PRINCIPES RAISONNÉS DAGRICULTURE, TOME SECOND. PRINCIPES RAISONNÉS D'AGRICULTURE, rRaDuiTs DE L'ALLEMAND D'À. THAËR, PAR Hiy, D CRUÜD, É TOME SECOND, ra (LA Fin DE L’ÉcoNoMtIeE. Contenant{ L'AGRONOMIE. | La PREMIÈRE PARTIE DE L'AGRICULTURE À'TARIS, Chez 3. 3. Pascmou», Libraire, rue Mazarine, n,° 22. et à GENÈVE; Chez le même, Imprimeur-Libraire. A Afè FA VS LR ARIANE VVVY VA VE 1812, ur om Sy? re PRÉFACE DD Le DUC TE ULB contenant un resume substantiel de ce volume. [ volume dont je donne ici la traduction offre à l’Agriculteur français un grand nombre d'idées neuves et de directions utiles; il lie Vart à la science, et introduit la théorie agricole dans les domaines de l’histoire naturelle en général, de la géologie et de la chimie en particulier. ÎLs’en faut de beaucoup que cette partie de la science agricole ait atteint les développemens dont elle est susceptible; cependant les bornes de nos connaissances en chimie ont été assez reculées depuis un siècle, pour que nous puissions tirer de cette dernière science la solution de problêmes grands et nombreux. Divers indices nous donnent une espèce de certitude qu’un grand nombre de substances appelées sénples, et qui servent d’élémens à la nature physique, ne sont elles-mêmes que des combinaisons: l'avenir seul pourra décider cette grande question, en nous décou- vrant de nouveaux moyens de décomposition, et en nous conduisant vers les limites éternelles que Dieu a mises à nos connaissances. Le tems et l'expérience nous apprendront si la découverte des premiers élémens peut être utile à l’agriculture; cependant il me semble que le cultivateur travaille sur des surfaces trop grandes, pour que la connaissance des atômes primitifs puisse lui importer beaucoup. C’est donc avec confiance que l’Auteur a pu partir du point de nos connaissances actuelles pour jeter des lumières sur l_Æsronomie, sur cette partie de la science agricole qui était encore dans l'enfance, et dont le nom même avait recu une fausse application. Aucun écrivain pi PRÉFACE x moi connu n’a mieux rassemblé les découvertes nouvelles qui se rapportent à cette matière, et n’a tiré de leur démonstration, des conséquences plus importantes et plus nombreuses, Dans la Préface du premier volume, j'ai prévenu mes lecteurs de l'extrême attention que cet ouvrage exige pour être lu avec fruit; cette observation est particulièrement applicable à ce second volume, le plus scientifique de tous, par conséquent celui qui est le moins à la portée du vulgaire.-Ceite dernière circonstance m’a déterminé à donner ici une courte analyse du contenu de ce volume, et à la metire à la portée des lecteurs de tous les ordres, pour qu'ils puissent ensuite avec fruit lire Pouvrage même,| Dans ce résumé je ne dois point omettre celte dernière partie de VEconomie, que j'airegretté ne pouvoir insérer encore dans le premier volume; partie très-essentielle, et qui avait été trop négligée dans les ouvrages publiés en France sur l'agriculture.|| Les ANGLAIS nous ont donné l'exemple de ces calculs de dépenses et de produits, qui devraient toujours servir de base à la pratique agricole; je les ai moi-même poussés à une précision plus grande encore, et je me suis convaincu que le seul moyen d'exercer l’agri- culture avec avantage, et de parvenir au mieux possible dans chaque localité, c’est d'avoir constamment ces calculs devant les yeux, non d’une manière hypothétique, mais assurée, mais pratique, et tirée d'une comptabilité rigoureusement précise. En suivant ce principe, l’auteur a mis ici en opposition neuf systèmes de culture différens, afin de montrer à ses lecteurs les avantages comparatifs de chacun d’eux. Si dans l'application de ces divers systèmes à une même surface de terrain, il n’a pu donner que du vraisemblable, ses calculs n’en ont pas moins l'expérience pour base, ils ne méritent pas moins la con- fiance dans les résultats qu’ils présentent. Mais ce n’était pas assez de prouver qu'un assolement était le plus avantageux, il fallait enseigner, il fallait démontrer que le passage à cet assolement était possible, et que s'il exigeait quelques avances pécuniaires, il pouvait du moins s’accomplir à l’aide des seuls engrais qu'on obtenait du fond lui-même, et qu'il suffisait pour cela d’em- P | DU TRADUCTEUR. VII ployer les sucs que le sol contenait encore, à s’en procurer de nou- veaux, en multipliant les produits dont on obtient des engrais. Ces tableaux du passage à de nouveaux assolemens présentent des instructions très-importantes et qui sont à la portée des lecteurs de toutes les classes. Ils terminent la seconde section de cet ouvrage et le Traité de l'Économie. AGRONOMIE. L'Auteur définit PAGRONoMIE le Traité des parlies conslituarites et des propriétés physiques du sol, l’art de connaître et d’ap- précier les terres. 1] n’en fait donc qu’une partie de la grande science que nous caractérisions autrefois sous ce nom particulier. Le sol est la matière première de l'agriculture, je dirais presque qu’il en est l'atelier ou le laboratoire, car le sol proprement dit ne sert d’élément à la formation des plantes que par le moyen de subs- tances qui ne sont pas essentielles à sa composition. Il favorise plus ou moins cette formation par sa nature, c’est-à-dire par la disposition que ses parties ont à transmettre aux suçoirs des plantes l’humus et les sucs alimentaires de la végétation, ou à les retenir à elles. La terre que, dans l'enfance de nos connoissances, on à qualifié autrefois d’élément, est un composé d’une variété infinie de subs- tances, dont plusieurs n’appartiennent point à celles qu’on envisage aujourd’hui comme des terres.| Dans son état actuel la chimie distingue neuf espèces de terres répu- rées élémentaires, c’est-à-dire qu’on n’est pas encore parvenu à décom- poser, et de ces neuf, quatre seulement, lPalumine, la silice, la chaux et la magnésie, contribuent essentiellement à la formation de notre sol. > 4 lumine est Vélément qui caractérise largile, et ce que nous appelons vulgatrement glaise ou terre grasse; la silice est l'élément d’une grande partie des sables et des pierres, elle concourt à rendre le sol plus meuble. Dans la nature on ne rencontre ni l’une, ui l’autre de ces terres dans un état de pureté absolue. Leur mélange constitue des argiles plus ou moins tenaces; à mesure que la proportion d’alu- mine diminue et que celle de silice augmente, le sol devient plus éger et plus sablonneux. PCR PRÉFACE La Chaux entre dans la composition de presque tous les sols; ceux qui en contiennent une bonne proportion sont en général plus fertiles, ils transmettent avec plus de facilité aux sucoirs des plantes les alimens qui leur sont propres; mais la chaux se distinguedes deux terres précédentes en ceci, qu’elle entre comme partie intégrante dans la formation de toutes les plantes; elle peut doncà quelques égards être envisagée comme une espèce d'engrais proprement dit. Au reste, comme nous le verrons bientôt, elle a une très-forte action sur les matières organiques, c’est-à-dire sur celles qui font ou ont fait partie du corps des animaux, ou des végétaux,; Combinée essentiellement avec le soufre(*), la chaux produit le gypse, ou sulfate de chaux, cette substance qui, surtout après avoir été calcinée et pulvérisce(réduite en plâtre) est employée avec tant de succès dans les constructions, et en agriculture à l'amendement des terres et de certains produits. Unie avec l'argile, la chaux forme cette substance que nous ap- pellons marne, et qui est connue si avantageusement par la faculté qu’elle a d’augmenter la fertiliié du sol. La Magnésie est moins répandue dans notre sol; on ne l’y trouve jamais pure, et ses propriétés relativement à la végétation, sont encore un objet de discussion,| Il n’est presque aucun sol qui ne contienne un peu de Fer, et c’est a ce métal que sont le plus souvent dues les nuances de couleur qui distinguent les différens terrains. Combiné essentiellement avec Île soufre(*), le fer produit le sel que nous caractérisons sous le nom de vitriol ou sulfate de fer, substance qui, lorsqu'elle se trouve en trop grande abondance dans le sol, nuit à la végétation, mais. qui au contraire la favorise: lorsqu'elle n’existe dans ce sol qu'en petite quantité, ou combinée avec la tourbe et le charbon de terre.| L’ Humus où terreau végétal est cette, matière infiniment composée, résidu des divers corps tant animaux que. végétaux qui ont subi la * * Pour par ler correclement, il faudrait substituer acide sulfurique au mot soufre. putréfaction | DU TRADUCTEUR. 1x putréfaction, et qui sont ainsi préparés à servir d'alimentaux:plantes. Il forme une partie essentielle du sol végétal, il:en constitue la fécondité. Les parties de l'argile ayant beaucoup de disposition à se lier Les unes aux autres, retiennent aussi plus. fortement l’humus, tandis que les terrains sablonneux s’en séparent plus facilement,. et le laissent plus promptement passer dans les suçoirs des plantes. Lorsqu'un terrain argileux a été épuisé, il faut, pour lui rendre sa fertilité, une quantité d'engrais beaucoup plus grande que celle qui seroit nécessaire à un terrain léger et sablonneux; en revanche il tombe beaucoup, moins vite que cette dernière espèce de terrain dans cet, état d'appauvrissement, Lorsque l’humus demeure toujours dans l'humidité, sans cependant être entièrement couvert d’eau, il sy développe une acidité très- sensible; alors il est d’une décomposition diflcile, et il, cesse d’être propre à la nourriture des plantes les plus utiles; alors aussi le sol qui le contient se couvre de joncs et d’autres plantes de marais: mais lorsque Vhumus a été débarrassé de son humidité et desséché, on peut lui enlever son acidité et il devient très-propre à fertiliser les terres.| 7 L'humus formé par la décomposition des corps animaux à une activité et une vigueur tout autrement grande, mais aussi bien moins durable que celui qui a été produit par la putréfaction des végétaux. La tourbe est elle-même une espèce d’humus produite par Paccu- mulation de plantes plus ou moins décomposées et du genre de celles qui croissent dans les lieux bas et humides, aussi a-t-elle beau- coup de rapportsavec l’humus acide, et participe-t-elle à ses propriétés. Chacune des substances dont je viens de parler, si elle demeurait seule et isolée, formerait un sol impropre à la végétation; leur mé- lange dans les proportions les plus convenables, constitue un terrain éminemment fertile.:: Jusqu'à présent on a classé les terres d’une manière pratique, soit d’après le genre de produits auquel elles paraissaient propres, soit d’après leurs caractères extérieurs apparens. Aujourd'hui nous pouvons en opérer une classification beaucoup plus méthodique et beaucoup plus sûre. £ PRÉFACE. Nous distinguons les qualités des terrains en physiques et chimiques. Aux premières appartiennent le plus ou moins de cohérence, de tenacité et de porosité du sol; sa disposition à s’imprégner d’eau, et à retenir ce liquide, ou, au contraire, à le laisser couler et évaporer; la profondeur de la couche supérieure du sol et la nature de linférieure; sa situation et sa température; sa position plate ou inclinée; son expo- sition vers lun ou l’autre des points cardinaux, par conséquent le plus ou moins de facilité qu’il a de jouir des rayons du soleil; l’action que les vents et les orages ont sur lui; la nature de latmos- phère dont il est environné; enfin sa propreté, qualité qui carac- térise l’absence de mauvaises herbes et de pierres. Les qualités chimiques du sol dépendent de la quantité d’humus et de substances propres à alimenter ou à faciliter la végétation, qui entrent dans sa composition. Ces dernières qualités dépendent donc en grande partie de la quantité d’engrais qu’on incorpore au sol, et de la nature des produits qu’on a retirés de celui-ci; et comme elles con- tribuent essentiellement à la fertilité et à la valeur du terram, il s'ensuit que cette valeur hausse ou baisse, non-seulement suivant la nature des propriétés physiques du sol, mais encore d’après son état chi- mique; c’est-à-dire, d’après la proportion de quantité des substances propres à la végétation qui y sont contenues. AGRLCÉLTURE, L'AGRICULTURE consiste à. préparer le sol et à le mettre en état de. produire les récoltes qu'on en exige, dans la perfection qu’on doit désirer. L'auteur la divise elle-même en deux branches, dont une com- prend la bonification du sol qui est due à Paddition des principes propres à la nutrition des plantes et de la végétation qu’on opère, ou tout au moins qu’on facilite en mettant en action ceux que le terrain contient déjà; c’est l'agriculture chimique. La seconde, que nous désignons sous le nom d'agriculture mécanique, consiste à travailler etameublir le terrain, dans la juste mesure qui favorise l’action des racines des plantes et de leurs suçoirs, état Won com- jcipes ju tout ntient 1g 000$ neublir es des DU TRADUCTEUR. XI Cette première partie seulement est contenue dans ce volume; la se- conde l’est dans le troisième, et s’y trouve à la portée de tous les lecteurs. Les substances que nous comprenons sous le nom d'engrais, agissent de deux manières dans le sol.| 1. En lui communiquant des sues propres à la nourriture des plantes. 2. En mettant en action ceux qui sont déjà contenus dans le sol, peut-être aussi en donnant aux organes des plantes une vigueur et une activité qu’ils u’auraient point sans cela.* Toutes les substances organiques qui sont entrées en putréfaction, qui se sont décomposées ou pourries, contiennent les élémens néces- saires à la reproduction des plantes que nous cultivons, pourvu qu’au lieu d’être réunies en masse, elles soient mélangées avec le sol dans une proportion convenable. Le terreau produit par la décomposition des végétaux paraît agir sur la végétation uniquement comme aliment; tandis que celui qui a été produit par des corps animaux, non-seule- ment opère avec plus de promptitude, mais encore agit sur les sucs que le sol contenait déjà, et les met en œuvre, Les engrais minéraux qui ne contiennent aucune matière organique, opèrent essentiellement par la faculté qu'ils ont de procurer la décom- position. Je dis essentiellement, car nous avons vu que la chaux entrait comme partie constituante dans la formation des plantes. On conçoit que les parties constituantes des divers corps organisés variant à l'infini, la nature des terreaux ou des engrais qui en pro- viennent doit varier de même. Les corps ANIMAUX ont une putréfaction plus prompte, plus rapide que les végétaux, àtel point même qu'ils accélèrent celle des corps qu’on leur associe, C’est par cette raison que les végétaux qui ont passé par le corps des animaux sont beaucoup plus promptement décomposés; c’est aussi pour cela qu’il est avantageux de mêler les * Les substances qui agissent de cette manière ne sont pas plus des engrais que certains digestifs, par exemple l'extrait d’absynthe, la teinture de quinkina, ete. ne sont des alimens pour l’homme; elles sont des agens de décomposition, des purgalifs ou des stimulans, si je puis me servir de ces lermes pour exprimer une action sur les organes des plantes. Sr PRÉFACE. substances dont la décomposition est difficile, avec les excrémens des animaux, en les employant comme litière.| Ïl paraît que dans l’action des viscères de l’animal, il se fait un échange de substances entre le corps lui-même et les alimens qui passent au travers des intestins; ainsi, à mesure que les viscères de l'animal s’approprient une partie des alimens; ile rendent à ces alimens quelques parties du corps de l'animal, laquelle aide à la décompos sition des substances végétales et en modifie les propriétés; il parait aussi que les sucs gastriques ont une grande part à cet effet. La quantité de parties animales que le bétail communique aux alimens qui passent par ses intestins, est beaucoup plus grande lors- qu’il recoit une nourriture très-substantielle, telle, par exemple, que les grains; d’ailleurs, la quantité de sucs contenue dans le résidu de la putréfaction, est beaucoup moins en rapport avec le volume de ce résidu qu’avec la nature des substances simples dont il est composé. Je veux dire qu’un petit volume de fumier, produit par des alimens très-nourrissans, contient une proportion de sucs tout autrement con- sidérable, qu'un même volume de fumier produit par de la paille ou des substances de ce genre.||| Outre cela le fumier varie en qualité avec la nature des animaux qui l'ont produit. Le fumier de cheval éprouve une fermentation forte et rapide, il convient surtout aux terrains argileux et froids, et à ceux qui retiennent l'humidité. Celui des bêtes à cornes entre moins vîte en fermentation, son action est plus lente, mais plus durable, et il convient mieux aux terrains chauds et légers, il en augmente la consistance. Celui des bêtes à laine se décompose promptement, pourvu qu’il soit serré et qu'il conserve humidité que lui donnent les urines. Dans le sol il produit un eflet très-prompt, mais aussi moins durable que celui des autres fumiers.[l'est particulièrement propre aux ter- _rains froids et tenaces. Si le fumier de cochons est bien soigné, et s’il provient de bêtes bien nourries, il accomplit très-bien sa fermentation et devient très-actif.| $ SON aux ul nés, able ter- jètes vient DU TRADUCTEUR. XIII Le fumier de volaille, quoiqu’employé en petite quantité, produit un effet étonnant; il paraît avoir éminemment la faculté d’accélérer la décomposition des matières organiques. Îl est essentiel de le diviser autant que cela est possible, et de employer sur le terrain, en laissant aux pluies le soin de l’entrainer dans Île sol. Les excrémens humains sont du nombre des engrais les plus actifs; il convient même de les faire entrer dans des composis, ou, mieux encore, de les faire sécher, de les réduire en poudre en les mêlant avec de la chaux pour détruire leur puanteur, et de les employer épandus par dessus le sol en petite quantité. Les procédés de la manipulation et de la conservation des fumiers d'étable varient infiniment; le plus souvent on recueille les excrémens du bétail par le moyen de la litière, et on les place ensuite en tas pour y subir leur fermentation et y rester jusqu’au moment où on les charie. Chaque pays a ses usages particuliers sur la manière d'opérer ces tas et sur la place qu’on doit leur assigner. Si ces tas sont couverts, ou mieux encore, hors du contact d’une atmosphère trop libre, la fermentation s’y opère d’une. manière tout à la fois plus prompte et plus égale, et ils perdent une beaucoup moins grande partie des substances volatiles qu'ils contiennent. Mais le plus souvent on dépose les fumiers dans des places spécialement destinces à cet usage et disposées en conséquence; et si l’on a soin d'y étendre chaque jour le fumier avec soin, de manière qu'il ny reste pas des places vides qui favorisent la moisissure, les fumiers y acquièrent une bonne qualité. Lorsque les terrains d’un domaine varient beaucoup dans leur composition, il convient de mettre à part le fumier de chaque espèce d'animaux, afin de conserver à chaque sorte de terrain le fumier qui est le plus propre à l’amender; autrement il vaut mieux mêler ensemble les excrémens des divers animaux, à l’exception cependant de ceux de la volaille. Il importe de ne pas charier, ni même remuer le famier pendant sa plus grande fermentation, parce qu’alors il perdrait une grande partie des substances volatiles qu’il contient, et que d’ailleurs, si cette XIV PRÉFACE fermentation était interrompueelle ne recommencerait plus que difficile- ment. Mais pour les terrains froids et tenaces, surtout lorsqu'on fume abondamment, il est avantageux de charier les fumiers, autant que cela est possible, déjà avant cette fermentation, en ayant soin de les en- terrer d’abord, et de pourvoir à ce qu’ils soient bien introduits dans le sillon et recouverts; de cette manière leur fermentation contribue essentiellement à l’ameublissement du sol et à la division de ses parties, Dans les terrains légers et meubles, il vaut mieux ne charrier les fumiers que lorsqu'ils ont accompli leur fermentation, Il importe aussi de les épandre d’abord, afin que leurs sucs ne s'accumulent pas trop dans les places où ces engrais ont été déposés. Au reste, contre l'opinion qu’on a eue jusqu'ici, l'auteur pense que les fumiers épandus sur le sol après avoir subi leur fermentation, ne perdent pas à être ainsi long- temps exposés aux influences du soleil et de l'atmosphère; il a éprouvé et jai éprouvé moi-même de très-bons effets, de la méthode d’épandre les engrais sur le sol sans les enterrer, surtout avant l’hiver,| La répartition, l'emploi et la bonne distribution des engrais, est sans contredit une des parties les plus essentielles de l'Agriculture. 'umer dans la juste mesure, est un point aussi important que difficile à atteindre, Si l’on fume trop peu, les récoltes demeurent faibles sans avoir coûté moins de travail; si l’on amende trop fortement, les récoltes céréales surtout, versent et ne produisent que peu de grain, Le meilleur moyen d'échapper à ces deux inconvéniens, con- siste à fumer abondamment, mais pour un genre de récolte prépa- ratoire qui w’ait rien à redouter de l’excès en ce genre, comme la plupart des récoltes racines, le colza, les choux, le maïs, les fèves, et les vesces à faucher en vert; ces produits absorbent cet excédent des sucs du fumier qui pourrait nuire aux céréales, ou du moins ils modèrent l’action des engrais qui avaient été mis dans le sol où ils ont végété, Quelquefois au lieu d'appliquer les fumiers immédiatement au sol, on les mélange avec toutes sortes de substances d’une décom- position difficile, pour en former des composts qu’on emploie ensuite avec plus d'avantage en les épandant par dessus les semailles, et DU TRADUCTEUR. xF surtout au printems, pour fortifier celles qui n’ont qu’une chétive apparence.| Mais l’auteur observe très-judicieusement que pour avoir recours aux composts, il faut avant tout avoir à sa disposition une abondante quantité d'engrais, puisque de cette manière ces engrais ne sont mis en œuvre qu’une année plus tard. À cela je dois ajouter que les frais de manipulacion des composts, surtout si ceux-ci doivent être brassés assez souvent pour faire germer et détruire les mauvaises herbes que con- tiennent ordinairement les terres qu’on y mêle, que ces frais dis-je, dépassent le plus souvent les avantages que la méthode des compost procure. Il vaut mieux déposer sous le tas de fumier les matières qui sont d’une putréfaction difficile et là, les laisser se décomposer peu-à- peu d’elles-mêmes, à l’aide des sucs que le fumier y laisse couler. Lorsqu'on manque de paille pour litière, on emploie à cet usage des feuilles d'arbres, sur-tout de hêtres, de noyers ou de châtaigniers; de la bruyère, des roseaux, des plantes aquatiques, de la fougère et même de la mousse; celle-ci ne se décompose que difficilement. On doit éviter de se servir pour cela de matières mêlées de semences de mauvaises herbes.|| On consacre aussi la tourbe à cet usage, surtout dans les bergeries, et en effet les excrémens de bêtes à laine sont plus propres que d’autres à purger la tourbe de son acidité. À défaut d’autres substances, on peut également employer des gazons en guise de litière; quant à la terre, pure elle ne saurait présenter de grands avantages. Elle n’est point susceptible de putréfaction; d’elle- même elle ne peut donc pas être un engrais, et loin de garantir le bétail de l'humidité et de la malpropreté, elle retient et concentre au contraire l’une et l’autre; de sorte que son emploi ne procure aucun bien qui puisse compenser les frais de transport et de mani- pulatiou qu’il occasionne. L'usage de donner une litière au bétail n’est pas universel; souvent on recueille les excrémens seuls, et dans ce cas on dispose les écuries de manière à favoriser la propreté. Dans quelques contrées les gros excrémens sont conservés séparément dans des tas hors des étables, XVI PRÉFACE tandis qu’on recueille les urines dans de grands réservoirs(purinières), où on les mélange avec de l’eau et auelauefois avec d’autres substances, queiq, pour les laisser fermenter et les transporter ensuite sur les terres. Alors il est essentiel d’avoir plusieurs de ces réservoirs, afin de pouvoir laisser fermenter le purin dans les uns, tandis que les autres se remplissent,“niet:| On fait de grands éloges de ces engrais liquides, il paraît qu'on en retire de grands avantages, surtout en Suisse où l'art de leur ma- nipulation a été perfectionné; cependant il ne paraît pas entièrement démontré que les frais de cette manipulation ne contrebalancent pas, ou à-peu-près, les profits qu’on en retire,; Le parcage est un amendement produit par les excrémens du bétail renfermé dans un enclos mobile, assez étroit pour que ces excrémens soient répartis sur le sol d’une manière uniforme, Le plus souvent on ne fait parquer que les bêtes à laine, à la santé des quelles l’auteur pense que cette méthode est nuisible, sans présenter d'autre avantage réel que d’épargner le transport des engrais sur des champs éloignés ou d’un difhcile accès.| sr La richesse de l'amendement donné par le parcage ne dépend pas seulement du resserrement de l'espace laissé à chaque bête dans le pare, mais aussi de l’espace de tems durant lequel ces bêtes. y sé- journent, et de l'abondance de la nourriture qu’elles ont eues, suit au pâturage, soit dans la bergerie. Il convient donc de proportionner à ces diverses circonstances tant les dimensions du parc, que la durée du parcage.|| Les corps des animaux morts et Îles dépouilles de boucherie sont une’excellente espèce d'engrais, mais il convient de les mettre en tas avee de la chaux et de la terre pour accélérer leur décomposition et les débarrasser de leur puanteur.| La corne, le résidu de la fabrication des peignes, la corne du pied des animaux, peuvent aussi être employés comme engrais; 1l en est de même du poil, de la laine et des vieux cuir$, mais comme Ceux- ci sont d’une décomposition dificile, il faut leur associer un peu de chaux vive. Enfin de 5e DU PTARAADUCTEU R. XFIÉ Enfin on obtient de très-bons effets du résidu de la fabrication des chandelles et des raffineries de sucre, dans les lieux où l’on peut se les procurer en quantité tant soit peu considérable. Les ENGRAIS VÉGÉTAUX, ainsi que je l’aidit plus haut, ont une action plus lente mais plus durable. Toutes les plantes qui végètent dans le sol puisent dans l’atmosphère une partie de leur nourriture; ainsi lorsqu’étant encore vertes elles sont renversées et enterrées, elles com- muniquent à la terre des sucs qu’elle n'avait pas auparavant. C’est à cette circonstance qu’on doit attribuer l'amélioration que le sol éprouve lorsqu'on le laisse dans l’état que nous caractérisons sous le nom de repos. L'on conçoit ainsi que plus le sol est garni d'herbes, plus ces herbes y végètent avec force, plus l’amélioration doit être considé- rable, surtout si l’on enterré dans le sol la plante toute entière, sans en rien emporter, et avant que, dans la dessication, une grande partie de ses sucs aient été évaporés. De là vient que le repos profite beaucoup plus aux terrains riches et qui produisent beaucoup d'herbe, qu'à ceux dont la surface reste nue. On procure au sol un engrais végétal bien plus abondant, lors- qu’au lieu de l’abandonner à lui-même, on y sème, avec les soins convenables, des récoltes adaptées à sa nature et qui végètent avec beaucoup de force, et lorsqu’on les enterre immédiatement apres leur floraison, ou bien qu’on les fait manger sur place par du bétail qui y séjourne nuit et jour. En Italie cette méthode daté de la plus haute antiquité, on y fait usage pour cet effet, surtout des lupins et des fêves; en Angleterre, c’est plutôt des vesces, et surtout des turneps ou navets: J'Auteur recommande particulièrement la spergule des champs. On emploie avec beaucoup de succès le blé noir au même usage. Toutes les dépouilles de végétaux sont propres à servir d'engrais, pourvu qu'avant de s’en servir on y mêle quelques substances animales ou de la chaux, afin de les mettre en putréfacticn.. Le terreau qu’on trouve dans les bas-fonds et quelquefois sous l’eau dans les étangs, est de la même nature que les engrais végétaux, mais il importe de ne Le charier que lorsqu'il est absolument sec, soit afin C XVIII PRÉFACE que son transport soit moins coûteux, soit afin de pouvoir mieux diviser cette substance. La quantité nécessaire à l'amendement d’une étendue de terrain donnée, dépend surtout de la nature de ce terreau, et en partie aussi de la fertilité du sol, puisque lorsque celui-ci a déjà de la fécondité, il a besoin d’une moins grande addition de sucs pour parvenir à ce point où il rend les plus belles récoltes, sans que Îles grains courent risque d'y verser.| Il importe beaucoup que le terreau soit parfaitement mélangé avec le sol, et que ce mélange ait lieu aussitôt après que le terreau a été épandu, afin que celui-ci ne s'agglomère pas et ne forme pas des mottes. Quoique la tourbe soit composée de dépouilles de végétaux, on ne peut employer immédiatement à l'amendement des terres que celle qui est légère et meuble, et cette espèce de terreau qui s’en détache dans le frottement; celle qui est pesante, qui contient de l'acide, et surtout du bitume, a besoin, pour être convertie en engrais, de demeurer long-tems en tas, mêlée avec de la chaux vive ou avec des fumiers très-actifs, ou enfin avec du sable bien grené. Enfin, on a employé avec un grand succès à l'amendement des terres, du charbon de terre bitumineux; mais celte substance paraît agir bien plus comme agent de décomposition, c’est-à-dire par la faculté qu’elle a d'accélérer la putréfaction des matières organiques auxquelles elle est associée, que comme aliment proprement dit. _ Les défauts qui caractérisent une espèce de terrain peuvent sans contredit être corrigés en ajoutant à celle-ci des terres qui se distinguent par l’excès contraire; mais elles sont rares les circonstances où les frais de telles améliorations. n’excèdent pas les avantages qu’on peut en retirer; peut-être même se réduisent-elles au seul cas où la couche inférieure du sol à en elle les qualités qui peuvent corriger les défauts de la couche supérieure. D’ailleurs, le mélange du sable avec l'argile est d’une difficulté extrême; on ne peut l’opérer que par des labours très- multipliés, en choisissant pour cela les momens les plus favorables. Cependant on améliore d’une manière durable, la nature physique des terrains argileux, en les écobuant, en brülant leur superficie; parceque le feu durcit les parties intégrantes du sol, en même tems qu’elle les DU TRADUCTEUR. XIX sépare par la combustion des racines et des fibres qui y étaient renr fermées, et qu’ainsi il s’y forme une sorte de gravier ou de sable. On améliore les terrains riches, spongieux, qui manquent de con- sistance et sont exposés à l'humidité, en y chariant du sable qu'on épand à leur superficie. La chaux agit sur le sol non-seulement en facilitant la, décompo- sition des dépouilles de plantes et d'animaux qui y sont contenues, et en les mettant en action, mais encore en absorbant son acidité. Outre cela il paraît qu’elle fournit aux plantes une nourriture réelle, puisqu'on trouve de cette substance dans l’analyse de la plupart des végétaux. La chäux calcinée(vive) a plus d’efficace pour l'amendement des terres que la chaux brute(pierre x chaux}; dans ce premier état elle agit avec beaucoup plus de force sur les corps organiques, el elle attire fortement à elle les sucs contenus dans l'atmosphère. Comme la chaux produit son effet bien moins par elle-même qu’en mettant en action les substances que le sol contenait déjà, elle agit d’une manière bien plus sensible sur les terrains riches, que sur cenix qui ont été appauvris. Si l’on n’a pas soin de faire alterner l'emploi des fumiers avec l'usage de la chaux, le sol ne tarde pas à être abso- lument épuisé. Le cultivateur sage qui a de la chaux à sa disposition, emploie d’abord à se procurer des substances qu'il puisse convertir en engrais, et avec ceux-Cl:1 donne au sol de nonveaux sucs, qui Jui permettent de recourir encore à l'emploi de la chaux; ainsi par un judicieux usage des moyens que la nature et l'art ont mis à sa dispo- sition, il parvient à augmenter la fécondité de son fonds et les moyens de l’alimenter.|| Les terrains argileux supportent mieux que les sablonneux, des amendemens de chaux réitérés, parce que celte dernière substance diminue leur tenacité et leur disposition à retenir Fhumus; mais Si on pousse cet emploi à l'excès, l’on réduit le sol à un état de stéri- lité, dont on ne peut le tirer qu’en le fumant plusieurs fois et peut- être en le laissant reposer. On se sert ordinairement de la chaux d’abord après qu’elle a été. éteinte, parce qu'alors elle produit plus d’ellet et qu’elle peut plus êx PREPACE facilement être réduite en poudre; on l’emploie où immédiatement sur les champs, en l’épandant avec tout le soin possible, et en la mêlant complétement avec le sol au moyen de hersages, de labours superficiels, etc.; ou bien dans des composts, en la mêlant avec des gazons, des dépouilles de végétaux, ou d’autres matières dont elle favorise la décomposition.|: La quantité de chaux à appliquer à un espace de terrain, varie infiniment, et dépend non-seulement de la nature de la chaux elle- même, deson plus ou moins de pureté, et de la nature du sol, c’est- à-dire de la proportion d’argile et de la quantité de matières organiques non décomposées qu’il contient; mais aussi du tems qui s’est écoulé depuis le dernier amendement, ou de celui qui s’écoulera jusqu’à ce qu'on en donne un nouveau du même genre. Si l’on a fréquemment recours à emploi de la chaux, on doit l'appliquer au sol en quantités beaucoup plus modérées. Les opinions varient encore sur les effets que la chaux produit dans les prairies; cependant on ne saurait douter que si on l’y épandait en trop grande proportion, les plantes n’en fussent altérées. Cette subs- tance semble être avantageuse aux prairies sèches, lorsqu'elle y est employée en petite quantité, tandis que, dans les lieux humides, on n’en apercoit aucun résultat satisfaisant. Les eaux qui contiennent de la chaux en dissolution produisent d’excellens effets sur les prairies, et d’autant plus qu’elles sont plus rapprochées de leur source. Lorsqu’elles sont long-tems exposées au contact de l'air elles déposent ou laissent précipiter peu à peu la chaux qu'elles tenoient en dissolution. On obtient aussi des effets avantageux de la chaux non-calcinée, mais ces effets sont beaucoup moins sensibles; d’ailleurs, lorsqu’elle est dans cet état, il est très-difficile de la briser et de la réduire en poudre. La marne qui, ainsi que nous l'avons vu, est une combinaison d'argile et de chaux, agit de deux manières sur les terres; par le moyen de l'argile elle change leur nature physique, et par le moyen de la chaux elle communique au sol de nouveaux alimens, mais gr ny DU TRADUCTEUR, x surtout elle met en œuvre ceux qu’il contient déjà. Des marnages qui alternent successivement avec des amendemens de fumier, donnent au sol une grande fécondité; mais des marnages répétés successive- ment, sans mélange d’autres engrais, appauvrissent le sol au point dé le rendre à peu près stérile. Le charroi formant la plus grande partie des frais du marnage, il importe de se procurer la marne autant que cela est possible dans le voisinage des lieux auxquels on la destine; et de mettre dans la dis- tribution des ouvriers et des attelages qui sont employés tant à lextraire qu’à la charrier, un ordre qui prévienne les pertes de terns. Dans tous les cas la prudence veut qu’on fasse l'essai du marnage sur de petites surfaces, afin d’en calculer d'avance les frais, et de les mettre en opposition avec les avantages qui doivent en résulter. El en est de la quantité de marne à donner à un champ comme de celle de la chaux, elle varie selon la nature de la marne et du sol, et selon l’espace de tems durant lequel on veut que son effet se prolonge. Comme la chaux, la marne demande à être mêlée avec le sol aussi soigneusement que cela est possible, pour cet effet il convient de la charier sur les champs avant la gelée, afin que celle-ci et le dégel la divisent et la pulvérisent. Le gypse(plâtre) épandu sur les trèfles et sur les plantes à fleurs légumineuses et crucifères en général, produit des effets étonnans, pourvu que le sol soit dans un état prospère; car sur des terrains maigres et épuisés; il ne produit pas des avantages sensibles. Il paraît avoir aussi beaucoup plus d’action dans les terrains secs que dans les humides, en tems sec qu’en tems pluvieux. Le gypse, ou plâtre, agit principalement sur les plantes elles-mêmes, cependant il n’est pas sans influence sur le sol; une expérience faite par l’auteur semble du moins le démontrer. Les recherches faites jusqu’à ce jour pour découvrir de quelle mas nière cette substance opère, n’ont pas encore produit une solution satisfaisante de ce problème; mais il ne saurait y avoir aucun doute sur la réalité de leffet. L'usage à démontré que, pour faire usage du plâtre, le mieux est de choisir le moment où les feuilles du trèfle et XXII PRÉFACE des autres plantes auxquelles on le destine, commencent à couvrir le sol, et de l’épandre le matin à la rosée, ou le soir vers le coucher du soleil, par un tems calme, et lorsqu'on n’a pas à redouter la pluie. Le plâtre ne produit que peu ou point d'effet direct sur les blés et les graminées céréales en général; mais bien un indirect, en amélio- rant considérablement les récoltes» fourrages et surtout les trèfles auxquels il est appliqué. Non-seulement par le moyen de ceux-ci il procure une plus grande quantité d'engrais, mais encore les blés et urtout le froment, deviennent beaucoup plus beaux lorsque le trèfle auquel ils succèdent a été plâtré, que lorsqu'il ne l’a pas été, Divers sels sont propres à l’amendement des terres et dans leur nombre le sel commun et le salpêtre employés en petites quantités, mais surtout ces concrétions qui s’attachent aux fagots des bâtimens de graduation ct aux chaudières dans les salines: ce résidu des salines est fort recherché et entre en concurrence avec le plâtre. Quant au sel commun et au salpêtre, ils sont trop coûteux pour pourvoir être destinés à un tel usage, Dans ces derniers tems on s’est apercu que le vitriol, employé aussi en pelite quantité, avait la propriété d’amender les terres, tandis qu’il nuisait essentiellement à celles dans lesquelles il se trouvait en abondance; mais les expériences faites sur ce sujet n’y répandent point assez de lumière pour éclaircir tons les doutes. Ce qui paraît démontré, c’est le bon effet qu'ont produit pour lPamendement des terres, de la tourbe et du charbon de terre imprégnés de vitriol. Les cendres sont beaucoup plus efficaces pour l'amendement du sol, et sont fréquemment employées à cet usage; elles sont en général composées de potasse et de différentes terres élémentaires, surtont de chaux. Ainsi que la chaux, la potasse est un agent de décomposition très-actif, mais Le plus souvent on emploie les cendres après qu’elles ont élé lessivées, par conséquent lorsqu'elles sont privées de cette substance, et dans cet état elles ne laissent pas de produire de l'effet; il faut donc que les cendres recèlent quelqu’élément qui nous soit. encore inconnu, [on Àles let; soit. DU TRADUCTEUR. XXIII On se sert des cendres ou en compost, ou épandues par-dessus le sol, sans les enterrer. Les cendres de tourbe diffèrent essentiellement de celles de bois; elles ne contiennent que très-peu de potasse libre, et en revanche une beaucoup plus grande proportion de chaux. Au reste, elles varient à l'infini comme les espèces de tourbe, et leurs effets pré- sentent ainsi des effets très-dissemblables. En général la cendre de tourbe légère et meuble produit plus d'effet que la pesante, proba- blement parce qu’elle contient une moins grande proportion de sable ou de silice. L’Agriculteur qui peut disposer des diverses substances dont nous venons de parler, trouve dans un emploi judicieux et alternatif des fumiers chauds et actifs, des engrais végétaux dont l'action est à la fois plus lente et plus durable, et des substances qui accélèrent Ja décomposition des matières organiques, Ou donnent de la vigueur aux organes des plantes, iltrouve, dis-je, des moyens efficaces de multiplier les produits de son terrain, et de tirer un grand parti de sa culture. TEL EST EN RÉSUMÉ le contenu de ce volume; si j'ai atteint le but que je me suis proposé, la lecture de ce court exposé démontrera toute l'importance du travail de l'Auteur, et engagera à l’étudier avec l'attention qu'il exige, avec ce détail auquel nulle circonstance n'échappe.| _ En rédigeant cet abrégé, j'ai cherché à être utile aux personnes qui sont étrangères à la chimie et à sa nouvelle nomenclature; je me suis donc abstenu, d'employer lestermes, même plus précis, que la science a consacrés, pour ne faire usage que de ceux seulement qui. sont reçus dans notre langage vulgaire. Je sais de combien de défaveur la chimie est couverte aux yeux du cultivateur pratique, je sais Les reproches que les préjugés prodiguent à celte science; et ne pouvant vaincre ces préjugés que par les faits, j'ai cherché à ôter à ceux-ci V'appareil qui en éloignait, persuadé que celui qui s’en sera approché, n’en demeurera point à ce premier examen.|| A Genthod, le 28 novembre 181. % PRÉFACE AFIN DE FACILITER la lecture des sections ILE et IV aux personnes qui n'ont aucune notion de chimie, je vais donner ici une explication succinte des principaux termes consacrés à ce sujet. CaLoriQue. On donne ce nom au feu où au principe qui produit la sensation de la chaleur. Il perd sa qualité chauffante en se com- binant avec différens corps. Les liquides sont des combinaisons de solides avec le calorique. Toutes les fois que l’eau liquide perd beaucoup de calorique en se combinant avec d’autres corps, on doit la considérer comme solide dans ses combinaisons. Sous cette modification elle porte dans les sels cristallisés, le nom d’eau de cristallisation. La solidité du mortier et la chaleur que produit la chaux vive en se combinant avec l’eau, sont des résultats de la solidification de ce liquide dans la chaux. Plusieurs observations indiquent que les végétaux considérés dans l’état sec sont en grande partie formés de carbone(ou charbon pur) et d’eau qui s’est fixée sous l’état solide pendant la végétation.| Lorsque le calorique, en se combinant avec certains corps, leur donne toutes les propriétés physiques de l'air, ces combinaisons portent le nom de gag. ÂTR ATMOSPHÉRIQUE. Nôtre atmosphère est principalement formée de trois espèces de gaz: le gaz oxigène, le gaz azote et le gaz acide carbonique, que nous allons examiner séparément. Ces gaz sont mélés dans l'atmosphère avec de l’eau en état de vapeur, et avec une mul- Utude de molécules végétales et animales que leur légèreté y tient sou- vent Suspendues, et qui contribuent probablement à la nutrition des végétaux. Gaz oxiGèNE, Ce gaz, qui constitue environ la cinquième partie de nôtre atmosphère, est le seul qui, dans son état de pureté, soit propre à la respiration, et qui entretienne essentiellement la vie des| animaux L animaux À ci peut br position de }es chaux 0 Gaz AU atmosphère gans mélat plupart de substances beaucoup nitrique Où constitue qu'est du maux en Gaz à d'a fe en poids pur, Îl a poslion qu ferm vétales contienne hinérales Jeurs pr vivre dar dans la à l'air atme le chath Partie d Les diverses DU TRADUCTEUR. Fe animaux et des plantes. Saus sa présence aucun corps combustible ne peut brûler. Le gaz oxigène entre presque toujours dans la com- Vaux position des acides; en salliantaux métaux, il forme les oxides ou ner ici= Jes chaux métalliques. e Sujet, GAZ AZOTE. Ce gaz forme environ les quatre cinquièmes de nôtre oduit atmosphère. Les animaux ne peuvent y vivre lorsqu'il est pur ou - sans mélange de gaz oxigène. 1 entre dans la composition de la ons de plupart des matières animales, et il sert, par sa présence dans ces > perd substances, à les distinguer des substances végétales qui en contiennent doit la beaucoup moins. Combiné avec le gaz oxigène, il forme l'acide fication nitrique ou l'esprit de nitre. La combinaison de l’azote avec l'hydrogène on, La constitue l’ammoniaque ou lalkali volatil. C’est à ce dernier composé en 5e qu'est due l'odeur piquante exhalée souvent par les excrémens ani- de ce maux en putréfaction, ie les nés de GAZ ACIDE CARBONIQUE, Ce gaz connu long-tems sous le nom solide: d'air fixe, est produit par la combinaison de soixante-treize parties en poids d'oxigène, ayec vingt-sept parties de carbone ou de charbon de pur. Îl ne paraît pas entrer pour plus d’un millième dans la com- San la position de l'air atmosphérique. Il se dégage en abondance des cuves qui fermentent, et en général de toutes les matières animales et végétales qui sont en fermentation. Toutes les eaux de sources en ormée contiennent une plus ou moins grande quantité. Certaines eaux acide minérales dites acidules, telles que Veau de Seltz, lui doivent mélés leurs principales vertus. Les animaux ni les plantes ne peuvent e mul- vivre dans ce gaz lorsqu'il est pur; mais il joue un rôle important it sOu- dans la nutrition végétale, lorsqu'il est mélé en petite quantité à on des l'air atmosphérique; les plantes décomposent ce gaz, elles s’approprient le charbon ou le carbone dont il est composé, et rejettent une partie de son autre principe que nous avons dit être le gaz oxigène. pui Les sels qui résultent de l'union du gaz acide carbonique avec F o diverses bases, portent le nom de carbonates, vie|| d ve XXVI PRÉFACE Gaz nypnockne ou air inflammable. Ce gaz se distingue par la propriété qu’il a de s’enflammer en se combinant avec le gaz oxigène, et en ne formant que de l’eau pure dans celte combinaison. Cent parties en poids d’eau sont formées de 88 parties d'oxigène et de 12 parties d'hydrogène. C'est seulement à laide de l'art, qu'on C Mais on le trouve fréquemment dans obtient ce gaz en état de pureté. binaison triple avec l’oxigène la nature, allié au carbone, ou en com et le carbone. Suivant la nature de ces combinaisons, il porte le nom d'hydrogène carburé où d'hydrogène oxicarburé. Les matières végétales et animales en putréfaction; les eaux croupissantes, en pro- duisent une grande quantité. Le gaz hydrogène se trouve très-souvent allié au soufre, il porte alors le nom de gaz hydrogène sulfuré. Acipes. On donne ce nom aux corps qui se distinguent par une saveur aigre, par la propriété de rougir plusieurs couleurs bleues végétales, et par une grande tendance à s'unir aux terres, aux alkalis et äux oxides métalliques. La plupart des acides sont des combi- naisons de l’oxigène avec une base, L'acide sulfurique, Yhuiïle où l'esprit de vitriol est une combinaison de l’oxigène avec le soufre. Les sels dont cet acide est un élément, portent le nom de sul- fates. L'acide nitrique ou eau forte, ou esprit de nitre, est une com- binaison de l'azote avec l’oxigène. Les sels que cet acide forme avec diverses bases, portent le nom de rbrales. L’acide phosphorique est une combinaison de l’oxigène avec le phosphore. Les sels dont cet acide est un élément s’apellent phosphates. L'acide murialique connu sous le nom d'acide marin ou esprit de sel, est un des acides les plus abondans et les plus répandus dans-la nature, puis- qu'il entre dans la composition du sel marin. Les sels que cet acide formé sont: appellés muriales. On ne connait point encore la com- position de Pacide muriatique. Acxanis Les alkalis sont des substances caractérisées par une saveur acre, brûlante, urineuse, par. la propriété de verdir certaines couleurs bleues végétales, de se combiner facilement avec les acides, RE DU TRADUCTEUR. de se dissoudre dans l’eau, de former des savons dans leur combi- naison avec les huiles, et d'altérer ou de dissoudre les substances ani- males lorsqu'ils sont dans un état de concentration. On connaît trois espèces dalkali, la potasse, la soude et lammoniaque. La polasse e de la lessive des cendres de presque toutes les plantes ans des lieux éloignés de la mer. Elle forme avec des sels qui sont d’un grand usage dans les arts. Dinaison avec l'acide nitrique qui constitue le sal- otasse. La soude ou V'alkali minéral qui sert de riate de soude, se retire de la lessive des L’ammoniaque ou alkali volatil se dis- par la propriété qu'il à de se iquante, et par la facilité avec peut s’extrair qui croissent d quelques acides Telle est sa com pêtre ou zirate de p base au sel marin ou#74 cendres des plantes marines. tingue éminemment des précédens réduire à l’état de gaz, par son odeur p laquelle il se sépare de toutes ses combinaisons. Le soufre s'allie aux alkalis et forme des composés remarquables par leur odeur fétide d'œufs pourris. Ces combinaisons sont connues sous les noms de sulfures alkalins ou de foies de soufre. Quand ces sulfures sont dissous dans l’eau, ils portent le nom d’Aydrosulfures. Faute essentielle à corriger au premier volume. Au Tableau du rapport des mesures, dernière colonne, du journal de Rhin, se; du journal de Berlin. PRINCIPES RAISONNÉS D'AGRICULTURE SUITE DE LA SECTION II. RAPPORTS RÉCIPROQUES DES DIVERS SYSTÈMES DE CULTURE.: PRÉSENTÉS PAR DES ÉXEMPLES. $ 596. Ass de mettre en opposition les systèmes de culture dont on s'occupe le plus, je vais donner ici, en neufs tableaux comparaüfs, le compte d’un pareil nombre d'exploitations rurales, dont je suppose le terrain de même nature et de même étendue. Ces comptes sont très-variés et ils diffèrent sensiblement les uns des autres, soit à l’égard des soles et des produits, soit à celui du bétail et des travaux. Je ne présente ici que ce qui est le plus ordinaire et je laisse à chacun de mes lecteurs le soin de se faire une représentation semblable de la culture de tout autre fonds, d’après les idées qu'il peut en avoir, _Aureste, dans ces tableaux je n’ai aucun égard à l’industrie dans la direction du bétail; ils doivent donc être envisagés bien moins comme des évaluations de produits, que comme des comparaisons entre ces divers genres de culture. La surface de terrain que je prends ici pour exemple est de 1450 Journaux, dont 150 sonten prairies à demeure. Dans les exploitations calculées d’après lasso- lement triennal, 500 journaux de terre sont en pâturages découverts, ou bien il y a l'équivalent en pâturages de bois; les uns et les autres sont exclusivement réser- vés à cette destination. Dans celles soumises à la culture alterne, au contraire, 200 journaux peuvent être joints aux soleset mis en culture, par conséquent être transformés en champs; alors les terres arables sont portées à 1200 journaux. Je suppose que le soi soit une bonne terre à orge ou une argile douce, peut- être un peu calcaire, et contenant de 50 à 60 pour cent de sable. Je suppose aussi que le sol ait été, déjà pendant une rotation entière, soumis au même assolement, ou que tout au moins il ait recu une fois l'amendement complet que indique ici; je suppose également qu’on donne aux labours, aux semailles et à la récoîte, ous les soins nécessaires; qu’on fasse toutes ces choses T. IL| 1 2.._«PRINCIPES RAISONNÉS en leur tems et avec activité, et que d’ailleurs chaque produit ait le genre de culture qui lui convient. L $ 597. Je dois donner les explications suivantes, à l’égard des divisions contenues dans ces tableaux. La colonne a contient sous la dénomination genre de culture, l’assolement ou la rotation des récoltes, la distribution des soles. Quant au genre de produits de ces diverses soles, il faut observer que j’y ai porté seulement ceux qui sont les plus ordinaires, ceux qu’on trouve dans toutes les exploitations rurales du même genre. Celles qui ont à leur disposition une abondante quantité d’engrais pourraient cultiver des végétaux d’un produit plus avantageux, tels que le blé froment, le maïs, le colza, le tabac, etc. et souvent nous avons fait leur compte en conséquence. Mais alors elles ne demeurent pullement en rapport avec les autres, et c’est pour cela que nous ne parlons pointici de tels produits. Aureste, chacun y viendra bien de lui-même, lorsqu'il aura la quantité d'engrais attribuée aux exploitations n.” 7, 8etg. Dans la sole des récoltes sarclées, je n’ai porté que des pommes de terre seulement, quoi- qu'il y ait d’autres végétaux consacrés à la nourriture du bétail, qui donnent un plus grand produit, et que, dans le cas où l’on aurait des fourrages en surabon- dance, l’on puisse cultiver avec plus d’avantage sur une partie de cette sole, des fèves, du maïs ou des végétaux destinés à la vente. b. Tadique le nombre de journaux de chaque sole. c. La quantité de semence, qui est supposée épandue convenablement à Ia volée, sans instrumens particuliers et suivant l’usage établi, quels que puissent être à cet égard les principes émis dans les estimations qui ont licu dans diverses contrées. d. Le produit de chaque journal porté en scheffels.[1 faut bien observer que ce n’est pas l'indication du nombre de fois que la semence est multipliée par la végétation. Cette estimation du produit n’est nullement arbitraire, ainsi qu’on s’en apercevra bientôt après un examen plus particulier; elle est portée là partie d’après les règles tracées à$$ 2bo et suivans, partie d’après l’expérience générale; cependant ce produit, surtout lorsqu'il dépasse la moyenne, est toujours mis un peu au-dessous de la réalité, afin de balancer par là les cas fortuits. Je prie celui à qui il paraît plus élevé que le général de ce qui a lieu dans les exploitations ordinaires, de vouloir bien faire attention aux circonstances d’où cela provient. Au surplus j'ai supposé avant tout une semaille accomplie et une récolte faite avec tout le soin possible. Le produit du trèfle et des pommes de | 2 }- C5 DAGRICULTURE, 3 terre en particulier, eùt dû être porté plus haut, en raison de la quantité d'engrais mise sur le sol qui les a produits, et de l'étendue de terrain qu'ils ont occupé; mais la possibilité de la non réussite, a dû me déterminer à ne pas dépasser ce taux pour le trèfle, et quant aux pommes de terre, à prendre pour base le moindre produit qu’on doive en attendre. e. Donne le produit complet de la sole, et f le produit net après déduction de la semence. Les vésces ne donnent pas de produit net en grain, parce que, dans la bonne règle, on ne doit en laisser mürir que ce dont on a besoin pour les semailles suivantes. La paille de ces dernières est supposée égaler le foin en valeur, et en effet la différence n’est pas considérable. g. Le produit en paille est réglé d’après la proportion indiquée à ff 280 et 281. La taxe d’un journal de pommes de terre n’est pas portée trop haut à 75 quin- taux, dans la supposition qu’on ne la laissera perdre dans aucune économie rurale où l’on sait apprécier les engrais. h. Les pommes de terre sont réduites 1ei en foin, à la moitié de leur poids. Dans le produit des prairies, on n’a porté qu’une augmentauon de 3 quintaux par journal, lorsque les circonstances de l'exploitation avaient permis de fumer, quoique la différence doive bien s'élever à 6 quintaux. Le produit en trèfle n’est augmenté que de 4 quintaux par journal, lorsqu'il a été semé sur la première récolte de grain après la récolte jachère fumée, quoique l’expérience enseigne qu’alors, souvent le produit en est doublé, Une coupe unique dé trefle est compiée à 14 quintaux.( Par un quintal nous entendons toujours 100 livres.) i. Indique en poids la quantité d'engrais produite par la paille, le foin et les pommes de terre consommés par le bétail, d’après les proportions données à(6 274, 275, 277 et 261. &. Le nombre de chariots de fumier, qui peut être mis à chaque journal de la sole à laquelle les engrais sont destinés; le chariot à 20 quintaux de 100 liv. chacun, ou 2000 liv. { 4 Le bétail, d’abord celui de trait qui est nécessaire à l’exploitauon, et ensuite celui de rente qu’elle peut entretenir. La quantité du premier est réglée d’après les évaluations de travaux jointes à{ 100; cependant on y a toujours porté quelque chose en sus, parce que divers accidens peuvent entraver ou retarder les labeurs. La quantité du bétail de rente est réglée d’après celle des fourrages, de la paille et des päturages dont l'exploitation peut disposer. Cependant le nombre des bêtes peut être augmenté ou diminué, suivant qu’on trouye avantageux de donner une nourriture plus ou moins abondante. Le choix est également libre sur l'espèce de bétail de rente; ainsi l’on peut à volonté À| PRINCIPES RAISONNÉS donner aux bœufs d'engrais la préférence sur les vaches à lait. Car ce n’est point ici le lieu d’examiner dans quel cas l’un doit être préféré à l'autre. Indique la quantité de paille, de foin ei de pâturage, qui peut être consacrée au bétail, les premiers en quintaux, les derniers en journaux. L’on y voit entre des accolades, combien on a assigné à chaque pièce de bétail, et au- dessous, combien cela monte pour la totalité de chaque espece de bêtes. IF faut bien faire attention à la quantité assignée à chaque ébiil parce qu’elle varte beaucoup, suivant que le bétail recoit toute sa nourriture à l’étable, ou qu'il va au pâturage. L’on comprend que le fourrage vert et les pommes de terre sont. réduits en foin.| Le produit probable du bétail. C’est une vérité depuis leng-tems réconnue, que ce produit ne dépend pas du nombre de bêtes, mais des fourrages‘et du pâturage qu’on leur assigne, bien entendu cependant qu’on ne mette dans la distribution de ceux-ci, ni parcimonie, ni prodigalité, et que l’on tienne une quantité de bétail proporüonnée à celle des alimens dont on peut disposer en sa faveur. Îcile pâturage des champs est estimé par journal x À scheffel de seigle; et des autres pâturages, 100 sont supposés égaux à Go‘de ces premiers. Pour les exploitations soumises à l’assolement triennal, ce pâturage est compté à'1 scheffel de seigle. Maisle foin et les divers fourrages réduits en foin sont portés à? scheffel de seigle par quintal; la paille, en revanche, n’est point portée en compte. C’est d’après ces principes que la rente du‘bétail est évaluée, ainsi le résultat sera toujours le même; quelle que soit Pespèce d'animaux qu’on choisisse, et le nombre des bêtes auxquelles on distribue ces fourrages, suivant qu’on veut donner à chacune de celles-ci une nourriture plus ou moins abondante. : Les soins de nourriture et de pansement sont compris dans les frais de culture ‘et d’exploitauon. Il n’y est pas fait mention des jeunes bêtes(élèves), parce que leur croissance doit payer la nourriture qui leur est assignée, d’autant surtout qu’on ne porte point en compte la paille et la balle, et que, dans la plupart des exploitations rurales, on pourra très-bien les entretenir, indépendamment du nombre fixé de bêtes de rente. Beaucoup de gens trouveront que la rente du bétail est mise au-dessous de la réalité, et elle l’est en effet, En la mettant à un taux aussi bas, jai voulu que personne ne put m’accuser d’avoir exagéré les avantages des exploitations abondantes en foutrages. 0. Le produit net des grains réduit en seigle; 1. scheffel de grande orge(ici il n’est pas question de la petite) est envisigé comme égal à À scheffel de seigle; 1 scheffel d'avoine à% scheffel de seigle; 1 de pois à x de soiule) quoique€e légume ait une valeur intrinsèque supérieure, les (ici ole; 1: DA: 6 RFC VUE TU RE 5 p. Les frais de culture et d'exploitation. À l’article des chevaux il y a une différence sensible, parce qu'indépendamment des autres frais, dans lesquels je comprends ceux de Pattirail d’attelage, on n’a porté en compte que Île mon“ taut du grain que Îles chevaux consomment. Ainsi là où les circonstancës de Pexploitation permettent que les chevaux recoivent en été du fourräge vert et peut-être aussi en hiver des pomimes de terre, leur entretien en grand revient à meilleur marché que cela n’a été porté ici. Si lon compüre avec les frais, les rations de foin qui ent été assignées à ces bêtes, on les trouvera à peu: près en raison inverse; car plus on donne de foin, moiris on donne de grain. Les bœufs ne sont comptés qu’à+ en sous, lorsqu'ils reçoivent une forte ration.de foin’, et que par conséquent il n’est pas nécessaire de leur donner du:grain. Le nombre de domestiques et de journaliers est réglé d’après. les évaluations de travaux jointes à f200. Le prix dela journée’ d’un homme est porté à+ scheffel de seigle, et celui de la journée d’une femme à; de scheffel. Le travail de main qu’exigent les pommes de terre, y compris la récolte, est compté à part; il est porte à 15 scheffel de seigle par journal, et pour ce prix. cet: ouvrage peut fort bien être exécute, si lon se sert pour cela des instrumens:convenables, lies: frais sont portés ä: un taux qui,. dans tous Îles cas’, doiv être suffisant, même pour les choses qui doivent être payées en:argent: Cependant je conviens: qu'il’ est: certaines dépenses particulières, par exemple celle d’un régisseur: ou-inspecteur celle d’une niénagère et quelques autres frais accessoires, dont je n’ai point fait mention dans ce parallèle des divers genres de culture. Le capital‘du chep- tel, surtout celui du bétail, est sans doute plus considérable;: on en retrouvera irès-sûrement là rente dans l'excédent du produit'qu’on retirera: dubétail:- g. Eufin présente le produit net de l’entreprise, calculé en scheffels de seigle: Je dois d’ailleurs laisser à chacun le soin de l’évaluer en argent’, puisque le prix dépend autant de la localité que des conjonctures: Souvent j'ai omis de petites fractions, ou je les ai compensées, parce qu'il ne s'agissait ici que des principaux résultats et:de calculs approximatifs;'en effet, en spéculation, ces calculs n’étaient pas susceptibles d’une précision-absolue.: $ 398. Je dois encore faire les observations suivantes sur les genres de culture qui: font le sujet de ces tableaux. N.° 1. Démontre que les exploitations soumises à lassolement: triennal:avec- jachère morte, lorsqu’elles ont aussi peu de prairies, manquent de tout-et-ne' donnent qu’un chétif produit, qui va encore progressivement: en déclinant:- Comme le foin est dans uné proportion très-faible à Pégard de la paillé,-et que 6 PRINCIPES RAISONNÉS celle-ci n’est presque remplie que de particules aqueuses, il demeure douteux qu'il en résulte autant d'engrais. Au reste ce fumier ne peut qu'être pailleux et maigre, par conséquent beaucoup moins actif; ainsi al est possible que le produit en grains soit encore porte trop haut.| N.° 2. Représente un genre de culture qui est aujourd’hui fort usité, on le trouve établi dans la plus grande partie du royaume actuel de Westphalie, pays favorisé par la nature; l’on pourrait ainsi l'appeler nouvel assolement de Wesphalie. Sur les terrains fertiles, marneux et souvent riches en humus, que cet Etat. contient, et où l’on peut ensemencer les jachères, mais où l’on ne peut rompre. et mettre en labour les pâturages et les bois, cet assolement est tres-convenable, et d’ailleurs les circonstances locales ne permettent pas qu’il soit échangé contre un meilleur, Mhis sur les ierrams infectés de chiendent et de mauvaises herbes, tenaces et moins féconds, cet assolement n’a pas eu des succès permanens; des jachères plus fréquentes y paraissent nécessaires, et le bétail y est toujours trop peu nombreux, quoiqu'il procure la quantité d'engrais absolument indis- pensable. Au reste ,; la règle qui veut qu’on fasse alterner Îes récoltes sert de base à ce système de culture;«en ceci, qu'après deux récoltes céréales, sai l’on ne fait intervenir da jachère, l’on sème tout au moins des végétaux d’un autre genre. N°5, 4ei 5. Sont des assolemens aliernes de divers genres avec pâturage, tels qu'on les rencontre dans le Mecklembourg. Pour le produit en grains ils sont assez semblables, mais pour le produit du bétail, celui qui n’a qu’une seule jachère présente une grande supériorité. Au reste ce sont ceux qui exigent le moins de travaux et de frais d'exploitation, et c’estce qui les rend particulièrement recommandables dans un pays qui manque de bras et de capitaux. Souvent ils doivent à la culture de plantes à fourrages dans des soles particulières, des pro- duits et des proportions différens; mais ce n’est pas ici le lieu d’y faire attention. N.° 6. Estun assolement alterne avec pâturage, du genre de ceux du Holstein, et tel qu'on le rencontre souvent aujourd’hui, là du moins où la jachère suit Vavoine semée sur pâturage rompu. Un plus long repos et un amendement plus riche, procurent des récoltes de grains plus abondantes; 1ls sont associés à une bonne préparation du sol, ce. en quoi l’on péchait ci-devant dans le Holstein, en ne donnant du tout point de jachère. Alors, dans la plupart des domaines, le produit du bétail égalait celui des grains, et même ül le surpassait; mais le produit total était moins fort qu'aujourd'hui. N.° 7. Est un assolement alterne avec pâturage, auquel on a joint la méthode c D'AGRICULTURE. 7 de retirer le bétail dans les étables pendant la nuit, et de lui donner à manger là le maun avant de le mettre au pacage. La supériorité qu'il a pour le produit en grains, est due tant au repos qu’à l'abondance des engrais, qui, par chaque amendement, ne produisent qu’une récolte de céréales; ce produit est porté plutôt trop bas qu'à un taux trop élevé. Le haut produit du bétail y est dû à l'abondance des fourrages unie au päturage.| N°8. Est un assolement alterne appliqué à la nourriture du gros bétail x létable, et calculé sur ce genre d'économie. La grande quantité d'engrais qu’il procure autorise à en attendre au moins ce produit en grains. C’est ici que les travaux et les frais s'élèvent le plus haut; cependant, c’est également ici que le produit net est le plus considérable. N° 9. Réunit à la nourriture du gros bétail à l’étable, l’entretien d’un troupeau de bêtes. à laine. On concoit qu'il ne s’agisse ici que de moutons- de races perfectionnées, puisqu'indépendamment du riche pâturage des chaumes, on leur consacre aussi celui des trèfless qu’outre cela on leur assigne encore une nourriture d'hiver abondante en foin, et que la moitié de la-paille qui leur est consacrée, peut être de celle des pois. Malgré l'abondance de cette nourri- ture, cette exploitation a encore en surabondance du foin, dont les circons- tances indiqueront l’emploi; aussi doit-elle nécessairement parvenir à un état: remarquable de prospérité. Chacun de mes lecteurs pourra facilement calculer le produit proportionnel que chacune de ces exploitations tire du journal de son terrain. PRINCIPES RAISONNÉS ;; Î; 4 l er ANT br e£ L& 4| F y].[Quant GENRE{Nombre|Semence| Produit| Produit| Produit| Produit| Foin et| Fumier| Quantité Jia que Fe 4_ net après fourages de paille,| e fumiel chac DE de par per qtotuldel.,., P en divers! foin et par chaqu :::: tiou dela: réduits| fourrag. PT €: E.[Journaux| journal.| journal.} la sole.| paille. ni nl CULTURE semence, en foin.| divers,|}°"7nal pail journaux scheffels.|scheltel:.|.-hetfels. Ischefiels. Guintaux quintaux:quintaux|ch. de 20( Ronb.debtes que Ov TEE. g”|: k Chevaux|(450 N.° 1. Assolement triennal.; 16,| 80 avec jachère morte(*).“ 1% de paille 90 60 11168, bib|(16) de foin es à laine, 56, 700 120 _. il res 13 1) Jachére fumée....! 1112 6, 2) Seigle.., 2; 8 als quad. a 7 7777 6527! 1672 5.. |, 11. 14 7 7773) 6527] 840.- rf| Îl 4) Jachère...,.... rE N.dSrigle 1114) 214 41 500| 375| 1075“ti‘ à a OP DVOME ir vhs l1l 1$ 5 5554] 4025] 473|.: ui 7) Jachère avec! parcage.| 11 15 S)Pegle tt, El aa 14 5 55551 430%|. 1194”‘*‘+ D Oe.-. 1115 1% 4 44GS| 3194]. 48. D. | Prairies.:4 14% 411 260‘.|:. À. 1800 | Päturages séparés...|. 300. {À 11 41480: À 5754| 1800| 15568 || memes F a (*) En rappelant le contenu données à 255 et suivans. a) Jachère fumée,.,. a) Seigle. DORE sr... 4) Jacbère... ,.... D) Deible CFAVOIDE...,.…. 7) Jachère avec 3 parcage. | D| Prairies. Falurages,®, ,,,, de la note du$ 266, je vais donner ici, pour servir de parallè}#ttllan c-dessu ee qu'ici les engrais étant composés récoltes doivent, en réalité, demeur Chevaux 1(460 de paille. w, 8c 12822, vaches(3e de foin 20, f | 3600 Déles à laine, lé 720, 43 e+ re À.» e® CR.+ e 7,25 :> 8 888$| 7633| 1909,: 2:‘ . 2 7 7773| 6522 840 …,” ee. ° e° e 5 6114 4862 1313 e e 4:; :. 63 À 7222! 5694| 615|..° rs . à D ES55 LE 430| 1196|:..: 2 :- 45| 500 À 375 540|..+ à:: . 7:. 1800 6311| 1800| 16422] La différence que Von trouve ici entre le calcul fondé sur l'expérience, et celui qui a pour Bises le fortes en plus grande partie de paille, et contenant par conséquent Me paie ame er au-dessous de la pr oportion que les formules leur assignent, "I D'AGRICULTURE nee a. h A pl m ñ 0 P 9 ù À|: Fes Fr è: e, a| oi et| Fumier Quai Bétail. Quantité de fourrage par cha-| Produit Produit| Frais de culture et d’exploita- Produit net: i 2«de pale, del que pièce de bétail, et pour! dubétail,| des grains,| Lion réduits en schelfels de après Vers! foin et chaque espèce en totalité. réduit en| réduit en al déduction| éduiu€ par chu:: seigle. des frais,| S| Lourrag, schetfels scheñels ML où| à foin,| divers,| Puni:: de seigle,| de seigle. schetfels de paille. foin.|pâturage. 1 séigle: nu quintax|ch, dy N'omb. de bêtes. quintaux.| quiutaux.| journaux.| schelfels. schefHels. scheflels.| scheftels. pes Pie) ts) 16 chev. à 54scheff| 864 17) Br ie| 6 valets à 50... 8300 dl vaches(à3o)(à50)(à 3) L e paille pi 60 pr ss 6o sie Berger de moutons] 70 dtl.|(A6)|(ai)| 5e LT Goo 700 4900 700 de, 415. Battage...... 149 il reste il reste| Journaliers homm. 162 134 20 fenmmes.| 98 Î à PT e e® e 65. 4 rer) PE e L CARS: e® e+ :;,”:°° e« 489% . se 4: ss 375 8: #° 0) e e©«« Fr. 2015 . 1+. 430$ Ni ni: e# 0 e. e»# 239$ 800 800| 15068 625 2389. 1723 1291 bé en di 3014 ur servir de parlk Chevaux(50)(à 30) de veille 16, 800 480 ds vaches(â3o)|(30)(à3) de ton| D. 600 600 60 210 3600 bêtes à laine.|(à6)(aa) re- 720. 4320 720 240 420 CS. qi.”.“-. 5 7638 (ed; 0 CE° e» e» st 4895 4... ee 486} La.. F 284$ s s. 1,. 430$ »”’ He ee+ e» s 281 1800 En 630| 27354 1800| 16622 ci Pi li ia phases les formules, vient probablement de 33654 e, et celui nu ne petite quantité de sucs nourriciers, Les ant par menant pa ag IL. mules leur 25515 T. au iableau ei-dessus, celui des résultats de cette exploitation, dressé d’après les formules et les proportions Comme ci-dessus, excepté les frais de battäge, qui s’éle- veñt à#1 scheffels de plus; ainsi..| 1764 1764 16014 Trad, P PRINCIPES RAISONNÉS a b ce d e. f£ k L k GENRE Nombre! Semencel Produit| Produit| Produit| Produit| Foin et| Fumier Quantité net après[fourages|[depaille ‘DE de À à Fa voral de déduc- je divers| foin et de fumier par Fe: À ion delal waime| réduits[fowrage:: journaux| journal.| journal.| la sole. pe paille.. chaque journal CULTURE. semence" en foin. di\ers. journaurlscheffets: schetietd: scheffels.| scheffels.|quintaux|/quintaux|quintaux| char. de 20 q. } N.° 2. Assolement triennal: avec pois, trefle etnourri- de paille ture du bétail à l’étable.|] 19352. () de foin 8044 1) Pois fumés..... 1114 1i 5 555$| 430$| 2222;. 6 2iSeiskt.,.: 41... ditél 1 6| 666$| 541$| 1433-—. is US ee de 1114 15 6 666$| 541$ 720: … 4) Jachère fumée et parquée.| 1113]+. Le.. 6 5) Seigle+::.. Je--: 1114 14 8 8885| 763$| 1g11-: À CÈRE+. À 111% 15 8 888$| 763% 960. 7) Free.... à... 1115] ….._» 2222 8) Seigle!.=.:.l..:. 1114 1È 7 7773 6527| 1672:; g)Avoine.......... 1114] 14 8 888$| 735 758:- Pres.... L-:-. 150,:. ie 1800 Pâturages séparés....| 300 1450 9676, 4022| 27396 * Et d’après les formules et les proportions données à$$ 255 et suivans. P prop : de paille 4 19232, de foin 8044. 1} Pois FRS.. ie| 5| 5555| 430$| 2222 6,1 2) Seigle. Le. 4.-+.--.- 62| qui| 5865| 1528.… Re À.- 51| 6Gu1!| 4862| 660 5 2 E 9“.. 4) Jachère fumée et parquée..£» À À 6,1 S)Seigié-.L,..+... 9 1000| 875 2150 dr. : ee A 8 888$| 763$ g60.:. 7 FOHC En++ ee+.-° ee- 2+: 2222 8) Seigle........... 6 666$| 541$| 1433, g) Avoine.......... 7 Ne À 625.] 663|..._…. RP.+.. 1800 Pâturages séparés.. eme nee Nomb. de bête. qui Chevaux(ô 18, q (2 5; 25 pétesalane,|(6 800 18 dr 14 A RATE HT 2 Cheraux|( 18 raches{ jo; bètes aline,|| do|. i : D'AGRIQCUELTURE nn i ta umier Quantité| paille foin et Nage diVers, de lumier par chaque journal ms me ape| tintaux char, deg, à paille| 9352)+| le foin| Bois| Ho 6l Fe | DE ô| 27306 rt | e paille 19292; de foin| 8okk.| 6;| | “à Ü| nr FT D di: l m' n Q P q Bétail. Quantité de fourrage par cha-! Produit Produit| Frais de culture et d’exploita- Produit net + pièce de bétail, Fa pour du bétail,| des grains,|. ion réduits en scheffels de a chaque espece otalité. sui réduit: que espece en totahte rs és 4 seigle. den foie D N scheffels scheflels Séduil cn paille. foin.|pâturage. deseigle| dérseigle. see. seigle. nu Nomb. de bêtes. quintaux.| quintaux. journaux. scheffels, scheftels. schefteis. scheffels. Chevaux(50)(50) 18 chev. à 54 scheff. 972 . ne._ 510 7 valets à 50.. 350 __."es 7 di LS#2 co. 4 servantes à 40.. 160 bêles Due.(6)(3) 73 Berger de moutons|: po: do 480 800 ce#00. Battage Re 2331 il reste| ikménque: Journaliers homm. 225 1476 68: femmes. 116$ … 1-,-- 430$ - Fe_. 541$ 2 F... FR 406€ L2 e*# e e e L 1 563$ e r. l.‘ 573 | :_. À 6527 > 1;.. 367+ 11875 3735È 4923 2137 2786 Chevaux(50)(50). 18 ge0+ Comme ci-dessus, vaches Lo){; 68: excepté les frais de. 50(6)& É 73 battage, qui ne s’é- bètes à laine.| 4860 oo 300 506 lévent qu’à 230sch.| 800 il reste il manque 1416 68 +.’ di ….,. 5864 Fe A 6 ° e ee.+ e»% o 364% ®°..+.+ ee" 875 us....“ 573 -.+.'. 541$ 1 °+ e e. ee.+ 3125 : sn o 1) 9616 4022 11874 3683; 21332 4871 PRINCIPE-S: RAISONNÉS T1|:: mr b c d e f À h Î k£ GENRE{Nombre| Semence| Produit| Produit| Produit| Produit| Foin et| Fumier! :[net après|. fourages|de paille,| Ge fumier DE. se Li as pet}| vor déduc- s divers| foin et. | ion de| éduits|fourra SA : Re s tion de la: rédui LOUITASe ; journaux|journal.| journal.| lasole. paille. 4 Dot. CULTURE. 1 semence. en foin.| divers. idees ||| — L.| me journaux|schefels.|scheflels.|scheffels. schef'els.‘quintaux|quintauxiquintaux| char. de 20q. Yomb, de bêtes 4° a me à= 2 Re 1k N.° 3. Assolement de 7 ans É Cheraux| 1° avec pâturage(*). de paille; 8.“ 11790, beulsde tél ï C de foin: De er et trèfle vaches ê asc| ww| 46 a lv 2 1)Jachère fumée....|“1715 LS LD... ne à. 2. 5,8 2}Segles.. 1...| 17% 1 87| 44577] 1264?! 3132::; RS 1717 15 8 1457+] 12642! 1573|: se 4\ävoihe. ,. ee. rl 17121 sida 8 13715] 1142$| 1170|. à ,! 5) Trefle, une coupe... Lo.._ 2400 puis pâturage+..«4. Fa 14 qx.} Ger7) Pâturage},. …, DAT La à..... 1800 Prairtes.. 4. ss. col 100 te hiodei..:._ Pâturages séparés....| 100|—€o de pâlurag.sur deschaum. 1450|| 5875| 4200| 20150 * D'après les formules et les proportions données à(6 255 et suivans, Cheranx|| lé paie 1, 4,4 nt ho de trait ss 16, 6 de foin das vaches|( | a€» mi, l'A 8400 il R 1) Jachëre fumée+....|.. À.—.:_.:. 6 F. Dani.... À..... d: 97, À 1585| 1392| 3464.!. à. DES. 4 den.|+: 8 1371| 1178| 1481 i! A D Ava,... 1.....> 81| 1457| 1228| 1243 si: Le DES y£.{ 4 5) Trèfle une coupe..... 4. 14qx.|..>| a40 puis pâturage.;.«..| 6 et 7 pâturages|.....| Prairies:.:..:. Pâturages DAGRICULTURE. — nr d. l m n 0 P q ds, Quantié| Bétail. Quantité de fourragés par cha- Frpdt Produit| Frais de culture et d’exploi- prodiir net ts À de fumier| que pièce de bétail u et pour du bétail,| des grains, tation réduits en scheffels ue Aid du chaque espèce en totalité. Een|Héduit en ts ji seigle des frais, a Vu nc TS, scheffels| schefels. réduit en ivers, una,;::: A,- à schétlels de paille. foin.|pâturage. de siger| de seigle. quintaux cr, deg, Nomb. de bêtes.| quintaux.| quintaux.| journaux.| scheflels.| scheffels. scheff.| scheflels. Chevaux(50)(30) 8 chevaux à 54 scheff.| 432 de paille 8, 400 240 16 bœufs à 7 scheff...| 128 Hp, bœufs de trait(38)(40) 5 valets à 50 scheff..| 250 de foin| 16, 608 640 6 servantes à 40 sch.| 240 et tiède, vaches(38)(27)(35)‘ Do Le| 1,1 8400 122 4656 3294 460 1513; journaliers hommes.| 147 | il reste| il reste femmes 76 | 231 26 he 5| br. ri:....: 12642 |.|- 9482 | 6 PT| 2.° æ 0 58 15 || Ê Fo 5875 4200 15131 2784 1447 2850+ | 42971 FR|- | Chevaux(6o)(30) 8, J 4oco 240 Comme ci-dessus, de paille bœufs de trait(58)(40) excepté les frais de 126, 16, 608 640 1) battage, qui s’éle- de foin vaches(58)(27) 26 513! vent à 180 schelfels et trèlle, 122. vus Le 9 me au lieu de 174. 1453 ’ ilresle il reste|; sé 544 26 $. ei LL.. É. 1392 . Re_:: 8831 *“à. ss:- 614 Je crois superflu de pousser ce parallèle plus loin; tous ceux de mes lecteurs qui ont un peu d'habitude é» 14 PRINCIPES RATSONNES œ Fr 0 ce d e 4£ h Î k GENRE.[Nombre| Semence| Produit| Produit| Produit| Produit} Foinet| Fumier Quantité ; net après fourages ide paille! de fumier D'E de Li Pr total de déduc- en divers| foinet| par chaque :! À: on delà s réduits|fourages journal. ne:: journaux| journal.| journal.| la sole,|t107 aille. k) C U L T Ü kR E. 4}: semence P en foin. divers. journaux|scheffels.|scheflels.| scheftels.| scheffels.{quiutaux|quintaux quintaux| char. de 20 q. N.° 4. Assolement deioans, avec pâturage.(*) de paille 12974, de foin et trèfle : 6960. 1) Jachère légèrement fum.| 120'..... 3 RU| RC Co e 120 1% 8 960| 825| 2064- 3) Rd 2e 120 1 10 1200| 1035| 1023 … 4) Jachère famée......| 120‘..—.. 5 5} Seine....+...« MF. 190 14 8 960! 825| 2064 6) Orge| j 220[ 1% 8 y60| 825| 1036|.. 7) Trèfle une Coupe... À 120| 14 qx.l..:.. 1680 puis pâturage+- 8,getio)pâturage....«| 360 D.-.. 150.: 1800 Pâturages séparés....| 100|— 60 pâturage sur des chaumes. 1450|| 6187| 3480|19334 * D’après les formules et proportions données à$$ 255 et suivans. de paille 12576, de’ foin et trèfle 6960 1) Jachère légèrement fum.;. ee … ne: 3 JiMeigles.:+...-... 82?| 1008 873| 2167. 5} Avoinb..:.,....« 9%| 1260 995 989 si 4) Jachère fumée......+;” 5,1 5) Seigle:.......; 81! 1020| 885| 2193|... 6) Orge:.........#.. 7+ 750| 615 059| i- 7) Trèfle une coupe.... 1. 144%).. À. 1680 ensuite pâturage J 8, get 10 pâturage...... Prairies......“ 4 ne., 1800 Pâturages séparés..... 6288| 3480| 19536 Nomb, debétes, quint ne cm PS pu Cherus|(% 8, jo bœufs( 2), g bies à Lane.(4 100. 480 ire 1! 6 pannes Cheraax|(5 8, k Bou|(3 22, 8 vaches{ 100. ls il nn nu: rendus familiers les élémens de mathématiques, pourront aisément étendre cette comparaison aux autres& fire leur atten | kues Trad, = D'AGRI CU LT U R E. 15 i b Fuiei Quant l m n( Oo P 4 balle de fix Bétail.[Quantité de fourrage par cha-| Produit| Prodnit| Frais de cultureet d’exploi-|Produit net foin et par que que pièce de bétail, et pour du bétail ,|[des grains, tation réduits en scheffels de nie journal, chaque espèce en 1oialité. réduit en| réduit en de seigle. des frais, divers, nee, À schefïels scheffels réduit en :. À de éeiel D sil scheffels th paille. foin. pâturage.| 9e sie.| de seigle. de seigle. juintaux char, deg, TT) N'omb, debêtes.| quintaux.| quintaux.| journaux.| scheflels.| scheftels. scheflels.|. e si Chevaus(50)(30) 8 chevaux à 54scheff.| 432 si 8, 400 240 22 bœufs à 7....| 154: de foin bœufs(55)(30)(32 Gvalets à 50....1 300 et trèfle 22, 836 660 77 5 servantes à 40...| 200 6960. bêtes à laine.|(48)(25)(35 Matiage. 2....| 2174 100. 4800. 2300 383 1199 Journées d'ouvriers.| 151 | il reste| il reste Journées d’ouvrières. 72 | 151 80 j->: 825 ÿ.. 51735 Il |: 825 ë* 618 19334 6187 3480 460 1199 2786+ 1483 A SEE© 39851 2502| de paille‘Chevaux(50)(50) 576 8 oo 240 ral; 3 1) Comme ci-dessus, ex- de foin‘Bœufs(58)(50)(3 su 7 M 22, 836 660 77 cepté e battage, qui, et| on(48)(25)(55) au lieu de 174, ne 6bo| 100. 4800 2500 383 1199 monte qu’à 170scheff.| 1479 3 ilreste| il reste LE 252 80 :., 873 A-- 4973- :.‘ 4 885 :.:-. 461+ ] mme area a | 19536 Mub 1199 27165 1479| 2436ÿ aDil à.= ont un aide fixer leur attention,.et qui se sont 3915 omparaise assolemens. Trad.| Trad. PRINCIPES RAISONNÉS h D k Foin et| Fumier Quantité [fourages|de paille,| qe fumier divers foin et Ra: par chaque réduits ffourages: en foin.| divers. Journal. quintaux|quintaux char. de 20 q.x de paille 11849, de foin 6400. £ »». 3 -. 7 QE : CE CEA , 2 3 e e ;» 6 ;,.) À e.[2 3 A Li” , 2 9°+ 1400 1800 Pi emes l ja.|Q q € ù —n D us Nonib, debéte, qu | ame au Chaux|| 8 Bœufsdetrait|| 20, bêtes à laine,|| &b,! l a b ce d e da£ GENRE Nombre! Semence| Produit| Produit| Produit| Produit net après DE de par par total de|- Hide en ne rm à journaux! journal.| journal.| la sole. tion de ille. CULTURE. J La LP journaux|scheffels.|scheffels.|scheffels.|scheffels.| quintaux |: N.9 5. Assolement de 12 ans|. du Mecklembourg avec pâturage et 2 jachères. 1) Jachère, avec À engrais.| 100|.. es 2) Seigle dE... t 100 1: 73 750 6375 16121 3) Orge se es° 100 15 7 750 637+ 810 4) Avoine.. 106| 1% 6 600| 4625 519 5) Jachère fumée:.....| 100._._. 6}Segle.…......., 100 12 8 800 687! 1720 7) Orge A 100 11 7 700| 5874 756 B) ANOÏMEE. 4,..... 100 1 6 600| 4621 519 9) Trèfle à faucher, 1coupe,| 100|.. 14qx|.-- puis pâturage Es+ ed. à 10, 11 et 12 pâturage...| 300. Prairies 8......| 150 sis:, is#4 si. Pâturages séparés.. 100|— 60 pâturage de chaumes DAGRICULTURE. 17 ———— n k L; : mv a oO Fumier| Qumité AE+‘ s i 7 e paille Bétail. Quantité de fourrage par cha-| Produit Produit| Frais de culiure et d'exploi-{Produit net| ge|;° 2+ î en:.>. nee| foin et de fumier que piece de bétail, et pour; du bétail,| des grains, tation, réduits en scheffels apres \“7: eo ourages Par chaque chaque espèce en totalité. réduit en| réduit en de seigle. sn sl a È des frais, divers,| joua een ss| Sc heffels schetreis réduit en| paille. foin. pâturage. de seigle.| de seigle. scheftels de | seigle. uintau de.::: RS& Ton ra char, dexogx Nomb. de bêtes.| quintaux.| quintaux.| journaux.| schefels. scheffels. schetf: hall. orne Le vail CReran(5e)(56) 8 chevaux à 54 scheff.| 432| 1e paille 8;! 400 240\?| à ie 2 pie. 20 bœufs à 7 scheff...| 140| 11845 Bœufs de trait(38)(40)(3-5):: , ji 6:valets 4:50....| 300| de foin 20; 760 800 qui à se Le io bêtes à laine.(54)(24!)(32) 1e. ne à 40... 2 .: 05? journées d'ouvriers..€ 83. 4752 2156 3185 1017+ a here. à il reste il teste journees ouvricres.. 7 | 101 k Dolage.::..... 169 PRINCIPES RAISONNÉS Vrumes_mcums a b C d e f£ h z 3 k GENRE Nombre|Semence| Produit| Produit| Produit| Produit! Foinet Fumier Quantité net après fourages|de paille! de fumier DE de| re ana| déduc- je divers| foin et par chaque . ee ou ion de ja: réduits|fourages jourual. ï journaux| journal,| journal.| la sole,| 1107 paille.,) CULTURE. semence enfoin.| divers. journaux|scheffels.|scheflels. scheflels.| schefels.[quiutaux!quintaux quiutaux| char. de 20 q. N.° 6. Nouvel assolement du Holstein, de 10 ans avec pâ- de paille turage.(") 12788, de foin 9300. + one. 120 1} 12 1440| 1260| 1228.- Rs 2) Jachère fumée... 120 1.. …..+ 8 3) Seigle...|... 120 14 10 1200| 1065| 2580|..: FO...... 120 1} 10 1200| 1065| 1296|.. e DR....... 120 14 5 600| 465| 1290|..:.. 6) Trèfle fauché.... 130|+. 20 g“.|..++| 2400|.. fs 7, 8,9et1o) pâturage 480 Prairies fumées... 150 li. 15 qx.].. ee 2250 Paturages séparés. 100|— 60 pâturage sur des chaumes. || 6394| 4650|22088 £ à. Î |‘ | P | | CL astl el pe, ? Nomb, debètes. qui | Cheraut( || F4 0 | Jonf detrait( | 1, 6 | Hesakinel( | ag 15 |[il |' = nl Fumier de paille foin el fourages | divers, | RRURSEE quintaux nn ms de paille 12788, de foin| 9300, 22088 ŸAGRICULTURE. de, k Quantité de fumier ju par chaque Bétail. Journal, char, de 20 4 Nomb. dehèêtes. Chevaux 8, bœufs de trait 16, bêtes à laine. 125. 8 ù$ e 19 36 a n re) P Quantité de fourrage par cha-| Produit| Produit| Frais de culture et d’exploi- que pièce de bétail,-et pour! qu bétaii[des grains,| tation réduits en schelfels chaque espèce en totalité.| ,gqui eu| réduit en| de seigle. nee, scheñfels À scheffels : à FL À de seigle.| de seigle. paille. foin. pâturage. quintaux.| quintaux.| journaux.! schefels.| scheflels. scheflels. (50)(50)(4) 8 chevaux à 4oscheff.| 320 4oo 240 32 16bœufs à 6....| 96 (58)(40)(4) 5valets à 50....|] 2950 608 640 64 7 servantes à 40 280 (42)(30)(35) 1603} Batitage. Ne - nées: 14 5250 3750 PAR Journées d'ouvriers-° reste| il reste Journées d’ouvrières. 7. 136 20 e e#» e 630 è; 1065 ,+: 798% :.; 465 q Produit net après déduction des frais, réduit eu schefiels de seigle. ea names mme conne À scheffels. à cause du pèlurage. . l hi | il p RL. r PRINCIPES R'AISONNES a b= d e£,} Z GENRE Nombre: Semence| Produit| Produit Produit| Foin et| Fumier : 14 fourages|de paille, DE e par pat total de en divers M inec CULTURE journaux| journal.| journal.| la sole. paille. réduits| fourages - en foin.| divers. journaux|schelfels. scheffels. scheffels. quintaux quintaux|quintaux N.° 7. Assolement alterne de 8 ans, avec pâturage. de paille 20384, de foin 10800 de pommes de terre, 7200 Aie.... 150 1E 19 1800 196) ,.. 2) Pommes de terre 150 7 87 13050*1134| 6000- ) Orge 150 14 10 1500 1620‘., ue ne 150 15 6 900 3000 ë oeil.,.. 150 14 9 1350 2902- 5) Trèfle fauché.. 150, 24 qx.*. 3600- 7 et 8 pâturages... 300 Pro.:.. 150. IDE-.: 1800 Pâturages séparés....| 100—60de pâturag. sur des 10192{11400[38384 * Dans l’édition'allemande le poids de cette fane n'avait d’abord été porté qu on al de 1 ls de€’a 750 quintaux; j'ai dû le les tubercules n'avait aussi été porté qu'à 6000 quintaux, j'ai dû le porter à 7200, d’après Le taux indiqué dHdevant à | pull. Quan que chac pl unb, de bétes,| quinta men HE Chevaux(20, F 210, 90! Jeuls à l'étable(bo 16, 80 mes avec du Lfaragesecou|| 38) tele pâturage. 217, 84 qubien alaplacel êt dé dues vaches,| O4 vaches ke 120, BB defsal'engrais|(2° 154, 3 lie . k Lremeltre au taux i 27€ ES i | Fumier | de paille, D A CRL CULTURE, | | Î | foin et l Bétail. mm Quantité de fourrage par cha- que pièce de bétail, et pour rm Produit du bétail, (2) Produit "+ &aes grains, P Frais de culture et d’exploita- tion réduiis en scheflels de Produit net : après près le luxindipéci-devant à chaque espèce en totalité. réduit en| réduit ef+ ue fourages:= seigle. des frais, dre sen,| schelicls scheffels réduit en 1, e nn.«”#{x si . paille. foin.[pâturage| de seigle, de seigle. fheñels-dé =———- seigle. x jQuintaux,.: Fe. Nomb. de bêtes.| quintaux.| quintaux,.| journaux.| schefiels. schefiels. scheïleis. scheffels. de pale Chevaux.(Go) 10 chevaux à 4osch]| 400 s 10, ta+ 16 bœufs à 6sch.‘96 20984, Jœufs A établie{ è( P) ÉKaleis 00. 300 de foi rh Del bd 11servantes ne vaches avec du ri he} to;s. 440 10800 fourrage sec ou-(38)(4}(à 12) p. 1es vacnes tre le pâturage. Paitase 1...- 231 E 8 À É,= de 217, 8246 976a 360 2980 Journéesd’ouvriers 148. pommes pu bien à la place et lsaie Journ. d’ouvrières. 75:. de ces vaches l ns k deterre, a Da(30)(3) Culture et récolte les. bouts À a Ci î es 32 ee 7900 120, 4800 3600 360 des do 4 terre;, rl | 4 4:: 4 à 124 ceche 5,; Ou i1sen ‘ ponts lens(23)(4o) à 17 SC” cs_. davantage|| 153, 3519 6120 que les il reste il reste vaches,mais ,. 492 Lo à_ 7875 encore ils occasion- o ni nent moins r= o., 998% de frais. ï ie. Fe 12. 731+ 1 .-..... 11817 18384 2980 36985 1952 47261 21 6678: quintaux; ji dikremettre au taux indiqué par l'Auteur à pag. 5, Tom. IT, de la même édition; le fumier produit par $ 275 ou à pag. 6 du 2° vol. de l’édition allemande, et d’après ma propre conviction. Zrad, 29 PRINCIPES RAISONNÉS 2 :|| : 7 gt(Quant a b c d e k D k Jéul de| &| que| GLNATE Nombre|Semence| Produit| Produit! Produit| Produit| Foin et| Fumier Quantité cha net après fourages| de paille,| 4e fumier|| DE de Li itél rotah de déduc-_ divers| foin et CRE 1 , journaux| journal.|journal.| la sole. tion de paille. réduits| fourages à Re F CULTURE. semence en foin.| divers. F1 en : sos| quintal Konb. de bétes| 4 | he Mais 7 journaux|scheftels. scheflels.|scheffels| scheffels. quintaux|quintaux|quintaux char. de 20 q.x|(hu(50) ;= a L L G! ÉE2 Le-= as 5 x 12, N.