sorti du paradis terrestre, et à mesure qu'il se répandit sur la terre, il dut lutter avec les chardons et les épines, et manger son pain à la sueur de son visage; c'est-à-dire, recourir au travail et à Part, pour satisfaire à ses besoins; il dut se procurer de ces climats fortunés, les espèéces de grains les plus nourrissanies, ainsi que les animaux domestiques qui lui étoient nécessaires; et consacrer ses soins et son art à les acclimater dans la nouvelle demeure qu'il s'était choisie. A mesure que ses besoins et sa famille s'accrurent, que ses facultés se développèrent, P'art et le travail lui devinrent plus nécessaires; de sorte qu'aujourd'hui, chez les nations civilisées, la part que le travail et'art ont à la masse des produits, relativement à la part qui peut y étre attribuée à la nature, n'est surement pas moindre que dans la préparation des objeis de manufacture. Aiusi tombe Passertion qui veut que, dans la fabrication, Part ait en effet une plus grande part que dans P'agriculture. A mesure que la reproduclion gagnera en quantité et en valeur, Phomme qui procurera la reproduction devra se soumettre aux mêmes règles et aux mêmes lois que celui quĩ fabrique. Quelqu'extraordinaire dono qu'ait paru à quelques personnes, * 8 —. — DPA GRICUI,TURE. 3 le systéme dans lequel je considère le sol comme la matiere première our le 4 cultivateur, si du moins on veut mettre Pagriculture et la fabrication en oppo- sition une à l'autre; je ne puis cependant pas y renoncer, et d'autant moins que, de ce systéme, me paraissent découler des conséquences nombreuses et très-importamtes, tant pour le développement de l'industrie, que pour Péco- nomie poliuque. L'on se rapproche davantage du point de séparation entre la fabrication et la reproduction, lorsque l'on dit que, par le moyen de l'art et du travail„ celle-là représente, ou cherche à représenter la forme, selon son hbre arbitre P* J 2 858* 9. d'aprés Pidée qu'elle s forme l revanche,, celui qui et d apréès lidée qu'elle s'en est formée; tandis que, en revanèhe“, celui qui Procure la reproduction, est assujéti aux formes que la nature a établies; qu'il peut à la vérité les choisir ‚ mais jamais les changer. Au reste, cela même n'est point assez précis, puisque certaines fabrications sont également soumises aux formes naturelles; comme, par exemple, la fabricationdu sel, et en général toutes celles dans lesquelles il doit sopérer une cristallisation, ou dans lesquelles il entre quelque procëdé chimiqque. Dans ces fabrications, la forme ne peut qu'ètre modifiée, encore pas d'après le libre arbitre du fabricant, mais essen- tiellement selon le vœu et Paction de la nature. L'on détermine cette différence avec plus de précision sous des rapports Physiques, lorsqu'on dit que la reproduction ne se sert, pour la formation de ses produits, que des semences et des germes, et qu'elle est d'ailleurs entié- rement assujétie aux formes que la nature y a placées; car chaque produit, soit végétal soit animal, est uniquement le produit du germe, quoique loccasion favorable pour son développement, et les Glémens de sa nourriture, de sa croissance et de son accomplissement, doivent en plus grande partie Iui étre fournis par Part. Au reste, quoique la forme soit due essentiellement au germe contenu dans la semence, Part n'est pas absolument sans influence sur elle, puisqu'il peut parvenir à la modifier, en accouplant des individus de différentes espèces ou races, circons- tance qui, cependant, peut avoir lieu plutòôt dans la reproduction animale que dans la végétale. RFPRODUCTION VEGETAIL E. 5 967.. Toutes les plantes les plus parfaites, les seules dont nous nous occupions ici, doivent leur première origine à la semence formée par Pacte de la géné- 4 RINCIPES RAISONNES lue de cette doctrine, que je devrais enseigner uction agricole, je puis m'en référer à. Pouvrage de mon bien-aimé gendre, le professeur Cromèe, inutulé Handbuch der Naturgeschichte für Pandwirthe, et à divers fragmens de feu mon ami Rinhof, que j'ai publiés dans les 7'*. et 8⁰. volumes de mes annales d'agricul- ture; en elflet, cette théorie y est présentée de la manière la plus convenable au cultivateur, et parfaitement selon mes jdées. Je crois donc devoir passer q'abord à la partie pratique de cette doctrine. La reproduotion qui a lieu par le moyen de la semence, west pas seulement la primiive, mais encore la plus ordinaire; c'est pourquoi, dans le genéral, en me réservant cependant de parler de d'autres germes, à Poccasion des ration. Quant à la partie physic ici dans ses rapports avec la reprod je parlerai uniquement de celle-ci; la reproduclon qui a lieu par le moyen plantes particulières chez lesquelles elle a lieu. 5 968. Pour les semences de ioutes espèces, il parfait accomplissement et leur maturité, et qu'elles importe qu'elles aient atteint leur aient été conservées en bon ôétat. La semence qui n'a pas atteint sa formation complète peut, à la vérité, avoir la faculté de germer, mais il y a roujours en elle une disposition à la faiblesse, et à la maladie. Cette disposition peut bien étre vaincue par des e température parúculièrement ue, d'une semence imparfaite mais il y a toujours circonstances favorables, par un sol et un adaptés à la nature de la plante, en telle sorte q et rabougrie, il naisse des plantes saines et vigoureuses; grand risque de non succés, et'épargne que le cultivateur Peut faire en em- ployant une telle semence, west nullement proporuonnée à ce risque- Je crois, d'autant plus, devoir donner cet averüssement, que le grand naturaliste anglais Banbs, à Poccasion de ses observations sur le versement des céréales, a avancé Popinion hasardée, que le grain rabougri de céréales versées, était éCégalement bon pour semence, parce qu'il n'avait pas perdu la faculté de germer. Cette opinion d'un grand homme, qui eùt pu se communiquer au loin et avoir des effets nuisibles, a, du reste, bientét été combattue par Pexpérience de divers cultivateurs. Quoique quelques auteurs agricoles aient recommandé de prendre, pour la semaille, le grain le plus petit et le plus faible, parce qu'il s'en trouvait un plus grand nombre dans une mesure donnée; tous les observateurs attentifs wen sont pas moins convaincus de l'avantage qu'il y a, de semer les grains les plus accomplis et les plus grands, et il n'est pas rare que, par le choix des épis et des grains les plus parfaits, on ait obtenu des récoltes particuliè- — DAGRICVLTURE. 5 rement belles et disnguées, et que Pon se soit créé une espèce de plantes plus forte, que Pon s'est ensuite conservée à Paide de quelques soins. C'est là dessus que reposent en partie les avantages, que Pon remarque dans les espèces de grain qu'on üre de l'étranger, aussi long-temps que, voulant les employer pour semences, on donne des soins particuliers à leur choix. On doit préférer, pour en tirer les semences, la partie des céréales ouù le sol favorise mieux le parfait accomplissement du grain, et il vaut, à plus d'un égard, la peine de recueillir la semence dans un champ particulièrement propre à cette espèce de plante, et de donner des soins à cette récolte, iout comme de sarcler et isoler les plantes durant leur végétation, d'ameublir la terre avec la houe, afin que ces plantes, et avec elles leur semence, soient portées à leur plus haute perfecuion. Par ce moyen l'on obuendra que la semence atteigne la maturité la plus complète er la plus uniforme. Mais si c'était le propre de cette espece de plante, que sa semence murtt inégalement, il vaudrait toujours la peine de mertre à part les épis ou les gousses qui seraient parfaitement murs. 5 969. Mais il west pas d'une moindre importance de conserver soigneusement le grain de semence. Toute humidité doit étre éloignée de lui, tant celle qui, au commencement, est inhérente à sa nature, que celle qu'il pourroit ensuite absorber; pour cet effet il faut, non-seulement l'étendre clair, mais encore le brasser à réitérées fois, afſin qpe cette humidité s'évapore. Car aussitèt que le grain de semence a commencé à se gàter, circonstance qu'on caractérise ordinairement en disant qu'il est échausfé, et qui s'annonce d'une manière non équivoque par Podeur que ce grain répand alors, sa réussite devient extrémement in- certaine. Ce grain n'a pas perdu la faculté de germer, et souvent méme, les jeunes plantes auxquelles il a donné naissance ont une apparence de fraicheur; mais, dans leur développement, et surtout à leur floraison, ces plantes de- viennent faibles et maladives, de sorte que les fleurs tombent, sans que la fécondation ait eu lieu, ou du moins il ne se forme que peu ou point de grain. Pai eu occasion d'éprouver cela d'une manière décidée et très'sensible sur de Pavoine qui avait subi de l'échauffement. Si méême, l'altération du grain ayant été moins forite, cet effet est moins frappant, on ne laissera cependant pas de s'en apercevoir; dans bien des cas, où Pon attribue la médiocrité du sucoès à d'autres causes, celle-ci est véritablement la réelle. § 970. Beaucoup de gens considèrent un changement et renouvellement frécuent des semences, comme la condition indispensable d'une récolte accomplie. On 6 considèere comme un point de doctrine et un article de foi, la nécessité de ce PRINCIPES RAISONNES changement, surtout dans les grandes exploitations rurales, ouð tout se fait en fabrique. Mais d'après ma propre comviction, qui, jusqu'à présent, s'est plutôt augmentée que diminuée, à mesure que j'ai recueilli de nouvelles données à ce sujet, Pavantage que Ton rencontre dans lemploi de semences qu'on s'est procurées du dehors, provient uniquement de ce que l'on ne choisit et ne soigne pas assez les semences que l'on a recueillies soi-méême. Quelquefois cependant cela peut tenir à la localité, à la nature du sol et du climat, qui ne sont pas fa- vorables à la formation complète d'une espéèce de grain, et dans ce cas-là, ce mal est inévitable; mais il arrive plus souvent que l'ensemble des travaux de Pexploitation, ne permet pas que l'on consacre les soins nécessaires aux grains destinés à servir de semence, qu'on en fasse un choix convenable, et, en par- ticulier, qu'on écarte cette premiére fermentation qu'on qualifie communément par Pexpression resuer, fermentation qui, pour ce but, est ioujours préju- diciable. Dans toutes les contrées, il existe certains districts ou certains éta- plissemens ruraux qui sont réputés fournir la meilleure de telle ou telle autre espèce de grain, et qui, ainsi, vendent la totalité de leur récolte pour semence, à des prix élevés. Dans de telles localités, on trouvera que cet avantage est dü tant aux propriétés d'un sol plus favorable à cette espèce de produit, qu'aux soins, beaucoup plus grands, qu'on consacre à ceite sorte de grain;'on ren- contrera, mêéme chez les cultivateurs, la conviction qu'ils doivent la répu- tation dont jouissent leurs semences, autant à cette derniére circonstance qu'à la premiére. Dans les contrées où l'un de ces avantages ne se rencontre pas, il peut sans contredit étre économiquement avantageux de se procurer au dehors des semences nouvelles, mème à grands frais; mais je n'envisage pas cela comme absolument nécessaire; tout au contraire, je suis convaincu que, si le sol est d'ailleurs favorable, une espèce de semence d'abord imparfaite, gagnera peu-à-peu en qualité, et se perfectionnera. Les personnes qui tiennent le renouvellement ou changement de la semence comme indispensablement nécessaire, se demandent si Pon doit la tirer d'un jerrain meilleur, ou d'un plus mauvais, d'un plus fort ou qun plus léger, d'un climat plus doux ou d'un plus àâpre. Sans aucun doute de l'endroit où le grain de se- mence est le plus accompli et le plus sain. Cela ne se rencontre pas toujours sur le sol le plus riche, dans le climat le plus doux; Ià les céréales sont quel- quefois trop épaisses, par conséquent point assez exposées aux influences de Tatmosphère et de la lumière, pour que leur grain puisse y acquérir une per- fection absolue; souvent le grain y devient trop grand, et y prend plus de — G DSS ſenpe Pis dn gr Lios, une5 vere J' et! prel clan 1 edde huou 3an0 Shles dorée COM pel iien Souyi Gans Cui grain peu 9 Poun hrom sont! Nws heule Phun L6 5§ et d Gäall Walae — D'’'A GRICUL TURP. 7 cependant celle-ci fournit seule à Palimentation de la jeune plante. Si, au contraire ‚le sol a tellement peu de vigueur, qu'il ne Puisse pas fournir une nourriture suffsante pour opérer du grain, ce grain sera également impr gousse que de farine; la complète formation opre à la reproduction d'autres plantes. Ainsi, du froment uré d'un sol qui ne produit que du grain rétréci, une semence imparfaite, et demandera d'èetre r véritable terre à froment. sera toujours emplaoe par du grain tiré d'une Il est du reste certain, que, chez les plantes comme che⸗z et la foiblesse, la santé et la maladie ‚„ne se tr Première génération, mais encore aux suivantes, et que ces dispositions ne sont changées que Peu-à-peu, à Paide d'autres influences. Un changement de semence a toujour les animaux, la force ansmettent pas seulement à la s un mauvais succès, lorsqu'on n'y pro- odde pas aveo la plus grande circonspection. Il faut en particulier veiller à la nouvelle semence soit exempte de graines de mauvais sans cela, elle pourrait introduire ce que es herbes, parce que, „dans les champs, quelqu'espèce des plantes nui- sibles, qui, jusqu'alors, y aurait été inconnue, par exemple, la Marguerite dorée ou Chrisantéme des blas(Chrysanthemum segetum). Si Pon ne sait pas Comment netioyer les semences de certaines graines de mauvaises herbes, ce peut être un motif de urer celles-là de quelqu'autre lieu, où le grain n tienne pas de ces mauvaises semences. Ainsi, d souvent Porge et l'avoine des hauteurs, e con- ans mes environs, l'on change contre celle des bas ſonds; parce que, dans ceux-ci, ces espèces de céréales ne sont mélées qus de mout qui ne réussit point sur les hauteurs; et qu'au comraire grains ne sont mélangés que de raifor peut facilement être étouffé. arde des champs, ‚sur les élévations, ces t des champs, qui, dans les bas fonds, § 971. Quelques semences possèdent pendant lon g-temps leur force de germination, pourvu seulement qu'on les conser ve avec soin; d'autres au contraire la perdent Promptement, etpeuvent à peine la retenir au-delà d'un an. Si Ponr sont les semences qui la conservent le plus plus parfaites seulement, et que les impar faculté. C'est là-dessus que repose pr echerche quelles long-temps, on trouve que ce sont les faites et maladives perdent plus iôt cette incipalememt Tavantage que présente, dans plusieurs espéces de plantes, une semence vieille sur une nouvelle. Les plantes né sont procrées que par des germes sains ‚lesquels ne sont pas privés de la place et de la nourriture qui leur est nécessaire, par d'autres plantes avortées, plantes qui, 6„ ⸗ 4. 2«. d'ailleurs, ne viendroient point à maturité; et la récolte n'est point exposée à ces maladies, dont le germe est dans le grain d e semence, comme c'est le cas de 8 RINCIPES RAISONNES zl faut bien connottre la nature de chaque qui ont atteint leur perfection peuvent visions de grains qui s'étaient la carie du blé. Mais à cet égard, espéce parüculière de végétaux. Des grains se conserver très-long-temps; on a VH des pro dans des caves taillées dans le roc, et hasard, se trouver encore proprés à ètre employés pour semence. Mais, pour cela, faut il peut-étre une séparation phère et de toute humidité. A la manière ussi long-temps; cependant ou prétend conservées depuis un temps immémorial, qui avaient ensuite été découvertes par absolue de tout contact avec l'atmos ordinaire, les grains ne se conservent pas a avoir trouvé encore propres à la végétauion, du froment de cinq ans et du seigle de trois. Dans la prauque, on préfère presque universellement le froment qui n'a que un ou deus ans, parce que, gracèes a la circonstance dont nous venons de nt, à Pabri de la carie. Pour le seigle, la plupart des rente, et préfèrent les semencés nouvelles, ou tout au moins qui eussent plus d'un et qu'en effet, sur une mème quantité parler, il est, le plus souve cultivateurs sont d'une opinion diffé parce que, sils en employaient de vieilles, an, ils croiraient devoir semer plus épais, de semence, il lève un moins grand nombre de plantes. A „selon la manière ordinaire de semer, elles u reste, comme celles- ci sont d'autant plus saines, et que oujours en trop grand nombre, Pon n'a point à re- La semence des légumes se conserve aucune détérioration dans des vesses de nservent pendant maintes années, ne même à la semence de lin se trouvent cependant t douter que la semaille soit trop rare. très-long-temps; je n'ai pu apercevoir dix ans. Toutes les graines à huile se co pourvu que les vers ne s'y mettent pas; on don vieille, une préférence décidée; iandis que, au contraire, pour le chanvre, ande la nouvelle. Selon mes proprées observations, la semence de pendant deux ans, elle perd à la troisiéème, et devient me. Pai semé avec succès de la graine de s de chacune des semences qu'on Pon recomm urèfle se conserve très-bien tout-àA-fait inefficace à la quatriè spergule qui avait sept ans. Les propriété emploie en agriculture, demanderaient à etre développées par des essais et par la réunion des expériences qui om jusqu'ici été faites à leur sujet. Comme presque toutes les meilleures espèces de grains, se conservent du moins jusqu'à la seconde année, il est, sans aucun doute avantageux, d'avoir une provision de grain de semences pour plus d'une année; surtout de grains T'automne, parce que, de cette manière, on est plus libre de choisir le meilleur moment pour les semailles*. Il est bien entendu cependant, que l'on ne doit — * L'on congoit que ceci est écrit dans un pays où la moisson des blés coincide presque avec époque des semailles d'automne. Trad. D'A GRICULTURL. 9 pas conserver des grains Tannées oh ils mont pas acquis leur perfection. Mais si, dans de ielles années, le cultivateur a une provision de semence de l'année précédente, Pavantage en est d'autant plus grand, et le cultivateur peut s'envi- sager comme heureux en comparaison de ses confrères. § 972. Il est d'une grande importance de nettoyer soigneusement la semence, de toutes les graines de mauvaises herbes qui peuvent s'y trouver mélangées, ainsi que de tous les grains imparfaits qui s'y rencontrent. On opère cela: a) En soumettant la semence au ventement, en la jetant en l'air(comme cela se pratique dans certains pays, pour séparer le grain d'avec sa balle et la poussièére); on ne choisit alors pour semence que le grain qui est allé le plus loin. Cela peut aussi être fait par le moyen d'un ventlateur, espèce de moulin qui sépare Ie grain plus pesant, du plus léger et des mauvaises semences; b) Par le moyen de cribles, dont il faut avoir une variété, percés de trous de toutes les gradations. Les semences de mauvaises herbes qui sont plus petites que la semence, et les grains avortés de celle-ci, sont séparés par le crible, qui, au contraire, retient les grains bien nourris. D'autres semences étrangères qui se trouvent plus grandes que le grain qu'on cherche à netroyer, sont retenues par des cribles, qui laissent passer celui-ci; c) Par le lavage, en jetant la semence avec de Peau dans des cuves, oùð on les brasse ensuite. On enléve alors toutes les choses hétérogènes et les grains légers qui surnagent. On peut, par ce moyen, mieux que par d'autres, se dé- barrasser de la graine de moutarde, sénevés ou raves sauvages, de marguerite dorée et de plusieurs autres plantes. L'on comprend, d'ailleurs, qu'aussitôt après cette opération, il faut étendre le grain qu'on a ainsi passé dans l'eau, en couche mince, afin de le faire sécher. 5 975. Il ne faut pas confondre avec cette opération, celle qui consiste humecier les semences, et à les conserver dans cet état d'humidité, afin d'accélérer le développemem de leur germe, et à les épandre bientõt après, afin qu'elles lèvent plus tét; ceute opération est depuis long-temps en usage chez les jardiniers. On a également recommandé d'employer cette méthode pour les champs propre- ment dits, surtout lorsque, à Pépoque des semailles, la terre est extrémement sèche; mais c'est dans ce dernier cas surtout, que cetté méthode est extrémement dangereuse; car lorsque, la sécheresse continuant, toute humidite est enlevée au germe qui nait, il faut nécessairement que ce germe, ou la jeune plante qui en est sorlie, sèche; et il eüt été incomparablement mieux, que la semence fút demeurée TI. IV. 2 19 PRINCIPES RAISONNES en terre dans son état primitif et sans germer, jusqu'à ce que la pluie vint lui donner la vie. II est vrai que, si Thumidité arrive à propos, cette opération peut très-bien réussir, et la semence ainsi humectée, prendre les devans sur celle qui ne l'a pas été; mais l'avanmtage ne sauroit contrebalancer les dangers attachés à cette opération: ce moyen ne doit tout au plus être mis en œuvre que lorsque, les semailles ayant été retardées, on m'a plus à redouter que le grain se ressèche en terre. § 974. Pour asoélérer et fortifier la germination, Pon àa Aussi recommandé diverses manières de réchauffer ou faire gonfler la semence. Nous parlerons ailleurs de celles qui ont pour but de préserver les grains de la carie et d'autres maladies; ici nous ne nous occupons que des moyens qui ont pour objet de stimuler ou de fortifier le principe de végétation. On emploie dans ce but: a) He l'eau ou égoùt de fumier, ou des lessives de chaux, de cendres et de sel, et on les considère comme un engrais actif, qui met les jeunes plantes en coniact direct avec un aliment particuliéèrement adapié à sa nature; on croit que cet aliment accélère la végétation, donne à ces plantes de Pavance sur les mau- vaises herbes, erleur assure cette viguenr, qui leur permet de lutter, avec avantage, contre l'aciion nuisible de ce qui pourrait étre autour d'elles. Mais la théorie et des expériences faites sans prévention, se réunissent pour démontrer l'inefficacité des engrais qui emtourent ainsi immédiatement la semence; car la jeune plante recçoit sa première nourriture de la substance du grain de semence lui-méême, et lorsqu'elle commence à chercher sa nourriture par le moyen de ses racines, celles- ci se sont déjà trop prolongées pour pouvoir ürer les sucs des substances qui entourent directement l'écorce de la semence. Ces substances ne peuvem donc rien opérer de plus que si elles fussent mélangées avec le sol, où leur quantité serait trop insignifiante pour produire quelqu'effet sensible. b) Lon a aussi recommandé pour cet usage diverses substances qui contiennent de l'oxygène, ou méême des acides; en particulier l'acide muriatique oxigéné, T'acide sulfurique, le cinabre et d'autres oxydes de plomb, le vitriol de mars ou sulfate de fer, le nitre et Pacide nitrique, Pacide sulfurique et l'arsenic. On avoit déja indiqué quelques-uns de ces moyens, dans Pancien temps et avant qu'on eünt découvert que Poxigène et les substances qui, surchargées de cet acide, s'en séparent facilement, et stimulent vivement la force de germination de la semence; depuis cette dernière découverte, Pattention a été de nouveau portée vers ce sujet. Quelque incontestable que soit la faculté qu'a l'oxigène d'accélérer la germination, cependant des expériences disposées avec soin ont * —— erses rs de lies; r Ou de sen que Hall- age, Re et cacilé lante et les- qui one ite D'AGRICULTVURB. 11 démontré, que cette sumulation excessive du germe et de la jeune plante, m'a en aucune manière des suites avantageuses, mais qu'au contraire elle prépare à ceite plante, dans sa future végétation, de la foiblesse et une disposition à la maladie. En ihéorie, la circonspection ne conseille donc plus Pemploi de ces moyens, er d'autant moins qu'il serait difficile d'en indiquer la vraie mesure et de Tem- ployer en grand, de manière que chaque grain en eũt précisément sa part. Lyon a, il est vrai, cherché à éloigner ou détruire par-là les insectes et les oiseaux; mais les lesciuves ordinaires de ce genre n'opèrent point cet effet, et il seraft dangereur d'employer les vénéneuses, surtout oelles où il entre de l'arsenic, dans une force telle que ce but fät atteint. 3 § 975. Chaque espèce de grain a une période plus ou moins longue, durant laquelle elle doit ètre semée, pour pouvoir atteindre sa pleine maturité. La réussite dépend très-souvent d'un heureux choix du moment le plus favorable dans cetie période. Mais comme ce choix se rapporte à la température qui aura lieu durant la période de végétation, le cultivateur peut, quelquefois bien avec vraisemblance, mais jamais avec certitude, y avoir égard pour déter- miner le moment de la semaille. Il doit plutòt se diriger d'après l'état d'hu- midité et de température du sol„ Aui est le plus favorable à la nature, à lui connue, de chaque espéce de grain. Plusieurs espèces préfèrent, pour leur premier développement, que le sol soit sec et chaud; c'est le cas du seigle, de Porge, du blé noir; d'autres, au contraire, préfèrent que le terrain ait plus Thumächr;; c'est le cas du froment et de lavoine. L'on a déjà beaucoup gagné si, seulement à cet égard, on a saisi le bon moment, et c'est avec raison qu'on a une bien meilleure espérance de la récolte, lorsque la semaille a eu lieu sous des auspices ainsi favorables, que lorsqu'elle a eu lieu sous des cir- constances différeutes. On a remarqué que certain état de la température est particuliérement propice aux semailles: au printemps lorsque l'atmosphère est chargée de brouillards, qui, surtout le matin, de bonne heure, au lever du soleil, donnent aux limites de Phorizon l'apparence d'un mouvement ondula- loire, de sorte que le soleil qui s'élève semble danser, comme dit le peuple; lorsc il en est ainsi, PTon se promet beaucoup, surtout des semailles de grande orge. Plusieurs cultivateurs attribuent une grande influence au contact de la semence avec la rosée, et conseillent, en conséquence, de n'épandre celle-Ia que vers le soir, pour la couvrir le lendemain au matin; cepen- dant seulement lorsque les nuits sont chaudes. 8i Pon a à craindre des gelées blanches, il faut couvrir la semence déjà avant la nuit. 12 PRINCIPES RAISONNES Divers agriculteurs conseillent, sans restriction, de choisir, pour faire les se- mailles, les premiers momens de la période assignée à ceute opération, et de se hater de Paccomplir, autant que cela est possible. Mais en donnant une exten- sion trop générale à cette maxime, on s'expose à Perreur et à des pertes, si Tailleurs on néglige toutes les considérations qui se rapportent à Pétat du sol Dans tous les cas, il convient de préparer chaque chose, ei de la température. le premier moment favorable; mais alors il faut de maniére qu'on puisse choisir autendre ce moment. L'Anglais dit, certainement avec raison:& Tou had better to be out of time, than out af temper.» Soyez plutôt hors de temps, que hors 3 2„ 1 2⸗ 4„„ 7*„. de température. Ce qu'il y a de plus fächeux, o'est de négliger une préparalion convenable, pour vouloir semer de bonne heure. Autrefois la lune jouoit un grand réle dans les semailles, et certaines se- mences devaient croissante. L'on avait jardinier Américain, habil fondant sur ses propres essais, e physicien veut expliquer Pacuon de la lun rompue de la lunière qui a lieu lorsque la lune e nuisible aux plantes dans le moment de leur germination, puisque e la lumidère n'est pas favorable aux plantes qui sont dans cet vec raison que ce systéme soit confirmé par un plus avant de le prendre plus presque oublié les règles adoptées à cet égard, lorsqu'un e et expérimenté, ramena Popinion là- dessus, en se t attira divers Anglais dans ses principes. Un e en disant, que P'action non inter- claire durant toute la nuit, peut étre nous savons qu Gtat. Nous attendrons a grand nombre Tobservations et d'expériences précises, particuliérement en gonsidération. 5 976. Chaque espèce de semence ne doit étre recouverte que par l'épaisseur de terre qui convient à sa nature. Si Tailleurs cette épaisseur n'est pas trop grande, il vaut, sans contredit, mieux que cette semence soit placée à une plus grande profondeur, parce qu'elle y irouve Phumidité nécessaire, et que les jeunes pousses qui sortent de ses racines, y courent moins de risque d'étre desséchées, dégarnies de ierre, ou arrachées par la gelée. Mais une couverture trop épaisse, pourrait facilement empécher absolument la germinalion, ou du moins présenter trop Tobstacles à la sortie des ſeuilles séminales. En général, on peut admeittre en principe que, plus la semence est grosse, plus la couverture qu'elle peut sup- porter est forte; tandis que les semences irès-menues ne veulent étre que tros- peu recouvertes. En agriculture l'on disúngne trois maniéres de recouvrir la semence: a. Semer sous raies, enterrer la semence par le labour. gtre mises en terre en lune croissante, d'autres en lune dé- D'AGRICVUILTURE. 13 K- b. Semer sur raies, et enterrer à la herse. 18 c. Semer sur labour et hersage, et enterrer par un nouveau hersage, ou en A. passant le rouleau. 4 On peuty ajouter encore: sol d. Enterrer la semence à Pextirpateur ou avec des machines de ce genre, 6, La profondeur à laquelle on doit enterrer la semence, et le choix de la manière aut de la recouvrir, ne dépend pas seulement de la nature méême de cette semence, tler mais encore de l'état du sol et de la température. En temps de sécheresse, toute nors espèce de semence doit être recouverte davantage que lorsque la température est lion humide. Il fautse diriger d'après cela, et éviter les extrèmes, parce que la tempéra- ture peut changer aussitét après que la semaille a eu lieu, et qu'une semence dé- 860- Pposée profondément en terre pourrait alors éêtre étouffée, sil survenoit de fortes dé- ondées. L'extirpateur, ou une machine semblable, donne la plus grande sé- on curité dans l'opérauion de recouvrir la plupart des semences, parce quèe, par son se moyen, on peut, avec la plus grande promputude, et à volonté, semer à une Un profondeur plus ou moins grande. Nous considérerons dans cette section la nature er- de chaque semence. Pour le moment, nous nous bornons à observer, par exemple, d, que, parmi les semences les plus usuelles, les légumes, le froment, l'orge et Pavoine sque veulent étre plus recouverts, tandis que le seigle et le blé noir, au contraire, ne cot 3 supportent pas de l'étre beaucoup, et qu'il y a toujours du danger à semer le plus dernier sous raies, lorsqu'il peut survenir une température humide après la lus semaille. Quelques cultivateurs, pour procéder à eoup sůr, ont adopté la méthode Fenterrer la moitié de leur semence sous raies, et Pautre moitié sur raies. Pour de jes semailles d'automne, je uiens ceite méthode comme indiſſérenie, et quelque- de, fois mème avantageuse, si Ton ne répugne pas à y consacrer une augmentation nde de main-d'œuvre. Mais pour les semailles de printemps, j'en ai observé de très- usses fächeuses suites, parce que la semaille se trouve alors divisée en deux périodes wnies de végétation jusqu'à Pépoque de sa maturité. rrait Pour les semences menues, comme le trèfle, p. ex., il faut user d'une trèoͤs grande trop attention; car elles pourraient très-facilement se trouver trop recouvertes, lors mème qu'on ne les aurait enterrées qu'à la herse, et quoique, pour pouvoir germer, e en sup⸗ elles veuillent étre entourées d'un peu de terre, à moins que la température ne urös- soit extrémememt favorable à leur germination. Au reste, nous nous arréterons encore là-dessus lorsque nous parlerons de la culture de ces diverses espèces de produits. 14 PRINCIPES RAISONNES § 977. Parmi toutes ces questions, les plus difficiles à résoudre sont celles du plus ou moins d'épaisseur à laquelle on doit semer, de la quantité de semence qu'on doit mettre en terre, et des cas où l'on doit semer plus ou moins épais. Comme Fexpression semer épais ou semer olair est absolument relative, il faut, avant tout, que nous déterminions, ce que nous entendons par une épaisseur ou quantité moyenne; et cela n'est pas difficile, puisque, à l'égard de la quotité de semence qui doit étre employée sur un espace donné, nous trouvons une uniformité inattendue d'opinion chez presque toutes les nations et dans tous les climats*. La quantité moyenne de semence est, si nous réduisons le terrain et la semence à notre mesure, entre dix-huit et vingt metzen de Berlin** par journal, et cela pPour toutes les espèces de grain, excepté Pavoine, que, aussi partout, Pon seme ordinairement d'un quart ou d'une moitié plus épais. Si nous pouvions obtenir que la semence füt épandue d'une maniére uni- forme sur le terrain ensemencé, et que chaque grain donnât une plante, une telle quantité de semence serait tout-à-fait excessive. Le comte Podewills, dans ses expériences d'agriculture, a calculé, qu'au moyen d'une ielle quantité il iombait, par chaque pied carré, quatre-vingt-onze grains de seigle; et en examinant une des places les plus épaisses du champ, il m'y a trouvé que irente- deuv plantes qui pointassent. II me paratt impossible que mème celles-là puissent demeurer, elles n'auraient point assez de place et de nourriture; tout au moins ne pourraient-elles pas taller et produire plusieurs épis. J'ai très-souvent observé que, dans des céréales dont les épis étaient fort épais, quoique pas assez pour qu'elles versassent, et qui donnaient un produit lequel dépassait de beaueoup celui qu'on devait attendre de la fécondité du sol, il n'y avait pas plus de cinq ou siz plantes par pied carré, et, d'après mes observauions, je dois envisager un tel espacement des plantes, comme une condition du plus haut produit; ainsi donc une grande partie des plantes disparoissent, lorsqu'un nombre suffisant de vigoureuses prennent le dessus. Mais comme, avec la manière ordinaire de semer„ nous n'opérons point une répartition unmiforme du grain, et que nous pouvons bien moins encore autendre que chaque plante réussisse, nous ne Pouvons pas nous régler d'après ces appa- rences, quelques réelles qu'elles soient en elles-mêmes; il convient done de semer X:...„.. Ici notre excellent auteur est dans Ferreur, cette uniformité m'existe point en effet. La quantité de semence sur un espace donné, que j'ai trouvée usitée dans mes terres d'Italie, n'est exactement que de la moitié de ce qui est d'usage sur les bords du lac de Genève. Trad. * Heciolire o,61 à o,68. Trad.— 3sse2 raro, lienn (um Cll, 8 rdnis lemps pon M Sem nl lace ſécond nomb semene P'A GRT CVULTVRE. 15 assez épais, pour qu'iil n'y ait guères de places où la semence se trouve trop rare, et d'abandonner alors à la nature le soin d'claircir les plantes dans les lieux où elles se trouvent trop épaisses, ou bien d'enlever ensuite l'excédent. Comme L'expérience a assez universellement déterminé la mesure de semence qui, selon le mode ordinaire de semer, est le plus convenable, et que ceux qui réduisaient la quantité de semence, m'ont en général point été heureux, aussi long- temps qu'ils ne changeaient pas ce mode, le cultivateur a d'assez bonnes raisons pour demeurer fidelle à Pancienne proportlion. Mais si Pon apporte des changemens convenables, soit dans la manière de semer, en procurant une répartition plus uniforme de la semence, soit dans celle d'enterrer et recouvrir cette semence, en faisant que chaque grain étant mis à la place qui lui convięnt, sa réussite soit mieux assurée; si en même temps l'état de fécondité du sol promet un fort tallement, il est évident, et des expériences sans nombre l'ont démontré, qu'on peut faire Pépargne de plus de la moitié de la semence.. Quant à une épargne moins considérable, comme, par exemple, cela a lieu lorsqu'on ne sème que quatorze metzen; on doit la faire toutes les fois qu'on est sür que la semence sera bien distribuée„qu'elle levera d'une manière passablement compléte, et qu'elle tallera convenablement, Si c'est le contraire, il faut semer encore plus épais qu'à l'ordinaire. Le plus ou moins de semence est donc déterminé: a) Par Phabileté du semeur, de laquelle on peut attendre une répartition plus ou moins égale de la semence sur toute la surface du champ; b) Par la bomé de la semence, c'est-A dire qw'elle soit telle que, d'une très- grande majorité des grains, il naisse des plantes saines et qui arrivent à maturité; 0) Par une iempérature favorable ou défavorable Pour les semailles; par un degré d'humidité plus ou moins avantageux à l'espèce de grain qu'on sème; d) Par le degré d'ameublissement du sol, par l'état où ilse trouve au moment de la semaille; état qui favorise plus ou moins la germination, et la pousse des racinee e) Par la fécondité du sol, et par les rapports qu'ila avec la nature du produit qu'on y sème, entant que ces rapports peuvent avoir de Pinfluence sur le tal- lement et la réussite des plantes; f) Par Pépoque plus ou moins haàtive de la semaille. Les semailles hatives fa- vorisent le tallement; celui-ci alors s'opère avant que les plantes montent en uges, ce qui, pour chacune d'elles, a lieu dans une saison déterminée. Cette circonstance est d'une telle importance, que, par exemple, il est des espèces de seigle qu'on Peut semer, en juillet, la moitié plus claires, qu'en octobre. 16 PRINCIPES RAISONNES un cultvateur intelligent, se déterminera à dimi- ence qu'il veut mettre dans son champ, r épais sur le terrain fécond, et D'après ces considérauons, nuer ou à augmenter la quantité de sem sans sinquiéter de la question si Pon doit seme clair sur le maigre, ou tout au contraire. Chez la plupart des cultivateurs purement pratiques, chez ceux qui, en tra- bandonnent à leur routine ordinaire, l'on trouve plus de vaillant leurs terres, s'a 2 921. 2*. 6 de semence, qu'à la diminuer. Cela provient disposition à augmenter la quantit en partie du préjugé et de la maxime, qui veulent qu'on fasse pluiòt trop que trop peu; puis aussi de ce que, q'abord après leur naissance, dans le premier période de leur végétation, des semailles épaisses ont toujours une plus belle apparenco claires. Pai toujours trouvé qu'on se réjouissait de les voir ainsi ident, que le plus grand nombre des plantes devait pút avoir sa croissance. Dans la lutte où elles que des semailles épaisses, quoiqu'il fuͤt év Gtre étouffé, pour que le plus petit sont réciproquement, les plantes s'affoiblissent Pune l'autre; c'est pourquoi il vient toujours une période, où des champs dont les semailles sont ainsi épaisses, prennent une couleur jaunätre; si alors la tempécature est défavorable, les plantes disparaissent toutes ensemble; il se fait des vides, précisément dans les places ouù, auparavant, les plantes étaient accumulées en grand nombre. Je ne conteste pas que les plantes qui périssent ne puissent ensuite servir d'engrais à celles qui demeurent; mais c'est toujours là un engrais coũteux, et il n'est pas rare que celles-là, surtout dans les semailles d'automne, ne donnent lieu à une putré- facdon générale. On allègue comme moiifs pour semer très-épais, surtout le besoin d'étouffer les mauvaises herbes; mais je n'ai, en aucune manière, trouvé que, par-là, ce but ft aueint. Une céréale, qui talle fortement, sans cependant former sur le sol un nissu serré, et qui, ensuite, croit avec rapidité, comprime la mauvaise herbe; mais ce n'est pas le cas d'une céréale semée très-épais. Si le sol et la tempé- rature sont plus favorables à la semence de mauvaises herbes qui se trouve dans le sol ou parmi la semence, qu'à la céréale qu'on a semée, ces mauvaises herbes lèveront tout aussi bien que la céréale, et elles conserveront mieux leur place. L'excessive épaisseur de la céréale elle-même, empéchera qu'elle ne végète avec prompttude. J'ai ici devant les yeux les marais de POder, cù, ordinai- rement, on sème le double de la quantité ordinaire, en avoine souvent trois scheffels par journal; mais les mauvaises herbes y sont aussi actives qu'en quel- qu'endroit que ce soit, elles luttent toujours, avant tout, contre la céréale; er la température, selon qu'elle favorise plus ou les unes ou Pautre, déeide le- quel doit avoir le dessus; pour autant, cependant, que ces mauvaises herbes ne lmi- mp, 1, et tra- s de Wem 2 uoD eriode darenco ir ainsi devait u elles quoi il paisses, Mantes s places comeste velles qui rare que putrè- 6touffer ‚ce but le sol un herbe; iempé- uve dans s herbes Ir place. e végète ordinai- ent trois en quel cêréale; Ageide le- herbes ne D'AGRICULTURE. 17 seraient pas arrachées à la main, comme cela s'opère ordinairement chez les petits cultivateurs. Je demeure fidelle à ma méthode de semer la moitié plus clair que mes voisins, et, assurément, je ne souffre pas plus des mauvaises herbes qu'eux; je ne me suis pas encore vu dans le cas de devoir laisser mon champ en herbages, parce que la mauvaise herbe y avait pris le dessus. En effer, la quantité ordinaire de semence est suffisante pour couyvrir le sol, de manière que chaque place ait un nombre de plantes plus que satisfaisant. Gest Pavoine sur päturage rompu seule- ment, que je sème plus épais; et celle-ci barce que tous les grains ne tombent pas à une place ouù ils puissent germer. § 978. Les procédés de la semaille varient infiniment, et peuvent difficilement étre démontrés avec des paroles; cependant, ils ne sont en aucune manieère indifférens. Le meilleur est, sans doute, celui où le semeur jette, en allant, la semence à la gauche avec sa main droite, et en revenant, à la droite avec sa main gauche, ou toujours avec le vent, en marchant au bord de l'espace où le précédent jet a fini d'atteindre; pourvu toutefois que ce procédé soit exécuté dans sa perfection. Mais, pour ceci, il est essentiel de bien observer le vent, et de considérer son plus ou moins de force. Dans le fait, la meilleure méthode est celle dans laquelle le semeur est le plus exercé, et il y a du danger à en prescrire une autre am semeur, si, auparavant, on ne la lui a Parfaitement fait apprendre, et mettre en pratique. Il est généralement reconnu que le semeur est le manouvrier le plus essentiel de Léconomie rurale: cependant beaucoup de culivateurs mettent très-pen d'importance à son choix, et confient cet ouvrage à chaque journalier ou ouvrier en corvée. Ils vont méême jusqu'à lui imposer, comme läche pour sa journée, de semer une certaine quantité de grain. L'ouvrier aime assez cela, car il luĩ est très-facile de jeter en terre une grande quantité de semence. Dans de telles exploitations rustiques, on emploie une quantité de semences, excessive en pro- portion de l'étendue ensemencée, et Il est, sans contredit, nécessaire d'y semer Spais, puisqu'on y séme mal. Si pon veut fixer une mesure à semer, que ce soit du moins celle de Létendue de terre qu'on doit ensemencer, mais qu'avant iout, on se procure un bon semeur, qu'on le conserve dans la disposition de remplir ses fonctions avec honneur, et qu'on ne le pressé pas trop- On a souvent demandé combien un semeur pouvait expédier d'ouvrage en un jour; de Münchhausen Pa calculé dans la I.“ zection de son Pèere de famille, en jeis et en minutes. Mais il faut étre content, si le semeur sème par jour dix-huit journaux. C'est sans doute le moins qu'un homme d'un activité moyenne T. IV. 3 18 PRINCIPES RAISONNES doive faire, et je sais que des semeurs zélés et habiles, en peuvent expédier le double. Mais, à la longue, l'action de semer fatigue beaucoup; et un semeur qui, par une bonne distribution et par Pépargne de semence qui en résulte, peut pro- curer de si grands avantages, mérite bien qu'on ait pour lui quelques ménagemens; s'ilse néglige, il faut le renvoyer; car il importe, sans contredit, de savoir ce que J'on peut attendre d'un semeur, puisque c'est d'après cela, qu'on doit fa aire ses dispositions pour recouvrir la semence sur une plus ou moins grande étendue. Dans de grandes exploitations rurales, on trouve souvent établi usage de faire passer deux semeurs lun à côté de P'autre. II faut que ces deux ouvriers soient fort habitués à aller ensemble; sans cela, cette méthode ne saurait avoir du succés. Je préfère assigner à chaque semeur son espace séparé.“ Pour semer des graines menues, et les répartir, en très-petite quantité, d'une maniére uniforme, il faut une habileté encore plus grande, ei plus d'attention, que pour semer les céréales proprement dites; cette opération ne doit étre confiée qu'à des gens qui en aient l'habitude. § 979. La difficulté qu'on éprouve, dans certaines localités, à trouver de bons semeurs, a rendu les semoirs ou machines à semer, particuliérement désirables. On en a inventé et recommandé plusieurs, mais je ne connais, pour Pavoir vu opérer, aucune machine de ce genre qui répartisse le grain d'une manière uniforme; elles ne me sont connues que par des modèles; je n'ai vu aucune exploitation rurale où Pune ou Pautre de ces machines eũt été introduite. L'on a inventé des semoirs qui ne font qu'épandre la semence, et d'autres qui la recouvrent en méme temps. Les premiers peuvent étre tres-simples et, à ce qui me semble, utiles. Les derniers sont très-compliqués, variables et n'assurent point assez une répartition uniforme de la semence. Je doute que quelque machine que ce soit, soit préférable à Pacltion d'un bon semeur, mais j'admets qu'elle puisse ètre de beaucoup préférable à Paction d'un mauvais*. X.. 8 Il y a quinze ans que les terres de mon domaine dę Genthod sur les bords du lac de à Genève, sont ensemencées avec le semoir de Chateauvieux, et avec un succès très-réel. Ce semoir épand la semence d ans des espèces de lignes, ou rangges, mais qui se touchent pres- que les unes les 8* 4 5 1 1 autres; d'ailleurs, dans les rangées même, les grains sont plus ou moias espacés, sur une largeur de quatre pouces envir rapports, lorsque les inventions de M.- charron et maréchal à Lancy, enfin et surtout, la dernièr on. Ce semoir me satisfaisait sous plusieurs de Fellenberg, puis une simplification du sieur Machet, ensuite une imitation du semoir de Cooke, par le mème Machet, e invention due aux soins inſatigables de M.- de Fellenberg, nous ont D'A GRTICULTVURE. 19 Il en est iout autrement des machines desúnées à semer en lignes ou raies; parce qu'elles déposent la semence en lignes espacées, et fraient un présenté des résultats beaucoup plus accomplis. Aujourd'hui je suis convaincu que si notre excellent auteur eũt eu connaissance de ces machines et de la perfection de leur travail, il n'hésiterait plus à leur donner une préférence décidée sur Paction du meilleur des semeurs. La description de'une ou de l'autre de ces machines me retiendrait ici beaucoup au-delà des bornes d'une noie, et avec cela ne fournirait que très-imparſaitement les moyens de les imiter; beaucoup mieux vaudra s'en procurer de toutes faites dans les fabriques mème, où le travail en grand permet de les établir à un prix bien moins onéreux, que lorsqu'on doit marcher avec timidité, pour chercher à atteindre les résultats que d'autres ont obtenu. Pessaierai de tracer ici quelques- uns des avantages des semoirs, et des inconvéniens qu'on leur reproche, afin de ſaciliter, autant quiil est en moi, les jugemens sur la convenance de les adopter. 1. Les semoirs qui me sont connus, distribuent le grain aussi également qu'on peut l'espérer, sans le déposer avec la main dans des trous espacés; cependant entre une rangée et l'autre il y a toujours un léger espace vide; mais cet espace est trop peu considérable pour qu'il ne soit pPas complétement occupé par les racines du blé, après que celui-ci a tallé; dans les rangées meme, les plantes sont assez nombreuses pour pouvoir supporter les accidens de l'hiver, qui, d'ailleurs, y sont d'autant moins à craindre, que les plantes étant assez bien espacées, peuvent acquérir plus de force qu'elles ne le feraient sans cela, pour résister aux intempéries. Au reste, il dépend absolument du semeur de graduer, à volonté, le plus ou moins d'é- paisseur qu'il veut donner à la semaille. 2. IIs introduisent le grain en terre, à une profondeur réglée, et qui dépend également du choix du semeur. Tous les grains de semence sont parfaitement recouveris; aucun d'entr'eux n'est entratné à une trop grande profondeur pour y pourrir, ni laissé à la surface du sol pour ètre mangé par les oiseaux. Ils ne sont point déterrés par les pluies qui surviennent après la semaille; leur germiination et les premiers périodes de leur végétation ne sont point troublés par les accidens de température; les plantes sortant de grains placés à une proſondeur uniforme, sont aussi plus égales; et, mieux espacées, elles ont un peu moins de disposition à verser. 3. IIs permettent d'épargner un quart et quelqueſois la moitié de la semence qu'on em- ploierait en semant à la main; on assure même que, dans les lieux où, à cause de T'àpreté des hivers, on sème plus épais que cela n'est ordinaire, cette épargne va encore au-delà. 4. Si meme le semoir exige l'action d'un cheval pour èêtre mis en mouvement, cela mème ne peut guère lui èêtre imputé, puisqu'il accomplit lui-mème une grande partie du travail que, sans lui, l'on devrait faire avec la herse. 3 Les inconvéniens que peut présenter l'usage des semoirs, sont: 1. d'exiger un peu plus de temps pour Paccomplissement des semailles; dans les terres tenaces surtout, le sol veut èêtre un peu mieux préparé, et les mottes mieux cassées qu'elles ne le sont ordinairement pour les semailles qui se font à la volée zjafin que les pieds ou socs du semoir, ne soient pas entravés dans leur marche; au reste ce travail est très-particulièrement avantageux à la récolte. 2.“ Il n'est Pas douteux qu'un semoir, quelqu'activité qu'on lui donne en changeant fréquemment le 20 P-RINCIPES RAISONNES chemin aux divers instrumens de sarclage. Sans elles, la méthode de semer en lignes serait extrémement vicieuse, parce queé les plantes ne seraient pas distribuées d'une manière uniforme, et qu'au contraire elles se trouveraient accumulées dans la raie. C'est seulement le bon effet de la culture à la houe et au puttoir qui pourra contrebalancer ces inconvéniens. Plus bas, et lorsque j'aurai développé la manière de semer les diverses sortes de grains, j'indiquerai le plus important de ce qui se rapporte à la culture en lignes. La semence lève plus ou moins tt, selon sa näture particulière, et selon celle du sol et de la iempérature. Toutes les plantes se présentent ou avec une feuille en forme de poinçon, ou avec deux lobes séminaux. Toutes les graminées sont dans le premier cas, et par conséquent les céréales, dont nous parlerons ici préliminairement, et seulement en général. 6 980. Dans le sens étroit de ce mot, nous n'entendons, sous l'expression de Ceraales, que les plantes qui, portant des épis, appartiennent à la famille des graminées, et que nous culuúvons afin de nous procurer leur semence à grain plus gros et plus nourrissant, D'autres personnes comprennent, à la vérité, sous ce nom, ious les divers produits qu'on cultive pour s'en procurer la semence et l'em- ployer à noitre alimentation; mais comme ces premiers sont d'une nature plus distinguée, dans laquelle ils ont plus de rapports entr'eux qu'avec les autres espèces de grains, nous appliquerons cette dénomination à ceux qui appartiennent au genre des graminées propremeni dit 1, cheval qui le traine, ne peut pas semer en un jour un espace aussi grand qu'un semeur le ferait à la volée; il faut done multiplier les semoirs, si on veut que les semailles ne soient pas retardées. 3.“ Il exige une certaine sagacité, une certaine prudence de la part de celui qui dirige Tinstrument, et de l'attenlion; tandis donc que, dans un domaine d'une grande étendue, un seul semeur habile suffit pour assurer le bon ensemencement des terres à la volée; il faut, si les semailles doivent être exécutées au semoir, un plus grand nombre d'ouvriers expérimentés. Au reste, tons ces inconvéniens ne contrebalancent pas les avantages qui résultent, d'un côté, de l'épargne d'une grande partie de la semence; de l'autre, d'un ensemencement plus parfait. Si à cette heure je n'ai pas introduit cette utile machine dans mes terres d'Italie, cela est uni- quement dů à ce que la nature du sol et la douceur du climat, permettent d'y semer à la volée les céréales, plus claires encore que je ne le fais au semoir sur les bords du Léman, et non à ce qu'il me reste aucun doute sur Vexcellence de ces instrumens. Trad. * Je retranche une période qui est particulière à la langue allemande, et qui, traduite litté- ralement en français, ne ferait que jeter de l'opscurité sur ce que nous avons dit et sur ce qu'il nous reste à dire, Zrad. D'AGRICULTURE. 21 § 981. On ne sait ni dans quel lieu les céréales croissent spontanément, ni méême sil est en effet des pays où cela ait lieu ‚et d'où elles aient été Urées dans Porigine; car rien ne prouve qu'on les ait rencontrées quelque part sans culture. Ceute circonstance et celle qu'elles se sont peut être tout autant éloignées de leur état de nature, leur sont communes avec les animaux domesuques qui, ainsi que cette espèce de végétaux, ont suivi Phomme dans tous les climats, et se sont accoutumés à divers genres de vie. Sous les rapports économiques, elles se disunguen 1— par leurs semences, qui sont plus grandes et remplies de farin raison qui fait qu'on les cultive: car la semence de plusieurs autres graminòes Ile est réellement employée t des autres graminées e, et c'est cette est également nourrissante et de méme nature, et e comme aliment; c'est, par exemple, le cas de l'ivraie. Il paratt que, dans Porigine, et sous des climats plus chauds, toutes ont te annuelles. Quelques-unes seulement, ont été habituées, par la culture, à passer l'hiver en terre, parce que noire 6ié ne suffisait pas pour les amener à maturité. Elles ont, comme la plupart des graminées, touffes; à se multiplier en tallant; à pousser, nouvelles racines, et de celles-ci de nouveaux jets, surtout lorsqu'on ra de la nouvelle terre de leurs nœuds, et qu'on arréte la croissance de leurs tiges. En empéchant avec soin celles-ci de monter, on peut mêème les conserver pendant plusieurs années, et les obliger à former un gazon épais. En favorisant leur multiplication en touffes, et en faisant qu'elles tallent, puis en séparant et replantant leurs pousses, on peut leur faire atteindre un produit énorme en semence.('est ainsi que PIrlandais Miller, d'un grain de froment et dom il tira à diverses reprises durant l'automne et le printemps suivant, des rejetons qu'il planta de mème, se procura, en une année, 21109 épis, et dans ceux-ci 576840 grains, et crut quiil aurait pu pousser cette multiplication plus loin encore. Plusieurs autres personnes ont, n seul grain 40000, en une seule année; aussi de la disposition à former des de leurs nœuds inférieurs, de pproche qu'il plania en juin, avec moins de soin, obtenu d'u est-il risible d'entendre parler comme d'une chose étonnante d'une multiplication Jde 80 ou 100 fois une semence, sans qu'on indique Pespace, la nature du sol, et la culture. Elles étendent toujours une partie de leurs r et serrent oelui-ci par le ussu de ces racines; elles s'ét acines à la superficie du sol, endent cependant aussi 22 PRINCIPES RAISONNES considérablement en profondeur, lorsqu'elles trouvent une terre meuble et nutritive*. § 932. Toutes les espèces de céréales consiennent des parties constituantes de même nature et assez semblables, mais qui varient dans leurs proportions, et, en quelque manière, dans leur combinaison. a) Le Gluten. On l'a d'abord découvert dans le froment, et attribué à lui seul, mais on l'a également trouvé dans les autres céréales, quoiqu'en moindre quantité et plus ètroitement uni à l'amidon. Cette substance est dans un rapport parfait avec la matière animale, elle est composée des mêmes substances primitives, etse comporte de la mèême manière, dans la fermentation et dans le feu. Elle est donc l'aliment le plus essentie! du corps animal, et la force nutritive des céréales dépend, méême à poids égal de farine ‚de la quantité en laquelle ceite substance sy trouve. Mais sa proporton varie aussi beaucoup dans une même espèce de grain. b) L'Amidon. Il est probablement inférieur au gluten en faculté nutritive; cependant il est fort nourrissant et parait faciliter la digestion du gluten. Un instinct porte fortement toutes les espèces d'animaux à le rechercher comme aliment et, à la longue, ils le préfèrent, ainsi que l'homme, à tous les autres. Le gluten seul répugne bientôt aux animaux, et les rend malades; on P'a observé chez le bétail qu'on engraisse dans les fabriques d'amidon. c) Une substance douce et mucilagineuse, qui ne se trouve qu'en petite quantité dans les céréales, mais qui saugmente dans la germination, ou dans la préparation du malt, et qui se forme de Pamidon. Elle rend le grain plus propre à la fermentation vineuse et même à la fermeniation acéteuse. Elle Parait approchter de l'amidon, pour la faculté nutrilive, et faciliter la digestion du gluten et de lamidon lui-méême. D seulement mélées ensemble. Par la coction simple et par celle du pain, elles sont plus inlimement combinées, et elles ne peuvent plus alors être séparées, Dans la coction il se forme une masse semblable à la colle; mais dans la fa- brication du pain, il sopère une fermentation qui produit de Pacide carbonique, et rend cet aliment plus facile à digérer. * Voyez, sur le caraclère Particulier des graminées, Touvrage intitulé Crome's Handbuch der Naturgeschichte für Landwirthe. Part. II. Tom. I, pag. 150 et, pour ce qui se rapporte aux céréales en particulier, le même vol. pag. 347. A. ans Pétat naturel du grain, ces trois sortes de parties constituantes sont P D'AGRICVULILTVUR E. 23 d) Les Gousses. Elles sont composées essentiellement de Fibrine, qui paratt ne pouvoir être dissoute par le seul moyen de la digestion; cependant elles contiennent aussi quelque substance soluble et, en quelque manièére, aromatique; elles surpassent tout au moins la chaux en faculté nutritive. e) LHumidité. On la trouve même dans le grain le plus sec, dont elle augmente le poids et le volume, quoiqu'en en diminuant le poids spécifique. Elle ne donne aucune nourriture et ne procure aucun avantage; mais, au contraire, lorsqu'elle se trouve en trop grande proportion, elle accélère la détérioration du grain; ce qui fait qu'on doit conserver celui-ci aussi sec que cela est possible. Le desséchement artificiel et extraordinaire, qui est usité dans les contrées septentrionales des bords de la Baltique, par le moyen des aires àsécher, fait que le grain peut se conserver beaucoup plus long-temps, surtout lorsqu'on le met en grand tas, dans lesquels il absorbe moins de l'humidité de l'atmospheère. Le grain qui n'a pas été séché d'une manière particulière doit„au contraire, étre étendu à Pair en couches minces, et étre souvent remué„afin que l'humidité qu'il a et quil attire toujours, puisse s'évaporer. Différentes observations donnent lieu de croire qu'au moyen d'une séparation absolue de Pair atmosphérique, les grains peuvent étre mis à Pabri de toute détérioration; cependant il faut, sans doute, qu'auparavant ils aient été parfaitement desséchés*. Ces parties constituantes varient en quantité proporuonnelle„non-seulement dans les diverses espèces de grains, mais encore dans ceux d'une même espèce. La température de Pannée, le sol et le genre d'engrais, le degré de maturité, et le moment de la moisson, occasionnent cette différence. Le grain qui a cru sur un sol et par une température humides, a une gousse plus épaisse, et en conséquence un moindre poids sur un même volume. Mais, ainsi que nous Pavons observé à Poccasion du gluten, la proporiion des autres parties constituantes peut également varier. De là vient que le blé est plus nourrissant une année que l'autre. § 983. La faculté nutritive du grain n'est pas dans un rapport complet avec sa pesan- teur; cependant ce rapport est fort approximatif, et beaucoup plus que celui de la *† Sur les bords de P'Adriatique et dans des positions où Linfluence de l'air atmosphérique et les insectes étaient fort à redouter pour les grains, j'ai vu conserver les fromens dans des fosses murées en terre, auxquelles on ne laissait que, à leur sommité, un orifice, qu'oun tenait hermétiquement fermé. On plantait dans cette fosse un long bâton qui la traversait dans toute sa profondeur; et ce bâton était, de temps en temps, tiré dehors pour indiquer la tempéra- ture du grain dans Pintérieur de la fosse. Si le baton était chaud, on enlevait alors le grain de la fosse pour lui donner de l'air. Trad. 24 P RINCIPES RAISONNES faculie nutritive avec le volume; il serait en conséquence bien plus convenable de Pacheter, de l'estimer et de l'employer d'après son poids, que d'après sa mesure. Pour la fabrication de Peau-de-vie de grain, l'on a enfin compris cela; les distillateurs intelligens se dirigent d'après le poids, et non d'après la mesure. Le poids des diverses espèces de grains varie, par scheffel de Berlin. Pour le froment entre 84 et 96 livres. — le seigle,... 76— 86 — Pporge plate,.. 65— 84 — ha petite orge, 55— 70 — Porge céleste, 74— 86 — bavoine,... 42— 56 § 984. Le produit des diverses espèces de céréales dépend, à température égale, de la fécondité du sol; et ces produits enléèvent de rechef au sol sa fécondité, en proporüon de leur volume et de la quantité des parties nutritives qu'ils contiennent. Car leur végétation et leur multiplication est opérée, non en totalité, mais du moins en grande partie, quoique la proportion ne puisse pas encore en éêtre déterminée, par les substances nutritives adaptées à la végétation, qui se trouvent dans le sol. L'on a cherché à déterminer le produit de chaque espèce de grain, dans des provinces ou des pays tout entiers, mais les données dont on extrait ces moyennes sont extrémement trompeuses, et ne donnent, en conséquence, aucun résultat qui mérite qu'on y ajoute foi; beaucoup moins encore peuvent- elles ôtre appliquées d'une manière rétrograde à des cas isolés, et à des espèces de culture paruculièéres. Selon les cireonstances, les produits sont quelquefois dans la réalité beaucoup au dessous, d'autres fois beaucoup au dessus de ces résuliats, mêôme en prenant la moyenne de plusieurs années. Daus PAllemagne septentrionale, on prend ordinairement pour moyenne 3 dans Passolement triennal avec jachère: Du froment, 7 scheffels. Du seigle, 6— De Porge, 6— De T'avoine, 5— Cependant, selon Pordre dans lequel ces récoltes viennent dès le dernier amendement. Pour des pays où une grande partie des ierres sont mal cultivées et ense- mencées, on ne peut pas porter cette moyenne aussi haut, on ne doit la mettre qu'à 5 scheffels par journal. e § Sa ela; are. erwer tense- PDeA GRIOCGU L TVR R. 25 Schwerz, d'après ses notes, qui, cependant, ne pouvaient pas suffire pour Urer de tels résultats, indique pour moyenne de la Belgique, par journal de Magdebourg: En froment, 11,80 scheflels de Berlin. En seigle, 12,28—— En orge d'automne, 17,95— En avoine, 24,756———*. Il compare avec cela le résultat des fractions des diverses notes d'Arihur Young, dans ses voyages du Nord, de l'Est et du Sud en Angleierre, et calcule la moyenne générale du produit en Angleterre, dans ce temps-là, c'est-à-dire, de 1760 à 1770, par journal de Magdebourg: Du froment, à 9,39 scheffels de Berlin. Du seigle, à 9,5—— De J'orge de printemps, à 12,60—— De T'avoine, à 14,8——— Il infère de là que l'agriculture Belge a la supériorité sur PAnglaise. Dans Pensemble de celle-ci, personne ne lui contestera cette vérité, pas même les Anglais; mais s'il met ici en jeu cette rotation de récoltes, qui, anciennement, n'était pratiquée que dans quelques petits districts de PAngleterre, et qui n'a été adoptée que dernièrement par la généralité des culüvateurs habiles; si, de ces données, il veut tirer la preuve que cetie rotation ne soit pas aussi bonne qu'une autre, non-seulement il en tire une conséquence fausse, mais encore il démontre qu'il n'a pas lu attentivement Young, et n'a pas bien saisi sa tendance, laquelle va directement à prouver que les exploitations rurales ordinaires, dans les contrées qu'il a parcourues, sont encore très-imparfaites, et qu'elles pourraient et devraient être perfectionnées par un meilleur systéme de culture. Sil eùt relevé le produit moyen des économies rurales perfectionnées, que Young donne, surtout dans ses derniers voyages, faits à une époque ou il y en avait déjà plusieurs de pareilles, le résultat eüt été à peu près comme suit: Pour le froment, 15 scheffels par journal. Pour Porge, 18—— Pour l'avoine, 24— Dans ces contrées on ne cultive pas de seigle. Pai parlé au 1.“ volume de cet ouvrage, 6§ 255, 254 et 258, de la valeur proportionnelle des grains entr'eux. * Voyez Belgische Landwirthschaft, vol. I. peg. 346. T. IV. 4 26 PRINOIPES RAISONNILS § 985. Durant la période de végétation des céréales il faut observer les circonstances et les accidens que nous allons indiquer, et faire les dispositions que nous enseignerons ensuite. Pour les céréales d'automne, on envisage comme avantageux qu'elles ne lèvent pas d'abord, mais qu'au contraire elles demeurent en terre long-iemps, en pro- portion de la température qu'elles renferment, parce qu'alors la partie inférieure de leur germe, la racine, se développe mieux, et se fortiſie. Jai observé, que, par une température favorable et sur un sol profond, les semailles pointaient trois jours plus tard que sur un sol superficiel. Lorsqu'une sécheresse extraor- dinaire du sol fait que la semence demeure long-temps à germer, on ne peut, à la vérité, pas envisager cela comme avantageux; cependant cela n'est nui- sible, qu'autant qu'il retarde trop la végétation. Dans lautomne 1810, le seigle semé vers la fin d'aoüt, demeura en terre jusques vers la fin d'octobre, c'est- à-dire, 7 à 8 semaines, et plusieurs croyaient qu'il ne lèéverait plus. Cependant il leva ensuite et assez épais, et eüt donné des semailles très-fournies si, la sécheresse ayant été moins forte au printemps, il eùt pu taller comme d'ordinaire. Pour les céréales de printemps on désire, tout au contraire, qu'elles lèvent promptement, afin que les mauvaises herbes n'y prennent pas le dessus. C'est un bon signe, lorsque les céréales lèvent d'une manière uniforme, soit pour le temps, soit pour la force. Si elles lèvent lentement et qu'elles aient une force et une couleur inégales, cela annonce quelque vice. Dans les céréales de printemps, il est plus fächeux que dans celles d'automne, qu'elles lèvent en deux fois, parce que celles-ci s'égalisent plus facilement au printemps, tandis que les autres conservent leur disparité. Le germe qui pointe, doit étre de couleur foncée, pour le seigle d'un brun tirant sur le rouge, pour le fromem brunàtre, pour les grains de prin- temps vert foncé et pas jaunâtre; cette dernière couleur annonce une disposition à la maladie, qui rarement permet que la céréale se rétablisse. La couleur foncée des jeunes plantes, doit se conserver pendant long-temps. Les premiéres feuilles qui se développent doivent étre courtes, épaisses, assez obtuses à leur sommité, roides et élastiques, et se tortiller en se frongçant. Après le développement des premières feuilles, la nige forme un nœud au-dessus de la racine; ce nœud s'ouvre, et il en sort de tous les côtés des pousses latérales. Plus cela a lieu, et plus on peut attendre une céréale vigoureuse. Il ne ſaut pas que ces pousses s'élèvent promptement en hauteur, et moins DAGRICGCULTUR K. 27 encore qu'elles se laissent tomber par faiblesse, il est à désirer au contraire qu'elles s'Ctendent roides et élastiques par-dessus le sol, et, comme Pon dit, qu'elles couvrent la terre. Chez les céréales d'automne, j'ai souvent vu une pousse prompte et forte en hauteur, avec des feuilles G'un verd clair, étre la suite d'un amendement, dans lequel le fumier avait été enterré, quoique sa fer- mentation ne fút pas achevée, peu de temps avant la semaille, et par un temps humide et chaud: cette acuvité de végétation avait les conséquences les plus fà- cheuses, et ne laissait à sa suite, au printemps, qu'un champ presqu'entitrement dépouillé par Phiver. Il parait qu'alors les plantes sont saturées d'hydrogène hors de toute proportion avec la quantité de carbone qu'elles contiennent. Lorsque cela est ainsi, il ne me paratt pas qu'l puisse jamais être désavantageux que le sol soit fortement garni de plantes; lors même que les feuilles pourriraient, la plante, garantie par ses pousses latérales, demeurerait saine et, au printemps, reprendrait sa végétauon. § 986. Les semailles d'automne arrivent à Phiver dans des états très-différens, quel- quefois avant d'avoir poussé leur germe, d'autres lorsqu'elles commencent à pointer, et dans les établissemens ruraux bien ordonnés, toujours après avoir plus ou moins tallé. Durant les froids proprement dits, dans quelque état qu'elles fussent, je ne les ai pas vu étre détruites par la gelée. Dans le plus violent froid qui ait eu lieu pendant Phiver de 1802 à 1805, la terre était dépourvue de neige; cependant, je ne pus apercevoir aucune plante qui eüt 6té détruite; du reste je n'eus pas d'occasion de voir du froment blanc. Au printemps, à la vérité, toutes les semailles avaient une misérable apparence; celles qui avaient tallé avant l'hiver, avaien perdu leurs feuilles, qui, d'abord d'une couleur blanchàtre, puis à moitié pourries, étaient étendues sur le sol; on mapercevait aucune pousse nouvelle. Aussi ce fut à la fin d'avril seulement, que le seigle, et à la fin de mai le froment, poussèrent de nouveaux jets. Jusque là la gelée, qui avait pénétré au-delà de trois pieds en terre, absorboit tout le calorique que atmosphère déposait sur le sol. Alors les plantes poussèérent de nouveau avec promptitude et vigueur. On nfapergut des vides dans la semaille, qu'aux seules places ouù le sol s'tait fendu à tel point, qu'on courait le risque de s'y rompre les jambes; encore ces places se regarnirent-elles passa- plement; le seul seigle qui avait été semé sur des ados de sable, ouù il nm'avait pas tallé avant Phiver, se trouvait détruit, parce qu'un impétueux vent d'est, avait enlevé le sable, et dégarni les racines. Sous une couverture de neige, les semailles se conservent sans doute toujours 28 PRINCIPES RAISONNES mieux, surtout lorsque la superficie du sol est un tant soit peu enroidie avant que la neige survienne. Elles continuent à croftre sous cette couverture, et la semence qui a été enterrée peu de temps auparavant, lêve sous la neige. Quelque excessif et de longue durée que soit le froid, les semailles recouvertes n'en souffrent en aucune manière; aussi les hivers les plus froids ont-ils presque toujours été suivis des plus abondantes récoltes de céréales d'automne. Les hivers doux avec des alternatives fréquentes de chaud et de froid, sont plus dangereux pour les semailles qui sont placées sur un sol humide; mais avec de bonnes dispositions pour tenir le sol égoutté, on sauve celles-ci de ce danger. Les semailles ne peuvent pas supporter qu'on comprime la neige par-dessus elles; partout ouù, sur une neige épaisse, l'on a pratiqué des sentiers ou des escaliers, les plantes disparaissent en majeure partie. 5 937. Une période plus dangereuse, et même la plus dangereuse de toutes, c'est celle où la neige et la gelée disparaissent. Les semailles peuvent étre noyées, si la neige se fond aveo précipitation par la pluie, que l'eau encaissée n'ait pas d'écoulement, ou que les fossés scient tellement pleins d'une neige gelée, qu'on ne puisse pas parvenir à les rendre praticables à l'eau. Alors souvent il nm'y a que la plus grande activité de la part du cultivateur, qui puisse sauver ses semailles; il faut qu'il emploie tous les bras dont il peut disposer, pour procurer un écoulement; encore quelquefois c'est en vain, la chose n'est pas possible. Sur un sol perméable, on peut espérer que l'eau pénétrera en terre avant que la plante soit étouflée; mais ce n'est pas le cas, lorsque la gelée a Pénétré profondément dans le sol. La période du dégel est encore plus dangereuse pour les semailles, lorsque ce dégel a lieu lentement, et avec des alternatives de gelée. Lorsqu'il fait du soleil dans le jour, et quiil gèle pendant la nuit, ou, pis encore, lorsqu'entre deus, il tombe de la neige qui est bientôt fondue par le soleil: la superficie du sol dégelée, se remplit d'eau, sans que celle-ci puisse percer la couche inférieure, qui est toujours durcie par la gelée: cette eau gele la nuit, élève cette légère couche de terre dont elle est en possession, et avec elle les plantes. Pendant le jour, la surface se dégele de nouveau, la terre s'abaisse, mais la plante, plus légère, demeure élevée et dégarnie. Pendant les nuits et les jours suivans, la môme chose se répète, er la plupart des plantes se trouvent alors arrachées avec leurs racines, celles-ci sont mèême déchirées, lorsque la gelée a retenu leur partie inférieure dans le sol ou elles avaient pénétré. Les semailles même les plus vigoureuses, ne sauraient résister entiérement à une température pareille, oependant celles qui sont extréemement touffues, plus que D'AGRICUIL TVURE. 29 les faibles. Le danger est d'autant plus grand que le sol est plus poreux. Nous avons eu un temps semblable en mars 1804, et ce fut Punique cause de la mauvaise réussite des céréales et de la disette de grain qui se firent sentir cette année-là, laquelle, d'ailleurs, fut favorable à la végétation. § 988. Au printemps, si les semailles ne se monitrent pas bien, ou qu'elles pa- raissent trop claires, on se laisse trop tôt aller à la crainte qu'elles aient tout- A-fait succombé à Phiver, ou, du moins, qu'elles en aient trop souffert pour pouvoir encore donner une récolte passable; alors on prend la résolution précipitée de les renverser à la charrue. Dans aucune année dont j'aie conservé le souvenir, les cultivateurs n'ont été si inquiets, et si fort dans le doute sur ce qu'ils devaient faire, qu'en 1805. Cependant le plus grand nombre d'entre ceux qui mirent la charrue dans leurs céréales d'automne, pour y semer de Porge de printemps, en eurent ensuite des regrets, parce que les semailles d'automne qu'on avait laissées subsister, donnèrent cependant encore un meilleur produit, que l'orge qu'on leur avait substitué en d'autres endroits. Dans de telles circonstances, on m'obtient que rarement une récolte satisfaisante d'orge; à une. telle place, Pavoine a ordinairement plus de succéès. L'on a quelquefois semé, au moyen d'un fort hersage, de l'avoine sur un froment d'automne qui semblait détruit par la gelée; on a récolté le froment avec l'avoine, et fait, sur le tout, une bonne récolte, mais le froment a surpassé l'avoine en quantité. Les expériences faites à ce sujet par des cultivateurs Mecklembourgeois, et qui sont consignées dans la seconde partie des annales de la société d'agriculture du Mecklembourg, sont trèés-remarquables*. L'on a aussi trouvé qu'un fort hersage sur les semailles, domné au printemps, lorsque le terrain était bien essuyé, produisait de trèés-bons effeis; alors mème que les ouvriers manifesiaient la crainte de voir, par-là, le reste de ces faibles plantes absolument détruit. Le hersage est assurément un des plus grands biens qu'on puisse procurer aux céréales d'automne; mais il faut qu'il soit assez fort, pour que la toialité du champ soit couverte d'une couche de terre re- muée, et ainsi qu'il ait lieu avec des herses à dents de fer. On peut avoir recours à cette opération dans tous les cas, excepté dans celui oQ, comme nous Pavons dit plus haut, les plantes ont été déterrées, cas dans lequel il est préférable de passer le rouleau. Un mois de mars sec et doux, est parti- — & Voyez les Annalen des Ackerbaues, B.¹ V, pag. 191. A. 50 PRINGIPES RAISONNES culiérement favorable aux semailles d'automne et à la préparation de celles du printemps. 5 939. Au printemps aussi, des céréales de bonne apparence doivent pousser des jeis latéraux, s'étendre sur le sol, et se fortifier, plutôt que s'élever prompte- ment. La nature vigoureuse d'une céréale, qui a déjà commencé à taller en automne, contribue, à la vérité, beaucoup à cela; mais encore faut-il que la température soit favorable, qu'en avril et au commencement de mai la cha- leur soit irès-modérée, et qu'il tombe de la pluie en suffisance, pour que cela puisse s'opérer d'une maniére parfaite, et que le sol se couvre d'une céréale épaisse et à tiges fortes. Cela est singuliérement facilité par Popération du hersage, pourvu qu'elle ait lieu d'une manière et en temps convenables, parce que la couche de terre nouvellement remuée, dans laquelle les jeunes racines peuvent pousser avec facilité, et la légère blessure qu'ont recues les plantes, aident à la pousse de nouveaux jets latéraux. Si au contraire, dès ce moment, les plantes s'éléèvent promptement en une ou deux tiges, et, comme T'on dit, poussent en l'air, ainsi que cela arrive ordinairement lorsque la tem- pérature éprouve une élévation subite, sans qu'il tombe de la pluie; la céréale ne devient jamais épaisse; et lors méôme que, dans la suite, elle pousserait des jeis latéraux, ce qu'on appelle des pousses de mai, ces jeis, beaucoup plus retardés que les principales tiges, ne produiraient jamais des épis de grande valeur. Ce n'est point le rapprochement des plantes, mais cette multiplication, ce tallement, cette pousse uniforme de nouveaux jets, qui décident de la vigueur que la récolie atteindra, et, en cela, l'apparence se change souvent d'un moment à l'autre. Tel champ qui, au commencement de mai, est fortement couvert de plantes et a une grande apparence, s'étend souvent, précisément à cause de cette épaisseur des plantes, fortement en hauteur, et ne montre, en jnin, qu'une céréale faiblement garnie d'épis; tandis qu'un autre qui paraissait manquer de plantes, présente, au contraire, l'aspect d'une céréale fort touffue, garnie de tiges et d'épis. La plupart des cultivateurs auront observé ce phénomène, et un petit nombre seulement en aura profité; puisque le plus grand nombre d'entr'eux aiment à voir leurs champs en automne et au premier printemps, couverts de plantes droites et serrées, sans s'inquiéter si ces plantes, considérées isolément, ont Papparence de la vigueur et de vonloir pousser de nouveaus jets. Le coup-d'œil que présente de loin un champ de blé, est donc souvent bien trompeur; c'est seulement en parcourant ce champ, en en examinant des plantes isolément, que Pon peut porter un jugement certain sur sa fécondité. u Cori rle de lo dera zoiſe rode De pré Le K k lemen et ch Li Ce de D Wale ind6 dlin Na red D'AGRTICULTVURF. a 5 990. Plus lentement la pousse des tiges et le développement des épis s'opère, mieux c'est. Une récolte précoce à cet égard, ne sera jamais des plus abon- der dantes. Le développement des épis doit s'effectuer d'une maniére uniforme te- sur toute la surface du champ; c'est pourquoi l'on envisage un mois de mai 1en frais et humide comme favorable aux récoltes céréales. Au moment où L'épi de la se montre, la plante a atteint la moitié de sa prochaine élévation; tout au ha⸗ moins Pai-je toujours vériſié ainsi pour le seigle. cela La force des tiges, surtout dans leur partie inférieure, importe tout autant eale que leur hauteur; c'est seulement lorsque les tiges sont proportionnément du fortes, que la longueur des épis est en rapport avec celle de la paille, de , sorte que l'épi ait à peu près autant de pouces, que la tige entière a de pieds des de longueur. Des figes minces et gréles atteignent souvent une hauteur con- les sidérable, et cependant elles portent de petits épis. Les nosuds de la uge ce doivent étre épais et bruns, les feuilles bien nourries, d'un vert foncé, et ne roides. n- Lorsque les épis ont pris plus deaccroissement, et que la floraison commence, e les céréales doivent présenter une surface égale à la sommité de leurs épis. rait Des épis qui s'élèvent isolément, iandis que d'autres demeurent en arrière, ne up présagent pas une bonne récolte. de§ 991. 4, L2 temps de la floraison est également une période critique pour les céréales. la Si la température demeure long-temps humide, la fécondation se fait diffici- n lement et d'une manière imparfaite. Aussi, en juin, une température sèche t et chaude, qui n'est interrompue que par des pluies d'orage, est-elle désirable. n La température influe surtout sur le seigle, aussi reviendrai-je sur ce sujet. 4 Cependam on doit s'étonner combien des céréales vigoureuses peuvent résister 8 à cette contrariété, en comparaison de celles qui sont faibles. ., Durant, et apréès la floraison, vient le danger de verser. Lorsque des cé- 6 réales versent avant cette époque, sans qu'elles aient été abattues par de grosses 35 ondées ou des gréles, cela provient d'une excessive richesse du sol, que le r cultivateur sensé a toujours soin d'éviter. Si elles sont tombées avec force 4; avant la fleur, cela n'a que peu d'inconvéniens, elles ne tardent pas à se 37 redresser, en formant un coude. onc. 5 992. 3 ut Lorsque les pluies font verser les céréales, ce mal est d'autant plus grand quiil a lieu à une époque moins avancée. Ce n'est pas toujours le rapproche- 32 PRINCIPES RAISONNES ment des tiges, leur multiplicité, qui fait que les blés versent, c'est souvent aussi la faiblesse de la plante et une disposition à la maladie. Car Pon voit souvent versé, le blé d'un champ quoique très-clair, tandis que celui du voisin, quoique très-épais, est demeuré debout. Un amendement de fumier trés-abondant, avec des labours mal exécutés et superficiels, des semailles excessivement épaisses, sont le plus ordinairement cause que les céréales versent; tandis que des labeurs exécutés avec soin, et profonds, des semailles qui se sont garnies en tallant, plutôt qu'elles n'étaient épaisses dans leur première période, préservent de cet inconvénient. Ici la tige a plus de force dans sa partie infé- rieure, la elle s'est élevée trop rapidement, et a obtenu sa longueur et peut- Gtre la force de ses feuilles, aux dépends de la force de sa tige; toute céréale qui se distingue par sa couleur jaune, annonce qu'elle a trop d'hydrogène en proportion de son carbonne, et par conséquent qu'elle est faible. Ce que je viens de dire a principalement pour objet les céréales d'automne, cependant, dans le plus grand nombre de points, il trouve aussi son application aux grains de printemps. Les particularités de chacun d'eux se présenteront, lorsque nous traiterons de chaque espèce séparément. § 995. Parmi les diverses maladies qui, quoique sous diverses formes, atteignent les céréales, ainsi que plusieurs autres plantes, durant la période de leur végétation, les suivantes sont les plus ordinaires et les plus remarquables. 5 994. L'oanouissement ou la coulure, cette maladie fait que, tout-à-coup, les plantes prennent une couleur blanche ou jaune, comme à l'époque de leur complète maturité, et sèchent bientôt entièrement. Cest en partie au haut de la plante, ou au haut de l'épi, que ce mal survient; occasionné quelquefois par des retours de froids ou des gelées blanches. Les ierrains exposés aux vents du nord et les places les plus élevées des champs, sont plus sujets à ce mal; mais on le voit plus souvent dans les terrains humides, et plus encore dans les champs entourés de bois, où des vapeurs glacées viennent se déposer en plus grande abondance, et exercent une action mortelle sur les jeunes épis, en leur faisant éprouver un froid subit. Sur des terrains secs, qui sont d'une grande chaleur lorsque le besoin de pluie se fait senur, Pon voit une autre maladie du méême genre, mais qui atteint toute la plante. Cette maladie ne se borne pas seulement aux terrains les plus sa- plonneux, elle se manifeste plus encore dans des champs qui ne sont labourés que superfciellement, mais qu'on ne laisse point en repos, et qu'on fume Went on voit Aui qa fumier nailles ersent; ze Somt riode, le iulé- peut- éréale de en ne, dion ont. nt les auion, es Jes, ent lwie Oute 8 84- ourés fume 33 abondamment, avec des engrais frais, peu de temps avant les semailles, et surtout avec du fumier de cheval. Je connais des étendues de terres labou- rables ou c'est le sort du seigle, toutes les fois que l'été est sec, et ouù les laboureurs croient que ce soit un mal inévitable. Laisser le terrain en repos ou en paàturage, le labourer profondément et épandre le fumier par-dessus la semaille, seraient un remède infaillible à ce mal*. 5 995. L'espèce de Coulure que les Anglais appellent the Blight, et qui est tout-à-fait différente de la maladie dont nous venons de parler, n'est pas commune chez nous, elle ne se manifeste que dans certaines années, et plus dans les places humides que dans les sèches. C'est une soudaine paralisation de la force vitale, pPAGRICULTURV. une mort subite, une apoplexie mortelle qui atteint la plante. Lorsque j'observai cette maladie, durant l'été pluvieux mais chaud de 1802, elle se montrait par places, dans les lieux humides; aujourd'hui une étendue de quelques pieds avait pâli; demain c'était trente ou quarante perches tout autour. La plante devenait tout-à-fait blanche, et séchait absolument. Elle se laissait facilement arracher de terre avec ses principales racines, qui étaient également planches et seches; mais les plus minces de ces racines demeuraient en terre. Cet été-là, ce mal se fit ressentir plus fortement encore sur les champs de mon voisinage, que sur les miens propres; quelques personnes l'attribuérent à un insecte. Mais je m'ai pu apercevoir aucune cause de ce genre, ni que la plante eùt été offensée de maniére à pouvoir expliquer sa prompte mort. Cet accident me parut être dù à un état électrique de l'air, ou à une mutation instantanée de l'électricité positive et négative entre les courans d'air et la terre, que divers indices trahissaient, quoi- qu'il ne se manifestàt aucun orage dans le voisinage. Il y a long-temps qu'on a attribué aux éclairs un fächeux effet sur toutes les céréales, surtout lorsqu'ils surviennent durant la floraison. 5 996. La Miellee, la Brälure, la Rouille, me paraissent avoir de J'analogie les unes avec les autres, ou tout au moins avoir une même origine. Des cultivateurs comprennent sous P'expression brülure, la miellée et la rouille, et en effet la dernière me paratt étre toujours une suite de la première. La miellée est une humidité glutineuse, douce, très-semblable au miel, par conséquent très-agréable aux abeilles, et qui transsude des plantes; personne ne croira 2 * Voyez Wilrich über das Verscheinen der Saaten. Niedersachs: Annalen.— Jahrg: IV, St. III, S. 54. A. . IV. 5 34 PRINCIPES RAISONNES plus aujourd'hui qu'elle tombe du ciel, puisqu'elle atteint toute une récolte céréale, tandis que celle qui est immédiatement auprès d'elle, en est absolu- ment exempte; cependant la première cause en est, sans aucun doute, dans Patmosphère; le mal se montre lorsque, dans le milieu de l'été, et tandis que les plantes om le plus de vigueur, pendant et apréès la floraison, il se fait des changemens soudains dans Pair, et que la chaleur est suivie d'un froid ins- tantané; c'est chez les plantes une maladie de refroidissement. Sur quelques végétaux, par exemple, sur les haricots, il se montre, aussitèt alors, une quantité d'insectes, d'Aphides, qui sont, sans aucun doute, la conséquence, mais non la cause de la maladie. Parmi les graminées céréales on remarque seulement un petit insecte rouge, encore pas souvent; mais on aperçoit daus toute la plante des signes d'affaiblissement; sa végétation et son développement sont arrétés. Si pourtant bientét après, il survient une température plus favo- rable et surtout une bienfaisante pluie, souvent la plante se rétablit; cependant il se forme ordinairement des iaches jaune sur ses tiges et ses feuilles; ces taches deviennent toujours plus foncées, elles créèvent et donnent une pous- sière brune. Ceci est ce que l'on nomme proprement la rouille, et je l'ai presque toujours vu à la suite de la miellée. Les botanistes l'ont pendant long-temps pris pour de petits champignons qui poussaient sur les feuilles, et le président de l'académie des sciences d'Angleterre, Joseph Banks, a récem- ment décrit ce mal, qui fit de si grands ravages en Angleterre, surtout en 1804; cet auteur en a donné le dessin fort en grand, et en effet, on y re- connatt la forme du champignon. Les botanistes le tiennent pour un végétal parasite, tel que chaque genre de plante a le sien, ei ils l'appellent Aeciclium. Quant à moi, il me paratt, jusqu'à présent, plus vraisemblable, que c'est une maladie de peau, qui, chez les plantes, comme chez les animaux, a ses formes déterminées. Si la maladie prend le dessus, la plante s'affaiblit et ne donne point de grains, ou tout au plus que de racornis. La grande espérance que l'on concevait d'une récolte, s'évanouit tout-à-coup. Cette maladie est plus fréquente dans certains climats, et dans certaines contrées, surtout dans celles où il y a souvent des brouillards; certaines soles qui conſinent à des marais, en sont visitées presque chaque année. Mais ce qui est tréès-extraordinaire, c'est que l'épine-vinette produit ce mal ou, du moins, un trés-semblable, autour d'elle et sur une étendue assez grande. Ce fait n'est pas douteux, car un très-grand nombre d'observations faites en divers lieux et chez toutes les nations, sont concordantes sur ce sujet. Mais comment lépine- vinette produit cet effet, c'est ce qui m'est point encore expliqué d'une ma- — lu- D'AGRIOCULTURE. 35 nière satisfaisante. Feu mon ami Einhoff a fait ici divers essais pour communiquer PAecidium à des céréales, en coupant des rameaux d'épine-vinette qui en Gtaient tout couverts, et en les secouant sur les céréales„ou en les plantant au milieu d'elles; mais il n'a jamais rempli son but. Ce mwest donc pas la com- munication de cette poussiére, mais réellement la végétation de l'épine-vinette dans le voisinage d'un champ de blé, qui produit cette maladie. On n'a de méme point apergçu ce mal lorsqu'on plantait de jeunes haies de cette épine, mais seulement lorsqu'elles étaient grandies, et alors il s'augmentait d'année en année, jusqu'à ce qu'on arrachàt les épines-vinettes*. Dès que ces plantes avaient été retranchées du sol, le mal disparaissait aussitét. La Dartre farineuse, dans laquelle les plantes sont attaquées par une pousse planche, ne se montre point dans les céréales, mais d'autant plus souvent sur les légumes; elle parait avoir une même cause que la miellée, avec laquelle souvent on la confond de nom. Elle frappe les végétaux qui y sont exposés, mais seulement dans leur àge muúr; c'est cet àge, et non la saison, qui parait donner à la plante la disposition à cette maladie. § 997. L'opinion n'est pas encore parfaitement arrétée sur les maladies des plantes. Les cultivateurs n'avaient pas la capacité, les naturalistes pas Poccasion, tous n'avaient pas le loisir, de les observer dans tout Pensemble de leurs phénomeénes. L'un a parlé d'après Pautre, et souvent ‚faute de s'entendre sur les mots„ on a tout confondu. A présent je crains que l'on ne iombe sur une fausse route, si Ton veut trouver trop d'analogie entre les maladies des plantes et celles des animaux. Je m'abstiens en conséquence d'en dire davantage. Je parlerai dans son temps des maladies qui atteignent certaines espéèces de grains. Je passe aussi sous silence les insectes„ qui font également de grands ravages parmi les cérales et les autres récoltes. Mon bien-aimé gendre Crome s'occupe actuellement à les préciser mieux, et à scruter leur mode de vivre; nous pouvons nous attendre à trouver là-dessus, dans la 3.“ partie de son Manuel d'Histoire Naiurelle pour les agriculteurs„quelque chose de plus complet que ce que nous avons vu jusqu'ici. A,— * Jai cru m'apercevoir que cette fächeuse influence de épine-vinette sur les céréales, se faisoit sentir beaucoup plus loin de la plante dans les places qui étoient situées sous le vent de celle-ci. Pour déterminer si en effel ce n'est pas par une poussière que le mal se communique, mais par la seule végétation, il serait bon de couper tout contact entre la plante d'épine et la céréale, par le moyen d'une Paroi quelconque, qui ne»'étendit pas au-dessous de la surface du sol. Trad. FRINCIPES RAISONNE S LA MOISSON. 5 998. La récolte des blés et des autres produits à grains en général, est sans con- tredit la plus importante opération de Pagriculture; nous considérerons ici les principales circonstances, qui s'y rapportent, sans entrer dans de peuts détails, qui sont déjà connus du lecteur, ou qui, sils ne le sont, ne sauraient lui étre enseignés ici d'une maniére assez détaillée. Les principales conditions d'une moisson prospère sont, qu'elle se fasse promp- tement, qu'on empéche que les céréales ne s'y égrènent, et que les grains soient serrés secs, et à leur point de maturité. Dans la pratique, malheureusement, sur- tout la première et la seconde de ces conditions, sont en opposition l'une à TPautre. § 999. Pour éviter tout retard et tout empêchement à la moisson, le cultivateur doit faire, à iemps, toutes les dispositions nécessaires: il doit avoir soin de réparer et aérer ses granges, de renouveler le lit sur lequel ses monceaux de gerbes doivent éire posés, de mettre en éiat ses attelages et outils de campagne, desquels il faut qu'il ait au-delà du besoin. II doit faire ses arrangemens dans lintérieur du mé- nage, afin que rien ne manque, et qu'ainsi l'on puisse fournir aux besoins, sans faire perdre du temps aux ouvriers de la moisson; il doit s'étre débarrassé de tous les autres travaux qui ne souffrent pas de retard. La préparation des cordes de paille, ou des liens de joncs ou osiers, doit avoir lieu avam la moisson et en quantité suffisante; car nul cultivateur sage ne laissera lier les javelles avec leur propre paille. —§ 1000. Dans les grandes entreprises rurales qui m'ont point ou n'ont que peu de cor- véables, le premier soin doit étre de se procurer les ouvriers nécessaires; ce souci sera d'autant plus grand, qu'on uiendra peu d'ouvriers hors du temps de la moisson. Dans de telles circonstances, il faut faire d'avance une évaluation de tous les ouvriers dont on aura besoin, laquelle suffise dans tous les cas, et se procurer ces aides par tous les moyens possibles. Le plus ordinaire de ces moyens, est d'aſ⸗ ſermer du terrain aux manouvriers, pour y cultiver certains produits, comme, par exemple, des pommes de ierre, du lin, du tabac, eic., avec la condition d'aider et travailler à la moisson, moyennant une rétribution convenue, sous peine d'ètre déchus des produits du terrain qu'ils ont culuvé. Ce moyen, tout bien calculé, est le plus souvent très-coüteux, mais souvent c'est le seul auquel on puisse se fier. Ue D'A GRICGCU L T VU R K. 37 Quant à Pévalualion du travail de la moisson, l'on a des données très-variées, mais qui ne peuvent se réaliser que dans certaines localités. Ainsi l'on suppose que pour trois cents journaux, dont? sont ensemencés en grains d'automne, et en grains de printemps, il faut six hommes et huit femmes. En ceci Pon admet comme base de calcul, qu'un homme fauche chaque jour 5 journaux de belles céréales, 5 4 de moindres, et 2 journaux de pois. Pour raàteler et lier, selon que le blé est plus ou moins fort ou faible, il faut de irois à cinq femmes pour trois journaux. Un attelage de quatre chevaux charrie par jour cent vingt gerbes doubles(grandes gerbes) de céréales d'automne, et cent cinquante de grains de printemps, pourvu que les champs ne soient qu'à un éloi- gnement modéré, et qu'on ait des chariots de rechange. Pour charger et râteler après le chariot, il faut, avec deux attelages, un homme et une femme; pour décharger et metire en tas, trois hommes et irois femmes. Cependant ces données éprouvent des modifications, selon que les ouvriers sont plus ou moins actifs, et que la manière d'accomplir ces opérations abrège le travail, ou a pour but de leur consacrer plus de soins; chaque localité a donc les siennes. Le nombre de gens dont on a besoin, depend aussi beaucoup de la température, celle-ci peut accélérer ou prolonger beaucoup le travail. 6 1001. Outre cela, les manières d'opérer la moisson sont très-variées, et il est fort dif- ficile de les changer, si Ton n'a pas à sa disposiuon des moissonneurs du dehors, mais qu'au contraire on doive employer des gens du lieu mêôme. Ces méthodes ne sont nullement indifférentes, celle-ci a Pavantage, sous un point de vue, celle- Ià Pa sous Pautre. Mais les opérations isolées de scier ou faucher, d'amasser, de räteler, de lier, de charger, de décharger et de tasser, sont tellement en rapport Pune avec Pautre, que si Pon veut en changer une, il faut les changer toutes. On doit, du moins, bien y réfléchir, puisque les ouvriers m'ont pas d'adresse, lorsqu'ils font un travail auquel ils ne sont pas accoutumés, lors méême que ce travail est plus facile; et puis aussi que toute innovation éteind la bonne humeur, qui, dans la moisson, rend supportable le travail méme le plus forcé. Dans leur manière ordinaire de procéder, les moissonneurs ont cent petites plaisanteries, par lesquelles ils se üennent en gatté, et qu'on étouffe si Pon prescrit à ces gens quelqu'autre chose, quoique cela même s'exécute qd'une manière tout aussi gale dans les „ contrées ou il est en usage. Si, malgré cela, on trouve cependant convenable, la manière de faire la moisson, il faut, du 92 ⸗·2 7 d'introduire quelque nouveauté dans vriers y soient déjà exercés, et qu'en par- moins, avoir soin que les maitres-ou ⸗... 8„«* 8 ·ℳ niculier Pinspecteur des travaux connaisse cette opéraulon d'une manière ac- complie, et ne soit étranger à aucun des détails de sa manipulation. 38 PRINCIPES RAISONNES Nous ne nous arréterons point à décrire les diverses méthodes et les divers pro- cédés qu'on emploie pour la moisson; parce que ceux-ci ne pourraient être décrits et compris que d'une manière tréès-imparfaite, quelque facilement qu'ils puissent éire appris lorsqu'on les voit exécuter. Je ferai seulememt mention des principaux. § 1002. On sépare la tige des céréales de leur plante ou avec la faucille, opération qu'on qu thode est préférée parce que, pourvu que les moissonneurs y donnent l'attention convenable, elle expose moins les épis à perdre de leur grain, à s'égrener; la seconde est préférée à cause de sa célérite et de l'épargne de main-d'œuvre qu'elle procure. II ne peut y avoir aucun doute que, pour une céréale forte, à moitié versée et emmélée, la première méthode ne soit préférable à la seconde, et que Favantage de perdre moins de grain ne couvre amplement l'excédent de frais que le sciage coũte. Mais là oùð, pour Pamour du sciage, on doit laisser Pune ou Tautre espèce de grain trop long-temps sur pied, cet avantage est tout- à- fait perdu, et la quantité de grain qui se perd et tombe de l'épi dans la moisson„ est souvent plus considérable qu'elle ne l'aurait été par le fauchage, si celui ci eũt été exécuté dans un moment convenable. Il ne faut également pas perdre de vue que le sciage laisse sur pied un chaume beaucoup plus long, et qu'ainsi il fait éprouver une perte en quantité de paille; au reste cette perte est moins à regretter dans les terres fortes et pesantes, ou l'on obtient de la paille en abondance, et où un chaume long et fort, enterré à la charrue, contribue à rendre le sol plus meuble. Le fauchage se fait de deux manières„ ou avec une faux surmontée de baguettes, par le moyen de laquelle on coupe de droite à gauche en versant la céréale de ce dernier céte„Hen andains; faucheur prend le blé à la droite„et en fauchant, Pappuie sur celui qui est en- core en pied; dans ce cas-là„il faut que le faucheur soit immédiatement suivi Par une releveuse, laquelle prenne la céréale qui vient d'étre coupée, et la pose sur le sol, en javelles, ou quelquefois la lie dans le même temps. La seconde méthode ne peut avoir lieu que lorsque la ceréale qu'on fauche est vigoureuse; elle a lavantage de secouer moins la tige et lépi, et d'épargner l'opération du rätelage; par ce moyen les céréales courent moins le risque de s'égrener. Le travail n'est augmenté que peu, de ce qu'il serait par l'autre manièr pParce que P'ouvrière qui amasse ou relève du râtelage*. ou avec la faux simple, et alors le e de faucher, , épargne en grande partie le travail ₰.„ A„ 4„.„ 3 Je ne puis m empécher d'éprouver une cerlaine défiance de moi-même„ lorsque mes opi- alifie de scier, ou avec la faux, ce qu'on appelle faucher. La première mé- —. DAGRICULTVURE. 39 L'on a aussi voulu inventer, et l'on y a réussi en effet, des machines pour moissonner le blé. Mais le travail en étoit si peu diminué ‚et les céréales en étaient si fort endom- magées, qu'on n'a pu trouver aucun avantage à leur emploi. 9 1005. On amasse er lie les céréales, ou d'abord après la faux, ou seulement après „ AA nions ne se trouvent par entièrement d'accord avec celle de notre excellent auteur; cependant je vais essayer de donner ici le résultat de ma propre expérience, qui ne coincide pas abso- lument avec ce qui est dit ci-dessus. Depuis quatorze ans je ſais moissonner à la faux„ Fauoher, la totalité de mes céréales, et je puis assurer que la quantité de grain qui se perd sur le champ, non-seulement n'est pas plus forte que lorsqu'on sciait, mais au contraire moindre. On se sert pour cela de faux simples et sans baguettes; le faucheur commence le champ à sa gauche, et renverse la céréale en fauchant de droite à g ce boyau passe entre les deux pieds du ſauc épis se trouvent dessus, et l' auche, ordinairement en forme de ruban ou boyau; heur, et est disposé de manière que presque tous les extrémité inférieure de la paille dessous. Si quelque circonstance extraordinaire a fait tomber une mêche ou poignée d'épis dans une autre position ‚le faucheur la replace avec son pied, en passant, et sans s'arréter le moins du monde. Pour que les tiges et les épis se trouvent dans cette Position après avoir été renversés par la faux, il faut que le faucheur dirige sa progression, ou si l'on veut, les andains, de manière que les épis de la céréale qui sont en pied, soient légèrement inclinés à la gauche, afin qu'ils m'aillent par en sens contraire de Timpulsion qu'on veut leur donner; cependant il ne faut pas non plus que cette inclinaison soit trop prononcée, sans cela la ſaux courroit risque de glisser sur la paille et de ne pas couper près de terre; d'ailleurs au moment ou le manche de la faux sapproche du boyau, le faucheur doit relever légèrement la pPartie postérieure de cette faux, en retirant un peu l'instrument à lui, ce qui fait relever les épis de la poignée précédente. A moins qu'il ne fasse un temps plu- vieux, je laisse le blé ainsi en boyau, jusqu'au moment ou je veux le faire lier, alors les femmes le relèvent en javelles et le portent sur le lien. Cette opération de relever est assez délicate, et c'est de l'adresse de celui ou plutòt de celle qui l'exécute, que dépend tout le succès, et par conséquent la convenance de cette méthode. La releveuse doit se placer sur le chaume du blé qu'elle va relever et, tournée contre le boyau, avancer sur le còôté à sa droite; elle se baisse et, de sa main gauche, elle prend du côté extérieur, vers l'extrémité inférieure de la Paille, la première poignée qui a été coupée par la faux; elle tire cette poignée à elle, les épis demeurent encore attachés au boyau, de sorte que les tiges de cette poignée forment alors, un angle plus ou moins aigu avec le boyau dont elles faisaient auparavant partie; en tirant à elle la poignée, la releveuse, fait un petit pas vers sa droite, et introquisant, par dehors, sa main droite entre la poignée qu'elle vient de prendre et celle qui vient ensuite, elle donne un petit coup, qui soulève les épis de la première, en meme temps que, portant, de sa main gauche, l'ex- trémité de la poignée qu'elle tient, sur celle qui la suit, elle fait ainsi faire un mouvement en avant, aux épis de la première poignée, qui se trouvent alors directement sur ceux de la seconde, tout comme Textrémité inférieure de la paille de l'une, se trouve sur celle de l'autre. La releveuse continue la mème opération pour la seconde unie à la première poignée, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'elle ait dans ses bras une javelle, qu'elle porte alors sur le lien, ou qu'elle dépose sur le chaume. Si la pluie est venue humecter la céréale et la menace encore, je 40 PRINCIPES RAISONNES qu'ou les a laissées sécher en andains ou en javelles. La première méthode ne peut avoir lieu que lorsque la récolte est peu mélangée d'herbe. On laisse alors cette récolte sur le champ, réunie en monceaux, ce qui a lieu de diverses manières; quelques cultivateurs ont pour systeme d'attendre, autant que cela est possible, pour la serrer, qu'elle ait eu une pluie. Pour cela on ne peut faire que de petites gerbes, parce que de grandes ne sécheraient pas facilement, cela absorbe plus de temps, puisque le nombre des gerbes est trois ou quatre ſois plus grand; à cela près, cette méthode a des avantages non équivoques, parce que les cé- réales liées et qu'on place debout, souffrent moins de Phumidité que celles qui sont étendues sur le sol. Dans le cas oùu, comme ccela doit quelquefois avoir lieu là où P'on paie la dime, la récolte doit demeurer long temps sur le champ, on place, sur chaque monceau, un bonnet ou chapeau, qui consiste en une gerbe qu'on étend à cet effet, et qui garantit le monceau de l'atteinte des longues pluies. Lorsqu'on réunit les céréales en grosses gerbes, il faut au contraire se hàter de serrer aussitét qu'on a lié; on ne se permet pas de laisser passer la nuit à un monceau dans le champ. — fais poser les javelles sur le chaume, de manidère que les épis de l'une reposent sur le pied de Tautre, et ne soient point en contact avec la terre; lorsque les épis sont placés ainsi, leur grain germe moins facilement. Quelques versées et entortillées que soient les céréales, je ne laisse pas, pour cela, de les faire ſaucher; mais alors, sans doute, cela prend plus de temps, pour ne pas courir le risque de couper des épis. Lorsque le blé est lié et mis sur le charriot, je fais alors passer le räteau, pour enlever ce que les releveuses ont laissé en arrière, ce qui peut aller au 3 ou 4 pour cent de la totalité. Comme, selon cette méthode, une femme exercée suffit pour relever ce que deux hommes fauchent, et que, si le temps est beau, je ne suis pas obligé de faire manier deux fois mes hlés par les femmes, je trouve plus d'avantage à cette manière qu'à celle de faucher le blé en Tappuyant contre celui qui est en pied. Mais j'ai vu exécuter le fauchage du blé d'une manière plus expéditive encore, chez M.- Ph. de Diesbach de Belleroche, à Bourguillon, près de Fribourg en Suisse. L'ouvrier, avec une faux armée de quatre baguettes placées les unes sur les autres, parallèlement à la courbure, armature qu'en Suisse on appelle Engerai, fauchait sa poignée ou javelle et la renversait à sa gauche, réunie avec toute la régularité que pourrait avoir une javelle de blé scié, il ne restait plus alors qu'à porter sur le lien et lier. On congoit com- bien cette méthode est admirable, mais pour y avoir recours, il faut que les céréales ne soient point versées, et pas trop avancées dans leur maturité; car dans le premier cas, l'engerai casserait et emmeélerait les tiges, et ferait égrener ou casser les épis; dans le second, une partie du grain tomberait en terre, dans la secousse que les tiges donnent conire le dos de l'engerai qui les renverse. Track. DAGRIOULTNUR P. 41 Si Pon veut sinstruire par des écrits du détail de diverses manières d'exécuter la moisson, on les trouve décrites, de la manière la plus complète, dans Encyclopédie de Krünitz, Th. XI, S. 36. Gericke a aussi traité, fort au long, tout ce qui se rapporte à la moisson, d'après la méthode usitée dans sa contrée, dans le 3.“ vol, de son Anleiliung tzur WIirthschuftsführung. 6 1004. Une température à la fois humide et chaude pendant la moisson, qui donne aux grains beaucoup de disposition à germer, est la circonstance la plus dé- solante qui puisse atteindre un cultivateur. Cest précisément en raison de cela, qu'il a besoin de tout son sang-froid, et qu'il ne doit épargner ni soins, ni dé- penses, pour sauver sa récolte. Celui qui conserve son courage et son activité, parvient enfin à serrer ses grains, sans grand dommage. La mauvaise humeur paralise tout, et fait que les ouvriers, qui, d'ailleurs prennent un vif intérét à la moisson, perdent courage. On a proposé diverses constructions pour sauver les céréales des inconvéniens d'une température humide, mais elles ne sont ap- plicables qu'à certaines localités. Là ouù les céréales étendues sont en andains sur le sol, il n'y a pas d'autre moyen que de tourner et ouvrir souvent ces andains, afin que les épis ne demeurent pas attachés à la terre, mais au contraire soient ex- posés aux courans d'air. Tous les momens ou les céréales ont pu sécher passa- plement doivent être employés à lier et charrier, aveo tous les moyens dont on peut disposer. Quelquefois on est réduit à déplacer plusieurs fois la récolte daus les granges, en la jetant sur les aires, pour lui donner de J'air et la tasser de nouveau. Si on lie à mesure qu'on fauche, cela ne peut se faire que durant les heures sèches, et alors le plus súr est de mettre les gerbes ou javelles en petits monceaux, en couvrant leur sommité avec une gerbe renversée et arrangée à cet effer; on peut laisser la céréale dans cet état, jusqu'à ce que le temps se soit amélioré, sans avoir à craindre que le grain germe. Quelques cultivateurs meitent leur céréale en ias, sans la lier, et la réunissent par brassées, en la recouvrant ensuite, au moyen d'une gerbe renversée et ouverte par-dessous, en forme de bonnet. Lorsque, à cause de la maladresse des ouvriers, on ne croit pas pouvoir couvrir avec des gerbes, il faut alors faire des gerbes très-faibles, de huit à dix livres, et les placer de bout, appuyées les unes contre les autres, de manière que P'air puisse jouer entr'elles. Ainsi exposées à l'air, les céréales peuvent supporter long- lemps Phumidité*. * Quelque chose là-dessus dans les Annalen des Ackerbaues, 2 II, S. 62. Anzeigen der Leipsicher œconomischen Societæt, Michaelis Messe 1785, S. 50. Untrügliche Weise bei regnigter Witterung, die Feldfrüchte in Sicherheit zu bringen. Weimar 1801. T. IV. 6 42 PRINCIPES RAISONNES 6 1005. Chez nous on conserve ordinairement les céréales dans des granges, jusqu'à oe qu'on les batte, et c'est seulement à défaut de place dans celles-ei, que Pon en fait des meules. Il faut bien distinguer des meules telles que nous les faisons, et qui occasionnent beaucoup d'inconvéniens et de Pertes, les meules des Anglais, ces meules élevées d'une manière si régulière et avec de si grandes précautions, que j'ai décrites dans mon Agriculture Anglaise, vol. II, Part. I. Dans celles- ci, Pon conserve ordinairement toutes sortes de céréales, sans qu'elles soient ni endommagées ni détériorées; cependant leur introducuon rencontrerait chez nous de grandes difficultés, et elle ne peut avoir lieu que pour les gerbes de petit vo- lume. Le conseiller de régence Triest a donné le plan d'un bätiment, qui tient le wilieu entre les granges et les meules, et qui, selon moi, doit remplir fort bien son but*. Les opinions sont divisées sur la forme qu'il convient de donner aux granges; sur Ja question si ce sont les aires qui s'étendent en longueur au milieu du baument ou sur Tun des côtés, ou bien si ce sont les aires transversales, qui méritent la préfèé- rence. Mais cette forme de granges influe sur la marche de la moisson ‚et celle-ei doit y étre adaptée, surtout pour les charrois, tout comme, dans les nouvelles constructions, la forme des aires doit étre dirigée d'après! le pays. Lorsque les aires sont longues, on peut y introduvire une longue file de chariots tout à la fois, mais lorsqu'elles sont carrées, on peut tout au plus y entrer avec trois chariots. Selon moi, o'est Pusage établi qui doit déterminer la préférence; l'avantage de Pune ou de Pautre méthode n'est du moins pas si Srand, qu'il vaille la peine de changer, pour cela, tout à la fois la construction des granges et la marche de la moisson. L' dans les lieux où Pon ne serre que lorsque contraire, dans les lieux où l'on charrie les c préte à étre serrée. a méthode usitée dans on trouve de longues aires, surtout lout a Gté lié; les aires carrées, au Gréales, aussitöt qu'une partie en est § 1006. Lorsqu'on place les ceréales dans la Srange et qu'on les tasse, il importe surtout de les plaoer serrées, et de manière qu'il n'y reste pas de vide; non- seulement afin d'épargner de la place, mais encore parce que les grains se con- servent mieux. Il n'y a rien de plus mal emendu que de vouloir préserver des vapeurs les céréales et les fourrages, en y pratiquant des ouvertures destinées à * Anleitung zu einer holzersparenden, raumgewinnenden und wohlfeilen Construction bei den Scheuren. Berlin, 1808. Mit 4 Kupfertaſeln. A. — 1ss Pair mie te 4 D'A GRICULTVUR E. 43 jaisser passer des courans d'air; car c'est précisément auprès de ces passages de Pair, qu'il s'établit de la moisissure, tandis qque les proddaits se conservent d'autant mieux, qu'ils ont été plus serrés. § 1007. Le batiage des céréales s'opère de diverses manières. Je me bornerai à indiquer le battage qui a lieu avec les pieds des chevaux, avec des chariois à dix jusqu'à vingt roues anguleuses, avec des tratneaux, ou avec des rouleaux coniques*. Mais dans la manière ordinaire de battre avec des fléanx, il y a aussi diverses modifications, soit dans la forme du fleau, soit dans la manidère de le diriger. On doit appliquer également ici ce que j'ai dit à Poccasion de la moisson. Aucune de ces modifications n'a sur l'autre des avantages tels, qu'il vaille la peine d'as- sujettir les ouvriers à une autre qu'à celle à laquelle ils sont habitués, surtout lorsqu'ils battent à la täche. § 1008. Le battage s'exécute a) Dans de petites exploitations rurales, par les domes- üques de ferme, surtout le mauin de bonne heure, et le soir tard; mais dans de plus considérables, cela ne s'opère pas de la même manière, ou tout au lus . P, P ¹ P qu'en partie. b) A la journée; dans ce cas cependant, on détermine ordinairement la quantité de gerbes, de chaque espèce, qui doivent être battues par chaque journée. Avec cette méthode, il faut avoir une attention suivie à ce que les ouvriers ne laissent pas du grain dans Pépi pour s'épargner du iravail. c) A la tche, pour une quantité de gerbes ou pour une portion du grain produit par ce battage. Ceite méthode est la plus ordinaire dans de grandes en- treprises rurales, où P'on tient des ouvriers à la comtinue; et elle seule peut assurer leur existence, sans opérer une hausse subite des salaires. Le plus que Pon donne est le douziéme; le moins est le dix-huitième. § 1009. Le cultivateur, ou Linspecteur par lequel il se fait remplacer à cet égard, doit porter Pattention la plus soutenue, à ce que le battage soit accompli avec soin, à ce qu'on ne laisse pas de grain dans P'épi, à prévenir les fraudes, à mantenir Pordre, à noter les parties battues, puis au netioiement convenable du grain, enfin au mesurage et au transport au grenier**. * On trouve une descriplion complète de ces méthodes, inusitées chez nous, dans Krlinitz, Enoyelopædie, B.à 1X, avec plusieurs planches. ** Voyez Berliner Beytraege zur Landwirthschafts Missenschaft. B. ¹ II, S. 192. Germers- hausens Hausvater B. II, S. 384. A. PRINCIPES RRAISONNES § 1010. L'on a invénte plusieurs machines à battre les grains, et l'on en a exécuté plu- sieurs avec avantage. On trouve la description et le dessin de toutes les anciennes, dans le neuviéme volume de Pouvrage cité ci-dessus Krünilz Engyclopaedie. Celle de Pessler a dernièrement éveillé la plus grande attention*. Elle a 6t6 exécutée et perfectionnée par Pestimable professeur Karst*. On a jugé qu'on pouvait bien s'en servir, cependant elle a paru peu satis- faisante. Mais la machine à battre, inventée en Ecosse, qui dès-lors a été encore per- fectionnée et modifiée de diverses manières; qui se saisit du blé au moyen de ses cilindres cannelés; qui, par le moyen d'un arbre garni de fléaux, presse le grain contre un revétement ou tambour, lequel entoure l'arbre sur les 2 de sa circonférence; qui sépare le grain léger, le pesant, la poussière et la paille, a obtenu P'approbation générale. Lon en a établi de dimensions fort différentes, el destinées à ètre mises en mouvement par l'eau, par le vent, par six, quatre, el deux chevaux. Leur mécanisme est compliqué, mais durable; c'est pour- quoi elle est coteuse. Cependant on peut l'avoir à des prix très-modérés à Friederichswerck en Seelande; savoir celle de l'espèce la plus grande et la plus oompliquée, pour 6 chevaux, à cinq cents dix rixdales, la plus petite pour 2 chevaux, à cent quatre-vingt. Elle bat très-exactement, et, en proportion de ses dimensions, très-prompiement. La seule chose qu'on lui reproche, c'est de briser .... 2 la paille, ce qui ne fait, au contraire, que la rendre plus propre à èêtre employée à la nourriture du bétail et à servir pour ltière, et ne lui ôte que la faculté de servir à d'autres usages. Dans l'organisation de nos économies rurales, où le battage sera toujours une occupation nécessaire à nos ouvriers pendant l'hiver, des machines à battre ne peuvent, sans doute, ètre mises en usage que pour une partie de nos récoltes; mais pour acoélérer le travail dans certains momens, elles n'en sont pas moins de la plus grande uüilité, § 1011. Chez nous on conserve le grain dans des greniers„ dont la plupart sont au haut des habitations, ou mieux, au-dessus de hangars ouverts. Dans de très- us * Voyez Pesslers vollséᷣcendige Beschrelbung und Abbildung einer neuen Dreschmaschine. Braunschweig, 1797. * Vayez Vouvrage intitulé Die Pesslersche Dreschmaschine nach Theorie und Enfahrung. beurtheilt von Fe C, L. Karsten. Celle, 1 799. —— D'AGRICULTURE. 45 hu. grandes exploitations rurales, on consacre à cer usage des bätimens parliculiers“. 8, Pour conserver long-temps de grandes quanutés de grain, ce qui convient le k2 mieux c'est les grands et massifs bätimens établis en Russie et en Suède, dans: 16 lesquels les réservoirs de grain s»étendent, de haut en bas, comme des che- minées, et sont remplis complétement, puis fermés avec soin en haut, pour — intercepter toute communication avec l'air; on vide alors de tels réservoirs, un 15 tout à la fois, par son orifice inféricur; mais le grain doit, avant d'y étre dé- Posé, si ce n'est étre étuvé, du moins étre parfaitement sec**. P. Dans l'Ukraine l'on conserve encore souvent les grains comme cela avait autre- de fois lieu en Allemagne, dans des fosses***. b§ 1012. 4 Après avoir été battu, le grain doit étre étendu dans le grenier, d'abord tréès- mince, sur six pouces d'épaisseur, mais ensuite, lorsqu'il est bien sec, on peut:- Pamasser davantage et donner au ias jusqu'à un pied et demi d'épaisseur. Moins il y a de temps que les grains ont été récoltés et plus Patmosphère est humide, plus souvent ils ont besoin d'etre brassés ou remués: d'abord deux fois par semaine, ensuite une, et en 616 lorsqu'ils sont bien secs, seulement b une fois par mois. 2—§ 1015. 5 IIfaut avoir une surveillance atlentive, pour empècher que diverses sortes d'im — sectes, woccasionnent de grands dommages dans les greniers, lorsqu'une fois ils y ont pénétré. Aussi ne doit on jamais admettre dans le grenier où Pon place- des grains étrangers dont on ne soit pas trèͤs-sür; il faut ses propres provisions, ier bien réparées et recrépies, pourvoir à ce que aussi entretenir les parois du gren Pair y ait un libre cours, et faire brasser avec soin. 64 * Sur leur élablissement voyez: Die beste Ars Kornmagazine und Fruchtboden NHannover 7766. Canerin vom Bau der vortheilhaftesten den Wurmfrass nicht ausgesetzten Fruchtmagazine. Franefurt am Mein,:792. Meinerts Landwirthschaftliche Bauwissenschaft. Th. I. Gilly Handbuoh der Landbaukunst. Th. III. Abt. I. Herausgegeben von Friderici. 1⁸. S. 202. A. *r Entwurf eines Kornmagazins, welches gegen Ungeziefer und Feuersgefahr völlig gesichert nen Gesselschaft zu Petersburg, Z31. 1. ist, von Engelman, in den Abhandlungen der œconomiso Norbergs Beschreibung eines Korn magazins, in den neuen Abhandlangen der Schwedischen Academie der M issenschaften. hd. X. A. *r Sochrebers Sammlung von Sohiriften zurn Kamera anzulegen etc. eine Preissohrift(von Dillinger), luiessensehdſt, 84. X. A. 46 PRINCIPES RAISONNES Si les insectes s'y montrent, quelquefois un courant d'air aussi fort que cela est possible suffit pour les chasser. Mais si ces insectes ont pris le dessus, il ne reste d'autre moyen que de vendre le grain attacſué, du mieux qu'on le peut, et, avant d'introduire aucun autre grain dans le môême local, de nettoyer le grenier par tous les moyens possibles; on peut méême y placer différentes choses nuisibles ou môme mortelles pour ces insectes; de ce genre sont les feuilles de tabac qu'on étend sur le plancher du grenier, un lavage avec une décoction de feuilles d'aulne et de noyer, ou de coque verte de noix; on peut aussi passer de la térébenthine ou du goudron dans toutes les fentes. Mais le plus efficace parait étre d'y brüler du souffre en quantité, et à différentes reprises, aſin de remplir le grenier de sa fumée; moyennant quelques précautions, cela peut avoir lieu sans danger de feu; pour que cette opération soit efficace, il faut alors fermer avec soin toutes les ouveriures. 6 1014. Les rats et les souris font aussi de grands dommages aux grains, et les sa- lisent. Les chats, les hérissons et les hibous, en diminuent le nombre„ mais souvent ils ne peuvent pas en étre mattres, et eux-mémes salissent le grain. On envisage avec raison Pemploi du poison comme dangereux; mais il y a un moyen d'y avoir recours sans risque. Il faut seulement, trouver une amorce pour la- quelle ces animaux aient un grand appétit lorsqu'on la leur met chaque jour à une place ou ils puissent se rendre dés le grenier. Lorsqu'on voit qu'ils la mangent avec avidité, et qu'il n'y reste plus rien le matin de ce qu'on y a mis le soir, on y meèle alors de la mort aux rats ou de l'arsenic, et en une seule nuit on voit dis- Paraitre tous les rats. II n'y a pas à cela le même danger que dans la dispersion du poison. Les animaux qui ont mangé dans cette place une portion considé- rable de l'aliment empoisonné, ne vont pas sur le grain; ils se blottissent dans un coin, ou voni courir sur le toit ou ils trouvent bientét la mort. Dans tous les cas, om peut régaler les ias de grain avec le räteau, afin de s'apercevoir d'autant plus facilemeni si quelqu'animal les a salis. Il faut alors se débarrasser d'abord et avec précaution du reste du poison, car certainement aucun rat n'y touchera plus, lors méême quil en serait resté. Nous passons maintenant aux espéces de grains particulières, avant tout aux céréales*. — * Si je me suis peu étendu sur ont été traitées fort au long dans d les traiter avec eucore plus de quelques-unes des matières ci-dessus, c'est 1„ parce qu'elles plusieurs livres de didactique agricole. 2. Parce que j'aurais détail, si j'eusse voulu dire tout ce qui devait lêétre. 3) Paree —— De 1oOus pD' AGRICGULTVURE. L E FROMENT. § 1015. De la famille botanique des Triticum, sortent quatre espèces distinctes que nous considérons comme céréales, et que nous cultivons dans nos champs: Triticum hybernum et æsuvum. Froment d'automne el de printeinps. ——— spelia, Epautre ou froment locar. ——— monococon, Froment d une seule loge. — polonicum, Froment de Pologne. Les innombrables sortes que l'on a, surtout de la premiêére espèce, du froment proprement dit, ne sont que des dégénérations, ou des variétés, qui se changent et rentrent les unes dans les autres, par linfluence de circonstances extérieures. Ceite opinion est contraire à celle qui est reque, mèême des botanistes, lesquels ne sonu pas d'accord sur la distribution des espèces et variétés des plantes que nous cultivons dans nos champs et qui sont sous Pinfluence de l'art, pas même sur celles du froment d'automne et de printemps. Quoique ces deux genres, et surtout quel- ques variétés, paraissent différer beaucoup dans leur nature, Pon peut cependant, à volonté, transformer Pun en l'autre. Si l'on sème le froment d'automne le plus décidé, en février, ou au commencement de mars, une partie de ses repousses latérales, donneront des tiges er des épis qui muriront cette mèôme année, mais qui cependant ne produiront qu'une chétive récolte. Si, au printemps suivant, Pon sème le grain qu'on a obtenu de la sorte, il sera déjss plus rapproché de la nature du froment de printemps; il poussera plus de tiges et d'épis, et murira mieux; la troisiéme année enfin, il sera un froment de printemps parfait. Si au conmtraire Pon sème du froment qui soit décidément de printemps, vers la fin d'octobre; que ceue semaille soit suivie d'un hiver rigoureux, et que la céréale ne soit pas suffisamment couverte de neige; sans doute la totalité de la récolte périra; mais si la température est favorable, au contraire, elle réussira passablement, moniera en épis, et murira avant le froment d'automne. La se- mence qu'on en obtiendra, supportera déjà mieux Phiver, se sera plus acquis que j'envisageais de iels développemens comme aussi fatigans qu'inutiles, puisqu'il est telle chose qu'on n'apprend pas à connaitre en lisant mèême 100 pages in-8.“, qu'on comprend dès le premier instant où on la voit exécuter. C'est ainsi que relativement à la moisson, j'ai seulement voulu porter J'attention sur certains points principaux, et, r elativement à d'autres sujets, communiquer ma manière de voir, mais nullement épuiser la matière. A. 48 PRINCIPES RAISONNES de la nature du froment d'auiomne, demeurera plus long-temps en ierre, et tallera mieux; T'année suivante ce sera tout-à-fait du froment d'automne, en sorte que si on le seème, par exemple, à la fin de mai, il ne montera plus en épis. Car le véritable froment d'automne peut étre semé d'aussi bonne heure que l'on veut, sans que pour cela il pousse des tiges la mème année, ce que, cependant, le véritable froment de printemps fait, lors mème qu'on ne le sème qu'à la St. Jean- Je ne puis pas non plus envisager le froment de miraole ou d plusieurs épis, Triticum compositum, pour une espèce constante, puisque lorsqu'on le sème sur un terrain maigre, il perd bientòôt ses jets surnuméraires, produits par une extréme abondance de sucs, et qu'apréès s'étre reproduit plusieurs fois, il ne donne plus au- cun signe de cette multiplicité d'epis, tandis qu'en revanche ses grains grossissent. Ce qu'on appelle Froment d'Angleterre(les Botanistes, Triticum turgidlum) est, peut-étre, une espèce distincte. Les épis et la balle se distinguent par leur structure, le grain par un dos plus large, et selon la découverte de Cromen, par l'absence de ce velouté au bout émoussé, que l'on voit aux grains de l'autre froment. Il a quelquefois de la barbe, d'autres fois pas. Je ne sais si les Anglais le distinguent particulièérement, puisqu'il règne beaucoup de confusion dans leurs innombrables variétés; mais certainement il n'est pas une de leurs espoͤces usuelles; c'est donc mal-à-propos que, en Allemagne, on le qualifie de Froment Anglais. Nous parlerons plus bas des espéces distinctes, de l'épautre, du froment rouge, er du froment de Pologne. VARIETES. § 1016. Les variétés du froment proprement dit, sont innombrables, surtout dans les contrées ou, comme en Angleterre, on porte la plus grande attention à la culture des grains. Jai compté chez les Anglais au-delà de cent variétés de froment qui ont des noms différens, mais rarement on comprend positivement de quels ils parlent, et ils ne se comprennent pas les uns les autres. La distinction qui a la barbe pour caractère, est, comme Haller Pa déjaà observé, tout-à-fait trompeuse, puisque, sur certains sols, le froment acquiert cette barbe, tandis que, sur d'autres, il la perd. Aussi les Anglais n'y font aucune attention. La couleur du grain est plus constante, et partout on distingue le froment rouge ou brun, jaune ou planc. La couleur de la paille quand elle est dans son 6tat de maturité, n'est pas toujours en rapport avec celle du grain; l'on voit du froment d'une couleur foncée, qui a la paille blanchâtre, et réciproquement. — — D'A GRLCULTVURF. 49 Le fromenr brun crott dans des contrées dont le sol est une forie terre à froment; il dégénère un peu lorsqu'on le transplante dans d'autres. Il est encore douteux sil Uemt sa couleur brun rougeätre, du sol seulement, et si, sur un terrain d'un autre nature, il ne la perdrait pas; du moins ceci n'arrive pas irès-promptement. Celui qu'on sème le plus ordinairement en automne, et méôme au printemps, est le froment jaune. Mais, depuis quelque temps, le froment blanc P'a presque banni de chez les cultivateurs attentifs, parce que celui-ci ne lui est pas inférieur en produit, et qu'il atteint un prix beaucoup plus élevé, lorsqu'on a appris à le bien connattre. Il donne aussi une farine plus blanche, lors mème qu'on le blute moins; c'est sur- tout pour la mer qujil est plus recherché et payé à plus haut prix. Il se fút peut- etre établi d'une manière générale, si Phiver de 180 ⅜ n'avoit pas démontré qu'il élait plus délicat. En effet, dans plusieurs contrées, il ne put résister au froid sec et de longue durée qu'on eut cet hiver-là, tandis que le froment jaune se maintint fort bien. Mais Pon a deux variétés de blanc. Dans l'une, la balle est lisse; dans l'autre, elle est recouverte de poils fins, qui donnent à l'épi un air velouté. Les Anglais font une grande attention à cette différence, et elle est, selon eux, nomseulement trèés-constante, mais encore importante sous des rapports économiques. IIs ap- pellent la première espèce Eg-Iell, coquille d'œuf; la derniére Velvit, Velours. IIs tiennent celui qui a la balle lisse pour préférable, dans les contrées humides, à celui dont'enveloppe étant âpre, attire trop l'humidité, et qui, en conséquence, est exposé au charbon, et sèche difficilement: celui dont Pécorce est àpre, le velouté, au contraire, pour plus approprié aux contrées élevées et sèches, parce qu'il supporte mieux une chaleur opiniâtre, ne sèche pas si vite, et n'a pas auiant de disposition à se resserrer. Cette opinion me parait naturelle, puisque ces petits poils sont des sugoirs. Pai autrefois recu de ce froment àpre d'Angleterre, mais j'y ai renoncé. Pen ai ensuite également rencontré dans ce pays, et la semence en était venue de la principauté de Dessau, où, vraisemblablement, on Pavait fait venir d'Angleterre 4; il m'a pas de barbe. Si Pon veut donner à une espéce, le nom de Froment Anglais, c'est plutòt à celle-ci qu'il convient, qu'au Triticum turgidum. Le Fromemt estimé en Angleterre sous le nom de Hedgeuwheat, Froment de haies, et qui a pénétré jusqu'à nous, n'est nullement une variété; seulement — * Je le trouvai, Pan 1811, semé dans unce terre de marais humide, un iiers de la récolte était atlaqué du charbon. A. T. IV. 7 50 PRINCIPES RAISONNES ila 616 produit par une grosse plante de froment trouvée auprès d'une haie, et mulüplié par une culture soignée; cultivé à la manière ordinaire, il ne tarde pas à décliner. Ainsi donc le froment d'automne, duquel nous nous occupons d'abord et prin- cipalement, se distingne du froment de printemps, plutôt économiquement, que sous des rapports de botanique. 9 1017. Comme, dans les semailles d'automne, il n'est guères question que de froment ou de seigle, la question essentielle est de savoir, sur quels terrains on doit semer l'un, plutôt que l'autre? Cetie question est décidée d'une manière abso- lue et unanime en ceci: que le sol le plus argileux doit étre conservé au froment, et le plus sablonneux au seigle. On peut admeitre en principe, d'une manière approximative, que le terrain qui contient plus de einquante-cinq pour cent de sable, n'est plus aussi propre au froment qu'au seigle. Cependant cela dépend encore de sa position, et d'autres circonstances qui lui communiquent plus ou moins d'humidité. Si la position en est humide, il peut, quoiqu'avec soixante ou soixante-cinq pour cent de sable, présenter plus de sůreté pour la culture du froment, que pour celle du seigle; parce que celui-là supporie mieux lhumidité, et que cette humidité qui lui est communiquée par la position, compense le défaut d'argile; tandis qu'elle pourrait étre nuisible au seigle. Pour produire avee sůreté et succès du froment d'automne, il faut cependant tonjours qye le sol ait de la consistance. Un terrain qui en manque, faute d'argile, peut encore, s'il a une humidité suffisante et une abondance d'humus, produire du froment; mais cette récolte y est toujours casuelle, parce qu'un sol de ce genre ne donne pas assez d'appui aux racines, surtout en hiver, Plus le sol contient d'argile, et par conséquent moins il contient de sable, plas il est qualiſié pour le froment, et moins il l'est pour le seigle. Si, tout en ayant peu de sable, il contient jusqu'à quinze pour cent de chaux, il appartient à la classe des meilleures terres à froment; cette chaux lui donne de la facilité à se diviser, tout en lui conservan sa consistance, et il est à Pabri de ce développement d'acidité qui est particuliérement nuisible au froment. Mais pour donner des récoltes de froment satisfaisantes, il faut aussi que le terrain conlienne des parües nutritives en quantité suffisante pour alimenter une plante qui demande autant de nourriture. Les sols argileux abondans en humus et d'un brun noirdtre sont, en conséquence, de tous, ceux qui donnent les plus riches récoltes de froment. Les terrains qui sont naturellement moins féconds, doivent ètre améliorés par le moyen d'engrais. Cependant le terrain argileux quoique de n- D'A GRICULTVUR E. 51 maigre et fumé d'une manière mesquine, produit encore du froment avec plus de succès que du seigle, surtout lorsqu'ils est dans une position un peu humide et froide; c'est pourquoi les champs de montagne, ensemencés en froment, récom- pensent toujours mieux le laboureur, que s'ls fussent ensemencés en seigle. Le froment ne peut supporter, dans le sol, aucun acide libre; du moins lors- que nous avons rencontré des terrains sur lesquels le froment ne voulait point réussir, quoique d'ailleurs ils ne parussent pas devoir lui disconvenir, nous y avons trouvé une quantité sensible d'acide. Un tel terrain peut alors étre approprié au froment, par le moyen de la chaux, de la marne, des cendres, et par'cobuage(seulement de sa superficie); alors il est également favorable à l'orge, aux pois et au trèfle. Il est donc bien décidé que la terre argileuse peut étre, avec plus d'avantage, employée à produire du froment que du seigle. Mais pour une terre moyenne qui contient de cinquante cinq à soixante-cinq pour cent de sable, et qui n'est pas dans une posiuon très-séche, ce ne sont souvent que les circonstances locales et de température, qui peuvent déterminer lequel est préférable. Dans les pays oir le froment est l'unique nourriture, et ou le seigle est peu recherché, on cultive ordinairement du froment; mais, chez nous, seulement lorsque des conjonetures particulières paraissent devoir élever le prix du froment beaucoup au- dessus de la valeur qu'il a relativement au seigle. Car quoique, en moyenne, un iel sol, lorsqu'il est maintenu en bon état, put produire une récolte de froment de plus grande valeur qu'une de seigle, on sait cependant que le froment l'épuise sensiblement, et que cet effet se fait sentir sur les récoltes qui le suivent; outre cela sa paille fournit moins de substance pour reproduire de nouveaux engrais; ainsi, il énerve l'ensemble de l'économie rurale, surtout lorsqu'on s'en procure des ré- coltes réitérées. Les eultivateurs circonspects en demeurent donc plus volontiers au seigle, déès qu'ils ont la perspective d'en obtenir une récolte süre et propor- wonnément plus considérable. § 1018. Ordinairement on sème le froment sur la jachère et, dans tous les terrains natu- rellement peu féconds, sur la jachère fumée. Cest seulement sur des terrains na- turellement très-vigoureux que quelquefois cela ne se fait pas ainsi, parce qu'on craindrait que Ie blé ne versât. Le plus souvent, alors, on exige auparavant une récolte de colza ou de quelqu'autre produit. Quelquefois aussi, après cette pre- mière récolte, Ton ne sème pas d'abord du froment, mais de P'orge d'automne, qu'on fait suivre par une jachère, ou par une récolte jachèére, après laquelle, seulement, on sème du froment. D'autres cultivateurs étrangers au système de 5² PRINCILIPES RRAISONNES Palternation des produits, et, au contraire, attachés au systéeme de culturo de p'assolement triennal, sèment sur la jachère fumée, de Porge, puis du froment. Fréquemment cette orge y verse, mais ils sont dans l'opinion que cet accident lui est moins nuisible qu'au froment. Ce froment alors n'est sans doute pas trop fort, mais tout au contraire souvent trop faible. Lorge n'est point une bonne préparalion au froment, il faut que le sol contienne des sucs en sura- bondance, pour que, après lui, celui-ci réussisse; sur un sol peu fécond, il ne donne qu'une chétive récolte. Ordinairement ainsi, sur un terrain d'une fécondité moyenne, onsème le froment sur la jachère fumée. Ceci a lieu dans les assolemens aveo pturage, tout comme dans l'assolement triennal, et aujourd'hui le plus grand nombre prétend qu'il est plus avantageux de le semer sur la jachère fumée qui snit le repos, par la raison que, lorsque le fumier est uni au repos, il est plus efflcace. La doctrine qui enseigne qu'une force double produit plus d'effet qu'une simple, n'est assurément pas neuve; mais les anciens observateurs des assolemens avec päturage croyaient procéder mieux lorsquiils répartissaient cette richesse de suocs sur plusieurs années, qu'ils profitaient pendant quelques années du repos, et ensuite pendant quelques années du fumier. Sans doute ils n'avaient pas des semailles aussi vigoureuses, de ces semailles qui font Driller une sole, mais aussi, dans les années humides, als avaient moins de froment versé, et, en totalité, un produit au moins aussi considérable. Sur plusieurs fonds on ne semoit aussi point de froment, tandis qu'aujourd'hui Pon en sème sur le gazon rompu et fumé. On donne quatre labours à chaque jachère destinée au froment, et lorsqu'elle est destinée au seigle, seulement trois; car quoique le froment demande un sol qui ait plus de consistance, il veut pourtant trouver les sucs plus à sa portée, et les mottes impénétrables du sol, brisées et pulvérisées. § 1019. Ouire cela, le plus souvent, on sème le froment après de la navette ou du colza; car quoiqu'il n'y ait aucun doute que ceux-ci enlèvent beaucoup de sucs au terrain dans lequel ils végeètent, comme on ne les sème guères que dans un sol très-riche et fumé presque doublement, ils laissent dans le sol assez de sucs pour que le froment puisse y reussir. Pour ce genre de produit le terrain a été préparé aveo soin, les plantes l'ont couvert de l'ombre de leurs feuilles touffues; il est devenu net et meuble; et, apréès la récolte, il reste encore assez de temps pour pouvoir donner au sol plus d'un labour. Après quelques récoltes sarclées, qui ont été particuliéèrement bien fumées; —.————— nt 71 D'AGRICUITVUR E. 53 ou qui ont cru dans un terrain riche, par exemple, après du tabac ou des choux à téte, on seme également du froment. Le sol est alors assez meuble et assez net pour qu'on puisse le semer sur un seul labour, et lors mème que le froment serait un peu retardé, Pexpérience nous enseigne qu'il réussit néanmoins à merveille. Après des pommes de ierre, au contraire, il paratt démontré par un grand nombre d'observations, que le blé demure faible; quoique quelques cultivateurs assurent y avoir obtenu des récoltes de froment plus belles que celles de seigle. Après des légumes, le froment ne vient d'ordinaire pas si fort qu'après la jachdère morte. Cependant, il n'est pas sans exemple que le froment ainsi semé, ait surpassé celui qui l'avait été sur la jachère; lors, par exemple, que la température m'avait pas favorisé les labours de la jachère, mais en revanche beaucoup aidé à la forte végétation des légumes, le chaume de ceux-ci se trouvait dans un état plus prospère pour recevoir le froment, que ne l'était la jachèére. Mais on doit toujours rompre ce chaume d'abord après que les légumes ont été fauchés, si du moins on veut pouvoir y attendre une bonne récolte de froment*. Quelques personnes donnent la préférence aux pois, d'autres aux fèves, comme préparation au froment. Les féves absorbent plus de nourriture que les pois, parce que, ordinairement, elles donnent aussi une récolte plus abondante. Si le sol manquait de fécondité, il sera alors trop maigre pour le froment; des pois ne l'eussent pas autant appauvri. Mais si le sol est assez riche pour pouvoir fournir aux deux récoltes, il me paratt que les fèves vont très-bien avant le froment; cela est prouvé par la rotation qui, de toute ancienneté, a été suivie dans le Comté- de Kent, froment et feèves alternativement, rotation qu'on a aussi adoptée dans diverses autres parties de PAngleterre. Pai toujours vu du beau froment après des féves semées en lignes. Enfin c'est avec le plus grand succès, qu'on sème du froment sur les tréèfles rômpus, et pour se procurer du froment sur un sol qui ne lui parait pas appro- prié, qui est trop meuble, il n'ya pas de méthode plus sůre que de le semer sur un seul labour apreès un tréfle. Il m'est pas rare qu'alors il surpasse celui qui a cru sur la jachère, et l'on prétend qu'il est moins exposé au charbon et à la carie. Mais à ces avantages il y a la condition expresse, que le trêfle ait été vigoureux et serré, qu'il m'ait permis la végétation d'aucune mauvaise herbe; que la se- * Je préfere donner, immédiatement apres la récolte, une culture complète avec l'extir- psteur, afin d'enterrer légèrement et de faire germer les semences de mauvaises herbes qui pourraient avoir muri parmi les légumes, et de les détruire eusuite par le labour. Tyad. 54 PBRINCIPES RAISONNES 0 24*. 1* 0 0 4* conde coupe ait eu lieu assez tôt ,Pour que la troisiédme Pousse alt acquis huit àA ————.— dix pouces de hauteur, et qu'on renverse le trèfle avec cette pousse, sans le faire ... r 1 Pâturer. Ces conditions ne seront remplies que sur un sol particulièrement bon, b ..... ou au moyen d'une culture soignée; aussi l'un ou Pautre sont-ils envisagés lelr comme la condition de ce succès. En rompanrt le trèfle, il faut avoir la précaution dec do le faire à raies étroites et bien renversées. La meilleure manière d'y réussir, asi c'est de le faire avec une charrue tranchante légère, de laquelle j'ai expliqué que Tacuon, Tome III, g 699, et dans la description des instrumens d'agriculture, V o Partie II, Planche 8. II est indispensable que le labour ait lieu au moins un mois avant la semaille, afin que le trèfle enterré puisse se décomposer, et la tranche s'asseoir. Alors on enterre la semence par un fort hersage, ou, mieuxz 9 encore, avec l'extirpateur. Cette manière de semer le froment sur un seul la-. de hour, n'a ordinairement lieu que sur un trèfle d'un an; si cependant du traèfle V liel de deux ans est encore serré et vigoureux, et qu'on ne l'ait pas fait pâturer, por mais seulement faucher, et qu'en conséquence le sol soit net et meuble, l'on fror Peut en faire de même sans hésiter; dans le cas contraire, il faut donner trois De labours pour le froment, en conséquence de quoi Pon ne peut retirer, cette b u. année-là, qu'une seule coupe de tréfle. Alors le froment ne réussit plus dans le terrain sablonneux. ſ Une expérience universelle a démontré que c'est une opération absolumem b mauvaise, que de semer du froment sur son propre chaume, et qu'il y réussit si 9 mal, qu'on ne saurait presque rien semer de plus inconvenant. A la vérité, Tull et d ses imitateurs semaient chaque année du froment sur le mème champ; mais, ch d'près sa méthode, la moitié seulement de la surface produisair, et TPautre ku Gtait cultivée comme en jachère. C'est presque la méme chose chez les Belges avec o leurs planches ou billons bombés, cependant on n'y voit que très-rarement du 1 froment deux années consécutives sur un méême terrain. L'on veut aussi avoir 0C observé que le froment blanc réussit mieux après le brun, et réẽciproquement, qu'une même espèce semée deux fois de suite. 2 Le fromemt après Porge reste faible; il ne peut étre excusable d'en semer de 1 cette manière, que sur un terrain très-vigoureux. Diverses observations semblent 1 annoncer qu'après Pavoine il réussit mieux. En thèse générale, on peut envisager comme une combinaison agricole très-vicieuse, de semer du froment sur le chaume de quelqu'autre céréale. Le froment réussit misérablement après le lin; mais il a plus de succès après . le chanvre. Cependant j'ai vu le froment réussir d'une manière satisfaisante, après du lin semé dans un défrichement ferule et sur un seul labour. 1 D'AGRICULTVURE. 6 1020. Le choix de la semence n'est pour aucune céréale aussi important que pour le froment, parce qu'une semence vicieuse, porte avec elle le principe de la carie, de cette maladie particulière au froment, laquelle lui est si funeste. Nous parlerons ensuite plus au long de cette maladie, et nous examinerons, en mèême iemps, quelles sont les mesures à prendre, pour en purger la semence, pour autant que je ne les aurai pas déjà indiquées à§§ 967- 978. § 1021. Les semailles du froment se font ordinairement après celles du seigle; non qu'il soit nuisible qu'elles aient lieu plus tôt;— tout au contraire, l'expérience de plusieurs contrées nous apprend, qu'elles peuvent, avec avantage, avoir lieu déjà en aoùt, mais parce que le froment peut, mieux que le seigle, sup- porter d'étre semé tard, et qu'en conséquence on sème celui-ci le premier. Le froment souffre moins que le seigle, lorsqu'on le sème par une température humide. De-là vient qu'on choisit la température la plus sèche pour semer ce dernier, et la plus humide pour le froment. § 1022. Le grain du froment peut, même dans un sol argileux, supporter une cou- verture de trois pouces de terre; en terrain plus meuble, de quatre pouces. II germe très-bien dans cette position, et se fait jour pour arriver à la superſicie du sol. Aussi peut-on sans crainte l'enterrer par un labour superficiel à la charrue, pourvu que le sol ait été convenablement ameubli et ne soit pas trop humide, et bien qu'il soit argileux; sur du terrain plus sablonneux, cette mé- thode est extrémement convenable; ainsi, les jeunes racines du blé prennent plus de consistance, et somt Plus à pabri de la sécheresse. Mais sur les trèfles, cela ne peut pas avoir lieu. 9 4023. Le froment supporte, mieux que le seigle„Phumidité de l'hiver, et, lors méme que, dans des places où l'eau a. séjourné, il paratt avoir tout-à-fait dis- paru, cependant souvent il repousse. Toutefois il faut bien se garder, pour cela, de négliger de bien égoutter le champ.* Les semailles de froment ont souvent, au printemps, après: un hiver défa- Forable, la plus triste apparence jusqu'au commencement de mai; à peine peut- on y découvrir une plante. Il ne faut donc pas perdre l'espérance jusqu'à la fin de ce dernier mois; on doit, au contraire, attendre d'avoir eu une chaleur un peu continue, avant de se décider à mettre la charrue dans un blé pour le renverser. On doit voir là-dessus les intéressantes observations qui ont été faites 56 pPRINCIPES RAISONNES en 1805 dans le Mecklembourg, lesquelles sont consignées dans les annales de la Société d'agriculture du Mecklembourg, Tom. II, pag. 169 eusuivantes. § 1024. Le froment mérite, plus que toutes les autres espèces de céréales, qu'on lui consacre toutes sortes d'attentions durant la période de sa végétation, pour lui lendre les secours dont il peut avoir besoin. Il dédommage généreusement de toutes les peines qu'on lui prodigue. Si, au printemps, sa végétation ne fait que commencer et que le sol soit assez essuyé, on lui fait toujours un grand bien en lui donnant un fort hersage avec Ja herse à dents de fer; cette culture rompt la croũte qui, durant Phiver, s'est formée à la superficie du sol; la couche supérieure du sol est mise en contact avec TYatmosphére; une terre récemment imprégnée des influences de l'air est placée autour des racines coronales qui poussent alors; les plantes sont pro- voquées à taller de nouveau, et les mauvaises herbes qui commencaient à naitre sont détruites. Il faut pour cela choisir un temps serein et ou le soleil réchauffe Patmosphère, et, par un beau jour de printemps, subordonner tous les travaux à celui-là. Il faut se livrer à cette opération sans aucune de ces craintes, dont la premièére fois, on aura beaucoup de peine à se défendre. Si, après cela, le champ a toute apparence d'avoir été semé récemment, de sorte qu'à peine on y apergçoive une feuille verte, et qu'on wy voie autre chose que de la terre c'est alors que Popération a le mieux réussi. Si mème on y trouve des feuilles de froment déchirées(on w'y trouvera pas des plantes entiérement arrachées), peu importe. Après huit ou dix jours, selon la température, on verra les plantes pousser de nouveau, et le champ parattra alors beaucoup plus garni de plantes qu'un autre qui n'aurait pas subi cette opération. Dans les contrées où ce pro- cédé est universellement connu, on pardonneroit au cultivateur toute autre négligence, plutôt que Pomission de ce hersage dans le moment favorable, et en temps propice. On laisse alors tout autre labeur, pour pouvoir mettre rous les attelages sur les champs de céréales. Ce qu'on trouve dans des annales de la Société agricole de Mecklembourg sur cette matiére, mérite aussi d'èire In. On ne peut pas déterminer d'une manière générale combien de traits on doit donner avec la berse, parce que cela dépend de la ténacité du sol. Il faut herser à tel point, que le champ soit partout couvert d'une couche de terre meunble, et que les crevasses qui se forment sur les terrains argileux lorsqu'ils se desssechent, soient complétement recouvertes. Ce hersage n'est pas appli- cable seulement aux terrains très-argileux et tenaces, mais à tout autre auquel on confie du froment; et cela sans hésiter; seulement le hersage doit étre plus ou moins fort. et be DAGRICULTV NK. 57 § 1025. Elle est, sans doute, plus parfaite, cette opération du sarclage, par le moyen de laquelle tous les intervalles qui séparent les plantes sont cultivés et ameublis, et les plantes qui les occupaient détruites. Mais elle n'a guères lieu que dans les localités oir le cultivateur la fait avec sa propre famille, ou dans les lieux où Pon a des journaliers exercés à ce genre d'ouvrage, qui s'en chargent, à la täche, er qui Pexécutent d'une manière complète et au-dessus de tout reproche. Lorsque les ouvriers savent s'y prendre exy sont exercés, elle n'est point aussi difficile qu'elle le parait à beaucoup de gens. La culture avec la houe à main a des avantages sur l'arrachement des mau- vaises herbes, que, cependant, on voit entreprendre en divers lieux sur des étendues considérables. Non-seulement la première va plus vite et est moins faligante, mais encore, par ce moyen, on ameublit mieux la superficie du sotl, et l'on peut mieux amasser la terre autour des plantes, en mème temps qu'on peut éclaircir celles qui sont trop serrées. Je parlerai plus bas de la culture à la houe à cheval, qui ne peut éêtre em- ployée qu'avec la culture en lignes, et qui, sans contredit, a une grande in- fluence sur le froment. 6 1026. Lorsque, sur un sol d'une grande fécondité, les plantes de froment quni, auparavant y paraissaient un peu rares, tallent, s'étendent et poussent des feuilles vigoureuses et des jets latéraux, on commence alors à craindre une végétation trop forte et que le froment ne verse- Pour prévenir ce mal, on a deux moyens; couper la sommité des plantes, ou faire päturer la semaille par des Déôtes à laine. Pour la premièére opération, lorsque le froment avance daus sa végétation, qu'il a poussé ses feuilles et couvre le sol d'une fourrure épaisse, on coupe les feuilles qui s'élèvent, en ayant soin cependant de ne pas toucher au cœur de la plante. II est essentiel de faire exécuter ce travail par des gens eirconspects et habitués à faucher; il ne doit en particulier jamais étre abandonné à des gens à qui l'on fasse don de cette partie de la feuille qu'ils retranchent, pour nourrir leur propre bétail; parce qu'alors ils coupent trop bas, afin d'avoir une plus grande quamité d'herbe, ce qui éprouve et retarde beaucoup le froment. Cette manière de couper les feuilles du blé dans cette période, J'arréte forte- ment, et tempère son excessive végéiation. Il ne faut donc jamais Pentre- prendre qu'après y avoir müůrement réfléchi. II faut bien connaitre la fécondité du sol, et bien considérer les probabilités qui se rapportent à la tempéralure, . IV 5 38 pRINCIPES RAISONNES Probabilitcs souvent trompeuses, sans doute, puisque à une température très- b ha! favorable à la végétation du froment, il en peut bientòt succéder une qui le I on retarde, de sorte qu'on regrette de Pavoir affaibli. Pour ne pas errer souvent 8 en ceci, il faut avoir un certain coup-d'cœil pratique. Lorsque le froment s'entre- V ſ croise, que ses feuilles, d'un vert foncé, s'emmelent les unes avec les autres, V d et lorsque ses pousses sont fort touffues, il convient d'en retrancher la sommité. Si cela n'est pas, il est plus prudent de l'abandonner à toute sa végétation. Le paàturage des moutons au printemps(car il ne s'agit pas ici de celui b d'hiver) a lieu jusqu'à la fin d'avril*. On ne doit également y avoir recours, que lorsqu'on croit le sol extrémement fécond, et que les plantes fournissent au terrain une couverture épaisse. Alors il convient de faire brouter promp- tement et non peu-Aà-peu, et pour oet effet de mettre à la fois sur le champ, un grand nombre de bétes à laine, qui broutent le froment jusques près de terre, aussitét que cela est effeciué à ce point, on fait sortir les bétes du champ 1 et on ne les y ramène plus. Je tiens cette méthode pour plus sre que celle 6 de couper la sommité des plantes; cependant ou ne doit se la permeitre que sur une ierre très-riche. C'est une opération un peu analogue, mais qui doit cependant bien être distinguée de celle dont nous venons de parler, que celle par laquelle on coupe la tige des plantes de seigle, dont la semence s'est trouvée parmi le froment ou dans le fumier, ou bien d'autres mauvaises herbes qui s'élèvent au-dessus des plantes de blé, surtout des blueis. Ceci doit également se faire avec la plus grande circonspection et l'on doit prendre garde de toucher au froment, si ce m'est peut-étre à son extréme sommité. § 1027. Le froment redoute plus que les autres céréales, les nuits déſavorables, surtout les froides. Lorsqu'il en a éprouvé de ielles, il change promptement e de couleur et fait une pause dans sa végétation; il semble véritablement, comme P'on dit, avoir rétrogradé. Mais il se rétablit tout aussi promptement; s'il survient une température qui lui convienne, peu de jours lui suffisent pour reprendre un air de santé. Jusqu'à ce qu'il pousse ses tiges et qu'il développe ses épis, le froment aime une température chaude, qui alterne avec beaucoup de pluie, tempé- rature qui favorise la pousse de ses jets latéraux. Ensuite, surtout durant la floraison, un temps sec et chaud lui est particuliérement favorable, Apréès * Dans notre elimat c'est trop tard. Tyad. D'AGRICULTURL. 