—— PRINCIPES RAISONNES DAGRICUILTURV. T OME PREMIER. Ouorages qui se trouvwent chez le méme Libraire. AeROSTOLOGIA IELE ETIOA, definitionemque Graminum et plantarum eis aſſinium in Hel- vetia sponte nascentium complectens. Auctore J. GAoνorw, 2 vol. in-8. 12 fr. Art(l') de faire le pain, ou observations théo- riques et pratiques sur l'analyse et la synthèse du froment, ainsi que sur la manière la plus avantageuse de préparer un pain léger; pré- cédées de quelques recherches sur l'origine et les maladies du blé, par M. Edlin; traduit de Panglais, par J. Peschier, doc. médecin, memb. de plusieurs Sociétés savantes, in-8, 1811, 2 fr. 5O ce. Associations rurales pour la fabrication du lait, connues en Suisse sous le nom de fruitières, par Ch. Lullin de Genève, in-8. fig. 1811, 2 fr. Cours d'Agricalture anglaise, avec les dévelop- pemens utiles aux Agriculteurs du continent, par Ch. Pictet de Genève, 10 vol. in-8, avec fig., 1810, 5o fr. Des prairies artificielles d'été et d'hiver, de la nourriture des brebis et de l'amélioration d'une ſerme dans les environs de Genève, par C. L. M. Lullin, membre de la Société des arts de Genève et du comité d'Agriculture de cette ville, vol. in-8 de 450 pages, 5 fr. Faits et Observations sur la race des mérinos d'Espagne à laine superfine et les croisemens, par Ch. Pictet, in-8, fig. 1 fr. 8o0c. Histoire des Conſerves d'eau douce, contenand leurs différens modes de reproduction, et la description de leurs espèces, avee des obser- vations nouvelles sur la multiplication des Tremelles et des Ulves, par le professeur Vaucher, in-4, 17 pl., 1803, 15 fr. Mémoires sur Linfluence de l'air et de diverses substances gazeuses dans la germination de différentes graines, par MM. Huber et Sene- bier, in-8, 1801, 2 fr. 50 c. Observations sur les bétes à laine dans les envi- rons de Genève, pendant 20 ans, par C. L. M. Lullin, capitaine, membre de la Société des Arts de Genève et du comité d'Agriculture de ladite ville, in=-8, 2c. édit. 1807, 2 fr. 50c. Physiologie végétale, contenant une descrip- tion anatomique des organes des plantes, par J. Senebier, bibliothécaire de Genève, * membre de diverses Académies et Sociétés savantes, corresp. de l'Institut, 5 vol. in-8, faisant 2150 pag. beau papier, 21 fr. Météorologie pratique, à Pusage de tous les hommes et surtout des cultivateurs, par J. Senebier, membre de diverses Académies, correspondant de PInst. Nat., 1 vol. in- 16, papier fin, 2 fr. 5Oc. Rapport de l'air avec les êtres organisés, ou Traité de l'action du poumon et de la peau des animaux sur Tair, comme aussi- de celles des plantes sur ce fluide, tirés des journaux d'observations de L. Spallanzani, avec quel- ques Mémoires de l'éditeur sur ces matières, par J. Senebier, de diverses Académies, et corresp. de l'Inst. Nat., 3 vol. in-8, 12 fr. Remèdes curatiſs et préservatiſs pour les mala- dies du bétail, v. in- 12, 2⁰. édit. 1803, 1 fr. 5OC. Tahbleau de l'agriculture toscane, par Simonde, vol. in-8, fig., 1801, 3 fr. Traité des Assolemens, ou l'art d'établir les ro- tations de récoltes, par Ch. Pictet, in-8, 1801, 3 fr. Traité des engrais, tirés des différens rapports faits au Département d'Agriculture d'Angle- terre, avec des notes, suivi de la traduction du Mémoire de Kirvan sur les engrais, et de l'Eæposition des principaux termes chimigues employòés dans cet ouvrage; par M. Maurice, Maire de la ville de Geneve, secrét. de la Soc. des Arts de la mème ville, assoc. et corresp. de diverses Sociétés, 1 vol. in-8 de 500 pag. environ, 2. éd. rev., cor. et augment. 5 fr. Rapport à Son Ex. le Landamman et à la Diète des 19 Cantons de la Suisse, sur les établis- semens de M. Fellenberg, à Hofwyl, par MM. Heer, Landamman de Glaris; Orud de Genthod, du Canton de Vaud; Meyer, curé de Wangen, canton de Lucerne; Tobler, de l'Au, du canton de Zurich; Hunkler, Juge au Tribunal d'appel du canton de Lucerne, 1 vol. in-8, fig., 1808, 2 fr. Vues relatives à l'agriculture de la Suisse et aux moyens de la perfeclionner, par M. Fel- lenberg, trad. de l'allemand, et enrichi de notes par M. Ch. Pictet, in-8, 1808, 1fr. 8oc. PRINOIPES RAISONNES b DaäACRICULTURE, * TRADUITS DE LALLEMAND pP'A. THAER, 4 PAR E. V. B. CRUD. — TOM E PREMIE R, „ b 1.9 LES PRINCIPES PFONDAMENTAUX. V Contenant 6 e 2.9 LECoONOMIE. 2 . . e T 2 6. — 4 APARIS, 7..«·. Chez J. J. PAscHloup, Libraire, rue des Petits-Augusuns, n.* 3. et et à GENEVE, -. e Chez le mème, Imprimeur-Libraire. 2 6 AnAOA—A— 1811. ——————————— — ———— ꝗ———— —jjj———————— PREFACE DU TRADUCTEUR. AAANXAAAXAXGANAABęAV 8. jadis Part de cultiver Ja terre et d'en tirer des produits avantageux, consistait surtout dans la connaissance de procédés, dont la pratique et Pexpérience sur un local donné avatent démontré l'avantage; si hors de là tout était vague et entrainait à des mécomptes, c'était une suite nécessaire de l'ignorance ouù l'on tait sur les principes de Part et sur les élémens qui doivent lui servir de base. Deès l'enfance de la société civile, dès ces premiers momens où T'homme connut la propriété et cessa de jouir en communauté des terres qu'il occupait, la propagation et la culture des objets alimentaires furent abandonnées à- la classe la moins instruite et la moins développée; la terre alors, riche de son repos, produisait sans beaucoup de travail les denrées qu'on- lui demandait; la population à la fois moins nombreuse et plus sobre, n'exigeait guères que J'art vint au secours de la nature, ou plutôt qu'il s'aidät à exploiter les trésors que celle-ci renfermait. Mais à mesure que notre partie du globe fut plus habitée et que les besoins s'accrurent, Tattention dut se porter sur les moyens de multiplier les produits er d'augmenter les moyens de subsistance. Dans ces derniers tems surtout, cette cause, jointe au besoin d'une occupation douce, qui donnât de la paix à Pame et la détournàât des passions politiques; peut-étre mème Pinstinct, le voeu de la nature, ont porté à Pagriculture cette classe- d'hommes d'une éducation plus soignée, dont les idées ont plus d'é- tendue et les conceptions plus de profondeur. C'est à ces hommes que Pagriculture a dũ les progrès rapides qu'elle a faits depuis un siècle; c'est à eux qu'elle doit d'étre sortie du vague dans lequel elle était plongée. Les doveloppemens qui ont été donnés à P'art agricole par un grand nombre d'auteurs Anglais, Francçais, Allemands et Italiens; les décou- VI PREFACE vertes dues aux hommes instruits qui lui ont consacré leurs veilles; les excellens traités qui en ont été la suite; les rapports nombreux que Pagriculture a avec la chimie dans son état actuel, avec la physique et avec Phistoire naturelle; toutes ces choses ont fait de l'art de tirer du sol les produits les plus avantageux, une science du premier ordre, qui west plus la propriété du vulgaire, de l'homme sans éducation. Mais si la science a dů beaucoup aux excellens ouvrages périodiques qui paraissent en France, en Angleterre et en Allemagne sur ce sujet, et aux cours d'agriculture dont nous sommes aujourd'hui en possession, nous ne pouvons nous dissimuler que chacun de ces ouvrages était fait bien plus pour homme déja éclairé, déja familiarisé aveoc les principes de Part, que pour celui qui, commençant às'y vouer, avait besoin de trouver réunies les bases de la science, les directions qui seules peuvent le pré- parer à tirer parti des autres ouvrages, età les apprécier convenablement. Ces directions, ce corps de doctrine, je crois les avoir rencontrés dans le traité dont je donne ici la traduction. Il est dà à Paun de ces hommes rares chez lesquels une infatigable activité, une persévérance à toute épreuve, se trouvent réunis à un esprit méthodique et juste, à une grande netteté d'idées, à une profonde méditation et surtout à beaucoup d'entrainement pour l'agriculture; à un homme aux Préceptes duquel une longue pratique et une expérience acquise sur un fonds d'une vaste étendue, donnent un poids et un crédit avoué dans toute l'Allemagne. Je ne me dissimule point que cet ouvrage a quelque chose d'un peu sérieux pour tous ceux qui ne font de Pagriculture qu'un léger passe- tems, et qui répugnent à s'enfoncer dans les profondeurs de la science; mais ce n'est point pour ceux-la même qu'il a été écrit, ainsi que nous Tapprenons dans la préface de édition allemande; P'auteur l'a destiné à servir de base aux cours de science agricole et d'économie rurale qu'il donne dans sa terre de Mögelin. Ce traité demande, et je ne saurais trop le répéter, il demande à étre lu et relu de suite, avee attention et réflexion, sans cela le lecteur n'en apercevrait point ensemble, il n'y trouverait que l'ennui et le dégoùt au lieu de P'instruction qu'il a droit d'en attendre. Il n'y a aucune des de un DU TRADUCTEUR. VII parties de ce tout qui soit étrangère ou indifférente à lautre; l'auteur avait eu la noble abnégation de lui-méême de me donner la licence d'y faire tous les retranchemens et les changemens que je croirais utiles, ou propres à le faire accueillir de la nation à laquelle cette traduction est consacrée; cependant après un mùr examen, j'ai cru qu'il ne pouvait en étre ôté aucune partie dont Pabsence ne nuisit à Pensemble et ne fut une perte pour les lecteurs; en effet, les idées et les préceptes y sont si bien liés ensemble, ils y découlent tellement les uns des autres, que tout retranchement laisserait un vide, serait une lacune qui déparerait Touvrage. Cependant je dois avouer que la crainte d'altérer les idées de Tauteur m'a trop souvent fait négliger des formes qui eussent obtenu plus d'accueil à cet ouvrage. Je vois aujourd'hui avec regrets que, dans la première partie de ce volume surtout, je ne me suis point assez préservé des tournures et des locutions allemandes. Pai donné tous mes soins à étre de la plus fidèle exactitude; et paime à me persuader que j'ai atteint ce but. Ce n'est pas du reste que, dans la seconde moitié du premier volume, on ne trouve des changemens considérables; mais ces changemens méme étaient dans les vues de l'auteur; tout le fond des idées est de lui, et quant à la forme, je me suis écarté le moins qu'il m'a été possible, de celle qu'il leur a donnée, dans les redressemens qu'il a mis en tèéte du second volume. On trouvera de méème dans la partie des calculs et surtout au commencement de ce second volume, des différences extrémement nombreuses; mais ces différences étaient nécessitées, ou par les corrections faites au texte mèême, ou par des erreurs faites dans Pimpression de l'édition originale. Je n'ai négligé ni travail ni- soins pour que la nouvelle rédaction des tableaux fut exacte. Ces redressemens font, sans doute, le principal mérite qui puisse étre attribué à cette édition. Lorsque j'ai eu à faire quelqu'observation ou quelque modification qui fussent une suite de la différence de notre sol et de notre climat, ou des opinions que j'ai contractées, tant par la méditation que par Pexpérience, j'ai dù les joindre dans des notes, et nullement les inter- caler dans le texte. Sans doute je n'ai rien avancé dans ces notes que VIII PREFACE je ne erusse vrai, mais ce n'était point à moi à en étre le juge, et les insérer dans le corps de l'ouvrage, quelqu'eùt pu étre sur ce point la généreuse indulgence de Pauteur, q'eùt été mettre sous la responsabilité de celui-ci, des choses qui, peut-être, eussent été en opposition avec ses propres opinions; au reste, je me suis fait une loi absolue de ne point multiplier ces notes au-delà de ce que je croyais absolument nécessaire. Malgré Paddition de notes, la traduction se trouve un peu moins volumineuse que l'édition originale, cela est dú à ce que le format de cette première est un peu plus grand et le caractère plus serré; d'ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, je ne me suis permis aucun retranchement. Pai eu un moment l'idée de réduire toutes les monnaies, poids et mesures, d'après lesquels cet ouvrage a été composé, en mon- naies, poids et mesures décimaux français, lesquels sont plus uni- versellement connus, que ceux dont il s'agit ici; mais je me suis bientét convaincu que ce changement serait Dien moins utile que je ne Pimaginais au premier abord, et qu'il entrainerait après lui des modifications au texte beaucoup trop considérables. Je me suis en conséquence borné à joindre à cette édition un tableau de la réduction des mesures agraires et de celles de grains de la plupart des pays de PEurope, dans celles dont l'auteur s'est servi. Au moyen de ce tableau et d'ane règle de proportion, chacun pourra appliquer à sa propre localité les formules données par Pauteur. Je dois seulement ajouter ici quelques explications qui n'ont pu étre insérées dans le tableau dont je viens de parler, et qui cependant me paraissent Ggalement nécessaires. Le Riædaler de Berlin en argent, vaut à peu près et suivant que le change est plus ou moins avantageux, de 4 francs 60 à A francs 90 centimes; il est divisé en 24 bons gros, dont ainsi chacun vaut environ 20 centimes- Le I inspel de grains eomprend 24 scheffels. La livre de Berlin équivaut à kilogramme 0,4644; et le quintal, qui a tou- jours 6té supposé de 100 liyres, est ainsi égal à myriagramme 4,644. Le Quart de Berlin, mesure de lait, contient 58 pouces de Paris, cubes, pas ( Le comp La lieme que la Je n qui on Décessa gvelchu beaucon u gdiem les la lits vec DU TRADUCTEUR. IX tandis que la pinte de Paris n'en contient que 48, ainsi un Cuart est égal à une pinte et 49, ou à litre 1, 1495. Dans tous les calculs un peu vompliqués les fractions ont été portées en décimales. Je dois supposer que dans le nombre des personnes qui liront cet ouvrage, il y en aura peu qui ne soient familiarisées avec cette manière de calculer; cependant je donnerai ici quelques explications pour le petit nombre de celles à qui elle pourrait étre encore étrangère. Lorsqu'une somme se trouve partagée par une virgule, comme par exemple 241,534 ou 5,12, les nombres qui suivent la- virgule expriment toujours des fractions de Punité, qui se rapétissent de dix fois, à mesure que les nombres s'éloignent de la virgule; ainsi les sommes ci-dessus signifient 241 5. 785. 1055 Ou 241 oo, et 5, 16 130, ou 5, 105. Le signe= veut dire&gal ou dgauæ d. Ceux:,::, er X, qu'on trouve dans quelques propositions, indiquent un rapport proportionnel comme cela a lieu dans l'exemple suivant: 1: 2:5 128= 256. o'est-Aà-dire 1 est à 2 comme 128 est à 10he) égal à 256. inconnu) L'* qu'on trouve placée dans la spécification des assolemens, lorsqu'elle n'est pas un renvoi à une note, indique qu'on a fumé ou qu'on doit fumer légèrement, (voyez à page 343.) Les**y indiquent qu'on a donné ou qu'on doit donner un amendement complet. La †, comme cela est expliqué à page 90, est le représentatif d'un hui- nieme de scheffel de seigle ou décalitre 0,685; c'est Punité monétaire idéale que Tauteur a adoptée pour cet ouyrage. Je me fais un devoir de présenter ici mes remercimens à quelques personnes qui ont bien voulu aider à mon iravail, en me fournissant des renseignemens nécessaires sur des rapports de poids et mesures, et sur la signification de quelques termes techniques locaux qui m'étaient inconnus. Pai du à cet égard beaucoup à Pextréme bonté de M. Fellenberg d'Hofwyl, chez lequel l'amour de la science et le désir de la propager, ne se démentent jamais. —— — — — —————— ———õ—y— ———— —— ———— AVIS AU RELIEUR. Le Tableau de réduction des mesures agraires et de capacite doit tre placé d la suite de cet Errata. Fautes d corriger dans ce volume. 5 ligne 20, de l'acide lisez de Poxigène 23 ligne 2; pag. 24 lig. 6; pag. 50 † 96 liß. 1; pag. 56 lig. 2; pag. 61 lig. 3; pag. 73 lig. 4; pag. 76 lig. 23; pag. 81 lig. 2; pag. 88 lig. 8, 26 et 35; pag. 92 lig. 6, et pag. 315 lig 16, proportionnellement lisez proportionnément. 28 ligne 4, baiser Zisez baisser 34 ligne 6, d'autres avec plus de raison les distinguent, en ce que lisez d'autres, avec plus de raison, les distinguent en ceci, que 36 lig. 10, s'occupper des prairies lisez considérer les prairies 40 lig. 2, Pestimation peut en lisez cette estimation peut 46 lig. 1, après la semenee lisez outre la semence 55 lig. 1, consiste à lisez consiste en 39 lig. 11, mais cela même a aussi lisez mais cela a aussi lig. 2, il manque cependant lisez Ton y manque 96 lig. 19, économies kisez exploitations 98 note lig. 8, pour au-delà de lisez au-delà de la valeur de 204 noie lig. 16, souvent atteints lisez souvent été atteints 30, les oins lises les soins— 111 lig. 16, vaudra 4 gros lisez vaudra 4 gros 6 deniers 17, 89 rixdalers 4 gros lisez 100 rixdalers 7gros 113 lig. 2, 36 lisez 32 120 lig. 15, et 123 lig. 17, sols lisez soles- 248 lig. 3, par journal 1200 scheffels lisez par journal= 1200 scheffels 7, tolal 165895 liv. lisez 164695 liv. 218 noie lig. 1, du'il comtient d'aulant plus lisez qu'il contient plus 7, étrangère.— ou que lisez étrangère: ou que 221 lig. 26, si une terre regoit lisez si un journaf de terre regoit 22 lig, 18, 20, 23, 25, 27, 29, 31, 33 ✕ substituez X 231 lig. 9, second employer lise⸗ second consommer 251 nôté lig. g, liv. de racine de rutahaga lises liv. racines de rutabaga 280 lig. 11, et ensemencer de bonne heure les lisez et faire de bonne! 308§ 338, lig. 10, si l'n ne voulait lisez si Pon voulait lig. 11, ue fut très lisez ne fut pas très 330 lig. 6, compensent lisez compense 341§370, lises 371; pag. 342§ 371 lis. 372; pag. 343§ 372 lis 373; ibid.§ 373 lis. 374. 344 lig. 22, poisettes lisez vesces 365 lig. 5, Dans le petit nombre lisez Roponse. Dans le petit nombre 356 lig. 14, et celui des grains lisez et celui des graisses 360 lig. 10, dès le bas, ajouté; afin de régler Passolement en eonséquence lises ajouté, de régler l'assolement en conséquence; 361 lig. 1 étendue plus resserrée lisez étendue resserrée deure la semailles des (Extrait, en majeure partie, des Annales d'Agriculture de Thaer. Fe évrier 1805.) Tekgar DURAPPORT des mesures de grains et des mesures agraires de différens pays aveo celles de Berlin. —õꝛnu2ʒnun—uððuBnB—————m NOM S DES LIEUX ET DES PAVYS. MESURERSDEOCAPACIT b. Berlin............. Amsterdam............. Auspach............. Aschaffenbourg.......... Augshourg............ Bade............... Bale................ Pareuth............„. Bavièere.. Berne........ Bohème. Voyez Prague. Botzen s Tirol......... Breme............... Breslau.............. Brunswig... Brugelles............. Cassgl............... Coblence............. Cobourg............. Cologne......... Eracovie.............. Dannemark........„... Dantzig.............. Darmstadt............. Deux-Ponts............ Dresde............... Eckernforde en Sleswick... .„„„„ Ecosse. „„„„„„„„ e Eisenach. Emden. Erfort. Zste de Femeren......... Flandres......... Aussi.......... Francfort sur le Mein.... Franconie............. Faulde............... Genève.............. Gotha............... Hambourg „.„,„„ ⸗ „„„„„„ o⸗„, „„„„„„„„ ⸗ ⸗ Hanovre „„„,„,„ —yj 8 8i le CONTENANCE INTRINSEOUIE Sehene 4 CONTENANCE INTRINSEOUE 3 85 erliu DES MESURES DE CRAINS CI-APRES: est divisé NOMS DES MESURES DE GRAINS CLAPRES: en 1000 parties, Pouces ostiesnen DES LIEUX ET DES PAYS. 8 Pouces LEURS NOMsSs. de France]s de ces LEURS NOMS. de France 8 cubes. parties, cubes. Scheffel............. 2758 1000 lildesheim............. imten........... 1307 Suivant Holstein............... 1. Tonne de roi........ 6250 Eytelwein: 63 Irla nde....... Quarter........... 14408 Shepel 1450 50—]Kiel................. Tonne............ 5976 P 2.... 40 17 Nouveau Scheffel....... 2673 Mass.......„....... 1283 465 Kenigsberg............. † Scheffel 2„ Malter........ 6596 2301 Kneien Scheffel........ 2514 Schaf 12795b 419, Korten................ Scheflel.......... 2703 Metze 1454 329 Lausanne.............. Quarteron........... 700 Scheffel, raue nes...... 6368 2309 Londres.............* Bushel......... 1780 2 1 5... Scheffel de Seigle et Froment. 1684 Scheffel, grain brut...... 7960 Luheck............... 1 Avolne...... 1964 Sac.............. 63504 2585 3 Manbeim.............. Malter............. 5570 Simra, S Dn, 22665....... 24322 8818 Cependant la mesure ordinaire est celle de 3 Simra, grain brut....... 2969;7 10767 Mecklenbourg Schwerin..... Scheffel............ 2013 8 Schaf, grain net........ 11234 403⸗) Memel............... Aucien Schellel........ 2440 Schaf, grain brus....... 13 106 4752 Moravie.............. nmaton Metz.......... 3560 Muid............... 8476 3073 Nordhausen............. Sheffel............. 2235 4 Nuremberg............. Metz.............. 1100 Staer de Sram...... 1541 5⁵⁸ Oldenbourg............. Tonne............ 898⁵ Scheffel............. 3585 1300 Osnabruck............. Socheffel............ 1447 Scheffel............. 3730 1352 Ostfrise.............. Tonne............. 10388 hichſen............. 1360 ö65 Hectolitre........... 5⁰46 „ͤͤͤ........... 79 2131. Decalitre......... 504 Viertel..... 7¹96 2609 FParis............. Boisscau........... 644 Malter............. 10966 3976 Setier............. 7736 Malter............ 8048 2918 Strich............. 4718 Simmer............. 4200 1523 er... Aaux.... 1... 3101 Malter............. 8172 2963 Ratisbonne............. V Metze............ 1628 Tenne............ 6⁰54 Sa Ravensherg.............] Strif ou Scheifel........ 2096 Schenel............. 2045 2942 Revel Last.............. 147950 cheffel............. 2761 1001 WWel............... Tonne............. 6164 Malter.............. 5411 1962 he Last de froment, seigle et orge. 161400 Malter.............. 10175 3639 189................. I ast de malt, Pois et avoine.. 201750 Feheffel-........... 2193 4937 Rostock.............. Schellel....... ·1789 Firlot de froment...... 1817 658 Russie................ 8 Tacheswer.......... 8 70 — orge et avoine..... 2651 961 s Silésie Autrichienne........ Scheffel............. 3850 Viertel.............. 4912 1781 Slewf TTonne.............. 7038 Toune........... 9635 3494 Slesmig........... jjeidscheſfel........... 7260 cheitel........... 2⁸³ 102) Stetlin............... næien, Scheffel........ 2485 Scheffel............. 2026 734 Stralsund.............. Scheffel............ 1964 Rosier.............. 4819 1747 Suede................ Tonne.............. 7386 Maller........... S670 2053 Thorn................[¶Aunoien Scheeflel......... 2561 alter............. 0 2... 1154 Simmer............. 4200 1522 UIm............. Imr en gele car Ln. 8754 Malter....... 85⁰06 3084 wei 1 Pefit Phe Cs Oe ux 4490 Coupe............. 598 5] u43 Tannne......... Rwepi.......::36 310 Scheffel............. 4454 1615 Wismar............... Seheffel............. 1930 Himten........... 1328 481 Malter de seigle..... 5643 . pour T'orge et Tavoine. 1371 497 Worms............ 1 Malter CTPavoime......... 7246 Hiimten......... 1560 565 Wurtemberg............ Scheffel............. 8396 Si le Scheſfel de Berliu est divisé en 1000 parties, contiennen! de ces parties: —— 474 2266 5224 2166 969 911 980 254 645 610 712 2019 729 884 1290 810 399 3257 524 3766 1829 182 233 2805 1710 1124 590 760 53644 2235 58520 73150 648 3501 437 1396 2548 2551 901 712 2678 1001 4187 3174 1628 1124 699 2046 2627 3044 Ces nesures MESURESAGRAIRES. r—= Mil- 0 M S 1 NOMS N lièmes D ES du DES LIEUX ET DES PAIS. journal MESURESAGRAIRES. Suisse. Zurich. Berlin........ Angleterre..... Anspach....... Anvers..... Augsbourdd.... Baden Hernc. Brunswig .„ e⸗ „„ „„. ee . ⸗ ·. ⸗ .„. e .„.. Pays de Calemberg et de Hanorrc.... Cassel Ancien Culm Nouveau Culm.. Dannemark.. Dantzig...... Ecosse...... Erfort... landres...... Franconie.. France....... Genève. Gorha........ Hambourg.... Hildesheim Hohenstein, comté... Holsiein..... Irlande.. Nuremberg .„„„ „..„. Mecklenbourg............... Oldembourg............... Oletzkoi........ „..... Rhin..... SaxXG....... Schaumbourg... Schleswig .„„.„ .„. e⸗ „. „.. Silésie................... Strasbourg..... Sugde..... Berne de 40000 Pieds. Lausanne de 40500 pieds de Berne. „„.. — Petit journal de 180 perches de 144 pieds de Rhin Grand journal. ACre.... Rood. Journal Bounder.. Jucharten ou Arpent Journal .„. ⸗ .„ ⸗2 -.... .„.„ ..„ „.„ „...„ Juchart ou Arpent..... Juchart ou Arpent. Juchart ou, Arpent....... Journal Journal.... Journal.... Journal... Journal... Tonne de blé. „..-⸗ „...„ Tonne de semaille.. Journal.... Acre...... Journal.... Arpent de 100 perches.... Journal légal... .„„ ⸗ „...„. ·*.„.. „„ „„ Journal ou pause de 400 toises ou 25600 pieds de France. Acre,. ....„.„ Journal du Pays-Bas..... Journal.. Acre. .„... ⸗ Tonneé de roi. „..„ Tonne de 240 perches carrées. Acre..... Journal. .„„ ⸗ 100 perches carrées..... JucCk.... Journal Journal.. „.„. ⸗ „„„. Diemt ou Journal.. Journal. .. .„„ Journal ou Strichhaus.... Journal de champ...... Journal de bois........ Journal de vigne....... Juchart............ Desactini........ Acre......... Jonrnal............ Tonne..... Journal.... Journal.... Acre...... Tonne ...„ .„. ⸗. .„.„ ..,.. Juchart......... Juchart ou Arpent...... Pause ow Arpent....... Joch.............. „„ de Rhin. —, 1000 2200 1586 2888 5154 504 594 1188 1248 1194 1347 1018 1026 9⁰5 2194 2251 869⁰ 2172 2¹76 2015 1027 2582 1422 1339 2000 391 3912 1055 93 3730 944 1282 2794 2220 2562 1851 833 1 2741 2661 2222 2444 1144 666 888 6¹7 333 453 2157 1050 262 2135 787 819 1935 1269 1344 1360 2255 1302 2222 5 Mil- liemes du journal le Rhin. PRINCIPES RAISONNES D'AGRICULTURL. ₰ SECTION PREMIRRE. PRINCIPESFONDAMENTAUX. —ℳ—8ͤOAOB¶ͤA* IDEE DE L'AGRICULTURE RAISONNEE. 5 1. Lrenrcwununr est l'art de faire rendre à la terre des produits avantageux. Celui qui„exerce cherche à se procurer un gain, à acquérir de Pargent, en faisant nattre, quelquefois aussi en mettant en œuvre des produits végétaux et animaux. § 2. Plus ce gain est considérable, mieux le but est atteint. L'agriculture la plus parfaite est dono celle qui tire de son industrie le profit le plus grand et le plus durable, eu égard aux moyens qui sont à sa poriée, aux ſorces dont elle peut disposer, et aux circonstances dans lesquelles elle est placée. La somme du produit net, après déduction des frais, peut quelquefois ètre en raison inverse du produit brut: c'est le premier seulement, et non le dernier, qui doit étre le but de'agriculteur, méême relativement au bien général; excepté toutefois le seul cas où, pour l'avancement de la science, il voudrait prouver la possibilité d'obtenir un plus grand produit, quoiqu'avec un profit relativement moindre. § 3. L'enseignement raisonné de Pagriculture doit ainsi montrer comment, dans loutes les circonstances, on peut trer de cet art le profit net le plus considérable. 9 4. Il est trois manières d'enseigner ou d'apprendre J'agriculture. 1. Comme métier, par le travail manuel. 2. Comme art. 3. Comme science. J. PRINCIPES RAISONNLS § 5. L'apprentissage de Pagriculture par le travail proprement dit, se borne à Pimitauion et à la prauque des opérations, des évaluations et de Pobservaulion des tems. Ce n'est qu'une simple exécution; le cultivateur-manouvrier ne peut faire qu'imiter et en deineurer à ses opérations ordinaires, plus ou moins modi- flées par le tems et les circonstances, sans méme, le plus souvent, pouvoir en connattre et en indiquer les motifs. § 6. L'art est la réalisation de lidée; celui qui''exerce regoit des autres, par con- fiance, l'idée ou la règle de ce qu'il fait, L'apprentissage de l'art consiste ainsi dans l'adopuon d'idées étrangères, dans Pétude des règles et dans l'aptitude à les mettre en pratique. § 7. La science ne fixe aucune règle positive, mais elle développe les motiſs d'après lesquels elle découvre le meilleur procédé possible, pour chaque cas éventuel, qu'elle apprend à distinguer avec précision. L'art exécute une loi donnée et reçue; la science donne la loi. § 8. La science seule peut étre—'une utilité universelle, embrasser l'ensemble et faire arriver à ce qui est le plus avantageux dans toutes les circonstances. Toute direction positive n'est applicable qu'à un cas déterminé; chaque cas a besoin de sa règle particulière, que la science seule peut donner. Il n'y a donc que Pagriculture la plus parfaite, qui puisse étre appelée raisonnée; ici ces deux expressions sont synonymes. § 9. L'apprentissage manuel et l'étude de l'art ne sont cependant point inutiles à Pagriculteur qui veut s'élever à la science et à bidéal; il est avantageux qu'il ait appris à connaitre les travaux et la force qui leur est nécessaire, afin de pou- voir juger de leur exécution mécanique. De méême T'habitude de mesurer des yeux, de choisir et déterminer des époques, sont utiles pour amener à exécution Tidée conçue par l'entendement. § 10. Mais Pagriculteur purement prauque est réduit à suivre la règle qui lui a eté tracée, lors même qu'elle n'est pas positivement applicable au cas particulier qui se présente; il ne peut s'en écarter sans le secours d'une autre règle, qui déroge à la première. C'est pourquoi il est souvent arrivé que des régisseurs agricoles qui, dans d'autres contrées et sous d'autres circonstances, avaient opéré avec succès, transplantés 0— e lion Heut odi- fen on- nsi les liſs Cas de er oute esoin que deux es à quiil dou- des uion lui a vulier qul autres lantés DAGRICULTVURE. 3 ailleurs, commeitaient fréquémment des fautes, et jetaient tout dans le désordre. Des règles tirées de leur propre expérience n'allaient point à des sols d'une autre nature, à des forces et à des circonstances différentes; et c'est ainsi que ces éco- nomes, experts dans leur village, passaient ailleurs pour iguoraus. Lagriculteur vraiment éclairé, au contraire, soriente dans les positions les plus variées, lors- qu'il se donne le tems de bien les examiner. § 11. Ainsi Pagriculteur qui m'a pas étudié la science, ne peut faire que peu d'usage des livres, méme les meilleurs. Il ne sait pas mettre en ordre ces idées nouvelles et les saisir dans leur ensemble. Tout au plus ose-t-il lire les ouvrages qui ont un assez grand rapport avec les circonstances parüculières où il se trouve- § 12. L'étude de la science agricole doit, sans cependant donner des règles spé- ciales, apprendre à connaitre les observaulons et les résultats des expériences faites jusqu'ici, à les scruter jusque dans leurs premières bases; elle doit répandre la lumière sur toutes les opérations; montrer le plus ou moins de plau- sibilité d'opinions reçues, et pour chaque cas particulier, conduire à la découverte de la règle; à en suivre, mème à en prévoir et en calculer les suites. Comme l'agriculteur éclairé comprend toujours mieux la règle qu'il a lui-mème trouvée, que celle qui a été donnée par un autre; comme, dans le moment mème de l'application, cette règle se représente plus clairement à son esprit, il Pob- servera d'une manière plus complèie, et saisira les modifications dont l'exécution indiquera la nécessité. La science seule peut expliquer les contradictions appa- rentes des règles lrées de certains cas partculiers, éclaircir et apprécier ces ex- périences. Elle apprend à juger soi-môme et à prendre une bonne détermi- nation sur les cas qui se présentent dans l'exercice de Part. C'est aussi elle seule qui met en état de juger sainemeni les procédés des autres, et qui apprend à différer le bläme, que l'agriculteur moins instruit est trop disposé à répandre sur ce qu'il ne comprend pas.