——— PRINCIPES RAISONNES D'AGRICULTVUR E. TO ME TROISIE M E. PRINCIPES RAISONNESS2 DAGRICULTURE, TRADUITS DELALLEMAND D'A. THAER, Conseiller d'Etat de S. M. le Roi de Prusse, membre de l'Académie Royale des Sciences de Berlin, de l'Académie Royale de Goettngue, de l'Insttut d'Amsterdam, du Département d'Agriculture de la Grande-Bretagne, de la Société des Amis de l'Histoire Naturelle de Berlin; et de plusieurs Sociétés gconomiques, Seigneur héréditaire de Moegelin, PAR I. V. B. CRUp. TOME TROISIEME, CoNrENANT LA sECoNDE PARTIE DE LAGRICULTURE PROPREMENT DITE, AvEC 13 PLANCHES, sAVOIR: CELLES DE I à XI, LA XIII ET XIV. 7r, r, BIBIRIOTII. 4211 3.5 1.I 1 1. 12 „ 47,* A. 4. 4 2 4 1 5, 8*4* * Chez J. J. PascHoup, Libraire, rue Mazarine, n.“ aa. et à GENBAVE, Chez le mèême, Imprimeur-Libraire, 1814. ——„—— N EXPLICATION DES FIGURES DES PLANCHES VW et VI. LA Planche V se rapporte au§. 885 et y est en grande partie expliquée. Je vYais cependant répéter ici cette explication avec quelques additions que je crois uuüles. AA Est le ruisseau qui descend la colline. B L'écluse qui a été établie dans son lit pour arréêter Peau- CC Des hauteurs. 000 Bas fonds marécageux. a a Cours d'eau du canal qui conduit Peau sur les hauteurs- b Le point où doit commencer le terrement. cd Ligne du premier fossé latéral. odef Cours de l'eau sur le premier espace ou le terrement s'opère. egfh Second espace sur lequel le terrement a lieu, après que le premier a été accompli et a été fermé par la portion de digue ce. Pb i Direction dans laquelle le terrement doit étre continué en ligne directe- 1 K Direction que prendra le terrement dès ce point, pour entrer plus avant dans la hauteur, afin d'y prendre une quantité de terre plus grande, pour remplir une plus grande étendue de bas fonds. LA PLANCHEVI. Commencement et suite de Soeaiion da terrement. Les figures I, II, III, comme les IV, V, VI doivent étre considérées réunies. La fig. I, donne le plan du canal qui fournit l'eau du fossé latéral destiné à opérer le terrement du premier espace, et des deux bords en talus, dans lesquels ce canal est encaissé. a La surface de l'eau dans le canal. bb Les bords en talus du mème canal. c Le cours d'eau dans le fossé latéral, qui, au moyen de la pression de Peau du canal, et de sa propre chute desoend avec force, et entratne la terre qu'on lui jette devant. dd Les Pords du fosse. VI ExPLICATION DES FIGURES. e Le point ou finit le terrement, celui ou Peau cesse de transporter de la terre.. f L'espace sur lequel l'eau s'étend dans le bas fond marécageux, et charrie de la terre eplevée à la hauteur. AAA Les hauteurs environnantes. B Bas fond marécageux qui doit recevoir le terrement. h i Ligne dont la fig. II donne la coupe. Kl Ligne dont la fig. III donne la coupe. La fig. II donne la coupe de la ligne hi fig. I. a Elévation de Peau dans le canal. b Le bord en talus qui est derrière ce canal. m Masse de terre de la hauteur dans laquelle le canal penètre en avancant. h Le sol au dessous fond du canal. La fig. III, donne la coupe de la ligne kl fi. I. c Cours de l'eau dans le fossé latéral, ou sur le premier espace ouù le ter- rement s'opèere. d Bord de ce fossé ou du terrement, dans lequel celui-ci avance, à mesure que la terre s'en détache et est emmenée par l'eau. e Point oQ Peau cesse d'enlever de la terre, et où celle-là commence à s'étendre. f Espace sur lequel P'eau s'étend, et dépose la terre qu'elle charrie, o Le sol de la hauteur. og Ligne qui indique la nouvelle surface qu'aura de la prairie, celle qui sera formée par le terrement. Fig. IV. Plan du fossé de terrement, de celui qui doit désormais servir pour P'arrosement, et de l'espace où l'on opère pour le terrement, après qu'une partie de celui-ci a déjà été exécutée. a Cours de l'eau dans le canal qui fournit l'eau. b Plan incliné qui borde ce canal du côté de la hauteur. cc Digue ou encaissement de ce cours d'eau formé dans le cours du terrement. d Cours de l'eau sur l'espace ouù le terrement s'opéère. e Bord de cet espace, dès lequel on jeite la terre devant le cours d'eau, afin qu'il Pentraine. f Extension de l'eau sur le bas fond, ouù elle dépose la terre qu'elle charrie, AA Hauteurs. B Bas fond marécageux. C La surface qui vient d'ètre formée par le terrement. gh Ligne dont la fg. V donne la coupe, — —(l*⸗ ⸗ e la rrie Ant. ter- 'sure LCe à sera ervir rune ExPLICATION DES FIGURES. 1 k Ligne dont la fig. VI donne la coupe. Fig. V. Coupe de la ligne gh daps la fig. précédente. a b Nouvelle surface de la prairie. b Elévauon de l'eau sur Jespace ouù elle opère. c d Surface du terrain avant le terrement. e Le sol de la hauteur. f Le sol au-dessous de la surface qui vient d'ètre formée. Fig. VI coupe de la ligne i k sur le plan de üg. IV. a Elévation de l'eau dans le canal. b Encaissement de ce canal. e d La nouvelle surface formée par le terrement. eece surface du sol avant que le terrement fut opéré- ff Sol placé au-dessous de la nouvelle surface. g Sol de la hauteur. Le texte contient Jexplication des autres tables. Dans l'ordre suivi par PTauteur les planches V et VI sont les dernières. Le n. 2 12 a 6té sauté par megar de. dans'édition originale allemande comme dans celle-ci, de sorte qu'il mexiste pas de planche sous ce n.“ — AVIS AU REL IEUR. Il voudra bien placer ces planches à la fin de ce volume toutes ensemble et de manière qu'elles se trouvent déployées en dehors de ce livre lorsqu'elles sont ouvertes. PRINCIPDES RAISONNES DACRICUILITIURF. 8 ECATION IVv. SEGON DE P A R T I E. DE LA CULTURE DU 8S0L ovn DFE SA BONIFICATION MECANIOUE. § 674. J⸗ consacre cette partie au développement des divers travaux et opérations par lesquels le sol est mis en état de produire, de ceux par lesquels sa nature physique est appropriée au but que l'agriculteur se propose. Ces opérations sont toutes comprises dans la division suivante: 1. Les opérauions dont J'effet doit ètre permanent, ou du moins avoir une longue durée; celles qu'on qualifie du nom d'améliorations; tels sont les défri- chemens, l'établissement de haies, de fossés et de clôtures en général, les desséchemens, le creusement de canaux d'irrigation ‚etc. 2. Celles qui n'ont pour objet que des récoltes prochaines et leurs semailles, celles qui doivent être répétées tous les ans, ou du moins à des époques rap- prochées. Celles-ci sont comprises sous la dénomination de culture; plusieurs motifs nous engagent à faire précéder leur enseignement, pour nous occuper seulement ensuite des améliorations durables. LA CULTVURE. § 675. Quelqu'évidente que soit la nécessité de la culture, cependant on est encore divisé sur la manière dont elle doit être opérée, tant en général que pour des cas particuliers, et sur le choix d'entre les nombreuses méthodes d'après les- quelles elle doit être faite; il semble méme que, sur ce sujet, les opinions soient contradictoires. Le succès favorise alternativement l'une ou Pautre; aussi le cultivateur qui n'a recu d'autre instruction que la simple pratique, agit-il T. III. 1 2 PRINCIPES RAISONNES sagement lorsqu'il s'en lient à la méthode suivie par ses pères; cette méthode, à la vérité, ne lui promet aucun avantage dont ses voisins ne jouissent; mais aussi elle ne Pexpose pas à essuyer de plus grands mécompies. S'il entreprenait des procédés nouveaux, sans connaftre parfaitement leur but et les moüls quiĩ doivent engager à les suivre ou à les rejeter, il courrait bien plus le risqua d'éprouver des pertes, qu'il m'aurait la probabilité d'atteindre un mieux réel. L'agriculteur éclairé, au contraire, qui cherehe à atteindre la plus grande per- fection, peut, sans risque, entreprendre ces méthodes nouvelles, lorsqu'il con- nait les effets qu'on doit en attendre, et les résultats qui doivent probablement Sensuivre de chaque opération; lorsqu'il sait ainsi apprécier les causes qui ont déterminé le succès tantét de l'une, tantôt de Pautre. § 676. L'agriculture a des objets nombreux et variés, qui ne peuvent pas tous être auteints de la même manière. Il est essentiel que nous ayons une idée très-claire de P'effet que nous cherchous à produire, non-seulement dans chaque cas isolé, mais encore dans la combinaison de ces cas les uns avec les autres, afin que, d'après cette connaissance, nous puissions choisir les procédés qui conduisent à ce but avec le moins de frais que cela est possible. L'objet et les effets de la culture sont en général les suivans: § 677. pulvdrisalion du sol. Toutes les espèces de ter- s'agglomérer, tantét au moyen de 1. L'ameublissement et la rain ont de la disposition à se réunir et à pattraclion de cohlésion de leurs parties, tantét par suite de la pression que Tatmosphère exerce sur elles. Plus un terrain est argileux, plus la liaison et mais la plupart des plantes que nous cultivons ne peu- Pagglomération est forte; si durci, et en ürer la nourriture qui y est vent pas pénétrer dans un sol ain renfermée. II faut donc que le sol soit ameubli d'une manieère mécanique et la est possible, afin qu'il en résulte la végétation la plus aussi parfaite que ce nourriciers soient mis à la portée des sugoirs des riche, et que tous les sues Gcessaire que la couche de terre végétale soit plantes; pPour cet effet, il est n este plus de mottes. Les racines chevelues des pulvérisée à iel point, qu'il n'y r plantes ne pénètrent point dans ces mottes, elles ne font que s'étendre tout autour, par conséquent ces mottes de ierre ne leur donnent gudères plus Palimens que si elles fussent des pierres. Plus le sol est homogène, ameubli 8, et pulverisé, plus les racines des plantes y pénètrent également, plus elles y poussent de racines chevelues, et plus les ramifications de ces racines demeurent séparées les unes des autres; de sorte qu'alors chacune des parücules nutri- —— hode, mais renait 8 qui isqua réel. ber- loon- ement ai ont s étre claire isolé, que, uisent de ter- fen de 8n que son et e peu- 1 y est que et a plus rs des le soit ges des re tout res plus meubli elles eurent D'A GRICULTVURE. 11 3 nves que le sol contient se trouve ainsi à portée d'étre absorbée par les sucoirs des plantes. Quelques auteurs, en particulier Iethro Tull, convaincus par leur propre expé- rience du grand effet que produit la pulvérisation complète de la couche de terre végétale, ont prétendu que toute la fertilité du sol était due à cette cause; mais dès lors il a été suffisamment démontré combien cette opinion était fausse. Lorsqu'un champ, en apparence épuisé, a été négligé sous le rapport de P'ameublissement du sol, sans doute on peut, en donnant un soin particulier à diviser le terrain et à le pulvériser complétement, en tirer encore une ou deux récoltes de grains. Mais cela n'a lieu que parce qu'on met ainsi à la portée des suçoirs des plantes les sucs qui élaient encore renfermés dans le sol, et non parce que cette opération en procure de nouveaux, du moins pas en suffisance. Le sol ne peut jamais étre trop ameubli et trop pulvérisé; cependant il peut étre rendu trop léger, c'est-à-dire qu'il peut s'y former des interstices dans lesquels ses parties ne sont plus rapprochées les unes des autres. Ces vides nuisent aux plantes; on s'aperçoit que divers produits souffrent lorsque, après qu'ils ont été semés, le terrain labouré récemment n'a pas pu s'affaisser, et qu'ainsi ces vides n'ont pas été remplis. Il tient à la nature et à la composition du sol que cet ameublissement s'opère d'une manière plus ou moins facile; c'est pour cela que les opérations par le moyen desquelles on l'effeciue, doivent avoir plus d'intensité et étre plus répé- t6es dans un sol que dans un autre. Outre cela l'ameublissement du sol doit avoir lieu d'une manière plus ou moins complète, suivant l'espèce de plante qu'on se propose d'y cultiver. L'orge réussit mieux sur un terrain très-meuble et complétement pulvérisé. En revanche Pavoine est beauconp moins arrétée dans sa végétation par l'agglomération des parties du sol, elle pénètre dans ce sol avec bien plus de force. Plusieurs années s'écoulent avant que le terrain qui a été complétement pulvérisé se durcisse entièrement au-dessous de sa superficie. S'il est composé d'argile, il contracte à la vérité une certaine adhérence avec lui-mèême, mais cette adhérence n'est jamais telle que les racines ne puissent y pénétrer; c'est pour cela que l'ameu- blissement et la pulvérisation de la partie du sol qui est au-dessous de celle qu'atteint la charrue, n'est ordinairement répétée qu'au bout d'un certain nombre d'années. § 678. 2. Le melange complet des parties dont le sol est composé. II n'est jamais plus essenüel d'opérer ce mélange complet, que lorsqu'on a augmenié la couche de terre végétale, soit par des labours profonds, en ramenant de la terre vierge à la superfcie, soit en y transportant des substances propres à l'amende- ment du sol, ou à sa bonification. Une masse terreuse composée de parties 4 PRINCIPES RAISONNES hétérogènes est absolument nuisible aux racines des plantes; la végétation s'arréte lorsque les jeunes racines chevelues doivent passer de l'une de ces parlies dans Pautre. Ce mélange imparfait produit des plantes tachetées, par conséquent malades: c'est ainsi que des champs ont perdu leur fertilité pour plusieurs années, parce qu'en y transportant des espèces de terres améliorantes et même de la marne, on n'a pas eu soin de les méêler avec la couche de terre végétale; Peffet qu'on attendait de substances ainsi ajoutées ne s'est montré que lorsque le mélange a été complet. Plusieurs espèces d'engrais, surtout ceux qui opèrent par leur action sur Phumus et sur les matières végétales, demeurent également inefficaces, et peuvent même devenir nuisibles, lorsqu'elles entrent en contact avec les particules de l'humus sans étre divisées de la manière la plus complète. Le fumier ordinaire d'étable n'est pas sans effet, lors même qu'il n'est pas inti- mément mélé avec le sol, parce que ses parties solubles pénètrent dans la terre végdtale; cependant il ne produit jamais l'avantage qu'on pourrait en attendre »'il était eomplétement mélé avec le sol, et diviseé entre ses différentes parties par le moyen de labours réitérés. Dans le premier cas les plantes poussent par touffes et sont fort incgales; dans des places elles trouvent une surabondance T'alimens, tandis qu'ailleurs elles dépérissent faute de sucs. Comme alors le fumier s'agglomère sous la forme de tourbe, cette inégalité de la récolte est sensible pendant quelques années. 679. 3. De ramener d la surface dus sol une eouche de terre prise d une plus grande profondeur, aßn de la soumettre aux influences de l'atmospheère et de la lumière. Déjà, dans les tems les plus recnlés, des observateurs attentifs ont eonnu cet effet de l'aëralion du sol, et pour l'expliquer ont eu recours à diverses hypoiheses. On a comparé cet effet à la ſormation du salpéètre(nitrate de potasse), et véeritablement il a beaucoup d'analogie avec elle, puisque le salpètre est pro- duit par le eoncours d'une substance atmosphérique, et en quantité d'autant plus grande, qu'on met plus souvent en contact avee Pair une surface nouvelle et qui n'a point encore Gté saturée. C'est également la mèême substance, Poxi- gène, qui agit iei eomme dans la formation du salpetre. C'est par son concours que se forment, ainsi que nous Pavons dit au volume précédent en parlant de Phumus, les deux substances dans lesquelles le carbone fait partie constituante de la nourriture des plantes, Pacide carbonique et la matière extractive. C'est aussi seulement à Paide de son exposition à l'air, que Thumus acquiert sa fertilité, et, dans cet effet, il est probable que la lumière joue un très-grand rôle. Le sol s'approprie cette parue de Pacide carbonique formée par la combinaison arréte s dans quent ssieurs méme étale; rsque perent lement Contact nplete. s inti- a terre tendre parties ent par adance lors le olte est nie plus ve et de tifs ont liverses dtasse), 28t pro- Pautant ouvelle „Poxi- oncours lant de utuante Fe. C'est fertillté, le. igaison PA GRICGU TL T UAM E. 5 de Poxigène avec le carbone, laquelle repose dans la couche inférieure de l'at- mosphère, et est en quelque manière renfermée dans les iaterstices de la terre renversée. Il n'est pas invraisemblable que même l'azote contenu dans l'air atmo- phérique, séparé de son oxigène, n'ait quelque part à Pamélioration du sol et ne soit absorbé par Pargile. En attendant que nous ayons acquis une connaissanco plus particulière des diverses décompositions qui s'opèrent ici, nous trouvons dans une expérience aussi longue que générale, la preuve de la fécondité et de la per- méabilité qu'acquiert, même P'argile tenace, lorsque, par un fréquent chan- gement de surface, elle est soumise à l'action de Pair atmosphérique. Cet amen- dement üré de Patmosphère, cette absorption de substances propres à la fécon- dation du sol, peut tenir lien des autres amendemens pendant quelques années, mais sans doute pas d'une manière Gomplèie, ni surtout durable. Suivant Da Hamel, Traité de la culture des terres, pag. 64, cette amélioration est si sensible, qu'elle est aperçue à la simple vue.& Qu'on laboure, dit-il, médiocre- ment la moitié d'un champ, qu'au contraire on donne de fréquens labours à Pautre; qu'on laboure ensuite l'une et l'autre en travers, on trouvera la partie fréquemment remuée beaucoup plus brune que celle qui aura été peu labourée. 4. D'absorber, Gintroduire dans le sol, et de conseruer Ehumidité Qui est lombde de l'atmosphère. L'eau ne pénètre pas dans les terrains argileux, tenaces et serrés. Lorsqu'une motte d'un terrain de cette nature demeure dans le sol sans étre brisée et s'y dessèche, elle conserve sa siccité dans son centre pendant tout Pté. Mais plus les particules du sol sont sépardes et plus profondé- ment elles sont remuées, plus aussi elles absorbent d'eau dans leurs interstices; elles laissent d'autant mieux descendre cctte eau, que le labour a été plus pro- fond. Dauns les tems humides, l'eau ne reflue pas sitôt vers la superlicie du sol lorsque celui-ci a été labouré profondément; dans les tems sccs, au contraire, p'eau contenue dans le sol est moins vite épuisée; elle se communique à la sur- face dans la proporüon nécessaire. De toutes parts on trouve la confirmation de ces faits, partout on remarque qu'un terrain remué prolondément er avec soin ne devient pas sitét boueux à sa superßcie, tout comme il ne souffre pas sitöt de la sécheresse: cette observation n'a échappé à aucun jardinier qui a défoncé une partie de son terrain. Lorsque le sol a été labouré en automne il résiste d'une manière à peine croyable aux sécheresses de printems, puisqu'il conserve encore assez d'humidité à un pouce au-dessous de sa superficie, tandis que les autres terrains sont absolument secs jusqu'à une assez grande proſondeur. II n'est donc pas vrai, sans restriction, que le labour essuie le terrain; cet effet n'a lieu que lorsque les labours sont fréquens et profouds, er qu'ils ont toujours 6 LRINCIPERS RAISONNES lieu en tems sec. On observera mème qu'un labour léger, qui remue seulement la superficie du sol, y conserve'humidité plutôt qu'il ne la dissipe, et que par conséquent l'attractlion de l'humidité insensible de l'air y est plus forte que Pévaporation. L'humidité qui est renfermée dans les interstices du sol et qui s'y amasse en plus grande quantité lorsqu'on le déchaume avant l'hiver, présente sans doute ce désävantage; mais il n'y a pas à craindre qu'elle tienne le terrain serré et tenace durant tout l'été. Des observateurs attentifs ont remarqué, au contraire, que ce terrain était beaucoup plus meuble, qu'il se divisait mieux, pourvu seulement qu'on attendit qu'il fut essuyé: c'est la une suite naturelle de l'éva- poralion de cette eau dont l'élasticité avait séparé les particules du sol en s'in- troduisant entr'elles. 5. La destruction des mauvaises herbes. En traitant de la manière de con- naitre et d'apprécier les terres, nous avons, sous les rapports agronomiques, divisé les mauvaises herbes en deux classes; celles qui se multiplient par le moyen de leurs semences, et celles qui se propagent surtout par leurs racines. Cette distinction est très-essentelle lorsqu'il s'agit de détruire ces mauvaises berbes par le labour.. Les mauvaises herbes qui viennent de graine, ne peuvent être détruites que lorsqu'on ramène successivement les semences contenues dans le sol, Asa super- ficie, ensorte qu'clles soient en position de germer; car sans cela elles pour- raient demeurer des siècles entiers en terre, sans perdre la faculté de produire de nouvelles plantes. La plupart des petites semences ne germem point, si elles ne sont soumises à l'action libre de l'atmospheère, et elles ue sont point en contact avec lui lorsqu'elles sont renfermées dans des mottes non-pulvérisées; aussi demeurent-elles en repos jusqu'à ce que ces mottes se divisent. On ne doit donc pas espérer de détruire complétement les mauvaises semences conte- nues dans le sol, et même daus la partie ramenée à sa superficie, jusqu'à ce qu'on ait bien pulvérisé celles-ci; jusqu'à ce que les tranches de terre ei les mottes soient complétement divisées et réduites en poudre. Ainsi done, pour parvenir à ce but, il ne suffit pas que chaque couche, quelque mince qu'elle puisse Gtre, soit ramenée à la surface et mise en contact avec l'air, il faut encore qu'elle soit brisée, divisée, et comme réduite en poudre; la charrue seule ne peut pas opérer cet effet, il faut encore pour cela le concours de la herse. Mais pour purger le sol des mauvaises herbes qui se propagent par leurs racines, surtout du froment rampant ou chiendent(triticum repens), de P'a- grostis stolonifera et de plusieurs autres graminées, de la sarréète des champs, ment e par que e en oute ré et aire, durvu FPéva- sin- con- lues, ar le eines. vaises s que uper- pour- oduire j elles nt en sées; an ne onle- và ce ei les pour uisse u'elle ur pas jeurs 2 pa- 1ps, DA GRICU IL TUR xr. 7 des chardons et des rumex, il faut des procédés tout différens. Le seul moyen de détruire ces plantes, c'est de détruire et de briser fréquemment leurs jeunes pousses, et d'exposer leurs racines à Pair et à la lumière. II faut qu'elles soient ramenées à la surface du sol, séparées de la terre, et dans une position ou elles ne puissent pas èétre mises de nouveau en végétalon, comme cela aurait lieu si de la terre détachée des mottes venait à tomber sur elles. En mèême iems que la herse arrache une partie des racines, elle replante Pautre, en l'entourant d'une terre meuble dans laquelle elle ne tarde pas à pousser de nouveaux jeis. Lors done qu'il s'agit de détruire les racines qui tracent en terre, le hersage ne doit se faire que peu de tems avant de donner un nouveau labour; de cette manière les racines enterrées par la herse n'ont pas le tems de prendre du développement. 6. D'enterrer le fumier. Nous avons déjà parlé du mélange du fumier avec le sol. Lorsque, pourla première fois, on enterre celui-là avec la charrue, il faut aviser à ca que, déjà alors, il soit mis dans la position oùð, suivant sa nature, il peut produire l'effet immédiat le plus avantageux sur la première récolte à laquelle il est appliqué; ou, si le terrain doit être labouré plusieurs fois, que ce fumier soit placé de manière à pouvoir étre mélangé complétement avec le sol. Pour le fumier long et pailleux il faut un sillon profond et qui puisse le contenir; le fumier consommé, au contraire, ne doit étre recouvert que d'une couche de terre peu épaisse, ainsi le labour destiné à l'enterrer ne doit pas étre profond. 7. Enterrer la semence. Soit que ceite opération se fasse avec la charrue, la herse ou avec quelqu'autre instrument, elle demande la plus grande attention dans Pexécution du labour de semailles, afin que cette semence, suivant Pespèce à laquelle elle apparuent, soit mise dans la position ouù elle peut le mieux germer, o0 ses racines les plus déliées peuvent trouver leur nourriture et un abri, et où sa tige peut se développer sans empéchement. LESINSTRUMENS ARATOIRES. § 680. Apreès avoir démontré les principaux objets qu'on a en vne dans la culture du sol, et dont, à chaque opération, on doit avoir l'un ou l'autre plus ou moins sous les yeux; nous allons examiner les instrumens par le moyen des- quels on peut accomplir ces différens travaux, et atteindre, le mieux que cela est possible, le but particulier qu'on se propose. Onſdistingue ces instrumens en deux classes, ceux que les hommes mettent F 8 PRINCIPRS RAISONNLS en œuvre avec leurs mains, et ceux qui sont mis en mouvement par le bétail de trait. Les premiers ne conviennent guères que pour la culture des jardins, qui, bien 8 qu'elle fasse sans contredit aussi partie de Pagriculture, ne peut pas étre prise en considération dans cet ouvrage. Au reste, il y a sans doute quelques circons- tances où ces instrumens peuvent étre employés avec avantage daus la culture des champs, mais ces cas sont rares et nous en ferons mention dans leur lieu. Que, lorsqu'on a des bras en suffisance, il puisse étre avantageur d'employer la bèche ou le hoyau en place de la charrue, et le ràteau en place de la herse, c'est un problème qu'il ne nous importe pas de résoudee, puisque, du moins dans la plus grande partie de l'Europe, il n'existe pas une quantité de manou- vriers assez grande, pour qu'on ne puisse pas les employer d'une manière plus avantageuse qu'à un tel ouvrage, et que, là où la population est aussi nom- breuse, la culture des champs est transformée en culture des jardins, de sorte que nous pouvons envisager le labour à la bêche et celui à la charrue comme les caractères distinctiſs de ces deux genres de culture. Il m'y a d'ailleurs aucun doute qu'avec des instrumens mus par des bétes de trait, pourvu qu'ils aient 6té convenablement exécutés, on ne puisse obtenir unc tout aussi bonne culture et une fécondité cgale à celles qu'on atteindrait avec des instrumens à mains(si l'on en excepte cependant les déſoncemens profonds), et qu'on n'atteigne ce but avec beaucoup moins de frais: on doit con- venir cependant que cela n'arrive pas ordinairement, et qu'un bon labour à la bèche est souvent mieux payé par la récolte qui le suit, que ne l'est un chétif labour à la charrue. § 681. Les instrumens dont on se sert ponr culüver le sol, et qui sont mis en mou- vement par le bétail de trait, sont très-nombreux; mais ils peuvent tous Ltre compris dans les trois classes suivantes: A. La charrue dans le sens le plus précis de cet mot. Le but auquel cet ins- trument est destiné, n'est pas seulement de diviser la terre, de l'ameublir et de la jeter un peu de côté, mais aussi de la renverser, de sorte que la partie inférieure de la tranche séparde par la charrue soit amenée à la surface du sol. Cet instrument opère cet effet par celle de ses parties qu'on désigne sous le nom de versoir, ou, lorsqu'elle est plus petite, d'oreille, et qui ordinairement est placée du côté droit de la charrue. B. Les bétall , bien prise rcons- ulture rlieu. Ployer herse, moins anou- e plus nom- sorte mmle s de tenir adrait mens con- Ir à Ia chétif nou- élre ins- ir et arüe 1sol. US le zment D'AGRICULTURE. 9 B. Les Binoirs † qui opèrent l'ameublissement et le mélange du sol, et entratnent les racines des mauvaises herbes qui y sont renfermées, mais qui ne renversent point la terre, parce qu'ils n'ont point de versoir destiné à pro- duire cet effet. C. Les houes et cultivateurs, sous cette dénomination je eomprends toutes les espèces de schims, ratissoirs à cheval, houes, exürpateurs, charrues à écrouter, etc., qui ne remuent que la partie supérieure du sol, et dont on se sert ou pour préparer et faire les semailles, ou pour cultiver les récoltes durant leur végétation. § 682. La charrue proprement dite.** Elle doit séparer et détacher une bande de * Nous m'avons, du moins que je sache, pas de terme français qui désigne ce genre d'ins- trument. Dans quelques provinces on qpualifie de binoirs, binettes, des petites charrues assez semblables à ce que l'auteur désigne ici sous le nom allemand Haaken. Tyad. * Jinvite mes lecteurs à envisager ce qui va suivre comme une direclion sur le choix et Pemploi des charrues, plutôt que sur la manière de les ſabriquer. Ii importe ☛ au cultivateur de connaftre parſaitement l'effet que produit telle ou telle modificalion dans les formes de la charrue, et les moyens de remédier aux inconvéniens que l'on rencontre dans l'usage de cet instrument; il faut qu'il connaisse la manière d'en faire usage et d'en tirer parti: c'est sans doute à cela que l'auteur a destiné cette instruction. Mais les agriculteurs se tromperaient fort, si, sur de tels renseignemens, ils prétendaient faire de nouvelles charrues, ou du moins les faire exécuter sous leurs yeux. Les instrumens de ce genre demandent une trop grande précision dans des formes d'une description très-difficile, pour qu'ils puissent aisé- ment éètre imités sur de simples directions; aussi les personnes qui, au lieu de se procurer ces instrumens des lieux oQ l'on était habitué à leur fabrication, ont voulu les invenler elles- méme, y ont elles perdu un tems infini, le plus souvent saus fruit, et y ont elles dépensé trois ou quatre fois plus que ce qu'il leur en eũt coũté pour se procurer la charrue elle-mème, quoique d'un grand éloignement. L'effet le plus ordinaire de pareilles tentatives est de dégoutter des perfectionnemens, souvent méme d'accuser de charlatanisme ceux qui, au ſond, n'ont dit que la vérité. P'ai moieméème éprouvé les mécomptes dont je cherche à garantir les agriculteurs;) long-tems iravaillé à faire exécuter une charrue de Small, d'après les directions que je trouvais dans quelques auteurs anglais; j'étais parvenu à quelques succès, mais ils furent iout à fait éphémdres. Attribuant à la chose meme les imperfections qui étaient la suite de ma propre jnexpérience, je lançais un anathème général contre les charrues à versoir contourné et im- mobile, lorsque la réflexion me ramena encore une ſois sur un principe qui, malgré mes mé- comptes, me paraissait cependant toujours mathématiquement démontré. A ceite époque, Pouvrage de Schwertz sur l'agriculture Belge, me fut obligeamment communiqué par M. Fellenberg; j'y trouvai la description de la charrue d'Osumale, et ce fut pour moi un T. III. 2 „ 2 A1 10 pPRINCIPES RRAISONNES terre parallèle à la superficie du sol, en la tranchant tant verticalement qu'ho- rizontalement; la prendre, ordinairement à sa gauche, et en la tournant sur son. propre axe, la renverser du côtε pposé, de manière qu'elle soit, autant que possible, à portée de Paction de la herse, qui doit la briser et la pulvériser entièrement. La bonté d'une charrue consiste donc à remplir ce but de la manière la plus parfaite, en employant, le moins qu'il est possible, de la force du bétail et de la sienne propre, sans exiger une grande adresse de la part du laboureur, et sans donner beaucoup de peine à celui-ci. 5 633. Les autres qualités qui recommandent une charrue sont les suivantes: 1. II convient qu'elle soit aussi simple que le but auquel elle est destinée peut le permettre, par conséquent qu'elle n'ait aucune partie inutile, ou dont Pobjet puisse étre atteint d'une manieère plus facile. trait ge lumière très-utile; mais cette fois je ne voulus plus abandonner le succès de mon essai au plus ou moins de bonne volonté ou d'habileté des ouvriers de mon voisinage; je ſis venir cette charrue de la Belgique, d'Ostmale mème, et j'obtins, dès le premier abord, un résul- tat très-satisfaisant. Mais je continuai à éprouver des difficultés sans nombre, lorsqu'il s'agit de faire imiter cet instrument par les ouvriers de la contrée que j'habite; je fus encore une fois obligé de faire venir des charrues d'Ostmale, qui, malgré les frais de transport, me revenaient à meilleur compte que celles faites dans mes environs, et qui, outre cela, leur étaient très-supé- rieures en qualité. Dès lors, chez moi et chez plusieurs personnes des environs, la charrue d'Ostmale a gagné Popinion au point que chaque jour l'usage s'en propage, et que mes laboureurs eux-mèmes la préfèrent à toutes les autres, depuis qu'ils ont appris à se servir de celle-là. Qu'il me soit permis d'ajouter ici quelques mots sur les inconvéniens des essais livrés au hasard. Apreès les premiers suecès que j'ohtins de la charrue belge, première venue d'Ostmale, j'en écrivis à M. Fellenberg. Quelque tems après, l'époque fixée pour la féete d'Hofwyl approchant, cet agronome célèbre m'écrivit qu'il avait annoncé cette charrue au public, quil espérait en conséquence que je lui en procurerais une pour cette féte. Je fis impossible pour remplir ses vues, et sans doute, pour y atteindre, il fallut bien mettre un peu de précipitation dans le travail. La charrue fat achevée depuis mon départ et eut peine à arriver à Hofwyl pour le concours; elle ne fut point essayée d'avance, et lorsque, en présence de plusieurs centaines d'individus, elle fut mise en œuvre, elle ne donna que les plus pitoyables résultats, parce que le maréchal n'avait nullement su imiter le modèle. IIl fut donc conclu par les nombreux agriculteurs qui alors étaient réunis à Hofwyl, que la charrue de la Belgique n'avait aucune des qualités qu'on lui avait attribuées, et cette opinion se répandit sans doute dans toute la Suisse. Aujourd'hui ce jugement, tout mal fondé quril soit en réalité, résistera encore pen- dant long tems aux pleins succès que je n'ai cessé d'obtenir dans l'emploi de cet instrument, après Pavoir ramené aux formes qui lui sont essenlielles. Trad. t qu'ho- nant sur „ autant Mlvériser la plus bétail et reur, et 9: Jestinée du dont — de mon gſe; je fis un résul- sagil de une fois evxenRent ttressupé- 2 charrue aboureurs elle-là. u hasard. aale, j'en prochant, I espérait emplir ses n dans le l pour le centaines ats, parce nombreur fait aucune ans koule la encore pel- jastrument, D'AGRICULTVURE. 11 2. Il faut qu'elle ne soit pas très-couteuse. Ici il s'agit encore moins du prix d'achat que des frais d'entretien. Lors méême qu'une charrue couterait trois fois plus qu'une autre, si elle peut servir quatre fois plus long-tems, elle est encore à meilleur marché. 5. Il faut qu'elle soit durable et nullement sujette à se détraquer, non-seu- lement afin qu'elle remplisse la seconde condition que nous venons d'énoncer, mais aussi et surtout, afin qu'elle n'exige pas de fréquentes réparations, et qu'elle ne soit pas sujette à ces fractures multpliées qui occasionnent des interruptions de travail et des pertes de tems considérables. 4. Il faut qu'elle puisse étre réglée sans peine, promptement et sur la place mêéme, de manière à labourer plus ou moins profondément, et à détacher des tranches de la largeur qu'on juge la plus convenable. II faut que ces disposiuions soient indépendantes de l'action du laboureur, soit parce qu'on ne peut pas toujours s'en fier à lui, soit parce que les bétes de trait ont plus de peine lorsque le laboureur est en lutte contre la tendance naturelle de la charrue. Outre cela et avant tout il faut qu'elle remplisse aussi bien que cela est possible les conditions énoncées au précédent 6; qu'elle tranche d'une manière parfai- tement égale et uniforme la terre qu'elle doit séparer et renverser, qu'elle cure bien le sillon, et qw'elle renverse la tranche à un angle de 140 degrés; incli- naison qui est la plus favorable à T'action de la herse, et qui, par conséquent, facilite la pulvérisation du sol. 7 684. Quoique la charrue soit un des instrumens les plus essentiels à homme, il n'en est aucun, peut-étre, qui jusqu'à ces derniers tems ait obtenu moins d'atten- non, ei au perfectionnement duquel on se soit moins appliqué qu'à celui-ci; tout au moins les changemens qui y ont été faits ne sont-ils pas des améliora- nions, puisque la plupart des charrues actuelles sont, en réalité, plutôt infé- rieures à celles des peuples de l'antiquité, et méme des nations les moins civi- lisées, qu'elles ne leur sont préférables. Nos chariots ordinaires surpassent en commodité les chars de triomphes des Empereurs, autant que nous pouvons en faire la comparaison d'après les représentations qui nous sont parvenues de ces chars; mais la charrue n'est nullement plus parfaite que celles dont les anciens romains ſaisaient usage. Quelques personnes ont tiré de ce fait cette conséquence, que la charrue n'était en effei pas suscepüble d'ètre perfectionnée, parce que, disent-elles, il serait impossible que si un perfectionnement eùt pu avoir lieu, il ne se füt pas réalisé en effet, durant Pusage aussi long qu'indispensable qu'on a fait de cet instrument. Mais si P'on considère quelles étaient les mains dans lesquelles seules la charrue a été jusqu'à ces derniers tems, et combien rarement 12 PRINCIPES RAISONNES la réflexion, un esprit observateur et des connaissances en mécanique, ont présidé à son emploi, on ne s'étonnera plus qu'elle soit demeurée en rapport avec le peu de développement des hommes qui en faisaient usage. Depuis qu'on a donné plus d'attention à cette matière, depuis qu'elle a exercé la perspicacité des hommes de l'art, on ne doute plus que de la structure de la charrut ne dépende en très-grande partie tant la quantité de forces nécessaire pour la mettre en œuvre, que le plus ou moins d'accélération du travail, ei qu'outre cela cette structure ne contribue sensiblement au succès des récoltes et à Paugmentation des produits. Et quoique quelques auteurs modernes paraissent douter de ce fait, ou tout au moins ne pas croire que les frais et Pattention exigés par Pintro- duction de nouvelles charrues, soient suffisamment payés par les avantages qui en résultent, quoique ces agronomes assurent que, sans avoir recours à ce moyen, ils obtiennent des récoltes tout aussi belles; cela ne prouve autre chose, sinon qu'ils n'ont pas une idée claire de la meilleure qualité de l'ou- vrage et de l'épargne de peine et de tems qui résultent de l'emploi d'une bonne charrue. Sans doute le perfectionnement de T'agriculture ne dépend pas unique- ment de l'amélioration de la charrue et d'autres instrumens; cependant cet art ne saurait atteindre toute la perfection dont il est suscepüble, sans qu'on donne à cet objet une attention suffisante. C'est pourquoi, dans la pratique, un cultivateur éclairé ne peui se passer d'une connaissance approfondie et d'une idée précise de cet instrument. § 685. Les parües acüves de la charrue ‚ ce qu'on appelle le corps de la charrue, sont composés des pièces suivantes: a. Le couteaa ou le coutre. Il doit trancher perpendiculairement la tranche qui doit étre renversée, et la séparer de la partie non labourée; il doit ouvrir le passage à la parue de la charrue qui le suit et qui est allignée directement avec lui; il doit la maintenir dans une disposition toujours égale, et en particulier empécher que la charrue ne tre vers la droite. Si nous nous représentons le corps de charrue semblable à un demi-coin ou à un triangle rectangle, le coutre ſorme en quelque fagon la pointe du coin, elle prolonge le côté qui tombe per- pendiculairement sur la base du triangle, comme dans la figure suivante, oua désigne la pointe du coutre. — 3, ont apport qu'on cacité ud ne nettre ceue dauon de ce Lintro- ges qui s à ce autre 2 Pou- bonne nique- cet art qu'on ue, un Gune narrue„ ranche vrir le n avec iculier corps coutre de per- 3, Ou d PRINCIPES RAISONNES 13 Cette pointe détermine la tendance de la charrue, et en règle la marche, mais Pune et l'aäutre seront d'autant plus fermes et plus droites, que ce côté de instrument sera plus long. Comme à Pextrémité de sa lame le coutre forme le point le plus avancé du triangle ou de la surface oblique; pour étre d'une construction parfaite, il doit tenir lui-même de cette obliquité; et en effet, dans toutes les charrues bien construites nous le trouvons fait de cette manière. La lame du coutre est tran- chante, mais elle devient plus épaisse à mesure qu'elle approche de son dos, qui a quelquefois jusqu'a un pouce d'épaisseur. Ce n'est pas du côté de la terre non remuée que cette augmentation de force a lieu, mais seulement du c6 opposé; de sorte que le segment du coutre doit également avoir la ſorme d'un triangle rectangle. De cette manidre le côté gauche du coutre se trouve parfai- ement aligné au côté gauche du corps de charrue. Mais afin que le coutre fraie d'autant mieux le chemin au corps de charrue qui le suit, il est placé un peu en avant et de manière que sa pointe dépasse celle du soc, d'autant que le dos du coutre lui-méême est large. La parle inférieure de la kande de terre ainsi séparée du terrain non remué est alors plus facilement tranchée par la lame ou aile du soc, puis soulevée par le soc lui-mèême, et enfin, à l'aide du versoir, retournée à la droite de la charrue. De cette manière la charrue est mieux engagée dans le sol, elle a une marche plus réglée. Si les coutres ordinaires n'ont pas cette forme, et si Pon ne peut pas leur donner cette position avancée, on n'en cherche pas moins à remplir le mème but, en introduisant leur poignée dans l'oge d'une manière oblique, ei telle que le tranchant soit tourné en dehors un peu à la gauche, tandis que le dos du coutre, au contraire, L'est du côt droit, du côtε de la terre déjaà labourée. Mais il est évident que de cette façon le frottement doit étre beaucoup plus fort que lorsque le coutre est dans la position que nous avons indiquée plus haut. II est Ggalement nécessaire que le irou de l'age desuné au coutre soit beaucoup plus grand, afin qu'on puisse y introduire les coins qui doivent serrer la poignée ei donner au coutre la direction nécessaire. Ce n'est point une chose facile que de bien placer celui-ci et de bien arréter les coins; cette opération demande de Pattention, elle donne de la peine, et encore faut-il y revenir souvent, au moyen de quoi le travail est fréquemment interrompu. Ordinairement on est obligé de faire biaiser les coins pour queé la lame du coutre ure assez à la gauche; car le trou dans lequel la poignée est arrétée Gétant au milieu de age, un coutre placé en ligne directe se trouverait trop à la droite et nullement devant la pointe du soc, d'autant plus que le corps de charrue, 14 PRINCIPES RAISONNES ainsi que nous le verrons bientôt, n'est pas tout à fait dans l'alignement de l'age, mais qu'au contraire il doit tirer un peu sur la gauche. Par le moyen des coins, on peut obtenir que le coutre ait cette tendance, mais alors il n'est pas perpen- diculaire; la partie supérieure de la poignée tire à la droite, tandis que la pointe du tranchant est tournée à la gauche. De cette manière il ne tranche pas le sol perpendiculairement, mais en biais, et il ne fraie pas aussi bien qu'il le devrait, le chemin que le corps de charrue doit suivre. Dans un labour superficiel de trois à quatre pouces de profondeur seulement, augmentation de frottement qui en résulte n'est pas de grande conséquence sans doute; mais elle devient sensible déjà lorsqu'on laboure à six pouces: c'est par cette raison que, pour les charrues destinées à faire des labours profonds, les coutres qui sont coudés au bas de leur poignée, comme cela a lieu dans la charrue de Small perfectionnée, sont de beaucoup préférables. Au moyen de ce coude le coutre proprement dit(sa lame) est porté à la gauche autant que cela est nécessaire, quoique sa poignée soit placée perpendiculairement. Pour les labours très- profonds et dans lesquels la charrue doit vaincre une grande résistance, on peut ajouter beaucoup à la solidité du coutre au moyen d'une pièce assujettie par une vis, comme dans les nouvelles charrues de Small. En coudant le coutre comme nous l'avons expliqué plus haut, on évite le grand inconvénient, que, pour tenir sa charrue suffisamment engagée dans le sol, le laboureur soit obligé de Pincliner du côté de la terre non remuée. Au moyen de cette dernière disposition, le laboureur obtient sans doute que le coutre, quoique placé en biais, tranche perpendiculairement; mais alors il donne lieu à un mal plus grand encore que le précédent, c'est que le soc cessant d'étre dans une position horizontale, les tranches qu'il forme, au lieu d'èétre égales, sont, au contraire, beaucoup plus épaisses du côté de la terre non remuée que du còôte 0pposé, de sorte que le labour est très-irrégulier. On donne au coutre des formes très-variées, quelquefois on le fait parſai- tement droit, souvent on lui donne la forme d'une faucille, ou mèême on le courbe dans le sens opposé, en lui donnant une sorte de ventre. On croit faciliter son entrée dans le sol par le moyen de ces diverses formes; mais comme la ligne courbe est plus longue que la ligne droite, il paratt au contraire que la résistance en est augmentée et qu'un coutre droit est préférable. La facilité qu'on cherche à donner à l'action du coutre en lui donnant une forme courbe, est atteinte d'une manière tout aussi complète, lorsqu'on incline celui-ci en avançant sa pointe; car il est connu qu'un coutre tranche toujours mieux lors- qu'il agit en biais, quoique ioujours dans la ligne de son mouvement. De cette D'AGRICULTURE. 15 manière le couteau tranche en dehors; de sorte qu'il a plus de facilité à rompre Padhérence des parties intégrantes du sol; de cette manière aussi il commence déjà à soulever la tranche, et il facilite un peu l'action du soc qui vient après lui; il procure T'arrachement de celles des racines qui sont trop grosses pour qu'il puisse les couper entièrement; sa lame inclinée les soulève, de sorte qu'elles doivent se rompre ou étre arrachées, tandis qu'un coutre placé per- pendiculairement pousserait devant lui, sans les arracher, les racines qu'il ne pourrait pas couper. Le coutre soulève aussi des pierres qui n'eussent pas pu étre poussées de côté ou jetées en avant. Enfin cette position oblique du coutre a Tavantage de donner à la charrue une légère tendance à entrer dans la terre, sans augmenter beaucoup le frottement. La pression du sol sur le coutre retenant la partie antérieure de la charrue en terre, compense Faction des traits qui tendent au contraire plutôt à à soulever cet instrument. Dans les terrains qui n'ont pas encore été nettoyés de pierres, il convient que le coutre dévie plus de la position perpendiculaire que dans ceux qui Pont été; dans ce premier cas on peut lui donner une inclinaison qui s'dcarte de trente degrés de la perpendiculaire. Comme fréquemment le coutre doit surmonter une grande résistance, il con- vient de lui donner une force proportionnée à la résistance qu'il doit vaincre, et comme cette force ne peut pas étre donnée en entier sur l'épaisseur, il faut alors augmenter la largeur du coutre. Trois pouces suffisent ordinairement, cependant si le sol offrait beaucoup de résistance, il pourrait convenir de don- per au coutre une largeur plus grande encore. Dans la bonne regle le coutre doit étre acéré, et comme il essuie un frotte- ment très-fort, l'acier doit souvent en éêtre renouvellé. Si l'on se sert habituel- lement d'un méême coutre, cet acérage dure rarement au-delà d'une année, et dans les terrains pierreux pas méème six mois. Comme la position du coutre a beaucoup d'influence sur la bonne direction de la charrue, il faut y porter une attention particulière, surtout si ce coutre est d'une espèce moins parfaite à laquelle on ne puisse donner une bonne position qu'à P'aide de coins. Il convient donc que fréquemment, ou méme chaque jour, l'inspecteur des travaux exa- mine les diverses charrues, et surtout cette partie, afin de voir si tout y est dans l'état convenable; pour cet effet il sera bon de les faire renverser: le tems employé à cet examen sera mieux employé que iout autre. Il est des contrées où cette importante partie de la charrue a été totalement retranchée et ou elle est remplacée par la gorge, ou par cette partie du soc qui „ le termine du côté gauche, et qui est alliguée dans son côté vertical avec le cété 16 PRINCIPES RAISONNES gauche du corps de charrue. Mais ce retranchement ne peut avoir lieu que dans des terrains légers, débarrassés de pierres, homogènes, et où l'on ne donne que des labours superficiels. Dans des terrains d'une nature opposée et pour des labours profonds, une charrue sans coutre ferait un ouvrage très-mauvais, et elle donnerait beaucoup de peine, tant aux béêtes de trait, qu'au laboureur lui- méême, 5 686. La seconde partie essentielle de la charrue est le soc, qui sépare la tranche du sol horizontalement. Dans les charrues bien construites le soc doit déjà comm neer à soulever la tranche, et la conduire au versoir sur une surface oplique mais non interrompue, Le soc est composé de deux parties, eelle qui tranche, que nous appelons ordinairement l'aile, et celle par le moyen de laquelle il est assujetti au corps de charrue: nous désignons celle-ci sous le nom de douille. La forme de la première est tres-variée; le plus souvent cependant elle a l'apparence d'un demi coin on d'un triangle rectangle; du côlé de la terre non remuée elle est alignée avec le coutre et le corps de charrue, et elle n'est pas tranchante: il est très- essentiel que cette direction du côté gauche soit bien observée, sans cela la charrue n'aurait point une marche régulière. L'autre côté de l'aile, celui qui est en biais, est ordinairement acéré et tranchant; il s'éloigue du còôté gauche du soc par un angle d'environ quarante-cinq degrés. Quelquefois on lui donne un angle plus aigu, d'environ trene-cinq degrés, afin qu'il puisse pénétrer d'au- tant plus ſacilement dans les sols argileux et tenaces; mais il est évident qu'alors le coutre doit éire d'autant plus long, si la base de ce triangle rectangle doit demeurer la même. Quelquefois ce triangle est composé d'une seule pièce de fer et tout à fait 6vidé; d'autrefois son milieu est vide, mais entouré de trois côtés. La première méthode est Sévidemment préférable, parce que la tranche séparée par la lame du soc peut alors s'élever insensiblement et avec moins de frottement sur-la surface oblique qui la conduit au versoir. La partie postérieure de P'aile doit étre proportionnée à la tranche qu'on se propose de séparer du sol; c'est-à-dire que la largeur de P'aile qui forme la base doit étre à pen près égale à Ja largour du sillon, ou que l'angle qui est à la droite du soc et qui forme l'extrémité postérieure de sa lame, doit étre à peu près aussi éloigné da côté gauche du corps de charrue, quene l'est la partie inférieure du versoir qui appuie contre la tranche renversée. Je dis à peu près, car, sur neuf pouces, P'aile peut en avoir un de moins; alors le versoir retourne d'autant mieux la tranche sur son propre axe, parce qu'elle tient encore un peu au sol. Mais oöoöoöoöoöoooöoöoooddd — é Mais serai vers Ja Ura r0- L j Juni versc el q ordi- ei ac D'A GR'ILOUILTURE. 17 Mais il ne faut pas que cette différence soit plus grande, sans cela le froöttement serait augmenté, et la charrue marcherait plus difficilement, parce qu'alors le versoir aurait beaucoup plus de résistance à vaincre pour soulever la partie de la tranche qui n'aurait pas été soulevée par le sol. D'après des essais de dynamique, la force nécessaire pour mettre en action une charrue dont le soc avait cinq pouces de largeur, était diminuée de cinquante livres lorsqu'à ce soc on en substituait un de sept pouces. Cependant le défaut d'avoir des socs trop étroits se voit dans la plupart des charrues, mème d'abord après qu'elles ont été faites, et il saugmente par l'usage et l'usure. La seconde partie du soc est la douille, c'est par elle que le soc est attaché au corps de charrue; sa forme et la manière de l'assujetuür sont très-variées. C'est une très-mauvaise méthode que d'attacher ce soc avec des clous; cela ne peut se faire que là où le terrain est très-léger et très-doux, là où le soc n'a que très- rarement besoin d'être acéré ou éguisé. Quelquefois il est arrété par un crampon; ceux de nos socs qui sont le mieux faits ne sont que chassés; mais pour que de cette manière le soc tienne avec assez de solidité, il faut sans contredit que la douille et le bois aient été travaillés avec soin. Un soc bien formé doit, ainsi que je l'ai dit plus haut, non-seulement séparer Ja iranche du sol, mais encore la soulever; il doit former avec le versoir une surface unie qui Sélève obliquement sur le côté. L'aile du soc elle-méme est con- vexe eus'éleve en se rapprochant du còté gauche. II fant que la douille n'inter- rompe pas ceite élévation, mais au contraire qu'elle la continue, en servant à la jonction du soc aveo le versoir, de manière que nulle inégalité ne rompe Puniformité qui doit règner dès la pointe du soc jusqu'à Ia partie postérieure du versoir. C'est là un grand avantage qu'ont nos charrues de Bailey et de Small, et qui contribue infiniment à la diminution du frottement. Dans les charrues ordinaires il y a une interruption à cette place, de sorte que la tranche s'abaisse et doit de rechef être soulevée par le versoir. Pai cependant rencontré des paysans à qui cet inconvénient n'avait point échappé, et qui, en conséquence, avaient assujetti à la gorge et à Poreille, une pièce de fer battu, qui reposait sur la partie postérieure du soc. IIs assuraient que leur charrue avait été considérablement améliorée par ce moyen. Quant à la forme de nos socs, je renvoie à la description que j'en ai donnée dans Pouvrage que j'ai publié sous le titre de Beschreibzung der nutzbarsten neuen Ackergeraethe Haft. 1. Taf. 4. fig. I, II et III. Comme la douille du soc doit joindre très-exactement au corps de charrue et en particulier au versoir, plusieurs maréchaux ont beaucoup de peine à P'exécuter; mais cette diffi- culté cesse, si Pon se procure une forme en fer autour de laquelle on puisse T. III. 5. 3 18 PRINCIPES RAISONNES former les socs d'une manière uniforme. On forge alors le fer des socs en leuf donnant la figure et'épaisseur suivante: C 83 2 ⸗ 9 B A 14 pouces. En A la plaque a ½ pouce d'épaisseur. En B..... En C.... Lorsque ceute plaque aura été courbée sur la forme, elle s'ajustera alors trés- bien avec le corps de charrue, et, avec le moins de frottement qui soit possible, elle ambnera la tranche au versoir qui doit la retourner. On applique ce soc ou au sep, ou à la gorge de la charrue que, pour cet effet, on prolonge d'un pied; Pon comprend que cette partie doit également étre 1= o rendue parfaitement semblable à la forme. Voyez mon ouvrage intitulé plus haut Haft. 1. Taf. 5, Jig. XI et XII. § 687. Le sep sert à assujettir ensemble les diverses pigces dans leur partie inférieure; il glisse au fond du sillon, en appuyant à sa gauche contre la terre non remusge. Zur le devant, Ja gorge y est introduite dans une mortaise, et, sur le derrière, le manche de la gauche Pest de la mème manière. Le sep doit avoir deuz còôtés irès-unis, celui de dessous ei celui de la gauche, lesquels se réunissent en for- mant un angle droit. Le plus souvent, et dans toutes les bonnes charrues, le sep est garni avee des bandes de fer, tant dans sa partie inférieure que dans celle qui frotte contre la terre non remuée; de ceite manière le frottement est considérablement diminus, en méme tems que te bois est préservé de cette prompte usure quiil éprouverait sans cette précaution. II y a méme des charrues dont le sep tout entier est de fer forgé ou coulé; elles sont destinées surtout à déchaumer les prés, on en trouve de cette espèce dans les bas-fonds de l'Oder. en leur s très* ssible, ger effet, ent elre 1é plus grieure; emuce. rrièere, 1 cotés en ſor⸗ en avec e conire aplement zure quiil sep toui umer les P'AGnICULTVR E. 19 La longueur du soc détermine eelle du corps de charrue. On a disputé sur cette question: si, à largeur égale, le soc dont le triangle était plus long avait de l'avantage sur celui qui était plus court, par conséquent sur celui dont l'angle gtait ie moins aigu. Ceux qui soutiennent la première opinion allèguent, pour P'étayer, que le coin plus aigu entre plus facilement; ou pour s'exprimer dans la langue de l'art, que sur une surface dont Pobliquité est plus insensible, on soulève un corps avec plus de facilité. Mais ici, comme partont, on perd en Vtesse ce que l'on gagne en force, et ainsi le résultat est le mème. Un corps de charrue plus long éprouve plus de frottement, par conséquent sa marche est plus difficile; aussi conviendrait-il de faire les corps de charrue très-courts, si, lorsqu'ils sont plus longs, leur mouvement de progression n'était plus régulier et plus droit, et s'ils n'avaient plus de tenue, tant du côté gauche qui appuie contre la terre non remuée, que dans la partie inférieure. La charrue de Small a un corps plus court, tandis que celle de Bailey en a un plus long; aussi cette der- nière marche-t-elle avec plus de régularité, et peut elle mieux étre confiée à des mains inhabiles. 5 688. Le versoir est ceue parije qui caractérise la charrue proprement dite, et qui la disüngue des autres instrumens destnés à cultiver la terre; cette partie doit soulever la tranche qui a Gté séparée du sol par Paction du coutre et du soc, la faire iourner sur elle-même, et la renverser à la place du sillon précédent. C'est donc là qu'est la plus grande résistance, ei il tient à la construction du versoir que cette résistance soit vaincue avec plus ou moins de facilité. Ordi- nairement ceite partie de la charrue est faite d'une planche mince clouée au cô6 droit du sep près du soc, et qui, dans sa partie postérieure, est tenue à une distance convenable et assujettie par un ou deux bras au manche et au sep de la charrue. Au moyen de sa surface oblique et avancée, ceite planche chasse la tranche à sa droite. Mais elle ne la retourne pas complòtement, à moins que cette tranche ayant de la consistance, elle ne soit encore un peu adhérente au sol. Pour pouvoir accomplir ce renversement, il faut que Péloignement du ver- soir, à son extrémité postérieure, soit d'une moitié plus grand que la largeur de la tranche enlevée par la charrue. II faut aussi, ou que le versoir forme, avec le cé gauche de la charrue, un angle plus obius, ou que ce versoir soit très-long. Dans ces deux cas le poids de la terre et le frottement rendent sa marche très-difficile, parce que tout le poids de la terre repose sur le versoir, jusqu'à ce qu'elle en ait dépassé l'extrémité. Cette quantité de terre qui appuie sur le versoir, et le frottement qui en résulte, som précisément ge qui ralentit la marche de la charrue. 20 PRINCIPES RAISONNES Mais si le versoir est construit de manière à se débarrasser plutôt de ceite terre, la charrue en est considérablement allégée. C'est en ceci que consiste le grand. avantage que les versoirs contournés ont sur ceux qui ne le sont pas, surtout lorsque, comme je l'ai dit plus haut, il forme avec le soc une surſace unie et non interrompue. Au moyen de ceute courbure la tranche, en passant sur le soc et sur le versoir, est élevée et tournée sur son propre axe, de sorte que lorsque le mouvement est fait à la moitié, la tranche iouche à peine la charrue, mais plutôt est entrainée du cdtε opposé par sa propre pesanteur, et n'a plus besoin que d'une légère action de la pointe postérieure de l'oreille, pour étre renversée aussi complétement que cela est nécessaire. A l'égard de la forme précise que le versoir doit avoir, on n'est pas encore complétement d'accord sur celle qui opère le renversement de la tranche de la manière la plus complète et la plus facile. Il y a dans le Muséum d'histoire naturelle, n.“4, pag. 322, un calcul mathématique très-circonstancié, que nous devons au Président des Etats-Unis Jeffersson, et qui est dans un rapport à peu près complet avec le versoir de la charrue de Small. Bailey en a donné un autre dans un écrit particulier, dans lequel il cherche à démontrer que sa charrue est la meilleure; mais les opinions des laboureurs les plus attentifs sont encore partagées entre cette charrue et celle de Small; celle-ci soulève insensiblement la tranche et, lui faisant parcourir les 2 d'un tour de volute, la renverse sur son axe. La charrue de Bailey produit un effet semblable, mais, à ce qu'il semble, d'une manière un peu moins parfaite. La charrue de Small convient également mieux pour les labours qui ont plus de huit pouces de profondeur: en revanche si le labour doit étre moins profond, celle de Bailey fait un ouvrage tout aussi bon; et comme elle ne demande pas à étre faite avee autant de précision, et qu'on peut plus facilement que dans la charrue de Small y prévenir et corriger les défauts, dans le plus grand nombre de cas cette charrue peut étre préférée; T'autant surtout qu'elle est plus facile à conduire. Au reste, la différence de ses formes ne peut étre démontrée qu'à la vue, sur la charrue mèême. Le versoir de la charrue de Small est plus creux, il soulève davantage la terre avant de la renverser de côté, mais alors il la retourne plus promptement. II esi plus haut et plus court, par conséquent il éprouve moins de frottement. Cependant, à Pégard de celui-ci, la différence n'est sensible que dans les labours profonds. Ces deux charrues remplissent également bien la condition de soulever peu à peu et obliquement la tranche, en la conduisant d'une manière non interrompue des la pointe du soc au versoir, qui la tourne et la renverse à côté de lui. Dans ces deux charrues, le versoir est beaucoup plus vite déchargé de la terre que eterre, grand. surtout nie et sur le e que arrue, a plus ur eire encore he de istoire e nous à peu autre ue est ncore ement ur son emble, lement anche aussi n, et rriger érée; Je ses oir de de la s haut ant, à ofonds. T peu 4 rompuè ui. Daus DAG RICU ILTUR E. 21 Jaus celles ou il est plat. Pour l'usage ordinaire, la charrue de Bailey peut cire envisagée comme la meilleure qui soit possible, quoiqu'avec celle de Small, lorsqu'elle a été parfaitement bien faite et qu'elle est bien conduite, on fasse des labours encore plus accomplis. 1 On fait également en bois des versoirs contournés; mais pour leur donner la ſorme convenable, il faut y employer des blocs de bois assez épais, encore est-il nécessaire que ces versoirs soient doublés d'une plaque de iole; sans cette pré- caution ils ne tardent pas à s'user et à devenir rabotteux. Des versoirs de fer coulé reviennent toujours à meilleur compte, et pourvu que le fer n'en soit pas trop cassant, ils sont beaucoup plus durables. Outre cela le fer a sur le bois le grand avantage d'occasionner moins de frottement, er lorsqu'il a été poli par le travail, de retenir beaucoup moins la terre à sa surface, à moins cependant que le sol nesoit décidément trop humide, et alors sans doute il ne convientpoint de labourer. Avec la plupart des versoirs non contournés, le renversement de la terre n'a ordinairement lieu que d'une manière très-imparfaite; une parue seulement de la terre que le soc a soulevée est rejetée pardessus celle qui était à la surface, à moins que ceite terre ne consiste en une bande de gazon adhé- rente à elleméême. Pour produire le renversement, il faut que la distance qui sépare du corps de charrue la partie postérieure du versoir, soit beaucoup plus grande; il faut que le versoir pousse la terre plus loin que cela ne serait néces- saire; que la charrue trace un large sillon, lors même que la tranche esi étroite: le sillon est quelquefois d'une moitié plus large que la tranche- Pour chasser ceue iranche à une telle distance il faut employer une plus grande force, parce que la terre pèse d'autant plus long-tems sur le versoir. Les charrues à versoir contourné au contraire ne jettent, à proprement parler, point la tranche de cô6, seulement elles la tournent sur son épaule droite. Quelques personnes croient que les versoirs non-contournés renversent mieux la tranche, parce qu'en effet la superficie du sol est horizontale et plus unie Jorsque le labour a eu lien avec une charrue de cette espèce. II est certain que la tranche peut bien mieux se renverser, lorsque le sillon qui la reçoit est sensiblement plus large qu'elle. Nos charrues renversent la terre de manière qu'une tranche soit appuyée sur Pautre à peu près de la manière représentée ici. AAAA 22 PRINCeIPES RAISONNES Cette inclinaison est précisément celle qui, au moyen des espaces qui restent vides entre chaque tranche, opère l'ameublissement du sol de la manière la plus parfaite; ainsi l'air est en quelque sorte renſermé dauns la terre et entre en contact méme aveo la partie inſérieure du sol. Ces espaces servent aussi à con- server l'eau que les pluies ont amassé dans la terre, et lorsque cette bumidité est Evaporée par la chaleur, le sol s'ameublit encore davantage, la terre alors descend peu à peu, et remplit les espaces vides. Cette surface, qui contient autant de prismes qu'il y a de raies, a beaucoup plus de points de contaot avec l'atmos- phere, et la herse y a une action bien plus sensible que sur une surface unie, à tel point mème que non-seulement la terre en est pulvérisée, mais qu'encore les racines qui y sont contenues sont arrachées par cet instrument. Aiusi done, dans tous les terrains qui ont besoin d'étre divisés et ameublis, cette inclinai- son des tranches a de grands avantages, et c'est dans des terrains trop légers seulement qu'elle peut avoir des inconvéniens. Au surplus, les culúvateurs qui ont des terrains de cette dernière espèce, n'ont pas à s'inquiéter de la forme de leurs charrues; ils peuvent sans inconvénient conserver celles qui sont en usage dans leur contrée, quelqu'imparfaites qu'elles soient. Au reste, notre charrue méême n'y produirait pas de mauvais effets, parce que le terrain sablon- neux n'ayant aucune consistance, il remplit bientôt des espaces qui, sans cela, fussent demeurés vides. Enſin, on a encore des versoirs convexes faits avec du fer ou du bois; on en voit de pareils surtout dans les envirous du Rhin. Les charrues qui en ont de cette espèce remuent la terre promptement ei marchent sans peine, mais elles reiournent mal la tranche à moins que leur versoir ne soit très-long, et cette longueur augmente beaucoup le frottement. § 689. La pièce par le moyen de laquelle la partie inférieure de la charrue est réunie à age, et qui forme la partie antérieure du corps de charrue, s'appelle la gorge, elle les ordinairement de bois, c'est à la charrue de Small seulement qu'elle est en fer. Dans toutes les charrues perfectionnées cette pièce n'est pas perpendicn- laire à la partie inférieure de la charrue, au contraire elle est inclinée, de sorte que le haut penche en arrière à un angle de 80 ou 85 degrés. Au moyen de oette inclinaison la partie qui suit le coutre surmonte mieux la force qu'elle doit vaincre, et elle n'est pas sitèt usée par le frottement. Lorsque le versoir ne la recouvre pas sur le devant, on a recours à un autre moyen de la rendre tran- chante; on lui applique alors une bande de fer, ou bien, comme dans la charrue de Small, on prolonge la pièce de fer qui termine la charrue du côté restem nière la tre en con- 1 est scend nt de mos- unie, neore lone, inai- gers 5 qui orme ten otre lon- tela, on en at de elles eette unie rge; 2 est gic ⸗ sorte da de e doit r ne la re lr3l- Jans 14 du cöte D'AGRICULTURE. 23 gaucho*. On voit aussi des charrues ou le coutre repose immédiatement sur la gorge et en forme Pextrémité**, mais elles sont privées del'avantage qui résulte de ceute prolongation du côté gauche, laquelle a lieu sans augmenter le frottement. Quelqu'incontestablement avantageuse que soit cette inclinaison de la gorge, on trouve cependant des charrues qui en ont une toute opposée, et dans lesquelles ccite partie penche au contraire en avant. Au reste, il suffit du plus léger examen pour sentir que cette disposition est beaucoup moins convenable, er qu'elle nuit essentiellement à la durée de cette partie de la charrue-. § 690. L'age ou la perche est ceite partie par le moyen de laquelle le corps de charrue reçoit le monvement de progression qyui le fait avancer en terre, et qui remplace la ligne de trait qu'il est impossible d'attacher à ce corps de charrue lui-mème. L'age est assujetti sur Ie devant du corps de charrue par la gorge, et, sur le derrière, ordinairement par le manche gauche. L'union de ces parties doit se faire de manière que lorsque les traits sont attachés à la place convenable, la charrue marche horizontalement en terre, à la profondeur ouù elle a été intro- duite en commencant le iravail. Si Page est trop relevé sur le devant, ou si la gorge est trop longue, le soc a trop de disposition à entrer en terre, et l'on dit alors que la charrue marche sur sa pointe; si au contraire l'age est trop bas, ou si la gorge est trop courte, le s0c a alors de la tendance à sortir de terre. La charrue doit marcher horizonta- lement, ou du moins parallèlement à la surface du sol, et à la profondeur mème ou elle est placée, de manière que la partie inférieure du soc et le dessous du talon de la charrue soient à une distance égale de la superficie du sol. On donne aux charrues à avant-train cette marche horizontale, en les réglant par le moyen du levier, ou bien en raccourcissant ou ralongeant Page. Dans celles qui n'ont pas G'avant-train, on oblient le méme eſfet en haussant ou baissant les traits à Pestrémité de lage, au point ou ils sont attachés; mais Pélévation de l'age agit alors en sens inverse de la disposition du soc, qui, an contraire, cherche- à péné- irer dans la terre. Ce soc alors ne marche pas horizontalement, il déchire plulôt qu'il ne tranche la terre avec sa lame, ei les bêtes de trait en sont extra- ordinairement fatiguées. Cest par cette raison que souvent, dans les charrues roues, la gorge n'est pas chevillée solidement dans Page, mais seulement assujettie par un coin, et que pareillement on laisse un peu de jeu dans la 1 * Beschreibung der Aobergeräthe Heft.:, Taf. 2. fig- II. *... Mème ouvrage..... Heft.-, Taf- 6, ig. II. A. ——ö— 24 PRINCOIPES RAISONNES mortaise qui sert à unir f'age avec le manche, afin de pouvoir hausser ou baisser A volonté cet age par le moyen d'un coin. Mais souvent les laboureurs règlent ces coins de manière que le soc ait trop de tendance à entrer dans le sol, afin d'étre plus assurés que la charrue ne sortira pas de terre. Malgré cela la charrue ne peut pas pénétrer plus avant, parce qu'elle en est empéchée par l'äge, qui lui-méme est retenu par le levier de l'avant-train sur lequel il repose. Cet age exerce alors une pression très-forte sur le levier, et augmente encore les obs- tacles qui doivent étre vaincus par les bétes. Cela peut éêtre poussé à tel point que, dans un terrain tenace, l'age se rompe à la place où la chaine du train est assujeulie. Dans les charrues à roues on ne remarque pas si facilement cette fausse position de l'age; mais dans celles qui n'ont pas d'avant-irain on l'apergçoit d'a- pord, et le lahoureur a infiniment de peine à lutter contr'elle. La longueur de Page varie tant dans les charrues à avant-train que dans celles qui n'ont pas de roues. Plus il est long, o'est-à-dire plus le point de kraction proprement dit est éloigné du corps de charrue, plus la charrue a une marche réguliere, parce qu'alors la plus petite déviation du soc en opère une grande à Pextrémité de l'age; mais aussi cette augmentation de longueur diminue la force de l'age; par conséquent, plus il est long plus il faut lui donner d'épais- seur. La charrue de Small a l'age moins long que celle de Bailey; c'est la une seconde cause-qui fait qu'avec elle on est plus exposé aux déyiations. Aussi est-on obligé de mettre beaucoup de précision dans les proporlions de ceite charrue, parce que la force du trait ne peut guères corriger Ia disposition de P'instrument à devier de sa véritable ligne; mais aussi nul obstacle ne parvient à rompre son age, tandis qu'il n'en est pas de méême dans la charrue de Bailey. L'age des charrues à roues a ordinairement plus de longueur que cela n'est nécessaire, de sorte qu'il dépasse considérablement le levier. Le point où l'age repose sur ce levier peut être rapproché on éloigné du çorps de charrue à volonté. Daus le premier cas, la pointe du soc est relevée; dans le second, au contraire, elle est rabaissée. C'est pour opérer ces modifications qu'on fait à l'age divers trous, à chacun desquels l'anneau qui est au bout de la chaine de l'ayant-train peut étre assujeti par une cheville. Dans son sens horizontal, l'age n'a pas précisément la mèême tendance que le corps de charrue, il tire au contraire un peu vers la droite, et la charrue tient le milieu entre les deux lignes. Si l'age était placé précisément dans la ligne du côté gauche du corps de charrue, le soc alors ne tirerait pas assez à la gauche, il aurait de la disposition à sortir du sol. Si cependant, en faisant la charrue, on n'o pas eu soin de la régler de manière à prévenir cet inconvénient, il baisser dglemt , afin arrue qui 2t àge 5 obs- boint ain est lausse it da- celles otion arche ande ue la pais- une sL-on arrue, nent à 50 des ire, sur Jaus elle ous, peut ſue le narrue ans la assel à sant la pient, 1 D'AGRICGULTURE. 25 dl faut alors y remédier; cela se fait dans les charrues à roues en plaçant l'ege du côté gauche du levier; et dans les charrues qui n'ont pas d'avant-train, en attachant les traits au dernier trou, du côté droit du peigne ou régulateur. Mais ce défaut empéche 4oujours qu'on puisse prendre des tranches très-larges, lors méme que eela serait avantageun. Comme l'on amincit toujours un peu l'age dans sa partie antérieure, on enlève alors le bois du côté gauche, en laissant le côté opposé parfaitement droit, au moyen de cela on obtient une déviation suffisante*. 5 691. Les manches som ces pièces de bois à l'aide desquelles le laboureur introduit la charrue dans le sol et corrige les déviations de cet instrument. A proprement parler ces manches ne servent pas à la conduire, puisque, si elle est bien ſaite, elle doitsuivre d'elle-méme la marche qui lui a été tracée. Mais lorsque la charrue rencontre quelqu'obstacle extraordinaire, er Eprouve sur l'une ou l'autre de ses parties une pression qui la fait dévier de sa ligne, c'est alors l'affaire du laboureur de lui rendre immédiatemem sa précédente posilion; pour cet eſſet il ne doit jamais abandonner le manche, mais aussi ne doit-il y employer aucune force et aucune pression inuule. II faut qu'il soit tellement habitué à seniir avec ses mains les déviations de la charrue, que, presque sans y penser, et comme par instinct⸗ il soi prêt à y porter instantanément remède par un mouvement opposé. Les charrucs ont un ou deux manches; mais, dans la réalité, il n'y en a qu'un seul de nécessaire, celui de la gauche; aussi la plupart des cultivateurs pré- ferent-ils n'en donner qu'un à leurs charrues à roues, afin que le laboureur s'habitue à se servir avec la main droite ou du fouet, ou de cet instrument au moyen duquel il doir déblayer les racines et la terre qui s'attachent au-devant de la charrue. Les manches doubles, dit-on, rendent les laboureurs paresseux, er leur donnent lo tentalion de s'appuyer sur la charrue, ce qui augmente considérablement la peine des bétes. Lorsqu'il est nécessaire d'incliner la charrue du côté droit, cela peur tout aussi bien étre opéré à l'aide de la poignée. Cependant on ne peut contester que le manche droit ne soit aussi quelquefois uille; que, surtout, il m'aide à engager la charrue dans le sol, et à vaincee plus promptement les obstacles qu'elle renconire; que de plus, lorsque ce manche est tenu d'une main ſerme et avee le bras droit tant soit peu roide, il n'agisse en sens contraire de la terre qui, pesant sur le versoir, pourrait facilement faire zucliner la charrue du côté gauche, par conséquent reudre les tranches inégales. * Voyez Beschreibung der Aokergerathe, Heft.⸗, Tuj. 3, Fig. I. die. linie x y. A. T. III. 4 26 PREINCIPES RAISONNELS Dans les charrues ordinaires à roues les manches sont placés à l'extrémité postérieure de la charrue, afin qu'à leur aide on puisse exercer sur elle une pression perpendiculaire, lorsqu'on veut que la charrue pénétre plus profon- dément en terre; mais, si le sol est dur, cette pression mème ne prodauit d'autre effet que de faire relever la pointe du soc. Dans les charrues anglaises sans roues, les manches sont plus avancés sur le devant de la charrue, ils sont placés au point méême où celle-ci éprouve la plus grande résistance, et ils se prolongent en remontant derrière cet instrument, à une assez grande longueur; au moyen de ces leviers le laboureur peut, sans y employer beaucoup de force, résister à toutes les déviations de la charrue. b Mais, au moyen de cet arrangement, la plus légère pression sur les manches est extrémement sensible; aussi la principale difficulté qu'on rencontre dans Temploi de ces charrues consiste-t-elle à accoutumer le laboureur à s'abstenir de tout effort, de tout mouvement brusque avec la main. Le plus souvent les hommes qui n'ont jamais labouré ont bientòt appris à faire usage des charrues sans avant-train; tandis que, dans les premiers momens, d'anciens laboureurs tombent facilement dans le défaut de peser trop sur les manches. Aussitôt qu'on s'est habitué à manier les manches, à soulever un peu la charrue derrière, lors- qu'elle a de la disposition à sortr du sol; ou à peser dessus, lorsqu'elle entre trop profondément; la direction des charrues sans avant-irain est si facile, qu'un enfant de douze ans y suffrrait. Au reste, c'est seulement lorsque le terrain est montueux, ou lorsque la terre rencontre quelqu'obstacle inattendu, que le labou- reur est obligé de recourir aux manches pour tenir la charrue dans la position qui lui avait été donnée. Beaucoup de gens s'imaginent qu'avec les charrues sans roues il est difficile de tourner à l'extrémité de la raie pour recommencer le nouveau sillon, mais ils sont dans Perreur; il m'est aucune charrue avec laquelle cela puisse s'effectuer d'ane manière plus facile: on penche celles-ci sur leur côté droit et on les laisse trainer par les bétes; on les remet en place au moyen des manches; on soulève un peu ceux-ci pour que le soc entre mieuz en terre, et on laisse la charrue continuer sa marche. § 692. La charrue doit pouvoir étre réglée de manière à faire des sillons d'une lar- geur et d'une profondeur plus ou moins grandes. Ceitte disposition se lait à Pextrémité de bage, et dans les charrues à roues, tout autrement que dans celles qui n'ont pas d'avant-train. 8i, dans les premières, on alonge la partie de l'age qui s'étend dès le point ou il repose sur le levier, jusqu'au corps de charrue, on donne à ces charrues tra trewite le une ofon- pautre oues, dées au gent noyen ésister anches dans stenir nt les rrues reurs lu'on lors- entré gu'un in est bou- ition rues cer wec s-ci lace ieuz e lar- (ait à celles poiat DAGRIOCULTURE. 27 plus de disposition à entrer en terre; si on la racourcit, on produit Peffet con- traire. C'est à opérer cet alongement et ce racourcissement que sont destinés les trous qu'on remarque vers le milieu de l'age. Mais comme par ce moyen on ne peut pas produire l'effet qu'on désire d'une manière aussi accomplie que cela est nécessaire, le plus souvent on place au-devant de la gorge un régulateur, ou à Pextrémité postérieure de Le des coins, par le moyen desquels on peut lever ou baisser celui-ci, c'est-à-dire le rendre plus ou moins iacliné relative- ment au sep. Ce régulateur est fait de différentes manières; dans les charrues à roues, auxquelles on a donné plus de soins, son action peut étre graduée d'une manière insensible; souvent il est fait de manière que, par son moyen, on puisse augmenter la largeur de la tranche, ou la diminuer. En effet, si l'age est tiré plus à la droite, le soc se trouve tourné plus à la gauche et il a de la disposition à couper une tranehe plus large. Cependant pour prendre des tranches d'une grande largeur il faut encore changer le point où les traits sont fixés à l'avant- train, et e'est ce qui a lieu au tétard, etrier, peigne ou regulateur, au moyen des dents de cette pièce, le point central des traits et de Pavant-train est transporté à volonté plus à la droite ou à la gauche. Les dispositions faites à la charrue pour remplir ce but sont de diverses espèces, mais elles n'ont pas besoin de descrip- Uon ultérieure. La plus simple est sans contredit Ia meilleure, et on en trouve une ielle dans la description de la charrue de Norfolk par Dickson, pl. I. Cette charrue est, de toutes celles à roues que je connais, celle qui, en général, est la plus parfaite; le régulateur en est de fer, par conséquent il est un peu plus couĩteux. Cependant on l'envisagera comme très-économique, si l'on considère d'un côté combien il est durable, et avec quelle promptitude on suspend la volée à ses coches, et de l'autre la facilité avec laqelle les autres inventions du méême genre se cassent, ou la peine qu'on a à les régler d'une manière solide et de façon que P'avant-train ne risque pas d'ètre fendu ou brisé. Au reste, la eharrue de Norfolk ne convient que pour des labours très-super- ficiels, de trois pouces environ. Il est deux mapières de régler les charrues sans roues, toutes deux ont Heu au moyen d'étriers ou régulateurs. Ici comme dans tout ce qui se rapporte à la charrue, je dois renvoyer à mon ouvrage intitulé, Desoriplions des instru- mens d'agriculture les plus utiles*†. Là on pourra voir Pl. 1, Fig. IV; Pl. 4, Fig. VIII, IX et X, le kegulateune et la chaine de la charrue de Small, et à * Beischreibung der nutzbarsten Ackerwerkzeuge, crstes Heft. A. 28 pRILNCIPES RAISONMNES Pl. 7, Fig. III ex V, à la petite charrue à orcille mobile, l'appareil Ie plus con- venable pour les charrues légères. Pour régler la profondeur où la charrue doit pénétrer, it suffit de hausser ou de baisser le point ou les traits sont atiachés à Pextrémité de Page, d'avancer ce point ou de le reculer; cependant la longueur des trnits y contribue aussi essentiellement. Pour ealculer q'avance d'après une hauteur donnée, prise au point de trait des animaux, et d'après une certaine longueur des traits, à quelle profondeur la charrue pénétrera dans le sol, il faut tirer une ligne droite dès ce premier point au corps de charrue, en passant par le point où les traits sont attachés à Page- La charrue entre en terre jusqu'à la place où cette ligne vient tomber. Plus le point ou les traits sont attachés est baissé, plus cette ligne se rapproche de la pointe du soc; et plus on Péleve, plus la ligne monte sur le corps de charrue. Mais dans l'usage des charrues qui mont pas d'avant-irain, suffhi de savoir qu'en baissant le point oiu les traits sont attachés, on diminue la proſondeur du labour, et qu'au contraire en haussant ce point, on augmente la profondeur à laquelle la charrue pénètre. L'examen le plus superficiel démon- trera à toute personne qui a une charrue sans roues devant les yeux, que ce haussement et ce rabaissement se fait avec une grande facilité et une extréme promptitude. Au moyen de ce régulateur on donne aussi à la charrue de la propension à ürer plus à la gauche ou plus à la droite, c'est-à-dire à prendre des tranches plus ou moins larges, suivant qu'on attache la volée, pour ces premières, plus à la droite, et pour ces dernières plus à la gauche- 5 6953. Quoique l'usage des charrues à avant-train se soit propagé à tel point, que Fdans certaines contrées de l'Allemagne ont ait à peine une idée des charrues sans roues; ces avant-trains cependant sont absolument mutiles, excepté dans un petit nombre de cas particuliers. IIs chargent les bétes de trait sans qu'il en résulte aucun avantage, et ils semblent ne devoir leur invention qu'à des vues erronées, et leur introduction qu'à leur apparenee ingénieuse. Les roues ne peuvent nullement contribuer à alléger la charge; car lorsque la charrue a été bien réglée, l'extrémité de l'age repose à peine sur Pavant- train; elle n'y appuie fortement que lorsqu'une tendance vicieuse Pentraine en terre, et alors la résistance que la charrue oppose aux bétes est d'autant plus ₰ * Dans les chevaux l'épaule, dans les bœuſs Pépaule, le garrot ou les cornes, suivant la. manière dont Panimal est attelé. Trad. 8 us con- Lausser vancer 2 aussi ise au nits, à drone s Wans e ligne e ligne ale sup wpain, minue mente mon- ſue ce troͤme Sion à anches „ Plus que rrues dans vil en vues orsquè Pavant- ane en mnt plus — la. DP'AceRIGCUI. TUnk. 29 grande que la ligne de trait est interrompue, et a trois tendances différentes; Pune dès le point où est Paction des animaux, jusqu'au dessous de Pavant-train; pautre dès cehi-ci, en remontant vers Page à la place où la chaine est attachée à ce dernier, et enfin dès ce dernier point au soc. Si lorsque l'age, serré par la chatne, repose fortement sur Pavant-train, les roues diminuent la résistance, qui en effet serait bien plus grande si Pavant-train n'était composé que d'un simple bloe de bois, c'est ces roues elles-mêémes er l'avant-train qui occasion- nent cet inconvénient; en effet, il mexiste point dans les charrues sans roues. En général on est dans l'opinion que les roues rendent la marche de la charrue plus ferme et plus droite, qu'aveoc leur aide Pinstrument résiste mieux aux obs- racles qzui le détournent de la ligne quiil doit parcourir, qu'effes rendent sa direction plus facile; mais elles ne peuvent opérer ces effeis qu'en permettant de donner à Page une plus grande longueur, de sorte que la longueur de ee levier lui donne la force nécessoire pour résister aux déviations du soe, et, dans ce eas, ou la résistance qui détourne la charrue de sa marche est de nature à devoir etre facilement vaincue par la charrue; alors elle sera également sur- montée par une charrue sans roues; et comme le peu de longueur qu'a l'age des charrues de ce genre, fait qulelles sont plus faeilement jeiées de eôe; lersqu'elles ont été bien faites, elles sont disposées de manièere à donner au Jlaboureur toute la force nécessaire pour empécher ceite déviation; avantage queil n'a point avee les charrues à roues: ou bien cette résistance est de nature à. ne pouvoir étre vaineue par Pinstrument; dans ce cas la charrue sans avam train- court beaucoup moins de risques d'ètre brisée par l'action de bétes vigoureuses, parce qu'alors eHle saute de cöôté, et que d'ailleurs le conducteur accoutumé à la diriger sent parfaitement avec les mains, s'il peut ou non surmonter Vobstacle qni se présente; qu'ainsi, au moyen d'une légère pression, il peur aider 4. Pinstrument, et, si cela est nécessaire, le détourner de manière à le soustraire au danger. Moi-méme je croyois autrefois que pour déchaumer un terrain insgal, pier- reuz et rempli de racines, ou pour défricher un terrain inculle, une grande charrue à roues était plus convenable; mais Pexpérience m'a enseigné le con- traire, puisque j'ai rompu des terrains remplis de racines d'arbres au moyen des charrues sans roues de Small ou de Bailey, avec une force de trair beaucoup- moins grande que cela n'eüt été possible par le moyen d'une grande charrue à- roues. Avec deux chevaux seulement j'ai déchaumé desterrains de cette rature, dans lesquels on eùt jugé impraticable de meitre en action une charrue à roues sans y atteler au moins six chevaux; à la vérité cet avantage des charrues sans- 30 RINCIPES RAISONNES avant-train était dâ en partie à ce que le coutre, assujetti à la manière de Small, en était plus solide. Si la charrue sans roues perd un peu de la fermeté de sa marche par le mou- vement qu'elle éprouve à l'extrémité de son age, cet inconvénient est bien plus que compensé par la force d'action que le laboureur a sur elle. Avec la plus légère pression il peut la faire tirer à sa gauche, et ainsi prendre une tranche plus large; ou, la tournant vers la droite, lui donner de la disposiuon à sorur du sol; en levant un peu les manches la faire entrer plus profondément en terre, ou, en les baissant, l'empécher d'entrer aussi avant, et la faire sortir: lorsque la surface du sol est uniforme il n'a pas besoin de ces précautions, il suffit qu'il laisse la charrue suivre sa marche naturelle. Ce grand avantage des charrues sans avant-train est frappant dans les terrains inégaux, montueux et qui vont tantõôt en s'élevant, tantôt en s'abaissant: là, les charrues à roues agissent à faux et tracent des sillons d'une profondeur inégale; en effet, lorsqu'elles montent sur une éleévation, leur avant-train se trouve plus élevé que le corps de charrue, par conséquent la pointe du soc est soulevée; il ne coupe plus qu'une tranche de peu d'épaisseur, si même il ne sort tout à fait de terre. Si au contraire la charrue va en descendant, l'avant-train se trouve plus bas que le corps de charrue, alors le soc plonge en terre et pénètre trop avant. On ne peut abso- lument remédier à cela, qu'en réglant la charrue d'une manière différente toutes les fois que la superficie du sol varie d'inclinaison; les peines que le labou- reur se donnerait pour prévenir cet inconvénient de quelqu'autre manière, seraient absolument inutiles. Cela n'est jamais plus sensible que lorsqu'avec une charrueà roues, on laboure en travers un champ divisé en billons élevés; lorsque l'avant-train monte sur l'ados, le soc tient à peine en terre; lors au contraire que la charrue descend dans la rigole elle entre trop profondément. Avec une charrue sans avant-train, et au moyen des longs manches dont elle est pourvue, un laboureur habile peut, sans y employer beaucoup de force, éviter absolu- ment ces inconvéniens, et tracer un sillon d'une profondeur égale. Tous les lahoureurs savent combien de peine on a pour faire entrer la charrue à roues dans un sol tenace et fortement desséché. Tous les moyens qu'on em- ploie en pareille circonstance, les changemens qu'on apporte à la charrue chaque fois qu'on la met en terre, la pression sur la charrue opérée par le conducteur qui monte sur l'age; le rapprochement du sep vers la perche dans sa partie postérieure; tous ces moyens sont inefficaces, et le labourage est interrompu. La charrue sans roues, avec un soc plus pointu peut-étre, doit, lorsqu'on lève un peu ses manches, pénétrer méme dans une aire, et, si la nece le fr que trois zaire que grane deu ren de cha Pau ele eme don re de Smal, ar le mou. t bien plus ec la plus de tranche dsorür du Nen derre, ür Lotsque sufft quil arrues sans kont tantôt là faux et 3 montent e charrue, de tranche ntraire la corps de heut abso- IKexens ne le labou. mapidre, orec une ;Lorsque ontraire Rvrec une douryue, rabsolu- a charrue won em- a chatrue ree parle erche dans pourage e „elre, doi, 3, et, 81 la DAGRIEOULTURB. 31 force motrice est suffisante, trancher la terre la plus dure: pourvu done qu'on y emploie le nombre de bétes nécessaire, nulle sécheresse ne peui arréter les travaux de charrue. La plus grande simplicité des charrues sans roues et sa plus grande solidité tombent sous les yeux, et au moyen de celle-ci, on épargne ce tems que trop souvent on doit consacrer à la réparation de ces instrumens. § 694. Dans les charrues à avant-train les roues ne sont pas toujours faites de la môme manière; il n'est pas douteux que les roues qui sont plus grandes et mieux arrondies n'aient de l'avantage sur celles qui sont petites, mal formées et mal travaillées; cependant cet avantage n'est pas aussi grand et il ne contribue pas autant à diminuer la résistance que quelques personnes l'ont prétendu. Quelquefois les roues se meuvent autour d'un essieu immobile, d'autres fois elles sont assujetties à Pessieu ou à un axe en fer, qui tourne lui-méême dans le corps de Pavant-train. Le plus souvent on prefère cette dernière méthode, surtout lorsque les roues sont basses, soit parce qu'alors'essieu ou U'axe serait bientôt usé par le frottement du sol, soit aussi parce qu'alors on ne peut guère empécher qu'il ne se glisse de la terre entre la roue qui est la plus basse et'axe sur lequel elle tourne: au reste cette méthode a aussi ces inconvéniens. Quelquefois les roues sont de dimensions égales, et d'autres fois le rayon de la roue droite, de celle qui se meut dans la raie, est augmenté de la profondeur du sillon, ou à peu près. Si les roues sont d'un diamètre égal, l'avant-train est nécessairement dans une position oblique. Ceite obliquité augmente tellement le frottement, elle incline si fort Pextrémité antérieure de Page vers la droite, que cette méthode n'est praticable que pour des labours très-superficiels, de trois pouces au plus. Dès qu'on veut labourer plus profondément, il faut néces- sairement augmenter proportionnément le diamètre de la roue droite, de sorte que avant-train demeure dans une position horizontale. Mais si deux roues de grandeurs inégales sont fixées à un mème axe, à chaque tour la plus petite des deux reste en arrière, et se traine ensuite après l'autre; car deux roues de diflé- rentes dimensions qui se meuvent sur um mèême axe, n'ont point un mouvement de progression égal, mais plutôt un semblable à celui d'une quille que Pon chasse en avant. La roue droite qui est la plus grande, prend Pavance sur Tautre et va se jeter du côté gauche; elle heurte ainsi contre la terre non remuée et en est repoussée, de sorte que l'avant-train va et vient, et que le frottemeut en est considérablement augmenté. Si les roues sont d'un diamètre différent, il est donc nécessaire que, iout au moins l'une d'elles puisse semouvoir autour de Paxe. 32 PRINCIPEB RAIBPBONNES L'inégalité des roues a également de grands inconvéniens lors Si le billon relevé doit l'etre plus encore, au premier trait 6e se trouve déjà dans une position qu'on laboure en billons releyés. de charrue la roue droite qui est la plus élev „avant-train est alors tellement incliné, que souvent ilse renverse, plus haute, et] ager le soc en terre; o'est également le cas lorsque le et qu'on ne peut pas eng sol penche du còtε de la rigole, que la roue gauche doit se mouvoir dans la on que les premières et dernières raies des précédente raic. Aussi trouve-t- si Pon ne se donne la peine billons relevés et Jarges, sont toujours mal faites d'arranger la charrue de laçon à pouvoir les exécuter conveuablement, ce qui importe beaucoup daus cette manièere de disposer les terres. Ce sont là des difficultés inhérentes aux avant-trains, lesquels, d'ailleurs, sont inuüles et ne font qu'augmenter la résistance. L'unique cas ou je puisse donner la préférence A une charrue à roues, n'est donc nullement, comme je le croyais, celui du labour dans une erre rude, tenace el qui présente beaucoup de résistance, mais senlement eclui ou l'on se propose de labourer très-superficiellement, à larges raies et sur un aerrain plat. La, Pavant-train empéeche que la charrue n'entre trop profondément; par son moyen, on ne fait qu'écrouter le sol. A'aide de Tavant-train, la charruc pPeut aussi mieux&tre arrangée de manière à lever de larges tranches; Pour remplir le même but avec une charrue sans roues, il faudrait tout au moins faire à selle-ci une disposition particulière, § 698. Quelquefois, pour tenir lieu d'avant-train, op ajoute aux charrues une jambe sur laquelle l'age repose et qui, dans sa parue inférieure, a une sorte de sabot; ou une petite roue qui occupe la place du coutrez S'autres ſois enßn on y assu- jettit deux roues derrière le corps de charrue.— La charrue adeplée dans la Belgiquc est de la première espèce, et Schwertz, dans sa deseription de'Agriculture Belge, lui auribue la supériorité sur toutes les autres charrues. Eu effet, Ie corps de cette charrue est d'une forme excel- lente*; muis le sabot sur lequel repose sa parue antéricure, et qui se traine sur le sol, doit nécessairement augmenter le frottement; il ne peut guere contri- puer à ce que la charrue marche d'une manière plus ferme, ex il doit ôter au conducteur une partie de son acuon sur cet iustrument; le seul avantage 7.... qu'on puisse en obtenir eonsiste diwinuer P'effet d'un fanx mouvement da * Le dessin que cet autenr en a joint à son ouvrage ne suffisant point idée précise, nous ne tarderons pas à la décrire T'une manière plus complète dans nos a 8 Annales d'agriculture, A. pour en donner une Jaboureur. — laboure mier tralt position enverse, rsque le dans la raies des la peine Rent, ce 2urs, Sobt es, m'est re rude, Su Pon se rain plat. Por 50 h rue peut rremplir as falre à de jambe 2 sabot; 28su- chwertz, ur toutés 1e escel- za poureur- D' AGRICULTVUR K. 33 laboureur. Aussi ceite addition à la charrue paratt elle n'avoir été due qu'à la crainte de ue pouvoir faire comprendre aux laboureurs de quelle manière ils devaient diriger les charrues de cette espèce. On ne saurait faire usage de ce sabot sur des terrains dont la surface est inégale, car aussitôt qu'il monterait sur une pierre ou sur une élévation, la pointe du soc sortirait de terre, ou du moins remonterait à la superficie du sol.* Il vaut toujours mieux substituer à ce sabot une petite roue semblable à celle de la charrue à écrouter(schaufelpflug) dont j'ai donné le dessin dans la 5.“ partle de ma Desoription des instrumens aratoires, pl. 5 et 7. Cette roue occasionne moins de frottement. On a aussi adapté une roue de cette espèce au-devant du corps de charrue à la place du coutre, en la rendant tranchante sur son còté: Pon croyait par ce moyen faciliter la séparation de la tranche et surtout du gazon; mais sans doute il devait étre difficile de faire pénétrer cette roue dans la terre, cela ne pouvait étre opéré qu'en donnant au soc beaucoup de tendance à péné- trer dans le sol, ou par un avant-train qui fit baisser l'age, moyens qui, l'un et Pautre, augmentaient le frottement et la résistance, sans procurer aucun avan- tage qu'on n'obtint aussi du coutre. Om a également essayé d'ajouter une petite roue derrière le corps de charrue, afin de diminuer le frottement du talon dans le fond de la raie. L'inconvenance de ce perfecäionnement se montre d'elle-mèême. On a aussi ajouis à la charrue une roue à rais de fer et sans jantes; on la pla- gait à côté du versoir, au travers duquel son axe passait, en appuyant son autre extrémité sur le bas du manche gauche. L'extrémité extérieure des rais était faite en forme de pelle, et l'on prétendait, par ce moyen, diviser et ameublir la terre de la tranche renversée. Dans les terrains légers et sablonneux ceite roue puisait fort bien le sable, et produlsaüs T'effet qu'on en avait attendu; mais le frouement en était augmenté à tel point, qu'il fallait appuyer fortement la charrue du côté opposé, pour empécher qu'elle ne se renversàt. Sur les terrains argileux et tenaces où, seulement, cette invention eůt pu étre utile, elle ne pouvait pas opérer son effet. § 696. Dans le nombre des autres perfectionnemens que Part a voulu ajouter à la charrue, je parlerai seulement des suivans. * Je me suis assuré par Ferperiehce que cetie espèce de jambe n'est nullement nécessaire pour régler la profondeur du labour. La longueur des traits, le plus ou moins d'élévation du point par lequelils tiennent à la charrue, réglent parfaitement cette profondeur; lorsqu'ils ont été convenablement disposés, le sabot ne touche point au sol. Tad. T. III. 5 34 PRINCIPES RAISONNES Comme le renversement d'une tranche de gazon ne peut pas toujours éètre opéré d'une manière complète, on a ajouté à la partie postérieure du versoir, à la place ouù il s'élève au-dessus du terrain, une plaque mobile, ou plutòt on y a joint par une charnière une pièce triangulaire qu'on peut pousser en avant au moyen d'une vis, de manière à vaincre la résistance de la tranche et à la renverser complétement. Cette adjonction a été faite surtout aux doubles char- rues dont nous parlerons bientôt; mais on l'a recommandée également pour les charrues simples. Il n'y a aucun doute que ce moyen ne puisse produire cet avantage; mais sans doute avec une augmentation considérable de frottement, et en exigeant de la part du laboureur une contre pression constante pour em- pécher le renversement de la charrue. On se demande s'l ne vaudrait pas mieuz employer à opérer le renversement complet des gazons, un homme qui mar- cherait derrière la charrue, plutôt que de recourir à un perfectionnement, qui, comme que l'on ſasse, est tres-sujet à se déranger. On obtient quelque chose de pareil de l'alonge versoir Belge, composé tant d'une planche qui sert de prolongement au versoir, que d'une perche en bois dur qui lui sert de manche, et qui est assujetti an corps de charrue par un crochet qu'on engage dans un anneau placé derrière le versoir. Un jeune homme tient le manche et se place de manière que l'alonge forme, avec le versoir, un angle plus ou moins obtus. Il avance alors parallèlement avec la charrue, et hausse ou baisse la perche, suivant que la résistance de la tranche Pexige. Ceute addition doit étre envisagée comme une très-bonne prolongation du versoir; elle est, sans aucun doute, d'une grande utilité dans les labours très-profonds, lorsqu'on veut relever la terre en billons très-bombés, et lorsqu'on rompit d'un seul trait de charrue un gazon qui a beaucoup de consistance.* On a également ajouté aux charrues divers coutres destinés à couper et diviser la tranche avant qu'elle soit séparée et renversée par la charrue, et on les a assujetti dans une position oblique au moyen d'une pièce ajoutée à'age(on en voit le dessin dans le Traité de la culture des terres, par Du Hamel du Monceau). Dans les terrains tenaces, ceitte addition peut produire de bons effets; je ne la connais point par ma propre expérience, j'ignore done si elle n'a pas quelques § 697. Les charrues dontle versoir est mobile et peut étre glissé, transporté ou tourné alternativement de l'un ou de Pautre côté du sep, ont l'avantage de pouvoir inconvéniens. * Voyez Schwertz dans son Agriculture Belge; 1 vol. Trad. urs élre versoir, utòèt on navant 2t à la s char- t bour dire cet nemem, our em- s mieuz ni mar- ement, 8sG tant ois dur rrochet ee tient n angle hausse addition st, sans squ'on Itrait Jiviser les a on en ceau). ne la ꝛelques a tournè pouxvoir — DAGRICUITVUR E. jeter la terre toujours du même côté, par conséquent de pouvoir labourer à plat sans que le terrain ait aucune inégalité, ni aucune trace de billons ni de planches. Lorsqu'on a tracé le premier sillon et qu'on a renversé la tranche à la droite, on place le versoir du côté opposé, et l'on trace le second sillon iout à céôté du premier, de sorte que la tranche du second soit appuyée sur celle du premier. Ces charrues sont faites de diverses manières; souvent le versoir est réuni à la planche qui ferme le céôté gauche de la charrue, et avec elle il forme un angle de 45 degrés environ, dont la sommité est au-devant de la gorge; ces deux planches sont assujetties là par une broche mobile, et dans leur partie postérieure, elles sont tenues à un éloignement convenable par un arc en fer. A l'aide de cette broche on peut alternativement mettre en action Pune ou P'autre des planches en serrant l'autre contre le sep, et, au moyen d'une cheville qu'on place dans des trous prauqués à P'arc, ces planches sont assujetties dans la position qu'on leur a donnée. On peut aussi employer ces charrues pour faire les raies d'écoulement, en plaçant les deux versoirs à une égale distance du sep, de sorte qu'ils relevent une égale quantité de terre. Mais le plus souvent le versoir de ces charrues est détaché, de sorte que, pour le remuer, on l'ôte tout à fait: quoiqu'il ne tienne à la charrue que par le moyen de crochets, il est par là suffisamment assujetti. Quelquefois les charrues de ce genre n'ont, en place de versoir, qu'une peute oreille, qui est courbée et tournée de diverses manières, et par conséquent, qui jette la terre plus ou moins de cöté. On comprend, sans que j'aie besoin de le dire, qu'avec cette méthode la terre est assez mal renversée; outre cela ces charrues doivent êétre un peu inclinées d'un côté, ainsi donc elles ont quel- qu'analogie avec le binoir du Mecklembourg. Toutes ces charrues doivent avoir un soc à deux tranchans, assez semblable à un fer de lance. Dans les meilleures charrues de cette espèce, dans celles avec lesquelles on- peut labourer à une ceriaine profondeur, le coutre est placé de façon que sa lame puisse étre tournée à volonté vers la droite ou vers la gauche. La manière dont ce changement s'opère varie d'une charrue à l'autre; mais dans tous les instrumens de ce genre que j'ai vu, elle m'a paru étré sujette à de fréquentes altérations, de sorte que, le plus souvent, le coutre ne remplit que très-impar- .