59 la formation at jusqu'à Paccomplissement du grain, une température médio- crement humide lui est de rechef avantageuse; une sécheresse opiniätre et des venis chauds font précipiter sa maturation, en sorte que son grain ne devient pas aussi parfait, que s'il eůüt muri plus lentement. Une température trop humide pendant la formation du grain, en revanche, y produit le charbon. § 1028. Le froment desuné au commerce, doit éêtre fauché un peu avant quil ait atteint sa maturité complète. Sans cela il prend l'apparence de la corne, et ne donne plus alors une farine aussi blanche; et quoiqu'on puisse remédier à ce mal en humectant un peu le froment, celui qui a cette apparence est cependant rebuté par les acheteurs, tout au moins lorsque les marchés sont abondam- ment fournis. Outre cela le froment a beaucoup de disposition à s'égrener; lorsque le temps est sec, venteux, on s'expose à le perdre en grande partie si on le laisse múrir avec excès. Il faut donc faire une grande attention au moment ouù il est en état d'ètre moissonné; ce moment est venu, lorsque le grain a formé sa farine et qu'il n'est plus laiteux, tout en étant cependant encore tendre. Quoique le froment murisse ordinairement quinze jours après le seigle, il w'est cependant pas rare qu'il atteigne son point de maturité pour la faux, avant qu'on ait terminé la moisson des seigles. Dans ce cas-là on doit laisser le seigle sur pied, et récolter le froment avant tout, parce que la perte qu'on éprouverait en négligeant oelui- ci, serait beaucoup plus forte que celle qui pourrait atteindre Pautre. On ne doit laisser muúrir eniièérement, que le seul froment qu'on destne à étre employé comme semence, et alors il faut le récolter avec beaucoup de précaution et de promputude. § 1029. Lorsque le froment a un sol qui lui convient et que la température ne lui est pas défavorable, c'est de toutes les céréales celle qui donne le plus grand produit, si ce n'est en volume(et aussi sous ce rapport J'avoine est à peu près la seule qui le surpasse), du moins en substance nutritive. Avec la culture ordinaire, mais sur un très-bon terrain, et dans des années favorables, on en a obtenu jusqu'à vingt-quatre scheffels par journal. En Angleterre, avec la culiure en lignes ou au moyen de sarclages à la main, on a vu des récoltes bien plus considérables encore, mais ordinairement on envisage douze scheſfels comme une bonne récolte, et huit scheffels comme une mauvaise; sur une bonno terre à feoment et avec une culture soignée, quoique Poin extraordinaire, la moyęenne est donc de dix scheffels par année. 60 PRINCIPES RAISONNES 6 1050. Mais nous trouverons le froment bien plus avantageux encore, proporlionné- ment aux autres céréales, si nous considérons la valeur de son produit; et cette valeur west en aucune manière conventionnelle, mais, au contraire, fondée sur sa nature. Son poids par scheffel, varie entre 84 et 96 livres, lorsqu'il n'est pas de mauvaise qualité ou malpropre. Outre cela, à poids égal, il contient un plus grand nombre de parties nutriüves qu'aucun autre grain, et celles-ci ont la mème supé- riorité en énergie. II contient du gluten, ceite substance analogue à la matière animale, en beaucoup plus grande quantité, et plus parfait, qu'aucune autre céréale, et il est, en conséquence, plus propre à la nourriture animale. Outre cela il contient un amidon particuliérement bon. De la combinaison intime de ces parties, qui a lieu, surtout dans la coction du pain, il résulte un aliment aussi digestif, agréable et bienfaisant, que peut l'ètre aucun autre. Le sol et les engrais opèrent de grandes variations dans la proportion quan- nitauve des parties constituantes de cette espèce de grain. Le froment qui a cru à la suite d'un amendement de fumier de bétes à laine ou de chevaux, frais, surtout de parcage, a une beaucoup plus grande proportion de gluten, ce qui le rend presque impropre à la fabrication de la bière et de Teau-de-vie de grain, ainsi qu'à la préparation de l'amidon, et en revanche excellent pour la fabrication du pain. La proportion du gluten varie, selon les épreuves de Hermbstaedt, entre cinq et trenie pour cent. Ouire cela tous les fromens ne sont pas égaux, quant à l'épaisseur de leur gousse; cette différence tient en partie à la variété de'espéce, en partie aussi à la nature du sol; le terrain humide donne une gousse plus épaisse. L'épaisseur de la gousse est en raison inverse du poids et de la valeur du grain. § 1051, Tout comme le froment exige, et si les circonstances lui sont favorables, absorbe, une plus grande quantité de parties nutritives, de même aussi il épuise davantage le terrain. Dans les calculs, seulement hypothétiques sans doute, mais cependant fondés sur lexpérience, que j'ai donnés à( 258, vol. I, j'ai admis en principe que, sur cent parties nutritives contenues dans le sol, une récolte de froment en absorbait quarante, Il esi très-vraisemblable que, pour la formation de son gluten végéto-animal, il absorbe aussi plus d'humus animal, ou tout au moins quil exige plus d'azote, et que les engrais animaux lui conviennent mieux, que de purement végétaux, qui suffiraient plutéòt aux autres espèces de céréales. Peut-étre la chaux et les alcalis peuvent-ils remplacer ceux-là. Je dis peut-étre, car nous manquons D' AGRICULTURE. 61 encore, sur cette matière, d'expériences d'après lesquelles nous puissions asseoir une opinion posilive. Nous devons nous contenter de signaler les points sur lesquels notre science a besoin d'étre étendue, et les développemens dont elle est suscepüble. Que le froment enlève aux récoltes qui viennent apréès lui, plus de sucs nutritifs que toute autre espèce de céréale usuelle, est un principe aussi vraisemblable en théorie, qu'il parait prouvé par la plus longue et la plus générale expérience. Seulement nous avons cherché à déterminer ce fait en nombres proportionnels. Au reste cette propriété d'épuiser le sol, indique suffisamment le besoin de mettre quelque retenue dans la culture de cette espèce de grain, surtout lorsque le terrain m'ayant pas beaucoup de consistance, il se laisse plus facilement enlever son humus, que ne le fait le terrain argileux, et aussi long- temps que les circonstances agricoles ne fournissent pas les moyens de réparer cet épuisement par une abondance d'engrais. La culture du froment ne peut êétre étendue, que concurremment avec la multiplication des fourrages et des engrais. Le froment donne ordinairement, en paille, le double de son poids en grain. Sur les terrains élevés, quelque chose de moins; sur les terrains bas, quelque chose de plus. La température de T'année apporte, comme chez les autres céréales, une différence dans cette proportion. La paille est la plus nourrissante d'entre celles des céréales usuelles, mais elle n'est pas si propre que celle de seigle à servir pour liuère. LE FROMENT DE PRINTEMPS. § 1052. Il ne se disüngue du froment d'automne par aucun caractère botanicue, mais seulement par une propriété qui lui a été communiquée, et qui peut également lui étre ôtée, laquelle fait qu'il monie plus tôt en épis. D'ailleurs il m'a pas toujours de la barbe. Nous savons aussi qu'on change le froment de printemps en froment d'automne, quoique cela puisse se faire plus facilement. avec une variété qu'avec l'autre. Jusqu'à présent on en a cultivé diverses variétés, avec ou sans barbe. Le plus souvent on a cru devoir attribuer la supériorité à celles qui se distinguent par ce dernier caractère. Pour décider si quelques variétés apportées nouvel- lement du midi, comme, par exemple, celle tant vantée, qui a été tirée de Tunis ou de Candie et cultivée par Fischer à Dunkelsbühl, ont quelqne caractère durable qui leur donne de la supgriorité, il faut auparavant que nous en voyons des essais en plus grand nombre et plus en grand. 62 vRINCIPES RAISONNKS § 1035. Le froment de priatemps wexige pas un sol qui ait autant de consistance, qu'il le faut pour le froment d'automne; au contraire, il peut réussir parfaitement sur un terrain meuble, pourvu seulement que celui-ci ne soit pas trop sec; mais il faut que ce terrain soit riche, à la fois, en ancien humus et en fumier récent. Il faut que le sol soit bien travaillé, pulvérisé et nettoyé. Les terres ois Ton sème du froment de printemps avec le plus d'apparence de succéès, sont celles où Pon a cultivé des plantes sarclées, et oùð'on n'a pas semé de froment d'automne, soit parce que la récolte a été trop iardive, soit parce que l'on a éprouvé qu'en général les plantes sarclées ne sont pas une bonne préparation au froment d'automne. II réussit, après les pommes de terre, mieux que le froment d'automne, pourvu que le sol, soit très-riche et pas trop sec. En général, il prend la place de la grande orge. Plusieurs ont jugé avantageux de le semer, dans le systéme de culture alterne, toujours à la place de cette orge, ét après les récoltes sarclées, parce que son produit peut, sans contredit, étre plus grand que celui de l'orge; mais cela n'a eu un succéès assuré que sur des terrains très-riches, et abondamment pourvus d'engrais. Car il est hors de doute que le froment de printemps absorbe plus de sucs que Porge. Là où ces sucs manquent, ce froment réussit mal, et là où iils existent, il les absorbe; le froment d'automne qu'on y sème deux années après, et le seigle lui-méême, viennent d'autant plus faibles, si, du moins on n'a pas fumé de nouveau. Gest ce que m'a appris l'expérience, à la suite d'essais rénérés, faits sur des terrains qui étaient en bon état, quoiqu'ils n'appar- unssent pas aux plus particuliérement riches. JPen ai eu un produit de seize scheffels par journal, et n'ai obienu une meilleure rente de mon terrain, par aucune autre espèce de céréales; cependant, pour les terrains ordinaires, je suis revenu de sa culture. A cela ajoutons que, dans notre climat, il est plus sujet à manquer. Les etés froids, pluvieux ou secs ne tardent pas à lui étre nuisibles. Dans une année où, au moyen d'une température chaude qui alternait avec beaucoup de pluie, Porge réussit extraordinairement bien, plus de la moitié des épis du froment de printemps furent détruits par le charbon. Cette maladie parait plus fréquente dans les fromens de printemps que dans les fromens d'automne, tandis que je n'ai jamais observé la carie proprement dite dans ceux de prin- F — DAGURITCULTVUR V. 65 temps*. Ce sont probablement ces circonstances qui ont fait que, du moins dans le nord de PEurope, malgré les grands éloges qu'on a prodigués au fromeni de Printemps, sa culture ne s'est point étendue, et qu'on ne la rencontre guêres que dans les lieux où l'on ne cultive pas du froment d'automne, mais seulement de celui-là, pour la consommation mème du propriétaire. L'époque de la semaille tombe emtre le milieu d'avril et celui de mai; on n'a pas trouvé convenable de le semer aussi l6t que le seigle de printemps. II ne mürit alors souvent qu'en septembre. Son grain est plus petit et a moins d'apparence que celui du froment d'au- tomne. En général il a une gousse plus forte et il est moins pesant. Au reste il ne lui cède rien en bonté de farine; du moins la variété qu'autrefois j'ai semée sur mon terrain. Quelques Personnes croient qu il n'est Pas aussi bon Pour faire du pain, mais, en revanche, vament ses qualités pour faire de l'amidon. Lorsque le froment est recherché, souvent les acheteurs ne font aucune difficulté de prendre celui de printemps au môme prix que celui d'automne; sans cela, ils trouvent, et pas absolument à tort, une raison de le rebuter dans la pettesse de son grain; alors on est obligé de le céder à un prix sensiblement plus bas. L'EPAUTRE. § 1034. Tritioum spelta, se disungue du froment, surtout par sa balle, qui est Gmoussée, aplatie, et qui retient le grain avec une ielle force, qu'il ne peut pas méme en étre séparé par le battage, et qu'il faut pour cela avoir recours au moulin. Cest, sans doute, cette eirconstance unique, qui a empéêché la culture de cette utile céréale, de se propager dans le nord de l'Allemagne, où les meuniers ne connaissent pas les procédés qu'on doit employer pour lui ôter sa balle, et ne savent pas qu'on peut l'en séparer au moulin à monder, en levant seulement un peu la meule supérieure. L'on a de l'épautre Fautommne et de printemps, avec et sans barbe, et de diverses couleurs. § 1055. Sa culture ne se distingue à aucun égard de celle du froment. Mais l'épautre est moins délicate, et moins sujette à se perdre dans les places humides, 2 * Jai fréquemment vu de la carie dans le blé de printemps à barbe, et d'autant plus qu'il avait été semé de bonne beure, circonstance qui, pourtant, est essentielle à sa parfaite réussite. 7y. PRINCIPES RAISONNES duram Phiver, que ne Pest le froment; elle talle encore plus, elle ne verse pas si facilement et ne s'égrenne pas aussi vite. Elle se contente mieux d'un lerrain moins riche. Elle est aussi sujette au charbon, mais pas autant que le froment. Lorsqu'elle est séparée de sa balle, elle est, au moins, égale au froment en poids et en valeur; quelques personnes prétendent même qu'avec le froment, on ne peut pas se procurer de Paussi bonne farine, ni faire un pain aussi agréable. On la conserve ou dans sa balle, ou séparée de celle-ci; cependant on ne Pen sépare guères avant d'en faire usage, parce qu'elle se conserve mieux dans cette enveloppe, et qu'elle y est moins exposée à ètre endommagée par les vers, ou à s'échauffer. Quelquefois on Penvoie au marché dans sa balle, d'autres fois dépouillée: dans le premier cas, elle ne vaut que la moitié du prix qu'atteindrait le méème volume d'épautre dépouillée. On la sème avec sa balle, mais le double plus épais que le froment. Dans le midi de l'Allemagne, c'est la plus usitée des cèréales. Lorsqwelle a encore sa balle elle peut, avec beaucoup d'avantage, être donnée comme provende ou fourrage aux chevaux, et dans les lieux ouù les meuniers ne savent ou ne veulent pas la séparer de sa balle, c'est peut etre le seul usage qu'on puisse en faire. LE FROMENT A UNE SEULE LOGE(Einkorn des Allemands), 1036. Triticum monococon, Froment de St, Pierre, a, dans son épi, de la res- semblance avec la grande orge plate, sans avoir autant de barbes qu'elle. Le grain en est égal à celui de l'épautre, seulement il est plus petit, ainsi que iout le reste de la plante. 1 On le cultive, comme céréale d'automne et de printemps, dans des terrains que l'on envisage comme trop maigres pour l'épautre; dans les soles exté- rieures, dans les Beux éloignés des bätimens d'économie: c'est dans le Wur- temberg qu'on en voit le plus souvent. 1037. Eufin c'est ici que vient l'espèce connue des botanistes sous le nom de Tri- ticum Polonicum, froment de Pologne, blé de IZalachie, d'Astracan, de Surinam, de Mogados, etc., tant il y a de confusion dans les dénominations. „II differe tou-à-fait de l'autre froment dans la forme de ses épis et de son grain: Pun et Pautre sont longs et étroits. Quant à sa farine, elle paratt tenir DA GRTCULTUR B. 65 le milieu entre- celle du froment et celle du seigle. Il mürit tard, lorsque, comme cela est arrivé jusqu'ici, il est cullivé en céréale de printemps; daus les étés froids, il y'arriverait mèême point à maturité. On vante son usage, pour la sonpe, après qu'il a été mondé, et l'on prétend que c'est ce qui ap- proche le plus du riz. Jusqu'à présent ce n'est point une denrée de vente, et Ton ne doit pas s'attendre à le voir en usage chez nous. LE CHARBON DU FROMENT. § 1058. Pour la culture du froment et des autres espéces de la famille des Triticum, il n'y a, dans diverses contrées, point de danger aussi inquiétant, que celui du charbon et de la carie, et rien, en conséquence, n'a tant occupé les agriculteurs qui cultivent du froment, que les moyens de se garantir de ce mal. On a écrit sur cette matière, des volumes sans nombre et dans toutes les langues; mais ils ont jeté peu de lumiêre sur ce sujet, soit parce que l'on confondait deux maladies essentiellement distinctes, et qu'on voulait les attribuer à une cause unique, quoique chacune d'elles put étre due à des influences fà- cheuses d'un genre différent; soit aussi parce que chaque auteur présentait ses propres observations et opinions, souvent partiales, et voulait forcer à les adopter comme les seules qui fussent fondées; et cela, sans savoir ce que d'autres avaient découvert, éprouvé et observé sur le méême sujet. C'st ainsi que, en approfondissant cette matière, et les principales circonstances qui s'y rap- portent, on a plutôt rétrogradé qu'avancé. § 1059. Commençons par bien distnguer ces deux maladies, qui sont comprises en Allemagne sous la seule dénomination de Brand. La première est le charbon proprement dit; quelques Frangçais la distinguent sous le nom de nielle, et les Anglais sous celui de smitt. Dans cette maladie, la substance du grain m'existe nullement, seulement il y a dans la balle de l'épi une poussièére d'un brun noirâtre. Ceite maladie est sans doute la mèême que celle qui se développe dans plusieurs espèces de céréales, surtout dans l'orge et dans d'autres graminées; maladie également connue sous le nom de suie, parce que cette poussiére a beaucoup de ressemblance avec cette suie fine que la flamme dépose, et qu'on l'emploie même en peinture pour préparer une couleur noire très-fine. Cette maladie est plus fréquente dans le froment, que dans aucune autre céréale; elle atteint souvent la plus grande partie de la T. IV. 9 66 PRINCIPES RAISONNES récolte: j'ai vu du froment de printemps semé sur un terrain sablonneux exces- sivement fumé, où je ne pus pas trouver un seul grain formé*. Cette maladie se montre déjà avant la sortie des épis; on découvre quelque trace de cette dispo- sition à devenir noire, déjà dans la moelle de la plante. Cependant les épis n'en prennent pas moins, souvent, une longueur considérable, et n'en ont pas moins, au commencement, une apparence de santé, quoiqu'ils soient minces et maigres. Les balles sont plus vertes, moins longues et de forme un peu arrondie. Lorsque P'pi est plus avancé, l'on y aperçoit la couleur noire au travers de la balle; ce- pendant la balle n'est pas si mince et ne saute pas si vite que dans l'orge; dans celle-ci elle crève bientôt après que l'épi est soru, et laisse échapper sa poussière noire. Lorsque le froment sest alongé, la balle croͤve également, et alors la pluie et les vents emportent sa poussière, sans que le bon grain en soit coloré. Mais lorsque, comme cela se fait ordinairement, on fauche le froment de bonne heure, et que la température est humide er fraiche, la poussière y demeure, est transportée à la grange, et s'épand alors sous le fléau. De cette manière le grain qui était sain, se trouve noirci, parce que cette poussiére s'attache surtout à ce léger velouté, que le froment a à Pextrémité de sa raie. Cette colorisation, malgré laquelle le grain est demeuré parfaitement sain dans l'intérieur, est appelée le bout, on la confond assez ordinairement avec la carie. Comme ce n'est autre chose que la colorisation extérieure du grain, elle n'a aucune influence sur la consistance intérieure et la bonté de ce blé; cependant il n'est pas douteux qu'elle pourrait noircir un peu la farine, si Pon m'avait soin d'en nettoyer le grain avant de le moudre. Ce nettoiement peut se faire de deux manières différentes, la première par un lavage, qui ne nuit absolument point au grain, pourvu qu'on ait soin de faire sécher celui-ci d'abord après et avec précaution; la seconde en battant le grain mélé avec de la balle d'orge, ou avec de l'argile séche, domt on le débarrasse ensuite très-bien, en le faisant passer plusieurs fois au moulin à ventilateur. La maladie elle-mòôme n'est point héréditaire; elle ne se transmet point par les semences, elle se reproduit d'elle-même sur les terrains mouilleux et excessivement gras, lorsque la température est humide et chaude. Je dis hé- réditaire; car un grain imparfait et qui a pris de la disposition à saltérer, produisant une plante faible, pourrait incontestablement favoriser la naissance de ce mal. Mais héréditaire à proprement, parler, la maladie ne l'est pas, parce que les semences qui sont véritablement atteintes de la maladie, sont † 4. Il parait que cette maladie est de beaucoup plus redoutable et fréquente dans le nord que dans le midi. En Suisse, en France, en Italie, je n'ai jamais rien apergu qui abhrocha: d'un mal aussi grand. Tyad. ahsd Sunp esl 6 Ahle Sone Tods dar K d D'A GRICULTVUR E. 67 absolument détruites par elle, et que la poussière qui en provient, appliquée simplement à l'extérieur d'un grain sain, ne lui nuit pas sous ce rapport. II est donc inconcevable que quelques personnes qui possèdent un remède infail- lible contre Pautre espèce de charbon, la carie, allèguent pour preuve de son efficacité, que du froment dont le bout était tout-à-fait noirci par celie poussière, ayant été détrempé avec leur remède, puis semé, avait été préservé par-là de cette maladie. D'un iel grain, simplement coloré par cette pous- siere, si d'ailleurs il est sain, il ne résultera jamais la carie„sil n'y a le concours d'autres circonstances. D'après différentes observations, et celles que j'ai moi-méême eu Poccasion de faire, ce n'est pas seulement tout épi, mais encore toujours la plante en- tière, qui est attaquée par le charbon. Tous les lavages ne sauraient l'empécher; les meilleurs moyens de le prévenir sont une semence accomplie, des semailles convenablement exécutées, un sol bien égoutté, peut-detre aussi une espèce particulière d'engrais(circonstances sur laquelle je désirerais que nous eussions des observations plus exactes), et la nature du sol; encore Patmosphère et la température ont-elles une si grande influence que, dans une année, le mal se montre peu, iandis que, dans une autre, il se développe d'une manière d'autant plus fächeuse. II est des champs ouù la carie se montre souvent et ou pourtant, le charbon proprement dit est inconnu, et d'autres où l'on trouve les moyens de se garantir de la carie, tandis qu'au contraire, le charbon ne peut pas y étre entiérement prévenu. § 1040. La carie ne détruit pas toute la consistance du grain, elle lui laisse sa forme. Cependant sa susbtance est considérablement changée ei détériorée, comme sa couleur brune noirâtre, son odeur et son goüt nauséabond le démontrent suff- samment. Quelques grains n'en sont atteints qu'en partie, et n'ont pas perdu leur force de germination. La maladie paratt ne se développer qu'à la formation du grain; on ne la découvre qu'après la floraison. Les épis prennent une mauvaise apparence, ils deviennent pâles et se couvrent de petites taches semblables à des points. La carie détériore aussi le blé sain, lorsqu'il se trouve des grains qui en sont atteints, parce que ceux-ci ne peuvent gueères en étre séparés avant le moulage. Comme les grains qui en sont attaqués sont plus légers que les autres, on peut bien, par un ventement fait avec soin, les en séparer ep grande partie, mais * Mot inventé par Rozier, pour éviter une périphrase. L'action de faire dépouiller les céréales de leur balle, de la poussière et des autres corps hétérogeènes, par l'action de T'air, en les jetant avec des pelles ou autres instrumens. Tyad. 68 PRINCIPERS RAISONNES „.* ·ℳ A 1 5„ 1§ℳ pas en totalité. Un peut nombre de grains ne gàtent, a la vérité, pas tout-à- fait ⸗* 9. 1 la farine, et ne sont pas non plus nuisibles à la s en grand nombre, ils donnent A la farine un goùt si détestable, qu'on ne peut en faire du pain, ni pour les mets dans la cuisine; et anté; mais, lorsqu'ils sont en faire usage, ni pour méme dans les distilleries d'eau-de-vie, oela mest point indifférent pour la qualité et la quantité de cette liqueur. 6 1041. La cause de la carie, du moins la plus forte, celle qui la prépare d'avance, git dans la semence, et est héréditaire. Car c'est seulement par un bon choix 6„ 7 de la semence, et en suivant des procédés convenables, que s'en sont pré- servés quelques culuvateurs qui, auparavant, en souffraient extraordinairement dans leurs champs; et ils ont de nouveau éprouvé le même mal, lorsqu'ils ont cessé d'observer les mêmes précautions*. 6 1042. Lorsqu'on prend pour semence du grain qui n'a point été attadué de cette maladie, du grain qui a parfaitement muri, qui a été battu avant de ressuer dans le tas, puis étendu au grenier, en couche mince, et qui a été soigneu- sement remué et exposé à l'air, on peut étre tranquille, indépendamment de toute préparation pour préserver le grain de ce mal. Le plus souvent aussi Pon aura un succès assuré, si lon prend du froment de semence qui ait plus d'un an, et qui ait été bien traité et conservé. Si cependant on ne peut pas se fier entiérement à cela, il est diverses mé- chodes, qui ont un succès plus ou moins grand, pour empécher ce mal. Quelques personnes ont envisagé comme suffisant, de laver le froment dans de'eau pure; pourvu qu'alors on eùt soin G'enlever les grains légers et maladifs qui surnageaient, et quoique, selon eux, leur but für déjà atteint par la seule opération du lavage. D'autres omt envisagé Peau salée comme plus efficace; les' grains légers surnagent plus facilement; d'ailleurs, on ne peut pas eontester enüèrement au sel une action d'un autre genre. On a trouvé plus réellement efflcace l'emploi de la chaux, des cendres, du 8...„ 2 2 Je puis afßrmer avoir plus d'une ſois semé sur les bords du Lac Léman du blé attaquéè de la carie, après l'avoir soigneusement humecté avec un lavage fait de chaux, de cendres et 2 2 4.*„.„ 2„ ·. ℳ. d'égont de fumier, sans en avoir éprouvé des inconvéniens dans la récolte qui en provenait. En 3„» 2„.2. 2 24α2 revanche, j'ai assez régulièrement aperęu de la carie en plus ou moins grande quantité dans les blés qui avoient été semés trés-tard, en terre argileuse ou qui avait de la disposition à Thumidité. Trad. sel d0. qu su- Pon el lel Kebe veri Cad duw le DA GRICUI, T UR E. 69 sel commun, du sel de Glauber, ou méème d'autres sels, surtout de Falun, du sulfate de fer et de l'arsenic. On se sert de ces substances isolément, ou ron en mele plusieurs ensemble, et de diverses maniéres. Le plus souvent c'est la chaux qu'on emploie à cela. Ordinairement pour douze scheffels de semence on emploie un scheffel de chaux récemment éteinte et pul- vérisée. On humecte avant tout le grain avec de eau, mèême aveo de l'eau un peu chauffée; quelques personnes y joignent des urines ou du purin, de l'égoùt de fumier. On saupoudre ensuite avec la chaux et Pon brasse avec soin; on laisse alors le grain reposer pendant huit à douze heures en tas; après quoi on'étend mince, sur Paire, et le fait sécher, cependant on a soin de ne pas le loger dans des sacs, pendant qu'il est encore humide. Plusieurs culúvateurs y joignent une égale quan- tité, ou la moitié, d'une cendre alkaline, ce qui produit un alkali-caustique, et ce mélange parait, soit en théorie, soit en pratique, être le plus efficace. Quelques- uns y joignent encore une plus ou moins grande quantité de sel commun, ce qui a tout au moins cet avantage, que les substances s'attachent mieux au graiu. On fait aussi une lessive avec de la chaux, des cendres et des urines, et quel- quefois encore du sel, et P'on en arrose le grain. Les manipulations sont, en ceci, irès-variées, et lors même que chacun attache un mérite particulier à sa propre méthode, en réalité elles reviennent à peu près au même. Il importe seulement que ces assaisonnemens, soient aussi actifs que cela est possible, et que la totalité du grain soit si parfaitement remuée, que chaque grain par- niculier en ait sa part; que de plus on laisse ce mélange dans le grain pendant un certain temps, et jusqu'à ce qu'une douce chaleur s'y fasse sentir; mais qu'alors on étende tout de suite ce grain et Pexpose à l'air. Quelques personnes attribuant au sel de cuisine une efficacité particulière, reGourent principalement à cette substance, et n'emploient la chaux qu'en moindre quantité; mais, d'après les expériences les plus authentiques, la chaux et les cendres sont ce qu'il y a de plus efficace et, dans la plupart des contrées, e'est aussi ce qui coũte le moins. Les solutions de vitriol et d'alun ont été fort vantées par quelques personnes; cependant, jusqu'à ce jour, la généralité des expériences ne parle pas autant en faveur de cet assaisonnement qu'en faveur des autres. L'assaisonnement avec de Parsenic est trop dangereux, pour qu'on puisse jamais le confier à aucun individu, qui ne connattrait pas parfaitement les effrayans effeis de ce subtil poison. 6 1045. Quoique ces deux maladies, le charbon et la carie, soient absolument dis- 70 PRTINCIPES RAISONNES 45 unctes; il n'est pas rare, cependant, qu'on les trouve P'une et Pautre sur le mème* champ, et quoiqu'il semble démontré que la principale cause de la carie, repose V 14 dans la semence, et que, par le choix et la manipulation de cette semence, on u puisse le plus souvent prévenir cette maladie; il faut cependant avouer, qus Men celle-ci peut ètre produite par des causes qui ont une influence particulièérement dese nuisible sur la végétation, alors mème que la semence était parfaitement saine; Pöd et que, par conséquent, il n'y a pas de moyen absolu de s'en garantir.. da LE SEIGLE.. a tem 7§ 1044. rs Secale cereale. Nous n'en avons qu'une espèce, et ses diverses variétés ne van se distinguent également par aucun signe de botanique, mais seulement par tuml une différence dans leur nature, qu'ils doivent à la culture. Le seigle d'automne et celui de printemps acquièrent les propriétés qui dé- be terminent leur nom, de la mème manière que le froment, voyez ci-dessus 1015. b aram Les propriétés du seigle d'automne sont de se conserver plus long-temps en Nohr terre, de taller davantage, et de pousser plus tard ses tiges. d Nous en avons une variété qui est originaire des provinces russes des bords de la au⸗ mer Baltique, et qui réunit, au plus haut degré, les propriétés du seigle d'automne. app Toutes les variétés qu'on qualifie de seigle d' Archangel, seigle de Norwèége, b des de St. Jean, sont absolument les mêmes, et m'ont quoique ce soit de par- Pl niculier dans leur nature. Lorsqu'on sème à la St. Jean le seigle des bords mien de la mer Baltique, dont je viens de parler, il est alors du trêfle de St. Jean, b anbi tout aussi bien que celui qui passe sous ce nom-là, et ces seigles d'Archangel helle et de Norwège se distinguent tout aussi peu.§ Je ne me permettrai pas encore de décider si le seigle qu'on nomme de r6 I' alachie est d'une nature différente. Il est probable qu'à son égard encore, b weni Pon a fait une méprise de nom, puisque, il y a cinquante ans, on envisageait 1 Porge céleste, Hordeum celeste, comme une espèce de seigle, qu'on la fror nommait seigle de Valachie, et que, il y a six ans, j'en ai reçu sous ce nom. Leh Ce qui passe actuellement sous ce nom ma absolument aucun signe caractéris- 4 nique. Toute espèéce de grain, qui pendant plusieurs années, a recu une cul- b A ture semblable à celle des jardins, et dont la semence a toujours été soigneu- ei sement choisie, déploie quelques changemens dans sa nature, et les conserve encore dans les premiers momens de sa culture en plain champ;; mais il n'est pas facile de deviner si ce changement sera de durée. doi aäme Pose „ Ol qus aent me; D'AGRICUITVR E. 71 La variété de seigle qui nous est venue des provinces russes des bords de la mer Baltique, dont le nom allemand répond à celui de seigle d buissons, a des avantages incontestables sur les autres. Elle résiste beaucoup mieux aux intempéries, elle talle davantage, ne verse pas si facilement, lors mème qu'elle végète sur un sol trèés-riche, et sur un terrain bon et bien ensemencé, elle donne toujours un plus haut produit; seulement il faut absolument qu'elle soit en terre avant la fin de Septembre. Si on la sème plus tard et sur du terrain tout-aà-fait maigre, sans doute elle perd ses avantages. Elle pousse ses tiges, fleurit et murit, sensiblement plus tard que le seigle ordinaire; pour pouvoir la récolter en mème temps que P'autre, il faut la semer de très-bonne heure. Cetie variété me parait très-constante, je n'y ai aperçu aucune dégénération, lors même qu'elle était telle- ment rapprochée de l'autre, qu'elle pouvait étre atteinte par la poussière de ses 6tamines. § 1045. C'est le terrain qui contient du sable en grande proportion, qui est le plus avantageux au seigle; ainsi précisément celui qui, suivant le§ 1016, n'est plus propre à la culture du froment, le seigle est la seule céréale qu'on puisse culúver sur du terrain très-sablonneux et qui contient 85 p.“ c. de sable et au-delà; c'est par cette raison que, chez nous, les terrains de ce genre sont appelés terres à seigle. Cependant les sols qui contiennent moins de 85 p.“ c. de sable, sont aussi préférables pour le seigle. Plus le sol sera riche, plus le seigle y sera vigöureux. Cependant celui-ci peut, mieux que le froment, s'accomoder des terrains maigres. A la vérité cela dépend aussi en partie de la nature du sol, car le terrain sablonneux se laisse, plus facilement que le terrain argileux, enlever les derniers restes de son humus. Si un terrain épuisé a été laissé en repos pendant une suite d'années, il a râssemblé assez de sucs, pour pouvoir produire une récolte de seigle, à la vérité assez chétive. Il iolère aussi dans le sol un certain degré d'acidité, qui est contraire au froment et à Porge, et il peut, par conséquent, étre cultivé sur les terraine de bruyères et de marais, lorsque ceux-ci ont été assainis. Alussi le seigle est-il le présent le plus précieux que Dieu ait fait aux contrées sablonneuses et pauvres; sans cette espèce de céréal, ces contrées seraient peut- Gtre inhabitables. § 1046. Quant à la préparation du sol et à la récolte qui le précède, le seigle n'est Point aussi difficile que le froment. 72 PRINOCIPES RAISONNE S . C'est sans doute à la nature du sol destiné au seigle, sol ordinairement très- sablonneux, qu'on doit de ne donner que trois labours à la jachère. Car les terrains plus tenaces paient toujours, par une augmentation de produit, le quatrième labour qu'on leur donne. Les récoltes préparatoires qui sont avantageuses au froment, le sont éga- lement au seigle, sur les terrains où elles peuvent étre cultivées. Apréès les pommes de terre et le lin, sauf de rares exceptions, on remarque une diminution dans le produit du seigle. Le seigle supporte, mieux que le froment, d'ètre semé sur le chaume de quelqu'autre céréale, ou même sur le sien propre; on sait aussi que, dans quelques contrées, on sême ordinairement trois ou quatre fois consécutivement du seigle sur un méme terrain. Mais les récoltes y sont si misérables, qu'il m'y a qu'une seule voix, chez toutes les personnes impartiales de ces contrées même, sur Pinconvenance d'une telle rotation. Un amendement extrémement riche, et répété méme, ne peut prévenir une baisse de produit en grain, alors même que la paille aurait une belle végétation. Toutes ces observations isolées par lesquelles on veut prouver que la seconde récolte a été plus abondante que la première, et que Pon présente pour défendre ce procédé, ne sauraient combattre l'expérience universelle, et peuvent d'ailleurs facilement être expliquées, si on les analyse avec soin. Du fumier récent, enterré peu de temps avant la semaille, et dont la sécheresse ou humidité ont empéché la décomposition, est sans doute nuisible à la première récolte, tandis qu'il favorise celle qui la suit. Cependant on peut excuser ce procédé, lorsque le terrain ne peut produire que du seigle, et que la paille importe presque plus que le grain. § 1047. Pour le seigle on n'a, il est vrai, pas besoin de donner autant de soin au choix de la semence, que pour le froment. Cependant une semence accom- plie, müre, soignée avec précaution, et pure, paiera toujours Pattention qu'on lui aura consacrée. La semence du seigle ne peut supporter qu'une légère couverture de terre; si on Penterre un peu profondément, elle peut, surtout si le sol a quelque ténacité, se trouver dans lP'impossibilité de germer, et ainsi se perdre. Gest pourquoi il y a du danger à enterrer le seigle à la charrue; je l'ai éprouvé à mes propres dépens. Si le sol est très-sec et le demeure apréès les semailles, le seigle semé sous raies peut bien avoir de l'avantage sur celui qui a été semé sur le labour; parce qu'il lève plus tôt et d'une manière plus égale. Mais comme la température qui suivra immédiatement les semailles, ne peut pas —— — Mais (45 D'AGRICULTURL. 75 étre prévue, il est toujours plus prudent de recouvrir avec la herse; à moins que Pon n'enterre la semence par une culture superficielle donnée avec Textirpateur, ce qui, sans doute, doit avoir la préférence sur toute autre méthode. Dans notre climat on envisage la période qui s'écoule depuis la mi-septembre à la mi-octobre, comme la plus convenable pour exécuter les semailles de seigle. Cependant, dans quelques contrées, et surtout afin de faire jouir le seigle des fumiers que l'on fait dans Thiver, on en sème en plain champ pendant tout Phiver, jusqu'à la fin de février, et quelquefois aveo suoccès. Plusieurs observateurs impartiaux disent que les semailles les plus tardives sont les plus sres, mais qu'en revanche elles ne donnent jamais un produit aussi considérable que celui qu'on obtient quelquefois des haätives; que, du reste, l'époque la plus mauvaise s'étend du milien d'octobre au milieu de no- vembre. Comme j'ai eu occasion d'observer pendant long-temps les semailles de seigle, sur un espace de champ très-morcelé, je puis, du moins, dire ceci, que je n'ai jamais vu un champ dont la semaille n'ait pas levé, ainsi j'ai dů me convaincre que la gelée, quelle qu'elle soit, ne nuit pas au seigle, alors même qu'il en est atteint dans les premiers instans de sa pousse. Mais le seigle d buisson(voyez ci-dessus) veut absolument être semé de bonne heure; peut-être méême cette semaille ne saurait-elle avoir lieu trop 16t. Jen ai semé dès la mi-juin, sans qu'il et même la moindre apparence de s'élever cette année-là. Si on ne le sème qu'en octobre, il talle faible- ment, et ses jets latéraux se trouvant retardés à la pousse des épis, restent faibles. 1 On sème ordinairement de dix-huit à vingt metzen de seigle par journal. Pour le seigle d buisson, lorsqu'on le sème en aoùt ou au commencement de septembre, et qu'on l'épand d'une manière bien égale, douze à quatorze metzen suffisent parfaitement. II talle à un point tel, que les trois quarts des plantes doivent céder la place au quatrième qui subsiste. Au printemps, il semble souvent étre trop clair; de sorte que les cultivateurs qui n'en ont pas'habitude, se reprochent d'avoir autant épargné la semence. Mais il n'en serait pas autre- ment, lors même qu'ils eussent semé plus épais; car en automne, les plantes qui tallent beaucoup se serrant les unes les autres, elles doivent avoir de la place pour pouvoir opérer leur tallement; elles poussent dix, douze iiges et plus, et pour peu que le sol ait de fécondité et que la température soit favo- rable, elles offrent à Pœil un champ couvert de la récolte la plus épaisse. Comme ce seigle pousse et ialle encore plus tard que les seigles ordinaires, souvent T. IV. 10 74 PRINcCIPES RAISONNhS au milieu de mai encore, il parait fort en arrière en comparalson de ceux-ci; mais au milieu de juin il les surpasse d'autant plus. § 1048. Le seigle retire autant d'avantages qué le froment, du hersage qu'on lui donne au printemps, surtout lorsqu'il sest formé, à la superficie du sol, une crotte dure et des fentes; cependant rarement on lui donne cette culture. Le hersage lui est très-favorable, lors méme que le terrain est sablonneux; mais, dans ce cas, il faut l'exécuter avec des herses de bois légères, et attendre que le seigle ait poussé de fortes racines depuis Phiver. Si les racines, surtout sur un sol spongieux, avaient été arrachées par les gelées, ou dégarnies par le vent, il sera avantaggux d'y passer le rouleau. Le temps de la floraison est pour le seigle, plus encore que pour les autres céréales, une période décisive; l'on ne peut pas compter sur la réussite du seigle, jusqu'à ce quil ait passé heureusement cette époque. Une gelée blanche qui Patteint pendant qu'il est en fleur, peut empécher, en iotalité ou en parue, la formation de son grain. Fréquemment elle n'atteint que le bord extérieur du champ, celui qui est exposé au vent, er, souvent aussi, elle n'endommage qu'un côté des épis, également celui qui se trouve du coté du vent. L'épi perd sa couleur, les pointes des balles se rident et ces balles demeurent vides. Une température pluvieuse, humide et très-venteuse qui se prolonge pendant le temps de la floraison, influe tout aussi désavantageusement sur le seigle. Des ondées isolées ne lui nuisent pas, lors même qu'elles reviennent souvent, bourvu seulement qu'entre-deux il y ait des heures de chaleur. Car, durant la pluie, le seigle ferme ses valvules, et lorsque, après cela, le soleil se fait forlement sentir, les anthères s'avancent avec force, et la poussiére des étamines couvre le champ comme un épais nuage: Mais lorsque le temps pluvieux con- unue, les anthéres waltérent dans les valvules et y Pourrissent; ou il ne s'opère pas de frucüficalion, ou l'embrion du grain est entrainé dans la putréfaction. C'est alors, probablement, que s'engendre le mal de Pergot; cette excres- cence frappante, d'un noir ürant sur le violet, connue de iout le monde, qui, isolée n'est d'aucune conséqjuence, mais qui, avalée en grande quantité et surtout fratche, occasionne des maladies très-⸗dangereuses, mortelles mème, chez les hommes et chez les animaux.. Au reste, un seigle vigoureux résiste aux influences nuisibles des causes étrangères, même durant la floraison, beaucoup mieux qu'un faible ou qu'un médioerement garni. v Lor conda remel Poul ſolr, gend oge 6- an 1-d z en lui „ Une Uture. aeux; endre Svurtout 68 Par utres du che en ord elle du alles hnt ge. nt, ant kait ines com opère clio, cres- nde, tité me, ause? qu'un * D'AGRICVULT URE.„5 Lorsque la floraison est accomplie, on peut facilement apercevoir si la fé- condation a été plus ou moins heureuse, c'est-à dire, si les balles sont régulié- rement garnies de leur grain, ou sil y en a beaucoup où ce grain manque; pour découvrir cela, il suffit de considérer les épis en les placçant du côté du jour, parce que les valvules fécondées paraissent transparentes. Comme ce- pendant le seigle fleurit lentement, il ne faut pas trop se haàter de poriter son jugement. Plus tard on sent les vides, lorsqu'on fait passer l'épi entre les doigts. § 1049. On s'aperçoit que le seigle est mur lorsque la paille en palit, lorsque sa couleur jaune devient plus blanchàtre, et que les nœuds ont totalement perdu leur couleur verte. Les grains sont durs, ils se détachent facilement, s'égrènent lorsqu'on frappe fortement dessus. Mais pour le seigle il faut également ob- server le précepte de Caton Oraculum esto, bidag citius, quam biduo serius metere— moissonnez plutôt deux jours trop töt, que deux jours trop tard.„ § 1050. Sur un terrain de même qualité et qui convient également au froment et au seigle, le produit moyen de ces deux céréales est assez égal en volume. Ce- pendant je ne connais pas d'exemple où une récolte de seigle se soit élevée à plus de vingt-deux scheffels par journal; on a obtenu de beaucoup plus fortes récoltes de froment, mais sur des terrains qui eussent été décidément trop forts pour le seigle. On peut envisager douze scheffels comnie un bon produit; quelquefois la récolte baisse jusqu'à trois scheffels. Lorsqu'il y a moins, la ré- colte a manqué; un terrain, où l'on peut envisager ce résultat comme ordi- naire, paie à peine les frais de semaille, et n'a aucune valeur comme terre labourable. Le poid d'un scheffel de seigle pur, va entre 76 et 86 liyv. Apréès le froment, c'est, d'entre les céréales usuelles, le seigle qui contient la plus grande quantité de substances nutritives. Il contient une substance aro- matique qui parait particuliérement adhérente à sa gousse, puisque Podeur et le goũt agréable qui sont propres au pain de seigle, ne saperçoivent plus dans celui qui est fait avee de la farine du méème grain, qui a passé à une fine étamine. On peut rendre à ce dernier pain l'odeur et en même temps la couleur noire du pain, par le moyen d'une décoction du son dans de l'eau chaude, dont on se sert pour paitrir. Cette substance semble faciliter la digestion, et elle a une acuon particuliérement raffraichissante et forüfiante sur le corps animal. 76 TRINCIPESRAISONNES § 1051. Dans les lieux oùð Phomme se nourrit principalement de seigle, le prix de cette céréale est moins variable que celui des autres, ou tout au moins il demeure micux en rapport aveo le plus ou moins d'abondance de la récolte. Les de- mandes de l'étranger minfluent chez nous qu'indirectement sur son prix. A la longue, il règle chez nous le prix de tous les autres produits, et mème, par celui de la main d'œuvre, le prix des objets de fabrication. Les circonstances de localité peuvent étre telles, que Pon trouve plus d'avantage à la culture d'autres produits, mais l'écoulement du seigle est, en général, toujours plus assuré*. § 1052. Sur tout terrain qui comient du sable en proportion excessive, et qui n'est pas trop exposé à Phumidité, c'est le seigle qui est le moins casuel, pourvu seulomen qu'oon en exécute convenablement la semaille. Il épuise moins le sol que ne le fait le froment. A 258 du premier volume, nous avons admis en principe, qu'une récolte moyenne de seigle absorbe tremte pour cent des sucs contenus dans le sol. Comme le seigle donne une plus grande quantité de paille qu'ancune autre céréale, si cette paille est en effet réduite en fumier, le seigle remplace plus que les autres céréales, les sucs qu'il absorbe; d'ailleurs sa paille est parlculièrement propre àtous les besoins de l'économie rurale. § 1055. Le seigle de printemps est une simple variété du seigle d'automne, et peut, ainsi que je Pai observé plusieurs fois, facilement étre changé en seigle de cette dernière sorte.— On ne P'emploie ordinairement que pour remplacer celni d'automne, lorsque les semailles n'ont pas pu en étre achevées, et que cependant le sol ne permet pas la culture d'une autre céréale, surtout pour tirer part des fumiers faits durant le cours de l'hiver. Cependant il convient aussi sur les terrains qui sont trop sablonneux et trop secs pour Porge et l'avoine; après des pommes de terre, ou le seigle d'automne ne réussit pas, le seigle de printemps réussit parfaitement, pourvu qu'on le sème d'aussi bonne heure que cela est possible, après avoir convenablement préparé le terrain. * Ceci est irès-particulièrement propre au nord de l'Allemagne, ou la classe du peuple se nourrit essentiellement de seigle, ce qui n'a lieu universellement, ni en France, ni en Suisse. Trad. rix de meure s de- 4 l , par tances ulture 8 plus n'est urvyu D'AGRICULTWURE. 77 Il est q'ailleurs très-rare qu'il donne un produit égal à celui du seigle d'automne; souvent même il manque tout-Aà-fait. Son grain est petit et a une gousse très- mince; au reste il contient une farine excellente, ce qui fait que, quelquefois, il se vend un peu plus cher que le seigle d'automne. Il doit étre semé de bonne heure, à la fin de mars(au commencement de méme mois on peut encore semer du seigle d'automne,*†) ou bien au com- mencement d'avril; plus tard il n'a aucun succès. Souvent on le sème sur le chaume des seigles d'automne, après avoir amendé avec du fumier récent, Pon ne prépare le sol pour ceite semaille que durant la saison froide et humide de lhiver, alors les chiendents et les diverses espèces d'agrostis, y pullulent extraordinairement; aussi ne trouve-t-on presque nulle part les champs aussi infestés de ces mauvaises herbes, que dans les lieux ouù Pon suit cet ordre de semaille. C'est donc fort injustement que l'on accuse le sol d'avoir de la disposition à produire du chiendent. L'ORGE. § 1054. IIy ena cinq, ou si Pon veut, six espèces actuellement connues et répandues Parm nous; 1. Hordeum vulgare, la petite orge quadrangulaire. 2.——— disticon, la grande orge ou orge commune à épi plat. 3.———— ccleste, orge céleste. 4.———— nudum, orge nue plaie. 5.—x r hexastichon, orge d'automne à six coins, et qui est moins en usage. 6.———— Zeooriton, orgeriz, orge de Paon. § 1055. L'orge de toutes les espèces, veut un terrain riche, meuble, doux, et qui retienne l'humidité, sans cependant que ce soit avec excès; un terrain qui contienne de cinquante à soixante-cinq pour cent de sable, et pour le surplus principalement de l'argile; si, avec la première de ces proportions, il se trouve dans une position sèche, et avec la seconde dans une humide, c'est ce qui convient le mieux à l'orge. Cependant cette céréale réussit aussi à merveille, sur un terrain plus argileux, lorsqu'une forte proportion d'humus diminue la * Dans les pays où Phiver se prolonge et oh Pon a encore des gelées en avril. Trad. 78 PRINCIPES RAISONNES lénacité de ce sol, et qu'il peut être rangé parmi les terres à froment de première classe. Si le sol glaiseux contient une certaine quantité de chaux, et que sa pro- portion de sable soit diminuée d'autant, de manière qu'il soit plus meuble, sans cesser d'avoir de la consistance, il sera particuliérement propre à T'orge, et d'autant plus que la chaux purge le sol de toute acidité, et que celle-ci est toujours contraire à cette espèce de céréale. En revanche, dans les étés humides, l'orge peut très bien réussir sur des terrains oùð le sable prédomine sensiblement, et ouù il se trouve même dans la proportion de soixante-dix ou soixante-quinze pour cent, pourvu que ces terrains soient dans un état de fécondité satisfaisant; mais dans les étés secs, elle reste chétire. Sur de tels sols, c'est donc une récolte trés-incertaine. Un terrain pauvre, tenace, d'une humidité froide, et acide, ne convient nullement à l'orge; cette céréale n'y réussit que très-rarement. § 1056. L'orge demande que la terre qu'on lui desune soit parfaitement ameublie et pulvérisée. Lorsque, comme cela arrive ordinairement, on la sème sur le chaume des grains d'automne, il faut lui donner au moins trois labours; si au contraire, le sol a été divisé Pannée précédente par la culture des récoltes sarclées, un seul labour lui suffit. Si les récoltes qui ont précédé Porge n'ont pas laissé dans le sol une quantité considérable de sucs, cette céréale veut avoir un nouvel amen- dement, mais de fumier qui ait achevé sa fermentation. La nature faible de Porge demande des sucs nutritifs qui soient, pour elle, d'une digestion facile; il faut les lui présenter bien préparés et adaptés à ses organes. L'orge n'est exposée à aucune maladie particulière qu'au charbon, et il est rare que celle-ci lui fasse un mal considérable. Les épis qui sont en proie au charbon sortent les premiers; il semble alors que tout le champ en soit couvert; mais lorsque les épis sains viennent à se montrer, à peine reste-t-il quelque trace des autres. Le chaulage n'a aucune efficacité contre cette espèce de charbon, cette opération serait donc absolument inutile. 9 1057. Touies les espèces d'orge qu'on sème au printemps supportent et aiment une assez forte couverture de terre; on peut les enterrer à la charrue à trois ou quatre pouces de profondeur, et lorsqu'on les séême sur un sol très-léger, c'est Presque une condition de leur bonne réussite. Cependant il faut attendre que le sol soit essuyé, et chez nous rien ne proſite mieux à cette céréale qu'une tem- Pérature séche et chaude à la suite de la semaille. z le pA GRIOCUTL T U R V. 79 7 Une semence qui a bien müri, qui est accomplie, et qui ne s'est pas échauifée dans le tas, donne des plantes plus saines; il faut aussi qu'elle ait été purgéce avec le crible et par le lavage, de la semence des mauvaises herbes qui pul- lulent ordinairement dans l'orge. Lorsqu'on a donné ces soins à la semence, et qu' on Pépand d'une maniòre très-égale, douze à quatorze metzen par wurnel, suffisent tout comme vingt à ningtJel„ surtout si c'est de la grande orge. L'orge talle beaucoup lorsqu'elle a de l'espace, et si elle en manque, elle ne donne alors que des plantes faibles. La petite orge tallant moins, veut étre semée plus épaisse. Si, après la semaille, il survient une forte pluie, qui durcisse le sol, il faut, aussitét que celui-ci est essuyé et avant que l'orge lève, y passer de nouveau la herse, afin de rompre la croüte au travers de laquelle la pointe des plantes ne pour rait pas se frayer un passage, et sous laquelle, souvent, on trouve cette pointe courbée. Après que P'orge est levée, il n'est pas sans danger d'y passer la herse, comme plusieurs personnes l'ont proposé; parce qu'elle se casse comme le verre. On ne doit faire cette opération qu'avec beaucoup de circonspection, avec des herses de bois légères, à plaine herse, et seulement vers le soir. LA PETITE ORGE OQUADRANGULAIRE, § 1058. Est envisagée comme plus propre aur terrains maigres, aussi la nomme-t-on Orge des sables; cependant elle peut également bien réussir sur un terrain glaiseux, pourvu quiil soit riche, et que la température lui soit favorable; mais, dans ce cas, la grande orge n'y réussit pas moins. La dénomination quadrangulaire n'est pas plus exacte, car lorsque ceite orge se remplit complètement, elle a six rangées; alors son opr forme un carré avec deux côtés larges, et deux plus 6troits. Elle est très-délicate, une gelée suffit pour la détruire presque com- plétement, et elle souffre de toutes les intempéries; il semble cependant que, de générauon en génération, à force de se succéder dans notre climat, elle doive devenir plus robuste. Nous aurions alors une variété qui nendrait le milieu entre celle-ci et P'orge à six coins, dont nous parlerons plus bas. Mais cette orge ne veut que peu de iemps pour sa végétation, en neuf ou dix semaines elle peut, comme Pon dit, sortir du sac et y rentrer, ce qui fait que souvent on ne la sème qu'au milieu de juin, si alors elle rencontre une température chaude et 80 PRINCIPES RAISONNES convenablement humide, elle peut valoir mieux que la grande orge, qui, dans le cours de sa longue végétation, jouit rarement d'une température constamment favorable. Mais souvent, malgré la meilleure apparence, la petite orge réussit mal, surtout si elle manque d'humidité à l'époque du développement des épis, et, en moyenne, elle n'atteint pas le produit de la grande orge. Dans le systéème de culture de l'assolement triennal, où Pon ne donne, pour les céréales d'automne, qu'une jachère irès-imparfaite, et où l'on ne commence qu'en juillet à préparer les champs, cet orge présente le grand avantage, de pouvoir éêtre semée tard; en cas de besoin, jusqu'à la fin de juin; elle permet ainsi de donner au terrain, dans une saison très-favorable, une demi-jachère, qui, pour la pulvérisation et Paération du sol, er la destruction des mauvaises herbes, est peut-ôtre plus efficace que la jachére tardive dont nous venons de parler. Il faut bien observer le moment ou elle doit étre fauchée; on ne peut pas lui laisser atteindre le point de maturité absolue, surtout de ses jets les plus tardifs, parce que les épis de cette orge qui ne tiennent qu'à des tiges très-minces, tombent sur le sol. Lorsque la plus grande partie des grains n'a plus de lait, mais que cependant ils peuvent encore étre comprimés comme de la cire, que les épis sont la plupart jaunes, il est temps de faucher; seulement il faut laisser müͤrir le grain en andains. Si alors déjà l'on a à craindre que lorge s'égrenne, il faut faucher à la rosée, et en général procéder à la récolte avec beaucoup de précaution. Le poids de cette orge et la quantité de farine qu'elle rend, sont sensiblement moins forts que ceux de la grande orge. Le scheffel ne pèse ordinairement que de cinquante-cinq à soixante-quatre livres. Cependant une fois j'en ai eu de soixante- dix livres. Son prix est bas, non-seulement parce que sa valeur intrinsèque est inférieure, mais encore parce que, lorsque les brasseurs de bière sont accoutumés à la grande orge, ils la préfèrent. On ne peut pas méler la petite orge avec de Pautre pour la fabrication de la bièêre, parce qu'elle ne germe pas au méême moment; cela fait que personne ne recherche celle-ci, lorsqu'on peut avoir de la grande orge en quamiité suffisante, et que, aujourd'hui, elle ne trouve guères de débit, que pour éêtre donnée en nourriture aux chevaux. Sa paille, trèés-flasque, parait, même en poids, étre moins abondante que celle de la grande orge. D' AG RICUILTURE. LA GRANDE ORGE PLATE, Hordeum distichon. § 1059. Plusieurs cultivateurs croient qu'elle ne convient que sur un sol assez argileux. Cependant je l'ai souvent cultivée sur un terrain qui contenait plus de soixante dix pour cent de sable et, en général avec un plus grand succéès que la petite orge, pourvu que je la semasse à la fin de mars ou au commencement d'avril, aussitôt que cela étoit possible, sans donner de nouveau labour, et en me bornant à enterrer la semence avec l'extirpateur, sur un sol cultivé profondément et im- prégné de fumier pour la récolte sarclée. Sous ces conditions, elle ne m'a jamais entièrement manqué, et le moins que j'en aie obtenu sur un tel sol, a été six scheffels par journal, dans les étés de 1809 et 1810, od Porge souffrit beau- coup de la sécheresse, surtout à Pépoque du développement de ses épis. Jai d'ailleurs obtenu sur un terrain de même nature, mais dans un état de grande fécondité, et dans de bonnes années, jusqu'à quinze scheffels par journal. Je donne en conséquence décidément la préférence à la grande orge sur la peute, dans un assolement qui convienne à cette espèce de céréale. La grande orge semée de bonne heure ne souffre guère de la gelée, et lors méme que la sommité de ses feuilles jaunit, cela lui fait peu de mal. Par une température séche et sur un terrain sablonneux, quelquefois ses feuilles j jaunissent, mais elle n'est pas, pour cela, détruite; il suffit qu'elle ait de Thumidité au moment du développement de ses épis; car ce moment est décisif pour elle. Mais si elle jaunit par excès d'humidité, ce qui, dans des bas fonds, peut faci- lement arriver, alors elle est perdue. Dans les grandes exploitations rurales, lorsqn'elle a été semée de bonne heure, elle a ceci de désagréable, qu'elle mürit presque en même temps que le seigle; et quoique elle soit moins sujette à s'égrener que la petite orge, il faut cependant, en temps sec, faire quitter aux ouvriers la moisson du seigle, pPour courir à celle de Porge. Ce peut étre un motif de la semer plus tard, sur les terrains glaiseux seulement au commencement de mai, et de semier de la petite orge sur les terrains sablonneux. Lorsque la grande orge a passablement můri, le scheffelsen pese Jo et quelques livres. Jen ai méême récolté qui pesait jusqu'à 84 liv. Alors, souvent, sur les marchés, elle atteint le prix du seigle, ou même le dépesse. T. IV. PRINCIPES RAISONNES L'ORGE CELESTE, ToORGER NUE QUADRANGUELAIRE. §. 1060. Les botanistes Penvisagent comme une variété de la petite orge quadran- gulaire, et croient qu'elle a de la disposition à reprendre son ancienne forme. Pen doute, bien que, quelquefois, elle en ait l'apparence; de temps en temps, à la vérité, Pon y remarque des grains qui ressemblent à ceux de la peüte orge, mais ce sont des grains qui n'ont pas achevé leur végétalion, ne peuvent pas se séparer de leurs valvules, et qui, ou ne germent et ne lévent pas, ou pro- duisent de nouvean de l'orge céleste. Cependant comme, en général, parmi nos espèces cultivées, on ne peut pas trop déterminer ce qui est espèce et ce qui m'est que variété, ceci peut également demeurer dans l'incertitude. Elle se distingue de la petite orge en ceci, qu'elle talle infiniment plus et pousse plus de tiges, quoique sur un même sol, et quoique les plantes soient à une méme distance. Les tiges auxquelles les épis sont attachés, sont aussi beaucoup plus épaisses, même que celles de la grande orge. L'épi en est plus long que celui de la petite orge quadrangulaire, il contient aussi plus de grains; mais un caracière qui la distingue, c'est que Pépi perd sa barbe en mürissant, et qu'alors le grain se sépare des valvules et prend une forme différente de celle de Porge. Ordinairement lorsque le sol est riche, l'épi de cette orge a six coins, ou rangées pleines. Comme son grain est nu et a une apparence différente de celle de Porge, on Pa appelé tamòôt froment, tantôt seigle, tantòt orge-froment. On lui a donné les noms de blèé de David, ble de Jérusalem, blé d' Egypte et de Valachie. Gaspard Bauchin connut cette orge et Pappela Zeopyron ou Tritico speltum. Comme il y a long-temps qu'on la connatt, il parait étonnant que sa culture ne se soit pas étendue plus lt et plus généralement sur les terrains fertles. Cependant si Pon examine quelles sont les conditions de sa réussite, on com- prendra que sa culture ne soit pas P'affaire de tout le monde. D'ailleurs elle réunit tout ce qui peut rendre une céréale de printemps recommandabie; elle est robuste, son produit est assuré, elle talle beaucoup, la tige de l'épi est roide, elle donne un grand produit en grain nutritif, la paille en est excellente et égale à celle du froment, et elle est, en proportion du grain, beaucoup plus abondante que celle de la grande orge. Des hommes bornés ont pris occasion de cette dernière circonstance pour se plaindre de ce que cette orge, à égale quantité de paille, rendait une moins grande quantité de grain, sans penser —˖— 83 que, sur une mèême étendue, on obtenait en paille un tiers de plus que si D'AGRTCVULTUR E. c'eüt été de Porge d'une autre espèce; en paille qui parait particulièrement bonne pour la nourriture des animaux, et dont la balle est dégagée de toute barbe. 8 Mais elle veut un terrain fertile, riche et bien travaillé, et comme mes amis Pont toujours cultivée après leurs récoltes jachères, je ne puis pas dire si, lors- qu'on la semerait sur le chaume d'une autre céréale, elle réussirait proportion- nément mieux que d'autres orges, comme c'est le eas après cette première espèce de récoltes. Mais elle veut être semée d'aussi bonne heure que cela se peut, afin qu'elle ait le temps de ialler avant que la chaleur la fasse monter en épi. Elle a mal réussi chez diverses personnes qui Pavaient semée tard. Une gelée qui Tatteint lorsqu'elle est jeune, ne lui nuit pas sensiblement. On prétend aussi Pavoir semée de bonne heure, comme grain d'automne, Pavoir fauchée plu- sieurs fois pendant l'été et, Pannée suivante, en avoir obtenu une récolte con- sidérable. Mais cela est encore problématique et demande à être confirmé par de nouveaux essais. Cette orge a ordinairement la pesanteur du seigle, et souvent mème au- delà. A T'égard de ses parties nutritives, Einhof trouva qu'elles comprenoient 72 ν sur cent; ainsi 2 ³¾ plus que dans le seigle. Mais il observe qu'elle a une si grande proportion de mucus doux et de substance végéto-animale, par conséquent des parties les plus nutritives, qu'elle doit étre placée entre le froment eit le seigle. Annalen des Ackerbaues, B. IIII, S. 27. En y ajoutant un peu de froment et de seigle, nous en avons fait un pain très-succulent. Quelques essais faits avec cette orge, ont mal réussi aux brasseurs de bière; la bière était forie, mais pas limpide. Maintenant d'autres en font une bièere disunguée. Elle esi fort recherchée par les distilateurs d'eau-de-vie. Sa valeur est au moins égale à celle du seigle. U'ORGE NUE PLATE, Hordeum nudum, § 1061. Ressemble à la précédente, au plus grand nombre d'égards; mais elle a des épis plus longs et à deux coius- Son grain vient, à la vérité, eneore plus grand que celui de Porge céleste, lorsqu'elle végète isolément dans une bonne ierre de jardin; mais, cultivée en plain champ, elle se resserre beaucoup. Dans tous les 84 PRTNCIPES RAISONNES essais comparatifs qui me sont connus, elle a donné un produit sensiblement in- férieur à celui de Porge céleste.(Je ne parle point ici d'essais faits dans des jardins et de la multiplication de grains qui ont pu étre plantés un à un.) Cette orge est du grand nombre d'espèces de céréales auxquelles jai renoncé, après une suite d'essais. L'ORGE A SIX COINS, ordinairement ORGE D'AUTOMNE, Eordeum hexastichon, 6 1062. Est admise par les botanistes comme une espèce distincte. Selon moi c'est une variGté de l'orge quadrangulaire, bien que, dans son état actuel, elle s'en distingue d'une manieère particuliére. L'orge quadrangulaire a également six coins; seulement dans celle-là les grains, lorsqu'ils mürissent, s'ccartent davan- inge ei ainsi forment un hexagone. Mais je crois que cela provient uniquement T'ane différence de culture, et l'on envisage comme possible, que cette espèce soit due à une métamorphose insensible de l'Hordeum vulgare. Cette dernière cesse d'étre aussi délicate, lorsqu'elle est semée plus tôt. Vraisemblablement, après plusieurs générations, elle s'accoutume à supporter Fhiver, et prend peu- aà-peu la forme de la premiòère. L'orge à six coins, habituée à étre semée comme céréale d'automne, de- mande un sol riche et qui ait de la consistance, tel qu'il doit convenir parfai- tement au fromem. Dans les lieux bas, dont le sol est fécond, on lui donne la préférence, sur-tout pour les champs où l'on aurait à craindre que le froment ne versât, et c'est là le principal mouf qui fait qu'on Py cultive. Elle ne verse pas, et donne quelquefois un produit énorme; 28 scheffels par journal, ordinai- rement 22. Mais quelquefois elle souffre beaucoup de l'hiver, et elle ne réus- sirait également pas, si on la laissait continuer sa végétation. On la rompt, en conséquence, d'abord, et l'on ensemence le champ en orge de printemps. Sur un terrain moins riche, la culture de l'orge à six coins sera rarement avantageuse, parce qu'elle ne peut y prendre d'autre place que celle du froment, et que, cependant, proportionnément à sa valeur, on ne peut pas en atiendre un produit plus élevé que de celui-ci. Ceue orge demande à Gtre semée de très-bonne heure, en aoùt, pour pouvoir résister sůrement à l'hiver, et sur la jachère, ou bien à la suite d'une récolte préparatoire qui ameublisse trèés-bien le sol; le plus ordinairement elle suit le colza. Elle mürit alors de bonne heure, à la fin de juin ou au commencement — geji uge Ace el uês⸗ Güe Tel 1 le — in. dins 18e une cb— D'AGRICULTUR E. 85 de juillet, et ceute circonstance la recommande assurément, parce qu'elle par- tage les travaux de la moisson et prolonge le terme de sa durée; outre cela, à ceutte 6poque, P'orge est souvent fort recherchée; on peut la battre d'abord, et la conduire au marché. Sous ces circonstances, elle a souvent présenté de très-grands avantages: mais, hors de-là, elle trouve moins d'amateurs, parce que son grain est encore plus chéuf que celui de la petite orge, et qu'ordinai- rement il a une pesanteur moins grande. L'ORGE RIZ, Hordeum zeocriton, § 1065. Orge d barbe, Orge de Paon, riz d' Allemagne, Orge d dventail, Orge vénitienne, Orge du Japon, est connue depuis long-temps, et a été autrefois en usage en Allemagne plus qu'elle ne l'est aujourd'hui. Ses épis ont la forme d'une lancette, ils ont deux rangées de fortes barbes qui divergent d'avec la tige à laquelle les grains sont adhérens. Elle talle beaucoup; elle doit en conséquence ètre semée clair, et étre traitée, à tous égards, comme la grande orge plate. D'apréès les essais que j'en ai faits, je ne puis pas lui attribuer de la supériorité sur la grande orge, si ce n'est que sa paille étant courte et forte, elle ne verse pas, quoique semée sur un terrain très-gras. Mais sur de iels terrains je lui préférerai toujours Porge céleste. Je ne vois en aucune manière que son grain ait quelque ressemblance avec le riz. LAVOIN E, Avena sativa. § 1064. L'on comprend sous ce nom botanique une partie des variétés de cette cé- réale, que nous avons et cultivons. Elles se distinguent principalement par leur grain blanc ou noir. A la première espèce apparüennent 1. L'Auoine ordinaire unie, ou Avoine d Mars, que T'on cultive le plus souvent, et qui est bien la plus súre, lorsqu'elle doit étre semée sur le terrain qu'on destne ordinairement à cette céréale. 2. La pesante, chez nousAnglaise, et qui est appelée par les Anglais Avoine de Pologne ou d' Espagne, elle se disungue par des nges et des feuilles fortes, par de plus grands panicules, et des grains également plus grands; lors, du 86 PRLINCIPES RAISONNES Lom moins, qu'elle végète sur un terrain qui lui eonvient. Dans les terrains humides leme et marécageux, elle devient grande, à la vérité, mais son grain y prend une lorsq gousse épaisse et acquiert peu de pesanteur. On prétend qu'on peut la cultiver goi: aussi comme céréale d'automne, mais je ne connais aucune expérience précise luse qui le démontre. Oa! 5. L'dvoine disünguée par les naturalistes comme une espéèce particulière, a sous le nom d' Avena trisperma, qui quelquefois contient trois grains muͤrs dans une même balle, mais qui, pour tout cela, ne paratt pas donner de n plus grands produits. 2 4. L'Avoine hälive qui peut être semée de meilleure heure, et qui murit 1 plus tôt; on la préfère surtout dans les contrées de montague, où l'autre nn avoine n'atteint sa maturité qu'en septembre. uf Aux avoines à grain noir appartiennent 9 5. LPAvoine noire et lisse, dont le grain pèse, par scheſſel, souvent dix livres b wod de plus que Pautre, et qui, par conséquent, est infiniment plus nourrissante. b e. Elle exige un sol riche, et est particuliérement appropriée aux bas fonds; tandis que, dans les expositions élevées, elle est facilement renversée par n le vent. ſ 6. LAvoine d gland, dont les grains sont en partie noirs et en parue plancs, et qui, par conséquent, est bien une variété et un mélange de l'avoine„ noire et de la b'anche. On lui attribue une gousse particulièrement dure, mais 44 un grain très-farineux. 4 Nous avons une sorte d'avoine distincte, et qui par conséquent a aussi 6te 85 considérée par les botanistes comme une espèce particulière, dans der 7. L'Avoine orientale, de Turguie, de Hongrie, elle a un panicule long et serré, et ses épileis penchent tous du méême côté. Dans les commencemens 2 on l'a vantée comme donnant un tréès-grand produit; mais, ensuite, il s'est. vérifié que, sur un même terrain, elle ne donnait ni plus, ni moins que 9 Favoine ordinaire. Elle mürit plus tard et ne s'égrenne pas si facilement què 6 Pautre avoine; c'est probablement par ceite raison que quelques cultivateurs, qui sèment beauoonp d'avoine, ont continué à semer de celle-ci sur une partie V de leurs terres. Elle a, en reranche, le défaut d'ètre plus difficile à battre. 3 Enfin lon a 3 8. LPAvoine velue, je ne hasarderai pas de décider si c'est PAvena strigosa des botanistes, qu'ils prétendent crottre spontanément chez nous; mais'expé-— rience générale a démontré, que Pavoine ordinaire se reproduit d'elle-mème 4 sur les terrains sablonneux, surtout dans les contrées à bruyére, et se trans- urs r de 4 nürit ulre D'A GRTIOCULTVURH. 87 forme dans cette variété, non immédiatement, mais peu-A-peu, q'abord seu- lement en partie, et qu'en revanche, elle reprend sa forme primitive, lorsqu'on la sème sur un meilleur terrain. Arrive-t-il de ceci, peut-étre, ce qui arrive de l'ivraie parmi les céréales d'automne; que cette plante sauvage plus appropriée à la nature du sol, s'y niche, et en chasse le grain qu'on y a semé? Ou bien une espèce prend-elle réellement la forme de Pautre, et ne sont-ce en conséquence que des variétés?— Cette avoine velue a plusieurs fortes barbes, qu'elle ne perd point, une gousse épaisse, et peu de farine. Elle ne Pèse guère que la moitié de P'avoine ordinaire, et n'a que la moitié de sa valeur; cependant sur ces mauvais terrains, on lui trouve encore des avan- tages. Si on la sème sur un sol meilleur, elle pousse des tiges fortes, et une large feuille; on la cultive en conséquence comme plante à fourrage, pour la faucher en vert. 9. LAvoine nue, ULiboine d gruau de Tartarie, Avena nuda, ne s'in- troduira pas parmi nous pour y ôtre cultivée habituellement; en Ecosse elle est fort usitée, et on l'y destine à faire du pain. Les Anglais distinguent encore plusieurs autres espèces d'avoine, mais ce ne sont que des variétés obtenues par la culture. § 1065. Pendant long-temps l'avoine a été traitée, chez nous, comme la plus mé- prisable d'entre les céréales; on lui destinait, en conséquence, les plus mauvais terrains et les champs les plus maigres. Autrefois son prix était au-dessous de la moitié de celui du seigle; mais depuis la multiplication des chevaux, à la nourriture desquels c'est elle qui est le plus propre, son prix s'est peu-à-peu. élevé au-dessus de la valeur qu'elle a, relativement aux autres grains, et dès ce moment, sa culture est devenue plus profitable. Cependant on ne P'introduit ordinairement que dans les lieux, où l'on ne croit pas devoir essayer de cul- niver Porge; quoiqu'elle payàt tout aussi bien que cette dernière, une meil- leure place. L'avoine croft, à la vérité, sur chaque espèce de terrain, pourvu qu'il ne soit pas trop sec, et elle a des organes si vigoureux, qu'ils dissolvent des Parties nutritives, qui ne profiteraient plus à d'autres céréales. Il paratt qu'elle dissout même l'humus acide et insoluble. Elle croft sur les terrains froids, glaiseux, tout comme sur les terrains qui ne sont pas tellement sablonneux, que rien d'autre n'y végète. Elle souffre d'une température défavorable, mais elle se remet ensuite mieux que Porge, lorsque le temps s'est amélioré. Sur des défrichemens, sur des marais, on peut la cultiver pendant plusieurs 7 PRINCIPES RAISONNES années consécutives, et souvent son produit y va en augmeniant jusqu'à la troisiéme ou quatriéme; tandis qu'une récolte d'une autre espèce s'épuise promptement, si on ne lui donne pas d'engrais; la cause de cela est, probable- ment, que l'avoine s'approprie tout ce que le sol peut donner, et ce qui d'ailleurs ne se serait dissout, pour d'autres plantes, qu'avec le temps et à Paide de la eulture. Mais, sur un sol fertile, la culture de l'avoine est bien plus profitable. Deans b'assolement triennal avec jachère, on cultüve cette céréale en qua- trième et sixième récolte; en général la où J'orge ne peut plus trouver sa nourriture. Mais selon beaucoup d'apparences, sur une forte terre à froment, on se trouverait mieux de semer de Pavoine que de l'orge. Dans les assolemens avec pâturages du Mecklembourg, P'avoine vient apréès Torge, en dernière récolte. Les cultvateurs du Holstein lui ont assigné une place plus convenable, en la semant sur les herbages rompus, apréès le repos, et ils ont conservé cette méthode, lors même que l'année suivante, ils veulent donner une jachère. Car sur un gazon, sur une croùte d'herbages rompue, quoique pas encore décomposée, elle réussit fort bien, surtout si elle a été somée de bonne heure. Elle est aussi parfaitement placée sur un trêfle de deux ans dont on vent tirer parti jusqu'à Pautomne, et que, en conséquence, on renonce à préparer pour les céréales qu'on sème dans cette saison. Lorsque Pon romp de bonne heure en automne, qu'au printemps on se hàte de semer Pavoine en Penterrant sous raies, qu'on passe ensuite légèrement la herse, et qu'on herse encore une fois après que cette céréale est levée, culture que Pavoine supporte beaucoup mieux que Porge; on obtient ordinairement un produit plus grand que si l'on rompait le tréfle après la première coupe, qu'on labouräàt trois fois, et qu'on semàt des grains d'automne. § 1066. Si on cultive Pavoine sur le chaume d'une autre céréale, on lui donne un, deux, et quelquefois trois labours. Le plus grand nombre des agriculteurs conviennent, à la vérité, que P'avoine qui a été semée sur trois labours réussit mieux; mais rarement ils en donnent ce nombre, soit parce qu'ils manquent de temps, soit parce qu'ils ne croient pas que P'avoine en vaille la peine. IIs craignent aussi que la semaille n'en fút trop retardée; circonstance qui n'est en général que de peu de conséquence, dans un climat qui n'est pas exces- sivement froid*. Mais si l'on sème l'avoine sur deux labours, il y natt une * Lon ne doit pas perdre de vue que ceci est écrit pour une latitude beaucoup plus septentrionale que la nétre; chez nous, nous mettons de Pimportance à semer J'avoine de irès- Ssit D'AGRICULILTVURE. 89 plus grande abondance de mauvaises herbes, et en effet, lorsque le sol était infecté de celles des mauvaises herbes qui se propagent par leur semence, il m'est arrivé plus d'une fois d'avoir de plus chétives récoltes de cette céréale, sur deux labours que sur nn. Si, en revanche, le champ est infecté d'une plus grande quantité des espèces de mauvaises herbes qui se propagent par leurs racines, la récolte réussira décidément mieux apréès plusieurs labours, et le champ ne se trouvera pas aussi sale, à la suite de cette récolte, que sil n'eùt eu qu'une seule culture. Il est rare que l'on fume pour l'avoine; cependant cela arrive quelquefois, surtout lorsque, après elle, on veut semer des céréales d'automne, et alors ce m'est pas sans raison. Le fumier récent lui va fort bien, et cependant elle en laisse la plus grande partie dans le sol. § 1067. Ordinairement on sème P'avoine plus épais que les autres céréales; soit parce que le scheffel en contient moins de grains, soit parce que l'avoine ne talle pas autant; si ce n'est sur des terrains tréès-riches. Il est toujours convenable d'en semer une moitié de plus que d'autres céréales, et, sur un terrain en repos, au- quel on n'a donné qu'un seul labour, il est plus sr d'aller jusqu'au double, parce que tous les grains ne lèvent pas. Cependant, il est des lieux oùð Pon porte la quantité de semence en avoine, sur un terrain fertile, jusqw'à une proportion excessive, dans l'espérance de détruire par là les mauvaises herbes. Pour la réussite d'une récolte d'avoine, il est d'une grande importance que la semence en soit accomplie, et qu'elle m'ait pas été altérée par la fermemtation. L'avoine qui a pris une mauvaise odeur et un mauvais goüt dans le tas, leve. à la vérité, tout comme PJ'autre; mais elle produit une plante faible et qui, déjà à la floraison, se laisse tomber; j'en ai acquis la preuve par hasard, mais d'une manière très-sůre, durant les années ou j'apprenais Pagriculture. Après le froment, cet inconvénient ne me parait étre à redouter sur aucune céréale autant que sur Pavoine. L'époque ordinaire des semailles d'avoine est le mois d'avril. Sur päturage on gazon rompu Pon sème, autamt qu'on le peut, déjà en mars; mais, dans une expo- sition chaude, cela peut avoir lieu jusqu'au commencement de juin, et alors, si la température a été favorable à Pavoine, celle-ci réussit quelquefois fort bien, et elle le doit, tant à une meilleure préparation du sol, qu'à la destruetion des mauvaises herbes. bonne heure, afin que son grain soit formé avant l'époque des chaleurs excessives; nous sommes loin d'avoir à redouter qu'elle n'ait pas le temps de mürir. Trad. T. IV. 12 90 PRINOIPES RAISONNES § 1068. L'avoine ne germe pas aussi facilement que Porge; sa germination n'est uni- forme, que lorsqu'elle a lieu sous une température favorable. Cela tient aussi beaucoup à ce qu'elle ne se trouve placée ni trop superficiellement, ni trop pro- fondément en terre; aussi, surtout lorsquw'on sème tard, est-il décidément plus sür d'enterrer la semence sous raies(avec la charrue). Si elle lève à deux épo- ques différentes, elle mürit aussi inégalement. Comme les moutardes, sénevés, ou raves sauvages et les autres mauvaises herbes qui germent avec elle, l'affaiblissent, on cherche à les détruire par le hersage. L'avoine supporte très-bien cette opération quoiqu'elle soit levée, surtout lorsqu'elle a été semée sous raies et que, après le labour qui l'a recouverte, Pon wa donné qu'un hersage superficiel. Si on rencontre une température fa- vorable et que les mauvaises herbes se trouvent en étre à leurs feuilles sémi- nales, ce hersage produit un grand effet; mais si ces herbes ont leur troisième feuille et ont poussé des racines plus profondes, il n'a que peu de succès; parce que, par un hersage tel qu'il le faudrait pour les détruire, on courrait le risque d'endommager fortement l'avoine. Lon a, en conséquence, essayé d'en- terrer Pavoine semée sur le labour, seulement après qu'elle avait poussé des germes de demi-pouce de longueur, afin qu'elle levt bientôt après, exempte de mauvaises herbes. Cette méthode a réussi au plus grand nombre de cultivateurs; leur avoine a tallé d'une manière particulière et a été très-nette; en revanche cela m'a mal réussi; mon avoine a levé rare, et il y a poussé une quantité de mau- vaises herbes d'autant plus grande. Un troisisme essai, que j'ai fait oe prin- temps, eùt mieux réussi, car la semence a bien levé; mais la sécheresse a empéché que Pavoine ne tallàt d'une manière satisfaisante. § 1069. IIfaur bien faire attention au point de maturité de l'avoine, ei lorsque celle-ci mürit inégalement, il faut saisir, pour en faire la moisson, le moment ouù la première partie en est múre; sans cela on s'expose à perdre toute cette première avoine; et d'ailleurs, lors méême qu'elle n'aurait pas atteint toute sa perfection, ou méôme qu'elle ne se détacherait pas au battage, on la conserverait avec sa paille qui, alors, serait d'autant plus nourrissante. Au surplus, le grain qui müͤrit le premier est toujours le plus substamiel. Lorsque l'avoine a été fauchée avant sa parfaite maturité, il faut la laisser plus long-temps en andains; on a cru observer qu'elle s'y murissait et y augmentait en poids; à la vérité elle pourrait aussi facilement s'y perdre, si Pon tardait trop à la serrer. La paille d'avoine est considérée par beaucoup de gens comme la plus nour- D'AGRICULTURE. 91 rissante pour le bétail de ioute espèce, peut-être parce que, ordinairement, c'est dans celle-là qu'il reste le plus de grain après le battage. Dans plusieurs exploitations rurales on y laisse ce grain avec intention, on ne bat que légèrement Pavoine. Employée comme litière, on ne la croit avantageuse qu'aux terrains chauds. § 1070. Comme l'avoine n'a qu'une pesanteur peu considérable; en moyenne, seu- lement 50 liv. par scheffel, et que, d'après P'analyse(à la vérité seulement superficielle) d'Einhof, elle ne contient pas plus de 60 pour cent en parties nutritives, ainsi le scheffel seulement 50 liv., cette céréale demeurerait, pour la valeur, au-dessous de la moitié du seigle. Mais je crois que Einhof, qui voulait entreprendre une analyse plus exacte de cette espèce de grain, la commenca sur de la mauvaise avoine, et que cette céréale vaut, à mesure égale, réellement bien la moitié du seigle. Dans la plupart des contrées son prix est plus élevé, parce que cette espèce de grain est fort recherchée pour la nourriture des chevaux; dans d'autres contrées, en revanche, qui sont plus propres à la culture de Pavoine, et ouð elle a moins d'écoulement, son prix est inférieur à la moitié de celui du seigle. L E MILL E T, Panicum', § 1071. Appartient à tous égards à la classe des céréales. On en cultive deux espèces particulières, savoir le Millet paniculé, Panicum miliaceum, et le Millet des oiseaux ou Panis, Panicum Italicum et Ger- manicum. Tous deux ont diflérentes variétés, qui se distinguent surtout par la couleur de leur grain. Le millet paniculé a l'avantage d'avoir le grain plus gros; le panis, en revanche, celui de s'égrener moins, de muͤrir plus égale- ment, et de n'être par dérobé par les oiseaux. D'ailleurs la culiure en est la même. 6 1072. Le millet demande un sol chaud, meuble, glaiso'sablonneux et bien pourvu d'humus. Il réussit mieux à la suite d'une récolte abondamment fumée, qu'im- médiatement après un amendement de fumier qui n'est pas consommé. Le terrain doit avoir été cultivé profondément et avec soin, et avoir recu * Millet ou petit Mil. Millium. femine luteo de Tournefort. Paniculum miliaeeum de Linné. 9² PRINCIPES RAISONNIES au moius trois labours avec la charrue, la herse et le rouleau, afin quiil soit complétement pulvérisé et purgé de mauvaises herbes. Plusieurs cultivateurs défoncent le terrain pour cette récolte, mais une bonne préparation avec la charrue, est tout aussi bonne. Cependant le millet réussit également fort bien sur un défrichement, pourvu qu'il soit riche, et sur un terrain qu'on a laissé en repos pendant quelques années; dans ce dernier cas un seul labour lui suffit, pourvu que, apréès celui-ci, le sol ait été bien hersé et brisé avec le rouleau, puis ensemencé. Si un iel sol se trouve trop sec pour le lin, je ne saurais en ,„— 2.„, vérité pas comment en tirer un parti plus avantageux, qu'en y cultivant du millet. On sème le millet en mai, d'abord après avoir donné le dernier labour, et avoir régalé le sol avec la herse; Ton en emploie environ trois metzen par journal, après quoi Pon passe une herse légère et, si le sol est'sec, on passe aussi le rouleau. Il faut que la semence ait bien müri et ait été bien conservée. § 1075. Dès qu'il se montre de mauvaises herbes parmi le millet après qu'il est levé, il faut les détruire par un sarclage. Ceci est nécessaire pour la réussite du millet, on ne peut s'en dispenser que sur un défrichement qui n'a que peu ou point de mauvaises herbes. C'est pourquoi la culiure du millet ne peut que rarement avoir lieu en grand, surtout dans les établissemens rustiques où, à peu près à la méême époque, on doit sarcler le lin. Rarement un seul sarclage suffit; pour peu que le sol ait de la disposition à produire de T'herbe, après quinze jours ou trois semaines, et avant que le millet s'éélèeve, il faut sarcler de nouveau. Ce qui vaut mieux encore que d'arracher les mauvaises herbes à la main, et qui est plus facile, c'est une culture qu'on donne aveo des raàtissoirs adaptés à cet usage. Par ce moyen, l'on coupe entre deux terres, non-seulement la mau- vaise herbe, mais encore toutes les plantes surnuméraires, en même temps qu'on soulève le terrain dans les intervalles des plantes. Celles-ci doivent étre laissées une à une, à la distance de cinq à six pouces. L'effet que ceite culture a sur la réussite et le produit du millet est étonnant; cette céréale s'élève après cela si promptement, que rarement les mauvaises herbes ont le iemps de lever une seconde fois. Si cependant il en natt encore, c'est en si petit nombre, qu'elles sont bientôt arrachées. § 1074. Il faut beaucoup d'attention pour saisir le véritable point de maturité, sur- tout pour le millet paniculé. Cette espèce murit très-inégalement, et s'égrène facilement lorsqu'elle est múre; cependant cet inconvénient est beaucoup — et 3 Ir- p' A GRITCVULTVURE. 93 moins grand lorsque le millet a été cultivé et éclairci de la manière que nous avons indiquée plus haut. Ceux qui cultivent le millet en petit, coupent les pani- cules múrs, et les portent chez eux dans des sacs; mais comme ceite méthode m'est pas exécutable en grand, il faut, dès que la plus grande partie de la récolte est mure, faire faucher, ou, mieux encore, faire scier soigneusement avec la faucille. On ne doit pas laisser le millet en andains, parce qu'il s'égrèénerait trop sil recevait de la pluie. On le charie d'abord sur les aires, on le bat et le nettoie aussitét que cela se peut. Il faut alors étendre la graine très-mince, et la remuer chaque jour avec un räteau, jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement sèche; sans cela elle s'échauffe et devient amère. On lie la paille, quoique le plus souvent elle soit encore humide, et on la porte à P'air pour la sécher, sans cela elle moisirait; cette paille est fort estimée pour la nourriture des bestiaux. Quoique, pour celui qui cultive en grand, il ne soit pas praticable de faire couper séparément les épis à mesure qu'ils mürissent; cependant il vaut très- fort la peine de recueillir de cette manière, au moins ce dont on a besoin pour semehces. La graine qui a parfaitement muůri, et qui a été convenablement soignée, lêve plus également, donne des plantes plus parfaites, et met à Pabri du charbon, qui, sans cela, se montre souvent dans cette céréale. L'on con- serve le millet ainsi destiné à servir pour semence, dans un lieu ouù Pair ait une libre circulation, et o cette céréale puisse se sécher parfaitement; on bat ensuite le millet, au moment du besoin. On connatt la manière de dépouiller le millet de sa gousse par le moyen de la meule ou des moulins à pilons. § 1075. Le millet est connu pour étre très- nourrissant; la plupart des hommes le mangent volontiers, et il peut, à divers égards, remplacer le riz. Son prix suit, en conséquence, assez généralement la proportion du prix du riz; il est de la moitié de celui-ci. Le millet peut aussi étre cultivé comme fourrage; alors on le sème plus épais, et lorsque ses panicules se développent, on le fauche. § 1076. La plante désignée sous le nom de Millet de marais, appartient à une autre ce genre a müri chez nous dans des étés on Pappelle Holcus Sorgludm. aud. II n'est pas vraisem- je me borne donc à in- famille de végétaux. Une espèce de chauds, mais seulement dans nos jardins, D'autres espèces veulent un climat beaucoup plus ch plable que jamais on puisse les naturaliser parmi nous, diquer ici cette irès-féconde céréale. 94 PRINCIPES RAISONNES Le Riz et toutes ses variétés conviennent encore moins à notre climat„lors méme que, dans les écrits de diverses sociétés d'agriculture, on trouve des ren- seignemens sur la culture qu'on prétend en avoir faite; je doute cependant que, hors des serres chaudes, il en muürisse jamais une plante dans le nord de PAllemagne, puisque plusieurs essais faits dans le midi de la France n'ont pas eu du succéès †. Cest seulement au-delà des Alpes qu'il peut étre cultivé. Je connais très-bien un cas où l'on sema ce qu'on s'était imaginé étre du riz; c'était de l'orge céleste. Enfin, par sa nature, le Mais devrait étre rangé dans la classe de ces vé- gétaux. Mais comme sa culture se distingue absolument de celles ci-dessus, et va de pair avec celle des récoltes sarclées, nous le rangerons parmi ces plantes économiques, et différerons d'en parler, jusqu'à ce que nous traitions de celles-ci. SUR LA CULTURE DES' CEREALES EN LIGNES, OU A LA HOUE A CHEVAIL. § 1077. Quoique ce genre de culture trouve également son application à d'autres produits, comme cette méthode est particuliérement propres aux oéréales, je crois devoir m'en occuper ici. Nous trouvons déjà des exemples de cette culture dans le 17.° siécle. Un Espagnol, Joseph Locatelli, en fit déjà un essai, qui attira sur lui Pattention * Ce défaut de succès dans la culture du riz, si elle a été essayée dans le midi de la France, a eu une cause toute différente de celle du climat, puisque dans une grande partie des provinces méridionales de ce royaume, la température est incomparablement plus douce que dans la presqu'universalité de cette partie de'Italie qui est bornée au nord par les Alpes, et au midi par les collines des Appennins, où, cependant, le riz se cultive généralement avec succès, quoique pas sans de graves inconvéniens pour la salubrité de J'air. Jai un instant eu l'intention de développer ici la culture de cette utile céréale; mais après y avoir murement réfléchi, j'ai cru devoir m'en abstenir, non-seulement parce que je sortirois ainsi de la qualité de traducteur, qui est la seule que je me sois proposée en touchant au travail d'un auteur aussi distingué, mais encore parce que la culture du riz n'est pas destinée à s'établir dans les pays où ma traduction doit se propager. Cette culture exige des circonstances V routes particulières, un climat chaud, un terrain plat, ou à peu près, et qui ait tout au moins quelque consistance, de sorte que pon puisse sen servir à faire de petites digues pour retenir Teau sur la semaille, enfin de l'eau en suffisance pour que, durant tout L'été, on puisse toujours en maintenir 3 à 4 pouces sur la céréale en végétation. Ces eirconstancesne se trouyent réunies We dans peu de pays. Trad. D'AGRICULTVURE. 95 de lEmpereur mèême, à tel point, que ce cultivateur dut le répéter en présence du monarque. Mais ce qui est plus frappant encore, c'est qu'on l'a rencontrée en Perse et dans lIndostan, et de telle manière, que non-seulement la semaille en lignes se faisait avec des machines convenables, mais qu'encore la culture de la récolte y était opérée par des chevaux et des bœufs. En Angleterre on envi- sage Jethro Tull pour son inventeur, et en France Du Hamel, de Chaàteauvieux et plusieurs autres furent ses propagateurs, au milieu du siècle passé, le 18.“ Mais cette méthode de Tull, d'après laquelle on laisse entre les lignes de cé- réales des espaces très-larges que Pon cultive fortement avec la charrue durant la végétation, cetie méthode, dis-je, est presque entièrement hors d'usage, et a dú céder la place à une autre, dans laquelle les lignes sont placées paralél- lement, mais plus rapprochées les unes des autres. Nous nous bornerons à parler ici de cette métbode, en renvoyant pour les détails au 1.“ et 3.“ volumes de mon Agriculture anglaise. Tous ceux qui prennent intérêt à cette matière, auront peut-ôtre lu ces dissertations, et trouveront ici quelques contradictions avec ce que j'en ai écrit dans Pouvrage ci-dessus. Dans ce cas, je prierai qu'on veuille bien considérer ce que je vais dire ici comme mon opinion, telle qw'elle est aujourd'hui, mürie par des essais multipliés et une expérience plus longue. § 1078. Les machines destinées à semer en lignes et les houes à cheval qu'on a in- ventées en Angleterre, sont innombrables. Maintenant presque tout le monde sSy réunit à donner la préférence au semoir de Coope, mais il est très-compliqué, et doit étre traité avec beaucoup de soin. Dans le 1.“ cahier de ma description des instrumens d'agriculture les plus usités, j'ai donné celle de'appareil* de Ducket, pour la culture en lignes, et dans le 5.“ cahier du même ou- vrage, celle d'un autre inventé par moi, avec les planches nécessaires. Un long usage m'a convaincu que ce dernier est si commode, durable, d'un facile em- ploi, et il répond tellement à mes vues, que je n'en désire aucun autre, quoique je ne puisse semer, par son moyen, que des céréales, des pois, des lemilles et des vesces, et pas des semences plus menues, comme cela peut se faire avec celui de Cooke. Avec cette machine, on ne peut également pas changer à volonté la quantité de semence de chaque espèce de grain. Mais elle * Ou assortiment. On voudra bien me passer ce terme pour exprimer une réunion d'instru- mens qui, s'appliquant à une meme monture, doiveni opérer des travaux variés, quoiqu'ils se rapportent à un même genre de culture. Tradl. 96 PRINCIPES RAISONNES en distribue une quantité qui est suffisante dans tous les cas, et lors mome que, dans quelques circonstances, on pourrait épargner quelque chose de plus, cette épargne serait assez insignifiante, et ne procurerait d'ailleurs aucun avan- lage. Elle seme en froment, seigle et avoine, la moitié de la quantité qu'on épand ordinairement à la volée; c'est-à-dire, neuf metzen de Berlin par journal, et un scheffel d'avoine. Cette machine convient à toutes sortes de terrains, elle peut éêtre conduite aux champs commodément, sans inconvéniens ei sans qu'un secouement, même assez fort, puisse lui étre nuisible, et elle n'est sujette à aucune dislocation, fracture, prompte usure, ni à aucune autre vicissitude; au moyen de quoi on peut la confier à quelqu'ouvrier que ce soit. Sa monture sert en même temps pour la houe à cheval, et, dans ce cas, à la caisse destinée à la semence, on substitue le sillonneur, ou l'espèce de houes et cultivateurs qui peut le mieux remplir le but qu'on a en vue. L'usage de cette machine ne présente aucune difficulté, mais on ne peut l'expliquer qu'à la vue; ce serait en vain que nous chercherions ici à décrire cet usage. §₰ 1079. Cette culture est praticable sur les terrains de toutes les espèces, depuis le plus tenace, jusqu'à celui qui est le plus dénué de toute consistance, pourvu qu'il ait obtenu les labours préparatoires nécessaires. Cependant, pour les sols trés— argileux, il faut bien saisir le moment ou ils sont au degré d'humidité convenable, pour qu'on puisse y exécuter les opérations de la semaille et les diverses cultures avec les houes. Il est donc à prévoir qu'il peut survenir une température tellement défavorable, que cela ne puisse pas avoir lieu, et que, par conséquent, les récoltes semées en ligne viennent à manquer. Sur un sol très-sablonneux et sans consistance, on ne peut point s'attendre de retirer les avantages frappans que procure la houe à cheval, ainsi donc une terre moyenne, qui contient de 50 à 60 pour cent d'argile est, sans aucun doute, celle qui est le plus propre. Le champ peut bien étre montueux, mais pas trop inégal, parce qu'alors le sillonneur ou houe à six pieds, qui fait partie de cet instrument, n'entrerait pas en terre d'une manière uniforme. Pour obtenir un effet complet et très-profiable gri de cette opération, il faut que le sol soit bien cultivé et riche. Un champ amaig ne pourrait pas alimenter le iallement et cette vigoureuse pousse de tiges et d'épis, qui est si fort favorisée par la culture à la houe. Lorsque la tempéra- rature était favorable, on a également obtenu, sur un terrain maigre, une aug- menitation de produit, au moyen de la culture en lignes; mais ce produit n'était point augmenté en proportion de ce qu'il'était sur un sol riche, et je meme le Dlos, n avan- qu'on urnal, elle qu'un ſette à unde; onture slinée teurs 2 ne ten DAGckrcouLTVUnn. 97 conviens que, dans ce cas, les épis que les plantes avaient produits, n'avaient plus ensuite assez de nourriture pour que leurs grains pussent se former. II faut que le sol soit débarrassé de ces grosses pierres dont la pointe arrive jusqu'à la couche de terre végétale; sans cela le sillonneur et les fers de houes, pourraient facilement se rompre contre elles. De peuites pierres n'empéchent pas entièrement la culture en lignes, mais elles usent fortement les instrumens; en général, ce degré de perfectionnement de l'agriculture ne doit pas être abordé, avant qu'on ait terminé Popérauon d'enlever les pierres qui pourraient y nuire. Une autre condition indispensable du plus grand succès dans ce genre de culture, c'est que le terrain soit entièrement nettoyé des mauvaises herbes qui se propagent par leurs racines et de toutes les autres qui se perpétuent dans le sol, et qu'il soit aussi libre que cela se peut des mauvaises herbes qui se propagent par leur semence. Car quoique, par la culture à la houe à cheval, on détruise beaucoup de mauvaises herbes, et en empéche d'autres de s'élever, cependant on ne peut jamais les détruire entièrement. Si les houes à cheval font disparaitre ce qui est dans les intervalles qui séparent les lignes, elles ne peuvent du moius pas atteindre ce qui pousse dans les lignes de la récolte même. Les mauvaises herbes entravent le passage des sillonneurs et des fers de houe; elles font qu'ils trainent la terre après eux; une partie de ces mauvaises herbes est en effet arrachée, mais celle qui sont dans les lignes deviennent d'autant plus vigoureuses, et elles répandent alors leur semence sur le terrain ameubli par la culture. Il résulte de cela que rarement on réussira par le moyen de ceite culture en lignes, à nettoyer par- faitement un terrain très-infecté de mauvaises herbes. Mais, avec elle, un champ net, demeurera iel, pourvu que l'on ne néglige pas le travail très léger à faire, er trés-facile à inspecter, d'arracher dans les lignes des récoltes, le peu de mauvaises herbes qui pourraient s'y trouver, et qui y végéteraient encore avec force. .§ 1080.— La culture en lignes donne, plus que la culture ordinaire, la possibilité de négliger les règles de Palternation des récoltes, et de cultiver plusieurs espèces de céréales l'une après Pautre, parce qu'elle maintient le sol meuble et net. Un champ semé en lignes et convenablement cultivé avec la houe à cheval, se montre, le plus souvent dès le premier labour, si ameubli et divisé, qu'on Peut tout de suite y introduire une nouvelle semence. C'est donc tout-à-fait à tort que Pon dit la culture en lignes étroitement liée avec la culture alterne. Tout au contraire, celle-ci rend la culture en lignes difficilement applicable ³ . IV. 13 98 PRTINOCIPES RAISONNES io0utes les récoltes, et c'est un des principaux griefs qu' Arthur Voung et quel- ques Anglais alléguent contre elle. Si l'on doit semer du trèfle sur Porge qui suit des récoltes sarclées, cela ne peut avoir lieu que lorsque la culture est achevée; il faut alors faire cette semaille aussitét que la houe a terminé sa der- nière opération, afin que la semence trouve une terre fraiche. Le trèfle tombe dans les raies creusées par les pieds de la houe, et, si le temps lui est pro- pice, il lève alors très-bien en lignes; mais une fächeuse expérience a dé- montré qu'une température défavorable peut aussi le détruire complétement. Une fois il survint, immédiatement après la semaille, une très-forte ondée, qui entraina dans les raies la terre récemment amoncelée auprès des lignes, et serra tellement le sol, que le trèfle ne put plus se faire jour. Une autre fois, Pan 1810, une longue sécheresse qui suivit la semaille, empéècha le trèfle de germer, on le fit sécher lorsqu'il eut germé. Par des semailles ainsi tardives, et dans lesquelles on ne peut pas mettre la semence du trèfle en contact avec Lintérieur du sol, on court toujours le risque de voir manquer cette plante, et cela est un si grand mal, que je me suis promis de ne plus semer en lignes de l'orge sur laquelle je voulais semer du trèfle. Les céréales d'automne peuvent bien être semées en lignes sur un seul labour apréès un trèfle, pourvu que ce labour ait été bien exécuté et que le sol se soit suffisamment assis; mais les racines du tréfle entravent un peu la machine, en sorte que les travaur de la culture en lignes ne se font pas aussi facilement que sur un chanip qui n'a pas cette entrave. Par le moyen de la charrue tranchante, on peut cependant pré- venir cet inconvénient. Au reste, ce système de culture tient le sol assez meuble et assez net; de sorte que les récoltes qu'l procure, mème consécuuvement, ne sont poim aussi inférieures à celles qui, dans les assolemens alternes, reviennent seulement à des intervalles déterminés, que le sont des récoltes successives de grains semés à la volée et qui ne jouissent pas de la culture à la houe. On peut dire que ce systeme de culture tient, en quelque façon, lieu de jachère el de sarclage. 7 1081. D'avantage de la culture en lignes se résume à ceci, que le grain de semence peut étre mis en terre, précisément à la profondeur que sa nature, celle du sol et de la température exigent(ce qui peut étre opéré par la position qu'on donne à la machine, et par une pression plus ou moins forte sur les manches), et qu'en conséquence, tous les grains qui sont sains parviennent à germer. Mais cet avantage ne dépasserait peut-étre pas le mal qui résulte de Taccumulation des grains dans les lignes; ainsi c'est proprement la culture à la houe qui, quant — D'AGRICGCU IL,T UR E. 99 au produit en grain, donne une supériorité considérable et incontestable aux se- mailles faites en lignes, sur celles qui ont été faites à la volée; et cela a été dé- montré par des expériences comparatives sans nombre. Chacun sait combien grand est'effet que produit sur la végétation des plantes, l'ameublissement de la croũte qui se forme toujours à la superficie du sol. Jusqu'à présent on m'avait observé cet effet que dans la culture des jardins, et rarement avait-on entrepris en plein champ quelque chose pour le démontrer. II est considérable, surtout lorsque, au printemps, on rompt et ouvre la croùte durcie par Phiver, et que Pon met ainsi la terre en contact avec l'atmosphère; c'est pourquoi, l'avan- tage de ce genre de culture est de beaucoup plus grand, lorsque celui-ci est appliqué aux céréales d'automne, que lorsqu'il Pest à celles de printemps, sur- iout lorsqu'il est donné à celles qui, comme l'orge quadrangulaire, n'ont à parcourir qu'une période courte, durant laquelle le terrain n'a pas le temps de se durcir beaucoup. Cependant c'est sur le froment que, en moyenne, on en apergçoit Peffet le plus sensible, soit parce que la durée de sa végétation est la plus longue, soit parce que cette production est celle qui a le plus besoin d'alimens, ei que Paction de la houe à cheval en met à sa portée. Outre cela, l'effet dépend de cette cumulation autour des plantes, de cet amoncélement d'une terre fraichement remuée, qui a lieu surtout dans la dernière culture. Cette culture au buittoir est infiniment profitable à toutes les plantes; mais c'est sur- tout pour celles qui, ainsi que les céréales, poussent de nouvelles racines de leurs jointures inférieures, qu'il est avantageux d'étre garnies d'une terre ferüle nou- vellement amassée autour d'elles. Au reste, il faut que cela ait lieu dans le temps ou les plantes ont le plus besoin de nourriture, dans la période de leur plus active végétation, lorsque les épis commencent à se montrer. On a quelquefois observé que les céréales qui avaient été soigneusement cultivées à la houe à cheval demeuraient plus long temps en terre, fleurissaient et mürissaient plus tard que les autres. Cela nm'est pas constant et javoue ne l'avoir pas remarqué. Mais si cela arrive, cela sera toujours favorable à la récolte, puisque les ceréales tallent d'autant plus, et poussent plus tard un plus grand nombre de niges tout à la fois. Dans des céréales semées en lignes ‚on verra toujours une plus grande égalité des tiges et des épis, que dans celles qui auront été semées à la volée, et Pon m'y trouvera presque pas de ces épis tardifs et avortés, qu'on remarque quelquefois dans celles-ci. Dans cette espèéce de culture, le bas des niges prend toujours plus de force, ei c'est une des causes qui font que les cé- réales semées en ligne se tiennent de bout, dans des cas où les autres versent; 100 PRINCIPES RAISONNIES circonstance qui, à elle seule, lui donne déjà un avantage considérable. En méme temps qu'on reconnaissait les avantages de la culture à la houe à cheval, pour les terrains tenaces et humides, quelques personnes, en revanche, craignaient qu'elle ne concourut à dessécher toujours plus les terrains secs et déjà trop meubles; mais après un plus mùr examen, cela s'est trouvé sans fondement; un terrain que l'on conserve meuble à sa superficie, demeure plus long-iemps humide pendant l'été, qu'un dont la surface est durcie; parce que, durant les nuits, le premier attire Phumidité de'atmosphère. Une foible pluie humecte également plus un terrain ameubli, qu'un compacte; parce que, sur celui là, Phumidité entre et pénètre près des racines, taudis que, sur celui:ci Teau reste à la surface du sol, et est bientôt évaporée. § 1082. Pendant long-temps, on variait d'opinion sur Péloignement des lignes, quel- ques cultivateurs les voulaient à 6 pouces, d'autres à 12; mais aujourd'hui l'on est assez d'accord sur ce point, que 8 à 9 pouces sont la distance la plus con- venable pour toute espèce de céréale. Si l'intervalle est moindre, à peine peut- on s'apercevoir qu'on ait butté, parce que Pinstrument prend trop peu de terre. Un plus grand, au contraire, paratt inutile et laisse trop de place vide. Le culti- vateur qui veut faire le mieux qu'il est possible, sème les céréales de printemps plus rapprochées, et celles d'automne plus éloignées. Mais pour cela, il faut faire un changement dans la machine à semer en lignes; la mienne sème à 8 ⅓ pouces, et je ne la voudrais pas autrement. 6 1085. D'abord apréès les céréales, ce sont les légumes que l'on sème le plus volontiers en lignes, et cette méthode a certainement une influence très-avantageuse sur eux. Pour les pois, cependant, j'y ai trouvé de grandes difficultés. Lorsque je les semais comme les céréales, ils ne pouvoient ôtre cultivés que dans leur première jeunesse, mais pas buttés; parce que, dans ceite opération, on les eüt couverts de terre. Plus tard, ils commencaient à s'étendre et se jettaient sur le côté; de sorte que Pon ne pouvait en approcher avec la houe à cheval, sans les déchirer. Malgré toute mon attention, je n'ai du moins pas réussi à saisir Ie point favorable. Si je semais mes pois plus éloignés, ils ne couvraient point assez le sol. A la vérité, ils me donnaient plus de grain, mais moins de paille. Cependant, je ne veux pas nier que ces inconvéniens ne puissent étre prévenus d'une manière ou d'une autre, et qu'alors il ne soit très-avantageux de semer les pois en lignes, et de les cultver avec les houes à cheval. En revanche, ceite méthode réussit particuliérement bien pour les lentilles; —— — räble. oue 4 nche, ies et Sans plus arce oible que, Auici D'AGRTCUITVURE. 101 que celle ci sème à la même distance que les pois, les petites avec le cylindre destiné à l'orge, et les plus grandes avec celui qui est destiné à l'avoine. Ces lentilles poussent alors un nombre extraordinaire de siliques, et elles peuvent, sans beaucoup de peine, étre maintenues exemptes de mauvaises herbes. 6 1084. Ce qu'on dit sur les frais que ce genre de culture coùte, paraitra tout-à- fait dénué de fondement à celui qui le connattra. Lors même qu'on évaluera au plus haut, l'augmentation des frais de travail, avec ceux d'acquisition et en- treuten de la machine; ces frais seront toujours payés, et, au-delà, par l'épargne d'une moitié de la semence. Pour valuer ces frais approximauvement et au P plus haut, j'admets que, par journée, on ne puisse semer en lignes que dix journaux, et que l'on ne puisse également en cultiver qu'un pareil nombre avec la houe à cheval. JP'évalue le cheval à 12 gros chaque jour, et la journée de deux manouvriers employés avec lui aussi à 12 gros, par conséquent, une journée de travail à 1 rixdaler. On passe une fois le semoir et deux fois la houe à cheval; cela fait, pour 10 journaux, 3 rixdalers, ou pour 100 journaux 50 rixdalers. Sur 100 journaux, si je sème 9 metzen au lieu de 18, j'épargne 900 metzen ou 56 Lscheffels. En mettant, pour faire un compte rond, le scheffel à 1 rixdaler seulement, j'ai encore fait un bénéfice de 26 rixdalers 4. Pour accomplir, en 10 jours, la semaille de 100 journaux de céréales d'automne, il me faut une ma- chine avec laquelle je puisse semer et cultiver une pareille étendue de récoltes de printemps; cette machine, avec tout son assortiment, coùte 150 risdalers. Je mettrai à sa charge 4 pour cent d'intérét, outre une diminution de ca- pital d's par année, par conséquent, en 6 ans, 186 rixdalers. A la 7. année elle est payée par épargne qu'elle a procurée sur la semence. Cette machine du- rera certainement 20 ans, surtout lorsqu'on ne l'emploiera que pour les se- mailles d'automne. Au bout de 3 ou 4 ans il y aura quelques réparations à faire, mais ces réparations seront tout au moins payées par l'épargne du semeur, et méme il y aura assez d'excédent pour pouvoir, au besoin, mettre des fers neufs aux pieds des houes. Si, comme certaines personnes l'ont prétendu, il fallait entretenir un cheval de plus pour cela, cheval qui, hors de ces 30 jours, serait tout-à-fait superflu, sans doute alors oeſa deviendrait cher, mais cette supposition ne se Tealiöe pas une fois dans mille exploitations rurales. § 1085. Au resie. Pavantage de la culture en lignes ne consiste pas„ comme quelques personnes l'ont imaginé, uniquement dans Lépargne de la semence, 102 PRINCIPES RAISONNES mais dans Paugmentation de produit que cette culture procure, sur une méèême étendue de terrain. Cette augmeniation est démontrée par mille expériences, pour un doute qui pourrait s'élever; aussi les détracteurs les plus décidés de la culture en lignes ne contestent-ils pas cette vérité. On ne peut pas déterminer, en général, de combien est cette augmentation de produit, parce que les expé- riences comparatives qui ont été faites, présentent des résultats variés. Dans divers essais, le froment semé en lignes a donné 3 de plus que celui semé à la volée(calculé sur l'étendue du terrain et non sur la quouté de semence), d'après d'autres essais seulement ¼, et d'après d'autres seulement un ĩ5 de plus- Cela dépend, en général, principalement de l'état de culiure dans lequel le sol se trouvait déja. Plus un terrain est riche, net et profond, plus Pavantage de semer en lignes y sera sensible; sur un terrain maigre, cet avantage est insignifiant. Plusieurs cultivateurs qui sèment en lignes, assurent que'avantage s'est tonjours augmenté à mesure qu'ils omt continué cette culture; d'autres au contraire avouent qu'il a diminué. Les premiers avaient sans doute rendu au sol des engrais, en proportion des récoltes qu'ils en avaient obtenues. Les derniers au contraire l'avaient négligé, peut-étre par suite d'une irop grande confiance dans la culture avec la houe à cheval. Car il n'est pas douteux que, dans la culture en lignes, le sol ne soit épuisé par Paugmeniation de récolte qu'on en retire, quoique cet épuisement ne se montre pas dans les premières années. Le grain des céréales semées en lignes acquiert chaque fois une plus grande perfection. Tous les essais qui ont été faits, démontrent qu'il est plus pesant que celui des récoltes semées à la volée. Dans Porge plate, j'ai une fois trouvé une différence de six livres par scheffel, et, dans le froment, il y en avait une plus grande encore. Le grain en est gros et bien rempli, ce qui fait qu'il est particulierement bon pour semence. Pour obtenir de bon grain de semence, il serait donc convenable d'avoir, dans chaque grand établissement rural, une machine pour semer en lignes. Mais nous ne pouvons conseiller d'adopter la culture en lignes pour la totalité des céréales, ou même seulement pour celles d'hiver, que dans les exploitations rurales, qui, dans leur ensemble, se trouvent déjà avoir atteint un haut degré de perfection, et dans lesquelles la culture est suivie avec une grande intel- ligence. Les semailles faites en lignes demandent une attention soutenue, pour. 1à4 saisir le meilleur moyen et la meilleure manière de cultiver avee la houe à cheval. Une faute peut y étre trés-nuisible. Ainsi donc celui qui ne connai § 1086. 52s une Linsl ou! ve dG vom cho D'A GRICULTVRk. 1093 pas ceite méthode, doit y procéder avec circonspection, et commencer sur une petite étendue de ierre, afin d'apprendre, avant tout, à bien manier Tinstrument; tous ceux qui commencent à se servir de la houe à cheval sont, ou trop craintifs, ou trop hardis. Sur un terrain appauvri, la culture en lignes ne dédommage pas assez des peines qu'elle occasionne. Enfin, dans une éco- nomie rurale qui n'est pas encore complétement organisée, il y a tant de choses qui exigent P'attention du propriétaire ou de l'inspecteur, qu'il ne Parait pas prudent de la distraire par ce genre de culture. § 1087. C'est au printemps seulement qu'on cultive les céréales d'automne avec la houe à cheval; on n'a pas aperçu, qu'en automne ‚elle procuràt aucun avan- tage; lors mème que les semailles avaient été opérées de très-bonne heure. On doit commencer cette culture aussitét que la végétation se montre, et que le sol est passablement essuyé. Le plus souvent il est avantageux de passer auparavant la herse à dents de fer, en travers des lignes. On rompt par ce moyen la croùte que l'hiver a formée à la superficie du sol; sans cela les pieds de la houe pourraient facilement jeter la terre par-dessus les lignes de céréales, et les couvrir. Si alors la terre, trop tenace, ne se brise pas d'elle-même„Pon fait, Ppar un temps sec, suivre la houe à ratissoir par un rouleau; car il est très-important que cette couche supérieure de terre, qui doit ensuite étre cumulée auprès des plantes, soit bien pulvérisée. Pour la culture suivante'on doit adapier à la houe à cheval, des pieds au moyen desquels on chasse la terre du milieu des intervalles contre les lignes qui sont tout à côté(des buttoirs); cette culture doit étre donnée lorsque les plantes commencent à s'lever et à pousser leurs tiges. II faut bien saisir ce moment. Cela ne fait à la vérité pas de mal, si méème les céréales ont pPoussé ces tiges, mais il est prudent d'avoir terminé, avant que les épis commen- cent à se montrer. Il faut y penser de bonne heure, afin de bien saisir le degré d'humidité du sol qui est le plus convenable, un moment ou il ne soit pas trop durci par la sécheresse, ni pateux par excès d'humidité. Souvemt lorsque la tem- Pérature est défavorable, il faut choisir les places ou il convient de commencer. Cest là vraiment l'époque critique de la culture en lignes; cependant si l'on y Porte de l'attention et de P'activité, Pon peut, presque toujours, accomplir cette opération. Sans doute on peut imaginer une iempérature tellement défavorable, qu'on ne parvient pas à terminer ce travail; dans ce cas on ne pourrait pas compter sur une récolte distinguée; cependant, si la première culture a 6ʃ16 donnée avec soin, les céréales semées en lignes surpasseront toujours, en produit, celles qui auront été semées à la volée. 104 PRINCIPES RAISONNES On ne donne souvent aux céréales de printemps, qu'une seule culture avec Ja houe à cheval, celle aveo les pieds qui buttent, et dans le moment ou les plantes vont pousser leurs tges. Mais si, dans leur premiére jeunesse, elles omt eu une première culture avec les pieds à ratissoirs, celle-ci leur est d'autant plus avantageuse, surtout lorsqu'il leve beaucoup de mauvaise herbe dans les lignes; seulement cela ne doit pas avoir lieu assez tét pour que la sommité des plantes puisse étre couverte avec la terre. Si Pon veut y passer les ratissoirs de bonne heure, il faut que ceux-ci ne soient nullement convexes, mais, au contraire, absolument plats, afin qu'ils ne jetten pas la terre de côté, mais la laissent glisser par dessus eux. 6 1088. Quelques cultivateurs ont encore préféré planter le blé, à le semer en lignes par le moyen des instrumens à cheval. Avec cette première méthode les plantes ne se trouvent pas seulement en lignes paralléeles, mais encore à une mèême distance entr'elles dans les lignes; elles peuvent alors étre culuvées dans tous les sens, en parũe avec des machines, en partie avec la main. L'épargne de semence y est encore plus grande, et un quart de la semence qu'on emploie ordinai- rement peut suffire. Lorsque le grain est cher, le travail peut étre payé par ceile épargne, et ceci est bien la principale cause qui, dans des années de cherté, a attiré tant de louangeurs à ceite méthode. On donnait aux femmes et aux enfans de journaliers le montant de ce qu'on épargnait en semence par leur travail, et ainsi on les empéchait de mourir de faim, sans qu'il en coütaàt rien. On fait, avec un plantoir, des trous de trois à quatre pouces de distance, et;, dans chacun, Pon jette quelques grains; ou mieux encore, on se sert d'un ins- trument destiné à cet usage, semblable à celui dont les jardiniers se servent pour semer les pois, et avec lequel, au moyen de la pression du pied, on fait douze trous à la fois. Les raies du labour donnent la direction des lignes, on met une ligne au milieu de chacune de ces raies; ensuite on herse. II tombe sous les yeux que cette méthode coüte beaucoup de temps, et que, par conséquent, elle n'est appliquable que dans certaines circonstances et dans une mesure limitée. Lorsque, en Angleterre, quelques persomnes recomman- dèrent une méthode aussi bienfaisante pour les familles de journaliers; d'autres personnes dirent, au contraire, qu'elle était vicieuse, en ce que Pon ne pouvait pas suffssamment inspecter les ouvriers, lesquels, ainsi, mettaient trop de grain dans une partie des trous, et point du tout dans Tautre; parce que cela leur était plus commode. Le petit enlüvateur qui exécutait ce travail avec sa fa⸗ — W e apee ou les elles utant s les umité SSoirs 8, au „mals ges dies me D'AGRICUITVURE. 105 mille, seul, pouvait procéder à coup sür. On pensa en conséquence à inventer des machines, qui devaient opérer ce placement de grains isolés; mais diverses idées qu'on eut à ce sujet, furent trouvées inexécutables. On a aussi fait en France, à ce sujet, divers essais que le sénateur Comte ge inutuleé v'Art de mulliplier les grains, Paris 19. Mais il n'est question dans cet François de Neufchàteau, a transcrit tout au long dans un ouvra ouvrage que de la grande multplication de la semence, mais nullement des frais et de l'étendue que ces semailles comprenaient. LESLEGUMES. § 1089. La culture des légnmes ou des récoltes à siliques, car jusqu'ici dans la langue agricole on ne disúngue pas ces deux genres de produits, est sans doute aussi ancienne que la culture des céréales, parce que l'instinct et Pexpérience avaient enseigné aux hommes, qu'ils ne pouvaient rien cultiver de plus nourrissant, de plus approprié à la nature du corps animal, et en mèême temps qui pro- duistt davantage. Les légumes contiennent en quantité cette substance que Einhof a présentée d'abord sous le nom de substance vegeto-animale(thierisch vegetabilische Substanz). Ceite substance a beaucoup d'affinité avec la substance animale, et est au moins aussi nourrissante que le gluten; et comme sa quantité prédomine dans les légumes, ceux-ci surpassent les céréales en faculté nutritive. Il y a long-iemps que, d'après une expérience fondée sur une sensation universelle, l'on sait que les lentilles, les pois, les fèves, non-seulement rassasient davantage, mais encore nennent plus long-temps à P'estomac et donnent plus de force au corps, que tous les autres produits végétaux. Pour le manouvrier, ils remplacent la viande, dont il ne peut pas manger souvent, et il semble qu'une impulsion particulière lui demande de rendre au corps, par l'usage de ces légumes, ce que le seigle et les pommes de terre ne peuvent lui dommner. Aussi, chez nous, sont- ils une chose de première nécessité pour homme du peuple qui travaille beaucoup, et plus encore pour le matelot; les uns et les autres ne sont pas contens, s'ils ne peuvent pas en faire un repas, au moins deux fois par se- maine. Ce que Pexpérience avait depuis long-iemps enseigné, n'a été que con- firmé par l'analyse chimique; lune et l'autre sont parfaitement d'accord sur ceci, que les légumes sont la chose la plus nourrissante que le rêègne végéial fournisse dans notre climat. La paille complétement épuisée des récoltes légu- T. IV. 14 106 PRINCIPES RAISONNES mineuses, se trouverait dans le mèême rapport avec la paille des céréales. Mais comme la paille, surtout celle des légumes dont le propre est de grimper, est rarement épuisée par les produits qui arrivent à maturité, et que, au con- traire, elle conserve toujours des sucs et de la vie, au moment ou nous la mois- sonnons; elle se trouve d'autant plus nourrissante. De même la fane de ces végétaux, fauchée avant la formation de son fruit, surpasse l'herbe de nos céréales en faculté nutritive. 6 1090. Cette classe de végétaux semble étre particuliérement nourrissante, non- gétaux eux-méêémes. La 8 grande proportion de substance végéto- animale qu'ils contiennent, fait qu'ils seulement pour les animaux, mais encore pour les vé se rapprochent davantage des engrais animaux, qu'ils peuvent plus facilement étre décomposés par la putréfaction, et rentrer plus promptement dans la com- position des plantes, comme engrais végétal. Gest en conséquence de cela que, dans l'Europe méridionale, depuis les temps les plus reculés, et de nos jours encore, on s'en sert comme engrais, pour l'amendement d'autres récoltes. Le lupin dont, à cause de son amertume, on ne peut pas se servir pour d'autres usages, y a, le premier, été employé comme engrais; on ne se borne pas à l'en- terrer en herbe dans les champs*, on emploie encore sa fève même(après avoir détruit, avec de l'eau bouillante, son principe de germination) pour amender les oliviers et les autres arbres à fruit, et pour rendre la vigueur à ceux qui sont faibles. Mais on emploie également à cet usage divers végétaux du même genre. Outre la substance végéto-animale, les légumes contiennent encore de Famidon et une substance muqueuse assez soluble, semblable à celle qui est contenue dans le grain des céréales, mais qui, cependant, n'est pas si douce. La meilleure préparation qu'on puisse faire des légumes, a lieu par la coction. Leurs diverses substances sont mises par-là dans une combinaison plus parti- culière et plus intime, et deviennent plus solubles, plus facilement diges- tihles, et plus agréables à l'estomac. IIs gagnent, à cet égard, tout autant que les céréales par la fermentation panaire et la coction du pain. IIs peuvent, à la vérité, aussi étre transformés en pain; mais ce pain a un goùt âpre et rance. On ne les emploie, le plus souvent, que comme supplément à la farine de céréales, elles rendent le pain plus nourrissant, sans cependant lui faire perdre son goüt. * Voyez Annalen der Vortsohritte des Ackerbaues I. H. 2. — D' AGRIOCULTVURE. § 1091. II n'y a aucun doute que des produits qui contiennent autant de parties nourrissantes, ne doivent aussi enlever à la terre des subst 107 ances nutrilives. Ce- eils(ir ei grGa] pendant il semble qu'ils urent, en plus grande p'artie que les céréa es, nourriture de l'atmosphère et de l'eau ‚Het qu'ils la préparent p leur ar le moyen de leurs organes. On ne peut, à la vérité„Pas admettre le systéème de quelques Personnes, qui prétendent que les légumes tirent du sol, s'approprient et em- ploient à leur nourriture, une substance particulière qui est rejetée par les plantes de céréales; cependant la proportion de quantité dans laquelle ils absorbent les substances primitives, est sans aucun doute différente. Une expé- rience aussi ancienne qu'universelle, a fait envisager ces produits comme récoltes jachéres, ou récoltes qui améliorent, et dont la culture, alternant avec celle des récoltes céréales, tient le sol plus long- lemps dans un état prospère, et assure des récoltes plus fortes, que lorsqu'on cultive constamment des céréales. II serait superflu de rien ajouter là-dessus à ce que nous avons dit dans le premier volume de cet ouvrage, à l'occasion de la rotation des récoltes, puisque le cultivateur expérimenté sait que, dans une culture contnuelle des grains, cette manière d'alterner est absolument nécessaire, en telle sorte qu'une addition d'engrais ne saurait en tenir lieu. LES POIS § 1092. Sont'espèce de légumes qui est la plus généralement cultivée chez nous. L'on a deux variétés principales de pois: la jaune qui est plus usitée dans ce pays, et la grise appelée aussi pois de Prusse, qu'on cuhive plus généra- lement en Prusse et en Pologne. Le pois jaune nous a fourni une autre variété sa couleur verte, mais qui, d'ailleurs, Les jardiniers s'en sont procuré un sont également passées dans I , qui, quoique sèche, conserve ne se fait presque point distinguer. grand nombre de variétés, et celles-ci a culture des champs. II y en a, en particulier, quelques espèces dont les siliques se forment et müͤrissent plus tét, et qui né Poussent pas une fane si forte que les autres. On les envisage comme d'un produit plus suͤr, on croit la gousse de leur grain plus fine, et celui- ci plus tendre; tandis que Pespéce plus grande et plus tardive, donne souvent un plus grand produit et toujours plus de fane. Mais ce qui, dans le plus grand nombre de cas, décide pour Pespéce plus hative, c'est qu'elle n'est pas si fa- 108 PRINCIPES RAISONNES cilement atteinte par la mièlée avant la formation de ses siliques, et Jue, comme sa moisson a lieu plus 1bt, elle laisse plus de temps pour la préparation du sol et la semaille de la céréale. Le pois gris de Prusse, plus gros et anguleux, mode, à ce qu'on assure, pas aussi bien d'un autre climat, et L'on culüve, surtout dans les contrées de la Line et du Weser, un pois gris, quement pour la nourriture du bétail et pour à fleur violette, ne s'acco- y dégénère. à fleurs violettes; mais presqu'uni Pamour de sa fane élevée; on le tient T'ailleurs pour impropre à la nourriture de Phomme, à cause de son goũt àpre-. C'est probablement une variété de Pespèce ci-dessus. Les pois jaunes à fleurs blanches, ont aussi quelquefois des fleurs violettes et des grains noirs; quelques personnes croient que cela est occasionné par un eroisément avec les vesces. Mais, d'après ce que jai observé, ce ne peut pas étre le cas, et cela me parait n'étre dù qu'au sol et à la température; puisque j'ai également observé, que cette variété rentre dans celle d'où elle était pro- venue, et que ces fleurs violettes ne donnent pas ioujours des grains gris. § 1095. Un sol glaiseux, sablonneux et calcaire, qui n'est trop exposé ni à une est sans doute le weilleur et le plus sùr humidité froide, ni à la sécheresse, es-fort et pour les pois; ils réussissent cependant aussi sur un sol argileux tr sur les sables glaiseux, lorsque la température mw'y met pas obstacle, et que ce dernier terrain n'est pas trop sec; mais partout des parties calcaires parais- lors même que ces parties sont sent favoriser extrémement leur végétation, la culture peu nombreuses; et dans beaucoup de contrées on a éprouvé que des pois ne réussissait que sur les terrains qui avaient été amendés avec de la chaux ou avec de la marne, fut-ce même long-temps auparavant. En revanche ils paraissent ne pouvoir supporter aucune acidité dans le sol, et peut-être Peffet de la chaux consiste-t-il, dans ce cas-ci, essentellement dans la destruction de cette acidité. § 1094. Dans Passolement triennal, les pois sont cultivés sur la jachère et doivent en tenir lieu. Cet usage est établi presque partout ou le sol peut se préter à la culture des pois. On ne saurait contester cependant qu'en général, après les pois, la récolte de céréales d'automne ne soit un peu moins abondante qu'après la jachère, et que le sol ne sinfecte plus facilement de mauvaises herbes, surtout lorsqu'on cultive souvent les pois à ceute place, au lieu de donner à la jacheère les labours d'été. Cetie circonstance fait qu'il se trouve encore des ne 8 D'AGRICULTVURE. 109 sectateurs tellement décidés de Pancien usage, qu'ils ne sèment point leurs. pois sur la jachère, mais dans la sole des céréales de printemps, et leur font succéder la jachère morte, afin de pouvoir objecter le plus grand produit de leurs céréales d'automne, aux partisans des récoltes jachères. Ces partisans de Pancienne méthode sont allés jusqu'à attribuer la prétendue disette de grains, et la cherté des années passées, à Lintroduction de la culture des pois sur la jachére. Mais pourvu que les pois ne reviennent pas trop souvent, et que les labours de la jachère n'y soient pas tout-à-fait négligés, qu'on donne aussi des soins au sol avant la semaille et après la récolte des pois; il n'y a aucun danger, et la légère diminution qu'il peut y avoir dans la récolte de céréales d'automne, est compensée au double et au triple par le produit des pois, tandis que l'appauvrissement qu'ls peuvent avoir occasionné au sol, l'est éga- lement par la fane de cette récolte. Dans les assolemens alternes avec pâturage, les pois ont long-temps dü se contenter de la dernière place; on les cultivait dans la dernière sole, dans celle qui précédait le repos, ouù ils réussissaient fort mal. Mais on en est assez généralement venu à un systéme plus convenable*. Il est certain que les pois réussissent particulièérement bien sur un chaume de trèfle, ou à la suite de récoltes sarclées; après les pommes de terre, par exemple. Mais les uns et les autres sont une bonne préparation aux céréales; en consé- quence on se procure volontiers entr'eux et les pois une récolte de blé. Mais qui est-ce qui ne se soustraira pas à cette règle, lorsque, dans un cas particulier, il aura des motifs suffisans pour en agir ainsi? Quelques personnes sont dans Popinion que les pois ne réussiraient pas dans un champ qui n'en aurait pas encore rapporté, et, en conséquence, les sèment sur les terres oQ, depuis long-temps, ils ont l'habitude de les cultiver. Cela est un pur préjugé; si d'ailleurs il n'y a pas d'autres causes qui rendeut les autres champs impropres à la culture des pois. D'autres, au contraire, craignent que les pois ne dégénérassent, si celle-là ou quelqu'autre récolte légumineuse revenait souvent à la même place. Mais Texpérience ne confirme point cette opinion, si, entre-deux, on fume, ou si Ton donne au terrain une culture accomplie. § 1095. L'on est divisé d'opinions sur la question, si les pois doivent être cultivés * Voyez Das gerechte Verhaeltniss der Viehzucht und des Acherbaues. S. 146. Annalen der Mecklenburgischen Landwirthschaftsgesellschafts. B. II. S. 276⸗ 110 PRINCIPES RAISONNES en première récolte depuis que le sol a été fumé, ou seulement en seconde ou troisième. Plusieurs cultivateurs craignent qu'en les semant en première récolte 3 üs weussent qu'une abondance de fane, laquelle ne donnerait point de siliques, mais au contraire crottrait toujours et donnerait des fleurs sans muͤrir. Celui qui a un sol assez riche pour que, dans la moyenne des années„ce mal fút à redouter, doit, sans contredit, s'abstenir d'amender son ierrain pour ceite récolte. Mais ce cas m'est nullement fréquent et, en général, lors même que le produit en grain devrait en étre un peu diminué, il est à désirer que les pois aient une vigoureuse végétation, à cause de la grande utilité de la fane, et de Tinfluence fertilisante que son ombre exerce sur le sol lorsque les pois sont très- forts et très-épais. Sur un sol de qualité moyenne, les pois qui ont été fumés ont toujours la supériorité, en grain comme en fane, et ils laissent alors le sol dans un état partionliérement favorable à la récolte suivante; tandis que, comme P'on sait, une chétive récolte de ce légume, laisse le sol infecté de mauvaises herbes. Cependant rarement il convient de fumer fortement, pour des pois. Chaque année de nouveaux essais comparatifs nous donnent une preuve de plus que le fumier, soit consommé, soit frais et pailleux, épandu sur le sol après la semaille, est, non-seulement plus avantageux aux pois semés sur une glaise sablonneuse, que si on l'eùt enterré avec le labour, mais encore plus favorable à la récolte de grains d'automne qui vient après ces pois. L'expérience nous dé- montre cela d'une manièére si frappante, que tous les principes théorétiques qui semblent contredire ce fait, tombent devant elle. Cependant, jusqu'à ce jour, je ne puis pas étendre ce principe aux terres fortes et irès-argileuses, parce qu'iil n'est pas venu à ma connaissance qu'on ait fait'essai de cette méthode sur des sols de ce genre. D'ailleurs on peut fort bien enterrer le fumier avec les pois; pour cet effert on sème ceux-ci à la volée sur le fumier, après qu'il a été épandu. L'on a observé que le fumier de bétes à laine ou de chevaux, procurait des pois d'un goùt plus fin, et dont la gousse était moins épaisse, que celle des pois procurés par le fumier de bétes à cornes ou de cochons. Les amen- demens avec de la chaux et des cendres doivent procurer le mèême avaniage-. § 1096. Quoique l'on convienne que les pois aiment à rencontrer une terre très- ameublie et bien pulvérisée, cependant plusieurs cultivateurs sont convaincus 3 d'après leur propre expérience, que, semés sur un seul labour, ils réussissent mieux qu'après plusieurs cultures. Je n'objecte rien contre la réalité de quelques erpe reg. terre rind gest D'A GRICULTVRE. 111 expériences qu'on allègue à ce sujet; mais il y a sans doute eu, dans ces expériences, quelque circonstance particuliéère, qui ne peut en aucune maniòre fonder une règle générale. Si, en terrain humide, l'on a rompu avant Phiver, la couche de terre a pu se remplir d'eau à tel point, que le sol füt encore trop humide au Printemps, lorsque l'on a donné le labour de semaille; au moyen de quoi il s'est mis en mottes plutôt qu'il ne s'est ameubli. On ne voulut pas sy'écarter de la rèͤgle qui prescrit de semer d'aussi bonne heure que cela est possible, en conséquence on jeta ces pois dans une terre dont la charrue durcissait la tranche, au lieu de la diviser, ce qui ne convient jamais à cette espèce de légume. Sur un terrain où P'on n'a point à redouter cet inconvénient, et oùð, pour donner le labour de semaille, on peut attendre que le terrain labouré avant l'hiver soit suffisamment essnyé, une récolte ensemencée sur deux labours, s'est au contraire toujours mieux montrée; et lors méme qu'il y levait une plus grande quantité de mauvaises herbes, ce qui ne saurait étre nié, les pois y avaient d'autant plus vite pris le dessus. Sur tous les terrains secs, la méthode de semer les pois sous raies a un avantage décidé. § 1097. On recommande généralement de semer les pois aussi 16t que cela est pos- sible; c'est ordinairement le premier grain que Pon met en terre au printemps*. La gelée ne leur est pas nuisible, lors méme qu'ils ont levé. Cependant je n'ai, en aucune manière, observé que le produit fút moindre lorsque les pois avaient été semés plus tard; tout au contraire, je dois avouer que ceux que j'ai semés tard, en mai, m'ont chaque fois mieux réussi, du moins quant à la quantité de fane. Toutefois je ne me permeitrai point d'en faire un précepte, parce que cela me parait avoir été dü entièrement à des accidens de température; les pois semés de bonne heure échappent, assure-t-on„ au danger de la mielée, qui ne les atteignant plus qu'après la formation des si- liques, ne peut plus apporter un dommage très-sensible au grain, alors mèême qu'elle met fin à la végétation ultérieure de la plante. Mais jai précisément observé que la mièélée m'atteignait pas les pois tardifs et qui étaient encore en pleine vigueur, tandis qu'elle mettait presque fin à la vie des hatifs. Autrefois Ecbardt conseillait déjaà, pour marcher à coup sr, de semer les poids en trois ou quatre fois, de neuf en neuf, ou de quinze en quinze jours, au moyen de quoi Pon se mettait à l'abri d'un défaut général de récolte. Je me joins volontiers à cet avis, tout en me faisant une règle de ne jamais semer mes *Je pense qu'on doit commencer par les fèves, qui ne demandent pas moins d'ètre semées de bonne heure, et craignent beaucoup moius un sol labouré par Ihumidité. Trad. 11² pvRINOIPERS RAISONNES pois tandis que la terre est trop humide, tandis que la tranche renversée par Jla charrue se durcit au lieu de se diviser, lorsqu'elle est comprimée par le versoir. La quantité de semence qu'on emploie ordinairement en pois, est d'un scheffel jusqu'à vingt metzen par journal. On a calculé que, si'on sème un scheffel, il tombe douze grains sur chaque pied carré, ce qui serait encore trop s'ils étaient réparts d'une manière uniforme. Lorsqu'on seme les pois sur raies, on ne peut pas empécher qu'une certaine quantité ne reste à découvert sur le sol et ne devienne la proie des oiseaux; et ceux-ci sont tellement attirés par ce grain, que quelquefois ils déterrent la semence qui est recouverte. Lorsqu'on sème les pois sous raies, cet inconvénient n'a plus lieu, sans que pourtant on puisse le prévenir complétement; les pois alors germent et lèvent plus promptement. Ceci apporte donc déjà un changement dans la quantité de semence qui est nécessaire. Du reste on observe que lorsqve les pois sont atteinis par les pluies durant la floraison, ceux qui sont clairs se nouent mieux que ceux qui sont épais; tandis que ceux-ci donnent plus de fane et laissent le sol plus menble. Il sagit donc de voir quelles sont les vues accessoires qu'on a en semant des pois. Quelques cultivateurs prétendent détruire les mauvaises herbes en semant épais, et emploient, en conséquence, deux scheffels de semence par journal; mais je n'ai pas encore observé que par ce moyen on ait atteint ce but, parce que les mauvaises herbes, surtout les plentes du Heune des moutardes, lèvent et fleurissent plus promptement que les pois, à moins qu'une température extrè- mement favorable ne favorise la végétation de ceux-ci. § 1098. Quelques agronomes ont fortement recommandé de ne pas herser les pois après qu'ils sont sortis de terre, tandis que d'autres, surtout Dullo, dans son estimable ouvrage sur la culture Courlandaise, Pont foriement recommandé, comme un moyen de détruire les mauvaises herbes nouvellement levées, pourvu cependant que le hersage n'ait pas lieu avant que les pois aient développé leurs feuilles. Dans quelques essais que j'ai faits, je n'ai en effet pas trouvé que le hersage nuistt à la jeune plante de pois; mais les mauvaises herbes, aussi, 6taient déjà trop enracinées, pour que le hersage leur fit beaucoup de mal, Peut-Gtre pour atteindre ce but, faudrait-il, après avoir semé sous raies, ne pas herser du tout, jusqu'à ce que les pois fussent levés, mais au contraire attendre quils fussent sortis de terre et qu'iils se fussent développés; alors la herse qui passerait sur un labourage brut, produirait plus d'effet pour détruire les mauyvaises herbes. Mais jusqu'à présent j'ai négligé de faire l'essai de cette 1 e Dat par le chellel fel, i wient e peut AAne grän, on seme n puisse ewent. ui est luies 80It oble. t des Want urnal; parce léyent extrèé- pois dans mdé, pouryu eloppé vé que aussi; mal, es, ne SuTairs dlos h qetruire de celle D'AGRICULTVURE. 113 méthode. Dullo dit, dans sa description de la culture Courlandaise, qu'il a enterré des pois avec la charrue, et avec le plüjs grand succès, huit ou dix jours après qu'ils avaient été semés, ainsi après qu'ils avaient poussé leur germe, et que ces pois avaient alors bientôt levé, exempis de mauvaise herbe. En Angleiterre il n'est pas rare qu'on cultive aveo la houe à main, et qu'on espace, même les pois semés à la volée; de petits cultivateurs soigneux, les sarclent. L'uun et T'autre n'est nullement praticable chez nous, où l'on sème des pois sur de grandes étendues de terre. Lorsque les moutardes et sénevés avaient pris le dessus sur les pois, et qu'ils étaient en pleine végétation, j'ai, ainsi que beaucoup d'autres cultivateurs, essayé de les faucher; on conçoit que, dans cette opération, la sommité des pois devait aussi céder à la faux. Lorsque le sol était riche, et la température favorable, cela ne nuisait pas à la récolte; dans le cas 0Opposé, les pois en souffraient beaucoup, et les moutardes prenaient une seconde fois le dessus*. La température, surtout celle qui atteint les pois dans diverses périodes de leur développement, a, sur leur réussite et sur la formation de leur grain, encore plus d'influence, que sur la plupart des autres produits des champs; on ne peut donc guèéres calculer le produit des pois en moyenne. Une tempé- rature humide durant leur floraison, ne leur est point nuisible, au contraire, elle leur est plutôt avantageuse, parce que la conformation de leur fleur la protège contre P'introduction de toute humidité. Par une température sèche, au contraire, la fleur se dessèche sans se nouer. C'est un grand mal, si, à époque de leur plus grande floraison(car au commencement de celle-ci cela arrive ra- rement), ils sont atteints par la mièlée. Alors, quelquefois en vingt-quatre heures, la récolte qui donne les plus grandes espérances se trouve détruite, * Pour toutes les semences qui redoutent extrèmement les mauvaises herbes, je me suis trouvé à merveille de faire arriver mes semences au point de germination avant de les épandre sur le sol. Il est des légumes, et c'est très-spécialement le cas du haricot(j'ignore si ce l'est aussi des pois et des feves), dont la semence entre en fermentation et perd bientôt sa faculté germinatrice, lorsqu'on la laisse un peu long-temps réunie et mouillée, état qui favorise la germination de plusieurs autres semences; mais pour celles-là rien n'empécherait de les mé- langer avec une terre à grain fin et légèrement humide, et de les laisser là jusqu'à ce que leur germe fut prèt à se développer, puis de les semer, si ce n'est avec un semoir adopté à cet usage, du moins à la main ou à la volée, en enterrant aussitét avec l'extirpateur; on ferait suivre celui- ci d'un traineau aâ régaler ou d'un rouleau léger, afin, non-seulement de régaler le sol, mais encore de serrer la terre contre les grains de semence, ce qui accélérerait la naissance des plantes. Ilme semble que les moutardes et les sénevés pouvant servir à la nourriture du bétail, paient ioujours les frais de leur arrachement. Tyacl. T. IV. 15 114 PRINCIPES RAISONNES er tombe sans s'étre nouée. Quelquefois aussi, il semble qu'il y ait dans J'air quelque chose de paruculier, qui agisse d'une manière jusqu'ici inconnue, et empéche la formation du grain; cela s'observe aussi sur le blé noir et sur d'autres récoltes. On rame quelquefois les pois de champs, comme ceux des jardins; cette méthode empéche sans doute que cette récolte ne verse, et doit aider à la formation et à Paccomplissement du grain; mais cette opération et la récolte doivent alors donner un bien grand travail. Après avoir semé les pois, on a également essayé de couvrir le champ d'une couche assez épaisse de paille, et de laisser les pois pousser au travers et achever ainsi leur végétation; par ce moyen on Ctouffait les mauvaises herbes, on conservait au sol son humidité, et empéchait qu'en tombant sur le terrain, les tiges des pois ne pourrissent. Il ne faut qu'avoir une grande surabondance de paille à consacrer à cela; si Ton a cette paille elle sert, sans doute, ensuite d'engrais au sol. 5 1099. II faut bien saisir le momenm ouù la récolte des pois doit avoir lieu. Ordi- nairement on doit se diriger d'après la maturité des siliques inférieures, sans sinquiéter de la maturité des plus tardives; autrement on est exposé à perdre la plus grande et la meilleure partie de la récolte. Cette règle ne souffre d'ex- ception, que lorsqu'on reconnait très-clairement que Pétat de la température n'a permis qu'à un très-petit nombre des premidbres fleurs de se nouer, et qu'en revanche les plus tardives, ayant rencontréun temps plus favorable, ont eu d'autant plus de succès. Mais ce cas est rare; il arrive beaucoup plus souvent que les pois sont encore verds et en fleur à leur sommité, que les siliques inférieures sont müres et séches. Il ne faut nullement attendre la maturité des fleurs qui poussent ainsi après les autres; cette floraison dure souvent jusqu'à ce que toutes les siliques inférieures aient perdu leur grain. Au reste ces fleurs tardives ne font aucun mal, si seulement on sait se résoudre à faucher. On a une paille d'autant meilleure et plus nourrissanmte, et les pois qui n'ont pu muůrir, ont loujours leur utilité. Seule- ment on a plus de peine à opérer la dessicauion de la fane. § 1100. L'opérauon de faucher les pois est d'autant plus pénible, qu'ils sont plus versés. C'est sans contredit avec la faucille que ceite opération se fait le mieux. Leur dessication est bien plus difficile encore, si la température est défa- vorable. Lorsque la pluie et Ie soleil alternent fréquemment, et que les siliques s'ouvrent, il se peut que la totalité des pois demeure sur le champ, et qu'on — — — — S D'AGRIUCLTURL. 115 ne serre plus que de la paille dépouillée; cela arrive surtout lorsqu'on laisse les pois en andains, et qu'on les tourne souvent, dans l'intention de les faire sécher. Lorsqu'il survenait une température de ce genre, j'ai toujours trouvé que le mieux était de meittre les pois en grands monceaux, aussitéôt qu'ils étaient seulement un peu flétris, et, si la pluie continuait, de se borner à les soulever un peu avec le manche du raâteau, en les laissant d'ailleurs en place, jusqu'à ce qu'ils fussent assez secs. A la vérité la paille y perd quelque chose en qualité; cependant pas autant qu'on pourrait le craindre; et on évite, par-là, que les pois ne s'égrènent et que les feuilles ne se perdent. Lorsque la température est très-favorable, P'on fail cependant mieux, de laisser sécher les pois en andains, sans les toucher, et, lorsqu'on veut les tourner, de ne pas le faire avec le räteau, mais avec la main, et de les amasser à la rosée pour les serrer. Comme, pour la récolte qui doit suivre, il est d'une grande importance que le labour suive d'aussi près que cela se peut la récolte des pois; il convient de placer les monceaux de pois sur une bande de terre aussi étroite que cela est possible, afin que, si le inoment de la récolte était retardé, les intervalles pussent néanmoins étre labourés. Quelque minutieux que ceci puisse parattre, tout cultivateur qui sait par expérience, de quelle importance il est de rompre promptement le chaume des pois, ne négligera point cette précaution. Quelques cultivateurs lient les pois avant de les charier; mais cela ne me parait d'aucune uiilité. 6 1101. Le produit des pois en grain est si casuel, qu'on peut à peine en indiquer la moyenne. Jan le méme terrain j'obtins une année, 13 ¾ scheffels de pois, et une autre 2 ⅝ seulement; cependant les procédés auadem été les méêmes pour Pune comme pour PTautre récolte. Sur de bons terrains, on peut envi- sager cinq ou six scheffels comme la moyenne approximative. Le prix des pois est aussi variable que leur produit. Quelquefois il est égal à celui du seigle, d'autres fois il est beaucoup plus élevé. Pourvu que les pois ne soient pas attaqués des vers lorsqu'on les porte au grenier, ils peuvent se conserver long-temps, enfermés dans des futailles; et il convient en effet de les conserver pour une année ou la récolte des pois n'ait pas réussi. On ne peut établir, par approximation, aucune proportion entre le grain et la paille. Car souvent celui-la est d'autant moins abondant, que celle-ci P'est davantage. Lorsque le sol est bon et qu'on a fumé, l'on peut cependant toujours compter sur un certain produit en paille, avec plus de certtude, que sur le produit en grain; et comme ceite paille est de la plus grande importance dans 5 116 PRTNCIPES RAISONNES un grand nombre d'exploitations rurales, et est toujours fort à priser, c'est ement en vue; ces cultivateurs re- ele que plusieurs cultivateurs ont principal faveur du sort. Un bon champ cçoivent une bonne récolte de grain, comme une ensemencé en pois, donne de douze à seize quintaux de paille par journal, à moins qu'une température extraordinairement sèche ne vienne troubler la végé- tation avant le temps où elle doit naturellement s'arréter; mais on pent aussi en obtenir beauooup plus. On croit la paille de pois particulièrement bonne pour les bêôtes à laine, plusieurs cultivateurs pensent méme qu'elle remplace complétement le foin; mais ceci ne peut èêtre, qu'autant que la plus grande partie de la fane aurait G6té encore verte lorsqu'on P'aurait fauchée. Cependaut la paille de pois la plus desséchée, est toujours plus nourrissante, que celle des céréales. Cette paille est également bonne pour les bêtes à cornes et les chevaux; seulement elle veut étre coupée, parce que les tiges sont ordinairement trop coriaces pour pouvoir facilement étre divisées avec les dents, entre lesquelles elle a, au contrairen de la disposition à se glisser. La dépouille que le grain des pois laisse au battage, est paruculiérement nourrissante. Mais il convient de faire consommer la paille de pois par le bétail, de bonne heure, et de ne pas la conserver jusqu'au printemps. LESLENTILLES. 6 1102. Les lenulles ordinaires nous fournissent deux espèces; une petite, de couleur brune, et une plus grande, qui est ordinairement plus jaunâtre. La peute espèce a un goùt plus aromatiqne et qui lui est particulier; ce goũt fait qu'elle est préférée par quelques personnes. L'autre espèce cependant trouve plus G'écoulement sur les marchés. Ces deux espèces rentrent Pune dans l'autre, et se croisent; il en nait une espèce mixte, qui est la plus usuelle. La richesse du sol a aussi quelqu'influence sur la grosseur du grain des lentilles. On a dernièrement recommandé, sous le nom de lentilles de Provence, une autre espèce, plus grande ou beaucoup plus épaisse, et qui a tout- à-fait la couleur des pois. Elle produit beaucoup plus, soit en paille, soit en grain, méeme dans les terrains sablonneux. Mais elle n'a que très-peu le goùt des lemilles, et se rapproche plutét des pois; ce qui fait qu'elle n'est point re- cherchée pour la table. Comme elle atteint une hauteur considérable, et réussit, en terrain sablonneux, presque mieux que les vesces, je la nens pour plus propre à étre cultvée pour fourrage, que pour son grain. —.—— — D' AGRICGCULTURL. 117 § 1105. La lenulle demande un terrain plutôt sablonneux, mais qui soit dans un état de fécondité. Elle ne s'accommode pas des terrains tout-à-fait argileux. 6 1104. On la sème un peu plus iard que les pois, parce qu'elle est plus sensible au froid. Douze metzen de semence par journal suffisent; mais il faut avoir un soin particulier que cette semence soit bien pure, et qu'il ne s'y mele pas des vesces, qui, pour la vente, portent préjudice aux lentilles. Comme celles-ci ont une fane basse et faible, les mauvaises herbes peuvent d'autant plus facilement prendre le dessus sur elles; il est donc indispensable de les sarcler. Plusieurs personnes, pour faciliter cette opération, sèment les lentilles avec la main, en lignes entre lesquelles on peut passer le ratissoir; elles sont donc parfaitement propres à étre semées aveo le semoir en lignes, et à étre cultivées avec la houe à cheval; nous reviendrons là-dessus. § 1105. Il faut bien saisir Ié véritable point de maturité des lentilles, et les mois- sonner lorsque les siliques inférieures commencent à brunir, alors mème que la fane en serait encore verte; sans cela elles pourraient s'égrener en grande partie; souvent au lieu de les scier on les arrache. § 1106. La lentille est, de tous les légumes, celui qui contient la plus grande pro- portion de matière animalo-vεgétale, et elle est aussi considérée universelle- ment, comme très-nutritive; aussi depuis le temps d'Esaü jusqu'à nous, presque tous les hommes en ont-ils mangé avec plaisir, ce qui fait que son prix est beau- coup plus élevé que celui des pois; et comme, sur un sol qui lui convient, et lorsqu'elle est bien culuivée, elle donne un produit de huit à dix scheffels par journal, sa culture est avantageuse. Seulemem elle donne peu de paille, qui, du reste, est considérée comme excellente, assimillée au meilleur foin, et en conséquence, conservée pour les jeunes bétes, agneaux ou veaux. Comme la lentille doit étre conservée nette de mauvaises herbes, sa culture concourt à nettoyer le sol. LES HARICOTS. 