— § 15. C'esi dans quelques-unes de ses partes seulement que Pagriculture a été en- seignée comme science. Elle ne l'a point encore été dans son ensemble et bomme fondée sur des bases universellement reconnues. L'enseignement était purement pratique, fondé sur des localitées particulières et sur des vues indivi- duelles; et lorsq'il devait étre systématique et embrasser Pensemble, ce n'était plus qu'une compilation de fragmens, un mélangé de résultats contradicioires, d'expériences hétérogènes. 5 Les sciences de cette nature n'ont dù leurs progrès qu'à des hommes qui réunissaient 4 P RINCIPRS RAISONNES la théorie à la pratique, la science à l'exécution. Jusqu'ici la théorie de l'agriculture n'a guère occupé que ceux qui avaient peu de pratique et peu d'occasions de faire des observations et des ex périences. Au contraire, les praticiens n'avaient que leur culture particulière devant les yeux; ils connaissaient trop peu les expériences des autres, et les découvertes des naturalistes; et comme, outre cela ils manquaient de connaissances mathématiques, logiques et de langue, ils s'égaraient aussitôt qu'ils sortaient de la sphère, plus ou moins circonscrite, dans laquelle ils étaient renfermés. BASES DE LA SCIENCE. § 14. LaA science de l'agriculture repose sur Pexpérience; on ne peut exiger d'elle que les choses qui appartiennent à une science pratique. Ses premiers principes naissent des perceptions des sens; mais si même l'expérieuce toute entière était le résultat de ces perceptions, ses développemens n'en seraient pas moins le résultat de la science et l'ouvrage de l'entendement. § 15. Au reste, déjà Pexpérience n'est pas le résultat uniquement des percepuions des sens; elle suppose aussi la réflexion et l'analyse des perceptions. L'idée de la cause, celle qu'un objet donne naissance à un autre, est le fondement de toute evpérience. Il en résulte que toute exporience est à la fois le fruit des perceptions des sens et de Paction de l'entendement. C'est aussi le propre de Phomme le plus grossier, de s'enquérir au développement des faits de la cause qui les a produits. La cause d'un objet doit être l'effet d'un autre, et celui-ci, à son tour, doit avoir eu une cause. Ainsi l'homme se crée par la pensée un enchainement de causes aussi étendu que possible, et il saide souvent de son imagination pour le prolonger, jusqu'à ce que se perdant dans Timmensité, il ne trouve plus de cause à assigner à celles qu'il avait lui-mèême imaginées. Cette dernière cause, nous l'appelons cause première, force motrice, et nous la faisons nattre de la nature, de la divinité. Mais la cause que nous croyons première n'est autre chose que la limite de notre entendement: souvent celle qu'on a cru premier moteur ne se trouve ensuite que l'effet de causes plus relevées. De la fréquente union ou de la succession des objets ‚ nous concluons qu'un fait est la conséquence ou la suite d'un autre, et c'est ici la source du plus grand nombre d'erreurs, en ce que trop facilement nous sommes disposés à envisager ce qui arrive comme un effet de ce qui Pa précédé. Malheureusement on n'a point encore d'ndice positif et général pour distinguer ce qui est simplement P'effei de la succession du tems, de ce qui est produit par une autre forœe motrice. 501 4 me n. 4 ulture ns de raient du les e cela * ils daus DAGRICULTVURE. 5 § 17. Une union fréquente et réitérée seulement nous autorise à présumer la liaison de deux objets comme cause et effet. Plus cette union se répète, plus la proba- bilité de cette relation acquiert de vraisemblance. Cette probabilité devient enfin une certitude morale; mais cette certitude cesse, si un des objets paratt une fois sans l'autre; alors on peut tout au moins présumer que l'un n'est pas Punique cause de celui qui est envisagé comme effet. § 18. La plupart des faits cependant, tels que nous les saisissons dans leur ensemble, sont Peffet non d'une seule cause, mais de plusieurs réunies. Si neuf d'entr'elles sont présentes, et que la dixième ne le soit pas, Peffet est manqué, souvent méme un tout contraire a lieu. ⸗ Pour produire un épi de blé dans sa perfection, il faut: 1. Un grain de blé sain avec un germe entier; 2. De la terre remuée et bien préparée; 3. L'humidité convenable; ni trop, ni trop peu; 4. La chaleur au point nécessaire. Voilaà ce qu'on savait, maintenant on sait qu'il faut de plus: 5. De T'air, car dans le vide aucun germe ne se développe; 6. De l'acide dans la proportion convenable, car dans l'air qui n'en contient pas, le germe ne saurait prendre de l'accroissement; 7. Du carbone, car sans lui la plante ne peut que fleurir, et nullement donner de la graine;. 8. De la lumière, car sans elle la plante s'étiole et meurt avant sa maturité. Il faut donc le concours de toutes ces différentes substances et de ces agens, et peut-être même de plusieurs autres encore, pour produire cet effet, cet épi; et leur juste proportion pour l'amener à sa perfection. La non- réussite peut tenir au défaut de l'un ou de l'autre. § 19. Nous faisons des expériences, ou par la simple Observation, en examinant des corps ou des agens mis en rapport les uns avec les autres, en considérant leur action réciproque, et en observant leur résultat; ou par des Essais, en plagant des choses bien connues-dans des circonstances déetermi- nées avec précision, en observant leur action réciproque et en empéchant, autant que possible, qu'il s'y mèle quelque chose d'étranger ou d'inconnu, qui puisse avoir de Pinfluence sur les conséquences. Un essai est une question adressée à la nature: lorsque cette question est conve- nablement posée, la nature doit nécessairement y répondre, ne füt-ce que par oui ou par non. PRINCIPES RAISONNES § 20. C'est au siècle dernier seulement que pour la première fois on a appris à bien connattre, qu'on a réglé Part de ſaire des expériences. C'est cependant sur cet de principalement la puissance de l'homme sur le monde matériel; art que se fon e d'autant plus, que'homme perfectionne cet art et le celle-ci peut étre étendu met en prauque. § 21. Ce west cependant nullement faire une expérience, que de mettre diverses zubstances et divers agens en action réciproque, sans règle ni mesure, sans les isoler de linfluence d'objets externes, quoiqu'avec P'intention d'en observer les and nombre de prétendues expériences résultats. Nous avons, à la vérité, un gr a dù dans les premières périodes de ce genre et, quoique par hazard, on leur de l'étude de la nature, des découvertes uüles et importantes. Mais jamais on n'apprit par leur moyen précisément ce qu'on voulait savoir, et on en fit des milliers d'infructueuses avant de parvenir à une découverte. § 22. Ce m'est guères que dans un espace isolé, sous la main même du naturaliste ou dans le laboratoire du chimiste, que des expériences accomplies et brobantes peuvent avoir lieu. Elles sont hors de la sphièere d'activité de l'agriculteur pro- prement dit. La manière de les approfondir, de les connaitre et de les disposer est cependant, comme nous le verrons, de la plus haute importance pour la science de l'agriculture. § 23. On peut du reste attendre de Pagriculteur, des expériences où le nombre et le poids aient été déterminés avec toute Pexacttude possible, et où ce qu'on ne pouvait pas leur soumettre, ait cependant été observé avec la plus grande précision: de telles expériences, quoiqu'elles n'aient pas pu étre disposées de manière à ne laisser rien à désirer, ne laissent pas d'êètre importantes. § 24. En parüculier il y a un genre d'expériences qui atteint presque la perfection, et qui en agriculture peut étre disposé avec une précision au moins égale à celle qu'on atteint dans d'autres sciences pratiques. Ce sont les essais comparatifs. Comme en plein air les causes influantes peuvent en effet rarement étre préparées ou éloignées à notre volonté; comme elles ne peuvent pas davantage étre mesu- rées et pesées, nous sommes réduits pour approfondir Pinfluence d'une chose qui est sous notre main, à ajouter ou séparer alternativement cette chose unique, dans des essais successifs, à la modifier en quantité et en qualité, et, pour tout le reste, nous rapprocher de la précision autant que cela est possible. Le résultat A bien sur cet tériel; ri el le lverses uns les teer les ences iodes üs on t des aliste dantes )mbre qu'on rande es de cüon, Acelle araliſs. parées wesu- chose nique, ar tout ésultat D'AGRICULTURE. 7 a chose modifiée a pu avoir à Peffet;— il indique si omplissement de la chose qu'on s'est pro- nt cependant etre répétés sous des sous des climats divers, dans apprend alors quelle part! et jusqu'à quel point il est utle à l'acc posée. Ces essais, pour être complets, doive circonstances variées et hors de notre influence, r des terrains de nature différente. § 25. périences de ce genre ne sont pas faciles, il est vrai; des températures et su Des ex cependant elles sont au pouvoir de Pagriculteur pensant. Celui qui en accomplit u et qui en rend compte avec fidélité, ine, ne fůt-ce que dans des circonstances particulières, avance la science, par conséquent la prauque, la reconnaissance des contemporains et de la postérité. dépasse les forces d'un seul individu et ce qu'on a droit d'en Paffaire de'Etat, de mettre des hommes instruits en positon d'employe pour l'avancement de l'agriculture et et ainsi il s'acquiert des droits à Iin faire un grand nombre attendre. C'est r tout leur tems et leurs talens à scruter la nature, le bien général. Les Sociétés économiques, qui sont instituées pour Pavancement de la science, devraient surtout soccuper de la préparation de telles expériences, et en réparlir Pexécution entre leurs membres, ainsi que la société de Meklembourg se pro- posait de le faire. § 26. Mais comme jusqu'à présent le nombre de ces expériences précises est encore trop peuit, nous sommes réduits à tirer parti pour les principes de notre science, de la collection peut-étre déjà trop grande des simples observations, et, malgré leur imperfection, des renseignemens qui nous sont parvenus sur divers essais. si on en excepte l'analyse de l'influence exercèe sais particuliers encore très-imparfaits, ne resserré d'expériences accomplies. Au reste, il est des sciences qui, par des agens inconnus, et celle d'es peuvent s'appuyer que d'un nombre encore très- De ce nombre est la médecine. § 27. Cependant il faut beaucoup de circonspection et de perspicacité pour mettre de Pordre dans ce chaos obscur. Il faut non-seulement rassembler et mettre en ordre les observations qui ont été conservées, mais encore les considérer sous les comparer les unes avec les autres, les combiner, les lus précises et les faits qui sont connus. bien que plus ou moins évidens, toutes leurs faces, approfondir d'après les expériences p . 3.„ 2 C'est ainsi qu'on peut en uürer des résultats qui, ne laissent pas d'étre importans, auxquels raisonnablement o lus approfondi, d'ou n ne saurait ainsi refuser son assentiment, et qui conduisent à un examen p doit naitre leur confrmauon ou leur réfutauion zncontestable. Seulement il faut 8 PRINCIPES RAISONNES bien distinguer ce qui doit être accueilli avec plus ou moins de confiance, de ce que le défaut d'expérience doit ne faire recevoir qu'avec doute. On serait arrivé beaucoup plus 16t, si la mauvaise honte avec laquelle les agriculteurs cachent des essais manqués, et l'exagération avec laquelle ils ra- content ceux qui leur ont réussi, n'avaient pas retardé les progréès. § 28. L'histoire naturelle qui, dans les derniers tems„ a été si fort perfectionnée, nous est d'un grand secours pour les principes fondamentaux de notre science; en particulier elle nous donne un fil pour sortir d'un labyrinthe d'expériences vicieuses et pour la plupart partiales; elle nous sert de pierre de iouche pour juger de leur valeur et de leur bonté. La nature agit partout d'après des lois uniformes et éternelles: Pagriculteur n'opère que par'emploi des forces qu'elle met à sa disposition. C'est par cette raison que pour l'agriculture nous pouvous tirer des connaissances physiques et chimiques des règles précises, ou tout au moins en obtenir des directions sur la marche que nous avons à suivre dans nos recherches. Lors même que l'histoire naturelle ne nous apprendrait qu'à connattre Thomogénéité du sol, la variété de sa nature et quelles sont les parties dont il est composé, ce serait déjà assez pour jeter la lumière sur les nombreuses différences qui se présentent dans le résultat des opérations. Depuis long-tems ces sciences ont eu de L'influence sur celle de Pagriculture: de l'état d'imperfection ouù elles végétaient, étaient nés diverses fausses notions, divers préjugés, qui sont par- venus jusqu's nous, et que nous ne dissiperons qu'en nous aidant de la con- naissance de la nature, aujourd'hui mieux observée. Dans les derniers tems, la chimie en particulier a 6t employée à enrichir Pagronomie, et il est grand Pavantage que même la pratique en a retiré. Nous pouvons maintenant détruire divers préjugés recus, et prouver avec évidence plusieurs vérités, auxquelles nos observations en rase campagne et dans les cours rustiques, donnaient seulement de la vraisemblance. C'est pour cela que la démonstration scientifique de'agriculture doit cons- lamment se fonder sur de saines notions de physique et de chimie, et que nous devons chercher à sonder par leur moyen aussi avant que possible dans le fon- dement des choses; car nous mobtenons des succès dans nos recherches, et nous ne pouvons en tirer des conséquences ei plus nombreuses et plus süres, qu'en raison de ce que nous pénétrons plus avant dans les phénomènes de la nature et dans leurs causes. Ici il importe de ne sauter aucun échelon; la plus légère lacune détournerait de la bonne route et empécherait d'arriver; on se jetterait dans l'abime des copjectures ance, de quelle les elle ils ra- dlionnée science; eriences he pour les lois qu'elle ouvons dut au ns nos nattre il est rences ciences d elles t par- con- ns, la grand ruire 5 nos nent P'A GRICULTVURE. 9 conjectures et des notions obscures: celles-ci, à la vérité, peuvent occuper Pimagination, mais toujours elles égarent Pentendement. § 29 ⸗ Comme P'agriculteur est principalement occupé de la reproduction, de la végétalion et du perfectionnement des plantes, la connaissance de l'organisation et de la nature des végétaux(leur physiologie) est aussi indispensable à étude de Pagriculture que la connaissance de leurs caractères distinctifs, de leur clas- sification naturelle et scientifique, et de leur nomenclature(la botanique). § 30. Et comme P'agriculteur fait aussi son affaire de la multiplication des animaux et des substances animales, il importe au succès de ses entreprises qu'il ait con- naissance de la nature animale et des déviations de l'état de santé auxquelles elle est assujettie, afin de découvrir par là les procédés qui conduisent le mieux au but qu'il se propose. § 51. Nulle science ne peut se passer des principes des mathématiques proprement dites. Mais l'agriculture a besoin de plusieurs branches des mathématiques appliquées, en particulier de l'arithmétique dans son sens le plus étendu; da caleul, pour les divers comptes de détail, et de la tenue des livres pour obtenir des données précises; de l'art de mesurer les surfaces et les hauteurs, de la mécanique, de l'hydraulique, de l'hydrostatique et de l'architecture. § 52. Pour le développement de la science, on ne peut pas davantage se passer de connaissances de polilique, d'économie politique, de droit et de commerce, et d'idées saines sur ces divers sujets. Et comme plusieurs préparations des produits du sol élévent les bénéfices qu'on peut en retirer et les développent avantageusement pour'ensemble de Pagriculture, diverses connaissances techniques sont aussi nécessaires. Ces con- paissances peuvent même éètre appliquées uülement à diflérens produits quę Pagriculteur vend aux fabricans, soit afin de connaitre Ia valeur que ces produits peuvent avoir pour celui-ci, soit aussi pour apprendre comment cetite valeur peut encore êétre augmentée. L'agriculture doit donc emprunter de ioutes ces sciences des principes qu'elle emploie an fondement de la sienne, et quoique ces sciences ne fassent pas une parue positive de son enseignement, elle doit néanmoins les avoir dans leur ensemble à sa disposition. I.— 2 10 PRINOCIPES RAISONNES BASES DE L' ENTREPRISE. § 54. UNE entreprise agricole demande avant tout: 1. Un sujet capable. 2. Un capital. 3. Un domaine. LE sUIET. § 55. Touxr personne qui se propose de pratiquer Pagriculture avec tout le succès possible(et ici il ne saurait étre question d'autre chose) doit réunir l'énergie et Pactivité à la réflexion, à la persévérance, et à toutes les connaissances néces- saires. On a, il est vrai, long-iems envisagé comme une vocation à Pagriculture, l'inap- tilude d'un jeune homme à d'autres entreprises, et on a vu de tels sujets, quoi- que restant dans une extréème médiocrité, devoir pourtant leur bonheur à la vie rurale. Mais il a fallu pour cela un concours heureux de circonstances accidentelles, qui, dans un tems se représentait assez souvent et qui aujourd'hui ne saurait que difficilement avoir lieu. L'exercice de P'agriculture est composé d'un nombre infini d'opérations particu- lières, dont chacune paroissant facile en elle-méme, est cependant d'autant plus difficile à exécuter dans la juste mesure qu'elle doit avoir, que souvent ces opéra- nions se croisent'une l'autre. Pour les ordonner d'après les tems et les forces dont on peut disposer, de manière qu'aucune ne soit négligée, mais plutôt que chacune soit exécutée convenablement et dans une mesure qui ne fasse pas souffrir d'autres parlies également essentielles, il faut à la fois beaucoup d'attention et d'activité, sans inquiétude; de promptitude, sans précipation; le coup-d'œil de l'ensemble, avec une extreme attention aux détails; une sage appréciation de ce qui est plus ou moins nécessaire et de ce qui est utile dans chaque moment; une persévérance dans ce qu'on a commencé, qui ne fasse cependant pas négliger le plus pressant; une judicieuse évaluation des forces et du tems, afin de les employer de la manière la plus avantageuse. § 56. Comme il n'est peut-étre pas d'entreprise qui, autant que Pagriculture, soit exposée à des casualités et des accidens, il est indispensable, pour y mener une vie heureuse, de joindre à l'activité nécessaire une certaine tranquillite d'esprit. Soit qu'il ait un certain phlegme naturel, soit qu'il trouve des consolations dans des vues plus relevées, dans la philosophie ou daus la religion, l'agriculteur doit supporter avec résignation, et oublier tout malheur qu'il n'a pu prèévenir, toute espérance déçue, aussitét que, par des dispositions convenables, il en a diminué les suites autant que possible. Il ne lui est permis de s'appesantir que sur les acci- 2. Un succès gie et éces- inap- quoi- ur à uces Phui rüeu- t Plus péra- dont acune autres ivité, mble, t plus erance ssant; anière , solt nener uillité s dans r doit toute minué 8 acei- D'A GRICULTURB. 11 ent ètre imputés à lai-méême ou à d'autres; et une juste dens seulement qui peuv zelle est guidée par la raison, empéche pour la suite sensibilité, lors cependant qu des fautes semblables. § 57. 6 ses agrémens, a tant d'uniformité, et malgré ses elle peut difficilement suffire à non. Dans le choix La vie des champs, malgr occupauons tant d'heures de désceuvrement, qu' une téte acuve, qui ne se donne pas quelqu'autre occupa ...„... que l'agriculteur peut faire d'une étude accessoire, il n'en est aucune qun lui e naturelle. Il peut sabandonner mienx qu'aucun convienne mieux que'histoir au sein de la nature et d'approfondir ses autre à Pheureux penchant de vivre sublimes lois; et loin de devoir interrompre ses occupalions pour le sausfaire, il peut au contraire presque roujours les réunir. Si le monde moral et les rapports de société ne nous présentent souvent que Pporls 1 le pénible spectacle d'une résistance aux lois de la rais e, nous offre d'autant plus d'ordre mystères. Non-seulement les on, qui répand sur la terre la douleur et la misère; la nature, au contrair et d'unité que nous pénétrons plus avant dans ses peautés que nous y découvrons satisfont notre goüt, mais encore elles sont pour nous une démonstralion, que la sagesse éternelle qui développe à nos yeux ses guvres dans le monde matériel, et qui reproduit la matière sous des formes tou- jours nouvelles, aura, dans le monde moral, aussi ordonné toutes choses d'après un plan harmonieux, dont P'accomplissement est réservé à l'éternité. Ce sentiment, quoique vague, est plus vif chez l'homme des champs que chez Thabitant des villes. C'est par cette raison qu'on a observé plus de véritable religion chez les peuples agricoles que chez ceux adonnés ou à la guerre ou au commerce. Sans le penchant pour la nature et Ja connaissance de ses lois, celui qui embrasse la vie agricole y trouvera facilement de l'ennui; il lui faudra une extrème ré- signation pour se consacrer entièrement au devoir; et cette résignation devra eire d'autant plus grande qu'il anra recu une éducation plus soignée- plusieurs personnes accoutumées à la vie de la ville et à ses variétés, ont, à la suite de chagrins ou d'autres causes, voulu la quitter pour se vouer à Pagri- culture; mais ils en ont bientôt trouvé les devoirs et les privations trop pénibles, el malgré les pertes sensibles qui résultaient de cette interruption, ils ont aban- donné, en tout ou en partie, Pentreprise qu'ils avaient ſaite. Parmi ceux qui avaient regu une éducation plus relevée à la ville, je n'ai rencontré de fidèles à leur en- treprise et d'heureux dans son exécution que ceux qui se livraient tout entiers au penchant qui les portait à vivre avec la nature, penchant qui ne peut exister chez Thomme éclairé qu'avec une connaissance approfondie de ses lois. § 38. L'homme qui sent en lui-méme ces talens réunis à cette inclination, ou qui ya montré des dispositions dès sa jeunesse, se vouera avec beaucoup de succès à Pagriculture, et, sil en acquiert une connaissance complète, pourra y 1 2 PRINCIPES RAISONNEBS atteindre la perfection. Voyons maintenant comment cette connaissance s'ac- ulert. 4§ 59. On Pacquiert sans doute avec plus de facilité et d'une manière plus naturelle, lorsque l'instruction scientifique a été précédée de celle qu'on reçoit par les sens; de l'instruction mécanique et de la pratique, ou de l'éducation agricole propre- ment dite. Cependant nous avons plusieurs exemples d'hommes qui joignaient l'inclination à des talens distingués, lesquels, ayant regu une éducation et ayant eu précédemment des occupations tout opposées à l'éducation agricole, sont devenus de grands agriculteurs au moyen de l'instruction scientifique seu- lement, exont acquis en peu de tems de la supériorité sur des personnes qui exerçaient cet art depuis long-tems et avec de grands succès. La science leur avait ouvert des vues, qui avaient échappé à la routine; elle leur avait montré d'une manière claire et précise ce qu'une longue pratique n'avait apercu que d'une manière vague et obscure. Le plus grand nombre, à la vérité, ont au commencement commis des fautes dans des cas particuliers; ils ont dù payer leur apprentissage; mais ces fautes mème ont dü étre attribuées aux défauts que l'instruction scientifique a eus jusqu'ici. § 40. A instruction et ialens égaux, celui-là aura cependant toujours la supériorité, dont Péducauon soignée dans ses autres parties a, dans sa première jeunesse, 6té dirigée vers l'agriculture. Le jeune homme de 15 ans obtiendra cette éducation dans un établissement qui réunisse une grande activité à des branches de différente nature, et qui em- ploie des ſorces variées, lors mème que cet Gtablissement n'aurait point encore atteint toute la perfection dont il serait suscepüble. Là l'élève recevra les impressions des sens sur tous les sujets, sur toutes les affaires d'agriculture: il saisira par la pratique l'ensemble des détails, il apprendra à choisir le moment propre à chaque opération, il se formera à l'évaluation des surfaces, du tems et des forces, et s'en créera une mesure intelleciuelle. Là il se rendra familières les communications avec les hommes qu'on emploie et la manière de s'y prendre avec eux, pour atteindre le plus sůrement et le plus promptement le but qu'on se propose. IIs'y exercera à Pactivité, à la patience, à la persévérance et à la modération; il s'accoutumera physiquement et moralement à la vie agricole. Il aura soin de réveiller son attention et de soulager sa mémoire par l'inscrip- non dans un livre de notes et en tenant un journal. „ e S'ao- vrelle, 8 Sens; ropre- naient on et Pr D'A GRICULTVURE. 13 Il apprendra également là ce qui a rapport à la direction des affaires, il ob- servera la manière de les conduire, aussi souvent qu'il en aura l'occasion. Enfin il ne négligera pas d'acquérir autant que possible un certain tact dans les achats et les ventes. Plus il apprendra là toutes choses d'une manière méca- nique et positive, mieux ce sera peut-être, sil doit recevoir dans la suite une instrucuion plus relevée. Les principes chancelans et faux, qu'on a coutume de donner sur bien des choses et que le jeune homme reçoit de confiance avant de pouvoir les approfondir, jettent des racines tout comme les préjugés, et on ne les extirpe ensuite qu'avec peine. Ainsi préparé, Pélève pourra passer à l'étude scientfique, avec'espérance d'atteindre ce qui est grand et élevé. § 41. Depuis long-tems on n'a pas entièrement méconnu Putilité des sciences acces- soires pour la haute agriculture et la convenance d'en faire précéder l'étude; c'est pour cela que des jeunes gens desunés à l'agriculture, ont passé quelques annCes à Puniversité, afin d'y étudier ce qu'on appelle en général Péconomie. Mais ces sciences, lorsqu'elles ont trait à l'agriculture, doivent étre traitées d'une manière toute particulière. Leurs principes généraux et fondamentaux doivent étre développés dans la juste mesure qui facilite la transition aux appli- cations pariiculières. Quant à ces applications, il me parait qu'on doit se borner à ce qui a rapport à Pagriculture ou à son enseignement, de crainte qu'en donnant à ces études accessoires une trop grande extension, on ne divise l'attention et ne dé- tourne l'esprit de son but principal. L'inclination prédominante qui, dans ces premières années, peut naitre pour Pune ou Pautre des parties, court le risque de nuire à Pactivité, ou tout au moins il en natt un savoir superficiel, une espèce de science encyclopédique; tandis que si l'enseignement est tourné tout enuer vers le but, la lumière se concentre sur celui-ci, et il se présente au jeune homme sous des formes d'autant plus attrayantes. C'est pour cela que la qémonstration réunie de la science principale et de celles accessoires qui y sont Hées, a de si grands avantages; aussi est-ce à cette démonstrauion de l'ensemble seulement, que plusieurs personnes qui avaient étudié ces sciences accessoires aux universités, commençaien: à saisir les rapporis qu'elles avaient avec l'étude rincipale. 3 Ie§ 42. Depuis un siècle on a entrevu la possibilité et Putilité d'un enseignement scientifique pour J'agriculture, c'est ce que prouvent les chaires qui dès lors en 14 PRINCIPES RAISONNES ont été établies à presque toutes les universités. Pour autant que ces institutions doivent donner au fonctionnaire public, au jurisconsulte, même au ihéologien et au médecin une idée claire de l'industrie agricole, j'en reconnais P'utilité et je désire seulement que la démonstration en soit appropriée à ce seul but qu'elle puisse atteindre. Elles ne me paraissent en aucune manière convenir à'agriculteur qui cherche Pinstruction, parce que les usages de l'université, le genre de vie qu'on mène à Pacadémie, et la tournure que toutes choses y ont, mettent dans les déve- loppemens de l'éléève quelque chose d'hétérogène, qui pourrait facilement nuire dans la suite à son activité et à son genre de vie; parce aussi qu'on doit à peine espérer d'un agriculteur qui réunirait la pratique à la science, qu'il voulùt accepter une place d'instituteur dans une université, et qu'une personne qui ne posséderait pas ces deux qualités ne serait nullement propre à une telle place. § 43. Les personnes chez lesquelles la science agricole a existé jusqu'à présent avec plus ou moins de développement, ont dü se la créer par leur propre réflexion; elles n'ont pu employer l'énorme quantité d'ouvrages écrits sur cette matière, que pour en extraire les bons matériaux qui y étaient disséminés. La plupart s'étaient créées à elles-mêmes un système approprié à leurs propres cir- constances; d'autres s'occupaient d'économie et de statistique et avaient des vues toutes différentes de celles de l'agriculteur; elles voulaient ainsi plier toutes choses à des formes qui, quoique reçues et en grand nombre, devaient leur existence plus au caprice qu'à la nature. Nous w'avons point encore pu avoir un code de lois adapté à lagriculture, parce que jusqu'ici nous ne possédions point encore la science agricole proprement dite. Et comment le législateur pourrait-il embrasser un sujet aussi compliqué, lorsqu'ib 1 n'en a reçu que des notions incomplètes? Cependant les auteurs économi- Politiques Krug et Kraus sont dernièrement parvenus à ce but. § 44. Jusqu'à présent rien n'a autant pu contribuer à P'acquisition des connaissances raisonnées d'agronomie, que des voyages dans les pays qui se distinguent par leur agriculture. La comtemplation des méthodes si variées et des institulions de différens peuples, détruisent ce préjugé de notre enfance, que rien ne doit aller différemment et ne peut èêtre mieux que chez nous. Les usages de provinces et de nations entières, tant dans les formes agricoles générales que dans l'exécution de chaque chose en particulier, et la manière de traiter chaque production, sont pour l'homme pensant des expériences en grand, —— utions logien ſite et lw'elle derche méne léve- auire eine ulut ne e. D'A GRICULTVURE. 