° 8. Assolement alterne de ya de trait(5) 8 ans, avec nourriture du 2, 600 bétail à cornes à l’étable. i de paille qahes seules(40) 22188 5,| 9 |, à« i res i b 53 œbien,| 494, 17700, vaches() de pom. Lu,| 420 de terre. Dula l'engrais(20) ; 200 bi,| 466 Le pions au pi| tag et sur el(15 cuume 00, 50 1) Pommes deterre....| 150 7 87 13050 l12000| 1134| Fooo de 9“0; 2) Orcel..--+...| 2150 15 12 1800| 16312! 1944|.:.;; 3) Trefle Se es e+#8+, e_+++ 150 24 q*:. à 3600 à 4) Avoine..........| 250 15 14 2100+4 189%! 1791 ci à Pois Se es« ee.-. 150 15 6 gov 731 3000| …. 62 Ê é 6)Seiglé.::..< 1-... 13190 14 10 1500| 1331+| 3225 L.. 7) Vesces....+... ….).250 2 nu. oc É 8) Seigle... sert 150 14 9 1350| 1181!.... ati. Prairies fumées.....| 190 L. 15.q*.|.... LL. 2250 Pâturages séparés....| 100 jd D'AGRICULTURE. 23 ——_—_—_ Î m ñ 0 P q Produit|: Produit| Frais de culture et d’exploi-[Produit net L Bétail. Quantité de fourragés par cha- te ‘et| Fumi iè Sas 1rl dubétail,| des grains i sdui heffels|: 47% À Panier! Quant que pièce de bétail, et pou;| des grains,| tation réduits en scheliels| q/Gaction ges| de paille de fie chaque espèce en totalité. és su réduit en de seigle... frais, vs| foi à re scheffels scheffels. réauit en ï té, pat chaque es| de seigle.| de seigle ete ae AQuE+.. i. 12 ati paille. foin.|pâturage.,$ seigle. in,| divers,| 0 ho onib. de bêtes. quintaux. quiutaux.| journaux. scheflels.| schefiels. scheff.|. schefiels. aux|QUiNtAUx Ü 4 ii R char den Chers(50)(60) 21 chevaux à 4o scheff.| 480 12, Goo 720 16 bœufs à 6 scheff. …. 96 œufs de trait(50)(65) 8 valets à 50 scheff..| 400 Li: 20; 60o 1200 19 servanies à 40 sch.| 480 € paille raches seules|(40)(55) 323 Battage..:.+.. 338 / 231++ on88, 235, ed dE 2+ Journées d'ouvriers.| 210 : re res:,"x de foin é 3 k: s a+ Journées d’ouvrières. go|,| 17700 ue 49% FE: Culture et récolte de l de 0 vaches:(40)(55) de de ed 1 ds| de pom, 118, 4720 6490| pt de lerre à 6(l deterre, eu fsà l'engrais(29)(40): 15 scheff. par journl. 262| raoo, 161, 4669 6400 Î outons au pà-: urage ét sur le(23): k ’haume FE|| 300. 100 100 PRINCIPES RAISONNÉS nt es Ke à 3 ke ÿ sien Po;. pal. GENRE‘{Nombre|Semence} Produit| Produit! Produit| Produit| Foin et| Fumier Quanité! inet après fourages de paille,| qe Pamiés .. de par par total de déducs en diééts| hoc Le É Lee: 10: TL réduits fourages pe CULTURE. journaux journal. journal. la sole. un| Tr. Le 5e| a journal. :| le J Nomb, debbtes. journaux\scheilels.lscheñeis.!scheltels.'schetlels. quintaux quintaux|quintaux chôr, de 26 7 :-= Ses le[ N° g. Assulement alterne de| 10, 10 aus, àvec nourrittre du l de paille 11 Bou bétail à cornes à l’étable, 22302, nu et des bètes à laine au pa: FAT.| 1_ ss: À. 15060, Béie ë re de pom. 1500, de terre, 5760. 4 | 1) Avoite a Lo: 0 120 11 14 1680| 1500| 1432! ee ee 1} 2)Jachère parquée et ensuite|| } vesces pour fourrage,..| 120 5 60! 996 F|.| 2400 is&! o CRE| 120 14 10 1200| 1055| 2580+. 1 DE. DL,...| 100 1 6 720 685| too|.:.. 3 Hi 5Seslk..+... 1.1 120 14 9 1680 945| 5322.|.._. jl! 6) Pommes de{erre....l 190 7 87.|10440| 9600 907| 4800 10. DÉPOrse--«4h, 5, 400 LR 10) À'adao| iso| 3555|.||.. 8) Treile à faucher.....| 1920| si og q* ed:: Le: 2880 9, 10 dit à faire! pâturer par mnt : les mopions..£......| 240 Pâturages séparés...| 100|—€o de pâturag.sur des chaum Prairies fumées.....| 150 L: 9 5360. of a M ess A 11196| 1233043212 net| Fumier 266 de paille, €s| foin et uits fourages| in,| divers, mn aUX quintaux ru ts Quanie de fm Far cha ounal —. char, der mn, de paille 22302, de foin 15060, de pom, de terre, 3760 0 19 i 00 380 So|.. one| mous prunes 330|43212 D'AGRECUITU RE: ? Bétail. m Quantité de fourrage par cha- que pièce de bétail, et pour chaque espèce en totalité. #2 Hroduit du bétail, réduit en Oo Produit des grains, réduit en # Frais de culiure et d’exploita- tion réduits en scheflels de Produit net après déduction |: seigle. des frais, es,| Schefiels scheffets réduit en paille.| foin.[pâturage| de seigle,| de seigle. M 5 de ||: Noteb, de quintaux.| quintaux.| journaux. scheïtels. scheltels. scheffe!s. scheflels. Chevaux(50)(60) 10 chevaux à 4o sch. 400 10, 500 Goo 16 bœufs à 6sch. 96 a Fa ai 6 valets à 50.. 300 Vaches a létable(4o)|(55) 8 serrantes à 40.. se 128. 4840 6654 16635 Battage A 270 Bêies à laine.(51)(2)(2) 1 Berger de mou- 1900, 5000 30900 300 1200 tons outre sa part il reste il reste des bénéfices de la 156:} 1035.=. bergerie.. …. 80 p." bétail de: Jouruées d'ouvriers 194 graisse. Journ. d’ouvrières. 00 »+—.*. 750 Culiure et récolte des pomm.de terre 210 : ie=. 1065 ...- 585 ++.:... 949 L+.._.: 9738 31221 4323 1967 5478; PRINCIPES RAISONNÉS Perallele entre les neuf systèmes de culturé ci-devant. HO& UD=, Produit en Frais Produit Produit Produit Produit| fourrages, de culture, du bétail,| des grains; net, réduit en| Engrais. réduits réduit réduit réduit en paille.| quintaux len scheffels'en scheffelslen scheffels|en scheffels de foin. deseigle.| deseigle.| deseigle.| deseigle. quintaux. quiutaux.|. scheifels. scheffels. scheffels. schefiels. 5534 1800 15068 1723 625 23895 1291 9676 4022 27396 2137 1187 37355 2786 5875 4200‘20150: 1447 1513 2784 28507 6187- 3480 19334 1483 119) 2786 25027 59224 3200 18245 14682 10174 27061 22553 639 4650 22088 13535. 16031. 29585 32081 10192 11400 38384 1952 2980 36982 47262 1109 14850 47088 2356 3331+] 5414 6339 11196 12330 4321. 1967- 31224. 4323 54783 ]s \\E D'AGRICULTURE. PASSAGE À UN NOUVEL- ASSOLEMENT. $ 599., C’est seulement après avoir mürement pese les circonstances dans lesquelles il est placé, que l’agriculteur sage se décide à changer son système de culture, pour en adopter un meilleur. Nous allons tracer ici les règles qu’on peut donner sur ce sujet en général, sans avoir une localité particulière devant les yeux. Avant tout on doit bien se dire, que ce passage à‘un assolement perfectionné ne saurait avoir lieu sans qu’on soit obligé à faire l'avance d’un plus grand capital. Au reste ce but peut être atteint, au moyen d’une somme plus ou moins forte; mais avec la première, il Pest toujours plus vite qu'avec la seconde, si d'ailleurs on suppose qu'il y ait parité absolue de capacité dans le directeur de Pexploitauon. Une augmentation de fourrages, condition sur laquelle repose toute amélioration, exige toujours le sacrifice momentané de quelques produits destinés à la vente; ce sacrifice a lieu ou par une diminution de l’etendue ense- mencée, laquelle ne peut pas encore être remplacée par une augmentation de produit dans ce qui reste, ou par une diminution des engrais qu’on lui consacrait et dont une partie doit être employée à la culture de plantes destinées à la nourriture du bétail. A cela il faut ajouter l'augmentation progressivement nécessaire du cheptel, des domestiques et des journaliers. C’est à tort, sans dou n’est autre chose que l'avance d’un capital destiné à donner une plus grande activité à l’industrie; car, à moins de malheurs extraordinaires, on ne peut man- quer de recouvrer ce c€ faut il avoir la somme nécessaire, si l’on ne veut être arrête dans sa marche, où apital et d’en retirer un intérêt avantageux; mais encore même rétrograder. L’étendue de ce capital, comme nous l'avons dit, varie beaucoup. Si l’on veut avancer avec une vitesse moyenne et avec la circonspection convenable, il faut que ce capital soit au moins double du produit net que le domaine produisait aupa- ravant, encore ne faut il pas trop se presser d'augmenter le betail, ni se permettre de nouvelles constructions ou des changemens considérables dans les bâtimens. On ne saurait faire des modifications profitables à la culture d’un domaine, sans y employer un capital quelconque. Là où cela paraît avoir eu lieu, cela s’est fait en épargnant successivement sur les diverses branches de lexploitation, où au moyen d’une plus grande application au travail. Le défaut de capital, à moinsque, l'ayant, on n’ait été retenu par impossibilité ouvolontiédelemployerà te, qu’on appelle cela des sacrifices à faire sur le produit du domaine, ce 28 PRINCIPES RAISONNÉS ce but, est la cause la plus ordinaire du défaut de succès des entreprises de€e genre. Ïl est d’une grande importance de convaincre de cétie vérité, et de détruire le préjugé contraire. o Outre cela, pour entreprendre des changemens de cette nature, il faut être possesseur exclusif du sol, il faut que ce sol ne soit assujetti à aucune servitude qui mette des cntraves à la nouvelle culture. Si ces servitudes existent, il faut avant tout en obtenir la libération ou le rachat. $ 400. Après ce que nous avons dit à$ 257 jusqu’à 6 295, sur l'introduction des assolemens avec pâturage consacrés tant à la culture des céréales, qu’à celle alterne des grains et des plantes à fourrage, nous ne saurions qu’ajouter sur ce sujet, à moins d’avoir un local particulier devant les yeux. Dans le plus grand rombre de cas où il s'agira d'introduire un assolement avec pâturage, sur un domaine jusques-là soumis à l’assolement triennal avec jachère, on commen- ccra par mettre en culture quelque vieux pacage dont on pourra désormais se passer. Si ce pacage peut être introduit dans l’assolement, il faut arranger les choses de manière quil y soit amené peu à peu, et qu'il soit ensemencé en grains à mesure que quelques parties des anciens champs sont transformés en pâtu- roge, Quant à la manière dont cela doit s'effectuer, nous nous en occuperons lorsque nous traiterons de la manière de mettre en culture; nous observerons seulement 101 qu'il faut se garder d’épuiser ce nouveau champ, et qu’après en avoir reuré, au plus, deux récoltes de grains, il faut le fumer pour le remettre en herbage, ou le soumettre à un assolement alterne. Il faut également pour- voir à ce que les champs qui doivent être laissés en pâturages, soient en pas sablement bon état, et à ce qu'ils aient produit au plus quatre récoltes depuis qu'ils ont été fumés pour la dernière fois, afin qu'il y croisse d’abord une quantité d'herbe assez abondante. À Mais si, à cause de sa position ou de sa nature, l’ancien pâturage ne peut pas étre introduit dans le nouvel assolement, et s’il doit au contraire en avoir un qui Jui soit propre, il faut pour ne pas déranger la proportion qui doit exister entre les pâturages et les produits en grain et en paille, disposer la culture de manière qu'une partie des champs fournisse du nouveau pâturage à mesure qu’on en est privé sur l’ancien. Si, dans la nouvelle répartition, et par la réunion d’une nouvelle étendue de champs très-morcelée, l’on a joint ensemble des parties qui diffèrent essentiel- lement, non-seulement par la nature du sol, mais encore par l’état de fécondité qui résulte de leur culture, et si l’on veut en frire des soles permanentes, il fautun nra; re Le  elre iude | faut | des celle ir ce rand Ir un men- als se r les rains tu erons erOns es en nettre pour- 1 pas- depuis autite sêlre ui Jui pire jière n en (4 de el- dite un D'AGRICULTUREÉE. 29 esamen tres- approfondi et un plan mürement réfléchi, pour donner à ces diffe- arties une fécondité égale. Les règles à suivre pour cela ne peuvent être rentes p développées que pour des exemples-particuliers. $ 401. Larmanière de passer, sur un terrain déjà sépare, de l’assolement triennal avec jachère, à un assolemetit alterne avec nourriture du bétail à Pétsble, n’est point dificile, si tous les champs ont été amendés à leur tour. Mais là où une partie seulement, des terres arables'a pu être fumée, et où unie autre partie ne Pa été que peu, rarement où pas du tont, on rencontre de beaucoup plus grands obstacles, et lPon ne doit pas s'attendre à parvenir en peu de tems à ce but, sans aide de moyens étrangers. Cependant, comme ici il n’est point indispensable que les soles soient attenantes les unes aux autres, ct que les numéros se suivent, comme cela: l’est dans les assolemens avec päturage, Von parvient peu à peu à mettre tout en ordre. Sr, comme cela: a ordinairement lieu, les terres qui n’e- tnient pas comprises dans Vassolement, sont plus éloignées ct attenantes les unes’ aux autres, le plus souvent il sera plus avantageux d'adopter deux ou plusieurs’ cours de récoltes, ou de diviser les terres arables en soles intérieures et en soles extérieures,. et de commencer à’ améliorer ces premières, en attendant, pour” s'occuper des dernières, qu’on puisse être aidé par la fécondité et la surabon- dance d'engrais des soles intérieures. Si cela ne peutse faire ainsi, l’amélioration! des soles principales sera retardée, et il faudra s'abstenir, d'autant pluslong-tems de cultiver des végétaux destinés à être vendus: Muis si la position et la figure des champs en indiquent le besoin, on peut arranger lès choses de manière que chaque sole plus fertile ait un supplément: en terres maigres et de plus mauvaise qualité, quoique celles-ci ne soient pas attenantes. Alors, peu à peu et'aulant'que l'état de la culture le comporte, l’on’ bonifie ce supplément, jusqu’à ce qu’il soit'en parité avec le reste. Pour arriver à ce point, on lui donne plus derepos, et c’est de tems en tems seulement qu’on: Jui fait rapporter une récolte de même nature que celle de la sole principale. Dans ce passage de la culture des jachères à Ja culture alterne, la principale: chose à laquelle on doits’attacher, c’est d’augmenterpromptement la quantité de: fourrage, afin d’en obtenir des engrais. Cela ne saurait avoir licu sans qu’on dimi- nue un peu les semailles en grains; mais il ne faut pas faire ce retranchement sur les céréales d'automne, ni surles engrais qui leur étaient destinés; soit parce que ces céréales donnent un plus grand produit, soit et surtout, parce qu’elles donnent plus de paille. Le tableau ci-après montre la manière de passer d’un assolementtriennal dans 30 PRINCIPES RAISONNÉS lequel les terres étaient fumées tous les neuf ans, à un assolement alterne de neuf ans, associé à la nourriture à l’étable. Quoique la première année il n’y ait pas encore de trèfle, il faut également mettre le bétail ou tout à fait ou du moins à moitié, à lanourriture à l’étable, au moyen de vesces fauchées en vert; pour cet effet on aura eu soin de semer successivement en vesces la sole destinée à être fumée, et cela à mesure qu’on aura enfoui les engrais faits pendant l'hiver, si l’on ne voulait les épandre sur la semaille elle-même* En suivant cette méthode Pon aura ainsi, pour le bétail, une nourriture suivie pendant tout l’été. Cette même année On peut encore semer des vesces avec les fumiers faits des premières dont on a recolté le fourrage; il faut seulement faire les dispositions nécessaires pour que le bétail puisse avoir de l’autre nourriture, jusqu'aux premiers jours de juin, époque à laquelle les vesces sont assez grandes pour être fauchces; à défaut d’autres moyens, on atteint ce but en semant, dans la sole des grains de printems, du seigle, qu’on peutfaucher en vert dès les premiers jours de maïs outre celail faut s'être procuré, par l’épargne ou autrement, la quantité de litière nécessaire. Là où l’on ne trouve pas à acheter de la paille, on peut y suppléer par des feuilles d'arbres, des roseaux, de la mousse, des substances tourbeuses et spongieuses, ou de la vieille paille de toits, lorsqu'on a pris d'avance ses mesures pour en avoir; sans cela il faut arranger Pétable de manière qu’on n’ait besoin que de peu ou point de litière, et que le famier puisse être emporté liquide ou sous la forme de bouillie, pour être mêlé avee de la terre, de la tourbe ou des gazons brisés, tirés des raies des champs: cet emberras pour la litière n’a lieu que dans les deux premières années; dans la suite on récolte assez de paille, Si l’on se procure du dehors des supplémens pour la litière, l’on obtient par la consommation des vesces en vert autant de fumier qu’on leur en a consacré, et comme les engrais mis dans la terre qui a produit le fourrage n’y sont point perdus, l’on se trouve par là avoir pour lesgrains d’automne une quantité de terrain fumé double de celle qu’on eût eue sans cela» Ce qui, pour la troisième année, reméchie déjà au défaut de paille. Il convient aussi de semer en seigle une partie des terres consacrées aux grains de printems, parce que cette espèce de grain produit plus de paille. Plusieurs personnes qui voulaient passer à ce système de culture ont commencé * Dans les contrées dont le climat n’est pas excessivement humide, il ne peut que rarement être avantageux d’épandre, au printems, le fumier sur la semaille; cette méthode excellente ,. 0.° Q A pour l’automne et hiver, où l’ardeur du soleil est moins forte, et les pluies qui entraînent l’en- grais dans Le sol plus abondantes, mise en pratique à l'entrée de l'été, ne présenteroit nulle- ment les mêmes avantages, mères ssairés urs de defaut lems, celail ssaire, utiles uses, ur en ne de U SOUS ju des a lieu paille, pt par Sacré, point errain nnée, partie grain ence er rement ellente tl'en- gule- D'AGRTCUBTURE. SE er des pommes de terre dans la jachère, et par leur consacrer la totahté ou les sucs que le sol contenait encore; maïs comme elles n’ont des grains d'automne, ou que tout au moins elles oduits, elles ont été considérablement en perte sur par culuv de leur fumier, pu semer cette même annee n’ont obtenu que de cheuts pr cette récolte, qui ordinairement est la plus avantageuse, et elles ont éprouvé une grande disette de paille Pannée suivante. Ainsi la première année il ne faut point se livrer à cette culture, du moins sur une certaine étendue, si Pon n’a à sa disposition des moyens extraordinaires. Il faut se borner à semer le premier iges de vesces- el d'avoine pour fourrages,. que été autant de vesces ou de mélar ice pour nourrir le betail cela est possible, afin de se procurer du vert en suffisar pendant la belle saison, et même d’en avoir en surabondance pour en faire du foin; car, au contraire des pommes de terre, ces vesces sont une excellente préparation pour les grains d'automne. mer surles grains ainsi fumés, du trèfle, dont, en automne; Au printems 1l faut se Qutre cela il sera très-convenable de semer on obtient déjà quelques secours. à la suite des céréales d'automne fumées l’année précédente, encore du seigle au lieu de gräns de printems. Si même cette récolte devait demeurer inférieure en valeur à celle d’orge qu’on aurait obtenue, ce qui n’est pas probable> on 0b= üendrait toujours une plus grande quantité de paille, et l'on serait ainsr hors: d’embarras pour la suite. La seconde année de ce passage à un autre assolement, on cultive des vesces* de la même maniere, et alors on est déjà en position de fumer une parue de la: sole des jachères, pour y mettre des récoltes sarclées, ne fut-ce pour la plus es. Comme il y a déjà une sole de trefle, si l’on peut grande partie que des rav a, au moyen de la nourri- se procurer une petite quantité de litière, on pourr ture à Pétable, peut être fumer la totalité de la jachère avant la semaille: on sème de même du trefle sur ceux des blés d'automne qui ont été fumés.. La troisième année on est alors en pied; on a deux soles de trèfle, une de vesces, une pour la culture des récoltes sarclées, etune en pois, autant de choses: ?#°:. qu on ne pouvait presque pas culuver auparavant; et quatre soles de grains. Au moyen de cela on doit avoir une abondance de nourriture pour l’éte et Plnver, et l’on peut employer pour la lière, la totalité de la paille, qui se trouve con sidérablement augmentée par l'amendement donné aux céréales d'automne. Dans le tableau ci-après j'ai porté une récolte de colza à la suite du trèfle de deux; ans, parce que la culture se trouve alors avoir une surabondance de fourrages et d'engrais. 1]%. PRINCIPES » RAISONNÉS mn.| om ont, Passage d’un assolement triennal avec jachère fumée tous les neuf ans, à un assolement tant des pacages séparés que de la jachère et des chaumes peut êire consacrée aux JACHÈRE. GRAINS D'AUTOMNE. ancien tt mn, À— nn, 7 1.:© Récolie 3.° Récoite 5.e Récol ie ::+ FE j L np; F, Fu depuis le depuis le depuis e assolement. Fumée- 14 À- ne dernier dernier dernier L# a ans, 1 à a 6 ans. amendement, amendement. amendement, -& b€ d e à re r 3 Pr 1°. année Grains:- Seigle. ë. -: Grains Grains 5 Grains Grains de Ja d'automne| ,, nt sur chaume dodri: . s d'automne.| d’autom ne. ae printems. de printems. transition. t trélle. rompu, le mieux est Grains| de le Fi. 2°.année,‘Trefle. p.‘pâturage) Jachère.| Jachère. Vesces. de printems. des bêtes à à laine. x AL +Récolies sarclées: og C:rains ni: mA Grains Grains 8°. année. Trèfle. Vesces. D se d'attiomine . d'automue.| d'automne.; à 3 Jachere. et trèfle. x x Grains Grains Orge Vesces- 4°, année.: Pois. réfle. |: d'automne.| d’automne.| et trèfle, Trefle | x | Trè| |: ie èfle. |.:« Grains Grains Fe | 5°. année, Vesces. Pois. Trèfle.-; Li ñ d'automne.| d'automne. ‘une coupe. :- Trèfle Récolte ue Grains Grains: Pois pare; Col .année.: arclées.: d'automne.| d'automne. sortes ne une coupe.: Pois Récoltes Gros Orge e, 2 re |.année, et vesces sarclées. Colza.£ léfr: | 7 d’automne.| etirèfle.|Pléfroment | x**. ÿ Récolies xrai’au- 8°. année Grains Orge Bléfroment.{ sarclées Trèfle ne HS| :”| d’automne.| etirèfle.| 4 à rs Re Fe Lx printems. Pois Grains d’au- a Frèfle. Récoltes 9°. année. et vesces. Trèfle, tomne et de A a 5 sarclées. ; printems.++|uneé coupe. … 8 3 k 6 2 4 L N.B. Je crois devoir rappeler ici que le sigue* indique qu'on a fumé légèrement ES jrne avec NOÛ pue 1 laine. De que Grains CA Récoi te ts puis le de ier amendemeut, $ nue J | ail Jachère. Grains| d'automue.| d' Grains de er “hole les sarclées.|, il et trèfle, euf ans,;| 408, à un ago À peut être COnsacres nn 0 ENS D'AUTOMNE, | D Récolle| Sep | depuis le dernier amendement, rar: amendener | l nm ne mms —. Grai | ADS| Gran Gepriniems.| deprins è ne qe on nn qu, | Jachère,| Veux | |; |*X xx | | ee canne Î | | Grains l'automne.| cation l à na Be gas con — a ae poto jh ell| rélle. Grains x| aulomne,| 7 lame coup, técoltes arclées, Cola,| *x* en en met| en| Orge Pléfronel 1 trefle. Grains d'a | Trèfle.| tomuélti pren in ne ut ‘frèlle: Récoltes sarclées * ne coupe.. pe tt re as et 4 L D—— TA jané légère D'AGRICULTUR:E,. mme en alterne avec nourriture du bétail à cornes à l’étable, dans lequel la totalité du pâturage bêtes à laine. penses GRAINS DE PRINTEMS. 2.t Récoite 4. Récolte 6.° Récolte En d on sème sur le chaume, du seigle en place d'orge. depuis le depuis le depuis le-; dernier dernier dernier+. r|.. amendemeut,. amendement. amendement, Eng un peu de seigle P: fourrage vert au P! intems. £ k i Jachère Jachère. Vesces. En é on commence la nourriture du bétail à l’étable : x perdant l'été avec dés vésces: ; .. Grains: en: à Grains| piutomne À Vesces et trèfle partie consommés en vert pendant d'automne. automne.: LADA ds crnhos Sd Lole. l'été, partie séchés. . Grains S$#3 à Grains|}, printems.|.:Trèfle Nourriture du bétail à l’étable dans sa pleine force: eprin- Es sf 1120 Fe printéems Pois abondance d'engrais. Récoltes Crème sarclées‘ve Trèfle$ È *[d’automne.- Abondance de fourrages et d'engrais. x x)€:: al On rompt le trèfle de seconde année après la pre- Orge RO Grains mière coupe, et l’on y sème du colza d'automne. So sarclées.: et trèfle. d’auiomne. xx Trèfle. Orge Vesces, La cultüre du colza commence. * AG Trefle.: Trèfle Grains *: d’autorine. 1 coupe. Trefle. Pois Colza. et vesces. une coupe. ss Grains Froment. Colza.; d'automne. 6 5 Les soles’et lés récoltés suivent à l'avenir d’après 9 les n° ci-deyant. et celui** qu'on a fumé complétement. rad, É à: IL. 34|| PRINCIPES RAISONNÉS $ 402. Lorsqu'on quitte l’assolement triennal pour en adopter nn autre, le mieux est de fixer le rombre de soles de manière qu’on puisse y répartir celles qui exis- tent, sans en changer les limites; ainsi préférablement 6, g, 12, à moinscepen- dant que des circonstances particulières ne conseillent le contraire. Mais si Vassolement qu’on quitte était de 4 ans, on peut beaucoup plus facilement diviser les soles en 8 où 12. Lorsque, en passant à un autre système de culture, on doit changer les bornes des soles et des champs pour leur en donner de nou- velles, cette opération rencontre souvent de grandes difficultés, et produit presque toujours du désordre; cependant quelquefois cela ne peut pas être fait autrement. Le tableau qui va suivre, montrera comment peut s’opérer le passage à un assolement de six ans. Les fourrages qu’on obuent à la seconde année, donnent la facilité de fumer complétement, déjà à la troisième année, une demi-sole pour des récoltes sar- clées, er de fumer légèrement pour les pois et les vesses. La quatrième année on peut donner un amendement complet à la totalité de la sole des révoltes sarclées, et fumer, imparfaitement à la vérité, la sole des pois. Si, auparavant, les champs étaient fumés tous les six ans, le passage au nou- velassolement est alors beaucoup plus facile, et déjà la troisième année on peut être parvenu à son but. Cependant on comprend qu’on ne doit jamais attendre le produit complet d’un assolement alterne, jusqu’à ce qu’on ait parcouru une rotation entière, à dater de l’année, où l’on a accompli tous les changemens, Dans le plus grand nombre des cas où lon aura à passer de la culiure des jachères à un assolement alterne, on devra mettre en culture les pèturages permanens qui étaient nécessaires au premier assolement. Les circonstances seules peuvent décider, s’il convient d’en faire une ëu plusieurs soles séparées, et de porter ainsi le nombre total des soles à 7, 10, etc.; ou si l’on doit diviser et répartir ces pâturages entre les diverses soles; ou si enfin il convient de les soumettre à un genre de culture distinct. Mais c’est un grand avantage qu’en chan- geant d’assolement, on ne soit point obligé de diminuer momentanément les semailles en grains, et par conséquent les produits en paille. Aussitôt donc qu’on aura assez de fourrages pour pouvoir se passer de ces pâturages, on les mettra en culture pour les ensemencer en grains d'automne, et, pour cela, on aura recours à la jachère, ou à quelqw’autre des moyens dont nous parlerons lorsque nous traiterons de ta manière de mettre en culture les terrains qui sont en repos. Au reste, ici, il yaune variété de circonstances telle, qu'à moins d’avoir une localité particulière devant les yeux, on ne peut rien dire de plus précis.| \h PF D'AGRICU.LTURE. avec nourriture du bétail à Pétable. Passage d’un assolement triennal avec jachère fumée tous les neuf ans, à un assolement de six ans Jacuère{À Grains p'AUTOMKE.| GRAIKS DE PRINTEMS. F Po eo. 2 Ancien Leu 1." récolte Len 2.% récolte 2| il, dar,: es Assolem.t} 1 fumée,| 3"°n À depuis le dernier| depuisle dernier 5 fumée. famendement,+ er} amendement,+ en 4 3"etzen 5. 4% et Len 6.7° a b de à d e f 1." année D À du chau-! Grains Gra; Grains| Grains rs du.” re gande) d’ Grains Li r DRE PRE RES TRE SOA pement FRS d'éntédire; EE. de: de Jachère.|:V€SCeS. À en résuite à employer, autaut qu’il peut d’assole- À€t trefle. printems.|printems. s'étendre, sur le reste de la jachère. x x ment, Grains“ Grains on perd unesole de grains de printems. € 2 Trè]: Graivs|: Ë" té d 2.*année.] Trèfle. de Jachère.| Vesces.!.$|'Œ'antomne{ En revanche on obtient une quantité de printems. l'automne. trèfle. R fourrage. x* Vesceset sur à. RES LA p. LE: .= éd fusnié) QC| Grains| Oral PE Re cnlées 3.° année.}.,” IS.| des récoltes* VaiDS.| G'outomne de 1 Trefle. Afn d bi Fe F" a à FR 7. d'automne.| sarclées. Îd’automne. k SE n d’obtécir plus de païller, 8soles sont , et trèfle. fprintems. employées aux grains d'automne. ** 50 . Grains| Grains| Vesces Récoles Grai Une sole pent être fumée et destinée à de: 4°. année. à de d automne R el pois. Trèfle.| sarclées. y cd de récoltes sarclées, il resté encore de quoi printems. et trefle. ü“é d'automne.= fumer légèrement c. Récoltes ra;: Pois|.. ? à# F i L rès à 5.° annéé.l sarclées.| Trèfle. rains Grains Orge. letvesces.#3 rotation est assise d’après l’ordre d'automne,|d’automne.. des n.% xx * 30 PRINCIPES RAISONNÉS $ 405. Pour passer d’un assolement avec pâturage, à un assolement alterne perfec- tionné, il n'est que rarementavantageux de changer le nombre primitif des soles. Pour-conserver-le-päturages-6-ou 7 soles ne seraient point assez, mais il serait facile de les diviser en 12ow 14: Si, aüeontraire, on veut‘adopter la nourriture à l'étable, cette augmentation-de nombre n’est pas nécessaire. La Hidebee veut qu'on avance, par.gradation lorsqu'on introduit la nour- rilure à l’étable; pendant le premier été, il faut donner au bétail la moitié de sa nourriture à l’écurie; pendant le second, garder une partie des béstiaux entière- ment à l’etable; PER Je troisiènie driahrer encôre le nombre des bêtes qu’on metau pacoge,‘ou bienfaire pâturer le bétail pendant quelques momens de la journée seulement, suivant que la nn des fourrages se trouve augmentée, et le pâturage diminue, Cela’ sera suffisamment. démontré par le tableau ci-après, qui montre le passage d'un assolement de 7 ans; à un assolement alterne de, 1°" année récoltes sarclées, 2.° orge, 3:°@t je trèfle, 5° grains d’automne, 6° pois et vesces, 7. grains d'automne. La première année on sème des vesces dans la sole&æ qui devait déjà être mise: en culture, et à laquelle on donne les engrais faits pendant, l’hiver. On doit supposer qu’on a semé sur les céréales de printems de la sole 4, du trèfle, sur lequel on peut compter pour une demi-coupe. Au moyen de cela on peut fournir du vert à l’étable matin et soir, ensorte qu’au lieu de res- sentir la privation d’une partie du pâturage, on a au contraire de la surabon- dance, et une grande provision de fourrages d'hiver. La seconde.annéeil faut sacrifier unesolé de grains de printems. Sil ÿavait trop d'inconvéniens à cela, on pourrait consacter la sole€, laquelle ne peut: éga- lement pas être entièrement fumée pour des récoltes ob à une récolte d’a- voine, à la suite de liquélle 9 on fumerait et labourerait pour de la petite orge. La troisième année il est à propos delmettre deux soles en grains d’au- tomne, cependant une partie de l’une peut encore être ensemencée en grains de printems. La quatrième année, en revanche, il vaut mieux consacrer deux soles aux grains de printems. Cependant on peut sans inconvéniens, et tout au moins avec certitude d’avoir plus de paille, se procurer encore une récolte de seigle en a. Ainsi, à la cinquième année, le nouvel assolement à son cours, et bicntôt la quanuté progressive d'engrais qu'il procure, permet de se livrer à la culture de _ plantes plus épuisantes, Passage( Ancienue. rolaliOn,| | ,. mi jeanne duchan-| gemenl.| _— 2. année. D A en&€ D Lie Ur€: Passage d’un-assolement de sept ans avec pâturage, à un assolement alterne de sept ans avec nourri- ture du bétail à Pétable. & b e d e f+: ;: Jachère;.: Ancienneg; Grains|Grains de Grains del, 54 à :;.: Pâturage. Päturage.|Pâlurage. rolalion." d'automne.| printems| prinlems.® PS| Vesces l[Commentement. de la à d’; ses Grains de| Grains de Trefle sur demi-nourrilure à lé- du chan- mr ie ATOS la moitié|Pâturage. Pèturage.| pâturage table et de l'augmenta- gement. sk Printems| PrINIEMS.|: foner. rompu.| tion des fourrages pour trefle. l'hiver à ver. Récol Demi-nourriture à l’éta-| ŒbTa ir Grains| ble, et abondance de />rains de| sarclées RE- 2.° année. Trèfle.+ Pâturage. Pâturage.| ES| Vesces.[d'automne| fourrages d'hiver. On priniems. en parte. j: a retranché: le de à et tréfle.| aretranche une sole de ; é grains de printems. Bécolt Nourriture. à l’étable, . Récoltes: . Grains Orce Grains avec encore une sole de 3.° année. à Pâturage.| Vesces. arclé D de d'automne.|* 5 FRS et trèfle. d'automne. Trèfle. pâturage. Deux soles .. de grains d'automne. Une sole de grains d’automne ::*: et deux de grains de printems, ie nee Grains de! Récoltes| Grains| Orge Trèfle Pois Trèfle.|‘l'on ne préfère se procurer printems.| sarclées.|d’automne.| et trèfle.* let vesces.‘| en a du seig'e en seconde ré- colte consécutive de grains “à Le d'automne. Pois Récoltes:: e: Orge:*. Grains| Grains|Le nouvel assolementest 5.° année.! et vesces.< sarclées.| Trefle. Trèfle.: et trèfle,’ d'automne. d’automne. accompli. x XX 6 ÿ: 3 à 5 Ordre de la nouvelle ro-| lation. PRINCIPES RAISONNÉS $ 4o4. Dans un assolement de 11 ans, et en général dans tous ceux qui comprenaient deux jichères, le passage peut facilement avoir lieu, non-seulement sans di- minuer les semailles de grains d'automne, mais encore en les augmentant promp- tement, comme on le verra dans le tableau ci-après. Si l’on veut r’ivtroduire que peæ à peu la nourriture à l’étable, on commence à rompre la sole qui a été le plus long-tems en repos(pâturage), et l’on y sème de l’avoine, au lieu de lui donner une jachère. Après l’avoine suivent les récoltes sarclées, autant cependant qu’on a des engrais à leur consacrer. La plus grande partie des fu- micrs est réservée pour la jachère grasse, laquelle, au lieu d'être laissée morte, est ensemencée en vesces destinées à la consommation en vert; de sorte que les engrais produits la première année par ces vesces sont réservés pour les ré- coltes sarclées de la seconde année, où la décomposition des plantes du pâ- turage, permet qu'ils soient étendus un peu plus clairs qu’à l’ordinaire. La pre- mière année on sème en e, parmi les grains de printems, du trèfle dont on peut toujours attendre une récolte médiocre l’année suivante. g Au lien d’être ensemence, reçoit une jachère, et il ne reste en conséquence plus que trois soles de pâturage, puisque la quatrième est remplacée avec avantage par la nourriture à l’étable procurée par les vesces en vert. La première année nous gagnons une sole de grains de printems. Mais la seconde année nous eprouvons une réduction dans les grains d'automne, puisqu'ils tombent dans la sole g sur upe jachère non-fumée, au lieu de se trouver dans celle qui suit le repos. La seconde année transmet à la troisième déjà assez d'engrais pour que, indé- pendamment de la sole des vesces, la plus grande partie de celle des récoltes sarclées puisse être fumée. Cette année a déjà 2 soles de trèfle, mais comme ce trèfle n’est pas encore à la place qu’il doit occuper, son produit n’est pas encore ce qu'il doit être. Elle commence la culture des pois en€. La quatrième année distribue ses engrais sur trois soles, mais à la vérité pas encore en grande quantité. Une partie sculeinent de g peut être fumée pour les fèves; le reste doit demeureren jachère morte, parce qu’il est déjà trop épuisé: une sole de trèfle se trouve à la place qui lui est assignée par le nouvel assolement. La cinquième année pourra fumer les soles 2, e etc et, au moyen de ses produits en fourrages et en paille, fournir la quanuté d’engrais nécessaire pour que les récoltes sarclées, cultivées sur une sole fort épuisée, puissent être fumées convenablement, et les fèves et vesces, tout au moins d’une manièreimparfaite. Alors l'abondance d'engrais conduira bientôt à la culture de produits plus précieux et de plantes destinées à la vente, Passage d CT es Ancienne| rotalion, itannéel du clai-! gement| 'assole- ment, | open vas| 2, anhée, 3, année, le année, LES| 6 année. rénatent Sans t- - troduire le qui à au leu , autant des fu morte, rte que les ré du pà- La pre ont on | d'être e Lrois par la ée nous rouvons le g sur 08, ,inde- écoltes Lomme est pas rite p}6 jour les sé: Une nent, n de 565 ire pour e fumees parfaites jits plus DAGRICULTURE. La sixième année il y a quatre soles de grains d’automne; si la quan- tité de travail qu’elles exigent, paraît difficile à exécuter, on demeure libre de réserver une sole, celle du vieux trèfle par exemple, pour des grains de prin- tems. Cependant, souvent il n’est pas difficile de faire les semailles de grains d'automne, lorsqu'elles ont été précédées par des récoltes convenables. 4 Passage d’un assolement de douzc ans avec pâturage, à un assolement de onze ans avec nourriture à à létable, Bb c à«* a d e Fr£ k î Æ| Î # j re Graius| Grains rai a+|| Ancienne Eh d’: î Jachère Grains Grains Grains* À+, Pas:|: rotalion.|*?079Fe se 0 d’au- de de|Pâturage.| Pâturage.| Pâiurage. Pâtnrage. - tomne.|printems. à tomne,|printeins.|printems.| || 1."année Cisiéé du clian-| Grains| Grains pe Grains 2. Grains* ° ae# gement| d’au-. de d’au-+. de Jachère.|Pâturage.| Pâturage.| Pâturage.' Avoine. d’assole-| tomne.,|printems.* F tomne.|: ne printems. du et trèfle.;] I :: Grains; FE= Grains Vence.| Croins F à, Grains eng J Li d 1,- sa? 2.*année.| de x d'au- printems Trfle.| Jachère.| d’au-\Pâturage.| Pâturage.| Avoine,|°*"°°°es rintems.. prin tome et uèfle. tomne. x É=... : Vesces. Grains,; Grains| Grains Bécohes| O;ge si La* e.. 3.° année. d’au- Pois. Trèfle.| Trèfle, d’au- de|Pâturage.| Avoine,| sarclées. k à tomne: ettrèfle. . tomne.|priniems. Fe Grains| Grains Grains- Récol s écoites &eannée.| d'au-| Pois. den. Trète.+ du. Vos Free|| tés, Orge.| Trèle. tomne. tomne. tomne.*: Grains Grains Ga: Récattes ; rains écoites; +‘, Fèves., Vesce.; 5." année.| Pois. d’au- d’au-$*| d’an-| Avoine.| sarclées,| Orge. À Trèfe,| Tréfe, tomne. La tomne.; tomne.# Grains Grains| Grains Récoltes Grai Fu nr Ë ains 6.°année.| d’au- èves. d’au-, d’au- Pois.|} sarclées| Orge. Tréfle.| Trèfle. d’au- tomne.* tomne,# tomnc, à| tomne, 9 20 at 6 7 8 x 2 3 4 5 | IA 40| PRINCIPES RAISONNÉS Ç 405. Si, en passant d’un assolement ordinaire avec pâturage, à un assolement perfectionné, on doitcependant conserver des soles de pâturage; il faut avoir soin que celles-ci demeurent attenantes les unes aux autres, ce.qui,: si le bétail devait être complétement nourri à l’étable, non-seulement ne serait point né- -cessaire, mais souvent même ne serait pas avantageux. Le tableau ci-après du passage d’un assolement de, 10 ans avec pâturage, à l’assolement n.° 9 des ta- bieaux de$ 398, montre de quelle manière on peut s’y prendre, en faisant cependant les diverses modifications que la localité-et les circonstances rendent nécessaires. La première année, on met en culture l’avant-dernière sole de pâturage iet l’on y sème de l’avoine. On rompt de même la sole#, laquelle devait éga- lement étre mise en jachère, et l’on y sème successivement des vesces, à me- sure qu’on a des engrais à lui consacrer. En échange de la récolte d'avoine de la sole à on retranche des grains de priutems de la division&, à laquelle on donne une jachère. Au contraire, on laisse€ encore une année en pà- iurage, afin de ne pas manquer de ceux-ci, et bien qu’on relire déja des vesces un grand secours pour la nourriture du bétail,| À la seconde année, a sera mis en jachère. La récolte de grains d'automne& ne sera à la vérité pas très-abondante, puisque le terrain de cette sole est assez épuisé, mais le déficit qu’on y éprouvera sera compensé par la sole&. Les engrais produits par les soles de trèfle et de vesces de l’année précédente, sont suf- fisans pour qu’une partie considérable de e puisse être ensemencée en récoltes sarclées.[1 ne restera que deux soles de pâturage, et la nourriture à l’étable pourra avoir son cours, cependant sans augmenter la quantité de bétail; il vaudra mieux alors augmenter la provision de fourrages d'hiver. À la troisieme annnée les proportions seront les mêmes, cependant les engrais augmentcront. La quatrième année on. aura du trèfle sur lequel on pourra compter, ce qui»’a lieu que lorsque cette plante est semée sur la première récolte de grains, après une récolte sarclée convenablement cultivée. L'on pourra alors entre- tenir à l’étable une beaucoup plus grande quantité de bétail, Les n.” joints à la cinquième année indiquent la rotation suivante, Ancient role D 11, année du chan- | gement, olement \VOir soin le bétail )OINt né= apres du ) des ta à faisant rendent pâturage rail Cga- ,à me- d'avoine laquelle en pa- eja des tomne b est assez s engrais ont suf- récoltes l'etable ctail il dant les jter, Ce e grains, 5 entre P'AGRICULTURE. 41 “À Passage d’un assolement de 10 ans avec pâturage, à un assolement alterne de consacrés au pâturage. 10 ans, desquels deux sont en some Fes| NS! a b c... e” d g k è& ù nu |;| Fe. L. is Grains de rains[Grains de! Jachèére.| Grains:; |Ancienne! y, jun à Dés. printems|[Pâturage.| Pâturage.|Pâturage.! Pâturage. rOLE. automne. à:. ne.. rolalion E 5 automne.|+ trèfle. ee- s+ ne Jachère| 1." année! Grai R e« Fa- : Grains: eposet|! Grains{Grains de\. et vesces du chan- Jachère.| POS"; à Trèfle.|Pâturage.| Pâturage.| Avoine. Lemi "d'automne. palurage.|d’automne.| prinlems. avec dent. gement.| engrais.| ‘ Récoltes{Grains de Jachère Le à; Grains|: à ni …....:: és rains 2. année.' Jachère. sarclées| printems| Trèfle.|Pâturage.|Pâturage.| Avoine.| et vesces.|, | d'automne. sc; d'automne.| |: et treile.. | s : Récolies Jachère‘ | Grains| Orge:‘; Grains: sarclées. à Trèfle.|Pâturage.|Pâturage.! Avoine.|et vesces.|,., Pois. 3.° année es et trèile. ce 9 d'automne. +-|* 5 Jachère. nn . À| Récoltes Orge\ si:. Grains; Grains| 4. année. sarclées. Fa Trèfle.|Pâturage.|Pâturage.{ Avoine.|et vesces.|. Pois.! | et trefle. d'automne. d'automne.! ! x* x Jachère.; 7 Récoltes: .: us à. ñ Grains Pois. Grains I 5. année.| Orge.| Trèfle.|Pâturage.! Pâturage.| Avoine.| et vesces.|.: sarclées.! l'automne._ d'automne.| +*x; ÿ 7 8 9 10 1 2 3 4 5 s 4 2 Pour calculer la progression des produits durant le changement d’assolement, on peut également employer les formules d’après lesquelles j'ai estimé ceux des assolemens établis; au moyen de ces formules, on évalue chaque année lesrécoltes d’après les bases que j'ai données, et proportionnément à la fécondité effective qu’à chaque époque, le sol doit tenir de la culture et des engrais qui lui ont été appliqués. L'on comprend que les engrais faits chaque année ne peuvent être attribués qu’a la suivante et qu'ils doivent être répartis entre les diverses soles, à la colonne&(des tableaux de$ 398). Si à côté de cela l’on calcule la dé- pense nêcessaire pour l’augmentation du cheptel, lon verra combien sont grands les sacrifices qu’on doit faire, surtout à la seconde année; ou plutôt à quel point le capital du cheptel et celui en circulation, doivent être augmentés; à quelle époque ces capitaux commencent à donner leur rente, et quand leur rentrée commence à s’opérer. Tout agriculteur qui se dispose à faire des bonifications, doit toujours les faire précéder d’un tel calcul, approprié à sa localité. T, IL. 6 42 PRINCIPES RAISONNÉS S'ils sont faits avec exactitude,, ces calculs se réaliseront toujours, à moins que durant le changement, le cours naturel des choses ne soit troublé par des cas fortuits ou des accidens malheureux, tels qu'une année stérile, les dévasta- tions de la guerre et de fortes contributions en denrées pour les troupes; dans ce moment-là surtout, ces contributions sont extrémemcnt onéreuses à l’exploi- tation, lors même qu’en tems ordinaire, elle devrait pouvoir les supporter. Moins par des évasta ; dans exploi- PF, D'AGRICULTURE. 43 SE OO 1 0 Li PR RP RP SN AGRONOMIE, OU TRAITÉ DES PARTIES CONSTITUANTES ET DES PROPRIÉTÉS PHY- SIQUES DU SOL, DE LA MANIÈRE DE CONNAITRE ET D'APPRÉCIER LES TERRES. Que sera-ce lorsque les Citoyens éclairés, las des tumulites et des plaisirs factices des villes, porteront dans les campagnes les lumières dont ils se seront munis, et appliqueront à l'agriculture les ressources si riches des sciences physiques. Fourcro y. Ç 406. Ls sol est à l’industrie agricole ce que la matière première est aux manufac- tures en général. Tout comme le fabricant cherche cette matière, la choisit et s'en fait une estimation approximative, afin de ne pas la payer au-delà de sa valeur réelle, de même le cultivateur cherche la terre qui doit réunir les qua- lités qu'il désire: avant d’en acquérir la propriété ou la disposition, il s’en forme üne évaluation qui le dirige dans le prix qu’il doit eu donner. Comme ce fabricant, lorsqu'il a pris possession de cette matière sur laquelle il doit travailler, il l'examine de plus près, il V’assortit, il donne à chacune de ses parties la destination à laquelle elle est propre, et qui doit acquérir non-seule- ment à elle, mais encore au travail qu’on doit y appliquer, la plus haute valeur à laquelle ils puissent atteindre. Le fabricant perdrait son tems en cherchant à faire du drap fin avec de la laine grossière ou jarreuse, et atténuerait Ja valeur de sa laine, en faisant des draps grossiers avec de Ja laine superfine, Il faut donc qu’il fasse un choix, et pour ce choix, pour cette classification, il a besoin de beaucoup plus de con- naissances que pour l’achat en gros. De mênie l’agriculteur ne peut se contenter 44 PRINCIPES RAFSONNÉS des directions données pourles acquisitions aux ff 70 et suivans, si par le choix des produits les plus convenables, il doit tirer du sol dont il dispose et du tra- vail qu’il y applique, les profits les plus sausfaisans; car le choix judicieux de ces produits, dépend principalement de Ta connaissance approfondie qu’il a de sa matière première, C'est-à-dire de son terrain, Ce aœue sont au fabricant les formes et les modeles donnés par l'art. lessemences. I P; et Les germes fournis par la nature le sont à Magricukeur. La principale occu- pation de celui-ci doit être, d’attribuer à chacune de ces semences le sol qui Jui convient, et à ce sol la culture qui lui est le plus appropriée, et il remplira d'autant mieux. cette tâche, que le terrain sur lequel il travaille lui sera plus parfaitement connu. Mais une juste appréciation du sol ne peut se fonder que sur de vraies notions de physique et de chimie. Quoique des connaissances pratiques, acquises par un long exercice, suffisent pour connaître et apprécier certains terrains particuliers, elles ne peuvent jamais être employées avec sécurité pour tous les sols indis- tinctement: les expériences que l’on aura faites sur Pun, ne feront qu’induire en erreur, lorsqu'on en appliquera les conséquences à d’autres, dont on n'aura pas su apercevoir ou approfondir les différences, $ 4o7. Nous examinerons donc ici les différentes espèces de terrains d’une maniére plûs approfondie, et en prenant pour guide les découvertes de l’histoire natu- relle, qui, sur ce point et depuis peu, ont incroyablement développé nos con- naissances. Sans doute le tems qui s’est écoulé depuis que lattention réunie des naturalistes et des agronomes s’est appliquée sérieusement à ce sujet, est trop peu considérable, pour qu'il n’y reste pas encore beaucoup de découvertes à faire, beaucoup de choses à approfondir et à déterminer d’une manière plus positive; mais ce que nous avons alteint suffit déjà pour nous donner des idées justes sur cette matière, et nous ne tarderons pas à obtenir les rectifications que nous pouvons encore désirer à son sujet. Pour nous metire en état de pro- fiter de celles-ci, il est nécessaire que nous entrions nous mêmes dans les do- . maines de l’histoire naturelle; et que nous cherchions à acquérir des idées claires sur les parties constituantes du sol et sur les propriétés qui en découlent; et comme ces idées se rapportent aussi à la théorie des engrais, ou de l’amélio- ration chimique du sol, elles nous seront également utiles, lorsque nous aurons à nous occuper de ce dernier sujet. 6 408. La surface de notre planète, composée de cette matière meuble et friable tlechois € du tre cieux de ul d de mences e OCCu- À qu du emplira ra plus notions par un jculiers, ls indis- . induire | D'aUTR | maniere re palu- 0$ COU- nie des st trop ertes À are plis des 1decs {ifcations jt de pro- n$ les do- ges claires gulent;€ \e l'amélo- nous aurons le et[able D'AGCRICULTURE. 45 que nous nommons le sol, le terrain, est un assemblage, un melange, une combinaison de substances infiniment variées. Dans le langage ordinaire nous lui donnons le nom de terre; cependant elle comprend des matières que lhis- toire naturelle ne classe point sous cette dénomination, prise dans son sens précis; la plus grande partie seulement de cette masse, consiste dans des terres proprement dites. Les parties constituantes de ce mélange sont lu silice, l'alu- mine, la chaux et quelquefois aussi la magnéste, auxquelles, le plus souvent, il se joint aussi un peu de fer et d’autres substances élémentaires; mais ces dernières seulement en très-petite quantité. Outre ces substances simples’, le terrain fécond, celui qui est propre à produire des végetaux utiles, contient encore une matière très-composée, laquelle, à cause de sa forme pulvérulente, on a nommée aussi érreau, terreau végétal, terre végélo-animale; et qui cependant diffère tellement des terres proprement dites, qu’elle ne doit nuile- ment être confondue avec elles: c’est pour la distinguer de celles-ci, que nous avons cru devoir lui assigner une dénomination particulière; savoir; le mot latin kumus que nous emploierons exclusivement ici. $ 409. Les terres proprement dites se distinguent de l’'éumus principalement en ceci, que jusqu’à présent elles n’ont pu être décomposées, et qu’elles ne peuvent l'être que par des agens qui nous sont: encore inconnus. Elles sont donc im- muables, elles ne peuvent être détruites par aucune force de la nature organisée qui nous soit connue, ni être changées dans leur essence. L’Aumus au con- traire est très-susceptible de décomposition, c’est une matüère produite unique- ment par la vie végétale et animale, et cette matière peut être changée et de- truite en elle-même et par elle-même, mais surtout par Pacuüon des corps extérieurs. Elle est reproduite sur la surface de notre sol par la force organique, et par conséquent à des époques différentes; elle se trouve à une même place non-seulement en quantités très-variées, mais encore€n qualités tres-dissem- blubles. En Ç 410.. Nous parlerons d’abord de ces terres immuables qui forment la base du sol et que, par celte raison, On nomme terres élémentaires; nous les examinerons d'abord en général, puis dans leur pureté absolue, et enfin dans leurs mélanges et leurs combinaisons les plus ordinaires. D’après la position dans laquelle nous rencontrons ces terres diverserhent mèlées, sur la surface de notre globe, il paraît vraisemblable que, dans le prin- cipe, elles n’existaient point dans cet étai pulvérulent; mais que plutôt cette 46 PRINCIPES RAISONNÉS surface conSistait en une masse solide d'énormes montagnes et d’abimes, pro= bublement semblables à ce que, avec d’excellens instrumens d'astronomie, nous apercevons sur la surface de la lune. Cette masse solide fut en partie dé- luée par l’action de l'air, du feu et de l’eau. L'eau que Pair avait déposée en abondance sur les hauteurs, et qui, pour la plus grande partie, y était con- gelée, entra en fusion, rompit tout à coup ses digues, ou se précipita des monts, entraînant les débris des roches plus ou moins divisés ou pulvérisés, avec elle dans les abîmes, qu’elle remplit ainsi de couches successives de terre et de pierres. En cffet, il paraît incontestable que ces couches de terre telles que nous Îles trouvons, surtout dans les contrées qui sont bordées par des mon- tagnes, ont été produites par des inondations, souvent pas instantanées, il est vrai, mais plutôt lentes et répétées. Ce qui paraît démontrer cette dernière |eau ec La se, r de t en mp le el aux gne. YS68 NC out le Ispath rien il est ment por+ quel- artz. À d'eaux, quartz; Quit en ur et la ns, ClAITS res. ouve le plus D'AGRICULTURE, 54: plus souvent qu’au-dessous de la superficie du sol. Cependant al est aussi lave et déposé par les cours d’eau. c. Le sable mouvant, Ses grains sont de différentes grosseurs. Îl est mélé# parties hétérogènes, et porte ordinairement avec:lui de l’alumine, quelquefois aussi de la chaux. Il est facilement remué par les vents, ce qui lui a fait donner le uom par lequel on le distingue. Souvent il est amassé par ces vents ou par les eaux dans des bas. fonds, et réuni en grandes masses devant quelqu’ohs- tacle. Ces monceaux, s'ils ne sont pas afermis.à leur superficie par des plantes qui y ont pris pied à l’aide de quelque peu de terre végétale, sont également entraînés par les vents et endommageut souvent des plaines fertiles. Au-dessous de la superficie du sol, on trouve le sable en veines ou couches prolongées, entre d’autres couches de terre. C'est à ces sables que nous devons nos eaux de sources les plus pures; l’eau suinte à travers, elle y dépose les matières hétérogènes qu’elle charrie, et gagne en limpidité, à mesure qu’elle y prolonge sa course. Quoique les grains de sable soient en très-grande partie composés de sihce, cependant ils contiennent toujours un peu d’alumine et d’oxide de fer. Le sable a encore moins d’affinité mécanique avec Peau, que la silice pulvérulente; de là et de ce qu’il a également peu d'attraction de cohésion pour l’humus, vient sa stérilité. . Si le sable est réuni en masses dures par quelque gluten, l'argile ou la chaus, et par une pression mécanique, on l'appelle grès. Il y a différentes sortes de grès, qui varient quant à la finesse et à la densité; on les retire de la terre encore tendres, et elles sont taillées pour servir dans les constructions, pour faire des jambages et des tablettes de fenêtres, des pierres de moulin, des meubles à éguiser et à polir. C’est à cette classe qu’appartient la pierre à filtrer, qui laisse passer l’eau comme une fine éponge, et que l’on emploie pour purifier l’eau trouble. Ce grès était autrefois rare, mais on en trouve beaucoup en Saxe et dans d’autres pays. L’ALUMINE. Ç 424. Cette terre simple est le plus souvent contenue dans cette masse qu'on appelle terre glaise ou argile; de là lui est venu son ancien nom de terre argileuse; mais comme elle est une des parties constituantes les plus essentielles d’un sel connu sous le nom d’aun, les chimistes modernes ont jugé à propos de lui donner le nom qu’elle porte aujourd’ hui. Il ne faut point la confondre avec l'argile, qui est un corps composé. L’ mere IL 8 ET PRINCIPESIRAISONNÉS est là terre'simpleiet:élémentaire*, tandis que l'argile, dont nous parlerons dans la suite, est la combinaison de l’alumine avec la silice et l’oxide de fer. 6 425. Après la silice, l’alumine est de toutes les terres celle‘que nous rencontrons. lé plus souvent et en plus grande quantité dans notre sol. L’argile, dans laquelle Valumine entre toujours comme partie constituante, existe en plus ou moins grande quantité dans tous les terrains, et se trouve ausst en grandes couches sous la surface de la terre. Outre cela l’alumine forme une partie constituante de la plupart des pierres, et dans quelques-unes, elle domine, Les corps orga- nisés ne la contiennent qu’en très-petite quantité, et quoïque nous ayons trouvé quelque peu d’alumine dans la cendre de la plupart des végétaux, cette substance ne leur semble cependant point essentielle; elle paraît plutôt ne se rencontrer qu'accidentellement dans les plantes ou dans leurs cendres. L’alumine est de la plus grande importance pour le cultivateur; comme partie constituante de l'argile, elle entre toujours dans la composition de la terre végétale. D'ailleurs il est essentiel à l’agriculteur d’avoir une connaissance parfaite de cetie terre élémentaire, afin de pouvoir apprécier l'influence de l'argile dans les champs, et l’amélioration ow de la détérioration du sol qui a liéu par son moyen. L’argile mérite également d’être examinée,-à cause de V'usige qu’on en fait pour la fabrication des tuiles et de la pouerie.‘Toutes ces considérations nous engagent à recherclier dans leurs principes, les pro priétés de l’alumine pure, et ensuite celles de Fargile. 426. Quoique dans les tems même les plus reculés, lutilité de l'argile et son emploi dans la fabrication des vases de terre et des tuiles, n'aient pas permis que cette substance restat ignorée, ïl n’y a cependant pas un grand nombre d'années que l’alumine est envisagée comme une substance élémentaire. Long- tems on l’a confondue avec la terre en général, ensuite on l’a assimilée tantôt à la chaux, tantôt à lassilice, qui, par le moyen des acides ou du phlogisüque, ‘auraient pris un autre caractère. C’est seulement vers le milieu du siècle passe * Plusieurs indices, et en particulier les découvertes de Davy, nous portent à croire que Âcs terres jusqu'ici envisagées comme élémentaires, ne sont en effet que des combinaisons. Au resie les élémens de ces terres nous sont encore inconnus, parce que nous n’avons pas trouvé le moyen de les décomposer; c’est-à-dire que nous u’avons pas rencontré des substances qui aient, avec des parties constituantes des terres appelées élémentaires, plus d’affinité que ces parties n’en ont entr’elles. Je ne m’étends pas davantage sur ce sujet, parce que je Le crois indifférent à lagronomie. Trad. ons fer, ‘ons elle IS hes nte Fan 5° uve nce Fer 1me e a nce de ï à de Jutes sd SOTT mis bre png antÔt que, passé nr nr re que \aisons. sLrouvé xces qui que ces le crois D'AGRICULTURE. 5g qu'il a été démontré qu’elle était une terre particulière et qu'elle ne devait pas être confondue avec Îles autres. Quelqu’abondante que soit l’alumine, nous ne Îa rencontrons cependant jamais parfaitement pure dans la nature. autres terres et des oxides métalliques, quelquefois aussi avec des in du collége à Halle seulement, on avoit trouvé une , pendant un certain tems, On envisagea comme se vérifia, à la suite d’une analyse chimique Le plus souvent on la trouve com- binée avec d’ acides. Dans le jard substance terreuse blanche, que de l’alumine pure; mais d’un côté il plus précise, que, quoique composée€ tenait aussi de la chaux et de l’oxide de qu’elle. était le produit, non de la nature, ssentiellement d’alumine, celte terre con- fer; de l’autre, ilest très-v raisemblable mais plutôt des travaux de quelques alchimistes qui demeuraient près de là. La chimie seule peut nous procurer lalumine pure et dégagée de toute subs- La manière la plus ordinaire et la plus facile de l'obtenir alun dans lequel elle est combinée avec l’acide on neutralise l’acide sul- tance hétérogène. telle, consiste à la séparer de sulphurique.. Lorsque l’alun a été dissous dans l’eau, phurique avec de Palkali et lPalumine se. précipite. Cependant il faut encore quelques autres procédés; pour la purger complétement des substances hete- rogènes qu’elle contuent,.: 4 $ 427:. L’alumine ne peut pas se combiner avec l’acide carbonique; tout au moins e la chaux et la magnésie, former avec lui un corps ne peut-elle pas, comm ela qu’elle se distingue remarquablement de solide: c’est particulièrement en© cctte dernière. Plusieurs auteurs ont, à la vérité l’alumine avec l'acide carbonique, mais de Saussure a démontre que l’alumine n'avait aucune affinité avec Pacide carbonique. de l’alumine peuvent varier jusqu’à un certain point , parlé d’une combinaison de chimiquement pure, Les propriétés physiques en raison des procédés, ou de la quantité et de la qualité des agens, qu’on emploie pour la séparer des substances auxquelles elle est unie. Souvent aussi on a attribué à l’alumine les propriétés de l'argile; de la vient sans doute que les propriétés attribuées par les chimistes à la première, varient. Au reste la différence n’en est point assez considérable, pour qu’on puisse confondre cette substance avec d’autres terres simples.| L’alumine est une substance pulvérulente, blanche et douce au toucher, laquelle, sans avoir aucun goût proprement dit, produit cependant; étant dé- posée sur la langue, une sensation particulière qui provient de l'absorption de l’humidite que l’alumine attire à elle, Êlle produit une sensation pareille lors- 6o PRINCIPES RAÏSONNÉS: qu’elle est introduite dans le nez en poussière fine. L’odeur particulière que l'argile brute donne, surtout lorsqu'on l’humecte avec l’haleine ou de quel- qu'autre manière, n’est point propre à Palumine pure; c’est à tort qu’on la attribuée à celle-ci. $ 420. Come lalumine retient à elle plus d’eau qu'aucune des autres terres élémen- tdires, elle paraît avoirune beaucoup plus grande affinité avec ce liquide, C’est aussi elle qui contracte la plus forte adhésion avec lui. Muis cette dernière propriete varie considérablement dans les diverses préparations faites avec l’alumine. Lors- que celle-ci a été récemment précipitée, et avant d’avoir été séchée de nouveau, clle contient souvent une quantité d’eau égäle au sextuple de son poids; tandis que lorsqu'elle a été séchée à une chaleur modérée, elle ne peut en contenir qu'une fois ét demi, ou tout au plus deux fois son poids, sans la laisser dégoutter. Si elle à été rougie au feu, ou seulément séchée à un degre très-fort, elle ne peut retenir qu'une beaucoup moins grande quantité d’eau. L’alumine humectée avee de l’eau produit une pâte plus ou moins onctueuse; mais cette pâte, lorsqu'elle est faite avec de l’alumine pure, n’est jamais aussi ducule que celle qui est faite avec de la bonne argile brute; elle n’est également pas aussi susceptible de recevoi& les formes qu'on veul lui donner. En re- vanche la bouillie faite avec de l’alumine, sèche plus facilement. $ 429. L'alumine ne se dissout point dans l’eau pure. Si on la mélé avec une grande quantité d’eau, ses particules séparées les unes des autres, parraissent à moitié transparentes, Elles se divisent en très-petits molécules qui ne tombent que tres-lentement au fond du vase; mais l’eau n’en retient point en dissolution. En revanche, suivant de Saussure, l’eau imprégnée d'acide carbonique, peut dissoudre un peu d’alumine; mais cette combinaison est si faible, qu’elle se décompose déjà facilement à l'air, où le liquide, qui auparavant était limpide, ne tarde pas à se troubler et à laisser tomber l’'alumine, sous la forme d’un sé- diment gélatineux et léger.| é $ 450. À une chaleur douce d’environ 18 à 20 degrés de Réaumur*, l’alumine Jaisse évaporer l’eau qui n’est qu'imparfaitement combinée avec elle; Mais cette température n’est point sufhsante pour la dépouiller d2 toute l'eau qu’elle contient, qui, suivant Buchholtz, s'élève à 28 pour cent du poids de la terre, * 22° 50 à 25° du thermomètre centigrade. Trad. D'AGRICULTURE.| Gi ét suivant de Saussure, à beaucoup au-delà. I] faut pour opérer cette evapo- fauon totale, un feu tres-violent. $ 451. L’alumine seule ne peut point être mise en fusion à une chaleur ordinaire; cependant au foyer de grands miroirs ardens, et dans un feu animé par un courant de gaz oxigène pur, elle subit une sorte de fusion, laquelle cependant, ne produit pas une vitrification parfaite; mais mélangée avec de Ja chaux, elle peut-être fondue complétement; réuriie à la silice, elle a aussi plus de disposition à la fusibilité. L’incandescence, au reste, fait toujours subir à lai: Jumine, une forte altérauon. Il ae s'ensuit, à la vérité, pas une fusion, mais seulement une sorte de coagulation. L’alumiue perd son attraction de cohésion pour l'eau, et elle devient dure autoucher. Mélée avec de l’eau, elle ne forme plus une pâte onclueuse, et en general alors, elle se rapproche davantage de Ia silice. De là vient qu'après avoir éprouvé l’action du feu, Pargile n’est plus aussi ductile; cela nous explique aussi en partie Putilité de lPécobuage dans les terrains argileux. Où ne peut rendre à cette alumine ses propriétés prini- tüives, qu’en la faisant dissoudre dans des acides, et en la précipitant ensuite par le moyen des alkals. $. 452. L’alumine ne paraît avoir aucune propriété alkaline; elle ne change point les papiers colorés qui réagissent sur les alkalis. Elle ne peut également pas se combiner avec le soufre, comme le font les alkalis, la chaux et la magnésie. Nous n’avons aucune expérience qui prouve que, dans un état de pureté, elle puisse se combiner avec l’oxigèene, l'hydrogène, l’azote et le carbone; cependant il est tres-vraisemblable qu’elle n’est pas sans affinité avee ces substances, tout au moins en a-t-elle avec leurs combinaisons, comme cela se voit dans l’humus. $ 433. En revanche l’alumine à beaucoup d’affimité avec les autres terres, et dans 2 certains Cas, elle peut réellement se combiner chimiquement avec elles. Elle _a beaucoup de tendance à s’unir à la silice, et selon Guyton, elle peut la précipiter de sa dissolution dans les alkalis. C’est cette cause qui fait que, dans la nature, nous trouvons si souvent la silice réunie à lalumine, pour former ce que nous appelons Pargile. La chaux a également de Paffinité avec l’alumine. Cela prouve déjà combien ces terres sont fusibles, lorsqu'elles sont combinées; mais cela démontre bien plus encore Ja faculté qu'a Palumine de décomposer Peau de choux et d’en sé- parer toute cette dernière substance. Si l’on met dans l’eau de chaux de Pa- Ga PRINCIPES RAISONNÉS lumine récemment précipitée; cette première perd son goût alkalin, l’alumine descend au fond du vase et entraîne la chaux avec elle. Cette séparation de la chaux ne peut être produite que par une affinité chimique de l’alumine avec elle, et par une véritable combinaison de ces deux terres. 6 454. Les acides dissolvent d'autant plus facilement lPalumine, qu’on lui a fait éprouver une moindre dessication; mas plus lentement et plus difficilement, si elle a été mise en igniion. Du reste cette dissolution n’occasionne aucune effervescence, et il ne s’y développe aueune chaleur. Mais l’alumine n’a pas la faculté d’enlever aux acides toute leur acidite( de les neutraliser), en cela elle se distingue sensiblement des alkalis et des terres alkalines. Les disso- Jutions de ce genre ont un goût astringent, elles rougissent le papier teint en bleu avec du tourne-sol. Il en résulte des sels qui, en parue peuvent être cristal- lisés, et en partie ne possédent pas cette faculté et qui, pour la plupart, sont très- solubles dans l’eau. L’alumine a une grande affinité avec l'acide sulfurique; avec lui, elle forme une substance visqueuse, qui s’humecte facilement à Pair; et si à £ette combinaison on ajoute un peu de patasse, il en résulte l’a/zn. Au reste l’a- lumine peut aussi contenir une petite porüon d'acide sulfurique, sans former avce Jui un@orps salin, et c’est pour cela qu’il est souvent difficile d’en séparer com- plétement cet acide. Lorsqu'elle se précipite de la dissolution d’alun, Palumine entraîne après elle un peu d’acide sulfurique, dont elle ne peut pas mème être entièrement purgée par des lescives répétées. Les acides muriatique, nitrique et phosphorique réunis à l’alumine, ne donnent pas des sels cristallisables, mais Ja plupart d’entreux produisent avec elle des dissolutions visqueuses. $ 435. Les alkalis ont sur l’alumine une action qu’il est important de remarquer, parce qu’elle peut servir à caractériser cêtte terre, etparce qu’on l’emploie souvent pour séparer l’alumine des autres substances. La chaux et la magnesie ne sont point attaquees par les alkalis purs, tandis que lalumine en est completement dissoute. Cette combinaison s'opère d’autant plus facilement, que l’alumine a été récerm- ment précipitée et qu’elle est encore humide; et ceite combinaison n’est jamais plus difficile, que lorsque lPalumine a auparavant été mise en état d'igniion. L’ammoniaque, à la vérité, peut également disoudre une petite proporuon d’a- lumine, mais la potasse et la soude caustiquesla dissolvent bien plus vite et en quantité bien plus grande. L’alumine mouillée, jettée dans une lescive alkaline caustique et chauffée, se dissout, et le liquide devient transparent. Mais lorsque les alkalis sont complétement saturés d’acide carbouique, ils ne dissolvent pas l’alumine. FPE NU A JM nine être nent des are pour point jute. etn= maïs on. a d'a ntile tique kalis Ce DAGRICULTURE. 6 456. Tous les alkalis, de même que la chaux et la magnésie, ont avec Îles acides une affinité plus grande que n’est celle de V’alumine;:par leur moyen cette der- nière peut donc être séparée de ses combinaisons; ainsi la dissolution de Pa- lumine dans les alkalis est de rechef décomposée par les acides, et l’alumine elle-même est précipitée par la combinuison des acides avec les alkalis, qui: Pemporte sûr la combinaison de ces premiers avec lPalumine. L'ARGFIRE. $ 457. L’argile est composée, comme nous l’avons déjà observé plusieurs fois; d’une’ combinaison d’alumine et de silice. Ces deux espèces de terre n’ÿ sont pas seu- lement mêlées ensemble, comme on se le représente ordinairement, elles y sont combinées chimiquement. Une grande partie des argiles que nous rencon- irons dans la terre, est encore mêlée de silice, qui y existe sous la forme d’un sable plus où moins grossier; mais ce sable peut en être séparé par de simples lavages, où mieux encore, comine l'expérience nous l’a récemment appris, en faisant bouillir ce mélange dans Peau; tandis que la première combinaison ne peut être détruite que par des agens chimiques. Non-seulement Pargile n’a apparence ni de l’alumine, ni de la silice; maïs encore ses propriétés ne suivent pas même la proportion des quantités de chacune des substances dont elle est composée: elle a des propriétés particulières qu’on ne donne point à un mélange mécanique d’alumine et de silice; il semble même que la na- ture se soit réservé la faculté d’opérer cette combinaison intime; car quoique nous soyons parvenus à combiner de Palumine avec de la silice, par des procédes chimiques, cette combinaison ne forme cependant pointencore une véritable argile. Ç 438. L’argile contient toujours du fer dans un état d’oxidation plus ou moins grande; probablement ce métal en fait partie essentielle. L’oxide de fer est pro- duit par la combinaison du métal avec l’oxigène, laquelle s'opère aisément à Vaide ce l'humidité; il a différentes couleurs, qui, par nuances, vont du noir su jaune, au brun et enfin au rouge, et qui sont déterminées par le degré oxidation; la couleur noire indique le premier degré après la blanche, et le rouge le dernier. Cet oxide de fer est une poussière insipide, inodore; il n’est pas soluble dans l’eau, mais il Pest dans les acides, et, combiné avec eux, il donne alors des sels qui ont l’odeur de l’encre. Ces sels ferrifères peuvent à leur leur tour être décomposés par les alkalis, parce que ceux-ci ont une plus grande Fuite avec les acides. Les végétaux astringens, ceux qui contiennent du tannin, 64 PRINCIPES RAISONNÉS tels que les galles et l’écorce de chêne, séparent le fer de l'acide; de cette manière le fer divisé en parties ténues, colore ce mélange en noir. Quelquefois le fer est attaque dans le sol par un acide; le plus souvent par l'acide carbonique, avec lequel il forme un corps insoluble, insipide et tout au moins indifférent; si ce n’est utile, à la végétation. D’autres acides en chassent l'acide carbonique avec effervescence, comme sil y avait de la chaux. Cela m’a induit moi-même en erreur, dans un essai superficiel, fait sur une glaise que je croyais être marneuse, Quelquefois Poxide de fer est uni à lacide phosphorique, surtout dans les marais, Où ce dernier est produit par des corps organiques décomposés. Cette combinaison, à la vérité, est également insoluble; mais on présume qu’elle est nuisible à la végétation, Lorsque le fer est uni à l’acide sulfurique produit dans le sol par des pyrites sulfureuses décomposées, il forme le sel neutre qu’on appelle ordinairement vitriol.| Uni à l’argile en quantité tant soit peu considérable, le viriol paraît avoir toujours une action nuisible sur les végétaux, et lorsqu'on a trouvé l’acide sul- furique favorable à la végétation, c'était sur des soles calcaires où il se combi- nait avec la chaux et non avec le fer, et où ainsi il produisait du gypse. C’est seulement en combinaison avec l’humus, ou avec d’autres matières fortement chargées de carbone, que le sulfate de fer(vitriol) a produit la fer- ülisation et amendement du sol, et lorsqu'on n’employait ce sel qu’en petite quantité. Nous développerons ce fait lorsque nous nous occuperons plus par- üculièrement des engrais. $ 439. L'argile a probablement aussi été produite par des pierres dures. Plusieurs minéraux Compactes composés d’alumine, de silice et d’oxide de fer, sont décomposés par l’action de l’atmosphère, et transformés en argile; dans ce nombre sont principalement les schistes argileux, qu’on rencontre souvent, et qui composent des chaînes de montagnes toutes entières, et le feldspath. Cette es- pèce de décomposition s’opère encore chaque jour devant nos yeux: des rochers d’ardoise argileuse nus se couvrent d’une couche d'argile, dans laquelle les végétaux ne ardent pas à prendre pied. L’on peut même facilement donner plus d'épaisseur à cette légère couche, en détachant avec la charrue, des lames de ces schistes, et en les décomposant par le moyen de fumiers frais, qui paraissent avoir la propriété de contribuer à les déliter. L'argile provenant de ceue opération inseusible de la nature, fut probable- ment elte par tout sent m'a e Je les elte est iles lent voir ul- bi À? \eres | fer- elite par- IQUTS sont ns Ce nt, ef ite es” chers le Les f plus es de aissent able- ment D'AGRIECULTURE. 65 ment entraînée par les eaux, et déposée en couches dans fes plaines, comme: nous l’y trouvons aujourd’hui. Outre cela, suivant toutes les apparences, elle s’est approprié des substances de l'atmosphère, surtout de l’oxigèene, 6 440 Les trois principales substances dont l'argile est composée, l’alumine, Îe silice et l’oxide de fer, sont combinées en elle dans des proportions très-variées; on trouve rarement deux espèces d'argile qui soient parfaitement de même nature. Dans le plus grand nombre de cas la silice y domine; celle-ci peut s'élever jusqu’à 93 Pour cent, sans que ce mélange cesse d’avoir les propriétés de l'argile: rarement l’alumine en fait la plus grande parte. Mais de nouveaux essais faits dans notre laboratoire, nous ont appris que, dans l'argile passée au lavage et ainsi privée de sable, la silice se trouve encore de deux manières; d’abord lorsqu'on fait bouillir cette argile pendant un tems un peu long, dans une quantité d’eau suffisante, il se dépose une silice qu’on ne peut, à la vérité, pas appeler du sable, mais dont cependant les grains sont moins fins que ceux qui sont précipités de la liqueur des cailloux. La quantité de cette silice, qui peut être séparée par l’ébullition, varie dans les diverses espèces d'argile, et il est difficile de Pen séparer complétement; mais lors même que cette séparation a été opérée avec tous les soins possibles, il reste cepen- dant dans l'argile encore beaucoup de silice, qu’on ne peut en séparer qu’à l’aide d’agens chimiques. Nous continuons soigneusement ces recherches, surtout afin d'acquérir la certitude d’un fait qui, dans ce moment, nous parait assez vraisemblable, que toutes les espèces d'argile, après avoir été privées de cette partie de leur silice qui est combinée avec elle d’une manière moins intime et seulement mécanique, contiennent alors une quantité égale ou à peu près, de silice et d’alumine, L’oxide de fer y varie beaucoup en quantité, depuis 1 jusqu’à 10 ou 12 pour cent. Quelquefois Pargile contient aussi de l’oxide de minganèse, mais cela n’a lieu que rarement et seulement en très-petite quanüté, ce qui nous determièe à ne pas y faire attention." 6 441. L On rencontre l'argile avec des couleurs très-différentes, blanche, grise, brune, rouge, noire, et avec les diverses nuances de ces couleurs; quelquefois ces couleurs sont principalement dues à des corps combustibles, à l’humus ei à une matière bitumineuse; et ces corps rendent largile plus ordinairemeut grise, tirant sur le noir, ou tout à fait noire. Mais si ces argiles sont soumises IL:| 9 se RE 66 PRÉNCHNPES RAMISONNÉS à l’acuon du feu ,‘elles deviennent alors tout à fait-blanchès, parce que, durant cette action ,-le carbone se combine à oxigène et s’échappe sous la forme d’acide carbonique. Au reste; leplus souvent:ces couleurs sont dues à Poxide de fer, quelquefois aussi à oxide de manganèse, et leurs nuances ont pour cause, non- seulement là quantité-dans laquelle ces substances sont mélées à l'argile, mais encore le degré d’oxidation dans lequel elles se trouvent. La couleur tire d’au- tant plus du jaune clair, sur le jaune foncé et le rouge, que loxidation du fer est à un degré plus avancé. Ces espèces d’argiles ne deviennent point blanches ‘au feu; leur oxide de fer, au contraire, absorbe une plus grande quantité d’oxi- gène, dont il se sature enfin complétement; il devient alors d’un rouge couleur de tuile. Toutes les argiles qui contiennent de 4 à 6 pour cent d’oxide de fer, prennent aussi cette couleur au feu, et la nuance en est d’autant plus foncée, -que l’oxide de fer s’y trouve en plus grande proportion. Quelquefois la couleur de largile est due tout à la fois à loxide de fer, à Phumus et à des substances bitumineuses: les argiles qui sont dans ce cas prennent à la vérité une couleur plus claire au feu, parce que l'humus auquel elles doivent une partie de leur couleur, est alors volatilisé; maïs elle ne deviennent jamais totalement blanches, parce que l’autre principe colorant, Poxide de fer, y est demeuré. Îl Gent donc:à la quantité proportionnelle des matières combustibles et de Poxide de fer, que, dans la combustion, l’argile perde beaucoup de sa Æcouleur ou qu'il la conserve. Si elle perd une grande partie de l'intensité de sa couleur; cette couleur était due à des parties combustibles; si elle en perd peu; elle provenait surtout de l’oxide de fer. On rencontre quelquefois des argiles tout à fait blanches; celles-là ne contiennent pas de substances iüflammables, mais elles ne sont pas entièrement exemptes d’oxide de fer, seulement ce métal y est à son premier degré d’oxidation, à celui où ilne peut encore communi- quer aucune couleur à d'argile. Si cependant ces espèces d’argiles sont soumises à l’incandescence, le fer s’oxide d'avantage, et l'argile devient jaune, quelque fois dun rouge vif. Si des espècés d'argile blanches ne changent pas de couleur aufeu, c’est une preuve qu’elles ne contiennent que très-peu de fer. 6 442.| L’argile possède au moins aussi éminemment que l’alumine, la propriété de faire éprouver une sehsation particulière aux organés du goût et de Podorat, et elle peut ainsi facilement être distinguée des autres terres. Lorsque l'argile est introduite en poussière dans Îe nez, ou qu’elle est apphquée sur la langue, elle en absorbe l’humidité et s’y attache fortement. Outre cela Pargile a encore une vtieur particulière, que Palumine n’a‘point, et qu'on appelle odeur de terre. es pr pent rent als est bles le sa le sa eu; iles es, ëtal ini ses ques leur D'A GR IC UE TUIR En» Cy Cette odeur se fait sentir à un degté très-élevé; surtout. lorsqu'on humecte de l'argile qui auparavant était sèche; aussi la sent-on généralement dans l’atmos- phère lorsqu'il tombe de la pluie après une sécheresse. De Saussure attribue ectte odeur à l’oxide de fer; mais on la trouve dans les argiles qui contiennent trés-peu de cet oxide, tout aussi forte que dans ceux qui le contiennent en beaucoup plus grande quantité. Il n’est également pas décidé si cette odeur est due à des particules qui s’évaporent de l'argile, ou à un changement particulier dans l'atmosphère qui l’environne. $ 443. Parmi les proprictés de argile, ses rapports avec l’eau sont particulièrement remarquables; lorsqu’elle est sèche, sans être absolument privée de toute humi- dité, elle absorbe facilement ce liquide, et si elle contient ane quantité d’eau assez grande, elle devient alors une masse plus ou moins tenace, adhérente et ducule, laquelle recoit facilement et conserve les impressions qu’on lui donne, et peut ainsi recevoir toutes sortes de forines. Toutes les argiles n’ont pas au mème degré la propriété qui nous rend cette espece de terre si utile; Von distingue celle qui la possède le plus éminemment, sous le nom d’argile grasse ou de glaise, et celle qui ne la qu’en moindre proportion, sous le nom d'argile maigre. La ductilité et la maléabilité de l'argile ne doivent pas, être attribuées uniquement à l’alumine; car celle-ci, dans son état de pureté, ne les possède. point à un degré aussi élevé,; elles sont plutôt produites par la combinaison de lalümine avec la silice, et Voxide de fer lui-même paraît y avoir quelque part. À la vérité l'argile la plus ductile ou la plus grasse contient une plus grande proportion d’alumine, et la cassante ou maigre une moins grande; mais la duculité n’est cependant point dans un rapport complet avec ces proportions. ia $ 444. L’argile étant saturée d’eau, elle ne-se laisse plus pénétrer par ce hiquide. Si l’on verse de Veau sur un gâteau ou un bassin fait avec de la pâte d'argile, cette eau y démeure sans suinter.au travers. Cette propriete rend, irès-remar- quable la presence, de l'argile dans Ja‘couche superieure du sol,.et même dans celles qui. sont.au-dessous; c’est. ceité argile qui empêche l’eau de pénétrer plus avant, sans céla:nous ne trouvérions des sources qu’en.Creusant. jusque sur, broche solide. Ces- lits d’argile qui. aliernent avec des couches de terre perméable, sont la cause la plus ordinaire des sources, parce que l’eau retenue parseux;; rie peut.se fraÿer une issue,que, dahs.la direction qui leur est parallèle. Cest: égalemeut.ces, lus qui occasionnent ces, amas. d’eau slagnante, Ou ces 68 PRINCIPES RAISONKNÉS places humides qu’on rencontre dans quelques parties des champs; Veau ae pouvant pénétrer dans ha terre, demeure au-dessus des couches d'argile, jus- qu’à ce qu’elle soit évaporée, et ainsi elle se fait sentir jusqu’à la superficie du sol. _$ 445. Lorsqu'on délaie de l'argile dans beaucoup d’eau, elle trouble cette eau et y reste.en suspension, mais l’eau n’en dissout aucune partie il se passe souvent un tems assez long avant que l’eau devienne complétement limpide. De Fa vient que l’eau des fleuves dont le lit est d'argile, est toujours plus ou moins trouble; les particules d’argile détachées et divisées, ne peuvent se précipiter au fond de l’eau, à cause du mouvement continuel de celle-c4. C’est aussi par cette raison, que les champs inondés par des eaux débordées, sont le pius souvent argileux; le sable que ces eaux ont entraîné étant plus pesant, s’abaisse bientôt, et se trouve ainsi en monceaux de place en place, tandis que l'argile qui est extrêmement divisée, et comme délayée avec elles, est charice plus loin, et n’est déposée que lorsque l’eau devient stagnante. $ 446, Si l'argile humectée est exposée à la gelée, il s’y fait des crevasses, quelque- fois même elle se réduit en fragmens. Ce déclirement des masses d'argile et cette division de leurs parties, sont occasionnés par la dilatation que la gelée fait éprouver à l’eau. Les cristaux ou les éguilles de glace séparent les parties de l'argile les unes des autres. Aussi lorsqu'on veut employer de Pargile à la bonification du sol, la soumet-on auparavant à Paction de la gelée, afin qu’etart ainsi complétement déliée et divisée dans toutes ses parties, elle puisse mieux s’amalgamer et se mêler avec Le sol du champ auquel on la desune. $ 447. Même par la chaleur, l'argile humiectée ne laisse que difficilement évaporer l'eau qu’elle contient, et d’autant moins qu’elle est plus grasse. Elle la retient plusfortement qu'aucune autre terre. Lorsque leau s’en évapore, elle devient plus ou moins dure; argile grasse plus, la maigre moins.$i on expose l'argile humide à une forte chaleur, souvent elle éclate en morceaux. Les vapeurs élastiques s'ouvrent un passage, et déchirent la masse dans laquelle elles étaient ren- fermées. C’est pour cela que, dans la fabrication des tuiles, il faut d’abord färe sécher celles-ci à l'air; et ensuite les chauffer pendant quelque tems peu à peu dans le four.|| Dans sa dessication, l'argile perd tonjouts une‘fartie de son volüme'et se rétrégir. Cela provient de lévaporation de Peau; à la suite de laquelle les D'AGRICULTURE. 69 particules de l'argile se rapprochent. De là vient que lorsque la température est irès-chaude et très-sèche, il se fait des crevasses à la surface des terrains tres- argileux. C’est aussi pour cette raison que les vases de poterie et les tuiles sont ordinairement moulés plus grands qu’ils ne doivent être après avoir été cuits.: L’argile ne peut être privée complétement de l’eau qu’elle contient, qu’à une chaleur rouge très-forte; et alors elle se resserre toujours davantage: elle subit une sorte de condensation qui rapproche toujours plus ses parties. On: désigne sous le mot retraite ou contraction, ce rapprochement des parties de Vargile occasionné par la chaleur: les argiles grasses y sont plus exposées que les maigres.| Mis la contraction d'une même espèce d'argile est toujours égale, lorsque cette terre est soumise à un degré de chaleur égal; c’est-à-dire que, soumise à une chaleur toujours semblable, cette argile éprouve toujours une même diminution de volume. C’est ce qui fait qu'on a employé l'argile pour faire des pyromètres, destinés à mesurer l'intensité des plus hauts degrés de chaleur. $ 418. L’argile ne peut point ètre mise en fusion, à un feu de charbon ordinaire. Muis lorsque ce feu est fortement animé par des souflets, ou est allumé avec du gaz oxigène, cette fusion s'opère. Une addition de chaux augmente consi- dérablement la fusibilité de l'argile; cette fusibilité est également augmentée par l’oxide de fer. Ainsi une forte addition de chaux et de fer dans les briques et les vases de poterie, est nuisible, parce qu’alors, comme cela se voit souvent, lorsque le degré d’incandescence daus les fours est tres-élevé, ces briques..et cette poterie entrent en fusion et tombent en morceaux. Mais une petite quantité de ces substances peut être utile, parce qu’alors elles occasionnent un commencement de vitrification, une plus forte condensation des parties, et que par là elles augmentent la solidité de la masse. $ 44. Les propriétés de Pargile qui a été rougie au feu, différent beausoup de celles de l'argile qui n’a pas été soumise à l'incandescence. Les fragmens de la première sont quelquefois assez durs pour donner des étincelles, lorsqu'on les frappe avec un briquet, et ils ne peuvent point être amollis dans l’eau: si on les yéduit en poudre fine, et qu’on les mèle avec de Peau, ils ne produisent plus P) q; p une pâte adbérente, onctueuse et maléable. Cette poussière laisse passer l’eaw et n’en retient qu’une petite quantité, par conséquent elle ressemble alors à la silice et au sable. Aucun procédé de Part ne peut rendre à l'argile cuite sa pré- cédente ductilité. Cependant Pair, l'humidité et les engrais animau3;, semblent ,‘ sf la ramener peu à peu à son état priminf, PRINCIPES RAISONNÉS $ 450. L'air paraît exercer en général une puissante action sur l'argile, tant cuite que 70 non cuite. Nous nous en apercevons surtout à l’effet avantageux que produit sur les champs une argile qui a long-tems eté exposée à Pair. Il est généralement connu que la glaise des anciens murs et des anciens fours est un très bon engrais et augmente la fertilité du sol. Tres-probablement Pargile attire à elle des par- ticules fertilisantes de l’atmosphère, L'on croyait autrefois que l'argile absorbaïit da nitre contenu dans l'air, et Pon s’est en effet convaincu que la glaise favorisait toujours la formation du nitrate de potasse dans les salpétrières: Mais l’air ne conuent jamais du nitre tout formé. Cependant diverses observations et‘expériences donnent lieu de croire, que l'argile, lorsqu'elle est mise en contact avec l’air, absorbe de l’azote, de l'hydrogène, et peut-être aussi les émanations animales que cet air contient, Lorsqu'on laisse long-tems dans un lieu humide, de l'argile pétrie en grosses masses, celte argile prend tous les caractères de la putréfaction; il s'y produit de Pammoniaque qui prouve la présence de l’azote, et cet azote est la base de Vacide nitrique. Si mème il n’est pas encore démontré que l’alumine pure absorbe de l’oxigène contenu dans latmosphère, il n’y a aucun doute que Pargile n’ait cette pro- priété. Humbholdi Pa vérifiée dans toutes les espèces d'argile dont il a fat l'examen, 1 jusque dans Pardoise compacte. L’absorption des diverses substances connues et inconnues de l’atmosphère, rend Pargile plus meuble, moïns tenace et plus maigre. Cette vérité est con- firmce par plusieurs expériences et essais chimiques. Nous avons analysé de Pargile prise à la superficie du sol, et de Vautre prise à une plus grande pro- fondeur. Tontes deux contenaient une égale proportion d’ilumine, de silice et d’oxide de fer; mais la première étan évidemment plus maigre que la der- nière. Comme Pair aussi ameublit l'argile, l'on comprend facilement l’avan- tage qu'un so! très- argileux, retire à cet égard du travail qu’on lui cânsacre en le remuant, le bêchant, etc., puisque par lä, la couche supérieure du so acquiért un plus grand nombre de points de contact avec Pair, qui ainsi pe“ nétre plus profondément, et dépose dans la terré upe plus grande partie dés sub= stances qu'il contient; cé qui produit la division des parties intégrantés de so} et leur ameublissement. $ 4 5 Le Les acides attaquent peu l'argile qui ne contient pas de la chaux, il$ n’y oc- casionnent pas d’effervescence, à moins que cétie argile ne contienne beaucoup a de| ass de qu ‘qu un que auss qu :pou en| une nus acu ya en plus He RS - D'AGRICULTURE. 