9 1107. Dans les jardins on en cultive un grand nombre de variété, que, le plus souvent, on mange en siliques vertes. On cultive dans les champs les espèces 118 PRINCIPES RAISONNES qui ne s'elèvent pas. Comme elles exigent une culture de jardin, qu'elles doivent éêtre semées, ramées et sarclées, leur culture appartient plutòt à celle des jardins, et elle ne peut avoir lieu en grand, qu'au moyen d'instrumens con- venables. C'est pourquoi nous nous bornons ici à en faire mention, en nous réservant de revenir sur cette matière, à l'occasion de la culture du mais, avec laquelle celle des haricots s'associe avantageusement. LES FEVES, Vicia Faba. § 1108. On cultive, dans les champs comme dans les jardins, plusieurs variétés de la vicia faba, mais Pespèce qui est plus petite, arrondie, qui met beancoup de siliques et qu'on nomme fève de cheval, est la plus commune et, sans aucun doute, la plus avantageuse. Elle varie de couleur; elle ure quelquefois sur le jaune, d'autres fois elle est d'un brun foncé et souvent tachée de couleurs di- verses; mais cette différence de couleur n'est pas permanenite, et elle n'a aucune influence sur les autres propriétés des fèves. § 1109. La feve demande un sol qui ait de la consistance, qui soit riche, et tel que le veut le froment; cependant elle peut aussi étre cultivée avec avantage sur les terrains moins forts, pourvu qu'ils aient assez d'humidité, qu'ils contiennent beaucoup d'humus, et que cet humus ne soit pas remarquablement acide; car, selon ce que j'ai éprouvé, les fêves sont fort sujettes à la rouille. Les fèves ameublissent parfaitement les terrains forts, les filamens de leurs racines percent Pargile la plus tenace. Aussi, sur les terrains de ce genre, les envisage-t-on comme une excellente préparation au froment. Leurs racines et leur ombre maintiennent le sol meuble et net. § 1110. Lorsque le sol parait avoir besoin d'engrais, il faut fumer pour les feves, et même fortement, parce que le sol qui leur convient demande à étre amendé beaucoup à la fois, et qu'elles supportent trés-bien cette quantité G'engrais. Les feèves se font jour à travers un sol très-tenace; on peut en conséquence les enterrer avec le premier labour et le fumier. On a même essayé avec succès de les semer sur une croũte d'herbages tenace et compaete, et de les renverser avec elle; elles perçaient entre les tranches. Il n'y a cependant aucun doute qu'elles ne gagnent à recevoir deux labours, et si cela se fait rarement, — ,— —— ab 10 1 — 8 D'A GRICUITVUR E. 119 cela mest dä qu'à ce qu'on est généralement dans l'opinion qu'elles veulent absolument étre semées de très-bonne heure, et que le terrain argileux; lorsqu'il a été labouré en automne, ne s'essuye pas assez 1t, au printemps, pour qu'on puisse lui donner de bonne heure le labour de semaille. § 1111. On croit, presque universellement, que, pour les fèves, la semaille la plus hätive est, en général, celle qui réussit le mieux, à tel point que, le temps le permettant, on les séme même en décembre;'on croit aussi qu'une gelée qui les atteint depuis qu'elles sont levées, fait, à la vérité, jaunir leurs feuilles, mais qu'il pousse ensuite d'autres feuilles sans qu'on s'aperçoive que les plantes aient souffert. D'après mon expérience, je ne puis pas entiérement me joindre à cette premiere opinion, puisque des féves semées tard, m'ont particulièerement bien réussi. Comme leur grain est fort gros, elles demandent l'emploi de beaucoup de semence; de deux à trois scheffels par journal. Les Anglais disent que, sur un sol fort et humide, il faut les semer plus clair, et sur un terrain léger et sec, plus épais; afin que, sur celui-ci, elles puissent sombriger elles-mêmes. D'ailleurs celles qui sont rares, poussent beaucoup plus de siliques. Les fèves sont ouliioces partout comme récolte préparatoire, ou en lieu de jachère. Quelquefois on leur destine un pré qu'on veut rompre, ou c'est par elles qw'on commence à remettre en culture les terrains qui ont été laissés en repos, en pàturage, et qu'on veut rendre à la culture des grains. § 1112. Après avoir enterré les fèves à la charrue, on ne passe la herse sur le labour, que légèrement; mais on donne un fort hersage lorsqu'elles ont levé, que leurs feuilles se sont développées, et qu'il pousse parmi elles des mauvaises herbes. Les feves supportent parfaitement une culture très-forte aveo lä herse à dents de fer; celles même dont la téte est par là fendue ou déchirée, poussent de nouveau. Aussi long-temps qu'elles sont jeunes ‚„elles demandent à ôtre absolument neitoyées de mauvaises herbes, et, si cela n'a pas pu être opéré avec la herse, il faut, pour que les feves réussissent, que cela se fasse avec la houe. Dans certains lieux on a recours au singulier procédé, d'introduire les bétes à laine sur le champ des fèves lorsqu' eNes ont la longueur du doigt; aussi long-temps que ces animaux trouvent de la jeune herbe, ils ne touchent, assure-t-on, point aux fèves. 120 PRINCIPRS RAISONNES 6 1115. Mais la méthode de semer les fèêves en lignes s'est propagée, méême dans des lieux où Pon ne connatt ni les machines pour semer en lignes, ni les houes à cheval. Lorsqw'on nm'a pas de machine à semer, on épand les feves avec la main dans chaque troisiéme ou mèême quatrième raie de la charrue, de manièére à en employer environ deux scheffels par journal. Lorsque les fèves sont levées, on passe alors la charrue des deux côtés de chaque ligne, pour en écarter la terre, que, quelque temps après, on en rapproche, par Popération opposée. Une charrue sans roues, ou un binoir, sont ce qui convient le mieux pour ce travail; cependant j'ai aussi vu exécuter celui-ci avec les charrues à roues ordinaires. Les lignes sont quelquefois éloignées à trois pieds et plus les unes des autres. Mais, dans les lignes, les fèves sont très-épaisses, et se chassent l'une l'autre tellement sur les côtés, que leurs sommités remplissent les intervalles qui séparent les lignes. Sans doute cette culture se fait bien mieux à Paide des instrumens qui y sont adaptés, et dont nous Tutlexons plus Das. Il ne faut alors que vingt metzen de semence par journal*. Les fèves semées en lignes au semoir et cultivées à la houe à cheval, ont une supériorité décidée dans leur produit en grain, sur celles qui ont 66 semées à la volée. On peut calculer qu'en géenéral elles produisent le double. Elles poussent des siliques des le bas de leurs tiges, ce que ne font point celles qui sont serrées les unes près des autres. Il n'est pas rare d'en trouver qui portent jusqu'à trente ou quarante siliques, tandis que ces dernières en ont rarement au-delà de dix. Comme les fleurs inférieures se nouent de bonne heure, elles devancent la rouille et la mièlée, qui, chez les fèves, empéêchent souvent que les dernièéres fleurs ne donnent des siliques et du grain. Mais la paille des fèves semées au semoir, en lignes, est, sans contredit in- férieure à celle des fèves qui ont été semées à la volée. Leur tige devient dure et ligneuse dans sa partie inférieure, et les feuilles en tombent davantage. Mais cette perte ne saurait étre prise en comparaison avec l'augmentation du produit en grain; d'ailleurs si on serre les feves un peu plus tôt, cette perte est un peu atténuée. La culture qu'on donne aux fêves, iient le sol ameubli et net pendant cette — * Dans mon expérience, une quantité de semence beaucoup moins forte que celle qui est indiquée ci-dessus, épandue soit à la volée, soit au semoir, a toujours été très-suffisante. Les ſeves semées de trés-honne heure, et lors mème que le sol était encore humide, m'ont beaucoup mieux réussi que celles qui avaient été semées plus tard. Toutes ces différences peuvent tenir à la nature du climat. Tyrad. —,.— —+8ε— DP'AGRICULTVUR E. 121 cpoque; et lorsque les feves ont grandi, elles le couvrent de leur ombre; au moyen de cela il se trouve parfaitement préparé pour la récolte suivante; pourvu seulement que, d'abord après la moisson, on le mette en culture, d'une manière ou d'une autre. Gest avec T'extirpateur, que le terrain qui a été mis en ados par la culture en lignes, peut étre le plus parfaitement applani; alors il m'a plus besoin que d'un seul labour pour la semaille. Lorsqu'on ne sème pas les fèves en lignes, on les méle presque plus ordi- nairement avec des pois ou des vesces, qu'on ne les sème seules, Parce qu'en effet leur réussite est trèés-casuelle. § 1144. Elles sont extrémement sujettes à la rouille et à la mièlée. La première se montre sur les feuilles, d'abord par des points bruns, qui s'étendent, noircissent, et finissent par détruire les feuilles et la plante elle-même. La mièélée se manifeste à la sommité des plantes, et elle est immédiatement suivie d'une innombrable quantité de poux noirâtres, ou pucerons(Aphides) qui s'étendent bientöt: sur toute la plante, et empéchent qu'il ne s'y forme aucun fruit. On cherche à diminuer le mal en coupant la sommité des fèves avec un sabre. Parmi les fèves semées au semoir et cultivées en lignes, je n'ai encore jamais éprouvé grand dommage de la mièlée, car la plante était déja assez forte, et la plus grande partie de sa graine était formée, lorsque le mal paraissait; il ne s'étendait jamais beaucoup*. Dans les lieux ouùð l'on sait ce que le sol vaut, lorsque les feves annoncent une mauvaise réussite, on n'hésite point à y meitre la faux, à rompre le champ, et à épandre les féves dans la raie, parce qu'une mauvaise récolte de fèves ne dédommagerait en aucune manière de la perte qu'on ferait sur la récolte de froment qui la suivrait. Car il est généralement connu que ce sont seulement les fèves qui réussissent bien, qui sont une très-bonne préparation pour le * Chez nous les pucerons commencent à se montrer sur les feves autour du 20 mai. A ceite époque il faut visiter chaque jour celles-ci, et si Ton commence à y apercevoir quelques fourmis, qui précèdent ordinairement les pucerons de deux ou trois jours au plus, il faut se häter d'envoyer des femmes ou des enfans dans le champ, pour pincer la sommité de toutes les plantes de feves et emporter hors du champ. Si ces manouvriers pincent à la fois avec les deux mains, en avangçant, cet ouvrage se fait rapidement et coüte fort peu. II fant tout quilter pour Pexécuter, car un retard de deux jours pourrait entrainer la perte, presque complèie, de la récolte. Dailleurs la fleur des feves qui avaient élé pincées m'a toujours paru se nouer beaucoup mieux que celle des autres. Trad,. T. IV. 122 PRINCIPES RAISONNES froment; tandis que celui-ci manque presque toujours, après des feves qui ont eu un mauvais succéès. 9 1115. On récolte les fgves lorsque la plus grande partie de leurs siliques devient noire, et Pon m'attend pas la maturité de celles qui se sont nouées les der- nières. Un cultivateur expérimenté Anglais a mème recommandé de moissonner les feves dès que le grain en était complétement formé, de les faner, de les lier et de les transporter sur quelqw'autre place, pour les y laisser achever leur maturité; et cela afin de pouvoir plus tét donner un labour au terrain sur lequel les fèves ont crú. Souvent c'est avec la faux qu'on moissonne les fèves semées à la volée, après quoi on les amasse et emporte hors du champ. Mais souvent aussi on se sert de la faucille. Les féves qui ont 6té semées au semoir et en lignes, surtout lorsqu'elles ont é6té fortement buttées, ne peuvent être récoltées qu'à la faucille. Avec la faux on endommagerait les siliques infé- rieures, et les féves tomberaient dans les raies profondes que la houe à buiter forme entre les lignes. Ce qui m'a paru le plus sür, c'était de les faire arracher. mais je ne saurais pas dire si cela peut se faire aussi facilement sur un sol tenace*. D'abord après avoir scié les fèves, on les lie en petites gerbes, qu'on appuie les unes contre les autres, au nombre de 5, 6 ou 7 à la fois; s'il ne survient pas un temps très-sec et très-chaud, il faut souvent beaucoup de iemps, pour que la paille se sèche complétement. Quelques personnes croient accélérer cette dessication, en renversant les faisceaux de fèves sens dessus dessous, I 16te sur terre. Mais comme Pon sait maintenant qu'il importe be à aucoup pour la récolte qui doit suivre, de rompre le champ qui a produit des fèves aussi t6t que cela est possible, quelquefois on charrie d'abord les fèves et on les place dans un autre lieu où on les laisse achever leur dessication. § 1116. Le produit des foves semées à la volée, est encore plus incertain que celui des pois. Sur un terrain convenable, on peut attendre des fèves semées au semoir et cultivées en lignes, de dix à douze scheffels par journal. Dans le comté de Kent et dans d'autres pays à fèves de PAngleterre, on envisage dix- huit à vingt-sept scheffels par journal, de notre mesure, comme produit ordi- naire des fèves semées de cette manière. t bien, quoiqu'avec un peu plus de difficulté; mais si le sol contient du gravier on de petites pierres, il en reste toujours d'adhérentes aux racines, et, au battage, ces pierres demeurent parmi le grain. Trad. * Cela s'ex écute for 85» qü D'AGRICULTVURE. 125 Le scheffel de fèves pèse au-delà de 100 liv., ordinairement 105. Elles con- nennent de la substance très-nutritive végéto-animale, cependant en pro- porüon un peu moindre que les pois, mais aussi d'autant plus d'amidon. Dans quelques lieux on les cuit et les emploie à la nourriture des hommes, on les emploie aussi dans le pain, auquel quelques personnes prétendent qu'elles donnent un goũt agréable. Mais, en général, elles sont employées à la nour- riture des chevaux. Dans plusieurs contrées de l'Allemagne on conserve, pour ce but, les fèves semées à la volée, sans les battre, et on coupe les gerbes avec le hache-paille pour les donner aux chevaux. En Angleterre, on envisage ces fèves comme le meilleur des fourrages, soit pour les chevaux de trait, soit pour ceux de course. Cependant il ne faut pas, comme quelques personnes le pensent, les détremper auparavant, pour les faire gonfler; elles doivent, au contraire étre données dans leur état naturel. Outre cela on les emploie à Pengrais des cochons, pour lequel ou les envisage comme excellentes, moyennant qu'elles aient été détrempées, et qu'on les ait fait gonfler. On croit généralement la paille de fêéves très-nourrissante, lorsqu'elle n'a pas souffert; cela tient cependant beaucoup à l'époque où les fèves ont été mois- sonnées; si elles'ont été lorsque leur fane était encore verte, ou seulement tard; dans ce dernier cas les feuilles tombent, et les tiges se durcissent trop. Dans le premier on estime que, pour les chevaux et les bôtes à laine, la paille des feves semées à la volée équivaut au foin; quant à la paille des fèves semées en lignes, elle perd souvent beaucoup de sa qualité, ainsi que je P'ai dit plus haut. Dans les produits de ce genre la quantité de paille et de grain somt souvent en proportions tout opposées. LA VESCE, Vicia sativa. 6 1117. Dens la famille des vesces il y a diverses espèces qui pourraient peut-ôtre avoir leur utilité. Jusqu'à présent on n'a cependant cultivé en grand que cette espèce, et la Vicia Narbonensis. La culture de cette dernièére, ne se dis- ungne point de celle de la première, et comme elle ne parait avoir de la supériorité sur Pautre que dans le cas où l'on veuille cultiver des vesces sur un terrain très-riche, sa culture s'est peu étendue. Après quelques essais, j'ai renoncé à la Vicia serrati foglia, parce qu'elle ne répondait pas à mon attenie. II y a plusieurs variétés de la vesce ordinaire. Nous en avons une petite qui 124 PRINCIPES RAISONNES mürit plus tét, et une dont la fane est plus grande, qui murit tard, et veut absolument être semée de bonne heure, pour pouvoir arriver à sa maturitd. La vesce d'automne des Anglais est vraisemblablement cette méme grande espèce, mais qui a été habituée à passer l'hiver en terre. D'après les essais qui en ont été faits dans notre climat, cette vesce y résiste rarement à l'hiver; elle est détruite bien moins par les grands frimats, que par les gelées tardives, par celles qui surviennent depuis qu'elle a commencé sa végétation. Au reste il n'est pas rare que la gelée la détruise, même en Angleterre; et Pavantage que nous retirerions de la naturalisation de ceite espèce parmi nous ne serait pas grand, puisqu'elle ne muúrit ordinairement que dix jours plus tôt que la vesce de printemps, lorsque celle-ci a été semée de bonne heure. 9 1118. La vesce demande un sol glaiseux. Lorsque le terrain contient au-delà de 60 pour cent de sable, et n'est pas dans une position très-humide, elle peut sans doute encore réussir, pourvu que le sol soit suffisamment amendé et que T'6εé soit humide; mais dans les étés secs elle y a rarement quelque réussite. Elle ne demande pas absolument un terrain trèͤs-riche; cependanmt elle réussit d'autant mieux, surtout en fane, que le sol contient plus de sues; c'est pour- quoi, autant que cela est possible, on fume pour cette récolte. De nos jours on la cultive presque plus souvent pour sa fane que pour son grain; cette premieère est consommée en vert ou bien réduite en fourrage sec, lorsqu'elle est en pleine floraison et qu'il s'est déjà formé quelques siliques. Nous considérerons ici la culture de la vesce sous ces deux rapports à la fois, afin de pouvoir. y renvoyer lorsque nous nous occuperons de la culture des plantes à fourrage, 5 1119. Sa culture ne se disungue pas de celle des pois; comme la semenee en est plus petite, douze metzen suffisent sur un journal. Pour pouvoir arriver surement à maturité, la grande vesce doit étre semée au commencement d'avril. La petite peut étre semée jusqu'à la fin de mai, et mürir encore. La plupart des cultivateurs recommandent de semer également de bonne heure l'espèce ordinaire. Cependant, depuis nombre d'années, j'ai toujours trouvé que les vesces de cette espèce qui avaient été semées les dernières, vers le milieu ou la fin de mai, avaient le mieux réussi. Si la température est froide, leur végé- tation sarréte et alors on trouve assez ordinairement la plante attaquée d'un ver, qui ronge ses bourgeons et les détruit entiérement, de sorte que, si le sol est un peu appauvri, la plante n'arrive pas même Aà la floraison. Lorsque DA GRICUL TVUR E. 1 25 le terrain est très-riche, la plante surmonte quelquefois le mal, et pousse de nouveau, lorsque le ver a terminé sa carrière. La vesce qui naitrait plus tard, ne serait point attaquée par ce ver, dont la période d'existence est plus haàtive. Si Pon veut employer la vesce comme fourrage vert, ou la réduire en foin, avant sa maturité, on peut la semer en tout temps jusqu'au commencement de juillet. Pour entretenir le bétail à'étable au vert, avec des vesces seu- lement, il faut en semer une quantité convenable, dès que celles qu'on a semées auparavant sont levées. Mais, pour cet usage, on les méle ordinairement avec du seigle de printemps, de l'orge ou de P'avoine, et, les dernières qu'on sème, avec du blé noir, afin que ce mélange vienne d'autant plus épais. Pour en faire du foin, Pon envisage comme plus convenable de semer les vesces seules, parce qu'on peut les sécher d'une manière plus uniforme. On les réduit en foin de la même manière que le trèͤfle et la luzerne; je renvoie donc aux directions sur le fanage, que je donnerai au sujet de ces deux espéces de plantes. Cette opération est un peu plus longue pour les vesces que pour le trefle, cependant ce fourrage ne se gàte pas facilement, si seulement on procède à sa dessication d'une manièére tant soit peu con- venable. 4 6 1120. Si Pon a destiné les vesces à nourrir, soit au vert, soit au foin, le bétail à cornes, on les fait faucher lorsqu'elles sont en pleine fleur; si elles sont desundes à des chevaux, on laisse les siliques se développer un peu apréès la floraison, parce que, de cette manière, on gagne en quantité, et que les vesces sont plus nourrissantes. Dans P'assolement triennal, on commence à placer assez souvent une récolte de ce genre sur la jachère; cependant seulement lorsqu'on a donné de bonne heure le premier labour. On y sème les vesces surtout immédiatement après le parcage, en continuant d'en semer, à mesure que le parc avance. On fauche lorsque les vesces ont fait leur crue, et déchaume d'abord après avoir enlevé cette récolte, afin d'ôter le moins qu'il est possible au terrain, de ces que lui promettait la jachère. Plus tôt les vesces sont fauchées, moins elles étent au sol de sa fécondité. Gest cependant une condition absolue de la culture des vesces, qu'on en rompe le chaume immédiatement après que la récolte en est enlevée; c'est par cette raison qu'on transporte d'abord le fourrage, pour le faire sécher en quelqu'autre lieu, si Ton en a à sa disposition. Si Pon fauche les vesces de très-bonne heure, lorsqu'elles montrent leurs 126 PRINCIPES RAISONNES premiers boutons de fleurs et que le sol soit riche, elles peuvent encore donner une seconde pousse; mais si le sol est en moins bon état, il n'y aurait qu'à perdre de vouloir se procurer cette seconde récolte; souvent alors celle-ci se réduit à presque rien, ou tout au moins les deux récoltes ensemble ne valent pas celle qu'on et obtenue d'une seule coupe faite dans son temps. Gest une épargne mal entendue, que celle de chercher à ürer parti de la repousse des vesces, en la faisant pâturer par le bétail; le sol est durci par les pieds des animaux, et il en résulte une perte sensible dans la récolle qui suit. On sème aussi quelquefois une seconde récolte de vesces, sur un champ qui en a produit une première qu'on a fauchée en vert; mais il faut mettre la plus grande promptitude à faire cette dernière semaille aussitét que le sol est débarrassé de la première récolte. Plus souvent, après les vesces fauchéès vertes, on sême du blé noir ou des raves. § 1121. Le produit que les vesces donnenmt en grain est très-inégal. On en a récolté jusqu'à vingt-quatre scheffels par journal, mais on peut envisager huit scheffels comme un produit moyen. Sur un sol riche, les vesces ont donné de 1800 à 2000 liv. de paille, y compris les cosses et la petite dépouille. On préfère généralement cette fane à celle des pois pour la nourriture du bétail. Lorsqu'on fauche les vesces en vert, au moment ou leurs siliques commen- cent à se former, on obtient quelquefois 5000 liv. par journal. Mais lors méome que le terrain est fécond, on ne peut compter que sur 2000 liv. Si les vesces ne réussissent pas, parce que le printemps aura été trop seo, il se peut aussi que le produit tombe jusqu'à 1000 liv. 7 1122. Une foule d'expériences concordantes semblent démontrer que lorsque les vesces sont fauchées en vert, elles n'ôtent au terrain rien de sa fécondité; souvent la récolte qui les suivait s'est méme irouvée meilleure, que celle qui venait à la suite de la jachère morte; du moins lorsqu'on s'était haté de rompre après avoir enlevé les vesces. Les vesces qui som venues à maturité et ont produit du grain peuvent, en cela, étre assimillées aux pois. Le mélange si usité de vesces et d'avoine, lorsqu'on le laisse approcher de sa maturité, épuise tellement plus, que la récolte de seigle qui vient sur un champ qui a produit de ceue espèce de fourrage, mais fauchée peu- à-peu et successivement, in- dique d'une manière frappante les places où l' on a laissé trop muùrir Pavant-récolte, ſit D'AGRICULTURE. 127 En Angleterre il n'est pas rare qu'on sème les vesces uniquement pour bonifier le sol. On ne renverse cependant pas immédiatement ces vesces en terre; Pon y met, lorsqu'elles commencent à fleurir, du bétail à l'engrais, surtout des cochons, qui, à la vérité, en gaàtent la plus grande partie, en marchant dessus, mais cependant en mangent beaucoup; après quoi Pon se hàte de rompre, et de semer surtout du colza. Cette méthode n'est, sous quelques rapporis, pas aussi peu économique qu'elle le parut à un voyageur de ma connaissance. § 1123. Lorsque les vesces portent des grains qui sont arrivés à leur maturité, on les emploie, le plus souvent, à la nourriture des chevaux et à l'engrais des cochons; on en donne aussi aux bétes à laine, et, pour cet usage, on les préfère aux pois. Le grain des vesces est rarement une denrée de marché; cependant on en vend souvent pour semer. On peut les conserver très-long-temps, et il vient alors un temps où on peut les vendre à un prix qui donne un gros intérét. Dans des entreprises rurales, qui sont calculées sur la culture des plantes à fourrage, il est prudent de conserver dans le grenier une provision de semence de vesces; parce que ce sont elles qui, lorsque le trèfle manque, fournissent la ressource la plus sůre. La paille des vesces qui ont donné leur grain est plus agréable au bétail, que celle des pois; souvent on lui assigne la même valeur qu'au foin, mais elle n'est en aucune manière comparable aux vesces fauchées vertes et réduites en fourrage sec. II est quelques autres produits du mième genre qu'on ne rencontre que ra- rarement, et seulement dans certaines localités. C'est le cas du pois applati (Lathirus sativus) et du(Cicer arietinum). Leur culture ne diffère en rien de celle des vesces et des pois, et, jusqu'à présent, il n'est venu à ma connois- sance aucun mouff de les préférer aux précédens. LE BLE NOIR, Ble Sarrazin. V§ 1124. Cette plante se contente de terrains qui sont trop maigres pour toutes les autres espèces de grain d'été ou de printemps. Elle végète sur les terrains sa- blonneux arides, pourvu seulement que la sécheresse ne se fasse pas sentir à une cpoque où cette plante a besoin d'humidité, et elle donne un produit aussi abondant que iout autre; mais si le terrain est dans une position plus humide, 128 PRINCIPES RAISONNES la récolte du blé noir est d'autant plus assurée. Cette espéce de grain se platt aussi dans les terres à bruyèére et dans celles de marais, pourvu que celles-ci aient anparavant été assainies. On la cultive avec un grand avantage sur les dé- frichemens de ce genre; elle y est une bonne préparation pour toute autre espéce de grain. Dans les contrées sablonneuses, elle est l'unique récolte qui réussisse entre celles de seigle, elle y remplace toutes les autres récoltes jachéères, on la sème aussi sur les chaumes de seigle. Cependant elle réussit mieux, à la place de la jachèére, sur un terrain qui a été en paàturage, ou qu'on a laissé en repos pendant quelques années. Sur un terrain meilleur, la plante croit avec plus de vigueur, mais seulement en herbe; rarement elle y donne autant de grain. Un peu de fumier lui va bien; beaucoup, la fait pousser trop en herbe. Lorsque le champ doit ôtre fumé, on ne lui donne ordinairement, pour le blé noir, que la moitié de ce qu'on lui destine; et l'on y met alors le surplus après la récolte. Les engrais ürés des monceaux de bruyères, engrais qu'on a ordinairement en abondance dans les contrées à blé noir, convient particuliérement à cette espèce de grain. Lorsqu'on veut semer du blé noir dans le terrain méème le plus dépourvu de consistance, on lui donne deux labours, afin, surtout, d'y détruire les mau- vaises herbes*. 6 1125. Ceute espèce de grain, qui nous a été apportée de Porient à Pépoque des croisades, n'a point encore perdu sa sensibilité aux impressions du froid; la plus légère blanche gelée le détruit. Aussi ne hasarde-t-on jamais de le semer, jusqu'à ce que tout danger des nuits froides soit passé. Cependant je l'ai vu détruit par la gelée, môme à la S. Jean; on ne le sème donc que dès la mi- mai à la mi-juin. Si on le sème plus tard, les blanches gelées de l'automne peuvent Patteindre avant que son grain soit múr, et d'ailleurs il donne moins de grain. On emploie en semence la moitié de la quantité du froment„ une * Dans la moitié de la France, au moins, dans la partie méridionale de la Suisse, et en général, dans les contrées où l'on serre les blés vers la mi-juillet, et où les blanches gelées m'arrivent guères avant le 24 octobre, le blé noir se cultive avec succès en seconde récolte, ou récolte dérobée, après le froment ou le seigle. Dans ces contrées, on se haâte d'enlever le blé pour déchaumer!, et l'on sème sur ce seul labour, en ayant soin de bien recouvrir la semence avec la herse. Ce grain occupe la terre pendant deux mois et demi ou trois mois, dès la semaille à sa maturité. Trad. DAGRICULTVRB. 129 semaille plus épaisse lui est nuisible. Dans les contrées oùð P'on sème beaucoup de blé noir, on lui préête ce discours: Fais-moi place, je viendrai.» § 1126. La température que cette plante rencontre dans les diverses périodes de sa végétation, a une plus grande influence sur sa réussite, que sur celle d'aucune autre espèce de grain. Le blé noir veut une température sèche immédiatement après qu'il a été mis en terre, il lève par les plus grandes sécheresses; mais lorsqu'il prend sa troisiéme feuille, il demande la pluie, pour que ses feuilles puissent se développer avant que sa fleur sorte, ce qui arrive très-promptement. Durant la longue période de sa floraison, il doit avoir alternativement de la pluie et du soleil, pour que sa croissance s'opère et que ses fleurs se nouent. Sa fleur coule lorsqu'il fait des éclairs ou lorsque des phénomenes électriques se développent dans Pair, sans qu'il fasse de la pluie. Sa fleur ne supporte également pas les vents violens de l'est, elle se flétrit sans s'étre nouée. Après sa floraison, elle veut avoir de rechef un temps sec, afin que ses grains mu- rissent en même temps, et que l'époque de sa récolte avance. La réussite du blé noir est donc très-variée, elle dépend non-seulement de la température générale de l'année, mais encore du moment que, par hasard, on a choisi pour la semaille. Huit jours plus tôt ou plus tard, font souvent une très-grande différence; aussi les cultivateurs qui veulent aller à coup sůr, font leurs semailles de blé noir en trois ou quatre époques différentes. La semence ne doit étre enterrée qu'à la herse et pas sous raies; j'ai aussi 6prouvé que le rouleau ne lui était pas favorable. § 1127. La maturité du grain est très-inégale, puisque le blé noir fleurit et se noue presque continuellement. Pour la moisson, il faut donc prendre pour règle le moment de maturité de la plus grande partie du grain. Quelquefois les pre- midères fleurs ne se sont pas nouées, ou n'ont produit que des grains vides, dénués de farine; tandis que les suivantes en ont donné de meilleurs. Mais le grain en mürit, les fleurs même se nouent, souvent, pendant quil est en andains, surtout lorsqu'il survient une pluie que, en conséquence, l'on en- visage comme avantageuse. § 1128. Son produit est, comme on vient de le voir, extrémement incertain; lorsqu'on le sème après une récolte de céréales, on compte sur une bonne ré- colte en sept ans, environ; dans la même période, l'on peut en attendre trois médiocres, et trois mauvaises. Lorsque le blé noir est semé à la suite du T. IV. 430 PRINCIPES RAISONNES repos ou des années de paturage, l'on compte en revanche une bonne récolte sur deux. On wobtient que trèés-rarement de ces récoltes extraordinaires, qui s'élévent jusqu'à 20 scheffels par journal. § 1129. Dans plusieurs contrées, son grain est un aliment très-important pour Phomme, et il y est aussi employé à l'engrais du bétail et pour la nourriture des chevaux, lorsqu'il est à bon marché. Dans les années abondantes, son prix tombe très-bas, et il hausse de nouveau dans les mauvaises. Les cultivateurs qui ont, de quelque maniòère, les moyens de le conserver, en gardent des pro- visions; il se maintient fort bien. La paille en est fort estimée, elle est nourrissante et saine pour le bétail de toute espèce; mais on dent qu'il est mieux de la faire consommer avant noël. 6 1130. Quelqu'indispensable que ce genre de produit paraisse dans certaines contrées, sa culture, pour le grain, est tellement casuelle dans d'autres, qu'on ne peut guère Py recommander. Mais c'est une plante à fourrage excellente, ei qui, cul- nvée dans ce but, est aussi sůre qu'aucune autre. On peut la semer aussi tard que Pon veut, pourvu qu'on m'ait pas à redouter la gelée, et, pourvu que le sol ait seulement un peu d'humidité*, T'herbe en réussit toujours bien. On la donne aux bétes en nourriture verte, ou bien on la réduit en foin; elle ne sèche, à la vérité, pas facilement, mais elle ne se gàte pas non plus, lorsqu'on la laisse en place sans la remuer. Traitée d'après la méthode de Klapmeyer, elle doit devenir très-bonne. Celui qui veut la cultiver dans ce but, doit alors choisir une année ouù cette plante ait particulièrement réussi, pour faire une provision de semence, laquelle lui revient alors à aussi bon compte que toute autre. On peut la semer, dans ce but, sur le chaume des céréales, mais surtout après des vesces fauchées de bonne heure pour êétre consommées en vert. Un procédé qui m'a parfaitement réussi, c'est, de semer, en juillet, du blé noir avec du seigle de St. Jean, de faucher ensuite le blé noir en vert, et de récolter le seigle en grain l'année suivante. Cela ne pourrait se faire nulle part mieux qu'après des vesces fauchées en vert. On sème aussi des raves parmi le blé noir. Outre cela, le blé noir est parfaitement propre à étre semé comme récolte * Et d'humus. Trad. e n Sͤd DP'AGRICULTURL. 231 préservatrice, soit avec le trèfle, soit surtout avec la luzerne; nous reviendrons sur ce sujet. Le produit du blé noir, comme planie à fourrage, est, à la vérité, très- différent, selon que les circonstances lui sont plus ou moins favorables; à terrain égal, les récoltes que j'en ai eues dépassaient en poids celles de vesces, et elles paraissaient tout aussi peu leur céder le pas en faculté nutritive. § 1151. L'on recommande une sorte de blé noir, qu'on qualifie de blé noir de Sibèrie(Polygonum Tartarioum). Cette espèce a l'avantage de passer hiver en ierre, Pon peut même en faire deux récoltes; mais, après divers essais réitérés faits en plain champ, j'ai trouvé son produit si insignifiant, et surtout, dans la seconde année la récolte si infectée de mauvaises herbes, que je ne puis en aucune manière me joindre aux grands éloges que d'autres personnes lui prodiguent. Dans un jardin, lorsqu'il est sarclé, il devient sans doute très-beau. METEIL, MELANGES. § 1132. Dans plusieurs contrées, on est dans Pusage d'associer diverses espèces de céréales et différentes espèces de légumes, de mèême aussi des céréales et des récoltes légumineuses, en les semant les unes avec les autres, et tous les cul- nvateurs praticiens affirment en obtenir un plus grand produit, que des mémes grains cultivés séparément. Ceute assertion n'est suͤrement pas sans fon- dement, et j'ai fréquemment fait, là-dessus, des expériences qui ne m'ont laissé aucun doute; souvent Pune et Pautre des semences qu'on a associées, réussissent également bien, et Pon obtient une récolte qui est en rapport avec la quantité proportionnelle de chacune des semences. D'autres fois une des semences réussit à merveille, et étouffe presque l'autre; alors le produit n'est nullement en rapport avec la quantité de semence qui a été employée de chaque espéce: cela a lieu, selon que la température a favorisé Tune ou P'autre des espèces qui ont été semées. Il y a en cela ce grand avantage, que, lorsque la température est nuisible à Pun des produits, elle accorde davantage à Pautre, et que celle-ci alors Sétend et se nourrit mieux, dans Pespace qu'elle a gagné par la mauvaise réussite de sa compagne; outre cela, on ne peut guères contester que certaines plantes n'absorbent, dans la végétation, des sucs qui ne sont pas appropriés à d'autres plantes. Il. est bien entendu, cependant, que ce doit étre des produoctions qui muù- rissent dans le même iemps ou à peu près. Si leur maturité ne coincide pas 15²2 PRTINCIPERS RAISONNüS absolument, on prend le moment de la maturité de l'espèce qui domine, ou de celle qui muůrit la première; alors autre múrit après coup, ou bien elle peut étre ulle quoiqu'elle n'ait pas atteint toute sa maturité. Il est divers mélanges de ce genre, qu'on peut séparer par le moyen du crible, ou par l'opération du ventement, mais le plus souvent on les emploie ainsi unis. C'est cependant avec beaucoup de raison qu'on a observé que les mélanges de ce genre éprouvaient le sol d'une maniére plus forte, quoiqu'on ne puisse nier qu'ils ne procurent aussi plus de paille pour faire du fumier. On croit que, en cultivant des mélanges, on se garantit mieux des mauvaises herbes; cela peut avoir de la réalité dans certains cas. 13 § 1153. Le mélange le plus habituel est le froment et le seigle réunis; ce mélange est fort usité dans différens pays, sous le nom de Mateil, là on le rencontre presque plus fréquemment que le seigle pur. On en fait le pain ordinaire, qu'on assure étre particuliérement nourrissant et très-savoureux. Dans les Pays-Bas, on soutient que, sur un sol qui ne peut plus produire du froment, cette céréale, mélangée avec le seigle, produit plus que si elle eùt été seule, et qu'on a, par-dessus, tout le produit du seigle. On sème ce méteil ordinairement après une récolte de froment. Dans d'autres contrées, au lieu de froment, on séme de l'épautre parmi le seigle; ces deux espèéces de céréales peuvent alors très-facilement ètre séparées Pune de l'autre. 6 1134. L'orge plate et l'avoine sont également en usage, et fort à propos, si je dois en juger d'après le résultat des essais que j'en ai faits. Si le sol convient à Porge, celle-oi, plus vigoureuse, prendra le dessus sur Pavoine, pour peu, du moins, que le temps soit favorable; dans le cas contraire, Pavoine plus robuste prendra la place de l'orge, et au battage, produira peut-étre le quatruple. A chaque fois que j'ai semé de ces deux céréales réunies, j'en ai retiré en poids et en valeur, plus que de l'orge et de Pavoine que j'avais cultivées et récoltées s6parément. Cependant, j'avoue que je m'ai pas fait ces essais sur un terrain qui fuůt paruouliérement propre à cette première. Quelques personnes ajoutent aussi du seigle de printemps, lorsque le sol est léger. § 1155. Parmi les mélanges de céréales avec des légumes, celui qui a le plus ordi- nairement lieu, est celui de Avoine et des Vesces. Non-seulement, pour les laisser můrir, dans ce cas, assez ordinairement sans les battre, on les coupe avec le hache-paille, pour les employer à la nourriture du bétail; mais encore —„S 133 pour les faucher en vert, et les donner au bétail de cette manière, ou les ré- duire en foin. Les vesces parmi Pavoine se soutiennent mieux. On maéle aussi parmi, de Porge et du froment de primemps. § 1156. Il n'est pas rare qu'on sème des pois, en peute quantité, parmi le froment de printemps; on croit ne rien perdre par là en quantité de froment, et avoir les pois par dessus: cela se fait ordinairement sur les terrains dans lesquels on ne croit pas devoir hasarder la culture des pois; sur les terrains sablonneux, le mélange des pois a lieu avec le seigle de printemps. Les pois parsemés dans ces céréales réussissent, ce qu'ils ne feraient point sils étaient semés seuls. Dans P'opération du ventement, les pois peuvent facilement étre séparés de la D'A GRICULTURE. céréale. § 1157. Dans les terrains calcaires, glaiseux, maigres, surtout sur les colines, on sème les fèves parmi Pavoine. Dans plusieurs contrées, on rencontre souvent un mélange composé de fèves, de vesces, de pois et d'avoine, tous péôle méêle, qu'on sème sur la jachère, dans les terrains riches. Ce mélange produit une ré- colte serrée, emmélée, qui, soutenue par les ſèves, se Uent assez bien en pied, et donne une plus grande quamiité de fourrage, qu'aucune autre plante qu'on puisse semer à cet effet. Rarement, on le laisse arriver à maturité, on le fauche lorsque le grain en est formé et on ne le bat pas, ou bien on se borne à le faire très-légèrement, pour faire tomber les grains qui ont bien muri, et Pon hache alors cette paille, pour la donner à manger au bétail; c'est avec cela que, dans quelques contrées, les chevaux sont nourris exclusivement. Souvent, par féves, on entend seulement ce mélange. On règle, d'après la nature du sol, la proporion de chaque espèce de grain, pour la semaille de ce mélange. Sur un terrain argileux, on y met une plus grande quantité de fèéves; sur un plus léger, on augmente, au contraire, la proportion de vesces. On mele aussi des vesces avec du blé noir, surtout pour faucher en vert. CULTURE DES RECOLTES SARCLEES. § 1138. Sous le nom de récoltes sarclées, nous comprenons des végétaux qui doivent Gtre rangés sous des classes différentes, autant quant a leur nature que quant à leur emploi, soit sous le rapport de la botanique, soit aussi sous celui de Péconomie; mais qui, quant à leur culture, ont de Panalogie les uns avec les 134 PRINCIPES RAISONNES autres. Afin de ne pas être dans Pobligation de répéter les mémes détails, dans ce que nous aurons à dire sur la culture de chacune de ces plantes, nous croyons devoir décrire ici, avant tout, les diverses opérations qui se rap- portent à cette culture, et les instrumens à Paide desquels ces opérations s'accomplissent. § 1159. Ces plamtes exigent, pour arriver à leur perfection, un beaucoup plus grand espace qu'elles n'en occupent dans leur première végétation; en conséquence, on les sème ou plante à des distances convenables. Mais l'espace considérable qui est entr'elles, serait envahi par les mauvaises herbes, et celles-ci étoufferaient bien- tôt les plantes de la récolte, ou leur enlèveraient leur nourriture, si, après avoir semé ou planté, nous abandonnions le sol er la récolte à la nature. Non-seu- lement, il serait trop coũteux, de faire arracher toutes ces mauvaises herbes, mais encore cela ne remplirait pas un autre but qu'on doit avoir en vue, celui de tenir la terre ameublie, et de la préparer à donner, dans la suite, une nourriture substancielle aux plantes. En conséquence, depuis qu'on cultive ces végétaux, et surtout dans les jardins, on a envisagé comme nécesssaire de sou- lever et ameublir la terre autour d'eux, avec des houes ou hoyaux à main, de diverses espèéces, à l'aide desquels on amassait aussi la terre meuble autour des plantes à mesure qu'elles grossissaient, et l'on a considéré l'exécution judi- cieuse et accomplie de cette culture, et sa réitération, comme une condition dont dépendait essentiellement le succès des récoltes dont nous parlons. § 1140. Mais ce travail, sil devait étre exécuté avec les mains, exigerait trop de bras pour que l'on püt se livrer à cultiver de telles récoltes en grand et en plain champ. Cependant, comme T'on en a aperçu Tavantage, et que, surtout la culture des pommes de terre, s'étendait de plus en plus, on commengça à em- ployer pour cette opération, le binoir ou les autres instrumens du genre des charrues, qu'on avait à sa disposition. Plusieurs cultivateurs firent des modifica- nons au binoir, pour Padapter mieux à cette culture; les changemens que j'apportai au binoir de Mecklembourg, tels que je les ai décrits dans mon édition de l'ouvrage de Bergen, sur l'économie du bétail, furent approuvés; cet instrument, ainsi modifié, se multiplia sous le nom de houes à pommes de terre. Je Pai ensuite perfectionné, surtout en retranchant la limonière, et en le rendant plus indépendant de Pattelage, de sorte que la direction de Lins- irument ft plus à la volonté du conducteur; c'est avec cette dernière modi- ficalion que j'en ai donné le dessin, dans le 5.“ cahier de ma Desoription des D'A GRICULTURE. 155 Instrumens araloires les plas utiles. Dès-lors, j'ai trouvé avantageux, d'y subs- utuer, sur le devant, au lieu de cette pointe de fer qui était destinée à le faire pénétrer dans le sol, un soc plus large et moins pointu, par le moyen duquel il soulevàt, de la raie, une plus grande quantité de terre pour la chasser sur les côtés. Nous avons également donné, à cet instrument, des versoirs mobiles lesquels, par le moyen d'un régulateur, peuvent étre plus ou moins éloignés à leur extré- mité postérieure, et que le mieux est de faire en fer conlé. Il n'y avait aucune instruction à donner à cet égard; cet instrument ayant obtenu un assentiment général, je me suis fait un scrupule de le rendre plus compliqué, de peur que, par la, sa propagation ne füùt entravée. L'instrument anglais, dont j'ai donné le dessin dans le 5.“ cahier de ma Desoription des instrumens aratoires les plus utiles, Pl. 1 et 2, et qui est désigné, sous le nom de charrue d double versoir, accomplit l'opération de butter, G'une manière plus parfaite encore, il amoncèle et relève plus la terre; il fait des raies plus profondes et, lorsqu'on en écarte les versoirs dans leur partie pos- térieure, il renverse mieux les mauvaises herbes qui souvent s'y attachent; aussi, par le moyen de cet instrument, la culture des récoltes sarclées peutelle être exé- cutée d'une manière beaucoup plus parfaite qu'elle ne l'était avant qu'on le connuùt. Rarement cependant on y a recours pour butter la première fois, parce que, alors, il n'est pas nécessaire de le faire d'une manière aussi forie, et que l'ins- trument exigerait un attelage de deux chevaux, tandis que cette légère houe à cheval, dont nous avons parlé, ne demande qu'un seul cheval, pour étre mise en mouvement. § 1141. Mais il est divers végétaux qui demandent à étre cultivés avant qu'on les butte; non-seulement afin d'étre débarrassés de mauvaises herbes, mais en- core afin que la terre dont ils doivent étre garnis, soit auparavant ameublie, pulvérisée et aérée, et que ses parties nutritives soient rendues plus solubles. A ces fins, quelquefois on enlève, avec une charrue sans roues, la terre qui est aux côtés des plantes pour la renverser vers le milieu de l'intervalle qui sépare ces lignes; dans ce travail, on fait passer la charrue, de son còôté plat, aussi près des lignes que cela est possible sans endommager sensiblement les racines des plantes. Afin de ne pas trop dégarnir celles-ci, Pon ne fait d'abord cette opé- ration que d'un seul côté et, cinq à six jours après, on la fait également de P'autre. Ilse forme alors une côte de terre meuble au milieu des intervalles. Après que cette côte est demeurée un certain temps dans cet état, on la refend avec la —— 156 PRINCIPES RAISONNES charrue à double versoir, laquelle la rejette auprés des plantes; celles-ci peuvent alors étendre leurs racines dans cette terre fraichement remuée. On trouvera la charrue légère avec laquelle ce travail peut èêtre exécuté de la ma- nière la plus commode, dessinée dans toutes ses parties à Pl. VI, VII, VIII, de ma description des instrumens aratoires; cependant, pourvu que les lignes soient plus éloignées, on peut aussi se servir de toute autre espèce de charrue sans roues, surtout de celle de Bailey. Quelque efficace que soit cette opération lorsqu'elle est bien exécutée, on ne peut cependant pas nier qu'elle n'ait ses difficultés: qu'en particulier elle ne demande des ouvriers habiles, et qu'il ne faille saisir avec soin le moment con- venable pour P'exécuter; que, par conséquent, et surtout lorsque le sol est humide et tenace, et la température défavorable, elle ne soit extrémement délicate ei ne demande, de la part de celui qui l'exécute, un certain tact pra- nique, et beaucoup d'attention, sans lesquels cette opération pourrait faci- lement être nuisible. Outre cela, elle ne peut guère avoir lieu que lorsque les plantes sont espacées à au moins 2 ½⅝ pieds, et comme l'on y doit enlever la terre des deux côtés des lignes, en deux reprises différentes, ce travail exige aussi un temps double. 1142. La destruction des mauvaises herbes et l'ameublissement de la superficie du sol peuvent êétre exécutés d'une maniére un peu moins efficace, mais de beau- coup plus facile, et, le plus souvent suffisante, par le moyen d'instrumens qui ne font qu'écrouter le terrain, tout en le brisant et le pulvérisant. On a diverses espèces d'instrumens de ce genre; P'un des plus utiles et en même temps des plus simples, est celui que, d'après la première ébauche grossière que j'en avais faite; j'ai dessiné dans mon édition de l'ouvrage de Bergen citée ci-dessus, et dont, après Pavoir perfectionné et simplifié, j'ai donné la figure à Pl. VII du 5.“ cahier de ma description des instrumens aratoires. On peut aussi en re- trancher la roue de régulation qui y est placée sur le devant, et lui substituer un régulateur tels qu'ils sont aux charrues sans roues. Toutes les fois que le sol est tenace, il convient de placer un coutre devant chaque soc. Si Pon veut se borner à ratisser ou écrouter la mauvaise herbe et la su- perficie du sol, on emploie des socs plats; si au contraire on veut remuer la terre plus profondément et la pulvériser, on emploie des socs convexes, et donne plus de profondeur à la charrue. Le premier cas a lieu lorsque les plantes sont encore petites, afin que celles-ci ne courrent pas le risque d'ètre recou- vertes de terre. pon 6l reement! de fud Tald, dont le 8c Oaa- CaGghe dre W uüon des fer gemel plus con leleudus La eul Wn K les dige u h est dr en un ſdi ape fäite ve h bere oit beere Cherawn, Aa enline Wage preser mal. 4 eréeutee Ndces 1a. — 4 1 edi D'AGRICUILTVURVE. 157 L'on emploie encore pour cela un instrument qui a un large ratissoir, au- trement un rabot à terre, de l'espèce dont on se sert pour rausser les allées de jardin. Au besoin lon peut faire trainer un tel instrument par des hommes.* Enfin, l'on peut aussi se servir pour cela d'une charrue ordinaire sans roues, dont le soc soit tranchant des deux côtés, mais sans versoir. On a varié à Pinfini ces instrumens, en leur donnant des noms différens, quoique pourtant ils ne soient pas essentiellement dissemblables. Tous doivent étre modifiés, selon que le sol a plus de ténacité, ou selon l'état de la végé- tation des plantes qu'on veut cultiver par leur moyen. On peut, à cet effet, adapter des fers de divers genres à une même monture. Mais comme ce fréquent chan- gement des pièces éprouve L'instrument et fait perdre du temps, je tiens pour plus convenable d'avoir plusieurs instrumens à sa disposition, du moins lorsque Eétendue des terres à cultiver est un peu considérable. 3§ 1145. La culture avec ces instrumens est à celle qu'on donne avec les instrumens à main, ce que le labour à la charrue est au labour à la bêche. La culture avec les divers cultivateurs ou houes à cheval seule, peut rendre la culture des ré- coltes sarclées en grand, praticable dans la plupart des exploitations rurales. Avec un cheval et un seul conducteur, lorsqu'on en a d'expérimentés et que le cheval est dressé au travail, on peut, sans effort extraordinaire, culuver sept journaux en un jour. Car comme, sur trois traits de charrue, on ne passe qu'une seule fois avec la houe à cheval, le chemin que le cheval et le conducteur ont à faire, n'excède pas celui qu'une charrue parcourt pour labourer 2 ½ journaux; et la force qu'un cheval doit employer pour trainer soit la petite houe à cheval, soit écroutoir ou ratissoir à cheval, est à peine égale à celle de l'un des deux chevaux qui mettent en mouvement une charrue. On peut également employer à cela un âne, si Pon veut tenir de ces animaux. Cependant, souvent on ne cultive que cinq journaux par jour; mais c'est bien le moins. Comme cet on- vrage doit étre exécuté avec une certaine circonspection, on ne doit pas trop presser le conducteur, de peur qu'il ne précipite son travail et ne le fasse mal. Au reste, la vitesse avec laquelle la culture à la houe à cheval peut étre exécutée, dépend, tout comme dans le labour, de la longueur des raies ou de la nécessité de tourner plus ou moins souvent. Si les chevaux et les hommes ne sont pas encore habitués à ce travail, ou si les plantes ne sont pas en lignes droites, il est, tout au moins, plus sůr d'employer deux hommes à cette opération, Pun * Voyez Dikson, Pl. V, fg. 6. eie. T. IV. 18 158 PRINCIPES RAISONNES pour conduire le cheval, Pautre pour Pinstrument. Si l'on a à sa disposition un b jenne homme léger et intelligent, le mieux est de le faire monter à cheval, parce que, de ceite manière, il voit mieux devant lui et peut mieux diriger Panimal. Si Pon passe une seconde fois dans la même direction, on peut alors toujours se passer du conducteur, parce que le cheval suit de lui-même la pre- mière trace. Devant la grande charrue à butter, surtout si elle doit entrer pro- fondément en ierre, il faut cependant atteler deux chevaux; ce qui a lieu au 2 moyen d'un palonier assez long pour que les deux chevaux puissent marcher dans les deux raies qui bordent les deux côtés de celle où la charrue est en action. Le moins d'ouvrage que l'on fasse avec un instrument du genre de ceux-ci, égale celui de quarante ouvriers. Car pour Pexécuter avec la méême force, il faudrait au moins huit ouvriers par journal. V 6 1144 V Dans la culture des récoltes sarclées, il importe souvent moins d'obtenir le 3 plus grand produit, qu'une étendue de terre puisse donner, que d'obtenir ce V que Pon doit avoir, avec le moins de frais que cela est possible. La rente du sol s'éléève à beaucoup moins que le travail, et comme cette récolte est des- ninée à tenir lieu de la jachère et qu'elle en remplit le but, la rente du sol ne doit guéres Gtre imputée à cette récolte. Si je retire 200 quintaux d'un journal, en lui consacrant 12 rixdalers, et 150 quintaux en y employant seulement 3 rixdalers; Pavantage est souvent du côté du dernier, surtout si il ne me manque pas de terrain à employer et bonifier de cette manière, mais plutôt du nombre d'ouvriers nécessaire pour ensemencer ei cultiver avec soin une grande étendue de terrain. Les végétaux qui sont un peu plus espacés peuvent être A mieux cultivés que ceux qui sont trop serrés. § 1145. Il'est essentiel d'avoir, peu de temps avant de planter ou semer en lignes les végétaux de ce genre, détruit entièrement toutes les mauvaises herbes qui poussaient sur le sol, afin qu'on ne soit pas obligé de donner des cultures 3 avant que les plantes aient pris un peu d'accroissement. IIl est sous-entenda qu'il faut que le sol ait été convenablement préparé avec la charrue; mais, après le dernier labour, on fait bien de régaler le sol avec la herse, puis en temps sec, de pulvériser les mottes avec le rouleau, et de herser de nouveau avec force. De cette manière, on accélèére la prompte germination des se- V wences de mauvaises herbes, et lorsque cette germination a eu lieu, Pon fait précéder la semaille ou plantation, par une culture avec l'extirpateur), à la suite D'A GRICUITURF. 239 de laquelle on herse de nouveau; au moyen de ces soins, si Pon ne peut pas pré- venir tout-à-fait le retour des mauvaises herbes, on parvient tout au moins à le retarder, et à rendre celles-ci plus rares; de sorte que, souven, on peut épargner la culture auralissoir, et procéder d'abord à buuer. Ces labeurs préparatoires sont largement payés par l'épargne qu'ils procurent sur les cultures qui devraient suivre. § 1146. Un instrument qui, pour la culture de ces récoltes, est de la plus grande utilité, Gest le sillonneur, rayeur ou marqueur, instrument qui, cependant, doit rayer plus profondément que ceux de ce nom qu'on emploie. On peut faire les sillonneurs ou marqueurs, en fer, ou en bois recouvert de tole, ou avec un revéêtement de fer coulé, à la manière de Fellenberg. Avec cet instrument on trace des lignes dans une direction et, en étendant un cordeau en travers, on marque alors les points oùð chaque plante doit étre placée. Pour changer la distance des lignes, il faut, ou employer un autre sillonneur dont les pieds soient à la distance qu'on désire, ou que le premier ait des pieds mobiles et dont l'espacement puisse être varié. Les petites raies que cet instrument trace font, d'un côté, que les plantes se trouvent en lignes parallèles, et, de Pautre, quw'elles sont placées un peu plus profondément, ce qui les protège légèrement contre la sécheresse, fait qu'elles attirent plus l'humidité, et que, dans la suite, elles sont recouvertes par une plus grande quantité de terre meuble. Lorsqu'on sème des petites graines, c'est dans ces raies qu'on dé- pose la semence, soit avec la main, soit avec la machine; mais il faut úrer ces rajes immédiatement avant de semer, afin que la terre y demeure plus meuble et fraiche. § 1147. Pour les récoltes sarclées qu'on séème à de plus grandes distances, et que pon élève de semence, dans le lieu même ou elles doivent achever leur végé- tation, on se sert ordinairement de semoirs plus simples, et qui sêment seu- lement sur une seule ligne à la fois. On a cependant fait des machines de ce genre qui sèment deux ou trois lgnes en même temps; mais on n'en a re- nré aucun avantage; au contraire, l'on en a éprouvé Linconvénient de ne pas pouvoir varier, à volonté, la distance des lignes qu'on semait, selon la nature des produits et la fécondité du sol. Dans le 2. cahier de ma descriplion des instrumens aratoires, jai douné le dessin de deux des plus commodes de ces machines, Pune à Pl. VI. pour les semences plus grosses, telles que fèves, pois, mais, eic. et la seconde à Pl. VIII, pour les petites graines, telles que 140 PRINCIPES RAISONNES raves et navets, choux, colza, moutarde, etc. Mais, lorsqu'on se sert du sil- lonneur ou marqueur dont nous avons parlé, on n'a besoin ni du rayeur adapté à la machine, ni de la petite roue qu'on a jointe à la machine destinée à semer les féèves, pour marquer la ligne suivante. § 1148. Lorsqu'on forme des semis pour en tirer les plants, et les transplanter sur le champ qu'on destine à cette culture, l'on en sème la graine, ou étendue uni- formément, ou en raies serrées, afin de pouvoir mieux en détruire la mauvaise herbe.. Si Pon s'est déterminé à cultiver de tels produits en grand, qu'on ait fixé et préparé le terrain q'on leur destine, il est très-désagréable de se trouver court de plants. Il importe donc beaucoup de se pourvoir de Ponnes semences, de les Glever, autant que cela se peut, soi-mèéme, ou du moins de les acheter de culüvateurs connus, et non de marchands grenetiers qui, souvent, sont eux-méêmes trompés. Mais il arrive aussi que, quoiqu'on ait employé les meil- leures graines, les semis manquent; les pucerons sont très-dangereux, surtout pour les plantes du genre des raves et des choux au moment de leur germi- nation, Si le temps est chaud, peut-étre n'y a-t-il d'autre moyen, que de couvrir d'abord le semis avec des branchages, de mettre dessus l'épaisseur d'un pouce de paille, et de la maimenir toujours humide jusqu'à ce que la plante ait atteint sa quatrième feuille; alors cet insecte attaque bien encore cette plante, mais il ne peut pas faeilement la détruire. Il n'est pas douteux que, pour les semis, il ne faille choisir un sol bien pré- parè, ni trop humide, ni trop sec, qui n'ait pas été fumé récemment, mais qui, cependant, soit riche et fécond. Il est des plantes dont la semaille doit avoir lieu d'aussi bonne heure que eela est possible. On peut aussi les garantir des gelées tardives par la couverture dont nous venons de parler. Les couches sont, à la vérité, irès-commodes, mais elles ne peuvent guères étre employées en grand. Il faut semer d'autant plus tôt, que Pon a plus à redouter les pucerons, afin que, au besoin, P'on puisse semer une seconde, ou mème une troisième fois, On doit toujours avoir une provision de semence pour ces derniers cas. En moyenne, on peut calculer que, pour se procurer les plants nécessaires à un journal, il faut que le semis ait quatre perches carrées. Quelquefois cette étendue donne bien une quantité surabondante de. plantes; mais la perte est très-petite, puisque P'on peut employer ces plantes ailleurs, ou mème comme fourrage vert. fa ——õ y — K 141¹ Si Pon se donne la peine d'arracher les mauvaises herbes du semis, des plantes plus vigoureuses en sont la récompense Souvent je me suis contenté de faucher les mauvaises herbes qui dominaient les plantes du semis, surtout Paroche et les moutardes, et ce moyen m'a paru éêtre suffsant. ⸗— 1149. Lorsqyue les plantes ont atteint, dans le semis, la vigueur nécessaire et une cer- taine dureié, l'on doit se hater de les plauter, afin qu'elles ne prennent pas une trop longue tige. Si, pour faire la transplantation, on a le bonheur de ren- contrer une température favorable et humide, cette opération se fait avec fa- cilité, et exige moins de main-d'œuvre. II faut alors employer tous les bras dont on dispose, pour profiter de ceute température, et méôme se procurer, au-dehors, autant d'ouvriers qu'on peut en avoir, afin d'accomplir promptement D' AGRICULTURE. la plantation. Ce travail coüte également moins, si l'on sait le répartir conve- nablement, et de manière que chacun fasse sa part de l'ouvrage, sans entraver ou retarder ses voisins; pour cela il faut, sans contredit, une surveillance suivie, mais on gagne bien plus à la consacrer à presser le travail, qu'à le laisser trainer en longueur. On emploie quelques ouvriers à enlever les plants du semis. Pour peu que le sol soit durci, ces ouvriers ne doivent point arracher ces plants; ils doivent, au comrairg, soulever la terre avec la bèche et la poser de côté, pour enlever les plants avec soin, afin que le chevelu de leurs racines en soit conservé. Alors on prend un seau plein d'une bouillie liquide, composée d'une glaise marneuse qui soit d'une solution facile, d'excrémens de vaches, ou de liziex qui ait subi sa fermentation, et autant d'eau qu'il en faut pour que, lorsqu'on plonge dans cette bouillie les racines des plantes, celles-ci et leurs filamens les plus déliés en demeurent enduits et comme enveloppés. On prend dans la main une poignée de planis et, après en avoir coupé Pextrémité des feuilles, on plonge les racines dans la bouillie, et on place ensuite ces plants, poignée après poignée, dans une corbeille, au moyen de laquelle on les transporte au champ ou ils doivent étre plamtés. Cette manière d'enduire les racines est aussi facile qu'elle est efficace, pour protéger les plantes contre Pinfluence nuisible de Pair atmosphérique, pour empécher qu'elles ne soient desséchées, et pour procurer aussitét à leurs racines les plus déliées, une nourriture qui les sou- nenne. Des plants préparées de cette manière peuvent, dans tous les cas, supporter de demeurer quelques jours hors de terre, si on veut les envoyer à quelque distance. Touiefois, il est sans contredit mieux de les planter im- médiatement. Si le sol est humide et le ciel seulement couvert, les plantes qu'on aura mises en place dans le champ, m'auront nul besoin d'étre arrosées; 1 142 PRINCIPES RAISONNES elles demeureronmt en pied, et Pon aura épargné une grande partie du iravail. Selon que le champ est plus éloigné, ou que la plantation est plus étendue, une ou plusieurs personnes sont employées à transporter les planis dans le champ. Ea elles les distribuent aux ouvriers qui doivent les planter, ou bien il y a un homme spécialement occupé à les leur tendre, dés la corheille, à mesure quiils men ont plus. 6 1150. Pour la plantation même, le travail peut encore ètre réparti entre ceux qui font les trous dans les places indiquées par le marqueur, et garnissent la plante en introduisant de nouveau leur plantoir dans la terre, pour la comprimer contre les racines, et ceux qui placent les plantes dans les trous. Mais il faut que ces personnes soient bien exercées, afin qu'elles ne s'entravent ni ne se retardent pas réciproquement; dans le cas contraire, on préfère confier à la même personne, le soin de faire les trous et d'y placer les plants. On ne confie à chaque ouvrier, ou à chaque paire, qu'une seule ligne à la fois, à moins que la plantation ne doive étre serrée, dans ce cas, c'est le double; ces ouvriers travaillent ainsi en biais, en se suivant l'un l'autre, soit en descendant le champ, soit ensuite en le remontant, et l'on cherche à les maintenir ainsi toujours dans la mème mesure. On fait ordinairement les trous et l'on serre la plante, au moyen d'un plantoir en bois, auquel on a donné une poignée commode. Cependant il vaut mieux encore, se servir pour cela d'un instrument en fer. A la première Pl. du 3.“ cahier de ma description des instrumens aratoires, on trouvera Ie dessin d'un tel instrument; si'on a quelqu'habitude d'en faire usage, la plantation se fait avec beanconh de facilité. L'ouvrier qui plante, cultive la terre par son moyen, il ébranle un peu Linstrument, introduit la plante dans le trou, remue un peu la terre qui est autour de celni-ci pour la faire glisser dedans, et plante de nouveau son instrument en terre, pour presser le sol contre les racines sans les offenser. Si les ouvriers sont trop maladroits dans cette opération, il est micux, sans doute, de donner au plantoir un manche droit, qui, au haut, ait une petite traverse, sur laquelle il puisse appuyer, pour planter plus facile- ment Pinstrument. La terre n'est pas autant durcie par cet espèce de plantoir que par un baàton rond en bois. 8i le sol est sec, la température chande et le soleil ardent, il ne faut pas tarder à arroser les plantes, après qu'elles ont été placées en lerre; pour cet effer, on transporte Peau dans des cuviers. Lorsque la emporature est telle, il est prudent de ne plantor que vers le soir. 5 — D'AGRICGULTVR E. Lors mèéme que la Plantation aura réussi aussi bien que cela est possible, il y manquera cependant toujours quelques plantes, qui n'auront pas repris, ou qui auront été détruites par accident. Aussitôt qu'on l'apercevra, l'on devra se hater de replanter, car si l'on tardait, les plantes qui seraient ainsi placées dans les vides, n'atteindraient plus les autres, mais au contraire, en seraient dominées. Quelquefois, cependant, avant de replanter, on doit passer le ra- tissoir à cheval, parce que, sans cela, les plants qu'on aurait récemment mis en terre pourraient facilement étre recouveris par la terre remuée. II faut conserver, pour cela, des plants bons et vigoureux, et non de ces tardifs et faibles qu'on avait laissés en arrière, et qui réussiraient moins encore. 6 1151. Ordinairement la plantauion de ces végétaux a lieu sur un terrain uni et plat, ou sur des billons ou planches d'une largeur plus ou moins grande. Mais on a aussi pris la méthode de planter, ou môme de semer, en lignes, sur des billons très-étroits, formés auparavant avec la charrue; par ce moyen, on cherche à 7 donner, dès les premiers momens, aux racines des plantes, une couche végé- tale plus épaisse. La meilleure manière de former ces billons, c'est d'y employer la grande charrue à double versoir, qui les exécute très-bien. Quelquefois on passe le rouleau par-dessus, en longueur, afin d'abattre un peu leur arôéie. Cette manière de cultiver a souvent le meilleur succès, parce que les racines ne rencontrent que de la terre meuble et féconde, jusqu'à une grande pro- fondeur, et qu'ainsi elles ont plus d'espace pour s'étendre. Mais il est alors plus difficile de détruire les mauvaises herbes, et l'on doit, ou avoir recours à la méthode que nous avons indiquée au commencement du 6 1141, ou bien saisir le moment où la mauvaise herbe qui se montre à la superficie du sol, a, en plus grande parue, germé et poussé ses feuilles séminales, et alors, avec la méême charrue au moyen de laquelle on a formé les billons et dont on a eu carter un peu plus les versoirs dans leur partie postérieure, on passe s les raies, et recouvre ainsi la jeune herbe avec une terre fraiche, soin d'e de nouveau dan nrée du fond de ces raies. A la sommité des billons, dans les lignes des plantes, on a bientôt détruit la mauvaise herbe avec la houe à main. Mais si Pon a laissé passer le moment favorable, le nettoiement des mauvaises herbes devient très- diffcile, parce qu'on ne peut guèêres y employer les charrues à écroüter ou rauissoirs à cheval. Cette méthode m'a toujours procuré les plus grandes ré- coltes: elle ne convient pas pour les terrains sans consistance et secs, mais, en revanche elle est excellente pour les sols tenaces et humides. On peut également employer la machine à semer en lignes espacées, pour 144 PRINCIEES RAISONNüs semer la graine de ces végétaux sur des billons, et comme l'épaisseur de la conche végétale est considérable, la réussite est telle qu'on peut la désirer. Mais il y a encore plus de difficulté à maintenir le sol net de mauvaises herbes; d'après ma propre expérience, je conscille de m'employer cette méthode que sur des terrains qui aient déjà 6té parfaitement nettoyés. Quelques cultivateurs ont recommandé, surtout, pour le cas oùð Pon n'aurait pas du fumier en suffisance, de concentrer celui-ci uniquement sous les lignes des plantes, afin que celles-ci en retirent d'autant plus de nourriture. Ceci s'opère de la manière suivante; à l'aide de la charrue à double versoir, on trace des raies à une distance aussi égale et aussi réglée qu'on le peut. Alors on amène le fumier sur une charrette trainée par un seul cheval et dont la voie soit, cependant, assez large pour que les roues cheminent dans deux raies séparées par une troisiéme où marche le cheval. Un ouvrier qui suit la char- rette, tire le fumier en le faisant tomber dans la raie du milieu en petits monceaux peu éloignés les uns des autres, et denx autres ouvriers répartissent ce fumier dans les trois raies à la fois. Mais ce fumier ne doit pas étre pailleux. Lorsqu'il a ainsi été distribué, on refend les intervalles des raies, avec la même charrue, en allant aussi profond que cela est possible, et l'on recouvre ainsi le fumier, avec la terre qu'on sort de la nouvelle raie; après cela, on passe le rouleau dans la direction des billons, afin d'en abattre la côte, et Pon sème ou plante sur ceux-ci. Les plantes se trouvent alors précisément sur le fumier. Mais ceue méthode ne me parait pas si avantageuse que beaucoup de gens Pannoncent; je préfère transporter, avant tout, le fumier dans le champ, et le mélanger avec la couche végétale, par des labours réitérés. Cette méthode, si méôme elle n'est pas plus avantageuse pour la récolte sarclée qui en suit immé- diatement l'application, est certainement plus profitable, du moins aux récoltes suivantes, et c'est à celles-ci surtout, que l'on doit faire attention dans la cul- iure des récoltes sarclées. Lorsqu'on butte celles-ci, elles atteignent toujours, avec leurs racines, le fumier qui se trouve mélangé avec la couche vegetale„ puisque l'on amasse auprès d'elle la totalité de cette couche. D'ailleurs, quoique, en elle-même, cette opération ne soit pas difficile, on ne saurait nier, ce- pendant, qu'elle n'entraine beaucoup de longueur et de retards. Je ne P'ai essayée qu'une fois, et je soumets, en conséquence, mon opinion aux résultats que des expériences bien réglées pourront donner* * Ceue opéralion me semble pouvoir être utile dans le cas où, pour boniſier un terrain, on n'a qu'une quantité de fumier tout-à-fait insuffsante; cette quantité, telle qu zelle soit, procurera D'AGnICUL TVUR E. 145 Do resie il s'entend que, pour toutes ces récoltes, on doit labourer pro- fondément. Voyez à ce sujet le iome III, 99 755 à 744. Nous traiterons premièrement des VEGETAUX DE COMMERCE, D'entre lesquels plusieurs peuvent, au moyen de la culture avec la houe à cheval, étre cultivés avec un très-grand avantage. 5 1152. La culture des vegetaux de commerce donne, du moins dans certains cas, un produit en argent si extraordinaire, qu'on doit s'étonner qu'elle ne se soit pas plus généralement répandue, et que, au contraire, elle soit con- finée dans quelques conitrées et, là-même, à quelques objets seulement. Dans plusieurs pays on ne la connait que peu ou point, quoĩque souvent on y éprouve un grand besoin de ces produits, et doive se les procurer au loin et après qu'elles ont passé par les mains de plusieurs négocians. Dans divers pays, au moyen de cette culture, la valeur du sol, ou la rente des terres, parait pouvoir dépasser le taux le plus 6levé qu'elle ait jamais atteint à l'époque meéme ou, au contraire, ce taux baisse avec le prix des grains. Plus le prix des grains est bas, plus grand est l'avantage qu'on retire de ces végétaux, parce que, à mesure que le prix des grains diminue, celui du travail baisse aussi. Lorsque la guerre maritime entrave Pexportation des grains, qui est toujours la base du commerce actif de PAllemagne, le prix des céréales di- minue, en méêéme temps que la valeur de ces produits augmente, ce qui rend Zlors leur culture d'autant plus importante. C'est sans contredit par ces produits, que P'activité et Pintelligence du cultivateur est le mieux récompensée. Pourquoi donc tous les agriculteurs ne s'approprient-ils pas ce moyen de gagner, surtout dans des temps où ils ont autant à se plaindre du bas prix des produits les plus usuels, qu'ils Pont eu dès 1809 à 18117 Cela provient sans doute de diverses difficultés auxquelles cette culture est liée, difficultés que plusieurs culuvateurs ne savent pas vainere, et dans les- une récolte sarclée plus abondante, que si cette petite quantité d'engrais eüt été mélangée avec toute la couche végétale; si ensuite on ſait d'abord consommer par le bétail la récolte qu'on hiver, un complémeni de fumier qui aura ainsi obtenue, on se procurera, déjs pour la fin de„' laient les ados. Je me joins sera alors très-suffisant pour achever Pamendement du terrain où é d'ailleurs absolument à l'avis de l'auteur. Trad. T. IV. 1 19 PRINCIPES RAISONNES quelles ils se laissent conduire par l'exemple d'autres personnes, ii n'ont rencontré que de la perte dans cette culture. Presque tous les produits de ce genre exigent un sol naturellement fertile, ou qui, par une culture soignée, ait 6té fortement amélioré; ils exigent une abon- dance d'engrais, pour la reproduction desquels ils ne donnent pas la matière première, comme le fait la culture des grains et des plantes à fourrage. Ainsi, les iirconstances agricoles de divers pays s'opposent absolument à cette culture, qui, de cette manière, se trouve confinée dans des districts ou la fertilité naturelle du sol, la position, ou un systéme de culture améliorant et établi depuis maintes années, ont procuré une surabondance d'engrais ou des substances qui les pro- duisent. Lorsque sans s'arréter à cos conditions, séduit par le grand produit que de tels végétanz promettaient, on s'est mis à les cultiver en grand, il a pu en résulter d'abord un profit étonnant, mais ensuite'économie de l'ensemble en a été tellement affaiblie et épuisée, qu'il en est effectivement résulté de la perte. Plusieurs cultivateurs ont retiré jusqu'à trente, quarante rixdalers par journal, de produit net, et se sont ruinés. La première condition de la culture de ces pro- duits en grand est, ainsi, un sol en très-bon éiat, et une surabondance de ces engrais, qu'exigent, elles-méêmes, les récoltes qui reproduisent la matière pre- mière des fumiers. Un systéme de culture calculé sur la reproduction d'une grande quantité de fourrages et le maintien de la fécondité du sol, seul, peut conduire avec suͤreté à la culture des végétaux de commerce; à moins que la nature n'ait favorisé le terrain d'une manière rare. Si on peut rendre avec abondance au sol ce que ces récoltes lui enlèvent, la plupart de ces végétaux le conservent net et meuble, soit par eux-méêmes, soit par les opérations que leur oulture exige, et lui procurent une excellente préparation pour les produits qu'on cultive plus ordinairement dans les champs. § 1153. Outre cela la culture des végétaux de commerce exige une connaissance exacte de leur nature et de toutes les circonstances qui leur appartiennent. Celui qui n'a pas su acquérir cette connaissance, peut facilement omeitre quelque chose qui, au premier abord, paraisse indifférente, mais qui, cependant, ait une grande influence sur la réussite de ces récoltes. La plupart de celles-ci ne peuvent point étre abandonnées à elles-mêmes, comme les céréales, durant la période de leur végétation; le cultivateur ne peut pas dire après avoir terminé ses semailles: mon grain est en terre, le bon Dieu le fera croitre, les produits de ce genre ont, tout au contraire, besoin d'une auention soutenue, et de soins fréquens; dans ces soins, à la vérité, la somme du travail est G& 65 9- D'A GRICULTURL. 147 souvent très-peu considérable; mais, ils n'en sont pas, pour cela, moins né-— cessaires et à des époques précises; leur retard, ne ft-ce que d'un seul jour, peut souvent avoir les suites les plus nuisibles; surtout si l'on doit saisir une température favorable, et un degré d'humidité du sol qui passe rapidement. Celui qui embrasse cette culture en grand, doit avoir sous les yeux la totalité de L'étendue sur laquelle il travaille, avec la même précision qu'un jardinier à Pespace resserrée qu'il cultive; ils doit donner à ces produits tous les soins qu'ils demandent, et en écarter, autant qu'il le peut, tout ce qui leur serait nuisible. § 1154. Il ne suffit pas de calculer les frais du travail qui se fait à la main et avec les chevaux. Le temps durant lequel ces labeurs ont lieu est très-court. Quel⸗ qu'insignifians qu'ils soient dans Pensemble de l'économie, ils sont très-difficiles à exécuter dans le moment ou ils doivent avoir lieu. IIs iombent sur une époque ouù l'on doit consacrer toutes les forces dont on dispose, à la récolte des produits ordinaires; on peut donc se trouver dans P'alternative de sacrifier les uns ou les autres. Aussi pour la culture de chacun de ces végétaux faut-il bien calculer quand cetie époque arrive, et comment cela peut se combiner avec les autres travaux agraires. Une température extraordinaire peut retarder cette époque; cependant la progression des diverses plantes, dans leur végé- tation, paratt demeurer à peu près dans le rapport réciproque qui leur est habituel; de sorte que, lorsque l'une d'entr'elles regçoit plus tôt ou plus tard un ceriain développement, l'autre le regçoit, de méme, plus iét ou plus tard que P'époque ordinaire. Mais il faut savoir calculer, d'après cela, le moment de la semaille ou de la plantation, et étre toujours en avance pour chaque labeur. Une moisson aussi hätive que le füt, par exemple, celle de 1811 ‚interrompt chune manière très-nuisible la suite des travaux agricoles. L§ 1155. Cela devient d'autant plus diffcile, qu'on ne se borne pas à la culture d'un seul de ces végétaux, mais qu'on s'occupe, au contraire, de plusieurs à la fois. Si Pon sait faire son choix de manière que le travail exigé par les différens végétaux qu'on cultive, se succède d'une manière commode, une grande va- riété de ces produits est alors très-avantageuse, et s'accommode fort bien avec les circonstances économiques. On peut alors occuper les méêmes ouyriers, habituellement au méême ouvrage, ce qui fait qu'ils y acquièrent une plus grande habileté; et partout où il y a du iravail à la continue, rarement il manque q'ouvriers à des prix modérés, tandis qu'au contraire, il est ires-diffcile de TRINCIPES RAISONNES s'en procurer, lorsqu'on ne peut les employer que pour peu de temps, et surtout lorsqu'on en veut à qui l'on puisse confier des opérations qui de- mandent une attention particulière et de la pratique. Celui qui ne saura pas faire ce choix d'une manière judicieuse, et qui, sans 2 A 1.„«ℳ.* 4«ℳ sarrèter à de telles considérations, se laissera entrainer à ne cultiver que les produits qui, lors de leur parfaite réussite, procurent le plus grand profit, ne lardera pas à payer son imprudence par des pertes réelles. § 1156. La plupart de ces végétaux ne peuvent pas étre mis en vente d'abord après la récolte, ils demandent des magasins pour les conserver, des instrumens et des opérations, et souvent en grande mesure. Toutes ces choses exjgem de grandes avances, et lorsque de iels établissemens n'ont pour objet qu'une seule espèce de végétaux, celle-ci se trouve chargée dintéréts considérables. Outre cela des circonstances mercantiles peuvent faire évanouir les avantages que pr ésentait la culture de co produit, et alors le capital consacré aux établissemens qui Pavaient pour objet se trouve dissipé. Il faut dono calculer ces établissemens de maniére qu'ils puissent servir, à la fois ou successivement, pour plusieurs objeis. Le onlüvateur circonspect ne peut jamais manquer de débouché pour Lécou- Jement de tous les produits utiles;; mais il se peut que plusieurs de ces produits ne puissent pas se vendre drectemen, aux consommateurs, et qu'ainsi ils doi- vent passer par les mains du négociant. On ne peut pas faire un tort à celui-ci de chercher, selon le premier principe de sa profession, faire le plus grand gain Possible, de chercher, dis je, à acheter au plus bas prix quiil le peut, et de tirer parti de Pembarras où se trouve le culuvateur, surtout lorsqu'il a besoin d'argent. Il faut donc, avant d'entreprendre la culture de végétaux de ce genre, surtout dans une contrée ouù ils ne sont pas en usage, sinformer des circonstances mercantiles, et s'assurer d'avance d'un acheteur, autant, du moins, que cela est possible. Si pon n'en trouve pas, il faut alors se borner aux produits dont le commerce est, en quelque manière, rèêglé dans le pays; et il en est loujours quelques-uns. 5 1157. Le prix de ces produits est toujours variable, on ne peut, en aucune ma- nière, compter sur le plus élevé de ceux où ils ont été récemment; car c'est précisément un prix excessivement élevé, qui en amène promptement un exces- sivement has; parce que, séduits par le haut prix, tous ceux qui le peuvent, se donnent à la culture de ce produit, de sorte que le marché en est alors a 8 DP'AGRIGCVULL TUR R. 149 bientôt couvert. Souvent il est prudent de restreiadre la culture d'une plamle, pour augmenter celle d'une autre, lorsque la demande et les prix de la pre- mière sont montés à tel point, que chacun est séduit à spéculer sur elle. D'un autre côté le cultivateur prévoyant ne doit pas facilement renoncer entiérement à la culture d'un produit de première nécessité, et détruire les établissemens qu'il a à ce sujet, lors même que le prix en est tombé très-bas. Il doit bien plutòt espérer que ce prix ne tardera pas à hausser, parce qu'alors la plupart des cultivateurs se dégoütent de ce genre de produit. C'est ainsi que le prix et la culture du tabac, du houblon, de la garance, du pastel, ont été soumis à de si grandes variations: dans plusieurs contrées où la culture de ces végétaux Gtait naturalisée, elle a tout-à-fait cessé lorsque les prix ont baissé; et on ne Ty a recommencée, que lorsque le moment où l'on pouvait y trouver plus d'avantage, était déjà passé. § 1158. Celui qui exerce l'agriculture sur une grande étendue, doit choisir, parmi des végétaux, surtout par mi ceux qui sont déjà usités dans sa contrée, particulière- ment ceux dans la culture desquels, au moyen d'une bonne répartition du travail, et d'instrumens convenables, il peut épargner beaucoup de main-d'œuvre. Car là ou il ne s'agit que de travailler, il peut rarement soutenir la concurence du petit culuvateur, qui exécute ses travaux assidument avec sa famille. Celui-ci se contentant d'un petit gain, offre ses proquts; à très-bon marché, de sorte que c'est le négociant et non le cultivateur qui s'y enrichit. Nous convenons parfaitement de ce fait, que la culture des végétaux de commerce, est le but le plus élevé que l'agriculteur éclairé doive avoir en vue, puisque c'est elle qui donne les plus grands bénéfices; mais nous pensons aussi qne cet agriculteur ne doit s'y livrer qu'avec circonspection, peu-a-peu, et après qu'il s'est assure d'une reprodlnouon abondante et durable d'engrais. Pai cru devoir, par les observations qu'on vient de lire, poser, en ceci, de justes limites entre les éloges séducteurs de quelques personnes, et les objections inquiétantes de quelques autres. LES PELANTES HUILEUSES. § 1159. Les plamies qu'on cultive le plus ordinairement pour faire de Phuile appar- diennent à la famille botanique des Brassica. Cette famille a, dans le cours de la culture qui en a eu lieu de temps immémorial, subi tant de modificalions PRINOIPES RAISONNES de son état primitif, et produit des variétés ou dégénérations si nombreuses, qu'il est réellement difficile d'en distinguer et séparer les diverses espèces, celles qui ont acquis une certaine constance de caractères, et plus difficile, en- core, de déterminer quelle est leur origine; par quels croisemens elles ont 6té produites. Nous ne parlons ici que des seules plantes de cette famille que Pon cultive préférablement à d'autres pour en faire de l'huile, quoique toutes ses variétés portent des semences très grasses, et que quelquefois on les emploie pour faire de lhuile. Toutes les plantes de cette famille semblent être bisannuelles, de sorte que e'est dans leur seconde année seulement, qu'elles poussent des tiges et portent leur graine; une seule espèce paratt faire exception à cette règle, c'est le Colza dle printemps(Brassica campestris), lequel n'est pas, comme plusieurs le croient, une dégénération du Colza, ou de la Navette d'automne, mais une espèce très-distincte. LE COLZA D'AUTOMNE ET LA NAVETTE D'AUTOMNE. § 1160. Nous parlerons d'abord des végétaux de cette sorte qu'on sème en automne: on en cultive deux espèces essentiellement distinctes, que cependant on confond souvent dans leurs noms et dans leur eulture, mais At ili importe au cultivateut de bien distinguer. 1 L'une est le Brassica oleraeea laciniata, variété particulière du Chou d tondre des jardiniers. Nous le distinguons sous le nom de Colza, grand Colza, du mot allemand Kohl- Saat, graine de chou. Lautre espèce, que nous appelons Navette, est un Brassica napus. On la rencontre plus souvent en Allemague que la précédente, parce qu'elle sup- porte d'étre semée plus tard, et se contente d'un sol moins riche; au resie, plusieurs la cultivent, parce qu'ils ne connaissent pas le Colza, qui, d'ailleurs serait et plus avantageux et moins casuel. Afin de donner au cultivateur prauique la facilité de distinguer ces deux genres de plante, je vais meitre ici en parallèle leurs caractères particuliers. 0 EA Le Corzà(Brassica aaapessris). La NAvETTE(Brassica napus). a) Il appartient au genre des choux et, dans a) Elle est du genre des raves, et a plus de tout son ensemble, il se rapproche des plantes ressemblance avec les plantes de cette famille. de cette famille“.. Ulos de D' AGRICULTUR E. 151 b) Sa principale racine est Présdue cilin- b) Sda principale racine a la forme d'un Kräloe. fuseau, elle a de la ressemblance avec celle des raves et, lorsque la plante peut s'étendre, elle donne quelquefois une vraie rave. oe) Ses feuilles sont lisses, charnues, d'un c) Ses ſeuilles sont velues, plus minces, vert clair, quelquefois, surtout les iaférieures, moins arrondies à leur extrémité. couleur de cuivre et couvertes d'une poussiere blanchatre. d) Sa tige est plus forte, elle ne pousse pas d]) Sa tige est plus faible, elle pousse, dès dès le bas, mais, à une certaine hauteur elle le bas, des branches qui forment un angle jette des rameaux, qui s'étendent plutét en aigu avec elle. largeur qu'en hauteur. e) Sa fleur est d'un jaune clair. II fleurit et e) Sa fleur est d'un jaune plus foncé, elle et müuͤrit plus tard. fleurit et murit plus tôt. f) Les siliques et les graines en sont plus f) Elles sont plus petites. grandes. g) Pourse bien enraciner, il veut ètre zemnt g) On peut la semer plus tard plus tôt. h) Sous cette condition il est plus robuste„ h) FElle est plus délicate, et est plus facile- il résiste mieux à Thiver. meni détruite par T'hiver. § 1161. II n'est pas rare de trouver ces deux produits confondus et mêlés ensemble, et que, dans des contrées où Pon cultive lun et Pautre, il n'en naisse une espèce moyenne, du moins ai-je cru l'apercevoir. Ce mélange ne convient en aucune manière, surtout à cause de la différence dans P'époque de la maturité; il ne faut rien négliger pour se procurer de la semence pure de lune ou de Pautre espèce. Dans des contrées où l'on cultive fréquemment ces végétaux, on comprend Pune et l'autre espèce sous la dénomination de graine d'automne, ou seulement graine; ce qui a donné lieu à de fréquens mésentendus entre des cultivateurs du pays et des étrangers. § 1162. Ces geur genres de végétaux peuvent parfaitement étre cultivés sur tous les terrains qui conviennent au froment et à Torge; mais principalement sur ceux qui contiennent de 50 à 60 p. c. de sable avec un peu de chaux. Une condition absolue de leur réussite, c'est que le sol soit parfaitement assaini et égoutté; car humidité en hiver, leur devient toujours mortelle. Sous cette condition, le colza réussit aussi sur les terrains légers, mais riches, des bas-fonds; surtout lorsque, ayant été semé de très-bonne heure, il a bien pu s'enraciner. La navette exige absolument un terrain qui ait de la consistance; sur un plus léger, elle est facilement arrachée par la gelée. 152 vRINCIPERS RAISONNES § 1163. Le colza, plus encore que la navette, demande un sol très-riche; leur culture ne peut donc avoir lieu que sur un terrain naturellement très-fécond ou qui a reçu une portion d'engrais double de l'ordinaire. Il faut que ces engrais soient T'une solution facile, par conséquent que le fumier d'étable soit passablement consommé et mélangé avec la terre. Souvent on donne au terrain un amen- dement de fumier que l'on enterre par un des premiers labours, et, avant de donner le labour de semaille, on parque. § 1164. Il west pas moins essentiel de bien travailler et pulvériser le sol. On laboure et herse au moins quatre fois et, dans les labours qui précèdeni la semaille, on a encore recours au rouleau, afin de diviser parfaitement la couche végétale. La culture de ces plantes demande ainsi ordinairement deux ans, et il faut mettre à leur charge la rente du sol pendant toute cette période. Il n'est, à la vérité, pas rare de voir semer la navette(du colza n'y réussirait pas), sur un chaume de seigle, après qu'on la fumé et labouré, en toute häte, deux ou trois fois. Mais cette méthode donne le plus souvent un très-petit produit, rarement plus Pune demi-récolte. A côté de cela, le sol est horriblement exposé à s'infecter de mauvaises herbes, et j'ai vu des champs paruculièrement bons, où l'on avait répété cette culture à de petits intervalles de temps, étre tellement détériorés et épuisés, que ce fut après plusieurs jachères seulement, qu'on parvint dere- chef à en obtenir une récolte de froment satisfaisante. Aussi, tout agriculteur, dont les vues sont tant soit peu vastes, se gardera-t-il d'une méthode aussi mal entendue. On a, avec plus de succès, cultivé, sur le méme terrain, deux récoltes conse- culves de ces plantes, en consacrant le temps qui s'écoulait entre la récolte et fa semaille, à cultiver soigneusement le sol, et en donnant à celui-ci un fort amendement, sil wétait déjà dans un état de grande fécondité“. Lorsqu'un champ de trefle a été bien garni, lon peut cependant en retirer oncore une récolte Pannée de la semaille, pourvu qu'on fauche de bonne heure, de maniòère à pouvoir lui donner encore trois labours. Mais il faut qu'un tel champ soit absolument nettoyé de tout chiendent. On peut aussi tirer parti du sol en en exigeant une récolie de vesces fauchée en vert, pourvu qu'on Pait labouré une fois avant de semer les vesces, et qu'on le fasse deuz fois après la récolte. — * Voyez Thaers vermischte Sohriften, B. ¹ I,§. 466. A. dulue mqu soient emem àwen- Kuh ds laboure ill, on ale. La wettre érité, nume is Tols. nt lus cier do on await lériores t dere- Mteur, 8' mal donsé- e et un kont retirer heure, lchamp du 8c von bat 0is aytẽs — DA GRICGCULTVURE. . 5 1165. L'époque la plus ordinaire de la semaille du colza sétend des la mi-juillet jusqu'à la mi-aoùt; cependant cela pourrait avoir lieu plus tôt sans risquc, puisque cette plante ne monie jamais en graine la première année. La semaille de la navette a lieu déès la mi-aoùt au commencement de septembre. Il faut que la semaille suive, d'aussi près que cela est possible, le labour de semaille. Aussitôt donc que oe labour aura eu lieu, on passera la herse pour régaler le sol, et Pon passera le rouleau. Apréès cela on sèmera, l'on passera ensuite légèrement la herse et, si le sol est sec, derechef le rouleau. Si ce- pendant, immédiatement après ou pendant la semaille, il survient une forte pluie, il ne faut ni herser, ni passer le rouleau, puisque la semaille se trouve sans cela déjà suffisamment enterrée. Si le sol était serré par la pluie, il serait convenable de donner un léger hersage avant que la semence eùt poussé. Il importe essentiellement que la semence soit répartie d'une manière tréès- égale. Le mieux est de ne meitre que 5 liv. de semence par journal, mais de les semer de manière qu'il ne reste aucune place vide. Car lorsque les plantes sont trop rapprochées, elles se retardent réciproquement dans leur véêgétation, elles s'affaiblissent pendant Phiver, et disparaissent; tandis que, plus rares, elles se fortfient et résistent aux fächeuses influences de l'atmosphère; et lors méme qu'une semaille inégale résiste à Thiver, les plantes trop serrées les unes près des autres n'en demeurent pas moins petites; à peine peuvent-elles amener leur semence à maturité. Pour le colza, il est donc important d'avoir un semeur habile; lorsqu'on en sait un quelque part, on ne se laisse pas arréter par la distance, et Pon n'hésite pas à lui payer un ducat par jour, siil le faut. Un mauvais semeur, au contraire, peut faire manquer la récolte. Si l'on ne peut pas se fier à Phabileié du semeur, il convient de semer 8 liv. de graine par journal. 6 1166. Il faut que le champ ait de très-bons fossés pour emmener les eaux, et des raies d'écoulement soigneusement faites, pour les égoutter. En hiver, lorsqu'il dégèle, il faut donner tous ses soins à conserver aux eaux leur écoulement. Si, à la fin de l'été, il pousse beaucoup de mauvaise herbe parmi un colza semé de bonne kaure, surtout des moutardes; il convient de faucher celles ci, randis qu'elles sont en fleur; lors même que, dans cette opération, Pon fauche les feuilles du colza, cela n'endommagerait point les plantes. On peut de ceite manière retrer, en automne, une quantité assez considérable de four- rage d'un champ de colza. T. IV. b 20 * 154 PRINCIPES RAISONNES Si un champ semé en colza entre dans l'hiver en bon état, et que les plantes n'en soient ni trop rares, ni trop épaisses, que celles-ci soient vigou- reuses et d'un vert foncé, si d'ailleurs les dispositions pour'écoulement des eaux et l'égouttement du sol ont été faites d'une manière judicieuse, l'on a bien des motifs d'espérer que la récolte sera bonne; cependant on a encore à redouter Pépoque critique de la fin de Thiver. Un retour alternatif du dégel et de la gelée, arrache les plantes et les fait périr. La fusion de la neige et de la glace sous les rayons du soleil, et la gelée qui lui succéde pendaut la nuit, sont dangereux pour toutes les récoltes qui passent l'hiver en terre, et d'autant plus que la couche supérieure du sol est plus saturée d'eau et que celle- ci ne peut pas s'écouler au travers de la couche inférieure, laquelle se trouve gelée. Sous de telles circonstances, les semailles peuvent étre détruites, alors mêéme qu'elles ont été faites avec le plus de soin. 5 1167. Les ennemis du colza sont, outre le puceron qui l'attaque d'abord après la semaille, les souris, le charengon qui dépose, dans la fleur, des œufs d'ou il nattbientôt des vers qui mangent les siliques; et le ver luisant, cicindele (Nitdula aenea). On prétend avoir observé que ces insectes se multiplient dans des lieux ou, depuis long-temps, la culture de ce genre de plantes est fort usitée. § 1168. C'st là la culture ordinaire du colza et de la navette; car ces deux plantes ne different que sous les rapports que nous avons indiqués. Mais, dans les Pays-Bas et dans le voisinage du Rhin, ainsi que dans quelques districts de T'Angleiterre, l'usage de transplanter, surtout le colza, est établi depuis long- temps. Dans les lieux où la valeur d'un sol fertile, est considérable propor- nonnément au prix du travail, cette méthode paratt s'tre introduite presque généralement, parce qu'elle permet de tirer parti d'une grande partie du sol, Tannée méême de la plantation, et de lui donner encore les labours nécessaires. Nous avons, à la vérité, déja eu diverses descriptions de cette méthode, mais aucune qui soit plus précise que celle que Schwertz nous a donnée dans son excellent ouvrage sur la culture Belge. La transplantation a lieu ou après la charrue, ou avec la bèche, ou avec le plantoir. Comme je ne connais pas cette méthode par ma piepre expérience, je reuvoie mes lecteurs à cet ouvrage, qui, sans doute, se trouvera dans les mains de tout cultivateur qui voudra planter de cette manière. 5 1169. En revanche une méthode que Schwerlz décrit comme lui ayant très-bien 4 A W T Figpu. went des e, on a d encore du legel ndigs et endant k lerre e de celle⸗ troufe „ Abrs après Euis ndele dans sitoe, D'AGRIUCLTURL. 155 réussi, celle de semer en lignes espacées, m'est connue à la suite d'une longue expérience, et vraisemblablement ne sèmerai-je jamais difléremment du colza, pour en récolter le grain. Je trace avec le marqueur des raies à deux pieds de distance, et y sème ensuite le colza avec le semoir à raves. Cela a lieu sur un sol convenablement préparé, après que, peu avant de tracer les ligues, il a été cultivé encore une fois avec l'extirpateur, puis régalé avec la herse. Je n'ai jamais essayé, comme Schwertz, d'en semer ainsi sur un terrain oùu, la méme année, j'eusse récolté des grains à maturité; mais seulement après une seule coupe de trèfle, ou après des vesces auchees en vert. Apres la semaille on passe le rouleau. Lorsque les plantes ont leur quatrième feuille, on passe entre les lignes le ràtissoir à cheval, armé de trois couteaux horizontaux, et, si les plantes se sont développées, après la St. Michel on les butte avec la houe à cheval. S'il est venu des moutardes et sénevés dans les lignes, on les arrache; il y a ra- rement d'autres mauvaises herbes. Je n'ai pas trouvé qu'il fůt nécessaire de butter deux fois avant l'hiver; cependant cela pourrait étre utile. Je n'ai éga- lement eu besoin, ni d'éclaircir, ni de regarnir dans des places manquées. La terre amassée contre les lignes, empéche que le colza ne soit arraché par la gelée, car les rigoles formées en buttant, le garantissent de toute hu- midité; pourvu seulement que le champ ait ses fossés d'écoulement en bon état. Je crois que, arrangé de cette manière, il m'a pas à redouter Phiver. Au printemps on le butte de nouveau, aussitét que les plantes commencent à pousser. L'on a un espace de temps assez grand pour faire la semaille: dès le com- mencement de jauillet jusqu'au milieu d'aoút. Il faut tenir le champ prêt, et choisir, pour faire cette semaille, un temps pluvieux, afin que les plantes poussent d'autant plus promptement, et soient à Pabri des pucerons. Quelqu'éloignées que les lignes paraissent, le colza étend tellement ses rameauxz„que le champ sera aussi garni que cela est possible. § 1170. 1 maturité de ces végtaux, qui, ordinairement, a lieu au milieu de juin, doit étre saisie avec soin. Il ne faut pas s'attendre à ce que toutes les siliques mürissent à la fois. Lors donc que les premières commencent à devenir brunes et transparentes, et que les grains deviennent d'un brun noiràtre, il fant se häter de faire la récolte, parce que, si Pon différait, les plantes s egréneräient infailliblement beaucoup. Il y a diverses manières de faire cette récolte- 156 PRINCIPES RAISONNES Lorsqu'on a semé à la volée, on peut y employer la faux, cependant sans baguettes ni engerais; on fait, en même temps, amasser, relever et mettre en javelles. Tout cela se fait fort bien et sans qu'il se perde beaucoup de grain; mais là ou la faucille est en usage, on préfère scier. Lorsque la tem- pérature est seche, le mieux est de faire Pun et l'autre le matin de bonne heure, ou mème la nuit, au clair de lune et tandis qu'il y a de la rosée. § 1171.. Pour le surplus de cette récolte, il y a deux méthodes différentes; l'une consiste Aserrer dans les granges, l'autre à faire battre la récolte sur le champ mème qui l'a produite. Dans le premier cas on la lie ordinairement en javelles qui m'ont pas au-delà de 101. de pesanteur, et, pour cela, on ne rassemble pas les poignées avec le rateau, mais avec la main. On fait cela immédiatement après avoir fauché, ou du moins le jour suivant. On réunit alors les gerbes en tas plus ou moins grands; les grands sont à préférer, parce que le grain s'y égrène moins et est moins exposé à étre dérobé par les oiseaux; si on les laisse long-temps sur le champ, on leur fait une couverture aves de la paille. Si méême il survient un temps pluvieux qui eùt de la durée, on n'en laisse pas moins subsister les tas sans les remuer; quoique la paille s'échauffe et prenne de l'odeur, le grain n'en souffre pas; tandis que, si l'on remuait les gerbes, elles s'égrénerajent en partie. Ordinairement après cinq ou six jours, on serre ces tas. Mais il est indispen- sable que le charriot qui sert au transport, soit garni avec des grandes ioiles ou draps, afin de recueillir la graine qui tombe des gerbes. On lie ces toiles aux échelles, de manière qu'elles soient élevées à leurs bords. Si la graine a de la disposition à tomber des siliques, on place également une grande toile ou drap devant le tas, chaque fois que l'on charge, et Pon fait passer le charriot d'un côté par dessus, afin qu'on puisse recueillir ce qui tombe. On charge avec beaucoup de précaution, et de manieère que les gerbes avancent peu en dehors des échelles, et l'on n'attelle que deux chevaux, quoique Pattelage ordinaire soit composé de quatre. On décharge la récolte sur l'aire, à moins qu'on n'ait, dans la grange, un espace planchéié et bien net ouù l'on puisse la déposer. Ordinairement on se hàte de battre cette récolte, afin d'en étre débarrasé à Pépoque de la moisson; et parce que le grain se sépare plus facilement que lorsque la paille ressue; celle-ci se conserve aussi en meilleur état. On sépare la semence de la dépouille par l'opération du ventement, et les plus grosses siliques par le moyen d'un crible grossier. La partie la plus fine de la dépouille demeure d'abord parmi la graine, on ne l'en sépare que lorsque Sans eiire de em- une oSS dui la n-deli teau, Woins les 0so „on weut nuer, 2 bss; dispen- toiles lolles ment Pon à qu erdes oiqus 6, Un D'AGRTCULTUR F. 15) gelle-ci est parfaitement sèche, et cette séparation s'opère au moycn d'un moulin à venüllateur. On a soin d'étendre ceute graine sur, au plus, quatre pouces d'épaisseur, et, dans les commencemens, de la remuer souvent avec le râteau. 6 1172. L'autre méthode est beaucoup plus en usage dans les lieux où, depuis long- temps, on cultive le colza sur de grandes étendues. Dans la description de Pagriculture du Yorkshire par Marshall, tom. II, page 105, on trouve un très- peau dessin du batiage commun pour le colza. Pai trouvé ce battage établi de la méème manière, avec les mêèmes usages, et également comme féte populaire, dans la Prévôté de Preez, près de Kiel; il est aussi en usage dans la partie occidentale des contrées basses des bords de la Baltique. Mais si un cultvateur unique choisit cette méthode, le battage avec les pieds des chevaux a sans contredit des avantages; cette manière est décrite par Kaehler, qui ra urée du journal d'un voyage qui'il fit dans le Holstein. On trouve cette description dans son ouvrage intitulé Handbuche für Landwirthe; la manière dont il la donne est telle, que, pour faire connattre cette méthode à ceux de mes lecteurs qui ne possèdent pas cet ouvrage, je ne sais rien de mieux que de transcrire ici le récit de cet auteur. Vers les neuf heures du matin le propriétaire, M.“ Niemeyer, eut la bonté de venir avec moi au champ de colza. Je fus frappé de surprise, à la vue de immense espace qui en étoit couvert; une grande partie de la récolte était étendue sur le chaume; mais une autre partie beaucoup plus grande, et qui avait été fauchée, se trouvait en petits mon- ceaux, de 6 à 7 pieds de hauteur. Tout était dans une complète activité. On chariait le colza, et on le battait à mesure, par le moyen de chevaux, dans le champ mèême. Pour charier et réunir le colza, on se servait de trainaux attelés de deux chevaux. Sur chaque tratneau l'on avait placé une civière avec deux perches qui se croisaient au milieu, et sur lesquelles était étendue une grande toile, de 32 à 36 pieds en carré. Trois traineaux semblables chariaient sur une mème ligne. Une de ces files était en activité auprès du colza qui déposait en andains; quatre femmes y étaient occupées à charger. A Paide d'un baton d'environ 3 pieds de longueur, qu'elles tenaient dans la main droite, elles soulevaient le colza, et tandis que, de la main gauche, elles le tenaient en équilibre, le tout pouvait être placé sur le drap sans le moindre effort. Lorsqu'un tratneau chargé partait, il y en avait déjà un de vide, et tout cheminait sans interruption. Nous arrivames aux monceaux. Il y avait aussi une file de tratneaux occupèés à em- mener la récolte. L'opération de charger allait ici avec beaucoup plus de célérité qu'auprès des andains. Deux hommes étaient prêts, avec deux leviers de 8 à 10 pieds de longueur det tout-à-fait légers, à transporter les monceaux tels et quels sur la grande toile. Ce travsil se faisait avec une grande vitesse. Un homme saisissait les leviers, et les glissait 158 PRINCGCIPES RAISONNES entre la terre et les monceaux, tandis que Tautre, placé de P'autre côte du tas, était prèt à saisir ces leviers dès qu'il pouvait les apercevoir, et, ainsi, la totalilé du monceau était placée sur le traineau. De là nous passâmes aux aires ouù l'on battait la récolte; il y en avait deux, placées l'une à quelque distance de l'autre. On en avait auparavant préparé la place, en enlevant le chaume et les pierres qui pouvaient s'y trouver, et en la régalant. Ces aires étaient quadrangulaires, chacune de 48 pieds de longueur et de 36 de largeur, et couvertes de fortes toiles. Sur les côtés, ces grandes toiles étaient relevées de quelques pieds au-dessus de terre, et atiachées à des pieux plantés à cet effet. D'un côté était Tentrée, et là la toile pouvait être baissée de 5 à 6 pieds. Avec chaque file de trafneaux se trouvaient deux hommes pour décharger. Cela s'opérait également avec beaucoup de promptitude, car, à mesure qu'un tratneau arrivait, un homme saisissait devant, et l'autre derrière ‚ les bras de la civière, et ils porlaient ainsi le tout sur l'aire, le renversaient, et plaqaient de nouveau, sur le tratneau, la civière et la grande toile qu'ils venaient de décharger. On continuait de cette manière, jusqu'à ce que P'aire ft couverte de colza à l'épaisseur de 6 pieds environ. Alors on baissait l'entrée, et deux valets, dont chacun conduisait trois chevaux, entraient et montaient sur le colza. IIs conduisaient les chevaux quatre ou cinq fois t redescendaient. Plusieurs hommes avec des fourches se hätaient de retour avait ainsi été foulé, et ensuite ils faisaient r out autour et ner le colza qui entrer les chevaux. Après que ceux-ci avaient de rechef fait quelques tours, le hattage était terminé, et les hommes qui avaient re- tourné le colza enlevaient la paille de l'aire. Il ne me paraissait pas vraisemblable que si peu de travail sufftt le colza de sa paille, mais un examen attentif ne tarda pas à m' trouvai presque plus un seul grain. „Pour séparer entièrement en convaincre, car je n'y Apreès qu'on avait enlevé toute la paille, on amassait avec le räteau, vers un des angles de la grande toile, le plus gros de la dépouille des tiges et des siliques qui restait sur la graine. Vers cet angle se trouvait une planche large de quelques pieds et longue de 3 à 4, placée obliquement, de sorte que la partie supérieure s'étencdait jusqu'au dehors de la grande toile. On tirait avec le räteau tout le plus gros de la dépouille, qui tombait ainsi hors de l'aire, nettoyé au-delà de tout ce qu'on devait attendre. A mesure que, sur une aire, on avait chargé, retourné et râtelé, les chevaux étaient introduits sur une autre, et vice versa, de sorte que la totalité de Touvrage était dans un mouvement continuel. A mesure que le battage seffecluait, Tattelage de carr osse transportait le colza dans les bàtimens d'économie, où on le déposait sur les aires de la grange, et quoique le champ füt très-rapproché, cet attelage pouvait à peine suffire à ce charr De là nous nous rendimes aux batimens d'économie, où l' colza. Une très-grande et longue grange, avec deux air au milieu en largeur, était toute garnie de colza. Dix ouvriers étaient occupés à passer le colza au ventement, après que plusieurs femmes l'araient auparav crible destiné à le séparer du plus gros de sa dépouille, et étaient occupés à porter au grenier le col ceaux, d'autres déchargeaient le charrio le colza en tas longs et pas trop hauts. oi. on travaillait à nettoyer le es planchéiées, en longueur, et une ant fait passer par un ‚kandis que plusieurs ouvriers za nettoyé qu'on avait amassé en plusieurs mon- *qui amenait la graine du champ, et déposaient —,— —— D'A GRICULTVURV. 159 d, dai La graine reste ainsi en tas pendant environ 24 heures, sans qu'on y touche, pendant lcenn ee temps elle séchauffe un peu, et cette chaleur contribue à lui donner une belle couleur noire. 12 hlois Je tombai de surprise, lorsque je vis dans le magasin une telle quantité de colza. II y dlenn avait encore la récolte de l'année précédente presque entière, et comme celle d'une année ſ(laient s'élève à environ 1500 tonnes, la quantité qui se trouvait réunie dans ce magasin, pouvait des de bien s'élever à 3000 tonnes. deSsus Mon journal n'en dit pas davantage 3 surement chacun approuvera ceite manière de Muls faire la récolte du colza. Le travail s') fait avec une grande célérité, et cette prompti- tude est d'un grand prix, à une époque aussi rapprochée de la moisson. Mais il ſaut ger.(Cela aussi considérer cela sous un autre aspect; tout se fait en plein air, et un temps constam- tralneau ment beau est absolument nécessaire; si, au lieu de cela, il survient un temps pluvieux, e, el ib il pourrait bien étre convenable de profiter des jours de beau temps pour mettre à couvert aineau, tout de qu'on pourrait. Il vaut mieux, en conséquence, laisser le choix au cultivateur; mwibre, il prendra de lui-même des mesures„à P'aide desquelles il puisse, dans le bon ou le V mauvais temps, choisir la méthode qu'il juge le plus convenable à ses intérèts, et qui est raienk le plus en rapport avec ses circonstances. dur et hu iu Schwertz propose, vol. II, page 178, comme méthode nouvelle, inventée aräiend par lui et quil m'avait pas encore introduite, de mettre le colza en menles e aussitôt après Pavoir scié„et de l'y laisser achever sa maturation; mais celte . méthode n'est nullement nouvelle, ni problématique, elle a été décrite autre- V leremenk........ 3 fois par Reichard, et est usttée dans plusieurs exploitations rustiques de la 35 Westphalie. Ce Reichard voulait qu' frit des plancl Vestphalte. Ge HReichard voulait qu'on couvrit les meules avec des planches, glesde et qu'on les chargeât de pierres, afin que le colza, s'échauffät d'autant plus; gniine. ce qui est au reste inuiile. 144, La graine ne souffre pas de l'emploi de ceue méthode, au coniraire elle 3 h finit de mürir sans s'égrener. Seulement, lorsque la meule s'échauffe, la paille 3 est détériorée. On commenee à placer debout et les unes auprès des autres, cinq gnien ou six gerbes liées, après avoir mis sous elles une botte de paille; alors on ausun améne les javelles tout autour, et on les place avec soin, les siliques en dedans, les pieds en dehors; on couvre ensuite ces meules ‚lorsqu'elles sont terminées, a daßs avec de la paille, plutét pour les garantir des oiseaux, que pour les meitre que l à Tabri de l'humidité, et on les laisse ainsi jusqu'au battage, qu'ordinairement on opère dans le champ méême, par le beau temps. her ſ§ 1175. zul Le colza et la navette ne sont pas absolument à Pabri des casualités. Le nur i premier cependant„T'est plus que le second„pourvu qu'iil ait été semé de bonne dumien heure. Si j'en dois croire mon expérience, la méthode de semer en lignes mor. garantit des dangers de Phiver, il ne reste que le danter des insectes. waient 160 PRINOIPEIS RAISONNES Lorsque le colza et la navette sont cultivés à la manière ordinaire, leur produit varie entre cinq et douze scheffels par journal; lorsque le sol est riche, le colza produit plus que la navette. Par la culture en lignes, Schwertz a poussé ce produit jusqu'à quatorze scheffels, et, d'après les essais que j'ai faits, ce produit m'a rien d'extraordinaire; seulement on ne peut pas compter d'en obtenir chaque année un pareil. Le prix du colza et de la naveitte est três-variable. Il s'est élevé au-dessus de six rixdalers par scheffel, et je ne P'ai jamais vu au- dessous de 2%; quatre rixdalers peuvent être envisagés comme moyenne. Alors méme que le commerce maritime est arrété, la consommation d'huile est assez forte dans le pays, pour maintenir le colza à ce prix, parce qu'alors on manque d'huile de baleine. Ce prix ne tombe sensiblement, qu'après une péêche de baleine et de harengs très-abondante. Le colza se vend toujours plus que la navette, parce qu'il donne dix pour cent de plus en huile. Celui qui cultive ces plantes sur de grandes étendues, est beaucoup plus sur d'y trouver du profit, s'il a son propre moulin à huile; parce que, de cette manière, non-seulement il se trouve indépendant des négocians et des fabricans d'huile, mais qu'encore il conserve les gâteaux, nourriture très- utile pour le bétail. Pourvu que l'on cultive les plantes à huile en grand, un pressoir à huile paie sa rente à un taux tréès- élevé. § 1174. La paille de ces végétaux n'est sans doute pas d'une grande valeur, cependant, lorsqu'elle a été serrée en bon état, elle mérite d'étre plus estimée qu'on ne le fait lorsqu'on cherche à s'en débarrasser et qu'on la brüle pour en épandre la cendre, qui, du reste, ne peut qu'étre utile là oùð on l'épand. Les bèêtes à laine mangent très-volontiers les cosses et le bout des rameaux, et le reste va fort bien dans le fumier. 9 1175. Que ces plantes appauvrissent considérablement le sol, et ne rendent dans aucun cas, à la terre, les engrais qu'elle exige et absorbe; c'est une vérité sur laquelle il ne peut y avoir aucun doute; tous les hommes impartiaux qui cullivent cette plante en grand, Lon denaDn de ce fait, quoique puissent en dire des cultivateurs trop prévenus pour cette culture. Alors même que, comme cela se fait souvent en Angleterre et dans la Belgique, on donnerait immèédiatement au sol les gâteaux comme engrais, les sucs absorbés par la récolte pe seraient point compensés; et cependant un cultivateur Allemand ne se déciderait pas facilement à renoncer à cette nourriture pour ses bèêtes. Une culture excessive de ces plantes, épuise les terres au point, de forcer à Paban- de, leur triche— Dousse lits„ ce ohtenir ariable. W A- de. Mors est asses nmanque dche de que la D plus e, de des es-Wüle drer pendant, zuon ne pandre 5 bétes reste ent dans de vérité iaux qui sent en ne que, onnerait 8 Par l 2mand Ve tes. Ue rà laban- DA GRICVULTVUR V. 161 donner tout-à-fait, lorsqu'on s'y est livré sans pouvoir se procurer au dehors un supplément d'engrais, ou que l'on n'en a pas soi-même en surabondance. Ceux qui soutiennent le contraire s'appuient sur les belles récoltes de grains d'automne qu'on obtient ordinairement à la suite de cette culture. Mais il faut observer qu'ordinairement, pour cette culture, on donne une quantité d'engrais double de celle qui est usitée; qu'on donne les plus grands soins à la jachère pré- paratoire, et que, après la récolte, on laboure derechef d'une manière soignée. On peut, sans contredit, considérer ces végétaux comme une récolte intermé- diaire qui conserve le sol meuble et qui le féconde par le moyen de son ombre. II ne faut done pas s'étonner que la récolte qui les suit, ait toujours un bon succès, puisqu'il reste toujours dans le sol des sucs en suffisance, et que ceux-ci ont été mis à la portée de la récolte qui doit suivre. Mais, après cette récolte, un nouvel amendement est presqu'indispensable, pour que les récoltes suivantes ne deviennent pas plus chétives, à moins toutefois que le sol ne soit naturellement extrémement riche. Lorsqu'on veut se livrer à la culture de ces deux espèces de plantes en grand, il faut donc ne pas perdre de vue les considérations que nous avons présentées, plus haut, sur la culture des végétaux de commerce en général. § 1176. Mais le colza peut aussi étre très-uiile comme plante à fourrage, et, en cetie qualité, contribuer tant à l'augmeniation du bien-etre dans l'ensemble de l'eco- nomie, qu'à la fertilité du sol en particulier; à la vérité, pour cela, il faut un ierrain riche, sans quoi le colza n'atteint pas une hauteur satisfaisante. Lorsqu'on sème le colza dans ce but, cela peut avoir lieu dès le mois de mai, et, selon qu'on T'a semé de bonne heure et que la température est favorable, on peut en faire deux, trois, jusqu'à quatre coupes abondantes, Pannée méême de la semaille. Au printemps suivant, il poussera de bonne heure, ce sera le premier fourrage vert qu'on puisse donner au bétail. Si Pon veut on pourra, cependant, le laisser monter en graine, il pourra eneore donner une récolte complète. Si„‚ne ren- contrant pas un sol assez riche, le colza ne poussait pas assez vigoureusement, 'année ou il aurait été semé, pour qu'on půt y faire des coupes abondantes; le bétail y trouverait du moins un excellent paâturage, une nourriture que les bestiaux de toute espèce mangent avec avidité, et qui ne tarde pas à repousser après qu'elle a été broutée. En Angleterre on sème le colza presque plus souvent comme herbe de paturage, que pour en retirer la graine; et Pon estime alors cette manière de tirer parti du sol„à Pégal d'un amendement abondant. On rencontre des champs auxquels on ne donne pas de fumier, mais qu'on traite de cette maniere tous les quatre ou cinq ans. IT. IV. 21 162 PRINCIPES RRAISONNES Le tréfle réussit parfaitement parmi le colza, soit qu'on laisse murir celui-ci, soit qu'on Ie fauche ou qu'on le pâture. D'ailleurs, pourvu que l'on emploie toujours le colza en vert, il est parfaitement propre à former des champs à fourrage pour quelques années; et le bas prix de sa semence rend cela d'autant plus. convenable. La navette ne convient pas autant comme fourrage, et le colza de printemps qui s'élève et fleurit promptement, n'est en aucune manière propre à cet usage. Quelques personnes, par méprise, ont employé dans ce but, mais elles n'en ont obtenu qu'un produit insignifiant, et une seule coupe. § 1177. A la place du colza, l'on a semé plusieurs végétaux qui ont de l'affinité avec Iui; le rutabaga ou navet de Suède a été récemment indiqué comme lui étant supérieur en bonté et en quantité de semence. Cette opinion a été propagée surtout en France, et en Allemagne par Schwertz. La semence du colza pro- vient, sans aucun douite, de la plante à racine renflée qui est connue sous ce nom; mais sa situation dans des champs où elle était serrée et où sa racine ne pouvait prendre ce renflement, a, à la longue, tellement modiſié sa nature, qu'aujourd'hui la même semence ne donne plus de racine dont le renflement soit consideérable, alors méême que les plantes sont isolées. Depuis long-temps j'ai observé que le rutabaga donne une quantité éionnante de se- mence, et que cette semence est très-huileuse. Les grands avantages que Schweriz et Clémens en ont retiré, et la supériorité quils lui attribuent sur le colza, augmentent ma conviction, et me déterminent à ne pas tarder à donner moi- méeme la préférence au rutabaga. LE COLZA OU LA NAVETTE DE PRINTEMPS. § 1178. Ces deux noms sappliquent à une même plante, et cette plante est parfai- tement distincte du colza et de la navette; elle n'est point, comme dans plu- sieurs espèces de froment de printemps et d'auiomne, une simple variété obtenue uniquement par la culture. Cest le brassica campestris des potanistes, le même qui oroit spontanément en quelques lieux. Cest la seule plante de cette famille qui ait la propriété de s'élever et de fleurir promptement, et qui, en cela, soit semblable à la moutarde et au raifort des champs. Cest ainsi une plante de printemps, laquelle peut être semée dès le moment où Pon n'a plus à craindre les gelées jusqu'à la fin de juin, sans qu'on ait à redouter qu'elle ne vienne pas à maturité. d,s dujours ſe pour mahle, lemps Äcet elles é ayeo i etant pogee pro- 800S 1 80 dié mt le epuis le se- meru ohza, moi- arfai- 8 plu ariété listes, te de qui, à une a plus orele P'AGRICULTVURL. 163 § 1179. Ceue plante aime un sol fécond, riche en humus et pas trop sec; elle veut des labours soignés qui nettoient bien le sol. Ordinairement, dans l'assolement triennal, on le sème sur la jachère, et, après la moisson, on lui fait succéder une céréale d'automne. Cette plante n'absorbe pas une aussi grande partie des sucs contenus dans le sol, que le colza; cependant, proportionnémemt au peu de temps qu'elle emploie à accomplir sa végétation, elle en absorbe beaucoup, et donne, ordinairement, un produit sensiblement moins grand, que les graines huileuses qu'on sème en automne. § 1180. Aprés avoir préparé le sol, il faut choisir, pour la semaille, un temps favo- rable et humide, afin que la semence germe et lève promptement, et qu'ainsi elle échappe plus facilement aux mauvaises herbes et aux pucerons. La réussite en dépend essentiellement tant de la température, que de l'absence de petits scarabées et de leurs vers, et de certaines chenilles noires qui attaquent souvent cette plante à l'époque de sa floraison. Le colza de printemps semé tard mürit à la St. Michel, celui semé de bonne heure murit d'autant plus tôt; d'ailleurs cette plante demande essentiellement les mêmes procédés que le colza d'automne, si ce n'est que rarement on bat celui-la en rase campagne. Un culuvateur sage ne tardera pas à y meitre la charrue pour le rénverser en terre, aussitéôt qu'il se sera aperçu qu'il n'a pas l'apparence de réussir; au- trement, la mauvaise herbe y prendra bientòôt le dessus et infectera le sol. On ne peut guêères compter sur un produit de plus de cinq scheffels. Cest seulement dans des étangs dont on a fait écouler l'eau, qu'on en obtient un plus considérable, et que, quelquefois, le produit de cette plante égale celui du colza d'automne; pour ces cas- là c'est un genre de récolte trèés-convenable, à cause de la promputade de sa végétation. Sa semence est aussi d'une moindre valeur, parce qu'elle rend moins d'huile. Il faut qu'elle ait atteint une maturité complète, pour donner de 18 à 20 liv. d'huile par scheffel. Cependant plusieurs préfèrent cultiver cette plante que les semences huileuses d'automme, parce qu'elle n'occupe le sol que pendant un été. On dit qu'il m'est pas rare que, dans PEvéêché de Paderborn, on trouve du colza de printemps et du colza d'auiomne semés et mélés ensemble; dans ce cas, on récolte le premier Pannée même de la semaille, et le zCcon l'année suivante. C'est là une méthode assez singulière. PRINCIPES RAISONNES LA MOUTARDE. § 1181. Ceue plante a dernièrement été recommandée comme pouvant, avec avan- tage, Gtre substituée au colza de printemps comme semence à huile. On en a deux espéces qui se distinguent, non-seulement par la couleur, mais encore par d'autres caractères sensibles. La moutarde blanche a des siliques äâpres au toucher, à Pextrémité des- quelles est une longue pointe ou corne. La couleur de la semence est jaunätre, tirant un peu sur le brun. Ce que l'on appelle moutarde anglaise est, tout au plus, une variété produite par la culture. La moutarde noire a une silique lisse, très-adhérente à la tige. Chez nous on donne la préférence à cette espèce, pour en faire la moutarde qu'on con- somme sur la table, Ses cosses s'ouvrent plus facilement que celles de la montarde blanche. L'une er Pautre donnent une huile très-bonne à brüler et, lorsqu'elle a été bien purifiée, aussi pour la iable. Le quintal de graine en donne de 56 à 38 liv. L'äcreté piquante de ces semences m'existe pas dans Phuile, mais dans la gousse de la semence, et la moutarde anglaise qui est renommée pour sa force, est faite, à ce qu'on assure, avec les gäteaux dont on a extrait Phuile. On affirme que la moutarde se contente, mieux que le colza de printemps, de terrains maigres, et qu'elle est moins sensible au froid. On peut, en consé- quence, la semer plutòt à la fin de hiver, et même cela doit être, puisqu'elle est parliculièrement sujette à étre détruite par les pucerons. Elle souffre moins des scarabées et des vers. La moutarde fleurit pendant long-temps, et donne aux abeilles une nourriture excellente; ses siliques se forment successivement et peu-à-peu. II faut, pour faucher la moutarde, surtout la noire ‚saisir avec Pprécision le moment ouù ses premières siliques sont müres. § 1182. Son prodnit est, en moyenne, beaucoup plus grand que celui du colza de printemps. Si l'on est placé de manière à la vendre aux fabriquans de mou- larde de table, c'est, à ce que P'on croit, la manière la plus avantageuse d'en tirer pari. Cependam, pour en faire de Phuile, elle est plus profitable que le colza de primemps, parce qu'elle est plus hailense; elle mérite donc, à tous égards, la préférence, si ce m'est peut-étre en ceci, qu'elle doit étre semée de ——— Man- 1) té des- mnätre, dut au n0us con- de k elle a de 56 ins la rce, ps, 86- ele oins onne ment arec à de mou- Gen Jue le à tous ee de D'AGRICULTURE. 165 meilleure heure, et que, par conséquent, il faut se hater davantage de donner au sol la préparation nécessaire. On assure que les gâteaux, ce résidu de la fabrication de l'huile, sont, pour le bétail, un purgatif doux et stimulant et, en cette qualité, trés-avan- iageux; on les broie et les épand sur le fourrage qu'on donne aux bestiaux. LE RAIFORT HUILEUX DE LA CHINE(Raphanus Chinensis oleiferus), § 1183. Est une variété du raifort ordinaire; il a été fortement recommandé, à cause de la simplicité de sa culture, de l'abondance de son produit en graine, et de la quantité d'huile qu'il rend; cependant nulle part on ne l'a cultivé pendant long-iemps. Il pousse vigoureusement en hauteur, et étend fortement ses longs rameaux. Il a ainsi besoin d'étre appuyé. On ne peut presque le maintenir debout que sur des planches étroites, que l'on entoure de perches placées horizontalement à une certaine hauteur au-dessus du sol. Ses siliques sont fort exposées aux ravages du ver du charangçon. Elles mürissent fort inégalement, parce que la plante fleurit d'une manière continue, et quelquefois il n'y en a que peu, qui soient müres avant l'hiver. Si, comme quelques personnes Pont tenté avec succéès, cette plante peut étre semée en automne, et qu'elle résiste à Phiver, on pourra probablement la cultiver avec plus de sreté. Mais elle ne parait pas propre à étre cultivée en grand, en plain champ. Son produit est, en apparence, extraordinairement grand; lorsqu'on considére isolément des plantes particulidres, il parait plus grand que celui d'aucune autre plante à huile. Il peut donner jusqu'à dix mille pour un, o'est donc une plante admirable pour ceux qui ne cherchent qu'une nombreuse multiplication de la semence. Mais la plante, lorsqu'elle est isolée, s'étend à iel point, qu'il est encore douteux si, proportionnément à l'espace de ierrain qu'elle occupe, elle produit autant de grain que d'autres semences à huile. La graine donne, à ce qu'on assure, 50 pour cent de son poids en huile, et celle-ci est d'une saveur agréable. 166 PRINOCIPES RAISONNES LA CAMELINE CULTIVEE OU SESANE D'ALLEMACGNE (Myagrum Sautivum). § 1184. Cette plante vient aussi spontanément, et est, quelquefois, fort à charge parmi le lin. Elle s'éléve à un ou deux pieds. La tige en est anguleuse, velue et ra- meuse; ses feuilles ont la forme d'une lancette, et, dans leur partie inférieure, elles embrassent la tige: ses fleurs jaunes sont placées en grandes grapes à la sommité de la tige. Les siliques sont renflées en forme d'œuf, applaties et, à leur extrémité, fournies d'une pointe en corne. Elle aime les terrains sablonneux, pourvu qu'ils soient riches, et c'est dans les terrains de ce genre qu'on la cultive, mais elle les épuise fortement. On la séème en ayril, et la récolte s'en fait déjà à la fin de juillet ou au com- mencement d'aout. Elle est moins sujette au ravage des insectes que les autres plantes huileuses, d'ailleurs il est rare qu'elle manque absolument. Son produit ne va guèéres au-delà de 5 scheffels par journal, et un scheffel doit donner de 20 à 24 liv. d'une huile qui a un goũt légèérement amer„et qui se fige au froid. LE PAVOT(Papaver Somniferum 82 6 1185. On cultve plusieurs variétés de cette plante, et ces variétées se distinguent par la couleur de la fleur et de la semence, et par la construction de leurs capsules. La couleur de la fleur est indifférente. La semence en est de couleur noire ou blanche, quelques personnes croient que l'espèce dont la graine est noire produit davantage; d'autres, au contraire„croient que c'est la blanche. La planche est plus agréable au goüt, ainsi que Phuile qw'on en exprime. On tient Pour la meilleure, celle dont les tétes ou capsules prennent, en mürissant, une couleur légèérement bleuàtre. La construction des capsules importe davantage, puisqu'il y a une espèce dont le couvercle se détache de lui- mêeme lorsque la semence est müúre, de sorte, que sa graine peut facilement se répandre; et une autre où cette semence de- meure et, par conséquent, dont on est obligé d'ouvrir les capsules. La première espèéce convient fort pour être cultivée sur de petits espaces où l'on peut couper les tétes et les serrer dans des sacs à m zesure qu'elles múrissent; mais nullement AokL K Parmi exl ta- denienre, apés Aàl alies et. st dans com- aures produn aner de dee an nt par sules. rnore t nolre he. La Da vem m, une espèce e sorte, ence de- remitre t couper Mlement D'A GRTICUELTVURE. 167 pour la culture en grand, où l'on veut faire à la fois la récolte de tout le champ. § 1186. Le pavot veut étre semé sur un sol riche, rempli d'humus et soigneusement préparé pour sa culture. Dans les champs on choisit en conséquence le terrain le meilleur, le mieux amendé, le plus net et, si cela se peut, une position, qui soit un peu à P'abri des vents. Il faut qu'il ait déjà été préparé et amendé Pannée précédente, parce que les pavots réussissent d'autant mieux quiils ont été semés plus tôt. § 1187. On les sème volontiers déjà en mars, même sur la neige, si celle-ci couvre le sol d'une manière uniforme; on prétend que cette maniére de semer réussit à merveille. On sème les pavots très clair; pour épandre la graine, il faut donc ne confier cette opération qu'à un homme qui ait appris à manier ceitte fine semence comme les jardiniers. Une livre est déjà trop pour un journal. Si cependant on éclaircit ensuite les plantes, il n'y a pas de mal qu'elles lèvent un peu plus épais*. § 1188. Ceue opération d'éclaircir les pavots et d'en arracher les mauvaises herbes est toujours indispensable, si Pon veut que les pavots aient une parfaite réussite. Les plantes ne doivent pas étre plus rapprochées que six pouces l'une de l'autre; et méême, si le sol est très- fécond et passablement abrité des vents, on obtient, sans aucun doute, un plus grand produit, lorsque les plantes sont espacées à un pied. Des que les pavots sont trop épais, ils ne poussent que de petites capsules, lesquelles ne contiennent que peu de graine, et encore de mauvaise qualité. A Paide d'un hoyau ou d'une houe à main, Ton espace bien plus facilement et Pon favorise bien plus les pavots, qu'en arrachant avec la main les plantes sur- numéraires et les mauvaises herbes; si, du moins, on a des ouvriers exercés à ce genre de travail; car on ameublit en même temps la terre, et on l'amasse un peu autour des plantes isolées. Il faut réitérer cette culture à la houe ou l'arrachement des mauvaises herbes, si, la première fois, cet ouvrage n'a pas été fait d'une manière complète, ou sil a poussé de nouveau des mauvaises herbes. d * Le pavot ne souffre pas d'ètre transplanté; ce serait en vain qu'on chercherait à regarnir, par ce moyen, des places vacantes; en le sarclant pendant quiil est jeune, il ſaut même éviter soigueusement de Toffenser. Trad. 168 PRINCIPES RAISONNES Trés-souvent on sème les pavots parmi les carottes, et comme, après que le pavot a été arraché, les carottes ont encore deux mois pour continuer leur végétation, cela aide, sans contredit, à tirer du sol le plus grand parti possible. Mais il faut alors renoncer à P'effet complet de la culture à la houe dont nous avons parlé ci-dessus, et à espacer d'une manière réguliére les pavots et les carottes, ce qui, cependant, n'est pas moins nécessaire pour obtenir la meilleure récolte qu'on puisse attendre. § 1189. Il faut bien saisir lépoque de la maturité, qui tombe précisément sur le moment ouù la moisson donne le plus d'oocupation; cette circonstance rend la culture de cette plante très-difficile dans les grandes exploitations rurales. Si cependant la récolte des pavots mürit toute en même temps, ce qui n'est pas difficile à obtenir si Pon séême de bonne heure et qu'on ait soin de bien espacer les plantes, le travail de la récolte n'est pas trèés-considérable. Il faut se garder de laisser trop long-temps la réecolte sur pied, parce qu'elle serait endom- magée par les corneilles, les moineaux et les souris; celles- ci rongent la plante par le bas, pour en faire tomber la tige, afin d'atteindre les capsules. Il ne faut pas non plus la cueillir avant sa maturité, parce que la semence prendrait un goút amer et rebutant, et que Phuile n'aurait pas eu le temps de s'y développer complétement. On coupe les tiges près de terre ou, si le sol est léger, on arrache les plantes, on lie ensuite celles-ci en bottes près de la cap- sule, avec de la paille, et l'on ne tarde pas à serrer. On retranche ce que Pon peut de la partie inférieure des tiges, et P'on place les bottes dans un endroit couvert et bien aéré, pour les y laisser achever leur dessication. § 1190. On ouyre ensuite les tétes de pavots avec la main, une à une„et on les vide en les renversant et secouant; si l'on n'a pas à sa disposition des vieillards infirmes ou des enfans, on est fort dérangé par ce travail, qui tombe sur une époque ou les occupations sont extrémement multipliées. Lorsqu'on cultive les pavots en grand, le plus souvent on les bat, pour faire sortir la semence des capsules où elle est renfermée, ou bien on coupe celles-ci avec une machine, après quoi Fon sépare le grain par l'opération du ventement, avec le crible„ ou avec un moulin à ventilateur. Aprés que la semence a été nettoyée, on la transporte dans un grenier, dont le plancher soit très-serré ou, si Pon n'en a pas un tel, on l'étend sur une grande toile; au commencement on remue souvent, et, seulement après qu'elle a été Parfaitement séchée, on la place dans des futailles pour l'y conserver. ——— près que nuer leu Possible, ont Dous ts et les eilleure n Sax le ee reud la vales. di N'est Pas espacer garder ndom- gent la apsules. emence emps de le sol est ka cap- que Yon endroit ide en drmes que ou wots en zules ouͤ es quoi ec un , dont grande le a eté D'A GRICVULTUREB. 169 § 1191. Le pavor, si Pon a Pécoulement de sa graine, ou si Pon sait en extraire con- venablement Phuile, peut être une des récoltes les plus avantageuses. Si on le cultive convenablement, on peut en obtenir, sur un journal, de 9 à 10 scheffels de graine, et 1 scheffel donne 24 liv. de bonne huile. Ceute huile, surtout la première partie, que l'on presse presque à froid et à laquelle on méêle, au moulin, des quartiers de pommes, est, sans aucun doute, Phuile de table la plus pure et la plus agréable de toutes celles qu'on connait. Elle ne peut être surpassée que par la plus fine huile de Nice ou de Lucques. Elle est préférable à celle de seconde qualité, et le goũt qui est particulier à Phuile d'olive, peut lui être communiqué par l'addition d'une petite quantité d'huile d'olive superfine. Mais souvent on a occasion de vendre la graine en nature, et Ton obtient facilement 1 Fréderic d'or du scheffel. Malgré ce haut produit, la culture du pavot pré- sente tant de difficultés, dans certaines exploitations rusuiques, qu'un grand cul- dvateur doit y penser à plus d'une fois avant de l'entreprendre. 7 1192. Il est d'autres végétaux dont la semence peut aussi ètre employée à faire de Phuile, mais chez lesquels cependant, cette maniére d'en urer part n'est qu'accessoire; de ce nombre sont le lin, le chanvre et le tabac, desquels nous parlerons bientôt. II en est d'autres encore, dont la culture n'est suivie que dans les jardins, comme, par exemple, le Tournesol(Helianthus annuus); uant à celles ci, je me borne à les indiquer. Leur semence donne, sans contredit, une bonne huile de table, et le produit peut en étre considérable. Mais leur ré- colte et leur conservation sur les planchers, présente tant de difficultés, qu'on ne peut pas les conseiller au culüvateur, et qu'on doit, au contraire, abandonner leur culture au jardinier, qui peut, quelquefois avec avantage, se procurer ces plantes entre d'autres produits. Car ces végétaux réussissent toujours mieux Jors- qu'ils sont isolés, que lorsqu'ils sont serrés les uns par les autres sur un champ. On a aussi recommandé de cultiver des courges pour Pamour de leur se- mence, qui donne en effet une huile d'un très-bon goüt„quoique en peltite quantité. Mais leur culture en général, doi étre abandonnée aux jardiniers. Je ne fais également qu'indiquer les moutardes, sénevés et raiforis sauvages, que, sans doute, nul cultivateur ne semera dans ce but, mais qui, irop souvent, se trouvent en abondance dans ses champs, et qui, séparés avec soin, pourraien: éire employés à faire de l'huile. 2T. IV. PRINGIPES RAISONNES LES PLANTES A FILASSE. V b re § 1195. b h SUR LA CULTURE DU LIN, b e 3 Et la manipulation de sa filasse„ nous trouvons, non-seulement dans les V b manuels et dans les livres d'enseignement agricoles, mais encore dans plusieurs écrits particuliers, des directions très-détaillées, et qui, d'ailleurs, selon le plus ou moins de mérite des auteurs, sont assez exactes et assez précises, pour qu'il me paraisse superflu de développer ici cette matière en détail et avec toutes ses circonstances. Outre cela, la manipulation du Rn et la préparation de sa filasse sont assez connues à tous les cultivateurs pratiques, et ce qui se rap- V 3 porte à Ja dernière, peut étre appris plus facilement et mieux à la vue, que par V une instruction éorite. Apréès que la semaille a été exécutée, le surplus du travail est du ressort des femmes, et peut, avec plus d'avantage, étre confié à 2 Tinspection de celles-ci, qui, ordinairement, apportent le plus grand intérét à la réussite de cette culture. Je me bornerai, en conséquence, à toucher quelques b Points principaux, qui, selon moi„ou n'ont pas été traités d'une manière assez claire et assez complète, ou Paraissaient encore douteux. § 1194. V 1 Les opinions sont ſort divisées sur les avantages et les inconvéniens qu'il peut b 4 U y avoir, soit pour le grand cultivateur, soit pour le petit, de domner une 4 grande extension à la culture du lin. Si Pun y voit avec raison une branche 0 dindustrie très-intéressante, Pautre, au contraire, lui attribue, et pas sans raison, 1 le déclin de la prospérité agricole. hu On ne saurait nier que le lin mabsorbe surtout les sucs anciens qui restaient da dans le sol; qu'il n'exige un travail long, pPénible, et à une époque ouù le cul- tivateur est déjà surchargé d'occupations, et qu'ainsi il ne puisse faire négliger b quelque opération plus essentielle pour'économie de T'ensemble. Dans les 3 lieux donc, où, en suivant Pancien systéme de culture, l'on doit user d'éco- V 4 nomie, soit quant aux engrais et aux sucs contenus dans le sol, soit quant à V 4 la main-d'œuvre et à Pemploi du temps en été, en raison de la faiblesse de la 1 1 population; dans de tels lieux, dis-je, il est impossible qu'on trouve de P'avan- 4 tage à donner beaucoup d'extension à la culture du lin: en revanche, sur un terrain qui a été fécondé par des amendemens successifs, dans des exploitations G V* où P'on reproduit des engrais en abondance, et où Pon a beaucoup de bras, et surtout de femmes, on peut, sans inconvéniens, se livrer à cette culture. 3 co- al 1ons , et D' AG RICULTURE. 171 C'est surtout dans les contrées ouù la filature et le nssage, sont la principale ressource du peuple pendant Phiver, qu'l est avantageux de donner, à ce produit, la préférence sur les autres végétaux de commerce. Dans de telles contrées, sou- vent on trouve à vendre la récolte du lin en pied, et ainsi l'on en retire un profit considérable, clair et net, sans avoir à s'occuper de la récolte et de la manipu- lation des produits. Ce peut être une bonne spéculation que d'établir, dans un domaine, des salles de fllature et des métiers de tisserand, pour occuper com- modément, pendant l'hiver, un grand nombre d'ouvriers, afin d'en disposer ensuite pendant l'été, pour les travaux champétres. De cette manière on augmente autour de soi le nombre des gens de bonne volonté, et la population. Alors, sans doute, il convient de donner de l'extension à la culture du lin, et à la pré- paration de sa filasse; mais aussi peut-on le faire sans inconvéniens. Si ces deux- circonstances n'ont pas lieu, la culture de plusieurs autres végétaux de com- merce me parait devoir étre préférée à celle du lin, et celle-ci étre resserrée au moins dans les limites du besoin qu'on a pour son propre usage. § 1195. Le lin préfère un sol léger et mêlé de sable, à un terrain plus fort et ar- gileux. Mais il faut que ce que la composition du sol lui ôte en faculté de re- tenir l'humidité, lui soit rendu par sa position. Outre cela, il faut qu'il soit décidément riche et fécond, ou naturellement, ou pour avoir regu précé- demment des amendemens abondans. On ne peut guères remédier au défaut de cette fécondité, en donnamt au terrain des engrais, au moment de la semaille. Cependant le terrain ne doit pas étre gras outre mesure, parce qu'alors le lin pourrait facilement y verser. Un terrain marneux et meuble lui convient mieux que tout autre. 6 5 1196. Dans les contrées où l'on suit l'assolement triennal, presque toujours on place le lin sur la jachèré, ou on P'y substitue. Ceute place me parait la plus inconvenante de toutes celles qu'on pourrait assigner à cette récolte. II est difficile, surtout pour le lin haäuf, de pouvoir donner au sol cet état de bonne culture, qui doit précéder la semaille, paruculiérement quand le sol a é6té in- fecté et enherbé par plusieurs récoltes consécutives. Le lin est envisagé comme une mauvaise préparation aux céréales d'automne, et iout agriculteur pratique calcule d'avance sur un moins sensible dans le produit de la récolie de grain qui doit suivre le lin. Dans l'assolement triennal, je préférerais, de beaucoup, mettre le lin dans la sole des grains de printemps, qui peut, avec bien plus de facilité, recevoir la préparation nécessaire, surtout si la jachère qui a précéde 17² TRINCIPES RAISONNES la céréale d'automne a été soignée convenablement; si d'ailleurs cette jachère a été fumée abondamment, ceitte sole doit avoir encore assez de fécondité. Dans ce cas, d'abord après que la céréale d'automne aurait Gté enlevée, il faudrait déchaumer superficiellement, ou seulement donner un demi-labour (Voyez 5 755, vol. III), et en automne, alors, labourer profondément; si le sol paraissait avoir besoin de nouveaux engrais, je ferais, pendant Phiver, charier le fumier d'étable, tout récent, sur le sol, et le ferais 6pandre, après avoir préalablement passé la herse. Ce fumier demeurerait dans cet état jusqu'à ce que, au printemps, un temps sec me permit de faire raäteler la paille, ou, ce qui serait plus facile sur de grandes étendues, de l'amasser en petits monceaux avec un grand râteau de moisson trainé par un cheval, après quoi l'on enlè- verait ce résidu, pour l'employer à d'autres usages. Ainsi le sol obtiendrait les sucs nécessaires à la récolte de lin, sans que la paille le unt trop soulevé. Au lieu de cela on peut, sans contredit, donner un parcage. Le champ alors verdira avec force, mais suriout il sera très perméable, et, à l'aide d'un seul labour, il se trouvera bien préparé pour la semaille. Des pois réussiront fort bien sur le terrain qui aura rapporté du lin Pannée précédente; et la céréale d'automne qui suivra les pois, aura plus de succès que si elle eũt été semée à la suite du lin. Si cependant on n'a pas préféré semer, parmi le lin, du trèfle, qui ne réussit aussi bien parmi aucune récolte, si ce n'est parmi le blé noir. Mais le lin réussit aussi parfaitement apréès le trèfle, sur un seul labour, et mieux méeme, si c'est un trèfle de deux ans. On rompt le chaume du trèfle en automne ou au printemps, avec soin et pas trop superficiellement, après quoi Pon herse et passe le rouleau. Avant de semer le lin on passe fortement la herse avec les dents en avant, ou bien, ce qui vaut mieux encore, l'extirpateur; on couvre le lin à la herse, et Pon passe le rouleau. Si l'on juge que le lin en ait besoin, on peut également employer ici la manière de fumer que je viens d'indiquer; mais on trouvera plus effcace un léger amendement aveo de la chaux, des cendres de savonnerie, ou du fumier de volailles, surtout de pigeons, épandus à la volée. En revanche, selon les observations des Belges, le lin réussit mal apréès les légumes, surtout après les pois. Après les récoltes sarclées et abondamment fumées, le lin réussit parfaitement, on le cultive également avec avantage après le chanvre; mais c'est le contraire lorsqu'on sème du chanvre après du lin. § 1197. Le lin ne réussit nulle part mieux que sur un défrichement riche et fécond, ou sur un terrain qui est demeuré très long-temps en herbages; je crois quil est chare 4 onditg. vée, il labour ; si le 1 biver 7 après jusqu ou, ce nnceaux menlo- lit les leré. alors bonr, sur le Romne do lm. sit aussi ur, et fle en quoi nt la veur; un en Vins chaus, geons, res les nmeant e après lin. (doond, qull est D'AGRICULTURE. 175 difRcile d'employer d'une manière Plus proßtable ce terrain, la première année de sa rentrée en culture. II faut écroùter plus ou moins profondément, selon P'épaisseur de la couche de gazon; celle-ci doit étre soigneusement retournée; il faut aider avec la fourche et la bèche, dans les places où la te opération doit se faire en automne, ou au e rouleau d'abord après, afin que Pherhe la semaille, on herse avec force, pour cet effet, charrue ne peut pas suffire. Cet premier printemps; on herse er passe! ne pousse pas entre les raies. Au temps de on sème le lin, on eniterre à la herse, et ¹' vu du lin plus vigoureux, à plus haute tige et qui se tin un tel défrichement; à cela il faut ajouter FPavantage; qu'o sarcler. Tout au plus voit-on repousser les racines de quelques pl et difficiles à détruire, et ces racines peuvent facilement être arrachées. le lin, le gazon devient si perméable et si meuble, que Pon peut se borner à donner un seul labour pour la céréale d'hiver. Sur un défrichement dont le sol était riche et ferüle, j'ai ainsi obtenu une très-bonne récolte de froment, à la suite d'une de lin. Ce qui me détermina à donner la préférence à cette première des céréales, fut que, l'année précédente, et pareillement à la suite d'une récolte de lin sur défrichement, le seigle s'était versé. Je ne connais aucune récolte sous laquelle le gazon tenace devienne plus friable. Lorsque je n'ai pas de defrichemens, je ne consacre à la culture du lin, que les seuls bas-fonds situés dans les soles de céréales d'automne, où je craindrais àt pendant Phiver, ou ceux qui ont effecuivement souffert Si ces plantes sont peu considérables, je fais les frais de on passe le rouleau. Je mai jamais mieux en pied, que sur n n'a pas besoin de antes dures Sous que P'eau ne séjourn de cet inconvénient. jes labourer à la bêche, et, peu de temps avant de semer, j'amende avec du compost mélé de chaux, que j'enterre à la herse avec la semence. De cette manière, je me procure le lin dont j'ai besoi sacrer un terrain utle, et je nens en eulture des cela, deviendraient bientét acides et pousseraient des joncs et autres plantes de n, et même au-delà, sans lui con- portions de terrain, qui, sans marais. Le lin ne supporte pas de revenir, à de courts intervalles, sur le terrain qui en a rapporté. Lon croit qu'entre deux récoltes de ceue plante il faut, tout au moins, un espace de neuf ans, méme dans les contrées où le sol paratt le plus approprié à ceue culture, et où celle-ci a lieu avec le plus grand succès, comme, par exemple, dans la Belgique. § 1198. On a établi comme condiuon indispensable de! de renouveler la semence ious les trois ou, au moins, tous les quatre ans, en se a réussite du lin, l'obligation — 174 PRINCIPES RAISONNES procurant, à cet effet, de la Courlande et en Lithuanie. L'expérience ne laisse aucun doute que, chez nous, la semence de chanvre ne s'abätardisse et ne produise, chaque année, des plantes Plus courtes et qui, surtout, se divisent trop tôt en rameaux. On est donc ohligé d'acheter de temps en temps cette coüteuse semence, au prix de 18 à 2a rixdalers la tonne de 2 scheffels ‚ tandis qu'on ne la vend soi-mèême que 5 ou 4 rixdalers. Ce n'est vraisemblablement pas le climat ou le sol, qui occasionnent P'abâtardis- sement de notre semence de lin, mais plutôt le peu dattention qu'on donne à cette récolte. Nous ne laissons pas múrir la semence„'et nous haätons trop de dréger; nous ne pouvons pas empécher alors qu'elle ne se brüle un peu et ne change sa couleur jaunâtre contre une brune. Dans les contrées voisines de la mer Baltique, où la vente de cette graine fait une branche essentielle de lindus- trie, on la traite avec beaucoup de circonspection. clair le lin qui est destiné à donner de la se défrichement dont on a écohué la superficie; on le laisse bien mürir, et Pon sacrifie la finesse de la filasse à la bonté de la semence. Alors on coupe les rameaux qui portent la semence à un empan de longueur, d'une perche; on dresse alors celle-ci, maturité et se sécher On sème sensiblement plus mence, et, le plus souvent, sur un et on les lie en spirale autour et on laisse la graine de lin achever sa complétement, après quoi on la bat. De cette manière la semence conserve sa couleur jaunätre, son brillant, et Podeur agréable qui lui est propre; dans cet état elle procure des plantes plus vigoureuses. II n'y a aucun doute que, si nous imitions ce procédé, nous n'eussions de la semence de lin tout aussi bonne que celle qui nous vient de Pétranger, épargner Pachat coüteux de celle-ci. mence de lin pendant deux ans meilleure qu'elle est plus vieille. 1199. L'on a deux sortes de lin, Pune dont la capsule qui contiem la semence souvre avec éolat, lorsque, parvenue à sa maturite ‚elle est fortement desséchée par les rayons du soleil; elle donne une filasse plus fine, plus courte, mais plus souple; et TPautre qui doit être battue Pour que la semence s'en sépare. On cultive or- dinairement ici la dernière espèce seulement, parce que Pon ne tient pas la première pour avantageuse. La distinction de lin hatif, lin de moyenne époque, ou lin tardif, dépend uniquement du moment où l'on séme, car, G'ailleurs., Ia sémence est de méême espèéce. Le lin hatif et celui de moyenne époque, pa- raissent, en général, plus sürs. Cependant, dans plusieurs contrées on ne sème que le tardif, par le seul motif que sa récolte n'a lieu qw'après la moisson, er que Pon ne veut pas étre troublé dans celle-ci. et que nous ne pussions L'expérience conseille de conserver la se- ; selon quelques personnes, elle est d'autant graine de lin de Riga, qui crott en Livonie, en „ ele rinni je des t que d espes korie, en e⸗ nohs, 2s plantes no ohligs rirdalers Adalers. baurdis- on donne 5 trop de eu et ne 8 do 4 indus- t plus ur un kcrifte neaur autour ever a niere la qai lui 2ya e de ions se- ant D'AGRICULTURE. 175 .