„.- faitement le but auquel il est destiné. En général il n'est guère possible de rendre ces charrues três-droites ci très- unies du côté qui touche à la terre non remuée, ei pourtani cela est très essen- üel à la régularité et à la fermeté de la marche de la charrue. Le frottement 36 PRINCIPES RAISONNES en est aussi très-fort, et lorsqu'on nous assure que ces charrues marchent cependant avec facilité, et qu'elles ne demandent pas une grande force de trait, cela s'entend sans doute de celles qui agissent dans un sol très-léger, et de labours très-superficiels. Je n'ai encore vu aucune charrue de cette espèce qui exdcutat mieux son travail que le binoir du Mecklembourg; aussi donnerai-je toujours la préférence à celui-ci, parce qu'il est plus simple; cependant les charrues à versoir mobile sont en grand usage dans les contrées qui avoisinent le Rhin. § 698. A différentes époques et à plusieurs reprises on a recommandé les doubles chariues qui, avec un seul age, ont deux socs et deux corps de charrue, les- quels, ainsi tratnés par un seul attelage, avancent parallèlement l'un à l'autre, et sont conduits par un homine placé derrière. Dans ces derniers tems l'attention a 6tG portée sur deux charrues de ce genre, dont l'une en Angleterre est due à Lord Sommervrille, et'autre a été inventée à Vienne. Moi-méme j'ai possédé une charrue de ce genre faite en Angleterre, et qui se distingue peu de celle de Lord Sommerrille. Il est évident qu'une ielle charrue exige une force motrice double de celle que demande une charrue simple de mème espèce, et que par conséquent elle ne peut occasionner quelqu'épargne, que daps le cas ou l'attelage employé aurait au-delà de la force nécessaire pour meitre en mouvement la charrue simple. Sans doute ce cas se présente assez souvent; mais lorsque, comme cela arrive or dinairement, la charrue double, au lieu de deux chevaux, en demande quatre, il n'y a assurément là aucune épargne, parce qu'alors la charrue demande également deux hommes, un pour tenir les manches, l'autre pour conduire les bétes. Pai eu plusieurs autres objections à ſaire contre celle que je posseède, quoique cependant elle soit très-bien construite. Elle est très-pénible à manier lorsqu'il faut la tourner à l'extrémité du sillon; il est difficile de la faire entrer en terre, et lorsque le terrain est dur, cela est mème impossible; outre cela la charge de terre qui pèse sur les deux versoirs jeute la charrue à la gauche, de sorte que ioute la force du bras droit du laboureur ne suffit pas pour la tenir en place, et qu'ainsi la charrue droite ne laboure que superficiellement et mème sort quelquefois tout-à-fait du sol: ces circonstances m'ont déterminé à la mettre entièrement de côté. On peut voir dans l'Agriculture pratique de Dickson un dessin de la charrue de lord Sommerville, o Pon a ajouté la prolongation du versoir, dont j'ai parlé au commencemeni de§ 696. marchent de trai, r, et de pèce qui nerai-je udant les woisinent es doubles rrue, les- 4 Pautre, auention est due possédé celle de de celle nent elle N aora ee simple, h arrite emande harrue e Pour muoique lorsqu'it 2n ierre, a charge de soxbs decr en ex meme rciné à k e de Dicbsod hrobobiiu DPAGRILOGGL T Un FE. 57 § 699. En revanche, les charrues d defoncer ont deux corps de charrue, placés sur une méême ligne, mais à des profondeurs différentes, et dont ordinairement le premier et le moins profond est plus petit et plus faible que celui de derridère. Le corps de charrue supérieur ne donne qu'un labour superficiel, il sépare une tranche de terre et la renverse dans la raie qui est à côté; le second soulève une tranche qu'elle prend au-dessous de la place qui vient d'ètre découverte, et elle la place sur la tranche renversée par le premier corps de charrue, de sorte qu'ainsi le terrain se trouve entitrement renversé. Pai souvent ſait tra- vailler avec une charrue de cette espèce, qui avait été construite en Angleterre avec tous les soins possibles, et à laquelle on avait prodigué les crampons et les pièces de fer pour joindre ses partes les unes aux autres; mais la plus grande profondeur à laquelle on ait pu atteindre dans un terrain de consistance moyenne, est seize pouces de Rhin, et l'instrument ne paraissait pas pouvoir supporter la force de trait nécessaire pour vaincre la résistance. Lorsque je calculai les frais d'une telle charrue et de l'attelage, je trouvai que j'aurais obtenu à meilleur marché le méême résultat, en faisant suivre la charrue par des hommes qui auraient labouré le fond de la raie avec la bèche; opération dont nous parle- rons dans la suite. Lorsqu'il ne s'agit pas de labours aussi profonds, deux char- rues, dont la seconde suit la première dans le mèême sillon, produisent un effet pareil. Je ne puis donc pas conseiller l'emploi de ce coũteux instrument, quoique dans bien des cas, surtout dans les sables, il put éêtre très-utile. Cependant, dans quelques circonstances, et surtout pour déchaumer un champ de trèfle, ou un terrain qui a été en repos, qui cependant m'est pas trop dur, etoù des labours moins profonds suffisent, on ne saurait assez recommander cette opé- ration. Ainsi Pon coupe horizontalement la tranche par le milieu, ei on renverse sa partie supérieure au fond de la raie, où elle est ensuite recouverte par cette autre moitié de la tranche, qui est exempte de mauvaises herbes. On emploie pour cela une charrue d defoncer, ou la charrue kranchante, qui pénètre à une moins grande profondeur, et dont la partie supérieure n'est composée que Tun coutre, d'un soc et d'une petite oreille. Mais dans le plus grand nombre de cas il suffit d'avoir recours à cet instrument si simple que j'ai décrit dans le troisième cahier de ma description des instrumens aratoires, sous le nom d'crou- teur ou degazoneur(schälmesser oder rasenschneider). Je me sers aujour- d'hui habituellement de ce moyen pour déchaumer tous mes champs de trèfle, et j'obtiens ainsi, non-seulement que toutes les plantes qui sont à la surface du sol soient parfaitement enterrées, mais aussi que le terrain soit parfaitement ö — 58 PRINGIPES RAISONNES ameubli et qu'il n'ait pas besoin d'un second labour pour les semailles d'au- tomne, lors méme que le trèfle est à sa troisième année, ou qu'il a été paâturé. Saus cela ce terrain demanderait absolument trois labours, et ainsi on en trerait une coupe de trèfle de moins. L'on a encore un autre instrument du méème genre, dans lequel Poreille qui enlsve et renverse au fond de la raie la partie supérieure de la tranche, est assujettie au-devant de la gorge, cependant au moyen d'une barre particulière qui entre dans l'age de la charrue. Les Anglais, qui envisagent avec raison cet instrument comme une de leurs meilleures inventions, l'appellent du nom de trench plough que je traduis par celui de karrue tranochante. Quant à divers autres instrumens qui ont la forme d'une charrue, mais qui sont destinés à des opérations particulières, j'en parlerai lorsqu'il s'agira de ces opérauons. § 7“o. Une charrue très-recommandable et qui est du genre de celles usitées dans ce pays, es: celle appelée preussische zogge, elle est sans roues, et, comme le binoir, elle est soutenue et trainée par l'age qui est suspendu au joug des bœuts. On ne saurait contester à cet instrument le mérite d'une certaine légè- relé, et il est fait de manière à vaincre la résistance et à diminuer le frouement autant que cela est possible. II pénètre dans le sol comme un coin pointu, et son versoir inférieur le débarrasse fort bien de la terre. Il retourne assez bien le terrain tenace, auquel surtout il est adapté, et quant aux sols plas légers il les divise et les renverse dans la raie. L'instrument lui-même coùũte peu, mais il est très-fragile, et il faut tout au moins en avoir un nombre double de celui dont on se sert ordinairement, afin de n'ètre point arrété par les accidens. On pourrait bien l'améliorer sous ce rapport, et, s'il était plus solide, son emploi deviendrait en effet moins coũteux; mais le priacipal défaut de cet iastrument consiste en ce qu'il est très-difficile à conduire, et qu'il faut pour cela des gens qui y soient accoutumés. Difficilement on pourrait Pintroduire dans une contrée sans y habituer les laboureurs dès leur zeunesse. Sil est mal dirigé, il laisse entre les sillons des cötes non remuées qu'il ne fait que recouvrir avec de la nouvelle terre. Au reste, les habitans de la Prusse orientale ont raison de tenir beaucoup à cette charrue, puisqu'elle est introduite parmi eux. § 70⁰1. La seconde espèce d'instrument par le moyen desquels le sol est préparé à recevoir la semence, comprend les binoirs. La différence caractéristique qui ailles G'au. lé paturs en tirerait oreille qui nche, est arüculiere rason der du nom de „ mais qui vagira de itées dans t, comme mjoug des aie lege- ſrouement Sona, A ssez bien le lagens IIles mtout au ent, aün S0us Ce coüteuk; eile à Fellement des leut 9 remaees es badal 5 dos de 1 as i Nes pheyed. eaale qul Gaclersille- D'AGCnILGUDLTURE. 39 distingue les binoirs des charrues, consiste en ce que ceux-là Wont pas, comme les dernières, un versoir placé en biais à leur cété, et non, comme on Timagine dans quelques parties de l'Allemagne, dans P'absence d'avant-train. Les binoirs varient dans leurs diverses espèces autant que les charrues. La plupart des charrues des Romains étaient de ce genre, et l'on en trouve encore en Italie, en Espagne et en France; mais comme de ces binoirs, tant anciens que modernes, aucun ne surpasse les qualités des nôtres, je me bornerai à parler de ceux-ci. Le Binoir du Mechlembourg se rapproche dela charrue en ceci, qu'il renverse en partie la terre, si on le tient de manière à opérer cet effet. Ses principales parties sont les suivantes: 1.9 Un Fer pointu sur le devant, triangulaire et qui ressemble assez à une bèéche, à cela près qu'il se termine en pointe; ce ſer est uni à 2.9 l'oreille. La terre enlevée par le fer est glissée obliquement sur Poreille, aux deux côtés de laquelle elle tomberait, si le binoir n'était pas tenu dans une position inclinée, mais au moyen de cette position le laboureur fait tomber cette terre de l'un ou de l'autre céôté. Le manche ou la prolonga- Uon de ceite oreille passe au travers de l'age, et y est assujetti par des coins- Au-dessous, P'oreille repose sur le sep du binoir, ou sur cette partie qui se traine au fond du sillon. Au moyen des coins, l'oreille peut étre relevée ou paissée, suivant que le fer doit entrer plus ou moins profondément dans la terre- 3. L'age formé d'une pièce de bois qui a naturellement la courbure convenable, ei que l'on choisit pour cela avcc soin. Sa partie postérieure est arrétée dans une mortaise creusée à cet effet dans le sep, et le manche qui passe au travers et entre dans le sep un peu plus en avant, le tient en place et sert à le diriger. 4.“ Le sep, dont ce que nous venons de dire explique le but et la ſorme. 5.“ Le manche, par le moyen duquel le binoir est dirigé. Si le binoir doit rejeter la terre à la droite en allant, le laboureur tient le binoir de sa main droite et Pincline de ce côté. Lorsqu'ensuite il revient tout à còté pour tracer un sillon qui touche Tautre, il prend alors le manche du binoir dans l'autre main, et Tincline à la gauche, de manieère que la terre tombe dans la précédente raie et la remplisse. Si cet instrument doit étre trainé par des bœufs, on ajoute alors à Page, au moyen d'un anneau ei d'une cheville, un prolongement qui, à son extrémité antérieure, est attaché au joug des bœufs, de manière cependant à permetire un mouvement latéral. Si au coniraire il doit étre mis en mouvement par un cheval, ce qui nm'arrive pas fréquemment, on adapte à l'extrémité du prolongement arrondi de Page, une limonière dans laquelle on aitèle le cheval. Lorsqu'il y a deux chevaux on ajoute un ayant-train à ce binoir. 40 PRINCIPERS RRAISONNE S .. 8à„ Nulle personne qui eonnatt cet instrument et la manière dont il est composé, ..... 5⸗„ ne doutera qu'il ne cultive parfaitement le sol, qu'il ne le divise, et qu'il n'ar- rache complétement les mauvaises herbes; mais il ne reuverse qu'imparfaitement la tranche, et il a outre cela l'inconvénient de ne pas remuer en entier la terre dans toute la largeur du sillon, mais au contraire de laisser entre chaque raie une côte qu'à la vérité il recouvre de terre meuble. Ce défaut m'a constamment ſrappé lorsque j'ai vu travailler cet instrument. Tous les bons agriculteurs du Mecklembourg conviennent que ce binoir n'est pas propre à toutes sortes d'ouvrages, et que, surtout pour rompre les terrains qui ont été laissés en pàâturage, et môme pour déchaumer les champs qui ont rapporté des grains, toute autre charrue doit avoir la préférence. En revanche il est excellent pour les labeurs qui doivent suivre, et méme pour le labour de semaille, lorsqu'on doit semer à sillons ouverts. Dans ce dernier cas il n'a d'autre inconvénient que celui-ci, que le bœuf de la droite marehe sur le terrain ſraichement labouré et y enfonce avec ses pieds, ce qui forme des trous où la semence s'amasse. Pour éviter cela, de bons cultivateurs emploient un binoir à avaat-train, et font marcher le Pœuf dans la raie. Il ne faut jamais labourer avec le binoir dans le sens du labour précident, au contraire il faut toujours prendre le labour en travers ou en biais; au moyen de cela le binoir coupe les tranches du précédent labour et les divise. Dans un terrain tenace, la prépa- ration du sol par des cultures alternatives à la charrue et au binoir, est excel- lente, pourvu cependant qu'on n'ait pas négligé d'y passer la herse avec les dents en avant. C'est par cette raison que les labours du Mecklembourg sont si accomplis; et en effet, on ne voit guère un jardia défoneé dont le terrain soit plus meuble et plus propre qu'une jachère du Mecklembourg. L'usage alteruatif de la charrue et du binoie ne présente, selon moi, qu'un seul inconvénient, c'est qu'il n'est pas facile d'accoutumer les mèmes hommes et le même bétail de irait à mettre en mouvement ces deux instrumens. Pour celui ſui n'est pas accoutumé à travailler avec le binoir, cet instrument est pénible à manier; randis que celui qui en a'habitude, peut supporter très-longtems ce travail, puisqu'un bineur du Mecklembourg demeure à Pouvrage, souvent dix heures de suite, sans se fatiguer. Ou ne peut guère employer les mémes bètes de trait, surtout les bœufs, alternativement devant la charrue et devant le binoir, parce qu'en travaillant avec la première, le beœuf de la droite marche dans la raie, tandis qu'en labourant avec le binoir, il doit marcher sur le terrain labouré, immédiatement à côté de la raie. Lorsqu'on a tourné le binoir, le bœuf de la gauche marche sur le terrain labouré, et celui de la droite sur le terrain nou labouré, itemem la terre ue raie amment oirwest terralns qui ont eranche vour de d'autre terrain où la hinoir vourer ujours pe les drE- excel- vec les ont Si u soit ruauf wient, tail de t pas aanier; ravall, ures de ge wät, r. parèe s h rüe, Iaboufé; ouf de l errain Gol labouréò, D' AGRICVULTURE. 41 labouré. Si Pon peut consacrer des hommes et des bètes exclusivement à chacun de ces deux instrumens, on peut alors avec un grand succèes s'en servir alternativement pour la culture des terres. C'est sur les terrains d'une force moyenne que le binoir a le plus d'avantages; sur des sols très-compacts et tenaces son action présente des difficultés plus grandes, à tel point qu'une charrue d'une bonté même médiocre, paratt devoir. lui être préférée; tout au moins alors le binoir marche-t-il très-lentement. Quant aux sols très-légers, cet instrument à'inconvénient de les diviser rop, et de les rendre trop meubles.* La facilité et la prompuütude avec laquelle on dadme le binoir, ou le démonte, le rend três-propre auz labours dans les terrains pierreux, et en général dans tous ceux ou il y a des obstacles à éviter. Pour labourer dans les pentes rapides et sur les monts, cet instrument est aussi très-avantageux et beaucoup plus commode qu'aucune autre charrue, parce qu'avec lui on peut mieux renverser la terre du côté de la pente, sans la jeter trop en bas. II peut plus facilement agir dans tous les sens, horizontalement, obliquement, en montant ou en descendant; il peut même labourer en rond autour d'un obstacle qui ne serait pas de nature à étre surmonté. 2. Le binoir de Silésie(der schlesische Ruhrhaahen), comme nous le voyons dans les diverses descriptions qui en ont été publiées, varie dans ses formes. Autant que je puis le savoir, on a aussi en Silésie des binoirs sem- blables à ceux du Mecklembourg. Ce n'est point de ceux-ci que je parle, mais de ceux qui, au lieu d'un sep avec lequel ils se glissent sur le sol, n'ont qu'un fer en forme de beèche, au moyen duquel ils travaillent la terre, e: derrière, des poignées à Paide desquelles ils doivent étre portés- On ne les emploie qu'alternativement avec la charrue, pour brasser le terrain en travers; ils sont parfaitement propres à cet usage- 3. Le binoir de Liwonie. Il agit en terre au moyen d'un fer bifurqué qui, courbé sur le devant, pénètre avec ses deuz pointes dans le sol et le détache. Au moyen d'un autre fer placé au bout d'un manche, et qui a à peu près la forme de ceux avec lesquels on cure la charrue, mais un peu plus grand, ou d'une sorte de pelle, il jette la terre un peu de côté. Ceute espèce de pelle * Nous avons une description très-détaillée du binoir de Mecklembourg, faite par un homme qui a rendu de grands services à l'agriculture de ce pays, Schuhmacher, dans son ouvrage intitulé: Abhandhung von Haaten, als einem,"orzüglichem I en Irenge anstati des Efluges. Berlin, 1774. A. T. III. 6 4² pPRINCIPES RAISONNES et, et tournée tamtt à la droite, tantôt à la gauche, est attachée avec un lac r la ierre de lun ou de l'autre côté. Si l'on en suivant qu'on veut renverse excepte ces deux pièces, cette charrue ne contient pas de fer; il n'y a pas de chevilles; le tout est attaché avec des cordes à la limonière dans laquelle le cheval est attelé.*† Ce binoir doit également èétre porté dans sa partie postérieure, ce qui le rend ement pénible pour les ouvriers qui n'y sont pas accoutumés; si on t à lui-même, il entrerait d'abord profondémeni dans le sol. extrèm Pabandonnai . 8 2* 4. Le Binoir d charrette. Cet instrument marche sur des roues, et, lorsqu'il il wa plus besoin d'étre dirigé; le plus souvent le labou- a 6t engagé dans le sol, heval, et va ainsi en avant. On P'emploie dans reur monte dessus ou sur un c les bas-fonds de la Vistule pour les terrains les plus tenaces et les plus pesans, il est bien plus uule que de mauvaises charrues, pour cultiver un terrain d'allu- vion, plat comme celui-là. Cependant cet instrumem n'a pu rompre un terrain durci par les chariots, qu'on put labourer aveo la charrue de Bailey, attelée de deux bœufs seulement; et si ce binoir n'est pas propre à déchaumer les terres argileuses, il devient assez inutile, car pour les seconds labours, on peut obtenir le méme eflfei du binoir de Mecklembourg. § 702. La troisieme espèce d'instrumens aratoires comprend ceux au moyen des- avec une grande épargne de forces et de tems, on ne renverse à la quels, „on ne le laboure pas bien profondément, mais on le cultive vérité pas le sol fortement à deux, trois et même quatre pouces de profondeur; avec lesquels on pulvérise ei méle parfaitement la terre jusqu'à cette profondeur; avec les- quels on etruit les semences de mauvaises herbes, en les ramenant à l'air pour les faire germer et en les remuant ensuite; avec lesquels on arrache les racines de ces mauvaises herbes, ou tout au moins les fait périr à force de les couper et de les blesser. C'est depuis peu seulement que les instrumens de cette espèce nous sont connus, et nous les devons principalement aux Anglais, dont les talens mécaniques ont par-là consideérablement enrichi Pagriculture. En Angle- zerre ces instrumens sont très-multipliés; chaque cultivateur les approprie à la nature de son terrain et au but parleulier qu'il se propose; souvent méèême il y ſait des changemens par simple fantaisie, mais en général ces modi- fcations ne sont pas considérables. Tous ceur qui inventeni de tels instrumens, * On en voit une description dans Pouvrage intitulé: Anzeigen der Leipsiger otonomischen Societat von der Ostermesse des Jahrs 4604. 4. 4 auche, on en das de Ne le rend on scw'il labou- dans sans, allu- rrain ée de erres enir Zes- à l tiße iels es- dur eines uper pece ai les mgle- e à la meme modi- rumens; — nomitehen D'AGRICUELTURE. 43 ou qui les perfecuionnent, leur donnent un nom particulier, et souvent le méme instrument reçoit une autre dénomination en changeant de lieu. Il ne faut done pas croire que, parce qu'un instrument porte un autre nom, et qu'il est extrémement vauté, ce soit une chose nouvelle; il faut attendre d'en avoir obtenu une description circonstanciée, et alors, le plus souvent, on trouve qu'il a une grande analogie avec d'autres de la mème espèce. On peut ranger les diverses sortes d'instrumens de ce genre sous les dénominations suivantes. 1. Soarificateurs. Le plus souvent ils ont dans leur partie antérieure des cou- teaux courbés en avant et assez semblables à des serpes de jardiniers; ces couteaux sont assujettis à une barre ou à une monture en bois sur plusieurs lignes, comme cela a lieu dans les herses; ces couteaux sont placés de manière que chaqu'un d'eux fasse sa trace particulière, et ainsi ne repasse pas dans celle du précédent. L'objet des scarificateurs est d'entrer et de trancher dans la terre argileuse plus profondé- ment quela herse; de diviser la superficie du sol, et de la mettre en contact avec Paimosphère: ons'en sert sur les terres labourables, et dans les prairies, auxquelles cette dernière opération est également très-avantageuse. Quelqyuefois on attèle les bêétes immédiatement au scarificateur, d'autres fois on emploie un avant- train, et alors, au moyen des manches, on pèse sur le derrière, alin de faire entrer Linstrument en terre; d'autres fois aussi le scarificateur a à chacun de ses angles des petites roues qu'on peut élever ou baisser, afin de donner au sol une culture plus ou moins profonde. On peut se servir de la méême monture pour des fers de différens genres,* par exemple, transformer l'extirpateur en scarificateur, en substituant à ses pieds ou socs les couteaux qui caractérisent celui-ci. 2. Les schims, ratissoirs d cheval, éoroutoirs, charrues à rabot. Je leur donne ce dernier nom parce qu'ils agissent sur le sol comme la lame d'un rabot, en tranchant la terre horizontalement à un ou plusieurs pouces au-dessous de sa superficie et en la divisant. Un fer droit de deux, trois ou quatre pieds de longueur avec une lame et un dos ajustés obliquement sur une monture, avance en terre sous la surface du sol. Pour s'en faire une idée il suffit de connaitre le ratissoir à cheval avec lequel on neutie les allées des grands jardins. La lame peut étre plus ou moins oblique, suivant qu'elle doit pénétrer plus ou * Epargne mal entendue. En changeant ces diverses pièces on perd beaucoup de tems, et Ton dérange les emboitures, de sorte que les tenons ne tardent pas à vaciller dans leurs mor- taises. Outre cela, pour que ces changemens puissent avoir lieu facilement, il faut donner infiniment plus de soin à la fabrication de chaque pièce, de sorte que l'instrument devient beaucoup plus coüteux, Tyad. 44 PRINCIPES RAISONNES miozns profondément. La monture à laquelle le fer est assujefti est tenue par deux manches, et le plus souvent la partie antérieure de l'age repose sunune roue, mais quelquefois aussi on lui adapte un avant-train de charrue. On se sert de cet instrument surtout pour enlever promptement le chaume des blés et la mauvaise herbe quiy apoussé; mais on Pemploie aussi pour régalerle terrain dans lequel les plantes de la dernière récolte avaient été butées. C'est dans le comté de Kent qu'il est le plus en usage; la ons'en sert pour donner, d'abord après la moisson, une culture au terrain où P'on a récolté des feves, afin que le sol ne Sinfecte pas de mauvaises herbes, jusqu'au moment ou il peut étre labouré pour étre ensemencé en froment. Ce travail se fait promptement et n'exige pas une grande force de trait. Parson moyen on peut aussi préparer en très-peu de tems le sol pour une récolte dérohée de spergule, de raves, de blé noir, ete. paree que souvent la ierre est encore assez meuble à une certaine profondeur, et que sa superficie seulement a besoin d'étre divisée et pulvérisée. 3. Les houes. Les instrumens qu'on range sous cette dénomination agissent dans le sol au moyen de pieds ou socs plas ou moins poinius ou obtus, plus ou moins horizontaux ou inclinés, et qui ont la forme d'un soulier ou d'une patte d'oie. Ils doivent remuer la totalité de la superficie du terrain dans lequel ils passent, et, pour cet effet, ces pieds sont placés sur deux ou trois lignes, de ma- nière qu'aucune particule de la surface ne reste intacte, mais plutòt soit jetée par les pieds de devant à la place où doivent passer ceux de derriere, et qu'ainsi ehaque motte de terre soit heurtée à réitérée fois. A ceite classe appartient Pextirpateur, instrument déjà assez répandu, et de Luiilité duquel tout culti- vateur qui sait Parranger et Pemployer convenablement, est pleinement con- vaincuz quoique les personnes qui en ont fait usage sans réflexion et qui, par exemple, l'employaient sans avant-irain, ou le rendaient trop lourd, ou enfin ne donnaient pas une bonne forme à ses pieds, en disent du mal avec fonde- ment. Cet instrument peut étre de différentes grandeurs; si Pon a un terrain irès-uni, on peut augmenter le nombre des pieds de chaque traverse, comme celui qu'on voit dans le premier cahier de ma description des instrumens ara- woires, pl. 9;3 ainsi l'on peut en mettre six à la traverse de derrière, et cinq à gelle de devant. Mais si le terrain estinégal, il vaut mieuz y employer un extir- pateur plus étroit et qui ait un moins grand nombre de pieds, parce qu'un plus large n'entrerait pas également en terre sur toute sa largeur. II s'entend que la force de Pattelage doit étre proporüonnée à la largeur de l'instrument, et que si, pour mettre en mouvement un extirpateur très-large, quatre ou même six chevaux sont nécessaires; pour un étroit au comtraire deux de ces bétes ——„—H DAGRICGCULT GUR V. 45 suffisent. La forme des pieds de Pexürpateur doit aussi varier avec la nature du ierrain auquel il est destiné. Plus le sol est tenace, plus les pieds doivent être pointus; il peut aussi convenir de rendre plus aigus ceux de devant, qui doivent commencer à ouvrir le sol, et ceux de derrière plus obius. On peut rendre le fer plus plat ou plus convexe, ou mème lui donner des oreilles divergentes, suivant qu'on veut sc borner à labourer le terrain, ou qu'on se propose de le diviser beaucoup et d'en renverser la surſace; au moyen du plus ou moins d'élévation qu'on donne à P'age sur Pavant-train, on règle la profondeur à laquelle les pieds doivent entrer; puisque, si on le baisse, on incline la pointe de ses pieds sur le devant, et que, si on le lève, on opeère T'effer contraire. Il m'a paru qu'il était avantagenx de donner demi-pouce de plus en longueur aux pieds de la rangée de devant, afin qu'ils pénètrent plus prolondément daus le sol, lors méme que l'age n'est point sonlevé. Car comme ce soulèvement a toujours plus ou moins lieu durant l'action de Pinstrument, si Pon a négligé ceite pré- caution, les pieds de devant u'entrent alors pas autant en terre que ceux de derrière, souvent méme ils ne font que glisser par dessus le sol. Je crois qu'il n'y a guère de terrains sur lesquels on ne Puisse employer Pexur- pateur avec succès. Des personnes qui s'en servent avec un très-grand avantage m'assurent que lorsqu'il a des pieds ou socs pointus, il pénètre aussi facilement dans les sols très-tenaces. C'est seulement dans les terrains qui ont à leur sur- face de grosses pierres immobiles qu'on ne peut pas se servir de cet instrument; là tout au moins il faut prendre garde que les soes ou pieds ne se cassent, et en- avoir toujours quelques-uns de rechange à sa disposition, d'autant que la pointe des socs ne peut pas étre assez forte pour résister à l'action de quatre chevaur- Si elle est de très-bon fer allongé, elle sautera moins faeilement sans doute, mais elle se ploiera et n'en arrétera pas moins Pautelage. Les pierres plus petites- n'empéchent pas qu'on emploie cet instrument, lors méême quelles seraient assez grandes pour ne pouvoir pas passer entre les fers, et qu'ainsi elles seraient trainées par Pexürpateur. II suffit alors que le conducteur arréte un instant la marche, pour enlever ces pierres et les jeter de côlé*; il n'est pas douteux cependant, * Lorsqu'un instrument est mis en mouvement par plusieurs bétes de trait, el qu'en outre il exige le concours d'un ou de plusieurs ouvriers, i est très-essentiel que cet instrument ne rencontre sur son chemin aucun obstacle qui suspende sa marche, puisqu'à chacune de ees sus- pensions le iems du chômage est multiplié par le nombre d'individus, hommes ou bètes de trait, quĩ sont employ és. La plus petite pause absorbe un tems qui, eonsacré à l'action de Linstrument, le conduirait souvent assez loin. Dans le cas dont parle l'auteun, les pierres qu'on est obligé de débarrasser avee la main, peuvent fort bien doubler ou wripler la durée du travail, qui, 46 PRTINCIPES RAISONNES qu'un terrain pierreux n'use beaucoup les socs- Si le sol est inſecté de chien- dent, sil contient des gazons non décomposés, des fanes de pommes de terre, ou d'autres choses de ce genre, l'emploi de l'extirpateur y devient un peu plus diſficile saus doute, mais nullement impraucable, Alors il faut seulement que le laboureur soulève et secoue l'instrument de tems en tems et aussitét qu'il commence à se remplir, et, si cela ne suffit pas, qu'il suspende un instant la marche et neittoie l'extirpateur; ce nettoiement se ſait très-vtte au moyen d'un outil assez semblable à une peute pelle, qui est consacré à cet usage, et qu'on emploie aussi avec la charrue, L'extirpateur est d'un emploi tellement avantsgeux, que, non-seulement il peut prendre la place de toute autre charrue qui ne donne qu'un labour super- ficiel, mais encore qu'il dépasse de beaucoup ses effets, tant pour la division des parties du sol, que pour leur mélange et pour la destruction des mauvaises herbes; c'est par cette dernière raison qu'on lui a donné le nom par lequel on le distingue. Outre cela, avec un extirpateur qui a siz socs à la rangée de der- rière, et au moyen de quatre chevaux conduits par deux hommes, on fait autant d'ouvrage qu'on en obtiendrait de six charrues attelées de douze chevauxz et conduites par six hommes, et méme davantage, puisque le premier attelage marche plus vite. On voit ainsi combien est grande l'épargne qu'on fait par ce moyen. Dès qu'on a déchaumé à la profondeur convenable avec la charrue, Pexürpateur peut étre employé avec un plein succès pour les labours suivans, ei l'on en obtient la jachère la plus complète et la mienx nettoyée de mauvaises herbes que l'on puisse atteindre, pourvu seulement qu'on se serve de cet instru- ment en iems convenable, et qu'on ne laisse pas la mauvaise herbe prendre le dessus. Outre cela l'extirpateur régale beaucoup mieux le sol que ne l'opère une charrue, parce qu'il souleve et divise la terre des places les plus élevées, que, à Paide de la herse, il épand ensuite dans les parties basses, surtout lorsqu'on l'emploie dans tous les sens alternativement. On peut aussi s'en servir pour enterrer la semence; cependant cela se fait mieux encore avec un instru- ment que nous allons décrire. Pourvu qu'on ait déchaumé le sol avant Phiver, P'extirpateur suffit pour donner à la terre une excellente préparation, surtout outre cela, est beaucoup moins parfait lorsque l'extirpateur est arrété fréquemment; d'ailleurs cet instrument est alors fort exposé à des fractures. Je ne crois donc point(et cette opinion est fondée sur ma propre expérience), qu'il puisse éêtre avantageux d'employer l'extirpateur sur des terrains ou il est souvent arrèté dans sa marche, soit par de grosses pierres, soit par une abondance de gazons et de mauvaises herbes. II faut avant iout nettoyer un peu ces terrains. Tngd. ver, 1oOu — Meurs PDaAGRIGULTVURL. 47 pour Porge; par son moyen le sol est pulvérisé à la profondeur nécessaire, de sorte que les germes les plus déliés y trouvent d'abord la nourriture qui convient z leurs faibles racines; outre cela le terrain conserve beaucoup plus long-tems Phumidité, que s'il eùt été labouré uniquement avec la charrue, ce qui, dans les printems secs, est d'un très-grand avantage. Si Pon met un espace de tems convenable entre les diverses cultures qu'on donne avec ceuinstrument, les semences de mauvaises herbes qui étaient renſer- mées dans les motics, germent, et les plantes qu'elles produisent sont bientöt détruites par le labeur suivant. Les racines de mauvaises herbes sont ramenées à Pair, elles sont déchirées à réitérées ſois, et elles périssent. L'utilité de cet instrument, surtout, est frappante lorsque, le terrain ayant rapporté des récoltes sarclées pour lesquelles il a recu un labour suffisamment profond et les cultures nécessaires, il doit, au printems suivant, éitre travaillé et ensemencé en avoine. De ceue manière je suis parvenu à cultiver avec avantage la grande orge à deux rangées dans un terrain très-sablonneux, sur lequel ceite espèce de céréale n'eüt pu réussir si elle eüt été semée au printems, après un labour à la charrue seulement. On emploie aussi avec beaucoup de suoccòs Pextirpateur sur un trèffe rompu, lorsque celui-ci n'a pas été assez ameubli par un seul labour. Sans cela on serait obligé d'y donner trois labours, ce qui retarderait considérablement la semaille. Avec l'extirpateur on peut le rendre suffisamment meuble, et ſaire périr les racines de trèfle. Cet instrumemt n'est pas d'un usage moins avantageux sur les terrains qui ont eté déchaumés après une récolte de pois ou de vesces. Comme il est d'une grande importance de rompre ces terrains d'abord après la moisson, ils se dur- ciraient trop, ou s'infecteraient de mauvaises herbes, si on ne leur donnait une seconde culture; et si Pon devait faire celle-ci avec la charrue, elle emploierait beaucoup de iems, à une époque où tous les momens sont précienx. Au moyen de Pextrpateur leur couche supérieure est bientét renouvelée, de manière que, sans aucun autre labour, on peut y faire la semaille et l'enterrer à la herse; enßn je trouve très-utile de passer légèrement Pextirpateur sur un champ de pommes de terre, peu de tems avant que celles-ci Ievent, et lors méme qu'elles auraient déjà quelques ſeuilles. Cette culture détruit les mauvaises herbes qui ont poussé depuis le dernier labour, de sorte que les pommes de terre sont alors beaucoup moins infectées de plantes parasites. On croir, à la vérité, de pouvoir également opérer cet effet par le moyen d'un hersage, surtout si, après avoir planté les pommes de ierre à la charrue, on a laissé le sol dans Pétat méme oL il a été mis par le labour; mais en suivant ceute dernière méthode, on 48 PRTINCIPEBS RAISONNES remplit ce but d'une manière beaucoup plus imparfaite que lorsqu'on herse d'abord après avoir planté; à ceute époque le hersage est nécessaire pour faciliter la germination des mauvaises graines contenues dans le sol, afin que les plantes qui en résultent puissent ensuite étre détruites par la culture à Pexürpateur. Cependant on conçoit que cela ne peut avoir lieu lorsque les pommes de terre ont été plantées sur des billons étroits et relevés. Oa a inventé en Allemague divers instrumens qui, au moyen de plusieurs fers ou socs de binoirs, remuent et cultiveni la terre à une plus ou moins grande profondeur. Ou leur a denné des formes et des grandeurs très-variécs, à quel- ques-unes des fers larges, à d'autres des étroits, avec trois, quatre, einq et mème six traverses. Au moyen d'un age on les adapte à un avant-train, ou bien on les fait trainer au moyen d'une limonière roide. D'Arndt, cet homme si connu dans son pays par son excellente manière de culliver et d'ensemencer Ses champs, se servait de plusieurs instrumens de ce genre. Celui—'entre les instrumens de cet agronome qui est le plus connu, est sa charrue d semer(saatpflug) qui produit le même effet que le peut ou simple extir- pateur des Anglais: le plus souvent ces socs sont au nombre de quatre, de la forme des soes ordinaires de charrue et qui, comme ceux-ci, ont une convexité assez sen- sible et sont fort elevés du côté gauche où ils sont coupés perpendiculairement. Ces soes sont assujeltis à des jambes en fer, lesquelles elles-méêmes sont plantées dans les traverses à neuf ou dix pouces Pune de Pautre. L'age est introduit dans ces traverses, et, comme celui de l'extirpateur, il est adapté à un avant- train, sur lequel il peut etre baissé ou haussé à volonté, suivant que les soes doivent entrer plus ou moins en terre. Au premier abord Arndt avait ajouté à ces socs de petits versoirs ou oreilles, afin de pouvoir, par ce moyen, réelemen: labourer ses terres et en retourner le sol. Mais dans la suite il jugea inutile de laisser subsister une addition qui augmentait considérablement le frottement et la résistance, et qui donnait à Pinstrument de la disposition à se remplir de mauvaises herbes ou de mottes de terre, sans lui communiquer toutes les qua- Rtés de la charrue. On emploie cet instrument surtout pour enterrer la semence dans un derrain déjà préparé, et il remplit ce hut d'une manière accomplie. Aprées que la semence a été spandue sur un terrain hersé, on règle l'instrument de manieère quil entre d'environ deux pouces en terre, et on le fait passer sur toute la surface du champ. S'est un travail très-pen pénible pour deux chevaux et un homme, et ainsi la semence me parait mieux distribuée que par tout autre instrument à moi connu, en telle sorte que rarement on trouve deux germes à une même place, mais que plutôt ils paraissent tous à une égale distance. 3 Après DACRICUITURR. 49 Après qu'on a donné un léger hersage, le grain se trouve placé à une profon- deur convenable, il est parfaitement mélé avec la terre, qui a été très-bien divisée par cette opération, et il n'est pas enseveli dans des espaces vides, ou sous des mottes impénétrables; de sorte qu'il se trouve effectivement dans la situation la plus favorable au développement de son germe et de ses racines les plus ténues. Ainsi donc, par le moyen de cet instrument, on peut épargner au moins le quart de la semence; ou méême, comme me l'ont assuré des culti- vateurs dignes de foi, au-delà de la moitié; outre cela, cette espèce d'extir- pateur faisant à la fois'ouvrage de quatre charrues avee un moindre emploi de ſorces, il accélère beaucoup les semailles, ce qui fait qu'on peut choisir le moment le plus propice pour Peffectuer. Je dois dire cependant, que je n'ai pas encore fait l'essai de ceite charrue à semer, parce que mes terres ne sont pas encore assez bien nettoyées de mauvaises herbes, pour que je puisse Pemployer. Om trouve encore chez les Apglais un grand nombre d'instrumens de cette espèce, qui varient dans leurs formes ct dans leurs accessoires; mais qui, au fond, produisent un effet à peu près semblable. Pour diviser d'autant mieux les sols argileux et tenaces, et aussi pour faciliter l'entrée des socs en terre, quelquefois on place un couteau devant chacun de ceux-ci, ou pien on fait alterner les coutres et les socs. On a poussé Part jusqu'à disposer ces instru- mens de manière que les socs puissent étre éloignés ou rapprochés; à cet efſet ces premiers ont ordinairement la forme d'un triangle dont la base peut étre plus ou moins étendue; mais alors ces instrumens deviennent beaucoup plus compliqués et plus fragiles. Entre le grand nombre des instrumens, il faut choisir avec réflexion ceur qui sont le mieux appropriés au but qu'on se propose, au sol et aus circons- tances de l'exploitation qu'on dirige. Si on les a trouvés, il y aurait une parci- monie bien mal entendue à se priver des grands avantages qu'ils procurent, pour se dispenser d'en faire l'acquisition. Souvent par les avantages qu'ils pro- curent, ils sont payés dès la première année, mème au double de ce qu'ils coũtent; que dis-je? souvent méême dans une seule saison. C'est le cas surtout de cette charrue à semer, parl'épargne qu'elle procure sur la quantité de grains à mettre en terre. On imagine à peine que parmi les agriculteurs il y ait des esprits assez petits, assez peu éclairés sur leurs véritables intéréts, pour regretter les frais d'achat d'un tel instrument, alors mème qu'ils en reconnaissent les avantages; ou des auteurs assez peu éclairés pour étre les apologistes d'une telle avarice; tandis que le plus chétif manouvrier n'hésite pas à se procurer un outil convenable, T. III. 7 50 pRINCIPES RAISONNES lorsqu'il a acquis la eonviction que son travail en sera facilité et amélioré, et aussi- 16 qu'il est en état d'en faire l'avance. Des vues aussi étroites peuvent ravaler le noble art de Pagriculteur, erle mettre au-dessous de la profession la plus vulgaire. Je parlerai ailleurs des instrumens dont on se sert pendant la végétation, dans certaines cultures et pour certains produits, et que l'on comprend ordinai- rement sous la dénomination de culti vatetcers. Je vais maintenant m'occuper des autres instrumens aratoires les plus usuels, puis je reviendrai sur le travail de la charrue. LES HERSES. § 705. Les herses sont une seconde espèce d'instrumens indispensable pour Pen- semencement des terres, et sans laquelle la charrue ne remplirait son but que d'une manière très-imparfaite. Elles ont également des formes très-variées, et cela doit étre ainsi pour remplir les divers buts qu'on se propose. On distingue d'abord les herses en pesantes, trainées par deux, quatre ou si2 chevaux, et en legeres, dont chaque cheval tratne une et mèême deux. La grande herse est composée de fortes pièces de bois, garnies de dents de fer longues, et fortes en proportion, dont chacune pèse une ou plusieurs livres. On emploie les herses de cette espèce surtout pour déchirer les tranches d'un gazon déchaumé à la charrue, ou sur les terres très-tenaces, pour diviser les tranches et briser les mottes qui m'ont pu l'ètre par le labour; elles sont quadrangulaires ou triangulaires. Dans le dernier cas, quelquefois, les dents en sont plus courtes auprès de l'angle antérieur de la herse, de celui auquel les traits sont attachés; et elles vont en grandissant à chaque traverse, de sorte que celles de la dernière sont les plus grandes. Quelquefois les herses ont dans leur partie postérieure des manches à l'aide desquels on peut ou les soulever, ou les enfoncer davantage dans le sol. Les dents y sont ou perpendiculaires ou inclinées avee la pointe en avant, ou enfin courbées en avant comme une serpe de jardin. § 704. Les dents des petites herses sont en bois ou en fer; il en est aussi qui ont alternativement une dent de bois et une de fer. Plusieurs agronomes ont rejeté sans exception les herses à dents de bois comme inefficaces; cependant il est des circonstances dans lesquelles on s'en sert avec avantage, non-seulement dans les terrains sablonneux où dans tous les cas elles suffisent, mais aussi dans ausé- ler le aire. ion, nai- jels, Pen⸗ que pour u 812 e fer s. On azon lhes ires rtes 16s; iere des lage e en ui ond rejeté il es lemenl si das PA GhICUI TVURL. 51¹ des terres pesantes, qui, quoique passablement divisées, contiennent cepen- dant encore beaucoup de moites. Là, avec des herses en bois, on peut beau- coup mieux herser en rond au trot; et, pour briser les mottes, la vivacité du heurt importe beaucoup plus que la pesanteur de la berse, et la nature des dents de celle-ci; outre cela, les herses en bois sont préférables à celles en fer pour enterrer les petites semences, pour donner une légère culture au sol lorsque la plante lève, et pour régaler le terrain, lorsqu'on ne veut pas que la herse entre bien avant. Au reste, il n'y a aucun doute que, par économie, on nes'en serve souvent dans des cas où celles en fer seraient préférables. Dans les petites herses de diverses formes, les dents sont également ou per- pendiculaires, ou inclinées; lorsqu'elles sont inclinées, elles peuvent èêtre em- ployées à volonté pour faire des hersages légers ou pour des plus profonds. Si on yattache les traits de manière que, dans leur mouvement de progression, les dents aient la pointe en avant, elles entrent mieux en terre er produisent plus d'effet; lorsqu'on les tourne du côté oOpposé, leur action est beaucoup moins sensible, elles ne font que glisser sur la surface du sol. Les dents de la herse sont rare- ment rondes, le plus souvent elles sont quadrangulaires ou triangulaires; cette dernière forme est préférable, parce que l'angle est plus aigu: on en fait aussi qui, semblables à des coutres, ont le devant tranchant et le dos large. Quelquefois on les enfonce dans le cadre et les traverses de la herse, et les y chasse comme un clou; d'autrefois on les assujetüt en les rivant. Dans le premier cas on leur donne plus de longueur, de manière que leur partie supé- rieure restant en dehors du cadre de la herse, on puisse les enfoncer davan- tage, à mesure qu'elles sont usées, ou les aiguiser lorsque leur extrémité infé- rieure est émoussée. Mais avec cette méthode on court grand risque de perdre ees dents de herse, soit qu'en heurtant sur des pierres elles se détachent du trou dans lequel elles sont plantées, soit que quelqu'un les arrache exprès. En effet, quelqu'un a-til besoin d'une pièce de fer, pour s'en servir de cheville par exemple, il va prendre une dent de la herse, et lorsqu'on veut faire usage de celle-ci, on la trouve hors de service et dépouillée. Les dents de herse qui sont assujetties à la monture, sont clouées sur le cadre ou les traverses, après que celle-ci ont auparavant été revèétues d'une bande de fer: ce n'est gueère que lorsqu'elles sont faites en forme de coutre, qu'on les assujetlit par le moyen d'ecrous, afin de pouvoir les enlever pour les aiguiser. § 705. En général, pour la culture qu'on donne avec la grande ou la petite herse, il importe: 52² PRINOIPES RAISONNES 1.“ Que les dents soient à un éloignement assez grand pour que la terre ne s'amasse pas dans leurs intervalles, et ne s'y agglomère pas. 2. Que les dents soient placées de manière que les raies qu'elles tracent sur le sol, soient à une égale distance les unes des autres. 5.“ Que chaque dent fasse sa raie particulière, et qu'ainsi la raie de une ne soit pas confondue aveo celle de l'autre. 4.) Que les dents soient, autant que cela est possible, à une égale distance les unes des autres dans la monture de la herse, afin que quelques parties ne soient pas plus faibles que d'autres. Dans la plupart des herses la troisieme condition n'est point observée; les dents y sont placées en quinconce, de sorte que les dents de la troisième tra- verse passent dans les raies tracées par les dents de la première, ei les dents de la quatrième dans les raies tracées par celles de la seconde; de cette manière, une partie des dents demeure inutile, puisque les mottes que la première rangée a touchées sont ou brisées ou jetées de côté, et qu'ainsi elles ne sont plus atteintes par les autres dents. Il est même des cas où il y a des inconvéniens à ce que plusieurs dents passent par le mèême trait, et forment une raie trop profonde, par exemple lorsqu'on herse après avoir semé des graiues très⸗- menues, parce que celles-ci pourraient alors étre trop enterrées- On peut à la vérité diminuer ce défaut, en attachant les traits non au milieu de la traverse antérieure de la herse, mais un peu de côté, de sorte qu'au lieu d'ètre placée à angle droit des traits, elle marche un peu en biais. De cette manière les raies ont une direction différente, elles se trouvent moins réunies; mais alors la partie du sol sur laquelle il ne passe qu'un angle de la herse est moins travaillée que les autres, et pour réparer ce mal, il faut, en revenant, repasser sur cette place avec la herse, ce qui augmente le travail. Lorsqu'on herse en rond, cet inconvénient n'est point aussi sensible, pärce que, de cette manière on passe plus d'une fois sur chaque partie du terrain. Dans les lieux où l'on se borne à herser en long, il est important d'arranger les dents des herses de manière que chacune de celles-là fasse son trait distinct, et que ces traits se trouvent également rapprochés les uns des autres; il faut, au reste, s'abstenir de multplier trop le nombre des dents de chaque traverse. § 706. 9 6 9 0 1 L'on a des herses où les traits sont attachés, non à l'un des côtés, mais à la pointe; ces herses, surtout lorsqu'elles ont des dents courbées en avant, ont un mouvement sinueux et de sautillement, qui contribue beaucoup à briser les — —— Tre ne at sur e ne a2 sorte iais. oins 2 la en vall. aree rain. oger inck, faub, N exse- 1 als à la nt, ol esel les D'ACnTICULTGR k. 53 mottes et diviser le sol. Le régulateur, au moyen duquel les bèêtes de trait sont auttelées, est mobile, de manière à favoriser ce mouvement sinueux; mais alors il faut que la herse repasse plus ou moins sur la parlie qu'elle a parcourue au précédeni trait. Lorsque ces herses sont pelites, mais pesantes et pourvues de dents fortes, elles font un très-grand effei sur les terres fortes, surtout lors- qu'on conduit ces premières au trot. Les herses forment ordinairement un carré dont les côtés sont quelquefois égaux, d'autrefois inégaux, et l'on y attache les traits ou dans la longueur, ou dans la largeur; elles ont souvent cinq traverses en longueur, et en largeur seulement trois ou quatre; alors, suivant la manière dont elles ont été attelées, elles opèrent dans le premier cas avec cinq dents, dans le second avec trois: cependant on a aussi des herses triangulaires qu'on attèle à un de leurs angles. § 707. Dans les lieux où on laboure en billons bombés, et oùð on ne herse qu'en long, une herse grande et roide n'atteindrait pas toute la surface du billon. Oa y divise donc la herse en deux parties, qu'on réunit Pune avec l'autre par le moyen d'anneanx, d'une sorte de charnière ou de petites chatnes, alin qu'elles puissent s'ineliner des denx côtés de l'ados. Là ouù l'on donne aux billons une largeur toujours égale, on attache ainsi deux, trois et jusqu'à quatre herses ensemble, de manière que, dans un seul trait, elles passent sur toute la largeur du billon. Ou les attache alors par le milieu à une volée commune, de sorte que les chevaux marchent sur le milieu du billon; ou bien, ce qui est préfé- rable dans les terrains humides, on attèle un cheval à chacune des extrémités d'une perche qui prend toute la largeur du billon, de sorte que les chevaux marchent dans les deux rigoles. Au moyen de chaines on attache les herses à cette perche, les unes à côté des autres, et ces herses sont ainsi mises en mou- vement toutes à la fois. Si les billons sont fortement élevés au-dessus des rigoles, de sorte que la perche courre le risque de frotter sur Pados, on emploie alors un avant-train à doubles roues; celles-ci avancent dans les deux rigoles, et doivent étre assez hautes pour soutenir la perche au-dessus des ados. Cette dispo- sition est à la vérité un peu compliquée; mais sur les terrains humides, etsurtout pour herser après la semaille, elle a le grand avantage d'empécher que le bétail ne marche sur le terrain labouré et ne le serre ou n'y eufonce; T'on sait que rarement les semences qui, daus les terrains de ce genre, ont été enfoncées par les pieds du bétail de trait, ne parviennent à lever. PRINCIPES RAISONNES § 708. Lorsque le cheval est attelé à la herse immédiatement et dans la ligne de trait, il faut que les traits en soient très-longs, si Pon veut que la herse ne soit pas soulevée sur le devant par le mouvement du cheval, et ne cesse pas G'agir sur le sol. Mais comme ces longs traits ont plusicurs inconvéniens, l'on a fait diverses dispositions pour y remédier; l'on a par exemple assujetti sur la 1 herse un crochet de deux pieds de longueur, ou, oe qui semble mieux encore, un peigne ou régulateur de la forme suivante: — 1 Si la herse ne doit agir que superficiellement, on attache les traits au cro- p Y chet du bas; si au contraire on desire qu'elle entre plus avant dans le sol, on 2 les suspend au crochet du haut; ce régulateur a, dans sa partie antérieure, ze à peu près la longueur d'un pied et demi, et il est assujetl sur les traverses la de la herse. h § 709. Dans les contrées où Uon herse avec plusieurs chevaux à la fois, on place ceux-ci ordinairement en biais, de manidère qu'on ne soit obligé de conduire que le premier d'entr'eux, et que les autres soient forcés de le suivre. En con- séquence on attache les courreies de la bride du second cheval, soit au palonier, soit à la herse du premier cheval; le troisisme à celle du second, et ainsi de 1 suite. Par ce moyen les chevaux sont maintenus d'autant mieux dans la direction r qui leur a été donnée, que, d'un cté, la courroie les empéche de s'éloigner;, 3 tandis que de l'autre la herse qui est à cété d'eux les force à se tenir à la dis- tance convenable, sans qu'on ait besoin d'y donner des soins; ils ont assez peur de la herse qui avance à côété d'eux pour qu'on n'ait pas à redouter qu'ils 4 s'y encoublent, pourvu toutefois qu'ils puissent la voir. Cette dernière circons- tance doit interdire de leur meure une bride avec des æillères, à moins qu'on n'ait soin de relever l'œillère du côté de la herse. Il y a du danger à employer à ce travail des chevaux aveugles, à moins qu'ils m'y aient été accoutumés avant de perdre la vue.. § 710. Les herses doivent toujours étre munies d'un traineau à l'aide duquel on —— D'AGRICGCGGETUR P. 55 les transporte dans les champs. Ces traineaux peuvent aussi servir au transport des charrues sans roues. Comme J'entretien des herses fait un objet très-sensible dans le nombre des dépenses de P'exploitation, et que cependant on ne peut s'en passer pour faire les semailles, il importe de veiller à ce qu'on les soigne autant que cela est possible. Dès qu'on a cessé d'en faire usage on doit les mettre à couvert, ei dans les cours comme aux champs, au lieu de les laisser étendues sur la terre, il faut les dresser de champ l'une contre Pautre. § 711. Quelquefois on garnit la herse avec des branchages, ou avec des épines, ou bien on a des monitures de herses sans dents, qui sont exclusivement consacrées Aservir de cette manière; cette espèce de herse est très-efficace, lorsqu'il ne s'agit que de régaler la superficie du sol, et briser les mottes qui ont échappé Ala herse à dents ordinaires. On s'en sert aussi pour enterrer les peütes semences, par exemple le trèfle. Il convient alors qu'elles soient garnies de branchages nerveux ex élastiques, surtout d'épines, mais que celles-ci ne soient pas trop serrées les unes avec les autres, parce que dans le dernier cas ces herses pourraient facilement faire des trainées, et enlever la semence dans les places ouù elles frottent le plus. Il est des personnes qui font usage de herses faites avec des branchages croisés et entrelacés comme les corbeilles, et qui en vantent les bons services. § 712. Il est d'une grande importance d'employer les herses par un tems et d'une manière convenable; lorsque le contraire a lieu, les inconvéniens qui en résultent ne sauraient étre compensés par la plus grande perfection dans les labours. L'emploi de Pextirpateur seul peut diminuer considérablement Pusage de la herse. Nous donnerons dans la suite les directions nécessaires sur le bon emploi de la herse dans chaque oas particulier; ici nous ne traiterons ce sujet qu'en général. On distingue les espèces de hersages suivans: 1. Herser en long, c'est-à-dire dans la direction suivie par Ia charrue en labourant. 2. Herser en travers ou en biais, c'est-à-dire couper en travers ou en biais les tranches formées par la charrue. 1 3. Herser en serpentant, c'est-à-dire conduire la herse d'un cοιι du billon à Pautre alternativement, de sortc que les traits se croisent les uns les autres, comme cela a lieu dans des 6 mis les uns sous les autres, 56 PRTINCIPES RAISONNES 4. Enfin kerser en rond. Comme cette manière très-efficace de herséèr est inconnue dans diverses contrées, je dois la décrire ici d'une manière plus par- ticuliere: clle ne peut avoir lieu que sur des billons ou planches très-larges, ou sur des champs labourés à plat et dans lesquels on ne veut pas de billons. Les chevaux, ordinairement au nombre de quatre et quelquefois de six, sont attachés les uns au palonier ou à la herse de l'autre, comme cela a été expliqué plus haut. Le conducteur tient par la longe le cheval de devant, ordinairement celui de la gauche, et lui fait faire un tour sur lui-même; les chevaux qui sont à côté de lui doivent, comme l'on conçoit, décrire un cercle d'autant plus grand qu'ls sont plus éloignés du centre. Lorsque le cercle est presque fini, il descend quelques pas plus bas, et fait alors un sgcond tour; on continue ainsi dans toute la largeur que les herses peuvent embrasser. On comprend facilement que le cheval qui est le plus éloigné du conducteur est celui qui a le plus de peine, aussi met on les chevaux les plus faibles et les plus peüts en dedans, les plus forts ei les plus grands en dehors; ou bien, s'ils sont à peu près égaux, on les fait alterner. Le plus souvent il faut que le cheval du dehors aille à un trot assez allongé, quoique celui du centre ne fasse que quelques pas bien lents. 8i la terre est très-forte, et que, pour la diviser d'une manière couvenable, les chevaux du dehors doivent aller toujours au trot, ces béêtes en sont fortement éprouvées; ce travail ne peut étre exécuté que par des che- vaus qui soient en pleine force. II n'est pas douteux que cette manière de herser ne prenne beaucoup de tems, parce que chaque partie de la surface est parcourue plusieurs fois; mais aussi elle produit un effet qu'on ne peut atteindre d'aucune autre manière. Les hersages rapides de cette espèce ont ordinairement lieu avec des herses à dents de bois, parce que les chevaux ne pourraient pas soutenir un tel travail avec des herses pesantes. Lorsque le champ a été complétement hersé de cette manière, on y passe alors les herses en long, et cela se fait également au plein trot; pour cet effet le conducteur monte sur le cheval de devant ‚ afin de le faire avancer plus rapidement. C'est dans le Mecklembourg que cette opération est le mieux exécutée, et il n'en est aucune à laquelle on apporte plus d'autention, 9 715. Pour faire un tel hersage, il faut, bien plus encore que pour le labour, choisir un tems propice et un degré d'humidité convenable; si la terre est trop humide, ce hersage peut souvent faire plus de mal que de bien, et au lieu de diviser le sol, au contraire, le durcir et Pagglomérer. Il faut également se donner de garde de * est par- ges, ons. vont qus aent Souüt Mus lin, linue rend a le s en peu hors D'AGRICULTURL, 57 de laisser trop dessécher et durcir une terre forte, avant de la herser, parce qu'alors onne parvient plus à la dompter; lors donc qu'on a atteint le moment et la tempé- rature convenables à ce iravail, il faut quitter tous les autres labeurs pour exécuter celui-là. Ainsi dans le tableau des travaux d'attelages qui doivent étre exécutés dans la semaine ou le mois, le hersage doit élre mis avant tout, LE ROULEAVU. § 714. Le rouleau est également un des instrumens les plus uules; on ne saurait g'en passer daus une culture perfectionnée, quelle que soit d'ailleurs la nature du sol. Nous examinerons d'abord les divers usages auxquels cette espèce d'ins- trumens est destinée; et ce sera seulement ensuite que nous parlerons de ses formes, parce que celles-ci doiyent étre déterminées par le but auquel on desune le rouleau. Le premier objet qu'on a en vue est ordinairement de briser les mottes qui ont résisté à Laction de la herse, ou du moins de les enfoncer dans le sol, de manière que, dans un prochain hersage auquel alors elles ne peuvent plus Schapper, elles doivent nécessairement perdre une partie de leur volume. C'est par ceite raison que, dans les contrées où le sol est très-tenace et la culture très-soignée, méème apreès les labours préparatoires, on herse d'abord, puis on passe le rouleau et l'on herse encore. On croirait qu'un terrain a été très-mal préparé si cela n'avait pas eu lieu. Le second objel est de donner un peu plus de consistance au terrain léger et trop meuble, et de rapprocher ses parties intégrantes. Le rouleau n'est pas employé dans ce but aussi souvent que cela serait convenable; Paction du rouleau est très-avantageuse, surtout pour diminuer dans des terrains trop légers, le mauvais effet de labours trop réitérés, et pour emp'écher que Phu- midité contenue dans le sol ne s'évapore trop promptement; on a recours à ce moyen, surtout dans les terrains spongieux des bas-fonds; là on ne saurait guère s'en passer. Le troisième but auquel le rouleau est destiné, est de raffermir les plantes des semailles et de leur donner plus d'adhérence avec le sol. Quelquefois lors qu'on veut semer des graines très-petites, on se trouve fort bien de passer auparavant le rouleau sur le sol, afin de le régaler complétement et d'obtenir que la semence puisse étre distribuée d'une manière plus égale que cela n'aurait lieu sans cela. Lorsque le sol a été ainsi parfaitement bien régalé, les grains de semence se repoussent les uns les autres lorsqu'ils se heurtent, de sorte que T. III. 8 58 PRINCGCIPES RAISONNES rarement deux d'entr'eux restent Pun auprès de Pautre; alors on y passe la herse; qu'on fait suivre à réitérées fois par le rouleau, pour écraser les raies qu'elle a formées. Le rouleau peut aussi étre employé avec un grand avantage sur les terrains qui ne sont pas trop tenaces ou humides, après le hersage qui a recou- vert la semence; cette opération presse la terre autour de la semence et la met plus fortement en contact avec elle, au moyen de quoi elle germe et lève plus promptement; cela est évidemment démontré par les places qui ont échappé au rouleau, dans lesquelles la semence leve plus tard que dans les places qui ont éprouvé la pression de cet instrument. Probablement aussi cette pression empéche que la lumière ne pénètre dans le sol et ne nuise à la germination. D'ailleurs, en régalant Ie sol, l'action du rouleau facilite beaucoup la récolte; elle permet de faucher beaucoup plus ras, ce qui, surtout pour les pois et les ſèves, est de grande conséquence. Le quatrisme but qu'on a en vue dans l'emploi du rouleau, est de recouvrir de terre, ou de presser contre le sol, les racines détachées par la gelée des semailles de l'automne précédente. Les terrains riches en humus qu'on trouve dans les bas-fonds, s'enflent au printems quelqueſois à tel point, que les racines des plantes en sont chassées; si alors il ne vient pas bientôt de la pluie, le rou- leau est'unique moyen qui reste pour rétablir ces plantes. Enfin, ons'en sert aussi dans certains cas pour détruire des insectes qui nui- sent aux jeunes plantes, et qui, surtout pendant la nuit, se rendent à la surface du sol pour y prendre leur nourriture; c'est pour cette dernière raison que cette opération ne doit se faire que lorsque la lumière du jour a disparu. § 715. Le rouleau est mis en mouvement à l'aide d'une monture, dans laquelle les deux extrémités de son axe sont einboitées. Ordinairement le rouleau lui méme est rond, et Von en fait de diamètres et de longueur très-différens; plus le diamètre en est grand et la longueur petite, plus Paction du rouleau est forte. En augmentant la longueur du rouleau, loin d'augmenter sa force de pression, on la diminue au contraire, parce qu'alors il est porté par un plus grand nombre de points de la surface du sol. La longueur la plus ordinaire est de six à neuf pieds, et le diamètre varie entre un et deux pieds. On a aussi des rouleaux hexagones et octogones, qui, pour briser les mottes, font beaucoup plus d'effet que les ronds, parce que, à chaque mouvement de progression, ils ont une chute plus brusque; mais les rouleaus de ce genre exzigent une force de trait beaucoup plus grande; c'est probablement ce qui — alene, dyelle sur les ecou- et la leve happé es qul Keon Änadon. Ne, elle ſoyes, ouvrir Ge des trouvye aeines rou- 1nul⸗ vurface 7 que Neles aau Jui 3; plus aau est rce de m Plos diare motles, emeni de ee genle nt ce 1 D'ACRICULTVURE. 59 fait qu'on les trouve si peu répandus; sur des sols irès-tenaces, je les tiens pour fort-avantageux, C'est dans le même but qu' oubien qu'on les a revétus de liteaux; mais lorsque le sol n'est pas très-sec, ces cannelures et'espace qui est entre les liteaux se remplissent de terre, et l'instru- ment fait alors d'autant moins d'effet. La monture du rouleau est faite de différentes manières, dont il ne me paratt pas que Pune présente de grands avantages sur Pautre; je me dispense d'en donner la description, dans la persuasion où je suis que chacun de mes lecteurs en connatt l'une ou„'autre espèce. II faut seulement qu'elle soit faite de manière on a donné aux rouleaux des raies ou des cannelures, que le conducteur puisse s'asseoir dessus, soit afin d'augmenter le poids du rouleau, et par conséquent son efficacité, soit afin de pouvoir aller plus vite, lorsque ce travail ne donne pas beaucoup de peine aux bétes. Par ce moyen on épargne aussi au conducteur lincommodité de la poussière, à laquelle, sans cela, il serait exposé. L'on a aussi des rouleaux sans monture, dont les extré- mités de P'axe tournent dans des anneaux, qui, par des crochets, sont eux- mémes attachés aux traits. Au lieu de ſaire tourner le rouleau, on ne fait alors que tourner les chevaux, en déplagçant momentanément les anneaus, pour les remettre ensuite lorsque les chevaux sont placés; par ce moyen on empèche que le rouleau n'entraine de la terre aveo lui lorsqu'il tourne court; mais ce dernier inconvénient n'esr point à redouter lorsque le cercle que le rouleau décrit est un peu étendu. Quelques personnes se servent aussi sur les champs, de rouleaux en pierre. Il n'est pas douteux qu'il n'y ait des cas où une telle pression de la terre ne puisse étre avantageuse; cependant il me semble que dans bien des cas elle pourrait étre irop forte, et que par conséquent l'usage de rouleaux aussi pesans ne saurait étre recommandé sans exception. Jai fait passer avec succès un rouleau de pierre sur un terrain sablonneux, défoncé récemment, mais c'est le seul essai de ce genre que j'aie fait*. * On emploie chez moi avec succès des rouleaux de pierre de cinq décimètres et plus pour briser les moites dans des terres tenaces fortement desséchées, mais toujours il faut les faire suivre par Pextirpateur ou par la charrue, la herse étant insuſisante pour rendre au sol la légèreté nécessaire an succès des récoltes. L'on congoit au reste que la pression de machines aussi lourdes produirait le plus mauvais effet sur des terrains argileux qui auraient conservé une humidité tant soit peu sensible. Quant aux rouleaux en pierre de moindres dimensions, on s'en sert chez moi avec le plus grand succès, pour régaler le sol après la semaille, soit sur les terrains argileux, soit sur les terres sablonneuses, et je n'ai pas remarqué 60 PRINCIPES RAISONNES § 716. Les rouleaux d pointes sont garnis de pointes de fer, ils sont destinés à diviser plus complétement les mottes de terre, et on les trouve encore employés à cet usage dans plusieurs exploitations rustiques. Les rouleaux de cette espece ne peuvent étre uüles que dans des terrains très-secs et ouù l'on a Jaissé passer le moment favo- rable pour herser avec succès. Si le sol est argileux et qu'il contienne encore de Phumidité, la terre s'attache et se serresi fortement entre les pointes, que le rouleau lout entier en est bientôt enveloppé, et que ses pointes ne font plus aucun effet. Cet inconvénient est moins à redouter dans les rouleaux auxquels on a adapté des marteauz de fer en place de pointes, mais plus éloignés les uns des autres; ces marteaux ne manquent jamais de briser les mottes qu'ils rencontrent. Les Anglais ont encore recommandé, pour divers autres usages, l'emploi de rouleaux garnis, d'espace en espace, avee des cercles ou anneaux tranchans, desuinés à former des raies sur le sol, ou à remplir des buts divers, sur lesquels je reviendrai ailleurs, parce que, pour le moment, je n'en ai pas une idée bien précise- § 717. Pour passer le rouleau il faut encore, plus que pour le hersage, choisir une température favorable, et le moment où le sol est suffisamment essuyé. Il est absolument essentiel que l'humidité du sol ne soit pas telle que la terre s'attache au rouleau, car dans ee cas cette opération serait bien plus nuisible qu'avan- tageuse, non-seulement sur un terrain tenace et argileux, mais méême sur un sol léger, en durcissant sa superficie, et en y formant une croùte imperméable à Pair et à Paction de atmosphère. Cependant dans les terrains tenaces, Pon ne doit pas non plus attendre que les mottes ayant perdu toute humidité ‚elles soient durcies au point de ne pouvoir plus étre écrasées par le rouleau. LES EA BOURS. § 718. Dans l'action des charrues il importe: 1.“ Que la charrue trace des lignes parfaitement droites, qu'ainsi ces lignes se trouvant absolument parrallèles les unes aux autres, les tranches soient toutes égales et renversées d'une manière uniforme, ensorte qu'elles ne forment que leur pression fut trop forte. Je les emploie méême sur les bles d'automne, pour raffermir leurs racines après les dernières gelées du printems, et je n'use pour cela d'äucune autre préẽcau- ſion, que d'attendre le moment ot le sol est débarrassé de toute son humidite superftue. Trad. une est ache Vvan- un ble bon Nes 61 pas des inégalités sur le sol. S'il en est autrement, si les tranches ne sont pas P'AGRICUIT VU R p. toutes d'une égale largeur, le travail devient plus diffcile, parce que, à chaque déviation de la ligne droite, la résistance que la ierre oppose à l'instrument se trouve augmentée. 2. Que la charrue marche à une profondeur égale et sur une ligne parallèle à la superficie du sol; c'est-à-dire qu'elle ne sépare pas, comme cela arrive lors- qu'elle est mal dirigée, des tranches tantòôt épaisses, tantét minces. 3.“ Que la charrue vide le sillon aussi bien que cela est possible, de manière que la terre n'y retombe pas après que l'instrument a passé, et que la partie de la terre non remuée, dont la tranche vient d'etre séparée par le coutre, forme un angle droit et non aigu avec le fond du sillon qu'elle borde- 4.“ Que la tranche soit renversée à environ 140 degrés, ou de manière à former avec la surface du sol ou du fond du labour, un angle de 40 à 50 degrés: dans le plus grand nombre de cas cette inclinaison est la meilleure. 5.° Que les tranches aient une largeur toujours égale, et telle que le deman- dent la nature du sol lui-mème et le but qu'on se propose. 6.“ Qu'elles conservent aussi la profondeur qu'on veut leur donner. 7.“ Que les planches ou billons aient Ia longueur et la largeur convenables, que leurs côtés soient parallèles les uns aux autres, de manière qu'ils ne se terminem pas en pointe; cette dernière forme augmente beaucoup le travail du labour en assujettissant à tourner souvent. 8.“ Que les charrues soient placées tant Ies unes après les autres, que sur différentes parties de Pespace à labourer, de manière que le travail s'exécute dans le meilleur ordre, et avec une perte de tems aussi petite que eela es: possible- 9 n9. On obiient une partie de ces conditions essentiellement à Paide d'une bonne construction de la charrue, ainsi que nous LPavons dit plus haut; cependant elles dépendent aussi beaucoup de l'babileté du laboureur; il importe que celui-ci ne soit pas absolument stupide, ni complétement neuf dans Pusage de la charrue. L'accomplissement q'autres dépend essentiellement des labouroufrs„ surtout de leur chef, de celui qui conduit les travanz de charrue; c'est celui-là par exemple, qui donne aux sillons cet alignement parfaitement droit dont nous avons parlé. Ainsi, le choix du mattre laboureur n'est point une chose indif- férente; il importe que cet ouvrier ait le coup-d'cil tres-juste. L'inspecteur des travaux doit veiller à ce que ces diverses conditions soient bien observées; c'est en parüculier à lui de déterminer la longueur et la pro- 1.„ 2 6²³ PRINCIPEIS RAISONNLS ſondeur de la tranche, suivant Pobjet qu'on a en vue à chaque labour; et si, sur ce point, on ne peut pas s'en fier entièrement au mattre laboureur, c'est encore lui qui doit tracer la distribution des billons. Nous verrons dans la suite ce qu'il y a à observer à occasion de quelques espèces de charrues par- liculières. § 720. Pour la largeur de la tranche on doit se régler sur la nature du sol et sur le but qu'on se propose à chaque labour. Plus le sol est tenace, plus les tranches doivent étre étroites, parce que des tranches larges ne pourraient alors pas étre suffisamment brisGes et divisées par la terre. Sur un sol meuble et sablonneux en revanche, on peut sans inconvénient prendre des tranches larges, parce que la herse a toujours assez d'action sur elles. Plus les raies sont profondes, plus elles doivent étre étroites, soit parce que sans cela la charrue aurait à vaincre une trop forte résistance, soit parce que des tranches à la fois larges et épaisses ne peuvent pas éêtre renversées suffisamment. Dans les labours très- superficiels, au contraire, il n'y a pas d'inconvénient à prendre des tranches plus larges; si Ton n'a en vue que d'enterrer le chaume ou de renverser le gazon d'un terrain en repos pour faciliter leur décomposition et leur divi- sion, un labour à tranches larges suffit, et est peut-étre préférable à certains egards. Au reste, ainsi que nous l'avons dit à§ 185 du I.“ volume, deux ou trois pouces en plus ou en moins dans la largeur de la tranche, fait une grande différence dans la quantité d'ouvrage exécuté par une charrue. Lorsqu'on 5 cherche à bien diviser un sol tenace, six ou sept pouces † sont la largeur la plus convenable à donner à la tranche; mais lorsque le sol est léger, on obtient à peu près le méême avantage de tranches d'un pied de largeur*†. Neuf pouces 1 sont une largeur moyenne. Ainsi la longueur de P'espace que la charrue parcourt. en labourant un champ, est en raison inverse de la largeur des tranches; c'est- 4 à-dire que dans un labour ouù la tranche a sept pouces de largeur, cette lon- gueur de l'espace parcouru, est à celle qui Pa été dans un labour oùð ceitte— tranche a douze pouces, comme 12 est à y, de sorte que si à vVitesse égale dans le mouvement de progression, ou dans la marche du bétail, on emploie douze heures pour labourer ce champ à raies étroites, on n'en emploiera que sept pour le labourer à larges raies. * 17 à 18 centimètres. centimeètr Es. ds DPAGRIcCULTVUR E. 63 § 721. Si le versoir ne peut pas étre tourné alternativement à la droite et à la gauche de la charrue, mais au contraire est assujetti à la droite de eelle-ci, on ne saurnit opérer un labour entièrement plat; il faut nécessairement que la surface labourée soit divisée en planches ou billons séparés par des vigoles, et qui, à leur milieu, soient d'autant plus relevés que ces rigoles ont plus de profondeur. Suivant qu'on laboure en billons relevés qu'on a'inten- tion de conserver tels, ou que l'on cherche à conserver la surface du sol aussi plate et unie que cela est possible, on dit qu'on labozre en billons ou qu'on laboure d plat. § 722. Oa obtient jusqu'à un certain point un labour plat, Iorsqu'on éraye des billons qui avaient été auparavant enray s; c'est-à-dire des billons dans lesquels les deux premières tranches avaient été rejetées l'une contre Pautre †. Si l'on enraie et éraie alternativement et à une égale profondeur, les planchies ou billons demeurent passablement plats, et si ensuite on laboure en travers et herse en rond, il ne se forme à la surface du sol ni élévation ni enfoncement sensible. Cependant pour donner au terrain la culture la plus parfaite, il con- vient de ne pas laisser les billons toujours à la méême place, mais au contraire *v Pour faciliter Pintelligence de ce qui va suivre je me trouve obligé de donner ici une définition précise de quelques termes qui désignent les diverses opérations et les choses qui ont rapport au labour. Enrayer des billons, c'est commencer leur labour à leur milieu, de sorte que les deux pre- mières tranches soient appuyées l'une contre J'autre- Erdyer est précisément le contraire; c'est-à-dire commencer le labour aux deux eétés, de sorte que les deux premieères tranches tombent dans les deux rigoles qui terminaient le billon, et que les deux dernières, s'éloignant T'une de T'autre, laissent unc rigole ouverte Ià où était auparavant Pacdos ou le milieu du billon. Un billon, ou une planche, est une bande de terrain formée par la réunion de deux on plusieurs traits de charrue, et terminée à ses deux côtés par deux rigoles. Un sillon, au contraire, est une raie unique tracée par la charrue- D'ados du billon est sa partie lo plus élevée; celle ou deux tranches de terre ont été appuyées Pune contre Pautre- Lepaule du billon est la partie qui le termine du còôté de la rigole- La rigole est cet espace creux d'ou la charrue a tiré la tranche qui forme P'épaule du billon; cet enfoncement qui le sépare du billon voisin. La raie est cet espace long et vide que la charrue ſorme en en séparant et en renversant la tranche; celui qu'occupait cette tranche avant d'avoir été détachée du sol. La tranche est la terre que la charrue a enlevée de la raie ei qu'elle renverse sur le edté. Trad. 64 PRINCIPES RAISONNES de les changar en réunissant deux moitiés de deux différens billons; pour cet effet, il faut renverser dans la rigole les épaules qui la bordaient, et appuyer successivement les tranches les unes sur les autres, jusqu'à ce que, parvenu au milieu de chacun des anciens billons, on forme les rigoles à la place ou Gtait auparavant l'ados. De cette maniére on obiient que la partie du terrain qui avait seulement été recouverte par les deux premières tranches pour former T'ados, se trouve alors parfaitement labourée et cultivée. Ce labour à plat est incontestablement plus avantageux dans les lieux ou des surfaces de terrain d'une grande largeur appartiennent à un méèême pro- priétaire, et où il n'y a pas des raisons particulières de donner la préférence aux billons Gtroits et élevés; dans le plus grand nombre de cas ses avantages sont prépondérans sur ceux qu'on ne saurait contester aus billons de cette dernière espèce. L'écoulement des eaux, que dans bien des lieux on cherche à procurer surtout par le moyen des rigoles qui séparent les billons, s'obtient toujours d'une manière plus parfaite, au moyen des raies que, sur le champ labouré et plat, on trace d'abord après avoir accompli la semaille, et auxquelles on donne la tendance la plus directe et la plus propre à l'écoulement de ces eaux, ce qui n'a pas toujours lieu pour les rigoles des billons. Ces raies d'écoulement peuvent être multipliées dans les lieux ou elles sont nécessaires; et l'on en fait abstraction dans ceux ou elles ne seraient pas utiles. Les sols labourés à plat conservem une égale répartition de leur terre végétale sur toute leur super- ficie, tandis que ceux labourés en billons en sont privés dans des places, pour Pavoir en surahondance dans d'autres. Ces premiers conservent sur toute leur étendue une même épaisseur de terre remuée; ils favorisent une répartition plus égale du fumier qui, sur les terrains labourés en billons étroits„ a de la disposition à s'amasser dans les rigoles. Leur matière extractive dissoute n'est pas entratnée sur la pente des billons et dans les rigoles. Mais surtout la se- mence y est mieux répartie; on peut l'y épandre à la volée. La herse agit sur toute Ja surſace et d'une manière plus uniforme; le hersage en rond qui est si efficace, devient à peu près impraticable sur un terrain labouré en billons; le hersage en travers mème, est rendu beaucoup plus difficile par cette dernière manière de disposer le sol. Aussi le terrain labouré à plat peut-il peaucoup mien être neuoyé de chiendent et des mauvaises herbes qui se mul- tiplient par leurs racines. Le charroi, et surtout celui des récoltes, y est beaucoup plus facile. Eufin, le faucheur et le fanneur y accomplissent leur travail avec bien moins de Peine. Les céréales y reposent à plat après qu zelles ont été séparées de leur chaume; elles n'y tomben pas dans les rigoles pour y gtre gàtées DA GnRIGUmrnnn. 65 gätées par les eaux, comme cela n'arrive que trop souvent dans les champs labourés en billons étroits. Le ràteau y agit avec beaucoup plus de prompltude; c'est seulement là qu'on peut se servir du grand ràteau qui rend de si bons services à la moisson. Ces avantages sont tels, qu'il n'y a qu'un petit nombre de cas particuliers et dont nous parlerons ensuite, où il puisse convenir de mettre un champ plat en billons. L'égale répartition de la fécondité sur toute la surface d'un terrain labouré à plat, y donne aux récoltes une force égale et une apparence uniforme; on n'y a pas le spectacle désagréable que présentent les billons élevés, ouù, sur T'ados, les céréales sont trop drues et versent, tandis qu'aux côtés et dans les rigoles, on ne voit que des plantes appauvries, oupis encore, de mauvaises herbes. § 723. On voit sur les champs des billons de trois espéces principales. 1. Des billons ou planches larges de 16, 20, 50 traits de charrue et plus- 2. Des plus étroits, qui sont moins élevés, et n'ont pas de rigoles profondes; ils sont composés de 6, 8 ou 12 traits de charrue. 5. Des billons étroits et fort relevés, séparés les uns des autres par des rigoles profondes; ils ont 4, 6 ou 8 traits de charrue, II est essentiel de distinguer ces difſérentes espèces de billons pour pouvoir bien comprendre ce que nous allons dire des avantages ou des inconvéniens de l'une ou l'autre d'entr'elles. Sans doute il existe enir'elles des moyennes dont la classification est doulteuse, mais on ne les rencontre presque jamais que dans la plus mauvaise culture, dans celle de gens qui agissent sans réflezion. § 724. Souvent les planches ou billons larges et relevés dans leur milieu, ont 6t6 formés accidentellement et sans intention, surtout dans des lieux où les propriétés étaient divisces en pièces de terres longues et de peu de lar- geur. Comme là op enrayait deux fois, tandis qu'on n'érayait qu'une, la terre devait nécessairement s'amasser vers le milieu, et former un ados. Daus les lieux où, comme cela se voit souvent, il n'y avait pas de fossés entre les champs de divers propriétaires, ou bien ou on les avait comblés pour gagner du terrain; tous les laboureurs évitaient de jeter leur terre en dehors, de peur que, sils le faisaient, leur voisin n'enlevàt la terre qu'ils auraient ainsi mise à sa portée. C'est de cette manière que des planches d'une grande T. III. 9 66 PRINCIPES RAISONNES largeur se sont elevées vers leur milieu à tel point, que quelquefois deux hommes qui marchent dans les rigoles parallèles ne peuvent pas méme se voir. On trouve de telles planches, ou billons, non-seulement dans des champs qui ont plus redouter Phumidité que la sécheresse, mais même dans des terrains secs et sablon- neux. On recommande de mettre en billons larges les terrains humides; l'on aſfirme que, par ce moyen, on s'assure de tout au moins une partie de la récolte, et qu'on obleni de beaux produits sur Pados du billon, lors mèême qu'à ses côtés la récolte est chétive et de peu d'importance. On est disposé à croire que si les planches fussent moins relevées, on ne recueillerait presque rien. Ala vérité, dans le plus grand nombre de cas on pourrait remédier au mal d'une manière diffé- rente, et ici les billons étroits et relevés devraient toujours avoir la préférence; cependant la méthode des billons larges et relevés a ses avantages, et si l'arc formé par leur segment est convenablement arrondi et que leurs rigoles aient requ la profondeur nécessaire, c'est peut-étre par leur moyen seulement qu'on peut urer parti de champs morcelés et entremélés avec les propriétés d'auirui. Au reste, on voit aussi fréquemment des billons de ce genre sur des terrains secs et dans des contrées arides, où, loin de procurer le plus léger avantage, cette méthode doit au contraire étre nuisible à tous égards. Souvent ces billons larges et fortement bombés ont été formés peu à peu et sans intention, lors- qu'en les labourant on enrayait plus souvent qu'on êrayait; d'autrefois ils ont dü leur formauon à une imitation irréfléchie; en effet, je connais un exemple o8ù attribuant à cette méthode le grand produit que donnait un terrain glaiseux divisé en billons de cette espèce, on crut atteindre un même succès sur un terrain sab lonncux du voisinage, en le disposant de cette manière. § 725. Les inconvéniens des billons larges et fort relevés sont principalement les suivans: 1. La meilleure terre, celle qui avait été le plus améliorée, s'y trouve amassée dans le milieu du billon, et peu à peu mise hors d'action par la pro- fondeur à laquelle elle est enfouie, tandis que la terre vierge ou inféconde est de plus en plus enlevée du fond des raies, pour étre portée sur les côtés du billon. 2. Si d'un côte l'on a mis les ados à l'abri de Phumidité, de Pautre les 06 1és des billons y sont d'autant plus exposés; d'ailleurs, souvent l'eau est renfermée entre ces billons, parce que ceux des extrémités, les bordures, étant 6galement relevés, ils arrétent l'écoulement que, sans cela, l'cau aurait eue de ee côté-là. mmes rouve dlus à Don- pon 3te, és la les dans difté. ence; Parc aient u'on urui. ains -ge, lons örs- omt mple seux run t les ouve pro- si de Won. ire les eau ést — étant eue de D'AGRICULTUR EI. 67 3. Dans les tems de pluies prolongées, l'eau regorge quelquefois jusqu'aux ados des billons, lors même que les rigoles ont de l'écoulement; parce qu'à mesure qu'on a amassé la terre meuble vers ados des billons, on a ramené dès le ſond des rigoles aux côtés de ces billous, une argile tenace laquelle éte tout écoulement à l'eau qui s'est amassée dans la terre poreuse des ados; cette eau ne peut alors, ni s'introduire dans la terre imperméable de la couchelinférieure du sol, ni passer à travers l'argile des côtés du billon. Tels sont les désavantages qui sont sensibles dans les billons larges et relevés, lorsque la température est humide. 4. Mais au contraire, lorsque cette température est sèche, et que, mème de simples ondées de pluie, sont si avantageuses aux récoltes, les planches ou billons extrémement relevés, et dont les côtés ont une penie forte, ne profitent que peu de cet avantage; parce quel'eau, au lieu de pénétrer dans la crote durcie qui forme la surface du sol, ne fait qque glisser à sa superficie en s'écoulant dans les rigoles; de sorte que quelquefois, après une telle pluie, les rigoles sont insuffisantes pour contenir l'eau qui s'y est jetée, tandis que l'ados du billon se trouve presqu'aussi sec qu'auparavant. 5. Les billons larges et relevés empéchent que toutes les parties de la surſace du solne jouissent également de l'influence du soleil; lors surtout que ces billons sont tournés d'orient en occident, il y a une différence frappante entre le côté de ces billons qui incline au nord et celui qui penche vers le midi. Sur ce premier côté les récoltes sont beaucoup moins belles, et surtout beaucoup plus retardées dans leur végétation. La difflérence dans la marche de la végétation est quelquefois si grande, qu'on est obligé de faire la récolte sur le côls incliné au midi, tandis que le côté penché au nord est loin d'avoir atteint sa maturité. 6. Lorsque dans les rigueurs de l'hiver, les vents ont euleve du haut des billons la neige qui les recouvrait, ou Jorsque, dans les momens les plus critiques du printems, le soleil fond cette neige pendant le jour, et que l'eau contenue dans les rigoles regorge sur les billons et s'y géle pendant la nuit; les plantes des ados sont souvent arrachées et complétement détruites, de sorte que la partie du champ dont on se promettait le plus, ne donne aucune récolte.* * Dans les billons de ce genre, il m'a toujours paru que le dernier de ces deux inconvéniens était plus sensible près des épaules des billons que vers les ados, et en effet la terre rapprochée des rigoles étant bien plus imprégnée d'eau que celle du haut du billon, elle doit éprouver avec beau- coup plus d intensité l'augmentation de volume qui, dans ce cas-ci, arrache les plantes. Cet effet —— 68 p RINCIPES RAISONNES 7. Si en revanche la température est favorable à la végétation, les céréales deviennent quelquefois si fortes sur les ados des billons, qu'elles y versent et n'y donnent que peu de grains, tandis que sur les cotés appauvris des mémes billons, et surtout auprès des rigoles, les plantes ont la plus misérable appa- rence et ne donnent que les plas chétifs épis. 8. La difficulté du labour en est considérablement augmentée; on ne sait quel moment choisir pour P'exécuter. Souvent l'ados est durci par la sécheresse, que les côtés et surtout les épaules du billon, sont encore tellement humides, qu'ils ne peuvent supporter la pression des pieds du bétail. Dans ce cas le culti- vateur industrieux laboure d'abord les ados des billons, et attend, pour en labourer la partie la plus basse, queę la terre y soit suffisamment essuyée; mais bon conçoit combien les semailles doivent être entravées par cette circonstance, et combien les labeurs en deviennent plus difficiles.* 9. Sur ces billons il ne saurait étre question de faire des hersages en rond; ainsi l'on y est privé des grands avantages de cette opération. Il est également difficile d'y épandre la semence d'une manière égale, et le travail de cette opération y est plus pénible, ainsi que celui de la récolte. 10. L'avantage apparent d'augmenter la surface du champ par ses ondula- tions, est plus que contrebalancé par l'absence de produit sur une partie consi- dérable de cette surface. 5 726. Ces inconvéniens sont tellement Svidens, que depuis long-tems la plus légère réflexion eüt suffl pour faire renoncer à la méthode des billons larges et relevés, partout du moins où la largeur des possessions pouvait le permettre, si les cultivateurs méême les plus éclairés, ne redoutaient la perte qu'on éprouve de la gelée se montre partout où l'eau séjourne à la superficie du sol; il est donc sensible, surtout dans les terrains argileux, Iors mème que ces terrains ne sont pas Jabourés en planches ou billons, et il est souvent très-faneste aux plantes dont la racine pénétre profondément en terre; c'est à celte cause surtout qu'il faut attribuer le peu de durée des luzernières dans les sols sargileux. Thad. * Je ne congçois pas meme comment ils sont possibles, car alors il faut commencer le labour vers Farrète du billon, parconséquent accumuler la terre là où elle se trouve déjà en trop grande abondance. Je n'imagine pas qu'aucune personne qui sait ce que c'est que labour, pense qu'on doive, pour érayer, commencer le travail au milieu des côtés du billon; puisque, quelquè soin qu'on se donnàt pour rendre au billon sa première uniformité, après avoir labouré la partie la plus basse de ce billon, on n'empécherait jamais quil ne restät ou un enfoncement, ou une côte non remuée, à la place ou l'on avait renversé la première tranche de la parlie supérieure du billon, de la partie qui aurait été labourée la première. Thad. DAGRIcCULTVn. 69 zur les billons intermédiaires, lorsqu'on meit trop de précipitation dans ce changement. Lorsque ces billons Jarges et fortement bombés n'ont été formés que depuis peu de tems, on peut, sans hésiter, procéder à leur changement; ei moi- méme j'ai vu des cas cù il s'est fait sans qu'on en éprouvaàt aucune perte, et oùð, au Gontraire, l'on obtint d'abord de beaucoup plus belles récoltes. Mais lorsque ces billons datent de long-tems, er que la terre autrefois fertile, amassée par la charrue sur l'ados du billon, a été, depuis des siècles peut-ètre, soustraite à Paction de l'atmosphère, et comprimée par les pieds du bétail au fond de la raie tracée par la charrue; alors, dis-je, cette terre est souvent impropre à la végétation, bien qu'elle contienne une proportion suffisante d'humus et de carbone, et elle a besoin d'ètre vivifiée de nouveau et insensiblement, par Paction de P'air atmosphérique.* Si Pon ramène à la superficie du sol tout à la fois une grande quantité de cette terre, les substances contenues dans l'air semblent alors insuffisantes pour la saturer et pour lui rendre sa fertilité naturelle. La terre végdtale qu'on jette dans les rigoles peut aussi facilement être enfouie à une irop grande profondeur; tout au moins ne dédommage-t-elle pas du mécompie qu'on éprouve à la place où était auparavant l'ados du billon. Ceest pac cette raison qu'on ne doit pas abattre le billon tout d'une fois, ni défoncer, dès le premier abord, le terrain à une trop grande proſondeur; sur- iout si Pon ne veut pas faire suivre ces opérations par une jachère morte complète. Un agriculteur habile a indiqué de quelle manière, dans Passolement triennal avec jachère, on doit opérer pour abattre en trois ans ces billons Jarges et relevés. La méthode qu'il a suivie avec un plein succès est décrite au long dans les annales d'agriculture de Basse Saxe, 5.“ année; la ſigure suivante aidera à Vexpliquer. * Ce besoin se fait sentir surtout dans les terrains argileux, parce que leurs parties ayant été excessivement serrées par Paction de l'eau et la pression du pied des animaux, elles ne peuvent étre complétement divisées que par l'influence de l'atmosphère, et surtout de la gelée. Dans les terrains légers, cet inconvénient a beaucoup moins d'ntensité. Trad. 790 PRINCIPES RAISONNESG A; B: C! D . — 1 —— — Dans ceute fgure— signifie enrayer, et— eroyer. Voyez la definition de ces deux termes dans la note jointe au 6 722. Pour Pannée de jachère, 1. Premier labour. Erayer tous les billons. 2. Seocond labouir. Enrayer les billons A B réunis; c'est-à-dir à labourer en jetant les deux premières tranches dans la rigole qui les sépare, et finir à leurs deux rigoles extérieures; de même aux billons DE. Cei Fsont encore une fois érayés, de sorte qu'ils comblent les rigoles qui les séparaient de AB et de DE, et que la rigole subsiste au milieu de C et de F. Troisième labour. On commence en C et en F qu'on enraie; on éraie les grands billons AB et DE. 4. Qucctriome labottr. On éraie C et F; en revanche l'on enraie AB et DE, enles réunissant ensemble. Avant desemer de deux lég e commencer en revanche — et au moyen ers traits de charrue, on comble la rigole qui est au milieu de C et F ‚et après avoir épandu la semence, on fait les r aies d'écoulement nécessaires. Pour l'année des grains de printems. P 5. Premier laboueer. En automne l'on éraie tous les billons; ce labour doit Stre très-superficiel. de DPAGRICVULT U RRK 71 6. Second labour. Au printems on enraie A ei D; en revanche l'on éraie BCEF. 7. Troisieme labour, celui de semaille. B et C, Eei F sont réunis ensemble; tandis qu'on éraie AetD. Pour la troisieme année, Pois. 8. On réunit Aà B, et Dà E; on éraie C ei F. Au moyen des hersages en travers et en rond, le terrain sera alors assez bien régalé, pour qu'après la récolte des pois on puisse donner un labour en travers, qui efface les dernières traces des anciens billons, et au moyen duquel la terre végétale soit si bien mélangée, qu'on n'ait pas à y redouter le non succès des récoltes, ni durant cette opération, ni apreès elle. Quelquefois, après les pre- miers labours, la terre accumulée à la place des anciennes rigoles, s'affaisse, et forme des enfoncemens de place en place; aussi est-il essentiel de donner aux raies d'écoulement tous les soins nécessaires pour prévenir dans tous les cas la stagnation des eaux. Si ces enfoncemens étaient très-considérables, il ne serait pas difficile de les combler, en y jetant un peu de terre avec la charrue. Dans le cas ouù les places précédemment occupées par les ados des billons paraitraient fort appauvries, on pourra y mettre un peu plus de fumier. Au reste, cet exemple peut être modifié suivant la position des champs. § 727. Les billons atroits et peu&levés sont en usage dans plusieurs contrées. Comme ils s'élèvent peu au-dessus des rigoles, on ne peut pas leur faire le mème reproche qu'aux billons relevés; seulement les rigoles y sont mulupliées au-delà du besoin. Quoique ces rigoles soient ensemencées comme le reste du champ, elles ne produisent copendant que peu, soit parce que la terre végétale s'y trouve en moins grande quantité, soit aussi parce que T'eau qui s'y amasse en tems humide, nuit infiniment à la végétation des céréales. A la vérité, la terre végétale et le fumier se trouvant cumulés sur les ados des billons, ceux-ci pro- quisent davantage; mais on perd d'un côtε ce qu'on gagne de l'autre. Quelquefois ces billons occupent toujours la méême place, et sont alterna- nvement érayés et enrayés. Comme alors il est assez difficile de bien refendre à la charrue la tranche qui reste au milieu et qui formait Parrète de l'ados du billon, souvent on néglige ce soin. D'autres fois, et cela vaut inßniment mieuxz, on change ces billons de manière que leurs ados se trouvent à la place où étaient auparavant les rigoles, et les rigoles là ouù étaient auparavant les ados. On a aussi recours au labour en travers, et alors on ne forme les billons qu'au labour de semailles. 72 PRINCGCIPES RAISONNES Ceite espèce de billons ne présente que deux avantages; le premier, que T'épaisseur de la couche de terre végétale est un peu augmentée sur l'espace ocoupé par les billons; le second, c'est que la circulation de l'air entre les plantes, qu'on doit à cette disposition du sol, diminue la propension que les céréales ont à verser, lorsque le sol est dans un état de grande fécondité. § 728. Nous devons distinguer de l'espèce de billons dont nous venons de parler, ceux qui sont dtroits et fortement reolevés out bombs, que, dans certaines contrées, on forme par la réunion de 4, 6 et quelquefois 8 traits de charrue, et qui sont quolquefois telloment relevés, qu'ils ont jusqu'à 15 ect même 18 pouces d'élévation au-dessus du fond des rigoles. On voit des billons de cette espèce en Franconie et dans quelques contrées du midi de l'Allemagne, dans divers dé- partemens du midi de la France, et quelquefois aussi en Espagne et en Angle- terre, mais surtout dans la Belgique. C'est de ce dernier pays què nous en est venuc une description très-détaillée, dans Pouvrage de Schweriz intitulé Intro- duolion la connaissance de L'agricultare belge.* Les opinions sont tellement divisées sur l'autilité et les inconvéniens de ceitte espèce de billons, et sur la convenance d'en conserver, imiter, ou rejeter l'usage, que nous croyons devoir les opposer ici les unes aux autres; car quelque absurdes qu'elles puissent parattre, elles ont cependant pour elles l'autorité d'agriculteurs du premier mérite, et d'observateurs attentfs. Premièrement; l'avantage quc les billons de cette espèce procurent à la végé- talion, est de fournir aux plantes une couche de terre plus épaisse et entièrement végétale, meuble, et fortement imprégnée des substances atmosphériques; couche que chaque labour rassemble de nouveau, ce qui donne aus plantes la facilité d'y pénétrer avec leurs racines, tant en largeur qu'en profondeur, ei d'y chercher leur nourriture. Dans des terrains ainsi disposés, lorsque les billons soni bien for- més et que les rigoles sont faites de manière à pouvoir se débarrasser de toute Peau qui s'y Scoule, les plantes ne souffrentjamais de l'excès d'humidits, et elles ne sont gutre plus endommagées par la sécheresse, parce que la terre meuble cumulée pas la charrue, conserve long-tems l'humidité au-dessous d'elle. Dans les places oð la couche inſérieure du sol est imperméable, les plantes sont assez élevées pour n'avoir rien à redouter de la stagnation des eaux, en sorte que, même dans les parties des champs ou les rigoles sont remplies d'cau faute d'avoir de l'écou- lement, on voit souvent sur les billons des céréales et très-belles et très-saines. x.—...— Aunleitung sur Kenntniss der Belgischen Lendawirthschaft. On „ què space e les rogẽ· ment ache ˙z cher for- Peau sont ulée laces levées e dans écou- saines. — Oa Paimosphe D'A GRLCULTURE. 