71 “de carbonate de fer. L’alumine et l’oxide de fer sont, à la vérité, eux- mêmes assez solubles dans les acides, mais dans Pargile, la silice les garantüt de Paction de’ces acides. Les acides que l’on verse sur l'argile dissolvent en effet une petile quantité de ces substances, mais non leur totalité. Hs en dissolvent d'autant plus. que leur proportion domine et qu’il ÿ a une moindre quantité de silice. Ainsi “une argile grasse, abandonnera aux acides une quantité d’alumine plus grande, que celle qui leur serait cédée par une argile maigre. Les acides absorberont aussi plus d’oxide de fer d’une argile qui contiendra beaucoup de ce métal, qu'ils n’en retireraient d’une qui n’en contiendrait que peu. Cela explique ‘pourquoi un terrain fortement chargé de fer, doit à cette qualité d’être inférieur en fécondité à un autre qui, avec un mélange d’ailleurs semblable, contient une moindre quantité de ce métal. Car, de sa nature, l’oxide de fer n’est pas nuisible à la végétation; il ne le devient qu’en se combinant avec quelques acides. Cependant comme les acides se forment facilement dans le sol et qu’ils y attaquent plus une argile qui contient beaucoup de fer, qu'une autre qui en Contient moins, l’action nuisible qu'ils ont sur les plantes sera également plus sensible dans le premier de ces terrains que dans le dernicr. $ 452. “La plupart des acides n’ont donc pas la propriété de décomposer complé- tement l'argile, c’est-à-dire de séparer entièrement l’alumine et Poxide de fer dela silice. L’on peut faire bouillir les acides nitrique et murialique sur de l’argile, sans que l’alumine et l’oxide de fer se dissolvent entièrement, E’acide sulfurique concentré, seul, peut opérer cette solution complète, encore faut-il qu’il soit en grande quantité et qu'il bouille pendant long-tems sur Pargile. Un moyen plus facile de séparer de l'argile; Palunnne et l’oxide de fer, con- Siste à mêler auparavant celte première avec un alkali, suriout avec un alkal Gaustique, et de leur faire subir une chaleur rouge. Lorsque cela est opéré, Von verse alors sur la masse autant d’acide qu'ilen faut, non-seulement pour que l'acide soit saturé, mais encore pour qu'il enreste un excédent considérable; alors cet excédent ne tarde pas à dissoudre entièrement l’alumine et l’oside de fer, et la silice peut en être complétement séparée. Ces alkalis semblent diminuer Vattraction de cohésion de la silice avec Poxide de fer, et affaiblir la résistance que cet oxide, dans sa combinaison avec l’alumine, Opposait à lPaction des acides. Ce procédé nous offre la plus sûre et la plus facile des methodes de décomposer Pargile, $ 453. Outre les corps qui appartiennent essenticilement À l'argile, ka silice, Paluminé 72 PRINCIPES RAISONNÉS et l’oside de fer, nous y wouvons aussi souvent d’autres substances en mélange ou en combinaison. Le plus souvent elle contient du sable à grains fins, dont l’ébullition ne peu pas la séparer entièrement. Souvent elle est aussi mêlée en quantité plus ou moins grande d’un sable plus grossier, qu’on sépare facilement au lavage. Nous appelons alors ce mélange terre argileuse; nous aurons occasion d’y revenir. Il se trouve souvent dans l'argile, de l’humus qui y paraît plutôt combiné que simplement mêlé. Toute argile qui est à la surface du sol ou à une petite profondeur, en contient plus ou moins; nous avons trouvé une quantité très- sensible de cette substance dans de l'argile qui était à cinq toises au-dessous de la surface du sol, La chaux est souvent la compagne de l'argile; dans les contrées qui abondent en chaux, on trouve plus souvent l'argile jointe à la chaux, que seule. Quel- quefois la chaux y est mélée en petits morceaux, el alors on la distingue fa- cilement à la vue. D’autres fois ces terres sont combinées ensemble, et l’on n’y distingue la chaux que par l'analyse chimique. Quelquefois aussi la chaux y est combinée avec l’acide sulfurique en forme de gypse(sulfate de chaux). Lorsque la quantité de chaux contenue dans l'argile s'élève jusqu’à une certaine pro- portion, cette combinaison est désignée sous le nom de marne, substance que nous examinerons dans la suite d’une manière plus particulière. $ 454. Les propriétés physiques de l'argile, la faculté qu’elle a de retenir l’eau, et sa ductilité, peuvent être fortement modifiées par ces combinaisons, et d’autant plus que les substances mêlées ayec l'argile s’y trouvent en plus grande quantité. L’argile mélée de silice grossière, de sable, d’humus et de chaux, se divise plus facilement dans l’eau, retient une moins grande quantité de ce liquide, sèche plus facilement, et ne se durcit pas autant. Lorsqu'elle a été humectée, elle est moins onctueuse et ductile que l'argile pure,| Les quantites dans lesquelles ces substances se combinent avec l'argile, va- rient infiniment; de la vient que les propriétés de largile elle-même, doivent être également très-différentes. À cela il faut ajouter que comme les parties essentielles et constituantes de argile, lPalumine, la silice et l’oxide de fer, ont de l'influence sur ses propriétés physiques, on doit rencontrer des variétés sans nombre d’argile, que, dans ce sens, on peut cependant envisager comme pures. Îl est donc impossible de ranger les diverses espèces d'argile, sous une classification positive, parce qu'il n’y a pas de limites disunctes entre l’une ou l’autre espèce, et que de l'argile la plus maigre à la plus grasse, il y a des nuances sans d ange epeu us où avage, Venir, nbiné petile très= 'SSOUS ident Quel- 1e fa- a n'ÿ y est sque pro- e que u, ef utant ntite, divise sèche T elle le, va- Joivent parties de fer, variétés comme OUS une l'une OU nuances sans D'AGRICULTURE. 7 sans nombre. Cependant nous désignerons quelques-unes des espèces d'argile quisont les plus remarquables, etnous indiquerons leurs propriétésles plus essen- tielles; parce que leur connaissance peut être intéressante pour les culuvateurs, et que, dans diverses circonstances, elle peut leur être Uüle, pour tirer le parti le plus avantageux du sol dont ils disposent. $ 455. Le Kaolin(terre de porcelaine) est la plus pure et la plus fine des argiles, c’est cette espèce qui est employée à la fabrication de la porcelaine fine. On le trouve en différens pays; en Allemagne près de Aue dans V’'Erizgebirg, près de Giehren, près de Sirablow, Teichenau et'arnowits en Silésie, près de Grunnerits dansle cercle de Saal; près.de Vienne en Autriche, Passau, Hôchst, etc. Probablement le kaolin a été produit par la décomposition du feldspath; il est blanc, gris-blanc, blanc jauuâtre; ou ürant sur le rouge; il se réduit de lui-même en poudre dans l’eau; lorsqu'il est broyé à sec, il produit une poudre sèche et cependant douce au toucher et qui happe peu à la langue; quelquefois il est mélé de particules de chaux et de mica: les proportions de ses parties constituantes varient. Le kaolin de Cornouailles en Angleterre contient, suivant Wedgwood, 60 p.° cent d’alumine et 20 p." cent de silice; d’autres beaucoup moins de celle-ci,{l ne contient pas une grande quantité de fer ni d’oxide de fer. Mais on produit aussi de bonne masses de porcelaine, en faisant des mélanges déterminés de diverses espèces d'argile. $ 456. L’Argile à pipes est surtout employée pour la fabrication des pipes à fumer. Après le kaolin, c’est de toutes les argiles celle dont la couleur est la plus pure; cependant ses nuances varient beaucoup, elle est blanche, grise, ürant sur le bleu, ou même noire. Souvent elle contient des mauères combusubles, qui lui donnent une couleur foncée; au feu elle devient blanche, cependant quel- quefois elle conserve une 1einte qui üre sur le rouge. Elle se divise dans l'eau et, unie à ce liquide, elle ne prend pas une grande tenacité. On en voit de qualités très- différentes; dans le nombre des meilleures, on compte celle qu’on trouve près de Cologne, et l’on range d’abord après, celle des environs de Maestrickt: mais on en trouve aussi de la bonne pres de Bunizlau et de Plauen; à Weïssensprünck dans la Marche Électorale; dans la Hesse, dans le Wurtemberg, etc. 6 457. Le Bol est une des argiles les plus grasses. Dans les pharmacies, on en fait de petites tablettes qui; revêtues d'un üimbre, sont vendues sous le nom de É. EH, 10 74 PRINCIPES RAISONNÉS terre à sceaux(siegelerde). Il est rouge de tuiles, brun ou tout à fait blanc. Le bol d'Arménie est un des plus estimés. . Cette espèce d'argile est très-grasse au toucher; unie et mêlée avec Veau, elle donne une pâte trés-tenace et onctueuse. Elle se durcit fortement à lair et ensuite au feu. Le bol blanc acquiert au feu une couleur jrunâtre ou tirant sur le rouge. La sanguine ou argile ocreuse rouge est une espèce de bol, qui contient beaucoup d’oxide de fer. Ce bol se trouve en différens lieux, celui qu’on tire des environs de Striegau, de Zittau et de Nuremberg, estle meilleur de l'AI- lemagne. é 6 458. L’Argile& pots ou à tuiles, re son nom de: l'emploi qu'on en fait pour la fabrication de la poterie commune et des tuiles. Où la trouve en abondance et en grandes couches dans les plaines. Elle est trés-tenace et onctueuse, ce- pendant souventellé contient un peu de sable et de chaux. Elle est grasse au tou< cher, etelle happe fortement à la Hingue. Elle a éminemment la faculié d’absorber Veau, mais elle. ne sy résout pas en poudre; elle y devient très-tenace et duc- üle. En séchant elle se durcit fortement et a de la disposition à’ se fendre. E- gnition lui donne la dureté de Fa pierre, alors elle ne peut plus être broyée entre les doigts, et ce n’est plus:sans peine qu’on la réduit en poudre. La terre à foulon est une argile maigre, qu’on emploie pour fouler et deé- graisser les draps. Autrefois lon croyait qu'il n’ÿ avait de la terre à foulon qu’err Angleterre seulement, mais aujourd’hui Pon-sait qué plusieurs d’entre les espèces d'argile que nous avons, sont propres au même usage. En Angleterre Pexpor- tation dela terre: à foulon du Hamshire était défendue, mêmé sous peine de mort. Maintenant personne ne s’exposera plus à subir une peine à ce sujet. La terre à foulon est friable, l’eau la réduit facilement en poudre, sans ce- pendant qu’elle se divise beaucoup, ou qu’eHe forme une bouillie. Celle d’An- gleterre est brune, parsemée de veines jaunâtres; lorsqu'on la rougit au feu elle prend une couleur noire, qu’elle perd ensuite dans une incandescerice long tems continuée. L'argile que, dans la classification des différens sols, je désigne sous le nom del terre limoneuse, peut, pour la maigreur et les autres propriétés, être assi- milée à la terre à foulon. Elle contient peu d’alumine, mais d'autant plus de silice; quelquefois aussi un peu de chaux. Elle à peu de tenacité et de haison; lorsqu'elle est sèche, elle est assez dure, cependant elle donne toujours de la pe [- in Em lane, ea au, à l'air hrant Uent üre AL Our nCE ce- tous rber de- 'err ces OT e de 48 $ CE= V’'An- i elle (cms > n0m re ass lus de afsON j de la D'AGRICULTURE. 75 poussiere. Lorsqu'elle. est humide elle se. divise sans peine, de sorte que les raies d'irrigation n’y subsistent pas long-tems, mais au contraire se remplissent de limon: lorsqu'elle est sèche et réunie er mottes, ces mottes se brisent et se divisent facilement, après une légère pluie. Je la distingue de la terre glaiseuse, parce que celte dernière est un mélange d'argile grasse ou maigre, avéc de lassilice à grosgrains ou de la craie. 6 460. Le fer limoneux est, en gvande partie, composé d’argile et d’une forte pro- ; P, P- P portion de carbonate et de phosphate de fer, qui forment entr'eux une masse dure; non-seulement sa compacité, mais encore le phosphate de fer qu'il contient, le rendent tres-nuisible à la végétation, lorsqu'il est disposé en couches immédiatement au-dessous de la surface du sol, où ilse dissout en partie et est en contact immédiat avec les racines des plantes. Avec le tems 1l se décompose à l’air, on ne peut ainsi l’employer que pour des constructions souterraines À du moins est-ce le cas pour diverses espèces. Îl se conserve aussi sous Peau. Il est brun ou tient le milieu entre le brun foncé, et le jaune foncé; il a souvent des veines de noir bleuâire. On l’a quelquefois traité pour en retirer le fer; c’est pour cela que le plus souvent les minéralogistes le rangent dans la classe des mines de fer. Lorsque le fer limoneux se trouve à la surface du sol, il le rend impropre à toute espèce de produits; les pins même ne peuvent ÿ réussir. Le seul moyen de mettre un tel sol en valeur, c’est de le défoncer: on a employé ce moyen sur de petits espaces, et quelquefois à grands frais. Lid' Car AUX $ 46r. La Chaux est une des substances que nous rencontrons le plus souvent dans la nature. Elle constitue des chaînes de montagnes formidables ,. et, unie à d’autres terres et à des oxides métalliques, elle forme un grand nombre de corps minéraux. Mais nous la trouvons aussi en grande quantué dans le corps des animaux; les os et les coquilles de ceux-ci en sont composés pour la plus grande partie.| Elle fait également toujours partie constituante des végétaux; du moins la rencontrons nous dans la céndre de tous; enfin: on la trouve en dissolution dans la plupart des eaux naturelles. $‘462. Jusqu'à ce jour on a envisagé la chaux comme un corps simple, quoique 76 PRINCIPES RAISONWNÉS diverses expériences et observations donnent des motifs de croire qu’elle est un corps composé, et qu’elle est reproduite, chaque jour, surtout dans les corps organiques.©e n’est pas sans fondement que l’on conjecture qu’elle est princt- palement composée d'azote, et qu’elle a de grands rapports avec les alkalis, de sorte qu'ils se forment en elle, et qu’elle se forme en eux. Au reste, lors même que ce fait serait avéré, nous ne connaîtrions pas, pour cela, la subs- 4ance et la manière par le moyen de laquelle sa base est métamorphosée. La fréquente apparition de[a chaux dans le eorps des animaux, les nombreuses empreintes et pétrifications que les montagnes calcaires recèlent, l'évidence avec laquelle il est démontré que cette chaux provient de testacés, et enfin les nombreux moufs qu'on a de croire que les corps organiques produisent de la chaux, toutes ces choses ont persuadé à plusieurs naturalistes que‘la chaux est un produit de Ja nature organisée. Mhis cette opinion a contrelle lexistence de la chaux sur des montagnes primitives;. à des hauteurs où l’on ne trouve plus ni pétrifications, ni empreintes de corps organiques. $ 463: La chaux appartient aux terres alkalines. Ses propriétés paraissent avoir beaucoup de rapport avec celles des alkalis, Eïle a une grande disposition à se combiner avec les acides, et comme elle en rencontre partout, nous Ja trouvons aussi toujours combinée avec l’un d'eux, excepté duns le cratère des volcans, carbonique. Les acides carbonique et sulfurique, sont ceux que nous trouvons le plus souvent combinés avec Ja chaux. On rencontre plus rarement dans ces combinaisons les acides phosphorique, muriatique, boracique et nitrique 6 464, Le carbonate de chaux que l’on désigne sous le nom de chaux brute, est la base de la chaux et de la craie; il fait partie constituante de plusieurs autres minéraux.{l existe dans Fa marne uni à l'argile, et dans plusieurs terrains on le trouve en quantité plus ou moins grande, mêlé avec l'argile et le sable. Où peut le séparer de,tous les mélanges, et au moyen de l'art, le produire par- faitement pur. 6 465. inodore et insipide. D’après les analyses les plus précises, il est composé de 56 pour cent de chaux pure, 4o pour cent d'acide csrbonique, et# pour cent d’eau. Cette eau lui est essentielle;‘elle appartient à sa combinaison fonda- mentale, Elle ne s’évapore point x une chaleur modérée; le carbonate de où l’on a souvent rencontre de la chaux pure, dont le feu avait deélogé lacidèé Dans cet état de purété le carbonäte de chaux est une poudre meuble, blanche, Île est ur les Corps St princi- , ste, lors a subs- see, La breuses vidence t enfin duisent que‘là nelle où l'on avoir ù à SG outons olcans, : l'acdé rouvons lans ces ue: ule, es rs autres ps on Îe le. Où re par- anche, é de 56 ur CCR fonda- at de D'AGRICULETURE. 77 chaux cesse d'exister comme tel, avant de perdre son eau. Cette eau y est contenue non dans un état liquide, mais dans un état concret, et cristalisée; elle a perdu son calorique;. de la même manière que l’eau de cristallisation de certains sels.| $ 466.; Le carbonate de chaux peut facilement être mêlé avec l'eau pure, maïs non être dissous par elle; lorsqu'on le laisse reposer, il s’y abaisse facilement. Lors- qu’on le mêle avec de l'eau, pour en faire une bouillie et qu’on le dépose sur un tamis de crin, ilretient une quantité de cette eau égale à la moitié de son propre poids, mais il la laisse ensuite évaporer encore plus facilement que cela a’a lieu pour celle contenue dans le sable. Au contraire le carbonate de chaux se dissout dans l’eau imprégnée d’acide carbonique; pour opérer cette disso lution., il ne faut que remuer le carbonate dans cette eau. La quantité de carbonate de chaux qui est dissoute, dépend de celle d'acide carbonique qui est contenue dans l'eau; elle augmente et diminue avec elle. Nous appelons cette combinaison-dissolution de chaux carbonatée, dans de l’eau imprégnée d'acide carbonique. On la trouve fréquemment dans la nature;. nous devons envisager comme telles la plupart de nos eaux de sources,. mais surtout celles qui sortent des montagnes calcaires. L'eau de chaux chargée d’acide carbonique, préparée par Ja nature ou p2r l’art, est à l'instant. décomposée, le carbonate de chaux s’en sépare sur le champ, lorsque l’acide en:est éloigné; cet effet est produitpar la seule action de l'air libre, surtout lorsqu'on agite l’eau.. Voilà sans doute pourquoi certaines eaux d'irrigation produisent. beaucoup plus d’effet.sur les prés, lorsqu'elles leur sont appliquées immédiatement à leur. sortie de la.source, que lorsqu'elles sont conduites à une certaine distance, exposées au contact de l'air. Dans ce dernier cas, l’eau qui auparavant était limpide, devient trouble et laisse tomber la chaux qu’elle tenait en dissolution. Lorsque la terre calcaire est dissoute dans Peau, elle s'attache aux vases et y forme une croûte, ou bien elle s’amasse, s’aglomere, et forme diverses figures. Lorsqn’on fait bouillir l’eau calcaire chargée d’aeide carbonique, VPacide s’évapore plus vite encore;.c’est pour cela que lorsque nous faisons bouillir de l’eau de fon- taine, nous remarquons qu’elle se trouble et laisse tomber un sédiment qui forme une croûte dans le vase, et cette croûte n’est autre chose que du carbonate de chaux précipité, quoique les personnes non instruites la-prennent pour du salpètre. $ 467. Les corps qui absorbent Pacide carbonique précipitent également Îa chaux de 78 PRINCIPES RAISONNÉS l’eau qui la contenait en dissolution. Les alkalis caustiques, la soude, la po- tasse, l’ammoniaque, opèrent à l’instant cet effet, en s’appropriant ee dissolvant de la chaux. Il n’y a pas jusqu'aux alkalis dans leur état ordinaire de carbo- pates, qui, en plus grand nombre, n’aient la même propriété, parce qu’ils ne sont pas entièrement saturés d'acide carbonique. $ 468. Lorsque Île carbonate de chaux n’est soumis qu’à une chaleur modérée, il ne subit pas d'autre altération, si ce n’est qu’il perd Peau qui lui était adhérente et qu'il se sèche. Mais si cette chaleur va jusqu’au degré d’ignition ou d’incan- descence, il perd aussi complétement son eau de cristallisation et son acide carbonique; alors il devient caustique et acquiert des propriétés alkalines. C’est dans cet état seulement qu'il peut être envisagé comme chaux chimiquement pure, et on l’apelle alors chaux calcinée ou chaux vive: c’est la matière uni- versellement et de tout tems employée aux constructions. Ce n’est pas ici le lieu de décrire sa préparation en grand; mais nous devons considérer ses propriétés physiques et chimiques, afin de pouvoir expliquer tant les phénomènes remar- quables qu’elle produit, que ses eMets comme engrais et comme mortier. $ 469. La chaux calcinée a une saveur alkaline, caustique, très-désagréable à l'organe du goût. Elle a comme l’alkali, la propriété d’altérer les couleurs végétales. Si des fragmens de cette chaux sont humectés avec de l’eau, ils absorbent une quantité considérable de ce liquide, et demeurent cependant secs; alors on ne tarde pas à observer un développement de calorique, qui angmente suceessi- vement; enfin ces fragmens se fendent, s’éclatent et tombent en poussière très- blanche, très-meuble, douce au toucher et sèche. Le degré de chaleur qui se développe ici peut s’élever au point de surpasser même celui de l’eau bouil- Jante. Lorsqu'on éteint la chaux dans Pobscurité, il se fait quelquefois un déga- gement de lumière. Lors même qu’on incorpore à la chaux une quantité d’eau égale au quart de son poids, la poudre qui en résulte n’est cependant pas mouillée. La chaux absorbe toute l’eau et la concréfie; mais son poids en est augmenté. Ceci peut expliquer la forte élévation de température qui a heu lorsqu'on éteint/la chaux; auparavant on donnait à ce phénomène toutes sortes de causes hypothétiques. L'eau qui est absorbée par la chaux, en se combinant avec elle, passe de l’état liquide, à l’état. solide. Le calorique auquel l’eau devait son état de liquidité, devient libre et s'échappe au-dehors. L'eau qui est combinée avec la chaux n’en peut alors plus être séparée que par une chaleur d’igniuon. D'AGRICULTURE. 79 Ç 470. La chaux qui a été éteinte peut facilement être mélangée avec l’eau; il ne s’y développe aucune nouvelle chaleur. Si on la délaye avec beaucoup d’eau, elle forme une bouillie hée; si l’on y met plus d’eau encore;.il en résulte un liquide laïteux qu’on designe sous le nom de lait de chaux. La chaux éteinte est encore caustique; mais pas au même degré que la chaux vive. Comme celle-ci, elle a une saveur alkaline,. et elle altère la couleur des papiers teints: avec des sucs VÉSELAUX. Ç 471: La chaux calcinée et non éteinte s’altère également à l'air; ses fragmens se réduisent plus ou moins vite en poudre, suivant le degré d'humidité de Paimos- phère qui l’entoure,. alors la chaux absorbe cette humidité, et s'éteint d’elle- même, souvent en donnant une chaleur sensible. Mais outre cela elle éprouve encore une altération; elle perd peu à peu’sa causticité, sa: saveur et ses qualités pour le mortier. Indépendamment de Peau, la chaux absorbe encore l'acide car- bonique contenu dans Pair, et de cette manière elle reprend peu à peu l'etat de chaux douce ou de carbonate de chaux; de sorte qu’on ne peut lui rendre ses anciennes propriétés, qu’en la calcinant de nouveau. Le tems qui est nécessaire pour que la chaux calcinée reprenne à l’air sa qualité de chaux douce, ou de carbonate de chaux, dépend'de l'humidité de Patmosphère qui l’environne, ou de la quantité d’acide carbonique dont cette atmosphère est imprégnée. Plus elle a d'humidité, plus elle contient d’acide carbonique, plus promptement cet effet a lieu:: la chaux calcinée ne tire aucun acide carbonique de l’air qui est absolument sec, lors même que cet acide y est contenu en abont dance. L’humidité doit servir d’intermédiaire à l’acide carbonique et à la chaux. L'on peut ainsi souvent conserver pendant long-tems de la chaux calcinée dans un lieu sec, sans qu’elle perde ses propriétés; cependant il ne faut pas s’y fier, lorsqu’on veut avoir de la chaux parfaitement pure, pour s’en servir, parexemple, contre le gonflement des animaux. Lorsqu'on la destine à cet usage, 11 faut la conserver dans des vases de verre goudronnés.. $ 472. La chaux calcinée peut ëtre entièrement dissoute dans l’eau pure,-sansinter- médiaire, et elle ne perd pas cette faculté, lors même qu’elle a été auparavant éteinte. Mais il lui faut une grande quantité d’eau pour pouvoir se dissoudre entièrement;. pour une partie de chaux 680 d’eau. Pour opérer cette solution, il ne faut que secouer dans cette eau, la chaux éteinte ou non éteinte. On appelle cette eau, eau de chaux, elle est parfaitement claire et transparente, et a la — 80|: PRINCIPES RAISONNÉS saveur alkaline de la chaux. Elle se comporte avec les couleurs végétales abso- Jument comme la solutton d'un alkal. r. Si on expose l’eau de chaux à l'air, il se forme à la superficie une petit peau, qui à la fin devient si pesante, qu’elle est entraînée au fond du vase. On nomwe cette peau créme de chaux. TH s'en forme toujours une nouvelle, jusqu’à ce que l’eau ait perdu toute sa chaux et soit devenue insipide. Ce phe- nomène est opéré par l’acide carbonique contenu dans l'air. Cet acide se com- biue avec la chaux dissoute, qui se trouvant par là en état de carbonate de chaux, ne peut plus demeurer en dissolution. La conservation de l’eau de chaux doit done avoir lieu dans des vases bien fermés. $ 475. La chaux qui est tout à fait dissoute dans l’eau, ou qui n’y est que mécanique- ment mêlée et suspendue, comme cela a lieu dans Île lait de chaux, s’appreprie promptement l'acide carbonique, et peutbientôt en être saturée, si on Pagite for- sement dans ce gaz. Toutes les eaux qui contiennent de l'acide carbonique en sont privées par elle, ainsi elle décompose également l’eau de chaux chargée d’acide carbonique. La chaux est done un des meilleurs réactifs qu’on puisse employer, pour déterminer la présence et la quantité de l’acide carbonique, contenu dans les liquides sous l'état de gaz ou de dissolution. C'est par ce procédé qu’on découvre la quantité d’acide carbonique contenu dans Patmosphère et dans l’eau, $ gas La chaux calcinée se combine facilement avec le soufre, et produit des phé- nomènes différens, suivant la manière dont cetie combinaison a été opérée. Lorsqu'on mêle de la chaux caustique(vive) en poudre, avec du soufre pulvé- risé, et qu’on les fait rougir; ce mélange devient brun et entre en combinaison. On nomme ce produit sulfure de chaux, ou foie de soufre: il est inodore. C’est une simple combinaison de Ja chaux et du soufre; lorsque cette combi- naison est exposée à l’air ou humectée d’eau, il s’y développe une odeur fetide d'hydrogène sulfuré(acide hydronthionique). Une partie du soufre décompose l’ean; l'hydrogène de celle-ci dissout une partie du soufre, et produit un acide qui s’unit de rechef avecla chaux; c’est ainsi quese forme Phy drosulfure de chaux. On obtient également ce composé, en faisant cuire du soufre dans du lait de chaux ou dans de l’eau de chaux: la liqueur devient brune, et donne la même odeur. Cette combinaison de soufre, préparée par la voie sèche, et humectée avec de l’eau, éprouve une décomposition à Pair, parce que le soufre absorbe loxigène; lorsqu'on la mêle avec des acides, elle est promplement décomposée, et et pro hien| À en brune que le il se de et sal qu ne Auta hydro pe Sun ment$ d'azou sont al contact en ma posés acco! chaux mème, les inse Ces sammen avec l'h inte, action quelqu avec el A parce l'actior Ba dis d, tCOmp D'AGRICULTURE. 81 et produit beaucoup de gaz hydrogène sulfuré; de cette manière l’art imite très- bien les bains d'eaux souffrées naturelles. $ 475. Au moyen de la chaleur, on peut aussi combiner la chaux avec le phosphore, en les faisant fondre ensemble. Il résulte de cette combinaison une mauère brune qu’on appelle phosphure de chaux, laquelle possède plus éminemment que le sulfure de chaux la faculté de décomposer l’eau, Dans cette combinaison il se dégage beaucoup de gaz hydrogène phosphoré, dont une partie s'échappe et s'allume au contact de l'air, tandis que l’autre partie est retenue par la chaux, qui ne peut en être séparée que par les acides. $ 476. Autant que l'expérience nous l'indique, la chaux ne se combine point avec Vhydrogène pur, avec l'azote et le carbone; mais il n’y a aucun doute qu’elle ne s’unisse avec eux, lorsqu'ils sont réunis ensemble, et qu’elie ne puisse égale- ment se combiner avec le carbone hydrogéné, et avec les composés de carbone; d'azote et d'hydrogène. Ceci nous explique pourquoi tous les corps organisés sont attaqués par la chaux calcinée et détruits par elle. Lorsqu'ils sont mis en contact avec la chaux, ils perdent leur cohésion, leur couleur, et se réduisent en matière friable. Les cadavres couverts de chaux sont promptement décom- posés, sans exhaler ces vapeurs malfaisantes, qui, sous d’autres circonstances, accompagnent leur putréfaction; c’est par cette raison qu’on ensevelit daus la chaux, les corps morts de maladies contagieuses. Les corps organisés VIVAns CUX- mêmes, sont attaquéspar la chaux calcinée; les plantes et les semences faibles, les insectes et leurs larves, sont détruits par elle. Ces phénomènes que la chaux produit tout comme les alkalis, prouvent sufki- ‘samment son affinité avec les substances élémentaires de la nature organique, avec l'hydrogène, le carbone et l’azote: car on ne peut croire qu'une subs- tance, qui agit d’une manière si frappante sur les corps organisés, soit sans action sur leurs élémens; on doit plutôt penser que la chaux tend à attirer quelques-uns d’entr'eux, unis dans une certaine proportion; qu’elle se combine avec eux, et qu’ainsi elle détruit l’équilibre de tout le mélange. $ 477.| La chaux éteinte ne produit pas cet effet au même degré que la chaux vive, parce qu’elle n’est pas aidée par le développement de la chaleur qui a lieu dans l’action de la dernière. Cependant elle a encore assez de force pour accélérer la dissolution du corps des animaux et des plantes. C’est sur cette faculté de décomposition que repose en partie le grand effet qu’elle produit comme engrais. EEE 11 82 PRINCIPES RAISONNÉS Elle accélère la décomposition et Fa dissolution des engrais qui sont contenus dans le sol, et fait que les parties nutritives les plus avantageuses aux plantes, se développent en plus grande quantité. De là vient aussi qu’elle accélère l’épui- sement du sol, qui devient d'autant plus tôt stérile, si on ne lui donne de nouveaux engrais; c’est pour cela que lors qu’on amende avec de la chaux, il Æstsi nécessaire de fumer aussiavec des engrais d’étable ou d’autres du même genre. Mais on ne peut également pas contester au carbonate de chaux une action semblable sur les corps organiques, surtout lorsque la putréfacuon et la de- composition ont déjà commencé. Le carbonate semble aussi, quoique à un moindre degré, avoir de Flaction sur certaines combinaisons d'hydrogène, d'azote et de carbone, et s’en approprier quelque chose, au moyen de quoi leur composition primitive est ou détruite ou relächée. Ç 478. Une des propriétés les plus remarquables de la chaux, propriété qui la rend si éminemment utile pour les constructions, est qu’elle se durcit lorsqu’elle est employée en bouillie claire avec certains solides pierreux, et qu’elle forme avec eux une matière qui a la dureté de la pierre. Le sable et la chaux éteinte con- verlis en mortier, se sèchent promptement à l'air; non-seulement cette compo- sition a une grande cohésion, mais encore elle s’attache fortement aux autres pierres, et sert à les lier les unes aux autres. Cette force de cohésion vient de action la dez ke à un rogène, de quoi \ la rend Welle est re avec inte con- = x autres vent dé ‘de chaux posées pente sa ne plus je COn- isaliOn y CeUX. StAnCes trop vif ue et se5 es heux jaus qui briblee, aglowe- née,€ us peut D'AGRICULTURE. 83 Ç 480.: La chaux a une grande affinité avec tous Îles acides; et avec la plupart de ceux-ci, cette affinité est encore plus grande, que celle des alkalis proprement dits. La chaux aire l’acide carbonique plus fortement que ne l’atüirent la potasse, la soude et l’ammoniaque; elle peut même le leur enlever; c’est par cette raison qu’on l’emploie comme le meilleur moyen de transformer les carbonates alkalins, en alkalis caustiques. Elle a aussi avec les acides sulfurique, muriatique, nitrique et phosphorique, une affinité plus grande que celle des alkalis purs; ces derniers ne peuvent donc pas décomposer les combinaisons de ces divers acides avec Ja chaux. 6 48r. Si l’on réunit des acides avec de la chaux calcince qui ait auparavant été éteinte, la combinaison s’en fait avec promptitude et sans occasionner aucuné effervescence. Si l'acide qu’on aura employé, l’acide muriatique ou le nitrique, produit avec la chaux un sel moyen soluble, la chaux est absorbée par la liqueur, et cesse d’être visible; la dissolution devient claire. Mais si la combi- naison avec l'acide, que ce soit de l’acide suffurique ou de l’acide phosphorique, produit un sel moyen insoluble, ou tout au moins difficile à dissoudre; alors la chaux demeure suspendue dans le liquide, et se sépare de nouveau, apres s'être réunie avec l'acide. Si l’on verse des acides liquides mélés avec de l’eau, sur de la chaux calcinée et non éteinte, il en résulte un développement de calorique, qui met la liqueur en effervescence; cet effet est produit moins par l’action des acides, que par l'absorption et la cristallisation de l’eau. Cette effervescence est ainsitrès-différente de celle que les acides produisent en se combinant avec le carbonate de chaux. K 482 Le carbonate de chaux se dissout dans les acides aussi facilement que la chaux calcinée; pendant que la dissolution s’opère, l'acide carbonique s’evapore sous la forme de gaz. Le gaz acide carbonique s'élève sous la forme de bulles et produit dans le liquide une violente effervescence. Comme ce phénomène accompagne toujours la dissolution des carbonates de chaux dans les acides, on l’envisage comme un signe de la présence de ce carbonate dans une terre. Si celle-ci est mise en effervescence par les acides, l’on en infère qu’il y a de la chaux: cependant ce n’est point une preuve complète, et qui n’admette pas dexceptions. S'il ne se fait pas d’effervescence sur une terre où l’on verse de Vacide, on peut, à la vérité, considérer comme certain que cette terre ne con- tient pas de carbonate de chaux en quantité sensible; mais la conséquence S4 PRINCIPES RAISONNÉS opposée n’est pas absolument certaine; car le même phénomène se montre au dégagement de l'acide carbonique contenu dans le carbonate de magnésie et dans le carbonate de fer, lorsqu'on verse sur ceux-ci d’autres acides; il se pourrait donc-que ce füt cette circonstance qui eût occasionné l’effervescence attribuée à la présence de la chaux. Ç 485. Lorsque la chaux calcinée se combine avec des acides, elle perd entièrement sa causticité et ses propriétés alkalines, tout comme les acides eux-mêmes per— dent les caractères qui les distinguent. L'effet est le même que ce soit du car- bonate de chaux ou de la chaux calcinée, qui ait été combiné avec l’acide. Dans l’un et l’autre cas, ce ne sont que de simples combinaisons de la chaux pure avec l'acide employé. .$ 484. Les sels moyens que la chaux produit lorsqu’elle est combinée avec les acides, varient avec les différens acides, et se distinguent à leur tour sensiblement de Ceux que ces acides donnent, lorsqu'ils sont unis à d’autres terres. Nous n'exa- ninerons ici d’une manière particulière, qu’un seul de ces sels, le sulfate de chaux(le gypse). |$ 485. Entre les fossiles appartenant aux espèces de chaux, lesquels sont essentiel- lement composés de carbonate de chaux, nous disuinguons les suivans. 1. Le spath calcaire. ÎF est composé tout entier de carbonate de chaux. On: le trouve en masses ou crisiallisé dans l’intérieur des terres, Où, souvent, il sert de ganguesaux minérais métalliques. Ses cristaux sont variés en forme de prisme, de pyramide ou de rhomboïde, etc. Le spath calcaire a plus ou moins: de transparence, 1] n’a pas de couleur et il se brise en fragmens rhomboïdaux.. Le spath calcaire rhomboïdal transparent a la propriété de doubler les objets: que lon voit au travers. 2. La pierre à chaux. L'on trouve quelquefois des chaînes de montagnes: toutes entières, composées de cette pierre; on. l’en tire pour la calciner et en: faire de la chaux, emploi auquel elle est le plus propre. Elle est dure, de cou- leur grise, jaunâtre, rougeätre, et quelquefois aussi de diverses couleurs: la- meilleure est la grise. Outre cela elle se distingue encore par la forme de sa cassure. Îl y a des pierres à chaux à cassure terreuse» écailleuse et schisteuse.. La pierre à chaux a plus ou moins de dureté, mais elle n’en a jamais assez pour donner des éuncelles, lorsqu'on la frappe avec de l'acier. Elle n’a ni brillant, ni. transparence; mais lorsqu’elle est polie, elle peut quelquefois acquérir le premier. Jrès-fréquemment on trouve dans la pierre à chaux des impressions et péuri- feauor et alor odeur La p souvenl Suvo, Selon plus de de mans Le m les pet durete quelqu 5, La au touch est Je bla qu en{ Sen proc par ee preme employ Nya doivent Lac magnes 4, L dans Jes plus ou grinde p, COnSistang el On tu de ons aux, bjets HIES CR COoU- à ke le sa euse.. pour 1, ue plér. 85 fications de testaces; quelquefois elle est imprégnée de substances bitumnneuses, D'AGRICULTURE. et alors si l’on frotte ses fragmens les uns contre les autres, elle répand une 5 9 P edeur feuide d'ail. On appelle cette variete pierre puanle ou pierre de porc. PP P La pierre à chaux n’est ordinairement pas si pure que le spath calcaire; car souvent elle contient de l’oxide de fer, de l’alumine et de la silice. D'après Simon, 100 parties de pierre à chaux de Rüdersdorf contiennent: Chaise 5.5, 054 Acide carbonique 42,60 nhge TO ….>‘ 1,18 Abumine 4.115 Fepass culs 0,75: Ramos. 63 100. Selon le même auteur, les pierres à cliaux de Suède, contiennent un peu plus de silice, d’alumine et d’oxide de fer, et outre cela encore un peu d’oxide de manganèse. Le marbre est une espèce de pierre à chaux, qui ne se distingue que par les petts mélanges de matière étrangère qu’elle contient, par une plus grande dureté, par une cassure plus fine, et par ses couleurs variées; celles-ci lui donnent quelquefois une: trés-belle apparence: 5. La craie. C’est une espèce de chaux concrète de dureté variée, maigre au toucher, légerement fachante et qui se laisse facilement racler. Sa couleur est le blanc ou le blanc'jaunâtre. Elle üre son nom: de l'ile de Crête ou Candie, qui en fournit une grande quantité et d’une qualité excellente. On peut aussi s'en procurer dans d’autre pays, où des collines toutes entières en sont formées, par exemple en Angleterre, en Danemarck, en France, etc. Le noyau de ce premier pays consiste probablement en un rocher calcaire. La craie peut être employée pour faire de la chaux et sert à divers usages. dans là vie commune, IF ÿ a d’autres fossiles qui portent aussi le nom de craie et qui cependant ne doivent point être confondus avec la craie proprement dite. La craie d'Espagne est une espèce de’ stéatite,. qui appartient au genre des magnésies. La eraie noire est du genre des schistes. 4. La chaux pulvérulente: Souvent daus les. collines, dans-les plaines et dans les bas fonds, on trouve une espèce de terre blanche, friable ,. tirant plus ou moins sur le jaune ou sur le gris. et.qui est composée, pour læ plus grande partie, de carbonate de chaux, Elle est maigre au toucher, elle a-peu de °°?? 2°\% consistance et, imprégnée d’eau. elle ne forme point une nrasse concrète. Nous 86 PRINCIPES RAISONNES l’appelons chaux pulvérulente ou chaux terreuse, mais dans plusieurs lieux on la qualiGe du nom de chaux marneuse, quelquefois même de celui de rnarne. Elle contient une trop grande proportion de chaux(au moius 90 pour cent), pour qu’on puisse la classer parmi les marnes. On la moule en forme de tuiles pour la réduire en chaux vive par la calcination*, mais elle est très-susceptible d’être employée comme engrais, sans avoir passé au feu, d'autant qu’elle est réduite en poudre par la seule action de l’air. Elle est en conséquence d’une grande importance pour le cultivateur, Probablement elle a la même origine que l’espèce suivante. 5. La chaux feuilletée ou coquillère. On la trouve quelquefois dans Îles montagnes, mais plus souvent dans des bas fonds, couverte d’une épaisse couche de terre noire marécageuse. À la superficie on trouve une couche de coquilles non décomposées, qui, un peu plus bas, sexfolie en lames; au- dessous de celle-ci on trouve d’abord de la chaux meuble et friable, et ensuite, tout au fond, quelquefois de la chaux presque aussi dure que la pierre. Là on peut clairement apercevoir que ceute chaux a été formée des débris des Lestacés, et que peu-à-peu, elle a été changée en pierre. 6. Les stalactites et les concrétions calcaires cristallisées. Ces espèces de chaux ont été produites par des eaux, qui avaient dissous beaucoup de car- bonate de chaux, par le moyen de l’acide carbonique. À mesure que cet acide s’est évaporé, la chaux est descendue et s’est durcie en couches succes- sives, sur cile-même ou sur d’autres corps. On trouve des stalactites sous diverses. formes remarquables, principalement dans les grottes ct surtout dans celles appelées Baumans et Biells Hôhle, dans le Hartz, dans la grotte d’Antiparos, etc. Le tuf calcaire est une concrétion calcaire qui se forme dans les eaux par dépôt, et non par suintement, On en trouve à Carlsbad, en Silésie, dans le Hartz et presque dans tous les lieux où il y a des montagnes calcaires. Quelque- fois il est en forme de petites boules adhérentes les unes aux autres, qui sont vides en dedans, ou plus ordinairement qui ont un noyau de sable. On les désigne sous le nom de Pierres de pois ou Pisolithes, LE GYese( Sulfate de chaux). $ 486. Dans le sombre des concrétions que la chaux produit en se combinant avec * Si elle n’était pas moulée elle ne pourrait pas être calcinée comme la chaux carbonatée compacte, parce que, dans son état pulvérulent, la flamme du four à chaux ne pourrait pas circuler dans l'intérieur, comme cela doit avoir lieu pour cette opération. Zrad. Jes ac ha che gyps insipl mali Pour( erpend une qu d'autres Cette c senler( Ens. Ce de gran elle res Yaade mas| dissous goit, lon, solution liquide qu cor pure;: qu'elle bouill: Sont 1 amelor Suiv gypse eux on|a © Marne, Ir cent), de tuiles sceptible d'elle est ce d'une 1gine que dans les | épaisse uche de IS; AU= able, et la pierre, ebris des pèces de ) de cat- > que cet suCCes= diverses. s celles ros, ele, aux par dans le uelque- qui SO On les ant avec D a irhonalée grait PAS D''ACG R EGTE L TOUR€. 87 les acides, nous n’examinerons ici que celle qui est due à Ta combinaison de Ja chaux avec lacide sulfurique, celle qu'on appelle dans la langue vulgaire gypse, et dans la langue scienufique sulfate de chaux. Ce corps est absolument insipide, 1l se dissout difficilement dans l’eau, et lorsqu'il est purgé, tant de matière combustible que d'oxide métallique, 1l a toujours une couleur blanche. Pour dissoudre une de ses parties, il faut, suivant Buchholz, 461; parties d’eau; ccpendant les données sur ce sujet varient, Suivant Buchholtz il s’en dissout une quantité presque égale dans l’eau chaude et dans Peau froide; suivant d’autres auteurs il s’en dissout une plus grande quantité dans Peau chaude, Cette difficuhié qu’on a à dissoudre le gypse, fait que Part ne peut pas le pré- senter en cristaux. On ne l’obtient, par la dissolution, qu’en petits grains cristal- Hins. C’est aussi par cette raison, qu’on ne peut pas obtenir, sous l’état liquide, de grandes quantités de chaux en dissolution dans l’acile sulfurique, et qu’ainsi elle reste toujours en arrière dans le filtre. Si l’on verse sur de la chaux, de Pacide sulfurique délayé avec de l’eau; il se fait à la vérité une combinaison, mais Île gypse qui en résulte, demeure dans l’état de poudre blanche, sans être dissous; une très-petite portion seulement reste en dissolution dans le liquide, $ 487. La dissolution de cette petite quantité de gypse dans Peau, est en apparence absolument semblable à l’eau pure; cependant elle a un peu de goût, quoique le gypse sec soit absolument insipide. Au reste on ne peut pas bien décrire ce goût, on le remarque dans quelques eaux qui contiennent du gypse en disso- Jution, qu’on qualifie du nom d'eaux dures. Si l’on fait évaporer cette dis- solution, à mesure que l’évaporation se fait il se précipite du.gypse: car le Hquide restant ne conserve que la quantité de gypse qu’il peut dissoudre. L'eau qui contient de l'acide carbonique dissout beaucoup plus de gypse que l’eau pure; mais à mesure que l'acide s’évapore, cette eau laisse précipiter le gypse qu’elle tenait en dissolution, ainsi à Pair elle en perd la plus grande partie, et en bouillant, la totalité. Les eaux chargées de gypse, autrement les eaux dures, sont impropres à plusieurs usages, mais pour l'irrigation des prairies elles sont amelorantes et ferulisantes.. $ 488. Suivant les recherches de Buchholïtz qui paraissent être les plus exactes, le gypse est composé de chaux..:,+.:. 33 pour cent. acide sulfurique...… 43: eou de cristallisauon. 24 83 PRINCIPES RAISONNÉS Cependant il se peut qu’il existe des gypses de proportions différentes. Le gypse, quoiqu'exposé à Pair, ne perd point son eau de cristallisation. Les cristaux de gypse n’effleurissent donc point à Pair, ils s’y altèrent d'autant moins qu'ils sont moins exposés à l'humidité de latmosphéere. Mais lorsque le gypse est soumis à l’acuion de la chaleur, il perd son eau de cristallisation sans pour cela s'éclater. Il perd en poids toute l’eau qu’il contenait. Pour produire cet effet il n’est pas nécessaire que la chaleur soit très-forte; cette chaleur peut être très-inférieure à celle que la calcinauion de la chaux exige. Lorsque le gypse brisé en morceaux d’une grosseur moyenne est passé au feu, en se calcinant il devient tout-à-fait tendre, et l’on peut alors facilement Pécraser entre les doigts. |$ 469- Le gypse qui a ainsi perdu dans le feu son eau de cristallisation, est désigné sous le nom de gypse calciné(ou plâtre). Dans cet état il peut être employé comme morter et pour mouler. Lorsque le gypse est réduit en poudre fine et mélangé avec de l’eau, il absorbe promptement ce liquide, le solidifie et se com- bine avec lui comme avec son eau de cristallisation. Dans ce changement il se fait un dégagement de chaleur, comme cela a lieu pour la chaux, mais cette chaleur n’est pas aussi sensible, parce que la combinaison n’est pas aussi prompte. Si l’on y ajoute plus d’eau que le gypse n’en demande pour se cristalliser, la matière demeure-quelques momens en bouillie, puis elle se réunit en cristaux et forme une masse dure. C’est sur cette propriété que repose son utililé comme mortier. 6 400. Le gypse calciné expose à l'air absorbe aussi peu à peu l’humidité et se l’ap- proprie en état d’eau de cristallisation. Par cette exposition il augmente en poids, en revanche il perd la faculté de s’échauffer avec l’eau, et son utilité comme mortier.{l ne peut être rendu à son état primitif que par une nouvelle galcination, après celle-ci, il peut de nouveau être employé comme mortier. 6 491, Si le gypse.est calciné à une trop forte chaleur, il éprouve une altération semblable à celle que la chaux subit en pareil cas. Alors il est brûlé; il ne s'éteint plus avec l’eau, il ne peut plus produire un moruer, et il perd ses qua- lités comme engrais. Le gypse ne peut être mis en fusion qu'au moyen d’une chaleur très-forte et très-prolongée. Celui qui a ainsi été fondu, présente souvent le phénomène de dégager de la lumière dans Pobscurité, La chaleur n’opère point la décom- position et la séparation de lPacide sulfurique de la chaux; elle n’ôte au gypse que que$ çoml d'igr pari binet C'est odeur Je coup| réunit de là eaux 1 de sou quel La sequel bonat SIP par carb chau: blanc! dissou SP comen quoi Le lagne d'un| esptt 1 pulve Sépar le voi tavOy sation, autant que le D sans oduire haleur rsque en se craser SIonÉ ployé ne et > cOM- e fait aleur e, SL atère orme Jortier, e l'ap- nte en uuhte ouvelle rtier, jération ; il ne >S qua forte et nomène decon- u gypse que DAGRICULTURE. ëq que son eau; le gypse n’est décompose que, lorsque réuni à des substances combustibles, à du charbon ou à des corps végétaux, il est porté au degré d'ignition; alors seulement son acide sulfurique perd son-oxigène, et une partie du soufre qui s’en sépare est évaporé, tandis qu’une autre demeure com- binée avec la chaux et produit ainsi du sulfure de chaux ou du foie de soufre. C’est par cette raison que dans tous les fours à gypse l’on remarque une odeur sulfureuse. Ïl est vraisemblable qu'il se fait une décomposition semblable y TRaIS beau- coup plus lente à une température moins élevée, lorsque le gypse se trouve réuni à des corps chargés de carbone et qui sont en putréfaction, et que c’est de là que provient en partie la faculté que le gypse a d’amender les terres. Les eaux imprégnées de gypse, lorsqu’elles sont salies, répandent une odeur fétide de soufre; c’est à cela que Fourcroi attribue la mauvaise odeur répandue dans quelques contrées des environs de Paris. 6 492. * La chaux a plus d’affinité avec l’acide sulfurique que les alkalis, par con- séquent le gypse ne peut point être décomposé par ceux-ci; mais les car- bonates alkalins peuvent facilement produire une complète décomposition du gypse: cette décomposition s'opère au moyen d’une double combinaison. Si, par exemple, on fait bouillir du gypse en poudre, dans une dissolution de carbonate de potasse, la potasse se combine avec l'acide sulfurique, et la chaux avec l’acide carbonique. Alors la chaux passe sous la forme d’une poudre blanche, à Fetat de carbonate de chaux. En revanche le sulfate aïkalin est dissous dans le liquide. Nous nous arrêtons ici à ces propriétés chimiques du gypse, parce qu’elles ont quelque rapport avec la théorie de l'emploi du gypse comme engrais, théorie qui jusqu’à présent etait encore dans l'obscurité, quoique l’expérience eut suffisamment démontré les faits qui s’y rapportent. 6 495. Le gypse qu’on rencontre dans le règne minéral forme souvent des mon- tagnes toutes entières. On le trouve sous diverses formes; tantôt sous celle d’un corps pulvérulent, tantôt en grandes masses; d’autrefois cristallisé. Les espèces suivantes sont celles qu’on rencontre le plus souvent. 1. Le Gypse en poudre, lait de montagne, farine céleste. Ce gypse est pulvérulent; il se trouve dans le voisinage des roches de gypse, d’où il a été séparé et réduit en poudre par le moyen de l’eau. Dans quelques endroits on le voit sortir de terre. Dans un tems de disette, l’on crut que c'était une farine envoyée du ciel; on la mêla avec de la véritable farine, et l’on en fit du pain, +. LE. 12 66 PRINCIPES. RAISONNÉS qui, comme on le pense, ne put pas servir à la nourriture de Phomme, mais qui cependant n’était pas aussi malfaisant que plusieurs personnes seraient dis- posées à le croire. 2. Le Gypse compacte commun ordinaire. On le trouve en grandes masses dans les montagnes secondaires. Ïl n’est pas tres-dur, il se divise avec cra- quement sous la dent, il ne prend pas de poli; 1l est assez tenace, de sorte qu’on a de la peine à le réduire en poudre. On en trouve de différentes cou- leurs, le plus souvent il est blanc ou gris. Lalbâtre appartient à ce genre; il est au gypse ce que le marbre est à la chaux, une pierre à moitié cristailisée, qui prend le poli, et est employée à toutes sortes d'ouvrages de seulpture, pour faire des vases, des statues, etc. Quelquefois il est de toutes sortes de très- belles couleurs; ces couleurs proviennent d’oxides métalliques; elles changent souvent dans un même morceau et sont quélquefois très-variées. L’albâtre ne prend cependant pas un poli aussi beau que celui du marbre, parce qu’il n’est. as aussi dur: exposé à Pair, il est aussi plus sujet à se déliter. P 5; P} 3. Le Spath gypseux ôu gypse cristallisé. Celui-ci se trouve souvent dans les lieux où il y a de la pierre gypseuse compacte, et il est mêlé avec elle. I est plus ou moins transparent et diversement coloré, il peut être fendu avec le couteau en lames minces, molles et transparentes. À: ce genre apparent le verre de Marie, qu'on trouve en assez grosses ‘pièces rhomboïdales et qui peut facilement être coupé. Quelquefois le spath gypseux se présente en cristaux considérables, sous la forme de tables ou de piramides: Au reste le spath gypseux est-également tenace et dificilesà pulvériser. 4. Ees Sialactites gypseuses ont eu la même origine que les caleaires; c’est-à-dire qu’elles ont. été formées par le dépôt d'eaux carbonatées, qui te- naient beaucoup de gypse en dissolution. Quelquefois aussi on trouve le gypse et le carbonate de chaux mêles ensemble, Ces gypses calcaires font-alors effer- vescence avec les acides. .Îl est beaucoup d’eaux qui contiennent du gypse en dissolution. C’est souvent: le cas des eaux de fontaine, auxquelles alors on donne la qualification d’eaux- dures ou crues, et qui sont impropres à plusieurs usages, en particulier à- la distillation d’eau de vie. Quelquefois, quoique rarement, on rencontre aussi du gypse à la superficie du sol, et mêlé avec de la marne ou de l'argile. On en trouve également dans la cendre de quelques végétaux; mais probablement il n’existait pas dans les plantes, il a été produit dans la combustion par la combinaîson de l’acide sulfurique avec la chaux. { de Jan peme ésale all n'00 de c total effet sul con qu' la a e\ ; Dai nt Qis= masses C Cra- sorte : COU= te; il Iisée, y Pour » fres- ngent re ne À west 1 dans Île, Il vec le grosses e spath ou de tériser. earres; qui Le > gypse s eller- souvent d'eaux’ r à là à aussi le. On lement par la PD'AGRICULTURE. LA MARNE. $ 494. Ceue substance si importante pour l’agriculture a été connue de beaucoup e:p., L 3; de culivateurs comme un moyen d'augmenter la fécondité d’un champ et de l'améliorer. Dans plusieurs contrées il est des districts entiers qui, déjà ancien- nement, ont été bonifiés par l’usage de la marne. Les Romains la connaissaient également, Cependant c'est depuis peu seulement, que le marnage des terres a attiré l'attention générale, etil y a encore beaucoup de cullivateurs, qui n’ont pas une idée distincte de cette substance, quoiqu'il ne faille que peu de connaissances chimiques pour la distinguer des autres terres. C’est cette totale ignorance de la nature de la marne, qui fait que souvent on en nie les effets, que même on la décrie, et que l’on veut avoir vu de mauvaises suites résulter de son emploi. Alors ce n’était pas de la marne que Pon avait conduit sur le sol, mais peut-être une argile tenace et ferrugineuse, ou quel- qu'autre espèce de terre qui ne convenait point à ce sol. Nous parlerons dans la suite de la marne comme engrais; ici nous ne nous occupons que de sa nature et de son existence naturelle dans le sol. $ 495. La marne est une combinaison du carbonate de chaux avec l'argile. Ces deux substances se trouvent le plus souvent amalgamées d’une manière si com- plète, que l’on ne peut ni avec l’œil, ni même avec le microscope, distinguer les particules de chaux de celles d’argile. Nous n’avons point encore découvert comment la nature fait cette préparation; car lorsqu'on à faits des mélanges de chaux et d’argile, ces mélanges se sont trouvés très-différens de a marne na- turelle; par exemple ils n’ont point eu la faculté de perdre leur aggrégation à l’air et de tomber en poussière, comme la marne naturelle. $ 496. Les proportions dans lesquelles l’argile et la chaux sont combinées dans la marne, varient de manières très-diférentes. Quelquefois ces deux substances sont en quantités égales, d’autres fois c’est l’une ou l’autre qui prédomine. La nature ne s’est prescrit aucune mesure sur la proportion de ce melange. On a classé la marne suivant les diverses proportions de l’argile ou de la chaux dont elle est composée, et l’on a donné à ses diverses espèces des noms dif- férens. La classification qu’Andrea a suivié dans son ouvrage sur les diverses espèces de terrain du Hanovre, est réellement la meilleure, aussi est-elle adoptée dans presque toute l'Allemagne, Suivant Andrea la marne est tout 2 PRINCIPES RAISONNÉS simplement une combinaison de parties à peu pres égales d'argile et de chaux. Si Pargile prédomine, de sorte qu’elle aille depuis bien au-delà de la moitié jusqu'aux deux tiers, cette combinaison s'appelle Marne argileuse; si la pro- portion d'argile est encore plus forte, de sorte que la chaux n’en fasse pas un “quart, et qu'il y ait au contraire plus des trois quarts d’argile, on l’appelle alors#ngilecalcaireou marneuse. Si en revanche la chaux prédomine et s’élève depuis sensiblement au-dessus de la moitié, jusqu'aux deux tiers, on l'appelle alors Marne calcaire; si la quantité de chaux est encore plus grande et dépasse les trois quarts, on désigne ce melange sous le nom de Chaux argileuse. $ 497. Nous trouvons la marne et ses variétés dans un grand nombre d’endroits. Maintenant qu’on la cherche avec plus de soin, on en découvre dans la plupart des pays; il se vérifie qu'il y en a presque partout dans quelque couche in- férieure du sol. Îl est peu de contrées où l’on n’en trouve pas, ou dans les- “quelles la marne se trouve à une trop grande profondeur pour qu'il puisse être profitable de l’en extraire. On ne la rencontre vulle part en plus grande abon- dance, que dans les contrées couvertes de collines, dans le voisinage des montagnes stratiformes ou secondaires, dans lesquelles souvent elle constitue la principale parte de la couche inférieure du sol, et où elle est disposée en bancs d’une grande étendue. On a plus de peine à la trouver dans les pays plats; elle y est disposée en nids, d’une manière plus inégale, à une plus ou moins grande profondeur, sur les hauteurs et dans les bas fonds, dans des contrées sèches et dans des marécageuses. L’on peut avec quelque vraisem- blance croire à l'existence d'une couche de marne sous le sol, lorsqu'on trouve certaines plantes à sa surface. Le Tussilage ou Pas-déne(Tussilago far- Fara}, le Tussilage des Alpes(Fussilago Alpina), la Suuge glutineuse(Salvia glutinosa) et la Sauge des prés(Salvia pratensis), végétent avec beaucoup de Âorce sur Îles terrains qui contiennent de la marne. Ce ne sont pas des plantes seules et isolées qui forment un indice; mais là où elles se multiplient et dé- jloient une grande richesse de végétation-,. elles peuvent dans tous les cas, setvir de guides pour decouvrir la marne. Si le trèfle jaune, minette dorée(médicago lupulina} abonde sur un terrain, Jors-n2ême qu'il n’a pas été fumé, je pense que c’est aussi un: indice. Sous la ronce on trouvera fréquemment de la marne ou tout au moins de l'argile maraeuse. D'ailleurs la marne qui repose ainsi en. rognons: et à une certaine profondeur ,se montre le plus souvent dansdes ravins et dans-des chemins creux, où la couche de terre qui la recouvrait s’est éboulée, Fréquemment ces amas Chaux, Motte la pro- pas un appelle s'élève ppelle lépasse e, droits, ilupart che n- ans les- sse être =. ge des onstitue )0SÉe en les pays plus ou ans des a1semM= a{rouve go far e(Salwia coup de n plantés nt el de- les cas, n terrail, , Sous la ê l'argile certaine 15 CTEUX es a1a$ D'AGRICULTURE: 99 de marne sont recouverts d'argile; là où lon rencontre celle-ci entremélée de grains de chaux, on peut conclure presque avec certitude, qu’à une plus grande profondeur on trouvera de la marne. Ces couches de marne ne sont le plus souvent pas homogènes dans toute leur épaisseur, surtout dans la marne argileuse": Dans la partie supérieure il y a ordinairement moins de chaux que dans celle qui est au-dessous; et communément, à mesure qu'on descend on la trouve plus calcaire. 6 498. L’argile et la chaux à la fois contribuent aux propriétés de la marne, ces deux espèces de terre font, dans ce mélange, un échange de leurs qualités réciproques. La tenacité et l’onctuosité de l argile sont tempérées par là chaux, tandis que larudesse et l’âpreté de la chaux sont àleur tour adoucies par l’argile. Plus la quantité de l’une ou de l’autre de ces substances domine; plus les carac- tères qui la distinguent dominent dans la: marne: La marne proprement dite pe ERE de parties égales d’ argile e et de chaux, ne peut être assimilée ni à ue, ni à l’autre de ces substances; les propriétés de l'argile et de la chaux se sont amalgamées- en proportions égales. Éa marne argileuse et l’argile calcaire se rapprochent plus de l’argile; ainsi lorsqu elles ont été imprégnées d’eau, elles deviennent onctueuses et plus maléables, elles répandent autour d’elles une odeur d'argile, eten se séchant, elles se réunissent en moites dures et cependant plus maléables. L’argile nrarneuse étant humide est souvent encore plus difficile à travailler que l'argile dépourvue de marne, mais elle sèche beaucoup-plus facilement. ka marne calcaire-etla-chauxargileuse se rapprochent plus de la chaux; séches elles sont plus rudes au: toucher, humides elles ont moins d’adhérence, et leurs fragmens, lorsqu'ils sont'secs:, peuvent facilement être broyés entre les doigts. Cependant il uent beaucoup à la nature de l'argile qui entre dans la composition de ces marnes, qu’elles soient maigres ou grasses. Une argile grasse a besoin d’une plus grande addition de chaux pour corriger ses défauts. Une argile maigre n’en demande qu’une petite quantité pour éprouver le même effet. Souvent on rencontre des espèces de marne dont, dans leur apparence extérieure, l’une est: plus semblable à Ha marne argileuse et l’autre à. la marne calcaire, et qui cependant, contiennent une égale quantité de chaux; mais celle là a été formée d’une argile grasse et tenace, tandis que celle-ci, au contraire, l’a été d’une argile maigre. Ea nature de l'argile a aussi une très-grande influence sur les propriétés de la marne. 6 409. La marne est de différentes couleurs. Elle est'blanche, jaune, jaunâtre, brune, 94 PRINCIPES RAISONNÉS feriel grisâtre, violette, rougeâtre, rouge, grise, bleuâtre, noire, etc. Ces couleurs"re sont produites en partie par les oxides de fer ou de manganèse qui sont con- bull tenus dans la marne, en partie par des matières combustibles, des bitumes, op ou de l’humus. Les espèces de marnes qui ne sont mélées que de celui-ci s seulement, sont ordinairement grises, bleuâtres on noires, et la combustion"2 les rend blanches; celle qui est imprégnée de bitume, surtout lorsqu'on la me chauffe, ou qu’on frotte ses morceaux les uns contre les autres, répand une| gédi odeur qui lui est propre. Au reste la couleur de la marne est un indice très- mal équivoque, tout au plus peut-elle servir de mesure pour évaluer la quantité expo d’oxide métallique ou de substances combustibles que cette marne contient: dans eHe ne peut en aucune manière servir à distinguer la nature de la marne et les rend proportions d'argile et de chaux dont elle est composée, Des marnes d’une| de p même couleur différent souvent d’une manière essentielle dans les proportions peu de leurs élémens, tandis que d’autres qui ont une apparence extérieure abso- dans lument dissemblable, n’offrent aucune différence dans leur composition. bea \ Boo: que Quant à la consistance et à la contexture de leurs parties, les marnes diffèrent con essentiellement entr'elles. Quelquefois elles sont aussi molles et aussi douces| A que de la poussière, ou du moins elles ont assez peu de consistance pour le qu’on puisse facilement les broyer entre les doigts; d’autre fois elles ont la li dureté de la pierre. On appelle les premières marnes terreuses, les dernières marnes concrètes. Cette dernière espèce se distingue encore par sa contexture:|] ou elle a une cassure schisteuse, et est composée de lames superposées les unes| Par aux autres, lesquelles peuvent être séparées avec un couteau; ou bien elle n’a| cou point de couches uniformes, lorsqu'on la brise elle saute en morceaux irré-| de| guliers. On nomme la première marne schisteuse et cette dernière marne| ue pierreuse. On ne peut pas ürer des conclusions plus certaines sur la nature de| a la marne et sur sa composition, des différences qu’elle présente sous ce rapport. a Quelquefois la marne concrète a une surabondance d'argile, quelquefois c'est to de chaux, et alors elle se rapproche davantage de la pierre à chaux. De ce ke qu'une marne est de l’espèce de celles que nous désignons sous le nom de à marne£alcaire, on ne peut également point en inférer qu’elle contienne une p surabondance de chaux; car il se peut que l'argile fut naturellement maigre, de sorte que la marne n’eût pas beaucoup de consistance. Lorsqu'on verse de& l’eau sur la marne, cette eau pénètre plus ou moins facilement dans ses pores, pr détruit la cohésion des parties, les sépare les unes des autres, et les réduit en le une poudre fine. C’est là une des propriétés essentielles, qui sert préliminai- uleurs | COn= mes, ui-c IStLon n la une Lres- ntte ent; t les une ons bs0e rent uces pour nt la 1ère ures unes > n'a 1rre= jarne re de pports s c'est De ce ym de Je une algre y rrse de pores y uit en nina go «- DAGRHICULTURE. rement à distinguer la marne, et par laquelle cette substance améliore Île so}, en se mélant complétement avec sa couche supérieure. L'air se développe en bulles, qui s’élèverit dans l’eau, quelquefois en: faisant un léger bruit et en occasionnantune sorte d’effervescencé. On ne peut,.à la vérité, pas admettre en principe qu’une espèce de’ terre’ qui perd son agrégation dans l’eau, soit toujours et nécessairement de la marne, puisque les argiles très-maigres s’y délaient également; mais on peut être sûr, que si une espèce de terre ne se réduit pas spontanément en poudre daris l’eau, ce n’est pas une marne. Toute marne ,. même la pierreuse;: devient molle dans l’eau et s’y pulvérise. La marne exposée à l'air perd également sa cohésion et s’y réduit en poudre, tout comme dans l’eau; seulement elle ÿ emploie plus de tems. C’est cette propriété qui rend la marné si commode pour améliorer les terres. I n’est point nécessaire de pulvériser la marne avant de la mêler dans le sol qu’on veut bonifier; on peut abandonner entièrement'ce soin à l'air: l'humidité de Patmosphère pénètre dans la marne déposée sur la terre,.et la réduit en poudre. La gelée contribue beaucoup à la division totale des particules, et pour les marnes tenaces, quel- quefois pour la marne concrète, il faut'son concours pour opérer une division complète, c’est pour cela que, le plus ordinairement, on charie ces marnes avant Lhiver. L'humidité que la marne a absorbée est dilatée par la gelée, et sépare les parties les unes des autres, ainsi que nous l'avons observé en: parlant de Pargile. 6 Box. Le tems nécessaire pour que la marne se réduise spontanément en poudre, à Pair et dans l’eau, dépend en partie de la proportion d'argile que cette marne contient et de sa composition’, et en partie de son plus ou moins de dureté, de la plus ou moins grande cohésion de ses parties. La pierre à' chaux com- pacte et pure, ne se résout point en poudre, il en est de même de l'argile pure et solide. Si donc la chaux prédomine sensiblement dans la n:arne, cela empêche que celle-ci ne perde son agrégation; si c’est Pargile, il en est de même, ou out au moins cette espèce de division est très-lente, Pour que cette cessation de cohésion ait lieu promptement;: il faut qu’il y aït une certaine proportion de ces deux substances, et cette bonne proportion est déterminée par la nature plus ou moins grasse de l’argile.| Dans les marnes composées d’une argile de même nature, rais qui con- tiennent des quantités de chaux proportionnément différentes, la marne pro- prément dite est celle qui perd le plus facilement son ogrégation, et'au contraire, les marnes calcaire et argileuse sont celles qui résistent le plus à Paction de 9| PRINCIPES RAITSONNÉS l'eau et de l'air. Vient ensuite la cohésion particulière des parties entr’elles; la division n’est jamais plus lente, que lorsque ces parties ont contracté la dureté de la pierre, ainsi que cela a lieu dans les marnes pierreuses; en revonche dans le nombre des marnes concrètes, celles qui sont schisteuses perdent plus vite leur agrégaton que celles qui sont en masses homogènes. $ 5o2. Des causes connues font que la marne produit une effervescence tres-forte avec les liqueurs acides. Si l’on répand de celles-ci sur cette substance, elles se combinent avec la chaux; tandis que Palumine demeure intacte aussi long- tems.que les acides ont encore de la chaux à dissoudre. C’est seulement lorsque la chaux a été absorbée par lacide, et que celui-ci n’est pas entierement saturé, qu'il dissout un peu de alumine et de loxide de fer. $ 503.. Nous savons que le carbonate de chaux ne peut, à la vérité, pas être fondu sans le secours de quelqu’autre substance, et que l'argile a de la peine à se vitrifier, même dans le feu le plus ardent; mais que si ces deux terres sont réunies, elles sont facilement mises en fusion: la marne est donc une subs- tance fusible et vitrifiable. Il ne faut pas une très-grande chaleur pour la faire entrer en fusion; c’est par cette raison qu’on se sert aussi de la marne, pour séparer les métaux et pour fondre facilement les gangues métalliques. Quelque- fois on l’emploie pour se procurer le fer. $ bot. Souvent la marne est encore mêlée d’autres substances, qui n’appartiennent proprement pas à sa composition. Les plus ordinaires sont la magnésie, le sable et le gypse(sulfate de chaux). On rencontre souvent de la magnésie dans la marne, et surtout dans celle dont les excellens effets sont les plus sensibles. Elle y est également en état de carbonate, elle y fait effervescence avec les acides et elle se dissout dans ceux-ci; cette circonstance fait que, dans un examen superficiel de la marne, la magnésie est souvent confondue avec la chaux. Mais comme on ignore encore l'effet qu’elle produit, il s’agira de la distinguer et de l'examiner d’une manière plus parüculière. On apelle marne magnésienne celle qui contient de la magnésie, et suivant que la chaux ou l'argile y dominent, on la qualifie de marne argileuse magnésienne, ou marne calcaire magnésienne. Ïl y a toujours un peu de sable dans la marne; si la quantité de ce sable est considérable, on désigne la marne qui la contient sous le nom de marne argileuse sablonneuse, ou calcaire sablonneuse. Si la proportion du sable s'élève à 60, 79 ou 80 pour cent, on l’apelle sable marneux. Al est très-bon qu’il y ait un =. peu pe EF en! des Pro encl mars argile D pu, et les:{a dureté (a dans us vite forte elles ong- rsque ture, ondu à se sont ubs= aire pour \que- nent sable ns la bles. c les amen Mais et de celle nent, enne, le est leuse à 00; it Un peu D'AGRICULTURE, 97 peu de sable dans la marne, parce que celle-ci perd plus promptèment son aggrégation. Îl y a aussi du gypse dans la marne, et il s’y montre quelquefois -en petites veines cristallines. On l’aperçoit lorsqu'on place de la marne entre des charbons, et qu’on la fait chauffer. Il répand alors une odeur de soufre. Probablement il bonifie la marne et la rend plus friable. Au reste nous manquons encore d'observations précises sur ce sujet. Si le gypse est contenu dans Ja marne en quantité considérable, celle-ci est distinguée sous le nom de marne argileuse gypseuse, ou calcaire gypseuse. $ 506. Les formes extérieures sous lesquelles la marne se trouve, sont ainsi très variées. Les espèces suivantes sont les principales, elles sont classées ici non d’après leur composition, mais d’après leur apparence extérieure, a) Marne pierreuse et le plus souvent schisieuse. Dans la terre elle est ordi- nairement assez friable; c’est seulement lorsqu’elle est mise en contact avec Pair, qu’elle se durcit et change de couleur; et ce n’est guère qu’au bout de 2 ou de 3 ans, qu’elle perd son aggrégation. Cette marne est souvent tres-calcaire et se rapproche de la pierre à chaux, de sorte que, quelquefois, on peut la calciner pour en faire de la chaux, ou l’employer brute comme marne. Au reste, la chaux qui en provient est impure et de mauvaise qualité. Souvent elle a la même dureté et la même apparence que la chaux ordinaire; cependant V’alumine et la silice y sont en plus grande proportion que la chaux. b) Marne argileuse ou glaiseuse; au moyen des caracteres que nous avons indiqués, on peut cependant encore la distinguer de l'argile et de la terre glaise. s. c) Marne feuilletée; on ne la trouve qu’en couches minces. Ç d) Marne coquillère, à la surface de laquelle surtout, on rencontre souvent des débris de coquilles de limaçons. À une plus grande profondeur elle res- semble à de la craie sale, et au-dessous, elle est quelquefois cristallisée et pierreuse, Cette marne ne se trouve guère que dans les bas-fonds, sous la tourbe ou sous la terre noire des marais, dans des places où il y avait autrefois de l’eau. Elle est composée en plus grande partie de chaux, on Pappelle en conséquence chaux marneuse, et souvent on la calcine et on l’emploie en guise de chaux. Elle se divise à l'air et dans l'eau, et, mêlée en proportion conve- nable avec ce liquide, quoique sans être calcinée, elle est employée à blanchir. Cette marne appliquée au terrain n’y agit tout au moins pas aussi promptement qu’on devrait s’y attendre, elle contient souvent de l'acide phosphorique. On ne trouve guères la première espèce que dans les pays de montagnes; la F, FE 15 98 PRINCIPES RAISONNÉS seconde plus souvent dans des collines couvertes d'une terre glaise brune, dans laquelle la ronce a pris racine. Quelquefois ces collines ne sont rien moins que fertiles, lors même que la terre glaise qui est à la surface, contient des parties calcaires. fci la marne paraît avoir promptement consumé l’humus, ou peut-être celui-ci, rendu plus soluble par la marne, a été entraîne par les eaux. Mais si l’on fume abondamment ces collines, elles redeviennent fertiles. J’in- dique ceci, afin qu’on ne se laisse pas arrêter par la stérilité apparente de ces terrains, d’y faire des fouilles pour trouver de la marne. Les deux dernières espèces ne se trouvent que dans les bas-fonds. LA MAGNÉSIE. 6. 506. Cette terre est moins répandue dans la nature que Îles précédentes; on ne l'y rencontre jamais pure, elle est toujours mêlée d’autres terres, et combinée avec des acides; plusieurs minéraux en contiennent: on la trouve souvent dans Veau de mer et dansles eaux salées, combinée principalement avec les acides muriatique et sulfurique, et dans les corps des animaux, le plus souvent, com- binée avec lacide phosphorique. Les cendres de la plupart des végétaux en contiennent une plus ou moins grande quantité; quelquefois elle forme une parue constituante très-considérable de la couche de terre végétale et de la. marne propre à fumer Îles terres. Cette terre qui n’a été découverte et distinguée que depuis peu de tems, a dernièrement éveillé l’attention sur ses rapports avec l’agriculture. Bergmann et d’autres auteurs l’ont présentée comme très-féconde; mais un Anglais, Tennant, observant que de la chaux calcinée et qui avait ele employée pour amender des terres, avait au contraire produit un très-mauvais effet, lanalysa et'irouva qu’elle contenait beaucoup de magnésie: il conclut de cela que la magnésie produisait toujours des effets nuisibles. Ce fait prouve tout'au plus qu’elle peut: être nuisible lorsqu’elle est dégagée d’acide carbonique, et on ne la rencontre jamais telle dans la nature. Dans son état naturel elle est plutôt en tous points semblable au carbonate de chaux. Zampadius l’a trouvée tres-favorable à la végétation du seigle, et Eizhoff a fan l'analyse d’une marne trés-améliorante, qui contenait 20 pour cent de magnésie. |$ 507. Le carbonate de magnésie est absolument insipide et inodore. Lorsqu'il est mouillé et mélé avec de l’eau, il produit une mauère peu liée qui sèche bientôt. À l'égard de sa disposition à retenir Peau, il peut étre assimilé au carbonate de où de ©, dans n Moins ent des Us, où $ eaux, , J'in- de ces nieres ÿ ne l'y ibinee t dans acides com ux en 6 une : de la ems, à 1ann et nnant; mender ‘trouva ragnésie le peut pconlre s points ble à la orante; quil esl bientôt. nale de D'AGRICULTURE. 93 chaux, et.en général il est avec lui dans les mêmes rapports à l'égard de Peau. “Le carbonate de magnésie est insoluble deus l’eau pure, il ve peut être dissous par l’eau, que lorsqu'elle est imprégnée de gaz acide carbonique. $ 5oë. La magnésie pure et dégagée d’acide carbonique se distingue de la chaux d’une manière très-sensible. Elle n’est pas comme celle-ci, caustique et alkaline. Il ne s’y manifeste point de chaleur lorsqu'on la mêle avec l’eau; la bouillie qui.en résulte ne se durcit pas en séchant, elle ne prend pas de la cohérence, et lorsqu'on y ajoute du sable, elle ne produit pas un mortier. À la vérié elle paraît absorber l’eau et se Papproprier, mais sans lui ôter sa fluidité. Elle n’altère qu’infiniment peu les couleurs bleues végétales. $ 5og. Les fossiles qui contiennent de la magnésie et qui sont gras et savonneux au «toucher, sont les suivans: 1. La Serpentine; c’est une pierre dure à grains fins, de couleur verd foncé ou gris foncé, et qui, quelquefois, a de belles taches rouges. On la trouve en couches qui forment souvent des montagnes toutes entières. En Allemagne la meilleure carrière de Serpentine est à Zopplitz en Saxe, où on la travaille en quantité à peine croyable. On l’mploie sur le tour et l’on en fait des tabatières, des boîtes, des vases, des chandeliers, des mortiers et toutes sortes de vaisseaux qui sont ensuite polis avec un grès fin. Ses parties constituantes sont la magnésie, la silice et l’oxide de fer. 2. Le Talc, a une cassure lamelleuse, il est très-gras au toucher, on le trouve quelquefois sous la forme de terre, quelquefois sous celle de pierre. Le premier est composé de parties onctueuses, un peu luisantes, et pour l’ordi- naire d’une couleur passablement blanche: le dernier, au contraire, a de la consistance; il peut être divisé en lames minces, et a souvent le brillant de Vargent ou de lor, ce qui fait qu’on le nomme talc argentin ou dore. ‘On l’emploie comme un des meilieurs moyens de diminuer le frottement des machines. Il est préférable pour cet usage au savon et à lhuile, parce qu'il n’occasionne aucune dilatation dans le bois, et qu’il préserve aussi le métal de la dégradation insensible occasionée par le frottement. Le talc est compose de 44 pour cent magnésie, L 56 pour cent silice et alumine. La pierre ollaire est une variété du talc; elle a une couleur grisätre, grise, ou verd foncé; on peut très-bien la travailler au tour pour en faire toutes sortes de vases. Elle se sépare en grandes masses, et on la trouve surtout en Suisse, 100 PRINCIPES RAISONNÉS 3. Lapierre savonneuse; c’est une espèce de pierre opaque, lissé, onctueuse comme le savon, qu’on peut entamer avec Pongle, et qui tache les objets qu’elle iouche. Il en existe plusieurs especés, de Ja terreuse, de la molle et de Ja compacte; celle-ci est aussi appelée craie d'Espagne, parce qu’autrefois on Papportait de ce pays-là. On lemploie surtout pour dessiner les ouvrages de broderie. On écrit par son moyen sur du verre, et quoiqu’on aîitenlevé les traits en les lavant, ils paraissent de nouveau lorsque la tempéroture est humide. Où en trouve dans plusieurs contrées d'Allemagne; surtout dans le pays de Bareuth. 4. L' Asbeste; cette espèce de pierre est composée d’un tissu filamenteux; les filamens en sont disposés parallèlement les uns aux autres, ou bienils se croisent; dans le premier cas et lorsque ces fils sont flexibles, on l’appelle aussi arriante. Sa couleur est le plus souvent blanche uürant sur le verd, ou gris verdâtre. On en trouve encore plusieurs espèces qu’on appelle blanc de plume, chair de montagne, cuir fossile, liège fossile, ete., à cause de leur ressemblance avec les substances dont on lui a donné ke nom. fl ÿ en a beaucoup en Saxe, en Silésie ,; en Bohème, en Hongrie, en Suède, etc. Cest avec l'amiante qu'on prépare la‘ toile, le papier et les meches incom- Dustibles, qui; dans un tems, ont souvent fourni matière au doute. Pour faire Ja toile, on file les filamens flexibles et déliés de l'amiante, avec de la filasse de fins ensuite on tisse et l’on passe la toile au feu; pour le papier, on pile les filamens, on les réduit en bouillie, et l’on procède avec cette bouillie; d’après les procédés employés pour faire le papier ordinaire: 5. L'écume de mer. C’est de cette matière que sont faites des têtes de pipes qui sont très-recherchées. Autrefois on était dans le doute sur son origine, l’on croyait que c'était un-produit de la‘mer; et c’est de là que vient le nom qu’on lui a donné. Maintenant l’on sait avec certitude qu’on la tire des environs du village £ de Kltschik, non lom de la ville de Conie; autrefois Zconium, en Natolie. Elle s'y trouve en veines, dans une eavité de schiste calcaire gris, un peu au-dessous de la surface du sol. Lorsqu'on la sort de là, elle est en pâte molle, mais elle se durcit bientôt à lair; on en fait des têtes de pipes, qu'on vend à Constantinople et qui là sont passées en couleur; ou cuites dans.de huile et de la cire; alors elles nous sont apportées et travaillées de nouveau: de leurs débris on fait des pipes de seconde qualité. Malgré sa mollesse, cette matière a beaucoup de consistance, et elle ést, moins que d’autres fossiles, sujette à sauter en éclats, outre cela sa disposition à happer à la langue et sa légereté spécifique; la caractérisent d’une manière particulière. Suivant Wiegleb elle est de da Onetuense els qu'elle et de h refois On Vrages de ‘Les traits humide, pays de Dieux; les “croisent; amiante, dâtre, On Char de )lance avec | Saxe, en es InCom- Pour fare e la lasse , on pile Les Le, d'apres es de pipes origue, l'on of qu'on lu as duvillage Natohe. Elle y au-dessous molle, mais lon vend à le lhule et u; de leurs etre matière $ sujet à sa Jégérelé esleb elle DAGRICULTURE. 101 anles de magnesie et de silice. On assure qu'il ya aussi est composée de parties ëg ne, à peu de distance de Madrid; en Hongrie et de l’écume de mer en Espag dans l'Amérique septentrionale. LE FER. $ b10+ Ainsi que nous Pavons diten parlant de V’argile, le sol contient fréquemment du fer, qui s’y présentesous diverses formes. On l’y rencontre d’abord en oxide dégagé d'acide, à divers degrés d'oxidation, de couleur blanche, verte, noire etrouge) inüméement avec elle; e’est lui qui donne à mêlé avec l’alumine et combine Nous ne savons pas Vargile les diverses couleurs sous lesquelles elle se présente. à quel point‘la de l'influence sur la végétation et sur encore positivement si et le degré d’oxidation la bonté du sol. D’après ce qu’on a observé généralement, semble n’apporter aucune différence à ses propriétés; ainsi donc la couleur du sol est indifférente, entant qu’elle dépend de ce degré. Outre cela nous trouvons dans diverses espèces de glaises, de Poxide de fer en état de carbonate; il paraît que, dans cet état, l’oxide de fer est indifférent, ou tout au moins qu'il n’est pas nuisible à la végétation. Lorsqu'on y verse des acides plus forts, Pacide carbonique se dégage avec effervescence, tout comme s’il y avait de la chaux; aussi cette effervescence est-elle un signe trompeur, quoique beaucoup de gens l’envisagent comme une preuve certaine de la pré- sence de la chaux où de Ja marne. Enfin nous trouvons; mais moins avec les acides sulfurique et phosphorique; substance qu’on appelle communément vitriol( de désigner le sol qui contient cette combinaison fréquemment, le fer combine dans le sol avec le premier il produit celte sulfate de chaux); on a coutume , sous le nom de terrain vilrio- lique. Cette matière ne se trouve que dans les lieux où il y a des pyrites sul combine avec le fer. fureuses, dont la décomposition produit Pacide qui se mides, mais, Quelquefois elle se montre dans l'argile située dans des lieux hu le plus souvent, c’est dans des marais tourbeux, desquels on pourrait, quel- e vitriol. Là où le vitriol se trouve en plus grande quefois avec avantage, extraire| étation, et fait périr les plantes, tandis que quantité, il est nuisible à la veg lorsqu'il est en plus peute proportion qui contiennent du carbone, avec du chärbon de terr propriété fertilisante, ainsi que diverses expériences tant anciennes qe récentes e ou de pierre, il a une Pont démontre. Nous traiterons ultérieurement ce sujet dans la partie de cet ouvrage qüi aûra plus paruüculièrement rapport aux engrais. , surtout s'il est combiné avec des matières 102 PRINCIPES RAISONNÉS On trouve ordinairement le fer combiné avec l’acide phosphorique dans la matière qu'on nomme fer limoneux, et dont nous avons déjà fait mention ea parlant des argiles. Cette matière se délite et se mêle quelquefois avec la couche supérieure du sol, où, exposée à l’action de Pair,«elle paraît perdre peu à-peu ses propriétés nuisibles à la végétation. Un terrain dont la couche de terre yégétale repose sur du fer limoneux; est toujours du nombre des plus mauvais et des plus stériles. $ 5114 Nous devons encore parler ici de l’oxide de manganèse, qui entre souvent, quoiqu’en petite quantité, dans la composition de la couche supérieure du sol, et qu’on trouve aussi ordinairement dans les plantes ei les animaux. On n’a point encore aperçu qu'il eût de l'influence sur la végétation. $ 512. Ce sont là les parties eonstituantes fixes, immuables, inépuisables et incom- bustibles du sol, lesquelles, suivant les proportions de leurs mélanges, forment ces innombrables variétés de terrains, sur lesquelles nous aurons à revenir, lorsque nous aurons examiné une autre partie constituante de tous les sols propres à la végétation, à laquelle: ces sols doivent leur fécondité, et qui, à proprement parler, n’est autre chose que cette partie de l’aliment des plantes qu’elles tirent du sol: cette matière c’est l’'Æumus. L'Humuus. $ 513. Le nom qu'on donne ordinairement à cette substance est ferreau. Cette ex= pression a été mal comprise par, beaucoup de gens, lorsque parlà ils ont entendula couche deterre végétale et non cette partie particulière des substances qui la cons- tituent. Cette méprise a été faite, même par quelques écrivains savans agro- nomes, et cela a augmenté d'autant lobscurité qui planait déjà sur cette partie de la science. C’est pour cela que jai adopté la dénomination d’Aumus, sur laquelle il ne peut pas y avoir d’équivoque. En général, dans la science, la dénomina- ion terre ne lui convient pas; ce n’est, à proprement parler, point une terre 5 elle n’a été désignée sous ce nom qu’à cause de sa forme pulvérulente. Ç 514. L’humus est une partie constituante plus ou moins considérable du sol. La fécondité du terrain dépend, à proprement parler, entièrement de lui, car si lou en excepte l’eau, c’est la seule substance qui, daas le sol, fournisse un dans la Non en la couche Peu à-peu de lerre S Mauyais è Souvent, re du sol, A n'a point et incom= , forment à reveur, ous les sols y€L Qui, à des plantes Cette ex” “entendul jus La cons vans 4910“ e parie de ur laquelle lénomina- ne terfé; L ol. La 1, Car sl gisse UA D’AGRICULTURE. 