§ 1200. Je passe ici sous silence les autres procédés de la culture du lin, parce qu'ils sont suffisamment connus, et que je ne pourrais que répéter ce qui a déjà été dit cent fois. Cependant je dois faire mention des opinions contradictoires sur les avantages du rouissage d la rosée et du rouissage dans O'eau. Le premier est plus sůr, mais il exige beaucoup de temps, surtout lorsque la température est très-seche. Dans l'été sec de 1810, il ne put pas avoir lieu; on fut obligé de recourir au rouissage dans l'eau, ou tout au moins d'arroser fréquemment. Le rouissage dans l'eau se fait très-promptement, mais il demande une grande attention et beaucoup de soin pour que la filasse n'en souffre pas. On n'a pas Partout Peau qu'il faut pour cela; cette opération remplit l'air d'une odeur de pourriture, et Peau de matières décomposées, qui font périr les poissons. On est obligé de mettre cette opération sous la direction des femmes ‚ lesquelles ne s'écartent pas volontiers de leurs habitudes, et on ſait, en conséquence, mieux d'en demeurer à la méthode qui est déjà introduite dans le pays. Lors du battage, le cultivateur a soin de diviser sa graine en première qualité qu'il conserve pour semence; en moyenne qu'il destine à faire de Phuile, et en mauyaise qu'il consacre, avec plus davamage, à la nourriture du bétail. § 1201. Le Lin vivace(Linum perenne), espèce de plante absolument distincte, a Eté fortement recommandé par quelques personnes, et parait avoir une supé- riorité relle; celle-ci consiste en ce que cette plante dure plusieurs années (je Pai moi-même conservée pendant six ans en pleine vigueur) et qu'elle donne des uges beaucoup plus longues et plus fortes; mais la filasse ne s'en sépare que difficilement, et est brune et grossière, ce qui fait que, nulle part, cette espèce n'a conservé pendant long- temps des partisans. LE CHANVRE CULTIVE, Cannabis sativa, § 1202. Est du nombre des plantes dans lesquelles les deux sexes sont séparés. Une variété disuinguée du chanvre est celle d'Alsace ou de Strasbourg, qui pousse une uge de 3 pieds*. C'est probablement à la culture seulement qu'il doit d'avoir atteint cette longueur; sans doute qu'on donne des soins aux plantes Pen ai moi-mème mesuré dans mes champs, soit du Bolonais, soit de la Romagne, eu 176 PRINCIEES RAISONNES dont on veut reurer la semence, et qu'on les espace convenablement. Lorsqu'il est de cette hauteur, il est fortement exposé à étre endommagé par les gros vents, il mest donc pas encore décidé sil conviendrait pour le climat du Nord- Est de l'Allemagne. § 1205. Le chanvre demande, plus encore que le lin, un sol abondamment pourvu d'humus, qui soit humide par sa position et, avec cela, léger et meuble. Les marais non tourbeux qui ont été assainis, les étangs limoneux qu'on a laissé écouler, conviennent parfaitement pour la culture de cette plante, qui y donne, le plus souvent, un produit très-élevé. C'est dans les terrains riches des contrées basses seulement, que le chanvre réussit sur toute Pétendue des champs. Sur les hauteurs, à moins qu'on ne lui consacre une grande abondance d'engrais, il w'est pas d'un produit considérable, si ce n'est, comme je l'ai dit, dans cer- taines places basses et plus fertiles que la Beneralite des champs; de-là vient que ceite culture est absolument étrangère à plusieurs contrées. Lorsque le sol convient, on peut cultiver le chanvre pendant plusieurs années consécutives, sur le même terrain. § 1204. Si le sol n'est pas meuble de sa propre nature, il faut souvent donner„Ppour ceite récolte, quatre labours successifs et profonds. Sur les terrains humides, le fumier des bétes à laine et des chevaux lui est plus profitable, à cause de sa chaleur. Mais si Pon voulait le cultiver sur un terrain sec, il faudrait lui donner une forte quantité de fumier de bèêtes à cornes, bien consommé. On sème le chanvre Aes la mi-avril à la fin de mai*, sur un labour récent, à la quantité de 1 ou 1 ¾ scheffel par journal, selon qu'on veut P'avoir plus gros ou plus fin; pour faire la womaille; on choisit volontiers une température humide, et Pon enterre à la herse. Pour le chanvre, on envisage la semence de la dernière année comme meilleure que la plus ancienne, et Pon n'en change pas. Iialie, qui avait, Rors de terre, 15 pieds 8 pouces de Rhin en longueur; un de mes amis en a mesuré qui avait 18 pieds 6 pouces, aussi de Rhin, et cependant la filasse en était de la plus remarquable beauté. Dans ces contrées, cette récolte est protégée contre les vents, par les plantations d'ormeaux qui soutiennent la vigne, et par les pampres de celles-ci qu'on étend d'un arbre à T'autre en ſorme de treilles. Trad. * Aussilôt que Pon croit n'avoir plus à redouter la gelée. Trad. Lorsqul 4 les gos du Non l. dpouex Me. LS On à lSe niy donne, es contrées èmps. Sur Tengrab, fas cer- U vient Sque le Lcuuhes, ner, pour r lui est sur un cornes, recent, 1us gros humide, dermière — amis en 2 de la plus 18, par les eend dun D'AGRICULTUnRV. 177 9 1205. Le chanvre léve promptement, et croft avec une vitesse extréme, de sorte qu'il couvre bientôt le sol, étouffe les mauvaises herbes et a rarement besoin qu'on arrache celles-ci, ou qu'on le sarcle. Gest ici un des grands avantages que sa culture a relativement à celle du lin. La seule orobanche, tant la grande que la petite(Orobanche major et ramosa) croĩt, dans quelques lieux, parmi le chanvre et peut le détruire entièérement. Ailleurs on ne la trouve pas du tout. On arrache“ le chanvre maàle dès qu'il a déposé sa poussière séminale et qu'il commence à jaunir à sa sommité; cela a ordinairement lieu à la fin de **⁴, ainsi durant les occupauons les plus juillet ou au commencement d'aoùt urgentes de la moisson, circonstance qui augmente beaucoup la difficulté de cette culture, parce que cette opération absorbe infiniment de temps. Le chanvre arraché à cette époque donne la filasse la plus fine, aussi n'est-ce qu'à regret qu'on néglige d'en faire alors la récolte, d'ailleurs les plantes femelles- qu'on laisse en pied ont alors plus d'espace pour végéter et se fortifier, et elles donnent plus de graine. Le reste de la récolte et la préparation du chanvre sont assez semblables à ce qui a lieu dans la culture du lin. Cependant, pour tout cela, il est des mé- thodes qui diffèrent les unes des autres, et qu'on trouve consignées dans plusieurs manuels d'agriculture et écrits particuliers, surtout dans l'excellent Handbache Ffür Landwirthe de Kaehler. § 1206. La culture du chanvre en grand ne peut étre recommandée à celui qui cul- üve de grandes étendues, que lorsqu'il a des piêces dont le terrain est particu- liérement propre à ce genre de produits, et, à côté de cela, des bras en suffisance, ou qu'il trouve à vendre sa récolte sur plante. Le chanvre est partout un objet de première nécessité pour les cordages; il donne de la graine en abondance, et, comme elle est très-huileuse,'écoulement en est toujours assuré. Dans les exploitations rurales qui n'ont que de temps en temps du terrain convenable à consacrer à cette culture, comme, par exemple, des étangs qu'on a fait écouler, il convient de se procurer, en une année, une provision de chanvre qui suffise aux suivantes. Souvent j'ai pu porter le produit net d'un journal de chanvre à 40 ou 50 rixdalers, quoique les frais de culture en fussent plus élevés qu'ils m'eussent duù Pétre. ** 2 ⸗ 0 QOu scie, ce qui vaut beaucoup mieux, et meme est une des conditions absolues d'une belle filasse, la racine n'en donnant qu'une grossière et mauvaise. Trad. ** Peu de temps apreès la moisson des froments. Trad T. IV. ——— 178 PRINCIPES RAISONNES PLUSIEURS AUTRES PLANTES OUON PROPOSE DE CULTIVER POUR LEUR FILASSE OU LEUR COTON. 6 1207. L'APOCIN OUATE, Asolepias Syriaca. Dans les années 1790 à 1800, cette plante a été fortement préconisée, comme pouvant remplacer le coton, et on l'a, en effet, mise en œuvre dans quelques manufactures, surtout à Liégnitz. Mais comme, de lors, on n'en a plus oui parler, quoique les circonstances fussent trds favorables: à un produit qui euùt remplacé le coton, il est permis de croire que cette plante n'a pas rempli les espérances qu'on en avait conçues. La culture en est d'ailleurs extrémement facile„ et la plante saccommode fort bien des sables les plus arides, pourvu qu'on leur donne un peu d'engrais. L'ORTIE DIOiQUE, Vrtica dioica. 9 1208. Dans ces derniers temps, la culture de cette plante, soit pour sa filasse, soit comme fourrage, a été, derechef, fortement recommandée. On doit la multiplier soit par semence, soit par la transplantation de planis enracinés ou de souches, et on lui attribue, en particulier, le mérite de réussir sur les terrains les plus mauvais, sur des élévations sablonneuses, parmi des pierres et à d'autres places dont on ne pourrait d'ailleurs pas faire usage. Cela m'a paru étonnant, parce que je Wavais jamais vu Vortie s'élever à une certaine hauteur que dans des lieux qui avaient de Thumus en abondance; mais mes doutes s'éclaircirent lorsqu'ensuite je trouvai, dans un éloge de Portie, qu'il fallait conduire l'épaisseur de quelques pouces de bonne terre sur les places où P'on voulait cultiver cette plante. On peut donc recommander la culture de Tortie, soit pour s'en procurer la filasse, soit pour fourrage, à ceux qui n'ont pas de meilleur emploi à donner à leur bonne terre noire, et aux bras dont ils disposent. Ona encore indiqué, pour en retirer de la filasse, plusieurs espèces de Mauves, le Genet dẽispagne ou Jonocier, et le Genet commun(Spartium junceum et Scoparium), I'Epilobe d feuilles stroites(Epilobium angustifolium), la tige du Houblon, eic. Je renvoie sur ce sujet mes lecteurs à Pouvrage intitulé Herzers vollstaendige Geschichte der Benutzung vieler bisher noch unbenutzter deuts- cher Moll-und seidengewaechse, Regensburg 7794. En attendant nous nous contenterons de la culture du chanyvre et du lin. 2 mme Aques arler, placo ncss tl dur D'A GRICULTVUR E. 179 LE CHARDON A FOULON ou à bonnetier, Dipsacus fullonum, § 1209. Doit avoir ici sa place, parce quil est de la plus grande utilité dans les fa- briques de drap, et qu'il en est si recherché, que, dans plusieurs localités, leur culture peut étre proſilable au cultivateur. Cette plante croit aussi spontanément en Allemagne, mais le chardon sauvage ne peut pas servir à tirer le poil des draps, parce que les piquans dont sa téte est armée n'ont pas cette pointe crochue qu'ils acquièrent par la culture. On le sème au printemps. La premidre année les plantes ne s'élèvent pas en hauteur. Ordinairement on les transplante en juillet à une distance de 1 pied ou 2 pieds. L'année suivante ils poussent des üges de 4 à 6 pieds de longueur. A P'extrémité de la uge et des rameaux sortent les fleurs, qui forment des tétes ovoides, garnies de piquans longs et élasuques, entre lesquels poussent des fleurs rougedtres. Lorsque toutes les fleurs sont épanouies, on coupe les tétes, en leur laissant environ un pied de la tige. On les sèche alors dans un grenier bien aéré, et on les lie en bottes de cent chacune. On peut ainsi profiter de la plante pendam deux ans. Les observations que nous avons faites plus haut sur les végétaux de com- merce en général, sont également applicables à cette plante. LES PLANTES CoLORANTES. § 1210. LA GARANCE(Rubia tinotorum]). Sa patrie est le midi de l'Europe, mais elle supporte notre climat- Ses racines dont on se sert si souvent dans la teinture„ont l'épaisseur d'un tuyau de plume d'oie, et ont souvent 2 ou 35 pieds de longueur; elles sont composées de parties jointes par des espèces de nœuds, autour desquels il pousse de nombreux filamens; elles contiennent une substance charnue qui, en dehors, est d'un rouge foncé et, en dedans, d'un rouge paâle; elles poussent, vers le haut, beaucoup de racines latérales, qui s'étendent horizontalement en terre et, au printemps, donnent de nouveaux jets. L'herbe périt aux approches de Phiver. Les däges ont quelques pieds de hauteur; elles portent des feuilles ovales ou Plutôt lancéiformes, qui sont placées en forme d'étoile. Les fleurs sont jaunes et portées par des pédoncules réunis à leur base en forme de bouquei. 180 PRINCIPES RAISONNES .§ 1211. Ceite plante se multplie par sa graine; mais cette propagation avance avec plus de célérité lorsqu'elle a lieu par la plantation de jets enracinés, qu'elle Pousse au printemps; cependant, les plantes dont quelques géenérations sont Propagées de cette manière, paraissent perdre la disposition à donner de la graine. Quelques cultivateurs tiennent pour utile de renouveler, de temps en temps, la garance, par le moyen de la semence. Cetie plamte veut un sol léger et humide, bonifié par des amendemens suc- cessils, et récemment fumé. On donne pour cela un lapour à Ia bèche, on royole*, ou mêéme Pon défonce le terrain à bras; tout au moins donne-t-on, avec la charrue, un labour aussi profond que cela est possible. On met les plantes en lignes, celles-ci doivent être espacées à deux pieds. Apréès 3 ou 4 lignes, on laisse un espace double. Lorsque les plantes se sont développées, on enleve, avec la péle, la terre de ce dernier espace, et on 'étend entre les plantes, de sorte que le champ présente alors Paspeot de planches relevées, séparées par des fossés profonds. La plantation a ordinairement lieu en mai; comme les plantes ne s'élèvent pas beaucoup la premièére année, plusieurs Lultirarours profitent de ces in- tervalles pour y semer d'autres végétaux. Lorsque Phiver arrive, on couvre les planches avec du fumier, qu'on enlève ensuite, au primtemps, avec le räteau, et qu'on enterre superficiellement dans le fossé. Les Plantes poussent alors vigoureusement; on tient les intervalles creux ou fossés, soigneusement ameublis avec des houes, et Pon en ôte les mauvaises herbes. Au printemps de la troisiéme année, on creuse de nouveau les inter- valles, et l'on épand sur les planches, la terre qu'on a ainsi urée de ces fossés, laquelle a été bonißiée par le résidu du fumier qu'on avoit épandu sur les planches, T'automne de la première année. Cette opération se fait ici comme comme sur les planches d'asperges. On récolte les racines avant Thiver. Quelques cultivateurs font déjà cette récolte la secconde année; mais cela ne saurait avoir lieu que lorsque le terrain est extraordinairement riche, encore ces racines n'ont-elles jamais atteint cette Srosseur, ni celte qualité, qu'ont celles de trois ans, ce qui fait qu'elles ne trouvent pas facilement des acheteurs. * Rayoler, est défoncer en partie avec la charrue et en partie à à bras; approfondir ae la béche la raie faite par la charrue. Trag. afec pDA GRICUI TVU R B. 181 Telle est la manière que, à quelques modifications proͤs, on suit assez géné- ralement pour la culture de la garance. 9 1212. Pavais déjà recommandé à plusieurs cultivateurs de garance qui l'avaient suivie avec un grand succès, la méthode que Schwertz nous donne dans son second volume de PAgriculture Belge, page 205; mais nous ne sommes, aiusi que je Pai vu dès-lors, ni l'un ni l'autre Pinventeur de cette méthode, puisque le pasteur Christ l'a déjà recommandée dans son Unterricht von der Land- wirthschaft, Frankfurt am Mayn, 1591.& Lorsque nous considérons les „ avantages, dit-il à page 464, que présente la méthode de Tull, on, verra » d'abord qu'elle n'est applicable à aucune plante plus qu'à la garance.» Cependant il me parattrait dangereux d'enlever, dans une première culture, la ierre d'auprès des lignes, selon la méthode de Tull. Si je cultivais de la garance, ma méthode serait la suivante. Apréès que le sol aurait été parfaitement préparé et neutoyé, je ferais, avec la charrue à double versoir, des raies à trois pieds d'éloignement les unes des autres, et je placerais les plantes 1a la sommité du billon étroit qui, de cette maniére, aurait été formé avec la terre renversée par la charrue. Lorsque ces plantes auraient grandi, je ferais de nouveau passer la charrue dans les raies, après avoir, cependant, un peu plus écarté les deux versoirs de celle-là; cette charrue pénétrant plus profondément, elle porterait, auprès des plantes, la terre qu'elle enléèverait dans la raie. Je ferais répéter encore une fois la même opération. Avant P'hiver, si le sol n'était pas naturellement très-fertile, je ferais épandre, sur toute la surface du sel, du fumier passablement consommé, lequel, sans doute, tomberait en grande partie dans les raies. L'année suivante j'y ferais passer la méême charrue, qui recouvrirait le fumier, en buttant de nouveau les plantes. Ce moyen ne dispenserait pas absolument du travail avec la main, mais, du moins, il le diminuerait sensiblement. Il serait nécessaire de houer et écroüter entre les lignes, et ces labours amassant de la terre daus les raies, la charrue rejetterait cette ierre sur les planches. Si, à la troisiéème année, les raies étaient larges et les plantes assez Glevées, on ne se servirait plus, pour cultiver le sol, que de l'écroũtoir ou ratissoir à cheval. Nulle personne qui a observé cette culture sur d'autres plantes, ne doutera quw'elle ait le succès que Christ en promet, et que Schwertz annonce. Cette méthode aura, de plus, P'avantage de faciliter sensiblement la récolte des racines, lesquelles se trouvant toutes dans une méême direction, comme Schwertz l'a Sprouvé, pourroni trèés-bien étre récoltées à la charrue. 18³ PRINCIPES RAISONNES § 1213. La garance doit alors étre exposée dans un lieu bien aéré, et cependant à Pombre, pour y sécher; le mieux est de l'étendre sur des claies, comme dans une tuilerie.— La préparation ultérieure n'est pas Paffaire du cultivateur, à moins qu'il ne soit en même temps fabricant. Celui qui n'est pas sůr de„'écoulement de sa garance dans son état de siccité et avant d'étre broyée, ne doit en cultiver qu'autant qu'il a un moulin à garance. Celui qui veut ſaire de grandes plantations de garànce, doit avoir ses propres semis. Il serair trop onéreux de devoir se procurer au dehors„ la quantité de plants nécessaire. Quelque avantageuse que soit la culture de la garance, lorsqu'une fois elle est organisée convenablement, il faut, avant de Pentreprendre, bien considérer tout ce que nous avons dit sur la culture des végétaux de commerce en gé- néral. Cette culture ne peut avoir lieu que lorsqu'on a une surabondance d'engrais. D'ailleurs elle ne peut entrer dans aucun assolement ordinaire, à cause de la longueur du temps durant lequel cette récolte occupe le sol: trois ans, ou tout au moins deux*. LE PASTEL DES TEINTURIERS, Fatis tinctoria. 7 1214. La culture de cette plante était autrefois irès-commune en Allemagne, surtout dans la Thuringe; dans le 13. siècle on s'y livrait principalement dans les environs d'Erfort. Elle formait une branche de commerce très-considérable, et opérait Ie bien-étre de diverses provinces et de plusieurs villes. Mais ‚dans le milieu du 16. — Je ne comprends pas pourquoi la garance ne pourrait pas entrer dans des assolemens règlèés; lorsque le sol a été défoncé et bien amendé pour cette culture, et que la garance a été conve- nablement nettoyée de mauvaises herbes durant la Période de sa végétation, elle laisse le terrain dans un état tellement prospère, que tous les produits que nous recherchons dans nos terres arables, y réussissent à merveille. Pai vu là-dessus une expérience très-concluante dans la Loméline, province du Piémont. Trois ans ne sont point une durée excessive pour une partie d'assolement; il suſßt de balancer, dans celui-ci, ces trois années consacréèes à un produit épuisans ou qui, du moins, ne donne que peu ou point de fourrage, par la culture d' une plante qui donne, en compensation. les ſourrages ou engrais qui sont nécessaires pour féconder la Sarancière, et la luzerne remplirait d'autant mieux ce hut, que l'état dans lequel la garance laisse le sol, semble fait exprès pour elle. Trad. ependant; omme daus s qull ne ement de en ouliver 868 Dropres guantité de lois ello usidérec en gé- ndance wire, A ol: Uois vria. Surtout environs drait Ie du 16.4 — ns régläs; elé conye- ele lerrain nos lerres e dams la une parlie Epuisan Dlante dui Scooder k la garanec DAGRICGULTUVRE. 183 siècle, on apprit à connaitre lindigo des Indes orientales, dont, dans le 17.“, Pusage s'étendit et supplanta le pastel. On ne tarda pas à connaitre le mal, et à décréter des peines pécuniaires et afflictives contre l'emploi de cette couleur du diable, c'est ainsi qu'on appelait l'indigo. Mais ces mesures de police com- merciale eurent le sort de toutes les semblables, de grossir le mal. Les fa- bricans et les teinturiers affirmèrent qu'ils ne pouvaient pas se soutenir sans indigo, et qu'une livre de celui-ci donnait autant de couleur que trois quintaux de pastel. On donna au pastel une réputation si détestable, que les teinturiers avaient honte d'en faire usage, et prétendaient ne plus se servir que d'indigo; quoique, à ce qu'on prétend, ils employassent encore le pastel en secret. Dés-lors la culture du pastel est devenue une affaire tout-à- fait rare et particulière. Maintenant que le besoin nous y conduit de nouveau, on recommence à lui donner une grande attention, et il est probable que P'art de préparer avec cette plante un indigo égal à celui des Indes, se réalisera et se propagera. Alors la culture du pastel pourra derechef devenir profitable aux cultivateurs, ce- pendant toujours sous les conditions auxquelles nous avons soumis la culture des végétaux de commerce. 6 1215. Nous avons deux variétés de la plante appelée pastel des teinturiers, celle qui est cultivée en Allemagne, et une autre qui l'est en Languedoc. On assure que la dernière a une grande supériorité sur l'autre, et qu'elle réussit aussi en Allemagne*. § 1216. Les uges du pastel atteignent de trois à trois pieds et demi en hauteur; elles sont de la grosseur du doigt, et se divisent en plusieurs rameaux garnis de feuilles. Les feuilles de la tige l'entourent, elles ont la forme d'un fer de fléche, elles sont pointues, légèrement dentelées et teintes de bleu; les fleurs sont jaunes, et naissent au sommet de la tige. Ceute plante exige un sol bon, fertile ou abondamment pourvu d'engrais, soigneusement cultivé et parfaitement propre. On en sème au printemps, ou, mieux encore, en automne, à la fin d'aoũt ou au commencement de septembre, environ quatre ou cinq metzen par journal. Le pastel semé en automne souffre * Voyez Touvrage intitulé: Enedeckung der in Deutschland noch unbekannten aechten zahmen Waidpflanze, nebst Vachricht über den Unstersocheid dieser und der shüringschen (von Otto). Franofurt, 1794. A. 184 PRINCIPES RAISONNES bien quelquefois, quoique rarement, pendant Phiver, mais le produit en es: de beaucoup plus considérable que celui du pastel semé au printemps. 8i les plantes ont poussé sensiblement en automne, on les fauche; ordinairement on ne se sert de cette coupe que pour la nourriture du bétail. Au printemps on doit non-seulement houer, afin de détruire la mauvaise herbe, mais encore éclaircir les plantes daus les lignes, de sorie qu'il n'y en ait qu'au plus une par pied. On épargnerait sürement beaucoup de travail et de semence, si on le semait en lignes, et qu'on le cultivât avec le ratissoir à cheval. 6 1217. Lorsque les feuilles ont un empan de longueur et que les fleurs sont prétes à s'épanouir, on sépare la tige de la racine et on en enlève les plus grandes feuilles. Quelques semaines apréès il pousse d'autres feuilles qu'on récolte de la même manière. On répéète cela aussi long-temps que la végétation de la plante continue. L'on oblient ainsi, souvent, quatre coupes du pastel d'automne. D'autres se contentent de trois récoltes, afin de laisser aux feuilles le temps de grandir d'avantage. Sur un bon terrain, on obtient, en moyenne, 150 quintaux de feuilles pesées vertes. On lave la partie des plantes qu'on a récoltée, et Pon se häte de la porter au soleil pour la faire sécher ou plutêòt seulement faner. D'abord après on la transporte au moulin à pastel: auge dans lequel une forte roue, munie de tétes en bois ou en fer, se meut et écrase le pastel. Lorsque la trituration a eu lieu, on fait, du pastel ainsi broyé, des tas en plein air, et Pon couvre ces ias pour les préserver de la pluie. Huit ou douze jours après, on ouvre les tas, on prise le pastel et'on mélange T'intérieur des tas avec la croùte qui s'est formée tout autour. On en fait des boules rondes, qu'on met ordinairement sécher sur des claies exposées au vent, mais pas au soleil, et lorsque ces boules sont séches, elles sont alors prétes pour la vente. Tel est le procédé ordinaire, mais il n'est pas douteux qu'il n'y en ait un meilleur. Ce qui, dans la culture de cette plante, effraiera toujours le cultivateur, c'est qu'il doit entreprendre la fabrication en même temps que la culture, parce que celle-là doit, nécessairement, avoir lieu d'abord après la récolte, tandis que les feuilles sont encore fraiches, er duramt une période où, dans les campagnes, tous les bras sont fortement occupés* FVom Anbau des WMaidbrautes„ dessen Zubereitung und Anleitung Indigo daraus 235 machen. Vien, 1788. Schrebers historisch-physische und œconomische Beschreibung des M. 27723. Halle, 17 52. duit en esr llemps. K lnairement printems Äs encore apar ped. ul Semait sont prales s grandes Nle de l à plante Uautres 2 grandir de feulles 2Na porler après on k nie de tétes ation a eu re ces tas s fas, On st formée n sécher dles Son orämire; teur, Cest ure, parce tandis que mpagnes— — 90 daraus 2u Jalr, D'AGRICULTVURE. LA GAUD E, Reseda luleola. § 1218. Cette plante colorante a, pour celui qui la cultive, le grand avantage de ne demander qu'à étre séchée, et d'étre vendable sans autre préparaution. Un terrain sablonneux urant suc la glaise, parfaitement amendé, bien cultivé ei bien nettoyé, est ce qui lui convient le mieux. La graine, qui est petite, doit étre semée en aoüt, à la quantité de huit livres par journal; elle ne supporte pas d'ètre recouverte de beaucoup de terre. Lorsque, au mois q'aodùt de Pannée suivante, la semence est múre et que la plante commence à jaunir, on arrache la gaude, on la sèche et la lie en bottes, que Pon vend au quintal. On peut aussi employer la graine pour faire de T'huile. Ceue culture demande peu de détails, eur, comme un journal produit de six à huit quintaux, et que le quintal se vend assez souvent huit rixdalers, une telle récolte est très-profitable, pourvu qu'on en ait l'écoulement. Ce- pendant l'Anglais Marshall conseille à ceux qui afferment, d'interdire, dans le contrat de bail, la culture de cette plante, parce qu'elle épuise excessivement le sol. LE CARTHAME oOV SAFRAN BATARD, Carthamus tinotorius. § 1219. Cette plante exige un terrain qui soit dans un Gétat de culture égal à celui des jardins. On mei de bonne heure la semence en terrèe, espacée à deux pieds, cependant plusieurs grains à la même place, pour m'y laisser ensuite que celle des plantes qui a la meilleure apparence. On tient les intervalles netioyés, au moyen de cultures, pour lesquelles le ratissoir à cheval est Pinstrumeut le plus propre. Lorsque, en aouùt, les fleurs sont devenues jaunes ou plus foncées, on les arrache, en se servant pour cette opération d'un couteau émoussé; apréès cela on les fait sécher sous un couvert. Ceite opération d'arracher la fleur doit se faire avant midi et nullement dans la plus grande chaleur du jour. La récolte est la partie la plus longue de toute la culture de ce végétal. On laisse la plante sur pied, achever sa maturité, après quoi on Tarrache, on la sèche et la bat, pour en obienir la semence; celle-ci donne une huile X bonne, mais en petite quantité*. 1 * Dallingers 6konomisch-technologische Abhandlung über den Saflor und Waubau. Neue Auflage. 1805. T. IV. 24 PRINCIPES RAISONNES un 0C LE HOUBLON. 3 4 . 6l 3 6 1220. 4G 4 Ce produit est devenu presque de première nécessité; partout il trouve T'écoulement le plus suͤr, et à un prix qui paie Pintérét des frais de culture, 4. 5 tant considérables qu'ils soient, à raison du cent pour cent. Il doit donc attirer Fattention de tout cultivateur qui a amené son économie rurale au point de lui fournir la surabondance d'engrais que cette culture exige, et qui a les moyens de faire l'avance en argent qu'elle demande. § 1221. 1 Nous avons plusieurs variétés de houblon, le sauvage ou de haies, et le 3 cultiyé. Le premier est à tous égards plus petit et plus faible, et quoique, a vraisemblablement, on pút Paméliorer par la culture, personne n'aura la tentation 41 d'en faire l'essai, parce qu'il n'est pas difficile de se procurer des plantes de 1 houblon cultivé. Cette dernière espèce se distngue en haàtive et tardive; les panicules de la première sont non-seulement plus gros, mais encore plus aro- matiques; en revanche le second pousse un plus grand nombre de panicules et est, à ce qu'on assure, moins exposé aux maladies et aux casualités. En général, cependant, tous les cultivateurs éclairés préfèrent Pespèce hätive, surtout lors- que, ordinairement, ils n'éprouvent pas une disette de bras à P'époque de sa 1 maturité, qui a lieu vers la fin de la moisson, dans les derniers jours d'aoùt 1 ou les premiers de septembre. 4 Chez des cultivateurs moins soigneux, on trouve les deux espèces méêlangées A Péle-mêle dans un même jardin, ce qui est nuisible à tous égards, mais surtout zn pour la récolte. Il faut dono bien se donner de garde, lorsqu'on établit une hou- k plonnière, de meélanger différentes espèces. Le houblon est du nombre des plantes dont les sexes sont divisés ‚sur des pieds différens. Cependant on dirait que les plantes peuvent éprouver une métamorphose dans leur sexe; car, comme Pon ne peut tirer parti que des 3 plantes femelles, on ne plante que de celles-là et lon détruit les maäles, d'autant qu'il ne s'agit pas de laisser accomplir la semence. Cependant, dans t les plamations de houblon, on trouve toujours quelques plantes mâles, dont 4 on ne sait à quoi attribuer la naissance, à moins que ce ne soit peut-ètre à quelque semence, qui aurait devancé l'époque ordinaire de sa maturité. § 1222. Pour établir la houblonnibre, il faut choisir une place en plain air, qui soit trouye ultare de Nürer Dom de Qui à ls , el le oigne, utation Res de Ne; les Jus ro- ncules et genéral, out lots- ve de sa daoüt augdes urtout e hou- ur des er une ne des mäles, „ Gans „ domt 4 3 „tre à 1é. nu voit D'AGRIOCULT URV. 187 un peun protégée contre le vent du nord. Les houblonnières qui n'ont pas un libre cours de P'air, sont plus casuelles. La meilleure manière declore une houblon- nière, est de l'entourer d'un fossé, sur lequel, pour plus de sureté, on peut établir une haie qu'on a soin de tenir basse. On évite les posilions ou il se fait beaucoup de poussière, par conséquent le proche voisinage des grandes routes. Les terrains qui conviennent le mieux à la culture du houblon, sont les sables glaiseux et les glaises sablonneuses, pourvu que, à l'époque de la plan- tation, ils soient dans un état de fécondité satisfaisant, et qu'ensuite on leur consacre les engrais nécessaires pour alimenter et augmenter encore cette fé- condité. Dans les terrains humides, argileux et tenaces, la réussite de cette plante est plus incertaine, mais, en revanche, son produit est plus considérable, lorsqu'il réussit. Sur un sol dont la couche ioférieure est mêlée de piesres calcaires, mais dont, cependant, la couche végétale est assez épaisse, il réussit avec une grande certitude. Les terrains ferüles qui, depuis long-temps, sont en herbages, en jardins potagers ou d'arbres à fruit, et qui ont été loujours abondamment fumés, sont ceux qui conviennent le mieux pour former des houblonnières. Lorsqu'on veut préparer le terrain pour une plantation de houblon, il con- vient d'y cultiver, Pannée avant l'établissement, une récolte sarclée, à moins qu'on ne veuille lui donner pendant l'été plusieurs labours soignés. Lors méême que, pour la récolte sarclée,'on a donné un amendement de huit charriots à quatre chevaux de fumier d'étable, après la récolte on n'en donnera pas moins un second, de dix charriots par journal, au moins, qu'on épandra et laissera ainsi sur le sol, ou qu'on couvrira par un labour. Au premier printemps, aussitét que le sol sera un peu essuyé, on labourera aussi profondément qu'on le pourra avec la charrue, ou bien avec la béche. § 1225. Les momticules destinés au houblon, doivent occuper au moins quatre pieds en carré, d'autres les mettent à six ou huit pieds de distance. On met un piquet à chaque place ou il doit y en avoir un, et Ton fait, tout aatour, à six pouces de distance, un fossé circulaire, de quatre pouces en largeur et cinq pouces de profondeur, et l'on y place les plants, en leur laissant de trois à cinq yeux au-dessus de terre. II faut choisir, pour cela, des planis sains et vigoureux. On remplit ensuite le fossé avec la terre qu'on en avait nrée, en ayant soin de bien serrer le sol contre les plants, et de faire sur eux une petite élévation de terre, en telle sorte que les germes soient complétement couverts. Au bout de peu de semaines, selon que la température aura été 188 PRINCGIPES RAISONNüS favorable, le jeune houblon commencera sa végétation. Aussitét que la mau- vaise herbe commencera à se montrer, on houera toute la houblonniére et l'on sarclera entre les plantes. Ce sera alors le moment de planter les perches, après avoir fait, pour cela, un trou en terre, avec un avant-pieu de fer. On attache à ces perches les jeunes plantes, mais seulement les pousses principales, et Pon retranche les autres. Les premières ne tardent pas à grimper, en s'en- torüllant autour de la perche. Au besoin, on retranche encore une fois les faux rejetons. Si Pon ne se borne pas à meitre en terre des jeunes plants enracinés, mais si c'est au contraire de vraies plantes enlevées dans quelque vieille houblon- nière, on fait la plantation en automne. Alors, déès Pannée suivante, elle donne ordinairement une récolte passablement considérable. A la St. Jean, on butte le houblon; on tire pour cela la terre des intervalles, ei Pon forme un petit monticule autour de chaque perche. Dans cette opérauion Ton met une attention particulière à ne pas toucher les racines du houblon. Ceite première année, comme le produit du houblon est peu considérable, plusieurs enltivateurs plantent, dans les intervalles, d'autres végétaux, tels que des choux ou des betteraves. La récolte de cette premièére année est si insi- gniſiante, que plusieurs cultivateurs y renoncent absolument, et, pour forufier les plantes, retranchent leur sommité. Aprés cette première récolte, on fume les monticules; on consacre à cela, une année dans l'autre, cinq grands charriots de fumier, par journal. On abat un peu la terre de ces monticules et Pon y place alors le fumier. En mars on enlève le résidu du fumier des monticules, et on l'enterre superficiellement dans les intervalles; on remet aussi les perches en place. La quantité de fumier doit étre réglée d'après les besoins du sol, des amendemens excessifs pourraient attirer des maladies aux plantes. On retranche les germes surabondans, qui, au printemps, sont un mets particulièrement agréable; on ne laisse pousser que six ou sept tiges, que T'on attache derechef aux perches; à tous les autres égards, on procède comme la première année. 7 1224. Pour plusieurs cultivateurs, le plus difficile est de se procurer les perches; celles-ci doivent avoir, au moins, de quatorze à dix-huit pieds de longueur; dans les premières années, cependant, on peut se contenter de plus courtes. Quelques personnes plantent deux ou trois perches sur chaque monceau, et répartissent entr'elles les tiges de houblon qui sont sur ce monceau. L'on a proposé divers moyens pour épargner les perches qui forment une des de h mau- ere el bon perches, ſe fer. Oa ncipales, „en gen⸗ de Tois les eines„Mabs e lonbloq- elle done terralles, peralion houblon. dérade, tek qpe 81 K ins-⸗ ur foruber re d cel, Op abat mars on Newent fumier urraient „qm, z0 rque är egu, perches; oogdeur; 5 courles. mccan, di 4 rment uue D'AGRICGCULTVUREB. 189 des principales parties des frais'établissement de la houblonnière; par exemple, de faire grimper le houblon, comme les vignes dans quelques parties de P'Iialie, sur des peupliers émondés. De cette manière, on parviendra bien à avoir du houblon, mais en moindre quanuté et inférieur en qualité; d'ailleurs les plantes seront plus exposées aux maladies, de sorte que la culture du houblon ne sera pas plus avantageuse qu'avec des perches. Les treillages qu'on a proposés en place de perches, ne seraient également Pas plus économiques. § 1225. Quand le houblon a atteint sa maturité, ce que Pon connatt lorsque sa couleur ure sur le brun, qu'il durcit, prend de la consistance, et contracie une odeur aromatique agréable, on se hàte d'en faire la récolte, qui, ordi- nairement, pour le houblon hatif, a lieu au commencement de septembre, et, pour le tardif, à la fin du méême mois. On coupe les uges preès de terre, et Pon emporte celles-ci avec les houblons qui les entourent. On fait la cueillette ou sur place ou sur des couverts; pour la première méthode, il faut rencontrer un temps sec, et, pour profiter de celui-ci, rassembler autant d'ouvriers que cela est possible. On pose les perches, deux à la fois, sur une espèce d'échafaudage; et, sous elles, on suspend une toile, pour recevoir le houblon à mesure qu'on le cueille. Les ouvriers qui sont occupés à la cueillette, la plupart femmes et enfans, sont répartis autour de cet échafaudage, tandis que d'autres ouvriers y portent des nouvelles perches, et débarrassent celles dont le houblon a été enlevé. Lorsque la toile est pleine, on jette le houblon dans un grand sac, au moyen duquel on le porte à la place ouù il doit sécher; si on le laissait dans ces sacs, il ne tarderait pas à s'échauffer. 8i Pon veut sécher le houblon à la maison, l'on tire les perches des faisceaux de houblon qui les enveloppent, on lie légèrement ceux-ci ensemble, et les transporte sous un couvert, ou on les cueille le plus promptement qu'il est pos- sible. La première méthode est sans contredit la meilleure, lorsqu'on a des gens en suffisance, parce que le houblon qu'on serre avant de le cueillir prend facilement un mauvais goùut.. Après avoir été cueilli, le houblon doit éêtre étendu peu épais dans un grenier bien aéré, ouù on le retourne chaque jour, jusqu'à ce quiil soit parfai- tement sec; ou bien, étre placé sur une Gétuve, exempte de fumée et bien établie; cette dernière méthode est plus prompte, elle préserve de toute perte, et est avamtageuse au houblon. Lon tend sur l'étuve une étamine de crin, sur laquelle on place le houblon, à l'épaisseur de six à douze pouces, selon qu'il est plus ou moins humide, plus ou moins mür. La chaleur de l'étuve / 190 PRINCIPES RAISONNES doit étre bien calculée, pas trop forte, et maintenue toujours égale. Lorsque les pédoncules du houblon se rompent facilement, et que ses follicules tombent, il est suffisamment sec; pour l'amener à ce point, huit à dix heures sont néces- saires. II faut, sans contredit, quelqu'expérience et quelqu'exercice dans cette manière de sécher, pour savoir saisir le degré de température le plus conve- nable, et le maintenir; et il est indispensable qu'il y ait, en permanence, un ouvrier occupé à cette opération. Lorsque le houblon a été ainsi séché, on le porte dans la chambre qui lui a été destinée„ où on le laisse reposer six ou sept jours avant de l'emballer, afin de le laisser reprendre un peu d'hu- midité. Aprés que le houblon a été séché soit d'nne manière„soit de P'autre, le cultivateur le fait transporter, pour son propre usage, dans les magasins quiil a destinés à cela, ouù on le serre en le foulant aveo les pieds; ou bien il le fait renfermer dans des sacs, pour le vendre. Pour ensacher le houblon, on attache l'ouverture du sac à une monture et, à chacun des deux coins inférieurs de ce sac, on met une poignée de houblon et on P'y lie, afin d'avoir plus de prise pour saisir le sac; on introduit alors peu- à-peu le houblon dans le sac, et, à mesure qu'on remplit celui-ci, on l'y comprime, soit avec les pieds, soit avec un pilon pesant. Lorsque le sac est plein, on le détache du cadre sur lequel il était monté; on attache alors, dans chacun des deux coins supérieurs, une poignée de houblon comme on l'a fait au bas, et on coud l'ouverture du sac avec de la ficelle. On donne volontiers au sac un poids réglé de 150 à 200 liv. Le houblon se conserve très-Iong- lemps, lorsqu'il est ainsi emballé; si au contraire on le laisse sans qu'il soit serré, il perd son gluant et ses parties aromatiques. On juge de la qualité du houblon d'après ce gluant, son odeur aromatique, cette substance farineuse dont il est tacheté, et d'après sa couleur, qui doit etre d'un jaune brillant. Aussitot que la récolte est faite, il faut soigner les perches, ou en les plaçamt sous un couvert, ou en les réunissant, au moins par trente ou quarante en plain air. 1 § 1226. Le produit et le prix du houblon„sont très-variables. La meilleure hou- blonnière donne quelquefois à peine un quintal de houblon par journal, et, dans d'autres années, de quinze à dix-huit. Le prix en baisse quelquefois à- douze rixdalers par quintal, et d'autres fois il s'élèvę jusqu'd sepiante ou octante. Il donne un proſit urès-considérable lorsqu'on peut le conserver d'une année alti de meis Aar àW . Lonqur lombem, ont néces. Hans cette 1s Conpe- ence„ un eché, on eposer Sux beu G'hu. utre, h ins quil u Il le re et, dublon Is peu- on Pf 3 SaC est 7s, dans 7 Ja fait Tonliers long- serré, lque, n eire placam nte en hou- I, er, elois ¹ dctante, anpec Dp'AOGRnIcCuL TUny. 191 abondante à une de disette; mais c'est plutòt P'affaire du spéculateur que oelle du cultivateur. Les frais de cette culture ne sont pas plus faciles à calculer en moyenne, parce qu'ils dépendent de la localité; ainsi donc on ne peut rien dire du produit net et des avantages de la culiure du houblon en général. On a vu de ces cas heureux ouù le produit net d'un journal de ierre s'est élevé à deux ou trois cents rixdalers en un an, tandis que, dans d'autres, le produit était loin d'avoir payé les frais.— En effet, la réussite du houblon dépend essentiellement de la température, et de l'absence des accidens auxquels cette plante est exposée. Les soins qu'on a donnés à l'établissement de la houblonnière et que Pon consacre à sa cul- ture, peuvent prévenir en partie les casualités, mais pas les détruire. Un ét chaud avec des vents modérés de sud et de sud ouest, sans beaucoup de pluie, est favorable au houblon, tandis que par une température humide, ou lors- que, pendant l'été, il règne beaucoup de vents d'est et de nord, le houblon ne réussit jamais. Lorsqu'un soleil ardent succède à la pluie ou au brouillard; lorsque des jours brülans alternent avec des nuits froides, cette plante en souffre beaucoup, lors mème que cela u'a lieu que dans les derniers mois de Tété. Au printemps elle souffre des atteintes du Scarabée d ressort ou Taupin, en été, de celles de diverses espèces de mouches et de pucerons, mais surtout de la 2eee qui, dans cette saison, s'y manifeste à la suite de nuits froides, et attire des insectes. Une pluie d' orage très-forte, seule, peut délivrer le houblon de ces ennemis. Dans la dernière période 3e sa vôgétation il est exposé à la moisissure et à la miellée, surtout lorsque la houblonnière est basse etenfermée. Au milieu des nombreux dangers et ennemis qui cntourent le houblon, le hasard a une grande part à sa réussite. LE TABAC. § 1227. L'usage qu'on fait de ceute plante, dans tous les pays de PEurope ou il n'est pas défendu ou restreint par des motifs de finance, a fait donner à sa culture la préférence sur celle d'autres végétaux de commerce, et l'a rendue plus ou moins profitable, selon que les conjonctures commerciales étaient, ou non, sous Linfluence de la guerre maritime. 9 1228. L'on a cependant trouvé que, pour des cultivateurs qui travaillent sur de 192 PRINCIPES RAISONNES grandes étendues, il était plus profitable d'en laisser la culture proprement dite à de petites gens actiſs et indutrieux, que de la faire exécuter à prix d'argent. Quelquefois donc, après avoir préparé complétement le champ et Pavoir fumé pour la plantation de tabac, on Pabandonne à des entrepreneurs, moyennant un prix déterminé, ou bien on fait exécuter la totalité des travaux moyennant une part au produit. Cette derniére méthode est celle qui a trouvé le plus d'approbateurs; parce que le propriétaire et le planteur y ont un intérêt égal au succès. Il s'est, en conséquence, établi, presque partout où cette culture est connue, des ouvriers qui, sous le nom de planteurs, s'occupent exclusivement de la culture du tabac durant les mois d'été. Lorsque le sol est mauvais, le propriétaire partage ordinairement avec eux à égale poruon; lors- que le terrain est très-bon, il ne leur cède que du produit. Le propriétaire fournit le sol, les engrais, les labours préparatoires et le séchoir; le planteur fait tout le surplus du travail et élève aussi les plants, le propriétaire fournis- sant le fumier et le bois pour le semis. Le propriétaire préte aussi ses attelages pour serrer la récolte. Les frais de transport au marché et de vente se sup- portent en commun. Mais, pour faire de ielles entreprises, il faut que les familles de planteurs jouissent déjà de quelque aisance, et qu'elles puissent faire Pavance de leur propre entretien, jusqu'au moment ou elles auront pu vendre leur part de la récolte. Au reste, outre le paiement de leur main-d'œuvre, ces planteurs doivent aussi avoir quelque profit. En moyenne, on peut compter sur une récolte d'environ 8 quintaux de tabac par journal, et comme le quintal en vaut 5 rixdalers, on peut évaluer le produit à 40 rixdalers; alors le propriétaire qui s'est réservé les 3 a, pour sa part, 31 rixdalers, et le planteur 16. En moyenne, un planteur habile et laborieux peut accomplir, avec sa famille, le travail de 12 journaux; ainsi il gagne 192 rixdalers, pendant le temps qu'il consacre, tant à la plantation et à la culture du labao, qu'à le faire sécher; cependant, dans le moment des plus grandes occu- pauions, il est obligé de prendre quelques aides qu'il salarie lui-mèême. Le tabac laisse le sol très-bien préparé pour les autres produits, il remplace complétement la jachère; d'après ce qu'on a observé assez généralement, la récolte qui vient après celle-là, ne le cède en rien à celle qui suit la jachére morte, pourvu qu'on ait donné au tabac 4 charriots de fumier, par journal, de plus qu'à la jachère. C'est principalement ce fumier, qu'on doit imputer à la récolte de tabac; c'est aussi par cette raison que la culture de cette plante m'est nulle part plus en vogue, que dans les lieux où l'on peut avoir du fumier à bon marché. Une chose d'une grande importance pour l'entreprise de cette culiure en vopremeu ter à dril champ et preneus, es trayaux 1à louré unimrét 1oh ceue Soccupent le sol est ou, lors- prielaire planteur fournis- auelages Se Süp- que les sent laüre bu vendie -d'œuyre, de tabac e produit sa part, aborieux agne 102 culture du ades occu- me. Uremplace lemem, la la jachere ourpal, de Ala récolte west nulle bon marcheé- cullure ec D'A GRICULTVR E. 195 grand, c'est d'avoir à sa disposition des séchoirs spacieux. On s'aide pour cela de tous les greniers, hangars et écuries. Le tabac ne perd pas sa qualité, lors méme qu'on le suspend, dans les étables, au-dessus du bétail. Il wy a aucun doute, que plusieurs opérations de la culture du iabac ne pussent étre fortement abrégées au moyen de la houe à cheval; mais comme il est diverses parties de cette culture qui doivent nécessairement étre faites à la main, avec précision et à époques fixes, il semble qu'il convienne mieux au grand cultivateur d'abandonner au planteur la totalité de ces travaux. Je ne parle donc point des petites manipulations de la culture du tabac qui sont Paffaire du planteur, mais seulement de ce que lhomme qui cultive en grand doit observer. 6§ 1229. On a recommandé la culture de diverses espèces de tabac; cependant, l'es- pèc ordinaire de Z irginis(Nicouana tabacum) a obtenu la préférence pres- que partout. L'espèce qui, sous le nom de Tabac de Le, n⸗ ou Asiatiqte (Nicouana rustica), a été vantée par quelques personnes, n'a, à la longue, pas obtenu de succès. La culture, de la première espèce a, cependant, produit diverses variétés, particuliérement une qui devient plus grande, et une autre qui reste plus peute. 6 1230. Le tabac aime un sol meuble; un terrain sablonneux lui convient mieux qu'un argileux. Ce sont les glaises sablonneuses qui sont le plus avantageuses à cette plante; cependant elle réussit aussi sur les glaises douces et qui con- nennent beaucoup d'humus. Mais, pour donner une récolte complète ei abon- dante, il faut que ce terrain soit riche en ancien humus, et, outre cela, qu'il ait été récemment amendé, avec une espèce d'engrais quelconque. Le meilleur labac croit sur les défrichemens, surtout sils ont été 6eνμε, c'est-à-dire, si Pon a brülé la couche de gazon dont le sol était recouvert, et mieux encore, 81 Pon a, en méeme iemps, fait consumer sur place et réduire en cendres, le bois qui y étoit ou qu; on y a fait conduire, selon la méthode Courlandaise. Cest sürement à ceci, plutòt qu'à la différence de climat, An zest due la supériorité du tabac d'Amérique, tabac qui n'est point semé après des amendemens de fumier, mais, au contraire, à la suite de 10 ou 12 récoltes obtenues sans engrais, sur les déefrichemens riches et écobués de Rhodeisland. Nos fabricans savent aussi que les feuilles qui ont cru sur un ierrain de ce genre, sont de beaucoup préférables, pour la douceur et Podeur„à celles qui ont cru sur des terrains fumés récemment: dans le commerce, ils ne veulent, cependant, point con- T. IV. 25 194 PRINCGIPES RAISONNES venir de cela, de peur de devoir payer, de ce premier, un prix plus élevé, ce qui assurément devrait étre, et qui sera, lorsqu'une fois la supériorité de ce tabac sera bien connue. Aprés celuilà, le tabac qu'on doit le plus estimer est celui qui a cru sur un terrain riche en humus, à la suite d'un amendement avec de la chaux, de la marne ou des cendres, amendemens qui ne produiraient qu'un effet insigni- fiant sur les plantes, si le sol était maigre et épuisé. Ordinairement on force la végétation du tabac avec du fumier, qui lui donne toujours ce goùt äcre et cette odeur désagréable, que, jusqu'ici, les fabricans de tabac ont en vain cherché à lui ôter par diverses préparations. Au reste, comme c'est le tabac de cette espèce qu'on rencontre le plus souvent dans le commerce, il trouve éga- lement des acheteurs sur les marchés. § 1251. On prépare le sol comme pour d'autres récoltes sarclées; en automne l'on déchaume; on charie et épand, autant que cela est possible, le fumier avant Thiver; au printemps on Penterre par un labour superficiel, et alors, peu avant la plantation, on donne un labour profond, afin que la couche supérieure du sol demeure ameublie. La réussite tient essentiellement à ce qu'on plante aussi tôt qu'on le peut, et dans le courant de mai, si cela est faisable. Pour cela, il faut avoir, déjà à ceue époque, des plants suffisamment forts, et que, d'ailleurs, le sol ait reçu la pré- paration convenable. Le surplus de la manipulation que le planteur doit opérer, n'appartient, comme je Pai dir, point à cette instruction. On le trouve décrit, fort au long, dans la plupart des manuels agricoles. 6 1232. Dans les comrées où P'on connatt la méthode de faire exécuter tant la plan- lation, que les autres travaux de la culturę et la récolte, du tabac par des plauiaer„ moyennaut une portion du produit, on trouvera déjà établies les conditions ordinaires de cet acoord. On peut voir les directions les plus précises à ce sujet, dans l'ouvrage du comte de Podewils, inuitulé Wirthschaftsenfahrungen, * Et dans les ouvrages suivans: Kling, der Tahackshau ſur den Pfaelzischen Landmann, 1798. Korge, Unierricht zum Anbau des Tabacks. Breslau, 1773. Rieben, Anleitung zum Tabacksbau. Dresden, 1789. Christ, Anweisung zum eintraeglichsten Tabacksbau. Frankfurth, 1799. Traité complet de la culture, fabrication, et vente du tabac. Lars, 1791.(. ſers, 08 6 de Ce sur Un de k dägi- reA dcre A en vän tabao de fe ega- e on avant „ Ped rieure Se dans à ceue à pré- omme ans la Dan- ar des les les cises à ngen, — et une culture profonde, que, dans les lieux où il manque de charrues qui la- D'AGRICUL TURE. 195 Part. I, pag. 75. Dans les lieux où cet usage n'est pas encore établi, il faudra se résoudre à faire, dans les commencemens, un accord moins avantageux; les planteurs ne tarderont pas à étre plus modérés dans leurs prétemtions, lorsqu'ils eonnattront, par expérience, l'avantage qu'iils peuvent obtenir d'une ielle entre- prise, sur un sol propre à cette culture et richement amendé. Comme le transport du tabac est facile, il ne faut pas se laisser rebuter par un chemin un peu plus long, de le conduire à un marché ouù la concurrence des acheteurs assure le plus haut prix. Ordinairement le prix du tabac hausse beaucoup au printemps et en G6té, mais comme, alors, il est plus sec, il a aussi diminué en poids. § 1233. On a employé, avec avantage, les souches du tabac à la fabrication de la potasse, parce qu'elles contiennent beaucoup d'alkali. Si le sol doit étre ense- mencé déjà en automne, ils faut également les débarrasser du champ; mais si le tabac est suivi par une récolte de printemps, ces souches se décomposent assez bien pendant'hiver, pour que, au printemps, elles n'entravent pas le labour, et il n'est pas douteux qu'elles ne rendent, au sol, quelque chose des sues que le tabac lui a enlevés. Des cultivateurs ont jugé convenable de laisser en pied un nombre de tiges de tabac, plus grand que cela n'est nécessaire, pour se procurer la semence dont ils ont besoin, et d'employer leur excédent de semence à faire de Phuile; cette graine produit de celle-ci en assez grande proportion et d'assez bonne qualité. 4 LA CHICOREE. § 1234. Cette plante est de toutes les choses qu'on a voulu substituer au café, er- qui, infusées dans de Peau bouillante, après avoir été grillées, donnent une boisson caféiformée, la seule qui, depuis trente ans, et méme à l'époque oCr le café était à bas prix, ait continué à étre employée à cet usage, et ait cons-, tamment procuré des avantages considérables, tant aux fabricans qui la prèé- paraient en grand, qu'à ceux qui la cultivaient daus le voisinage de ceux-ci. Dans les contrées où Pon cultivoit cette plante, on a vu payer, annuellement, du sol propre à sa culture, 16, 20, 24 rixdalers par journal, sans préparation et saus amendement préalable. Cette plante demande une glaise sablonneuse, meuble, profonde, riche, 196 PRINCIPES RAISONNES bourent profondément, on donne avec la bèéche. On amende bien un peu pour cette récolte avec du fumier de bétes à cornes bien consommé, mais en petite quantité, parce que, lorsqu'il y a beaucoup de fumier, les racines de la chicorée prennent beancoup de chevelu et un mauvais goút. On sème la chicorée au printemps, ordinairement à la volée, comme les carottes; cependant quel ques personnes qui oultivent cette plante en grand, l'ont, avec succès, semée en ligne, au moyen de la machine à semer, et cultivée avec la houe à cheval; par là elles ont épargué une grande partie des frais de sarclage et de l'espa- cement des plantes. La fanne ou feuille, à ce que diverses personnes assurent, peut être fauchée à la fin de juillet ou au commencement d'aoùt, sans que les racines en souffrent, et Pon obiient ainsi une abondante coupe de fourrage. Les racines qu'on a arrachées avec soin, à la bèche, ou au moyen d'une fourche, se vendent fraiches, dans les lieux voisins des fabriques; ailleurs on est rodui: à les couper et à les faire sécher. Il importe beaucoup d'enlever soigneusememt ioutes les racines du sol, sans cela elles y repousseraient comme mauvaises herbes, elles s'y étendraient beauconp, et seraient très-difficiles à détruire. Outre cela, l'on a observé que cette plante appauvrissait extrémement le sol; on assure que, pour avoir produit des récoltes réitérées de chicorées, de bons champs ont été épuisés à un point tel, qu'il a fallu beaucoup de travail et d'engrais pour leur rendre leur fécondité primiuve.— § 1235. Mais on a aussi cultivé cette plante comme fourrage, d'abord en France, en- suite en Angleterre sur la recommandation d'A. Poung. Dans ceite eclniſe, le principal produit ne s'obtient que la seconde année; on prétend en avoir obtenu un plus considérable que de toute autre plante à fourrage. D'après les essais que jai faits à ce sujet, j'en ai, sans contredit, obtenu une coupe très-considé- rable, que le bétail à cornes mangeait volontiers, et qui influait avaniageu- sement sur le lait. Ensuite ma chicorée poussa avec force ses tiges à fleurs, sans donner de nouvelles feuilles radicales; ces tiges ne donnèrent qu'un produit insignifiant, et furent rebutées par le bétail, de sorte que cette plante ne me parait pas recommandable pour cet usage. Les Anglais et surtout A. Foung, l'avaient principalement employée comme paturage pour les bèétes à laine, et trouvée fort avantageuse; parce que, en effet, une petite étendue de terrain en chicorée, engraisse beancoup de montons. Lorsque ceute plante est constamment ravalée par les bétes à laine, il faut bien qu'elle pousse près de 2 un pex mais en des de h hicorée nt quel- Semée chexal; de Tespr- e fanchee oufhrent, n d'une eurs on GL, San ndraient ervé que ir produit un point fecondité ce, en- ture, le obienu Sais que considè- antagel- à Heuss, nt qu'un te planle surtout les botes endve de plante est ve prs de D'A GRICULTVURK. 197 terre; sans doute, alors, elle donne pendant un temps plus long des feuilles radi- cales, car des tiges élevées ne seraient certainement pas une nourriture pour ces bétes. On emploie ainsi la chicorée pendant une série d'années consécutives- Je ne saurais d'ailleurs pas indiquer de quelle manière on en débarrasse le sol. Le mien m'a coũté beaucoup de travail; aussi ai-je dit ce qu'on vient de lire, bien plus comme un avertissement, que comme une recommandation en faveur de la chicorée. LE CARVI, LE CUMIN, Carum Carvi, 1§ 1236. Est une plante bisannuelle, qui doit étre semée de bonne heure au prin- temps, et ne produit sa semence que l'année suivante. Cette plante occupe ainsi le sol pendant deux ans, et comme c'est sur les terrains les plus riches seulement, qu'elle peut être cultivée avec succès, on doit mettre à sa charge la rente du terrain pendant deux ans; à moins que, la première année, on n'y culuve, en méme temps, un autre produit qui paie une partie de cette rente. Dans les lieux ou la oulture du cumin a lieu de la manière la plus accomplie, domme, par exemple, dans les environs de Halle, on élève les plantes dans un semis, que l'on établit et séme, assez souvent déjà en automne, mais, cependant, plus ordinairement dans le premier printemps. On prépare le champ, pour cette récolte, comme pour les récoltes sarclées; à la S. Jean, l'on plante une raie de carvi alternativement, avec une de choux, de navets ou de beiterave, qu'on a soin de cultiver ensuite à la houe. En automne on enlève ces derniers et l'on abandonne tout le sol au carvi. Au printemps suivant, on donne encore une ou deux cultures avec la houe; et la maturité a lieu vers la S. Jean; alors on scie les plantes ou bien on les arrache. D'autres cultivateurs sément le cumin sur le sol même od il doit rester, après avoir donné à celui-ci la préparation convenable; ils le sèment ou seul, ou con- curremment avec des carottes, des pavots, du lin, ou mèême des céréales de printemps; ils le sarclent et'espacent ou éclaircissent; en automne ou au prin- temps suivant, ils lui donnent un amendement de compost ou de fumier de vo- lailles, et en font ainsi la récolte sans Pavoir transplanté. Je ne saurais décider laquelle de ces deux méthodes est la meilleure, cela ne eut l'ètre que parl Itivat ¹1— Les!' Pautre d' P que par les cultivateurs qui les ont éprouvées Pune et Pautre dune ma- niere suivie, et en ayant soin d'en calculer les frais et les produits. La méthode de transplanter a le mérite de laisser plus de temps pour bien neutoyer le terrain. 198 PRINCIPES RAISONNLES Le cumin ne réussit que dans une terre à froment vigoureuse et de première classe, dans une glaise noire trèés-riche, ou, du moins, dans une terre moyenne féconde, qui soit bien située et ait été eultivee comme un jardin. Sur de iels terrains il est rare qu'il ne réussisse pas, et il résiste toujours à Phiver. Lorsqu'on récolte, il faut prendre les mêmes précautions qu'à la moisson du colza, pour empécher quiil ne s'égrène. On le scie on on Parrache, on le transporte avec précaution, ou bien on le bat dans le champ mème. Le prix que le cumin a, presque partout, rend sa culture certainement avan- tageuse. Mais le ealtvateur ne peut pas s'occuper des petits détails de la vente; il doit, en conséquence, abandonner au négociant la plus grande partie du profit. Une grande consommation pour les distilleries q'eau-de-vie„Pourrait rendre profitable la culture de cette plante. — LE FENOUILE, Fœniculum oulgare, „ 6 1237. Est cultivé et traité de la même manière que le cumin. II a son emploi prin- cipalement dans la pharmacie, cependant les confiseurs et les fabricaus de li= queurs en font aussi souvent usage. L'ANIS, Pimpinelle anisum. § 1238. C'est une plante annuelle; on la sème au printemps et elle muͤrit au com- mencement de Pautomne; on la gultive ordinairement parmi les carottes— et op la traite comme elles. 9 1359. Je m'abstiens diindiquer i ici la culture des autres plantes à racines, dont on fait usage en pharmacig, soit parce que je ne connais pas, par ma propre expérience ou pour Pavoir observé, par exemple„ celle du Safran, de la Réglisse, de la Camomille et de la Menthe, qui, tous, saccomodent peu de notre elimat; soit parce que je tiens la culture d'autres végétaux du même genre, qui occupent long-temps la même place, tels, par exemple, que la rhubarbe, les rosiers, la lavande, comme appartenant plutòt à Part du jardinier. Cependant la culture de ces plantes en grand, peut aussi étre très-avantageuse, sur de bons terrains et sous des circonstances favorables. Dans une telle culture. le 1” 72 J de h eullur 1an 15 dk de ba donse Gans celle pomn Aen Wän Com k fa menn Tara n0 Dremibs moyenne r de teb isson du „on le dem Nam- la venle; partie da t rendre AG pric- aus de h u eom- 8,& G dom on a propré 7, de la de notre enre, quñ arbe, les vependant 2, Suf de ulture, 4 D'A GRICUELTVUR E. 199 plus sůr est de faire, à Pavance, des marchés avec des droguistes qui commercent en gros, après s'étre assuré, par des essais en petit, du succès et de la qualité de la plante dont on veut entreprendre la culture. § 1240. Nous passerons maintenant à LA CULTURE DES PLANTESAFOURRAGE. Sous cette dénomination nous comprendrons aussi des végétaux qui sont em- ployés à la nourriture de Phomme, mais qu'on cultive sur de grandes étendues, principalement pour être employés à la nourriture du bétail. Nous parlerons d'abord de ceux qu'on cultive avec le plus d'avantage à J'aide de la houe à cheval, pourvu qu'on observe ce que nous avons dit sur cette culture à 1158 et suivans. LA POMME DE TERRE. § 1241. Ily a envirh 250 ans que cette planie, aujourd'hui si nécessaire, est connue en Europe. En 1565, Jean Hamkings Papporta de Santa-Fé. A cette époque on ne la cultivait que dans les jardins, comme objet de curiosité, et on ne la mangeait que sous le même rapport. Ce fut en 1623 seulement, que WMalther Raleigh introduisit en Irlande Pusage qui s'en faisait alors en Virginie. Cependant dès Lan 1583 elle était passablement connue en lItalie, il est probable que ce fut de là qu'elle fut introduite en Allemagne. Au reste, ce fut seulement autour de Pan 1710 qu'elle devint commune dans ce dernier pays. Déès-lors elle fut considérée comme une plante assez usuelle ‚et on la cultiva, en conséquence, dans les jardins; cependant, on la voyoit plutòt sur la table des riches que sur celle du pauvre. En 1760, vers la fin de la guerre de 7 ans, l'usage de la Pomme de terre se propagea davantage; cependant, dans la plupart des contrées, on envisageait sa culture en plain champ comme une chose extraordinaire, extra- vagante, inconvenable. Ce fut en 1771 et 1772 seulement que sa culture en grand Lommenga à acquérir des partisans, lorsque, toutes les céréales ayant manqué, la famine qui s'ensuivit enseigna aux hommes que l'on pouvait se nourrir unique- ment, et tout comme cela aurait lieu avec du pain, de ces pommes de terre qu'os n'avait, jusque là, connues que comme un mets accessoire. Cependant leur culture ne dépassait pas les besoins de Tespèce humaine; c'est seulement dés-lors qu'on 200 pRTNCIPES RRAISONNES commença à en donner au bétail la dépouille et ce qu'on avait de superflu. Cela enseigna peu-à-peu, cependant, qu'il pourrait étre avantageux de cultiver les pommes de ierre pour les employer à la nourriture des bestiaux. Bergen, le premier, dans son Anleitung zar Viehzucht(Introduction à l'économie du bétail), recommanda de se livrer à cette culture en grand, et, pour épargner la main-d'œuvre, de se servir d'une espèce de houe à cheval. Il nous paratt étonnant, aujourd'hui, que, pendant aussi long-temps, on ait pu méconnattre Pextréème utilité de ceute plante, et différer de la culliver sur de grandes étendues. Il west aucune plante de laquelle je me sois autant occupé que de celle-ci. Déjà avant que je commençasse à exercer Pagriculture, mon attention fut pro- voquée par les innombrables variétés qui en naissaient, lorsqw'on se procurait la pomme de ierre en la semant; je traitai cette plante de diverses manières, alors seulement comme physiologiste des plantes, pour découvrir si les carac- tbres de ces variGtés étaient dús à la nature du sol ou à la fécondation mèême. Des-lors, et pour leur culture, j'ai successivement éprouvé toutes les méethodes d'autrui, et toutes celles que j'ai moi-mème imaginées. Quant au produit, les résultats des diverses manières de planter et de cultiver, ont présenté peu de différence; lors, du moins que cette culture n'avait pas 6té combinée tout-à- fait mal, ou négligée. L'abondance du produit dépendait du sol, lorsque, q'ailleurs, Pespèce cultivée était la méême. Mais la main-d'œuvre employée à la culture, et par conséquent le produit net, variait considérablement. Je con- sacrai toute mon attention à épargner cette main-d'œuvre, autant que cela était possible sans diminuer sensiblement le produit; car, dans la culture des pommes de terre, la rente du sol est bien moins considérable que les frais de culture. Pose dire que je me suis approché de ce but plus que qui que ce soit, et que, zusqu'à présent, presque chaque année, je m'en suis trouvé un peu lus près. 4„ P Je prie, en conséquence, ceux qui ont lu mes précédens ouvrages, et ce que pai dit sur cette culture, dans les 1.“ et 5. volumes de mon Agriculture Anglaise, dans mes Anmerkungen zu Bergens!. iehzucht, et dans les Annales, de le considérer comme le résultat de mon apprentissage, et d'envisager ce que je vais dire comme plus muúr et plus complet. 6 1242. Pour classer de quelque manière les innombrables variétés de pommes de ierre, nous ne devons envisager que la partie qui en est le plus utile, les tubercules; à la vérité, la fanne et la fleur paraissent souvent étre en rapport aMee ceux-là, mais elles veulent encore éire soumises à Texamen plus parti- peru. Ch enlurer ls Bergen, le conomie da ur épargper nous paralt méconnattre rde graules e de celle-ci. lion fal pro- procurait la manibres, i les carao- don mème. les medes wau produit, krésemé peu obinée lout-k- sol, lorsque, employée à k ent, Je con- ue cela élait les pommes de culture, i, ex que, u Plus près. 8, et ce que Agrioultune les Annalés, tager ce que pommes de us ullle, les re en rappor den Plus bali- DA GRICVULTVUR P. 2⁰1 culier du cultibateur botaniste. Nous ne pourrions attendre cet examen ni de simples botlanistes, ni de simples agriculteurs. A P'égard de la couleur de la peau, les pommes de terre sont d'un foncé, nrant presque sur le noir, d'un rouge violet, qui varie jusqu'au rouge pale, ou brunaâtre, ou jaunàtre, ou d'un jaune planchàtre. La couleur de la chair en est jaune; d'un jaune blanchàtre, ou lout-à-fait planche; quelquefois mélangée d'un peu de rouge. Elles mürissent plus ou moins tòt, G'est-à-dire, qu'elles arrivent plus ou moins 16t à cette période, où leurs tubercules se détachent de la mère plante et où celle-ci périt. Il en est que l'on peut cultiver plus d'une fois en un mème été, à la mèême place. Mais ce qui, pour nous, constitue la différence la plus essentielle, c'est leur consistance et la quantité de farine qu'elles contiennent. Quelques espèces ont une chair très-spongieuse, dont les interstices sont remplis d'eau, un poids spé- cifique moins grand, et, sur un même volume, contiennent moins de parlies nutritives. Quelques-unes ont un goüt particuliérement agréable, d'autres un rebuiant- Quelques-unes ont un meilleur goüút lorsqu'elles ont été récemment arrachées, chez d'autres c'est le contraire. Quelques-unes se cuisent promptement et s'éclatent, d'autres résistent plus long-temps à l'eau chaude et à la vapeur. Quelques-unes veulent un sol plus sec, et deviennent, du moins sur un ierrain humide, tout-à-fait aqueuses et creuses en dedans; elles recélent de'eau dans leurs cavités; d'autres restent tout-à-fait petites, et valent à peine les frais de leur récolte, lorsqu'elles ont été semées sur un terrain sec. Quelques espèces étendent en terre de longs fils, d'autres serrent leurs tu- bercules les uns près des autres, à tel point qu'ils se font jour hors de terre. Quelques- unes réussissent partouliérement bien dans un sol de marais; d'autres, au contraire, s'y tachent et préfèrent un sol glaiseux. II faut considérer toutes ces particularités, lorsqu'on doit choisir les espèces qu'on veut cultiver. On ne doit se livrer à la culture en grand d'une espèce étrangère, qu'après en avoir auparavant fait l'essai. Il faut prendre en considération le plus ou moins de produit de chaque es- pèce, mais calculer leur valeur d'après la quantité de parties nutritives qu'elles contiennem. On peut juger de celles-ci par approximation, au poids, à la sen- sation que la chair du tubercule fait éprouver sur la langue; un moyen plus sür c'est de les couper en tranches, de les faire sécher, ei de comparer alors T. IV. 26 202 PRINCIPES RAISONNES leur poids avec celui qu'elles avaient auparavant; mais ce jugement ne peut avoie lieu, avec précision, que par Panalyse chimique. Un plus grand volume n'est nallement à désirer, si, T'ailleurs, la quantité de farine demeure la méme; les pommes de terre prennent alors plus de place, sans que leur valeur intrinsèque soit augmentée, et elles ont plus de disposition à se gàter. Du reste, lorsqu'on cultive les pommes de terre pour les vendre, il faut se laisser diriger par le goùũt des acheteurs, et par le prix qu'elles ont au marché. A Fégard de leur nomenclature, il régne, même pour les espèces les plus usuelles, une confusion telle, en Allemagne et en Angleterre, que, pour ne pas étre mal compris, je dois m'abstenir d'en parler. Sous le nom de pommes de terre Anglaises, Hollandaises, Rhenanes, du Holstein et Polonaises, Pon entend, dans divers lieux, des espèces toutes différentes. § 1243. Autrefois j'ai souvent tenté de me procurer des pommes de terre de graine. Cette manière est iméressante pour un amateur de jardin; le hasard peut pro- curer le mérite d'avoir donné naissance à une espéce nouvelle et de bonne qua- Iité. Mais cette méthode n'est pas économique, parce que, si on ne la met pas en œuvre sur des couches, il faut trop de temps pour que les tubercules atteignent leur pleine grosseur; mais surtout parce que l'on obtient presque toujours une espèce mélangée, que l'on ne peut distinguer qu'avec peine, et qui, si elle conserve son identité, présente un désagréable mélange de différentes natures. II importe de tenir chaque espèce séparée, parce que, sans cela, elles germent et mürissent inégalement, Je ne parle pas ici de la cul- ture des pommes de terre dans les jardins. § 1244. Les pommes de terre végètent sur toutes sortes de terrains, et, si la tempé- rature est favorable, elles donnent un produit passable, même sur le sable mouvant, pourvu qu'il ait été fumé. Lorsqu'un sol très-fort a été bien préparé et quil a été ameubli avec du fumier pailleux, leur réussite sur un tel sol est également assurée; cependant le terrain sablonneux est celui qui leur convient le mieux. Dans les défrichemens et dans les terres de marais, pourvu que le sol ait éte assaini, et surtout sil a 6té écobué, les pommes de terre réussissent particuliè- rement bien, et donnent quelquefois un produit énorme. § 1245. Jusqu'à présent, o'est le plus souvent sur la jachère que les pommes de terre ont été cultivées en plein champ; et il est démontré que, lorsqu'on leur donne 2* h Deut avos luwe ves méme; las atrinsègue lorsqu'on arle goüt es les Ulus dour ne pàs ommes de bes, Ton graine. sut pro- ane qoa- mei Pas ubercules n presque ec peine, Glapge de Jue, sans kh cul- tempo- le sable prèparé el sol est comient l ait été arücubeè- s de terre eur donns D'A GRICULTVURE. 203 la culture convenable, elles remplissent la plupart des avanmages de la jachéère. Cependant le produit de la céréale d'automne qui les suit, en est un peu dimi- nué; c'est une vérité confirmée par des expériences concluantes, et à laquelle un petit nombre de cas particuliers seulement, fait excepuion. Comme, en général, on a beaucoup de répugnance à sacrifier la récolte de céréales d'automne qui suit la jachèére, plusieurs des plus habiles sectateurs de l'assolement triennal ont pris le parti de planter leurs pommes de terre dans la sole des céréales de prim- temps, peut-ètre en leur donnant un peu de fumier, et en leur faisant suivre des pois, qui, à une telle place, réussissent, sans contredit, à merveille; après cela ces cultivateurs recommengçaient leur rotation. § 1246. Il est généralement reconnu que les pommes de terre deviennent plus grosses, après un amendement récent; cependant elles peuvent encore donner un bon produit cultivées en 2.“ ou 3.“ récolte; mais alors le sol se trouve fortement épuisé. Je mai jamais pensé à affirmer que les pommes de ierre n'appauvrissent pas le sol, j'ai plutôt annoncé le contraire, Agricul. Angl., Tom. III, pag. 257, mais elles n'épuisent pas Pensemble de l'économie; tout au contraire, elles l'en- richissent considérablement en engrais, si on les fait consommer par le batail. Dans les terres fortes, le fumier frais, long et pailleux est plus profitable, et d'autant plus quil se trouve plus en contaet immédiat avec les pommes de terre; il importe, par conséquent, de ne les charier et meitre en ierre que peu de temps avant le labour de semaille. Sur les terrains légers, au contraire, il convient que le fumier soit plus consommé, ou quiil ait été mélangé avec le sol par plusieurs labours. D'autres engrais actifs, par exemple les räclures de corne épandues dans la raie au labour de semaille, des chiffons de laine, des dépouilles de tannerie, procurent des pommes de terre très-vigoureuses. Le parcage donné après que les pommes de ierre ont été mises en terre, produit un grand effet, mais 1 donne un mauvais goüt aux tubercules. Il y a aussi un maximum dans la cu⸗ ture qu'on doit donner aux pommes de terre; si on le dépasse, la fane devient d'une grandeur démesurée, et se laisse tomber sur le sol; alors elle ne produis que très-peu de iubercules. § 1247. Il faut choisir, pour planter, Jes pommes de terre les plus saines et les plus vigoureuses; non de celles auxquelles on a déjà plus d'une fois enlevé les germes; parce qu'elles om déjà perdu les plus vigoureux de ceuz-ci. Surtout, il ne faut 204 PRINCIPES RAISONNES pas en employer qui aient ressenti fortement le froid, lors même que la gelée ne les aurait pas endommagées. Toutes les pommes de terre des fosses, meules on caves dans lesquelles la gelée a pénétré, et détruit une partie de ces tubercules, sont extrémement casuelles dans les plantations; mon expérience m'en a convaincu. Elles ne poussent point, ou ne forment que des plautes faibles; il faut donc conserver avec beaucoup de soin celles que l'on destine à mettre en terre dans la plantation. Quoique je sache que plusieurs cultivateurs qui m'avaient planté que de pe- tiis rubercules, en ont obtenu un produit abondant en grosses pommes de terre, je préfère cependant les moyennes et les grosses, surtout dans quelques espèces. Les petites n'ont pas la même force de germination, souvent elles ne poussent pas. Les grosses, cependant, peuvent, sans inconvénient, étre par- tagées en deux morceaux. Lorsque les circonstances dtaient d'ailleurs favorables, on a souvent obtenu des plantes trèés-fortes, en plantant de simples morceaux de pommes de ierre avec un seul œil, ou môême un ceil uniquement, ou enfin la simple pelure. Mais, dans un sol tenace qui m'a pas été bien pulvérisé, tout comme sur un terrain sablonneux, on est fort exposé à ce que la pousse manque, si, après qu'on a planté, ou pendant la germination, la température est défavorable à la formation de la plante. Il faut que celle-ci, à P'aide de ses faibles racines, cherche tout de suite sa nourriture dans le sol, il ne faut pas qu'elle rencontre une terre durcie, car elle ne reçoit aucune nourriture de la mère pomme de terre; elle pourrait facilement se sécher ou dépérir. Je renonce donc à cette méthode, quoique, autrefois, j'en aie été le défenseur, et qw'elle réussisse ordi- nairement dans les jardins; je Penvisage comme très-casuelle pour les planta- nions de pommes de terre qui ont lieu dans les champs. J'en dirai tout autant des pousses que l'on plante en terre après les avoir coupées sur des plantes qui sont en végétation, § 1248. Les opinions sur la sonvenance de planter les pommes de terre, rapprochées ou dloignées, demeureront toujours contradictoires, puisque cette convenance dépend de considérations accessoires; les essais comparatifs réitérés, décrits avec précision par P'estimable J. N. Schwertz, dans la gazette Agricole, pa- raissent démontrer que, pour obtenir un produit plus abondant, il convient de meutre en terre un plus grand volume de Pommnes de terre. Les résultats pra- liques de ses essais ont été les suivans. 1.* La quantité de produit, net, c'est-à-dire„ sous déducton du poids mis el gele 5, meules e de ces périence s plautes desune à ne de be- Dmwes de Cuelques t eles ne lre par- obtenu ge terre pAure. de sur un §, après davorable S raoines, rencontre ume de à celte se ordi- Planta- daudam Mantes prochées nyenance „deéorits ole, pa- muient de Mas pra- 1 poidh 2 D'AGRICULTVURE. 205 en terre pour semence, se trouve dans un rapport assez exact avec la quantité de celui-ci, c'est-Aà-dire, que celui qui met plus de semence en terre, récol- tera ordinairement plus que celui qui y en met peu. 2.0 Des tubercules beaux et grands, rendent, non-seulement, des pommes de terre plus grandes, mais encore une plus grande quantité. 3.“ Suivant toutes les apparences, la dégénération qu'on remarque fré- quemment dans les pommes de terre, provient de ce qu'on a employé pour semence, des plantes malsaines. 4.“ On ne peut en aucune manière recommander, pour planter, les tubercules très-peuts et qui n'ont pas de germe. 5.“ Parmi les pommes de terre moyennes, la préférence doit être donnée aux entiéres. Si les tubercules sont très-gros, la moitié suffir; pourvu, ce- pendant, que les plantes soient assez rapprochées dans les lignes. 6.“ Oum ne peut pas conseiller de diviser les pommes de terre en plus de deux pièces. 7o. Il vaut mieux planter les tubercules un à un, mais rapprochés, que d'en mettre plusieurs ensemble; surtout, lorsqu'on exécute tous les travaux avec la charrue, et qu'on n'y fait aucune culiure avec la houe à main. 8.“ On ne peut recommander de planter des germes; souvent ils manquent et ne poussent pas*. Pavoue ces principes, comme concordans avec les expériences que jai faites en grand; mais, quant au premier, seulement comme il est concu; car il ne te nullement des expériences qui ont été faites, que la quantité du produit résul soit en rapport avec celle de la semence. Pour trer un résultat, Pauteur divise sa plantation en deux parties, il range dans l'une les essais dans lesquels la quanuité de semence Sélevait au-dessus de 1,254, et, dans Tautre, ceux dans lesquels la quantité de semence ne s'élevait pas à cette quantité; parmi les pre- miers, le produit net de chaque ligne fut de 16,81; parmi les autres, seulement de 15,41. IIs sont donc Pun à lautre comme 1000 est à 917. La perte, dans ces derniers, est de 3 ½ pour oent, la différence de proportion dans la quantité de semence employée est beaucoup plus forte. Parmi les essais qui ont été com- pris dans cette dernière partie, il en est plusieurs qui ne devaient, en aucune manière, entrer en parallèle: des germes ou de simples yeux; deux poignées de très-peuts rejetons éparpillés, qui ne donnérent qu'un produit très-insigni- fiant. Si nous ne faisons entrer en compte que les essais, dans lesquels de bonnes — * Landwirthschaftliche Zeitung 1809, S. 568. 206 PRINCIPES RAISONNES 4 pommes de terre ou des morceaux, furent placés à une distance de 1, 2, 5 et 4 décimétres, on trouvera que la différence est très-petite, et ne s'élève pas au-dessus de 2 ¾ pour cent. Je veux admettre qu'il y ait cette différence, et méême une de cinq pour cent, lorsque les pommes de ierre sont placées, dans une partie des lignes, à huit pouces et daus Pautre à vingt-quatre pouces d'éloignement, qu'ainsi, dans le premier cas, la quantité de semence employée, soit triple de ce qu'elle est dans le second. Je n'obtiendrai de la moitié où les pommes de terre étaient éloignées, que 95 scheſſels, outre la semence, tandis que j'en obtiendrai 100 de celle où ces pommes de terre étaient plus rapprochées. En revanche, dans la culture des pommes de terre en grand, de laquelle seulement il est ici question, un plus grand éloignement présente les avantages suivans: 1.“ Les pommes de terre, et surtout celles qui sont propres à servir de semence, sont, au printemps, à un prix beaucoup plus élevé qu'en automne, à'époque de la récolte; leur conservation a occasionné du travail et a exposé à des risques; il y en a toujours une partie de gàtée. Nous supposerons qu'elles ne coùtent qu'un tiers de plus, ou que le scheffel, qui, en automne, valait huit gros, n'en valút au printemps que douze. L'augmentation de prix de ces huit scheffels, s'élève à trente-deux gros. Les cinq scheffels que j'obtiens de plus à la récolte, s'élèvent à quarante gros; ainsi l'avantage se réduit à huit gros. 2. En espaçant à une plus grande distance, on épargne de la main-d'œuvre. 5. Lorsque les plantations sont alignées dans tous les sens, et que les lignes sont assez éloignées pour que la charrue puisse y passer en croix, on épargne presque tout le travail manuel qui, d'ailleurs, serait nécessaire pour nettoyer dans les lignes. 4.“ Ces labours à la charrue sont beaucoup plus efficaces pour nettoyer, pulvériser, et aérer le sol, que sils avaient lieu dans une direction seulement; le chiendent, surtout, qui se propage si facilement dans les lignes continues, est entièrement détruit par ce moyen, de sorte que le but de la jachère est parfai- tement atteint; ce qui est l'un des premiers objeis qu'on se propose dans la culture des récoltes sarclées. Je ne parle pas de P'effet que produit sur les pommes de ierre même, une culture qui a lien de tous les côtées, puisque, hypoihétiquement, nous avons admis que celles qui ne sont cultivées que d'un côte, rendaient davantage. 5.“ La récolte des pommes de terre réunies en monceaux isolés est incom- parablement plus facile, et avance beaucoup plus rapidement que celle des 61, 2,5 Feleſe Dàs eing pour des ji lignes, 1... lans, dans CwWele eK derre éuaiem ndrai 100 de de laquell aranloges seryir de aulomne. à ON ns qw'elles mne, valan pru de ces iens de plus huit gros, dœuyre. les lignes épargne nettoer veuoyer; eulemem; unues, est est parlii- se dans h it sur les puisque, ivées que est incom- celle dès D'AGRICULTURV. 207 pommes de terre qui se trouvent dans une ligne continue. Mes ouvriers arrachent plus volontiers mes pommes de terre pour le quatorzième du produit, lorsqu'elles sont espacées dans tous les sens, que pour le dixième, lorsqu'elles ne le sont que dans un; car, de celles-là, une personne en récolte dix-huit scheffels en un jour, tandis que, des autres, il en récoltera à peine dix, lors même qu'elles ont été cultivées avec les mêmes soins. Cette accélération du travail dans la récolte est d'une très-grande importance. Tels sont les motifs qui me font donner la préférence à la méthode de planter les pommes de terre à une distance suffisante, et allignées dans tous les sens. Je conviens que, pour avoir une mème quantité de ces tubercules, il me faut un peu plus d'espace; mais la grande épargne de main-d'œuvre qui en est la suite, et la bonne préparation de mon champ, me sont d'une beau- coup plus grande importance. Au reste, il en peut étre autrement pour les personnes qui n'ont qu'une moindre quantité de terrain, à vouer à ce genre de produit. M D'ailleurs, avec cette méthode, il est essentiel, 1.“ De n'employer à planter les pommes de ierre que des ouvriers suůrs et doués de raison, qui m'omettent aucune place oi il doit y en avoir. 2.“ De n'employer pour semence que des pommes de terre parfaitement saines. 3.“ Donner au sol une préparation telle, que la germination des plantes ne puisse pas étre troublée. Celui qui ne voudra ou pourra pas remplir ces conditions, fera mieux de planter plus épais, ou de meitre deux pommes de terre'à la fois; parce que, sans cela, lorsque parmi une plantation faite de cette manière, plusieurs espaces resteraient vides, la perte pourrait étre plus considérable. § 1249. Pour planter les pommes de terre, Pon doit se régler d'après la température. Iei je ne plante que lorsque le terrain s'est réchauffé et j'ai toujours remarqué que les pommes de ierre plantées les dernières atteignaient ensuite les pre- mières. J'en ai planté avec succès, jusqu'au commencememt de juin; cependant je cherche à avoir terminé ma plantation vers le milieu de mai. Si Pon veut les planter plus tard, il suffit de les faire, auparavant, germer dans un lieu chaud. Si le sol est tant soit peu argileux, il ne faut absolument pas les planter lorsqu'il est encore humide, et qu'il s'attache aux instrumens; il convient d'attendre qu'il soit bien essuyé. § 1250. En automne, et aussitot que cela m'est possible, je fais rompre mon terrain, 208 PRINCIPES RAISONNES à deux pouces de profondeur de plus qu'il ne Pa été précédemment, et passer la herse. En hiver on y charrie le fumier, et on l'épand à mesure. Au premier printemps on Penterre par un labour superficiel, et'on passe la herse avant de donner le labour de semaille. J'aime beaucoup qu'une partie du fumier soit ramenée par ce labour à la superficie du sol, parce qu'alors une partie d'autant Plus grande, se trouve rassemblée auprèͤs des racines de pommes de terre. Je n'ai essayé qu'une seule fois de planter aveo la bèche, le long d'un cordeau espacé avec des nœuds; ce fut lors de mon premier essai de la méthode de planter en carré, si je n'eusse pas trouvé une autre méthode, la longueur de celle-là m'en eùt également dégoüté.. On place les pommes de terre dans les raies tracces par la charrue, et voici comment cela s'opèére. A Taide du margueur ou du sillonneur dont ſai parlé, on trace des lignes ou petites raies en croix, ou transversalement à la direction que la charrue doit prendre. Ensuite on place cinq personnes à un même éloignement, dans la ligne de la charrue, en assignant à chacune FPespace qu'elle doit garnir. Une charrue trace le premier sillon, qu'on garnit aussitét de pommes de terre. Alors il s'y joint deux autres charrues, et c'est dès-lors toujours dans la raie de la troisième, qu'on place les tubercules. On conçoit qu'in faut que les per- sonnes qui sont chargées de les poser dans la raie, passent d'un côté à Pautre„ chacune dans l'espace qui lui est assigné. Elles placent chaque pomme de terre à la place qui leur est indiquée par la ligne tracée avec le marqueur, et précisément au point d'intersection de cette ligne avec celle de la charrue. II importe que les pommes de terre soient placées aussi près que cela est pos- sible du côté perpendiculaire du sillon et non du côté où la tranche a 6te renversée; car là elle demeure mieux à sa place, et elle n'est point atteinte par le pied du cheval.— 2 Il faut placer le plus habile laboureur à la raie dans laquelle on met les pommes de terre, soit afin d'obtenir d'autant mieux que le labour ait toujours la profondeur convenable, 5 pouces lorsque le sol est tenace, et 4 ou 5 pouces lorsqu'il est sablonneux; soit afin que ce laboureur puisse corriger les fautes que les deux autres laboureurs pourraient avoir faites dans la largeur des raies. C'est toujours ce premier laboureur qui trace la première raie lorsqu'on recommence une nouvelle planche. Il convient de mesurer la largeur des planches aux deux extrémités, et d'y placer des jallons, afin d'éviter, autant que cela est possible, que les planches perdent leur parallélisme. Si les ouvriers sont exercés, trois charrues et cinq personnes pour planter, en 4 1, et haser A prenier herse avant Ifumier soi otie d'autant de terre. dun cordeau mendode de „h longueu re, et poici des legnes da charrue lent, dans A. Uns 5 de terre. dans la rale que les per- 16 A lamre, me de terre rqueur, et harrue. II est pos- che a eté R aueinte on met les ait loujoun ou 5 pouces les fautes largeur des e lorsqw'on largeur des „autanl que our puner, PAGRILOCGULTU R E. 209 expédient, en un jour, huit journanx, ou du moins toujours six. Mais il faut que chacun ait son sac de pommes de terre à sa portée. 9 1251. Huit jours après, on herse, et par ce moyen, on détruit déjà quelques mau- vaises herbes. Alors il en pousse une grande quantité. L'on attend ensuite le moment ouù les pommes de ierre sont en disposition de lever, et où quelques- unes d'entr'elles commencent à montrer leur fane à la superſficie du sol. Alors on passe l'extirpateur, superficiellement, sur toute la surface du champ. On peut faire cela sans crainte de nuire en aucune manière aux pommes de terre. Par ce moyen, on détruit toutes les mauvaises herbes. On laisse le sol dans cet éiat jusqu'à ce que toutes les pommes de terre soient levées; alors on herse pour régaler le terrain. Après ce hersage, les pommes de terre sont aussi nettes que si elles eussent été soigneusement sarclées, en sorte qu'on n'a que faire d'y passer Pécrodteur ou ratissoir à cheval. Si, au premier moment, toutes les plantes ne se trouvaient pas alignées dans les deux sens, cela ne serait d'aucune conséquence; la première culture Mon donnerait avec la houe à cheval les y placerait; il semble qu'elles gagnent à étre un peu comprimées sur le côté. La première culture a lieu avec la petite houe, elle doit étre donnge dans la direction suivie par le marqueur ou sillonneur; la seconde doit l'étre avec la grande houe à cheval, et dans la direction de la charrue. Dans le plus grand nombre de cas cela suffit. La fane doit alors recouvrir et ombrager la totalité du champ. Si, par-ci par-là, il a échappé quelques plantes de mauvaise herbe auprès d'une pomme de terre, c'est un travail très-peu coùũteux, que de les arracher tandis qu'elles sont encore en fleur. Si Pon veut encore donner une troisième culture, on la fait dans la direction de la dernière. II serait difficile de recouper les côtes ou arétes formées par la dernière culture, surtout si les pommes de ierre ont déjà atteint un degré un peu avancé de leur végétation. De cette manière, la culture des pommes de terre est entiérement achevée avant la moisson, et il n'y a plus à toucher jusqu'à leur récolte. Lorsque le terrain est glaiseux et exposé à Thumidité, j'ai encore plus volon- ners recours à la méthode suivante. Apréès que le sol a été bien préparé, Lon trace, avec le marqueur, des lignes qui se croisent transversalement, et, à chaque point d'imersection, on place une pomme de terre. Le placement des pommes de terre se fait la beaucoup plus promptement; une personne peut fort bien le faire sur trois journaux en un T. IV. 27 210 PRINCIPES RAISONNES jour. Alors on passe, auprès de chaque ligne, la petite houe à cheval, qui la recouvre entièrement avec de la terre. Lorsque les mauvaises herbes lévent, on les détruit, en passant la grande houe à cheval dans la même direction; cette opération se fait, soit que les pommes de terre soient levées, soit qu zo Nes ne le soient pas. Ards que les pommes de terre ont fait une partie de leur crue, on coupe transversalement les côtes ou arétes qui ont été formées par la houe dans la précédente culture; cela se fait aussi avec la grande houe. Enfin l'on donne, peut'ôtre encore une dernière culture qui, alors, a lieu dans la première direction. Les avantages que cette méthode présente, sur un sol argileux et exposé à Phumidité, sont frappans. La pomme de ierre est entourée, de tous côtés, de terre meuble; on amasse le fumier autour d'elle. Elles est complétement pré- servée de Phumidité surabondante, qui peut nuire à la récolte, puisqu'elle est placée plus haut que le fond du labour dans lequel l'eau peut s'écouler. Le sol dans lequel elle repose, est entièérement réchauffé par le soleil. Mais, avec ceite méthode,„'emploi de l'extirpateur, qui est si efficace, ne peut pas avoir lieu, et Pon ne peut également pas avoir recours à la Charrue à écroüter. II résulte de-là qu'on a davantage à lutter contre les mauvaises herbes, et il importe, en conséquence, beaucoup de choisir, pour donner les cultures, le moment ouù la terre est dans un état convenable; sans cela on est réduit à sarcler et à cultiver avec la houe à main. Cette méthode ne convient d'ailleurs nullement pour les terrains secs et sablonneux, parce que, en temps de sécheresse, les plantes y seraient en souffrance. Enfin un froid sensible, qui atteindrait les pommes de terre avant qu'elles fussent récoltées, pourrait pé- nétrer trop avant dans ces ados. Aussi ne proposé-je cette méthode que pour un terrain où l'on aurait à redouter que les pommes de terre ne souffrissent de Phumidité. Quant aux autres méthodes, je renvoie à ce que j'en ai dit dans le premier et troisiéme volume de mon agriculture Anglaise. Pour ce qui me concerne, pen demeure aux deux que je viens de transcrire. Lorsque Pon a butté pour la derniere fois, et que les pommes de terre commencent à fleurir, il faut les laisser tranquilles. Car c'est alors que les jennes iubercules se forment. Cétait un conseil bien extravagant que celui de couper les fleurs, dans le but d'augmenter le produit des pommes de terre. Le perspicace Cullen d'Edimbourg avait déjà observé que le procédé de vé- Sétation harmonisait dans le développement des tubercules et des fleurs; et les expériences faites à cette occasion ont prouvé, ioutes ensemble, que lon nuisait peaucoup au produit par le retranchement des fleurs. Nal, qul u leren, dn düon; celte elles ne le e crue, on bone dans Pon domme, ere recüon, el exposéà us 016s, de tement pré- puisurelle secouler, I. lcace, ne a Chartue Wauväses donner les Sans cela on ne conſient e, en temps ewsihle, qui durrait pé- que pour ouffrissent de Premier concerne, es de terre ſors que les ue celui de 3 de terté. 6dé de vé- eurs; e le e Ton nuisui D' A GRTICUETURE. 211 Cullen a également essayé de couper toujours la fane des pommes de ierre, à mesure qu'elle poussait; la conséquence de cela fut que les pommes de terre ne donnèrent point de tubercules, mais seulement du chevelu. Les expériences d'Anderdon qui prouvent le dommage que porte aux pommes de terre le re- tranchement haàuf de leur fane, se trouvent consignées dans le 1.“ volume de mon Agriculture Anglaise, page 403. § 1252. ('est la récolte des pommes de terre qui a paru la plus difficile à lIa plupart des grands cultivateurs; c'est elle qui les empéchait de se livrer à leur culture en grand. Cependant dés Pan 1798 où, pour la première fois, je me fis l'apòôtre de cette culture, ceite crainte s'est considérablement diminuée: l'on a trouvé ,* que cette récolte se faisait avec plus de facilité et de promptitude qu'on ne pouvait se Pimaginer. Elle a lieu dans un temps favorable, où les femmes et les enfans n'ont pas d'autre occupation, et où la température est, ordinairement, sereine. Gest un travail qu'ils exécutent volontiers, et dans lequel ils sont en- couragés par le sentiment de gagner leur nourriture d'hiver. Quant à moi rien ne me paratt plus convenable que de leur donner, pour ce travail, une poruion du produit. Pourvu que les pommes de terre soient plantées à ma manière, ils le font volontiers pour le douziéme du produit, et quelquefois même pour le quinzième, lorsque mes pommes de terre ont bien réussi, et que celles des autres ne sont pas extraordinairement belles. Si les ouvriers gagnent plus qu'ils ne peuvent consommer ou conserver, on se charge de leur superflu à un prix dérerminé. Cet ouvrage avance très-rapidement, ces gens se font aider par tous leurs enfans; si, au contraire, il a lieu à la journée, c'est une ennuyeuse opération. On arrache les pommes de terre par le moyen d'un hoyau de vigneron, hoyau à deux pointes, après avoir, auparavant, coupé et enlevé la fane. Lorsque les pommes de terre sont plantées selon ma méethode, un homme peut, avec un tel instrument, facilement préparer Pouvrage à douze ramasseurs. De cette manière, il en coũte moins que d'arracher les pommes de terre avec la charrue, opération qui, d'ailleurs, présente divers inconvéniens, et surtout celui de ne pouvoir déterminer, à Pavance, la quantité qu'on amasse en un jour, ce qui expose à voir endommagée par la gelée, quelque partie qu'on n'a pu par- venir à serrer. Ce hoyau enlève tellement bien tous les iubercules, que je m'ai jamais jugé qu'iil valút la peine de passer de nouveau sur le champ, pour récolter ce qui aurait pu avoir été oublié. Ily a beaucoup de prodigalité à se servir de sacs pour la récolte des pommes de ierre. En une année ces sacs sont détruits. Pai, pour cela, des caisses, qui 112 PRINCIPES RAISONNES contiennent emviron trente scheffels, et qu'on place sur des charriots. Sur les c016s, elles ont une ouverture qui se ferme par le moyen d'un glissoir. Lors- qu'elles arrivent auprès du magasin, on ouvre le glissoir, on y adapte une espèce de chéneau, canal, ou conduit, au travers duquel les pommes de de terre descendent à la place qui leur est destinée. Ces caisses sont également uules pour plusieurs autres usages. § 1253. Lorsque les pommes de terre ont été arrachées par un temps sec, on peut, avec sécurité, les placer tout de suite dans la cave, ou dans un magasin qui soit à Pabri de la gelée. Mais il faut laisser les uns et les autres ouverts, afin que P'air y ait une libre circulation, jusqu'à ce que le froid survienne. Si, au contraire, on récolte les pommes de terre par l'humidité, il vaut mieux les placer d'abord sur une aire et les y laisser sécher. la gelée, sont ce qu'il y a de mieux pour conserver les pommes de terre; cependant ce genre de produit peut ôtre parfaitement conservé dans des ias convenablement recouveris de paille; il y est entièrement à J'abri des gelées les plus fortes et s'y conserve mieux que dans des fosses. On peut faire des monceaux de pommes de terre de 20 winspels(480 scheffels) et au-delà; mais le mieux est de les proportionner à la place qu'on a dans les bàtimens rustiques, afin de pouvoir transporter, dans ceux-ci, un de ces monceaux à la fois, lors- qu'on veut en faire usage, en choisissant pour cela un jour ouù il ne gele pas. Il convient de donner à ces monceaux, une forme alongée, semblable à un ioit, surtout lorsquils sont grands; mais ce qui imporie le plus, c'est de les couvrir, sur toute leur surface, d'une épaisseur de six pouces de paille, au moins. La couche de paille doit étre épaisse, surtout près de terre; elle doit . la recouvre avec de la terre. Ce n'est, à la vérité, pas cette terre qui garantit les tubercules de la gelée; c'est la paille, en empéchant le calorique des 85; ⸗ 1' pommes de terre, de s'échapper au dehors; mais la terre doit empécher que Pair ne passe au travers de la paille, aussi doit elle étre serrée. Une terre sans Pon men a pas d'autre, il faut lui donner une couverture quelconque; on peut employer à cet usage la fane des pommes de terre, que l'on protège ensuite contre les vents, avec les claies du parc des béies à laine, ou de toute autre manière. Si on a une terre glaiseuse, ces précautions ne sont pas né- 8 Des caves ou des magasins préservés, par de doubles parois, des atteintes de y déborder le monceau, afin d'empécher qu'il ne s'ntroduise de la gelée dans celui-ci. A la sommité et aux angles, la paille doit éêtre bien arrétée; alors on consistance et qui tombe en poussière, ne convient donc point pour cela; si - 8. Sur les oir. Lors- lapte une mmes de galement „on peut, agasin qui ferls, ala h. K, d01 nieux les intes de terre; 8 des us les gelées fanre des dela; mais rustiques, fois, Iors- géle pas. able à un bt de les ille, au elle do. elée daus Alors on di garanlit rique des dcher que terre Salls rcela;& nque; on on protège du de toute ont D2S Nbr D'AGRICULTURE. 213 cessaires, il sufft de l'étendre bien également sur toute la superficie, de la battre avec soin, pour la rendre unie et solide, et d'y jeter, de iemps en temps, un coup-d'œil, pour empécher que les ouvertures pratiquées par des souris wintroduisent la gelée dans le monceau. Mais une précaution très-nécessaire, c'est de ne pas fermer complétement ces monceaux, en automne, aussi long-temps que la température est chaude. II faut laisser un peu d'air à la sommité, jusqu'à ce que les gelées viennent; de cette manière les vapeurs peuvent sortir du monceau. On laisse donc quel- qu'ouverture à la paille, vers le fatte du tas, et on la visite souvent, afin de sentir s'il n'y a pas d'odeur qui indique une fermentation; si celle-ci s'annonçait, on donnerait d'abord une plus grande quantité d'air. C'est seulement lorsqu'il vient des gelées suivies, que l'on ferme complétement la couverture. Les pommes de terre demeurérent intactes dans de tels monceaux dans Thiver de 1802—5, ouù la gelée pénétra jusqu'à trois pieds en terre, et où les pommes de terre furent atteintes par elle, presque, dans toutes les fosses qui m'étaient pas garanties de tous côtés avec de la paille, et dans plusieurs caves. Il serait parfaitement inutile et souvent nuisible, de recouvrir ces monceaux avec du fumier. Lorsque le dégel survient, il est toujours prudent d'ouvrir un peu les monceaux à leur sommité, afin que les vapeurs puissent s'en dégager. 6 1254. Il serait superflu de dire encore quelque chose sur l'emploi de la pomme de terre. Arrétons nous seulement un instant, sur la valeur proportonnelle qu'elle a, selon sa nature, et selon la quantité de parties nutritives qu'elle contient. Si, d'entre les céréales, c'est avec le seigle qu'on les compare, de bonnes pommes de terre contiennent, en poids, 24 pour cent de parties nutritives, et le seigle 7o. Si un scheffel seigle pèse 82 liv., et qu'un scheffel pommes de terre en pèse 100, 64 4 scheffels pommes de terre équivaudront à 24 scheffels seigle*. Ainsi deux scheffels douze metzen pommes de terre équivaudraient, à peu près, à un scheffel seigle. Mais il faut que ces tubercules soient bons, denses, farineux, et qu'ils aient cr sur un terrain sec, comme c'était le cas de ceux quę Einhof prit pour en faire Panalyse. Car, ainsi que des analyses postérieuses nous Pont appris, la différence entre les diverses variétés de pommes de terre est encore plus considérable qu'il ne l'admettait alors; puisqu'on ne peut pas attribuer aux * Voyez Einhof in den Annalen des Aokerbaues, B.1 III,§. 357, B.- II, S. 627. A. 314 PRINCIPES RAISONNES plus mauvaises espèces, plus de vingt pour cent en parties nutritives; de sorte qu'il faut alors trois de ces scheffels, pour en équivaloir un de seigle. L'expérience dans les distilleries d'eau-de-vie, oùð, en général, on n'emploie pas la meilleure espèce de pommes de terre, vient à appui de ce que nous venons de dire. Selon le rapport des distillateurs pratiques les plus habiles, 3 ⅓ scheffels pommes de ierre, ne donnent pas plus d'eau-de-vie qu'un scheffel seigle, mais celle-là a plus de force. b Chacun convient que, dans le parallèle avec le foin, pour la nourriture du bétail, deux scheffels pommes de terre valent plus qu'un quintal foin, et qu'on doit envisager un scheffel de ces tubercules tout au moins comme egal à demi- quintal foin; bien entendu, cependant, qu'une partie de la nourriture du bétail doit étre en foin ou paille, afin d'accélérer la digestion. Dans les éta- blissemens de mes environs où Pon engraisse les bœufs en grand, on est par- faitement convaincu, que, lorsqu'un bœuf reçoit, par jour, demi-scheffel ou cinquante livres pommes de terre, et, à côté de cela, ordinairement cind livres foin, il prend tout autant de graisse, que s'il consommait trenie- cinq livres foin, et les marchands de bétail préfeèrent mettre les bœufs à cette nourriture aux pommes de terre qu'à celle qui ne consiste qu'en foin simplement. En ihéorie nous ne pouvons pas porter un jugement aussi décidé sur la valeur que les pommes de terre ont proportionnément à celle du foin, que sur celle qu'elles ont relativement aux grains, parce qu'elles sout composées de parues constituantes très-homogéènes avec celles des grains, et fort différentes de celles du foin. Nous devons, en conséquence, chercher, à ce sujet, des leçons dans l'expérience. En Angleterre, l'on a infiniment disputé sur l'utilité des pommes de terre, comparativement aux raves, pour la nourriture du bétail. Comme résultat de cette dispuie, le grand engraisseur de bétail Campbell, déclare très-positi- vement, que, pour la valeur de deux livres chair de bœuf, il ne trouve pas à acheier, hors de chez lui, un bushel pommes de terre à exporter, et cela, même indépendamment du fumier qui en devraitrésulter. Un bushel est égal à 0,645 scheffel, ainsi à environ deux tiers de scheffel. De ceite manière, un scheffel équivaut, pour la nourriture du bétail, à(net de frais) trois livres chair de bœuf. Nous parlerons, dans la suite, de l'emploi des pommes de terre pour la nour- riture des vaches à lait, emploi sur lequel les expériences ont donné des résultats très-divers; nous nous occuperons aussi de Pemploi de ce geure de produit pour la nourriture des bétes à laine. Comne I importé consom par R eul Dahes vond Canrand qoe 0 pas er en 100 jeoen ngt⸗in H semepo ponrseme 1 R Wdjound GAo: W automn de charr HAMA 9 Charver! Dax 3 Al d (harger ſemme Eoterrer Henær, (e Ahs àg DaN A journ ettre ſemn Un pel es; de sont ge. u memploc e que noms 1us abiles, vun scheffel nourriture du din, et quon cgal à demi- urriture da 3 les éta- In est par- cheffel ou dinq lirres Guq Wres e nourriture Memem. Ea zur la valeur in, que sur oposées de diterentes des legons de terre, résck de ures-podii- woufe pas er, ei celn, Ghel est égal maniere, un res chair our la nouf- 1 donpé de ce geure à DAGRICULTVUR E. 218 5 1255. Comme les pommes de terre sont rarement un objet de commerce en gros, il importe de se faire une juste idée de leur valeur proportionnelle pour la consommation, et du prix auquel elles reviennent à celui qui se les procure par la culture, et de ne point confondre ce prix avec celui des marchés. D'après le produit que j'obtenais autrefois sur une terre moyenne, bien et profondément cultivée et fortemem fumée, je croyais devoir envisager cent quarante scheffels par journal de Calemberg(Plus fort d'environ quatre perches que celui de Magdebourg), comme moyenne du produit; mais, ici, je n'ai pas encore atteint ce résultat. Le produit le plus élevé que j'aie obtenu est, en 1809, cent vingt scheffels par journal d'ici. Dans Pannée de disette 1810, je n'en eus que septante-huit scheffels; sans cela, entre quatre-vingt et quatre- vingt-dix scheffels. Je prends, en conséquence, quatre-vingt scheffels, en sus de la semence, pour base de mes calculs; la quantité que j'emploie ordinairement pour semence, s'élève à cinq ou six scheffels par journal. En prenant, pour base de calcul des données très-modérées et qui puissent toujours se réaliser, le travail de la culiure des pommes de terre peut étre Svalué comme suit, pour cinquante journaux. JOURNEES ——— 3 d'un. 3 d'un pbouf de d'un d'une cheval. rechange. homme. femme. En automne, un labour profond, à 1 ½ journal par journée de charrue........... B.... 66 53 ½ Herser légèrement, un attelage 16 journauwx 12 ½³3... 3 Charrier 400 charriots fumier; 10 chars, chaque jour par attelage, font 160 chevaux et 40 hommes dont à la charge des pommes de terrie 553 ½3 13 ⅜ Charger et épandre, par attelage, un homme et une fſemme, dont à la charge des pommes de terre 4........ 13 Enterrer le fumier, par jour, 2x½ journauxx 40 20 Herser, à 10 journaux par atielge 20 5 Ce travail préparatoire s'élève, d'après les évaluations ci-après, à la somme de 47 rixdalers 13 gros 2 deniers; par journal, 25 gros. Passer deux fois le marqueur, en croix, par jour, 10 journauuxsgx...... Meitre les tubercules en ierre, avec trois charrues et cinq femmes, chaque jour 6 journauug..... 50 2 Un porteur et surveillauiuiuiuit.. 84— — /2 * . . 2 * ● PRINCIPES RAISONNES JOURNEES . 1— 3 d'un qun poeuft de d'un d'une cheval. rechange. omme. femme. D'autre part 9"% 131 Q ,55 Herser légèerement, à 16 journaux par attelage 12 3. 5 ⅓ Passer l'extirpateur, un attelage 12 journauvx... 16 5... 8 ½ Donner la premiere culture ave la houe à cheval et un cheval, par jour 5 journaux 10.„ 20 Donner la seconde culture avec la grande houe et deux chevaux.........„ 20 20 Arracher les mauvaises herbes qui peuvent avoir échappé aux cultures........................ 25 Faire la récolte, si cela devait avoin lieu à la journée, par journal, un homme huit ſemmes. N50 400 Charrier, par attelage, trois journaux ou douze winspels.!] 66 3S3⁵è 16 ⅓ Un ouyvrier, pour aider à serrer.. 16 4 2163. 266 ¼ 48⁰ Selon nos proportions moyennes, si un scheffel seigle vaut un rixdaler; nous devons porter: La journée de travail d'un cheval,)?à 5 gros. d'un bœuf de rechange, à 3 8 d'un homme, MA 4 d'une femme, Aà. 3 216 ⅜ journées d'un cheval coütent ainsi..... 256 d'un bœuf de rechange... 266 ½ dhommes ⸗. 2 480 de femmes..s.e.!Üà5,. 480 journaux coũtent ainsi.. Ce qui ſait, par journal, 5 rixdalers g gros 2 deniers. Si lon récolte 81 scheffels, en sus de la semence, par journal, chaque scheffel reviendra à 1 gros Gros 1083 ½ 470 1065 1440 Gros 4053 ⅓ Mais chacun doit faire son propre compte, d'après les circonstances de sa localite*. * Cela est si vrai, que, chez moi à Genthod, au bord du lac de Genève, la moyenne des journées de chevauz sélève pendant la période qui s'écoule dès le 1.“ mars au 1.“ novembre, * X doml Kle te ſäe, el ol eion! vollemen dawet- Vochdre de 1 dehon ellesc es expe Que 100 lumier; Goo ln. AR R üre, 1 Vorn fourn obser 5* COTsSOm onside ſie anim egrais a Mis; dner dums, jourun travau. 0 400 i rdaler, ros 1053 470 1065 140 —— Gros 4058 nefſel reriendra lances de sa — a mofende 36s 4 10 vofeuhre, D'AGRICULTVURR. 217 A combien faut-il maintenant estimer la rente du sol et le fumier? Si le terrain demande de recevoir, de temps en temps, une jachère d'été com- plèeie, et si, sans la culture des pommes de terre ou d'une autre récolte sarclée, on étoit réduit à donner une jachère morte, les pommes de ierre ne doivent nullement étre chargées de la rente du sol, elles pourraient, au contraire, ré- clamer une boniſication; parce qu'elles épargnent les couteux travaux de cette jachère, ou plutòôt qu'elles les opèrent elles-méèmes. Le fumier ou les sucs nutritifs que les pommes de terre absorbent, doivent, sans contredit, étre mis à leur charge, si ces pommes de ierre sont vendues an dehors; mais si on les emploie dans Péconomie rurale même, à peine absorbent- elles ce qu'elles rendent ensuite en engrais. Le moindre des résuhtats donnés par les expériences qui ont été faites sur la quantité d'engrais qu'elles produisent, est que 100 liv. pommes de terre données en nourriture au bétail, produisent 66 liv. fumier; 80 scheffels pommes de terre donneraient ainsi 5280 Rv. fumier, et 800 liv. paille de pommes de terre en donneraient 1840; ainsi les pommes de terre produites par un journal donneraient 5 bons charriots de fumier; c'est-àA- dire, au moins autant, en quantité, qu'elles en absorbent. Mais quelle supé- riorité n'a pas ce fumier, sur celui qui a été produit par la nourriture auxz fourrages secs ordinaires? Cela est connu de tout le monde, et de Kaenler l'a observé d'une manière tréès- judiciense. Voyez Annalen des Ackerbaues B.¹ XII, S. 228. Ainsi nous ne pouvons imputer aux pommes de terre aueune consommation d'engrais; tout au contraire, la quantité de ces engrais se trouve eonsidérablement augmentée par la culture des pommes de terre, et, par la vie animale qu'elles alimentent, elles fournissent encore un élément à des engrais actifs. Mais souvent on a occasion de louer son champ à de pauvres gens, pour y culuüver des pommes de terre. Si le terrain en est convenablement Préparé et fumé, l'on obiiem de chaque perche de 12 pieds(144) 1 gros ¼; ainsi, par journal, 11 rixdalers 6 gros. De cette valeur, il faut déduire les frais des travaux préparatoires, qui, plus haur, ont été évalués à 25 gros; il ne reste, ainsi, que 10 rixdalers 7 gros. Si, maintenant, on veut imputer ce produit net, en argent, aux pommes dfe 3 fr. de France, par chaque bèete, indépendamment du conducteur. Dans mes propriétés d'alie tout autani; pendant lhiver j'évalue alors ees journées à 4 de moins, parce qu'elles sont moins uiiles. La moyenne des journées d'hommes, pendant 1'té, est, à Genthod, de afr. Dans mes propriéés T†ialie 1 fr. 40 cent.; celle de femmes environ la moitié. Thacd. T. IV.. 28 218 PRINCIPESARAISONNES terre qu'on aura cultivées pour son propre compte, comme rente du sol et in- demnité pour le fumier, les pommes de terre coùteront 10 rixdalers 7 gros+ 3 rixdalers 9 gros 2 den.= 15 rixdalers 16 gros 2 den.; et 1 scheffel pommes de terre coütera alors 4 s gros. Ce prix serait ainsi celui des pommes de terre, et Pon pourrait le porter à 5 gros, Pour assucer un bénéfice convenable; jamais les pommes de terre ne furent vendues à un plus bas prix. Mais, de cette manière, les sucs que les pommes de terre ont absorbés, se trouvent dissipés, et si, pour 80 scheffels récoltés sur un journal, jobtens 16 rixdalers 16 gros, qui, après déduction de 5 rixdalers g gros de frais de eulture, donnent 10 rixd. 7 gros de produit net; il sagit maintenant de savoir si, d'apréès les circonstances de mon économie rurale, j'obtiens, par-là, une indemnité suffisante pour le fu- mier qu'elle a perdu? Mais si mon conomie rurale consomme elle-mèême ces pommes de terre, elle ne peut pas meitre les frais de leur reproduction au-delà de 1 gros par scheffel, et, pour mettre les risques au taux le plus élevé, à un gros 4 deniers. Cependant employées à Vengrais du bétail, elles sont payées à 6 gros, lorsque la livre de chair cotite 2 gros, § 1256. Quant à cette séparation remarquable, quoique jusqu'ici on ne Pait que peu mise à profit, de la fécule de la pomme de iterre, qui a lieu par le moyen de la gelée; moyen par lequel le substantiel des pommes de terre peut étre con- servé très-long-iemps, et étre exporté encore plus facilement que les grains; voyez les Annalen des Ackerbaues, B. ¹ III. S. 589 et B.“ XI. S, 4. LA BETTERAVV. § 1257. Appelée anssi racine de disette ou racine d'abondance, descend, ainsi que toutes ses variétés, de la Beta vulgaris seule, ou bien elle provient d'un mé- lange de celle-ci avec la Beta cicla. Car j'envisage Ja différence que les bota- nistes indiquent entre les deux espèces, comme trop insignifiante, et, selon mes observalions, comme trop vague, pour qu'elle puisse servir de fondement à une distinction positive. Selon moi, du croissement et du mélange des étamines de la betterave des jardins d'un rouge foncé ei de la betterave blanche, som nées toutes les variétés qui se rapprochent tantét de l'une, tantôt de l'autre, et qui produisent encore chaque jour de nouvelles dégénérations, parmi lesquelles on découyre, de temps en temps, des individus de une ou de l'autre de ces eghpeces) ſes diſen desqpells Les de lace 8 GNe G ponten celle celle cine Wnl gI gemencs üseml ſout-i-fii CeR begle Ghence en ds et lau failes ſaritie. arrinC d pour étre en terre Srace d SAſer Sar Sans do profon vesih Les de cons M TaNed aujon — 1M rsol eri- 7 gros 4. pommes de terre, le; jamais de cetle Ndsäipes, 8 16 fos, ant 10 nd. rconstances vour le fu- le terre, gros par deniers. „lorsas ait que pen moyen de tétre con- les grains; 1. ansi qne tGun me⸗ les bou- Selon mes ndement à 5étamines che, som Pauwe, et n lesquelle duire de ces D'A GRICULTVRE. 219 espéèces primitives. On ne saurait donc pas caractériser d'une manière précise les diverses espèces, pas plus que de diverses autres plantes que nous cultivons, desquelles les variétés passent insensiblement et par nuances de Pune à Pautre. Les deux variétés de betteraves qui occupent les deux extrèmes, sont, la rouge- foncé que nous cultvons depuis long-temps dans nos jardins potagers, et celle qui est tout-à-fait blanche. Entre deux, il y a la grande beiterave couleut ponceau, celle couleur de chair, ou mêlée d'anneaux de la même couleur, oelle qui est, en dehors, rouge et, en dedans, tout-à-fait blanche, la jaune, et celle qui est mêlée de blanc et de jaune. Le plus souvent la couleur de la ra- cine est en rapport avec celle de la fane, ou plutéôt de ses côtes, lesquelles sont plus ou moins rouges ou tout-à-fait vertes*. Quoiqu'on ne prenne de la semence que sur une seule et méme plamte, il en natt toujours des plantes dissemblables. Cependant la variété qui est tout-à-fait rouge, et celle qui es: tout-à-fait blanche, sont les plus constantes. Cest Pespèce qui est d'un rouge paàle, laquelle, toutes circonstances d'ailleurs égales, devient la plus grande et donne le plus grand produit; c'est elle, en consé- quence, quw'on cultive le plus ordinairement pour la nourriture du bétail. On en disüngue deux variétés, Pune dont la racine demeure enfoncée en terre, et Pautre qui a de la disposition à pousser hors du sol. Les observations que j'ai faites me donnent, à la vérité, lieu de croire que cette disposition nient à cette variété; mais certainement le sol y a aussi une part considérable, Puisqu'il m'est arrivé de partager, avec un de mes amis, de la graine qu'on m'avait donnée pour étre de Pespèce qui pousse hors de terre, et que mes plantes Senfoncèrent en terre, tandis que celles de mon ami prirent leur volume au-dessus de la surface du sol. Mon terrain était labouré à 10 pouces de profondeur, er le sien superficiellement. Sur un sol qui a peu de profondeur, P'espèce qui croft hors de terre est, sans doute, plus convenable, elle y produit davantage; tandis que, sur un 61 profond, a variété qui croit en terre est préférable, tout au moins parce qu'elle n'est pas autant exposée à souffrir des gelées d'automne. Les betteraves jaunes et blanches, en revanche, ont l'avamage d'avoir Plor de consistance, et de résister un peu mieux au froid, mais surtout, à ce qu as- surent tous ceux qui ont fait des essais sur la fabrication du sucre de beite- raves, de contenir une plus grande proportion de suere; de sorte que, en général, aujourd'hui on les préfére pour la fabrication du sucre et du sirop, peut-ëire * Plutôt blanchatres. Trad. 220 PRINOIFES RAISONNES aussi pour la distillation de l'au-de-vie. Dans l'usage en agriculture, elles ne contrebalancent pas, par ces qualités, le plus grand volume qu'on obtient des espèces rougeatres. 1§ 1258. La betterave crott sur toute espèce de terrain modérément humide et qui contient une grande proportion de suos nutritifs, mais, dans les terrains sa- blonneux, elle reste petite, à moins qu'il ne tombe beaucoup de pluie durant la période de sa végétation, et, sur un terrain meuble rempli d'humus et humide par sa position, elle devient aqueuse, tres-grosse, mais creuse intérieurement, er Pon a bien de la peine à l'empécher de pourrir promptement. Le sol qui lui convient le mienx est donc un sol glaiseux passablement tenace; dans un terrain de ce genre, elle réussit presque toujours et acquiert plus de consistance. Je me fais donc une réègle, lorsque, avec la culture des récoltes sarclées, je viens sur un sol tenace, d'y semer une plus grande quantité de betteraves, et lors- que, au contraire, le lerrain est sablonneux, d'y cultiver plus de rutabagas. Pour atteindre une grosseur considérable, les betteraves veulent un sol qui ait éié fortement amendé, soit que Pamendement ait eu lieu immédiatement pour elles, soit qu'il ait été consacré à une précédente récolte, pourvu que celle-ci ait laissé Je sol dans un état assez prospère. Le fumier récent doit ètre mélangé avec la couche végétale supérieure du sol, par deux labours, au moins. Plus le terrain est profond, et mieux c'est; lorsque le sol a peu de pro- fondeur, pour obitenir un plus grand produit des belteraves, il convient de les planter ou semer sur des planches ou billons, M§ 1259. On peut déposer la semence en place, laà où la plante doit demeurer. L'on place un seul grain dans des trous isolés, ou bien'on sème en lignes, tout au moins le donble plus épais que les plantes ne doivent demeurer; mais cette mé- hode n'est praticable que sur un terrain chaud, meuble, et passablement net de mauvaises herbes. Car le germe a de la peine à ouvrir l'écorce dure dont 1l est enveloppé, il faut du temps avant qu'on voie parattre la jenne plante avec ses racines séminales, et le champ est, alors, déjà couvert de mauvaises herbes assez hautes, Souvent la germination est entravée, soit que la semence, placée trop haut, n'ait pas assez d'humidité, soit que, placée irop profondément en terre, elle ne puisse pas opéèrer 5a germination. On ne peut se défendre des mau- vaises herbes, qu'en marquant les lignes dans lesquelles les graines ont été dé- posées, afin de pouvoir détruire les mauvaises herbes avec le ratissoir à cheval déjà avant que les beiteraves lêvent; ce qui, pourtant, demande toujours une eweme 3 Jes eclit demeufas Nus llt Sor un dsse a de p metif hien Ce 30I jendin, Mhnles elposde, rnChce- da le et lel ſiit a dorgyu raniele grandes maleur ſediles Nasee Nüns donne — *lA k gnin waite d R) W, dera nien quoie fot ra , elles me büem des de et qui Nrains Sa- e duranbk ver humide euremem, sol qui lui un terrain tance. Je je viens er lors- g8. an So Gü menm pour celle-ci iit re mölange oins. 2u de pro- yient de eer. L'on „1ou an ceue mè- ſement net ſurce dont il plante avec ises herbes ce, Placée gt en ierre, des mau- ont dô dö- dir à chennl loujous une D'AGRICUILTVURE. 221 extréme attention. L'on a aussi semé les betteraves à la volée, après quoi on les éclaircissait par le sarclage et la culture à la houe, de manière que les plantes demeurassent isolées; mais cette méthode est, de toutes, la plus pénible et la plus coùteuse. Sur un sol ordinaire, la transplantation est ordinairement préférable, et elle laisse aussi le temps de donner au sol une préparation convenable. Mais comme, par la transplantation, la plante est troublée dans sa végétation, il importe de se procurer les plants de bonne lwure, et il faut, en conséquence, se hater de mettre la semence en terre, dans un lieu très-chaud et dans un sol de jardin bien meuble. On peut aussi la confier à la terre déjà à la fin de l'automne, de sorte qu'elle demeure comme endormie durant la saison froide, et que, ce- pendant, sa capsule s'ammollisse un peu. Mais la légère avance qu'obtiennent les plantes qui en proviennent, n'équivaut pas au danger auquel la semence est exposée en terre, de la part des souris et des insectes; cette circonstance a fait renoncer à cette méthode, presque partout*. Sur la transplantation, voyez les 96 1148—1151. 6 1260. Les plantes demandent à étre soigneusement cultivées durant leur végetalion, et leur réussite dépend essentiellement de cette circonstance. Cette culture se fait avec le ratissoir à cheval; mais, contre'opinion de quelques agriculteurs, lorsque les plantes sont grandes, un léger buttage est très-utile, méôme à la variété qui prend son volume hors de terre. Cest en aoùt que leurs feuilles grandes et charnues prennent leur plus grand développement, plusieurs culti- vateurs comptent Hbeaucoup sur le produit en fourrage qu'ils retireront de ces feuilles. Selon des calculs approximatifs, si on effeuille les beiteraves de bonne heure et souvent, le produit en feuilles dépasse, quelquefois, le produit en racines, mais aussi aux dépens de ces dernières; car si l'on effeuille de très- bonne heure et avec excès, les racines demeurent tout-à-fait chétives. Le bétall * La méthode que j'ai suivie avec le plus davantage, consiste à préparer la germinalion de la graine 4 ou 5 jours avant la plantation, en l'humectant avec de l'eau de fumier, et à poser ensuite ceue semence, grain par grain, en lignes, et le long d'un cordeau espacé, sur la surſace du sol, en faisant suivre un enfant qui, sur chaque grain, dépose une pincée de terreau hu- mide. De cette manière la germination s'opère promptement, et les betteraves ne sont point devancées par la mauvaise herbe. Cependant cette méthode présente encore deux inconvéè- niens; 1. celui de devoir placer la semence avec la main, opération un peu longue et coòteuse, quoiqu'exécutée par des enfans, et 2.“ celui de devoir éclaircir les plantes avec la main, car il est rare qu'une capsule de semence ne contienne qu'un seul grain fécond. Thad, 222 PRINCIPES RAISONNES mange ces feuilles, sans cependant en être très-friand, et elles paraissent contenir, sur un grand volume, très-peu de substance nutritive. On perd, en conséquence, sur les racines, ce que l'on gagne en vraie valeur sur les feuilles; le travail de cueillir les feuilles est pénible, et je crois qu'une disette d'autre fome rage à cette 6poque, seule, peut justifier cette opération sous des rapports économiques. En automne seulemnent ‚lorsque la végétation parait cesser, et que P'on veut bientõt commencer la récolte, on coupe la fane près de la racine, et on l'emploie à à la nourriture du béiail. Les racines de betteraves se laissent facilement arracher, mais le nettoiement des radicules filamenteuses, qui cependant est nécessaire, si T'on veut conserver ces racines, m'est pas une opération si facile. Celles qui ont cru sur un terrain argileux ont moins de ces filamens- § 1261. Il est diffcile de conserver ces racines juscues très-avant dans l'hiver, parce qu'elles sont extrémement seusibles au froid, et en sont aussitét détruites. Dans des caves chaudes, elles pourrissent aussi facilement, il faut les y séparer en lits avec de la paille ou du sable. La meilleure manière de les conserver, est de les mettre en monceaux pas trop grands, recouveris avec de la paille, comme les pommes de terre. 6 1262. Ma propre expérience m'a démontré qu'on peut porier leur produit à 300 quintaux par journal; cependamt c'est quelque chose d'extraordinaire, et méême sur un terrain propre à cette plante, on ne peut guères envisager comme moyenne, que 180 quintaux par journal. Dans le duché de Magdebourg, on calcule que chaque pied carré donne une livre de racine, cela ferait 255 quintaux par journal. Mais il faut déduire de cela ¼ bour les accidens qui peuvent atteindre la récolte. L'on ne peut leur 2ͤmettre qu'environ 10 pour cent de parties nu- triüves; elles sont au foin à peu près comme 10 à 46; aux pommes de terre comme 20 à 46*. Cependant la grande proportion de sucre qu'elles con- — * Je serais tenté de croire que le climat du nord, ou le sol des propriétés de noitre savant auteur, donne à la racine de betterave des propriétés différentes de celles qui caractérisent les nôtres. Sur la fane, notre opinion est concordante, mais quant à la racine, diverses expé- riences m'ont donné lieu de croire qu'elle contribue beaucoup plus à engraisser les animaux, qu'à augmenter leur lait, auquel il est cependant vrai qu'elles communiquent un godòt agréable. Selon une expérience à laquelle j'ai donné des soins assidus pendant plus d'un mois, et qui fut faite sur des bétes à laine, pendant lhiver de 1809— 1810, j'ai lieu de croire que 252 liv. racines de betteraves, équivalent à 100 liv. de foin naturel. Trad. derder vacbes comm lcouu (elu ele un yr Eepara ICins M 1eg o qu dol Lot Solel rend ellesn de leu Ma Pus pes Jes vral t conleni, euence, travail de ge a celte icnes. Ea u viemät mploie àka etloiement oonseryer un terrain „ parce es. Dans Eparer en erker, est le, comme luit à 300 et méme voyenne, cule que aux par Memdte arües nu- 3 de ierre ellles con- — dotre saranl dérisent les erses expé- 8 animaul, dt ogreade mois, et gul e qoe 252 ir, D'AGRICUVLTURE. 225 tiennent, les rend particulièrement agréables et profitables au bétail; chez les vaches, elles contribuent essemiellement à la reproduction du lait, auquel elles communiquent un goút agréable, et, mélangées avec les pommes de terre pour la nourriture du bétail, elles paraissent bonifier le lait d'une maniére particulière. Cette plante a cet avantage quiil n'y a presque pas d'insectes qui Pattaquent. 6 1263. Comme, de nos jours, la culture de la beuterave pour en extraire du sucre, a excité Pattention d'une manière très-particulière, j'ajouterai ici quelques ob- servations qui se rapportent à ce sujet. Il faut choisir, de préférence, pour cei usage, Pespéce tout-à-fait blanche, puis la jaune, et toutes les autres préférablement à la rougeètre; ces premières ont 6té trouvées plus riches en principe sucré, mais elles donnent, en moyenne, un produit infiniment moindre que Pespèce rougeàtre. Si donec, chez celles-là, la séparalion du sucre est plus facile, d'un autre côté, le produit brut en est moins considérable, en sorte que le cultivateur ne peut pas les procurer au méme prix. Outre cela, pour en tirer du sucre, il est nuisible qu'elles aient végété sur un sol très-riche et fortement imprégné d'engrais; parce qu'alors elles comiennent beaucoup de salpétre et moins de sucre. Enſin, Pon prétend que les racines doivent étre préservées de l'influence de la lumière; il faut donc qu'elles soient recouvertes de terre. L'espèce qui convient le moins, pour cet usage, est celle qui prend son volume hors de terre. II faut que les betteraves soient, autant que cela est possible, rapprochées les unes des autres, ce qui en rend la culture plus coũteuse, et en diminue, certainement, le produit. Enfin, elles ne doivent point étre effeuillées avant leur récolte, il faut les laisser couvertes de leur fane, ce qui, pour plusieurs cultivateurs, parait un grand sacrifice. D'après des calculs faits sur de grandes quantités de ces racines, il faut, pour qu'on puisse les appliquer avec proſit à la fabrication du sucre, que le quintal n'en codte pas plus de 6 gros. A ce prix on trouve encore de Pavantage à leur culture, dans les lieux où l'on peut se procurer des engrais du dehors, lors même qu'on de- vrait payer le charriot de fumier jusqu'à 2 rixdalers. Dans les positions od l'on n'a pas cette facilité, la culture de cette planie, sur de grandes étendues, rencontrera des difficultés, parce que la betterave consomme, sans contredit, quelque partie des sucs nourriciers qui sont contenus dans le sol, et que, si on la vend, elle rend Peu ou point d'engrais. Lorsque le cultivateur pourra retirer 5 gros du quintal de betteraves, en les employant à la nourriture de son propre bétail, il préférera don- ner cette destination à sa récolte de cetie racine, afin de ne pas diminuer la quantité de ses engrais. On rencontrera done de grandes difficultés, pour tenir des fabriques 4◻ 3 24 PRINCIPES RAISONNES Hisamment pourvues de cette malière première. La grande auion du sucre de betterave ne doit pas tarder à 6, dans tant de contrées, des établissemens dans considérables, ioujours su question sur Tavantage de la fabric se décider, maintenant qu'on a&lev ce but; quant à la possibilité de cette fabrication, elle ne présente plus aucun doute- LA RAV E, Brassica Rapa. § 1264. Nous cultivons divers espèces de raves et naveis, lesquelles, selon le sol et la peut-étre aussi par le mélange de leur poussière culture qu'elles rencontrent, espèce, produisent des variétés à Pinfini. C'est séminale avec celle de quelqu'autre vraisemblablement par la culture, que préférence pour les cultiver dans nos champs, lume qu'elles ont aujourd'hui, et que, au moyer meittent d'une génération à Pautre, lors, cependant, qu fait pas dégénérer. Sous des rapports de botanique, quelques raves paraissent provenir de la Brassica rapa, d'autres de la Brassica oleracea, ou, peut- étre, d'un cror- sement auquel la famille des Brassica semble très- disposée. Sous les rapports économiques, nous distinguons principalement les raves en deux espèces, celle qui veut être semée en place, et qui ne supporte pas d'ètre transplantée durant la période de sa végétauon(si ce m'est avec une grande motte de terre), et celle qu'on transplante ordinairement, ou qui, du moins, supportent de l'ètre. les espèces auxquelles nous donnons la ont acquis ceite forme et ce vo- a de leur semence, elles se trans- „un défaut de culture ne les LES RAVES QUI NE PEUVENT PAS ETRE TRANSPLANTEES, Les Raves proprement dites. 6 1265. Elles descendent de la Brassica rapa, et sont beaucoup plus aqueuses que celles qui supportent la trausplantation. Du reste, elles varient infiniment daus leur forme et leur couleur. Elles ont un renflement à la racine, qui, chez quelques- unes, est large, rond, plus ou moins ramassé, et a la forme d'un oignon, avec un pivot dans sa partie inférieure; d'autres ont plutét la forme d'un fuseau qui se termine en pointe dans sa partie inférieure, et se change peu-à-peu en pivot. Les raves de lune ou de T'autre espèce sont tantèt blanches, tantét nrant sur le jaune, quelquefois aussi rougeàtres ou verdatres. Quelquefois elles reLagrmde t pas urder) Semens dam aucun doute. ou le sol eth leur Doussière àTinün, Cest s donnons la me et ce vo- elles se trans- cullure neles proveuir de h e, Gun dior nt les rapes et rte pas dèhre une grande „du moins, Tls, zes qne celles ent dans leuf er quelques- ignon, aeC Pun fuseau eu-A-peu d ches, unlä Iquelbis elles DAGRTICULTVURE. 225 prennent leur volume, surtout au-dessus de la surface du sol; d'autres fois c'est au-dessous. Leur grosseur varie infiniment et parait dépendre principa- lement de la culture. Mais la disposilion à acquérir un grand volume se transmet, pendant quelques générations, par le moyeu de la semence. Les raves des- quelles, en Angleterre, quelques- unes atteignent le poids de 60 ou 70 liv., pa- raissent être absolument les méêmes que celles qui ne pèsent ordinairement chez nous que ³ liv.; et, en effet, j'ai déjà poussé celles-ci jusqu'à 14 Hv. Quoique les grosses raves ne soient point une variété particulière, il n'en faut pas moins mettre de Timportance à nrer sa graine de telles raves, lorsqu'on veut en cultiver. § 1266. Ily a déjà long-temps que, chez nous, on distingue les raves semées dans la jachère, de celles qu'on sème sur le chaume, et qu'on sait que les premières deviennent incomparablement plus grandes. Mais on m'y donne pas aux ravées semées dans la jachère, les mêmes soins qu'en Angleterre, ou elles sont toujours un des principaux moyens d'entretenir le bétail, et la pierre fondameniale de Péconomie rurale. Dans ce pays-là, c'est encore la récolte qui tient le plus ordi- nairement lieu de jachère, et le système de culture qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de culture alterne, est qualifié là de Culture d Raues, à Turneps, autrement S&ysteme de culture de Norfolob ou Suffolch. Quant à ce qui con- cerne cette culture soignée, je renvoie mes lecteurs aux 1.“ et 5.° volumes de mon Agriculture Anglaise, puisque je puis supposer que tous ceux qui veulent se livrer à cette culture possèdent cet ouvrage, et que je n'ai rien à ajonter à ce que jai dit, sinon que les pucerons et les chenilles m'ont fort dégoüté de ce genre de culture. En Allemagne, on sème les raves, dans la jachére, à la fin de juin ou au commencement de juillet, après avoir donné trois labours et avoir fumé. Les cultivateurs qui le peuvent, en arrachent, ordinairement, les mauvaises herbes; mais, rarement, ils les sarclent et les éclaircissent ou espacent. Lors- qu'elles réussissent, elles donnent un produit considérable, quoiqu'il ne soit pas égal à celui des raves sarclées des Anglais; et, si elles manquent, on ne s»'arréète point à la perte de la semence. Du reste comme, lorsqu'on veut trer paru de la jachèére, on obtient plus d'avantages de la culture d'autres produits, on n'en sème pas souvent. 5 1267. En Allemagne, on cultive plus volontiers les raves sur les chaumes. Cette gulture est méme générale dans les contrées occidentales de ce pays„ depuis T. IV. 59 2 26 pPRINCIPES RRAISONNES les temps les plus reculés, elle est en usage sur les bords du Rhin; en revanche, elle diminue et disparait, presque entièrement, dans les contrées qui sont situées au nord de l'Elbe. Il ne faut pas attribuer cela au climat, la récolte n'en est pas sensiblement plus tardive ici que là, et Phiver n'y arrive pas plus töt. Cependant cette culture est infiniment avaniageuse, elle est une des bases de Pagriculture dans les contrées dont j'ai parlé plus haut. Pourquoi donc y a-t-on renoncé chez nous? La principale raison est celle-ci, que, dans nos grandes exploitations rurales, les occupations se pressent à tel point durant la moisson, qu'il est difficile de pouvoir rompre le chaume aussitét après avoir enlevé les premiers seigles, ce qui, pourtant, est une condition absolue de cette culture. Dans nos grands établissemens rustiques, la valeur du sol est ordinairement moindre que les frais de travail, et comme, Pour avoir du succès, les raves semées apréès la moisson demandent aussi à étre culüvées, on préfère se pro- ourer les raves sur la jachère, où leur réussite est plus assurée, et où leur culture tombe sur une époque plus opportune. Quam à nos petttes exploita- lons rurales, elles sont trop pauvres pour se donner ce travail, outre qu'il leur manque d'exemples de cette culture, qui, cependant, est plus adaptée aux ex- ploitations de ce genre, qu'aux plus considérables. § 1268. Les raves demandent des sables glaiseux, mais riches et pas trop secs, quoique pas exposés à une humidité excessive. Pour les raves qu'on sème après moisson(c'est de celles-là seulement que je parle ici), l'on déchaume superficiellement aussitét que le seigle a été séparé de sa plante; souvent môme on mattend pas d'avoir serré, on laboure entre les tas. On donne en suite un fort hersage, après quoi Pon amasse, avec le räteau, et l'on prúle, le chaume que la 86, al ꝗ,. herse a déterré. Si Pon peut y donner quelque engrais, on le fait, et si l'on mavait pas fumé pour le seigle ‚cela est indispensablement nécessaire. Bientôt après on laboure pour la seconde fois, et plus profondément, on passe la herse, er Pon sème, avec autant de régularité que cela se peur, 1 ou 1 ⅓ liv. de graine, par journal, après quoi Pon herse de nouveau, et Pon passe le rouleau. Quel- quefois on sème les raves sur le premier labour, surtout lorsque le sol est trés-sablonneux; mais elles ne réussissent, alors, pas aussi bien que celles qui ont reçu une meilleure préparation. Il faut se häter de semer, afin que le sol n'ait pas le temps de se sécher. § 1269. Lorsque les raves ont-développé leur fane et se sont sufflsamment enracinées, on leur donne un fort hersage. On ne sinquiète nullement de ce que quelques 1 teranahe, Sonl zilnges lie wen est llos tot, 8s hases de M JLOA Dos prandes b wosn, ur eclere les dette cullure, dimirement „ les Topes te ze pro- bou leur exlloiu- qd lewr ee aux er- trop secs; von seme lechaume nt même un fort e que la A K Yon „Bemt l herse, de graüne, au. Quel- ſe Sol est gelles qui ae le sdl e quelquus D'AGRICUITVURE. 22 ₰ plantes faibles sont arrachées par ceute culture, qui, en revanche, est extré- mement favorable aux autres. Partout où on connatt le hersage, on l'envisage comme la condition d'une bonne réussite. Ceux qui ne cultivent que peu de terrain, et qui lui donnent des soins, font arracher les plus grandes d'entre les mauvaises herbes. La réussite tient essemiellement à ce qu'il tombe de la pluie biemòôt après qu'on a semé. Lorsque la fin de l'été est séche, ceute semaille n'a aucun succès, les jeunes plantes sont rongées par les pucerons. La perte de la semence est insignifiante, et les labeurs proſitent à la récolte suivante. Les chenilles ne sont point aussi dangereuses aux raves qu'on a semées tard, qu'elles le sont aux plus hatives; d'ailleurs on peut les détruire par le moyen de la herse et du rouleau. § 1270. Lorsque ces raves sont trop épaisses, on arrache les plus petites vers la St. Michel, et l'on trouve de l'avantage à les donner au bétail avec leur feuille- Quant aux plus grosses, on les laisse en terre jusqu'en novembre; alors on les récolte, et on emploie à la nourriture des bêtes, ce qui est nécessaire, sans en ôter la fane; quant au surplus, on en retranche cette fane, et on la conserve dans des caves, ou en monceaux recouverts de paille. Si Pon ne peut pas serrer toute la récolte, on en laisse une partie sur place, et se contente d'arracher les plus grosses raves. Le plus souvent, chez nous, elles se conservent également dans les champs pendant Phiver, et, au printemps, avec leurs jeunes pousses, elles sont une excellente nourriture pour le bétail à cornes et les bôtes à laine. On les laisse aussi consommer par celles-ci sur place, surtout lorsque les raves n'ont pas atteint un volume considérable, ou que l'on ne peut pas suffire au travail que la récolte occasionnerait. Mais, dans les hivers ou la gelée et le dégel alternent fréquemment, les raves périssent, c'est pour cela qu'on cherche toujours à en mettre une partie à Pabri. Un produit de 20 ou 25 quintaux n'est point une chose rare, sur un terrain qu'on a fumé pour ceite récolte, je Pai vue s'élever à 40 quintaux. § 1271. Quelquefois, après avoir recolté les raves, en décembre, on sème encore du seigle d'automne, mais, plus ordinairement, on destine le sol qui a donné cette récolte à des grains de printemps, pour lesquels le terrain se trouve alors bien préparé. L'amendement que donne la partie des raves qui restent sur le sol, et sa jeune fane, est peut-étre un équivalent de ce que les autres raves ont absorbé; Ton ne croit pas que cette récolte appauvrisse le sol. 228 PRINCIPES RRAISONNES § 1272. Les raves ne sont pas fort nourrissantes proportionnément à leur volume, mais, en revanche, elles sont, pour les bétes à cornes et à laine, une nour- riture particuliéèrement agréable et bienfaisante. Lorsqu'on a cru s'apercevoir qu'elles avaient donné au lait un mauvais goùt, cela provenait certainement de ce que les raves mèême ou leurs feuilles étaient attaquées par la pour- riture; car, d'ailleurs, le beurre qui en provient a le goùt d'herbe le plus agréable. Elles paraissent aussi contribuer à augmenter pluiòt la quantité du lait, que celle de la graisse, quoique cependant, en Angleterre, on engraisse peaucoup de bétail par leur moyen. L'on calcule qu'un pœuf doit avoir, par jour, le 4 de son poids en raves. Pour la nourriture des vaches, je tiens que 100 livres raves équivalent à 22 livres foin. A poids égal, les tout- à-fait grosses raves des Anglais sont moins nourrissantes. § 1275. Les raves de Teltow, sont une variété particulière de cette espèce; mais, à Pégard de leur nature et de leur culture, elles peuvent lui être assimilées; on les seme aussi, quelquefois, sur le chaume des seigles, mais plus ordinairenment sur la jachère. Leur petitesse les rend beaucoup trop coùteuses, pour qu'on puisse les donner en nourriture au bétail; on les recherche comme un mets très-agréable, et on les paie chérement pour cela. Autant elles peuvent étre avantageuses pour le petit locataire qui les cultive avec sa famille, et qui les nettoie pour les vendre, autant elles paieraient peu leur culture au grand cul- vantage à en cultiver pour sa Propre nvateur; on m'a pas mèême trouvé de l'a que cette espèce de raves exige consommation. D'ailleurs, il n'est pas vrai, le terrain tout particulier de certaines localités; tout sable glaiseux, meuble, net et qui est pourvu de sues nutritfs non récens, est propre à cette plante. § 1274. On ne doit pas recueillir la semence des raves sur des plantes qui aient passé Phiver dans le champ, et qui, au printemps, montent bientôt en fleur; tout au moins ne doit-on pas se le permettre plusieurs fois Consécutivement; car, alors, les raves deviendraient toujours plus petites, et, enfin, tout-à-fait insignifiantes; de sorte que, comme la navette cultivée pour en tirer de l'huile, elles n'au- — P„ raient bientòt plus qu'une racine cilindrique. En revanche, la disposition à donner de grosses raves, se conserve dans la semence, lorsque, indépendamment d'autres circonstances favorables, cette graine est recueillie des plus grosses raves, qu'on choisit à cet effet, que Pon uent, pendant l'biver, à Pabri du froid, dans des fosses ou des caves, et que Pon replante au printemps. Cependant, on a observeé —————y de 4 ( Hir retire e Gis Maacd pem Sod dan plu Del dil ar Folume, une nour-. aperceroir riainement L la pour- abe de Nlus qaanuulé n ou engraisse t avcir, par je tieus Que fait grosses mais, à nlees; ou waürement pour qwon ne un mets Heuvent èlre , et qui les grand cul- 3a propre fes exige meuble, Plante. dent Passé ur; 1out au car, alos, igniſantes; elles Pau- nà donner ai d' autres ves, qu'on „ dans des u a Obsel DP'AGRICUILTVUREB. 2 29 que, par-là, les raves devenaient toujours plus sensibles à la gelée, et comme, een Angleterre, l'on redoute beaucoup cette disposition, on recueille, de temps en temps, la semence sur des raves qui, ayant dté semées tard, ont passé hiver à la campagne, après avoir été soigneusement houées. § 1275. L'on a également essayé de semer des raves avec des vesces tardives, après que celles-ci avaient été semées sous raies et hersées, et de faucher ensuite les vesces en vert, après quoi les raves, se trouvant nettes de mauvaises herbes, donnaient encore une bonne récolte. Cela peut avoir bien réussi, par accident, q'est-A-dire, lorsque les vesces avaient été détruites par une gelée hälive. D'ail- leurs, je craindrais que des vesces fauchées jeunes ne repoussassent trop, pour laisser aux raves l'espace qui leur est nécessaire. Le blé noir conviendrait mieux pour cet usage que les vesces. LES RAVES QUI PEUVENT ETRE TRANSPLANTEES; Le Chou-rave, Chou-navet. § 1276. Il descend du Brassica olerdcea, les botanistes distinguent sous le nom de Napobrassica, paruculièrement cette espèce qui forme sa rave en terre, et qu'on cultive le plus ordinairement sur de grands espaces. Ceute espèce se subdivise également en plusieurs variétés, et peut-être suf- Krait-il de faire choix de plantes qui ont quelque chose de particulier, et d'en retirer la graine, pour procurer ainsi des variétés sans nombre. Ces variétés se distinguent par leur couleur, qui, chez quelques- unes, est tout-à- fait planche, chez d'autres, jaunàtre; mais, souvent, cette couleur n'est point permanente, de sorte que, de semences prises sur une plante blanche, il natt souvent des plantes jaunàtres, et le comtraire. Elles diffèrent aussi de consis- tance; les unes sont plus fermes et plus compactes; d'autres, au contraire, plus spongieuses et plus tendres. Ces dernières propriétés sont plus perma- nentes, elles subsistent, lors méème que la racine change de couleur. Ces varié6tés différent encore par leur apparence extérieure, par leur fond, par leur tige, de sorte qu'on peut les distinguer à la vue; cependant ces différences peuvent à peine être expliquées avec des mots, parce qu'elles ne consistent que dans un plus ou un moins. — 7 1277. L'espéce si estimée en Angleterre sous le nom de Turneps(Navet) de 230 PRINCIPES RAISONNES Suèede, ou Rutabaga, et qui s'est répandue généralement parmi nous, est également une variété de cette espèce de végétaux, ses caractéres ne se dis- nnguent également qu'à la vue, et ensuite au gout. § 1278. Ces espèces de naveis demandent un terrain plus argileux, qui retienne plus Thumidité, que celui qui convient aux raves proprement dites, à celles qui ne souffrent pas la transplantation. C'est le cas, surtout, des espèces les plus pe- santes, ordinairement blanches. Sur un terrain sablonneux et sec, elles de- meurent petites et ne donnent qu'un chétif produit. Les espèces plus poreuses s'accomoderaient mieux d'un terrain sablonneux; mais, de toutes, celle qui le supporte le mieux, c'est le Rulabaga. L'avantage du rutabaga consiste prin- cipalement en ceci, et en ce que, sur les terrains de ce genre, il atteint une grosseur considérable; à quoi nous devons ajouter, qu'il est plus sucré et plus agréable au goũt. D'ailleurs je ne le tiens nullement pour aussi nourris- sant que l'espèce plus compacte, ordinairement blanche, et qui est presque trop dure pour servir dans la cuisine. Sur les terres fortes, je conseillerai de cultver cette espèce, et sur les terres plus meubles, au contraire, de donner la préférence au rutabaga, parce qu'il donne un beaucoup plus grand produit. Plusieurs jardiniers ont prétendu que le rutabaga était la même chose que le chou-rave jaune qu'on connaissait depuis long-temps. Mais ce premier se distingue très-bien par le goùt, et, économiquement, surtout en ceci, quiil réussit dans les terrains sablonneux, et résiste très-bien à la gelée, tandis que le chou-rave jaune est précisément la plus délicate de toutes les variétés. § 1279. La culture de ces diverses variétés est la mème. Lorsque le sol n'est pas déjà bien pourvu de sucs, il faut le fumer fortement, et que le fumier soit mélangé par deux labours au moins. On sème ou en place, là ouù les plantes doivent achever leur végetation, ou dans des semis, oùð Pon prend les plantes pour les mettre en place dans le champ qu'on leur a préparé. Elles supportent très-bien la transplantation. Pour ces denx méthodes, je renvoie mes lecteurs aux§9 1147— 1149. Dans le premier cas, la semaille a lieu dès le milieu de mai, jusqu'au milieu, et, au besoin, jusqu'à la fin de juin. Il ne convient pas de les semer plus tôt, parce que, autrement, en automne, les plantes ont de la disposition à monter en graine, et que, alors, les racines deviennent bientôt ligneuses*. Mais, si Pon veut — * Je ne sais comment désigner autrement l'élat où se trouvent les raves lorsqu'il sy forme — ——QQQQ—Q—————— TaDsp M iement Jorsquom mab le Suos cele IS 50 ſeues per d (e mienn ke chan pliu d eimaun leur cod Sechad gelbe. degel sont vegel sjelle (e⸗ dhus de Ne kau L deoler ne do- Jégel encor rin, des u0 ceron frian — des cel Jos 0* armw Dous 6 1 6 Sres ne 8e 6 lretienne lus eelles qui ne e les Plus be⸗ sec, elles ge. es Plus porenxe tes, celle qui-h comsisle pi- I’ auteint une dlus sucré et ussi nourris= esl presque usenlera de 8, de donner rand produit. mme chose que ce premier x en ceci, qull ee, tandis que farictes. sol n'est pas fumier soit gétauon, ou lans le champ do. Pour ces uau milien; ver plus tot, à momer en , K on femt — alrll ru⸗ D'AGRICULTURLV. 231 transplanter, il convient de semer déjà en avril, parce que la plante est for- tement retardée par la transplantation. Elles réussissent paruculièrement bien lorsqu'on les sème ou plante sur des ados, selon la méthode décrite à 1150; mais il est alors un peu plus difficile de les défendre des mauvaises herbes. Sans cela on les cultive avec le ratissoir à cheval et, plus tard, on les butte; mais seulement légèrement, parce que, autrement, la terre recouvrirait leurs feuilles. Dès la mi-septembre on peut leur enlever leurs plus grandes feuilles; par ce moyen elles fournissent beaucoup de fourrage. § 1280. Ces espèces de navets et surtout les Rutabagas, sont celles qui résistent le mieux au froid; le plus sür moyen de les conserver, serait de les laisser dans le champ mèême, après qu'on l'aurait bien égoutté, si, lorsqu'on les laisse en plain air, elles n'étaient pas si fort exposées aux attaques des hommes et des animaux domestiques et sauvages, parce qu'elles se montrent hors de terre. Pour leur conservation dans les maisons ou en monceaux, on a à craindre qu'elles ne s'échauffent et n'entrent en putréfaction, plurôt que leur détérioration par la gelée. Celle-ci ne les détruit pas si tôt, elles sont encore très-bonnes après le dégel; bien que, cependant, elles soient plus sensibles au froid, que lorsqu'elles sont en terre avec toutes leurs racines, et qu'elles conunuent pour ainsi dire à y végéter. Lorsqu'on les rassemble dans des fosses ou dans des caves, elle sont fort sujettes à pourrir. Ce que Fon n'emploie pas avant le nouvel an, le mieux est de le déposer dans des granges ou des remises, disposé en lits séparés avec de la paille, et il ne faut alors point s'inquiéter que la gelée y péenètre. § 1281. Le produit des espèces de navets qui souffrent la transplantation, et en par- üculier de la variété qu'on désigne sous le nom de Rutabagas, est, lorsqu'elles ne sont atteintes par aucune casualité, peut-ètre, plus fort que celui de tous les végétaux de ce genre. J'en ai moi-même récolté sur un terrain qui n'était pas encore parfaitement amendé, 240 scheffels mesure comble, par journal, ainsi, au moins 24000 liv., non compris la fane. Mais aussi ai-je souvent eu des non succès dans leur culture, et les ai-je vues endommagées par les pu- cerons, par la chenille du choux, et ensuite par celle du seigle, qui est très- friande de cette plante, et, en 1810, par la sécheresse que nous eümes à la ☛ des cellules vides, et que, ensuite de la diminution des sucs, les parties fibreuses se resserrent. Nos paysans disent, alors, que les raves sont coriaces. Trad. — 232 PRINCITPERS RAISONNES fin de Pété; celle-ci atteignit tous les végétaux de cette espèce. Ce sont les insectes, qui rendent la culture de cette plante plus casuelle que celle des pom- mes de terre et des betteraves. 6 1282. Quant aux parties nutritives, selon les analyses d'Einhof, le rutabaga est à la rave, comme quinze est à douze, et les expériences faites sur Pengrais du bétail, sont d'accord avec cette donnée. Il a été trouvé, relativement aux pommes de ierre, dans la proportion de quinze à vingt-cinq. Les plantes de ce genre sont mangées avec avidité par le bétail de toutes les espèces, et elles influent fortement sur la sécrétion du lait. Lorsqu'elles ne sont pas attaquées par la pourriture, elles ne donnent nul mauvais goùt au lait. Ces moufs rendent leur culture extrémement recommandable, bien entendu, cependant, qu'on ne' se repose Pas entiérement sur leur produit, à cause des accidens qui peuvent les atteindre. § 1283. Le chou-rauwe, désigné par les botanistes sous le nom de Brassica oleracea ongylodes, et dont les jardiniers cultivent diverses variétés, appartient à la Soερ,—. méême famille, mais il est plutôt adapté aux besoins de la cuisine, qu'à la nourriture du bétail. Quelques personnes en recommandemt la culture en grand dans ce dernier but, parce qu'il est irès-facile d'en faire la récolte et de le netioyer pendant l'hiver, en raison de ce que sa ravé se forme, toute enmière, hors de terre. J'en ai vu une variété dont la rave était plus cylindrique et dont une partie portait, à sa sommité, une petite téte de chou. Cette espèce pro- venait sürement d'un mélange des étamines du choux à téte, avec celles du Cchou-rave. A Pégard de sa culture, il ne differe pas des espèces dont nous avons parlé aux paragraphes précédens; mais il demande un terrain vigoureux, richement fumé, et parlculièrement bien cultivé; tel en un mot qu'il le faut pour les choux, LE CHOU ATE T E(Brassica oleracea capitata), § 1284. Appelé austi Chou blanc, se divise également en diverses variétés. Je ne parle point ici de celles, très-nombreuses, qu'on cultive dans les jardins, mais du chou lisse ordinaire. Celui-ci, aussi, varie beaucoup en couleur, en forme et en grandeur, il est blanc et rouge, ou mélangé des deux couleurs; il es de.