73 On assure qu'il est très-rare que les plantes qui végétent sur ces billons, soient eu- dommagdes par l'hiver. Là, et en parii* re exerce sor dom bienfaisante sur le sol, pendant toute la durée qe la vouz Ces épaules sont atteintes par les rayons du soleil; les plantes n'y sont pas entièrement privées de Tinfluence de lalumière. Cette disposition du sol fournissant aux plantes tout à la fois plus d'air et de lumière, favorise la formation du grain dans les épis, et la maturation; elle fait que, dans les tems de pluie, l'eau dont les plantes sont chargées est plus promptement essuyée, que ces plantes courent moins le risque de verser; elle permei de sarcler les blés, et ainsi de détruire les mauvaises herbes. Eufin on ne peut coniester que, chez les Belges, les ierres disposées en billons de cette espèce ne donnentun grand produit. § 729- D'autres observateurs présentent des objections contre les billons étroits et elevés, et assurent en avoir éprouvé les inconvéniens que nous allons transcrire. Il ya beaucoup de terrain perdu, puisque les rigoles ne rapportent rien; de ceute manière la moitié ou du moins le tiers du champ, ne porte pas de planies. Il est difficile de former ces billons; l'enraiement absorbe beaucoup de tems, et demande une grande force motrice. Il west pas plus facile d'érayer ou plutòt de défaire ces billons, et souvent cette opération a lieu d'une manieère très-imparfaite. Iln’est pas rare que la dernière bande de terre demeure sans éêtre labourée, parce que 12 charrue n'y a point de tenue et tombe dans la raie. Il est difficile d'y opérer la semaille; le grain ne s'y distribue pas d'une manière égale, de sorte qu'une grande partie y est comme perdue. Mais le hersage en particulier s'y fait d'une manière tréès- incomplète. Si les billons élevés jouissent davantage de J'influence fertilisante de Patmos- phere, ils sont aussi plus atteinis par ses effets, lorsque ces eſſeis sont nuisibles. Les variations désavantageuses de la température ont une action plus ſorie sur alfer sur les épaules relevées des billons, un terrain ainsi amoncelé, Ane sur celui dont la surface est plate. Tout au moins le produit n'en est-il pas plus considérable qu iil ne le serait si le méme terrain était cultivé également bien, quoique d' une manière moins coüteuse. IIs rendent les travaux de la récolte beaucoup plus diſſiciles. § 730.. Comme, depuis peu, l'on a remis en question les avantages et les inconvéèéniens de ces billons, je crois devoir Gnoncer mon opinion sur ce sujet d'une manière T. II. 10 74 PRINCIPES RAISONNES un peu plus précise, tout en avouant cependant que je n'ai pas eu Poccasion d'observer moi-méme des billons de saite espèce, et d'en considérer les effets. On n'a pas à redouter que par-là aucune parrr a la terre végstale demcure dans Pinaction, surtout dans les lieur oür la couche n'en es samment épaisse, puisque la terre ainsi amoncelée nien est pas moins à portée des plantes, de leurs racines et de leurs sugoirs;. ceux-ci péncetrent assez profon- dément dans cette terre remuée pour en atteindre toutes les parties, et en zirer leur nourriture. En effet, les plantes sont d'autant plus serrées sur les- billons, que leurs racines peuvent pénétrer plus avant en terre, et qulayant moins besoin de s'étendre en largeur, elles ne nuisent pas à leurs voisines. Hors de ierre, les épis qui, sans cela, seraient trop rapprochés les uus des autres, ont plus de place pour s'étendre. Aussi les personnes qui ont vu des champs cultivés de cette manière assurent-elles qu'on n'y voit pas d'espaces vides entre les épis. Lorsque la couche de ierre végétale est trop mince, de sorte que les racines des plantes ne peuvent pas péndtrer assez profondément, ce défaut est sensiblement diminué par Pamoncèlement de la terre dans les billons, de sorte que les plantes y acquièrent plus de force er de consistance. Au reste on ne saurait contester que, pour donner au' sol cette disposition, le Jabour ne soit et plus difficile et plus long. La ſormation des billons sur une sur- face unie, l'opération nécessaire pour les changer de place, eelle d'abattre et de refendre les ados des anciens billons, le transport et Paction d' épandre les en- grais, surtout la manière de les appliquer aux épautes des billons, et celle de Pétendre sur la surface du sol, vecouvert sculement par la terre qu'on asorii de ſa rigole; Papprofondissement des raies avec la béchie; le nettoiement du solh, Pécroütement; les doubles labours qui consistent à ſaire passer deux charrues. successivement dans la même raie; le travail du trafneau à régaler, le ratelage des mauvaises herbes, et toutes ces opérations que Schwertz décrit aveo détail„ exigent une grande attention, des soins et de l'evercice; en sorte que, comme cet auteur le dit lui-méême, la bonne exécution de ees divers travaux est la preuve démonstrative de l'industrie du cultivateur. IE ne faut pas oublier que ces billons ne peuvent remplir le bur auqucl ils sont destinés, qu'autant que routes ces choses sont ſaites d'une manitre accomplie. Lorsqu'elles ne le sont pas, le plus mauvais succès dans les réeolues en est le résultat. C'est par cette raison que, daus les lieux oir les laboureurs sont moins hahiles, om ne voit jamais de récolres plus mauvaises que celles des terrains ainsi disposés en billons, tandis qque, chez l'industrieux Belge, on trouve partout sur les billons- de très-belles récoltes. II paratt de là que cette distribution du sol en billons ne ccasion elfels. meure ument Ee des rofon- et en sur les wWapant oisines. autres, champs s enire que les défaut us, de ion, Je ne sur- re er de les en- eelle de i de ha u s0¹, arrues. alelage détail, omme est la er que nt que le sout habiles, disposes s billons llops D pP'AGRICU IL T VU R FK. 75 don èire mise en usage et ne doit éire recommandée, que dans les lieux oii la main du propriétaire lui-même, ou tout au moins son cœil attentif, président aux travaux des champs, et où, comme dans la Belgique, le laboureur a le plus grand intérét au succès de la récolte. II est évident qu'elle ne convient point dans de grandes esploitations où le mattre ne peut pas exercer une surveillance active sur toutes choses, et dans les lieux où l'on ne peut obienir des soins dans T'exécution des opératons rurales, que par des moyens coërciufs, et non par dévouement et par zele pour ces opérauons elles-méêmes. Quant à la manière de semer et d'employer la herse sur ces billons, je ne puis pas m'en former une idée disäncte. Il me semble qu'on doit perdre beaucoup de semence, à moins qu'on n'emploie un tems considérable à l'épandre. Je ne vois point comment la herse peut entrer suffsamment en ierre pour bien répartir la semence et briser les mottes, sans abattre les billons et combler les rigoles, et c'est en vain que j'ai cherché des explications à ce sujet dans Pouvrage de Schwertz*. Probablement le sol a été si bien préparé par les * En général l'usage des billons étroits ne s'est propagé que dans des lieux ou le sol est léger et où les labours n'ont que peu de profondeur; alors, ainsi que je l'ai vu pratiquer dans les ſertiles terrains de Lodi, royaume d'Italie, on se sert d'une herse adaptée à la forme et à la largeur du billon, ou de deux herses du méème geure, qui couvrent deur billons, et tiennent ensemble sans gèner réciproquement leur mouvement. Dans L'action de ces herses le conduc- teur marche derrière, en tenant d'une main un fouet ou un long roseau arméè d'un aiguillou à son extrémité antérieure, et de Pautre une espèce de manche attaché à la herse par une petite chaine, et qui donne la ſacilité de diriger sans gône ce mouvement latéral, ce secoue- ment, occasionné par L'aspérité du sol, et qui contribue beancoup à briser les moltes. Daus les environs de Parme et de Modeène, quoique le terrain soit argileux, les terres destinées à produire des grains d'automne sont également divisées en billons très-étroits; mais, au lieu de la herse, on y passe une espèce de traineau à régaler, composé de deux tra- erses seulement, et qui agit sur deux billons à la fois. Si le terrain avait de grosses mottes, on a auparavant eu soin de les briser avec des mailleis. Le grain est ordinairement semé sous raies; cependant il m'y aurait pas d'inconvéniens sensibles à le semer à la volée, puis- qu'en curant les rigoles, on relèverait la partie de la semence qui serait tombée entre les billons. Dans le Bolonais et dans la Bomagne, où beancoup de terrains sont très-argileux, les champs sont divisés en planches de 30 à 40 mètres de largeur, légèrement bombées, bordées par des ſossés ou des pigoles d'écoulement, et Pon y sèeme les grains d'automne également sous raies. Après avoir régalé le sol du mieux qu'on pa pu, on épand la semence à la volée et on l'enterre en formant de petits billons, ou plutòt des ondins, d'environ un mèlre de lar- geur, que d'ailleurs on ue sépare pas les uns des autres par des rigoles proprement dites, Pour former ces ondins le laboureur emploie quelquelſois la charrue ordinaire, et alors il 76 1 PRINOIPES RAISONNKS labeurs précédens, qu'il se divise de lui-méme. 18 Un des principaux avantages des billons étroits consiste dans Ia facilité que ees billons donnent pour le sarclage et pour la culture des récoltes, dans un pays aussi peuplé que le sont les campagnes de la Belgique; mais là où l'on ne peut pas consacrer le tems nécessaire au sarclage et au nettoiement des récoltes, les mauvaises herbes se propagent abondamment sur les épaules des billons ‚et les grains en sont G'autant moins propres. Gest sur ces billons étroits que la méthode de semer en lignes, recommandée par Tulk, peut surtour étre mise en pratique, puisque cet agronome prescrivait de répandre la semence sur deux ou trois lignes, à l'ados du billon, par le moyen de som semoir, tandis qu'on ameublissait les épaules de ce méme billon, en les érayant et enrayant alternativement, et qu'on les soumettait ainsi aux bienfaisantes influences de Tatmosphère.. Pour débarrasser le sol de son humidité surabondante, l'on n'a que faire du grand nouibre de rigoles qui séparent les billons; on peut obtenir ce but beau- coup mieux à Paide de raies, auxquelles on donne la direction la plus convenable pour Pécoulement des eaux. Si le sol est trop plat pour qw'on puisse donner cet écoulement, les billons élevés sont sans doute de quelqque secours, mais eomplète l'ondin en deux traits de charrue; mais le plus souvent il a recours à une charrue à deux versoirs, laquelle chassant à la fois à sa droite et à sa gauche la terre enlevée par le soc, forme d'un seul trait la moitié de deux ondins, qui sont ensuite complétés de la meme manisère. Pour régaler un peu le sol et enterrer d'autant mieux la semence, on passe sur plusieurs ondins à la fois une poutre derrière laquelle on a attaché des épines ou des bran- chages: cette opération brise les prineipales moltes, et rejette un peu de terre et de semence dans l'enfoncement qui sépare les ondins; mais lorsque le sol est très-tenace, ce procèdé n'empéche pas qu'il ne reste entre les ondins des enſoncemens ou de petits amas de terre qui retiennent les eaux pendant Thiver, et font périr les plantes voisines; d'ailleurs comme les bèétes de traits marehent toujours sur la place que va oceuper l'ados de l'ondin qu'elles forment, elles y enfoncent de leurs pieds une partie de la semence à ane trop grande profondeur; à la vérité cette semence est remplacée par celle que la charrue y verse avec la tranche; mais alors le bas des ondins en est d'autant plus dépourvu. Ces inconvéniens seront sensibles à quieonque voudra jeter un coup-d'eeil attentif sur les réeoltes céréales de ces deux contrées; aussi cherche-je à engager mes méta) ers, tant de la Romagne que du Bolonais, de substituer à ces ondins des billons de einq metres de largeur, séparés par des rigoles soigneusement curées. Trad. * Le sol de la Belgique élant presque partout léger et meuble, on n'y a que ſaire de prendve des soins pour le diviser. Trad. 16 que dans u Pon t des es des ttroits R etre mence landis rayant ces de ire du beau- enable onner ) mais — charrue evée par és de la 2n passe s bran- emence vocede erre qui mme les orment, ur; à la e; mais sibles à outrées; ubslituer eusemen! de prendet p'AGRILCUL T VU KRIE. 77 ce secours est très-imparfait, et ne peut protéger les récoltes que contre une humidité mödérée. Je ne me permettrai pas de décider si, dans le printems où la terre gèle et dégele successivement, et durant les nuits les plus froides, la sommité des pillons relevés, qui est pluiòt dégarnie de neige, ne souffre pas d'une maniere plus particulière que la surface d'un champ plat et uni. Mais il me semble que cela doit être, puisque dans les printems qui ont présenté ces variations de tem- pérature, comme par exemple en 1804 le sommet, Pados des billons Jarges, qui ordinairement donne les plus belles récoltes, a été endommagé par Phiver et n'a donné aucun produit. Selon moi il esi incontestable que la moisson ne se fait pas avec autont de facilité sur les terrains disposés en billons, et qu'elle y demande beaucoup plus de Pras que sur les champs plats; la faulx ordinaire, eet instrument qui avance si ſort Touvrage, et le grand räteau, me peuvent point y ètre mis en œuvre; là ou le sol est ainsi disposé on se sert essentiellement de la faucille, et'on meit le blé en javelles, ce qui, sur ces billons relevés, demande à étre fait avec beaucoup de soin: pour cela aussi une abondance de bras est absolument nécessaire. § 751. Quant à la formation de ces billons, et à toutes les opérations qui s'y rap- portent, je renvoie à Pouvrage classicque de Schwertz que j'ai déjaà cité; ouvrage qque toute personne qui veut introduire une telle culture doit nécessairement posséder. Je dois d'autant plus renvoyer à ceite instrucuon, que je ne connais point par moi-mèéme la manieère d'opérer ces billons. 6 732. Lorsqu'on veut qiviser Ie sol en billons, si d'ailleurs on n'a pas de preférence sur la direction qu'on veut donner à ceus-ci, il faut prendre en considération Ja pente du terrain, aün que Peau puisse mieux s'écouler des rigoles. Mais si gela est Tailleurs indifférent, il faut former des billons relevés, disposés du nord au sud, afin que chacun de leurs côtés soient également soumis à Pin- nence de la lumière et des rayons du soleil; autremenmt la partie inclinée au nord aurait une végétation plus lente que la partie inclinée au midi, ainsi qu'on le remarque d'une manière sensible partout où cette disposition a eu lieu. Sans cet inconvénient on préférerait labourer Gorient en occident, parce que de cette manière, aussi long-tems que le sol demeure dans l'état o8 Pa laissé la charrue, il reçoit plus verücalement les rayons du soleil, ei proßte davantage de leur influenee. 78 PRINCIPES RAISONNES § 755. Dans les champs situés sur des monis ou sur des pentes en général, les billons sont ordinairement disposés d'une manidère très-vicieuse, daus ſe sens méme de la penie du sol; c'est du moins le cas dans les lieux ouù les terres sont fort divisées et les propriétés fort entremélécs, probablement parce quc, lors du premier partage, personne ne voulait prendre pour sa part la partie supé- rieure d'oùð les sucs ferulisans s'écoulaient sur l'inféricure, et ne voulait abandonner sa part de celle-ci, qui d'ailleurs réunit tant d'autres avantages. Ceite mauvaise disposition des billons a de grands inconvéniens; lorscqunl pleut abondamment la terre végétale est ſacilement entratnée par les eaux, et il n'est pas rare qu'il en résulte des enfoncemens considérables dans le haut des champs, el des ensablemens dans le bas. Lorsque les pluies sont moins abondantes, T'humidité descend frop vite dans la partie inférieure du champ, et la supé= rieure souffre de la sécheresse. Au labour le bétail se fatigue excessivement en montant; on est rédait à maltraiter les bétes qui n'ont pas d'activité, tandis que celles qui sont courageuses s'échauffent outre mesure et peuvent facilement gagner des maladies. II n'y a done qu'un excessif morcellement des terres qui puisse justifier une telle disposition des biilons. II est irès-avantageux que les billons s'étendent horizontalement sur la surface inclinée, ou en biais, tellement que leur pente soit peu sensible. La première disposition est préférable sur les pentes douces; la seconde au contraire sur les Ppentes rapides. De cette manière l'cau se maintient plus long-tems dans les rigoles sur les hauteurs exposées à la sécheressc; elle communique plus d'hu- midité aux billons supérieurs. Sur les pentes rapides l'eau coule lentement dans des raies dont l'obliquité diminue Pinclinaison; lors meme qu'il tombe de grandes ondées, elle ne creuse point des sillons au fond des rigoles, et si les pluies sont rares, le terrain se dessèche moins facilement. Quelqueſois il a suffi. de changer la direction des billons pour bonifier considérablement des champs situés sur des collines; on a par là sensiblement augmenté leur produit et rendu leurs récoltes beaucoup moins casuelles. Pear ce moyen le travail des béêtes de trait est infiniment allége; à la vérite celui du laboureur devient plus difficile. Si on laboure des champs en pente avec la charrue ordinaire à versoir immobile, qui reuverse la tranche alterna- tivement en haut et en bas, il est très-difficile que cette tranche soit bien retournée lorsqu'elle est versée du côté d'en haut; parce qu'elle doit parcourir un plus grand arc de cercle pour arriver au point ou sa propre pesanteur Pen- tratne et la fait tomber. II arrive aussi fort souvent qu'elle retombe dans la jes sens sont lors pé- lait ges. Neul n'est nps, les, pé= ten ndis dent Ires face mere ir les les 54 ans de i les suffi imps endu Féne penle erna- T pien arco urir ur Ten- daus h D'AGRICULTURE. 79 raje. II faur alors que le laboureur emploie sa ſorce pour incliner la charrue du cOô*G droit, et que souvent, à Paide deson pied, il achève de renverser la ranehe. à moins qu'il ne se fasse suivre par un homme chargé d'opérer cele avee la maiuf, Jes pieds ou une fourche. Ce qu'il y a de mieux pour ces cas là, c'est l'emploi alongeversoir décrit par Schwertz dans son Agriculture Belge. rapides il est presqu'impossible de renverser la tranelre en de1 Dans les pentes haut; ra uy a rian de mieux*à*l faire que de renverser ioujours la terre du c0¹16 d'en bas, jusqu'à ce que la surface du ciramp soit transformée en espèces 3*„1 de terrasses, et que chaque planche devienne plus plate. Cela ne peut s'opérer avec la charrue ordinaire(à une oreille immobile) qu'en la ramenant sur ses pas sans la faire agir, de manière qu'on Pengage toujours du même c*ε, aſin de renverser la tranche sur celle qui l'a immédiatement précédée, et cette méthode absorbe beaucoup de tems, elle ſatigue inutilement le béiail, en lui faisant parcourir un espace double. II vaut done mienx employer à ce travail une charrue à oreilte mobile, qu'on place tantét à la droite, tantôt à la gauche de la charrue. Aussi dans les lieux oit les instrumens de cette espèce sont connus, on les emploie toujours à ce travai. On obüent le mème avantage du binoir du Mecklembourg; peut-étre mèéme ce dernier instrument a-t-il pour ceci quelque supériorité sur la charrue, parce qu'il ne jette pas la terre aussi bas que celle-ci. Lonconçon que de cette manièrc la charrue amasse peu à peu la bonne terre sur la partie basse du champ, et en dégarnit le haut. De bons cultivateurs remédient à ee mal, en appliquant tout leur fumier à Ia partie supérieure de Jeurs champs, ou tout au moins en le distribuant de manière que cetie partie en adit toujours une plus grande proportion que les autres; mais cela même rend le charroi des engrais beaucoup plus onéreux.* Lorsqu'on laboure en biais des hauteurs rapides et dont Ia surface est inegale, il importe de donner aux billons une direction telle, que la charrue, dans sa marche, ne trouve pas de pentes trop roides. On ne saurait pour cela donner des règles générales. Avant tout il faut parcourir le ehamp dans tous les sens, et, de place en place, se demander comment les tranches se renverseront. Quelque- * Pai toujours vu les cultivateurs soigneux transporter de tems en iems, avec des char- rettes, au haut de leurs champs en penie, la terre amassée au bas par la charrue ou par les eaux; à la longue ee moyen est même le seul praticable, puisque sans cela la partie supérieure du champ serait totalement dépourvue de terre, ou du moins n'en aurait plus que de l'inſer- nile; d'ailleurs, peu à peu la surface du sol serait considérablement rétrécie, puisqu'il faudrait Iaisser sans culture au moins toute la partie du terrain entalus qui devrait soutenir la planche ou le champ supérieur. Tyrad. 80 PRINCIPEIS RAISONNES fois on est obligé de changer la manière de labourer; ici l'on doit enrayer, là au contraire érayer; dans cette autre place on est réduit à verser la tranche toujours du mème còôté. lei la facilité et la bonté du travail dépendent essentielle- ment de la justesse du coup d'cil du laboureur, et de son plus ou moins d'ex- périence dans les travaux de ce genre. En général, dans les champs montueux le binoir est préférable à la charrue, parce que pour le renversement de la terre, il laisse davantage au libre arbitre da lahallmeawne,: e eSeCat)le de voir la parſaite régularité des labours faits dans des pentes rapides par des hommes exercés à la direction de cet instrument. Au moyen de cet arrangement, et en donnant aux raies une direction oblique, on peut procurer aux eaux un écoulement tellement insensible, que nulle parrt elles n'eutrainent la terre après elles, et qu jelles ne creusent pas les raies dans lesquelles elles passent. 9 754. Si maintenant on demande quelle est la profondeur qu'on doit donner au labour? La variété des opinions entraine dans un dédale tel, qu'une personne qui ne saura pas s'orienter n'en sortira jamais; mais nôous devons faire précéder cette discussion par les distinctions convenables. II y a une grande différence entre labourer profondément un sol dont la couche végétale est non-seulement homogene jusqu'à une assez grande pro- fondeur, mais encore également fertile dans toute cette épaisseur; et augmenter par des labours plus profonds une couche de terre végélale plus ou moins super- ficielle; autrement, rendre ses parties constituantes homogènes sur une plus grande épaisseur, et les imprégner de substances ferlilisantes dans toute leur étendue. 8 Pous les observateurs attentſs conviennent que les terrains profonds ont une grande supériorité sur ceux qui n'ont que peu d'épaisseur. A 9 54, vol. 2,5 grande j'ai parlé des avantages inhérens à ces premiers terrains et de leur plus g valeur; mais j'ai promis de revenir sur ce sujet, lorsqu'il s'agirait des labours- profonds, et de le traiter d'une manière plus méethodique et plus précise. §.755. La profondeur à laquelle pénètrent les racines des plantes lorsqu'elles ren- contrent un sol fertile, varie autant que la nature de ces végétaux. Il est des plantes usuelles dont on a suivi les racines en terre jusqu'à quinze, vingt et méme trente pieds; par exemple, le sainfoin(esparcette) et la luzerne; le trèfle rouge lui-mème, pénètre jusqu'a près de trois pieds, et plusieurs des végé- taux que nous employons, vont probablement: à une aussi grande profondeur, lorsqu'au cyer, anche elle- d'ex- lueux de l 2 voir mmes blique, lle part es dans aner au ersonne técédey dont la de pror ugmenter ns Supel- une plus ute leur nds ont 4 vol. 2, grande Jabours- 2 * les ren- est des vingt et le trelſe les vege- fondeur, lorsqu'au D'AGRTICUILTURE. 81 lorsqu'au lieu de rencontrer des obstacles, ils trouvent au contraire une terre très-fertile. J'ai récolté des carottes de deux pieds et demi, dont Pextrémité tronquée qui était demeurée en ierre, avait probablement encore plus d'un pied. Mais comme les terres sont principalement destinées à produire des grains, la valeur de celles-là cesse d'augmenter, tout au moins progressive- ment, à la profondeur que les racines des blés ne dépassent pas dans leur végétauion.. A P'aide de la simple vue on a souvent remarqué que les racines du blé pénétraient à huit pouces de profondeur, ei par le moyen de verres à grossir on a distinctement aperçu que là encore leurs racines avaient été tronquées, Moi-méme je les ai suivies jusqu'à douze pouces dans les épaules des billons, sur un champ dont le sol est riche et profond; mais je crois que cela ne peut avoir lieu qu'aux épaules mêème des billons où Pinfluence de l'atmosphere doit les atteindre à une plus grande profondeur, et nullement sur une surface unie, La semence est ordinairement placée à deux pouces au-dessous de la superficie du sol, par conséquent les racines avaient dix pouces de profondeur, si du moins nous devons nous en rapporter à notre simple vue; mais il est très- yraisemblable que leur extrémité la plus tenue s'étend réellement à douze ponces au-dessous de la superficie du sol. Nous pouvons donc avec fondement envisager cette profondeur comme la limite du sol à blé, et admettre en prin- cipe que les plantes pénétrent jusque là avec leurs racines, si elles trouvent une terre fertile et meuble. Lorsque les plantes sont serrées les unes près des autres, leurs racines ont plus de disposition à pénétrer profondément. Car nous remarquons facilement en terre, et d'une manière bien plus positive dans l'eau où des plantes oni jeté leurs racines, que ces racines s'évitent les unes les autres, et poussent leurs plus grands jets dans les places où elles ne w'entravent pas réciproquement. Lors done qu'une plante est empéechée par ses voisines d'étendre ses racines latéralement, elle les dtend en profondeur, pourvu, cependant, qu'au lieu de rencontrer des obstacles, elle trouve sur son chemin un corps meuble er imprégné de sucs nutriufs. Si au contraire la racine atteint une couche dure ou stérile, elle s'étend sur les côtés, et lorsque les plantes sont serrées les unes prèés des autres, ces racines formens un tissu épais et noucux; elles se disputent réõciproquement la place et la nourri- ture: alors la plante plus faible doit se soumettre à la plus forte, et, quoique à son plus haut période de végétation, mourir ou tomber dans le dépérisse- ment, comme cela se voit souvent sur les champs à blé. Mais plus le sol sera profond, plus les plautes pourcont demeurer les unes près des autres sans se T. III. 11 8² PRINCIPES RAISONNE S nuire, et plus grand sera le nombre de celles qui parviendront à leur perfee- non. Si Pon observe attentivement, on ne pourra méconnattre cette diflérence entre les terrains profonds et les terrains dont la conche de terre végétale a peu d'épaisseur. Elle parattra à des degrés proportionnels dans des tercains de 4, 6, 8 el 12 pouces d'épaisseur, pourvu que ces terrains soient également imprégnés d'humus sur toute cette profondeur. Si l'on pouvait adingttre que chaque grain donnât une plante, on devrait pouvoir semer un terrain de huit pouces de profondeur, le double plus épais qu'un terrain de quatre pouces qui serait de même nature, et y obtenir une récolte double; de cette manitre la valeur du sol résulterait de la multiplication de sa superficie par sa profondeur. Mais je n'oserais pas prendre ce principe si fort à la leitre, parce que Linfluence de Patmosphère donnera toujours à l'étendue une supériorité sur la profondeur; et en effet, un pied cube de terre végétale, divisé sur un espace de deux pieds carrés, portera toujours un plus grand nombre de plantes que s'il n'occupait qu'une superficie d'un pied. Nul observateur impartial qui aura quelcu'expérience, ne contestera qu'à cause des raisons que je viens d'n- diquer, la profondeur du sol n'ait une grande inffuence sur sa valeur. Pour ne pas outre-passer les bornes du vrai, aun mème§ 747, j'ai posé en principe, que cette valeur s'augmentait de hnit pour cent, avec chaque pouce de pro- fondeur que le sol pouvait avoir en sus de six jusqu'à dix pouces; et diminuait proportionnément de six à trois pouces. Mais outre cela les terrains profonds ont ce grand avantage, qu'ils souffrent visiblement moins de la sécheresse et de Phumidité, que ceux dont la couche végétale a peu d'épaisseur. Lorsque la température est humide et qu'il tombe beaucoup de pluie, Peau descend dans un sol ameubli par Phumus, aussi bas que s'étend la couche de terre végétale. Ce sol absorbe une quantité d'eau pro- portionnée à sa profondeur, avant de la laisser refluer à sa surface. C'est par cette raison que le terrain déſoncé des jardins n'est point encore surchargé d'humidité, quc la superficie des terrains peu proſonds est toute couverte d'eau, et aussi long-tems que Phumidité ne reflue pas jusqu'à la superficie du sol, elle ne nuit pas facilement aux plantes.* D'un autre côté les sols plus profonds retiennent aussi plus long tems l'humidité qu'ils ont absorbée, et en communiquent suffisam- ment à la superficie, alors qu'elle est déjà desséchéc. On remarque ce premier * Aux plantes de céréales, sentend; car lhumidité souterraine permanente ſait en peu de tems pourrir la racine des plantes pivotantes, telles que le sainfoin, la luzerne, ete. qui ne manquent pas de périr avant le tems dans les terrains qui ont cet inconvénient. Trad. perſee- lérence étale 4 ins de lement e que le huit tes qui namere ondeur, re que ile sur sur un Slantes al qui s din- Pour neipe, e pro- annuan ouffrent couche lombe ssi Das au pro- ar cette midité, er aussi ne punt Uennent sußsam- bremier — len peu de ele. qui 2e Trau. D'AGRICULTVURh. 85 effet surtout dans les terrains glaiseux, et le second se voit méème dans les terrains sablonneux, qui, lorsqu'ils ont été défoncés, conservent assez long- tems leur humidité. L'étendue de cet avantage n'est point bornée à la profondeur à laquelle peuvent atteindre les racines des plantes; ce qui me le prouve, c'est que, durant une longue sécheresse, les céréales même souffraient moins sur un terrain qui, quelques années auparavant, avait été défoncé à 5 pieds, que sur un autre qui ne l'avait été qu'à 1 ½, bien que avant et après le défon- cement, ces deux terrains eussent été traités de la mème manière. Ce m'est pas tout encore, sur des terrains profonds les plantes souffrent moins de la sécheresse, de la chaleur et méême des changemens subits de tem- pérature; parce que leurs racines pénètrent plus avant, et sont moins atteintes par ces inconvéniens, que si elles étaient à la superficie du sol. Durant les chaleurs excessives et les grandes sécheresses, il est visible qu'elles sout beau- coup plus au frais dans les terrains profonds que dans les sols superficiels ouð, au contraire, elles périssent facilement. Enfin Pon a remarqué presque partout, que dans les terrains profonds les grains sont beaucoup moins sujets à verser, lors mème qu'ils sont épais et qu'ils ont une grande richesse de végétation; cela est dü, sans aucun doute, à la plus grande force que la profondeur des racines donne à la parue inférieure de la uge, tandis que, sur les terrains peu profonds, les premiers jets de plantes serrées les unes près des autres, ne trouvent pas assez de nourriture pour auteindre une vigueur complète. Ce n'est pas seulement aux céréales que la profondeur du sol est avantageuse, elle ne favorise pas moins la culture des plantes dont les racines pénètrent pro- fondément en terre, et qui vont chercher leur nourriture au-dessous de la limite des racines des blés. Cette raison fait qu'un terrain plus profond que cela m'est nécessaire pour la culture des grains, a toujours une valeur plus grande, bien que la valeur ajoutée par ce surplus de profondeur ne suive pas g une progression aussi forte que celle de la couche qui suffit à la racine des blés. § 756. Mais pour conserver à un sol proſond tous ses avantages, il est nécessaire que, detems en tems, il soit labouré à toute la profondeur de sa couche végét lale, qu'il soit reiourné, ameubli et soumis à Fiufluence de Patmosphere. Si cela n'a pas lieu, si l'on se borne à lui donner des labours superficiels, peu à peu il perd tous les avantages dont nous avons parlé. Au-dessous de la sphère d'ac- nivité de la charrue, il se ſorme une croüte dure, laquelle coupe à la terre qui 84 PRINGIPES RAISONNE S est au-dessous, toute communication avec Patmosphère et avec la couche de terre végétale. Au reste'expérience m'a convaincu, qu'iln'est pas nécessaire que ce labour profond ait lieu chaque année, mais seulement qu'il soit répété tous les six ou sept ans, surtout lorsque dans l'intervalle, on ne donne pas toujours la méême profondeur au labour; parce que rien ne contribne iant à former cette croũte dont nous avons parlé, que l'action réitérée de la charrue à une méme profondeur. Ilsemble que la culture alternative des plantes qui pénètrent avec leurs racines tubulées au-dessous de l'espace atteint par la racine des céréales, contribue aussi à Pameublissement de la couche inſérieure du sol, et à maintenir sa communicauon avec la couche supérieure. Il convient donc de labourer le terrain tous les sept ans jusqu'au fond de sa couche végétale; dans l'intervalle, on peut se contenter de labours moins pro- fonds, suivant les circonstances etle but qu'on se propose. § 757. Une toute autre chose est d'amener à la surface du sol, par des labours plus profonds, la couche de terre qui est au-dessous de la végétale, et qui, bien qu'elle puisse étre de la mème nature, n'est cependant que très-rarement im- prégnée d'une même quantité d'humus, et jamais fécondée par Paction de Patmospheère et l'influence des substances qui y sont contenues. Ici cette terre infertile et le plus souvent stérile, doit avant tout étre bonifiée. impréguée d'humus, et saturée par l'atmosphere. Nous avons cependant vu des cas où sans addition d'engrais, la terre remude a la superfcie du sol par le défoncement, après avoir séjourné quelque tems à l'air, s'est trouvée d'une fécondité extréme. En soumettant ceite terre à 1 7 21 1 8 166 4 8 quelques analyses chimiques, nous avons vériſité qw'elle contenait du carbone; mais toujours cette ſécondité était épuisée en peu de tems, et si l'on ne se hätait de venir au secours du sol avec des engrais, il devenait totalement stérile après avoir produit une ou deux récoltes, et avait alors besoin d'amendemens réitérés pour étre transformé en une bonne terre végétale. Souvent aussi le défoncement du sol produit un mauvais effet dans les premiers momens, et N 1* ·. ·* ramène à sa surface un terrain tellement infertile, qu'on est réduit à y semer, les premières années, des végétaux dont les racines pivotantes vont chercher . 1.. leur nourriture à une grande profondeur, et qu'iil n'acquiert de la féconditée 29.*. 7⸗„„*... qu'après avoir été fumé à réitérées fois, et après avoir ét long-tems soumis à 21r 2rIlcan 22 525 1 4 2 1 Finfluence fertilisante de l'aimosphère. Mais cette manière d'améliorer les terres ..„ 3. ·„ 3.„ cette addition d'une grande quantité de substances nutrilives, est une forte —.—. 7, 8. entreprise lorsqu'elle doit s'étendre à de grandes surfaces; dans les circonstances couche de essaire que Epété tous as toujours 1à former rue à une bénètrem racine des ure du sol, kond de sa noins pro- bours plus lui, bien ment im- aclion de beue terre impréguée pe remuce que tenns e terre à carbone; kon ne se ent stérile endemens t aussi le mens, et y semer, chercber ſscondité s Soumis à les terres une forte conslances wAechRlcULr nUn n. 85 agricoles ordinaires, à moins de se procurer des engrais au-dehors, on ne peut Pexécuter sur un champ qu'aux dépends de ious les autres; tout au moins faut-il sacriſier pendant plusieurs années la valeur du produit d'une beaucoup grande étendue, pour augmenter ainsi la valeur d'une plus petite. II peut se faire que dans bien des cas le sol gagne plus en valeur que le propriétaire n'y sacrifie de ses produits; mais peu de cultivateurs font de iels sacrifices. On ne peut entreprendre avec avantage'aprofondissement du sol par des défoncemens, que lorsque, par un systéme de culture qui tende à multiplier les engrais, on s'est procuré des fumiers au-delà de la quantité qui peut étre em- ployée avec proſit à bonifier la couche actuelle de terre végétale. § 738. Il est aussi des cas où Pon doit se contenter d'une couche très-superficielle de terre végétale, et où l'on ne doit pas méême penser à l'augmenter par des labours plus profonds. Sans parler de celui où la couche inférieure du sol ne le permet absolument pas, il arrive a). Que par le moyen du gazon, des herbages qui ont pris possession de la superficie du sol, il s'est formé une couche très-mince de terre végétale, au- dessous de laquelle, et d'une manière tranchée, on trouve un sol absolument stérile, argile ou sable, et qu'on a tout juste que la quantité d'engrais nécessaire pour conserver la fécondité de cette petite couche de bonne terre; ou même que l'on doit principalement compter sur la formation d'une nouvelle couche de gazon pour rendre au sol sa fecondité. Là, pluiôt que de détériorer cette petite quanuté de terre végétale par Paddition d'une forte proportion de terre stérile, il vaut mieux la conserver réunie, en maintenant sa fécondité à l'aide de la chétive portion d'engrais qui ne suffit qu'à elle seule, et en y concentrant le travail; surtout si Pon doit pouvoir compter sur la formation d'une nouvelle couche de gazon; car celle-ci n'est guére produite que par la ſécondité des deux premiers pouces de la couche de ierre végétale, et très-peu par l'humus contenu dans la partie qui est au-dessous. 5). Si Pon a entrepris de bonifier le sol d'une manière durable par une addilon de glaise marneuse, de terreau, eic. ou par le moyen de l'écobuage (brulement de la superficie enherbée), moyens qui suffisent à une légère couche de terre, mais nullement à une plus épaisse; il faut bien prendre garde de ne pas enterrer trop profondément, et de ne pas disséminer sur une trop grande masse des secours qui ne peuvent suffire qu'à une légère couche de terre. On ne doit augmenter la profondeur du sol, que lorsqu'on s'est déterminé à y faire une 86 PRINCGCIPRS RAISONNES nouvelle addition de ces substances, et alors il fant exéeuter le labour profond, ou le défoncement, avant de faire le charroi. La même règle est applicable au. cas où l'on veut amender un terrain argileux très-tenace avec une quantité de chaux ou de marne calcaire, qui ne peut suffire qu'à une certaine épaisseur de la couche végétale. c) Si, sur un terrain sablonneux, les labours ont été ſaits toujours de la mème profondeur, et si, sous la couche habituellement parcourue par la charrue, il s'est formé une croũte dure, on ne rompt pas celle-ci sans inconvéniens. La couche supéricure du sol peut avoir été fortement améliorée par une bonne culture; la croùte de terre durcie, qui se trouve au-dessous, empéche l'écoule- ment de l'humidité et des substances fécondantes que celle-ci a détachées du sol: souvent plus bas ily a une couche de sable pur. Ce cas peut se trouver réuni aux précédens car il'est pas rare qu'après un marnage il se forme une croute pareille, et quoiqu'il fät à desirer que ceite crouue se trouvàt à une profondeur plus grande qu'elle ne l'est en effet, il arrive fréquemment qu'on n'a pas la possibilité de la placer plus has, et tant qu'on ne le peut pas, on n'y touche pas impunément, d) Eufin et en général, lorsque l'approfondissement du sol niest pas néces- saire, et doit produire plutòt de la perte que du prolit. § 75 Dans le plus grand nombre de cas, lorsqu'il convient de donner plus d'é- paisseur à la couche de terre qui est en culture, le mieux est de le faire peu à peu. Par approfondir peu à peu la couche de terre végétale, nous entendons ramener à sa surface la seule quantité de terre vierge qui peut éêtre mélée inumément aveo la couche de terre végétale, et entrer en action avec elle. De cette manière'ancienne terre végétale n'est pas entièrement ensevelie, et Pabsorpuon des substances contenues dans Patmosphère, que la terre nouvelle opère souvent avec beaucoup d'ntensité, peut mieux s'effectuer. —§ 740. Les questions qu'on doit s'adresser sur la convenance de labourer plus pro- fondément ou de défoncer le sol, sont ainsi les suivantes. 1). Que doit on altendre de la terre qu'on extraira de la couche inforietsre du sol, de celle qui jusgu' ici nia pas té atteinte par la charrue, si lion oonsidère la nalare de cette terre, sa composition? Pour résoudre cette question il faut soumettre cette terre à une analyse chimique, et s'assurer de la proportion d'argile, de sable, de chaux, de fer et peut'ètre de carbone qui en fait parlie, et ne pas oublier le plus ou moin- ond, le au. 3 de r de eme e, U .La onne oule- sol: Jaut iille, ande de la PrO- ieure Pon 1 1 Pse de ſer moin p A G R IG V L TIU R E. 87 grand nombre de pierres tant petites que grosses qu'elle contient. Pour vérifier d'une manière pratique l'effet qu'elle doit produire sur la végétation, le meilleur moyen est sans doute d'en ſaire l'essai dans des vases à fleurs, ou sur une planche de jardin qu'on a eu soin de labourer, et qu'on rccouyre ensuite aveb de ceite terre. 2). Quels sont les changemens que prodluira le mélange d'une certaine quntite de cette terre, aveo la couche supérieure doo sol? Est-ce que par ce moyen les défauts de celle-ci seront atténnés ou augmentés? Ceite nouvelle ierre donnera-t-elle plus de consistance au terrain trop meuble? Diminuera-t-elle la tenacité du terrain argileux? Ou augmeniera-t-elle l'un et 'autre? Quelle est Ja proportion dans laquelle ce mélange doit êétre opéré, pour former le sol le plus desirable d'après la situation de ce champ et le climat dans lequel il se trouve placé? 5). Jusquòd quel point la guantité d'engrais gu'on a disponible, sufſira- Lelle pour en imprégner la terre jusquòd la profondeur nécessaire? La solution de ces trois questions déterminera la convenance de ceite opé- ration et des degrés dans lesquels elle doit étre faite, § 741. Jusqwà présent on wa point encore déterminé d'une manière positive ce qu'on entendait par un labour profond, par un labour superficiel, et par un labour de profondeur moyenne. Afin d'arrèter notre opinion sur ce sujet d'une manière précise, nous qualifierons de labour superficiel celui qui n'a que de deux à quatre pouces de profondeur; de labour de profondeur moyenne, celui qui a de 4 à 7 pouces; et de labour profond, celui qui a de 8 à 12 pouces de Rhin. Si le labour a une plus grande profondeur, nous le distinguerons alors sous la dénomination de dozble labour ou labour de dfoncement, parce qu'avec une charrue simple on ne peut guère opérer plus profondément qu'à une épaisseur de 12 pouces, le soulèvement ei le renversement d'une terre qui n'a point encore été remuée. Je ne puis me faire aucune idée de labours de 18 à 24 pouces de profondeur. Bien entendu que la profondeur du labour soit mesurée au bord de la terre non remuèe, et, je le répète, que la tranche soit bien renversée.* * Dans T'essai fait sous mes yeux à Bofwyl, lorsqu'avec mes collègues j'y fus appelé pour examiner les établissemens de M. Fellenberg et présenter à la Diète de la Conféderation Suisse un rapport sur ces établissemens; une charrue simple, à oreille mobile et à avant- train, opéra dans un prè qui n'avait jamais été défoncé, un bon labour de 18 pouces de pro- fondeur; la terre était tellement bien renversée qu'on n'apergeyait pas mèeme un veslige de 88 PRINCIPES RAISONNES § 742. D'après ce que nous avons dit plus haut, dans le plus grand nombre de cas ou Pon voudra labourer à une profondeur plus grande que celle qui avait lieu auparavant, il conviendra de ne pas porter au-delà de deux pouces la plus grande épaisseur qu'on ajoute à la couche de terre végétale. Cette quantité seulement peut étre suffisamment améliorée et mélangée avec la couche supé- rieure. Autant que cela est possible, on doit entreprendre cette opération à une époque qui permette de laisser la couche de nouyelle terre long-tems exposée à P'air, c'est-à-dire avant l'hiver. Mais il faut aussi chercher à maintenir pendant l'é¹é cette terre en contact avec l'atmosphère, dont l'influence ferti⸗ lisante est beaucoup plus sensible dans cette dernière saison qu'en hiver. On doit donner à ce terrain une jachère morte, ou tout au moins le consacrer à des végétaux qui pénètrent avec leurs racines au travers de cette terre nouvelle, pour aller chercher leur nourriture dans l'ancienne terre végétale, ou mème dont les racines se logent au-dessous de la même couche, comme c'est le cas pour la plupart des plantes que nous classons sous la dénominaton de récoltes sarclées ou récoltes jachères. Comme de cette manière la nouvelle terre de- meure à la superficie du sol, et est constamment remuée et ameublie, elle se trouve dans le plus grand contact avec l'atmosphère, et toutes les particules de ceite terre peuvent se saturer de substances atmosphériques. Il est irès-important de réserver, autant qu'on le peut, à la nouvelle terre les parties les plus substancielles des engrais. Pour cet effet il conviendra, si les circonstances dconomiques de Pexploitation le permettent, de charrier déjà avant l'hiver du fumier sur la terre nouvelle ainsi ramenée à la superficie du sol, et de laisser ce fumier, soigneusement épandu, pendant tout l'hiver à la surface du terrain, parce que les engrais étendus pendant ceite saison sur un tel sol, produisent un très-grand effet pour son amélioration, si d'ailleurs le terrain n'a pas assez de pente pour que les sucs du fumier puissent étre entratnés hors du — la couche de terre vègétale. Lce seul défaut qui eùt pu ſaire contester à ce labour la qualifi- cation de parfait, était une petite cõte d'un pouce et demi d'épaisseur, qui restait assez souvent dans la partie du fonds de la raie qui n'avait pas été immédiatement tranchée par le soc de la charrue, et cet inconvénient eüt pu etre prévenu en donnant à ce soc une forme différenic. Moi-mèͤme j'ai fait exécuter à Genihod de bons labours à 15 pouces de Rhin de proſondeur, en terre forte, et aveo une charrue assez semblable à celle de M. Fellenberg. Avec une charrue du mème genre, M. de Loys a fait opérer dans des terres fortes de son domaine de Prévessin, département du Léman, des labours qui avaient au-delà de 19 pouces de Rhin en proſondeur, et dont la tranche était également bien renversée. Trad. 1 champ e cas lieu blus auité ppé- on à dems menir ferli⸗ . On rer à jelle, nème le cas voltes e de- lle se les de e terre Jra, si r dejs usol, urface el so!, in n'a 1s du — ualifi- ouvent c de la férenlé. ondeur, charrre vessin, ondeur, champ p' AGRICULTVUR E. 89 champ par les pluies. Dans ce dernier cas il faudrait également charier et épandre les engrais à la mème époque, mais alors les enterrer par une culture tres-superficielle. Au printems suivant on donne un léger labour et un fort hersage; on ne donne également que peu de profondeur au labour de semailles, afin que la couche de ierre nouvelle ne soit que peu recouverte par l'ancienne terre végétale. Cest de cette manière qu'à différentes reprises et avec le plus grand succès, j'ai obtenu en un seul été le mélange complet de l'ancienne terre avec la nou- velle, la bonification de celle-ci, et une augmentauon sensible d'épaisseur dans la couche de terre végétale; que j'ai atteint une amélioration immédiate de toutes les récoltes, et qu'après l'éécoulement de la rotation prescrite par l'asso- lement, j'ai procédé à une nouvelle addition à cette couche de terre végétale. Plusieurs personnes ont suivi la mèême méthode, et n'en ont jamais éprouvé les mécompites qui sont la suite presque certaine de défoncemens faits avec précipitation, hors de tems, sans consulter les circonstances de l'assolement, et qui trop souvent bouleversent et ruinent l'économie rurale de ceux qui se les sont permis, § 743. Si Pon veut entreprendre d'approfondir la couche de terre végétale sous les eonditions prescrites à§ 756 et suivans, et pousser cette opération à plus de 12 pouces de profondeur, la charrue simple ne suffit pas à ce travail. On doit alors avoir recours au labour de dafoncement ou double labour, qui se fait avec la charrue dont nous avons parlé à 5 699, ou par le moyen de deux charrues qui passent Pune après„'autre dans le même sillon. Dans ce dernier cas le pre- mier corps de charrue coupe et renverse au fond de la raie qui est à côté, une tranche plus ou moins épaisse; le second enlève au-dessous de la place précédemment occupée par la tranche qui vient d'étre renversée, une seconde tranche dont il recouyre celle-là. On peut bien opérer ce travail au moyen des charrues à roues ordinaires, pourvu qu'on règle celle qui passe après l'autre, de manièrequ'elle entre plus bas en terre; qu'on lui donne un versoir élevé, long et fort écarté à son extrémité postérieure, et une roue plus haute du côté droit de Pavant-train. Mais, avec une telle charrue, le travail est très-pénible et demande une grande force de trait; en revanche on l'accomplir facilement avec la charrue de Small, en faisant marcher celle de Bailey la première. Alors, pour atteindre- 12 ou 14 pouces, trois chevaux suffisent à la seconde charrue; mais ces bétes sont assez fatiguées par ce travail. On opeère le méme ouvrage d'une manière plus accomplie, et dans beaucoup T. III. 12 90 PRINCIPE= RAISONNES de cas sans qu'il en coüte davantage, à mains d'hommes, par le moyen de la bèche. Avec une charrue on emploie neuf ou dix hommes répartis sur des espaces 6gaux, et, aussitôt que la charrue a passé, ils approfondissent la raie de toute la longueur de leur bèche, en jetant sur la terre que la charrue a renversée, la terre qu'ils enlèvent avec leuùr instrument. Neuf ou dix bons tra- vailleurs suffisent pour suivre la charrue sur un terrain médiocrement argileux: Jà où lon ne manque pas de bras, je préférerais cette méthode. Pierre Kretschmar, auteur qui, dans son tems, ſit assez de sensation, prétendait pouvoir, à l'aide des seuls défoncemens, maintenir son terrain dans un état permanent de fécondité; parce que, disait-il, la couche de terre qu'il enterrait sous Pautre se reposait et prenait de nouvelles forces, tandis que la supérieure produisait des récoltes. Au moyen de cela il voulait faire entièrement abstraction des jachères, de Pusage de faire alterner les récoltes, et mème des engrais; ainsi que cela est affirmé dans son ouvrage intitulé Oeconomische Practica, Leipsig 1749; et dans plusieurs autres écrits de lui et de divers auteurs. Ses expériences ſaites sur un ierrain situé près de Berlin, et qui lui avait été donné par Fréderic II, eurent une fächeuse issue, comme on l'imagine. Cependant, comme il ne tarda pas à se procurer des engrais de ville à Berlin, pour améliorer la couche de terre vierge qu'il avait ramenée à la superficie de son terrain, il euùt réellement pu, sous quelques modifications cependant, eontinuer Fensememcement de ses ehamps, sil eüt réellement eu une idée juste de la science agraire, et sil n'eùt pas détruit sa fortune en aceumulant projets sur projeis, sans les conduire à leur fin. Au reste Tintérét que cet homme sut attirer sur Iui, ne contribua pas peu alors à appeler Pattention sur Pagriculture, et à engager des esprits elairvoy ans à ſaire des recherches sur celte matière. Les éeonomes orthodoxes de ce lems-là l'employèrent, ainsi que l'anglais Brown également favorisé par Fréderie I, comme épouvantail destiné à éloigner leurs enfans de toute nouveauté. IIs n'en n'avaient pas perdu le souvenir, lorsque le roi m'appela dans de pays, puisqu'ils me confondaient alors avec l'un ou l'autre de de ces agriculteurs, owtout au moins assuraient que, dans toutes mes opinions et mes principes, je leur serais aussi semblable qu'une goutte d'eau l'est à une autre. II est encore une autre manière d'ameublir le sol à une plus grande profon- deur, sans le retourner, c'est-à-dire sans ramener à la superficie sa couche inférieure, et on l'a employée avec beaucoup d'avantage sur les terrains légers; elle s'opère avéèe une charrue qui n'a pas de versoir, mais seulement un soc fort, bas et convexe. Cet instrument passe dans la même raie que la charrue ordinaire, il remue la terre qui est au fond de ceite raie, mais l'y laisse après Pavoir séparée et brisée. Dans les contrées oùu, avec des charrues ordinaires, on laboure à 16 pouces de profondeur, probablement on ne dépasse guère la bonté de cette première opération. - 2 r des raie ue a tra- eux: endait m eia nterraid érieure aclion ainsi 1749, ſaites errie II, 2 tarda ge terre u, Sous nos, Sil 3uruit sa Au resie appeler hherches Brown leurs ele roi ure de et mes oſon- ouche ege r18 ⸗ un 800 harrue e après inaires, guere 1 D'AGRICULTURVE. 91 § 744. C'est seulement pour les récoltes jachères sarclées et pour les plantes légu- mineuses, qu'il me paratt convenable de labourer à une profondeur plus grande que la moyenne. Pour les grains souvent il suffit de donner un labour très-superficiel, ou même de cultiver la terre avec des instrumens qui accé- lèrent beaucoup plus le travail, parce que lorsque la terre a été bien ameublie et pulvérisée, elle conserve sa porosité et sa perméabilité pendant plusieurs années, surtout lorsqu'elle est composée d'une moitié de sable et qu'elle est bien § 745. Pour nous faire une idée du nombre de labours qui sont nécessaires, nous imprégnée d'humus. devons parcourir séparément les principales espèces d'assolemens. Daus la règle de notre culture alterne, on déchaume toujours avant Phiver, et à la plus grande profondeur que le sol ait atteint ou doive atteindre dans le cours de l'assolement. Lorsque cette proſondeur doit aller au-delà de douze pouces, on a recours au double labour. Le second labour doit être superficiel, c'est par celui-là qu'on enterre le fumier. Le troisième labour, ou labour de semaille, doit avoir un peu plus de profondeur. Au moyen de la houe à cheval on cultive la terre à une profondeur plus grande encore, en butant les récoltes sarclées, que, pour cet effet, on a semòes en lignes. Apres la récolte, on passe la charrue d rabot ou écroutoir, et la herse, si cela est nécessaire pour régaler la terre, puis, avant l'hiver, on donne un labour à moitié profondeur. Rarement alors donnons-nous au printems un labour proprement dit; dans les terrains qui contiennent 50 pour cent et plus de sable, et qui ont été convenablement culüvés pour la récolte jachère, ce labour serait non-seulement superflu, mais méême nuisible, si l'année se trouvait étre sèche. On se borne à ameublir parfaitement la superficie du sol avec l'extirpateur et à la profondeur de deux ou trois pouces, à herser, à semer le grain, ordinairement de l'orge, à l'en- terrer avec le petit exürpateur, puis à herser de nouveau, et, si ce terrain doit étre ensemencé en trèfle, à en opérer la semaille, et passer ensuite le rouleau. Après la récolte d'orge, le terrain demeure un an ou dcux en trèfle. Dans le premier cas toujours, dans le second cas le plus souvent, on ne donne pour les grains d'automne qu'un labour unique et d'une proſondeur médiocre, mais en ajou- tant à la charrue P'écroutoir dont j'ai parlé à§ 699. Ce labour a lieu au moius un mois avant la semaille, afin que le sol puisse s'affaisser, ce qui est ici une condiution essentielle au succès. Les grains d'automne y sont semés sans autre préparalion; mais quelquefois on les enterre avec le peut exurpateur, qu'on fait suivre par la herse. Au printems, lorsque la vegétation recommence, sil'on ena le loisir, et que PRINCIPES RAISONNE BS 9² „„.... 1 2 la température le permette, on répéte ce hersage. Pour que celui-ci soit Plus effi jusqu'au point d'avoir brisé toutes cace, rarement on pousse le hersage d'automnej aire qu'eHes subsistent jusqu'au printems; pour les mottes; on préfère au contr fait dans cette dernière saison donne de que, en les brisant, le hersage qui se Ja nouvelle terre aux plantes. Si, après la récolte de grains d'automne, on culuve des récoltes de légumes; on donne pour cela un ou deux labours, suivant la naturc du sol et de la température.* Pour les fauchées en vert, on do des légumes, on se hàte de donner un labour de moyenne profondeur; quelque pand la semence et on vesces qu'on sème ensuite, et qu'on desune à èire nae toujours deux ou trois labours. Apreès la récolte tems après on passe la herse; avant la St. Michel on 6 Penterre avec le petit exürpateur, puis on herse. Si, après la récehte de grains d'automne, on veut en faire une d'avoine; en automne on déchaume légèrement, puis, au printems, on laboure à une pro- fondeur moyenne et'on sème lavoine, en Penterrant avec le peut exürpateur qu'on fait suivre par la herse. Cette semaille n'a lieu que vers le milieu de Mai**, lorsque les semences de mauvaises herbes qui étaient renfermées dans la partie inférieure du sol, ont germé et sont entrées en végétation. Tels sont les labours auxquels on a recours dans le systeème de culture appelé alterne, lorsqu'on nm'exige pas du sol des doubles ou secondes récoltes- § 746. Dans les systemes de culture qui comprennent une jachère morte, c'est à elle qu'il faut mettre la plus grande importance; comme l'on sacrifie une année sans en retirer aucun produit, pour consacrer au sol un travail qu'on juge nécessaire, il serait impardonnable de donner cette culture d'une manière imparſaite, et de ne pas chercher à atteindre le plus complétement que cela est possible, le put ei les effets de la jachère. Au moyen de la jachère, on doit obtenir, de la manière la plus parfaite, 2. une augmentation convenable de la couche de terre végétale, par un labour * 3;—.. Je m'expliquerai sur la eonvenanee de donner deux ou bien trois labours pour les récoltes de plantes légumineuses, lorsque je m'occuperai de la culture de ces plantes; je réserve aussi pour ce moment ce qu'il y a à dire sur la préparation du sol pour d'auir es plantes moins usuelles. A. **v Dans toutes les contrées ou les pluies d'été ne sont pas très-fréquentes, une récolte Tavoine semée aussi tard serait extrémement casuelle. Peut-être ici coüterait-elle plus de Kais et occasionnerait-elle au sol plus de dommage qu'elle ne produirait de Profit. Trad- us eff- toutes pour ine de ames; de la à eire récolte fuelque el on woine; de pro- rpaleut Mai**, 3 parlie 2 apbele F. st d elle ée saps essaite, aile, et ible, le aarſaite, Jabour — pour les Nantes; je ur G'aulfes ne récolle lle plu de lhui- DP'XGRICUI, TU RE. 95 plus profond; 2.“ le reuversement de la terre; 3.“ sa pulvérisation; 4 son 0 2„ 11,*.„. C 8 8½ mélunge; 5. qu'elle soit exposée aus zufluüences de Patmiosphère, et6.“, ce qui esi le plus important, la destrucuõon des mauvaises herbes. Si, par le moyen T'une jachère, on parvient ³ Optenir toutes ces choses, les avantages de cette jachère peuvent s'Gtendre à une longue série d'années. Dans le systeème de culture associc à Passolément triennal, une jachère à trois rité une chose très-commune, mais aussi irès-imparfaite; presque jamais elle watteint le but qu'on a en vue. Le plus souvent, faute de paàturage pour le pétail, on laisse le champ sans le rompre jusqu'à la fin de Juin; de ceute manière le sol n'a qu'une demi-année de repos en pàäturage, et Jabours est à la vé une demi-jachère. Pour les jachères à quatre labours, ordinairement on donne le premier déjà en automne, quelqueſois, et fort mal à propos, on le renvoie jusqu'au printems. Rarement on voit donner des jachères de 5, 6 ou 7 labours; encore seule- ment sur les meilleurs terrains, et chez des cultivateurs qui savent assez appré- chez des cultivateurs qui savent cier leur sol, pour lui consacrer ces soins; afin de les mettre dans l'état sacriſier une année du produit de leurs champs, le plus prospère. Sans contredit cependant une telle culture serait praucable dans notre climat.*† § 747. On qualiſie le premier labour de labour de fachère; on désigne cette opération sous l'expression rompre, ou jachèrer, surtout lorsqu'elle a mis en culture un terrain qui était auparavant en herbage ou pàturage; si le terrain labouré venait de rapporter des grains, alors on emploie plus particulièrement Pex- pression déchumen, qui cependant est applicable à tous les premiers labours indistinctement. Le second labour est appelé binage; lorsqu'on le fait, on dit qu'on bine, ou bien qu'on retourne la jachère, ceute dernière expression a Gté adoptée dans quelques contrées, parce qu'en effet on tourne de nouveau la tranche renversée par le premier labour. at, les avantages qui résultent d'une telle jachère, ne couvrent * Pestime que, dans notre clim elle me semble que bien rarement ou jamais, les frais considérables qu'elle occasionne; méme ne pouvoir y être avouée par la raison, que lorsqu'il s'agit de nettoyer de semences de mauvaises herbes une couche très-profonde de terrain argileux, qui en est infectée dans toute son épaisseur; alors, sans doule, et surtout si Pon a des attelages en sura bondanc«; on peut trouver du profit à donner au sol ceite préparation, Trad. 1— 94/ PRINCGIPES RAISONNERS Le troisibme labour est caractérisé par expression rebiner, ou brasser, parce qu'en effet il est consacré à remuer le sol, et à ramener à sa superfcie les parties qui n'ont pas encore été mises en contact avec Pair. Si l'on répeète ce labour, on dit qu'on rebrasse le terrain: le dernier labour est appelé labour de semailles. Les Romains eux-mémes disiinguaient ces différens labours sous des noms particuliers. IIs appelaient l'action de donner le premier labour prescindere, le second vertere, le troisième fringere, le quatrième offringere, le cinquième refringere, et le sixième, oun labour de semailles, lirare. Toutes les nauons, et presque chaque province, ont donné à ces labeurs des dénominations paru- culieres, qu'il faut connaitre, Jorsqu'on veut prendre des informations sur la culture d'une contrée. Lorsque, pour les grains de printems et méême pour ceux d'automne semés sans intervalle après une récolte de même genre, on donne des labours réitérés, souvent on caractérise chacun de ces labours par une expression parriculière.* § 748. Selon l'opinion de la plupart des gens de l'art, le premier labour, ou labour de jachdòre, doit-gtre urès-superficiel. Jadis, dans le système de culture associé à Passolement triennal, on admettait un principe tout différent; Munchhausen dans son ouvrage inutulé Haus vater, voulait encore qu'on donnàt ce labour à toute profondeur. Dans le système de culture alterne avec päturage, comme ce labour est destiné à rompre la couche de gazon, il faut nécessairement qu'il soit très-superficiel et se borne à écrouter et renverser le gazen, parce que, si cette tranche était plus épaisse, elle ne s'ameublirait pas, et que le gazon n'entrerait point en putréfaction; d'ailleurs, au second labour, au lieu d'éètre recouverte par la terre, cette tranche de g gazon serait au contraire retournée sur elle-même et ramenée à l'air. Comme, dans l'assolement triennal„ le labourn de jachière a lieu ordinairement très-tard, et qu'ainsi le sol est le plus souvent enherbé, il convient en général de donner peu de profondeur à ce labour, Mais si l'on déchaume déjà avant l'hiver, il est alors fort à propos que le labour soit profond, parce que de celte manière la parije inférieure du sol est soumise * Je retranche ici quelques expressions absolument propres à la nation et à la langue allemande, et qui n'ont pas de synonymes en français. L'auteur qualiſie en allemand de Felghafer T'avoine semée sur plusieurs labours; de Hartlandhafer celle semée sur un seul lahqur à la suite d'une récolte céréale, et de Dreeschhafer celle qui est semée sur un terrain En herbages, ou sur un päturage rompu. Trad. doms 1, tere, eme lons, parli- ur la bour cié à ausen bour omme quil e, 5i azon Peire rnée bour vent our, bour umise — langue and de an seul terrain D'A GRICUIL, T Un V. 99 pour un tems plus long à cette influence de l'atmosphdère qui lui est si nécessaire. Si Pon veut donner plus de profondeur à la couche de terre végétale, il est nécessaire que ce défoncement ait lieu au premier labour. Le plus souvent on laisse la terre pendant tout l'hiver dans l'état otr elle a 6té mise par cette première culture, afin qu'elle présente une plus grande sür- ſace à P'acüon de Pair. On conçoit au reste qu'il s'agit ici de la jachère com- plète, de celle pour laqyuelle on a déchaumé déjà avant l'hiver. C'est surtout lorsque le sol contient beaucoup de racines de mauvaises herbes que cette mé- thode est convenable, parce qne ces racines sont plus facilement détruites, lorsqu'elles sont ainsi exposées à à Pair, que lorsqu'elles sont de nouveau enter- rées et recouvertes de terre, comme cela a lieu après le hersage; mais si le sol est infecté de semences de mauvaises herbes, souvent en déchaumant de bonne heure et passant ensuite la herse, on obtient que ces semences germent erlè Nent avant Phiver. D'ailleurs l'influence de l'atmospheère n'est pas Pfetisehn entrayée par ce hersage, parce que l'air pénètre suffisamment dans une terre remuée, et qu'il a une acuon plus sensible sur les mottes brisées que sur celles qui sont en gros blocs. Au reste, la couche d'herbages se décompose bien mieux, lorsque la superficie du sol est unie, et que Pair ne peut pas atteindre jusqu'aux plantes dont cetie couche est composde, et en effet lorsqu'elles sont exposées à Pair, le gazon demeure vert, et souvent poussé entre les tranches détachées par la charrue. L'on favorise donc la décomposition de gazons à la fois minces et tenaces, en ne se bornant pas à les soumettre à l'action de la herse pour les recouvrir d'un peu de terre, mais en/ passant le rouleau pour les serrer contre le sol. Raremem on donne deux labours avant l'hiver, quoique cela soit très-avanta- geux, dans ce cas cependant le premier doit étre trés-superficiel et avoir licu immédiatement après la moisson; V'autre, au contraire, doit étre profond, et étre donné peu de iems avant Phiver. § 749⸗ Mais ordinairement le second labour n'a lieu qu'au printems, et, le plus souvent, lorsque les semailles de cette saison sont accomplies. Jamais on ne doit le donner de très-bonne heure, il convient au contraire de le différer jusqu'à ce que les mauvaises herbes dont le sol contient les germes, commencent à pousser; parce qu'alors la couche d' herbages qui a été enterrée, n'a pas encore perdu la faculté de se reproduire, et qu'elle rentrerait en végétation, si elle m'é- mait recouverte d'une épaisse couche de terre. Ordinairement on ne herse pas avaꝑt 96 TRINCIPES RAISONNES le second labour, quoique ceite opération fut cependant avantageuse; mais si ce Jabour doit étre différé, le hersage devient alors nécessaire: si on le négligeait la terre pourroit prendre une adhérence telle, qu'il devint très-difficile de la labourer, surtout en tems desécheresse. Si, avant d'étre rompu, le champ tait en repos, ou s'il était fortement enberbé, il faut donner le binage dans le même sens que le premier labour, paroe qu'un labour en travers meittrait les gazons en mottes, et que ces mottes seraient ramenées à la super- ficie du sol et trainées par la herse, outre qu'elles auraient l'inconvénient de ne pouvoir étre divisées qu'avec peine. Si le premier labour a été superficiel, il faut que celui-ci soit plus profond, afin de ramener de la terre du fond à la superficie du sol pour recœuyrir la tranche. Apréès ce binage on passe toujours la herse; si le champ labouré était en repos avant d'étre rompu, le hersage se fait avec des herses pesantes, afin que, par leur moyen, la croùte enlevée à la superficie du champ soit ameublie et- complétement divisée; dans tout autre cas les herses ordinaires suffisent pour briser les mottes, L'on demande si ce hersage doit avoir lieu immédiatement après le binage, ou si Pon doit le différer jusqu'à un moment raproché de celui où l'on donne le troisièine labour. Dans cette saison, l'exposiuon à l'influence de l'air est d'une grande efficace. Si le tems est sec, les racines des mauvaises herbes exposées à Paction des rayons du soleil, sont par là considérablement éprouvées. Sous ce rapport on devrait différer beaucoup ce hersage; mais lorsque le sol est tenace, il faut prendre garde de ne pas le laisser sécher trop, parce qu'alors les mottes ne pourraient plus être brisées par la herse. D'un autre côté un sol non divisé, et tel que le laisse ordinairement la charrue après un simple labour, n'est point aussi favorable à la germination des semences renfermdes dans les mottes, qu'un terrain bien divisé par la herse. Si donc on a à se défendre contre les semences de mauvaises herbes, il importe de passer Ia herse asscz tét, pour que celles des semences qui ont été ramenées à la superſicie du sol aient le tems de germer et de pousser avant le prochain labour, 7 750. Lorsque la largeur du champ le permet, le troisième labour ou rebinage doit être fait en travers. Ce changement dans la direction du labour produit une division des mottes incomparablement plus parfaite que si la charrue marchait toujours dans le mêème sens. Il procure l'arrachement des racines contenues daps les tranches formées par la charrue, ou tout au moins il les détache. Eufin il coupe § ce geait e de amp nage wers per- al de ſond, grir la in en que, die et pour nage, donne G'une Dosées Sous ol est alors n sol dour, ns les endre 48802 du sol it ge do Jivision oujours japs les Pofin 1 p'AGRICULTVURI. 97 coupe les côtes de terre non remuée que la charrue a quelquefois laissées entre les sillons; cette circonstance fait qu'un mauvais labour est considérablement amélioré lorsqu'il est répété en croix(en travers). Au reste, ceite opération se fait mieux par le moyen des binoirs qu'à l'aide de la charrue, parce que ces premiers sont beaucoup plus propres que celle-ci à arracher les racines de mauvaises herbes, et que, par leur moyen, les mottes de terre renfermées dons lesol, sontmieux ramenées à sasuperficie, pour étre soumises à l'action de la herse. Cest au hersage qui suit ce labour qu'on doit donner le plus de soin, parce que c'est celui-là qui produit le plus d'effet. Les racines de mauvaises herbes sont alors assez détachées des mottes pour pouvoir étre facilement enlevées, et dans ceite saison le soleil a assez de vigueur pour les faire sécher. Cette succes- sion alternative de chaleur et de pluies d'orage ameublit les mottes, et chaque particule du sol se sature de substances atmosphériques. Les considérations que nous avons présentées en parlant du second hersage, décident si Pon doit donner celui-ci d'abord après avoir fait le troisième labour, ou si on doit le différer de quelques momens; cependant comme il importe de déchirer les racines de mauvaises herbes, et de les exposer au soleil avant de les enterrer de nouveau, il convient de presser ce hersage plus que le précédent. C'est ordinairement par ce labour qu'on erfterre le fumier, et comme il ne peut jamais convenir de'enfouir profondément, ce labour doit étre plus super- ficiel que le second et le quatrième. Si Pon peut atteindre un tems ſavorable pour ce labeur, c'est-à-dire des chaleurs suivies, entrecoupées d'ondées de pluie, cette circonstance a une grande influence non-seulement sur la récolte de grain qui doit suivre, mais encore sur toutes celles dont se compose l'assolement; et en effet, P'action réci- proque de la terre et du fumier a alors bien plus d'intensité; les mauvaises herbes, tant celles qui se reproduisent par leurs racines, que celles qui provien- nent de semences, sont détruites d'une manière beaucoup plus complète qu'elles ne le seraient, si la température était froide et humide. Il importe donc de ne pas se mettre en retard, et de profiter pour cela de la partie la plus chaude de l'616. Si, après cette culture, il ne survient pas trop de pluie, et que l'on n'en soit pas empéché par d'autres circonstances, il sera très-avantageux de donner un autre labour aux terrains argileux; une amélioration durable du sol et une augmentation sensible des récoltes, dédommagera amplement des frais de ce labour. Si pour cette opération on se sert du binoir, on la fait alors en travers ou en biais, afin d'atteindre mieux toutes les parties du sol; mais avec la . III. 15 98 PRINCIPES RAISONNES charrue, cela ne peut guère avoir lieu à cause des inconvéniens inséparables de l'obligation de tourner souvent- § 751. Enfin, à Paide de la charrue ou du binoir, on donne le labour de semailles; ceite culture se fait à tonte profondeur, à moins que, comme cela arrive quel- le froment, et comme l'on ne devrait guères se le permettre quefois pour on ne veuille enterrer la semence avec la charrue; on doit pour le scigle, ſaire ce labour à peutes raies et avec toute la précision possible. S'il se trouve encore des inégalités dans la surface du sol, après qu'on P'a laissé quelque tems dans l'état ou il a été mis par la charrue(circonstance qui, à ce labour, a tou- jours paru utile), on y passe encore une ſois la herse, mais légèrement, et seulement afin que la semence ne tombe pas dans de trop grands enfonce- mens, ou ne soit pas amassée en lignes, ee qui est toujours un défaut.* Au reste, cela n'a lieu que sur des champs labourés d'une manière imparlaite. Pour enterrer la semence, on herse fortement, et en travers, si Ton ne peut le faire en rond. On n'est point encore d'accord sur la convenance d'employer Pexurpateur plutôt que le binoir pour le labour de semailles; il me semble que ce dernier instrument doit avoir la préférence, parce qu'avee lui on court moins de risques d'accumuler la semence dans les raies; pourvu cependant qu'on trouve les moyens d'empécher que les bétes de trait ne marchent sur le terrain labouré. 5 752. Lorsque le second labour a eu lien en tems convenable et à une bonne profondeur, on peut avec beauconp de succès se servir de l'exürpateur pour zes labours suivans; cet instrument avance prodigieusement le travail, et a des avantages décidés pour tous les terrains qui pe sont pas très-tenaces. La promp- llude avec laquelle il exécute ce travail permet de choisir beaucoup mieux le tems convenable pour faire chaque opération; par son moyen les mottes de terre sont beaucoup mieux brisées, de sorte que les semences qui y étaient renfer- mées, entrant plus facilement en végétation, peuvent aussi plus facilement être détruites. 1 * Je crains que quelques-uns de mes lecteurs ne croient voir en ceci une condamnation des semoirs; si ſai bien compris l'auteur, il désapprouve seulement que la semence soit ras- semblée dans l'enfoncement qui sépare la tranche formée par la charrue, tandis que tout à côté il resterait des espaces vides ou non occupés. Pour la meilleure réussite des semailles. de grains, il importe que la semence soit suffisamment recouverté, et distribuée aussi égale- ment que cela est possible; deux avantages que L'on atteint parfaitement avec les semoirs à Plé ſails sur de bons principes. Trad- les es; el- tre Joit uve ems lou- t, ei -Ce- Au aite. peut pyer e ce s de duve zuré. nalion il ras- tout 4 mailles 6 gale⸗ nous 4 D'AGRICGULTVUR E. 99 Malheureusement cet instrument ne peut pas servir pour enterrer le fumier ordinaire d'étable; lorsqu'il s'agit de recouvrir les engrais, il faut nécessaire- ment avoir recours à la charrue, à moins que ces engrais ne consistent en un compost ou mélange fortement décomposé, ou que ce ne soit de la chaux; dans ces derniers cas'exücpateur esi particulierement utile. On peut aussi, avec un avantage décidé, se servir de la charrue d'Arndt pour enterrer lasemence. § 755. Il est sans doute beaucoup de contrées où l'on ne se fait pas d'idée d'une ma- nière aussi parfaite de donner la jachère. La nécessité où l'on est dese conserver un päturage, tant pauvre qu'il soit, pour nourrir le bétail pendant la moitié de Pété, oblige, ou du moins engage, la plupart des cultivateurs à ne commencer à rompre leurs terres pour la jachère que vers la fin de Juin, et à continuer ce travail en Juillet; alors il n'y a pas un moment à perdre, si on veut pouvoir donner trois labours sans que les semailles soient retardées; d'autant surtout que c'est dans ce tems qu'on charie les engrais. Dans les terrains sablonneux, ces trois labours peuvent étre suffisans pour ameublir et mêler complétement la terre; il est possible en effet, ainsi qu'on a cru l'observer, que dans ces ter- rains, des labours trop réitérés portassent atteinte au succès des récoltes, parce qu'ils feraient perdre au sol trop de sa consistance. Mais ces trois cultures sont insuffisantes pour détruire les mauvaises herbes; aussi dans les contrées dont nous avons parlé, cesherbes, et surtout le chiendent, gagnent-ils le dessus d'une manière effrayante, et d'autant plus qu'on donne les divers labours à des époques si rapprochées les unes des autres, que les semences renfermées dans les mottes de terre n'ont pas le tems de germer; d'ailleurs les engrais ne pouvant point étre suffisamment divisés et mélangés avec le sol, ne procurent 1 85*).* souvent pas à la première récolto, les avantages qu'elle semblerait devoir en reurer; il n'est pas rare qu'en déchaumant on trouve le fumier par morceaux, sous la forme de tourbe, et d'une compacité telle qu'on ne le divise qu'avec peine. C'est dans les terrains cultivés de cette manière qu'on peut assurer plau- siblement que les engrais produisent moins d'effet sur la première récolte que sur la seconde. Pour se procurer un misérable pàâturage, l'on renonce aux avan- tages que le sacrifice d'une année procurerait pour une séric de récoltes. La nécessité peut à la vérité faire excuser cette faute, mais d'où provient cette nécessité? § 7⁵⁴ / 9 Ordinairement, pour les grains de printems, on donne trois labours; à 100 PRINCIPES RAISONNES cet effet on déchaume en automne, après qu'on a terminé les semailles de ceite saison. Il est rare qu'on rompe d'abord après la moisson, comme cela devrait étre, en faisant, selon le précepie, suivre la faucille par la charrues il est méême des exploitations rurales ouù cela ne serait pas possible. Mais lorsque cela a pu avoir lieu, Pon donne un second labour avant Phiver*; sans cela on fait le second labour au printems ‚ aussitét qu'on le peut et que le tems le permet. Dans la bonne règle on doit donner à ce second labour plus de profondeur qu'au premier, et le faire suivre d'un hersage; puis on donne un troisieme, et mieux encore un quatriéme labour pour enterrer la semence, à moins que des pluies excessives ne s'y opposent. Gest ainsi que devraient ètre préparées toutes les semailles de printems; mais souvent le tems et les forces manquent pour y suffire, et onse contente de deux labours, dont encore, le plus souvent, le premier est tres-imparfait. C'est ce qui a fréquemment lieu pour pavoine et la grande orge à deux rangées, parce qu'on redoute de les semer itrop tard.** La petite orge de printems à quatre rangées ne demande pas d'éètre semée aussi 16t; c'est probablement par cette raison qu'on la préfèere dans les lieux oùð l'assolement triennal est en vigueur; et en effet, dans cet assolement, il importe tellement de donner irois la- bours pour Porge, que, pour pouvoir les accomplir, on ne doit pas se laisser arréter par les chances défavorables qui sont attachées à une semaille tardive. Ces labours, donnés au printems pour la semaille d'orge, contribuent souvent plus à Pameublissement du sol, qu'un labour donné dans la fin de l'automne aux terrains qui doivent étre en jachère P'année suivante, surtout lorsque le printems est plus sec que ne l'a été Parrière automne- § 755. Pour déchaumer, on a quelqueſois recours à la méthode du demi-labour- Cette opération consiste à enlever avec la charrue des tranches qu'on ren- verse tout à côté sur des bandes de terre qui n'ont pas été remuées; ces * Je me trouve à merveille de faire donner à mes champs, immédiatement après la moisson, une ou deux cultures avec Pextirpateur. Avec cet instrument cela ne demande que peu de tems, et les semences de mauvaises herbes qui se sont propagées pendant la végétation des grains d'automne, ont alors le tems de germer avant d'ètre enſouies trop proſondément. En vérité je ne saurais revenir trop souvent sur les services que me rend Texlirpateur, et surtout la dernière modification de cet instrument que nous devons à M. Fellenberg. Trad. ** L'auteur dit, plus tard que la mi-Mai, époque déjà irop avancée pPour les pays d'une température tant soit peu chaude. Trad. 1 de cela 2e, Jue fait det. leur me, Squs mais deur est Ce parce quatre eelte gueur; ois la- Jaisser urdyve. soufent zulomne sque le labour- von ren- ées; ces — a moissoh, DP'A GRIGUILTVUREB. 101 dernières alternent avec les raies vidées par la charrue, et elles sont toutes recouvertes par la tranche enlevée de ces raies; mais pour que les bandes de terre remuée puissent étre entièrement recouvertes, il ſaut que les tranches soient Ce moyen facilite la décomposition du chaume, non un peu plus larges que ces bandes. Pacuon de la gelée sur le sol, et l'ameublissement du terrain; au printems suivant Il donne à Paction de la herse une efficacité plus grande, en sorte que cetinstrument arräche le chiendent et les autres mauvaises herbes, et qu'il divise mieux le sol; seulement, dans les terrains ainsi disposés, il ne faut pas trop différer ce hersage, parce que la tranche qui recouvre la bande non remuée, entrerait en végétauon avec celle-ci, et qu'alors le régalement du sol deviendrait très-difficile. Cetie méthode garaniit le sol de l'excès d'humidité, parce que l'eau s'écoule dans les raies que la charrue a laissées ouvertes, et laisse au sec les tranches renversées. Quelquefois on répète le demi-labour après que le champ a été régalé par le moyen de la herse; alors on renverse les bandes qui n'avaieni pas été touchées par la charrue. Mais lorsqu'un labour en travers est praticable, ce labour est tout aussi avan- tageux. § 756. Les opéralions du labour esigent Pattention constante du eulüvateur, de celui qui dirige une exploitation rurale; il faut que, pour ainsi dire, il ne les perde pas de vue, sans cependant S'assujettir à y préter ioujours présence. S'il a plusieurs charrues en activité, il doit les mettre toutes sous la responsabilité g'un seul valet, et ne jamais omettre de témoigner son mécontentemeni lors- qu'il trouve des tranches mal renversées, et des sillons courbes ou inégaux; sans cela la négligence ne tarde pas à se glisser dans cette partie des travaux. C'est au premier labour qu'il faut donner le plus d'attention, il faut veiller à ce qu'il soit fait de manière que les tranches en soient partout d'une largeur et d'une profondeur égales. Après ce labour c'est celui de semailles qui demande le plus de précision: les labours intermédiaires ont un peu moins d'mportance- Si dans le même moment on doit exécuter à la fois des labours de ces diffé- reptes espèces, il faut consacrer à ces premiers les meilleurs laboureurs qu'on ait. Un bon arrangement de la charrue, surtout Pattenton qu'elle n'ait pas une iendance à dévier de la marche qui lui est indiquée, demande souvent Pœil du maitre, quoique le soin des outils et instrumens ait été confié à Pinspecteur des travaux dans les cours, ou au maitre laboureusr. Afin de pouvoir Sassurer que les laboureurs font en effet Pouvrage qu'ils doivent pouvoir exeéchtex dans un iems donné, il est convenable de divisey les . 10⁰2 grandes pièbces de terre, en y plantant, PRINCIPES RATISONNES *. 3 d'espace en espace, de grands pieux fikés en terre, ou de répartir chaque sole en un certain nombre de planches; cette division est d'ailleurs très-uule pour la réparttion des engrais, pour la distribution de la semence, et pour diverses autres circonstances. 9 757. Dans les grandes exploitations rurales doit-on employer plusieurs charrues sur une mème planche, ou les répartir sur des billons différens? II est beau- coup de cultivateurs qui meitent en action dix ou douze charrues les unes à la suite des autres, et qui, de ceite manière, en peu de lignes labourent des plan- ches assez langes; ces cultivateurs suivent cette méthode afin de rendre la surveil- lance plus facile; et en effet, alors le métayer, le mattre valet, ou le mattre labou- reur peut dieiger à la fois tous les attelages, et montrer de quelle manière on charrue son billon particulier, sur une méême planche. doit labourer. D'autres, et c'est asscz ma coutume, ou donnent à chaque ou tout au plus mettent deux ou trois charrues L'on inclinera pour cette dernière méthode, si l'on pense que lorsque plusieurs charrues marchent les unes à la suite des autres, elles se trouvent arrétées par le plus léger déran Q 8 ement qui survient à lune de celles qui sont avant elles. D'ailleurs une charrue couvre les fautes de l'autre de sorte qu'il est très-difficile de déterminer lequel des laboureurs a mal exécuté son ouvrage. Le chef de'exploitation n'apprend point à bien con- nattre ses laboureurs, et ainsi il ne peut les corriger. Il est rare qu'on puisse ne meitre ensemble que des laboureurs et des attelages qui aient la mème activité et qui fassent un travail uniforme. Enfin à moins qu'on ne laisse les planches sans les achever, le plus grand nombre des charrues est arréèté pendant que quelques-unes, ou mèême une seule d'entr'elles achève ce travail. Au reste, on peut distribuer plusieurs charrues sur une mème pièce et sur une étendue assez rapprochée pour qu'on les ait toutes sous les yeux, sans pour cela les mettre sur une même planche; il suffit de bien distribuer les billons et de donner à chaque charrue les siens, après les avoir tracés soigneu- sement à l'avance. Ce dernier soin est nécessaire pour que tous les billons se „ 9 758. trouvent avoir les dimensions convenables, et que les charrues se rencontrent à la fin du travail. Les bordaures(chavessines) qui sont à l'extrémité des billons, et sur lesquelles 2 Paulelage tourne pour venir commencer un nouveau sillon, demandent de notre part un examen particulier, parce que la pression du pied des bètes de irait y durcit excessivement la terre. i on les enrale pour en faire D'A GRICULTVURE. 103 un billon, souvent elles opposent une digue à l'écoulement des eaux; rare- ment on fait les rigoles assez profondes; si on les Graie, alors l'ean s'amasse dans la raie du milieu, il vaut donc micux ne leur donner qu'une seule pente; gG'est-A-dire renverser toutes les tranches d'un même cο*⁶*ν. § 759. Le labour ne peut procurer les avantages qu'on s'en promet, que lorsque je sol est dans un état convenable, lorsqu'il est suffisamment sec, friable, et * „* qu'il a de la disposition à se diviser. Si le terrain est trop humide, de sorte que les tranches demeurent adhérentes à elles-mêmes, et que le frottement de'oreille y forme une croùte luisante, qui, en se séchant, devienne extrémement dure (effet que nos lahoureurs caractérisent en disant que le terrain latte ou corroie); le sol alors n'est que tranché en bandes, souvent plus dures qgue le terrain ne p'Gtait avant d'avoir été labouré, et ces bandes ne se divisent qu'en mottes plus ou moins grosses, ct trés-difficiles à Priser, jusqu'à ce que Pinfluence de l'atmos- phoère, et surtout la gelée, aient rendu au terrain sa perméabilité primitive. L'on conçoit que par un tel labour on ne déiruit ni les mauvaises herbes, ni leurs semences renfermées dans le sol; en coupant le chiendent on ne fait que le mul- nplier: les bétes de trait, d'ailleurs, sont fortement éprouvées par ce travail, out à fait inuüle et sans fruit. Si au contraire le sol est trop sec, le labour devient irès-pénible, soit pour les hommes soit pour le bétail, surtout s'il a lieu avec de mauvaises charrues à roues, et alors le sol ne se divise égalemen: pas, il saute en mottes. Cependant, à l'aide de bons instrumens et d'une augmentauon de force dans P'attelage, on peut accomplir ce travail, et le labour des terrains secs et durs n'a aucun inconvénient que celui de la peine qu'il a coùté; car les mottes * En Italie, dans les environs de Bologne, les bordures ou chapessines, qu'on y désigne sous le nom de cavedagne, sont plus basses que le terrain labouré des planches, de toute P'épaisseur du labour, c'est-à-dire de 30 à 33 centimètres, et elles sont laissées en herbages pour étre fauchées ou pturées, à Pexception seulement d'un sentier de 45 oOu 50 centimètres au bord du labour, sur lequel la charrue laisse tomber la terre qu'elle entraine avec elle à Textrémité du sillon; après chaque labour on relève soigneusement cette dernière terre et la rejette sur la planche avec une pelle, ensorte que le sentier demeure toujours libre, aligné et sans herbe, comme une allée de jardin. De cette manière l'eau ne peut pas séjourner sur les billons, et les raies d'écoulement tracées sur ceux-ci, amènent eau imprégnée de sucs qui en découle, sur la bordure enherbée qui est à l'extrémité; de cette manière aussi on aun chemin loujours solide pour le transport des récoltes. La régularité que les métayers bolonais mettent à cet arrangement platt à l'cœil, et elle est assez souvent la mesure des soins vraiment admi- rables que quelques-uns donnenl à la culture de leurs texres. Trad. 104 PRINCIPERS RAISONNES formées par un tel labour se divisent facilement lorsqu'elles ont regu la pluie; elles forment alors un sol très-meuble et perméable. Dans tous les cas, pour labourer les terrains tenaces, il est d'une grande importance de choisir le moment ou la terre a le degré d'humidité convenable, celui qui favorise le plus Paction et la perfection du travail de la charrue. Et comme, soit dans delgrandes soles, soit sur des champs séparés, on n'atteint pas ce degré partout d'une manière uniforme, l'on a besoin d'une attention soutenue pour saisir le moment le plus fayorable à chaque place. C'est en ceci surtout que Phomme qui a de l'expérience et de la réflexion se distngue du cultiva- teur purement mécanique, qui trop souvent ne suit la répartition de ses charrues que d'après l'ordre établi par Pusage dans son exploitation. Cette seule circonstance peut quelquefois procurer à ce premier des récoltes infiniment supérieures à celles du dernier. Les places difficiles à labourer doivent étre prises au moment le plus favorable, avec toutes les forces dont on peut dis- poser; il est souvent d'une grande importance de ne pas renvoyer d'un seul jour. Les Anglais expriment par le mot tid cet dtat du sol dans lequel il est par- faitement propre à étre labouré. Ils disent«la terre a maintenant le tid, le sol a été labouré ou ensemencé au bon tid.» Nos laboureurs disent la terre est maintenant de prise; elle a 6té labourée au moment le plus favorable, en don tems. 5 760. Pour le hersage encore plus que pour le labour, il est nécessaire de saisir le moment propice; c'est'éat dans lequel le sol se trouve, qui détermine la conve- nance d'exécuter le hersage ou de le renvoyer à un autre moment. Sans doute il est avantageux de laisser le sol pendant quelque tems dans Pétat ob l'a mis la charrue; de cette manière il est plus en contact avec'atmos- phère, etplusieurs espèces de mauvaises herbes, ainsi que leurs racines, s'y sèchent avec plus de faciliré; ordinairement donc on ne doit pas herser immédiatement après avoir donné le labour. Cependant aussi je ne saurais conseiller de différer le hersage jusqu'à un petit nombre de jours avant le labour suivant; parce que les semences de mauvaises herbes renfermées dans les mottes, ne germent que lorsqu'elles ont été mises en contact avec Pair, c'est-à-dire, lorsque ces mottes ont été brisées et divisées; d'ailleurs les racines de mauvaises herbes ne peuvent alors plus aussi facilement étre séparées du sol et enlevées. Il convient done de herser à peu près au milieu du tems qui s'écoule d'un labour à l'autre; mais — —— — D'AGnICGUIL TUR V. 105 mais cette règle ne peut étre suivie strictement que sur des terrains qui ne résistent plus à Paction de la herse dès qu'ils ont perdu leur trop grande humi- dité. Les terrains tenaces qui se qurcissent d'autant plus qu'ils ont été impré- gnés d'eau, demandent que, pour les herser, on saisisse le moment oL ils peu- vent le mieux étre divisés; il est dangereux de laisser passer ce moment, surtout lorsque la température parait s'étre fxée à l' humidité ou à la sécheresse; aussi, quelquefois il convient de herser le jour mème où le labour a eu lieu. C'est pour cela, sans doute, que dans certaines contrées ou le sol est très-argileux, on a l'babitude T'attacher au palonier de celui des chevaux de charrue qui est à la droite, un troisième cheval qui traine une peute herse et divise ainsi le sol à mesure qu'on le laboure: on emploie à ce travail des chevaux faibles, jeunes et qui doivent étre ménagés. D ES DEFRICHEMENS. § 761. Ordinairement la charrue ne peut étre mise en action sur un sol inculte, qu'après que le défrichement de celui-ci a eu lieu; cependant nous avons fait précéder Pinstruction sur le labour, parce qu zelle était nécessaire au dévelop- pement de ce que nous avons à dire sur les défrichemens, et que d'ailleurs on laboure les terrains qui sont déjà en culture, avant de s'en procurer de nouveaux par le défrichement. Pour ne pas séparer les diverses parties de ce sujet important, nous devons examiner à la fois ici la manière d'opérer le défrichement, et les considérations Sconomiques qu'il ne faut pas perdre de vue dans une telle entreprise. § 762. 24 II n'y a aueun doute qu'on ne puisse trer parti de la plupart desterrains incultes; les landes couvertes de bruyères, le sol d'anciennes foréts occupé par cette plante ou envahi par des eaux croupissantes, ces sables mouvans qui menacent leur voisinage et sont fréquemment transportés par les Lonts, ces terrains aban- donnés dont on ne retire aucun profit, ou du moins qu'un bien chétif avantage; presque tous ces sols sont susceptibles de quelque genre de culture et de donner certains produits; mais les bonifications de ce genre ne procurent pas toujours des bénéfices, il arrive assez souvent que les terrains qu'on inet en activité par ce moyen, sont payés tout aussi chèrement etplus, que si Pon eùut acheté à prix d'argent un sol déjà culuvé. Lors méme qu'on n'emploie à de ielles opérations que des moyens d'un succès non équivoque, quelqueſois, cependant, les avances et le tems qu'elles T. III. 14 106 PRINCIPES RAISONNES exigent sont tellement considérables, que lorsqu'on veut entreprendre ces bonifi- cations, on doit examiner avant tout si'on pourra y suffire, et si, durant le cours de Pexécution, l'on n'aura pas de regrets d'y avoir consacré son capital et ses travaux. Le bien général et particulier veut qu'on s'abstienne d'opérations de ce genre plutôt que de les abandonner au milieu de leur cours, ou même de les exécuter d'une manière imparfaite. Souvent on n'obtient aucun ré- sultat satisfaisant des sacrifices qu'on a faits pour mettre un sol en culiure, lorsque ces sacrifices n'ont pas été faits dans toute la mesure qui était néces- saire; il n'est pas rare qu'alors la ierre demneure plus misérable qu'elle ne Pétait auparavant. Un patis de moutons, un sol qui portait encore quelques buissons, peut, par ce moyen, étre réduit à l'état de désert aride. Alors un iel exemple effraie les fils et les petits fils de ceux qui avaient fait de telles entreprises; on reproche avec raison à ceux-ci d'avoir enlevé aux autres terrains de leur exploitation, des bras et des engrais qui leur eussent été extrémement profitables. Dans ious les tems les gouvernemens ont cherché d'encourager au défriche- ment des terrains vagues et abandonnés; cependant il est des cas où le bien général voudrait qu'on interdisit les opérations de ce genre, ou tout au moins qu'on les assujetitt à certaines restrichöons; parce que, si ces défrichemens avaient lieu, Pétendue du terrain cultivé serait trop considérable proportionnément au capital et aux bras dont on peut disposer, et parce qu'on trouve plus d'avantages à concentrer ceux-ci sur un moins grand espace, qu'à les disséminer sur une vaste etendue. C'est ainsi qu'il peut étre très-désavantageux de diviser les pàturages communs et de les mettre en culture, si cette division ne doit pas étre per- manente, si elle n'établit pas une propriété absolue, et si les co-partageans sont rigoureusement assujettis à l'assolement triennal avec jachère; assolement qui enlèverait aux anciens champs, des paàturages qui contribnaient essentelle-. ment à leur fécondité, en fournissant les moyens d'entretenir une plus grande quantité de bétail. § 765. Ainsi donc lorsqu'on pense à une telle entreprise il fant examiner avant tout les circonstances de la localité ou elle doit avoir lieu; il faur calculer avec soin ce que le terrain pourra valoir dans la situation of il se trouve; il faut aussi le considérer sous les rapports que nous avons indiqués dans le traité d-ᷣgronomie et dans celui de V'eνalaction des terres. II faut se demander si Pon a la pro- priété absolue du sol; si c'est un fond transmissible par hérédité ou vente, ou bien si Ton n'en a que la propricté limitée. Des servitudes attachées au sol ou D' AGRICUILTWURV. 107 des contributions qui auraient la quotité du produit pour base, pourraient facilement emporter une partie du revenu qui dépasserait le produit de la bonification; ainsi anéantir les avantages qu'on devrait se promettre d'une telle amélioration; c'est absolument le cas de la dime. II faut aussi s'assurer qu'on peut trouver autour de soi le nombre d'ouvriers nécessaire, et voir si le travail qu'on peut en attendre, est proportionné au salaire qu'ils exigent; si Pon doit à'avance se pourvoir des attelages dont on a besoin, et les entretenir avec du fourrage acheté, ou bien si l'on peut se procurer dans le voisinage, à prix d'argent, les bêtes de trait que l'on doit employer; enfin, et c'est peut-étre par-là qu'on doit commencer, si l'on a à sa disposition, et pour un tems assez long, le capital nécessaire pour ces avances, ei si Ton peut se passer de sa rente pendant quelques années. § 764. Il est deux cas surtout qui demandent à éêtre bien distingués; ou le défri- chement à faire doit avoir lieu dans le voisinage d'une exploitauion rurale dejà établie, et être mis en rapport avec elle, par conséquent il peut être exéouté avec les attelages, les ouvriers et les moyens de ceite exploitation, et dans le tems le plus opportun; ou bien on doit organiser, sur le sol à défricher, une exploitauon rustique toute nouvelle, et Pon est réduit à chercher dans ce sol méme les moyens de le meitre en valeur.* § 765. Dans le premier cas on rencontre beaucoup moins de difficultés. Cependant il faut peser mürement la manieère de lier à l'économie rurale déejà existante, le terrain qu'on va meitre en culture, et déterminer jusqu'à quel point les terres nouvelles et les anciennes doivent s'entr'aider réciproquement; comment elles doivent étre amalgamées les unes avec les autres, de manière à former un tout, un ensemble bien proportionné et bien calculé; surtout il faut bien examiner si la nature du sol nouvellement mis en culture, et sa situalion, permettent qu'il soit soumis à un même assolement que les autres terres, ou si leur rotation doit être différente, bien que combinée et mise en rapport avec l'ensemble, § 766. Souvent, dans cette combinaison, Von tombe dans l'un ou Pautre extréme. * C'est-à-dire qu'on est réduit à tirer parti des sucs que le sol contient encore, pour se procurer des récoltes à l'aide desquelles on fasse les engrais nécessaires à l'amendement du terrain nouvellement défriché, Trad. 108 PRINCITPES RAISONNEA Quelquefois on néglige les anciens champs en s'abandonnant à une prédileo- non pour les nouvcaus; on voue exclusivement à ceux-ci tous les moyens de Pexploitation, an grand détriment de P'ensemble, dont alors la rente se trouve diminude, souvent pour une longue suite d'années. Ou bien, et c'est ce qui a lieu le plus ordinaiment, après avoir rompu le nouveau terrain, on n'en lait qu'un accessoire des anciens champs; on l'épuise, on le prive de ses sucs, de ses forces naturelles, en exigeant de lui des récoltes destndes à étre vendues, ou qu'on con- V — somme dans l'exploitation sans rendre au sol qui les a produites les engrais qu'elles ont procurés. Lon est conduit à cette méthode par l'opinion erronnée que le terrain contient encore assez de sucs nutritifs pour pouvoir donuer quelques récohtes, et que, pour lui rendre sa fécondité, il suffira alors de lui donner un amendement de fumier. Mais Pexpérience a démontré que lorsque les terres nouvellement défrichées ont été appauvries à ce point, elles ne peuvent récu- pérer leur fécondité primitive qu'à l'aide d'amendemens réitérés, et que sans 6 cela, elles ne donnent plus de rente réelle; le plus souvent alors on les aban-. donne dans leur état d'épuisement, on les envisage comme un sol ingrat et b. stérile, incapable de fournir à la nourriture d'nne béte à laine, et l'on en ſait b un épouvantail contre les entreprises de ce genre. b G 5 767. La première rêgle à observer, celle qu'on ne transgresse jamais impunément, consiste à se procurer sur le terrain qu'on a ainsi rendu à la culture, des four- rages suhstantiels à Paide desquels on puisse entretenir unc plus grande quantité de bétail, en suivant pour cela les principes d'une sage économie. A moins donc que le sol défriché ne soit un terrain d'alluvion naturellement très-fertile, il faut s'y procurer, pour une récolte de grains, au moins deux récoltes de ſourrage, ou deux années de paàturage, et rendre à ce terrain la totalité des engrais qui en proviennent; ou bien, en place du terrain nouvellement défriché, äl faut consacrer au pâturage ou à des récoltes de fourrages, une égale étendue des anciens champs, en vouant aux uouveaux les engrais qui ont ét produits par Ie betail nourri de ce ſourrage ou de ce pàâturage. Cependant alors, et bien que ce moyen suffit à Pamendement des nouvelles terres, si le sol de celles-ci est très-léger et meuble, on ne le soumetira à l'action de la charrue, pendant plu- sicurs années successives, qu'en ayant soin d'y intercaller aux récoltes céréales des récoltes de trèffe ou d'autres plantes à fourrage, afin qu'ilne perde pas ioute sa consistance. En un mot, dans la distribution du terrain nouvellement défriché, il faut chercher de rendre à Pensemble de l'économie rurale ces bonnes propor- D'AGRIOCULTVRE. 