10 aliment aux plantes. L’humus est le résidu de la putréfaction végetale et ani- male, c’est un corps noir; lorsqu'il est sec, pulvérulent; lorsqu'il est humide, mou et gras au toucher. À la vérité il varie suivant la nature des corps qui ont produit, etsuivantles circonstances sous lesquelles la putréfaction et la décom-— position se sont opérées;. cependant il. est certaines propriétés qui sont inhé- rentes à sa nature, et en général il est assez semblable à lui-même. C'est un produit de la force organique;- une combinaison de carbone, d'hydrogène, d’azote et d’oxigène, telle qu’elle ne peut pas être produite par les forces de la nature non organisée, parce que dans la nature morte, ces substances ne s’allient que par la combinaison simple de deux: d’entr’elles et: non: toutes ensemble ,. comme cela a lieu ici. A ces substances: essentielles de l’humus,. il s’en joint encore quelques autres en plus petite quantité, du phosphore,. du soufre, un: peu de terre proprement dite,. et’ quelquefois différens sels. Comme l’humus est une production de la vie, de même aussi il en est la condition. Il donne la nourriture aux corps organisés, sans lui il ne saurait ÿ avoir une vie individuelle ,. tout au: moins-pour lés animaux: et les plantes les plus parfaits:: ainsi là mort et: la destruction étaient nécessaires à l’alimentation et à la reproduction d’une nouvelle vie. Plus il ÿ a de vie, plus la quantité d’humus produite devient considérable, plus il y a d’élémens de nutrition pour les organes de la vie. Chaque être organisé s’approprie durant sa vie une qtiantité toujours croissante d’élémens naturels bruis,. et en les travaillant au- dedans de lui, produit enfin l'humus; de sorte que cette matière s’augmente d'autant plus que Îles hommes et lès animaux: se multiplient dans une contrée, et que lon cherche à multiplier les produits du sol; bien entendu cependant qu'on ne lés laisse pas volontairement'entraîner dans la mer par les eaux, ou consumer par le feu. Noûs wavons qu’à observer les progrès de la végétation. sur les rockiers nus, pour étudier: l'histoire de l’humus dès le commencement: du monde. D'abord il sy forme des lichens et des mousses, dans la décompo- sition desquels des plantes plus parfaites trouvent leur nourriture;: celles-ci, à leur tour, augmentent la masse du terreau par leur putréfaction; ainsi, à la fin, il sy forme une couche d’humus, qui peut:alimenter les arbres les plus vigoureux; Le terreau végétal, dit très-bien Voigt dans son supplément aux Recherches de Saussure sur la végétation, est le végétal en partie décompose, mais pas entièrement désorganisé. C’est une plante vaste ei générale sans organisation, ; qui porte elle-même les autres plantes et les nourrit, comme un rameaw est: alimenté par l'arbre dont il: fait parüe,. ou comme une nouvelle pousse se 104 PRINCIPES RAISONNÉS vourrit aux dépens du pédoncule de la feuille qui l’a précédé. Le terreau vé- gétal est composé de substances végétales, et il peut être de rechef trans- formé en substances de Ja même nature; souvent on Île prépare soigneusement dans ce but, L'humus a de l’analogie avec les corps dont il est le produit, quant à la qua- lité de ses parties constituantes, mais ces parties y éprouvent un changement dans leurs quantités respectives, Les substances élémentaires entrent dans une nouvelle combinaison, il s’en évapore une partie. Suivant de Saussure l’humus contient moins d’oxigène, mais plus de carbone et d’azote que les végetaux dont il a été tiré. Mais les circonstances sous lesquelles l’humus se forme, ont sans doute une grande influence sur les proportions de ses élémens, et sur les divers genres de combinaison de ses parties élémentaires. Ainsi donc lorsqu'il s’est formé sous la libre influence de Pair atmosphérique, il n’est pas enuère- ment semblable à ce qu’il est lorsqu'il a été forme dans un lieu elos, et hors du contact de cet air; il n’est pas le même lorsqu'il açreçu beaucoup d’eau, ou lorsqu'il a eu moins d'humidité. Cela est démontré, quoique ni les circons- tances qui ont de l'influence sur la formation de l’humus, niles deviations aux- quelles elles sont soumises, n’alent pas encore été suffisamment analysées, $ 516. Alors même que l’humus est déjà formé, il n’est cependant point à l'abri de laltération et de la destruction. Îl est en particulier dans une action et une réaction constante avec l'air atmosphérique. Lorsqu'il est placé sous un réci- pient fermé avec du mercure, il attire fortement le gaz oxygène, lui commu- nique du carbone, et le change en gaz acide carbonique. Si le récipient est fermé avec de l’eau, il se fait un vide dans lequel Peau s'introduit, en absorbant le gaz acide carbonique: il se fait ainsi une consommation insensible d’humus. Il n’en est point de même du charbon de bois parfait; il faut donc que ee phénomène provienne de Îa combinaison particulière du carbone avec l’hydro- gène et l'azote. C’est vraisemblablement en produisant ainsi du gaz acide carbo- nique, que l’humus agit sur la végétation, soit directement, soit par le moyen du sol, surtoutlorsque la fane des plantes couvre fortement ce sol, et par là empêche la trop prompte évaporation de la colonne d’air enveloppée de gaz acide carbo- nique. De Saussure trouva que des plantes chargées desucs et à moitié sèches, lorsqu'il les plaçait sur de Phumus ou sur une terre qui en était abondamment pourvue, se rétablissaient d’une manière évidemment plus prompte, que lors- qu’elles étaient déposées sur un terrain maigre et humide. D’apres les expé— riences riê eau VE [ trans- Asement la qua- ement ns une humus etaux e, ont sur les rsqu'il nuère- et hors d’eau, l'CONS+ $ aux» " à l'abri et une | récl- mmu- pt est orbant humus, que ce l'hydro- à carbo= oyen du mpêche le carbo- : seches s Jamment que lors- 1 espé- riences riences faites sous le récipient, D'AGRICULTURH, 109 on peut calculer quelle énorme quantité de gaz égager d’un journal de terre riche en humus. Ç 517. Dans le même tems l’humus éprouve encore un autre changement, que de acide carbonique doit se d Saussure nous a également appris à connaître d’une manière plus particulière. Il s’y forme une certaine matière qui est soluble dans l’eau, et qu'on nomme matière extractive. L'on sépare cette substance, en faisant bouillir à différentes reprises, avec de l’eau, l'humus qui a élé exposé à l'air; en évaporant cette décoction, on obtient alors pour résidu un extrait d’un brun noirâtre. Lorsque, à la suite de coctions réitérées, l’humus semble être entièrement privé de cette matière soluble, et qu’on le met pendant quelque tems en contacl avec l’at- mosphère, on peut de rechef en obtenir de la matière extractive; si au con- iraire on conserve lhumus dans des vases fermés, il ne fournit plus de cette matière. Suivant de Saussure, l’humus qui est ainsi privé de sa matière extractive soluble, est moins fécond, il contient proportionnémeut moins de carbone que celui qui n’a pas été soumis à la coction. De Saussure vit la matière extrac- tive détrempée dans l’eau, passer immédiatement dans les racines des plantes; il paraît donc que cette substance est, après l’acide carbonique, une des ma- tières les plus propres à introduire des alimens, et en particulier du carbone, . dans les suçoirs des plantes. On n’obtient que peu de matière extractive du vieux humus par la simple pression, et à moins de lui faire subir une coction; en revanche on en obtient davantage de l’humus récent ou mêlé d'engrais animaux. Cette matière extractive s’altere lorsqu'elle est exposée à Pair. Alors 1l se forme sur sa dissolution une pellienle qui, lorsqu'on secoue le vase, se précipite en flocons, etest bientôt remplacée par une nouvelle, Ce précipité est devenu iisoluble dans l’eau, mais il redevient soluble lorsqu'on y joint un alkali. Une grande partie de l’humus que nous rencontrons dans la nature, paraît consister dans la substance qui en a été ainsi séparée, et qui est devenue insoluble, $ 518. Les alkalis fixes dissolvent presqu’entièrement, tant l’humus que cette partie de la matière estractive qui était ainsi devenue insoluble; pendant leur acuon, il se dégage de l’ammoniaque. Cette dissolution est décomposée par les acides, qui en précipitent une poudre inflammable, mais dont la quantité est petite, en proportion de celle de l’humus. L’alcohol ne dissout pas l’humus; il n’en sépare qu’un peu de mauère extractive et de résine. Ç 519. L’humus n’est pas susceptible de putréfaction proprement dite, il paraît au 1. Le 14 106 PRINCIPES RAISONNÉS contraire être en opposition avec elle; car la matière extractive peut entrer co fermentation putride lorsqwelle est séparée; tandis qu’elle n’en est passusceptible, aussi long-tems qu’elle est combinée avec les autres parties de l’humus. Cependant la végétation des plantes, et Ia formation tant de l’acide carbonique que de la matière extractive, qui a lieu lorsque l’humus est exposé à Pair, cousument à la longue entièrement Fhumus, si l’on ne remplace par de nouveaux engrais, les sucs que la végétation absorbe. S'il en était autrement, l’humus devrait s'être amassé à la surface du sol en quantité beaucoup plus grande qu’on ne l’y trouve effecui- vement.(£a destructibilité de cette terre végétale» dit de Saussure le père Cest » un fait au-dessus de toute exception, et les agricoles qui ont voulu suppléer » aux engrais por des labours trop fréquemment répétés, en ont fait la triste » expérience, ils ont vu leur terre s’'appauvrir graduellement, et leurs champs »: devenus stériles par la destruction de là terre végétale.» Probablement il fait ici allusion aux expériences que son compatriote de Chäteanvieux faisait près de Genève, sur la méthode de semer en lignes sans fumier, recommandée par Tull, et décrite fort au long par Duhamel, dans son traité sur la culture des terres; et tous les jours encore nous avons de tels exemples devant les: yeux. Pour empêcher l'épuisement de lhumus, il suffit de rendre au sol, en engrais, une partie de ce que la végétation luï enleve|; parce que celle-ci produit plus qu’elle n’absorbe;. de sorte que si tout ce qui croît sur le sol ÿ était décomposé par la putréfaction, l’accumulauon de Jhumus devrait être très-considérable,. ainsi que cela a lieu en effet dans les forêts anciennes et dans les plaines inliabitées qui ontune position favorable# la végétation. $ 520; Suivant les espèces de terrain auxquelles l’humus est incorporé, il se com. porte d’une manière différente et il produit des effets variés. Au moyen de sa: tenacité, l’argile retient les particules d’humus qui sont mélangées avec elle et divisées; elle les protège davantage contre l'influence de l'air atmosphe= rique, par conséquent contre la décomposition. C’est par-cette raison que, pour se montrer fertile, il faut que cette espèce de terre soit imprégnée de beaucoup d’humus, parce que les plantes ne peuvent pas étendre leurs racines dans Pargile avec autant de Hberté et dans tous les sens. Ainsi elle a besoin. d’être abondamment fumée, lorsque pour la première fois elle doit être mise en culture, sans avoir reçu de la nature beaucoup d’humus; mais si elle estimpre- gnée de cette substance, ellé demeure d’autant plus long-tems féconde, sans avoir besoin de nouveaux engrais. Au reste, Vargile paraît aussi se combiner avec l’hu- mus, d’une manière intime et chimique, de sorte que celui-ci perd en quelque Alter en Ceptible, Pendant de dela Ent à la les sus amasse Fecu- re(Cest ippléer à triste hamps ent il faisait jandée ullure nt les [, en elle-ct e sol y it être nes et COM _de sa + elle 10sphé* n que y née de racines besoin mise em mpré- ns avoir ec l'hu- quelque D'AGRICULTURE. 107 facon ses propriétés, surtout sa couleur noire. Nous avons analysé des espèces d'argile tout-à-fait blanches ou à-peu-près, et chez lesquelles on ne remarquait d’ailleurs aucun indice d’humus; soumises au feu d’ignition, ces argiles deve- paient noires, et annonçaieut par plasieurs indices qu’elles contenaient du carbone hydrogéné: à une plus grande chaleur, Îa couleur noire disparaissait, et ces argiles perdaient considérablement en poids. Il arrive fréquemment que Je sol arrosé dans les bas-fonds paraît tout-à-fait blanc; cependant sa grande fécondité fait supposer qu'il contient une forte proportion d’humus ou des substances dont cet humus est composé. Dans les terrains ainsi arroscs, On trouve l’humus presque toujours combiné intimément avec l'argile; ce mélange est opéré par l’eau que charrie l’humus et le dépose sous la forme de limon. S Bei On ne peut attribuer au sable, sur l’humus, qu’une action purement méca- nique; l’absence de cohésion dans ses parties, qui distingue le sable, facilite à l'air atmosphérique la libre entrée dans toutes les parties de l’humus, il favorise la séparation du carbone, sous la forme d’acide carbonique, et celle de la matière extractive; il décompose plus prompiement l’humus. Lorsque lhumus est suffisamment mêlé de sable, sans que pourtant il lui manque d’humidié, le terrain est extraordinairement fertile; mais aussi sa fécondité est d’autant plus vite épuisée, parce qu’alors l’humus est plus prompte- ment absorbé. L'on trouve ici, dans les marais de l'Oder, des places où, sur le sable amassé par le cours de l’eau, on trouvait, il y a dix ou douze ans, encore une forte couche d’humus; cet humus s’est épuisé d’une manière frap- pante, de sorte qu’on n’y voit plus aujourd’hui, que le sable mouvant. An printems, cependant, ces places stériles même se couvrent d’un beau gazon verd, ce qui est fort étonnant et ne peut être expliqué que par la quantité de gaz acide carbonique qui se développe dans ces marais. En revanche, le terrain mélé de trop d’humus y est bonifié par une plus longue culture. St l’on méle du sable avec de l’humus spongieux et pulvérulent, qui s’est accu- mulé sans addition de terres élémentaires, ce mélange améliore beaucoup l'hu- mus, le sable lui donne une sorte de cohésion, il n’est point aussi spongieux, il n’absorbe pas trop d'humidité, et il donne aux racines des plantes plus de consistance et de solidité. C’est le cas dans les lieux où l’on peut amender avec du sable, et où cette opération produit des effets tellement grands, qu'ils de- passent même ceux qu’on pourrait attendre du fumier. Le sable décompose aussi l’humus acide et la taurbe, ou plutôt ges substances sont débarrassées par PRINCIPES RAISONNÉES lui de leur humidité surabondante, et ensuite elles sont décomposées par l’atmosphere. $ 522. L’humus qui a été long-tems soustrait à l’action de l'air, donne des résultats tout différens de ceux qu’on obtient de l’humus qui a été exposé aux influences de l'atmosphère, et cela, soit que ce premier étant en couches épaisses; sa partie inférieure ait été préservée parce qu’elle était au-dessous, soit qu'il ait été recouvert par de Ja terre ou de Peau. Cet état n’a point encore été assez approfondi, nous n’avons encore acquis que des probabilités sur la nature des changemens qu’éprouve lhumus, lorsqu'il est ainsi soustrait pendant long- tems à l’action de air; mais il possède des propriétés particulières, lors même qu'il ne contient pas d’acide.| Nous en trouvons souvent de cette espèce, amassé dans des bas-fonds, sur- tout près des forêts. L'eau qui s’y jetait dès les hauteurs environnantes, ÿ a entraîné toutes sortes de végétaux et même de l’humus dejà formé; elle les ÿ a déposés quelquefois en hits très- épais; à la vérité cet humus est presque toujours mêlé d’une terre semblable à celle des environs. Cet humus,. du moins celui qui est à une plus grande profondeur, a été mis hors du contact de l'air, il s’est décomposé d’une manière particulière et comme de lui-même, il a produit en lui des matières d’une espèce différente. Ïl est tres-vraisem- blable que Ja formation de l’acide carbonique et de la matière extracuve, ne peut avoir lieu sans le concours de l'air. Probablement une parte de l’hydro- gène et de l’oxigène est transformée en eau; une autre parue de lhydrogène dissout du carbone, et s’évapore en gaz hydrogène carbone. Sans aucun doute le carbone est enlevé à cet humus, en plus petite quantité que les autres éle- mens; il lui arrive ainsi précisément l’opposé de ce qui a lieu pour l’humus exposé à l'air hbre. Ainsi plus long-tems l’humus demeure couvert, plus le carbone doit s’y muluplier. Îl éprouve une sorte de carbonisation lente; les couches les plus profondes de cet humus quise sont formées plutôt et qui sont plus anciennes que les couches rapprochées de la surface, ont aïnsi une apparence plus carboneuse, elles sont plus noires et plus compactes; dans la combustion elles donnent plus de charbon que celles qui sont plus rapprochées de la superficie du sol. Mais si le carbone ne demeure soluble que dans sa combinaison avec l'hydrogène, cet humus doit être d’une décomposition difficile, et par consé- quent moins efficace, jusqu’à-ce qu’un plus long contact, avec l'air, ait de re- chef changé sa nature. L'expérience nous apprend en effet que, mêle avec du fo es par sultats tences S; sa Pl ait assez re des Jong-- nème ; SUrT— y FA les ÿ que - du ntact nème, se mM= e, ne jdro- gène loute = xp it sy s plus iennes e plus a elles perficié n avec conse- de re- ÿec du D'AGRICULTURE. 109 famier récent et qui laisse évaporer beaucoup d'ammoniaque, cet humus devient plus prompiement efficace, el souvent on n’apercoit ses effets sur le sol, que lorsque le terrain a été amendé avec du fumier. Mais la chaux anssi accélère sa décomposition, et comme souvent on trouve sous ce terreau une couche de chaux terreuse produite par des coquillages, ce mélange peut quelquefois se faire avec une grande facilité: il en est presque de même de lhumus ou du terreau qui a séjourné sous Peau. Si cette eau ne Île recouvre que superfciellement, de manière à le laisser de tems en tems à sec et par conséquent en Contact avec Pair, il produit son effer beaucoup plus promptement. ÿ 523. Lorsque l’humus demeure toujours dans l'humidité, sans cependant qu’il soit entièrement couvert d’eau, il s’y développe un acide qui est très-sensible à l’odo- rat, et qui est plus particulierement caractérisé par la propriété de rougir le papier bleu. Ces circonstances sont connues depuis long-tems; c’est elles qui ont fait donner la qualification d’acides aux prairies et aux terrains qui présen- tient ce phénomène, et cela avec raison, quoique souvent on ait abusé de celte expression. Nous avons examiné ces faits de plus près, et recherché la constitution particulière de cet acide; au premier abord nous ivons dû en- visager celui-ci comme étant d’une nature distincte et ayant le carbone pour base; mais nous nous sommes ensuite convaincus que cel acide est composé en plus grande partie d'acide acétique, quelquefois aussi d'acide phospho- rique. L’acide phosphorique adhère fortement à l’humus, de sorte qu'on ne peut l’en séparer ni au lavage, ni par la coction. Le liquide dans lequel P’humus est mis en ébullition, prend à la vérité une saveur acide, mais la plus grande partie de l’acide demeure attachée à Phumus. Ce que l’eau a pu dissoudre con- siste dans une petite quantité de matière brune, cassante lorsqu'elle est sèche, qui diffère beaucoup de la matière extractive de l’humus ordinaire, et n’a pas la propriété de se précipiter de l’eau, lorsqu'elle est exposée à air. En re- vauche cet humus: acide contient une grande quantité de matière extractive inso- luble, qui, fréquemment, constitue la plus grande partie de son poids. Lorsqu'il est digéré dans une lessive alkaline, la lessive devient d’un brun foncé, et elle est épaissie par la dissolution de plusieurs substances. Gi l’on verse un acide dans cette Lessive, la matière extractive se précipite en flocons bruns et, ce qui est remarquable, si Pon y joint un peu plus d'acide que cela n'est né- cessaire pour neutraliser Palkali, elle absorbe de rechef l'acide acéteux et phos- phorique, de sorte qu’elle redevient tout aussi acide qu’elle l'était auparavant 119 PRINCIPES RAISONNÉS Mais s'il y a précisément autant d'acide qu’il en faut pour saturer Palkali, les acides demeurent combinés avec l’alkah dans le liquide, et alors la mauère extrac- tive cesse d’être acide. Cet humus acide contient de lammoniaque qui, auparavant combiné avec l'acide, devient très-remarquable par une odeur piquante, lors- qu’on traité la solution par les alkalis. ne f 524. Cet humus acide n’est point fertile, au contraire il est nuisible à la vége- tation. S! l'acide est fort, et s’il a pénétré la totalité de l’humus, on ne voit plus végéter dans celui-ci qu’un petit nombre de plantes d’une utilité secondaire, les joncs, les carex, les linaigrettes, etc. Ces plantes, surtout les jones, sont ses habitans les plus ordinaires, et là où on les trouve, on peut avec certitude conclure que le sol contient beaucoup d’humus acide, Lorsqu'on a laissé sécher le terreau et qu’on l’a débarrassé de l'excès d’hu- midité qui favorisait la reproduction des acides, on a des moyens de lui en- lever cette propriété nuisible, et de le changer en humus fertile. On trouve alors en lui un trésor de substances nutritives végétales, recélé par la nature, et qu'on peut employer avec le plus grand avantage, soit sur la place même, soit en le transportant comme engrais sur les champs. On sait en effet que par Îe moyen de-lalkali, des cendres, de la chaux et de la marne, il peut être débarrasse de son acide et rendu facilement soluble; et si même on n’a pas ces matières à sa disposition, on trouve dans l’humus lui-même un remède tres-cfficace; il suffi de lui faire subir le brûlement. Par ce moyen on tire de T’humus cet alkali et cette chaux qui produisent de si bons effets; outre cela le feu a la propriété de détruire en plus grande partie l'acide, et c’est par cette raison que l’écobuage est si avantageux aux terrains de ce genre. $ 525. Cet humus acide est produit par des végétaux qui contiennent beaucoup de tannin, ou du moins quelque chose de pareil, et en particulier par la bruyère, lors même qu’elle végète dans les lieux secs. Dans les places où cette famille de plantes vivaces a pris possession du sol, on trouve souvent une terre dont la couleur, tout à fait noire, est essentiellement due à l’humus, quoique, suivant toutes les apparences, le fer y ait aussi quelque part. A la vérité cet humus est absolument insoluble, il ne favorise la végétation que des seuls vegétaux dont il est provenu, et ces végétaux ne prospérent que là seulement où ils le trouvent. La bruyère ne réussit que difficilement dans les lieux où il n’existe pas de cet humus; et là où elle est établie, elle ne souffre que peu d’autres plantes. Cet humus peut être meélamorphosé par un amendement composé de marne, de ka j\eg E exlrace Paravant €, lors- Vége… où plus are, les ONE 565. rlitude s d'hu- lui en- | trouve 1alure, méme, jue par ul être n'a pas reméde tiré de ire cela est par coup de bruyère, amille de e dont la , Suivant bumus est taux dont »(rouvente pas de cet antes. Cet arn6) de D'AGRICULTURE. 111 chaux et d’ammoniaque, et dans ce cas la bruyère ne tarde pas à ètre détruite; Pécobuage produit aussi quelqu’effet, seulenenton peut difcilement entretenir un feu assez vif pour produire une combustion complete. La feuille de quelques arbres, surtout celle du chêne, produit également un humus de cette nature, si, lors de sa putréfaction, elle n’est pas décompo- sée par un fumier animal très-chaud, ou par de la chaux et des alkalis. Cepen- dant, peu à peu cet humus, lorsqu'il est exposé à Pair, perd ses propriétés nuisibles, etil est enfin transformé en humus doux; mais c’est plus tard seulement qu'il produit de lPeffet. a $ 526. Ïl paraît aussi qu'il ÿ a une différence sensible dans lhumus nouvellement formé, entre celui qui est le résidu d’une putréfaction complète, et celui dont les élémens n’ont été qu’en partie décomposes, parce qu'il leur manquait les conditions de la putréfaction, la chaleur et Phumidité, tandis que Pair y avait plus facilement accès. Cette différence n’a pas encore été suffisamment appro- fondie, cependant celui-là paraît contenir évidemment moins de charbon; il ne donne que de la fumée lorsqu'on y met le feu, tandis que le second est plus noir, a plus de charbon, brûle par conséquent plus hbrement, et dégage plus de calorique. Le plus grand nombre des expériences que de Saussure en particulier a faites sur l’humus, ont eu heu sur la première espèce, parce qu’on pouvait la recueillir plus facilement pure dans la tige des saules et d’autres arbres pourris. L’on trouve souvent dans d’anciens marais qui ont été desséchés, un humus très-semblable au bois pourri, qui forme à lui seul la principale partie constituante du sol, jusqu’à une profondeur d’un et demi jusqu’à deux pieds. Un terrain de cette nature, quoïque très-riche en sucs nutritifs, n’est cependant point favorable à l’agriculture, et aux céréales en particulier. Je demeure encore dans le doute si cela provient uniquement de ce que le sol n’a pas assez de consistance, ou sil est dû à quelque propriété parucu- lière de cet humus: nous faisons actuellement des expériences à ce sujet. L’analogie qui existe entre cet humus et le terreau des saules, nous confirme dans l’observation que Poreille de souris, Ceraiste(Cerastium vulgatum) est de toutes les plantes celles qui couvre le plus souvent les places où 1l se trouve. $ 527. Enfin Phumus, surtout celui qui s’est formé récemment; est essentiellement différent, suivant que c’est la putréfaction des corps végétaux, ou celle des animaux, qui a eu le plus de part à sa composition. Dans ce dernier cas H con- tient plus d'azote, de soufre et de phosphore, ce qui, lorsqu'on le biûle, est EE TR L12 PRINCIPES RAISONNÉS indiqué d’une manière sensible par l’odeur qu’il répand, laquelle est semblable à celle des corps animaux brûlés. Nous avons besoin de recherches pneumatiques sur l'humus, plus précises| que celles qui nous sont connues, pour pouvoir fixer les proportions des diverses parties intégrantes qui entrent dans ses diverses espèces. LA TOURSE, $ 528. La Tourbe est aussi une espèce d’humus. On a eu des opinions.très-diverses|| sur l’origine et sur la nature de cette substance; autrefois on lui attribuait une origine minérale, ou tout au moins sémi-minérale, on croyait que c'etait une masse réunie et mêlée de parties bitumineuses; mais cette opinion a éte aban- donnée il y a long-tems. A la vérité, lon rencontre des espèces de tourbe qui sont imprégnées de bitume; mais il en est aussi qui n’en contiennent pas du tout; et si même il y avait du bitume, il est bien démontré aujourd’hui que cette substance elle-même tire son origine du règue végétal. La tourbe n’est autre chose qu’une substance produite par Paccumulation des débris de plantes plus ou moins décomposées; elle se forme dans les lieux bas et humides, où il croit des mousses et des plantes herbacées, d’une décomposition difficile, et qui ainsi s’entassent et se réunissent au limon et aux diverses matières que les eaux y amènent; le tout s’amoncèle, les végétaux se putréfent et perdent tou- jours plus leur Uussu organique, À mesure qu ils y séjournent plus long-tems, et ils sont enfin réunis en une masse compacte et spongiense, Si la putrefaction est tellement avancée que le tissu organique soit tout à fait détruit, la tourbe n’est plus qu'un humus, c’est-à-dire un humus acide; car lorsqu'il a un peu de consistance et qu'il n’est pas trop mêlé de terre, il peut très-bien être employé comme tourbe à brûler. Les plantes dont la tourbe est formée, et au moyen desquelles elle augmente d'épaisseur, sont uniquement celles qui séjournent dans les lieux humides; les Carex(Carices), la Zinaïgrette(Eriophorum), le Lédon des marais(Ledum palustre), et surtout la Sphaigne des marais ire à palustre), composent son ussu. Cependant l’on a jusqu'ici attribue à la Sphaigne des marais une part principale à la formation de la tourbe, et il est vrai en cfet qu’elle y contribue pour beaucoup. Van Marum, cet esu- mable naturaliste Hollandais, envisage une autre plante, la Conferve des rurs- seaux, comme Île PHBCPE élément de la tourbe, de sorte qu'il est même de l’opinion qu’on peut se procurer la tourbe, qu’on peut l'introduire sur un ter- rain, seulement en naturalisant cette plante dans quelque lieu humide, Les emblable | Préctses ions des iyerses ut une {ait une e aban- tourbe nent pas “hui que rbe n’est plantes s, Où 1l ele, et s que Les lent 1ou- tems, Cf éfacuion | tourbe | peu de mployé u moyen journent ohorum)s s marais | attribué be, etil cet esli- des rus= méme de ur un léf* e, Les D'AGRICULTURE. 119 Les circonstances sous lesquelles la tourbe se forme peuvent varier beau- coup; la position du sol relativement à la contrée qui l'entoure, surtout re- lativement aux bassins d’eau voisins, et au degré d'humidité qui en résulte, puis aussi la nature des plantes qui servent d’élémens à la tourbe, et enfin celle de la couche inférieure du sol, peuvent varier beaucoup d’un lieu à l’autre, et c’est là sans doute ce qui produit toutes ces différences que nous remarquons dans les tourbes.: Dans un lieu où tout favorisait une prompte décomposition, on trouve la tourbe en masse homogène, pesante et noire. Dans d’autres ou la décompo- sion ne s’opérait que lentement, on la rencontre en masse légère et meuble; l'on y voit une grande quantité de filamens de plantes, qui n’ont pas encore pu être totalement décomposés; quelquefois même elle en est presque enuè- rement formée; d’autres fois aussi, par un procédé de la nature qui n’est pas encore suffisamment connu, il s’y est réellement forme du biume. La tourbe présente encore plusieurs autres irrégularités, qui tombent plus ou moins sous les sens, et dont quelques-unes ne peuvent être apercues que dans une ana- lyse plus précise, Souvent dans un même lieu, Îa tourbe offre de grandes différences. Au-dessus, on trouve ordinairement une tourbe molle et filamen- teuse; plus bas cette tourbe perd en partie cet état, et plus on pénètre, plus on la trouve compacte, solide, dure et noire. Cela peut au reste facilement être expliqué; la tourbe ne se forme pas toute à la fois, mais peu à peu et par couches successives: lorsqu'une génération de plantes.est périe, il s’en forme une nouvelle sur ses débris, et ainsi la masse s’augmente peu à peu. Les cou- ches inférieures sont done plus anciennes que les supérieures, la décomposition est plus avancée chez elles; et comme plus cette décomposition avance, plus les débris des plantes sont mis dans un état de carbonisation; les couches infe- rieures doivent nécessairement être plus putréfiées, plus noires et plus carbo- neuses. La tourbe se rapproche d’autant plus de lhumus, que les fibres végétales y sont plus décomposées. Seulement elle diffère de l’humus qui existe dans les champs, dans les forêts et dans d’autres places, parce qu’elle doit son exis- tence à d’autres causes. D'ailleurs Phumus qui est formé par la puiréfaction de corps végétaux, n’est pas exposé à une humidité aussi continue que la tourbe; la terre du sol avec lequel il est mêle agit sur lui, tandis qu’elle n’existe point dans la tourbe proprement dite. Dans le plus grand nombre de cas, la tourbe a beaucoup de rapports avec l’humus acide, et quelquefois elle en a les pro- priétés à tel point, qu’on doit nécessairement confondre ces deux substances. T, IL 15 PRINCIPES RAISONNÉS Comme l’humus acide, la tourbe‘contient en effet de l’acide acéteux, de Pacide phosphorique et de l'ammoniaque. Mais lors même qu’elle ne contient pas d'acide, elle possède néanmoins une grande quantité de matière extraciive Ins0- luble, et cette matière peut ètre rendue soluble par la potasse et les cendres. Quelquefois on trouve dans la tourbe des pyrites; sans doute elles y ont ele apportées du dehors, mais on ne sait pas comment. Dans la combustion, cette tourbe répand alors une odeur de soufre, et elle produit aussi quelquefois à sa surface un sel qui a une odeur d'encre et qui n’est autre chose que du sul- fate de fer( vitriol). Tout comme l’humus est un composé de carbone, d'hydrogène, d'azote et d’oxigène, de même ces substances sont aussi les parties constituantes de la tourbe. Lorsqu'on soumet la tourbe à une disullation à sec, l’on en obüent les mêmes substances que l’humus donne dans cette opération, mais en pro- portions différentes, parce que le carbone existe en quantité plus grande dans la tourbe. Au reste les tourbes ne contiennent pas toutes une égale propor- ion de‘carbone. Plus la tourbe est vieille plus elle en possède,‘et comme, pour brûler, sa bonté dépend de Îa quantité de carbone qu’elle contient, 1 s'ensuit que la plus vicille est la meilleure. Son exposition dans un lieu sec et sou: melange avec de Îa potasse ou de la chaux, peuvent lui faire subir une décomposition qui la délivre de son acide, et qui la change en un humus doux et ferule. Nous traitérons plus au long ce sujet, lorsque nous nous occuperons de l'amendement des terres.| é:°€$ bag. Une autre substance combustible qu’on trouve quelquefois peu au-dessous de la surface du sol, et quelquefois sous les marais tourbeux, c’est le charbon de terre ou de pierre, bois bitumineux. Non-seulement, ce charbon sert à Vagriculteur comme combustible, surtout pour calciner la chaux; mais encore il paraît donner un engrais, qui n’est jamais plus actif, que lorsqu'il est mêle de pyrites sulfareuses et de fer, parce que la décomposition des premières y foime du vitriol de fer, lequel, dans cette combinaison et épandu en petite quantité sur les terres, semble être favorable à la végétation. ux, de lent pas ve 1n$0- endres, ont ele , Celle efois à lu sul- zote et de la )buent D pro e dans TOpor- omme, ent, 1} sec el \ une à doux uperons dessous harbon | sert à encore est mêlé miêres ÿ n pelle D'AGRICULTEURE. 15 LES DIVERSES ESPÈCES DE TERRAINS, LEUR VALEUR, LEUR EMPLOI ET LEURS PROPRIÉTÉS, DANS LEURS RAPPORTS AVEC LES PROPORTIONS DES PARTIES CONSTITUANTES DÜ SOL. Ç 550. Chacune des! substances dont nous venons de parler, lorsqu'elle demeure seule et isolée, constituerait un terrain stérile ou du moins impropre à l’agri- culture. Le meilleur de tous les sols ne peut être le résultat que des plus heu- reusès proportions de leurs mélanges, et l’infinie variété de ces proporuons produit cette inombrable variété de terrains qu’on rencontre dans la nature et qui ne sont séparées les unes des autres par aucune limite, par aucune déter- mination précise, mais seulement par des nuances imperceptibles. Jusqu'à présent on a classé les diverses espèces de terrains d’une manière pratique, selon le degré de fécondité qu’on observait en elles, et suivant les genres de produits, plus où moins précieux, qu’elles pouvaient rapporter en abondance; mais cette classification a paru vicieuse, et ne pouvait en effet que l'être, aussi long-tems qu’elle n’avait pas pour base la connaissance des parties constituantes dont le sol est composé. En revanche lorsqu'on a essaye de classer les différens terrains d’après la nature des parties constituantes dont ils étaient composés, on a fait trop peu d'attention à leur fertilité et aux effets qu'ils produisaient dans leur culture; etil ne paraît pas qu’on ait fait là-dessus des expériences positives, du moins ne les at-on pas communiquées. Nous avons d’abord analysé chimiquement plusieurs centaines d’espeées de sols, et en même iéms nous avons cherche à nous procurer les renseignemens les plus précis sur les résultats que chacun d’eux produisait en agriculture et dans la végétation. Les lumières que nous en avons tirées nous ont à la vérité mis en état de pouvoir traiter ce sujet d’une manière plus précise qu’on ne l’a fait précédemment; cependant jusqu’à ce jour elles ne suffisent point encore pour éclairer ce sujet au point de lever tous les doutes, comme il semble que cela pourrait avoir heu, et comme, vraisemblablement, cela sera dans la suite. Ainsi donc lors mème qu’on ne doit envisager ce qui va suivre, que comme un premier, et par conséquent toujours imparfaitessai d’une détermination et classification des diverses espèces de sol, je envisage cependant comme utile, parce que, le premier, il ouvre la route par laquelle nous devons arriver à des résultats plus précis. Dans l'estimation, d'après leurs parties constituantes, que je vais faire des diverses espèces de sol, je supposerai avant tout que ces terrains sont dans une égalité parfaite, quant à leurs autres circonstances, leur position, leur degré PRINCIPES RAISONNÉS d'humidité, leur profondeur, la couche qu'ils recouvrent, etc. et que d’ailleurs ils sont exempts de défauts à cet égard. Dans la suite nous reviendrons sur ces propriétés, et nous apprécierons l'influence qu’elles exercent sur les différens sols. $ 551. L'hamus, ainsi que nous lPavons dit plus haut, est cette substance qui, dans le sol, donne aux plantes leur nourriture. La fertilité, la richesse du sol, ou la quainé qu'il possède lorsqu'on dit qu'il est gras(quoique souvent on entende par là sa qualité plus ou moins argileuse), dépend donc essenticllement de l'huœmus et de ses proportions. Mais cette matière exerce aussi physiquement, et en tant qu’elle ne peut pas être décomposée, une influence sensible sur Île sol; elle rend poreux le terrain argileux, elle favorise l’action de Pair sur lui, son ameublissement et sa pulvérisation; elle donne de la consistance au sable, et; mélée avec lui, elle lui donne plus de disposition à retenir lhumidite; pour les uns et les autres elle produit ces eMets d’une manière plus sensible, qu’elle ne le ferait pour elle-même, étant isolée; de sorte que le terrain mêlé de sable et d’humus dans de bonnes proportions, a plus de consistance etretient mieux l'humidité, que si l’une de ses parties conslituantes prédominait. L’humus raffratchit le terrain qui a une trop grande proportion de chaux: comme on le dit vulgairement, il le rend plus doux, moins irritant, 1l lui donne plus de. consistance, et il empêche que l’humidité ne s’en évapore trop facilement. Cependant cette substance fécondante peut exister dans le sol en trop grande quantité, celui-ci devient alors trop meuble et trop spongieux, etil n’a plusela consistance nécessaire pour servir d’appui aux racines des plantes. Dans cet exces le sol absorbe l’eau comme une éponge; lorsque la température est humide, 1l se remplit d’eau et devient presque marécageux, de sorte que les plantes qui y végétent souffrent tous les maux qu’une humidité excessive leur communique ordinairement, qu’elles prennent des maladies et périssent. Dans la sécheresse, au contraire, il laisse trop facilement évaporer l’eau, et devient alors sec et pulvérulent à sa superficie; les semences qui y sont déposces ne peuvent pas germer, ou ce qui est aussi fâicheux, elles sèchent et périssent après avoir germé. À quelques pouces de plus en profondeur, où 1l n’est pas en Contact avec l'atmosphère, il peut, en revanche, être encore tellemeut humide, qu’en le serrant dans la main on puisse en faire dégoutter l’eau. Outre cela, à chaque changement sensible de température, un sol ainsi surcharge d’humus se contracte, ou s’enfle, ce qui fait que les racines des plantes sont détachées et soulevées, et que souvent elles ne tiennent plus à la terre que par l'extrémité de leurs racines, ou que même elles sont arrachées. Aussi les terrains de ce genre ailleurs Sur Ces Ds s0ks, , dans ol, ou ntende ent de ment, sur le ur lui, sable, md; nsible, in mêle relient humus : on le plus de nt, ‘grande plussla L exces ide, il es qui unique heresse, rs sec et vent pas &s avoir contact £s qu'en à chaque ontraclé uleveess de Jeurs € genre D’AGRICULTURE. 117 conviennent-ils beaucoup moins aux grains d'automne qu'à ceux de prin- tems, et parmi ces derniers moins à l’orge qu’à l’avoine, qui est beaucoup plus ferme. Enfin, plus que les céréales, ils favorisent les diverses sortes de mau- vaises herbes, qui y font des progrès si rapides qu’elles étouffent les premières. Ainsi le sol qui contient une trop grande proportion d’'humus, même d’humus bon et doux, n’est en aucune manière le plus profitable; quoiqu’on. puisse lemployer comme engrais pour amender un autre terrain: S'il est humide il est plus propre à être transformé en prairies; et s’il n’est pas ma- récageux, lorsqu'il a été ensemencé avec des graminées convenables, avec le F'ulpin des prés(Alopécurus pratensis), les plus grandes variétés de Poa et de Fétuque(Festusca), il forme alorsles prairies les plus riches; s’il est sec, on peut quelquefois le bonifier en ÿ transportant des espèces de terres plus maigres, ou plus facilementet d’une manière plus convenable par V’opération de l’écobuage, qui consume et transforme en cendres une partie de l’excès d’humus contenu dans le sol; mais après cette dernière opération ,. il faut. veiller à ce que les grains n’y versent. $ 532. De tous les terrains c’est l'argile qui peut supporter là plus grande proportion d’humus, parce que les propriétés de celui-ci corrigent-les défauts de celle-là. Je ne me permettrai point encore de décider: jusqu’à quel degré: l'addition d'humus augmente la valeur et:la fécondité du terrain argileux. Le terrain le plus riche que nous ayons analysé, et-qui avait été pris dans les marais de lOder, contenait 195 p." 2 d’humus, 70 p."? d'argile, un peu de sable fin.et‘de la chaux en quantité à peine sensible; mais ce terrain était placé trop-bas, il étaittrop humide pour qu’on put apprécier convenablement: sa fécondité. À: cause de cet: inconvénient, on ne pouvait pas y cultiver des grains d'automne, etles grains de printems n’y étaient pas d’une réussite assurée. Âu reste, il'avait assez de consis- tance etun degré très-convenable d’adhésion avec l’eau. D'ailleurs, 11 etip. 9sont la plus grande proportion d’humus-que nous ayons trouvée dans laterretargileuse, dans ce que nous appelons terre grasse. Mais nous n’avons pas ew l'occasion d'analyser de ces terrains inépuisables qui, sans recevoir des engrais, peuvent rapporter tous les ans des produits récoltés à leur maturité, et-chez: lesquels on assure ne remarquer aucune diminution de fécondité, pourvu que d’ailleurs ils reçoivent une culture suffisante, de ces terrains qui sont plutôt détériorés qu’améliorés par Paddition du fumier. On assure qu’on en trouve de tels dans l'Ukraine, en Hôngrie, däns lès bas- fonds de la Theis et dans plusieurs autres lieux-sur des espaces d’une petite PRINCIPES RAISONNÉS . étendue, même en Allemagne. Quoique plusieurs des terrains que nous avons analysés passassent pour être inépuisables, après qu’on les eut enlevés à la mer, ou que pour la première fois on en eut rompu Île gazon et qu’on les eut mis en culture, cependant on s’est aperçu ensuite qu'après avoir rapporte une série de récoltes amences à leur maturité, ils Bnissaient par avoir besoin d’en- grais, si on ne les remettait pas en herbages ou en pâturages, pour leur faire æegagner des sucs, ou si en les défoncant, en les labourant avec la bêche, etc., on ne ramenait à leur surface de la terre non épuisée des eouches inférieures, Il n’y a plus qu’un petit nombre de contrées où lon croie pouvoir se passer entièrement de fumier, et ce sont celles où Île sol est consacre plutôt aux her- ‘bages et à l’entretien du bétail, qu’à la culture des grains, Le sol argileux le plus riche que nous ayons analysé, et dontla fécondité était envisagée comme le non plus ultra, était tiré dela rive droite de l'Elbe, à quelques milles de son embouchure, et était composé, ainsi que je l'ai dit, de 14 5 pour cent d’humus, avec. 4+ pour cent de chaux, et d’ailleurs en plus grande partie d'argile, avec un peu de silice grossière et une assez grande proportion de silice fine, qui ne pouvait en être séparée que par lébulliuon. Il avait, à Ja vérité, beaucoup de cohésion, mais lorsqu'il était modérément humide, il n’était pas très-tenace. On lui faisait produire les récoltes les plus riches, du colza, du froment, de l'orge d'automne, des fèves, mais, tous les six ans, il avait besoin d’être foriement amendé avec du fumier et de recevoir une jachère, Nous avons trouvé de l’humus mêlé en différentes proportions avec de l'argile, dans de ces terrains bas qui, surtout lorsqu'ils sont soumis à un bon assolement, sont d’une fécondité extrême. Un terrain du pays de Budjading, qui, dans tous Les environs était envisagé comme le plus fertile, contenait 8 À peur cent d’humus et 3 à 4 pour cent de chaux, le surplus était de l'argile presque pure. Un terrain du baillage de Wollup, qui contenait 6; pour cent d’humus, était encore un excellent terrain à froment, puisque la troisième récolte de ce grain qu'il pro- duisait depuis qu'il avait été fume, était encore très-vigoureuse,| La couleur foncée du sol n’est pastoujours en rapport avec la quantité d’humus que ce sol contient. Quelquefois le sol est blanchätre, comme je lai dit plus haut, etil contient cependant une plus grande proportion d’humus, qu’un autre qui ‘a une couleur plus foncée; mais cette dernière couleur se développe, lorsqu’on fait subir à ce terrain l’incandescence dans un creuser ferme. On ne rencontre ces riches terrains argileux et glaiseux que dans des bas- fonds, sur lesquels les eaux ont déposé une couche plus ou moins épaisse de limon; ainsi au bord des rivières dont le cours s’est étendu d’une manière OUS avons levés à la On les eu porte une SOIN d'en- leur fire he, ete, léneures, Se passer aux her- dité était quelques LL; pour nde partie à de silice la vérité, l'ELIL pas toha, du at besoin de l'argile, ssolement, | dans tous pt dhumus Un terrun encore Un | qu'il pro 1e d'humus plus laut, autre qui Jorsqu'oi des bas paisse de maniël(A D'AGRICULTURE. 119 douce et insensible et s’est retiré de même, ou dans des vallées qui formaient des lacs avant que les eaux se fussent fraye une autre route. L’on range Îles terrains de cette espèce dans la première classe et on les caractérise ordinai- rement sous la dénomination de riche terre à froment, parce que, dans le système de culture avec assolement triennal et jachère, ils peuvent rapporter trois récoltes de froment avant d’être fumées de nouveau. Cependant les terrains compris dans cette classe ont des nuances dans leur fertilité et leur valeur. Je ne me permettrait pas de décider si l’on peut fixer celle-ci uniquement d’après la proportion d’humus que le sol contient, parce que des comparaisons de fertilité, à des distances éloignées, sont trop difficiles, et que d’ailleurs cette feruhté dépend beaucoup du climat. On ne peut éga- lement point encore décider si la plus ou moins grande proportion de chaux et de matière animale, qui vraisemblablement lui est souvent mêlée, influe sur Ja fécondité. D'après les résultats de nos recherches, je crois cependant pouvoir admettre en principe, que la terre végétale doit contenir au moins D à 6 pour cent d’humus, pour pouvoir être comprise dans cette classe. Pour désigner les proportions de valeur des différens terrains, nous fixons à 100 celle du terrain le plus fertile; au reste cette valeur est augmentée ou diminuée par influence que la position et les autres circonstances de ces terrains ont sur léur uulite. |$ 533. On ne doit point comprendre dans la classe des terrains que je viens dé désigner, celui où l’humus est mêlé avec une moindre proportion d’argile et une plus grande de sable; le composé qui en résulte n’a point de liaison; il se Jaisse à la vérité facilement imbiber d’eau, mais il se sèche en revanche très-promptement. ci la proportion d’humus peut facilement être trop forte. Nous avons analysé un sol qui contenait 26 pour cent d’humus, et qui, d’ailleurs, était composé de parties à peu près égales d’argile et de sable, et nous l’avons trouvé déjà trop meuble et moins favorable à la culture des grains; lorsqu'il fut débarrassé d’eau et qu’on eut rompu le gazon, les premières récoltes qu'il rapporta furent très-riches; mais sa fécondité diminua bientôt, et quoique par d’abondans engrais, on eût cherché à lui rendre ce qu'il avait perdu, 1l ne put pas récupérer son ancienne valeur. En revanche, un autre terrain plus sablonneux qui contenait environ 10: pour cent d’humus, nous a parutrès-fertile et propre à toutes sortes de céréales, excepté au froment; surtout lorsqu'il avait été laissé pendant quél- ques années en pâturage. Cependant ce terrain demandait beaucoup d’engrais PRINCIPES RAISONNÉS et n’en profitait jamais plus que lorsqu'on les lui donnait pour la dernière ré- colte qu’ilrapportait avant d’être ainsi laissé en herbages. Privé d'engrais et de repos, un terrain de ce genre peut facilement être épuisé, ainsi que l’expé- rence le.coufirme. Le terrain de cette espèce se lie naturellement avec celui du$ 232, par une transition insensible et suivant la quantité d'argile qu’il contient. Ce- pendant nous manquons, jusqu’à ce jour, de données positives sur la proportion d'argile qu'il doit avoir, pour procurer des récoltes de froment plus sûres et pins répétées. S'il.contient environ 20 pour cent d’argile pure*, 10 pour cent d’humus, et le reste de sable, il produit encore de l’excellente orge; s’il contient beaucoup moins d'argile, dans une position ou des années humides, les récoltes d’avoine y sont moins casuelles, et celles de seigle y sont toujours abondantes, pourvu qu’en faisant les semailles de bonne heure, on leur assure les forces nécessaires pour résister à lhiver. C’est principalement d’après sa consistance qu’on peut le taxer; lus il en a et plus il se rapproche de la valeur assignée à la première classe, 100; mais moins il contient d’argile, plus le sable entre dans sa composition, plus fa- cilement aussi il tombe à une valeur de 80 seulement, lors même qu'il con- tiendrait 10 à 15 pour cent d’humus. Alors il demeure à ce point, si du moins äl n’est pas trop plat et s’il ne repose pas sur du sable pur, d'autant surtout qu’il est extrêmement propre à produire de lherbe. L'on ne trouve des terrains de cette espèce que dans des bas-fonds, lesquels manquent rarement d'humidité. Là lPhumus a été formé par la décomposition des plantes aquatiques qui s'étaient reproduites, depuis des siècles, dans les eaux qui autrefois couvraient ces places basses; à la disparution de celles-ci, ces plantes subirent une putréfaction plus ou moins longue: c’est la durée et l'inégalité de cette putréfaction qui fait que cet humus paraît contenir une quantité plus ou moins grande d'acide carbonique. $ 554. Pour les deux espèces de sol dont nous venons de parler, nous supposons toujours que Phumus soit doux, c’est-à-dire qu'il soit exempt d’acide. L’humus acide détruit la fécondité du sol, comme nous le verrons dans la suite; mais souventce sol n’a qu’une très-petite proportion d'acide, de sorte que sa fécondité FIRE #_Aëschwemmbaren Thon. J'entends ici et j'entendrai toujours dans la suite par aroile pure, £elle qui est débarrassée de la totalité du sable qui peut lui être enlevé par le lavage. Zrad. l: n est tniète ré: LOTS et la ue l'expi 532, par lent, Cou rOportion S sûres et buus, ct l beaucoup d'avoine $, pourvi nécessaires plus 1} en 100; mais , plus R- qu'il con- s\ du moins ant surtout s, lesquels mposILION dans les celles-ci, duree et tenir une supposons , L'humus vite; mai a fécondité nt : argile purès je. Jrad. n'est D'AGRICULTURE. 121 n'est qu'un peu altérée, encore pas à l'égard de toutes les plantes. À mesure qu'il devient plus acide, ses produits en orge s’appauvrissent, cependant il rap- porte toujours de l’avoine. Leseigle y est exposé à la rouille et y verse facilement. Les grains des céréales y deviennent plus grands et contiennent moins de farine. Les herbes qui y croissent sont, tant pour les espèces que pour leurs sucs, moins agréables au bétail et lui conviennent moins, lors même qu’elles donnent un produit en foin très-considerable. Ainsi à mesure que l'acidité de lPhumus aug- mente, la valeur du sol diminue, et elle baisse successivement jusqu’à celle de l'espèce de terrain que ngus nommons terre de marais. g 555. La couleur noire du sol doit faire supposer qu'il contient une abondance d’humus; cet indice ne peut induire en erreur que dans un petit nombre de cas, lorsque cette couleur du sol provient de l’oxide de fer où de celui de manganèse, et la fécondité remarquable du terrain coloré par l’humus ne permet pas qu’on s’y méprenne. D'ailleurs tous les doutes sont bientôt levés si l’on fait subir lincañndescence à une boule de ce terrain placée dans un creuset avec le contact de l’air; dans ce cas si la couleur foncée provient de l’humus, elle ne tarde as à disparaître et la terre devient blanche, ce qui n'arrive pas si la couleur était due à l’oxide de fer. Le moyen le plus simple de déterminer la quantité d’humus, c’est de bruler celui-ci. L'on entretient pendant environ dix minutes en pleine incandescence, un poids déterminé de l’espèce de terrain qu'on veut analyser, débarassé de flamens et de pierres, et parfaitement sec; on Île remue soigneusement aveG un tube de verre, et on l’entretient dans cet état jusqu'à ce que la couleur noire en ait tout-à-fait disparu. Pour accélérer la combustion totale de l’humus et abréger l'opération, on joint à la terre un peu de nitrate d’ammoniaque, lequel se volatilise complétement. La diminution du poids indique la quantité d’humus que le sol contenait. Sans doute le terrain, surtout Pargileux, a perdu dans cette opération quelque peu d’eau qui avait avec lui une adhésion tulle, qu’elle ne pouvait être détruite que par l’incandescence; mais cela ne peut faire qu’une différence insignifiante, etsi la terre a été auparavant bien séchée, l'erreur ne peut s'élever au-dessus de demi pour cent. Si cependant le sol contenait beaucoup de chaux, la volatilisation de son acide carbonique et de son eau de cristallisation serait d’une grande conséquence, et ainsi il faudrait avant tout séparer la chaux. On découvre l'acidité de l’humus en plongeant une bande de papier teinte en bleu avec du tournesol, dans une pâte liquide faite avec la terre qu'on T. IL. 16 122 PRINCIPES RAISONNÉS analyse et de l’eau. Si ce papier devient rouge, c’est un signe qu'il ÿ a de l'acide, Du reste, l’humus acide se fait reconnaître déjà par Fodeur qu’il répand lors- qu’il est mis en ignition, odeur qui est semblable à celle de la tourbe qu’on brûle, Si dans sa combustion l’humus donne üne odeur de plumes brülées, c'est un indice qu'il a une origine animale, et par conséquent qu'il est plus riche et qu’il peut mieux être décomposé. Au moyen de Pappareil pneumatique et par la distillation à sec, on ferait sans doute une analyse bien plus précise de l’humus; mais une telle opération n’est pas du ressort de l’agriculteur. Cependant Arthur Young l’a fréquemment exécutée, et il a trouvé la quantité de gaz hydrogène obtenue, en rapport avec la fertilité. du sol, de sorte qu'il a proposé cette opération comme un procédé propre à mesurer le degré de ferulité; Priestley s’est joint à lui, et l’a appuyé de ses observations, $ 556. L’argile augmente la fertilité. 1. Par l’adhérence qu’elle contracte avec l’eau; cette adhérence est telle que’, même pendant une longue sécheresse, l'argile conserve toujours l’humidité iridis- pensable à Ja nourriture des plantes, et que, quoiqu’elle paraisse absolun:ent dé- pourvue d’eau, elle leur en communique pourtant ce qui leur est indispensable, 2. En conservant l'humus, non-seulement: elle l’enveloppe et le protège, mais encore elle se combine en quelque facon chimiquement avec cette subs- tance composée. 3. Par l'appui solide qu’elle offre aux racines des plantes, et même par la résistance qu’elle présente à leur trop grande extension, ce qui les oblige à pousser plusieurs touffes de racines chevelues,. au moyen desquelles chaque plante cherche sa nourriture aütour d'elle, et par conséquent lenlève moins à ses voisines. &, En empêchant l’air atmosphérique de parvenir jusqu’aux racines des plantes, auxquelles il'est toujours nuisible, et en leur communiquant la chaleur d’une manière plus modérée; en conservant ainsi aux végétaux une température plus égale, malgré les changemens continuels qui s’opèrent dans celle de l’atmos- phère. Lorsque le terrain argileux n’est pas trop humide, Îles effets du passage subit du chaud au froid et#ice versa, sont par conséquent moins nuisibles aux récoltes qui y croissent qu'ils ne le sont dans les terrains sablonneux. 5, En ce qu'elle attire l’oxigène, cette substance nécessaire à la formation de l'acide carbonique; elle attire très-vraisemblablement aussi Pazote, et elle favorise ainsi l’action réciproque de ces substances entr’elles. e l'acide, and lors. on brie, | C'est ut e el qu'i eraltsans 10n n'est Lemment A rapport mme un à lui, et (elle que, Île indis= ment dé pensuble, } protège; celle subs= ème par la les oblige à les chaque eve moins Jes plantes, leur d'une ature plus le l’atmos- Lu passage sibles auf formation ge,€ ele D'AGRICULTURE. 6 537. En revanche l'excès d’argile est nuisible. 1. Parce que, en tems humide, elle conserve trop long-tems l’eau dont elle est imprégnée, qu’elle ne la laisse ni égoutter, niévaporer, et qu’elle forme au contraire, avec ce liquide, une bouillie liée. 2. Parce que, à une température sèche, elle se durcit trop; qu’elle présente alors une trop grande résistance à la pénétration des racines des plantes, qu’elle se contracte et devient presque semblable à une masse de brique. 3, Parce que tant en été pendant la sécheresse, qu’en hiver pendant la gelée; il s’y fait des crevasses et des fentes, par lesquelles des racines sont ou déchi- rées, ou mises dans un contact immédiat avec l’air atmosphérique, ce qui peut leur être tres-nuisible. &, Parce qu’elle attire fortement et s’incorpore les sucs nourriciers des engrais, et qu’elle.ne s’en sépare point avec la même facilité que la terre meuble. À la vérité si-elle en est une fois richement pourvue et en quelque façon saturée, elle demeure d’autant plus long-tems féconde; mais si elle est une fois appauvrie et épuisée, les premiers engrais qu’on lui donne font beaucoup moins d'effet sur les plantes; ainsi donc, pour que, dans des terrains de ce genre, les premières récoltes se ressentent des engrais, il faut que ceux-ci soient très-abondans. 5. Parce qu’elle rend beaucoup plus difficile la culture du sol; qu’en tems humide elle ne permet guères d’y entrer avec la charrue, la herse et les chariots; qu’elle s'attache comme une pâte à ces premiers instrumens, qu’elle empêche ainsi leur action et ne peut être divisée qu’avec difficulté; qu’en tems sec au contraire elle se contracte et se durcit à tel point, que la charrue peut à peine la séparer en grandes moties, lesquel*;, jusqu’à ce qu’elles aient reçu la pluie, ne peuvent être brisées ni par la herse, ni même par le rouleau, ensorte qu’on est réduit à les casser avec des maillets, sans même pouvoir remplir com- plétement le but qu’on se propose. Les effets nuisibles de l’excès d’argile peuvent être en partie prévenus par le mélange de l’humus, cependant pas entièrement, comiune nous l’avons dit à$ 552. Une addition de chaux y porte aussi quelque remède, ainsi que nous le verrons dans la suite. Mais rien n’est plus efficace que le sable, et c’est aussi le moyen qu’on emploie le plus ordinairement. La couche supérieure du sol content presque toujours quelque peu de sable; sans ce mélange le sol pourrait à peine être attaqué par les instrumens aratoires. En conséquence, l'estimation de Îa plupart des terrains doit surtout avoir pour base la proportion dans laquelle V’argile et le sable y sont mélés. 124 PRINCIPES RAISONNÉS $ 539. Avant d'indiquer ces proportions, je dois m'expliquer d’une manière précise sur ce que j'entends par sable. Je n’entends par là que cette silice à grains grossiers, qui, dans un lavage soigné, se précipite au fond du vase, et que lon peut ainsi rassembler. Au reste, ainsi que de nouvelles expériences nous l'ont appris, et comme je lai dit dans une note ajoutée au Plan de chimie d'Einhoff*, lorsqu'on met l'argile en ébullition dans l’eau, il s’en sépare encore une quantité considérable de silice à grains fins, à tel point même que lorsque cette opération est prolongée et faite avec soin, lPalumine ne conserve plus qu'une petite quantité de silice. El paraît que la quanuité de cette silice à grains fins constitue la différence qu’il y a entre l’argile grasse et Pargile maigre; que l'argile proprement dite est toujours composée des mêmes proportions, et qu’elle n’est combinée chimiquement, ou tout au moins d’une manière intime, quoique mécanique, qu’avec une certaine quantité de silice. Je dis il paraît, Car je ne pourrais point encore affirmer cela d’une manière positive. Mais comme il ne s’agit ici que de fixer la valeur et l'utilité du terrain d'apres la proportion de ses parires consütuantés, et d'opérer cela d’une manière qui soit non-seulement moins difficile mais encore d’un emploi universel, nous ne faisons aucune attention à cette silice à grains fins qui ne peut pas être séparée par un simple livage, et nous envisageons comme argile pure, eelle qui a subi un lavage soigné. Dans le plus grandnombre de cas, de 100 parties d'argile purifiées aulavage, on peut encore extraire par l’ébullition 15 parties de silice fine. Dans quelques espèces de terrain particulières seulement, elle s’est élevée plus haut; ainsi par exemple le sol d’une nouvelle alluvion dans Pile de Nogad près de Dantzig, con- tenait une beaucoup plus grande quantit«ile silice fine. I faudra des recherches plus étendues, pour pouvoir déterminer jusqu’à quel point argile qui contient une plus grande proportion de cette silice fine, a besoin d’une moindre addition de sable, pour atteindre la porosité nécessaire. $ 540. Lorsque le sol est composé de parles à peu près égales d'argile pure et de ce sable qui peut être séparé au lavage, nous qualifions ce terrain de glaise**, * Einhoffs Grundriss der Chemie seite 208 bis 210. A. ** Je ne sais comment traduire autrement dans notre langue Île mot Lehm. En général hovs entendons par glaise, une argile moins pure que celle de potier; ainsi cette dénomination rend assez bien l’idée de l’auteur; mais peut-être lui ai-je donné trop d'extension, lorsque je l'ai appliquée même à des terrains où le sable domine. Zrad. | précise à grains el que es nous chimie encore lorsque re plus à grains ré; que ons, et nlme, | paralt, 1 d'aprés qui soit je Éasons 2e par un un lavage ulivage, juclques inst par 1, CON+ herches sontient adduon bnéral nous nomination jh, lorsque D’ A G R I C'U:L TU RE. 125 et nous conservons cette dénomination au sol, aussi long-tems que le sable ne gontribue à sa composition que pour 40, jusqu’à 60 pour cent: du reste, suivant que ce terrain contient plus ou moins de sable, on l'appelle terrain glaiseux meuble ou glaise tenace.| Si le sol contient moins de 40 pour cent de sable, on Pappelle terrain ar- gileux; il devient d'autant plus tenace, il réunit d'autant plus les défauts de Pargile, que la proportion de sable qu'il contient est plus petite. il contient au plus 20 pour cent de sable, c’est un sol très-tenace, difficile à travailler et dans lequel les récoltes sont très-casuelles, si, d’ailleurs, ses défauts ne sont corrigés par un fort mélange d’humus ow de chaux. Cependant sa qualité dé- pend beaucoup de la nature de Pargile et de la quantité de silice qui entre dans sa composition; ce terrain est moins imparfait, si, en contenant peu de sable, il a une grande proportion de silice. { bar. Lorsque ce terrain argileux ne contient pas assez d’humus pour rapporter du froment sans être fumé de nouveau, et que par conséquent il ne peut pas être rangé dans la première classe, on le désigne alors sous le nom de terre à fro- ment de seconde qualité; encore pour cela ne faut-il pas qu'il soit dépourvu d’humus. Rarement nous trouvons sur les hauteurs des terrains soumis à fa eulture ordinaire et qui contiennent plus de 3 pour cent de cette substance composée; cependant ces terrains sont encore trés-propres à rapporter du froment, et cette espèce de céréales y réussit plus facilement et plus complé- tement que le seigle. El suffit pour cela qu'ils contiennent des parties nutritives; et comme ils n’en ont pas en suffisance dans la quantité d’humus qui leur estnatu- rellement propre, ils ne peuvent rapporter avec avantage qu'une du deux re coltes de froment, avant de recevoir un nouvel amendement. Après le froment c’est l'orge qui y réussit le mieux, si le sol contient 50 à 40 pour cent de sable; mais sil n’en contient qu’une moindre proportion, et si ce défaut n’est pas COr- rigé par un fort mélange de chaux, ce sol convient mieux à lPavoine. Ce terrain d’ailleurs est propre à rapporter des légumes, pourvu qu'il ait été suffisamment amendé; celui qui contient une plus grande proportion de: sable est surtout favorable aux pois, mais celui qui est plus tenace, l’est plutôt aux fèves. Sa valeur diminue avec la proportion de sable, sil ne peut pas être compté parmi les terrains fortement imprégnés d’humus, marneux ou calcaires, de sorte que celui qui contient 4o pour cent de sable a le plus de valeur, tandis que celui qui en contient 5 pour cent seulement est le moins estimé. À la vérité’, à LÉ à:: lorsqu'on fume beaucoup, et qu'une température alternativement chaude et t26 PRINCIPES RAISONNÉS humide favorise, non-seulement les labeurs de jachère, mais encore la végétation| le terrain tenace et argileux a quelquefois la supériorité, surtout pour le froments mais si l’on considère à quel point, enrevanche, sa culture.est difficile et combien les récoltes sont plus casuelles que danslessols plus légers, on ne peut pas mettre en doute linfériorité de sa valeur. J’évalue à 76 le terrain qui, avec 2 pour cent d’humus naturel, contient 4o pour cent de sable et environ 60 pour cent d’argile pure; à 6o celui qui ne contient que 30 pour cent de sable; à 5o celui qui n’en contient que 20, et à 40 celui qui n’en contient que 10. S'il ne possède pas au-delà d’un pour‘cent d’humus, sa valeur diminue d’au moins 20 pourcent, et d'autant plus qu'il est plus argileux; de sorte que le terrain tenace, qui n’a que peu ou point d’humus doux et soluble, terrain qu’on qualifie ordinatrement defroid et humide, est véritablement un des plus stériles, et peut, pour la valeur, être assimilé au terrain sablonneux. En revanche sa valeur augmente avec la quan- tité d’humus qu’il contient, et dans une proportion d’autant plus forte qu'il est plus argileux; il peut même atteindre la première classe, lorsqu’on lui consacre des engrais en abondance et qu’on lui donne une culture convenable. ÿ 542, Le terrain qui contient plus de 4o et jusqu’à 60 pour cent de sable, est dé- désigné sous le nom de glaise; moins 1 content de sable en sus des 40 pour cent, plus il a de valeur, en le supposant cependant toujours imprégné d’une même quantité d’humus. Jusqu’à bo pour cent il est également propre à produire du froment et de Porgez mais si la proportion de sable va de 5o à 60 pour cent, 3l peut bien à la vérité rapporter avec avantage du froment, pourvu qu’il soit bien cultivé, mais toujours avec moins de succès, encore en est-il plus appauvri que s'il eût rapporté du seigle: en revanche alors il convient paruüculièrement à l'orge, et il peut être classé parmi les meilleures d’entre les terres qu’on destine à cette espèce de grain. L'avantage inhérent à cette espèce de sol, de présenter peu de easualité, d'être d’un travail facile, et de conserver une température et une humidité moyennes, lui donne tant de supériorité sur le terrain argileux, que, malgré qu’il soit moins propre à rapporter du froment, on peut cependant l assinuler à ce dernier terrain dans ses diverses gradations. Âu reste, dans ce cas-c1, ces gradations suivent un ordre tout opposé; 40 pour cent de sable se présentent à nous comme la meilleure proportion. Là la valeur du sol baïssait lorsque la proportion du sable diminuait; ici, au contraire, elle diminue lorsque celte proportion augmente; cependant, suivant les remarques que nous avons faites jusqu’à ce jour, pas dans la même proportion. La valeur du sol paraît être à I sain, | rome, Ltombien pas mettre Pour cent nt d'argile celui qui 1e possède POur cent, Ce, qui n'a hnätement ur la valeur, vec la quan: rte quil est ui consacre 2] ble, est de. les ho pour "égne d'une à produire Dour Cent, | qu'il soit ièrement es qu'on rasualne, humidite maloré assumiler C1, CES resentent orsqué la que celle ons faites jt être à D'AGRICULTURE. 127 peu près égale dans les proportions opposées ci-après: 5o p." 2 sable et 50 p."< argile pure= 35 p."? sable et 65 p."$ argile pure, 60 sable et 40 argile pure— 30 sable et 70 argile pure; c’est-à-dire qu'il manque de Ja perfection possible, autant aux premiers, en roison de leur défaut de consistance, qu’aux derniers à cause de leur trop grande tenacite. Cette espèce de terrain peut être fortement travaillée sans tomber en pous- sière, et elle ne se durcit point en mottes et en tranches; elle ne souffre guère de l'excès d’eau, cependant elle conserve assez d'humidité pour pouvoir résister à une assez longue sécheresse’, et même les jeunes plantes y souffrent beaucoup moins que dans une terre tenace, parce que leurs racines peuvent mieux s’y étendre et y pénétrer: c’est par celle raison. que l’orge en particulier y réussit mieux. Sans doute ce terrain ne rapporte de belles récoltes de froment que lorsqu'il est lien amendé; mais alors même qu'il est dans un état moins prospère, il produit cependant de meilleures récoltes de seigle ,. que la terre plus argileuse. Il est irès-favorable aux légumes ,. au trèfle et aux autres plantes: à fourrage, aux pommes de terre et aux raves, et enfin aux plantes de commerce, telles que le colza, le lin, le tabac, etc. qui y sont d’une culture facile. Fiare- ment il se refuse à l’action de la charrue et de la herse, c’est pourquoi lors même que, dans des années très-favorables, ce terrain ne donne pas d'aussi fortes- récoltes en froment, il doit, dans les gradations indiquées ,. être assimilé au: terrain& froment proprement dit. $ 543: Le sable est nuisible lorsqu'il entre en trop grande proportiondans la com- position du-sol; 1.° parce qu'il ne retient pas l'humidité, qu'il laisse au contraire” écouler et'évaporer l’eau, et avec elle les sucs fertilisans. 2. Parce qu’il ne se combine pas avec l’humus, et que loin de là il s’y unit: à peine physiquement, et qu'il n’absorbe pas les:sucs fertilisans de l'atmosphère. 3. Parce que le terrain sablonneux ne peut pas supporter des cultures fré- quentes; que cependant ces cultures sont nécessaires pour détruire les mau- vaises herbes qui‘pullulent dans les sols de ce genre, surtout lorsqu'ils contien< nent de l’humus en quantité suffisante; que ces cultures répétées Ôtent'au sol: toute consistance, et, au lieu de l’améliorer, l’appauvrissent au contraire, en’ ramenant à sa surface l’humus qui est amassé dans ces interstices sans être com- biné avec lui, et en exposant ainsi cet humus à l'air et aux vents, qui se Pap- proprient et le transportent ailleurs. 4. Parcé que le terrain sablonneux étant un bon conducteur de calorique, il PRINCIPES RAISONNÉS rend les infinences de la gelée et des fortes chaleurs tres-sensihles aux plantes, à chaque changement subit de température que l’atmosphère éprouve. $ 544. Si le sol contient plus de 6o à 80 pour cent de sable, on le caractérise sous le nom de glaise sablonneuse. La valeur de ce terrain diminue lorsque la pro- portion de sable augmente; si celui qui en contenait 60 pour cent valait 60, celui qui en contient 65 pour cent tombe à 6o; celui qui en contient 70, à 40; celui qui en contient 75, à 50, et enfin celui qui en contient 80, à 20. Les récoltes de froment n’y sont point d’une réussite assurée, el si ce terrain con— tient 70 pour cent de sable, il n’est pas propre à produire cette espèce de céréale, à moins d’être soumis à une culture remarquablement bonne; mais il peut parfaitement rapporter de lorge, surtout sil est favorisé par sa position (circonstance dont nous parlerons dans la suite) et si l'été n'est pas trop sec. C’est pour cette raison qu'il est désigné sous le nom de faible ou pauvre terre à orge; au reste c’est de tous les terrains celui où les récoltes de seigle sont le plus assurées. Ï est toujours facile à travailler; cependant il est plus sujet à être infecté de mauvaises herbes que les terrains argileux. Il n’a pas beaucoup d'adhe- sion avec le fumier; au contraire, illé décompose plus promptement et le laisse passer dans les plantes qui y végétent. De là vient qu'il demande à recevoir plus fréquemment des engrais, qui, par là même, peuvent lui être donnes en moindre quantiié. Si on lui consacre des amendemens riches et fréquens, en le meéna- geant pour les produits, il peut s'enrichir fortement d’humus, et parvenir amsi à une grande fécondité; mais cette fécondité va bientôt en déclinant, si ce sol est soumis à une culture épuisante. S'il contient 75 pour cent et plus de sable, on le qualifie ordinairement du nom de terre à avoine; cependant si l’on prend la'moyenne de plusieurs années, on verra qu’il est encore plus-propre à l’orge qu’à lavoine, pourvu qu'il ait été suffisamment amende. - 6 545. Si le sol contient au-delà de 80 pour cent de sable, on l’appelle alors ferrain, sablonneux, et si cette proportion de sable ne va pas au-delà de go, on le dis- tingue sous la dénomination de sable glaiseux. Ordinairement aussi long-tems qu'il n’a pas au-delà 8b pour cent de sable, 1l est rangé dans la cathégorie des terrains à avoine; cependant cette espèce de grain n’y est point d’une réussite assurée, elle n’y donne que peu de produit. Le seigle et le blé noir sont les seuls grains qu’il rapporte avec certitude de réussite, et s’il est suffisamment amendé, il vaut toujours mieux y semer du seigle après du seigle, que de l’avoine après OK plantes, le, terise Sous ue la pro valait Go, 70, à Lo; LerraIN CON= * espèce de ne: mais il Sa pOSILiON AS LrOp sec, pauvre terre seigle sont le IS SujeL à être Coup d'adhe- t et Le lasse recevoir plus és en moindre en Je mena parvecir ansl gant, si Ce SOL hnairement du jsIeUTS 20DÉ6S ÿ vu qu'il alt 8 8 dors drain, jo, 00 Le dis- si long ten cathégore ds d'une reusilé noir sn ls | sr sanment ge de livaire pprts ?; DAGRICULTURE. 729 après cette: première espèce de grain, parce que la sécheresse à laquelle ce { moins funeste au seigle qu’à Pavoine. De terrain est exposé pendant Pete, es des animaux, la pomme de terre toutes les plantes destinées à la nourriture est celle qui peut y être cultivée avec le plus de succès. Mais les fréquens labours qui, lorsque ce terrain est en bon état, sont né- cessaires pour le nettoyer de mauvaises herbes, lui donnent facilement une L C’est pourquoi il a besoin et réellement cette dermère que lorsqu'on y a semé incohérence telle que les grains y réussissent ma d’être laissé en repos, ou d’être mis en herbages, manière d’en tirer part est la plus avantageuse, puis de la fétuque de moutons(festuca ovina) du ray-grass(lolium perenne) du tréfle blanc,(wifolium repens) et de la pimprenelle(poterium sanguisorba, pimpina vulgaris) il fournit un pâturage très-profitable pour les bêtes à laine, quoique, z riche pour Île bétail à cornes: L A A le plus souvent, ce pâturage ne soit pas a55€ culture et qu'on l’ense- après celte espèce de repos, lorsqu'on le remet en mence en seigle, ce terrain donne alors toujours de très-belles récolies. Sa valeur baisse de: 20 à 10, à raison d’un par chaque centième dont la pro- portion de sable augmente, et cette baisse a lieu lors m contient encore de 1 à 14 pour cent d’humus; si, comme cela arrive souvent; il en contient une proportion moindre, sa valeur baisse encore. $ 546. A È oi ème que le terrain Mais si le terrain contient go pour cent de sable, il appartient alors aux terrains de la plus basse classe, à moins qu’on ne lui donne une abondance d'engrais qu’il ce n’est qu'après un long repos, qu'il produit avec avantage une récolte de grain par laquelle il est bientôt épuisée. Au ains dont la proportion de sable ne peut jamais retirer de son propre fonds; reste, si l’on traite avec meénagement les terr cent, ils pourront encore nourrir les petites fétuques nueront encore, pendantes années de repos, age d’une bête à laine par ne dépasse pas g4 pour eula flouve(anthoxantum), et ils do la quantité d’herbages qui peut fournir au pätur journal. Mhis si le sol contient une proportion de sable encore plus grande, il ne rapporte plus que la canche blanchétre(aira canescens), la barbe de boue ou sersifi sauvage(iragopogon pratense) et quelques autres plantes qui ne con- tiennent presque pas de sucs nourriciers; il tombe alors dans la catégorie des sables mouvans, dont il est très- dangereux d'entamer la superficie, parce qu’alors les vents s’en emparent et Venlèvent dan On peut admettre en principe qu’un terrain sablonneux cent de sa valeur, par l'augmentation d'un centième dans la proportion du T. AL. 7 s leurs tourbüllons. perd au moins 1 pour 150__ PRINCIPES RAISONNÉS sable: et lorsque ce sol devient un sable mouvant, dans le plus grand nombre de casil n’a qu’une valeur négative. $ 547. I est beaucoup de sables qui ne sont pas uniquement composés de silice, mais qui contiennent aussi des grains de carbonate de chaux, si, toutefois, Von n’en a pas séparé cette terre par le moyen du lavage. Ce sable calcaire m'est pas insoluble comme le sable siliceux, et il est beaucoup plus favorable à la végétation. Cependant nous n’avons pas des observations suffisantes sur ce qui a rapport à ce sujet, $ 548. La présence de la chaux, surtout lorsqu’elle est intimément mélée avec argile, élève la fécondité du sol jusqu’à un certain point. 1.” Parce qu’elle rend l’argile plus friable et plus meuble, Iorsqu’elle est mèlée avec elle d’une manièreintime et uniforme. Ce mélange se réduit faci- lement en poudre fine lorsqu'il est exposé à un air humide.| 2.” Parce qu’elle facilite le desséchement de Pargile, et qu’elle empêche que Peau ne s’y amasse en trop grande quantité. Elle semble au contraire “ionner plus de consistance au sable, elle augmente son adhésion avec l’eau, et elle s’unit intimement avec lui par le moyen de lhumus:. 3.° Parce qu’elle favorise la décomposition et l’action réciproque des sucs nourriciers contenus dans le sol et qu’elle sépare les substances végétales ou animales qui adhèrent trop fortement à l'argile, Ïl est encore douteux si elle transmet son acide carbonique à l’humus, ou peut-être aux plantes elles-mêmes, si, en revanche, elle en retire de l'air, et si par conséquent elle agit immé- diatement comme corps nuWitif; cependant on a plusieurs motifs de le croire: nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous parlerons de la chaux comme engrais. 4° Parce qu’elle empêche la formation des acides qui se reproduisent si fa- cilement dans le sol, et que lorsque ces acides existent, elle les neutralise et empêche bientôt leurs mauvais effets. 5.” Parce que les grains qu’elle produit ont l'enveloppe plus mince, et qu'ils donnent par conséquent une plus grande proportion de farine; parce que, de plus, elle est singulièrement favorable à toutes les plantes apparteñant à A] la diadelphie, et qu’ainsi toutes les plantes à gousses, et toutes les espèces de trefle y réussissent à merveilles. Lorsque la chaux existe dans le sol en trop grande proportion, elle peut aussi être nuisible, ainsi que nous le remarquons, surtout dans les terrains crayeux. 1." Parce qu’elle ne conserve pas l'humidité, et qu’en particulier elle a, plus que Pret | Rombre le silice, Outelois, avorable antes sur + el aruile, nelle est Qui acte e empêche | contraire vec Lean, e des sus égelales où teux st elle Îlesmemes, agit imme- e lecrorre: me engras, sent s fa eutralise et Ya. ), et qu'ils arce ques \ rtefant& pèces de peut aussl crayeus: plus que D'AGRICULTURE. 131 le sable, de la disposition à la laisser évaporer, ce qui fait que dans les tems chauds, elle se dessèche entièrement et se réduit en poussière. 2.° Parce qu’elle consume promptement le fumier et lhumus, qu’elle accé- Ière souvent trop son passage dans les plantes, et qu’ainsi elle précipite la ve- gétation de celle-ci, et ne leur réserve aucune addition de sucs pour le dernier période de leur développement, ensorte qu’elleles laisse bientôt décliners Comme je ne connais pas d’espèce de terrain qui contienne de Îa chaux en surabondance, je crois devoir transcrire ici ce que Chaptal en dit:« Les terres où la chaux prédomine sont poreuses, légères, très-perméables à Veau, d'un labour. aisé; formant une pâte qui n’a presque pas de consistance; ne recevant pas de retraite sensible par le feu. L'air pénètre aisément la terre calcaire et peut y viviñer les germes à une certaine profondeur; mais l’eau qui s’y infiltre sans résistance, s’en échappe avec une égale facilité. Une terre de cette nature est alternativement inondée et desséchée, et la plante qui ne saurait résister à toutes ces variations, languit et s'éteint dans un sol de cette nature, pour peu que la sécheresse ou Phumidité se prolongent.» Suivant Reissert et Seitz*, le terrain calcaire compose de 4o pour cent de chaux, de 36 pour cent de sable et d’ailleurs en plus grande partie d’ar- gile, est plus difficile à travailler que la glaise, après une forte pluie et lorsqu'il est humide; mais lorsqu'il est sec, cette difficulté est considérablement diminuée. La proportion la plus avantageuse de la chaux dans le sol, est une quantite égale à celle de l'argile pure. De tous les terrains produits par des mélanges artificiels, au nombre de 54, dans lesquels Tillet fit des expériences sur la vé- gétation des grains, celui qui parut le plus avantageux fat celui qui était com- posé de& d'argile de potier, de 4 marne coquillère, et de© de sable. A mesure que la chaux augmente dans le sol, il a besoin de moins de sable pour corriger les propriétés nuisibles de l’argile. Cependant il ne faut pas qu’il en soit totalement dépourvu, parce que la marne sans sable est trop tenace, et lorsqu’elle est mouillée trop bourbeuse. L’expérience en grand confirme que la proportion indiquée par Tillet est effectivement la meilleure. Mais si la chaux est mêlée à la couche supérieure du sol en plus petite quantité, de sorte qu’elle paraisse avoir peu d'influence sur la consistance de celui-ci, la fécondité du sol en est cependant augmentée, probablement à cause de la réaction chimique qu’elle exerce sur l’humus et le fumier. D’après des remarques générales, et qui peuvent cependant n'être pas assez précises, * Annales d'Agriculture, IX, 236, 132 PRINCIPES RAISONNÉS un mélange de 10 pour cent de chaux, élève la valeur de tout terrain argileux ou glaiseux de 5 à 10 pour cent, et d'autant plus que Ce terrain contient une plus grande quantité d’humus. é Ea revanche la chaux est nuisible, lorsque la proportion de celle qui est contenue dans le sol surpasse celle de Pargile, et d'autant plus que cette pro- portion augmente. Lorsque la chaux est mêlée avec beaucoup de sable, elle forme un sol trop sec et trop chaud, sur lequel on ne peut espérer de bonnes récoltes, mème avec beaucoup d’engrais, que des seuls végétäux, qui, tels que 15 maïs, supportént très-bien la sécheresse. Le terrain crayeux, composé en plus grande partie de chaux, a de l’analogie avec lui, et il souffre, non-seu- lement de Pexcès de sécheresse, mais encore de celui d'humidité, parce que dan: ce dernier cas il devient boueux. Au reste, comme je n'ai point eu occasion d’éprouver des sols qui continssent de la chaux en trop grande proportion, je ne me permettrai pas de déterminer leur valeur proportionnelle. $ 540. Lorsque nous avons parlé des espèces de sol dans la composition desquelles l'umus entre pour une partie sensible, et dans lesquels cette substance ne peut pas facilement être épuisée, nous entendions par là ceux qui en contiennent au-delà de 5 pour cent, ce qui n’est le cas que des terreins d’aluvion et des bas-fonds en général. Les terrains élevés, tant ceux qui contiennent une plus grande proporuon d'argile que ceux cliez lesquels le sable domine, ont ra- rement jusqu’à 5 pour cent d’humus; ordinairement ils ne possèdent pas au- delà de 5 pour cent d’humus doux et soluble, surtout à la fin de Îa rotation, lorsque, pour donner des récoltes avantageuses, ils demandent d’être fumées de nouveau. La quautité d’humus diminue dans la proportion des récoltes qu’on en retire, sous déduction cependant des engrais qu’on leur a appliqués. Au reste, cette diminution n’est pas aussi considérable qu’elle semblerait devoir l'être; un amendement de 200 quintaux de fumier laisse, après sa décom- position, à peine 50 quintaux d’humus sec, et cette quantité est répartie sur un journal parmi 12000 quintaux de terrain environ, dont la couche culuvée du sol est ordinairement composée. De celte manière, 400 quintaux reçoivent un quintal, c’est-à-dire un quart pour cent. La proportion dans laquelle Le sol contient naturellement cet aliment des végélaux, est donc d’une grande importance; il est d’autant plus essentiel qu’elle seit considérable, que, moins le sol contient d’humus, plus il est dif- ficile de lui en donner. arelleux ent Une QUE est Île pro- e, elle bonnes tels que pose en on-se 11 [Ce que tossent Lerminer squelles Ance ne iennent a et des une plus ont ra- AS AU= tation, més de qu'on es. Au « devoir decom- rtie SuF culuivee ecoivent nent des essentiel est dif- D'AGRICULTURE. 133 $ b5o. La valeur du sol s'élève aussi avec la proportion d’h du bon terrain glaiseux nous avons ordinairement trouvé 2 pour cent d’humus, lors même qu'il était à la fin de la rotation; ou pour m'expliquer d’une ma- terrain perdait ce poids daus l'incandescence, lorsqu'il qu’on en avait également sé- umus qu’il conüent. Dans nière plus précise, ce avait auparavant le prive de sa parue fibreuse, paré la chaux, sil ÿ en avait, et quil avait été complete un peu plus élevée que celle de l’eau bouillante. L’évaporation, de Peau ne ut à cette diminution de poids, puisqu'il est paraît du reste avoir eu aucune par graisemblable que l'argile avait déjà réabsorbé celte eau de l'atmosphère, lors- qu'on pesa la terre soumise à l’incandescence. Ainsi nous prendrons 2 pour cent pour la quantité moÿenne d’humus con- tenue dans la terre végétale glaiseuse, 15 pour cent pour celle contenue dans y Ja classe des glaises sablonneuses, et 1 pour tous admettrons cetle quantité COMME ns donnée plus haut au terrain ment séché à une chaleur la terre végétale appartenante cent pour celle de la terre sablonneuse;€ condition préalable à l'évaluation que nous avo Une augmentation d’un demi-centième en humus doux, augmente donc de 5 pour cent Îa valeur da sol dont cet humus fait partie; de sorte qu’un terrain qui, possédant 2 pour cent d'humus, valait bo, s'élève à 523 s’ilen posséde 25 pour cent; et à 55 sila proportion d’humus Sa valeur baisse dans le même rapport, ensorte que va jusqu’à 3 pour cent. la diminution d’un demi centième en humus, en opère également une de argileux et au terrain sablonneux. 