(e Sonl s celle des pom- 2 rulahaga est Sur Tepgräis du enl anx pommes bélail de touls ll. Lorsqy'ells Waurais goüt ien entendu 8 à cause des ssica oleracea apparüent Ak nüsine, qudh ulture en granl wolte et de le toute entiere, lrique et dont espéce pro- fec celles du 4 7s aNOns pallé ux, richement vour les choux. pilaus,, ariéteés. Je ve 8 jurärs, ma 3 leur, en form couleusj 1 e9 233 aplatti ou s'élève en pointe. Sous cette derniére forme, il est appelé chou à DA GRICUI. T VR k. pain de sucre. L'on a des espèces de choux qui, sur un terrain convenable, et avec une culture soignée, forment des tétes de vingt à trente livres, et qui, à ce qu'on assure, se sont même élevées jusqu'à quatre-vingts livres. D'autres espèces et surtout le chou à pain de sucre, ne pèsent, ordinairement, que trois à quatre livres, quoique quelques tétes en atteignent bien 6 à 7 livres. Plusieurs personnes envisagent les espèces de choux qui prennent un grand volume, comme extrémement avantageuses, et peuvent à peine concevoir pourquoi la plupart des cultivateurs préfèrent en rester au chou de la petite espèce. Mais celui qui connoit ces deux espèces, par sa propre expérience, et qui réfléchit suffi- samment, donnera certainement la préférence à la petite. Non-seulement le grand chou exige un terrain très-riche, mais, encore, il veut étre espacé, le très-grand à quatre pieds en tous sens, et le moins grand à trois; il ne vient, ainsi, dans le premier cas, que neuf, et dans l'autre que seize plantes par perche carrée. La petite espèce, surtout le chou en forme de pain de sucre, réussit à merveille en lignes espacées à deux pieds, et à 1 ⅓ pied de distance dans les lignes, de sorte qu'il y a cinquante-quatre plantes par perche carrée. Il atteint plus sůrement sa perfection, tandis que Pautre demeure souvent flasqne; il devient plus serré, et peut mieux étre conservé. Comme les plantes de chou, lors mème, qu'on en a le plus grand soin, et alors même qu'elles sont en pleine végétation, sont exposées à étre détruites par la larve du han- neton et le taupegrillon, il reste un grand espace vide, lorsque quelque plante de la grande espèce disparatt, tandis que cela s'aperçoit à peine parmi les chouxz qui sont plantés plus près les uns des autres. § 1285. Le chou demande un sol argileux, qui soit dans un état de grande pros- périté, ou qui soit foriement imprégné d'humus, et dans une position humide. Le terrain argileux doit étre, soigneusement et à réitérées fois, mélangé avec des engrais actifs et chauds, et alors, si cela est possible, obtenir, avant le dernier labour, encore un parcage, ou bien un arrosement avec des égoùts d'écu- rie. Mais les terrains riches et imprégnés d'humus, enx memes, veulent étre fumés, lorsqu'ils doivent porter des choux; à la vérité cet amendement est destiné à agir plutôt comme dissolvant que comme nourriture. A Poccasion de la culture des récoltes sarclées en genéral, nous avons dit ce qui était nécessaire sur Pédu- cation des planis et la transplantation. Le chou peut également étre semeé à la place mèême qu'il doit occuper pendant toute la durée de sa végétation, et les plantes surnuméraires étre retranchées au sarclage; mais cette méthode I. IV. 50 234 PRINCIPES RRAISONNES m'est guères praticable, que sur un tecrain extrémement net. II faut avoir un grand soin d'élever les plantes de trés-bonne heure, afin de pouvoir exécuter la plantation déjà en mai, si la température est favorable. § 1286. Il faut cultiver le chou avec le ratissoir à cheval, et ensuite le butter à diverses reprises, jusqu'à ce que ses feuilles couvrent toute la surface du sol. Tout aupréès des plantes, il est, quelquefois, nécessaire de donner une culture au terrain, et de détruire les mauvaises herbes avec la houe à main. Lorsque le chou commence à laisser iomber ses feuilles, et pas devant, il peut étre effeuillé sans qu'il en souffre. Apréès cet effeuillement il gagne à étre putté de nouveau. Il pousse alors de nouvelles feuilles. 6 1287. Gest vers la fin d'octobre qu'on arrache, ou coupe, les têtes de chou; quel- quefois encore plus tard; si, cependant, par une température humide, elles commencaient à crever, la récolte en devrait avoir lieu plus tôt. On laisse sur pied le trognon avec les feuilles extérieures, ou la tige, que l'on se procure ensuite selon le besoin, pour le donner en nourriture aux bétiaux. Lorsqu'il y a une grande quantité de ces trognons, on les fait aussi consommer sur place par le bétail. 6 1283. Il m'y a peut-être aucune plante qui, sur un sol approprié à sa nature, puisse donner un aussi grand volume de produit que celle-la. On à récolté, en tétes de chou seulement, au-delà de 500 quintaux par journal; 300 quintaux ne somt rien d'extraordinaire. Le plus souvent on cultive le chou pour le vendre, et cela a lieu, avec un grand avantage, chez les cultivateurs qui possèdent du terrain propre à ce genre de produit, dans des contrées où il n'est pas abondant. Mais alors mêeme qu'il doit éêtre destiné à la nourriture du bétail uniquement, le chou peut être d'une culture avantageuse, pourvu que le terrain lui convienne, et cela quoique, quant à la faculté nutritive, il faille six quintaux choux pour faire l'équivalent d'un quintal foin, ou de deux quintaux pommes de ierre. Donnés avec abondance, les choux engraissent parfaitement ioutes sortes de bétail, et ils produisent aussi beaucoup de lait. Pourvu qu'on mette de côt les feuilles pourries, le lait et le beurre qui en proviennent, ont un goùt d'herbe agréable. On envisage le chou comme très-profitable aux brebis qui ont agnelé. Selon le résultat moyen des expériences, un bœuf à l'engrais consomme, par jour, de 150 à 180 liv. choux; un mouton à l'engrais douze livres. § 1289. Mais le chou est très-difficile à conserver pendant lhiver. Car, lors mème ——— 4 Gpe Ha enu en d ut apoir M ur exéculer e butter 4 ace du 80. eulare au devamt, i gagne à étre du; quel- ide, elles e sur pied ure ensohe y a une par le betull alure, puisse lé, en létes juintaux ne le rendre, idu terrain dant. Mais ement, le comvenne, choux pour es de ierre. es sorles de ate de coͤti out d'herbe ont aguelé. consomme, 2 rres. 4 r, lors mée D'A GRTICUILTURE. 235 que, exposé en plain air, il a été atteint par la gelée dans ioutes ses parties, sans cependant se gâter d'abord quand le dégel survient; il n'éprouve pas moins une grande perte, en ce que les feuilles extérieures pourrissent. Dans des caves et dans des lieux chauds, il ne se conserve pas, il ne iarde pas à y pourrir. Le plus sůr est toujours de le laisser sur sa tige, pour se le procurer lorsqu'on en a besoin, mais de chercher à le faire consommer dans les premiers mois d'hiver. Le réduire en compòôte(Saurkraut) pour le bétail, est une méthode bonne; mais tres longue, que l'on ne peut guèêres pratiquer en grand. § 1290. Ceite plante est exposée à divers accidens: au puceron dans sa jeunesse; à la mièélée, à la suite de laquelle elle est aussitét attaquée par une autre espèce de pucerons; aux vers qui attaquent ses racines, et aux chenilles qui s'atiachent à ses feuilles et les dévorent, et qui la détruisent, quelquefois, entièrement. Cependant tous ces ennemis ne lui font pas une guerre aussi terrible en rase campagne que dans les jardins. Au reste la réussire dépend beaucoup d'une température favorable, surtout apréès la transplantation. LES CAROTTES OU RACINES JAUNES. § 1291. La culture de cette plante, pour la nourriture du bétail, est usitée, non-seu- lement en Angleterre et dans la Belgique, mais encore dans diverses contrées de l'Allemagne, et elle est reconnue comme très-avantageuse, si, d'ailleurs, on peut lui consacrer les travaux et les soins nécessaires; soins qui ne présentent autant de difficultés pour aucune autre plante de cette espeèce. 9 1292. Oa a diverses variétés de carottes, mais elles ne se distinguent que par la grosseur qu'elles peuvent atteindre, et par leur couleur. Les petites espèces que l'on sêème volontiers dans les jardins, ou sur des couches pour en avoir de bonne heure, ne sont point recherchées pour Pagriculture, à laquelle il faut, au contraire, des variétés qui aient de la disposition à devenir très- grosses et trèés-longues. On en a de couleur orange et d'un jaune pàle; les plus grandes que j'aie vues étaient de cette dernière couleur. § 1295. Les caroites demandent un sol meuble, par conséquent sablonneux, mais qui soit riche sur une profondeur d'au moins un pied. Lorsque ceite dernière circons- 236 PRINCIPES RAISONNES tance a lieu, les carottes peuvent réussir assez bien, quoique le champ soit dans une position tout-à-fait sèche. Un terrain de ce genre n'a, alors, Pas besoin de beaucoup de labours. Il suffit qu'il ait été labouré une fois, pourvu que ce labour ait, au moins, un pied de peut étre exécuté d'une maniére plus parfaite, qu'avec une entendu que le sol doit étre parfaitement net herbes qui se muluplient par leurs racines: ait, avant tout, donner plusieurs profondeur, ce qui ne charrue double. Au reste, il est sous- de chiendent et des autres mauvaises Si ceute condition n'était pas-remplie, il faudr labours superficiels, afin de detruire les mauvaises herbes. C'est pour cette raison que, souvent, on les cullive après une autre récolte sarclée, par laquelle le sol a été nettoyé. On donne le labour profond en automne, et l'on prépare e le terrain s'affaisse pendant Phiver, et que la complétement le sol, afin qu ela est possible; c'est-à-dire, déjà en hiver, semaille puisse avoir lieu aussitôt que c par-dessus la neige. 8i le sol contient encore des sucs en abondance, fumé, mais s'il est déjà appauvri, ce serait une mauvaise économie que ne pas lui donner d'engrais, puisque, avec le meme travail, on n'obtiendrait alors qu'un produit beaucoup moins considérable. Il faut épandre sur le sol, après qu'on a nsommé, ou du fumier long et pailleux, et ésidu avec le räteau. Cette méthode 3l n'a nul besoin d'ètre semé, ou du fumier absolnment co lorsque les carottes ont poussé, en enlever le r a parfaitement réussi à divers culüvateurs. 6 1294. La semaille présente déjà quelques difficultés, Il est absolument nécessaire de la froisser, préala- ins; sans cela elle tomberait toute par touffes. s de cette semence demeurent encore de la meler avec de la sciůͤre On emploie parce que la graine a beaucoup de disposition à rester unie. plement, avec force entre les ma Mais, même après ce broiement, les grain attachés les uns aux autres; le mieux est alors de bois; on les frotte bien ensemble et on les séme dans cet état. 3% liv. de semence par journal; cette quantité est, au moins, très-suffisante, pourvu qu'elle soit bien répartie. Pour faciliter la culture des carottes, il est assurément très-avantageux de ai toujours trouvé de la difficulté, à cause de cette s'agglomérer; les petites plantes se trouvaient ‚et leur espacement occa- les semer en lignes; mais j'y disposiion que la semence a à toujours par touffes trop près les unes des autres sionnait beaucoup de iravail. La semence ne doit ètre recouverte que très-légèrement. Lorsque le temps est humide, elle entre d'elle même assez en terre. Lorsque la température est séche, l'on herse d'abord, puis on sème, et Pon passe le rouleau- —.— —— ‿ champ g ars. IIsufft un pied de qwavec une nement net Curs racneR ner Museuss àt pour celle par laquele on prépane et que la 1 en hirer, soin G'dlre Che ne pas rdors quun après quona t palllens, et jveue methode a beaucoup er, préala- par louffes. rent encore ge la scuüre On emploie es-Suffisanle, antageux de uuse de cette e tromsaent ement Occä- nve le te 3 eempétalult duleau, p A GRICULTURh. 237 § 1295. La semence demeure long-temps avant de lever, surtout lorsque sa germi- nation n'est pas favorisée par une température humide et chaude, et les plantules naissent extréèmement ténues. Le sol est donc déjà couvert de mauvaises herbes, avant qu'on commence à apercevoir ces plantes“, et il est indispensable d'arracher ces mauvaises herbes. Quelques cultivateurs ont, à T'aide d'un hersage, épargné presqu'entièrement ce travail, et avec succès; mais il faut avoir été bien heureux dans le choix du moment, pour être parvenu à détruire la mauvaise herbe par cette opération, sans avoir endommagé ces plantes de carottes qui ne font que sortr de leur Lorsque les carottes se font distinguer par leurs feuilles découpées, il est et ce houag germe ⸗ indispensable pour leur réussite de les ratisser, houer et espacer, doit, tout au moins, étre répété deux fois. La première fois on laisse les plantes espace à neuf aroltes encore un peu trop épaisses; mais, la seconde fois, on les pouces au moins. Il est presque incroyable à quel point le succès des c dépend de cela. J'ai, à réitérées fois, essayé comparativement, et je ai pareil- lement vu faire à d'autres, de traiter une partie du champ à la manière des jardiniers, en arrachant, d'abord, les mauvaises herbes, puis une partie des carottes pour les éclaircir, et de houer Pautre partie, en temps convenable; la partie traitée de cette dernière manière donnait, au moins, le triple du produit de Pautre. Mais Popération de houer les carottes demande, de la part de celui qui Pexécute, de Pexercice et de Pautention, elle rend ainsi cette culture difficile et coùteuse. Cependant elle en vaut la peine, puisque, par son moyen, on peut récolter, sur un journal, 500 scheffels de carottes, et méme au-delà. § 1296. Si Pon ne peut pas donner aux carottes une culture aussi soignée, il faut se —, * Afin d'éviter cet inconvénient, et d'avoir plus de temps pour préparer le sol que je destine graine(après l'avoir auparavant broyée langée avec de la sciure), de la faire les rayons du soleil, aux carottes, j'ai coutume de ſaire étendre ma entre les mains, comme il est dit plus haut, et Tavoir mé ziendre, dis-je, sur une table, dans un lieu chaud, quoique abrité contre et de tenir cette graine arrosée, avec des égoüts d'écurie, pendant 8 ou 10 jours, afin qu'elle soit prète à germer au moment où je la mets en terre. Ordinairement, pour éviter que la partie supérieure de la graine ainsi étendue ne sèche trop facilement, et né se détériore, au lieu de germer, je la couvre avec un peu de cendres, qui ont J'avantage de conserver mieux l'humi- dité. Pai également soin de tenir la graine humectée jusqu'à ce qu'elle soit en terre, et, alors, de la faire recouvrir. Trad. 238 PRINCIPES RAISONNES contenter d'un produit moins considérable, et alors il est plus convenable de semer les carottes parmi quelqu'autre produit, et de les prendre en seconde récolte, ce à quoi elles sont très-propres, puisque c'est à la fin de'été seule- ment, qu'elles commencent à s'étendre. On les sème le plus ordinairement parmi les pavots, qui leur abandonnent le sol d'assez bonne heure; apréès les pavots c'est parmi le lin hätif, qui, lorsqu'il est arraché, leur laisse le terrain net et meuble. Elles peuvent aussi, à ce qu'on assure, étre semées parmi le seigle, mais il est alors nécessaire, que, immédiatement après la moisson, on houe le chaume, pour Penlever, et pour procurer aux carottes de l'espace et un sol ameubli; et ce travail tombe sur une saison iellement active, que je n'ai pas même pu faire Pessai de cette culture, sans laquelle, cependant, on n'obtiendrait aucun succès. L'on conçoit que, semées parmi d'autres Legemaux, les carottes exigent un sol d'autant plus riche. 7 1297. A la St. Michel, on peut faucher leur fane; mais le bétail ne la mange pas volonters, il lui préfère méême celle des pommes de terre. C'est avec une fourche de fer qu'on arrache le mieux les carottes. Ordinai- rement on en coupe la fane avec un tranchant: quelques personnes prétendent qu'elles se conservent mieux lorsqu'on arrache cette fane en la tordant. Sur est- il que c'est à cette place que les carottes commencent ordinairement à étre attaquées de la pourriture; il convient donc de laisser premièrement sécher et cicatriser cette partie, avant de porter les carottes dans le magasin ouù elles doivent passer Phiver. Il convient aussi de laisser les carottes, pendant un certain temps, sur le sol en petits tas, afin qu'elles soient lavées par la pluie. § 1298. Les carottes peuvent bien supporter une gelée modérée, mais lorsqu'elles Hen ont été complétemeni atteintes, elles pourrissent facilement après le dégel. D'un autre côté, lorsqu'elles sont dans une température élevée, et en grands amas, elles entrent facilement en fermentation, er se pourrissent. Il est donc assez difficile de les conserver durant Thiver; la méthode la plus sùůre pour cela est de les meitre par couches avec de la paille ou du sable, soit dans des caves, soit aussi dans des meules ou monceaux, que, à Papproche des grands froids, on couvre avec de la paille et ensuite avec de la terre, comme pour les pommes de terre; en ayant soin de leur donner de P'air lorsque la température est douce. Dans des fosses en terre, on n'ose en meure ensemble qu'un peuët nombre de scheffels. —Q————— conreualle 9 lre en Secondh 9„„ de haie geule- ordimai ement dre; après les bisse ſe terrän emnees parui le k woisson, on lles de Tesnace tactife, qne ſ cependant, on tes fegelaus, n mange Ds oues. Ordina- mes préiendem, ordant, Sür est- irement à etre went sécher et gasi Oll elles ant un certai luie. lorsqu eles dres le deg 1. el en grandh . Il es donc lus sure pour le, soit dam pproche des erre, comme ir lorsque k Are ensemble D'A GRIGUI T Un. 6 1299. Les carottes sont une excellente nourriture pour le bétail de tous les genres; elles surpassent en cela toutes les espèces de raves ou navets, et, selon P'expé- 239 rience de plusieurs engraisseurs, elles réussissent parfaitement pour les cochons; elles ont même de la supériorité sur les pommes de terre, qui, cependant, contiennent beaucoup plus de parties solides. Dans la contrée que jbabite„on les tient pour étre, absolument, la meilleure nourriture qu'on puisse donner aux cochons. Un auteur anonime a, dernièrement, soutenu dans la gazette agricole, qu'elles étaient nuisibles à la reproduction du lait chez le bétail à cornes. Il est inconcevable, comment des données aussi hasardées, peuvent produire une impression telle que celle-ci l'a fait. D'autres personnes, ap- puyées sur leur propre expérience, ont victorieusement combattu cette assertion. Les carottes influent trôos-avantageusement sur le lait! Il y a long-iemps que, chez nous, on sait que les chevaux mangent les carottes avec avidité, et qu'elles leur sont très-saines, ce qui les a fait adopter comme moyen de guérison pour les chevaux échauffés. Mais, ainsi que je l'ai dit dans le premier volume de mon Agriculture anglaise, ce sont les Anglais, surtout ceux de Suffolk, qui, les premiers, nous ont appris que, à P'aide de cette seule nourriture, on pouvait entretenir des chevaux en pleine vigueur pendant six mois consécutifs, et quoiqu'ils fussent occupés aux travaux les plus pénibles. Un cheval doit en recevoir, par jour, 70 ou 80 liv., outre 8 liv. de foin. LE PANAILIS. § 1500.. Il demande, pour sa parfaite réussite, un terrain encore plus riche et un peu plus humide que les caroites. Sa culture est presqu'entièrement semblable à celle des carottes, cependant elle est un peu plus facile; parce que la plante du panais se fortifie plus vite, se montre avec ses feuilles larges, et ne peut pas facilement étre dominée par les mauvaises herbes. Le panais pourrait aussi mieux éêtre semé en lignes, parce que sa semence est plus unie. Au reste il doit absolument étre espacé, sans cela il ne prend point de force. Sur un terrain riche et plein d'humus, son produit dépasse encore celui des carottes; quant à la faculté nutritive, il peut bien leur étre assimilé; quelques personnes pensent même quill leur est supérieur. Un avantage qu'il a sur tous les autres végétaux à racines, c'est de sup- 240 PRINCIPES RAISONNES porter parfaitement la gelée, en ierre, sans en dtre aucunement endommagé; de sorte qu'il peut auttendre le printemps pour étre consommé. Il mérite done qu'on lui consacre plus d'attention que cela ma eu lieu jusqu'ici. Voyez Annα len des Acherbaues, B. III, S. 294. Il peut aussi étre semé parmi d'autres produits, tout comme les carottes-. Son abondanite fane est très-agréable au bétail, et, si je dois en croire les petits essais que j'ai faits à leur sujet, elle fait Seodhire beaucoup de lait, de sorte qu'il conviendrait, Pet Sirg, de cultiver cette plante uniquemeni pour sa fane, qui repousse toujours, et s'enracine, avec une facilité presque aussi grande que les mauvaises herbes. LE MAIS oOuv BLE DE TURQUIE(Zea mais). § 1501. Cetute plante appartient, par sa nature, aux céréales, et, par sa culture, aus récoltes sarclées; c'est par cette dernière raison que nous la plagçons ici. Le mais exige un sol chaud et riche, et, le premier d'autant plus, que le climat dans lequel on le cultve est plus froid. Un terrain sablonneux, mais calcaire, mêolé d'un petit nombre de parties argileuses, lui convient mieux qu'un terrain glaiseux et tenace, surtout si ce premier est abondamment pourvu d'en- grais. L'on choisit pour cette culture, autant que cela est possible, une penie tournée vers le sud, et qui soit un peu abritée contre les venis du nord-ouest. Sa culture est beaucoup plus sre dans les climats méridionaux; cependant elle peut aussi avoir lieu dans le nôtre, si Pon ne s'effraie pas de sa non réussite dans les étés froids. En 1805, la plus grande espèce ne réussit nullement chez nous; et la peüte n'atteignit qu'à peine sa maturité. En 1810, le froid que nous eùmes au mois de mai le fit manquer. § 1302. Cette plante comprend des variétés sans nombre, mais qui ne sont pas per- manentes, et passent de l'une dans'autre. La couleur des grains, surtout, est extrémement variable; mais, sous les rapports économiques, elle parait tout- à-fait indifférente. La différence de grosseur importe davantage. Dans les contrées méridionales de l'Amérique septentrionale, on cultive du mais qui atteint une grandeur énorme. Dans un essai fait avec cetfe variété, on planta les grains sur une planche située au midi d'une maison, et qui avoit 6té abondamment pourvue d'engrais, pour étre consacrée à la culture des fleurs. Le mais atteignit, avec sa fleur maäle, les croisées du second étage, au moins endo„ mnagi. mérute douc oyez Anna. 8 Caroftes. en Groire les P de kat, qe mem Pour R ſe ausi gräude 49). zulture, aux dus. Ulas, qne le onneux, mass ut mienx qun n pouryu der ble, une pente u nord-onest. ependant elle réussite dans u chez nous; nous eümes sont pas per- 5, surtout, et e parait lout- on culuse du ceue varitté, 1, er qnĩ auci ture des leus uge, au mrolns D'AGRICUILTUR L. 241 dix-huit pieds. C'etait une magniſique plante, mais, quoique cet été fůt passa- plement chand, aucun grain ne mürit. Il ne saurait donc pas étre question de cultiver cette espèce chez nous. Ce que nous nommons grand mais, est Pespèce la plus généralement cultivée en Europe, et o'est celle-là qui donne un produit considérable, lorsqu'elle réussit. Dernièrement on nous a fait connaitre la petite espèce que, sous le nom de Quarantino, Cinquantino, Sessantino, et Torquetto, les Iialiens cultivent en seconde récolte, et on nous Pa recommandée par la raison qu'elle peut étre semée tard, qu'elle accomplit sa végétation dans la saison la plus chaude de l'année, et qu'elle semble, ainsi, pouvoir, avec certitude de succès, gire cultivée sous les climats du nord. Mais, d'après tous les essais qui ont 6té faits à cet égard, le produit de cette espece de mais est si chéuf, qu'elle ne vaut pas la peine d'étre cultivée comme récolie principale et unique. Au reste, elle se mélange facilement avec la plus grande espèce, et produit, alors, une espèce moyenne qui, pour nous, parait être la plus convenable et la plus sůre, quoique, cependant, on ne puisse pas en attendre le produit que donne la grande espèce. § 1305. Le mais demande un sol soigneusement et profondément cultivé, dont la couche végétale soit imprégnée d'engrais. Il ne doit étre semé que lorsqu'on peut, avec quelque vraisemblance, se promeitre qu'il n'y aura plus de gelée dès le moment ou il sera levé. Chez nous on craint, avec raison, les jours dangereux de la mi- mai, et, en conséquence, on le met en terre de manière qu'l ne leve qu'après cetie époque. Quelques per- sonnes prétendent que les gelées qui surviennent dans les premiers momens de sa végétation ne sont pas très dangereuses pour lui: quant à moi, j'ai constam- ment vu les plantes qui en avaient été atteintes, demeurer maladives, lors mêéme qu'elles conservaient la vie. On le cultive à la manière des jardiniers, avec beaueoup de travail, et selon des méthodes très-variées; mais ici je me borne à la culture avec la houe à cheval, au moyen de laquelle seulement, cette plante peut convenir à de grands établissemens rustiques. La semence peut, comme celle des fèves, être déposée dans la raie de la charrue, par le semoir à fèves, auquel on adapte un oylindre proportionné au but qu'on se propose et à la grosseur du grain du mais; mais, alors, il faut que cette raie ait très-peu de profondeur, et ne dépasse pas trois pouces; encore ne peut-on se permeitre ceite manière que sur un sol sablonneux. Il es: T. IV. 31 242 PRTINCIPES RAISONNES plus sůr de tracer les lignes, là où l'on doit déposer la semence, avec le b marqueur, et à deux pouces de profondeur, ainsi en appuyant légèrement sur cet instrument, afin de le faire entrer en terre un peu plus que d'ordinaire; après qu'on a déposé la semence dans les raies, on la recouvre, en passant sur le sol la herse renversée. § 1304. La semence qui a Gté déposée en terre par le semoir à foͤves, se trouve plus épaisse que les plantes ne doivent demeurer. En conséquence, aussitot qu'elle est levée, on coupe, avec la hone à main, les plantes superflues, en détruisant les mauvaises herbes qui peuvent avoir poussé dans les lignes; on espace ainsi les plantes du grand mais à quinze ou dix-hnit pouces, et celles du petit à six ou huit pouces les unes des autres; la distance qui sépare les lignes est ordinairement de deux pieds. On cultive les intervalles des lignes, d'abord avec le ratissoir à Cheval„puis on butte, d'abord légèrement, et ensuite fortement. Lorsque le mais est sur le point d'entrer en fleur, on arrache les rejelons qui poussent auprès de ses feuilles inférieures. Lors même que ces rejetons demeurent, ils n'apportent aucun préjudice à la plante; mais comme ils sont superflus, on les emploie volontiers à la nourriture du bétail*, pour laquelle ils sont excellens. Aussitôt que le mais est entré dans sa floraison on le laisse tranquille, parce que, sans cela, la fructification des épis femelles, qui, à cette époque, poussent leur long pistl en forme de ioupet, pourrait facilement être troublée. Lorsque cette frucufication est accomplie, ce que'on connait à la flétrissure de ce ioupet, on retranche les fleurs mäles, de telle manière, cependant, qu'il reste encore une feuille attachée à la tige au-dessus de l'épi femelle, et, en mèême temps, on enlève les épis petits et imparfaits, en en laissant, iout au plus, trois à une mème plante, parce que les autres n'arriveraient également pas à ma- turité, et ne feraient qu'ôter, sans fruit, des alimens aux autres. Sans doute la fructification des épis n'a pas lieu pour tous au méème moment, mais, pour couper les fleurs males, il faut choisir le moment ouù la fécondation a eu lieu sur la presque totalité des épis. Le retranchement de ces parties de la plante fournit, pour le bétail, un grand volume d'une nourriture aussi substancielle que celle d'aucune autre plante verte, et dont on se sert, avec épargne, en la mélant avec d'autres fourrages. Il serait contraire à une bonne économie, de — * Bons, oui, mais pas laiteux. Tyad. e Wee de Leremeut Su- * Gonüinaie u hasanl zu- ) Se Lone dce, aussidt per Hes, en lgues; om 5, et celles seppare les eval; puis rejelons es rejelons me ils sout our laquelle nille, parce e, poussent 6e. Hétrissure dant, quil ven mème Plos, uois Das à ma- ins doule la mais, pour n a eu lieu e la plante ncielle que gne, en l dnomie, de — D'A GRICVUILTV‚R EB. 243 pincer les cimes du mais toutes à la fois, et de les donner au bétail en trop grande aantils;; on ne doit en faire la récolte en un mème moment, qu'au- tant qu'on veut employer cette dépouille, qui contient beaucoup de principe sucré, à en préparer du sucre ou du sirop. § 1505. Des-lors on laisse můrir le mais, sans s'en embarrasser, jusqu'à ce que ses grains se durcissent. L'on n'a pas à craindre qu'ils mürissent trop et se détachent de l'épi, en revanche ils sont fort exposés à l'avidité des corneilles, qui, souvent, d'une contrée toute entières se rassemblent autour d'un champ de mais. Cette circonstance oblige à ne pas retarder la récolte, aussitét que le moment en est venu. On porte les épis auprès des bätimens rustiques, et on les dépouille, aussitòt que cela est possible, des feuilles ou grandes follicules qui les enveloppent. La conservation de ces épis jusqu'à leur parfaite maturité, est la partie la plus difficile de la culture du mais. La méthode la plus usuelle est de laisser à chaque épi deux de ses follicules les plus fortes, de les nouer ensemble à leur extrémité, et d'y passer une ficelle qu'on suspend ensuite dans le greniers- Quelques cultivateurs ont, pour cela, des étuves garnies de claies, auxquelles ils donnent une chaleur très-forte. Le meilleur moyen de conserver ce mals, celui qni peut le mieux ôtre employé en grand, a lieu dans ces hangars ouù Pair peut pénétrer, lesquels sont décrits, et dom on trouve le dessin dans Texcellent ouvrage du Docteur Burger sur la culture du mais. Lorsque les épis sont parfaitement secs, ce qui, hors de l'étuve, n'a lieu qu'en janvier seulement; ils peuvent éêtre battus avec la mème facilité que les eéréales; les seuls épis destinés à fournir le grain de semence doivent étre dépouillés avec la main, afin que ces grains ne soient point endommagés. § 1306. La paille qu'on avait laissée en pied doit, ensuite, étre coupée au-dessus de la racine; elle fournit encore un fourrage très-nourrissant, si Pon ne veut pas lui donner une autre destination. On assure que, de ces tiges tout comme du noyau de l'épi, on peut préparer un sirop; d'autres prétendent que le meil- leur moyen d'en tirer parti, est de les réduire en cendre, pour en urer de la potasse, parce qu'ils contiennent une grande quantité d'alkali. § 1307. Le grain du mais est une nourriture très- substancielle. Chez plusieurs peuples il forme le principal aliment de Phomme, sans même étre réduite en pain. Car il m'est propre à étre mis sous cette derpière forme, qu'autant qu'on le mèle 244 PRINCIPES RAISONNES avec d'autres céréales. Dans quelques contrées, on ne pemploie qu'à la nour- riture du bétail, et comme le plus actif des alimens qui puissent étre employ és à Pengrais des animaux domestiques de toutes espèces. Presque dans tous les leux ouð on le cultve sur de petits espaces, on connait son efficacité pour Pengrais de la volaille. On le donne à celle-ci entier, gonflé, cuit ou égrugé. On donne souvent, aux cochons, les épis sans les pattre, et lorsque le mais wa pas pu auteindre toute sa maturité, on peut toujours l'employer avec avan- tage de cette manière.- § 1308. Comme le mais veut étre espacé à une certaine distance, on se procure volontiers, dans ses intervalles, quelqu'autre produit qui ne s'élève que peu. Le plus souvent on choisit, pour cela, la betterave, que l'on planie aprèͤs que le mais a 6té butté; mais je dois dire, d'après ma propre expérience, que s de cette manière ont toujours été petites, et r avait consacré. Je me suis incomparablement que Pon mettait en ierre en même les betteraves que jai obtenue ont mal payé le travail qu'on leu mieux trouvé d'y semer de petits haricots, temps que le mais et dans les même lignes. Le Docteur Burger a arrangé le semoir à fèves, d'une manière très commode, pour pouvoir exécuter, en mème temps, cette double semaille; il a pariagé en deux, par le moyen d'une paroi, la caisse où l'on dépose la semence, et le cylindre a, d'un côté, des entailles adaptées à la grosseur du mais, de pautre des entailles convenables pour les haricots; de sorte que la machine donne aliernativement du mais et des haricots, ces semences dans la partie de la caisse qui leur est des- dre, en cela, une régularité parfaite dans la distribution sarclage, on peut facilement réduire les plantes à lorsqu'on a déposé unée. II ne faut pas atten de la semence; mais, par le une rareté convenable.. Je mai pas voulu m'étendre longuement sur la culture du mais, parce que nous avons obtenu, récemment, deux ouvrages accomplis sur cette matière, savoir le traité complet, ingénieux et admirable du Docteur et Professeur Burger. &Ueber die cultur und Benutzung des Mais, Mien 1809.» Sar la culture et Vemploi du mais, Vienne:09. Et une& Anweisung zum Anbau und zur „» Benutzung des Mais, besonders im noerdlichen Deutschlande und den „ Preussischen Staaten, nach eignen Enfahrungen vom H ofprediger Schregel „ zu Sohwedt.» Direction sur la culture et'emploi du mais, surtout dans læ nord de l'Allemagne et dans les dlats Prussiens, dressGe, sur ses propres expriences ‚par le préedicateur de la cour Schregel d Sohwedt. Ce dernier guvrage a été imprimé, tant dans le 9. volume des Annalen des Acberbaues, na k nour- e employoi uns lous les aclte pour ou égrugé. que le mais r avec avYan- se procure fe que peu. lante après lence, que detites, et rrablewent en mͤme arrangé le r, en mème Gune paroi, des entailles les pour les es haricots, r est des- listribution Nlanies à parce que e matiere; eur Burger. la culturs au und zur „ und den er Sehrepel Irtout dans ges proprès Ce deriier Aoberhauei D'A GRICUILTURE. 245 que séparément(Berlin:809), et je dois supposer que toute personne qui voudra s'occuper sérieusement de la culture du mais, aura lu l'un ou l'autre de ces deux traités. Saus doute, ici comme dans toutes les monographies, dans tous les ouvrages qui ne traitent que d'un seul objet, on ne présente ce sujet que de son beau 0616, tandis que le chapitre des mécomptes demeure dans l'obscurité. § 1509. Dernièrement, on a de nouveau recommandé le mais pour étre employé, avant sa maturité, à la fabrication du sucre, en déclarant qu'il y était plus propre que la betterave. Depuis long-temps il m'a paru que, de toutes les plantes qu'on pouvait culüver ici, celle-là était la plus propre à cette fabri- cation. Cependant il faut emcore attendre des essais ultérieurs. Le sirop qu'on en prépare a, avant sa cristallisation, une supériorité décidée sur celui des beuteraves. § 1310. Dans le midi de la France, et en Iialie, on cultive aussi souvent le mais, comme plante à fourrage, et on l'y fait consommer par le bétail en vert, ou bien on Py réduit en foin, au moment ou les pistils chevelus commencent à se montrer. On le sème à la volée, mais, lorsqu'il est levé, on le houe et l'espace, de manière que les plantes puissent recevoir une seconde culture avec la houe, et étre buttées légerement. Cependant, on pourrait encore, pour cet usage, employer la machine à semer en lignes, afin de pouvoir accomplir la culture à la houe avec des instrumens à cheval. On fauche le mais près de terre. Il a de la difficulté à sécher, mais il est très-commode pour la nourriture en vert. Dans des climats ainsi chauds, on le cultive, dans ce but, en seconde récolte; dans le nôtre, ce serait seulement dans un été ou une automne semblables à ceux de 1811, que, semé sur un chaume de seigle, il atteindrait la force et le développement convenables; cependant il pourrait réussir à la suite de la récolte de colza; quant au petit mais, son succès ne serait pas douteur. Mais, dans la jachère, ou dans la sole des récoltes sarclées, il conviendrait autant que toute autre plante de jachère destinée à étre employée comme fourrage, et Pon pourrait se procurer auparavant, sur le mêéme sol, une récolte verte hätive; si, du moins, on voulait tirer du terrain tout le parti possible. Il est pro- * bable que son produit, comme fourrage, ne le céderait en rien à plusieurs autres planmtes, soit en quamiité, soit en qualité, surtout dans des sols sablonneux, 246 PRIEINCIPHS RAISONNES mais bien amendés. Cependant, je ne connais aucune expérience précise faite à ce sujet* LES PLANTES A FOURRAGE, LE TREFLE ROUGE(Trifolium pratense sativum). § 1311. Les agriculteurs avaient, depuis long-temps, observé que ce trèfle qui ne se conserve, parmi nous, qu'au moyen de la culture, différait, par sa nature et son apparence, du trèfle qui croit spontanément dans nos prairies, quoique les bo- tanistes les eussent toujours considérés comme faisant une seule et mème espèce. Cependant ces botanistes ont, à leur tour, dü reconnaitre cette diversité; ils ont découvert des proportions différentes dans la structure des parties de ces différens trèfles. Voyez Crome Handbuch des Naturgeschichte, Th. 11, B. 1 11,§. 56) et 568. 4 Mais ce trèfle que nous nous procurons de semence a, aussi, tout au moins deux variétés distinctes. L'une qui, jusqu'ici, s'est peu propagée parmi nous, mais qui, ailleurs, est connue sous le nom de Trefle vert, se distingue par sa végétation plus lente, mais plus forte ét Plns abondante en feuilles, et par une proportion plus grande de ses parties vertes à ses fleurs. Elle fleurit plus tard, devient plus haute et plus forte avant d'atteindre sa perfection, et'on peut, en conséquence, la laisser plus long-temps sur pied; tandis que, au contraire, le trèfle ordinaire monte plus tôt en fleur et peut être plus tôt fauché, si Ton ne veut pas attendre qu'il se soit durci en formant sa semence. J'en ai déjsà possédé du premier, mais il fut détruit par un accident. Maintenant j'en ai recouvré, ei je vais Pobserver d'une manière plus particulière. Suivant ce qu'assurent les personnes qui le connaissent, il est très-utile, surtout pour la nourriture du bétail à Pétable, parce qu'il conserve plus long-tempss ses sucs que ne le fait le tréfle ordinaire, et qu'il devient plus grand. § 1512. Le trèfle, dit-on, s'accommode de tous les terrains, méême du sablonneux, * Durant l'été de 1813 et de 1814, mes vaches en Italie ont fréquemment été nourries avec du mais en vert, et constamment mes gens se sont aperęu d'une baisse dans la quantité du lait, lorsque les vaches, auparavant nourries avec des vesces, du trèfle ou de la luzerne, passaient à la consommation du mais; d'ailleurs cette plante est épuisaute, alors mème qu'elle est fauchée en vert. Tyrack. — poure sur d fottel Vaises ou q. soign gat urg mo moi Sur dépa mlis pose Comee hdo m ſe Präcbe lle kioum). lrelle qui ne 8 a pature et zon noique les bo- eule et méme lle diretsité; darties de ces 11,§. 567 dout au moins e Parmi uous, listingue par a les, et par ume urit plus tard, et Yon peut, au contraire, ché, si on ne déjä possédeé da recouvté, de qwassurent k nourriture zucs que ne le uaablonneux, — tent elEé nouries ns la qoantilch u de la lvterne, 4 ¹ lors meme udle D'AGRICULTURL. 24⁷ pourvu qu'ils soient bien pourvus d'engrais. Cela est vrai, il peut crottre, mème sur des terrains qui contiennent 80 pour cent de sable, pourvu qu'ils soient fortement imprégnés de sucs nutritifs, labourés profondément, ei neis de mau- vaises herbes, du moins de vivaces, si ces terrains sont dans une position basse, ou qu'un été humide favorise le tallement du trèfle. Au moyen d'une culture soignée, on peut amener un ierrain de ce genre a produire du troͤfle, ei mêome du irès-beau, si la température n'est pas défavorable. Mais sur les terrains plus argileux et en même temps calcaires, le troͤfle demande une culture beancoup moins soignée et, dans les années sèches, il y est bien moins casuel. Tout au moins, n'a ton pas à y redouter que cette plante y sèche jusque dans sa racine. Sur un terrain marneux et vigoureux, le trèͤfle est presque chez lui, il suffit d'épandre sa semence, il domine toutes les plantes qui poussent autour de lni; mais sur un terrain sablonneux, tout-à-fait dépourvn de chaux, et un peu dis- Posé à Pacidité, au contraire, il faut se débarrasser des obstacles qu'on ren- contre, semer le trêffe sur un amendement récent, et, en particulier, par des labours profonds, favoriser le prolongement de ses racines, de manière que la plante ait moins à redouter le desséchement de la superſficie du sol. De là vien que, dans quelques contrées, la culture du irèfle est une chose très-facile, et que, dans les assolemens, on peut lui donner la place que l'on préfère. Il est des places, mais elles sont rares en Allemagne, ouù le trèfle peut, tous les trois ans, prendre la place de la jachère, et ou il laisse le sol net et ameubli. Dans la plupart des localités il demande une place choisie et bien pré- parée, et vraiment il mérite qu'on la lui donne, à cause de sa grande utilité, § 1315. Il y avait Iong-temps que la culture du trefle était connue, et qu'elle s'était propagée, quoiqu'elle se bornàât à des clos isolés, ou à des jardins, lorsque Gugenmus et Schubart de Kleafeld, entre plusieurs autres, enseignèrent à Pétendre sur la totalité des champs, et à Passocier avec les céréales. Dès ce temps, le tréfle fut considéré et employé par plusieurs, comme la base de P'agri- culture, comme le pivot sur lequel elle devait se mouvoir; mais, avec des succés différens, selon la nature du sol, ei peut-étre du climat. Le plus grand nombre des cultivateurs dut se borner à ürer, à des intervalles éloignés, parti de la jachére par cette culture. D'autres durent y renoncer tout-à-fait, ou, iout au moins, faire suivre le trefle par une jachèére, avant d'y semer de nouveau des eéréales, parce que le sol s'infestait de mauvaises herbes et se durcissait pendant la durée du irêfle. Enfin, le systéème de culture alterne a assigné à cette plante la place à laquelle elle réussit avec certitude, même sur un sol qui 248 PRINCIPES RAISONNES ne lui est pas favorable, pourvu seulement que la température ne lui soit pas extraordinairement contraire; et ou le trefle donne un produit avantageux, tout état favorable à la récolte qui doit suivre. Ici le oiement et l'approfondissement de sa couche vé- ui a précédé la semaille du trèfle, a été préparé en maintenant le sol dans un sol, par les labeurs, le nett gétale, qu'il a obtenus'année q de maniére, que le trèfle couvre la terre, et peut taller, sans étre gèné par d'autres plantes. Gest de cette manière et non autrement, qu'il peut trans- meitre le sol à la récolte qui lui succéde, aussi net et aussi meuble qu'il La regu. § 1514. Aujourd'hui on ne sème plus le irèfle seul, mais, au contraire, toujours parmi quelqu'autre produit, parce que, rarement il donne une récolte considé- rable année ou il a é6té semé, et parce que, dans les commencemens de sa végétation, il lui est fort avantageux d'étre protégé par une autre plante, qui lui cède ensuite la place. Plus wite la récolte à laquelle le trèfle a été associé abandonne la place, ou est fauchée, plutt le trèfle se fortifie. Ordinairement on le sesme parmi les céréales, autrefois toujours parmi les grains de printemps, à présent, aussi souvent parmi les grains d'automne, et le plus souvent avec un succès égal, quelquefois même supérieur, lorsque la semaille a eu lieu avec lattention convenable, et les précautions que nous indiquerons bientòôt. La semaille ne s'en fait pas en mème temps que celle des céréales d'autonme, mais de manière que le trèfle germe seulement après que P'hiver est écoulé. Quelquefois on le sème parmi des pois, et il est vrai qu'alors il pousse trèͤs- vigoureusement parmi le chaume de ceux-ci. Mais si ce légume verse de bonne heure et ne mürit pas promptement, le trêfle peut en étre tout-à-fait étouffé; l est alors fort inégal, et il présente de grandes places vides. Mais nous avons fait connaissance avec deux genres de produit, qui sont parfaitement favorables au trèfle qu'on sème parmi eux, ainsi qu'aux végétaux qui ont de Paffinité avee lui; le lin et le blé noir. IIs favorisent la germination du treèſle et sa première pousse, et lui permettent, beaucoup mieux que les céréales, de s'épaissir, et de g'Stablir dans le sol d'une manière uniforme. On ne sème plus de lin que sur un terrain riche et bien préparé, et on en grrache les mauvaises herbes, ce qui tourne à Pavantage du trèfle. Celui-ci ne souffre point de Parrachement du lin, si cette opératon est faite avec quelque circonspection. Mais, parmi le blé noir, jai vu le irèfle lever épais, mèême sur un sol qui ne lui était pas avantageux; et commé, tout à côté et sur un zerrain plutòt meilleur, on avait semé de Pavoine, également avee du trèfle, ne lui soit b fanlageur, ou t sulyre. Iei k da Couche pé- „à té bréparo 8 1.* ql peu uas- dweuble quil h üraire, tojonn ne récolle conädt. nmencemels dea aulre phule, mü trefle a elé Wodi ifie. Ordimarewen ains de priutemp, Plus soufen ae semaille a eu lel diqueroms heeui reales d'aulonme, hiver est ecout- il pousse tris- perse de Donne -Aefait Gtouffé; Mais nous ANoOS ement favorables de Pafnité arec le et 8a premièn e Fepaissir, el de répars, el on en rölle. Celoi-ci aite avec quelſſe ger épais, meme à côté et Su- 1 ot ayec da trele, D'A GRICULTVURE. 249 je pus me convaincre d'une manière non équivoque, de la grande différence qu'il y avait de Pun à Pautre, et de la supériorité du tréfle qui avait été semé parmi le blé noir, supériorité qu'il conserva pendant toute Tannée suivante. Je conseille donc à celui auquel il importe d'avoir un trefle épais, et qui ne juge pas son terrain très-favorable à ce genre de produit, de semer ce trèfle parmi du blé noir. Il semble indifférent qu'on laisse murir le blé noir, ou qu'on le fauche pour le consommer en vert. Le tréfle parait aussi réussir bien parmi le colza. 6 1315. Le trèfle peut être semé dés le premier primtemps(ou même en hiver, pourvu que sa semence demeure sans germer) jusqu'au commencement d'aout. Si Pon sème plus tard, et que la graine lève déjà en automne, la semaille est, le plus souvent, détruite par Phiver. Il importe, surtout, de rencontrer un temps favorable pour la semaille; de sorte que, non-seulement la graine germe, mais. qu'encore les plantules qu'elle produit ne souffrent pas de la sé- cheresse au point de périr, et qu'elles ne soient pas détruites par les pucerons-. C'est pourquoi les semailles de trèfle les plus süres sont celles qui ont lieu de très-bonne heure, parmi des grains d'automne, sur un terrain uni et qui ne soit pas sujet à étre lavé, mèême par dessus la neige(dont Peau entraine la se- mence en terre) ou parmi de la grande orge semée de très-bonne heure; parce qu'alors le trèfle profite de l'humidité de l'hiver. Si le sol n'a que tout juste autant d'humidité qu'il en faut pour que la graine germe, et qu'une sé- cheresse opiniätre enlève ensuite celle-ci, sans que des pluies bienfaisantes viennent au secours du trêfle, de sorte que les plantes ne puissent pas se for- nfier; cette circonstance est très-fächeuse pour le trèfle; il serait plus sůr de je semer sur une surface tout-à-fait sèche, où il demeuràt sans germer jusqu'à ce qu'il survint une température humide. Il tent beaucoup au degré de la propension du sol à la reproduction du trèfle, qu'on doive donner plus ou moins de soins à la semaille de celui-ci. Si la nature du sol est favorable au trèfle, on peut en épandre la semence comme Pon veut, le tréfle pousse toujours. Dans le cas contraire, il faut user de beaucoup plus de circonspection, et ne point se laisser diriger par Popinion de quelques heureuz cultivateurs de trèfle, qui croient que des soins et de Pattention ne sont nullement nécessaires. IIse peut qu'une température accidentellement très-heureuse favorise, une fois, une semaille faite avec beaucoup d'étourderie; mais, une autre fois, cette étourderie sera d'autant plus sévèérement punie. La semence de trefle ne supporte pas d'ètre recouverte d'une forte couche T. IV. 32 250 PRINCIPES RAISONNES de terre, mais elle veut être mise en contact permanent avec une couche de terre meuble. Lorsque le sol est ameubli, et qu'on enterre cette semence avec la herse, une partie s'enfonce à une trop grande profondeur, et est étouffée par la ierre qui la recouvre; il convient donc de l'épandre d'abord après avoir hersé. Lors même que la récolte parmi laquelle le trèfle doit étre semé, surtout si c'est des céréales d'automne, a déjà grandi, il faut, cependant, encore herser avant d'exécuter la semaille, de manière que la crouùte qui s'est formée sur le sol soit tout-à-fait brisée, et que les crevasses qui se sont faites sur le sol soient fermées. Alors on sème immédiatement le trèfle et, si Pon veut procéder à coup sùr, on passe le rouleau. De cette manièére, le tréfle tombe dans les raies formées par les dents de la herse, où le rouleau le recouvre d'une légère couche de terre, qu'il comprime sur elle. Si on le sème d'abord après avoir mis en terre la graine de céréale, on procède de la même manière; et lors méme que, q'ailleurs, on ne voudrait pas passer le rouleau, il faudrait encore le faire, ne fütce que pour Pamour du trefle. Sur un terrain très-meuble, poreux et rempli d'humus, il convient de semer le trèfle, avant que le terrain soit tout-à- fait menuisé par le hersage, et de herser une seconde fois pour enterrer la se- mence. Dans des terrains de ce genre, le trèͤfle se fait jour à travers la terre qui le recouvre, tandis que, laissé à la surface du sol, il ne résiste pas à une température séche. Quelques cultivateurs atiendent, pour semer leur trèfle parmi les céréales de printemps, que celles-ci aient déjà poussé, afin que le trèfle ne les étouffe pas. Mais cet inconvénient ne saurait avoir lieu que lorsque le sol est parti- culiérement favorable à la culture du trèfle. Cependant, une fois, j'ai vu ce cas se réaliser sur un terrain moins propice, d'une situation un peu basse, et par un printemps très-humide; l'orge y avoit tellement souffert de lhumidité, qu'elle n'aurait eu aucun succès, alors méême qu'il n'y aurait pas eu de trefle. En général, donc, je conseille de semer le trèfle immédiatement aprés que la céréale de printemps a été mise en terre; si cela avait lieu plus tard, il faudrait auparavant passer la herse; ce qui, sur de la jeune orge, peut avoir des inconvéniens. Il importe beaucoup que la semence soit parfaitement répartie, aſin que le troͤfle ne se trouve pas trop épais à une place, et trop clair à une autre, si même il m'y a pas des vides complets. Pour cet effet, il est toujours conve- nable de diviser la graine en deux portions, dont une est semée en long, et Pautre en travers; à moins, toutefois, qu'on n'ait un semeur très-exercé à cette espèce de semaille. 0 dans gren uc 800 bume couche l semence ayec la esl Gtouſte pur res apoi herse. ds, surtout 8 „ncore hetxer K lorute Sur Sur le 80 rocéderà dodp Sles räes ſormess tgere couch de oir mi eg lerre hs Däme goe, arek läit, ne Dle, paxemx dt erniin sot i ur eclätrer k. unen h tere ertssle f&s à me darni les cöräales èlle ne ks eloufe e u& rari- bos, jänu ce u hen lase, et dde lhumidit, w el Ce telle. enlagäs que l a, Iudrai peu noir des 2, in ſxe le Ie aulfe, 5 jeus conie- en long; e exeroea Celle Me. D'AGRICULTUR E. 251 L'on varie beauooup sur la quantité de semence qui est necessaire. Quel- ques personnes croient que 4 liv. par journal sont suffisantes; d'autres con- seillent d'en mettre 10 à 12 liv. Je sais que la première quantité peut suffire à donner un champ de trèͤfle très-épais; mais seulement lorsque les circonstances sont très-favorables. Si même tout a pu ôtre préparé convenablement, et que Pon ait un bon semeur, je n'en conseille pas moins 6 liv. par journal, et sil manque quelque chose à ces conditions, 8 liv.; car, quelque considérable que soit Pépargne que l'on peut faire sur la quantité de semence, lorsque cette épargne a lieu sur un grand espace de terrain; ce gain n'est nullement à com- parer avec le désavantage d'avoir une sole de trèfle mal garnie de plantes, et inégale. Je parlerai plus bas des qualités que doit avoir la graine. § 1316. Quoique le produit parmi lequel le trèfle a été semé soit récolté, souvent, dans les commencemens, on m'aperçoit que peu de trèfle; cela n'est point d'une grande importance, mais il faut que le irèfle se fasse voir 15 jours après, ou du moins dès qu'une pluie a pénétré dans le sol. Si le tréfle s'élève parwi le chaume, souvent il devient assez grand pour pouvoir donner une coupe. Lorsque cela peut avoir lieu avant le milieu de septembre, on n'hésite pas à faucher. Plus tard, on aurait a redouter un froid subit, qui arrêéterait la végétation de cette plante, en telle sorte que le trèfle se trouverait trop dépouillé à son entrée dans Phiver. Ordinairement, on se borne à le faire päturer, et cela peut avoir lieu par le bétail à cornes, jusqu'à la fin de septembre, sans inconvéniens. On peut bien aussi le faire brouter par les bétes à laine, mais pas jusques auprès du sol, parce que ces bétes pourraient fort bien attaquer le collet de la plante et la faire périr. On est, en cela, quelquefois trop hardi, et d'autres fois trop craintif. Le trèfle peut étre détruit par Phiver, et d'autant mieux que le sol est peu approprié par la nature et le travail à la culture de cette plante. Sur un terrain profondément cultivé, le trèfle résiste à des hivers auxquels succombe celui qui est semé sur des terrains plus superficiels; j'ai observé cela l'hiver de 1802 à 1805, ou le froid sec pénétra jusqu'à trois pieds en terre. Dans T'hiver de 1811 à 1812, le trèfle périt dans toutes les places sèches et sablonneuses, tandis qu'il se conserva dans les terrains humides; mais cela parut la suite du grand desséchement qu'éprouva le sol sur la fin de l'été, plutéòt que de la gelée, qui, cet hiver-là, ne fut nullement excessive. Lors même que, après la cessation de la gelée, on m'aperçoit point le trèfle, il ne faut cependant pas renoncer à toute espérance; mais si, au contraire, l'on aperçoit des plantes de trèfle qui commenceni à verdir, et qui, cependant, cedent facilement à la 4. 252 PRINCIPES RAISONNES main, en laissant leur racine en arrière, il reste peu à& espérer. Jai, à la vérité, remarqué, d'une manière qui ne me laisse aucun doute, que ces plantes de trèͤfle peuvent pousser de nouvelles racines et végéter avec force; mais, pour que cela ait lieu, il faut des circonstances très-favorables. On couvre quelquefois le trefle, avant l'hiver, avec du fumier pailleux; soit afin de lui donner de la vigueur, soit afin de le garanür de la gelée. Main- tenant les culúvateurs expérimentés ne se le permettent plus, parce que, souvent, ce fumier attendrit le trèfle, ou attire les souris, et qu'ainsi cer amendement peut avoir des suites préjudiciables. D'ailleurs les circonstances économiques de l'établissement rustique, permettent rarement de consacrer à cela du fumier —'table. Si l'on veut aider un peu au trèfle, on épand par-dessus, au printemps, des boues de ferme, amassées dans les cours pendant Phiver, ou bien on l'arrose avec des engrais liquides. Au printemps, il üre un grand avantage d'un amende- ment de cendre de tourbe ou de savonnerie, ou d'un compost préparé avec de la chaux; mais amendement le plus ordinaire est celui qui a lien avec le plàtre réduit en poudre, qu'on épand par dessus le trèfle, lorsque celui-ci commence à végéter. Voyez Tom. II, S 657 er suiv. Une opérauon qui fait beaucoup de bien au trèͤfle, et qui paie largemem les frais quelle occasionne, c'est d'y passer la herse, au printemps, lorsqu'il commence à pousser. Plus ce hersage a lieu hardiment, et plus il produit d'effet sur le trefle. Le vrai moment de faucher le trèfle est celui où le champ commence à prendre une couleur purpurine, parce que les tıtes ou fleurs du trèfle commencent à sS'panouir. Si Ton fauche avant cette époque, la récolte est sensiblement moins forte, parce que c'est alors que le tröfle fait son principal jet, et que, à cette epoque, huir jours peuvent faire une différence de moitié sur la récolte. Si Pon fauche plus tard, on obüent un produit plus grand encore, mais, alors, les nges du trèfle sont dures; sa substance contient plus de fibrine insoluble, er la pousse qui suit est plus faible. Gest seulement lorsqu'on veut employer le trbfle à la nourriture au vert à Pétable, et que cette nourriture a surtout le irèfle pour base, qu'on doit commencer à faucher des que le trèfle peut supporter la faux, parce qu'alors la Partie qui a été fauchée jeune a le temps de recroitre, pour Pépoque où P'on ne peut plus laisser la première coupe sur pied. Nous ajou- lerons ce qwil y a eucore à dire sur ce sujet, lorsque nous parlerons de la nourriture du bétail à Pétable. § 1517. On desune le trèfle à subsister et à étre récolté pendant 1, ou 2 ans. II —————-i ne Saul Propos de es el est du ue conAal de de pore on, dimin pres Ie sec prolon le yren vorable 1ASN qadd dans ced sur se G lui c le Nus! voul Mnd pon piec elle Sur dul àl, à Ja Fent, hautes de haſd mais „Dour Ou er pälleun zoi b Wes. Nin. e he oWen dcel awendement econoninnes d d eeh du fumir , anprinlewys, diey on arose e dam amende- prepard aned de nec le pläure di commence paie brgemem lemps, lorqul Nlas II produn ence àprendre commencent à blement moins 1pe, à cetle recche. ATon mas, Aots, le brine ioloble, deut emploferl asurtout le vie zupponierh hun recrolre, Poul wed. Nous ijpu⸗ pulerons de k DP'AGRICGULTVUR E. 253 ne saurait convenir de le laisser en pied plus long-temps, qu'autant qu'on se proposerait d'en nürer parti comme pàturage, parce que, dans la 5.“ année de ses produits, ou la 4.“ des la semaille, le trèfle diminue sensiblement, et est remplacé par des graminées. La question, si Pon doit ürer paru du irèfle pendant un ou deux ans, ne peut étre décidée que par les cir- constances particulières de chacue exploitation rusuque, et par le plus ou moins de durée que le trèfle a sur le terrain dont il sagit; circonstance que l'expé- périence senle peut déterminer. On a fait Pobservation, qu'il est tels champs ouù, dans la première année, le trèfle est tres-beau, et oð, la seconde année, il diminue d'une manière frappante; tandis que, dans tel autre, le trèfle talle presque plus, et est plus serré et plus égal, la seconde année que la première. Le seccond cas paratt avoir lieu sur des terrains dont la couche végétale est profonde, mais qui n'ont pas beaucoup de disposition à produire de Pherbe; le premier, au contraire, sur des terrains de peu de profondeur, qui sont fa- vorables à la végétation du tréèfle. Cependant, ce ne sera que lorsqu'on aura rassemblé là-dessus un plus grand nombre d'expériences, qu'on pourra dire quelque chose qui soit d'une application générale; puisqu'il est possible que, dans les cas qui ont servi de base à mes observations, la culture qui avait pré- cedé la semaille du trefle, ou quelque accident de température, eussent influé sur le plus ou moins de durée du trèfle. Pour le présent, il faut que chacun se dirige d'après les expériences qu'il aura lui-même faites, afin de savoir s'il lui convient de laisser subsister son trèfle 1 ou 2 ans. § 1518. Le trèfle donne le plus souvent 3 coupes. Ordinairement la 1* plus forte, la 2.“ plus foible, et la 5.“ plus faible encore. Mais cette régle e est la souffre de fréquentes exceptions, parce que la force de chaque pousse dé- pend beaucoup de la température. Lorsque, par une température sèéche, une pousse demeure faible, le plus mal qu'on puisse faire c'est de la laisser en pied au-delà du temps ordinaire, dans Pespérance que, sil survient une pluie, elle végétera avec plus de vigueur. II faut, au contraire, se hàter de l'enlever, surtout si Pon a lieu d'espérer une température plus favorable; afin que la pousse suivante soit plus égale et plus épaisse. Tout comme il est rare que toutes les coupes soient abondantes, de méème il est rare que toutes manquent; ordi- nairement Pune dédommage de ce qui a manqué à Tautre. Pai, plusieurs fois, vu la seconde coupe surpasser la première, et une fois la troisiéme surpasser les deux autres. Lorsqu'on ne laisse subsister le trefle qu'un an, ce qui n'a lieu que dans 254 PRINCGIPES RAISONNES Fassolement triennal“*, on n'en retire ordinairement que 2 coupes; quant à la 3., on Tenterre avec la charrue, et Pon sème la céréale d'hiver sur ce seul labour. Chacun sait que cette 5.“ coupe est un amendement précieux pour le sol, et que, après lui, les céréales d'automne, surtout le froment, réussissent à merveille sur ce seul labour. Mais la 3.“ pousse du trèfle est souvent si considé- rable, surtout lorsque les deux autres ont été fanchées de bonne heure, qu'elle est d'une grande utilité dans l'économie de Pensemble, et que, du moins dans les lieux où l'on n'a pas de fourrage en surabondance, on ne se résout pas facilement à la sacrifier. Mais on ne marait conseiller de semer encore des grains d'automne après une troisième coupe**; il faut, alors, leur substituer une récolte d'avoine, qu'on sème au printemps suivant; à la suite du trèfle, cette récolte réussit toujours à merveille et, selon toutes les expériences que j'ai faites jusqu'ici, égale en valeur celle des grains d'automne. Lorsqu'on laisse subsister le trèfle pendant 2 ans, on fait, ordinairement, 5 coupes la première année, et, la seconde, ordinairement une seulement, après laquelle on donne au sol une jachère d'été. Si le trèfle n'est pas épais, et que le terrain se soit infecté de mauvaises herbes, cette jachère est indispensable; mais si le sol est bien garni et net, on peut en faire 2 coupes, renverser la 3.“ et procéder comme je P'ai indiqué pour le trèfle qu'on ne laisse subsister qu'un an. Mais si Pon veut faire cela, il ne faut laisser paâturer le trèfle par le bétail ni la 1.“, ni la 2. année. L'on concoit, sans que j'aie besoin de le dire, que Pavoine réussit à merveille après un trèfle de 2 ans; et si l'on veut tirer du trèfle iout le parti qu'on peut, je conseille de semer de l'avoine, tout au moins sur les places ou le trèefle n'est pas demeuré très-épais jusqu'à la fin: car, pour des céréales d'automne, de telles places doivent, tout au moins, recevoir trois labours, si Pon ne veut pas que le champ s'infecte de mauvaises herbes. § 1319. Le trèfle peut étre consommé en vert, ou ôtre reduit o en foin; il est bon d'avoir toujours en vue d'en faner une partie, lors même qu'on le cultivye principalement pour le faire consommer en vert, à Pétable; car, pour qu'il y en ait suffisamment, même lorsque les circonstances sont défavorables, il faut qu'il * Cela a lieu dans la plupart des assolemens ou le sol n'est point laissé en paturage, et spé- cialement dans celui de Norfolck: 1 turneps ou raves, 2 orge, 3 trèfle, et 4 froment; ou dans le nétre, 1 pommes de terre ou autres récoltes sarclées, 2 froment, 3 trèfle, 4 foment. 5 fèves sarclées, 6 froment, 7 trèfle, et 8 froment; et dans la plupart des assolemens les mieux com- binés. Trad. * Dans le Nord non, chez nous oui. Trad. J en ar! 4 la Dou persones nourrir le IIy2 3eeide d ire, N. 68 Coe du räte perde) on le t NHais, meéure iro wmpt pas Gabord a 8l Ton W Mec Je us. F aussild on fait ligorem liit les t Guandile Näir. Pou Delles de ASn on rem heaucor La U erite qa des Mä und L. Sous le tempér beau te lar ahsälne uite d trode„ celle eu es gu9 jai luies rcimirement, 3 zeulement, aprds hes ähais, à qos e idispensalle; renferder k 5. Se Subsäter dum relle par le héuil de le dire, qre on peut tirer du , tout au moins la in: car, pour 8, receroir lnos ises helbes. ſoin; IeR bon owon le clue ze, pour qyil ſen ables, ilſaut qul — en päturage, ei ne⸗ ſrment; ou dams „Lromen,”5 ihm deus les mieuk Chl D'AGRICUITVUnE. 255 y en ait en surabondance lorsque le trèfle a réussi. Lorsque nous traiterons de la nourriture à étable, nous examinerons si, suivant l'opinion de quelques personnes, il est avantageux de réduire en foin la totalité du trèfle, afin de nourrir le bétail au see également pendant l'été. Il y a plusieurs méthodes pour faner le trèfle; l'état de la température décide de celle à laquelle on doit donner la préférence. Par un beau temps fixe, il my en a pas de meilleure que de laisser le tréfle en andains, jusqu'à e que la partie supérieure soit sèche; et alors de le reiourner avec le manche du räteau, afin que la partie inférieure vienne dessus. Pour que le trèfle ne perde pas des feuilles, on l'amasse, alors, en gros tas, pendant la rosée, et on le transporte dans la grange. Mais, si la saison est humide et annonce des pluies fréquentes; le trèfle de- meure trop long-temps pour se sécher en andains, et, si même il ne se cor- rompt pas, tout au moins perd-il sa saveur. Alors il vaut mieux'éparpiller d'abord après qu'il a été fauché, afin qu'il se fane plus promptement, et en- suite le réunir en petits monceaux; le lendemain, lorsque la rosée est dissipée, Pon ouvre ces monceaux, et on les étend, opération qui se fait plus facilement avec les mains; à mesure que le trèfle seche, on le réunit em plus grands tas. Sil arrive que ces tas soient fortement percés par la pluie, on les retourne aussitét qu'elle a cessé, de manière que la partie supérieure vienne dessous; on fait ce travail également avec les mains, et Pon a soin de poser le foin aussi légèrement que cela est possible, aſin que le vent puisse passer au travers. On fait les tas aussi étroits et aussi hauts qu'on le peut, pour qu'une plus grande quantité de trèfle soit abritée contre la pluie, et en même temps exposée à Pair. Pour faire tenir ces tas debout, il est très-utile de planter en terre de petlites perches et d'entasser le trèfle à Pentour. Aussitét qu'on aperçoit un commencement de chaleur ou de fermeniation, on remue les tas et on les étend. Par un temps pluvieux, cette méthode exige beaucoup de travail; mais elle conserve au trefle toute sa qualité. 6 1520. La troisiéme méthode est celle que, le premier, F. I. Klapmeyer, a dé- crite dans son traité de la culture du trèfle et de ses rapporis avec la culture des blés(Vom Kleebau und dessen V. erbindung mit dem Getreidebau. Riga und Leipzig, 1797), ce qui a fait donner à cette méthode le nom de Klapmeyer, sous lequel elle est déjà trés-connue. Elle est recommandable, surtout lorsque la- température est extréomement pluvieuse, quoique entremêlée d'ntervalles de beau temps. 256 PRINCIPEBS RAISONNIES Lorsque le temps est tout-à-fait sec, la première méthode a décidément Pavantage; par un temps constamment humide, au contraire, la seconde est à préférer. Celle de Klapmeyer consiste dans ce qui suit: le trèͤffle fauché la veille, doit étre, à quatre heures après midi, ràtelé en petits monceaux et ensuite rassemblé en grandes meules; chacune de ces meules doit réunir la charge de plusieurs charriots, être faite avec soin et bien foulée. Si la nuit est calme et la température chaude, au bout de quatre à cing heures, la fermen- iation commencera, et se manifestera par une forte odeur de miel. Le lende- main matin, la chaleur sera très-forte dans Lintérieur de la meule, et, si on Pouvre, il s'en exhalera de la vapeur. C'est alors le moment de l'étendre et de remuer le trefle avee des räteaux et des fourches. Si le soleil paroit, ou qu'il survienne un peu de vent, dans paprès-midi le trèfle sera assez sec, Pour étre, sans aucun risque, transportéè dans la grange, ou bien, si Pon n'en a pas le temps, pour être de nouveau réuni en meule, sans qu'on ait à craindre une seconde fermentation. 8i la nuit est froide, venteuse ou pluvieuse, la fermentation s'tablira 6ga- lement; mais il s'écoulera plus de temps, avant que la chaleur devienne assez. forte, pour qu'on ne puisse plus tenir la main enfouncée dans la meule, signe auquel on reconnait que cette fermentation est parvenue à son point. Sil fait un gros vent, la fermentation pourra bien s'établir sur Pun des cotés et au centre; mais non pas sur le côteé q'ou vient le vent. Dans ce cas, il faudra ouvrir le tas, et étendre le trèͤfle qui aura fermenté, afin qu'il sèche; on le reconnait facilement à sa couleur brune; le reste doit étre, derechef, réuni en tas pour qu'il subisse cette fermentation. S'il n'y avait qu'une petite partie de la meule qui eüt fermenté dans le centre, Pon pourra, de nouveau, réunir le trèfle en meule, de mauière que la partie verte se trouve au centre, et la prune à Pextérieur ou au sommet. On attend alors quil ait fermenté, et on pétend de nouveau. Si le trèfle qui est demeuré vert et n'a pas séché, n'est qu'en peüte quantité, P'on assure qu'il ne porte aucun préjudice au reste, et que Pon peut, sans inconvénient, transporter tout le fourrage dans la grange. Si Pon veut, cependant, on peut séparer les parties non sèches et les laisser en arrière. 1 Lorsque les tas sont en fermentation et qu'il survient une forte pluie, il ne faut pas, pour cela, tarder à les étendre. Si la pluie comunue, il faut les remuer et les retourner de temps en temps. Alors, quand la pluie ne cesserait que quelques heures, le fourrage est bientôt assez sec pour étre serré; parce que Phumidité ne sattache pas au trefle qui a ainsi fermenté. Il ne se eor- —— —.— ode a decidamen a seconde ea e trale fanché h its monceaux el les doit réunir k e. d ka noin est heures, k lerwen⸗ de midl La lende. meule, et, G un ent de Pétendke& eil parot, on gul aSsez Se, pour d lon men a Das 1à eraindre une n Sublira éga- r devienne asser dla meule, gye on poim.&l kii n des cotés et an ce cas, il faudn ril séche; on l derechef, réuni une petile parlie nouveau, réuuir au eentre, et la ſermenté, et on Ds Säché, west dice au reste, e e dans la grange ches et les liser ſone pluie, il m faus les remdeé ne cesseräil Gu eure derté; hude 1i. WEe Se Gh D'AGRICULTURL. 257 rompt pas, lors mèême quil reste exposé à la pluie pendant plusieurs semaines, pourvu cependant qu'on ne le transporte que lorsqu'il est parfaitement sec; seulement il est moins nourrissant.. Le principal avamage de ceute méthode consiste en ce que le trèfle seèche irès-promptement, et que, dans P'espace de trois jours, on peut le faucher et le serrer; tandis qu'autrement, surtout lorsque la récolie est très-abondante, et que le trèfle était encore tendre lorsqu'on la fauché, cette opération exige, au moins, huit jours. Le trèfle qui a subi la fermentation est, déjà en grande partie, débarrassé de son humidité intérieure; il n'a plus besoin que de sécher extérieurement. Il n'y a aucun doute que la fermentation ne change la qualité naturelle du trèfle, Podeur douce qu'il acquiert le prouve suffisamment; mais il n'est point encore décidé, si, par laà, il gagne ou perd de sa qualité. Les partisans de cette méthode assurent qu'il en est plus parfait; ils comparent cette fermentation à celle du pain, et au ressuage du blé, qui rendent la substance du grain plus nourrissante et plus facile à digérer. IIs ajoutent que toute espèce de bétail, dès qu'l sera accoutumé au trèfle qui aura été traité de cette manière, le trouvera très-savoureux, et le préférera même au foin vert; que ce fourrage rendra le lait très-gras et le beurre excellent. C'est sur quoi je ne puis pas dé- cider d'après ma propre expérience; car ayant, une fois, essayé cette méthode, et ayant dù m'absenter pendant l'opération, mes gens, craignant Pexcès de la fermentation, ouvrirent trop tôt les monceaux. Des lors la saison a toujours 6t6 trop propice au fanage du trèfle, pour que j'aie cru devoir adopter cette méthode, laquelle est beaucoup plus pénible, de préférence à une plus simple. Des essais en petit m'ont paru trop peu décisifs, suriout quant à P'effet que ce fourrage opeère sur le bétail. Selon ce que m'ont assuré plusieurs amis impartiaux, cette méthode a tout le succès qu'on lui a attribué, surtout dans la Silésie, où elle s'est beau- coup propagée. Il est évident qu'elle exige beaucoup de travail et une grande attention, et que, lorsqu'il s'agit d'une grande récolte de trefle, il faut avoir à sa disposition un nombre considérable de bras. II importe, surtout lors- que la température est variable, de pouvoir meure le foin à couvert déès L'ins- tant ou il est suffisamment sec; car sul est, alternativement et à plusieurs re- prises, séché et mouillé, il se détériore d'autant plus qu'il est tout-à- fait sec intérieurement, et que le principe sucré s'y est formé en plus grande pro- poruon. T. V. 258 PRINCIPES RAISONNES § 1321. On a proposé, pour réduire le trèfle en foin, plusieurs autres méthodes qui ne sont pas praticables en grand; comme, par exemple, de le placer sur des perches ou sur des claies et à couvert. Je crois cependant ne devoir pas omettre un pro- cédé qui pourrait étre utile, quoiqu'il ne convienne que pour du grand trèfle et, peut-être, essentiellement pour du trèfle de semence. L'on prend, de l'an- dain, autant Fde tréfle qu'on peut en retenir sous le bras gauche; on le serre, on en tre quelques tiges des plus longues pour le lier, et l'on dresse, sur leur gros bout, deux de ces paqueis appuyés Pun contre l'autre. On prétend que, de cette manière, le trèfle ne se gate point, lors méme qu'il reste long-temps exposé à la Uluio, et qu'enfin ll sèche, sans éprouver au- cune altération. C'est la manière usitée avec le blé sarasin dans les pays où on le cultive. Au surplus, je me réfère à ce quej jai dit dans la troisième partie de cet ouvrage, sur le fanage des foins, et sur leur conservation sous des toits ou en meules. 9 1322. Du jeune trèfle fauché au moment ou il va fleurir, perd, en se séchant complétement, les 4 de son poids; du itrèfle plus avancé dans sa végétation et qui est complétement fleuri, ne perd que les; mais la température plus ou moins humide dans laquelle il a cru apporte, probablement, quelque diffé- rence à cette proportion. En moyenne, on peut admettre en principe que, au point de végétation que nous avous indiqué ètre celui où on doit le faucher, 100 liv. se réduisent à 22. Ordinairement, on calcule le produit du trèfle en fourrage sec, parce qu'il est bien plus difficile de le peser lorsqu'il est encore vert. On varie beaucoup sur le produit ordinaire ou moyen du trèefle; on le porte à seize jusqu'à cin- quante quintaux par journal; et, certainement, il differe infiniment, selon la nature du sol, selon la culture ou les engrais que le trèêfle a obtenus. Un de mes amis pesa, dans un état de siccité complète et lié en bottes, le fourrage qu'il avait obtenu, en deux coupes, d'un journal de trêfle mesuré avec soin, et où le trèfle paraissait aussi épais, et aussi vigoureux que j'en eusse jamais vn; il s'en trouva trente-sept quintaux, trente livres. Le sol n'était pas parti- culièrement favorable à la culture du trèfle, mais il était dans un état de grande fécondité, et on Pavait amendé, à sa superficie, avee des cendres de savonnerie. Pai donc cru devoir envisager quarante quintaux comme le produit le plus élevé qu'un tréfle puisse donner, en deux coupes, sur un journal. Je 8 weihodes Dui ne sur Gdes eroles owettre un pro⸗ rdn gand tiälo 1 drend, de ban. de, oa Rrre, n dress, gl 4 t, lon neme qyi aus éproufer au- as ls Pap l Gn ne panie de cet s des tscuen à, en R Sechuat us u kégetulon et nperature plus ou at, quelque dike- rigeiye que, an doitle faucher, dee, parce quil rarie beaucoup ne ſusqu em- inent, selon N ahienus. Un de des, le foumge auré avec Soin, en eusse jämni Tiui ys harü⸗ uss un Eu de „des cendres de omme le fwlij vm jpunml D'AGRICUILTVURE. 259 n'ai, dès-lors, vu qu'une seule fois du trèfle qui surpassàt, peut-étre mèême égalaàt celui-là; mais, d'après les descriptions qu'on me fait du trèfle tel qu'il vient dans les contrées les plus fertiles, comme par exemple dans la contrée d'Al- tenbourg, il en est qui surpassent, de beaucoup, celui dont je viens de parler. Jai sous les yeux une plante de trèfle de ce pays-là, que des témoins ocu- laires m'assurent mavoir point été choisie, mais, au contraire, avoir été prise comme moyenne; cette plante, au point de floraison, a trois pieds de Rhin en hauteur, et douze tiges accomplies. Ses fevilles inférieures ont, sèches, 3 pouce en largeur et deux pouces en longueur. Je conviens donc que le produit du tréfle, en fourrage sec, peut aller beaucoup au-delà de quarante quintaux par journal, mais c'est une chose extraordinaire. Dans la première partie de cet ouvrage, page 255, j'ai indiqué 2400 liv. comme produit moyen du trèfle sur une glaise sablonneuse(bon terrain à orge), sous condition, cependant, que le trèfle occupàt dans l'assolement, une place avantageuse et où le sol fůt dans un état prospère. C'est ce qui, sur un ter- rain de ce genre, me paratt le plus rapproché de la vérité. § 1325. Dans une exploitation rurale bien organisée, l'on doit récolter, sur le fonds méme, la graine de trèfle dont on a besoin, parce que non-seulement il serait coũteux de devoir Pacheter, mais que, encore, cela exposerait à divers incon- veniens. Il n'est, au reste, pas douteux que la reproduction de la semence du trèfle n'apauvrisse le sol. Cela n'est pas ioujours frappant, mais celui qui voudra s'en convaincre, n'aura qu'à récolter la semence deux années de suite sur un mème terrain; si, alors, il ne répare pas cet épuisement par des amendemens, il verra les récoltes demeurer, pendant maintes années, inférieures à la place où cette Zraine de trèfle aura été récoltée. Du reste le dommage n'est Pas tollement grand, qu'on ne puisse en être richement dédommagé. Ordinairement on recueille la semence sur la seconde coupe; pour cet effet, on fauche la première coupe d'un peu meilleure heure, afin que la seconde pousse d'autant plus vite, et fleurisse d'autant plus tét. Cependant il ne faut pas se haàter trop, parce que, alors, des tiges retardées et qui appartenaient encore à la première pousse, devancent la seconde, et mürissent trop tôt. Cependant, comme un état défavorable de'atmosphère peut, quelquefois, faire que le trèfle ne se noue point et fleurisse sans donner de la graine, il Convient, pour plus de 8 sůreté, de se procurer déjà une partie de la semence dont on a besoin, sur la première pousse, lorsqu'on s'aperçoit que les fleurs s'en nouent particuliérement bien. On s'assure que la semence se noue bien, en comprimant les fleurs entre les 260 rRINCGCIPES RAISONNES doigts, elles doivent étre dures et résister à la pression. On réserse pour en récolter la graine, une place ouù le trèͤfle ne soit pas trop épais, mais égal et net deé mauvaises herbes. Il faut que la semence atteigne sa maturité d'une manière aussi complète que cela est possible. Une partie des fleurs devance les autres, et leur semence tombe en terre, lorsque la température est sèche, avant que le reste ait eu le temps de mürir; cet inconvénient se fait tentir, surtout à la première pousse, ou la chaleur est forte; rarement à la seconde. Il ne faut nullement s'inquiéter de cela au point de faucher avant que la plus grande partie des plantes ait atteint sa maturité; car, lors méème qu'on perdrait une partie de la récolte, on gagnerait cependant davantage, que si l'on récoltait le tout, mais en plus grande partie avant sa maturité. Pour s'assurer de la maturité, Pon broie, entre les mains, une téte de trèfle, jusqu'à ce que l'humidité qu'elle contenait encore soit dissipée, alors on sépare la balle en soufflant dessus, et les grains restent dans la paume de la main. Lorsque ceux-ci ont une couleur violette, ils sont accomplis, mais il est rare qu'ils l'obtiennent tous à la fois. Il doivent êétre durs, convexes et n'avoir pas d'enfoncemens. On fauche le trèfle de semence à la rosée, ou du moins pas à Pardeur du soleil, on le porte d'abord en petits tas, où on le laisse séjourner jusqu'à ce qu'il soit absolument sec. Il sèche beaucoup plus promptement que du jeune trèfle. On évite de le secouer en le chargeant, et on le place dans un lieu ou il soit bien exposé à l'air; si cela se peut, au dessus des aires, sur des perches. § 1324. Aussuét que le trèfle est récolté, et surtout lorsqu'il a été serré parfaitement sec, on le bat, pour séparer les tétes des tiges qui les portaient; ou bien on attend, pour faire cette opération, jusqu'aux gelées les plus sèches de Phiver. Aprés que les gousses ont été séparées de la paille, Pon fait passer ces premières sous le fleau quelquefois encore, et, à Taide d'un crible, on en sépare les grains quĩ sont sortis de leur enveloppe. On passe au moulin à ventilateur ce qui est resté dans le crible, afin que l'air entraine et sépare les gousses vides, ce qui facilite le battage de ce qui reste, on porte alors ce résidu sur un grenier, où on Pétend, afin qu'il soit bien exposé à Tair er puisse bien se sécher; ensuite on le bat de nouvean par un temps sec, et Pon procède comme la première fois. Cette opération peut étre répétée trois ou quatre fois, sans que, pour cela, on obtienne toute la graine. Cela se fait avec bien plus de facilité lors- qu'on sèche les tétes à force de chaleur. Ordinairement ceitte dessication s'opère — , —. nr, D'AGRICULTURL. 261 Dour er dass éaal& au four, mais la semence peui très-facilement sy prüůler, si Pon n'use pas de la 8¹ plus grande circonspecuon, et si l'on wattend pas que la température du four soit considérablement diminuée. La semence perd alors son brillant et prend onple pence a2n une couleur brune. Celte oonjenn rend 1 graine du Hdlle très-suspecte, il faut Abiengsis bien y faire attention lorsqu'on en achaie. Le plus sr est de mettre des ta- oih he blas en planche. dans une chamhyre qu'on puisse chauffer, et de les cenei eohengii de toiles, lhotn Etendre le treile. On chauffe alors fortement pendant que ques änni;er jours, et lon seche zinsi le trèfle, em ayant soin de prendre 463 précautions zu ealm contre le feu Lorscu on est parvenu à avoir assez de graine de trèͤfle Pour en I avoir une provision d'une année à Pavance, le mieux est d'attendre, pour opérer arlle apant a...„...— ce battage, aux jours les plus chauds de l'année qui suit la récolte. Il est, à tous me g de G6gards, avantageux de conserver une telle Pprovision, cela donne une grande uähes, aos sécurité, d'autant que la graine de trefle se conserve parfaitement, surtout avant hmme d S'avoir été Pattue. On porte le trèfle, dans sa gousse, dès Taire sur des draps qw'on Müis, ms étend au soleil, et on le brassc avec un ràteau, à différentes reprises, après dnexss et quoi on le porte de nouveau sur Paire et Py bat. C'est ainsi que l'on dépouille plus aisément la semence. sà WMdenr da Lorsqu'on récolte une grande quantité de cette graine, on la passe au jorver jasque moulin, mais il faut que les pierres ou meules soient réglées avec une pré- emegt Oue di cision telle, que la graine n'en soit pas égrugée. II est diſficile d'y disposer les meuniers, dans les lieux où ce n'est pas l'usage On peut facilement obtenir 500 liv. graine de trèfle d'un journal de terrain, ainsi, lorsqu'on vend la graine, en retirer un profit considérable, surtout lorsqu'on la garde d'une année où hhae dans un airs, zur des elle a très-bien réussi, pour la vendre dans une année ou elle est rare, et par conséquent chère. Pour épargner le travail du battage, plusieurs cultivateurs pariätement 1...—... d ben oh sèment leur trèfle dans sa gousse. Cela réussit fort bien; si, peut- ètre, il en 6 „ 1. 1, N; résulte que le trèfle germe un peu plus tard, en revanche, cette germination est es de Iher.—— d'autant plus süre. Mais on ne peut pas empéêcher que de cette manière, la P que,, 4 Nane semence ne se trouve trop épaisse dans quelques places, et lorsqu'on veut ètre epare han bien súr qu'il y aura partout assez de graine, il faut alors semer le double plus ſegr cé Gl 3 épais que cela m'eüt été nécessaire si la semence eùt été dépouillée. Le travail ills 9 4 du battage est, sans doute, fastidieux, mais il revient, sans comparaison, à meilleur n graner, ol marché que'emploi d'une si grande quamtité de semence, et d'autant qu'on eüt dber; hanle pu conserver ou vendre T'excédent qu'on en eüt eu. àh premüere— s que, Polt* Dans notre climat où l'été est plus long, nous ne sommes point réduits à recourir à cette. „hacllte rr chaleur artificielle pour sécher nos trèfles de semence. Tyad. ..„n calion 5opfi 262 PRINCIPES RAISONNES La paille et la balle du trèfle batiu n'ont, à beaucoup près, pas la valeur du 1 foin de jeune trèfle; cependant, ils peuvent étre employés utilement à la nour- 1 riture du bétail. V § 1525.. V— On a trop universellement observé, que le trèfle ne réussissait pas lorsqu'il— revenait souvent à une méême place, pour qu'on puisse encore mettre ce fait en doute. Les bruits et les préjugés se propagent, contre toute raison; mais alors— ils ne naissent pas, comme cette opinion, parmi le peuple de plusieurs nations à la fois. Cependant nous avons l'exemple de cas où l'on a semé du trèfle tous les 5 ou 4 ans à la même place, et ou il réussissait toujours. Si nous examinons, avec plus d'attention, ces premiers cas, nous verrons que, dans les lieux où l'on a observé cette dégénération du trèfle, on labourait toujours superficiellement: V 1 comme, par exemple, dans le Norfolk, dans les duchés de Magdebourg, de— Brunswig, eic. En revanche, lorsque le trèfle réussissait toujours, il avait été 4 semé dans des jardins, il se trouvait placé dans des assolemens alternes de 4 1 à 5 ans, comme, par exemple, dans la Belgique(Voy. Sochwerz, Th. II, S. 4), 4 et là on labourait une fois très-profondément, entre deux semailles de irèfle. Dans les lieux ouù P'on faisait usage de la chaux, et de la marne, ou des cendres 4 pour amender les terres, on ne s'apercevait point que le trèfle manquàt lors- V qu'il revenait souvent. En revanche, le plätre qui exerce une influence si bien- V faisante sur le trèfle ne produisait plus d'effet. Je me borne à énoncer les faits, sans me permettre de les expliquer. § 1326. V I On a disputé souvent et avec chaleur sur la question, si le trèfle bonifiait ou V appauvrissait le sol, et en particulier, s'il influait en bien ou en mal sur la ré- w colte qui le suivait. La majorité est pour la première opinion, cependant on ne saurait nier que beaucoup de gens n'aient éprouvé le contraire. Il est bien décidé que cette plante n'agit pas sur le sol précisément en Pépuisant; car Pon trouve toujours que la récolte qui suit le trèfle, réussit d'autant mieux que ce irêfle a été plus beau, et qu'il a donné une récolte plus abondante, pourvu seule- ment, qu'on n'ait pas laisss cette récolte arriver à maturité et rapporter de la graine, tandis que ce devrait étre le contraire, si le trèfle tirait du sol une grande partie des sucs dont il se forme. Mais cette récolte influe désavantageusement sur le sol, lorsqu'elle est claire et faible, parce qu'alors elle donne place aux mau- vaises herbes, surtout au chiendent et aux autres racines de graminées qui I ont de la disposition à s'étendre; et que, de plus, le sol se durcit et est privé 3 d'une ombre bienfaisante; surtout lorsque, malgré cela, on laisse le trèfle long- [.Oꝭ˖ꝭę— d raleur d A 1 Uour- das bngul d d dn en 1 Wäs Noss ien mion, tele on les emanidon, ljeun oh! on geielewent: debonn, de „nnan ete erde de 4 M 3) les de vele. es cendles wanquät r vence ä lien- deer l lit, Dooikau ou alanr k re- epenlan od . Nes ben ant; ear lon viens que do ourru selle- deh grair, nudt fertie ent Sur le an macd- nioges Gi desl prin melle loo;- D'A GRICULTURL. 265 temps sur pied, et qu'on ne donne à son champ qu'un labour seulement. Si donc on veut obtenir du trèfle une influence bienfaisante, encore sous ce rapport, il faut ne rien négliger de ce qui peut le faire pousser épais et vi- goureux; ainsi ne le semer que sur un sol riche, bien nettoyé, et ameubli par la jachère ou par des recoltes sarclées; en faire la semaille avec soin, et le faucher en temps convenable. Alors il faut le rompre, après que, à la suite de la seconde coupe, il a un peu repoussé, et assez de temps avant la semaille Pe, P P, ¹ pour que le sol ait le temps de s'asseoir, et le chaume du trèͤfle celui de se putréfier. Si, malgré les soins qu'on lui aurait donnés, le trèfle ne laissait pas de mal réussir, parce que la température lui aurait été défavorable, et qu'ainsi il eüt, en partie, succombé à Phiver, il faut se contenter d'une coupe, et donner au champ une jachère de trois labours suivis de hersages. Celui qui observera ces règles, obtiendra toujours du trèefle une augmentation réelle de la fécondité du sol, et cela indépendammenu de la richesse que celui- ci doit, d'ailleurs, à la prospérité qui en résulte pour Péconomie rurale. Souvent, après le treèfle, on obtiendra des céréales plus belles qu'après une jachère non fumée. LE TREFLE BLANCRAMPANT(Trifolium repens). § 1327. Quoiqu'il y ait diverses sortes de tréfles à fleur blanche, et que mème le trèfle dont nous venons de parler change quelquefois de couleur, on entend, presque partout, sous le nom de trèfle blanc, exclusivement Pespèce dont nous parlons ici. Il est indigène sur presque tous les sols glaiseux et humides de notre climat, il constitue une partie du gazon, et, lors même qu'on ne l'y aerçoit 1 pas au premier abord, si Ton y regarde de plus près, on ne tarde pas à en dé- couvrir de peutes plantes. Aussi se montre-t-il bientét, dès que le sol a recu quelqu'engrais qui convienne à sa nature, de la chaux ou des cendres; à tel point même que bien des gens s'étaient imaginé que la semence en était recélée dans ces deux substances. 9 1328. Quelques cultivateurs sèment aussi le trèfle blanc dans lintention de le faucher. Mais, pour atteindre quelque hauteur, il demande un sol très-riche. Sur un terrain de ce genre, il peut donner une coupe, qui, à cause de son épaisseur, égale une coupe de trefle rouge, et qui, à ce qu'assurent tous ceux qui en ont fait Pessai, est préférable au fourrage de ce dernier trèfle, d'un 264 PRINCIPES RAISONNLS meilleur gout, plus nourrissant et surtout plus laiteux. Mais il ne donne pas plus d'une coupe, et ne s'élève pas sensiblement au-dessus du sol. On l'emploie beaucoup plus souvent à former des paäturages et, de toutes les plantes qu'on a cultivées dans ce but, c'est celle qui a Passentiment le plus général. Il convient à cet usage à cause de la disposition qu'il a à taller, et de la prompuitude avec laquelle ses feuilles repoussent, promptitude qui m'est point égalée par celle du trèfle rouge. Le trêfle blanc ne céde également pas si fa- cilement la place aux mauvaises herbes; au contraire, il les chasse au moyen de ses racines qui tracent en terre; ainsi il wexige point un sol aussi bien nettoyé, et peut, avec plus de facilité, succéder à des récoltes de grain réitérées. On a également observé qu'il ne craint pas, comme le trèfle rouge, de revenir fréquemment sur le même terrain; quoique ce terrain mait regu que des labours superficiels; ce qui provient, sans doute, de ce que ce trèfle est indigéne, et croit spontanément chez nous. Cependant quelques personnes ont observé que, sur un terrain qui n'était pas particuliérement propre à sa culture, il réussissait mieux lorsque ce terrain n'en avait pas porté auparavant, que lorsqu'on Py cultivait depuis longues années. On m'a pas trouvé que le trèfle rouge souffrit lorsqu'il était semé alternati- vement avec du tréèfle blanc. 5 1529. On sème le trèfle blanc, ou par dessus les semailles d'automne, ou parmi les céréales de printemps; mais plus volontiers parmi celles-là que parmi ces dernières, parce que, après celles d'automne, il peut plus vite s'élever, et qu'il donne ainsi un bon paàturage parmi le chaume. On Pépand par dessus les se- mailles d'automne, aussitét que la gelée est dissipée; on le sème aussi avant Pphiver, ou méme sur la neige, afin que l'humidité l'entraine mieux dans le sol et qu'ainsi il germe au premier retour de la chaleur. La petitesse de sa semence et la disposition que cette espèce de trèfle a à taller, permet de le semer beaucoup plus clair, e'est-à-dire, d'employer beau- coup moins de graine pour ensemencer une certaine étendue; 2 liv. ou 2 ⅓ liv. suffisent pour un journal, pourvu qu'elles soient épandues avec une grande égalité. Ce trefle a plus ou moins de durée, selon que le sol lui est propice. Qnel- quefois il ne se conserve que jusqu'à la troisiéme année dès la semaille, et se perd à la quatrième. S'il est päturé avec excès par les bétes à laine, il peut disparaitre plus tét encore, parce qu'alors ces bétes rongent sa souche et jusqu'à ses racines, en les déterrant. ——— lonne bas a et, de loules nliment ſe 1 ulk el de re doimt We paS dſ. lasse au uhje 1 8ol ansä ber eohes de gun 1 rile wuge, erriin viit tegu ce ue ee heälle loues feronnes e hrohre à A ntanharRanl Semé altercai- woe, ou pani que parmi cas Lerer, et qul dessus les se- 2 aussi arant Leux dans le de ueèle a¹ nployer beau- lr. ou 2357 c une graude popice. Onel- maille, et se aine, il pen dhe er jusgui D'AGRICULTURE. 265 § 1550. Pour en récolter la graine, ordinairement on fauche, ce qui laisse toujours plusiours tétes en pied. Si Ton veut obtenir beaucoup de semence sur une petite place, le mieux est de faire cueillir les iétes par des femmes et des enfans, à la main ou avec des ciseaux. Dans une telle opérauion Pon retrouve toujours les frais de la main-d'œuvre. On peut aussi recueillir cette graine au moyen d'un sac garni, à la partie antérieure de son ouverture, d'une sorte de peigne en fer, qu'on glisse sur le trèfle, et qui arrache les iétes. Ces tétes vont alors tomber dans le sac, dont, pour cet effet, on tient orifice ouvert avec un aroc. Du reste on procède comme pour la graine du trèfle rouge. ( 1331. L'on a recommandé la culture de diverses autres espèces de trefle. LE TREFLE FRAISE, FRAISIER(Trifolium fragiferum) Est fort semblable au trèfle blanc, soit dans sa nature, soit dans son ap- parence; il ne se distingue que par les 16tes qui contiennent sa semence, les- quelles ont la forme de la fraise. Il est également indigène, et semble pousser dés feuilles encore plus touffues que le trèfle blanc rampant: cependant nous mavons connaissance d'aucun essai qui en ait été fait en grand. Lespèce caractérisée sous le nom de Trifolium flexuosum, tant Palpestre, que le rubens, a été recommandée pour tenir lieu du trèfle rouge ordinaire, parce que ses deux variétés réussissent, sur un mauvais terrain, mieux que celui-ci; mais ces variétés donnent aussi de moins grands produits, et n'omt pas les feuilles moelleuses et iendres du trèefle des prés. Le Lotier odorant(Trifolium melilothus) se rapproche, dans sa végétation et sa culture, plutôt de la luzerne que du trèfle, et 1l doit, en effet, être con- sidéré comme un supplément à celle-la. La variété à fleurs bleues a une odeur trop forte, celle à fleurs jaunes moins, et celle à fleurs blanches moins encore. Aussi préfere-t-on cette dernière; cependant elle ne laisse pas de donner au lait et au beurre un peu de goüút, que, du reste, bien des gens n'envisagent pas comme désagréable, et qu'elles estiment même dans le fromage-. LA LUZERNE(NMadicago sati va). 6 1552. Mon attention a été maintenue d'une manièére particulière sur cette plante, T. IV. 34 266 PRINCIPES RAISONNES d'un côté par le grand renom qu'elle s'est conservée, sans interruption, dès les temps les plus reculés à nos jours, comme le plus parfait de tous les four- rages; de l'autre par des essais de cette cplture, faits avec tous les soins possibles, et qui, malgré ces soins, n'ont également eu qu'un très-mauvais succès. Je ne me suis pas borné à mes essais; j'ai encore rassemblé les ex- périences d'autres cultivateurs isolés, je les ai comparées, et j'ai cherché à en déduire les causes des divers résultats. Pai, en conséquence, dú changer d'opinion à diverses reprises, et c'est ce qu'on voit dans ce que j'ai dit, à ce sujet, au premier, puis au troisiéme volume de mon agriculture anglaise. Maintenant je crois pouvoir arréèter mieux mon opinion et la faire reposer sur des bases plus solides. § 1533. Pour la culture de cette plante, la couche inférieure du sol importe presque plus que la supérieure. Celle-ci peut étre améliorée et enrichie durant la vé- gétalion de la luzerne. La première acquiert chaque année plus d'importance, par la prolongation du pivot ou de la racine principale. Il est indispensable à la durée de la luzerne, que, jusqu'à une profondeur de 4 pieds au moins, elle trouve un sol qui soit de même nature que la couche végétale, et qui soit ap- proprié à celle de la plante elle-même. Lorsque les couches ou la stratification du sol changent de consistance ou de parties constituantes, la raeine de la luzerne s'arréte, et la plante périt ou ne fait plus que végéter. Ce qu'elle redoute le plus, sur sa route, c'est une argile tenace sur laquelle l'eau croupisse, sans pouvoir senfoncer. Il est des conirées entières, tout comme des places isolées dans les champs, ouù cette variation dans les couches a lieu, mais à une profondeur qui, jusqu'à présent, a empêché qu'on ne les aperçút; là tous les essais qu'on a faits de cette plante ont mal réussi. Cependant on a dans son pouvoir de mélanger ensemble, par le moyen du défoncement, les diverses couches inférieures da sol, et ainsi de les rendre susceptibles de la culture de la luzerne; mais il faut que ce défoncement ait lieu à une profondeur considérable, et trois pieds au- delà de la profondeur ordinaire du labour ne sont pas même suffisans. J'ai souvent éprouvé, et cela m'a été confirmé par d'autres, que la luzerne, après avoir ainsi montré la meilleure apparence jusqu'à la troisiéme année, au lieu de pousser des touffes plus abondantes, commencait alors à dépérir et à s'éclaircir, quoiqu'on lui donnàt les soins les plus attenufs. On sait que, pour être propre à la culture de la luzerne, le sol ne doit étre exposé, en aucune saison, à souffrir de Phumidité. Les places qui recèlent des sources d'eau souterraine, et celles où l'cau croupit à la surface du sol, ruption, de Ous les four. dus les Soiuh très-mausa5 able les ex- à Gherché; ad changer ſa ät, 1 dn lure anglais, re reposer ar orie presque urant la pé- umportance, döspensäble; u moins, elb A qui scit 1p. à stratiſtcatimn de de la lwæerne edoute le plog Sans Pouyoh lées dans les kondeur qui, qwon a faits de molanger nlérieures du e; mass ilkam et uois liedh e Suffsans. Jä lwerne, aprs e, au lieu de S'claircir, lne doit elr qui recelent ſace du 2ê, D'AGRICUILTVRE. 267 doivent cette disposition à des couches alternatives de terre imperméable et de ierre perméable; sous ce rapport donc, elles sont déjà impropres à la culture de la luzerne. Lors même que, par des tranchées convenables, on pourrait assainir ces places, on ne pourrait également pas les destiner à cette culture. Mais la luzerne éprouve également de mauvais effets de l'eau qui coule à la superficie du sol et qui s'y amasse, ou qui filtre au travers; cette eau lui nuit, soit par elle-méême, soit en favorisant trop, à la surface du sol, une pousse d'herbe qui détruit la luzerne lorsqu'elle peut prendre le dessus sur elle. Par le moyen des tranchées, on peut souvent porter quelque remède à ce mal. Il faut aussi que le sol soit d'une consistance moyenne. L'argile tenace ne convient, en aucune manière, à cette culture; car la couche végétale seule est ameublie par le fumier et les labeurs, et la couche inférieure du sol présente- rait bientéôt, aux racines, une résistance qui leur serait nuisible. La luzerne réussit plus promptement dans un terrain profond et sablonneux, mais elle y demeure faible et misérable, et, durant la sécheresse, elle y souffre à un point tel, que ses feuilles tombent. Le terrain qui lui convient le mieux est un sol homogène jusqu'à une profondeur considérable, dans lequel le sable est, à Pargile purifiée au lavage, dans la proportion de 70:50 jusqu'à 50:50. Mais il est plus avan- tageux, pour la luzerne, qu'une partie du sable soit remplacée par de la chaux; lors même que celle-ci ne se trouverait que dans la couche inférieure du sol, et non dans la couche végétale. L'on comprend du reste, qu'il ne faut pas que cette chaux domine, ni qu'elle soit amoncelée en couches séparées; mais que, au contraire, elle doit se trouver uniformément mélangée avec le surplus du sol. L'esparcette, ou sainfoin, croit à merveille sur la pierre à chaux, mais ce n'est pas le cas de la luzerne. C'est ceue première espèce de terrain, désignée ordinairement sous le nom de terrain chaud, que tous les observateurs considèérent comme la meilleure pour la luzerne. Mais cette plante aime aussi que les sols de ce genre soient dans une exposition chaude, par conséquent qu'ils soient tournés à l'est ou au sud, et qu'ils soient un peu abrités contre les vents humides et froids du nord et de Pouest. Elle est originaire des climats chauds; elle y résiste mieux que toute autre aux chaleurs continues; aussi les étés secs et chauds où, chez nous, le tréſle souffre de la sécheresse, sont-ils précisément ceux oùð, sur des terrains qui lui sont appropriés, la luzerne nous donne le plus grand produit. Il résulte de-là que celui qui veut établir une luzernière avec cerütude de succès, doit fouiller son terrain, non-seulement à sa superficie, mais encore jusqu'à une profondeur considérable: fouille qui est bien plus facile ei moins 268 PRINCIPES RAISONNES coũüteuse, que des épreuves faites au hasard et qui, le plus souvent, ne don- nent aucun résultat assuré. Dans différens lieux oùð les couches inférieures du sol varient beaucoup, la culture de cette plante est toujours d'un succès douteux; il est rare qu'on y obtienne des luzernes épaisses. II s'y forme toujours des vides; dans les places ou les plantes rencontrent des couches de terre qui ne leur conviennent pas, celles-ci périssent et disparaissent. § 1534. Le terrain qu'on veut ensemencer en luzerne doit être bien préparé, labouré aussi profondément que cela est possible, et nettoyé de toutes mauvaises herbes vivaces; détruits, ce qui ne peut se faire avec plus de succès que par le moyen d'une culture de plantes sarclées pendant deux années jachère complète, ou par la uelles ne font pas grand mal à la luzerne, consécuuves. Les mauvaises herbes ann parce qu'on les fauche avec le produit qu'on a semé parmi la luzerne, ou avec la jeune luzerne elle-même, et qu'elles disparaissent ensuite. Seulement il ne faut pas laisser arriver leur semence à maturité. Avant de donner au sol les labeurs pour la luzerne, il convient de fumer abondamment le sol, afin de m'avoir pas besoin d'y revenir tandis que la luzerne est encore jeune. 5 1555. On seme la luzerne ou seule ou parmi une autre récolte, à raison de sept ou huit livres de graine par journal“, parce que la semence en est beaucoup plus grosse que celle du iréfle. Autrefois on s'en tenait de préférence à la première méthode, afin de pouvoir d'autant mieux nettoyer la luzernière de mau- vaises herbes, et l'éclaircir là ou elle se trouvait trop épaisse. Aujourd'hui Pon préfère, presque partout, la dernière méthode; parce qu'il m'est guèéres prati- cable d'opérer des sarclages en grand, et qu'on a trouvé avantageux aux jeunes plantes de luzerne d'étre couvertes et protégées par la production qu'on leur assoOssie. Plusieurs culuvateurs la sément avec de Porge, surtout avec de la tardive quadrangulaire, qu'ils laissent venir à maturité. D'autres choisissent un produit à faucher en vert, tel que les pois, les vesces et divers mélanges. Moi je préfere le lin et le blé noir, que ma propre expérience m'indique comme * Mon expérience n'est pas entièrement d'accord avec celle de notre auteur, sur la quantité de semence qu'il convient de consacrer à un journal. Pai toujours trouvé de Tavantage à la porter à 16 ou 18 livres. Du rede, je conviens que, lorsque le terrain a été défoncé à 4 ou 5 pieds de profondeur et suffsamment amendé, les plantes devant prendre une force extraordi- A naire, la semaille n'a pas besoin d'ètre si épaisse. Trad. le chiendent, les racines d'herbes, doivent surtout étre absolument Went, de äh iule ienns à daedes doueu, ne njpun 4 e kerre lüu repers, laonn Wankaiss leze detre adoluwen e le wojen dme adnt deuu mis dmlih lurne, aluene, ou rec e. Raulemeu ne connient de furer uds que h wem „1 nban de vn en est Deanoup enektreuce à h vemiefe de mau- Lojourdui Pon fes gudres pnü- dageus 1ud ſe-be lucuon qucn bir mroqt irec de res choboöSenl dI 7 Delnngts. Nwi rodiſpe commé — aur, ur qusnii de Lanantsge ah d6 deſoncs 1 ln ne ſorce eli D' Aà GRICULI TUR E. 269 préférables; en eſfet j'ai trouvé que O'tait sous ces plantes que la luzerne venait toujours plus égale et plus épaisse, et qu'elle poussait ensuite avec plus de vigueur. Le lin doit, au reste, étre arraché avec quelques ménagemens et quelques précautions, afin que les jeunes planies de luzerne ne soient pas endommagées. On peut laisser mürir le blé noir, ou le faucher en fleur. Mais comme, sur des terrains de ce genre, il est ordinairement trop lascif pour donner beaucoup de grain, je préfere ordinairement le dernier parti. Sous ces deux genres de produit le terrain demeure parfaitement net; ces plantes ne repoussent point, elles abandonnent la place à la luzerne au moment ouù sa végétation doit devenir plus rapide, et, sur la fin de l'été et en automne, cette derniére plante n'a plus besoin qu'on lui donne des soins. Quelques cultivateurs seèment du trèͤfle rouge avec la luzerne, dans le but Ten retirer une coupe abondante, à la seconde année, époque à laquelle la luzerne n'a pas encore atteint toute sa force. Quant à moi, la luzerne m'a toujours donné, à sa seconde année, un produit au moins égal à celui du trèffe; er, d'ailleurs, il serait à craindre que le trêfle, qui pousse d'abord des louffes, ne détruistt quantité de jeunes plantes de luzerne. Je ne puis donc pas donner mon appro- bauon à cette méthode. § 1536. Plusieurs personnes recouvrent leur jeune luzerne avant l'hiver, avec du fumier long et pailleux. Je ne veux pas contester que cela ne puisse être utile dans un hiver rude, ou le sol ne serait point recouvert par la neige. Dans Pphiver de 1802 à 1805 de jeunes luzernespérirent; mais on ne voit que rarement des hivers ainsi dépourvus de neige, ouù la gelée pénètre à trois pieds en terre, et oOui le sol ait, non de simples fentes, mais de grandes crevasses; et, d'ailleurs, Il faudrait une couverture bien forte pour protéger le sol contr'eux. Durant Thiver de 1810 à 1811, ouùla terre n'était également pas recouverte de neige, et ou, cependant, le froid fut très-violent, les jeunes luzernes ne furent pas endom- magées. La couverture du fumier me parait, d'ailleurs, avoir linconvénient de rendre les jeunes plantes plus délicates, de propager les mauvaises berbes, de favoriser Penherbement qui est si nuisible à la luzerne, et d'attirer les souris des champs. Je conseille donc d'abandonner, pour le premier hiver, la jeune luzerne à elle-méême. 9 1557. Une opération très-importante, et presqu'indispensable pour la conservation de la luzerne est, de la herser avec force, surtout au printemps; cette opé- ralion peut aussi étre répétée, entre deux coupes, plusieurs fois dans Tannée, 1— 1 270 PRINCIPES RRAISONNES lorsque des racines d'herbages veulent prendre pied, dans le sol, entre les plantes de luzerne. Au printemps de la première année, ce hersage ne doit, sans doule, se faire qu'avec modération; mais, l'année suivante, il faut lui donner toute la force qui est possible; à tel point mème que le sol ait Papparence d'un champ complétement déchiré. Il faut employer à cela des herses bien acérées et fortes. Si Pon n'en a pas de grandes, il faut, alors, passer et repasser d'autant plus souvent, dans toutes les directions, avec des petites herses. On ne nuit certai- nement pas, par-là, à une luzerne qui a déjà acquis de la force; elle pousse des iouffes d'autant plus grandes, et aver dautant plus de vigueur que le sol a été déchiré plus profondément. On a même vu rajeunir une vieille luzernière, en y traçant, avec la charrue, des sillons à un pied les uns des autres. § 1538. Si, après ce vigoureux hersage, on épand du fumier sur la luzernière, il produira d'autant plus d'effet. On fume la luzerne volontiers tous les deux ans, afin de lui conserver une végétation plus forte; ce qui vaut le mieux, c'est d'y faire alterner le fumier avec les engrais minéraux. Parmi ces derniers“, le résidu des cendres est particulièrement efficace; mais c'est aussi le cas de la chaux en poudre mélée avec un peu de terre ou de gazon, et de la marne pulvérisée. De tous les fumiers animaux celui qui produit le plus grand effet, c'est celui de la volaille, surtout des pigeons, épandu très-clair. On se sert aussi, volontiers, pour les luzernières, des engrais liquides, égouüts d'écuries mêlés d'eau et soumis à la fermentauion, lesquels, en Suisse, Pon emploie sous le nom de purin ou liziex. Le plàtre épandu sur la luzerne y produit autant d'effet que sur le trefle. § 1559. La luzerne doit&tre fauchée avant que les boutons à fleur se montrent, si Pon veut assurer une repousse prompie et vigoureuse. Une luzerne bien traitée peut être fauchée quatre, et mème cinqd fois, dans un é¹6. La force de chaque coupe augmente presque chaque année, aussi long-temps que la luzernière demeure serrée et qu'il ne s'y fait pas de vides; pourvu, toutefois, qu'on ne néglige ni les hersages, ni les amendemens. 8i mème les vieilles luzernes ne donnent pas des pousses aussi hautes que les jeunes, ces pousses n'en sont, alors, que d'autant plus épaisses. Leur produit dépasse celui de loute autre plante à fourrage. On envisage 40 quintaux, par journal, comme produit * Notre auteur a rangé les cendres parmi les engrais minéraux, non qu'il les envisage comme telles, mais parce qu'elles agissent sur la végétation d'une manidre analogue à celle des engrais de ce genre. Trad. Wnea ſne 1, Sans donde— lonner wndek ce dm Uun ereese iinss er Gauu k ne uit cena. ell Ponsde des dhe le sla . luenüin, autres, la lwreniens P dus les deu 1, wien, dench viers“, le nhh cas de la dan narne puleérsis elet, cest eli aussi, folonitih d'eau et soumi zurin ou lizin sur le vele. e montregt, ⁰ rne bien maie ussi long-Leny rides; pounhu, „K meme ls es jeunes, ces epasse eelui de omme lrodui — leil les emnioge 1 1 celh analogue à D'AGRICULTVURE. 271 ordinaire, mais on assure avoir souvent obtenu 80 quintaux du journal. La richesse de la récolte dépend beaucoup de la quantité d'engrais qu'on a donnée à la luzernière, mais la iempérature a aussi une grande influence sur l'abon- dance du produit; ordinairement plus l'été est chaud, plus le produit est grand*. § 1340. On emploie la Iuzerne, ou en vert pour la nourriture de toutes les espèces de bétail, ou réduite en foin; dans ce dernier cas le fanage s'en fait comme celui du trèfle. En vert, on la donne de préférence aux chevaux, qui, pourvu qu'une fois par jour ils aient le tiers de leur ration ordinaire d'avoine, augmentent de force plutòt qu'ils ne diminuent. Chez les vaches, la luzerne semble augmeniter le lait, plus que ne le fait le trèfle; cependant quelques personnes prétendent avoir observé que le lait en est aussi plus clair, et que le beurre en coniracie plus facilement un gouùt amer. Je n'ai point remarqué cela. 6 1541.— La luzerne peut subsister très-long-temps. Sur un quarré de jardin qui au- trefois était en luzernière, qui dès-lors a été labouré une couple de fois à la bèche et remis en gazon, j'ai vu des plantes de luzerne isolées, qui devaient avoir au moins trente ans. Il n'est pas rare que l'on couserve une luzernière pendant quinze ans, et Ton compie communément sur sept ou huit ans. Quel- ques cultivateurs ne laissent subsister la luzerne que quatre ou cinq ans, moins parce que celle-ci se perd ou diminue, que dans la vue de retirer du sol un plus grand produit, par une plus prompte alternation. § 1342. 1 Pour que la luzerne puisse entrer dans un assolement réglé, il faut qiue celui-ci comprenne un grand nombre de soles, soit afin que la luzerne puisse durer assez long-temps, soit parce qu'on croit avoir observé qu'elle ne peut revenir à une méême place et y réussir, qu'après un intervalle de neuf années**. Si Pon n'a qu'un petit nombre de soles, sept par exemple, le mieux est de- consacrer quelques journaux de chaque sole à en faire des luzernières, d'en semer chaque année une partie, et lorsqu'on a fini le tour, d'en rompre an- * Pourvu, cependant, que le sol ait été défoncé, comme l'auteur l'a dit plus haut, à une profondeur qui mette la luzerne à P'abri des atteintes de la sécheresse. Trad. ** Er je dirai, après un fort amendement avec de la chaux ou autres engrais minéraux, qui dissolvent le résidu des vieilles plantes de luzerne, et convertisse en terreau végélal, soit ce résidu, soit les autres substances nuisibles à la luzerne que le sol peut recéler encore. Voyez la note**, jointe au§ 256, I.*r vol. Trad.— 272 TRINCIPES RRAISONNES nuellement une portion, en consacrant à la culture de la luzerne une autre parte de chaque sole. Il faudra avoir recours à cette méthode, surtout dans les lieux oð la totalité des champs ne sont pas propres à la culture de cette plante. Dans bien des cas on y emploie, sans ordre régulier, des pièces de terre parüculières qu'on sort, pour cela, de la rotation établie. 6 1343. On ne recueille pas la semence sur de jeunes luzernières, ni sur celles qu'on veut faucher plusieurs fois et qui doivent durer encore long-temps; car les plantes sont fort éprouvées par la maturation de la semence. Cependant j'ai vu qu'au moyen d'un bon amendement, on les avait parfaitement restaurées. Ordinairement on recueille la graine sur les luzernières qu'on se propose de rompre; on en fauche la première pousse encore tendre, et on laisse muͤrir la seconde.. La semence de luzerne est plus facile à battre que celle du trèfle; mais elle est moins abondante; aussi la vend-on un tiers de plus. § 1544. Il ne me paratt pas sans difficulté de rompre une vieille luzernière. J'ai donné trois labours profonds, à raies étroites et avec des socs tranchans, pour des récoltes sarclées, et, malgré cela, des plantes de luzerne repoussèrent encore*. II faut qu'il en soit autrement de la jeune luzerne; puisque le célèbre Pictet de Laney, qyui ne tire parti de sa luzerne que pendant quatre aus, sème après elle, comme après le trèfle, du froment sur un seul labour**. La fécondité d'une luzernière rompue est très-grande, surtout si, pendant la durée de la luzernière, elle a été fumée à réitérées fois; un tel sol peut rapporter une série de récoltes, sans recevoir de nouveaux amendemens. § 1545. Je dois rappeler ici quelques manières particuliéres de cultiver la luzerne, desquelles j'ai parlé plas au long dans le premier volume de mon agriculture anglaise. A l'aide de la transplantation, dans laquelle la luzerne perd son pivot, on peut culuver cette plante sur des terrains qui n'ont que peu de profondeur, parce qu'elle pousse alors des racines latérales, qui doivent avoir un espace * Probablement parce que les 2. et 3.“ labours avaient ramené des collets de racines à la superfcie du sol, avant-qu'ils eussent perdu leur force vitale; si notre auteur se ft contenté de donner un seul labour, avec une charrue à soc tranchant, et qui renversAât bien la tranche, peu de plantes eussent poussé de nouveau, et alors il eũt été bien facile de les arracher. Trad. ** ecolte Core 3 La récolte céréale ne souffre pas, lors mème que quelques plantes de luzerne y repoussent de place en place. Trad. — r Ld rSS we une aulne » Artout dan Nlure de cal des fite Sur celles dum Aemps; car s Cependam jü menl reglauxia, Se Propcx a on kiisx uin 1* uelle; masele e lwzernitre, Ja tranchans, hou me reponstren ne; puisquel pendant Tuadus seul Jabour*. at si, pendam tel sol peut 2demens. er la lmeerne, on agricultum derd son pirch de profondenr, roir un espace —— zde racines à k r se ſat conlenté bien la tranche, arracher. Thuu terae) repousen considé ceutte méthode. Ja que ces plantes qui p' AGRICULTVURL. 273 rable. Ceue circonstance parait étre le principal mouf de Pemploi de i essayé celle-ci en peüt, mais j'y ai trouvé cet inconvénient, ge fortifiaiem exiraordinairement, prenaient, peu-à-peu, à la faux et, ainsi, sélevait de plus une couronne ligneuse, qui ne cédait pas la luzerne devait étre en plus, de sorte que, au bout de quelques anmnées, Cette méthode, du reste, est très- fauchée à demi- pied au-dessus de terre. et il s'écoule trois ans avant pénible, elle demande qu'on replante souvent, que les touffes de la luzerne se joignent et se serrent les unes les autres. Aussi ce procédé paratt-il étre tombé en désuétude en Angleterre. On peut cepen- dant y avoir recours, pour regarnir des places vides, dans le cas mentionné au 5 1559. La méthode de semer la luzerne au semoir, entre des céréales, et en lignes espacées à huit ou dix pouces de distance, est toujours plus prisée en An- gleierre; parce que, avec la houe à cheval, on peut donner, beaucoup plus efficacement qu'avec la herse, cette culture qui est si profitable à cette plante. Je m'ai point encore fait cet essai par moi-mème. § 1346. Une luzernidère bien établie, et dont on maintient Pétendue, en en établissant, qu'on doit rompre, chaque année, une nouvelle portion qui remplace celle emédier com- donne un grand élan à une exploitation rurale, et peut même r faut de prairies. Aucun pré ne donne, sur plétement et avec sureté à un dé t G'une luzernière, et rarement il une méôme étendue, le produit qu'on obtien le donne avec autant de certitude*. » Tout ce que notre savant auteur a dit ici sur la culture de la luzerne me parait parfai- tement exact, lorsqu'il est appliqué au Nord de PAllemagne; dans des pays d'un climat plus doux, j'ai eu des luzernes très-belles, très-abondantes et très-durables, sur des terrains qui wavaient pas été déſoncés à plus de 16 pouces de proſondeur, mais sains et graveleux. Jai méeme obtenu, de pareilles luzernières, jusqu'à 8o quintaux de fourrage sec, durant les années de leur plus grande force; et je ne me suis guères éloigné de cette quantité, sur des terrains riches qui n'avaient été cultivés qu'à la profondeur de la bèche, 12 ou 13 pouces de Rhin. Les luzernières donnent des coupes plus fréquentes et plus abondantes, lorsqu'elles sont arrosées, en temps de sécheresse, avec des eaux chaudes ou calcaires, par irrigatio znondation très-momentanée; mais, en général, alors elles ont moins de durée, parce que le sol a de la disposition à»'enherber. M.* je comte Ph. Ré, professeur d'agronomie, ci-devant à Puniversité de Bologne, maintenant à Modène, a suivi là-dessus des expériences con- cluantes, dans le jardin agronomique de cette premidre université. Dans tous les cas, il est essentiel de faire les dispositions nécessaires pour que les racines de la oupissantes et soulerraines; mais il faut redoubler Tracl. n, ou par luzerne n'aient pas à lutter contre des eaux er de précautions, à cet égard, lorsque la luzerniere doit étre soumise à des arrosemens. T. IV. 35 PRINCIPES RAISONNES LESPARCET oOV SAINFOIN(Hedyfarum onobrychis). § 1547. Cette estimable plante à fourrage exige absolument un sol dont la couche inférieure contienne de la chaux. Là où elle en rencontre un tel, Paide de quelque engrais suffit pour la faire végéter sur la couche végétale même la plus mauvaise, tandis que, sans cela, elle ne réussit point, alors méme qu'on lui consacre le meilleur terrain; sur celui-ci elle lève, à la vérité, parfaitement, et se montre très-épaisse la première année; mais, ensuite, elle disparatt au lieu de former des touffes. Elle demande de la chaux ou de la craie; lors mème que celles-ci seraient en rochers, sa racine ne laisserait de s'y frayer un passage. Celui qui veut la cultiver, épargne, en sondant son terrain jusqu'à une profondeur de quatre pieds, des essais coüteux et souvent inefficaces. §5 1548. Le champ qu'on veut semer en esparcet ou sainfoin, doit étre nettoyé de mauvaises herbes, surtout de chiendent, qui ne permet pas sa réussite. Ce nettoiement peut etre opéré par une jachère soignée, ou par la culture de récoltes sarclées. Si le sol a été amendé depuis peu, cela favorisera beaucoup la réussite du sainfoin; cependant il n'est pas rare qu'on en sème sur des terrains maigres, et que, malgré cette circonstance, on n'obtienne, dans la suite, un beau sainfoin. § 1349. On sème, ordinairement, le sainfoin ou esparcet avec de l'orge ou de l'avoine; cependant, cela a aussi quelquefois lieu en automne, avec les céréales, sur raies, ou sous raies, mais à peu de profondeur, et à raison d'au moins 2, ou, mieux encore, 5 scheffels par journal. On peut aussi, avec beaucoup d'avantage, le semer en lignes, avec la machine à semer le blé, et le cultiver à la houe à cheval, lorsqu'une fois ces instrumens ont été introduits dans Péconomie ru- rale; par cemoyen, on épargne de la semence. Lorsqu'on veut faire de grands établissemens de sainfoin, il faut chercher à s'en procurer la graine dans des contrées ouù la culture de cette plante est introduite en grand, parce que chez les marchands grenetiers qui la vendent à la livre, elle coùte beaucoup trop cher, et qu'outre cela elle m'est souvent pas můúre. Mais il faut s'adresser à temps à un brave et honnéte cultivateur d'esparcet, parce que, autrement, on ne pPourrait en obtenir que de sa propre provision, puisque ceite graine n'est point un objet de commerce ordinaire, et que, pour étre récoltée à son vrai point de maturité, elle demande beaucoup d'attention. — — — brych) dont h wouehe i tel, baze 4 egetale weme lors méme goin ne, utäisnen, e disparat an. erꝛie;! ler ors Wdce fraſer m aue „ Taune hrcladeu t tre vettone 4 8 Sa Téuböll,(a par la eulure d rorisera henenn en seme gur 6a obuienne, dus! ge ou de lamoiee les cerealés, öur Tau mdigs 2, oU, aconp danaabge tirer àk boue! s Pécovomie r- u feut ſte de dcurer h gril grand, ane ſue e beaucou lo dreser à lenp; rement, Ol Je le gnine 1e lee à 5o NA D'A GRICULTVURE. 275 6 1550. Lorsque les plantes ont pris possession du sol avec leurs racines, ce qui a lieu, quelquefois, au printemps qui suit bannée de la semaille, et d'autres fois seulement au printemps suivant, il faut traiter le sainfoin comme la luzerne, en le hersant fortement. Si, de temps en temps, on lui donne des engrais, Sses pousses deviendront plus abondantes et son produit plus considérable. § 1551. Comme l'on cultive ordinairement cette plante sur des champs éloignés et montueux, on la réduit en foin plutòôt que de la faire consommer en vert. Elle doune une forte coupe à l'époque ou elle entre dans la floraison et, à la fin de'été, elle donne une seconde coupe, mais plus faible, ou bien un pâ- turage très-nourrissant. On est ordinairement satisfait d'un produit de 18 à 20 quintaux de foin, cependant, sur un terrain favorable, et lorsqu'on donne, par- dessus le sol, des amendemens fréquens“, son produit s'éléve jusqu'à 50 quintaux par journal. Ce fourrage est d'une bonté particulière„ plusieurs agriculteurs Pratiques assurent qu'il surpasse en qualité le fourrage de trèfle, et celui de luzerne. Cette plante est trés-durable, lorsqu'elle a rencontré un sol qui lui convient, pourvu, cependant, qu'on ne néglige pas de lui donner les hersages er les engrais nécessaires, surtout de cendres et de plaâtre, et qu'on n'en exige pas trop souvent de la semence. L'on a maintenu des champs en esparcet pendant 20 ans dans le meilleur état. § 1352. L'esparcet ou sainfoin pénètre, quelquefois, à 12 pieds en terre; Pon en a méme arraché qui avait jusqu'à 16 pieds. Dans leur parte supérieure, ces ra- cines sont très-fortes, aussi m'est-ce point une chose facile que de rompre un Vieil esparcet; cependant, on entreprend volontiers ce travail, parce que un champ de ce genre, qui, auparavant, ne payait pas les frais de sa semaille, donne, alors, plusieurs belles récoltes consécutives sans étre amendé. La légère couche végétale qui recouvrait un rocher calcaire s'est, alors, consi- dérablement augmentée, les vigoureuses racines du sainfoin paraissent avoir ameubli le rocher et avoir divisé les pierres calcaires. Seulement on croit avoir * Sur les bords du lac de Genève où cette plante est fort estimée, surtout pour la nour- riture des chevaux, on lui consacre fréquemment des engrais minéraux, surtout du plâtre, mais on est dans l'opinion, et je crois Pavoir éprouvé moi-même, que les engrais animaus ordinaires lui font faire un effort de végétation, qui accélère la mort de la plante. Tyad. 276 LRINCIPERS RAISONNES observé que, de très-long-temps, Pesparcet ne peut plus réussir sur un terrain qu'elle a occupé précédemment. § 1553. Cetie plante, qui semble aller Chercher de la nourriture dans la profondeur du est, pour plusieurs contrées, un précieux sol pour en enrichir la superficie, on ne peut pas y avoir recours. don de la nature, tandis que, dans d'autres, Par son moyen, on peut, sur les croupes de curer des fourrages excellens, de manière à p Quelquefois alors, on peut, avec avantage, rompre celles-ci et, ainsi, intervertir cet ordre fixé par la nature, qui semble de fourrages, et les hauteurs à la culture des grain quœògue ferat regio, quid ferre recuset. montagnes les plus arides, se pro- ouvoir se passer de prairies passes. DIVERSES AUTRES PLANTEsS A POURRAGES, à fleurs papilionaces- § 1554. L'on a cherchée à cultiver diverses autres plantes du genre des Medicago, et d'autres qui ont de P'affinité avec elles, divers auteurs les ont également recom- s; mais nulle part leur culture ne g'est continuée, ni étendue d'une maniére un peu générale. Moins, cependant, par la raison qu'on ait trouvé les végétaux dont on avait ainsi conseillé la culture, impropres à Pusage auquel ils étaient desunés, que parce que, à différens égards, ils se trouvaient inférieurs aux vons parlé ne réussissaient pas, mandée précédens, et que là où ceux dont nous a ceux-ci ne donnaient également pas un pro sont:. LA LUZERNE DE SUEDE(Madicago falcata), Qui croit presque partout spontanément, et qui réussit sur de mauvais terrains, mais qui, aussi, n'y donne qu'un produit insignifiant, et, sur un bon terrain, demeure de beaucoup au-dessous de la luzerne proprement dite. LA MINETTE DOREE, TREFLE A FLEURS JAUNES (AMedicago lupulina), Qui est dans le méême cas, et diverses sortes de Lotus, par exemple, le CrrISE ARCGENTE(Lotus siliguosus), et le LoriER CoORNICULE(Lotas stiner les bas-fonds à produire des s: mais il faut apprendre quidk duit satisfaisant. De ce nombre un zur un ſenn h prokondem k Ces, un hräcenl àJ Wolr feraun us anddes, R pw de praiies hase d) dndi Weneni ds à prodlin de un appreudne gid leurs haplücnnxts e des Nedicagy, 4 egrlement wenm odve dune wanien romfé les fegetunl anguel ib ctaiem eot inférieurs ann teussisaient pas, De ce nombre alcata)) waurass terral r un bon terrän, dite. 48 30NE par ereople, NcLi(Tels D'AdRICUGLTUR K. 277 corniculatus): puis diverses espèces de Lathyrus, le Pratensis ou GEssE DEsS PRHs, le Satiwus ou GESSE VULGAIRE, et le Tuberosus ou GEssE SAUVAGE; de méême les OkoOREs, celui à sEMENCE NOIRATRE(Orobus niger), la CAàssE PUANTE(Orobus lutceus), et 10OROEE DES Bols(Orobus sylvaticus);'Apstragulus cicer et diverses espèces de vesces sauvages. Chacune de ces plantes est excellente pour les prairies naturelles, ouù elles végètent parmi les autres herbages. Lors donc qu'on veut semer des prairies, il paratt, sans contredit, convenable de se pourvoir de graine de ces plantes sur d'autres prairies, où on les rencontre souvent, et, dans ce but, de laisser venir à maturité quelque partie des produits de celles-ci: mais, si j'en dois croire ma propre expérience, cultivées isolément elles ne donnent jamais des produits sa- Usfaisans. Ou a proposé d'autres plantes qui, à cause de leur vigueur de végétation et de leur durée, paraissaient très-recommandables. Mais il m'a paru que le bétail qui était accoutumé à une meilleure nourriture les rejetait absolument. De ce nombre est le GALEGA(Galega fhicinalis). 5 1555. L'on a, surtout, cherché à découvrir une plante durable qui convint aux ier- rains sablonneux et maigres, et qui en procurât une rente passable, tout en les améliorant. Selon Lassertion des Anglais, des Français et des Belges, le GENET LBPINEUX(VUlex Europaeus) réunit ces qualités. C'est du moins prin- cipalement de celui-ci qu'il s'agit, lorsque des auteurs agronomiques parlent de Genet. Il croit aussi dans le Nord de IAllemagne, mais nulle part sponta- nément, et je ne connais pas encore un essai qui en ait 6té tenté chez nous. En revanche, nous avons une plante très-analogue, qui vient en abondance sur les plus mauvais terrains; c'est le GENET COMMUN A BALAls(Spartium scoparium). Il me parait mème vraisemblable que, dans les ouvrages des anteurs étrangers, souvent ce n'est pas du genet épineux, mais de celui-ci qu'il s'agit. Plusieurs personnes ont acquis la preuve que le bétail mange tout aussi bien notre genet commun, pourvu qu'il ait été convenablement préparé. Quant aux excellens effets que ceite culture produit sur les terrains sablonneux et à pruyères, je renvoie à la dissertalion de François de Coster, contenue dans le III.“ volume de l'ouvrage de Schwertz sur Pagriculture Belge, et à plusieurs autres passages du même ouvrage; de méême au voyage d'Arthur Young en France, surtout au III' vol. On sème la graine de genet comme celle d'autres plantes à fourrage, parmi les céréales d'automne ou de printems, et on aban- donne le sol à ce produit, pendant 5 ou 6 ans. Après avoir fauché le genet, on 278 PRINCIPES RAISONNES le présente au bétail, on laisse manger les feuilles les plus délicates aux bétes à à laine, et l'on se sert des tiges les plus dures en guise d'engrais; dans les contrées où les combustibles sont rares, on fait sécher celles-ci pour le feu. Mais si Pon veut rendre ces tiges dures également susceptibles d'èétre mangées par le bétail, on les casse avec un instrument semblable à un brisoir, ou mieux encore, par le moyen d'un moulin à écorce, on les réduit en une sorte de bouillie, et on les donne au bétail sous cette forme. On assure que c'est là un des fourrages les plus nourrissans, et qu'il donne un goùt des plus agréahles, même au beurre d'hiver. Je n'ai jamais essayé, moi-méême, cet emploi, cependant je recommande de le tenter, à ceux qui trouvent fréquemment cette plante dans des lieux ou elle croft spontanément, surtout au bord des foréts de sapins; plusieurs motifs recommandent P'emploi de ce genet commun. LA SPERGULE(Spergala arvensis) § 1556. Diffère essentiellement de la spergule sauvage, Spergala pentandra, soit dans sa nature, soit dans ses habitudes; cependant, je ne saurais indiquer aucun signe caractéristique par lequel elles pussent Gtre distinguées. Car, que celle- laà ait 10, et celle-ci seulement 5 GCtamines, n'est point une circonstance habi- tuelle, puisque l'on trouve souvent, sur une même plante, des fleurs qui ont 5, et d'autres 10 étamines. Ces deux espéces ne se distinguent guères que par leur taille et par une floraison plus tardive. Quelques personnes craignent que Pespèce culüveée ne dégénère en mauvaise herbe et ne finisse par se multiplier spontanément; mais je suis encore dans le doute à cet égard. Pai, à la vérité, souvent observé que, lorsque la spergule arrivait à maturité sur un champ, Pannée suivante il se montrait, parmi les récoltes semées sur ce champ ou sur les voisines, beaucoup de spergule, laquelle provenait de la semence qui, s'étant égrenée, avait été dispersée par les vents, et qui, après étre demeurée engourdie pendant l'hiver, avait levé au printemps; mais, après un ou deux ans, cette spergule disparaissait tout-à-fait, car ses jeunes plantes ne peuvent pas supporter la gelée, tandis que, au contraire, la spergule sauvage la supporte fort bien. Nous avons deux variétés de spergule cultivée: Pune s'élève moins, mais crott plus épaisse: Pautre devient le double plus haute, mais, pour devenir épaisse et dépasser Pautre variété en produit, elle exige un sol très-vigoureux. La premiere convient sur des terrains moins riches, sur lesquels, seulement, d lcales aux bes, eng grals;; Gans 1 Sd pou e 8s a dn dnn à un brücir„d Cduit en dle n du assure que de un goüt des 4 meme, wedleapli frécnemueu- teelt bord des bnb commnn. 4is) la pentandfm„8M vrabs ndigper menn es.(ir, que cll e circomsiance lahi „Gdes leun qu on vent guers ue par onnes criggeul qug e par ze Wlligler d. Ju, ihrik, ilé sur m damp, sür ce chanp 0l le la semence i, res ètre decenn 1 apts WI Ol denr haates De peufent aunge 4 Aupporle re Doild, Was 5, pom derevir I tesnigoureun. elb, eedlemen, D'AGRICGCUILTVURE. 279 on a coutume de semer de la spergule; elle convient également mieux pour éêtre consommée par le bétail au pâturage. La dernière variété est plus avantageuse lorsqu'on veut la semer sur un terrain fécond, pour la faucher. On peut distinguer ces deux variétés déjà à leur graine; la plus petite a une semence noire à anneau blanc; la plus grande, une semence uirant sur le brun, qui, lorsqu'on l'examine bien, paratt pointillée de jaune et de brun foncé, et, le plus soufent, n'a pas d'anneau. En mélangeant leurs semences, j'ai donné naissance à une espèce moyenne, qui acquiert beaucoup plus de hauteur que la petite espèce, mais qui, à côο⁵⁶ de cela, vient très-épaisse, de laquelle j'oblens un produit particulièrement bon, même sur des terres médiocres, et que je puis également employer pour patdror et pour faucher. § 13557. La spergule croft sur presque tous les terrains, même sur de très-mauvais sables, pourvu qu'elle ne manque pas d'eau durant sa période de végétation; mais sa force et son produit varient infiniment, dans la proportion des sucs que contient le sol sur lequel elle végéte. Il est rare qu'on la cultive sur des terrains trèés-riches, parce qu'elle n'y donne pas les produits qu'on peut attendre du trèfle. En revanche, elle présente le grand avantage de n'occuper le terrain que pendant très-peu de temps, puisque, le plus souvent, elle peut être fauchée huit semaines apréès la semaille, si une sécheresse excessive n'a pas retardé la germination de la semence. Il est, ainsi, des cas oi l'on peut, avec avantage en cultiver sur les meilleurs terrains; plusieurs cultivateurs y ont eu recours 3 lorsque leurs trèfles avaient manqué. § 1558. Un autre grand avantage, c'est qu'elle produit de la graine en très-grande abondance, et que cette graine est très-facile à récolter et à battre; que, par conséquent, elle est à bon marché. Celui qui se procure, sur son propre fonds, la graine dont il a besoin, peut se l'imputer à très-bas prix. Cependant, dans ce compte, il ne faut pas perdre entièérement de vue que la spergule qu'on laisse arriver à maturité, et surtout lorsqu'on Parrache„ épuise fortement le sol; tandis que la spergule qu'on fauche ou fait brouter pendant qu'elle est encore jeune, donne au terrain une augmentation de sucs très-sensible. Pour semer un journal, il faut 5 livres de graine; si le sol a été préparé avec soin et qu'on épande la semence d'une manière parfaitemem égale, on peut méme épargner sur cette quamiité. 280 rLRINCIPES RAISONNES § 1559. Le sol wa pas besoin de préparation extraordinaire, si d'ailleurs il n'est pas infecie de chiendent. Dans ce cas même, la spergule pousserait également, mais le chiendent ne tarderait pas à y prendre le dessus. On peut la semer dès la mi-mai à la mi-aoùt; lorsque le temps est sec, il convient d'épandre la semence aussitét après le labour, et après avoir parfaitement régalé le terrain avec la herse. Le succès tent essentiellement à ce que la spergule trouve, à la superficie du sol, une couche de terre bien pulvérisée. C'est pourquoi le mieux est de faire suivre la herse par le rouleau, et celui-ci par la herse, de semer ensuite, et de passer derechef le rouleau. Alors la spergule lève vite et également, ce qui est d'une grande importance. Ordinairement on la sème seule, cependant je l'ai aussi semée avec du trèffe, dont les plantes naissantes trouvaient une protection et un abri très-avantageuz dans la prompte végétation de la spergule, et, après que celle-ci avait été fauchée, poussaient avec vigueur, serrées les unes près des autres. L'on en a également semé avec du blé noir pour faucher en vert. Peut-étre, dans certains cas, pourrait-il étre économique d'en semer parmi des céréales qui montent en épis, afin d'avoir ensuite, sur le chaume, un paäturage abondant. Souvent on la sème sur le chaume des céréales rompu, pour se procurer du pàturage pour Pautomne, ou du fourrage à consommer en vert dans cette saison. A ceue époque, de légères gelées ne lui font guères de mal. § 1560. On fauche la spergule en pleine fleur, soit pour la faire consommer en vert, soit pour la réduire en fourrage sec. Cependant ses fleurs inférieures com- mencent souvent de très-bonne heure à s'épanouir, et c'est seulement alors que la plante commence à végéter avec force; il ne faut donc pas se diriger d'après ces premières fleurs, lorsqu'on ne veut prendre qu'une coupe. Si on fauche la spergule tandis qu'elle est encore très-jeune, elle pousse de nouveau, et Pon peut en obienir une seconde coupe, qui, souvent, est plus forte que la première. Mais la première coupe vaut à peine le travail qu'elle occasionne; aussi, le plus souvent, conviendra-t-il mieux de la laisser päturer sur place, mais promptement et par un nombre considérable de tétes de bétail. Alors, ce päturage ne lui sera point nuisible, elle m'en repoussera qu'avec plus de force et plus serrée. § 1361. Le produit de la spergule varie infiniment; comme on le concoit, selon la richesse du sol, mais aussi selon la température; car cette plante veut avoir de! dui ſar us I west it egalemenn, peut la seme: M à d'épandreh Egale le ternau gule trouse,à est pourqnoi e ar la herse, d ergule lére Ste avpec du wièlſ, rés-avantagem le-ci avait éls utres. L'on en euL-Ere, dams es ceréales qu arage abondan. Sse procurer da duns cetie säton, mmmer en fert, ſérieures com- eulement alos bas 8e diriger e coupe. S a sse de noufean, Plus forie Gnt h elle occasiomné; aurer sur Pace, de Deuil. Alos; dec plus de lorce zelon b noi concot, planle reut D'AGRICULTVUR E. 281 de la chaleur et des ondées fréquentes; elle s'arrète pendant que la température lui est contraire, mais elle se remet promptement, lorsque le temps Iui est redevenu favorable. Quant à la quantité on peut, à terrain égal, la considérer comme la moitié d'une coupe de trèfle. Lorsque la spergule dépose en ias elle se serre extrémement et diminue beaucoup de volume, mais elle prend alors une grande pPesanteur, et, à poids égal, elle est, de beaucoup, plus nourrissante que toute autre espèce de fourrage, ainsi que tous ceux qui la cultivent ne tardent pas à s'en convaincre. L'augmentation de lait ou de graisse est sensible à l'œil, lorsque le bétail est nourri avec de la spergule, ou verte ou sèche. C'est aussi, à peu près de tous les fourrages, celui qui donne le lait et le beurre le plus Savoureux. 5 1362. La spergule peut étre facilement réduite en foin si, après qu'elle a été un peu fanée, on la réunit en petits monceaux. Lorsque la température est favorable, cette plante y sèche ainsi d'elle-méême; lorsque, au contraire, la tempéra- ture est humide, il faut remuer les tas ou les retourner quelquefois. La sper- gule peut demeurer long-temps exposée àa la pluie, sans se gàter ou perdre ses sucs. Plus elle a été fauchée de bonne heure, plus le fourrage qui en résulte est nourrissant; mais sa paille même, c'est-à-dire, la fane de la plante quit a pro- duit de la semence, me parait encore plus nourrissante que tout autre foin. Lorsqu'on la fauche, elle est encore verte, car on n'ose pas la laisser trop mürir, parce que, alors, elle s'égrennerait. § 1563. On peut parfaitement tirer part de la semence, lorsqu'on en a récolté une quantité plus grande que celle dont on a besoin. On peut en uũrer de Phuile par expression, mais pas en quantité ielle, que cette manière d'en profiter soit avantageuse; on préfère Pemployer à la nourriture des bétes, il est démontré que cette graine est extrémement nutritive. Lorsqu'on veut l'employer à cet usage, on la détrempe avec de l'eau chaude; de cette manière elle perd sa faculté germinatrice, elle gonfle, et devient digestible. Sans cette précauliom, elle passe au travers du corps des animaux, intacte et sans perdre la faculté de germer. Après cette préparation, on la donne au béiail, soit en guise de boisson, soit versée sur la paille hächée. Chez les vaches qui en consomment, l'augmen- tation du produit en lait est visible, et Pon assure que le lait et le beurre ne contractent pas ce mauvais goùt, qui se fait sentir lorsque les bêétes consomment d'autres substances huileuses, Schwertz nous apprend que, dans la Belgique, 3 Tusage en est universel. T. IVW. b 36 28² PRINCIPES RAISONNES Sur Pemploi de cette plaute, pour être enterrée comme engrais, voyez vol. II, 5 622, pag. 221. 65. 6 1364. age, telles que la Pimprenelle, la Chicoròe, Plusieurs autres plantes à fourr nviennent mieux pour les terrains qu'on et diverses espèces de graminées, co veut consacrer au päturage du bétail. Voyez vol. III, 5 950, pPage 283. § 1565. Cependant il y a encore DES GRAMINEES ELEVEES, Qu'on cultive dans les champs pour être fauchées. On peut les disunguer sous la dénomination de Gramindes d. faucher ou d tiges, Pour les distinguer des Gramindes d pâturer, ou d. feuilles, parce que cès premières ont des liges ou uyaux plus vigoureux, et auachées à ceux-ci, des feuilles plus fortes, landis que les graminées du second genre ne portent qué des uges faibles et sans feuilles, mais, en revanche, des feuilles radicales plus vigoureuses, et d'autant plus fortes, qu'elles sont plus souvent ravalòes par la dent des animaux, et tenues plus couries. § 1566. De toutes les graminées qu'on cultive, LE RAYGRASS, IVRAIE VIVACE(Lolium perenne), Des Anglais, est celle qui s'eest acquise le plus de célébrité, et qui a le mieux conservé sa réputation. Le Raygrass réunit les deux propriétés; il peut être fauché, et, lorsqu'il est paturé, il forme un gazon serré, qui repousse avec force. II réussit sur les glaises sablonneuses, pourvu seulement qu'elles ne soient pas dans une exposition trop sèche, et sur argile tenace. Elle ne donne, chaque année, qu'une pousse pour la faux, mais ce fourrage est très-substamiiel si on le fauche avant sa floraison; plus tard ses üges deviennent dures. Les Anglais le sèment, ordiaairement, parmi le trèfle rouge, et ne le négligent jamais lorsque le irèfle doit subsister pendant plusieurs années, parce que le raygrass se mul- üplie d'autant plus, que le trèfle s'6claircit. Le principal avantage de ceite graminée, consiste dans la facilité avec laquelle on recueille sa semence, et dans la quamuté qu'elle en donne. On laisse müůrir la partie dont on veut recolter la graine, on la fauche, on en traite l'herbe comme les céréales, et on la bat 560 — H 1 1 engräs, Nogel zelle, ha dunn, les terrim, 30, Ngs 1. doh 88, peul les läünae „ Ponr les bünge s premitres iu 15 s feuiles ju hns e des iges ſilh Dlus Vigomnass, 6 la denl des uima, um peranne), 6, ei quiakun il peut eve inin ousse avec ſont es De scienl 8 b mne, chaqle unit, utielzi on l fuch sAugai le 2wen, t jamas Lrde 6 ſe mgs 5 mul- ge de cele ài das manla semente, at on feut gecolur cerales, el 00 DAGRICUILTVU RE. 283 bat de la méème manière. On en peut obienir 20 scheffels du journal, et Pon en sème 1 jusqu'à 1 ¼ scheffel sur cette étendue. On ne doit considérer le résidu du battage que comme de la paille, mais la planie repousse en amtomne, et Pépuisement occasionné par la maturation de la graine peut étre réparé par un amendement. En Angleterre, l'on a fait les essais les plus variés, avec une quantité innombrable de graminées, et, pour les champs, on en est demeuré à celle-ci, ou, tout au moins, y est on revenu*. L'AVOINE FROMENTALE(Avena elalior) § 1569. Des Français, a d'abord été confondue, en France, avec le raygrass des Anglais; aussi l'appelait-on souvent du même nom: mais elle est tout-A-fait différente, elle pousse des tiges ou tuyaux beaucoup plus longs et plus garnis de feuilles, et elle ne ſorme pas un gazon serré. Elle croit, comme la précé- 8, dente graminée, presque sur toutes les espèces de terrains, pourvu qu'ils soient 8„ Presq„ P 4 dans un état de fécondité, et elle donne déjà, à sa première coupe, un plus * Ja, Pe, P grand volume de foin que celle-là, puis encore une seconde coupe, mais faible. Elle se conserve jusqu'à la 4.“ ou 5.“ année, surtout si on lui donne des engrais. Mais sa culture est incomparablement plus pénible et plus coũteuse, parce que 2 Pinégale maturation de sa semence, en rend la récolte très-difficile. Elle com- 8— mence à mürir à la sommité de la grappe, et tombe aussitét qu'elle est můre; de sorte que l'on ne peut pas recueillir toutes les graines d'une même nge, ou qu'on ne les a pas à leur maturité complète. Il y a bien plus d'inégalité dans la matu- ration des tiges; de sorte qu'il faut chercher celles-ci presque une à une, et les faire sécher dans un grenier où elles soient bien à J'air. La difficulté de cette récolte met de grandes entraves à ce que la culture de cette graminée se propage. Souvent, dans la semence qu'on se procure chez les marchands greneiiers, il n'en est pas un quart de muúre; aussi, lIors mème qu'on en sème plusieurs scheffels par journal, n'obtient-on cependant pas un herbage épais. II faut, en particulier, prendre garde de ne pas confondre avec le fromental, * Les Iialiens et surtout les Lombards qui, ainsi que les Anglais, associent souvent le Baygrass, qu'ils appellent Lojessa, avec le trèfle ronge ordinaire, croient, entr'autres avan- tages, prévenir par-là le gonflement du bélail des espèces qui ruminent, mal que l'impru- dence des domestiques attire trop souvent aux bestiaux, lorsqu'ils sont nourris avec du trèfle pur ei tendre. Trad. — 284 ATNCIPES RAISONNES (Avena bulbosa), et de ne pas prendre de la graine de elles se ressemblent beaucoup, et cette difficile à détruire, et qui se mul- 4 PAvoine d chapelet Pune, pour de la graine de l'autre; dernière espèce est une mauvaise herbe très- üplie constamment par ses bulbes*. LA GRANDE FETUOQUE(Festuca elatior) § 1368.. emblable à la précédente dans ses propriétés économiques; mais Est assez s et lorsquw'elle en trouve un tel, elle elle demande déjà un sol plus humide, donne un produit plus considérable que Pavoine fromentale. Sa semence ne s'égrenne pas si facilement que celle du fromental, cependant, il faut également la recueillir avec précauuion et tige par tige. LE DACTILE PELOTONE(Dactyylis glomerata) —— 3 § 1569. ployé comme Pavoine fromentale. Il convient de le faucher Est cultivé et em Car c'est seulement dans très-jenne, lorsqu'il commence à pousser ses tiges. cet état qu'il est agréable au bétail; aussitét qu'il a ses panicules, ses tiges se durcissent; d'ailleurs si on le fauche de bonne heure, on peut, bientòt après, en serait presque nulle. La graine en avec la faux. On la trouve ordi- etée chez les marchands. La obienir une seconde coupe, qui, sans cela, nent mieux à l'épilet, et permet de récolter nairement parmi la graine d'avoine fromentale ach graine qu'on s'est procurée de cette manière, produit souvent plus de dactyle pelotoné, que de fromental. LE CYNOSUREACRETE(Cynosurus eristatus) § 1370. FEst, dans ses qualités, assez semblable au précédent, mais il a encore plus de disposition à se durcir. Les deux espèces réussissent également sur un terrain sec, mais riche. * Par ses bulbes, par les nombreux drageons latéraux qui poussent de sa souche et entre ses hulbes, lesquels, eux-méêémes, ne tardent pas à donner naissance à d'autres, enfin, par sa semence, qui murit fort bien parmi les céréales et en quantité considérable. C'est, sans con- tredit, une des mauvaises herbes les plus détestables dont un sol puisse etre infecté. Trad. el grains de doup, et ceue et qui se mll- lirr) cononigpes; id onhe u d, dl menld, exeabn, * glonerau) arient de le harde vest zeulewent èm nicules, 3e5 lh n, dienidt ane8 e mulle. Ia gibea Oa la Vouse oü- les marchnb l ent plss de befl cristatus) miis II4 erebh6 egement Sür In — en govebe et eolr aunres, enüt, irs le. Cet, 2 9 Aue uieliIu D'A GRIOCULTVURE. LE FLEAU DES PRES(Phleum praiense), § 1571.. Ou Thimotygrass des Anglais, demande une position humide et un sol léger. Lorsquil a été fauché jeune, il est tendre et agréable au bétail; si l'on attend qu'il ait poussé son épi, il est déjà dur, et son foin n'est guères bon que pour les chevaux. Comme il pousse tard, il ne donne qu'une coupe. II produit beaucoup de semence, qui ne s'égrenne pas facilement, de sorte qu'on peut le faucher et le battre. Cette semence est très-petite, il n'en faut que quelques livres pour ensemencer un journal. Gest probablement cette circons- tance qui a fait que la culture de cetie graminée s'est mulupliée plus que celle des autres. Dans l'origine, nous en avons tiré la semence d'Angleterre, et les Auglais, d'Amérique. Cependant ceite plante crott spontanément chez nous; mais celle qui est venue originairement d'Amérique me paratt étre une variété parucu- lère; car je n'ai jamais revu du fléau des prés aussi serré et aussi vigoureux, que celui d'un champ pour lequel on avait tiré la graine d'Angleterre, il y a 50 ans; et les Anglais la tiraient alors d'Amérique. LA HOUOUE LAINEUSE(Holcus lanatus) § 1372. A tié particulieèrement vantée par divers auteurs agricoles; cependant elle me parait ètre une des graminées les plus mauvaises et les moins agréables au btail. Tout au moins, faut-il la faucher très-jeune. Elle ne donne qu'une coupe, mais, à approche de Pautomne, elle pousse de nouveau avec force et par touffes, de sorte qu'elle fournit alors un päturage assez abondant, mème sur les terrains sablonneux et élevés, ou, à la vérité, le bétail ne la mange qu'à défaut d'un meilleur päturage. Cette graminée est souvent détruite par la gelée durant Phiver, lorsque ses plantes sont isolées au lieu d'étre mélangées parmi d'autres dans le gazon. Pour en récolter la semence, l'on peut faucher et battre; mais comme il est très-difficile de faire sortir la graine de sa balle, on la sème le plus souvent avec elle. Lorsqu'on en fait emplette, il faut avoir soin de voir si la graine est dépouillée, ou si elle est encore dans sa balle. Dans le dernier cas, il en faut quelques scheffels par journal; dans le second 1 livre suffit, pourvu qu'elle soit bien müre et soigneusement répartie. 286 vRINCIPBS RAISONNES LE VULPIN DES PRES(Açlopecurus pratensis). § 1575. Sur un sol riche et modérément humide, qufil soit argilen ou sablonneux dette graminée est peut être la meilleure de oelles qu'on culuve dans notre climat. Elle pousse des feuilles très-épaisses et vigoureuses„soit de sa souche, soit de iges, elle garnit bien le sol, elle pousse de très-bonne heure, et recroit de sorte qu'on peut fort bien en obienir trois coupes dans ses t très-promptement, une année. Lorsqu'on la fauche jeune encore, au moment où ses épis com- mencent à se momirer, elle est irèés-agréable au bétail. Elle ne convient du iout point sur des terrains maigres et secs. Sa semence doit étre recueillie en égrappant. Lorsque le vnlpin est muͤr, on saisit Pépi, et on le ure à soi, de manière que l'épilet, en échappant, se sépare de sa graine et la laisse dans la main de celui qui la récolte. Il faut alors étendre iout de suite cette graine, dans un grenier bien aéré, parce que, sans cela, elle g'chauffe facilement et perd la faculté de germer. LES PATURINS(Poa). § 1374. Celui des prés(Poa pratensis) et celui d feuilles étroites(Poa trivialis), ainsi que diverses autres espèces de Paturins, donnent le meilleur de tous les foins; les prairies dont elles constituent la principale parlie, sont préférables à ioutes les autres. Mais ce genre de graminées ne convient point pour ôtre eul- nvé séparément, à cause de la difficulté qu'il ya d'en recueillir la semence, er de la séparer de cet entourage laineux, qui la lient réunie en pelotons, et em- péche absolument qu'on ne puisse la répartir d'une manière égale. Pour réussir, les paturins exigent aussi un riche sol de prairie. § 1575. La culture des graminées qu'on destine à èétre fauchées, peut bien étre con- venable dans quelques cas particuliers; par exemple, lorsqu'on veut se pro- eurer un champ à fourrage qui dure pendant plusieurs années, et que le sol west pas propre à la culture de la luzerne, spécialement lorsqu'il est trop humide. Mais cette culture ne prendra jamais beaucoup d'extension, soit à cause de la diſficulté qu'il y a d'en recueillir la semence, soit parce que le trèfle produit davantage, permet mieux d'alterner avec la culture des grains, all hatenit) mn on aunn de Cans nobe dun southe, g 8 henn, Amni ur uos ea a1 0d Ses fſbcn. . Llle ve eonia h e vulpia enu,m Schappant, m Il laus dlos derle e que, as th, 3 viler(Poꝛ tiui meillenr de bue a, sont präſenlei point ponr ere el- eilli a zemepee, 6 en peloiors, de tgale. Tou äusi, pemt lie ine cn- guor feut 5e Hd- nes,&l qie dd Losſui e 10 2 1 penenson, Sh oit faret que 1 Mliure des Grals, D'AGRICULTURV. 287 et prépare mieux le sol pour cela. La culture de ces graminées doit étre ré- servée pour les terres légères et noires des contrées basses, où le trèfle manque souvent, et qui conviennent particulièrement à ce genre de plantes. Mais los terrains de cette nature ont ordinairement déjà une si grande disposition à pro- duire des herbages, et la semence des graminées qui leur conviennent y est déjà si fort mulupliée, qu'on n'a guère besoin de recourir à les ensemencer artificiel- lement. La récolte des semences, ou le trop haut prix qu'elles coütent, er la difficulié qu'il y a à épandre d'une manière parfaitement uniforme des graines aussi légères, empéchent essentiellement que la culture des graminées destinées à étre fauchées, ne s'étende beaucoup. 7 1376. Nous avons parlé dans le temps de l'emploi des vesces, de la navette et du colza, du blé noir, du mais et de divers mélanges, soit pour en nourrir le bétail au vert, soit pour en faire du foin. er⸗ ⸗ rRINCIPESRAISONNES D'AGRICULTURE. 