109 wons, cet éqyuilibre, qui en assurent le succès, eune pas courrir le risque d'en troubler l'harmonie. § 763. Les difficultés à surmonter sont bien plus grandes, lorsqu'on entreprend des défrichemens dans une situation éloignée; et que l'on doit y Gtablir une nou- velle exploitation rusuque. Pour pouvoir donner au sol les engrais dont il a besoin, on ne saurait se passer de bétail, et ce bétail ne peut pas étre nourri sans fourrage; mais le fourrage né croit point sans engrais, on ne se le pro- cure pas sans cultiver le sol. L'une de ces choses repose sur Pautre; avant tout il faut mettre le sol en état de produire; c'esi là la base de toute l'entreprise. C'est donc une règle sans exception, qu'il faut commencer par mettre en produit une partie plus ou moins grande de l'étendue qu'on veut défricher, et continuer ensuite le reste peu à peu; qu'il faut mettre ceite première partie dans le meilleur état qui se puisse, en lui donnant les labeurs et les engrais dont elle a besoin, aſin qu'elle fournisse au terrain dont le défrichement doit suivre les secours néees- saires à son amélioration, et qu'elle serve ainsi de base à toute l'entreprise. Si, pour exécuter les premiers travaux, on peut se procurer, à prix d'argent, des attelages dans les environs, on trouvera toujours mieux son compte à en employer de tels, quoiqu'à un prix élevé, qu'à avoir des attelages à soi, 81 q'ailleurs on n'a pas de quoi les occuper dans toutes les saisons. Si Pon a une exploitation rurale à une distance qui ne soit pas très-considérable, peut-etre pourra-t-on y envoyer les altelages pour une parte de l'année. Rarement dès les commencemens, peut-on ienir du bétail à cornes, parce qu'on n'a pas de fourrages qui lui conviennent, et que, dans de telles circons- tances, si on les achetait, on devrait le plus souvent les payer à très-haut prix- En revanche, presque toujours on a de quoi entretenir des bétes à laine, car personne ne s'aviserait de vouloir mettre en culture un désert, qui ne pour- rait pas même fournir une chétive nourriture à des moutons. Si Pon n'a pas encore des fourrages pour la nourriture d'hiver, on se bornera à tenir des moutons destinés à la boucherie; mais on ne tardera pas à avoir de tels four- rages, si Pon fait parquer ces moutons sur le terrain où l'on aura semé des plantes à fourrages, et si les plantes auxquelles on se sera arrèété sont d'une végé- tation prompte, comme c'est le cas de la spergule, des raves, de la navette, ex du blé noir, et qu'on les fasse consommer en vert par des moutons à V'en- grais; après la récolie de ces plantes on parquera de rechef, puis on semera des grains avec du trèfle rouge ou planc, suivant la nature du sol, pour en Urer du fourrage ou le laisser en päturage. Lorsqu'une parlie de Pétendus qu'on 110 PRINCIPES RAISONNESG veut meitre en culture a été préparée de cette manière, on peut continuer chaque année le défrichement; alors on ne tarde pas à pouvoir entretenir du bétail à cornes et à avoir des engrais d'étable. Lorsqu'on rompra le terrain qui aura été laissé quelques années en paàturage après avoir été ense- mencs en trèfle, on en retirera de riches produits; cette première partie des lerres fournira alors tout au moins la quantité de grains suffisante pour le pain, et les fourrages nécessaires pour T'entretien des chevaux de la nouvelle exploitation rustique; c'est alors qu'il faut organiser d'une manière plus com- plète les diverses parties de cette exploitation. Dans les commencemens d'une ielle entreprise il ne faut porter ses vues que sur les moyens de se procurer des fourrages et par eux des fumiers. D'ordi- naire il faut pour quelque tems faire abstraction du produit net en argent; bien plus, il convient de consacrer un second capital au terrain qu'on améliore, en lui faisant des avances qui, cependant, vont chaque année en diminuant. Ce capital et la rente qu'il doit produire seront largement payés par laugmentation du produit qu'on obtiendra du sol.* § 769. De ce que nous venons de dire il résulte que, pour éètre conduits à une heureuse fin, de tels défrichemens, de ielles bonifications, faits sur des ter- rains d'une bonté médiocre, exigent absolument des moyens pécuniaires, réunis à beaucoup de capacité, de zele et de patience; ils ne sont donc point Paffaire de l'homme sans fortune et sans expérience, quoique trop souvent ce soit des personnes de ce genre qui les entreprennent. Divers cultivateurs ont été entratnés à leur ruine par des opér ations de ce genre, bien que le sol sur lequel ils travaillaient fůt de bonne qualité, ils ont dù abandonner leurs tra- yaux sans pouvoir les accomplir. Dans les cas mèême les plus heureux, le sol demeure daus un état de ferülité très-médiocre, si P'on n'a pu lui consacrer qu'une parue des travaux et des avances qu'il aurait demandés; à moins cependant que le terrain ne soit naturellement d'une richesse presqu'inépuisable, comme c'était le cas des marais de l'Oder et de la Warthe. Tout an moias les défrichemens ne sont-ils pas du ressort de pauvres colons, de simples journaliers. Lors mèême qu'on voudrait aider à des gens de ceite classc, ils ne sauraient 6tendre leurs vues à une longue suite d'années; il fant que dès la première ils obtiennent le fruit de leurs travaux. Sans doute l'on — ———————— 8 3 * Voyez dans les Annalen des Ackerbaues, 1808, vol. VII, Seite 313, où Jon troure détaillé et calculé un projet de défrichement pour un mas de terres ingultes. A. non D'AGRICVULTURL. 111 peut espérer de rentrer bientôt dans ses avances, lorsqu'on défriche le sol d'une ancienne forét ou d'un vieux pàturage, lorsqu'on se permet un système de eulture épuisant, lors qu'à Paide de labours réitérés, sans chercher les moyens d'entretenir du bétail et d'avoir des engrais, on muluplie les récoltes de produits destinés à la vente; mais alors le terrain qui auparavant donnait encore quelque produit, ne tarde pas à étre réduit à un état de stérilité absolue, et, dans cet état, il peut bien porter des bétes à laine affamées, mais nullement jes nourrir. Il n'est aucun pays oùð, depuis un demi siècle, on ait défriché autant de terrains incultes qu'en Ecosse et dans le nord de l'Angleterre. Là, cela a étée exécuté avec succès, le plus souvent, par des sociétées instituées dans ce bur, et dans lesquelles on s'intéressait par actions; ces sociétés achetaient un grand district, et faisaient exécuter le defrichement sous la direction d'un homme très-capable; puis, lorsque cette étendue de terrain avait été dagrossie, souvent aussi seulement lorsqu'elle avait été mise en pleine culture, on la vendait par parties, avec ou sans bâtimens, ou bien on l'affermait. En revanche ces défri- chemens n'y ont presque jamais réussi, lorsqu'on avait divisé le terrain avant de les exécuter; dans ce pays là, comme chez nous, les colons ne tardaient pas à étre entratnés à leur ruine. § 780. Lorsqu'on trouve sur place quelque substance propre à amendement du sol, telle que de la marne, du terreau, ou de la tourbe, on peut accom- plir le défrichement en bien moins de tems. C'est aussi le cas lorsque, en arrètant le cours de petites rivieres ou de ruisseaux, ou bien en recueillant des sources d'eau, on peut former des prairies arrosées; alors c'est toujours par là qu'il faut commencer. § 781. Avant tout, il faut examiner avec attention quelle est la manière la plus avantageuse de tirer parti du sol à défricher; il faut se faire de toute Popéra- üon un plan approprié à la nature du sol et aux vues économiques qw'on se propose; et lorsque ce plan a été arrété, il faut le suivre avec exactitude et persévérance. II est essentiel de commencer la bonifcation par la partie des terres qui peut étre transformée en prairies, ou en pàturage abondant; lors méme que, pour la suite„on serait déterminé à soumeitre également ce ter- rain à la charrue. C'est par ce moyen qu'on se procurera des engrais, et qu'on augmentera la fécondité des autres parties du terrain à defricher. 1 12 PRINCIPES RAISONNES § 782. C'est sur le sol d'anciennes foréts que les défrichemens ont le plus ordinai- rement lieu, et c'est là en effet qu'ils procurent les pluas grands avantages, soit à Pentrepreneur, soit à la société en général. Ce n'est pas la conservation d'anciennes foréts détruites qui peut mettre fin aux plaintes qu'on ne cesse de faire sur la disette de bois; pour remédier au mal il faut au contraire arracher les arbres malsains et isolés, estirper les buissons, et établir des forêts bien peuplées et soigneusement closes. Il est des pays oh la disette de bois ne se fait sentir nulle part mieux que dans les lieux ouù les foréts occupent une plus grande étendue de ierrain. Souvent il conviendrait d'ensemencer en bois et de meutre en clôture des champs épuisés, mais bien cultivés, pour extirper peu à peu les foréts et les transformer en champs. Le sol des anciennes ſoréêts con- nent ordinairement assez de sucs nutriuðfs pour rapporter des plantes à fourrage et des récoltes de grains, avant d'avoir été amendé avec des fumiers; par conséquent pour payer immédiatement les frais de son défrichement, sans pour cela se trouver épuisé, § 783. Il west pas douteux que l'exürpement des racines d'arbres et de buissons ne donne souvent beaucoup d'ouvrage; aussi a-t-on cherché à inventer diverses machines pour le faire avec plus de facilité; mais jusqu'à présent ces inventions n'ont pas paru très-avantageuses, et il paratt aujourd'hui démontré qu'on ne peut attendre de la mécanique aucune machine qui fournisse assez de force pour arracher des arbres grands et ſortement enracinés. Pour de petits buissons on se sert d'un simple levier qui, à une de ses extré- mités, est armé d'une fourche de fer à trois pointes et très-forte; ces pointes ont ordinairement vingt pouces de longueur, elles doivent pouvoir supporter un grand effort, par conséquent il ſaut que la partie de la fourche par laquelle elles iennent à la douille, et cette douille elle-méême, soient aussi très-solides. Clest dans cette domille qu'on introduit la perche, le levier, qui doit être épais, de bois dur, si cela est possible de fréne, et avoir quinze à vingt pieds de lon- gueur. A l'extrémité postérieure de ce manche on attache une corde longue de huit 4 diz pieds, et à laquelle est suspendue une traverse, au moyen de laquelle plusieurs hommes peuvent employer à la fois leurs forces sur le levier. Après que les plas ſortes racines latérales d'un buisson ont été retranchées, on chasse le trident sous la souche dans une position inclinée, puis on place au-dessous du manche ou levier, un bloc que l'on rapproche de la souche jusqu'à ni- D'AGRTICULTVURp. 113 * jusqu'à ce que l'extrémité postérieure de ce manche soit élevée de dix ou douze pieds; alors, par le moyen de la traverse attachée à la corde, les ouvriers abaissent la partie postérieurc du manche, jusqu'à ce que la souche cède à leurs efforis et soit arrachée. A P'aide de cet instrument, tout simple qu'il soit, on peut souvent opérer des choses surprenantes, et lorsque ce moyen est insuffi- sant, des machines plus compliquées courraient grand risque de se rompre. Mais Parrachement de grandes racines d'arbres se fait toujours plus facile- ment lorsque le tronc est encore en pied, que lorsqu'il en a été séparé, parce qu'on peut'se servir de ce tronc en guise de levier. Dans ce cas on commence par entourer l'arbre d'un fossé, pour dégarnir les principales racines, en mème tems qu'on coupe celles qui sont le plus rapprochées de la superficie du sol; quand Farhre commence à s'ébranler, on cherche à déterminer sa chute par le moyen d'une corde, qu'on attache aussi haut qu'on le peut à l'une des prin- cipales branches de Parbre; alors, en Pentratnant à terre, on arrache ses prin- cipales racines. Souvent aussi Pon abandonne aux vents le soin d'accomplir ce renversement, et lorsque les arbres qui couvrent une certaine surface de terrain ont éte déchaussés, de manière que leurs racines seient dégarnies de terre, il m'est pas rare qu'un seul coup de vent les renverse tous et les entratue à terre.* *Il est essentiel, pour attacher la corde au haut de l'arbre, de ne pas attendre que cet arbre commence à s'ébranler, parce qu'alors souvent il tombe d'une manière inopinée, et qu'ainsi lhomme qui y grimperait courrait les plus grands risques. Je verrais le mème incon- vénient à déchausser tous les arbres, pour abandonner ensuite aux vents le soin d'opérer le renversement, surtout si les arbres sont très-rapprochés les uns des autres; alors il pourrait facilement survenir d'affreux accidens, lorsqu'un coup de vent déterminant la chute des arbres, et les poussant les uns contre les autres, tandis que les ouvriers seraient encore à l'ouvrage, ne laisserait peut-ètre pas à ceux-ci le tems nécessaire pour échapper au danger. Jai vu arracher avec une grande promptitude les arbres très-gros et très-élevés d'une forèt de héêtres, au moyen d'un cable épais que, à l'une de ses extrémités, on attachait près de la sommité de ces arbres, et qui à l'autre extrémité était tiré à l'aide d'un cabestan placé à quelque distance et lié au pied d'un arbre. Pendant que quelques ouvriers ſaisaient tourner le cabestan, d'autres avec des instrumens tranchans, retranchaient les racines dont Paction de ce grand levier indiquait assez bien la posilion en terre, en les soulevant un peu du còôté opposé à celui où Parbre penchait. Souvent ainsi, en moins de demi-heure, le hêtre avait duù céder, et en se renversant, il avait soulevé une motte de quarante pieds de circonférence et plus; cette motte se trouvait placée de champ, et était abandonnée à l'action de l'atmosphère et de la gelée. Cette méthode m'a paru assez expéditive; dans ce cas-ci elle ſut ruineuse pour la personne à qui je la vis mettre en pratique, parce que, hors d'état de diriger elle-même ce travail, elle n'en avait pas non plus conſié l'inspection à un homme ca pable; les ouyriers s'embaxrassaient les uns les autres, T. III, 15 114 PRINCIPES RAISONNES Dans le plus grand nombre de cas l'extirpement des bois est opéré à Ia näche, et alors le prix s'en règle par journaux, ou bien par cordes ou toises du hois produit par cet exlrpement. Dans ce cas on a soin de stipuler d'une manière précise que le sol sera nettoyé de racines aussi parfaitement que sela est possible; souvent aussi l'on code les tétes des arbres(la partie du bas- du tronc de laquelle naissent les racines, celle de laquelle on sépare la tige) comme salaire pour le travail du défrichement. Lorsque le sol est oceupé par des racines d'épine noire, d'églantier, de ronces, ei même par des souches de chéne, d'ormeau, de frèêne et d'érable, il est tres- difficile de le nettoyer à tel point que les racines ne poussent plus de nouveaux jeis. On peut s'épargner ce soin si Pon est dans Pintention de laisser le sol pendant „ quelques anndes en prairies. Dans ce cas, apreès avoir arraché les principales- racines, on se borne à couper les plus petites à quelques pouces au-dessous de la superficie du sol, et à régaler le terrain aussi bian que cela est possible. Si- ces racines poussent de nouveaux jets, ils sont ordinairement très-vigoureux la première année, mais alors on les fauche en mème tems que l'berbe, aussi- près de terre que cela est possible, et la quantité de foin n'en est que plus forte. La seconde année ees jets sont plus nombreux, mais aussi plus faibles; et à la troisième année, rarement ces racines survivent; ordinairement elles périssent, pourissent et sont ainsi converties en engrais. Alors rien n'empèche plus que le sol ne soit soumis à la charrue et qu'il ne soit bien labouré. Si au contraire, des le premier abord, on transforme ee terrain en champ, sans Pavoir aupa- ravant soigneusement débarrassé de toutes ses racines; celles-ci, favorisées par la culiure, ne poussent qu'avee plus de vigueur, et sont alors trés-difficiles à- exlrper complétement. § 784. Apreès le sol d'anciennes foréts, c'est le plus ordinairement des terrains vagues, des päturages communs, qu'on soumet au- défrichement, après en avoir fait Ia division entre les co-intéressés, ou après que ceux-ci ont été auto- risés à mettre ces terrains en culture. Les sols de ce genre sont presque toujours dans un état de désordre absolu; ils sont couverts de taupinières, de fourmi- plusieurs perdaient leur tems à se disputer sur le meilleur parti à prendre, tandis que d'autres eouraient inutilement du eabestan à Parbre qu'ils arrachaient, et- de eelui-ei au cabestan. Cepen- dant au milieu de ce désordre je erus démeler que lorsque l'emplei du tems et la distrihution des manouyvriers seraient confiés à un homme de téte, ee moyen pourrait étre éeonomique- Ku reste, de nos jours, et surtout en Franco et en Suisse, il est rare qu'on extirpe des Iovéts de kaute futaie. Trod. ins en to⸗- zurs rwi- — autres epeu- dation nique- cèis ds „AGRIGULTVURE. 115 lieres, de vieifles souches d'arbres, ou de buissons; leur surface est raboteuse et inégale. Si dans le défrichement des forèéts ce sont les racines qui présentent le plus de difficultés, ici au contraire c'est la couche de gazon, qui y est toujours plus compacte, plus tenace, que celle qui s'est formée à Tombre des arbres, ou qui a été habituellement recouverte par des feuilles. § 785. Plusieurs culüvateurs ont eu infiniment de peine à détruire une couche de gazon tenace et raboteuse; il en est méme qui sont effrayés des difficultés d'une telle entreprise. En conséquence on a imaginé et employé, pour atteindre ce but avec plus de facilité, divers moyens dont les principaux sont: * Ei surtout, de procurer la destruction du gazon en donnant une jachère den un et deni ou deux ans. On rompt l gazon en automne, ou apres que la terre a été suffisamment imprégnée d'eau par les pluies, et l'on cherche à ne donner à ce premier labour, que la profondeur occupée par le tissu des racines, si d'ailleurs Pinégalité de la surface du sol ie permet. On a, pour opérer cet écroũtement, une méthode qui m'a été infiniment recommande et que je n'ai cependant pas encore mise en pratique: l'on met en dotion d'abord une charrue dom le coutre et le soc soient bien tranchans, mais qui n'ait pas de versoirz qui, par conséquent, coupe la tranche verticalement et horizontalomen sans la renverser; puis derrière cette charrue, dans le méme sillon et à la mème profondeur, on en fait passer une autre, munie de son versoir, qui détache et renverse complétement la tranche de gazon. II est évident que cette opéra- nion doit réussir à merveille; mais je n'ai encore rencontré aucun gazon que je n'cusse pu rompre du premier coup de charrue, surtout si, lorsque l'inégalite de la surface du sol empéchait que la tranche ne fut toujours également bien renversée, je faisais suivre la charrue par un ouvrier chargé d'aider à ce ren- versement avec le pied ou par le moyen d'une fourche. Quelque tenace que fut cette couche de gazon, je u'ai jamais attelé plus de deux chevaux à la charrue pour faire cet ouvrage; souvent mêéme j'ai fait exécuter ce travail avec des bœufs seulement. Cependant les bœuſs conviennent moins à cette opération que les chevaux, lorsque le sol contient beaucoup de racines, parce que, quoiqu'à la vérité ils ürent d'une manière égale, ils se laissent trop facilement arréter par les obstacles. Au reste, l'on conçoit que lorsque le bétail est employé à ce travail, il est essentiel de lui donner une très-bonne nourriture et de le tenir à l'ouvrage moins long-tems de suite. Si la couche de gazon est un peu épaisse, il convient d'y passer d'abord la herse dans le sens même du labour, puis un rouleau pesant, afin que la couche de Hazon sOit soustraite à 416 PRINCIPES RAISONNES paction de Pair ei de la lumière, et qu'ainsi, au lieu de pousser de nouveau, elle entre en putréfaction et se décompose. Si, sur un sol dont la surface est inégale, quelques places ont échappé à Pacuon de la charrue, il faut ensuite les faire rompre avee la beche ou avec la houe; dans bien des cas ee mal est inévitable, et il y aurait de grands inconvéniens à épargner ce travail. On laisse alors le sol dans cet état pendant tout Phiver, et jusqu'à ce qu'au printems il ait été imprégné d'une pluie chaude; cependant on peut y passer encore une fois la herse. Lorsque le gazon renversé commence à reverdir, à pousser de nouveauz jeis de ses racines, c'est un signe que sa partie inféricure est étouffée; cepen- dant il faut S'en assurer d'une manière plus précise, avant de donner le second labour, car il ne serait pas convenable de biner avant qu'il en fut ainsi. Alors on entreprend ce second labour, dans le méme sens, mais un peu plus profondément, afin que les tranches de gazon se trouvent recouvertes d'une ceriaine quantité de terre de la couche inférieurce. C'èest une grande faute que de faire ce labour en travers, parce qu'alors les tranches de gazon sont coupées en pièces carrées, qui échappent à la herse et ne peuvent plus etre divisées par elle; cette seule faute a souvent augmenté considérablement la difficulté de cette opération. Mais si ces tranches de gazon, dont la ſermen- tauon a souvent diminué la tenaciré, ne sont que renversées, on obtient alors un succès complet de P'emploi d'une grande herse à longues et fortes dents, trainée par quatre ou six chevaux, qu'on maintient en action jusqu'à ce que le ussu formé par les racines soit divisé aussi bien que cela est possible. On doit donner le troisième labour en travers et le faire également avec soin; et après y avoir passé la petite herse, on laisse le sol en repos, jusqu'à ce qu'il commence de nouveau à pousser de l'herbe; alors on lui donne le qua- trième labour, sur lequel on sème les grains d'automne. Cette jachère d'été compléète suffira pour ameublir et netioyer entièrement un terrain chaud, see, et qui n'est pas excessivement infecté de mauvaises plantes; mais elle sera insuffisante pour un terrain humide, froid, d'une sur- face inégale, et fortement infecté de racines vivaces; cependant beaucoup de culuvateurs ne vont pas au-delà, et sèment leur terrain des l'automne, quelque soit Pétat dans lequel il se trouve. Klors les grains réussissent bien dans quelques places; dans d'autres ils manquent et sont étouffés par les mauvaises herbes. Sausfaits du succés qu'ils ont obtenu sur ces premières places, ils. espèrentne pas tarder à Pobtenir également sur les autres. Cependant il n'y a aucun doute que les dommnages qui, pour la suite, doivent résulrer d'une culture — It ors ls, 14- nt es r- de que lans ises p'aAachlcUL TUR F. 117 aussi défectneuse, ne dépassent infiniment les avantages que l'on retire de cette récolte anticipée, et qu'il n'eüt été préférable de prolonger la jachère pendant encore une année, afin de rendre plus complets la préparation et l'ameublissement du sol. Tout au moins en pareil cas ne sémerais-je jamais des grains d'automne, je voudrais donner auparavant encore quelques labours, puis y cultiver pendant l'été une récolte de produits dont les racines pivotantes er Pombre épaisse des fcuilles ameublissent et enrichissent le sol. C'estle cas des récoltes léguminouses, du blé noir, et du lin qui réussit si bien dans les terrains nouveaux, quoiqu'en les épuisant un peu; ce Pest également des pommes de terre, des raves ou autres récoltes sarclées; après celles-ci, cependant, je ne sémerais pas des grains d'au- lomne; mais seulement de l'orge de printems avec du troèfle que je laisserais sub- sister pendant deux ans. Je suis persuadé que c'est par cette méthode que le sol peut avec plus de cerütude étre porté à un état de prospérité durable. Je remarque que le trèfle réussit rarement sur les nouveaux défrichemens, lorsque la terre n'a pas été préparée par la culture d'une récolte jachére. 6 736. 2.0 De semer sur un labour unique et proſond, une récolte de grains de printems: Pon comprend que non-seulement cela ne peut avoir lieu que sur un terrain dont la surface n'est pas trop inégale, et qui n'est pas excessivement zufecté de mauvaises plantes; mais qu'outre cela le labour doit avoir été fait avec beaucoup de soin. Ordinairement pour cela on donne la préférence à Pavoine, qui, si elle a Gété semée épaisse, de bonne heure et sur raies, puis enterréeé par un fort hersage, et pourvu qu'elle ait une température suffisam- ment humide, réussit souvent à merveille, et donne, si ce n'est de la paille en aIbondance, du moins beaucoup de grain; quant à l'orge elle ne réussirait point sur un terrain aussi peu ameubli. Plusieurs personnes assurent avoir obtenu le plus grand succès en suivant la méthode que je viens d'indiquer, et lorsque leur terrain avait dté déchaumé après la récolte d'avoine, Pavoir trouvé mieux ameubli qu'il ne l'eüt été par une jachère, en telle sorte qu'elles eussent pu Pensemenoer immédiatement en seigle. D'autres, dans le nombre desquels je me trouve, oni, après ceute récolte d'avoine, trouvé les gazons tellement peu décomposés, et le sol si imparfaitement divisé et ameubli, qu'une jachère leur paraissait alors indispensable; outre cela la récolte de grains d'antomne qui suivait celle d'avoine, était de beaucoup inférieure à ce qu'on aurait pu en attendre, si elle ein été semée immédiatement après le défrichement. Presque 118 PRINCGIPES RAISONNES tous les essais comparatifs qui ont été faits à ce sujet, tendent à méconseiller Pavoine pour premidère récolte. En revanche, ainsi que plusieurs autres cultivateurs, j'aiſ, avec l'avantage le plus décidé, semé du lin sur le gazon bien renversé d'un défrichement, dans un terrain sec et pas trop maigre. Ce lin devenait d'une longueur et d'une bonté extraordinaires; il étoit aussi abondant en filasse u'en graine, et avait sur celui quon semait dans la jachère, le grand avantage de demander très- peu de sarclage. Pour ceue récolte j'enterrais la semenee avec la herse qui la recouvrait fort bien, lors même que la charrue n'avait ramené à la surface que peu de terre au-dessus de la couche de gazon proprement dite. Lorsque de sol paraissait trop aride pour que le lin put y réussir, j'y semais du millet, leqquel, culdivé avec la houe à main, nettoyé de la plus grande partie des mauvaises herbes qui y avaient cru, et un peu éelairci, y réussissait parfai- tement bien, Ces deux espèces de plantes laissaient le soltellement meuble, que le laboue de déchaumage suffisait pour le diviser complétement, et qu'on pouvait y semer des grains d'automne saus autre culturc. Cependant, ce procédé ne peut avoir lieu que lonsque la couche de gazon n'a pas trop d'aspérités. § 737. 5.9 De faire écrouter le terrain avec un instrument à main, ou avec une charrue propre à cet usage, d'en diviser Ies gazons en morceaux, et de les mettre en tas avec du fumier d'dtable ou de la chaux, qui aident à la décomposition des végétanx, et de les laisser là jusqu'à ce que cette décomposilon soit accompliez pendant ce tems là de donner plusieurs labours au terrain écroũté, puis d'y épandre le compost, et de l'enterrer en semant sous raies, ou par un fort her- sage. Ceue méthode, que j'ai éprouvée plusieurs fois, procure des récoltes très-abondamtes, et met le sol dans un état de prospérité admirable, parce qu'il en résulte la décomposition absolue du gazon, sa transformation en humus, et une abration plus complète que cela n'aurait lieu de toute autre manière. Mais il est Gvideut que cette méthode est plus coüteuse, et ne peut étre mise en pratiquc que sur des espaces peu étendus. § 788, 4.9 D'écobuer, brüler la couche de gazon. Dans le premier, et surtout dans le troisieme volume de mon agriculture anglaise, j'ai décrit cette opération dans son applcation aux fterrains qui sont enherbés depuis quelques années, el telle —2 — eut dals G an5 DAGRATITCVLTVU nV. 119 que, dès les tems les plus reculés, elle a été pratiquée dans quelques contrées; ſ'y ai aussi indiqué comment elle peut étre exécutée d'une manière plus aceom- plie: ontre cela, dans le troisième volume de mes Annales d'agrioulture, j'ai donné un extrait détaillé de ce que, dans l'Almanach des fermiers, Arthur Noung a dit de l'emploi de ce moyen sur les diverses espèces de terrains eultivés. Enfin'on trouve une descripuüon de ceite opération, dans le premier volume de l'Agriculture pratique de Dickson. Je dois esbérer que les cultivateurs qui veulent recourir à ce moyen périodique de bonifier les terres, auront déjà lu ces écrits; je crois donc superflu de rappeler ici leur contenu. Mais ici je dois m'occuper de ce moyen, dans son application aux terrains incultes, et montrer comment il peut étre employé sur ces terrains, d'une manière moins parfaite, il est vrai, mais aussi bien moins coüteuse, et quelle est la méthode la plus économique qui puisse èêtre mise en prauque sur les terrains de ce genre. D'abord on a recours à Popération que, sous le nom de demi-labour, nous avons décrite à§ 765, pour lever des tranches de gazon; c'est-A-dire qu von Ieve une tranche et la renverse sur une autre tout à côté, Jaquelle n'a pas 616 détachée du sol. Cette opération peut étre exécutée avec toutes les charrues qui ont le soce large et tranchant, pourvu qu'on les tienne un peu inelinées, de manière quc, du côté de la terre non remuée, le soe entre un pen plus en rerre, et que, du côté du versoir, la tranchre qu'il détache se trouve très-mince, à tel point même que Fangle postérieur du soc ne ſasse qu'eſfleurer le sol. On donne au soc une plus grande Jargeur, on le rend trèés-tranchant, et l'on donne àsa base un angle plus obtus que sil devait servir au labour proöprement La tranche qu'on détache du sol doit avoir au plus deux pouces d'épaisseur qu côté de la terre non remuée, et, de V'autre eòté, èétre tour à fait mince. Lorsque le terrain ainsi préparé est demeuré pendant quelque tems dans cei état, Pon y passe une forte herse en croix, pour déchirer et diviser les- tranches enlevées par la charrue; après cela on a recours à des herses peutes, mais à denis pointues et courbées en avant, pour déracher les racines des- plantes et leurs flamens de la ierre dont ils sont encore enrourés. Eorsque„ par ce moyen, le terrain a éré de nouveau régalé, on enlève de la même manière les bandes de gazon qui avaient été épargnées dans la première opé- ration, er on les soumer également à P'action des herses, Alors le sol se trouve eouvert de racines et de la dépouille des plantes dont le gazon étoit er omposé. Par un tems sec, car Pon concçoit que toutes ees opérations doivent avoir lien par une telle température, Von rassemble toutes ces plantes et ces racines, et 120 PRINCIPES RAISONNES l'on en fait Tabord des petits, puis de grands tas, destinés à étre brülés sur place. Pour mettre le feu à ces tas, on choisit un tems chaud et un moment oiw il y ait un peu de vent, et Pon emploie à cela de la paille, de la tourbe, ou des feuillages secs. II est essenuel de diriger le brälement de manière que ces tas se consument pedà peu saus donner de flamme, pour cet eſſet on les comprime, et on les recouvre au besoin avec de la terre, lorsqu'ils sont bien allumés. Quand l'opération est finie, on épand les cendres et on les enterre par un labour aussi superfciel que cela est possible. On peut alors y semer telſe espece de produit que le cours de l'assolement indique. Si, lorsqu'on exlirße des forêéts, on a des branchages dont on ne puisse pas tirer parti comme bois de chauffage, des quels ainsi on cherche à se debarrasser, on en fait la base des tas destiués à étre consumés par le feu; au moyen de cela le brälement est facilité el accéléré, et l'on a une quantté de cendres d'autant plus grande. Au reste, l'Ccobuement peux très-bien s'effectuer sans Ie concours de combus- übles Gtrangers. Des essais comparatiſs füts en grand, tant en Angleterre qu'en Ecosse, ont démontré qjue, pour le défrichement des terrainsincultes, l'écobuementértoin pré- férable à toute autre méthode, surtout dans les terrains argileux et marécageux*. * L'écobnement doit produire des effets variés, selon la nature et Pélat des terrains aux- quels il es appliqué Ses avantages semblent se réduire aux suivans: 1. Détruire les plantes, les racines et les semences de végélaux qui se trouvent à la super- ſicie qu sol, ci les convertir immédiatement en une substance qui est non-seulement très- propre à serz ir d'aliment à d'autres végétaux, mais encore à meltre en activité les sues que le sol contient d'ailleurs. 2.0 Détruire l'acidité propre à certaines plantes, et diminuer celle que le sol peut avoir. 3.“ Donner de la causticité au carbonate de chaux contenu dans le sol, par conséquent dui donner la ſaculté d'agir sur les sucs comtenus dans ce sol, et de les approprier à la végé- lation. 4. Diminuer l'attraclion d'agrégation des molécules d'un sol argileux, en réduisant une parlie, à la vérité peu considérable, de sa couche végétale, à l'état d'une sorte de sable, par le moyen du ſeu. Ce dernier effet n'est pas très-sensible, si, comme cela est à desirer à d'autres égards, le ſeu a été doux et lent. Au reste, cette opération ne saurait communiquer au terrain d'autres sucs que ceux qui sont contenus dans la matière combustible qu'on ajoute au gazon pour lui ſaire prendre feu, et la quantité en est toujours très-insignifiante. Ilsemble au contraire que le carbone qui s'éva- Pore des tas sous la ſorme de gaz, doive laisser le sol réellement plus pauvre qu'il ne l'était auparavant. Le premier des avanlages ci-dessus peut être en grande partie atteint, quoique d'une ma- nière heaucoup plus tardive, par un déſoncement ou par un double labour qui enterre Lorsqus —,— DAocRlcU I. T VR p. § 789. Lorsque le terrain nonvellement défriché a des enfoncemens et des élévations sensibles, souvent on est obligé de l'aplanir et de le régaler avant tout, afin de rendre sa culture plus facile, et de donner à sa surface plus d'homogénéité, le gazon(qu'on a auparavant rompu et brisé comme cela est prescrit à§ 785) à une profon- deur où les plantes ne puissent pas reprendre leur végétation, et oh par conséquent elles entrent en fermentation et se décomposent. Lorsque celte décomposition a eu lieu, il faut alors ramener à la superficie du sol l'humus qui en provient, pour y servir à P'alimentation des végétaux qu'on voudra s'y procurer. Mais sil sagit d'un défrichement pour lequel on n'ait aucun moyen de se procurer du dehors les premiers engrais dont le sol a besoin, cette méthode a de grands inconvéniens, en privant, pour une année au moins, des secours qu'on peut retirer de la couche supérieure du sol et de la dépouille qu'elle contient. Cette circons- tance pourroit à elle seule souvent faire manquer l'entreprise. Le second avantage peut être atteint par l'aëration et par les autres moyens indiqués au Tom. II de cet ouvrage; mais il en est peu d'aussi efſicaces que l'écobuement. Le troisième pourroit étre obtenu d'une manière plus sre en épandant une petite quantité de chaux vive sur le sol; an reste, comme il fournit les moyens de lirer immédiatement parti des sucs que le sol contient, et surtout de ceux que la couche de gazon recelait, il est essenliel de faire suivre les récoltes auxquelles il a été destiné ‚par des amendemens de fumier ou de terreau, à moins que le terrain écobué ne fut d'une xichesse extréme. L'intensité du quatrieme avantage dépend absolument de la nature du sol; cet avantage se change mème en dommage, si le terrain écobué est fortement chargé de silice. Lorsque le sol est très-argileux les avantages de l'écobuement y sont d'autant plus sensibles, que la couche de terre brúlée avait plus d'épaisseur, parce que la tenacité du sol est diminuée en raison de la quantité de cette sorte de sable ou gravier artificiel formé par le brülement, qu'on mélange avec lui, Il régulte de ce que je viens de dire, 1.0 Que Pécobuement ne doit èêtre mis en usage qu'aveo beaucoup de circonspeclion sur des terrains légers, siliceux et maigres, et seulement avec l'intention de consacrer bientôt après à ces terrains un amendement de ſumier ou de terreau, afin de réparer l'épuisement ouù les laissent les récoltes qui ont suivi cette opération. 2. Que l'écobuement ſournissant les moyens de tirer immédiatement parli du peu de sucs que le 801 contient à sa superſicie, il peut étre employé avec avantage dans les défrichemens, pour favoriser la végétation de récoltes de fourrages, par conséquent la formation de nou- veaux engrais. 1 Quant à la manière dont écobuage doit ètre opéré, celle qui est indiquée ici par l'auteur me parait la plus convenable pour tous les terrains qui ne sont pas bien enherbés; comme c'est ordinairement le cas des sols o l'on fait des défrichemens. Si le terrain est couvert. d'une couche de gazon qui ait quelque consistance, c'est-à-dire, si la terre qui est à la superficie du sol se trouve assez entremélée de plantes et de racines, pour que, après qu'elle à2 é6té détachée et convenablement séchée, le ſeu puisse Sy communiquer avec facilité et agir T. III. 16 122 PRINCIPES RAISONNES c'est-à-dire des propriétés plus uniformes. Cette opération demande beaucoup de travail et de frais, la localité seule peut décider du mode le plus convenable de Popérer. Lorsque les inégalités du sol sont très-rapprochées les unes des autres, leur applanissement peut ordinairement se faire en jetant, à bras, la terre des hauteurs dans les enfoncemens. Pour cet effet on place des ouvriers à des distances proportionnées à leurs forces, et on les charge de jeter la terre quiils ont puisée ou reçue de l'ouvrier qui les précéde, à celui qui les suit; ainsi de la faire passer de la hauteur à la partie la plus basse du terrain qui doit étre régalé. Si la distance est un peu considérable, il fantse servir de brouettes à bras; si elle l'est davantage il faut avoir recours aux chariots, ou mieux encore aux tombereaux à deux roues, ou charrettes à bascule. Lorsqu'on applanit le terrain, il arrive trop souvent qu'on enlève aux places slevées toute leur terre végétale, pour Paccumuler dans les places les plus basses; c'est là un mal presqu'inévitable, auquel on ne remédie que difficile- ment et avec beaucoup de travail. Si l'on n'n pu prévenir cet inconvénient sur toutes ses parlies; alors il convient d'y mettre en usage la mélhode indiquée pour les Pprairies et les terrains tourbeux, en ayant soin de donner aux gazons destinés à étre brůlés, une épaisseur proportionnée à la quantité des dépouilles de végétaux qu'ils contiennent. Je vais donner la description de cette méthode telle que je l'ai vue pratiquer en Suisse. 1.*Après avoir enlevé les gazons avec une charrue à soc large et tranchant, ou avec des instru- mens à main; on fait sécher ees gazons, en les plaçant de champ, ou à peu près, et appuy és à leur extrémité supérieure les uns conire les autres, de manière qu'ils jouissent, autant que cela est possible, de l'’action du soleil et de l'air. Si ces Sazons n'ont pas assez de consistance pour pouvoir demeurer dans cette position, on les tient étendus sur le sol, en les tournant, sens dessus dessous, aussi souvent que cela est nécessaire Pour favoriser leur dessication complète. 2.“ Lorsque ces gazons sont bien desséchés, on en fait des monceaux arrangés avec soin; Fon place au centre de ces monceaux un peu de tourbe ou de branchages secs, ou bien un peu de paille, et l'on y met le feu par une sorte de bouche ouverte du cété ou souffle le vent. 3.“ On ferme cette ouverture et les interstices avec d'autres gazons et de la terre, de manière que les gazons soient eonsumés par un ſeu lent et sans flamme. Sicette opération est bien faite, le résidu du brůlement, qu'en Suisse on qualifie de brulin, doit ètre ou gris foncé ou noir, ou d'un brun noiràtre. Si ce résidu tire beaucoup sur le rouge, e'est une preuve que le feu a été trop ardent, et qu'il a fait évaporer, sous la forme de gaz, la plus grande partie du car- bonne: alors le sol est appauvri sans fruit, ses sucs volatilisés, combinés avec Patmosphère, sont allés feconder des possessions étrangères, au lieu de demeurer fixés sur le fond auquel ils appartenaient. Cette eirconstance fait de écobuement une opération extrémemeni délicate; on conçoit du reste qu'il ne sauroit avoir lieu que par un tems très-sec et dans une saison chaude; si, au milieu d'une telle opération, Pon est surpris par des pluies, elle devient d'une difficulté extréme, et alors ses frais dépassent de beaucoup ses avantages. Thad. —₰3j+ 2„2rd — D'AGRICULTVUR E. 123 en rejetant en arrière la couche supériure du sol, il faut dédommager les hauteurs en leur consacrant une plus grande proportion d'engrais et une cul- ture plus soignée. § 790. Souvent lextracuon de grosses pierres rend le défrichement d'un terrain inculie beaucoup plus difficile, et cependant cette extraction, du moins à toute la profondeur que la charrue atteint dans sa marche, est une condition essen- nielle d'une bonne culture; car sans cela on perd beaucoup de tems en labou- rant, et l'on ne fait jamais qu'un travail inégal, outre que les instrumens ara- toires sont fort exposés à y étre brisés. Lorsque les pierres trouvent un emploi dans l'établissement de grandes routes, dans la construction de clotures autour des possessions, ou dans la batisse de murailles et de maisons, souvent la valeur de ces pierres dédommage amplement des frais occasionnés par leur extraction et leur transport. Si cet emploi ne peut pas avoir lieu, on cherche à diminuer les frais que Pextraction et le transport de ces pierres occasionneraient, en enfouissant celles-ci dans le champ même, à une profondeur qui ne puisse pas étre atteinte dans les divers labeurs. Pour cet effet on creuse tout à côté de la pierre qui devait être extraite, une fosse plus profonde qu'elle, dans laquelle on la fait tomber. Il est nécessaire que ce creux ait plus de largeur et de profondeur que la pierre, et qu'il ait la ſorme que demandent tant le volume de cette pierre, que la posi- tion qu'elle doit avoir après qu'elle aura été renversée, afin que quelques-uns de ses angles, quelques- unes de ses pointes, nese représentent pas à lasurface dusol. On prétend avoir remarqué que des pierres qui avaient été précédemment enter- rées à une profondeursuffisante, reparaissaient ensuite près de la superfieie du sol, ensorte qu'on était réduit à les enterrer de nouveau. Ce ſait est vrai, mais il peut étre expliqué pour une cause toute autre que celle du relevement de la pierre; en effet, une partie de la terre dont cette pierre étoit recouverte, peut avoir été entrainée par les eaux, ou bien l'action insensible de la culture aura étendu cette terre sur un plus grand espace; ou enfin, comme c'est le cas dans mes champs, les pierres auront été enterrées à une profondeur suffisante pour qu'elles ne pussent pas étre atteintes dans un labour superficiel, tel que ceuxz qui avoient lieu ci-devant, mais totalement insuffisante pour les labours pro- fonds que je fais aujourd'hui. Il faut donc enterrer les pierres à une proſon- deur plus Srande que cela ne parait nécessaire, et d'autant plus qu'elles peuvent d'ailleurs nuire à la fécondité du sol dans les places ouù elles se trouvent près de la superficie, 35 7 124 PRINCIPES RAISONNES 8i Pon veut transporter les pierres hors du champ, il faut se procurer un chariot adapté à cet usage, à moins qu'on ne préféere exécuter ce transport en hiver, sur la neige, par le moyen de traineaux. On est réduit à faire sauter les plus grosses pierres, surtout lorsqu'on veut les employer à la construction des bàtimens. La méthode la plus usitée pour cette opération cousiste à y employer de la poudre à canon; mais cette méthode veut étre confitée à des hommes qui en aient l'habitude et qui aient les outils convenables, sans cela elle peut étre dangereuse; plusieurs personnes impru- dentes ont payé de leur vie ou de leur santé le défaut de précautions dans ce travail; d'ailleurs le prix actuel de la poudre rend ce moyen très-coũüteux. Il est une autre méthode qui, sans avoir ces inconvéniens, a souvent le mème succès; elle consiste à chauffer fortement la pierre par le moyen d'un feu très-ardent, concentré à une seule place, afin de donner à la pierre une forte dilatation; la pierre ayant ainsi reçu un degré de chaleur très-intense, on'arrose avec de Peau pour la ſaire sauter, en aidam à cet effet par de grands coups donnés avec des marteaux très-lourds; au reste, souvent ce dernier moyen n'est pas méeme nécessaire. Une troisième méthode consiste à percer la pierre dans la direciion de ses veines et à introduire dans le trou un cylindre de fer fendus entre les deux parties duquel on chasse un coin de mème métal. Ce moyen ne tarde pas à faire ſendre la pierre à laquelle on Papplique, et quoiqu'il soit le plus long, celui qui donne le plus de travail, il a par dessus les autres Pavan- iage de procurer des pierres à bätir beaucoup plus belles et d'une surface plus plane. Enfin aussi, dans l'hiver, on introduit de Peau dans un trou creusé dans la pierre et auquel on a donné une profondeur suffisante, puis on ferme Pouverture de ce trou avec un tampon fortement chassé; dilatée par la gelée, peau renfermée dans le trou a la force nécessaire pour faire sauter les pierres les plus solides. § 791. La chaux vive récemment calcinée est l'amendement le plus efficace qu'on puisse donner à un déefrichement, surtout si la couche supérieure du sol con- nent beaucoup de substances végétales non décomposées. Ici l'on ne saurait guères employer la chaux en trop forte proporuon; des cultivateurs ont trouvé un grand avantage à en donner quatre jusqu'à cinq winspel par journal, lorsque la chaux était à un prix modéré. Lorsqu'on épand cette substance à la surface du sol, après avoir auparavant donné un labour, et qu'on répète les cultures pendant Pété, afin G'opérer le parfait mélange de la chaux avec la terre, celle-là décom- pose toutes les partes végéetales et en forme un humus ires fécond; outre un vord eut Sur de ls ru- ce lest cès; ent, on; de anés pas s la dus u ne d le avan- plus „ ellse u'on con- urait couyé 11Sque ace du ndant ecom- oulke sème apr. Dp'AGRITCUILTURE. 125 cela elle absorbe l'acidité du sol et le tannin, cette substance si nuisible à la végé- tation; elle tue les vers et les insectes qui, dans un tel sol, se sont quelque- fois multipliés au point de détruire absolument les premières récoltes qu'on y es le défrichement. Lorsqu'on a amendé avec de la chaux un défri- chement qui contient beaucoup de substances végétales, on peut s'y procurer les récoltes méême les plus épuisantes, en partculier le colza. L'on conçoit du reste que la chaux ne produirait que bien peu d'effet sur un terrain maigre et qui ne contiendrait qu'une chéuve quantté de substances végétales. § 792. Le sol des terrains couverts de bruyères n'est pas toujours stérile; souvent il a dans sa couche inférieure une glaise féconde qui paie richement les frais du défrichement. Ce sol contient aussi de Thumus; mais cet humus est d'une na- iure particulière, il n'est pas favorable aux autres végétaux. Une annde avant de rompre un terrain oouvert de bruyère et par un tems sec, on met le feu à cette plante, que pour cet effet on a laissée dans toute sa végétation. Pour éviter que le feu ne s'étende au-delà de l'espace qu'on veut cultiver, et peut-ètre qu'il ne fasse de grands dommages en consumant des foréis voisines, on a eu soin d'entourer cet espace d'un fossé large et peu profond. Ce brülement ne détruit pas la bruyère; au printems suivant, au contraire, elle pousse de nouveaux jets en abondance. Cette nouvelle pousse est tellement agréable aux bétes à laine que, dans quelques contrées, on met le feu aux bruyères, sans autre but que de se la procurer. Cette année là on charge fortement la bruyère de moutons, en ayant soin de choisir pour cela une race qui s'accommode de cette plante. Pendant lhiver on rompt; dans le cours de l'été suivant on donne quelques labours, et si Pon en a la possibilité, unparcage de bètes à laine; cet amendement, ainsi que celui de fumier de pergerie, est plus propre à décomposer l'humus de pruyère, parce que les excrémens des moutons contiennent beaucoup d'ammoniaque. On n'obtient que peu d'avantages de Pemploi de la chaux seule sur des défrichemens de bruyères; on en obtient de beaucoup plus sensibles de la cendre de bois et mème de celle de tourbe. La marne argileuse combinée avec des engrais animaux y produit un grand effet.. Sur un défrichement de ce genre, le mieux est de semer avant tout du blé noir, qui, de toutes les récoltes utiles, est celle qui s'en accommode le mieux ei qui contribue le plus à changer la nature du sol. Souvent on sème cette es- pèce de grain sur un second ou troisième labour, sans autre jachère; d' ailleurs 126 cette plante a une végétation très-vigoureuse, surtout si on lui a donné un TRINCIPES RAISONNES léger amendement avec du fumier d'étable; c'est elle qu'on peut employer avec le plus d'avantage, soit en fourrage vert, soit en ſoin, pour se procurer les engrais nécessaires à l'amendement d'une bruyère qu'on vient de défricher. Après le blé noir, le seigle réussit ordinairement fort bien sur ces terrains; mais après qu'on s'en est procuré une récolte, si l'on veut que le sol gagne en fertilité au lieu de s'épuiser davantage, il faut laisser le terrain pendant quelques années en päturage; pour cet effet, on a du semer du trèfle blanc au printems parmi le seigle. Lorsqu'on veut tirer des terrains de ce genre tout ce qu'ils peuvent donner, ils tombent dans un état de stérilité plus fort que celui dans lequel ils Staient avant le déefrichement. § 793. Défricher un sable pur est une entreprise encore plus mauvaise que celle de päur sur le sable. Il n'y a que deux circonstances dans lesquelles la culture d'un sol de ce genre puisse donner des profits. „.) Aupréès des grandes villes où le sol a un si grand prix qu'il vaut la peine de lui créer une couche de terre végétale nouvelle, en y transportant et mélant de la glaise, du platras de vieux bätimens, et des autres matières propres à la végétation, que ces villes fournissent en abondance. 5) Dans les lieux où l'on peut donner au sable une irrigation artificielle tou- jours suffisante, à l'aide de laquelle le sol puisse étre mis en prairies, ou étre approprié à la culture d'autres végétaux uliles. Sans cela, souvent il est non- seulement désavantageux, mais même très-dangereux d'entamer avec la charrue un sable sec recouvert d'une légère couche de gazon, et qui ne contient pas au moins 5 pour cent d'argile; surtout lorsqu'il est situé sur une élévation ou dans une plaine découverte. II n'est pas rare que pour avoir voulu se procurer une couple de chéuüves récoltes sur des sols de ce genre, on ait occasionné la dévastalion d'une étendue de terrain fertile„que les venis couvraient de sables mouvans. Si Pon veut mettre en culture un sable un peu moins stérile, une des choses les plus essentielles est de l'entourer et mème de Pentrecouper de haies, afin que le vent lui enlève moins son humidité, afin d'empécher ce qu'on appelle son refroidissement, et, en général, d'y protéger la végétalion. Comme les terrains sablonneux, du moins aussi long-iems qu'on n'a pas changé leur nature, ne peuvent se maintenir par eux-méèmes dans un état de fécondité, qu'autant qu'on les laisse souvent en repos et en pAâturage; il est d'autant plus convenable de les diviser en clos et de les garnir de haies, que par ce — ◻2 D'AGRICULTURE. 127 moyen il est plus facile d'y garder le bétail, et que celui-ci y est aussi plus à Pabri des vents, circonstance qui lui est fort avantageuse. II importe aussi beau- coup que de telles étendues de sables soient protégées par des foréts de haute- futaie contre les vents de nord et de nord-ouest. 7 794. Il n'est pas rare qu'on doive chercher à fixer la surface d'un terrain sablon- neux, et à y établir une couche de gazon, quelque chéuf que puisse étre son produit, afin de protéger les champs voisins contre des ensablemens. On ren- contre des difficultés extrémes pour procurer cet enherbement; on a proposé pour cela diverses espèces de plantes qui végétent dans le sable, telles que Pél me des sables, elymus arenarius; la careiche des sables, carex arenaria, le chiendent ou froment rampant, tritieum repens; P'eternue drageonnée, agrostis stolonifera; cependant il est rare que ees végétaux s'établissent par- faitement sur ce sol, avant qu'ils aient été protégés par des haies, parce que la mobilité d'un sable toujours agité par les vents empéche que les semences ne puissent y germer, ou du moins que les germes ne puissent y prendre racine, à moins que, pour ceite opération, Pon n'ait le bonheur de saisir un tems calme et humide. Si le sable est entierement nud, sil est devenu mouvant, il n'y a plus, pour le fixer, d'autre moyen que de le couper par des clayonnages placés de distance en distance, et assez nombreux pour empécher sa faste, Cette espèce de digue doit étre placée, non à Pendroit ob Pon cherche à arréter Pensablement, mais à celui où le sable commence à devenir mouvant. En effet ce serait en vain qu'on voudrait opposer une digue à ses progrès, si celui qui avance derrière lui n'est pas arrété, puisque Pon a vu des ſoréts de haute-fataie étre ensablées de cette manière jusqu'à la sommité de leurs arbres. Mais si l'on commence à arréter le sable du côté où le vent com- mence à s'en emparer, de sorte qu'il soit abrité contre Paction de celui cei, on réussit alors à prévenir Pensablement. Pour faire ces clayonnages, on emploie ordinairement des branches de sapin qui ont encore leurs pignons, afin d'opérer en mêeme-tems la semaille du terrain en bois, et on les place à une distance de vingt ou trente pas les unes des autres. Aussitôt que le sable est un peu arrété, on y établit des haies tressées du nord au sud et plus ou moins distantes les unes des autres, suivant que cela est jugé néces- saire. Si le sable n'est pas excessivement mouvant, et le cours du vent très-impé- meux, on peut se dispenser de former ces haies, ei faire du premier abord des “ 128 PRTINCIPESRAISONNES tauions de pins, afin que le ierrain se garnisse d'arbres de ceite espèce et se transforme en forét, ce qui est incontestablement le meilleur moyen pour tirer parti des sols de ce genre. Ce serait envain qu'on sémerait en sapin un sable de cette nature sans avoir auparavant eu recours à ces précautions; à moins cependant que ce sable ne fut enherbé; dans ce cas ce semis peut encore y réussir. Il faut donc bien se garder de rompre complètement un sol de cette nature; lorsqu'on veut Pensemencer en bois; on doit au contraire n'y renverser ou détacher que de deux tranches l'une, ce qu'on fait tres-commodément aveo le cultivateur à pommes de terre ou la houe à cheval, § 795⸗ Pour qu'on puisse enherber le sable avec des plantes utiles, il faut qu'il ne soit pas absolument mouvant, mais qu'au contraire il contienne un peu d'argile, environ huit pour cent. Alors les graminées les plus propres à former ce gazon sont les petites fétugzues, celle des moutons, ovina, la rouge, rubra, la droue, duriuscula, et Pinclinée, decumbens; la flouve des Bressans, anthoxatum odoratum; le fléau noueux et celui des sables, Phleum nodosum et arenarium, les bromes séglin et stérile, promus mollis et sterilis; les hougues molle et laineuse, holcus mollis et lanatus; l'avoine des prés secs, avena pra atensis; Palpiste des bois, phalaris phleoides, et le raygrass, lolium perenne; si le sol n'est pas tout-à-fait dépourvn d'humus, on peut leur joindre le trofle faune ou minelte dorée, medicago lupulina; le lotier corniculé, lothus corniculatus; le pied d'oiseaus, ornithopus perpusillus; le serpolet, ihymus serpillum; Porigan, origanum vulgare; la pimprenelle sanguisorbe, poterium sanguisorba, et le troole bland, trifolium repens. Si, au bout d'un certain nombre d'années, il s»'est formé une couche de gazon suffisante, et que ce terrain ait servi de de päturage aux bétes à laine, on peut, en usant de quelques précaulions, en exiger une couple de récoltes de grains, mais jamais sans réparer, par un amen- dement de fumier, l'appauvrissement qui en est la suite. On doit commencer par y semer du blé noir ou de la spergule, mais dans une saison assez avancde pour que, au lieu de murir, ces plantes soient tuées par la gelée et pourrissent sur le sol. Si, à portée d'un terrain composé entérement de sable„Ton a de la marne argileuse ou du terreau, on peut, en y conduisant une abondante quantité de Pune ou de l'autre de ces substances, améliorer oe sol pour toujours„et le faire en queclque façon changer de nature, § 796. P'A dRIcULTUngg. 129 §. 796. Le défrichement des marais est d'une plus grande importance, et il n'est pas rare qu'il donne de grands bénéfices, mais comme le desséchement ou l'égou- tement du sol en fait la partie la plus essentielle, je renvoie à m'occuper de cette matière, jusqu'à ce que nous ayons traité des desséchemens et de ce qui y a rapport. Ordinairement on trouve un grand avantage à clore les terres en mème tems qu'on opère leur défrichement, et d'ailleurs les haies sont assez souvent nécessaires pour protéger les terrains nouvellement mis en culture; cette considération me détermine à placer ici ce qui se rapporte aux divers genres de clétures- IAIES, CLGTURES. § 797. On est extréèmement divisé d'opinions sur les avantages ou Ies inconvéniens que les haies occasionnent sur les terres labourables. Quelque zélés que soient les partisans de ces haies, il est cependant des agriculteurs qui, non contens d'en méconseiller l'établissement, vont jusqu'à recommander de détruire celles qui existent. Les désavantages qu'on attribue aur haies sont principalement les suivans: 1.“ Elles prennent beaucoup de place; elles occupent un espace qui est fort à regretter, si le sol est de bonne qualité. 2. Elles empéchent que le terrain ne s'essuie, par conséquent elles re- tardent le moment des semailles. 3.“ Surtout elles occasionnent la formation de grands amas de neige, amas qui souvent ne se dissipent que très-tard, et ainsi empéchent qu'on ne puisse labourer de bonne heure; il n'est d'ailleurs pas rare que ces amas de neige ctouffent les plantes qu'ils recouvrent. 4.“ Ce sont des pépinières de mauvaises herbes. On ne parvient point à y détruire les plantes nuisibles et, de là, ces plantes étendent sur le sol voisin leurs racines et leurs semences. 5.“ Elles servent également de refuge aur insectes et à divers animaux nui- sibles, surtout aux moineaux et aux souris. 6.“ Elles entravent la culture des champs et le labour en partieulier, en empéchant que la charrue n'avance jusqu'à P'extrémité de ces champs, et en augmentant le nombre des tours que devait faire la charrue pour labourer un espace de terrain, ce qui est évidemment désavantageux. T. III. 17 130 PRINCIPES RAISONNES y. Elles coupent la communication d'un champ à l'autre, et forcent souvent à faire de grauds détours pour se rendre d'un clos à un autre qui est tout à ct. 3. Lorsqu'elles sont revétues de fossés, souvent onn'a pas pu donner? à ceux- ci la direction la plus favorable à Pécoulement des eaux, de sorte que ces eaux y refluent, entravent la culture, et nuisent aux récoltes; il est rare qu'on puisse donner aux clos une division telle, que les fossés qui les entourent servent en méme tems à égoutter les terres. § 7983. En revanche, en faveur des clôtures et surtout des haies vives, on allègue les mouiſs que je vais transcrire. 1) L'expérience de tous les tems et de tous lieux démontre la plus g prande fertlité des champs entourés de clétures. Ces clôtures y exercent de diverses manières leur influence bienſaisante; en coupant les vents elles maintien- neut la chaleur sur le sol. Daus la culture des jardins on reconnatt généralement les avantages d'un terrain protégé par des haies contre l'action des vents; on sait que les produits sonf incomparablement moins beaux dans les parties vis-A-vis desquelles la clôture se trouvait rompue. La colonne d'air réchauffée durant le jour par les rayons da soleil, y protège le sol et les récoltes contre le froid de la nuit; d'ailleurs c'est dans la couche inférieure de l'air atmosphé- rique, qu'est contenue la plus grande quantité de ces sucs qui sont essentiels à Paliment des plantes; il est donc avantageux que le vent ne puisse pas déplacer cetie colonne d'air et Pentrafner avee lui. 2. De quelqu'utilité que les clôtures soient pour protéger les plantes, Pin- fluence favorable qu'elles ont sur la santé du bétail est plus considérable encore. Plus les béêtes sont abritées des vents, mieux elles se nourrissent au päturage. En ceci Pexpérience des Anglais ne laisse aucun doute; aussi chez eux paie-t-on unc rente incomparablement plus forte d'un päturage, lorsqu'il est entouré de haies, et d'autont plus que les clos sont plus circonscrits, e'est-à-dire que les elétures y sont plus multipliées. Selon'opinion de certains agriculteurs, une sole de cinquante journaux, divisée en cinq clos, engraisse autant de bétail que soixante journaux en une seule pièce.* 3) Le maintien de humidité, par le moyen des elétures, est plus utile que nuisible; un terrain élevé et sec gagne beaucoup par ce moyen; ceite raison *Parce que tandis que le bétail pature dans Pun des clos, T'herbe repousse paisiblement dans les autres, sans èêtre foulée par les pieds des animaux, comme cela aurait lieu si ces divers espaces de terrain m'étaient pas séparés par une clèture. Trad. D'AGRILOCUL T VUR K. 131 fait qu'un sol sablonneux obüent une valeur infiniment plus grande, lorsqu'on est parvenu à Pentourer et à le subdiviser par des haies vives de bonne qualits. 4.) L'espace que les haies enlèvent à la culture est largement payé par le bois qu'on en reuðre, surtout dans des contrées où le chauffage est coteux; plus le sol est fertile, plus grande est la quantité de bois que ces haies pro- duisent, et plus aussi les foréis sont rares; de sorte que, si'on n'avoit ce secours, on manquerait réellement de combustible. Les autres inconvéniens qu'on reproche aus haies sont insignifians; ils peuvent facilement être levés, pourvu qu'on se donne quelques soins pour empécher que les haies ne s'nfectent de mauvaises herbes, et pour les tenir en bon état. § 799. De ces opinions contradictoires on peut ürer les résultats ci-apreès. 1. Des haies multipliées peuvent éêtre nuisibles à un terrain naturellement humide, en empéchant qu'il ne s'essuie promptement. Dans un iel terrain les haies devraient étre retranchées partout, excepté auprès des fossés. En revanche, ces haies sont inſiniment uules dans les contrées sèches, sur les sols légers et sablonneux, et d'autant plus qu'elles y sont plus nombreuses. Dans les terrains de ce genre leurs avantages dépassent de beaucoup les inconvéniens qu'elles peuvent avoir à quelques égards. Si le terrain est constamment en culture, et doit être ehsemencé chaque année, l'utilité des haies est moins grande, et peut mèême étre dépassée par les retards qu'elles apportent dans l'exécution du labour. Mais si le sol est con- sacré alternativement au pàâturage du bétail, ou tranformé en prairies artifi- cielles à demeure, les avantages des haies y sont prépondérans, parce qu'elles facilitent beaucoup la garde du bétail, et qu'elles procurent à celui-ci un abri bienfaisant. Ceite dernière circonstance invite à choisir, pour tailler les haies par le pied, l'année où l'on prépare le sol pour la première récolte de grain; afin que ces haies aient le tems de recroftre pour l'époque où le terrain sera de nouveau laissé en päturage. Pour que cela puisse s'effectuer, il faut que le dours de l'assolement embrasse plusieurs années, par exemple de 10 à 12 ans. Ce sont ces mèmes considérations qui décident de la convenance de donner aux clos plus ou moins d'étendue: si le sol en est humide et doit étre consacré principalement à la culture des grains, il convient que les clos aient beaucoup d'extension; si, au contraire le terrain en est sec, et s'il doit étre consacré principalement au pàturage du bétail, il est avantageux qu'il soit réparti en divisions moins considérables. PRINCIPES RRAISONNES § 800. Il est deux principaux genres de clôtures; les olotures mortes, et les vives, que nous appelons plus particulierement haies. Toutes les clétures mortes ont sur les vives ce désavantage, qu'elles se dé- tEriorent à mesure qu'elles s'éloignent du moment ouù elles ont té construites; tandis que, pourvu qu'on donne quelques soins aux haies vives, elles s'amé- liorent de jour en jour. § 801. Les clôtures mortes les plus ordinaires sont les suivantes. 1. Les murs. On ne peut avoir recours à ce genre de cléture, que dans les lieux oùð l'on a en surabondance des pierres propres à cet usage. Ce n'est guère qu'autour des cours et des jardins qu'on trouve des murs cons- iruits avec du mortier; il est très-rare qu'autour des champs on les fasse de cette manière. En revanche on voit souvent des possessions entourées de murs secs, cons- truits avec des pierres ramassées dans ces possessions ou dans leur voisinage, ei unies les unes aux autres avec de la mousse ou du gazon. Pour que ces murs soient de durée, il faut qu'ils soient en parue composés de pierres larges et plates, à Paide desquelles on puisse donner aux côtés extérieurs du mur quelqu'uniformité; si Pon a des pierres assez longues pour qu'elles puissent em- brasser toute l'épaisseur du mur, celui-ci y gagne beaucoup en solidité: l'on peut se servir des pierres roulantes pour Pintérieur du mur et pour remplir des espaces vides. Si Pon n'a que peu de pierres plates, il ne faut pas donner au mur beaucoup d'élévation; alors on couvre ce mur avec du gazon, puis on y plante des groseliers ou des ronces, qui y réussissent fort bien, ces arbustes pénètrent avec leurs racines dans la terre qu'on a mise entre les pierres, et par Ià ils donnent au mur plus de solidité, mais surtout ils élèvent la cléture et arrétent les hommes et les animaux. § 802. D'autrefois on se borne à construire avec ces pierres des remparts larges à leur base, étroits et le plus souvent arrondis à leur extrémité. Alors on unit Ggalement les pierres avec de la terre ou du gazon, et on les recouvre de mème, en plantant dessus des arbustes qui puissent y réussir et former une haie. Le principal mérite de ces murs et de cette sorte de digue, consiste à occuper peu de place, et à permeitre que le terrain soit labouré jusqu'à leur pied. Si méme ils ne sont pas d'une très-longue durée, du moins leur entretien et leur réparation sont bien faciles, lorsqu'une fois les matériaux en sont sur place: 8 7 DAGRICGCULTVURE. 1533 il est donc très-convenable d'en établir partout où, pour mettre le sol en valeur, on doit enlever les pierres des champs, sans pouvoir leur donner une desti- nation plus avantageuse que celle-là. dé Quelquefois on se borne à placer à Pextrémité des champs une ligne de pierres „. 4 ν„—„. assez Glevées pour arrôter les attelages; peut-éire aussi pour protéger une haie tes; ue. plantée derrière, et quelquefois pour servir de sentier aux piétons, afin que, lorsque le chemin est plein d'eau, ils ne foulent pas aux pieds le terrain ensemencé. § 803. Les murs de terre ou de pisé, qu'on trouve dans certaines contrées, cepen- s les dant plutôt autour des cours et jardins que des terres labourables, sont de peu de durée, et doivent souvent èire rétablis à neuf. Quelquefois, on n'a pas ons- de répugnance à les renouveler souvent, parce que la glaise qui, dans ces murs, de est exposée aux influences de l'atmosphère, acquiert une grande fécondité, et est très-propre à amender les terres sur lesquelles on la transporte; surtout ons- lorsque ces murs étaient placés dans des villages, ou auprès de places à ge, fumier, où ils absorbaient des substances fertilisantes. Mais pour cela il faut ces avoir la glaise dans le voisinage, car si on devait la ſaire charrier d'une rges distance un peu considérable, la dépense occasionnée par de tels murs de- mur viendrait excessive, à cause du peu de durée qu'ils ont. em-§ 804. : Ton..:. 2. Les celdtures de bois mort. Ces clôtures sont construites quelquefois t ges avec des pieux plantés en terre, dont on ſorme des palissades de diverses er all espèces. De simples pièces de pois refendu, introduites dans une traverse in J qui les fixe à leur sommité, ou attachées à ceite traverse par des clous, ou sles enfin liées les unes aux autres par une sorte de clayonage, sont, de tous les par genres de clôtures, celui qui absorbe la plus grande quantité de bois, en e et méme tems qu'il est de peu de durée. Des poteaux plantés en terre, pour soutcnir des perches ou des lattes lesquelles s'étendent de l'un à Pautre et entrent dans des trous ou mortaises qu'on y a pratiqués à cet effet, arrétent g8es à bien le gros bétail, mais pas les animaux des petites espèces, à moins que les voit traverses ne soient très-multipliées et rapprochées, et, dans ce cas, les poteaux deme, sont excessivement affaiblis par le rapprochement des trous qu'on doit y pratiquer. . Cette raison fait que souvent on se borne à meitre deux pieux l'un à côté de oouper Pautre, en les réunissant par des blocs de bois qui séparent les traverses et les d. 8 soutiennent. Je ne parlerai pas ici des autres cloisons de lattes, et des palissades plus 154 PRINCIPES RAISONNES compliquées, parce que, en raison des frais d'établissement et d'entretien qu'elles coütent, elles ne peuvent guères êétre employées qu'autour des jardins; je m'arréterai encore moins à celles qui sont faites de planches jointes les unes aux autres. Quelquefois aussi Pon fait des cloisons de bois entrelacé. Lorsqu'on a des bran- chages en surabondauce, cette espèce de cloison est assez solide et assez durable, surtout lorsque les pieux en sont d'un bois qui prend racine et continue à vé- géter pendant quelque tems. Les cloisons de ce genre se font aussi de dif- férentes manières. Toutes ces espèces de cloisons en bois mort, que cependant on rencontre encore fréquemment dans diverses contrées de l'Allemagne, ne tarderont pas à ètre proscrites; parce que la disette des bois, ou du moins la grande économie qu'on apporte dans leur aménagement, ne permeitra pas qu'un tel usage soit prolongé. Dans les villages, où le plus souvent on voit des cloisons de ce genre, elles ont le grand inconvénient de communiquer, avec une promptlitude à peine croyable, le feu d'une chaumière à l'autre, de sorte que, dans un incendie, si l'on ne met la plus grande célérité à abattre promptement ces premières, en peu de momens un village tout entier est en proie aux flammes- § 8305. 3. Les remparts ou parapets dee terre. Ordinairement des deux côtés zils sont défendus par des fossés d'où l'on a tiré la terre dont ils ont été formés. Le plus souvent ils sont couverts d'une haie, qu'on a plantée à leur sommité ou, si le terrain est bien égoutté, à leur pied, au bord du fossé. Les remparts de ce genre qui sont les plus solides, sont formés avec des gazons placés les uns sur les autres; et, sur les terrains sablonneux, ils ne sau- raient guères éire faits dune autre manière. Mais coömme il ne serait que rarement praticable de se procurer ailleurs les gazons nécessaires pour une telle opération, il faut que le terrain sur lequel le rempart doit éêtre cons- truit soit déjà enherbé et ait demeuré tel pendant quelques années, afin que la couche de gazon ait pu prendre quelque consistance. Ce geure de clôture a donc plus ordinairement lieu, là ouù il s'agit de mettre en culture de vieus pàturages, et d'en défendre l'entrée. Ces remparts absorbent sans contredit un grand espace de terrain, puisque, y compris les fossés, une telle cléture occupe la largeur de 16 ou 18 piedsz cependant le fossé intérieur peut en étre retranché peu à peu. PAGRIGĆUILT UR n. 135 Les principaux procédés de leur exécution consistent aux suivans. A l'aide du cordeau et de la béche, on irace les lignes qui comprennent Penceinte du rempart; 8 pieds sont la largeur qu'on donne à la base de celui-ci. On trace de la mème manidère l'espace destiné aux fossés, desquels la largeur, dans leur partie supérieure, doit êétre de 4 à 5 pieds; alors on écroùte, Pespace destné au rempart; on lève la couche supérieure en gazons d'un pied carré environ, et de l'épaisseur qu'indicque la couche oecupée par les racines de végétaux, puis on secoue la terre qui s'en détache. Au bord de la base du rempart, on laisse environ un demi pied de gazon intact; sur cette bordure et des deux côtés du rempart, on commence à placer une première ligne de gazons, le cèté de herbe tourné en bas, parfaitement allignés et serrés les uns à côté des autres, et tant soit peu plus eun arrière que le bord du rem- part, de manière qu'ils commencent le talus. Ou remplit P'espace qui est entre les deux lignes avec de la terre qu'on aura prise dans les fossés, après en avoir auparavant levé les gazons; on asoin de tenir la terre qui est dans cet espace toujours bien battue et au niveau des gazons. Sur cette première ligne on en pose une seconde placée de manière que ses gazous recouvrent les jointures de ceux de la ligne précédente, comme cela se fait en plaçant les tuiles plates sur les toits. Cette seconde ligne, ainsi que les suivantes, doit également étre un peu reculée, afin qu'elle continue le talus. Le meilleur moyen de donner à celui ci la forme qui lui convient, consiste à fournir aux ouvriers des calibres formés avec des liteaux rassemblés, qui déterminent iant cette forme que les di- mensions du parapet, et qu'on place à quelque distance, en tendant un cordeau de l'un à l'autre. Si le parapet doit avoir environ trois pieds et demi d'élévation dès sa base, la largeur de sa sommité peut être de trois pieds, de sorte que le talus diminue jusqu'à cette largeur les 8 pieds qui forment la base du parapet. En posant les gazons il faut avoir soin de placer en dehors le cêté qui a la coupure la plus netie, il est aussi convenable que ce côte ait 6ié coupé en biais, de manière à former naturellement le talus; si cela n'a pas eu lieu, après que le parapet a été achevé il faut en eouper les ondulations. Chaque ligne de gazon doit étre battue et comprimée avec soin sur Ja précédente, cependantpas au point d'être brisée. Ainsi que je l'ai dit plus haut, Pespace qui est entre les deux lignes de gazons doit étre être rempli de terre et bien bautu, de mamière à former toujours une surface plane. Ordinairement on commence ce iravail en automne, et on le pousse jus- qu'à ce que le parapet ait atteint la hauteur T'an pied et demi à deux pieds; alors on le laisse dans cet état pendant tout l'hiver, afin que la terre ait le PRINCIPES RAISONNES tems de s'affaisser. On achève le reste au printems, cependant d'aussi bonne heure que cela est possible, et avant que la sécheresse prenne le dessus, afin que le gazon ait le tems de rentrer en végétation. Les gazons qu'on a levés peuvent, sans inconvénient;, étre laissés tout l'hiver dans cet état, seule- ment il ne faut pas les entasser les uns sur les autres, mais au contraire jes étendre sur la terre, dans leur position naturelle. Si les gazons enlevés à la base du parapet et à la superficie des fossés ne sont pas suffisans, ce qu'on ne peut pas déterminer ici d'une manière gé- nérale, puisque cela dépend du plus ou moins d'épaisseur de ces gazons, il faut alors Gécroüter une plus grande étendue de terrain, ou se procurer des ga- ons ailleurs. On est aussi réduit à ce moyen pour former le parapet dans les places qui ne sont pas enkerbécs. Si, des deux côtés du parapet, on donne la pente convenable, la terre qu'on aura úrée du fossé suffira précisément pour remplir l'espace vide qui est entre les gazons. Lorsque le sol est très-argileus et tenace, on peut se dispenser de former le parapet avec des gazons, il suffit alors de Pen revéur, après qu'on l'a formé Zvec la terre enlevée des fossés. Lorsque le terrain est naturellement humide, cette dernièbre méthode est méème plus sre, parce que les gazons provenans de tels terrains étant ordinairement spongieux et pleins de mousse, ne tarde- raient pas à se décomposer et Atomber en pièces, si on les placçait les uns sur les autres. Lorsqu'on se borne à ce revétement, les gazons enlevés de la sur- face des fossés suffisent le plus souvent; alors il n'est pas nécessaire de tou- cher au terrain enherbé qui forme la base du parapet; on peut le recouvrir immédiatement avec la terre qu'on tire des fossés, et former le parapet, en lui donnant la forme que nous avons indiquée: mais alors il faut donner d'autant plus de soins à lever les gazons dont le parapet doit èétre revètu, et, surtout lorsqu'ils sont épais, les tailler en biais, de manière que, pour former le talus, ils se joignent parfaitement les uns aux autres, et queé la par- nie inféricure de la bordure du gazon supérieur, entre sous la bordure su- péricure du gazon inférieur. L'on comprend que ce revéèétement doit ôtre commencé par le bas, d'ailleurs il faut non-seulement que sa première ligne conserve une méme largeur dans toute son étendue, mais que, de plus, chacun des gazons dont elle est composée soit aussi d'une mème largeur. Lorsque cette première ligne est achevée, on pose alors la seconde, en ajus- tant les gazons, aussi bien que cela est possible„de manière qu'ils soient par- faitement joints les uns aux autres, et qu'ils entrent un peu sous le bord de la ligune inférieure; puis on en fait autant pour la troisieme ligne, et ainsi de uu 3 uvrir , en nner ſem, pour par- su- étre mdre plus, rgeur. 1 2)l- t par- rd de aimi de 2 — DAGRICUL T UnR k. 13 —₰ de suite jusqu'à ce que l'opération soit achevée. Avant d'apliquer les gazons on a du avoir soin de bien battre la terre, de manière qu'elle présente une surface unie, et qu'il ne s'y forme pas des enfoncemens. On plante alors sur ce parapet une haie, qu'on place ordinairement à sa sommité, ou quelquefois sur le céôté, de la manière que nous indiquerons bientòôt. Dans les contrées humides, de simples fossés sont préférables pour clô- tures. Quant à la manière d'établir ces fossés, nous en parlerons plus en détail, lorsque nous aurons à nous occuper du desséchement et de l'égout- tement des terres. § 806. L'établissement de haies vives a lieu de diverses manières, tant sur des pa- rapets ou remparts de terre, que sur le terrain plat. On forme ces haies de diverses plantes, et on les compose ou d'une seule espèce, ou de plusieurs entremélées les unes avec les autres. Parmi les plantes que l'on choisit pour cet usage, les suivantes sont les plus ordinaires et les plus convenables. L'Aubépine, Crategus oxiacantha. L'Epine noire, Prunus spinosa. La Rose des haies, Rosa canina. Le Coudrier, Corylus avellana. Le Sureau ordinaire, Sambucus nigra. Le Charme, Carpinus betulus. Le Groselier, Ribes grossularia. Le Bouleau blanc, Betula alba. L'Ormeau, Ulmus campestris. Le Saule et les Osiers, Salix. L'Acacia, Robinia pseudacacia. Les Genets, Genisicec..—„. Le Fréne, Lugustrum vulgare Autrefois on employait fréquemment à cet usage ˙' Epine vinette, Berberis vulgaris, mais on y a absolument renoncé; en effet on s'est apergu que ceite plante est très-nuisible aux grains qui l'avoisinent, et qu'elle exerce cette mauvaise influence jusqu'à une distance de cinquante pas. * L'auteur ajoute que, dans le nord de l'Allemagne, la gelée détruit assez souvent la partie de ces deux plantes qui se trouvc hors de terre, mais qu'elles repoussent ensuite de nouveaux jets. T. III. 18 158 PRINCIPES RAISONNES Dans le nombre de ces plantes, il faut choisir celles qui sont le plus appro- priées au sol. Celles qui y croissent G'elles mêmes sont sans doute celles qui s'en accommodent le mieux, et celles sur la réussite desquelles on peut le mieux compter. Cependant, avec des soins convenables, et sur un sol bien pré- paré, on parvient souvent à faire réussir des arbustes qui ne semblent pas devoir s'yy plaire. Lorsqu'on a des doutes à ce sujet, la prudence veut qu'on mélange ces plantes aves d'autres, qui puissent remplir leur place, si elles viennent à manquer. § 807. De toutes les plantes qu'on emploie à la formation des haies, I'Aubepine est sans doute la plus convenable. Cest elle qui procure la clôture la plus impénétrable; elle se tient serrée; ses racines ne jettent pas de nouveaux drageons dans les champs; elle n'étouffe pas les récoltes qui sont dans son voisinage; elle n'étend pas ses branches outre mesure, et on peut la diriger de manière qu'elle n'ait besoin d'étre taillée que rarement et peu à la fois. Tous les animaux la redoutent à cause de ses piquans. Elle ne four- nit pas azile aux oiseaux et aux insectes, et lorsqu'elle est bien établie dans le sol, elle souffre peu de mauvaises herbes autour d'elle; mais elle veut un sol bon et glaiseux, ou une terre de jardin, et ne s'accommode ni d'un ter- rain trop seo, ni d'une excessive humidité. L'on trouve quelquefois cette plante dans des taillis, où elle croit sponta- nément; mais cela n'est point général; les semis artificiels qu'on en fait dans les pépinières, ont un grand avantage sur les autres moyens de se procurer. cette plante. Les jeunes aubépines qu'on en uüre réussissent beaucoup mieux que celles qu'on arrache dans les foréts, et qui ont végéteé à l'ombre; c'est au reste le cas pour tous les arbustes qu'on emploie à la formation des haies. Cette circonstance doit engager les cultivateurs à établir des pépinières pour en urer les plantes nécessaires à la formation de leurs haies. A la vérité ces pépinigres demandent quelques soins; mais si on a pu les leur consacrer, dans le plus grand nombre de cas les plantons qu'on se sera procurés par ce moyen; quoique beaucoup meilleurs, coùũteront moins que les sauvageons urés des foréts. L'aubépine est, de tous ces arbustes, celui dont Péducation demande le plus de détails, mais elle vaut la peine qu'on lui consacre les soins qui as- 3. surent sa réussite. En automne on recueille sa semence renfermée dans un fruit rouge, et⸗ déjà alors, on sème ce fruit par lignes, dans une terre bonne et meuble, ce- appro- dui ven mieur pre⸗ nt pas veut ce, d Gépine la plus Weaux ns son düriger 1 à la ſour- 2 daus eut un A ⸗ ponta it dans ocurer coup ombre; on des niéres é ces dans oyen; forèts⸗ ade le qui 48 ge, et ſe 5 ce? 7 D'AGRICULTVURL. 139 pendant pas trop grasse; ou bien on la mele avee de la bonne terre dans des vases, et on la tient pendant tout Phiver dans un état d'humidité et de chaleur tempérées. On assure qu'un arrossemeut avec de la saumure de cochon contribue à la germination de cette semence. En préparant ainsi la semence d'aubépine, et en la mettant en ierre dès le printems, on obtient quelquefois que, déjà la première année, elle lève et forme de petites plantes; tandis que, si l'on néglige cette précaution, elle ne Iève qu'à la seconde et quelquefois qu'à la troisième année. Pour protéger lasemence qu'on a mise en terre contre les atteintes des souris et des insectes, on la mele avec du verre concassé ou d'autres matières de ce genre; apres quoi seulement on la recouvre de terre. La pépinière doit étre tenue soigneuse- ment nettoyée de mauvaises herbes, pour cet effet il convient que les lignes du semis soient bien disünctes, afin qu'on puisse labourer à la béche l'in- tervalle qui les sépare. A la seconde année après la germination, les jeunes plantes doivent ètre transportées dans la baätardière. On leur retranche le pivot ainsi que les racines qui s'étendent trop horisontalement, afin qu'elles poussent d'autant plus de chevelu autour de la souche.* On les place serrées les unes près des autres, dans des lignes assez éloi- gnées pour que les plantes puissent jouir des influences du soleil et de l'at- mospheère. Plus souvent Pintervalle qui sépare les ligues est cultivé, mieux les plantes réussissent. Dans les jardins, cette culture doit avoir lieu avec la beche ou la houe à main, mais dans les grandes plantations faites en rase donne aussi avec la charrue ou la houe à cheval. La il convient d'approcher avec la charrue, ou avec la bè- che, aussi près des lignes que cela se peut, afin de couper les racines horizontales des plantes; mais, la seconde année, il convient de ne pas en approcher autant: du reste il ne convient pas d'amasser sensiblement la Les jeunes aubépines doivent demeurer trois ou pour atteindre le point le plus favorable à campagne, on la première année terre contre les planies. quatre ans dans la bätardiere, leur transplantation à demeure. L'on a recommandé de choisir pour ces pépinières un terrain maigre, afin de ne pas habituer les jeunes plans à un terrain trop ferüle; d'autres culti- — * Je ne saurais croire qu'il soit avantageux de retrancher le pivot à des arbriss il imporie gue les racines latérales ne sétendent pas trop. Trad. eaux dont 140 pPRINCIPES RAISONNES vateurs sont d'une opinion toute opposée, et préferent les plantes qui ont acquis de la vigueur sur un sol riche et fécond. Lorsque les plantes d'aubépine doivent étre placées à demeure dans le lieu qui leur est définitivement destiné, il faut avoir soin de bien préparer celui ci. Si Paubépine doit être plantée sur un parapet de terre préparé de la ma- nière que nous avons indiquée plus haut, cela peut se faire aussitét que ce parapet est achevé; dans ce cas on a dú réserver la meilleure terre, celle qui était immédiatement sous les gazons, ou qui s'en est détachée, pour la placer au haut du parapet, autour des racines de l'aubépine. Mais si la haie doit étre plantée sur un terrain plat, le mieux est de défoncer une bande de terrain à deux pieds de profondeur, sur une largeur de six pieds, environ. Dans les lieux où une telle opération serait trop cou- teuse pour la mettre à exécution sur une grande étendue, on pourra se bor- ner à donner pendant l'été à cette bande de terrain, plusieurs cultures à la charrue, en faisant le premier laboue aussi profond que cela est pos- sible; par ce moyen on ameublira le sol et on le neitoiera de mauvaises herbes. Axvant l'hiver on ouvrira le petit fossé où les jeunes plantes doivent étre placées; on lui donne ordinairement un pied de profondeur; de cette ma- nière la terre sera complétement ameublie et aörée tant par la gelée que par Pinfluence que Patmosphère exerce sur elle durant l'hiver. II convient de plan- ier au printems, d'aussi bonne heure que cela est possible, lors méme qu'on aurait à craindre des gelées; on se haäte de planter les jeunes aubépines, aussitét qu'elles ont été arrachées de la baätardière; mais, cette fois, on ne retranche pas leurs racines, on se borne à couper l'extrémité des branches- On a soin d'associer, autant que cela est possible, des plantes d'une mèême for- ce; quant à celles qui sont plus faibles, on les laisse dans la bätardière, ou bien on les réunit dans une méême partie de la haie, afin de leur consacrer des soins particuliers. La méthode, recommandée par quelques auteurs, d'entreméler les plantes faibles avec les fortes, est sans contredit vicieusez car alors les plantes les plus faibles sont apauvries et étouffées par les plus fortes. Si Pon a à sa disposition un peu de terre noire de jardin, ou un peu de compost bien consommé, pour le mettre dans le fossé par dessus les ra- cines, cela est fort avantageux aux plantes; sur ce terreau, l'on ne craint pas de meure de la terre maigre trée du fond du fossé, afin d'empécher di ont le lien er celui la ma- lue ce celle Pour est de largeur p cou- se bor- lures à pos- auvaises nt èlre te ma- que bat de plan- ne qu'on épines, on ne nches. ae Lor- ere, ou nsacrer gteurs, dieuse; es plus un peu Bles ra- eraint npèchen Dp'A GRICULTURL. 141 que les mauvaises herbes, dont le germe est contenu dans la terre, ne pren- nent le dessus. On met, dans la ligne, les plantes à une distance de 6 à 12 pouces l'une de Pautre. Si les plantes sont fortes et saines, il suffir de les mettre à cette dernière distance. Quelquefois, pour obtenir une haie plus forte, l'on plante deux lignes d'aubépines; mais dans ce cas, il faut que les deux lignes soient éloignées à deux pieds Pune de l'autre. La plupart des cultvateurs plantent les jeunes aubépines dans une position inclinée, et presque couchées sur la terre, de sorte qu'elles se touchent les unes les autres et s'entre-croisent; ils font cela dans l'espérance de les voir croitre dans cette direction obli- que, et s'entrelacer spontanément les unes avec les autres; mais ils sont trompés dans leur attente, les nouveaux jets n'en poussent que d'une ma- nière plus perpendiculaire, outre que les tiges se frottent et s'endommagent réciproquement. Jai toujours trouvé plus avantageuz de planter les aubépi- nes dans la direction verticale ordinaire; les pousses latérales seules peu- vent étre réunies les unes aux autres. L'on accélère beaucoup cet entrelacement, lorsqu'on tresse les nouveaux jeis les uns avec les autres, en les attachant avec des joncs ou des petits osiers; mais cette opération est pénible et, par ceite raison, elle n'est guè- res mise en pratique qu'autour des jardins, ou de possessions de peu d'é- tendue. Au reste on peut l'épargner, puisque peu à peu les branches d'au- pépine s'entrelacent d'elles-mémes les unes avec les autres, pourvu seulement qu'on soigne convenablement la haie, et qu'on ne la resserre pas outre mesure, en la taillant trop près de sa tige. Afin que la haie se garnisse fortement de branches près de terre, il convient, une année apréès la plantation à demeure, de tailler les aubépines à un ou deus pouces de terre; alors elles jettent de leur souche un d'autant plus grand nombre de pousses latérales; mais il faut laisser croitre ces pousses avec un peu plus de liberté, et ne pas trop les resserrer lorsqu'on les taille avec des ciseaux à la manière des jardiniers; il suffit de retrancher les pousses qui s'élèvent dans une position trop verticale, et de laisser croitre les branches latérales. IH ne faut pas mémese permeitre, pour faire épaissir la haie dans sa partie inférieure, de ravaler trop bas ex trop souvent les principales branches, lors même qu'elles s'éléveraient en„air: autrement, à la place où l'on a fait ces tailles fréquentes, il pousse une touffe de branches, et il se forme une sorte de couronne; de cette ma- nière la partie supérieure des plantes devient trop pesante proportionnément à la tige, et ceite disposition opére un effet précisément contraire à celui 14²2 RINCIPES RRAISONNES Jes branches inférieures s'affaiblissent, et la haie se Won se propose; 8 Propese; e. Ainsi donc, pendant les premières années, il dégarnit près de terr ne faut retrancher la sommité des aubépines que modérément, en lais- sant aux branches latérales toute leur longueur. Ensuite il devient nécessaire de tailler, mais ilene faut pas le faire à la manidre usitée pour les haies de jardins, lesquelles forment une sorte de muraille perpendiculaire, ou qui, arue inférieure, sont encore moins épaisses que dans la supérieure; dans leur p ses au bas, en diminuant peu à peu cette il faut, au contraire, les tenir épais épaisseur à mesuré qu'on s'approche de la sommité. Par ce moyen on obtient que la haie eonserve sa forme, qu'elle demeure épaisse et bien garnie près de ierre, et impénétrable. Dans la suite il suffit que cette haie soit taillée une fois tous les cinç ou dix ans; si ce n'est qu'on juge convenable de re- 1 3 ꝗ Ius op vigoureuses de la sommité. On peut laisser monter trancher les pousses tr de hauteur, sans qu'elle cesse d'étre suf- une telle haie jusqu'à 5 pieds et fisamment garnie; à cette hauteur elle e et d'autant meilleure que, près de terre, elle est plusl genre dure très long-tems; on en voit qui ont au-delà d'un siècle, et qui st une clôture parfaitement bonne, arge. Une haie de ce sont encore dans le meilleur état. § 808. Les haies d'Epine noire et de Rosiers de haies sont rarement dues à des plantations faites avec intention; ordinairement elles se sont formées naturel- lement, par le moyen des nouveaux jeis qui sortent en abondance des racin es de ces plantes. On peut les transplanter; ces arbustes reprennent facilement, quoiqu'ils soient déjà passablement gros- On les laisse crofttre en liberté; la diffculté ne consiste qu'à les retenir dans certaines bornes, car ils ont beau- coup de disposition à s'étendre, et à prendre possession du terrain qui les environne, par le moyen des nombreuses pousses qui naissent de leurs ra— cines. Pour faire des haies, on emploie plus souvent ces deux espèces d'ar- brisseaux entremelées avec d'autres, que seules et sans mélange. § 809. On forme les haies de Coudrier ordinairement en semant des noisettes nes, à demeure, c'est à dire qans le lieu mème où doivent séjourner en lig elles donnent naissance. Ces haies réussissent très-bien les plantes auxquelles sur les parapets de terre nouvellement établis; parce que le terrain en est comme defoncé, parce que le gazon renfermé dans ces parapets, les pro- tége contre la sécheresse en se décomposant, et que là elles sont ordinaire- lais- saire s de qui, are; eelte nent bres aillée re- nter suf- mne, e ce qui zeltes urner -bien en est pro⸗ naire- p'AaRrc-mw. T U RB. ment à l'abri des mauvaises herbes. Mais, en rase campagne, tout comme pour Paubépine, le terrain doit avoir été préparé à la bôche ou àla charrue, après quoi Pon fait la raie ou les noisettes doivent èêtre déposées. II convient de faire cette lui est autour ait le teas raie aussitét que cela est possible, afin que le terraine des feuil- de s'aérer. En automne on prend le limon amasse dans les fossés, ou la terre qu'on a tirée de la raie. 8 les à demi pourries, et on les mèle ↄvec Les noisettes qu'on destine à étre semées doivent étre parfaitement müͤres; le mieux est de prendre pour cela celles qui, en automne, tombent d'elles-méêmes lorsqu'on secoue les branches qui les portent. Ces noisettes doivent êétre con- servées pendant l'hyver dans du sable sec.*. Au printems on les dépose dans la raie qni leur a été préparée, en les mettant en lgnes à 4 pouces Pune de Pautre; ou bien, si la raie est assez large, on les range en deux lignes, après quoi on les recouvre d'environ trois pouces de terre. JPobservenqu'il ne convient pas de les planter avant Phiver, parce qu'elles courraient grand risque d'étre mangées par les souris. Ordinairement les noisettes lèvent en mai, et, à la fin de Pété, elles ont atteint plus- d'un pied de hauteur; si les plantes se trouvent trop raprochées, on en arrache de deux une, pour en transporter dans les places ou il y a des vides-. Les haies de coudrier ne demandent des soins que dans les premières an- nées; durant ce tems elles veulent être, de tems en tems, nettoyées de mauvaises herbes. Dans la suite on les taille ras terre, de neuf en neuf, ou de dix en dix ans; de cette manière elles fournissent beaucoup de bois, qui sert surtout aux tonneliers, et elles ne tardent pas à repousser vigou- reusement. 18 94 § 810. On se procure des Charmes dans les pépinieres établies à cet effet. Jadis cet arbre étoit fort recherché pour en former des haies régulières dans les jardins; en effet, lorsqu'il est soumis à une aille rigoureuse, il forme une paroi verte serrée; sans cela il se dégarnit dans sa parle inférieure, et tend à s'élever; dans ce cas, et surtout si les lignes en sont doubles, il forme une clôture en guise de pieux, mais à proprement parler pas une haie. Ilen est de mème de l'Ormeau, du Bouleau ei du Sareau, si on ne les recèpe pas souvent, pour leur faire pousser de nouveaux jets, ou si on ne les al ran Se. P25 de la manièere que nous indiquerons à 6 314 * N'.... 3* ,... * Nyy auroit-il pas erreur ici, et ne doit ce pas être du sable légèrement humide? Trad. 144 PLRINCIPES RAISONNES § 811. La promptitude de la végétation de Acacia, et les piquans dont ses bran- ches sont armées, semblent le rendre très-propre à la formation des haies, et plusieurs auteurs l'ont fortement recommandé pour cet usage; cependant je ne suis pas parvenu à en obtenir des haies serrées. En effet l'acacia pousse des jets si vigoureux, qu'ils ne tardent pas à devenir tout à fait ligneux, et ne peuvent que difficilement être retenus dans les dimensions d'une haie. Si en revanche on le laisse s'élever, il ne tarde pas à se dégarnir comple- tement vers le bas de sa tige. II se pourrait cependant que je n'eusse pas saisi la vraie méthode de le diriger. Dans les haies composées d'arbustes de divers genres, l'acacia peut pro- duire un très-bon effet par ses piquans; cependant ceux-ci rendent le tra- vail beaucoup plus difficile, lorsqu'on veut tailler les haies, ou qu'on en plie et incline les branches, afin de rendre ces haies plus solides. § 812. En semant à demeure les haies de Genet&pineux peuvent facilement étre formées de la graine de cette plante afin de rendre ces haies plus solides; elles font une clôture assez solide, et m'ont d'autre inconvénient que celui de geler dans les hivers rigoureux. Les haies de Fréne ne fournissent point une bonne clôture. § 813. Les diverses espèces de Saule ne forment à la vérité pas des haies bien ser- rées, cependant elles font une sorte de clôture qui peut étre utile pour con- tenir le bétail. On s'en sert avec avantage pour protéger immédiatement contre les atteintes des bestiaux un rempart ou parapet de terre nouvellement construit; pour cet effet on les plante enitre le pied du parapet et le bord du fossé; ou bien sur la pente du premier, si l'on veut introduire à sa sommité une autre jeune haie. Dans ce cas on prend des jets de saule de deux ans, et on les coupe en morceaux d'un pied à un pied et demi de longueur, qu'on plante à en- viron deux pieds bun de lautre, et de manière qu'ils ne sortent de terre que de 5 ou 4 pouces. Dès la première année ils poussent des jets qui peuvent éire attachés les uns avec les autres. Lorsque la haie du milieu du fossé peut se défendre elle même, on retranche alors celle de saule. Dans les contrées qui ont peu d'humidité, l'espèce de saule qui convient le mieux à cet usage est le saule cassant, mais dans les lieux humides, où Pon wa gudères d'autres moyens pour former des haies, on choisit l'espèce de saule qui est la plus apropriée au sol, et on la traite de la manière que nous allons expliquer.§. 