15 s'il sait les mettre en parallèle en comparant leurs résultats. Mais il faut une grande persévérance et surmonter bien des difficultés pour urer part de tels voyages, et pour pousser ses observations jusqu'aux vrais principes des choses. Celui qui n'a parcouru un pays qu'en poste, et qui ne s'est arrété que dans les auberges, n'en rapportera que bien peu de chose d'uüle. Outre cela il faut un jugement et une pénétrauon formés par des études préliminaires suivies, et une imparlialité dégagée de préjugés, pour Urer de telles observations des résultats vrais et posiufs. Sans cela, au lieu d'étre dépouillé de ses préjugés, on ne fait qu'en rapporter de nouveaux encore moins appropriés à son climat et à ses con- venances sociales. Si le métier d'agriculteur avait, ainsi que les professions réglées en corporations, prescrit à ses ouvriers les voyages, il est indubitable que cela n'en irait que mieux. Nous dirons dans la suite quelque chose sur la direction des voyages agricoles, sur les routes les plus convenables à suivre, et sur la géographie de l'agriculture. § 45. Enfin dans ces derniers tems on a proposé, projeté et essayé en grand nombre des instituts desünés à Penseignement de Pagriculture, mais ils n'ont pas encore 6té Gtablis d'une manière permanente. On a à quelques égards exigé trop d'eux. A la vérité, le mécanique y est démontré et enseigné avec clarté et dès ses principes, mais difficilement on peut y joindre toute la pratique qui serait néces- saire. Ce que nous avons appelé éducation agricole peut étre acquis plus faci- lement et à beaucoup moins de frais dans des écoles primaires circonscrites, dans lesquelles sout régisseur agricole honnéte et doué de zèle, même sans pos- séder des connaissances scientfiques, peut donner les leçons et faire la démons- tration.. Un institut destiné à Penseiguement de la science agricole doit réunir les con- ditions suivantes. Il faut qu'on y enseigne dans son ensemble, avec ses liaisons et les rapports qu'elle a au but principal, toute la partie des sciences qui a trait directement ou indirectement à la vie agricole. Eu outreé il est nécessaire, non-seulement que chaque démonstrateur possède sa science avec une pleine clarté et dans ses principes, puisqu'il est toujours beaucoup plus difficile d'enseiguer une science dans son application à une autre, que dans son ensemble; mais encore qu'il ait une connaissance parfaite du but méme pour lequel elle est enseignée, et qu'il ait une hauie idée de son importance. A cette persuasion, il faut qu'il réunisse Paffection et Penthousiasme pour la science. L'idéal de la plus haute perfecuon possible doit étre présenté d'une 16 PRINCIPERS RAISONNES manière si claire, si frappante, que l'envie de l'atteindre pour l'amour d'elle, jette dans l'ame de profondes racines. Que ceux qui viennent à un tel institut doivent étre capables d'en profiter, c'est ce qu'on doit présumer de leur simple arrivée. Un idéal n'est point une chimère, quoiqu'il puisse etre hors de portée. Cest un produit de l'entendement et de la raison, dans lequel rien ne doit être abandonné au caprice; c'est la représentation d'une chose dans la plus haute perfection dont on puisse se faire une idée, sans égard aux circonscriptions dont la nécessité ou FPaccident peuvent entraver Pexécution. Il faut nécessairement avoir cet idéal devant les yeux si, dans toutes les circonstances, on veut atteindre le plus haut degré ou s'en approcher, ne fut-ce qu'à petits pas et par de grands détours. Par idéal de l'agriculture, on ne doit point entendre une institution particulière, mais seulement cet ordre par lequel le but de l'entreprise, tel qu'il est indiqué à S§ 1 et 2, est atteint sous tous ses rapports et de la manière la plus complète. Il est absolument nécessaire que tous les sujets, avec leurs procédés dans leurs détails et leurs époques, soient représentés aux sens, et que cette démons- tration soit unie à l'enseignement, afin que ces sujets produisent une impression plus profonde et plus durable, afin aussi que chaque proposition de quelque im- portance soit appuyée d'une démonstration ou d'une expérience. Pour atteindre ce but, il faut une culture assez étendue et assez compliquée, qui comprenne les procédés de toutes les opérations importantes, et qui fournisse l'occasion de les observer. Cependant comme on ne sauroit tout réunir dans un seul établis— sement agricole, sans lui donner une complication qui lui éterait ses avantages comme modeèle d'agriculture; il faut choisir pour Pinstitut une contrée où on puisse trouver rapprochés, des établissemens variés et des diflérences qui donnent lieu à des comparaisons. La culture attachée à l'institut doit, à la vérité, étre un modèle d'agri- culture, mais il n'est nullement indispensable qu'il soit accompli. Mieux vaut que ce modèle avance vers la perfection, sans P'avoir atteinte, afin de montrer d'autant mieux les difficultés qui Pentourent. II faut aussi que cette culture soit dans les circonstances habitnelles, et qu'elle n'ait ni n'emploie aucune ressource extraordinaire, qui lui donne un accroissement plus rapide que cela n'est q'ailleurs 903 le⸗ Elle ne doit employer ni un capital d'exploitation dis- proportionné et trop considérable, ni des ressources qui ne seraient pas applicables en grand. Elle ne doit ni acheter du fumier des villes, ni user de moyens coùteux d'améliorer ses champs, lels que de profonds labours à la bèécbe ‚le renversement de récoltes pérennes et choses de ce genre; elle doit procéder avec une économie absolue. Pour 2 elle, stitut mple est un donnè u dont ité ou evant legré teux nent smle vour DP'AGRTCUILTURV. 17 Pour démontrer ce quon peut faire avec les opérations ci-dessus, de très-petits espaces suffisent. Il ne doit pas moins. y avoir un appareil complet et les arrangemens néces- Saires pour la démonstration des sciences accessoires qu'on y enseigne. Le genre de vie, les entretiens et le déploiement de l'activité doivent être tont entiers dirigés vers le but, non par des moyens de gène, non par des règles spéciales, mais par cet entrainement, par cet intéròt que la chose même doit inspirer. C'est dans des conversations franches et libres que se fait le mieux T'échange des idées et des opinions, que celles-ci subissent un examen plus ap- profondi, et qu'elles se dépouillent mieux des préjugés dont elles étaient enve- loppées. Ces entretiens doivent donc étre encouragés et reproduits de toutes manières, d'autant que rien n'avance plus la connaissance de la vérité que l'op- position qui nait, non de sentimens personnels, mais de la raison et qui doit etre amenée à une décision précise. Comme l'éducation scientiſique ne souffre en elle-mème aucune contrainte extérieure, et ne peut éêtre P'effet que d'un esprit libre; comme d'ailleurs on doit supposer que ceux qui sont à un tel institut, y sont venus de leur plein gré, et ainsi avec la ferme volonté d'y acquérir de la manière la plus complète tout ce qui a trait à'agriculture; la contrainte y serait à la fois nuisible et inutile. Au contraire, ceux qui y viendraient ou y seraient envoyés dans quelqu'autre vue, devraient étre éloignés aussitôt qu'on s'apergevrait qu'ils ne s'identſieraient pas à Pesprit général de l'institut, et que la contrainte seule les empécherait d'en troubler Pordre. Cependant, dans un tel établissement il faut bien qu'il y ait une certaine règle et qu'elle soit observée exactement, ne füt-ce que pour assurer l'avantage commun, lIa liberté et la commodité de chacun. De quelqu'avantage que soient ces communications sociales pour approcher du but, il ne faut pas cependant qu'elles nuisent à Papplication particulière; pour ge chacun doit avoir une chambfe en propre, et pouvoir en ſouir tran- quillement. Plus un tel établissement s'acquerra de réputation, plus il attirera d'élèves de provinoes éloignées et diverses; plus il acquerra de perfection: pourvu toute- fois que ces élèves ne soient pas absolument sans expérience, mais que ce soit des hommes qui, par une pratique plus ou moins longue et leur sagacité, aient acquis une connaissance plus précise de Pagriculture usitée dans leur pays. En effet, rien ne prévient mieux la partialité chez les instituteurs et les élèves que Pobligation où sont les premiers de faire attention aux diverses idées que les elèves ont apportées avec eux, afin de leur expliquer comment les idées géné- J. 5 18 PRINCIPBS KRAILSONN E'S rales comprennent en elles les particulières, méme les plus divergentes, et les réunissent heureusement. Le rassemblement er! des climats, des pays et des nations les plus variés, où règnent les usages, les Gtablissemens et les opinions les plus dissemblables, cumulent là une masse vivante de connaissances et d'expériences, quelquefois aussi de préjugés et Cet assemblage excite Pabord une fermentation extraordinaire dans 16t, avec Paide d'une bonne direction, il en sort un e communique à tous et leur montre cet idéal nsuite à modifier et à atteindre, en com- ersonnelles et sa localité. Un a constante réunion d'hommes d'opinions. ioutes les tétes, mais bien résidu clair, pur et général, qui s de la perfection que chacun cherche e pinant ses propres idées avec ses circoustances p iel concours surpasse de beaucoup Puulité des voyages eux-mémes. Si un insttut a atteint cette célébrité, il attirera non-seulement des élèves, mais aussi des mattres, auxquels il procurera des entretiens assez intéressans et des avantages assez réels, pour leur faire prolonger le séjour qu'ils avaient jntenuon d'y faire. Ceci, en particulier, produira un grand efſet sur les per- sonnes moins fortes, les affermira dans leur croyance ‚fortifiera leur courage, et urayante sur Pidéal que l'enseignement leur aura présenté. e ce genre étaient une fois parvenus à ce point, la e leur centre sur le monde civilisé; la pratique e direction et plus d'assurance dans sa marche; oient la suppression d'insututions jettera une lumière a Si des établissemens d ence sétendrait efficacement d rait bientôt une meilleur saines chez les gouvernans amener sives pour Pagriculture, et ainsi la richesse et le bien-étre sci en recev des vues plus vieillies et oppres seraient répandus sur les peuples. LE CAPITAL. § 486. du sujet qui exerce l'agriculture, le capital 12 plus importante de Pentreprise, car, avec des gérans égaux en lalens, l'a- ge et le succès sont toujours en proportion avec les capitaux employés. ncapacité du directeur, l'insuffisance du capital mis à le cause de son imperfection. § 47. Nous entendons par capital en général fortune ou moyens, iout bien qui, ST'autres, produit à son propriétaire un point de son origine; nous ne demand ArPRBs la capacité est la condition vanta Cest pourquoi après ri Pagriculture, ³ 6t la principa enquérons succession ou par travail. 3. ‚„ce qu'on appelle communément par Pusage propre ou par la location à revenu ou une renite, et nous ne nous ons point s'il a été acquis par s, et les Lhommes ages, les ne masse jugés et aire dans msort un det idéal 2n com- 16. Un leves, sans et vaient s per- ge, et Lsenté. int, la alique arche; utions -ètre dition , Ta- Dloyés. 1 mis à D'AGRICGULTVURE. 19 Le plus souvent, à la vérité, on wappelle capital que la provision de biens utiles, produite et amassée par le travail. Mais quelquefois on ne saurait déter- miger la part que la nature ou le travail ont eue à un bien, comme par exemple cela a lieu dans les exploitations de mines, de carrières, ou de terrains enlevés par Part à la nature et mis en culture; d'autres fois il est plus en rapport avec p'etat actuel de la civilation, où on ne prend plus possession du sol par droit de premier oceupant, mais seulement par échange contre un autre capital ou pro- priété, d'envisager aussi le sol, les fonds de terre, comme des capitaux. Cette dernière acception nous donnera une idée plus claire de l'industrie agricole. L'immortel Kraus, dans son Economie politique(Staats-Wirthschaft), publiée par le président d'Auerswaldt, établit selon moi la distinction la plus convenable, lorsqu'il envisage la valeur des fonds de ierre comme le bien de la nation, mais un bien dont elle ma pas la régie. Nulle part mieux que la, les rapports réciproques de l'agriculture, de l'Eiat et de la fortune nationale wont été traités d'une ma- nière claire et pratique, et j'eusse entieèrement fondu mes idées dans les siennes, si'eusse lu cet ouvrage avant la composition de ce chapitre. Il sera du reste facile à chaque lecteur de le faire. Quant aux résultats, allons en avant. § 48. D'après cette détermination les capitaux placés dans l'agriculture sont de trois sortes: 1. le capital du fonds; 2. le capital du cheptel; 5. le capital en circu- lation. M§ 49. Le capital du fonds est celui par lequel l'agriculieur s'esi mis ou peut se mettre en possession d'un domaine. C'est la valeur du sol ou du fonds pris ou à prendre en possession. D'après l'usage général et avec raison on y comprend les bätimens et toutes les choses adhérentes au sol; de mème les droits attachés au domaine, qu'ils aient rapport à l'agriculture ou non. Ce capital du fonds ou ceite valeur du domaine ne demeure pas toujours la méme, elle est souvent modifiée ou par des circonstances extérieures dans ses rapporis avec la valeur d'autres choses et de l'argent, ou et principalement par ses circonstances intérieures et en lui-méême. Les modifications de cette dernière espèce sont appelées améliorations ou détériorations. Le capital appliqué à un domaine est augmenté par des améliorations, tout comme il P'esi par Pacquisition d'un nouveau fonds. § 50. Le capital du cheptel consiste dans la valeur des choses nécessaires au déploiement de l'industrie agricole, et il est employé à leur achat. On P'appelle ordinairement inwentaire. Sous ceitte dénomination, on range principalement le bétail permanent de trait et de rente, les instrumens et outils d'dgriculture. Dans quelques pays, on y joint aussi la valeur des semailles, les 2 20— PRINCGIPES RAISONNES avances faites pour les récoltes de année suivante, et les denrées qui demeurent en provision pour êétre consommées d'une récolte à l'autre. Dans la bonne règle, ce dernier objet devrait appartenir à la partie du capital dont nous allons parler. § 51. Le capital en oirculation ou capital courant, aveo lequel on paie les domes- nques, les ouvriers, les choses nécessaires qu'on doit se procurer, le bétail d'engrais, etc. consiste à la provision d'argent qu'on doit garder en caisse pour cet usage, ou aux amas de denrées que bon conserve pour en pouvoir uürer cet argent.- Cest par ce capital que doit se couvrir la diminution de celui du cheptel, qui, de sa nature, va toujours en se détériorant; et enfin c'est de là que sortent les dépenses faites pour augmenter le capital du fonds, pour l'amélioration du domaine. 3 Ce capital courant est la force motrice de ioute l'entreprise; c'est par Jui que le travail Seffectue, et c'est ce travail qui, proprement dit, donne les produits de Pentreprise agricole. De là vient que, si on en excepte les accidens heureux ou malheureux, et en supposant avant tout au gérant les talens et assiduité nécessaires, ces produits sont toujours en rapport avec ce capital. Les difficultés qu'on rencontre, et les sacrifices qu'il ſaut faire pour se pro- curer ce capital, le iaux élevé de Pintérét qu'on doit en payer, ou la facilité de faire de plus grands profits dans une autre industrie, sont les causes qui arrétent les progrès de Pagriculture, et par conséquent la fécondité du sol. En revanche, ioute facilité mise à Pacquisition de ce capital, tout encouragement à appliquer des capitaux à cette industrie, contribuent efficacement à améliorer l'agriculture. Ercomme de cette manière la quantité des produits est nécessairement augmentée, Paisance du cultivateur et le gain qu'il retire de son industrie doivent, contre Popinion des gens à vues resserrées, d'autant mieux produire la surabondance et le bas prix des denrées, que plus ces gains sont considérables, plus le culuúvateur a de disposition à employer ses épargnes à son entreprise. § 52. Pour se faire une idée claire de l'industrie agricole il est nécessaire de bien disänguer ces capitaux des rentes qu'ils produisent. Le capital du fonds, ou la valeur du domaine, ne peut étre considéré que comme une valeur placée à intérét sous les plus grandes suůretés; il doit produire la rente qu'on peut attendre d'un capital placé aussi solidement. On ne saurait en exiger un plus considérable. Le capital du cheptel ou inventaire, bien que nous admettions qu'il doive — — JG leurent regle, parler. lomes- bétail pour er cet qui, t les du que Guits eux uité Pro- de ient he, bien que -uire ait oivè DAGRICUITURE. 21 toujours ètre entretenu au mème point par le capital en circulation, est cepen- dant exposé à bien plus de dangers que le précédent, en ce qu'il est assujetti à des accidens qui font courir au propriétaire des risques de le perdre, et qui en Allemagne ont fait naitre l'usage de l'assurer*. Si Pintérét du capital du fonds est porté à quatre pour cent, celui de ce capital doit l'êétre à six. Le capital en circulation est exposé aux plus grands risques, il est le moteur de toute l'entreprise, et exige pour son administration une grande attention, de grandes connaissances. Par cette raison il doit, ainsi que le capital actif de toute entreprise, rapporter un intérét élevé, et être porté au moins à 12 p.“ 2 6. Car c'est en ceci que consiste le vrai profit qu'on retire de l'économie. En conséquence, si un propriétaire cultive son fonds lIui-méème, il doit bien distinguer le produit de son fonds comme représentant la rente de ces différens capitaux. Il reurerait une rente de la valeur de son fonds s'il le mettoit à ferme ou sil le vendait pour en placer le capital ailleurs. Il en serait de mème du capital de cheptel, s'il le prétait à quelqu'un avec les mèmes risques. L'intérèt de tous deux doit donc être prélevé du produit de agriculture, et ce qui reste est le produit net de l'entreprise, qui natt du capital en circulation, et qui est en rapport avec lui, si on suppose avant tout les connaissances et l'activité néces- saires. Que si on voulait pousser les distinctions plus loin, on pourrait établir un capital particulier de connaissances acquises(avantage qui, en effet, ne peut avoir lieu qu'ensuite d'un sacrifice de tems et d'autres capitaux). De cette manière, lorsqu'un habile gérant procurerait un produit qui excéderait la rente des divers capitaux dont nous avons parlé,'excédent pourrait étre attribué au capital de ses connaissances, § 53. Au moyen de ceite distinction précise on évitera la grande erreur dans laquelle on tombe, en estimant les produits d'un domaine d'après sa valeur, et on déter- minera d'une manière plus positive les espérances vagues qu'on se crée de la valeur du fonds ou du produit de sa culture. * Les caisses d'assurance pour le bétail sont encore inconnues en France; çependant le ceultivateur leur doit, dans quelques contrées de l'Allemagne, une sécurité qui contribue essentiellement à assurer sa marche et à lui procurer plus facilement le capital nécessaire à son industrie, Les avantages de ceite institution me paroissent incontestables, si d'ailleurs de sages règlemens préviennent les négligences dans la nourriture et les soins qu'exige le Pétail,(Trad.) PRINCIPESS RAISONNES § 54. On ne saurait fxer d'une manière générale, quelle doit étre la proportion de relativement aux autres; cela ne peut étre déterminé que prenant en considération les circonstances que celui qui possède un ces capitaux, les uns dans certains cas particuliers, en Jocales Ceci seulement peut etre donné pour règle, nt, marchera d'autant mieux comme agriculteur, qu'il en our son capital en circulation, pour les besoins qu'il n'élevera pas trop le capital peuit capital seuleme réservera la plus grande parue p courans de son entreprise, et par conséquent du fonds et celui du cheptel; car le produit net de Pentreprise suit moins la proportion de son étendue, que celle des avances faites pour ses développemens- Hlsentend de soi-même que ces avances doivent avoir leurs bornes, mais elles peuvent étre poussées beaucoup plus loin qu'on ne Pimagine. Je dis comme agriculteur, car celui qui ſait le commerce des fonds a des règles re, et il est des tems et des circonstances dans lesquelles agriculture. ni le plus répandus toutes différentes à suiv ce commerce est, à tous égards, encore plus lucratif que l' En Angleterre, ouù le calcul mercantile et la pénétration se so sur toutes les branches d'industrie, il est regu que le capital en circulation dans lequel on comprend toujours aussi le cheptel, doit s'Clever à sept jusqu'h neuf ſois Pintérèt du capital, ou la rente du fonds. Celui qui prend à ferme un domaine de 1000 écus de rente, doit ainsi avoir une fortune disponible de 7 à 9000 écus-. On compie alors les profits de son entreprise, non d'après la rente qu'il paie, mais d'après celui du capital qu'il met en circulation, et on suppose qu'il doit en retirer le 12 p.“ 9, ce qui, pour 9000 écus, monte à 1080, en sus de la rente du prix de ferme. S'il est propriétaire, d'abord il prélève le montant de la rente qu'il pourrait retirer c'un fermier, sil ne cultivait pas lui-méème, et le surplus il le compte comme produit net de son entreprise. Mais il n'en tirera jamais cette conséquence vicieuse, que puisque la culture de son fonds lui produit 2080 écus, la valeur capitale de ce fonds doit être égale à 25 fois la valeur de ce produit. Ceci montre combien on est dans Terreur lorsqu'on veut conclure du produit d'un fonds à sa valeur capitale, comme cela a cependant lieu dans la plupart des estimations. On cherche, à la vérité, à masquer cette faute par une autre, en portant ce produit à un taux beaucoup plus bas qu'il ne pourrait être dans une bonne culture. Néanmoins cette évaluation demeure vague et séduisante, et elle a les suites les plus fächeuses pour T'industrie. Le capital du cheptel lui-même, quoique son augmentation ajoute beaucoup au produit de Pagriculture, peut, dans une position étroite, avoir une extension trop grande, si par là le capital en circulation se trouve trop resserré. Par une „dépense trop considérable pour achat de bétail, plusieurs personnes se sont mises hors de possibilité de cultiver et faire produire assez de fourrage pour sa nourriture. on de que ances de un ll en soins pital ns la eDs. elles gles lles dus lans neuf aine écus. daie, doit ente ente olus elle cus, luit. duit part ure, dans le, et ucoup ension r une mises ur 33 D'AGRICULTVURE. 23 § 55. Le capital en circulation donne souvent un produit que Pon n'apercoit point, pas directement dans la caisse, mais qu'il est joint immédia- parce qu'il n'entre t employé à la boniſfication du domaine. Que si on tement au capital du fonds e emploie de l'argent ou du travail directement à des améliorations, cela tombe, mais beaucoup à la vérité, sous les sens dans une comptabilité bien ordonnée, le sol*, parce moins lorsqu'on consacre une parlie des produits à améliorer que, au lieu de cultiver des récoltes d'une venie facile, mais qui épuisent le sol, on en cultive d'autres qui non-seulement conservent sa ſertilité, mais qui encore Paugmenient considérablement en servant à la nourriture du bétail et en pro- duisant ainsi des engrais. Cependant comme le capital en circulation est par la diminué au profit du capital du fonds, ce premier doit étre d'autant plus consi- dérable ou recevoir de fréquens subsides. Voilà pourquoi on dit qu'il y a toujours de la perte à passer d'une mauvaise culture à une bonne, surtout sur un sol épuisé. Du reste, ce n'est point là une perte mais une adjonction au capital du fonds, qui, faite avec la réflexion nécessaire, produit toujours un grand profit. Cependant cette adjonction pour- rait facilement épuiser le capital en circulation, surtout s'il ne pouvoit recevoir des subsides. Il est dans la nature des choses que, dans les premiers momens, de telles améliorations n'obtiennent pas la confiance; c'est pour cela que plusieurs personnes dont le crédit était déjà un peu éprouvé, ont été par là mises en faillite, quoique d'ailleurs elles eussent bien opéré. La faute tenait seulement à ce qu'elles avaient fait des entreprises trop grandes proportionelle- ment au capital qu'elles avaient à leur disposition. C'est ainsi que par défaut de ce capital la plupart des grandes améliorations ne peuvent pas avoir lieu, et d'autant moins que les domaines sont considérables. Les gens sans foriune ne peuvent le trouver, parce que les capitalistes ne trouvent aucune süúreté dans Pemploi à des améliorations. Les propriétaires plus riches croient ne pas le pouvoir, parce qu'ils se tiennent pour obligés à ſaire une certaine dépense, qui consomme au moins leur revenu; ils ne pensent qu'au produit pécuniaire annuel, ei celui-Ià ils ne veulent pas plus qu'il éprouve de réduction, meme pour une année, que süls vivoient sur une rente viagère, et si le capital ne leur appartenait point. D'autres encore ne le veulent pas parce qu'ils n'ont que des idées rétrécies sur le revenu et le capital, et qu'ils * Cela se distingue, sans aucune exceplion, dans une comptabilité bien ordonnée.(Trad.) —————— —— 24 PRINCIPES' RAISONNES n'envisagent, comme appartenant à cette dernière dénomination, que l'argent comptant, ce qui peut ôtre placé à intérét. C'est pour cela aussi que les cultvateurs avares sont toujours de mauvais cultivateurs. § 56. Si dans un Etat, pauvre en lui-méême, ou dans lequel on ne peut consacrer à Pagriculture qu'un capital proportionnellement resserré, celle-ci doit cependant etre perfectionnée; il faut faire tels arrangemens qui mettent ce petit capital autant en activité que possible, et qui empéchent qu'il ne se diminue encore. Ce dernier cas arrive cependant, si le capital est employé à acquisition du sol, et par là est perdu pour l'industrie. C'est pourquoi il est mieux que le proprié- taire du fonds demeurant propriétaire, se borne à retirer sa rente, et que le cultivateur ne soit que fermier. Mais comme les baux à terme sont aussi désavan- tageux au propriétaire qu'au fermier, et comme l'épuisement du sol qui en résulte toujours est infniment préjudiciable à la société, rien ne saurait ré- soudre aussi bien ce problème de l'agriculture que des baux héréditaires. Et afin que chaque poruon de ce capital telle qu'elle se trouverait dans les mains d'une personne, füt mise en activité, il faudrait que la grandeur des fermes héréditaires ft variée de telle sorte que chacun trouvaàt ce qui serait proportionné à ses moyens, et que personne n'eùt la tentation d'entreprendre quelque chose qui les dépassat. § 57. Il s'ensuit de là que sans capital ou sans un crédit suffisant, une entreprise agricole ne saurait être faite avec avantage, que tout essai de ce genre aura des suites déplorables, et demeurera dans la plus misérable situation.. Car méème pour Pouvrier, le travail est à certains égards un capital en circu- lation, puisqu'il doit svoir autant de capital(ou de crédit) qu'il lui en faut pour s'entretenir jusqu'à ce qu'il ait réalisé le produit de son travail; et qu'il ne peut aller au-dela du terme ouù ce capital lui suffit, sans en avoir rassemblé un autre. C'est pour cela que nous voyons de très petits paysaus se urer d'affaire, tandis que de plus considérables, lorsqu'ils sont devenus tout-Aà-fait pauvres, ne se relèvent jamais. Au reste, il demeure vrai que sans une accumulation d'économies on ure en général moins de parti du travail. Celui qui avec un capital de connaissances considérable ne possède pas de capital en argent, ou qui n'en'a qu'un insignifiant, retirera un plus grand avan- tage de ce premier en dirigeant une entreprise pour le compte d'autrui. Il y a sans doute de plus grandes difficultés à conduire une entreprise agricole pour les autres que pour soi-méèéme, mais ces difficultés tendront d'autant plus à s'atténuer que argent ue les acrer endant apital doore. sol, vrie- de le van- P'AGRICULTVUR E. 25 que la science appuyée de principes srs sera universellement répandue; en effet, la science donne plus de facilité pour apprécier les vrais talens; et, par la fixation d'opinions jusqu'ici chancelantes, elle obvie aux mésentendus qui aujourd'hui se reproduisent si souvent entre le propriétaire et le gérant. LE DOMAINE ET SA PRISE DE POSSESSION. § 58. CETVUI qui ayant les dispositions, les talens, les connaissances et le capital nécessaires, s'est voué à une entreprise agricole, doit en troisième lieu se meitre en possession d'un domaine soit par acquisition, soit par prise à ferme héréditaire ou à terme, si de quelqu'autre manière il n'est pas déjà propriétaire d'un tel fonds. Nous ne partageons nullement l'opinion de plusieurs personnes qui envisagent la possession d'un domaine comme la premieère et la plus nécessaire condition d'une entreprise agricole; nous pensons au contraire qu'au moyen des deux premières conditions on sera toujours à portée d'acquérir un fonds, et méême, dans la plu- part des cas, un plus convenable et plus approprié aux qualités du sujet et à ses moyens, qu'un, dont il aurait déjà la propriété, ne le serait ordinairement. De méme, nous ne tenons nullement comme d'autres le font, la possession d'un domaine par droit d'hérédité pour une vocation, un motif ou un devoir suffisant de se consacrer à l'agriculture; nous pensons au contraire que celui qui ne se sent aucune disposition intérieure pour cette profession, fait mieux pour lui- méme et pour le bien général, sil cherche à s'assurer de quelque manière que ce soit une rente convenable de son fonds, et en abandonne la culture à un autre. Cette opinion sur le devoir du possesseur, de cultiver lui-même son do- maine, ne pouvait se fonder que sur quelqu'idée rigoureuse du système féodal, lequel a fait place à l'esprit mercantile de nos jours, et n'y a survécu presque dans aucun Etal de P'Europe. Si quelqu'un réunit aux qualités nécessaires la pos- session d'un domaine dont il ait hérité, qui soit approprié à ses convenances et pas trop éloigné de l'idée qu'il attache à l'exercice de l'agriculture; cette circons- tance et un attachement naturel pour le sol paternel peuvent sans aucun doute ètre de grand poids pour déterminer sa résolution. Mais comme nous considérons ici'agriculteur uniquement quant à son industrie et isolé de toutes idées acces- soires, nous ne pouvons pas prendre ce motif accidentel en considération. § 59. Celui qui veut acquérir un domaine, doit pour Pobtenir aussi avantageux que possible, chercher au loin, et ne pas se borner à un district, à une province, à un Eiat. Il pourra d'autant mieux choisir, que les objets se présenteront à lui en plus grande abondance. J. 4 ————— PRINCIPES RAISONNES Celui qui a du patriolisme, disposition qui se ſonde sur la connaissance des avantages réels de la constitution, y trouveràa, avec fondement, une détermi- V anic nation à choisir de préférence un domaine dans sa patrie. Mais une simple pré- goi oooaaa— dilection pour son pays ne saurait entrer en considération, lorsque, comme .— 8 4. e agriculteur, on a un tel problème à résoudre. 