289 +NL₰₰ð q A—-õö— N nAqſ—ℳNͤͤ—ꝛͤℳnðsAäͤ₰Nͤℳ₰n˖ngdna— SECTION SIXIEMLE. AAGANnBAx L'ECONOMIE DU BETAIIL. § 1577. Souvs la dénomination d'economie du blail, nous comprenons, tant la multiplication et l'éducation des bestiaux, que, en général, tout ce qui se rapporte à leur entretien, lors mèême quw'il ne serait lié avec aucune multi- plication. Au premier volume de cet ouvrage, nous avons parlé des rapports néces- saires qui existent entre Téconomie du bétail et P'agriculture, et de leurs pro- portions réciproques. Ce sont de rares exceptions que les cas où ces rapports sont moins nécessaires, et oùu, par exemple, on peut se procurer, à prix d'argent, les engrais dont on a besoin, ou prendre du bétail étranger dans 'tablissement rusuque, moyennant une pension fixe, ou en cédant une cer- taine quantité de fourrage au propriétaire de ce bétail, à un prix convenu, sous condition de le faire consommer dans les bätimens rustiques méême, par un certain nombre de béôtes, et sous l'inspection du cédant. La dernière méthode est extrémement commode pour le cultivateur, et est usitée dans plusieurs contrées de PAngleierre, où l'on engraisse, dans les fermes, le bétail qu'on amène d'Ecosse; elle Pest également en Suisse, ou les bêtes à lait quittent, en automne, les päturages des Alpes, pour être hivernées dans les contrées basses- Ailleurs, c'est rarement le cas de suivre ce genre d'économie. La queston souvent agitée, laquelle des deux, de la culture des grains ou de Péconomie du bétail, procure le plus davantage, ou bien si Pon doit se livrer plus à une qu'à Pautre, ne saurait être décidée d'une manière générale. Le profit en argent qu'on reure de péconomie du bétail augmente ou diminue avec le bien-être des nations policées, parce que la consommation des produits ani- maux devient plus forte, à mesure que ce bien-tre a plus d'intensité. Cependant, une plus grande exportation d'un produit animal, occasionnée par la qualité re- connue de ce produit, peut également faire hausser le prix de eelui ci, c'est le cas, par exemple, du beurre dans le Holstein, et du fromage en Suisse. Quelque- fois une parüe du bétail, à laquelle, dans d'autres lieux, on m'attache que peu . I. IV. 37 ——————— „ 290 vRTINCIPES RAISONNES de prix, produit un si grand avantage, que les autres parties se trouvent à un en taux d'autant plus bas, par exemple, c'est aujourd'hui le cas chez nous pour les n pétes à laine, lesquelles, à cause du haut prix de leurs toisons, ont été multipliées— 2 1e8C—.— 1 re à tel point, que le marché est surchargé de viande de mouton; tandis que, es en Angleterre, on entretient les bétes à laine principalement pour en avoir 6 la chair.„ Dans nos circonstances,'économie du bétail elle-même donne rarement un 1 grand gain, si, d'ailleurs, nous lui imputons les ſourrages et le päturage au prix du marché. Mais, ordinairement, nous sommes satisfaits, lorsque ceux-ci nous sont payés convenablement par léconomie du bétail; et que, par les excrémens de celui-ci, notre paille est transformée en un engrais actf. De cette manière, une forte proportion de bétail entretenu avec plus de soins et mème à plus grands frais, donne toujours une rétribution suffisante; et, en général, on fait, presque partout, l'observation, que les entreprises rurales qui entretiennent une grande quantité de bétail, et qui lui fournissent une bonne nourriture„ donnent un produit total plus élevé, que celles qui n'ont que les bestiaux abso- lument nécessaires, et ne leur donnent qu'une chétive nourriture. 3. Le grand avantage de Pune ou de Pautre espèce de bétail, dépend, en parlie, des circonstances, soit de localité, soit de temps, en partie aussi de Pindustrie et de Pintelligence avec lesquelles on la traite. En général, chez nous, on peut, aujourd'hui, établir en principe que le bétail à cornes ne produit plus de grands avantages que sur les päturages bas et avec la nourriture à l'éuwble, et les bêtes à laine, au contraire, sur tous les pâturages élevés et secs, tant naturels qu'artificiels. 1 ECONOMIE DU BETAIL A CORNES. § 1578. Il west pas encore décidé si notre bœuf domestique a eu la mème origine que le taureau sauvage et le buffle. Comme, non- seulement ils s'accouplent ensemble, mais qu'encore leur progéniture conserve sa fécondité, il est pro- pable que notre bétail domesuque descend de celui qui mène la vie sauvage, et qwil ne doit son changement de forme qu'au genre de nourriture et aux soins que l'homme lui a consacrés. 4 § 1579. Mais, parmi notre bétail à cornes méème, nous remarquons une grande es nombreuse différence dans les races, différence qui se transmet de génération en m de chez doit Ve— ant igine plent t pro- vage;, à* ande ei DP'AGRIOCULTUR k. en genération. Ces changemens peuvent avoir été opérés par le climat et la ma- niere de vivre, cependant seulement très- insensiblement; puisque nous ne remarquons pas que l'une et l'autre de ces causes ait une influence prompte et essentielle sur le changement de la race, lorsqne, d'ailleurs, on la Gonserve dans sa pureté. Il est probable, que c'est le choix des individus destinés à la propagation, qui a le plus contribué à la reproduction d'une race disunguée et constante, et que, ensuite, le croisement a produit des variétés particulières. En Allemagne(sous cette dénomination je comprends les divers Empires et provinces, ouù la langue allemande prédomine dans ses divers dialectes) les races ont récemment té mélangées, les unes avec les autres, de iant de ma- nières, et, souvent, tellement sans but, qu'on ne reconnatt plus leurs caractères particuliers. Cependant on doit distinguer les 5 espèces suivantes: a La race des contrées basses. 1 b Celle ordinaire des hauteurs. c Celle des montagnes. Mais ces races, qui diffèérent assez les unes des autres, ont, elles-mémes, souvent été mélangées.* 5 1380. La race des contrées basses, qui se disungue par une peau et un poil plus fins„ par le volume de son corps, par des os plus forts, des cornes plus courtes, se trouve, dans diverses contrées, sous des noms divers; d'ailleurs, une variété se distingue aussi de l'autre par quelque particularité, surtout dans les contrées où Pon a donné une attention suivie à leur muluplicauion, et au choix des individus. Cette race ure probablement son origine des contrées premières cultivées du bas Rhin, de PElbe, du Weser, er des côtes de la mer Ballique. Il est vraisemblable que les Flamands, qui, pacifiques et industrieux, multiplièrent promptement, et s'établirent dans d'autres contrées basses, pour la culture desquelles on les employoit volontiers, y conduisirent cette espéce, et Ty conservèrent ou pure, ou plus ou moins mélangée avec la race du pays. La race des contrées basses est connue chez nous sous le nom de race de Frise; on l'appelle aussi, souvent, race dldenbourg ou de Bréme, parce qu'elle nous a 6té amenée par des marchands de béiail de ces pays-là, et qu'elle a, en partie, élé élevée dans ces contrées. La race que l'on rencontre dans les riches bas-fonds du Holstein et du Sleswig, se distingue en quelque chose de celle-là. Cest en- core plus le cas de celle qui Sesi formée dans les contrées basses des environs de Danzig et de Tilsitt; cependant elles sont fort rapprochées l'une de Pautre. En Angleterre, cette espèce est connue sous le nom de race d cornes courtes, 29² pRINOCIPES RAISONNES ou race de Holderness, edt Pon croit généralement, qwelle y a été amenée des Pays-Bas. Conire l'opinion, qui a 616 la plus commune jusqu'ici, je crois devoir y comprendre aussi les grandes races Suisses, dont nous avons des portraits si parfaits dans le 2. cahier des Deutschlands Rind Viehraceny par M. Mille, savoir, celles de Fribourg, et méme celle plus petite du Simmenthal, qui nm'appartient sůrement pas aux races primiuves des montagnes, quoique elle roͤussisse sur les riches päturages du pied des Alpes, en mème temps qu'elle gaccommode fort bien de la nourriture à Pétable. Cette race a derechef été Iques- unes des contrées les plus ferüles de l'Allemagne transplantée dans que méridionale et de la Franconie, surtout dans le Margraviat d'Anspach. Ces diverses espèces sout estimées comme bétes à lait, parce que, pourvu ante, ce sont elles qui donnent la plus qu'elles obtiennent une nourriture suffis élicates, et exigent, non-seulement grande quantité de lait. Mais elles sont d une nourriture abondante, mais encore des fo elles sont mal nourries, elles ne tardent pas à d produit, et refusent pientôt toute rente. Le croisement de cette grande race avec pautres, n'a pas toujours un bon succès, surtout dans les premières générations. Mais lorsque la propagation est ue Pon n'accouple pas des animaux trop hétérogènes, ent, une espèce qui, pour certaines localités urrages particulièrement bons; si égénérer, elles diminuent de opérée avec jugement, et q il peut se former, dans ce croisem particuliéres, ait une grande supé qualités, sans avoir conservé ses défauts. péce, il faut alors la perfecuonner par elle-même. Ceue race ne parait pas qualifiée pour le trait; car, quoiqu'elle prenne beaucoup de vigueur et de force, elle m'est pourtant pas assez dure et robuste nt trop à entretenir. C'est par le croisement, et on peut en obtenir des bètes de traits fortes et riorité sur la race primitive, et qui ait ses Lorsqu'on s'est procuré une telle es- pour cela; elle coùte égaleme avec le temps, seulement, qu en mèême temps robustes. Par Pengrais, ou peut la porter à un grand poids et à un grand embonpoint; mais il faut, pour cela, lui consacrer une abondance de fourrage très-nourrissant, et lorsqu'un animal de cette sorte est maigre, il faut une quanuité prodigieuse d'alimens pour Pengraisser de nouveau. § 1381. Les races indigènes, sont très-variées, soit dans le plat pays, soit sur les collines. Notre race Allemande, originairement d'un rouge brun, et à grandes cornes, reuse, selon qu'elle a été traitée. est demeurée plus ou moins grande et vigou C'est dans le Voigtlande qu'elle doit se trouver dans l'état le meilleur et le plus pur: mais dans la plupart des lieux oQ on la rencontre, elle a fort dégénéré, D'AGRIOCVUILTVRE. 293 7 pour avoir eu des päturages trop limités et avoir été traitée avec parcimonie. Au reste, elle pourrait étre, derechef, améliorée par elle-même, au moyen d'une meilleure nourriture, de soins plus assidus, et d'un choix des individus dont on urerait race. Elle ne donne jamais autant de lait que les races des contrées basses; mais, en moyenne, un lait plus gras, et, en proportion de ce qu'elle consomme, souvent un produit net Gquivalent. Sa dureté la rend très-propre à servir pour le trait. Com, dans diverses contrées, on donne des soins particuliers à élever des pœufs de ceite race, Ton en obtient des animaux grands et foris, qui ne semblent guères avoir une même origine que les vaches de la méême race, lesquelles, le plus souvent, sont tout-à-fait petites et rabougries. Dans d'autres contrées, la race du pays se disúngue beaucoup des autres. Une espèce qui est intéressante pour PAllemagne septentrionale, est le bétail du Jutland, qui se distingue autant pour le lait que pour P'engrais. Elle a un poil particulier, gris de souris ou fauve, souvent tacheté de blanc; cependant on trouve aussi des bétes de ceite race noires et grises; mais rarement d'un ronge brun, et là ouù j'ai rencontré cette dernière couleur, la forme me pa- raissait trahir une autre origine. Elle a les os petits, les jambes courtes, le corps long et profond, le devant proportionnément plus faible, le derrière plus large et plus fort, elle a une physionomie particuliére, des màchoires minces, une bouche alongée en pointe, la téte et le cou minces, une appa- rence féminine, qui se montre quelqueſois jusque dans les mäles, et qui s.' propagerait peut-êètre plus encore, si, ordinairement, on ne choisissait pas, pour taureaux, des individus d'une autre forme, dont les os soient plus bros, et la téte plus épaisse. Elle est vive et très-robuste, et elle se maintient mieur en lait et en chair, que Tautre bétail du pays, sur des päturages mauvais et peu abondans. Elle est particulièrement estimée pour l'engrais, parce que les fils de sa chair sont fins et savoureux, et parce que ses os et le reste de sa dépouille ont peu de poids à côté des parties utiles. Elle prend aussi facilement de la chair et de la graisse; celle-ci, cependant, pas si vite à l'extérieur que parmi la chair et les fibres des muscles, ouù la viande et la graisse sont si agréablement entremélées. Dans les lieux où l'on connait ceute chair, on en paiera volontiers quelque chose de plus, à poids égal. Lorsquelles sont bien nourries, les vaches, qui, au commencement du iemps ou elles donnaient du lait, paraissaient très- 294 PRINOCIPES RAISONNES maigres, s'engraissent à mesure que le lait diminue, de sorte que, à la fin de la période du lait, elles sont assez grasses pour la boucherie. Tel que nous l'obtenons ordinairement, le bétail de cette race est plus petit que celui de notre race moyenne allemande, soit à cause de la chélve nour- riture qu'il a ordinairement dans son pays, soit parce qu'on l'accouple trop iôt. Pai vu des génisses amenées de ce pays-là avant qm'elles portassent, et qui 6taient tombées dans un lieu ou elles étaient bien nourries, atteindre une grande longueur, quoique pas une hauteur bien considérable. Mais la progéniture des pbéites de ceite race, lorsqu'elle a été élevée avec une abondamte nourriture, peut devenir très-grande, et une vache de cette espèce, qui fut tuée d'abord après qu'on P'eüt laissée à goutte, c'est-à-dire qu'on cessa d'en exiger du lait, produisit 550 livres poids de boucherie(chair nette). Dans leur patrie, aussi, il est des animaux de ceitte race qui atteignent une longueur remarquable, sans cependant jamais être élevés, et qui donnent une quantité de lait, Gtonnante, mais elles ne sont pas dans le commerce. Peut-être n zest-il aucune race qui, dans les cir- constances ordinaires, mérite, autant que celle- là, que nous consacrions des soins à la perfectionner. § 1582. Parmi les races de momiagne ‚celle des Alpes Suisses ou du Hasli, est remarquable. M.“ Winte nous en a également donné un irès-beau dessin dans pPouvrage dom nous avons parlé. Elle m'est indigène que dans les régions des hautes moniagnes, cependant elle a été naturalisée ailleurs, et mème dans la basse Saxe, d'abord dans les contrées de Harz. Au reste, je ne me permettrai pas de décider si Pespèce qui a été ainsi transplantée, n'est pas la moins per- fectionnée de Schwytz, dont nous allons seulement recevoir le dessin dans l'ouvrage de Wite. La race du Hasli est petite, mais fine et bien bàtie, ses cornes ont une courbure unique inclinée en arrière, et elles derienfent tout- à- fait minees à leur extrémité; la l6te est étroite, et la bouche, au contraire, pro- portionnément large;; ges oreilles sortent de fortes touffes-de poil; le cou est eourt; les jambes, surtout à Pavant-bras, sont couries et très-minces, mais pourvues de nerfs et de muscles très-forts; le pied petit et parfaitement bien Pàti; la queue longue, atteignant presque jusqu'aux pieds, mais mince et pourvue, en bas, d'une forte touffe de poils. Cette race est longue, proportionnément à sa structure, la coufeur en est d'un beau brun noiràâtre, et plus foncée dans les parties inférieures du corps, avec une raie fauve, tirant plus ou moins sur le blanc, qui s'etend le long du cou et du dos, jusqu'au milieu de la queue. Les oreilles, la bouche et les jambes sont ordinairement de la même couleur; do tre de 4 9 deeni le wille vacte dans wer On sel pla conn heau eulari OT qudh que RauM äde pol 11 ka fon VoOya boud Qucn D'AGRICULTURE. 295 le plus souven Poœil est environné d'un anneau fauve; le pis de la vache est de la môme couleur et recouvert de poils. Quelquefois Panimal a aussi des taches blanches. Cette race a peu de disposition à prendre de la graisse, peut-ètre à cause de la vie gaie et, en quelque façon, pénible qu'elle mène dans les Alpes. Dans Pétable, j'ai vu les descendans de cette race devenir passablement gras. Proportionnément à sa taille et aux paàturages qu'elle broute, cette race donne un lait très-bon et très-gras; cependant, sur les Alpes aussi, il y a une trèés-grande différence d'individu à individu. Chez nous, j'ai vu les descendans de cette race, quelquefois fort vantés, d'autres fois fort déprisés à Pégard de la quantité de lait. Mais ici, je les ai toujours vus plus grands que M.“ Witte ne les décrit Gtre dans les Alpes. Le bétail du Tyrol se rapproche en quelque manière de celui-ci pour la taille, mais, en moyenne, il est plus grand, et d'une couleur rouge brun. On vante beaucoup son abondance en lait, qui, souvent, a engagé à l'introduire dans le plat pays, où les bèêtes venues du Tyrol même se maintiennent très- pien, quoique nourries à l'étable. Malgré les frais que leur transport occasionnait, on en a, dernièrement, transplanté jusque dans nos environs. Le bétail de Styrie, tout au moins ce que je connais sous ce nom, est assez semblable, dans ses formes et sa couleur, à celui du Hasli; cependant, il est plus grand. La couleur en est plus claire, et'épine du dos extraordinairement courbée, soit chez les vaches, soit chez les taureaux, qui, d'ailleurs, sont peaux à peindre. Javoue que je ne puis pas parfaitement détailler les parti- cularités de cette race, parce que je n'en ai vu que peu d'individus. § 1383. On voit encore souvent chez nous des bœufs de Podolie„ sur Porigine des- quels je n'ai point encore pu obtenir des renseignemens précis. IIs sont pres- que tous d'une belle couleur grise, rarement noire ou tachetée de blanc. IIs sont hauts sur jambes, pas extrémement longs, mais en revanche d'une largeur con- sidérable, surtout derrièére, à la croupe. On assure que cette race ne peut point étre employée comme béte à lait, parce que les vaches ne se laissent pas traire; en revanche les bœufs en sont particuliérement propres à l'engrais. Il faut que, vers automne, lorsqu'on nous amène ces bœufs, ils aient déjà fort augmenté sur les paâturages gras de l'Ukraine, puisque, malgré le long voyage qu'ils ont fait, une partie ne tarderait pas à étre assez grasse pour la boucherie. Une autre partie est amaigrie; mais elle se remet bientôt lors- qu'on Pattache à P'étable, et qu'on la nourrit aux pommes de terre et au foin; PRINCIPES RAISONNES accomplir son engraissement d'une manière 296 elle peut alors, en 10 ou 12 semaines, parfaite, et étre poussée à une pesanteur de 300 livres. Le bétail de Hongrie doit ressembler à celui-là pour la couleur, mais etre ‚Het avoir les jambes plus courtes. Le bétail de Podolie peut étre plus long il est tres-docile; cependant, dans le nombre, employé au irait; en général, il est quelques bœufs qui sont très-méchans et qu'on ne peut pas dompier. D'ailleurs il n'a pas paru très- robuste. On assure que le bétail de Hongrie est meilleur pour le travail, et plus vigoureux. § 1584. Ilse forme paärmi le bétail à cornes, soit par le méme race, soit par le croisement Sindividus de races différentes, des familles ables, et que l'on doit chercher choix des individus d'une qui ont des particularités plus ou moins désir à propager en elles-mêmes, quand elles répondent au but que l'on a en vue. Lorsque ces caractères sont devenus constans, on Péut alors envisager cette nouvelle espeèce comme formant une race disüncte. Il faut, cependant, pro- céder dans ce croisement avee circonspecuüon et attenlion. Comme c'est pour en ohtenir du lait que nous élevons la plus grande partie des besaux, ce qu'il y a de plus à désirer est une famille qui donne beaucoup de lait, et il faut »'efforcer d'en former une espèce fixe, en choisissant toujours les individus les plus distingués pour servir de noyau à la race, et en en nrant toujours les veaux maäles et femelles qu'on destine à la propagation de Vespèce. Pour ces premiers, la plupart des cultivateurs se laissent trop séduire à ne considérer qu'une cer- iaine beauté convemtionnelle des formes, qui, fréquemment, n'est pas méême la plus désirable. Lorsqu'on veut ſormer une espèce constante, il faut, dans le P Lorsqu or.,— commencement, accoupler des bêtes de la plus proche parenté, pourvu qu'elles soient sans défauts et qu'elles répondent au but qu'on se propose. Je me forme une race par le croisement de celles de Frise, de Suisse et du Juiland. PoOUR LA PROPAGATION DU BETAIL .3, 36 5 1585. b Il faut donner de grands soins au choix du taureau. Quant aux formes, on exige du taureau une tête courte et épaisse, un front large et crépé, des yeux noirs et vifs, des cornes courtes et foncées, des oreilles longues et bien placées; de grands naseaux, une bouche noire, un cou fort et charnu, une poitrine large et qui dépasse les jambes de devant, un corps étendu, des jambes courtes et en forme de colonnes, une queue longue et bien couverte de poil, es, On 6, des erbien u, une s jamnbès de pol, D'AGRICULTVURE. une démarche hardie, ei gaie. Un devant large donne beaucoup dans l'oœil à quelques personnes, moi jaime que le derrière de l'animal soit fort, pro- portionnément au devant, tant afin que le taureau puisse se dresser et se tenir debont, sans charger la vache quiil saillit, que parce que la force de la croupe parait favoriser une plus forte sécrétion du lait. Chez les taureaux, je préfère aussi une téte plus longue et plus fine, et un cou plus mince. Mais, surtout, je fais attention à ce qu'ils soient nés d'une vache très-distinguée par la quantité de son lait. Beaucoup de gens cherchent à élever des taureaux de très-grande iaille, en leur donnant une nourriture très-abondante. Selon moi les taureaux sont faci- lement de trop grande iaille, en sorte qu'il faut s'en débarrasser au moment ou ils atteignent leur plus grande force, parce qu'ils sont trop pesans pour les vaches*. On les emploie souvent, pour saillir, avant qu'ils aient achevé leur seconde année; par ce moyen on les maintient plus petits, mais aussi les affaiblit-on, dans leur constitution, à tel point, qu'ils ont perdu la faculté d'en- gendrer, déjà à leur sixieme année, époque à laquelle, seulement, ils devraient atteindre leur plus grande vigueur. § 1386. Les propriétés et les signes suivans sont envisagés comme caractérisant une bonne vache de race, comme devant faire espérer un bon produit en lait. La taille et le squelette ne doivent pas étre beaux de formes, celui-ci s'abaissant dès Tépine du dos, doit s'élargir en descendant, de sorte qu'il en résulte un ventre gros et comme pendant. Le corps, dans son ensemble, doit avoir plus la forme d'un œuf que celle d'une boule; la croupe doit étre aussi large que possible, et le devant de l'animal être étroit, proportionnément à cette croupe. Les os, et en particulier les jambes, ainsi que la téte, doivent étre minces; le cou de méme. La physionomie doit être féminine, douce et cependant vive. L'animal doit étre de bonne humeur et bon, mais hardi. Le pis doit étre pendant derriere, entre les jambes; il doit étre grand, pas charnu, mais au contraire mince, mol et montrer de grosses veines à lait. Un creux très-sensible sous le ventre et dans lequel on puisse cacher le pouce, est envisagé, par bien des gens, comme le signe certain d'une vache abondante en lait; cependant ce signe m'a paru plus trompeur que tous les autres. On envisage aussi une queue longue, * Les taureaux de trop grande taille ont un autre inconvénient, celui de procréer des veaux d'une grandeur disproportionnée aux organes de la vache qui les porte, circonstance qui occastonne de fréquens avortemens. Trad. T. IV. PRINCIPES RAISONNES me une bonne marque. Mais il importe, mince et qui descend jusqu'à terre, com ante en lait, saine et d'une surtout, que la vache provienne d'une mère abond bonne espèce. Pai vu plusieurs vaches abondantes en lait avoir les jambes rap- pour la beauté, on n'aime pas qu'elles soient prochées vers le jarret, quoique, iennent à ce que l'extrémité postérieure ainsi conformées. Quelques personnes ti de la cuisse forme un angle droit avec l'os de la hanche qui avance auprès de la queue. Au surplus la cuisse ne doit pas ètre épaisse- § 1397. Si Pon veut Glever du gros bétail, il faut choisir des mères grandes et qui rue; car la grosseur et Pétendue du corps s'ihéritent décidément aient achevé leur c e. Je suis, en conséquence, absolument de Popinion plus de la mère qye du pèr des Suisses, qui cherchent à maimtenir leurs taureaux peuts, à tel point que, souvent, le taureau est le plus peut animal de tout le troupeau. § 1388. Un taureau pourrait servir 70 à 80 vaches, si le temps du rut de celles-ci Gtait divisé, dans toute l'année, en espaces à peu près égaux. Mais comme cela west pas, on ne doit calculer que 25, 50 ou Ao vaches par chaque taureau, selon que ces premières entrent en chaleur plus parüculièrement à une mèême époque, ou dans des saisons différentes. Outre cela, un taureau pourrait facilement èétre atteint par quelque maladie qui le rendrait impropre pour saillir, et Pon pourrait, ainsi, se trouver dans un grand embarras. Aussi, sur un nombre de 40 vaches, entretient-on ordinairement deux taureaux, un jeune qui soit dans sa 3* année, et un plus àgé qui soit à sa 5. ou 6.“, afin de pouvoir faire saillir les vaches plus faibles et plus jeunes par le premier, parce que le plus à8é est déjà trop lourd pour elles. § 1389. Lorsqu'on veut augmenier la taille de la race que Pon possède, il faut, sans contredit, laisser les génisses atteindre l'äge de 5 ans, environ, avant de les laisser saillir, et cela mème est toujours nécessaire lorsque le jeune bétail n'obtient qu'une nourriture ou un paâturage peu abondant et de mauvaise qua- lité, et que Pon veut empécher que l'espèce ne dégénère toujours plus. Mais si le jeune bétail a été nourri richement et bien entretenu dès sa naissance, Pon peut, sans hésiter, le laisser accoupler lorsqu'il approche Page de 2 ans, et je tiens pour convenable de le faire, toutes les fois que les jeunes bètes en- trent fortement et fréquemment en chaleur; parce que, sans cela, ou les bèôtes maigriraient et ne croitraient également pas, ou, en continuant à étre bien nourries, elles Sengraisseraient et ne prendraient alors plus le taureau. Dans des SAd étall qua- Mais noe, ans, s en⸗ bètes bien D5 Oes pD'AGRICUILTVURE. contrées où, q'ailleurs, on donne beaucoup de soin à l'économie du bétail, dans les contrées basses du Holstein et de Bréme, on abandonne la génération absolument à la nature, tous les bestiaux se rencontrant ensemble sur le même paturage. Là, il n'est pas rare qu'une génisse fasse le veau à 2 ans, sans que, pour cela, on craigne une dégénération de l'espèce, seulement on a la précau- Uon de ne pas traire pendant long-iemps la génisse ainsi précoce. Il m'est mème arrivé qu'une bête de 18 mois accoucha d'un veau, après avoir été saillie par un taureau qui n'était pas plus àgé qu'elle; ce veau est demeuré pett, cependant il est devenu une bonne vache à lait. § 1590. Le bétail à cornes entre en chaleur dans toutes les saisons, le moment en est déterminé par celui de Paccouchement. Lorsque les bétes sont très-bien nourries, quelquefois le désir de Paccouplement se fait sentir déjà au 20.“ jour; mais or- dinairement on laisse passer celui-là, soit afin de ne pas trop éprouver la vache, soit parce qu'on n'aime pas à accélérer l'époque de'accouchement. Si la vache entre une seconde fois en chaleur vers le 40.“ ou 60.“ jour après l'accouchement, il ne faut pas laisser passer ce moment; parce que, sans cela, elle ne rede- manderait peut-étre plus le taureau. C'est surtout chez le béiail que l'on tient à Pétable, qu'il importe de veiller aux signes du désir d'accouplement. Ces signes sont, Pinquiétude, un air égaré dans les yeux et la figure, des cris et des mugissemens extraordinaires, le gonflement des parties de la génération, qui paraissent couvertes d'une sorte de viscosité, de la disposition à sauter sur les autres vaches, la cessalion, ou du moins la suspension de la sécrétion du lait. Les servantes de vacherie, doivent soigneusement veiller à ce signe, chez les vaches qui ne sortent pas de l'étable. Lorsque le désir de Paccouplement n'a pas lieu, cela est du ou à une faiblesse de Panimal, ou, lorsqu'il a été très-bien nourri, à un excès d'embonpoint. Dans le premier cas, il faut améliorer la nourriture, et c'est bien de cette manière qu'opèrent ces moyens spécifiques vantés, tels que Tavoine ròôue avec du sel, les lentilles, le chenevis pilé, eto. II faut aussi donner à poire à la vache qui est dans ce cas, du lait d'une vache qui vient d'étre en chaleur. Mais si une graisse excessive parait occasionner le mal, il faut faire prendre à la vache plus de mouvement. Quelques cultivateurs ont rendu la fécondité à leurs vaches, en les attelant à la charrue. 8i Pon a observé le moment od la vache est entrée en chaleur, L'époque la plus favorable à Paccouplement est 12 ou 24 heures après; plus tard, la fécom dauon peut facilement ne pas s'accomplir.— 300 PRINCIPES RAISéONNES § 1391. L'on peut envisager comme un signe de grossesse que, 5 semaines après raccouplement, la vache ne donne pas de nouveaux signes de chaleur. Cepen- dant si, mème à cette époque, la vache manifeste de nouveau le désir de Paccouplement, ce m'est point un signe certain qu'elle m'ait pas été fécondée. Le renflement du ventre est fort trompeur; mais, au bout de 20 semaines, il est très-sensible, et Pon peut, alors, souvent sentir le veau au flanc droit de la vache, ce qui ensuite n'a plus lieu. La grossesse dure ordinairement 285 jours, ou 40 semaines et 5 jours. Des vaches fortes et saines vont quelquefois huit jours au-delà; o celles qui por- tent pour la première fois, en revanche, autant de moins. Dorsqus les vaches sont avancées dans leur grossesse il faut, surtout lorsqu'on les tient à l'étable, ne les laisser sortir que pour aller à Pabreuvoir, faire attemion à ce qu'elles ne soient pas heurtées par d'autres, ou comprimées, lorsqu'elles sortent de l'étable ou qu'elles y rentrent. On attribue les avortemens ou accouchemens anticipés à diverses causes. Tout fourrage de mauvaise qualité ou qui a contracté un mauvais goùt, peut, sans aucun doute, opérer un iel effet. Quant à certains fourrages tels que la paille du blé noir, les feuilles de chou gelées ‚les feuilles de céleri, il ne me paratt pas démontré qu'elles puissent produire ces accidens; les opinions qui le prétendent me semblem reposer sur des préjugés. La non conception, ainsi que les accouchemens malheureux, sont, chez les animaux comme chez'espèce humaine, souvent épidémiques, et doivent avoir leur cause dans un certain état de Patmosphère, puisque, quelquefois, il en survient un grand nombre dans une contrée, sans qu'on puisse leur assigner aucune autre cause d'une influence générale. 8 Rien n'est plus mal fondé que l'opinion de ceux, qui, surtout chez les vaches dont Paccouchement a été laborieux, prétendent faciliter la naissance du veau, en faisant souffrir cette vache de la faim durant les dernières semaines de leur gros- sesse, afin que leur veau devienne moins grand. Ce ne sont pas les parties charnues et molles, qui peuvent rendre Paccouchement plus difficile, mais l'en- semble des os, et ceux-ci ont été formés dcjaà auparavant. En nourrissant mal la vache, on lui éte ces forces qui lui sont si nécessaires dans l'accouchement, et Pon diminue la quantité du lait. Tout au contraire, il convient très-fort de donner à la vache, lorsqu'elle approche de Pépoque ouù elle doit mettre bas, une nourriture succulente, d'une digestion facile, et dont le volume soit petit; ainsi, par exemple, une boßsson ou soupe faite aveo des grains égrugés, des gâteaux D'AGRICVUILTVUR E. 301 de graines à huile, ou du levain de seigle dissous dans Peau; quelques cultvateurs recommandent beaucoup pour cela les lenlilles cuites. Les boissons de ce genre facilitent surtout la sécrétion du lait, en stimulant les vaisseaux laiteux; elles sont aiusi fort uules, tant à'époque de l'accouchement, que dans les premiers jours qui le suivent, et d'autant plus que, au moyen de cela, on peut donner aux vaches une moindre quantité de ces fourrages qui sont durs et qui gonflent. § 1392. Les signes qui indiquent que Paccouchement approche, sont les suivans. La teune gonfle et contient du lait, les parties de la génération s'enflent, il se forme, en haut des deux vertebres de la queue, deux petits creux, qui de- viennent toujours plus profonds, et qui, lorsqu'on les touche, cèdent sous les doigts; la vache devient inquiète, tantôt elle se couche, tantôt elle se relève, elle regarde souvent contre son derrière, et mugit dans ces entrefaites. On doit alors lui donner une plus forte litiére, afin que le veau ne souffre pas, et on ne la perd, en quelque façon, pas de vue; d'ailleurs on abandonne tout à la na- ture. Des vaches accouchent debout, d'autres, au contraire, font leur veau étant couchées. Les pieds de devant, sur lesquels la téôte repose, se montrent les premiers, et tout le corps suit bientèt, poussé par les efforts de la mère; cependant ce m'est pas, comme chez plusieurs autres animaux, la téte, mais surtout la poi- trine, qui a le plus de difficulté à passer. Le cordon ombilical se rompt de lui-même; si cela n'a pas lieu, on peut le nouer à un bon pouce du ventre, et le couper un pouce plus bas. Si le veau doit teter sa mère, on le lui présente de manière qu'elle puisse le lécher; si, au contraire, il doit èêtre habitué à boire le lait, on l'emporte tout de suite, et le met à la place qui lui est destinée. L'arrière-faix, et la vessie pleine d'eau dans laquelle le veau était renſermé dans le corps de sa mêre, s'en vont, le plus souvent, d'eux-mémes, et l'on m'a, pour cela, autre chose à faire que de donner à la vache une nourriture succu- lente, de la farine méêlée dans sa boisson, etc. Quelquefois Paccouchement éprouve des difficultés, parce que le veau se trouve mal placé dans la matrice; alors en aidant, avec réflexion et adresse, on peut comribuer infiniment à remédier au mal. Avant tout, en pareil cas, il faut se faire une juste idée de la position dans laquelle devrait étre le veau, ei de sa déviation effective; en introduisant doucememt la main dans la matrice, on peut, non-seulement Sassurer de cette déviation, mais encore, le plus 3⁰2 PRINOIPES RAISONNWS souvent, y remédier, en détournant le veau. La résistance provient ordinai- rement de ce qu'une des jambes de devant est mal placée, ou d'une fausse por sition du corps, qui fait que ce n'est pas le museau, mais P'oreille ou le front qui se présentent les premiers. Ici il faut tout aussi peu recourir à la force, que pour faire passer quelque chose dans le gosier; toute traction violente peut de- venir mortelle, tandis que la nature aurait aidé, si on lui en eùt laissé le temps. Il ne faui donner que le secours de limtelligence, toute aide mal-entendue est infiniment nuisible, et n'est que trop souvent mortelle; je l'ai moiĩ mème éprouvé- Du reste, comme l'enseignement de l'art des accouchemens ne peut pas trouver place ici, je le passe sous silence, en donnant à tous les culuüvateurs qui portent quelque aitention à leur bétail, le conseil de saisir toutes les occasions de se faire instruire sur cette matière, d'auiant que, à la plaine, rarement on a à sa portée les secours d'habiles vétérinaires. Du reste que, jusque-là, on aban- donne plutét tout à la nature et au hasard, parce que, sans cela, on pourrait plus souvent tuer la vache et son veau que la sauver. 1§ 1595. Il y a deux manières différentes de nourrir et clever le veau; durant la pre- mière période de sa vie. a) Le faire teter. b) Lui faire boire le lait. Lorsqu'on adopte la première méêthode, on y accoutume la mère et le veau d'abord après la naissance de celui-ci, en le faisant lécher à sa mère. On l'ameène donc, aussitét qu'il peut se soutenir, auprès du pis de la vache, et, à l'instant, l commence à teter. Le premier lait a une propriété purgative, mais loin que cela soit nuisible, il est au contraire bienfaisant, en ce quul éveille Lirrita- pilité des intesuns, et en entraine les excrémens visqueux qu'ils ont apportés de la matrice de la mère, excrémens qui pourraient ètre nuisibles au veau, s'ils demeuraient plus long-temps dans ses intestins. Maintenant il ya encore deux méthodes différentes; l'une consiste à laisser le veau auprès de sa mère; P'autre, à le conduire auprès de celle-ci toutes les fois qu'il doit teter. La première est la plus commode, mais elle présente cet inconvénient, que le veau est presque ioujours à jouer avec le pis, et que, ou il suce trop la mère et Péprouve, en même temps que lui-méme se surcharge de nourriture; ou qu'il ne tete pas assez, et, ainsi, donne lieu à des dépòis de lait; outre cela, le veau court fréquemment le risque d'etre écrasé par sa mère, ou par une vache voisine. L'autre méthode, qui consiste à conduire, à des heures réglées, d'abord 4 ou 5 fois par jour, ensuite seulement 5, le veau ᷣ rge re, D'AGRICULTVURE. 303 auprès de sa mère, pour le faire teter, en ayant, chaque fois, le soin d'observer si le veau w'a rien laissé, afin de traire le surplus sil y en a; cette méthode, dis- je, est plus pénible, elle demande une attention soutenue, pour qu'aucun veau, s'il y en a plusieurs, ne soit oublié; en revanche elle est plus süre, et favorise davantage et la santé du veau, et l'abondance de lait de la vache, pour le moment oOù Pon aura sevré. Au bout de 3 semaines, souvent le lait ne suffit pas pour nourrir compléte- ment le veau. On donne alors, à celui-ci, une boisson faite avec des gâteaux à huile, de la grossière farine, de la recoupe ou du blé égrugé, des pommes de terre broyées avec de l'eau tiéde, ou une infusion de foin avec un peu de lait, dont on laisse le veau boire, autant qu'il veut, dans Pintervalle des repas qu'il fait au pis de sa mère; on donne ensuite à celle-ci la parie de cette boisson que le veau n'a pas consommée. De cette manière on habitue, peu-à-peu, le veau à cette boisson, on ne le fait teter que deux fois, et P'on trait la vache une fois, afin de y accoutumer. On commence aussi à présenter au veau un peu de trèés-bon foin, qu'il apprend bienlôt à manger. On laisse ainsi teter, pendant 5 ou 6 semaines, des veaux que l'on veut élever avec soin. Lorsqu'on veut tout-à-fait sevrer le veau, on l'éloigne autant que l'on peut de sa mèêre, afin qu'ils ne se troublent pas réeiproquement par leurs cris, ma- nière en laquelle ils donnent à connattre P'ardent désir qu'ils ont de se rejoindre, et afin qu'ils s'oublient aussitôt que cela est possible. II faut, à l'aide d'une bonne nourriture, empéêcher que le veau ne diminue trop d'embonpoint, et la vache de lait, ce qui a toujours plus ou moins lieu, à cause du chagrin que lune et Pautre de ces bétes éprouvent. En même itemps que, par-là, on favorise la sécrétion du lait, on fait que la vache se laisse traire plus facilement, et qu'elle ne retient pas son lait par caprice. § 1594. Si le veau doit boire le lait, et non teter, il ne faut pas lui laisser toucher sa mère, mais, au contraire, Pemmener d'abord d'auprès d'elle. Je ne puis pas être de Popinion de ceux qui font teter le veau les 5 ou 4 premiers jours, Puis Taccoutument à boire. Le veau apprend aussi facilement à boire qu'à teter. Pourvu que, les pre- mières fois, on lui introduise dans la bouche le doigt mouillé de lait, et qu'on plonge ensuite le museau dans le lait, il apprend bientòt à boire tout seul, et je ne sais aucun cas ouù cela ait présenté des difficultés. On donne sans con- tredit au veau le premier lait de la mère, tel qu'il vient, ou bien éclairci avec un peu d'eau tiéde, et, dans les premiers 8 jours, on s'en tient volontiers exclu- PRINCIPES nAISONNES sivement, au lait de la mère. Dans la suite, on donne au veau le lait 6 qu'il vient; soit chaud et tel qu'il sort du pis des vaches, soit réchauffé avec un peu d'eau bouillante. Il fant bien user de quelque soin dans cette mauière de nourrir les veaux; cependant toute pédanterie est superflue. Seulement, il faut garder une juste mesure, afin que les veaux ne prennent pas de la nourriture au-delà de la quantité convenable„ou qu'ils ne souffrent pas du défaut de nourriture. Les veaux de différens àges doivent, en consé- quence, être séparés, et le lait leur étre mesuré. Dans la première semaine 4 livres par jour leur suffit; la deuxiéme, on leur en donne 8 livres; la troi- sième 12; cependant en augmentant graduellement. Cette quantité leur est donnée en 5 poruons. La quatrième semaine on ne leur donne pas davantage, mais on leur ajoute déjà la boisson, comme aux veaux qui tetent. La cinquième se- maine on leur donne du lait écrémé, non caillé, et ils commencent alors à manger un peu de foin, avec des pommes de terre, des betteraves ou racines d'abon- dance, eic. eopenndemt, celles-ci, seulement par petites portions, qu'on leur donne dans la créche hachées menues. La sizième semaine on leur en donne une plus grande quantité, et la septiéme semaine, ils peuvent se passer du lait et de la boisson; cependant„ si on le peut, on leur donne encore du lait écrémé, soit doux, soit aigri. Dès ce moment-là, je leur fais donner le méème fourrage qu'aux vaches; aussi long-temps qu'ils sont à la nourriture q'hiver, ordinai- rement des pommes de terre brutes et du foin, après cela du fourrage vert de touies les espèces. Lorsqu'ils ont 10 ou 12 semaines, on les met au paàtu- rage, en séparant pourtant les veaux chätres qui, le plus souvent, restent à Pétable. hoi Je sais que plusieurs personnes sont contraires à la nourriture au vert et au n päturage, craignent qu'il n'en résulte de gros corps et une faiblesse dans les dl .. 3 24,. organes de la digesuon, et que, en conséquence, jusqu'd l'age de 9 mois, ces personnes ne donnent aux veaux que du foin bien fin et du grain; mais je n'ai 1 jamais observé le plus petit désavantage de la nourriture au vert, au contraire, mes veaux sont tous demeurés trés-sains. Cependant, il n'y a pas d'avantage à 1 1 objecter contre la méthode de la nourriture au sec, si, d'ailleurs, on a les four- 6 rages convenables.— 3481 Quanmt aur grains, je n'en donne à mes veaux qu'autant qu'ils sont à très-bas 1 prix, comme ce fut le cas dans le printemps de 1811. § 1595. Les raisons qw'on allègue pour faire teter les veaux au lieu de leur faire 12 boice le lait, ne me paraissent point valables; on dit-: alre D' AGRICULTVURL. 305 a) Qu'il est naturel de laisser téter les veaux, et qu'il ne V'est pas de leur faire boire le lait. Mais nos vaches ne sont pas dans leur état de nature, et le but pour lequel nous les tenons, mest pas le naturel. La nature n'a donné le lait aux vaches que pour en nourrir leurs veaux; or nous ne voulons leur laisser de ce lait que le moins qu'il nous est possible, parce que nous désirons Pemployer ailleurs. b) Que l'on ne peut pas traire la vache aussi complétement que le veau la téte. Une servante vachoere trait la dernière goutte de lait qui est contenue dans le pis de la vache et dans ses 4 trayons, mieux que le veau ne le fait ordi- nairement. Celui-ci, ou ne téte que lorsqu'il est altéré, et ne suce pas tout le lait qui est dans le pis, ou bien il joue avec la mamelle, et ne tire que, de temps en temps, quelque gorgées, en laissant en arrière le lait le plus épais- Souvenr il ne shabitue qu'à une partie des trayons, à ceux d'un côté, et alors les autres perdent leur lait et se sèchent. c) Que Pusage de nourrir les veaux en leur faisant boire le lait, réussit fort mal dans les grandes vacheries, parce qu'on ne peut pas donner à cette mé- whode les soins et l'attention qu'elle demande: qu'ainsi cela ne peut réussir que Jà oùð Pon n'a qu'un petit nombre de bôtes. Cela est contraire à Pexpérience. Lorsque les veaux sont classés en plusieurs divisions, selon leurs àges, et, nourris en conséquence, on peut observer en cela Pordre le plus parfait; et, tout au contraire, lorsque les veaux doivent étre conduits à leur mère chaque fois, on peut bien plus facilement en oublier un. D'ailleurs, il faut plus de temps pour conduire les veaux, que pour les faire boire. Si Pon veut, également, faire téter les veaux à Pépoque ou les vaches vont au paäturage, il famn alors tenir des meères à l'étable, et leur donner une nourriture diflérente de celle qu'on donne aux autres. Oautre cela, lorsque les veaux boivent le lait au lieu de téter, ils demeurent tranquilles dans l'étable qui leur a 6té consacrée, on ne les chagrine et ne les blesse pas en les conduisant à la mèêre et en les ramenant. Le lait qu'on dis- tribue aux veaux en portions toujours réglées, selon leur âge, leur profite davantage que s'ils en suçoient tantéôt plus, tantét moins. Les veaux ne peuvent pas s'attirer d'indigestion par un escès de nourriture, aussi T'expérience démontre-t elle que les veaux qu'on nourrit de cette manière prennent bien moins la diarrhée que les veaux qui tétent. On peut proportionner la quamité de lait à la force et à l'appétit de chaque veau, tandis qu'un veau nourri au pis de sa mère, ou ne peut pas consommer tout son lait, ou m'en a pas en suffisance. T. IV. 8 39 3⁰6 PRINOIPES RAISONNES Le principal mouff pour préférer la mélhode de faire boire est, que les veaux s'accoutument plus facilement et, peu-à-peu, à se passer de lait, et qu'ils s'ac- couinment insensiblement à un lait de moindre qualité et à une autre nourriture. Ilrésulte de là que, au sevrage, P'on n'apercoit point chez les veaux qui ont bu leur lait, cet amaigrissement que l'on remarque dans les veaux qui ont tété. On épargue entièrement ces regrets de la vache et du veau, qu'ils expriment par ces longs mugissemens. La vache est habituée à sa destination, à ôtre traite, et cela lui donne, dès le commencement, une agréable sensation, ce qui fait qu'elle laisse volontiers couler son lait à la femme qui la trait. Enfin, comme l'on peut plutòt passer au lait écrémé, il y a, le plus souvent, de l'épargne. L'unique cas où, peut-étre, il convienne mieux de faire téter, c'est celui où la vache allaite son premier vean; parce dquèe, par ce moyen, les vaisseaux laiteux de la vache peuvent étre mieux ouverts- § 1596. Lorsqu'on suit la méthode de faire boire, il faut observer Jes procédés suivans. C'est durant les premiers jours, seulement, quw'on donne au veau le lait de sa mère; dans la suite il suffit d'avoir soin de donner aux jeunes veaux le lait des vaches qui Pont le plus récent; si les veaux ont atteint äge de trois semaines, on peut leur donner quelque lait que ce soit, pourvu qujil soit sain. Dans les huit premiers jours, on leur donne volontiers le lait dans sa chaleur naturelle, et, lorsqu'il est refroidi, on rétablit cette chaleur en versant dans ce lait un peu d'eau pouillante. Dans la suite on peut donner le lait plus frais, et méême tout-à-fait refroidi. Soit que les veaux soient nourris de Pune de ces manières, soit qu'ils le soient de Pautre, il faut faire une grande attention à ce qu'ils ne prennent pas la diarrhée, et, sils la prennent en effet, y remédier deès les premiers momens. Le meilleur moyen que m'ait indiqué mon expérience est un extrait de rha- barbe fait avec de la bonne eau-de-vie. Sur une once de rhubarbe on mel demi-livre d'eau-de-vie, et on les laisse, pendant vingt-quatre heures, exposés à une chaleur douce; pendant cet intervalle on secoue souvent. On ure ensuite cette teinture, au clair, et l'on en donne au veau malade, chaque jour deux fois, plein une cuillère à bouche. Ordinairement le mal cesse aussitét que le veau a avalé quelques cuillerées; si cela n'est pas, on joindra, à chaque cuillerée, cinc gouttes de teinture d'opium. II faut, alors, étre plus circonspect en faisant poire le veau, et même ne pas le faire boire, sil m'y ast pas disposé, jusqu'à ce qwil ait repris de l'appétit. Quelques personnes font Péloge d'une boisson faite avec des lenulles ou des glands, grillés à la manière du café. ir DAGRICULTVUR E. 507 7 1597. Lorsque le veau a été nourri richement la première année, on peut, à la seconde, lui donner une nourriture beaneoup plus économique et un pàturage moins abondant, cependant tels, que le veau ne maigrisse et ne dépérisse pas. A la troisième année il peut, pendant l'hiver, étre entretenu avec de la bonne paille bachée, avec laquelle on mèêle un peu de ſoin. Lorsqu'une génisse a pris le veau, il faut alors lui donner du meilleur fourrage, et lui donner une nourriture plus abondante et meilleure, à mesure qu'elle s'approche du. terme de sa grossesse. § 1398. Plusieurs personnes ne uennent pas pour avamageux d'élever du Pétail, et calculent à un taux si haut les frais qu'il en coũte pour élever soi-même une vache, que L'on pourrait se procurer du bon bétail à beaucoup meilleur marché. Plusieurs exploitations rurales sont môme disposées de manière, qu'on n'y élèéve du tout point de jeune bétail; c'est le cas, par exemple, lorsqu'on y prend les vaches à lonage, une à une. Hors de cela il me paratt que la sůreté et'uni- formité de la race que l'on peut obtenir en élevani soi-méême, ont de si grands avantages, que je recommanderais de le faire, alors méême qu'il en coüterait effeciivement plus. Au reste ceci ne me paratt pas étre le cas, dans les cir- constances ordinaires, et lorsqu'on ne trouve pas à vendre le lait frais et à de hauts prix. Lorsqu'on sait ce qu'une vache produit annuellement de rente, on fait son compte de cette manièére: durant les deux premières années le jeune bétail coüte, au plus, la moitié de la nourriture d'une vache, et la troisième année, à compier itrès-largement, autant qu'une vache, ainsi, en tout, Péquivalent du produit de deux vaches pendant un an; et Pon trouvera rarement à acheter une jeune vache sans tare, au-dessous de ce prix. Les avantages d'une bôte accoutumée à un certain traite ment et à un certain paàturage sont reconnus, et d'autant plus réels, que le pàturage est de mauvaise qualité. § 2599. Lorsqu'on ne veut pas clever les veaux, on cherche às'en débarrasser aussitét que cela est possible, afin de pouvoir jouir du lait. L'engraissement des veaux ne peut présenter des avantages que dans quel- ques circonstances particulières, et là où l'on recherche de bons veaux pour de très-grandes villes dans lesquelles on les paie à un haut prix, et lorsque, d'ai leurs, malgré le voisinage de ces grandes villes, on ne peut pas nrer un meil- leur parli du lait, soit en le vendant tel quiil est, soit en le réduisant en beurre et fromage, soit, enfin, en lui donnant quelqu'autre emploi. 7. 30o8 pRTINCIPERS RAISONNES L'engraissement des veaux a lieu: a) Ou simplement avec du lait. Cest ioujours ce qui donne la chair la meil- leure et la plus blanche, et c'est aussi le moyen qui est le plus à portée du cultivateur. Pour les veaux qu'on destine à Pengrais, la méthode de faire téter aà moins d'nconvéniens, parce qu'on vend le veau au moment oùð on le seèvre. Mais lorsqu'on entreprend Pengraissement des veaux en grand, il faut alors conduire ces veaux aux mères ou nourrices, à des heures réglées. Il faut habi- tuer une partie des vaches, à se laisser téter par des veaux autres que les leurs, et Pon en trouve qui le permettent sans diffienlté. Celles-là peuvent, durant tout le temps où elles ont du lait, être employées comme nourrices, et, au moyen Gune nourriture abondante, être portées à un plus grand produit. Mais, de cette manière, elles deviennent, quelquefois, tout-à-fait impropres à ôtre traites. Lorsque les veaux d'engrais ont atteint de huit à douze semaines, le lait de leur mère ne leur sufßt souvent plus pour les amener à un état de graisse complet, alors on a recours aux nourrices comme supplément. 5) Ou avec de P'autre nourriture, qu'on donne aux veaux d'abord comme supplément au lait, et ensuite seule. Dans ce cas, on leur prépare toutes sortes de breuvages, avec de la graine de lin, des gàteaux de lin, du gruau d'avoine, des pommes de ierre et des raves cuites, des œufs, quelquefois aussi avec du pain blanc vieux qui est resté invendu chez les boulangers et qu'ils cédent à bas prix; d'ailleurs on donne ces Dreuvages aux veaux avec du lait ou sans mélange. Dans plusieurs contrées du plat pays, et même dans les villes, il y a des gens qui font métier de Pengraissement des veaux, et qui en achètent de lout-à-fait jeunes dans ce but. Pour le cultivateur, cette manière d'engraisser les veaux ne peut éèire qu'un accessoire, 6 1400. Chez les bôtes à cornes, les dents sont un indice de Pàge beaucoup moins sůr que chez les chevaux et les bôtes à laine. Le plus souvent, des huit dents zucisives de la mächoire inférieure que le veau apporte avec lui en naissant, ou qui, du moins, lui poussent d'abord après, il perd les deux du milieu entre le douzième et le dix-huitième mois, et ces deux dents sont aussitét remplacées par deux plus larges. Après la seconde année les deux voisines changent de méême, et ainsi de suite, chaque année une fois. Si les veaux reçoivent une très-bonne nourriture, ce changement s'avance; dans le cas contraire, il est retardé, et en général la nature observe moins régulièrement les périodes dans le bétail à cornes; ce qui fait que, dans la jeunesse des bêtes de ce genre, ce signe est extrémement trompeur. 2 PAGRICUITVUR H. 5 9 Il est plus ordinaire de prendre les anneaux des cornes pour signe de l'äge, mais ce signe n'est également pas assuré. Chez les boœufs., Panneau inférieur, celui qui est le plus voisin de la racine des cornes, se remarque à la cinquième année; chez les vaches, au contraire, c'est la première fois qu'elles ont fait le veau, et, alors, chaque année il se forme un nouvel anneau, en forme de bourrelet, qui chasse le précédent. Au reste les jeunes béôtes ne perdent jamais leurs cornes pour en prendre de nouvelles, quoique cela ait été dit dans un nouveau manuel de léconomie du bétail. On prétend avoir remarqué que les vaches ne mettent pas un anneau distinct, si elles n'ont pas porté pendant P'année, mais qu'alors Pespace qui sépare les anneaux est d'autant plus grand. Lorsqu'elles ont avorté, l'anneau doit étre moins disünct. Il m'a paru en effet que, dans plusieurs cas, il en était ainsi, mais non que cela ne fut pas soumis à des exceptions. Cependant il est certain qu'une disposition des anneaux ré- gulière est le signe qui caractérise une bôte qui a toujours été bien portante, et que, chez un animal qui a été maladif, les anneaux varient de distance et de force. Chez les bêtes àées, les anneaux ne sont pas très-distincts, ils peuvent à peine èetre comptés. Les cornes qui, d'abord, étaient plus fortes à la racine, et allaient en s'amincissant contre le haut, sont, dès la neuvième ou dixième année, plus minces vers le bas qu'en haut. D'autres signes d'un àäge plus avancé sont, Penfoncement de la cavité qui est au-dessus des yeux, Penfoncement du derriere, des onglons plus larges, et des poils blancs autour des yeux; cepen- dant ceux-ci peuvent aussi étre une parucularité de Panimal. NOURRITURE DU BETAIL A CORNES. § 1401. Elle se distngue en nourriture d'hiver et en nourriture d'été; nous parlerons d'abord de la première. Celle-ci se compose, ordinairement, de fourrages secs, de foin et de paille. La proportion dans laquelle on donne ces deux espèces de fourrages, varie infiniment, et dépend des circonstances et des moyens de chaque exploitation rurale. Quelquefois on nourrit le bétail pendant tout l'hiver avec de la paille simplement; cependant, lorsqufil est réduit à une telle nourriture, non-seulement il refuse toute rente, mais encore il diminue au dernier point, de chair et de force. Dans le cas ou l'on croit n'avoir pas remarqué cet effet de la nourriture A la paille, cela était dù, ou à ce que cette paille était mêlée de beaucoup d'autre herbe, ou à ce qu'il était resté du grain dans les épis; et Pon sait que, dans 310 PRINCIPES RAISONNES certains établissemens ruraux, c'est avec intention que, dans ce but, au battage, on ne dépouille pas entiérement la paille, surtout de Pavoine, du grain qu'elle contient. Ordinairement, lorsque, pour la nourriture des vaches, on manque tout-à-fait de foin, on leur consacre toutes sortes de dépouilles, indépen- damment de la balle du blé, et du résidu des grains, et, lorsqu'elles sont préès de Taccouchement, on leur donne un breuvage fait avec de la farine ou du blé égrugé, des gäteaux d'huile, ou autres choses de ce genre, pour les soutenir un peu. La seule paille des produits qui portent beaucoup de feuilles, des pois, des vesces, des haricots, des lentilles et du blé noir, contient plus de parties nutritives, et d'autant plus, qu'elle était encore plus verte lorsqu'on a mois- sonné. La paille de millet et celle de mais, lorsqu'on les soigne convenablement, sont également plus nourrissantes. D'entre les pailles ordinaires de céréales, celle de froment est, sans contredit, la meilleure pour fourrage. Aprés elle vient la paille d'avoine et d'orge, les- quelles, ordinairement, sont aussi plus abondantes en fane; de toutes, celle qui est le moins nourrissante, c'est celle du seigle, lorsqu'elle a complétement terminé sa végétation.. Ordinairement, cependant, on donne la paille mélée avec du foin. Il n'est pas rare que Pon considère la nourriture du bétail comme bonne, lorsque durant Phiver, on peut consacrer, à chaque bôte, 1000 liv. de foin, ce qui ferait, par jour, environ 6 liv. qw'on ne répartit cependant pas d'une manière égale sur toute cette période, mais que ‚„au contraire, l'on épargne en plus grande partie pour P'époque de Paccouchement. Si Pon donne, par jour, de huit à dix livres de foin, Pon envisage déjà cela comme une bonne nourriture. Mais il est certain qu'une vache de moyenne grosseur, lorsque d'ailleurs elle ne recoit aucun autre fourrage nourrissant, doit avoir 12 liv. par jour, pour se maintenir dans un état de vigueur parfait, et 20 liv. si, outre cela, on veut qu'elle domme beau- coup de lait. Une grande vache demande 20 liv., et si elle donne du lait et qu'on veuille la maintenir abondante, jusqu'à 50 liv. de foin, par jour. Lorsqu'ôn ne peut donner qu'une petite proportion de foin, on la méêle et la hache avec la paille. —§ 1402. Pour la nomrritunre Thiver on envisage, presqu'universellement, comme indispensable de hacher la paille; on distribue cette paille hachée par scheſfels, et un scheffel de cette paille coupée grossièrement pour le béiail à cornes, pèse, en moyenne de la paille de grains de printemps et d'automne, 9 liv. On 5 DAGRLG V. I T VURF. 311 compte, par chaque vachie ordinaire du pays, de trois quarts à un scheffel par zour. L'opération de hacher la paille occasionne un travail considérable; on compte que, au moyen de la machine ordinaire, cependant de la plus graude dimension, un homme hache, par jour, trente-six schelfels de paille, mais pas très-menu. Au reste, l'on a inventé diverses machines à l'aide desquelles un homme peut en expédier le double ou le triple, sans avoir plus de peine; leur mécanisme est disposé de manière, que la paille est avancée par des cylindres, qui, à chaque taille, la présentent au couteau à une longueur déterminée. Les couteaux ou lames sont de la forme ordinaire, cependant plus grands, et comme l'ouvrier peut employer tout son temps et ses forces à lever et faire descendre le couteau, il peut, dans un mème coup, faire un nombre de lailles double, et y mettre plus de vigueur. Au moyen de cela, pourvu seulement qu'on ait eu soin de donner un peu plus d'élévation à la caisse, chaque taille fournit bien un iiers plus de paille hachée. Quelquefois les couteaux sont attachés à une roue dont la périphérie est chargée, afin de lui donner plus de force de mouvement, lorsque celle d'inertie a été vaincue, et cette roue ne demande que d'ètre maintenue dans son élan, pour opérer tout ce travail. A cette roue sont adaptés une, deux ou trois lames. Une machine lirée dApglelerre ‚laquelle avait trois couteaux, et était d'ailleurs très-bien faite, n'a pas pu, à cause du grand frot- tement, étre maintenue en action par un seul homme, et,„ordetes les couteaux étoient émoussés, deux hommes ne suffisaient plus, à la longue, pour faire mouvoir cette machine. Celle qui n'a qu'un seul couteau est généralement en- visagée comme meilleure;'eslimable Karsten de Rostock, a donné, dans les Annalen des Ackerbaues 5.“*. ¹ S. 507, la description d'one pareille Tuacline, d'après Lester, avec les perloctionnecdens qu'il y a lui-mèême opérés. Ceue machine est très-bien exécutée à Rostock par M.“ Haak, et, à présent, aussi à Berlin chez le mécanicien Schuliz, oùð Pon peut se la procurer pour cinquante rixdalers. Dans des exploitations rurales considérables on a aussi de grandes ma- chines de ce genre, qui sont mises en mouvement par du bétail de trait, ou mème par le vent ou T'eau, et qui fournissent, en peu de temps, une très-grande quantité de paille hachée. Mais, dans tout ces machines, et surtout dans les plus com- pliquées, on a trouvé cet inconvénient, qu'iil s'y dérange ou casse facilement quelque chose, et qu'alors, à la campagne, il se trouve difficilement un homme capable de réparer ce mal. Aussi connais-je plusieurs cas oùð, après avoir mis de côté les hache-pailles ordinaires, on a été mis dans un grand embarras par de ielles machines, et ou l'on a, en conséquence, pris une telle humeur 312 PRINCIPES RAISONNES contre elles, qu'on les laisse en place sans en faire usage. Mais on doit espérer qw'il se répandra pientét autant de connaissances en mécanique qu'il en faut pour fabriquer ou améliorer une machine de ce genrée. Lorsqu'on nourrit le bétail avec parcimonie, et que, par le mélange de la paille avec le foin, on cherche à faire avaler aux bétes le plus qu'on peut de celle-là, alm d'employer le peu de parties nutritives qui s'y trouvent à smousser la sensation de la faim, on ne saurait se dispenser de faire hacher la paille; mais, lorsque le bétall reçoit une nourriture abondante, cette opé- ration est, selon moi, absolument superflue. Car, par là, les parties nutritives de la paille, ne sont en aucune manière augmentées; au contraire, le bétail les choisit beaucoup mieux lui-méême parmi la paille qui n'a pas été hachée. II convient, en conséquence, de lui présenter toujours la paille qu'on veut em- ployer pour litière. Quant au bon foin, les bétes le mangent très-bien, sans en rien laisser, quoiqt'il n'ait pas été haché. Si le bétail m'a pas appétit, il cherche également à ne prendre que le meilleur de la paille hachée, et souffle zur le reste. Alors on a encore la peine d'enlever des créches la paille qu'on avait fait hacher avec assez de dépense. 9 1403. La nouriture au grain, soit qwelle remplace le foin, soit comme supplément à celui-ci, ne peut avoir lieu en grand, avec quelqu'avantage, que lorsque le lait est à un très-haut prix, ou le grain à un très-bas. Il n'est pas douteux que quelques livres de grain, données chaque jour, maugmentent considéra- plement le lait, et, lorsqu'on m'a rien autre à donner aux bèétes, il peut, sans contredit, étre avantageux d'employer le grain à cei usage; cependant Gest toujours le plus cher de tous les fourrages. Outre cela le lait et le beurre qui proviennent essentiellement de grain, sont de mauvaise qualité, plus ca- séeux que gras, et ils m'om point un goùt agréable. Le grain passe souvent au travers du corps des animaux sans être digèré, lorsqu'on le leur donne dans son état naturel; aussi, ordinairement, on l'égruge; mais il en résulte une grande perte, si l'on n'a pas son propre moulin, soit à eau soit à bras. On peut au reste se dispenser de cette opération, pourvu que, avant de donner le grain aux bestiaux, on le détrempe, soit avec de l'eau chaude, soit avec de la froide; ou bien qu'on le prépare comme le malt. Dans ceue dernière méthode le développement du principe sucré, améliore sensi- plement le grain, et donne plus de qualité au lait. L'avoine est Pespèce de grain qui convient le mieux aux vaches à lait; on vante surtout un mélange q'avoine et de vesces, pourvu qu'il ait préalablement 6té égrugé. L'orge nt 3 DAGRICGUILTVURE. 313 donne, plus que les autres grains, un lait blanc et caséeux, et le beurre qui en provient a de la disposition à prendre de l'amertume. Ce sont les cribläres des grains, les recoupes, le gros et le petit son, la pous- sère de moulin, le résidu de Porge et de l'avoine mondés, qu'on emploie le plus souvent à la nourriture du bétail. Toutes ces espèces de dépouilles de grain doivent étre ou mélées avec des fourrages hachés, ou, ce qui est mieux encore, mêlées dans la boisson; en hiver, ceute dernière méthode donne, au bétail, de la disposition à boire davantage. § 1404. Nous devons ranger ici le résidu de la fabrication de la bière. Ila une influence tréès-favorable sur le lait; les propriétaires de petites vacheries trouvent un avamage réel à l'acheter des brasseurs. Comme, en été, on peut Pavoir à très- pas prix lorsque les brasseurs de la ville ne tiennent pas eux-mêmes du bétail, on cherche à le conserver dans des fosses que, lorsqu'elles sont complétement remplies, Pon ferme avec un couvercle sur lequel on jeitte de la terre; on conserve ainsi ce résidu jusqu'à J'biver. Le résidu de la distillauon des eaux-de-vie ne peut être employé plus avan- tageusemen qu'à la nourriture des vaches, pourvu cependant qu'on ait un prompt débit des produits de la laiterie. On le verse dans les créches, sur les fourrages hachés, par le moyen de tuyaux pratiqués, à cet effet, dans des étables adaptées à cet usage; ou bien on le donne en boisson, mélangé avec de l'eau. Plus promptement on Pemploie, mieux c'est; car, Sil a contracté l'acidité, meéme la plus légère, il influe désavantageusement sur le lait. Le mieux est, en conséquence, de le raffraichir avec de l'eau, aussitôt qu'il sort de Palambic. Ce genre de nourriture ne doit, au reste, êétre considéré que comme acces- Ssoire, et m'ètre donné qu'avec beaucoup de modération, si l'on ne veut pas 5..«ℳ. ⸗ 7 3. qu'il ait une influence nuisible sur la santé des vaches, comme cela a lieu lorsqu'on en donne jusqu'à Pexcès; on divise la ralion d'un bœuf à l'engrais 4; Srals, entre quatre vaches au moins. Le résidu de la fabrication de l'eau-de-vie donne également un mauvais goùt au lait. Vn eultivateur irès-attenlif se plaignait de ce que ses veaux prenaient des maladies, de ce que leur peau sattachait aux côtes; et qu'ils périssaient. Il croit, ainsi que moi, que cela provenait de ce que les mères avaient mangèé du résidu de la fabrication d'eau-de-vie. 6 1405. Enfin les gäteaux d'huile(le résidu de la fabrication de Phuile), surtout ceux de lin, produisent un effet excellent. Le mieux est de les employer dans la boisson, dans laquelle, cependant, ils doivent alors ètre parfaitement dissouis, . IV. 40 314 PRINCGIPES RAISONNES La meilleure mänière d'opérer cette dissolution est la suivante. L'on fait dans le seau, avec des planches, une division verticale, à laquelle on pratique divers petits trous avec une taribre; on place cette division de manière que le plus petit espace occupe un tiers du tout. C'est dans celui-là qu'on place le gàteau avec l'eau, en les remuant souvent. Onm puise alors la boisson dans l'autre compartiment, où il ne peut passer aucun morceau du gàteau, mais seu- lement des parties dissoutes. Les gäteaux à huile se dissolvent peu-à- peu au moyen de l'eau qu'on leur ajoute, il faut donc avoir soin d'en remettre, de temps en temps, de nouveaux. IIs rendent cette boisson partioulièérement agréable au pDétail, et influent évidemment sur Paugmeniation du lait. La mauvaise graine de lin écrasée et cuite avec de l'eau, donne un breuvage extrémement nourrissant pour les vaches à lait. On emploie de la mème manière la graine de spergule, cependant seulement gonflée avec de l'eau chaude, sans la cuire; on la recommande comme une des nourritures les plus zubstanttolles et qui dhunene le plus de lait. § 1406. Une nourriture des plus avantageuses pour le bétail à cornes et surtout pour les vaches, nourriture qui remplace complétement une parlie du foin pendant Phiver, est celle qui a lieu avec des récoltes racines, des pommes de terre, betteraves(racines d'abondance ou de disette), choux-raves et navets à trans- planter, rutabagas, raves ordinaires, carottes et panais. A la vérité il ne faut pas évaluer ces procigits d'après le prix qu'ils ont au marché, souvent accidentel- lement, mais dabres celui qu'il en coũte pour se les procurer par leur culture. Car il est rare qu'on puisse les conduire au marché en grandes quantités, et si, une fois, un haut prix devait le conseiller, et que, vers le printemps, on put, en effet, se passer d'une partie, il faut envisager cela comme un gain accidentel. Dans le premier volume de cet ouvrage, 9 275, j'ai parlé de la faculté nu- triüve de ces végétaux et de la valeur qu'ils ont proporäonnément au foin, et au 276, du produit moyen qu'on peut en attendre sur un terrain bien cultivé; j'en ai ensuite parlé plus au long, dans ce volume, à'occasion de la culture de chacun de ces produits. Des observations faites dès-lors m'ont con- vaincu que la proportion de leur faculté nutritive y a été indiquée aveo autant de précision que cela nous est actuellement possible. Il ne me reste Plus qu'à parler de leur emploi. Ces végétaux sont employés crus ou cuits. La coction, surtout des pommes de terre, se fait aujourd'hui à la vapeur, presque dans tous les lieux où on l'opère en grand; parce que, de cette manière, 315 non-seulement on épargne beaucoup de bois, mais que, de plus, on atteint D'A GRICULTURE. mieux le degré de coction qui est le plus avantageux. Lappareil le plus convenable pour cela est, aujourd'hui, connu universellement, depuis qu'on a établi, presque partout, des distilleries d'eau-de-vie de pommes de terre. Il consiste en une cucurbite à eau-de-vie, de la forme ordinaire, laquelle, comme en général celles qui sont de fabrication récente, n'a pas de chapiteau, mais seulemeut un long cou en forme de retorte, dès lequel la vapeur se rend, au travers d'un tuyau, dans le vase qui contient les pommes de ierre. Celui-ci est un ionneau placé debout, dans la parte inférieure duquel on a fixé un second fond percé de trous, afin que l'eau qui s'est réunie de nouveau en gouttes puisse s'y reürer. On introduit les tuyaux à vapeur dans ce ionneau, en ayant soin d'en tenir bien fermés le couvercle et la porte qui, ordinairement, est placée sur le côté; on met alors en ébullition l'eau contenue dans la cucurbite, et les pommes de ierre acquièrent le degré de coction convenable, en moins de temps que si on les cuisait dans l'eau. Il n'a point encore été décidé par des essais comparatifs continués assez long- iemps pour ne laisser plus aucun doute, si, et à quel point, les récoltes racines, et surtout les pommes de terre, étaient améliorées par la coction, pour le bétail à cornes; cependant de petits essais ont donné lieu de croire que la diffé- rence n'était pas considérable, et qu'elle ne dédommageait pas suffisamment des frais que cette coction occasionnait, quelque fortement que parlassent q'ailleurs en faveur de ceite méthode, et la ihéorie er Panalogie. Il est évident que le bétail à cornes mange les végétaux bruts avec autant, et, à la longue, avec plus de plaisir, lorsqu'ils sont erus que lorsqu'ils ont subi la coction. Seulement, lorsque les pommes de terre doivem étre données en irès-grande proportion, ce qui n'a lieu que pour le bétail qui est à T'engrais, la coction peut diminuer la propriété relächante que ces tubercules ont, sans contredit, lorsqu'on les donne en irès-grande mesure; c'est probablement par cette raison que, surtout en An- gleterre, les personnes qui entretiennent beaucoup de bétail, recommandent les pommes de terre cuites pour le bétail qui est à l'engrais, et les crues pour les vaches à lait. Nous parlerons plus bas de la nourriture avec des breuvages ou soupes, et de emploi des récoltes racines pour cet usage. Ces végétaux doivent étre partagés par morceaux. Cela se fait, en petit, à l'aide d'un couteau en forme d'S, adapté à cet usage, et, en grand, par le moyen de machines à hacher. On a inventé plusieurs machines de ce genre; la plus connue est celle qui est formée d'une forte roue pleine, pourvue de trois lames, et com- posée de irois pièces de bois triangulaires, assemblées pour empécher le pas- 316 PRTNOCIPES RAISONNES sage des racines; cette roue se meut sur un axe devant la caisse où sont contenues ces racines, et hache celles-ci à mesure qu'elles se présentent à elle. L'élan dans lequel cette roue se met, facilite le travail à un point iel, qu'une personne faible suffit pour Pexécuter. Les lames sont droites et coupent les racines en forme de disques, ou bien elles sont ondées à leur taillanu, et coupent een pe- tites piéces alongées. On a également procuré ce dernier effet par d'autres fers tranchans placés en travers. Selon moi il suffit parfaitement que les racines soient coupées en disques ou tranches plates, et cela est môme préférable, puisque de petits morcceaux se mettent trés-facilement en bouillie, ou noir- cissent, et qu'ils entreut en fermentation lorsqu'ils restent quelque temps dans cet état. Il est évident que le bétail les mange plus volontiers lorsqu'ils ne sont coupés que grossieèrement, et cette excessive division ne peut avoir d'autre but que d'empécher que les bôtes ne s'englobent. Outre cela les tranchans ondés sont plus vite émoussés et plus difficiles à aiguiser.. Je puis bien moins encore admettre Putilité de ces machines, qui réduisent ces racines en bouillie, soit cuite, soit crue; elles ne peuvent étre utiles que pour la distllauion de l'eau-de-vie, et autres genres de fabrication qui ont lieu avec ces racines.. En construisant des machines qui émient ainsi les récoltes racines, on a bien eu en vue de pouvoir mieux les mélanger avec la paille hachée, afin d'obliger d'autant plus surement le bétail à manger celle-ci; mais Pexpérience m'a abso- lument désabusé à cet égard; en effet, j'ai vu que le bétail bien nourri et qui, par conséquent, était devenu un peu gourmand, cherchait toujours à séparer la paille hachée, des morceaux de racines, qu'il écartait celle-la en soufflant dessus, et alors, seulement, cominuait de manger. Je fais donc toujours donner les racines séparément, et je trouve que le bétail mange beaucoup plus volontiers la paille non hachée qu'on lui présente bientôt aprés qu'il a mangé des racines, que celle hachée, qu'on veut le forcer d'avaler avec ces racines. Un malange de diverses espéces de racines, ou leur emploi alternatif, me paratt très-convenable. Les diverses espèces de raves contenant plus de prin- cipe sucré, améliorent, sans aucun doute, les pommes de terre, qui, en re- vanche, sont plus farineuses; le lait devient plus doux, il prend un meilleur goùt, enfin le bétail aime ce changement. Mais il est beaucoup plus difficile ge conserver les raves jusqu'au printemps, que les pommes de ierre, et cela est une raison prépondérante pour faire consommer, avant tout, ces premières, et pour con- server, en grande partie, les pommes de terre pour les dernières. Quelque nourrissans et convenables que soient ces végétauy, on n'oserait Dp'A GRTCVUI. T U R E. 317 cependant pas les donner, pendant long-temps, pour unique nourriture aux vaches à lait. Il faut que, à eòté de ces raciues, elles aient une quantité pro- porũonnée de fourrages secs. Ilpeut, sans doute, suffire d'y joindre une ration de paille sans mélange; les bétes la mangent avec empressement; mais il aux vaches de recevoir une partie de cette rauon en convient cependant mieux int la plus grande abondance de foin; c'est par le moyen de celui-ci qu'on atte lait. D'autres culüvateurs ont trouvé, comme moi, somme des pommes de ierre, le mieux est de donner la mo la proportion de leurs parties 20 que, lorsque le bétail con- iné de la nourri- ture en foin, et Tautre moitié en racines. D'après nutritives. Lors, par exemple, qu'une vache devrait recevoir, par jour, livres foin, quand on le lui donnerait sans mélange, on lui donne alors 10 livres foin, et, à la place des autres 10 livres, 20 livres pommes de terre, 46 livres racines d'abondance(beueraves), 55 livres rutabagas, ou 52 livres raves ordinaires. Lorsque les vaches mangent des pommes de terre, la ration de ſoin contribue surtout à la qualité du lait, parce que, lorsque les vaches ne mangent que des pommes de terre et de la paille, le lait produit un beurre planc, caséeux et qui devient facilement amer, comme coela a lieu lorsque les vaches mangent de la farine*.. Lorsqu'on substtue une nourriture à Pautre, j'ai toujours trouvé qu'il im- portait que cela ne se fit pas d'une manière brusque. Lors, par exemple, que, pendant un certain temps, on n'a donné aux bétes que des betteraves(racines Tabondance ou de disette.) que celles-ci sont prês d'étre toutes consommées, et qu'ainsi l'on est sur le point de passer aux pommes de terre, il convient, pour empécher que les vaches ne diminuent de lait, de donner, pendant huit jours, les betteraves mélangées avec des pommes de terre, et d'augmenter, peu-à-peu, la proportion de celles-ci. Car, quoique le bétail aime le chan- gement, il s'accoutume, cependant, iellement à une nourriture, qu'il n'y re- nonce pas brusquement sans quelques regrets, et cela se montre d'abord à la qu antité du lait. 5 1407. La méthode de donner les alimens en breuvage ou soupe a 6té vantée assez universellement, soit d'après pexpérience, soit en théorie, comme une mé- hode qui développe les parties nutriüives, et on la trouve généralement usitée dans plusieurs contrées, ou dans de petits établissemens rustiques, où Pon apporte une grande attention à Peconomie des bêtes à lait. L'on verse de l'eau * Sur la mesure dans laquelle les pommes de terre doivent etre données au bétail, voyez dans les Veue Annalen 3 B.¹ 1.ts Sf. S. 102, die v. Jenaische V ersuche.(A. 318 PRINCIPERS RAISONNES bouillante, ou pure, ou mélangée avec quelque substance nutritive, sur le fourrage haché; on brasse ce mélange, et le donne au bétail lorsqu'il est à peu prés refroidi. On peut alors cuire, avec l'eau, des racines, ou quel- qu'autre des alimens farineux dont j'ai parle plus haut, et les môler ensuite plus particulièrement avec la paille hachée. J'ai essayé ce genre de nourriture, pen- dant deux hivers, sur 12 ou 14 vaches à lait, en ajoutant, pour zuphlemnent des récoltes racines et des choux, qu'on faisoit cuire dans l'eau„ ei j'ai, en effet eu, pendant ces deux hivers, un produit en lait plus grand que je ne Faurais d'ailleurs pu espérer. On préparait, chaque jour deux fois, la nourri- nure dans deux euves, le matin pour la nonrriture du midi et du soir, et vers le soir pour celle du matin suivant, parce que, sans cela, elle ne se refroidissait pas assez. Mais, quoique les vases fussent souvent nettoyés avec de la lessive, je ne parvenais pas à empécher que, avec le refroidissement lent, il ne se moniſestât aussi une acidité, qui, lorsqu'elle n'éiait que peu sensible, ne faisait aucun mal, mais qui, lorsqu'une température élevée lui donnait plus de forces, rendait cette nourriture désagréable, en sorte que celles des bèétes qui n'avaient pas excessi- vement faim la rebutaient. Mais, outre cela, l'été suivant, je m'apercus que mon bétail était affaibli, et que ses forces digestives avaient souffert, et je perdis, durant la nourriture au vert, certainemem plus que je n'avais gagné durant Thiver. Je renonçai donc à cette nourriture, qui, d'ailleurs, occasionnait beaucoup de iravail; je crois que cette méthode ne peut guère étre mise en pratique dans de gre ands établissemens ruraux, et qu'elle ne saurait convenir que pour de petits domaines où Pon n'entretient qiue 5 à 4 vaches à lait et où Pon peut chauffer Peau dans des poôëles, et pour des vaches,dont on veut tirer tout le parti possible, pour s'en défaire ensuite. 1 Le mélange, dont nous avons parlé plus haut, du résidu de la fabrication de Peau-de-vie, pendant quÜl est chaud, avee le fourrage haché, peur tre con- sidéré comme une espèce de nourriture en breuvage ou soupe. § 1408. En hiver, il importe d'inciter les vaches à boire beaucoup. Elles ne boivent Peau très-froide que lorsqu'une soif excessive les y force; la tiède, au con- traire, beaucoup plus volontiers. Mais on peut fort bjem les y disposer, en mélant, avec la boisson, seulement un peu de substances farineuses, et les Hitcaus d'huile dont nous avons parlé plus haut sont parüculièrement Propres à cei usage. Il ne faut pas abreuver d'abord après que le bétail a mangé, mais dans les intervalles. Il importe beaucoup„ Pour gongen à manger au bétail et pour le faire boire, —— D'AGRTICUITVURE. 319 d'observer régulièrement les heures auxquelles le bétail est accoutumé, et que ce bétail reçoive, dans chaque moment, l'espèce de fourrage qu'il est habitué à recevoir. Au commencement de la période de nourriture d'hiver, on peut régler cela d'une manière assez arbitraire, mais lorsque cela est fixé, il faut demeurer à Pordre qu'on a établi. Chez moi, le plus souvent, la nourriture d'hiver a Gté distribnée de la manière suivante: Le matin, de donne heure, les vaches recevaient de la paille et du foin haché; à 8 ou 9 heures on les abreuvait. à 11 heures on leur donnait des récoltes racines, sans addition; ensuite on leur présentait de la paille non hachée, à 5 heures on les breurait de nouveau, et, après cela, on leur donnait un peu de foin non haché. Le soir on leur donnait d'abord des fourrages hachés, comme le matin, cependant en moindre quantité, et lorsqu'elles les avaient consommés, derechef des racines. Alors on leur mettait devant, pour la nuit, de la paille, dont elles mangeaient ce qu'elles voulaient, le reste devant servir pour litière le lendemain. Ici, je n'ai jamais donné du sel à mon bétail à cornes, parce quil est si cher, que son pPrix dépasse les avantages qu'il peut procurer. Autrefois j'en donnais souvent, et je voyais, d'une maniére non équivoque, qu'il favorisait la sécrétion du lait. Lors, oependant„ qu'on en donnait avec excès, le bétail Paraissait, en maigrir, et le beurre avoir de la disposition à devenir amer. 9 1409. La disposition de nos étables fait qu'une bonne litière est très-avantageuse au bétail. L'abondance de celle-ci doit étre réglée d'après celle de la nourriture, et surtout de celle qui a encore ses sucs. Torscque le bétail est nourri mal, et seulement avec des fourrages secs, 5 livres de paille par jour som suffisantes, mais sil reçoit une nourriture assez abondante, io livres par jour peuvent à peine absorber les exerémens et les urines. Lorsque, dans une année ou la paille est rare, comme Ctait le cas en 181 ⅛, et ouù, quoique donnant pendant Thiver au bétail une abondante quantité de racines, on est réduit à restreindre la litière, aſin de pouvoir conserver assez de paille pour la nourriture d'été à P'étable, il faut alors enlever le fumier chaque jour, afin que le bétail demeure plus propre et soit plus au seo; si, du moins, on ne peut pas avoir recours à d'autres subs- tances, comme supplément de litiéère. Une couche sèche, si méme elle ne peut pas étre molle, est indispensable pour la santé du bétail. Plusieurs personnes ont recommandé d'étriller les vaches; pour le bétail, qui est à Pengrais, cela produit un effet frappant; mais chez les vaches, je n'en ai remarqué aucun effet qui pùt dédommager du travail que ce soin occasionne, seulement, il faut tenir le pis propre, et, aussi souvent que cela est nécessaire, le laver avant de traire. 52o PRINCOIPES RAISONNES Lorsque l'on donne beaucoup de litiere, et que, au contraire, le bétail ne laisser cette liuere pendant long- reçoit qu'une maigre nourriture, on peut 5 8 2 il faut enlever le fumier au moins temps sous les bétes. Dans le cas contraire, deux fois par semaine, ou, du moins, le ürer en arriere. C'est avec un tratneau qw'on enlève plus facilement le fumier; mais il faut que ce tratgeau puisse étre attelé des deux côtés, afin qu'on ne soit Pas obligé de le tourner, mais qu'au contraire il suffise d'atteler le cheval du côté Opposé. § 1410.. pour la nourriture d'hiver on doit calculer sur 7 mois*%. Ordinairement le paätu- rage dure jusque vers la mi-octobre, et, vers la mi-mai, il est derechef ouvert. ( Nous parlerons plus bas de la nourriture au vert pendant Phiver). Cependant on agit prudemment si lon compie sur un demi-mois de plus; parce que, si le printemps est défavorable, la nourriture au vert peut étre retardée d'autant. On cherche, en conséquence, Temployer eneore en été, ou qu'on peut Une provision de foin et de paille qui se transmet d' une grande sůreté à Péconomie rurale. § 1411. Au 3.“ volume de cet ouvrage 9 946 à 966, nous avo et de Pétendue qu'il en faut pour une pièce de bétail. aux ne suffisent pas à une vache d'une taille pro- eine, étre considéré comme päturage de vaches, et gtre, avec avantage, employé comme tel. Car là oùð une vache doit de étendue, elle ne profitera pas, et sa chercher sa nourriture sur une trop gran rente se réduira à peu de chose. Des PAturages aussi misérables ne conviennent qu'à des bètes à laine. G L'expérience apprend qu'il N. à procurer aux vaches, une abondance de lait, et sur et q'autres, au contraire, ou le béiail prend rapi- à éparguer surtout du foin, parce qu'on peut le conserver jusqu'à P'hiver suivant. une aunée à l'autre, donne ns parlé des diverses espèces de pâturages, Un paturage dont 5 journ portionnée à ce päturage, peut, à p est des päturages qui sonmt particulierement propres lesquels, cependam, le bétail ne s'engraisse pas, dement de Penbonpoint et ouù les vaches, en revanche, ne donnent que peu de lait. Je ne crois pas qu'on ait découvert] différence. Cependant, dans diverses contrées basses, on a observé ce fait d'une — . s, dès le 10 novembre au 10 mai. Entre les Alpes et les » Sur les bords du lac de Genève, 6 moi Appenins, on a quelquefois du päturage deès comme daus le Bolonais par exemple, c'est Pusage de couper ¹, fromens, pour en diminuer la lasciveté, el empécher qu'ils ne versent, c'est par là qu'on com mence à introduire les bètes à cornes dans la nourriture d'été au vert. Tracl. 9 usqu'ici quelle était la cause de cette le commencement q'avril, et dans les lieux oùð, 2 et même 3 fois la cime des D'AGRICULILTVURE. 321 manidre si claire, que chacun y disungue ses päturages d'engraissement, et ses paturages à vaches, et couvre Pune et l'autre espèces avec le genre de bétail qui lui est propre. Chacun sait que, pour être favorables aux vaches, les päturages ne doivent contenir aucune acidité. Dans les lieux ou il y a beaucoup de celle-ci, les vaches perdent leur lait; cependant des bœufs peuvent sy trouver fort bien. Je ne me permettrai point de décider si cet effet tient à ce que le sol transmette son acidité à des graminées et à d'autres végétaux qui d'ailleurs seraient sains, ou à des plantes paruculières qui croissent dans ces terrains. La Préle des champs et des marais (Equisetum arvense et palustre,) la Colchique, plusieurs espèces de Renoncules et autres plantes marécageuses ont, certainement, une influence nuisible sur le bétail à cornes, et surtout sur la reproduction du lait; mais les bétes de cette espbce ne touchent pas à ces plantes, à moins qu'elles ne soient poursuivies par la faim. Les pàturages élevés, lorsqu'ils sont assez riches pour que 5 journaux au moins suffßsent pour tenir une vache pleinement rassasiée, font rendre plus de lait que les päturages bas; hien entendu, cependant, que la race de bestiaux leur soit proporlionnée; car une grande vache des contrées basses ne pourra pas facilement étre nourrie, à satiété, sur 5 journaux de pàturage élevé. Les paäturages éloignés perdent beaucoup par la distance que le bétail doit franchir pour y aller et pour en revenir; on a coutume de dire que le lait se perd dans la route. Plus le bétail sera tranquille au pâturage, plus la rente qu'il don- nera sera considérable. C'est pour cela que le päturage sur les champs de la culture alterne aveo pdturage, a de si grands avantages; dans des clos effec- nvement fermés, où Pon n'a besoin ni de chien, ni de berger, le bétail jouit d'une parfaite tranquillité, surtout lorsqu'on Py laisse le jour et la nuit. Quant à l'usage de laisser le bétail, pendant la nuit, au päturage, les opi- nions sont partagées à son égard. Quelques personnes croient qu'il est avanta- geux de faire rentrer les bôtes à Pétable„non-seulement sous le rapport de la santé des bétes, mais encore pour se procurer une plus grande quantité d'engrais- Mais le plus grand nombre des cultivateurs qui suivent les assolemens alter- nes auec pdturage, surtout les entrepreneurs de vacheries, tiennent pour certain que, durant les mois les plus chauds de l'été, les vaches doiven: rester au paturage, pendant la nuit, parce que, sans cela, le lait diminuerait eonsidérablement. Ce que quelques personnes disent de l'influence nuisible du brouillard et de la rosée, et des désavantages de Pherbe qyui en est encore mouillée, est sans aucun fondement, du moins sur des bauteurs qui T. IV. 41 32² PRINCIPES RAISONNES jouissent d'un air sain. C'est seulement dans des lieux humides, au milieu des marais, que le brouillard qui s'élève peut étre nuisible. Cependant, durant les nuits fraiches du printemps et de l'automne, il convient toujours de faire rentrer le bétail dans les étables, et si, le matin, avant de le renvoyer au pàturage, on peut lui donner un peu de fourrage sec, ne füút-ce que de la paille de bonne qualits„il y gagnera toujours beaucoup. A l'égard des päturages d'un autre genre, il ne peut que rarement convenir oy laisser le bétail pendant la unuit; d'autant moins que le fumier s'y perd. Sur les soles closes de la culture alterne avec pdturage, au contraire, ce fumier est de quelque utilité au champ, surtout lorsque l'on tient le bétail réuni pendant la nuit sur la sole qui, la première, doit étre mise en culture, et qu'il parque, en quelque manière, cette place. Pour le bétail qui marche devant un berger, la manière dont il est traité n'est nullement indifférente. Ce berger doit, autant que cela se peut, l'abandonner à lui-même, ou, du moins, le conduire ou le pousser devant lui avec douceur, et nullement le faire poursuivre par le chien. Lorsqu'il avance en päturant, ce berger doit le diriger de manière qu'il marche toujours avec le vent, et ne Pait pas en face. Surtout, il ne faut pas que les bétes soient troublées lorsqu'elles se couchent pour ruminer; le repos le plus complet leur est alors nécessaire. La question, si une vache de méême qualité donne plus de lait au pâturage, ou lorsqu'elle est nourrie à l'étable, peut bien être décidée en faveur du premier cas, si'on présuppose que l'une et l'autre de ces bétes soient Sgalement et aussi dompletemient rassasiées, et également bien traitées. En effet, je ne connais aucun exemple ouù le produit en lait de tout un troupeau se soit, en moyenne, élevé aussi haut pendant qu'il était nourri à l'étable de la manière la plus accom- plie, que pendant qu'il était au päturage le plus parfait. Mais ce dernier cas ne se réalise que très-rarement. 6 1412. La méthode de ſaire pdturer les vaches d la corde, que jes Allemands appelleni Tüdern ou TœdDdern, nent le milieu entre la nourritmre au paàturage, et celle à l'étable. Selon cette méthode, Pon attache la bête aux cornes avee une corde qui, au collet, a un tourniquet de bois adapté à cet efſet, et, à l'autre extrémité, est attachée à un pieux planté en terre, où souvenmt il y a un second tourniquet. Pour des bèétes isolées, cette méthode est assez généralement connue; mais, autant que j'en suis instruit, jusqu'ici c'est en Danemarc seulement, qu'on Papplique à des troupeaux de plus de 100 bétes; c'est pourquoi je crois devoir transcrire la descripuäion qu'on m'en a communiquste. D'A GRICULILTVUR E. 323 Pour lemploi de cette méthode en grand, il est nécessaire de laisser les bétes du troupeau aussi réunies que cela est possible, soit afin qu'aucune parüe de la surface ne demeure sans donner sa rente, soit afin que les ser- vantes de vacherie n'aient pas à faire trop de chemin pour porter le lait à la charrette qui doit Pemmener, laquelle est placée au centre du troupeau, soit aussi afin que les excrémens des vaches se répartissent également. On assemble ordinairement les vacues par divisions de 20, parce que c'est là le nombre qu'une servante doit traire. Lorsqu'on commence à consommer de cette ma- niéère le pàturage d'une sole, on place les vaches en une ligne, le derrière appuyé contre Pextrémité de la sole. La distance entre une vache et P'autre dépend de la longueur qu'on donne à la corde, et celle-ci, à son tour, est proportionnée à la bonté du pàturage. A Thorseng, où l'on consomme de cette manière les trefles de deuxiéme année, les cordes ont 10 pieds de Rhin de longueur. Les pieux sont placés de manière que les vaches puissent approcher Pune près de l'autre, sans cependant se toucher; de manière que toutes les parties de la surface puissent étre atteintes par la dent du bétail. Lorsque la pre- mière division a été broutée, on cantonne la seconde à une distance de 60 ou 30 pieds, suivant que la sole est plus ou moins grasseé ou maigre, et Pon pro- cède de même, pour les troisiéme, quatrième et cinquième divisions. On comtinue alors de faire päturer, de la mème manière, les espaces de terrain qui ont été laissés entre chaque division; c'est-à-dire, que l'on remue les pieux et les plante en avant, lorsque l'espace déterminé par la longueur de la corde a Gté pturé, et l'on continue jusqu'à ce que la première division soit arrivée à la place où la seconde avait commencé, et la seconde là ou la troisiéme était d'abord placée, eic. La figure suivante donnera une idée de cette opération. IIINIIEIIIIItIIIIEIIETOI IIIIIIIIEIIENIIIIII IIIIIIIIIVIIIIIIII IIIIIIIIIIIIIIIIII 7111IIIIIIIIIIIEIIIN2 00000000000000000000 00000000000000000000 00000000000000000000 00000000000000000000 00000000000000000000 2bd d od o odoneooeeooeeeeeeeoeeee e „ 2 dl o on bl on P2 Pm o o*e55 eee o o oe,,eeeeeeeeeeeeeee Tatlache de mèême; il continue accoupler, on commence toujours à la dr PRINCIPES RAISONNES Supposons que Pespace renfermé entre les 4 lignes soit une sole de päturage, et les lignes ponctuées, les cinq divisions de 20 vaches chacune. Les vaches pätu- rent Pespace qui leur est assigné, jusqu'à ce qu'il soit tout-à-fait brouté. Lorsque cela a eu lieu, la totalité du troupeau avance et vient occu Quand le troupeau est ainsi arrivé à pextrémité de la sole, il redescend dans le méme ordre, comme le montrent les lignes des petits traits“, ainsi de alité de la sole ait été paàturée de cette manière. doit, non-seulement être déplacée souvent, s-essentiel qu'un homme puisse Pour cet effet, il faut que les per les espaces 00000000. svite, jusqu'à ce que la tot Comme la totalité da troupeau mais encore étre conduite 5 Pabreuvoir, il est trè conduire 20 vaches et plus, en une seule fois. vaches puissent étre accouplées ensemble, et cela se fait de! aile droite de la première division, et attache la corde de la première vache, de manière quw'il puisse la suspendre aux cornes de la seconde. Il en fait de même pour la corde de la deuxisme vache, qu'il suspend er il conunue ainsi à acccoupler une 20.“ de vaches à Paile gauche et conduit ses a manière suivante. Le berger commence à l' aux cornes de la troisième, ensemble, en une seule ligne. Le berger marche pétes à Pabreuvoir, ce qui se fait sans les détacher. Lorsqu'il est de retour, il plante en terre le pieu de Ja vache qu'il conduisait à paile gauche, il prend la corde de la seconde vache qui était suspendue aux cornes de la première, et ainsi pour la troisième, la quatrième, etc. Pour oite; pour séparer et attacher au pieu, toujours à la gauche. Lorsque, comme c'est ordinairement le cas dans les soles de ce genre, l'on a Pabreuvoir dans le voisinage, on se contente de conduire une file à la fois. Mais si Pabreuvoir était éloigné, ou si Pon voulait conduire le troupeau dans une autre sole un peu distante de celle où les vaches päturaient, on accouple lusieurs files ensemble, ce qui se fait très-facilement, si l'on attache la corde ; ce d„ de la vache de gauche de la deuxième file aux cornes de la vache qui occupe la gauche de la premiére, eic. Mais lorsqu'on veut les baigner, chaque divi- sion doit étre, derechef, séparée. La facilité de cette maniere d'accoupler et de séparer les bêtes, lent en les bètes même en ont, mais davantage à Phabileté du partie à l'habitude que 20 vaches, il faut un homme, d'autres fois un berger berger. Quelquefois, pour suffit sans peine pour soigner 50 bôtes. Le bétail sy accoutume avec une telle place, presque de lui-mème, en lignes et en divis soins et le pansement deviennent sensiblement moins oncreux que lorsque le bétail facilité, que, dans la suite, il se ions; an moyen de quoi les D'A GRICGCVI TU R E. 325 est nourri à l'étable. Au reste, cette méthode a ceci de commun avec la nourriture à Pétable, que les animaux ne gàtent que très-peu de fourrage avec leurs pieds, et qu'on peut faire consommer la récolte au point le plus favorable de son dé- veloppement, après quoi la végétation ne tarde pas à recommencer; c'est pour- quoi il ne faut pas plus de terrain pour nourrir une tête de bétail, que si on la nourrissait à étable. 1 Un essai comparatif qui a été fait à Thorseng, sur la méthode de nourrir le bétail au pãturage d la corde, avec celle de la nourriture à l'étable, a donné les résultats ci-après. 4 vaches nourries à l'étable, pendant 12 jours 4 vaches nourries au pâturage à la corde „ P 1,, pendant 12 jours, donnèrent 950O⁄ liv. lait. Etendue de päturage broutée. 2172 brasses carrées. 6144 livres trèfle. 1842 brasses carrées. rendirent 1110 livres lait. Etendue de terrain consommée, Quantité consommée. Ce qui fait, par jour, pour une vache, 23 ⅓ liv. lait. 45 ¾ brasses carrées. 128 liv. trèfle.] 19 ⁵ livres lait. 38 ¾ brasses carrées. La nourriture à'étable consomma donc le produit de 350 brasses carrées de plus que ne le fit le pàturage à la corde; en revanche, la nourriture à Pétable rendit 159 ³ livres lait de plus. Pour une livre de Jait il fallut, à la nourriture à Pétable, 1£φ brasses carrées; au päturage à la corde 1 11 ½5 brasses carrées de terrain en troèfle. Ainsi, suivant le même résultat, les 530 brasses carrées qui restèrent intactes dans la nourriture au päãturage d la corde d'un même nombre de vaches, si elles eussent été consommées de la même manière, auraient produit 170 livres lait, ce qui, avec les 950 2 qu'on obtint effectivement des 4 vaches nourries au paturage à la corde, fait la quantité totale de 1120 ¾⅝ livres lait; ainsi tout autant(et même 10 ¾ plus) que les vaches nourries à l'étable ne rendirent en consommant le produit d'une même étendue de trofle. D'après cette expérience, on obtient la môme quantité de lait, d'une mème étendue de trèfle préête à étre fauchée, et l'on nourrit à peu près la méème quantté de bétail, soit que cela ait lieu an pãturage d la corde, soit qu'on entretienne le Pétail à l'étable. Ainsi, il n'y a d'avantages ni de l'un ni de Tautre côté. Seulement, lorsque les bétes sont nourries à Pétable, on obtient réellement 3 de plus en fumier; car, de celui que les bêtes laissent sur le sol ouù elles pãturent d la corde, il n'y a guères qu'un tiers qui tourne au profit du sol. En revanche, Pon doit imputer à la nourriture à l'étable Taugmentation de frais occasionnée par le fauchage et le transport du trefle. 326 1 PRINCIPES RAISONNES Il pourrait bien ne pas étre avantageux de faire deux fois de suite brouter un trèfle par du bétail ainsi attaché, parce que les excrémens que le bétail aurait laissés sur le sol la première fois, pourraient dégouùter ce bétail de la seconde pousse. Il vaut donc mieux transformer cette seconde coupe en fourrage sec. —§ 1415. Au vol. I de cet ouvrage, 9 574 à 594, j'ai parlé des avantages que la nour- riture à Pétable procurait à Pensemble de Péconomie rurale, et au 6 1240 et suivans de ce volume, j'ai traité de la culture des plantes destinées à la nour- riture du bétail; il ne me reste plus qu'à parler de la manière de donner la nourriture elle-même, et du pansement. Uneè étable arrangée convenablement pour la nourriture d'été, facilite beaucoup le service, et cette disposition que j'ai recommandée dans PIntrodaction d Péco- nomie du batail de Bergen, me paratt toujours la plus commode de toutes, parce que le fourrage vert y demeure fort étendu, et qu'il peus ètre présenté au bétail de la manière la plus commode et par petites portions. Quelques personnes croyant plus convenable de donner au bétail la nour- riture d'été en plein air, ont entouré de haies une cour, en la garnissant, tout autour, de créêches et de räteliers, et y ont placé leur bétail, en le laissant en liberté de se promener, à volonté, dans cet enclos. Ces personnes croyaient que Pair libre et le mouvement seraient plus favorables au bétail, qu'un repos constant dans l'étable. Mais, à la longue, Texpérienee n'a pas conseillé cette méthode; loin de nous la montrer avantageuse, elle a, au contraire, mis au jour divers inconvéniens qui lui som attachés. Ces incon- véniens consistaient principalement aux suivans. Le bétail se jetait avec trop q'avidité sur le fourrage, il se heurtait, et les bétes les plus fécondes et les plus faibles étaient absolument écartées par les autres. Le fumier perdait de sa qualité. En théorie, on pouvait, avec raison, craindre que P'air de l'étable et le repos constant ne fussent nuisibles à la santé du bétail. Mais Pexpérience nous a suffisamment appris que ce n'était nullement le cas, et que, au com- traire, pourvu qu'il ft bien traité, le bétail demeurait toujours sain et abon- dant en lait, et qu'il atteignait un àge avancé, méême dans certains cas, où il 'Gtait point sorti de létable. Cependant il n'y a aucun doute qu'il ne vaille mieux le faire sortir deux fois par jour, pour enlever le fumier, pour abreuver, et, si cela se peut, pour faire baigner les bôtes. Les places pour le bétail doivent, au reste, Gétre disposées de manière que les bôtes aient un espace suffisant et proporlionné à leur taille, et que, sur- iout, il y ait assez de profondeur, pour qu'on puisse retirer le fumier de des q nier⸗ Pro⁰ die DP'AGhRIcCULTURI. 327 dessous le bétail et l'amasser contre la parois, sans, pour cela, empéêcher qu'on puisse passer librement derrière le Détail. II faut, d'ailleurs, que, der- rière les bêétes, il y ait un canal par lequel la grande quantité d'urines qui est produite par une nourriture verte et abondante, puisse s'écouler d'elle-même. ou étre entrainée et balayée. La quantité des engrais liquides augmente ou diminue, selon qu'on met sous le bétail plas ou moins de litière; cependant on ne pourra que rarement en mettre assez, pour que la paille absorbe en totalité ces urines. Pour cela il faudrait, chaque jour, quinze livres de paille et au-delà, par chaque pièce de bétail. Lorsque les étables sont bien établies, plancheyées et fournies de canaux d'écoulement suffisans, et que, avec le balai, on a soin de tenir propres les places occupées par le bétail, celui-ci peut y demeurer sans litière. Cela est démontré par Pexpérience des cultivateurs des Pays-bas, des bords du Rhin et de la Suisse, et mème, parmi nous, de diverses colonies qui s'y sont trans- plantées dès ces comtrées. C'est de cette maniètre que le hétail est mainteun le plus propre; mais là où il ne manque pas de paille, Pusage de la litière sera à préférer comme moyen d'augmenter la quantité des engrais.* L'étable doit étre pourvue de fenétres ou eroisées destinées à donner du jour et de Pair, et qu'on puisse ouvrir et fermer à volonté. 6 1414. On envisage ordinairement le trèfle comme unique moyen de nourrir les bétes à l'étable pendant l'été; mais c'est absolument sans fondement: cela n'est, ni ne peut être, si Pon ne veut pas limiter cette nourriture dans l'étable à un petit nombre de mois, mais, au contraire, la continuer sans interruption. L'on nourrissait les vaches à l'étable pendant l'été, avant que le trèfle fút connu. Du roste, il n'y a pas de doute que, dans la saison où P'on peut en avoir, ce * Je pense que, sur ce point, la science de l'économie rurale a encore beaucoup à gagner. II 1* 2 P 8 8 est évident que, par elle-mèême, la paille ajoute fort peu de sues nutritifs aux engrais, et qu'elle en augmente pluiòôt le volume que la valeur intrinsèque; surtout la valeur réelle qu'elle ajoute au fumier, n'est pas égale au prix que la paille coùũte dans son état naturel. D'un autre côté, quoique peu substantielle, la paille employée à la nourriture du bétail, ne laisse pas de con- tribuer en quelque chose à Talimentation de celui-ci; et il n'est pas douteux que, lorsqu'elle a passé par le corps des bètes, elle ne soit plus animalisée et, par conséquent, plus propre à servir d'engrais, que lorsqu'elle n'a été que simplement mélangée avec les excrémens du bétail, sans passer par le corps de celui-ci. II me semble donc qu'en faisant servir toute la paille à la nourriture de quelque espèce de bétail, on gagnerait et sur l'emploi de la paille et sur la qua- lité des engrais qui en proviennent, Thad. 328 PRINCIP ES RAISONNES ne soit la plante à fourrage la meilleure et qui coüte le moins. Mais la nour- riture au vert commence avant que le trèfle soit prét à étre fauché; et ce fourrage manque, non-seulement entre la première et la seconde coupe, mais encore, à la fin de Pété. Il faut donc se procurer d'utres fourrages veris, qui précèdent le irèfle, et remplissent les vides qu'il laisserait pour la nourriture du bétail pendant l'été. Pour premier foufrage vert, ce qu'il y a de mieux c'est le colza d'automne, quĩ a été semé vers la ſin de Pannée suivante. Ensuite vient le seigle qu'on asemé à cet effet; l'un et Pautre de ces produits auront été semés sur une partie de la sole qu'on destine aux récoltes racines ou, peut-étre, à des vesces tardives, de sorte qu'il faudra rompre le terrain qu'ils auront occupé, aussitét que la récolte en aura été faite. Du reste, leur ensemencement ne coùte autre chose que la semence et la peine de P'épandre et de la recouvrir. Lorsque les fromens semés en automne sont excessivement forts, on en retranche la cime, et elle aide à la nourriture du bétail. A cette époque la luzerne est préte à étre fauchée; elle est toujours le grand soutien de la nourriture à Pétable. Le trèfle, alors, commence à montrer sa fleur, plus d'avantage, le donner au Pétail. Lorsque sa première pousse ceommence à étre trop dure, l'on a les vesces et les mélanges de cette plante avec d'autres, dont on ne saurait se passer que lorsqu'on a un champ de luzerne d'une grande étendue, qui serve de supplément pour la nourriture d'été; à cette époque aussi, Ton peut s'aider de la spergule. Alors la seconde pousse du trèfle est prète à ètre fauchée, et si, par hasard, elle ne se trouvait pas assez abondante, ou que, plutét, on voulüt la réduire en foin, il faut alors plus tard que les autres, à du blé noir, et il a atteint Pépoque ouù Pon peut, avec le pour pouvoir déchdumer recourir à un mélange de vesces semé à du colza semé à une époque hätive, à la spergule et à la troisième coupe de la luzerne“; avec, peut-étre, une troisiéme pousse de trèfle, une quatrième coupe de luzerne, et, à Paide des plantes à fourrage annuelles dont je viens de parler, on autteint la fin de septembre, èépoque à laquelle le bétail peut recevoir une nourriture abondante de feuilles de choux, de betteraves, de raves de diverses espèces, et mème de fane de pommes de terre; ainsi, sans autre aide, peut-étre, qu'une peute quantité de foin et de paille, Pon arrive à la fin Goctobre- On peut ainsi faire qurer la nourriture au vert à Pétable, pendant six mois com- plets, c'est-à-dire, tout aussi long-iemps, et même plus, que le päturage. Cepen- dant souvent on juge convenable de faire sorür Ie bétail pendant une partie de — * Ou plutòt à la 4.˙, dans les lieux o5 cette plante a une riche végétation. Trad. : eette pl 8 7 K jonn zof des gueiqu Dass c anl 6 Sous la La pätus eleee ution esl ern nne ant ue de demi-no Dhsem von ügne pu e varia Tanta qnalit aurait Un tort hani d. Ce JerLd penda Je ue les d 0n k ma et os chang du d Le D'AGRITCULTVRV. 329 la journée, lors, par exemple, que l'on peui disposer d'un chaume nourrissant sur des champs à grains, particuliéèrement sur ceux dùð Pon a semé du trefle; quelquefois aussi d'un trèfle qui a déjà été fauché deux fois et qui doit subsister. Dans ce cas-la on se borne à donner quelque peu de nourriture légère au bétail, avant de l'envoyer aux champs, et on le tient ainsi au régime qu'on désigne sous la dénomination de demi-nourriture d U'etable. § 1415. La méthode de la demi- nourriture d Pètable, à laquelle on associe le pPäturage pendant une partie du jour, s'est acquis beaucoup de partisans, et elle est particulièrement en rapport avec les circonstances de certaines exploi- lations rurales: ainsi, par exemple, lorsqu'il y a un paturage qui, parce qu'il Pest exposé à des inondations, ou pour quelqu'autre cause, ne peut pas recevoir une autre destination, et cependant ne suffit pas pour bien entretenir la quan- uté de bétail dont on a besoin. C'est pour cette raison que l'on trouve la demi-nourriture d l'Gtable établie, avec un grand succès, dans plusieurs éta- plissemens ruraux des bords de Elbe, du Weser ei d'autres fleuves, qui ne som pas préservés par des digues, ou qui possèdent, dans l'enceinte des digues, des terrains fertiles, mais exposés à P'inondation, et qui, ainsi, n'ont pu étre soumis au système de cuhure ordinaire. Il n'est pas douteux que cette variation de nourriture ne stimule l'appétit du bétail, que celui-ci ne mange da- vantage et ne donne plus de lait, pourvu, cependant, que le pâturage soit de bonne qualité; ear, sil est mauvais, au gontraire, il ne fera que dissiper le lait qui aurait 6l6 procuré par la nourriture reçue à l'étable. Aussi se fait-on souvent un iort réel, lorsque Ton met les vaches en champ uniquement pour urer paru d'un mauvais pàturage. § 1416. Cest dans de très-petits établissemens rustiques seulement, que le ſourrage vert doit étre transporté, par des servantes, dans des hottes à fourrages; ce- pendant cela se voit dans des établissemens de vingt à trente tétes de bétail. Je tens cet usage pour contraire à une bonne économie, quelles que soient les circonstances de Pexploitation. Quelquefois on en fait exécuter le charroi par les chevaux de labour. Lorsque, le matin, ils vont au travail, ils conduisent au champ le charriot à fourrage, et lorsque, à midi ou le soir, ils reviennent à la maison, ils ramênent le charriot chargé. Cela me semble devoir faire perdre beaucoup de temps, et occasioner du désordre. Les vaches peuvent fort bien, et à tour, exécuter ce charroi, et l'on peut T. IV. 4² 2½ 336 PRTNCNEESDRATSONNES très-facilem ent y habituer du moins une partie d'entr'elles. Loin que de léger mouvement leur nuise, soit pour leur santé, soit pour l'abondance du lait, on à toujours trouvé qu'il leur convenait parfaitement. On peut aussi consacrer- à c charroi un ou deux bœufs qu'on destine à étre vendus en automne. IIs mangeront beaucoup à ce travail, soit en arrivant au champ, soit en revenant aux bäti- mens d'économie; mais ces bétes s'engraisseront assez pour payer les fourrages qu'elles auront consommés. 4 Les bœufs qw'on emploie journellement à ce travail ne tardent pas à s'y habituer de manière à pouvoir aller seuls au champ avec le charriot, et, lorsqu'on a chargé celui-ci, le ramener tout seuls aux bäumens.“ Lorsque le travail de faucher et rébolter le vert a étò bien réglé, il mem- ploie, pour un troupeau de quarante bétes, pas plus de gens que la garde du méême bétail au pàturage; car PThomme qvi devrait garder les vaches au pâui- rage, peut très-bien faucher et amener le fourrage nécessaire. Les servantes de vacherie aident à distribuer le fourrage aux bétes; ce léger travail est lar- gement payé par l'épargne du chemin que ces servantes devraient franchir pour se rendre au pâturage, et de augmentation de peine que donne Pobligation de traire en plain champ. On peut fort bien mettre à la charge de la plus grande quamité d'engrais qu'on oblient, le travail de débarrasser le fumier des étables. t3* 1 1417 Plusieurs personnes tiennent pour indispensable de hacher le trèfle, ce qui augmente beaucoup le travail. Selon moi cette opération est absolument sua perflue sauf durant les huit premiers jours du passage de la nourriture sèché à la nourriture au vert, époque ouù celle-ci n'est pas abondante, mais d'autant plus acúve. On cherche, par ce moyen, à épargner du fourrage; mais si on le fait, cela n'a lieu qu'aux dépens du produit en lait. L'on oroit éviter par- Ià que le bétail ne jette de ce long fourrage vert„cà et là dans Pétable“; comme cela arrive souvent dans la saison des mouches; mais le peu qui se perd de cette manière est véritablement insignifiant, er, selon moi, Wien dépassé par ce qui, haché trop menu, est laissé dans les erèches par le bétail. Le fourrage vert qui a été haché s'chauffe très-promptement, et ainsi se gate entiérement. Le gonflement qu'on redoute si fort du long trèͤfle, ne présenté pas le moindre danger, si la nourriture est distribuée au bétail avec ordre; et si, quelquefois, on ne laisse pas les bétes souffrir de la faim, tandis que; Pautres fois on leur donne du fourrage avec excès. Depuis vingt-six ans que mon bétail est nourri à l'étable, il ne m'est pas encore arrivé de perdrée, du D'AGRTIOCULT URT. 331 gonflement, une bête nourrie au irèfle. Il est vrai que, quelquefois, le long trèfle reläche trop le bétail, et qu'on évite cet inconvénient lorsqu'on le coupe avec de la paille. Mais on peut, tout aussi bien, parer à cet inconvénient ou du moins le diminuer, en présentant au bétail de la paille non hachée; les béôtes mangent cette paille avec avidité, lorsque leurs intestins ont été relächés par la nourriture verte qui a conservé son suc. Dans ces cas-laà, il est également très-convenable de donner le matin aux bétes un peu de foin sec. 4e z 1418. Pour la distribution du fourrage, il est très-important que le bétail ne mange pas trop coup sur coup, ce qu'il ferait toujours, si on lui donnait chacun de ses repas tout à la fois. Chaque repas, dont ordinairement il y a trois, doit, en conséquence, être subdivisé en trois, dont on donne un d'heure en heure: Par exemple le matin à cinq, à six, et à sept heures; au milieu du jour à midi, à une heure et à deux heures; le soir à sept, à huit et à g heures. § 1419. Gest dans Pintervalle de ces repas qu'il ſaut abreuver le bétail, et pas im- médiatement après que celui-ci a mangé. Avant midi, vers les onze heures; le soir, vers les six heures. De la bounne eau d'étang est, ordinairement, plus agréable au bétail que l'eau de riviére ou de fontaine. Dans les lieux où cela est possible, il ne faut pas négliger d'établir un gué ou bain, pour y envoyer le bétail deux fois par jour. II n'y a rien qui rafrat- chisse mieux le béiail en été, et qui le maintienne si sain et si propre. 7 1420. Dans la distribution de la culture, il faut arranger les choses de manière à avoir toujours assez de trèfle et d'’autre fourrage vert, pour nourrir le bétail, et méême pour en avoir en surabondance; afin que, si l'un ou l'autre venait à manquer, on ne se trouvàât pas dans la diseite. Aussitét qu'on apergçoit qu'il ya au-delà du besoin, et que le fourrage pourrait se durcir trop, il faut faire réduire celui-ci en foin, et passer à une autre nourriture. On ne saurait indiquer, même approximativement, quelle étendue de chaque espèee de fourrage il faut pour la nourriture d'une tôte de bétail; parce que le produit d'un champ varie si fort, qu'il est telle année où il faut une éiendue double de celle qui a suffi la précédente. Si le sol est un bon terrain à orge, en moyenne un journal de plantes à fourrage suffira pour une piéce de gros bétail; je comnais même des cas où 100 perches de 144 pieds carrés ont suffi. Mais la prudence veut que, mèême sur un ierrain bon et favorable aux plantes à fourrage, Pon compte sur un journal et demi, er, lorsque le terrain est moins favorable, 3332 PRINCIPES RAISONNES sur deux journaux. Rarement on emploiera le produit de toute ceute dtendae, mais il my aura pas de perte à cela. Si l'on est une fois parvenu à conserver uné provision de foin de l'année précédente ‚„ce qui peut facilement se faire une année ou les trèfles ont bien réussi, on n'a plus besoin de calculer sur une aussi grande étendue par chaque pièce de béiail, et on peut alors augmenter, d'autant, la quantité de bétail que l'on entretient, car cette prov ision est toujours une ressource. Il est toujours agréable et avantageux au bétail, de recevoir alternativement du fourrage sec et du vert. 6 1421. Quelques cultivateurs ont nourri leur bétail pendant tout l'té au foin sec, principalement au trèfle seo, et ont beaucoup recommandé cette méthode. D'abord il est très-difficile de se faire une provision de foin telle, qu'elle suffise jusqu'à ce qu'on puisse en donner de la nouvelle au bétail(ce qui ne doit absolu- ment pas avoir lieu jusqu'à ce que celle-ci ait complétement ressué). Ensuite la réduction en foin se lie à bien plus de frais et de risques, que la consommation en vert. Cela me paratt aussi devoir être sujet à de grandes difficultés, en raison de l'étendue que doivent avoir les couverts, pour conserver une telle quantité de foins; en effet, il faut, avant tout, faire consommer toute la provision de l'année préosdemie- Enfin il est trés-vraisemblable que, dans la dessication des fourrages, il s'évapore, non-seulement des parties aqueuses, mais encore, et en mème temps, d'autres parties utiles, et que plusieurs substances subissent une autre combinaison. Nous n'avons pas non plus, sur cette matiére, des essais comparatifs aussi précis qu'on doit les désirer, mais seulement diverses observalions, qui, cependant. donnent lieu de croire que la mème quantité, consommée en vert, est plus avan- tageuse, surtout aux bétes? à lait, que si elle füt séchée*. La nourriture qui est 7*———*—— * Ilest évident que, dans leur dessication, les plantes à fourrage perdent une grande partie de leurs feuilles, de leurs fleurs et, en général, de leurs parties les plus délicates et les plus subs- tantielles, qui demeurent sur le sol, ou se perdent sur la route; tandis que, si le mêème four- rage est récolté et consommé en yert, il ne s'en perd aucune partie notable. J'ai fait et fait faire, chez mes amis, quelques essais Comparatile, pour déterminer Pavantage qu eil y avait à faire consommer les ſourrages en vert plutôt qu'en sec, et j'ai toujours trouvè qu'il y avait 4 4 de différence en faveur du vert, c'est-à-dire, que si 100 livres de trèfle vert suffisaient pou la nourriture d'une vache, il fallait 125 livres du méème trefle séché, pour suffire à la nourriture de la meme bète. Ces essais n'ont jamais eu la précision que j'exige d'une expérience, pour admettre ses résultats en principe; mais ils ont été assez multipliés en divers ligux, et Par di: verses personnes, pour former une grande probabhilité. Trad, conlent d dereche el le b que ce- remare mange arec Po riture recom ſar 1 seulemne pewoler We k pour wen; ee lo anda Je. Alle a jelle au dis po de lou — anx h ees be Sec. E les l piriol nomer tranal DAGRICULTUR V. 333 contenue dans le suc vert des plantes, passe, selon toutes les apparences, mieur dans le sang, et se combine mieux avec les humeurs, que lorsqu'elle doit, derechef, étre dissoute par une eau qui lui était étrangère. Dans aucun cas le lait et le beurre produits par la nourriture sèche n'auront un goüt aussi agréable que ceux qui auront été produits par la nourriture au vert. Il est galewent assez remarquable que toutes les bétes préfèrent le fourrage vert au sec, quoiqu'elles mangent volontiers de celui-ci, pour changer. La nourriture des bœuis à l'étable avec du foin, peut cependant avoir ses avantages.* Pour recommander la nourriture au sec en été, Pon allègue, contre la nour- riture au vert, des appréhensions qui sont sans aucun fondement. C'est ainsi qu'on recommande de ne pas récolter le fourrage pendant qu'il est mouillé, et surtout par la rosée. Selon ce que j'ai éprouvé, cela n'a aucun inconvénient, pourvu seulement qu'on laisse reposer le fourrage jusqu'à ce que, à l'aide de sa seule pesanteur et sans qu'il soit en monceau, il commence à s'échauffer. II faut que la place où l'on dépose la provision du fourrage soit, ou assez spacieuse pour que celle-ci puisse être étendue sur une très-peuũte épaisseur, ou bien n'en amener, à la fois, que pour un seul repas. Quand le temps est humide, ce fourrage ne souffre point, lors mème qu'il reste pendant quelques j jours en andains sur le sol. § 1422. Je n'ai jamais trouvé que le trèfle jeune et fauché avant la floraison fut nui- sible au bétail, lorsqu'on le donnait en quantité modérée. Mais lorsqu'on le jette aux animaux, en quantité excessive, dans un moment odù ils ont tant d'avi- dité pour le fourrage vert, ou qu'on laisse approcher les bétes de la provision de fourrage, et en manger avec précipitation, il peut, sans contredit, en * Une longue expérience m'a démoniré que la nourriture au vert convenait parfaitement aux bétes de labour, soit chevaux, soit bœufs, et que, pourvu qu'on les y habiluât peu-à-peu, ces bètes conservaient, par son moyen, bien plus de force que lorsqu'elles étaient nourries au sec. En général, mes Pœufs nourris de cette manière, s'engraissaient sensiblement, aussitôt que, les labours de printemps étant finis, ils avaient un travail moins forcé; et pendant la pénible période qui commence à la moisson, et finit avec le mois d'octobre, ou ils n'avaient d'autres momens de repos que les dimanches et les jours de grande pluie, ces hètes soulenaient le travail avec une vigueur parfaite, et conservaient leur embonpoint, tandis que, lorsque je nourrissais mes Dœufs au sec, ils arrivaient à l'hiver dans un état de maigreur et de fatigue frappant. Lorsque mes chevaux de labour sont au vert, je ne leur fais donner du grain qu'au temps des travaux les plus excessifs, et ils soutiennent néanmoins très-bien la faligue sans maigrir. Trad, 534 PRINCIPES RAISOCNNLES pésulter une indigestion et ses snites, le gonflement. II n'est, d'ailleurs, Pas économique de faucher le trèfle avam qu'il ait poussé ses fleurs, Parce que, dans les huit jours ou il fait cette poussé, il augmente plus en volume, qu'il ne La fait dans les cinq semaines précédentes. Si, pendant six semaines, on fauche tous les quinze jours une étendue de trèfle, et que Pon obüenne, à chaquè fois, trente livres de ce fourrage, en tout nonante livres, on retire de la même étendue Goo livres, en ne la fauchant qu'une fois en six semaines; cela a 616 démontré, d'une manibre concluante, par un essai comparatif fait à ce sujet. C'est là une des principales causes qui font qu'une étendue de terrain donne un produit si sensiblement plus grand quand on la fauche, que quand on en jouit par le moyen du päturage, qui ne laisse Pas arriver les plantes à leur développement. Quant à la question si, sans avoir égard au plus ou moins grand espace de ierrain qu'elle emploie à sa nourriture, une vache produit plus de lait au päturage, que nourrie à Pétable; elle ne pourra jamais étre décidée d'une manière générale. La même vache qui, sur un päturage de bonne qualité, quoique pas d'une fécondité extraordinaire, donnera par jour dix quarts de lait, peut, nourrie à pétable, ne donner que six quarts, ou en donner e, selon qu'elle regoit une nourriture chétive, ou une substan- jusqu'à quatorz tielle et abondante. Si, cependant, on suppose que le päturage soit des plus abondans et des plus riches, en telle sorte que le bétail qui le päture ne puisse pas le consommer entièrement, je crois qu'une vache y produira plus de lait, qu'avee la nourriture au vert la plus abondante qu'on puisse donner à l'étable. Des personnes dignes de foi nous assurent que certaines vaches rendent, sur les pà- iurages les meilleurs et les plus laiteux des contrées basses, de 90 à 100 liv. de lait par jour, dans le moment de leur plus grande abondance; et je ne con- nais aucun exemple positif de vaches nourries à Pétable, qai aient donné plus de 60 Hlv. dans le méême espace de temps.* § 1425. Il y a trop de différence dans les races et dans les individus, trop d'iné- galité dans la nourriture et Pentretien, trop de variation dans la manière de traiter les produits Je la vacherie, et d'en ürer parti, ainsi que dans leur prix, on les 9o livres de lait ont été atteintes par des * Je connais des exemples, à la vérité rares, on ajoutait, dans la boisson, un peu vaches nourries à l'étable; mais, à la nourriture au vert, de recoupe. D'ailleurs, ces vaches étaien; des individus remarquables, de grande taille el dexcellentes races. Tradl. pour rente: ehiden Files au tou 8408 d A Wdss pren Acel que, puis- ircon Mfols déducl en do Fec. danee eiab mäll jour de h de he p DAGRICULTUR B. 335 pour qu'on Puisse rien dire de général, sur le produit et moins encore sur la rente en argent, qu'on peut retirer d'une vache à lait. Nous avons des exemples Syidens de vaches, qui, sous une industrieuse activité, dans le voisinage de villes populeuses, ont produit une rente annuelle de 290 rixdalers, et d'autres, onu tout le produit en lait d'une vache ne s'est peut-étré pas Glevé à 5 rixdalers- Sans doute il est des cas, où les produits d'nne vache dépassent de beaucoup la valeur du fourrage qu'elle a consommé, mèême’ caloulé au prix du marché mais, dans les circonstances ordinaires, c'est um cas rare. Toutefois Ge compto prend une autre aspect, si Pon compte le fourrage non au prix du marché, mais à celui qu'il en coũte pour se le procurer par la culture; et c'est de eeueę manière que, dans le plus grand nombre des positions, on doit en faire l'évaluation; puisqu'il y est impossible de tirer parti des fourrages sur un marché. En ceci les circonstances sont si variées, que nous ne pouvons rien ajoutér à ce que nous avons dit plus haut à ce sujet. Le produit brut d'une vache, c'est-Aà-dire, sans déduction du fourrage, du paturage et des soins, cependant aussi sans rien portef en compte pour le fumier, varie,(si nous en exceptons les vaches nourries avec une parcimonie excessive et celles qui sont nourries avec le plus d'abon- dance) entre dix et trente rixdalers. Le produit moyen d'une vache, dans des établissemens ruraux bien dirigés, peut étre évalué, en moyenne des 40 se- maines ou 280 jours durant lesquels on la trait, à raison de quatre quarts par jour, à 1120 quarts. Douze quarts de Berlin donnom, en moyenne, une livre de beurre; ainsi une vache rendra, par annéé, 95 liv. ½ de celui-ci. La livre- de beurre se vendant six gros, cela s'éléêve à. 25 Rixdalers 8 Gros Fromage et residu de sa fabrication, calculé à raison de deux gros pour douze quaris. 7 18 8 P. 11 31 Rixd. 2. G. 3 P. Sept rixdalers huit gros huit pence feront, à peu-près, le montant des divers frais de soins, pansemens et de laiterie, dont l'entrepreneur de vacherie se charge. Ainsi vingt-quatre rixdalers seraient le plus haut prix qu'un entrepre- neur pourrait donner pPour le produii de chiaque vache; encore n'y aurait-il aucun profit. Aussi n'a-t-on atteint ce prix que de temps en temps, dans les années ou le prix du beurre était monté fort haut. Cependant, dans des établis- semens rustiques qui se distinguent par le bon entretien de leurs vaches et la bomé de leurs pàturages, le produit net d'une vache, méêéme après déduction des frais, des soins et pansement, et de tous les autres accessoires, peut bien étre poussé à trente-cinq rixdalers, en supposant cependant que le beurre soit, comme nous P'avons dit plus haut, à un prix élevé- 1 536 PRINCIPES RAISONNES L'on a dit que, lorsque les vaches étaient mieux entretenues, elles rendaiem un meilleur produit, mais que cette augmentation de produit ne balangerait pas celle des frais: que, par exemple, il ne pouvait pas convenir d'acheter du foin pour les vaches. Mais cela dépend de la localité, et le prix du marché est beaucoup plus élevé que celui pour lequel je puis, ordinairement, me pro- eurer du foin ou un fourrage qui en tienne lieu. Lorsqu'un scheffel pommes de terre me coüte, iout au plus, deux gros à reproduire, et qu'un quart scheffel donné, chaque jour, à une vache, angmente d'un gros, par jour, la valeur de mon lait, je gagne, sur cet emploi, deux gros par scheffel. Ce qui est né- cessaire pour conserver la vie à une vache, doit lui étre donné dans ious les eas, et indépendamment de iont avantage; c'est seulement le surplus quĩ produit du lait ou une augmeniation de chair; c'est donc uniquement ce qu'on donne au-delà de l'indispensable, qui commence à promier;; de là vien que le profit que donne le fourrage est d'autant Plus grand, qu'on le donne en plus grande abondance; cependant, seulement j jusqu'an point où la force de digestion peui le translormer en sucs et en sang. II suit encore de là qu'il n'est jamais avantageux d'entretenir trois vaches avec le fourrage que deux peuvent entière- ment consommer ei digérer; ce qui, cependant, arrive assez souvent, et arrivera aussi long-temps que la plupart des cultivateurs ne renonceront pas à calculer le produit de leur vacherie par téte de bétail. § 1424. 12 mesure de la nourriture Ja plus abondante et la plus avantageuse Tune vache à lait ne peut également pas étre déterminée d'une maniére générale, mais seulement selon la race, Pindividu et l'àge. Pour une vache adulte de naille moyenne, la ration la plus convenable parait être, soit 18 livres de foin, dont la moitié peut, avec avantage, étre remplacée par des racines, soit 80 liv. de trèfle vert. Quant aux grandes vaches, elles peuvent, également avec avantage, consommer de 25 à 50 livres foin sec, ou 112 à 140 livres fourrage vert. Outre cela, on leur donne autant de paille qu'elles en veulent manger. § 1425.. Gest à P'àge de siz ou sept ans Ane les vaches sont le plus abondantes en lait, et on peut les y maintenir jusqu'à leur douzième année, lorsqu'elles n'ont fait leur premier veau qu'à la troisiéme. Je n'envisage pas comme économique de se défaire d'une vache exempte de défauts, uniquement parce qu'elle a atteim Page de dix ans. Le fache dans G Losag dons de! o que! g es donn Mos hai ua par de N de san ar por me en ont — ue eimn DAGRICULTVURL. LEA LAITERIE § 1426. Est, chez nous, le moyen le plus habituel de tirer parti du Pétail à cornes. Ordinairement on n'envisage l'engraissement que comme un accessoire. Nous parlerons d'abord de la première, et, seulement ensuite, nous nous occuperons de celui-ci. On urre parti du lait, ou en le vendant tel qu'il sort de la vache, ou en le transformant en beurre, ou en faisant du fromage. § 1427. Le désir de se décharger de Tinspection sur la laiterie et méme sur les étables à vaches, celui de s'assurer un produit certain et compiant, quoique plus faible, a, dans diverses contrées, obtenu Passentiment général des grands cultivateurs, à Pusage d'amodier la laiterie. Il y avait, dans le Mecklembourg, sur presque tous les domaines, et dans les Marches sur un grand nombre, des amodiateurs de béitail, qu'on y appelait Hollandais; tout comme on y appelle les laiteries Hollanderies. Lamodiation avait ordinairement lieu par téte de bétail, au moyen de quoi l'on ne cherchait qu'è en augmenter le nombre, lors même que le päturage et les fourrages n'en devenaient que plus insuffisans; c'est, peut-être, Ià la principale cause du mauvais état où le bétail est dans ce pays. Le cultiva- teur cessa de porter de l'intérêt à ses béôtes à lait, et il n'p a rien de tel que Pœil du maltre pour engraisser le btail. II naquit, dans l'établissement rustique, un intéréèt double, divisé entre deux branches d'économie(la culture des produits et Péconomie du bétail) lesquelles ne peuvent marcher qu'en se donnant la main. Si le troupeau amodié n'éiait pas trèés-grand, de 100 tôtes et plus, les avantages que l'on devait accorder d'ailleurs à l'amodiateur, absor- baient, dans le fait, une grande partie de la rente des vaches- Pour se décharger de l'inspection, non sur les vaches méême, mais sur les travaux de laiterie et de fromagerie, qui ne peuvent étre bien exécutés que par des femmes soigneuses, il vaut beaucoup mieux vendre le lait tel qu'il sort de la vache, pour un prix raisonnable, à un laitier qui en tre lui-méême parti- De cette manière, les deux parties éprouvent une sorte de sécurité, et toutes deux conservent un intérét aux bétes à lait et à leur produit. Des difficuhtés sans nombre tombent, et l'un des contractans ne cherche plus à gagner sur Pautre, ce qui, dans les amodiations par téte, paratt constamment être le cas pour les fourrages. Je ne pense pas que, dans aucun cas, un genre d'amo- T. IV. 45 338 rRINCIPES RAISONNLES diation, autre que ce dernier, soit comhaiibie avec une économie bien entendue.* § 1428. Il faut porter une grande attention à ce qyue l'on traie les vaches com- plétement et avec imtelligence, parce que la petitesse du produit de la laiterie provient souvent de là. II faut, pour cela, Pattemtion suivie d'une femme, qui enseigne aux servantes de vacherie la manière de s'y prendre. L'iinspecteur femme doit, aussitéôt qu'elle doute le moins du monde qu'une vache n'a pas 61 bien traite, meure elle-même la main au pis de la vache, afin de vériſier la réalité de ses doutes, et de traire le reste du lait qui pourrait se trouver dans le pis. Si Pon se donne cette peine, ce n'est pas pour la valeur du lait qui, cette fois, serait demeuré dans le pis, mais pour prévenir le dommage qu'occa- sionne la diwinunon de sécréuon du lait, qui en résulte, et pour empécher les progrès que fait la négligence, lorsqu'on n'y porte pas remède sur- le-champ. L'on doit traire successivement les quatre trayons, lors mèime qu. un d'eux ne donnerait plus de lait. Si le pis est mal propre, il faut ionjours qu'il soit lavé avant qu'on traie, parce que la mal- prohreté méme la plus petite quiĩ se trôuve dans le lait, lui communique un mauvais gout, et peut, ainsi, discréditer la laiterie. I ſaur faire attention à cela, surtout lorsque les vaches sont nourries au vert à l'étable. L'on a des seaux à couvercle, dans lesquels on tient de l'eau avec une éponge ou un linge; les servantes en font usage en guise d'escabeau, et les portent avec elles, pour avoir, au besoin, l'eau nécessaire pour laver. Lorsque les servantes Prctondemt que le lait d'une vache a diminué, qu'elle ne vaut plus la peine d'étre traite, il faut vérifier, en l' échauffant modérément, si ce lait se caille; si cela n'est pas, il faut continuer à traire, afin que ceite vache ne shabitue pas à rester trop long-temps sans donner du lait. Il con- vient cependant toujours de cesser de traire, chaque vache, un mois avant qu'elle fasse le veau, lors même qu'elle donnerait encore un quart de lait, autrement la vache serait ir op éprouvée. Quelques personnes ont prétendu que pon obienait d'autant plus de lait, que l'on trayait plus souvent. Mais des essais faits avec soin n'ont nullement confirmé cette opinion; il s'est, au contraire, vérifié qu'on obtenait tout autant de lait, en ne trayant que deux fois par jour, qu'en le faisant trois ou quatre fois. D'autres Potvorihos ont, en effet, obtenu plus de lait, mais cette plus grande quantité de lait n'en donnait pas une plas grande de heurre. Gest seulement lorsque la sécrétion du lait est la plus forte, et telle que le pis ne puisse pas comiem une ir le! celui vne aul oh lor Sdc 1 det Pon; 0n) moir grelqu Ah ui van! Wige M uil lie len F D' AGRICULTURV. 339 comtenir tout le lait; en sorte qu'il en découle de lui-même qu'on doit traire une troisième fois. Le lait qui vient le premier, chaque fois qu'on trait, est moins gras que celui qui vient le dernier; cependant je n'ai pas pu voir qu'il y eũt, en cela, une aussi grande différence que quelques personnes le prétendent. Dans les lieux où Pon vend une partie du lait, et réduit l'autre partie en beurre, on sépare quelquefois ces deux parues, et l'on ne prend que la dernière pour faire le beurre. 6 1429. Lorsque le lait doit étre vendu frais, il importe de le conserver au degré de température le plus bas, cependant au-dessus du poim de congélation. Si Ton transporte du lait frais à la ville, à un cloignement de un jusqu'à deux willes, on y, consacre ordinairement le lait du soir, et le transporte aussitôt après Pavoir trait, en mettant, pour cela, le vase qui le contient, dans de Peau froide, quelqueſois mèême avec de la glace, et pendant la nuit, de manière à arriver à la ville de grand matin. Plus preès de la ville, on peut y joindre aussi le lait trait le matin.* L'on tem cette manière de tirer parti du lait, pour la plus avantageuse. Elle Pest ordinairement en effet, mais pas sans restriction: elle occasionmne des frais, des détails, et une surveillance, qui n'est pas T'affaire de tous les eulti- vateurs. Gest, sans aucun doute, la manieère la plus commode, pour celui quiĩ peut vendre son lait, au moment ouù il vient d'étre trait, à un détailleur qui Pemporte, et auquel, en conséquence, il laisse un profit qui le dédom- mage de sa peine. Dans les lieux qui sont à portée d'écouler du- lait frais à la ville, on trouve, ordinairement, aussi à écouler du beurre frais pour la table, et ce beurre se paie à un prix tel que, par ce moyen, on ne retire guères moins du lait qu'en le vendant directement. A la campagne on ne peut vendre qu'une quantité insignifante de lait frais; mais on peut quelquefois vendre avantageusement le lait écrémé, le petit-lait et le lait de beurre. 5 1450. Pour faire du beurre parfait et qui puisse bien se conserver, il faut ap- prendre à connattre cette fabrication dans toutes ses parties. Une bonne chambre à lait est une condition essentielle. Ordinairement, on ha fait au-dessous du niveau du sol, parce que là on peut mieux maintenir la tempé- rature au degré necessaire. On couvre le sol avec des plateaux en pierre, et on *X L'on ne perdra pas de vue qu'il sagit ici de milles d'Allemagne, plus grands que nes Jieues. Trad. 340 PRINCIPES RAISONNRS donne à ce parquet de la pente vers Pun des côtés, afin que l'eau dont on doit Parroser continuellement, et avec laquelle il doit étre maintenu propre, se réu- nisse dans un réservoir, pour en étre emportée. La cave ou chambre à lait doit avoir des croisées ou ouvertures aux deux Côés opposés, de sorte que P'air y ait un libre eours, et puisse éêtre renouvelé partout. On dispose volontiers ces ouvertures de manière que le courant d'air ne se fasse pas senür seulement en haut, mais encore près du sol. Cependant les ouvertures inférieures doivent pouvoir être fermées, lorsqu'un vent véhément courrait le risque d'agiter le lait contenu dans des vases placés sur le plancher. La chambre à lait doit être assez spacieuse pour que les baquets à lait soient placés les uns à 0é des autres, et non les uns sur les autres; ce dernier arrangement, du moins, est envisagé comme désavantageux, dans les laiteries les plus soignées du Holstein, Le mieux est de placer les vases à lait directement sur le plancher, parce que c'est là que la température peut éêtre maintenue le plus égale. Une température convenable est d'une grande importance pour faire crémer le lait. Si la température est trop élevée, le lait s'aigrit avant que la créme se soit réunie à la superficie du lait, et alors la créme ne se sépare plus. Lorsque la température est très-basse, la séparation de la créme se fait trop lentement. La meilleure température est entre 12 et 15⁰˙. II faut chercher à maintenir la première en été, et la seconde en hiver. Pour obtenir un beurre par- faitement bon, il faut donner des soins particuliers à ce que, non-seulement les vases et ustensiles, mais encore P'air, soient de la plus grande propreté. Il w'y a aucun liquide qui, en cela, soit plus délicat que le lait; toute matière étrangèere, toute exhalaison, peut lui communiquer un mauvais goùt, une mauvaise odeur, ou d'autres défauts. La disposition du lait à devenir glutineux, à à fller, ne provient souvent que d'une viciation de l'air, quoiqu'il puisse aussi avoir pour cause quelque dispo- sition de Panimal à la maladie, laquelle se communique à toute la masse du lait. Lorsque le lait devient bleu, ou qu'il se montre à sa surface des taches violettes, cela est, dans le plus grand nombre de cas, occasionné par un air vicié. C'est, probablement, une espèce de moisissure, laquelle prend pied sur la créme aussitét que celle-ci vient à la superficie. A la suite de divers essais à moi connus, on a gucri ce mal en abrant fortement la cave, après avoir auparavant brülé du soufre, ou de l'acide muriatique oxigéné, et avoir expose. à cette méême fumigation les divers ustensiles de laiterie. Aussitét que le lait a été trait, on le verse, à travers un tamis, dans des baqueis, pour que 3 oréme s'amasse à sa superficie. Ce tamis ne doit etre, 5 D' AGRICULTURE. 341 de laine ni de toile, mais de crin, et étre tenu dans la plus grande propreté. § 1431. Les baquets dans lesquels on place le lait pour le faire erémer, sont de métal, de terre cuite, ou de bois. Ceux de métal, surtout d'étain, paraissent, à la suite de diverses expériences, incontestablement les meilleurs pour écrémer le lait; mais, dans de grandes exploitations rurales, il serait trop coũteux de sen procurer de tels. Ceux d'argile ou de porcelaine peuvent plus facilement étre tenus propres que ceux de pois, mais ils sont trop fragiles. L'on a essayé de les doubler avec du bois, afin de les rendre plus durables. IIs doivent avoir un vernis solide, parce que, sans cela, le lait aigri pénétrerait dans l'argile; ce- pendant les vernis qui contiennent de Poxide de plomb doivent en étre bannis, parce que le lait qui s'aigrirait pourrait dissoudre un peu de plomb, toutefois seulement en fort petite quantité. Au reste, selon les essais de Westrumb, le danger n'est point aussi grand que quelques personnes ont voulu le croire. Les baqueis de verre et de porcelaine sont trop coũteux, et ne servent que pour en faire parade. Dans de grandes laiteries, ceux de bois sont les plus ordinaires, et lorsque Pon a soin de les nettoyer convenablement et de les exposer à Tair, ils mont aucun inconvénient. II faut, surtout, empécher qu'il ne s'y com- munique aucun principe de fermentation acide; pour cela, il convient de les laver, de temps en temps, avec de la lescive de cendres; et chaque fois qu'on sen est servi, de les frotter avec une prosse et de l'eau. Ordinairement ces baquets sont faits par des tonneliers; cependant on fait aussi des baquets Ghune seule pièce de bois léger, lesquels sont aplattis par-dessous, afin de reposer mieux. Ceux-ci méritent, sans contredit, la préférence, soit parce qu'ils wont pas de jointures, et sont ainsi plus faciles à tenir propres, soit parce qw'ils exposent le lait à Tinfluence de Tatmosphère sur une plus grande superficie. Dans lous les cas, les baquets pour le lait doivent étre aussi peu profonds que cela est possible, afin que la créme s'amasse promptement à la superficie, et qu'on puisse mieux la séparer du lait. Des vases profonds et étroits à leur surface, som décidément désavantageux et défectueux. .§ 1452. Les opinions sont partagées sur le temps auquel on doit écrémer. Quelques personnes laissent auparavant le lait se cailler et aigrir, parce qu'elles croient obienir alors plus de créême. Mais, dans le Holstein, où Pon a le mieux étudié Part de faire le beurre, Pon est de l'opinion contraire, et Pon cherche à lever la crême avant qu'il se manifeste la moindre acidité. On indique, pour signe 54² PRINCIPES RAISONNES de la maturité de la créme, qu'on puisse plonger dedans un couteau, sans qu'aucun lait revienne à la superficie. Ilw'y a aucun donie qu'on ne doive donner la préférence à 1a derniore méthode, car il est démontré que, non-seulement Facidité n'aide point à la séparation de la eréme, mais que, au contraire, lorsque celle-là est intervenue, la séparation de la crème ne s'opère plus, et que, non-seulement le beurre frais en a un gout plus agréable, mais que, de plus, ce beurre est plus propre à étre conservé,, qu'il demeure plus exempt d'amertume, lorsqu'il a été fait avec de la créme douce. Pour peu qu'l y ait d'acidité, la créême paratt s'associer des parties, caséeuses; la couche qu'on doit lever est, en conséquence, plus épaisse, et Ton croit alors, mal à propos, d'avoir obtenu plus de eréme. Il importe beau- coup ici de lie saisir lIe moment où toute la créme s'est rassemblée, sans que cependant il y ait encore aucun signe d'acidité. Ce moment varie heamonp selon la température et état de Patmosphere. Par une température de 10.“, il peut se faire attendre tremte-six heures; par une température plus élevée, il est là en seize heures; en temps d'orage il peut, arriver en douze, et méme en dix heures. Dans les laiteries du Holstein, des ménagères attentives veillent, pendant la nuit, auprès du lait, pour pouvoir, à Paide d'une sonnette établie pour cet usage, appeler les servantes, lorsqne ce moment est arrivé, ee qu'elles découvrent par le moyen des signes dont nous avons parlé. On lève la créme à P'aide de cuillères en pois qui omt la forme d'une pelle. Lorsqu'on peut fabriquer le beurre aussitöt que la créme a été levée, cela est de beaucoup préférable; dans les laiteries qui sont très-bien ordonnées, on ne mèéle ensemble que la crême d'un seul jour. Dans de petites vacheries, oð Pon ne fait le beurre que de deux ou trois jours Pun, il faut conserver la créême dans des vases de terre, et autant au frais que cela est possible. § 1455. On sépare le beurre du surplus de la créme par un monvement mécanique, qui se fait de diverses maniéres. L'on a des barattes hautes, étroites et non mobiles, et d'autres en forme de tonneaux. Les dernières ont, ou un axe fixe auquel sont attachées des ailes de bois, autour desquelles le tonneau est mis dans un mouvememt circulaire; ou bien le tonneau demeure immobile, et Paxe muni d'alles tourne dedans, mis en mouvement au moyen d'une mani- velle. L'on a vanté les barattes en forme de tionneaux, plus qu'elles ne le méritent; pour pouvoir en jnger, et en général, pour se faire une idée de ce que Non a à observer dans la fabrication du beurre, il est nécessaire de: savoir comment le beurre se forme et se sépare. oue hine barat darüe bar ſorm nec — lor Su les de S de me et pei D'A GRICULTURL. 343 Gest seulement alors que le beurre se forme: la partie grasse du lait n'est poiat encore un beurre, elle n'en prend la nature que par Paction de l'air sur la créme, ou par l'absorption du gaz oxigène. C'est pourquoi il faut que P'air ait une libre entrée et soit renouvelé aussi souvent que cela se peut, dans les vases où la oréme est mise en mouvement. Il est démontré, par des expé- riences directes, que l'oxigène est, en cela, le principe le plus actif, puisque Pon a trouvé que le beurte paraissait d'autant plus vite, que l'air était plus chargé de ce gaz, et qu'en revanche, lorsqu'il n'y en avait pas; il ne se formait point de beurre. 1. 8 A cet égard, les barattes hautes, étröites et non mobiles, ont déjà un avantage sur celles en forme de tonneaux, parce que celles-ci doivent étre fermées, et que l'oxigèéne y est promptement consommé avec l'air qui y est renfermé; tandis que les barattes immobiles permiettent'entrée d'une quantité d'air suffsante, et que l'air y est renouvelé par le battement continuel, à Paide duquel on opère la séparation du beurre.* Mais ces barattes à refouloir sont encore préférables sous un autre rapport; les particules huileuses, durcies par Pair et tranformées en beurre, nagent encore dans le liquide, divisées en particules, et doivent être rassemblées par le mou- vement de celui-là, pour être réunies en plus grosses masses. Dans les ton- neaux qui tournent sur leur axe, ce mouvement n'est pas assez frt, parce que si, d'un côté, la totalité du liquide y est mise dans un mouvement circu- laire, de l'autre, celui-ci n'est point assez battu et refoulé sur lui-même. Dans les barattes immobiles, la répulsion occasionne un déplacement continuel des parues laiteuses, et par là, un contact des parties butireuses. Outre cela les barattes longues et immobiles ont encore cet avantage sur celles qui sont en forme de tonneaux ei qui ont un axe, qu elles peuvent plus Hacilemem 6tre nettoyées.. Mais comme le mouvement de bauement ou de répulsion est pénible, lorsqu'il doit se faire par le seul secours des mains, et surtout lorsqu'il doit agir sur une grande quantité de liquide,'on a inventé diverses mécaniques, dans lesquelles le refouloir est attaché d'une manière mobile au bras d'un arbre; par ce moyen on opoère alors, plus facilement, le mouvement de pulsion et de répul- sion de ce refouloir. Le plus souvent on hat le beurre dans deux barattes à la fois, de sorte que, lorsque le refouloir descend dans une, il remonte dans Pautre. Le mouvement est donné à l'arbre, soit par un battant pesant, qui est poussé en avant et en arrière par deux personnes, et qui, une fois en mouvement, s'y maintient saus peine, soit au moyen d'une roue dont la périphérie est chargée. Dans de tout-à- 544 PRINCIPES RAISONNIES fait grandes laiteries, la machine est mise en mouvement par des chevaux ou des bœufs. Cette manière a de plus cet avantage, que les battemens se succè- dent en mesure, au moyen de quoi le beurre se forme mieux que lorsque le mouvement est tantôt vite, tantòt lent. § 1434. Dans la fabrication du beurre, un degré de chaleur convenable n'est pas moins essentiel. Si la créème est trop froide, les parties butreuses sont trop dures, et poim assez glutineuses pour s'agglomérer les unes avec les autres; si, au con- traire, elle est trop chaude, le beurre est alors trop mol, les caillots de Peurre se divisent de nouveau dans le choc, et se réunissent au lait. Une tem- pérature défavorable est la principale cause qui empéche la formation du beurre. Si la créme est trop froide, il faut réchauffer la baratte, en la plaçant dans des lieux chauds, quelquefois aussi en mettant un peu de cette ean chaude parmi lascréème; lorsque, au contraire, la température est trop chaude, Pon doit rafraichir la baratte dans de l'eau froide, ou dans de la glace, si Pon en a. Cependant il est aussi c'autres causes qui rendent la fabrication du beurre très-difficile. Le lait des vaches qui sont irès-avancées dans leur grossesse, ne donne que difficilemem du beurre. Quelquefois on peur lui aider en y met- tant un peu de sel, et il n'y a pas de mal à ce que, par là, le lait de beurre soit un peu salé. On prétend qu'un morceau d'alun, que l'on place dans le iamis, doit aussi produire un bon effet. L'on a vanté une poudre, composée de pherbe séchée de l'Oseille, de Marrube, de Millafeuille et d'Ortie, de chacune trois poignées, et de demi-livre fleur de soufre, poudre dont on doime, à chaque pièce de bétail, une poignée par jour, en trois fois, mélangée dans une livre vinaigre de bière. Le soufre et le vinaigre de bière, constituent bien ici les parties vraiment efficaces. Lorsqu'il tombe dans la créème, du sucre, des cendres ou du savon, ils empèchent que le beurre ne se forme. Le bas peuple jmpute cela à quelque sortillège, et, pour remédier tant à cela qu'aux autres défauis du lait, il a recours à des procédés superstitieux. Si Pon veul donner de la couleur au beurre, on doit placer la matière co- lorante dans la baratte. Ordinairement, chez nous, on colore avec du jus de carottes, en Hollande avec des fleurs de souci, que, pour cet usage, on cueille fraiches, après quoi on les place dans un vase de pierre, on les presse en- semble, les couvre parfaitement, et les conserve dans la cave. On donne une couleur plus foncée avec du roucou, dont, le soir avant de faire le peurre, on met la grosseur d'un pois dans trente livres de créme. 5 D'AcRICULTUnL. 345 Après sa formation, le beurre doit, aussitôt, étre séparé de son résidu lai- ieux, paree que celui-ci ayant de la disposition à entrer promptement en fermen- tauon, il infecterait le beurre, et lui communiquerait un mauvais goũt. Dans le Holstein, on ne lave pas le beurre, mais on le pétritavec beaucoup de soin, ei envi- sage Pusage de le laver, comme désavantageux. Cependant je préfère le laver, pourku que, ensuite, on le pétrisse et le travaille. II est essentiel qu'il n'y reste pas d'humidité; celle qui y demeure dans tous les cas, est absorbée Par le sel ordi- naire, et ne peut plus, alors, ni fermenter, ni occasioner une fermentaton. C'est probablement par cette raison que, pour que le beurre se conserve, il est si essentiel de le saler; moins le beurre est neuoyé, plus il a besoin de sel. On emploie une livre de sel pour cinq, dix ou vingt livres beurre. La principale cause qui fait que, avec le temps, le beurre contracte une mauvaise odeur et un mauvais goüt, est, sans aucun doute, le plus ou moins de parties caséeuses qui y restent tonjours, et qui entrent dans une sorte de putréfacuon. Moinsil y en a, et mieux le beurre se conserve- Dans divers endroits, aſin de conserver plus long-temps du beurre mal nettoyé, on le fond, et, par ce moyen, les parties easéeuses se séparent; mais le peurre ainsi fondu ne conserve jamais le goũt agréable du beurre frais, et ne peut être 2iplo4 que pour Pusage de la cuisine. Lorsqu'on venſerrne le beurre dans des ionneaux ou dans des vases de terre, il faut, autant que cela se peut, faire qu'il soit serré, et qu'il n'y ait aueum interstice, aucune place vide; car, autour de ces vides, le beurre se détériore promptement, et de là le mal gagne tout le tonneau. Dans les grandes vacheries, on envisage comme essentiel qu'un tonneau soit rempli de beurre d'un seul jour, ei non de deux ou trois. § 1455. On emploie le lait Serémé de diverses manières: on le joim au lait de beurre pour servir à la nourriture de Thomme, quelquefois on Pemploie dans la fa- brication du pain, d'autres fois on en fait du fromage, ou, enfin, on Pemploie la nourriture des cochons, auxquels, dans tous les cas, on donne le petit- lait, comme nous le verrons plus bas. Souvent aussi Pon fait du beurre avec la totalité du lait non écrémé, er quelques personnes prétendent y avoir trouvé de Pavantage, surtout lorsqu'elles ne prenaient, pour cela, que la moiué du lait qui, eomme nous Pavons dit plus haut, est la plus Srasse. Mais un tel beurre ne doit pas se conserver long- iemps; il est beaueoup moins Hus que Fautre, paree qu iil est fortement mélangé de parues caséeuses- T. W. 44 PRINCIPES RAISONNES v TLABRICATION DUFROMACGE. 