814 ͤ2e p'AGRICULTUR E. § 814. Pour former la clôture des champs, tant sur un terrain plat, que sur un rempart ou parapet de terre, on a, le plus souvent, recours à des haies melées, composées des diverses espèces d'arbres ou arbustes dont nous ve- nons de parler, à l'exclusion de Paubépine; ou seulement de chènes et de hètres entremélés; alors on les arrange de la manière suivante, que les Al- lemands désignent sous le nom de Knickmelhode. Lorsque les plantes dont la haie doit étre composée, ont parfaitement re- pris, on les ravale à quelques pouces au dessus de terre; seulement on laisse de quatre en quatre pieds, une uge d'environ trois à quatre pieds de lon- gueur pour servir de pieu; si à une place il manque de pousses propres à à cet usage, on y plante une branche de saule; les uns, comme les autres, doivent étre en ligne aussi droite que cela est possible: de douze en douze pieds, on abandonne une pousse à sa pleine végétation, sans la raccourcir. Alors on cure les fossés, et'on en rejette la terre contre la haie. Il est essentiel de bien observer ce dernier précepte, toutes les fois qu'on répare les fossés; l'on commet une grande faute, lorsqu'on donne une autre desunation à cette bonne terre, qui, de droit, appartient à la haie, et doit lui servir d'engrais. Lorsque la pousse qu'on a laissée dans toute sa longueur a pris son accrois- sement, on lui fait deux entailles, la première irès-près de terre; la seconde Aun pied plus haut. Ces entailles doivent être faites d'une profondeur telle qu'il ne reste que peu de bois avec l'écorce à Pun des côétés. L'on plie alors Parbre entaillé, du cOt6 oOpposé à l'entaillure, et on Pentrelace ou on le lie aux pieux qu'on a conservés. Cet arbre couché continue à végéter, et produit une clõôture très-forte; le jeune bois croit autour de lui, et en obtient un appui très- utile. L'on met en usage cette méthode surtout pour les haies composées essentiellement de pouleau et de coudrier. Pai vu, par ce moyen, former des haies très-ser- rées, même sur des terrains très-sablonneux; mais dans les lieux oùð la vé- gétalion a beaucoup de vigueur, on y a renoncé, parce que Peau de pluie qui dégouttait de la tge coudée, nuisait aux jeunes pousses, et empéchait que la haie ne devint serrée. § 815. Sur les terrains très- fertiles, on croit se trouver mieux de tailler une telle haie tous 1e3g o ou 12 ans près de terre, puis de la laisser re- croitre à volonté. eulemenm ceue méthode demande moins de travail, mais encore elle procure une plus grande quantité de bois, et pour les terres sou- T. III. 19 PRINCIPES RAISONNES à„ mises à un assolement dans lequel le pàturage occupe quelques années, cette manière est d'autant plus convenable, que les haies ne sont pas nécessaires pour les années ouù le sol est en culture, et qu'au contraire onm préfere en être débarassé pour ce tems laà. —§ 816. Si Pon veut établir une haie vive sur un terrain uni, sans parapet et sans fossé, il faut absolument que, durant sa jeunesse, elle soit protégée contre les dommages du pétail et quelquefois aussi contre les hommes; pour cela il faut établir devant elle une clèture séche; mais cette cléture n'a besoin d'autre solidité, que de celle qui est nécessaire pour protéger la haie vive jusqu'au moment où elle pourra se défendre elle-méêmc. Quelle que soit la nature de cette haie morte, il convient de la placer à quelque distance de la haie vive, ainsi à 2, 5, et méême 4 pieds; car, si elle étoit plus rapprochée, elle priverait un côté de ceite haie, de la lumière nécessaire à sa végé- tation, et lorsqu'on enleverait la cloison morte, le côté de la haie verte qui était abrité par elle, serait fort éprouvé par la quantité d'air et de lumière à laquelle il serait tout à coup livré; ainsi ces plantes faibles pourraient prendre des maladies. Si, en revanche, la clôture morte était trop éloignée et trop claire, elle ne protégerait pas les pousses de la jeune haie contre les atteintes du bétail; cette haie serait ainsi fortement retardée dans sa végétation, et demeurerait ra- bougrie. Il faut aussi empécher qu'il ne s'établisse un sentier près de la jeune haie, parce qu'une jeune haie, et surtout pas une d'aubépine, ne saurait réussir, lors- quelle est habituellement comprimée ou heurtée par les pieds des passans. § 817. Des clôtures solides, et une répartition convenable des terres opérée par le moyen de haies vives, fortes et suffisamment garnies, contribuent essen- nellement à la bonne administration d'un fonds, en facilitant les moyens d'en ürer des produits divers, et de le faire pâturer par dn bétail de divers genres; c'est surtout dans les lieux qui offrent une variété des uns et des autres qu'elles sont avantageuses. Les vols et les dommages sont beaucoup plus rares dans les lieux où ces haies sont Stablies, que dans des champs ouverts. OQutre cela une province toute entrecoupée de fossés et de remparts de terre plantés de haies, me parait présenter des obstacles presqu'invinci- bles à de invasions hostiles’, surtout si le pays est conve une bonne infanterie légère. La cavalerie et Partillerieielnemies doivent y ètre absolument arrétées. La contrée toute entière devient une forteresse non ment défendu par d d celte zaires e en 66, il nages laut Pautre Squ'au qature de la chée, vègè- ie qui lere à kendre qaire, bevil; rant Ta- ne haie, r, lors- 48805. ree par essen- moyens divers ei des eaucoup champs remparts vinvinci- endu par oivent esse Lo DPAGRILCGUL TUn V. 147 interrompue; et si, comme cela serait très-faisable, la distribution des clos et des fossés était tant soit peu soumise à des considérations militaires, le pays pourrait étre défendu, parce moyen, beaucoup mieux que par des for- teresses proprement dites, et cependant il en coùterait bien moins à l'Eiat pour faire ainsi de toute une contrée une forteresse non interrompue, que pour Gtablir autour des villes ces fortifications qui sont une calamité pour elles. MOYXENS D'’ASSAINIR ET EGOUTTER LES TERRES. § 818. Les moyens de faire écouler les eaux surabondantes et dommageables doivent étre classés parmi les sujets les plus importans de l'agriculture. L'assainissement des terres doit précéder tout perfectionnement dans la culture; puisque, sans cet assainissement, le perfectionnement demeurerait sans aucun effet. Un égout- tement convenable des eaux protége la récolie en végétauion et contribue essen- tiellement à sa réussite; ce seul moyen a suffi pour rendre la fécondité à des plaines stériles, et pour leur faire atteindre une grande fertlité. Mais aussi„'art de P'assainissement et de l'égouttement des terres, est-il un des plus difficiles et des plus compliqués de ceux qui appartiennent à l'agriculture. Les cas y sont d'une variété infinie, tant à l'égard des causes, qu'à celui des moyens à em- ployer; vouloir les prévoir et les désigner tous serait une entreprise iautile, puisque chacun d'eux a ses particularités. II suffit sans doute d'avoir une idée claire des lois que Peau suit dans ses mouvemens, et de sa manière de se com- porter envers les corps solides; en un mot, des diverses causes de Pexcès d'humi- dité; pour pouvoir bien distinguer, pour pouvoir saisir avec précision chaque cas parüculier, avec les causes auxquelles il est du. Alors les moyens les plus efficaces et les plus appropriés au local se présentent d'cux-méèmes. L'enseigne- ment de tout ce qui se rapporte aux conduits d'eau de grandes dimensions, devrait, sans aucun doute, étre précédé de la ihéorie de l'hydraulique, de Phydrodynamique, de l'hydrostatique, et des principes mathématiques sur les- quels cette partie de la science repose. Mais comme ici je ne dois prendre pour base que les connaissances qu'on peut attendre de tout agriculteur doué de réflexion, je me bornerai à développer ici ce qui peut l'étre indépendam- ment de ces branches de la science; c'est à-dire ce qui ne sort pas de la sphère d'activité du cultivateur proprement dit, et, dans cette classe, nous ne pouvons point ranger le desséchement de districis étendus, et les moyens de les protéger par des digues de grandes dimensions; ni le creusement et l'établis- sement de canaux considérables. Ces choses doivent étre conſiées à des ingénieurs 148 PRINCIPES RAISONNES très-habiles, qui aient fait de la conduite et de la direction des eaux leur étude principale; encore, mème chez ceux là, la science a-t'elle rarement été poussée à ce degré, qui seul peut mettre à Pabri des fautes, et épargner de grands mécomptes. § 819. L'on sait que Peau, en raison du peu d'adhérence que ses partes ont en- ir'elles, circonstance qui constitue la fluidité, que l'eau, dis-je, a la pro- priété ou la disposition d'occuper, avec chacun de ses molécules, la place la plus basse qu'elle puisse atteindre, et de se meitre ainsi de niveau; au- trement, de former une surface horizontale. Ce fluide n'agit pas, avec une force égale à sa pesanteur, uniquement sur sa base, comme le font les corps solides; mais aussi sur les côtés qui le renferment. Sa pression se prolonge aussi long-tems que l'adhérence des parties de l'eau n'est pas interrompue. C'est par cette raison que, lorsqu'on introduit de l'eau dans deux tubes qui communiquent Pun avec l'autre dans leur partie inférieure, cette eau se met dans une position horizontale, c'est-à-dire qu'elle monte dans un nube, précisément à la mème hauteur que dans Pautre, ou qu'elle se place ge niveau. Les dimensions des tubes n'ont en cela aucune influence; lors même que l'un d'eux serait beaucoup plus grand que l'autre, l'eau n'y con- serverait pas moins le mème niveau, par ce que ceite pression n'est en général point empéchée par le frottement. Au contraire dans un tuyau d'un très-petit diamètre, l'eau pourrait s'élever davantage que dans un autre de plus grandes dimensions, qui lui serait réuni; cette circonstance a pour cause l'attrac- non que les corps solides exercent sur Peau, d'après la loi connue des tubes capillaires. La terre meuble agit de la méème manière que ces tubes capillaires; pour se convaincre de ce fait, il suffit de placer un pot rempli de terre et percé de trous à son fond, dans une aiguière où l'on a mis de eau; on ne tardera pas à voir que l'humidité se communique à la terre, à une élévation beaucoup plus grande que le niveau de l'eau dans l'aiguière. § 820. Le sol est formé de couches de terre et de pierre, desquelles les unes sont pénétrables à l'eau et par conséquent s'unissent à elle, tandis que les autres sont impénétrables à ce fluide, et empéchent son passage. Le terreau, la tourbe, le sable, le gravier, la chaux pulvérulente ou la craie, toutes les pierres d'un tssu poreux, les schistes et les rochers entrecoupés de fissu- res, sont des corps perméables. Les rochers denses, divers autres fossiles, aux leur nent èls guer de ont en- Nace au; au- avec une les corps prolonge rompue. ubes qui eau se dans un ze place ace; lors 'r eon- en geveral a tres-peiit dus grandes e DVattrac- des luhes alkares; e terre et au; Ou n6 dleration es Ies unès Sdis queé les Le terreal; e, toutes les s de Isl- res ſosiles, DAGnrcUuUETr VUnR L. 149 8 et surtout Pargile et la glaise tenace, sont au contraire des corps imper- méables, qui arrétent la eommumication de eau, et enferment ce fluide. Lors- que ces derniers ont été comprimés et qu zils sont saturés d'eau à leur su perficie, ils ne laissent point passer Peau, ils lui résistent au contraire, comme le métal et le bois dur. Les terres mélangées laissent plus ou moins passer l'eau, selon la proporton de leurs combinaisons, et la grandeur de leurs pores. Toute l'eau que nous avons à la surface du sol, nous la devons à ces cou- ches alternatives et interrompues, aux diverses stratiſications et aux conduits de ces corps perméables et impeymenhles, qui s'Gtendent dans notre sol à une proßondeur à laquelle on n'a point encore pénétré. Si ces couches perméa- ples n'étaient pas interrompues, Peau s'enfoncerait de plus en plus jusqu'au centre de notre globe, ensorte que les fleuves et la mer elle-méême ne tar- deraient pas à disparattre. Si, au contraire, la surface de la terre Gtait formée d'une surface imperméable, l'eau s'écoulerait à la mer, immédiate- ment après étre tombée de l'atmosphère; alors il n'y aurait ni sources ni fontaines. Mais les terres imperméables sont mélées de perméables, tout comme les corps animaux sont garnis de veines, et il n'y a guères de pla- ces où T'on ne rencontre de l'eau, quoique souvent à une grande profondeur. Dans les corps perméables, l'eau pénètre aussi profondément, et s'étend sur les côtés aussi loin qu'elle en a la possibilité, c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle rencontre un corps imperméable qui s'oppose à son passage. Ainsi donc un terrain perméable, qui repose sur une couche imperméable, et est entouré à ses côtés jusqu'à une certaine hauteur par un sol qui refuse éga- lement le passage aux eaux, un tel terrain, dis-je, forme un réservoir d'eau, ses pores sont remplis de ce fluide. Ce réservoir absorbe l'eau jusqu'à ce qu'il en soit saturé, et que le liquide regorge par dessus les parois; lorsqu'il iombe d'enhaut une quantité d'eau plus grande que le réservoir n'en peut contenir, Pexcédent doit nécessaire- ment se répandre au-dehors. Si les parois étaient partout d'une hauteur égale, et que la bordure en fut parfaitemen: horizontale, l'eau surabondante s'écou- lerait d'une manière égale de tous les côtés. Mais comme ce cas n'a lieu que rarement oujamais, Peau s'écoule ordinairement par la place ouù les parois sont plus basses. Souvent cette place est très-étroite; comme par exemple cela se voit à un bassin domt le bord a été cassé, ou auquel on a ſait une entaille, ou bien comme le canal par lequel un ruisseau sort d'un lac. Parle moyen de cette ouverture, le réservoir se décharge de son eau surabondante; à moins que 150 PRINCIPES RAISONNES la quantité d'eau qu'il reçoit d'enhaut, ou la pression qu'il éprouve, soient telles que cette ouverture devienne insuffisante pour laisser le passage à l'eau. Dans ce cas eau peut s'élever dans le réservoir à une hauteur plus grande que celle qui lui esi habituelle, et s'écouler encore par d'autres places plus élevées. § 821. Le résultat est le méême, soit que ces réservoirs aient leur écoulement à la sur- ſace du sol et se présentent à notre vue, comme les lacs, les étangs; soit qu'ils se trouvent à une plus grande profondeur, et recouverts par une cou- che considérable de terre. Il est également indifférent que ces réservoirs ou leurs débouchés soient for- més par des espaces vides et ne contiennent que l'eau, ou bien qu'ils soient remplis de terres et de pierres poreuses, lesquelles recçoivent et laissent passer l'eau dans leurs fentes et dans leurs pores. Toute la différence con- siste en ce que ces dernières reçoivent et laissent passer une quantité d'eau moins considérable, et qu'elles ne loi laissent pas un cours tout à ſait aussi libre, que si cette eau n'y étoit mélangée avec aucun corps, c'est-à-dire, qu'elle occupât seule l'espace. Mais la pression et Paddition par dessus cette eau, d'une autre eau qui soit en communication avec elle ou avec le réservoir en général, doivent, à la longue, nécessairement faire opérer cet écoulement. De mèͤme lorsqu'un réservoir placé dans une position plus élevée communique avec un réservoir inférieur par lemoyen d'un tuyau ouvert, ou, ce qui revient au mème, par une couche de ierre perméable, ce dernier réservoir reçoit la pression et l'écoulement du premier, jusqu'à ce que Peau de tous deux se trouve de niveau, c'est-à-dire en ligne horizontale, comme cela a lieu dans deux tuyaux placés verticalement et qui communiquent l'un avec l'autre dans leur partie inſérieure. Quoique ces faits soient assez universellement connus, j'ai eru devoir les rappeler ici, alin de pouvoir me faire comprendre dans les paragraphes qui vont suivre, sans courrie le risque d'ètre trop verbeux. 9 822. Je passe maintenant aux considérations et aux précautions aux quelles on doit s'arréter, toutes les ſois qu'il s'agit d'opérer l'écoulement de quelqu'eau nuisible. Pour procurer cet écoulement, il faut, uirer le niveau c'est-à-dire me- surer la hauteur du point ouù est située l'eau qu'on veut emmener, celle du soient Peau. de que leyees. a Sur- ; soit e cou- int for- soient issent con- d'eau aussi dire, celle dir en meut. eavec nèͤme, ession ve de yaur arlie r les 5 qui n dou qw eau e me- Ile du daA G RIOUI TVR V. lieu où l'on veut la conduire, et celle de tous les points intermédiaires ou elle doit passer. L'art du nivellement s'applique à cette opération.*† § 325. Pour se débarasser des eaux, on a ordinairement recours aux fossés ou tranchées. Ces fossés ou tranchées se distinguent en deux classes, selon le but on Pusage au quel ils sont destinés. 19. Fossés desünés à rassembler les eaux. 29. Fossés desünés à leur procurer un écoulement; à en purger et déba- rasser les terres; fossés ou tranchées d'égonttement ou assainissement. Les premiers, par le moyen des quels on se rend. mattre de„'eau qui s'écoule d'une colline, et empéche qu'elle ne se répande sur la plaine qui est au dessous, doivent couper en travers la pente du terrain. Le plus sou- vent il convient qu'ils soient parfaitement horisontaux à leur base; qu'ils aient, comme l'on dit, un niveau mort. Cependant il est nécessaire que la ligne hori- sontale qui forme le fond du fossé, soit un peu plus profonde que la cou- che du sol sur la quelle repose ou coule l'eau qu'il s'agit d'emmener. Les fossés d'écoulement, soit qu'ils aient pour but d'emmener immédiate- ment les eaux qui s'écoulent du sol, soit qu'ils soient destinés à fournir un chemin aux eaux rassemblées par les fossés de la première espèce; ces fossés d'écoulement, dis je, doivent incliner vers le bas de la penie, et avoir quelque chute. Mais, dans le plus grand nombre de cas, cette chute ne doit point être très sensible; un pouce sur 20 perches est la pente que l'on ad- met comme convenance moyenne; souvent méme il est nécessaire d'éviter de donner à ces fossés une pente plus sensible, de peur qu'il ne courrent ris- que d'étre endommagés par les eaux; quelquefois mème il est nécessaire de donner plus de longueur au fossé, afin qu'il ait une pente plus douce. § 824. Lorsqu'on veut creuser un tel fossé, il faut, avant tout, déterminer la profondeur et la largeur qu'il doit avoir dans sa partie la plus basse, dans celle sur la quelle Peau repose. La profondeur qu'il doit avoir au dessous de la superficie du sol, doit étre déterminée de place en place, à l'aide d'un nivellement, on donne alors au fossé un profil ou une largeur proportion- + 7 1 2 4 4 2 1.. 8 4 L'Auteur renvoie les agriculteurs qui n'ont pas la pratique du nivellement, à Touvrage Gillys praktische Anleitung Zatr Anwendung des Nivwellirens oder M asserwck gens in den bey der Landescultar vorkommenden geuckhnlichsten Faœllen. Berlin 1804. intitulé: 15²2 PRINCIPES RAISONNES nés au volume d'cau qui doit y passer. Comme le fossé doit quelquefois être horisontal, d'autrefois avoir quelque chüte; suivant que la surface au travers — de laquelle il passe, va en remontant, ou qu'elle a de la pente; on lui donne une profondeur plus ou moins grande, qu'on détermine avec précision à cha- que ondulation du sol, par le moyen du niveau. La largeur du fossé, à sa sommité, doit étre déterminée d'après la largeur qu'il a à sa base, et d'après sa profondeur, afin que ses côtés aient toujours un talus convenable. Lorsque le terrain est solide, on adopte ordinairement pour proportion, que la sommité du fossé ait le double de sa hauteur, plus la largeur de sa base. Si donc un fossé a 5 pieds dehauteur et 2 de largeur dans le fond, il devra avoir à sa sommité 5+— 3+ 2=8 pieds. Si la surface au travers de laquelle le fossé doit passer s'eélève d'un pied, ce fossé aura à sasommité 10 pieds de largeur; si elle s'élève de 2 pieds, cette largeur sera poussée à 12 pieds, afin que les côtés du fossé conser- vent partout la même inclinaison ou le méme talus, et forment, avec la base de ce fossé, un angle obtus de 135 degrés. Dans des terrains sablonneux ou marneux qui se détachent facilement, ce talus n'est souvent pas suffisant; a tel point mème que l'on est obligé de rélargir le fossé à sa sommité, P'une moiné ou d'un tiers; il m'est même pas rare qu'on doive donner aux fossés une ſorme tout à fait arrondie, dont le profll soit semblable à un arc renversé, et dans ce cas là on le laisse enherber, de sorte qu'il fournit de Pherbe pour la nourriture du bétail. § 825. Le plus souvent on fait exécuter le creusement des fossés, à la täche, en en réglaut le prix d'après la mesure cubique de la terre à enlever; mais le travail est plus ou moins difficile, suivant la nature du’sol ouð le creuse- ment doit être opéré. Lorsque le sol est sablonneux et meuble, le creusement d'unc surface de 144 pieds de Rhin carrés, sur une épaisseur d'un pied, ne coute ordinairement quc 5 gros; si le sol est très-argileux et très-fort, le dou- ple, et dans les terres moyennes, en proportion du plus ou moins de tenacité qu'elles ont. Au reste ce prix ne dépend pas moins de la profondeur à laquelle on doit creuser, car, comme l'extraction de la terre est d'autant plus difficile que cette terre est à une plus grande profondeur, il faut que le salaire des ouvriers soit plus fort lorsqu'ils doivent creuser plus bas; autrement ils ne se üreraient point d'affaire. Lorsqu'on creuse un fossé, il est très-essentiel d'en jetter la terre assez loin, non seulement pour qu'elle n'exerce par sur les bords de ce fossé une pression nuisible, mais encore pour que, dans le cas assez fréquent où l'on serait d q p'A G RILGU I T VUR E. 155 serait obligé de rélargir ce fossé, la terre enlevée la première fois n'y apporte pas d'empéchement. Je dois observer ici qu'il ne suffit pas de tracer un fossé et de le creuser, mais qu'il faut encore avoir soin de le curer et de l'entretepir; que, par- conséquent, il faut prévoir non-seulement les frais d'établissement, mais encore ceux d'entretien, lesquels varient suivant les localités et les circonstances. Je parlerai plus bas des aqueducs et tranchées souterraines. § 826. Pour débarrasser le sol de l'humidité qui lui est nuisible, il faut, avant tout, bien distinguer parmi le grand nombre de causes auxquelles ceite humidité peut étre due, quelle est la véritable; afin de saisir, pour y remé- dier, les moyens les plus efficaces et les plus adaptés à la localité. Les causes qui produisent une humidité excessive dans le sol, peuvent être rangées sous les quatre classes suivantes; c'est-à-dire que cetie humidité peut provenir A. De Peau que l'atmosphère a déposée et cumulée à ceite place, et qui n'a pu, ni pénétrer dans la couche inférieure du sol, ni s'écouler suffisamment dans quelque lieu inférieur. B. De l'eau qui s'écoule d'une contrée plus élevéc, et qui est retenue à la superficie du sol par des aspérités ou par des élévations, lesquelles la forcent à rester en place jusqu'à ce qu'elle soit évaporée. C. De l'eau qui vient des hauteurs en passant dans les couches inférieures du sol, et qui reflue à la surface de celui-ci, ou forme de véritables sources, qui, cependant, n'ont pas un éocoulement libre. D. De cours d'eau qui, de tems en tems, ou d'une manière permanenie, couvrent d'eau les terres qui les avoisinent, soit en se débordant, soit en suintant peu à peu, ou qui, par a hauteur de leur lit et de leur superficie en général, empéchent'écoulement des caux qui sont descendues deès les hauteurs, et se sont amassées dans les bas fonds. § 827. A. L'eau qui est tombée immédiatement de l'atmospheère devient nuisible, lorsqu'elle est en trop grande abondance, et qu'elle manque d'écoulement prompt. Si la couche de terre végétale est composée d'argile, de chaux, ou de glaise tenace, cette couche n'est labourée qu'à sa surface, et, d'ordinaire, très- zuperficiellement, à cause de la difficulté dont est le travail dans les sols de 1. III. 20 f 154 PRINOCIPES RAISONNES ce genre: la couche inférieure est, le plus souvent, fortement durcie; de sorte 1,la 2—..—„... qu'elle laisse d'autant moins écouler l'eau qui se trouve au-dessous d'elle, et que la couche supérieure en est saturée promptement et à tel point que, lors- 7.„.„ qu il s'y joint une nouvelle quantité d'eau, la terre se trouve transformée en une espèce de bouillie, état dans lequel elle esr extrémement nuisible aux plantes, et occasionne bientôt la putréfaction de leurs racines, parcon- séquent leur mort. Ce m'est pas ici le cas où des tranchées souterraines, c'est-à-dire des fossés recouverts, puissent étre d'une grande utilité; car, comme ces tranchées sont recouvertes de tout au moins 9 ou 10 pouces de terre, cette couche est trop épaisse pour que l'eau puisse passer au travers, Pour entrer dans la tranchée. Toutes les fois que l'on n'a pas eu égard à cette circonstance, les tranchées souterraines sont demeurées sans effet, ou, du moins, elles n'en ont eu qu'un de très-courte durée, parce que la terre dont on les avait re- couvertes, quoique meuble alors, n'avait pas tardeé à se durcir, et à former au-dessus de la tranchée une masse imperméable. Pour assurer à un champ les avantages qu'on cherche à lui procurer par ces tranchées souterraines, il faut, avant tout, recourir? des labours pro- fonds, et à des amendemens de fumier qui bonnifient et ameublissent la terre, et qui la rendent perméable, sur une épaisseur au moins égale à celle de la couche qui recouvre les tranchées. § 828. Dans ces cas là les tranchées ouvertes sontsouvent préférables aux souterraines. Quelquefois on arecours à ces tranchées ou fossés découverts, pour Vassainissement d'un sol uni, et alors on leur donne la direction ou la pente est la plus sensible, c'est-à-dire celle qui conduit plus promptement Peau dans le lieu ouù elle doit arri- ver; d'autrefois, dans les travaux du labour, on divise le terrain en planches mé- diocrementrelevées etbombées, séparées par des rigoles d'écoulement profondes, qu'on a soin detenir bien ouvertes. Outre cela, lorsque le besoin le demande, on réunit ces rigoles par des raies d'écoulement transversales, qui coupentles planches ou billons, et empéchent la stagnation des eaux; de cette manière on conduit celles- ci dans les lieux où elles doivent trouvcr leur écoulement, dans quelque fossé, ruisseau ou étang. Lorsque les champs sont conservés plats, il importe beaucoup que les raies d'égouttement aient la distribution, la directon et la pente la plus convenables. Il est toujours désavantageux de multiplier trop ces raies, non- seulement parce qu'il en résulte plus de travail, et parce qu'elles ſont per- dre de la place, mais aussi parce que, lorsquw'elles n'ont pas un écoulement sorie et que lors- rméee äsible reon- Lossés chées couche dans la e, les s n'en jait re- former er par s pro- seut la A celle rraines. sement ense, oit arri- hes mé- fondes, nde, on Nauches gücelles- ſue fossé, beaucoup te la plus e8) 100 ſont pe- oulement 4 P'A GRILCGUIT TUN n. 155 suffisant, elles sont nuisibles plutòôt qu'avantageuses, et que, dans la suite, il en résulte des aspérités sur le sol. Lorsque ces raies d'écoulement parient d'une place basse et qu'elles traversent des lieux plus élevés, elles produi- sent un effet tout contraire à celui qu'on en attendait, c'est-à-dire qu'elles servent de canal pour amener de nouvelles eaux stagnantes à la place qu'iil s'agissait d'égoutter. Dans ce cas il vaut beaucoup mieux pratiquer un fossé tout autour de la hauteur qui entoure le bas-fond, afin de couper les eaux qui, sans cela, s'écouleraient dans celui-ci, et de les emmener avant qu'elles soient descendues au-dessous de la place ouù elles doivent passer. Tout comme un défaut de pente suffisante pour l'écoulement de l'eau pourrait étre nui- sible, de mème une chute trop sensible doit étre soigneusement évitée; parce que, lorsqu'il tombe des pluies abondantes, elles pourraient entrainer avec elles la terre sur laquelle l'eau passe, et occasionner des ensablemens au pied des collines. Dans des positions de ce genre il faut prolonger le cours des conduits d'eau, afin de leur donner une pente très-douce, et que l'eau, s'écoulant d'une manière plus lente, n'occasionne pas de dommages sensibles. Ordinairement plus la superficie d'un champ est, de sa nature, difficile à égout- ter, plus sa culture demanderait de réflexion et de sens, plus on y voit de travaux absurdes et mal combinés. Plusieurs cultivateurs croient donner des preuves frappantes de leur activité et de leur industrie, en coupant leur champ dans tous les sens et dans toutes les formes, par le moyen de raies d'écou- lement, de sorte que ce terrain ressemble presque au modèle d'une place de guerre entourée de nombreux ouvrages avancés; mais cet excès est éga- lement sans utilité, et produit des inconvéniens de divers genres. Le plus souvent on se sert d'une charrue pour former les raies d' Sequle- ment, er ordinairement d'une charrue à deux versoirs, qui, complétant la raie en un seul trait, permet d'en faire une en allant et une seconde en revenant; mais on a aussi des charrues faites pour ce but particulier. Le soc de ces charrues, dans sa partie antérieure, a la forme d'un coin, tandis que sa partie postérieure est quadrangulaire; elles sont munies de deux versoirs élevés, un de chaque côté. Ces charrues forment une raie rectangulaire, et les deux versoirs étendent la terre qui en a été extraite, sur les bords tout à côté, de manière qu'elle ne retombe pas dans la raie. Mais lorsque les raies d'égoutte- ment doivent avoir quelque profondeur, ces instrumens présentent une grande résistance, ils demandent une grande force de trait, et comme le fond de la raie qu'ils tracent est toujours parallèle àla superficie du sol, elles deviennent inefficaces, lorsqu'elles traversent unesurface raboteuse ou qui a des ondulations; 156 PRINCIPES RAISONNES alors Peau y est arrétée dans sa course, à moins qu'on ne lui fraie une voie, en ap- profondissant la raie avec la pelle, dans les places où cette raie va en remontant*. Les raies destinées à'égouttement des terres réussisent bien mieux lorsque, pour les faire, on se sert de notre charrue à deux versoirs mobiles. On peut mieux faire pénétrer cet instrument plus profondément, toutes les fois que cela est nécessaire. D'abord on ouvre moins les versoirs, et l'on donne moinsde terre à la charrue; puis, pour passer une seconde fois dans la raie aux places où le sol plus b relevé le demande, on ouvre ces versoirs, et l'on introduit l'instrument plus pro- fondément; eusorte que le fond de cette raie, prenant une pente uniforme, ſour- nisse aux eaux un écoulement suffisant. Cette charrue forme une raie angu- leuse dans sa partie inférieure, tandis que ses deus côtés ayant une inclinaison irès-convenable, tiennent d'eux-mémes et n'ont, le plus souvent, Pas besoin V d'étre réparés avec la pelle; seulement il faut ne pas tarder à étendre b avec le rateau et d'une manière uniforme, la terre amassée par les versoirs sur les bords de la raie, surtout lorsque cette raie a été faite d'abord après V la semaille, de peur que la semence ne soit étouffée sous cette couche de terre. b plusieurs cultivateurs font ces raies uniquement à la main, à l'aide de la b böche et de la pelle. De quelle manière que soient faites les raies d'égouttement, il estindispensable V de leur donner des soins, et de les réparer de tems en tems, surtout à l'époque b criuique de la fonte des neiges, parce qu'on ne peut jamais prévenir entièrement leur ensablement. 5 829. L'on ne saurait nier cependant, que des raies d'égouttement très-multipliées, ne laissent quelquefois sur le terrain de petites aspérités, qui ne peuvent pas ſacilement étre effacées. Lorsque le sol est tenace, ces aspérités sont désavantageuses dans quelques places, elles nuisent au succès des semailles. Cette circonstance me fait donner la préférence aux billons larges et légèrementbombés pour les terrains dont la surſace est unie et a peu de pente, surtout si Pon peut donner à ces billons une direction telle, que Peau s'éécoule facilement par les rigoles qui les séparent. Mais je ne voudrais pas que, sur une largeur de deux à trois perches, ces billons eussent, au mi- lieu, plus de 6 à 3 pouces d'élévation au de-là de ce qu'ils ont auprès des rigoles; encore faudrait-il que la terre n'y fut pas amoncelée en côte, mais qu'au contraire, en labourant, on eùt soin de reparur la courbure ou le bom- bement d'une manière uniforme et insensible sur toute la largeur du billon. * Vofez Beschreibung der nutzbahrsten Ackerwerbzeuge. Part. I. Pl. I. A. en ap- tant*. „pour mieux a est e à la plus 8 Pro- Lour- angu- naison besoia tendre ersoirs après terre. de la nsable boque erement bliées, nt pas s somt 5 des billons 3 peu „ dus ais as an mi- res des 2, mais ſe bom- billon. — 2 ·. pP'AGCRTITCU L T VUR E. 197 erparüculièrement pour les grains d'automme, se trouvent ‚leur direction doit ètre déterminée avec plus de soin, et este sur les sillons aucun en- Comme ici les rigoles, toujours à la méème place Pon doit disposer les choses de manidère qu'il ne r foncement, surtout pas plas profond que les rigoles. Les rigoles qui séparent les billons doivent être soigneusement achevées, ement des eaux Pexige; elles doivent étre et tenues toujours parfaite- ment ouvertes, par tout ouù l'écoul mises en communication les unes avec les autres par le moyen de fossés trans- versaux. Au reste, pour que les raies d' effet, un canal d'écoulement qui recoive leurs eaux et ait une pente su est absolument nécessaire. Dans les lieux dépourvus de cet avantage il faut creuser dans la partie la plus basse er la plus humide du champ, une fosse assez profonde pour recevoir les eaux, ersacriſier cette borüon du terrain pour sauver le reste. § 850. I! arrive le plus souvent, que, quoique la couche de terre végétale soit assez dessous d'elle une couche imper- si la couche de terre gouttement en géndral produisent leur fisante, meuble pour laisser passer Peau, elle a au- méable, qui ne permet point à cette eau de s'égoutter; végétale est profonde, elle peut mieux supporter une quantité de pluie assez forte, parce que P'eau y trouve de Pespace, et qu'ainsi elle ne reflue pas siet jusqu'à la surface du sol; mais si la quantité d'eau devient assez grande tre contenue dans les interstices de la partie du sol pour ne pouvoir plus a terre souffre alors d'autant plus long-tems qui forme la couche végétale, de Phumidité, et cette surabondance d'eau se dissipe d'autant plus tard, que la couche qui en est saturée sera épaisse. En parlant des labours, nous nous sommes occupés des moyens d'aprofondir la couche de terre végétale. Plus la couche cultivée est épaisse, plus les raies d'égouttement doivent avoir de profondeur; car, pour produire l'effet qu'on en attend, il faut qu'elles des- cendentjusques dans la partie imperméable du sol. Si Pon n'a pas eusoin de donner ceite profondeur à ces raies, l'eau, au lieu de sécouler par leur moyen, pé- nétre au contraire dans la terre meuble: au reste si elles étoient disposées dans la direction de la pente, elles produiraient peu G'effet, puisqu'elles n'attireraient tou aus plus que Phumidité renfermée dans la terre qui est auprès de leurs bords, tandis que Pautre pénètrerait plus avant, jusque sur la couche imperméable, sans atteindre les raies d'écoulement. Il faut donc que ces rigoles soient presque horizontales, et coupent trans- versalement la pente, afin de prendre à son passage l'eau qui s'égoutte, et de la conduire dans un canal d'écoulement qui pemmene. Si les parois et le fond des rigoles ne sont pas assez compacis pour neé pas laisser pénétrer Peau, celle- 158 PRINCIPES RAISONNES ci rentre dans le sol et, suivant les lois de la pesanteur, se répand dans une nouvelle portion du champ, jusqu'à ce qu'elle soit arrétée par une autre raie d'écoulement. Des raies d'égouttement aussi profondes, présentent de grands inconvéniens, puisque à chaque labour elles sont détruites, et que, surtout lorsqu'il s'agit de préserver de l'humidité un terrain qui y a de la disposition, après cha- que labour il faut les faire de nouveau; à la vérité rarement on se donne ce soin, à cause du travail considérable que cela occasionne et de celui qu'il en coüte pour épandre sur la superficie du sol la grande quantité de terre qu'on sort de ces raies. Dailleurs à la place où étoient les anciennes raies d'égouttement il reste des enfoncemens, et si les nouvelles raies ne se trou- vent pas à la même place, il se forme, à la place de ces premières, des amas d'eau qui nuisent essentiellement aux récoltes; cela a lieu surtout après la fonte des neiges. Lorsque ces neiges fondent rapidement, et lorsqu'il tombe des pluies d'orage très-abondantes, les raies d'égouttement ainsi profondes, quelque soin qu'on ait pris pour les bien accomplir, occasionnent assez sou- vent de petits éboulemens sur leurs bords, et entrainent des terres voi- sines: aussi dans les cas où des raies d'écoulement profondes sont néces— saires, les tranchées souterraines, ou fossés d'écoulement couverts, sont particulicrement avantageux; il n'est pas rare mêème que les frais d'établis- sement qu'ils ont coũtés, se trouvent payés en un ou deux ans, lors- qu'ils ont été appliqués à un sol humide, froid et aqueux. Si ces tranchées ont été disposées convenablement, on peut laisser le champ absolument plat, et le labourer alternativement dans tous les sens, et presque par tous les tems et dans toutes les saisons, sans qu'il souffre de l'excès d'humidité. 6 951. Dans l'établissement des tranchées souterraines, il y a principalement deux choses à observer. 1⁰⁹. Si le terrain a une pente sensible, pour produire leur effet, elles ne doivent jamais éêtre disposées dans le sens de cette pente, elles doivent au conitraire la coupertransversalement, parce que, sans cela, elles ne ras- sembleraient pas toutes les eaux qui découleraient de ce sol. Dans leur direction transversale, elles doivent cependant avoir une légere inclinaison vers le point oð P'eau a son écoulement; mais cette inclinaison ne doit pas aller au delà d'un pouce sur 10 perches, autrement elles pourraient facilement se combler. Il s'entend de soi-méême qu'on ne doit point se régler d'après les aspérités de la surface du sol, mais d'après sa base horizontale. 1d dans ne autre éniens, il sagit es cha- donne Lu qu'il de vrre nes rales se trou- jes amas près la liombe fondes, sez sou- res voi- néces- s, sont Léubüs- ns, lors- lranchées ent plat, les tems ent deux Puire leur nie, elles Hesue ras- direcuon ers le point ſer au deli e combler. Porites de D'A GRIGUL T VUR. 159 Le mieux, pour ces tranchées souterraines est de leur donner issue daus un fossé ou canal d'écoulement, qu'on garnit de pieux, afin qu'il ne s'écoule pas, et qu'on puisse toujours le reconnattre. Quelquefois on réunit plusieurs tranchées souterraines dans une seule; cependant il faut éviter cela autant qu'on le peut, parce qu'il n'est pas rare qu'elles se bouchent, et qu'alors on ne découvre pas facilement ouð est le mal. Le canal d'écoulement doit avoir une pente telle, que jamais l'eau qu'il contient ne reflue jusqu'à la sommité de la tranchée, à la place ou celle- ci se décharge de ses eaux. On donne à ces tranchées des profondeurs variées; si, sous une couche de terrain poreux, il s'en trouve une qui soit imperméable, il faut pénétrer jusqu'à celle-ci, et y creuser le canal dans lequel Peau doit couler; si, au con- traire, la couche de terre argileuse a peu d'épaisseur, il suffit que la tranchée soit recouverte d'un pied de terre, ou méme seulement de 10 pouces, lors- que la terre qui est à la surface du sol est passablement tenace; bien en- tendu cependant que le labour ne doive pas excéder G pouces de profondeur. Dans les terres légères et meubles, il faut quelquefois que la tranchée soit recouverte de 18, et môme de 24 pouces de ierre. Au reste cette épaisseur subit des modifications, si la tranchée passe au travers d'un élévation, cir- constance que cependant on doit éviter autant que cela est possible. II sufft que la partie de la tranchée qui est destinée au passage de l'eau ait de 9 à 10 pouces de hauteur. Quant à la largeur de cette parlie, le plus souvent une fort peu considérable suffit; cela dépend de la nature des matériaux avec lesquels on doit remplir Ja tranchée, si celle-ci doit étre garnie avec des pierres brutes ramassées dans les champs, elle doit avoir à sa sommité 16 pouces, et au bas 10. Si on la remplit avec des branchages, on lui donne au plus 12, et souvent seulement 9 pouces dans sa partie supérieure, et dans Tinférieure 2 ou 5 pouces. En creusant ce fossé, Pon donne à son ouverture, à la superficie du sol, assez de largeur pour qu'on puisse travailler commodément dans le fossé, et creuser à la profondeur nécessaire. Dans les grandes entreprises, il est d'usage de commencer l'ouverture du fossé avec la charrue. L'on jette deux tranches de terre, l'une à la droite,'autre à la gauche, en laissant entre les deux raies une bande de terre d'environ 15 pouces de largeur. L'on fend ensuite cette bande avec une forte charrue à double ver- soir. Au premier trait de cette charrue on Pintroduit à environ un pied de profondeur; au second trait on s'efforce de fouiller le sol à 6 ou 8 pouces ————— 160 PRTINCIPERS RAISONNE S plus bas, et on éloigne la terre du bord, de peur qu'elle ne retombe dans le fossé durant le travail. Oau accomplit alors le creusement avec des instrumens à main, en ayant rocours d'abord à une bèche de l'espèce ordinaire, qui est un peu plus Gétroite en has qu'en haut, puis à une autre qui, dans sa partie supérieure, n'a pas plus de largeur que la première n'en avait dans Pinférieure, et qui, à son ex- irémité, n'a que trois pouces de largeur. En creusant successivement, à l'aide de ces deux instrumens, et avec un peu de soin dans le travail, le fossé se trouve, du premier abord, avoir atteint la régularité convenable. On unit alors les parois, puis à P'aide d'une pelle creuse et recourbée, on enlève du fond toute la terre meuble qui y est tombée. Ensuite on garnit la partie du fossé qui doit servir au passage de l'eau, or- dinairement avec des pierres ou avec des branchages, suivant que l'on peut plus facilement on plus économiquement se procurer des unes ou des autres. 8i Pon a, dans le champ mèême, des pierres répandues à sa surface, on leur donne la préférence. On méle alors les grosses avec les petites*, en les jetant dans la tranchée, et en ayant la précaution de placer les plus larges et les plus plates le long des parois. Si l'on a recours aux branchages, on en ſorme des fascines ou, mieux encore, on les place un à un, en ayant soin de mettre les plus gros au fond du fossé, et les plus minces au-dessus. L'espérience a appris que les bois légers et aquatiques sont plus avanta- geus pour cet usage, et plus durables que les bois durs; qu'ainsi les Pranches d'aulne, de saulc, de peuplier, sont préférables à celles de sapin, de genevrier ct d'autres bois résineux. Mais il est essentiel que ces branchages soient frai- chement coupés, c'est-à-dire verts et en pleine sève. Au reste l'on fait usage de ce qu'on peut avoir. En général on a trouvé que les tranchées remplies avec du pois, demeu- (*) Toutes les fois que la tranchée n'a qu'une pente insensible, je crois plus convenable de placer les pierres les plus grosses au fond de la tranchée, et, autant que cela se peut, de manidère qu'elles laissent entr'elles un canal vide, pour le passage de l'eau; on recouvre alors ces pierres avec de moins grandes, en réservant les plus petites pour le dessus. Si l'on a du gravier pour fermer la partie supérieure avant d'y rejeter la terre, ces tranchées souterraines ont une durée infinie. Pour rendre plus efficaces les fossés d'écoulement couverts, j'ai coutume de recouvrir le 3 71 3 1 5 2 1 S n161*1 gravier, jusqu'à la superficie du sol, avec de la terre sablonneuse, s il y en a de l'assez rappro- chée pour que son transport ne devienne pas très-coùteux. Au reste, dans les terrains qui m'ont pas de pente, je crois les fossés ouverts à lous égards préférables aux tranchées souterraines. Trad. raient de dans en ayant etroite wa pas son ex- a Paide 1ossé Se Ou unit eve du u, or- n peut autres. on leur jetant et les lorme meure avonta- pranches nevrier 1 frai- 3 uSàge demeu- — enable de pent, de uovre Mors di Yon 2 ecoumrir l ez rappro- ous igar raient D'AGRICULTUR E. 161 raient mieux ouvertes et duraient plus long-tems que celles qui l'avaient été avec des pierres; lors-méême que le bois se pourrit, si la terre est argileuse la tranchée ne se bouche point. On recouvre les pierres ou les branchages dont on a rempli la tranchée, avec de la paille, de la bruyère, des joncs, ou autres choses semblables, pour empécher que la terre ne s'introduise dans les interstices; d'autres fois on se borne à recouvrir les pierres ou le bois avec les gazons qu'on a enlevés à la surface du fossé, en ayant soin de les renverser sans dessus dessous, et de les presser avec les pieds, pour leur donner de la solidité. Lorsqu'ensuite on veut recouvrir la tranchée, il faut avoir soin, non-seu- lement de ne pas mettre, sur la partie qui doit rester ouverte, de la terre trop meuble qui puisse boucher les interstices au travers desquels'eau doit couler; mais aussi de ne pas y placer de P'argile tenace, qui, lorsqu'elle au- rait pris son assiète, empécherait le passage de l'eau. On jette ensuite le reste de la terre par dessus, de manière qu'elle demeure meuble, et conserve sa fécondité. La terre doit demeurer sur la tranchée un peu plus élevée qu'ail- leurs, parce qu'elle diminue de volume en s'affaissant; mais comme, malgré cela, il reste toujours un excédent de terre, on'épand alors dans le champ. Lorsque le terrain est très-argileux, on ne donne aux tranchées que fort peu de largeur et on les remplit avec de la paille liée que l'on réunit en forme de cordes; quelquefois aussi on les laisse vides, en se bornant à les recouvrir avec des gazons; la terre argileuse ne tarde pas à se serrer, et à for- mer une croùte sur la tranchée, ensorte que la partie inférieure de celle-ci demeure ouverte, lors-méme que la paille est tombée en pourriture. Dans quelques endroits on fait passer en terre des espèces d'instrumens qu'on appelle charrues taupes, et Pon est satisfait de l'effet qu'elles produi- sent pour l'assainissement du sol. Dans les terres mouvantes, surtout dans les terrains tourbeux, on se sert de moéllon ou de briques fabriquées exprès, ou d'autres inventions de Part, pour soutenir les parrois, et quelquefois on laisse ces tranchées tout à fait dé- couvertes.* Les tranchées de desséchement doivent étre plus ou moins rap- prochées, selon le degré d'humidité du champ, ou du pré auquel on les applique; ordinairement on les place à 5 ou 4 perches les unes des autres. Si le sol est très-argileux et n'a qu'une couche de ierre végétale très-mince, il faut les rapprocher davantage, * Voyez l'ouvrage de l'auteur intitulé Anleitung zur englischen Landuwirthschaft, vol. 11, part. Ire page 50, et la traduction du Comte de Podewils, de l'ouvrage intitulé Johnstone über Austrobnung nach Elbingtons Art. Berlin 1789. dA. a. III. 21 PRINCIPES RAISONNES sinage, les matériaux nécessaires e bonification ne sont nullement d'une manière 162² Si Pon a à sa disposition, dans le voi pour garnir ces tranchées, les frais de cett proportionnés à Pavantage qu'on trouve à assainir le sol durable. En Angleterre on voit entreprendre et exécuter un urs baux que pour un peut nombre d'années, ar Paugmentation que ce travail tel travail à des fermiers qui ne sont assurés de le et souvent les frais leur en sont remboursés p ltes qui le suivent. Cette opération a coùte occasionne à la premieère des réco à un de mes amis, qui l'éxécuta d'après mon conseil, 1 Rixdaler 16 gros par 4 scheffels de journal, et, dés Pannée suivante, sa récolte fut augmentée de 2 2 froment. Une précaution q moyen, c'est de ne pas laisser passer sement dans la direction des tranchées. La construction de canaux souterrains e de grands volumes d'eau, appartient à Parchitecture. 04ʃ☛ 852. se réalise principalement dans les vallées qui le, ou bien à la superficie du sol, ou ge pour passer outre, ensorte oivent, jusqu'à ce u'il ne faut pas omeitre dans les champs assainis par ce des chariots fortement chargés, Préci- n maçonnerie desunés à conduire B Laseconde cause de l'humidité sont entourées de collines, d'où l'eau s'écou réunie en forme de ruisseaux, sans trouver un Passa qu'elle doit nécessairement rester dans les lieux qui la rec Lorsque ces vallées n'ont pas un sol très-perméable, s naturels pour l'écoulement de leurs eaux; elles sont par là réduites à l'état de marais, d'etangs ou méême de lacs. Le plus souvent il est très-difficile d'apporter un renbde à cet état de choses, cependant et dans le moins; il est des cas où les avantages dépassent les frais qu'il peut occasionner, et la plus basse des hauteurs qui entourent qu'elle soit évaporée. ou des canaux souterrain il y a des nuances dans le plus qui résulteraient du remède ou il ne faut que choisir la partie le bas fond, ou bien, s'l y en a de relles, quelque place creusée par les une profondeur suffisante, qui conduise à dans une rivière ou un lac. Avant calculer les frais qu'elle eut en attendre eaux, pour y pratiquer un fossé d' les eaux sur des terrains plus bas, et de! de commencer une ielle opération il faut bien doit coüter, pour les comparer avec les avantages qu'on p et se décider en conséquence. Quelquefois il n'est pas pracable d'emmener Peau de la partie la plus basse de la vallée, parce que de là il n'y a pas assez de pente pour qu'on puisse lui fraier une route. Lorsqu'on est assuré que ces eaux découlent des hauteurs, il peut convenir de les couper au penchant de la colline, en y creu- sant un canal pour les rassembler. Ce canal doit étre placé à une — altes ment nière des ées, wail outé bar I de dar Ce préci- duire s qui 1, ou ssorte dà de éable, ; elles E plus ndant tages er,& Surent aT les duise Avant WeNe Rendre la plus . qu'on mt des j crel⸗ 3 une P A GR TCAU I 14 U KR K. 163 hauteur qui permette son écoulement par dessus ou au travers de l'une des places les plus basses de celles qui ferment la vallée. De cette manière on peut dissiper tout au moins une grande partie de l'humidité. II est une troisième manière de remédier à ce mal; elle a lieu lorsque, sous une couche peu épaisse de terre imperméable, il y en a une de gravier ou de sable perméable. Dans ce cas on creuse au travers de la couche imper- méable un ou plusieurs fossés, ou des puits revéètus de pieux, ou enfin, avec une grande tarrière à terre, des trous dans lesquels l'eau elle-même maintient le passage libre, et par le moyen desquels elle s'écoule dans la terre perméable. A l'aide de cette méthode, on asouvent desséché des marais, des marres et même des lacs, et transformé le sol qu'ils ocupaient en terrain très-fertile. Mais avant que d'entreprendre une telle opération, il est néces- saire d'examiner soigneusement la possibilité du succès, et de se bien con- vaincre que, lorsque l'eau aura atteint la couche de sable, elle pourra s'y fraier un passage, et que ce sable, au contraire, ne se trouvera pas déjàè rempli d'eau, comme cela arrive quelquefois lorsque la couche de sable communique avec les hauteurs qui l'environnent. Dans ce dernier cas l'eau contenue dans le sable pourrait s'y trouver comprimée à tel point, qu'elle remontàt au travers de la communicauion nouvellement prauiquée, bien loin de fournir une issue aux eaux qu'on aurait voulu dissiper. On peut apporter quelque remède à ce mal dans les champs qui y sont ex- posés, en les coupant par de nombreux fossés, et en haussant la superficie du sol par le moyen des terres qu'on a extraites de ces fossés, ou peut-étre à l'aide de sables transportés dès les hauteurs voisines. La fécondité du sol des vallées peut souvent payer les frais d'une telle boniſication. § 855. C Les sources, tout au moins dans le très-grand nombre de cas, se for- ment de la manière suivante: l'eau de l'atmosphère qui tombe en plus grande quantité sur la sommité des montagnes et sur les collines, descend, selon les lois de la gravité, perpendiculairement dans le terrain poreux, zusqu'à ce qu'il soit arréèté par une couche de terre imperméable: elle coule ensuite sur cette couche et s'ouvre une issue dans le lieu où la couche vient à la surface du sol. Si ici elle ne trouve pas d'issue, elle jaillir en forme de source; si elle trouve une pente suffisante, elle se forme un lit, et, sous la forme de ruisseau, elle descend sur la contrée qui est au dessous, sans pour cela communiquer de Phumidité au terrain PRINCIPES RAISONNES qui en est à quelque distance. Mais lorsque, à la place ou finit la couche de terre imperméable, sur la pente, ou au pied d'un mont, il s'est amassé un terrain poreuz, l'cau y pénètre, le rend humide et marécageux sur une grande étendue, et, forcée par la pression qu'elle regçoit d'enhaut, s'ouvre des passages, et vient parattre à la surface du sol, en y formant des sources ou des marres, ou bien en suintant au travers de l'herbe. C'est là une des causes les plus fréquentes auxquelles on doive l'humidité des champs, et la formation des diverses espèces de marais. Dans des terrains de ce genre on recourt souvent à des moyens qui, quoique très-coüteux, demeurent sans effet ou n'en produisent qu'un insignifiant. L'on y creuse de nombreuses tranchées qui n'assainissent le sol guères que tout à fait sur leurs bords; alors même qu'on leur a donné la direction con- venable, si on ne les a pas creusées jusques sur la couche de terre imper- méable, l'eau pénètre et passe par dessous elles, et elles deviennent alors inu- dles. Gest une condition absolue de l'efficacité des tranchées, que, dans leur partie inférieure, elles reposent sur une couche imperméable, et si on n'en ren- contre pas une telle, les tranchées doivent alors avoir une profondeur excessive; il est donc de la plus grande importance de bien distinguer les divers cas qui peuvent se présenter, et qu'on trouvera se réduire à un peut nombre, si Pon veut bien faire attention à la position des diverses couches de terre qui donnent naissance aux sourcées d'eau dont on a cherché à se débarasser. § 834. Sur la pente ou au pied des collines, l'eau ne découle le plus souvent pas directement de la couche horizontale ou inclinée de terre imperméable .«... qui empéèche qu'elle ne senfonce en terre; quoiqu'il en soit, on trouve presque ours que, dans la partie inférieure des montagnes, méèéme de celles qui touj ou de pierres, il s'est formé une avant-couche de sont composées de gravier terre argileuse qui, ordinairement, est d'autant plus mince, qu'elle remonte vers la sommité de la montagne, et d'autant plus épaisse qu'elle se rapproche du pied de celle-ci. Probablement, entr'autres causes, cette avant-couche doit-elle sa formation surtout aux molécules d'argile que l'eau a enlevés aux terrains snpérieurs, que cette eau charie avec elle, et dont elle s'est peu à peu séparée. On trouve communément la- base des montagnes ainsi entourrée coune couche de terre argileuse de plus ou moins d'épaisseur. De cette ma- nière l'eau qui s'écoule dans la terre poreuse, se trouve renfermée entre la couche imperméable et cette avant couche; il se forme ainsi un réservoir uche massé une uvre rces idité oique es que con- per- inu- leur ren- sive; s cas nbre, derre arasseT. zuvent éable escqoe s qui he de nonte roche duche és auk peu 4 ourrée tte ma- nire la servoii DAcGnlcUuLITURE. 165 dans lequel'eau s'amasse en plus ou moins grande abondance, suivant la quantité qu'il en tombe de l'atmosphère. Alors cette eau prend son écoule- ment dans le lieu où l'avant-couche argileuse finit, ou bien, et assez ordi- nairement, elle se forme une issue au travers des places où cette avantcouche est la plus mince. Dans ces cas là Peau ne se présente pas d'abord à la superficie du sol, parce que, le plus souvent, au- dessus de cette avant- couche argileuse, il s'est amassé de la terre poreuse, ordinairement spon- gieuse et marécageuse, telle qu'une humidité excessive la forme. L'eau qui sort de la couche argileuse s'écoule au travers de cette terre poreuse, rend humide et fangeuse une étendue de terre plus ou moins grande, et forme ainsi des marais. La source proprement dite, ou le lieu où l'eau sort de la couche argi- leuse, est souvent beaucoup plus élevée que la place ou l'humidité com- mence à se montrer à la superficie du sol; car lorsque la couche de terre poreuse est considérable et la pente très-sensible, l'eau s'écoule au-dessous de cette couche, en glissant sur la couche argileuse, et ne se laisse point apercevoir d'une manière posiuve à la surface du sol, du moins pas lorsque la température est sèche. L'eau ne se présente à la superficie du sol qu'au pied de la colline; là où le terrain cesse d'avoir de la pente, ou bien dans des places où une élévation dans la couche d'argile retient l'eau et la force à remonter, ou enfin dans d'autres où la couche de terre poreuse devient très-mince. Ces dernières circonstances font que quelquefois l'humidité se fait apercevoir déjà vers le haut des montagnes. § 835. Ce que je viens de dire deviendra plus sensible à l'aide des deux figures de Pl. I, dont, ainsi que des suivantes, la supérieure donne le plan, et inférieure le proffl d'une colline au pied de laquelle on trouve des sources. Dans le profil a Est la couche de terre poreuse et perméable de la colline. b Est la couche horizontale d'argile, sur laquelle la couche précédente repose, et qui empéèche que l'cau ne pénètre plus profondément en terre. c L'avant-gouche argileuse, qui s'élève du pied de la colline. L'eau qui reflue jusqu'à la hauteur de q, s'est pratiquée une ouverture au travers de l'avant-couche argileuse, dans une place ouù celle-ci lui présentait moins de résistance, et elle sort par là. Si, à ceute place, la couche d'ar- 166 PRINCIPES RAISONNES gile est recouverte par une épaisse couche de terre poreuse, l'humidité ne se laissera point encore apercevoir là, mais seulement dans une place inférieure. Si, au contraire, cette couche d'argile n'a au dessus d'elle qu'une légère couche de terre poreuse, comme cela est supposé ici, Peau parattra bientôt à la superficie, et formera, comme cela est indiqué dans la planche en 0020, des sources que, le plus souvent, on ne verra point jaillir hors de terre, mais qui seront seulement indiquées par P'humidité du sol porreux au travers duquel l'eau descendra. Ces sources se trouveront ordinairement à une mème hauteur et sur une méme ligne, et elles donneront une humidité excessive à tous les terrains placés au dessous de leur orifice, jusqu'à ce que l'eau trouve son écoulement dans un ruisseau indiqué sur la planche en F f. Dans le cas que j'ai supposé ici, Peau remonte deès le pied de la colline sur sa pente, et peut se monirer également ou vers le haut, ou seulement au pied de la colline, dans le lieu où la surface du sol commence à tre horizontale. 5 836. Mais quelquefois Peau perce la couche argileuse vers le pied de la colline, ei quelqueſois là seulement, où tout à la ſois au pied de la colline et sur sa pente. Ce cas est représenté dans la Pl. II. Le réservoir sablonneux, gra- veleux ou pierreux, repose sur lo couche imperméable et, recouvert par Pavant couche argileuse, il pénètre assez avant sous la plaine. L'eau forcée par la pression d'enhaut a formé en diverses places, et à diverses hauteurs, des ouvertures au travers desquelles elle se fait jour. Suivant que l'humidité de la température a amassé dans le réservoir une quantité d'eau plus ou moins grande, et que ceite eau reflue à une plus grande hauteur, ou qu'elle ne s'élève que peu, on voit sortir cette eau à la fois par les orifices supérieurs inférieurs, ou par ces derniers seulement. Si l'eau diminue dans le réser- voir, elle cesse de jaillir par les orifices supérieurs, et ne sort que par ceux qui se trouvent plus bas. Dans ce cas là, lorsque la température est sèche, Ton n'aperçoit aucune trace d'eau à la superficie du sol, tandis que, dans celui que nous avons supposé aug précédent, elle se montre à une hauteur toujours égale. Une simple inspection suffit assez souvent pour distinguer ces deux cas, ou pour conduire à leur découverte; cependant quelquefois, pour atteindre plus de certitude, il faut avoir recours à une tarrière à terre, ou au creusement de fossés, et cette certitude est d'autant plus nécessaire, que, dans ces deux cas, le fossé destiné à réunir et emmener les eaux, doit étre placé ine, sur gra- d par forcée teurs, nidite s ou eNe rieurs éser- ceux che, celui jours X cas, re plus ement 18 Ces place . 9. ‿ DA GRICULTURF. 167 4* 2 21+r.— d'une manière toute différente, et qu'une erreur sur ce point peut rendre les travaux qu'on aurait fait absolument inefficaces. § 837. Dans le premier cas, en effet, on reurerait peu d'avantages du fossé, s'il était placé dans la partie la plus basse de la colline ouù, sans contredit, l'eau donne plus de traces de sa présence; tout le terrain supérieur nm'y gagnerait point son assainissement, car, à cette place, le fossé ne peut plus atteindre le réservoir dans lequel Peau s'est rassemblée; cette eau continue donc à refluer vers la sommité, et à couler au travers de la couche perméable. 8i on ne creuse pas le fossé jusques sur P'avant couche argileuse, ce qui souvent nest pas trop praticable, à cause de la profondeur du terrain marécageux qui s'est amassé dans cette place, ou du défaut de pente, l'humidité pénètre au travers de la base du fossé, etentre dans le sol qui est au-dessous, ou bien dans la terre spongieuse qui Penvironne et par laquelle elle est ramenée à la superficie. Si, en revanche, on creuse le fossé plus haut, peu au-dessous de la ligne où l'eau s'échappe de dessous l'avant couche argileuse, dans le lieu où l'humidité commence à donner des signes de sa présence, et si on donne à ce fossé une profondeur telle, que le conduit de'eau soit creusé dans l'avant couche argileuse mème, ce que le peu d'épaisseur qu'a ici la couche supérieure de terre perméable rend assez facile, alors on se rend facilement mattre de l'eau, on a la pente nécessaire pour l'emmener, et T'on parvient à1..„. à assainir complétement les terres qui sont au-dessous. § 838. Dans le second cas, au contraire, un fossé placé dans une position aussi élevée serait de peu d'utilité, parce qu'il ne prendrait que Peau qui coule par les orifices supérieurs, celle qui ne se montre que lorsque le réservoir contient de Peau en surabondance; il ne couperait point Peau qui s'échappe par les orifices inférieurs. Dans ce cas il faut, au contraire, mettre le fossé dans la position la plus basse de celles oQ eau perce au travers de Pavant-couche argileuse. Si, en creusant ici le fossé, on peut aller assez avant dans le sol pour atteindre le réservoir de terre poreuse qui se trouve au-dessous de l'avant-couche argileuvse, ou les veines inférieures de ce réservoir; on donne par ce moyen issue aux eaux qui étaient renfermées dans celui-ci, lesquelles peuvent ainsi 2 2. ⸗. 1 s'écouler enuérement par ceitte issue unique. De ceite manière l'eau ne re- A„ 168 PRINCIPES RAISONNE H 4..). 1 ⸗„ Hluant plus jusqu'aux orifices, ils cessent de donner de l'humidité, et tout le terrain qui recevait cette eau se trouve assaini. § 839. Mais il est rare que l'on puisse aller ainsi jusqu'au réservoir, soit parce que, dans une telle position, l'avant couche argileuse est ordinairement très- épaisse, soit parce qu'alors il ne resterait plus assez de pente, pour que Peau du fossé cůt un écoulement suffisant. C'est par cette raison que la méthode attribuée au Docteur Anderson, quoique inventée par Elkington, cette mé- thode qui, si souvent, a excité la surprise et„admiration de toute PAn- gleterre, et qui consiste à ouvrir un passage à l'eau au moyen d'une tarrière à terre, a été jugée d'une si grande importance, que le Parlement d'Angle- terre a cru devoir, non seulement attribuer une grande récompense à l'inventeur, mais encore ordonner qu'il fut fait des expériences sur sa méthode, et inviter à l'enseigner à des élèves. Lorsqu'en creusant le fossé, Pon est parvenu jusqu'à Pavant couche argi- leuse, on doit, ou faire avec la bêche des creux dans le fond du fossé, ou bien, à Paide d'une grosse tarrière à terre, y percer des trous qui traversent la couche d'argile, et aillent jusqu'au réservoir sablonneux ou graveleux; alors P'eau jaillit par ces trous, souvent avec une grande force, et, conduite par le fossé, se rend dans les lieux inférieurs où on lui a préparé son écou— lement, ordinairement dans un ruisseau. On sent que pour cela il faut que le fond du fossé soit encore plus élevé que la contrée inférieure. Ce fut par hasard qu'Elkingion fit cette découverte. II était debont dans un ſossé qu'il avait fait creuser sans succès, et, dans son découragement, il frappait la terre avec un pieu de fer qui était là, lorsqu'ayant percé la couche d'argile qui avait été amincie par le creusement du fossé, il vit jaillir Peau par le trou qu'il avait formé, avec une force ielle, qu'il dt se retirer promptement du fossé. Lorsqu'il eůt fait écouler ceite eau, il fit d'autres trous avec une tarrièere, et, par ce moyen, eut bientét assaini Il a ensnite opéré de la même manière un grand nombre de desséchemens tout à fait étonnans, tous les terrains environnans. et il s'est acquis par la une grande célébrité. Dans le creusement des fossé s, ce cas se présente assez souvent, il n'est pas d'ouvrier habitué à ce genre de travail qui n'ait, plus d'une fois, vu Peau s'élever ainsi d'une couche d'ar d'un fossé. Le mérite d'Elkington fut d'avoir su urer découvert accidentellement. gile au fond parti de ce qu'il avait Au t toum parce Lres- e Peau Léthode le mé- PXn- larrièere Angle- nteur, e, et argi- 66, ou rersent eleux; onduke n écou- aut que lebout mment, ercé ha il vit bil dt au, il assaini exe un wis par présenle 1i mait, u fond vil aviit Au D'AGRILCULTURE. 169 Au moyen de ces fossés et des trous qu'on a ainsi prauqués à l'aide de tarrières, on fournit, mème dans les places les plus basses, une issue auxz eaux amassées dans les couches de sable, de gravier ou de pierre qui se trouvent dans la partie inférieure du sol, et comme ces eaux communiquent les unes avec les autres par le moyen des couches perméables et des veines que la terre contient, lesquelles ont de la disposition à s'ouvrir toujours plus, lorsqu'une fois l'eau s'y est frayé un passage, la contrée ne tarde pas à ètre ainsi complétement débarrassée de ses eaux surabondantes. A Paide d'un fossé ainsi percé de trous dans sa partie inférieure, et si pon a bien atteint le réservoir où l'eau est contenue, on peut assainir et dé- parrasser d'eau toutes les places qui se trouvent au dessus du niveau de ce fossé, dans une contrée mèême assez étendue; ainsi faire baisser toutes les sources qui se montraient à une plus grande hauteur, pourvu cependant que ces sources se trouvent en communication les unes avec les autres, par le moyen des veines et des couches perméables du sol, comme cela a ordinairement lieu. On a méème vu Pemploi de ce moyen sur Pun des côtés d'une montagne ou d'une colline, opérer le desséchement de Pautre côté, au point d'arréèter des sources qui donnaient naissance à des ruisseaux; de sorte qu'il en résultait la une disette d'eau, tandis que dans le fossé nouvellement construit, on avait inopinément une quantité d'eau suffisante pour meitre en action des moulins. Quelquefois Peau dont on s'est ainsi rendu mattre, se laisse employér avec succès à Pirrigation de ces méêmes terrains qui, auparavant marécogeux et maintenant assainis, peuvent ainsi étre transformés en prairies arrosées, de bonne qualité. Ainsi que nous venons de le dire, les trous formés avec une tarriére ne se bouchent pas facilement; tout au contraire l'action de eau tend à les agrandir, et ils se transforment ainsi en sources artificielles. L'on en perce un plus ou moins grand nombre, selon la quaniité d'eau à laquelle ils doivent donner passage. Cependant il est bon de les entourer d'une cloison, afin que, si les parois du fossé venaient à s'ébouler, ces trous ne courrent pas le risque SJ'eétre bouchés. Au reste ce moyen ne saurait opérer l'assainissement des terrains dont le niveau est plus bas que le fond du fossé; à moins que l'eau ne percàt au travers de l'avant couche d'argile, dans une place plus élevée que le fossé; quoique, en raison de l'épaisseur de la couche poreuse dont P'ar- gileuse était recouverie, Phumidité ne se montràt que dans une place inférieure. Je crois que, dans ce peu de mots, j'ai suffisamment éclairci la méthode qu'on doit suivre, tant pour se rendre maitre des sources, que pour assainir I. III. 2 170 PRINCIPES RAISONNES jes terrains auxquels elles donnent une humidité excessive. Le principe en lui méme est très-simple, mais il faut y joindre une connoissance parfaite de la localité, un examen soigneux de la contrée, et des notions exactes sur les diverses couches dont son sol est composé, non seulement à sa superficie, mais encore à une assez grande profondeur. On découvre la nature de ces couches quelquefois par hazard, auprès d'éboulemens qui se sont formés dans le voisinage des fossés, mais on peut toujours s'assurer de cette nature à Paide G'une iarrière à terrc. † 1§ 840. D. Pour empécher le débordement des cours d'cau et des riviéres hors de leur lit, et rétrécir ce lit lorsqu'il est trop large, on a recours à la cons- truction de Digues. Malgré les efforts d'hommes très-habiles tant theoréticiens, que praticiens, qui se sont occupés de l'art très-difficile et très-compliqué de Pétablissement des digues et des moyens de les rendre sures er durables, cet art est encore irgs-chancellant dans ses principes et dans leur applicalion. L'établissement et Pentretien de digues considérables, et tout ce qui concerne leur exécution et leur direcuion, est rarement Paffaire de Phomme privé, mais plutôr celle de l'Etat ou de communes, qui la confient à des ingénieurs habiles et ex- périmentés, habitués aux travaux de ce genre. Cependant pour le cultivateur qui habite près de tels cours d'eau, il peut étre intéressant et utile d'acquérir une connoissance foudamentale de cette matière, en étudiant les ouvrages qui la traitent**† § 841. A Ppaide des digues, on protège ainsi les terres contre le renflement ex- gessif des rivieres, et contre leur débordement éventuel, ou bien on rend à * En Allemagne on a l'ouvrage de Johnstou, intitulé, Traité du desséchement des marais et . passainissement des terrains froids, selon la méethode d' Elkington, traduit par le Comte de Podewwils, Berlin 1799; ou cette matière est traitée au long, quoique d'une manière incom- plète et un peu embrouillée. A Taide de ce qui a été dit plus haut, on pourra se faire une idée claire de divers cas qui y sont indiqués. Je parlerai plus bas de T'application de cette methode aux marais qui recèlent des sources. A. ** Frunrichs praktische Anleitnng zum Deich, Siel und Schleusenbau, Bremen 2 Theile, 1770, 1782. Kirchmanns Anleitung zum Deich» Schleusen und Staakbaukunst. Hannover 1786. Riedels Anleitung zur Stromund Deichbaukunde. Berlin 1800. A. pe en ite de ur les ficie, e ces dans Paide es hors cons- as, qui nt des encore ement cution weelle et ex- üvateur acquerit ges qui ꝛarais et omte de incom- kaire une de celte 2 Theile— 6. D'AGRTICULTURE. 171 la culture, des terrains qui, jusques là, étaient le plus souvent occupés par les eaux. On connait maintenant les moyens de construire des digues qui soient d'une solidité parfaite. Mais ce n'est qu'au tems, et aux plus épouvantables malheurs, qu'on a du la découverte des principales dispositions qui assurent cette soli- dite. On peut aujourd'hui habiter sur de telles digues ou tout aupréès, sans avoir rien à redouter de ces accidens, qui sont si fréquens dans notre elimat et sous sa température, et qui, auprès de digues faites d'une manière im- parfaite, exigent une attention et un travail si soutenus, lorsque les eaux ont dépassé leur niveau habituel. Mais les digues ne peuvent présenter une ielle sécurité, que lorsqu'elles sont opposées aux inondations qui ont pour cause le reflux de la mer et le battement des vagues, dont l'expérience et la théorie apprennent à calculer le volume et la force: elles ne sauraient rassurer en- nèrement contre le renflement excessif des fleuves, et contre les amas de glaces qui ont quelques fois lieu à la suite des dégels, et dont on ne saurait calculer ni le volume ni la force. Dans le dernier cas on a, sans aucun doute, beaucoup moins à redouter, lorsque, entre la digue et le courant du fleuve, on a laissé un espace de terrain très-large, et qu'on a donné à ce courant une direction, ou par- faitemeènt droite, ou du moins très-peu sinueuse, et l'on doit à ces dispositions bien plus de sureté qu'aux digues les plus élevées et les plus fortes. Malheureusement, pour'ordinaire, dans Pétablissement des digues, ou Pon S'est hàté trop et Pon n'a point attendu que le terrain se fut bien assis, ou bien Pon a usé de trop de parcimonie, dans l'étendue de terrain qu'on a consaoré au passage des eaux, afin d'en réserver d'autant plus à la culture. Ainsi Pon s'est exposé à des dangers et à des dommages, qui dépassent de beaucoup Pépargne qu'on a cherché à se procurer. §. 842. Alors mèême qu'on s'est préservé de l'inondation et du débordement des eaux, par le moyen des digues, l'on n'a point, pour cela, remédié à l'humi- dité excessive du sol ainsi garanti. L'eau qui descend des hauteurs pour se rendre dans le cours d'eau ren- fermé entre les digues, doit avoir son écoulement, il faut empécher qu'elle ne séjourne ou ne s'étende sur les ierres voisines. Les dispositions qu'on fait pour cela sont variées, et doivent Pêtre, selon les circonstances de la localité. Quelquefois on conduit ces eaux dans la rivière par le moyen de 17² PRINCIPES RAISONNES canaux auxquels on donne une direction aussi droite que cela est possible, et on les fait passer sous la digue, au moyen d'écluses qui s'ouvrent pour les laisser passer. † Ordinairement ces écluses ont des sortes de portes, que Peau extérieure ferme à mesure qu'elle s'élève, et qui sont ensuite ouvertes par la pression des eaux intérieures, lorsque celles de la rivière ont baissé. § 845. Par ce moyen les terrains humides qui sont dans une situation très-élevée, se débarrassent ordiaairement fort bien de leurs caux surabondantes; mais il wen est pas ainsi des terrains qui se trouvent placés dans des bas-fonds, les- quels, souvent, sont encore moins clevés que le lit de la rivière ne P'est, au moment ou il serait le plus nécessaire de pouvoir se débarrasser des eaux. Pour ces cas-là on a employé divers moyens imparfaits; par exemple on a entouré ces bas-fonds de fossés et de digues, pour emmener les eaux qui coulaient des terrains supérieurs, et Pon a élevé sensiblement au-dessus du sol, des canaux desunés à conduire ces eaux dans la rivière voisine. Quelquefois cependant, ne pouvant pas tenir Peau suffisamment élevée, on a recours à des machines à puiser pour se débarrasser des eaux contenues derrièdre les digues dont le bas-fond est entouré. Du reste des digues de cette nature ne sauraient éetre utiles que là où l'on a un sol argileux et solide, car dans un terrain poreux et perméable, elles seraient sans effet. On est bien plus sůr de la réussite, lorsque, par le moyen d'un canal Je dimensions suffisantes, on coupe les eaux qui descendent de la colline, dans une position plus élevée que le lit de la rivière, dans une situation assez haute, quelqu'éloignée qu'elle soit, pour qu'on puisse conduire ces eaux dans le courant qui doit les emmener. Si un tel canal a assez de pente, il m'y a aucun doute du succès: mais quelquefois il se forme, dans le canal lui- méême, ou dans la rivière, des ensablemens qui élèvent tellement le lit de peau, que le canal perd cette pente, et ainsi Peau y reflue; l'on a vu assez sonvent des ierrains complétement assainis, étre de cette manière, transformés en marais. * Les Allemands qualifient de Auswaesserungs Schleuse, ou Siele, et les Italiens d'Emis- sario cette espèce d'écluse destinée à retenir les eaux sur un terrein ou dans un fossé, et à leur donner ensuite issue dans un canal de plus grande étendue. Nous ne traduirions pas mal P'expression italienne par le mot Emissaire, qui nous éparguerait une périphrase. Trad. Säle pour reure ssion eNée, mals 3 5, les- st, au MX. le on x qui us du 8, on tenues nes de eux et s efſet. canal olline, asse2 eaux ne, il al lui- lit de a vu niere, DAOCRILOCUIL TUnN K. 175 Quelques fois alors il ne reste d'autre parti à prendre, que de construire autour de ces terrains des digues avec une terre solide, et de se debarrasser des eaux qui y pénètrent, par le moyen de machines à puiser. § 844. On a diverses sortes de machines à puiser; mais la plupart d'entr'elles sont mises en mouvement par des ailes à vent. Les Hollandais ont dévancé tous les habitans des contrées basses, par leurs inventions et leurs modèles en ce genre. Les qualités les plus essentielles des machines à puiser Peau sont, de n'avoir pas besoin de beaucoup de vent pour être mises en mouvement, et une construction qui les mette à Pabri de fractures ou de dérangemens fréquens. Sans cela elles seraient mises hors de service, souvent au moment ou elles seraient le plus nécessaires. C'est pour cela que celles qui demandent une grande force motrice, qui sont très-compliquées et contiennent beaucoup de fer, ont toujours de grands inconvéniens. La roue d puiser, la roue d jetter, et la limace d'arohimède remplissent plus ou moins leur but, Le Belier hydrauligue nouvellement inventé, n'est applicable qu'à certaines positions. La machine de Montgolfier qui depuis peu a si ſort excité l'attention des mathématiciens et des naturalistes est inefficace. Dans les derniers tems on a commencé à se servir, dans ce but, des machines à vapeur, et l'on en a ob- renu de grands effets, mais, il est vrai, à grands fraix. Souvent on est obligé de mettre en œuyre à la fois plusieurs de ces machines, pour pouvoir élever Peau à la hauteur convenable. § 845. Les mêmes moyens, ou à peu près, dont on se sert dans les contrées basses préservées par des digues, pour réunir et emmener des eaux qui y arrivent dès les hauteurs, peuvent aussi etre mis en œuvre pour se débarrasser des eaux qui suintent ou transudent dans les terres, des eaux croupissantes ou de marres. Ceite humidité est due à des eaux placées dans des positions plus élevées, qui filtrent aux travers des couches perméables du sol, et s'a- massent dans les bas fonds. Lorsque les rivières s'enflent, les eaux de ce genre péndètrent dans le sol, et n'en sortent pas facilement, lors même que ces ri- vières baissent; au contraire il semble que ce soit alors seulement que la terre en est saturée; souvent l'eau ne reflue à la surface du sol, que lorsque les rivières ont repris leur hauteur habituelle. Cette circonstance fait que ces Laux peuvent étre emmenées, non seulement par les canaux qui passent sous 14 174 PRINCIPES RAISONNES les digues et dont les portes ou écluses s'ouvrent, lorsque la rivière a baissé, à Paide de la seule pression des eaux du canal; mais encore par ceux auxquels on a donné une direction oblique relativement au cours de la rivière, afin de qe les réunir à celle-ci, dans un lieu où l'eau du canal a atteint un niveau égal, si ce n'est plus élevé. § 846. b Lorsque Pexcès d'humidité est du, non à des eaux souterraines ou crou- pissantes, mais au débordement et au suintement de rivières qui manquent de pente parce qu'elles ont un cours tortueux, le mieux est de redresser le cours de ces rivières, et de lever tous les obstacles qui peuvent se trouver à leur passage. Plus le cours est droit, plus il est rapide, et plus il est rapide, moins le volume d'eau qu'il contient à la fois dans son lit se trouve con- zidérable: moins il rencontre d'obstacles, plus il coule avec tranquillité, et plus il coule tranquillement, moins il cause de ravages. On opère ce re- dressement de deux manières; ou l'on coupe les sinuosités des bords de la V riviere, pour redresser son lit, et par ce moyen on raccourcit quel- quelquefois son cours des trois quarts et au-delà, en mèême iems qu'on donne à Peau plus de pente, parconséquent plus d'écoulement; de cette manière, on gagne souvent une assez grande étendue de terrain excellent pour la culture des grains et pour former des prairies, et ainsi Pon retrouve au complet les frais que cette opération a occasionnés. Ou bien, sans fermer l'ancien lit, on conduit une partie de la rivière au moyen d'un canal que l'on creuse dans le voisinage de Pancien, et qui a plus de pente, par cela mème qu'il est plus droit. Au premier abord ce canal sup- plémeniaire n'a pas besoin d'étre large et profond, peu à peu Pacuon de Peau P'agrandit d'elle-même, de manière qu'il puisse contenir et emmener la V. iotalité de Peau de la rivière, et que l'ancien lit devienne inutile; c'est- ce qui a eu licu au nouveau lit de l'Oder, dès Güstebinse jusqu'à Niederwutzen. II n'est pas rare que les prairies souffrent de l'humidité, lorsqu'elles sont situées le long d'une rivière ou d'un ruisseau qui serpente beaucoup et dont, quelquefois, les eaux s'élèvent au-dessus de la surface des terres qui Pavoisinent; souvent on peut remédier à ce mal en creusant un fossé dans la longueur de la prairie, dès sa partie supérieure à l'inférieure, et en lui donnant son em- bouchure dans un lieu ou le lit de la rivière est plus bas que la superficie du pré. Ce fossé emmène promptement les eaux débordées ou qui ont suinté sur le pré, pour cet effet on a soin de favoriser leur écoulement dans ce fossè, abais, auxques , aln de n nifeau ou erou⸗ danquen redreset ze trouyer at rapide, we con- lité, et ce re- k de la t quel- 8 qu'on e cette t pour ouxe au wiére au i a plus aal sup- àe mener la le; oest rwulzen. les sont e domt, Osmeni; agueun de tson el- erßcie du zuinlé Sur ce ſosi D'AGRITOCULTURF. 175 par le moyen de tranchées qui y aboutissent. La terre qu'on extrait du fossé en le creusant, suffit quelquefois pour former une digue le long de la rivière, si celle-ci est assez rapprochée pour qu'il ne faille pas transporter les terres à une trop grande distance. § 847. Dans des contrées entrecoupées de nombreux cours d'eau, il n'est pas rare de trouver, auprès des rivières, des bas-fonds plus profonds que le lit de celles- ci, ensorte qu'il est impossible de procurer, par le moyen de la rivière, aucun écoulement aux eaux qui refluent dans ces bas-fonds. Dans ce cas-là, pour opérer un assainissement qui paraissait impraticable, après avoir encaissé par le moyen de digues le cours plus élevé de Peau, on fait passer l'eau sous les digues et sous le lit de la rivière, soit par le moyen de tuyaux ou de conduits en bois, soit par celui de canaux en maçonnerie couverts, à P'aide desquels on conduit Peau dans quelque ruisseau inférieur. Cretté de Paluel, Pun des agriculteurs les plus distingués de la France, a mis en pratique cette méthode pour une couple de cas de ce genre; ſextrais des mémoires de la Société d'Agrieulture de la Seine, Tome IVY, le détail de ses travaux, pour servir d'exemple d'une opération qui, cependant, ne se représente pas souvent; ces deux cas sont fort instructifs, à cause du nombre et de la nature variée des circonstances qui s'y rapportent. § 848. Avant l'an 1779, la prairie BC* étoit presque toujours sous Peau; le cours de la rivière voisine appelée le More, dans son état ordinaire, Gétoit, à peine de 5 à 6 pouces, inférieur à la superficie du pré, ensorte qu'il se débordait ires-fréquemment. Le sol était constamment mou et plein d'eau, il ne pro- duisoit que des joncs et des roseaux. Le Croust, autre rivière, passe entre deux digues élevées KK, et sépare ainsi les prairies A et B. Lorsque Cretté se vit propriétaire de ces pièces de terre, sa première pensée fut de dessécher ces marais. La simple inspection puis un nivellement positif, monirèrent bientét que la prairie A ctait plus passe que la prairie B, et que cependant cette première donnait du foin beaucoup meilleur, parce qu'elle avait une pente naturelle qui facilitait Técoulement de Peau. Après s'étre assuré de la pente, Creuté fit établir sous le Croust, à Ja place C, un canal en bois de chéne, de 52 pieds de longueur et de 1 pied de largeur et profondeur, cet arrangement donna à la prairie B une pente de 2 pieds. Voyez Pl. III. 176 PRINCIPES RAISONNES Eusuite il fit fortfier les deux digues du More, deès le moulin jusqu'à la place M, partie la plus basse de cette riviere. En F iil fit établir une 6cluse, au moyen de laquelle il peut faire passer un excédent d'eau sous le Croust. Lorsque, par le moyen des digues F jusqu'à G, il eüt élevé le More de 5 pieds, il fit Gétablir, sous un toit, un moulin avec deux rouages; ceux-ci sont mus par deus rivières différentes. L'assainissement de la prairie C, fut exécuté à peu de frais, comme on le voit au premier coup-d'œil. La rivière serpente et est de beaucoup plus longue que le fossé OO qui traverse la prairie en ligne directe; ainsi'eau de la parte supérieure arrive beaucoup plus promptement en N que celle de la rivière auprès de M. Un conduit de 18 pieds de longueur et qui passe sous la digue en N, et le fossé OO sont donc les seuls frais que cet assainis- sement ait couté. Les fossés, qui auparavant se rendaient dans la riviere, sont fermés de ce côté là etse déchargent maintenant dans le grand fossé. Cette prairie donne aujourd'hui, dans toute son étendue, du fourrage excellent; la partie supérieure R est tellement assainie, qu'on l'afferme à haut prix pour y cultiver des lé- gumes. La petite He L, autrefois marais, a 6té relevée au moyen de la terre du canal qui Pentoure, et plantée en peupliers; par ce moyen le terrain inférieur Q a été complétement égoutté. Le canal qu'on voit ici est probablement un réservoir d'eau pour le moulin. P était uh marais, aucune plante ne pouvait y réussir, parce que la su- perlicie du sol n'était pas plus élevée que celle de l'eau. En y creusant des fossés, on Pa relevé de 8 pouces; il n'y a qu'une seule et unique pente, vers la place G. Le paturage H, qui autrefois était tout à fait marécageux, a maintenant un très-beau gazon, et est planté en peupliers.. Les champs voisins QQQQ sont de 15 à 13 pieds plus hauts que les prairies. § 849. La prairie AA*y manquait d'écoulement pour ses eaux, elle tait autrefois en marais, quelques parties un peu plus élevées que les autres, seulement, servaient, dans les tems les plus secs, de paàturage chétif et malsain à trois communes du voisinage. Au moyen d'un arrangement très-simple et très-peu — —— 24 * Voyez Pl. IV. ſosqud bür une sous le lore de ceux-ci de on le duh Nas und Pead ecelle de ui passe assallis- rmes de e donne perieure des lé- terte du Kreut pour le le la au= A dA ne peule, aiatenant 4 Ce les it aulreſbi eulement, iin à tf0S Uevpel pP' AGRICULTVURVB. 177 coüteux, on en a transformé environ 70 arpens, 140 journaux, en prairie; cette partie donne aujourd'hui de P'excellent fourrage, outre un pàturage abondant. Le champ voisin DDDD, érait de 8 à g pieds plus élevé, et les bords de la rivieère Croust de 6 à g; de sorte que l'eau n'avait nullement son ecoulement. Le Rouillon, rivière assez éloignée, fournit l'occasion d'assainir ceite prairie. On fit construire, sous le lit du Croust, un canal en maçonnerie FF, et creuser au travers d'une autre prairie EE, un fossé de 3 pieds en largeur I, desutné à recevoir et conduire dans le Rouillon, la totalité de l'eau du ſossé qui traverse la prairie A. Avant d'exécuter cette opération, il fallut procéder au partage de cette Stendue de marais qui n'appartenait à personne en particulier. Les deux pro- priétaires voisins, et les trois communes, tombèrent bientôt d'accord, et chacun eut sa part distincte. Cretté de Paluel en eut 14 arpens. Les frais furent les suivants: 4 Le conduit en maçonnerie, fait à la täche.-: Liyres 600 Le fossé au travers de la prairie E, de 8 pieds de largeur avec une digue.......... 450 Le fossé au travers de la prairie AA.... 56⁰ ——— En itout. Liyvres 1410 Chacun de son côté fit à ses frais, sur son terrain, les petites tranchées né- cessaires. Pour donner une idée des avantages qui résultèrent de cette opération, en comparaison des frais qu'elle avait couté, Cretté dit, qu'une des com- munes afferma sa part à 4A2 livres'an, pour chaque arpent. Une partie d'une autre prairie H, qui était encore plus basse que la prèce- dente, a été assainie de la meême manière, au moyen d'un fossé ei d'un conduit K, qui passe sous le conduiteF; ainsi trois cours d'eau passent les uns sur les autres, sans avoir de communication. Il y a peu d'années encore, la prairie M formait un marais fangeux que le bétail ne pouvait point parcourir; elle ne produisait que des herbes maré- cageuses et des jones. Aujourd'hui elle donne un produit égal à celui des autres prairies. Cretté fir établir en L un conduit de bois sous le Croust, et, par ce moyen, ſit baisser de A pieds l'eau de cette prairie. Les joncs dispa- rurent et, à l'aide de quelques engrais, Cretté obtint bientôt la plus belle herbe, Les arbres qu'il a plantés sur ce fonds réussissent à merveilles et, depuis 2 T. III. 23 PRINCIPES RAISONNES y soit interrompu par 178 ans, il y fait extraire de la tourbe, sans que le travail les eaux. La prairie EE a plos d'une lieue dont le lit est plus haut que le sol de la prai le fossé K qui prend Peau de tous les côtés. Comme a donnée à ce fossé, accélère le cours de ent que celle qui a suivi les en longueur, et est confinée par deux rivières rie; mais elle est pré- servée de l'humidité par la direcdon en ligne droite qu'on Peau, celle-ci arrive beaucoup plus promptem zinuosités de la rivière, et elle a aussi sensiblement plus de chute. & Voilà,» dit Cretté, ce que j'ai exécuté et que chacun peut voir de ses propres yeux.» Un de mes principes,» dit-il dans un autre endroit,& est de ne icoles. La terre paye toujours meure aucune parcimonie dans mes dépenses agri généreusement les avances que le cultivateur lui consacre, pourvu qu'elles aient G6té faites avec sagesse. Mais celles qui ont Eté fai ce sont les généreuses, seulement, qui ren- Uculierement le oas dans les dessé- tes d'une manière ré- trécie se retrouvent rarement; trent à celui qui les a faites, c'est par chemens*, — „ L'observation de M. Cretté de Paluel est parfaitement juste, mais énoncée en termes beau- coup trop laconiques pour les personnes qui commencent Pagriculture sans avoir fait des études approfondies. L'agriculture a cela de commun avec les manufactures, que c'est avec la plus sévère économie seulement, et avec l'rdre le plus absolu dans les dépenses, qu'on y obtient des bénéſices, et que les fautes en apparence les plus légères, y ont des consé- une comme dans les autres, il importe de ne pas faire les choses d'une s elles présentent des résultats lotalement disproportionnés n eut obtenu un succès quences; mais, dans 4 manidère imparfaite, parce qu'alor aux fraix qu'elles ont eoùté, tandis que, avec quelque chose de plus, o complet et des avantages qui eussent dépassé de beaucoup toutes les dépenses qu'on aurait faites. C'esr ici la première source de mécompte pour les cultivateurs qui n'ont pas encore d'expérience. Après avoir compulsé ou étudié quelque journal ou cours d'ogriculture, dans lequel un cul- nivateur aura, suivant l'usage, indiqué comme résultat habituel d'un procédé, le succès dù à un sol particulier, à des circonstances ou à une température particulièrement favorables, sans et surtout sans fournir aucune nole de la dépense dis-je, bien monté Pimagination par le un jeune agriculteur com- supposer la possibilité de mécomptes, qu'il a faite pour cette opération; après s'tre, calcul des bénéfices que va lui procurer une telle découverte, ience n'a point atteint la maturité nécessaire, il mence son opération; et comme son expér il consulte des voisins exécute mal ou d'une manière trop dispendieuse; il s»'en doute, e nemis des nouveautés, qui l'effraient sur son entreprise, Ne pouvant plus retourner en arrière„il veut au moins mettre toute la parcimonie qui est possible, dans la continuation de cette opération, d'une opéralion dont le succès dépendait entièrement de la perfection avec laquelle elle serait 2 par deur le esk pré- 6. Comme le cours de a Siſi les 2 deut Wor da est de ne fe toujours su qwelles damere ré- „qui ren- les dessé- — Wemes beau⸗ apoir fait des Jue cest arer enses, qu ol des consé- cheses d' une oporüdn enu un Succss daurait ailes. b Terpétience- enuel un cul⸗ cees duͦ à un orobles, 8298 e depelse waüon par ſ riculleur coc- 3 cessite!i Ile des woiols ger enarriereii cue iair, uelle d aniù souvent assez élevés, terreau une nourriture ahondante, D' AGRICULTVUR E. 179 DU DEFRICHEMENT DES DIVERSES ESPECES DE MARAIS. 6 850. Nous rangeons sous la denominauton de marais les terrains non-cultvés, qui ngieux, humides et habituellement pleins d'eau. Ces terrains peuvent devoir leur humidité aux trois causes indiquées cidessus les lettres BCD; IIs contiennent ou une malière semblable au terreau, li- ou bien cette substance que nous nom- sont spo sous moneuse et adhérente à elle-même, mons Tourbe. Voyez vol. II§ 528. On les distingue 1.“ en marais verds, pròs marécageux, cette espèce com- on, ou d'herbages prend ceur qui sont recouverts par une couche de gaz couche de lesquels trouvent dans une première et 2.“ en marais d tourbe, marais steriles ou marais d bruyères, sur lesquels il ne croit guères que les plantes qui tla tourbe, et un petit nombre d'autres, telles que POrnithogale jaune Lidier d feuilles stroites(Ledum palustre), le et la Bruyère, tant la commune celle d. feuilles que formen (Ornithogalum luteum), le Piment royal(Myrica gale) disposées en croix(Erica vulgaris et tetralix.) Les marais de la première espèce, quoique demeurant dans un état d'hu- midité, donnent le plus souvent un produit en foin; mais ce foin est peu our Pordinaire désagréable au béetail, et souvent malsain; outre ter que dans une saison sèche. Ces marais ne per- du betail que rarement et pas sans danger. que aucun produit, si ce n'est peut- nourrissant, p qu'on ne peut le récol mettent également le parcours Les marais à tourbe ne donnent pres accomplie. Ceite opération alors, de ruine, en le privant des moyens q tions avantageuses. Dès ce moment, il marc récoltes en demi récoltes, et arrive peu à peu près de sa ruine. Il Sarr que Pagriculture est une vocalion maudite, qui mest bonne que pour le grossier manant, phomme plus instruit qui s'y voue. De combien de loin de lui procurer des bénéſfices, est pour lui un sujct ni eussent été nécessaires pour accomplir des bonifica- he de demi opérations en demi opérations, de demi éte alors, et se persuade et qui précipite à une perte certaine, gens ceci m'est-il pas Phistoire? Jeunes cultivateurs qui ambitionnez les succès que la terre reconnaissante ne refuse point jusqu'à ce que l'expérience puisse vous vous aurez plus de satisfac- que de celle de cent à ceux qui lui donnent des soins, entreprenez peu servir de guide, mais achevez bien ce que vous aurez entrepris; non et de proſit de la récolte d'un journal de terre bien préparé, journaus cultivés imparfaitement; et ce principe se rapporle également aux boniſications- Tr. 180 PREINCIPES RAISONNES étre un misérable pàturage; cependant quelquefois la tourbe qu'on en extrait leur donne une grande valeur. Le défrichement des uns et des autres doit étre précédé par le desséche- ment ou l'assainissement du sol; et pour opérer ce desséchement, on doit recourir aux moyens qui sont mchquss par la cause à laquelle l'humidité est due. L'on a souvent dépensé des sommes considérables sans fruit, pour n'avoir pas connu la cause qui occasionnait cette humidité excessive- § 851. Si, comme à 6 852, l'humidité excessive du sol provient de la stagnation des eaux qui s'écoulent des hauteurs dans les bas-ſonds voisins, où elles ne trouvent point d'issue, et où une couche de terre imperméable les empèéche de pénétrer plus avant dans le sol; il s'agit de savoir si l'on peut creuser sur la pente de la colline voisine, un ſossé d'écoulement dont le fond soit encore aussi élevé que le marais, et auquel, par conséquent, on puisse donner la pemte nécessaire. Si les frais d'établissement de ce canal n'excèdent pas les avantages qu'on peut attendre de Passainissement du marais, il ne faut pas hésiter; le canal doit être exécuté, et dirigé, comme nous le dirons bientôt, sur le marais qui est au-dessous. §. 852. Mais si ce moyen n'est pas praticable, parce que le sol du marais est dominé de tous cétés par des terrains élevés, on peut également avoir recours au troi- sieme moyen indiqué pour ce cas, au mèême 9 832 B, qui consiste à procurer à Peau une issue par les couches inférieures du sol; mais cela ne saurait guères avoir heu que dans les marais qui se trouvent dans une position élevée rela- nvement à la contrée qui les environne, ou à la nape d'eau la plus voisine, quoique cependant dominés de tous côtés par des Glévations; ce cas se pré- sente Aoelaneſois sur les montagnes. Quant aux marais placés dans la plaine, Il est rare qu'on puisse y opérer l'écoulement de l'eau par les couches infé- rieures du sol; mais si l'on a pu recourir à ce moyen, et si l'on a pratiqué aur fossés des trous par lesquels l'eau doive s'écouler, on peut remplir ces trous avec des pierres brutes, et les recouvrir ensuite avec de la terre; l'eau a, pour s'écouler, sufßsamment d'espace entre ces pierres. Lorsque le marais est Ggoutté, Pon ponduit à ces ſossés d'autres tranchées qu'on peut également recouvrir, après les avoir remplies avec des branchages, en eurä desseche- „ on doit widité est ur Waycie Kagnaüon. ou elles ne s empéche creuser zur oit encore donuer la lent pas les ne faul pas as bienlöt, est domine urs au troi- 4 procurer ait guères vée rela- s voOuine, as se pre- la plaine— hhes infé⸗ tiqué aur rous ANeC Sécouler, uuts, Jon rir, aptès D'AGRICULTURE. 181 5 855. Si, comme cela arrive souvent, l'humidité est due à des sources, P'essentiel consiste à découvrir la ligne, c'est-à-dire la hauteur, où ces sources s'ouvrent un passage. Quelquefois elles se montrent au bord du marais dans une position plus élevée que celle qu'a atteint la substance spongieuse. Laà elles peuvent étre détournées par un fossé, à l'aide de trous fait avec la tarrière, et le marais peut ainsi étre desséché, sans qu'on soit réduit à le percer dans toute son épaisseur. Par ce moyen on obtient lavantage, souvent important, de recueillir l'eau dans une position plus élevée, et de pouvoir l'emmener avec plus de ſacilité, ce qui, peut-ètre, n'aurait pu s'effectuer sans cela, que par le moyen d'un canal con- sidérable qui passerait par le fond du marais. Si au contraire les sourees sortent, ne fut-ce qu'en partie, du ſond du marais, il my a point d'autre moyen à employer que d'établir au travers de ce marais un grand canal d'écoulement, qui soit de niveau avec le fond de la couche spongieuse, et de travailler dans le sol humide, de la manière que nous allons indiquer, afin de conduire l'eau dans ce canal, et de la mener ainsi hors du fonds, encaissée dans la couche de terre solide. § 854. Si le marais doit son humidité à quelqu'eau, ou voisine, ou mème assez gloignée, dont la superficie habituellement, ou seulement de tems en iems, plus élevée que le marais, ait communication avec lui au travers des couches perméables ou par le moyen des veines du sol; circonstance qui peut avoir lieu quoique le marais soit séparé de cette eau par quelque colline, mème très-élevée; il s'agit de savoir si l'on peut donner à Peau du marais son écoule- ment dans un lieu, ou dans un cours d'eau encore plus bas; comme cela a eu lieu dans les deux cas de M. Cretté que nous venons de citer. Quelquefois on est réduit à conduire l'eau par un canal ouvert, vers l'endroit mème d'où l'humidité venait par dessous terre. C'est le cas dans les lieux où les rivières s'enflent, puis rentrent dans leur lit ordinaire. Lorsque ces rivières sont enflées, une partie de leur eau, comprimée par celle qui est au-dessus d'elle, pénètre dans les terres qui les bordent, et y filtre peu à peu, pour se rendre dans des bas fonds quelquefois assez éloignés; souvent le moment où cette eau est le plus apparente est celui ou la rivière a déjà baissé, alors l'eau demeure dans les marais spongieux, à moins que, peu à peu, elle ne retourne en arrière. Dans ce cas on peut remédier au mal, en creusant une tranchée qui reconduise prompiement l'eau à la rivière, ou directement, ou obliquement, dans une 18²2 PRINCIPES RRAISONNES lorsque le cours de cette rivière a baissé. on ferme l'embouchure du canal au moyen d'une e veuille arroser une portion de terrain, eau a baissé. Ainsi que je l'ai dit plus G'elles mémes, s'ouvrent et se ferment Alors toutes les place inférieure, fois que la rivière enfle, écluse, à moins cependant qu'on n et on Pouvre de nouveau, lorsque P haut, Pon a pour cela des écluses qui, selon le besoin. Telle est Papplicauon que j'ai cru devoir faire aux marais en paruculier, de dsur le desséchement des terres en général. § 855. C'estseulement lorsqu'on a établi le principal conduit d'écoulement au travers de la terre solide, qu'on peut entreprendre de couper le marais par des fossés. Lorsque ce marais est grand et profond, cela ne peut que bien rarement se faire en une seule fois, mais au contraire seulement dans le cours de plusieurs années, parce que la substance spongieuse et pleine d'eau dont le marais est u'on creuse les fossés à toute profondeur. On incipal quelques pieds de profondeur, en L'année suivante Pon approfondit mais encore on ce que j'ai dit plus hau composé ne permet pas d commence par donner au fossé pr allant aussi loin que l'humidité le permet. ce fossé, et non seulement on le prolonge en ligne directe, lui fait jeter des rameaux sur ses côtés et dans différentes directions. La troisieme année l'eau est tellement dissipée et la surface du sol est tellement desséchée, que l'on peut donner au principal fossé toute la profondeur qu'il doit avoir, et qu'on peut prolonger toujours plus avant, tant ce fossé, que ses divers rameaux. La matière spongieuse qui avait 6t6 gonflée par eau, diminue alors de de sorte que le fossé perd de la profondeur qu'on lui en parúe comblé. lle sesèche, de sorte et prend un talus volume et s'abaisse, avait donnée; à tel point mème qu'il semble qu'il ait été Cetle substance se retrécit aussi latéralement à mesure qu'e que, dans sa parue supérieure, le fossé acquiert plus de largeur, qu'on ne lui avoit point donné et qui n'est point d'usage pour les fossés de ce genre. 1 § 856. Les marais qui contiennent une certaine épaisseur de iourbe, sont mis en culture ou, après qu'on y a exploité la iourbe ou, sans que cela ait eu- lieu. Quant à J'exploitation de la lourbe, je m'abstiendrai d'en parler lci N: — X₰ 6 8„ Parce que nous avons sur cette matière un ouvrage classique Eiselens Handbuch oder iheoretisch praktischer Unterricht zur ncheren Kentniss des Forstwesens. Zweite Auflage: Berlin 1812. A- 43 é. Alorz lontes ka l au wofen qun Porlion de kennn, lue je fai M. Pl ſreu et ge ſerneut zen parieuler, de enéral. uſement au traren is par des fases. wen faremenl se ur de plusieurs an le marais est rofondeur. Oa rofondeur, en on approfondit mais encore on direcions. La d eK Lelleweht profondeur qull 8 Que sesddifeß jminue alors de ſeur qu'on lui tüe coubd. seche, de sore Jprend In talus Ls lesis de er ici 4 —— Tandbuch 2r Geide Auſlui D'A G RTICULITVRE. 183 Je dois me borner à ce qui a rapport au defrichement et à la culture pro- prement dite; mais cette culture ne peut avoir lieu que dans les tourbières qui ont été exploitées régulièrement et par places. Lors mêeme qu'il ne s'agit plus d'exiger d'un marais de la tourbe, et qu'on veut au contraire le meure en culture, l'on a cependant coutume d'y laisser une épaisseur de 9 à 12 pouces* de tourbe. Dans tous les cas on a soin de rejetter sur le sol et d'y bien mélanger toute la terre noire qu'on trouve sur la tourbe ou dans ses intervalles. Autant que cela se peut, on mele cette espèce de terreau avec une terre franche quelconque, qu'on s'est procurée dans le voisinage ou sur le sol même, soit sur les bords du canal, soit en fouissant de place en place, et faisant des fossés au dessous de la tourbe. Par ce moyen on donne à la terre tourbeuse la consistance convenable, et on la rend bientòt propre Atoutes sortes de récoltes. Si, dans le même tems, on peut lui donner un amen- dement avec du fumier, ou, ce qui est presque aussi efficace, un fort amendement avec de la chaux, ce terrain atteint promptement une fécondité extraordinaire: cependant ce n'est jamais impunément qu'on en exige plusieurs récoltes de grains consécutives, sans lui donner de nouveauxz engrais. En Hollande et dans la Frise, chacun sait que, pour conserver à un tel sol toute sa fécondité, il faut, ou ne pas tarder à le meitre en paturage, ou lui procurer une abondance d'engrais d'étable, en y faisant alterner les récoltes de fourrages. Les grands produits que rendent les terrains où P'on a exploité de la tourbe, lorsqu'ils sont bien administrés, font qu'ici Pon se hàte de mettre en culture les parties où Pon a enlevé celte substance, plutéôt que d'attendre la lente et petite rente que procurerait une nouvelle pousse de tourbe. Si Passainissement a été bien exécuté, le sol se trouve également propre à la culture des grains et à étre transformé en prairie, et celle-ci, à l'aide de quelques dispositions plus ou moins faciles, peut alors recevoir des arrosemens- Mais si P'assainissement n'est pas complet, on préfère transformer ce terrain en bois d'aulnes et de saules, espèces d'arbres qui y croissent avec le plus de rapidité, et qui donnent, en combusuble, un produit plus prompt et meilleur que celui d'une nouvelle pousse de tourbe. Si Pon m'a pas la possibilité de fumer ce terrain, dans les commeneemens on y verra encore des plantes tourbeuses; mais peu à peu ces plantes cèderont la place à de meilleures, sur tout si le sol est sec dans sa partie inférieure et & Enyiron 30 centimeètres. 