8 V plu § 60. mo On devra toujours choisir le domaine qui, toutes circonstances pesées, pro- V e0 meittra le produit net le plus élevé, bien entendu en proportion des moyens V— disponibles de celui qui doit en prendre possession. On ne trouvera jamais, ou V de que bien rarement, un domaine parfait, sans défauts, et qui remplisse dans b 3 toutes ses parties les désirs qu'on peut avoir; il ne s'agit que de savoir jusqu'à quel point la somme de ses bonnes qualités dépasse celle des mauvaises, et par conséquent de les estimer d'une manière précise en les opposant les unes aux 4 dl autres. § 61. b len Pour faire cette comparaison d'une manière claire et assurée, la méthode sui- 86 re vante me paratt convenable. b 18 Lorsque en gros on Sest déterminé pour un domaine, ou que tout au moins 8— on y a arrèté son choix, on doit avant tout en fixer la valeur en suivant pour cela des principes généraux. Bientôt après il faut en approfondir et estimer ioutes les circonstances accessoires; évaluer les avantages indépendans du sol, lesquels on v remarque, chacun à tant pour cent, d'après une estmation 4— jue? 1„ aussi exacte que possible; mettre Pune sous l'autre les valeurs qui représentent ces avantages, et les additionner pour savoir combien ce domaine peut être esümé en sus de sa valeur intrinsèque. En revanche, il faut aussi considérer 1 sous toutes leurs faces les inconvéniens qui y sont attachés, et les difficultés qui se présentent dans de grandes entreprises agricoles; les 6valuer de mème à I 1 b tant pour cent, et en faire le sommaire. Alors en déduisant une somme de Pautre on découvrira de combien la valeur calculée d'après son étendue et la V qualité du sol, est augmentée ou diminuée par ces circonstances accessoires. V Il s'entend de soi-méême que cet examen ne doit pas èétre fait mécaniquement, V mais avec beaucoup de circonspection et de connaissances préliminaires sur tout ce qui a rapport à ce geure d'entreprises. FL62. Onm ne saurait blamer celui qui, se vouant à Pagriculture, fait entrer en considé- ration, dans l'acquisition d'un domaine, les circonstances qui répondent à sa position personnelle, à son inclination pour un genre de culture particulier, et e des termi- e pré- Lomme pro- pyens , ou dans 21 — U’d Par aux zui- oins vour mer ol, ion ent aure örer qui e à de et la . nent, rtout D'A GRICULTVURE. 27 à Pidée qu'il se forme d'un établissement accompli. Mais celui qui n'a en vue uniquement que l'exercice de son art, comme nous devons le supposer ici, ne doit point se créer Pbideal d'un domaine et d'une agriculture parüculière; il doit se borner à chercher des mo plus, il ne doit adopter un genre de culture que lorsque, déterminé par d'autres il a fait choix d'un domaine. Il peut se ſaire qu'on trouve un fonds qui yens de réaliser ses vues et d'atteindre son but. Bien moltiſs, soit parüculierement propre dans la règle ces idées rendent le choix plus difficile et plus limité, elles détournent Jes considérauons auxquelles on doit s'arréter pour faire une acquisition aussi à Pexécuuion des idées qu'on s'était formées, mais avantageuse que possible. § 65. Mais avant tout il faut s'assurer que le fonds dont on va faire'entreprise est dans une juste proportion avec la fortune qu'on possède. Il ne s'agit pas seu- ci du prix d'achat, mais encore de l'excédent d'avances nécessaire pour e et pour la continuer de manière que, dans son tems, on en lement i régler la cultur reüre le plus grand proſit possible. Lorsqu'ici nous parlons d'acquisition de fonds, c'est uniquement par rapport à l'agriculteur proprement dit, qui envisage le domaine à acquérir comme des matériaux sur lesquels il doit travailler, et desquels il doit retirer un produit; et non comme un objet de revente, dans lequel on ne cherche le gain que dans la mutation. Ce dernier genre de spéculation appartient au commerce, il a des règles et des principes tout différens de ceux de l'ndustrie agricole. § 64. Le prix des domaines est très-variable: depuis long-iems il a toujours haussé, et de vingt en vingt aus, souvent mème de dix en dix il a doublé, en sorte que main- tenantilest arrivé à un taux lequel, il y a cinquante ans, eüt paru incroyable. Cette hausse a Gété occasionnée en partie par la multiplication du numéraire en circu- lation, par la baisse de sa valeur et par la hausse qui s'en est suivie du prix de ious les produits. On ne peut méconnattre d'ailleurs qu'elle a été due aussi au per- fecuonnement et à la propagation, de l'industrie agricole, au succès de plusieurs pDonifications, aux grands profits de quelques systèmes d'agriculture perfectionnés, et peut-étre méême au pressentiment de perfectionnemens plus grands encore, et d'un produit qui dépasse de beaucoup celui qu'on obtient aujourd'hui; enfin à Pinclination pour la vie des champs et Pagriculture, qui se sont développés dans la classe la plus instruite et la plus aisée. Si cette élévation du prix a été due à la première de ces deux causes, à Paug- mentation du numéraire et du crédit, il est vraisemblable que dans la prochaine 28 PRINCIPES RAISONNES pér puisque l'un et Pautre ont été sensible- ment diminués par e de domaines devait étre mis en vente tout En autendant on peut toujours croire que la seconde iode il tombera considérablement, des conjonctures politiques ſächeuses*. Si en parüculier un nombr. à la fois, leur prix pourrait baiser considérablement. de ces causes, la propagation de en sens contraire, pour que ceute b que des capitaux considérables, qui auparavant étaient appliqués „sont aujourd'hui, par une suite des mêmes s connaissances agricoles agira assez fortement bisse ne soit que momentanée. Et cela T'autant plus à des entreprises d'un autre genre conjonctures, voués à Pacquisition de domaines et à Pagriculture. Dans tous les cas, après un certain nombre d'années la seconde cause agira si puissamment, r des possessions foncières hausser u commerce sont rétablies. II u'est point à redouter que asionnent une paisse trop sensible de leur prix, que la valeu a encore, si la tranquillité, la confance et la liberté d des produits plus abondans oco parce qu'avec la multiplicalion de ceux-là la consommation augmente pro- porũonnellement. § 65. Aussi long-tems que l'argent éprouvera tant de a ioujours une mesure incertaine pour fixer la valeur positive une mesure beaucoup plus sůre, beaucoup plus stable et oduit qui, parce qu'on ne saurait s'en passer, modificauons dans sa valeur, il demeurer du sol. On trouvera d'un emploi universel dans un pr demeure dans un rapport unifor t c'est le grain, en Allemagne principalement le blé-seigle, en France Ainsi pour meittre à un domaine une valeur déterminée, il est vaut tant de mesures de seigle ou de froment, me et durable avec toutes les autres choses. Ce produi le blé-froment. beaucoup plus sür de dire qu'il que tant d'écus ou de francs. Que si on veut réduire ceute valeur fixe dans la r numérique que les circonstances modifient, il faut chercher le rapport valeu gent dans les années ordinaires, et on peut alors facilement moyen du blé à l'ar calculer combien le domaine vaut au taux actuel de l'argent. § 66. La valeur d'un domaine se compose 1.“ de'étendue du tout et de chacune de ses parties; 2.“ de la bonté du sol; cette bonté ne peut, à proprement parler, étre Jémontrée d'une manière précise que par P'analyse des parues qui le composent et de ses propriétés physiques; mais elle peut P'étre provisoirement dans son ensemble par des marques qui se montrent à la vue; 3.“ de la position et des rapports réciproques des appartenances; 4.° des circonstances extérieures, des * Ceci a été écrit particulierement pour PAllemagne, en 1809.(Trad.) ile- r un rrait onde ment cela iqués 6mes s les ent, , 14 que rix, 510- eur, Suve le et zer, Ses. 106 D' AGRICULTUREB. 29 prérogauves et des droits, des charges et des servitudes du domaine, ou de ses qualités accessoires et relatives. § 67. L'etendue ou la contenance d'un domaine et des parties qui le composent ne peut être fixée que par un mesurage géométrique, et ne peut être vue que sur la carte ou sur le tableau d'arpentage. Daus les terrains montueux, il y a souvent une différence remarquable si ce t0isé a été fait en suivant les sinuosités du sol, ou horizontalement en suivant sa base. Dans un pays dont on ne connatt pas très-bien les mesures agraires, il faut s'en enquérir soigneusement. Malheureusement il y a encore très-peu de mesures bien déterminées*, car quoique l'on sache de combien de perches carrées la mesure agraire est composée, et combien de pieds sont contenus dans une perche carrée, la longueur du pied offre encore des variétés incroyables; une différence qui y paraitrait insigniſiante en produirait une très-grande dans la mesure de toute une superficie. § 68. Mais ils sont encore en grand nombre, les domaines qui n'ont pas encore été mesurés, et en faire l'arpentage pour une acquisition serait chose impossible, Ici la superficie est indiquée d'après certaines mesures agraires, qui en elles- mémes sont extrémement indéterminées; telles sont les Houfes**; la on ne peut pas obtenir de garantie que le domaine ou les fonds qui en dépendent, con- nennent effectivement la mesure indiquée. Pour les terres arables on recourt alors à la quantité de semence employée, ce qui n'est pas une donnée plus süre. Mais dans ce cas il faut avant tout chercher à savoir combien dans ce lieu on met de semence sur une étendue bien connue, et quels principes on suit pour le plus ou moins d'épaisseur des semailles, eu égard aux différences dans la bonté du sol et dans la manière de Pensemencer, Il s'entend de soi-même qu'on doive être persuadé de l'exactitude des indications, et que là où on n'a pas cette certitude on doive procéder ayec la plus extrème circonspection. Lorsqu'on n'a pas de mesure plus précise on a coutume d'gvaluer les prairies par chariois de foin, et chacun sait combien peu cela dit, — * Ceci ne peut sappliquer à la France et à tous les lieux ou le systeme décimal des poids et mesures a été adopté.(Trad.) ** Mesure qui est ordinairement de 3o arpens ou journaux, 30 PRINCIPES RAISONNES et Alors on ne doit s'en rapporter qu'à l'apergu qu'on prend à la vue, ou en por mesurant à pas d'homme ou de cheval, et à un certain tact, à un certain coup- ls d'œil. L'acquisition de ce talent est ainsi d'une grande importance à Pagriculteur; qos avec une bonne organisation physique, il peut être acquis par Pexercice et ètre n'e incroyablement perſectionné. A son défaut on est souvent réduit à s'aider d'une qu autre personne qui en ait la pratique et sur qui on puisse compter. § 69. Dans plusieurs contrées, par une combinaison d'dées, la superficie est va- 30 luée, concurremment avec la ferulité du sol, d'après la quantité de semence. Laà V tio on a adopté le principe erroné en général, que les champs doivent étre semés plu d'autant plüs épais que le sol en est plus riche, et d'autant plus clair que le sol hes est plus mauvais, parce que, dans le premier cas, le terrain peut nourrir un 6 plus grand nombre de plantes que dans le second. Ainsi il peut se faire que pour. um scheffel de semence on compte 45 perches carrées du- meilleur terrain, ou 200 b nc du plus mauvais. On est allé jusqu'à esumer de cette manière en scheffels, non- dur seulement les terres arables mais encore d'autres appartenances, des eaux, des 3 marais, et à vouloir déterminer d'après la somme de ces mesures, l'étendue d'un domaine avec son produit et sa valeur. L'incertitude de telles données est bientét tombée sous les sens; elles ont perdu toute croyance dans les lieux„ méme ou elles étaient légalement introduites, et ou elles servaient de base aux 2 cadastres. Là, au contraire, où cette idée est moins généralement introduite et 1:. 80 Ou on est moins frappé du vague qu'elle présente, des agriculteurs et des éco- nomistes à vues étroites y tiennent encore; en sorte que, dans les derniers tems 4 ei dans un Etat éelairé, on a assis des impôts très-pesans, en prenant pour base 4 la quantité de semence, et pis encore d'après les données très-incertaines u Tune seule année, parce que l'on croyait ainsi d'autant mieux proportionner ces impéts à la valeur des fonds. Quelquefois même on s'est créé une idée de la P superficie du sol au moyen de la quantité de semence employée, et on n'a 9 compris sous la dénoinination d'arpent, journal, eic. aucune étendue g60m6- 3 irique déterminée, mais tel espace de terrain oùð, suivant l'usage établi, on avait coutume de semer une certaine quantité de grains. Si Pétendue des champs est indiquée d'après la quantité de semence qui y est appliquée, cela ne s'entend que des différentes semailles qui y sont faites dans je cours de Passolement, ou bien et le plus souvent, que des semailles d'hiver; par conséquent dans l'assolement triennal seulement du tiers des champs. § 70. Apprendre à juger à fond de la bonté du sol d'après ses propriétés chimiques du en oup- teur; dhre G'une éya- e. La emés e sol r un pour 200 non- des ndue ees est lieux e aux ite et éco- tems base aines r ces de la n w'a Comé- 1, on 1 y est 5 dans niver; D'AGRICULTURE. et physiques, et à en déterminer la valeur et le produit, sont une des plus im- portantes täches de l'enseignement agricole. Nous essaierons de la remplir dans la section consacrée à l'agronomie en parüculier; ici, où nous ne nous occupons que de ce qu'il y a à observer lors de l'acquisition du fonds, époque où on n'examine pas avec tant de détail, nous devons appeler à notre aide des signes qui, quoique plus ou moins superficiels, tombent facilement sous les yeux. § 71. Dans l'examen de l'ensemble, la croissance des arbres et des buissons, s'ils sont dans l'enceinte du fonds, leur espèce, leur vigueur, leur santé, l'éléva- tion de leurs branches, la netteté de leur écorce, sont une des marques les plus sůres de la bonté du sol. Les plantes qui y creissent naturellement, mème les nuisibles, en sont aussi un indice; cependant ce n'est pas assez qu'elles y végètent isolées, et avec lenteur, il faut qu'elles y croissent en grand nombre et avec force. C'est ainsi que le petit chardon des champs, seratula arbensis, indique un lut vigoureux et fertile; le grand pétasite, tussilago petasites, un lut argileux; le tussilage ou pas-d'àne, tussilago farfara et la ronce, un sol marneux; la morgeline ou mouron, alsine media, le laitron doux, Sonchs oleraceus, le sénevé des champs, sinapis arvensis, occeupent les terres subs- tantielles et meubles; tandis que la rave sauvage ou faux-raifort, raphanus raphanistrum, crott aussi dans les terrains mauvais et arides. Le petit trefle jaune, medicago lupulina, est un très-bon indice de la qualité marneuse du sol. Une pousse abondante d'herbes, indice d'après lequel les estimateurs ont coutume de se laisser diriger, est un signe infiniment fautif, en ce que souvent elle est due à l'humidité de la température, à des engrais récens, quelquefois méme au mauvais état des céréales. L'apparence qu'ont les grains dans les commencemens de leur végétation n'est pas une marque moins trompeuse; semés épais et de bonne heure en automne ou au printems, sur un mauvais terrain, ils paraissent, dans un examen super- ficiel, souvent surpasser ceux qui végètent sur un meilleur sol. Quelquefois méme, afin de séduire des acheteurs, on a semé beaucoup trop épais, On peut juger avec bien plus de certitude de la bonté du sol par les blés épiés ou par le chaume, pourvu cependant qu'on examine la totalité des champs et qu'on ne se borne pas à une pièce unique, sur laquelle souvent à force d'en- grais, au moyen d'une culiure extraordinaire et au détriment des autres champs, on a fait croitre un beau blé. La couleur brune du sol, après un labour récent, est un des principaux signes de sa fertilité, à moins que ce ne soit dans des terres de bruyères et de 3² PRINCIPES RAISONNES marais. La couleur brune de l'eau, qui séjourne dans les raies, et du limon, qui en est sorti, prouvent également la richesse du sol. Avec quelque pratique on distingue déja par la pression du pied, en enfonçant un bäton, ou même par la sensation qu'on éprouve en parcourant une terre à cheval, quels sont les différens degrés d'adhérence du sob, et si c'est la glaise tenace, une terre douce ou le sable qui y dominent, On peut également en juger par l'état des mottes après un labour récent, et par la divisibilité ou la ténacité des plus anciennes. Mais en broyant entre deux doigis on peut apprendre à con- nattre encore plus particulièrement, la proporlon de la glaise avec la terre graveleuse. Oa découvre facilement Pépaisseur de la couche de terre végétale en enfoncant un bäton, et au bord des fossés là ou la terre a été abattue. Ces derniers, ainsi que les taupinières, font aussi connattre la couche inférieure du sol. Ces indices qui tombent d'abord sous les sens, doivent conduire à un examen agronomique plus particulier, si d'ailleurs on a le tems nécessaire. § 72. L'agriculteur qui a étudié la science, celui qui a des idées plus précises de la classißcation et de la bonté du sol, et qui connatt les différens rapporis sous les- quels il doit èêtre examiné, ne doit pas moins apprendre à connaitre la classifi- cauon ordinaire des terrains, et les dénominations sous lesquelles en général ou dans quelques provinces les praticiens les rangent et les distinguent, afin de ne pas y èêtre étranger lorsqu'il traitera d'acquisiuons de ce genre. § 73. Flle est générale et naturelle la distinction entre la terre bonne, moyenne et mauvaise, mais elle est purement relative; ce qu'on appelle ici terre moyenne, est ailleurs un bon, et dans d'autres endroits un mauvais terrain. On ne fait atiention en cela qu'au degré proportionnel! de ferulité, comparé à celui de la contreée en général. Sous la dénomination de mauvais terrain on comprend tantôt un sable mouvant et sec, tantéôt une glaise humide, froide et tenace. On ne fait que peu d'attention à la possibilité, au plus ou moins de difficulté d'améliorer ceux-ci par des tranchées de desséchement, et souvent le bon terrain ne se dis- ungue du plus mauvais que parce qu'il a jusqu'ici été soumis à une meilleure culture, et qu'il a regu plus d'engrais; ces dernières circonstances apportent à 1g vérité une différence dans la valeur actuelle du terrain, mais souvent elles peuvent étre obtenues au moyen de frais moins grands que la différence qu'il y a dans le prix d'estimation. Dans quelques districts les agriculteurs prauques, tout comme ceux qui ont recu plus d'instruction, reconnaissent Perreur des clas- sificauons d pr non noant ere à glaise uger nacité con- lerre gant ainsi nen le la les- ssill- al ou e ne ne et nne, ſait le la antôt ee fan Rorer e dis- leure rient à Helles quil iques, s Clas- adons p'AGRICULTVURE. 33 sifications admises par l'usage, et disent que leurs terres appelées moyennes sont de beaucoup préférables à celles réputées bonnes. On a fréquemment rangé la glaise tenace dans Ia première classe, et le terrain plus meuble mème calcaire dans la seconde classe; ailleurs on a à juste utre donné la préférence à ce dernier, peut-èêtre parce que là dans la culture des clos on tenait davantage à ce qu'il y poussàt spontanément de l'herbe et qu'ici on ne tenait qu'au labour et à la culture des grains. Quelquefois on donne la méme signification que ci-dessus aux expressions pꝓlas pesante, plus moyenne et plus légère, mais souvent on ne distingue par là que la ténacité et la résistance que le champ 0pos6 à la charrue et à la herse. § 74. Quelquefois le sol est classé en moyenne commune d'après le nombre de fois que la semence y est multipliée par la végétation, dans le cours de culture usité dans le pays, et on dit que c'est du terrain à 5, 4, 5 et 6 ſois la semence. Souvent dans cette quotité on comprend la semence, souvent aussi on ne P'y comprend pas; encore faut-il connattre l'épaisseur de la semaille et savoir si on sème la môme quantité sur des étendues égales de terrains différens, pour pou- voir tirer des conclusions de ces données déjà trop vagues: au reste le produit dépend en général plus de la quantté des engrais que de la nature du sol. § 75. Une des classifications les plus usitées est celle qui a lieu d'après les espèces de grains que le terrain a rapportés dans le cours de l'assolement établi, ordinai- rement dans le cours de l'assolement triennal; et d'après ceux qu'on croit qu'il peut produire avec le plus d'avantage. Aiusi on a coutume d'adopter la classifi- cation suivante. 1.) Terre d froment, celle qui, après la jachère, produit avec plus d'avantage du froment que du seigle. Si, en suivant l'ordre de l'assolement triennal, elle peut rapporter en 6 ans deux fois du froment, quoique n'ayant été fumée qu'une fois, on l'appelle (a.) Riche terre d froment, qui, dans ce sens, ne se trouve guères que dans des alluvions, dans des bas fonds où les eaux ont déposé leur limon. (b.) Terre d. froment simplement, si elle ne peut produire du froment qu'a- près avoir été fumée et, après la seconde jachère sans engrais, du seigle seulement. 2.) Terre d orge. Pour cette classe et la suivante on ne s'attache point à la première récolte, celle des grains d'hiver, mais seulement à la seconde ou aus grains de printems. I. 5 54 PRINCIPES RAISONNLS On disungue de mème ici (a.) La riche terre d orge. Celle qui, deux ſois en six ans, quoique fumèe geulement une fois, produit de l'orge après les récoltes de grains hivernés. Comme plusieurs personnes admettent qu'un tel terrain puisse également produire du froment en première récolte, elles n'en ſont qu'une classe avec la terre à froment. D'autres avec plus de raison les distinguent, en ce que souvent un terrain est remarquablement propre à Porge, qui ne l'est pas autant au froment, et qui rapporterait du seigle avec plus d'avantage. Au contraire, le terrain argileux, qui convient mieux au froment qu'au seigle, est moins proprée à Porge, et peut avec beaucoup plus d'avantage rapporter de l'avoine à l'une et Pautre des secondes semailles. (b.) La pauvre terre d orge, le terrain qui ne rapporte de l'orge en seconde récolte qu'après Pengrais, mais auquel à la seconde rotation on fait produire de Pavoine quoiqu'avec peu de succès. Laà oùð on culüve de la grande et de la peute orge, on appelle le premier de ces terraius terre d grande orge, et le dernier terre d petite orge. 3.) Terre d avoine, celle qui, après la récolte de grains hivernés, produit de Pavoine. A proprement parler, on ne peut ranger dans ceite classe que le terrain tenace et froid; car tout autre qui produit avec avantage de l'avoine, serait, aveo une bonne culture, également en état de produire de l'orge. En général cependant on range aussi dans cette classe les terres qu'on envisage comine trop légères, ou qui ont trop peu de consistance pour orge. On distingue (a.) La riche terre d avoine, qui, étant fumée une seule fois en neuf ans, produit de Pavoine après chaque récolte de grains hivernés, ainsi trois fois durant cette rotation. (b.) La médiocre terre d avoine, qu'on laisse reposer la huitieme année après qu'elle a été fumée. (o.) La pauvre terre d avoine, dont on ne retire qu'une seule récolte d'avoine sous les méêmes circonstances. 4.) La terre d seigle, qui dans l'assolement triennal ne produit du seigle que tous les trois ans, qui après cela n'a plus assez de sucs pour produire d'autres grains, et qu'on doit ainsi laisser reposer pendant deux ans. On appelle terre d seigle de sixièòme, neuvième et douziéème annde celle qui ne produit de ce grain qu'à la sixième, neuvième et douzième année, et qui hors de là se repose. A cette classe appartiennent les soles extérieures éloignées, qui ne reçoivent jamais d'engrais, et dont la mauvaise qualité vient moins de la nature du sol que de ce manque d'engrais. Les sucs que la nature donne à ce —²———— née nés. nent avec que tant ire, pre 2 E de de de Wwit e le ine, En age sue ans, rant près oine 2 que autres le qui et qui aées, de la e à ce 35 terrain par la pousse de l'herbe ou ceux qui lui sont rendus par la fiente des bèêtes D'AGRICULTVURE. à laine qui y pàturent, sont bientét absorbés par la récolte de seigle, et ainsi le sol demeure dans son épuisement primitif. Quelque vague que soit cette classification, c'est cependant la plus précise de celles qui sont ordinairement employées, c'est aussi celle qui sert de base à la plupart des esumations. L'agriculteur qui sait appuyer son jugement d'idées plus précises sur la nature du sol, ne doit point T'ignorer; mais cet agri- culteur doit aussi rechercher plus en détail dans chaque contrée ouù lé sort le conduit, quelle espèce de terrain, d'après ses qualités physiques et chimiques, on range dans chacune de ces classes. § 76. Tout agriculteur intelligent sera déterminé dans le choix d'un domaine, bien plus par la bonté du sol que par son étendue. La mauvaise qualité peut très- rarement être compensée par la grande étendue. II y a tel sol qui comme champ ne vaut du tout rien, qui, tout bien compté, ne rembourse jamais les frais dasa culture, et dont par conséquent 1000 journaux ne sauraient, poun la culture des grains, étre estimés autant qu'un seul de bonne terre. Si, après avoir été fumé, un terrain ne rapporte pas quatre récoltes à trois scheffels par journal, on ne peut en effet lui assigner aucune valeur comme ierre labourable, à moins qu'on n'ait à sa disposition et dans la proximité, des moyens assurés et actifs de le bonifier, tels qu'une marne qui y soit appropriée ou de la vase; encore dans ce cas doit-on faire son compte comme si on n'achetait que la place dans laquelle on veut se créer un terrain fertile. Si on calcule bien, on trouvera qu'en général le bon terrain revient toujours à meilleur marché que le mauvais, parce que la plupart des hommes attachent encore trop de prix à pos- séder une grande étendue. Plus une contrée est en général fertile, moins le mauvais terrain y a de valeur, car le produit ou la rente du fonds qui est naturellement plus riche, diminue la rente de celui qui est en concours avec lui. Là où le produit des fonds les plus féconds suffit pour remplir les besoins, les terres qui produisent moins peu- vent à peine étre cultivées avec avantage. Si au contraire ces premiers ne suffisent pas à la consommation, la culture des derniers deviendra alors plus profitable, et par cette raison on pourra donner un plus haut prix des terrains de cette nature dans une contrée infertile que dans une à grands produits. On a envisagé comme avantageux aux domaines élevés et secs le voisinage de bas fonds fertiles, riches en herbages ei en grains, ou on ait la facilité d'acheter 36 PRINCIPEBS RAISONNES du ſoin et de la paille. Si de tels achats fournissent les moyens de mettre le fonds en valeur, et si la dépense de ces bonifications doit éêtre jointe au Lapital, cela a sans doute des avantages, mais après mur examen il ne paratt pas qu'une telle économie puisse étre profitable à la longue. Ainsi cet avantage ne saurait compenser le bas prix de divers produits et la hausse de main-d'œuvre, qui gont ordinairement la suite d'un tel voisinage. Des fonds, qui dans une contrée peuvent donner des produits recherchés, doivent à cette faculté une valeur sen- siblement plus grande. § 77. D'abord après les terres arables on doit avant tout s'occuper des prairies. On a jusqu'à présent envisagé une juste proportion entre les prés et les terres arables comme la condition nécessaire d'un bon domaine; on a cru que celui-ci, quoiqque composé des meilleurs terrains, était défectueux, lorsqu'il n'avait pas une étendue suffsante de prairies. Cette opinion se fonde sur une vérité recon- nue, que sans une quantité de fourrages suffisante, nulle bonne culture ne sau- rait subsister; et aussi sur ce préjugé, que sans prairies on ne saurait avoir des fourrages. Mais lorsqu'on saura qu'en cultivant des plantes à fourrage, et en mettant alternativement les terres arables en prairies artificielles, on peut obtenir trois ou quatre fois autant d'alimens pour le bétail que sur la mème étendue de prairies naturelles; on n'envisagera plus comme un vice irréparable le manque de prés à demeure, dans un domaine à terres fertiles et libres de toute servitude. Cette observalion cependant doit seulement mettre des bornes à la valeur des bonnes prairies dans l'esprit des cultivateurs éclairés, et nullement la détruire, commee certains hommes irréfléchis l'ont compris. C'est aussi la possession de champs bons et dont on puisse disposer sans restric- lion, qui, seule, permet dese passer de prairies naturelles. Ces prairies deviennent d'autant plus nécessaires que les terres labourables sont plus mauvaises et que les plantes à fourrage y réussissent moins. Une forte proportion de prairies naturelles peut seule maintenir en culture et assurer les produits d'un sol sec et sablonneux; et on ne peut pas davantage se passer de ces prairies, là où le morcèlement des champs et l'assujettissement au parcours en entrave la libre jouissance. S'il y a trop de prairies sur un domaine, si elles s'élèvent plus haut que le quart de l'étendue des champs, elles perdent leur valeur relativement aux terres arables, si ce n'est pour les rompre, ou bien qu'on puisse vendre avantageusement des fourrages. § 78. La valeur des prairies est presque plus difficile à déterminer que celle des terres arables; on ne peut donner là-dessus des principes certains que dans 412 ℳ.„«.«* Tenseignement de la culiure des prés. Dans la plupart des estimauons on les in D'A GRICULTURE. 37 divise en trois classes, en bonnes, médiocres et mauvaises, mais cette division ne suffit pas à leur évaluation. Ou bien on se dirige d'après le produit évalué ou connu, et par la qualité et la valeur de ce foin; mais cette quanuté et cette valeur varient selon les lieux et les tems. Gest ainsi que souvent on en fait cinq classes, dont la première est calculée à 50, la 2.¹° à 20, la 3.Ä à4 14, la 4. à 10, et la 5. 7e à 6 quintaux de foin par journal. Mais il faut aussi faire une attention particulieèere au plus ou moins de casualités; les prairies arrosées, d'ailleurs les meilleures, étant exposées à étre inondées à contre-tems. Selon le mode ordinaire d'estimation, les prairies sont portées à un prix inconceva- blement bas eu égard à la quantité de foin qu'on croit ou sait qu'elles rapportent. Cela est dü à ce que la rente du bétail est mise à un taux également trop bas. On täche ainsi de masquer une faute par une autre, comme cela arrive souvent. L'acheteur doit, d'après la connaissance qu'il a des prairies et de l'amélioration dont elles sont suscepübles avec quelques frais, s'en faire à lui-mème une esti- mation d'après l'utilité qu'il croit en nirer pour son agriculture et d'après le prix ordinaire de la contrée; et, pour plus de facilité, il pourra réduire ce prix en grains. Ils'entend de soi-méme quiil doit bien examiner si ces prés sont libérés de tout parcours, ou s'ils sont assujettis au printems ou en automne, au pacage et à d'autres servitudes; s'il peut disposer à son gré de l'eau d'irrigation, ou si, dans son usage, il est assujeti à quelques règles. § 79. Jusqu'à l'époque ou on a connu la possibilité, soit de nourrir le bétail à'étable, soit de transformer les champs en pacages, on a envisagé les päturages comme aussi nécessaires que les prés. Des lors et quoiqu'ils aient une valeur très-réelle, celle-ci a généralement baissé dans l'opinion. Dans les tableaux estimatiſs des ventes ils sont le plus souvent compris dans la rente du botail, cependant ils méritent que dans P'acquisition d'un domaine on y fasse une attention particulière. § 80, Le paàturage a lien 1.) Sur des places on sur des pacages peu couverts d'arbres. Ces pacages sont- ils une propriétsé exclusive et illimitée?