56 1436. La préparaiion des espèces de fromages les plus eslimées demande plus de détails et une plus grande attention que la préparauon du beurre. Mais aussi, dans bien des cas, est-elle beancoup plus avantageuse, et il n jest pas rare que, par son moyen, le Produit de la laiterie soit doublé; autrefois, nous n'a- vions du bon fromage, qu'en le faisant venir de pays éloignés, et après qu'il avait Passé par plasieurs: mains, de sorte que nous devions le payer beaucoup plus cher qu'il ne çoùtait à fabriquer. Dans ce genre d'exploitauion il faut, cependant, ne pas perdre de vue que du fromage bon et doux doit étre conservé un an, et même un an et demi, pour atteindre P'état dans lequel il est propre au com- merce, et qu'ainsi il- y a un capital qui doit payer sa rente, iout comme les magasins pour la conservation du fromage; d' ailleurs il n'y a qu- un petit nombre d'entreprises rurales qui aient ce capital à leur disposition. Les méthodes pour la préparation du fromage varient à Tinfni; c'est prin- eipalement à cela qu'esi due la diflérence qui existe entre les Hromöges⸗ relati- vement à leur goüt, à leur odeur, à leur oonsistance et à leur couleur. Il est eertain que la nature des paàturages où le bétail se nourrit, la manière de vivre de celui-ci, et le climat, peuvent modiſier la qualité des fromages; en- sorte quils varient de gout, quoique la fabrication ait eté semblable; en effet mome dans des contrées où Pon fait peaucoup de fromage, on admet que dans un lieu, il ait la supériorité à ceriains égards, tandis que, à G'autres, on Paccorde à celui fabriqué ailleurs. Presque partout, on rejette cette diffé- rence sur la nature des pâturages et sur certaines herbes qui y croissent. Cependant il est également sůr que la plus petite différence dans le genre de Proparation; lors même qu'elle paraitrait absolument insignifiante, en produit une qui wéchappe point aux connaisseurs, et que, dans les lieux où le fromage a aequis une grande réputation, les femmes qui le fabriquent ont, pour sa préparalion, certains procédés qu'elles liennent secreis, et ne veulent point eommuniquer franchement à d'autres. Au reste, souvent cette différence n'est sensible qu'aà des Palais très-exercés. Lorsque ceux-ci sont accoutumés à certaines sortes de fromage, et exigent que celui qui est imité ait absolument le gouùt et les autres propriétés du fro- mage original, il sera diffcile de les sauisfaire; mais cetie prétemtion est fondéèée bien plus sur Popinmitreté, que sur une voritabje supériorité de gouüt. On doit ée din D'AGRICUILTVURL. 347 croire que nous pouvons faire du fromage, qui, lors môme qu'il ne serait pas précisément semblable nu meilleur fromage de Chester, ne le surpasse pas moins pour le goùt. Er si seulement nous lui donnons ce goüt agréable que l'on a le droit d'en attendre d'après la proportion de son prix, il ne nous manquera jamais d'écoulement pour ce genre de produit. Cependant, surtout dans le commencement, il faut chercher à approcher, autant que cela se peut, de quelque fromage estimé, soit pour le goùt, soit pour la forme et pour Tapparence intérieure. § 1437. L'innombrable variété des fromages se résume aux propriétés et qualités suivantes: 1.“ A P'égard de la graisse du fromage Pon distingue a.) Le fromage surgras, pour lequel on prend le lait du maun, tel qu'i vient, et la créme du trait du soir. 5) Le fromage gras, pour lequel on ne prend que le fait, tel qu'il vient des vaches.. c) Le fromage maigre que l'on fabrique avec du lait écrémé- Mais il y a encore des gradations dans le plus ou moins de graisse, selon que, pour la première espèce, on joint une plus ou moins grande proportion de créme, ei que, pour la dernière, l'on prélève toute la eréme, ou seulement une plus ou moins grande parle. 2.“ Les fromages se distinguent en fromage de lait doux, ou fromage de lait aigre, selon qu'on emploie, pour sa fabrication, le lait et la créme frais, ou qu'on les laisse, pour cela, atteindre un degré plus ou moins élevé d'acidité. 5.° IIs se distinguent aussi en fromages pressés ou fromages non pressés. C'est au moyen de la presse, seulement, que le fromage peut éire dépouillé de lout le peuit-lait qu'll contient. Mais ce sont les parties de petit-lait, qui, lors- qu'elles entrent en fermentalion, communiquent au fromage un certain piquanst et une disposilion à changer de consistance, et, surtout lorsque l'air est humide, à se fondre et à prendre une sorte de liquidité visqueuse. Ainsi plus on travaillera avec soin la malière du fromage, et plus on pressera, à réitérées fois, celui-ei, pour en faire sorlir le petit-lait, plus le fromage deviendra doux et pourra Gire conservé. La douceur du fromage de Glocester et de Chester dépend prin- eipalement du travail répété et soigué que lon donne à ce fromage, et de ce qu'on le comprime foriement pour en exprimer tout le petit-lait. Mais le fro- mage ainsi préparé prend une ténacité semblable à celle du cuir, lorsqu'elle N'est pas diminuée pur une abondance de päartes grasses- — 48 PRINCIPES RAISONNES Le fromage qui n'a pas été pressé doit ètre consommé assez frais, ou bien 3 on le laisse arriver à un certain degré de fermentalion putride, alors on le travaille de nouveau, on le met sous la presse, l'on y mêle de la créme ou du beurre, et empéche 1. progrès de la fermentation putride, en Penveloppant dans des linges mouillés soit avec de la biére fortement chargée de houblon, soit avec du vin; on met, entre deux, du houblon ou d'autres plantes aroma- uques, et'on ta sécher de nouveau. Cest de cette manière qu'on oblent tant ces fromages piquans qui sont 8 estimés de quelques personnes„ que ceur qui stimulent l'appétit. 4. Le fromage se distingue aussi d'après le genre du eiilemem, et des substances qu'on emploie pour opérer celui-ci. On fait cailler le lait soit après avoir chauffé, soit dans son degré de tem- pérature naturelle(de 26 degrés), soit après P'avoir laissé se rafraichir. Plus le lait est chaud, plus il se caille promptement, à égalité soit de quan- dté, soit de force de présure. Mais si le lait est trop chaud et que le caille- ment s'opère trop prompiement, le fromage devient dur. Plus il était frais, plus la päte du fromage devient délicate et fine. Le fromage fait avec du lait qui s'est caillé lentement matteint pas le degré de maturité ouù il peut étre vendu, aussi vite que celui Aui a eu un caillement plus prompt. § 1458. Le caillement est opéré par le réchauffement du lait seulement, lorsql se trouve déjà dans celui-ci quelques principes d'acidité. Mais cela ne s'opère de ceute manière que pour le seul fromage de lait aigri. L'on sait que tous les acides opèrent un prompt caillement du lait. L'on se sert souvent, pour cela, soit des acides minéraux, surtout de Pacide muriatique, soit aussi du vinaigre, et de différens végétaux qui contiennent un acide ou. du tanin, du tamarin, de fruits aigres et d'écorce de chéne, de saule ou d'aune, etc. Le Caille-lait (Gallium verum) a 616 depuis longtem s, vanté comme un excellent moyen „ dep P F de faire cailler le lait, et c'est ce qui lui a fait donner ce nom; cependant, depuis peu, l'on a élevé cette propriété en douts. Mais ce dont on fait le plus d'usage, c'est de Pestomac de veaux qui tétent, et de ce qui est contenu dans cet estomac, après qu'il a été bien nettoysé, C'est le qernier des quatre estomaes qu'on prend pour cela, § 1439. 3 La préparation et conservauion de ces estomacs de veaux varient extrémement; plusieurs personnes soutiennent que, alors même que les procédés diffèrent de peu de chose, chaque nuance a une grande influence sur la nature du fro- 65 DAGRTGUL TURN. 349 mage. Les fromagères qui ont de la réputation, font, en conséquence; souvent un secret de la préparation de leurs caillettes. Marschall, dans sa description de Péconomie rurale dans le comté de Glocester et dans les comtés du midi, a détaillé les divers procédés qu'on suit, pour préparer les caillettes, dans les provinces d'Angleterre les plus renommées pour leur fromage, le Glocestershire et Cheshire, ou il avait prolongé son séjour afin d'acquérir la connaissance de ces procédés, et cette partie de ses écrits mériterait, aussi à cet égard, d'èétre traduite. Je ne crois cependant pas que de petites différences puissent influer si fortement sur la nature du fromage, et Marschall lui-même parait en être revenu à cette opinion. Une des préparations les plus usuelles est la suivante: L'on ouvre l'estomac d'un veau nourri au lait, et Pon en enlève le lait caillé; on nettoie ce dernier, surtout des poils qui pourraient s'y trouver, et on le lave avec de l'eau- froide, afin qu'il devienne tout-à-fait blanc. Alors on le serre dans un linge propre, pour le sécher, on l'étend, et le broie soigneusement avec du sel. Ensuite on lave aussi l'estomac dans de l'eau froide, on le frotte avec du sel, et Pon renferme dedans ce qu'on avait déjà préparé. On met le tout dans un pot et on le couvre de sel. L'on met ensemble autant d'estomacs qu'on peut en rassembler en un mois. Les caillettes ainsi préparées, doivent demeurer, une année dans les vases, avant qu'on en fasse usage, et lorsqu'on veut s'en servir, on ouvre un de ces vases, on le vide et l'on broie avec soin son contenu. Alors on y met trois jaunes d'cœufs frais, et Pon jette, par-dessus, un pett verre de bonne crème. Ordinairement, après que le tout a été bien brassé et mélangé ensemble, on y jette un peu d'épices, de noix et de fleur de muscade, un clou de gérofle, et un peu de safran en poudre. L'on renferme de nouveau le tout dans la vessie, et le suspend dans un lieu propre. L'on fait alors une forte saumure d'eau de sel, la cuit, la laisse reposer autant que cela est nécessaire, et Pon verse dedans 8% onces de présure tirée de la vessie; on met aussi dedans, quatre ou cinq feuilles de noyer, et laisse le tout ainsi pendant quinze jours. Ou bien on prend Pestomac d'un jeune veau et le lait caillé qui s'y trouve, on lave soigneusement celui-ci. Ensuite'on sale bien cet estomac, et le laisse pendant trois jours dans le sel. Alors on cuit dans Peau cinq ou six œunfs, jusqu'à ce qu'ils soient durs, on les hache menus, et les mêle parmi le lait caillé; on remet le tout dans P'estomac salé, le iient suspendu à la fumée pendant trois semaines, et ensuite à Pair libre. Pour s'en servir on en coupe un morceau, le mêle avec un peu de lait, et le verse dans le lait qu'on veut faire cailler. 55b0 rRINCIPES RAISONNES Ou bien on prend trois à quatre eslomacs de veaux., on en ôte le lait eaillé, et, après Pavoir lavé, onle pétrit avec une poignée de farine d'orge, et une pareille quantité de pain frais et de sel. On ne sale pas les estomacs eux-mèêmes; on se borne à les racler un peu et à joindre, avec le mélange, ce qu'on— 6ie de cette maniére. On place ensuite le iout dans un vase de terre cuite ou de pierre, en y mettant du sel dessous et dessus ‚Het Pon conserve dans un lieu frais. 9 1440. L'on trouve des renscignemens sur la fabrication des diverses espéces de fromage. De celui de Suisse, dans le troisiéme cahier de Lourage de Mitte sur les races de bélail d cornes de l'Allemagne.* De celui de Chester, dans PArchiv der reeleen Chennie de plermviaed, De celui de Limbourg ‚ dans les Annalen des Ackerbaues. 4. XI S. 652. De diverses espsces, dans PEnoyolopaedie von Krünitz vol. XXXI. Voyez aussi Voss Anweisung Rahm- und Fetlkaese, welche deem besten Englischen und Hollaendischen gleich tommen, zu bereilen. Allona:807. Vollstaendige und deutliche Anweisung Zzur Bereitung ctes Ber nalen En- glischen Chester, Kases. Pirna 41000. Tuamloy Anweisung Englische Kdse zur Saachen. aus dem Englisehen iberselzt, mit Anumerkungen. Frankfurthc M. 1587 1*. Je n'ai pas d'expérience dans la fabrication du fronegh⸗. mais, en revanche, jai les preuves les plus convaincantes que, chez nous, et mème du lait de vaches nourries à Péiable en été et en hiver, on peut imiter les fromages les plas renommés, à el point, quedde palais exercé d'un Zrar commaisseur, seul, pourra les distinguer. Et lors méme que le fromage dqu on fabriquerait de cette ma- nière, se trouverait qiflérer un peu de celui qu'on aurait voulu imiter, il n' en serait pas, pour cela, plus. mauvais; Peui- tre mèwe lui serait- il zuperiaure * La Suisse présente plusicurs espèces de fromage très-distinetes- La plus estimée de toutes est, sans contredit, celle de Gruyeres; aussi la plupart des autres s'en approebenl⸗elles plus ou moins, et doivent-elles leur dilerence plutôt à la nature des pâturages qu'à la fabrication. Les fromages d'Urseren et de Bellelay se distinguent par un gout tout différent; dans le canton de Glaris, on fabrique, avec un mélange d'herbes aromatiques, un fromage qui a un goùt très- fort et que quelques personnes estiment beaueoup. II est désigné dans le Payss sous le nom de Schaapziguer. Trad. „ † 3 Voyez aussi l'estimable ouvrage, imritule des Fruitiéres, par Ch. Lullin. Paris et Genève, chez J. J. Paschoud, Imp. Lib. Trad. — ———— Leole dalr tendh qu b lisse from man dan me iſ 000 2 da ces los DAakRkIcULT uVR L. 351 Seulement il ne faut pas prétendre faire du fromage gras avec du lait écrèmé; du fromage doux sans que le peuit-lait en soit parfaitement exprimé; du fromage tendre, sans faire une attention particuliére au degré de chaleur, et en général du bon fromage, sans observer la plus rigoureuse propreté. Il ne faut pas se laisser dégouter par un essai qui aura mal réussi, et, pour juger de tous les fromages qui veulent être conservés, il faut attendre le moment ouù ils sont mangeables, en employant tous les moyens de conservation les plus convenables; dans le nombre de ceux-ci, une cave à fromage qui ait de l'air, est absolu- ment essentielle. Comme tout cela est confié à Padministration des femmes, il faut que celle qui en a Pinspection y Pöri6 un intérét passionné; sans cette condition cela ne réussira quie rarement.* ** ENGRAISSEMENT DU BETAIEL A coRNES. § 1441 Dans les contrées où l'on cultive beaucoup de grains, on trouve très-enra- cinée l'opinion que, excepté dans les grandes distilleries d'eau-de-vie, len- * En Suisse et en Iialie la fabrication du fromage n'est pas confiée aux ſemmes, rarement méme celles-ci sont-elles chargées du soin de traire les vaches, surtout dans les grandes laiteries. II n'est pas douteux, cependant, qu'elles ne fussent trés-propres à l'un et à l'autre de ces genres de travaux, si, dès leur jeunesse, on les habituait à lo régularité, à la précision qu'ils exigent. Dans les pays dont je viens de parler, le fromager est un des employés les plus essentiels de Léconomie rurale, car c'est essentiellement de son habileté et de ses soins que dépendent la réussite et la qualits des ſromages, dont le produit forme une des plus impor- tantes branches du revenu. Trad. * Notre auteur aurait pu dire ici, que, après a avoir fabriqué le fromoge, en n Snisant bouillir le petit-lait et lui ajoutant une nouvelle présure, l'on en peut relirer un autre produit qu'on appelle Serac, et qui, quoique plus maigre que le fromage, ne laisse pas d'ètre un bon aliment. Dans le voisinage des villes, le serac se vendl ordinairement frais, et alors il paratt, assez souvent et sous diverses formes, sur la table des riches; sallé comme le fromage, ilsé conserve assez long-temps, et, sil n'a pas alors toute la bonté de celui-ci, il m'en est pas moins un aliment sain, et cet aliment est à la portée du peuple. Au reste le petit-lait est alors amoindri d'autant, et il ne m'est pas entièrement démontré que, dans le plus grand nombre des cas, lorsque, de la valeur du serac, on aura déduit la main-d'œuvre et les autres frais que sa fabrication exige, Ton ne trouve pas plus avantageux de faire consommer le Palit- Jait par les cochons tel quil est après la fabrication du fromage. 1 Ileut également pu parler de la fabrication du sucre de lait, que le rétablissement des com- munications maritimes a heureusement fait tomber, et réduire à la petite quantité qui est né- cessaire pour les pharmacies. Trad. 355 PpRINCIPES RAISONNES graissement des bétes à cornes est réellement désavantageux. Mais souvent cette qée. Les circonstances de localité peuvent le rendre plus ou opinion m'est pas fon selon que l'emreüen du bétail pour une autre moins avantageux relativement, destinalion présente des résultats différens. Dans les calculs, par lesquels on prétend prouver que ce genre d'exploita- non n'est pas avantageux, on PO36 mal la quesuon; on veut imputer au bétail, alimens au prix du marché, tandis quvils ne devraient oduction. Chacun reconnait que, pour cultiver des grains, tenir du bétail, et linfluence de cet entretien, e dans plusieurs parties de cet ouvrage. qui est à'engrais, les Pétre qu'au prix de repr on ne peut se dispenser d'entre sur le produit en grains, a 616 développé Dans le plus grand nombre de eirconstances, on ne peut également pas se e bétail à cornes. La quesuon se réduit donc à savoir laquelle espèce à Pautre, et, pour le béiail à cornes en particulier, passer d est préférable relativement vil est plus avaniageux de faire consommer les fourrages et le päturage qui sont Jestinés à ce bétail, par des vaches à lait ou par des bœufs à l'engrais. Ceite question se fond dans les deux suivantes.. à) Dans quelle proportion le fourrage qu'une vache à lait consomme, durant toute Pannée, est-il à celui qu'un bœuf consomme, pendant le temps néces- saire pour accomplir son engraissement? 5) Quel est le produit que donne ordinairement un Pœuf à Pengrais pendant le temps que dure son engraissement, el quel est le produit d'une vache à lait durant toute Pannée? Nous avons parlé plus haut de la quantité de fourrage que consomme une vache à lait, et des différences qui existent à cet égard. Ce qu'il faut à un bœuf, qui est à pengrais, varie iout autant, selon la grandeur de Pindividu, et selon la quantité de chair et de graisse oh Ton veut le pousser. Mais il est peut-ètre plus facile de fixer un tarif pour chaque cas particulier qui se rapporte à l'en- graissement, que cela ne pest pour les cas qui se rapportent à Pécomomie des vaches à lait. Dans les lieux où Pon a quelqu'expérience sur Pengraissement, on détermine, avec assez de précision, la ration que doit avoir, chaque jour, un bœuf de certaine race. Souvent, dans ces contrées, on ſixe en eonséquence le prix hebdomadaire que le marchand de chair ou de bétail doit payer pour Ja nourriture d'un bœnf; prix qui, du reste, souffre quelques modifications en plus ou en moins, suzvant les circonstances de lieu et de lemps. On peut ainsi, facilement, faire son calcul à Pavance, et résoudre soi-méme ceite question; on voit alors que, assez souvent, le fourrae est mieux payé par des Pœufs *. 8 4.„. à Pengrais, que par des vaches à lait. Surtout lorsqu'on met la courte durée vne euf, elon Aue Pen- le des nent, jour, ſuence pour ons en ainsi, eson; pœub duyee DA GRICGVUETVn P. 553 du temps de Pengraissement, en parallèle avec Pentretien de la vache à lait durant ioute l'année, et les soins de la laiterie; à quoi il faut ajouter, que T'engraissement des bœufs pendant l'hiver a lieu dans une saison où les Dras sont abondans, tandis que Pentretien des vaches continue égalewent pendant T'été, oùu, souvent, on manque d'ouvriers. Dans bien des cas il faut aussi ne pas perdre de vue que le capital qui est consacré à lengraissement des bœufs rentre dans quatre ou cinq mois, tandis que celui qu'on applique à des vaches de trait, est constamment employé. En moyenne, on pourra calculer qu'un bœuf d'engrais consomme, durant son engraissement, à peu près autant de fourrage, qu'une vache durant toute- Tannée; de mêème la quantité de fumier qu'on obtient d'un bœuf, durant le iemps de son engraissement, est aussi égale à celle qu'une vache rend durant toute lannée, er peut-èêtre ce fumier est-il de meilleure qualité; d'ailleurs on obtient ce fumier dans un temps ouù l'on peut facilement en faire le charroi. Lors même qu'on ne jugerait pas avantageux de faire, de Pengraissement, Ia base de l'économie du bétail, cet engraissement pourra cependant être très- ntile, comme branche accessoire. Si une fois on a appris à connaitre et organiser toute Péconomie de P'engraissement, on pourra toujours, avec bien plus de facilité, disposer la quantté de bétes qu'on a à l'engrais d'après la quantité de fourrage qu'on a annuellement, que cela ne serait possible avec de l'autre bétail de rente. On devrait avoir soin de ne jamais étendre la quantité de bétes que l'on entretient, au-delà de celle qu'on est parfaitement certain de pouvoir entretenir, même dans les mauvaises années, et, de Pexcédent de fourrage que l'on doit à de bonnes années, on pourrait, alors, engraisser du bétail, qu'il est loujours facile de se procurer au-dehors, lorsque Pon n'en a pas soi-mèême qui doive dtre réformé; ordinairement on trouve mieux son compte à vendre après avoir engraissé, qu'à vendre maigre. § 1442. Celui qui veut entreprendre T'engraisser beauconp de bétail, doit, pour le faire avec un grand avantage, chercher à aequérir de l'espérience dans la genre de commerce, ou, tout an moins, prendre pour conseil un homme sür et parfaitement entendu. II faut, connaissance et Pappréciation du bétail et dans ce pour le choix du bélail et son évaluation, un ceriain coup-d'cil, et, plus encore, un certain tact dans la main, qui ne peuvent guères ôitre acquis que par une longue pratique. Ce serait donc bien inutilement que nous voudrions chercher à les donner ici. On ne les atteint que par la vue, et lorsqu'on a Toccasion de mettre en paralléle un graud nombre de bétes les unes avec les T. IV. 45 554 PRINCIPES RAISONNES— autres. On a bien plus de facilité à apprécier le bétail, et l'on procède avec bien plus de süreté, soit dans l'achat, soit dans la vente, soit méême pendant tout Ie cours de l'engraissement, lorsqu'on a à sa disposition une balance ou l'on peut peser les animaux vivans. Un iel instrument n'est nullement coüteux ni compliqué. L'on suspend, au moyen d'une chaine, au très-court bras du fléau de la balance, une caisse formée avec des planches rassemblées, d'une lon- gueur et largeur telle, qu'une pièce de bétail puisse y étre debout; on a eu soin d'y faire une porte par Jaquelle on fait entrer Panimal que l'on veut peser, et, du eôté oOpposé, un räteher ou l'on attre le bétail en lui donnant un pen de foin. La caisse repose alors sur le sol et y est immobile. L'autre côté du fléau de Ja balance, fléau qui peut ètre de pois sculement, est dix fois plus long; on y a suspendu un bassin sur lequel on dépose les poids. L'équilibre doit être établi par le moyen de ce bassin, de manière que Paddition du poids le plus léger, fasse élever la caisse lorsqu'elle est vide. Comme, du côté du bassin, le fléau est de dix fois plus long que du côté de la caisse, lout poids que Pon place sur ce bassin produit un effet décuple de celui qui se trouve dans la caisse. La dixième partie d'une livre soulève une livre, et une livre en soulève dix. Le poids de Panimal qui a été introquit dans la caisse est atteint, aussitét que cetie caisse commence à se remuer tant soit peu. Si on la faisait élever, cela effraierait l'animal. Un iel poids peut étre placé dans une éiable, pourvu qus les pivots sur lesquels le fléau repose, scient suspendus entre deux Poutres; on peut aussi l'établir dans une cour, mais alors il faut lui faire une monture ou support. Une telle balance est encore extrémement utile pour peser le fourrage. Quelques personnes ont prétendu déterminer le poids d'une béête par les dimensions de certaines parties, et T'après certaines formules arithmétiques. Si même, dans le plus grand nombre des cas, cela peut avoir lieu avec quelque certitude, ces règles ne sauraient étre applicables qu' une race paruculière et bien arrétée; de sorte que, pour chaque race, il faudrait des formules distinctes, déter- minées d'une manière pratique. En Angleterre, on Sest déjà persuadé de cela. Dans l'état actuel des choses, il serait trés-hasardeux de se fier à de telles données. D'après les expériences des Anglais, on peut, avec assez de précision, évaluer le poids des animaux à la boucherie, d'après le poids brut qu'ils ont étanmt en vie. Par poids de boucherie, Pon entend ce que le bœuf pèse au crochet, lors- qMwon en a ôté la téle, les avant-membres, les entrailles et le suif; le poids qu'il donne, comme l'on dit, chair nelle. Mais, pour cela, il faut prendre en considéralion l'état de santé et d'embonpoint où se trouvent les bétes. Pour un bœuf qui mest pas tout-A-fait maigre, mais qui cependant n'a pas encore Se, dw. ſus cela qut tres; e ou age. Jes lues. Ique. bien léter- cela. mnées. raluer 1 vie. lors- poids dre ea Pour P'A CGRICUL T VUR I. 355 pris de graisse, Procter Anderdon donne la formule suivante: Prenez la moitié du poids que. l'animal a en vie, et ajoutez-y 4 du tout, divisez le ensuite par 2, et le quotient donnera le poids, chair nette. Par exemple, un bœuf pèse en vie 700 liv. La 3.„.... 350 lv. Les,............ 400. 750. Divisées par 2, 575. Ici 20 livres en donnent 10 5. Mais lorsque les bœufs sont un pen plus gras, on a trouvé que 20 livres en donnaient ordinairement 11, et, lorsque les bœufs étaient complétemem gras, 12 oOu 12 1: car, à mesure que le pœuf devient plus gras, la chair augmente de proportion relauvement à la dépouille. Enfin, pour l'engraissement du bétail, il faut observer avec le plus grand soin la régularité dans la distribution de la nourriture, la propreté, eic., dont je parlerai à Poccasion de chaque espèce d'engraissement. Ici je me borne à ex- horter de ne pas se livrer à engraisser beaucoup de bétail, si l'on ne peut pas y avoir P'oœil soi-mème, ou si l'on m'a pas, tout au moins pour soiguer son bétail, une personne qui mérite la plus entière confiance, et qui soit passionnée pour ceite partie de l'économie. § 1445. L'engraissement d'été se distingue en nourriture au päturage, et en nourriture au vert à Pétable. Lengraissement au päturage ne peut avoir lieu que sur des päturages très-riches, que Pon nomme, par cette raison, Pdlurage Dengrais. A Pégard de ces päturages, chez les Anglais on dispute sur la question, si il vaut mieux abandonner au bétail tout Ie pàturage destiné au troupeau, en y laissant celui ci en liberté; ou si Pon doit diviser le päturage en plusieurs petits clos, pour ne laisser entrer que quelques bèêtes dans chacun, et alterner ensuite, afin de Jaisser à Pherbe le temps de recroftre*. La pluralité des suffrages et les plus fortes raisons sont pour cette dernière méthode. Dans les contrées basses de PElbe inférieure, l'on trouve établi, dans la plupart des localités, Pusage de faire paturer les prairies une fois, et de les faire faucher Pautre. Au printemps, on abandonne, au béiail à Pengrais, un clos, ou une pièce de pré fermée par des fossés, tandis qu'on en réserve une autre à produire du foin. Après la récolte de celle-ci, Ton y introduit le bétail, et on laisse, à son tour, la première végéter pour étre fauchée. D'autres ſois on consacre aussi une pièce de terre — * Voyez les Annalen des Ackerbaues, T. 112-(A. 4 556 1 PRINCIPES RAILISONNLS uniquement au pätura ge, mais le bétail obtient Ggalement Pautre après qu'elle a produit la récolte de in; ceite dernière piêce sert, alors, de supplément à la première, lorsque vers la üin de Pétε la vé Ggétation commence à s'y ralentir. Dans ces contrées basses, pour un grand Pieaf de la race du pays, qui atteint un poids de 1000 livres chair nette, l'on compie un journal de ce pays- là; un tel journal contient 450 perches de 16 pieds en carré, et équivaut à 5 ⅞ denosjournaux; mais la même étendue suffit 1 ⅓ des petits bœufs de Jutland. L'on compte ordinai- rement qu'un grand bœuf pele son engrais 8 Frédérics d'or; un pett bœuf 6, et Pon envisage le dernier comme plus souvent avantageux. II m'est pas rare que parmi du bétail à cornes l'on trouve un ou deux chevaux, quelquefois aussi quel- ques bôtes à laine de la race des contrées basses; ces derniéres bétes pour brouter Pherbe plus fine; les premiers au contraire pour consommer la plus grossière et ce qai croft dans les places les plus grasses; on tient cette méthode pour Gconomique. Sur de tels päturages, les chardons ne tardent ordinairement pas à prendre le dessus, et non-seulement le bétail ne les mange pas, alors mème quiils sont jennes, mais encore ils empèêchent que Pherbe qni crott antour d'eux ne soit proutée. Aussi tout cultivateur soigneux conpe-t-il ces chardons avec la faux, et lorsqu'ils sont flétris et à moitié secs, les bétes les mangent alors volontiers. Il est d'une Drendae importance d'éloigner tout ce qui peut inquiéter le bétail au päturage. L'on n'aime donc Point à voir quelqu'un entrer dans ces clos, et, surtout, on met le plus grand soin à en cloigner les chiens. Porsdqu il n'y a pas d'arbres dans les clos, on y plante des pieux, qui sont en- taillés à leurs angles, afin que le botail puisse mienx s'y gratter. Il faut avoir soin qu'il y ait des abreuvoirs sains ei commodes. Quelquefois, cependant, on est réduit à donner au bétail, dans des auges, de Peau puisée dans des puits. 6 1444. On peut aussi faire päturer le bétail qui est à l'engrais, à la corde, sur des champs oùð Pon a cultivé des plantes à fourrage; cela a lieu de la maniere que nous avons décrite, pour les vaches, à 9 1412, § 1445. La nourriture du bétail d'engrais au vert, dans Pétable, n'est pas une chose habituelle. Je connais cependant divers cas ouù elle a lieu avec succès. Les bœufs peuvent devenir très-gras, lorsqu'ils sont nourris au tréfle vert, pourvu qu'on leur en donne abondamment. Mais un bœuf mange de 200 à. 250 livres tréfle vert, par jour, ei doit, outre cela, avoir de la bonne paille, qu'il mange volontiers entre les repas. Si Lon peut lui donner une portion de sa nourriture en foin ou en trèfle sec, la nourriture au vert lui sera, sans aucun doute, encore plus profitable; l'on di- — — ele 1 tàk 1. leint n lel mad; rdinad. chose Mœeuls nleur t, par ure le5 Ue sec, au d- Dp- A G R L GC I I. I. U n R. 557 minuera, par ce moyen, l'excessif relächement du bpœuf. On s'est trouvé parti- culieremem bien de donner au pœuf, surtout vers la fin de Pengraissement, un breuvage mêlé de gàteaux de lin, ou d'un peu de grain égrugé. Cet engraissement d'éré, à P'etable et au vert, ne peut, cependant, être avan- tageux que dans un peut nombre de cas, parce que, à Pépoque ou il est terminé, le plus souvent on rencontre une grande concurrence de bétail engraissé au pà- turage. On trouvera plus q'avantage à réduire en foin le trèfle que l'on a destiné à engraisser du bétail, et de Pemployer à l'engraissement d'hiver- 6 1446. Une manière paruculière d'engraisser le bétail à Pétable, soit en Gté, soit en biver, est celle qui a lieu avec le résidu de la fabrication de Peau-de-vie. Daus des contrées ob Pon consomme peu de chair, ceite manière d'engraisser est presque la seule qui ait lieu; elle fait, de la distillalion de l'eau-de-vie, une in- dustrie plutôt rustique que de ville, parce que le citadin ne peut jamais'exercer avec autant d'avantage, faute de paille, et parce qu'il ne peut pas employer le fumier comme le cultivateur. Lorsque celui-ci commence à exercer, sur cette pranche, T'industrie que le citadin y employoit, et que le gouvernement laisse exercer chaque métier dans le lieu oit il peut mieux l'étre, les distlleries qui existent en ville, ne peuvent pas soutenir la concurrence de celle des cam- pagnes. L'on croit que, en moyenne, le résidu de 10 meizen de grain qui ont passé à Palambio, avec de la paille hachée, et un peu de foin, sont une nourriture journalière suffisante pour opérer bengraissement d'un bœuf. Lors- que la quantité qisullée est de 6 scheffels par jour, on peut, en conséquence, prendre à l'engrais 95, ou même 10 bœuſs par jour. Si au bout de 20 semaines, ces bœufs sont revendus avec un bénéfice de 20 rixdalers Par 16te, ou, en tout, de 200 rixdalers, et que, pendant ce temps-là, on ait consommé 840 scheffels, P'eau-de-vie est déchargée de 5 gros 8 deniers par scheffel. Le cultivateur peut, parfaitement, abandonner le foin et la paille comme un équivalent du fumier; mais le citadin m'est pas dans ce cas. Souvent, cependant, le profit s'est élevé à plus de 50 rixdalers, et il mest pas rare que Pon paie, pour la nourriture d'un bœuf, par semaine, 1 rixdaler et 8 jusqu'à 12 gros. Ordinairement on verse le résidu de la distillation par-dessus la paille hachée, pour le donner aux bœufs, et ceux-ci reçoivent ainsi une parüe de leur nour- rilure en breuvage. L'on assure qu'iils prennent d'autant plus de graisse, qu'on leur donne cette nourriture chaude. Ces bœufs sont, en conséquence, dans une sueur continuelle, de sorte qu'il faut avoir un soin parüculier de les garantir des vents coulis, qui leur donneraient des transpirations arrètées. Avec un pareil 8 358 pRINCIPES RAISONNES négime, le bétail ne conserverait pas long-temps sa santé; mais, pendant la durée de l'engraissement, il le supporte.. Cependant, plus on force la reproduction de palcohol par une e larmentalfon vineuse complète, plus le résidu de la distillation perd de ses sues nutritifs; de sorte que Pengraissement réussit souvent d'autant mieux, que les établissemens da disulfation sont moins accomplis. Quoique les Brabançons reconnoissent les avantages qui distinguent les distilleries d'eau-de-vie dirigées à la manière hol- landaise, ils s'en tiennent néanmoins à leur ancienne méthode, toute vicieuse, qu'elle soit, pour l'amour de leur bétail. Dans le voisinage du Rhin, on ne trouve plus d' avantages à la distillation des eaux-de-vie de grain, soit à cause du renchérissement des grains, soit à cause de la concurrenee da eaux-de-vie faites avec des lies; cependant on la continue, parce que, par le moy en des engrais qu'elle procure, elle est une des colonnes de Pagriculture. Le résidu des autres matiéres premières doit se tronver en rapport avec la quantité d'eau-de-vie qu'elles produisent. Si, par exemple, 5 ⅓ scheſſels pommes de terre produisent autant d'eau-de-vie que ne le fait 1 scheffel seigle; le ré- sidu de cette dernièére fabrication aura la même proportion de sucs nutritifs. D'autres personnes, au contraire, prétendent l'avoir trouvé moius substantiel. F 144).. Pour l'engraissement avec c le rsidu des distilleries d'ean-de- vie, comme pour tout autre qui se fait dans étable, il faut chercher à établir celle-ci de ma- nière qu'on puisse y maintenir une chaleur égale, et, en hiver, une température passablement élevée. L'on peut et doit intercepter la lumière; car autant elle est importante pour maintenir en santé le bétail qu'on veut conserver, autant Pobscurité accélère cet état d'embonpoint„qui est une sorte de maladie, et ceela en partie physiquement, et en partie aussi par le plus grand repos, et par la disposition au sommeil qu'elle donne aux bètes. La propreté et une abondante liuière ont une influence très- avantageuse. Le bétail demeure volontiers couché, et ne se leuo ue pour manger. Ees soins quon donne à tenir la peau des bèétes propre, à les étriller, accélèrent visi- blement Fengraissement, et les bétes laissent clairement apercevoir Pagréable sensation que cela leur occasionne. Les anciens poils tombent, lorsque la graisse commence à se former, et il en vient de nouveaux. Dans ce temps, surtout, il ne faut pas négliger d'étriller, et le travail que cela occasionne sera très-bien payé; si Pavantage de cette opération sur les vaches à lait est encore donteux, Mwest en revanche, tant plus décidé sur le bétail qui est à Pengrais. L'on se sert, pour cela, d'un bais dentelé, auquel on a donné une poignée, afin qu uil soit facile à manier. mt la mion do nens d les hol. leuse 8n ne da diles rais D'A GRICULTUnE. 559 II faut mettre la plus grande régularité dans les heures auxquelles on donne à lail, et dans la force des rauons. Le bétail acquiert une connaissance manger au b6 d'une manière très-j'articulière chez les du temps très-précise; on peut Pobserver bétes de trait qui sont avancées en age, lesquelles lorsque les heures de repos sont arrivées, se refusent au ire vail, et veulent s'en aller à la maison, ou bien Le bétail qui est à'étable s'agite lorsque les dans la sole ou elles doivent päturer. Hlement observées, tandis heures ou il doit recevoir ses repas ne sont pas ponctue demeure très-tranquille. Il connait aussi la ration que, jusqu'a ce moment, 1! Ia reçue et mangée, il se livre au repos; qu'on lui donne ordinairement; lorsqu'i si, au contraire, il ne l'a pas regue en entier, il demeure inquiet. Ce repos et ce contentement, cette heureuse insouciance, oun la conſiance qu'il a de recevoir en son temps et en mesure convenable ce qui lui vient, coutribue tellement à son engraissement, qu'une nourriture incomparablement plus abondante, mais donnée irrégulièrement, ne peut dédommager du défaut d'ordre. On peut régler de différentes manières les heures des repas, er la quantité de nourriture qmon veut donner aux bêtes; mais quand ils ont une fois été réglés, il faut toujours les conunuer sur le mème pied. 5 1448. Dans les contrées ou le foin abonde, quelquefois P'engraissemen d'hiver avec ce genre de nourriture: un bœuf qui est poussé „par jour, 40 livres de bon foin, augmente, de 14 livres. Si la valeur d'une livre de sopère uniquement à 700 ou 750 lvres, et qui recoit par jour, de 2 livres, ou, par semaine, chair grasse est de 2 gros le bœuf augmente de valeur à raison de 1 rixdaler 5 10s, 5. 3 gros par semaine: par consécquent, 1 quintal(110 livres) sera pavé 12 gros 8 P 1„ 1 a Pa. g108, s le fumier pour la paille et les soins. Ainsi, dans ious les cas si nous compton re le culüvateur, l'engraissement m'est pas aussi oùð ce prix du foin psut sausfai contraire à Péconomie que plusieurs personnes le croient. § 1449. MMais les diverses expériences qui ont été faites chez nous, à ce sujet, semblent démontrer que si, en-place de 30 livres foin, un bœuf reçoit, chaque jour, re 10 livres foin, ou, par semaine, 420 livres Go livres pommes de ierre, out pommes de terre et 70 livres foin; ce Pœuf se trouvera mieus de ce régime et. t en poids et en embonpoint. Cependant comme 1l e paille, nous voulons subposer que le profit de La valeur de 70 livres foin, par semaine, s'éléve augmentera plus sensiblemen mangera alors un peu plus d Pengraissement sera le mêmé. à gros. Les 420 livres de pommes ter payées 21 gros, et 1 scheffel ou 100 livr re qu'il reçoit par semaine seront, ainsi, es pommes de terre sera employ é ainsi 560 TPRINCIPES RAISONNES au prix de 5 gros. L'on ne d ici bœuf, que des 1 er au prix de 5 gros. Lon ne donne ici au bœuf, que des pommes de terre mauvaise espèce et adnenses; le prix auquel ene⸗ sont päyses est donc lnen salisfuisant. Si Pengraissement dure 16 semaines, un bœuf gagne 224 livres chair et graisse 8 68, 8³8 8. el augmente de 18 rixdalers 16 gros en valeur. Si ce boœuf est engraissé avec du foin uniquement, il consomme 4480 livres; si e'est avec des pommes de terre, il consomme 1120 livres foin et 67 scheffels 20 livres pommes de terre. Si la durée de l'engraissement est de 20 semaiues, le bpœuf augmentera de 3— 8 280 livres chair et graisse, et de 28 rixd. 8 gros en valeur. Il consomme pendant ce temps-Ia, s'il est nourri an foin uniquement, 5600 livres foin, ou sil est nourri aux pommes de terre, 1400 livres foin et 84 scheffels pommes de terre. Je ne parle pas ici des autres fourrages qui ont conservé leurs sucs, tels que les choux, les raves, les betteraves ou raeine d'abondance et de disette, et les carottes. Quelque fréquemment qu'on rencontre ces fourrages chez les Anglais, ils ne sont que très rarement employés, chez nous, comme unique moyen d'engrais- semem, Nous ne trouvons chez les Anglais aueune trace de l'engraissement avec des petteraves, et quelque uüle que cette racine soit aux vaches à lait, je n'en doute pas moins qu'une béte d'engrais puͤt la supporter assez long-temps dans la me- sure ou il faudrait la donner si lon devait engraisser par son moyen seulement, puisque, cette automne, j'ai observé que des vaches auxquelles on la donnait pour toute nourriture, sauf de la paille en abondance, en eurent une indigestion, el finirent par la rebuter. La grande proportion de priucipe sucré qu'elle contient, parait n'étre avamageuse au corps animal que jusqu'à un certain degré*; mais, associGe à la farineuse pomme de terre, elle est tres-bienfaisante. Relativement aux autres produits, elle conserve la proportion que j'ai indiquée à vol. I, 5 265. On donne ici les pommes de terre crues, hachées oft coupées en disques avec la, machine à hacher les racines. Je n'ai connoissance, pour Tavoir vu moi-même, d'aucun cas où J'on ait engraissé du bétail à cornes avee de ces tu- * JPai observé le mème fait sur des bètes à laine mises en expérience. Elles mangèrent d'abord des betteraves avec une avidité et un excès tels, qu'elles en prirent une indigestion et les rebu- lèrent absolument. Je mis un autre lot de brebis à la nourriture, moitié au sec et moilié aux betteraves, et ce fut, sans comparaison, le lot qui augmenta le plus d'embonpoint. On a, engraissé avec succès, chez moi, des bœufs, avec 20 livres de 18 onces regain, et 50 livres betteraves par jour. Mais je crois qevoir répéter ici que cette racine est infiniment plus propre à augmenter Pembonpoint des animaux, que la quantité de leur lait, auquel, cependant, elles communiquent un godùt assez agréable. Du reste, comme ſourrage d' engiaissemente je erois qu'elles valent beaucoup plus que ee que notre auteur les estime ici. Je me suis expliqué là- dessus dans la note* du§ 275, page 251 du 4.“ volume de cet ouvrage.(Trad. erre. bien aisse, ec du letre, era de endant nourri b que et les Jais, grais- d des douts l me⸗- went, it pour slion, tient, mais, Maux 65. Sques dir vu des uu- — Tabord les rebu- ilié aux On a, 0 ivres a propte dendant, je erois liqus l- PDAGnIGCULT UnV. 361 bercules, ou cuits, ou amollis dans la vapeur, quoiqu'il existe des établissemens, pour cette dernière préparation, dans un grand nombre de disulleries d'eau-de-vie, et qu'on y ait recours aussi pour P'engraissement des cochons; je ne suis donc pas en sétat de décider jusqu'à quel point la coction est avantageuse. Si, indépendam- ment des pommes de terre, on donne au bélail 10 livres de foin par jour, et que, outre cela, on lui présente de la bonne paille, ou bien qu'on hache ensemble le foin et la paille pour les lui donner, il ne prend pas, alors, une diarrhée nuisible; mais si on voulait le nourrir avec des pommes de terre seulement, sans lui donner du foin, je craindrais que cette diarrhée ne J'atteignit, et, dans ce cas, il serait miieux de cuire les pommes de terre. § 1450. Dauns nos circonstances, il ne peut que rarement convenir, sous des rapports économiques, d'entreprendre l'engraissement du bétail avec des céréales ou d'autres graines farineuses, comme, par exemple, avec de la graine de lin, quoique cette graine accélère beaucoup Pengraissement: mais ces grains peuvent éêtre employés comme addition, et pour achever complérement d'engraisser une béte de très-grande taille. L'addition d'un metzen orge 6grugé accelère, sans aucun doute, beaucoup Pengraissement; elle peut être convenable sous ce rapport. Quant Atous les autres fourrages, surtout ceux qui ont conservé leurs sues, on n'ose point en donner au bétail, dès les commencemens, la ration complète qu'on lui destine, et d'autant moins, que ce béiail est plus maigre lorsqu'on le renferme à''étable; il faur l'y accoutumer peu-à-peu, afin d'éviter qu'il ne lui survienne une indigestion. Mais tous les engraisseurs les plus expérimentés de l'Angleterre disent qu'il convient de commencer d'abord par les fourrages les plus substantiels, afin, disent-ils, T'élargir les vaisseaux de sécrétion, ou plutôt de les slmuler, et de les meittre mieux en activité. Cela s'opère, surtout, par le moyen d'alimens farineux, mais d'une digesuon facile, et un iel breuvage est irès-utile pendant les 8 à 15 premiers jours, durant lesquels on donne une moins grande ration des autres fourrages. Ensuite, lorsque le bétail a atteint un certain point de graisse, le désir de manger diminue peu-à-peu chez lui; à cette époque il ne consomme plus les mêémes rations qu'auparavant, et il reste, ainsi, à peu près dans le mèême état. Si, alors, on veut le pousser à un degré d'embonpoint plus élevé, il faut passer à un genre de nourriture plus succulent, qui, sur un moins grand volume, con- nenne une plus grande proportion de parlies nutriuves, et si, alors, la chair très- grasse est recherchée, les grains employés de cette manière le sont souvent avec un grand avantage. Les gàteaux de semence à huile, surtout de lin, peuvent aussi étre em- T. IV. 46 562 PRINCIPES RAISONNES ployés avec un grand avantage à l'engraissement du bétail, soit pilés et épandus sur le fourrage, soit dissous dans la boisson. 6 1451. Lorsque, dans l'engraissement, une béte unique demeure sensiblement en arrière des autres, il ne saurait étre avantageux de forcer son engraissement; sans doute, quelquefois, on pourrait bien forcer Parrivée à ce but, si l'on„ consacrait des fourrages plus substantiels et d'une digestion facile. Mais rarement le proſit en paierait la depense; le mieux est donc de se défaire de cette bète le plus 16t possible, et à tout prikx. C'est dans sa seplième ou huitiéme année, qus le bätail: à cornes s'engraisse le plus oellemont. Les bétes plus jeunes, qui n'ont pas encore achevé leur crue, peuvent, à la vérité, devenir très-grasses et, alors, donner une viande parti- culièérement savoureuse et à filamens fins, mais elles demandent toujours et plus de fourrage et plus de remps. Les bétes vieilles ne prennent pas si facilement la graisse, cependant si elles ont encore une machoire suffisante pour bien pro er les fourrages ‚leur engraissement peut encore tre rés proſitable„ 4 cause du meilleur prix auquel on les obüent, et elles réussissent aussi fort bien. Plusieurs personnes, même en Angleterre, croient avoir rornar que que le hérail proſitait d'autant plus à Pengrais, que, Arabod avant d'étre mis à ce régime, il avait Gté plus travaillé; sans doute aussi, alors on T'avait à meilleur prix. Au dire de ces personnes, lorsque ces bétes ainsi épuisées par un travail excessif, et iout-à-fait amaigries, atteignent une nourriture abondante, elles prennent une chair ioute nourelle, à fllamens fins et plus succulente, lors même que ces bétes auraient déjà atteint un certain degré de vieillesse; seulement leur en- graissement doit étre poussé jusqu'a sa perfection. Un taureau chàtré ne doit étre mis à Pengrais que lorsqu'il a complétement perdu sa chair de taureau, soit à la charrue, soit à à d'autres travaux. II faut donc qujil ait travaillé assidument pendant deux ans. Alors il deviemt tout aussi bon, et sa chair aussi succulente, que celle d'un bœuf chàtré dans sa jeunesse. Il est rare que, chez nous, on renconire des vaches chatrées. Cependant, après qu'on les a fait travailler comme les bœufs, elles sont particulié&rement propres à Pengrais et fournissent de la viande plus délicate que celle d'aucune espèce de bétail. Dans les lieux où il y a des 9pe aieurs habiles, on envisage la castration des vaches dans leur jeunesse, comme à peu près aussi exempte de danger, que celle des jeunes bœufs. Lon a mèême des exemples de cette opé- ration faite à des bétes de 35 ans et qui ont très-bien réussi. Parmi les génisses qu'on nous amène de la principauté d'Oldenbourg, il s'en trouve a quelquefois qui out 61é chaàtrées. andos nt en lent; von swent e bäls isse le erue, darti- Dlus nent iien 1 dien. beuanl me, A 1. Au xesiif, nnent que ar eh- ememt U faut aubä nesse. ndant, rement aucune sage l pie de te opeé⸗ genises elois G1 Dp'A GRICULTUnRE. § 1452. Celui qui entreprendra Pengraissement du bétail d'une manieère suivie, fera bien de s'en tenir, pour la vente, à un marchand de bétail expérimenté et honnéte, en lui allouant un profit équitable. Lorsque ce marchand connaitra Vengrais- sement qui a lieu sur un établissement rural, et que la chair de celui-ci se sera rocommandée soit aux détailleurs, soit à leurs pratiques, ce marchand ne laissera pas facilement échapper ce bétail; et si mème, quelquefois, en conduisant soi- méème ces bétes au marché, on obtenait un prix tant soit peu plus élevé; c'autres fois on pourrait se trouver dans J'embarras. Comme ces marchands connaissent parfailement le commerce du bétail, et le temps et les circonstances où le bétail de divers degrés de graisse est le plus recherché dans certains lieux, le cultivateur peut, dans bien des cas, trouver des avantages à suivre leurs direc- Uons et à disposer son engraissement en conséquence; ainsi, renfermer son bétail plus ou moins tôt dans Pétable, et pousser, en plus nu moins de temps, Pengrais au degré qui a le plus de faveur. § 1453. Un degré d'engrais prodigieux, foroé par Part, et dans lequel Ie béiail atteint un poids d'un tiers plus fort que l'ordinaire, ne peut é dire avantageux que dans un petit nombre de cas, et lorschu' on attache un prix à ce qui est extraordinaire- Chaque livre de chair que la bête à Pengr ais prend au-delà du poids habituel, coüte peut-étre ½ de plus que chaque vre de celle à laquelle les bôtes de la méme espèce atteignent ordinairment; elle devrait donc être payée en consé- Tuence; cependant l'on ne peut point compter sur cette augmentation de prix„ à moins qu'il ne se soit introduit un certain luxe dans le choix des viandes. Au premier volume de cet ouvrage, 9§6 170 et 171, j'ai parlé des qualités qu'on exige des bœufs de trait et de leur éducaion; et à 9 174 des frais de leur entretien. II n'est pas sans vraisemblance que l'usage des vaches, pour la eulture des terres, ne s'établisse et ne se propage davantage, ce qui rendrai leur en- tretien de beaucoup plus avantageux. Voyez les neue Annalen, B. 4 I, St. ¹. S. 1, et suiv. L'ECONOMIE DES COCHONS. § 1454. Dans toutes les économies rurales, soit grandes, soit petites, Pentretien des cochons est une chose presque indispensable, parce que les divers résidus et 364 PRINCIPES RAISONNES dépouilles qui sorteut, tant de la laiterie que de la cuisine et du jardin, ne peuvent guères étre employés d'un autre manière. Il faut bien distinguer de cela la multiplication des cochons, proprement dite. Quant à celle-ci, Pon miner d'une manière géuérale si clle est avantagense on non; 1 ne peut pas déter lle peut ètre pro- il faut peser attentivement les circonstances sous lesquelles e filable ou pas. Si Pon calcule bien ioutes choses, on trouvera qu'il est rarement avan- tageux d'élever des cochons, dans les lieux où l'on doit les nourrir pendant Thiver avec de bons grains ‚et où, en été, l'on n'a pas des paturages conve- nables et suffisans, ou d'autres fourrages veris qui puissent y suppléer. Outre cela, on y trouvera moins d'avantages, dans les lieus où l'on amène beaucoup de cochons des pays moins cultvés, et où, par conséquent, ces animaux sont à meilleur marché. L'on en trouvera également peu dans le voisinage des grandes villes, où l'on à la facilité de réaliser en argent et à des prix favorables, non- seulement le lait tel qu'il est produit par les vaches, mais encore les diverses dépouilles de laiterie, les pommes de terre et les autres récoltes jachéres. En revanche on y trouvera du proſit, dans les lieux où l'on cultve beau- coup de pommes de terre et de raves Pour la nourriture du Pérail, ou bien où, parmi les céréales, il y a beaucoup de mauvaises graines et de grains légers, et où l'on a, pour l'Gr*é, des paturages marécageux et humides, qui ne sont pas propres à la nourriture des moutons. On y en trouvera aussi dans les entreprises rurales où il y a des laiteries considérables, dont on ne peut pas employer le résidu d'une manière plus profitable, et là où il y a des brasseries et des dis- nllleries de grandes dimensions; surtout lorsque l'on n'y amène pas, d'autres contrées, des cochons à très-bon marché, et qu'ainsi ceux qu'on a élevés, peuvent être vendus facilement, soit maigres, soit gras; ou bien qu'on peut faire le commerce de viande salée, et expédier du lard ou des jambons dans 'étranger:— 3 Il wy a, peut-être, aucune branche de P'économie du pétail, dont les avan- lages varient antant, d'une année à l'autre, surtout dans certaines contrées. Souvent, en deux ans, le prix des cochons baisse d'une moitié, ou s'élève au double, et cela est dù à ce que ce genre d'animaux se muluüplie et diminue rès-promptement. Lorsque'élévation du prix a engagé à multiplier les cochons, et que le prix des grains commence un peu'à hausser, les marchés sont sur- chargés de ces bétes; parce que chacun cherche à se débarrasser de son su- perflu. L'on calcule que les grains qui seront nécessaires à l'entretien de ces cochons seront à peine payés par la vente de ceux-ci, et on cherche n, ne ler de ; Pon non; Plo- Wan- endamt ome- Ouuie coup sont des on- 865 eau- voü, 8, Eb nn has rises er le dis- nres vés, peut dans avan- trées. eleve ninue nons, sur- on Su- en de lerche des cochons se trouv DA Gul c U I I1 U R F. 565 ainsi à vendre d'abord tous les jeunes cochons. Une année après, le nombre e considérablement diminué dans tous les établissemens rusüques de la contrée, de manière que le prix en hausse sur les marchés. Chacun veut, alors, avoir des cochons pour mateur renchérit sur l'autre; ainsi, souvent, d élève à un taux énorme. Je me souviens d'avoir vu des cochons d'un an que, ait à peine vendre 5 rixdalers, monter jusqu'à son usage domestique, un consom- ..„. 2* G6jà Pannòe suivante, le prix s'en. deux ans auparavant, on pouv 10 ct 12 rixdalers, sans qu'ils eussent coùté be qui se laisse facilement alarmer par la hausse aucoup plus à l'éleveur. C'est ici un des cas ouù fe cultivateur ou la baisse des prix, et qui se laisse diriger par l'opinion qui court, sans en approfondir suffisamment le fondement, prendra tonjours des fausses mesures, el diminuera le nombre de’ ses cochons, au lieu de l'augmenter, sans considérer que, puisque le plus grand nombre les diminue, il pourrait, deux ans plus tard, en retirer le plus grand profit. En revanche, lorsque le plus grand nombre des cultivateurs, tentés par le haut prix que, contre tout ce que Pexpérience indique, zls croient devoir toujours subsister, augmentent le nombre de leurs cochons, le- cultivateur prévoyant voit en cela un mouif de diminuer ce nombre, sans cepen- dant renoncer 10ut-A-fait à ce genre d'industrie. 5 1455. Les races de cochons qui sont le plus connues dans le nord de PAllemagne, mais que V'on y trouve souvent croisées de diverses manières, sont les suivantes. a) Les cochons de Moldavie, Valachie, et Bosnie; ils se distinguent par leur grandeur„par une couleur gris-foncé, et par de très-grandes oreilles. 5) Les cochons de Pologne, ou, à proprement parler, de Podolie, sont de même irès-grands, mais de couleur jaunàtre, et ils ont une large raie brune sur P'épine du dos. Ces deux races fournissent des cochons d'engrais Darticulièrement grands, mais elles exigent aussi de la nourriture en proporüon; outre cela elles ne sont pas très-fécondes; les truies ne font ordinairement que trois, quatre ou cinq peuts. c) Les cochons de Bavière, qui, le plus souvent, ont des laches d'un rouge brun. On les vante par la petitesse de leurs os, et la grande facilité qwils ont à ; air trop molle. d) Les cochons de Westphalie, qui sont d'une grandeur considérable, et onze peuts. s'engraisser; en revanche, on leur reproche d'avoir une ch qui, à côté de cela, multiplient beauconp; ils font de dis à d *) Les cochons dits anglais. Je ne suis pas vils viennent en effet d'Angleterre, ou, cependant, on consacre, sans contredit, une grande attention à Péconomie 366 PRINCIPRS RAISONNES des cochons, et où l'on a des races de diverses espèces. IIs sont encore plus longs, et ont le corps plus profond que ceux de Wesitphalie, mais ils exigent 88 PB 2 Iu P— 86 un päturage et, en général, une nourriture très-substantiels. On envisage le croisement de ces deux dernièéres espèees comme très- avantageux. J) Le cochon ordinaire d'Allemagne, qui diffère, sans contredit, d'une province à l'autre, et est de diverses couleurs, blanc, gris, noir et tacheté. II n'atteint pas la grandeur des races ci-dessus, mais on peut l'entretenir avee moins de nourriture, et il peut aussi étre engraissé plus facikement. On pourrait bien perfectionner cette race en elle-méême, en la nourrissant mieux et ne lui permettant pas de s'accoupler de si bonne heure; mais celui qui veut entre- prendre plus en grand l'économie des cochons, cherche, ordinairement, à se procurer une autre race, tout au moins afin de la croiser avec celle du pays. g) Le cochon noir, à poil fin, d'Afrique nous a, dernièrement, été amené d'Espagne, en même temps qu'un troupeau de mérinos, par le baron de Vincke, qui l'a propagé sur les domaines de Friedland. Il ne devient pas si grand, et ne convient guères comme cochon à graisse; mais il crott rapidement, et se conserve en très-bon état, lors même qu'il est maigrement nourri. II est, en conséquence, particulièrement avantageux comme cochon d chair, et par ses jambons. Le croisement de ceite race avec une grande, en a produit une moyenne, qui, jusqu'ici, a été jugée très-avantageuse à tous égards. h) Le cochon de la Chine, que l'on aime bpeaucoup en Angleterre et qui, depuis long-temps, est introduit parmi nous. Il se distingue par une épine du dos très-enfoncée, par un ventre qui traine presque à terre, par sa disposi- non à la tranquillité, et par ce qu'il fouille peu le sol; il n'atteint pas une grandeur bien distinguée, mais il croft rapidement, et est fort estimé par les Anglais, tant eomme cochon d chair, que pour la bonlé de sa viande. § 1456.— On distingue le cochon mäle sous le nom de Verrat. La femelle est appelée Truie. Le petit, tandis qu'il allaite, Cochon de lait. Les Allemands ont encore plusieurs dénominations pour caractériser les äges des cochons, mais elles ne sont point eommunes à noire langue. § 1457. Lorsqu'on veut élever des cochons, il importe, autant que pour les autres * espèces de bétail, de donner une grande attention, non-seulement à la race, mais encore au choix des individus. Pour les truies il faut, avant tout, donner ore Tlus d engemt le tres- — dune uchelé. nit apee Dourrait tne lui entre- par 8es nit une qur. épine Spos- ndeur s, lant es iges 3 autfes A race, D'AGRICULTVURL. 367 la préférence à des bétes qui font un grand nombre de petits, et leur donner une bonne nourriture, pour truies qui font ordinairement dix, douze, et même quinze petits; mais huit ou neuf est le nombre le plus ordinaire, et les truies qui en font un nombre moindre doivent étre rejetées. Mais, vraisemblablement, cette fécondité dépend aussi du verrat; il faut donc aussi veiller à ce que celui-ci soit d'une race qui qu'elles puissent bien nourrir ces peuts. II est des muluplie beaucoup. Comme, le plus souvent, les cochons d'un an qui peuvent donner beaucoup de lard sout recherchés, il faut faire ce que l'on peut pour avoir une race qui soit parüculièrement propre à ce but. Une race qui ait le corps très-long, le ventre bas, et les jambes courtes. De grandes oreilles pendantes sont ordi- nairement liées à ces qualités, et attirent les acheteurs. Si cependant, comme cela convient souvent dans de grandes laiteries et fromageries, l'on se propose de vendre, dans toutes les saisons, des cochons immédiatement au boucher, il faut, alors, faire une plus grande attention à la prompütude de la crue et à la facilité de prendre de la chair, de sorte que, déjà avant l'aàge d'un an, ces pétes aient achevé leur croissance et soient prêtes pour la boucherie. Cette qualité est particuliérement propre aux races d'Afrique et de Chine; cependant, parmi nos cochons ordinaires, on trouve aussi souvent des variétés qui sont plus propres à ce but, qu'à fournir beaucoup de lard et de graisse. Le verrat doit ôtre pris dans une race qui réponde à ces divers buts. II faut qu'il soit sain, et n'ait aucun défaut héréditaire. Il faut le tenir séparé jusqu'à ce qu'il ait un an, et ait achevé sa crue, sans cela il commence de zrès-bonne heure à saillir. Ordinairement on ne le laisse pas passer l'àge de trois — ans, sans le faire chätrer, parce que, autrement, sa chair ne pourrait plus être mangée. Si, cependant, il Gtait d'une race disunguée, qu'on ne půt pas encore remplacer, il pourrait convenir de faire le sacrifice de sa chair, pour le con- server quelcſues années de plus. gi on laissait un verrat au pärurage et en liberté avec les truies, il pourrait bien suffre pour trente ou quarante; mais comme, ordinairement, on le tient renfermé et qu'on ne le laisse saillir qu'à des époques réglées, alin que les petits naissent tous à peu près à une mème époque; Pon tient, ordinairement, un verrat pour dix ou douze iruies. Comme les verrats adultes sont assez souvent sauvages et difficiles à dompter, qu'ils assaillent les animaux et les hommes, il convient de leur arracher les défenses. La truie doit étre choisie d'une race et structure convenables, saine et exempte de vices et de défauts. Elle doit avoir, an moins, douze mamelons, 568 PRINCIPES RAISONNES paroe que l'on a observé AnS chaque pett se tenait à son mamelon ei que, par conséquent, celui qui m'a pas le sien mourrait de faim. Une bonne iruie doit faire beaucoup de petts, et ces petits doivent étre égaux, et non les uns forts et les autres faibles. Il faut qu'elle en ait soin et ne les écrase pas; surtout il ne faut pas qu'elle mange Tarrière-faix et, ce qui peut facilement s'ensuivre, ses propres petits. Si une truie a ces mauvaises habitudes, ou si seulement elle a des couches pénibles; si elle fait des pelits morits, il faut aussitét la faire chatrer. Cette circonstance doit engager à élever plusieurs jeunes truies à la fois, pour ne garder ensuite que delles qui sont exemptes de défauis. Il ne faut également has élever des truies ou des verrats de bétes vicieuses. 5 1458. Les truies sont presque toujours en chaleur, jusqu'à ce qwelles aient reçu le verrat; elles le deviennent déjà à Page de quatre ou cinq mois, mais ordi- nairement on ne les laisse pas couvrir avant aàge d'un an; souvent méême qu'aux approches de celui de deux aus, lorsque, d'une race moyenne, Ton veut en former une très-grosse. On exige des truies ou deux portées ou seulement une par année. Si elles sont très-bien nourries, elles peuvent s'accoupler trois fois en treize mois; mais cela ne saurait que rarement éêtre convenable. Si Pon veut avoir deux portées par * année, comme c'est ordinairement le cas dans les établissemens où'on suit aà ce genre d'économie en grand, et où P'on a de la nourriture en suffisance, on donne le verrat à la truie au commencement d'octobre et à la fin de mars. Comme la truie porte de quatre mois à dix-huit semaines(queldues personnes prétendent avoir des exemples de vingt et mème vingt-une, el avoir remarqué que les vieilles truies portent plus long-temps ins les jeunes), elle accouche en mars et en aoùt. Mais si Pon n'en exige qu'une seule portée, on lui donne le verrat en décembre, afin qu'elle fasse les petits en avril, et qiue ceux-ci puissent Gtre elevés au paturage. Les divers buts qu'on se propose, et les cir- constances économiques de P'exploitalion rurale, décident des arrangemens que Pon doit prendre à cet égard. Les cochons de lait nés en aoùt, et ceux du commencement de mars, exigent une bonne nourriture d'hiver; lonsqne, en entretenant des cochons, on cherche seulement à trer parti du Pätursge„pour vendre ensuite les petits cochons, il peut convenir de n'exiger qu'une seule portée, en avril. Des étables à pore mal disposées, froides, et oir les jeunes cochons dépérissent, peuvent également ne permettre qu'une portée. Lorsque P'économie des cochons est bien réglée et que l'on a en abondance de l el qhe, ne trule non les 86 Däs, llement „ Oou& ) 1 laut plusieurs zempies de béles tregu ordi- uaux eul en les Som dais ccla ees par on Suit ſsance, emars. rsonnes marquè ccouche n donne ceux-d. les cir- nens qué ceux du que, el ge, Pout me seule t ou les e porläe bondence „„ 8 DAcoRICULTU n R. 369 de la nourriture pour Phiver, il sera toujours très-avantageux d'eziger deux portées par année. § 1459. 1 Des étables bien construites sont, peut-étre, d'une plus grande importance pour P'économie des cochons, que pour celle d'aucune autre espèce de bétail. Le succès en dépend essentiellement, et, sans cela, tout le reste devient inuuũle. Les cochons doivent pouvoir étre séparés d'après leurs àges, état et sexe; il faut donc un espace particulier ou une étable, a.) Pour les cochons qui viennent d'ètre sevrés. 5) Pour les jeunes cochons, parce que sans cela ils pourraient ètre blessés ou chassés par les plus grands. c) Pour les cochons aduſtes, parmi lesquels on comprend, tant les chatrés des deus sexes, que les truies qu'on élève, et celles qui ont mis bas, lorsque leurs peuts sont sevrés. d) De peutes étables pour chadue truie qui allaite ses peuts. *) Des étables d'engraissement. pf) Des étables pour les verrats. Dans la construction de ces étables ou de la maison des eochons, il faut poucvoir à ce que ces bèies soient logées chaudement, et que, cependant, les étables puissent Gire aérées et bien nettoyées; car quoique, souvent; le cochon se vautre dans la boue pour se rafraichir, la propreté dans son étable ne lui est pas moins de première ncessité. Outre cela le bätiment destiné à P'economie des cochons, doit avoir toutes les commodités pour la nourriture qT'hiver, et si cette nourriture doit étre urée principalement d'une laiterie, d'nne prasserie, ou d'une distillerie, ce bauiment doit étre en communication avec elles. Le bätiment des cochons doit étre exposé au soleil, et, autant que cela est possible, étre entouré d'une cour, dans laquelle on puisse faire sorur les cochons, quoique dans différentes divisions. Enlin il faut pourvoir à ce que le fumier soit bien conservé, et les urines bien recueillies, afin qu'il ne se perde aucune partie des engrais. Au reste la construction des bäumens pour les cochons appartient à l'archi- tecture rusuque*. § 1 460. Durant sa grossesse, la truie doit étre bien nourrie, cependant pas avec excès, * On trouve cette architecture mise en rapport avec les vues économiques, dans Gilly Anweisung zur landu irthschaftlichen Baukunst, herausgegeben von F riederici. B.à 1. Abth. 2- F. 12, 24.. A. T. IV. 47 370 PRINCIPES RAISONNES ei comme un cochon à P'engrais, parce qu'alors ellé pourrait facilement avorter. Ilne faut, surtout, pas la laisser souffrir de la faim aux approches de ses couches, parce que cela pourrait Ppinduire à manger son arrière-faix et ses Petits. II est très-hon de savoir le jour de la conceplion, afin de pouvoir calculer d'avance le moment de l'accouchement, et de prendre les précautions nécessaires. Il im- porite alors de surveiller attentivement la truie; lorsque son accouchement doit avoir lien la nuit, le berger de cochons, ou la servante qui soigne ses bôtes, doit veiller auprès d'elle. Il vaut toujours mieux donner, à chaque irnie, son étable ou loge particulière; iout au plus peut-on en laisser ensemble deux qui soient habitnées l'nne à l'autre; autrement les petits courraient risque d'ètre écrasés. Il fauf donner à la truie une bonne liüére, cependant pas trop abondante, parce que les petits pourraient se cacher qeqaps, et étre Gécrasés sans qu'il„ eüt de la faute de la mère*. Jusqu's à ce que paccouchement soit terminẽ et que l'arrière- faix soit sorü, il convienmt d'enlever les petits à mesure qu'ils naissent et de les réunir, afin qu ils ne courent Pas le risque d'étre écrasés sous la mèêre, en se glissant sous elle pendant qu'elle est en proie aux douleurs de Paccouchement. Quart d'heurée après la naissance, ou mème pendant que la truie se délivre de l'arrière-ſaix, le berger de cochons cherche, en grattant doucement le ventre et les mamelons, à engager la truie à se coucher, et, alors, il met ses peuts auprès d'elle. LPon a remarqué que chaque cochon de lait a presque toujours son teion disunot, et ne va pas volomiers à un autre: on a également observé que les tetons de devant oni presque toujours plus de lait que ceux de derrière, puisque les cochons qui tétent aux premiers ‚„deviennent toujours plus grands. On place, en conséquence, les plus peuts cochons aux tetons de devant, afin qu'ils atteignent les autres et deviennent aussi grands qu'eux, Lorsque plusieurs truies accouchent à la fois, et que l'une d'elles n'a fait que peu de petits, on peut lui en donner quelques-uns de celles qui en ont de trop. Mais il faut que cela se fasse tout de suite, et avant qu'elle se lève, afin qu'elle ne s'en aperçoive pas. Souvent il nait plus de cochons qu'il n'y a de teions; si Pon ne peut pas avoir recours au moyen qyue nous venons d'in- diquer, il faut d'abord tner les plus petits, pour étre mangés comme cochons de lait par ceux aui aiment ce mets. 8 Ordinairement, à leur première portée, les truies ne font que peu de cochons. Si une truie en fait beaucoup, elle a alors une valeur particuliére. Une vieille * *I ſaut, pour cet effet, avoir soin de ne mettre, sous la truie, que de la paille plus ou moins hachée. Trad. davorler. Conches ts. Ilest Garance 8. I im- aent doit es bäles, ruie, Soh deux qi eecrases. odanle, I edt triere- je les en 8e ment. dre ventre s peuts loujours obserye erire, grands. 1, abn wa fait en ont ze lexe, ril y 4 ons din- cochons dochons. le Vieille — wou molds PA GRIOULTUR E. 371 Un'e qui fait moins de huit peuts ne vaut pas grand chose. Les truies qui ont un Kentre extrordinairement bas, presque tratnant sur le sol, font ordinairement peu de peüts, en comparaison de ce qu Aussitét que la truie a accouché, on lui donne de l'eau, dans laquelle on a aussi long-temps qu'elle allaite, une bonne nour- ; du lait aigre et de T'orge égrugré, du ans Teau; aucune noöourriture extraor- von semble pouvoir en attendvre. mélé de Porge égrugé, et, riture, afin qu'elle ait beaucoup de lait* son, des gäteaux q'huile bien détrempés d dinaire qui pùt facilement occasionner la diarrb de la liuère bonne et sèche, qu'on change souvent; cependant pas en ‚afin que les petits cochons née se cachent pas dedans. 5 1461. à Päge de 2 ½ à 5 semaines; mais ils sur jambes, que lorsqu'on 6e, soit à la more soit à ses peuts; toujours trop grande quanuté Souvent on chatre les petits cochons restent alors plus faibles, plus petis et plus hauts leur a fait subir cette opération à six mois seulement. Cependant Popérauon est moins dangereuse lorsqu'elle a leu de bonne heure; si on la fait tard, il faut séparer les males et les femelles, soit dans l'étable soit au päturage, jusqu'à ce que ceue opération ait eu lieu. Dans la castration, l'on fait quelquefois de eruelle quelles il faut être sur ses gardes, surtout dans les lieux ou il y a des cha- treurs de cochons privilégiés. La castration des animaux des deux sexes, a quelquefois lieu d'une manière imparfaite; alors, sans doute, elle empèche bien la propagation de l'espèce, mais les bêtes ainsi imparfaitement chaàtrées wen conservent pas moins le désir de l'accoup seulement elles s'échauffent, mais encore elles dérangent tout le troupeau. Lorsque les eochons doivent zubir la castration, il ne faut, vingt-quatre riture modérée et qui ne gonfle arder pour en nrer race. s méprises, contre les- lement, et, dans ce cas, non- heures auparavant, leur donner qu'une nour pas. On choisit alors, avec soin, les bétes qu'on veut g Après qu'ils ont été chatrés, on les laisse tranquilles, et, jusqu'à ce qu'ils soient guéris, on ne leur donne qu'une boisson claire, faite avec des gâteauz de lin et du lait aigre. § 1463. Il w'est pas difficile de sevrer les cochons, parce qu'ils co On donne aux petits cochons des auges veut que ces petits animaux mmencent déjaà à 4. 1 3 4..* manger deès qu'ils ont quinze jours. particuliers, plus bas et moins profonds, si Pon ne mangent avec les vieux, dans un mème auge. „ Les rutabagas sont une des nourritures allaitent leurs petits. Trad. les plus propres à donner du lait aux lruies qui —ℳ—— ——— — ————— 72 PRINCIPES RAISONNES Il est très-utile que chacune des loges ait son issue dans la cour des eqchons, de sorte qu'on puisse facilement laisser sortir les vieux et les jeunes, et leur donner aussi de l'eau fraiche dans la cour. Lorsque les petits ont teté pendant quatre semaines, on fait sortr alterna- uvement la truie sans les petits, et ceux-ei sans la mère, ces derniers, ce- pendant, seulement lorsque le temps est beau; de cette manière ils s'accou- tument peu-à-peu à se passer les uns des autres. On donne à la mère une nour. riture maigre, afin que son lait passe mieux, et qu'elle repousse ses petits. Enfu on donne ordinairement aux petits peu quelque d'orge, afin qu'ils Sac- coutument à la nourriture dure et, comme l'on dit, qu'ils s'aiguisent les dents. Dans les commencemens, on donne aux petits cochons qui sont sevrés, cinq fois à manger par jour; lorsqu'ils ont atteint Päge de siz semaines on se borne à quatre fois; des qu'ils ont atteint neuf semaines, on ne leur donne plus à manger que trois fois par jour, comme aus autres cochons. On les accoutume facilement à premdre leur nourriture froide; ce qui, en général, paratt plus convenable, puisqu'une nourriture chaude peut facilement, étre nuisible. Lorsqu'ils ne mangent pas tout ce qu il y a dans l'auge, il fam eulever ce qui reste, ei bien neuo; er cet auge. On doit, alors, leur donner de la nonrriture fraiche, mais en moins grande quantité. Le lait aigre est, sans donte, la deiilenre et la plus saine des nourritures. Lorsqu'on ne trouve pas à bien vendre le fromage, la manière la plus avan- iageuse de trer parü du lait écréèmé est, souvent, de Femploy er à la nour- riture des cochons. Un cochon de dix-huit semaines, nourri avec du lait aigre en quantité suffisante, est plus grand qu'un cochon d'un an. Au surplus, lorsque les cochons ont atteint läge de neuf semaines, il faut les habituer à la méême nourriture que les vieux, sans cependant les laisser plus long-temps dans une mème étable avec ceux-ci. Si ces cochons n'ont pas été chatrés au teton, il faut aussi séparer les sexes jusqu'à ce que la castration ait eu lieu. Si Pon en a la facilité, il faut séparer les plus faibles d'entre les jeunes cochons, parce que les autres les mordent et les empèchent de manger, et qu'ainsi ils demeurent toujours faibles,„ § 1465. En été, les cochons trouvent leur nourriture au Päturage,“ ou la reçoivent à P'étable. Dans les contrées bien cultivées, rarement on peut, avec avantage, faire consommer le päturage par des cochons. Mais dans les lieux ouù il y a des bas fonds couveris d'herbes acides, des places marécageuses, froides, couvertes de PSSOl; dausle ne Saula liellemen mble pe fawt do Ealles chaum cocho Ouure mauge par en Ib vett lon cul Snkc Vgen N goe . à5 ains be Surlo. zen, da doch dand ves bol be Ccehon, „ el leur 1 lerna- 18, ce- Haccou- me vour. helits. 'il Säc- es denbs. seyres, on se donne „ 0 men, A dam de la ritures. ayan- nour- aigre U faut laisser 3nt pas Arauon otre les nanger, oient e, faire des bas erles de — 2 /* DAGRICULT UR R. 5 buissons, et beaucoup de mares; où il y a une grande quantité de limaçons, er, dans le sol, beaucoup de vers et de racines qui soient agréables à ces bétes, on ne saurait tirer un meilleur parti du päturage. Au reste le succès dépeùd essen- nellement d'un bon berger, et du soin qu'il a de choisir une place conve- nable pour chaque moment du jour et pour chaque température. A midi it faut donner aux cochons un abri contre le soleil, et les faire rentrer dans les Gtables lorsqu'ils ne trouvent pas cet abri aux champs. Le premier paͤturage des chaumes ne peut également étre consommé plus avantageusement due par les cochons, parce que ceux-ci s'approprient le grain qui est tombé sur le sol. Outre cela, ils broutent les plantes qu'ils trouvent, et déterrent, pour les manger, des racines qui ne seraient que diffcilement détruites par la charrue, par exemple, le Siam falcaria, qui ne peut presque etre détruit que par eux. Ils netioient aussi le sol d'insectes, de vers et de souris. Dans les lieux ouð l'on cultive des récoltes racines, ils trouvent encore une nourriture abondante sur le champ, apres la récolte; l'on ne saurait employer d'une manière plus avan- iageuse ce qui est resté en arrière- Mais, dans le temps où le paäturage est peu abondant, ils exigent toujours quelque supplément de nourriture à Pétable, le soir et le matin. Dans les exploitalions ouù il y a de grandes laiteries, on nourrit les cochons à l'étable pendant Peté; c-est une manière de faire consommer le lait aigre, ainsi que le déblai des cuisines, la dépouille des jardins, la balle du blé, et les choses de ce genre, qu'on moêle pour cet effet, et fait un peu aigrir. Mais, surtout, les cochons peuvent ètre nourris à Pétable, pendant l'été, avec du trèfle vert, ou tel qu'on le fauche, ou haché et mélé soit avec du peut-lait, soit avec du lait un peu aigri, nourriture qui est la meilleure de toutes. Mais lorsque les cochons sont à une telle nourriture, il faut qu'ils aient la liberté de se promener dans une cour spacieuse, dans laquelle ils trouvent de l'eau fraiche, ou, si cela m'est pas, qu'on les condnise dans un lieu ou ils trouvent de l'eau, soit pour boire, soit pour se baigner. § 1464. L'on peut trouver de l'avantage à nourrir des cochons pendant Phiver, soit dans les brasseries, disulleries et laiteries considérables, soit Iorsqu'on cultive en abondance des récoltes jachères. Dans les grandes laiteries, c'est ordinai- que Pon manque le plus de nourriture. 2 rement au commencement de Phiver On donne alors, aux cochons, du lait aigre mélé d'eau; outre cela on cherche un supplément dans les dépouilles de cuisine, le son, la poussière de moulin, les criblures et les graines de mauvaises herbes qu'on a séparées des blés et, 574 PRINCIPES RAISONNES qu'on donne à ces bêtes, ou égrugées, ou détrempées dans de l'eau chaude. Lorsque les vaches commeneent à faire le veau, dans un temps où l'on ne fait gnéres de fromage, l'on peut, alors, disposer de quelque lait. D'ailleurs, lorsqu'on eulüve des récoltes jachères, on ne peut jamais manquer de nourriture pour Phiver, et d'autant moins, qu'on y emploie en mme temps toutes les dépouilles dont nous venons de parler. Les grains de bonne qualité, sont ordinairement à un trop haut prix pour qu'il puisse étre avantageux d'en donner aux cochons. Cependant il faut abso- lument que les cochons soient bien nourris, autremem ils ne donnent pas de profit. Au moyen d'ne bonne nourriture, un cochon peut, à un an, avoir atteint la valeur d'un de deux ans, et l'on se demande sil m'est pas plus avan- tageux de donner, en un an, la nourriture que, sans cela, on ne consommerait qu'en deux? § 1465. Dans'organisation de son économie pour la multiplication et Pengraissement des cochons, le cultivateur doit calculer, à l'avance, quelle est'espèce de cochons qu'il trouvera le mieux à écouler dans la comrée ou il habite, et quel est Pécoulement que, selon toutes les apparences, il trouvera pour chaque es- pèce. Lon peut vendre a) Des cochons au sevrage, dans des contrées ouù il y a Peadcoup de petits cultivateurs et de jardiniers, qui entreliennent une vache et peuvent envoyer quelques cochons au paturage. b) Après la moisson, des cochons qui ont fait la moitié de leur crue, ou qui ont moins d'un an, à des gens qui engraissent chez eux une paire de ces bétes pour leur usage, et qui préférent celles de taille moyenne, parce qu'elles coùten: moins d'achat. c) Des cochons adultes, soit aux brasseurs de bière et aux distillateurs d'eau- de vie dans les villes, soit à des ménages qui ont beaucoup de dépouilles, ou qui se procurent celles de leur voisinage, soit enfin et en général, à tous ceux qui ne s'occupent pas de la multiplication des cochons, et qui, cependant, ont de quoi les engraisser.. d) Des cochons moitié gras, dans tous les temps, aux charcuitiers. e) Aux environs de Nodl, des cochons tout-à-fait gras, pour les menages de ville et de campagne. On marche toujours avec plus de süreté lorsque, en formant un établissement pour la propagation et Pengraissement des cochons, on fixe d'avance lesquelles des cinç espèces ci-dessus, et combien de chacune, l'on se propose d'entretenir ———— els diral mal m elauch ne lalt tuon 2 pour Ouilles 1 pour t ahso- Das de afoir aran- verait 1 pelils rofyer u qui bèles Sdem Feau- ou qui qui n6 de quoi ages de ssemeht squelles atrelevir DPAGRICULTVR n. 575 et de vendre. Il faut, alors, vendre ces cochons au prix qu'ils peuvent valoir: oelui qui, mécontent du prix qu'on lui offrirait, par ezemple, de ses jeunes cochons, voudrait les conserver, contre le plan de son établissement, se trou- verait, le plus souvent, dans Pembarras pour la nourriture, et obligé de vendre ensuite ses cochons avec une plus grande perie. En effet, dans ces cas-là, les cul- tvateurs, après avoir gardé leurs cochons, sont souvent réduits à les envoyer au marché. Il est sans donte pénible, lorsque, l'année précédente, on a obtenu 5 rixdalers pour un cochon au sevrage, de n'en pouvoir retirer que 8 gros, comme je lai vu plusieurs fois; néanmoins il faut s'y résoudre, lorsque le plan de T'établissement le veut ainsi. Ordinairement, lorsqu'on ne vend pas des cochons de lait, on arrange les choses de manière à pouvoir conserver les petits nés au printemps, ou pour en tirer race, ou pour les mettre à P'engrais l'automne suivante, et les cochons du mois d'avril, au contraire, jusqu'à ce quils aient une année, apréès quoi on les vend pour l'engrais. § 1466. Ce sonm les cochons qui ont achevé leur crue seulement, qu'on trouve le plus grand avantage à mettre à Pengrais. Lorsque les races sont bonnes, et la nourriture substantielle, un cochon peut avoir atteint cet état à l'àge d'un an. Mais, ordinai- rement, on ne peut envisager comme iels que les cochons de deux ans, souvent méme de irois. Rarement chez nous, mais souvent en Angleierre, l'on entreprend d'engraisser les cochons, en été, avec des plantes à fourrage telles que le trèſle, la luzerne, les vesces, le blé noir, la spergule; pour cet effet, on mei les cochons au paàturage sur ces champs à fourrage, ou bien on les nourrit, soit à Pétable, soit dans des parcs stables. On hache les fourrages veris dont nous venons de parler, tout comme les choux, on les mèêle avec les dépouilles de divers genres qui peuvent 6tre employées à la nourriture des cochons, et l'on dépose le tout dans de grands réservoirs murés, ouù on le sale, le serre, et le laisse aigrir; en aulomme alors on nourrit les cochons avec cette provision, et ils deviennent très-gras. § 1467. Dans les grandes laiteries, on peut employer le lait à engraisser des cochons, lors même qu'on n'en élève pas. On donne à ces animaux, soit le lait aigri, soit le petit-lait, et plusieurs cultivateurs sont persuadés que le premier peut, avec plus de profit, être employé à l'engraissement qu'à faire du- fromoge. II est certain que, à cette nourriture, les cochons atteignent promptement un grand poids, pourvu que, à la fin de leur engraissement, on leur consacre un peu d'orge égrugée, pour épaissir le lait dans lequel on a mêlé de Peau. La chair 8 * 33— 3 82. 576 PRINCIPES RAISONNES . 7 4 1 8„„.„ 2* 2. 2 2„2 2 de ces cochons est d'une bonté distinguée. Mais, lorsqu'on, a commencé l'engrais- sement de cette maniére, il faut le terminer de même, car, avec toute autre nourriture, ces cochons diminueraient, au lieu d'augmenter de poids. Le grain 3:1 1 r Gtre d 3— 1 égrugé ne peut leur être donné que comme supplément. 5 1468. Lorsqu'on eultive beaucoup de récoltes racines on jachères, on peut, souvent, en urer un très bon parti en les employant à l'engrais des cochons. Aujourd'hui, ce sont, ordinairement, les pommes de terre qu'on consacre à cet usage; dans ce cas, on les donne aux cochons d'engrais, cuites, surtout à la vapeur, brisées et melées avec de l'eau. Quelque volontiers que les cochons mangent des pommes de terre crues, pendant quelque temps, et en quantité modérée, ces tuber- cules ne tardent pas à leur répugner, lorsqu'ls sont à l'engrais. Vers la fin de Pengraissement et pour l'achever, on ajoute un peu de grain égrugé à la bouillie de pommes de terre. Quelques personnes envisagent les carottes comme plus . 1 8 P avantageuses encore pour Pengraissement; les cochons les mangent très-bien crues, et profitent toujours beaucoup à cette nourriture. On prétend qu'elle leur procure une chair particuliérement ferme. § 1469. Le résidu de la fabrication de la bière doit étre donné aux cochons en très- grande quantité, si les cochons doivent s'engraisser complétement par ce moyen. Au commencement ils mettent beaucoup de chair, mais on ne parvient pas à leur faire prendre beaucoup de lard, sans y ajouten, sur la fin de l'en- graissement, quelque aliment plus substantiel. Lorsqu'on ne tire pas de la petite bière de ce résidu, il est d'une meilleure qualité. Il faut le conserver sous l'eau, sans cela'il se brüͤle. 1 § 1470. Le résidu de la fabrication de Peau-de-vie est une nourriture beaucoup plus substantielle et plus propre à engraisser le bétail. Selon Neuenhahn, sur 8 schel- fels de Nordhauss(environ 6 de Berlin) employés journellement à la distillation, Pon peut entretenir 50 cochons; cependant cet auteur ajoute qu'il vaut mieux demeurer en dessous qu'en dessus de la quantité qu'on peut entretenir, et que, si Pon ne peut pas tout consommer, le dommage n'est, de beaucoup, pas aussi considérable que si Pon n'avait pas de la nourriture en suffisance. Dans le com- mencement, il faut méêler de l'eau parmi ce résidu, parce que, sans cela, les cochons ne veulent pas le manger, et, en effet, la téte leur tourne, ils chancèlent sur leurs jambes; dans la suite on leur ajoute une proportion toujours plus grande du résidu, . 2*»„ 7 1. jusqu'à ce qu'ils soient accoutumés à cette nourriture. Neuenhahn assure que le 1* engrals. ule autre Le graia Souxent, ourohui— 3 dans ce hrisces et pPommes s luber- fi de vouillie e plus s-bien qu'ele en ures⸗- t par ce parfiem de P'en- a petle s Teau, oup plos 8d schel⸗ slllation, aut mieux „ et que, pas aussi le com- s cochons sur leurs du résidu, ure que k D'A GRICULTURV. 377 résidu de la distillation de Peau-de-vie, ne peut pas étre donné aux cochons trop promptement après avoir été reuré de Palambic, ni trop chaud; ces ani- maux ne se brülent pas: lors, au contraire, que ce résidu est froid et plus vieux, il est, selon le mème auteur, plutòôt nuisible qu'avantageux. D'autres distllateurs expérimentés, qui engraissent beaucoup de cochons, m'ont, tout au contraire, assuré qu'il fallait beaucoup d'attention et un homme sur les soins duquel on půr compter, pour que les cochons ne reqçussent jamais ce résidu pendant qu'il était encore trop chaud, parce qu'alors il leur était nuisible et les retardait beaucoup. Il faut donner ce résidu aux cochons, tantét épais, tantôt éclairci avec de P'eau, afin de les conserver en appétit. § 1471. Le résidu de la fabrication de Pamidon, les issues des divers lavages qui ont lieu dans cette fabrication, et celles du froment, surpassent de beaucoup en qualité le résidu des brasseries et des distilleries. IIs engraissent plus promptement, donnent une chair plus ferme, un lard qui a plus de consistance, et beaucoup de graisse. Les cochons les mangent d'abord avec une grande avidité, et souvent avec excès; alors ils n'en veulent plus. Il faut donc les leur donner avec cir- conspection, et avoir soin de tenir les auges bien neis. Si Pon peut faire alterner cette nourriture avec quelqu'autre, P'engraissement a lieu avec d'autant plus de cerutude. Souvent on recueille une plus grande quantité de ce résidu, qu'on n'en peut faire consommer en peu- de temps, et il est alors fort difficile à conserver, parce que ses parties animales entrent facilement en putréfaction. Le seul moyen doit étre de le faire évaporer, ei de le cuire ensuite au four, réduit en gäteaux. § 1472. L'engraissement avec du grain ne peut éêtre réellement avantageux que dans un petit nombre de cas. Cependant on y a souvent recours, et de diverses ma- nibres. Selon les observations des Anglais, un bon cochon augmente, en chair, de 9 à lo livres par buschel de grain, moitié orge, moitié pois, qu'il con- somme: ainsi, par scheffel de Berlin, de 14 à 15 Kvres; on peut calculer, d'apréès cela, jusqu'à quel point cet engraissement avec du grain peut étre avantageux. On donne le grain aux cochons a) Cru et sec. Les cochons le mächent et le broient très-bien; mais il faut qu'ils aient, en méème temps, beaucoup d'eau. Comme Pestomac a crevé à des cochons qui en avaient, par hasard, mangé avec excés;, il faut êétre bien cir- conspect en donnant cette nourriture. b) Le grain détrempé dans Peau ne peut pas facilement être nuisible, mais T. IV. 48 378 PRINCIPES RAISONNES on a remarqué souvent que les cochons ne veulaient pas en manger beaucoup. Si on peut le sécher de nouveau lorsqu'il est arrivé jusqu'à la germination, on le transformer en malt, cela est d'autant meilleur. On le fait aussi aigrir, ce qui le rend plus a8tcable et plus avantageux aux cochons. c) Le grain qu'on a fait crever, en le cuisant, doit étre particulièrement bon pour engraisser, et l'on épargne les frais que, sans cela,'on devrait faire pour égruger le blé; bien entendu, cependant, que les combustibles soient à bon marché. d) Le grain égrugé est pourtant toujours le plus suùr et le plus parfait. Les cochons s'en rassasient rarement, pourvu qu'on le leur prépare d'une manière convenable. Mais il faut le faire détremper quelque temps auparavant, et ensuite Péclaircir avec une plus grande quantité d'eau et le bien travailler, de sorte qu'il n'y reste plus de masses, parce que celles-ci peuvent très-facilement attirer aux animaux des indigestions et des maladies; on ne doit pas le détre mper avec de l'eau bouillante, mais seulement avec de l'eau tiêède et froide. Lorsqu'on noufrit les cochons avec du blé égrugé, on leur donne volontiers, vers le soir, un peu de grain dans son état naturel; on prétend que cela leur conserve l'appétit. Parmi les céréales proprement dites, c'est l'orge que la majorité des opinions indique comme la plus avantageuse; d'autres préfèrent l'avoine. Mais les légumes, les pois, les vesces, les fèves, sont beaucoup plus efficaces. Seulement, dans le cas où Pon veut opérer l'engraissement avec ces derniers, il ne faut pas donner auparavant aux cochons de l'orge égrugée pure, parce que, alors, ils rebutent les légumes. Si, dans la suite, l'on veut donner de ces légumes sans mélange, il faut, dès le commencement, en meler un peu parmi l'orge. Mais si les cochons ne sont pas encore habitués à orge, ils mangent très-volontiers les légumes, soit dars, soit détrempés, cuits, ou égrugés. Selon les expériences des Anglais, les légumes, et surtout les pois, engraissent beaucoup plus facilement, et sont plus agréables aux cochons, lorsqu'on les a fait un peu aigrir. En général, l'engraissement qui a lieu avec de la paàte aigrie, est vantée comme étant moins coùteux et plus prompt que ceux qui ont lieu avec du grain. Le grain égrugé ou la grosse farine doivent étre mélés avec de l'eau chaude dans un seau, et réduits en pàte; alors on y ajoute du levain, on iient le tout à une température un peu élevée, et, en douze heures, il est aigri. On prend alors une portion de cette pate aigrie, et on la mélange avec de l'eau pour en faire un breuvage épais, qu'on donne aux cochons. Lorsque cette päte est près de finir, on ajoute, à ce qui reste, de la nouvelle farine ou du grain égrugé. Ce breuvage fait avec de la pate aigrie est particulièérement agréable aux — eancon. tion on grir; ce enl hon re pour dà bou Cochons penable. cir apeg resle waux Peau t les du de ànions zumes, dansle donner butent ge, il chons §, soit 8, les mi plus t vanté vec du e Peau ) tient ri. On le Veau te päte u grain ble aux D'AGRIOVLTVvRPk. 379 cochons, pour lesquels il est sain et rafraichissant. Mais, lorsqu'on le donne seul, il ne fait que gonfler les cochons; il leur donne beaucoup de chair, mais une chair flasque et légère, peu de lard et de graisse. Aussi conseille-von d'y joindre, chaque jonr, une ration de grain entier, surtout de pois. Quelques personnes prétendent aussi s'étre trouvées à merveille d'engraisser leurs cochons avec du pain. On fait ce pain avec de la grossière farine d'orge ou- de seigle, on le coupe ensuite par morceaux et le fait sécher dans le four; après cela on le détrempe dans Peau, et on le donne en breuvage épais, ou en sorte de bouillie. On prétend que, lorsqu'on le délaie dans du lait aigre ou du petit- lait, en place d'eau, il surpasse toutes les autres nourritures dans la promplitude et la bonté de Pengraissement. Cela, du moins, m'a été assuré par un culuvateur digne de croyance, et expérimenté. Le mais me parait surpasser toutes les autres espèces de grains, pour l'engrais- sement des animaux. Il procure une chair particulièrement ferme, il donne de la consistance au lard, et les cochons Paiment particulièrement. Chez nous on ne l'emploie ordinairement que pour finir'engraissement, en donnant à chaque cochon, le matin et le soir, une ou deux poignées de mais en grain, ce qui augmente considérablement la graisse. Au reste l'on peut aussi jeter aux cochons des épis de mais tout entiers; ces bôtes savent fort bien les dépouiller de leur grain. Cela se fait ainsi, surtout en Hongrie, où l'on pousse, de cette manière, au degré d'engraissement le plus complet, une grande quantité de cochons de Moldavie, qu'on envoie ensuite à Vienne. § 1473. Dans l'engraissement des cochons, il y a encore les rêgles suivantes à observer. Les cochons sont plus sujets que tous les autres animaux à manger avec excès, et cela les retarde beaucoup. Il vaut donc toujours mieux, si l'on doit pécher par un extréême, leur donner trop peu, que trop. S'ils ont une indigestion, il faut les laisser vingt-quatre heures sans rien manger, et leur donner quelques poignées de grain entier, avec un peu de sel, six heures avant de recommencer la nourriture qu'on veut leur continuer. Au commencemem de l'engraissement, les cochons mangent beaucoup; lors- qu'ils sont gras, beaucoup moins. II est en conséquence d'usage, de réserver, pour la fin, la nourriture la plus substantielle et la plus concentrée. Cependant quelques cultivateurs, surtout les Anglais, pensent qu'on doit fournir a ces bétes, deès le commencement, une nourriture trèés-substantielle, afin de donner plus d'ac- uvité à leur force vitale, puis leur donner des alimens plus légers, mais en plus grande abondance, et, à la fin, derechef, la nourriture la plus concentrée. 380 PRINCIPES RAISONNES L'on a, généralement, trouvé très-utile de donner, de temps en temps, aux cochons, une demi-once d'antimoine pilé, soit par-dessus la nourriture, soit avec du lait aigri. Non-seulement cela entretient appétit, et accélèére la diges- tion, mais encore cela préserve les cochons de la ladrerie. On peut en donner lous les huit ou quinze jours, et surtout lorsque les cochons ne paraissent pas avoir de l'appétit et étre gais. L'espace dans lequel on renſerme les cochons peut étre assez resserré; ils y de- viennent plus pacifiques, et y sont plus tranquilles. Si, cependant, il y a parmi eux un cochon faible, maladif et qui soit maltraité par les autres, il faut alors se hater de le séparer; sans cela, les autres le tueraient bientôt. Si les cochons ont ſaim, ils ont de la disposition à se mordre les uns les autres; mais, sils ont suffsamment à manger, ils sont assez pacifiques. Cependant il convient de diviser les auges, en plaçant au devant une planche avec des entailles, ou chaque cochon m'ait que la place nécessaire pour introduire sa téte. Il est également très-essentiel de mettre la plus grande régularité dans les heures, pour donner la nourriture aux cochons. Il importe beaucoup de les maintenir aussi propres que cela est possible, et de leur tenir toujours une litière sèche. Si l'on fait baigner les cochons deux fois par semaine, gela aide à leur engraissement, et les rend plus tranquilles. 5 1474. Eufin il me reste à parler de l'engraissement qui a lieu dans les bois. II n'arrive jamais au plus haut degré; mais les glands procurent aux cochons une chair et un lard trèͤs-fermes; tandis que la fatne au contraire procure une chair flasque et un lard sans consistance, qui suinte lorsqu'il est chaud. Les cochons doivent demeurer dans les bois nuit et jour, et y avoir des cou- veris ou abris. Si on les ramène dans les bälmens le soir, ou qu'ils puissent s'y rendre librement, ils s'échauffent, ei perdent autant qu'ils gagnent. L'engraisse- ment dans les bois est sans doute celui de tous Jui est à meilleur marché; mais il m'y a pas, tous les ans, une récolte suffisante. Si les cochons ne s'y engrais- sent pas promptement jusqu'à un certain point, ils n'en retirent souvent que peu d'avantage, à cause du défaut de chaleur et de repos. Lorsque les cochons sont habitués an pàturage, celui des bois leur est tou- jours avantageux. Mais il est indispensable qu'ils puissent y trouver de l'eau en suffsance. Ps, aux de, soit diges. ſonner ut Das 5 ge- parmi lors 86 ns ont b ont riser hon cou- n 5] aisse- ; mäis ngrais- ue peu t toll⸗ au en D'àA GRICULTUR E. L'ECONOMIE DES BETES A LAINE. § 1495. Quelquefois on a trop rabaissé et d'autres fois trop relevé Péconomie des bôtes Alaine, en proporton de celle des autres animaux domestiques. Si l'on en excepte ces particularités de localité qui doivent toujours influer sur le plus grand avan- tage de l'une ou de l'autre espèce, dans les cas isolés, les circonstances, et les conjonctures mercantiles qui en découlent, ont eu une grande part au plus ou moins de profit qu'on a obtenu de l'une ou de lautre espèce. On ne peut égale- ment pas nier que Tattention et les soins particuliers qu'on a consacrés spécia- lement à telle ou telle autre espèce, mwaient essentiellement contribué au pro- duit qu'on en a retiré. Il est généralement reconnu, que, dans toutes les espèces, le bétail qui a été soigneusement élevé, bien entretenu et parfaitement nourri, dédommage bien mieux de tous les frais bien entendus qu'on a faits pour son entretien, que des bêtes mal tenues ue paient les dépenses parcimonieuses, qu'on s'est cependant trouvé dans la nécessité de leur consacrer. Gest seule- ment Pexcédent de l'absolu nécessaire qui produit de Pavantage; ce qui ne peut que conserver la vie de l'animal est en quelqque façon perdu. C'est par cette raison que les troupeaux de bétes à laine, qui, autrefois, étaient si mal entre- tenus, ne donnaient aucun produit, et que, daus Popinion de la plupart des cultivateurs, pour peu qu'on düt assigner une valeur au pàturage et à la nour- riture, il y avait une perte réelle à les consacrer à ces bêtes, en sorte qu'elles ne devaient leur conservation, qu'à l'urgent besoin que l'on a du parc. Mais, lorsque Pattention fut réveillée par les avantages que donnaient des béôtes à laine perfecäöonnées, et qu'on leur eut consacré, et plus de soins, et une meilleure nourriture, on ne tarda pas à en obtenir un meilleur produit, indépendamment du perfectionnement de la race même, et lorsque ce perfectionnement s'y joignit, Pavantage qu'on retira des bétes à laine devint si grand, que l'on commença à le mettre au-dessus de celui des bêtes à cornes et de la laiterie, en couvrant, au contraire, ceux-ci de défaveur. Malheureusement il n'y eut que peu d'établis- semens rusuques, qui pussent, à-la-fois, entretenir abondamment et d'une ma- nière soignée ces deux espêces de bétail; de sorte que, le plus souvent, l'une souffrit de la prédilection qu'on avait pour l'autre. Ainsi, P'espèce négligée dé- clina de plus en plus. Les circonstances mercantiles, qui, elles-mêmes, dépendent des politiques, ont, depuis quelques années, favorisé l'économie des moutons, en élevant beaucoup 382 PRINCIPES RAISONNES le prix des laines; aussi, presque dans toute l'Europe, les bêtes de cette espèce sont plus estimées par les cultivateurs, que ne l'est le bétail à cornes; et, quoique cette faveur n'ait été provoquée que par la race des mérinos, elle reflue toujours plus ou moins sur les races communes, et les fait un peu hausser de prix. L'on a, presque universellement, admis en principe que dix brebis coüũtaient autänt à nourrir qu'une vache, soit au paâturage, soit à'étable. Ceite pro- portion avait d'abord pour base P'espèce de bétes à laine ei celle de vaches, que Pon tenait dans le nord de l'Allemagne, et desquelles l'une et Pautre étaient dans le plus misérable état. Cependant cette proportion semble subsister lorsque lamélioration se porte également sur Pune et autre espèce Aà-la-fois. Tout comme des vaches perfectionnées exigent le double en päturage et nour- riture à l'étable, les bêtes à laine perfectionnées l'exigent de méême. Si même la consommation de nourriture chez les bétes à laine ne monte pas, à mesure que la race se perfectionne, au méême degré que chez les vaches; les frais accessoires et l'augmentation de risque, rétablissent, le plus souvent, cette proportion. Si, en conséquence, dans les localités ou ces denx espèces de bétail peuvent étre également bien entretenues, l'on demande quelle est Pespèce que le culli- vateur doit augmenter ou diminuer au détriment de l'une, ou à Pavantage de Tautre?» Cette question se trouvera le plus souvent résolue par la réponse qu'on fera à cette autre demande:& Qu'est-ce qui rapporte le plus de dix brebis ou d'une vache?» Ceite question ne peut point être décidée d'une manière générale, mais elle ne tarde pas à étre résolue, dans chaque cas particulier, par une compiabilité même assez superficielle. A côté d'autres conjonctures, les circons- tances du temps ont aujourd'hui une grande influence sur ce sujet; et il faut, sans contredit, suivre ce qu'elles indiquent, quoique pas de manière àse mettre hors d'état d'apporter aux proportions des espèces de bétail qu'on entretient, les changemens qui peuvent devenir convenables. Dans la proportion où sont, depuis dix ans, les prix de la chair et du beurre d'un côté, et celui de la laine de l'autre, quoique les uns et les autres aient été très-élevés, l'avantage s'est, sur les pâturages qui convenaient également à Pune et à J'autre espèce d'animaux, montré décidément dans l'économie des bétes à laine, plutôt que dans la laiterie. Ce n'a pas été le cas lorsque les vaches étaient nourries à l'étable, parce que cette manière de nourrir les bétes épargne une si grande étendue de terrain, qui, sans cela, devrait être en paâturage, que, par-là, Pégalité dans le produit net du sol est au moins rétablie. Mais si la nourriture à P'étable qui peut, avec bien plus de facilité, espece luoicne oujours taient 8 pro- Jaches, Pautre ubsssler la-oib. nour- néme Sure frais elle awen eulu- ge de qw'on bis ou erale, une cons- faut, neure dient, beurre s aient lement dnomie orsque rrit les ait etre n moins facilit, p'AGRICUIL TVnRE. 383 avoir lieu pour le bétail à cornes que pour les bôtes à laine, devait tourner le résultat encore en faveur du premier, il n'en résulterait, dans nos cireons- tances actuelles, cependant pas que, pour cela, les bôtes à laine dussent éêtre di- minuées; tout au contraire, elles devraient plutét étre augmentées, parce que la nourriture des béôtes à cornes dans l'étable, épargne une quantité de pàâturage qui ne peut éêtre mise à profit d'une autre maniére. § 1476. La connaissance des races très- distinguées et variées de bétes à laine que nous rencontrons dans diverses parties du monde, est un sujet intéressant d'his- toire naturelle, mais elle n'appartient pas à la science agricole. Aussi ne parlerai-je point des races qui se trouvent dans divers pays de l'Europe éloignés et séparés de nous. Dans mon Agriculture anglaise j'ai parlé des diverses races que la Grande-Bretagne seule présente; on peut aussi consulter là-dessus Culley, uber die Adus wahl und Veredlung der vorzüglichsten Haus- thiere, aus dem Engl. von Daum, mit Kupfern von Witte. Berlin, 1804. Je me bornerai à parler ici de celles que nous rencontrons daus l'enceinte de PAllemagne, soit qu'elles s'y trouvent établies doès les temps les plus reculés, ou qu'elles y aient été introduites depuis peu de temps. Ily en a quaire espèces principales. a) Les bôtes à laine des Landes. b) Celles des Marches ou des contrées basses. c) Celles ordinaires du pays. d) Les mérinos. § 1477. Les béles d laine des Landes sont petites, on ne les trouve guères que dans les Landes de Lunebourg et de Brème; elles ne pourraient pas être avanta- tageuses dans d'autres contrées, et ne s'y maintiendraient méème pas, puisqu'elles ne vivent presque que de bruyère, et que, sur un pàturage plus gras, elles prennent bientéôt un embonpoint excessif et tombent malades. Les brebis de ceite espèce ont toutes des cornes, elles ne sont jamais tout-à-fait blanches, mais, au con- traire grises, brunes et noires. Leur laine est le plus souvent jarreuse, grossière et rude au toucher; cependant il en est quelques-unes dont la laine est plus fine, et d'autres qui, parmi une laine longue et grossière, en ont de la courte at ſine, mais qu'il est difficile de séparer. Ordinairement on les tond deux fois par année, la première vers la Saint Jean, où un belier peut donner de 2 à 5 livres de laine, un mouton de 2 à 2 ½, et une brebis de 1 à 1 ⅓ livre; la seconde fois vers la Saint Michel, mais alors on ne la tond pas si près du corps, et, à peine, 584 PRINCIPES RAISONNES oblient-on le uiers de la laine qu'on a eue à la première tonte. Cette laine, surtout la courte, est employée à la fabrication de chapeaux grossiers; Pon en fait aussi des étoffes grossières, surtout un tissu de laine ei de rite mêlés ensemble. Cependant souvent il y en a une forte demande du dehors, pour la fabrication des habits de matelots et des lisières de draps. Les bétes de ceite race ne donnemt qu'une tréès-petite rente; mais, dans ces contrées, elles ne coũtent presque rien, car elles vivent presque uniquement de bruyère, soit en été, soit en hiver. Elles grattent la neige avec les pieds pour auteindre cette plante, et lorsque celle-là est trop élevée, pour que cela soit possible, au moyen d'une charrue à neige, on leur fraie un passage, par lequel elles arrivent à la bruyére. On leur donne aussi de la bruyère sèche, dans Pétable ou sous des hangars, ou on la leur étend ordinairement mélangée avec un peu de fumier de cheval. Si, de iemps en temps, on leur donne un peu de paille de blé noir, ce west que comme une friandise. Quelques cultiva- teurs donnent cependant aux brebis, lorsqu'elles agnèlent, un peu de grain de blé poir, et aux agneaux un peu de foin. Quelque robustes que soient les béôtes de ceue race, elles ne supportent pas de passer la nuit dans des parcs découverts. Leur poids est très-peu considérable, il faut qu'un mouton soit déjà passa- plement bon, pour donner 50 livres, chair nette. Leur chair est grasse, à filamens fins, savoureuse et de bonne odeur. On a fait des croisemens de cette race avec des bôtes à laine de la race or- dinaire du pays, et procuré, de cette manière, une race moyenne qu'on qua- liſie de moitié ennoblie; cette race n'est nullement avantageuse; elle demande A avoir une meilleure nourriture, soit à l'étable, soit au päturage, sans cela elle dégénère, et pourtant elle rapporte peu de chose de plus que la pure race des Landes. § 1478. Les bétes d laine des Marches ou contrées basses, ou de Frise, com- prennent plusieurs variétés, lesquelles, toutes, paraissent cependant avoir une méme origine, et n'avoir été changées que par les soins et la nourriture qu'on leur a consacrés, et par le choix des individus. Celles des contrées les plus fertiles sont très-grandes et grasses, et peuvent érre portées jusqu'à un Ppoĩds de 120 livres, chair nette et plus, l'une. Elles portent une laine forte, qui est plus ou moins fine et molle, mais jamais frisée, et, lout au contraire, lisse et propre à éetre peignée. Elles peuvent donner, en moyenne, et lorsqu'elles sont nourries sur des päturages très-gras, 10 livres de laine; mais les plus petites n'en donnent que 6 à 7 livres. Cette laine est très-utile pour certaines étoffes, et „ 4 elle kine as; Ton en Sensemble. labrication dans Ces LGement de hieds hour e cela soit bar lecque che, daus mehangee donne un s cullira- ain de ble Sbäies de écousert. leja passs- zAlllamens l race or- qw'on qua- ſe demande as Cda dle ure rce des Frise, com- dt aroir ube arriture dum rees les pli ui un poib rie, qui esl nire, lose el qw'lls solt pelies mes s Ctoles, e DAcChRIlcyLTVUR‚ V. 585 surtout pour les bas, soit qu'on les tricote, soit qu'on les fasse au métier, parce qu'elle ne se retire pas; mais elle m'est pas bonne pour faire des draps. Ordinairement elles mettent au monde deux, souvent mème trois agneaux; Pon en a môme vu qui en faisaient un plus grand nombre. La variété qui est moins grande et qui a des os plus pelts, s'engraisse facilement; sur de bons päturages elle est déjà propre à la boucherie déès sa seconde année. Elles donnent beaucoup de lait, on les trait souvent. Jai vu des brebis de cette race, et pas de la plus grande espèce, donner, par jour, 1 quart de lait, et au gré des amateurs du lait de brebis, celui-là était d'une bonté parteulière. Ces brebis paraissent donc devoir étre avantageuses; cependant, toutes choses bien pesées, elles ne le sont pas en effet; car elles exigent, en proporton de leur produit, un pàturage et une nourriture trés-substantiels. Aussi n'en uent-on guères que quelques-unes, isolées, dans des contrées oð T'on peut leur donner un pàturage dont on ne saurait trop de quelle autre maniére tirer parti. Dans les contrées basses qui sont protégées par des digues, ces bèétes vont pa- zurer sur la digue et au-dela. Lorsqu'on veut les engraisser, on les laisse aller, parmi d'autres bestiaux, se nourrir sur les päturages d'engrais, ou bien on leur consacre des clos en herbages, qui ne pourraient guère porter d'autre bétail, et dont on jouit d'ailleurs comme prairies, mais que lon veut épargner durant une année, et amender par le moyen du parcage. Elles mangent là jusqu'à la vieille herbe, quoique mèêlée de jones, et une telle prairie se bonifie considé- rablement par ce moyen. Ces bétes ne prennent pas facilement la cachexie aqueuse au pâturage; d'ailleurs également ne tarderait-on pas à les envoyer à la boucherie. Partout on peut entretenir des bôtes de cette race, en ſes nourrissant richement à Pétahle, avec du trèfle; mais, d'après divers essais dont j'ai connaissance, leur entretien parait, alors, trop coùteux proportionnément à leur produit. La seule variété de cette race qyui ait paru présenter des avantages, e'est une petite, dont les os sont beaucoup plus minces, et appliquée à des päturages très-riches et élevés. Peut-étre aussi cette variété est-elle due à des croisemens. On rencontre les autres presque dans toutes les contrées basses, et quelques personnes inclinent à croire qu'elles proviennent de la race ordinaire du pays, mais quw'elles se sont peu-à-peu perfectonnées sur des paturages abondans; cette opinion ne me parait en aucune manière fondée; je crois plutôt que toutes proviennent originairement des bords du Rhin et de PElbe, ei qu'elles ont été transplantées dans les contrées où elles habitent aujourd'hui. T. IV. 49 PRINCIPES RAISONNüES § 1479. 4 2 Les bétes d laine ordinaires d'dllemagne, présentent, à la vérité, diverses va- 27 7 riétés, mais elles semblent avoir eu une même origine. La seule inégalité des soins qu'on a donnés à laur multiplication et à leur entretien, a produit les diffé- rences que l'on observe, lesquelles, quoicque aujourd'hui héréditaires, ne tar- deraient pas à changer, si ces bôétes étaient entretenues différemment. Dans toutes les contrées Allemandes où Pon a voué, depuis long-temps, plus d'attention aux bôtes à laine, et où celles-ci ont aussi obtenu de meilleurs päturages, surtout dans les montagnes, on trouve une race Préférable, même à l'égard de la laine, à celles des lieux où on les a entretenues avec pareimonie, et où on ne les considère que comme un accessoire occasionnel. Dans la basse Saxe on distingue une variété particulière, sous le nom d'espèce de Flandres ou da Rhin. Mais cette espèee n'a conservé ses qualités disting- nives, que dans les lieux oùð on lui donnait la meilleure nourriture et les soins les plus soutenus; dans ceux, au contraire, où cela n'a pas eu lieu, cette espèce ne me paratt pas différer sensiblement de notre race Poméranienne el Prussienne. Il vaudrait la peine de scruter les gradations de la finesse et de la bonté de la laine dans les provinces de l'Allemagne. Mais, depuis long-iemps, ce dont nous nous sommes le moins enqnis était précisément ce qui était le plus à notre portée, et maintenant, depuis Pintroduction des mérinos, à peine juge-ton les races originaires Allemandes, dignes d'ètre examinées de plus prés. Il pourrait cependant fort bien se faire, que l'introduction d'une race Allemande distinguée, et son ennoblissement en elle-méme, valùüt la peine qw'elles occasionneraient, et que, par le poids de sa laine, par sa plus grande vigueur de tempérament, et par sa plus grande facilité à s'engraisser, elle contrebalancât la plus grande valeur des mérinos. La finesse, l'élasticité et la force de la laine du pays varient infniment. IIl y a une espèce de bètes à Jaine allemandes, avec la laine de laquelle on fabrique des draps de moyenne finesse, qni sont partieuliérement durables. Il en est d'autres dont la laine est 8 jarreuse, qu'elle ne peut êétre employee que pour les étoffes les plus grossières- Nos bétes diffèrent aussi beaucoup, soit pour'épaisseur, soit pour la quantité de la laine, et, avec une plus grande finesse et une plus gran de élasticité, réu- nissent, presque tonjours, une plus grande épaisseur de la toison. On ne peut contester que nos béies à laine du pays, ne supportent, mieur que les Espagnoles, un paturage et une nourriture à Pétable mauvais, et qu'elles ne soient plus robustes et exposées à moins de maladies. Ainsi done, lorsque Pensemble de l'économie ne permet pas de conserver à ces bétes ces 18es va. 8 SoOins didlé. le lar- Lonles endon surtout haide, ne les poèce lino- oins etle 8 e Je la ns, an le peine plus race deine ande elle et la Jaine nesse, est§ wmieni 1, et donc, les Ces D'AcCRIcULTUR. 387 meilleurs päturages et cette meilleure nourriture, qui peuvent porter les niérinos aun produit en laine satisfaisant, on ne doit pas plämer le cultivateur d'une manière si absolue, Sil conserve encore la race du pays. Au reste, si l'on de- mande pourquoi l'économie rurale m'est pas disposée de manièére qu'on puisse, en effet, entretenir des mérinos, au lieu de bétes à laine du pays, la question change alors de face, ce n'est plus ce dont il s'agit iei. Seulement il me semble que, dans les localités oQ un changement des circonstances économiques er une amélioration des päturages ne peuvent pas avoir ſieu, un grand nombre des établissemens rustiques ne trouveront aucun avantage à substituer la race mé- rinos à une bonne race du pays; surtout Iorsque la propagation universelle de cette première fera hausser le prix des laines grossières, mais bonnes, en proportion de celui des fines. Je sais que divers cultivateurs attentifs ont, depuis long-temps et dans diverses contrées, fait des tentatives pour perfectionner la race du pays par elle-même; mais, vraisemblablement, aujourd'hui ils auront entrepris le croi- sement avec les mérinos. Pour la boucherie, les bêtes du pays, surtout certaines espèces, conviennent, sans contredit, mieux que les mérinos purs, lesquels ne peuvent jamais étre portés à un aussi grand volume et à une graisse aussi forte, et qui d'ailleurs n'ont pas une chair aussi succulente 9, 6 1480. La race des mérinos, que nous pouvons, aujourd'hui, envisager comme natu- ralisée en Allemagne, quoique, sans doute, on ne l'y trouve pas encore très- nombreuse dans sa pureté absolue, me parait devoir être suffisamment connue de tous ceux qui liront cet ouvrage. En 1811, sur l'ordre du Ministre de l'iné- rieur, j'ai publié un Manuel d'economie pour les bétes d laine fine(Hand- buch für die feinwollige Schaafzucht), qu'on trouvera aussi dans les Annalen der Fortschritte der Landlwirthschaft, B.¹ I, S. z. Je crois avoir dit, dans cet ouvrage, tout ce qu'il y a de plus important sur ce sujet. Si l'on y ajoute FPouvrage de Tessier, celui de Ch. Pictet, et le traité de Poisferé de Ceré, qui a 6té * Don a tué, cet hiver, dans mon économie rurale de Genthod, au bord du lac de Genève, divers moutons mérinos, et leur chair a été trouvée, par tous ceux qui en ont mangé, aussi parfaitement bonne que celle des meilleurs moutons que nos pouchers tirent de France. II parait que le genre de nourriture influe essentiellement sur la qualité de la chair; car j'ai vu des moutons suisses tirés de races qui n'avaient que très-peu de saveur dans leur contrée natale, donner une chair excellente après un séjour d'un an ou deux sur nos päturages. En revanche, je crois que la proportion de la chair et de la graisse au poids de'animal en vie, est essentiellement due à la nature de la race; sous ce rapport j'envisage la race mérinos comme inférieure aux races allemandes dont noire auteur parle, et aux races suisses. Trad. PRINCIPES RAISONNES 9„ inséré dans les Annalen des Ackerbaues B.¹§. 641, on aura une instrucuon complète sur Péconomie de cette race perfeclionnée de bètes à laine. Afin done de ne pas copier et moi-méême et d'autres auteurs, je me bornerai ici à ajouter un petit nombre d'observations. C'est Pestimable Pietet qui a présenté, sous sen plus grand jour, la nécessité d'avoir des troupeaux de races parfaitement pures, dans lesquels, aussi du coté des mères, il ne puisse y avoir aucun mélange d'autre sang; afin d'en lrer des béliers, mème dans le cas où l'on ne voudrait pas travailler soi-méme à Fintro- duction de la race pure, mais seulement au perfectionnement de celle qu'on a. Non-seulement ce perfectionnement avance plus rapidement, par le moyen de iels béliers, mais encore il ne peut se conserver au point ou il est arrivé, sans que, du moins de temps en temps, on ait recours à des béliers d'origine parfaitemem pure. Jusqu'à présent on ne sait point encore, d'une manière cer- taine, si, et à quelle époque, un Délier perfectionné, mais provenant, du côté maternel, de bétes de notre pays, demeure dans son perfectionnement, de ma- nière que, lors mème qu'on n'aurait pas recours à de nouveaux croisemens, P'on n'eut pas à redouter une dégénération, Quelques Anglais, suriout le docteur Parry, croient avoir, par le croise- ment de leurs races de Ry eland et de Southdown, procuré une race qui, non- seulement égale les vrais mérinos pour la finesse de la laine, mais encore leur est bien supérieure pour la forme du corps, la fermeté et la bonté de la chair, et ils tiennent cette race pour tellement constante, qrrils cherchent à lal perfecuonner par elle-méême, sans avoir recours à de nouveaux béliers mérinos. IIs disent que, tout comme la plus noble race de leurs chevaux, quoique d'abord formée par le croisement avec des étalons Arabes, a aujourd'hui atteint des perfections qui rendent cette race beaucoup plus précieuse que l'Arabe méême; ce cas se réalisera aussi avec leurs bétes à laine. Les circonstances alléguées par eux semblent, en effet, venir à l'appui de leur opinion; mais il ne faut pas perdre de vue que la race de Ryeland était déjà d'une grande finesse, et que le prix de sa laine n'était, en Angleterre, inférieur que d'un tiers à celui de la plus fine laine d'Espagne; de sorte que, depuis long-temps, cette race de Ryeland passait pour avoir la méème origine que les mérinos, et que quelques personnes croyaient mème que les mérinos descendaient d'elle, et avaient été transplantés en Espagne. Mais, alors môme que les Anglais auraient atteint ce bur en si peu de temps, nous ne pourrions pas, pour cela, espérer d'y parvenir avec notre race indigène. En Espague, les mérinos, ne sont nullement tous semblables; on les distingue truelon de. Alla derai ei cessite dn c6de ürer des à Pinuro- qw'ona. oyen de 6, Sus origine re cer- du cCole de ma⸗ SWehs) croise- ui, nom- s encoré té de la ent à A drinos. Cabord ant des meme; nées par fant pas „et qus lui de la race de quelques avaient nt auteint perer dy disliogue D'AGRICUI T UR E. 589 celle de Léon et celle de Sorianne. La première en deux principales classes, rands troupeaux; et lors même que chacun varie également dans ses divers g T'cux se vante de certains avantages, il doit, cependant, accorder à d'autres la supé- riorité à certains égards. On remarque également ces variétés plus fines, en Alle- magne, parmi les troupeaux de mérinos purs, et elles doivent leurs propriétés, soit à leur première origine d'Espagne, soit au choix des individus, et surtout des peliers. La finesse de la laine et ses autres qualités peuvent étre égales dans quantité qu'elles en donnent, à nourri- ture semblable, quant à la grosseur et à la vigueur des bétes, à leurs Ppropriétés pour tel ou iel autre päturage, pon remarque des différences sensibles parmi elles. Cependant, jusqu'à aujourd'hui, l'on ne peut rien déterminer de positif à cet égard, parce qu'il y a trop de prévention dans les observaëons qu'on recueille à ce sujet. Probablement comme, dans le choix des béliers, chacun cherche à réaliser les qualités qu'il a en vue, ces variétés deviendront, avee ces diverses variétés; mais, quant à la le temps, tonjours plus constantes et plus caractérisées. Les variétés deviendront, probablement, beaucoup plus saillantes chez nons qu'en Espagne mèême, parce qu'on y divise beaucoup mieux P'accouplement individuel, que cela ne peut avoir lieu dans ce dernier pays, où cet accouple- ment a lieu en voyage ou au paàturage. Les Anglais ont montré quelle influence zvidus donne sur la forme et la nature des animaux, et sur aine en particulier. Babew'ell, dit Lord Sommerwille, sem- le modèele d'une brebis telle qu'il la voulait, et pouvoir ce choix des ind celles des bétes à l plait pouvoir tailler ensuilte lui donner la vie. M Gest ainsi que quelques- uns de nos principaux éleveurs de Détes à laine, travaillent sur la grosseur du corps, parce que, sur une plus grande étendue de celui-ci, la quantité de laine est aussi plus forte. D'autres préfèrent des pétes plus petites, dont la laine, plus serrée, égale en quanuté celle des bètes d'un plus grand volume, et qui, lors mème qu'elles seraient inférieures en quan- aité de laine, n'en conserveraient pas moins Pavantage d'étre plus faciles à nourrir et de pouvoir être entretenues en plus grand nombre. Quelques culti- vateurs veulent des jambes plus courtes, d'autres des jambes plus élevées, et ces qualités ne sont point aussi indifférentes que quelques personnes pour Les bétes à laine qui ont les jambes courtes, sont plus tranquilles au pàturage; elles sont préférables pour des pacages rapprochés et réunis. Des jambes élevées, au contraire, leur facilitent la marche pour se rendre, soit au p au parc et à la bergerie. L'on a une espèce qui se distingue par un triple collet de laine autour du col, et, ordinairement, Par un grand fanon, qui lui pend raient le croire. Aturage, soit de celui-ci 590 PRINOCIPES RAISONNES devant la poitrine; quelques personnes estiment beaucoup ce fanon; d'autres, au contraire, ne Taiment point, parce que la laine qui y pousse n'appartient qu'à la troisiéme qualité. Chez quelques variétés de bétes à laine, la laine pousse jusqn'aux onglons des pieds de derrièére et même de ceux de devant; dans d'au- tres, seulement jusqu'aux genoux. Plusieurs personnes considérent cela comme une propriété distinguée, parce qu'elle est le signe d'une disposition à prodnire beaucoup de laine; d'autres, au contraire, m'en sont point partisans, à cause de la mauvaise qualité de la laine qui vient dans ces parties du corps. Mais ious les éleveurs de bétes à laine sont d'accord dans Popinion que ces propriétés sont héréditaires. Il reste à déterminer, par des observations plus précises, quel rap- port elles ont avec la quantité et la qualité de la laine. Jusqu'ici, chez nous, la eonformation et la constitution du corps dans la race des mérinos, sa disposition à prendre de la chair et de la graisse, n'ont guêres pu étre appréciées, parce que Pon n'a chaâtré encore que peu d'agneaux males, mais seulement des Drebis qui ne pouvaient plus servir. La qualité et la quantité de la laine sont, à la vérité, roujours les principales choses que l'on a en vue, il s'agit seulement de savoir- jusqu'à quel point elles sont en rapport avec les propriétés ci-dessus. On pourra facilement s'accorder pour trouver belle telle ou telle autre forme, sans eepen- dant qu'on puisse leur assigner une utilité partieulièére; mais c'est alors l'affaire de la mode, qui est toujours éphémère- La race mérinos a cela de particulier, qu'elle se forme plus tard, que le plus souvent elle pose plus tard ses dents, qu'elle manifeste plus tard le désir de- pPaccouplement, et n'atteint que plus tard sa crue complète; cependant, à l'aide d'une nourriture plus succulente, on peut accélérer sa formation. En revanche cette race devient plus vieille et est plus robuste. L'on a vu des brebis conserver toutes leurs denis jusqu'à leur quinzième année, et faire, à cet àge, des agneaux bien portans. C'est, à la vérité, une chose rare; mais on peut très-bien garder la brebis mérinos jusqu'à sa dixiéme année. Les mérinos se distinguent aussi par leur tempérament, ils sont paresseux; déjaà les agneaux en sont moins gais. On prétend qu'ils sont plus stupides, et l'on tire cette conséquence de ce que les brebis se laissent enlever leur lait par des agneaux étrangers, tandis qu'une brebis du pays ne’ se laisse pas facilement teter par un agneau autre que le sien propre. Cette circonstance n'est certainement pas indifférente, parce que les agneaux les plus forts et les plus vifs ont de la disposition à enlever la nourriture aux plus faibles. Il importe donc beaucoup, dans cette race, que les agneaux naissent à peu près dans le même temps, et soient d'une force égale. Au surplus, je dois renvoyer, comme je P'ai fait ci-dessus, à ce manuel de Péconomie des bètes à laine fine, que j'ai publié derniérement. — den 5uns 3oo men ber 3p di pr ner Du a lr 3. awttes, anlent qure mne pousse dans Gar 3 eomme rodrie à Cause de ſis lous les hriätes amt „ Juel np. à2 DoOus, öposilion 8, parce es hrebis a vonié, de Swoit Du pourra ns eepen⸗ ds Laldire ve le pls désir de Haide rexanche onseryer agneaun e gaxder aussi par gais. On e que les ne brebis propre. agbeaul aur llos naissent à Danue de DAcCnicUp T VUR F. 391 § 1481. Quelques personnes croient que les brebis peuvent éêtre accouplées dés la deuxième année de leur vie, ou lorsqu'elles ont atteint Päge d'un an et demi, sans qu'elles en souffrent; d'autres prétendent que cela ne doit avoir lieu qu'une année plus tard, surtout pour les mérinos, qui se développent moins prompte- ment. La majorité est pour cette première opinion, et il est certain que des bôtes à laine bien nourries peuvent, à l'äge de deux ans, donner de beaux agneanx, et, malgré cela, conserver leur santé. En Espagne méême, cela a or- dinairement lieu de cette manière. Si quelqu'un chez nous veut multiplier promptement une race distinguée, ou marcher rapidement dans le perfection- nement de la sienne, il lui convient, sans contredit, de suivre cette méthode. D'un autre côté l'on ne saurait nier que les brebis qui ne portent pas jusqu'à la troisième année, ne deviennemt plus grandes et ne prennent une constitution plus forte; il est vraisemblable aussi qu'elles vivent plus long-temps. Ainsi celui qui voudra se procurer une espèce grande et vigoureuse, fera mieux de tenir, jusqu'à la troisième année, ses jeunes bétes éloignées des béliers. On ne laisse ordinairement pas ses béliers saillir avant la troisiéme année. 1482. Dans Téconomie des bétes à laine, il est extrémement à désirer que les agneaux naissent tous à une méême époque, et, au plus, dans une espace de quatre se- maines; pour les mérinos c'est une chose absolument nécessaire. Il ne faut done pas que, dans un troupeau, le nombre des béliers soit trop resserré; pour atteindre mieux le but qu'on se propose, le mieux sera de donner un bhélier pour 20 brebis. On fixe Pépoque de l'accouplement, selon celle ou l'on désire avoir les agneaux; les brebis portent quelques jours de plus que 21 semaines. Ordinairement les brebis rentrent en chaleur pour la première fois, dans la sixième lune après leur accouchement. Quelques nouveaux observateurs, sur- tout Pictet, conseillent de saisir d'abord cette première disposition, parce que non-seulement on peut alors compter avec plus de cerlitude qu'elles seront fécondées, mais que, de plus, on obtient un agneau plus vigoureux de l'ac- couplement qui a lieu lors de cette première manifestation du ruth. D'autres pensent d'une manière ioute opposée, et tiennent pour préférable de ne per- meitre l'accouplement que la seconde fois que les brebis entrent en chaleur, c'est-a-dire trois semaines après, afin que la mère ait d'autant plus de temps pour se remeitre de P'allaitement. En suivant la première méthode, le temps de accouchement s'avancerait o—ͤö—ö—ͤö—ö—ö—öoöoöoöoöoöoaoöoöoöoöoobö 592² PRINCIPES RAISONNES annuellemem d'un mois, outre cela, les béliers surtout, s'échaufferaient irep dans la saison chaude.. II ya incontestablement de l'avantage à ce que les agneaux naissent de bonne heure, surtout lorsqu'on a en vue la prompte multiplication d'une race, et qu'on se propose de faire saillir les antenoises à la fin du second été. Mais, pour cela, il faut absolument avoir pour Phiver des fourrages de bonne qualité et en abon- dance, afin de maintenir les brebis fécondes en lait jusqu'à ce qu'elles at- teignent le päturage, et de pouvoir aussi donner aux agneaux la nourriture qui leur convient le mieux. La crainte de wavoir pas des fourrages en suffisance, est bien la principale raison pour laquelle le grand nombre des cultivateurs pré- fère que les brebis agnèlent en mars; car la crainte que les froids de l'hiver pussent nuire aux agneaux, a 616 suffisamment écartée par Pexpérience. Plusieurs propriétaires expérimentés ont avancé jusqu'au mois de décembre, le temps de- Paccouchement de leurs brebis- § 1483. Jusqu'à Pépoque où Taccouplement doit avoir ſieu, Pon tient les béliers- soigneusement séparés des brebis, et parmi les agneaux; aux approches de cette époque, on donne aux béliers une nourriture plus substantielle, après quoi on les introduit dans les troupeaux de brebis. Si lon ne veut pas faire un choix dans Paccouplement des individus, il ne paratt pas qu'il y ait des motiſs de séparer les béliers pendant le jour, et de ne les donner que la nuit. Si ce- pendant on veut que certaines brebis soient saillies par certains béliers, il faut observer le procédé que j'ai indiqué à page 47 et suivantes de mon Manuel d'économie pour les bétes à laine de races perfectionnées.(Handbuche fur veredelte Schaafzucht.) Lorsque le temps de l'accouplement, qui dure environ quatre semaines, est Passé, le mieux est de séparer les béliers. § 1484. Au commencement de sa grossesse, la brebis se comtente d'une nourriture ou d'un pâturage un peu maigre; mais, à mesure qu'elle y avance, elle doit éêtre mieux nourrie! Plus les brebis approchent de l'époque oi elles doivent mettre bas, plus elles demandent à étre traitées aveo douceur; zl ne faut pas permeitre qu'elles soient poursuivies par les chiens; il faut les faire rentrer dans la bergerie, et les en sortir avec précaution, afin qu'elles ne soient pas comprimées au passage dans les portes. Les brebis demandent la plus grande attention dans le temps de leur accou- chement. Les signes qui annoncent ce moment sont, T'enflure des parties géni- jales, Pécoulement d'une liqueur muqueuse, le gonflement du pis, et la for- ent ep e bonne 4 qu'on ar cela, u abon- eles A⸗ ture dui fsance, eaurs pré- e hirer lusieurs nps de beliers hes de res qodi faire un s moüil . S8i ce- „il faut Manuel rhe far emiron ourriture avance, oque o douceur; laut les velles ne ur accol- . 4 l- ries gen et u for- DP'AGRICULTURV. 395 mation du lait. Ordinairement les brebis agnèlent sans difficulié; mais, souvent, paccouchement est un peu long; il faut seulement ne pas vouloir devancer la nature en donnant des secours prématurés. Ce ne peut étre le cas d'aider à l'accdu- chement, que lorsque l'agneau, ou quelqu'une de ses parties se trouve mal placée dans le ventre de la mère, ce qui n'a lieu que rarement lorsque les brebis ont été bien soignées. Mais, pour porter du secours, il faut connaitre parfaitement la position que doit avoir Pagneau, et celle qu'il a effectivement, ainsi que la manière dont il faut s'y prendre pour remédier à cette position fausse, et rendre à Pagneau celle qu'il doit avoir; toute aide qui serait donnée sans cette connais- sance, serait plus nuisible qu'uule. Souvent, ce qui donne le plus de peine c'est, après laccouchement, d'engager la moère à accueillir son agneau; cependant, cela n'est difficile que lorsque les brebis ont été mal nourries. Ce cas ne se présente que rarement chez des prebis bien entretenues, parce que la surabondance du lait engage la mère elle-méme, à pousser son agneau à son pis. S'il en est autremenr, il est néces- sairé de séparer la mère de son agneau, en les mettant dans deux loges séparées, et de faire, de temps en temps, teter l'agneau,'en tenant la mère par les pieds. § 1485. La réussite des aguneaux ne peut être mieux assurée qu'en donnant aux moères nourrices une très-bonne nourriture. On prétend, cependant, avoir éprouvé des inconvéniens d'une nourriture excessive, mais probablement seu- lement chez des bêtes qui, auparavant, avaient été mal nourries. Au bout de trois ou quatre semaines, on peut déjà donner aux agneaux quelque nourriture accessoire, un breuvage fait avec de la farine ou des gâteaux à Phuile, et un peu de foin tendre; on sépare le lieu où ils mangent avec des claies qui laissent passer les agneaux et non les mères, ou bien on leur donne à manger tandis que les mères sont dehors. Les agneaux doivent teter pendant 18 ou 20 semaines. Ceux qu'on sèvre plutôt, pour avoir le lait de leur mère, restent misérables pendant le reste de leur vie. Les agneaux doivent étre sevrés peu-à-peu; pour cet effet, on leur donne, chaque jour, un peu plus de four- rage, ou un bon paturage, en les tenant successivement plus éloignés de la mère, et seulement rarement avec elle. Aussitôt qu'ils sont iout-à-fait sevrés, il faut les tenir aussi éloignés de leur mèêre que cela est possible, afin qu'ils ne sin- quiètent pas réciproquemem par leurs bêélemens. IIs'écoule souvent un mois avant qu'ils s'oublient tout-A-fait, et que les agneaux aient perdu le souvenir de la mamelle; Pon a vu des agneaux qui, au bout d'un mois, sucaient de nouveau le pis de leur mère. T. IV. 4 50 — ———— — —— —ÿÿõ 594 PRINOCIPES RAISONNES C'est, ordinairement, au bout de trois à quatre semaines, qu'on chätre les agneaux mäles; parce que cette opération se fait d'autant plus facilement que ces bétes sont plas jeunes. Lorsque les agnelles ont Ssix semaines, on leur conpe la queue à 5 ou 4 pouces de sa racine, afin qu'elles ne se salissent pas. § 1486. C'est ordinairement par le moyen des dents, qu'on connatt l'àge des bôtes à laine, et c'est aussi les dents qui servent à les désigner. Une bôie à laine a, outre les dents molaires, huit dents incisives à la mà- choire inférieure, et point à la supérieure; elle les apporte ordinairement avec elle en naissant; ces dents sont plus arrondies et plus pointues que celles qui les remplacent. Lorsqu'elle a atteint'àge d'nn an ou un an et demi, elle perd les deux dents qu milieu, et Pon en voit à leur place deux nouvelles plus larges. On la dé- signe alors sous le nom de bète de deux dents, ou antenoise. On lui donne méme ce dernier non, aussitéôt qm'elle a une année révolue. A l'age de 2 ans ou 2 ans ¾ elle pose les deux dents les plus voisines de deuz précédentes, et en pousse deux larges à la place. On Pappelle alors bôte de 4 dents. A pPage de 5 ans ou 5 ans à, la troisiéme paire de denis tombe et est, à son tour, remplacée par une paire de dents larges, de sorte qu'il n'en reste plus, des Primitives, qu'une de chaque c616. On caractérise alors la bète sous la dénomination de bête de 6 dents. L'année suivnnte, elle change encore les 2 dernièéres dents, et Pon dit, alors, qu'elle a la bouche faite. Elle a, alors, accompli sa formation. La sixième année, les dents commencent à suser; deux du milieu dewennent. d'abord plus obiuses et plus courtes. Les dents semblent, à la vérité, plus longues, parce que les gencives se retirent; mais si on les examine de plus près, on s'aperçoit bientét qu'elles sont usées par-dessus. Dès que ces denis sont tout- a-fait 6mousscées, qu'elles se gtent, et tombent par morceaux, l'äge utile de la bête est passé; il faut s'een défaire. Si on veut la conserver plus long'temps, dans l'espérance d'en obtenir enoore des agneaux, il faut la nourrir avec des fourrages paruculièrement tendres; de cette manière on peut, quelquefois, ame- ner les brebis à un àge urès-avancé. Les dents ne demeurent plus serrées, alors; olles ont des vides; la lèvre supérieure devient plus large, et retombe par- dessus la lèvre inférieure. II faut avoir bien présente à la mémoire cette manière de désigner les bôtes à laine par leurs dents, lorsqu'on parle avec un berger de moutons, et ne pas ₰ 908S ꝗUo ne kon s 1 hture les l Oue Ges coupe A es bétes à 3 à h m memt ared les qui les ur dents 1la de- donne nes des lors bède S, à Son esle plus, e sous h Lon dit, wennem iné, plus lus prés, sont ſoot- e ulile de ug lemps, avec des ſois, ame les, alors; ombe par- „ el e e DAclRILCGUL T UR S. 395 confondre, par exemple, une bète de quatre dents avec une de quatre ans. D'ailleurs, on désigne sous le nom d'agneau ou d'agnelle, les bétes des deux sexes qui mont pas encore atteint Paͤge d'un an. Si c'est un agneau qui n'ait pas été chätré, on le caractérise sous le nom d'agneau male; s'il l'a été, sous celui d'agneau chatré. Dès la première à la seconde année, on les appelle béliers ou moutons an- tenois, antenoises. On qualiſie de bètes de vohut, celles qui ont été mises de côté, et dont on renonce à tirer race.. § 1487. Il faut distribuer la nourriture des bôétes à laine de manière qu'elle demeure également substantielle durant toöut le cours de l'année; autant, du moins, que cela est possible. Seulement elle doit éêtre un peu améliorée dans la dernière période de la grossesse des mères et, pendant qu'elles allaitent, aussi long-temps que l'agneau ne reçoit pas une nourriture particuliére. Rien n'est plus nnisible aux bétes qui font des petits et les nourrissent, que de recevoir quelquefois une nourriture surabondante, et d'autres fois de souffrir de la faim. Dans ce cas, tout aliment trop nourrissant produit des maladies, et, comme Pon s'en est apergn, l'on recommande de se tenir, dans tous les cas, en garde contre certains fourrages euplantes de pâturage très'substantiels, quoique, cependant, ils ne puissent étre nuisibles qu'aux seules bétes à laine qui, ayant souffert de la faim ‚les mangent avec trop d'avidité. Une bonne nourriture donnée aux mères-brebis sera, presque toujours, payée par le produit du troupeau, cependant pas chez les brebis à laine grossière, comme chez celles à laine fine. Pour les bétes à laine, la proportion de quantité entre la nourriture d'hiver et celle d'été, varie selon la position plus ou moins chaude des paàturages, et selon la température de l'année. Dans notre climat, on compte, ordinairement, sept douzièmes pour l'été et cinq douzièmes pour Phiver, et, en conséquence, P'on dispose les choses de manière à avoir le fourrage nécessaire pour 150 jours- Pour peu qw'on puisse profiter de quelcue päturage d'hiver, surtout sur les semailles d'automne, pour épargner un peu de fourrage, cette quantité sufffit ordinairement. Mais comme, chez nous, la température du printemps est si incertaine, et que l'on pourrait se trouver dans le plus grand embarras pour nourrir les brebis et les agneaux, on devrait compter sur, au moins, 170 jours, L'excédent qu'on a ne se trouve jamais perdu, si la prolongation du paàturage en automne, ou son anticipation au printemps, permettent d'en faire Pépargne- 596 PRINOCIPES RAISONNES 9 1488. On peut disnguer les pàturages de bétes à laine en naturels, et en cultivés ou aruficiels. Par pitnrages naturels, nous entendons ceux qui existent nalurellement, ou sans qu'on les ait disposés Daruioulieremem pour usage des moutons. Par pà- turages artificiels, au contraire, ceux qu'on a forinos intentionnellement, ou arrangés pour l'usage des bétes à laine. Aux premiers, appartiennent: a) Les paàturages naturels découverts, qu'on trouve, le plus zouvent, dans les positions sèches, elevées et montueuses. b) Les päturages dans les bois. c) Le paturage sur les jachères et les chaumes. d) Le päturage sur les prairies, au printemps, avant la pousse de la pre- mière coupe, et en automne. e) Ee paturage sur les semailles. a) Les P teress ges naturels découverts sont, de plus en plus, diminués par Pextension qu'on donne à la culture; on n'en consacre, ordinairement, aux bétes à laine, que les places les plus sèches et les plus maigres, pour en réserver les parties plus riches au bétail à cornes, qui ne peut pas se nourrir sur les premières. On ne consacre aux bèêtes à laine, ces places les plus fécondes, que, tout au plus, pour le paàturage de la fin de l'hiver etpour celui de Pautomne. Lorsque ces betes peuvent en être retirées assez tôt, au printemps, pour qu'il s'écoule un mois avant que le bétail à cornes y entre, ce päturage n'en souffre nullement; au contraire, il est avantageux que les brebis ravalent les herbes qui poussent avant les autres. Leur parcage remplace parfaitement ce qu'elles prennent au sol, et Podeur de ce parcage, qui répugne si fort au bétail à cornes, se perd avant que Pherbe ait fait sa pousse. Lors même que ce päturage serait un pou bas et humide, il n'est cependant pas nuisible aux bétes à laine, dans le pre- mier printemps, pourvu qu'il m'y ait pas d'eau stagnante, et qu'on n'y laisse pas trop long-temps ces bétes. Les paäturages élevés et secs, surtout des montagnes, qui, à cause de leur roideur et du peu d'épaisseur de la couche de terre qui y recouvre les rochers, ne peuvent pas êtrej labourés, et ne fourniraient cependant pas une nourri- ture suffisante au bétail à cornes, sont ordinairement consacrés exolusivement aux bêtes à laine. Ces pâturages leur sont, d'äilleurs, des plus profitables, et le terrain ne pourrait, souvent, pas recevoir une destination plus avantageuse. Cependant, sur des terrains ainsi élevés, on rencontre aussi des places ma- räca Sr erl Phn gen dite luires on dent, ou Par pä- ent, ou ent, daps a pre- aes par nt, au reserker e zur les des, que, 3 Lorsque ooule un lement; poussent anent au „Se perd t un peu s le pre- laisse pas ze de leut s rochers, e pourri- osvement rofilables, rantogéuse. Places ma⸗ D'AGRTCULT URF. 597 récageuses, des terrains à sources, et des mares, ou de ces eaux qui s'écoulent sur les plateaux placés entre les collines et les montagnes; ces places sont extrémement dangereuses pour les bétes à laine. Toutes celles où il croit des plantes marécageuses, doivent soigneusemeni étre évitées pour les bétes de ce genre, alors même que, au plus fort de l'été, la chaleur en a fait évaporer'humi- dité. Elles ne sont même jamais plus dangereuses, que lorsque, recouvertes d'un limon desséché, leur sol inférieur marécageux exhale des gaz méphytiques, qui ont la propriété d'affaisser les forces vitales, et, par là, procurent à tous les animaux des maladies, aux hommies des fiévres, et aux bétes à laine, souvent instantanément, ou une disposition à la cachexie aqueuse(pourriture), qu'il est difficile de surmonter, ou d'autres maladies qui amènent une mort plus prompte. Ce m'est pas la saison humide qui porte le plus ce danger avec elle, parce que, à cette époque, les bétes à laine trouvent suffisammen de nourriture sur les terrains secs, et qu'elles évitent alors, d'elles-mômes, les places de ce genre. Mais lorsque les herbages sèchent sur ces premiers terrains, Ja faim chasse les bétes dans les places humides, et les bergers craignant que, sans cela, leurs bètes ne souffris- sent extrémement de la faim, ne sont que trop disposés à les y laisser aller. Mais il est incontestable que les mérinos sont beaucoup plus sujets à cette maladie que les bétes indigènes de PAllemagne; c'est donc une condition indispensable de Pen- tretien d'un troupeau de bôtes à laine distinguées, d'assainir les places humides de ces paturages, en y creusant des tranchées et des raies d'écoulement; ou, du moins, de maintenir l'eau à un point, ouù elle ne puisse pas aller au-delà de ses bornes et couvrir de fange les terrains qui l'avoisinent. b) Le pãturage dans les bois varie extvémement de qualité, selon la nature du sol, selon Pespèce de plantes dont le bois est composé, et selon le plus ou moins d'épaisseur de celles-ci. Un bois très-clair-semé d'arbres à feuilles, est presque équivalent à un pàturage découvert. Mais, plus il est grand d'arbres, plus il devient mauvais. Lorsque, sur un terrain fertile, l'herbe n'est pas étouffée par les arbres, mais seulement tout-à-fait couverte de leur ombre, elle est quelquefois abondante, mais peu nourrissante, et ainsi elle profite peu au bétail. D'ailleurs, dans les bois, il y a souvent des places marécageuses. Sous les di- verses espèces de pins il ne crott, à Pexception des primevères, qu'une herbe dure et sèche, de sorte que les bétes à laine n'y trouvent que peu de nour- riture. Cependant on envisage un tel pätis comme salubre, et Pon croit qu'il corrige le mauvais effet des places humides. Du reste, le päturage dans des bois serrés est toujours très-nuisible à la laine; aussi les propriétaires de bétes à laine fine n'en permetient-ils pas Penirée à leurs troupeaux. — ——— — 7 598 PRINCIPES RAISONNES c) Dans les établissemens rustiques ordinaires, c'est le Pdturage de la jachère qui fournit aux béies à laine leur principale nourriture, de sorte que la rente de la bergerie y diminne à mesure qu'on y proscrit les jachères. Aussi presque tous les bergers et les amateurs de moutons sont-ils ennemis des assolemens qui excluent les jachères, et surtout de PFintroduction de ces assolemens sur les champs des peysans. C'est là ce qui fait que, dans la plupart des contrées oi Tindustrie des bétes à laine est une des principales branches de P'é conomie rurale, on a Gtabli P'usage, et même P'obligation, de ne déchaumer les terres que le plus tard qu'il est Poszihle, et que, par là, on s'est absolument eloigni du Vrai but de la jachère. Le paturage de la jachère se distingue entre celui qui a lieu avant que le sol soit déchaumé, et celui qui a lien après le premier et le second labour, sur la mauraise herbe qui y germe, et sur les graminées qui y pointent. Le premier est, de beaucoup, le plus abondant; le dernier est, àla vérité, agréable aux bôtes à laine, mais il est es⸗phemaro;; ces pousses minces ne tardent pas à étre broutées par ces animaux. Quelques personnes croient que cette espèce de päturage pourrait facilement étre désavantageuse, surtout par une tempéra- ture humide; mais cela ne me parait nullement à redouter, pourvu seulement qu'on ne ſhaisse pas brouter d'une manière trop prompte, par des bôtes affamées, une jachére fortement recouverte d'herbes; dans laquelle, surtout par une tem- pérature humide, ces bétes pourraient facilement manger avec excés. Les bétes à laine ont, ordinairement, une nourriture abondante, aussi long- temps que la jachère n'a pas 6t6 ouverte(qu'on m'a pas déchaumé); mais, après cela vient, pour ces bétes, le temps de la disette. A cette époque, la Plaparg des päturages sont secs, parce que, vers le milieu de lété, le plus grand nombre des graminées cessent de crottre. Le päturage dans les bois doit, alors, étre la ressource de ces bétes; aussi en épargne-t-on, ordinairement, les meilleures places pour cette époque; mais les brebis y prennent peu de force, et il est, en conséquence, à désirer qu'on puisse alors leur ôter leurs agneaux, pour les- quels on a dú réserver, quelque part, un bon päturage. Apréès la moisson, on a le pdäturage sur les chaumes, ce paàturage est plus ou moins nourrissant, suivant qu'iil est plus ou moins garni d'herbes, et que les bétes y trouvent un plus grand nombre de ces épis qui sont tombés à la moisson. d) Le pckturage sur des prairies donges, bien&outtées, est, au printemps, la nourriture la plus bienfaisante qu'on puisse donner aux brebis qui allaitent. Ila lieu, surtout, sur celles qui sont arrosées, par irrigalion, avec des eaux a jachoy, la renle Dresque volemens s Sur les Arées oh e rurale, 8 que le oigus du t que le lahour, Ok. Le réable ardent eSDece mpere dlement Uamées, me tem- i long- , après Uupart nombre „Aure la eilleures eres, pour les- est hlus que les bs à k iniemps, allaitept. des eaul D'AGhRIcUILT UIE. 599 de sources, après qu'on les a laissées suffisamment essuyer, parce qu'elles ver- dissent plus vite, et que, souvent dès la fin de mars, leur herbe commence à crottre. Le pàturage sur de telles Prazoies; en temps chaud jusqu'au milieu d'avril, ei par une température fr oide j jusqu au commenccment de mai, est aussi Pen nuisible anx bètes à laine qu'aux prairies môéme, quoique plusieurs pessonmnes craignent qu'il n'en résulte un grand désavantage pour les unes et les autres*† Mais des prairies marécageuses et acides peuvent, saus contr edit, èétre nuisibles aux bétes à laine, même au printemps. En automne, il est rarement conve- nable et souvent dangereux, de laisser entrer les bétes à laine sur les prairies, tandis que, au contraire, ce pàturage est très-profitable aux bôtes à cornes. e) Le päturage sur des semaidles d'aulomne ne leur fait aucun mal, sous condition, cependant, qu'il n'ait lieu qu'en temps sec; en hiver cehlemcnt, par un froid sec, et, au printemps, seulement sur des semailles très-riches, et sur un sol qui ait de 8 fécondité. Au reste, dans une économie de bétes à laine bien calculée, on ne peut guères compter sur un tel pàturage; car il peut manquer, et, G'ailleurs, on ne doit jamais en user qu'avec beaucoup de mo- dération, afin de ne pas trop y habituer les bétes à laine; parce que, alors, elles rebutent les fourrages secs, et souffrent de la faim lorsqu'on ne peut plus leur donner de pàturage du méême genre. Dans plusieurs bergeries pauvres en fourrages, on s'inquiète, à la vérité, peu de cela; Pon se réjouit, au contraire, de ce que, pendant quelques jours, les bôtes à laine se sont bien rassassies, et de ce qu'on a pu épargner du fourrage. Mais une diseite ainsi periodique a une influence irès- nuisible sur la laine, particulièérement sur celle des mérinos, ex une plus fächeuse encore sur la réussite des agneaux. Le prompt changement de nourriture peut aussi ôtre nuisible à la santé. Il faut, en conséquence, laisser les bêtes manger abondamment le matin(mais pas, comme plusieurs ont cou- ume de le faire, simplement de la paille), et ne leur laisser prendre de ce päturage que tres-noderéwent, comme une friandise. L'on ne doit donner ee paturage aux bèétes avec. moins de parc imonie, que lorsque, au printemps, on a des semailles tres-Cpaisses, qui ne craignent point d'étre ainsi ravalées, et que pon prévoit pouvoir entretenir ces bètes essentiellement avec cette nourtiture, — *Dans notre climat, j'ai constamment vu la première coupe des prairies naturelles douces, considérablement diminuée, lorsque les bétes à laine y avaient paturé dès les dernières gelées, c'est-à-dire, en général, dès les premiers jours d'avril. Divers exemples me donnent aussi lieu de craindre que, chez nous, le pätprage de prairies arrosées de ce genre, continué pendant quelque temps, quoique par une température sèche et après que les prairies ont préalablement été égouttées, ne présente encore quelque danger pour la cachexie aqueuse. Trad. PRINCIPES RAISONNES jusqu'au moment où Pon aura atteint les autres paturages. En ceci, il est très- nécessaire de surveiller attentivement le berger, eit de lui donner une instruction précise, parce que ces gens ont beaucoup de disposition à abuser de ce paà- turage. Dans des établissemens rustiques ou Pon Fdoit successivement recourir à di- verses espèces de päturages, selon le temps et les circonstances, et alternative- ment, il est d'une extréme importance d'en avoir une connaissance exacte, et de se faire, en conséquence, un plan de la manière en laquelle on doit les consacrer au bétail, selon la saison et la température; si, du moins, on ne veut pas laisser cela au libre arbitre du berger. Dans de telles circonstances, les bergers se font un grand mérite de leurs connaissances locales, parce qu'ils savent que d'autres, qui ne les posséèdent pas, peuvent occasionner beaucoup de mal; et si, par hasard, ils»'aperçoivent que leur maitre aprécie ce mérite, il faut alors que tout aille à leur fantaisie. Ainsi dono, lorsqu'on veut entreprendre des changemens dans l'économie des béêtes à laine, iout comme dans Pensemble de Péconomie rurale, et pourtant se rendre ingependamt du berger, il est absolument nécessaire d'observer attentivoment tous les päturages et pàätis, sur- tout ceux dont on jouit sur le terrain d'autrui en vertu de quelque droit ou privilége, et de le faire dans toutes les saisons et par diverses iempératures, afin d'en connattre l'humidité et les places malsaines. En mèéme temps, on peut prendre connaissance de la force de leur végétalion, de la nature des herbes qui y croissent, et, enfin, de leur position et de la distance ouù ils sont des bä- nmens d'économie, du parc et de P'abreuvoir. Il convient de noter tout cela sur le lieu mèême, et de le Consignor sur le livre foncier, avec un renvoi au plan. Il faut, surtout, y indiquer les droits et priviléges qu'on a sur les champs et Päturages d'autrui, leur étendue et leur durée. Alors on dressera un plan pour Pemploi des päturages, en le calculant d manière à donner la plus grande sécurité pour la nourriture du bétail, et à pouvoir le changer selon les circonstances, en cas qu'une température extraor- dinairement mauvaise ne permit pas de le suivre en entier; mais aussi de manière à ne pas dépendre de la volonté du berger. Il faut réserver le meilleur paturage pour les agneaux, celui qui ne lai est que peu inférieur pour les mères-brebis, er le plus mauvais pour les bôtes stériles. Dans de telles circonstances, des paturages de diverses natures et fort étendus, ont des avantages incontestables. Là, les troupeaux peuvent passer de places basses et riches en herbes, sur des hauteurs sèches et maigres, et méême dans est es- Slruclion e ce ha- rir à di- eruadwe- zacle, et 1 doit les ne peut nces, les ce qulb aucoup nile, il endre emble „Uea , Sür- Jron Ou ratures, on peut 5 herbes des bâ- ut cela avoi au namps et mWlant de til, et à extraor- aussi de ee lui est SsStérles. étendus, de places dème dal DAOnICULTVUnw. 