184 PRINCIPES RAISONNES qu'on donne de tems en tems, à sa superficie, un arrosement avec de Peau. § 857. Lorsque Jes marais dont on n'a point exploité la tourbe, ceux qui sont couverts de jones, de bruyère et de plantes marécageuses en général, ont 6té suffisamment assainis, ils peuvent étre labourés ou avec la charrue, ou bien avec le hoyau s'ils ne peuvent pas encore supporter la pression des pieds des chevaux. Lorsqu'on a atteint une saison séche, on met alors le feu à la terre qu'on a ainsi remuée, en commengçant du còôté du vent, et elle ne tarde pas à ètre réduite en cendres, ainsi que les racines des plantes marécageuses. Quelquefois aussi Ton entreprend le brülement sans avoir labouré; mais alors le succés est bien plus incertain et bien moindre, parce que le feu ne pénètre pas aussi profondément, ni d'une manière aussi uniforme, et qu'il ne détruit pas aussi bien les racines des plames tourbeuses. Si le marais est excessivement spongieuz et ne con- siste qu'en substances végétales, il ne convient pas d'attendre un dessèchement compfet, ou tout au moins l'on doit ſaire remonter l'eau jusqu'à une certaine hauteur, en bouchant le fossé, afin que le brulement ne s'opère pas à une trop grande profondeur. Cependant on ne saurait éviter complètement cette inégalité dans la profondeur du brůlement, ni que, par cette raison, il ne se forme quelques aspérités à la superficie du sol, mais ces aspérités peuvent facilement être applanies. Après avoir opéré le brülement, il ne faut pas tarder à enterrer Ja cendre;, pour la mélanger avec la couche de terre qui était immédiatement au dessous. Ci devant on ensemencçait un terrain ainsi préparé, durant plusieurs années consécuuves en blé noir(sarrasin), qui y véussissait à merveilles et ameublissait le sol tourbeux; mais, à présent, on y cultive ordinairement des pommes de ierre et des navets, qui donnent un grand produit; ensuite on y sème du sèeigle ou de Favoine, qui y réussissent fort bien, et donnent une farine par- nculiérement blanche; cette dernière circonstance est due à la cendre. La navette de printems réussi également sur les terrains de ce genre. L'orge, le froment, Ie colza d'automne, ne réussissent point sur un iel sol, jusqu'à ce qu'il ait été mélangé avec de la terre proprement dite, soit argileuse, soit marneuse, ou méeme avec du sable pur. Lorsqu'on y a fait cette addition de terre, on peut y cultiver toutes sortes de produits. Cependant, après un certain tems, si Yon n'amende ces terrains avec des engrais d'étable, et à des époques convenablement rapprochées, ils ne manquent pas V de Pean. qui sont kral, ont „ou bien dieds des lerre qwon dire rédune saussi on bien plus dément, s racines ne con- Lchement eertaine das à une gent cette son, N ne lés peufent cendre, dessous, s aunées geublssait ommes de seme du arine par- ndre. La . Dorge, d, josgui ileuse, soi addiuon de 3 aes de 3 manquent p² D'A GRIcuI, T VUnR n. 185 pas de donner des signes d'épuisement, et l'on est alors réduit à les laisser en paturage; celui-ci donne un produit plus ou moins grand, selon que le sol a Eté plus ou moins épuisé par les récoltes de grains qu'on en a tirées. Quelqueſois on tient ces terrains en culture jusqu'à ce qu'ils ne produisent plus rien, Jalors on ne peut leur rendre leur ferülité, qu'en les laissant long-tems en repos, et en leur donnant des labours et des amendemens reitérés. On s'est aussi avisé de les bruler de nouveau, er, à la suite de cette opération, ils se sont montrés de rechef ferüles. LESARROSEMENS. La plus part des auteurs agronomiques ont associé le développement de ce qui se rapporte aux arrosemens, avec l'enseignement sur la culture des prairies. Cependant il est des arrosemens qui ont un autre objet que la fécondation des prés; dans les climats chauds en particulier, et dès les tems les plus anciens, on y avoit recours pour la culture des terres à grains et pour divers autres produits. Nous parlerons donc d'abord de ce qui se rapporte aux arrosemens en général, et nous traiterons de leur application aux prairies, lorque nous nous occuperons de celles-ci en particulier. L'arrosement se trouve lié, de plus d'une manière, avec la matière que nous venons de traiter, le dessechement des terres; soit parce que l'une et Pautre de ces opérations doit étre précédée des mêmes recherches sur le niveau et sur la chute de Peau, et que les règles presorites pour le tracement des fossés, doivent également ôtre observées ici; soit parce que, dans le plus grand nombre de cas, P'assainissement, l'égouttement et le dessèchement des terres, doivent précéder Parrosement, et dans tous, lui sont étroitement liés. En eſfet une des choses les plus esscntielles à un sol qu'on veut faire jouir des avantages de Parrosement, o'est, s'il souffre de l'humidité dans sa couche inférieure, qu'il soit auparavam assaini et parfaitement égoutté; sans cela, loin de pouvoir se promeittre de bons effeis des arrosemens, on doit au contraire s'attendre à voir le mal empirer. Mais il est aussi beaucoup de cas, où l'on peut se rendre maitre de l'eau qui croupit au dessous de la superficie du sol, ou qui s'y écoule, et ou Pon peut Pélever assez pour Pemployer, avec le plus grand à Parrosement du meéme ierrain qu'elle rendait auparavan: mal sain et marécageux, et qu'elle couvrait de joncs. Enfin, une condition sans laquelle iout arrosement ne produira que peu d'avantages, c'est que Pon puisse ôter Peau à volonté, et égoutter le terrain immédiatement après qu'il a été arrose. T. III. avantage, humide, 244 186„RINCIPES RAISONNES § 858. L'arrosement est sans contredit une des plus utiles et des plus importantes opérations qui puissent étre entreprises en agriculture. Il est connu de chacun que Phumidité est une condition nécessaire de la végétation, et que l'eau, tant directement qu'après sa décomposition, contribue essenüellement à la nutrition des plantes. La différence de fécondité des diverses espèces de terrain dépend essentiellement du plus ou moins de disposiuon qu'elles ont à retenir l'humidité. Le terrain sablonneux qui, à cause de la facilité avec laquelle il perd son humidité, est envisagé comme tout à fait stérile, peut devenir aussi fécond qu'un riche sol argileux, pour tout au moins un grand nombre des plus utiles de nos végétaux, si l'on a soin de lui conserver un degré d'humidité con- venable; pourvu seulement qu'il conlienne une portion suffisante d'humus soluble. Dans ce cas ci, le sol sablonneux sera mèême sensiblement plus avantageux à plusieurs de nos plantes les plus profitables; il favorisera parti- culidrement la végétation de celles qui ont de la disposition à souffrir de Phumidité. Lorsqu'on a fait les dispositions convenables pour arroser un sol à volonté, l'on est toujours mattre du degré d'humidité qu'on veur donner ou prendre à son terrain, La plupart des eaux charient avec elles des parúes fécondantes, quiĩ iufluent avantageusement sur la végétation. L'eau qui a coulé pendant un certain tems à la superficie du sol, contient toujours des substances nutritives, que, peu à peu, elle a recueillies sur les terrains où elle a passé, et la quantité de ces substances est d'autant plus grande, que les terrains étaient plus fertiles et plus riches en engrais. Cette matière nutritive, qui, sans cela, va se précipiter qans les abimes de la mer et qui, ainsi, se trouve perdue pour les terrains oultivés, est retenue au moyen des arrosemens, et est contrainte à se précipiter en plus grande partie sur le sol qui jouit de ces arrosemens; ainsi elle y contribue à la reproduction des nouvelles plantes. Quant à l'eau qui sort de ierre, elle charrie ordinairement avec elle de la chaux ou du gypse(sulfate de chaux) dissous dans de l'acide carbonique, parconséquent divisés en molécules impalpables. Lorsque P'acide carbonique se dégage dans Pair, ces deux substances ordinairement si favorables à la végétation, se précipitent alors sur le sol arrosé. C'est par cette raison que l'eau se montre d'autant plus efficace qu'elle est plus près de sa source, parce qu'elle a perdu une moindre quantité de sa chaux, Par le moyen des arrosemens, nous nous approprions donc des engrais inporlantes de chacun b leau lant nutrion min dépeud ir lhowidite 2l derd Son auss ſécond ſes plus Vliles umidile con- nte dhumus dement plus onssera parü- souffrir de roser un sol peut donner dales, qu pendam un es nubrilifes, el la quaniie t plus ſertiles ze ſräctiter ir les terrlüls 4s6 nraupiier b iinä ellee u qui Sofl de e(sullale de en mEees us S’bSdanes èrs Suf le 1 eſbeace well 6 quuntit 3 c des epgrub D'A GRICULTVURE. 183 que nous n'eussions point obtenus, et nous procurons un produit qui nous donne de nouveaux engrais, sans qu'il nous en coute aucune consommation de ceux ci. Ainsi nous créons à notre sol de nouveaux élémens de végétation. A Paide des arrosemens, nous nous rendons en quelque façon indépendans de la température, et nous prévenons ses défaveurs à plus d'un égard. Car, par leur moyen, nous pouvons, non seulement nous passer de pluie pendant longtems, comme le prouve la fécondité des terrains arrosés sous le climat sec de T'lialie, ou, quelquefois en 4 mois, il ne tombe pas une goutte de pluie et souvent pas même de rosée; mais, de plus, diminuer considérablement les dommages occasionnés par les gelées blanchies du printems, et par les gelées proprement dites, parce que l'eau des sources fraiches en particulier, par sa température plus élevée, réchauffe plutòt le sol, le couvre de verdure, et présente des prairies nourrissantes, alors que, dans les terrains non arrosés, on n'aperçoit pas encore un brin d'herbe, et parce que'eau, de quelqu'espèce qu'elle soit, atténue le mauvais effet des gelées blanches, et méme de la gelée, sur les plantes, lorsque, au printems, elle passe par dessus celles-ci; ou que, du moins, cette eau les guérit, lorsqu'après ces accidens de température, elle ne tarde pas à les atteindre. Par le moyen des arrosemens, nous poussons quelquefois à une fécondité très-grande, un sol qui, auparavant, ne donnait que des produits tout à fait insignifians. Ce sont là des motiſs suffisans pour nous engager à former des établissemens pour Parrosement des terres, dans tous les lieux où nous en avons la facilité. § 859. La possibilité de former des établissemens pour'arrosement, méme d'une grande étendue, n'est point une chose rare. Si nous voulons réunir nos moyens pour cela, il est beaucoup de districis, et même de provinces entières, ou il n'est presque aucun lieu, quelqu'élevé et éloigné des eaux qu'il soit, qu'on ne puisse faire participer aux avantages de ceite bonification. Si tous les cours d'eau naturels étaient coupés dans leur partie la plus élevée, et que l'eau fut retenue dans des canaux à une élévation convenable, on pourrait souvent conduire de Peau dans des contrées oùð, aujourd'hui, Pon a à peine Fidée d'eaux coulantes. Mais lors même que ces grands établissemens pour P'arrosement des terres, qui exigent un concours général des volontés et des moyens, ne sauraient avoir lieu, il n'est cependant pas rare qu'on puisse opérer Parrosement de sur- faces considérables, dans des lieuxsoù on n'en avait pas d'idée auparavaht- Jusqu'à 188 PRINCIPES RAISONNES présent, lorsque des propriétaires fonciers ont pensé à opérer des arrosemens, ls wont, le plus souvent, jeté leurs yeux que sur des terrains bas, voisins de quelque rivière ou de quelque ruisseau, quoique ce soit précisément dans une telle position que cette opération présente le moins d'avantages, et qu'il en résultàt un beaucoup plus considérable, si l'on appliquait l'arrosement à des contrées plus élevées, quoique inférieures au point où Pon aurait pu se rendre maitre de l'eau. C'est un fait démontré en mathématiques et en physique, quoique souvent méconnu, que l'eau qui coule sur une hauteur, doit nGcessairement s'étendre latéralement et horisontalement, lorsqu'on J'arréte ct qu'on Pempéche de descendre sur la contrée inférieure, et que, par conséquent, cette eau peut étre conduite sur tous les points qui ne sont pas plus élevés que celui auquel elle a été arrétée, pourvu seulement qu'on parvienne à empécher que, jusques-là, cette eau ne s'enſonce en terre. § 860. Ordinairement Peau qui descend d'un point supérieur sur un inférieur, avec plus ou moins de chute, c'est-à A-dire avec une vitesse plus ou moins grande, et au travers d'une contrée quelconque, a frayé sa route dans la partie la plus basse de cette contrée, et y a formé diverses sinuosités. Tout ruisseau coule donc dans une vallée plus ou moins large et bordée d'élévations. Lorsque, dès le lit du ruisseau ou de la rivière, l'on considère ces hauteurs, elles paraissent quelquefois tellement élevées, que bien des gens ne sauraient concevoir comment on pourrait y faire arriver l'eau qui coule dans la vallée: Cependant un nivellement démontrera que le lieu où l'eau entre dans la vallée est infiniment plus élevé que ces hauteurs qui, de premier abord, paraissent si fort inaccessibles, à Peau. Si donc, par le moyen d'une écluse, on coupe l'eau au point le plus élevé, que nous supposerons par exemple de 800 perches de hauteur, et si, au-dessus de cette écluse, on creuse un canal qui, prenant Pcau dans le lit du ruisseau, la conduise aussi haut et avec le moins de pente que cela est possible, cette eau pourra étre amenée sur tous les points des collines qui bordent la vallée, lesquels se trouveront de quelque chose inférieur au point où Pon a arrété l'eau. A fig. 1 Pl. VII, Peau descend de a en b, et, sur une longueur, d'en- viron 800 perches, a 40 pieds de chute, Si bon descend auprès de la rivière, la colline semble s'élever de plus en plus, et en x elle est de 50 pieds plus élevée que l'eau en b. Si donc on désire l'élever au-dessus de Pespace contenu entre a. d. h, afin de pouvoir l'étendre sur toute cette surface, ou seulement — —— —— dosemens, voisins de nent dans „ et qull sement à aurait pu ues et en neur, doit on Partdte que, par eSont pas nt qu'on terre. oferieur, zu moins la parlie ruisseau Lévauons. hauteurs, sauraient vallée: dans I4 abord, en Gune rons par n ereuse haut et amenée duveront ar, d'en- 4 riviere, lieds plus contenu eulemet D'à GRTITCULTVUR E. 189 sur quelqu'une de ses partes, il faut y creuser le canal a d, qui ne doit avoir qu'une irès- petite chute. En c l'on établira une écluse au travers de la rivière, et on l'élèvera mèême, ainsi que les bords de celle-ci, au- dessus du cours de l'eau, si l'on a besoin de donner à l'eau une plus grande elévation. Ainsi Peau s'écoulera dans le canal à une hauteur presque égale à celle de a, et parconséquent en d elle se trouvera presque de 40 pieds plus élevée qu'en b; elle se trouvera done de 10 pieds plus haute que la colline x. Si, maintenant, sur toute la surface a d b il ne se trouve aucune hauteur qui s'élève au-dessus de la nape d'eau, on peut, à'aide de canaux secondaires urés du canal principal, arroser toute cette surface. Si, au contraire, cet espace est inégal et raboteux, s'il y a des élévauions et des enfoncemens, pour Pordinaire Peau ne peut en atteindre qu'une partie. Dans ce cas, les canaux secondaires, les raies qui prennent l'eau dans le canal principal pour la conduire dans ces places, doivent suivre jes diverses sinuosités des élévations du sol et leurs diverses directions, ahn qu'on ne soit pas contraint de faire passer l'eau, au travers des bas-fonds, par le moyen de digues et de canaux relevés au= dessus du sol. Lorsque, comme cela a ordinairement lieu, la surface présente, dans la direction de d en b, une pente inégale, quoique pas absolument interrompue, on peut conduire l'eau ürée du canal principal, d'une surface supérieure à une infé- rieure, en se servant du fossé d'écoulement de la nape supérieure, comme canal pour conduire Peau sur la surface inférieure; ainsi l'on emploie à dif- férentes reprises la mèôme eau, comme nous le montrerons bientôòt d'une manière plus détaillée. § 861. Lorsqu'on projette un établissement de ce genre qui doive avoir quelqu'étendue, Il est absolument nécessaire, non-sculement de prendre avant tout les niveaux dans les diverses directions, et à différentes reprises; mais encore de s'orienter de la manière la plus complète sur toute la contrée, comprise ici entre Ies poinis a db, et de s'en former un tableau, soit dans la téte, soit sur le papier, afin de dé- terminer avec précision la quantité d'eau que cette contrée doit et peut recevoir, et dans quelle direction et quel ordre cela peut le mieux avoir lieu. En ceci Pon ne saurait trop éviter de précipiter ses opérations; la circonspection dans les travaux de ce genre procure souvent de très-grands avantages, et le contraire entratne fréquemment à des dépenses considérables et sans fruit. Il sera donc toujours plus sage, lorsqu'une telle opéraltion deyra être appliquée à une 190 PRINCIPES RAISONNES surface d'une étendue un peu considérable, de consacrer une année à parcourir celle-ci dans tous les sens, avec les instrumens de nivellement, à en remarquer toutes les aspérités et les points les plus élevés, et à observer dans les diverses saisons, surtout à la fonte de neiges, la direction qu'y prennent les caux dans leur course. Car si lon vérifait que le creusement du canal, dans la position la plus élevée et la plus éloignée de la rivière qu'on pùút lui donner, ne procurât que des avantages chéüſs, ou seulement inférieurs aux frais qu'une telle opération devrait coüter; si par exemple entre la ligne o x et a d, il y avait plusieurs élévations ou bas-fonds, ou tout au moins s'il my avait pas de places oùð l'on jugeaàt Pirrigation avantageuse, et qu'ainsi elle ne put étre utile qu'à l'espace placé au-dessous de e*, il y aurait alors de la prodigalité à creuser le canal couteux de a en d, et à en nrer de nombreux canaux secondaires; il serait peut-étre suffisant de creuser le canal plus court de e en x, et d'autant plus que les canaux secondaires, qui devraient conduire l'eau dans chaque place, seraient beaucoup plus courts. De cette manière, et dans chaque cas particulier, à la suite d'un soigneux examen de la position des terres, on découvrira la directon qu'il convient le mieux de donner, tant au canal principal, qu'aux canaux secondaires qui doivent en uürer l'eau. II arrive souvent que ce premier ne doit point éitre droit, mais qu'il doit au contraire avoir des courbures et des zig-zags, indiqués par les sinuosités du terrein, au niveau par lequel ce canal doit passer. Pour ceci il faut avoir également en vue et la convenance de pouvoir arroser la plus grande étendue de terrain, et une judicieuse épargne. de tous les frais infructueux. Les établissemens de ce genre, surtout lorsque le sol est sablonneux, donnent la facilité de faire transporter par l'eau des terres dans les bas-fonds, et de former une surſace unie etinclinée propre à P'irrigation. Nous reviendrons ensuite sur cette matière. Il faut, autant que cela est possible, chercher à donner l'eau aux positions les plus élevées; là elle est incomparablement plus profirable que dans les bas-fonds. Avec un cil exercé, on peut, il est vrai, se faire un plan des meilleurs moyens de lrer parii de l'eau et du terrain dont on dispose. Cependant quelque prauque qu'on ait acquise en ce genre, il ne ſaut jamais se reposer enüeèrement sur elle, il faut au contraire, avant d'en venir à P'exécution d'un plan, urer les niveaux vers tous les points et dans tous les sens, avec barcouer emarquer dans lez nent les mal, dans puͤt lui leurs aux lgne o1 moins Sil Painsi elle trait alors lirer de euser le ndaires, up plus oigneux convient ondaires on point „inaqués zer. Pour ir arroser lous les onneux;, as-fonds, iiendrons posilions dans les meilleurs lependant e reposer exécuuon ns, alei DPAcGRIcUn TU R. 191 la plus grande attention et, en vérifiant chaque observalion par sa contre épreuve, c'est-à-dire en répétant le nivellement, mais en le recommengant dans le lieu où on P'a fini pour la première fois. On verra alors à quel point Pœil peut induire en erreur; Pon se convaincra de la possibilité de conduire Peau sur des hauteurs que, auparavant, on jugeoit plus élevées qu'elle; en revanche on vérifiera quelqueſois le contraire, c'est-A-dire qu'on trouvera trop élevées des places ou l'on croyait pouvoir facilement conduire l'eau. Il ne suffit pas de s'assurer de la hauteur des lieux où l'on se propose de conduire L'eau, il faut encore connattre celles des places où cette eau doit passer. Autant que cela se peut, il faut éviter les places basses, důt-=on même, pour cela, faire des détours considérables; quelquefois, ponr conserver à'eau sa- hauteur, on n'’a d'autre moyen que de la faire passer sur des conduits élevés, formés avec de la terre ou des matériaux amenés à cet effet. On a recours à ce moyen lorsque le lieu où Pon prend l'eau se trouve séparé de celui ois on veut la conduire, par des enfoncemens de peu de largeur. II faut seulement examiner avec soin si les avantages que l'on retirera de l'ean, conduite au delà de ces enfoncemens, sont assez considérables, pour dedommager des fraix que le conduit occasionne, et s'il y a dans le voisinage une quantité suffisante de terre artzileuse, avec laquelle on puisse former un canal solide. Quelquefois un canal en bois est moins couteux, mais il ne faut pas oublier: qu'il est fort sujet à se détériorer, et exposé à divers dangers- Dans certains, cas, et lorsque Peau doit passer sur un terrain très-profond, ou peut étre par dessus un autre cours d'eau, il, vaut la peine d'établir une arcade en maçonnerie, et de construire un aoqueduc par dessus. Ici, encore, il faut meittre en comparaison P'avantage qu'on peut espérer d'une telle opération, avec les fraix qu'elle doit occasionner. § 862. Lorsqu'on a pris les niveaux de la conduite d'eau, la première chose sur la quello on doive porter son attention, c'est la quantité d'eau qu'on peut- se procurer; afin de donner au canal des dimensions ei Pétendue convenables- Pour cela il faut examiner attentivement la quantité d'eau que l'on a dans les diverses saisons de l'année, et prendre pour mesure celle que Pon conserve dans la saison la plus seche; car ce serait en vain qu'on ferait les fraix d'une plus grande étendue de canal, s'il n'y avait pas de Peau pour la remplir. Cependant, souvent il suffitt qu'au printems on ait de l'eau en suffisance, et qu'en 6*6 Lon puisse proſiter de toutes les ondees. Dans ce cas là, on ne peut, 192 PRINGIPES RAISONNES à la vérité, pas toujours donner les arrosemens dont le sol aurait besoin dans les tems secs; mais on peut toujours lui procurer, durant l'hyver et dans les pluies abondantes, beaucoup de sucs nutriüfs; ainsi le bonifier peu à peu, et lui donner, par ce moyen, une humidité durable. Quoique la quantité d'eau dont on dispose soit petite, on peut cependant en urer un grand paru; pour ccla ilene faut que lui donner l'emploi le plus économique, et s'en rendre maitre aussitôt qu'elle a produit son effet, pour Temployer de nouveau sur une place inférieure, puis sur une troisième place et ainsi de suite; mais cela même demande beaucoup de reflexion, car il faut donner, à chaque portion de terrain, une pente suffisante pour que l'eau descende et puisse étre recucillie de nouveau, et cependant pas trop forte, aſin qu'on perde le moins qu'il est possible de la hauteur que l'on a, et qu'on puisse étendre l'eau sur toutes les places où cela est praticable, avant que cette eau entre définitivement dans son précédent lit, ou dans le canal qui doit Temmener. Lon a tenté de déterminer mathématicſuement le volume d'eau, et Pétendue qu'on peut arroser par son moyen. Hypothétiquement parlant, cela peut- sans contredit avoir lieu; mais, dans la pratique, rarement on arrive au mème résultat; parce que l'on ne peut calculer avee précision, ni la vitesse, ni la .. 3. 1, 1 2 force du cours de Leau, ni la ſaculté d'absorption du sol. Un certain coup d'œil acquis par Pexercice, ou un certain sentiment pratique, conduisent en ceci- plus sůrement, que des mesurages, des profils ou coupes des cours d'eau, et le calcul de leur vitesse. Lorsque, dans la contrée mème, l'on n'a pas eu Poccasion d'acquérir cette pratique, parce quiil n'y a pas d'établissemens de ce genre, il faut aller soi même chercher des directions dans les lieux ou ils sont en grand nombre, ou appeler à conseil des personnes qui aient acquis de Phabitude dans l'évaluation de Peau. Souvent on augmente le concours de Peau, qui sort, sur tout des lacs ou des lienx remplis de sources, en agrandissant Touverture ou le canal par lequel ces lacs ou cette réunion de sources se vident, paroe qu'on diminue par là la contrepression que Peau stagnante exerce contre eelle qui cherche à s'y réunir. Au moyen de cet agrandissement de Porifice par lequel Peau doit s'écouler, les sources et Jeurs veines s'ouvrent d'avantage, Peau se précipite des hauteurs avee plus de force, et elle Souvre plus facilement un passage, au travers des obstacles qu'elle rencontre. C'est partculierement le cas auprès de ces lacs qui n'avaient aucun écoulement apparent, et qui, depuis qu'on leur en a donné un, se remplissent avec une promptitude plus grande qu'auparavant, et fournissent au canal une quantité d'eau qu'on n'eut point attendue avant cette opération. —₰— 2 soin dans dans les 4 ¹ à peu, pendant i le plus et, pour ae place a, eax I. que Peau Tp forte, et qu'on ant que nal qui Stendue a peut meme e, ni la Coup ven ceci 5 G'eau, a pas eu hens de eux ou aequis oncours ndissant rces se gnante sement duvrent Souvre e. Cest ulement vec une quantité D'AGRIGULTURE. 19³ § 865. Une troisième circonstance, dont, dans divers cas, on doit avant tout s'assurer, c'est la possession illimitée de l'eau, et du sol qu'elle occupe; il faut étre sans crainte d'aucun empéchement de la part des voisins dont les possessions sont au dessus ou au dessous du lieu ouù l'on veut travailler. Ces empéchemens, ne sont que trop fréquens auprès des moulins, parce que les meuniers dont les établissemens sont immédiatement au dessus de la place où Pon retient'eau, craignent que cette eau ne reflue vers leurs rouages, et que ceux qui sont en dessous, au contraire, craignent qu'on ne leur ôte Peau qui leur est nécessaire. Souvent ces craintes sont sans aucun fondement; mais si l'on est réduit à administrer la preuve qu'un établissement pour l'ar- rosement des terres n'est pas nuisible aux moulins qui sont dans le voisinage, il devient difficile d'établir cette preuve devant les tribunaux, d'une manière qui soit à portée de l'entendement des juges, et comme ces iribunaux se tiennent trop à la lettre de priviléges et de rescrits, qui, dans les tems d'enfance de l'agriculture, sacrifiaient tout à Pavantage et à la süreté des pro- priétaires de moulins, on court ordinairement le risque de succomber, dans un tel procès, contre l'égoisme et Penvie d'un meunier. Souvent aussi d'autres voisins croient avoir des moufs et le droit de présenter des oppositions, par exemple, ceux qui sont au-dessus, sont en proie à la crainte qu'on ne ferme les éclu- ses lorsqu'il viendra une abondance d'eau, et qu'ainsi ils ne soient exposés à des inondations, quelqu'absurde que soit cette idée; ceux qui sont au-dessous, au contraire manifestent la crainte qu'on ne diminue, qu'on ne gàte ou qu'on ne salisse leur eau, ou bien qu'on ne leur conduise un limon dont ils ne veulent point. Bien qu'aujourd'hui Pon ait des motifs d'espérer qu'une meilleure législa- tion rurale, lèvera les entraves de ce genre, il faut cependant être très-circons- pect en ceci, et se garder de mettre la main à l'œuvre, avant d'étre complé- tement rassuré contre les oppositions mal fondées qu'on pourrait rencontrer. § 864. 1 Enfin, pour chaque place que l'on désire soumettre à Parrosement, il reste encore à examiner si Pon pourra en faire écouler P'eau aussi promptement qu'on la lui a donnée, et d'une manière compléte; sans cet écoulement on peut- rarement se promettre un grand avantage des arrosemens, au contraire le terrain arrosé pourrait même étre transformé en marais. Au reste, dans le plus grand nombre de cas, ceue facilité d'écoulement existe. 1. III. 25 PRINCIP ES RAISONNES 194 § 865. Les divers fossés ou canaux dont on se sert pour les arrosemens, se rangent sous les classes suivantes: 1. Le principal canal Darrosement, celui qui fournit'eau à la contrée ou Pon des arrosemens de diverses espdces, et qui maintient ceute eau à Pélé- Dans sa partie inférieure, dans le fond, il ne doit avoir que peu de pente; un pouce sur 20 perches est bien assez. La largeur que doir avoir le fond du canal est déterminée par le volume d'eau qui doit y t à la profondeur que le canal doit avoir, elle dépend du plus dans chaque place, au-dessus de la sur- veut établir vation convenable. passer; quan ou moins d'élévation que le sol a, face horisontale qui sert de base au fond du fossé; c'est de cette profondeur que dépend le talus que les parois du canal doivent avoir. 2. Les canaux secondaires d'arrosement, ceux qui, prenant l'eau dans le canal principal, ou dans quelqu'autre fossé, la conduisent dans les places qu'on a l'intenüon Tarroser. 3. Les raies d'arrosement, sont celles qui laissent échapper Peau sur quelque partie du sol qu'on arrose, lors méême que ces raies seraient une continuation du canal secondaire. Comme l'eau doit y étre maintenue plus élevée que l'em- pouchure inférieure de la raie, toutes les fois, du moins, que Firrigation doit avoir lieu; ordinairement ces raies sont garnies d'un peut revétement ou d'une petite digue, au travers de laquelle on pratique, 4. Les ouvwertures par lesquelles l'eau doit étre distribuée; comme il ne serait pas possible de donner, au bord de la raie d'arrosement, une régularité ꝛelle, que Peau s'échappat d'une manière uniforme sur toute la longueur de ceute raie; on est obligé d'avoir recours à ces ouvertures qui, ayant à sup- porter un effort de P'eau assez grand, doivent étre bien garanties, et garnies avec des gazons épais, ou avec un revètement en bois: souvent on forme ces ou- vertures par le moyen de tuyaux en bois; quelquefois d'une nige de saule de la peute digue du bord de la raie. Il faut creusée et qu'on passe au travers qui passe au travers de ces ou- pouvoir diminuer à volonté la quantité d'eau vertures; cela peut avoir lieu au moyen de de Peau, ou au moyen de petites planches qu'on pose devant'ouverture. Lors- uvertures dans gazons qu'on plaee au passage que la prairie m'a pas une hauteur uniforme, on place ces 0 les points les plus élevés. De ces ouvertures, du moins dans les prairies soumises à Pirrigation, l'eau passe dans 5. Les rigoles d'irrigation. Ces rigoles sont, ou derrière la petite digue DA GRTCUI TVW RE. 195 de la raie d'arrosement, ou à peu près à angle droit avec elle. Cest dès ces rigoles que l'eau s'étend sur la superficie du pré. Ces rigoles ne doivent pas étre trop longues; 21 perches sont la plus grande longueur qui leur convienne, si elles en ont davantage, elles sont bientöt comblées par la prompte végétation de P'herbe, et leur extrémité ne recoit plus d'eau; plus elles sont longues, plus elles doivent étre larges à leur commencement, parce que l'espace qu'elles doivent arroser, celui qui est compris entre la rigole d'irrigation ou la raie d'arrosement et le fossé d'écoulement, est d'autant plus considérable, et demande une quantité d'eau d'autant plus grande. Il est inutile de dire que les ouvertures qui commu- niquent Peau à ces rigoles doivent être proportionnées avec elles. On fait ces rigoles à Paide d'une espèce de bèche légèrement recourbée, que nous appelons pelle à rigoler, et d'une espèce de grand couteau destiné à trancher la terre des deux côtés de la rigole, et que nous appelons tragçoir, ou bien 6. Les canauæ d'ecoulement. Il est nécessaire qu'ils soient proportionnés avec une charrue adaptée à cet usage*. à ceux d'arrosement, et ils doivent toujours correspondre avec eux. II n'est aucune partie du terrain arrosé dont Peau ne doive étre recueillie par une rigole d'écoulement, pour étre conduite dans une raic d'écoulement destinée à Pemmener. Ce sont ces moyens d'écoulemen prompis, qui distinguent un terrain arrosé, d'un terrain humide et marécagenx, ei ils sont une condition absolue du haut produit qu'on peut espérer des établissemens d'arrosement. Les canaux destinés à l'écoulement des eaux sont distingués de la mèême manière que ceux qui sont destinés à les amener. Le principal canal d'ᷣcou- lement est celui qui reçoit et emmène toutes les eaux qui s'écoulent de l'é- tendue de terres qui est soumise à T'arrosement. Quelquefois c'est le lit mème du ruisseau ou de la rivière méème d'ou, à une place supérieure, l'on avait tiré l'eau par le moyen du canal principal. Les canauæ secondaires d'écoulement sont ceux qui emmeènent Peau d'une partie de la contrée arrosée, et la conduisent, ou immédia- tement dans le principal canal d'écoulement, ou sur une nouvelle étendue de terrain, pour y servir à Parrosement; dans ce dernier cas, ce canal secon- daire d'écoulement devient canal secondaire d'arrosement. II n'est pas rare que les canaux de ceette espèce remplissent à la fois ces deux buts, c'est-à-dire * Celle qui est représentée dans mon ouvrage intitulé Beschreibung der nutzbarsten neuen Aobergeraethe, 3 Hefte Pl. II. fig. 2 et 5, et Pl. III.fig., ed 2, peut servir à cet usage.(A.) / — — —— 195 PRINCIPES RAISONNES que, d'un côté, ils reçoivent l'eau qui s'écoule des terres supérieures, tandis que, de Pautre, ils fournissent Peau aux terrains inférieurs, par le moyen des ouvertures qu'on a prauquées à la petite digue qui leur sert de bordure et leur aide à retenir eau. Quelquefois on garnit aussi les raies d'écoulement sur leurs bords avec de peutes digues, afin que Peau ne s'en échappe pas trop promptement, et l'on pratique alors, au travers de ces digues, des ouvertures, qui peuvent ètre fermées plus ou moins, à volonté; cependant ceci a lieu plutôt dans les arrosemens par inondation, que dans ceux par irrigation. 7. On donne le nom de Jossés ou tranchées de réeunion, à ceux qui sont Jdesünés à rassembler les eaux qui coulent d'un terrain supérieur, pour les réunir dans un canal relevé au-dessus du sol, ou dans un espace plus large, comme par exemple un étang ou un réservoir, dans lesquels on les retient par le moyen d'une digue suffisamment haute et forte, afin de les conduire, à un niveau plus élevé, sur des terrains qui, sans cela, n'eussent pas pu jouir de leur influence. Lorsque les fossés d'écoulement doivent remplir aussi ce second but, ils demandent incomparablement plus de soin dans la manière de les établir. § 866. Aucun établissement d'arrosement tant soit peu considérable ne saurait se passer entierement d'écluses de diverses espèces. La construction de ces écluses est du ressort de Parchitecture hydraulique, je crois en conséquence devoir renvoyer mes lecteurs aux différens ouvrages qui traitent de cette matière*. La principale écluse, celle au moyen de laquelle on arrète Peau de la riviere, pour la forcer à entrer dans le principal canal d'arrosement, est or- dinairement la plus considérable et la plus coùteuse; quelquefois méme elle forme à elle seule la plus grande partie de la dépense. Ona, en conséquence, cherché à en faire Pépargne, et à lui substituer une digue réelle. Mais il n'y a que peu de cas; ou il n'y ait pas de graves inconvéniens de couper ainsi le cours de Peau d'une manière permanente, et bien moins encore où il fut praticable de percer, au besoin, ces digues pour les rétablir ensuite. Si l'on ne peut étendre les avantages de l'arrosement qu'à une surface peu considérable, „ On trouve dans les Annalen des Ackerbaues, Vol. II p. 529, une description assez précise des écluses et autres constructions nécessaires pour les arrosemens de peu d'étendue; voyez le mémoire intéressant intitulé Abkandlung ueber eine Miesen bewaesserung.(A- di — p'AGRELCULT URE. 197 les frais de construcuon d'une ielle écluse, réparts sur cette surface, se trouveront peut-étre excessifs; iandis que, si l'étendue de terrain quiz pourra eire arrosé est tres-grande, ce qu'il en coũtera pour chaque journal de terre, se réduira à peu de chose. Les autres écluses nécessaires dans les canaux principal et secondaires, tant d'arrosement que d'écoulement, peuvent étre d'une construction plus simple et plus légère, parce qu'elles n'ont que rarement à supporter une grande pression de la part de l'eau. Selon les circonstances, il en faut un nombre plus ou moins grand; cependant, pour Pordinaire, chaque étendue de terre qui a sa raie d'écoulement particulière, doit avoir son écluse. Quelquefois ces öcluses sont établies de manière à faire refluer l'eau jusqu'à la sommité du fossé ou canal, d'autrefois de manière que l'eau n'arrive qu'à une certaine hauteur, et que tout l'excédent retombe au-dessous de l'écluse. Dans ce dernier cas, une digue peut souvent remplacer l'écluse. En général ici il faut se faire une loi, de ne pas pousser Péconomie au- delà de ses justes bornes, de peur que les frais d'entreuen et de réparation ne dépassent de beaucoup P'épargne qu'on aurait voulu faire dans l'établisse- ment, et qu'il n'en résulte d'ailleurs diverses incommodités et des dérangemens. Dans bien des cas, soit pour les arrosemens, soit pour l'écoülement des eaux, on est obligé d'avoir recours à des conduits ou encaissemens souterrains, soit en bois, soit en maçonnerie, pour faire passer Peau sous une digue, un chemin, ou peut-étre sous un autre cours d'eau. Quelquefois ces conduits souterrains sont également fournis de portes, de glissoirs ou de bouchons, afin qu'on puisse, à volonté, retenir l'eau par leur moyen, ou la laisser écouler. Il n'est pas rare qu'on soit obligé d'établir des ponts pour le passage de Peau, soit en bois, soit en maçonnerie; dans ce dernier cas on fait porter le canal par une voüte; cependant comme les constructions de ce genre sont exposées à de fréquens dommages, et que leur rupture dans des mo- mens où les eaux sont très-abondantes, peut occasionner de grands dé- sastres, il faut éviter, autant que cela est possible, d'avoir reeours à ce moyen. Les digues ou parapets en terre, elevés au-dessus du sol pour porter un canal qui doit transmettre Peau d'une hauteur à une autre, couùtent souvenz beaucoup, et sils ne sont pas faits avec un soin extréme, ils exposent éga- lement à de grands dommages. Souvent, en détournant le eanal, on peut g'en passer, et cela est toujours préférable, lors même que ce moyen paraitrait tout aussi coùteuz. 198 PRINCIPES RAISONNES § 867. Ilest trois manières différentes d'opérer Parrosement. 1. Par inondation. 2. Par irrigation. 3. En faisant refluer Deau dans les fossés. Il est des localités où P'on peut arranger les choses de manière à employer alternativement ces trois genres d'arrosement, selon le but qu'on se propose dans Chaque cas particulier. § 868. L'inondation exige que, par nature ou par art, le sol qui doit la recevoic soit entouré, tout au moins de trois côtés, d'une Pelite digue qui retienne l'eau sur la place inondée. Quelquefois on opère binondation en arrétant le cours naturel de Peau, par le moyen d'une écluse établie au-dessous de la place qui doit être arrosée, et en forçant ainsi cette eau à refluer et s'étendre sur la surſace à laquelle on la destine; mais cela ne peut avoir lieu que dans certaines localités, et le plus souvent d'une manière imparfaite, parce que, de cette manière, l'on n'a pas à sa disposition la fixation de la quantité d'eau, la durée de Pa ro- sement, ce prompt égouttement qui est d'une grande importance, souvent aussi la fixation du point jusques où l'eau doit s zétendre, et que souvent dans les crues d'eau subites, le rétrécissement que l'écluse proquit au lit de la rivière, occasionne des débordemens inopportuns, et fait que l'eau entraine des terres, ou forme des ensablemens. Les inondations qui sont opérées au moyen d'un canal d'arrosement, lequel prend l'eau dans la rivière à un point plus élevé, sont infiniment préférables, et d'autant plus que c'est seulement de cette manière qu'on peut procurer les avantages de l'arrosement, à des places plus hautes, quoique inférieures au niveau qu'a Peau, dans la place où elle sort de la rivière pour en- trer dans le canal. Aussi ce n'est guères que de cette manière, qu'on peut dgouter, promptement er à la fois, toute l'étendue du terrain inondé. L'nondauion a quelques avantages méme sur pirrigation; durant les abon- dantes eaux de Phiver et du printems, on peut employer l'eau, qui alors est plus fortement chargée de parties fertilisantes, et la retenir sur le sol jusqu à ce qu'elle y ait déposé tout le limon substantiel qu'elle charrie avec elle. Par ce moyen, non seulement le terrain simprégne complétement d'eau, DAGRTOCULTUR F. 199 mais de plus un sol spongieux, s'l a son écoulement par sa couche inférieure, prend plus de consistance et de solidité. En revanche, cette espèce d'arrosement ne peut avoir lieu qu'en automne, en hiver et au printems, et doit cesser aussi-it que la végétation et la chaleur commencent. Apreès la récolte des foins de première coupe seulement, on peut quelquefois y avoir recours, encore pendant un tems très-court. Lorsque je m'occuperai de la culture des prés en particulier, j'entrerai dans plus de détail sur Pimportance d'assurer l'écoulement de l'eau et le prompt égout- tement des terres. Ici je me bornerai à rappeler que les raies et canaux U'ecoulement doivent étre établis d'une manière convenable, étre propor- Uonnés à la quantité d'eau dont on doit se débarrasser, et avoir assez de pente deès tous les points de la surface qu'ils doivent assainir, pour que, nulle part, il ne reste des places humides et où P'eau séjourne; si du moins on veut atleindre tout le bon effet qu'on peut attendre de l'arrosement. § 869. Mais comme, en été, on ne peut pas faire usage de ce genre d'arrosement pour empécher que les terrains qui en ont joui en hiver, ne se dessèchent trop; dans sa totalité, l'arrosement par irrigation a cependant de plus grands avantages, surtout pour tout’terrain qui, de sa nature et par sa posilon, est très-exposé à souffrir de la sécheresse. Le dépòt des substances fertilisantes que Peau charrie, a lieu, dans l'irrigation, d'une manidère presque aussi com- plète que dans P'inondation, surtout si Pon se sert de la mèême eau à réi- térdes fois, quoique sur des places différentes; circonstance qui ne peut guòres avoir lieu que dans ce seul genre d'arrosement. Mais le principal avantage de Pirrigation est que l'on peut, dans tous les tems sans inconvénient, donner de Phumidité au sol et aux plantes qui y croissent, et cela précisément dans la mesure qui leur est nécessaire. Liirrigation a lieu en automne, en hiver et au printems, pour limoner et engraisser les terres, mais on peut aussi la continuer depuis que la végé- tation s'est mise en activité, et quoique les plantes soient grandies, aussi souvent et aussi long-tems que la température et la nature du sol et des plantes le demandent. Quelquefois on continue Pirrigauon, la nuit même qui pré-- cède le jour où Pon doit faucher, afin de donner plus de fraicheur à Pherbe. Chaque nuit qui succède à un jour très-chaud et desséchant, on ranime P'herbe à Paide d'un arrosement, au moyen duquel elle nre le plus grand avantage de la chaleur du jour suivant; tandis que, sur les terrains qui ne jouissent pas de 200 PRINCIPES RAISONNES cet arrosement, les plantes se fanent et se dessèchent. Cest seulement à paide de ce genre d'arrosement, que le cultivateur peut se soustraire aur defaveurs de la température et du climat; car par ce moyen, il remédie aur mauvais effets des nuits froides et des blanches gelées, ainsi qu'aux incon- véniens de la sécheresse. Comme, pour l'irrigation, l'eau est dans un mou- vement contnuel; cette eau ne peut pas y provoquer la putréfaction, ni oc- casionner des miasmes, comme o'est le cas des eaux stagnantes dans les tems chauds. L'herbe qui a cru dans ce genre d'humidité convient à toutes les races de besüaux, et celle qui est consommée en vert au pàturage, ne nuit point au bétail, comme le font les herbages qui ont cru sur les terrains naturel- lement humides*. L'on conçoit, du reste, que, avant qu'on puisse mettre pâturer les bétes dans un terrain ainsi arrosé, il faut que le sol ait eu le tems de s'égouter convenablement. Lorsqu'on a une quantité d'eau suffisante et qu'on donne à l'rrigation toute l'attention qu'elle mérite, on peut pousser au plus haut produit les sables méme les plus stériles, et c'est souvent les sols de ce genre qui sont les plus propres à étre convertis en prairies. A la longue, Lirrigation communique des parties ferulisantes aux sols mème les plus stériles et les plus dénués de substances nutritives, et cette communication est d'aulant plus prompte, que l'eau contient une plus grande proportion de ces substances. Si Peau n'en a que peu ou point, et qu'on abandonne la ponification à la seule action de la nature, cette bonification du sol se fait sans doute attendre pendant long-tems. Cependant le concours de l'eau ne tarde pas à faire nattre sur le terrain des lichens et des mousses, qui entrent en putréfaction, et produisent peu à peu Phumus nécessaire à P'alimentation d'autres plantes. L'expérience a dé- moniré qu'à l'aide d'une cau dépourvue de toutes substances étrangères, on pouvait, dans un espace de 10 ans, faire naitre, sur le sable le plus infertile, un gazon trèͤs-épais, et, en continuant Pirrigation, transformer ce sable en une prairie ferüle qui s'améliore de plus en plus; mais cette formation du gazon, cet enherbement, peuvent être sensiblement accélérés, si Pon charrie sur le sol des engrais de quelque nature; le terreau ou les substances tourbeuses qu'on peut trouver dans des bas-fonds voisins, lors méme qu'ils auraient un —y—ii 8 8— * Les betes à laine gaguent très-facilement la cachexie aqueuse, lorsqu'on les nourrit pen- dant quelques tems sur les päturages de ce genre.(Trad.) Peu DAGRICULTUKRKK. 201 peu d'acidité, pourraient étre suffisans par eux-méêmes; quoique sans doute paddiuon de fumiers animaux leur donnàât beaucoup plus d'actvité. Si on fait päturer le terrain ainsi enherbé par du bétail à cornes et des béètes à laine, après Pavoir cependant laissé suffisamment essuyer, ou si on le fait brouter par des bétes en les y faisant parquer; il atteint bien plus vite sa perfection, qu'en le soumettant à la faulx aussi-tét que P'herbe qu'il produit en vaut la peine. Mais à l'aide d'un riche amendement de fumier, on peut, en une année, transformer les sables les plus stériles et les plus arides en herbage des plus épais, pourvu seulement qu'on les arrose et qu'on y épande la semence de plantes qui conviennent au sol. § 870. Pour Pirrigation, il faut que la superficie du sol soit aussi unie que cela est possible, et qu'elle ait une pente douce; les rigoles d'irrigation qui regçoivent leurs eaux des raies d'arrosement, doivent passer sur les parties les plus élevées, afin de pouvoir répandre Peau sur la totalité de la surface. Avec ces rigoles d'arrosement correspondent celles d'égouttement, placées dans la partie la plus basse, pour y recueillir les eaux qui ont servi à l'arrosement, et les conduire dans le fossé ou canal d'écoulement; mais quelquefois ces raies d'é- gouttement deviennent elles-mêmes rigoles d'arrosement pour un autre ierrain placé au-dessous. Quelquefois les rigoles d'irrigation sont plus ou moins parallèles à la raie d'arrosement; d'autres fois elles font avec elle un angle plus ou moins ouvert; je dis plus ou moins, car souvent la disposition du sol ne permet pas de suivre une ou l'autre de ces directions d'une manière absolue. Les rigoles d'arrosement doivent ètre parallèles à la raie d'arrosement, lorsque Pespace de terrain auquel elles sont destinées, forme une surface unie, et qu'il a une pente uniforme qui commence à la raie d'arrosement; on en voit un exemple à Pl. VII, fig. 2. a. est la raie d'arrosement. b. son revéêtement ou sa digue. cc. deux ouveriures. dd. les rigoles d'arrosement supérieures, qui versent leur eau sur lasurface I. ee. les rigoles d'irrigauion inférieures, qui, après avoir recueilli l'eau de la surface I, la répandent sur la surface II. f. La raie d'écoulement, en cas cependant que Peau ne düt pas servir à Pirrigation d'une troisième surface. T. III. 26 202 PRINCIPES RAISONNES Les espaces qui séparent les rigoles d'arrosement. Pai déjà dit que les rigoles d'arrosement ne devaient guères avoir que vingt perches de longueur, parce que, sans cela, elles seraient bientôt comblées par la végétation de l'herbe; l'on comprend que, pour chacane, il doit y avoir une ouwerture dans la raie d'arrosement; cependant il faut se garder de trop multiplier ces ouvertures dans les places les plus élevées. Il faut éviter que la surface sur laquelle l'eau doit s'étendre, soit trop con- sidérable; mais on ne saurait guères en déterminer la grandeur. Si la pente est très-sensible, l'espace qui doit étre arrosé par une même raie d'arrosement doit étre plus étroit, parce que, autrement, l'eau y creuserait des sillons, dans lesquels elle coulerait exclusivement, au lieu de s'étendre en nappe et de couvrir la superficie du sol. Ainsi donc, à un éloignement de dix à vingt perches, on recueillera l'eau par le moyen d'une nouvelle raie, destinée à l'étendre de nouveau sur la surface qui est au-dessous, et l'on continuera de la méème manière, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus faire usage de l'eau. Ou dispose les rigoles de manière qu'elles forment des angles à peu près droits avec les raies d'arrosement, soit lorsque le terrain n'a pas une pente natu- relle, soit lorsque la surface qu'on veut arroser n'a pas une hauteur égale auprès de la raie d'arrosement, et qu'en s'en éloignant, elle va, tantòt en s'élevant, tantétens'abaissant. Dans le premier cas, Peau n'aurait pas d' coulementer pourrait facilement scjourner sur le sol, il convient ainsi de recourir à art pour élever le milieu de chaque dieon A fig. 5, Pl. VII, P'eau coule de la raie d'arrosement a dans les rigoles d'arrosement bbbb, qui se retrécissent à mesure qu'elles s'éloignent du point où elles reçoivent leur eau de la raie d'arrosement. Les surfaces à égayer I, 1, II, II, III, III ei IV, ont la forme de planches ou billons de champs lége- rement hounhes; on leur a donné cette forme, soit avec la charrue, soit avee la bèche, lorsqu'on a établi la prairie. L'eau coule maintenant, dès la rigole pratiquée à la sommité de Pados, sur les plans inclinés qui sont de chaque côté, et est recueillie par les rigoles d'écoulement ccce, qui séparent ces parues de le prairie, comme cela a lieu pour les billons de champs bombés, elle est ainsi conduite dans la raie ou canal d'écoulemeat d, qui a lui-même une issue quelconque. Si la surface qu'il faut débarrasser d'eau a, dans queldnes places, des Glévations naturelles, on fait passer les rigoles d'rrigation à leur sommité, et les rigoles d'écoulement dans leurs enfoncemens; ainsi ces rigoles sont, tantôt parallèles à la raie d'arrosement, tantôt à angle droit avec elle, et d'autres fois obli- ques ou contournées; souvent, en effet, il faut faire plusieurs détours pour attein- D'AGRICULTVU H E. 203 dre le but qu'on doit toujours avoir en vue, que chaque espace de terrain placé à un niveau inférieur à celui de la raic d'arrosement, reçoive, autant que cela est possible, de l'eau en suffisance, sans que cependant cette eau s'arréète et séjourne au delà de l'espace de tems nécessaire, dans aucune des places, mème les plus basses. Pour pouvoir conduire l'eau sur les points les plus élevés, il estsouvent nécessaire de prauquer des oubertures au travers de la digue de la raie G'arrosement, plus haut qu'on ne P'eut fait sans cela; ou méême de boucher les inférieures, afin d'élever er faire refluer l'eau dans la raie d'arrosement. Il arrive aussi souvent que, à leur passage dans des places basses, les rigoles ont besoin qu'on rehausse leurs bords avec des gazons, afin que l'eau puisse atteindre les places plus élevées. Plus la surface qui doit ètre arrosée est unie, moins on est obligé d'avoir recours à ces moyens; aussi, dans l'établissement d'une prairie, ne doit on rien négliger pour unir et regaler le sol aussi bien que cela est possible; ce but ne saurait étre mieux atteint que par le moyen des terremens ou limonemens, c'est-à-dire que par Paddition de terres qu'on y fait trans- porter et déposer par les eaux, opération que nous décrirons bientôt d'une manière plus particulière. S 871. Dans Pirrigation, il arrive le plus souvent que, non senlement on conduit Veau, tantét dans une place, tantòt dans l'autre, mais encore qu'on emploie la mème eau plusieurs fois et dans le même tems, en la conduisant sur une autre place, à mesure qu'elle a opéré sur une précédente. La mulüplicité des cas est ici tellement infinie, qu'à peine en trouve-ton deux qui soient en rapport P'uR avec l'autre. Je développerai cependant ici, à l'aide de planches, quelques-uns des prin- cipaux cas, dans la classe desquels la plupart des autres pourront étre rangés; je dois seulement observer que les figures ne représentent que le cours de Peau, et ne sont nullement un plan régulier, les raies et les rigoles y ayant 616, pour plus de clarté, tracées beaucoup plus larges qu'elles n'eussent dũ Pèétre, proporüonnément à l'étendue du terrain. § 872. Il west pas rare que, sur la pente d'une colline, au pied d'une montagne, en arrétant le cours d'un ruisseau qui en descend, on ne puisse, par le moyen Tun canal, conduire l'eau autour de cette élévation, et la retenir à ceite hauteur. De ceite manière tout l'espace de terrain qui est au-dessous du canal, — — —— 204 PRINCIPES RAISONNES se trouve dominé par Peau, et susceptible d'étre arrosé. Afin qu'on puisse faire usage de toute Peau du ruisseau, et cependant arroser et laisser 6goutter suc- cessivement toute la prairie, celle-ci a été divisée en six parties. Voyez Pl. VIII, fig. 1. Le principal canal d'arrosement b prend l'eau du ruisseau au niveau auquel elle est retenue par l'écluse a et il la conduit autour de la colline, aussi loin que les circonstances le permettent. Là il se réunit au fossé ou canal cc qui descend cette colline, et duquel partent cinq raies, parallèles, ou. à peu près, au canal b; ces cinq raies divisent en six parties la surface qui est desunée à Gire arrosée. Ces six parlies peuvent, à volonté, être arrosées ou égouttées Ies unes après les autres, et l'on peut mèême les arroser toutes à la fois, si'on a de l'eau en quantité suffisante. Lorsque ce dernier cas doit avoir lieu, on ferme les petites Scluses placées dans le canal cc; si en revanche on veut meitre à sec tout pespace qui est susceptible d'étre arrosé, Pon ouvre ces cinq petites écluses, et Peau trouvant dans le canal d'écoulement dd une pente plus rapide, va se jeter de nouveau dans le ruisseau. Au reste, nous avons dit que chacune des six parlies peut être arrosée séparément; il ne faut pour cela que fermer la petite écluse qu'elle a dans le canal co; tout comme lorsqu'on veut mettre cette parue à sec, il ne faut qu'ouvrir cette écluse. Si par exemple, on ferme les écluses 1, 5, 5, les parties I, III, V, recevront l'eau; tandis que les parties I, IVW, VI demeureront à sec. Si, en revanche, on ferme lles cluses 2, 4, 6, et qu'on ouyre les autres, les parties II, IV, VI recevront T'eau. Dans ce cas les raies 2, 5, 4, 5, 6, serviront à& la fois de raies d'arro- sement et de raies d'écoulement, parce qu'elles recueilleront l'eau des divisions ou partes supérieures, et que, si l'on ferme V'écluse qui est au-dessous d'elles, Peau y refluera et s'étendra sur la partie ou division inférieure. Il est sous en- neudu que le bord de ces raies, du côté inférieur, doit étre relevé et renforcé, et qu'il est peroé d'ouvertures destinées à distribuer Peau sur le terrain qui est au-dessous. § 873. Souvent, et surtout lorsque la totalité de'espace qu'on veut arroser a une pente moins sensible, cette surface ne peut se passer de raies d'écoulement séparées, qui recueillent l'eau d'une partie supérieure de la prairie, pour la conduire sur une partie inférieure, parce que, sans cela, la totalité du terrain ne pourrait point étre suffisamment égouttée. La fig. 2, Pl. VIII, est desunée à démontrer ce cas. Le canal qui reçoit son — — 0- 62 D'AGRICULTURE. 205 eau du principal canal d'arrosement, la répand sur Pespace I, lorsqu'on ferme Pécluse 1. La raie d'écoulement c recueille cette eau, et, s'il n'y a pas de place zuſérieure à laquelle on puisse appliquer, l'emmène en X. Mais si l'on ouvre Pécluse I, et qu'on ferme l'écluse 2, l'espace II sera arrosé par b. La raie d'é- coulement p recueillera alors Peau qui s'écoulera de cet espace, et la con- duira dans la raie d'arrosement, par le moyen de laquelle l'espace IV sera arrosé, lorsqu'on fermera l'écluse 5. L'eau s'écoulera alors par r en x, si l'on n'a pas d'autre place inſérieure où l'on puisse en faire usage. D'autres fois ces dtspositions pour Parrosement éprouvoent diverses modifi- cauons, comme cela se voit à Pl. IX. Le canal d'arrosement a fournit l'eau à la raie d'arrosement b; si maintenant, à Paide de l'écluse 1, on fait reffiuer peau, cette eau est étendue sur l'espace I, en avant vers x, par des rigoles perpendiculaires à la raie, et en arrière par des rigoles parallèles à cette raie, puis emmenée en d. Si Pon ferme Pécluse 2, l'eau tombe de f eng, et arrose Pespace II, II, en s'écoulant par les deux côtés de g. De laà l'eau est re- cueillie par h et i, et conduite de la première par l en k, qui, pourvu que Pécluse 5 soit fermée, arrose des deux côtés Pespace III, III; i conduit Peau qu'il a recue par m enn, qui, lorsqu'on ferme l'écluse 4, arrose'espace IV, par le moyen des rigoles perpendiculaires à la raie, qui y ont été tracées. L'eau est alors recueillie par le principal canal d'écoulement o, qui la rend à sa des- nnation naturelle, en cas que PYon n'ait pas d'autres terrains où Pon puisse en faire usage. 8i Pon ouvre les diverses écluses 1, 2, 5 et 4, la prairie est bientöôt mise à sec, et toute l'eau s'écoule par o; au reste dans ce cas la il faut ouvrir la principale écluse, qui forgçait Peau à entrer dans le canal d'arrosement. § 874. Dans des prairies dont la surface n'est pas unie, les rigoles et les raies, tant d'arrosement que d'écoulement, doivent souvent avoir des directions très- variGes. Là il faut, autant que cela est possible, donner auz places élevées une quantité d'eau plus grande qu'aux places basses, et pour celles-ci, il faut sur- lout avoir soin qu'elles puissent étre suffisamment égouttées. Le plus souvent on parvient à ce but en variant la direcuion des raies. C'est pour cela qu'on voit alterner les raies et rigoles d'arrosement paralléèles au canal d'arrosement, avec celles qui font aveo lui un angle droit ou plus ou moins aigu, et que ces raies regoivent des courbures et des sinuosités, selon que l'ezigent les ondula- Vons de la surface du sol. 206 PRINCIPES RRAISONNES § 875. Lorsque Leau doit passer au travers d'une place basse, pour èêtre conduite à une plus élevée, le canal doit étre relevé dans toute la durée de ce bas fond, de manière à conserver le niveau qu'elle avait avant d'y arriver. Alors, pour com- muniquer l'eau à la place du terrain qui se trouve plus basse, on pratique des ouvertures au travers des bords du canal, en ayant cependant soin que ces ou- vertures n'aient pas au-delà de la largeur et de la profondeur qui est nécessaire pour laisser passer la quantité d'eau convenable; et comme, par sa chute, l'eau pourrait facilement occasionner des déchiremens, il faut que ces ouvertures soient pourvues de petites écluses, et que Peau qu'elles fournissent soit regue dans des encaissemens. Pour exphquer ce que je viens de dire, je vais en donner un exemple à Pl. X. L'espace I, est de deux pieds inſérieur au niveau que l'eau acquiert, après avoir été relevée par l'écluse prineipale i, et par conséquent qu'elle a, dans le principal canal d'arrosement a. L'espace II, à la place où est le n.“ est de 2 pieds 6 pouces plus bas, et va de là en descendant. L'espace III, esi d'un pied 6 pouces plus pas que le niveau de l'eau. L'espace IV, seulement de 8 pouces, L'espace V, d'an pied 6 pouces. L'espace VI, de deux pieds. Le fond du principal canal d'arrosement a est horisontal dans la place oh il touche à l'espace I; il a besoin d'une digue forte; cette digue peut étre moins solide à la place ou il atteint l'espace III. Il faut que, dans toutes deux, cette digue, ce renfoncement, soit assez élevé pour maintenir l'eau dans toute la hauteur qu'elle peut acquérir, lorsque la principale écluse i, se trouve fermée; de sorte qu'on puisse conduire cette eau sur la surface IV. En b, Pon a placé dans la digue ou bordure du canal, une petite écluse, par le moyen de laquelle on peut prendre l'eau à volonté, pour arroser cet espace et celui marqué II comme ce premier espace a une pente douce dans sa parte inférieure, on en opère Firrigation par le moyen de rigoles parallèles, qui recucillent Peau de la partie supérieure, pour Pétendre sur l'inférieure. Au bas, V'eau est recueillie par la raie x, des laquelle 4 rigoles qui sont à angle droit avecg elle, répartssent cette eau et Pétendent sur l'espace II. L'espace III, est arrosé par trois raies ou grandes rigoles, qui sortent du principal canal d'arrosement et lui sont perpendiculaires; cei arrosement a lieu D'AGRTICUV T UR R. 207 lorsque les trois petites écluses c, d, e, sont ouvertes; les trois rigoles divisent cet espace en quatre bandes de terre longues et étroites. L'espace IV, reçoit Peau lorsque, outre les écluses a et f, on ferme encore b, c, d, e, ou entièrement, ou du moins assez, pour que l'eau demeure suf- fisamment élevée dans le canal principal; outre cela écluse g, dans le canal p doit aussi étre fermée. L'espace V reçoit quelque peu d'eau, de celle qui s'écoule de P'espace IV, dans la raie o, lors mème que l'écluse g est aussi fermée; mais si l'on veut qu'il ait de Peau en plus grande abondance et pour lui seul, on ouvrira Pécluse g, en tenant l'écluse h fermée; alors la raie o recevra la totalité de l'eau. Le canal pp, sert essenliellement au desséchement complet de la prairie et à P'écoulement du canal principal; pour cet effet, on lui a donné assez de profondeur et de pente. Si l'on ouvre les deux écluses g et h, toute l'eau du canal principal s'écounlera par ce moyen. L'espace inférieur VI, qui se trouve presque en ligne horisontale avec l'es- pace I, reçoit Peau lorsqu'on ouvre l'écluse f et qu'on ferme les précédentes, parce que, comme il est le plus bas, toute l'eau y descend. Dans les planches, les canaux et les raies ont été tracés en lignes et angles droits, ce qui, sans doute, est plus convenable, mais ne peut cependant pas toujours avoir lieu. La disposition du sol exige souvent que ces canaux ex raies aient différentes courbures, et que leurs angles soient plus ou moins aigus ou obtus; au reste, pour le fond, cela ne change rien aux principes que je viens d'établir. § 876. Pour présenter un exemple de la manière dont, en prolongeant horisonta- lement un canal autour de collines inaecessibles à l'eau, on distribue, sur la contrée inférieure, les eaux qui viennent d'un hassin supérieur, je vais trans- crire un cas dont j'ai conservé le souvenir, et qui est représenté à Pl. XI. Les parties n.“4, 5 et 14, étaient autrefois arrosées par un fossé qui p artait de o, et qui n'avait d'autre destination que d'arroser de méême les parties 5, 2 et 1, situées près du ruisseau. En prenant à cet effet le niveau, on trouva qu'au dessus de a, l'eau pouvait étre relevée assez, pour qu'on půt prolonger son cours autour de la colline. L'on creusa donc le canal principal au-dessus de a jusqu'en e, puis on établit Pécluse b. Par ce moyen Peau put recevoir successivement deuxz destinations différentes; l'une avait lieu lorsque a et b étaient fermés et que e était ouvert; alors cette eau se rendait sur Tespace 1, de celui-ci en 2, 208 PRINCIPES RAISONNES puis en 5, 4 et 5, T'où elle retombait dans le ruisseau; ou en cas que les es- paces 5 et 4, qui étaient déjà passablement humides, se trouvassent avoir une troß grande quantité d'eau, cette eau pouvait s'écouler en o; mais en méême-tems 6, 7 et 8 recevaient uue partie de l'eau, qui leur était com- muniquée par le moyen d'une écluse établie en d, et cette partie se réunissait avec Pautre au-dessous de 4. Sur cet espace, T'arrosement avait lieu par le moyen de rigoles, dont la direction se trouvait à angle droit avec le fossé, parce que le sol ayant trop de pente dans le sens du canal, des rigoles parallèles avec celui-ci wauraient pas étendu l'eau d'une manière satisſaisante. Pour la seconde destination de l'eau, le canal passe derrière la colline, la- quelle divise la surface, presque par le milieu; ce canal recoit l'eau lorsque b est ouvert et que e, au contraire, se trouve fermé. Les parties 9, 10,11, 12, 15, 14, sont mises sous l'eau ou laisscées à sec, selon que les petites écluses qu'elles ont dans le canal de communication, sont fermées ou ouvertes. Comme elles sont passablement bien régalées, et qu'elles ont une pente douce de g en 14, les raies servent à la fois pour Parrosement d'une partie, et pour l'égouttement de bautre; pour Parrosement, l'eau est étendue en nappe par le moyen de rigoles parallèles, excepté sur quelques places plus relevées, oùð Pon conduit l'eau par le moyen de petites digues ou de rigoles parüculières. Lorsqu'il y a abondance d'eau, tout peut être- arrosé à la fois; sinon l'eau reçoit successivement ces destinations Pune après P'autre. Si l'on ouvre à la ſois toutes les écluses, toute cette étendue de terrain est promptement égouttée. § 877. La troisieme manière d'arroser, qui consiste à faire refluer Peau dans les tranchées, ordinairement sans qu'elle se répande à la surface du sol, a lieu principalement sur les terrains marécageux et spongieux, après qu'ils ont été convenablement assainis et égouttés. Quelque nécessaire que soit, à cette espèce de terrain, un desséchement complet, dans les tems de sécheresse les sols de ce genre perdent, surtout à leur superficie, leur humidité à tel point, que les plantes s'y fanent. Dans cet état ces terrains trent un grand avanlage de l'eau que Pon fait refluer dans les canaux, fossés, ou raies d'irrigation, jusqu'à deux ou trois pouces de la superficie du sol, en fermant le principal canal d'écou- lement, Alors on laisse séjourner l'eau dans ces canaux ou raies, jusqu'à ce que la terre spongieuse en soit suffisamment imprégnée, et que les plantes soient rafraichies, après quoi l'on ferme l'entrée du principal canal d'arrosement, et ouyre les canaux d'écoulement, pour donner à l'eau un écoulement prompt, et D'AGRICGCULTURL. 209 et essuyer le sol. Cette opération ne peut produire un effet tres-sensible, que dans les terrains qui sont assez meubles et spongieux, pour pouvoir absorber l'eau latéralement. § 878. Cependant il est des lieux où la culture est extrémement soignée et où l'on applique cette méthode, même à des terrains solides; là on étend aveo la pelle sur les champs à bled, l'eau qu'on a ainsi fait refluer dans les fossés, et par ce moyen on rafraichit les plantes à volonté. Cette méthode est surtout usitée dans les climats les plus chauds et les plus secs. L'ouvrier se place au milieu du fossé, et jette, avec sa pelle, l'eau à droite et à gauche, à mesure qu'elle avance contre lui, au moyen de cela les billons voisins sont arrosés promptement et d'une manière égale* Il n'est pas rare qu'on puisse réunir ce genre d'arrosement avec celui qui a lieu par inondation; pour cela il faut pouvoir, en ouvrant le canal d'arrosement et fermant celui d'écoulement, élever l'eau à une hauteur suffisante, § 879. Pour pouvoir arroser les terres, on a quelquefois recours aux mêmes ma- chines, que pour procurer Pécoulemenit de leurs eaux surabondantes. On em- ploie dans ce but surtout des roues à puiser, qui sont mises en mouvement par le cours d'eau mème, qui doit fournir à l'arrosement. L'eau est ordinairement conduite par des chénaux dans la raie d'arrosement, et de celle-ci par des ou- vertures, dans des rigoles qui l'étendent sur la prairie. Quelqu'utiles et ingénieuses que soient les inventions de ce genre qu'on rencontre en divers lieux, leur construction et leur entretien sont cependant igeomparahlemenn plus couteux, que Pétablissement et Pentreten des arrosemens qu'on opère par le moyen de simples canaux, et d'autant plus que ces premiers, quelles que soient leurs dimensions, ne peuvent jamais suffire qu'à de petites étendues. Il n'y a peut- étre qu'un petit nombre de positions où l'on ne puisse, d'une manière moins couteuse, opérer davantage en arrétant Peau, et en la détournant pak le moyen de canaux; mais souvenmt les droits d'autrui ne permettent pas qu'on s'étende assez loin, pour prendre l'eau au niveau nécessaire; ils forcent ainsi à avoir recours à ces moyens arüficiels. Du reste, j'ignore si le belier et d'autres in- ventions hydrauliques récentes, ont déjà été mises en usage pour l'arrosement. * Voyez'Agriculture Toscane de Simonde, imprimée à Genève chez J. J. Paschoud. T. III. 27 210 PRINCIPES RAISONNES Eu Angleterre on est allé jusqu'à proposer, pour ce but, des machines à vapeur; je ne sais si on les aura effectivement mises en œuvre; cependant je serais disposé à croire que cela a eu lieu dans quelques cas particuliers. LE TERREMENT, MürHoDE PoUuh NIVELER ET REGALER, PAR IE MoOVYEN DE TERRES QU'ON FAIT TRANSPORTER ET ETENDRE PAR LEs EAUX; PRAIRIES ARROSABLES PORMüES PAR CE MoNEN. 5 880. Dans diverses contrées on trouve des exemples de cette opération qui, souvent, est d'un avantage inappréciable; par exemple en Suisse, selon Bernhard, on jette quelquefois dans les torrens qui descendent des montagnes, des terres, pour les faire transporter dans les vallées, et les y étendre, afin de relever le sol selon le besoin. On voit cette opération plus en grand dans la Toscane, où, selon ce que nous dit Simonde dans son Agriculture Tos- cane, Pon comble par ce moyen des marais considérables, et les transforme en terrains très-fertiles. Mais jusqu'à présent cette méthode n'a été mise en prautique nulle part sur 'aussi grandes étendues, que dans les contrées sablonneuses et dans les bruyères des duchés de Lunebourg et de Brèême, où, durant Pancien bien gire de ces pays, elle s'est propagée en peu de tems, et à tel point, que chaque paysan qui en avait la facilité, s'y livrait sans hésiter, et sans s'ef- frayer des débours dont elle demandait l'avance. Cette opérauion y fut facilitée en ceci, qu'il se forma des compagnies d'entrepreneurs, qui allaient d'un Heu à Pautre, et prenaient le travail à la tache, pour un prix proportionné iant à Pétendue du sol, qu'à la difficulté de l'opération. La pratique aequit successivement aux cheſs de ces entrepreneurs un coup-d'cPeil si juste, qu'ils n'avaient besoin d'aucun autre instrument de nivellement, que d'une règle et d'un plomb; qu'ils réussissaient le plus souvent dans leurs dispositions, et „ Jemtends par Terremene l'opération de couvrir et relever un bas-fond, par le moyen de ierres qu'on enlève à des hauteurs, et qu'on fait charrier et déposer par les eaux. Par Limonement, au contraire, j'entends'acte de relever des terres, ou de combler des bas-fonds, par le moyen du limon que quelques rivières charrient naturellement avec elles, et dont on procure la précipitation, en arrétam le cours ou le mouvement de Teau. Trad. pDP'AGRICUL T U R K. 211 esumaient avec assez de précision, tant le travail que chaque opération devait occasionner, que les difficultés qui pouvaient la traverser. Cette opération n'a jusqu'ici été décrite que par ſeu mon ami J.-F. Meyer, dans un écrit couronné intitulé, Veber die Anlage der Bewaesserungswiesen, besonders derjenigen, welche durch Schwemmen hervorgebracht werden, c'est-à-dire, Sur Petablissement des prairies arrosables, surtout de celles qui sont formées d P'aide de terres gu'on fait transporter et déposer par les eaux. Cet écrit se trouve consigné dans les Annales d'Agriculture de Basse-Saxe, deuxiéème année, troisième partie; mais il n'est pas assez clair pour donner, de toute l'opération, une idée précise à celui qui ne Pa pas vue exécuter. §. 931. Ceite opération consiste à transporter les terres d'une. élévation qui domine une vallée, sur les terres les plus basses et, le plus souvent, marécageuses de cette vallée, et à faire, dans ce but, charrier ces terres par des eaux qui, coulant d'un point plus élevé, les entrainent avec elles à leur passage; à former ainsi, tant de cette élévation que du bas-fond qui est au-dessous, un plan doucement incliné, qui puisse toujours étre arrosé, à l'aide du canal qui a servi à la conduite des eaux, et au quel, pour cet effet, on a donné, du côté de la pente, une digue, un bord c'une solidité suffisante. L'irrigation de ce terrain peut alors avoir lieu avec d'autant plus de commodité, et d'une manière d'autant plus parfaite, que les terres ainsi charriées et épandues par le moyen de eau, forment une surface plus ou moins inclinée, plus unie qu'on ne peut la rendre par le travail manuel. § 882. Pessaierai de décrire cette opérauion aussi clairement que cela me sera pos- sible avec des mots, et à l'aide de quelques ſigures. Un simple coup-d'oil, jets sur son exécution, en procurerait, saus doute, une idée beaucoup pius neite que celle que je pourrai en donner par cette description; cependant, dans celle-ci, jappellerai Pattention sur des choses qui pourraient facilement Schapper à celui qui verrait exécuter cette opération, sans en avoir une connaissance préliminaire. 1 § 883. 1 8 13* Le canal destine à procurer Peau nécessaire, sort d'une riviere ou d'un lac, er on le prolonge jusqu'au point de'élévation où il y a assez de chute pour 212 PRINCIPES RAISONNES que Popération puisse étre commencée. Ce canal ne doit avoir que très- peu de pente, au plus un pouce sur 20 perches. La pente du terrain, prise en moyenne, des le fond du canal jusque dans le bas-fond que l'on veut relever, doit éire d'environ un pouce par perche, ou ⁊, si le fond de ce canal a deux pieds de largeur, et que l'eau s'élève à un pied et demi. Si les dimensions du canal sont plus grandes, cette pente peut étre moindre; cependant une plus forte ne nuit pas, au contraire, elle accélère l'ouvrage; au reste cela dépend aussi de la nature du sol; lorsque le terrain est argileux et difficile à entrainer, la pente doit étre double de ce qui suffirait pour un sable léger. On peut, en quelque manière, suppléer au peu de pente qu'on a dans la place où l'on commence, en augmentant le nombre des ouyvriers qui se jettent la terre avec des pelles, et la mettent en mouvement au-devant de l'eau. Lörsqu'on a poussé le canal qui conduit l'eau jusqu'à'élévation dont on veut prendre la terre pour la faire transporter sur le bas-fond, on creuse une ouverture qui s'étende dès le fond du canal, du côté de la pente, jus- qu'à la place où, en demeurant de niveau avec le fond du canal, ce fossé latéral vient à la superficie du sol. A Pl. V, fig. 1. a est le canal qui donne Peau, et qui pénètre dans une 6lévation jusqu'en b. Je trouve ici que, du fond du canal jusqu'au bas-fond O, sur un éloi- ueee de 25 perches, j'ai 2 pieds de pente, et une hauteur d'un pied 4 d'eau. Je fais, en conséquence pratiquer, dès le point b, un fossé Ia- der. dans la direction e d, et à travers la colline, en le prolongeant jusqu'à ce que, tout en conservant une légère pente, le fond de ce fossé atteigne la zuperfiele du sol. Ce fossé n'a que faire d'avoir beaucoup de largeur. L'eau qu'on a introduite dans le canal se jette par ici, et ne tarde pas à rélargir son passage; j'emploie des ouvriers avee des bèéches et des pèles à tenir le passage des eaux libre des terres qui y sont tombées. On y jette alors avant tout, la terre qu'on a enlevée pour former le fossé, ensuite l'on y fait tomber celle d'entre les points e et f, si Peau ne l'emmène pas d'elle-méême. Leau entratne avec elle la plus grande partie de ceite terre, et les ouvriers placés en e 0f d, dans le lieu même où l'eau opère, mettent la terre en mouve- ment avec eue pelles. Une autre partie de la terre détachée de e fest entrainée auprès de la ligne c d, de sorte qu'il s'y forme un nouveau banc de terre, qui a environ trois pouces d'élévation au-dessus du fond du canal, et, du còr de la penie, une inclinaison douce. L'enlèvement de ce bänc se fait en quelque façon de lui-méme, et l'eau qui coule en nappe sur le sol, forme ant D'AGRICUILTUR E.. 215 ceite surface unie et légèrement inclinée, qu'on a en vue dans ceite opé- ralion. Lorsque l'espace sur lequel l'eau opère est devenu assez large, l'on commence à former une digue dans la direction du canal en c avec de la terre qu'on y jette dès e; au moyen de cela l'eau se jette avec plus de force vers e f. Ainsi à mesure que l'eau avance de ce còôté, on poursuit l'opération de e eng et de f en h, et l'on continue la digue ou parapet de cen e, et Peau, qui s'échappait d'abord entre e d ei e f descend alors entre g e et h f. Cependant il ne faut pas s'imaginer que l'eau saute directement d'nn espace à'autre, au comtraire,'opération avance peu à peu dans'élévauon de terre qu'il s'agit d'emmener, et, à mesure que l'espace sur lequel on avait opéré(au premier abord en c d) se trouve diminué par la digue formée entre ec, il s'augmente à l'autre extrémité. Ordinairement on n'a pas besoin de continuer à creuser le canal, il se forme comme de lui-méème, à mesure que l'opération avance, pourvu qu'on établisse, du côté de la pente, la digue qui doit faire avancer l'eau, et qu'on lui donne assez de solidité pour qu'elle ne soit pas rompue ou entrainée. C'est ainsi qu'on contnue cette opération, et qu'à mesure qu'on pénètre dans Pélévation de terre qu'on voulbit enlever, on forme un plan incliné, égal et uon in- terrompu, qui s'étend dès le canal jusqu'à la partie la plus basse du terrain inférieur. Dans ceitte opérauion, une partie des ouvriers doivent étre placés sur le bord du cours d'eau, dans le lieu méèême ou il a le plus de force, afin de détacher la terre avec des bèches et de la jeter dans les places où cela est né- cessaire. Les autres doivent l'’étre sur'espace même où l'eau opeère, ou sur le plan incliné nouvellement formé, munis de larges houes ou de pelles, tant afin de diviser les mottes et de les pousser en avant, qu'afin de retirer à eux vers la partie supérieure, une partie de la terre, lorsque leau en en- tratne une trop grande quantité à la fois. Je dis vers la pariie supérieure, car, vers le bas du plan incliné, cet inconvénient ne saurait plus avoir lieu. En général, les ouvriers doivent ètre répartis sur la totalité de l'espace où Peau opère, mais plus rapprochés vers le haut, dans la place où il y a beau- coup de terre à enlever, que vers le bas où il n'y en a plus qu'une peutite quantité, et où, au contraire, eelle charriée par eau va se déposer; en particulier il faut qu'un ouvrier actif et soigneux soit placé en haut, à'entrée du fossé latéral, soit pour séparer et jeter dans eau la terre qui doit étre emmenée par elle, soit pour conserver la profondeur convenable à ce fossé latéral. Dans le bas-fond oùð, non-seulement on ne doit point enlever de 214 PRINCIPES RAISONNES terre, mais où, au contraire, celle qui a été enlevée à l'élévation doit se rendre, l'eau opère d'elle-méême avec une grande perfection, sans qu'on ait besoin de l'aider à épandre, d'une manière uniforme, la terre qu'elle charrie. Lorsque le sol est meuble, qu'on dispose de beaucoup d'eau et qu'on a beaucoup de chute,'on a, à la vérité, besoin de moins d'ouvriers pour ex6- cuter cette opération, qu'il n'en faudrait dans le cas 0pposé, c'est-à-dire que le travail coüte moins. Cependant alors, il convient d'employer un plus grand nombre de ces ouvriers à la ſois, pour que le travail avance plus promptement, en effet l'eau qu'on a, suffit alors pour entratner une grande quantité de terre. La largeur sur laquelle on doit opérer à la fois, dépend de la quantité d'eau dont on dispose et de la nature du terrain. Si le volume d'eau est grand et que la terre soit de nature à étre facilement transportée par cette eau, on peut opérer à la fois, c'est-à-dire qu'on peut étendre l'eau, sur 10 ou 12 pieds de Jargeur; parce que la terre est suffsamment entrainée, et qu'elle se répartit et se dépose plus également, sans Pintervention des bras. Mais si le cours d'eau est petit et que la terre présente plus de résistance, il ne faut donner à la nape d'eau que 4 ou 5 pieds de largeur, afin que la force y soit plus concentrée, 5 884. La direction qu'on doit donner à cette bonification, et la. profondeur en laquelle on doit pénétrer dans l'élévation, où Pon prend la terre, dépendent, après la pente ou chute que l'on a, principalement de la quamité de terre dont on a besoin pour combler le bas-fond et former, tant de Pespace où la terre aura été enlevée, que de celui où elle aura été transportée, une su- perſicie unie et légèrement inclinée, telle qu'on doit la désirer pour que T'irri- gation ait un plein succès. Si on allait trep avant, on n'aurait pas assez de place pour la terre qu'on aurait remuée, et ainsi, faute de pente, l'eau et avec elle la terre, reflueraient dans le eanal. Si cependant cette opération doit s'étendre jusqu'à une rivière ou un ruisseau, comme c'est ordinairement le cas, on peut assez souvent se débarrasser de la terre surabondante qu'on a, en la faisant aller dans cette rivière, et entrainer par son courant. Ce- pendant dans ce cas, il faut bien prendre garde qu'il n'en résulte pas des ensablemens dans quelque lieu inférieur, et que des canaux de moulins ou des Gtangs w'en soient pas comblés. Si cela étoit à craindre, il ne faut laisser entrer aucune terre dans le lit de la rivière, il faut en consequence établir un parapet ou une digue sur le bord de ceite riviére, en employant à cela dapri et limo puisse müon Umob du v ono elait Clos ps le esr de 628, de la qu'au de ter le gro le quar de! le l mdc grac per, e 8 80 D'A GRICULTURE. 245 des fascines qui, tout en retenant la terre, laissent passer Peau. Mais souvent on trouvera plus à propos de combler Pancien lit de la rivière, pour lui substituer un canal qui soit en ligne droite. Dans ce cas on établit, dans la ri- vièere, une forte cléture qui ne permeue pas à la terre de s'étendre au-delà de la place à laquelle elle est desunée. Ilm'importe pas moins de s'assurer la quantité de terre qui est nécessaire pour relever suffisamment le bas-fond. Pour déterminer posiuvement qu'elle serait cette quantité, il fandrait mesurer et calculer, à chaque place, le profil, tant de P'élévation de terre qu'on peus enlever, que du bas-fond qu'on veut combler, afin de juger s'ils sont propor- tionnés l'un à Pautre. Mais comme la hauteur et la largeur changent fréquem- ment, en pratique, il serait à peine faisable de reeourir à ce moyen, de sorte que l'on doit le plus souvent juger de cela à la simple vue. Outre cela souvent on ne peut Poise calculer la quantité de terre qui se déposera en effet, d'après celle qu'on fera entrainer par Peau; par ce que les parties argileuses et limoneuses s'en vont avec l'eau et ainsi nese précipitent pas, à moins qu'on ne puisse arréèter le cours de l'eau pendant quelques momens. Dans une opé- ration de ce genre, faite sur un terrain zrileun et marneux, la quantité de limon entrainée par Peau se trouve telle, qu'à un mille de là encore, les bor ds du ruisseau en étaient tous couverts, et cependant la pente du terrain sur lequel on opérait était très-douce, Peau y coulait d'une manière treès-égale, elle y élait assez Gtendue pour m'avoir que peu d'épaisseur, et l'on avait établi diverses cloisons pour arréter le limon. Les terrains de ceitte espéce ne comblent donc pas le bas fond autant qu'ils le devraient. De même, si la terre chariée par Peau est déposée sur un sol marécageux et spongieux, comme c'es: fréquemment le cas, ce sol s'affaisse très-fortement, après qu'il a été desséché, sous la pression de la terre qui lui a été ajoutée, et il en résulte un enfoncement, alors méme qu'au premier abord la superficie était tout-à-fait unie. Enfin, dans la masse de terre qui doit étre iransportée par Peau, il pourrait se trouver une quantité de grosses pierres qui devraient nécessairement étre déblayées, c'est souvent le cas sur les hauteurs, ei ces pierrés occasionnent un grand déficit dans la quantité de terre sur laquelle on aurait compté. Au resie, lorsque, dans le cours de Popération, on s'apergoit qu's une place il manque de la terre pour combler- le bas fond, ou qu'on en a en surabondance, on peut toujours y porter ro- méde. Dans le premier cas, on donne une direction oblique un peu rétro- grade à la bande de ierre sur Iaquelle on opère, laquelle sans cela doit étre perpendicülaire au canal, ei de cette manière, on fait passer de la terre dans — 216 PRINCIPES RAISONNES les places où il en manque. En revanche, dans le second cas, on donne à l'eau une direcuon contraire, c'est-à-dire qu'on donne à la bande de terrain sur la- quelle on opère, une direction oblique, mais dirigée vers la partie qui p'a point encore été comblée. Si alors la coupe,(le profil) de Pélévation qu'il s'agit d'enlever et celle du bas fond qu'il s'agit de combler, demeurent les mémes, il faut, dans le cas où il manque de terre, faire entrer le canal plus avant dans Pélévation, afin d'obtenir une plus grande quantité de terre; au contraire, dans le cas où l'on a de la terre en surabondance, il faut changer la direction du canal pour le tirer plus en dehors, de sorte qu'on ait une moindre quantité de terre à transporter. Il résulte de cela, sans doute, que souvent le canal n'est pas entièrement alligné, qu'au contraire il forme des zigzags, des sinuosités, ce qu'on aimeroit à éviter; mais dans ces cas là, il n'est guère possible qu'il en soit autrement; il faut sacrifier Pavantage d'avoir un canal bien alligné, à celui qui est le but de cette opération, celui de ſormer un plan doucement incliné et parfaitement uni. Lorsque le terrein est sablonneux ou a de la disposition à se diviser, la plus grande quantité de terre, ou la plus grande élévation qu'on a à faire transporter par Peau, n'est nullement un obstacle; sans doute il en ré- sulte plus de travail, mais eomme l'étendue de bas fond comblée est plus grande, les frais de ce travail sont en effet proporúonnément moins grands, qu'ils ne Peussent été sans cela. Si Pon a de Peau en quanuũté suffisante pour transporter ceite terre, et un espace assez grand pour la recevoir; on peut irès-bien enlever de cette manière une éléevation de vingt pieds de hauteur. C'est seulement lorsque le terrein est tenace ei argileux, et qu'il faut remuer une pellée de terre après Pautre, pour la jeter dans l'eau, que Pouvrage est difficile. Si Pon a une hauteur considérable de terrain sablonneux, ce terrain se détache de lui-mèême, quelquefois mèême trop facilement, lorsque'eau vient heurter au pied de l'élévation; il faut alors procéder avec quelque circons- pecuon: la bande de terre sur laquelle on veut opérer à Ia fois doit étre large, et Pon doit éviter de faire passer le principal courant d'eau trop près de Pélé- vaution de terre que l'on veut enlever. II faut commencer à remuer la terre du haut, la jeter dans le courant, avoir soin de tenir en talus, la pente de Péléva- lion qui est du cété du courant et aviser à ce que la pente n'en soit pas trop rapide. La mèême chose est nécessaire pour la pente qui est derrière le canal, il faut, en lui enlevant la terre du haut en bas, lui donner un talus très-doux, afin que la terre n'éboule pas dans le canal et ne l'obstrue pas. Dans la suite, il devient souvent néoessaire de donner au canal, un rempart du côté de l'élévation, afin que l'eau qui s'y précipite dans les grandes fontes de neige et les pluies d'orage 3 7 n'en E el pra 8 65! 0, de co⸗ delacl etuäl das l Sur) dor pla doue creu detac Dans Haugi Lor pon! eaud RN de dey 4 à ce E' empe lemer niiore ligoee k dan ei le M doiy par de celle —— 8⏑—— et le curer. D'Aanic ULT VUR n. 217 n'en endommage pas les bords. Dans ce cas, il faut donner à cette eau des issues pratiquées avec soin, par lesquelles elle puisse s'écouler et entrer dans le canal. Si Pélévation quÜil s'agit d'enlever pour combler le bas fond qui est au-dessous, est occupée par des souches d'arbres, il n'est pas nécessaire de les arracher avant de commencer l'opération; leurs racines mises à nu par P'action de Peau, se détachent dans le cours de Popération, ou bien, au besoin, on les retranche, et si la force de l'eau est suffisante, la souche toute entière est entratnée dans le bas fond. Il en est de môme des pierres d'une grandeur moyenne, si le terrain sur lequel l'eau s'étend à assez de pente. Les très-grosses pierres, seulement, doivent étre roulées jusques dans le bas fond, ou étre transportées sur la place où le sol a déjà été aplani. Cette circonstance augmente, sans aucun doute le travail, cependant pas au point où cela serait, si Pon devait creuser dans le sol pour en extraire les pierres, parce que celles-ci sont détachées par Peau, sans autre intervention ‚ et laissées à la superficie du sol. Dans le plus grand nombre de cas, la valeur de ces pierres paie largement Taugmentation de travail qu'elles occasionnent. Lorsqu'on arrive au- dessous du niveau du terrain qui doit étre enlevé, Ton n'a que faire de plus s'occuper de la terre que l'eau entraine, ceute eau donne d'elle-méme au terrain une superficie plus unie qu'on ne pourrait la rendre par le travail manuel. Seulement, quelques-fois, lorsque le cours de l'eau est détourné par quelque obstacle, et prend une direction qu'il ne devrait pas avoir, on porte remède à ce mal au moyen de fascines que, à cet effet, on a toujours sous la main. 5 885. En plaçant ainsi des fascines sur les bords de P'ancien lit de la rivière„Pon empéche que ce lit ne s'obstrue, et on le conserve ouvert et libre pour Pécou- lement des eaux; ou bien, si Pon veut, on forme un nouveau canal pour cette rivière, dans la paruie la plus basse de l'enfoncement, en y établissant une haie aligaée, tressée et garnie de fascines, devant laquelle la terre s'amasse, et forme le bord du canal; apres cela, sans doute, il faut rendre ce canal plus profond, Mais, dans le plus grand nombre de cas, et surtout lorsque l'eau et la terre ne doivent étre jetés que d'un seul côté, il sera plus convenable de commencer Par creuser un nouveau fossé d'écoulement, un peu plus haut que Pancien lit de la rivière„ Het dont le fond soit cependant plus profond que lje lit de celle-ci. T. III. 28 218 FRINCIPES RAISONNES 5 886. Il faut avoir soin que, dans sa partie supérieure, T'espace de terrain sur lequel on aura opéré, demeure de niveau avec le fond du fossé latéral qui lui transmet l'eau du canal; parce que; sans cela, pour l'arrosement qui doit s'ensuivve, on ne pourrait que difficilement étendre l'eau d'une manière uniforme, sur toute la superficie du terrain. JPai dit dans la partie supérieure de cet espace, parce que, dans le bas fond, la terre déposée par Peau se place d'elle-méême, de manière à former une surface unie très-légé- rement inclinée, et des plus favorables à l'irrigauon. Si l'on a observé ce précepte, l suffit alors de donner une mêéme profondeur aux ouvertures pratiquées dans la bordure du fossé latéral ou canal secondaire; c'est par le moyen de ces ouvertures que l'eau doit étre répartie dans des rigoles paralléles à ce canal, pour être étendue d'une manière égale, sur joutes les parties dn sol qu'il s'agit de rigoler. C'est seulement dans les places ou le fossé latéral à une longueur considérable, et où toute la prairie doit étre arrosée par le moyen de ce seul canal, ce- pendant pas, en une seule reprise, mais alternativement de place en place, qu'on y pratique différens escaliers ou chutes, et qu'on laisse baisser, non- seulement l'eau dans le fossé, mais encore la surface du terrein à arroser; cges chutes sont alors d'un demi-pied à chaque coupure, on les détermine par le moyen de petites écluses, qu'on établit au travers du canal d'arrosement. Lorsque l'écluse est ferinée; l'eau s'élève dans la partie du canal qui est ‚elle reflue, et s'étend sur les terrains qui sont à côté. Si, au contraire, Peau se jette dans la partie du canal ou raie d'arrosement au-dessus on ouvre l'écluse, qui est au-dessous, et elle ne conserve pas assez d'éftévation, pour avoir une issue par les ouvertures latérales qu'on a pratiquées à ce canal, pour opérer l'ar- rosement des terrains qui le bordent. De cette manière Peau s'étend sur la seconde partie du terrain, sur celle qui est un peu plus basse et qui avoisine la seconde partie de la raie d'arrosement; on procède de mème pour une troisième partie, pour une quatrième, et ainsi de suite. On voit, sans qu'on ait besoin de le dire, combien, par ce moyen, on épargne de travail, pour V'irri- gation alternative des diverses parties de la prairie; puisqu' il nes'agit que de fermer ou ouvrir une écluse, tandis que, sans cela, il faudroit ouvrir ou boucher chacune des ouvertures, suivant que telle ou telle autre parue de ceute prairie devrait recevoir l'eau, ou étre mise à sec. § 887. Comme les vallées formées ou traversées par des ruisseaux sont presque toujours bordées par deux élévations, il s'agit souvent de savoir si, pour combler le bas fond etr régaler le sol, on doit prendre de la terre des deux côεs, ou d'un côté seulement. Les circonstances de la localité seules peuvent décider cette question, et comme ces oirconstances varient à Pinfini, on ne peut donner la dessus qu'un petit nombre de réègles. Les considérations ci-à-près sont les principales auxquelles il faille s'arréter. a. N atil assez d'eau pour qu'on puisse arroser des deux côtés d'une manière suivie, même dans la saison la plus sèche de Pannée? 15 5. La largeur de la vallée, jusqu'au milieu du bas fond, est-elle assez grande des deux côtés, pour que l'espace de terrain qu'on aura ainsi boniflé, paie suffisamment les frais d'une telle opération? c. Ou peut-être la vallée, n'est-elle pas trop large pour qu'on puisse, d'un seul côté et par le moyen de V'eau, faire étendre la terre sur toute cette vallée? A cet égard il faut observer que Peau ne peut guères porter ainsi la terre au- delà de quarante perches. d. Le sol est-il, des deux côtes, également propre à subir cette opération? Lorsque Popération devra éètre entreprise des deux côtés du bas fond, il faudra diriger, sur les deux Glévations, deux canaux différens, ou diviser le canal en deux branches, et pourvoir Pune et Pautre d'une écluse, afin qu'on puisse, à volonté, faire passer l'eau de l'un ou de lautre côté. Ordinairement on n'a besoin que d'un seul canal d'écoulement, qu'on fait passer dans le milieu du vallon ou dans sa partie la plus basse. Si le terrement ne doit avoir lieu que d'un seul cété, on éloigne le canal d'écoulement autant qu'on le peut, en le portant du côté opposé, cependant de manière que son bord soit plus bas que la partie la plus enfoncée de T'espace auquel on a donné le terrement. § 388. Lorsqu'on opère sur une grande étendue de terrain, il m'est pas toujours possible et nécessaire de donner le terrement à toute cette étendue. L'on trouve souvent des places, ou toute la surface du sol est déjà assez dominée par l'eau, pour n'avoir pas besoin de terrement„Het ou cette surface présente déjà ce plan incliné et uni, qui favorise Parrosement. Laà il suffit d'établir une digue ou un encaissement au canal d'arrosement, afin qu'il ne perde pas son niveau, D'AGRICULTUnR E. 219 220 PRINOCIPES RAISONNES Quelquefois, au contraire, l'on rencontre des hauteurs que l'on ne péüt pas enlever, soit parce que la nature du sol dont elles sont composées le rendrait inconvenant, soit parce qu'il manquerait de place pour loger la terre qu'on en aurait tirée. II faut alors creuser le canal au travers de l'élévation, à la profondeur qu'il doit avoir; ou bien, si ceutte elévation est trop considérable pour que cela puisse avoir lieu, il faut conduire ce canal circulairement autour d'elle. § 889. Le travail et les frais qu'un établissement de ce genre occasionne, ne peuvent eire évalués, ni par approximation, ni en moyenne; car la localité y apporte des variations à Pinfini. Il est des prairies ſaites de cette manière dont l'établissement à coüté à peine cinq rixdalers par journal, tandis que, pour d'autres, ces frais sont allés jusqu'à cinquante rizdalers. Cette différence est occasionnée surtout par les circonstances ci-après. g. Si la rivière dont on veut urer l'eau a une grande largeur, les frais d'éta- plissement de la principale écluse sont très-considérables. Cependant ceite Gcluse est nécessaire pour dix journaux de prairie comme pour cent, et Pon conçoit que, selon que les frais seront répartis sur Pune ou sur Pautre de ces deux Gtendues, le résultat sera tout-à-fait différent. 5. Il en est de méème pour le canal principal, lequel doit, souvent sur une grande étendue, passer au travers d'une élévauon considérable et alors devient très-couͤteux. c. Ceute différence a également pour cause le plus ou moins grand volume d'eau, et le plus ou moins de pente. Plus l'un et Pautre sont considérables, moins il en coùte de travail. Au commencement de l'opérauion du terrement, on a ordinairement moins de pente, et alors il faut plus de bras pour faire que la terre soit entrainée par Peau. A mesure qu'on avance, et que la pente augmente entre le canal latéral qui amène l'eau, et celui par où elle s'écoule, comme cela a ordinairement lieu, puisque le lit des ruisseaux a toujours de la chute, Popératon du terrement devient plus facile, et Peau agit mieux par sa propre force. L'on peut alors entrer plus avant dans la hauteur, et opérer le terrement à la fois sur une plus grande largeur. La première parue est donc presque toujours la plus Coüteuse. d. La nature du sol apporte également en cela une grande différence; car, si le terrain est sablonneux, il faut à peine le ters de la main-d'œuvre qui serait nécessaire pour mettre en mouvement une pareille quantité de terrain argileux. 80 nt D'AGRICULTURE. 221 e. Les frais seront d'autant moindres, par chaque journal, que le bas fond qu'il s'agit de combler, scra large, en proportion de P'élévation de terre que Pon veut enlever; car le travail se borne presqu'uniquement à cette dernière, le terrement, c'est-à dire le transport et la répartition de la terre, se font d'eux- méme, ou avec très-peu d'aide. L'on peut étendre le terrement d'un seul côts jusqu'à une largeur de quarante perches; pourvu que la penie soit suffisante, la terre pourra fort bien éitre trausportée par Peau jusqu'à cette distance. Si donc j'ai à enlever une élévation de dix perches, et à combler un bas fond de trente perches de largeur, ei que, dans un autre cas, ou seulement à une autre place, j'aie à remplir un bas fond de dix perches seulement,'étendue sur laquelle j'aurai opéré me codttera, dans ce dernier cas, proportionnément le double de ce qu'elle couùtera dans le premier. J. Cela dépend essentiellement du plus ou moins d'habileté et de pratique qu'ont les ouvriers. Lorsque ceux-ci ont beaucoup d'expérience, et qu'en par- niculier le maitre-ouvrier, celui qui dirige tant Popération en général, que surtout les travaux du canal latéral, et ceux qui ont lieu sur la partie supé- rieure de l'espace où P'eau opère, lorsque cet ouvrier, dis-je, a de Pexpérience et de la justesse dans le coup-d'œil, le travail peut étre seusiblement abrégé, sans que la peine soit augmentée, et l'on peut éviter bien des fautes, dont la réparation coùterait beaucoup de travail et de frais. Cette dernière circonstance est tellement importante, que les sociétés d'en- trepreneurs, qu'en trouvait dans les Duchés de Lunebourg et de Bréême, pour les opérations de ce genre, les exécutaient à un prix sensiblement plus bas que celui auquel elles pouvaient l'èétre par des ouvriers beaucoup plus malpayés, lors méème que le propriétaire mettait la main à l'œuvre avec ceux-ci. A la simple vue, et après un examen soigneux de la localité, ils se faisaient une idée tellement juste du travail que Popération devait ocoasionner, qu'ils entre- prenaient celle-ci à la täche, et flxaient Pépoque à laquelle elle devait étre achevée. Lorsque l'accord avait lieu par journal, celui-ci coüùtait ordinai- rement de 8 à 20 rixdalers. Ou doit observer du reste que le sol y était sa- blonneux, ou du moins fortement mélangé de sable. L'établissement d'une prairie de ce genre, que j'ai entrepris ici sous les cir- constances les plus défavorables, et, au premier abord, avec des ouvriers tout-à- fait inexpérimentés, me coüte, jusqu'à ce moment, 500 rixdalers, et il y a, actuellement vingt-huir journaux d'achevés. De tous mes ouvriers, il ny en avait pas un seul qui eut vu une ielle opération, ei moi-méme je n'y avais jamuis assisté, je dus donc deviner et éudier ici sa manipulation. — 2²2²2 PRINCGCIPES RAISONNEL S Dans les premières années, un établissement de ce genre exige toujours quelques réparations, soit parce que, quelqueſois, les canaux se comblent, et que, dans les abondances d'eau de dégel ou de pluie, les digues et bordures crèvent; soit pour changer les ouvertures des raies d'arrosement et les rigoles; soit pour com- bler des places basses, et marécageuses; soit enſin pour assainir ces places. Dans la suite, lorsque tout a pris son assiète et a acquis sa solidité, les frais d'entretien d'une prairie arrosée de cette espèce, sont de beaucoup moins forts que pour toute autre, à cause de l'uniformité de la superficie, qui rend un peut nombre de rigoles suffisant, et de la douceur de la pente, qui est précisément telle qu'il la faut, de sorte que les frais annuels doivent en étre calculés à 6 gros, au plus, par journal. Ces frais sont d'autant moindres, que l'opération a 6¹ mieux dirigée dès le commencement. Dans l'évaluauion de ces frais, je n'ai pas compris ceux de la principal écluse, qui doit étre faite à neuf ious les vingt aus. § 890. L'enberbement d'un terrain sur lequel on a ainsi opéeré le terrement, et surtout de sa partie supérieure, est une chose très-longue, si on en laisse le soin à la nature, et qu'on ne fasse rien pour P'avancer. Dans ce cas on ne pent pas arroser, du tout, pendant les premières années, ou du moins que très-peu et avec une grande circonspecuon, parce que, au- trement, l'eau entrainerait la terre de la superficie non herbée et y creuserait des sillons. Il ne faut donc attendre d'un tel sol mort, que quelques plantes qui s'y complaisent, peut-étre mème que de la Canche blanchdtre(Aira canescens). Lorsqu'ensuite l'on commence à arroser d'une manière suivie, ils'y forme des mousses, des lichens, et un petit nombre d'autres plantes, et plus, dans le eommencement, une telle prairie se garnit de mousse, mieux c'est; lorsque les ar- rosemens continus qu'on donnait pour opérer le terremeni cessent, et qu'al- iernativement on donne P'eau et laisse essuycr le terrain, la mousse se résout en terreau, et ainsi sert de nourriture aux plantes qui naissent sur le sol. Lorsque Pherbe devient épaisse, la mousse disparait tout-à fait, alors méèême qu'on ma fait autre chose pour Penherbement de la prairie, que de lui donner des arrosemens fréquens, aussitét que cela pouvait avoir lieu, sans que l'eau courut le risque de déchirer ou sillonner la terre. Ordinairement, à la cinquième année après le terrement, on a une récolte de foin qui vaut la peine qu'elle occasionne; dix ans après le terrement on a récolté, sur un sol tout-à-fait sa- plonneux, vingt quintaux de foin par journal. Si, lorsque le terrain vient seulement de s'affermie, il donne quelque peu d'herbe, Pon atteint plus pP'A GRICuL TURE. 223 prompiement le but, en ne ſauchant pas la prairie, mais plutòèt en la faisant päturer, ce qui peut avoir lieu sans aucun inconvénient, même par des bétes à laine, pourvu qu'on ait soin de faire, avant tout, bien assainir ei essuyer le terrain. Mais la fertilité du sol et son enherbement sont bien plus promptement aueinis, si Pon consacre à ce terrain des engrais de quelque espèce. Toutes les mauères fécondantes qu'on consacre ordinairement aux prairies, conviennent également ici, et l'on y a retiré des avantages particuliers d'un léger parcage de bétes à laine. J'ai connaissance d'une circonstance où l'on employa avec beau- coup de succès le parcage des oies. Mais la nature met ici ordinairement à portée, une autre sorte d'engrais, le terreau ordinaire et le tourbeux, la croute de gazon qu'on trouve dans le bas fond, qui le plus souvent est acide et garnie de jones, et qui devrait également étre recouverte par le terrement. Après que le canal d'écoulement a été creusé, l'on enlève ce terreau avec la béche, dans les places ouù il est le meilleur et le plus abondant, et avee d'autant moins d'inconvéniens que, par le moyen du terrement, les fossés ou trous qui auront 6tG faits, pourront facilement èêtre comblés. L'on transporte alors ce terread dans les parties les plus élevées de l'espace amélioré, ou on le met en tas, mèlé, autant que cela se peut, soit avee des engrais animaux, soit avec de la chauz ou des cendres. Quelque iems après on l'épand à la superficie du sol qui a reçu le terrement. Si Pon a donné à la nouvelle prairie un tel amendement, on peut, quelquefois dès l'année suivante, attendre de cette prairie un produit considérable, et l'on contemple alors avec étonnement, sur une ligne tranchée, une riche végétation d'herbe, à côte d'un sable mobile des plus arides, lequel vient d'étre déposé par le terrement. Il n'y a aucun doute que si, après avoir amendé le terrain qui a reegu le terrement, on y sème des graines de prés, on hàte le moment ou l'on peut ee obtenir des produits. Mais pour cela, le choix des espèces de semenees demande une attention particulière. Les plantes qui croissent le plus vigoureusement avant qu'on puisse donner à la prairie des arrosemens continus, se perdent ensuite, lorsque ces arrosemens se succèdent. Sur un terrain qui, à la vérité, n'érait pas sablonneux, mais glaiseux et marneux, j'ai semé, d'abord et sans amendement préalable, du trofle rouge, du Fromental(Avena elatior), de la grande Fälugue(Festuca elatior), du Flaau des pres(Phleum pratense), du QDacty le plotonée(Daotylis glomerata), de la Houque laineuse(Holeus lanatus), et dans les places les plus basses, dus Vulpin des prés(Alopecurus pratensis). Ces plantes prirent un accroissement prodigieux durant la première année, celle- . 