— II faut estimer la valeur du terrain, puisque le possesseur est libre d'en jouir d'une autre maniere, si la disposition physique du sol le permet. Ce dernier cas n'a-t-il pas lieu, de fréquentes inon- dations, par exemple, rendent-elles une autre maniére d'en tirer parti trop incertaine?— II ſaut les évaluer d'après la nourriture qu'ils peuvent fournir à une quantité donnée de bétail. Mais le plus souvent ces päturages se trouvent étre des biens communs, sur 38 PRINCIPES RAISONNES lesquels chaque propriétaire a un droit de pacage réglé, ou tout ou moins limité. Dans ce cas, on doit également calculer la valeur de ce droit d'après le nombre des tétes de bétail qu'on y nourrit et Pavantage effectif qu'on en reũre; cependant, suivant les circonstances, il faut faire une attention particulière à la possibilité d'un prochain partage, parce qu'alors des terrains dont le défaut de culture ne laissait ürer que de chétifs avantages, peuvent augmenter incroyablement de valeur, soit comme pàturages particuliers, soit par l'application à un autre usage. 2.) Sur la jachère, ou sur le chaume des terres arables. Si ce päturage a lieu sur un champ possédé en propre, il est compris dans l'esümation du champ ou de la rente du bétail. Mais si ce paâturage est exercé sur le fonds d'autrui, en vertu d'un droit parüculier, la valeur doit en étre comptée à part; car, si nui- sible que soit cette servitude dans son ensemble, si peut que soit le profit qu'en retire l'usufruitier en comparaison du dommage qui en résulte pour le proprié- taire du fonds, ce premier en obtient pourtant en plusieurs circonstances un avantage, auquel il n'est pas tenu à renoncer sans dédommagement. Le prin- cipal usage en est sans doute pour les bêtes à laine, en sorte que plusieurs per- sonnes ont cru, quoique sans fondement, que ces bétes ne pouvaient exister sans cela. Pour fixer sa valeur, on doit estimer combien sur un sol de cette nature, et avec ce genre d'engrais il en faudrait pour une tête de bétail, si, pendant tout Pété, le champ restait en friche ou en pâturage. Ensuite on doit considérer la durée du pacage, dont le commencement et la fin varient d'après les usages et le tems des semailles; et enfin la période de végétation sur laquelle il tombe, puisque ceite végétation est toujours plus forte dans les premiers mois que dans les derniers. Le parcours des jachères a G6té, dans ces derniers tems, limité presque partout par la faculté d'ensemencer une parte de celles-ci, cependant il est des contrées ou il subsiste en entier, et où, pour pouvoir trer parti du sol, il faut obtenir le consentement du propriétaire du parcours et lui en payer l'équivalent. De méme aussi'époque, où le champ en jachère doit ètre rompu, est tantòt illi- mitée, iantèt plus ou moins hàtive, et comme ce pacage perd en grande partie sa valeur au premier labour, il faut y faire une attention particulière dans l'es- limauon. Au reste, la saine raison répand de plus en plus sa lumière sur les iotéréts de Pagriculture, on peut done espérer que ce droit vieux et abusif sera aboli, toutefois au moyen d'une légitime indemnité. 5.) Sur des prairies, au printems et après les fenaisons d'une ou deux coupes. lci il ne peut également être question que d'un droit sur la propriété d'autrui; sa valenr est proportionnée à la bonté du sol des prairies, à la durée du pàtu- mi bo⸗ Plu mai nité. des lant, dilte e ne at de sage, lieu p ou tout rées enir De ili- arüe Pes- ur les fsera upes. urui; patu- D'A GRICULTURE. 39 rage, et à son époque. Le prolit, qu'on en retire, est également trèes-petit en proporüon du désavantage qui en résulte pour le propriétaire du sol, à moins que ce pacage ne soit limité par les mêmes règles que le propriétaire s'imposerait à lui-méème, sil devait jouir de ce droit par le päturage de son propre bétail. 4.) Dans les bois et foréts. II faut considérer ici la naturé du sol des foréts, Pespèce d'arbres dont elles sont peuplées, et le plus ou moins de force de ceux ci. Le paàturage de marais plantés d'aliziers, pourvu qu'ils ne soient pas trop hu- mides, puis celui des bois de bouleau et de chène, sont les meilleurs; celui des pois de héêtres, de sapins et d'arbres résineux, en général est peu de chose. De plus, il n'est pas égal que le sol soit peuplé d'arbres élevés, ou seulement de jeunes pousses; que ce bois soit plus ou moins épais, plus ou moins fort. Plus le bois est épais, plus le päturage est mauvais, non-seulement en quantité mais aussi en qualité, Pherbe qui croit à Pombre étant moins nourrissante. Le chétif profit que ce paturage donne n'cst également en aucune proporuon avec le dommage qu'il occasionne à la forèt, aussi la raison en demande-t-elle à grands cris Pabolition. Il est le plus souvent borné par le droit qu'a le proprié- taire de clore une partie de sa forét pour en protéger les nouvelles pousses. 5. Sur les marais. Ici il importe de savoir si ce sont des marais noirs ou pro- fonds, qui ne produisent que de la bruyère et d'autres mauvaises herbes, ou des marais verds dont la superficie quoique molle et limoneuse, favorise la végétation des plantes d'une meilleure nature: Ces derniers pèchent ordinairement par Pacide. De plus, on se demande à quel point ils sont desséchés et abordables aux béêtes, et si leur herbe, imprégnée d'eau, m'est pas contraire au bétail et nuisible à sa santé. Ce west pas ici le lieu d'entrer dans plus de détails sur Pusage et la valeur de ces päturages, nous y reviendrons dans la suite; dans les estimations ordinaires leur produit est compris dans la rente des bestiaux. Le droit d'user de tels paturages est quelquefois illimité, mais le plus souvent zl est borné à un certain nombre de tétes de chaque espèce de bétail, ou à la quantité de bèétes que la ferme peut hiverner avec ses proprées fourrages. Si dans ge dernier cas on en vient à une fixation plus précise de ce droit, comme, par exemple, cela doit avoir lieu dans des partages; on ne peut prendre pour base que la quantité de fourrages produits dans Passolement triennal ordinaire, puisque par une autre culture on pourrait dans plusieurs cas se procurer une énorme quantité de fourrages d'hiver. § 81, L'estimation des bois présente de grandes difficultés. Nous ne nous en occu- perons ici en passant que parce qu'elle est souvent de la plus grande importance 40 PRINCIPES RAISONNES dans l'acquisition d'un domaine, et nous l'abandonnerons d'ailleurs à la science de l'aménagement des foréts. L'estimation peut en étre faite sous des rapports très-différens, et ainsi offrir des résultats dissemblables: ou d'après le pro- duit que les bois peuvent donner en les conservant toujours en bon état, d'après les principes de l'économie forestière; ou d'après la valeur erle prix qu'on pour- rait reurer du bois qui y existe effectivement, si çe bois pouvait étre réalisé en tout ou en parlie, et en prenant aussi en considération le produit que le sol ainsi dépouillé pourrait donner par un autre usage. La différence de ces deux estimauions est énorme, surtout si ce produit est calculé d'après celui connu des foréts publiques. On sait que dans ces derniers tems des domaines achetés ont été payés en totalité, ou peu s'en est fallu, par l'exploitation d'une partie des bois. Cette spéculation, qui a enrichi rapidement diverses personnes, les- quelles négociaient en fonds de terre, ne saurait plus aujourd'hui que diffici- lement avoir lieu dans des pays cultivés et peuplés. Cependant il y a encore des domaines dans lesquels la valeur des foréts pourrait bientét dépasser le prix de vente actuel, si la disette croissante des bois leur procurait des débouchés, et si on en facilitait le transport par l'établissement de canaux ou la réparation des conduits d'eaux naturels. D'apréès les principes suivis dans plusieurs estima- tions, le sol en aurait plus de valeur s'il ne portait du tout point de bois, et s'il était réduit en pacage de moutons. Pour les achats de domaines on fera peu d'attention aux taxes de ce genre faites par les employés ordinaires des foréts; il sera mieux de s'en faire une estimation pour soi-méme d'apréès les circonstances de localité. Dans cette estimation il faudra prendre en considération la valeur du sol, qui souvent contient un amas de terreau. Surtout si le bois est dépeuplé, ce terrain pourra avec plus d'avan- lage étre transformé en champ ou en pré, et étre remplacé par des champs e6puisés et d'une amélioration difficile, lesquels on semera ou plantera en bois et mettra à P'abri de la dent du bétail. Le bois de bätisse, d'usage et de chauffage, est toujours de grand agrément pour un domaine; il faut donc y porter une attention particulière dans Pacqui- silion qu'on peut faire d'un fonds. § 82. Plusieurs personnes, qui ont l'intention d'acheter un domaine, donnent beau- coup de poids aux informations qu'elles ont recueillies chez les voisins ou chez des personnes connues dans les environs, même à celles qu'elles ont reçues des domestiques, des bergers et des vassaux. Tous peuvent, il est vrai, donner des renseignemens utiles, mais il ne serait pas prudent de se fier à ces données avant d'en DAGRICUELTURF. 41 d'en avoir vérifié l'exacttude sur les lieux même. Celui qui voudra aiasi s'épargner Pinspection locale, courra grand risque d'étre trompé. De tels rapporits sont d'autant plus suspects, que les domaines sont devenus un objet de négoce dans la contréc, et sont effectivement entre les mains des spéculateurs, surtout de ceux qui font leurs affaires en association. Les artifices dont on s'est servi pour tromper des acquéreurs, paroissent in- croyables et dépassent presque ceux employés par les maquignons. Daus ces contrées, il faut regarder tous ceux que l'on questionne comme de vrais instru- mens des vendeurs; on n'ose pas méême s'y fier à des documens écrits, à des baux et à des registres, si on n'a pas des preuves de Pauthenticité de leur con- tenu. Malgré cela on achète cependant quelquefois avec avantage de ces spécu- lateurs, non-sculement parce qu'il leur convient de vendre promptement, mais encore parce que souvent ils ne connaissent pas eux-mémes la valeur réelle de ce qu'ils ont acquis par spéculation. D'autres personnes donnent une grande conſiance à la chronique d'un domaine, et veulent d'apréès elle juger de la valeur qu'il peut avoir en général; elles s'in- forment quels sont les possesseurs ou les fermiers qui Pont eu successivement; à quel prix il a été précédemment vendu et affermé, et pourquoi tel ou tel a renoncé à sa possession ou à sa culture. Si on pouvait obtenir cette chronique d'une manière complète et dans ses plus petits détails, elle donnerait sans doute beaucoup de lumières; mais telle qu'on la recueille ordinairement elle ne fait que jeter dans Ferreur. Gomme T'opinion que le public a d'un domaine se fonde en majeure parlie là- dessus, souvent on achetera avec le plus d'avantage ceux auxquels plusieurs pos- sesseurs ou usufruitiers auront mis du leur, ou mème ceux auxquels ils se seront- ruinés. Quelquefois les derniers possesseurs y ont enfoui beaucoup d'argent, et ont ainsi considérablement augmenté la fertilité du sol, mais n'ont pas eu assez de persévérance et de suite pour en relirer les avanlages, et il y a beaucoup d'exemples où de cette manière des amélioratious réelles n'ont été faites que pour le successeur. D'un autre côté, les derniers possesseurs pourraient avoir su tirer momenianément un produit en argent fort élevé, mais en épuisant le sol, et par là améliorer leur fortune, mais en appauvrisant d'autant le domaine. Ainsi un fonds peut acquérir auprès des gens bornés une mauvaise ou une bonne renom- mée, laquelle, si le domaine est mis en vente, peut ou dans le premier cas pro- curer une grande concurrence d'acheteurs, ou dans le dernier les éloigner, et ainsi faire opérer la vente à un prix disproportionné à la valeur réelle en plus ou en moins. Cependant on ne peut point envisager ceci comme une règle géné- rale, car souvent un cultivateur borné et négligent peut m'avoir retiré de son ſonds qu'un très-chétif produit, et pourtant Pavoir encore appauvri à tel point quil faille un capital considérable pour le remettre en bon état. 1. 6 2 PHINGIPEG RAISO N N 3 Souvent des domaines ont de grandes ressources, qui ont échappé à des culti- vateurs ignorans ou sans aclivité, et desquelles ainsi on n'a point encore tiré parli; on peut alttendre ces ressources bien plus d'an domaine qui a été mal admiuistré que de celui qui a été en des mains capables. § 85. Dans chaque négociauion de vente i est de règle que le vendeur dresse un dtat esumatif, et le romette à l'acheteur, qui y répond par ses observations ou une contre-proposition, afin que les points dans l'valnation desquels les parties difféerent, puissent ètre examinés d'une manière plus complète. Dans de tels états il y a ou une estimalion du fonds, ou une estimation du produit. La premicre, sur laquelle on trouvera des direcuions dans l'enscigne- ment de l'agronomie, se ferait beaucoup plus sůͤrement, si les connaissances qu'exige une pareille esümation étaient plus répandues. Mais comme ce n'est jusqu'ici pas le cas, on s'aide pour cela d'valuations de produits dont la dé- fectuosité se montre déjà en ceci, que le produit du sol, celui du capital en circulation et celui du travail, le résultat des connaissances et de la réflexion, sans parler de risques qui ne peuvent point étre évalués, sont attribués à la valcur du fonds seulement. Comme on a senü cela, quoique d'une inanière vague, on a adopté des résumés de produits aussi bas que possible, et en par- comme dans la règle ils se fondaient sur Passolement triennal, on a nculier, ance de la jachère qu'on envisageait comme la juste indemnité due omis la jouiss à Pindustrie.. E'est pour cela que ces modes d'estimation, surtout tels qu'ils sont introduits qaus les Etats prussiens, et qu'ils sont admis, quoique sous quelques modiſica- nons, pour les taxes des chambres économiques et pour celles des domaines nobles, ne s'appliquent qu'à la culiure de„assolement triennal; et qu'ils sont au contraire infiniment vagues et incertains, lorsqu'ils doivent étre appliqués à unc autre espèce de culture, dans laquelle on n'a pas encore acquis une expé- rience irréfragable. Si donc ce mode d'esumation devait étre appliqué à un domaine cultvé d'une autre manière, son produit devrait étre calculé comme sil était divisé en trois soles, puisque dans tout autre calcul fait sur ces prin- cipes, on pourrait obtenir des résultats encore plus fauufs, lesquels par consé- quent ne mériteraient aucune confiance § 84. Ce mode d'estimauon, introduit principalement dans les Etats prussiens, est, avec tous ces défauts, encore le meilleur de ceux connus jusqu'ici, et par cette raison il a été adopté par les économes les plus distingués des contrées avoisi- uits ca- ines sont 168 à pé- à un mme prin- consé- „ est, celle voisi- DAGRICUL T UR n. 45 nantes. Lagronome instruit pourra bien arréter ses idées d'une manière plus précise sur Ja valcur du sol, distincte du produit de l'industrie agricole, mais ne füůt-ce que pour les négociations dans lesquelles il doit entrer avec d'autres personnes, il doit néanmoins connattre en gros cette manière d'évaluer. Pour Jes modifications particulières qui sont en usage daus chaque district, et qui sont introduites par les coutumes locales, il peut facilement recueillir des ren- seignemens dans les lieux où il a des affaires. § 85. Dans les estimations des terres arables, il y a ces deux points à observer: 1. Combien, d'après la nature du terrain, sème-t-on sur une étendue donnée? 2. Sur quelle multiplication de la semence paratt-on pouvoir compter? § 86. Là ouù ce mode d'estimation est en usage, on a presque généralement adopté Fopinion qu'il faut semer d'autant plus épais (a.) que le sol est naturellement meilleur; (b.) qu'il a été fumé plus abondamment et plus récemment, er l'on croit avoir démontré cette convenance par ce principe, que qui est fort peut becluiᷣon Porter. II s'agit ainsi de savoir dans quelle des classes indiquées à§ 75, on range le terrain, et combien de fois la semence s'y multiplie après le dernier engrais. Cependant dans la Prusse orientale on a introduit dernièrement, dans les ins- tructions pour les estimations, des principes plus justes sur les semailles. Comme l'assolement triennal sert de base à l'agriculture dans toute cette partie de l'Allemagne, il s'en suit que si on fume tous les trois ans, cet engrais ne s'applique qu'à deux récoltes; si on fume tous les six ans à quatre, et tous les neuf ans à six récoltes, et qu'après chaque jachère il vient une récolte de grains d'automne et une de grains de printems. On n'a pas étendu l'effet du fumier à plus de g ans; et meme alors on range le terrain qui n'est pas fumé de nouveau, dans la classe de ceux qui ne peuvent rapporter qu'une récolte de seigle en trois années; au reste on jugera de la possibilité de fumer d'après la quantité de bétail qu'on pourra entretenir, ou d'après l'expérience du passé. Nous reprendrons ce sujer dans la suite. § 87. Cette classificauion et ce nombre de récoltes Gétant désignés, on cherche à déterminer quelle est la multiplication des semences qui a lieu par la végétation, de sorte que le produit total d'une étendue de terre(d'un journal, par exemple) paraisse en multipliant la quantité semée par la quotité de la reproduction. La mesure de semence est déterminée d'une manière assez générale; quant à sa multiplication, de plus ou de moius. Cette différence éten méme de la chose n'admet pas plus de précision. plus d'engrais. PRINCIPE S on varie, comme cela est nature due au tout, en fait sans donte une considérable, mais la nature A cet égard il faut jeter sur les tahl bien prendre garde de ne laisser passer aucune 6valuation plus haute, si elle On adopite ordinairement les RAISONNES west Jondée sur la bonté particulière du sol, ou sur § 88. donnécs contenues dans le tableau suivant. l, eutre une reproduction eaux esumatils un œil très-scrutateur, et la possibilité de lui donner V pour cet effet on déduit avant tout le montant de la seme 3 Combien—. REGOI TE de fois PRODUIT TOTAL ESP ECE depuis se multiplie qu il a éte dans le déve- DE TERREIN. fu loppement PAR JOURNAL. DEGRAIN. de la récolte. .“ 232*““— 1° récolte 1 6 de 7 à 8 9 Froment. 1ere) 20 1 4„ 3 8 Orge. 3⁶ 1 4 6 7 Froment. 2 4⁰ 1 2 5 6 5 6 Orge. Terre à froment 1 1 6 6 6 3 8 Erment. 20 1 4 6 7 Orge. 6 1 4 5 6 6 7 Seigle. 4e 1 2 5 6 5 6 Orge. 16 1 4 6 6 ½ 2 8 Seigle. 2³ 1 4 6 7 7 8 Orge. 35* 1 2 5 5 Seigle. . 4° 1 5 5 Orge. Terre à Orge. le 1 4 6 5 Lelesſe 24 3 1 4 6 7 Orge. 32 11 32) 45 5 Seigle. . 4 1 4 ½ 4 Avoine. 12 1 2 5 5 Seigle. 6 5„ 4 1 2 5 3 Avoine. Terre à avoinedͤ. A, 1 2 Seigle. 44 1 3 ½ 3 Avoine. 54 14 3 2 Seigle. 6 us avantageux de ne pas l'ensemencer. 1² 3 35 Terre à seigle...... 2 14 2 ½ 2 Seigle. 3 12 2 1 § 89. Lorsque de cette manière on a trouvé le produit brut total de chaque récolte sur une étendue de terrain, on procède à la recherche de son produit net, et nce. Ici il ne saurait 80 p' lon t. D'AGRTCUILTUnE. 45 s'élever aucun doute, puisque nous avons admis pour une bonne terre une quan- niteé de semence sur laquelle on peut beaucoup épargner. § 90. Si méème, après avoir établi le montant total des produits, on calcule les divers frais prrüculiers à chaque récolte, pour les en défalquer, on a cependant coutume de déduire encore sur chaque espèce de grain, et en nature, ceux nécessaires à la consommation(comme, par exemple, la quantité de froment et de seigle nécessaire pour le pain et les soupes, celle d'orge pour la bière, etc.) ainsi que la rétribution en nature donnée pour le battage du grain. C'est là, ce me semble, une longneur inuùle, puisqu'on pourrait beaucoup plus facilement joindre la valeur des grains nécessaires au ménage, à celle de tous les autres frais de culture, et qu'on obliendrait de ceite manière un aperçu beaucoup plas complet. Souvent, au reste, on doit acheter encore de Pune ou de l'autre espèce de grain, comme, par exemple, de l'avoine. 4§ 91. Afin de s'épargner le calcul très-difficile en effet des frais de culture, on a souvent essayé de retrancher du prodauit brut une certaine quantité de grains, pour couvrir ainsi ces divers frais, iadépendamment de la consommalon. Cette manière est, comme on le voit de soi-mèême, extrémement vague, et doit subir de grandes modifications selon les tems et selon les lieux. En particulier, la différence est grande si la culture est effectuée principalement ou seulement en partie par des domestiques, ou bien si elle Pest sans leur concours; outre cela le prix du travail, les gages et la nourriture des do- mesuques, et le prix des autres choses qu'on doit se procurer avec de l'argent, n'ont pas une moins grande influence †. Là où on a voulu mettre plus de pré- cision, outre la déduction de ce qu'on nommait grains de culture, on a prescrit de faire encore une certaine évaluation des frais, afin de comparer ensuite ces frais avec la valeur des grains déduits; alors on a rarement trouvé que cette dernière valeur fât en rapport avec la quantité de grains déduite sui- vant l'usage ordinaire. * La premieère et la plus forte des variations dans les frais de culture, nait des différences nécessaires ou accidentelles dans la manière de labourer. II est des sols pierreux où l'emploi, des charrues les plus parfaites ne peut avoir lieu; il en est d'autres qui rendent faciles tous jes perfectionnemens, En France, il est des lieux où un laboureur, un conducteur et six betes ne labourent en un jour que vingt-un ares, tandis que dans d'autres départemens un sEul homme avec deux bôtes labourent cinquante ares et plus.(Trad,) 46 PRINCIPES RAISONNES L'on a pour maxime de déduire pour frais de culture, après la semence, encore la moitic de ce qui reste; mais seulement lorsque le produit ne va pas au-delà de cinq ſois la valeur de cette semence. Ainsi donc à la rigueur on ne déduit pas au-delà de deux fois le montant de celle-ci, pour frais de culture; cependant quelques personnes entrevoyant l'impossibilité de suffire avec cela, ont prélevé pour ces frais encore le quart de ce qui excédait cinq fois la semence. Le plus souvent, dans de bons terrains, ceci doit pouvoir suffire à couvrir la culture; mais dans de mauvais, où l'on n'obtient en général que trois grains pour un de semence, cela est impossible. II faudrait tout au moins la valeur d'une fois et demie la semence pour faire l'équivalent de ces frais, si on ne le retrouvait pas ailleugs. Pour les terres à froment et orge de première qualité, on a coutume de mettre aussi en compite le produit de quelques récoltes sur la jachère. Cela peut'se faire avec raison, mais jamais que pour un tiers du terrain de cette classe qui a été effecüvement fumé; et ce ters on le suppose semé en pois à un scheffel de semence et quatre de produit, par chaque journal. § 92. On appelle grains de rente ou de ferme ceux de chaque espèce qui restent après déduction des semences ei des frais de culture, et on les évalue en argent comme faisant le produit net de la culture. Ce prix est maintenant une chose très-difficile à déterminer, en ce qu'il varie de lieu à lieu, d'époque à époque. Dans les estimations pour les baugx des domaines, et dans les Principes de taxe pour les biens nobles, il a été porté très-bas, d'après le taux des tems anciens, et c'est depuis peu seulement que dans les premières il a été un peu augmenté. Pendant les douze dernières années, le prix ainsi adopté a été au-dessous de la moitié du prix réel, et 'a été la cause des principaux bénéfices des fermiers, qui sans cela n'eussent pu suffire à la culture, au moyen de la partie de grains destinée à en couvrir les frais. Dans les baux à ferme et dans les mises en priæ de domaines particuliers, on 'a depuis peu porté à un taux plus élevé; le blé-seigle à 1 rixdaler 8 gros, et les autres grains en proportion. Quoique le prix moyen des douze dernières années soit beaucoup plus haut, on ne pourrait cependant guères en adopter un plus élevé, parce que le haut prix de ces années a été occasionné par des circons- tances partculières. Jamais moins qu'aujourd'hui, on ne put prévoir ce qu'il en sera du prix des grains pour la suite, parce que la valeur de l'argent, relativement à d'autres- ch des atres“ 47 D'AGnRTCVL Tvnn. choses, dépend de la touraure que les circonstances de finance, de crédit et de commerce prendront dans cette crise. § 95. Aujourd'hui le tableau du produit des terres arables est ſait ordinairement de manière que, pour chaque pièce, champ ou sole compris sous un nom, il indique la contenance, la quantité de semences, le produit tant des grains d'automne que de ceux de printems, chacun pour un tiers de l'étendue; que les semences et les grains qui couvrent la culture, soient d'abord déduits du produit, d'après les règles contenues aux 6§ 89 ct 90; et que le produit net soit réduit en argent et porté dans la colonne de l'argent. § 94. Ou bien on réunit les terres comprises dans la mèême classe sur le registre de mensuration ou de culture, on les divise en trois parties égales, et on en fait'estimation en forme de tableau. Pour donner un exemple de ces tableaux, nous supposerons qu'un domaine ait en somme ronde 1200 journaux de terres labourables, dont 500 soient soumis à P'assolement des terres à froment de 2.° qualité, 500 à celui des terres à orge de 1.“ qualité, 500 à celui des terres à avoine, et 300 à celui des terres qui rapportent du seigle tous les trois ans. D'après la proportion et la quantité de Détail, qui a dũ éêtre préalablement déterminée sur la quantité des fourrages et T'expérience, on peut fumer annuellement 200 journaux. Le fumier sera réparti 4„* 2*. orge ou 5, 33 ⅜ terre à avoine ou 8, recoivent de l'engrais. Il restera encor de manière que 50 journaux de terre à froment ou t, 100 journaux de terre à e du fumier pour 16 3 journaux de seigle que l'on placera à demi-engrais sur 35 ½ journaux, faisant le 9.“ des terres à seigle qui ne rapportent que tous les trois ans. On semera ainsi 65 1. Terre à froment de 2.“ qualité, En 1. récolte Fromen:t:.... 50 journaux. 2.4 Orge.. 50 5. 3„ Heigle....... 50 4.. Avoine...... 50 * Il faut observer qu'avant la 1.“e et la 3.,me récolte il y a jachère, ce qui complète les six années de la rozatjon.(Trad.) d 48 PRINCIPES RAISONNEL S — 2. Terre à orge. En 1.““ récolte Seigle....... 10o journaux. V 2.4 Orge........ 100. b X. 5. Terre à avoine. En 1.: récolte Seigle....... 35½ d. 2.14 Arvoine....... 33½ b . 5 5. 0o. Seigle........ 334 4. 1=¹o. Arvoine...... 55 ½* 5. u 2. 2 Seigle 0. 0 2 2. 0⁴ 2 2 5⁵ ½ M 6 eme 0 *△ 8 1, 2 2. 4. Terre à seigle sur demi-engrais. En 1. récolte Seigle........ 33 ½ d. 2... Seigle......... 33 ½ 5. ne 0 ·ℳ Sei le 0 · ·ℳ§ℳ ·ℳ 0 0«0 ð·ℳ 51 KXXX 5* 1 2 3* 5 5— Et en outre sur la jachère fumée des terres à froment ou à orge. V Pois........ 50 V ·.. ·. 4 Le tableau suivant donnera un aperçu de la totalité des produits. Oa y a admis 6 à 7 pour un, comme produit, et 2 ½ pour un, comme frais b de culture.. V * Mème observation, une jachdère avant le seigle. ** De méme une jachère avant chacune des trois récoltes de seigle. **ry Chacune de ces trois récoltes de seigle est suivie de deux années de repos.(Trad.) 4 Journaux frais rad.) — D'AGRICULTURE. 49 3 5 ,14 134 CGrains 2 5 32 Totalité Totalité Totalité 1 94 SEMAILLES. L 52 5 lel 6 des grains de rente — 3 de la — 5 58 1: de culture 647 2 2 82* semence.* Produit, à déduire Produit 2 FROMENT. 3 5 3 3 3 effectif. 8 21— glasses 5. 1.FZÄ2 2— 2 2 — ſasses, ofte. 2— S 2 8. scheff. metz. scheff. metz. 8 ⸗ scheff. metz. scheff. me: z. Jualité. 5. 5 3 5 .———— 9——-— 50 1 22 6 68 12 412 8 2 3 171 14 171 14 SEIGLE. 50 1 3 20 6 62 8 375 2 ½ 156 4 156 4 100 2 1 20 6 125 75⁰ 2¾%)312 8 312 8 33 ½ 3 1 18 4 ⅓ 37 8 168 12 17 65 10 65 10 331 3 3 16 3 33 5 ½100 1 33 5 ½ 33 3 33 3 5 14 2 ½ 29 25 72 14 21 14 21 14 33 40%4 1 16 3 33 5 ½ 100 1 33 333 ½ 33]]—] 4 2 14 21 29 2] 72 14 3 21 14 21 14 33 ½4 3 12 2 25 50 18 12 6 4 ;— A eee 2 350 Sommaire. 375 1689 95⅔ 663 8 ⅔ 651 3 ORGE. 5⁰ 1 2 20 7 62 8 43) 8 2 156 4 218 12 100 2 2 20 6 125 75⁰ 2 ½ 312 8 312 8 150 Sommaire. 187 8[1187 8 463 12 331 4 AVOINE. 50 3 4 18 5 56 4281 4 2 112 8 112 8 33 ½ 3 2 18 4 ½ 37 8 168 12 1 65 10 65 10 33 ½ 3 4 16 3 33 5100 1 33 5 ½ 33 5 ½ 1165 Sommaire. 127 1 ½ 550 211 7 X211 7 ⅝ poOis. 5⁰0 1 1 16 5 50 250 2 100 100 Froment.. Seigle.. 651 Orge. 531 Avoine. 211 Pois.... 100 2 —f 171 sch. 14 metz A⁴—d PRODUITNET. 4 2 4 1 à 11 à 1 à 16 gros à 1 Sommaire. 1665 sch. 10 metz. rixdalers le sch. 2018 rixdalers 43 gros. 343 rixdalers 18 gros. 868 21 ½ 531 6 140 23 ⅓ 133 8 — 7 50 PRINCIPES RAISONNES § 95. Lorsqu'il y a près des bàâtimens des clos fermés de haies, on les estime or- dinairement à part, non d'après la quantité de semence qu'on y met et le produit qu'on en retre, mais d'après leur étendue. Ainsi le journal en est évalué beaucoup plus haut que celui des champs ouveris. On est mèême allé jusqu'a le porter dans des taxes officielles à 5 jusqu'à 6 rixdalers, quoiqu'on ne püt pas en envisager le sol comme étant de sa nature seusiblement meilleur que celui des autres champs. Une culture plus soignée, l'abondance d'engrais qu'on 4 a coutume de leur donner, le droit d'enclos, c'est-à-dire l'affranchissement de garde étrangère dont ils jouissent, et enfin le plus grand parti qu'on paratt en Urer, sont les raisons qui donnent à ces clos une valeur aussi considérable dans Popinion. Mais les effets de la culture ei Paction du fumier ne sont point perma- nens, ils ne peuvent êétre soutenus qu'avec de grands frais, et au moyen de ceux-ci on obüendrait souvent des autres champs les mêmes résultats. Le droit d'enclos doit certainement augmenter de beaucoup leur valeur; cepen- dant si les lois donnent au propriétaire le droit de demander une séparation générale d'avec les champs communs, cette prérogative des clos s'évanouit, toute la possession ou du moins ses meilleures parties peuvent alors étre assimilées„ aux premiers. La valeur reconnue qu'ils ont eue jusqu'ici, est une preuve démonstrative de celle à laquelle toute une étendue de champs peut éêtre portée, puisque ce n'est pas la nature, mais des institutions purement humaines qui occasionnent cette différence. Au moyen d'une culture plus soignée toute la surſace des champs deviendra semblable à un clos, et alors probablement on sera disposé à lui assigner la mème valeur dans la proportion de son étendue. § 96. Les potagers sont aussi évalués proportionnellement à leur étendue et à un taux assez Glevé. Le produit plus grand qu'on en retire n'est pourtant dù en majeure partie qu'à Pindustrie. On peut en dire autant des houblonnières. On estme les vigues en raison du produit qu'elles rendent. La connaissance de celui-ci s'acquiert par'expérience, et d'une manière pour laquelle on peut à peine donner une mesure, parce que les propriétés du vin ei du sol, les effets de V Pexposition et du climat, n'ont pas encore été déduits d'une manière sausſaisante. V Pour les vergers et jardins d'arbres fruitiers il faut surtout faire attention au V climat et au sol qui conviennent aux fruits. Il y a des contrées où on peut compter b sur une pleine récolte tous les deux ans, tandis que dans d'autres à peine Pobüent- on tous les neuf ans. Dans ces premières, il y a ordinairement de grandes plan- tations d'arbres, et leur produit moyen indique assez bien le prix qu'on peut leur ꝗ U D'A GRTICUILTURE. 