5 pour cent sur la valeur du sol. Dans la classification ordinaire des terrains, la quantité d’humus est de même prise en considérauon. fl est connu que le même sol est employé tantôt à produire de Porge, tantôt à produire de Pavoine, suivant qu'il a été plus abondamment et plus fréquemment fume, suivant que la proportüon d’humus en a été augmentée, minuée par des procédés opposés, un terrain glaiseux qui est classé par des estimateurs habiles, parmi les terres à avoine, ne contient ordinairement pas au-delà de 1 pour cent d’humus. Si Je même terrain contient 5 pour cent d’humus et qu'il soit d’ailleurs exempt de défauts, il devient une terre à fro— et plus, ment de seconde classe; il peut recevoir cette addition d’humus par la culture, mais cela n’est pas aussi facile qu’on le pense. l’humus est doux, exempt d’acide et de subs= conséquent soluble. Le terrain peut ètre » et qu'il a été plus ménage; 4181; ou qu’elle a été di- Je suppose ici avant tout que tances astringentes, et qu'il est par très-riche en humus acide et pourtant n'être guères fertile. Nous avons W'oUYÉ 134 PRINCIPES RAISONNÉS 5 pour cent d’humus dans un terrain sablonneux de la Poméranie, sur lequel on envisageait 4 pour 1 en seigle, comme une bonne récolte. Au reste, dans l'incandescence il trahissait déjà sa nature par une odeur tourbeuse, et lorsque nous lanalysâmes d’une manière plus précise, nous trouvâmes qu'il avait une acidite très-sensible. Cet humus était dû à la manière usitée dans le pays ’'amender avec du fumier composé en partie de bruyère. On pourrait cependant encore attendre des résultats avantageux de ce terrain si l’on y conduisait de la marne, $ 5ba. Le terrain imprégné d’un humus qui est complétement acide et qui rougit fortement le papier bleu(terrain de marais qui se rapproche plus ou moins de la tourbe), est presque impropre à toutes sortes de végétaux utiles; il Pest même au plus haut degré aux aulnes, et dans cet état il n’a qu’une très-petite valeur, mais il est très-suscepuüble d'amélioration, s’il n’a pas d’autres défauts qui y mettent obstacle. On ne trouve ordinairement cette espèce de terrain que dans les marais et dans des bas-fonds, où le plus souvent elle recouvre une couche d'argile tenace ou de glaise. Il s’agit seulement de savoir si elle peut être égouttée. Si le desséchement à pu être effectué, le meilleur moyen d'opérer l'amélioration consiste à écobuer ce terrain. L'action du feu en chasse une partie de l'acide, et le surplus de celui-ci est neutralisé par la potasse con- tenue dans la cendre; ainsi ce terrain peut souvent être converti en une riche terre à froment. $ 552. Le terrain imprégné d’humus de bruyère, appelé terrain de marais, ne produit que de la bruyère et des plantes de ce genre, aussi long-tems qu'il est dans son état naturel; mais il peut être rendu fertile par l’écobuage de la bruyère, par les fumiers, par la chaux et la marne, et par les irrigations continues; alors sa valeur dépend de la nature des terres dont il est composé. Quelques fois ces terres sont naturellement très-bonnes, leur infécondité était entière- ment due à cette plante qui ne vit qu'en famille, et qui prépare elle-même les sucs qui lui servent d’alimens. Si l’on détruit la bruyère, et que lon cor- rige les défauts de l’humus qui le rendent impropre à la nutrition des autres plantes, le terrain devient alors très-fertile. La chaux et la marne, que le plus souvent on trouve sous le terrain de bruyères, sont aussi d’une grande efficace. Suivant que cette bonification des terrains à bruyère est plus ou moins facile à exécuter, on peut leur attribuer une plus grande valeur, sans cela cette valeur ne peut pas être portée au-dessus de 1. des. Pla en 1 C dec ess Vans gran at gt pe ; Sur Lequel reste, dans s el lorsque l avall une ans le pays Cependant nduisait de qui roueit OU moins les; il Vest Lrès-pelite tres défauts > de terrain Île recouvre vor st elle leur moyen u en chasse potasse con en une riche , ne produit lil est dans la bruyère, ÿ continues; &. Quelques jait entiere elle-même » Jon cor- des autres que Le plus Je eficaces joins facile ette valeur DAGRICULTURE. 135 Dans ce cas, cependant, et dans tous les autres où il s’agit de fire une taxe pour établir Pintérêt de diverses personnes, il faut, à mon avis, admettre en principe de ne taxer le sol que d’après son état actuel, parce que les bo- nifications possibles ne peuvent êlre effectuées que par l'industrie, les con- noissances et l'emploi d’un capital, et que l’on rencontrerait des difficultés infinies, si l’on voulait calculer d'avance les frais de ces améliorations et la probabilité du succès. $ 5b3. Il serait superflu d'insérer ici une introduction à l’analyse de la terre vese- tale, notre méthode ayant été décrite par Einhoff dans le troisième volume des Archives d’Hermbstadt*, et d’une manière encore plus précise dans son Plan de chimie à l'usage des agriculteurs**,, ouvrage dont j'ai été l'éditeur en 1808. Comme dans les diverses analyses de ce genre, nous faisons toujours quelques découvertes qui nous conduisent à des procédés jusques-là inconnus, le pro fesseur Crome les publiera dans la suite avec plus de détail. Aujourd’hui, dans lanalyse du sol, nous ne nous bornons pas à déterminer la faculté plus ou moins grande qu’il a de retenir eau, nous donnons au contraire beaucoup de soins à connaître sa pesanteur spécifique dans l’état d'humidité et dans celui de siccité; nous nous promettons des résultats utiles de la détermination de cette pesanteur, ÿ 554. Autant que je puis connaître par ma propre expérience ou d’après des ren- seignemens sûrs, la fécondité et la bonté des sols que nous avons analysés, leur valeur peut en effet être parfaitement calculée d’après les principes que nous avons émis; en supposant avant tout cependant qu’ils soicnt dans une po- siion également bonne et appropriée à leur nature, le terrain meuble et riche en humus, par exemple, dans une plaine basse; comme, au reste, cela a tou- jours lieu. Le tableau suivant indique les parties consütuantes des terrains dont nous avons eu Connaissance et qui peuvent servir au développement de ces principes; on y trouvera égelement Pestimation de leur valeur, telle que nous la leur at- tribuons; elle y est indiquée en nombre proportionnel de 100 à x. Le, * Im dritten Bande des Hersmbstädtschen Archivs- #* Grundriss der chemie fur Landwirthe, 1808. PRINCIPES RAISONNÉS Les mélanges de terre dont nous allons faire l’énumération, sont dans les proportions suivantes, relativement à leur valeur intrinsèque. i se, Combien ils contiennent. wi Dénomination Dénomination RE US gts ::. d'argile| de sable| Ge Sax) d’'humus TRE systématique, usuelle. p.r cent.|pr. cent.| p'.cent.|pr. cent. 1} Argile fortement impré- gnée d’humus;:, Riche terrain à fromt. 7&| 10&E 11 3] 100 2ÏTerre très-tenace et im- prégnée d’humus Demême...| 81 6 4 82 98 . De même... De même.” ,1.1 79 10 4 6i 96 &lRiche terre marneuse. De même. 4o 29 36& go| 5}Terrain léger imprégné d'humus.:. JTerraimdeprairies.| 14 49 10 27? 6| Terrain sablonneux id.| Riche terrain à orge.| 20 67 3 10 78 71Riche terrain argileux.| Bon terrain à froment.| 58 36 2 4 77 8| Terrain marneux...|Terrain à froment. 56 30 12 2 75 9! Terrain argileux.:: De même..| 60 38|#a2 ST 2 70 10! Terrain glaiseux.;: Demême...| 48 Re RUE 2 65 111Gin188+ à+. De même...| 68 30[5458 2 60 12/Terrain glaiseux...|Terr.àorgede 1.°clas.| 38 60|sS8:| 2 60 14 De même..«| De même de,‘ clas.| 33 65|&& a 2 5o 14|Glaise sablonneuse..| Demême ibid. 28 70 18-93 2 40 15 De même.. ÎTerrainà avoine, ,| 235 75|F3sre 14 30 16|Sable argileux+:... De fhÊpie:+ 41: 204 80.8. 22.5 14 20| 17 De même..-[Terrain à seigle--| 44 85 1558 1 15 18|Terrain sablonneux.. De mème.-:. 9 go 5 8& 5 1 10 19 De même...|Terr.àseiglede6ans.| 4 95|E3 22£ 5 20 De même.+-ITerr.à seigle de 9 ans. 2 974++ î à Le tableau suivant classe les terrains d’après les principes d'estimation pour les domaines du Brandenbourg*, et les évalue d’après des résumés de produits fondés sur l'expérience dans l’assolement triennal avec jachère, lesquels sont transcrits dans le même ouvrage et sont encore les plus exacts dont nous ayons connaissance jusqu’à ce jour. Les seules modifications qu’on se soit permis d’y apporter, c’est premièrement de porter sur la première des deux jachères une récolte de pois, faible à la vérité, et, dans de bons terrains, cette récolte peut toujours avoir lieu sans inconvéniens; en second lieu, d'augmenter un peu le prix des grains. Dans la pénultième colonne l’on a porté en argent le produit net annuel qui résulte de la culture, et dans la dernière colonne, l’on a indique la valeur relative de chacun de ces terrains, en premant pour base 1 00 comme valeur du meilleur d’entr'eux. Ce tableau et le précédent ont ete rédigés dans des tems tout à fait différens, dans des vues toutes dissemblables et d’après de tout autres .# Brandenburgische Taxprincipien. principes ESPÈCE DE TERRAIN. Le pt De an LL Casse, | Riche terre à frment, JT Case, Terre à frome Bees IE" Crasgr, icheteeh ge jen men mem AV Crus Terre àomge, | RE IVe j. Casse, (re à avo | fumée cha | Pme ar nn, tn \L Casse, (lee à seigle à | dans lmée | Parquée à cha | hs TEurième ? uuée L] nn $ PrOportions nn nt, humus Valeur cent, timation pour és de produits | esquels sont jnt nous aÿ0nS soit permis df 1x jachères ué ne récolle peut ser un peu le ent le produit où g indiqué là comme aleut dans des ten . de tout autres principes principes. J quanuté de #?; 1 Lt: e e: o D e e+ culture, a été calculée de manière à pouvoir toujours suffire, si l’exploitation est DAGRICULTURE. *handonne aux fecteurs le soin de comparer ces deux tableaux. La grains qui, dans ce dernier tableau, doit représenter les frais de dirigée à la manière ordinaire, surtout lorsque le prix moyen des grains*est en reéalié un peu plus élevé que ceux qui ent été pris 1C1 pour base. 3 39 TABLEAU coMPARATIF de la valeur d’un d’après les principes d'estimation journal de terrain des différentes classes, dressé pour les domaines du Brandenbourg. | je>| ei cRêe CA+ 5 Sa: s GS SE ME e S es 4® EE| Prix fixé| Produit en| Produit du- Produit Le pe 2 4 \=% GO|5S© Crai SRE. À me| De ; m2 ICE œ ul à rams| 22% CES ESPLCE®® E S PÉCE B ES. Tor réent, de À rant le cours moyen ne Se,= EG) à ES.) pourun| a75ent,# s De ne 5®» la” de É m; 8, ze À« a— Ca$>:.* Se 0,5[er] DE à“ re CAE& 2©"| schefel.[chaque année.|de larotation.| annuei. 5 STE Ë«@ D= a So Era n D 3$: LS©{culture. ce Ce TERRAIN. 25| Grain. 22 Eee ons -= E 2 CD Ve ei® À(PE) Fes ce lente see- D à— pa meiZz meiz Sch metz| Rixd.| Gr.| Rixd.. Gr.i D.] Rixd.!Gr.|D.fRixd.[Gr Di 88€ Avant ée 2 fois la 2 crop,: 20 100: 2 ë 2 EE CLASSE. récolte Pois 5 semence: 6 7 .‘ 1.re| Froment 22} 7| 1542 5 8+| 0! 6 21 {Riche terre à 2.4 Graude-Orgel 20 7| 140/2 5»» 161. 3 1ê 100 froment. 3.t|Froment 2 6| 120/2 3. À 22 1 où 16! 6 4,2|Graude-Orge 16 6| 108/2 3 6« 181 2 12| 9 bo| 18} 5° 3 9 45 II Casse Avant Ibis 20[ 5| 1o0/2 2 8 1 2+| 0 : SE. lrécolte£ ‘ 1.2"€|Froment 22} 6 13212 4 2 1 6 5 5] 4 Terre à froment| de Grande-Orgel 20] 6| 120/2 St 12» 18] 2 10} 6 i 219 3.° ,[Seigle ac 5| 100/2 2 8 1>| 2 12 4e[Grande-Orgel 1€, 5{| gol2 2| 4» 18f 1 161 6 14| 15} 41 2 10165 ce ot nt a tt tend ner me ES RE CES ES nent Cntemet ncnts mme Avant- -; Pois 20! 5| 100}2 2 8 1) 12 [TL.° Czassr.[récolte a: 1.ere|Seigle 20! 6! 120/2 81.12 1»| 3 18 Riche terre à orge 2,.de Grande-Orge 30! 6-| 12012 Bibi» 18| 2 19[ 6 63,6 5.2|Seigle 18| 5 go 2 2| 4 1»| 2 6 4.|Grande-Orgel 16| 5 0,2 2» 181 1 12 12| 19) 6! 319 Avant. Avant|p,- EV.° Casse. récolte|?* ui he 1: à 1,070|Seigle 20] 6| 120|2 91.17 1»| 3 18 Terre à orge. 2.4 Petite Orge 20] 6| 120l2 3| 12» 16! 2 12 46,7 3.|Seigle ton 4] 7212 1 1»| 1 3 4, JAvoine 16] 5| 802 2:19» 12] 1» 91:32 1 14 1.7 Seigle 18] 5 gu{2 2 1 4 1#1 4 6 Ve CLasse. 2.4 A voine: 18 5, go2 2 4» 12) 1. :: 3.|Seigle 1% 3351-56l16 1» 1»| 1»| Per à avoine} 4.|Avoine 161 311 56l11 1» 5) 12 12! 18,8 fumée à chaque] 5.° Seigle 14] 3°] 41°»| 14 1» 21 neuvième année] 6. en repos où du moins ne rend pas de produit net 5| 18 15/4 VI. Casse. Terre à seigle de it Seigle 16! 3] 48 1E»| 8 1» 12 }» ie | Sans,fuméeou| 2° Seigle 14] 21 35}%»[105] 1» 15! 9 A parquée à cha-l°° Seigle 12 2 24 3» 3 i» 4|_6> | que neuvième: | année, 1 1 61 3 Si7 4, EL PO 15: PRINCIPES RAISONNÉS 6 555. Si l’on met fréquemment la composition des terrains dont on a fait une ana- lyse soignée, en comparaison avec leurs propriétés extérieures, telles quelles tombent sous les sens, on acquiert peu à peu la faculté de découvrir la nature de cette composition, à l’aide de ses caractères extérieurs seulement, Apres la couleur, les indices les plus positifs de la présence de lhumus dans le sol sont, la légèreté de ce sol, une certaine odeur de moisi qui lu est propre, et les pousses blanches du lichen humosus. L’argile indique sa présence par sa lenacilé Ct son onctuosité au toucher; le sable par son âpreté, lorsqu’on*le brote entre les doigts, et on le distingue mieux encore en examinant avec une loupe d’une force médiocre, le terrain brisé et émietté; ce moyen peut tres-bien servir à fixer la quantité de sable qui existe dans le sol proportionnément à celle de l'autre terre, et à distinguer Fhumus noir. Le plus souvent on s'assure de la présence de la chaux par l’effervescence de celle-ci avec les acides, et de sa plus ou moins grande quantité, par l'intensité de cette effervescence, à moins qu’on nait le tems et l’occasion de faire une analyse plus précise du sol. 6 556. La consistance du sol est due tant aux propriétés qu’à la proportion de quantité de la terre qui y prédomine. Les explications que nous avons à donner sur ce sujet, se bornent donc à développer les expressions par lesquelles on désigne les divers degrés de cette consistance. On qualifie de dur, tenace, intraitable, un terrain qui, Torsqu’ il a un peu trop d'humidité, s'attache à la charrue et à la herse comme une pâte glutineuse, qui ne se sépare que difficilement, et dont les parties qui ont été detachées forment des masses cohérentes; ce terrain ne peut être divisé ou pénétré que par des 1 instrumeps pointus ou iranien: et ses coupures présentent des faces lisses et luisantes. Lorsqu'il est sec, en revanche, ce terrain se durcit comme Ja tuile, et ses mottes brisées à force de coups, se divisent en fragmens informes où feuilletés; souvent même on ne parvient pas à les pulvériser. Lorsqu’après a pluie le soleil donne fortement sur ce terrain, celui-ci se durcit quelquefois à sa superficie, tandis qu'il conserve son humidité au-dedans: on dit alors qu’il est serré, qu'il s’est formé une croûte à sa surface; les terrains de cette espèce contiennent au-delà de 80 pour cent d’argile.| On désigne le terrain sous la qualité de roide, fort, lorsque; étant sec, il peut être divisé avec moins de peine, et qu’alors 1l se rompt en morceaux d’une apparence matte et grenue, ou s’émiette. Rarement ce terrain est pul- vérisé par la charrue et la bèche, ces instrumens le réduisent plutôt en mgttes L'une ann= S qu'elles la Nalure L Après la o] sont, Ja ëS POusses enacile et e entre les pe d'une jIen servir nt à celle assure de , et de sa è, à MONS u$0). jortion de 15 à donner squelles on il à un peu e gluuneuse, 1e détachées penélre que ent des faces urcit comme ens 1nformes Lorsqu'après | quelquelois t alors qu'il elle espece tant sec, il | morceaux ; L ja est pui en mglies D'AGRICULTURE, qui ne peuvent être brisées que par un fort hersage, c'est ce qui a lieu daus un sol qui contient au-delà de Bo pour cent d'argile. On dit que le sol est léger ou meuble, lorsque, étant humide, il forme à la vérité des mottes, mais que ces mottes se divisent et se pulvérisent sous une légère pression, ou lorsqu'elles sont légèrement heurtées; c’est ce qui a lieu dans le terrain qui contient de 20 à 40 pour cent d’argile. On dit qu'il est mouvant, lorsque ses particules sèches ont peu ou point de consistance ou de cohésion, et qu’elles tombent en poudre sans former des moltes. À cette espèce appartiennent les sols qui contiennent plus de 90 pour cent de sable, les terrains crayeux, ceux qui contiennent beaucoup d’humus et peu d'argile. Si le sol est tellement mouvant, que le vent le remue facilement de place et l’emmèene, on l’appelle alors terrain pulvérulent. C’est en examinant le sol quarante-huit heures après une pluie douce, qu’on peut le mieux juger de la tenacité et de la cohésion de ses parties. Avec un peu d'habitude, on parvient très-bien à les distinguer en y plantant un bäton ou même par l'effet qu’y produit la simple pression du pied. 6 54. : Dans l’estimauon de la valeur du sol, l’examen de la profondeur doit suivre immédiatement celui des parties constituantes‘dont àl est composé. Par la profondeur du sol j'entends celle de la couche de terre qui est à sa surface, de cette couche qu’on appelle communément terre végétale, qui est homogène et imprégnée d’humus d’une manière égale. Dans les terrains ordinaires elle ne descend que peu au-dessous de la couche remuée précédemment par la charrue; lorsqu'on tranche la terre verticalement, on aperçoit facilement la séparation de cette couche. Quelquelois cette profondeur n’est que de 3 pouces, ordinairement elle est de 6 pouces, souvent elle va à 10 ou 12 pouces. C’est dans une culture extraordinaire seulement, et dans des lieux où le terrain a été amassé et déposé par les eaux, qu’on le trouve imprégné également d’humus à.une profondeur d’un et demi, deux, et jusqu’à trois pieds: nous envisageons déjà comme profond, un sol qui a plus de 6 pouces d'épaisseur. Nous prenons en conséquence 6 pouces pour la profondeur moyenne que e sol doit avoir pour être exempt de défauts et ne pas tomber au-dessous de la valeur que nous lui attribuons d’après la nature de ses parties constituantes, Le terrain plus profond contient un plus grande quantité de terre végétale et de sucs propres à la nutrition des végétaux, et si même cet excédent de terre végétale et de sucs n’est pas utile à toutes les plantes, il sert du moins cer- tainement à quelques-unes, lors même que le terrain n’est pas remué dans toute 146 PRINCIPES RAÏSONNÉS sa profondeur. Âu reste cette épaisseur de la couche de terre végétale met à la disposition de tout bon laboureur, Pavantage de pouvoir fouiller de tems en iems son terrain plus profondément, afin de profiter de sa couche inférieure pour toutes sortes de produits; et c’est assez si cette culture profonde a lieu une fois tous les six ou sept ans. Alors Îles racines, même celles des céréales; pénètrent plus avant, elles vont chercher à une plus grande profondeur la nour- riture que, dans un terrain peu profond, elles ne peuvent trouver qu’en S'é— tendant latéralement; ainsi elles peuvent se serrer davantage les unes près des autres, sans que la sphère d'activité de chacune d’elles soit rétrécie. Aussi le terrain plus profond produit-il, à nature d’ailleurs égale, toujours des récoltes plus épaisses. Les racines des blés ne se bornent point, comme quelques per- sonnes lont affirmé, à G pouces de profondeur, je les aï clairement vues& 32 pouces, dans un terrain qui leur permettait de pénétrer jusque-là. Les ra- cines des légumes et du trèfle pénètrent beaucoup plus avant, il en est de celles de la luzerne et des récoltes racines; le terrain dont la couclie profonde, favorise ainsi d’une manière toute particulière la: même de végétale est très- culiure alternative de ces plantes. Outre cela, ce terrain possède évidemment Pavantage de souffrir moins de’ l'humidité et de la sécheresse. L'eau qui est tombée sur le sol a plus. d'espace e avant de rencontrer la couche inférieure, d’où, auparavant; pour descerdr qu’elle rendait semblable à une bouillie. Le terrain elle refluait à la surface, argileux qui est plus profond, seul, iranchées souterraines. Mais comme le terrain plus profond peut aussi ab sorber et contenir plus d'eau dans ses pores, il la conserve également plus long tems, et il la fait parvenir de ses réservoirs souterrains à la surface, à: peut ètre suffisamment egoutté par des mesure: que celle-ci en d’une manière frappante par cette résistance à l'humidité et à la sécheresse; tous Îles observateurs attentifs ont également remarqué que, dans les ter— rains profonds, les céréales sont moins sujettes à verser, bien que les épis Y soient plus gr lorsqu'il était occasionné par la tempête et par des pluies Battantes, et que, dans ce cas même, souvent les grains se relevaient d'eux-mêmes. Dans kes terrains de peu de profondeur c’est précisément le contraire. Ces terrains se distinguent en deux espèces, ceux qui ne sont pas de nature à pouvoir être fouillés plus profondément, et ceux dont la couche en culture peut être augmentée où par le défoncèment à la main, où en pénétrant peu à peu et - successivement plus avant avec la charrue: nons nous arréterons à cette circons- tance lorsque nous traiterons des couches inférieures du sol. a besoin. Les terrains défoncés sont caractérisés: ands, où que, tout au moins, Cet inconvénient n’y avait lieu que tale met} le tems en inférieure nde a lien , ir la nour= qu'en ÿé- es près des ie, Aussi le des récoltes elques per- lent vues à Va Los ra Een est de nt la couche ruculière Ja nt moins de plus d'espace auparavant; e, Le terram utté par des y aussi 2D= pt plus long à suce, à L caractérses la secheresse; dans les ter“ ue les Epis f avait lieu que n$ sontfaire.(ei “de mate à ) culture peut pet ape el pelle ee0PS" D'AGRICULTURE. 141 Les terrains sans fond, qui ont une épaisseur de terre végétale telle qu'on peut à peine la comprendre en entier dans un défoncement, présentent Ja pos- sibilité de conserver au sol sa fécondité presque sans engrais, ou par des défon- cemens complets, ou en creusant successivement de place en place, et en éten- dant sur la superficie du sol la terre qu’on a ainsi urée de sa partie inférieure. Aussi ces terrains ont-ils une valeur presque incroyable: Mais dans quelle proportion la plus ou moins grande profondeur du sol aug- mente-t-elle la valeur de celui-ci? Nous avons admis six pouces comme Ja profondeur moyenne que le sol doit avoir pour étre exempt de défauts; et nous sommes convaincus que chaque pouce ajouté à la couche de ce sol que nous appelons la couche de terre végétale, élève de 8 pour cent la valeur du terrain; de sorte que celui dont la couche de terre végétale est de 12 pouces vaut, toutes choses étant d’ailleurs égales, la moitié de plus que celui dont elle n’est que de 6 pouces. À une plus grande profondeur, ce qui ne saurait être atteint par de simples labours, cette augmentation pe suit, à la vérité, pas la même proportion; cependant, comme la terre végétale qui est au-dessous de la couche remuée par la charrue, ne laisse pas d’être utile aux plantes, nous n’hésitons pas à porter à 5 pour cent l’augmentation que chaque pouce de plus ajoute à la valeur du sol. En revanche la valeur de celui-ci baisse proportionnément, à mesure que Îa| couche de terre végétale diminue de la profondeur de 5 pouces que nous avons: adnnse comme moyenne. Si donc un terrain: qui a 6 pouces de profondeur vaut bo, celui qui ena7 vaut alors 54 : fs ut 100 DT er bi 4 5 366 11°° e® 70: 12 CR e e 7 hr, 0 &> 8 e 49; CAE Ïl n’y a aucun doute que le sol ne puisse acquérir cette augmentation de valeur d’une manière durable, au moyen de cet approfondissement de la couche de terre végétale; quant aux avances que cette opération exige, elles varient infiniment; quelquefois elles demeurent en-dessous de la valeur de cette aug- mentation, d’autres fois elles Pexcèdent.| Li; PRINCIPES RAIS ONNÉS Ce qui est au-dessous de la terre. s'appelle la couche inférieure du|: sol, la terre vierge; ou cette couche est composée des mêmes.élémens que la|| couche supérieure, à l’exception cependant de l’humus et de ce que.cette| couche reure de l’atmosphère avec lequel elle est en contact, ou bien elle est composée de substances d’une nature différente, La couche inférieure a une in-|? fluence sensible sur la bonté du sol, et celte influence.est d'autant plus grande, que la couche supérieure a moins de profondeur,:| je La couche de terre qui est au-dessous des terrains argileux ou glaiseux, est| p° ordinairement argileuse; elle ne se distingue de ceux-ci que par sa crudité, el par sa tenacité et par son impénétrabilite. Mais souvent aussi on trouve la| k même espèce de terre sous une terre végétale sablonneuse; dans une position| el unie, mais légèrement inclinée, une couche inférieure de cette nature peut qu ameliorer beaucoup ce terrain, en empêchant que l’eau ne sécoule trop Re avant, en entretenant dans le sol plus d'humidité qu’on ne semblerait devoir le s’y attendre. Quelquefois dans le labour ou par le défoncement, on peut ramener à la surface une partie de cette terre, et la méler dans des propor- ph tions convenables avec le sable. Au premier abord, ce mélange amoindrit|& quelquefois le sol, mais ensuite, lorsque le mélange complet a eu lieu, le|] 4errain en est os ameliore. Si au contraire cette couche inférieure de terre argileuse estinégale, de sorte L que les eaux n’y aïent pas leur écoulement d’une manière uniforme et que pi Join de là elles s'y amassent et y croupissent, elle peut, dans les tems pluvieux, ql rendre trop humides même Îles terrains les plus sablonneux. Quelquefois cette couche inférieure est marneuse ou calcaire, même dans s0 | des lieux ou la couche supérieure offre à peine une trace de chaux. Ici lap- p profondissement du sol par les To par le defoncement complet ou sue-; il cessif, produit des effets surprenans, et laméliore en même tems d’une ma-; | nière durable, parce que l'argile marneuse, quelque tenace qu’elle soit dans la s couche inférieure du sol, lorsqu'elle est amenée à la superficie et mise en: contact avec lair, se divise et se pulverise de matière à pouvoir facilement; être mêlée avec le sol. Ce terrain est donc susceptible d’une grande boni- e fication. || Sous un terrain argileux ou glaiseux on trouve aussi quelquefois une k | couche de terre sablonneuse, qui, si elle west placée ni trop près de la L superficie du sol, ni à une trop grande profondeur, c’est-à-dire si elle est g # 1 pied ou 1 pied} au-dessous de la surface, et si sa couche est assez épaisse, érieure du lens que le que cette len elle est € à Une np. lus grande, älseur, est sa Crudite, trouve la ne position ture peut coule trop eræt devoir l, on peut e$ propor+ “amomndrit eu lieu, le , de sorte le et que pluvieux, me dans Ji Vap- OÙ SUC“ l'une ma it dans la mise en acilement de boni- efois une près de la 4 elle él 2 epasst y D'AGRICUETURE, 143 produit alors un sol éminemment fécond, un sol qu’on qualifie de pesant et chaud, tout à la fois, parce qu’il ne souffre jamais de l’humidne, et qu’au cou- traire il en laisse toujours écouler la partie surabondante.. S'iln’y a qu'une petite épaisseur de terre végétale au-dessus du sable qui cons- titue la couche inférieure, ce terrain est fortement expose à la séclieresse, lors même qu'il paraît tres-fertile par une température humide, ou au printems aussi long-tems qu'il conserve Phumndite de Phiver.- Quelquefois aussr la couche de salle ou de gravier est très-mince, et'elle a au-dessous une couche d’argile imperméable. Si alors le terrain manque de. pente, l’eau s’amasse dans cette couclie de salle comme dans un réservoir, et elle reflue vers la surface; ators il s’y forme des fondrières, des places humides, le terrain. devient froid et stérile, parce que Feau qui s’écoule, entraîne avec elle les particules de fumier dissoutes, et les dépose dans la: couche de sable qui est au-dessous. Cette espèce de terrain est une des plus mauvaises, si on pe l’ameliore“par des saignées qui fournissent un écoulement à l’eau; mais à Faide de ces saignées, ce terrain peut être complétement corrige: Plus le sable qui est au-dessous du terrain sablonneux estsans fond et mouvant, plus. ce terrain est sec.$r, à une certaine profondeur le sable prend plus-de consistance, et qu’ainsi l’écoulement de l'humidité soit un peu-arrêté,.le sol a: plus de fraicheur. Quelquefois la couche inférieure du'sol est’ contposée de pierres; elle est plus ou moins rapprochée de la: superficie, c’est-à-dire qu’elle est recouverte par une couche de terre végétale plus ou moins grande. Souvent celle-ci:n’a que: quelques- pouces: d'épaisseur; c’est suriout le cas dans les montagnes. De toutes les couches inférieures du sol qui: sont pierreuses, celles qui sout composées de pierre à: chaux sont'toujours les meilleures: A: la su- perficie, cette pierre est le plus souvent rude au toucher, délitée et pléine de crevasses; elle absorbe l’eau, et les racines des plantes y pénètrent. Il est des végétaux. qui semblent attaquer la pierre même et: qui peut-être tirent de son acide carbonique une partie de leur nourriture: c’est le cas surtout du sainfoin(esparcette) et de la plupart des plantes qui appartiennent à la dia- delphie, des arbres et des arbrisseaux:; de sorte que les rochers. calcaires et gypseux sont moins stériles que Ceux d’un autre genre, Le schiste argileux, couvert d’une légère couche de terre végétale, se délite lorsque la charrue l’entame ou en iève des morceaux, et Pon assure avoir par là rendu plus profonde et avoir amélioré la couche supériéure du sol. Le granit exclut toute végétation, le terrain qui repose sur lui et dont la couche 144 PRINCIPES RAISONNÉS a peu d'épaisseur, ne s'améliore point, à moins qu’on n’augmente la couche de terre végétale en y en transportant.: Quelquefois la couche inférieure est composée de caïlloux roulés; ce qui importe en€gla, c’est de savoir s'ils sont suffisamment recouverts de terre végétale, ou si Ja couche supéricure n’a que peu d'épaisseur. Dans le premier gas ils ne sont point nuisibles, au contraire, si le terrain est argileux, ils peuvent être très-utiles, en fournissant un écoulement aux eaux surabondantes: nous parlerons dans la suite des pierres isolées qui se présentent jusqu’à la surface du sol. L’ocre ou la mine de fer, que l’on trouve assez fréquemment au-dessous de la superficie du sol, est extrémement nuisible à la végétation; il l'empoi- sonne, pour ainsi dire, s’il n’est pas recouvert d’une couche de terre végétale assez épaisse pour qu’il ne puisse être atteint par les racines des plantes. Il est or- dinairement recouvert d’une couche de terre âpre et de couleur brune, de même nature que lui; cette couche devient plus dure à mesure qu’elle des- cend, et elle est enfin transformée en pierre. Les arbres dépénissent aussitôt que leurs racines touchent à cette terre. À l'égard de l'humidité, nous disinguons la couche inférieure du sol en per- méable et enimperméable. La première espèce est la sablonneuse et le plus sou- vent aussi la pierreuse, qui rarement est dépourvue de fentes et d'ouvertures par où l’eau puisse sécouler. Moins cette couche contient de sable, plus elle est imperméable; cependant de la glaise qui contient beaucoup de sable, peut aussi devenir imperméable, si elle s’est durcie. C’est ainsi que lorsqu'on laboure toujours à la même profondeur, la pression des pieds des chevaux et de la charrue forme peu à peu une croûte, qui est imperméable à l’eau, et qui se rompt en morceaux; lors même qu’au-dessus ei au-dessous, le sol est assez meuble et perméable. 6 559. C’est principalement à l’imperméabilité de la couche inférieure que, dans Île plus grand nombre de cas, est due la trop grande humidité du sol. Car quoique la couche superieure ait plus ou moins d'adhésion avec l’eau, et soit naturel- Jement plus sujette à souffrir de l’humidité ou de la sécheresse, cette humidité naturelle ne paraît cependant pas être nuisible à la végétation, si du moins le sol ne contient pas plus d’eau que les terres dont il est composé n’en peuvent retenir, d’après le degré d'attraction de cohésion qu’elles ont pour l'eau. Mais lorsque l’eau ne peut pas s’écouler et s’égoutter, et qu’ainsi la terre meuble devient semblable à une bouillie, cette humidité excessive est tres-nuisible à la d 8 la touche lés; ce qui ts de terre le premier ls peuvent ntes: nous à la surface au-dessous il l'empoi- re vérétle s. Îlest or brune, de qu'elle des- sent aussitOt sol en per- \e plus sou- d'ouvertures je, plus elle p de sable, ue lorsqu'on chevaux ef à l'eau, et , sol est que dans le Car quoique soit naturel- ste humidité du moins le n’en peuvent ir Veau, Mas terre meuble ss-puiible à Je se D'AGRICULTURE.| 347 sf la plupart des plantes que nous cultivons. Lorsque la couche inférieure du sol est imperméable, et qu’au lieu d’être en pente et ainsi de fournir de quelque côté un écoulement aux eaux; elle est au contraire inégale et raboteuse, quoique la superficie du sol soit unie; l’eau y est retenue comme dans un bassin, et le terrain ne peut être essuyé qu’à la longue, par l’évaporation. Les terrains où 1l y a des sources d'eaux, les doivent ordinairement à la nature des couches inférieures du sol. $ 560. Outre cela il se peut que l’humidité soit due à des eaux qui s’écoulent de la surface de terrains plus élevés, et que ces eaux n’aient pas d’issue ultérieure. Enfin il est possible qu’elle soit due aux eaux de quelque bassin placé dans une situation plus élevée, de quelque fleuve ou de quelque lac, lesquelles suintent au travers d’une couche de terre perméable, Nous aurons occasion d'examiner ces causes d'humidité, lorsque nous traite- rons des desséchemens; nous n’en disons un mot ici en passant, qu’en raison de linfluence que le plus ou moins de difficulté de les surmonter a sur la valeur du sol, L’humidité rend quelquefois le terrain impropre à presque tont usage, quelque: fois elle y favorise la végétation des herbages, et elle le rend propre à être converli en prairie; mais jamais elle ne lui donne des qualités pour la culture des grains. Souvent elle permet que le sol soit ensemencé en grains de printems, surtout en avoine, mais jamais en grains d'automne. C’est au printems qu’on juge avec le plus de certitude, de l'humidité nuisible dont le sol.est imprégné. Dans d’autres saisons on en aperçoit bien les traces dans les plantes qui végétent sur ce terrain, mais cependant d’une manière plus équi- voque.| L'on ne juge jamais mieux du plus ou moins d'intensité de la disposition du sol à retenir l’humidité, que quelques jours après une pluie douce; l’on qualifie alors‘un terrain; a) De sec, lorsque, comprimé dans la main, ilne donne aucune trace d'humidité. B) On dit qu’il est essayé, s'il ne donne de signe d'humidité que lorsqu'il est fortement broyé et pressé.| c) Qu'il est frais, lorsqu'on sent facilement son humidité. d) Qu'il est zumide, lorsque dans une légère pression, il humecte la main. e) Mouillé, lorsque, en le comprimant, on en fait couler l’eau goutte à goutte, et que la tranche remuée par la charrue, ou la pellée de terre enlevée avec la hèche, est luisante, Ti 19 mali)! À 140 PRINCIPES RAIÏISONNÉS f) Aqueux ou marécageux, lorsque l’eau demeure à sa superficie, ou qu’elle sintroduit d’abord dans les traces que laisse la pression des pieds. Les quatre premiers degrés dépendent en grande partie de la composition du sol, cependant sa position peut aussi y contribuer; les deux derniers sont dus entièrement à cette position. $ 561. Par la température du sol, par ce qu’on appelle sa chaleur et sa froideur, nous n’entendons point le degré de chaleur qui lui est communiqué par celle de l’atmosphère, par les rayons du soleil, suivant les différences du climat ct de la situation dans lesquels ce sol est placé, et dont nous parlerons dans la suite; mais seulement celui qui dépend de causes intérieures existant dans le sol lui-même. Notre globe paraît avoir au-dedans de lui un certain degré de chaleur; en effet, à une profondeur de 10 pieds au-dessous de la surface du sol, la tempé- rature se conserve, dans toute les saisons, égale à 7 degrés du thermomètre de Réaumur*. Long-tems on a cru que cette chaleur était due à un feu central contenu dans l’intérieur de ce globe, ou toutau moins à une grande chaleur qui y était demeurée dès le tems de la création, et qui prenait plus d'intensité à mesure qu’elle se rapprochait du centre de la terre. Muis cette opinion a dejà été trouvée sans fondement en ceci, qu'à quelque profondeur qu’on ait pénétré dans les mines, on ne s’est cependant aperçu d'aucune élévation de température. À douze cents pieds au-dessous de la surface du sol, cette chaleur était tou- jours la même; dans quelques mines de la Hongrie seulement on s’est apercu de quelqu'augmentation de chaleur, mais cet effet peut être attribué à des causes locales, telles que la température élevée de quelques sources; ou Îa nature par- ticulière de la surface de terrain qu’elles parcourent. La chaleur qui résulte de ces espèces de fourneaux souterrains est un phénomène rare.; On distingue souvent des différences dans la température du sol, par le tems plus ou moins long que la glace et la neige emploient à sy fondre, et par la disposition que certaines places om à se geler plutôt que d’autres, sans que la position du sol puisse y contribuer; pour les labours d'automne et de prin- tems, ceci ne laisse pas d’être d’une grande conséquence. Dernièrement, à l’aide duthermomètre, on a fais là-dessus quelques observations plus précises; mais elles n’ont point encore élé assez répétées, pour que je puisse présenter ici rien de plus posiuf que ce qui va suivre; Sur les causes de ces différences de température. Ge * 8°, 74 du Thermomètre centigrade. Trad. / Ou qu'elle position du FS sOnt dus , ë par celle u climat ct ons dans la ant dans le haleur; en |, la tempé- momètre de feu central chaleur qui Pintensite à jinion à dejà nai pénètre temperature, leur était tou- est apercu de e à des causes a nature pat- qui résulte de tems |, par le dre, el par a que la , 228 ; et de priür Jent, à l'aide ecises; Mas presenter 10 férences de Pt VE D'AGRICULTURE. 147 La température du sol dépend d’abord visiblement du degré d’hunudité de ce sol. Le terrain humide est en moyenne plus froid, il s’essuie plus lentement, il gêle plus vite, et il lui faut plus de tems pour acquérir la chaleur nécessaire à la végétation: c’est pour cela qu’on qualifie ce terrain d'Awmide et froid; le terrain sec, de chaud; le très-sec de brélant. I n’est pas douteux que cela ne provienne de ce que l’évaporation de l’eau consume une quantité de calorique libre, et l’enlève par censéquent au sol, Outre cela, souvent nous trouvons une différence de température dans des terrains d’une humidité égale. Un sol rempli de terreau, de fumier non épuisé, et de substances en putréfaction, a un degré de chaleur beaucoup plus eleve, et fait beaucoup plus promptement fondre la neige dont il est recouvert, de sorte que le paysan a coutume de dire, que ce terrain mange la neige. ci la chaleur provient, sans aucun doute, des décompositions chimiques qui s’y opèrent, et dans lesquelles il se dégage presque toujours du calorique; ainsi il est vrai, à la lettre, de dire que le fumier réchauffe le terrain. Il produit cet effet en partie mécaniquement en rendant le sol plus léger, plus meuble et ainsi plus sec, et en parue chimiquement, en le décomposant. L'on s’apercoit que le terrain calcaire est plus chaud, parce qu'il accélère ces décompositions chimiques, et que non-seulement il exerce l’action la plus forte sur le fumier et l’humus, mais que ceux-ci l’exercent également sur Jui. Enfin les sols pe sontpas tous également bons conducteurs dela chaleur qu'ilsrecoivent du dehors; le sable l’est plus que l'argile, lorsque celle-ci n’est pas excessivement humide. Ainsi un changement subit de température a plus d'influence sur les plantes qui végètent dans un terrain sablonneux, que sur celles qui croissent dans un terrain argileux; c’est par cetle raison que les gelées de nuit, et surtout les les gelées blanches, sont plus nuisibles aux premières qu’à ces dernières, comme on a souvent occasion de le remarquer sur celles des semailles auxquelles le froid est le plus contraire; probablement aussi il est telle couche inférieure du sol qui, mieux que telle autre, communique aux corps avec lesquels elle est en contact, la chaleur qui provient du dedans de la terre, et qui, par cela même, fait que la gelée pénètre moins avant, et est plus vite dissipée. On détermine les degrés de température du sol par les expressions a. Brülant. c. D'une chaleur moyenne. b. Chaud. d. Froid. Des recherches plus précises que l’on fera à l’aide du thermomètre, surtout au printems, à la cessation dela gelée, donneront peut être encore des résultats remar- quables sur les différences qui, sous ce rapport, existent entre les différens sols. 148 PRINCIPES RAÏSONNÉS Fe: 6 526. Mais la valeur et les qualités du sol ne dépendent pas seulement de sa com- position et de-la nature de ses propriétés intérieures, mais aussi de sa position, de sa forme, et de ce qui l’environne, circonstances qui, toutes, influent beaucoup sur ces qualités, et les modifient de diverses manieres. La forme de la surface, sa position montueuse ou plate, horizontale ou inclinée, a une influence variée suivant les proportions diverses des terres élé- mentaires dont le sol est compose. Le terrain sablonneux, mouvant et sec, est d'autant plus fertile qu’il est plus plat, et qu'il est plus bas relativement à la contrée qui l’environne. Dans cette position il conserve plus long-tems l'humidité, dont il a rarement une surabon- dance; en revanche cette espèce de terrain perd d’autant plus de sa valeur, qu’elle se trouve placée sur des hauteurs, sur des collines, ou sur les croupes élevées de la contrée; là, non-seulement son humidité s’égoutte plus prompte- ment, mais de plus cette humidité, et avec elle souvent Îles particules les plus fertilisantes du sol, lui sont enlevées par les vents. Dans une telle position un terrain sablonneux qui, dans la plaine, pourrait sans contredit être culuve avec avantage, ne vaut décidément pas la peine d'être ensemencé; souvent même il peut être dangereux pour toute la contrée avoisinante, d'attaquer la couche supérieure de ce terrain avec la charrue, parce qu’alors il peut en résulter des tourbillons de sable tres-nuisibles. Au terrain argileux, au contraire, et à celui dont la couche inférieure est imperméable, uue position montueuse ou inclinée peut souvent être avanta- geuse, parce qu’elle fournit un écoulement aux eaux surabondantes. Dans une telle position, au moyen de fossés ou de tranchées souterraines judicieusement disposés, on peut prévenir tous les inconvéniens de l'humidité: le plus souvent il sy trouve un débouché pour l’eau, ou tout au moins une place basse où elle peut être réunie. Cependant les pentes roides ne sont jamais désirables, à cause de la difficulté qu’on éprouve à les culuver. On a long-tems disputé sur la question de savoir, si sur une même base géométrique, la plus grande surface du terrain montueux avait à l’égard du produit, des avantages sur Îa peute surface du terrain plat. La plupart des théoriciens ont soutenu que la première n’avait aucun avantage et ne pouvait pas contenir plus de plantes quelasuiface horisontale, parce que lesplantessonttoujours placées perpendiculairement, et que, par conséquent, il y avait place ni pour un plus grand nombre de racines, n1 pour un plus grand nombre de tiges; mais les praticiens n’ont jamais pu en être convaincus, etil paraît évident en effet, que de sa come sa Position, es, influent rizontale ou ele- qu'il est plus . Dans cette ne surabon- sa valeur, les croupes 1s promple- articules les Île position tre culuve ; souvent attaquer La en résulter erieure est re avanta- Dans une ieusement us souvent asse où elle es; à CAUSÉ même base l'égard du lupart des pouvail pis onttoujours e pipour U e$; mais les n cfet, que D'AGRICUBTURE. 149 opinion contraire de ceux-ci est fondée. Déjà, quant à la place, 1l paraït incon- testable qu’elle suffit à un plus grand nombre, lorsque les plantes s’élegent les unes au-dessus des autres. Là où la sommité d’un arbre, ou lépi d’une plante s'étend, la racine d’un autre a$a place. Si des hommes occupent des gradins, sh yen peut un plus grand nombre, que si ces hommes ctaient placés sur um même espace dans un lieu plat. Outre cela il y a toujours assez de place pour les céréales, il ne leur manque que l'étendue suffisante pour tirer de Patmos- phère les sucs qu'elles empruntent d'elle; et cette étendue est toujours plus grande sur une colline que sur sa base. En supposant à la couche de terre ve- gétale une même profondeur ,ilÿ en a cependant toujours plus sur cette grande surface que sur sa base; et enfin les plantes qui végètent sur un côteau, se privent réciproquement moins d’air et de lumière. Ainsi donc srle terrain est d'une méme nature, il ne devrait pas être estimé uniquement d’après son étendue caïtculée sur sa base, comme elle doit être donnée sur les plans,. mais aussi d’après l'étendue réelle de sa surface; c’est aussi ce qui a effectivement lieu dans la pratique et dans le mesurage de quelques pièces de terrain par- ticuheres. 6 563. Le plus ou le moins d'élévation du.sol au-dessus du niveau de la mer, produit une grande différence dans le climat et dans la température atmosphérique. Dans une même zone la chaleur est toujours moins grande sur les montagnes; que dans les plaines ou les bas-fonds; 1 n’y a pas jusque dans la Zone-Torride, où Le somniet des plus hautes montagnes ne soit couvert de glacés et de nciges eter- nelles. Cependant les limites des glaces sont à une plus grande hauteur danses pays voisins de l’équateur, et elles’abaissent à mesure qu’on se rapproche du pole. La végétation diminue dans la même proportion que la chaleur; sur les hau- teurs, les arbres et les végétaux sont toujours moins élevés et plus rabougris; plus haut il ne croît que des pins, et a une plus grande élévation encore, seulement certaines plantes de montagnes. Mais nous nous apercevons d’une diminution dans Ja végétation des céréaler, déjà sur des hauteurs moins considérables, et lors même que leur position est d’ailleurs avantageuse. Cependant, pourvu que le terrain lui convienne, le froment réussitsur les montagnes mieux que Île seigle, etl’avoine mieux que l'orge; du reste toujours relativement, et la maturité en est toujours plus tardive. Il manque rarement d'humidité sur les-montagnes, parce qu'il s’y fait un plus grand dépôt de celle quiest contenue dans latmosphère; aussi un terrain sec el chaud :(1.... ÿ a-t-1l tous les avantages sur un terrain humide et froid. Mais comme pour a 150 PRINCIPES RAISONNÉS l'ordinaire il y a assez de pente pour donuer de l’écoulement aux eaux, on peut toujours y égoutter le sol en y creusant des tranchées, et en donnant une issue aux sources qui s’y trouvent. Une grande charge inhérente aux champs qui sont placés sur les montagnes et qui diminue considérablement leur valeur, c’est la difficulté du charroi des engrais, lesquelsfréquemment, ne peuvent être transportés qu'avec despeinesinfi- nies. Il semble qu’on pourrait prévenir cet inconvénient en tenant le bétailau parc; mais ce parcage du bétail augmente en revanche beaucoup la dificulié du labour. Enfin, sur les pentes rapides, les pluies abondantes et Les ravines, entrainent fréquemment avec eux la terre végétale; ainsi il est souvent plus avantageux de laisser en forêts les terrains fortement inclinés, lors même qu'ils produisent de riches moissons. S 564 Dans les pentes des montagnes et des coteaux, et même dans les terrains légèrement inclinés de la plaine, la direction de linclinaison offre une con- sidération importante, Les terrains tournés vers le nord, sont moins vite réchauffés et essuyés, ils conservent leur humidité plus long-tems. Les substances végétales et ani- males qui fournissent à la nourriture des plantes y entrent plus tard en fer- mentation et emploient plus de tems à se décomposer. La végétation y dure moins long-tems, elle commence plus tard et finit plus 1ôt. Les plantes manquant de chaleur et de lumiére, elles sont moins savoureuses et pro- duisent moins de fruits; elles y souffrent plus souvent des vents froids et de la gelée. Les terrains exposés au midi sont plus vite et plus fortement réchauffés, ils jouissent d’une lumière plus grande et plus directe. La végétation y comence plus tôt, et les produits y arrivent à leur plus grande perfection. En revanche ces terrains souffrent plus facilement de la sécheresse; ils sont aussi plus exposés aux bourrasques de pluie et de grêle qui viennent du midi. Les terrains inclinés vers lorient sont plus vîte essuyeés, l’atmosphère ÿ dépose moins d'humidité; ils se sèchent plus facilement. Le soleil du matin y réveille plutôt la végétation, il la remet plus promptement en activité après le repos de la nuit et Pabsorpuon de l’humidité. Les récoltes y font ainsi plus de progrès et y mürissent plus parfaitement; à la vérité elles peuvent aussi plus facile- ment y être détruites par les nuits froides et par les gelées blanches. Au reste, souvent les nuits froides et les gelées blanches y sont moins nuisibles qu'ailleurs, Caux, on Otant une Montaones Charroi des Speines inf. Lilau pare: Qu labour, , Enlrataent antageux de oduisent de les terrains e une Con- L essuyes, ales el ami- ard en er- ion y dure Les plantes ses et pro- froids et de chaufés, ils à y comence En revanche | plus exposés l'aumosphère el du mat clivité aprés ainsi plus de plus facile- 5, Au r'esle, ; qu'ailleurs D'AGRICULTURE. 151 parce que le soleil étant moins fort à son lever, fait moins promptement éva- porer la rosée* Dans les terrains penches vers l'occident, et la lumière directe du soleil, que lorsque l'humidité de la nuit a été évaporee, les végetaux ne recoivent la chaleur et que la force vitale ranimée par le repos, a déjà été affoiblie; c’est pour cela que les produits qui croissent à l’exposition du couchant, ne sont en général pas aussi hâüf, et qu'ils n’atteignent pas une aussi grande perfection que ceux u les rayons du soleil à son lever. Au reste, le vent d'ouest charte qui ont e 1]. e ÿ[2 A,.’ ainsi le sol tourné de ce côté souffre moins de la se- avec lui plus d'humidite, cheresse. Cette position est pl midi. C’est ici que les dommages occasionnés par le dégel subit sont le plus que le soleil n’aueint les plantes que vers midi, lorsqu'il est à us avantageuse, si elle incline légèrement vers le sensibles, parce sa plus grande force. Les avantages et les désavantages de ces diverses positions sont determinés surtout par Ja composilion du sol et par ses autres propriétés. Le terrain at gileux, humide et froid ga: us mauvais lorsqu'il est tourné à Poccident ou au nord. C’est gne par lPexposition à lorient et au midi, et est in- comparoblement pl précisément opposé dans des terrains sablonneux et calcaires, secs et chauds, pour lesquels l’inclinaison à l'occident est toujours la meilleure, et qui, lorsqu'ils sont tournés au sud-est, souffrent loujours plus de la sécheresse. Du reste lin- clinaison aunord n’est dans aucun Cas avantageuse, lorsqu’elleest tellement rapide, que le soleil n’y donne que d’une manière tres-oblique. 6 565. Quelquefois le terrain est privé des rayons du soleil et de la lumière par ui l'environnent, par des montagnes, par des forêts, par de grands les objets qui+ ar des bâtimens. Sans parler de la chaleur que les rayons du arbres isolés et p soleil donnent, la lumière en elle-même est indispensable à’ la réussite des plantes, et peut-être même pour accélérer certaines décompositions dans le sol. © Nous savons que toutes les plantes cherchent la lumière, ei s’inclinent tou- jours du côté où elles Ja trouvent. On le remarque en plein air, mais plus clairement encore dans des chambres et dans les serres; au reste, cela n’est jamais plus sensible que lorsqu'on renferme des végétaux dans des caisses de bois, qui n’ont que quelques fentes; les plantes s’introduisent alors dans celles- * Dans la contrée que j'habite, au contraire, l’on a remarqué que les terrains qui rece- 2? 3 q yaient les premiers rayons du soleil le matin, élaient plus exposés à souffrir des gelées blanches, parce que le passage du froid au chaud était plus rapide et éprouvait sensiblement les plantes délicates. Trad. Lee 152 PRINCIPES RAISONNÉS € ci, avec une force à peine croyable. Dans les plantations epusses, Tes végétaux s'étendent de toutes leurs forces en hauteur, cherchant à lenvi de jouir des avantages de Ja lumière. Elles croissent done d'autant plus en hauteur, qu’elles sont plus épaisses, mais sans doute aussi aux dépends de la force de leurs parties inférieures, qui alors demeurent plus faibles. Toutes les plantes qui ont cru à Pobscurite età l'ombre, ont un air pâle et maladif, uu tissu lâche et cachectique, des pousses longues, minces, sans force et faciles à rompre; elles n’ont point la saveur qui leur est propre, mais seulement un goût fade et aqueux; dans notre langue nous caractérisons cet etat par le mot éfiolement. En revanche plus la lumière qui tombe sur les plantes est intense et tombe verticalement sur elles, plus ces plantes deviennent fortes, accomplies et vigoureuses dans toutes leurs parties et leurs substances. La couleur verte des feuilles dépend entièrement de la lumière, c’est pour cela que toutes celles qui me sont pas encore développées sont pâles. Cette action particulière de Ja lumière est, ainsi que des expériences précises l’ont démontré, indépendante de la chaleur que Îles rayons du soleil transmettent en même tems; car l’on a pu remplacer la lumière du soleil par une forte lumière aruficielle, pourvu que d’ailleurs la température fut la même. Dans un terrain qui est ombragé, les plantes germent, à la vérité, car pour la germination des plantes et pour le développement des premières fibres de leurs racines, une position ombragée est avantageuse; elles recoivent un de- veloppement passablement grand, mais elles ne produisent pas de parties nu- iitives et elles donnent des fruits imparfaits. Delà vient que lPherbe qui a cru sous des arbres rapprochés les uns des autres est peu nourrissante. $ 566. Ou le sol est exposé à tous les vents, ou bien il en est abrié par des hau- acurs, des montagnes, des forèts, des bâtimens ou des haies, placés d’un côte ou d’un autre; suivant la nature de la composition du sol, cette circonstance peut lui être nule ou désavantageuse. Le terrain argileux et humide gagne en général à être exposé à l'air libre, plutôt qu’à être dans une position couverte et abritée des vents. La neige fond moins promptement et, surtout au prin- tems, le terrain est moins vite essuye, lorsque les vents n’y ont pas un libre cours. Le terrain sec, sablonneux et chaud au contraire, retire souvent de grands avantages des abris qui le protègent contre les vents; quelquefois il peut être sensiblement amélioré par les haïes dont on l'entoure, ou par des arbres plantés du côté où soufflent les vents les plus redoutables. Le vent nuit beau- coup à ce dernier terrain parce qu'il lui enlève plus promptement lhumidité, qu'il Les Végétaux de jouir ds eur, qu'elles leurs parties Jui Ont cru à Cachectique, s n'ont point queux; dans Eu revanche verticalement ureuses dans ulles dépend Be sont pas lumière est, de la chaleur u remplacer e d'ailleurs Car pour res fibres de oivent un de- Je parties nu- l'herbe qu à ssante, 3 par des hau- acés d’un côte e circonstance mide gagne en sion couverte rtout au prin- nt pas UD libre re souvent de quefois 1 pet ar des arbrés opt nuit Déël al l'humilité qu'il D'ACRICULTURE. 153 qu'il disperse la couche supérieure du sol mêlée d'humus, laquelle est encore plus légère que le sable, et qu'ainsi il degarnit les racines des plantes dans un lieu, tandis que dans un autre il recouvre ces plantes avec du sable brut. Quant aux plantes elle-mêmes le vent leur fait éprouver des effets variés. Chez quelques-unes il favorise la fructification pendant la floraison, chez d’autres id y met obstacle; ainsi ces dernières ne produisent guères beaucoup de semence que dans les positions abritees. $ 567. Enfin, il faut également prendre en considération la nature de l'atmosphère du sol et de sa température; qui constitue ce que l’on désigne sous le nom de climat. Si ce climat est tel que la latitude lindique et que la température moyenne de l'atmosphère soit en rapport avec cle, nous n’avons point à nous enquérir de cette circonstance, qui est alors dans son état naturel; d’ailleurs c’est A l’aide des observations thermométriques, qu’on parvient à connaître cette tem- pérature d’une manière précise. Mais les modifications dans l’état de atmosphere et de la température, que nous remarquons dans quelques districts et dans des portions isolées de terrain; méritent sans contredit que nous nous en OcCupions d’une manière plus paru- culière que nous ne l'avons fan jusqu'ici. Ce n’est pas seulement les rayons du soleil et leur direction plus ou moins verticale qui contribuent aux différences de chaleur que nous remarquons, plusieurs autres causes paraîssent également y avoir part. Les décompositions qui s’operent dans l’atmosphère, l'influence des exhalaisons qui émanent de la superficie de la terre, cette communication de la température de portions de terrain rapprochées, qui a lieu par le moyen des vents; la position du sol rela- tivement à certains vents; les montagnes et les forêts qui entourent un paÿs ou le coupent, qui le protègent contre le froid, ou le raffraïchissent par leurs som- mités glacées; la hauteur de la contrée; le voisinage de la mer ou de grands lacs; un sol sablonneux ou marécageux; toutes ces circonstances influent sur la température locale, et méritent d’être prises en considération. L'eau tenue en dissolution dans l’atmosphère se précipite plus abondamment dans certains pays que dans d’autres. Pour déterminer ces différences d’une manière plus précise, nous manquons encore d'observations météorologiques sur diverses contrées, et en particulier de données précises sur la quantité de pluie qui y est tombée, et celles-ci sont, de toutes ces observations, sans aucun doute les plus intéressantes pour l’agriculture. Nous avons déjà remarqué que les sommets des montagnes attirent, plus FE, 20 154 PRINCIPES RAISONNÉS que les plaines, l’eau contenue dans l'atmosphère. Indépendamment de cette sc ji considération, l'attraction des vapeurs acqueuses s’exerce plus dans un lieu que à Du| dans un autre; elles s’y précipitent dans l’état de pluie ou de rosée, ou enfin ‘sous la forme de brouillards, Les districts voisins de la mer, des lacs et même des grands fleuves, recoivent une plus grande quantité d’eau vaporisée et sont en général plus humides, surtout lorsque ces eaux sont à leur occident. Cette| eirconstance améliore souvent les terrains secs et en particulier les rend plus h propres à être mis en herbages; en revanche elle détériore d'autant plus Les| se terrains qui, sans cela, sont dejà humides. ti Les vapeurs qu’exhalent des amas considérables d'eaux croupissantes, sur p tout les marais, ont quelquefois des propriétés très-nuisibles, les brouillards‘ qui s’en élèvent endommagent souvent des plaines toute entiéres, de sorte le que tous les ans les céréales y sont atteintes de diverses maladies, et ne pro- F duisent que peu et de mauvais grains, quoique, au printems, elles aient une belle apparence. De simples desséchemens ont complétement remédié à ce mal, c’est donc une preuve qu'il n'avait pas d’autre cause que celle dont nous venons| de parler. Les foréts de haute futaie ct d’une grande étendue, paraissent également atürer à elles l’humidité, ou condenser l’eau qui se trouve en dissolution| aëriforme dans Patmosphère; en effet, on a généralement remarqué que, dans les contrées boisces, il tombait une plus grande quanute d’eau. Enfin il est des contrées où les nuées, et en particulier les orages, se rassemà blent plus que dans d’autres. On croit avoir remarqué qu'ils suivent tantôt le cours des riviéres, tantôt les sommiies des hauteurs voisines, et que d’autres| fois ils recoivent leur direction des chaînes de montagnes. 1] y a cependant des | lieux ou les orages se divisent ordinairement, sans qu’on puisse en expliquer | la cause: l'expérience seule apprend à connaître ces particularités. Îl est des contrées qui recoivent presque toujours les orages qui ont pris naissance dans ||: un certain licu, et d’autres qui n’y sont que rarement exposées, ou qu!, du (il moins, n’en recoivent que de faibles atteintes. Comme les pluies d’orages sont Ja plupart bienfaisantes, les premières se distinguent par leur fertilité, mais aussi elles sont plus exposées à la grêle. 6 568.| L’atmosphère, et surtout sa couche inférieure, ne contient pas seulement de| HA” e à e L] \? Veau, mais souvent encore des substances qui ont une grande influence sur la | végétation; ces substances y sont contenues en proportions variées. L'on sait que le gaz acide carbonique et le gaz hydrogène carboné, sulfuré et phosphoré ent de celte un leu que ce; Où enê lacs et même drisée et sont aident, Cette les rend plus atant plus Le ISSANLES, sut les brouillards res, de sorte 8€l De pro elles aent une rédie à ce mal, Il nOUS YeN0Ds nt également n dissolution qué que, dans es, Se r'ASSCI* ept tantot le que d'autres pendant des en expliquer ïs, Àl est des iissance dans où qui, du J'orages sont , mais AUSSE sulement de uence sur la es, L'on sait 1 phosphore 9+ DACHICULTEURE. 159 sont tres-favorables à la végétation, et qu’ils contribuent récllement à l’amen- dement du sol. Mais il y a vraisemblablement aussi souvent d’autres substances plus composées, surtout des émanations animales qui ne sont pas encore en- tièrement décomposées, où dont les élémens se sont combinés d’une mamière particulière. Les contrées très-peuplées qui entretiennent une grande quantité de bétail, où l’on consume beaucoup de combustibles et où il s'opère de nom- breuses décompositions, dont les produits se combinent avec l’atmosphère; se distinguent d’une manière frappante par leur ferulités différentes observa- tions semblent démontrer que cette grande ferulité est indépendante de la plus graude quantité de fumier que ces contrées produisent. Dans les grandes villes et dans leurs environs, on peut à peine méconnaître cette inflence de Patmosphère sur la fertilité des terrains, même les plus mauvais. Ce que nous avons dit au$ précédent, des vapeurs qui s'élèvent des eaux stagnantes, prouvé que l'air peut également contenir des substances nuisibles. Des expériences incontestables ont également démontré l'influence fâcheuse de lépine-vineité sur les céréales.: $ 569. La valeur du sol peut être considérablement modifiée par la plus ou moins grande quantité de mauvaises herbes qu’il contient; je dis par la plus ou moins grande quantité, parce qu'il est excessivement rare de trouver un terrain qui Æn soit absolument exempt. On qualifie du nom de mauvaise herbe, toute plante qui végète dans un lieu où nous ne désirons pas qu’elle existe. En eflet, cette plante nuit toujours aux végétaux qu’on cultive sur ce terrain, elle les prive de la place et des ali- mens qui leur étaient destinés, et elle accélère sans uulite l'épuisement du sol, ‘Cependant, nous ne parlons ici que de ces espèces de mauvaises herbes seu- lement, qui ont rempli le sol de leurs racines et de leurs semences, à tel point, qu’on ne puisse les détruire sans beaucoup de peine et sans des sacrifices con- sidérables, et qu’elles aient une influence nuisible très- sensible sur le succès des récoltes. Sous des rapports agronomiques nous distinguons ces mauvaises herbes en tros genres: 1. Celles qui se multiplient par les semences seulement. 2. Celles qui, ordinairement, ne se propagent que par les drageons qui pous- sent de leurs racines. 3. Celles qui se reproduisent de l’une et de l’autre manière. 156 PRINCIPES RAISONNÉS fi S b7o. He| 1. Les mauvaises herbes qui se reproduisent par leurs semences, se sub- divisent en deux espèces: les annuelles qui germent, produisent et épandent leur semence en un même été, et qui après cela périssent; et les bisannueiles qui poussent la première annce, résistent à l'hiver et produisent leur semence la seconde année de leur végétation. Ces deux espèces n’ont pas des racines vivaces, elles périssent avec elles, lorsque leur semence a atteint la maturite. La semence des végétaux qui appartiennent à cette classe et dont il est ici question, est de nature à ne germer que lorsqu'elle est très-rapprochée de la superficie du sol, et que l'atmosphère peut agir sur clle; si elle est à une plus grande profondeur ou renfermée dans des mottes de terre, elle ne germe pas, elle demeure saine et conserve st faculté de germer, jusqu’à-ce qu’elle soit ramenée dans une position qui facilite ee développement. La durée du tems pendant lequel la semence se conserve dans cet état paraît infinie, puisque lors- qu’on remit en labour un terrain qui était probablement demeuré inculte du- ant des mmiliers d'années, et sur lequel on ne découvrait aucune plante de ceite espèce, il s’en trouva couvert dans toutes ses parties. C’est ainsi, qu'ici, dans le marais de l'Oder, il pousse quelquefois une quantité surprenante de m7ou- iarde des champs(sinapis arvensis), lorsqu’ayant mis en culture un terrain qui, de tout tems, a! été en marais, on Pameublit de manière qu’à la se- conde année, Île gazon soit détruit et divisé. Cette semence ne peut avoir été amenée iei que dans Jes tems les plus recules, et avoir été déposée par les eaux, dans le limon qu’elles chariaient avec elles. Souvent aussi l’on a vu pousser ces mauvaises herbes sur des terres tirées d’une profondeur de plusieurs pieds, et mème du sol d'anciennes forêts. On a trouvé sous un bâtiment, qui sûrement avait existé 200 ans, une terre noire qui fut transportée avec le plätras sur un jardin; bientôt il poussa à cette place une quantité de marguerites dorées (ehrysanthemum segetum), quoiqu'auparavant on n’en eûl jamais vu à cette place. | Des phénomènes semblables ont souvent disposé des personnes peu instruiles à croire que ces plantes étaient produites par la nature, sanssemence ni sans germe, comme s’il pouvait y avoir une exception à la règle orne vivum ex 0v0. Le nombre de ces petites semences qui peut exister dans le sol, dépasse toute idée. Lorsqu'on a divisé soigneusement le terrain, et qu’on l’a réduit en poudre, x il est bientôt couvert d’une pousse épaisse de mauvaises herbes, que le labour ne tarde pas à détruire complétement, les jeunes plantes ne pouvant pas y résister; mais alors le terrain ramené à la surface pousse bientôt une quantité de mauvaises herbes toute aussi grande que la première; j'ai yu cela se répéter Rences, se oh. AL et épandent Les bisannuell nt leur semence Pas des racines ent Àa maturite, >€ dont 1 est -Tapprochée de 1 elle est à une elle ne germe Fete qu'elle soit \ durée du tems le, puisque los- neure inculte du- e plante de celte sl, qu'il, dans nligre un terrain ère qu'a l st- e peut avoir ele see par leseaur, a qu pousser ces sieurs pieds,€t 4, que sûrement eo le platras Sur raueriles dorées vu à cette place» peu instruies à » pisans ger0Rr x OV0. , dépassé toute uit en poudre que Je labour ouvant pS ÿ une qunllè gja serépéles F? Le à 5 DAGRICULTURE: 197 jusqu’à six fois dans un été, sans que je remarquasse de diminntion dans cette i pousse de mauvaise berbe et sans que l'espèce en fut détruite pour lPannée suivante. On a renouvellé ces opérations jusqu’à la troisième annee, sans pouvoir entièrement nettoyer le terrain de la semence de marguerite dorée. Les mauvaises herbes annuelles ne se montrent ordinairement que parmi les grains de printems; souvent les céréales d'automne en sont entièrement de: } pourvues; surtout si les semailles ont été faites d’assez bonne heure pour que la semence qui se trouvait à la superficie du sol püût être développée: cette F. ni: espèce de mauvaises herbes ne résiste pas à l'hiver elle perit certainement au printems, si ce n’est plutôt; on ne la trouve parmi les grains d’autonine que lorsque le terrain a été de nouveau remué à sa surface, lorsqu'il s’est émietté au bord des billons, que les mottes se sont pulvénisées pendant hiver où au printems sculement, et qu’ainsi de nouvelles semences ont ele mises en contact avec l'atmosphère, ow enfin lorsque ces semences y ont élé transportées par les vents où les eaux; encore n’y sont elles qu’en petite quantité, à moins qu'une température extraordinairement douce ne les ait conservées pendant l'hiver. Les mauvaises herbes bisannuelles, au contraire, ne parviennent à leur déve Joppement complet que parmi les: céréales d'automne, quoiqu’elles poussent également parmi celles de printems, où alors elles sont détruites par le labour; avant qu’elles soient parvenues à leur floraison et à leur maturite.. Les plus nombreuses d’entre les espèces de mauvaises herbes annuelles; appartiennent au genre des moutardes ou sénevés et des raves sauvages: dans leur nombre on distingue des plantes d’espèces différentes; quoiqu'en appa< rence assez semblables, savoir: La moutarde des champs( sinapis arvensis) qui ne réussit que dans les terrains forts, riches et qui conservent l’humidité; cette plante, loin de parvenir à son. développement dans les terrains maigres, y périt au contraire bientôt, à tel point même qu’on peut impunément y semer des graines qui contiennent de sa semence. Dans cette dernière espèce de terre cette moutarde lève; à la verile ,- mais elle est bientôt étouffée par les autres plantes; en revanche elle ne tarde pas à couvrir les terrains riches et fortement imprégnes d’humus, lorsque, au printems, elle a pris le dessus sur la récolte, alors celle-ci en est considérable- ment endommagée, si même elle ne manque tout à fait. Au reste, cette plante peut facilement être détruite, parce que sa semence n'étant pas renfermée dans une enveloppe dure, elle germe plus facilement; elle n'est également pas entiere= ment inutile, parce que müûrissant à peu près à la même époque que les grains de printems; sa semence peut être réduite en huile après avoir été séparée au: 158 PRINCIPES RAISONNÉS moyen d’un crible. Les culuvateurs soigneux ont soin d’arracher cette planté épaisse et nourrissante avant que les céréales montent, et ils la donnent en nourriture à leur bétail, auquel.elle est très-profitalile, Le radis sauvage(raphanus raphanisteum) végète sur les glaïses sablonnerises, sur les sables glaiseux, et en général sur les terrains moins forts; il y réussit dors même que la température est défavorable: plus le sol est maigre et la température mauvaise, plus tôt il étouffe les céréales; tandis que celles-ci le dominent quelquefois, sur un terrain riche et par une température favorable, lorsque la plus grande force de sa végétation est passée. Îl se distingue de la moutarde des.champs, surtout par la peau dure et membraneuse de sa graine, qui empêche qu’on ne puisse en extraire l'huile avec la même facilité; d’ailleurs cette graineest plus petite et moins huileuse que celle de la moutarde des champs; la fane en est plus âpre au toucher et moins chargée de sucs que celle de cette plante, cependant elle.est agréable au bétail et nourrissante; aussi tire-t-On parti des champs qui en sont infectés pour produire du fourrage, êt cela sans y épandre aucune semence; mais seulement.en les labourant et les hersant plu- sieurs fois d’un ete. Plusieurs espèces de choux, telles que Île colza et d’autres du genre de la navette, s'emparent aussi quelquefois du sol et Vinfectent. Depuis un certain nombre d'années ces.espèces de mauvaises herbes paraissent #être considérablement augmentées dans les terres arables du nord de lAlle- magne: aujourd’hui 1lest rare de trouver un champ qui en soit exempt. Une des principales causes auxquelles on doit attribuer ce mal, c’est qu’on ne se donne pas ässez de soins pour se procurer des semences pures; cependant souvent ces soins eux-mêmes sont inefficaces, lorsque le terrain content deja une grande quantité de ces mauvaises graines. On ne peut diminuer la quantité à de ces plantes et Sen débarrasser enfin tout à fait, qu’en travaillant et remuant fréquemment le terrain pendant les mois d'été, en éloïgnant les récoltes de graius de printems, et enfin en arrachant les plantes qui, çà et là, ont échappe à ces précautions. Le crysanthème des blés, vulgairement appelé marguerite dorée(chrysan- themum segetum) est plus nuisible, mais aussi beaucoup moins répandu. Il pousse avec une telle vigueur, il est si difficile à détruire et il se multiplie d’une manière si prompte et si démesurée, qu’il peut rendre le sol absolu- ment impropre aux grains de printems et lui ôter toute valeur. Cette plante germe tard et seulement lorsque le sol est passablement réchauffé, alors elle pousse avec une telle force, qu’elle ne tarde pas à étouffer Les plantes qui étaient Ceite Dhnté donnent en blonnense, 1 y réunit maigre et la celles-ci le 'e favorable, ingue de la Le sa graine, Le; d'ailleurs des champs elle de cette nss1 tire-t<0n t cela sans y hersant plu- 1enre de la es paraissent -d de PAlle- xempt. Une qu'on ne se : cependant ontient deja r la quantité ju et remuant s récoltes de ; 4 , ont échappé rée(chrysan- répandu. I 1 se muliplié le sol absolu Cette planté fe, alors elle jes qui ctalent D'AGRICULTURÉ. 159 déjà en pleine végétation lorsqu'elle a commencé à naître; ses pousses vigou- reuses et'ses feuilles, s'étendent bientôt sur toute la surface du champ, et parais- sent absorber tous les sucs: elle a tellement de vie que lorsqu'on arrache une plante qui n’est encore qu’en boutons, non-seulement ses fleurs s’épanouissent, mais sa graine même parvient à maturité. Lorsque, au sarclage, on l’enlève et la jette en tas, elle n’entre point en fermentation, au contraire les plantes qui sont au-dessus du tas repoussent, végétent et donnent de la semence, de sorte que, pour la détruire, 1l n’y a pas d’autre moyen que de Penterrer profondément ou de la brüler: Sa graine passe au travers du corps des animaux, sans perdre la faculté de germer; ainsi elle se propage par le moyen des fumiers. Dans les contrées où l’on sait que ce mal existe dans le voisinage, mais où cependant on n’en est pas encore atteint, on emploie les soins les plus assidus pour sen préserver. Si des chevaux, ou du bétail d’une autre espèce, viennent de lieux infectés de cette mauvaise herbe, l’on a soin de faire immédiatement brûler les excrémens qu'ils laissent tomber, et l’on ne üre ni foin ni paille de ces contrées, Afin d'empêcher la multiplication de cette plante, lon fait des visites dans les champs, et l’on impose une amende de 1 jusqu’à 2 gros, pour chaque marguerite dorée qu'on y trouve. Si cette plante s’est emparée du sol, il est extrêmement difficile de la détruire, surtout dans les soles où les propriétés sont entremêlées, et l’on n’y parvient qu'avec de grands sacrifices; cependant cela n’est point tellement impossible que quelques personnes se l’imaginent. Des labours d’été et des hersages fréquens, qui ramènent à la superficie toujours une nouvelle couche du sol, détruisent en grande partie la semence après sa germination; cependant un té ne sufhit point pour parvenir à ce but, lors même qu’on donne de trois en 1rois semaines un nouveau labour. On ne peut semer entre deux jachères aucune céréale de printems, ni aucun autre produit parmi lequel la marguerite dorée puisse arriver à sa maturité, si d’ailleurs on ne lui donne les sarcisges des plus soignés. Deux exemples cités dans les Annales de lagricullure de Basse-Saxe, Tom. IT, pag. 520, prouvent qu’en donnant à ce travail l’attention nécessaire, on parvient cependant à se dcbarrasser de ce fléau; mais d’après la difficulté qu’on éprouve à y parvenir, on peut juger de la dépréciation de valeur du sol qui est infecté de cette plante. Une autre plante tout aussi nuisible, et cependant plus facile à détruire, est la folle avoine, ou averon(avena fatua ou stexilis); elle croît ordinairement parmi les grains de printems, quoique souvent aussi on la trouve parmi Îles |} | ( ( | 160 PRINCIPES RAISONNÉS Q 29: 0 Q: STYaIns d automne. Comme sa semence ne se conserve pas aussi bien dans la S* terre, et qu’au contraire elle germe et pousse facilement lorsqu'elle ne se trouve %.[2 ,’° pas à une grande profondeur, on perit, en une année en débarrasser assez bien S, Ë 5 3 un champ; pourvu qu'aussitôt qu’elle eurit, on ait soin de la faucher pour la donner au bétail, on pour en faire du fourrage sec, usage auquel elle est parfaitement propre; S au contraire on la laisse sur plante, sa graine mûr promptement et se sème d'elle-même, avant que les céréales soient parvenues à leur maturité. Sa semence peul facilement être uansportee par les vents, elle a beaucoup de disposition à sortir de son enveloppe, parce que ses grains ar l'humidité et contractés par la ont une grande disposiuon à être dilates p le degré d’'humidué chaleur, à tel point même qu'on s'en est servi pour mesurer de l’atmosphère; ainsi cette semence peut facilement être communiquée d'un champ qui en est infecté, à un autre qui en e est établie, on ne peut guère s'en garantir, si tous les voisins ne $ 571. Aux mauvaises herbes qui résistent à l'hiver, et qui par conséquent se montrent .+.?, plus particulièrement dans les grains d automne, appartiennent le bluet( cen qaurea cyanus), les diverses espèces de camomilles\ matricaria chamomilla, nthelmis arvensis, chrysantemum leucanthemum), la crête de est exempt; dans Îles contrées Où cette plant s’accordent pour la détruire, anthelmis cotula, à og(chinanthus cristagalli}, le coguelicot où pavoi rouge des champs(papaver rhæas), la /ychnide nielle(agrostemma githago), qu'une cxpérience récente m'a appris pouvoir exister long-tems dans le sol sans y germer, quoique sa graine soit passablement grosse. La semence de toutes ces plantes se conserve dans la zerre, sorte que, malgré les soins les plus assidus, souvent on ne parvient pas à en nettoyer parfaitement le sol. Au reste, elles ne sont pas aussi nuisibles aux grains d’auiomne que les autres le sont à ceux de printems, parce que des céréales de cette espèce, vigoureuses€i épaisses, qui végèlent sur un sol riche, pas à prendre le dessus; ainsi Ces mau- sain et nullement humide, ne tardent dance, que là où la récolte n’a qu'une yaises herbes ne se montrent en abon végétation faible et languissante, Il en est de même du brome-seigle(bromus secalinus et arvensis), souvent la semence avec celle du blé, mais fréquement aussi sa graine on en épand existe déjà dans le sol, où elle peut se conserver long-tems, si elle n’est pas ramenée assez près de la surface, pour que sa germination puisse avoir lieu. Il est arrivé en effet que quoiqu’on eût semé du grain de froment pur, on« cependant récolte plus de brome que de blé, cest ceite éspèce de phéno- mèng n dans la € SC lrouve assez bien acer pour uel elle est atoe mnt paryenues Les vents, e ses grains actes par là : d'humidité nique dut cantrees où S VOISLOS 14 Je MOntrént luet(ce bamomilla, ), la crête de ps(papaver récente m'a 1e 5 prainé rve dans la arvient pas nsibles aux ce que des n sol riche, si ces Maur » n'a qu'une sis), SOUVERÉ ssi 52 grue elle n'est PF ent purs” ce de phéno méng D'AGRICULTURE. 161 pinion absurde que te seigle pouvait se transformer de brome profite d’une longue humidité qui Dans les places ou dans les terres humides seigle souffrantes. Dans les tems mène qui a donné lieu à lo en brome seigle. Cette espèce est au contraire nuisible au seigle. e forüfie et étouffe Îles plantes de écisément le contraire; aussi dan eigle, lors même que la semence celui-là s secs, C'est pr sèches, souvent épandue contenait beaucoup de sa graine. Je passe sous silence plusieurs autres mauvaises herbes qui se propagent par leur semence, mais qui sont moins communes et moins nuisibles dans notre climat, et toutes celles qui sont plutôt dues à des graines contenues parmi les qu’à des semences conservées dans le sol; ou qui, du ion soutenue à ne semer que des grains très- s; telles sont le vesceron où vesce Linn. 1029), l’ononis des champs s des-exposiions et des années il ne pousse pas de brome 5 céréales qu’on a semées, moins, si l'on donne une attent propres, peuvent facilement être éloignée sauvage(vicia cracca an Lachyrus aphaca, ou arréte-bœuf(ononis arvensis). $ 572. herbes qui se propagent rarement pâr leurs viennent guère à leur maturité, et qui t leur sont très-nuisibles, nous dis- Dans le nombre des mauvaises semences, parce que celles-ci ne par cependant infectent fortement Îles champs€ tinguons surtout le froment rampant, et Les agrostis. Chacun sait combien un champ qui en est infecté, en particulier lorsque la n rieure du sol ou sa situation, lui donnent de la disposition à souffrir de l'humidité, et surtout lorsqu'il survient des étés humides, dans lesquels les soins même les euvent étre inefficaces. Lorsque nous parle- lus soutenus, donnés à la jachère,: 2 3 es labours et de J’'ameublissement du sol nous traiterons des moyens de ici nous ne nous occupons que de l'influence il est difficile de nettoyer de chiendent ature de la couche infe- rons d détruire ces mauvaises herbes, qu’elles ont sur la valeur du sol. t infecté de chiendent, il refuse les récoltes Aussi long-tems qu’un terrain€s que, sans cela, on devrait en attendre. Cependant si l'été n’est pas trop hu- s de charrue convenables, mide, et pourvu qu’on emploie à propos Îles espèce la peine de l’arracher, de l’enlever avec le grand oyer le sol dès la première année. pas maigres, et ils sont encore nt. Si donc on peut les e récoltes qui doivent sans même qu’on se donne rateau et de le brûler, on parvient à en nel Le plus souvent les terrains ainsi infectés ne sont améliorés par la putréfaction des racines de chiende mettre d’abord en jachère, ou les consacrer à la culture d le bon cultivateur a peu de sacrifices à y faire être soigneusement sarclées, 21 T, vulgairement chiendent(triticum repens): 162 PRINCIPES RAISONNÉS de plus qu'à un autre terrain, il suffit qu'il leur donne un peu plus de travail]; cepeudant lorsqu'on fait l’estimation d’un terrain, on doit, sans aucun doute, avoir égard à cette circonstance,| Pour une acquisition on peut y faire moins d'attention, mais lorsqu'il s’agit de prendre à ferme, c’est toute autre chose; surtout si le bail doit être court. Lorsque les champs sont humides, infectés de chiendent et par conséquent diffi- crles à nettoyer, ils ont une valeur intrinsèque beaucoup moins grande, Esfin on range dans la classe des plantes les plus nuisibles le petit lizeron (convolrulus minor ou arvensis) qui pénètre si profondément en terre avec ses racines, qu'il est très-difficile à détruire; il nuit beaucoup aux céréales, tant par ses feuilles, que par ses longues pousses, qui s’entortillent autour de la tige du blé et Pentrainent sur la terre. Les espèces de prèle ou queue de cheval(equisetum); la plupart d’entr’elles végètemt dans des terrains dont la couche inférieure demeure dans une humidité permanente; elles ne paraissent pas très-nuisibles aux biés, tout au plus elles Ôtent un peu d'espace à leurs tiges; mais elles ne Icur enlèvent que peu ou point de nourriture, parce au’elles tirent la leur de la couche inférieure du sol; cependant elles sont nuisibles pour la culture des fourrages et pour le pâturage, parce que non-seulement elles ne eonviennent pas au bétail, mais que, le plus souvent, elles sont reellement malsaines,| Lc fussilage; ou pas d’äâne,(tussilago farfara et petasites) avec ses grandes feuilles, s’étend-sur un grand espace; on ne peut le détruire que très-difficilement, en fouillant sans cesse le terrain dans lequel il a pris racine: il eroû le plus souvent sur Îles terrains argileux et marneux. La ronce(rubus cassius, vulgaris, fructu nigro, fruticosus) s'étend souvent beaucoup, et s’établit de préférence dans les terrains où il ya de la marne- glaiseuse. Êle est difficile à détruire, parce que ses racines pénètrent pro fondément dans la terre, et que, de celles-ci, il sort de nouvelles pousses. qui quelquefois étouffent le blé dans les places où elles végèlent, $ 573. Dans la classe des plantes quise propagent tout à Ja fois par leurs seniences et par leurs racines, nous distinguons surtout le serréte des champs(seratula arvensis), qui ne se mulüplie guère que dans de bons terrains glaiseux, et qui, là où‘il croît avec vigueur, est toujours un signe de fertilité. La nature paraît avoir pourvu d’une manière toute particulière à la conservation de cette plante; elle lui a donné-des piquans qui en détournent le bétail, aussitôt qu’elle a #lteint une certaine grandeur, Elle pousse de ses racines, et de chacune de Sd ta, | dote, QU s' I être tou Séquent if. rande, Peht Ureron CITE avec ges es, to par delà ire du 1 d'entrelles ne luuditg au plus elles peu Ou point eure du 50]: le pâturage, que, Le plus © ses grandes dicileuent, À era plus end souvent Je là mame- gèrent pro Îles pousses; 1rs semences ps| seratula Uf, et qu'y alure paral tte planté; Y qu'elle à hacuoe de D'AGCRICULTURE. 163 a des tiges nombreuses qui se muluplient d'autant plus qu'on Îles leurs parties, nt jeunes, en telle sorte que le mal nest point diminué coupe lorsqu'elles sO par leur arrachement. Outre cela, elle produit une quantité de semence quis : j Q LE X$ au moyen de ses aîles, est transportee au loin, et se sème d’elle-même. Le sol peut même en être infecté de manière à nuire à tous les genres de produits qu’on cherche à s’y procurer. Les diverses espèces de rumex s'étendent également sur les champs et doivent leur grande multiplication autant aux jets qui poussent de leurs racines, qu’à leur propre semence.- Il y a une beaucoup plus grande quantité d'herbes nuisibles; nous nous bornons ici à faire mention de celles qui endommagent le plus souvent les ré- coltes dans les champs: nous parlerons ailleurs de celles qui infectent les prairies. $ 574. Quelquefois aussi le sol est rempli de pierres. Sous les rapports agronomiques, nous distinguons celles-ci en deux classes;:1." celles quine peuvent pasétreremuces par la charrue; et 2.°-celles qui sont détachées ou roulées.