40⁰¹ des foréts de sapins, pour détruire Pinfluence nuisible de ces premières. Les bergers qui tiennent à avoir une grande étendue de päturage ont raison, lors, du moins, que ces pâturages pechent à l'un ou à T'autre égard. § 1489. Les päturages artificiels ou cultivés ont lieu à la place qui leur est assignée dans les assolemens alternes avec päturage, et c'est sur de tels pturages seule- ment, qu'on peut entretenir un troupeau de bétes à laine avec le succès le plus eniier et le plus assuré. Lorsqu'on y seme les graminées et les espèces de trèfle qui réussissent le mieux et qui sont les plus parfaites pour le päturage, qu'on détruit toutes les plantes moins avantageuses par le labour, et que, en mème temps, on égoutte convenablement le sol, ils donnent aux bétes à laine, dans toutes les saisons, et par toutes les températures, une nourriture saine, qu'elles prennent tranquillement et sans aller bien loin. Jai parlé de la fécondité de ces pturages à Vol. III, 5 949, et à 5 950 de leur culture. D'après Pindication de'étendue qui est nécessaire pour une vache, indication qu'on trouvera jointe au mème 5 949, on pourra déterminer le nombre des bétes à laine qu'on pourra y entretenir, en calculant dix de celles-ei pour une vache, pro- portion sur laquelle on peut compter avec une parfaite sécurité, lorsque les bêétes à laine ont, en méême temps, le päturage des chaumes et des ehamps jachérés. Cependant, comme les pàturages ne sont pas tous les ans égaux en produit, Ton marche avec plus de sécurité, si l'on fait son calcul sur une étendue un peu plus forte, et si l'on en épargne, pour les cas de besoin, une partie qu'on peut faucher si elle n'est pas nécessaire comme pàturage. II m'est arrivé qu'un journal de pàturage suffit, pendant tout l'été, à la nourriture de sept bétes à laine. On peut nourrir les bétes à laine, pendant l'été, à l'étable; des expériences irréfragables l'ont prouvé: mais ce mode de nourriture est lié avec des diffi- oultés qui, à les considérer en perspective, ne paraitraient surmontables qu'à peu de gens, et auxquelles on ne doit guères s'exposer avant d'avoir, d'une année à Pautre, une provision de foin et de paille pour, au moins, six mois. Il est une autre méthode pour leur faire consommer, sur plante, une récolie de trèfle, vesces, etc., en cas qu'on manque de ſourrage; elle consiste à placer, devant ces bôtes, des claies qui leur permeitent d'avancer la téte aussi loin que possible pour brouter Pherbe, et à avancer ces claies à mesure que ces bétes ont brouté Pherbe qu'elles pouvaient atteindre avec les dents. § 1490. La nourriture des bétes à laine pendant Phiver se compose ordinairement de T. IV. 51 —— ———PäHͦ/-———y————— ——— ⅓ —— 4⁰²2 rTRINCGCIPEIS RAISONNES foin et de paille. La paille contient très-peu de parties nutritives, et d'au- tant moins qu'elle était plus exempte de mauvaises herbes, qu'elle était plus müre, et qu'elle a 6té battue avec plus de soin. De la paille ainsi pure est portée à beaucoup au-delà de sa valeur, lorsque, à poids égal, on évalue sa faculté nutrilive à la moitié de celle du foin; cette proportion ne se réalise que dans le seul cas ou il serait pesté dedans beaucoup de grains. Cependant elle remplit Pestomac et diminue la sensation de la faim, lorsqu'on ne peut rien donner de plus nourrissant, et l'on rencontre plus d'une bergerie, oir, dès Pau- tomne jusqu'à l'époque, souvent avancée, ouù les brebis agnèlent, les bétes doivent se contenter de paille toute pure, avec le pâturage d'hiver que le hasard peut leur procurer; mais de telles bétes à laine sortent de l'hiver dans un état d'épnisement extrème, et ne donnent qu'un très-petit produit, encore de laine grossière; car des bétes à laine fine ne résisteraient pas à un pareil régime. La Paille qes légumes et da blé noir est plus nourrissante, surtout lorsque ces produits ont élé fauchés tandis qu'une partie de leurs feuilles était encore verte. Cette paille peut donc être en secours à des établissemens de bétes à laine qui sont pauvres en fourrage; aussi souvent P'y donne-t-on aux bèétes comme une friandise, et Py épargne-ton jusqu'an mome ent ouù les brebis accouchent; iandis que, dans des établissemens riches, on ne la donne aux bétes qu'au commencement de l'hiver, en guise de foin. Le plus souvent, cependant, les brebis reçoivent du foin, et là où l'on a du choix, on cherche à leur donner le plus nourrissant, conservé aussi vert que cela est possible„récolté par le sec, et bien garanti de la moisissure et de toute mauvaise odeur. Le foin des plantes à fourrage qui ont été semées, sur- Passe également en qualité, pour les bétes à laine, le foin de la plupart des prairies naturelles. Mais la quantité de foin qu'on donne aux bôtes à laine varie extrémement. Dans de mauvaises Dergeries, l'on envisage comme beaucoup, 50 à 40 quintaux, pour nourriture d'hiver de 100 béôtes à laine. Dans des Gtablissemens oùð Pon Uent des bétes à laine perfectionnées, au contraire, Pon envisage 75 quintaux foin comme le minimum, pour la provision d'hiver du même nombre de bétes, ce qui, pour les 150 jours, durant lesquels ces bétes reçoivent leur nourriture presque unlamenent a à l'étable, fait un peu plus de † livre par bête, ou 55 livres pour 100 bôles* Mais Pexpérience démontre que, lorsque la laine a acquis un plus grand degré — * Le Quintal de Berlin est de 110 livres. Trad. het an. D'AGRICULTVURE. 4⁰3 Elai“ de finesse et un plus haut prix, il est très-avantageux de donner aux bètes une insi pure nourriture plus abondante, lors même qu'on devrait calculer le prix du foin Gralue 8a à 12 gros le quintal. On trouve, à ce sujet, un essai comparatif très-remar- eallse que quable dans le second volume des Neuen Annalen der Landwirthschaft S. 125, alam ele oOuð 51 brebis qui avaient recu, en suppplément de nourriture, 17 quintaux à de pent wen bon foin, que n'avaient point eu 51 autres brebis, donnérent 75 livres laine 8, des Pan- fine de plus que celle-ci*; cependant, ce foin, à raison de 12 gros le quintal, „les häles m'eùt coüté que 8 rixdalers 21 gros. II vaut la peine de vérifier par des expé- e le hasaxd riences précises, jusqu'à quel point on peut trouver du profit à augmenier la ans Wn eht nourriture des bèôtes à laine; et s'il y a, aussi en cela, un maximum, où l'amé- re de line fiorauion de cette nourriture cesse d'ètre avaniageuse, et ou, par conséquent, il con- Ezine. la vient mieux de répartir'excédent qu'on a, sur un plus grand nombre de béites. ue ces Quelques grands amateurs des bêtes à laine prennent Pappélit de Les bèétes, ebere qui cependant, lorsqu'il est toujours salisfait, n'est pas 31 excessif qu'il l'est chez des dane des bétes affamées, pour Punique mesure de ce qu'on doit leur donner. D'autres les con croient qu'on trouve de Tavantage à entretenir un plus grand nombre de deni. bôtes; ceci, du reste, pourrait facilement dégénérer en un systéme de famine. un⸗ re En cela, il ne faut pas faire attention uniquement à la laine, mais aussi à la J lnnn grosseur et à la crue prompie des, élèves, et à l'augmentation en chair et graisse des bétes dont on ne veut pas tirer race. Sa Tona ds;....— Lorsque, pour des bètes à laine fine de grosseur ordinaire, et qui ne recçoivent ij rerl que.. à e 1 pas d'autre nourriture, l'on a assigné 2 quintaux de foin par téte, l'on est con- ure et de vaincu d'avoir, par-là, atteint la proportion la plus avantageuse; cependant, il esi legs) Wnr. des cultivateurs qui trouvent cette quantité trop forte, et croient qu'elle serait lohan des employée avec plus de profit, si elle était répartie sur un plus grand nombre de bétes; 1 quintal 4½ par tôte s'approchant, selon eux, déjà de lexcès. II faut rmement, aussi considérer en cela que, lorsqu'on donne plus de foin, on a besoin de o Tünun, moins de paille; lors donc qu'on a une moins grande abondance de celle-ci que ens oh Ion de foin, il peut, sous ce rapport, être économique d'augmeniter la ration rintaux ſi de foin. tes, ce qui On est assez d'accord sur ce point, qu'une béte à laine a besoin de 5 livres nre presque de fourrage sec par jour; si on lui en donne moins, elle souffre de la faim, irres poui et cela ne peut jamais étre que désavantageux. Mais une brebis mange fort bien, avec appétit, 5 livres ³ foin sec. Plus, dans cette quantité, la proportion gand degyi ——* Ici'ai retranché le calcul du produit de cette laine, sur lequel il m'a paru qu'il s'élait glissé une faute d'impression. II était porté à 70 rixdalers 10 gros. Trad. ————-⸗-————— 4⁰4 rRINCIPES RAISONNES du foin nourrissant à la paille se trouve forte, mieux les bétes à laine sont nourries. Dans les évaluations, on trouve fréquemment que la nourriture des bétes à laine est portée à un taux beaucoup moindre que ce qu'on donne effectivement à ces bêtes; mais on ne découvre guères cela, qu'après avoir pris des informa- tions plus exactes; car, du moins là où le berger a sa part du produit de la bergerie, l'on ne donne que le montant de l'évaluation; ce qu'on doit y ajouter est compté séparément, et le berger doit en payer sa part; au reste, tout ber- ger qui sait son mélier se trouve disposé à ce sacrifice apparent. § 1491. Là ou il m'y a pas assez de foin, ordinairement on cherche du secours dans la nourriture au grain. On donne le plus souvent la préférence à l'avoine; ce- pendant le seigle et Porge„distribués dans la proporuon convenable, ne sont pas moins avantageux aux bétes à laine. Dans les lieux oð Pon eullive beaucoup de pois, de vesces, de fèves ou de blé noir, c'est souvent à ces grains qu'on a recours. Les breuvages faits avec des gäteaus de graines à Phuile, sont d'un grand secours, surtout pour les prebis qui allaitent, et pour les agneaux; c'est aussi le cas du résidu de la fabrication de Peau-de-vie, que, cependant, il faut donner avec eirconspection et avant qu'il aigrisse, divers culüvateurs s'étant apergu que lorsqu'il était aigri, il avait une fächeuse influence sur le lait. Quelquefois on donne le grain aux boôtes à laine en gerbes non battues, ou baltues seulement à moitié, mais, alors, on ne peut pas bien en déterminer la mesure. Plas souvent on le leur donne nu, mais mélangé avec de la balle et un peu humecté. Quelquefois aussi on le fait un peu gonfler avec de l'eau; surtont lorsque ce sont des légumes. D'autres personnes préfèrent le donner égrugé, mèlé parmi de la paille hachée, ou en breuvage. Souvent on donne aux bôtes à laine une provende de balle et d'issues de grains. Si les grains sont à un prix tant soit peu élevé, ce genre de nourriture sera toujours un des plus coiteux; on n'y a donc recours que dans le temps ou les brebis ont leurs agneaux, et lorsqu'on y est forcé par nécessité, ou, d'après Popinion de quelques personnes, pour guCrir des bôtes attaquées de la pourriture. § 1492. Au lieu de se reposer sur le grain, il est, sans contredit, plus économique de cultiver, pour les bôtes à laine, des récoltes-racines de diverses espèces, par lesquelles on peut remplacer une partie et mèôme, commodément, la moitié du foin. Des essais sans nombre ont démontré que toutes les récoltes-racines erduna mure aurèe bätes non( conm leu leur que are nj ſige eliien Ce Kü unr Aun ns dont bétes; ivement ulorma- dnn de la * lout ber⸗ Drs dans ne; ee⸗ ont pas 2np de won à Fen 1; CeR 1, laut s Sélamt le lait. uues, os miner la Nle ex un ; surtout age, mäe es à laine ure Sera le temps Soilé, ou, uées de l onomique s especes; 4 la molbe lies-raciner J houler DAGRICUI TVUnn. 405 ordinaires sont particulièrement favorables aus bétes à laine, et que celte nour- rilure est à préférer à toute autre composée de fourrage sec, surtout pendant la qurée de l'allaitement. Ces racines ne nuisent, en aucune manière, à la santé des bétes à laine; celles-ci les digèrent facilement, comme le prouve déjaà la disposi- nion qu'elles ont à manger, surtout des pommes de terre, lorsqu'une fois elles les connaissent. Lorsqu'on donne ces racines pour remplacer le foin, cela doit avoir lieu en quantité proportionnée de leur faculté nutritive, dont nous avons parlé ail- leurs. Que ces racines puissent tenir tout-à-fait lieu de foin, c'est ce que diverses ex- périences ont déjà suffisamment prouvé; cependant il ne faut pas que les bêétes man- quenvalors jamais de paille, ei une nourriture dans laquelle ces racines alternent avec le foin, est toujours plus proſitable. Des bétes à laine, auxquelles on donnait, par jour, une livre et un tiers foin, et une livre pommes de ierre; ou une livre foin ex deux livres pommes de terre et, outre cela, de la paille en suffisance, Gtaient particulierement bien nourries, et abondantes en laine et en lait. Cependant de la bonne paille de pois, de vesces et de lentilles, peut bien tenir lieu de foin, lorsque les bétes reçoivent ainsi des racines pour leur nourri- nure. 1 § 1495. Les glands et les marons d'Inde sont, pour les brebis, un aliment nourrissant; on les recommande, surtout, pour les bétes qui sont attaquées de la pourriture ou cachexie aqueuse: on les donne à la ration d'une livre par jour, ou tels qu'ils sont, ou après avoir été laissés, pendant quelques jours, dans l'eau, puis séchés au four, où leur écorce se détache, et ou ils perdent leur goùt àpre. Dans quelques contrées, on compte beaucoup, pour la nourfriture des bétes à laine, sur la feuille qu'on se procure en coupant des branches d'orme, de nlleul, de peuplier, d'érable, de ſréne et d'aulne, laquelle doit étre préférable dans bordre où elle est indiquée ici. On cueille ces branchages en juillet; on en ſait des fagois, puis on les sèche, après quoi on les met en tas; on les serre sur un grenier pour les donner aux brebis, surtout comme nourriture accessoire, dans le temps ou elles agnelent. Dans les lieux où l'on emploie régulièrement ceue espéce de nourriture, on distribue les arbres qui fournissent à cette feuillée, en trois soles, sur l'une desquelles, annuellement, on recueille la nourriture. Lorsque les bétes ont consommè les feuilles, ont se sert des fagots pour bruͤler. § 1494. Le sel est, sans contredit, quelquefois utile aux bôtes à laine, mais il doit Gure considéré comme médicament et non comme nourriture régulière. L'insunct — —— —————— —————.:—— 4⁰6 PRINCIPES RAISONNES de lécher du sel se manifeste chez les bétes à laine, lorsquw'elles en ont besoin; on leur donne l'occasion de le satisfaire sans répandre le sel sur les alimens, en suspendant, dans la bergerie, un morceau de sel gemme, ou bien en faisant des gâteaux de sel dissous et de farine, qu'on fait cuire au four, et qu'on suspend de même, ou qu'on met dans les crèéches. On fait aussi, dans une Gécuelle de bois, une saliere composée de sel dissous avec des herbes aromatiques, de Pabsynthe, du ménianthe, de la gentiane, du chardon béni, de la camomille, de la marjolaine, de la rue, de la mélisse, du ihym et de la matricaire. Une livre de ce mélange, par année, suffit pour chaque béôte à laine. § 1495. Ces bétes ont autant besoin de boire que de manger, et ce besoin doit être satisfait assez souvent. C'est seulement lorsqne, selon l'ancienne coutume, on les a laissées souffrir de la soif, qu'elles peuvent boire avec excès, et en éprouver des inconvéniens, surtout lorsqu'elles tombent sur une eau stagnante et de marais. Lorsquw'elles sont nourries avec des fourrages qui ont conservé leurs sues, elles boivent naturellement moins que lorsqu'elles sont nourries au sec. En hifer, elles mangent volontiers de la neige; celle-ci leur convient assez. § 1496. Des étables étroites, obscures, humides, telles qu'on les a trop long-iemps données aux béôtes à laine, par crainte qu'elles ne souffrissent du froid, sont la chose la plus nuisible à leur santé. Les bôites à laine sont naturellement abritées contre le froid; plus que touses autres animaux domestiques ‚elles aiment un air frais et la lumière. C'est seulement lorsque ces hétes sont affaiblies par le séjour dans une atmosphéère chaude et humide, qui les met en sueur, qu'un refroidis- sement subit peut leur éêtre nuisible. Tout homme de sens est maintenant convaincu que des bergeries aérées, spacieuses et claires, sont essentiellement nécessaires, et que l'on n'a rien à redouter de leur fraicheur. La température peut étre considérablement au-dessous du point de congélation, sans nuire le moins du monde aux bétes à Jaine, si elles sont bien nourries. En Allemagne comme en France, on a, à T'imitation des Anglais, fait Pessai de laisser ces bôtes pendant l'hiver en plein air; M. de Trembicki Lomna prêes Tarsovie, surtout, a bien mérité du public à cet égard. Annalen des Ackerbaues 1505. I. 727. On trouve un essai du méême genre dans les Annalen des Aeberbaues. B.¹ XI. S. 452. Quelque indubitable que soit la Possibilité de faire passer, aux bôétes à laine, l'hiver en plein air, il y a, cependant, bien plus d'avantages à une bonne bergerie, bien aérée, ainsi que S. A. le Duo de Holstein Rech le développe dans le IX.“ Zol. des Annalen S.§83. Un 4 SUl la que le les ter ſe luw La COurs aro⸗ pont ausS somy nien: dans donne es po hem ese 8ee ni descn; immens, en laisanl(es u Suspend cuelle qe nques, de amomille, aire. Une doit otre nume, on eprouver anle el de erde leuts Ses au Sec. eot aSen. p long-emps fvid, soot k ment ahritces aiment un air par le säſour run teltoids. 2u Waiolenant senellement a tempemlurt Sans Bdire le Anghis„ lu Trunlicti à ard. Annalen enre dans les que son k 4, cependant que§ 4. /b nalen& D'AGRIcCUL TGUR F. Un tel abri protège les agneaux qui viennent de nattre, surtont lorsqu'ils lombent sur la saison la plus froide; il préserve de la pluie, de la neige, et empèche que les alimens qui ont conservé leurs sucs ne soient gàtés par la gelée. Dans les temps de pluie, les bètes n'y exigent point une litière aussi abondante, et le fumier y couserve mieux ses sues. La principale qualité d'une bergerie, c'est d'étre assez spacieuse, d'avoir des lent l'atmosphère, sans précisément atteindre ces 1— P courants d'air qui renouvel ace assez étendue, ou une cour animanx, et que, au devant, il y ait une pl boôtes à laine, ou elles puissent jouir librement de l'air, aussi souvent et pour les les le veulent. Quelques personnes onm bäu des bergeries 3. 42 aussi long-temps qu'el avec de nombreuses et grandes croisées. II n'y a sans doute somptueuses, ais on peut aussi conserver les bôtes à laine rien à dire conire ces bergeries; m dans des bergeries simples et construites à Pancienne mode, pourvu qu'on donne à ces bergeries les couranis d'air dont elles manquaient, qu'on en laisse les portes ouvertes, et que les bètes à laine puissent en sorlir et y rentrer li- prement. Dans de grandes bergeries, il est très-commode d'avoir, pour chaque espèce de bèétes, des étables parliculières ou des divisions qui aient leurs porites séparées. Sur la construction des bergeries, on trouve aussi les directions les plus accomplies, sous le rapport agricole, dans Gillys Anweéisung zur land- zvirthschaft. Baukunst von Friederioi. 6 1497. D'entre les diverses constructions des créches, celle qui me paratt la plus le-ci: sur trois tréteaux repose une planche d'environ 16 pouces de largeur, laquelle est bordée d'un liteau de 2 pouces de hauteur. Cette planche sert à retenir la poussière de foin, et pour donner à manger aux bétes ages courts et des racines. Sur cette planche, l'on place des raäteliers Ces räteliers sont éloignés Pun de P'autre, dans leur convenable est cel des fourr doubles, unis ensemble. partie inférieure, de 12 pouces; qans la supérieure, de 10 seulement; de sorte qu'ils penchent Pun contre l'autre, et non pas selon Pancienne coutume, en 1 2*„ dehors. Par ce moyen on empéèche, non-seulement que, lorsque les bètes tirent à elles le fourrage, il ne tombe quelque chose parmi leur laine; mais aussi que ces bétes mangent par dessus la 16te Pune de Pautre, et, par-là, se salissent davantage encore. Au moyen de celte disposition, les bates ne peuvent pas facilement zauter dans les créches, comme elles le font volontiers. Ce double ratelier est alors ou suspendu en Pair, avec deux cordes qui, y étant attachées, passent sur un guindal assujéti aux pontres; passent au travers, et à Paide desquels on'élève au-dessus de la planche, lors- qu'on veut donner aux bôtes du fourrage court- ou bien on le suspend à deux poteaux qui ——ÿ—ÿ—ÿ—ÿ—ꝛ—ꝛ—ꝛ—ꝛ—ꝛ—j— —-— —— —————-———— 4⁰8 PRINCIPES RAISONNES § 1498. Pai parlé ailleurs des avantages et des inconvéniens du parcage de nuit, comme moyen d'amender les terres. Pour que ce parcage n'ait pas des incon- véniens pour la santé des bétes, il ne faut le permettre que dans la saison la plus chaude, et par un temps sec; il ne faut également pas que les bétes soient trop serrées dans le paro; mais, au contraire, que chacune d'elles y ait un espace de 10 pieds carrés. On préfère, sans comtredit, leur épargner une ondée d'orage, et, lorsqu'on la prévoit, on les ramène dans la bergerie; cependant une ondée, forte et subite ne leur nuit, à beaucoup près, pas autant qu'une température froide, humide, et de longue durée. Il ne faut jamais faire parquer les bôétes à laine sur des terrains humides. Plus le sol est sec et sablonneux, moins il leur sera défavorable. § 1499. Un troupeau de bôétes à laine comprend: 1) La division des mères-brebis. 2) Celle des moutons, à laquelle sont ordinairement joints les béliers. 3) Celle des antenois.— 4) Celle des agneaux, mais qui n'est, ordinairement, séparée que pendant Pété, parce que, à l'entrée de Phiver, les agneaux de Thiver précédent font partie de la division des antenois. 5) Celle des béôtes qui sont à'engrais, si l'on s'occupe d'engraisser et que 1 28als, 8. 1 Ton ait des pturages propres à cet usage. 1) Dans la division des mères, les brebis sont distinguGées par leur äge, et portées, en conséquence, sur le registre. II y a dans leur nombre: a) Des brebis vieilles ou surannées. b) Des brebis à bouche faite, qui ont leurs huit grosses denis incisives, c) Des brebis de six dents. d) Des brebis de quatre dents. Pour Phiver, on place déjà les bétes dans la classe à laquelle elles ne de- vraient proprement appartenir qu'au printemps suivant; c'est-à— dire, que les agneaux qui sont nés dès l'hiver de 1809, sont déjà envisagés comme antenois l'automne suivante, et placés dans la division de ceux-ei, pour l'hiver de 1809- 1810. Dans Phiver de 1810, on les classe alors„ du moins est-ce Tusage, parmi les bétes qui doivent recevoir le bélier, c'est-Aà-dire„parmi les béètes de quatre dents, quoique, dans le fait, elles men aient encore posé que deux; on procède, en conséquence, avec les autres classes. Outre cela. dans une bergerie où Pon s'occupe du perfeclionnement des béles à laine, les brebi 8 mne de OI de duit, es incon- on la plas ient trop ne ondeée, wpérature r les bates vins il leue pendant Sdeut fom r, et que r ige, et es, les ne de- dire, que ges comme vour Pliver oins est-Ce parmi les e2 posé que utre cela, laige, les DAenlcuLrUnn.. 4⁰9 brebis sont distinguées par leurs différentes générations, lesquelles sont dé- signées par des marques particulières. Les parfaitement pures, celles de 5.e, de 4.“, de 5.2, 2-.de ct 1. re génération; on les distingue en Bôtes surannées ou vieilles. Pures..... 10. De 5.ce genération...... 8. Beltes à bouche faite, de 8 dents. Pures..... 20. De 5.2 gencraulion...... 40. 4.e...... o. 3. 2... 60. 2. e.... 140. 1.IS ...... 29, Et, de la mêème manière, les bêtes de 6 et de 4 dents. Il y a, ordinairement, trois époques dans l'année où l'on compie et marque les bêtes à laine.. W 1. A P'entrée de Phiver; alors on sépare les bétes qu'on veut réformer. 2. Au printemps, lorsque la nourriture d'hiver cesse en plus grande partie; on désigne alors les bétes qui doivent être réformées apréès la tonte. 3. A la tonte. L'on refait donc le registre trois fois par année, c'est-à-dire que l'on prend note trois fois du nombre de béêtes de chaque division et de chaque classe. Quelques personnes font, tous les mois, un tel aperçu; mais cela n'est pas n6- cessaire, pourvu que, tous les mois ou toutes les semaines, on ait soin de noter tous les changemens qgyui sont survenus dans la bergerie, chaque augmentation et chaque diminution de nombre. L'éiat d'un troupeau durant Phiver est envisagé comme le permanent. En été le nombre en a toujours été augmenté de celui des agneaux, mais ce nombre se trouve réduit par les pertes et par les réformes de printemps. Lorsqu'un troupeau compte 1000 pätes pendant Phiver, il faut qu il ait du päturage pour, au moins, 1500. 6 1500. Les moutons ou bétes à Pengrais ne sont considérés, chez nous, que comme une branche accessoire, quoique nécessaire, de Péconomie des bétes à laine. A la vérité l'on rencontre, quelquefois, des troupeaux de bêtes à Pengrais „formés isolément de moutons et bétes de réforme, achetés à cet effet des pro- priétair es 16 troupeaux, et qu'on engraisse ou pour Pété ou pour Phiver; mais . IV. 4 5² ————¼: ———-——:—⸗—⸗—ꝛ—yõõ——ꝛ—————— 41⁰ PRINCIPES RAISONNES il est rare qu'on entreprenne'économie des bètes à laine essentiellement pour Pengraissement, comme cela se voit en Angleterre. La laine est le principal objet qu'on a eu vue, ensuite la propagation„et Pengraissement n'a lieu, chez nous, presque que par nécessité. La multiplication des bétes à laine, dans le premier des buts que nous venons d'indiquer, est si considérable, que nos marchés surabondent en bétes de réforme, et comme ceitte chair de Drebis est ordinairement de mauvaise qualité, l'on en a perdu le goùt, et le bas prix de la mauvaise chair de mouton fait aussi baisser celui de la bonne, du moins dans les taxes de police, lesquelles, jusqu'ici, ont été en usage. II ne serait dono que très-rarement avantageux, chez nous, d'élever des béôtes partculière- ment propres à étre engraissées, pour consacrer à Pengraissement les soins que nous donnons à la laine, et, en quelque façon, aux dépens de celle-ci, comme cela a lieu chez les Anglais. II y a une très-grande différence entre la disposition à s'engraisser, et la ponté de la chair de certaines races de bétes à laine. En Angleterre l'on a des races de brebis qui, à leur seconde année, donnent le jour à un, quelque- fois même à deux agueaux, qui les allaitent et se trouvent grasses en automne, ou s'engraissent pendant l'hiver, sans qu'on les fasse saillir de nouveau. L'on envisage les bétes de races semblables comme les plus avantageuses, parce qu'elles paient trés-bien, par leur chair, tant leur nourriture d'hiver que leur nourriture au pâturage; mais la laine n'en est considérée que comme un prodait accessoire. Cependant les races anglaises n'ont pas toutes cette propriété; il y en a d'autres qui ne peuvent étre engraissées, avec avantage, qu'à la troisieme ou quatrième année, Il y a aussi une grande différence dans la bonté de la chair. La bonne viande de mouton ne doit pas étre spongieuse et excessivement po- reuse; mais tendre, à filamens fins, et succulente. Une graisse modérée, entre- mélée parmi les fibres de la chair, est irès-estimée; mais la graisse excessive qui se montre en dehors sous la forme de lard, et qui a, quelquefois, quatre ou cinq pouces d'épaisseur sur les cétes, ne convient qu'à la classe pauvre, qui s'en sert pour accommoder les légumes qu'elle prend pour nourritare. Plusieurs Anglais considèrent la disposition à Pengrais et la bonté de la chair, comme incompatibles avec la finesse de la laine. Cependant tous ne sont pas dans cette opinion; quelques-uns pensent que l'on peut réunir la qualité de la chair et de la laine, Il est assez démontré à leurs yeux que la pure race mérinos est très-vicieuse à cet égard, et que, à nourriture égale, elle produit moins de chair, et de la plus mauvaise que toute autre race; Popinion du plus grand nombre est que la plus grande valeur de la laine ne contrebalance pas ce désa- emenl pour le rindipa lleu, chen le, daus le Que nos e brebs est de bas den e, du mcigs Ilre seräit Parüouſicre- les 8oins Cus e-cl, comme aöser, et la re Lon à des m, qpelcqs- en auomne, douvean. Lon geoses, panes liver que lem ne un produit opristé; il la troisieme 6 de la chair. sirement po- dérée, entre- ercesie qi guatre on ind . 1 ert ; qul§el 5 16 de la chuir, s ne soOht pPas qralis de k e race mérino produi mois du Nlus grud de Dos Ce lesr D'AGRICULTVUR E. 411 vantage, du moins dans leurs circonstances. C'est pourquoi plusieurs cultivateurs, sans précisément mettre des oppositions à lintroduction des mérinos, veulent que, par le croisement et par le choix des individus, on cherche à former une race fixe qui réunisse l'une et Pautre qualité. Chez nous la production de la chair est une vue secondaire; nous n'avons, en général, aucune race de bétes à laine qui soit distinguée sous ce rapport. Ce- pendant nous devons aussi reconnaitre, que, à nourriture égale, la pure race mérinos ne prend pas autant de chair et ne donne pas de la viande aussi bonne, que la grande espèce de notre race indigène. Les moutons de cette première race, fout évidemment moins de progres que ceux de la dernière, et lorsqu'on laisse à un boucher le choix sur un troupeau de moutons mélé, il rejettera toujours les mérinos, à moins qu'ils m'aient déjà beaucoup de laine, ce qu'il sait fort bien apprécier. Avec les grands avantages que la brebis mérinos présente par le produit qu'elle donne en laine, on ne se laissera guères arréter, par la circonstance dont nous venons de parler, d'introduire cette race chez nous; du moins jusqu'à ce que un changement de conjonctures ait donné, à la bonne chair de mouton, un prix plus élevé relativement à celui de la laine. Si, cependant, des circonstances éco- nomiques d'une nature particuliére, appelaient pattention sur l'engraissement des moutons, et à trer partie du lait des brebis, il n'en serait pas moins avantageux G'avoir une race indigène, bonne et perfectionnée en elle-même. Lorsqu'on ne voudra qu'entretenir des moutons pour les engraisser, en achetant à cet effet les bêtes des éleveurs, on se trouvera, sans contredit, mieux de la race du pays, surtout lorsqu'on aura en vue d'engraisser promptement, et qu'ainsi l'on ne devra compter que pour peu de chose, la laine produite par ces bétes durant Pengraissement. § 1501. On peut encore trouver de l'avantage à tenir des moutons pour l'engrais, dans des localités où Pon a des pàturages très-nourrissans, mais pas entièrement sains, et qui peuvent facilement donner la pourriture ou cachexie aqueuse; ou, sur un terrain humide et riche, où le chaume des céréales et les prairies donnent des repousses abondantes, et où T'on a la facilite d'acheter, à bon marché, des bétes maigres, et de les revendre ensuite à bon prix après qu'elles ont été en- graissées. Lorsqu'on cultive beaucoup de récoltes jachères, on peut trouver de Pavantage à engraisser des moutons pendant l'hiver, et rarement, au mois de mai, manque-Uon d'écoulement pour les moutons dont Pengrais est terminé à cette époque, surtout aux environs de villes grandes et riches, où, dans cette saison, la bonne viande de mouton est très-prisée. * 1 ——— — — 4 5 4¹² PRINOCIPES RAISONNES § 1502. Lorsqu'on emreprend d'engraisser des moutons, ce qu'il y a de plus avan- tageux c'est d'accélérer Pengraissement complet et de renouveler fréquemment le troupeau. Des moutons qu'on entretiendra pendant une année entière, paieront rarement leur novrriture„soit à Pétable, soit au päturage. Si donc on a des Päturages d'engrais, il faut les leur donner aveo libéralité; c'est-à-dire ne pas mettre sur ceux-ci un trop grand nombre de bétes; il faut réserver une parlie de oOes päturages pour y placer les moutons lorsque l'herbe diminue sur les päturages qu'ils ont occupé les premiers; d'autant qw'on peut leur faire succéder des bétes de réforme pour consommer le surplus de l'herbe. Si ce päturage ne suffit pas, il faut, alors, donner aux moutons un supplément de nourriture dans la bergerie, de .1 4.. 2 3 8..7 mamère à achever'engraissement en huit ou, tout au plus, en dix semaines. Si l'en- graissement a lieu en hiver, il faut, à dater du moment ou il commenoce, donner aux bétes autant de nourriture qu'elles peuvent en consommer, et l'on sera étonné de ce qu'un mouton peut manger, lorsqu'il est au milieu de la période de son engraissement. Mais, de cette manieère ‚le fourrage sera mieux payé que si on le donnait avec parcimonie et que, en quatre mois, on n'amenàt pas les moutons au point de graisse qu'on eüt pu leur faire atteindre en deux. Douze moutons du pays que je mis un jour en expérience dans ma bergerie, les destinant à Pusage de ma maison, reçurent, par jour, un scheffel pommes de terre et un quart de quintal foin; et, en six à huit semaines, atteignirent un point de graisse, ot une bonté de viande tels, que tous ceux qui en mangèrent chez moi, assu- rèrent n'avoir jamais mangé de viande plus succulente et d'un goùt plus agréable; olles comprirent alors comment les Anglais attachent une si grande valeur à la viande de mouton. Des moutons que Pon veut engraisser soi-méême, doivent éêtre entretenus, pendant qu'ils sont agneaux et antenois„ de manière à atteindre, durant cette G6poque, toute leur grandeur et leur force. A l'aide d'une nourriture abondante, la meilleure espèce de nos bêtes à laine indigénes peut étre portée à une taille et à un poids extraordinaires; c'est ce que prouvent les moutons que, souvent, on entretient seuls dans les écuries, depuis leur première année jusqu'au moment ou on les met à P'engrais; ils peuvent alors étre tenus avec plus de pareimonie. Si'on achète des moutons uniquement pour les engraisser, le succès dépend principalement du choix et du prix des bêôtes maigres que l'on achète. En moyenne, l'on se trouvera bien de prendre les plus grands qu'on puisse entre- tsnir, lors méme qu'on devrait les payer plus chèérement. Da chele donpe 84 Td de ber mäte 1 mel leun uin Ah! lu niges dorm mer d lus apan- nemmen vöpaieront on à des ue ne das eparüe de 8 Pätungss t des Doles ollt has, i ergerie, de nes, Gi ſen. e, donner ra étonné de de Sou Cne Kon es momom e moulols desuinant à lerre et un de graisse, noi, aoll- agréahle; raleur à a entretenus, Jurant celle Adondante, 2à mne talll ne, soufest, dran moment b fareimonie. ncoss dépend achéle. La puisse enue- D'A GRIOCUL TVUR E. § 1505. Dans les grands établissemens de bètes à laine, il est nécessaire d'avoir un chef de bergerie, qui ait la surveillance sur l'ensemble; le plus souvent on donne à ce chef une part au produit, et Pon met, alors, toute la bergerie sous sa responsabilité. Il a sous lui les mattres bergers qui soignent les mères brebis, Jje berger des moutons, celui des antenois, et celui des agneaux, qui est ordi- 8,,, airement un jeune garçon. La profession de berger est, à quelques égards, non-seulement une sorte de méuer, mais encore souvent héréditaire. Les enfans des bergers prennent, dès leur jeunesse, une certaine affection pour les moutons; ils acquièrent une cer- taine justesse de coup-d'œil; ils saccoutument, de bonne heure et matériellement, à la vie de berger, et, le plus souvent à tel point, qu'ils deviennent impropres à loute autre vocation. Un bon berger de ce genre a, sans contredit, des avan- tages sur d'autres qui se vouent plus tard à ce métier, et qui ont besoin de se former le coup-d'œil er de shabituer à observer les bétes à laine. C'est seule- ment dommage qu'ils héritent, de père en fils, certains préjugés et une certaine superstition, et qu'on ne puisse détruire les impressions qu'ils ont reçues; pas méme en leur faisant toucher du doigt le contraire. Souvent aussi il rèégne, parmi eux, certain esprit de corps, qui les porte à s'associer pour faire le mal de leurs mattres, et les tromper. Un homme qui possède les qualités d'un mattre berger entendu, et qui est dépouillé, tant de ces préjugés, que de ce méchant esprit de corps, est un être très-précieux; surtout lorsque le cultivateur ne peut pas exercer Pinspection la plus circonstanciée sur sa bergerie, et diriger ses bergers dans les détails même les plus petits. Il est des contrées où les mattres bergers sont tellement pervertis, qu'il ne reste guères d'autre moyen que de choisir des jeunes gens honnétes, et de les dlever soi-même dans ce métier, ou de les mettre en apprentissage dans quelque bergerie d'une autre contrée, qui soit dirigée d'une manière exemplaire. Il serait donc fort à désirer que les écoles de bergers, dont on a déjà si souvent fait sentir le besoin, et que on a si souvent eues en vue, fussent effeclivement établies et bien ordonnées. Comme, depuis les temps anciens, les bergers sont en pos- session de la confiance du peuple, soit pour traiter les maladies d'autres animaux, soit même pour celles des hommes; qu'ils emploient divers remèdes supersti- neux, et même font des opérations; on pourroit mettre à profit cette confiance, en donnant, en même temps, aux élèves bergers, quelqu'instruction de méde- cine vétérinaire pratique, au moyen de quoi ils pourraient exercer, jusqu'à un certain point, la profession de vétérinaire, qui ne peut occuper exclusivement une personne, que dans un petit nombre de pays. — — ——— — ꝗℳ—— — 414 PRINCIPES RAISONNES Aujourd'hhi Pon a généralement reconnu les inconvéniens qu'il y a à per- mettre au mattre berger, ainsi qu'aux autres valets, d'entretenir, dans le trou- peau, du bétail pour leur propre compie, et dans une certaine proportion. II était naturel que les bèêtes du berger fussent toujours les meilleures, ses agneaux les plus beaux, et quil ne lui périt jamais de bêtes, mais seulement à son mattre, et tout contrôle devenait, par-là, impossible. Mais cet usage dtait difficile à déraciner, paroe que tous les bergers entendus insistaient pour sa conser- vation, de sorte qu'il n'était pas facile de trouver un bon berger sous d'autres conditions. Il fut donc interdit légalement, dans les élats prussiens et dans plu- sieurs autres encore, et les méêmes ordonnances condamnaient à des peines graves le propriétaire de troupeaux qui établissait ou continuait une telle institution. Les bergers furent bien obligés, alors, de se soumettre, et d'accepter des condi- tions différentes. On détermina alors la part qu'ils pourraient avoir à la totalité du produit du troupeau, et ils durent, en conséquence, s'acheter cette part, sans avoir du bétail spécialement à eux. IIs durent aussi supporter leur part des frais acces- soires, et P'on fixa une certaine quantité de foin qui devait être fournie, sans rétribution, pour le troupeau: tout ce qui dépassait cette quantité, les grains, le sel, etc., ainsi que tous les frais accessoires que le troupeau occasionnait, devaient être supportés par cette espèce de société; en sorte que le berger en payait sa part. Cette institution lie lintérét du mattre avec celui du berger, il les amalgame, et empéche la fraude, ou, du moins, la rend plus difficile. Cepen- dant elle présente quelques difficultés, à Pentrée et à la sortie du berger; surtout lorsque l'établissement est considérable, et qu'on y travaille à l'agrandissement et au perfectionnement de la race; parce que, dans Pun et lautre cas, il faut avoir recours à une estimation, et que le berger qui quitte a, alors, droit à récla- mer sa part de l'angmentation de valeur du troupeau, puisqu'il a contribué aux frais qu'elle a occasionnés. D'autres allouent au berger une certaine part an produit, sans Passujétir à s'acheter une part du fond capital et, quelquefois aussi, sans exiger qu'il paie sa part des dépenses extraordinaires. Le propriétaire qui veut exercer une surveillance trèés-particulière sur sa bergerie, et y revéêtir, en quelque maniére, la place de directeur, ou qui y emploie un aide habile, peut avoir recours à des hommes salariés, qu'il nourrit, ou auxquels il assigne une quantité fixe de denrées pour leur entretien. Pour les intéresser au succès de la bergerie, il convient de leur donner une grauifi- 8 calion fixe pour chaque agneau qu'ils auront amené en santé à Pentrée de l'hiver. icip las 10! rel me 81 4 4 ber- le trou- ortion. Il 5agneaux umättre, à düäele Sa couser- u Gauttes dans plu- nnes graues slitution. es condi- Fduit du Noir du 8 acces- ne, Saus les grains, asonnall, berger en herger, il le. Cepem- cr; surtout adissement as, ſaut oit à récla- ntribué aux Tassyjétr 4 er qul paie liere sur 8a r, ou qui y a nourrit— reüen. Pour une gralfr e de bier- D'A GhrcUL T un k. 5 15 Il est d'une grande importance que le berger dresse bien son chien, er qu'il Pait parfaitement à sa disposition; car un chien qui inquiète un troupeau hors de temps, peut le déranger complètement. § 1504. Le lavage de la laine, sur le corps des bèôtes ou à⁴ dos„ est toujours très- imparfait. Aussi n'en a-t-on introduit Pusage, que pour enlever le plus gros de la saleté, qui, dans des troupeaux bien tenus et à laine fine, ne doit point éêtre 10lérée. La laine est plus ou moins nettoyée par ce lavage. Cette circonstance reléve ou abaisse la valeur de la laine, aux yeux des connaisseurs expérimentés; mais un lavage plus complet diminue aussi le poids de la laine, et la perte qui en résulte surpasse assez souvent l'augmeniation qu'il y a sur le prix de la laine; le principal inconvénient du lavage à dos est, que la santé des bétes en souffre, lorsqu'il a lieu par un mauvais temps, ce qu'il n'est pas toujours possible d'éviter, quand l'époque du marché des laines ne permet pas de différer la tonte. Souvent, lorsque la transpiration ne peut pas être entièérement rétablie avant le moment de la tonte, la suspension de cette transpiration répercute la graisse naturelle, même intérieure, de la laine. Mais Pusage de ce la- vage est tellement introduit en Allemagne, et si universellement admis dans le commerce, qu'l serait difficile à un parüculier de pouvoir s'y soustraire. On n'achéte pas notre laine lorsqu'elle n'a pas subi ce lavage, et nous m'avons pas les établissemens nécessaires pour le lavage complet; dailleurs, si mème l'on essaie d'accomplir ce lavage complet, les acheteurs ne paient ordinairement pas la laine ce qu'elle vaut d'après la diminution de poids qu'elle a subie, parce qu'ils préfèrent exécuter eux-mômes ce dernier lavage, en assortissant la laine. A une époque ou les laines seraient fort recherchées, les propriétaires des troupeauz les plus distingnés devraient se réunir pour vendre leur laine, ou sans étre lavée, ou, après la tonte, lavée complètement; pour ce dernier effet, établir en commun, dans chaque contrée abondante en bétes à laine, les constructions nécessaires, qui, aujourd'hui, sont suffisamment connues. L'on a vérifié que, dans un lavage complet, après la tonte, la laine diminue en poids de 54 pour cent, bien entendu que la laine n'ait pas été lavée à dos. Dans le lavage à dos, la laine perd vraisemblablement 25 pour cent du poids qu'elle aurait, si on ne l'eüt pas lavée T. * Cela varie selon les races, les pays, le genre de nourriture, et le plus ou moins de pro- preté dans laquelle les bêtes ont été maintenues. La laine mérinos diminue quelqueſois de ³ ou au lavage complet, lorsque le troupeau était bien nourri, et les bèétes fort chargées de suint. Trad. ————— ———;ʒ:;·— ———— ——y——————— 8 PRINOIPES RAISONNKES Le succès du lavage à dos dépend en partie de la méthode qu'on observe, laquelle varie, et du soin qu'on donne à cette opération; en partie aussi de l'eau. Une eau apre agit peu sur le suint et la saleté que l'animal porte; une eau douce, au contraire, et encore plus une savonneuse, rendent la laine beaucoup plus nette et plus blanche; c'est aussi le cas du puits de Mögelin, dont j'ai souvent eu occasion de parler. Annalen des Aekerbaues 2. X§. 590. Pour diminuer les mauvais effets du lavage à dos, à l'égard de la suppression de la transpiration, il est d'unne grande importance, pour la santé de la bôte, ainsi que pour la qualité de la laine, de chercher à rétablir la transpiration avant la tonte, en tenant les bèêtes plus au chaud, et en les nourrissant d'une manière plus substantielle; il faut aussi, autant que cela se peut, mettre un intervalle de huit jours eutre le lavage et la tonte, en ayant, cepeudant, un soin particulier d'empécher que les bétes ne se salissent de nouveau. § 1505. Les opinions sont fort partagées sur Pavantage de tondre deux fois par année, ou une fois seulement. Pour les mérinos et même pour les bèies à laine perfec- tionnées, on a genéralement renoncé à tondre deux fois; cependant, depuis peu, quelques personnes qui donnent à leurs bétes une nourriture remarqua- plement bonne et abondante, s'y sont derechef décidées; parce que la laine de leurs bétes ponssait avec une telle promptitude, et qu'elle devenait tellement abondante, que ces bétes éprouvaient moins d'incommodité de cette double tonte, que de l'excessive longueur de leur laine. Lorsque c'était des bétes indigènes et bien nourries, on a obtenu, en deux tontes, une augmentation sur la quantité de la laine, que quelques personnes portent à †, d'autres à du tout. Dans quelques contrées, on convient que la laine recueillie en deux tontes est inférieure à celle d'un an; dans d'autres, au contraire,'on ne veut point Pavouer; cela provient, sans doute, du genre de fabrication auquel la laine a été employée. Les chapeliers préfèrent la laine courte. Assez souvent, les bétes à laine qui sont accoutumées à étre tondues deux fois, perdent leur laine du printemps qui suit Pautonme ouù, pour la première fois, on s'est abstenu de les tondre; il fant, alors, la leur enlever avec les mains. Cet inconvénient se fait bien plus sentir encore, lorsque les bétes päturent dans les bois, ou parmi des buissons. La saison trop hätive ou trop tardive, ouù la tonte doit avoir lien, produit cer- nainement, sur la santé de la béie qu'on a dépouillée de sa fourrure, une im- pression fächeuse, à laquelle on ne peut remédier que par une nourriture plaus succulente. Il importe, pour la quantité de la laine, que la tonte s'en fasse aussi près 8 Odsexye e lenn. au doues, coup Dlus ü Souyent ubpression ek bäle, alion avant ie maniere terralle de parliculier rannée, e perlee- , depuis temarqua- lalaine de t tellement ble donble iadigénes a quantilé dul. Dans inferieure duer; cela employée. ne qui sont mps qui sult re; il faat, olus senur uissOnS. Là groduit cer- e, une im⸗ veruure plus ze aussl Pfes D'A GRICUILTVURB. 417 de la peau, et avec autant de précauuon que cela est possible, de sorte qu'il wen reste pas quelque partie en pied, en forme de raies. Il faut chercher à des iondeurs qui aient une bonne méthode et avoir, pour cette opération, rigoureuse, ce que le soient bien exercés, et avoir sur eux une surveillance s'il doit avoir une part au produit de la laine. II n'est berger fera volontiers, ces qu'on emploie pour également point indifférent de quelle forme soient les for ceute tonte, et qu'elles soient bien égales ou pas*. Le plus souvent, on paie le tondeur à tant par téte, Lorsque, en payant quelque chose de plus, on peut obtenir que les bôtes soient ondues d'une manière plus accomplie, on donne volontiers ce supplément. La tonte qui se fait par des corvées est, comme on le conçoit, rarement faite à 4 ou 6 pfenning A avec un peu de soin. Lorsque les troupeaux contiennent des bétes de di manque pas de les séparer. Mais on tond aussi séparément les béliers, les mou- tons, les Drebis et les antenois, et Pon met en paquet séparé la laine de chaque fHférentes finesses, on ne espèce. Chez nous on ma guères coutume de faire le triage de la laine, en séparant celle des diverses parties du corps. Il est d'usage de mettre quelques toisons les unes sur les autres, à-peu-près de quoi faire un poids de 20 liv., alors on en plaçant en dedans la laine courte et cependant propre, pour faire les ploie, On lie chaque paquet avec de la ficelle mince, ou bien du tout un paquet. on fourre la laine, sans la lier, dans des sacs. Dans les troupeaux de races distinguées, on nent un compte exact du poids de la laine de chaque béte, afin de déterminer, en conséquence, la valeur de celle-ci, et de choisir Pune plutòt que Pautre, pour en Urer race; parce qu'il est probable que la richesse en laine se transmet d'une génération à Tautre. En effet, l'ex- périence confirme ceite opinion, autant, cependant, que ce plus grand poids provient de Pépaisseur(du grand nombre de brins); quant à la longueur de la laine, qui n'influe guères moins sur le poids de la ioison, elle dépend de la nourriture et de la santé de l'animal. La laine mérinos est, proportionnément à son volume, plus pesante que la laine des bêtes indigèenes. Mais si une bèéte du pays donne, en poids, moins de laine qu'une bèête mérinos, cela provient, sans doute, de ce qu'elle a été * On fait actuellement des forces à kondre, d'une bonté distinguée, dans la fabrique Schickler, devant Eberswald à Neustadt. A. ** De 7 à 10 centimes. Trad. J. IV. 53 418 PRINCIPES RAISONNES moins bien entretenue. A nourriture égale, nos bonnes brebis indigènes parais- sent devoir donner toujours une plus grande quantité de laine. A P'égard des soins particuliers que demandent les mérinos, et de la manière d'apprécier Ies bèêtes de cette race, et leur laine, je dois renvoyer mes lecteurs aux ouvrages dont j'ai parlé plus haut. LES CHEVA U x. § 1506. 1 Tout ce qui se rapporte à la multiplication, à l'éCducation et à l'économie des chevaux, a G6té traité par plusieurs hommes éclairés et entendus, qui s'éiaient voués a ce genre de connaissances. Cependant il nous manque encore un dévelop- pement fondamenial et scientifique de cette partie de'économie rurale, qui en donne un apercu clair et précis„Het distingue la vérité, ce qui est conforme à la nature, de ce qui est préjugé; car, ici, il en est qui m'ont pas des racines moins profondes, que celles qu'on rencontre dans d'autres parties de l'économie. Je mai point la présomption de vouloir entreprendre ici un tel aperçu, et ce ne serait certainement pas le lieu de donner là-dessus un traité aussi étendu que cela serait nécessaire. Je me bornerai, au contraire, à indiquer ici ce que le cultivateur ou le laboureur a besoin, comme tel, de savoir sur la propagation et'entretien des chevaux*. Je ne puis donc point entreprendre ici la description des races qui sont ori- ginaires de différens pays, ni de celles qui en proviennent et qui ont été formées, soit par le choix des individus, soit par des croisemens. Le cheval desüné au cultivateur doit être ramassé„court, à poitrine et croupe larges, rond, musculeux et nerveux; mais pas, comme quelques personnesle croient, avoir de gros os. Il ne doit pas avoir du feu, mais de la gatté; surtout il doit Gitre persévérant et robuste, de sorte que, si même il était exposé à des fatigues extraordinaires, et si, momentanément, il wétait pas bien entretenu et ne recevait qu'une mauvaise nourriture, il pùt supporter ces inconvéniens ‚ et que, tout au moins, il ne s'affaiblit pas promptement ou ne devint pas maladif. Surtout il faut qu'il ait un bon pied. Il doit être d'une force proportionnée aux charges qu'il doit tirer, au sol qu'il doit travailler. Au reste ‚cette force ne dépend pas toujours de la grosseur de l'animal; il y a de petits chevaux qui, attelés en * L'ouvrage le plus distingué que nous ayons, jusqu'à présent, est, sans doute, celui de Nauman über die vorzüglichsten Theile der Eferdeu'issenschaſt. 3 Theile. Berlin„ 1800- 1802.(A. oypoi à recu nais e allougs wourii par 8 Is ne M kagi 4-po robu trs= es Darais- wanière lecteurs nomie des i Sélaient dérelop- Ale. qui onforme meines onomne. u, ei ce endu que ce que le opagalion Sont ori- ormées, eroupe dcroiemt, mil doit ſagues erecevait , 1out au Zurtout il charges pend pas teles en — e, celvi de liin, 1Soo- D'A GRICUILTVURE. 419 opposition à d'autres d'une beaucoup plus grande taille, les ont vaincus et forcés à reculer: cependant, comme l'on dit, un grand cheval remplit mieux son har- nais et, lorsqu'il est sans tare, il est ordinairement plus fort, er fait des pas plus allongés. Seulement le plus grand a aussi toujours besoin d'une plus abondante nourriture; sous ce rapport, des chevaux plus petits de leur nature, et non par suite d'une mauvaise nourriture, sont préférables, lorsque, à Pordinaire, ils ne doivent pas être employés à surmonter des obstacles excessifs. Il est plus diffcile de trouver une espèce de chevaux parfaitement propre àν Pagriculture, que des chevaux de races plus nobles; parce que, partout, on a porté l'attention sur celles-ci, et nullement sur les premiers. La bonne et robuste race des chevaux de labour a été, le plus souvent, méêlée avec un sang très-impropre à ce but, par ceux même qui s'occupent, avec le plus de zèle, de la propagation des chevaux; dans les haras nationaux que plusieurs souverains ont fondés, au grand avantage de leurs sujets, on a, le plus souvent, eu en vue la propagation des meilleurs chevaux de monture, et, dans le plus grand nombre de cas, pour le choix des étalons, on a eu trop peu d'égards à la nature de Pespèce de chevaux qui existait déjà dans chaque district, à la manière dont ces bétes y étaient traitées, et à la nature des pàturages. La race paruculièrement solide des chevaux que l'on avait autrefois dans le Mecklembourg, ne se trouve plus que dans quelques domaines et dans quelques établissemens rustiques de ce pays, et peut-étre aussi de la Poméranie. Quel- quefois on la trouve, dans ce premier pays, ennoblie, sans que, pour cela, elle soit moins propre à notre usage. Les chevaux du Holstein, qui, souvent, pas- sent sous le nom de chevaux du Mecklembourg, ont rarement les qualités que le laboureur désire; mais il est une espèce de chevaux danois, qui est connue sous le nom de Masserdänen, et qui est plus forte et plus robuste que, peut- étre, aucune autre race. Les chevaux de Lithuanie sont, à la vérité, foris et robustes en proportion de leur taille; mais, pour Pordinaire, cependant trop peuits. Je ne suis pas en état de porter un jugement sur l'espèce fixe des chevaux de labour qu'on a dans les autres contrées de l'Allemagne. § 1507. Au 168 du premier volume de cet ouvrage, j'ai examiné jusqu'à quel point la propagation et Péducation des chevaux pouvaient convenir au culti- vateur. Lorsqu'on a une fois atteint une race très-propre à T'agriculture, avec un étalon convenable, qui marche très-tranquillement avec les jumens qu'il sert, et saillit les jumens de travail en temps opportun, je suis persuadé, par les motifs que j'ai énoncés au même 9, qu'en élevant soi-méême des poulins sur „ 420 PRINCIPES RAISONNES une sole de pâturage propre à ce but, dans quelque cas mème à l'étable, on y trouvera du profit; si, du moins, on considère les avantages d'une race uni- forme et bien connue. C'est de ce genre de propagation seulement, et non de pétablissement d'un haras, qu'il est ici question. Nous ne voulons tenir les jumens et'étalon que comme bètes de travail, et ne considérer la propagation des poulins que comme un accessoire. § 1508. Une jument peut recevoir l'étalon lorsqu'elle a trois ans révolus, de sorte qu'elle fasse son poulin à l'age de quatre ans. Mais, pour un cheval de travail, il sera mieux de différer ces époques jusqu'à sa 5.“ et 6.“ année; afin de ne P T; pas l'éprouver trop tôt et de deux manières à-la-fois. Les jumens peuvent fort bien donner un poulin tous les ans; cependant, pour des bétes de travail, il vaut mieux ne les faire porter que de deux années une. On les fait saillir d'aussi ponne heure que gela est possible ‚et Pon cherche à le faire déjà en février, afin que Paccouchement ait lieu à une époque où l'on puisse se passer du travail de la mèêre, et ouù l'on puisse la ménager. Elle doit alors étre nourrie à l'étable, et d'une manière parliculièerement bonne. Lusage de ne faire pouliner les jumens qu'en mai, afin qu'elles aient d'abord de l'herbe verte, ne peut pas convenir pour des jumens de labour. 8 Pour les jumens, il faut observer, avec attention, le moment ouù elles sont le plus en chaleur, ainsi que cela a été dit pour les vaches; et cela ne peut avoir lieu que lorsqu'on a étalon dans le lieu mèême, Le désir de l'accouple- ment se manifeste, le plus souvent, déjà au 11.“ jour après l'accouchement, et la jument est, alors, particulièérement disposée à recevoir Pétalon; c'est, par cette raison que, quoique les jumens portent à-peu-près un an, elles peuvent, cependant, pouliner chaque année à la même époque. Cest une mesure très-fausse que de faire couvrir une même jument deux fois c'un jour, et, en général, durant le même période de chaleur, lorsque, d ail- leurs elle a été bien saillie. Le principal signe qui indique qu'une jument a retenu, c'est qu'elle repousse Pétalon, lors même qu'il se manifeste encore quelque signe de chaleur. Lon observe, le plus souvent, dans une jument qui porte, une certaine paresse, une disposition à pisser fréquemment, ou du moins, à en manifester l'envie. Après une quinzaine de jours on remarque, ordinairement, un gonflement du pis et des veines qui tiennent aur tettes; cela ne dure que huit jours, et disparatt ensuite. Au bout de six mois, la partie postérieure du corps grossit, de sorte que celui ci prend, auprès des jambes de derrière, une circonférence égale à celle leweoti de mau nger (asse de lui la ln meler: ſormal Los des den Theuge Nors we k lo doit no chen hnte- §l mmei unce meur ble, od race uni- et non de es jumems alion des de dorte de trarail, ln de ne aurent fort rarail, il ir daussi errier, utravail Téuble, sjumens consenir elles somt a ne peut ccouple- hement, ſest, par peusem, deux fois ue, Glaäl- e repouse leur. Lon e paresse, er Penvie. ſewent du 1 dsparait „deé sorlé grle àcele D'AGRTICULTVURL. 421 qu'il a derrière les jambes de devant; cependant ce signe n'a pas toujours lieu. Au huitième mois, on peut quelquefois sentir un battement du poulin, lors- qu'on applique la main contre le flanc de la mère, pendant qu'on l'abreuve. Une jument qui porte peut éêtre employée à tous les travaux ordinaires, seu- lement il faut éviter qu'elle s'échauffe beaucoup, et ne lui donner aucun fourrage de mauvaise qualité. Cependant, dès le dixième mois, il convient de la mè- nager davantage, surtout d'éviter qu'on ne la heurte, d'empécher qu'elle ne fasse des sauts violens, et qu'on ne lui donne des saccades; il convient aussi de lui donner des alimens qui nourrissent et qui gonflent moins. Enfin, vers la fin du mois, on commencera à lui donner à boire blanc, c'est-à-dire qu'on mélera du blé égrugé dans l'eau quꝰ on lui donnera à boire, afin de favoriser la formation du lait. 5 1509. Lorsqu'il se montre du lait dans le pis, et quiil se forme des enfoncemens des deux côtés de la queue, c'est un signe que Paccouchement approche; et Theure de P'accouchement mèême s'annonce par Linquiétude de la jument. Alors, ordinairement, on conduit celle-ci dans une autre étable; là on lui fait une litiére molle, et l'on cherche à la faire coucher, cependant sans y employer la force. Celui qui n'a pas une connaissance positive de l'art des accouchemens, doit s'abstenir d'aider à la mère dans ce moment-là, et, surtout, d'employer des moyens violens; eomme p. e. de lui serrer le nez pendant les efforts de l'accou- chement. Si la téte du poulin est sortie, on peut, au besoin, en remuant lentement du haut en bas, mais sans urer ‚ faciliter la sortie des autres parties. Si le cordon ombilical ne se rompt pas de lui-même, on lui fait une liga- ture à deux pouces du corps du poulin, et on le coupe alors à une égale dis- tance de la ligature. On ne s'inquiète pas de läriieieszis, lors même qu'il de- meurerait assez de temps à sortir., Ordinairement on saupoudre un peu le poulin avec du sel, afin de disposer d'autant mieux la mère à le lécher. On donne alors, et de suite, à la jument, un breuvage tiéde, fait avec des recoupes, mais peu à la fois et souvent. Pendant P'allaitement, la jument doit être nourrie avec du fourrage de par- faitement bonne qualité, et avec un breuvage fait de seigle égrugé et bien mélé. Au bout de quinze jours, on peut la remettre au travail, pourvu que ce soit avec modération, et seulement pour la moitié de laj jonunee. Il faut empécher qu'elle ne s jSchauſo, et si, malgré les précautions qu'on prend à cet égard, on m'avait Pu y réussir, il faut la traire avant d'en laisser approcher le poulin. On ne doit —-—————— 4²² PRTINOIEES RAISONNES également pas laisser teter le poulin trop long-iemps de suite quand il a faim, apres une absence de la mère; il convient de l'éter, de temps en temps, du pis. Onm présente alors, au poulin, un peu- de très-bon foin, et on lui laisse aussi boire du preuvage qu'on donne à la mere. Au bout de huit ou dix semaines, on peut permeitre que le poulin accompagne sa mère à la charrue et dans des charrois rapprochés. Au bout de douze semaines, on sévre les poulins, et d'autant plus que quelques personnes prétendent avoir observé que, lorsqu'ils tetent plus long-iemps, les poulins deviennent à la vérité plus grands et plus gras, mais qu'aussi ils sont plus faibles lors qu'ils sont adultes. 6 151o. Aprés le sevrage, on retranche à la jument la nourriturée substantielle qu'on lui donnait, et, dans les commencemens, on la trait. Si le pis paratt prendre de la dureté ou donner de la douleur à la jument, on place une pierre chauffée dans un vase, et Pon trait par-dessus, afin que la vapeur en atteigue lej pis. Dans ce cas, aussi, on lave et bassine le pis avec de eau de savon tiéde, et, gil se durcit d'une manière très-sensible, on le frotte avec du beurre roussi sur le feu, ou avec de l'onguent volatil camphré, qu'on se procure dans une pharmacie. Le plus souvent, on élève les poulins dans un päturage clos où ils trouvent une nourriture abondante, et c'est, sans contredit, ce qu'il y a de meilleur et de plus commode. Mais là où Pon n'a pas cette commodité Pon peut aussi P! P ⸗ clever les poulins dans l'étable. Lorsque les poulins qu'on veut élever à Pétable sont sevrés, on les attache avec un licol, qui a une muserole large. Cependant ‚on doit les faire sortir une fois par jour, ne füt-ce que dans la cour rustique; mais il faut ne pas tarder à le faire, afin d'y habituer le poulin avant qu'il prenne irop de vivacité; car, alors, il pourrait se blesser avec toutes sortes de choses. Il faut chercher à l'appri- voiser autant que cela est possible, en lui donnant à manger sur la main. II est très-utile d'étriller et brosser de temps en temps le poulin, déjà dès sa première année. Il faut Paccoutumer de bonne heure à se laisser lever les pieds er frapper dessus, et, des la seconde année, on doit lui parer les pieds. A la méême époque, l'on donne au poulin un peu d'avoine, en diminuant la quantité du foin; cependant ils réussissent fort bien, nourris en été avec du trèfle et des vesces en vert. 1§ 1511. Le cheval a douze denis incisives: six à la mächoire supérieure, et six à Pinférieure; quatre dents de chien, ou crochets, et vingt-quatre dents molaires. Les de Ausä lo dire jusq poulu, Daus la celles de rempü au com cavilé Ah maniere, u peu c La dino moment, L u es da buiu les en Tel certain dents cheranr aussi un Mas en elsel Ghabile ment, comble jouns aussi l premie 4r 86 Kha cheral coOntrac Daraiss demb73 I im) Ps, dn Dis. laisse aus maines, on es charrois amlant plus letent Rus gras, mabs tielle guon ait prendre e chauflée ne lef pis. üede, et, lre Tousä e dans une Is uourem meilleur et peut aussi les altache esorür une s urder à le zcar, alotz, ner à lappri- la mamn. U deji des 54 ever les pieds 5 piecb. 4 h t la quanllie du trele et * 1 3 ore, el euts mobiirs, D'AGRICULTVUR E. 425 Les dents incisives changent, et c'est à elles, surtout, qu'on reconnott l'äge. Aussi long-temps que le jeune animal a toutes ses premières dents, c'est-à- dire jusqu'à deux ans ou deux ans et demi, il conserve la dénomination de poulin. Dans la troisiéme année, les deux dents de devant tombent; ordinairement celles de la màchoire inférieure les premières; et le vide qu'elles font est rempli par un pareil nombre de dents nouvelles. Ces dents se disuinguent, au commencement, par une couleur jaune sale; par-dessus, elles ont une cavité noire, qu'on appelle la fève. Alors l'animal est appelé jeune cheval. A la quatriéme année, les deux dents les plus voisines changent, de la méème manière, aux deux maàchoires. Les premières dents de seconde pousse se sont un peu comblées, elles sont plus planches, la fève brune est devenue plus paâle. La cinquième année, les deux extérieures changent pareillement et, dès ce moment, l'animal est qualifié de cheval ou cheval adulte. Les irois paires de dents incisives perdent leur gravure dans le méême ordre ou elles sont venues. A la septième année, la feve s'efface aux dents du milieu la huitiéme, il en est de même aux dents voisines, et, les extérieures n'en ont également plus de traces. ; à à la neuvième année, Telle est la marche ordinaire, cependant il y a des exceptions, surtout dans eertaines races. Quelques chevaux, et précisément les meilleurs, changent de dents plus tard; ils conservent aussi plus long-temps la trace de la feve. Ces chevaux sont alors toujours plus robustes, et ils atteignent un àge plus avancé; aussi un cheval qui conserve long-iemps ses marques, a beaucoup plus de prix. Mais les maquignons cherchent à imiter ces marques chez les vieux chevaux, en ciselant ou brülant le dessus des dents, et quelquefois ils le font avec tant d'habileté, qu'il faut l'cil attentif d'un connaisseur, pour s'en apercevoir. Rare- ment, cependant, ils peuvent bien imiter Pordre dans lequel les marques se comblent et palissent. La botte du pied du poulin et du jeune cheval est tou- jours plus large qu'elle n'est longue. Cependant il n'est pas rare qu'en cela aussi il y ait une tromperie, assez adroite pour qu'on puisse s'y méprendre au premier abord. Apréès la dixième année, Pon s'apergçoit que la première vertèbre de la queue se sépare de la dernière de'épine du dos, et cela augmente avec page du cheval, de sorte que Lintervalle est toujours plus sensible. Les gencives se comractent à mesure que le cheval avance en àge, de sorie que les dents pParaissent plus longues, et prennent, en même temps, une blancheur plus semblable à celle de la chaux. Les cavités qui sont au- dessus des yeux deviennent ———:—V— —— —-— —ʒ—-—-; 424„RINCIPES RAISONNES plus profondes, les poils qui sont autour des yeux blanchissent, le derrière s'enfonce davantage dans le corps, les lèévres ne se ferment plus. Lorque ces vieux, et la valeur d'un cheval, quant à la durée plus du degré de ces marques, que de chevaux dont on ne peut plus vingt et même vingt- signes paraissent, le cheval est 2 772„ d bi qu'on peut en attendre, dépend bien pâge proprement dit; puisqu'il est peaucoup de faire usage à 14 ans, et d'autres qui résistent jusqu'à Pàge de un ans, et Pon a mèême vu des chevaux plus àgés, puisque pai connu un cheval qui, à 24 ans, courait encore la poste. 3 § 1512. La nourriture la plus ordinaire et principale consiste en grains, entre lesquels P P P 8— 1 on envisage communément P'avoine comme le plus convenable. Cependant, lors- qw'on substitue à celle-ci quelqu'autre espèce de grain, dans y joignant de la paille hachée Plus fine et en plus u de la gousse de Pavoine, les observateurs, at pas y découvrir la moindre différence. Le à Pavoine. L'emploi de l'orge qui onnes, parce que, selon elles, la proportion de sa faculté nutritive, et en grande quantité, pour tenir lie méme les plus attentifs, ne peuvent p plus souvent c'est le seigle qu'on substitue n'a pas été égrugée, est plàmé par quelques pers rue sort du corps de Panimal, sans avoir été digérée; d'autres, au ndent beaucoup son emploi. Il est rare qu'on consacre du fro- vaux, et quelques personnes qui se sont trouvées dans pont trouvé très-nuisible; ce qui, après diverses e ce qu'il mavait pas été mêlé avec une grande pa contraire, recomma ment à la nourriture des che la nécessité d'y avoir recours, informauons, ne me parait provenir que d une quantité suffisante de paille hachée, sans laquelle il pourrait facilement coller ece de grain était à très-bas prix, proportion- Pesiomac. Une fois que cette esp nément à d'autres, j'en donnai à mes bétes avec le plus grand succès; mais mélangé avec beaucoup de paille hachée. Les rations d'un cheval sont ordinairement fixées en avoine, comme fourrage le plus usuel. Cependant il'y a pas de grain qui varie autant dans la proportion de ses parties nutritives, que Pavoine prise à la mesure. Plusieurs personnes ont, en conséquence, et fort judicieusement, pris le part de distribuer Pavoine à leurs bêtes, au poids, ou, du moins, de modifier la mesure d'après celui-là. II y a telle avoine dont le scheffel ne pèse pas au-delà de 36 liv., Lorsque cela est ainsi, cette avoine légère ne ebtelle autre qui va jusqu'à 54 liv. é au poids; 9 meuzen Uent pas lieu de la pesante, si même on en roèͤgle la quanuit de la légère n'en valent pas 6 de la pesante; parce que, à poids égal, la légère a une plus grande proportion de gousses et une moindre de farine. II faut, probablement, 10 meuen avoine de 56 liv., pour remplacer 6 meuen de celle de etre co- moßenne cheral re celle eye earaux e Chevaux que den des gran donne, les cher gue peu 3 melzen ponr cemn de gose oränäte Ma ba en à 6, Le elet, mienn eigle elles co du hren le g dernier Wesl est demem leurs Ce genn Tunich reproch domnen conte maux— léles 3 döilg, , le derriere Lorque 6e5 it à la durés ſues, que de de peut plus 8 4 meme vingt⸗ anu un cheval entre lescpel dendant, lors- roporlion de eet en plus seryaleurs, Kerence. Le de Yorge Gu Selon elles, Eauures, an onsacre du Rio- ttrourées dans aprés direrses 4 méelé apec lement coller , Droporüon- Succes; Wäi omme ſourrage ds la proporon jeurs petsonnes stribuer lawoine mesure Capris zBela de ö6 lix, woige légere 3ê dids; Q meben s 6g3l, l légere aripe. Il faut, er 6 meuan d- D'AGRTICVLTVR x. 425 celle de 54 liv. Si Pon prend pour base de Pavoine de 48 liv., qui peut déjà Gtre considérée comme très-bonne, on en compie, pour un cheval de taille moyeénne et qui fait un travail ordinaire, 3 metzen ou 9 liv., bien entendu qyue ce cheval reçoive, en outre, 8 liv. foin. Avec une telle nourriture, des chevaux de cette espèce se soutiennent ordinairement fort bien; cependant, lorsqu'ils font des travaux extraordinaires, il convient de leur donner un supplément. Lorsque les chevaux sont plus petits et ne font pas un travail forcé, on ne leur donne mème que deux metzen, et, souvent, seulement d'avoine légère. Quant aux chevaux des grandes espèéces, de Saxe„de Wesiphalie, de Bavière, d'Autriche, on leur donne, en moyenne, au moins 4 metzen et souvent 5; et il n'est pas rare que les chevaux de rouliers reçoivent 8 metzen, surtout lorsqu'on ne leur donne que peu de foin et qu'on m'y ajoute point de paille hachée. La diflérence de 3 metzen et 5 metzen, celle-là pour les chevaux de petite espèce, celle-ci pour ceux de grande „a souvent lieu sans qu'on s'aperçoive d'une grande disparité de grosseur et de force dans les animaux. ni dans l'exécution des travaux ordinaires. Aussi les chevaux de peutes races sontrils préférables, lorsqu'on m'a pas continuellement de grandes charges à faire tirer; d'autant que, lorsqu'on en a de telles, on peut y pourvoir en augmentant le nombre des chevaux. Le seigle, qu'on emploie le plus souvent à défaut d'avoine, produit le même effet, si Pon en donne la moitié de la quantité de celle-ci, à la mesure, ou d .,. 4 1. 3. seigle à Pavoine, pour la nourriture des chevaux, n'est que de 7 à 12; mais elles conviennent que leurs chevaux se trouvaient mieux lorsqu'ils recevaient mieux encore au poids. Quelques personnes estiment que la proportion du premier que de la dernière. Le grain des légumes, des pois, des vesces et des féves, d'entre lesquels ces derniéres, passent pour étre paruculièrement propres à la nourriture des chevaux, n'est estimé, pour cette nourriture, qu's l'égalité du seigle. Cependant ils sont déci- démemt plus substantiels, comme cela parait par ce qui a été dit au q 1089 sur leurs parties nutritives, et comme cela est confirmé par ceux qui connaissent ce genre de noucriture. Dans plusieurs contrées, ces légumes constituent presque- Tunique nourriture des chevaux, et c'est à tort que quelques personnes leur reprochent de rendre la respiration de ces bétes moins libre. Les Anglais en donnent, sans scrupule, aux chevaux de course. Le préjugé en faveur de l'avoine, contre toute espèce de grain, prend sa source„surtout dans ce que tous les maux, quoique provenant de causes absolument différentes, qui atteignent des bétes à qui Pon donne ce dernier genre de nourriture, dans un pays ou il n'est pas usité, sont imputés à cette nourriture, et qu'on en parle pendant des années; tandis I. IV. 54 4²6 PRINCIPES RAISONNES que s'ils fussent arrivés à des bétes nourries avec de„'avoine, l'on en eüt cherché et trouvé la cause d'un tout autre ceté. Cependant il n'est pas douteur nourriture plus substantielle doit étre donnée avec plus de circonspection; s cela, les bêtes pourraient facilement sattirer des indigestions. Par exemple, il peut facilement résulter des inconvéniens de ce que, au milieu sson, les valets échappant à la surveillance, se per- des grands travaux de la moi meutent de mettre de côté des gerbes de seigle nouveau, et de les donner aux chevaux sans mesure; cependant plusieurs e bien de cette supercherie; ferment les yeux sur elle, et envisagent ce procédé Pour la nourriture des bètes, les grains substantiels une quantité plus ou moins grande de qu' une parce que, san ullivateurs, qui s'apergçoivent fort comme une sorte d'usage. veulent aussi absolument étre associés à paille hachée très-fine, laquelle, avec l'avoine, n'est pas précisément nécessaire, quoiqu'elle soit loujours profitable. Afin que les chevaux ne puissent pas écarter la paille hachée avec leur souffle, et en séparer les grains, on Thumecte, et ce „quoique, sil fuůͤt donné avec circonspection, il ne pùt pas êétre fourrage humide des inconvéniens; lorsque des chevaur nuisible, peut alors facilement avoir chauffés tombent dessus avec appétit, lorsque ces bétes étant allées aux champs av A 4. 5. s la créèche à leur retour. Diverses raisons doi- ce qui arrive assez souvent, surtout ant d'avoir achevé de manger leur ration, en retrouvent le reste dan vent prescrire de ne jamais laisser dans les créches du fourrage mouillé. Pour étre donné aux bétes, il importe que le grain ait subi sa fermentauon; il doit étre sec et pas échauffé. Il est des années ou des avoines mal récoltées, ou échauffées, occasionnent des épidémies mortelles parmi les chevaux. Du grain uisible, pourvu qu'il ait été serré parfaitement sec, germé ne leur est point n et que, par conséquent, il m'ait point contracté une odeur d'échauffé. Le grain qus,. 8 en malt, surtout l'orge, mélé avec le fou lorsqu'on le donne dans la proportion d'un liers de 3.„—·..2 rrage, est jugé parüculièerement avantageux aux chevaux, la nourriture toiale. Quelques personnes ont trouvé très-économique de faire égruger grossière- ment le grain, pour le donner aux chevaux, parce que, sans cela, souvent des grains ressortent du corps de ces animaux commie ils y étaient entrés. Si on a, soi-méème, un moulin à sa disposition, cela peut, sans contredit, se faire; mais alors il est d'autant plus nécessaire de meler le grain ainsi égrugé avec beaucoup de paille bachée. Il ne faut jamais négliger de passer le grain sur un crible, pour en ôter la poussière, avant de le donner aux hétes, à moins que, comme cela devrait étre, on ne PLait fait repasser au ventillateur, peu de temps auparavant. Oud mOis; uniquem Dans zeides, donl p swjel. coup le pre le foin Il; nournit ndpel dacdc one qhe an Jur tan fou Ann ug mer l din Ao el 0 ril de lon e et d Das dowlenn ſconspeclon, indigeslions e, zu willeu ance, ze per⸗ 8s donner aux ergoigem dort m ce procédé us substantiel ius grande de eut nécessaire, t pas écarler mMecle, et ce püt pas étre des Chevau Cenk, Surlo- 2 manger levr es raisons doi- nouillé. fermentaton; mal récollées, raux. Du grain fauement Sec, auflé. Le grän aruculierement m G'un üets de ruger grosſere- ela, Soufenl des enirés. di Toha, , se fuire; mis avec beaucolp our en öler b . 4/ cela devtatt èle, want. DA GR IGVUIIT VRE. 427 § 1515. On donne au plus grand nombre des chevaux, ouitre le grain, une plus ou moins grande quantté de foin, et quelques-uns sont nourris avec du foin uniquement. Daus les lieux où l'on a le choix entre du foin de prairies maigres, sèches ou acides, et de l'autre de prairies grasses et fertiles, on se demande lequel on doit préférer pour les chevaux, et les opinions ne sont point d'accord sur ce sujet. Selon que les chevaux reçoivent le foin comme accessoire, avec beau- coup de grain, ou qu'il doit constituer le principal de leur nourriture; dans le premier cas, il faudra leur donner le foin maigre et dur; dans le second, le foin substantiel et gras leur sera sans contredit plus proſitable. Il n'est pas douteux qu'on ne puisse remplacer la nourriture au- grain par une nourriture en foin; mais les opinions sont divisées, tant sur la proportion dans laquelle cela doit avoir lieu, que sur la convenance économique de cette subs- Utution, et, en effet, on ne peut rien fixer de général là dessus. Ordinairement on considère huit livres foin comme remplaçant un metzen avoine, et Ton croit que, au poids, celui-là est à'avoine comme huit est à trois. Le foin très-nourris- sant, récolté sur des prairies basses, ainsi que le fourrage fait avec du troͤfle, de la Iuzerne et de Pesparceite(sainfoin) tendres, est, sans aucun doute, plus subs- tantiel, et atteint bien la proportion de sept à trois: tandis que, pour les mèmes fourrages, lorsqu'ils sont grossiers et maigres, on peut envisager celle de neuf à trois, comme la véritable. Mais, en général, on observe que, lorsqu'on augmente la quantité de foin pour diminuer celle du grain, les chevaux aug- mentent plus en chair et supportent mieux les travaux lenis, mais qu'ils ne ré- sistent pas à de grandes courses ni à de grands efforts. Si, en revanche, on diminue la rauon de foin et qu'on augmente la quantité de grain, il arrive alors le contraire, les chevaux maigrissent, mais ils de viennent plus vigoureux et plus vifs; bien entendu, cependant, qu'on leur donne aussi plus de paille. On irouyera de Pavantage à augmenter l'un plutôt que l'autre genre de nour- riture, suivant les circonstances économiques où Pon se trouve, et le prix des divers genres de fourrage-. Quelques cultivateurs croient que le regain ou second foin est décidément nuisible aux chevaux; mais cela n'est pas, lorsque ce regain a 6te récolté bien sec et verd, et sur des prairies élevées, ni méême lorsque ces prairies contien- draient quelqu'acidité. Le regain des prairies grasses, pourrait fort bien ne pas convenir auiant aux chevaux qu'aux bétes à cornes. Au reste, Plusieurs culti- vateurs expérimentés veulent qu'ou ne fasse consommer le regain qu'en ſévrier et mars. —— ———— — 428 Plus long-temps le foin est demeuré en tas, mieux il convient aux chevaux, PRINCIPES RAISONNES c'est le foin de plus d'un an qui leur convient le mieux. Pour les chevaux il faut, en travaillant beaucoup le foin et en le faisant sécher aussi promptement que cela est possible, chercher à lui conserver sa couleur verte, et son odeur de foin, le foin brun ne convient pas à cette espèce de bétes. Indépendamment de la paille hachée, on donne encore de P'autre paille aux chevaux; surtout de la partie qui a été le plus brisée au battage, et on la leur présente au rätelier. Contre l'opinion générale, la paille de froment est la meil- leure, c'est celle qui peut le mieux être substituée au foin lorsqu'on en manque, et c'est aussi celle que les chevaux mangent le plus volontiers. Celle des vesces, lentilles et fèves est, sans doute; encore plus nourrissante, surtout lorsqu'elle a conservé une partie de ses feuilles encore vertes. Quelques cultivateurs hé- sitent à douner de la paille de pois, et prétendent que, quelquefois, elle donne la colique aux chevaux; mais cette opinion n'est fondée que sur des préjugés. 9 1514. Quant à la convenance de nourrir les chevaux à l'étable avec du trèfle ou d'autres fourrages en vert, toutes les opinions ne sont pas concordantes. Moi, je suis persuadé que les chevaux se maintiennent par ce moyen, très-sains et en pleine force, lors, du inoins qu'on s'y prend d'une manière convenable. Du reste, c'est la quantité de ce fourrage, et le prix courant des grains, qui dé- cident du plus ou moins d'économie qu'on peut trouver dans cette nourriture. Py ai tenu mes! bétes, pendant plusieurs années ou les grains étaient à haut prix, et ioujours avec avantage; mes chevaux augmentaient d'embonpoint, sans diminuer aucunement de vigueur, bien qu'on ne les ménagedât nullement au travail; Phiver suivant ils se portaient aussi à merveille. Mais il faut passer insensiblement de la nourriture sèche à la verte. Au commencement on hache le trèfle avec de la paille, et l'on en donne, chaque jour, d'abord une por- tion, puis deux, en place d'avoine, ensuite on leur donne le troèfle tout entier, „.:.... lorsqu'il est en fleur, et presque en aussi grande quantité qu'ils le veulent; mais alors on leur retranche le grain. II n'est pas proſitable de donner du grain entre des fourrages veris, parce que ces premiers passent à travers le corps des bôtes sans étre digérés. Si Pon veut réunir la nourriture au grain avec celle au vert, il faut donner ce premier le matin, ne point laisser manger de fourrage avant midi, et ne plus donner de grain de la journée. La luzerne verie, et plus en- core des vesces qui commencent à avoir des siliques, sont préférables au trèfle, pour les chevaux. Kinsi qulon a passé insensiblement de la nourriture sèche à la verte, de méème il faut aussi aller ‚graduellement, de la verte à la sèche, Soufe Pautre heaucon chevau- à ues- egaleu soi bi dant, Pon cu II gor Gdes en üre meles ux chexam ) 5 chevaun 1 romptement t son odeur te pallle aur et on la leur test la meil. den manque, des fescss, ut lorsqu'elle taleum hé- elle donne Prejugés. do trélle ou Sanles. No, tres-ains et wenable. Du ins, qui dé- nourriture. ient à Laut abonpoim, nullememt faur paser nt on khache rd une por- lout enlier, enlent; mals u grain enire ps des bèles ale au vert, urrage arant ei plus en- les au trefle, dure sèche à e à la soobe, pP'AGRILOCUL T UR R. 4² § 1515. Souvent on laisse les chevaux pendant Pété au päturage, quelquefois parmi Pautre bétail, quelquefois dans des clos séparés. Pourvn qu'on les ménage beaucoup, ou qu'ils soient dans un repos complet, cette transplantation des chevaux dans leur état de nature leur convient parfaitement. Mais comme il y as ou il puisse convenir de laisser reposer les chevaux, il sera a très-peu de c Pour qu'un cheval également rare quril convienne de les mettre au paâturage. soit bien entretenu de cette dernière pàâture, il faut que le pàturage soit abon- dant, et, dans ce cas, le cheval gäte beaucoup avec les pieds, c'est paurquoi Pon compte ordinairement deux pâturages de vaches pour un de cheval. Il ne peut pas étre ici question du päturage des chevaux dans les marais, ou sur des communes. Rarement, et surtont lorsqu'ils seront éloignés, on pourra en urer parti pour des chevaux de travail, mais plutòt avec des jumens Ppouli- nièéres et de jeunes chevaux. § 1516. II est hors de tout doute, que Pon peut nourrir les chevaux de labour déès qu'on ait du jeune fourrage vert, sans leur donner aucun Pautomne jusqu'à ce nies à une forte proportion de foin et de paille; grain, au moyen de racines u avec une telle nourriture, les chevaux p Seulement on ne peut pas, alors, entreprendre des courses euvent se maintenir en pleine vigueur et parfaitement sains. lesquelles, en hiver, sont souvent nécessaires pour exporter les produits. vient le mieux aux chevaux er qui leur est le plus avan- leur donne lavées, et grossièrement pilées ou cloignées, La nourriture qui con iageuse, c'est les carottes, qu'on hachées, à la quantité de 12 melz porlon suffisante, lorsqu'ils doivent faire des travaux pénibles. Ce genre de nourri- iure est universellement adopté dans quelques contrées de l'Angleterre; on s'en trouve fort bien, er Pon sait aus les carottes, ils les mangent avec avidité, et qu'elles leur conviennent beaucoup. re, quelques— uns de nos cultivateurs qui en ont d'autres m'ont pu y habituer leurs chevaux, en, avec 8 livres foin, et de la paille en por- si chez nous que, lorsque les chevaux connaissent Quant aux pommes de ter fait P'essai, en ont été très-contens; forces diminuaient à cette nourriture. Je ne puis pas ou ont trouvé que leurs est manifesté, l'on avait donné cette nour- décider si, lorsque ce dernier effet s' riture d'une manière convenable. Je n'ai point ce genre de nourriture, parce qu'il'était pas dans Les pommes de terre doivent, avant tout, étre soigneusement On y habitue les chevaux en badi- fait moi-même d'essai suivi sur les convenances de mon économie rurale. lavées, et ensuite grossiérement écrasées. nant, en leur en faisant manger sur la main, après quoi on leur en met, sur 2 ——— -— ———y—— ——— 430 PRINCIPES RAISONNES leur nourriture, quelques morceaux, dont on augmenie ensnite la quantité. Si Pon veut que les pommes de ierre uennent absolument lieu du grain, dans la nourriture du cheval, il faut en donner à chaque béte, un demi-scheffel(50 kv.), par jour. Mais peut-êétre est-il plus convenable de ne retrancher que la moitié da grain, et, en place de 1 ¾ metzen avoine, de donner 4 meuzen pommes de terre. II faut que, à côté de cela, le cheval ait du foin et de la paille comme à Pordinaire. Quelques personnes cuisent leur pommes de terre à la vapenr; c'est de cette manière que, dans une grande fabrique d'Angleterre, l'on entre- nent 80 chevanx: lorsque, ici, Ton a fait Pessai de cette méthode, les chevaux n'ont pas mème voulu manger les pommes de terre*. On a également essayé de donner aux chevaux des navets des espèces qui peuvent étre transplantées, et des rutabagas, et ils les ont mangés avec autant d'empressement que les carottes. Il en a Gté de méêéme du panais. Seulement il faut leur apprendre à connattre toutes ces choses, comme on le fait pour le pain. 6 1517z7 Quelques cultivateurs nourrissem leurs chevaux uniquement avec des issues du battage des grains, associées à du foin et de la paille hachée. Cependant, lorsque les chevanx doivent travailler, ces cultivateurs leur donnent alors aussi du grain. Dans les établissemens oùð Pon emploie fort peu les chevaux pendant Thiver, cela peut suffire. Souvent c'est de cette maniére qu'on entreuent les jumens pouliniéres, daus des haras où elles ne travaillent point. 6 1518. Touie espèce de nourriture doit etre donnée au cheval par petites portions, et nullement en une seule fois. Ordinairement, un cheval doit avoir trois heures pour manger; les valets doivent ainsi, surtout le matin, se lever trois heures avant l'heure du travail pour donner la première nourriture. II faut étre ré- gulier dans les heures où l'on donne à manger. * Probablement parce qu'elles étaient trop aqueuses et en bouillie; peut-ètre aussi parce, qu'on les avait laissées aigrir. Lorsqu'on veut donner des pommes de terre cuites aux chevaux, il faut les préparer avec soin et autant que possible jour par jour, et les cuire à la vapeur et non à P'eau. Au reste, il m'a toujours paru que l'usage des pommes de terre cuites rendait Testomac des animaux paresseux, aussi ne les fais-je donner telles, qu'aux seules bèéles qui sont à T'engrais. Le cheval qui en mange une certaine quantité, engraisse visiblement, mais il n'aug- mente point en vivacité, il semble plutôt qu'il devienne mou. Trad. —— On peuble Feau el en mar qulls 0 persor präe G'ean gpel cher Le e! trans de k dis au- le Taniit 8 un, dams k el(do lu), l moitig Ja pommes de aille comme h apenr; „Ton entre- les Cheraur espsces qni fec autant eeulement dpour le des issues 1 rependant, alors aussi pendan etient les porlions, ds heures dis heures Lue re- —— dussi parce, x cherauy, vapeur et les rendait 8 qui sont à is il maug- D'à GRIGCW I T U R E. 431 § 1519. On doit abreuver les chevaux avec une cir aichis. On peut bien leur donner de conshection particuliére, dans Pétable, et lorsqu'ils sont tout à fait raff odérément, et il faut, d'abord après, les remettre A les faire boire immédiatement après avant, leur donner du foin. Quelques pean en route, mais toujours m en marche. Il y a aussi des inconvéniens qu'ils ont mangé du grain; il faut, aupar personnes croient que peau äpre comvient mieux aux chevaux; mais ces bétes préfèrent l'eau douce, et boivent plus volontiers dans des mares qu'à des sources F'eau fraiche. Il convient donc de laisser peau de source äpre, exposée pendant quelque temps à l'air, dans des vases destinés à cela, avant de la donner aux chevaux. § 1520. els pour la santé du cheval; si on les néglige, Les soins de propreté sont essenti r et de poussière, qui empéche la Use forme sur sa peau une croùüte de sueu ar-là produit la gale et d'autres maladies. Pour les chevaux transpiralion, et P de labour on ne peut, sans doute, pas se donner tous les soins minucieux qu'on prend pour les chevaux de luxe, en les étrillant, brossant, G6poussetant, et lavant, aussitôt qu'ils rentrent Pétable. Mais, du moins, faut-il avoir soin que les valets les étrillent tous les mauns, et le soir leur lavent les jarrets, les genoux et les s se sont salis. Souvent, un poil prillant et uni, que des valets pa- qu'en lavant les chevaux qui leur sont confiés, cache au; mais, lorsqu'on y passé le doigt avec t. Comme l'on ne peut guères net- pieds, lorsqu'il resseux ne peuvent donner peaucoup de saleté attachée à la pe force, à contrepoil, cela se découvre bienté ue jour les chevaux de labour d'une manière complète, il faut, du loyer cbaq semaine, le Dimanche la main à ce que cela se fasse une fois par moins, tenir redit, irès-utile aux chevaux; non pas le soir, lors- matin. Le bain est, sans cont qu'ils reviennent qu travail échauffés et las, mais le malin. 9 1521. rer le cheval aux pieds de devant, que dans des le sabot de ces bétes est particuliérement avantageuse et héréditaire de ceriaines es- de derrière, souvent, on'épargne agnes où'on n'a pas de hose fächeuse. Le culu- On ne peut se passer de fer contrées sablonneuses, et lorsque solide, ce qui est une propriété très- pèces de chevaux. Quant au ferrage des Pieds lorsque les chemins ne sont pas pierreux. Dans les camp choix parmi les maréchaux, le ferrage est souvent une c gaisir Poccasion d'apprendre à connaitre Part du pouvoir contrôler le maréchal, er le parfaite, après que celui- ei 4 vateur doit, en conséquence, ferrage d'une manière très-prauque, afin de diriger. Le fer doit joindre au sabot, d'une manieère — —— ———— ——— ———⸗§ℳͦͦͦℳ——— .———;— —õ—-— ses forces, et on ne lui fait aucun mal. 452 PRINCIPES RAISONNES a été paré convenablement. II faut, surtout „ Prendre garde aux enclouures, qni ont lieu lorsque, en marghant, le cheval se plante un clou dans le pied, ou que, au ferrage, un clou prend une mauvaise direction; lorsque cela a lieu, il faut, tout de suite, arracher le clou„Het remédier au mal. Il faut accoutumer, de bonne heure„ les jeunes chevaux à se laisser prendre le pied, et à laisser frapper dessus; cependant on ne les fait ferre commence à les employer un peu habituellement. On ne doit jamais laisser, aux pieds des chevaux, des fers rompus ou endommagés; il faut aussi les arra- cher aussitét que le sabot du cheval déborde; m sont encore assez forts; c'est pourquoi, r que lorsqu'on ais on peut les replacer, s'ls ordinairement, les chevaux doivent étre envoyés à la forge à peu près tous les mois. § 1522. „Lors même que, pour des chevaux de labour ‚qui sont presque continuelle- ment dechors, on n'a pas besoin d'écuries aussi spacieuses, hautes et claires, que pour d'autres chevaux qui sont, le plus souvent, en repos; l'écurie n e doit pas moins étre construite de m anière que, en hiver, elle soit Passablement chaude, et en été, passablement fratche. L'air doit s'y renouveler par le moyen de croisées; mais, surtout, elle doit être disposée de manière quiil n'y séjourne pas d'urines. Les loges doivent étre construites de ſacon à ne pas éter aux chevaux habi- tude de se coucher, ce qui, en raison du peu de sommeil qu'ils ont, toujours tres-avantageux; Pon trouve des chevaux tout, et c'est, surtout, en demeurant dans des log Thabitude de rester toujours debout. Pour ce qui leur est qui ne se couchent pas du es étroites, qu'ils contractent concerne la manière de cons- truire les écuries à chevaux, je renvoie à T'ouyrage de Gilly que j'ai déjà eu Poccasion de citer. § 1525. Le jeune cheval doit etre accoutumé au travail plus sůre de le faire, est de l'atteler devant une ch les commencemens, ces chevaux ne doivent étre C „Peu à peu; la manière la arrue, en terrain léger. Dans onfiés qu'à des hommes très- entendus, et ne pas Gtre perdus de vue. Sous cette condition, mencer à se servir d'un cheval, déjà à deux ans et demi; cependa rément et sans en exiger des journées de travail entières; car il ne peut supporter . 2 à.2. celles ci qu à l'age de quatre ans. Il faut, peu-Apeu, l accontumer à travailler plus long-temps, et à trainer de plus grandes charges; parce moyen, on augmente pourvu qu'on ne le fasse marcher que Il est rare qu'un cheval se détériore, quoique à un it marcher que lentement; c'est, le plus souvent, en le faisant courir avec excès, qu'on l'échauffe et le gäte. on peut com- nt très-modé- tout doucement et pas à pas. travail pénible, si on ne le fa Il ſac labomf maire, pe repas da de léces Sont UO, cuüves, lorsque Touf qpe ch relranc ne doit (oma de doll condvir qa No les w Le vans oll ceh Chose tiques dansie Oa Nlud6 des G de he pem 1' F: — *0 des cht paraddl roule, Poure hetes heauc ou ures, qni qui e lied, ou ela d lien, 1 der prenqre e lorsqron dalds lässer Sal les arrä- lheer, zid doirenn atr dotindelle- hies, que d doit bas haude, et le croistes as Turines. Taux Phabi- l, leur est ent pas do dntractent deè cons- ldeſt en maniere la ger. Dans mmes trẽs- heut conr ss-modé- supporler railler plus augmenle archer que oique dun 6 soufenl, D'AGRICGULTVURR. 433 Il faut mettre beauncoup de régularité dans les heures de travail. Un cheval de labour peut, sans en étre éprouvé, étre employé chaque jour, à un travail ordi- naire, pendant dix heures, pourvu qu'elles soient coupées en deux périodes par le repas du milien du jour; mais il ne faut pas en exiger davantage, sinon dans un cas de nécessité. Lorsque, durant les jours les plus courts de l'année, ces périodes sont trop courtes, on peut laisser les chevaux travailler six ou sept heures consé- cuuves, en une seule fois; d'ailleurs souvent, en hiver, cela devient nécessaire, lorsque les chevaux font des charrois éloignés. Tout comme lorsque les chevaux sont surchargés d'ouvrage, l'on ajoute quel- que chose à leur ration, de même, lorsqu'ils ne travaillent pas, on peut leur retrancher une partie de la ration ordinaire de grain; cependant ce retranchement ne doit jamais aller au-delà du tiers de cette ration. Comme le cheval est un animal coũteux et qui peut facilement être gals, on ne doit confier un attelage à un charretier, que lorsqu'on est très-sür qu'il le conduira avec prudence. Lorsqu'on est rédnit à employer des conducteurs de qui l'on n'est pas assuré, il ne faut jamais les perdre de vue, et surtout pas les meitre en voyage sans qu'ils soient sous une surveillance attentive. Le directeur d'un établissement rustique doit avoir Pœil sur les barnais des che- vanx, à ce qu'ils aillent bien au corps de ces bêtes, à ce que toute détérioration y soit promptement réparée, et à ce qu'ilssoient engraissés et nettoy és aussi souvent que cela est nécessaire; les valeis ne mettent, ordinairement, aucun intérèt à ioutes ces choses. Je ne conseille pas, surtout dans les lieux où Pon change souveni de domes- nques, d'adopter une manière d'atteler les bétes différente de celle qui est usitée dans le pays, lors mème qu'on serait persuadé qu'une autre serait plus avantageuse. Quoiqm'il y ait de Pavantage à atteler quatre chevaux éloignés deux à deux, plutòôt que un à un sur une ligne, cependant, pour ceite première méthode, il faut des charretiers qui sachent bien conduire et monter à cheval, et qui prenant de Paffection pour le cheval sur lequel ils montent, le ménagent autant qu'ils le peuvent; parce que, sans cela, ce cheval serait trop hreR et bientôt ruiné. Il y a Frclene difficulté à changer le porteur d'un attelage* * Chez nous nul cultivateur entendu ne tolérerait que son charretier montàât sur un de ses chevanx de trairt, lorsqu'il est en voyage et chargé. Une selle à un attelage de campagne paraitrait une absurdité. Le charretier peut tout aussi bien marcher à côté de ses bétes sur la route, qu'au champ lorsqu'elles sont au labour. Au reste, nous évitons autant que nous le pouvons les attelages de plus de deux chevaux, parce que nous sommes convaincus que deux bétes autelées l'une à côté de Pautre conduisent, au charroi, une charge proportionnément beaucoup plus forte, que 4 betes réunies en un seul attelage. Trad.. T1. 1V. 55 PO S T G I T. I L s'est glissé, dans l'édition originale allemande de cet ouvrage, diverses fautes d'impression, qui mont aucune infiuence sur le sens; mais il s'y trouve aussi des erreurs dans les nombres; je les ai fait rechercher et corriger, de manière que j'aurais à donner à ce sujet un errata nssez long. Cependant, lorsque ces fautes ne peuvent avoir aucune influence sur les résultats, ou que, dans des compies iout-à- fait hypothétiques ‚ elles n'apportent pourtant, à la réalité, qu'une différence insensible; lors enfin que les nombres n'ont été placés que pour remplir un modèle et le rendre plus intelligible, il me parait superflu de s'arréter à faire des corrections. Je prie de noter les changemens ci-après au premier volume. § 176, pag. 115, substituez au cas marqué 5: 200 journées foin à 18 l.= 3600 l. à † 5. les 110 I....= —— avoine à 51.= 12 4 scheffels à 5. le scheffel= 62 ½ Paturage,„„„...................= 54 2¹4 ½ Subsutuez au cas marqué c: 200 journées foin à 10 l.= 2000 1................== 4 54 —— pommes de terre à 22 l.= 44 scheffels à †+ 1...= 44 Päturage............ 54 Età la suite du cas marqué d: Quant à la valeur intrinséque, ou à la faculté nutritive, l'on peur admeitre en principe que 110 livres foin équivalent à 48 livres ou 1 scheffel avoine, de même qu'à 200 livres ou 2 scheffels pommes de terre. Mais le prix de reproduction, qui doit servir de base aux calculs du cultivateur dans sa propre économie, se trouve, comme nous l'avons indiqué ailleurs, souvent tout autre„ Oet le prix du marché, à son tour, est souvent dans un rapport tout différent. Quelquefois un scheffel avoine se vend plus, d'autres fois moins que 110 livres foin, et si mèême ils sont à un prix égal, le cultivateur trouvera toujours son compte à donner, à ses béêtes, du foin plutét que de T'avoine, parce que le premier lui procurera plus de fumier. Cependant, c'est ge ceule uon e G'une m. vome ¹ mure, O de cese X** venons Nou Risc Attir Doun Cond celt que dull gaier det — 6 werses fautes Uouſe aus d, de warics , lorsque ces Tue, dans des Ah realie, dio phacss que aalt zuperla * a 64 4 71 114 = 154 = 44 = 5* 152 peut adwellre 1¹ de mècme qui K du eulüraleur mlique ailleun, oufent dans un s, Gantfes fos le colurateur lluuit que de ependanl; 06 pP'AGRICULTUnRk. 435 de ceue différence qu'il y a entre la valeur intrinsèque, le prix de reproduc- non, et celui du marché, que nait Tavantage qu'il y a de nourrir les bôtes d'une manière plutéôt que d'une autre, et en paruüe aussi l'avantage que'on trouve à tenir une espèce de bétail plutét que Pautre, suivant que telle nour- riture, qu'il convient de consommer, est plus avantageuse à Pune qu'à l'autre de ces espèces de bétail. A5 182, page 118. D'après la moyenne des 4 modes de nourriture dont nous venons de rectifier le calcul, un bœuf très-bien nourri coùũte: . 168 1 Nourriture............ Risque. ·ℳ. 3.* ·0. ⸗ 8ℳ. 8. 8* 2* 2.** 12 Atrirail d'attelage... 2. ⁴. 0 2. 0.⁴ 2 0.⁴„* 22 4 Bouvier(1 Bouvier à 40 scheffels pour 50 bétes).. 12 Conducteur pour 250 journées de travail....... 62 4 1 277 2 2 Bœufs de rechange coùtent donc 555 †. Aiusi, durant les 250 jours de travail qui, en moyenne, ont ordinairement lieu dans Pannée, le travail de deux bœufs de rechange coüte, chaque jour,+ 2,2. Le travail d'un cheval coüte+ 2,58, ainsi+ o,38 de plus que celui de deux bœufs de rechange. Les circonstances de localité peuvent facilement modiſier cette difference, la rendre plus forte ou plus faible. L'on doit bien observer que nous avons pris ici, pour base de notre caloul, des bœufs nourris mieux qu'ils ne le sont ordinairement, mais qu'aussi nous avons supposé qu'ils fai- saient plus de travail que cela n'a ordinairement lieu chez nous. 5 185, page 119. Lorsque les tranches omt 10 pouces de largeur, une bôte de trait parcourt, sur Pétendue indiquée, un chemin de 6 ⅓ milles, non compris Pespace qu'il franchit en retournant, aux extrémités des sillons. 5 255, page 217 et suivantes. Lorsque je composais cette partie de mon ou- vrage, j'étais encore dans le doute, à l'égard des proportions réelles de Lépui- sement et de l'amélioration occasionnés par certains produits. Ensuite, je me suis expliqué plus au long à ce sujet, dans des observations mises en téte de mon second volume*. Par exemple, j'étais encore dans Pincerütude si je * Ces observations ont été fondues per moi dans le premier volume de ceite traduction, corrigé dans différentes parties de cet ouvrage les d'entre celles que l'auteur relève dans le postcrit; la présente édition. Trad. 1 page 211 et suivantes. Jai également diverses erreurs que j'y ai apergues, je retranche par conséquent, ici, ce qui ne peut pas se rapporter à 456 PRINCIPES RAISONNES devais, ou non, calculer Pappauvrissement occasionné par les pommes de terre, d'après la proportion de leur produit. Je me suis ensuite convaincu, Tue Paug- mentation de la récolte n'augmentait pas l'épuisement, puisque l'on m'apercev ait pas qu'elles eussent une influence plus nuisible sur le produit qui leur succédait, lorsque la récolte en avait été trèés-riche, que lorsqu'elle avait été mauvaise; et qu'on oroyait plutôt voir le contraire. § 281, page 259. Ici, il y a eu une omission, probablemenm de la part du copiste. Tavais distingué la grande et la petite orge, et la première, dont j'es- nme que le poids s'élève à 7a livres par scheffel, lorsqu'elle est dans son état de perfection, a é6té omise. Le calcul qu'on trouve ici ne convient qu'à la petite orge qui, ordinairemem, ne pèse que Go livres par scheffel et est, à sa paille, dans le rapport de 60 à 100, ou à peu préès. II faut, ainsi, calculer la paille de la grande orge, en prenant Pour base du poids du grain, 72 livres par scheffel, lorsque Porge est dans son éiat de e barſeson, et 68 liwres, lors- qu'il est nſerienr en qualité. 7) 285, page 260, ligne 4 dès le bas de la page, 5561 mettez 5661. Les tableaux qui sont en téte du vol. II, pag, 8 et suivantes, contiennent une quantité d'erreurs*, dues à des changemens qui y ont été faits pendant Pimpression; ces erreurs sont irop nombreuses pour qu'il suffise de les indi- quer. Cependant, comme ces tableaux, en particulier, ont provoqué Pat- iention de beaucoup de lecteurs, parce qu'ils présentent le résultat de divers systémes de culture appliqoés? à une même étendue de terrain, il me semble néces- saire de les imprimer ici de nouveau. Quelques thèses en ont 6t absolument changées, par la raison que, dans la démonstration que mon honorable ami M.“ Koppe a donnée sur ces tableaux, à Moegelin, et dans les calculs réitérés qui furent faits, à ce sujet, par les membres de T'institut, durant'hiver de 118 ½, quelques rapports ont été développés avec plus de précision. Je prie dohe qu'on veuille considérer les tableaux tels qu'ils suivent, comme plus corrects. Je présume qu'iil sera agréable à mes lecteurs que je leur indique les motifs qui ont servi de base à ces changemens. N.* 1. La différence qui natt de ce que ceite exploitation rurale ne tient que des chevaux et pas de bœufs, est considérable. Mais comme, malgré le défaut »* Dans Lédilion aflemande; dans celle-ci, j'ai corrigé ces erreurs; si done je transcris ici les nouveaux calculs de notre auteur, c'est qu'il a apporté dans les combinaisons économiques de ces divers geures de culiure, des changemens qui en modiſient, de fait, les résultats, et qui présentent aux lecteurs de nouveaux sujets de comparaison. Trad. — de päun 3085 1 une, G conséqh fler, a hne.] est Vri qui re sür la 61é 3 472 relran houm, Mleuſs X. Dr) aug me un des de lerre; que lag. mapercerai d succédhi, 6 wauyäise; dek Dan du te, domt jes- dans son dut wieut qua k let es, z8 , aleuler a , 72 lrres res, lors- l. vomtiennent us pendant le les indi- voqne pat- t de dirers mble néces- absolument morable am lsrttérés qpi ner de I18, le prie dohe llus correoss lue les molid ene tient qpe geè le deſaut — j vansers ici us beonomiques maulab, e qu D' A GRICULTURE. 457 de paàturage et de fourrages, il m'y a pas impossibilité à ce qu'elle tienne aussi des bœufs, il vaut mieux, pour rapprocher davantage les frais de eul- ture, diminuer le nombre de chevaux, et y substituer des bœufs. Il faut, en conséquence, réduire les 20 vaches au nombre de 12; en revanche, afin de pro- filer, autant que cela est possible, du pâturage d'été, Pon a ajouté 50 bétes à laine. La provision de fourrage d'hiver, pour celles-ci, se trouvera réduite, il est vrai, mais elle sera cependant suffisante, pour que, avec la quantité de paille qui restera, Pon puisse encore entretenir 750 bêtes à laine indigènes. Le päturage sur la jachère qui, dans les précédens tableaux, n'était nullement en compite, a 616 assimilé à 100 journaux de päturage extérieur, d'après le principe établi 4 ½ 289, du vol. I. Le nombre des valets a dté diminué d'un, en raison du retranchement d'une partie des chevaux; en revanche les frais de journaliers hommes ont été augmentés de 58 scheffels seigle, parce que le labour avec des pœufs exige ceitte main-d'œuvre de plus. N.“ 2. On a également substitué ici des bœufs à une partie des chevaux, et par le même moitif. A la suite de calculs plus exacts, la main-d'œuvre a été augmentée de tout ce que la récolte des pois et du trèfle exige, et qui weétait pas dans le N.“ 1; ila également fallu ajouter le travail occasionné par le transport d'une plus grande quantité de fumier. Le N.“ 3 a recu les rectifications ei- après: sur Pancien tableau, j'avais attribué aux vaches la totalité du pàturage, dont, dans celui-ci, je réserve une partie aux bœufs; les frais de ces derniers avaient été portés un peu trop bas. La jachère étant, ici, rompue de très-bonne heure, le paäturage en est trop insignifiant pour quiil vaille la peine de le mettre en compie, d'autant que les ctablissemens ruraux soumis à ce systeme de culture n'ont ordinairement pas de bèétes à laine. La main-d'œuvre avait été portée trop bas; il y a, à la vérité, 120 journaux de céréales à récolter de moins, mais, en revanche, 171 journaur de trèfle à ré- colter de plus; il y a également près d'un quart de plus en transports de fumier. La main-d'œuvre, telle qu'on la trouve ici, a été caleulée spéeifiquement. N.“ 4. Cet établissement rural peut marcher avec la même quantité de bétes de trait que celui N.“ 5. Si, d'un côté„le N.“ 4 a 240 journaux de jachère à cultiver, tandis que le N. 3 n'en a que 171 ⁵, ainsi celui-là 68 et ¾ de plus; de Pautre, le N.“ 4 n'o que 240 journaux de semaille de printems, tandis que le N.“ 3 en a 547 ⁵¾, ainsi celui-là 102 5 journaux de moins; au moyen de quoi, la quantité de travail demeure à peu près la même. Alin d'obienir une égalité parfaite, on a évalué le päturage dans l'une des 458 PRINCIPES RAISONNES soles de jachère, comme le paturage dans Passolement triennal, c'est-à-dire 120 journaux comme 24 journaux pàturage de champs en repos. Quoique, dans le système de culture alterne avec paturage tel qu'il est snixi dans le Mecklembourg, il ne soit pas d'usage de laisser la seconde jachére en päturage duram la première moitié de l'été, sans la rompre, l'on pourrait cependant tirer parti des jachères par le moyen de bétes à laine; mais, dans la règle habituelle, on ne les im- pute pas aux entreprises rurales réglées d'après ce systome. Enfin, à la suite d'un nouveau calcul, la main-d'œuvre a G6té portée à une somme plus forte. N.“ 5. C'est mal à propos qu'on avait mis ici un valet de plus. En revanche les travaux de joumnaillors doivent couͤter davantage qu'au N.“ 4, parce qu'il y a hne de bœufs et qu'on sème une plus grande étendue en céréales. .* 6. Dans Pancien tableau, on avait assigné du paturage pour les chevaux, comme cela est d'usage dans les exploitations de ce genre; en revanche, les autres frais pour les chevaux avaient été mis à un laux plus bas. Maintenant, afin d'atteindre en cela plus d'égaliré, Pentretien des chevaux a été assimilé à ce qu'il est dans les autres économies rurales. II y a ici moins de travaux de charrue, j'ai, en conséquence, dù diminuer de quelque chose la main-d'œuvre, quoique„ d'ailleurs, elle soit augmentée par la plus 3 grande quantité de fumier. ei par la double récolte de trèfle. N.“ 7. On a ajouté ici deux chevaux à ceux qui étaient portés dans Pancien tableau, en raison de la plus grande quantité d'engrais qu'il y a à trans- porter, des pommes de terre et du foin qu'il y a à serrer. De mème, les frais des chevaux et des bœufs ont 6té élevés au méême taux que dans les autres ita- pleaux; car, à l'exception du N.“ 1, toutes les autres exploitations rurales pour- raient jouir des avantages que procure le bon entretien des chevaux. En calculant de nouveau la main-d'œuvre, l'on a trouvé qw'elle avait été portée à un taux trop bas, surtout en raison de la grande quantité de fumier quil y a à charier Peutêtre aussi, là comme dans d'autres parties de ces tableaux, s'était-il glissé une erreur de nombre; cette erreur a été redressée ici à la suite de calculs exacts. N.* 8. On a porté, dans le nouveau tableau, une plus grande quantité de bêéles de trait; parce que de nouveaux calculs ont démontré que le plus grand nombre de charrois d'engrais, de récoltes et de grains pour la vente, T'exigeait. On a aussi beaucoup augmenté la main-d'œuvre. N.* 9. Ici l'on a egalement ajouté 2 chevaux et une augmentauon de main- d'œuvre, et redressé diverses erreurs..* La„ 100 zeree! porie de 215 Dap gnanü- cepen avall: Jesrrie 120 oiqne, dans le leckſen, bourg, ant 7 di des ſacheres Hon ne les in- d portée à une . Pu reranche 4, harce Lull éröales. h les herau, cle, les autres nlenaut, an asswilé à ce de tavaux de main deuyre, dits de fumier, t porlés dans IIraà tam- ne, les frais les autres u- rurdles pour- ur. elle avait élé dité de ſuwier e ees tableanr e ici à lä sulle nité de béles rrand nolbre 9 ezigeäit Ou a üon de man- à premieére 1r. 45 DAGRIGCUL T VUR V. 9 2 3*. 21 S ivers tableaux, n'avait été portée, pour l'orge, qu'à La paille qui, dans les divers tab, de la formule in- 1 par scheffel de grain, T'a été ici(en conformité 100 livres omn l'ai dit lus haut, se rap- e à page 259 du premier volume,, qui, c 1 e. 21 neneln eeha ben lement à la petite orge) au taux de 115 ewel d fl 4 2 bane fl. de 86 ur un scheffel avoine. d p un scheffel seigle, et de 86 livres pour un so 2 3 42s houe se pu élever de o, au moins, D'après de nouvelles obseryations, j'eusse p in or dos Kſemcs e tand, ille, du foin et d d rovient de la paille, P r quantité d'en rais qui p leigl Tae ne dant„i6 m m'ai pas voulu y rien changer, queldu- Ediden u n cependan 6 4 ꝗ ommes de terre. avait été njusie envers les p 2 G ENRE DE CULTVURE et ASSOLEMENT. & 8 PRODUIT 2 FUMIER de foin, fourrages paille QUANTITE de fumier Par chaque journal. duh- pa ch 317411, lour Lhar. is de 26 6. äaͤͤ—õ—s—ͤ—ö—ö—ͤ————— — N.o1. Assolement trienna! avec jachère morte. Jachère fumee. Seige.... Orge.... Jachèere... Seigle. Avoimmne... Jachère avec un demi- parcage.. Seiget.. Orge..... Proiries...... Pälurages extérieurs. Valeur du paäturage sur 355 journaux = 100 journaux pa- turages extérieurs. en 4 et aill fourrages Pallle. divers. . 1 quintaux. quintaux. de paille, 11588 de ſoin, 3600 vombre de béte ſquint —— . cherzuk.(5 4„ houß.(5 16 60 vaches.(3 „H taes 1e.(à. o A. 4 . ..., . J., „..). * 4 4„. 65 0 1 2 7 vnteß rRODuUIP XET dorR roera Luu Di AEr, a aebm QUANTITE DE POURRAGE PRODUITPRODUIT ERAIS après .*...... 2 arrages balle d ſan 2 par chaque Pièce de bétail„ elpu BErAIL, DES GRAINS, DE OULTURE ET D'EXPLOITATION, déduction wers et. BETA ILL. pour chaque espèce en totalité. 21.. 1. des frais, Cduits 3 réduit réduit 41. 1. eduits fontrages. réduits réduit . a ades——— 7. f... n lein. V direns dbaghe m en schellels en scheflels en schellels en scheffels de seigle. — Paille. Foin.[Paturage.] de seigle. de seigle. de seigle. inl⸗. intanx ah b 8...... auk. quinkaux ſler.u, nombre de bête quintaux. quintaux. journaux scheffels. scheffels. scheflels. scheifels. —— chevauv.(50)(30) 8 chevaux à 54 scheffels 452 8 400 240 16 bœufs à 7 scheffels.. 112 bœufs.(38)(4⁰)(4 ¼) 5 valets à 50 scheffels.. 250 16 6⁰8 6410 72 Berger de moutons..† 70 — Sor.. l . Fachas.(58)(25)(3) 2 ser vantes à 40 scheff.. 80 depalle, 7. Battage 189 — 12 456 500 56 111 Be. 11588 aen 1 b 8 32 Journaliers hommes 200 de ſoin, herbe Aiar. 1(5 2) 8. 44 femmes. 98 22 7 125 620 292 360 750 4125 9 7 3 il reste... 3. 1514 205 —— ee Eee e 82 d 5 h 5 4 5 C Ff& 4 1 G EN R E— PRoODUIT rox vuUMIIER QANTITE NOMBRE SEMENCE, PRODUIT, rRopDUIT après[FRODUIT(punie 8 d ſin⸗ de fumier f. l rage ai DE CULTU R E qe par par total déductien en divers et par .— réduits fourrages. et journaux.] journal. journal.[de la sole. de la paille. en foin. use chaque journal. semence. ASSOLEMENT..— journaux.] scheffels. scheltels. schelels. scheffels. quintaux. quintaux. quintaux.] ch. ts de 20 q. x N. 2. Assolennent triennal aveo Pois, tréfle et nour- rituredu bélail dl'étable. de paille. 19 ⁴96 de foin. 8040. 1) Pois fumés...... 111 1 ¾ 5 5555 4505 222bo.. 6 2) Seigle 060 0 60 o„ 9 0 111¼ 1 ⅓ 6 666 ½ 54 18 1431—0 0. 9 o0 9 0 2 5 8 3 1 1 8 SGG 5 85 6 5) Orge 11¹ 13 6 666 541 8 752 9 2 9 9 0 0 0 0 0 4) Jachère fumée et par- quécee... 411 1 ·................ 6,4 . 4 4( 2— 5) Seigehecee... 11¹½ 1 ½ 8 883 ½ 763 1900....„„ o. 6) Orgeo 11¹ ½ 1§ 8 888 ⅔ 765⁵³ 1005 9 6oo 9 ⸗ 9 9 0 0 7) Troͤfle 85 9 0 0 6 0 111 ½„ 2 0 0ο 9. 9 0 0 0» 0„. 2220 8) Seige 111 ¼ 1 ⅓ 7 777 ½ 652 ½ 160o.... 1 1 3 7 3 5. 9) Avoine. 1 115 1 F 8 888 ⅜ 735 763„„..„ o Prairies. 5 9 2 190—90 S 9 0* e 0 20„ 9 0„ o 0o 1800 Paturage séparé6... 300 1 ur Aturz 100 5 jonrnaux päturage sur la jachère= 55 jour- naux paturages exté rieurs.. fomr Dar chac 11141¹ kom balll — momlre debetes qumnta —.—— 4 cherau.(öo, o Mſub debat.(o) Ebwo mailäuüle(o) db dac e une. 800 d Ur 1 66, 1. „, 4 1 . 14611611 ⸗ 86 1 1 7— 4. n] 9 p 7„ AIX ruRI Lder.— PRODUIT NET, et ſde lein, 21, QUXNTITE DE FOURRAGE PRODUIT PRODUIT FRAIS ahrös — paülle ſe luwie par chaque pièce de bétail, et pu BErTAIL, DES GCRXINS, DE CuLTunE Er p'EXPLOITArION, déduction Ners et nr ETAIL. pour chaque espèce en totalité. dui eduit des frais, duits lounnages redmit eamr. réduits réduit 1 Ir————(r. SC. ſoin. dirers Chaque iuul.— 1 en schellels en henels en scheffels de seigle.. 24 zcheel, Paille. Foin. Paäturage. de seigle. de seigle. e seigle. ——. ataux. quintaux.(4 b G½B————— 3 3 — lu Ahsdeng nombre de bêtes quintaux. quintaux. journaux.] scheffels. scheffels. ſscheſlels. schellels. ————— V chevaux.(50)(30) 10 chevaux, à 54 scheffels 540 V 10 5 0% 500 16 bœufs de trait, à schef. 112 .. 5 1 bœufs de trait.(50)(65). 6 valels„ 4 50 scheffels. 500 V 16 800 1040 4 servantes à 40 schef.. 160. . ger utons 80⁰ de paille vaches à l'établee(50)(55) Ber ger de moutons. ⸗ bnle 9 0 Battagee..... 281 .— 2— 7 19866 56 1500 1950 41 495 Journaliers hommes. 247 66 de ſcn. bétes à laine.ü(7)(105 99) 50G8.— femmes, 135 2885 15 56 700 53 0 doto 8⁰⁰ 5600 7 Il reste 7 3 1048 . 5 ... 6..„„„„.....„„„.„..... 430 ½ ..*....„„„„„„„„ ⸗„ o ⸗ o-—„„„ 54¹ 3 ....... h..„„„„„„„„„„„.. ⸗ 9 ⸗ 4⁰6 5 ...„ 5, o 2 0 ⸗ ,„... 1 —— — —— — CG ENRE DE CULTURE ek ASSOLEMENT. N.“ 3. Assolemernt de ans abe Pdltutrage. 1) Jachère fumée.. 2) Seige.... 3) Orge... 4) Avoine... 5) Treéefle, une coupe puis päâturages ⁵†. 6 et 7) Pälurages.. Prairies.. Pàturages séparés päturage sur des chaumes. f 3 4 PRODUIT FUMIER QIANTITE SEMENCE. PRODUIT, TRODUIT après de ſein 3 de fumier . 4 paille par par total ſdéductien et par — fourrages journal. journ al. de la sole. de la divers. chaque journal. semence. scheffels. scheffels. scheffels. scheffels. quintaux. ch. ts de 20 q. 4 de paille,] 1 1 922 . de foin, 8388 171........ B....„ 0 5,9 1715 1 8 ½ 1457 1264 0o o o o o 0 1713 1 9 ½ 1457]1 1264.D.... 1715½ 1 ½ 8. 1371 1142...... ·* 0 ⸗ 14 quint.„ 5 5 e 4 2 2—90 90 9 60 0 90 ⸗0 . 111A11- 1 — nombre debè — cheraux. 9 hœubs detrat. E FUMIER de koin 2 s palll et divers. — „quitau. d— epaille, 1192²2 de loin, dalh urtages B ETAIL. 77² OQUANTITE DE FOURRAGE par chaque pièce de bérail, et bour chaque espècc en totalité. 0 PRODUIT DES GCRAINS, éduit en scheſlels P FRAIS DE CULTURE ET D'EXPLOITATION, réduits PRODUIT NET après déduction des frais, réduit 1264 948 571 heffels d 121 en schelflels Paille. Foin. Paàturage. de seigle. en scheſiels de Se 6le. de seigle. nombre de bète. quintaux. quintaux. ſjournaux. scheffels. scheffels. scheffels. chevaux.(5⁰)(30) 3 chevaux à 54 scheffels 452 8 4⁰⁰⁶ 240. 16 boufs à 7 scheffels. 112 2.* 5 pœufs de trait.(58)(40)(4) 5 valels à 50 scheffels. 290 7„ 4 16 60⁰8 640 64 6 servantes à 40 schef., 240 670 1 202 2670 ½ vaches.(38)(27)(3 ¼) Ballage.. 200 70 122 4656 3294 596 Journaliers hommnen 1 ..—— 2 1 5.⸗ il reste il reste emmes 9 5¹⁷ 20 22 b c d 5 G ENRE NOMBRE SEMENCE PRODUIT rRODUIT D E CULTURE de per war otal et journaux. journal. journal. de la sole. ASSOLEMENT. scheffels. scheffels. scheffels. Scheffels. N.“ 4. Assolement de 10 ans, aveo pilurage el 2 * 4 4 2 s- Jachéeres, tel quwil est usité dlans le Mechlenm-— boug. 1) Jachère à la suite du repos, légèrement fu- mée... 120„„„.... 2) Seigle....... 120 1 ½ 8 960 35) Avoine....... 20 17 10 1200 4) Jachère fuméee 122222)4... 5) Seigee. 120 1 ½ 8 960 6) Orge. o o, o o o o 120 1 ½ 8 960 7) Trèfle, une Loupe. 120.„„ 14 quint. ⸗ puis päturage 3.. 8, 9, 10) Päturages.. 360 Prairies.. 150„„„ 6„„.„-⸗ Paäturages...... 100 60 päturages 120 journaux paàlu- rage de jachère.. 9 0 24 dit. . 0 ur cham dit. ℳ 7r. ½ / 9 h 1 QUANTITE PRODUIT FOIN FUMIE après PRODUIT et de foin 8 de fumier. . 3 fourrages paille déduction en divers et par 1 de la. réduits kourrages.. paille. en ſoin. divers. chaque journal. semence. scheffels. quintaux. quintaux. quintaux. ch. ts de 20 q.x . 0 4 2 Ps en repos. 206 4. 1032 1. 2064... 1084. .. 1630 1800 de paille, 12488 de loin, 6960 8 pan 84 1 3 11IAIL. po nombre debetes — chevaux. hœrubs de trat, 16 raches. 3 10⁄¼ 0 2 1 n 0 P PRODUIT NET QUANTITE DE FOUIHRAGE PROPUIT PRODUIT FRA 18 après 6 Par chaque pièce de bétail, et pu BEralr, nEs GRaAlNs, DE cuLErURE ET D'EXPYLOITATIOX, déduction EBETAIL. pour chaque espèce en totalité. 1.. 1 des frais, réduit réduit réduits. rédnit ——— ge.—. . en Lehehhes en Scheidels en scheffels de seigle. Ar dehe lels Paille. Foin.(paàturage. de seigle. de seigle. 55. .—.. nombre de bêtes quintaux. quintaux. journaux. scheffels. scheffels. scheffels. schedels. chevaux.(5⁰)(30)* 8 chevaux à 54 scheffels 452 8 400 240 16 bœufs à 7 scheffels.. 112 bœufs de trait.(38)(40)(4) 5 valets à 50O scheffels.. 250 16 603 640 64 6 servantes à 40 scheff. 240 8. lag 0. 0⁴.„.... 02 4 vaches.(50)(25)(4) Bal ge. 202 ½ 4 55 6 420 28 Journaliers hommes. 19 10 5200 90 1250 femmes., 90 Il reste 545 3 56 2545 ³ „ 9 20 4 0 39 o 9 0.* 2 825 1 „„ ⸗„ o o o e 5 0 0 517 2 9 „ o o o„„„„.„„... 9 ⸗ o o 825 618 ⁴ .ℳ 0 0 2 20 9 0o 2 0 4 rvua Luorn de foin 1us Aeſun pallle un 1 et hr urnages üret. elegu umm —.— umkaux. Ch.b eugn —— 1 paülle, 39 468 e oin, 6960 .. ⸗ z 4., 9 ..„„„„ .. 5 44*...... i. e .„... 1 —— „ 9446 1280 2786 ¼ —— 4066 ¾ 2 6 0 d 6/ g 2 5* r r 2 4 3 G ENRE PRODUIT, FOIN FUNMIER WANTITE d. NOMEBRE SsEMENCE, PRODUIT, pPhopuir après PRopuir et de foin, de fumier, bar DE CULTURE Ja ducrios- fourrages] paille arAn Pour de par Par total Educti en divers, et Par 1 3.. éduits kfourrages.— ek journaux. journal. journal. de la sole. de la paille. en koin. dir er8. chaque journal. . 4 semence. 4 ASSOLEMENT..—— Journaux. scheffels. scheflels. scheffels. scheffels. quintaux. quintaux. quintaux. char. is de 20 J. eube debktes gui N.25. Assolement de Meck- cheraur. lembourg, en 12 soles avec 8 [2 jacheres et pätura, 8 P4 8* heuks de talt. le S de paille, ne(d- 12004 4 de foin. 6400 . 20 8 4. 1 1) Jachère avec un demi- — amendement. ⸗ 100„ e9[ 6 o„„„ 6 e 5,2 2) Seige. 100] 1 7 ½ 750 657 ½ 1612[................... 5) Orge. o o o o o„ 100 1 ½ 71 75⁰ 637 ½ 84⁷...„.„........ J. 4) Avoine....„ 100 1 ½ 6 600 462 ½ 516.... 6 3 3) Jachere fumée.„... 100„„„„ 9„ o.„„„.„„„......„„.„.„„„„ ⸗...]. 6) Seigle........ 100 1 ½ 8 800 637 1720........ 7) Orge...... 100 1 ½) 700 587 5 791 5 e ⸗„ 9 4 0....., 8) Avoine.„„ 9..„ 100 1 ¾ 6 600 4625 516.„„„...„.„„. 1.. 1 1— 4*.. 9) Trofle, une coupe prèͤs— 1 pälurage.„.. 100 1......„..„..... 1400„. ⸗.. 2. 5 86 88 1 —. 2e 10) 11) 12) Päturage. 83 30.........[................. Prairies.. 0 0 0 0„ 0 1 50 9 4. 2 0 0⁴ 0. 0 0⁴. 2 0 0 2 0. 2.⁴ 1 800. 0. 0⁴. 90 0... 0 2*.⁴. 7„ Paturages extérieurs- 100= 60 päturage sur des champs culrepos..........., 35 .=.. 4* 100 journaux patu- rages dejachères sur. le N.o 5.= 20 dit idem 4 — — — Awumt de lunin, nr tagn fun BETAIL. 1 77²³ QuUANTITE DE FOURRAGE, par chaque pièce de bétail, et pour chaque espèce en otalité. ——— Paille.! Foin. Paturage. 0 PRODUIT DES GRAINS, réduit en scheflels de seigle. L FRAIS DE cuLrURE ET D'EXPLOITATION, réduits en scheffels de seigle. 7 PRODUIT NET après déduclion des frais, réduit en scheflels de seigle. b „ 1 1 1 t e „6 e „„(e „ e „ „761 e 46461t eeer al. de Aa— 1 —. nombre de bèétes ſquintaux. quintaux. journaux. scheffels. scheflels. scheffels. cheyavnf(30)(5⁰) 8 chevaux à 54 scheffels 432 8 400 240 20 bœufs à 7 scheffels. 140 bœufs de trait.(58)(40)(4) 5 valels à 50 scheffels.] 250 20 760 800 80 5 servantes à 40 schef., 200. vaches.(53)(24)(3 ½) Paltagei 8ℳ 1„. ⸗ 202 2199 41 322 ournallers hommes. 22 V 90 4830 2160] 5335 4 5 b emmes., 9 5) .. 02. 2 8 2 9 0 020„ o — ——— —Q-—— 3 i 2 5 c d 2/ g h 1 6 3 CEaTn G ENRE PRODUIT, FoIN FUMIER QUANTITE er G NOMBRE sEMENCE, PRODUIT, FROPDUIT après FRODUIT et de foin, de fumier unn.— DE CULTURE, 3. fourrages] paille de par par total déduction en divers et par— .. 1. d de la 31 réduits fourragess,.. et journaux. journal. journal. e la sole. paille. en foin. divers. chaque journal. Paille 3 semence. 3—— 4⁸ SOLEMENT. journaux.] scheffels. scheflels. scheflels. scheffels. quintaux. quintaux. quintaux.] ch.ts de 20 q.x ee deſauinnun N.“ 6. Nouvel assolement inm(do) du Holstein, de to ans, ¹ 00 avec pãäluirage. ua.(38) 06 raeilacle(ib!) de paille. 3 6‧ 4 J5 12928 de foin. 9500 1) Avoine sur paäturage. romp8iu 120 1 ⅓ 12 1440 1260 1238. ⸗„„„ o„.. 2) Jachère fuméee... 120 o ⸗„.....„.........,„. ⸗ 8 5) Seigle.. 120 1 10 1200 1065 25380)0.. chs..*15“. 4) Orgeoeoen. 120 1 ½ 10 1 200 1065 1356„ 3 ⸗ o eo„ o 90 0 9 90.„BJ.. 5) Seige.. 120 1 ½ 5 600 495 1290.„. ⸗„„. ⸗... 6) Trèéfle fu 120. 20 qphintft.... 2400 7, 8, 9, 10)... 480 Prairies fumées... 150 15 quiut........... 2250 ‧... 1 Paàturage extérieurs. 100= 60 journaux sur des champs en repos. — 4 ¹ n* n 0 P 3 V 4 TRoDUIT N 1 8 Duem V QUANTITE DE FOURRAGE PRODUIT PRODUIT FRAIS 1n SET, win,„ 21 après hiile ian par chadue pièce de bétail, et pu BErAiL, pEs GhAlNS, DE cuLTURE ET D'EXPLOITATION, dädhction et B KTAII. pour chaque espèce en totalité... 1, 4 des frai bon M réduit réduit reduits e ais, nunza hn,—— en Selreflels n scheffels. rE lurdt. 1 irers. Chanueſuurd, 1:—. 4 en scheffels de seigle. en scheffels . Paille. Foin.[Paàturage.] de seigle. de seigle.. de seigle. :— 77— JPuintaur u deng nombre de bétes quintaux. quintaux. jjournaux.] scheflels. scheffels. scheffels. scheffels. —.—— f———ę—ÿ—ͦ— V cheyaux.(50)(30) 8 chevaux, à 54 scheffels 452. b 8 400% ß240 16 boœeuſs de trait, à schef.] 112 bœufs de trait.(58)(4)(4) 5 valels, à 50 scheffels. 250 V 16 603 640 64 7 servantes à 40 schef.. 280 e h V vaches à Pétable(43 ½¾)(30)(3,8) Patoga. znanun. 2399 8— 4 ournaliers hommes. 1 125 5457½ 5750 476 1651 4 92 12926 emmes. 96 ½ ze ſcn. 3⁰28 9500 ..„„ o ⸗„„„„„). ⸗„. o 65⁰. „ 1 3 0 95 0 0 0o 5 0 o 2 9 d.⁴. ⁴ 0 1065 [ 5 3. 6 9 9 2 o o o ſ2e 9 0 9 090 2. 0„ 0 798½ *44. 1 o o 0o 2 m⸗ 9 2„ 95 0 0 0 9 2 0 9 0 0 ⁴ 0 8 465— . 4 a 5 0 d 6 f g h 1 6 G EN R E PRoOpurT, FoIN TUMIRR MANTLTE b NOMBRE SEMENCE, PRODUIT, PRODUITT après FRODUIT 60 Bar 4 de lin de fumier 3. 1 .„„ urrages Pallle 31„ DE CULTVUREFE de par par total déductionn en divers, et Par — 7. de la m réduits fourrages 7. et iournaur. journal. journal. de la sole. paille. en foin. divers. chaque journal. semence. ASSOLEMENT. 25 journaux. scheffels. scheffels. scheffels. scheffels. quintaux. uintaux. quintaux.] ch. ts de 20 q.. onbre de beétes N.°⁷. Assolement alterne, herun. de 8 ans, abec päturage. 12 4 heudsde naü 6 voorrsikeace 16 a de paille, nu 6 19790 Imc hunag 8 de foi alelahſe, outre e ou, e turage. 10800 on aäches, 4 de 120 pommes de terre, eubsälengrais 6000 155 1) Avoine sur pàturage rompu„ 5 o ⸗ 150 1 ½ 12 1800 1575 1548...„.„ 2) Pommes de terre. 1500)ß7 87[15050 12000% 750 600o0o„. 9 3) Orge...... 150 11 1o0 1500 15511 16953..... 4) Pois„„ o o„ o 150 1 6 9⁰0 731 3000„ o o 9 ⸗ 3,1 6,, 5) Seigle....... 150 1 ¾ 9 155b0 1181 2902„.. ö. 6) Treéfle fumé„„ o ⸗ 150 0o o 24 quint. o 0 o 9 o o o o 3600 1 7 et 8) Pàturages 500 Prairiess.. 150 ã· 12 quint............ 1600 Paturages extérieurs. 100= 60 paälurage sur des champs en repos. 1450 9895 11400 56590— 1 1 L 2 0 P 7 FVIEN QMAvrnr3 8 PRODUIT NET, de loin, 41 QUANTITE DE FOURRAGE PRODUIT PRODUIT FRA 18 après . he dn 7.. 4 3 ¹ pällle ünle HAI1. par chaque Pièce de bétail, elpu BErAIL, DEs GRAINS, DE CULTURE ET D'EXxPELOTTATION, déduction et E T„ ſpour chaque espèce en totalité.... des frais Fourtsge 1 réduit réduit ui euit Aiers. tugr ſon—— en scheffels en scheffel kedluits 1 helte . rl cheffels 3 G lun Paille. Foin.[Pàturage. de seigle de seigl en scheiſels de seije.(de Seiglee — gle. e seigle. L. uintaux. 4— 4 1 cengr nombre de bètes quintaux. quintaux. ſjournaux.] scheffels. scheffels. scheffels. scheffels. — V chevaux.(50)(30) 12 chevaux à 54 scheffels 648 12 6 00 560 16 bœufs à 7 scheffels.. 112 boœeufs de trait(30)(65) 6 valets à 50 scheffels.. 300 noumis aEtable 00 1040 11 servantes à 40 scheff. 440 . 16 55 tlage.„„„„ 2 2 26 be fulle,(38 ½)(45 ½)(1) Battage. ö9 vaches, 3 7 Journaliers hommes. 257 19790 avec fourrage 8470 999⁰0 360 3047 3 femmes«* 124 de loin, 2 1einnis Kahe(40)(350)(3)— Culture des pommes 10800 ou vaches. 4800 5600 360 de terre 1 journal 3 3 à 14 scheffel. 262 de 1 20(53)(40) 4 43251 ommes. 5 3253 8 terre, bœufs àl'engrais 5834 6529 2 5 6000 158 V .....»„„„„„[,„ ⸗ 6 oO o ⸗ 787 ½ 4 2 9 4 0 6.....„ o„„„ o„ 9 0e o o o„ 998 ½ 51. wcw..B..... 731 9 9 ⸗ 060 o 9. 9 2 0 0„„ o 1181 — GENRE DE CULTURE 2 et ASSOLEMENT. 72 FOIN et fourrages divers réduits en foin. FUMIER de foin, paille et fourrages divers. QUANTITE de fumier P aTr chaque journal. quintanx. quintaux. ch. is de 20. x — V V eus 1 che 141A11, pourd 9 1 Pall . wobte debétes Cuüht — — étable. ) Orge...... Trèͤfle. Avoine. Pois... Seigle. Vesces Seigle 2 2⁴ ⁴ 2 0 Prairies fumées. 1) Pommes de terre. *⁴ 2 .⁴ N. 8. Assolement alterne de& ans, avec nourri- ture du bétail dà cornes Paturages exlérieurs. — c01— —-— Hllco]—Gl— l ⸗ — de paille, 27454 de loin, 17700 de pommes de terres 6000 V cherwr. L 1 „2 bo Weus de trait Nolhns. alädle,(5) 4 1200 fade eles.(40) 115 g2 du nches.(Ac 0 4 ſelbalengrais(5 6 4 It monton dur le chaume etpäturage. 500 2 6e,,, 6,„ 1116 —ꝛ—ꝛ————— — 1 1 TUMER WAMTI de ſoin, delun es paille ler b b et 3 ſourrages n .. diirets, cbaqpe punl —. quintaux. G eug 1 2 —. de paille, 27454 de loin, 17700 de bommes de terres 6000 . 9 4.. „.*-⸗* “ 5 5 „[4⸗ 7 2 m n 0 P 1 PRODUIT NET QuANTITE DE FOURRAGE, PRODUIT PRODUIT FRAIS après 7 par chaque pièce de bétail, et Pu BETAIL,[DES GRAINS pE CULTURE ET D'EXEPLOITATION déduction B KTAIL. pour chaque espèce en totalité. edui duit 3 3 des frais, recluuit recn réduits réduit .— en scheffels en seheflels en scheflels de seigle- en eheneis Paille. Foin. paàturage. de seigle. de seigle. de seigle. nombre de bètes quintaux. quintaux. journaux. scheffels. scheffels. scheffels. scheſſels. chevaux.(5⁰)(3⁰) 12 chevaux à 54 scheffels 648 12 600 560 24 bœufs deirait à scheff-- 168 poeufs de tralt 3 valets à 50O scheffels. 400 vourris. 12 servantes à 40 scheff.] 480 a Tetahle.(50)(65) Paltage......... 5384 5 3 24 1200 1560 Journaliers hommes. 515 vaches seules.(40)(55) femmes. 146 255 9420 12925—— 3251¼ Culture des pommes 3 5 Ou vaches.(40)(55) de terre a 1¾ scheff. 6 120 4800 6600 per journal... 262 5942 1 2 4 Bœufsà Pengrais(3⁰)(40) 158 4740 6320 Et monton sur le chaume et päturage. 6.8) 100 .* t 3 300 257 m.„ 0 100 3 1 „„ 5„„„„... 5. 0.„.. 1225 ½ 3 „„„„. ⸗„„„„.„„„ e.... 946 „ 2 7 51 7 .ℳ o 9* 9 ⸗„ o 9 0 6—⸗ 2 1 „„ 9 9. 9. ⸗„„ o. 9 60. 090 9 1551½ 1181 ¼ 3 e/& h 3 4 1 3. at G E N R E PRODUIT, FOIN FUMIER LMaNuT 1131 hen NOMBRE SsEnMENCE, PRODUTT, PRODUIT après rFRopuTr t et de in, de fumier, 1— D E. 3 1„ 4 ourrages pailie CULTURE de par par total aanal en ires, 1 et par b. .... édui Oourrages et journaux. journal. journal. ſde la sole. de la paille. de 1lpras 3 chaque journal.— semence. 4 A hh qvi es ASSOLEMENT. 1——O— MEN ſournaux. scheffels. scheflels. scheflels. scheflels. quintaux. ſquintaux. quintaux. ſchar. t“ de 20 q. x. de 8 . 4 Geraus, N.“ 9. Assolement alterne 3 de 10 ans, aveo nourri. 6 G tuire du bétail d cornes de paille, a àd l'étable et des betes d 21946 1 . 1 pele. laine au³ Pdlurage. de foin. eis leae . 4 15060 1 4 de Mes Aläne. Ppommes 1200 de terre, 4785 1) Avoine sur päturage 14eee rampit.„„.„„ 120 1 ½ 14 1680 1500 1444 o Oo„, o o ⸗ o„ ⸗— 2) Jachère parquée avant ou après des vesces Pour fourrage* e 120 3 20 quint. e e o o o o ⸗ 2400 2. o ⸗ 4 5) Seigle..„ 120 1 10 1200! 1065 25890..]..... V........ 14) Se....... 120 1 6 720 585 2400.... 6 9) pole...... 120 1 9 1080 945 2322 1.......„ b... B. ) Tommes de terre.. 120] 7 87[1⁰440 9570 600 47851... 10 V 7) Orge... 120 1 ½ 12 1440 1305 1627)...„HBÖ. B.... 8) 1 rèfle fauché....⁴. 1 20 0 0 2 9 24 quint..ℳ 0. 0 2*.⁴.. ³⁴ 0⁴ ³ 2 286 9, 10) Paturage de trefle. pour les moutons.. 240 ·/ A„. Pturages sépares... 100= 60 de paturages sur des chames. Prairies fumées.... 150. jſ15 quim............· 2250.... — — i 2 m n 0 P 4 b„ rRODUIT NEr, Tun erun QUANTITE DE kdeetenn PRODUIT FRODUIT FRAIB après e loin par chaque pièce e bétail, et pPu BETAIL, DES GRAINS—'. déduction des aile de lain B LTrAIL. pour chaque espèce en totalité.„21. 3 21 3 DE cuETUHE ET p'ExPLOITATToN, des frais, 6, et réduit réduit ,1,93 dui 8 lounages 4,—— eancheſlels en schelfels Legajts e chedels — 4 4 8 1 de. N 8 ae. a. dirers. ſchaqne fevu Paille. Foin. Paàturage. de seigle. de seigle. en scheflels de seig de seigle- —-——————— 9 Ax. qquintaux. Ar ombre de bètes quintaux. quintaux. journaux. scheffels. scheffels.[scheffels. scheffels. —— n——————— —* 2 — chevaux-(50)(30) 12 chevaux à 54 scheflels 648 12 600 360 16 bœufs à 7 scheffels.. 112 de pall bœufs de trait 6 valeis à 50 scheffels.. 300 lne a Pétable.(5)(65) servantes à 40 scheff.. 280 hit 16 800 1040 Un Berger de mou- V eſnin. paches à PKtable]!(40)(55) ions, outre son con- 1aubo 121 14840 6655 16565 7 asent anis benes, 30 d bates à laine. 9(5)(5( jà déduit..... pommes 2, 4 35 Battage.. 5⁰7 47⁸5 reste Ton du bétail femmes. 122 JLede 1 Culture des pommes 1355 660. 165 50 de terre à 1 scheff. ...„ ⸗ 0o o 0 ½—eo o⸗.* 020 o o 0 7 per journal.„... 210 5188 ½ 0 417⸗ 4 2 2 8„„„„. 05„ 0 0 0 90 1065 .,.........„„....„ o„„„ 585 2s b o o 2 90 0 0o o 9 5 0 0 29 92. 0 9 945 6... u 3 19„„„„ o„ 9 0 0„„„ o 978½ ,z, 0 0„ 1 *. —— 86 5—— 3— 4 ——... 5¹ ⁷8⅔ 4525³ 2514 5*1*9..,—— V 7502 V PARALLRLE entre les neuf Systémes de Culture ci-devant. PRODUIT FRAIS PRODUIT PRODUIT PRODUIT PRODUIT en 8 . de culture, Du BErTAIT.„[DES GRAINS, NEPT en Hourrages, ENGRAIS. réduits réduit réduit réduit 0 7 sd it N. paille. eduuit en scheflels en scheffels en scheffels en scheffels en quintaux;. de seigle. de seigle. de seigle. de seigle. de foin. Quintaux. Quintaux. Quintaux.] Scheffels. Scheffels. Scheffels. Scheffels. 15794 1800 15188 1431 558 2387 1514 2 9748 4020 27536 1853 1003 3735 2885 5 5961 4194 20510 1530 1417 2785 2670 4 6244 3480 19448 1520 1280 2786 2545 5 6002 5200 18404 1546 1059 2706 2199 6 6464 4650 22228 1582 1651 2958 3⁰28 79895 11400 36590 2412 5⁰37 3698 4323 8 15717 14850 51134 28⁰03 3331 5414 5942 9 1⁰975 12515 41791 2514 3¹78 4525 5188 Fin du gquatriéme et dernier FVolums. A N TABLE RAISONNEE DES MATIERES contenues dans ce quatrième et dernier volume. ——————————-——-O——— SECTION CINOUIEME. PE LA REPRODVCTION DES SUBSTANCES VEGETALES ET ANIMALES. IxrRopverror. Page 1 Difference entre reproduction et fabricalion; sur quoi elle repose. Reproduction végétale. 3 A lieu par le moyen de la semence,§. 967. ibid. Perfection de la semence,§. 968. 4 Soins pour sa conservation,§. 969. 5 Changement ou renouvellement de la semence, jusqu'à quel point il est nécessaire,§. 970. ibid. Durée de la faculté de se reproduire,§. 971. 7 Sa propreté, pureté,§. 972. 9 Préparation, chaulement,§. 974. 10 Epoque ou la semaille doit avoir lieu,§. 975. 11 Comment la semence doit être recouverte,§. 976. 12 Epaisseur de la semaille,§. 977. 14 Semaille,§. 978. 17 Machines à semer, semoirs,§. 979. 18 LES DIVERSES ESPECES DE CEREALIES. Ce qu'on entend par céréale,§. 980. 20 Caractère et nature des diverses espèces de céréales,§. 981. 21 Leurs parties constituantes,§. 982. 22 Leur poids,§. 983. 23 Leur produit,§. 984. 24 Leur période de végétation,§. 985. 26 Hivernage,§. 986. 27 Leur sortie de Phiver,§. 987. 28 Casualité au printemps,§. 988.. 29 Pousse des semailles au printemps,§. 989. 3⁰ Développement en épis,§. 990. 31 ibid. Floraison,§. 991. Versement,§. 992. Ebicl. Maladies,§. 993. 32 —— ———— ———,—. 46⁰ rTABLE RAISONNEE L'évanouissemens,§. 994. La coulaure,§. 995. La mielée,§. 996. LA MOISSON. Sa préparation,§. 999. Moissonneurs,. 1000. Diverses méthodes pour opérer la moisson,§. 1001. Faucher, scier,§. 1002. Amasser et lier,§. 1003. Comment on doit s'y prendre, lorsque la température est pluvieuse,§. 1004. Granges et meules,§. 1005. Mettre en tas,§. 1006. Battre,§. 1007. Frais de battage,§. 1905, Machines à battre,§. 1010. Conservation du grain,§. 1011. Comment doit éêtre traité dans le grenier,§. 1012. Destruction des insectes,§. 1013. — des rats et souris, J. 1014. L. E FROMEN T. Ses espèces,§. 1015. VARIETES, g. 1016, 68 Pon doit préférer le froment au seigle,§. 1017. Froment sur la jachère, H. 1018. à la suite de récoltes préparatoires,§. 1019. Semaille,§. 1020. Temps où la semaille doit avoir lieu„§. 1021. Comment le semence doit èêtre recouverte,§. 1022. Soins durant l'hiver,§. 1023. Période de végétation, hersage,§. 1024. Sarclage, hersage, H. 1025. Retranchement de la sommité des plantes,§. 1026. Influence de la température, H. 1027. Maturité,§. 1028. Produit,§. 1029. Valeur, H. 1030. Propriété épuisante,§. 1031. LE FROMENT DE PRINTLEMsS. Oà il convient de se livrer à sa culture,§. 1030, 1033. Page 32 zbid. ibid. ibid. ibid. ibid. Ia La §a pr §lo Ses Sole Trép Sema Perio Max Dro Dri A * 8e 8 86 Py de ͤͤ— ihid. dil. ihil. †A B L E RAISONN E E. UEPAUTRE, F. 1034. LE FROMENT A UNE SEULE LOGE, S. 1036. LE FROMENT DE POLOGNE, S. 1037. LE CHARBON DU FROMENT, S. 10⁰38. Te Charbon, proprement dit,§. 1039. La Carie,§. 1040. Sa principale cause est dans la semence, S. 1042. Si Pon peut la prévenir,§. 1043. L E SEIGL E. Ses variétés,§. 1044. Sol qui lui convient, 1045. Préparation et récoltes préparaloires,§. 1046. Semaille,§. 1047. Période de végétation,§. 1048. Maturité,§. 1049. Produit et valeur,§. 1050. Prix,§. 1051. A quel point il appauvrit le sol,§. 1052. Seigle de printemps,§. 1052. 1. ORGE. Ses espèces,§. 1054. Sol qui lui convient,. 1055. Préparation et récolies préparatoires,§. 1056. Semaille,§. 1057. IA PFTITE ORGE QUADRANGULAIRE,§. 1058. Là GRANDE ORGE PLATE,§. 1059. L'ORCGE CELESTE, L’ORGE NUE QUADRANGULAIRE,§. LORGE NUE, PLAITE,§. 1061. L'ORGE A SIX COINS, L'ORGE D'AUTOMNE ORDINAIRE, S. 1062. L'ORGE RIZ,§. 1063. L'AVOIN E. Ses espèces et variétés,§. 1064. Sol qui lui convient,§. 1065. Préparation,§. 1066. Semaille,§. 1067. Période de végétation, H. 1068. Maturité,§. 1069. Valeur,§. 1070. L E MILLET. ges espèces,§. 1071. 461 Page 63 64 ibid. 65 ibid. 67 68 69 462 TABLE RAISONNE E. Sol qui lui convient, et préparation, 1072. Page 91 Soins pendant la végétalion, H. 1033.. 92 Maturité, H. 1074.. Le Millet de marais,§. 1076. 93 Semaille,§. 1104. Récolte, H. 1105. Produit, H. 1106. Le Riz, F. 1076. 94 sUR LA CULTURE DEBS CEREALES. Son histoire,§. 1077. 94 Machines,§. 1078. 95 Sur quels sols elle peut avoir lieu, F, 10 ꝛ 96 Jusqu'd quel point cette culture est compatible avec diverses rotations, g. 1080. 97 Ses avantages, S. 1081. 98 FEloignement des lignes,§. 1082. 100 Son application aux légumes, H. 1083Z. ibid. Compensation des frais par l'époque de la semence,§. 1084. 101 Augmentation du produit,§. 1085. ibid. Ne doit cependant pas étre introduite universellement,§. 1036. 102 Culture à la houe à cheval, g. 1087. 103 Plantation du blé, H. 1088. 104 LES RECOLTES LEGUMES OU A sILIOUEsS. Qualités nutritives de leurs parties constituantes,§. 1089. 105 Méme relativement aux autres végétaux,§. 1090. 106 Elles épuisent moins le sol que ne le font les céréales,§. 109 t. 107 L ES POIS. Variétés,§. 1092. ibid. Sol qui lui convient,§. 1093. 108 Leur place dans les assolemens,§. 1094. ibid. Amendement de fumier,§. 1095. 109 Préparation du sol,§. 1096. 110 Semaille,§. 1097. 111 Période de végétation,§. 1098. 112 Récolte, H. 1099. 114 Produit, H. 1101. 115 Paille,§. 1101. 116 LES LBNTILLES. Espèces, H. 1102. ibid. Sol qui leur convient,§. 1103: 117 —. Digers Variäte 8ol go Prépan Semai Soins Culta Malac Récol Produ Eoee (oele DMha Nedh Drod Mes 2 8ol Sem⸗ Pério Néeol Drod- Uaag Eup Varie Fron Orge Kooi Deis Fhe (e ibid. 101 102 ibid. 108 ibid. 109 110 111 112 114 115 116 ibi. 11 ibill. ilid. — TA BLE RAISONN E. 463 LES HARICGCGOTS. Diverses espèces et variétés,§. 1107. Page 11) — LES FERVES. Variétés,§. 1108. 1 118 Sol qui Ilui est favorable,§. 1109. ibid. Préparation, amendement du sol,§. 1110. ibid. Semaille,§. 1111. 119 Soins durant la période de la végétation,§. 1112. ibid. Culture en lignes,§. 1113. 120 Maladies, H. 1114. 121 Récolte, S. 1115.. 122 Produit,§. 1116. ibid. LA VESCE. Espèces,§. 1117. 123 Qoael est le sol qui lui convient,§. 1118. 124 Préparation et semaille,§. 1119. ihicl. Récolte,§. 1120. 125 Produit et valeur,§. 1121. 126 Elles m'appauvrissent gueères le sol,§. 1122. ibid. Emploi du grain,§. 1123.). 127. L E BL-E NoOIR. Sol qui lui convient,§. 1124. ibid. Semaille, H. 1125. 128 Période de végétation, H. 1126. 4 129 Récolte,§. 1127: L5bid. Produit et valeur, H. 1128. ibid. Usage du grain,§. 1129. 130 Emploi comme fourrage,§. 1130. ibid. Variété connue sous le nom de Ble noir de Sibérie,§. 1131. 131 METEIEL, MBLANGES. Froment et seigle,§. 1133. 132 Orge et avoine,. 1134. ibid. Avoine et vesces,§. 1135. ibid. Pois et froment ou seigle de printemps,§. 1136. 1233 Feves et avoine, ou fèves, vesces, pois et avoine, vesces et blé noir,§. 11377 ĩbic. cULTURE DESRECOLTES SARCLEES. Ce qu'on entend par-là,§. 1138. 1 ibid. 464 A B 1. E RAISONN E E. Nécessité du houage,§. 1139. Houes à cheval, binoirs,§. 1140. Charrues légères à un seul versoir, ibid. Charrues à rabot ou pour écrouter, ratissoirs à cheval,§. 1142. Leur imporiance pour cette culture,§. 1143.— Préparation du sol,§. 1145. Le marqueur ou rayeur,§. 1146. Semoirs plus simples, qui sèment une seule ligne à la fois,§. 1147. Education des plants dans des couches ou dans des semis,§. 1148. Arrachement des plants, H. 1149. Plantation, J. 1150. plantation sur des ados formés avec la charrue, 1151. VEGETAUX DE COMMERCL. Observations générales sur leur culture,§. 1152. PLANTES HUILEUSES. LE COLZA ET LA NAVEIITE, S. 1159. Leurs différences,§. 1160. Sol qu'ils demandent,§. 1162. Amendement du sol, S. 1163. Labour, division et pulvérisalion du sol,§. 1164. Semaille,§. 1165. Précautions pour les mettre à Tabri des atteintes de Fhiver,§. 1166. Leurs ennemis,§. 1167. Méthode de transplanter,§. 1168. Culture en lignes, H§. 1169. Récolte,§. 1170. Battage dans les granges, 1171. ——— dans le champ, 1172. Produit,§. 1173. Paille,§. 1174. A quel point ils appauvrissent le sol,§. 1175. Colza comme fourrage à donner en vert, et comme päturage, H. 1176. Le Rutabaga en place de colza,§. 1177. LE COLZA OU LàA NAVETTE DE PRINTEMS, S. 1178. LA MOUTARDE, J. 1181. LE RAIFORT DE LA CHINE, S. 1183. LA CAMELINE CULTIVEE,§. 1184. LE PAVOT. Ses variétés,§. 1185. Page 134 ibid. ibid. 136 137 138 139 bid. 140 141 142 143 145 149 150 151 152 ibid. 153 ibid. 154 ibid. ibid. 155 156 157 159 160 ibid. 161 162 ibid. 164 165 166 ibid. Dage 13* 3 11/8, ibid. ihid. 136 .33, 13⁸ 139 ihid. 10 1n 142 13 145 Sol qui Iui convient,§. 1186. Page 167 Semaille,§. 1187. ibid. Végétation,§. 1188. 167 Récolte,§. 1189. 168 Battage,§. 1190. t6id. Avantages de sa culture,§. 1191. 169 Auires plantes dont on peut retirer de Thuile,§. 1192. ibidl. L E S PLANTESA FILASBSF. 3 LA CULTURE DU LIN,§. ¹¹93. 170 ges avantages et ses inconvéniens, H. 1194- ibid. Sol qui lui est propre,§. 1195. 171 La place qu'elle doit occuper dans Passolement,§. 1196- ibid. Sa semence,§. 1198.... 173 Ses variétés,§. 1199 174 Le rouissage,§. 1200. 175 Le Lin vivace,§. 1201. ibid. LE CHANVRE CULTIVE,§. 1202. ibid. Sol qui lui convient,§. 1204.. 1 176 Préparation et semaille,§. 1204- ibid. Végétatiôn,§. 1205,. 177 TABLE RAISONN EE. 465 vI USIEURS AUTRES PLANTES QU'ON PROFOSE DE CULTIVER POUR LEUR FILASSE OU LEUR CO0TON. 178 L'APOCIN OUATE, S. 1207 ibid. LORTIE DIOIQUE,§. 1208. IE CHARDON A FOULON OU A BONNETIER, H. 12%. 73 LESPLANTES OOLORANTES 1A GARANCE,§. 1210. ibid. ga culture ordinaire,§. 1211- 180 Meéthode perfectionnée,§. 1212.— 181 Comment ceite racine doit étre traitée après la récolte,§. 1215. 182 LEPASTEL DES TEINTURIERS. De sa culture en général,§. 1214. ibid. 183 Ses variétés,§. 1215⸗ T. IV. 2 —ͤͤͤaa— — — —-—-— ————-—————— ————— „ 466 TABLE RAISONN E E. Sols à culture qui lui conviennent, H. 1216. Page 183 Récolte et manipulation,§. 1217. 184 . LA GAUDE,§. 1218. 185 LE CARTHAME, H. 1219. ibicl. LE HOUBLO N,. 1220. 186 Ses variétés,§. 1221. Ib id. De la houblonnière,§. 1222. 1bid. Plantation„§. 1224. 187 Les perches pour le houblon,§. 1224.„. 188 Récolte,§. 1225., 189 Produit, H. 1226. 19⁰ LE TABAcC, S. 12„. 191 Cullure par des planteurs,§. 1228. ibid. Les espèces, g. 1229. 193 Le sol qui lui convient,§. 1230. ibid. Sa préporation, J. 1231. 194 1 LA CHICOREL. Substituée au café,§. 1234. 5. 195 Son emploi comme fourrage,§. 1235.“ 196 LE CARVI, LE CUMIN, F. 225s. 19 LE FENOUII., H. 125). 158 L'ANIS, S. 1238. Ilid LA CULTUREDESPLANTESA FOURRAGE; „ F. 1240. 199 LA POMME DE TERRE, S. 1241. ibid. Ses variétés,§. 1242. 200 Reproduction par le moyen de sa graine,§. 1243. 202 Le sol qui lui convient„F. 1244. ibid. Place qu'elle doit occuper dans l'assolement,§. 1245. ibicl. Fumier,§. 1246. 203 Plantation par lubercules, H. 1247. ibid. Distance des plantes et des lignes,§. 1248. 204 Epoque de la plantation„ J. 1249. 207 Préparation du sol et planlation,§. 1250. ibidl. Soins et travaux durant la végétation,. 1251. 209 Récolte, g. 1252. 211 Conservation,§. 1253. 212 Faculté nutritive,§. 1254. 213 Prix, H§. 1255. 1 215 Raves de Teltow,§. 1273. 3 Récolte de la semence, S. 1274. TABLE RAISONN EE. 46„ LA BETTERAVE Espèces,§. 1257. 218 Sol qui lui convient,§. 1258. 220 Semaille,§. 1259. ibid. Végétation,§. 1260. 221 Conservation,§. 1261. 222 Produit,§. 1262. 2id. Culture pour la préparation du sucre, z. 1263. 223 LA RAV F. 1ES RAVES QUI NE SUPPORTENT PAS LA TANSPANTA T10N,§. 1264. 224 Espèces,§. 1265. ibid. Raves sur la jachère,§. 1266.. 225 Raves sur chaume rompu;§. 1267. ibid. Sol et préparation,§. 1268. 226 ibid. Végélation,§. 1269.. Récolte, S 127 227 Vsage,§. 1272. 228 Tbids. ibid. LES CHOU RAVES, RAVES 0U NAVEIS QUI pEUVENT ETRE TRANSPLANTES. Espèces,§. 1276. 229 Rutabaga,§. 1277.„. ibicd. Sol,§. 1278. 230 Préparation et semaille,§. 1279. ibid. Soins pour Phiver,§. 1280. 3 231 Produit,§. 1281.* zbid. Faculté nutritive, H. 1282. 232 Chou-rave,§. 1283. ibid. LE CHOUATETE. Variétés,§. 1284. ibhic. Sol ei préparation,§. 1285. 233 Période de végétation,§. 1286. 234 Récolte,§. 1287. ibid. Emploi, H. 1288. ibid. Soins pour les préserver des atteintes de phirer,§. 1289. ibid. Accidens,§. 1290. 2353 LA CAROTTE OU RACINE JAUNE. Espèces, H. 1292. 23⁵ Sol et sa préparation,§. 1293. ibid. 236 Semaille,§. 1294. 468 TA BLE RAISONN KE. Végétalion,§. 1295.. Semée parmi d'autres récoltes,§. 1296. Récolte,§. 1297. Hivernage,§. 1298. Usage,§. 1299. LEPANA IS, g. 1500, LE MA 18, S. 1301 Vuariétés, S. 1302. Sol, préparation et semaille,§. 1303. Période de végétation,§. 1304. Bécolte,§. 1305. La paille,§. 1306. Usage, S. 1307. BARécoltes accessoires,§. 1308. Sucre de mais,§. 1309. Mais cultivé comme fourrage,§. 1310. LES PLANTES A rouRRAGV. LE TREFLEROUGE. Espèces,§. 1311, Sol,§. 1312... Sa place dans l'assolement,§. 1313. Associée à d'autres récoltes,§. 13144 Semaille,§. 1315. Vägétation,§. 1316. Trefle d'un et de deux ans,§. 1317, Récoltes,§. 1318. ¹ Foin de trèfle,§. 1319. Méthode de Klapmeyer,§. 1320. Autres méthodes moins usuelles,§. 1321⸗ Produit en foin, H. 1322. Récolte de la semence,§. 1323. Son dépouillement,§. 1324. Retour dn trèfle à une méême place,§. 1325. 8i le trèfle épuise ou enrichit le sol,§. 1326. LE TRBFLE BLANC, S. 1327, Semaille,§. 1529. Récolte de la semence,§. 1330. LE TREFLE FRAISE,§. 1331. LA LUZERN, H. 1532. Sol, g. 1333. Préparation du sol,§. 1334. 7 Espèces,§. 1356. 4 Emploi de sa graine, 9 1363. TA BL. E RAISONNE Zemaille,§. 1335. Couverture de ſumier.,§. 1336. Hersage,§. 1337. Fumer par-dessus le sol,§. 1338. Récolte,§. 1339. Durzée,§. 1341. Place dans l'assolement,§. 1342. Récolte de la semence,§. 1343. Manière de rompre une luzernière,§. 1344. Uülité, H. 1346. 1 L'ESPARGCET. Sol,§. 1347. Préparation,§. 1348. Semaille, S. 1349. Produit en foin,§. 1351, PAPILIONACEES. LA LUZERNE DE SUEDE,§. 1354. LE GENE,§. 1355. LàA SPERGULE. Sol,§. 1357. Graine,§. 1358. Emploi,§. 1360. Produit, H. 1361. Foin,§. 1362. Autres plantes à fourrage, Plus propres, pour„des päturages,§. 1364. LES GRAMINEES ELEVEES,§. 1365. IE RANGRASS, H. 1366. LE FROMENTAL, AVOINE TROMENTAIE,§. 1367. ILX GRANDE FETUOUE,§. 1368, IE DACIVIE PELOTONE, g. 1369. IE CYNOSURE A CRETE, g. 1370. IE FLEAU DES PRES,. 1371. LA HOUOUE LAINEUSE, g. 1372. IE VULPIN DES PRES, H. 1373. LES PATURINS,§. 1374. 469 268 169 tbid. 270 ibid. 271 ibid. 272 ibid. 273 274 ibid. ibid. 275 DIVERSES AUTRES PLANTES A rouRRAGE, A FLEURS 276 277. 278 279 ibicdl. 280 ibid. 281 ꝛbid. 282 ibid. ibid. 283 284 ibid. ibid. 285 ibid. 286 ibid. TABLE RAISONN E E. 1 SECTION SIXIE MEB. b b L'ECONOMIE DU BETAIL, S. 1577. 289 DU BET AIL A GCORNES,§. 157. 290 „ 1 Races,§. 1579. ibid. ₰ Race des contrèes basses,§. 1380. 291 3 Races indigènes,§. 1381. 292. Race de Jutland, ibid. 293 ¹ Race des montagues,§. 1382. 294 Race de Podolie et de Hongrie,§. 1383. 1 295 Gréation de nouvelles races, H. 1384. 296 PROPAGATION DU BETAIL A CORNES.. 4 Le taureau,§. 1385.. 2. ibid. 8 La vache,§. 1386. 3 297 N- Age pour l'accouplement,§. 1389.. 298 C Tems de la chaleur,§. 1390. 299 b Signes de grossesse,§. 139 1. 300. Signes de l'approche de Paccouchement, g. 1392. 301 8 Deux manieères de nourrir et élever les veaux, faire leter,§. 1593. 302 Faire hoire le lait,§. 1394. 3 3⁰03 Motifs pour ſaire boire le lait aux veaux,§. 1595. 3⁰4 ¹ Soins à donner aux veaux durant la première année, g. 1396. 3⁰6 durant la 2.“ et 3.“,§. 1397.. 3⁰7 Arantages qu'on trouve à élever de jeunes bates„§. 1398. ibidl. 3 Veaux d'engrais,§. 1399.— ibid. Signes auxquels on reconnait l'äge des bètes, H. 1400. 308 . NounkfTURE DU BETAII A coRNEsS 50g V Nourriture d'hiver au ſoin et à la paille,§. 1401. rbid. V Hacher la paille,§. 1402.. 310 8 Nourriture au grain,§. 1403.. 312 4 ——— au rEsidu de la fabrication de bière et eau-de-vie,§. 1403. 313 4 7 1 1 de l'huile, 5 1405. ihicg.— —— aux récoltes racines,§. 1406. 3 314“— Breuvages ou soupes, H. 1407. 1 317— Distribution de la nourriture,§. 1408. 318 R Litiere, fumier,§. 1409, 319 V Ea V Durée de la nourriture d'hiver,§. 1410. 320 V— V Paturage, F. 1411.. 76:1I. V Mäthode de faire päturer les bétes à la corde,§. 1412- 322 — Nourriture d'été à l'étable,§. 1413. 1— 3035 30„ ibidl. ibid. ibid. ibid. 318 ihid. 8 TABLE RAISONNELE. Au trèfle et autres ſourrages verts,§. 1414. Demi-nourriture à l'étable,§. 1415. Transport du fourrage vert, g. 1416. Hacher le trèfle ou autre fourrage vert,§. 1417. Ordre dans lequel la nourriture doit èêtre distribuée, F. 1418. Abreuvoir,§. 1419. Proportion nécessaire en fourrages verts,§. 1420. Nourriture au sec pendant l'été,§. 1421. Epoque à laquelle on doit faucher le trèfle,§. 1422. Avantages de la laiterie,§. 1423. Mesure de la nourriture,§. 1424. Age des Vaches,§. 1425. LA LAIIERIE. Deux genres d'exploitation,§. 1426. Amodiation de la laiterie,§. 1427. Soins à prendre pour que les vaches soient bien traites,§. 1428. Vente du lait en nature, frais,§. 1429. Conservation du lait,§. 1430. Vases, S. 1431. Tems et manière d'écrèmer,§. 1432. Baratte,§. 1433. Fabrication du beurre,§. 1434. Diverses manières de tirer parti du lait écrèmé,§. 1435. FABRICATION DU FROMAGE, J. 1456. Diverses qualités,§. 1437. Le Caillement,§. 1438. Préparation des caillets,§. 1439. Préparalion de fromages d'espèces particulières,§. 1440. L'ENGRAISSEMENT DU BETAIL A CORNES. Ses avanlages,§. 1441. Appréciation du bétail,§. 1442. Engraissement au palurage,§. 1443. — au pâturage à& la corde,§. 1444. au vert à l'étable,§. 1445. avec le résidu de fabrication de Peau-de-vie,§. 1446. Règles: à observer pour Pengraissement, H. 1447 Engraissement au foin, S. 1448. Naux pommes de terre,§. 1449. N. B. A la note, le§. eité 275, page 251., esk au 1.0* ek non au 4.“ olume de cek ouvrage. — avec des grains et des gâteaux d'huile,§. 1440. 337⁷ ihid. 338 339 bid. 341 ibid. 342 344 345 346 347 348 z 29. 350 351 353 355 356 ibid. 357 358 359 ibid. —.“ ——;—’—ꝛ—4-———— —-—õ-ͤͤͤ—— 4————————:— 422 TABLE RAISONNEE. Diverses observations sur les bétes à engraisser,§. 1451. 362 Il est rarement avantageux de Ponsser les bétes au Jerrier desre d6 graisse, 5. 1453. 36³ EGONOMIE DES cocHo Ns. Quand et où elle est avantageuse,§. 1454. Races,§. 1455. Diverses dénominations par lesquelles on dislingue les cochons,§. 1 1456. Choix de L'espèce et des individus, F. 1437 Accouplement, H. 1 1458. Eiables, H. 1459. Accouchement des truies,§. 1460. Castration,§. 1461. Sevrage,§. 1462. Nourriture d'été, au pâturage,§. 1463. - à Létable, ihid. Nourriture d'hiver,§. 1464. Diverses périodes où les cochons peuvent étre vendus,§. 1465. A quelle époque on doit mettre à l'engrais,§. 1466. Engraissement avec des plantes à fourrage, ibid. — avec du lait,. 1467. avec des racines,§. 1468. —— avec le résidu de la fabrication de la biere, g. 1469. — de Teau-de-vie, H§. 1470. —— de Tamidon,§. 1471. avec du grain,§. 1472. Règles générales pour l'engraissement des cochons,§. 1475. Engrais dans les bois, 9. 1474. ECONOMIE DES BETES A TAIN. parallele avec celle du bétail à cornes,§. 1475. Races, H. 1476. Race des Landes,§. 1477. —— des Marches ou contrées basses, H. 1478. —— ordinaire d'Allemagne,§. 1479- —— Merinos, F. 1480. Age pour pPaccouplement,§. 1481. Upoque du part,§. 1482. Les Béliers,§. 1483. Soins aux brebis durant leur grossesse et leur accouchement,§. 1484. Les Agneaux,§. 1485. Signes auxquels on connait l'age,§. 1486. Nourriture,§. 1487. 6 ibid. 365 366 ibid. 368 369 zbid. 371 ibicl. 372 373 ibid. 374 375 zbid. ibid. 376 i/icl. ibid. 377 ibid. 379 380 384 383 ibid. 384 386 387 381 ibid. 392 ĩbid. 393 394 395 ——— Paätura Päture Nourr 3635 ibid. 365 366 ibi. 368 369 bid. 371 ihil. 572 373 dit. 375 375 ibid. ibid. 376 llid ibid. S)y ihidl. 3g 380 380 3³⁸ bid. 334 385 9) 381 lhil. 392 hhil. 1 . TABL E RAISONNEE. Paàturages,§. 1488. Paturages artificiels,§. 1489. Nourrituré d'hiver,§. 1490. — au grain,§. 1491. —— aux racines,§. 1492. r axec des glands et des marrons d'Inde,§. 1493. — axvec de la feuillée, ibid. Sel,§. 1494. 4 Besoin de boire,§. 1495. Etables, Bergeries,§. 1496. Crèches,§. 1497. Parcage de nuit,§. 1498. De quoi se compose un établissement complet de bétes à laine,§. 1499. Moutons et bétes à l'engrais,§. 1500. Quand et ou il est avantageus d'engraisser,§. 1501. Comment il faut diriger P'engraissement,§. 1502. Le Berger,§. 1503. Le Lavage,§. 1504. Tonte, S. 1505. . ECONOMIE DES CHEVAUX, F. 15o6. Avantages,§. 1507.— Age pour l'accouplement,§. 1508. Accouchement,§. 1509- Sevrage,§. 1510. Signes de l'ge,§. 1511. Nourriture au grain, H. 1512. — au foin et à la paille,§. 1513. — —— au vert,§. 1514. — au paturage,§. 1515. -— aur racines,§. 1516. — à la paille hachée et aux issues du battage des grains,§. 1517. Ordre dans la nourriture,§. 1518. Abreuvoir, S. 1519. Piriller, nettoyer,§. 1520. Ferrage,§. 1521. Ecuries, H. 15242. Travail,§. 1523. POSTCRIT. Ein de la Table du çuatrième el dernier Iolume. ibid. 404 ibid. 4⁰⁵ ibid. ꝛbid. 406 ibid. 407 408 Tbid. 409 41¹1 41²2 413 415 416 418 419 420 421 422 ibid. 424 427 428 429 ĩᷣbidl. 430 ibid. 431 ibid. ibicl. 432 I5id. 434 ——.——— —— ——— 6 8 L 9 8 r L 2 . NaacmnmmmarammmannmmTmEEEnlinanmnnnmpmannanmmnanranmmrannmmmnranmWudranmmurrnmWunnnnmnnnnmnnnman Oem 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 1 1 18 20 21