521 assigner; dans les dernières, après avoir fixé au sol sa valeur, je n'estimerais les 4 1 à .,„ 4. 1 4 7. 89: 2— moins que la plantation ne fuͤt dans une exposition particulièrement abritée des . 4 4„ 8 2 arbres qu'en proportion de leur grandeur, de leur vigueur et de leur espèce, vents nuisibles, et ne comptaàt que des espèces choisies et de bonne qualité; dans ce cas un climat généralement défavorable aux fruits pourrait donner à ce fonds une valeur particulière. Il a été parlé plus haut§§ 70-80 des prairies et des pàturages, et de la manière de les esumer. § 97. Quant à la rente du bétail, les Principes pour son évaluation ne peuvent éêtre qu'infniment vagues et varics. Dans les estimations, qui ont„'assolement triennal pour base, à peine la porte-t-on à la moitié de la valeur qu'on lai reconnastt ici. Mais comme on a déjà porté en compte la rente des prairies et des pàâturages, et comme la valeur du ſumier, pour lequel principalement on garde le bétail de rente, a été déjà comprise dans le produit des terres arables„c'est en effet déjaà trop. Si les prairies et les pàturages ont été mis à leur valeur, on ne doit plus rien porter en compte pour la rente du bétail, puisque tout ce qu'il y ne peut être attribué qu'à Pindustrie du cultivateur. aàa ell sus Il s'entend que le bétail, qui doit être effectivement transmis, doive être ajouté au capital, ensuite d'une juste évaluation. Dans les estimations ordinaires la rente d'une vache varie entre 5 ct 10 rixda- lers. Le dernier cas n'a lieu, dans la culture d'après Passolement triennal , que rarement et seulement dans les prairies basses, arrosées et les plus feriles. Un wes(jeune bétail), et chacun de ceux-ci est porté au sixième d'une vache à lait. tiers des piéces de bétail est compté comme e4 Cependant on admet aussi que les paturages extérieurs fournissent à Pentrelien des élèves, et alors le produit de Tun des deux seulement est porté en compte. Cent bétes à laine sont mises à 20 ou 50 rixdalers, et leur pacage sur les pâtu- rages extérieurs n'est point porté en compte. Quoique le produit de! a bergerie, méme indépendamment de toute industrie particulière „ soit reconnu infiniment plus grand, on n'a cependant point cru devoir élever cette estim le vaches, tantét admis que sur chaque vache on peut élever un cochon qu'on porte dans l'estimation Dans le second, on compte pour chaque scheffel de semailles en grains hiver- nés 1 gros, comme valeur du päturage des cochons sur le chaume. 1 à 8 dou 10 gros. 2 PRINCIPES RAISONNES G'est au contraire d'après'étendue des semailles de printems qu'on évalue la 84„ 1. g.1 n rente de la volaille; On Por te Pou Ir cet obje et 6 Pl-— Scheliel de semallles. La pech e et la chasse ne peuvent étre Evaluces que suivan pPrès Pexpérience, ou sur des baux en règle. L'esumation de la péche des élangs exige qu'on en ait une connaissance particuliere„laquelle nous ne pouvons sup- poser ici. § 98. Souvent on porte aussi dans Pestimauon le produit de certaines branches din- dustrie qui sont lées à'économie rurale, et qu'on ne* cependant apprecier . 1.„.... qu'historäquement d'après des registres ou des indications de témoius. Tels sont la brasserie, la disüllerie, la tuillerie, les moulins. Comme ces choses dépendent de Pindustrie avec laquelle on les dirige, qui ne peut étre taxee; comme d'ailleurs elles tiennent beaucoup aux circonstances, on devrau bien dis- ünguer Findustrie elle-mome, du droit de Pexercer, ou en general, ou exclusive- ment daus un certain district, et n'admeitre en compie que ce dernier, comme un droit inhérent à l'établissement. § 99. Les revenus fixes en argent et en es indi nquent d Peux-mémes leur valeur. Les casuels ne peuvent èêtre estimés que d'après une moyenue prise sur un nombre d'années consécutives, souvent encore en ayant quelqu'egard aux circonstances. Sils font une partie considérable de la rente d'un domaine, ils sont plus du ressort du capitaliste que de celui du cullvateur. IIs ne font que rendre Tintsrét du capital; dans la regle ils n'augmentent point. Celui qui achète un domaine de 100,000 rixdalers, dont 50,000 ne sont représentés que par de telles rec vances, celui-là n'a proprement acheté qu'un domaine de 50,000 rixdalers. 8 son intenton était de placer en entier son capital à Pagriculture, il a manqu son but. § 100*. Aux plus importantes redevances en denrées apparüent la dime des grains que quelques domaines retirent d'autres posse Sions, et qu'au contraire quel- ques-uns doivent donner. Cest un droit de très-grande conséquence, qui non- seulement agit sur le produit immédiat du fonds, mais qui de plus, par la paille qu'il donne ou quiil fait perdre, à une influence considérable sur tout Pen- semble de'économie agricole. * Les 5§ 100 et 101 sont écrits pour PAllemagne et les lieux cu le Ssteme ieodal su kile. Je ne me suis pas cru autorisé à les retrancher ici, quelque superflus quils fessent Pour la France.(Trad.) —— c subsiste, pour lo D'A GRTICGCULTUR N. 55 C'est pourquoi il fant recueillir des informations particulières sur la manière dont elle est perque; sur les règles auxquelles le décimateur et le décimable sont réciproquement soumis; en particulier s'enquérir si Je premier la fait recueillir lui-méême sur le fonds, ou si elle doit lui étre conduite; et en général faire des recherches sur toutes les opérations et les usages qui y ont rapport. Je me suis expliqué fort au long dans mon agriculture anglaise, part. 3,§ 89, sur les désavantages que la dime a pour le domaine qui y est assujetti, et sur Timpos- sibilité oQ elle met d'entreprendre des améliorations et d'adopter une meilleure cultare. La dime exclut d'autant plus toute bonne culture que le sol qui la doit est plus mauvais; il y a beaucoup de cas où elle enlève la totalité du produit net, et quelqueſois au-delà; ce qui fait que souvent nous avons vu payer davantage pour la dime d'un arpent, que pour sa rente. De ceci il résulte naturellement qu'il ne saurait entrer dans les convenances d'aucun agriculteur sensé, d'acheter un domaine assujetti à la dime, sil n'a L'espérance la mieux fondée de pouvoir la racheter de quelque manière. Le décimateur peut, à la vérité, retirer un très-grand avantage d'une dime, surtout pour le rétablissement d'un fonds ruiné, puisque de ses produits on peut entretenir une plus grande quantité de bétail, et par conséquent se procurer une plus grande quantité d'engrais. Cependant il est remarquable que dans des con- trées où presque tous les grands établissemens ruraux retirent la dime de champs étrangers, et où l'on croit que ces établissemens ne pourraient pas marcher sans elle, l'agriculture est dans un état très-médiocre, et que les produits m'y ont point augmenté comme on devait Pattendre de cette cumulation de pailles. Les économies rurales basées sur des revenus en dimes sont souvent si vi- cieuses que ce pourrait quelquefois étre un bienfait de forcer, par l'abolition de cette redevance, à établir un système mieux calculé. Au moyen de cela le produit net s'éleverait le plus souvent au-dessus de ce qu jil eüt pu étre avec les dimes. Soit que cela s'opère par arrangement paruculier, soit que PEiarj juge convenable d'abolir un droit bien moins profitable à celui qui le possède, que nuisible à celui qui le supporte, et qui ainsi empéche les progrès de l'agriculture et la tient dans l'enfance, un propriétaire raisonnable qui entrevoit la possibilité de conserver son champ bien amendé, sans le secours de pailles étrangères, se prétera volontiers à labolition de sa dime, pourvu qu'on lui assure en échange une redevance flxe et equivalente. Une exaction trop rigoureuse de la dime qu'on a le droit de retirer, surtout de fermiers annuels, fait diminuer progressivement la valeur de cette dime en épuisant les champs, et en atténuant le bien-èétre des décimables. On cessera de semer des trèdes et de cultver des plantes à fourrages pariout oQ on devra en 1A donuner la dime, 54 PRINCIPES RAISONNES § 101. Enfin il reste à estimer les corvées(les services ruraux et seigneuriaux). Elles sont distinguées 1.) En corvées d'attelages et en corvées personnelles. Dans la rèégle les premieres ne sont dues que par des domaines qui dans Forigine Gtaient assez étendus pour avoir des attelages. Les dernières le sont par des peutes fermes, qui ne sont ou n'étaient originairement pas assez grandes pour en avoir. On disüngue les corvées d'attelages en corvées entières, qui se font avec quatre chevaux, et en demi-corvées qui se font avec deux chevaux ou seulement un. Quant aux corvées personnelles, quelquefois elles sont aussi dues par des personnes qui ne possèdent pas de terres arables, mais seulement une maison, un jardin, des paäturages. 2. En corvées fixes et en corvées variables. Les fixes sont ordinairement déterminées en journées de travail, de manière que le corvéable doive fournir chaque année un nombre déterminé de journées de tra- vail. Le choix du moment pour ces journées appartient rarement à celui à qui elles sont dues, elles sont plutòt fixées pour chaque époque de culture à des semaines déterminées; quelquefois il y a une certaine quantité de chaque espèce de tra- vail fixée pour la journée, d'autres fois cette quantité est laissée dans le vague. Dans le dernier cas le propriétaire du droit n'en retire que de chétifs avantages, et ces avantages se réduisent à rien, sil ne peut faire usage sur place d'aucun moyen coercitif, comme c'est le cas là oùu la mortaille et la servitude ont éte abolis, et comme cela serâ bien plus encore, là où la jurisdicuion héréditsire aura cessé. Ces corvées sont alors plus nuisibles à celui qui y est assujeui et au bien général, qu'aucune autre servitude„parce qu'elles donnent nais SSance la paresse, à indolence, à des procédés intentionnellement mauv ais, et à une mutinerie condamnable; qu'ainsi elles détruisent la moralité, et ſont perdre un tems précieux et des moyens de travail. Le valet ou le fils du encourage par son mattre ou par son père à la lenteur, à la négligence, à la tromperie; il tient à honneur d'avoir fraudé le seigneur, il DaVYsan eéest „ 2 s accoutume à la pa- resse, il trompe ensuite son mattre ‚son père, et lui-mème, en perdant P'ha- bitude ou la faculté de travailler suivant ses forces. C'est par cette raison qu'on irouve des hommes plus paresseux dans les lieux ou de telles corvées sont éta- blies, et que les domesuicjues y imitent ordinairement la lenteur et la mauvaise foi de ceux qui sont assujettis à ces droits. C'est aussi pour cela que les corvées dont la quantité d'ouvrage est fixée pour chaque jour, sont plus avantageuses et Pon fera bien de se relacher d'une 5 partie considérable des jours de service pour obienir cette fixation. Lol elles. Roine elltes apoir. uatre un. des 80n, Pha- w'on éta- vaise rrées aes; ruce D'AGRICULTURE. 55 Quelquefois la corvée consiste à une certaine mesure de travail d'une espèce déterminée, sans fixation du nombre de journées. Dans ce cas le travail se fait à la vérité promptement, mais aussi d'autant plus mal. Lorsque tous les champs d'un domaine ou seulement une partie, sont cultivés par le moyen de corvées de ce genre, ils se distinguent par de chétives récoltes, même des champs de pay- sans, et, malgré les avantages résultant de dimes considérables et de vastes päturages, ils ne rendent souvent que le plus misérable produit. Daus de telles contrées on peut déjà à de grandes distances distinguer le champ cultivé avec de tels moyens de celui qui l'est par les attelages et les gens du propriétaire; la dif- férence du produit s'élève sans contredit au-dessus de la valeur des corvées. Si donc la mesure du travail doit éêtre fixée ou par journées ou en bloc, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de choisir des travaux où la manière d'exé- cuter n'occasionne aucune différence sensible, ainsi, autant que possible, des voitures dont la charge puisse étre déterminée avec quelque précision. Des services indéterminés ne paraissent compatibles qu'avec l'état du paysan dont la maison, la ferme et le bétail appartiennent au seigneur, lequel a ainsi le droit d'en continuer la jouissance ou de la retirer à sa volonté. Daus ce cas le paysan doit être envisagé absolument comme un valet qui, au lieu de salaire et de nourriture, obtient la jouissance de cette ferme. Le propriétaire ne peut surcharger de travail ni ce paysan ni son bétail, s'il veut ne pas ruiner sa propriété. Cette instituon peut également avoir lieu indépendamment de toute servitude ou mortaille; alors, au terme fixé, les parties sont libres de résilier leurs engagemens réciproques, si elles trouvent leur convenance à le faire. Des cor- vées de cette espèce se trouvent encore dans des lieux où le paysan est réelle- ment propriétaire de son domaine. Laà des prétentions injustes sont réprimées par le principe qu'il doit rester au paysan assez de tems pour ensemencer son champ et cultiver son propre fonds; cependant comme la décision des contestes qui peuvent nattre à ce suſet est d'une difficulté infinie, il s'en suit des procès et des mésintelligences sans fin, dont les désagrémens sont à peine balancés par les avantages qu'on peut reurer de pareils services. Les services personnels sont déterminés quelquefois en journées, quelquefois en quantité et nature de travail, A ces derniers appartiennent en paruculier les corvées de semailles et celles de moissons, pour lesquelles une personne qui y est propre, doit faire une certaine quantité d'ouvrage. Dans les corvées par journées il n'est le plus souvent pas déterminé, si elles doivent être faites par un homme ou une ſemme, par une personne ſortę ou par une faible. Mais comme elles sont faites par des gens qui sont d'ailleurs le plus souvent eimployés 56 PRINCIPES RAISONNES sur le domaine, et qui par conséquent en sont plus dépendans, quelquefois aussi par des locataires qui paient de cette manière leur loyer: on peut en 4 attendre proportionnellement plus d'avantage que de services d'attelages, et on peut sans risque les évaluer au taux d'une journée de femme. Elles sont aussi ſn moins onéreuses à celui qui les doit. Dans quelques lieux on trouve établi que 1 la récolte des céréales toute entière soit faite par services de ce genre, en indem- 1— 9 nité desquels ceux qui la font reçoivent une partie réglée de la moisson, et après 6 le battage de méème une autre rétribution en grains. 9 Quelque commode que ceite institution ait paru à bien des gens, dans la 3 passe Silésie cependant on en sent aujourd'hui tous les inconvéniens; pas autant 1 en raison de la portion trop considérable de récolte que les ouvriers perçoivent, 2r qu'en celle du désordre et de l'inexactitude avec lesquelles la moisson s'opère. 45 Ces batteurs héréditaires sont aujourd'hui envisagés dans les domaines généra- e lement comme une charge plutôt que comme un secours. 8 Dans l'estimation des services, en particulier de ceux avec attelages, il faut de avant tout considérer la force des paysans et de leur bétail de trait. Là ou ils sont en bon état, on peut sans doute en exiger du meilleur ouvrage, en plus grande quantité et d'une manière plus convenable: mais là oi le paysan est tombé dans„ la misère, ces services ont à peu près perdu toute valeur, et sont même quel-— quefois une charge réelle pour le domaine, en ce que dans bien des pays le seigneur foncier est obligé d'entretenir le paysan, de répondre à PEtat de ses 1 services, et de rebaäur son habitation lorsqu'elle est dégradée. D'alleurs si on 9i croit pouvoir se passer de ces corvées, le paysan aisé se soumettra bien plutôt 1 à en payer l'équivalent en argent ou en grains, que le paysan pauvre ne le m voudrait, ou n'en aurait la possibilité. Cette considération est d'autant plus im- 1 portante que vraisemblablement ious les gouvernemens favoriseront autant A qw'ils le pourront le rachat des corvées, s'iils ne le rendent obligatoire, et cela m parce qu'on paratt avoir généralement reconnu combien grande est la masse 6 de forces et de travail qui aujourd'hui est à peu près perdue, et qui par là pour- 6 rait étre mise en activité au profit de l'Eiat. Si, même comme nous en con- venons, dans certains cas particuliers l'abolition des corvées devait n'ètre avan- 1 tageuse ni au propriétaire du droit, ni à celui qui y est assujetti, eu égard à Péquivalent qui y serait substitné, cependant alors encore il conviendrait aux„6 uns et aux autres, que ces services fussent considérés et comptés comme l'acquit p. d'une partie du prix de ferme, du cens ou de redevances rurales, pour les- 1 quelles le débiteur et le propriétaire pourraient au bout d'un certain tems entrer 8 en négociation. 86 C'est nefois ut en et on ¹aussi li que indem. t après lans la autant Went, opère. énéra- il faut Is sont grande 96 dans quel- ays le Je ses si on plutot ne le ¹s im- autant t cela masse pour- n con- avan- égard 4 rait aux pacquit zur les- 5 entrer Cest D'AGRICULTVURE. 57 C'est une suite des différences qui existent dans l'état des paysans er de leurs attelages, que, dans les estimations de domaines, les oorvées soient portées à des prix très-variés. On oompte le service d'un attelage avec deux chevaux à 25 5, jusqu'à 8 gros; dans un petit nombre de cas à 12 gros; le service personnel à 1, 1 ½ jusqu'à 5 gros, et on admet en moyenne que le travail de deuz attelages en corvée équivaut à celui d'un attelage domestique, et celui de trois personnes en corvée à celui de deux ouvriers ordinaires. Ceci ne peut être admis que pour de bons attelages, puisque Pexpérience apprend qu'en géenéral un attelage domestique fait souvent plus d'ouvrage que quatre ou cinq attelages en corvée. Il faut aussi savoir si ceux qui font les corvées, ont droit à quelque rétribution en argent et en denrées, et si on doit fournir des päturages au bétail de trait; dans ce cas ces fournitures doivent étre portées en déduction dans l'évaluauon des services. Nous ne pouvons nous arréter ici sur divers usages particuliers qui ont rapport aux corvées, et sur lesquels il ne faudra pas négliger de prendre des informations. Du reste, au chapitre du travail nous traiterons de Pemploi des corvées. § 102. Une chose qu'il importe de considérer dans Tacquisition d'un domaino, c'est la position relative des fonds qui le composent. Dans quelques contrées le morcèlement et le mélange des propriétés de diverses espèces et de différens possesseurs sont presque universels. Dans P'ori- gine des partages on ignorait encore les moyens de mettre de l'égalité aux lots pour la division d'une certaine étendue; c'est la, sans doute, la cause de ce morcèlement; cependant il a aussi pu étre occasionné par d'autres considéra- lions, qui alors avaient plus d'importance que la bonne disposition d'un champ. Aujourd'hui cette excessive division des héritages, lorsqu'elle ne peut pas être modifiée, met dans Pimpossibilité de pousser les terres arables à un haut degre de fécondité. La culture du champ est assujettie à beaucoup de difficultés et de génes, et ne peut jamais ètre exécutée sur de petites étendues comme sur de grandes. Elle est considérable, la perte de tems qui a lieu lorsqu'on quitte un champ pour aller à un autre; de plus, avec ce morcèlement, on ne peut ni surveiller convenablement les ouvriers, ni tenir un contréle exact de ce qui a Gté exécuté, pi déterminer d'avance le tems et la force qui seront nécessaires pour Tensemencement des terres. La séparation des champs au moyen de ſossés fait perdre un espace considérable de terrain, et cependant ces fossés sont néces- saires, si les limites doivent demeurer intactes. De plus, sans le concours de ses voisins, il devient impossible au propriétaire d'opéfrer la destruction des I. 8 58 pPRINCIPES RAISONNES mauvaises herbes. Les clétures qui souventsont si utiles, deviennent impraticables, et Pon ne peut plus se défendre des dévastations du bétail, de celles des bèétes fauves et mème de celles des hommes. Les fossés et les tranchées, pour'écoulement des eaux, ne peuvent èêtre exécutés par un seul propriétaire, et très-rarement la communauté les établit et les entretient d'une manière convenable. Mais ce qui est le plus désavantageux, c'est qu'on ne peut plus jouir en particulier du päturage de son propre fonds; ainsi on est assujett au mode de culture établi, qui le plus souvent est extrémement vicieux et incompatible avec un emploi avantageux du champ; ainsi toute bonification devient impossible. ont dans l'opinion de tout Ces motiſs font que des pièces aussi morcelées n à celle des fonds agriculteur éclairé qu'une valeur inférieure de plus de moitié réunis, et dont on peut jouir sans réserve. Un tel agriculteur répugnera done toujours à acquérir un domaine de ceite sorte, s'il n'a pas la perspective assurée, de pouvoir faire des échanges et opérer la rénnion d'une grande partie de ses fonds, pour en faire des clos dont il ait la jouissance pleine et entière. Lorsqu'un domaine est composé de pièces de terre réunies, ou tout au moins de clos ou de parties considérables, il faut alors en considérer l'ensemble. Plus il se rapproche de la fgure ronde ou carrée, mieux c'est; une surface qui forme une figure longue et étroite, a divers inconvéniens, et ne permet pas de faire une bonne distribution des soles- § 105. Il est aussi d'une grande importance pour Péconomie rurale que les bäümens en soient placés à peu près au centre et A une distance égale de toutes les pièces. gi la division des soles peut étre faite de manière qu'elles aboutissent toutes aux paàtimens, et que les parties les plus éloignées des unes ne soient pas sensiblement plus distantes que celles des autres, alors la distribution de'ensemble est aussi parfaite que possible; on peut disposer les choses de manière que chaque année il y ait une réparttion égale du travail et des forces; tandis que, si une des soles est à un éloignement considérable, on doit penser avec appréhension à Pannée oüù elle devra étre fumée, recevoir de plus grands labeurs ou recevoir la cuhure des plantes à fourrage. Le défaut d'une bonne situation des baumens ruraux ne se rencontre que trop souvent, parce que lors de la construction primitive des anciens chàteaux on devait penser à toute autre chose qu'd la commodité de la culture, et que dès lors on a rarement construit des fermes toutes entières, mais seulement des batimens parüculiers qu'on a placés ordinairement dans le meme lieu, afin de 1 les meltre en rapport avec ceux déjà existans. ——— t öles, dôles ment ment is ce er du abli, nploi tout nds onc rée, 8(8 oins Plus orme faire nens ces. aux nent aussi unée des aon à oir la ge trop aux On ue des nt des fin de 3 D'AGRIOCULTVRL. 59 On ne peut souvent remédier à ce mal que par la construcuion de nouveaux pätimens ruraux, ou de métairies, et il y a souvent assez de motifs pour devoir s'y décider. C'est une chose à laquelle on doit bien penser dans Paocquisition d'un domaine. § 104. Les chemins qui communiquent des bàtimens aux possessions, et de celles-ci entr'elles, demandent aussi un examen particulier, puisque s'ils sont mal ordon- nés, mauvais, raboteux et tortueux, ils emploient beaucoup plus de forces et de tems. Dans l'acquisiion d'un domaine on ne doit pas omettre les redresse- mens et les réparations dont ces chemins peuvent avoir besoin. § 105. Une judicieuse distribulion et une bonne proportion des bâtimens ruraux appartiennent à la perfection d'un domaine; le déefaut de ces qualités ne saurait point étre compensé par une grandeur démesurée qui n'est rien moins qu'à désirer pour l'agriculteur. Le plus souvent les bàâtimens d'économie rurale ne sont point mis en compte dans une estimation, ils sont envisagés comme une chose nécessaire dans un domaine. Mais l'acquéreur ne doit pas omettre leur mauvaise distribu- non, leur dégradation ou les frais nécessaires à leur rétablissement comme des circonstances désavantageuses. Des baätimens solides et durables doivent toujours étre consideérés comme ayant une valeur, quoique celui qui compte l'intérét de ses avances et Pintérét de cet intérét, ne puisse pas se décider à les porter en évaluation. § 106. Des eaux bonnes et abondantes dans la cour rustique et partout où on peut en faire usage, sont d'une grande nécessité; on n'en sent ordinairement les avan- tages que là où elles manquent. On appréciera assez les ruisseaux qui traverseraient le domaine, si on voit la possibilité de les employer à différens usages. Un ruisseau qui coule auprès des Paätimens ruraux, péut souvent étre trés-précieux pour faire mouvoir des rouages „et des machines en général. 6 4§ 107. Une homogénéité complète des terres arables, si le sol en est méediocre- ment humide et d'un travail aisé, en sorte qu'on puisse y entrer et les travailler en tous tems, facilite la distribution des soles ‚Ret par là toute Péconomie rurale. Des variations considérables et nombreuses dans la nature du terrain jettent dans „la distribution et le choix des assolemens de grandes diffieultés, lesquelles, pour 7 60 PRINCIPES RAISONNES Gtre surmontées heureusement, exigent une grande sagacité. Si cependant le sol est vicieux de sa nature, il est à désirer que ce soit dans les extrémes opposés. Si une partie des terres sont tellement argileuses et tenaces qu'on ait besoin, pour les travailler, d'un degré de sec qui ne dure que peu, il importe d'avoir une étendue proportonnée de terres légères, qu'on puisse labourer dans tous les tems, et ces terres ont, même dans ce cas-ci, une valeur particulière, parce qu'on peut y occuper les ouvriers et les attelages, lorsque l'état des terres argileuses ne permet pas qu'ils y entrent, et parce qu'au moment ou la tempé- rature est redevenue plus favorable, on a d'autant plus de forces à consacrer à celles-ci. Quelques cents journaux de terre argileuse acquièrent du prix lorsqu'on possède en même iems une égale étendue de terrain sablonneux. Dans les ex- trémes de température, le haut produit de'un compense aussi le vide de Pautre. Si la situation le permet, on peut quelquefois réparlr d'une manière assez égale entre les diverses soles ces terrains de différentes especes, mais alors il faut faire dans le choix des récoltes qu'on doit y cultiver les petits chan- gemens que la nature du sol indique. Si cette situauon s'y oppose, il faudra bien, sans doute, choisir d'autres assolemens, lesquels ne pourront gudres étre en rapport les uns avec les autres. § 108. Dans la classe des qualités relatives d'un domaine, ses circonstances mercan- tiles et tout ce qui y a rapport doivent étre prises en grande considération. Ces circonstances dépendent beaucoup de sa position géographique. Le voisinage des grandes villes peut doubler et tripler la valeur du sol pour le cultivateur qui spécule, et qui sait le meitre à profit. Mais aussi un éloignement plus ou moins grand des principaux marchés et ports de mer, apporte de grandes modifications à la valeur. Au reste, dans les estimations, le prix des grains est ordinairement basé sur ces circonstances. La communication avec ces marchés et ces ports, par le moyen de canaux et de fleuves navigables, ou tout au moins par de bonnes routes toujours praticables et qui ne soient pas grevées de péages trop clevés, en rapproche en quelque facon un domaine, en diminuant les frais du transport des produits; c'est pourquoi tout cultivateur sensé contribuera avec p plaisir à établissement et à Pentretien de ces canaux et de ces routes. La demande de produits de différens genres est infiniment plus avantageuse à Pagriculteur éclairé que celle qui se borne à un petit nombre d'espèces. Alors il peut appliquer son terrain aux diverses productions auxquelles il est propre, les entreméler et les faire succéder l'une à l'autre à des intervalles moins rapprochés, tandis qu'il est infiniment plus borné là ou les grains seuls ont de Pécoulement. e sol 08és. soin, Lavoir 8 Lous libre, lerres mpé- drer à zu'on DP'AGRICUIT URE. 61 Ordinairement la cherté des prodaits animauæx dans une contrée, présente à Pagriculteur plus d'avantage que celle des grains; car le cultivateur peut élever pour la vente une quantité proportionnellement plus grande de produits animaux que de végétaux, parce que ceux-ci sont, du moins en partie, consommés pour la culture, et que le prix du travail suit plutòôt la proportion de celui des grains que de celui de la chair, de la laine, etc. Mais il faut surtout prendre en con- sidération les moyens les plus économiques de se procurer des engrais et la grande influence qu'ils ont sur la reproduction des végétaux. Il faut aussi faire attention au prix et à la qualité des choses que le cultivateur doit se procurer, comme p. e. le fer, le cuir, le sel, etc. II est des pays ou les produits agricoles sont à bas prix, et où au contraire ces matières sont d'au- tant plus chères, et méême ouù on ne peut absolument pas en trouver qui aient la qualité requise. Peut-étre la matière en est-elle naturellement mauvaise, peut-èêtre aussi manque-t-il d'ouvriers capables de la bien préparer; ceci a presque tou- jours lieu dans les pays pauvres, et là oùð des principes d'administration vicieux font prohiber l'importation des produits étrangers. § 109. La richesse d'un Etat tant en revenus publics qu'en fortunes particulières modifie considérablement la valeur des domaines. La prompte circulation de Pargent, qu'elle ait lieu en numéraire ou en papier accrédité; le bas taux de Pintérèt, favorisent les entreprises agricoles; tandis que le manque d'argent et de circulation, le taux élevé de l'intérét, la baisse du cours avec l'étranger, doivent entraver l'industrie du cultivateur. Un état prospère et une bonne administration du trésor public doivent rassurer Pagriculteur sur des impositions nouvelles et extraordinaires. Un impôt foncier plus élevé est moins nuisible à celui-ci que des contributions indirectes multipliges qui Patteignent toujours, qui ruinent la liberté du commerce, qui exigent des frais considérables et une armée d'employés du fisc, et qui donnent lieu d'un côté à des vexations, et de l'autre à la corruption ou à la tromperie. Mais ce qu'il y a de plus nuisible, ce sont les variations et les fréquens changemens dans P'assiette de l'impot. Laà ou les finances publiques sont en bon état et présentent quelqu'excédent après l'acquit des dépenses nécessaires, on peut avec plus d'espoir attendre du gouvernement des entreprises et des améliorations avantageuses à l'agriculture en général et aux cultivateurs en particulier. § 110. Au reste, la constitution d'un pays et les maximes de son gouvernement ont 62² PRINCIPES RALISONNES aussi une grande influence sur la valeur d'un domaine. Une législalion fixe, précise, intelligible; un mode de procédure simple et abrégé, une adminis- tralion incorrupüble de la justice, élèvent la valeur de la propriété aux yeux de tout homme de sens. Une bonne et efficace police, tant domestique que civile et rurale, qui pro- i?ge contre les incursions des vagabonds, qui assure la propriété contre les bandes de voleurs, et autant que possible contre tous les dangers; qui allège le devoir d'assister les pauvres; qui, obligée de pourvoir au défaut d'esprit public par des lois coercitives, ne se permet pourtant pas des vexations fiscales; qui ne repose pas sur des préjugés long-tems combattus; qui n'agit pas d'après des formes vieillies, mais d'après des principes raisonnables; qui ne cherche pas le produit des amendes, mais l'accomplissement de l'ordre: une telle police est d'un grand prix. Un règlement pour les domestiques, convenable et rigoureu- sement observé, est avant tout d'une grande importance. Un gouvernement qui reconnait et adopte le principe éternellement vrai, que la bonißcation et la culture du sol, poussées aussi loin que possible, contribuent plus que toute autre chose au bien, à la force et à la richesse de l'Etat; qu'en conséquence toute autre considération d'économie politique doit céder à la con- venance d'encourager la multiplication des produits; un gouvernement qui admet cette maxime er la prend pour son guide, ajoutera par cela même consi- dérablement à la valeur des fonds, et attirera des acquéreurs étrangers. En effet, là on peut se promettre qu'il ne sera mis aucune entrave à Pindustrie agri- cole, et que d'inutiles prohibitions de la sortie des grains et du bétail, ou F'autres entraves à la liberté du commerce, ne viendront pas anéaniir les justes profits qu'on doit espérer de l'agriculture. On pourra au contraire attendre de ce gouvernement, Pabolition, moyennant indemnité, de plusieurs institutions vieillies et qui ne vont plus aux circonstances actuelles: par conséquent la sup- pression des obstacles Ies plus nuisibles à l'agriculture et à ses progrès. Une constitution lbre ou représentative, quoiqu'elle entratne apres elle bien des abus et que, par une sorte de lutte avec le gouvernement, elle entrave souvent des plans utiles, a, si elle est accompagnée d'une bonne organisation, cependant quelque chose de très-agréable pour le propriétaire foncier, en méme tems qu'elle peut èétre avantageuse à PEtat. Elle met sous les yeux du souverain le tableau des besoins du pays, elle fait connattre l'opinion, elle ras- sure contre des mesures précipitées et arbitraires, et protège les individus contre des procédés injustes et contre l'abus du pouvoir. Quoique le corps des Etats ait dernièrement été supprimé dans la plupart des pays, cette insttution a lons pup- wien rave auon, 2r, en eus du le ras- contfe s hutss ution 4 D'A GRICULTVURE. 