| Les grandes pierres qui se montrent à la surface du sol, ou ce qui est encore pis, celles qui sont recouvertes par la terre végétale de manière qu’on ne Îles aperçoive pas, mettent de grands obstacles au labour et surtout aux profonds labours à la charrue, età l’emploi de divers instrumens. À la vérité elles sont fréquement à une profondeur assez grande pour que, dans un labour superfi= ciel, on ne les atteigne pas; mais dès que la charrue pénètre à une plus grande profondeur, elle en est arrêtée; il faut donc avant tout, que ces pierres soient enlevées. Souvent sans s’y attendre on trouve de grands quartiers de pierres qui ne se montrent à la surface du sol que par un point, qui ainsi ne semblent au premier abord que d’un petit volume, et qui cependant pour être enlevés en entier ou tout au moins jusqu’à une profondeur convenable, exigent beaucoup de travail, et occasionnent de grands frais. Suivant les besoins de la localité, l’usage qu’on peut faire de ces pierres dédommage plus ou moins des frais qu’on a dû faire pour lés extraire et quelquefois pour les faire sauter, 1] faut donc bien examiner cette circonstance, et ne pas la perdre de vue, lors- qu’on a le projet de donner au terrain les avantages d’une culture plus profonde, et qu’on pense à employer des instrumens perfectionnés. Les pierres roulées qui cèdent à la charrue et à Ja herse, sont cependant nuisibles à l'agriculture, lorsqu’elles existent en trop grande quantité dans le sol. Elles ne fournissent pas de nourriture aux plantes, on ne doit donc en con- 164 PRINCIPES RALSONNÉS séquencé les compter pour rien dans la couche de terre: végétale dont elles font partie. Mais elles sont toujours nuisibles. par l’usure qu’elles occasionnent aux instrumens, et parce que, demeurant à la surface du sol, elles entravent Vaction. de la faulx et obligent à laisser des chaumes tres-longs. Lors done qu'on introduit une culture perfectionnée, l’on cherche à s’en débarrasser en les faisant enlever, mais souvent cela ne peut avoir lieu qu’avec de grands. frais. Quelques. personnes croient avoir remarqué que lenlèvement de ces pierres avait produit un effet nuisible. Elles allèguent, pour appuyer leur opi- mon, que ces pierres doivent tantôt raffraichir-et tantôt réchauffer le sol, qu’elles protègent la semence et conservent mieux Fhumidité;, mais ces. raisons. ne peuvent supporter l’épreüve- d’un examen attentif. Quant aux expériences que lon met en. avant pour prouver que le sol a été détérioré. par l’enlèvement des pierres qu'il contenait, tant d'observations sont en opposition avec elles, quon ne peut leur donner aucune croyance. Onne doit cependant pas con- tester toute utilité aux pierres à chaux dans un terrain argileux ,. parce que les engrais avec lesquels elles entrent en contact, peut-être aussi les racines: des plantes, les décomposent peu à:peu, ce qui bonifie le sol et donne quelque mourriture aux végétaux; mais si Ce sont des catiloux siliceux, comme cela est commun, nous devons douter qu’ils aient aucune utilité, du moins jusqu’à ce que des expériences. positives nous aient convaincus du contraire. & 575. Pour faire d’une étendue de terrain, une description exacte, fondée tant sur la composition que sure mélange des parties constituantes dontlesol est composé; etqui puisse servir de guide, non-seulement dans l'estimation de la valeur du sol, mais encore dans sa culture et dans le choix de l’assolement..1l est absolument nécessaire de suivre une marche régulière et: bien ordonnée. Si le terrain m'est pas déjà divisé en planches qui en fassent une sorte de distribution, il faut y tracer des lignes. parallèles, éloignées les unes des autres de 5, 10 et 15 perches, suivant que le sol change plus ou moins de nature. L'on dresse en même tems un: plan de la pièce de terre qu’on veut estimer et on le rédige sur une échelle suffisamment grande, c’est-à-dire, à peu près. quadruple de celle qu'on emploie ordinairement pour dresser les plans terri- ioriaux. Sur ce plan on trace ces lignes parallèles, qu’on coupe en parties, ou stations de 5 ou 10 perches; on numérote ces stauons qui continuent d’une ligne à l'autre; puis on parcourt le terrain dans cette direction. Outre les hommes qui mesurent le sol avec la chaine, il en faut avoir avec soi deux autres; l'un avec, une béche pour creuser, Vautre avec une corbeille pour re e dont elles OCCaslOnnent (es enlravent s Lors done ébarrasser en ec de grands ment de ce uyer leur 0pl- Le sol, qu'elles Ces. raisons ne spériences qua r l'enlevement on avec elles, 1dant pas con- ax; Are que is Les racines doune quelque , comme celà j MOIS jusquà aire. ondee tant sur est composé; valeur dusol, st'absolument Si le terrain tribution, À de 5, 10-€t eut esumer à peu près plans tertl- en paris contiauent von. Outre ,0 soi deux Zénis 4 ip er _de terre‘avec: la bèche,.et.si un examen plus, pari . D'AGR.I.C U E'Œ U RE. t transporter les échanullons de terre. L’arpenteur travaille an plan 1 cuerlfr particulier pour ce dernier objet. et au protocole, si l’on ne veut avoir un. aide Î 2 L’agronome observe la nature du sol.et dirige toute Fopérauon. Aussitôt qu'il: coit un changement dans la: nature du’sol, il fait faire halte, et marquer cette stauon sur le plan; alors 1l.examine ce changement; de sol d’une mamiere lus particulière; là où cela lui araît nécessaire 1 fait enlever auclaues pellees P 3 P Î| iculier lui en semble uule il en fait mettre le poids d'environ une livre, dans un corn£t: Ou un pelil.sac sur fequel il marque le n° ou. là lettre de la station. Les places où ces changemens deterrain ont lieu,,sont déterminées et indiquées. par l’arpenteur sur le-plas, Von n’omet: pas d'indiquer. si avec autant de précision que cela est possible;: ou s'ikse fai par nuances: Les le changement a lieu d'une manière tranchante., ues: qu'on juge nécessaires, celles qui se rapportent: aux Pro autres. remarq es; soul, iuscrites. au protocole sous le prietés du. sol que nous. avons enuméré n.° de la station| De cette, manière: on parcourt fa- totalité: des. terres dans la direcuon des lignes parallèles. qui ont été tracées; et'aisi. l’on fait déjà,-durant.celie opé- ration, esquisse du plan géologique. Quant à ce plan lui-même, il peut être fait de différéntés mamierés; le mieux est d'y désigner les- divers mélanges dont le sol est:composé, par des* coulèurs lavées,. en indiquant:les-changemens insensibles par dés nuances; d'y représenter les hauteurs‘et’ les enfoncemens par: des-traits mis les uns à côte des autres,- comme cela se pratique ordinairement; d'y caractériser la plus: où: moins grandè quantité d’humus dont le sol est imprégné,- par des’points* noirs qu'on rapproche d'autant plus que la proportion d’humüs est plus forte; et'ainsi d'y désigner, par des signes posiufs, toutes les choses qui sont dignes: de remarque. Au moyen: d’un tél plan, on aura toujours devant les yeux: un: tableau précis des terrains dont-on-dispose;-et,-d’après ce tableau, Pon pourra faire lés dispositions les plus convenables, On rédigera d’après le protocole une description‘plus précise;- qui se rapporte aux nm.” du plan.- LE n’est pas impossible de tracer aussi sur°ce plan, la direction des pentès” et: des cours d’eau; mais si l’on veut'avoir Pindication de ces choses d’une ma- mière plus détaillée, il faut sans doute prendre les niveaux avec des isstromens* appropriés à cet-usage. Ces niveaux peuvent être pris dans différentes directions: et: Von en trace alors le profil. Sr la couclie inférieure du sol change d’une ma-- nière sensible, et qu’on juge nécessaire de Vanalyser et d’en fare mention; 466 PRINCIPES RAISONNÉS cela pent trés-bien être rendu sensible dans le profil du nivellement par des ‘couleurs qui indiquent l'épaisseur des diverses couchés. Dans ce cas, lorsqu'on prend les niveaux, il faut aussi faire usage de la tar- “ère ou sonde des terrains, et lintroduire dans la terre aussi profondément et aussi souvent que ee est nECessaire;; cela peut se faire sans de grandes dif- ficuliés. Lorsque les parties du solne peuvent pas être assez bien distinguées d’après ses caractères extérieurs, ou lorsque d’ailleurs on est disposé à en faire un examen plus précis, on les soumet à une analyse chimique. La comparaison des échantillons qu'on à recucillis dans les’ diverses stations, si elle a liew successivement dans V’état d'humidité ôu'de iccité, indiquera bientôt quelles sont Îles espèces homogènes, et qu’elles sont celles_.. la nature différe, sans que, lé plus souvent, on soit réduit.à avoir recours à à l’analyse chimique. : Pour l’agronome éclairé; peut-être nulle opération plus que celle-là, ne compensera par son utilité et ses agrémens, la peine qu’elle aura donnée;_ cet agronome ÿ trouvera la solution de diveré phénomènes qu'auparavant il ne pouvait s'expliquer à lui-même, et ainsi il pourra porter un reméde efficace à divers À inconvéniens auxquels: était JA id dans Si PRE de son fonds, iFOTE F É- 0Ë par des > de la tare ndément et randes dif. 1e$ d'après en faire un Omparaison elle à lieu LOL quelles ière, sans nique, elle-là, ne | donnée; vant il ne eficace à fonds, D’ A'GR IC Ü LT Ü ÉE, 167 S-.b:C. EE 1:00, N.. LV, AGRICULTURE $ 576 Le à la prendre dans'son:séns rigoureux, Consiste à préparer le sol, et à le mettre en état de produire les récoltes qu'on en.exige, dans la perfection qu’on doit désirer.|| Pour opérer cet effet, elle emploie deux moyens différens; lun qu’on désigne sous le non d’ voisins chimique, ou, en langagé ordinaire, sous celñi d’'arien- dement des terres, consiste à communiquer au sol des substances qui aubmertentt sa fécondité, en lui incorporant des sucs nutritifs, ou en développant ceux qu’il contient. L'autre, qui est l’agriculture mécanique, où laculture:duisol,.consiste: à travailler le terrain pour l’ameublir, de manière que les: racines dès plantes, puissent y pénétrer facilement, et s’y approprier les substances analogues À eur nature, qui, dans cette opérauon, ont été mélangées et mises en contact: les unes avec les autres. Nous traiterons successivement ces deux matières, dans cette section. PREMIÈRE PARTIE. Des engrais ou de l'amendement des terres: # Ç 5772 Les engrais agissent de deux manières sur le sol. * En lui communiquant des sucs propres à la nutrition des plantés * En exerçant sur les substances que le sol contient déjà, une action chi- vie qui les décompose et les combine ensuite de nouveau, de manière que leur introduction dans les sucoirs des plantes soit plus facile: peut être aussi: en: rendant aux végétaux celte vigueur et cette activité, à l'aide desquels ils s’ap proprient Îles sucs nutritifs, Quélqnes espèces d’engrais paraissent ne produire que l’un de ces effets, 168 PRÉNICIPES RAISONNÉS ou‘du moins le produire plus particulièrement; d’autres, au contraire, semblent! opérer lun et l’autre. 7 Pour l'ordinaire, nous expiimons l’action des engrais sur le sol, en disant qu'ils le fertilisent; et pour bien des gens cette expression peut être suflisante, cependant, non-seulement pour Ja théorie, mais aussi pour la pratique, il est d’une grande importance de disünguer de quelle manière chaque espèce d’en- grais produit cet effet, et sous quelles circonstances elle agit d’une manière plutôt que de l’autre. Cest seulement à laide de cette connaissance,:que nous parviendrons à nous expliquer divers faits contradictoires en apparence,€t que nous parviendrons à faire un bon choix entre les divers procédés à suivre dans l'emploi de l’une ou l’autre espèce d'engrais.| Ce n’est pas sans rdison quelles Anglais ont comparé es engrais de la première espèce aux alimens, et ceux de la dernière espèce au sel, aux épices et aux boissons stimulantes. Touiesles substances orgariques qui sont entrées en-putréfaction ou en décom- s élémens nécessaires à la reproduction et à l’accom- plissement des végétaux que nous cultivons. Si, par le moyen des semences et desracines, nous mettons les germes d’une plante quelconque en contact avec ces substances, et que cette opération sit d’ailleurs faite de la manière conve- nable, il en résulte des végétaux du même genre que cette‘plante. Le terreau contient des alimens pour tous les végétaux; cependant, suivant toutes Îles apparences,.pas en quanlité égale;#est-à-dire, que ce terreau n’est pas toujours élémantaires; äl paraît en effct composé des mêmes proportions de substances que du terreau d’une espèce ou d’une certaine composition, favorise plus la yégétation d’une plante que celle d’une autre. $ 579 C’est presque uniquement comme aliment, quelle terreau végétal paraît agir sur les plantes; il ne semble contribuer que peu au développement des parfies que le $ol contient déjà; de ces parties qui sont le résidu du terre sont devenues insolubles. Le terreau animal, au contraire, opère l’un et l’autre; non-seulément il contient toutes les substances nécessaires à la nutrition des position, contiennent Île plantes et même quelques- seulement, telles que l'azote, le rise la décomposition de l’humus insoluble phosphore et le souffre; mais encore il favo- , et donne à l'activité des plantes jne plus grande intensité. Les engrais minéraux; s'ils ne contiennent aucun e matière organique, opèrent uniquement au lui-même et qui unes-que le terreau végétal possède en petite quantité Al ke due, seullent sol, en diet être suffisante Prallque, il x ie espèce d'en- N d'une manière SalCe, que nous parence, el que és à suivre dus a del premiere mL éptes et aux lon ou en déco on et à l'accom= | des semences et € en contre ave la maniere tonve- plante, Le tereai suivant toutes ls u n'est ps Loujours 3 part eu et ,, Jane ps la etl para gr si des parts qu pu Jui méme et gl ère l'un él f'autres y a munion C8 ;»ent reanique Us sé 9‘ pique DAGRICUÉTURE 169 “uniquement, ou du moins essentiellement, par la faculté qu'ils-ont de favoriscr Ja décomposition. $ 580. Les divers corps organiques sont formés par la combinaison de trois, quatre substances élémentaires et plus, réunies par la force vitale dans des propor- tions déterminées; mais lorsque la force vitale cesse d'agir sur elles, ces com- Dbinaisons sont, du moins en partie, de nouveau soustraites aux lois organiques des corps qu’elles constituaient. Les substances élémentaires se réunissent alors, tant en combinaisons simples, c’est-à-dire deux à deux, d’après les lois de l’affinité, qu’en combinaisons plus composées et d’un genre nouveau. Sans appartenir à Ja vie, ces dernières combinaisons lui doivent cependant lexis- tence, et elles lui servent à leur tour d’aliment. C’est principalement d’elles ‘que se nourrissent les végelaux, lesquels eux-mêmes servent de nourriture aux animaux. Ces matières nouvellement formées, le terreau plus ou moins décompose, et l’humus qui en provient, varient de nature, suivant qu’elles doivent leur existence à des substances différentes, et suivant les circonstances qui ont opéré deur fermation. Le procédé de leur transformation est ce que nous exprimons par décom- position, fermentation, putréfaction; ce n’est pas ici le lieu de donner la définiäon de ces termes, cependant nous devons faire à leur sujet les obser- vations suivantes. ÿ 581. Les conditions de l’état que nous désignons par ces mots sont, outre l’ab- sente de la vie, la chaleur, l'humidité et une sorte de combinaison avec l'atmosphère. Suivant que ces circonstances ont plus ou moins d'intensité,. ce procédé éprouve des modifications variées;. a une marche plus prompte ou plus lente, et il donne des résultats différens. Les. corps végétaux passent par les divers degrés de fermentation et y demeurent plus ou moins long-tems avant d'arriver au dernier d’entr’eux, la putréfaction, et d’être entièrement décomposés, c’est-à-dire réduits à Pétat de terreau; état qu’on ne doit pas envisager comme permanent et inakérable, mais seulement comme ayant.de la durée. Les corps animaux au contraire franchissent les premiers degrés de fermen- tauon ou, du moins, ils passent si promptement au travers, qu’à peine ces degrés y sont-ils perceptibles. Ces corps tombent immédiatement en putré- faction, et ils y entrainent les végétaux, lorsqu'ils sont en contact avec eux. 1h 22 170 PRINCIPES RAISONNÉS Cette putréfaction et le produit qui en résulte, éprouvent également des modifications varices, suivant le degré de force de ces combinaisons, ou suivant l'intensité de Paction que la chaleur, l’humidité et Pair excrecnë sur elles. À Vair libre, sans hunndité et sans augmentation de chaleur, Ja fermen- tation et la putréfaction ne peuvent pas être perceptibles; cepeudant il en résulte une décomposition semblable à une iente combustion; cette décompo- siion produit un résidu différent de celui de la putréfaction et ordinairement moins considérable, parce que la plus grande partie du carbone se combine avec l’oxigène et s’évapore sous la forme d’acide carbonique. 6 582. La plus grande promptitude de la décomposition qui s'opère dans Îles corps animaux par la putréfaction, provient, sans aucun doute, de ce que la nature de ces corps est plus compliquée; de ce qu'ils sont composés d’une varicte infinie de substances, et parmi elles des nombreuses préparations végétales qui servent à Palimentation des êtres animés. Le produit de cette putréfaction est différent, il a une action plus efficace sur les plantes, parce qu'il opère pon-seulement comme aliment, mais encore comme stimulant; de là il s'ensuit qu’il est plus promptement et plus facilement consumé et épuisé. Aussi le fumier animal est-il plus actif, mais beaucoup moins durable. On dirait qu’il dépasse ce degré de décomposition dans lequel il peut fournir aux plantes la nourriture la plus abondante, et qu'il ne laisse après lui que ce résidu de la décomposiuom dont j'ai parlé au f précédent. $ 535. Tous les corps animaux qui se putréfent sont convertis en engrais, et les engrais de ce genre sont les plus actifs de tous. Ces corps peuvent tous être employés à cet usage; mais le plus souvent nous ÿ Consacrons les excrémens que les animaux rendent durant leur vie, par le canal des intestms avec l'urine; parce que nous les avons en plus grande quantité, et que nous pouvons nous les procurer d’une manière moins coûteuse. Nous trouvons beaucoup d’avantage à allier ces excrémens avec des dépouilles de végétaux; par ce Moyen, celles-ci sont disposées à une putréfaction plus rapide, et, en changeant de forme, elles perdent moins, tandis que la fermentation, d’ailleurs trop prompte des produits animaux, est un peu retardée. On qualifie de naturelle cette espèce d'engrais, par opposition à d’autres auxquelles où donne la dénomination d’artificielles. Au reste cette première qualification n’est, en aucune manière, due à ce que cette espèce d’eugrais soit plus simple, ow ent également Corbinaisons, Le Lat exercopt eur, la ferinen. ependant 1 ep cette Gérompo- et Ordineirement Qne se combine ere dans les corps > ce que la nature pses dune rareté rations véselales celle pairélaction parce qu'il opere k; de li s'ensuit se, Aus Le fumier ait qu'il dépasse antes la nourriture eh décomposition en emgris,€ les | peuvent OU être ons Jes excrémens jestins avec l'unoé; nous pOuronS HP € des dépoulesde action pl rapide, » Ja fermental» yrdée. On qi ile es ausquelts où qualifctio? g'ésts plus simples© 171 È’ell«e moins d'art, mais à ce qu’elle est lus usuelle, et que à ce qu’elle exige ins d'art, mi:’e st p suelle, que, pour bien des gens, elle est même l'unique qui soit connue et employée. insérer lanalyse chimique de ces excremens animaux, D'AGRICULTURE. Ce n’est pas ici le lieu d’ et d'autant moins que les décompositions qui en ont été faites jusqu’à ce moment, ne donnent point encore ces résultats importans pour la pratique de Pagricul- ture, que nous devons en attendre dans la suite. Disons cependant quelques mots sur ce sujet, afin de prévenir les idées erronées qu’on pourrait s’en former, et pour expliquer différens phénomènes. Les excrémens que les animaux rendent par le canal des intestins, sont composés non-seulement du résidu des alimens et de la partie de leurs filamens qui na pas pu étre décomposée, mais aussi des molécules du corps des animaux, usés et déposés dans ce canal; par conséquent de substances entië- rement animalisées; de sorte que, même chez les animaux qui se nourrissent entièrement de végétaux, ces engrais participent plus de la nature animale que de la végétale, et il en est ainsi chez tous. Cependant la manière dont les animaux sont nourris, et leur état d'embonpoint, apportent en cela de grandes différences. Si l’on se borne à remplir l’estomac des bestiaux d’une matière qui, avec peu de sucs nutritifs, contienne une grande proportion de fibres d’une décomposition difficile; par exemple, de paille sans herbe et sans grain; cette matière sort par le canal des intestins, presque semblable à ce qu’elle était avant d’être donnée à ces animaux, et elle est d'autant moins animalisée, que le corps amaigri du bétail ne se dépouille plus que d’une très-petite quantité de ses parties. À la vérité cette petite quantité suffit pour donner à la paille qui a passé au travers du corps animal, une tendance plus forte et plus prompte à la putréfaction. Mais chez les animaux qui, au moyen de fourrages nourrissans, pleins d’amidon, de gluten, d’albumine, de mucilage et de principe sucré, ont été mis dans un état d’embonpoint, et dont il se détache une plus grande quantité de molécules animales, parce que ces molécules s'y reproduisent chaque jour; chez ces animaux, dis-je, les excrémens forment un fumier infiniment plus acüf, qui contient une moins grande proportion de parties végétales et fibreuses. De là vient la différence frappante qui existe entre le fumier produit par le bétail de toute espèce, qui est à l’engrais, et celui qui provient de bètes maigres et mal nourries. On peut allier au premier une quantité de liuère proportionné- ment beaucoup plus grande, sans empêcher et sans retarder cette fermentation gniforme, qui conduit à la putrefacuon, 172 PRINCIPES RAISONNÉS 6 585. Ordinairement l’urine se mèle avec les gros excrémens. Ce liquide qui, à la vérité, est compose essenticllement d’eau, contient cependant, outre une: substance qui lui est propre, diverses autres substances tres-actives, et divers phosphates, mais surtout de Pammoniaque. L'on a fait évaporer de Purine, et, tamt cette urine que les. sels qu’on en atirés en pelite quantité; ontété reconnus très-favorables à la végétauon. Mais le docteur Belcher dans ses Communications to the board of agriculture*| a observe que les plantes peuvent facilement être trop. stimulées et même détruites par leur action; il attribue en partie ce dernier effei à un petit insecte jaune qu’on rencontre souvent dans Purine, Un grand nombre d'expériences semblent démontrer que des diverses. substances contenues dans lurine ne sont jamais plus efficaces que lorsqu'on les mélange avec les gros excrémens, et qu'on les fait recueillir par des matières proprés à: cet usage; parce que ces substances contribuent beaucoup æ la parfaite décom- posiion des uns et des autres. et à produire de nouvelles combinaisons.. $ 580. Ainsi donc le fumier ordinaire est composé de ces deux espèces d’excre-- mens et des substances végétales employées comme litière, c’est-a-dire, le plus- souvent, de paille; nous désignons communément cette composition sous le nom de fumier d’étable. C’est sous cette combinaison que nous considérerons: d’abord cette espèce d'engrais. f° 587. Le fumier d’étable a des qualités différentes, suivant lespèce d’animaux: qui l’a produit, lors même que ces animaux ont été nourris avec des pâlu-- rages de même nature. Quelques-unes de ces espèces de fumier seulement ont: été decomposées et: analysées d’une manière précise. Le fumier du bétail à cornes l’a éié par Einhoff et par moi**; cependant il: faudra. des analyses encore plus précises et faites sous l'appareil pneumatique; pour que nous puissions établir un parallèle positif entre les diverses espèces de fumier et leurs parties constituantes, Aussi entre les divers pliénomenes que présentent: les fumiers d’étable, nous ne consignerons ici que ceux qui tombent: sous les sens,. et par lesquels ils se distinguent les uns des autres. * Communications au Comité d'agriculture. 7rad.. Voyez Hermbstädis Archiv der. Agricultur Chemie, I. 255. A1. es die. iquide qui, 3 Al, Outre une ves, el diven de l'urine, ë, ILEtÉ reconm MACON vent: facilement e en parle ce ans l'usine, Un rses. substances on les melanrs uières proprts à parfaite décom- binaisons.. peces d'escré= -à-dire, Le plus position sous Îe js considererons pète d'animaux avec des pâlus- decomposces ét Ps cependant l'pneumatique ses ESPÈCES de jenomenes que ix qui tombent Ê a nutt D'AGRICULTURE, 175 6 588. Lorsque le fumier de cheval est suffisamment humide, et qu'il esten contact avec un air modéré, 1l entre promptement en fermentation;. il s’y développe alors une chaleursi forte, qu’elle en chasse Fhumidité, et avec elle les subs- tances volatiles; de sorte que, si on ne larrose, il ne prend pot fa forme d’une bouillie épaisse; où comme nous Île disons. ordinairement, d’un beurre noir; mais qu'auwcontraire, s’ilest serré, il devient friable et pulvérulent, puis se consunre: au point de ne laisser presque que des cendres pour résidu; et si ses parties sont assez peu réunies, pour que l'air puisse y pénétrer, 1k se decom- posed’une maniere inégale, se charbonne en partie, conune la tourbe, etprend beaucoup de moisi, ce qui diminue considérablement ses qualités pour l’amende- ment. du sol; ainsi que expérience nous-l’enseigne. Ces propriétés le caractérisent à un plus haut degré lorsqu’it provient de bêtes vigoureuses et qui consomment beaucoup de grain, que lorsqu'il a été produit par des bêtes nourries seulement avec de l’herbe, du foin et de la paille; cependant dans ee dernier cas ces pro- priétés sont encore sensibles. Si ce fumier est transporte sur Île sol avant que sa décomposition soit accomplie, il produit un effet très-prompt, et il active fortement la végétation des plantes; cet effet doit être attribué’ en partie à Îæ chaleur qui s’y developpe de nouveau, lorsqu’après avoir éle enterré 1l acheve sa décomposition. Cette circonstance fai qu'il agit très-avantageusement'sur les térrains humides, froids et glaiseux, dont il corrige les défauts, tandis que le: sol lui-même modère l’action excessive du fumier; en revanche il produit souvent de très-mauvais effets sur. les terrains secs, chauds, sablonneux ou calcaires; là il accélère et stimule trap la végétation des plantes dans Îles premiers périodes de.leur développement, de manière que lorsque Paction du fumier cesse, Lx végétation devient faible et languissante. Ses effets sont également'peu durables, parce qu'il se consume lui-même dans la vivacité de sx fermentation, en’sorte’ qu'il ne laisse qu’un cheüf résidu. C’est. dans les terrains humides et tenaces seulement, que cet inconvénient n’a pas lieu. Ce fumier produitdeseffets excellens: dans les sols qui contiennent une abondante quantité d’humus insoluble, parce qu’à laide de l’ammoniaque, il favorise d’une manière frappante la decompo- sition de cet humus.. S'il a achevé la fermentation qui s'opère avec dévagement de chaleur, il laisse à la vérité dans tous les sols auxquels on l’incorpore, un'résidu très- favorable à la végétation et très-solublei mais ce résidu:ne forme qu’un très- petit volume. ; ÿ». s à:: o”» et, Lorsqu'on veut l’employer seal, on Îe transporte sur dès terrains glaiseuxet: 174 PRINCIPES RAISONNÉS humides, aussitôt qu’il a commencé sa première fermentation, ce qui ne tarde pas à avoir lieu, et on l’enterre. Il améliore même mécaniquement, et il ameu- blit le sol par sa fermentation continue et par sa chaleur, et au moyen des labours réitérés qui le combinent avec ce sol, il contribue essentiellement au succès des récoltes qu’on y sème, Mais si on veut lemployer sur des terrains chauds et légers, la manitre la plus avantageuse d’en urer parti, C’est, sans contredit, de le mélanger avec des substances végétales qui aient conservé leurs sucs, ou avec de la terre et surtout avec des gazons. Pour cet effet on mêle le fumier avec ces diverses substances, ou on le met en couches successives pour en former des tas, en ayant soin de le préserver du trop libre accès de l'ai, et de lui donner de Vhumidité lorsque la température est trop sèche. De cette manière on obtient un compôst tres-aclif, d’un effet durable et très-avantageux aux terrains légers, $ 56a. Le fumier d’étable, produit par le bétail à cornes, ne tarde également pas à entrer en fermentation, lorsqu'il est réuni et serre, et qu'il n’a que son humidite propre; mais celle fermentation est moins accélérée et dégage moins de calo- rique, ce qui fait que Jhumidité de cette espèce de fumier s’en évapore moins, et qu'ordinairement il n’est point nécessaire de l’arroser. Îl ne se réduit donc o° en« À, Ê« e point en poussière; il prend plutôt la forme d’une bouillie qui a beaucoup de consistance, ou comme on l’exprime ordinairement, d’un beurre noir. Aussi Jong-tems qu'il demeure en monceau et réuni, il ne se pulvérise point; et lors- que son humidité est complétement évaporée; il a l'apparence de la tourbe, et presque du charbon. Sa pesanteur spécilique est plus grande que celle de l’eau, tant lorsqu'il est récent, pourvu qu'il ne soit pas mêlé avec de la paille, que lorsqu'il est décompose, et que les tuyaux de la paille sont converlis en filamens. Il produit sur les terres un effet moins prompt, mais cet effet est d'autant plus durable; il s’applique à des récoltes plus nombreuses et plus variées. Lorsque ce e dans la terre sous une fumier n’a pas été extrêmement divise, on le retrouv deux ou trois ans après forme tourbeuse, et en morceaux plus ou moins grands, l'avoir employé. Quelque soit le degré de fermentation auquel il est parvenu, lorsqu’on l’incorpore dans Îe sol il ne paraît pas occasionner dans celui-ci une chaleur très-sensible; c’est par cette raison qu'il convient si fort, et pour ainsi e qu'il rafraichit dire exclusivement aux terrains chauds. On à coutume de dir Sur deg ces derniers terrains, on devrait plutôt dire qu'il ne les échaulfe pas. 8 qui ne Larde nt, eu amet aù Moyen du eauellement x s La manière mélanger are © de la terre w vec ces divers mer des x, en le lui donner de anière on obtient ux terrains ver e également pas à | que son bumidite ge mous de cal 20 NApOTE TOI ne se reduit donc ui a beaucoup d eurre noir, AI ise pot; lors nce de tourbe, inde que velle de ave de pale, sont converis€ g est d'autant pli riges, Lorsque 6€ La terre sous Un ou trois AS aprés Lil est partent dans çelui-t ue 4, et po# e qui rafriclit fe pi Su des D'AGRICË LTLRE. 170 sols' tenaces et glaiseux, 1l peut facilement paraître inefficace, Torsqu'il est enterré sous la couche de terre végétale et qu'il n’est pas mis en contact avr£ Patmosphère par des Jabours réitérés. Lorsqu'on Penterre récent, les tuyaux de Ja paille lui conservent une s9rte de communication avec l'atmosphère, ce qui semble faciliter sa décomposition. La paille qui n’est pas brisée et qui a conserve ses{uyaux, produit aussi un elfet avantageux sur ces terrains. $ 5go. Le fumier de bergerie se décompose promptement, lorsqu'il est compacte et qu'il conserve sa propre humidité; mais sa décomposition est dificile et lente, lorsqu'il n’est pas serré et que son humidité peut s’écouler. Dans le sol il paraît toujours se dissiper promptement, parce qu'il produit son effet avec promptitude et avec force. Lorsqu'on a fumé abondamment, 1l donne souvent trop de vigueur à la’ premiere récolte; ausst on doit ne Vemployer sur les terres qu’en moins grand volume et en moins grand poids. Le plus souvent après deux récoltes, il cesse de produire son effet. Il se dégage des excrémens surtout de l’urine desimoutons, beaucoup d’am- moniaque; Cette circonstance fait que le fumier des bôtes à laine est d’un emploi très-avantageux, particulièrement sur les terrains qui contiennent de l’humus insoluble. Le fumier qu’on üre des bergeries est ordinairement de deux sortes. Celui de la couche supérieure est pailleux, sec et non décompose; celui de la couche inférieure au contraire, consommé ,; humide et adhérent. Si l’on n’a pas eu auparavant soin de Île remuer pour en faire une masse homogène, on commet une grande faute de l’épandre sans distinction sur un mème champ. Le fumier pailleux ne produit que de mauvais effets sur des hauteurs chaudes et séches; mais il est d’autant plus avantageux dans les terrains humides et, comme Pon dit avec assez de raison, un peu acides. Sur les sols de cette dernière espèce, on peut sans inconvénient charrier une grande quantité de ce fumier païlleux; quant au fumier décomposé, il faut au contraire l’épandre très-mince sur toutes les espèces deterrain, parce qne sans cela il ferait verser les blés. Nous parle- rons dans la suite de engrais connu sous le nom de pare des bétes à laine, $ Soi. Les opinions sont-très-partagées sur les qualités du fumier de cochons mê'e de paille. Quelques auteurs lenvisagent comme très-acuif, tandis que d’autres Jui attribuent peu de qualités. Chez tous les animaux lespèce de nourriture qu’ils consomment à de FPinfluence sur la nature du fumier qu'ils rendent; mais cette inAuenCe ne parait dans aucun fumier aussi grande que dans celui u76 PRINCIPES RAISONNÉS des cochons. Ti n’est point indifférent, soit pour la quantité, soit pour la qualité du fumier, qu'il provienne de cochons maigrement nourris, plutôt que de cochons à l’engrais. Outre cela, la quakté de ce fumier dépend beaucoup des procédés qui ont été employées pour Île recueill. Si l’on a pris soin de man- tenir sèche la paille de liüère, en fournissant un écoulement facile aux urines par le moyen de trous pratiqués dans le plancher, et en emportant ou laissant écouler ces urines; alors la paille ne retient que peu de parties animales, elle pe peut guère produire d’autre effet, que celui d’une litière pourrie. Mais au contraire, si la partie liquide des excrénrens est réunie à la paille, de manière à ne pas s'écouler ailleurs, et que le fumier sait placé dans un lieu favorable à sa décomposition, il en résulte un composé très-aclif et qui, a près avoir subi sa première fermentation, est entièrement purgé de.cette äcrete qu’on reproche au fumier de cochons.| $ 592. Dans la plupart des exploitations rustiques, il ne se fait à la vérité qu’une petite quantité de fumier défvolaille; mais en revanche ce fumier est extrêmement actif et d’une grande valeur. Il se distingue de celui des quadrupèdes d'une manière sensible, et il contient une substance particulière qui paraît composée en plus grande partie d’albumine, Nous avons à son sujet une analyse chi- mique précise de Vauquelin. Ce chimiste a découvert une différence notable entre le famier des coqs, et celui des poules qui font des œufs; différence qui n’a point lieu dans celui des poules qui ne pondent pas. Ce fumier de volaille, quoiqu’employé en petite quantité, produit un effet:prodigieux, pourvu qu’on ait un soin tout particulier de le bien diviser; mais cet effet est bien anoins sensible, si l’an enterre ce fumier en gros morceaux. Pour en tirer parti, il est absolument essentiel de le diviser autant que cela st possible, et de lépandre sur la terre, sans l'enterrer. $ 595. Les excrémens humains sont connûüs comme un fumier tres-actif; ces excré- mens se distinguent sensiblement de ceux des animaux domestiques par leur composition. Probablement ils varient eux-mêmes en qualité, avec la nour- xiture dontils proviennent. Il n’est pas douteux qu’une nourriture animale ne produise des excrémens plus actifs que ceux qui proviennent d’une nourriture S'amasse pas x de devant: ntraire à leur mens tombent nent d'autant sque le bétail ser Ja totalité ancheice avec entre lesquels es contrées Où pce, rd Îes engrais | tems plus ou r sur Le sol. elquefors elles etre forme est masse dans Ces , mais encore ye. Outre eela st plein d'eau goutte sur le fosses pour le » voit plus que ; l'on manque d'une poses D'AGRICULTURE. 181 e L+ À ,}» trop humide, placent leurs famiers sur une surface plate ou même sur une élé- vation; mais là ces fumiers perdent trop leur humidité, et ils sont privés de leurs parties les plus acuves. Ce qui paraît le plus avantageux, c’est de creuser légèrement la place à fumier. Elle doit être faiblement inclinée d’un seul côté, et là avoir une ouverture par laquelle les eaux surabondantes se jettent dans une fosse ou réservoir desune à les conserver*. Cette place doit également être entourée d’une bordure élevée, qui empêche qu'il ne Sy mêle aucune eau étrangère. Si ces eaux ne peuvent pas y couler, rarement humidité y sera trop forte, lors même qu’on y réunirait la totalité des urines qui découlent des étables; à moins cependant que le bétail ne reçoive une nourriture très-aqueuse; comme par exemple: le résidu de la fabrication d’eau-de-vie de grain. Le fumier absorbe tant lhumidité naturelle des“excrémens, que celle qui tombe immédiatement de lPatmosphère, et par sa chaleur, il en fait éva- porer le superflu. Je suis convaincu que le meïlleur moyen de tirer parti des urines, c’est de les incorporer ainsi au fumier pailleux. De cette manière[a quantité d'eau qui sécoule du tas est peu considérable, si ce n’est dans Îles iems très-humides, et alors elle est réunie dans le réservoir ou purimière. ÎE me paraît superflu d'établir, sur les places à fumier, d’autres conduits destinés à faire couler l’eau dans la purinière; si la place à fumier est inclinée, lhu- midité s’y écoule suffisamment au travers du fumier. L'on a proposé de construire des couverts sur les places à fumier, et quelque- fois on a mis cette idée à exécution. Ces toits sont destinés non-seulement à préserver les fumiers des eaux de pluie, mais encore à les abriter des rayons du soleil; pour une place à fumier un peu considérable, un tel couvert pré- sente beaucoup de difficultés, et Pon ne peut éviter qu'il n’entrave sensible- ment le charroi des engrais, lorsque ce charroi doit être opéré avec plusieurs attelages à la fois.** * Qu appelle vulgairement purinières les fosses destinées à la conservation des urines et des autres engrais liquides, qu’on qualifie eux-mêmes du nom de purin. Trad. ** La plupart des personnes qui conseillent des nouvelles méthodes en agriculture où en économie rurale, se bornant à en considérer les effets, se donnent rarement la peine d'en calculer les frais, pour les comparer avec les avantages qui en résultent. Si dans le cas dont il est ic question, lon réunit à la rente d’une construction considérable, les frais annuels d'entretien d’un couvert toujours exposé à l’action des vapeurs chaudes qui s'élèvent du fumier; on se persuadera que la somme dés dépenses eccasionnées par ces couverts, dépasse les avantages qu'on en relire. Trad, 192 PRINCIPES RAISONNÉS On dispose l’emplacément du fumier à l’une out aux deux extrémités de V’étable, ct à une distance telle, qu’il ne puisse passer qu’un chariot chargé entre cette place et l’écurie. Le passage doii être pavé et un peu élevé; il doit servir de digue et empêcher que l’eau qui tombe du toit de l'écurie, ne s’écoule dans le tas de fumier; ainsi il faut donner à cette eau un autre FA Ari Des&anaux couverts passent sous cette digue et conduisent dès l’étable à la place à fumier, les urines qui n’ont pu être absorbées par lalitière. Si l’on ne veut charrier les fumiers que lorsqu'ils ont atteint un degré de décomposition fort avancé, il est necessaire que la place à fumier ait plusieurs comparlimens, qu’on remplit et vide chacun à son tour; sans cela on est toujours réduit à transporter du fumier frais avec du fumier consomme, ou à employer beaucoup de tems à deéblayer auparavant celui-là. $ 597- Quelquefois on a des places séparées pour chaque espèce de fumier, surtout pour celui des chevaux et des cochons; d’autres fois on réunit le fumier de ioutes les espèces de bétail dans une seule place. Lorsque le sol varie beaucoup dans sa composition, et que l’espace le permet, il peut être convenable de tenir ces fumiers séparés, et d’en consacrer chaque espèce aux terrains et récoltes auxquels les qualités que nous avons indi-. quees plus haut la rendent propre. Âlors on place le fumier de cheval dans un lieu plus creux; souvent dans une fosse étroite et profonde; afin que non- seulement l'humidité s’y conserve mieux et modère la chaleur, mais aussi que le fumier soit plus serré et moins exposé au contact de l'atmosphère. De cette manière sa fermentation et sa putréfaction sont moins précipitées, et il en résulte une matière moins pulvérulente et plus liée; surtout si, de temsentems, on a. soin de l’arroser. Si l’on veut retarder davantage sa fermentation, il est très-à propos de le mêler aussi avec le fumier de cochons, et d’y faire couler les urines de ces derniers animaux. De cette manière le fumier de cochons, qui en lui-même est plus froid et moins fermentescible, est plus vite décompose; et de la réunion des deux espèces, il résulte un très-bon fumier. Dans d’autres circonstances, et pour l’ordinaire, il sera plus convenable de mêler ensemble les diverses espèces de fumier, excepté celui de la volaille; et de les étendre par couches umiformes, de manière que toutes les parties du tas aient leur part de chacun, et qu’ainsi ils se trouvent répartis d’une maniere’ égale, Cette méthode a cet avantage, que les défauts d’une espèce de fumier sont corrigés même par ceux de lautre; qu’ainsi da trop prompte fermentation du fumier de cheval est arrêtée, tandis que celle trop faible du fumier de bêtes LréQuEs de riot clarué levé; il di 3 De S'écoule écoulement. l'étable à l } 0] a degré de x ait plusieurs n est toujours ju à employer anner, surtout | le fumier de ce le permet, acrer chaque s avons indi- de cheval dans afin que non- mals aussi que hère, De cette etil en résulle en tems, 00 à ,1l est très-d ire couler les cochons, qui décompose; él sonvenable de de la volaille; les parties du June manièrè ,ce de fumier fermentaliot mier de bétes .œ D me fussent pas très-sensibles, il serait sans aücun dout fumier dés bêtes à laine avec cclui du bétail à cornes, et tous Ceux qui ke font, pAGRICULTURE. 183 x cornes et de cochons, est accélérée; et il résulte du tout une matière homo- ène et egalement consommee.; Ordinairement on conserve à part le fumier des bêtes à laine. Dans un grand nombre exploitations rurales, Îa bergerie est séparée des autres bâätimens, ‘et le plus souvent on laisse Îe famier pendant tout l’hiver sous les bêtes, en ayant soin de le couvrir toujours de nouvelle paille; afin qu’elles reposent aw sec. Outre cela, durant l'hiver, le déblai du fumier de moutons occasionerait de grands inconvéniens, lors même que les bêtes sortiraient pendant le jour. Lorsque le fumier a été un peu accumulé et qu’on le remue, il s’en exhale des vapeurs piquantes d’ammonraque; qui pourraient incommoder les bêtes lors- qu’elles rentreraient Île soir; d’ailleurs, pour pouvoir affourer le bétail pendant le jour, om serait obligé d’enlever les rätelters et les claïes. Cependant st les choses étaient disposées de manière que ces inconvéniens e avantageux de mèler le ‘assurent en. éprouver un grand avantage 6 5986. Les expériences que nous avons faites et que nous avons publiées dans le “premier volume del’Archive d Hermbstädt, et lesdiverses observations que nous avons faites dès-lors sur ce sujet, mont pleinement convaincu, que le fumier acquiert plus de force, etqu’il ne diminue pasautantde volume, lorsqu’on le prive, le plus que cela est possible, du contact de Pair atmosphérique. Je dis le plus- que cela est possible, car sans eau, lon ne peut pas l'en isoler completement. Cette privation doit durer ausst long-tems que le fumier est à son plus haut degré de fermentation, et qu'il s'y développe la plus grande quantité de parties “volatiles. J’envisagerais donc comme utile de le couvrir avee de la terre, si cette opération n’entrainait pas avec elle trop de travail et d’'inconvéniens, Mais comme ces inconvéniens ont toujours lieu 1l suffit. je pense. d'étendre be j;>]€ P 9 ‘fumier d’une manière uniforme sur une surface d’une étendue proportionnee à la quantité d'engrais qui doit y être déposée. Aussi long-tems que le fumier ‘récent demeure à la superficie du tas, il n’entre pas sensiblement en fermen- ‘tation; et il empêche que celui qui est place au-dessous, ne soit trop: en Contact avec Patmosphere. Les gaz qui s’en dégagent, excepté lammoniaque qui se développe peu dans une telle posiuon; sont plus pesans que l'air atmosphe-- ‘rique; ils demeurent donc au-dessous, dans la couche supérieure du fumier, qui empêche qu'ils ne soient entraînés par Pair. Ainst il est vraisemblable qu'ils. “out absorbés de nouveau et'qu'ils forment de nouvelles combinaisons. On 194 PRINCIPES RAISONNÉS pe remarque pas d’odeur sensible sur un fumier arrangé de cette maniere. L'air qu'on recueille immédiatement au-dessus ne trouble guëre l’eau de chaux. On n’y voit point paraître de vapeurs ammoniacales à l'approche de lacide pitrique; c’est seulement lorsqu'on remue le fumier que l’un et l’autre de ces effets ont lieu. Ceci prouve que, dans ce dernier cas, il se dégage beaucoup d’acide carbonique, d’azote et d'hydrogène, mais que lorsque le fumier reste en repos, et en partie à l’abri du contact de l’atmosphère, ces substances, au lieu de s’évaporer sous la forme de gaz, entrent plutôt dans de nouvelles combinaisons.| Au reste, il est très-essenteil d’avoir la précaulion d'étendre le fumier d’une manière égale, et sur une surface qui ne soit pas trop grande. Si on le jette sur le tas en petits monceaux, ce tas ne jouit plus des avantages de celte espèce de couverture; entre les monceaux il se forme des vides où la moisissure ne tarde pas à paraître, et l’on sait que celle-ci nuit beaucoup à la qualité du fumier. Il est évident que le fumier, ainsi disposé par lité, gagne à être un peu com- primé, c’est pourquoi ileconvient de l’eniourer d’une balustrade, afin que Le bétail qu’on fait sortir de l’étable, se promène par dessus. Je sais que quelques auteurs ont envisagé comme nuisible l’action de comprimer le fumier; mais je ne puis pas avoir la même opinion, puisque dans un lieu où, chaque jour, plusieurs chariots passaient par dessus le tas, j'ai obienu un fumier de la meilleure qualité et parfaitement décompose. Lorsqu'une partie du tas se trouve élevée de 5 à 6 pieds, qu'on veut le laisser consommer d’une manière uniforme, et que par conséquent on com- mence un autre tas; il est assurément très-convenable de couvrir le premier avec un lit de terre ou de gazons. Ainsi couvert, le fumier subit une putré- faction égale, sans qu’ils’en évapore avec une partie sensible. Les vapeurs quis’'en glevent sont absorbées par la terre, et, lorsqu'on charrie le fumier, on met alors au fond de la place, ou de la fosse, les gazons qui étaient au-dessus et qui ne sont pas encore décomposés; de celte manière ces gazons son transformés en une espèce d'engrais très-riche.; Pour empêcher qu'il ne se perde aucune partie des urines et des engrais liquides, par l’infiltration en terre, on a conseillé de faire battre Paire de la place à fumier, ou de la faire paver avec de petits cailloux; de la garnir de pierraille, ou même de la revêtir de mortier ou de ciment, afin qu’elle soit imperméable. Si le sol est naturellement argileux, il est absolumeut superflu de faire aucune de: ces dispositions; s’il est sablonneux, elles peuvent, être utiles lorsqu'on établit une place à fumicr; mais si la place a déjà été employée | ha SEULE maitre Ù eau de cha, he de lac k - H «l'autre de ts age beautouy le fumier teste | substances," ns de nouells Le fumier d'une Si où Le jeter > Celle espèce de nisIssure ne tarde malité du fumier, tre un peu con- rade, afin que ke suis que quelques fumier; mais je ki, Chaque jour, un fumier de La s, qu'on veut le séquent 00 COM- ouvrir le premier subit une putré- es VapEUTS quisen fumier, on met au-dessus qu son transformés et des engrais jure Paire de la de la garni de afin qu'elle sol Jumeut sprl s peuvent mp à été empli j il est toujours convenable de mettre sur Pair D'AGRICULTURE. 185 à cet usage, on peut se dispenser de ce soin, même sur du sable; parce que quand celui-ci a une fois été suffisamment imprégné et comme saturé de jus de fumier,‘il ne parait pas pouvoir en absor trouvé le sol d’une telle place imprégne d'eau de fu d’un pied; mais au-dessous de cette couche il y avait du sableblanc pur, parfaite- ment séparé; il ne me paraît donc pas que le fumier s’y infiltrat plus avant. r et qu'on veut y commencer un nouveau tas, e une couche de toutes sortes de de feuilles d'arbres, d'herbes ber ou laisser écouler davantage. J'ai mier et tout noir à l'épaisseur Lorsqu'on a vide la place à fumie substances végétales d’une décomposition difficile, /#èches, de tiges de. plantes, de terreau de bois ou de gazons; en un mot de tout ce qui est propre à absorber le jus de fumier, et qui, après sa putréfac- ST.» u. tion, peut être employé comme engrais. En Suisse, où l’on donne de grands soins à toutes les manipulations, le fumier fait avec une litière de paille est mis en tas réguliers, tandis qu’on emploie séparément les urines apres les avoir recueillies à leur sortie des écuries e la plus pailleuse du fumier et renfermées dans une purinière. De la paru on forme les bords du tas, et, pour cet effet, on la ploie en deux avec une fourche, de manière que le fumier proprement dit y soit renferme et mis hors du contact de l’atmotphère. Ces tas sont élevés perpendiculairement de 5 à 6 pieds, et arrangés avec le plus grand soin; ils ont alors l'apparence d’une grande ruche de paille, parce que, en dehors, on ne voit que cette paille retroussée> qui est arrangeée avec une uniformité parfaite. En tems de sécheresse, on arrose ces tas avec du purin ou avec de l’eau, afin de leur conserver toujours l’humidité nécessaire à Îa fermentation. Le fumier qui y est renfermé, quoiqu’on lui aît enlevé une parüe des urines, devient alors excellent, homogène et semblable à une sorte de confection, état qui, comme nous l'avons dit, est désigné sous le nom de beurre noir. De cette maniere on a la possibilité d'employer le fumier au degré de décomposition qu’on préfére, parce que les tas demeurent séparés les uns des autres. Ce sujet vaut assurément la peine qu’on fasse des expériences comparatives pour déterminer les avantages ou les inconvéniens de l’une ou l’autre méthode. $ 599: Les opinions sont extrémement partagées sur Île tems où il convient de charrier les fumiers dans les champs, et sur l’état dans lequel ces fumiers doivent ètre pris pour être employés à cet usage. Le plus grand nombre des agronomes s’en sont tenus au principe qu'il ne faut charrier les fumiers que lorsqu'ils sont entièrement consommés, et que le tissu de la paille dont ils sont composés a £. H, 24 186 PRINCIPES RAISONNÉS perdu son aggrégation, sans être entièrement détruit; lorsqu'ils se laissent pêne- trer d’une manière uniforme, ou qu'ils sont en consistance de beurre ou de graisse. Le fumier aucint cet état dans un espace de tems plus ou moins long, suivant qu'il conserve un degré d’huimidiié plus convenable, et que la tempéra- ture est plus ou moins élevée; en été, huit ou dix semaines sufhisent; en hiver, il en faut vingt et au-delà. Le fumier qui, dans cet état, à entièrement perdu sa chaleur de fermentation, ne donne des vapeurs que dans les premiers momens de son déplacement, d’abord avec une odeur fétide de pourriture, _ensuite avec une odeur musquée; il a une couleur jaunâtre qui be tarde pas à devenir brune foncée quand ce fumier est exposé à l'air. Lorsqu'on l’'épand sur le terrain, il prend l’apparence d’une tourbe charbonneuse, mais il absorbe promptement Phumidité et se divise; alors il peut étre mêlé d’une manière uni- forme avec la couche de terre qui est en labour. D’autres donnent la préférence au fumierlonget non-décomposé, et cherchent à disposer les choses de manière qu'ils puissent le transporter directement de l'étable sur les champs. Si ce fumier a déjà subi dans l'étable sa principale fer- mentation, sa couche inférieure est tout au moins dans letat qu’elle eût atteint, si elle eût été déposée dans la place à fumier; et en hiver, sa fermen- tation est plus accélérée dans l'écurie, parce que la température y est plus chaude. Quelquefois aussi l’on transporte dans les champs le fumier tout récent et pailleux, et on l’enterre aussi bien que cela est possible; dans quelques cas on a cru eh avoir éprouvé des effets plus sensibles que du fumier consomme. Pour les terrains tenaces et froids, surtout lorsqu'on fume abondamment, ce dernier procédé doit, sans aucun doute, être mis en pratique, lorsque les cir- constances de Pexploitation n’y mettent pas obstaele; mais alors il faut avoir un soin particulier de faire éntrer le fumier dans le sillon, de manière qu'il soit bien couvert par la terre. Le fumier a assez de force pour commencer là sa fermentauon, pour s’echauffer, pour communiquer au sol sa chaleur, pour y introduire de Pair par les ouvertures que la paille y pratique et, tant par ce moyen, que par le développement des gaz, Île maintenir léger et le bien impreé- gner. AÂu moyen de l’ammoniaque qu'il produit, il agit avec force sur l’humus insoluble que ces terrains contiennent souvent. Ï produit divers effets, dont un des principaux est de mettre en action les parties nutritives que le sol con- tent encore, tandis que le fumier consommé n’opère cet effet que dune manière très-imparfaite. En revanche on retire peu où point d'avantages du fumier non- consommé, souvent même on éprouve des inconyéniens de son emploi, sur des laissent pêné beurre ou de ù Moins lons, ue|a tempérs- *ent; en er, lèrement perdu 1S Les premier de POurriture, ui pe tarde ps Orsqu'on l'épand 3 ais 1 absorbe ine Manière uti< 0e, et cherchent r_ directement de sa principale fer- l'etat qu'elle eût hiver, sa fermen- ralure y est plus p tout récent et lans quelques ces er CONSOME. bondamment, ce Jorsque les cr- ss à] faut ao un panièré qu soil commencer là sa chaleur, pour Le, tant par C6 x Je bien impré- re sur l'hurus ers effets, dont que Je sol se e dure maniere du fumier no! mo emploi; S D'GRICULTURE. 187 terrains secs, légers et apauvris, qui ne contenaient plus que peu de sucs,€L qui, par conséquent, avalent besoin de ceux que le fumier peut leur communt- quer. Les mauvais effets m’en ont été en particulier très-sensibles, lorsqu'il avait été enterré peu de tems avant la semaille, et qu'il n'avait pas eu le tems de se décomposer. S'il s’ensuivait une sécheresse, les plantes souffraient d'autant plus vite de la chaleur; si c’était l'humidité, les plantes poussaient à la vérité plus rapidement, mais elles prenaient une couleur jaunâtre et pâle, une partie d’en- tr'elles périssaient ou demeuraient faibles; elles étaient sujettes à la rouille, et ne donnaient que des grains imparfaits; elles semblaient avoir eu trop d’hydro- gène et pas assez de carbone. Lorsque le fumier s’est desséché sur la terre ou après avoir été enterré, il ne se divise pas de quelques années, il ne se mêle pas avec la terre végétale, et c’est seulement assez long-tems apres, qu'il est transformé en terreau fertilisants parce qu'il ne peut plus entrer en fermentation, mais seulement se diviser. C’est ce qui a donné lieu à cette maxime, que le fumier qui n’opère pas sur la première récolte, n’en produit point sur la seconde. Îl est donc très-important de charrier et d’enterrer le fumier dans un etat qui soit en rapport avec les besoins du sol. 6 6oo. Non-seulement la théorie nous apprend, mais dans ma pratique j'ai fréquem- ment eu occasion d'observer, qu’il est extrêmement nuisible de remuer et diviser le fumier, lorsqu'il est au plus haut degré de sa fermentation. Suivant toutes les apparences, une parte essentielle des substances les plus actives qu'il con- tient, s’évaporent, lorsqu’à cette époque il entre en contact avec l'air. Mais avant qu’il ait commencé à fermenter fortement, ou après que sa plus vive fermenta- tion est appaisée, il semble ne perdre à être exposé à l'air quoique ce soit, que du moins, il ne regagne d’une auire manière. Ïl y a les avantages les plus évidens à étendre en hiver le fumier recent et pailleux sur le sol, et de l'y laisser jusqu'aux labours du printems; bien en- tendu cependant que l’eau n’en emmène pas les sucs hors du champ, mais que plutôt, elle les entraîne dans la terre: cette manière de couvrir le sol pendant l'hiver le rend beaucoup plus meuble e& remarquablement ferule, J'ai fréquem- ment vu ramasser la paille lavée et non pourrie du fumier ainsi épandu, et l’employer de nouveau comme liüère; ou la transporter dans quelque place froide et humide du champ; et cependant le sol sur lequel cette paille avait Eté ramassée, avait toutes les apparences d’avoir été aussi bien amendé que si la Q 188 totalité du funner y avait été enterrée: souvent on fume Îes prairies de cette PRINCIPES RAISONNÉS manière. J’ai trop souvent éprouvé les bons effets du fumier, soit long, soit court, épandu sur des pois et des vesces, et qu’on y avait laisse pendant leur végélation, pour n’être pas convaincu des bons effets de cette méthode sur un terrain chaud; meuble et d’une force moyenne; lorsqu'on avait semé tard, surtout, elle m’a toujours procuré une tres-belle récolte de ces deux espèces de grains. Mais, ce qui paraît plus remarquable et difficile à expliquer, aux récoltes suivantes, le terrain qui avait été traité de cette manière avait égale ment la supériorité sur ceux dans lesquels on avait enterré une plus grande quantité de fumier consommé. Du reste, après la récolte on se hätait toujours de rompre et d’enterrer le chaume. En: 1808 je semai de la navette de printems avec du trefle, sur un terrain maigre que je couvris ensuite de fümier récent et pailleux. Dans lPautomne 1809 je fis rompre le trèfle et 1l fut ensemencé en seigle qui, au printems 1810, se distingua irès-avantageusement de celui du champ voisin, qui avait été fumé en éte, sur la jachère. : D’après un grand nombre d’expériences comparatives, faites tant par moi que par d’autres agriculteurs, il me paraît presque hors de doute que le fumier qui a dépassé le point de la plus forte fermentation, lorsqu'il est épandu sur le sol, même pendant la saison la plus chaude, et durant la sécheresse, que ce fumier, dis-je, non-seulement ne perd rien de sa qualité, mais même gagne encore: cctte assertion paraîtra incroyable à tous ceux qui n’ont fait aucune expérience à ce sujet. On pense que le fumier doit nécessairement perdre par lévaporation, et, au pre- mier abord, cela semble tellement vraisemblable, qu’on a donne presqu’unt- versellement le conseil de se hâter d’enterrer le fumier aussitôt qu’il est épandu. J'étais moi-même de cet avis, lorsque mon attention fut attirée de nouveau sur ce sujet, par des observations de quelques agriculteurs pratiques du Mecklem- bourg, qui semblaient démontrer le contraire. Probablement l’évaporation du fumier consommé n’est point aussi considérable que cela semble devoir être. À la vérité, lorsqu’on le charrie et qu’on l’épand, il donne une odeur musquée tres-forte; mais il n’est aucun moyen d'éviter cette première évaporation, et lorsqu'on sait à quel point les vapeurs qui répandent cette odeur sont ténues et expansibles(puisque quelques grains de musc suffisent pour remplir, durant des années, l'air de leur odeur, et pour la communiquer à tous les corps qui entrent dans leur atmosphère, sans perdre sensiblement de leur poids); ïl est permis de douter que la quantité de sucs ainsi évaporée soit très-sensible; ce premier moment passé, le fumier n’exhale aucune odeur, et si j’en dois croire ma \ opt d'h lac ent hs jich quel coul ave aule 18 de Celle i long, si en dant lens thode sur up Sem tard, deux espècog Pliquer, aux avait évale. plus grande ätall Loujour ur un terrain ins automne rintems 1810, avait ele fume par moi que le fumier qui dusur Le sol, que ce fumier, encore! celle nce à Cesujel. }, êt, au pre ë presqu'nis il estépande. | nouveau sut du Mecklem- aporati00 du devoir étre, eur musquee joralion,€ sont téaues plr, durant $ COFPS qu ds); est ensible; te” dois croire D'AGRICULTURE. 189 ma propre expérience, il ne diminue point en pesanteur. À la vérité, il sy opère sans doute bien quelques décompositions, lorsqu'il est dans un état d'humidité; parce qu’alors il absorbe de loxigène et qu'il s’y développe de Pacide carbonique: mais il est vraisemblable que cet acide carbonique est entrainé par Peau dans le sol, et que même il contribue à Vamender. Pendant la sécheresse aucune décomposition n’y a lieu. Si l’on examine un champ en jachère, à la surface duquel le fumier est demeuré ainsi épandu pendant quelques semaines, on y verra une abondante quantité de jeunes plantes d’une couleur vive, même dans les places qui n’étaient pas immédiatement en contact avec le fumier; ce qui prouve que la faculté améliorante de celui-ci se répand autour de lui, même avant qu'il soit recouvert par la terre et absorbé par elle. D'après tous ces faits, il ne paraît pas qu’il y ait des inconvéniens à épandre le fumier sur le sol, lors même qu'il devrait y demeurer quelque tems avant d’être enterré, à moins que ce terrain ne soit en pente, et qu’ainsi le fuaner ne courre Île risque d’être lavé et entraîné par les eaux de pluie. Dans ce dernier cas, si on veut le charrier dans un tems où il ne peut pas être épandu, il faut le déposer en tas; mais on doit observer que, même en hiver, lorsque le fumier a été ainsi remué et remis en monceau, il se décompose beaucoup plus forte- ment et se consomme plus complétement que cela n’aurait lieu dans les cours rustiques, ce qui ne peut être attribué qu’à ce qu'il a été et à ce qu'il est plus exposé à l’action de Pair; cette circonstance fait que, durant une fermentation prolongée, ce fumier perd davantage par l’évaporation. C’est un usage très-vicieux et trés-nuisible que celui de laisser le fumier sur le sol, en petit tas tels qu’on les fait en déchargeant les chariots. S'il n’a pas encore subi sa fermentation, il se décompose alors avec une grande perte, parce que le vent entraîne avec lui les substances volatiles qui s’'évaporent de ces petits monceaux; d'ailleurs cette décomposition se fait d’une manière fort inégale; au centre du tas elle est très-forte, et sur les bords presque nulle, Les sucs les plus actifs du fumier sont entraînés par l’humidité dans le sol, au- dessous du tas, tandis que la partie de ce fumier qui est moins riche ou moins décomposée demeure sur place. De cette manière, lors même qu’on donne en- suite les plus grands soins à bien épandre la partie qui reste sur le sol, souvent durant plusieurs années, les places ou les petits tas ont été déposés, demeurent trop grasses, de sorte que les plantes s’y laissent tomber ou y versent, quoique tout ce qui les environne ait la plus chétive apparence. fl faut done avoir pour règle invariable d’épandre le fumier bientôt après qu'il a été ainsi. déposé en petits tas, et de ne pas renvoyer cetie opération au-delà d’un jour. 190 PRINCIPES RAISONNÉS 6 6ou. L'époque où les fumiers doivent être charries varie beaucoup, elle dépend descirconstances particulières et de l'ordonnance de l’économie, Dansles exploi- tations rurales soumises à l’assolement triennal avec jachère, ainsi que dans celles qui suivent des assolemens avec pâturage, ce charroi a ordinairement lieu entre les semailles de printems et la moisson. Ainsi ce fumier consiste sur tout en celui qui a été amassé pendant l'hiver, auquel, dans les exploitations qui fout rentrer leur bétail à Pétable pendant la nuit, se joint éncore le fumier des nuits de l’été précédent et du printems suivant. Ainsi la plus grande partie de ce fumier est fortement consommée; celle qui a été placée la dernieresur le tas seulement, n’a pas subi sa fermentation. L’agriculteur attentif aura soin d'employer ces deux espèces de fumier séparément, de consacrer le fumier récent aux places les plus humides et les plus froides, et le fumier consommé, au contraire, aux terrains les plus secs et les plus chauds. Au reste, il n’est pas toujours facile d’arranger les choses de manière que cette disposition puisse avoir lieu. Les exploitations rurales qui peuvent consacrer leur fumier à des produits variés, jouissent de cet avantage, si leurs places à fumier sont bien disposées; elles peuvent charrier et employer leurs engrais dans Pétat qui est le plus avantageux au sol, relati- vement au genre de produit qu’on en exige. Le fumier du commencement ou de Ja fin de l'hiver doit être consacré principalement aux récoltes sarclées. Le fumier récent et pailleux convient surtout aux pommes de terre plantées en terrains glaiseux, non-seulement parce qu'il diminue la tenacité des sols de ce genre, laquelle peut facilement nuire à cette plante lors de sa germination, mais encore parce qu’il met la pomme de terre plantée en communication avec l’at- mosphère. Dans lesterrains de cette nature il convient donc beaucoup de jeter la totalité des fumiers dans la raie où l’on dépose la pomme deterre, comme nous l'indiquérons en son lieu. Les autres récoltes racines et les choux en particulier, se trouvent mieux du fumier consomme, et, sur un terrain léger, cetétat du fumier est une condition nécessaire de leur réussite. Ensuite on charrie le fumier pour les pois et les vesces, et on lenterre ou l'on se borne à l’épandre par dessus la terre; celui qui a été fait plus récemment se décompose sans peine, parce que la température est alors plus élevée; on le consacre aux récoltes sarclees plus tardives, surtout au colza. Une partie du fumier recueilli depuis le milieu de l’été, peut encore être consacrée aux céréales d'automne. Quoique dans ce genre de culture, on ne fume jamais complétement les terres pour cette espèce de produit; quelquefois cependant on juge convenable de lui donner un supplément d'engrais. D’autres fois on transporte cette partie des fumiers sur toul terre Ya mi el il qu plu tel elle dépend ans les explo. ansi que dans Ordinairemen l COnsiste sure {ploïtations qu fumier desouis 1e de ce fumier tas seulement, ployer ces deux places les pli €; aux lerrais ucile d'arranger es exploitations S, jouissent de peuvent charrier au sol, rela- encement ou de es sarclées. Le rre plantées en ë des sols de ce aminalion, ma ation avec Pat- coup de jeter a , comme nous en particulier état du fumier urier pour ls Jessus la terre; parce que la sarclees plis vis Le mieu qu dans Ce 5 pour GE e Jui doaner G fumers Sur D'AGRICULTURE. 191 le chaume-des champs destinés aux récoltes jachièreés et aux légumes du prin- tems suivant, ou bien on le desune à des mélanges, et lon en fait des tas de compost. De cette manière les chariots destinés au transport des engrais ne sont jamais sans emploi, parce qu'il y a toujours des fumiers prêts à être charries; et comme les travaux d’uttelage sont répartis d’une manière égale sur les diverses saisons, on a toujours le tems nécessaire pour accomplir ces transports, Les opimions ne sont pas d'accord sur celui des labeurs après lequel le charroi des‘fumiers doit avoir lieu, lorsqu'on emploie ceux-ci sur la jachère Le plus grand uombre des cultivateurs arrangent les choses de manière que le fumier soilenterré au péaultième labour; tandis que d’autres craindraient, en faisant ainst, qu’une partie de ce fumier ne fut ramenee à la superficie par la dernière culture, ce qu'ils envisagent comme tres-fâächeux. Quoique je ne redoute nullement que ce fumier soit exposé à l'air et qu'il s’évapore, j'envisage cependant comme décidément mieux qu'il recoive trois tbours avant les semailles; ainsi donc toutes les fois que cela est possible, je voudrais le charrier de manière à l’en- terrer déjà par le premier labour, st ce labour n’a lieu que vèrs le milieu de Vété. J'envisage la méthode de l’enterrer au. dernier labour comme décidément mauvaise, et comme une des principales causes du non-succès des céréales: en eFet, de cette manière, le fumier ne peut jamais être assez mêlé avec le sol; il demeure en gros morceaux; il s’échauffe trop dans quelques places, tandis que, dans d’autres, il ne peut pas se décomposer, à tel point méme que, plusieurs années après, on le retrouve dans le sol en forme de tourbe et presque tel qu’on Pavait enterré. De là vient qu'il y a une grande inégalité dans la force des plantes, et que quelques-unes forment de grosses touffes dans lesquelles il se niche une quantité d'insectes et de souris, tanilis que d’autres, au contraire, sont d’une faiblesse extrême. Alors les plantes qui avaient poussé trop vigou- reusement périssent pendant lPhiver. On éprouve souvent les plus mauvais effets d’avoir enterré du fumier récent et non décompose au dernier des labours destinés aux semailles d'automne. Le sol alors conserve des vides, ou ila de la difficulté à s'asseoir. Si la température devient humide et chaude et que fa semaille art été faite de bonne heure, qu’ainsi le fumier ait été mis en fermentation, Îles plantes peuvent souvent prendre une Croissance trop rapide, elles deviennent .drues, mais d’une complexion faible, probablement elles sont wop chargées d'hydrogène, Dans cet état elles ne supportent pas l’hiver, elles se pourrissent ct elles perissent, Si ce fumier long, récent etnon divisé, n’eutre pas en fermentatiop, souvent, au printems lorsque la sécheresse et la chaleur surviennent, 1l occa- 192 PRINCIPES RAISONNÉS sionne la destruction des plantes, qui commencent par perdre leur couleur et ne tardent pas à périr. J'ai eu tous ces faits sous les yeux, et si quelquefois, lorsque les circonstances sont très-favorables, ces inconvéniens ne se font pas senür, ce sont des exceptions assez rares, Il est des personnes qui sont prévenues contre la méthode d’enterrer le fumier avant le pénultième labour, et qui pensent qu’ainsi le fumier perd ses sucs en favorisant la végétation des mauvaises herbes. Mais cette abondante germination de mauvaises herbes, loin d'être nuisible, est au contraire trés-avantageuse, parce que les semences et les raciues sont d’autant mieux détruites par ce moyen, et que les nouvelles plantes enterrées avec la charrue, augmentent évidemment la fécondité du fumier et du sol. Il suffit d'observer ce fait avec quelqu’attention pour être bientôt délivré de ce préjugé que les culuvateurs se sont communiqués l’un à l’autre, et qui a été reçu sans aucun examen. f 6o2. La bonne distribution des engrais est d’une si grande importance dans une exploitation rurale, qu’elle demande lattention la plus soutenue et une cir- conspection parfaite, Il faut se garder de fumer trop abondamment, soïl sous raies, soit sur le sol, après la semaille; lexcès en ce genre peut facilement être nuisible aux récoltes, surtout aux céréales en les faisant verser. Aussi est-il souvent arrivé que, pour avoir voulu se procurer une récolte disunguée, on n’a obtenu qu’une chétive moisson. Îl est un maximum d’amendement, duquel on doit s'approcher pour obtenir les plus riches produits, mais que Pon ne doit pas excéder, si lon ne veut s’exposer à une grande perte. On ne peut pas positivement en fixer le degré; ce degré varie suivant la nature du sol; un terrain argileux et humide supporte et demande un amendement plus fort qu’un sol sablonneux, calcaire et chaud: Mais les différences dans la température ont, sur le succès des récoltes, une influence telle, que, lorsque cette température est très-favorable à la vége- tation, la quantité de fumier qui, en tems ordinaire, eût été la plus conve- nable, pourruit rendre les céréales trop drues et détériorer beaucoup la récolte, Aussi remarque-t-on que dans les années où la moisson a été tres-abondante la récolte des domaines dont le sol est très-riche, diffère moins de celle dont le terrain est apauvri, que cela n’a lieu dans les années ordinaires ou mauvaises. Lors donc qu’on fume immédiatement pour les grains, il convient de retrancher quelque chose du maximum d’engrais qu’on croirait pouvoir donner au sol. Dans les exploitations rurales qui ont à leur disposition une abondante quantité d'engrais, PR. es ss ds “UT Couleur et quelquelos, 1e se[ont px rer le fumier rd ses 8uCs en Le germination aVantigene Hruites par 04 » aUgMentent er ce fut avec es Cullivateurs | examen, ace dans une le el une Cr soit sur Le sol, e aux recolles, riVé que, pour qu'une chétie pprocher pour der, si l'on ne ent en fixer le leux et humide neux, Calcae des récoltes, able à la vegt- a plus conve- up la récolle, abondante , celle dontle ju mauvaises. de retrancher 1er au 50) jante quantité d'engrais s D'AGRICULTURE. 19 u danger d’un amendement trop d'engrais, le meilleur moyen d'échapper à mais plutôt pour les riche, e’est de ne pas fumer immédiatement pour le blé; récoltes auxquelles une végétation très-forie ne peut jamais être nuisible. Les choux, la plupart des récoltes racines(les pommes de terre peuvent cependant les fèves en lignes, le maïs, le colza, les vesces à ande quantité d'engrais. Ces être fumées avec excès), faucher en vert, ne reçoivent jamais une trop gr produits absorbent une partie des sucs du fumier assez grande, pour que les grains qui leur succèdent dans le sol ne soient pas en souffrance. Tout au moias le fumier perd il non-seulement une partie de sa chaleur et de son activité, mais encore son excès d'hydrogène et d'azote,. quoiqu'il conserve à peu près tout son carbone. Îl arrive bien plus souvent qu’on doit porter son attention sur le defaut con- traire, C'est-à-dire veiller à ce que les champs qui en ont besoin, reçoivent tout au moins le minimum de la quantité de fumier qui. leur est nécessaire. Dans ce cas il est de règle de fumer complétement les principaux champs, ou ceux sur lesquels on peut le nueux compter pour la récolte de grain et de paille, lors même que les terrains moins essentiels devraient demeurer sans engrais. On n’a que trop souvent OCCasion de mettre cette règle en pratique, aussi ne doit on pas trop la resserrer; cependant il faut se garder de lui donner trop d’ex- tention, comme on le fait fréquemment, en consacrant aux principaux champs plus d'engrais que cela n’est nécessaire, quoique pour cela il faille retrancher aux autres ce dont ils ont le plus grand besoin. Dans bien des cas, il est vrai, lon retire un avantage immédiat plus graud d'une quantité quelconque de fumier, lorsqu'on emploie sur un bon champ, et qu’on la répartit sur un moins grand espace, que lorsqu'on en retranche une partie pour la consacrer à un mau- vais terrain; mais la privation absolue d'engrais rend celui-ci tellement mauvais, que la détérioration occasionnée par le retranchement de cette petite portion de fumier, ne saurait être compensée par l'excédent de produit donné par le bon ter- rain, Ainsi donc le cultivateur, qui désire conserver la totalité de son fonds dans un état prospère, et qui ne borne pas ses vues au présent, se gardera de donner trop d'extension À cette maxime, et de négliger ses mauvais terrains pour s’oc- cuper presque exclusivement de l'amendement des meilleurs. Lorsqu'on voudra rétablir un fond ruiné, on sera peut-être obligé, au premier abord, de retrancher aux meilleurs champs, à ceux qui ne sont pas encore épuisés, un peu du fumier qui, sans cela, leur eût été consacré, et de le réserver aux terrains qu’on cherche à améliorer. Mais alors il faudra exiger moins de ces premiers champs, par conse- quentle produit total des récoltes sera diminue. L’on doit d'avance se soumelire pus His 25 194" PRINCIPES RATSONNIÉS à cét inconvénient 3 car il arrive fréquemment que le premis*‘mendement donné à un terrain épuisé ne produit que peu d’efiet, Dans la disposition des choses de ce genre, il faut autant Ge réflexion que de capacité pour savoir garder un juste milieu, et Hour ne$e jeter ni trop d’un côté, ni trop de l’autre; por ne Léa perdre de vue les moyens d’avoir Ja paille dont on a besoin, lors même qu’on prendroit sôn part de n’obtenir qu'une moindre quantité de grains. Si même on a une quantité de fumier suffisante, pour en donner à chaque champ la juste mesure dont if a besoin, il faut, dans la distribution de ce fumier, toujours faire attention à la nature particulière de cliaque terrain. St Von véut entretenir dans le même état de prospérité lès sols argileux et tenaces, et ceux qui sont légers, sablonneux et calcaires, il‘ faut donner aux premiers une plus grande quantité d'engrais à là fois, parce qu’ils peuvent la supporter sans courir le risque de faire verser les récoltes, et qu’une petite quantité, au hea de produire effet sur eux, serait plutôt elle même retardée dans sa fermentauon et laissée dans l’état même où elle aurait été enterrée: en revanche lorsque ces terrains ont été fumés abondamment, ils peuvent rapporter un nombre de récoltes double, sans en être épuisés. Dans un terrain léger'et chaud, le fumier est promptement décomposé; un amendement très-abondant peut y avoir des suites fâcheuses, parce que, suivant l’état de la température; il peut ou faire verser les céréales, ou les brûler:’le fumier y est plus promptement consume c’est pourquoi it faut y en mettre plus souvent et en plus petite quantité. Plus un terrain ést léger et sablonneux, plus il gagne à êtwe fumé peu et fré- quemment. En général, cependant il paraît avéré que, dans un même nombre d'années, les deux espèces de terrain opposées demandent une égale quantité d'engrais. $ 603. Ordinairement la quantité de fumier est calculée par charges ow chariots à 4 ou à 2 chevaux; quelquefois aussi par charretées à un cheval. L'on a dit ailleurs que les chevaux traisent une plus forte charge lorsqu'ils sont employés séparément, c’est aussi le cas pour le charroi des fumiers, toutes choses étant d’ailleurs égales. Un chariot attelé de 4 chevaux ne contiendra pas une quantité double de celle que charge un chariot à deux chevaux. C’est par cette raison que; lorsque les attelages sont vigoureux; on compte la charge d’un chariot à 4 chevaux à 20 quimaux, et celle d’un charriot à 2 chevaux à 12 ou 14 quintaux. Au reste rien de plus indéterminé que la quamtité de fumier qu’on charge sur un chariot; cela ne dépend pas seulement de la force du bétail de trait; mais aussi de l'habitude, du soin que l’on met à charger, de la saison, amendermeny Hsposiion des € Pour sayo ‘op de l'autre, a besoin son iute de Grains, nner à chaque ribution de œ [ue Lerran,$ EUX€ Lenats, Faut premen nt la supporer uantité, au lex sa fermentation che lorsque os un nombre de haud, Je fumier eut ÿ avoir des peut ou farre ment consume, quantité, Phs é peu et fré- mène nombre euale quote 6 ou Chariot ab. L'on a di sont employés s choses étant unie quantite | cette raison d'un chartot 3 19 OU 14 fumier qu'en du bétail de e la 52500 y D'AGRICUELT ÜR E. 299 de l’état des chemins, et de l'éloignement. Le poids du mème fumier varie également, suivant que ce fumier est sec où humide; lors donc qu’on veut calculer la quantité du fumier d’après son poids, et rédiger le tableau tant des engrais, que de leur distribution, il faut peser une charge telle qu’on les fait ordinairement, et répéler cela de tems en tems, afin des’habituer à apprécier à Poil la quantité des fumiers qu’on charrie. Cette opération se fait très-facile- ment au moyen d’une grande romaine; instrument qui présente d’ailleurs de bien grands avantages pour une exploitation rurale. Deux mille livres sont une charge médiocre pour un chariot à quatre chevaux, et l’on se rapprochera de la vérité autant que cela est possible dans une chose de ce genre, en prenant ce poids pour la moyenne d’un chariot, Cependant avec de forts attelages, sur des chemins à la fois bons et de peu d’étendue, et en été, on charge souvent jusqu’à 3000 liv. Il ÿ a encore plus d'incertitude dans l'estimation du fumier d’après son volume, parce que ce volume depend du degré de décomposition auquel là paille est parvenue, et de la proportion qui existe entre la quantité de paille donnée en litière, et celle d’excremens pro- prement dits. Un pied cube de fumier très-pailleux ne pese souvent pas au- delà de 44 liv., tandis qu’un autre de fumier où la paille est réduite en filamens, pèse, sans être comprimé, de 56 à 58 liv. Aussi la quantité de sucs contenue dans le fumier est elle proportionnée plutôt à la pesanteur de celui-ci, qu'à son volume.; $ Go4. On consacre à un journal de terre 5,8, jusqu’à 10 chariots de fumier, de 2000 liv. chacun; suivant que la quantité employée est plus ou moins forte; l'on dit qu’on a donné au sol un faible ou léger amendement, qu’on lui a donné un amendement complet, ou qu’on l’a fumé fortement. Si lon met sur un journal 5 chariots ou 10000 liv., il y aura parperche 655%. BE, congstue PPT 7 un, 07 8006 UE NE T0 AT 775$ dus. mipiMédons ns eh he 0 5188 LE HF MEBBOG PRE À 8 ESP à TN POS RS Ainsi lorsqu’on fume le plus abondamment, iltombe sur un piedcarré environ L 0,5: /$ 605, Le transport des fumiers sur les terres. est une des opérations agricoles les plus importantes; pour être faite non-seulement avec les soins, mais encore ave£ à ceux qui sont placés immédiatement au-dessous des côteaux, parce que les 196 PRINCIPES RAISONNÉS l’ordre convenables, elle demande une attention particulière de la part de l'ins- pecteur des travaux. Il convient donc d'y employer autant d’attelages que cela est possible, avec un nombre de manouvriers proportionne. Suivant que le terrain sur lequel le fumier doit être conduit, est plus rapproché ou plus éloigné, il faut avoir une voiture de rechange pour deux ou trois attelages, afin qu'il y ait toujours un chariot auprès du tas, pour occuper les chargeurs. El faut avoir soin d'établir et de maintenir l’ordre nécessaire dans la distribution du tems; de sorte que, par exemple, de trois attelages il y en ait un en chemin pour revenir, tandis que l’autre décharge au champ, et que le troisième s’y rend; qu’ainsi aucun d’eux ne soit arrêté plus long-tems que cela n’est nécessaire pour atteler les chevaux au chariot qui vient d’être chargé. fl faut donc calculer le tems que l'éloignement du champ rend nécessaire à chaque attelage, pour aller et revenir. Alors on consacre à cet ouvrage un nombre de chargeurs tel qu'ils soient toujours occupés, mails surtout que les attelages ne soient jamais obligés d'attendre le chariot qu’ils doivent conduire. Comme ce travail est plus ou moins pénible et long, suivant Pétat dans lequel le fumier se trouve, on ne peut pas fixer d’une manière générale le nombre de personnes qu'il est néces- saire d'y employer. On compte ordinairement un homme et demi, ou un homme et une femme par attelage; mais si le travail va fort vite, et si le fumier est tres- serré, ce nombre suflra à peine. La plus ou moins grande quantité de fumier qu’on veut consacrer à un champ, peut en général micux être calculée d’après éloignement des petits tas que l’on forme en déchargeant, qu’elle ne peut l'être d’après leur volume. Il m'a paru qu’ordinairement les chariots de 2000 liv. de fumier, ou même un peu plus forts, produisaient environ 9 petits tas, de sorte que chacun de ceux-ci pouvait con- tenir environ 222 liv. de fumier. Suivant la quantite d’engrais qu’on veut donner au térrain, on peut facilement calculer Pétendue sur laquelle un chariot doit s'étendre dans une ligne, et l'éloignement qu'il doit y avoir entre les lignes elles-même. Le meilleur moyen de déterminer la distance des tas, c’est de prendre pour mesure la longueur de lattelage dès les chevaux de devant ou de ceux de derrière, jusqu’à l'arrière train du chariot; mesure qu’on peut doubler aû besoin: quant à la distance qui doit séparer les lignes, il faut la mesurer avec les pas, et il convient que cela soit fait par Pinspecteur des travaux lui- même, Quelquefois on juge convenable de fumer une partie d’un champ plus fortement que Pautre: les hauteurs peuvent supporter un amendement plus riche, tandis qu’une moindre quantité de fumier suffit aux terrains bas, surtout + bd: Part de Vins. A5ES Que ce vant que le plus éloigné » alu quil y I faut avor ) du Lems; de POUr revenr, end; qu'ins re pOur atteler ileuler le tems y POur aller et geurs tel quil L jamais oblvé al est plus ou trouve, on ne qu'il est néces- où un homme fuuoier est très- er à un cliamp, ts tas que lon ve, Îl m'a part à peu plus ris, 61 pouvait CON on veut donner nm chanot doit pire les lignes tas, C'esl de devant on de peut doubler 1 la mesurer travaux lur- | champ plis dement plus bas, surtout arce que les D'AGRICULTURE. sues fertilisans y coulent d'eux-mêmes. ll n’est pas rare que des inspecteurs doues de peu de sens; disposent les choses ils sont que le fumier profite peu sur les hauteurs; et les valets quu icur eparsne - as moins disposés À suivre une méthode quu leu d’une maniere toute oppose, dans opinion ot eux-mêmes ne sont pP de la peine. Dans ces cas là il est d'autant plus nécessaire qu'un isspecteur fssmment restruit; dez travaux, ou tout au moins un valet de basse-cour suis iger la distribution du fumier, soit pour qqn . demeure au champ, soit pour dir aider à décharger, lorsque cela est nécessaire, et pour veiller à ce qu lages observent une bonne distribution de leur tems. Lorsque indépendamment des gens employés à charger, On 2 ouvriers en suffisance, le mieux est de faire épaadre le funmer 2 mesure qu’on le charie, afin que l’inspecteur puisse en méme-tems surveiller ces ions. D'ailleurs le fumier se divise d'autant plus facilement, qe laisser le fumier amsi ncore d'autres deux opera- | s'est moins serré dans les pelits monceaux; ROUVEAU mouf de ne pas sans l’épandre. 6 606. Ïl est très-essentiel de bien diviser et éparpiller le famier. H me fut donc pas épargner les ouvriers à.ce travail, pourvu cependant qu'on avise à ce qu'ils : mme imteihgeut Le ne restent pas dans lPinaction. Il faut aussi employer un ñ qui marche à la suite des ouvriers et divise completement les morceaux de fumier que cetix-Ct pourraient avoir négliges: c’est cet ouvrier qui est respon— sable de la bonne répartition du fumier, ainsi il ne manque pas d’obliger les a te epandu d’une autres à faire leur travail avec soin. Lorsque le fuater a€: manière iiégale, cela a des suites fächeuses pour plusieurs re coltes. 