224 PRINCIPES RRAISONNES qui suivit la semaille; la seconde année leur végétation fut plus foible, au bout de quatre ans elles disparurent et firent place à d'autres herbes. Les places où P'on m'avoit rien semé, semblent aujourd'hui presque surpasser celles où Pensemencement avoit eu lieu. Ce qui est remarquable, c'est que, de toutes ces plantes, celle qui s'est le mieux conservée, malgré les arrosemens considérables qui ont été donnés à cette prairie, c'est le trèfle rouge, qui perce, même à travers la mousse épaisse. Cependant on conçoit qu'il se trouve clair-semé. Je ne conseille donc pas, si l'on ne borne pas ses vues aux premières années, de semer des plantes aussi vigoureuses; mais au contraire d'abandonner l'enher- pement à la nature, ou bien de choisir des plantes que l'expérience indique comme donnant l'herbe la plus épaisse et le produit le plus abondant, sur les prairies également formées par le terrement et qui ont un sol de mème nature. L'on peut à peine concevoir, quoique Lespérience pait souvent dé- montré, que, sur les prairies arrosées, où cependant on n'a épandu aucune semence, il naisse précisément les espèces de plantes et d'herbes, qui con- viennent le micux au terrain, et qui s'accommodent le mieux de l'arrosement. Plusieurs plantes qui demeurent chétives, sur un sol non arrosé, sont préci- sément celles qui donnent le plus grand produit lorsqu'elles ont de l'eau en suffisance. Si l'on n'épand pas à la superficie du sol des engrais ou du terreau, sans doute, le gazon ne se forme qu'à la longue; mais si Ton amende cette superficie, il se forme beaucoup plus vite, et Pon conçoit à peine alors où a pu se trouver cette quantité de semences et de germes. Lorsque nous par- lerons de la culture des prairies, nous reviendrons sur la manière de les ensemencer, Cependant il est essentiel de donner de la consistance à la superficie du sol, de manière qu'on puisse promptement y laisser courir l'eau; pour cela je n'ai rien arouvé de mieux que d'yemer de la Spergule. Lorsque lesol aura recu le terrement au commencemeut de l'été, il conviendra de semer la spergule, si l'on veut avec des graines de prés, à la fin de l'été, et par un tems humide. Aussitêôt que cette plante est levée, elle donne au sol assez de consistance pour qu'on puisse le soumeutre à Parrosement. La spergule ne peut plus atteindre sa maturité; il faut la laisser sur plante, la gelée la tue, elle pourrit. Si cependant ce terrain 6tait solide et durci, l'on pourrait faire consommer ceite spergule par du bétail au päturage; ce qui non-seulement donnerait au sol plus de consistance, mais de plus le fumerait, et il en résulterait que, l'année suivante, il y naitrait beaucoup d'herbes; surtout si, d'ailleurs, on y avait épandu quelque peu d'engrais. G◻ DPAGRICULTUR E. 22 § 891. Les personnes qui n'ont encore fait aucune expérience sur les prairies de ce genre, ont, souvent, beaucoup de peine à croire qu'on puisse jamais pousser le plus mauvais sable graveleux, à un produit abondant. Mais nous en avons en des preuves trop incontestables, pour qu'il puisse rester Ià dessus'ombre du doute. Le terrain le plus sablonneux et le plus graveleux est précisément celui qui con- vient le mieux pour ce genre de prairies, bien entendu cependant qu'on puisse roujours lui procurer des arrosemens suffisans. On peut lui donner des arrosemens continus, sans courir le risque de le rendre marécageux; l'eau dépose à la super- ficie du sol ses parties fécondantes, et le surplus pénètre dans Pintérieur. Aussitéôt qu'on a arréêté P'irrigation, ce terrain s'essuie, et lors qu'on lui donne P'eau, il en est dabord imprégné. L'herbe ne demande, pour sa végétation, que de l'hu- midité, de la chaleur et du terreau; le genre de terrain lui importe peu, pourvu qu'il reçoive de l'eau en quantité suffisante. La nuisible aridité du sable de- vient sans conséquence, lorsque ce sable peut étre arrosé à chaque instant; la couche de gazon et le tissu que les racines des plantes y forment, lui donnent de la consistance. § 892. Il n'y a aucun doute que les sols qui ont ainsi regu un terrement, surtout lorsqu'une fois il s'y est formé une riche couche de gazon et de terreau, ne puissent éêtre mis en labour et employés à produire d'autres récoltes, auxquelles Parrosement soit également avantageux dans les tems secs; mais si le terrain était sablonneux, on pourrait bien ne retrer aucun profit durable d'une telle opération; parce qu'elle obligerait, avant tout, à détruire le gazon, et à rendre le terrain trop meuble. Sur un sol glaiseux cela pourrait-étre plus convenable- Je sais que quelques personnes, voyant que les arrosemens avaient produit beaucoup de mousse, dans les places où l'on n'avait pas épandu d'engrais, ont eu recours à ce moyen, et Pont jugé nécessaire pour déiruire cette mousse. Mais la mousse est ici un bienfait de la nature; elle se dissipe d'elle- méème, dès que l'herbe trouve une nourriture suffisante dans le terreau qui s'est formé à la superficie du sol, et que les arrosemens deviennent plus modérés. Au reste, il n'est pas douteux qu'elle ne soit encore plus promp- tement détruite, lrgn on épand quelque fumier sur le sol, aſin de donmer plus dq'intensité à la végétation de l'’herbe. § 893. II y a quelque rapport entre le terrement dont nous venons de parler, Tomeèe III. 29 — 2 26 PRINOIPES RAISONNES et le limonement(Warping) des anglais. Cette dernière opéralion ne peut avoir lieu que dans des places où un cours régulier d'eau, qui charrie du limon, se jette dans un cours d'eau plus considérable, et où, à côté de ce premier, à un éloignement plus ou moins grand, et à un niveau inférieur, il y a une étendue de terrain sur laquelle on peut conduire l'eau. Au moyen d'une écluse qu'on ouvre à cet effet, cette eau bourbeuse est introduite sur le terrain qu'on se propose de limoner, ouù on la retient par le moyen d'une autre écluse, émissaire, qu'on ouvre ensuite, lorsque l'eau a déposé son limon, pour laisser écouler celle-ci, dans le lit qui doit Pemmener. Lorsque le terrain s'est passablement essuyé, l'on y introduit de nouveau Peau limoneuse, et Pon comtinue ainsi durant un 6té ou méême deux, Je connais un cas, où l'on a ainsi, dans le cours d'un été, fait déposer sur un terrain sablonneux ou maré- cageux des plus stériles, une couche de 18 pouces de terre limoneuse, comblé des enfoncemens, effacé des aspérités et formé le sol le plus fertile. Il y a peu de tems que, dans le Lincolnshire, on a couvert de cette manière 212 aeres anglais de bruyères marécageuses, de 18 à 42 pouces de limon, selon que la surface du sol se trouvait plus ou moins élevée. On peut comparer à ceci les limo- nemens qui ont lieu en Toscane, ainsi que nous Pavons dit plus haut*. * Dans le Bolonais et la Romagne cette opération est souvent mise à exécution, et comme je Pemploie moi-même avec un plein succès dans ce dernier pays, pessaierai d'en donner ici quelqu'idée. 1 Les fleuves qui coulent de la partie septentrionale des montagnes, et surtout des collines des Apennins, charrient toutes, on à peu près, une plus ou moins grande quantité de limon; Un canal qui regoit son eau du Santerno, assez au-dessus de la ville d'Imola, a été construit pour mettre en mouvement une série de moulins. Ce canal traverse mes possessions et leur fournit de l'eau, au besoin, soit pour JYarrosement, soit pour la culture des riz, soit pour remplir les étangs de rouissage. Lorsqu'il est tombé des pluies abondantes, P'eau qui a lavé les vignes et les terrains fumés des collines, se précipite dans le fleuve et lui communique un limon gras tel que, vis à vis de mes possessions douze pouces d'eau en fournissent un de limon. Le canal des moulins est, dans ce lieu, élevé de 10 à 15 pieds au-dessus du niveau du sol. De petites écluses ou glissoirs, qui souvrent et se ferment par le moyen d'une clef, fournissent l'eau aux possessions qui y ont droit. Lorsqu'on veut donner le limon à une étendue de terre; l'on construit, au-dessus du niveau du sol, au moyen de deux petites digues parallèles, un canal d'arrosement destiné à reee- voir l'eau du canal principal, et à la conduire dans les espaces à limoner. Le long de ce canal secondaire, l'on forme alors par le moyen de petites digues, des quarrés de, au plus, un journal de terrain, lesquels communiquent ares le canal secondaire par le moyen de petites Vis Ans 8 00⁴ sions iveau rete D'AGRICGUL TxNR E. § 894. Pour donner plus de clarté à ce que ai dit sur l'établissement des prairies arrosables, formées à'aide de terres qu zon y a fait charrier et transporter par les eaux Pour régaler le sol et lui donner la pente douce qui lui est nécessaire, j'ai présenté à Pl. XII et XIII un exemple d'une bonification de ce genre, qui me paratt très-propre à donner une juste idée de cette opération exécutée en grand. La Pl. XII représente la contrée dans l'état ouù elle était avant la boniſication; la Pl. XIII au contraire montre l'opération accomplie. Je dois observer que, dans ces planches lout comme dans les autres figures de ce volume, les cours d'eau, et surtout les fossés, ne sont point tracés d'après les proportions réelles qu'ils doivent wwoir, relalivement à la surface du terrain auxquels ils sont appliqués;; mais qu'au contraire ces cours d'eau et ces fossés sont représentés sur les planches, avec une largeur plus grande, afin qu'on puisse s'en faire une idée plus claire. A Pl. XIII, comme il ne s'agissait qus de développer Popération de l'aplanissement et arrangement du terrain, on n'a indiqué ni les digues des canaux, ni leurs ouvertures, ni les petites écluses qui doivent étre établies dans les fossés, ni les rigoles qui doivent étendre l'eau sur la nouvelle 4 3— écluses ou ouvertures, ei avec le canal d'écoulement, par d'autres écluses ou émissaires. Lors- qu'on veut donner le limon, on introduit l'eau dans un de ces quarrés jusqu'à ce qu'elle se soit élevée à, au moins, un pied ou un pied et demi de hauteur. Si l'on veut un dépòôt léger et meuble, on ne laisse séjourner Peau dans le quarré que le moins qu'il est possible, et on la laisse promptement écouler. Si, au contraire, l'on veut un dépòôt plus argileux, on re- nent Peau encaissée, jusqu'à ce qu'elle ait déposé toute son argile, laquelle étant plus légère, serait, sans cela, emportée dans le canal d'écoulement. Tandis qu'un quarréè se vide, on fait remplir Tautre, de sorte qu'il n'y a pas d'interruption à ce travail. Si les quarrés ne sont pas trop grands, le limon s'y répartit d'une manière assez uniforme, et le sol en demeure bien régalé; si au contraire ces quarrés sont d'une grandeur excessive, auprès de Touverture qui fournit Peau, le dépôt devient ei plus abondant et plus sablonneux, que dans les parties qui en sont le plus éloignées. Afin que, dans son cours, Peau perde le moins qu'il est possible du limon qu'elle charrie, jusqu'à ce qu'elle le dépose au lieu qui lui est destiné, il importe, non seulemen que le canal secondaire soit droit et uni, mais encore qu'il y ait un volume d'eau assez Srand„pour que la course de ceite eau soit prompte. De cette mauière nous élevons, en une année, de 7 à 3 pouces la couche de terre végétale, ei cette parlie que nous lui ajoutons, dénuée de toute espèce de pierres ou gravier, produit un sol non-seulement très-favorable à toutes sortes de produits, aussitét qu'il a été suffisam- ment égoutté et un peu amendé, mais encore d'une culture très-ſacile. L'agriculture prè- sente peu d'opérations plus belles que celle-là. TnAp. — 228 PRINCIPEBS RAISONNES prairie, et dont, sur un plan incliné de ce genre, la plupart dolvent ètre pa- ralleèles aux raies d'arrosement. §. 895. La Pl. XII montre la contrée dans son dtat naturel. a Est un lao abondant en sources d'eau, et duquel sort le ruisseau b, qui serpente entre deux hauteurs, et rend marécageux les terrains qui l'environnent. d Est un petit lac marécageux, qui s'était formé à cette place. Ce ruisseau se réunit avec un second e, qui coule également au travers d'un bas fond bordé par deux élévations. Après la réunion, le ruisseau c coule également dans un vallon marécageux bordé par deus collines, et se jette dans le lac ou étang f. Ce dernier est Dordé d'un côté par une digue ou chaussée, au travers de laquelle P'eau passe sous une voùte, lorsqu'on ouvre l'écluse Gtablie à'entrée de celle- L'eau entre alors dans le ruisseau g, qui passe au travers d'un bas fond marécageux, dont la pente est très-sensible. La chute dès le lac a jusqu'à Pextrémité postérieure de g était d'au-delà de 50 pieds, On commengça l'opération par donner un écoulement plus rapide aux eaux du ruisseau gg, cc, bb, en lui creusant un lit nouveau et aligné x; P'ancien lit est indiqué à Pl. XIII par des lignes ponctuées. On conquisit dans ce canal 5, 2 2, 1, l'eau dau peiit lac d, et par ce moyen déjà, tout le bas fond se trouva assaini, de sorte que la terre spongieuse dont il était formé s'abaissa, et que l'eau qui y séjournait trouva son écoulement. On commenca alors P'opé- ration du terrement sur la Pasſis inférieure, en faisant à la chaussée, aux points 4 et 6, deux ouvertures qu'on garnit d'écluses. Du point 4, on conduisit l'eau en 5 dans l'élévation; par le moyen de cette eau, et après avoir protégé le canal 5 par une digue ou une haie en clayonnage, on transporta sur le bas fond placé au-dessous, la terre enlevée à l'élévation. Si l'on compare les Pl. XII ei XIII, l'on verra du premier coup-d'cœil l'effer de cette opération; Pancien cours du ruissean indiqué par des poinis à Pl. XIII se trouva enlièrement comblé, et l'on eut le plan régulièrement incliné I. On procéda de même au moyen de l'eau introduite en 6, et l'on Hor le plan incliné II. L'on ne put pas pousser ce terrement au- delà du point 7, parce que, autrement, des deux côtés on eut pu manquer d'eau pour l'irrigation dans les tems de sécheresse. L'on établit, en conséquence, sur le canal d'écou- lement 5; une dcluse 8, au moyen de laquelle on pouvait y arrèter l'eau; et, comme le terrain avait beaucoup de pente, on tira du canal d'écoulement 5, le canal d'arrosement 9, et on le conduisit dans l'élévation, jusqu'à ce que pon eut de rechef assez de pente, pour pouvoir commencer de nouveau le terrement⸗ SA uro UI. T U KR F.⸗ »on ferma alors les écluses 4, Get 8, en ouvrant celle du milieu de la chaussée, au moyen de quoi la totalité de l'eau se trouvait forcée d'entrer en 9. Ainsi Pon forma le plan incliné III que l'on peut prolonger par la pensée, le défaut d'espace ayant forcé à le tronquer ici. Le but qu'on atteignit par ce moyen fut, de pouvoir employer une seconde fois Peau qui s'écoulait des plans I et II, en s'en mettant de nouveau en possession par le canal 5, et ainsi d'arroser le plan III. Afin de pouvoir dessécher entièérement le canal d'écoulement entre 6 et 7, on creusa le canal 10, par le moyen duquel l'eau avait son écoulement lorsqu'on ouvrait l'écluse 7. 1 Lorsque ce terrement fut accompli, l'on tourna ses vues vers le lac 2 et après avoir établi en 11 une écluse sur le canal 1, on creusa le canal d'arro- sement 12, et on lui donna une écluse; de cette manière, et au moyen de la forte pression de l'eau du lac, on put bientòt entreprendre le terrement, qui fut accompli jusqu'en 15, par l'abaissement d'une élévation considérable. Le petit lac d et la partie de l'ancien lit du ruisseau qui se trouvait de ce côté du nouveau, furent comblés par ce moyen. A l'aide du canal d'écoulement 14, et en ouvrant l'écluse 15, le canal d'écoulement supérieur pouvait étre vidé. On forma ainsi le grand plan incliné IV, lequel, dans la partie inférieure où Ul est le plus large, ne put à la vérité pas éêtre complétement rempli, mais qui cependant, au moyen de la chute donnée au grand canal d'arrosement, pouvait étre entièremeut égoutté, mème à cette place. De l'autre côté Pon entra également, en 15, dans l'élevalion, etl'on commenca le terrement. En 16, Penfoncement au travers duquel le cours d'eau c passait, exigea la construction d'une forte digue, ou d'un canal relevé au-dessus du sol, afin que cette eau ne perdit pas de son élévation, et qu'elle put étre conduite, en 17, dans toute la hauteur dont elle était susceptible. Ici l'on dut également élever T'eau dans le ruisseau c, par le moyen d'une digue ou d'un bord relevé, de sorte que le canal půt la recevoir, et la conduire sur la hauteur, en 17. L'éta- plissement de cette digue et de cet épaulement, fut une des parties les plus difficiles et les plus coũteuses de toute ceite opération. On eut pu se dispenser d'élever Peau dans le lit du ruisseau, si on l'eut conduite par-dessous la digue, dans le canal d'écoulement, mais l'on ne voulait perdre aucune partie de l'eau qu'on pouvait consacrer à cette grande étendue de terrain. L'on accomplit ainsi le terrement jusqu'en 18, et, à l'aide du canal d'écou- lement 19, le canal supérieur put étre vidé dès 15 en 18. De ceite manière furent formés les plans inclinés V et VI. L'espace nauurellement plane VII, se trouvait au-dessous du niveau de Pezu 230 PRINCIPRS RRAISONNES en 20, et était assez égoutté pour qu'il n'eut besoin d'autre chose que de pouvoir jouir de PLirrigation. L'on établit en conséquence l'écluse 21, et pon creusa la raie d'arrosement, dans le canal d'écoulement de 22 à 24 3 celle-ci reçoit Peau lorsque 21 et 24 sont ſermés. En 25 cette raie se vide dans l'étang f. Au moyen de cet arrangement, une partie de l'eau peut étre mise quatre fois en œuvre. La plus grande partie de celle qui s'est écoulée des plans IV, V et VI, est employée pour la seconde fois, et conduite sur VII, et va de là sur les plans I et II, puis est reprise en 8 et va arroser le plan III, lequel est très-considérable, quoique tronqué ici. Lorsqu'on fait des établissemens de ce genre, il faut faire une grande attention, surtout à cette possibilité de tirer parti de Peau à diverses reprises pour Parrosement; je dis pour Parrosement, car pour le terrement, on conçoit que l'eau doit étre concentrée en un seul point. Lors même que, dans les tems pluvieux, on a de Peau en surabon- dance, et que l'on n'a que faire de Pemployer plus d'une fois, souvent ce- pendant on en manque dans les tems de sécheresse, où l'on aimerait à arroser prompiement, quoique seulement pour peu de tems. CULTURE DES PRAIRIES. § 896. Par prairies j'entends des pièces de terre couvertes d'un gazon compose d'une variété de plantes ou herbes, et qu'ordinairement, on fauche pour en nrer du foin. On distingue les prairies en naturelles et artificielles; quelques personnes comprennent sous la dénomination de prairies artificielles un champ labouré et ensemencé, pour une ou plusieurs années, en trefle, luzerne ou sainfoin, lequel, à mon avis, n'appartient pas à la cathégorie des prairies. Je ne range pas même dans cette cathégorie les champs semés d'herbes variées, de diverses sortes de plantes, lors qu'ils ne sont pas destinés à demeurer dans cet état, à conserver cette destinauon, et qu'ils ne sont pas couverts d'une couche de plantes serrées; circonstance qui a rarement lien daus les places seches ouù Pon a semé des herbes à faucher, et où ces plantes ont effectivement été fauchées; parce que ces herbages périssent au bout de quelques années, er font place à des plantes d'une qualité inférieure. Pour former une prairie, il faut une pièce de terre qui, à cause de son humidité naturelle, ne soit pas propre au labour. Une pièce de terre ne peut étre qualifiée de prairie artificielle, que lorsque, par le moyen de P'art, on lui donne le degré d'humidité qui est convenable à —— 231 D'AGRICULTVURE. e la prairie, et qu von peut employer ce terrain comme tel, d'une manière du- 4 rable; au reste, elle mérite ce nom, soit que l' enbesbecenn ait eu lieu à la suite 4; d'un ensemencement posiu fait de diverses espèces de semences, soit qu'on ide en ait abandonné le soin à la nature. Nous avons parlé de ces prairies arti- Rcielles lorsque nous nous sommes occupés des arrosemens. re ,§ 897. n Les prairies naturelles ont toujours un sol plus humide que celui des champs, 8 ou bien elles se trouvent placées dans une position plus humide. On les dis- 2 8 nngue dans les cinq principales espèces ci-après. aurer 1. Les prairies situées auprès des grandes rivières, et qui ont 6té formées V nt, ou par un terrement tré d'un sol limoneux, ou en grande partie par la décom- eul position des plantes aquatiques rejetées par l'eau. Souvent elles occupent de on- larges vallées, et sont sous Piafluence du cours d'eau qui, de tems en iems, 3 ce⸗ les inonde et les couvre d'un limon fertile, ou qui transpire et leur commu- ser nique l'humidité nécessaire. 2. Celles qui, bordant des rivières moins considérables ou des ruisseaux„ et en Urant leur humidité, sont arrosées de tems en tems lors du renflement de Peau, ou par des établissemens artificiels qui font refluer à volonté l'eau de ces 1 ruisseaux, pour'étendre sur ces prairies, par inondation ou irrigation. Ces deux espèces sont connues sous le nom de prairies basses, parce qu'on 086 ne les trouve que dans des vallées, ou dans des bas fonds, près du lit des en rivières. es 3. Les prairies qui sont situées ou sur des hauteurs, ou mème dans des np bas fonds, et lesquelles reçoivent les eaux qui découlent des champs plus élevés, ou et avec celles-ci souvent beaucoup d'engrais. On trouve aussi des prairies d'un 1 grand produit, au pied des hautes montagnes; ces prairies tirent parti de Tabon- , dante quantité d'eau que ces montagnes urent de l'atmosphère. ng 4. Les prairies dont le sol recèle des sources, et où l'eau qui filtre dans la ne terre se montre à la superficie, en y formant des places humides, qui empéchent on que la terre ne soit propre à étre soumise au labour. 65 5. Les prairies marécageuses, qui se sont formées de la mème manière, te mais qui se sont ⁰levées à Paide de la putreéfaction des plantes aquatiques que ecc le sol avait produites, ei qui ont ainsi une substance spongieuse. our.§ 898. Le sol des prairies varie avec leur position. Celui des prairies de la première 232 PRINCIPES RAISONNES espèéce est, ou argileux et imprégné de beaucoup d'humus, ou compose en b majeure partie d'humus. Lorsque cette dernière espèce de terrain ne contient V aucune humidité surabondante, et n'est pas marécageuse, son humus est or- dinairement doux et soluble, mais si ce sol est marécageux, ces prairies se rapprochent alors de celles de la cinquième espèce, soit pour leur genre, soit pour la nature du sol. Les prairies de la seconde espèce, ont, en général, un sol plus sablonneux, et moins riche en humus; du moins jusqu'a une certaine profondeur. Mais lorsque ce sol y est bien garni de plantes, qu'il est bien enherbé, et qu'il est convenablement arrosé, le plus ou moins de richesse du terrain qui est au- dessous des racines, est de peu d'importance, et méème si l'humidité est suffisante, un terrain sablonneux et perméable, est préférable à un terrain argileux. Les prairies de la troisième espèce ont un sol semblable à celui des collines dont elles sont environnées, et leur fécondité est assez ordinairement propor- nionnée à celle de ces collines. Lorsqu'une eau chargée de substances fécon- vii dantes, arrive des hauteurs sur ces prairies, celles-ci donnent souvent un en produit extraordinaire; surtout lorsqu'elles recoivent toujours une quantité e0 d'eau suffisante, et qu'elles ont un sol préméable, à travers lequel humidité b ed surabondante puisse s'écouler. C'est à cette espèce qu'apparuent la fameuse p prairie du Wiltshire, dont j'ai parlé dans le troisiéme vol. de mon Agriculure 3 Anglaise, et dont la fécondité ne serait pas croyable, si, depuis des siècles, elle 7 n'cut été constatée par une foule de témoins oculaires. Mais si ces prairies ju V 5 se trouvent situées entre des champs maigres, dont elles n'obüennent les IIa V Gmanations que dans les tems humides, et alors quelquefois regoivent une h surabondance d'eau qui les rend marécageuses, leur fait produire des plantes V 29 aquatiques, et empéche qu'elles ne puissent étre mises en culture; et si dans les V eig tems chauds, au contraire, elles souffrent de la sécheresse, elles sont alors V 7 de peu de valeur, et ne donnent qu'un chétif produit, outre que leur expo- V iigre sition et Pineonvénient qu'elles ont d'étre entremélées avec des champs la- d bourables, les rend très-incommodes; cette raison a souvent engagé des oer cultivateurs industrieux à en détourner ou faire écouler les eaux, et à y conduire V pr de la terre, pour les assainir complétement et les transformer en terres arables; V 11 alors, dans les commencemens, ces terres se sont montrées particulierement rar 3 fertles. Lorsque les prairies de cette espèce le méritent par leur position et el Par une humidité uniforme, durable et modérée, Pon trouve un grand avantage pr à les amender avec du fumier; il n'est pas rare que, par ce moyen, on ait triplé leur produit habituel. des duire bles; ment on et antage au dt D'AGRICUVULTVRk. 233 § 899. Lorsque, sur les prairies de la quatrième espèce, prairies qu'on trouve le plus souvent au pied des moniagnes et des collines, Peau coule à la superficie du sol sans y séjourner, ces prairies sont quelquefois très-fertiles„Het cou- vertes d'une herbe serrde, à brins fins et d'une saveur douce; surtout lorsque Peau est calcaire ou gipseuse. Si, en revanche, l'eau s'étend peu à la superficie du sol], mais au contraire descend bientôt dans sa couche inférieure, et y séjourne, il y nait une herbe de mauvaise qualité et peu nourrissante, composée sur- tont de jones et d'autres plantes de marais. Si cependant on assainit le sol, en recueillant et en emmenant les eaux quiil recèle, on transforme quelques- fois ce terrain en prairies arrosées fertiles. § 900. Les prairies de la cinquième espèce ne sont pas toujours absolument mau- vaises. Lorsque par la cumulation de couches successives de plantes mortes, elles se sont assez élevées, et que l'eau y a assez d'écoulement pour que la couche supérieure du sol n'en soit pas trop imprégnée, l'humus que ce sol contient en quantité devient plus doux et plus fécond; il produit alors de Pherbe de bonne qualité, et en abondance; lors mêème que la couche inferieure du sol serait encore tellement spongieuse et remplie d'eau, qu'on dut avoir recours à des moyens particuliers, comme par exemple aux charriots à larges- jantes, pour en exporter le foin. Mais si ces prairies n'ont pas cette position avantageuse, et ce désirable degré d'humidité, elles ne produisent que des plantes de marais, dépourvues de sucs nourrissans, àpres et souvent nuisibles au bétail, des herbages dont on ne tire parti que, faute de meilleurs fourrages, et parce que, dans cette localité, le bétail est contraint de s'y habituer. L'on caractérise souvent les prairies de cette espèce, sous le nom de prairies aigres ou acides. L'eau qui s'y rassemble dans les fossés est souvent recouverte d'une peau de couleurs variées, et elle dépose une matière rouge, brune, ocreuse, qui, ordinairement, oontient du phosphate de fer. 8i on y creuse profondément, on rencontre ordinairement ausei des rognons de fer de marais ges, plus ou moins pierreux et durci, d'où parait venir cette matière ocreuse que l'eau 1 2.„21 2*2*„ 8 ramene jusqu'à la superficie du sol. Les pratries marécageuses ouù séjourne une eau de cette nature, donnent du mauvais fourrage, surtout lorsque Pon ne prévient pas, par le creusement de fossés d'écoulement„le refluement, de cette T. III. 50 ſſ — 6 234 PRINCIPES RAISONNES eau acide etferrugineuse à la superfcie du sol, Lorsque ces prairies ne rendent pas 5 une eau de cette espèce, elles sont toujours plus fécondes et meilleures. 1 Ces prairies peuvent étre considérablement améliorées, ou par l'assainissement, surtout lorsqu'on conserve les moyens—'y faire refluer T'eau au besoin, ou par b 4 „ une addition de terre, qu'on s'est procurée ailleurs pour l'y transporter. V § 901. Pour les prairies de la première et seconde espèce, il faut faire une attentiou 70 loute parlculière à leur plus ou moins de sureté. Car, autant un débordement b qes eaux leur est favorable en hiver, et au printems avant que la végétation ait commencé, autant il leur est nuisible, lorsqu'il atteint, soit''herbe dans sa pleine végétation, soit la récolte des foins, ou enfin lorsqu'au printems Peau en séjourne sur le sol, assez longtems pour occasionner la putréfaction des bonnes herbes. Ceci dépend de la nature des rivières sous influence desquelles 3 sont ces prairies. En parlant de Passainissement et du desséchement des terres, nous avons indiqué les moyens de remédier à ce mal. 1 § 902. 1 La valeur des prairies dépend en partie de la quantité, et en partie de qualité du foin qu'on en obtient. Ordinairement, si'humus que leur sol contient est doux, cette quantité et cette qualité sont en rapport Pune avec l'autre. Lors qu'une prairie donne du foin en abondance, elle porte aussi des herbes de ponne espèce, et si, naturellement ou par L'effet de bonifications, la fécondité augmente, les bonnes plantes y compriment les mauvaises. La seule exceplion à cette règle a leu dans l'humus acide des prairies marécageuses et des terrains à jones, lesquels, quelquefois, produisent beaucoup, mais des herbes de mau- vaise qualité. II peut aussi se faire que, dans une bonne prairie, il se soit glabli une espèce parliculiere de mauvaises herbes, qui détériore la qualité du foin. Pour les prairies, la nature du sol importe moins que pour les champs. Si d'ailleurs ces prairies jouissent d'une humidité convenable, et conüennent une proporüon suffisante d'humus doux et soluble, il est, à quelques égards, indif- férent que le sol en soit argileux ou sablonneux. J'y ai mis ces condidons, car s'iil leur manquait d'humidité, le sol argileux serait préférable; si au contraire il y avait trop d'eau, un terrain sablonneux serait plus convenable. D'ailleurs, si le sol est suffisamment humide, il n'est point nécessaire qu'il soit imprégné q'humus à une profondeur très-grande, parce que les herbes ureni la plus Das ent, Par ou gent don dans eau des lles res, D' A GRICULTUR E. 235 .. 8* 4„. grande parüe de leur nourriture de la superficie du sol, et ne pénètrent en terre avec leurs racines, guère à plus de quatre pouces de profondeur. Dans les prairies plus sèches, en revanche, une terre profonde et féconde contribue indubitablement à Pabondance des récoltes, en conservant plus long- tems § 905. Les meilleures plantes de prés, celles dont les prairies les plus fécondes fa- l'humidité. vorisent la reproduction, et qui, par leur croissance rapide, montrent le mieux la fertilité du sol, sont les suivantes. Le VZulpin des prés, Alopecurus pratensis- Le Paturin cles prés, Poa pratensis. Le Palurin d feuilles stroites, Poa trivialis. L'abondance de ces espèces est le signe le plus certain de la grande fécondité d'une prairie. Le Paturin annuel, Poa annua. Le Paturin aquatique, Poa aquatica. La meilleure des herbes dans les places humides, malgré sa ressemblance avec les roseaux. La grande Fdtugpue, Festuca elatior, La Fètugue flottante, Festuca fluitans, Le Dacty le plotonnde, Dactylis glomerata. Le Cynosure d créte des prés, Cynosurus cristatus- 4 Le Fleau des pres, Phleum pratense, LQAvoine jaundtre. Avena flavescens, Le Fromental, ou Avoine Fromentale, Avena elatior. Le Trrofle rouge des prés, Trifolium pratense- Le Trofle blano, Trifolium repens, Trifolium melilothus, Dwerses espèces de Lotiers, surtout le Corniculé, Lothus corniculatus. Le Lotier oddorant, La Gesse des pros, Lathyrus pratensis. La Vesce multiflore, Vicia cracca. La FVesce des hales, Vicia sepium-. La Minette dorde, Medicago lupulina. Le Trofle à fleur jaune, Trifolium procumbens, agrarium, Le Mille feuilles, Achilea mille-folium. Le Cardi des prés, ou Cumin des pres, Carum Carvi. 236 TRINCIPES RAISONNE S Que cependant on cherche à détruire dans les prés, parce que les cochons en étant extrémement friands, on ne peut les empécher d'aller à sa recherche, et ainsi d'endommager les prairies dans les places ou il s'en trouve. § 904. Les suivantes donnent un produit moins considérable, cependant elles appar- tiennent encore à celles qu'on peut qualifier de bonnes. Le Raygrass, Lolium perenne. La Brize tremblante, Briza media. La Houque laineuse, Holcus lanatus. La Flouve des Bressans, Anthoxantum odoratum. Cependant ces deux dernières ne méritent pas toute la réputation qu'on leur a accordée.. La Fèetuque des brebis. Festuca ovina. La Fotugue diuruscule, Festuca diuriuscula. L'Avoine velade, Avena pubescens. L'Eternue geniculee, Agrostis canina. Le Brome mou,“ Bromus mollis. Le Vulpin genioul, KAlopecurus geniculatus-. LAvoine des Près. Avena pratensis. Le Fleau noueddx, Phleum nodosum. La Canche, Aira cgrulea. Ne paratt que sur les prairies marécageuses, et en fait souvent le principal produit. Le Trofle des Apes, Trifolium alpestre, et diverses espèces de Trefle. Le Cerfeuil des bois, Chaerophyllum Sylvestre. La Primevère, Primulaveris. La S&cabieuse, Scabiosa. La Pimprenelle sanguisorbe et Poterium sanguisorba, officinalis et saxifrage, Pimpinella saxifraga. La petite Centaurde, Genriana centaureum. La Brunelle commune, Brunella vulgaris. L'Origan commaun, Origanum vulgare. Le grand Serpollet, Thimus serpillum. Les Plantins d feuilles de lance Plantago lanceolata, media, major. (grand et moyen,) ous - leur ripal es et D'A GRTICULTU R E. § 905. Aux plantes de prés mauvaises, ou du moins douteuses, appartiennent les suivantes: Les Prèles de diverses espèces, Equiseta, ne conviennent pas au bétail à cornes, mais quelques-unes sont un excellent fourrage pour les chevaux, et méême pour les bétes à laine, lorsqu'elles ont cru dans un terrain sec. Par- dessus toutes la Préle des rividòres, Equisetum fluviatile, donnée, soit en vert, soit en sec, est très-avantageuse aux chevaux. Les diverses espèces de Renoncules. Elles ont toutes une acreté, qui, chez quelques-unes cependant, se perd dans l'état de siccité. La renoncule rem- pante est la plus douce, aussi la voit-on volontiers dans les prairies. La Crate de coę, Rhinantus cristagalli. Lorsque cette plante est jeune ou en fleur, elle est un fourrage bon et doux; mais au tems où Pon fauche les foins, elle est déjà entièrement sèche, er n'entre dans le foin que comme une paille. Elle laisse de bonne heure tomber sa semence, cette circonstance fait qu'elle multiplie dans les prés jusqu'à P'excès; le meilleur moyen de la détruire est de la faire brouter par le bétail, au printems. Le Souci d'eau ou de marais, Caltha palustris, est également agréable au bétail, lorsqu'on le lui donne jeune, et il pare les prairies par sa brillante couleur jaune; mais ensuite il devient dur, et désagréable aux bestiaux. Les diverses espèces de Rumex, Rumices, surtout les Oseilles, occupent souvent, à elles seules, lã principale partie du terrain, dans les prés élevés et secs; lorsqu'elles sont fauchées jeunes, elles donnent un ſourrage passablement abon- dant. Cependant elles appartiennent aux plus mauvaises plantes des prés. Les différentes variétés de Tussilage, Tussilago, lesquelles, avec leurs larges feuilles, étouffent les autres plantes, et ne procurent au bétail qu'une mauvaise nourriture. La Persicaire d' Orient, Polygonum persicaria, est mangée par le bétail lors- qu'elle est encore tendre, cependant elle détériore le foin. La Tandzie vulgaire, Tanacetum vulgare, est une plante à grande racine, qui a des vertus médicinales très-utiles pour les chevaux et les bétes à laine, mais qui donne au fourrage une saveur désagréable. On ne la trouve gueère que dans les bords les plus élevés des prairies. L'Oenanthe fistuleuse, Oenanthe fistulosa, au contraire, se propage beauconp dans les places humides, le bétail ne la mange qu'avec beaucoup de dégouüt. C'est aussi le cas de l'Eupatoire, Eupatorium cannabinum. 258 PRINCIPES RAISONNES ELe Calament des marais, Meniha arvensis, a une influence nuisible sur le lait. Le Pied de lion ou Alchemile d feuilles longues, Alchemilla, et celui d feuilles rondes, couvrent le terrain avec leurs feuilles, etont, outre cela, une acreté suspecte. Il en est de même de l' Æpervière Piloselle, Hieracium Pilo- selia, qui est désagréable au bétail, et doit avoir une facheuse influence sur le lait. Enfin toutes les Careiches et les Joncs, Carices et Junci, appartiennent aux plus mauvaises plantes de prés. Il faut donc chercher à débarrasser les prairies de ces plantes, soit en em- péchant que les graines de celle-ci n zarrivent à maturité, soit en bonifiant le terrain. Les méêmes objections se présentent contre les mousses et les lichens. § 906. Les planies ci-après sont réellement vénéneuses et, par conséquent, dans bien des cas, infiniment nuisibles, lorsqu'elles se trouvent parmi le fourrage. La Jusquiame noire, Hyoscyamus niger. La Pomme épineuse, Datura stramonium. La Cigie aquati que, Cicuta aquatica. Le Phellandre aguatique, Phellandrium aquaticum. La Laitue Sauvage d cote pi- neuse, Lactuca virosa. L'Aohe Weau. Sium latifolium. La petite Cigiie, Aethusa cinapium. Les Euphorbes, Euphorbia. Les diverses sortes dnemones, Anemone. Le Colchique d' dutomne, Colchicum autumnale. Il faut donc donner des soins à les détruire et, pour cet effet, les faire arracher dans les prairies et partout où elles se trouvent. ELa bonté d'un grand nombre des plantes de nos prairies, et leur salubrité pour les diverses espèces de bétail, dans l'emploi en vert, ou en état de siccité, mériterait bien un examen plus approfondi; Hasselgreen, à la vérité nous a mransmis une notice des essais que les élèves de Linné firent, avec un grand nombre de plantes, sur le bétail à cornes, sur les chèvres, les bétes à laine, les chevaux et les cochons, dans la vue de découvrir jusqu'à quel point le bétail les mangeait avec plaisir; mais cette notice contient des données tel- - anr ien zire rs cne, du8 4 rand aine, at le tel. D'AGRICULTURE. 239 lement fausses, que l'on ne peut porter aucune confiance au reste. Cest ainsi qu'il dit entr'autre, que la Spergule des champs, Spergula arvensis, est rejetée par le bétail; tandis qu'il n'est aucune herbe que celui-ci lui préfère. § 9⁰7. Ces premières plantes et q'autres encore, car je n'ai désigné que les plus P P. 8 P nombreuses et les plus remarquables, forment, avec le ussu épais de leurs ra- cines, la croũte de gazon ou d'herbages. Cette croùte est composée de racines, tant vivantes que mortes, et du terreau produit par ces dernières. On n'obtient pas facilement une croüte ainsi épaisse, de plantes uniques ou mélangées, semées avec le secours de J'art. Il faut pour cela, non-seulement des plantes qui s'accommodent les unes avec les autres, mais encore que ces plantes soient dans une proportion réciproquement convenable; encore ſaut-il que cette proportion soit en rapport avec la nature du sol et ses propriétés. En consé- quence, on est bien parvenu, par le moyen de semailles faites avec intention, à se procurer des champs à herbe, mais rarement des prairies proprement dites; on a obtenu une herbe élevée, mais pas épaisse et durable, et nul- lement un véritable gazon; ou bien les plantes qu'on avait semées ont dü dis- paraitre, pour faire place à d'autres. Lors mème que des champs ainsi semés en espèces de plantes choisies, après que, par le labour, on avait détruit leur croüte d'herbages naturelle, lors mème dis-je, que ces champs ont, dès la pre- mière ou seconde année, dépassé le produit de prairies naturelles d'un sol de méme qualité, ils ne se sont point soutenus à la longue; ils ont, au contraire baissé de produit, et, de longtems, n'ont pu aueindre celui des autres prairies. § 908. Si, lorsqu'on sème des herbages pour former une prairie, kon atteignoit la véritable proporüon de chaque espèce de plantes, tant entr'elles récipro- quement, que relativement à la nature du sol, on obtiendrait, sans aucun doute, cette couche ou croùte d'herbages, que l'on doit désirer, bien plutêt qu'en abandonnant ce soin à la nature. Mais cette proportion ne peut que irès- difficilement étre déterminée à„'avance. Ce qui importe à cet égard, est une juste proporton des herbes longues avec les courtes; des haàtives qui donnent le premier foin, avec les tardives qui, surtout, donnent le second ou regain, Quelques cultivateurs qui avaient assez bien atteint cette proportion, ont formé de bonnes prairies; d'autres, qui ne l'avaient pas découverte, ont eu de mauvais * 9⸗ /2 8«ℳ 32 prés, qu'ils ont bientét dä rendre à la charrue. Pour les meilleures prairies v 240 PRINCIPES RAISONNES dont j'aie eu connaissance, la semence avait été recueillie dans le lieu mème, de prairies de mème nature; cette opération, au contraire, a manqué le plus souvent chez les cultivateurs qui avoient choisi leurs semences d'après une combiuaison de diverses plantes, qu'ils avaient jugée devoir étre la meilleure, et qui s'étaient, en conséquence, procuré leurs graines chez des marchands. Ces derniers cultivateurs ont atteint d'une manière beaucoup plus imparfaite la pro- portion convenable des herbes, tant entr'elles que relativement au sol. Jusqu'à présent, j'envisage le procédé que je vais décrire, comme le plus convenable pour se procurer de bonnes graines de prés. Je distingue la culture des prés, de celle des plantes à fourrages d'une durée limitée. L'on choisira, dans une prairie, une place dont le sol soit en rapport avec celui du pré qu'on veut former, surtout quant à la proporüon d'humus et à Thumidité, une place qui donne un fourrage partcculièrement bon, et dont Pabondance et la réussite soient satisfaisantes relativement à la nature du sol de la prairie. L'on cherchera à nettoyer ceite place des mauvaises herbes qui pourraient s'y trouver, et on la réservera pour en ürer la semence, en ayant soin de maintenir sa fécondité par quelqu'amendemeni de fumier. On y laissera Therbe en pied, jusqu'à ce que la semence des plantes les plus haàtives com- mence à mürir; alors on la fauchera et on la fera sécher pour en faire du foin, en observant de la remuer peu. On laissera en pied une autre partie, jusqu'à ce que les semences plus tardives aient atteint leur maturité, et'on en fera la récolte de la mème manière. L'on meélera ensuite le produit de ces deux parties ensemble, on battra le foin sur l'aire, et l'on sémera sur la prairie qu'on veut former, la poussiére qui contient la semence. Cette méthode me paratt être non-seulement la plus sůre, mais encore la moins coùteuse pour se procurer de bonnes semences de prés, par ce que le foin qui a été battu pour en sé- parer la graine, quoique sans doute la prolongation de sa végétation lui ait fait perdre de sa qualité, peut cependant toujours étre employé. Si le sol de la nouvelle prairie est favorable au trèfle rouge, il conviendra, le plus souvent, de méler de la graine parmi celle qu'on y sème, parce qu'iil donne, déjà la seconde année, époque à laquelle les autres herbes n'ont ordinairement point encore tallé; seulement il faut se faire une règle de faucher le trèffe dès qu'il commence à fleurir, ainsi de ne pas le laisser achever sa végétation; sans cela il nuirait aux autres plantes, parce qu'elles croissent moins rapidement. Alors il retardera bien un peu les autres herbes, mais il ne les comprimera pas tel- lement, qu'à sa disparution, elles ne prennent le dessus et n'occupent la place qu'il remplissait. D'AGRICVULTVUR E. 241 § 9g- Quelques observateurs attentiſs prétendent avoir aperçu dans les prairies, une rotation entre les diverses plantes dont elles sont couvertes; c'est-à-dire que, au bout d'un certain nombre d'années, ils n'y ont plus trouvé les plantes qui, auparavant, y étaient le plus nombreuses, mais d'autres herbes qui cédaient, à leur tour, la place, aux premières. Ceci peut avoir été occasionné par divers accidens qui auraient échappé à ces observateurs, cependant cette assertion mérite, sans contredit, qu'on lui donne une attention ultérieure. § 91o. Comme, le plus souvent, sur une mèême place, la qualité du foin est en rapport avec la quantité, lorsqu'il ne s'y trouve pas des plantes mauvaises et évidemment nuisibles, on pourra, presque toujours, déterminer la valeur des prairies, d'après la quantité de ſoin qu'elles produisent. Il est aussi difficile de ranger avec précision, par classes, les diverses prairies, que cela l'est pour les champs, parce qu'il y a tant de gradations dans leurs qualités, qu'il est impossibte de poser des bornes entr'elles. Je crois suffisant et en rapport avec notre division des terres arables en six classes, de ranger aus si les prairies en un même nombre de classes, en prenant pour base de cette division, principalement la quantité de foin, et en ayant, pour les classes infé- rieures, cependant aussi quelqu'égard à sa qualité: ces classes seront les suivantes.„ Première classe. Prairies qui donnent, en deux coupes, 2400 livres de four- rage et au-delà. Aceite classe appartiennent les prairies arrosées en tems propice, par inondation ou irrigation, avec de bonnes eaux, et dont le sol contient une grande proportion d'humus doux. Seconde classe. Prairies qui rendent annuellement de 1700 à 2300 livres de fourrage. Dans cette classe sont comprises les prairies du méême genre que les premières, mais dont le sol contient un peu moins d'humus; cependant om peut souvent aussi y comprendre des prairies élevées, qui, recevant Pégout fs- condant de champs riches, donnent le produit que nous exigeons de cette classe et de la précédente. Troisieme classe. Prairies qui produisent de 12 à 1600 livres de fourrage, pourvu que leur herbe ait le brin fin et une saveur douce; à cette classe. appartiennent, le plus souvent, ces prairies situées dans des bas fonds et des vallées, qui ont bien un degré d'humidité convenable, mais qui ne jouissent pas des avantages d'une inondation ou d'une irrigation ſscondante. T. III. 37 242 PRINOCIPES RAISONNBUS Quatrième classe. Prairies qui produisent une quantité égale, peut- être méme supérieure, de fourrage, mais d'une qualité plus grossière et plus dure, et mélé de plantes de mauvaise qualité. C'est à cette classe qu'appartiennent surtout les prairies qui souffrent de l'excès d'humidité, et qui recèlent des sources d'eausous terre, ou qui n'ontpas Pécoulement nécessaire pour leurs eaux. On peut aussi y joindre les prairies situées dans des foréts, lorsqu'elles sont foriement ombragées par des arbres. Elles donnent souvent beaucoup de four- rage, mais il n'a pas de saveur et n'est pas nourrissant. Cinquième classe. Prairies qui rendent de 800 à 1100 livres de fourrage. Dans ceite classe doivent étre rangées, surtout les prairies qui n'ont pas une humidité suffisante, et qui ont de la disposition à souffrir de la sécheresse. Sixième classe. Prairies qui produisent moins de 800 livres de fourrage, ou dont les herbages, lors même qu'ils seraient en plus grande quantité, sont acides, composés en majeure partie de joncs et de carex, ou d'autres mauvaises plantes. C'est? à cette classe qu zappartiennent, tant Sles prairies sèches, que les marécageuses et acides. Pour ce produit, je zuppose que les prairies ont, à la vérité, été maintenues en bon état, c'est-à-dire qu'on a eu soin d'y épandre les taupinières, de curer les fossés, et, pour celles qui sont arrosées, de leur donner l'eau d'une manière convenable, mais non qu'on leur ait donné des engrais; car, par ce dernier moyen, des prairies naturellement mauvaises, peuvent étre poussées à un produit plus élevé que celui des prairies supérieures en qualité. § 911. L'on asouvent demandé quel est la valeur des prairies proportionnément aur terres arables. Plusieurs agronomes ont élevé excessivementla valeur de ces pre- mières, par la raison que c'est avec le secours des prairies seulement, que les terres arables peuvent étre maintenues dans un état de ſécondité. D'autres ont ravalé les prairies au-dessous de la réalité, par la raison qu'avec une judicieuse culture des plantes à fourrage, on peut se procurer, sur les terres arables, beau- coup plus de fourrage que sur les prés. La valeur des prairies, comme celle des terres arables, résulte de la somme du produit, après déduction des frais. Mais la valęur des fourrages est encore plus difficile à déterminer que celle des grains, parce que, ordinairement, il sont moins dans le commerce. 7„ Dans les lieux ou il y a de grands marchés de fourrages, il faut distinguer le prix de vente de celui de consommation dans l'économie rurale. Ce premier ure ire, nent des ux. ont ur- 13ge. 8 L 8, ou sont Naises ne les enues curer aniere lerwier s à un t aur Spre- ue les s ont jeuse eau- omme encore il sont e zuer! remle- p'AGRICUI TVU R E. dépend des localités, et est plus élevé dans le voisinage des grandes villes, ou dans les licux d'où l'on peut facilement exporter les fourrages par eau. II ne peut être calculé en moyenne, que pour chaque contrée en particulier. Mais le prix de consommation lui-méême varie, il augmente ordinairement avec le besoin qu'on a du fourrage pour hivernage du bétail etpour se procurer des engrais. Dans les lieux ou, non-seulement on récolte beaucoup de paille, mais oùð encore la nature des terres favorise la culture du trèfle, de la luzerne et des plantes à fourrage en général, on peut mieux se passer du fourrage de prairies natu- relles; et dans les lieux où l'on peut obtenir avec cerütude d'un journal de champ, en sus de la quantité de fourrage que produit la méme étendue de prairie, seulement Pexcédent qui doit payer les frais de sa culture; la prairie n'aura aucune valeur de plus que le Lhamp, ou du moins elle ne sera pas estmée plus haut par des connaisseurs*. Mais dansles lieux ou les terres arables ne sont pas propres à produire, avec sůreté, les meilleures plantes à fourrage, la valeur du foin hausse, et avec elle celle des prairies. Plus on a besoin d'engrais pour les champs, et moins la paille suffit pour les reproduire; aussi trouve-t-on généralement que, là ou le sol est sec et sablonneux, les prairies sont esumées très-haut, parce que le produit des champs en depend absolument. En re- vanche, l'on trouve, quoique rarement, des contrées, où les prairies sont s1 abondantes, et ou l'excédent de fourrages qu'on ne peut écouler au dehors est tel, que les prairies y sont estimées moins que les ierres arables. La valeur du fourrage est donc toujours variable, et dépend des localités. Cependant, en moyenne, dans tous les lieux ou il n'y a ni disette, ni grande demande, ni surabondance de ſourrage, on peut envisager 100 livres de foin comme égales au tiers d'un scheffel seigle, mesure de Berlin, si ce ſourrage est bon et nourrissant; si au contraire, ce foin est de mauvaise qualité, seu- lement au quart d'un scheffel. Si donc on évalue communément un scheffel de seigle à un rixdaler, la valeur de 100 livres de bon foin devrait étre de huit gros, celle de 100 livres de mauvais ſoin de six gros. A ce prix on pourra ordinairement l'employer avec avantage à élever du bétail; bien — — * Selon moi, à tort, parce que la prairie récèle, dans sa croute de gazon, une masse plus ou moins considérable de sucs nouriciers, qui, décomposés et mélangés avec le sol, peuvent ali- menter quelques récoltes de grains sans le secours d'autres engrais, et que, après cela, le sol demeurera encore dans un état de fécondité, tout aussi satisfaisant que le champ qui sert d'objet de comparaison. A la vérité de cet excédent de valeur, qui nait de la croute de gazon, il y aurait à déduire Pexcédent de fraix que coute le premier labour d'un terrain enherbé. TnAap. 244 PRINCIPES RAISONNES entendu, cependant, qu'on choisisse l'espece la plus favorable à la localité. Je n'ai pas besoin de rappeler que ce prix, transformé en argent, monte ou baisse, avec la valeur pécuniaire des grains,. Si la valeur du fourrage est connue, celle de la prairie résulte du montant du fourrage qu'elle a produit, sous déducuon des frais de récolte. Au reste, ces frais ne peuvent pas étre calculés d'après la quantité du foin seulement, mais d'après celle-ci concurremment avec l'étendue du terrain qui l'a produite. Car une prairie qui est en bon état, ne coùte presque pas plus à faucher, qu'une mauvaise de méme étendue, et le fanage n'y apporte qu'une petite différence. Le prix du chargement, du transport et du déchar- gement au tas, seul, a pour base, plutòôt la quantité du produit, que l'éiendue du terrain, Outre cela les frais varient sensiblement, selon que les prairies sont plus ou moins éloignées des bâtimens d'économie. Dans des prés qui sont à une grande distance, ils peuvent facilement s'éleyer au double de ce qu'ils sont dans des prairies rapprochées, Ainsi, P'on ne peut rien dire ici qui soit applicable à la générahté; cependant on peut envisager comme moyenne des frais de la récolte, en deux coupes, du fourrage produit par un journal de prairie de 1. classe. 1 RKixdaler 12 gros. 2.f6.... 1 10 5.—....„.„.„ 1 8 4.*„„„„.„... 1 3 Et de celle, en une coupe, des prairies de 5. ¹5-„.„„ 0 18* 6.*....„ y„„ 16 D'après les données ci-dessus, si, de la valeur du fourrage, nous déduisons les frais de récolte, nous trouverons que, sur un journal de prairie de Premiere classe, 100 L. Etant évaluées à ½ Rixd., le total fait. 8 Rixd.» gros, ainsi le produit net est de 6R. 12 g Seconde classe, 199.......„„.. 6 16 . 5 6 Troisième classe, Ioo.„„„. 4 16 3 3 Quatrième classe, 100 à Risd„..2 4 1 28 Cinquième classe, roo à Rixd....... 2 4 1 14 Sixième classe, 100.«. 5.«. 3 2 5 5 9 3 3„„ 2 1 12 zalite. e ou 294 Dp' AGRICUIL TURE. 245 Si nous voulions déterminer la valeur des terres arables, selon les estimations faites d'après l'assolement triennal avec jachère, la valeur des prairies d'une meéme classe se trouverait alors dans une proportion très-élevée relativement à ces premières. Voyez vol. II, 9 554, page 157 Tableau. Mais nous devons considérer que, dans cette estimation, on impute aux champs les divers frais de culture, tandis que, pour les prairies, on n'a imputé que les frais de récolte, et qu'outre cela, le champ produit de la paille et du päturage. D'après cela je crois devoir mettre la valeur d'un champ, relativement à celle d'un pré de méme classe, dans la proportion de 2 à 5; si, comme je l'ai dit plus haut, des circonstances de localité n'apportent pas quelque changement à cette pro- portion. C'est aussi la raison qui nous a fait adopter ici six classes de prairies, plutéèt que tout autre nombre, quoique, d'après Pinfinie variété des produits moyens, on düt établir une beaucoup plus grande variété de gradations. § 912. Nous avons déjà observé plus haut, que les inondations, qui sont si avan- tageuses aux prairies lorsqu'elles ont lieu dans une saison favorable, qui en augmentent la valeur, et les porte à une classe plus élevée, rendent cependant leur produit plus incertain; aussi rarement une prairie exposée aux inon- dations spontanées, peut elle étre rangée dans le nombre de celles dont le produit est assuré, parce que cette inondauüon arrive souvent à contre-tems. Cependant cette casualité a ses degrés, et il est des cas où elle n'est redou- table, qu'à P'époque d'abondances d'eau extraordinaires; d'autres, au con- traire, ouù elle se réalise en deux ans une fois. Cette considération apporte une différence urès-considérable dans la valeur de la prairie. II est beaucoup de prés, dont autrefois le produit était des plus assurés, et que les ensablemens ou le rehaussement du lit des fleuves ont rendu extrémement casuel. § 915. Pour les prairies, il est encore plus essentiel que pour les champs, que la surface en soit parfaitement unie, surtout lorsque, de nature ou par art, elles reçoivent des arrosemens; sans cela l'eau séjournerait dans les enfoncemens, et n'atteindrait pas les élévations. Les prairies dont la surface n'est pas unie, ont un produit inégal; dans les années sèches les parties basses rendent davantage, dans les annees humides c'est au contraire les élevées; il n'est donc pas facile de calculer, en moyenne, le produit que de telles prairies doivent donner. Outre cela, lorsque la surface est très-inégale, la récolte du foin y devient beaucoup plus difficile. 246 PRINCIPES RAISONNES § 914. Pai déjà dit plus haut, que la distance où une prairie se trouve, apporte une très-grande différence dans les frais de récolte: outre cela la valeur des prairies est augmentée par leur rapprochement des bätimens d'économie, parce qu'alors on a mieux ces prairies sous les eux, et qu'on peut mieux leur donner des soins. Chaque dommage qui y survient, peut aussitôt étre aperçu et étre réparé, tandis que, si la prairie était éloignée, le mal pourrait devenir assez grand, avant qu'on en eut connaissance. Dans les lieux surtout où„'on amende les prés avec du liziex, des urines ou des engrais liquides en général, il im- porte que ces prés soient rapprochés des bätimens rustiques. 5 915. L'homme expert qui sera appelé à estimer des prairies, fera attention à la possihilité d'en procurer Parrosement par des établissemens nouveaux, ou, si elles jouissent déjaà de Parrosement, à la possibilité de l'améliorer, ainsi qu'à toute autre bonification dont elles seraient suscepübles, moyennant des frais peu considérables proporlonnément à l'avantage qui devrait en résulter. § 916. Nous passons maintenant à la culture des prairies. Il est irès essentiel de ne laisser subsister dans les prairies aucune taupinière. On trouve ces taupinières surtout dans les prés secs, ou sur les places les plus Slevées des prairies; c'est là que les taupes se retirent, lorsque humidité les chasse des lieux bas. Les prairies soumises à Pirrigation, et qui peuvent toujours étres maintenues humides, sont le plus souvent exemptes de taupes. Si Pon néglige d'épandre les taupinières et de les aplanir, non-seulement le fauchage devient plus difficile, et il reste autour d'elles de l'herbe qui n'a pu être coupée, mais encore ces taupinières s'enherbent, fournissent alors une retraite aux fourmis et aux autres insectes, et s'étendent toujours plus; à tel point que la prairie finit par ressembler plus à un cimetière de village qu'à une prairie. Il faut donc épandre les taupinières deux fois dans Pannée; la première au prin- tems, lorsque l'herbe commence à s'élever; la zeconde bientét après la ré- colte du premier foin, Si l'on ne néglige pas ce soin, les taupes ne nuisent point aux anciennes prairies fortement enherbées, parce que, de cette manière, on ramène et étend, à leur superfccie, une terre fratche qui est fort avantageuse aux plantes des prés. Pour épandye ces taupinières, on a ordinairement recours aux instrumens à niere. plus les urs Lon hage etre aite e la . Il primr ré- nsent nere, geuse ens 4 D'AGRICULTURE. 247 main, à la bèche, à la pèle ou à la fourche, en donnant des soins à ce que la terre soit étendue d'une manière uniforme; ou bien on y emploie des chevaux, avec divers instrumens, parmi lesquels celui qui me semble le plus convenable, est la herse qu'on trouve dans ma description des Instrumens d'agriculture les plus nouveaux, Beschreibang der neuesten Ackergeraethe, Heft 11 Taf. 7; cette herse est munie d'un fer tranchant dans sa partie antérieure, et dans sa partie postérieure, elle a des épines entrelacées. Elle remplit très- bien ioutes les conditions qu'on doit en attendre, et, sans endommager sen- siblement le gazon, elle s'empare de chaque taupinière, et l'éépand sur l'espace voisin; d'ailleurs, les frais que son emploi occasionne, sont de beaucoup in- férieurs à ceux que ceute opération Coüte, lorsqu'elle est exécutée avec des instrumens à main. Il est bien plus difficile d'aplanir des taupinières ou fouxrdülleces vieilles et en- herbées. Si l'on se bornait à lés enlever, il resterait à leur place un espace nu, qui ne s'enherberait qu'au bout de quelques années. II faut done diviser en croix, avec la bèche, la couche de gazon qui recouyvre la petite élévation, et en retirer les lèvres en arricre, pour enlever au-dessous d'elles la terre surabondante qui s'y trouve; alors, après avoir épandu cette terre, on re- ferme les lèvres de gazon, en les remettant en place. Dans des prairies d'une grande étendue, on se sert, pour cela, aussi d'un instrument à cheval appellé Rabot des prés, et dans quelques contrées, Charrue Hongraise. C'est une espèce de traineau avec quatre traverses, dont la première et la troisieme sont armées d'un fer tranchant, en forme de ratissoir, et la seconde et la qua- trième, de fortes dents de herse. Cet instrument entre en terre, déchire presque tout le gazon de la prairie, et la régale à merveille; mais il exige un attelage de six chevaux au moins. Apréès en avoir fait usage, on herse la prairie en rond, puis on y passe le rouleau. Malgré la cherté de cet ins- trument, ce moyen a été jugé le plus économique pour rétablir la fécondité des prairies fortement couvertes de ces petites élévations. Le déchirement opéré dans la croũte du gazon, permet alors qu'on y sème du trefle, et d'autres plantes nouvelles adaptées à la nature du sol. On peut considérer ceite opération comme une demi culture, donnée au terrain, sans que cependant l'ancienne croùte de gazon soit détruite. § 917. Les opinions sont très-divisées sur la convenance de rompre les prairies el de les soumettre, pour un tems à a la charrue; quelques personnes recom- 248 PRINCIPES RAISONNES mandent cette opération, et l'envisagent comme avantageuse à la prairie; T'autres, au contraire, l'envisagent comme nuisible et la méconseillent. Il faut, avant tout, distinguer si l'on entreprend de rompre la prairie, dans le but de Paméliorer, ou bien si c'est dans lintention de retrer du sol, par une rotation d'autres produits, une rente plus grande que celle quc von en eut obtenue, si Pon eüt toujours laissé ce terrain en pré. Dans le dernier cas, souvent ony établit une rotauion régulière, qui comprend iant Pexistence en prairie que la culture des grains; on s'y procure, par un assoler ment convenable, des produits de différentes espèces, puis on laisse le terrain en pré, pour un ceriain nombre d'années, après y avoir semé du trèfle et d'autres graines d'herbages. Mais, pour cela, il faut que le sol soit également propre à étre en prairie, ou à étre soumis à la charrue. En outre, si Pon veut pou- voir compier sur le rétablissement d'une bonne prairie, il est indispensable d'observer les régles que nous allons transcrire. 1.“ Il faut se garder de trop épuiser le sol par de nombreuses récoltes de grains, et, au contraire, lui conserver une partie essentielle de sa ſécondité naturelle. * Pour la dernière récolte qu'on en exige avant de le laisser en pré, il fans Pamender fortement avec du fumier d'table, et d'autant plus que, pour les récoltes de grains, on aura eu recours à des amendemens avec de la chaux, qui, souvent, sont très-profitables. 3.“ Pendant que le sol est soumis à la charrue, il faut donner des soins à dé- truire complétement les mauvaises herbes qui se multiplient par leurs racines; parce que, sans cela, elles ne feraient que prendre de la vigueur, eit s'étendre ꝛoujours plus dans la prairie. Les grandes récoltes que l'on peut ainsi retirer d'une prairie, surtout lorsque le sol en est doux, riche, et ni trop sec, ni trop humide, principale- ment par la culture des choux à téte, du chanvre, du tabac, etc.; pro- duits, ces récoltes, dis-je, sont extrémement profitables, et le seraient, lors méme qu'en effet la prairie donnerait ensuite une moins grande quantité de fourrage. Au reste, ce dernier cas n'aura pas lieu, si, après avoir observée les trois règles que je viens dindiquer, on sème la quantité convenable de trèfle et d'autres herbages; mais seulement si l'on néglige ces précautions, comme cela a trop fréquemment lieu. § 918. 8i, au contraire, il ne s'agit de rompre une prairie qu'afin de Penherber de airie; rairie, msol, fu'on rend ole- n en audes pre à pou⸗ able oltes adite 1 Pour AA) 3 de- ines; dre tout ale- de DAcnRnlcuLTV N P..· 249 nouveau et d'une mapière plus convenable; cela ne peut étre avantageux que pour le cas où cette partie serait couverte d'herbes mauvaises et nui- sibles, que l'on vaudrait détruire. Dans tout autre cas, je ne saurais le con- seiller; au contraire, je préférerais tout autre remède. Plusieurs cultivateurs ont eu recours à ce moyen, uniquement pour détruire la mousse, mais celle- ci Peüùt été bien mieux à l'aide d'engrais ou de terre, qu'on eùt épandus sur la prairie. Si méême, après avoir rompu un pré, l'on n'en retire qu'une seule récolte de grains, par exemple de lavoine, comme cela a ordinairement lieu, cela ne laisse pas d'apauvrir considérablement la prairie, à moins qu'on ne lui ait donné des engrais; sans cette dernière précaution, la prairie deviendra, après cette opération, plus mauvaise qu'elle ne l'était auparavant, et la mousse ne tardera pas à s'y montrer de nouveau. Si l'on pouvait et si l'on avait la vo- lonté de lui donner des engrais, ces engrais eussent produit un aussi bon effet, lorsqu'on les eut épandu sur le sol, sans rompre le gazon. Mais pour détruire les plantes nuisibles qui sont dans les prairies, un seul labour n'est, le plus souvent, pas suffisant; tout au contraire alors ces plante sont favorisées par l'ameublissement de la couche de terre végétale. Pour atteindre ce but, il faut donc se résoudre à donner une jachdre morte, complète et soignée, comme on la donne aux défrichemens, ou bien à recourir au moyen, plus efficace et plus prompt, de'écobuement, du bru- lement de la croùte de gazon. Je renvoie, en conséquence, à ce que j'ai dit sur la manière dont les ierres nouvellement défrichées doivent étre traitées. § 919. A 5 908, je me suis déjà suffisamment étendu sur la manière de semer les- prairies dont la croùũte d'herbage a été détruite par le labour; cependant on m'aurait mal compris, si on en concluait que j'ai conseillé d'abandonner à la nature seule le soin de cette semaille. A la vérité je connais des exemples, où cette manière a mieux réussi que les semailles faites avec soin; cependant il'y a aucun doute que le hasard ne pùt y conduire des semences beaucoup plus mauvaises que celles qu'on aurait choisies; seulement je pense qu'on u'a point encore pu déterminer positivement quelles étaient les semences qu'on devait préférer, et quelles étaient les plus convenables à la nature du sol des prairies en paruculier. Pour un sol de prairie riche, imprégné d'humus, meuble et modérément humide, il n'y a, sans doute, rien de plus convenable qu'un mélange de Vulpin des prés, Alopecurus pratensis, ei de Palurin d Jeuilles troites, Poa T. III. 52 250 PRINCIPES RAEISONNES trivialis et pratensis, avec ou sans tréfle. Ces plantes donnent une herbe aussi é6paisse que vigoureuse, elles ont une végétation continue, et elles repoussent promptement; outre cela elles sont très-agréables au bétail. Mais elles veulent absolument un terrain qui ait ces qualités; si on les sème sur un sol qui ne les possède pas, on n'y verra que des plantes isolées et sans vigueur. Je ne ne me permettrais pas de déterminer quel est le choiz de plantes qui devrait étre fait, pour ensemencer des prairies dont le sol serait de mauvaise qualité, si ces prairies devaient avoir une longue durée; je renvoie donc au conseil que j'ai donné au susdit§ 908. Lorsque nous nous occuperons de la culture des plantes à fourrages, nous parlerons de quelques herbes, qui réus- sissent sur des champs élevés, lesquels ne sont pas propres à étre transformés en prairies. § 920. Quelques personnes pensent que la première année où une prairie nouvel- lement établie donne de l'herbe, l'on ne devrait point la faucher, mais, au contraire, la faire brouter par le bétail. D'autres sont d'une opinion toute opposée; et d'autres, enfin, veulent qu'afin de se procurer pour la suite une prairie d'autant meilleure, on ylaisse croitre librement l'herbe, qu'on lui permette de můrir et d'épandre sa semence, et qu'ensuite on écrase sous le rouleau sa fane desséchée. Chacune de ces méthodes peut étre préférable, selon la circonstance. Par le moyen du paturage, lorsqu'on en use avec cette circonspection que nous recommanderons dans la suite, les plantes se fortifient dans leurs racines, elles s'étendent sur le sol, et forment une croùte de gazon plus serrée. Les excrémens que le bétail laisse tomber tandis qu'il est au pàturage, profitent à la prairie, surtout si l'on a soin de les épandre, le piétinement et le parcaga du bétail favorisent la végétation de l'herbe sur les terrains secs. Si donc la nouvelle prairie est garnie de plantes, mais que celles ci se montrent faibles, je préférerais la faire paturer. Si, au contraire, l'herbe parait devoir étre épaisse et vouloir pousser avec vigueur; si Pon peut s'en fier pour sa réussite à la fécondité du sol, il n'y a pas d'inconvénient à faucher, surtout lorsqu'on le fait d'aussi bonne heure que cela est possible, afin que les plantes ne s'épuisent pas en faisant leur semence. L'on ne saurait conseiller de laisser'herbe en pied, que dans le seul cas od celle qu'on aurait semée serait excessivement claire, et distribuée en touffes ussl sent lem n6 D'AGRICULTVURV. 251 séparées par des espaces nuds, et qu'en conséquence on jugerait nécessaire de semer de nouveau; cependant ce moyen ne pourrait étre employé qu'autant qu'il ne se montrerait pas des herbes mauvaises et nuisibles parmi les bonnes. Car s'il y en avait de telles, il serait d'autant plus urgent de faucher. Quelques personnes conseillent, pour ces cas là, de laisser sur pied des places isolées, qui soient particulièrement nettes de mauvaises herbes, et placées à une certaine distance les unes des autres, afin que, de là, la semence s'étende sur le terrain où Pherbe a besoin d'étre épaissie. Ilne faut tolérer, sur de ielles prairies, aucune mauvaise herbe qui se propage par ses racines, il convient au contraire de les arracher. Quant aux mauvaises herbes qui se propagent par leur graine, il ne faut pas les laisser arriver' à maturité. § 921. La culture qu'on donne aux prairies avec une herse dont les dents sont courbées en avant, ou, mieux encore, cette espèce de déchirement qu'on opère dans la croüte de gazon, avec des instrumens garnis de couteaux à la manière du scarificateur, est une des opérations les plus uules de l'économie des prairies. Elle a Gté recommandée surtout dans la vue de détruire la mousse; cependant elle n'agit dans ce sens que d'une manidère indire cte. La mousse se niche dans des places où aucune autre plante ne trouve sa nourriture, elle ne couvre que les espaces vides, elle cède aux autres végétaux, se convertit en terreau, et, sous cette forme, aide à leur végétation. Les mousses aquatiques elles méèmes disparaissent, lorsque le sol est assaini; et les sèches lorsqu'on l'arrose. La mousse ne parait donc pas étre, en elle mème, tellement nuisible aux prairies, que, pour la détruire, Pon doive employer des moyens particuliers; parce qu'elle cede à toute culture qui donne de la force à la couche de gazon. Mais la culture, l'espèce de déchirement dont nous avons parlé, aide à la réussite des plantes de pré et les forüfie, en ouvrant à l'air aamosphérique un libre accès auprès de leurs racines, en divisant et multipliant ainsi les plantes, et en eniourant leur collet d'une couche de ierre meuble. Elle est aonc d'une aussi grande efficacité sur les prairies dépourvues de mousse, surtout sur celles dont le sol est tenace et nullement spongieux, que sur celles qui en sont garnies. Ceitte opération doit se faire au printems, lorsque la végétatiou commence, et que le sol est suffsamment essuy. Elle a paru surtout avantageuse, lorsqu'on voulait amender la prairie avec des engrais; ceux-ci ont produit un effet beaucoup plus sensible, lorsque, avant leur applicalion, le gazon avait été ouvert avec de tels instrumens. ⸗. 252 PRTINCIPES RAISONNE S En passantlerouleau sur les terrains quisont en herbages, on augmente à la vérité la beauté et'uniformité de la surface du gazon, mais non le produit de la prairie. § 922. Dans quelques contrées, on donne encore plus de soins à l'amendement des prairies qu'à celui des champs mèême, et c'est à ceus-là qu'on incline a consacrer les engrais. Lorsque nous fumons nos prairies, dit-on, nous n'a- vons pas besoin de nous donner du souci, pour assurer à nos champs des engrais suffisans. Dans d'autres contrées on ne pense pas mèême à fumer les prairies, et l'on envisage comme une monstruosité, d'ôter le fumier aux champs, pour le donner aux près; parce que le pré rend toujours quelque chose, lors même qu'il a été privé d'engrais, tandis que le champ demeure à peu près stérile. Les prairies qui sont amendées par le débordement de rivières chargées de parties fécondantes, n'ont, sans doute, pas besoin d'engrais; elles doivent erre considérées comme un des plus grands bienfaits de la nature, pour la culture des contrdes qui les possèdent, et comme un moyen par lequel ces contrées peuvent facilement élever leurs produits au-delà de ce que les soins de Part peuvent procurer dans d'autres localités. Les autres prairies doivent obtenir un dédommagement de ce qui leur est enlevé annuellement, surtout lorsqu'on y fait deux coupes successives; à défaut de cela leur fécondité irait en déclinant. Mais la mesure d'engrais dont elles ont besoin peut éêtre faible, en comparaison de ce que ces prairies rendent de produits conversibles en engrais, et tandis que, sous les assolemens de la calture des gralns, les champs reproduisent, en élémens d'engrais, moins qu'ils n'exigent et ne consomment; les prairies quĩ ont été amendées, au contraire, rendent, par'excédent de produit qu'elles donnent après l'équivalent de ce qu'elles ont consommé, au moins le double q'engrais de ce qui leur avait été appliqué. II n'y a donc aucun doute, que Ja manère la plus certaine d'augmenter les engrais, c'est de les appliquer aux prairies; par cette méthode on s'est procuré des prés, et, Pon s'est donné la possibilité de fumer complètement les champs, dans des lieux où, auparavant, cela était impossible*, Lorsque cette vérité est si généralement reconnue, * En supposant toujours les conditions sans lesquelles il ne saurait etre avantageux de laisser un terr ain en prairie; car du fumier appliqué à un terrain qui n'est pas particulièrement qua- liné pour cette destination, et qui peut, avec plus d'avantage, ètre transformé en champ à ſourrage,(ce qu'on a appellé jusqu'ici improprement prairie artificielle à demeure), ce fumier, dis-je, n'est nullement payé par Taugmentation de produit quil procure à la prairie, dans les érus rie. nent e a wa- des mer r aM elque peu gées vent Ir la ces oins vent dout aen , en rais, ent, qui Mes uble que zuer 6 la ant, aue, — loisser t qud- amp 4 amier— an5 Lr D'A GRICULTU R E. 253 par les gens de Part, comment se fait-il que, dans la plupart des contrées, on ſume si rarement les prairies? La première avance est, le plus souvent, trop difficile; car, lors méème que le fumier qu'on donne aux prairies revient au tas sürement et multplié; cela ne s'effeciue cependant pas dès la première année, mais seulement après le laps de six ou sept aps; puisque l'effet du fumier se prolonge durant ce tems et plus encore. C'est un capital qui, durant cet espace de tems, est triplé, quatruplé et plus encore; mais il faut en faire Pemploi, et à beaucoup de gens cela parait impossible à exécuter sans que leur leurs champs en soient apauvris. § 923. Pour amender les prairies, on peut se servir des mèmes engrais que pour les champs, cependant il en est qui sont particulicrement propres à ces premieères. Quelquefois, qucique pas fréquemment, on donne aux prairies du fumier d'étable frais; dans ce cas il faut le charrier et l'épandre avant hiver ou au premier printems, afin que ses parties solubles puissent être entrainées par Peau des pluies, et communiquées au sol de la prairie. Cette espèce d'engrais n'est donc applicable qu'aux prairies sèches, qui permeitent qu'on y ſasse les charrois dans ces deux saisons. Lorsque le iems est sec, on amasse alors avec la räteau, la paille qui n'est pas décomposée, et l'on s'en sert de nouveau pour litière. Mais, pour amender les prairies, on emploie plus fréquemment le fumier consommé, surtout celui qu'on a amassé dans les cours rustiques et sur les chemins, et qu'on a mélé avec de la terre. En effet, cette espèce d'engrais, à cause des semences de mauvaises herbes qu'elle recèle, est moins conve- nable pour les terres arables. On y joint les dépouilles et ordures de toutes espèces, les balayures des maisons, la sciure de bois, les poils, et, en géenéral, le déblai des cours et bäümens. La poussière des grains, les balayures des aires et des fenils sont aussi destinés aux prairies, parce que, sur les champs, ils produiraient trop de mauvaises herbes. Outre cela, on desune principalement à l'amendement des prairies, les liziers, urines, ou engrais liquides, qui s'écoulent immédiatement des écuries ou, en tems de pluie, des tas de fumier, et surtout les égouts des étables à porcs, que l'on recueille ordinairement dans des réservoirs particuliers. Ce quatre ans, environ, durant lesquels son effet parait se prolonger. Beaucoup de gens auront de la disposition à critiquer cette note, mais je les prie de vouloir auparavant s'éclairer par des essais et des expériences suivies, tels que je les ai faits avant d'oser émeitre mon opinion à ce sujet. TRAp. 254 PRTINCIPES RAISONNES genre d'engrais est trèes-efficace, il doit étre consacré surtout aux prairies qui sont rapprochées des bätimens d'économie. Quelquefois un ruisseau voisin ou un canal établi à cet effet, qui recueille les eaux de pluie et les conduit sur une prairie rapprochée, fournit Poccasion d'y diriger ces engrais li- quides, et, en les mêlant avec l'eau, de les étendre sur le pré. Dans les lieux où Pon donne de l'importance et des soins à l'amendement des prairies, on forme un rempart de toutes ces mauiéres, auxquelles on joint une forte proporüon d'une terre convenable; au moyen de cela, on obüent une réparttion plus égale de sucs, et un effet plus prompt et plus sensible. Un autre engrais excellent pour les prairies, c'est le paro des bétes à laine, qui, cependant, ne peut étre appliqué qu'aux prairies sèches ou bien assainies, en automne et au printems. On n'a pas besoin de le donner très-fort; 400 brebis, pendant deux nuits, suffisent à un journal. Les engrais mécaniques, ceux qui sont des agens de décomposition pour les substances nutritivcs contenues dans le sol, tels que la chaux, le plaätre, la marne, la cendre de tourbe et la cendre de savonnerie, cette matière si active, produisent un grand effet, surtout sur les prairies qui ne manquent pas d'humus, et qui ne sont pas top humides. On n'en observe pas sur les prairies maigres ou humides, ce grand effet qu'ils opèrent sur les autres. IIs détruisent particulièrement la mousse, et favorisent sa prompte décompo- silon; c'est pour cela qu'ils produisent tant d'effet sur les prés qui ont beaucoup de mousse, lorsqu'on les a auparavant bien assainis. Quelquefois on emploie ces substances seules, et le mieux est, alors, de les faire alterner avec des amendemens de fumier, ou bien on les méle dans les tas de compost. Le plätre et le résidu des salines produisent aussi un grand effet sur les prairies; surrout sur celles où il se trouve des plantes de trèfle, de vesces et de lotier; ils donnent à ces plantes Pavance sur toutes les autres. Il faut procéder avec circonspection, lorsqu'on veut amender les prairies avec de la chaux pure; cette chaux doit étre épandue très-mince, à moins que la prairie ne soit couverte de mousse et de mauvaises herbes; dans ce dernier cas, on peut la donner en plus grande abondance, et dans son état de causticité, afin de détruire la mousse et ces mauvaises plantes. § 924. Mais on obüent souvent un effet étonnant, de la terre qu'on charrie et épand sur les prairies, quelquefois lors mème que cette terre n'aurait regu aucune pre⸗ anrles voisin nduit s li- nent s on on Ro hiine, inies, 4⁰⁰ pour atre, re si uent les Ares. mp- i ont D'A GRICVU L T U R E. 255 paration; cet effet est sensible surtout lorsque la terre qu'on ajouta ainsi, se trouve appropriée au sol de la prairie. Oa peut bonifier sensiblement les prairies marécageuses, spongieuses et for- tement garnies de mousse, en y transportant et épandant du sable maigre. L'on a remarqué que des ensablemens accidentels avaient fait beaucoup de bien aux prairies de ce genre, après qu'on avait épandu le sable d'une ma- pière égale à la surface du sol, et on a appris à imiter cet accident. Plus la prairie est spongieuse et humide, plus forte est la couche de sable qu'elle peut supporter, et lors mèême que celle-ci paratt étouffer tout à fait le gazon et les plantes, souvent ces plantes ne laissent pas de la percer l'année sui- vante, et d'y végéter plus touffues et en meilleures espèces qu'auparavant. Lorsque les prairies sont spongieuses, cette addition de sable ne les releve pas, souvent méême elle les abaisse, au contraire: parce que le sable comprime la substance spongieuse, s'enfonce par sa propre pesanteur, et remplit les vides de la terre. Il n'y a pas jusqu'aux prairies élevées, sur lesquelles il ne soit utile d'épandre une légère couche de sable, lorsque ces prairies sont fortement couvertes de mousse; parce que le sable détruit celle-ci, et favorise sa décomposition. Cependant, pour toutes les prairies dont le terrain est solide, une terre plus féconde produit encore plus d'avantage. Lorsqu'on pourra s'en procurer, elle sera toujours avantageuse aux prairies, parce qu'elle donne aux nœuds in- férieurs des herbes, de la disposition à pousser de nouvelles racines et de nouveaux jets, et qu'ainsi elle fortifie et augmente les plantes. H. F. Pohl qualiſie la méthode de transporter et épandre de la terre à la surface des prairies, de rajeunissement des pres, dans les Annalen des Aorerbaues Bd VI. S. 274; il a traité au long cette matière, dans un écrit intitulé. αᷣDas Verjüngen der M iesen, Leipsic 1810.» Cet ouvrage contient nombre d'autres observations judicieuses sur la culture des prairies- Les prairies séches tirent surtout avantage de U'espèce de terreau que l'on trouve dans les haseohils, lors même qu'il est naturellement acide; ainsi la terre marécageuse qu'on tire de la couche inférieure du sol, surtout lorsqu' on creuse des fossés, peut souvent éêtre très- utile pour bonifer la partie élevée et sèche des mémes prairies. Le mieux est de la mélanger avec de Pautre terre, surtout avec de la terre marneuse, et ensuite de l'épandre sur la prairie. Après elle, c'est des différentes espèces de marne qu von peut reurer les avan- tages les plus frappans. 256 TrRINCIPES RAISONNES § 925. L'époque où l'on doit charrier les engrais sur les prairies, veut étre fixée avec réflexion, elle doit étre déterminée d'après les circonstances. On ne doit fümer avant Phiver que les seules prairies qui ne reçoivent d'inondation ni de la nature, ni de l'art, parce que, autrement, l'eau em- meneroit avec elle une grande partie des sucs fécondans que ces prairies auraient reçu du fumier. Si, cependant, dans de telles prairies, il se trouve des places élevées que Peau m'atteigne pas, on y conduit, d'abord avant l'hiver, une forte quantité de fumier, soit pour les dédommager de ce qu'elles ne jouissent pas de l'cau, soit dans l'intention d'épandre ensuite, lorsque les eaux se seront retirées, l'excédent de ce fumier sur les places les plus basses. Sur les prairies sèches, un amendement de fumier pailleux, donné avant Phiver, a quelquefois produit un très-bon effet, parce que les particules du fumier entraient mieux en terre, et que ceite couverture protégeait les plantes de ces prairies contre la gelée. Mais souvent aussi l'on a cru y voir des in- convéniens, parce que le long fumier fournit une retraite aux souris et aux insectes, et les attire; et aussi parce que cette couverture chaude, rend les: plantes trop Fdelicaes au printems, haàte trop leur végétation, et, par- là leur rend d'autant plus nuisibles les gelées tardives qui surviennent après qu'on a enlevé le fumier. Cest par cette raison que plusieurs personnes pré- ferent conduire au printems seulement, le fumier pailleux sur leurs prairies, et de Py laisser jusqu'à ce que l'herbe pousse. Mais le fumier consommé et le compost, veulent, sans aucun doute, étre appliqués aux prairies élevées, dans l'arrière-automne, quoiqu'ils agissent encore suffisamment lors méême qu'on ne les charrie qu'au printems. Dans les prairies humides et inondées, il esi difficile de charrier le fumier, non-seulement au moment ouù l'on voudrait le donner, mais encore au printems, parce que, dans cette saison, ces prairies sont encore trop mouillées; là il con- vient mieux de saisir le moment qui suit immédiatement la premitre récolte du foin. Les engrais ont alors le tems de se combiner assez avec le sol, pour que les eaux de l'hiver ne puissent pas les lui enlever; et en général Pexpérience a démontré que les engrais charriés et appliqués dans ceitte saison, étaient les plus effioaces. § 926. Quoique nous ayons déjà parlé fort au long des établissemens pour l'arro- arant s du antes in- aux les -A aor8 pré- iries, étro sent nier, lems, con- vdolte sl, eral cene Parro- PDA GdGhRhIrecUI. T G R E. sement des terres, il nous reste cependant à parler ici de l'application de ce pienfait aux prairies. Nous distingnerons, comme nous l'avons fait plus haut, les arrosemens par inondation, de ccux qui ont lieu par irrigation, et de ceux qui s'éxécutent par le moyen des eaux qu'on ſait refluer à la superficie du sol. Car quoi qu'il y ait des prairies aux quelles ont peut donner ces trois genres d'arrosement, à volonté, ce cas est cependant rare, et d'ailleurs, chacune 8 de ces trois méthodes a ses règles parüculières. § 927. L'arrosement par IZnondation doit avoir lieu en automne et au commencement du printems. Lorsque, en automne, l'on a retiré le bétail des prairies, on examine soigneusement les digues, les canaux, et les écluses, et l'on en répare les dommages. Ce qui demande l'attention la plus particulière, c'est les canaux et raies d'écoulement, parce que le succès dépend de la promptitude avec la quelle on peut ôter P'eau et faire égouter le sol, après Pavoir inondé, et que, d'ailleurs, Pautomne est la saison la plus commode pour curer les fossés. On introduit alors l'eau sur la prairie, en aussi grande quantité, et en la laissant élever autant que cela est possible; on l'y laisse séjourner pendant le tems nécessaire pour que le sol en soit tout à fait imprégné. Lorsque l'cau est fort élevée, elle opère quelque fois le régalement du sol, parce que le battement des vagues, surtout par les tems d'ouragan, enlève les élévations qui sont à la surface du sol. Si cependant on a donné l'eau de bonne heure, ou s'il s'en suit une température extraordinairement chaude, il faut examiner avec attention s'il n'y a point de signe de putréfaction; celle-ci est indiquée par une écume qui se montre sur l'eau, au bord du rivage. Si cela est, il faut laisser écouler l'eau avec toute la promptitude qui est possible, et faire parfaitement égoutter la prairie. C'est seulement lorsqu'elle s'est complétement essuyée, c'est-à-dire après un espace de deux ou trois semaines, qu'on peut renouveller l'inondation. Les opinions sont maintenant divisées sur cette question, si, en cas qu'il survienne de la gelée, on doit laisser Peau sur la prairie et permeitre qu'elle se couvre de glace, ou si l'on doit metire cette prairie à sec. Le premier parti a eu des avantages et des inconvéniens. Une légère couche de glace qui est gelée jusques au sol, ne nuit en aucun cas. Mais lorsque la couche supérieure de Peau est gelée, ei non Pinférieure, et qu'ainsi le sol de la prairie reste mou, il peut, méême en hiver, s'y mettre une putréfaction nuisible aux meilleures T. III. 53 258 PRINCIPES RAISONNLS plantes de prés. Ainsi donc, pour les prairies où Pinondation s'élève beaucoup, il vaut mieux, lorsque Phiver arrive, laisser écouler Peau. Au printems alors, et aussitéôt que la cessation du froid permet de hausser et baisser les écluses à volonté, on donne une forte inondation, afin de Urer parti de Peau qui s'est imprégnée de parties fécondantes durant sa stagnation. Selon la température qu'il fait alors, on peut laisser séjourner ceite eau 8, 12 et jusqu'à 14 jours; cependant, encore plus qu'en automne, il faut veiller gvec attention aux traces de putréfaction qui pourraient se montrer à la surface de Peau, et, aussitét qu'on des aperçoit, faire écouler cetie eau. Lorsque la prairie est parfaitement essuyée, on donne alors une seconde inondation qui doit durer trois jours; après que la terre s'est de nouveau égouttée, c'est le cas de donner la troisième inondation qui ne doit durer que deux jours, et puis la dernière qui ne doit durer qu'un jour. Aussitôt que l'herbe commence à slever, il faut cesser d'inonder la prairie. Cependant après qu'on a enlevé le premier foin, surtout si le tems est sec, on peut donner une nouvelle inondation, qui, alors, ne doit pas étre prolongée au delà de deux jours. Pour ces inon- dations il faut, en général, porter son attenuon sur la nature du sol et l'état de la température. Plus celui-là est perméable, plus longtems et plus fréquemment on peut donner pinondation, et, au contraire, plus le terrain est argileux, et imperméable, moins souvent on doit Pinonder et moins long-tems il faut y laisser séjourner P'eau. Lorsque le tems est sec on doit répéter plus fréquemment Pinondation; lorsqu'il est humide, on Ja donne à des époques moins rapprochées; lorsqu'il fait froid on peut laisser séjourner l'eau plus long-tems, tandis que, lorsqu'il fait chaud, on doit au contraire se häter de la faire scouler. De mème pour les inondations spontanées, pour celles qu'on n'a point à sa dispo- siuion, il faut, avant le moment ouù elles peuvent survenir, avoir soin de mettre en pon état les canaux et raies d'écoulement, tant ceux qui sont destinés à emmener les eaux de toute la prairie, que les raies qui recueillent Peau de chacune des places les plus basses; ce soin esi essentiel, afin que l'eau que l'inondation Jaisse après elle, ne séjourne pas trop long-tems sur la prairie. C'est une règle générale pour Parrosement qui a lieu tant par inondation que par irrigation, qu'il ne faut pas introduire l'eau sur les prairies, durant la partie chaude de la journée, mais seulement vers le soir, ou le matin de bonne heure, sans quol cet arrosement pourrait facilement devenir nuisible. Après une gelée blanche, ou une température très froide qui, au printems, suivrait des jours très-chauds, un arrosement est particulieèrement avantageux, il répare le mal que ee froid fait ordinairement à Pherbe. l — D'AGRICUILTURE. ucoup,§ 928. Pour PTrrigation il faut observer ce qui suit. ausser Si la prairie a été paturée en automne, et que le bétail soit rentré dans les ln de gtables, on se haàte de réparer les raies et les rigoles que les bétes ont gàtées ation. avec les pieds, afin de pouvoir donner un arrosement 6galà ioutes les parues 8, 12 de la prairie. A T'aide de gazons qu'on place dans les rigoles, quelquefois velller aussi en relevant les bords de celles-ci avec des bandes de gazon, Pon retient Karface peau et laà, et on la force à se jetter à d'autres places; à ces ſins Scue U on introduit Peau sur la prairie afin d'observer son cours; car la pression des ion qui pieds du bétail au päturage, a toujours apporté quelque dérangement à ce cours. c'est le Alors on donne une irrigation abondante et continue, afin que le sol se urs, et sature d'eau, se raffermisse et devienne plus compacte. Après huit ou quinze mence jours, on laisse essuyer la prairie, afin que le sol n'en perde pas trop sa enlevé copsistance; puis on lui donne l'eau à nouveau. Quoique, en automne, on dation, ne puisse guères pousser trop loin J'rrigation, cependant il est toujours inon- convenable de laisser essuyer le terrain alternativement et de place en place, Pétat lors méême que l'on aurait assez d'eau pour la donner d'une manière eontinue mment à toute la prairie; circonstance rare, surtout lorsque l'étendue de cette eux, et prairie est très-grande. Si l'on n'a pas cette quantité d'eau, l'on se trouve ſaur y bien forcé d'èter Peau à quelque partie de la surface, lorsqu'il s'agit de la emment donner à une autre. ochées; Lors méèéme que la gelée surprendrait une prairie soumise à Pirrigation, et ſi que, que celle-ci se couvrirait de glace, cela ne lIui ferait aucun mal; d'ailleurs Peau qui coule sans interruption ne se gèle pas facilement. aspo⸗- Lorsquo la glace ou la neige fondent, il faut lacher que les écluses puissent uure en s'ouvrir promptement, afin de donner une prompte issue aux eaux, nceuer qui, sans cette précaution pourraient facilement occasionner des déchiremens une des et d'autres dommages. Mais aussitéôt que les circonstanees le permeitent, il adauion faut arréèter ces eaux sur la prairie, afin qu'elles y déposent le limon et les substances fécondantes que, alors, elles charrient ordinairement avec elles. Le onäation premier des arrosemens qu'on doyne au printems, peut durer 15 jours et plus, gurant k ensuite il faut laisser la prairie à sec pendant 8 jours au moins, après de ponpe quoi Pon peut recommencer Pirrigation, mais pour moins de tems. Lorsque la prairie commence un peu à verdoyer, ce qui ordinairement a C. lieu de bonne heure, quand il s'y trouve des sources d'eau chaude, etsi latempéra- rinien nure est un peu réchauffée, on laisse de nouveau la prairie, s'essuyer complétement, 260 PRINCIPES RAISONNES et Pon profite de ce moment pour visiter et réparer de nouveau les rigoles et les raies d'irrigalion. L'on conduit alors, sur la prairie, des prebis nourrices, aux quelles ce paturage est particulièrement utile, en augmentant leur lait plus que ne le ferait aucune autre nourriture. Dans plusieurs contrées d'Angleterre Pon croit que le succès de l'économie des bétes à laine repose essentiellement sur les prairies qui jouissent de P'irrigation, et des expériences sans nombre ont prouvé, Tie le päturage sur des prairies qui ont recu ce genre d'arro- sement, mais qu'on a ensuite laissées convenablement essuier, n'est en aucune manière désavantsgeuse aux bétes à laine, et que l'eau croupissante, seulement, leur est nuisible. Alors on continue l'irrigation, en ne la prolongeant cependant pas consécu- nvement au-delà de trois à quatre jours. A mesure que la température se ré- chauffe, les arrosemens doivent étre abrégées, jusqu'à ce qu'on les borne à une nuit. Pour cela, on se dirige d'après l'humidité de la prairie; si le terrain est sablonneux et perméable, et que la température ne soit pas très-humide, on peut Lepoter lirrigalion la quatrième nuit après celle ouù elle a eu lieu, et con- inuer ainsi jusqu'à ce que l'herbe soit en fleurs et doive étre fauchée. L'herbe d'une prairie soumise à l'irrigation, doit tonjours étre maintenue ferme et fraiche par le moyen de P'eau; si une seule fois on la laissait flétrir, des plantes ainsi acooutumées à Phumidité, en souffriraient plus que les autres, la végétation en serait interrompue, et elle ne se remettrait plus que difficilement. Pour l'arrosement, il est d'une grande importance de demeurer dans une juste mesure. Il ne faut pas répéter l'arrosement, jusqu'à ce que le sol soit parfaite- ment essuyG; mais aussi ne faut-il pas le différer jusqu'à ce que les plantes com- mencent à souffrir de la sécheresse. Aussi les prairies arrosées par irrigation demandent elles, plus que toute autre, une attention suivie, et dans les grands Gtablissemens, il faut la confier à un valet pariiculier, qui, alors, opère les petites réparations indispensables et faciles, dont les prairies peuvent avoir besoin. Immédiatement après qu'on a serré le premier foin, on recommence lirriga- Uon, et, les premieres fois, on la continue pendant quelques jours, puis on la renouvelle, pendant la nuit seulement, lorsque le besoin Pindique. §. 929. Beaucoup de gens recommandent avec instance de nettoyer les prairies des herbes nuisibles, el pour cet effet de leur donner un sarclage et de faire arra- cher ces plantes. Mais si seulement on donne aux prairies les autres soins dont elles ont hesoin, les mauvaises herbes ne sont pas de grande conséquence; sur goles et urrices, lait Plus gleterre Uement nombre Garro- aucune Mewent, consécu- e se ré- de à une rain est de, on et con- herbe rme et plantes aüon en ne juste arfaite- com- gation grands petites Wn. lirriga- on la ries des ire arfs- iins dont ence; Sur D'A GRICULTVURE. 261 celles de ces prairies que l'on fauche deux fois par année, la plus grande parle des mauvaises herbes périssent et disparaissent, à la suite de ces deux coupes. En revanche, dans les prairies qu'on ne fauche qu'une fois, les mauvaises herbes ont le tems de faire leur crue, surtout lors que ce sont des espèces que le bétail ne touche, ni au pàturage de printems, ni à celui d'automne. II est des mau- vaises herbes que le päturage de printems détruit complétement, par exemple, la Créte de coxõ, Rhinantus cristagalli, dont, sans cela, la graine mürit dejà avant qu'on fauche la première coupe des foins. Les chardons disparaissent lors- qu'on les fauche deux fois, et lorsque la faux les atteint, pour la première fois, avant qu'ils mettent la fleur, ils donnent un bon fourrage. Les plantes aquatiques sont dissipées par Passainissement de la prairie, et ne peuvent étre détruites que par ce moyen. Le Tussilage ou Pas d'ane seul, qui fleurit de bonne heure et couvre le sol avec ses larges feuilles, veut étre arraché, lorsqu'il se trouve dans des prairies dont le sol est glaiseux. Si on l'ar- rache Aréitérées fois, il disparait, lors mème qu'on n'obtient pas toutes ses racines. Lorsqu'on fauche, il faut surtout donner son attention à ce que, aux bords des prairies, le long des fossés et des haies, tout soit parfaitement coupé et que cela se fassc aveo la faucille ou des couteaux, lorsque cela ne peut pas bien étre accompli avec la faulx. Sans cela ils'y forme une pépinière de mauvaises herbes, et souvent de plantes vénéneuses et corrosives. Il faut empécher qu'il ne pousse des drageons auprès des haies, et que les racines ne s'étendent trop. Si'on fauche deux fois, par année, les drageons qui poussent et se multiplient dans la prairie, ils ne prendront pas de force, au con- traire, ils périront bientét. Mais si on les a laissé crottre une année entière, la faux ne pourra plus les dompter, et ils se propageront de plus en plus. Il con- vient de les couper très-près de terre, ou mèême un peu plus bas, cependant il n'est pas nécessaire de les arracher avec toutes leurs racines, ce qui est très- difficile. Si on a soin de bien couper toutes les jeunes pousses, les racines périssent enfin d'elles-mémes. H. 950. L'on a, presque généralement, condamné l'usage de paturer les prairies, comme désavantageux et nuisible, et plusieurs cultivateurs ont, en conséquence, fait le sacrißce de cet important revenu. L'horreur qu'on a du pàturage provient sůre- ment de l'abus qu'on en a fait et de la mauvaise manière d'en profiter qui doit avoir lieu, toutes les fois que'usage en est abandonné à Gautres qu'au propriétaire du fonds. Alors en effet on m'observe pas une juste mesure, on ne considère point 262 PRINCIPES RAISONNES les tems, et Pon ne choisit pas l'espèce de bétail qui serait la plus conve- nable. Si, au contraire, c'est le propriétaire qui a l'usage du paàturage, et qu'il n'y ait recours qu'au printems et en automne, non-seulement ce paàturage ne parattra pas nuisible, mais, au contraire, il sera jugé avantageux; si du moins on prend aussi la qualité du foin en considération; parce que, au paàturage de printems en particulier, le bétail se nourrit et profite des plantes hatives, qui, si elles devaient attendre le moment où on fauche le premier foin, seraient converties en paille, et auraient laissé tomber leur semence sur la prairie. Tout au moins ces plantes deviennent-elles dures et insipides, et ne donnent-elles au bétail que du dégoùt; tandis que, jeunes et tendres, elles lui eussent parfaitement convenu, outre que, dans leur végétation, elles n'eussent pas entravé celle d'herbes d'une meilleure qualité. * Ordinairement le päturage de printems doit étre réservé pour les bétes à laine, bien entendu cependant qu'il s'agisse de prairies convenablement essuyées et assainies, puisque les prairies marécageuses, dont l'herbe est encore salie de limon, sont toujours nuisibles à cette espèce de bétail, quoique cependant, moius au printems qu'en automne. Mais lorsque les prairies ont été bien assainies, Pusage de ce päturage précoce est fortement à rechercher, et d'une grande valeur pour les brebis nourrices, auxquelles il donne un lait très-abondant, en telle sorte que rien ne favorise tant un troupeau de bétes à laine, qu'un tel pàturage. Ces bétes broütent Pherbe d'une manière uniforme, et lui font ainsi pousser plus de racines, elles retardent les plantes qui croissent en touffes avant les autres, et rendent à la prairie, par leurs excrémens, plus qu'elles ne lui étent de sucs. On prétend aussi qu'elles chassent divers insectes. La pression de leurs pieds, et méme leur piétinement, est plutôt avantageux aux plantes, qu'il ne leur est nui- sible. Cependant il est sous entendu qu'il faut mettre à ce pàturage des bornes, qui sont déterminées par le plus ou moins d'avance que la température a donnée à la végétation. Si le printems est chaud, le pàturage de la prairie doit étre fermé aux béôtes à laine dès le 20 avril(dans la partie septentrionale de l'l- lomagne), ou du moins au commencement de mai; à moias que la tempéra- lure ne soit froide, et que herbe ne pousse que faiblement; dans ce cas on peut prolonger le päturage jusqu'au 10 mai*. On ne saurait conseiller de faire pàturer du bétail à cornes au printems sur les prairies, qu'autant que celles-ci seraient entièérement sèches et solides, en sorte que les pieds des animaux n'y laissassent aucune trace, et que d'ailleurs * Dans le climat tempéré de la France, ce serait un mois de trop; il ne faut pas prolonger le Paäturage sur les prairies au-delà du terme des dernières gelées. ThAp. fe. D'AGRICULTURE. 