63 cependant été remplacée par une autre, et celle-ci peut être très-utile, si elle ne se borne pas à de simples formalités; elle met en délibération les plans et les représentations des propriétaires, dirigés par ceux d'entr'eux qui sont les plus éclairés. Mais il faudrait confier Aun comité d'entre ces propriétaires même, la direction er exécution de certaines affaires de police et d'économie politique, et le pouvoir d'y apporter certaines modißicauons; d'autant qu'on doit présumer que les besoins et les circonstances de leurs districts leur sont mieux connus qu'à des corps administratifs pris dans les villes. § 111. La constitution militaire d'un Etat peut èêtre plus ou moins désavantageuse à Pagriculture, elle peut étre plus ou moins à charge à l'agriculteur. Mais là où l'Etat lui doit sa säreté et son indépendance, tout homme ami de sa patrie s'y soumettra avec plaisir, et il ne s'agira plus que Gaviser à une bonne organisation, à mettre les rapports convenables entre les autorités civiles et militaires, et à arranger toutes choses de manière qu'on enlève au pays le moins de bras possible. On doit espérer que les nouvelles institutions, que nous avons à attendre sur ce point de la plupart des Eiats, résoudront le problème d'assurer la déſense du pays, sans renverser sa prospérité. Si chaque citoyen au besoin devenait soldat, et si en tems de paix chaque soldat redevenait citoyen utile, sans pour cela négliger les exercices militaires, l'Etat serait aussi rassuré contre des agressions Gtrangères, qu'heureux et aisé dans son intérieur. H 412. Plus la population d'un pays est étendue, plus Pagriculture y est avantageuse, et plus le sol y acquiert de valeur. Cependant ces avantages dépendent beaucoup aussi de la nature de cette population, de la force des différentes classes qui la composent, et de leurs proportions réciproques. Une nombreuse population dans les villes présente à l'agriculture de grands avantages mercantiles, en assurant l'écoulement d'une grande quantité et variété de denrées. En revanche, de nombreuses et grandes villes enlèvent aussi à P'agriculture les hommes les plus valides et les plus actifs, leur voisinage nuit souvent à la moralité du peuple des campagnes, et rend par là Pexercice de P'agriculture plus difficile. Dans le voisinage d'une grande ville le genre de culture doit être calculé en con- séquence, si on veut en retirer tout le profit possible, et ce profit balance bientôt les inconvéniens qui résultent d'un iel voisinage. Pour celui qui aime une agriculture tranquille et régulière, qui ne veut que produire et non spéculer, la grande proximité d'une ville n'est pas irès-désirable; ce ne sera point là 64 pRINCIPES RAISONNES qu'il fera une acquisition, parce que le prix des fonds y est naturellement beau- coup plus élevé. La population des campagnes peut étre composée de telle sorte, que les agri- culteurs qui cultivent pour eux-mêmes, y dominent, ou que ce soit ceux qui tra- vaillent pour autrui, la classe ouvrière proprement dite. C'est là oQ les im- meubles sont fort divisés et les propriétés petites, que les fonds doivent atteindre le plus haut prix et le plus haut produit, surtout lorsque des insütutions vicieuses ou une pauvreté excessive, peut étre un trop grand morcèlement des propriétés, ne paralysent pas P'industrie du paysan. Mais là rarement on pourra attendre de grands avantages d'une agriculture étendue, non-seulement parce que le terrain y est très-Cher et peut produire sans cela une haute rente, mais aussi parce que la main-d'cœuvre y est ordinairement très-coteuse, et Pécoulement des produits difficile; chacun, en effet, s'y procure par la culture ce dont il a besoin, et doit avoir un excédent qu'il conduit au marché; de là résulte une concurrence qui paisse les prix souvent au-dessous des frais de culture. En revanche, une nombreuse population dans la classe ouvrière est très-dési- rable pour le grand cultivateur, elle aide extraordinairement dans une grande économie rurale et dans une culture plus soignée, lors même que le prix du travail n'y est pas à un taux très-bas. Si en tout tems et moyennant un bon salaire il est facile d'avoir un choix d'ouvriers, on peut sans contredit faire en agriculture la mèême distribution de travail dont on a reconnu les grands avantages dans d'autres entreprises. Jai dit moyennant un bon salaire, car sans lui on ne saurait espérer une multiplication durable de la classe des ouvriers. Ici, comme dans les entreprises C'un autre genre, on peut également commettre à chaque indi- vidu des opérations particulières, dans lesquelles il acquerra plus d'habileté, en sorte qu'avec moins de peine il fasse plus d'ouvrage, qu'en travaillant à täche il gagne davantage, et qu'ainsi il puisse faire chaque labeur à plus bas prix que ne le ferait un ouvrier moins exercé. Mieux payés, les ouvriers se donnent une meilleure nourriture, ils acquièrent plus de forces, et ils accoutument de meil- leure heure leurs enfans à P'application. Plusieurs personnes sont, à la vérité, dans l'opinion que la pauvreté est un excellent moyen de donner de l'activité à Pindustrie; la nécessité peut bien opérer momentanément cet effet, mais bientòôt elle fait retomber le manouvrier dans une totale impuissance. Ce n'est pas un el ouvrier que le goùt du travail atteindra, ce sera bien plutòt celui qui verra ses sueurs multiplier ses jouissances et son bien-étre. Quant à celui-ci son activité sera augmentde par la perspective de jouissances nouvelles qu'il ne pourrait se procurer qu'en redoublant d'assiduité. C'est rau- gri- da- iw- udre euses étés, e de rain e la uils et nee 881- nde K du Nlaire lture dans arait dans ndi- „en e il 2 ne une nell- erué, wWI à zentot )4s Ull rerra tivite ait se C'est D'A GRIOCULTURL. 65 Gest un grand bienfait, d'augmenter le nombre des travailleurs, mais non de multiplier celui des mendians. L'agriculteur s'établit volontiers là ot ces premiers sont nombreux, mais il s'éloigne avec raison des lieux où ces derniers abondent. 3 § 113. Si de nos jours on pouvait trouver un pays oùð on fùt à l'abri d'invasions ennemies et des calamités de la guerre, on devrait lui donner la préférence. Mais comme, dans les circonstances actuelles, cette süreté ne se trouve nulle part, et que les contrées qu'on envisageait comme les plus süres sont précisément celles qui ont souffert davantage, cette considération doit étre presque nulle, jusqu'à ce que toutes choses se soient replacées dans leur repos et dans leur équilibre. Cependant il est des contrées ou' le voisinage des grandes routes, des forteresses et des principales positions militaires, fait courir plus de dangers qu'on n'en rencontre dans un pays ouvert où, tout au moins, le théàtre de la guerre est de plus courte durée. Une contrée divisée en possessions closes, coupée par un grand nombre de fossés et de haies, présente beaucoup d'obs- tacles aux opérations militaires; ennemi évitera, autant que possible, d'y faire une attaque, si elle est déjà occupée, et s'il la croit défendue par une milice exercée dans l'usage des armes à feu. Surtout avec une position un peu mon- tueuse, une province de ce genre serait peut étre la plus redoutable des ſor § 114. Lorsqu'on s'occupe de l'acquisition d'un domaine, il ne faut point négliger Pexamen des mœurs, de la manière de vivre, de la moralité, du car teresses. actère et des usages qui dominent parmi les différentes classes dont la population du pays est composée. II y a ici des considérations individuelles que chacun doit sou- mettre à sa propre manière de voir et àses circonstances. Examinons ici quelques- unes des plus générales. Que le luxe soit utile ou désavantagenx, c'est une question bien souvent . 2 5. 4 7„ 7.... mise en avant, qui n'a point encore été résolue d'une manière satisfaisante, et qui ne peut l'ètre qu'en dtant démembrée. En tant qu'il met en circulation les richesses accumulées che⸗z quelques particuliers, quiil augmente cette circulalion et qu'il réveille P'assiduité au travail, ih produit éertainement un bon effet; mais la prodigalité de quelques riches et de quelques dissipateurs- ne produit pas, à beaucoup près, le mèême effer qu'une aisance ro toutes les classes d'habitans, er proportionnée à leur état. Ce que les premiers dépensent sort bientôt de la circulalion, et en grande parlie du pays souvent il n'y a qu'an petit nombre de marchands intermédiaires qui gagnent, 9* A1A 9 898 8 I 92 ſ— 63 8 4 pandire dans „ le plus- 7 10 II surtout dans un pays qui n'est pas très-ric 66 PRINCGTIPES RAISONNES sible sur les profits proprement dits. Au surplus, une manière de vivre économique, par laquelle chacun épargne quel- influe plus avantageusement non-seulement sur sans que cela ait une influence sen que chose de ce qu'il a gagné, le bonheur des familles, mais encore sur le bien général, lies de Pindustrie: cet effet est produit he. Un peère attentif au bien de sa en augmentant le capital qui fait mouvoir les diverses par son industrie évitera les contrées où, à moins de re- famille et à Pactvité de peut que difficilement noncer à toute relalion, à tout plaisir de société, on ne se soustraire à des dépenses disproporũonnées à Pétat dans lequel on est placé. le plus souvent ces dépenses Loin d'augmenter les jouissances de Ja vie, ne font que les troubler. La loyauté, la sůreté du caractère et une façon de penser libérale, sont sans lus ou moins propres aux habitans d'un doute, sous quelques exceplons, p des contrées où, parmi les propriétaires pays, et à leurs diverses classes. II y a instruites, il regne un empressement réciproque à de la confance et de la probité; d'autres ouù 6goisme rétréci et la finesse se et dans les classes les plus se rendre des services, de Pestme, le plaisir de nuire, la méfiance, l'envie, un montrent d'une manière frappante. LU'homme franc et libéral cherche à éviter ce dernier voisinage. L'état moral et économique de la classe des domestiques et ouvriers ne mérite Non-seulement la force du corps et adresse Pas moins une sérieuse attention. de leurs circonstances personnelles„ de leur des habitans d'un pays dépend bien-etre relatif ou de leur pauvreté, et des hommes probes et moraux sont d'un prix Meme le développement intellectuel des gens de mais leur moralité, leur fidélité mèême, les ont enCcore pour mesure, inesumable pour Pagricul teur. ceue classe, leurs sentimens religieux, vrais ou faux, leur tolérance ou leur intoldrance à l'égard des personnes qui professent une autre religion, ont quel- fois une grande importance pour celui-ci. La moraliré dépend beaucoup de l'éducation et des directions qu'on a reçues dans la jeunesse, c'est pourquoi les écoles, qui influent efficacement sur ces choses, L'agriculteur qui a une juste idée de son plus 10 sont G'une grande importance. . 2 8 5 2* 7 1 grand avantage contribuera volonlers à Pétablissement de ces écoles et à leur entretien. Les us et coutumes d'un pays ont quelquefois plus de force, et sont mieux observés que les lois positives; il faut avoir soin de les approfondir et de les peser, parce quils peuvent avoir une grande influence sur Pagriculture. sans Pun ires ne à . oü e Se Wer dérite resse leur bme, prir ns de leur quel- recues hoses, on plus à leur mieux de les D'AGRILCULTVURE. § 115. Enfin il faut examiner avec soin les divers droits, c'est-à-dire les prérogatives 67 et les servitudes qui sont attachées à la propriété du sol, afin de les avoir devant les yeux pour l'estmation d'un domaine. On ne peut en parler ici que superf- ciellement, elles demandent à étre étudiées d'une manière particulière dans tout pays oùð Pon veut s'établir. § 116. La propriété est ou absolue, elle peut être acquise par héritage ou par vente, et est alors appelée bien patrimonial, franc-alleu; ou bien elle est limitée, ainsi que'abergement, l'emphytéose, la ferme héréditaire et d'autres propriétés encore, ont coutume de l'ètre. Les restrictions à la libre disposition des propriétés de cette dernière espèce varient infiniment; dans différens pays, dans différentes provinces, ces restrictions sont plus ou moins onéreuses; avant de se décider à acquérir, il faudra se procurer tous les renseignemens possibles sur Porigine, quelqueſois toute particulière, qu'elles ont eue, ei sur les lois et les ordonnances qui y ont rapportT. Mais comme aujourd'hui la plupart des Gouver- nemens reconnaissent les grands désavantages qui résultent des restrictions apportécs à la propriété, on paratt partout disposé à abolir celles-ci et à affran- chir tous les fonds moyennant des redevances fixes, mesure qui rendra à diverses propriétés une valeur qu'elles avaient presque totalement perdue, et qui aug- mentera sensiblement l'aisance nationale. Dans des Eiats qui suivent d'une manière ſerme à ces principes, on pourra aequérir avec avantage de telles possessions sans étre exposé à diverses vexa- tions auxquelles elles étaient auparavant assujetties. § 117. Il est divers droits partieuliers dont un domaine jouit, on qu'il a à supporter, et qui ainsi doivent entrer dans son estimation. Par exemple: Le droiĩt de bochsrage, celui de ürer les bois de baàtisse, de service et de chauffage dans la forét d'autrui. Ce droit est quelquefois absolument illimité, quant à l'usage personnel de celui qui le possède; d'ailleurs il est plus ou moins Gtendu. Dans le premier cas, il tend directement à la ruine de la forét, et l'on peut facilement prévoir le moment ou il trouvera sa fin dans la totale destrue- uon de celle-ci. * On trouve sur cette matière des détails ultérieurs dans les écrits des Jurisconsultes, en parliculier dans l'ouvrage intitulé Hagemanns Handbuch des Landwirthschaſisrechts, Han- nover 1807, et Webers ckonomisch-juristisches Handbuch der Landhaltungskunst, 17 Band. Berlin 1809.(A.). 68 RINCIPES RAISONNES Le droit de glandae, celui de meure paturer ses cochons dans le bois d'au- trui. Ce droit est aussi fréquemment illimité, mais plus ordinairement le nombre Il nuit le plus souvent beaucoup à la forôt. des bétes en est déterminé. lon peut demander sur la possession Le droit de passage, au moyen duque d'autrui un chemin fixé pour toujours, ou que le propriétaire peut remuer à volonté. La largeur du chemin qe charroi doit étre de 8 pieds, et, dans les engroits oð il a des sinuosités, de 10 pieds; il doit laisser libre le passage d'un chariot de récolte. Il est aussi de simples droits de sentier qui quelquefois sont fort à charge et onéreux au propriétaire, et dont par conséquent on doit soigneuséement em- pècher l'établissement. De méme des droits de pacage et d'abreuvage du bétail sur propriété d'autrui, qui empéchent souvent la culture sur une étendue considérable. Les droits de passage et d'usage d'eaux donnent à celui qui les a acquis le droit de faire sur le terrain d'autrui des arrangemens pour des conduits d'eau, des tranchées, des fossés, des écluses, lesquels cependant ne doivent occasionner au propriétaire d'autres dommages, que ceux que la nature méême de la chose rend indispensables. A l'égard de la lcenee de jeter sur le voisin une eau dont on cherche à se débarrasser, les règlemens provinciaux varient beaucoup„ ce qui fait souvent une grande diflérence dans la valeur des fonds, puisque, suivant cela, ils peuvent ou ne peuvent pas étre égouttés. La ou une eau coulante passe à travers un fonds, il est le plus souvent de grande importance de savoir quels sont les droits ou les restrictions dont cette eau est Pobjet, relativement à ce fonds mème ou à celui du voisin.*† 2§ 113. Les autres droits et priviléges, tels que la Jarisdiction haute, moyenne et basse, le droit de chancellerie et de stipulation, la franchise de Péage et de droits'entrée, le droit de siéger bdx Etats, sont des avantages que chacun peut et doit 6valuer en raison de ses circonstances personnelles et de celles du pays. Les priviléges de brasserie, distillerie, de taverne et de moulins, ou l'o- bligauion de s'y soumettre, sont souvent d'une grande conséquence. Mais les b. 4 1. *v Ici Pauteur parle d'un droit appelé en allemand Pferch ou Hirtenschlagsgerechtigkeit, dont les jurisconsultes allemands eux-mèêmes ne connaissent pas bien la nature, et qui parait cousister au droit inhérent à un champ d'ètre fumé par la bergerie d'un voisin. sion er à s les d'un e et em- D'A GRTICULTVUR F. 69 Gouvernemens éclairés cherchent également à écarter des entraves aussi nui- sibles à la société. § 119. A la vérité, on ne saurait tirer de l'examen mème le plus détaillé de toutes ces circonstances, une estmation positive en argent; cependant on peut en obtenir une direction sur le plus ou le moins de convenance de faire l'acqui- sition du domaine que l'on a en vue. Après qu'on aura avant tout déterminé la valeur du sol, isolé de toute circonstance accessoire, le mieux sera de procéder d'après la méthode proposée à 5 61; on taxera donc chaque avantage ou incon- vénient pour en imputer la valeur à charge ou à décharge, et de leur eompa- raison tirer un résultat; et on jugera alors si on peut donner du domaine, plus ou moins que la valeur intrinsèque du fonds. LE BAII A FERME. § 120. LA seconde manière par laquelle on peut entrer en possession d'un domaine, est celle qui a lieu par le moyen du bail d ſorme. La prise à ferme est un achat du domaine ou de son produit, fait pour un certain nombre d'années; elle a plusieurs rapports avec l'acquisition. La recherche d'un domaine approprié aux moyens et à Pindustrie du fermier, Pexamen et T'estimation de celui qu'il aurait provisoirement choisi, doivent se faire de la mème manière. Mais dans la prise à ferme il est aussi diverses considérations, non- seulement différentes, mais même totalement opposées. Le propriétaire dirige ou doit diriger son économie de manière à obienir de son fonds un produit toujours croissant, ou à augmenter constamment sa valeur capitale. Le fermier ne peut avoir pour but que le plus grand produit, pendant la durée de son bail, sans s'inquiéter de la valeur que le ſonds aura apreès son expiration. Tandis que le propriétaire peut se contenter d'un faible produit dans les premières années, afin de pouvoir d'autant mieux compter pour la suite sur un plus grand et plus durable; le fermier doit au contraire chercher à obtenir le plus haut produit possible, mème alors que ce produit devrait en ètre diminue pour les dernières annes de son bail. Car le propriétaire qui veut agir en bon agriculteur, trouve à la fois du plaisir et de l'avantage à placer sur son domaine le capital et les économies dont il peut disposer, tandis que le fermier, au con- traire, en tire tout ce qu'il peut pour l'employer ailleurs et le mettre à intérét. L amelioratiön du domaine fait le charme du propriétaire; le fermier, au contraire, ne songe qu'à augmenier sa fortune. 7⁰ PREINCIPES RAISONNES Ainsi done plus le bail est à long terme, plus les intéréis du fermier se rap- prochent de ceux du propriétaire; plus ce terme est court, plus les principes du fermier et du propriétaire doivent étre divergens. Dans un bail de 24 ans, un fermier devra, sil agit raisonnablement, tout au moins pendant les deux premiers tiers de sa durée, suivre les principes du propriétaire. Mais le tems viendra toujours ouù il agira d'après des intéréts tout opposés, et ouùð il s'efforcera de reurer d'autant plus du fonds, que, dans les commencemens, il lui aura fait plus d'avances. A cela il faut ajouter qu'en effet un fermier n'aurait pas les moyens de faire au domaine les méêmes avances que le propriGétaire, alors même qu'il en aurait la volonté. Le fermier doit payer tous les ans la rente, tandis que le propriétaire qui apporte du zdèle à son entreprise, peut économiser quelque chose du pro- duit net pour Pappliquer àson domaine. Le premier peut étre comparé au négociant qui travaille avec des fonds empruntés; le dernier, au contraire, peut Péêtre à celui qui spécule avee ses propres fonds. Celui-là doit avant tout aviser à pouvoir payer sa rente, celui-ci peut également penser à étendre son com- merce et à entreprendre de nouvelles spéculations. Ainsi on ne doit pas attendre d'un fermier, et d'après les principes de son industrie on ne peut pas exiger, que dans Ia culture d'un domaine il agisse comme un propriétaire, et qu'il sacriße aucune partie de ses profits, mème à une grande amélioration de ce fonds. § 121. On a en conséquence jugé nécessaire d'imposer au fermier des conditions particulières qui le gèénent dans ses dispositions, et de lui faire une obligation de procédés avantageux au domaine. Mais de tels contrats de ferme sont d'une eom- position cxcessivement difficile, aussi a-t-on peut-étre eu raison de dire que lors même qu'on réunirait les plus habiles jurisconsultes et les meiHleurs éco- nomes du pays, et qu'on les occuperait pendant un mois à la rédaction d'un seul bail à ferme, ils ne parviendraient point à en arréèter un qui pùt protéger un domaiue contre les détériorauions d'un mauvais fermier, sans rendre ce con- trat absolument inacceptable pour un homme honnéte. Faiton des conditions trop précises, trop limitées? L'homme qui réumt de la bonne foi à de la pru- dence, les rejettera; il laissera cette ferme à un homme simple, on qui ait des arrière-pensées. Lors mêéme que le prix de ferme serait tel qu'il pùt en effet supporter ces conditions, le fermier n'en serait pas moins gêné dans toutes ses entreprises, et même dans celles qu'il voudrait faire pour le plus grand bien du fonds; à chaque opération, même la plus utile, qui s'écarterait le moins du- Taàp- dpes ans, deux ems Dreera ra falt faire uralt taire Pro- 6 au peut wiser Com- de son Omme rande liuons on de eom- 2 que éco- d'un oléger e C0D- dilions 4 Pru- zil des ellet routes bien us du D'A GRICULTURL. 71 monde de la règle qui lui aurait été prescrite, il aurait à craindre des reproches et des chicanes. En revanche, un fermier à qui il suffit de ne pouvoir pas étre poursuivi en justice d'après la lettre méôme de son contrat, ou tenu à des dédommagemens qui surpassent son bénéfice, se soustraira toujours à des baux remplis de pré- cautions juridiques, surtout lorsque dans les contrats on n'aura pas eu égard d'une manière toute particulière aux circonstances économiques du domaine. II trou- vera toujours des moyens d'éluder les conditions qui lui seront onéreuses, ou de s'en dédommager d'une manière encore plus désavantageuse au fonds. § 122. Afin de meitre dans un plein jour les maximes que des fermiers de mauvaise ſoi ont coutume de prendre pour guide, et afin de mettre toute personne qui doit donner à ferme, en garde contr'elles, nous allons transcrire ici Palphabet ) 0„ d'or des ſermiers qaäi se sont mis au-dessus des devoirs et de la probitò. J 1.) Avant tout, cherche un domaine qu'une culture bonne et améliorante, ou le peu d'emploi donné à ses terres ait mis dans un état prospère. Tu peux, en proportion de son étendue, en payer, pour un petit nombre d'années, une rente double de ce que tu donnerais d'un autre qui aurait Gté appauvri par un cultivateur avare ou des fermiers industrieux. Là, tu pourras employer les plus grands raffinemens de Part d'épuiser, tandis que dans celui-ci tu ne pourrais que suivre la route ordinaire. » 2.) Ne cultive que des grains de vente partout oùð cela sera possible; ab- solument rien pour le bétail, parce que celui-ci ne paye point immédiate- ment une meilleure nourriture, et que, dans la courte durée de ton bail, tu m'aurais plus le tems de ürer toute la substance des engrais que tu aurais employés. „» 5.) Eutre les récoltes jachères, cultive celles qui donnemt le produit pécu- niaire le plus grand, des graines à huile, du lin, du tabac, etc.; et si tu ne peux pas en entreprendre toi-méème la culture, loue le terrain à de pauvres gens du voisinage, contre une rétribution en argent ou une partie du produit. Qu'ils ne donnent point de paille, peu importe, car le plus souvent il est interdit au fermier d'en vendre, et tout au moins n'oserais-tu pas te le per- meittre en trop grande quantité et d'une manière trop ouverte. » 4.) Comme ces récoltes exigent beaucoup d'engrais, et que chaque jour tu feras une moins grande quantité de ceux-ci, borne-toi à culuver ces récoltes sur les champs qui sont dans le meilleur état et les plus rapprochés; de ceite manière les transports absorberont moins de tems. Si méme dans les dernières 7² PRINCIPES RAISONNES „ ) années de ton bail les autres champs ne pouvaient plus rien rapporter, tu serais suffisamment indemnisé de ce mécompie, et iu aurais alors le droit de te plaindre de la stérilité du fonds et de demander du rabais. Outre cela les fonds rapprochés donneront mieux dans la vue du propriétaire et des étrangers, et si quelqu'un disait que le lin, le colza et le tabac épuisent le sol, tu n'as qu'à en appeler à ce beau froment qui croit tout à còôté. Mais ne mets jamais de fumier aux champs qui en ont le plus besoin, car le champ maigre ne paie jamais le premier amendement; en tout cas tu peux en épandre un peu au- tour des bordures et des chemins. Autant que possible, la dernière année de ton bail, applique ton fumier à la sole des grains de printems, parce que tu dois récolter ceux-ci, ee qui n'aura pas lieu pour les grains d'automne. „» 5.) Les premiéres années, donne au terrain avec la charrue, la herse et le rouleau le travail le plus complet, afin de détruire la mauvaise herbe, de mettre en action tous les engrais que le sol peut contenir, et de diviser les mottes de telle maniére, que les racines des plantes puissent y trouver leur nourriture, Ainsi augmente tes attelages; dans le cours de ton bail, tu en seras- assez dédommagé. Mais, vers la fin de celui-ci, tu dois renoncer à ceitte per- fection dans le travail, afin de pouvoir diminuer tes attelages, ou les employer à des entreprises accessoires qui te produisent davantage. Autant que possible ne sème alors que sur un ou deux labours, et tiens tes socs très-larges, afin que tu puisses prendre des tranches de 12 pouees. Tu n'as pas besoin non plus de v'attacher à choisir un tems favorable pour le labour de semailles dont tu. ne recueilleras pas la récolte; iu peux avec beaucoup plus d'avantage en faire- un travail accessoire. „» 6.) Gest un grand avantage si on te permet de rompre de vieux gazons et d'extrper des bois; dans la recherche d'une ferme, tu dois avant tout chercher à Pobtenir. Mais alors, consacre dès le commencement à ces travaux toutes les forces dont tu peux disposer. ELes terrains ainsi mis en culture te donneront d'abord de belles récoltes de grains à vendre, et ensuite ils produiront biem sans fumier des grains moins précieux, jusqu'à la ſin de ton bail; peu vimporte qu'alors ils soient tout-à-fait épuisés. 3 7⸗.... 7. 3— 7. » 7.) Ne vinquiète guères des prairies que pour la récolte des fourrages, elles ne patent pas si tôt des travaux d'amélioration. Si dans les dernières annces de ion bail, le comblement des fossés ou le séjour des eaux les avait rendues , 244 r; ie 6. 61 1n marécageuses, si elles s'étaient remplies d'épines ou de buissons, si elles étaient garnies de taupinières, si ainsi elles ne donnaient que du mauvais foin et en petite quantité, iout cela vimporte peu, si d'ailleurs tu ne peux pas vendre de ſourrages. 8. ler, ia droit de cela les tangers, tu was jamais ne paie eu au- nee de fe que une. et le 2, de er les leur Seras le per- aployer possible es, afin )n plus- ont tu n faire Lons et ercher toukes neront ni biem mporte ss, elles nées de rendues etalent net en dre de 8. 2 5 ) ») 2 2 2 2 2 2 ) »„ 2 „ ») ») ) DP'AGRICULTURE. 