1] faut également veiller à ce que le fumier soit enterré aussi bien que cela est possible, surtout celui qui est pailleux; et mème pour cebuï-ci il convient presque toujours de faire suivre la charrue par des gens mums de fourches et de râteaux, afin de le réparür d’une maniere plus sillon. Il n’y a à la vérité pas un grand mal à ce que, quelquefois, 1} reste du fumier pailleux hors de la raie, surtout lorsqu'on doit donner eucore plusieurs abours; mais 1} faut soigneusement éviter quece fumier ne soit entraine et amasse au-devant de la charrue, de sorte qu’il y en ait des paquets dans use place; tandis qu'une autre en est totalement dépourvue. $ 607. Dans plusieurs contrées on mêle ordinairement le fumer paille 1cvre sortes de substances végétales, ou simplement avee de la terre, et 198 PRINCIPES RAISONNÉS se, décomposer entièrement; au moyen de ce procédé les partiés volatiles et liquides du fumier sont mieux conservées et, si l’addition qui a été faite ‘est composée de gazons, ces parties peuvent se combiner plus intimément avec ] de chaux vive, il s'opère diverses décompositions et diverses combinaisons que, sans cela, on n’eût obtenues que beaucoup plus tard. Il n’est pas sans vraisem- blance que l’eau elle-même ne soit en partie décomposée, et qu’elle ne passe: à l’état solide en entrant dans des combinaisons. Quelquelois on transporte sur la place à fumier les diverses matières dont le compost doit être formé, et 1à on les réunit en tas; d’autres fois on leur destine d’autres places près des bâtimens, ou mieux encore, dans les champs même où le compost doit être employé; cette dernière méthode épargne un double transport des substances qu’on associe au fumier. Il est deux manières de former ces compost. a. On dispose en couches horizontales les diverses matières dont ils sont: composés; ces couches sont placées les unes sur les autres. Au bas du tas on forme d’abord un lit de terre ou de gazon, auquel on donne de tous côtés en étendue, 5 à 6 pieds de plus que le tas ne doit avoir. Alors on y met une couche. d'environ un pied d'épaisseur, de fumier aussi récent que cela est possible. Au- dessus de cette couche on met de rechef un lit de terre ou de gazons; si l’on a d’autres matières qui soient susceptibles de putréfaction, on les place sur ce ht, qu'on recouvre d’une autre couche de fumier, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le tas ait environ six pieds d’élévation en talus; alors on le couvre de nou- veau d’une couche de terre. Souvent on mêle dans ces composts de Ja chaux vive; mais il ne faut pas que cette chaux soit en contact immédiat avec le fumier, parce qu’elle accélérerait trop sa décomposition, et donnerait trop d'intensité à celle-ci; on place donc la chaux entre deux couches de terre, ou entre la terre et d’autres substances d’une putréfaction difficile, commela feuille d'arbres et les choses semblables. Lorsque la partie qui déborde le tas a été imprégnée d’eau de fumier{ purin} on la remue et on l’étend sur le tas. Alors le tas de compost s’échauffe et entre en fermentation; on le laisse dans Cet état jusqu’à ce que cette fermentation soit complétement achevée. Lorsqu’on Jusq q P ne sent plus aucune chaleur dans l’intérieur du tas, on le brasse et l’arrange de manière que ce qui était dessus se trouve dessous, et que ce qui était au-dehors et qui n’est pas encore consommé, soit placé dans l’intérieur, pour y subir sa fermentation. Souvent alors on place sous le tas une couche de nouvelle terre. _ On donne au tas ainsi remué une forme longue et étroite, semblable à a terre, et exercer leur action sur elle; alors, et surtout si l’on ÿ à joint un peu: nt pt mm, sm, Le=] és volatiles a lé faite éMent avec älsONS que, NS vralsem- Île ne Passe: atières dont Fois on leu s les chan épargne un dont 1}s sont: bas du 135 on lous côtes en Lune couche possible, Au- azons; si l'on sur ce le, jusqu ce uvre de nou- s de La choux vec Je fumer, op d'intensité , ou entre L ville d'arbres Lé imprégnée a Juisse dans , Lorsqu'on et l'arrangé jt au-debors r ÿ subir sa elle terre: awblbl à DAGRICULTURE 199 celle d’un toit, afin qu'il soit plus exposé au contact de Pair; on croit qu celui-ci fait augmenter le fumier en qualité eten poids, et en effet au moyen de cette disposition, il se forme ici une grande quantité de nitre; añssrles personnes qui donnent beaucoup d'attention à: ces composts; les remuent-ils fréquemment; afña d'exposer à Pair une couche toujours nouvelle. D. D'autres agriculteurs font amener les diverses matières qu'ils destinent au. compost(surtout lorsqu'ils en: ont une‘grande variété) tout autour de la place où le tas doit être formé, etes y déposent séparées les unes des autres. fls éten- dent alors au milieu, la couche de terre sur laquelle le tas doit être fait, et mettent aupres des divers monceaux qui sont à Pentour, des ouvriers avec des pelles, lesquels, tous ensemble, jettent au grand tas les substances de leurs mon- ceaux; ces substances se trouvent ainsi parfaitementmélées ensemble. On associe de cette manière de la marne, du terreau, de la tourbe brisée et pulvétisée, de Ja mousse, des feuilles d'arbres et de celles de pins en: particulier, de la sciure, des dépouilles de végétaux et d'animaux, etc.; le plus souvent on y joint encore de la chaux, des cendres, de la suie, et parmi toutes ces-substances on mêle du fumier récent, ou bien on arrose ce mélange avec des urines et de Peau de fumier. On y met une plus on moins grande quautité de chaux, suivant que les substances dont le compost est formé sont d’une putréfaction plus ow moins difficile; on en met davantage lorsqu'il y a des matières dans lesquelles: Pacide domine, et qui parconséquent n’ont pas de Ja disposition à: se décom- poser. Plus il y a de substances animales, plus on peut épargner la chaux. One: doit également laisser reposer ces tas jusqu’à ce que leur fermentation soit terminée, alors il convient de les remuer plusieurs fois. Les personnes qui désapprouvent qu’on emploie des fumiers d’étable dans ces composts; envisagent ce mélange comme une augmentation inutile de travail. Ce fumier, disent-ils, serait suffisamment mêlé er incorporé à la terre par les labours, et cela aurait lieu d’une manière tout à la fois plus facile et plus con- venable que parle moyen de ces composts. Outre cela ils allèguent que la fer- mentation putride du fumier dans la terre esttrès-avantageuse au sol, etils ont en effet raison, s'ils parlent des terrains argileux et froids. Mis ce qui plaide d’une manière encore plus forte contre Pemploi universel de ces composts, er qui le rend difficile, c’est que, par ce moyen, le fumier d’étable ne peut être mis en usage, et n’asquiert son activité qu’une année plus tard, ce qui est d’une irèsssrande importance dans une exploitauon qui n’a’pas encvre des fumiers en surabondance. fndépendamment des produits: effecufs en denrées qu’on retire du fumier employé immédiatement;: on peur 200 PRINCIPES KAISONNÉS également en avoir obtenu de nouveaux engrais, avaut l’époque où le compost serait prêt à être épandu sur le sol. On ne doit donc penser à établir des composts, que lorsqu'on possede des engrais en surabondance. Mais si l’on est effectivement dans ce cas, on trouve beaucoup d'avantage à faire les avances qu'ils exigent, surtout si l’on a une grande quantité de ces substances qui ne sont pas d’une décompo- sition facile. Par là, on peut se procurer et tenir en réserve une sorte de trésor, et s'assurer un riche produit des semailles mêmes les plus misérables, en les fortifiant au moyen de cette espèce d'engrais. Des expériences sans nombre ont confirmé que le meilleur moyen d'employer le compost, consiste à épandre cette espèce d’engrais sur le sol, sans l’enterrer. On charrie le compost après le labour de semaille, et on le fait épandre dès le. chariot par des hommes qui le jettent au loin avec des pelles; d’abord aprés on sème, et l’on enterre avec la herse ou en donnant un labour très-superfciel. Si l’on veut on peut employer le compost de la même manière pour fumer par dessus les semailles; on l’épand sur les céréales d'automne, quelquefois au prin- tes seulement, lorsque leur végétation a recommencé. Cette manière de fumer produit là des effets étonnans, lors même qu’on n’y emploie réellement qu'une petite quantité de compost; c’est ce que prou- vent, tant le témoignage des personnes qui l’ont ellesmêmes essayée, que la faveur dont elle jouit dans des contrées entières. Dans un district conside- rable de l'Angleterre, dans le comte d'Hereford, elle a été introduite dès les sems les plus reculés; lon n’y emploie aucun fumier que sous celte forme (les Anglais désignent cette manière de fumer par expression topdressing). Sans que la culture soit d’ailleurs très-distinguée dans cette province, les récoltes y sont remarquablement belles, et les cultivateurs de ce pays-là assurent qu’elles ne manquent jamais. Ces cultivateurs attribuent une influence magique au compost épandu sur les céréales pendant leur végétation; selon eux, lors que le froment a été en grande parte détruit par Phiver, ou que lorge endommagée par la gelée, la sécheresse ou l'humidité, est maladive et végète à peine, le compost y produit des effets surprenans aussitôt qu'il a été épandu; ils assurent qu’on voit les plantes reverdir et renaître. Ce grand effet du compost est confirmé d’une manière non équivoque par tous les auteurs anglais. On trouve done autant d’avantages réels que de sécurité, à se procurer une provision d’engrais actifs de cette nature, sas cependant se priver de ce qui est nécessaire à l’année actuelle,| Dans À l'on possede CE Cas, on rLOut st l'on 1e décopo. rte de résor, ables, en le en d'employer ans enterrer épandre dès le bord après on res-superfcel pour fumer par quefois au prin- $ même qu'on | Ce(le prou- essaye, que la strict conside- jroduite des les is celte forme | topdressing) provuce, les pays-là assurent uence Magique elon eus, lors u que l'orge dive et végele i ete épandu; t du compost glais. procurer F. er de ce qui Dans D'AGRICULTURE 201 Dans divers écrits on trouve sur la composition de ces mélanges une quantité innombrable de recettes, dans lesquelles la quantité de chaque substance est prescrite en poids el mesure, comme dans les ordonnances de médecine. Mais ce sont là de pures pédanteries; sur ce point tout vient se réduire à ce précepte:© Prenez tout ce dont vous pouvez disposer en substances végétales, » animales et minérales; ces dernières cependant autant qu’elles seront propres » à cet usage; mêlez-les ensemble, joïignez-y un peu de chaux vive, et de la » terre autant qu'il en faut pour absorber les gaz qui se développent de ces » diverses substances; faites entrer le tout en fermentation, et brassez-le ensuite » plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il se soit transformé en une matière homogène.» $ 6o8. Lorsqu'on manque de paille, on se sert de plusieurs autres substances végé- tales, tant pour absorber et contenir les excrémens du bétail et donner à celui- ci une couche sèche, que pour augmenter la quantité des engrais; parce que les végétaux consacrés à cet usage sont plus promptement mis en putréfaction et transformés en terreau, lorsqu'ils sont unis à des excrémens animaux, que lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes. La convenance de l'emploi et le choix de ces espèces de litière dépend, donc tant des qualités qui les rendent propres à remplir ces vues et à fournir au betail une couche saine, que du plus ou moins de disposition qu’elles ont à se décomposer prompiement. La plus usuelle d’entre ces matières est la feuille des arbres, et dans Île nombre de ses espèces, surtout celle des arbres compris dans la fanulle des pins. Les forêts des contrées qui manquent de paille surtout, sont peuplées d’arbres de ce genre; on y trouve cette feuille en abondance et entremélce de mousses. Lorsque cette espèce de feuille est mêlée avec des excrémens d'animaux, elle se décompose beaucoup plus facilement que lorsqu'elle est seule; cependant elle retarde la fermentation du fumier, qui doit alors demeurer en{tas plus long-tems que si les excrémens du bétail fussent mélangés avec de la paille seulement. Au reste lorsque la décomposition a eu lieu, ce fumier, loin de le céder en rien à celui qui a été fait avec de la paille, semble plutôt avoir sur lui des avantages; parce que les feuilles de pin con- tiennent beaucoup plus de sucs nutritifs que la paille. La feuille de chéne est d’une décomposition difficile, et contient une subs- tance astringente qui n’est pas favorable à la végétation, aussi long-tems que la décomposition complète de cette feuille n’a pas eu lieu. Aussi faut-il que le fumier qui en est composé en partie demeure très-long-tems en tas, si l’on veut T, IL, 26 202 PRINCIPES RAISONNÉS en tirer de véritables avantages. Si on le met en terré avant qu'il soit con- sommé, ces feuilles demeurent un tems infini avant de se putréfier, et elles peuvent alors être plutôt nuisibles qu'avantageuses, surtout dans Îles terrains Fégers.| Ea feuille des Aétres, noyers, chätaigniers, lorsqu’elle est encore verte; paraît, il est vrai, encore plus nuisible à la végétation que celle des chênes, puisqu'il ne pousse que peu d’herbe sous ces arbres; mais, dans le fumier, elle perd bientôt ces qualités nuisibles, et se décompose beaucoup plus promptement; de sorte que divers cultivateurs et moi-même, nous avons éprouve de beaucoup meilleurs effets des fumiers faits avec ces espèces de feuilles, que de ceux faits avec de la feuille de chéne. La feuille des arbres tels que laure, le sawle, le peuplier, parait éga— lement avoir de la facilité à se décomposer, mais elle a peu de consistance, et n’4ugmeute pas considérablement le volume des excrémens qu’elle recueille. El est diverses contrées et diverses exploitations rurales, dans fesquelles on compte essentiellement sur ces feuilles pour la litière, parce qu'on y emploie la totalité des pailles à la nourriture du bétail pendant l'hiver, et qu'avec la disposi- tion actuelle de leur économie, il serait réellement impossible que ces exploita- tions pussent se passer de ce secours. Mais il est reconnu que c’est toujours au de- triment des forêts qu’on emploie ce ne et que le désavantage qui en résulte pour celles-ci, dépasse les profits qu’en retire cette triste agriculture. L’obligauon de fournir à cet usage est devenu une servitude très-onéreuse pour le pro- priétaire des forêts, et son abolition a trouve de grandes difficultés dans le système de culiure établi. A la vérité lorsque c est le propriétaire de Ha forêt lui-même qui en fait usage, et qu'il a du discernement et de la modération, il peut quelquefois en tirer des avantages réels; mais ceux qui jouissent de ce droit sur la possession d'autrui, n’usent ordinairement pas de semblables ménagemens. Ç 6og, Dans les pavs aui produisent de la bruyère, c’est de cette plante qu’on fait paÿs{M P; P q le plus souvent usage pour liuère, lorsqu'on a épuisé les substances dont nous venons de parler. Quelquefois on fauche la bruyère, d’autres fois on écroûte Île sol oirelle végéte, avec une houe adaptée à cette opération, et l’on transporte ainsi. tant la plante elle-même que cette petite partie du sol qui a été enlevée par la boue. Quoique la bruyère ne se putréfie que difficilement dans le cours d’une année, cependant, les excrémens d'animaux auxquels elle est mêlée la: rendent si molle, et la dépouillent tellement de la substance astringente qu’elle 1. IL SOI con. Tr, e elles les terrains core verte, des chênes, lumier, els OMptement; de beaucoup de ceux fat ; paralt eme COnsIstance, elle recueille, lesquelles on | y emplote la ec la dispost- ces exploita- ujours au de- ui en résulle L'obligation pour le pro- lies dans le de ka forèt dération, il de ce droit cnagemens, e qu'on fait ; dont nous le | transporté ge enlevée ns Je cours st mélée la ente qu'elle D'AGRICULTURE. 203 contient, que, lorsqu'on la transporte sur lesterres, elle ne tarde pas à être com- plétement décomposée et divisée. Dans une partie de la principauté de Lunebourg, de l’évêche de Brême, et de la Poméranie, beaucoup de gens envisagent cette chose tellement indispensable à l’économie rurale, qu'ils bruyère comme une auon dont 15 reconnaissent ne résistent à mettre les landes en culture, opèr cependant la possibilité, que parce qu'ils ne croient pas pouvoir se passer de la bruyère pour faire des engrais, et en effet cela demeurera vrai aussi long- tems qu'ils ne changeront pas la disposition de leur économie rurale. Au moyen d’un droit de recueillir de la bruyère sur Île terrain d'autrui, plusieurs culu- vateurs qui faisaient un usage rigoureux de ce droit, ont pu maintenir dans un état de fécondité frappant, des champs qui étaient d’ailleurs de mauvaise qualite. Mais comme la bruyère ne croit que lentement, surtout lorsqu’avec elle on a enlevé là superficie du sol, il faut peut-être 100 journaux de bruyère, pour maintenir un seul journal de terre arable dans un état de prospérité; ainsi donc cette opérauon ne peut être continuce que dans de peuts domaines entourées de vastes étendues de terrains incultes. Si l’on doit aller recueillir la bruyère à de grandes distances, cela demande beaucoup de tems, de sorte que les ouvriers et les atielages y sont employés une grande parue de l’année. Souvent il est réellement plus difficile de se procurer la quantité de bruyère qui doit fournir à Pamendement d’un journal de terrain, que de couvrir une même étendue avec de la marne ou du terreau. Cependant personne n’estlarrêté parles frais qu’occasionne ce premier travail, tandis qu'il est effrayé par la perspective du dernier; tant l'habitude a de puissance et de force. On ne se borne pas à étendre de la bruyère sous le bétail, on mêle encore avec le fumier les gazons enlevés avec la houe en écroutant le sol, et Pon fait du tout, dans les champs, des tas qu'on laisse subsister jusqu’à ce que la décomposition de ces matières soit accomplie. Lorsque‘ce fumier: ainsi mêlé d’une petite quantité d’excrémens animaux, est bien consommé, et qu’on Vétend sur les champs en quantité suffisante, il produit souvent de tres-belles récoltes de seigle et surtout de blé noir. Comme il n’y pousse que très-peu de mauvaises herbes, le terrain n’a pas besoin de jachère et il rapporte consé- cutivement 6 ou 7 récoltes, qui du reste vont successivement en déclinant. Les personnes qui ne savent pas à combien dé difficultés cette acquisition d'engrais est liée, sont disposées à envisager celte opération comme 1rès-recom- mandable, et ces térrains à bruyère comme d’une grande utilité. Le célèbre De Luc entr’auires, dans son voyage à travers ces contrées; trouva dans’ cette circonstance des moufs pour se prononcer contre le partagé des communes. Du 204 PRINCIPES RAISONNÉS reste, il est sans contredit des cas où, sans faire un mauvais calcul, le culti- vateur peut avoir recours à ce moyen, et où il peut avec avantage employer de la bruyère pour la litière des bestiaux. Cela peut avoir lieu surtout dans Îles bergeries, où, par l’action des excrémens de moutons, cette plante est plus facilement décomposée. 6 610. Plusieurs autres substances végétales telles que les roseaux, les joncs, Îles plantes aquatiques, le petit genet, la mousse, la fougère, etc. peuvent, à défaut d’autres ,: être‘émployées avec avantage comme hticre, Quelques-unes; surtout la fougère, ainsi que toutes les autres plantes qui donnent beaucoup de potasse dans l’incinération, produisent un terreau très-fertilisant. Elles se décomposent d’autant plus facilement qu’elles ont micux conservé leurs sucs lorsqu'on les met sous le fumier; mais alors elles ne procurent pas au bétail une couche aussi saine. Lorsque ces plantes ont été séchées, elles ne se décom- posent plus que difficilement; alors on est réduit à laisser long-tems en tas Île fumier dont elles font partie. C’est seulement lorsque les roseaux sont demeurés Jong-tems sur les toits, qu'ils sont amollis par l'air et se décomposent facilement; il paraît qu’alors ils donnent un fumier particulièrement bon. On ne doit employer qu'avec une extrême circonspection les balayures de grange dans les fumiers, lorsqu’on cherche à débarrasser les champs de mauvaises herbes. Les sementes qui se trouvent dans ces balayures ne sont pas toutes détruites, même par la fermentation putride; le mieux est d'employer ces balayures pour les engrais qu’on destine aux prairies. 6 Ga. Souvent dans des bas fonds humides, on trouve une substance semblable 4 la mousse, remplie de toutes sortes de plantes aquatiques, et qu’on peut fort bien employer en place de tourbe. Lorsque cette substance est desséchée, on s’en sért avec un grand avantage pour la litière, parce qu’elle se décompose promptement dans le fumier, qu’elle absorbe fortement l'humidité, et produit une excellente espèce d’engrais. Au reste on ne doit employer ce moyen que lorsqu'on manque d’autre litière, çar sans cela, on peut, avec moins de travail, transporter cette substance directement sur Îles champs où, après avoir été mêlée avec le fumier de paille, elle se putréfie promptement et suffisamment. Quelquefois, et surtout dans les be,geries, on se sert aussi de la véritable tourbe, lorsqu’elle est légère. Nous reviendrons dans la suite sur les propriétés de cette substance comme engrais en général, ? enle don! dout elle« Mus qu'a die aprés amer debat wi eus Ans rejel coqu qui alcul, le culu. nage employer Surtout dans le plante est plu » les joncs, 14 elc, peuvent,} Quelques-uns, ent beaucoup d lisant, Elles je serve leurs sues ot pas au bei Les ne se déconr g-tems en tas le A sont demeures sent helement; es balayares de ps de mauvaises ONL pas toutes l'employer ces 1e semblable à son peut fort desséchee, on se décompose é, el produi e moyen que ns de travail rés avoir de isamment. Ja véritable 25 proprité D'AGRICULTURE. 209 Plusieurs auteurs ont conseillé de se servir de terre pour litière. Des gazons enlevés à des places où ils sont inutiles, peuvent être convertis en terreau, et donner une excellente espèce d'engrais, et cette substance peut, sans aucun doute, être considérablement améliorée par son passage dans les étables, où elle absorbe les urines et l'humidité surabondante des excrémens en général. Mais la terre pure ne peut pas devenir un véritable engrais, elle ne peut qu’absorber le fumier et une partie des urines. Outre qu'il serait extrêmement difficile de tenir les bestiaux au sec par ce moyen, cette méthode entrainerait après elle des transports et un travail extrêmement longs et pénibles, tant pour amener la terre près des écuries et l’ÿ introduire sous Île bétail, que pour Îla débarrasser et la charrier ensuite sur les champs. Je ne me souviens pas d’avoir vu mettre ce procédé en pratique, et je n’ai pas connaissance qu'il ait existé nulle part, excepté sur les côtes des comtés de Norfolk et de Suffolk en Angleterre, où l’on charrie, pour s’en servir de litière lorsqu'il est sec, le sable rejeté par la mer, lequel est composé en plus grande partie de débris de coquillages, et de chaux. Au reste cela n’a lieu que dans les villes; le fumier qui est mêlé de cette espèce de sable doit être très-acuif. C’est tout autre chose lorsqu'on transporte de la terre, surtout de la marneuse, dans les cours ou dans les places à fumier, et qu’on la met en tas pour larroser avec du purin. On fait au milieu du tas un enfoncement en forme de bassia dans lequel on verse le liquide;. et pour accélérer lintroducuon du purin dans le monçeau de terre, on pratique, à laide d’une barre de fer, des trous qui s'étendent dès le bassin aux diverses parties du tas. Lorsque la terre est sufñ- samment imprégnée de sucs, on la transporte alors sur les champs; quelque- fois on entoure le tas de fumiér d’un mur de cette terre, en guise de clôture, et l’on fait alors sur ce mur un petit canal, où se versent les eaux surabondantes du tas. Lorsque ce mur de terre a demeuré dans cet état pendant quelques années, et que sans doute il a absorbé beaucoup d’émanations des cours où le bétail est renfermé, on charrie cette. terre sur les champs, et elle y produit un grand effet. Mais avant d'entreprendre cette opération, toute utile qu’elle soit en elle-même, il faut bien calculer les frais que’ doit occa- sioriner, tant le transport de la terre dans les cours et de là au champ, que le travail de l’arrosement. | ÿ Gz2. Quelqu’ordinaire et avantageux que soit l’usage de se servir de paille et d’autres substances pour recueillir les excrémens des animaux et pour faire la huère du bétail, il n’est cependant point universel. Assez souvent on tient le [AN- r- À 200 PRINCIPES RAISONNES bétail. dans les écuries sans litière| non-seulement en hiver, mais aussi en été, et surtout dans les contrées et dans les exploitations où le bétail de rente forme 4,. …:,:.. e,, 3 l’objet principal de Péconomie. La disposition des étables adaptées à cet usage ._Vane beaucoup; le plus souvent-les bêtes reposent sur un plancher qui inchiue un peu en arrière. Au bord de ceplancher; et derrière les bêtes, passe un canal. en maçonnerie où en platéaux, dans lequel les excrémens du betail sont jetés au moyen d’un balais, à mesure qu'ils sortent du corps de Panimal. Souventil y a dans les ctables, des pompes où des cours d’eau dont on fait usage pour déblayer d’abord ces excrémens. Afin que les bestiaux ne se salissent point, on a soin de tenir leur queué suspendue: cela se fait au moyen d’une ficelle, qui passant sur une poule attachée au plafond, a, à son autre extrémité, un poids proportionneé à la pesanteur de la queue, et qui, ainsi, sans la tirer d’une manière trop forte, empêche cependant qu’elle ne tombe sur le plancher. Ou bien, afin que le bétail soit.au sec}, on le‘ loge sur des plateaux: percés de trous, et qui reposent sur des réservons mures. Les wrines-et-la parte liquide des engrais se rassem- blent dans ces réservoirs, et:de! là| coulerità travers: des canaux, dans les grandes fosses destinées aux engrais liquides. On jette alors la partie des excrémens quia le plus de consistance derrière les animaux, contre la parroi, et l’on a soin, de nettoyer chaque fois complétement la place où ces éxcrémens étaient tombés, de sorte que le plancher en'est aussi propre que celui d’une chambre. Cette: méthode contribue non-seulement‘au bien étredu bétail, que d’ailleurs on a soin d’étriller et de brosser y mais encore à la propreté du laitage, Dans d’autres exploitations on a eu recours à une disposition plus simple, mais! moins favorable au bétail. Là les places destinées aux bestiaux sont si Courtes, que ceux-ci doivent retirer leurs jambes de derrière d'une: manière presque contraire à la nature, pour pouvoir être tournés directement! contre la crèche. Derrière eux est un enfoncement d’un pied et démi ou deux pieds; c’est dans cet enfoncement que tombent les gros escrémens du bétail; et l'urine des animaux femelles, pourvu cependant qué les bêtes ne soient’ pas placées en biais, Il faut alors que les bestiaux' Soient extrémement'serrés‘afin qu’ils soient obligés de se tenir en face de la crèche, tant lorsqu'ils sont debout, que lors: qu'ils sont couchés; ce qu'ils ne feront sûrement pas; s'ils Ont assez de place pour pouvoir se tirer de côté. Il faut aussi que le bétail soit habitué à cette methode, sans cela il glisse des jambes de derrière, tombe dans l’enfoncement, et s’oflense les os des cuisses ét les genoux.| Quelle que soit la différente qui existe entre ces diverses méthodes, ce n’est point la seule qu'il y ait dans la manipulation des fumiers, Ou lon transporte hors des© fait des LS que Je fun ces tas avet Ou bien an poupe| canal; au 0 passer el rep gros excren pompe enC0 canal, et 0! dans les pur De cette n rement spa guires SUIVA Il est nec eonstruits de pour pouvoir une erment: SOL accomp tems en ter ce veritable mesure que et on les fa Les éloges procure sont de la paille faisant la hi et plus fécos On. a des en, Que le fumie que, par te inple, de t &ontradieho que lorsqu realite, Ce Procurer y 1S AUSSI en de +) de rente forme 4 ji\ lées à cet Ua cher Qui 1ocline $ Passe up canal bétail sont jetés al, Souvent ya ge pour déblayer XL, On à soin de à; QUI passant sur ds proportionné intere trop forte, len, afin que le et qui reposent grals se rassem= naux, dans Jes s la parte des ontre la parrol, ù Ces éxCrèmens que celui d'une » du bétail, que ete du lattage, on plus simple; bestiaux sont st d'une manière element contre ou deux pied gui, et Pure pas plices en qu'ils on out, Que 4 yssez dé plié jbitué à cette eafoncemil, } des! cen est A transporie D'AGRICULTURE. 207 Hors des étables les gros excrémens et, en les mêlant avec de la paille, on en fait des tas réguliers, de manière que le fumier pur soit placé en dedans, et que le fumier mêlé de paille se trouve en dehors; quelquefois alors on arrose ces tas avec du purin. Ou bien on fait de tems en tems au bétail une légère litière avec de Ja paille; en pompe un peu d’eau et on Pajoute aux excrémens qui sont déjà dans Île canal; au moyen d’une fourche, on jette la paille dans ce canal où on la fait passer et repasser, afin d’enlever, par son moÿen, le plus que l’on peut de ces gros excrémens, et On la transporte ensuite dans un tas hors de l’écurie, On pompe encore de Peau, on la mêle aux matières qui sont demeurées däns Île. canal, et on fait posser le tout dans les canaux ouverts, qui le conduisent dans les purinières. De cette manière les gros excrémens mêlés de paille sont conservés entie- rément séparés des engrais liquides(du purin), et lon se sert desuns et des autres suivant que Fes circonstances Pindiquent. Il est nécessaire d’avoir plusieurs pwrénières, et il faut que les canaux soient construits de manière à pouvoir remplir tantôt lune, tantôt l'autre. En effet, pour pouvoir être employé avee plus d'avantage, il faut que le purin ait subx une fermentation où une sorte de putréfaction; jusqu’à ce que cette putréfaction: soit accomplie, on le prive du contact de Pair frais, et on ne le brasse que de tems en tems une fois. On assure qu'il est tres-essentiel d’atteindre ce degre, ee véritable point de fermentation. Les purinières sont vidées sutcessivement à: mesure que le liquide y a subi le degré de fermentation qui lui est nécessaire; et on les fait alors remplir de nouveau. Les éloges qu’on fait de cette méthode er de la bonté des engrais qu’elle procure sont très-grands, mais 1ls semblent exagérés. On prétend qu'à Paide de la paille on acquiert la même quantité de fumier que Pon obtiendrait en faisant la litière à la: manière ordinaire| et que ce fumier est rendu plus actif et plus fécond, par les soins qu’on lui donne en le rassemblant; qu’outre cela en a des engrais liquides qui, par Peffet qu'ils produisent, valent tout autant que le fumier concrêt; quelques-uns prétendent même Île double; de sorte que, par ce moyen, on obtient une quantité d'engrais double, st ce n’est triple, de celle que procure la méthode ordinaire. A semble y avoir là une contradiction manifeste, aussi ne pourrai-je être convaincu de ces assertions;. que lorsque des expériences comparatives probantes, en auront démontré là réalité, Cependant je ne conteste pas que, par ce moyen, on ne puisse s£ procurer une plus grande«quantité de sucs nutritifs, que par la meéihode ordi- 6 208 PRINCIPES RAISONNÉS paire, parce que ces procédés peuvent procurer des décompositions plus com- plètes et de nouvelles combinaisons des substances élémentaires. Peut- être doit-on supposer que, durant la fermentation et la putréfaction du purin, et durant celles du fumier en général, l’eau se décompose et qu'il se déve- loppe des substances dont nous ne connaissons pas encore assez la nature. Des expériences en grand ont prouvé d’une manière incontestable que les engrais liquides produisent un eflet très-considérable, surtout dans Îles terrains sablonneux, auxquels ils rendent une partie de la consistance qu’ils ont perdue par des labeurs réitérés, et par l'amendement avec du fumier pailleux. On jette également dans les purinières toutes sortes de substances végétales et animales, surtout de l’urine humaine. | Quoique je ne conteste pas à cette méghode les avantages qui lui sont propres, je pense cependant qu'avant de l’adopter, il faut bien s’assurer qu’ils balancent ge, et que pour cet effet il faut la mettre en 5 parallèle avec notre méthode ordinaire, dans laquelle toutes choses doivent Ja peine et les soins qu’elle exi également être disposées de manière que rien ne se perde. Chez nous, dès que le fumier contient plus d'humidité qu’il n’en peut retenir, le purin qui en dé- coule est également recueilli et employé. Mais si, comme cela arrive assez souvent lorsque la disposition des places à fumier n’a pas été soignée, on laisse couler ce purin sans le recueillir, alors, sans doute, on perd une parue essen- tielle des engrais, surtout lorsque le béxail est nourri au vert, où en general avec des substances qui ont conservé leur suc. Au reste, des purinières sont dans tous les cas nécessaires pour cette parue liquide des engrais qui, après avoir pénétré au travers des 1as, s’en écoule parce qu’elle y est en surabondance. $ 615. Les soins qu'exigent Îles engrais liquides et leur transport, ne sont d’ailleurs point aussi longs et aussi onéreux que beaucoup de gens l’imaginent. Au moyen d’une pompe, on puise facilement le liquide contenu dans des purinières murées et garnies de ciment, et on le fait entrer dans de grands tonneaux ou des caisses construites pour cet usage. Ces tonneaux ou ces caisses sont places sur des chariots pour être transportés dans les possessions; on pratique dans leur partie postérieure un trou où ouverture, et devant ce trou l’on adapte une planche ou une caisse*, sur, ou dans laquelle le purin tombe, et qui le réparut &. v—:. * L'auteur a omis de dire ici que, si c’estune planche, elle doit avoir des rainures disposées en forme d’éventail, et que si c’est une caisse, son fond doit être percés de trous qui laissent tomber je purin d’une-manière égale sur toute la largeur qu’on se propose“de fumer en un seul iraitide chariot. Trad. d'une d'une veul plus dr deme yaleul pour l trop d celle t liquid ils do J'humi engral tenatt Le Y'hun Dans L où mol celt Corp tance terra ( quel Qn| espa de f sn on| pit reti on nc D Sitons Plus eo. aires, Peut- br euon du Purin, et Qu'il se déve. : assez la nature nCOntestable que SUrLOUL dans Je COnsistance qu'ils lu fumer paileux, Dstances végétales lui sont propres, er quil balancent faut la mettre en Les choses doivent lez nous, dès que qui en dé- cela arrive assez soignée, on laisse une parle essen- rt, où en générl S purinières SOI Dgrals qui; apré en surabondance. ne sont d'ailleurs inent. Au moyet puripières murées tonneaux ou dés ; sont placés sut atique daos leur Von adapte une { qui le réparil nures disposées€ qui laissent 1ombes qu un seul Wat de due D'AGRICULTURE. 209 d'une manière égale sur le sol, à mesure que le chariot avance. Suivant qu’on veut fumer plus ou moins fortement, on fait avancer le chariot moins vite ou plus rapidement. On consacre les engrais liquides surtout aux récoltes qui supportent des amen- demeus riches et d’une action prompte, par exemple au colza. Quelques culti- vateurs les réservent pour les trèfles et pour d’autres prairies aruficiclles, ou pour les prés naturels. Quant aux céréales, elles pourraient facilement devenir trop drues, si l’on amendait le terrain qui leur est destiné avec des engrais de cette nature; à moins que le puria ne fut très-faible et mêlé d’eau. Les engrais liquides ne sout nulle part plus avantageux que sur les terrains sablonneux; ils donnent de la consistance aux sols de ce genre et les disposent à retenir l'humidité. Dans les terrains de force moyenne, on aime à alterner entre les engrais de cette espèce et le fumier proprement dit; mais dans les terrains tenaces et argileux, les engrais liquides ne peuvent jamais remplacer le fumicr. Le purin ne peut être employé avec, plus d'avantage que pour redonner l'humidité nécessaire aux fumiers, lorsque la sécheresse en arrête la fermentation. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à arroser le tas avec ce liquide. $ 614. Enfin dans la classe des engrais animaux, nous devons encore ranger le parc ou parcage. Les bestiaux sont enfermés pendant la nuit dans une enceinte mobile, étroite et fermée par des lattes, des claies ou des branchages, et de cette manière leurs excrémens et même les vapeurs qui émanent de leurs corps, sont concentrés dans l’espace qu’on leur assigne: afin que tes subs- tances s’incorporent d'autant mieux avec le sol, on a coutume de labourer le terrain peu de tems ayant d'y mettre Îe parc. Ordinairement le parcage n’a lieu qu'avec les bètes à laine. Cependant on opère quelque chose de semblable avec les autres espèces de bétail. Pour cet effet, on renferme Îles bêtes à corne qui sont à l’engrais, pendant la nuit, dans des espaces solidement clos, et voisins des pâturages les plus abondans ou des soles de fourrage qu’on destine à ces bêtes; on épand dans ces parcs de la paille qui se mêle avec les excrémens du bétail et sert à les recueillir. De cette manière on tire un grand parti du fumier, tandis qu’autrement il était plutôt nuisible au pâturage. On‘est allé jusqu’à établir des parcs aux oies, et à prétendre en avoir retire beaucoup d'avantage. Toutes ces choses ne font que des exemples rares; on ne parque ordinairement que les bêtes à laine. D'ailleurs les opinions sont encore très-partagées sur les avantages et les inconvéniens de ces parcs. 1; 27 » PR SES= 210 PRINCIPES RAISONNÉS Il est bien décidé aujourd’hui que cette réclusion étroite des bêtes à laine, n’est pas sans inconvénient pour leur santé et pour la quantité de leur laine. Les races les plus vigoureuses seules peuvent la supporter; en Angleterre il en est plusieurs à laine longue et fine, auxquelles elle devient en peu de tems mortelle, quoique les mêmes bêtes daissées en liberté supportent tres-bien lesistence en plain air, tant en été qu’en hiver; et en elfet, la différence est grande pour des animaux, de pouvoir se donner du mouvement, lorsqu'ils doivent supporter en plein air Vimpression d’une température fâächeuse, ou de devoir lPendurer étant ainsi renfermés. Quoique les bêtes à laine de notre pays et même celles de la race noble espagnole, puissent, supporter le parc sans y perdre la vie; on doit cependant convenir qu’elles se trouvent mieux de pouvoir courir la puit en liberté, ou d’être abritées sous des toits: ordinairement le parc est très-nuisible aux agneaux.| Au reste, indépendamment de la sante des bêtes, loin de perdre sur la quantité des engrais, on gagne plutôt à renfermer pendant la nuit Îles moutons: dans la bergerie; là, leurs excrémens sont mélés avec la litière et produisent un fumier qui, sil m'est aussi actif que le parc, a du moins une action plus durable. En revanche, le parc a lavantage très-réel d’épargner le travail et Je charroi des engrais, et Cet avantage esl d'autant plus grand, que Îles champs sont plus éloignés, et les chemins qui ÿ conduisent plus difficiles. C’est ce qui fait qu’on a recours à ce moyen, surlout dans les contrées montueuses. On est aussi réduit à l'employer lorsqu'on manque de paille et d’autres substances propres à servir de litière. Ainsi done pour ceci, comme pour le plus grand nombre de cas, c’est la localité qui décide la préférence qu’on doit donner à l’une ou à l'autre méthode. Les Anglais font encore une autre objection contre lusage de parquer. Ils affirment, et ils présentent à appui de leur assertion des expériences mcontes- tables; ils affirment, dis-je, qu'un pâturage de moutons se détériore lorsqu’on le prive des excrémens que le bétail y laisse tomber pendant la nuit, et qu’au con- traire il s'améliore visiblement, si on lui faisse cette espèce d'engrais; que dans le premier cas, à nourrit chaque année moins de bêtes, et dans le second, aw contraire, un nombre toujours plus grand, er se boniñant ainsi progressi- vement; qu’enfin la différence de fécondité d’un champ qui a été employé au pacage des moutons, est extrémement frappante, lorsque, durant les années de pâturage, on l’a laissé jouir du fumier produit par les bêtes durant les nuits, au lieu de le lui enlever, On dispos serrer de rep à une au let prés de chez€ parcag berté ou par Pou Le à laine l'enclos parle faten carré a êle Le pieds ficher porto: atent( pour ingl exige que Je ALU fre L: Ge lequ mén la qu j bêtes à laine Le de Jeur laine, Angleterre e en peu de tem Porlent très-bien a différence ext ment; lonqu' rature Rcheue, bêtes à Line de ent, supporter le elles se trouvent ces sous des Lois: de perdre sur la à put Îes moutons € et produisent un une action plus avail et Je charrot champs sont plus ce qui fait quon es. On est au ibstances propres us grand aombre aner à l'une ou à | de parquer Ïs riences mcontes- iore Lorsqu'on le je, et qu'au CON mais; que dans le , Je second, 4 ainsi progress ete emplofé ai aules annees de gant Les nuits; a été assignée. D'AGRICULTURE. 211 On a répondu à cette objection que si même les bêtes à laine avaient à leur disposition une grande étendue de pâturage, elles ne laisseraient pas de se serrer les unes près des autres pendant la nuit, que par conséquent au lieu de répartir leurs excrémews d’une manière égale, elles les déposeraient tous à une même place, où, par leur accumulation, ils nuiraient au pâturage, au lieu de l’améliorer; et que même toutes les nuits elles se réuniraient à pcu L À wi e e: RL e e? e A près dans le même lieu. Muis je n'ai jamais trouve cette abservation même chez ceux des auteurs anglais, qui montrent le plus de propension pour le parcage des moutons. Îl me semble que les bêtes à laine qui sont Jaissees en liberté dans des pâturages entourés de haies, sans être réunies par des bergers ou par des chiens, ne prennent pas cette habitude. 6 615. Pour le parcage des bêtes à laine il faut observer ce qui suit: Le parc ne doit jamais être plus étendu que cela n’est nécessaire: les bêtes à laine ont de la propension à se tenir serrées les unes contre les autres; si donc Venclos dans lequel elles sont renfermées a de trop grandes dimensions, une partie du terrain se trouve bien amendée, tandis que l’autre ne Pest qu'impar- faitement; on ne doit donc donner à chaque bête que dix a douze pieds carrés, afin que pendant la durée du parc, elle puisse fumer la place qui lui Les claies dont le parc est composé, ne doivent guère avoir que dix à douze pieds de longueur, afin que le berger puisse les porter sous le bras et les ficher en terre. Plus la quantité des bêtes est grande, moins Île nombre pro- portionnel des claies doit être augmenté. Si nous supposons que ces claies aient dix pieds de longueur, et que chaque bête doive avoir dix pieds d'espace; pour deux cents bêtes il faudra dix-huit claies; et pour trois cents, seulement vingt, si elles sont mises en carré. Outre cela un petit nombre de moutons exige, tout comme un grand, un berger et une charrette de gardien, de sorte que les frais occasionnés par chaque bête, diminuent à mesure que leur nombre augmente. C’est par cette raison qu'en général on ne juge pas avantageux de faire parquer moins de trois cents bêtes à laine. La richesse de l'amendement que le parcage donne au sol, varie infiniment, On cherche à la déterminer par le plus où moins d’étendue de l'espace dans lequel on renferme les bêtes, et par le tems durant lequel on les laisse à une même place; mais ces données ne sont réellement pas suffisantes, parce que la quanuté d’excrémens rendue par les bêtes dépend de l'abondance de la nour- 213 PRINCIPES RAISONNÉS || riture qe elles ont consommee. Si le paturage est abondant, un bre égal de | bêtes à laine fume aussi bien, en une nuit, l'a place qui lui a été fixée, qu'il ne le ferait en deux, si ces bêtes n'avaient qu’un chétif pacage. Chacun sera frappé de la vérité de cette observation, Au reste pour le présent nous ne pouvons rien dire de plus posiuf sur ce sujet. On distingue le parcage en parcage complet, en demi-parcage et en parcage très-fort. Si le pâturage est médiocre, on qualifie le pacage de complet, lor:- que le parc de six cents béves à line occupe un journal en trois nuits, ou, ce qui est la même chose, lorsque mille huit cents bêtes ont Le qué durant une nuit sur un journal. On dit qu’on a parque légèrement, ou qu’on a donné un demi- parcage, lorsque douze cents bêtes ont passé Ja nuit sur un journal; et enfin qu’on a donné un parcage très-fort; lorsque la mêms étendue a été occupée par deux mille quatre cents bêtes. Eu supposant que le pâturage soit d’une richesse égale, la Leon des nuits. produit une grande différence dans l’effet du parcage. Lorsque les nuits sont les plus courtes, les bêtes ne demeurent au parc qu'environ: huit heures; tandis que dans les longues nuits elles ÿ restent douze heures et plus. À cette consi- dération il faut ajouter celle que, dans le commun des exploitations rurales; les nuits sont les plus courtes, et en revanche un beaucoup meilleur, lorsque, au printems, elles pâturent sur les prés, et sur les soles de jachère avant qu'on les rompe; ou en automue lorsqu'elles pâturent sur les chaumes. Four com penser celte inégulité, on change quelquefois. le parc au milieu des. plus lougues nuits; de sorte qu’alors on parque deux espaces d’un jour à l’autre. Lorsque les bergers. ne sont pas habitués à cette methode ,. il faut alors com- penser la différence en rétrécissant le parc pour les nuits courtes. À mesure que les nuits diminuent on retranche ainsi des claies, ou bien on les arrange de | manière à diminuer l’espace qu’elles renferment. Un même nombre de claies, placées de manière à former un carré parfait, embrasse un plus grand espace, que si les clates formaient un carré long. Vingt claies de douze pieds deux en. largeur, elles n’embrassent plus qu'un espace de seize perches carrées; Pour régler la proportion.de l’espace d'après la longueur. des nuits, en changeant la disposition des eluies ,, le comte de Podewils l'aîné avait rédige un tableau qu’on trouve dans Le premier volume des Annales d'Agriculture, et qui indique les bètes à laine n’ont volontiers que le plus cheuf pacage durant l’époque où: placées de manière à former un carré, embrassent vingt-cinq perches;. si au contraire on arrange ces cluies de manière qu'il y en ait huit en longueur et d'une parc el QE onnel pourrai alors, À qu'elles pas Su précaut L'esp par C0 efet e cet el que le de deu técolle mit| quo on à leme Ore un an et,{y parca Le fort, Drass suite Le “aussi les ç sulyi ja prel lai va él de 46€, Qu'il ne ke “OUR sera frappé IOuUs OUS ne POUVONS Se eten Partage € Complet, lo... Os nus, Qu, ce 16 durant unenui ! donné un demi. journal; et enfin lue à le Occupée Ongueur des nuits que les nuits sont uit heures; tandis s, À celte const« oilatons rurales, rant l'epoque où retlleur, lorsque, hère avant qu'on mes, Pour con- milieu. des plus n jour à l'autre. faut alors con- . À mesure. qué les arrange de mbre de chues, un plus grand .de douze pieds perches. Si ai n longueur él erches carrées , en changeant ge Un tableau el qu indique PAGRICULTURE. 913 d'une manière très-claire Pintensité du parcage d’après la forme donnée au parc et la disposition des claies. On renferme les bêtes à laine dans le pare au coucher du soleil, et le matim on ne les en laisse sortir que lorsque la rosée s’est évaporce, parce que celle-ci pourrait facilement leur nuire, à cause de la voracité avec laquelle elles mangent alors. Avant de les laisser sortir on tes met en mouvement dans le parc, afin qu’elles se vident complétement, et qu’ainsi leurs excrémens ne se perdent pas sur la route: on recommande par tout d’assujetur les bergers à cette précaution. $ 616: L'espèce d'engrais produite par le parcage se décompose facilement, et agit par conséquent avec beaucoup de promptitude et de force. Elle produit un effet extraordinairement sensible sur la première récolte, mais sur la seconde cet effet se réduit à peu de chose, ou même à rien du tout, si Pon n’a parqué que légèrement. Un parcage très-fort seulement(celui qui est donné à raison de deux mille quatre cents bêtes par journal) peut durer jusqu’à la iroisième récolte; surtout si, d’abord après Île parcage, on n’exige pas une récolte céréale, mais plutôt du colza ou quelque récolte d’un autre genre. C’est de cette manière qu’on peut tirer le plus grand parti de ce parcage; au reste, si on Ja négligeait, on aurait à redouter que les céréales ne versassent; inconvénient qui a faci- lement lieu après un amendement de ce genre. Ordinairemrent lorsque pour une récolte céréale on veut donner au terrain un amendement très-fort, on fume plutôt légèrement avec des engrais d’étable, et, apres avoir enterré le fumier avec la charrue, on donne alors un léger parcage. Les grains qui viennent après le pareage, surtout lorsque celui-ci à été très- fort, ont certaines mauvaises qualités, qui les font rebuter des boulangers, des: brasseurs. de bière et des. distillateurs d’eau-de-vie: nous reviendrons dans la suile sur cette circonstance.| Le plus souvent on liboure le sol peu de tems avant de le faire parquer, cv jaussilôt que le parcage a eu lieu, on se hâte d’enterrer par un labour superficie les engrais déposés sur le sol. Quoique ce procédé soit assez universellement suivi, il s’est élevé chez moi des doutes sur la bonté de cette methode; lorsque j'ai eu connaissance de quelques expériences faites par un de mes amis qui prétend au. contraire avoir obtenu des effets plus sensibles du parcage, lorsqu'il était demeuré quelque tems sans être recouvert, Au reste je dois abandonner 214 PRINCIPES RAISONNÉS cette question à la décision des recherches ultérieures. Il est certain qu'on a souvent éprouvé un grand avantage, d'avoir donné un parcage après avoir enterré la semence, J'ai observé des effets très-sensibles d’un amendement de cette nature donné sur un champ où l’on venait de planter des pommes de terre. On a quelquefois recours au parc pour fumer des prairies élevées ou des. prairies arüificielles, et l’on y trouve de l'avantage surtout lorsque ces pos- sessions sont d’un accès trop difficile pour qu’on puisse ÿ transporter les engrais sur des chariots. Quelques personnes retenues par des scrupules contre le parcage immediat, et qui out en surabomdance de la paille pour litière, voulant cependant amender avec du fumier de moutons des possessions très-éloignées ou situées sur des côteaux, établissent des parcs immobiles dans le voisinage de ces possessions, Y mettent de la paille en suffisance, et y conduisent leurs bêtes à laine, soit pour la nuit, soit aussi pour le milieu du jour lorsque ces parcs sont ombrages par des arbres. Ainsi elles ont leur fumier à la proximité de leurs champs, sans qu'il leur occasionne beaucoup de travail; car Île transport de la paille est incompa- rablement moins coûteux que celui du fumier lui-même. Dans ces parcs 1nmMO- biles on peut donner aux bêtes à laine plus d'espace, et la paille rend leur couche plus saine qu’elle ne le serait sur la terre humide, $ 617. Comme toutes les substances animales sont des engrais très-aetifs, la fécondité du sol et ses produits augmenteraient sensiblement, si non-seulement les excrémens des animaux, mais encore tous les corps animaux qui pénissent, et la dépouille des bestiaux tués, de laquelle on ne profite pas, étaient soigneti- sement employés comme engrais, et si l’on empêchait quune parue de ces substances ne fut enlevée à la grande circulation de la nature. Les corps d'animaux morts forment un fumier particulièrement actif. Si on les réunissait dans des fosses ou dans des enclos murés, surtout près des voiries, si on les y couvrait de chaux vive et lesmélait avec de laterre, et qu’ensuite, lorsqu'ils auraient perdu leur puanteur, ce que la chaux ne tarde pas à effectuer, on brassât ce mélange; on en abtiendrait bientôt un fumier extrêmement acüif, Si au contraire ces corps mors se décomposent à l'air, s'ils sont enfouis en terre à une grande profondeur, ou jetés dans les eaux, ls sortent de la circulation des matières organiques, et sont enleves aux élémens de la vie. Les ils peu ils pro amas d avoir S pour l'a uelleme en à ele Sur| guise d' comme nves de chaux\ qu'on un gr éparpil À sont annees Yon 2 elle€ maïs| alkalis demon Les déçon en pl dans phosp combi Santes fabru terre: en p Mas Certain qu'on 48€ aprés apo amendement{a des Poumes de | éleyees où de OrSque ces png Wransporter le cage immédiat, pendant amender L siluées sur dé 2eS POSSESSIONS, F à laine, soit pou ont ombragés pa amps, sans qu'il aille est incompa- s Ces parcs Immo paille rend leur if, la fécondité n- seulement les ui pensent,€ étaient soigne je parie de ces ent actif. Si 0! grtout prés des ,€ chaux 2€ tarde ntôt un fuoiet osent à l'ar y ans les 205) l enlevé aux | x AGRICULTURE; 219 Les os même s’amollissent, lorsqu’on les mêle avec de Ja chaux vive; alors ils peuvent être pulvérisés sans beaucoup de peine, et après cette preparation, ils produisent sur les terres des effets surprenans. Quelquefois on brûle les amas d’os qu’on trouve dans les voiries, et on les réduit en cendres: après avoir subi cette modification, sans doute, ils ne sont pas absolument inefficaces pour l’amendement des terres, cependant ces cendres sont composées essen- tiellement de phosphate de chaux; le mucus animal, cette substance si active, en a été complétement enlevé par lévaporation. 6 618. Sur les côtes de la mer on a souvent occasion d'employer Îles poissons en guise d’engrais, quelquefois même cela a lieu à l'embouchure des grands fleuves, comme cela s’est vu lorsque une énorme quantité de harengs fut jetitée sur Îles rives de l’'Elbe. Mais il faut nécessairement que.ces poissons soient couverts de chaux vive et ensuite mélés avec la terre, si l’on veut en tirer tout l’avantage qu’on peut en attendre. L'expérience nous apprend que ce mélange produit un grand effet, lorsqu'on Pépand sur les semailles; tandis que lorsqu'on éparpille les poissons sur le sol et les enterre avant qu’ils soient décomposés, il sont nuisibles la première année, et ne procurent que peu d'avantage Îles années suivantes, Ïl en est de même de la mauvaise huile de harengs, que lon a quelquefois employée comme engrais. Lorsqu'elle n’est pas décomposee, elle est, comme toutes les autres substances huileuses, nuisible à la végétation; mais lorsque sa décomposition a été opérée par le moyen de la chaux ou des alkalis, elle devient un engrais tres-acüf; ainsi que diverses expériences lont démontre. 6 61g. Les cornes d’animaux sont du nombre des engrais les plus efficaces, elles se décomposent plus facilement que les os, et d’elles même: elles sont composces en plus grande partie de mueus animal, et se dissolvent presqu’entièrement dans Pazote, Phydrogène, l'acide carbonique, l’oxigène, le phosphore et le phosphate de chaux, qui vraisemblablement alors entrent avec elles dans des combinaisons de quantités diverses, et produisent des substançes très- feruili- santes. C’est le résidu de la corne employée par les tourneurs, et celui de fa fabrication des peignes, qui sont le plus souvent employés à l'amendement des terres. Les copeaux les plus minces se décomposent plus promptement; aussi, en même-tems que leur effet est plus sensible, ne dure-t-il qu'une année. Mais cet effet peut facilement être trop grand ei faire verser les céréales qui y 216 PRINCIPES RAISONNÉS ont de la disposition; d’ailleurs en raison de cette fécondité même, Îles épis doivent arriver moins vite à leur maturité, et le grain doit sécher moins promp- tementz outre cela les blés doivent être plus sujets à la rouille, leur grain doit contenir moins de farine, et avoir à peu près les mêmes défauts que celui qui a cru sur des terrains amendés par le parcage des hêtes à laine; proba- blemeut parce que les uns et les autres contiennent beaucoup d’azote. El con- vient donc de consacrer la eorne aux terrains destinés à des produits qui ne craignent pas l'excès d'engrais. Si parmi des copeaux ou le résidu de fabrication au’on emploie, se trouve des morceaux d’un plas gros volume, ou si l’on à Dep 5 emploie bâchée la cornée du pied des animaux, la décomposition se fai plus Jentement; ces matières produisent moins d'effet la première année, maïs cet effet est plus durable. Les Anglais prescrivent d'en mettre einq à six cents livres par journal, et envisagent cette quantité comme un amendement très-riche. J'ai employé vingt-quatre scheffels de ees copeaux, dont une partie était très- mince et l’autre composée plutôt de rognures et de gros morceaux. Suivant qu'il y avait une plus grande quantité de ces derniers, le scheffel pesait de viugi-quatre à trente-deux livres. Ici il est plus sûr de déterminer da quantité par Île volume que par Île poids, parce que Îles copeaux minces pèsent moins que les gros morceaux, et que cependant ils ont un effet plus prompt. La corne des pieds des animaux, dont Îles bouchers font quelquefois des amas, doit, avant qu’on l’épande sur les terres, être coupée par petits Morceaux; mais cela même est très-difficile, si on n’amollit auparavant cette corne, en la faisant tremper pendant assez long-tems dans de l’eau à laquelle on a ajouté un peu de chaux et de cendres; mais on peut avec beaucoup d'avantage, s’en. servir pour amender des prairies. On fait des trous en terre à la distance d’un pied et demi ou deux pieds, et dans chaque trou lon met un sabot de bœuf, dans lequel l’eau s’amasse. La première année il pousse une herbe abondante autour de ce sabot; l’année suivante l'amélioration s'étend plus loin, et à la troisième année la corne étant totalement dissoute, la totalité du pre alasi amendé donne une herbe abondante. $ 620. Toutes les dépouilles de boucherie qui sont rassemblées dans des fosses et sont composées de sang, de crins et d’autres umondices, sont également d’excellens engrais; mêlées en petite quantité avec de la terre, eîles produisent un effet prompt et considérable. Il y aurait presque de la prodigalité à employer cette substance et à enterrer comme de l’autre fumier; on peut Femployer plus avantageusement en compost,| fl el nt doit Le que pe le des ch comm Ja cha sgertal égel Les on let forme les à espet fume Eu den dan pro autl I ttvab £ont même| les é: "+ les épi y leur Grain éfauts que cel à laine; prob. d'azote, 1] co. produits qui lu de fabrication ume, où i lou Ion se fai plu annee| M(et 1 à Six cent res ement{rès-riche, partie él tés. norceaux, Suitant schellel pesait de river a quantité ces pésent MOIS IS promple & quelquelons des petits morceaux; le corne, en k Le on à ajouté un d'avantage, sea à la distance d'un n sabot de bœuf, herbe abondante lus loin, et té du pré ans ns des fosses€ sont. également elles produisent jé à employés Pemployer DA en tC VU LT URE. 217 s dépouilles de jannerie,(j'entends de la partie animale, Îl en est de même de ment une espèce d'engrais infiniment activé, qui ne et non du tan). C’est égale doit être employée qu'avec économie, en com} Le poil et la laine des animaux sont cemposés des mêmes osent pas si promptement, à moins qu'on ost, et épandue par dessus le sol. parties constituantes que la corne, mais ils ne se décomp En Angleterre on ramasse soigneusement me les méle avec un peu de chaux. , et on les vend avantageusement les chiffons de laine et les vieux chapeaux comme engrais: on les transporte dans des laisse se décomposer, et on les mèle avec de la terre. aisser perdre de ce qui peut aider à la fosses où on les saupoudre avec de la chaux vive, onÎes Ïl est certain que si l’on avait soin de ne rien végétation, il en résulterait une grande augmentation de produits. Les souliers et le vieux cuir ne se décomposent pas facilement à Pair, mais si peu de chaux vive, ils sont bientôt décomposés, et trans- gineuse. Le résidu de la fonte des graisses chez briquer du savon, est aussi une qu'en compost, pour on leur associe un formés en une substance mucila les chandeliers, lorsqu'on ne lemploie pas à Fa espèce d’engrais excellente, mais il ne doit être employé fumer sur le sol. Enfia, le résidu des raffineries de sucre, composé en maj aux, est du nombre des engrais animaux les plus actifs: approchées des grandes willes où l’on peut se eure partie de sang, de mucilage et de ch dans les exploitations rurales r procurer cette substance en abondance, on est danslopinion qu’il n’en est aucune autre qui, sur un petit volume, surpasse les effets de celle-ci. Toutes ces dernières espèces d'engrais ne sont à la portée que des seuls cul- tivateurs, dont les exploitations sont rapprochées des grandes villes et des contrées très-peuplées. 26 oo RAISONNÉS ENCELISVÉSEÉTLT X $ Gai. Les engrais purement végétaux n’ont pas, à beaucoup près, la force et lac- PRINCIPES tivité des engrais animaux; en revanche ils opèrent pendant plus long-tems. IT paraît qu'ils produisent un humus plus durable qui se décompose et passe moins proimptement dans les suçoirs des plantes. Une addition de substances ammales, de chaux ou d’alkali, accélère leur prompte décomposition. Ec sol qu'on amende de tems en tems avec des engrais purement végétaux, conserfe mieux satfertilité, il récupère les sucs qu’il a perdus, d’une manière plus durable que st on lui donnait des engrais animaux seulement; c’est par cette raison qu’un lerrai fortement épuisé se rétablit mieux à l’aide du repos, qu’à Paide du fumier. Nous avons déjà parlé des substances végétales qu’on emploie avec le plus de succès pour la litière des bestiaux; qui, mêlées avec les excrémens des animaux, se décomposent avec le plus de facilité, et qui modèrent la trop grande promp- ütude avec laquelle les engrais animaux se putréfent. Mais il y a encore d’autres substances végétales qui, sans être employées en mélange, servent immédiatement d'engrais au sol qui les a produites. La resu- tution de ces substances à la terre a ieu de deux manières, ou accidentellement, ou intentionnellement, Toute mauvaise herbe qui végéte dans le sol, et qui est enterrée par la charrue avant qu’elle ait rapporté sa semence, augmente sans aucun doute la fertilité du sol. Car quoique, pour se former et se développer, la plupart des plantes ne puissent se passer du terreau contenu dans le sol; cependant, ainsi que des expériences et des essais nombreux nous Île démontrent, elles absorbent aussi des substances aériformes, et probablement encore des parties constituantes de l’eau décomposée, qu’elles transforment en substances: organiques à l’aide de leur propre activité. On peut ainsi admettre comme prouvé, que chaque plante qui esten végétation augmente la matière orga- nique et l’humus, si elle pourrit à la place où elle a pris son développement 7. C’est par cette raison qu’on peut envisager une forte jachère, dans laquelle il pousse beaucoup d’herbes après chaque labour, comme égale à un léger amen- dement avec du fumier, et cela indépendamment des autres avantages qu’elle procure. Plus Fa mauvaise herbe pousse en abondance et avec vigueur, plus * Toujours si elle n'a pas rapporté sa graine, et ne s’est pas desséchée sur place; car il paraît que, durant celte modification, l’atmosphère reprend à la plante plus qu’elle ne lui a fourni pendant la végétation. Quant à la formation de la semence, voyez la note jointe à 6 360. Zrad. elle Ÿ plus 6 dam Ju qui né est Jon ÿ'épuis Yong,| chum el que gere, À fortes, mas( c'est iransl De là et au| sol u ordi R ST des} à force c4 lac: s Tong-lems,} € passe moins ances amimalr, . Le sol Qu'on COnserte mieu S durable ques ON qu'un lerrin du fumier. > avec le plus de eus(les animaux, » grande promp- re employees en oduites, La rest ecdentellement, emterrée par la aucun doute à , la plupart des ); cependant, montrent, elles nt encore des 1t en substances Imetire comme à matière 0 " eloppement Jans Fiquelle i un Jeger amen f: ntages qu'elle vigueur; plus A ce; car il pari me Jui à fouroi à So Jrad D'AGRICULTURE. 219 elle verdit entre chaque labour; plus le sol gagne. Le champ qui poussera le plus de vélar, sera celui qui tirers le plus d'avantage de la jachère, indépen- damment même du bien qui résultera de la destruction de cette mauvaise herbe. Il n’y a pas jusqu’au chaume que Îa plupart des récoltes laissent sur le sol, qui ne rende à celui-ci tout au moins quelque peu de terreau. Plus ce chaume est long, plus il produit d'effet; aussi à quantité de fumier égale, la terre s’épuise moins dans les contrées où on a l'habitude de laisser le chaume très- long, lorsqu'on scie les bles. Mais il importe de ne pas tarder à enterrer ce chaume, car il paraît que c’est dans le sol seulement qu'il éntre en putréfaction, et que lorsqu'il est exposé à Pair, ilse décompose et s’en va peu à peu en pous- sière. En général, le chaume des plantes qui ont des tiges et des racines plus fortes, surpasse celui des blés, dans la quantité de substances qu'il rend au sol; mais celui qui produit le meilleur effet lorsqu'on l’enterre avec ses racines, cest celui des végétaux qui n’ont pas rapporté leur semence, qui n’ont pas été transformés en paille sèche, et qui contiennent encore des parties mucilagineuses. De là vient la propriété améliorante qu’on attribue aux vesces coupées en vert et au trèfle; d’ailleurs, avant d’être récoltées, ces plantes laissent 1omber sur le sol une partie de leur dépouille, et, avant d’être enterrées; elles poussent ordinairement de nouvelles feuilles.; Rien n’améliore plus le terrain que le gazon ou assemblage d’herbages qui s’y est formé successivement durant un grand nombre d’années. Le ussu épais des plantes et des racines, mélé avec la matière animale des vers et des insectes morts, auxquels se joint encore le résidu des excrémens du bétail qui y a pâturé, donnent au terrain une fertilité très-grande, qui peut fournir à plusieurs récoltes sans addition de nouvel engrais. C’est à tort qu’on a attribué cette amélioration au repos que le sol a éprouvé, puisque-ce repos ne peut avoir produit qu’un bien négatif. Le sol qui était dans le meilleur état lorsqu'il a été mis en Herbages et qui par conséquent peut le mieux se garnir d'herbes, gagne davantage pendant ses années de repos, non-seulement à cause de son inactivité, mais aussi et précisément, parce que sa force productrice est plus orande. Les idées erronées qu’on a en général sur les effets quele repos produitsurlesol, ont peut-être donné naissance au prejuge, ou tout au moins maintenu Ja coutume, de ne mettre en herbages que les terrains épuisés, dans l’espérance que le repos leur rendrait de nouvelles forces. Lerepos produit à la vérité ceteffet, parce que le terrain n’est jamais tellement appauvri, qu'il n’y pousse encore quelques plantes; mais la bonification qui en résulte est beaucoup plus lente, et sa progression beaucoup plus faible, que si le sol eût été en meilleur état lorsqu'on l’a abandonne à lui-même. Plus 220 PRINCIPES RAISONNÉS le terrain est fertile lorsqu'on le laisse en herbages, plus il pousse de feuilles et de racines, plus 1} s’y reproduit de vers et d'insectes, plus le bétail qui y pâture y laisse tomber d’excrémens; ainsi donc il s’enrichit d'autant plus, qu'il contenait déjà une plus grande quantité de sucs nourriciers. $ 622. Nous donnons au sol un amendement végétal plus actif et plus abondant, lorsqne nous y semons des plantes adaptées à sa nature, qui parviennent à une plus grande force et à un plus grand développement; et que nous les enterrons immédiatement lors de leur floraison, ou après les avoir fait manger sur place et écraser par le bétail. Cette méthode date de la plus haute antiquité; elle était fortement recommandée chez les Romains, et elle s’est conservée en Ftalie jusqu’à nos jours; là on croit que pour donner au sol toute la fertilité dont il est suséepuble, Pamendement produit par une récolte enterrée en vert est extrêmement utile, même dans les lieux où il ne manque pas de fumiers animaux. Sans doute le climat de ee pays est plus favorable que le notre ax succes de cette méthode, parce qu'on ne sème les récoltes destinées à servir d'engrais qu'après la moisson, qui là est plus précoce, et que ces récoltes y ont encore plus de tems qu’il ne leur en faut pour arriver au plus haut période de leur végétation. De toutes les plantes qu’on emploïe à cet usage il n’en est aucuñe qui soit autant en vogue que Île lxpin blanc; depuis les tems les plus reculés jusqu'a nos jours, on a cultivé cette plante uniquement dans ce but, puisque d’ailleurs son extrême amertume empêche que, soit en herbe soit en grain, elle ne puisse être employée ni pour Ja nourriture des hommes, ni pour celle des animaux. Dans une analyse supérficielle que nous ne tarderons pas à répéter d’une manière plus précise, nous avons trouvé que cette plante contenait beaucoup de gluten, ce qui peut expliquer les qualités particulières qu’on lur attribue pour l’amendement des terres. Simonde nous dit dans son tableau de PAgriculture Toscane, qu'après avoir Ôteé à la semence du lupin la faculté de germer, on l’enterre au pied des oliviers, pour leur servir d'engrais. Ïl nous reste à faire des expériences pour vérifier si cette plante se distingue dans ses facultés améliorantes, d’une manière assez parüculère, pour qu'il vaille la peine de lemployer parmi nous. Nous avons cherché à la multiplier, et elle réussit très-bien dans notre climat, ainsi que tous Îles jardiniers le savent. Je ne puis. du reste pas encore déterminer si, étant semée après la récolte du seigle, elle prend assez de développement pour qu'il y ait de l’avantage à l’enterrer; mais nous avons plusieurs autres plantes qui sont tres-propres à cet usage. Lespi guise d a) Li liés, à: tement; bike procurer yn espace cl espace de Jbours ne puisse ëtr du jement 4 e H fa ane qui fu Nulle des cha plupart pälurer a l'on w en after On ex des sem on y ae pois, véyétau rement par du| engrais \rop cl Que Verte, An se de feuilles at plus, qu lus 2bondant, “iennent à une S Les enterrons Uger Sur plate antique; elle è Conserrée em oute la ferulite nterree en vert pas de fumiers le le notre ax nées à servir récoltes y ont ut période de ge 1 n'en est tems Les plus t dans ce but, | herbe soit en nmes; Où pour arderons pas à Jante contenait ières qu'on Jur son tableau de n La faculté de gra. Ï} nous ngue dans ses vaille la peine et elle réussi x, Je ne pus 1 seigle, elle pterrer; MAS ) L D'AGRICULTURE. 212 Les propriétés que doivent réunir les végétaux destinés à ètre enterrés en guise d'engrais, sont les suivantes. a) La plante qu’on choisit pour cela doit être appropriée au sol, à ses qua- hiés, à son degré d'humidité et à sa position; afin que loin d'y végéter len- tement, elle y pousse au contraire avec une grande vigueur. b) Il faut que la semence en soit peu coûteuse; c’est-à-dire qu’on puisse se la procurer facilement, ou qu’il n’en faille qu’une petite quantité pour ensemencer un espace assez grand. c) H faut que cette plante acquierre sa grandeur et son développement dans un espace de tems aussi court que cela est possible, afin qu’on puisse donner les labours nécessaires à la jachère sur laquelle elle est semée, ou que cette plante puisse être semée après une récolte, l’année même où cette récolte a été faite. d) Il faut qu’elle soit propre à tenir le sok meuble, et qu’elle ÿ pénètre for- iement avec ses racines, en même-tems qu’elle le couvre de ses feuilles. e) Il faut qu’elle contienne beaucoup de mucilage, ou de quelqu’autre subs- a nce qui ait du rapport avec la nature animale. f) Il faut quelle se putréfie facilement. é Nulle plante ne réunit ces qualités à un degré aussi éminent que le spergule des champs, et on l’a en effet employée à cet usage dans divers essais, dont la plupart ont été heureux Ÿ. Avant d’enterrer cette plante, on peut la faire pâturer légérement par le bétail, mais alors 1 faut que celui-ci y passe la nuit, si l’on veut ne pas ôter à cette opération une partie des bons effets qu’on peut en attendre, On emploie aussi diverses autres plantes à cet usage; celle squi rapportent des semences huileuses, telles que le colza, eic. y sont particulièrement propres; on y a également consacré d’autres végétaux appartenant à la diadelphie, des pois, des vesces, des fèves. C’est surtout en Angleterre qu’on emploie des végétaux à cette destination; cependant on y fait ordinairement päturer lége- rement ces récoltes avant de les enterrer; pour cet effet, on les fait parcourir par du bétail de toutes les espèces, surtout par des cochons. Ces dermiers,s’y engraissent, et par là contribuent au paiement de lasemence, qui autrement serait trop coùtcuse, Quelquefois on fait le même usage du blé noir; lorsque cette plante est encore verte, elle est un fourrage très-nourrissant. Ainsi que Fréderic-le-Grand le rapporte lui-même, on semait les r'aves * Voyez les Annales de l’Agriculture de Basse-Saxe, 3.° année, Section I." 4, 1— san r Æ 223 PRINCIPES RAITSONNES principalement pour cette destination, et mon honorable ami HHermbstädt, qui cite sur ce sujet divers essais, assure que la betterave champêtre(racine d’abondance ou de disette) mêlée avec différentes substances, produit une espèce d'engrais très-active*.€ Oa ne doit point laisser dans l'oubli une méthode qui s’est conservée d’une manière si suivie dans les lieux où elle était connue; nous pensons au contraire qu’elle mériterait d’être analysée avec plus de précision, Au premier abord u semble qu'il y ait de la prodigalité à faire écraser par le rouleau où par Île bétail, uné récolté qu’on pourrait faucher et faire consommer à l'étable par le bétail. On croit que cette espèce d'engrais ne profiterait pas moins au champ, si l’on faisait passer par le corps des animaux, la récolte qui doit être enterrée, et l’on a raison. Mais l’étendue de terrain qui peut être ensemencée de Îa sorte, dépasse toujours les besoins du bétail qu’on entretient, et dont la quantité est réglée; souvent même on n'aurait pas assez d'ouvriers pour en faire 1a récolte**, Ce n’est pas tout; les Italiens ont observé qu'il était très-avantaigeux, à cer- taines espèces de terrains, de recevoir de tems en iems un amendement composé uniquement de végétaux, ou, comme on l'appelle dans ce pays là, un amen- dement d'engrais rafraichissans, Plusieurs auteurs n’ont recommandé cette méthode que pour des terrains éloignés, nouvellement mis en culture, ou épuisés: mais elle profite peu à des terrains ainsi appauvris, parce que les plantes destinées à servir d'engrais Y végètent trop faiblement. Pour produire des sucs, il faut que le sol en con- tienne; ainsi celle espèce d'engrais est plutôt propre à conserver au, sol sa fécondité, qu’à servir de base à celle-ci, et c’est probsblement par cette raison que jusqu'ici elle a été si peu employée parmi nous. Âu reste, si l’on considère un champ garni de légumes fort épais, on conceyra parfaitement ce qu’on peut attendre d’une telle quantité de tiges et de feuilles enterrées pour servir d'engrais. $ 623. Toutes les dépouilles de végétaux peuvent servir d'engrais lorsqu’on les ras- semble, qu’on les met en putréfaction, et que, pour cet effet, on y mêle quelque peu de substances animales ou de chaux. * Voyez Annales de la Chimie agricole d'Hermbstädt, vol. I. A. ** Il ne faut pas perdre de vue qu'il s’agit ici de vastes domaines, où l’on n’a point la facilité de se procurer, comme dans Les environs des villes, les ouvriers extraordinaires dont on peut avoir besoin.|7rad. Les ba le tan€? dans lac x amende Lorsqu'on terre pos mais pour verte, la en tas ave de ce me tance, D sol el qu tance nou de terre! lentemen I est el qui 0 quantité d Lorsqu'ils sont le { Hehan Les p douce, h Char d'un mit donnen: qu'on 4 ou seul Lete sous le: Végetan sultan propor ances plus$ Moins mi Eernbs ru hampétre(ride Ces, produit me SL COnserrée d'une DSORS au contraire À premier ab l e er à l'etable parle rouleau où par| mois au dun Camp, doit être eulerée, vence de}n sorte, ont la Quantité ey à faire la recolte*. Vantigeur, à cer endement composé pays là, un amen- pour des terra e profite peu à de | servir d'engrais f ue Le sol en co- nserver au s0l lement par célle Au reste, slot l' parhatement ce »s enterrees pour lorsqu'on Les ra quelque D'AGRICULTURE, 229 Les balayures de cuisine; la mauvaise herbe, le bois et la sciure pourris, le tan épuisé, peuvent aussi être converlis en engrais. Tous les végétaux qui, dans la combustion, donnent beaucoup de potasse, sont éminemment propres à amender les terres; de ce nombre sont la tige du tabac et la paille du maïs, lorsqu'on ne peut pas en tirer un meilleur part. La fane des pommes de terre possède aussi d’une manière particulière la propriete d’engraisser les terres; mais pour qu’elle se putrélie promptement, il faut, pendant qu’elle est encore verte, la rassembler ou la mêler parmi le fumier. On a essayé de la mettre en tas avec des gazons el un peu de chaux, et l’on a éprouvé d’excellens effets de ce mélange. Ce qu’un journal de pommes de terre donne de cette subs- tance, n’est nullement une chose insignihante. Si on laisse ceite fane sur le sol et qu’on lenterre à la charrue, elle se décompose peu-à-peu; cette circons- tance nous explique comment quelques personnes ont pu croire que la pomme de terre n’était pas très-épuisante. Âu reste cette décomposition s'opère tres- lentement et entrave un peu les semailles. Il est encore diverses autres plantes utiles, qui poussent de 1res-hautes tiges, et qui indépendamment de leur propre produit, peuvent donner une grande quantité de terreau, ce qui, sans contredit, mérite d’être pris en considération lorsqu'il s’agit de se décider pour lun ou Pautre genre de produit: de ce nombre sont le Tournesol( Helianthus annuus) et la poire de terre, Topinanbou { Hehanthus tuberosus). Les plantes qui croissent tant dans Îles lacs d’eau salée, que dans ceux d’ean douce, entre ces premières surtout les F’arecs(Fucus), et parmi ces dernières la Charagne ou Girandole d’eau(Chara vulgaris) qui est toujours recouverte d'un mucilage calcaire, peuvent être mises au nombre des substances qui donnent l'espèce d’engrais la plus active; mais, pour en obiemir tout Peffet qu’on a droit d'en attendre, il faut auparavant leur faire subir la putréfacuon, ou seules, où mélangées avec un peu de fumier animal. 6 624. Le terreau qu’on trouve tantôt dans des bas-fonds et des enfoncemens, tantôt sous l’eau dans les étangs, doit également être rangé dans la classe des engrais végétaux; Car quoique ce terreau soit quelquefois mêlé de substances animales, substances qui en augmentent la qualité, et qu’il contienne de plus une grande proportion des terres dont les sols voisins sont composés, cependant les subs- tances végétales y dominent, si ce n’est en quantité, du moins en qualité. Le plus souvent il peut être assimilé aux engrais végétaux, C'est-à-dire qu'il est moins actif et moins stimulant que le fumier animal, mais plus durable et plus PRINCIPES RAISONNÉS riche en sucs. C’est pour cette raison qu’on le qualifie de fèunier rafraichissant, et qu'on lui attribue un effet de plus longue durée. Dans la section de l’AÆgronomie, nous avons parlé des diverses espèces de terreau et de leur nature; nous avons spécialement distingué les terreaux acides, de ceux qui sont sans acidité. Ïl y a un grand avantage de trouver sur son propre fonds un tel amas de substances fertilisantes; quels quesoientles difficultés et les frais que coûtent son extraction et son transpom sur les champs, ts seront cependant toujours large- ment payés, ls rannorteront toujours un gros intérêt, lorsqu'on aura les moyens d’en faire l’avance. Je dois cependant avauer que ces frais sout souvent con- sidérables, et qu'ils ne rentrent pas toujours dès ies premières années. La principale difficulté que présente l'extraction du terreau consiste à le purger d’eau, car il est rare qu’il soit assez sec. Quelquefois cela peut être entièrement opéré par des tranchées de desséchement; mais le plus souvent les enfoncemens dans lesquels ce terreau est posé sont tellement environnés delévatens, qu'il est comme impossible de donner aux eaux l’écoulement nécessaire. Dans ces cas il faut avoir recours aux machines à puiser, aux pompes et aux auires moyens fournis par l’hydraulique. Il faut exécuter ce travail ou en été, où en hiver pendant la gelée; au printems et en automne, il est à peine praticable lorsque les ouvriers doivent demeurér dans l’humidité, à cause du froid qu'ils éprouvent. Au milieu de lété le terreau, surtout celui qui est demeuré long-tems sous Veau et qui ne peut pas être placé tout de suite au sec, exale des vapeurs irès- malfaisantes, qui peuvent facilement donner la fièvre et diverses maladies, tant aux ouvriers eux-mêmes, qu'aux habitans du voisinage. En général donc c’est en hiver qu'il convient le nieux d'exécuter ce travail, pourvu qu’en automne on ait eu soin de détourner les eaux qui auraient pu y mettre obstacle. Cependant cette opération peut facilement être rendue plus coûteuse, par la difculte qu’on éprouve à fendre et détacher le terreau lorsqu'il est fortement gelé, et par l’obligation de charrier aussi la glace avec laquelle il se trouve réuni. 6.625. Îl ne convient de charrier le terreau sur le sol auquel on le destine, que lorsque ce terreau est absolument sec, Lorsqu'il est humide, il faut auparavant le déposer dans un lieu oùil puisse être complètement débarrassé de son humi- dité, et ly laisser jusqu'à ce que cette humidité soit entièrement évaporée; parce qu’alors il a considérablement diminué de volume et de poids, et qu’ainsi son transport est plus facile. Le charroi du terreau se fait au moyen de tom- bereaux ou de brouettes; les premiers sont ordinairement attelés d’un seul | cheval chesa lun( une| conir berea dernié tr0p[ planch Où: trepre sur le davant est du DCS Si] se sec Îluenc decon fat de vegel au 1€ recen Ces l'acde de dif porte épan( un d nac parce on le ich er rafraichisn 4 liverses espece| ingue| ê CS Lee ls un{el am de sis que coûtent y dant Loujours ar. d'on aura les ny S SOU souvent ères années, u Const àepurer euL être entrement veu les enfoncenens lelévations, qu'les ssatre. Dans ces cs 2L AUX autres Moyens en ele, où en hiver ne praiable lorsque od qu'ils éprouvent. eure Jong-tens sus ale des vapeurs ér erses malades, tt éneral donc c'tet qu'en automaé Où bstacle, Cependat par Ja dicule fortement gel, À à trouve réun a le destine, gl fut auparañ nsse de 500 hu ement éraporéei poids;€! qu'ans x moyen de ton auteles d'un seul ghera DAC R IC U L:TU R£. CES ? cheval. Ce sont les circonstances locales qui doivent déterminer le choix de l’un ou de l’autre de ces moyens. Si le terreau ne doit être transporté qu’à une très-petite distance, les broucttes à bras sont plus convenubles; si au contraire il doit l'être à un plus grand éloignement, le charroi avec des tom- bereaux est moins coûteux. Au reste, il n’est pas possible d'employer cette dernière espèce de voiture, lorsque le terrain sur lequel on doit passer est trop marécageux, et qu’ainsi lon est réduit à y ctablir un sentier avec des planches. Ou cherche à faire exécuter ce travail à la tâche, dans ce cas on paie l’en- trepreneur par mesures cubes, ou par charretées. On ne peut dire autre chose sur le prix d’un tel travail en général, sinon que les ouvriers doivent y gagner davantage que dans les travaux ordinaires, parce que celui dont il est ici question est du nombre des plus mal-sains et des plus pénibles. Alors il est réellement nécessaire que ces ouvriers boivent un peu d’eau-ue-vie. Si le terreau est complétement consomme, on le met en petit tas, afin qu'il se sèche d’autant plus vite, et qu'il présente une plus grande surface aux 1n< fluences de l'atmosphère. Mais contient-il encore beaucoup de végétaux non décomposés, de la mousse ou des plantes aquatiques, lorsqu'il est sec on en fait de grands tas, afin qu'il s’échauffe et entre en fermentation, et qu'ainsi ces végétaux se putlréfient. On accélère beaucoup cette puiréfaction, si l’on mêle au terreau un peu de chaux calcince, de cendres, ou de fumier de cheval récent. Ces additions sont particulièrement nécessaires au terreau qui contient de lacide, lors même qu'il serait entièrement consommé. Souvent 1] peut converir de différer l’additiou de ces substances jusqu’à ce que lé térreau ant été trans- porté dans la possession à laquelle on le destine, surtout lorsqu’au lieu d'être épandu de suïte, il doit au contraire être mis en tas; parce qu’alors on épargne un double transport des substances qui doivent être ajoutées au terreau. Cela n’a Cependant que rarement lieu pour du terreau qui sèche promptement, parce qu’au lieu de le mettre en tas après lavoir extrait du lieu où il déposait, on le charrie plutôt directement sur le terrain auquel il est desune. Si l’on veut que ce terreau produise un effet tres-prompt, il est très-essentiel d’y ajouter, soit des engrais animaux, soit des alkalis ou des terres alkalines, qui augmentent sa solubilité. Cependant lorsque l’humus n’est point acide, 1l n’est pas toujours nécessaire de les mélanger dans le tas. Apres que le terreau a été épandu sur le sol et que ces substances l’ont été de même, on peut en opérer le mélange par des labours superficiels et des hersages soigneusement T°, ET, 29 296 PRINCIPES RAISONNÉS faits et réitérés. La combinaison de la marne, surtout de celle qui contient beaucoup de chaux; celle de la chaux calcinée, ou du fumier animal, avec le terreau employé à Pamendement des terres, a toujours paru produire un très- grand effet. El n’est pas nécessaire que la quantité de fumier qu'on veut appliquer } un terrain amendé avec du terreau, soit tres- considérable, il suffit qu’elle aille à la moitié de Fa proportion ordinaire; si l’on en mettait une plus vrande quantité, les grains qu'on sémeroit immédiatement après un tel amendement verseraient infailliblement. Si au contraire on couvre le terreau par un labour, sans y joindre aucun autre engrais, souvent à la première et méme à la seconde récolte on n’en aperçoit aucun effet; bien plus, si le terreau contenait de l'acide, il se pourrait qu'il produisit plutôt un effet nuisible. Cependant tôt-ow tard le sol en ressent les avantages; le plus souvent même des la troisieme année, et l’elfet en est d'autant plus durable. La quantité de terreau qu’on indique comme ayant été ou devant étre ap- pliquée à Pamendement d’un champ, varie sensiblement; iei elle est très-forte,. une charge de seize pieds cubes par perche carrée, par conséquent cent quatre vingt charges par journal; là au contraire elle est très-faible, vingt charges pareilles sur un journal: ici épaisse d’un pouce et plus; là seulement d’une ou deux lignes. Cela dépendsurtout de Ja nature et de la composition du terreau, puisqu'il n’est point égal qu'il y ait un grand mélange de la terre dont le 50 est composé, ou qu'il ne contienne essentiellement que du terreau végétal proprement dit. Souvent du terreau tout à fait noir peut ne contenir que huit à dix pour cent d’huwmus et le reste de terre, ét cependant son addition aw sol être extrêmement efficace, surtout si espèce de terre dont Île terreau etait mélé, est d’une nature opposée à celle du sol auquel ce terreau a été applique; comme par exemple une argile épurée par les eaux, appliquée à un terraitk sablonneux; tandis que st, au contraire le terreatt est composé en plus grande partie de silice, on ne peut en auendre sur du terrain sablonneux, aucun autre elfet que celui qui resulte de l’humus même que ce terreau contient. Dans ce dernier cas donc, il en faudra une très-grande quantité, pour procurer au sol une amélioration très-sensible. Après avoir fait une analise chimique ..,. ï e ,»° À, A] du terreau, il convient de déterminer la quantute qui doit en être consacree à une espèce de terrain, de manière qu’à chaque pied carré qui, ayant une pro- ante livres fondeur de six pouces, est égal à un demi-pied cube, et pèse cinqu environ, il soit ajouté au moins une livre d'humus pur; par conséquent dix hv. de terreau, si celui-ci ne contient en effet que dix pour cent de cette substance. Cette proportion élèverait la quantité de terreau à deux cent cinquante-neuf paille «up conti unes prod fcatio gent( Le une| qui ni force lu que t sur le et loi consts! qu'iu| d'elle et mn leme par d soigne toutes une& pis€ d'un véris un s( taior pat qu Contten mal, avec e lure un tres EU appliquer | suffit qu'elle e plus vande amendement at un labour, e à la seconde Contenat de vendant t0tou s la troisieme eFant étre ap- est tres-lorte, Cent qualre- vingt charges ement d'une a Qu terreau, re dont Le sol erreau vévelal tenir que huit n additon at » terreau el été applque; jun ter p plus grande neux, aucun seau Content jour procurer lise chimique e consacrée à rant une po quante livres quent dci Le substante quant 2 D'ACRIC UM TUR E. 227 mille livres par journal, ce qui, en supposant les charges de seize qminlaux, en porterait Île nombre à cent soixante-deux par journal. Muis plus le terreau contient d’humus, moins grande est la quanuté qui est nécessaire pour amender un espace de terrain. Ceci ne veut poiut dire qu'une petite quantité de terreau ue produise aucun effet, mais seulement qu'il ne faut pas auendre d’une telle boni- fcation un effet sensible et durable, si l’on n’ajoute au sol au moins deux pour cent d'humus. Le poids du terreau varie; le terreau est d'autant plus léger qu'il contient , et surtout qu'il comprend des substances une plus grande proporuon d'humus réfiées; il ne faut donc pas déterminer la qui ne sont pas encore totalement put plutôt par le poids. I] importe beaucoup, que le terreau soit soigneusement mêlé avec le sol, et d, ou tout au moins dans l’année où son transport force des charges par le volume, mais que ce mélange ait leu d'abor sur le sol a ete effectue. Si on ne le melange pas immedia ouvent, et surtout dans Îles terrains qui ont de la tement, il s'agglomere et forme des mottes, qui s ne tombent en poussière et ne 5€ long, et jusque-là ne produisent que peu ou point le premier consistance, divisent d’une manière égale, qu'au bout d’un tems très- d'effet, IL ne convient donc nullement de se procurer une récoke sur et même sur le second labour qui suivent le charroi du terreau et son éparpil- lement; il vaut mieux donner au terrain une jachère complete, dans laquelle, par des labours peu profonds, mais fréquemment réitérés, et par des hersages soigneusement faits, on cherche à opérer le mélange complet du terreau avec toutes les parties du sol. Cela est surtout nécessaire lorsque le terreau contient une grande proportion de terre proprement dite; le terreau des marais qui n’est pas entièrement décomposé, pourrait plutôt être laissé dans le sol en motles d’un peut volume, parce que durant sa décomposition, il se divise et se pul- vérise mieux. Un de mes correspondans s’est trouvé à merveille de semer sur un sol amendé avec du terreau et entre deux labours, une récolte d’une végé- taüon prompte, destinée à être enterrée comme engrais; la spergule lui a paru particuliëremeut propre à cet usage. 