263 et on aurait soin d'épandre immédiatement les excrémens que ces bétes dépose- ge raient sur le sol; autrement ce pâturage ne pourrait qu'ètre nuisible. 5 Eu revanche le bétail à cornes doit avoir le päturage d'auiomne, celui qui ce suit les seconds foins; parce que, dans cette saison, le päturage des prairies te peut, très-facilement, donner la cachexie aqueuse aux béies à laine, pour les- e quelles, dans cette saison, on a d'ailleurs assez d'autres pacages. Cette nouvelle de pousse d'herbe, qui, dans plusieurs prairies, n'est jamais plus forte que dans cette ds, partie de T'année, est très=avantageuse au gros bétail; elle donne aux vaches une res, augmentation de lait très-sensible. A cette époque l'on n'a rien à redouter des elles empreintes que les pieds du bétail laissent sur le sol; parce que, au printems, meéme sur les terrains spongieux et mous, ces empreintes s'effacent et ne parais- sent plas*. Les engrais que le pàturage laisse dans les prairies leur sont aussi“ ne, 8 et d'un grand avantage, surtout lorsque Pon a soin de diviser et épandre les excré- de mens des animaux, travail très-léger, qui doit étre imposé au berger. Le bétail ius à cornes trouve, souvent jusqu'à la fin de novembre, une bonne nourriture sur s, ces päturages. eur Les Anglais, comme Y'on sait, Uennent si fort à faire pàturer les prairies rie qui leur appartiennent en propre, qu'ordinairement ils n'en tirent qu'une Ces zeule récolte de foin; qu'ils prolongent le pàturage de printems pour les flus pétes à laine, et, bientôt après la récolte du premier foin, mettent les res, bétes à cornes dans les prairies. On trouve le mème genre d'économie hog Stabli dans différentes contrées basses, oð l'entretien du bétail forme le et principal de lindustrie rurale. Dans ces contrées, souvent on attribue, à c chaque pièce de bétail, une certaine étendue de terrain en herbages, 8, tant pour päturage, que pour la quantité de loin qui doit faire sa nourriture ne⸗ Phiver. Pour cet effet, on partage en deux parties les prairies attribuées à un troupeau, on en laisse une en réserve dès le printeins, jusqu'à ce qu'elle puisse 1 zire fauchée; alors on ôte le bétail de la seconde partie, où jusque laà il avait 44 pàturé, et on Pintroduit sur la partie fauchée, ouù il prend sa nourriture, tandis 5 que la seconde partie est en végétation et fournit à son tour une récolte de dn fourrage. Tous les essais comparatiſs qui ont été faits, prouvent que, par ce moyen,; tens les prairies demeurent en meilleur état qae lorsqu'on les fauche deux fois. des, L'herbe y devient et plus fine et plus épaisse, l'on mw'y voit plus de tiges dures, leuts ni de mauvaises herbes; ces prairies demeurent suffisamment amendées, de — — * Peut-être dans les contrées ou la gelée est excessive; ailleurs ces empreintes demeurent. T. PRINCIPES RAISONNES 264 sorte que ce procédé est assurément recommandable dans certaines circons- tances de localité, quoique, dans d'autres, on trouve plus d'avantage à se pro- curer deux coupes de fourrage. La raison et Pexpérience ne permettent pas de contester que les prairies ne soient plus appauvries par le fauchage et la récolte du foin, que par le pàturage; qu'une seconde coupe de fourrage veuille étre remplacée par des engrais, et qu'en revanche, la consommation de l'herbe sur place, au päturage, ne maimienne la prairie dans un état de fécondité: et quoique l'on trouve dans les annales de basse Saxe l'opinion opposée, soutenue à l'occasion d'une question de droit, cette opinion a été suffisamment combattue dans le mèême journal. § 951. On a trouvé avantageux de faire päturer les prairies et de n'en pas exiger des récoltes de foin, à tel point que, surtout en Angleterre, on a consacré des prés, souvent une année entère, au paturage, sans les faucher. Diverses ob- servauons que j'ai eu Poccasion de faire, sur des prairies qui avaient été pàturées, ne me permettent pas de recommander ce procédé, d'une manière absolue. Car, d'entre les herbes destinées à la faux, celles qui atteignent une plus grande hauteur, m'ont paru ne pas supporter d'étre continuellement ravalées par la dent du bétail, mais, au contraire, se perdre, lorsqu'elles y sont soumises pendant un long espace de tems. Une place päturée, lorsqu'on la laisse en pleine végétation comme prairie, donne une herbe épaisse à la vérité, mais courte. Si le sol est assez riche pour que, méme les espèces d'herbages qui demeurent courtes, donnent cependant assez sous la faulx, il peut étre avan- iageux d'alterner de cette manière; autrement il me parattrait dangereux de laisser une prairie sans interruption en päturage, durant une année entière, ou pendant un tems plus long. § 952. On distingue souvent les prairies en prairies de une, deuæ ou trois coupes, et les premières en prairies hätives et prairies tardives. Mais cette disunction repose ou sur la culture, ou assez ordinairement sur des circonstances de droit. Car au moyen de la culture et de la propriété absolue, toutes les prairies qu'on ne fouche qu'une fois, sont susceptibles de donner deux coupes. Les droits qui limitent ainsi la propriété, reposent sur les prairies que, en général, on a considèré, plus long-tems que les terres arables, comme un bien communal; ils sont tellement peu en rapport avec l'état actuel de l'agriculture, que, partout où P'on pense à ce qui peut avancer le bien-étre national, on cherche à les iger des ob- 3 ges, 1 ar, nde T la mses e en mais on vou. won roils on a ; Ils riout les DAGRICUIL TVUR L. 265 modiſier, ou à en favoriser la mutation, à Pavantage de tous les intéressés. RECOLTE DES FOINsS. § 935. Ceite récolte est une des affaires les plus importantes des cultivateurs; son exécution exige lattention la plus soutenue et P'activité la plus grande. L'époque précise où cette récolte doit avoir lieu ne saurait étre fixée d'après le calendrier, comme beaucoup de gens prétendent le faire. Cette époque ne dépend pas seulement de la nature de la prairie et des herbages dont elle est composée; mais aussi de la température de l'année. L'on doit avoir pour règle, de faucher lorsque la plupart des plantes ont développé leur panicule et commencent à fleurir. Car si l'on fauchait plutét, on perdrait de la quantité, et plus tard, de la qualité du foin; il faut, sans contredit, juger à quelle de ces deux considérations on veut sacrifier, suivant que Pon veut employer soi- méme son fourrage, ou qu'on se propose dé le vendre. Lorsque les prairies doivent étre fauchées deux ou trois fois, on trouve encore cet avantage à faucher de bonne heure le premier foin, que le second et le troisième, ont plus de tems pour végéter, et que la seconde coupe arrivant de meilleure heure, la troi- sieme se trouve plus abondante; aussi dans les lieux où Pon compte surtout sur le regain, se hàte-t-on de faucher le premier foin. Mais ce degré de maturité auquel l'herbe doit étre fauchée arrive à des époques très-différentes, selon que l'année a été plus ou moins hative. Un printems chaud et pluvieux Pamènera trois semaines plus tôt qu'un printems froid et sec. Souvent les herbes longues sont déjà grandes et élevées, que les courtes sont encore tellement en arrière, qu'à peine la faux pourrait les atteindre, alors il faut voir quelles sont celles qui méritent le plus d'attention. A la vérité les herbes les plus courtes, si elles demeurent en arrièére pour la première coupe, devront pousser aver d'autant plus de vigueur pour la seconde; cependant, si la température est défavorable et sèche, le contraire peut se réaliser, en- sorte que ces herbes resteraient d'autant plus en arrière, qu'elles auraient été offensées à leur sommet, et qu'elles auraient perdu leur couverture. Si les herbes inférieures ont souffert de la gelée dans leur partie supérieure, il vaut mieux faucher, pour leur faire pousser de nouvelles feuilles. Lorsque les herbes in- férieures ont été retardées dans leur végétation par la sécheresse, et qu'il sur- Vient un tems pluvieux, on peut espérer qu'elles crottront plus rapidement, si on les a laissées en pied. En général, la température a une grande influence sur IJa récolte des foins.— Quelque vagues que soient les données que nous avons sur les signes de iem- T. III. 34 266 PRINCIPERS RAISONNES pérature et les règles que on en fait découler, et quoique, le plus souvent, ces données reposent sur des préjugés, on sait cependant que, pour Pordinaire, il s'opère un changement dans la température au sollice d'été, vers le 21 juin. Si jusqu'alors la première partie de l'été a été seche, le plus souvent la seconde est pluvieuse pendant deux autres semaines. Si, au contraire, durant cette pre- mière saison la température a été pluvieuse, ou si cette période de pluie a eu lieu plulét et est écoulée, et si le tems parait s'éclaircir, on peut s'attendre à une température favorable. C'est pourquoi ceuxz qui 1 dans le premier cas, se sont hatés de faucher les prairies printanières et chaudes, ont pris le meilleur part, lors même que les herbes inférieures n'avaient pas encore fait leur crue, parce que ces herbes poussent ensuite avec plus de vigueur, par la température humide qui survient. Mais si Pon ne peui pas dévancer cette période de pluies, il faut Pattendre, et différer de faucher, jusqu'à ce qu'on voie de la probabilité à ce que la température se tourne au sec, Lorsque le tems est ainsi humide et frais, Pherbe n'aiteint pas facilement une maturité excessive. On ne doit done se résoudre à faucher, que lorsqu'on a ainsi pesé avec réflexion toutes les cir- constances, et la nauure de la prairie. § 934. Le fauchage exige une attention toute particulière; limporte de faucher aussi preès de terre et d'une manière aussi unie que cela est possible, sans cependant atteindre le collet des plantes, et sans offenser la croũte de gazon. Cela ne peut se faire ainsi, que dans des prairies unies et exemptes de pierres. Mais, sur celles-ci, ou peut l'exiger des faucheurs, et il faut chercher à conserver ceux qui le font. Cela s'obtient rarement avec des fanx très- longues et lorsque le faucheur prend des andains irès-larges, et quoique ceux-ci accélèrent beaucoup pouvrage, on doit leur préférer un andain étroit, lorsqu'il est coupé près de terre et d'une manière parfaitement égale; car, non-seulement la différence est graade pour l'abandance de la récolte, lorsqu'on a fauché très-préèᷣs de terre, parce que la quaniité d'herbe va en augmentant à mesure qu'on se rapproche du sol; mais encore, selon que nous P'enseigne l'expérience, il est plus avan- tageux à la nouvelle pousse, que la plante ait été fauchée très-près de terre, que si elle eüt conservé un chaume élevé et inégal. Comme, en faisant exécuter l'ouvrage à la journée, on peut mieux assu- jeuir les ouvriers à faucher de cette mauière, que lorsqu'ils travaillent à la läche, j'envisage cette premiére méthode comme préférable pour cette opé- ration, à moins qu'on ne puisse se promeitre également ce résultat ¹ m ces üre, u juin. conde pre- ulieu à une e sont barü, „bares humide nies, il ilité à ide et done 8 cir- r aussi endamt de peut „ SUT ceux ue le acoup es de brence terre, roche Nan- rerre, r assu- ot 4 la le opo- césullal D'A GRIOCULTUR E. des entrepreneurs auxquels on confierait un tel travail à prix fait. Le travail a .„ 8 7„ 3. la journée a aussi cet avantage, qu'on peut alors employer les ouvriers, alter- nativement et selon que les circonstances le demandent, soit à faucher, soit à faner. Lorsque le terrain est uni, un ouvrier peut irès bien faucher un journal et demi par jour. Des ouvriers habiles, qui travaillent à la täche, en expédient 4 3.... sans doute davantage, et même le double, mais, dans ce dernier cas, ils ne le font sürement pas bien. § 955. Ily a différentes manières de préparer le foin, elles dépendent fant de l'es- pèce de fourrage que l'on a en vue, que de la température qu'on rengçontre. On distingue le foin en vert et Erusn. Le foin vert devient d'autant plus parfait, que l'on ouvre et éparpille plus Therb rès qu'ell té fauché 3 promptement P'herbe après qu'elle a été fauchée, afin de Pexposer par une tem- pérature séche à l'air et aux rayons du soleil, et qu'en revanche on la protège contre'humidité, et paruculièrement contre la rosée, en l'amassant et la réu- .„ 7. 2 3 115—.. 8. nissant, et qu'ainsi on la conduit, zwbe plus de promptitude, à sa dessication compléte. Aussitét donc, que la rosév est essuyée, et si le tems est favorable, il faut éparpiller Pherbe des andains qui ont été fauchés deès le grand matin jusqu'à neuf heures, et avoir soin de la bien diviser, de sorte qu'il n'en reste aucune partie en paquets. Dès que l'on a fini ce travail, on retourne ce .. 6.——. A 1 j* qui a été épandu le prewier„ou bien on le remue avec le ràteau; après midi Pon répéte cette opération; vers les quatre heures on met le fourrage en grands andains, ou rouets, et, avant le coucher du soleil, en petits monceaux. Le second jour, lorsque la rosée est dissipée, Pon étend de nouveau le foin de ces mon- ceaux, de manière qu'il forme des couches de une et demi ou deux perches 2.„ 2 0 7 1 4 8 3 8 2* 2* 2 7 3* carrées; de Pun de ces lits de foin à'autre, on laisse un espaee vacant, qui fournisse le moyen de retourner le fourrage, soit contre le haut, soit contre le bas de la prairie, dans les deux ſois qu'on doit le remuer; vers le soir, on le merde nouveau en andains, mais doubles(rouets), formés par deux personnes, qui amassent avec le räteau, de deux directions différentes. Avant le coucher des soleil on met de nouveau le foin en tas, mais ces tas doivent étre deux ou trois fois plus grands que ceu de la veille. Le troisième jour, om le traite de la même ma- .2 2.„„..„ nière, etsi le tems est favorable, ee foin sera assez sec pour qu'on puisse le réunir 7 3 7 2 2 22 5. en grands tas pour le charger et Py laisser jusqu'à ce qu'on le serre. Si, dans ces ¹as, il se montrait encore de Phumidité, on les ouvre et Pon étend encore une fois 4 268 PRINCIPES RAISONNES le foin avant de le charger, mais beaucoup plus épais, et seulement afin que Phumidité s'en évapore. Quant à l'herbe qui a été fauchée dès les premières heures de la matinée, on la laisse en andains jusqu'au lendemain, où l'on commence à la traiter par les mémes procédés que celle ei-dessus. Chaque matin on commence par épar- piller Pherbe récemment fauchée, puis l'on va étendre celle des tas, d'abord des petits, puis des grands, et l'on fait ensuite alterner le travail, des uns aux autres, dans l'ordre convenable. Chaque jour le travail augmente, et avec lui le besoin de bras, jusqu'à ce qu'une parlie du foin ait été serrée dans le fenil ou en meule, Le foin préparé de cette manière conserve sa couleur verte, son odeur aro- malique et presque toutes ses parties utiles; il ne perd que ses parties aqueuses et ne commence point à fermenter. Pour en préparer de tel, il faut un nombre de personnes proporlionnément considérable. Mais si'on peut se procurer ces ouyriers, et que la température ne soit pas défavorable, l'on gagne en promp- utude, ce que l'on ajoute en main-d'œuvre, et les frais s'élèveront à peu de chose de plus que si l'on eüt préparé ce foin d'une manière plus imparfaite et avec négligence. D'autres cultivateurs laissent l'herbe qu'ils ont fauchée, deux et méême trois jours en andains avant de commencer à la travailler. De ceitte manidère ils spargnent, sans coniredit, quelque main-d'œuvre, parce que Pherbe qui s'est déjà fannée dans les andains, seche promptement: mais ce foin ne demeure pas aussi vert, §. 956. Lorsque le tems èst pluvieux, humide et très-incertain, Pon est obligé de renoncer à ceite manière prompte de préparer le foin. Dans ce cas, Pessentiel ö est de tenir le foin aussi réuni que cela est possible, afin que l'humidité ne lui enlève pas ses sucs; mais en mème-tems de lui donner assez d'air et de le re- muer assez dans les momens ouù la température est ssche, pour qu'il n'entre pas en fermentauon, Aussi long-iems que P'herbe est encore verte, qu'elle a conservé ses propres sucs et en quelque façon sa vie, P'humidité qui tombe de l'atmosphère ne la détériore gudees, et lorsqu'il survient une pluie après qu'on a fauché, ou méèéme lorsqu'on a fauché par la pluie, en attendant que le tems se mit au beau, on lajsse Pherbe en andains sans la remuer, jusqu'à ce que la température se ln que atinde, ler par r épar- Pabord des uns Axec Sle becil leur aro- aqueuses nombre zdurer ces mpromp- peu de arfaite et eme trois aniere s e qu Sest meure pas plge de essentiel 6 pe lai le le re- wentre 8 propres nere ne la ou méme beau, On rature 5⁰ D'AGRTICVULTVU R E. soit améliorée; seulement, lorsque l'herbe a été trop serrée par l'humidité, on la soulève légèrement avec le manche du rteau, et alors elle peut demeurer long-tems dans cet état, sans perdre de sa qualité, pourvu seulement qu'elle ne se trouve pas dans une eau croupissante. Dans ces cas la il faut, autant que cela est possible, enlever l'herbe des places basses pour la mettre sur les plus élevées. La pluie est beaucoup plus nuisible au foin qui a perdu sa vie, et quiest à moiué sec; humidité lui enlève réellement de ses parties nutritives. Aussi faut'il donner tous ses soins à ce que la pluie n'atteigne aucun foin qui soit épandu sur le sol, et, aussitét qu'on est menacé de quelque ondée, amasser tout le four- rage, afin de mettre en monceau la partie qui en est la plus sèche. Lorsque le foin est en monceau, il peut supporter une pluie durable, sans perdre beancoup de sa qualité, surtout sil ne fait pas chaud. La partie supérieure, seulement, palit et perd sa saveur, l'intérieur du monceau demeure vert et conserve ses sucs, et lorsqu'on l'étend sur le terrain par un jour sec, ce jour lui suffit souvent pour étre mis en état d'étre serré, au cas qu'on redoute en- 4, core la pluie. Lorsque la pluie dure très-long-tems sans interruption, il faut, de tems en tems, donner de l'air aux monceaux, et faire attention que le foin ne s'y échauffe pas. Si cependant, dans une telle circonstance, le foin venait à s'échauffer, parce que la température serait élevée, il n'y aurait rien de mieux à faire que de traiter ce foin à moitié sec, d'après la méthode de Klapmeyer, dont nous parlerons à'occasion de la récolte du trèfle; ainsi de le réunir en grandes meules, et de l'y laisser s'échauffer d'une manière égale, puis de Pépandre, et lors qu'il aurait été essuyé par Pair, de le rassembler de nouveau. Si une fois il est entré en chaleur, il ne le fera pas une autre fois; à la vérité il changera de couleur et d'odeur, mais il ne moisira point, et ne contractera pas une odeur désagréable; il sera toujours propre à la nourriture du bétail. L'on comprend, du reste, que cette méthode ne doit èêtre appliquée. au foin des prairies naturelles, qu'en cas de nécessité. § 957. Ilest unè autre méthode pour faire du foin verd, avec une grande épargne de travail; cette méthode qui, quoique peu usitée, est cependant fort recom- mandée, consiste au procédé que je vais décrire. Aussitét que l'herbe est entièrement essuyée, on la met, encore verte, en pour empécher que monceaux étroits, mais aussi hauts que cela est possible; et rche, autour ces monceaux ne s'écroulent, on plante en terre une petite pe 270 PRINCIPEBS RAISONNES de laquelle on arrange l'herbe avec les mains. On prend alors dans uu andain une poignée d'herbe, en choisissant la plus longue et la plus forte, et on en couvre la sommité du monceau, en avanmt soin de tourner les épis de'herbe du c16 inférieur. On laisse séjourner ainsi l'herbe„ dans ces tas pyramidaux, jus- qu'à ce qu elle soit complétement sèche, ce qu'elle atteint en huit, et souvent seulement en quinze jours, le foin conservant dans l'intérieur toute sa couleur verte. J'ai vu l'herbe mise en tas plus considérable, par un tems sec et un peu venteux, se sécher assez promptement, sans avoir été remuée, et demeurer parfaitement verte; à plus forte raison doit-elle atteindre ce but, dans des mon- ceaux ainsi étroits. Une pluie passagère ne lui ferait également pas de mal, seulement elle éterait un peu la couleur à la partie extérieure; mais si la pluie durait long-tems, ces monceaux pourraient fort bien se serrer trop, en telle sorte que, pour éviter que le foin ne prit un mauvais goùt, l'on serait réduit à défaire le monceau pour remuer ce foin. §. 938. Il y a a Tuelqnes prairies, dont la plus grande partie des herbes, pour n'étre pas nuisibles au bétail, pour lui devenir plus agréables et plus profitables, veulent être exposées à l'air et à la pluie, durant un court espace de tems. Cest le cas de toutes les herbes grossières et dures, non-seulement des Carex et des Joncs, mais aussi de la Canche, Aira cerulea, ceite plante qu'on aime à voir dans les bas fonds humides. On a observé que le bétail qu'on en nourrissait, perdait ses forces, lorsqu'on avait négligé cette précaution en faisant la récolte du foin. Ordinairement on laisse ce ſfoin étendu pendant cinq à siz semaines, afin qu'il recoive la pluie à réitérées fois. §. 959. Pour faire du foin brun, après avoir fauché, on laisse Pherbe un ou deux jours en andains, et si le tems est mauvais, plus long-tems encore; puis, lorsqu'elle est essuyée, on la secoue etla retourne, après quoi on la met d'abord en petits monceaux; lors qu'elle a séjourné là pendant quelques jours, on unit ces monceaux ensemble, pour en former de plus grands. Après que le foin a demeuré dans cet 6tat pendant encore quelques jours, on le met en meules, en ayant soin de le bien serrer. Laà, il s'échauffe, entre en sueur, puis s'essuie et devient sem- blable à un bloc de tourbe. Dans cette préparation, il ne faut point se laisser tenter de donner de Pair au foin et de le soulever, tout au contraire il faut le tenir serré, afin d'empécher que J'air n'y entre; car, n où celui-ci peénètre, il établit de la putréfaction et de la moisissure. Ce foin brun que, cependant, on place „ ndaio on en de du jus- vent leur deu vurer mom- mal, pluie telle luit à 'etre des, Cesi eLdes à voir issait, nt l 1 siz urs en lle est eaux; Peaux dans t soin at sem- laisser le tenit etablit n place D'AGRICULTURR. 271 rarement dans le fenil, mais plutôt en meules, doit ensuite étre coupé avec des couteaux, avec une bèche tranchante, ou mème avec une hache. Dans plusieurs contrées on a beaucoup de propension pour ce foin brun, on prétend qu'il convient mieux au bétail que le foin vert. On en appelle à des expériences faites avec du foin vert et qui ne sont en aucune manière à l'avantage de ce dernier. Mais si Pon examine les choses de plus prèês, on trouve que, dans les lieux oð Pon connatt la méthode du ſoin brun, ce foin vert a été préparé d'une manière très-imparfaite; et il est incontestable que le foin brun est pré- férable au foin vert qui a été mal soigné, et qui a perdu sa saveur. D'aprés G'autres observations, le bon foin vert a d'ailleurs été jugé plus profitable et plus avantageux, soit aux chevaux, soit aux bétes à laine, soit aux vaches à lait; c'est aux bœufs qui sont à l'engrais, seulement, que le brun a paru con- venir mieux. Ce que, en théorie, Pon a dit pour et contre le foin brun, repose sur des suppositions trop vagues, pour que cette question puisse être décidée d'après elles. Des essais comparatiſs et des expérienes sur l'effet que produisent l'un et Pautre de ces foins, peuvent, seuls, donner la solution de ce problème. § 940. Afin de diminuer la main-d'œuvre du fanage, sur des prairies d'une grande Stendue, P'on a inventé divers instrumens, à Paide desquels cet ouvrage peut, en partie, étre exécuté par des chevaux. Pour retourner le foin et le soumettre à Paction de l'air, on se sert d'une herse que Bloys de Treslong décrit dans les actes de la Société de Rotterdam, vol. II, 88; ceue herse est composée de deux pièces de bois longues chacune de neuf pieds, et dont chacune a sept longues dents, de bois ou de fer; ees pièces de bois sont unies par trois traverses, et éloignées l'une de l'autre de quatre pieds quatre pouces. On y attele un cheval que le conducteur monte, et on la fait passer dans des directions régulières sur la prairie, pour remuer et re- rourner le foin. On comprend que, pour cela, il ſaut que le tems soit beau, sec et venteux. Dans ce cas on peut bien croire, que le foin n'en sèche pas moins promptement, quoiqu'il coũte moins de main-d'œuvre; cependant il faudra bien encore un homme pour suivre la herse, afin de la soulever lorsque le foin Samassera entre ses dents. Pour amasser le foin en grands andains, on peut avoir recours au räteau à cheval dont on se sert ordinairement sur le chaume des blés, et pour réunir le 272 PRINCIPES RAISONNES ſoin en monceaux, on emploie assez souvent unſ arbre d foin, aux deux .. extrémités duquel on attache une corde ou une chaine, que l'on réunit à une ·ℳ 2 A 7 certaine longueur, en y attelant une paire de chevaux. Sur chaque côté de Parbre ou de la pièce de bois, monte un homme, qui se tient à une corde P—„ d ſixée à chacun des traits, en se penchant un peu en arrière. On met alors les 2 chevaux en mouvement, et le foin s'amoncèle devant l'arbre, de sorte que, si la prairie est bien unie, il ne reste que peu de brins sur le sol. Lorsque les ouvriers jugent que le monceau amassé est assez grand, ils sautent à terre, en retenant cependant la corde un moment dans la main; alors l'arbre échappe et glisse par dessus le monceau de foin. Au reste, cette opération veut étre exé- cutée par des gens qui y soient exercés. L'Anglais Middleton a décrit un autre instrument plus compliqué, lequel a la méême destination. Cette description traduite en allemand par Leonhardi, a 6té publiée à Leipsic, 1797. § 941. Le chargement et le transport du foin se fait avec beaucoup plus de promp- titude et de facilité, lorsque les gens qui y sont employés en ont l'habitude. Le- volume du foin est grand, proportionnément à sa pesanteur, et si on ne le place pas sur le chariot, serré, étendu en largeur et également réparu, une voiture ne peut nullement charger ce que l'attelage peut trainer sans peine, et alors, de la charge d'un chariot, on peut facilement en faire deux. C'est pour- quoi il faut choisir un chargeur habile, homme ou femme, et le maintenir en bonne volonté. II ne faut pas trop presser le travail, il faut, au con- traire, laisser à Pouvrier le tems de charger par lits, tant du devant sur le derrière, que du derrière sur le devant, et de maintenir l'équilibre. En avançant avec mesure, on gagnera plus de tems, qu'en voulant précipiter cet ouvrage; parce- que la personne qui charge se trouve dans l'embarras, lorsqu'on lui présente, à à la fois, plus de fourrage qu'elle ne peut en arranger. Le plus souvent on a besoin de chariots de rechange, et l'ouvrage avance beaucoup plus, si, avec une paire de chevaux particulière, ou même avec des bœuſs, on peut ſaire avancer, d'un tas à un autre, le chariot qu'on veut char- ger. Le chariot doit étre placé entre les tas de manière qu'il puisse alterna- Uvement recevoir du foin de l'un ou de l'autre côtée;, excepté cependant lors- qu'il fait un gros vent; car, alors, il convient de placer le chariot de manière que le vent chasse le foin de son côté. Il faut, avant tout, établir une judicieuse proportion entre le nombre des 4 deux 1à une ols de corde ors les ne, si de les e, en Nde re E- equel a hardi, vomp- le. Le ne le 3 une Ane,& t pour- enir en con- rière, dNec parce- ente, ¹ rance c des Char- Iierna- t lors- aanière bre des D.AGRTCVU L T V K r. 275 9 AA r f anr 7„ ouvriers qui chargent, déchargent et meitent en tas, et celui des attelages et des chariots; mais cette Propoision dépend essenüellement de la localité; on ne peut pas la déterminer d après des règles générales. Une opération ne doit pas etre retardée par Pautre, personne ne doit rester dans Pinaclion„ mais personne non plus ne doit étre obligé de précipiter son travail. Ilne faut pas négliger de bien serrer la perche du chariot; quelquefoi is oela s'exéceute par le moyen d'un petit cabestan„ placé sous la parle postérieùre des échelles; ceite précaution est nécessaire pour qu'il ne se perde pas de foim en chemin. C'est dans le même but qu'on peigne soigneusement le foin avec des ràteaux, lorsque la charge est finie er bien serrée, afin de recueillir le foic qui, détaché, tomberait également dans la route. 8 § 942— L'on conserve le foin, dans des granges paruiculières, sur des planchers, 9 or- dinairement au-dessus de l'étable où est logé le bétail qui doit le consommer; ou bien on le met en meules. Lorsqu'on le met en tas, il faut avoir soin qu'il soit Gtendu d'une manidre unifornie, et qu'il soit serré, afin qu'il my reste aucun espace videʒ parce que, dans de iels vides, il nait de la moisissure, et qu'il s'y rassemble de l'humidité lors- que le foin commence à suer. Lorsque cela arrive, il s'échauffe quelquefois au point de donner une forte vapeur. Dans ce cas, on ne sauroit faire plus mal que de soulever le foin et de lui donner de 1 alr. II faut— au contraire, em- pôcher, autant que cela est possible, Ie concours de air, et pour cet effet ſerider, les volets du fenil. Ilse peut qu'alors lIe foin fermente Köriememt et brunisse, mais il ne se gatera pas, et on courra moids de risque qu'il ne prenne feu. C'est seulemenr lorsque le foin a beaucoup d'air, que le gaz inflammable qui se déve- Ioppe en pareille circonstance„Peutprendre feu. Il ne faut donc pas toucher au foin qui est dans ce tas, à moins qu'on, ne veuille le descendre promptement du fenil, pour le faire refroidir et sécher. Si Ie fenil est recouvert d'un bon toit de paillo, il faut mettre du foin aussi près de ce toit que cela est possible, et le serrer de manière que, du moins au premter moment, il ne reste pas d'espace entre deux. Lorsque le foin n'est wullement en contact avec l'air, il se comporte à merveille pendant qu'il sue, et il conserve sa qualité dans toutes ses parties. Sous un toit de tuiles, au contraire, la couche supérieure dua tas perad facilement sa saveur, prend du moisi et de l'humidité. Chacun sait que, pour qué le fourrage conserve sa qualité, et pour qu'il ne 1. III. 35 4 274 FRINCIPRS RAISONNES prenne pas un gouùt qui le ferait rebuter par le bétail, il faut empécher que les vapeurs de l'étable ne pénètrent, au travers des planches, dans le tas de foin qui est au-dessous. Les toits cintrés, en planches et recouverts de paille ou de roseaux, sont, sans contredit, les meilleurs pour mettre à couvert la provision de fourrage destinée au bétail qui est logé dessous. Lorsqu'on distribue les fourrages dans les granges et fenils, il faut avoir grand soin d'attribuer à chaque sorte de bétail, l'espèce qui lui convient le mieux, et de placer, dans chaque fenil, les foins de diverses natures, dans'ordre où ils doiveut étre consommés, afin qu'on puisse en approcher, pour le service, sans diffioulté. Mais il y a un avantage décidé à conserver les foins en meules, plutòt que dans des bäuðmens; les inconvéniens qu'on reproche à cette première méthode, lorsqu'elle s'applique à la conservation des céréales, ne méritent aucune attention, dans Papplication de l'usage des meules aux fourrages. Lorsque ces meules ont 6té faites convenablement, le foin s'y conserveſmeilleur et plus sain que dans les bälimens, parce que les vapeurs qui s'en exhalent, lesquelles donnent si facilement au foin, de la moisissure et un mauvais goùt, sont entrainées, aussi- i6t qu'elles atteignent la superficie de la meule, Cest pour cela que, en Angleterre, l'on croit pouvoir distinguer, à Podeur, le foin des granges, de celui des meules, et que celui-ci est tellement préféré, qu'on le paie toujours quelque chose de plus. Quoiqu'il soit également préférable, de transporter aussi le foin vert en meule dans un état de siccité parfait, cependant, lorsque le tems est dérangé, l'on ne met point à ce que le fourrage ne soit pas humide quand on Py dépose, la même importance que pour celui qu'on place dans des pàtmens. On peut assigner à chaque espèce de foin sa meule séparée, au moyen de quoi l'on a le libre choix de celle que l'on veut employer, On peut aussi beaucoup mieux conserver le foin d'une année à l'autre. On Stablit les meules de fourrage sur une aire ou plancher, qu'on forme à- cet effet avec des pierres ou du bois, ou plus souvent encore sur un lit de branchages secs et de paille, cependant sur une place qui soit élevée et nullement humide, L'on y étend le ſourrage avec les bras, et on lerange par couches réguliè- res, en marchant dessus, er le comprimant avec les pieds, autant que cela est possi- ble. De sa base, la meule va en se rélargissant jusqu'è une certaine hauteur, alors on rétrécit peu à peu les pouches de foin, ensorte que la sommité prenne la forme Tne les le loin „Sans linée grand eun, are o erjics, t que hode, niion, s ont dans emt di aus- e, en ges, de oujours r aussi ue le ude ans des ée, au ho peut rme 4 aw de Mement reguliè- 1 posi- r, Alors la lorme D'AchRcUnTUnLn. 275 d'un toit qui se termine en pointe. Enfin, lon couvre cette parüe supérieure aec de la paille, au moyen de quoi'eau de pluie peut s'en écouler sans en- dommager le moins du monde le foin qui est au-dessous. Ces menles reçoivent des formes variées, quelquefois on les fait rondes; d'autres fois quarrées, le plus souvent elles forment un quarré long. Cette dernière forme est préférable en ceci, que l'on peut allonger la meule à volonté, ex que, si on le juge convenable, on peut placer tout le foin en une seule. L'on dirige un des pignons du cêôté du Nord Ouest,* afin de présenter la moindre surface àce côté du vent et de la pluie. La partiesupérieure ou le toit, est arrangé, du côté de ce pignon, en forme de croupe de comble. Lorsqu'on a achevé la meule, on ne se borne pas à la peigner avec le räteau, on la coupe encore soigneusement. S'il y a quelques inégalités, circonstance que, cependant, on cherche à éviter autant qu'on le peut, on les répare, afin qu'il ne s'y introduise pas de l'humidité. Enfin, on y met la couverture de paille, et, tout autour de la meule, l'on creuse une raie, par laquelle l'eau qui dégoutte de cette meule puisse s'écouler. Les meules disposées en longueur ont cet avantage, que l'on peut y prendre le foin à mesure qu'on le consomme, pourvu qu'on le coupe perpendiculai- rement, du côré opposé à celui d'où vient ordinairement la pluie; tiandis que, lorsque le tems est pluvieux, les meules rondes et quarrées doivent étre serrées tout à la fois. Il convient que ces meules soient placées dans une cour parti- culière entourée de haies; la on peut plus facilement avoir l'œil sur la pro- vision de ſourrage, que lorsqu'elle est repartie dans des granges, et, par conséquent, on peut mieux en modérer la consommation, lorsque les circons- tances l'exigent. Les planchers destinés à servir de base aux meules de fourrages, et qui sont munis d'un toit mobile, qu'on hausse ou baisse à volonté, ne sont plus gudres en usage dans les lieux où P'on connatt bien la manière d'établir des meules, parce qu'on les trouve non-seulement plus coüteux, mais encore plus incommodes, euque le fourrage se conserve, au moins aussi bien, daus celles qui sont en plein air. On est totalement revenu de ces conduits ouveris placés au centre des meules ou tas de foin, et qui sont desunés à laisser passer les vapeurs que ee ſoin exhale, parce que Pexpérience a enseigné que ce'était précisément le loin qui en était rapproché, *Cela doit varier selon les pays. En général du còôté d'ou vient erdinairemeut la pluie- Tnap. 276 PRLNOCIPRS RAISONNE S qui se gätait le plus Wite, et qu' au contraire les fourrages'ne se conservoient jarnais mficux, que lorsqu'on leur coupait tonte communication avec l'oir, et qu'on évitait qu'il y eut aucun vide. 3 ces consic dérations se joint l'incommo- dilé de ces canaux d'évaporation. Les monceaux de ſoin que Pon forme dans les prairies éloignées, que Pon n place sur un Gchaffaudage élevé, lorsque ces prairies sontordinairement couvertes d'eau pendant l'hiver, et que Pon charie ensuite par la gelée, sont ordinairement faits avec fort peu de soin, et cependant le fourrages 6' conserve fort bien. Dans les. conlrées ou les prairies abondent, et ouù lon recueille le ſoin dans l'intention de le vendre, ces monceaux sont fort en usage, nous ne pensons donc pas avoir besoin d'en donner la description. Il faut toujours ne les considérer que comme un moyen, pour les cas de besoin;; on ne peut en aucune manière les assimiler aux meules régulièrement faites. § 944. Des gens qui ont essayé de méler par couches, dans le foin, la paille de grains de printems qui leur restait de l'année précédente, ont beaucoup recom- mandé cette méthode. L'on croit pouvoir, à l'aide de ce moyen, serrer les fourrages quoiqu'ils ne soient bas entierement secs, parce que la paille absorbe l'humidité du foin. La paille simprégnant de l'odeur du fourrage doit en devenir plus agréable au bétail, en sorte que lorsqu'elle est ainsi mélangée, il la mange plus volontiers, On a employé cette méthode surtout pour le foin de trèfle, et nous y reviendrons dons la suite. Qmuelques cultivateurs ont recomm nandé de saler le foin en le mettant dans le las, surtout celui qui a souffert de la température et de l'humidité, ou qui a con- tracté quelque mauvais Boni. ils assurent que, par ce moyen, ce foin est plus agréable au bétail. Mais je n'ai connaissance d'aucune expérience sausfaisante. qui ait été faite à cc zujet, Sans doute cela West Praſicable que là ou le sel est à bas prix, b§ 945. On disüngue le foin proprement dit(celui de la première coupe) du regain ou foin de seconde coupe, et, sur les prairies les plus fécondes, on disungue encore le regain ou ſoin de troisieme coupe, de celui des deux précéde enies espèces. La préparation et la conservation du regain ne présentent aucune différenc essenliclle de celles du foin proprement dit, que celle qui- nait de la saison et de la température; cependant, pour 6viter que le regain ne! prenne feu daus le tas, il faut attendre plus long- tems sa dessicauion compleie, paroe qu 1¹ dient ; el umo- lace Peau faits Dans enuon ne Dà* er que re les rains vom- rages nidité Lable nuers, ndrons ins Ie C0n- dos sante, le sel regain sungue spèces. Térench Ssaison ane ſeu ce foin. DP'A GRTCUL TVURE. 27⁷ se sépare plus diffcilement de ses sucs. En conséquence de cela, avant de lo travailler et faner, on le laisse volontiers en andains plus long-tems, afin qu'il y perde ses forces vitales. Si on l'a recueill bien sec, er qu'il ait cru par une température chaude, il est encore plus nourrissant que le premier Nous parlerons de Pemploi du foin, lorsque nous traiterons de l'économie du bétail. IES DIVERSES ESPBCES DE PATCRAGES. 5 946⸗. 4. Nous avons vu à 5 376 et suivans, quels sont les avantages qu'on trouve à nourrir à l'étable, tant les chevaux que le bétail à cornes; quelqu'incontes- tables que soient ces avantages, il west cependant pas rare qu'on doive nourrir ces bêtes au pàturage, soit parce que les circonstances de V'exploitation le demandent, soit parce que la nature et- la position de certains pacages ne permettent pas de leur donner une autre destination. Mais les päturages pa- raissent d'une nécessité absolue pour la nourriture des bétes à laine, lorsqu'on en entretient un grand nombre. Car bien que des expériences incontestables aient démontré, que les bıtes peuvent aussi étre nourries dans des enclos avec de Pherbe verte, coupée et amenée à cet effet, l'introducuon générale de cette méthode présente des difficultés, sur lesquelles nous aurons occasion de revenir dans la suite. L'estimauion, l'appréciation et la culture des pâturages, ainsi que la manière d'en ürer le weilleur paru, font done une partie importante de la science agricole. § 947, Nous distinguons les espèces de pàturage ci-après: A. Les paturages de la culture alterne. Ceux des terres arables qui sont employées principalement à la culture des grains, et qui, cependant, de tems en tems, sont laissées en pacage pour le bétail. A cette classe appartiennent 1.“ Les päturages des soles en repos de la culture alterne aveo pdlurage, et celui des terrains qui ne peuvent rapporter qu'une récolte de grains tous les 5, 6, ou 9 aus. 4 2.) Le paturage sur les jachères. 5,2 Celui sur les chaumes, 278 PRINCIPES RAISONNES B. Le paturage au printems ou en automne sur les prairies. C. Les paäturages accessoires, ceux dont le sol est, en même iems et essen- tiellement, consacré à un autre usage, et dans lesquels le paccage du bétail n'est pas le principal produit. D. Les päturages permanens, ceux dont le sol est consacré d'une manière continue et exclusive à cet usage. Ou ces pàturages sont une propriété privée, ou ils sont possectes en commun; quelquefois mème une servitude en a réservé l'usage à des tiers, à Pexclusion du propriétaire du sol. Nous considérerons d'abord ces paturages comme une propriété privée, et, seulement ensuite, nous les envisagerons sous le rapport de la communauté. § 948. On évalue ordinairement les pacages, par Pdtura ges de vaches, en déter- minant quelle est l'étendue qu'il en faut pour nourrir une vache pendant P'été, et, d'apres cela, on calcule aussi quelle quantité d'autre bétail peut y étre entretenue. Ordinairement on admet en principe que, lorsque pour une vache, il faut 5 journaux. Pour un cheval il en faut. 4 ½ Pour un beuuf de trait...... 5 ½ Pour un poulain........ 2 ¼ Pour ung cheyre......... r ½ Pour une brebis......... 575 Pour un cochon.......... 15 Pour une Oie.......... 15 Cependant il y a, dans ces proportions, des variations qui naissent de la diſférence des races, de la grandeur et des particularités relatives des diffé- rentes espèces de bétail, ou de la plus ou moins bonne nourriture qu'une sorie de bétes doit avoir. C'est ainsi que, dans les lieux où les bétes à laine sont chétives ou mal entretenues, on compte 14 brebis pour une vache; tandis que, dans d'autres endroits o Pou met plus d'mportance d ces premières, on envisage 8 brebis comme égales à une vache. Mais, avant tout, il faut déterminer avec précision ce que Ton eniend par un pdlurage de 2urae. Une vache de grande espèce ielle qu'on les trouve dans les contrées basses, exige, en päturage, quatre fois ce qui suffit à une petite vache de contrées élevées etmaigres et quelquefois plus encore. Nous ne pouvons pas prendre ces extrémes pour base, nous prendrons ici ponr type de noire — 22— 886 dlanl iere uun; on 2 une rr de ter- dant ut J une D'AGRICULTVURE. 279; calcul, des vaches moyennes, du genre de celles qui conviennent le mieux sur le commun des soles en repos de la culture alterne avec pdturage. Uns telle vache pèse, en vie, autour de 450 liv., et, au poids de boucherie, 250 liv. Si le pàturage est suffisant, elle donne, par année, environ 80 liv. de beurre. L'on a calculé, de la manière la plus précise, l'étendue de terrzin des soles en repos de la cultare alterne aveo pdlurage, qui est nécessaire pour Pentreden d'une vache de cette espèce, et l'on est parti de là pour caloulers la proportion que peuvent donner d'autres paturages. § 919- Pour estimer le degré de fécondité du pacage d'un champ en repos de la culture alterne aveo pdlurage, il faut considérer les circonstances ci-après. 1.“ Le degré de bonté et de fécondité naturelle du sol; il est en rapport avee le plus ou moins de richesse des récoltes de grains que ce sol produit. 2.“ La vigueur de la végétation des herbages, n'est cependant pas toujours en rapport avec celle des récoltes de grains, car il y a tel champ dont le sol est eomposé de parties semblables à celles d'un autre champ, et qui, ce- pendant, à cause de sa situation et de son degré d'humidité, est toute autre, quant à son plus ou moins de disposition à produire de P'herbe. Ce- pendant la différence n'est pas toujours aussi considérable qu'elle paratt l'êétre, parce que l'herbe fine des terrains élevés est plus nourrissante que l'autre. 3.“ Cela dépend du nombre de récoltes de grains qu'on a exigées du terrain, depuis qu'il a été fumé; parce que chacune de ces récoltes, a diminus la richesse du sol et sa disposition à produire de l'herbe. 4.“ Le tems qyui s'est écoulé depuis que le terrain a été laissé en pàturage, produit aussi une différence. Si l'on y a semé des herbages, la première année les graminées et les herbes de paturage n'ont pas encore pu y prendre de P'extension; mème les herbes qu'on y a semées, telles que le trèfle blanc, la pimprenelle, le ray-grass, ne couvrent guères bien le sol dès cette première année. Sur les terrains ordinaires, c'est à la 2. ¹° et à la 5.“ année de repos, que le pàturage est le plus riche. Durant Ia 4.“ et la 5.“ année, ce päturage dininue, parce qu'il s'y introduit souvent de la mousse et des mauvaises herbes. Cette diminution a d'autant plus lieu que leterrain esten mauvais Gtat; car sur du terrain riche, en bon état et qui est en méême iems favorable à la reproduction des herbages, on n'aperçoit pas ce déclin; au contraire, on prétend que le paturage va plutôt en augmentant, ce que l'on peut at- 280 PRINCIPES RAISONNLS tribuer à la quantité d'excrémens que dépose sur le sol, le nombreux Pétail à, la nourriture duquel il fournit. 3 A 5 283 vol. I, j'ai donné le tableau dans lequel Meyer détermine Pétendue de terrain nécessaire pour la nourriture d'une vache pendant tout l'été au pàturage; je vais maintenant donner la mème évaluation, mais rédigée de nou- veau, d'apres les classificalions que j'ai établies dans cet ouvrage, et d'après quelques rectifications que j'ai jugées nécessaires. Pai subdivisé en deux la cinquième classe, celle de Pespèce de terrain qu'on qualifie de terre à avoine. Dans la division a je rangerai le terrain que sa nature sablonneuse a placée dans ceite classe; dans la division b, au contraire, je comprendrai celui qui F a été placé par sa nature froide et humide; ce dernier est beaucoup Pluis favorable à la Fegtaton de Pberbe que ne l'est le premier. SErenn tes Ae r6l 3 beéan tendue 616 au 2 nou- Laprès em la Woine, à Mace delui au dup plus PAGdGRICUI TURRR. 281 d.d II. ² III.* IV. S V.* V. VI.* 2 S Classe. Classe. Classe. Classe a. Classe b. Classe. Sre „ Disposition Disposition du sol Dispotition Disposition Disposition Après qu'il ₰ 53. du sol à à produire des du sol à du sol à du sol à aurait pré- S. 2 produire herbages.—produire produire produire alablem. t 5 3 Année des her- des her- des her- des her- été fumé, 3 S. 2 bages. bages- bages. bages. le sol se- 2 8S rait, pour A de„1 — 3 g Produire 822 des her- 8 L8 Paàturage bages, 8 3 H-—Oℳ———-——-õ————— 2—,——,— — S 2 8 8 8 8.2.2 8 5 2 8 58 2 3 4— 8 8 2 3 2 2 5 3 3 32 2 8 33 3 5 5 5 3853 3 28 — 0 8 8 S&— 2 5 8 3 8 S2 8 8 8 8 8 1I. 1 2 ſ21 22 35[[I 4.(4 44 2 6 4, 4½ 6 77 2 1 2 2 1 23 25 3 3 5 3 ½l 4 5 7 35 4 ½ 5 3 3 14 2 2 1 2 ⁴ 24 3 3 3 ½ 4 5 7 3³½ 4 ½ 5 ½ 63 4 17 2 2 22 3 35 4. 4 4 ½3 5 ½3 7 ½ 4 4 ½ 6 7 5 1³3 1¾ 21 2½3 3 3 ¾ 4 ½· 4 ½ 44[6 8 4 4 ½ 6 7 1 2 ½ 22 3 3 ½ 3 3 ½ 4 ½ 4 ½ 4 ½ 6 7 4 ½ 5 6 ½ 8 2 21 21 2 5 35 35 4„ 4 32 6 4 4 65 3 3 2 21 24 3[35 3 5 4 44 41 53 644 43 63 5 2 2 ¾½] 2 5 3 3 ½5 3 4 ½ 2 6 7 44 3 6½4 3 [As an5s 3ſ 4½ 5,[6 5, ³44 232 9 2 2 ½ 2½ 3 3 3 41 4 ½ 6[7 4 ½ 5 2 ½ 9 3[Alals ſa adſAe 2ss 3 alAs a3 4 5[6 A S[2 32 1 3 3 ½ 3 ½ 33 4 ½ 5 517 38 5 6 8 10 2 2 ½ 3 3 3 ½ 4 4 ½Ä 5 ½ 6 ⅜⁴ 7½ 5 5 ½5 8 10 3 25 3 3 1 4 44 54 61 75 5 5 3 10 4 2 ½ 3 3 3 4 ⅔ 5 5 5 7 8 5 ½ 6 9 11 5 2 ½ 3 3 ½ 3 ⅓ 4 ⅓ 5 31 7 8 5 ½ 1 6 9 11 28² PRINOCIPES RAISONNES Lorsqu'il faut 6 journaux et au-delà pour la nourriture d'une vache pendant l'été, il ne convient plus d'y placer des bétes à cornes; un terrain de ce genre ne peut alors étre employé, avec avantage, qu'au pàturage des béêtes à laine, qu'il nourrira dans la proportion établie au§ précédent. § 950. Comme, dans l'économie de la cultare alterne aveo pãturage, le päturage des soles qui sont en repos, forme une partie essentielle du produit, et qu'on ne peut se passer de ce pàturage pour conserver Pharmonie entre toutes les parues de l'ensemble; lorsqu'on fait les semailles, on s'ocoupe déjà des moyens d'augmenter la fécondité des pacages. Dans lancienne calture alterne abec Pdlu- rage, surtout dans le Holstein, dans cette culture telle qu'elle était originairement, on répugnait, en conséquence, à cultiver beaucoup le terrain, et à donner une jachère morte; parce que, de cette manière, l'on détruisait les racines des plantes, et que le terrain s'enherbait alors plus difficilement, à'époque du repos. On prenait aussi cette circonstance en considéraution, dans le choix des récoltes, et, par ce mouf, on semait des grains d'automne pour dernière récolte céréale, parce que, parmi elles, il nait ordinairement plus d'herbe; ou bien, si on semait de P'avoine, cC'était sur un labour unique et superficiel. Onne saurait se dissimuler que cette méthode ne fut fort convenable, si l'on voulait, par dessus tout, ſavoriser la multiplication etla végétation des herbages, et si'on ne voulait la remplacer d'aucune autre manière: aussi a-t-il fallu un tems très-long, avant qu'on se soit généralement décidé à ce dernier parti, parce qu'on ne croyait pas que la fa- culté nutriüve des herbages naturels, püt être remplacée par aucune plante artificielle. Aujourd'hui ce préjugé parait ne plus exister chez les culüvateurs industrieux, et l'on est persuadé qu'un choix de plantes semées avec intention, non-seulement égale l'assemblage d'herbages qui est dú au hazard, mais encore lui est supérieur. Pour ensemencer le terrain qu'on destine à former des päturages, on prend ordinairement du Trofle blanc rampant. On choisit cette plante de préférence, à cause de la petitesse de sa graine, de la disposition qu'a eette plante à se pro- pager par ses racines, de la facilité avec laquelle on en recueille la semence, et par conséquent du bas prix auquel on peut se procurer celle-ci. Deux livres par journal suffisent parfaitement, lorsqu'elles ont été épandues d'une manière égale. Souvent cependant on y mele du trèfle rouge, à la quantité de quatre livres, tant afin de pouvoir faire une récolte de foin dans les places où ce trèſle a bien réussi, que parce que le trèfle blanc n'a du succès que sur les terrains qui sont en très-bon état. 8 or la he pendant e ce geure liine, qull Murage des qu'on ne les panües les moſels apeo pdlu- dajremeut, me jachére Nautes, et repos. Oa vdoltes, et, ecéréale, asemait de düssimuler 1, ſavorsser remplacer uon 5e soit que la f- de planlo NuxAeues mienuüon, nis encore on prend elerence, e àse pro- semence, Deux livres ne manière de quatfe u ce trelle a les terruls D' AGRIOCULT URE. 2835 Le Raygrass des Anglais, Lolium perenne, réussit egalement très-bien parmi ce trèfle, de même la Fetaque des Brebis, Festuca ovina; l'une et Pautre de ces graminées donnent un paäturage très-épais, et réussissent bien zur les terrains élevés; outre cela leur graine est très-facile à récolter, et peut étre cédée à bas prix. Cependant il faut en semer, indépendamment du trèfle planc, de 15 à 20 liv. par journal. Quelques personnes disent aussi avoir, avec avantage, semé de la Houque laineuse, Holcus lanatus, pour former un päturage. Sa graine est également facile à récolter; à la vérité il en coùte de la peine pour la faire sortir de sa balle, mais cela mème n'est pas nécessaire, si l'on fait soi- méme usage de cette semence. Lorsqu'on la sème avec la balle, il en faut presque un scheffel par journal. Cette herbe crott toujours par touffes, et se distingue sur- tout vers Pautomne, odù ses feuilles radicales poussent fortement. Cependant il me semble que le besoin seul engage le bétail à brouter cette plante, et qu'il n'y touche pas, lorsqu'il en a encore d'autres à sa portée. Cette herbe est faci- lement détruite par la gelée, il ne convient donc pas de se reposer entièrement sur elle. Une plante de päturage, excellente et qui n'est pas encore assez connue chez nous, c'est la Pimprenelle, Poterium sanguisorba. Elle réussit sur des ierrains très-maigres, oùð, mèéme le trèfle blanc, ne pousse point; cependant elle a plus de succès dans les bonnes terres. Elle a cette qualité, que, mème au gros de Phiver, elle continue à verdir, et que, surtout au commencement du prin- iems, elle pousse avec vigueur. Elle est particulièrement bonne pour les bètes à laine, et celles-ci la mangent avec autant d'appétit, qu'elle leur convient par ses propriétés aromatiques et légèrement astringentes. On peut facilement en recueillir la semence, sur une place, qu'on a réservée à cet effet; il faut seule- ment récolter cette semence avec précaution, à la main, dès qu'elle můrit. Dans les champs montueux et calcaires, où la couche de terre végétale n'a que peu d'épaisseur, la Brize tremblante moyenne, Briza media, convient fort bien, comme herbe de paäturage, et, dans de tels champs, on sème alors parmi celle- Ià du Sainfoin(Esparcette) également desuné au päturage. Nous reviendrons plus bas sur le reste de la culture de cette espèce de pàturage. 5 5 951. On peut en quelque façon ranger dans la mèême classe de päturage, les soles ou champs exterieurs, durant leurs années de repos. On se rappelle que, dans la culture des grains, voyez§ 500. vol. 1, on caractérise sous ce nom, des 284 PRINOUIPES RAISONNES soles ou chramps éloignés et appauvris, dont, faute d'engrais, on ne peut obtenir qu'une récolte céréale, tous les 5, 6, 9 ou môme 12 ans, et qu'on laisse reposer entre deux. Nous n'avons pas besoin de dire que des paàtis, dont le terrain est roujours plus épuisé par la récolte céréale qu'on en a exigée, sans qu'on leur rende, par des engrais, les sucs qu'ils ont perdus, ne peuvent pas étre mis en parallèle avec le pàturage des champs en repos qui ont été convenablement fumés. Ces premiers sont occupés par des plantes faibles, petites et sèches, souvent seulement par la Barbe de bouc(Aira canescens), par la Gnavelle(Scleranthus annuus), quelquefois par les petites Fétugues, et la Flouve des Bressans(Anthoxantum odoratum), d'entre lesquels cette dernière, lorsqu'elle est avancée dans sa végé- tation, est absolument rebutée par le bétail. Ces pàtis sont donc pluiôt un lieu de promenade qu'un véritable päturage pour les bêtes à laine et pour les cochons; ils ne font qu'amaigrir ces bestiaux. Si dans quelques endroits on compte sur leurs produits, c'est qu'ils contiennent quelques parties basses et humides, qui ne sont pas propres à étre ensemencées en grains, qui ainsi se sont enherbées, et sur lesquelles la faim ſorce le bétail à brouter; au reste, lorsque dans de ielles places,'herbe a été salie par le limon, les betes y ramassent des maladies dangereuses. Si, dans Passolement triennal aveo fachère, lorsqu'on ne fume que de neuf en neuf ans, la 3° sole destinée aux céréales de printems, ne pouvant plus étre ensemencée avec profit, demeure en repos, on peut alors un peu mieuz compter sur le päturage de cette sole, parce quiil lui reste encore quelques sucs nourriciers. 5 952. Le paäturage des champs en jachère qui, dans Passolement triennal auee jachère, recoivent les eultures préparatoires pour les semailles de grains d'au- iomne, est plus ou moins abordant, selon la bonté du sol, les engrais que celui- ci contient encore, et surtout l'époque où l'on y met la charrue. Ordinairement c'est à la St. Jean qu'on commence à rompre les jachéres, et lors méme que des cullvateurs, pour jouir plus long-tems de ce pacage, se voient obligés à différer encore ce labour, il est rare, cependant, que le propriétaire y soit tenu pour favoriser d'autres usagers. Au labour, ce terrain cesse d'étre propre au päturage du bétail à cornes, et quoique les bétes à laine y trouvent encore quelque nourriture, après le premier et le troisiéme labours, cependant les la- bours er hersages se suivent de trop près, pour que cette nourriture puisse étre Tune grande conséquence. L'on ne peut donc compter sur ce päturage que pour 80 le 1 .— 0 tobtenir reposer rrain est rrende, ele ayec remiers npar la wouus), hoxamum 8 8 Népé- un lieu de cochons; mple Sur des, qui herbées, dans de maladies que de ant plus au mieux quelques al avec as d'au- 1e celui⸗ irement ne que pliges 1 son tenu ropre au nt encore it les le- uisse eile que poui D' AGRICULTUR B. 285 6 ou 7 semaines, à la vérité il tombe sur l'époque de la plus forte végétation. Si le sol est en bon état et a de la disposition à produire de l'herbe, ce päturage peut étre assimilé au tiers de celui des champs en repos dans les assolemens alternes aveo pdlurage, durant la première année de ce repos; autrement il ne peut pas étre évalué aussi haut, parce que les terres qui sont tenues cons- tamment sous la charrue, donnent moins d'herbe que celles qui sont laissées en pàturage pendant quelques années consécutives. 6 955. Le päturage des chaumes, qui commence après la moisson, est de plus grande valeur sur les terrains humides et qui sont mal labourées, que sur les terrains chauds, bien cultivés et qu'on a soin de tenir nets de mauvaises herbes; parce que, sur ces derniers, il pousse peu d'herbages. Le principal avantage qu'on en ure nait du grain qui y est tombé à la récolte, et que les cochons, les bétes à laine et les oies s'approprient; aussi est-ce ces animaux qu'on y introduit les premiers- Mais cela même le rend impropre pour le bétail à cornes; c'est seulement dans les parties qui ont été épargnées au commencement, et oùð les grains qui sont tombés sur le sol ont germé et produit du vert, que, pour quelque tems, le bétail à cornes trouve une bonne nourriture. .§ 954. Dans les diverses espèces de päturage que produisent les terres arables, nous devons encore ranger celui des semailles d'automne, soit dans cette saison mäme, soit en hiver, soit au printems. Ce päturage ne peut avoir lieu, en auiomne, que sur des semailles qui ont été faites de bonne heure, et qui poussent avec une vigueur excessive, et plutôt avec les bétes à cornes qu'avec celles à laine. Pour celles-ci, en effet, on tient que, dans cette saison, cette herbe est nuisible, parce qu'elle est trop grasse. L'oon comprend que ce päturage ne peut avoir lieu que sur des champs parfaitement essuyés, et en tems sec; et qu'autrement il en résulterait de grands dommages- En hiver et au printems, au contraire, c'est aux bétes à laine qu'on consaere ce pàturage. L'on est divisé d'opinion sur le plus ou moins de valeur qu'il a pour ces bétes, et sur la convenance d'en tirer autant de parti qu'on le peut, ou d'y renoncer complétement. Tandis que quelques cultivateurs eomprent principalement là-dessus pour hiverner leurs bètes à laine; G'autres, au contraire, pensent quelce paturage, d'ailleurs incertain, ne fait que les affriander, qu'elles dé- daignent ensuite le fourrage sec qu'on leur donne à Pétable, et qu'ainsi Pom 286 PRINOIPES RAISONNES gagne moins qu'on ne perd à cette diversité de nourriture. Les cultvateurs donc qui ne pensent qu'à épargner du fourrage, assignent une grande valeur à ce päturage; tandis qu'au contraire ceux qui sont convaincus des avantages réels Pane nourriture à l'étable très-abondante, le négligent et n'en font aucun cas. Au reste nous aurons occasion de revenir sur cette question, lorsque nous par- lerons de Péconomie des bèétes à laine. On trouve encore plus d'incertitude, lorsqu'on veut examiner si l'usage de ce päturage est désavantageux ou non aux semailles. Quelques cultivateurs le croient extrémement nuisible dans tous les cas, d'autres au contraire pensent que, si on l'emploie avec la circonspecuon convenable, il en résulte un bien réel plutòt que du dommage. Ce paàturage peut, sans aucun doute, devenir très-fächeux pour les semailles; des essais comparatifs faits aveo précision, ont démontré que la récolte peut gtre diminuée de deux fois la valeur de la semence, et plus, si on le pousse jusqu'à Pexcès, en abandonnant le champ à Linsatiabilité des bergers; en revanche ces méêmes essais comparatiſs ont prouvé qu'il m'en résultait aucun mal, si l'on en usait avec la circonspecuion convenable, et qu'on observaàt les règles ci-après. On ne doit user de ce pacage que dès le commencement des grands froids, jusqu'à la fin de février, et seulement lorsque le sol est effectivement gelé; par couséquent, lorsque le soleil luit, seulement le mauin de bonne heure et aussi long-tems que les rayons du soleil n'ont pas encore amolli la superficie du sol, puisque, autrement, les pieds des bétes entreraient en terre et endomma- geraient les racines des céréales. Il faut que le terrain soit complétement débarrassé de neige et de glace, car Iorsque le sol est légèrement recouvert, les bêtes à laine grattent avec le pied pour découvrir les plantes, ce qui les endommage et les arrache avec leurs racines. Il ne faut également pas kaisser entrer les bétes sur les semailles lors- qu'elles sont couvertes de verglas ou de gelée blanche. Ce paturage ne doit avoir lieu sur les champs que lorsque les semailles couvrent assez bien le sol, et non lorsque les plantes ne font que se montrer. Ilne fautse le permeitre à une époque plus avancée, au printems, et lorsque la végétation a recommencé, qu'avec circonspection, et dans le cas où l'on ait à redonter que, par trop de lasciveté, les céréales, et surtout le froment, ne ver- sent; dans ce cas là on peut prolonger le päturage jusques assez avant dans le printems, cependant uniquement par un tems sec; mais il faut y apporter beau- coup de réflexion, et consulter, non-seulement l'état connu de fécondité du sol, mais encore ce qu'on peut présumer de Pinfluence de la température sur la ferulité, afin de ne pas aller trop loin, et de ne pas affaiblir les plantes outre mesure. ateuss aleur à es réels un cas. 8 Par- ode, aoh aux W les aspecon emailles; Ale peut pousse vanche Pon en aprés. froids, le; par rure et ficie du lomma- ee, car e pied leurs es lors- ouyrent OrSGue do à ve vek- dans le eer beau- adité du ature Sur tes oulfe D'ACGRICULTVURV. 287 Si toutes ces choses sont observées comme elles le doivent, l'on peut bien compter, que les excrémens des bêtes à laine rendront au terrain, en sucs nour- riciers, tout autant que ces bétes lui auront enlevé en brourant la céréale. Mais c'est un tres-grand mal, lorsque les champs sont assujétis à la servitude d'un tel päturage, et que les semailles doivent étre abandonnées à la discréüon de bergers, qui sont étrangers aux intérêèts du propriétaire. § 955. Lorsque j'ai développé la culture des prairies, j'ai parlé du paturage sur les prés. Ce paàturage est d'un grand avantage au printems pour les bétes à laine, et en automne pour le bétail à cornes, et lorsque c'est le propriétaire lui- même qui en use avec la circonspection convenable, loin d'apporter du dommage à la prairie, il lui est au contraire avantageux. Si ce pàlurage est du à d'autres qu'au propriétaire, si c'est une servitude, ce qui importe le plus, c'est époque du printems jusqu'à la quelle il peut étre prolongé, et celle où il commence en automne; ces époques sont ordinairement fixées par la cou- tume ou par des titres. Au printems, une durée tant soit peu plus longue ou plus courte, fait une grande différence pour celui qui jouit du droit, mais une bien plus grande encore pour le propriétaire de la prairie, et voilà ce qui donne tant d'impor- tance à la question si le droit de päturage doit durer jusqu'à P'angien ou au nouveau 1** mai. Durant ces 12 jours, la végétation est très-active, si, du moins, la tempé- rature chaude a commencé de bonne heure; le bétail qui pàture a donc une nour- riture abondante, mais il entrave la végétation et la formation des plantes, et ila en conséquence une influence pernicieuse sur le produit en foin que la prairie devrait donner. J'ai déjà dit plus haut jusqu'à quel point on peut, avec avantage, consacrer une prairie alternauivement, pendant un été entier, ou seu- lement pendant une moitié, au pàturage du bétail. § 956. Comme paturage accessoire, on doit surtout considérer les bois. La valeur de ce pàturage dépend non-seulement de la nature du sol et de sa situnation plus ou moins élevée, mais encore de l'espèce, du nombre et de la grandeur des arbres dont il est couvert. Plus le pois couyvre le terrain, plus le päturage est chétif, non-seulement à cause qu'il y a moins d'espace, mais aussi parce que Pherbe est d'autant moins nourrissante, qu'elle est plus à Pombre. Lors même que, dans un terrain très- fertile il pousse sous les arbres une grande quantité d'herbe; cette herbe a si peu de saveur et est si peu agréable au bétail, que celui qui est bien nourri n'y touche, que lorsqu'il y est forcé par la ſaim. 288 PRINCIPRS RAISONNES Le paturage dans les foréts leur fait, en général, incomparablement plus de dommage, qu'il ne procure de bénéfice. Par lui, d'innombrables et impartantes forèts ont été retenues dans le plus misérable état de végétation. Toutes les jeunes pousses sont par là anéanties, et les anciens arbres sont fortement en- dommagés. En revanche, pour le bétail, e'est toujours un päturage peu pro- fitable; souvent méême il est nuisible, et engendre des maladies. Ily a, à la vérité, quelques cas, où les bois sont assez avancés dans leur vé- gétation et assez bien clos, pour que ce paturage ne leur occasionne pas un dommage sensible, et où, en revanche, dans les tems les plus chauds de l'année, les foréts fournissant au bétail un agréable refuge, le propriétaire peut, avec avantoge, tirer profit du bois et du pàturage. Mais les cas où cela peut avoir lieu sans nuire à la végétation du bois, me paraissent rares, et lorsque le pa- turage de la forét a lieu, comme servitude, par du bétail étranger, ces cas sont beaucoup plus rares encore. A l'égard de l'espèce de bois sous lequel ce pâturage a lieu, nous obser- vons ce qui suit: sous les pinastres il est sec et insignifiant; il vaut mieux sous les sapins et les mélèses. Les chénes laissent croftre un bon gazon à leur ombre; les hétres rien du tout. Lorsque les bouleaux ne sont pas trop rappro- chés les uns des autres, ils se comportent comme les chénes. Le pàturage le plus abondant est celui qui pousse sous les aulnes, lesquels ne croissent que dans les lieux bas et dans les marais; mais c'est aussi là que ce paâturage est le plus mal- sain, et qu'il est le plus nuisible à la végétation des arbres; aussi faudrait-il que toutes les plantations d'aulnes fussent iellement épaisses, que le bétail ne put pas y entrer. Au päturage dans les foréts apparüent, à certains égards, P'engrais des cochons au gland et à la faine. Cet engrais varie beaucoup d'une année à Pautre, et on le distingue en engrais entier, trois quarts, demi et quart engrais. L'opinion la plus générale est que, en six ans, chacune de ces proportions se réalise une fois, et que trois fois le produit est absolument nul. § 957. Ce n'est guères que, sous les circonstances ci-après, que, dans des contrées cultivées, on trouve encore, parmi les propriétés paruculières, des päturages perpétuels, ou du terrain consacré exclusivement au päturage. 1°. Dans les lieux ou le terrain pousse tellement d'herbe, que les circonstan- ces de la contrée, et de l'exploitation rurale du propriétaire, surtout, ne four- nissent pas de moyen plus profttable de tirer parti du terrain. atrées urages astan- ſour- * DA GRFLCULT U R E. 289 Dans ceux oce la culture des grains, et mème l'emploi du terrain en prairie, sont soumis à trop de casualités, parce que, pendant P'été, le terrain courr le risque d'ètre inondé. 5⁰ Sur les montagnes et les pentes roides, cùð( le climat, la position et la 7„ P nature dusol empécheraient qu'on put, avec avantage, se procurer d'autres produits. Excepté dans ces cas, presque tous les terrains possédés, sans restriclion, par des particuliers, dans les contrées cultivées, sont soumis à la charrue, et con- sacrés exclusivement ou alternaüvement à la culture des produits des champs. Gest seulement dans les lieux où une communauté de propriété, oùð des ser- vitudes, meitent des entraves à tout autre emploi, que des terrains bons et qui valent la peine d'ètre cultivés, sont encore exclusivement consacrés au päturage; et là ces Dlurages sont d'autant moins profitables, qu'ordinairement aucun des intéressés ne s'occupe de leur bonification. § 958. ⁵ 1*. Aux päturages de la première espèce appartiennent prĩncipalement ceus qui, à cause de la Iualiie nourrissante de leur herbe, sont consacrés à Pen- grais du bétail et qu'on qualiſie de pãturages Wengrais, quoique souvent on les fasse brouter aussi par des vaches à lait et des chevaux. On est, à la vérité, persuadé que ces päturages étant soumis à la charrue, et consacrés à la culture des grains les plus précieu ‚rendraient un produit beaucoup plus grand; mais on les considère, ainsi que les sucs qui y reposent, comme un trésor qu'on a regu de ses pères, et que l'on doit transmettre à ses descendans, comme une chose sacrée, er Pon qualifie de dissipateur, celui qui se permet de les rompre, ei des'approprier les avamtages qui doivent résulter d'une autre manière d'en jouir. On attribue à ces anciens päturages une fécondité étonnante, er Pon croit que, lorsqu'ils auront une fois été rompus, ils ne pourront jamais plus étre ramenés X ceite ferulité, lors même qu'ils sembleraient donner tout autant d'herbe qu'au- paravant. On admet qu'il puisse y pousser de nouveau de Pherbe haute et forte, mais on nie qu'on puisse leur rendre cette herbe basse et épaisse, qu'ils avaiens précédemment. Je ne hasarderai pas de décider jusqu's quel point est fondée cette opinion, que je vois soutenue par nombre de culuvateurs expérimentés et d'ailleurs exempts de préjugés. Mais je crois que, dans les lieux oùð Pon a cru voir lim- possibilité de rétablir une couche de gazon épaisse et riche, Fon avait mal procédé, ou que Pon avait ehlis le sol, en exigeant de lui un trop grand nombre de récoltes, ou bien qu'on s'y était mal pris pour remeitre le ierrain en J. III. 37 29⁰ TrRINCIPES RAISONNES herbages; peut-étre avait-on abandonné l'enherbement à la nature, qui ne le forme qu'à la longue, ou avait-on semé des espèces d'herbes, qui ne pouvaient pas former cette croüte épaisse et serrée que'on désirait rétablir. Dans plusieurs autres contrées on a soumis ces pãturages'engrais, à une culture alterne, adaptée à leur nature; de cette manière on en a retré un avan- tage incontestablement plus grand, et, par les produits qu'ils rendaient dans les seules années ou ils étaient en fourrage, ils ont nourri plus de bétail qu'ils m'en alimentaient auparavant, durant un espace de tems égal à la durée de l'as- solement, § 959. 2. Aux päturages de la seconde espèce, appartiennent principalement ceux qui sont situés auprès des cours d'eau qui sont sujets à s'enfler et à se déborder, ou derrière les digues par les quelles on a cherché à contenir ces cours d'eau. Ces paàturages sont ordinairement tres- nourrissans, et sont fécondés par les inondautions qu'ils regoivent de tems en tems. IIs présentent plus ou moins d'incertiiude dans leur usage, et, dans des vallées dont les terres arables sont situGes sur les hauteurs, ils forment, avec raison, la base du systéme d'économie rurale qu'on y suit. On tient pour plus avantageux encore, les pâturages qui sont au bord de la mer, parce que les herbages salés sont envisagés comme très-profitables au Pétail. § 960. 5. Les pâturages de montagnes fournissent, le plus souvent, une nourriture très-substantielle, aromatique et qui favorise la sécrétion du lait. IIs conviennent donc particulieèrement aux vaches à lait, qui, durant l'été, y demeurent nuit et jour, souvent à une grande distance des habitations, et ne les quittent, pour rentrer dans les étables, qu'à l'approche de Phiver. Gest à cette classe qu'apparuennent les fameux paäturages des Alpes de Suisse et du Tyrol. D'autres hauteurs d'un accès difficile, inabordables à la charrue et aux charriots, dont Pherbe est, à la véerité, épaisse mais pas vigoureuse, peuvent, avec plus d'avantage, étre consacrées à la nourriture des bétes à laine au päturage, Pour conserver à un tel päturage toute sa fécondité, il faut lui donner aussi les engrais que les bêtes font pendant la nuit; avec ce secours, le pàturage s'améliore de plus en plus; sans lui, il s'apauvrit progressivement et se couvre de mousse, § 961. 0«· 2 2 A De nos jours, il est rare qu'on trouve encore, consacrées à un päturage qui ne le doupaient b 3 Une u Aran⸗ R dans al gxils dela- ont ceux rder, ou G'eau. les par moins es sont onomie A deh bles- vrriture ennent geurent wittent, e Classe 1. et aut t, avec urage, ssi les geliore durag DP'AçcRICULT Un B. 291 permanent, des propriétés parüculières, qui, par leur nature et par leur situation, pourraient ètre transformées en terres arables d'un produit assuré; parce que, depuis long-tems, on est convaincu que les terrains de ce genre rendent un beaucoup meilleur produit, lorsqu'ils sont soumis sans interruption à la culture, ou qu'on y fait alterner Paction de la charrue et le repos en herbages. Les paturages de ce genre qu'on rencontre encore, sont ordinairement des communes, ou bien il repose sur eux des servitudes, qui ne permettent pas qu'on donne à leur sol une autre destinauion. Ces päturages communs sont ordinairement dans l'état le plus misérable, parce que chacun veut en uirer paru, et que personne ne veut contribuer à leur culture, à leur bonification. Lorsqu'ils sont d'un abord facile etsurtout dans le voisinage des habitations, on les charge outre mesure, hors de tems, et de toutes sortes de bétes, péle méle, ou tout au moins dans une suo- cession inconvenable; avec une telle économie ils ne fournissent guères au bétait qu'une promenade et bien peu de nourriture. Il y adéjà long-tems qu'on a reconnu combien peu d'avantages on retirait de terrains ainsi administrés, et qu'on est tombé d'accord sur la convenance d'en faire le partage; souvent aussi les inté- ressés s'apropriaient des terrains de ce genre, les mettaient en culture, et s'in- dulgeaient réciproquement sur leur usurpation. Quelquefois le Seigneur foncier, d'autres fois le Souverain, se sont réservé le droit de distribuer un tel sol à de nouveaux colons; c'est ainsi que, depuis plusieurs siècles, les pâturages com- muns ont infiniment diminué d'étendue. De quelqu'avantage que cela paraisse éire pour Pagriculture en général, il n'y a cependant aucun doute que la diminu- tion des pacages pour le bétail, m'ait nui à la culture des champs, lorsque, d'ail- leurs, on m'avait point changé le système de culture, et qu'autrefois le commun des exploitations rustiques ne put mieux se soutenir qu'à présent. Des expériences récentes faites sur le succès du partage des pàturages communs, sont venues à l'appui de ce fait, lors du moins que, en faisant ce partage,'on n'avait pris aucune nouvelle mesure relativement aux terres arables, et à Pen- semble de l'économie. Chacun a rompu la portion qui lui était échue en partage, et en a retiré tout ee qu'elle a pu donner à Vaide de sa propre fécondité, jusqu'à ce qu'elle ait été épuisée. Une augmentation des terres arables eut demandé un supplémept d'engrais, mais ceux-ci avaient d'autant plus diminué, qu'om n'avait pas remplacé d'une autre manière le päturage qu'on avait perdu. ELa bonté de la culture et la quantité des produits, baissèrent donc d'autant plus, que Pon avait augmenté la quantité des terres arables. Il faut donc y penser à plus d'une fois, avant de partager un päturage commun, isolément, et sans combiner ce partage avec celui de la totalité du terrain, avec la suppression de toutes les servitudes qui limitent la propriété, et avec l'établissement d'une nouvelle 292 PRINCIPES RAISONNES économie agricole, fondée sur le systéme de culture alterne aveo päturage; ou sur la nourriture du btail d l'table. Si cette dernière condition ne peur pas étre remplie, il est sans contredit mieux pour lte bien-étre des communautés, de conserver à leurs paturages communs la destination qu'ils ont eue, en prenant oependant des mesures pour améliorer leur culture comme paàturage, et pour s'en assurer le produit le plus élevé et le plus régulier. § 962. Pour la culture des päturages, il faut observer principalement ce qui suit, Il faut les assainir parfaitement, si eu quelque partie que ce soit, il y a des eaux stagnantes qui les rendent marécageux, parce que ces marécages peuvent Otre nuisibles au bétail de quelque espèce que ce soit, mais surtont aux bétes à Jaine. Les fosses, les conduits d'eau et les rigoles, tant ceux qui sont destinés à exister toujours, que ceux qui le sont à étre changés, doivent ionjours étre maintenus ouverts et réparés. Si Pon veut en ürer le plus grand produit, il importe d'y épandre les taupimeres. Il faut donner des soins à la destruction des mauvaises herbes, tant de celles qui sont nuisibles et vénéneuses, que de celles qui occupent beaucoup de place, et J'enlèvent à d'autres plas utiles. Les chardons en particulier, se multiplient excessivement dans les päturages riches, par ce que le bétail n'y touche pas, et quo la semence en vient à maturité. Le bétail ne se borne pas à laisser ces chardons, mais encore il ne broute pas l'herbe qui croit à leur pied; on voit des paturages qui sont ainsi complétement couverts et qui, par conséquent, ne sont plus que d'une chétive uulité. Il est facile de remédier à ce mal, il suffit de couper de tems en tems ces chardons avec la faulx, surtout pendant leur floraison. Lorsqu'on le fait à réitérées fois, ces char- dons disparaissent; d'ailleurs le bétail les mange après qu'ils ont été couchés sur la terre et qu'ils y ont flétri. C'est aussi de cette manière qu'on détruit le Tüthimale, le Jusquiame et plusieurs autres plantes nuisibles. Eußn il est très-avantageux aux paâturages, qu'on épande le fumier que les bétes y ont déposé. Si on laisse les exorémens sans les diviser, la première année les plantes qui en sont couvertes sont tout-à-fait étouffées, et l'année suivanlte, il y pousse des louffes d'une herbe excessivement forte, que le bétail ne touche que lorsqu'il y est contraint par la faim. Au contraire, lorsque ce fumier est bien épandu, il favorise la végétation d'une manière uniforme, et cette odeur ; e ene e for 36135 4 y norer. L.0 me„ qui répugne 8i fort au Pétail, ne tarde pas à s'éyaporer. L'on permet queh g lu 1¹ age; peut ules, nant our it, à des euvent bétes sont owent e les celles p de er, 8e uil wy rne pas croit i Juperls ale de Wec la s char- chés sur aruit e que les remiere Pannée je petail fumier 3 odeur 21 quel- D'AGRTICGCULILTVUR E. assembler les fientes du bétail, et de vendre ce fumier, quefois au berger de r paiurage; de ceue manière on enlève au sol ce qui afin d'en débarrasser le lui appartienl, et on Papauvrit pour la suite. 5 965. Dans Pusage qu'on fait des päturages, il faut, de plus, ne les charger que d'une quantité de petail convenable. Lorsque le nombre des bétes est excessif, la ublée, ces plantes n'ont pas le tems de se développer; végétation en est tro ante, et va jusqu' arracher les racines en le bétail mange la couronne de la pl les broutant. D'un autre côté il est également certain qu'un päturage peut aussi elre ir 6 3— e I eul Odui— étre trop peu chargé, et que, par là, non seulement son produit et l'usage qu'on en tire diminuent, mais que, de plus, le päturage va en S'apauvrissant. II y nait alors beaucoup de plantes que le bétail ne mange pas, lorsqu'elles sont avancées dans leur végétauon. Ces plantes se forüßent et se multiplient; les herbes les plus fines et les plus convenables pour le päturage disparaissent, P P b 1 Si le paäturage n'est pas suffisamment chargé de bétail, il ne recoit pas tout le fumier qu'il devait obtenir.* La meéme raison veut que les päturages ne soient abandonnés au bétail ni trop tôt, ni trop tard. Il wy a aucun doute quéil ne soit plus avantageux aux päturages, qu'on sorte de tems en tems le bétail d'une place, pour y laisser recroitre Pherbe. C'est par cette raison que, dans les exploitations rurales les mieux ordonnées, parmi celles ou le päturage des champs entre, comme partie constituante, dans Passole- ment des terres, le terrain soumis au päturage est divisé en soles; l'on conduit d'abord le bétail auquel on veut donner la nourriture la plus succulente, puis un autre troupeau qui doit se contenter d'une moindre. Par ce moyen on obtient que toute Pherbe soit broutée raz terre, de sorte que ail aime moins, ne demeurent pas en pied. Alors on s quoi, seulement, on y alors, sur chaque sole, les plantes que le bét Jaisse à herbe le tems nécessaire pour repousser, aprè conduit de rechef le premier troupeau, §. 964. La succession, la réunion ou la séparation des diverses espèces de bétail sur les päturages, dépend des circonstances locales, — * Lorsque le paäturage est trop étendu proportionnément à la quantité päture, sans ètre divisé par des cloisons, les bestiaux y errent caà er la, et gtent autant qu'ils consomment. La végétation des herbes est par là toujours interrompue. „proportionnément, et què, de bétail qui y aveo leurs pieds Cet incon- vénient n'existe pas à ce point, lorsque le nombre des bètes est grand aussitôt qu'une division est proutée, l'on fait passer le bélail sur une autre. TLRAp. 294 PRINCIPES RATISONNES Souvent, au printems, on donne le meilleur pàturage aux brebis, parce que c'est elles qui en ont le plus besoin pour augmenter leur lait, et pour faire réussir leurs agneaux. Si l'on peut prolonger la nourriture d'hiver à'étable pour le bétail à cornes, cela peut se faire sans que ce bétail en souffre. Car'expé- rience a démontré que P'herbe s'épaissit, lorsqu'elle a été päturée par les brebis, au printems, de bonne heure; mais il ne fant pas laisser trop long-tems ces brebis sur ce paturage, et il faut laisser écouler au moins trois semaines, avant d'y introduire de nouveau des bêtes à cornes; de cette manière, non-seulement on laisse à l'herbe le iems de recroitre, mais encore on laisse se dissiper l'odeur désagréable au bétail à cornes, que les excrémens des bétes à laine laissent sur le sol. Si, dans la suite, les moutons alternent encore avec les bêtes à cornes, X il faut toujours laisser cet intervalle de tems, entre le pAturage des uns et celui des autres. Ce n'est pas seulement sur des päturages mal administrés, où le besoin et le désordre se font sentir, qu'on voit, à céôté du béiail à cornes, quelques bétes à laine à l'engrais et des chevaux, mais encore sur de riches päturages d'en- grais. Ici'on croit que l'herbe qui est trop grossière et trop dure pour le bétail à cornes, celle qui pousse surtout aux places où, dans les années pré- eédentes, le bétail a déposé sa fiente, que ceite herbe, dis-je, ne peut mieuz étre consommée que par des chevaux qu'on associe aux bêtes à cornes, et que, d'un autre côté, les herbages très-fins que ces dernières ne peuvent pas saisir avec les dents, conviennent fort aux bétes à laine. Dans ces paäturages on aime que T'herbe soit broutée jusques raz terre et d'une manière uniforme, et Pon ne parviendrait pas à ce but, sans la variété de bétes dont je viens de parler. Au reste l'on croit qu'alors, au bout d'un certain tems, Pherbe repousse et plus épaisse et plus vigoureuse. D'autres cultivateurs, au contraire, préfèrent ne mettre les chevaux sur le pàturage, que quand le bétail à cornes, en a été retiré, et de leur faire succéder les bêtes à laine, après quoi ils laissent le pàturage se reposer et pousser de nouveau. § 965. La division des pâturages ensoles, soit rapprochées Ies unes des autres, soit éloi- gnées et situées en divers lieux, dans lesquelles on met successivement, avec ordre 2 el pour un tems réglé, päturer les diverses espèces de bétail, et qu'onm laisse ensuite en repos; cette division, dis je, a de grands avantages sur Pusage d'abandonner aux besuaux la totalité des päturages à la ſois. Le bétail qui esttoujours circonscrit dans des P 8 laces étroites, ne court pas tant, ça et la, pour chercher des places dout les herbages P L ½„P. * ſce qne ur ſaire de pour Pexpé- brehis, is ces „Want wemoa Podeur sent zut cornes, et celui n et le s béles 'en- our le es prè- Lwieur et que, vent pas daturages niforme, iiens de epOS n sur le eur Hire poser et soit eéloi- eec ordre eensuite uner aul tdans des herbages D'AGRICUILTURE. lui plaisent d'avantage, parconséquent il gaàte moins avec ses pieds, et salit moins. L'herbe est brontée par tout d'une manière égale, et elle a ensuite le tems de recrofttre; au contraire si on laisse aller le bétail par tout à la fois, quelques places demeurent d'abord intactes, et l'herbe s'y durcit trop, tandis qu'ailleurs le bétail ronge les plantes jusqu'au collet, à tel point qu'elles ont de la peine à pousser de nouveau. Le bétail est plus tranquille dans les pa- turages circonscrits, et cette tranquillité lui est très-profitable. Dans bien des contrées ouù le pàturage entre dans le système d'assolement, on divise les pacages en très petits enclos ou soles, et'on met alors, dans chaque enclos, un nombre de tétes de bétail proportionné à la grandeur de cet enclos, en ayant soin d'associer ensemble, autant que cela est possible, des béies de méme taille, qui, accoutumées à étre ensemble, vivent en paix les unes avec les autres. On estime donc beaucoup, pour le paâturage, les petits clos fermés de haies, parce qu'on attache beaucoup de prix à Pabri que donnent les haies contre la chaleur excessive des rayons du soleil et contre les vents, et à la plus grande tranquillité dont le bétail jouit dans un local ainsi fermé. § 966. Pour tous les päturages, de bons abreuvoirs sont une chose très-importante. C'est une triste ressource pour le bétail que Peau de ces citernes dans les quelles on réunit'égout des fontaines et des fossés. Ainsi donc là ouù il n'y a pas des abreuvoirs naturels, il faut en construire d'artificiels. On creusera ces abreuvoirs dans les places ou l'eau a le plus de disposition à se rendre et où l'on peut conduire celle des fossés. Il ne convient pas de les placer directement auprès des fossés, ni d'élargir ceux-ci pour les raprocher du réservoir; car ainsi les fossés seraient bientôt gatés par les pieds du bétail et remplis de bourbe. Il vaut mieux établir un canal qui, d'un des fossés destinés à la conduite de Peau, la mène dans l'abreuvoir, erlorsque cet abreuvoir manque G'eau, arréter celle-ci dans le fossé, afin de la forcer à entrer dans ce canal. Les abreuvoirs doivent avoir, au centre, au moins 7 pieds de profondeur, et y Jescendre en talus dès leurs bords. Leur eirconférence doit étre proporüonnée à la quantité de bétailà laquelle ils sont desunés; ordinairement on prend 60 pieds pour leur diamètre moyen. Lorsque la tecre est glaiseuse ou argileuse, ces abreuvoirs tiennent l'eau d'eux méme; si le terrain est sablonneux, ou a des couches de sable qui puissent frayer un chemin à J'eau, il ne suffit pas alors, comme beaucoup de gens s'en contentent, de le faire garnir avec de Pargile; parce que celle ci peut facilement ze fendre ou étre percée par les souris, et qu'alors l'eau disparait: il faut y 296 PRTINCIPES RAISONNES mettre un mortier fait avec de la chaux, en suivant le procédé qite nous allons transcrire. Après que la superficie de Pabreuvoir a été bien régalée et battue, on la couvre de deux ou trois pouces de chaux récemment éteinte, qu'on a passée au tamis, et qu'on mouille au point de la mettre en bouillie. On met alors, sur cette chaux, une couche de 6 pouces d'argile, que l'on bat pour la durcir, comme une aire- Fin du troisième Volume. s allons baulue, qu'on a Dn met tPour * TABLE RAISONNEE DES MATIERES contenues dans ce troisième volume. * SECTION QUATRIEME. 4 G RTOV LE.T VUAR Ef, sSECONDE PARTIE. D. la culture du sol, ou de sa bonification mécanique. Indication du contenu de cette partie,§. 674. Page t LA CULTURE. Opinions diverses à ce sujet§. 675. ibid Quels sont les divers objets de l'agriculture,§. 676. 2 LAmeublissement et la pulvérisation du sol,§. 677.. ibicl Le mélange complet des parties dont le sol est composé,§. 678. 3 Ramener à la surface du sol une couche de terre prise à une plus grande profondeur, F. 679. 4 Absorber, introdutre dans Ie sol, et conserver humidité qui est tombée de Patmospheère, S. 679. 2 5 Détruire les mauvaises herbes,§. 679. 6 Euterrer le fumier,§. 679. Se 7 Enterrer la semence,§. 679. bid LES INSTRUMENS ARATOIRES. Diverses espèces d'instrumens de labour,§. 680. sbic Ceux qui sont mis en mouvement pour des bèêtes de trait,§. 681. 8 La charrue proprement dite, H. 682. 9 Qualités qui rendent une charrue recommandable,§. 683. 8 10 Pourquoi l'on s'est si peu occupé du perfectionnement de la charrue,§. 684. 11 Parties dont la charrue est composée, le coutre,§. 685. 12 Le soc,§ 686. 26 Le sep,§. 687.— Le versoir,§. 638. A 298— La gorge,§. 689. L'ge ou perche,§. 690. Les manches,§. 691. T A BL E RAISONNEE. Manière de règler la charrue,§. 692. L'avant-train, les roues, leurs avantages et leurs inconvéniens,§. 693. Construction des roues,§. 694. Autres inventions,§. 695. Divers perfectionnemens faits à la charrue,§. 696. Versoirs mobiles,§. 697. Doubles charrues, S. 698. Charrues à défoncer,§. 699.⸗ Les binoirs,§. 701. Celui du Mecklembourg, ibid. Celui de Silésie, ibid. Celui de Livonie, ibid. Le binoir à charrette, ibid. Les oultivateurs de diverses espèces,§. 702. Les scarißcateurs, ibid. Les shims, ratissoirs à cheval, ibid. Les houes à cheval, ibid. L'extirpateur. La charrue à semer d'Arndt. La grande herse,§. 703. Les petites herses,§. 704. LES HERSES. Conditions essentielles à une bonne herse, J. 705. Diverses modißcations aux herses,§. 706. Herses brisées,§. 707. Régulateur du trait,§. 708. Manière d'atteler les herses,§. 709. Tratneaux pour les transporter,§. 710. Traineaux à régaler le sol,§. 711. Herses de branchages, ibid. Emploi des herses,§. 712. Il faut choisir le moment le plus convenable pour herser,§. 713. LES ROULEAUX. Quel est le but qu'on se propose par l'emploi du rouleau,§. 714. Construction des rouleaux, J. 715. bid 51 Ro Cb 50 dil 51 52 55 54 Hil did 55 bbid ihid 1 TABLE RAISONNE E. Rouleaux à pointes,. 716. Page 60 Choix du tems favorable à l'emploi du rouleau,§. 7172 ibid L ES LABOURS. Ce qui constitue la perſection du travail de la charrue,§. 718. ibad Comment obtenir ces conditions,§. 719. 61 Largeur de la tranche, S. 720.. 62 Ce qui donne naissance aux planches ou billons,§. al. 63 Labours plats,§. 722. evi Diverses espèces de planches ou billons,§. 723. 65 Planches ou billons larges, H. 724. zi Inconvéniens des planches larges et fortement bombées,§. 725. 66 Difficultés qu'on rencontre en changeant les planches de ceite espèce,§. 726. 68 Planches étroites et peu élevées, S. 727. 4 51 Planches ou billons étroits et fortement bombés,§. 728. 72 Leurs avantages, ibid. ſ v Leurs inconvéniens,§. 729. 73 Opinion de'auteur à ce sujet,§. 730. 3 Ib c Formation de ces billons, S. 731. 7⁴ Direction qu'il convient de leur donner,§. 732. 27 Sur les champs qui ont beaucoup de pentes,§. 733. 78 Quelle est la profondeur qu'on doit donner au labour,§. 734. 80 Avantage des labours profonds,§. 735. bid Convenance de faire alterner les labours profonds avec ceux qui le sont moins,§. 736. 3z Labours profonds qui augmentent l'épaisseur de la couche végétale, en ramenant à la surface de la terre vierge,§. 737. 84 Labours superficiels,§. 738.„. 35 On ne doit procéder que peu à peu et suecessivement, à approfondir la couche de terre végétale par des labours profonds,§. 739. 86 Considérations à observer à ce sujet,§. 740.— rn Ce qu'on entend par labour profond, et par labour superſiciel,§. 741. 87 Circonspection qu'il faut avoir dans l'augmentation de la profondeur du labour, H. 742. 88 Moyens d'opérer le défoncement du sol, à plus de douze pouces de profondeur,§. 743. 89 Pour quelles récoltes il convient de labourer profondément ou superficiellement, g. 744. 91 La jachère,§. 746. 92 Diverses dénominations des labours,§. 747. 93³ Le premier labour ou labour de jachère,§. 748.. 94 Le second labour, ou binage,§. 749. 8 95 Le troisième labour, ou rebinage,§. 750. 96 Le labour de semailles,§. 751. 98 Emploi de T'extirpateur pour les labours qui suiven: Lel dé jachère,§. 752. ibid Jacheères imparfaites,§. 753. 99 300 TäAnT E RAISONNEE. Labours pour les grains de printems,§. 754. Demi-labour,§. 755. 3 Autention constante que demandent les labours,§. 756. Emploi de plusieurs charrues à la fois sur un méme champ,§. 757. Bordures(Chavessins),§. 758. Etat dans lequel doit être le sol pour ètre propre au labour,§. 759. Quand il faut herser,§. 760, DES DEFRICHEMENS. Considérations économiques à observer dans de telles entreprises,§. 762. Disuünction de deux cas,§. 764. 1. Défrichement lié avec une économie rurale déjà établie,§. 765. Défauts dans lesquels bœaucoup de gens tombent,§. 766. Règles à observer,§. 767, 2. Défrichemens isolés,§. 768. Conditions nécessaires pour de telles entreprises,§. 769- Déefrichement des forêéts,§. 782. Extirpement des racines d'arbres,§. 783. Défrichement des pâturages,§. 784. 1. Par le moyen de la jachère,§. 785. 2. En y semant des grains de printems, sur un seul labour,§. 786. 3. En écroutant le terrain et mettant les gazons en tas pour les faire pourrir,§. 787. 4. En écobuant, brulant les gazons,§. 788. Régalement du sol,§. 789. Arrachement et déblai des pierres,§. 7902 Chaulement du terrain défriché,§. 791. Défrichement des bruyères,§. 792. Culture des sables,§. 793. Moyens de leur donner de la consistance,§. 794. Moyen d'y établir une croute de gazon profitable,§. 795. Déſfrichement des marais, 796. HAIES CLOTURES. Leurs incenvéniens,§. 797⸗ Leurs avantages,§. 798. Opinion de P'auteur, H. 799- Deux principaux genres de cloͤtures,§. 800. Les murs, S. 801. Les remparts de pierre,§. 802. Les murs de terre ou de pisé,§. 803. Les cloisons de bois mort,§. 804. 100 101 102 ibid 103 104 78). 107 ihid ihid ihid 4 u] und ibid 133 ihui TABLE RATISONNEE, Les remparis ou parapets de terre,. 805. Les haies vives,. 806. Haies d'Aubépine,§. 807. —— dEpine noire et de Rosier de haies,§. 808. — de Coudrier,§. 809. — de Charmes, Ormeaux, Bouleaux, Sureaux,§. 810. — d'*'Acacias, S. 811. —— de Genet épineux,§. 812. — de Saules,§. 813. — mälées,§. 814. Convenance de les tailler de tems en tems et comment,§. 815, Doivent, durant leur jeunesse, éêtre protégées contre les dommages,§. 816. Leurs avantages,§. 818. MOYENS D'ASSAINIR ET EGOUTTER LES TERRES. Les lois que l'eau suit dans ses mouvemens,§. 819. Couches perméables et imperméables du sol,§. 820. Réservoir souterrains, ibid. Il faut avant tout tirer le niveau,§. 822. Creusement de fossés ou tranchées,§. 823. Quelles sont les causes de l'humidité du sol,§. 826. A Les eaux déposées et accumulées par l'almospheère,§. 827, Tranchées ouvertes,§. 828. Division du terrain en billon,§. 829. Couche inférieure du sol imperméable§. 830. Tranchées souterraines,§. 831 B Les eaux qui s'écoulent des hauteurs,§. 832. C Les sources d'eau, F. 833. Couches de terre qu'on trouve dans les lieux ou il se montre des sources,§. 334. Explication d'un cas,§. 835. Explication d'un autre cas,§. 836. Moyens pour le premier cas,§. 837. Moyen pour le second,§. 838. Trous pratiqués en terre avec une tarrière,§. 839⸗ D Les cours d'eau,§. 840. Digues, ibid. 1 Eaux qui descendent des hauteurs dans les rivières,§. 842. Emissaires, écluses destinées à retenir ou faire écouler les eaux à volonté, ibid. Moyen pour purger d'eau les terrains bas,§. 843. Machines à puiser,§. 844. Eaux de suintement,§. 845. Passage fourni à l'eau sous le lit des rivières, H. 846. Deux exemples fournis par Cretté de Paluel,§. 847. 301 Page 134 137 138 142 ibid. 143 144 ibid. ibidl. 145 ibid 146 ibid 148 ibid 149 150 151 153 T b id 154 156 157 158 162 163 164 165 166 167 ibid 168 170 ibid 171 172 ibicd 173 ibid 174 275 502 TABILE RAISONNEE Premier cas,§. 848. Second cas,§. 849. Défrichement des diverses espèces de marais. Marais qui doivent leur humidité aux eaux qui viennent des hauteurs et qui m'ont pas d'écoulement,§. 851. Marais qui la' doivent à des sources recélées dans le sol, 853. Marais qui la doivent à des eaux situées à quelque distance et dans une position plus élevée,§. 854. Creusement de tranchées d'assainissement,§. 855. Défrichement des marais ou Pon a déjà exploité la tourbe,§. 856. — y— de ceux oQ cela n'a pas eu lieu,§. 857. Les arrosemens. Rapports entre la théorie des arrosemens et celle des essainissemens et égouttemens. Grands avantages de l'arrosement,§. 858. Possibilité de l'opérer,§. 859. Théorie générale des établissemens d'arrosement,§, 860. Cireonspection nécessaire dans la manière de procéder,§. 861. La quantité d'eau,§. 862. Sa possession illimitée,§. 863. Facilité de Pécoulement de l'eau,§. 864. Nomenclature des canaux et fossés de divers genres pour Parrosement,§. 865. Eelases,§. 866. Il est trois manières d'opérer Parrosement,§. 867. Par inondation,§. 868. Par irrigation,§. 869. Etablissemens pour l'irrigation,§. 870. Arrosement d'un plan incliné, divisé en plusieurs compartimens,§. 872. Conduits élevés pour passer l'eau au travers des enfoncemens,§. 875. Conduits cireulaires autour des hauteurs inaccessibles à'eau,§. 876. Arrosement opéré à Paide du refluement de l'eau dans les fossés,§. 877.) Arrosement opéré à Paide de machines,§. 879- Page 175 176 179 180 181 ibid 1182 ibid 184 185 ibid 186 199 200 2⁰3 2⁰6 2⁰7 2⁰08 2⁰9 Le Terrement, méthode pour niveler et régaler par le moyen de terres qu'on fait transporter et étendre par les eaux; prairies arrosables formées par ce moyen. Oà Pon voit des exemples de cette opération,§. 880. En quoi elle consiste,§. 881. Sa deseription,§. 882. Considérations à observer dans l'exécution de cette opération,§. 884. Formation du canal d'écoulement,§. 885.— Niveau du eanal de terrement§. 886. Terrement opéré d'un seul cété ou de deux côtés à la fois,§. 887. Passage de l'eau dans des places oà elle ne doit pas opérer de terrement,§. 888. Les frais de cette opéralion ne peuvent etre déterminés en moyenne,§. 889. Enherbemenm de P'espace qui a regu le terrement,§. 890. Influence de Pirrigation sur les terrains sablonneux, 5. 89r. 210 ibid 211 21²2 214 21 218 ——— ⏑△ TA BLR RAISONNEE. Foin vert, ibid. Emploi du sol qui a recu le terrement, à la culture des grains,§. 892. Page 225 Le limonement,§. 893. ro Description d'un exemple de terrement,§. 894. 22 cUITURE DES PRAIRIES. Ce que c'est que les prairies,§. 896. 230 Cinq espèces de prairies,§. 897. 231 La nature de leur sol,§. 898. zpiga Süreté du produit et casualité des prairies,§. 9oi. 234 Leur valeur,§. 902. ibid Plantes de prairies de première qualité,§. 903. 235 de seconde qualité,§. 904. 236 mauvaises,§. 905. 3 23⁷ La croùte de gazon,§. 907. 239 -xxx sa formation par le moyen d'un ensemencement,§. 908. ibid Rotation naturelle entre les plantes de prés,§. 909. 241 Estimation et classification des prairies d'après leur produit,§. 910. ibid Valeur des prairies proportionnément aux terres arables,§. 911. 243 Cette valeur est augmentée par l'absence de casualité,§. 91a. 245 Importance d'une surface unie,§. 913. ibid Situation plus ou moins éloignée,§. 914. 246 Culture des prairies,§ 916. ibid Epandre les taupinières, ibid. ihid Examen du plus ou moins de convenance qu'il Lan y avoir à rompre les prairies,§. 917. 247 Manieère de semer les prairies,§. 919. 249 Sil convient de faucher ou faire paturer les prairies nouvellement semées, 5. 920. 25⁰ Hersages des prairies,§. 921. 25¹ Leur amendement, g. 922. 252 Diverses espèces d'engrais qui leur sont applicables, 9..235. 253 Terre épandue à leur superficie,§. 924. 254 Epoque où Pon doit y charrier les fumiers, 5. 925. 256 Arrosement des prairies,§. 926. ibid Par inondation,§. 927. 257 Par irrigation,§. 928. 259 Nettoiement des prairies,§. 929. 260 Päturage sur les prairies,§. 930. 26¹ LA REGCOLTE DES FOINS. Epoque précise où elle doit avoir lieu,§. 933. 265 Le fauchage,§. 934. 266 Diverses manières de préparer le foin,§. 935. 267 ———— 3⁰4½ TABLE RAISONNE E. Fannage en tems humide,§. 936. Page 268 Autre méthode pour faire du foin vert,§. 937. 269 Le fourrage de quelques espèces d'herbages demande à étre exposé à Tair durant un certain tems,§. 938. 270 Foin brun,§. 939. ibid Divers instrumens destinés à épargner la main-d'œuvre du ſannage,§. 940.— 271 Chargement et transport,§. 944. 272 Manière de mettre en tas et de conserver les foins,§. 942. 273 Avantages des mules,§. 943. 274 Meélange de paille parmi le foin, 5.944. 276 De sel, ibid. ibid.e. Foins de seconde et troisieme coupe,§. 945. ibid Weee. LES DIVERSES ESPECES DE PATURAGE. Leur utilité,§. 946. 277 Leurs diverses espèces,§. 947. ibid Ce que veut dire un päturage de vache, g. 948. 278 Paturage sur les champs en repos de la culture alterne ævec 2 Pdturage,§. 949. 279 3 Tableau pour P'estimation des pdäturages de vache sur ces champs. 281 Cuhure, ensemencement et pâturages de la cuclaure alterne,§. 950. 282 Paturage des soles ou champs extérieurs,§. 951. 283 Paturage des champs en jachère de assolement triennal,§. 952. 284 3 Paàturage des chaumes après la moisson„§. 953. 285 Pâturage des semailles d'automne,§. 954. ibid Paturage des prés,§. 955. 287 Paturage dans les bois,§. 956. 3 ibid 4 Paturages permanens,§. 957. 288 Paturages d'engrais,§. 958. 289 Paturages sujets aux inondations,§. 959- 290 Paturages des montagnes, S§. 960. ib⁊d Paturages communs, communes,§. 961. ibid Culture des pturages,§. 962. 292 Leur emploi, importance de les charger d'une quantité de bétail convenable,§. 963. 293 Succession des diverses espèces de bétail au päturage,§. 964. ibid Division des päturage en soles,§. 9b96. 294 Abreuvoirs,§. 966. Pin de la Table des Matières. ——— ——— Phytge ſj Ph, ) 7 777ic nn. e, S S 4 9 — 1 4 e Le Hore WM Seeeei -, A — = 1 , S h S Sas w 9. 72 v 2 S 2„Scee,e, — — 2 7, K AWN 3s. D 5 65 S ☛R fif rftf 2 RNENNN 8 zn aen. nus chtrei V V I. 2 ENGNNRNEANNRNNNNNNNNWNHNNXKNNWNNN M emiiiu Scchc, m mzmn 3 7 . 3 KN77/7 ſpfuu, itis 7, 5„S5 The 1 1— 1 h 71 8 N N B PJic⸗ Vhh9 ——— —— ,——=—ͤ 8 2 'ghphi 71p 7 4 7 / ℳ 2 F it, 9 Pchh,„. 5 77] 7ih, Al; 4 7, S 3 7 8. 8 B — — 7 M„ ) “ — —— 6 8 L 9 9 v 2 C leIrr LalsllrlHIMAINeAhl. nniiſliſſ 6 17 18. llirltltlelitateleleeheele eheeteee eke tafeelekrLetrbaldbhbdAbhladachn Winilinninilii1nninlininnnnnnn Oem 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 1