6 626. On peut aussi avec avantage employer la tourbe à l'amendement des terres, surtout celle qui est légère et meuble, et cette espece de terreau pulvérulent qui s’en détache dans le frottement; mais si cettesubstance contient de l'acide, ou pis encore, du bitume, il est nécessaire qu’elle demeure long-tems en tas, mêlée ou avec de la chaux calcinée, ou avec du fumier d’étable pailleux, ou enfin, ce que l’on assure ayoir souxent été suffisant, avec du sable bien grené, 228 PRINCIPES RAISONNÉS. El faut entretenir ces tas dans une humidité moyenne, sans excès, et le meilleur moyen de le faire avec succès, c’est de les arroser avec des urines ou de l’eau de famier. On peut aussi, avec beaucoup d'avantage, mettre la tourbe dans des tas où on la fait ahterner avec des couches de marne calcaire. Au reste, il importe de brasser souvent ces tas. Si la poussière de tourbe est demceurée long-tems en monceau, elle poat servir d'engrais sans qu’on ÿ ajoute aucun mélange, surtout pour des terrains argileux et tenaces. Dansle voisinage des tourbières, il est deslieux où ce moyen peut être très-pro— fitable, proportionnément à la petite quantité de frais que son emploi occasionne. Enfin àla classe des engrais qui tirent leur origine du règne végétal, apparüent encore le charbon de terre bitumineux, imprégné de sulfate de fer, qui à éte employé avec un succès extraordinaire, et pour la première fois en grand ,. à Pamendement des terres à Oppelsdorf près de Zitiau. Mais comme le sulfate de fer ala principale part à ec succes, nous reviendrons sur ce sujet en. barlant P P|;} P des eDgrais qui appartiennent aux substances salines. C’est aussi seulement alors que nous truterons de lPamendement avec des: cendres, quoique cette substance doive son existence aux végétaux. LNGRAÆAIS MINERAU X. $ 627. Comme une proportion excessive de quelqu’une des terres élémentaires et t même d'humus, peut être nuisible au sol en dérangeant Péquiibre de ses pro- priétés physiques, en détruisant sx consistance|; ou sa disposition à retenir humidité, etc. 1l est possible de mettre fin à ce mal par Pemploi d’une terre qui ait les proriétés opposées. Ou peut qualifier ee moyen: d'amélioration physique du sol, par opposition à l'amélioration chimique, qui comprend non-seulement lPemplor des engrais proprement dits, c’est-à-dire des alimens destinés à la nu- tion des végétaux, mais encore celui des substances qui développent ces alimens et les préparent à passer dans les sucoirs des plantes, Cette amélioration des qualités pliysiques da sol, par l'addition d’une terre: dont la nature soit opposée à celle du terrain qu'it s’agit de bonilier, est sans. PI Î 5, contredit dans le nombre des choses possibles, mais il n’y a que peu.de cir- coristances, où elle puisse être opérée avec profit. fl n’est guère praticäble de corriger avec du sable unterrain glaiseux ot tenace ou à l’opposé le terrain sablonneux avec de la glaise argileuse; que lorsqu'on trouve dans la couche inférieure du sol, l'espèce de terre même dont ona besoin. pour 0 on pel et cepe eouche ètre 50! fait par avec de auparas Gi l'o 'amelo devient nombre degatur que le calcule: de terre gonsequ gonche on dé l'on c: charge ui 6$$e À cela sable a pe con porn Si| sur ui d'abo Sonde Pour degn par Mu divi sen): trn et le Metleur es ou de l'en tourbe dausdes >. Au rot: Lreste| H: au, elle Peut Our des lerraiss eut être très pro. 1ploi OCCastonne, sélal, apparent le ler, qua le os en grand, à omme le sulfste sujet en parlant ment avec des CU, elementures et hbre de ses pro- sion à relentr À d'imne terre qui ration physique | non-seulement Jestines à la nu léveloppent 06 on d'une terre fier, estsus ie pel de a- seur ot 1én20E que lorsque non a Des D'AGRICULEURE 29% pour opérer celte bonification. Alors sans doute dans quelques cas, quoique rares, on peut pocurer cette amélioration par des labours simples, mais plus profonds, et cependant disposés de manière qu'ils neraménent pas à Ja superficie une eouche trop forte de terre vierge. Le plus souvent la terre nouvelle ne peut être sortie du lit owelle repose, que par le moyen: d'un défoncement régulier fait par fossés ouverts, dans lesquels on fouille la terre du fond, pour la puiser avee des pelles et l’étendre sur la surface; tandis que la terre qua occupait auparavant la partie supérieure dusol, est elle-même jetée au fond des fosses. Si l’on doit aller chercher à une grande distance la terre destinée à opérer amélioration, ow si l’on doit la tirer d’une grande profondeur; cette opération devient tellement coûteuse, qu’elle n’est plus praticable que dans uv petit nombre de localités; car pour opérer une telle amélioration du sok, ou pour dénaturer la couche de terre végétale, il faut une si grande quantité de terre, que le plus souvent le sol serait achete beaucoup trop chèrement. 1 faut donc calculer quel est le rapport qui existe entre les parties conslituantes de l’espece de terre à charrier et celles. du sol que lon. désire améliorer, et combien en eonséquence il faut de la première pour opérer le mélange convenable sur une couche de terre végétale d’aumoins huit pouces d'épaisseur. De cette manière on découvre quelle est la. mesure cube nécessaire à une étendue donnée, et l'on calcule alors, d’après les circonstances locales ,, les frais. d'extraction, de chargement, de charrot et d’éparpillement, ou bien on fait sur toutes ses choses un essai, d’après lequel on peut asseoir des calculs d’une manière plus précise. A cela il faut ajouter qu'il est très-difficile d'opérer le mélange complet du sable avec l'argile et la glaise, lorsque celles-cine sont pas.marneuses,, ou qu’elles ne contiennent pas de parties calcaires, parce que ces térres ne$e divisent alors point d’elles-même. Si l’on.transporte du sable sur un terrain. arpileux, ou de Ja terre argileuse sur ua sol sablonneux, il faut, pour en opérer le mélange, labourer fréquemment, d'abord aussi superliciellement que celaestpossible, et ensuite peu à peu plus pro- foudément, puis herser, passer le rouleau et briser les mottes avec des maillets. Pour toutes ces opérations il faut choisir, le moment où largile à alteint le degré de siccité dans lequel les mottes peuvent le mieux être divisces et brisées par ces instrumens. Ceci n’a le plus souvent lieu que vers Île milieu de l’ête; mais rarement un été suffit pour remplircomplétement ce but. On accélère la division de la terre en: y mêlant du fumier: où: de Ja chiaux. crleinée ,;‘ou.en y semant des plantes dont les racines pénètrent dans les mottes, et'que Von en- terre ensuite avec Ja charrue. Sion ne procure pas ce mélange complet, 250 PRINCIPES RAISONNÉS loin d'améliorer le sol, on le détériore au contraire pour long-tems, parce qu’un très-peut nombre de plantes seulement, peuvent supporter que leurs racines soient en Contact avec un sol aussi hétérogène. Lorsqu'on lit dans des auteurs anciens, ou qu’on entend raconter le succès d’améliorations dece genre; On peut assez généralement admettre comme prouvé, que la terre employée était une marne plus ou moins calcaire. l n’y a paslong-tems que dans le Holstein, on désignait le marnage des terres, en disant qu’on les terrait, qu’on y charriait “de la glaise; parce qu’on n’avait aucune idée de la marne. On ne peut attendre une action véritablement améliorante de l'argile ou de la glaise, qu’autant qu’elles ont êté exposées pendant plusieurs années aux influences de l’atmos- phère; telles sont les argiles qui ont servi à construire des tranchées, des murs ou des digues, surtout dans le voisinage des habitations ou des cours rustiques, La glaise qui a été ainsi exposée à l'air, se divise plus facilement et se mêle mieux avec le sol. En écobuant les terres glaises ou argileuses, on améliore d’une manière du- rable leur état physique, en les rendant plus meubles: elles perdent par cette opération leur tenacité et leur trop grande adhérence avec l’eau; leurs fragmens restent sans haison, et assez semblables au sable pour Îles qualités physiques, D'ailleurs lécobuage a probablement aussi un effet chimique qui n’a pas encore ete suffisamment explique. C’est le sable qu’on emploie le plus souvent et avec le plus grand ayantage pour améliorer des terrains riches, mais qui manquent de consistance et sont exposés à l’humidité. Le sable qu’on charrie sur ces terrains sy enfonce peu-à- peu et pénètre dans le terreau, dont il raffermit le tissu spongieux: il faut donc, autant que cela est possible, le maintenir à la superficie.[ n’est jamais plus efficace que lorsque, au lieu de lenterrer, on lépand sur le sol pendant qu'il est en herbages; ce sable donne de la vigueur à la végétation des plantes et il en améliore la nature comme le ferait un fumier très-acuf. Des expe- riences sans nombre ont démontré que, sur les terrains de ce genre, le sable produit un effet plus sensible que le fumier même le plus acuf, et en effet, dans les sols de cette espèce, ce fumier pourrait même être nuisible. 6 G29. La chaux contenue dans le sol a une grande influence sur ses qualités physiques. Cependant lorsque nous v ajoutons cette substance, nous ne pensons qu’à son influence chimique, parce que la chaux.ne peut jamais être employée en Ca+ quantité gonsistil L'acti eralemel sa decon passer da gette l'ai est plus F jumus el son#61 Mas d de son 2 glantes ut paraissen! poureau En ellet, sur des# “amenden fuient auxquels cela nou lière, et brate, e le sainfo dans la p autour d'autant roche c: qualité, La ch pour Var elle con qûclles Organic due at carbor mêlee EMS; parce "Que leurs lit dans des dece geure; iployée etait le Hokitein à y Charriait eut attendre y Qu'autant de l'atmos- , des ours S rustiques, et se méle anière du- par celle [ragmens physiques, pas encore 1d avantage nce et sont )nce peu-à- ax: où faut n'est jamais ol pendant des plantes Des expe- :, le sable en elket, physiques F qui son jloyée€ DPAGRICUELTURE. 231 quantité assez grande pour pouvoir opérer une altération sensible dans la consistance du sol. L'action chimique de la chaux, l'effet qu’elle produit comme engrais, paraît également être de deux espèces. D'un côté elle agit sur Phumus en accélérant sa décomposition, en le dissolvant, en Je mettant en mouvement et en le faisant icilite son entrée dans les organes des plantes. C’est par passer dans cet état qui fe st d'autant plus efficace, que le sol cette raison que lamendement de chaux€ action est d’autant plus sensible, que cet est plus riche en humus, et que son La chaux dépouille Phumus acide de humus était plus insoluble de sa nature. son+eidité; c’est surtout par celte influence qu'il acquiert de la ferulité. Mais d’un autre côté il est de la plus grande vraisemblance que, par le moyerr de son acide carbonique, la chaux produit aussi quelqu’effet et fournit aux plantes une nourriture réelle. Les racines de certains végétaux en particulier, paraissent avoir Ja force d'enlever à la chaux cet acide carbonique, qu’elle tre de nouveau et en même mesure de Patmosphère avec laquelle elle est en contact. En effet, il est incontestable que l'emploi de la chaux produit de leffet, même sur des terrains qui contiennent fort peu d'humus, et que la répéüuon de cet amendement, procure toujours auclaw’amélioration, quoique sans doute in- » P Î 3 finiment moins que sur un sol qui contient encore de l’humus, ou sur ceux auxquels on en donne par le moyen des engrais végétaux et animaux. Outre cela nous savons que la chaux donne à certaines plantes une vigueur particu-. lière, et que les racines de ces plantes pénètrent même dans la pierre à chaux brute, et la décomposent en quelque facon. Cela est surtout remarquable dans le sainfoin(esparcette) qui, avec son pivot, pénètre jusqu’à dix et vingt pieds dans la pierre calcaire, et pousse des touffes et des racines latérales qui, tout autour d'elles, rendent cette pierre friable. La force de cette plante pousse avec d'autant plus de vigueur que sa racine pénetre plus avant, lors même que Fa oche calcaire n’est couverte que d’une couche très-mince de terre de mauvaise qualité. La chaux calcinée et privée de son acide carbonique a beaucoup plas d’efficace pour l'amendement des terres que le carbonate de chaux. Dans ce premier élat elle contribue incomparablement plus à la décomposition des substances aux- celles elle est alliée, elle agit beaucoup plus efficacemement sur la mauère organique. Mais nous devons convenir que sa plus grande efficacité a encore une autre cause. Elle absorbe en très-peu de tems dans l'atmosphère; l'acide carbonique qu’elle a perdu, surtout lorsque, réduite en poudre, elle est mélée avec la couche supérieure du sol. Muis l'acide carbonique qu’elle s’est 2992 PRINCIPES RAITSONNÉS qu'il ne puisse facilement être absorbé par les plantes. Alors la chaux en attire de nouveau à elle, et ainsi il s’établit une communication permanente de cet acide carbonique, entre la chaux, les racines et l'atmosphère. Cela peut expliquer comment le terrain très-calcaire lui-même, peut être remarquablement ferulisé par la chaux, et comment on obtient encore quelqu’effet d’un nouvel emploi de cette substance, lors même que le sol en contient évidemment une assez grande proportion provenante d’amendemens antérieurs. Soit que la chaux opère de ces différentes manières ou qu’il en soit autrement, nous n'avons jusqu’à présent pas d'autre moyen d'expliquer les divers effets qu’elle produit comme engrais. La chaux n’agit sur aucun terraiu avec plus de succès que sur ceux qui sont remplis d’un kumus acide, impropre à la végé- tation; ensuite sur ceux qui, jusque-là, ont été fumés plus ou moins abon- damment avec des engrais animaux, sans avoir reçu aucun amendement de chaux ou de substances semblables. Dans ce cas elle produit souvent plus d’effet qu’un nouvel amendement de fumier d’étable, mais le sol en demeure appauvri à tél point, qu'après un petit nombre d'années, il devient indispen- sable de le fumer de nouveau et abondamment, avec des engrais d’un autre genre. Comme dans tousles terrains labourés, lors même qu'ils paraissent épuises, il reste toujours quelque peu d’humus, probablement insoluble; il s’ensuit qu'un premier amendement avec de la chaux, produit toujours un effet très-sensible, lors même qu'ilest appliqué à un terrain maigre. Un second amendement d’une même espèce, denné à un court intervalle du précédent, produit encore quelque bien, mais extrêmethent peu, et l’effet va toujours en diminuant à mesure que ces amendemens sont répétés, sans que le sol recoive une addition d’hümus. Il est des récoltes sup lesquelles l’emploi de la chaux produit un effet plus sensible que sur d’autres; par exemple, diverses obser- vations donnent lieu de croire qu'il a plus d’efficace sur les grains de printems, que sur ceux d'automne, mais qu'il est encore plus favorable aux légumes, au trefle et aux végétaux du même genre. Au reste, les terrains argileux supportent mieux que les sablonneux, la repe- üuon de ce genre d’amendement; parce que d’un côté l’action physique de la chaux tend à ameublir le sol, et que de l’autre son action chimique atténue la disposition de largile à retenir l’humus. Lorsque les terrains marécageux ont : 1 été desséchés, ils peuvent supporter des amendemens de chaux répétés et abondans, parce qu'ils contiennent toujours des substances susceptibles d’être décomposees ainsi récemment approprié n’a probablement pas avec elle une adhésion telles ë deco! produi En: Jement de ces. matière de larg combine mortier été chat ceaux d pouvoir à reltere en Silest Comtes peu de, Qn se C'est-à- elle pro qu'elle ® couche cinée,« iiques q On a, présente Volsinag quelle 0 fine, m On en{i mouiller Plétenie qu'elle Carbon ant le Oran éston telle, UX en allie Iente de çot Ut expliquer sent ferulisé uyel emploi L'une asser autrement, hivers effets vec plus de à la Vége- ons abon- adement de souvent plus en demeure nt indispen- d’un autre Às paraissent insoluble; à jours un efet Un second précédent, à LOujOUrs en Le sol recoive de La chaux verses obser- de printems, légumes, au sus, la répé- ysique de la que autenue écageux OÙ répeles el ibles d'etre écompostés D à:GRE€ UnL:0ù Ë D 239 décomposées et sur lesquelles la chaux peut agir: dans ces terrains la chaux produit un effet beaucoup plus durable que le fumier. En revanche les terrains maigres et sablonneux ne tardent pas à être tota- lement épuisés par des amendemens de chaux successifs, lors même que chacuu de ces amendemens semble produire quelqu’effet. Si la chaux ne trouve aucune matière organique sur laquelle elle puisse agir, ou qu’elle ne rencontre pas de l’argile, terre avec laquelle elle a vraisemblement de la disposition à se combiner, pour former de la marne; elle se réunit alors au sable et forme un mortier quine peut être dissous que difficilement. Lorsque les terrains ont ainsi été chaulés avec excès, la charrue ramène à leur surface une quantité de mon- ceaux de mortier duracis, qu'on ne peut diviser qu'avec peine. Alors, pour pouvoir de nouveau obtenir des récoltes avantageuses, il faut fumer ces terrains à réitérées fois. On voit la démonstration de cette vérité dans plusieurs domaines en Silésie, et l’on en a également fait la remarque en Angleterre, dans les ‘Comtés où on suit l’assolement triennal avec jachère, et où l’on n’entretient que peu de bétail, mais où l’on a de la chaux en abondance. $ 630. Gn se sert ordinairement de la chaux d’abord apres qu’elle a été calcinée, c’est-à-dire lorsqu’elle est dégagée de son acide Ppeique: soit parce qu'alors elle produit un plus grand effet, soit aussi parce que c’est dans cet état seulement qu’elle se réduit en poudre, et qu’elle peut être intimement mêlée avec Îa couche de terre végétale. On accélère donc la pulvérisation de la chaux cal- cinée, et l’on se hâte de la mélanger ,vec le sol, ou avec des a matières orga- niques qu” on destine à être emplôye ees CONIME engrais. On a, pour opérer ce mélange avec le sol, deux manières, dont chacune présente des manipulations différentes, La première consiste à déposer dans le voisinage d'un lieu suffisamment pourvu d’eau, la chaux non éteinte sur la- quelle on jette alors la quantité de liquide nécessaire pour la réduire en poudre fine, mais non en pâte. Après avoir ainsi arrosé la chaux, on la brasse, puis on en tire les gros morceaux qui s’y trouventencore, et on les rassemble pour Îles mouiller de nouveau, afin de Îles éteindre et de les obliger à se diviser com- plétement, Dans cette opération, la chaux reprend son eau de cristallisation qu’elle avait perdue dans la calcination, mais elle n’absorbe que peu"d'acide carbonique; de sorte qu’elle conserve sa causticité. C’est dans cet état qu’elle agit le plus fortement, et qu’elle est le plus propre à détruire les matières Organiques non décomposées aui sont contenues dans le sol, les insectes, les LD|| 50 254 PRINCIPES RAISONNÉS fibres des plantes et même les semences de quelques mauvaises herbes, lesquels i| elle dissout et transforme en terreau fertilisant. Alors, et sans différer, on irans- porte la chaux dans les champs, sur des chariots ou des charrettes et, avec des IA | pelles, on Péparpille sur le sol qu’on à auparavant eu soin de labourer. Comme fa Ja poussière de chaux est très-désagréable et même nuisible aux êtres animes Pr qui laspirent, il faut avoir soin que, en l’épandant, ceux-ci demeurent toujours an sur le vent; de sorte que la partie la plus tenue de la chaux étant entraînée de f; côté, les hommes et les animaux en soient atteints le moins que cela est possible. ji Dans les lieux où est établi l'usage d’amender avec de la chaux, l’on a adapte aux charrettes consacrées à cette opération, à peu près comme aux semoirs, Quoiqu des cylindres qui tournent avec les roues, et qui éparpillent Ja chaux pulverisée. et bers La seconde manière, qui est plus usitée et plus commode, consiste à déposer por la chaux surle sol même auquel elle est destinée, et à l'y répartir en petits 0 me tas d'environ un schelfel, convenablement espaces. D'abord après avoir formé Ensuite ces tas, on les recouvre de terre qu’on prend à l’entour avec une pelle, en profont faisant en même tems un petit fossé pour lécoulement des eaux. Lorsque la pr | chaux est en plus grande partie divisée, on y introduit la pelle, et sil ya el tou} encore des morceaux, on fa remet en tas et on la recouvre avec de la nou- pensabl velle terre. Dans l'origine, c’est sans doute l’opinion erronée que la chaux erninern perdait quelque substance volatile, qui a donné lieu à cette coutume de la vaises| couvrir de cette manière; mais cette couche de terre lui est réellement uule, donne parce que, sans elle, en tems de pluie ïl se formerait sur les peuts Las une tremer croûte, qui, non-seulement empêcherait l’eau de pénétrer plus avant, mais petite | encore ne pourrai que difficilement être pulvérisée, et resterail presque toujours en(rop | er: RIOFCCAUX.:- en md | Une troisième manière de préparer la. chaux pour Pépandre sur Îles terres; enter | consiste à la metire en grands tas avec des gazons ou de la terre qui en pro- couche (il vienne, lorsqu’on peut en avoir dans le voisinage; par exemple auprès des raies charru 1 destinées à l'écoulement des eaux, auprès des pentes ou des bas-fonds garnis de: C'est« || joncs et qu’on doit déchaumer, Là on laisse la chaux se pulvériser, et décom- a em poser le gazon; ensuite on brasse et relève le tas à réitérées fois. La chaux se | combine ainsi tres-avantageusement avec la terre et l’humus, tout en se pulvéri-| ll| sant: ce compost, dont la préparation est souvent très-facile, produit d’excellens Lo | à effets. On mêle également la chaux dans des tas avec de la tourbe marecageuse; sol pa fl| ou avec du terreau qui contient une grande quantité de substances végétales. emple 1 non décomposées. chez A 6 607 nous avons parlé de l'emploi de la chaux pour les autres espèces si éper de composts. lesquels On trans- avec des Comme es animés ! toujours lraluée de t possible, n à achpté L SemOIrs, ulvérisée, à déposer en petits joir formé pelle, en Lorsque la et sil ya e la nou- la chaux ume de la nent utile, ils Las une vant, mais ue tOUjourS les terres, qui en pro ès des raies \s garnis de | et décom- a chaux se se pulvér- d'excellens récageuser ; végétales res Espécés D'AGRICULTURE. 230 $ 651. Ï1 ast indispensable que la chaux soit mélangée de la manière la plus com- plète et la plus intime avec le sol, de sorte que chacune des particules de celle-là entre en contact avec les particules de celui-ci, et agisse sur elles; c’est là une condition absolue sans laquelle elle ne peut produire de bons effets pour l'amendement des terres; il faut donc y donner la plus grande attention. Quoique la chaux ait été épandue sur un terrain qui a été auparavant deéchaume- et hersé, on herse cependant encore une fois en tems sec, et alors on laboure pour enterrer la chaux, mais aussi superfciellement qu’on le peut. Le mieux est de se servir pour cela de Pextirpateur, qui mélange la chaux avec le sol. Ensuite on herse de nouveau, et l’on donne un labour tant soit peu plus profond. Il faut que le champ recoive en tout au moins quatre labeurs(y compris celui de semailles) avec la charrue et la herse, ou avec l’exurpateur, et toujours en tems sec. L’amendement avec de Îa chaux rend donc indis- pensable une jachère morte complète. De cette manière la chaux produit éminemment l'effet qu’on lui attribue, particulierement la destrucuon des mau- vaises herbes dont le sol est infecté; mais si l’on fait cette opération sans lui donner les soins qu’elle exige, on n’en obtient nullement les avantages qu’au- trement on aurait le droit d’en attendre. Si la chaux n’a été employée qu’en petite quantité, elle ne produit alors aucun effet, si au contraire on en a mis en trop grande abondance, elle est nuisible; paree qu’alors elle se transforme en mortier et se réunit en morceaux. Lorsqu'on commet la grande faute de l'enterrer en un seul labour à toute profondeur, il se forme au-dessous de Ja couche remuée, une croûte calcaire qui nuit tellement à Paction de la charrue, que la couche de terre végétale en est considérablement diminuée: c’est ce qui est arrivé dans les contrées où la chaux était à bos prix et où on l’a employée avec profusion. 6 632. L'opinion varie beaucoup sur la quantité de chaux qu’on doit appliquer au sol pour en procurer l’amendement.‘La moins grande proportion qu’on ait employée est de seize scheffels par journal; mais je trouve aussi, particulierement chez les Anglais, que cette proportion a été poussée jusqu’à cent cinquante scheffels, surtout dans les terrains nouvellement défrichés. Cette quantité doit dépendre de la qualité de la chaux, c’est-à-dire de son plus ou moins de pureté, ou bien de la quantité de sable ou d'argile qui s’y trouve mélee; si Von calcule d’après le volume, cela dépen aussi du degré de compacité qu’elle 236 PRINCIPES RATSONNÉS a lorsqu'on la mesure. Outre cela la nature du sol doit également influer sur celte proportion, puisqu'un sol argileux qui contient beaucoup de plantes non décomposces ou qui est marécageux, quoique actuellement desséché(car la chaux ne produit aucun effet sur les terrains humides) peut supporter une quantité de chaux très-forte et même en retirer de grands avantages, tandis qu’un terrain plus sablonneux n’en veut qu’une moins grande proporuon. Eofin il faut mettre une grande différence entre des amendemens de chaux qui ont lieu une fois pour toutes, et d’autres qui doivent alterner régulièrement avec l'emploi des fumiers d’étable. On n’a recours aux premiers que pour opérer dans le sol l’amélioration durable qu’on peut se promettre de Ja chaux, sous les conditions que nous avons énoncées; les seconds en revanche sont des- tinés à lui conserver sa fecondité. La quantité de chaux employce pour remplir le premier but doit être considérable; celle qu’on doit consacrer an dernier doit au contraire être petite et demeurer en rapport avec celle du famier qu’on a consacrée au sol; car dans le dernier cas on a coutume d’alterner tous les trois ou six ans entre l'emploi de la chaux et celui du fumier d’étable. Il est cependant des contrées. où l’on amende le sol avec de Ja chaux de trois en trois. ans, c’est-à-dire à chaque jachère et trois ou quatre fois de suile, avant de fumer de nouveau avec des engraissd’étable; mais cette méthode réduit le soL au dernier degré d’épusement. 6. 633. On a manifesté les opinions Îles plus divergentes sur les avantages et Îes il convéniens de l'emploi de la chaux comme engrais; on.ne peut se urer de ces conclusions contradictoires qu’à l’aide d’une théorie fondée sur des bases sohdes; mus au moyen de cette théorie, on peut facilement rc ésoudre les divers pro- blèmes quise rapportent à ce sujel. La chaux, surtout celle que a été-récemment \ calcinée{chaux vive) absorbant Pacide carbonique contenu dans l'atmosphère qui l’environne, et le communiquant ensuite aux plantes, leur fournit sans. ancun doute qnelque nourriture, mais cette nourriture est peu considérable; le principal effet que produit la chaux est de décomposer lPhumus et les subs- tances végétales, et de Îles trausformer en sucs nourriciers appropriés à Ja nature des plantes. De là vient qu'elle produit un grand effet, lorsqu’elle rencontre une grande quantité de ces substances. Au reste c’est déja beaucoup que lors- qu’elle est bien employée, elle contribue à la destruction des mauvaises herbes: C’est ainsi qu'on a obtenu d’un premier amendement avec de la chaux, quel- quefois même d’un second, des récoltes aussi riches que celles qu’ on eût obtenues si lon eût fumé avec des engrais d’étable. Des gens qui ne savaient. pas ape h prelé ci; m1 jeta dans Ja chaux chaux ne à l'acton La chaux de subst: en engré des récol IalS AVE La co coille, selon La errant l'ameho a ele su que les donne« dement puisse se comme bacun a gaonner Ab] Ces Sage PEU co marne condit lances bois, Sans« BON Ch que,( L'inlluer sur plantes non ëché(es ls Apporter une ages| nds orton, Enfn chaux qu ont erement avee Pour opérer L Chaux, sous che sont des- pour remplie er an dermer lumie er qu'on ruer tous Les étable, Il est trois en trois: ie, avant de » reduit le sol tes et les In > urer de ces jases sokdes; | divers pro- récemment atmosphere fournit sans nsiderable; 1 les subs- x la nature renconiré que lors- es herbes. uY, quel- qu'on eût sararent ? HDY MX(GR AC 6'ALATUAN ET‘297 pas‘apercevoir la cause ide l’action de la chaux, ont donné! à cette substance la préférence sur les fumiersi, et:ont cru pouvoir:$e passer entièrement de lceux- ci; mais l'épuisement dont'le sol donna plus ourmoins tôt des:sigues cfrayans! jeta dans l’extrêmé opposé, et l’on crutivoir toujours'dudanger à emploi de la chaux sur les terres.: L’homme éclairé s’apercut bientôt: que: l'usage de la chaux ne dispensait point de celui du fumier, mais qu'il donnait plus d'intensité à l’action de cette dernière espèce: d'engrais;: ainsi il profita dé la fécondité.que la chaux avait donnée à la première récolte, pour: se procuren:d'autant!plus de substances: propres: à produire des: fumiers, afin de pouvoir rendre; laus6l en engrais d’étable, ce que là chaux lui avait enlevé én forçant la Végétauôn des récoltes auxquelles elle avait été appliquée.[se sert encore de là‘chaux, mais avec modération s»Jlàob: d’autres personnes redoutent:son emploi: : GO| a di D die Fe 7 La convenance d’ employer la chaux dépend principalement de ce que celle- Ci coûte, et des frais que son Sue occasionne; l’un et Pauire varient be coup- selon Le localité. Lorsqu'il n’en coûte. dix ou douze rixdalers pour donner at terrain un winspel de chaux, quantité qu’on. emploie ordinairement sur un jour har,. l'amélioration qui en resulle balance bien cette dépense;‘surtout loi rsque lé s6! a été suffisamment fume, mais qu“I est infecté de mauvaises Haras aret paint, que lès récoltes n’y Fan pas à sa fertilité; eu soûs Ja condition qu’on lui donne en effet une jachére morte comp’ lète. Dans ce cas les frais d’un tel'ametr- dement seront bientôt payes. Il est sons entendu qu” en place de chaux, On'ne puisse se procurer à meilleur marché aucun autre engrais d’uné éMicacité‘égale, comme de la marne calcaire, et de bonnes cendres de savonneries où de tourbé. Chacun peut facilement calculer les frais qu'il en coûte dans sa localité pour 4 0 x nner au so! un amendement avec de fa chaux. C'est dans les lieux qui ont des carrières de pierre à chaux divs leur vor- sinage, qu’onse procure cette substance à à mer leur marche Ellé és“egilement peu coûteuse là où l’on trouve des pierres à chaux roulées, ou de cette chaux marneuse qu’on moule en forme de tuiles pour la calciner. Ce pébdant une condition de ce bas prix, c'est que dans Je voisinage des lieux où ces subs2 lances se trouvent, il y ait les combustibles nécessaires à leur préparation, du bois, du charbon de pierre, où de Ja tourbe, et quon puisse calciner Ta chaux sans étre obligé de la transporter aù loin. À Pégaru‘du: mhbs port üe Fa° chätik. non calcinee(carbonate de ch aux) à de grandes CAT il ELU hie Hébéhsidérer que, dans cet état, elle a un poids à peu pres double de celui gs eus” conserve 1 233 PRINCIPES RAISONNÉS après avoir subi l’action du feu, et qu’ainsi l’on peut facilement perdre à cet excédent de charroi; plus qu’on ne gagne à faire calciner soi-même. Quoique la chaux pure: produise toujours plus d'effet comme engrais que celle qui:se trouve mêlée‘d'autres substances, on peut cependant aussi faire usage de cette dernière; pourvu qu’elle ne contienne pas au-delà de’ quinze pour cent d'argile, elle est très-propre à être calcince, et sa proportion de sable peut-être plus grande encore! Souvent la pierre, à chaux contient des oxides de métaux qui lui donnent une couleur désagréable, et empêchent ainsi qu'on ne l’emploie à faire du mortier; cette chaux est également bonne pour lämendement desterres. C’est seulement contre la chaux qui contient de la maguésie, que Tennant, et d’après lui plusieurs auteurs Anglais, on fait des objections, en prétendant avoir remarqué que là: magnésie privée: d’acide carbonique, produisait des effets très-nuisibles à la végétation. +;+10 089. Les opinions ne sont pas moins partagées sur les effets que la chaux calcinée produit, lorsqu'on Pétend sur les prairies. Je n’ai connaissance d'aucune expe- rience sur ce sujet, faite avec précision et avec Îles modifications convenables, mais autant que jen puis juger d’après ce qui m'est parvenu de résultats obtenus de:ceite opération dans divers lieux, je crois qu’on doit y procéder avec beau- coup de circonspection, et qu'il pourrait facilement y avoir du danger à épandre sur les, prés une quantité de chaux vive un peu considérable. On assure au reste qu’employée en petite quantité, elle produit de tres-bons effets sur les pres secs, tandis que, sur les humides, elle demeure absolument inefficace; et l’on a remarqué qu’elle favorisait surtout la végétation des trèfles et des vesces. Les eaux qui contiennent beaucoup de chaux en dissolution produisent d’ex- cellens effets, lorsqu’on les emploie à l’arrosement des prairies par inendation ou irrigation; dans cette opération il se précipite du carbonate de chaux reduit en poudre très-fine.| 6 656. .. La chaux non calcinée produit, sans contredit, aussi de l'effet; mais d’un côte elle agit moins sensiblement que la chaux calcinée; par conséquent il en faut une plus grande quantité pour produire un effet égal; de l’autre, il est très- difficile de la pulvériser autant que cela serait nécessaire; on n’en fait donc usage gu’accidentellement, lorsqu'on la trouve divisée en très-pelits fragmens. La poussière des grandes routes construites avec des pierres et du gravier calcaires, de grands avantages lorsqu'on la transporte sur.les champs voisins; au reste il n’est pas douteux que cette poussière ne contienne aussi d'autres grée de fn poser| produ| pe se D [a ma mate de€ La natur engrais. manière par le mc dernier€ tinguer€ ou l'autr prodnire il faut sat celte mar tion pbs à-dire st trop arg lorsque Le m donne€ sur un m d'elles maniere L'util Lors on ç un peu Hature Pidée« TE ‘ER F humus perdre cet 1e Quoique celle qu se age de cete qi d'argile, ul-être plus élu qui e l'emploie à nt des terres, Tennant, et | prétendant oduisait des haux calcinee IUCUNE EXPE= convenables, ultats obtenus ler avec beau- 1ger à épandre assure au reste s sur Les près ficace; et lon 1$ VESCES, yduisent d'ex- ar inondation » chaus réduit o; DIS d'un séquent 1€ 8, 1lest tré donc u26 eD5, | du grarier Les chap jenné aussl D'AGRICULTURE: 239 d'autres substances améliorantes. On a vu-de trèc-bonsieffets de la poussière ürée de lattelier des marbriers: TH n’y a pas jusqu’au vieux mortier qui, avec le tems, ne paraisse se decom— poser, lorsqu'il est mis en contact avec des substances en putréfaction. Îl produit un effet très-frappant, tout au moins sur les prairies; mais cet effet ne se montre qu’au bout de quelques années. 6 637. La marne, ainsi que nous l'avons dit, est composée d'argile et de carbo- mate de chaux, mélés en proportions très-variées, mais due manière intime. La nature de ces parties constituantes lui donne une double action, comme engrais. Elle agit physiquement par le moyen de l'argile, en augmentant d’une manière durable ln consistance des terrains trop meubles; et chimiquement par le moyen de la chaux, en procurant au s6l de nouveaux sucs”; mais ce dernier effet diminue peu à peu et cesse bientôt enuèrement. Ï1 faut bien dis- tinguer ces deux manières d'agir. La marne produit plus particulièrement un ou l’autre de ces elfeis, suivant que Pargile ou la chaux y dominent. Pour produire le premier effet d’une manière très-sensible par le moyen de la marne, il faut sans doute charrier sur le sol une beaucoup plus grande proportion de cette marne, que de celle dont on attend le dernier avantage; et cette bonifica- tion physique ne peut être opérée que sur les terrains qui en ont besoin, c’est- à-dire sur les terrains trop légers et trop meubles, tandis qu’un terrain d’ailleurs trop argileux ne ferait que perdre à une addition de marne argileuse; du moins lorsque l'effet de la chaux serait passe.| Le mélange intime des deux substances dont Ja marne est composée lut donne cet avantage sur l'argile ou la glaise, sur le carbonate de chaux et même sur un mélange artificiel de ces deux substances, qu’elle se divise parfaitement d'elle-même, qu’elle se pulvérise complétement, et qu’ainst elle se mêle d’une manière intime avec la couche de terre végétale. ser $ 658. L’utilité de la marne était connue déjà dans la plus haute antiquité, et des: lors on en a toujours fait usagé, tantôt ici, tantôt là, dans les heux où 1l régnait un peu d'activité chez les agrieulteurs: c’est, l'ignorance où lon était sur la mature de ka marne, qui a empèché que son usage ne s’etendit, On n’associait Fidée de la marne qu’à un fossile d’une certaine nature, dont on se faisait une * Et en mettant en action ceux qui existent déjà dans le sel; en rendant plus soluble Fhumus acide qui y est contenu. Trad. REED SE PSS 240 PRINCIPES RAISONNÉS représentauon; et comme dJarmarne a une infinité de formes et de couleurs, personne ne reconnaissan celle dont lappareuce:n’était pas semblable à celle de Pespèce connue. Le grand Frédéric qui avait les idées les plus saines et les plus justes sur l’agri- culture, mais qui fut rebuté par le peu de succes que les ordonnances qu'il pre- mulgua à ce sujet eurent, parce qu’on les avait mal comprises, fit, dans les années 1750 à 1760, venir plusieurs ouvriers habitués à l'extraction de la marne, et leur fit parcourir les Marches, pour y chercher de cette substance; mais de toutes parts il reçut l'information que, malgre les recherches les plus exactes, on n’en avait point rencontré. Cependant il y a dans ces pays de la marne en surabondance, et PES PSN de l'espèce qui convient le mieux au sol. Le préjugé qui voulait qu'on ne put pasen trouver, était tellement établi, qu'on se moqua presque de moi, lorsque, pour la première fois, j je manifestai une opinion contraire. Les ouvriers qu’on avait envoyés à la recherche de Ja marne, venant de pays de montagnes, ne connaissaient probablement que la marne pierreuse, et sans doute on ne trouve cette espèce que, dans les contrées montueuses. Ailleurs op ne connaissait que la chaux marneuse blanche qui mexiste que dans les bas- fonds et seulement en couches d’une petite épaisseur. La marne glaiseuse qui, le plus souvent, est étendue en couches dans les plumes, était presqu’en- tièrement inconnue, et là où le hasard avait appris à en faire usage, comme dans da prévôte de Pretz en Holstein, On croyait que c’etait de la glaise qui pro- duisait ces bonselfe ts; de sorte que quelquefois on employ ait pour amender les terres de la glai ise non marneuse; mais, COMME on Tlimagine, sans eu obtenir le succès qu’on en avait attendu. C’est la chimie qui, la première, nous a donné la solution de ces faits qui semblaient en contradiction les uns avec les autres. Une autre cause qui empêéchait que l’usage de marner les terres ne s’étendit, € était Pabus qu’on en avait fait auparavant. Dans les lieux où l’on s’etait con- vaincu de la faculté éminemment améliorante de la marne, on calculait que cette espèce d’ engrais revenait à meilleur marché que le fumier; on croyait en conséquence pouvoir se passer de celui-ci, ôn diminuait la quantité du bétail, et vendait le foin et 14 païlle aux cultivateurs qui w’usatent pas de marne. Mais, comme 6n l'iragine, Tôrsque' la marne eut fui d’opérér son effet chimique, le sol devint stérile,‘et un second marnage ne pouvoit opérer: que 1res-peu d'effet Sur un terrain dépourvu d’humus, C'est cette circonstance qui donna naissance au vieux proverbe qui dit que la marne enrichit les pères et appauvrit Icsenfans. Au reste, dans une bonne culture, ce proverbe n est nullement fonde; on peut affirmer, au contraire, que la marne augmente progressivement la feruliié fertilité quels la| Aff49 tbres, de reste donc Comme partie du: vo Jeu r phee la dificile à la prosimi importance grande qu Heureuse répandue au-dessou: Sest sSOUVe à de gra quantité Lors pendant rapproch d'être inc que la ma qui ont À ment bu Avan Ou y cre que la 1 épaisses. out dar ne f, la mar vage, fondén de Couleurs, blable à telle 1Stes sur ap, RCE Qu'il pro lans les années arae, et leur ft € toutes part 1 O0 Wen avait surabondanee, ugé qui tout EOQUA presque 1 contraire, Les ant de pays de reuse, 0? sans leuses, Ailleurs ne dans Les bas glaiseuse qui, al presqu'en- usage, COTE qui pro- ur amender les 5 en obtenir ke us à donne la les autres, sône s'etendt, jn s'était CO0- : galculait que on croyal en jté du bétals maroe, Mais, et chimique; que très-pel je qui don et appaurr ment ondes sivement k foulée PA G/ROLC D L TU RE Mi 24T fertilité du sol, en ce que par son moyen on obtient des:produits' à l’aide des- quels la quantite de fumier est considérablement augmentée. 6 659. A 6$ 494 et suivans nous avons parlé de la nature de la marne, de ses carac- tères, de ses espèces et de la situation dans laquelle on la trouve. Ï] ne nous ‘reste donc plus qu’à parler de son emploi et de sa manipulation. Comme le transport de cette substance est la principale et plus coùteuse partie du marnage, il faut avant tout chercher à se procurer la marne dans un lieu rapproché du terrain auquel on la destine, suppose mème qu'à cette place la marne se trouvät à une plus grande profondeur et fut ainsi plus difficile à extraire et à charger, cet inconvénient serait toujours compensé par la proximité du charroi. Cette considération acquiert une beaucoup plus grande importance lorsqu'il s’agit de marne glaiseuse, qu’on veut appliquer en plus grande quantité à un sol léger, afin de donner plus de consistance à celui-ci. Heureusement cette marne argileuse, dans les contrées où elle existe, se trouve répandue presque par tout et d’une manière continue à une pete profondeur au-dessous de la superficie du sol; tandis que la marne calcaire et pierreuse ne s’est souvent amassée que dans les places isolées, de sorte qu’on doit la charrier à de grandes distances: au reste, comme on doit l’employer en moindre quantité, cela n’a pas de grands inconrvéniens, Lorsqu'il n’y a pas une grande difféence dans Péloignement, on doit ce- pendant choisir, pour l’extraction de lamarne, les places où elle est le plus rapprochée de la superficie du sol, et où la fosse doit courir le moins de risques d’être inondée par les eaux. Dans les contrées plates, c’est au haut des colines que la marne est à une moins grande profondeur, surtout à la sommité de celles qui ont à leur superficie une glaise brune qui se délite lorsqu'elle est médiocre- ment humide.: Avant d'ouvrir la marnicre il faut sonder le terrain au moyen d’une tarrière, ou y creuser des trous à une petite distance les uns des autres, afin de s'assurer que la marne est de la nature qu’on désire, et se trouve là en couches assez épaisses. Cependant il est rare qu’on la trouve non interrompue, et que, sur— tout dans les couches supérieures, il n’y ait pas des veines et des lits de sable. Il ne faut pas se laïsser rebuter par ce léger inconvénient, puisque, en extrayant la marne, on peut facilement jeter de côté tout ce dont on ne saurait faire usage, sil n’est utile pour combler les places où l'on a creusé plus pro- fondément. T. Il.|| 51 242 PRINCIPES RAISONNÉS Il convient alors d’analiser la marne qu’on a découverte, il est rare qu’on la trouve homogène; ordinairement ses parties constituantes varient de place en place: il faut donc en analiser plusieurs morceaux, et prendre sa composhion en moyenne, parce que, dans le charroï, elle se mélange en général assez bien. Plus le terrain sur lequel on veut la conduire est sablonneux ,. plus l'argile mar- neuse qui contient un peu de chaux est utile; cette argile peut déja être em- ployée avec succès, lors même quelle ne contient que 12 à 15 pour cent de chaux; cependant, pour que leffet de la chaux soit sensible, il faut alors que la quantité de marne soit d'autant plus forte. La seule marne qui contient beau- coup de sable n’est pas utile à ces terrains. En revanche la première. espèce ne conviendrait nullement à des sols argileux où glaiseux; il faut tâcher de consacrer à ces terrains de la marne qui contienne au moins 40 pour cent de chaux ou plus. Îci au contraire, la marne sablonneuse, qui souvent content beaucoup de chaux, non-seulement n’est pas nuisible, mais souvent elle est particulierement avantageuse. La marne pierreuse des pays de montagnes est surtout propre aux terrains argileux, parce qu’elle contient peu d’alumine, mais plutôt de la chaux et de la silice fine. À la vérité souvent elle ne se délite qu’à la longue. $ 640. Lorsqu'on s’est assuré que Ia marne est propre à l’usage auquel on Ja destine, et qu’elle se trouve en quantité suffisante, on commence par enlever les terres: qui la recouvrent. Îl est nécessaire de faire ce déblai d’une manière complète jusqu’à la couche même de la marne dont on veut tirer pari; souvent on peut employer ces terres à remplir des creux qui se trouvent dans le voisinage, sans cela on les dépose aupres de la marnière, du côté inférieur, et à une distance telle, qu’elles ne chargent pas les bords de la fosse, mais que cependant on puisse dans la suite, avec facilité, les employer à remplir les places où l’on aurx creusé à une plus grande profondeur. Comme dans l’extraction de la marne il faut autant que cela se peut, faire exécuter tous les travaux à Ja tâche; if convient d'employer cette méthode pour cette première opération; on peut en faire le marché par mêétres ou toises cubes. Si la terre ne doit pas être trans- portée dans quelque heu éloigné, on ne la fait point charrier par des‘chevaux, mais plutôt avec des brouettes à bras, quelquefois aussi on la jette avec des pelles sur les bords de la fosse. Le déblaiement de cette terre peut également être donné à la tâche et être compris dans le même marché; souvent ausst lon peut se servir avantageusement de l’instrument destiné à égaler les terrains, dont nous donnerons la description dans la suite. Quelqu d'autres À surtout lo remplir en La poruon peuse Jus(l DE quoi| ayant On Ü toute la su m'avoir pas Une de marnière D étendue. I faut< SOIenL pas afin qu'on Pour le juste prop de sorte varie sui profonde de terre, la fosse, marnière| Qui aus MOINS pa piocher] profonde Vall avanc et d'autre Si là prompte menter Manouy nan "6p are qu'on[a de place en COMpositon il assez bien, l'areile War- éjà être eme Pour cent de aut alors que Ontient beau: bière: espère ut lâcher de our cent de ent Content vent elle est ontagnes est umine, mas > délite qu'à à la destine, ver Les terres re complete vent on peut isLNAge, Sans une distance cependant on ; où l'on aura de la marne Ja tâche; il on; ON peul as être Lans des chevaus, .tLe avec des at également puvent aussi Les terrain D':A:C Ri LE© U ü TU RE; 243 Quelquefois il convient mieux de découvrir la marnière sur toute la surface, d’autres fois il vaut mieux n’en prendre d’abord qu'une portion. C'est le cas, surtout lorsqu'on ne doit pas creuser profondément, et qu’on se propose de remplir en partie la place où Pon a extrait la marne, par la terre qui recouvre la portion non extraite: l’on peut avancer ainsi dès le pied d’une coline mar- neuse jusqu’à sa sommité. Mais lorsqu'on veut aller à une grande profondeur, ce à quoi l’on se trouve d'autant plus disposé, qu’à mesure qu’on penètre plus avant on trouve la marne plus homogène et plus calcaire, 1l faut alors: deblayer toute la surface de la marnière, afin de pouvoir y travailler plus à l'aise et de n'avoir pas à redouter des éboulemens. Une étendue de huit perches en longueur, sur six en largeur*, forme une marnière bien proportionnée; cependant il est des cas où l’on double cette étendue. Il faut donner à la fosse une entrée et une sortie, afin que les attelages ne soient pas obligés d’y tourner; l’une et l’autre doivent avoir une pente douce, afin qu'on puisse entrer et sortir facilement. Ç 641. Pour l'extraction et le transport de la marne, il faut chercher à établir une juste proportion entre les ouvriérs qui piochent et chargent, et les attelages; de sorte qu'ils ne doivent pas s'attendre réciproquement, Cette proportion varie suivant l'éloignement du lieu où la marne doit être charriée, suivant Ja profondeur à laquelle elle doit être extraite, suivant la tenacilé de cette espece de terre, suivant la température et suivant la quantité d’eau qui s’amasse dans la fosse. Il faüt arranger les choses de manière qu'il. y ait toujours dans la marnière un chariot, une charrette ou un tombereau prêt à être charge, mais qui aussi ne doive pas attendre pour recevoir sa charge. Il ne convient du moins pas qu'il reste aux chargeurs plus de tems qu’il ne leur en faut pour piocher la marne, ou pour Pextraire, si elle se trouve à une trop grande profondeur pour pouvoir être jetée immédiatement sur les chariots. Si le tra- vail avance promptement, il faut yemployer desouvriers particuliers pour piochér et d’autres pour charger. Si l'éloignement est plus grand, les atielages ne peuvent pas revenir aussi promptément que s'ils n’allaient qu’à une petite distance; il faut donc aug- menter ou diminuer en conséquence le nombre des attelages et celui des manouvriers; cela peut facilement être re glé sur une inspection de la localité. * 96 pieds de Rhin en longueur, 72 en largeur. rad. Î 1 Î 244 PRINCIPES RAISONNES Si tout en n'ayant qu’un même nombre d'ouvriers, on en a un plus grand” d’attelages, on conduit alors la marne dans les lieux les plus éloignés; si au contraire la proportion des ouvriers est plus forte, on charrie la marne dans les endroits les plus rapprochés. 6 64%. Lorsqu'on donne ce travail à la tâche, souvent on yÿ comprend le transport; dans ce cas quelquefois on fournit les chevaux et les voitures, d’autre fois le tout est laissé à la charge des entrepreneurs. Le premier cas à lieu lorsqwon a des charrettes et des chevaux particulièrement destinés au charroi de la marne et du terreau; on destine alors à ce travail des bêtes sur lesquelles il ne puisse pas y avoir beaucoup à perdre. Lorsque la plus grande distance ne dépasse pas huit cent quarante à neuf cent soixante pieds de Rhin, on paie dans le Holstein pour un chariot qui contient environ dix-huit pieds cubes, 9 deniers. Si l’on a avec les attelages des valets ou des conducteurs à soi, onne paie, pour charger le chariot, que 6 ou 7 deniers. ci je paie pour charger un tel chariot un mauvais gros*. Îl est entendu, au reste, qu'il ne doit y avoir aucune difficulté extraordinaire dans lextraction de la marne, et qu’il n’est pas néces- saire de tirer cette substance d’une plus grande profondeur, avant de la charger sur les voitures. C’est ainsi qu’on arrange les choses, lorsque; à défaut d’autres occupations pour les attelages de charrue, on les emploie au transport de Îa marne, sans pourtant vouloir les ôter de la direcüon de leurs propres con- ducteurs, pour les abandonner aux ouvriers. Ce sont les circonstances locales seules qui peuvent décider s’il«convient mieux de tenir des chevaux particuliers pour cet usage, ou d’ÿ employer les attelages de charrue dans les momens de loisir. Si Pon veut donner au charroi de la marne une certaine étendue, le premier parti est presque indispensable, sans cela le travail n'avance qu’en proportion du loisir que les chevaux et les ouvriers ordinaires peuvent avoir. Si l’on consacre des chevaux exclusivement au charroi. de la marne, il faut également.avoir des ouvriers uniquement em- ployés à ce travail. Le genre des voitures est le plus souvent approprié à Pespèce de chevatix que l’on emploie. Lorsque ce sont des chévaux consacrés uniquement à ce: g Î Ï travail, les tombereaux à un cheval sont ce qu’il y a de mieux, et les bêtes s’y habituent à la longue à tel point, qu'un conducteur suflit pour deux ou trois tombereaux; alors ceux-ci sont versés par les ouvriers qui demeurent au champ * Environ 13 centimes. pour epèl donner l seiller les el dificile autant qu charge au puit à us de cent à Rareme d'une mar plus de ch p'a pas 2 obhgé à on penêl trouve de gare et avec Le tu ou de debarras travaille Ce so plus ou plus on: Ve travat précaut d'où$e cela co que les au-delà des cb Lor eaux€ des v de 4 XX E 1 plus grand 1QU6S; Si au À Aiarne dans le transport: Pautre foie le [eu lorsqi'on 1 de là marne silne puisse e ne déprse pate dans le es; Q deniers. je pale, pour p tel chariot Voir aucune t pas néces- de la charger efaut d'autres ansport de le propres con s'il«convient employer les er au charrol dispensable, hevaux et les exclusivement quemenl em= , de chevaut uemenl à Cë . Jes betes sf leux Où(rois ant au CDaDP cri D'AGRICULTURE 245 pour épandre. Si au contraire Pon emploie des chevaux de charrue, il faut donner la préférence aux chariots attelés de deux bêtes. Je ne saurais con- sciller les attelages à quatre chevaux, à moins que le chemin ne fut tres-long et difficile*. Sur un chemin de peu détendue, deux chevaux traînent presque autant que quatre. Avec ceux-ci je nai pu charrier que vingt-cinq picds par charge au plus, tandis qu'avec les premiers, on en charrie ordinairement dix- huit à dix-neuf, Le pied de Rhin cube pèse, dans son état d'humidité ordinaire, de cent à cent trois livres poids de Berlin. 6 643. Rarement la marne, surtout l’argileuse, est homogène dans toute l’etendue dune marnière. Il est des couches et des places où elle contient beaucoup plus de chaux, il en est d’autres où elle en contient beaucoup moins. Eorsqu’on m'a pas assez de pratique pour pouvoir distinguer cela à la simple vue, on est obligé d’avoir souvent recours à une analse superficielle, Ordinairement plus on pénètre profondément, plus la marne devient homogène; souvent il sy trouve des veines où des couches de sable. Ce sable est quelquefois très-cal- eaire et alors il est excellent pour les terrains argileux, ou pour être mêle avec le terreau et la tourbe. Mais-si même on ne peut pas faire usage du sable ou de l'argile qui ne contiennent que peu de chaux, il ne faut pas moins s’en: débarrasser, et dans ce cas on les jette dans les creux où l’on ne veut plus travailler. x 6 Gik. Ce sont l'épaisseur et la nature de la couche de marne, qui décident du: plus ou moins de convenance de creuser plus profondément. Ofrdinairement plus on pénètre dans la couche, plus on la trouve calcaire;. mais aussi plus le travail est pénible et coûteux, et même dangereux, si l’on ne prend de grandes: précautions. La marne doit alors être jetée sur un échafaud' ou un entrepôt, d’où seulement on peut fa mettre à portée d’être chargée sur les voitures: et cela coûte: souvent des frais doubles. Il faut donner une attention suivie à ce que les paroïs ne surplombent pas, et à ce que les ouvriers ne creusent pas au-delà de la ligne perpendiculaire; parce que sans cela l’éboulement d’un des côtés pourrait facilement occasionner des malheurs: Lorsqu'on pénètre plus avant, on a le plus souvent aussi à lutter contre les eaux qui sy jettent de la superficie du sol, ou quelquefois y filirent au travers: des veines de sable. M faut alors puiser Peau au moyen d’une pompe. Mais. ** Et alors il est douteux que le marnage fut une opération très-profitable. Trad, 246 PRINCIPES RAISONNÉS quelquefois l’eau provient d’une source et est si abondante, qu’on est obligé d'abandonner la marnière, à moins qu’elle ne soit assez élevée pour pouvoir être égoutée au moyen d’une tranchée souterraine. Cette circonstance fait que rarement on creuse à plus de dix à douze pieds de profondeur. Cependant quelques cultivateurs n’ont pas laissé d’extraire de le irés-bonne marne à une profondeur double. 6 645, La quantité de marne qu’il convient de donner à un champ varie beaucoup; elle dépend de la nature de la marne et du sol, et du but qu'on se propose d'atteindre. Plus la marne est calcaire et plus elle produit d’effet, par consé- quent, moins la quantité qui doit en être employée est considérable. L’on en- visage alors un marnage de vingt à vingt-cinq charges de dix-huit pieds cubes par Journal, comme assez abondant; cette espèce de marne doit contenir soixante pour cent et plus de chaux; on l’emploie sur du terrain glaiseux ou argileux. Plus l'argile domine dans la marne, plus la quantité qu’on doit en appliquer au terrain doit être grande, surtout si ce terrain est sablonneux, parce que indépendamment de l’amélioration chimique qu’il reçoit, le sol en obtient aussi une physique et durable. On donne au sol, sur toute l’étendue du champ, la quanuté d’un pouce d'épaisseur, ce qui fait par journal cent vingt chariots tels que ceux dont nous venons de parler. Dans la plupart des contrées, lors- qu’on a commencé à marner, on a employé la marne en quantité tout aussi grande, quelquefois plus encore, et sans aucun doute il en est résulié un avantage durable et une amélioration de la nature du sol. Cependant je vois que dans tous les pays où l’on a acquis plus de lumières sur ce procédé, et où on Pa pratiqué plus en grand, on est devenu plus économe, et l’on s’est borne à soisante chariots, quelquefois même à quarante par journal. On a cependant obtenu de ce marnage l'effet qu’on désirait, seulement il a été moins durable et n’a été sensible que pendant dix ou douze ans. Mais alors on a trouvé d’autant plus d'avantage à le renouveler au bout de douze ou seize ans, ce qui n’avait pas lieu avec le même succès, lorsque le premier marnage avait été trés-abondant. Cette raison fait qu’on préfère æppliquer d’abord à une plus grande étendue de terrain le travail qu'on peut vouer à cette bonification, et soixante chariots d’une marne qui contient environ vingt-cinq pour cent de chaux, sont la pro- portion Îa plus ordinaire; de cette manière la couche qui est ajoutée au sol a environ demi-pouce d'épaisseur, Si la marne contient beaucoup moins de Chaux, et dans ce cas elle ne peut convenir qu’aux terrains sablonneux, il faut, pour en: d'autant| Ces dif du sol,€ renouvelle efet du se Une autre ke premier assez gra élé épuis de la mari en eût&té pis omis( prices al: où l'on m de fumier que de fut dessus et doute, n mauvaise vigueur d encore& ces sucs: chimique a€ la mare Oh n'ap) de marn au-delà On W doit en leuse al bonne: tepend. } û on HA, est Oblgé : POUr pouro douze pied de pe: Extraire de le arie besutonp; V On se Propose el, par conse- rable, L'onen- luit pieds cubes » doit contenir ain glaiseux ou it en appliquer Us, parce que n obtient aussi du champ, la vingl chariots ontrées, lors- JUILE tout ausst st resulle un ndant je voi océdé, etou n s’est borné a cependant as durable et uve d'autant e qu n'avait abondant. étendue de nte chariots sont la pro gtée au s0l ) moins de US il fut, D'AGRICULTURE. 247 pour en éprouver des effets également satisfaisans, en employer une quantité d'autant plus grande. 6 646. Ces différences dans la quantité de marne employée et dans la consistance du sol, expliquent les contradictions apparentes des expériences faites sur le renouvellement du marnage. Une fois, par exemple, on n’a aperçu aucun bon effet du second ou du troisième marnage, si même on n’en a vu un mauvais, Une autre fois le second marnage a produit plus d’effet que le premier. Dans le premier cas tout ce que la marne peut donner était encore dans le sol en assez grande abondance, mais l’on avait négligé de fumer, et l’humus qui avait été épuisé ne pouvait pas être remplacé par une marne ordinaire. Si c'etait de la marne argileuse, il se peut qu’un sol qui ne manquait déjà pas d'argile, en eût été surchargé et par là réellement détérioré. Dans le second cas on n'avait pas omis de fumer, les propriétés physiques de la marne étaient mieux appro- prices à la nature du sol, la consistance de celui-ci s’améliora. Dans les heux où l’on marne régulièrement les terres, mais où l’on applique au sol une quantité de fumier suffisante, on est disposé à croire que le sol a plus besoin de marne que de fumier, lorsqu'une espèce quelconque de mauvaise herbe y prend le dessus et y pousse avec beaucoup de vigueur. Alors le marnage qui, sans doute, nécessite une jachère complète et soignée, non-seulement détruit les mauvaises herbes, mais encore donne plus de fécondité que le fumier; car la vigueur de Ja mauvaise herbe dont le sol est couvert, prouve que le sol contient encore en abondance Îles sucs propres à l'amélioration des végétaux, mais que ces sucs sont plus appropriés à cette mauvaise herbe qu'aux céréales. L'action chimique de Ia marne change probablement la nature de P humus. Mais dans les contrées où l’on est dans l’usage d’amender souvent avec de Ja marne, on n’emploie ordinairement cette substance qu’en quantité très-moderée. On n’applique guères à un terrain sablonneux que vingt-cinq à trente chariots de marne argileuse par chaque jouraal, et à un terrain glaiseux, souvent pas au-delà de dix chariots de marne calcaire, sur une même étendue. $ 647. On n’est pas plus d’accord sur la durée des effets du marnage, et cette durée doit en effet varier avec les circonstances, Une forte addition de marne argt- leuse améliore d’une manière durable les qualités physiques d’un terrain sa— blonneux, en sorte qu’il rapportera toujours de meilleures récoltes, pourvu cependant qu’il soit fume en tems convenable. On apereoit Peffet chimique 248 PRINCIPES RAISONNÉS de la marne pendant dix ou vingt ans, suivant qu’elle avait été employée en plus ou moins grande quantité. On borne à douze ans effet de la marne calcaire sur le terrain argileux. Dans diverses contrées, c'est d’après cette pro- portion qu’on bonife aux fermiers les frais du marnage fait pendant la durée de leur bail et dont ils n’ont pas pu retirer tous les avantages. Si par exemple le fermier n’en a joui que cinq ans, on lui bonifie les des frais; sil en a joui neuf, seulement alors les£. Ordinairement l’amélioration produite par la marne va en croissant jusqu’à la troisième année, bien entendu cependant que le terrain ait été convena- blement fumé dans son tems, et alors elle commence à décliner. Au reste, cela dépend du plus ou moins de facilité que la marne a à se diviser complé- tement, puisqu'elle ne produit son effet que lorsqu'elle s’est combinée int mément ayec le sol. C’est par cette raison qu’il importe si fort de lui donner les travaux necessaires après qu’elle a été charrice. Ni 648. Lorsqu'on entretient des chevaux uniquement destinés à charrier la marne, comme cela se fait dans les lieux où l’on pratique cette opération en grand, on continue ce transport sans interruption pendant toutes les saisons, aussi long-tems que la température et des gelées qui auraient pénétré trop avant en terre, n’y mettent pas obstacle. Mais si lon exécute ce charrot avec les atte- lages ordinaires, souvent même avec des bœufs, cela ne peut avoir lieu que pendant l'arrière automne et l'hiver, et depuis les semailles de printems jusqu’à la moisson. La marne charriée pendant le cours de l’hiver et un peu auparavant, produit un effet très-prompt, parce que le froid la divise complétement. Lors- que la gelée n’a pas pénétré trop profondément avant la chute de la neige, …1l vaut la peine d’enlever celle-ci dans les lieux où l’on veut fouir, de faire briser les parties gelées, et de faire transporter la marne sur des traineaux. Lg marne qui a été charriée plus tard se divise rarement assez, pour pouvoir se mêler complétement avec le sol, lors même qu’on aurait donné de fréquens labours; ainsi elle ne produit que peu d’effet sur la première récolte de grains d'automne. On suit rarement ce précepte des Anglais, qui veut qu'avant d’être enterrée la marne demeure étendue sur le sol, exposée pendant deux étés à l’ardeur des rayons du soleil, et pendant un hiver entier à l’äpreté du froid. Si, comme on le prescrit et comme cela arrive ordinairement, on charrie la marne sur la jachère après le premier labour, il faudrait, pour suivre ce pré- cepte, donner successivement deux jachères mortes complètes. Mais les Anglais la a char pousse marne chart jusqu'à buresul du roul assez PO 50) ap! uo plus Quel ont che grains€ plus 50 lument Îl es mantere donne: de ma celte premi Voner aband est en ne So ne se seule Sployée en de La Marne tés celle pro dant la durée Si Par exemple frais; ÿ en à lOlssant qu'à t été convena ner, Au rie, hyiser conple- combinée iti- L de lui donner arrier la marne, kon en grand, 5 SASODS| Aussl 'ë Lrop avant en où avec les atte< t'avoir lieu que niems jusqu k eu auparafi, étement. Lors- de la neige, 1 ouir, de fre des traneaus. | pour pouror né de frequens colle de grains qu'avant d'etre nt deux étés à : du froid. 5 on che là suivre CE pré- us les Aglas la D'AGRICULTUR.E. 249 Ja charrient aussi sur les sols qui sont en repos; alors l’herbe et les trefles y poussent vigoureusement el donnent un pâturage abondant; au moyen de cela la marne peut facilement être mélée avec le sol, après qu'il a été déchaume à la charrue. Si elle a été charriée avant l'hiver, et qu’elle ait demeuré sur le sol jusqu’au milieu de l’été, elle est ordinairement assez pulvérisée, pour pouvoir être suffisamment mélangée par des labours répétés et par l’action de la herse et du rouleau. Mais celle qui n’a été charriée qu’au printems, se divise rarement assez pour ne pas rester pendant quelque tems en monceaux et en molles dans le sol, après qu’on la rompu. La prennère produit un effet plus immédiat, la dernière un plus tardif; la première année l'effet de celle-ci n’est presque pas sensible, Quelques culuvateurs voulant profiter immédiatement de la marne qu'ils ont charriée sur leurs terres, sèment sur les terrains ainsi marnés dejà des grains de printems, tels que de l'orge, de. l’avoine ou du blé noir, mais le plus souvent avec peu de succès. Une jachère morte et bien soignée est abso- lument nécessaire pour que la marne produise promptement son effet. $ 649. Il est superflu de dire que la marne doit être épandue avec soin et d’une maniere parfaitement égale. Après que ce travail est accompli, il convient de donner au sol un fort hersage par un tems sec, et sil y reste des morceaux de marne non-divisés, d’y passer le rouleau, puis de rechef la herse apres que cette marne a recu la pluie et s’est séchée de nouveau. Alors on lui donne Île premier labour, qui doit être aussi superficiel que cela est possible. Après celui-ci l’on en donne encore trois autres, en faisant chaque fois suivre un hersage, et l’on abandonne à la nature la combinaison intime de la marne avec le sol. Si la marne est en mottes, cette combinaison ne peut pas avoir lieu; Île mélange complet ne s'opère alors que peu à peu aux semailles suivantes. Mais jusques-là ce qui ne s’est pas mêlé avec le sol sous la forme d’une pouüre fine, demeure non- seulement inefficace, mais même positivement nuisible à la végétation. Ç 650.| L'on comprend que les frais du marnage doivent varier infiniment. Le travail de l'extraction et du chargement de la marne dépend essentiellement de la pro- fondeur d’où l’on tire cette substance. Cependant la tenacité de la marne et la quantité d’eau contre laquelle on a à lutter, ne laissent pas d’avoir une grande influence sur ce travail. Si la marne peut être enlevée à mesure qu’elle a ete détachée avec le hoyau, on paie assez généralement de 6 à 8 deniers pour charger un chariot de 18 pieds cubes. Dans le Holstein on paie pour cela un rar| 32 250 PRINCIPES RAISONNÉES schelling et demi, ou 9 deniers argent pesant; au moyen de ce salaire, Îles ouvriers auxquels on fournit les bêtes de trait et les voitures, mais point d’ou- üls, doivent charrier la marne et l’épandre à mesure, bien entendu cependant que l'éloignement du champ ne soit pas tel qu’on ne puisse transporter vingt cinq charges en un jour. Ici je paie pour charrier un tel chariot, sans le conduire, et en fournissant aux ouvriers les hoyaux nécessaires, 1 gros mauvais argent, ce qui fait environ un schelling de Danemarck. À ce taux les ouvriers sont payes convenablement. Le charroi dépend absolument de l'éloignement: il n’est pas rare qu’on transporte de la marne calcaire sur un terrain argileux à un mille de distance et plus, de sorte qu’un attelage ne peut conduire que deux charges par jour, souvent même qu’une seule. Le marnage revient alors à très-haut prix, lors même qu'on y met toute l’épargne possible; quelquefois les frais qu'il occa- sionne dépassent ceux d’un amendement avec de la chaux. On ne peut employer la marne glaiseuse que dans son voisinage; on cherche donc à se la procurer dans chaque champ et dans une position aussi rapprochée que cela est possible; on préfère même ne pas épargner les frais que, dans l’ouverture d’une nouvelle marnière, ilen coûte toujours pour déblayer la couche de terre dont la marne est couverte. Lorsqu'on connaît la distance, on peut facilement calcuïer le nombre de charrois que, dans chaque localité particulière, un attelage pourra faire en un jour. On voit assez souvent se réaliser le compte suivant des frais de marnage dun journal., Rixdalers gros. Pour extraire et charger 60 charges de marne, à 8 den. l’une 1 16 Deux chevaux qui, en moyenne, charrient en trois jours la quantité nécessaire à un journal, le cheval calculé(y com- pris la voiture) à 8 gros.......... 2» Pour épandre la marne, par journal......+»() Frais d’ouverture de la marnière, et autres accidentels.,» 6 Le charretier, à 6 gros-par jour.+- …+...» 15 5 rixdal.*Ÿ Au reste ce calcul est dressé d’après les circonstances les plus favorables; * IFimporte beaucoup au cultivateur de commencer, avant d'entreprendre une telle boni- fication en grand, non-seulement d’en faire l'essai sur une petite étendue, mais encore d'en: bien calculer les frais d’après les circonstances de sa propre localité: chez moi ces frais. s'élèveraient sensiblement plus haut que çe qui est indiqué ici. Trad. gi les( les plu un jOu Dans© cheval Ja champ sur hp chevau puit su avec le On dela: de ph ha peu absolu plusie à peu engre sur u de te là on peine Ce amer nes Con enr dés peut don ln qu dif | e Salaire, le x point d'ou- du Cependant SpOrter ving. 2s le Condure, uvars argent son Pas rare qu'n lle de distanes axges Par jour, haut pris, lo rais qu'l occa > peut employer à se la procure la est possible; d'une nouvelle dont la marne ent calculer le attelage pourra 1s de marnase Rixdalers. gros. 1 2 D +. 1 y y 18 MR ve 5 rixdal.* 1 favorables; Lars ue telle bon sais encore del , moi ces Dai D'AGRICULTURE. 251 siles difficultés augmentent, les frais augmentent à proportion. Dans les jours les plus courts, en hiver, on ne pourra peul être faire que quinze charrois en un jour, tandis que dans les longs jours de l'été on en fera jusqu’à vingt-cinq. Dans cette première saison, du reste, on doit mettre les journées de travail des chevaux à un prix plus bas, pour leu Jai connaissance d’un cas où, afin d’exécuter rapidement le marnage d’un champ situé à un éloignement considérable des bâtimens, on sema des vesces sur la partie du terrain qui avait déjà été marnée, et l’on nourrit par ce moyen les chevaux destinés au charroi de la marne, que, pour cet effet, on laissait jour et nuit sur place, en les tenant attachés avéc une corde, afin qu'ils ne foulassent avec les pieds que l’espace qui leur était immédiatement consacré. 6 651. On a toujours éprouvé des effets sensibles de l’emploi de la marne, surtout de la marne argileuse sur les terrains sablonneux; lors même qu'après un repos de plusieurs années, le terrain était épuisé et stérile au point de ne pas valoir la peine d’être ensemencé. Cependant cet effet n’est que relatif et nullement absolu. Le produit s’élèvera de deux et demi scheffels par journal à cinq, pour plusieurs récoltes, surtout pour la troisième; ensuite ce produit déchinera peu à peu, si lon ne donne au sol un long repos, ou si on ne le fume avec des engrais d’étable. Mais leffet de la marne est incomparäblement plus sensible sur un terrain qui Contient encore des sucs et de l’humus, qu’on a soin de fumer de tems en items, et qu’on laisse reposer en pâturage avant qu'il soit épuisé: là on a souvent obtenu dix schelfels d’un terrain qui, sans engrais, en aurait à r en attribuer un plus élevé en éte. peine donné quatre. Cette amélioration est bien plus grande et plus durable, si on lui associe un amendement avec du fumier d’étable, lors même que la quantité de celui-ct ne serait pas très-considérable, Si le sol n’est pas dans un état prospère, il convient de lui donner un amendement de quatre chariots de fumier au plus, en même tems qu’on le-marne, ou du moins l’année suivante. Si le terrain est déjà passablement fertile, 1l serait alors à craindre que le blé ne versät; on peut donc retirer deux ou trois récoltes de grains après le marnage, avant de donner des engrais d’écurie. Mais aussitôt que ceux-ci paraissent nécessaires, il ne faut pas hésiter de fumer;.sans cela le terrain serait encore plus épuisé qu’il ne l’eùt été, si l’on n’y eût pas mis de la marne, et il serait alors tres- difficile de le remettre en bon état. Il est également tres-avantageux de joindre l'emploi du terreau à celui de la 252 PRINCIPES RAISONNÉS marne; cette réunion produit des effets très-prompts et trés-sensibles, même sur un terrain épuisé.| En Angleterre, lon a essayé avec un grand succès d’enterrer, pour servir d'engrais, une récolte de blé noir encore verte. La spergüle ne serait pas moins propre à cet usage.| J'espère qu’en 1810 je pourrai, à l’occasion de ces mélanges, faire des expe- riences comparätives sur un terrain épuisé; les charges et les frais que j'ai eus à supporter au sujet de la guerre; n’ont pas permis que ces expériences eussent lieu plutôt. $ 652, Le marnage est de toutes les améliorations celle qu’on a le plus souvent la possibilité d'opérer, c’est une des plus durables, et, si Pon en excepte un peut nombre d’autres, c’est celle qui présente les avantages les plus considérables. S.655.. Enfin, 1l est encore une terre qui produit des effets frappans lorsqu’elle est employée comme engrais, qui contient une grande proportion de chaux, et qui est, outre cela, ires-riche en humus. On la trouve dans ces bas-fonds voisins des grands fleuves, et qui, sans aucun doute, ont été formés per alluvion. Cette terre est bleuâtre et semblable à une glaise friable très-maigre, mais douce au toucher; quelquelois elle est mêlée de petits coquillages. Pour l’ordinaire elle ne repose pasimmédiatement au-dessous de la terre végétale; il yaentre-deux une glaise stérile, qu’on est obligé de défoncer et de déblayer. Nous avons analisé une terre de cette espèce que nous avions tirée des bas- fonds de l’Oldenbourg, et nous y avons trouvé les parties constituantes ci-après. Sable lin, séparé moitié au lavage, moitié par l’ébullition. 36 Cabonas de chaug amii,ert ais paigol sh cars pi Homes Di ue du Mi Du EF bineaonessr 4 agile Bridbets ni nou Ph Deer re Dig lé 1 Gba Hosts us te: Total.. 100 L'humus était évidemment d’une nature. animale, et lorsqu'on le brülait il donnait une odeur puante. _ Je présume qu'on pourrait trouver de cette terre féconde et améliorante, dans plusieurs lieux où on ne la connaît point encore; elle s’est formée des dépouilles des plantes, des poissons et des coquillages déposés parmi du sable fin, et elle a été ensuite recouverte par les substances que les eaux entraînent des hauteurs. fl vaudrait Les vallées (hn pro On ouvi longueur, de l'autre; estrait alors une profe continue la qu'on gent jusqu'à ce Cette esp quelle vier gneusemen amende de L'uulue une decow emploi da répandu; auquel l'as dans la pri tance, dans Hehlen en de Nicdek t dans ses€ employée, public par signées dar ce fut surtc produit sw et, d'aprè P'étendire Celte ques Dans le lines,( lion; r Sibles, Même Ts POur servi are des erpé: 1S Que j'a eng FUCes EUSsent Jus souvent k KCeple un peut considérables, orsqu'elle est le chaux, et es bas-fonds per alluvion, », mais douce ar l'ordinaire aentre-deus ree des as- tes ci-aprs. 56 : brülait l ante, dans dépouilles| 0, et elle hauteurs PAG k PÉU LEE U RE 253 11 vaudrait la peine de faire des fouilles pour chercher cette terre, dans joutes les vallées qui paraissent avoir été autrefois couvertes par les eaux. On procède de la manière suivante pour extraire cette espèce de terreau. On ouvre d’abord une fosse de cinq à six pieds de largeur sur donze de longueur, on jette la terre végétale de la superficie d’un côté, et Pargile vierge de lPautre; celle-ci a ordinairement de quatre à cinq pieds d’épaisseur. On extrait alors la terre désirée qui se trouve au-dessous, et l’on fouit pour cela à une profondeur aussi grande que cela peut avoir lieu sans danger; alors on continué la fosse en jetant la terre végétale d’un côte et l'argile dans le creux qu’on vient de faire; on extrait la terre améliorante du fond, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait la quantité de cette terre dont on a besoin. Cette espèce de terre est en elle-même absolument stérile, du moins lors qu’elle vient d’être extraite; mais après qu’elle a été mêlée avec le sol et soi- gneusement travaillée, elle donne à celui-ci une grande fécondité: un terrain amende de la sorte se distingue long-tems par sa ferulité. S652: L’utilité du gypse(sulfate de chaux) employé comme engrais, n’est point une découverte nouvelle; on trouve, déjà dans Pantiquité, des traces de son emploi dans des contrées et des lieux isolés, mais cet usage ne s'était pas répandu; c’est seulement vers le milieu du dix-huitième siècle qu’un homme auquel l’agriculture a de grandes obligasions, le pasteur ayer de Kupferzell, dans la principauté de Hohenlohe, apprit à connaître les effets de cette sub- tance, dans la correspondance qu'il soutint avec le comte de Schuhlenbourg de Hehlen en Hanovre, pays où depuis long-tems, et surtout dans les environs de Nicdek près Gôttingen, on employait le gypse comme engrais. Mayer étendit dans ses écrits la réputation du gypse: cette substance ne tarda pas à être employée, surtout en Suisse; là ses effets furent portés à la connaissance da public par les experiences décisives de Tschiffeli et d’autres agriculteurs, eon- signées dans les Mémoires de la Societé économique de Berne. En Allemagne ce fut surtout Schubart de X/eefeld qui mit au jour les grands effets que le gypse produit sur le trèfle. Mais plusieurs personnes s’élevèrent contre son système et, d’après de prétendues expériences et des essais tout au moins imparfaits, prétendirent que le plâtre était completement inefficace ou même nuisible; celte question demeura ainsi pendant long-tems sans être résolue. Dans le parti des opposans se rangèrent surtout les inspecteurs de diverses salines; qui craïgnaient de ne pouvoir plus écouler le résidu, de leur fabri- cation; résidu qui, jusque-là, avait été employé dans les contrées voisincs 204 PRINCIPES RAISONNÉS En revanche l'emploi du gypse comme engrais, se propagea beaucoup en France, surtout dans les environs de Paris, et de là en Amérique, où, dans les premiers momens, on le faisait venir de Montmartre en grandes car- gaisons. Nulle part l’usage du plâtre ne s'est propagé aussi rapidement que dans les diverses provinces du Nord de l'Amérique, et nulle part il n’a trouvé moins de partisans que parmi les culüivateurs anglais. Dans mon ouvrage sur Vagri- culture anglaise, j'ai donné pour raison de cette circonstance la quantité de parties calcaires dont le sol de la plupart des provinces de l'Angleterre est rempli paturellement ou artificiellement; mais j'étais dans l’erreur, puisque le gypse produit également son effet, lors même que les terrains sur lesquels on Vépand contiennent des parties calcaires, et que cet effet est également très- sensible dans des contrées où il y a beaucoup de roche gyspeuse et où, par conséquent, le sol contient, suivant toutes les apparences, beaucoup de parti- cules de gypse. Peut-être le préjugé qui existe en Angleterre, contre tout ce qui vient de France et peut-être aussi d'Allemagne, ferma-t-il les yeux aux cultivateurs de ce pays: c’est aux préceptes des Américains seulement qu'ils paraissent s'être rendus. $ 658. On ne peut contester que dans les expériences faites pour constater Îles qualités du gypse, dans son emploi comme engrais, on ne trouve des contra- dictions apparentes, et il est certain que ses effets sont modifiés par diverses cir- constances qui n’ont point encore été suffisammentapprofondies. Le gypse produit plus d'effet sur les terraius secs que sur les humides, et dans les tems secs que dans les tems pluvieux. Une température aqueuse tout au moins arrête ses effets, elle paraît même les supprimer tout à fait, surtout lorsque le gypse a été cal- ciné: celui-ci ne produit aucun effet sur un terrain épuisé qui ne contient que peu ou point d'humus’, il n’a qu’une influence très-peu sensible sur la végétation de plusieurs plantes, tandis que sur d’autres, il en a une tres-grande. Du nombre de ces dernières sont toutes les plantes à fleurs légumineuses et crucifères. Le gypse agit sans aucun doute sur les plantes elles-mêmes, et par conséquent avec plus de force, lorsque sa poussière s'attache aux feuilles et y demeure long-tems. J'ai remarqué cela d’une manière Wwès-convaincante sur une haie d’aubépine, dont un côté légèrement couvert de poussiere de plâtre poussa vigoureusement au hout de huit jours, tandis que l’autre côté qui n’avait point été atteint par le plâtre, resta de beaucoup en arrière. Le gypse n’opère cependant pas uni- quement de cette manière, comme je l'avais cru au premier abord; il agit aussi sur le sol, ainsi que j’eu ait été convaincu par une expérience récemment faite sur perche de 1809 0: » former d plitrée où manière Nous av bablement décompos plus comp peut-être û qu'elle à à gene, se& celle eoml avec des: carbonique euhère à\a de l'eflet« ou de sul On fai quelquefoi du genre Mais Je n'a On em} être dffen après. qu’ assaut,-C sie; pour POussiere pas ele ç reduit en Dans« par Le pages but | Amérique, où een grandes ey. pidement Que dans n'a trouré non Ouvrage sur l'an. nee la Quantité de le l'Angletene os erreur, puisque la aiDs sur lesquels on est également trs. Yspeuse et où, par | beaucoup depart 2rre, Contre Lout ce ma-t1l Jes yeux aut üns seulement qui pour const ls » trouve des contri- fiés par diet les, Le gypse produit ns Les terms sets QUe jins arrête ses#fè, Je gypse cd ne contient que pti le sur la végéiiot grande. Du ponbre es et crucières IE jar conséquent a1ii demeure long-en » haie d'aubipits sa vigoureenet int été attell pi pendant ur ser abord; i agit siggee rérenut D'AGRICULTURE. faite sur ce sujet. Dans l'automne 1808 nous épandimes du plâtre sur une perche de terrain soigneusement marquée et ensemencée enseigle. Au printems 1809 on sema sur ce champ, qui était assez appauvri, du trèfle blanc destine à former du pâturage; ce trèfle a manque presque partout, exceple sur la perche plâtrée où il est vigoureux et épais; de sorte que cette place se distingue d’une manière tranchante surtout ce qui l’environne. 6 656. Nous avons indiqué à f 491 de quelle manière le gypse agit sur Îe sol. Pro- bablement il entre avec l’humus dans une action réciproque très-lente; lhumus décompose l'acide du gypse et produit de l'acide carbonique ou une substance plus composée; nous ne connaissons point encore cette dernière substance, peut-être même ne la connaîtrons-nous jamais, à cause de Ja grande disposition qu’elle a à se décomposer. El est vraisemblable que Je soufre aïnsi privé d’oxi- gène, se combine avec la chaux et avec une partie du carbone hydrogéné, et que cette combinaison produit l'odeur fétide qui se dégage dans le melange du plâtre avec des substances en putréfaction. Suivant toutes les apparences cet acide: carbonique et ses nouvelles conibinaisous sont appropriés d’une manière parti- eulière à la nourriture de certaines plantes. De là vient que le gypse ne produit de l'effet qu’autant qu'il rencontre dans le sol une quantité suffisante d’humus. ou de substances en putréfaction, $ 657. On fait usage du gypse surtout pour je trèfle et les végétaux du même genre}. quelquefois aussi pour les légumes; comme il agit aussi sensiblement sur ceux du genre des choux, je présume qu'il serait également avantageux au colza; mais je n’ai connaissance d'aucun essai qui démontre Fa réalie de ce fait. 6 658. On emploie le gypse calciné et non ealeiné, sans que les effets paraissent en être différens; si du moins il ne tombe pas sur le: gypse calciné(plâtre) bientôt après. qu’il a été seme ,. une forte pluie qui l’entraîae et l’agglomère en le dur- cissant.. Ce qui importe le plus, e’est qu'il soit pulvérisé amant que cela est pos- sible; pour qu’il produise beaucoup d'effet, il faut qu'il soit réduit absolument en poussière; mais cela même est beaucoup plus difficile, lorsque le gypse n’a pas été calciné; Le gypse qui a subi Paction du feu peut très-facilement être: réduit en poudre. Dans quelques endroits cette pulvérisation. est opérée à très-peu de frais par le moyen. de moulins à eau. Dans les lieux où l’on n’a pas de ces moulins 206 PRINCIPES RAISONNÉS on est réduit à se servir de divers instrumens à bras ou à main; alors on pile le gypse dans des mortiers et dans des auges, on le broie avec les machines destinées à dépouiller le millet ou à faire l'huile de colza, ou bien on le brise dans une longue auge, dans laquelle on fait mouvoir une meule de moulin usée, que, pour cet effet, on place dans son sens vertical. Lorsque le gypse a été ainsi broÿé, si l’on veut qu'il pro duise beaucoup d'effet, on le passe au tamis, puis on remet sous la meule les parties qui n’ont pas été#ssez pul- vérisées. Le plâtre préparé de cette manière doit être conservé dans un lieu sec, afin qu’il n’absorbe pas l'humidité qui pourrait lui rendre en parue son ancienne adhérence. $ 659. Pour épandre le plâtre on choisit un jour où il ne fasse pas de vent, et où la rosée ait été très-forte; on l’éparpille à la main, le matin de bonne heure, ou le soir tard, surtout sur le trèfle, afin qu’il s'attache aux feuilles de cette plante, qui alors sont ordinairement humides. Il faut absolument éviter d’épandre cette espèce d'engrais lorsqu'il y a beaucoup de mouvement dans l'air, ou que le tems estpluvieux. Le plâtre nesemble jamais produire plus d'effet que lorsqu'on l’'épand sur un trèfle déjà assez avancé dans sa végétation, pour que ses feuilles couvrent passablement le sol. Le plus souvent c’est donc au commencement de mai que ectte opération doit avoir lieu. Cependant quelques personnes se sont bien wouvées d’épandre aussi du gypse en automne sur le jeune trefle de l’année. Souvent on en sème après la première coupe afin d’accélérer la végétation de la seconde; il arrive alors frèquemment que celle-ci produit plus que la première, quoique sans cela ce dut être le contraire. _ La quanuté de plâtre qu'on épand sur un journal varie entre un et deux scheftels. S'il est parfaitement pulvérisé, la première quantité suffit; s’il en est autrement, il faut en mettre une plus grande quantité. $ 660. De tous les essais que j'ai faits ou dont j'ai eu une connaissance positive; il n’en est aucun dans lequel leffet produit par le gypse ne se soit montre évi- demment; lors du moins que ces essais avaient été disposés avec les précautions convenables et n’avaient pas été dérangés par des pluies inattendues, ou des accidens de température. Je n'hésite donc pas à recommander l’emploi du gypse comme moyen d'augmenter l'intensité de la végétation du trèfle, partout où l'on peut se procurer cettesubstance àun prix tel qu’il n’en coûte pas au-delà d’un rixdaler huit gros, pour donner à un journal un scheffel et demi de gypse bien pulvérisé. On peut attendre avec certitude que sur un terrain passablement | fécond, fécond de 5 vention de plan Auresle sera tels terrain.£ pour que qu'un€ pourri| sur le tr Toutes epère pi immedia de trelle lorsqu'il le gypse tiges du La plant da ble q Ainsi do mais 1l p lon d Cette permet€ mas 1l 1 terrain€ Le gj employés salines souvent, Les e, pelites€ commu L alors le les acte en on le bris ule de moulin que le où le Je à Paie au €&sey pule € dans un leg en parle son : Vent, et où la onne heure, ou de cette plute, d'épandte telle » Ou que letens rsqu'ou'epand uilles couvrent eut de mai que $ se sont bien le de l'annee a VégelE Ion de ue la première, tre un et deux ft; Sen est ance poses à montré 6 es préautons dues, OÙ des ploi du Ga artout OÙ au-delà d'un le gypse bien gssablement feroads 9 Luc -D'AGRICULTURE, 257 Dr.° e e fécond, cependant pas excessivementferule, on obtiendra, par chaque journal, de six à huit quintaux de trèfle, en sus de ce qu'on eût obtenu sans l’inter- vention du gypse; bien entendu cependant que le. sol soit passablement garni de plantes; puisque là où1l n’y en a pas, le gypse ne.peut pas en faire naître. Aureste, pourvu qu'il y ait une plante sur chaque pied carré, l'effet du gypse sera tel, qu'au moment de la floraison, le trèfle couvrira complétement le terrain. Si en revanche le trèfle est très-épais, et si le sol a assez de fécondite pour que le trèfle pousse vigoureusement de lui-même, le gypse ne produirait qu'un excès de végetauion ui donnerait au trèfle de Îa disposition à q 5 9::