75 » 8.) Si, ayant reçu le chepitel sur une taxe, tu dois le rendre de mèͤme, fais auparavant disparaitre les meilleurs chevaux, bœufs, vaches, ete. et meis-en de mauvais à la place, ou bien paie en argent ce qui manque. Dans des taxes de ce geure, le bon est toujours estimé proportionnellement plus bas que le mauvais, et celui-ci parait moins chétif, lorsque le bon n'est pas à côοtε. Vers la fin du bail, il convient de ne pas donner le taurcau aux vaches, ou du moins de le donner assez tard, pour que lors de la remise du cheptel elles naient point encore mis bas; alors elles ont beaucoup plus d'apparence, lors mème qu'elles n'auraient mangé que du mauvais fourrage. La prolongation de la rente des vaches non pleines te dédommagera bien de l'excédent que l'eussent donné celles qui auraient vélé récemment. Fais également entrer dans la taxe tous les vieux harnais et les vieux outils; garde pour cet effet tout ce qui ne peut plus servir, et fais-le réparer et mettre en ordre; quant au neuf, meis-le de côοt⁶. Souvent un chepitel misérable inspire aux estimateurs de la pilié pour le fermier, et les dispose à le traiter favorablement. „» 9.) Que tu n'emploies rien à l'entretien des jardins, étangs et bäuùmens, cela Sentend de soi-méme; le plus souvent, au renouvellement du bail, le propriétaire se charge des grandes réparations; il te convient donc de laisser grossir les petits dommages. » 10.) Tu exigeras des corvéables tout ce que les lois et coutumes te per- mettent; qu'il se ruinent, peu t'importe. 1 A » 11.) Si le propriétaire se réservait des denrées, s'il attachait un grand prix à tes produits, parce qu'ils proviennent de son propre fonds, et qu'ainsi il te fit en compensation un rabais considérable, accepte toujours. A la vérité, iu seras d'autant plus vite en conteste avec lui; mais cela aurait lieu dans tous les cas, surtout sil habite sur son domaine; et si ton contrat de bail est bien en règle, cela doit t'importer fort peu. Au cas que dans les commencemens cela düt t'étre nuisible, tu n'as qu'à offrir Ies moyens et les voies de droits, afin d'attirer dans ton parti les domestiques chargés de recevoir ces denrées.* § 125. Il est sans doute des fermiers dont le caractère connu garantit suffisamment au propriétaire qu'ils ne suivront pas des maximes de ceite nature. On en irouve mèême qui sont tellement pleins de l'idée d'une agriculture parfaite, qu'ils y sacrifient jusqu'à leur propre gain, lorsqu'ils voient quelque probabilité à pou- voir P'atteindre. Mais ceux-ci ne peuvent faire qu'une exception; on ne peut pas attendre, même de l'homme honnéte, que,„comme fermier, il sacrifie à un domaine ce qu'il maurait pas la plus grande cerütude de pouvoir récupérer. I. 10 74 PRINCIPES RAISONNES Ce qui ne se boniſie pas se dégrade sans aucun doute; c'est donc un cas très-rare que celui où un fermier quittant une ferme ne rend pas le domaine en plus mauvais état qu'il ne l'avait recu. II n'en est pas de même dans les domaines du Gouvernement; dans quelques Eiats ‚ces domaines sont affermés pour des termes courts, il est vrai, mais sous des conditions très-douces. D'après le systeme suivi par l'administration, les fermiers sont assurés de voir renouveler leurs baux, si, se conduisant d'ailleurs d'une manière honnéte, ils se soumettent à la nouvelle estimation qui a lieu d'après des principes très-équitables, et dans laquelle on a toujours égard aux améliorations que ces fermiers ont faites. Il est mème des cas où une gestion particulièrement bonne de leur ferme peut leur faire espérer d'en obtenir une meilleure, et de la laisser, comme en héritage, à leur famille. Celui qui tiendrait ainsi des domaines en ferme générale pourrait souvent se regarder comme propriétaire, et agir en conséquence dans toutes les parties de son entreprise. Sous de telles conditions, il a pu se faire que les domaines de PEiat aient 616 préservés de détérioration, quoique en sacrifiant une partie considérable de leur produit net. Dans les Eiats, au contraire, où, sans aucun égard au caracière personnel du fermier, on a affermé les domaines au plus offrant, et où on en a retiré ainsi une beancoup plus haute rente; tous les contrats de ferme, toutes les clauses introduites dans les baux, tous les contrôles auxquels ils ont été soumis, n'ont pu empéècher que ces domaines ne se détériorassent sensiblement et, malgré la durée du haut prix des grains, ne baissassent considérablement de rente, comme de produit. § 124. Cependant comme beaucoup de propriétaires sont empéchés d'administrer leurs fonds eux-mémes, et que la régie par des mains étrangères a souvent de grands inconvéniens si le propriétaire ne peut pas la surveiller, il paratt que le pail à ferme est nécessaire, et qu'une institution qui protégerait, à la fois et autant que possible, le propriétaire, le fermier et le domaine lui-mème, serait de la plus grande importance non-seulement pour ce premier et pour celui qui exerce l'agriculture, mais aussi pour le bien général. Au moyen du prix de ferme, la fortune des propriétaires reposant sur le sol donnerait sa rente, et celui qui entreprendrait la culture pourrait vouer à son industrie tout son capital disponible. Le sol rendrait le plus grand produit, et augmenterait en mème tems chaque année en fécondité et en valeur; ainsi on trouverait à la longue plus d'avantage de mettre à ferme que d'administrer soi-méme. n eas naine dques 1 Sous n, les illeuss a lieu d aux estion r une drait mme ise. t été ſe de sonnel 6 ainsi Jauses m'ont ré la mme strer nt de ue le ois et serait ui qui rix de te, et apital méme gue D'A GNIOULTUnRL. 75 Dans mon Agriculture anglaise, T. 2. Sec. 2. page 89, j'ai proposé qu'après Pécoulemeni d'un terme préfix, le fermier eùt le droit de demander le renouvel- lement de son pail sous certaines conditions, si le propriétaire ne voulait lui allouer un dédommagement proportionné et assez considérable„ au moyen du- quel le fermier serait suffisamment indemnisé de la privation des proſits, que par une plus longue culture, il eũt pu tirer de ses améliorations; de cette manière le fermier n'aurait pas à redouter que le propriétaire le renvoyàt sans motiſs, et celui-ci conserverait cependant la possihbilité de reprendre à lui la gestion de son fonds, s'iil jugeait que ses propres circonstances le demandassent. Cette proposition pourrait être modifiée de différentes manidères. § 125. La prise de possession du chepiel d'après une taxe, présente plasieurs diffi- cultés, et souvent elle met de grands obstacles aux améliorations. Une vente absolue au fermier qui entre en possession, si on peut tomber d'accord avec lui, a toujours des avantages; sans cela on vend le cheptel comme on le juge à propos, et le fermier s'en procure un nouveau. On comprend du reste qu'il ne peut étre ici question de baux à terme irès-court. Cependant P'introduction d'une institution si naturelle, qui préviendrait les procès et rendrait les pré- cautions inuliles, rencontrerait des obstacles dans les contrées ou l'usage op- posé est établi. § 126. On ne peut en aucune manière exiger du ſermier de ces ameliorations consi- dérables qui augmentent pour toujours la valeur du sol. Cependant l'occasion d'en faire se présente si souvent, et Pavantage en est tellement reconnu, que les deux parties doivent étre disposées à les favoriser. On pourrait établir comme règle que le propriétaire fournirait pour l'exécution le capital nécessaire, qui serait fixé à une certaine somme, et que le fermier lui en paierait le dix pour cent pendant la durée de son bail. De cette manière le fermier ne proposerait aucune amélioration, sans étre bien convaincu de son utilité, et de son côté le propriétaire n'aurait qu'à examiner si l'amélioration devrait être durable. Pour toutes les réparations, ce qui parait le plus convenable, c'est que le propriétaire paie les matériaux, et le fermier le travail. Meittre les petites répa- rations à la charge du fermier, læs grandes à la charge du propr iétaire, est une des conditions les plus absurdes qu'on puisse admettre. 76 PRINCIPES RAISONNES LE BAII, HEREDITAIRE'. § 127. Ly bail hdradlitaire a ceci de particulier, qu'il assure au tenancier une jouis- sance aussi libre et aussi süre que la propriété réelle, et au seigneur foncier**, sous des conditions convenables, une rente sùre, à l'abri de tous risques et qui ne peut jamais éêtre diminuée. Il est plus ou moins limité, selon la teneur des contrats qui ont eu lieu à son sujet. Souvent on y a inséré toutes sortes de clauses, qui, sans avantage réel pour le seigneur foncier, ou du moins qu'il ne puisse se procurer facilement d'une autre manière, sont cependant très-onéreuses pour le fermier héréditaire, er diminuent la valeur du fonds. De ce nombre sont les entraves mises à la vente er à la succession; les obstacles qui empéchent que la première ne puisse avoir lieu sans l'assentiment du seigneur foncier, et la seconde hors d'un certain ordre, à moins d'un assentiment acheté par ce qu'on appelle un lod et d'une investiture spéciale en faveur du nouveau propriétaire. Ces entraves, puisées dans le systeme féodal, sont nuisibles aux deux parties et à la chose en elle- méme; elles doivent nécessairement déprécier le fonds pour le tenancier, di- minuer la rente du seigneur foncier, et en général rendre plus difficiles ces mutauions si avantageuses de fonds d'une personne à une autre; car lorsque le nouveau possesseur, outre le prix d'achat et les frais d'établissement de sa cul- ture, doit encore payer un lod, cela doit empécher bien de gens d'acquérir. Au lieu de ce revenu incertain, le seigneur foncier se trouvera beaucoup mieux d'une rente qui sera élevée proportionnellement. § 128. Le plus souvent cependant, dans le bail héréditaire, il est également stipulé un prix capital en argent sous le nom de Prix de Pemphytéose, et cela est utile tant pour rassurer le seigneur foncier contre la détérioration du fonds, que pour lui garanur Pexact paiement de sa rente; cependant il est rarement avan- tageux de porter cette somme au-delà de ce qui doit remplir ces deux buts; la rente qu'on pourrait donner ou retirer du fonds serait diminuée par là dans une * C'est une sorte d'emphytéose, mais perpétuelle,(Trad.) *»v Seigneur foncier. Je m'ai su quelle autre dénomination donner au propriétaire d'une telle ferme. Le bail héréditaire a beaucoup d'affinité avec ce qu'était dans l'origine labergement. P'ai dù traduire littéralement l'expression allemande Grundherrn, afin d'éviter des équivoques, (Trad.) e jouis- ler, lues et mà son ee réel ement ltaire, vente avoir ertain G'une ubées u ele- ier, di- les ces que le aa cul- uérir. aucoup supulé suj uule s, que t aVanl- buts; la ans une — une telle gement. ivoques, Trad.) DiAGRITCULTURL. 77 proportion encore plus considérable, surtout dans un tems et dans un pays ou as très-abondans parmi la classe des cultivateurs. les capitaux ne sont p e diminué, et chacun Le nombre des concurrens doit nécessairement en ètr comptera ce capital pour une rente plus forte que celle qu'il peur produire au seigneur foncier. § 129. Il y a déjà long-tems qu'on a entrevu Putilité des baux héréditaires, et qu'on a paillé de cette manière en bloc ou par ſractions des domaines tant de parti- culiers que de P'Etat. Mais comme cela s'est fait sans y avoir suffisamment réfléchi, on s'est bientôt apercu de divers inconvéniens, et surtout de Pextrème Iézion qui en résultait pour le seigneur foncier. C'est ainsi que des exemples. de non réussite et diverses circonstances accessoires ont universellement décrié cette iustituion, et ont prévenu contr'elle autant les propriétaires que les Gou- vernemens eux-mémes. Mais, pour ceci comme pour tous les autres sujeis d' ne faut que s'élever au point d'oð, dans un plein jour, on peut envisager la chose sous toutes ses faces; alors on ne se laissera plus prévenir par des exemples isolés, lesquels, suite inévitable de combinaisons vicieuses, ne peuvent ans réflexion. économie politique, il discréditer ce qui est bon, qu'aux yeux des personnes bornées ets Mais on s'en servira d'avertissement pour éviter dans une chose excellente en elle-méêéme tous les écueils de ce genre. Non-seulement on avait pris P'argent, mesure de Pesümaton des fonds, mais encore on avait pris les résultats d'une agriculture qui était encore dans Pen- malgré Pincertitude et les variations de sa valeur, pour pour base des produits, fance; on était allé jusqu'à omettr etre portées à une grande ferulité. Ainsi on e enuèrement des parties du domaine qui, avec quelque culture, pouvaient s'apercut bientét que ces contrats avaient été faits au grand désavantage du propriétaire foncier, et qu'ils assuraient au fermier de trop grands bénéfices, à tel point méme que, dans un pays, Ceite dernière circopstance jeta un nouveau discrédit sur le bail héré- le pouvoir souverain se crut autorisé à les résilier. ditaire, il eüt encore dontre lui la méfiance des fermiers. Cependant ceite insütulon a été reprise en différens pays, et malgré les clameurs qui lui ont été opposées, elle y a réussi, au point d'augmenter non- seulementles revenus publies, mais encore la masse des produits, la populalion des peuples. Et quoique les premiers essais qui en ont 616 faits „ils ont cependant eu des résultats ule peut assurer le succeès. et le bien-étre puissent n'ayoir pas été exempts de fautes assez avantageux pour produire cette persuasion qui se 78 PRINCIPES RAISONNES § 150. Le plus important dans cette affaire c'est qu'on établisse convenablement la valeur du sol, ou celle de ce qu'il peut produire, après déduction de tous les frais et d'un juste profit pour le fermier. Mais comme l'argent n'a qu'une valeur d'opinion, et que cette valeur change d'un moment à Pautre, il importe que le prix du sol, ou sa rente, soient fixés, non en numéraire, mais en grains, dont, en moyenne, la proportion avec toutes les autres choses s'est maintenue et se maintiendra encore long-tems. Cette mesure change à la vérité d'une année à Pautre, et est en peu de tems encore plus variable que la valeur de l'argent, mais pas dans de longs périodes; elle demeure en rapport avec tous les vrais besoins de la vie, parce que c'est par elle en grande partie que le prix du travail est fixé. C'est pourquoi la rente du bail héréditaire ou emphytéotique doit èêtre fixée à une mesure réglée du grain qu'on recueille le plus ordinairement dans le pays, et cependant étre payée non en nature, puisque ainsi cette rente serait quelqueſois très-haute, d'autres fois très-basse ‚mais en argent, au prix moyen d'une série d'années précédentes. Au reste, de ces années il faut retrancher celles où la récolte aurait manqué, et où ceite circonstance ou d'autres con- jonctures accidentelles auraient donné aux grains un prix extraordinaire; parce que, dans ces années, mème malgré le haut prix des grains, le cultivateur a dú étre en perte, et que le retour de circonstances pareilles n'est ni à présu- mer, ni à désirer. Kinsi, il serait absolument injuste d'établir le prix moyen d'après ceux des dix dernières aunées, oùð les diverses récoltes ont été au-des- sous du médiocre et où les prix ont encore été augmentés par d'autres cir- constances fortuites, car il est probable que dans les années suivante fermiers ou emphytéotes seraient bientét entrainés à leur ruine. Ou a objecté contre la fixation du prix de ferme en denrées, que comme le prix de celles-ci peut varier et baisser, on n'est nullement assuré d'une fixe. Mais cette objection est sans fondement;! s les rente a valeur réelle des grains demeure la méême, leur valeur nominale seule éprouve des modificauons. Quant à'Eiat, pour les revenus duquel surtout on a cru voir à cette méthode les plus grands dangers, une grande partie de ses dépenses pourraient avec un avantage décidé échanger leur valeur nominale contre une réelle, en suivant le méme principe; de ce nombre est par exemple le traitement des fonctionnai publics, qui doit étre modifié tous les 10 ans suivant la hausse ou la baisse des denrées, et qui, de cette manière„ assurerait bien mieux qu'aujourd' revenu convenable à ceux auxquels ils seraient destinés. res hui un ment la lous les 6 valeue e que le „ dont, ue el ze année à rgent, s vrais travail ans le serait dofen ncher s con- harce leur a drésu- noyen Sdes- s cir- es les me le rente rmeure éihode ec unl Ivant le Dnaires se des bui un D'AGRICULTURE. 79 § 131. Les avantages du bail héréditaire sont d'une évidence frappante, aussi n'y a-t-il pas de doute que dans notre siècle où l'on calcule plus généralement, son admission ne devienne bientét universelle, du moins partout oùð les posses- sions ont couservé une étendue considérable, et que d'autres fonds qui, jus— qu'à présent, avaient été affermés sous des conditions incertaines et plus ou moins onéreuses aux deux parties, ne soient bientéèt soumis à ceitte institution. C'est là sans ancun doute la base sur laquelle le bien-èêtre général et le per- feclionnement de P'agriculture peuvent le mieux éire fondés. Chaque proprié- taire, que ce soit Etat ou un homme privé, pourra reurer de son terrain une rente sůre et réellement invariable. La valeur de la terre sera par là fixée d'une manière précise, et le crédit assuré jusqu'à la concurrence de cette va- leur. En effet, la rente méême serait une garantie, le créancier pourrait retirer ses intéréts directement du tenancier; avec l'hypothèque il acquerrait une sorte de propriété, une sůreté complète, et il se trouverait à l'abri des longueurs, qu'il a sans cela souvent à redouter. De cette manière le plus grand capital d'une nation, ce que le sol représente, entrerait en circulation, et les fortunes mobiliaires obtiendraient aussi la plus süre des garanties. Le possesseur ne serait plus forcé contre sa volonté et son inclination à cul- tiver son fonds lui-même, s'il ne voulait courir les risques de le voir appau- vrir par des fermiers temporaires. Ainsi cesseraient les chagrins sans nombre occasionnés par le renouvellement du bail, Pobligation d'une inspection et d'un contrôle, et les nombreux rabais qui doivent avoir lieu pour les dommages accidentels. Mais, ce qui mérite une attention encore plus sérieuse, l'industrie agricole serait par là bientôt portée à un degré beaucoup plus élevé, si tous ceux qui ont les talens et l'inclination nécessaires, trouvaient les moyens d'en tirer parti . 3 P avec un petit capital, et cependant avec toute l'assurance que donne la pro- priété. Le fermier héréditaire pent agir absolument comme un propriétaire; tout ce qu'il applique au fonds pour l'avenir est à lui, et il n'a pas besoin de fournir le capital de ce fonds, wais seulement d'en payer une rente équitable; il peut en conséquence employer tout son capital à Pexploitation du fonds Iui-mèême. § 152, On a mis en avant cette ſuestion compliquée, si, soit pour l'Etat et le bien général, soit pour Pavancement de l'agriculiure il convient de faire de grandes ou de petites fermes héréditaires? Ceite ihese a été résolue, et devait l'étre 80 PRINCIPERS RAISONNES de manières très-différentes suivant les vues que chacun tenait de sa localité. D'après ma manière de voir, il faut faire dans chaque province, dans chaque district, des fermes héréditaires de Pétendue qui est la plus demandée, ou, ce qui revient au même, de l'espèce qui est la mieux payée. Laà ouù des agriculteurs aisés et instruits se présentent pour de grandes ſermes de ce genre, il faut les leur donner comme ils les demandent, pourvu toutefois qu'ils veuillent en payer autant que les amateurs donnent des petites. La, au contraire, ouð il y a une plus grande concurrence de ceux qui n'ont ni les moyens, ni les connaissances nécessaires à de grandes entreprises, qu'on leur en donne aussi de petites. Cette demande de grandes, de moyennes ou de petites fermes héréditaires, montrera de la manière la plus súre quelle étendue est la plus convenable, d'après'état de civilisation du peuple et de la classe agricole, d'après la na- ture du sol et la localité. La question sur les avantages des grandes ou des petites fermes ne peut point etre jugée sans détermination des lieux. Les uns et les autres ont les leurs que ſai cherché à opposer en peu de mots les uns aux autres dans mon Agriculture anglaise, Tom. 2. Sect. 2. page 91. Mais j'avoue, d'après ma conviction ao- iuelle, que j'ai trop insisté dans cet ouvrage sur les avantages des grandes éco- nomies rurales en général. La ou le petit propriétaire réunit à une activité réelle des moyens propor- nonnés, ou il peut exercer son industrie sans étre entravé et surchargé; là, lorsqu'il travaillera de ses mains, ou du moins surveillera attenlivement ses travaux, non-sculement il produira davantage, ce dont peut-être chacun con- viendra, mais encore il pourra donner un produit net plus considérable, ce qu'on sera moins disposé à croire. La crainte qu'ici tout soit consommé par le cultivateur, et qu'en conséquence il ne reste rien à vendre, est absolument sans fondement; elle ne peut avoir pris naissance que dans la misérable culture suivie par les paysans de certaines contrées, et cette culture doit à d'autres causes de ne rendre que de si faibles produits. Lorsque, comme il y en a tant d'exemples, dans diverses provinces dont la qualité du sol nia rien de distingué, de petits fermiers héréditaires paient ré- guliérement leur rente, achètent ce qui leur est nécessaire, vivent bien dans leur état, et pourtant font encore des épargnes; il faut bien qu'ils aient quelque excédent à vendre, et cet excédent, si on l'examine bien, surpassera celui que donnent des grandes fermes sur une surface de mèême étendue. Cependant ici il faut bien faire attention à l'état de la culture et à la popu- lauion ocalité. chaque „ou, ce dculteurg Ifaur les Ulent el qui wont s, qu'on di laires, enaple, s la na- un point urs que riculbore eüon ac- 2des éco- propor- rgé; la, nent ses un con- ble, ce é par le olument cultare Gauifes 3 dont la aient ré- Pien dans quelque celui que la popu- lalion D'AGRIOULTURE. W 81 Jation d'un pays. Dans des districis mal peuplés et reeulés pour les connais- sances agricoles, ou le travail est proporuonnellement beaucoup plus cher que le sol, et où par conséquent une grande culture peut plutôt ayoir lieu qu'une culture de détail, Pensemble ne pourrait point être diviseé en petites fermes, sans empécher la culture des grandes; on enleverait à celles-ci des ouvriers nécessaires, lorsqu'on diviserait entr'eux un terrain qui, avec quelque travail accessoire, suffirait à leur entretien. Ici on ne doit procéder qu'avec lenteur à une plus grande division, et seulement d'après Paugment ation de la population et des bras. Ga donc été une institution vicieuse, et dont on a fortement d'après laquelle à chaque colon devait étre assigné une pièce de senti les fächeuses conséquences, que celle, qu'un propriétaire recevait dans ses terres„ il huit journaux de terrain. Pour le mode de division des grands domaines de particuliers et leur cession en fermes héréditaires, il faut s s'en rapporter aux propriétaires eux-mémes, parce que ce qui leur est le plus avantageux, le sera nécessairement aussi au public. Dans les domaines de l'Etat peut-étre y a-t-il quelquefois d'autres considérations à observer. § 153. Les possesseurs de grands domaines et de terr dant comme la source de leur revenu, dev quelque pénible qu'elle put le héréditaire assurer par es seigneuriales, qui, Ies regar- aient en soigner Padministration, ur parattre, pourront au moyen du hail à ferme faitement leur rente, en même tems qu'ils s'affranchiront de Passujettissement dans lequel ils étaient. Quant à celui qui, par inclination et par plaisir, a soigné jusqu'ici la culture d e ses domaines, il doit toujours craindre que ses enfans n'héeritent p as de ses dispostlions, et- que les amélio- rations, les arrangemens qu'il aura ſaits, ne meurent avec lui. 8 Vues vers un partage et une convenable ré s'l s'occupe d'avance de la division des ch mens ruraux, il a dirige ses partilion en fermes héréditaires, amps et de la construction des bat- de quoi employer son activité et ses lumières. Une disposition qui facilite tout à Pemphyltéote et puisse lui remettre le plan de ce qu'il doit obtenir, Il suffira G'avoir quelquꝰ* au moyen de laquelle on attirera des eoncurrens. avance pour construire les batimens, peut- ; du prix de vente ou d'emphytéose de ce pourra faire les constructions nécessaires aux suivantes, et ainsi de suite. Le propriétaire qui a à sa disposition un certain capital, fera toujours une cons- truction de ce genre plus facilement er à meilleur marché que le fermier hé- réditaire qui en prend possession„ parce qu'il 1. étre de la première ferme e- ci, on a pu ſaire ses préparatifs d'a- 11 PRINCIPES RAISONNES ance de tout ce qui y a rapport. Il pourra et qu'il a plus de connaiss bien située et d'une nature son chateau une ferme ardins et aux établissemens d'agrément; vance, toujours conserver près de la réunir aux j dans sa plus grande perfection et Er lorsqu'il aura ainsi entouré sa dont les champs sans particulièrement bonne; vy déploy er Péconomie agricole régularité Jont elle est suscepüble. s G'hommes sausfaits et libres, il aura sous les yeux un avec les attraits et la résidence des habitauion aucun doute auront une culture bien plus soignée, spectacle bien plus agréable, qu'un immense étendue de terres dépeupl que de chéüves propriétés de paysans indigens. Outre la geston de cette ferme, de ce modeèle d'agriculture dont is'est réservé le soin, la conservation, la répar- uition er l'établissement des foréts, des étangs, des tourbières, des fours à chaux, des tuilleries, et des autres appartenances, peut-être enfin la direction ou l'éta- ncore assez d'occupauions; et, au besoin, il ger de leur administration, que de celle des, ou plissement d'usines, lui donneront e pourra bien plus facilement se déchar 'un domaine immense. Loin de craindre que ce systeme de ba suis au contraire conv c'est lui seul qui pourra prévenir leur chute. ux héréditaires n'occasionne la ruine des grandes familles, je aincu qu'il aidera à les soutenir; dans quelques cas, opriétés, la süreté de la rente, la confiance qui 0 laquelle on pourra déterminer la recette et la pien plus, que, La fixauion de la valeur des pr en sera la suite, la facilité ave e à ètre à l'abri de t relever celui de plusieurs autres. Les majorats pourraient tirer tout autant de paru de cette instituüon. § 154. L'avantage qui en résulterait pour les domaines de l'Eiat, seulement en Spargne ge frais d'administrauion, de bätisse, de taxes de dommages et de rabais, est déjà assez frappant. Par cela seulement le revenu net en serait oousideérablement augmenté, alors méême que la rente ne surpasserait pas celle Mais PEiat gagnerait indirectement bien plus encore par des produits et de la populauon. dépense, de manidr tout 6vénement, devront assurer le pien-étre de beaucoup de familles e des précédens baux. Paugmentation de la culture, ——— pourra nature Swent; aulrauls Ourèé 8a Pps sans feux un Ges, ou ſferme, répar- chaux, P'éta- ooin, il e celle a rune Mewr; r chuie. ance qui tte et la zurer le Il. vent en 28 et de n serait as celle core pat p'AGRICULTUREB. 83 SECTILON II. ECONOMIE, 0 U B ENO PLndi N DES PROPORTIONS, DE ELA DISPO- ITION ET DE LA DIRECTION DE LENTREPRISE AGRLCOLE. Tnxphusslon economie a dté employée dans des sens très-variés, et dans ces dernters tems, les Allemands lui ont donné une signiſication très-inexacte. D'après son étymologie et le sens qu'elle avait dans lorigine, les Grecs en- tendaient par là l'établissement et la direction du ménage, des affaires de famille. Xònophon, dans son liyre sur'économie, iraite du gouvernement domes- uüque, des devoirs réciproques des membres de la famille, et de ceux qui composent le ménage; il ne parle en passant de!' sgriculiure que comme ayant rapport à Pintérieur domestique. Cet auteur ainsi que les autres Grecsn appli- quaient d'ailleurs jamais cette dénomination à l'agriculture, qu'ils appelaient Gèéorgie ou Geoponie. Les Romains donnèrent à ce mot une signiſication Beaucoup plus étendue et très-variée. IIs entendirent par là Pobservation des meilleurs procédés pour atteindve le but de chaque chose, la disposition, le plan, la division de chaque ouvrage. Cicéron dit œnomia cassd, conomia oralionis, et il entend par Ià la-direcuion d'un procès, la disposition d'une harangue. C'est dans ce sens que quelques auteurs allemands le prennent, lorsqu'ils disent oο=nomie d'une pisce de thedtre, S'un poòôme. Ce mor est pris par les dcrivains des autres nations dans toutes les acceplions que lui donnaient les Romains, ils entendent par là le rapport de toutes les parties entr'elles et au tout, ce que nous avons coutume d'appeler aussi organisation, ce mot n'aoquiert un sens réel que par son application à quelqu'autre sujet: de la nature, du corps animal, de C'est ainsi qu'on parle de l'ééconomie e Fétat et sans contredit aussi d'une branche d'industrie; mais, dans ce cas, le 84 genre de l'économie doit étre indiqué, si par la liaison du sujet il ne se dis- PRINCIPES RAISONNES ungue pas de lui-méme. Lorsqu'on doit entendre par là le régime agricole, le Français dit Peconomie rurale, l'Anglais the rural economy, cependant ni l'un ni'autre ne comprennent par là Pexécution réelle, l'acte de l'agriculture proprement dit, mais seulement la division et les circonstances de l'agriculture. En Allemagne, seulement dans ces derniers tems où l'on croyait relever la dignité de toutes les sciences par un nom grec ou latin, et ouð, dans ce but, on employait ceux-ci dans le titre des livres; quelques auteurs ont commencé à appeler non-seulement la science agricole mais P'agriculture elle-méême du nom d'économie, et ce mot est em- ployé par plusieurs exclusivement dans ce sens. C'est ainsi que ceux qui croyaient exercer l'agriculture avec un peu plus d'étendue et d'art, se sont qualifiés du nom d'économes, et qu'enfin tous ceux qui sont employés à surveiller les ou- vriers, bien qu'ils n'aient souvent pas mème une notion des vrais principes de Pagriculture, veulent êétre appelés de la même manière. Mais ce mot a été encore pris dans un sens qui ne lui est pas moins étranger. Parce qu'en effet le principal d'une bonne économie est d'atteindre le but de chaque chose avec le moins de dépense possible; on a désigné sous le nom d'économie, l'épargne, d'abord dans son sens général, puis plus parüculière- ment dans son application à l'argent; on est allé mème jusqu'à y comprendre Pavarice, alors mème qu'elle manquait absolument son but, et à appeler BoX &conome celui qui ne consacrait rien à son agriculture, ou mèême qui l'épuisait. On a aussi nommé économie, le soin de la recette et de la dépense; celui qui avait cette charge dans les corporations religieuses était appelé l'conome. Nous revenons au sens latin, et appelons onomie, dans ses rapporis avec 'agriculture, la science des proportons les plus avantageuses et de cette direc- don et application des moyens, par laquelle la reproduction est le plus favorisée. Ainsi cette section traitera de l'établissement, de P'entretien et de l'emploi des forces par lesquelles les travaux s'opèrent; du bétail, ou plutòt du rapport qui existe entre les fourrages, les engrais et l'agriculture en genéral;— de la division des champs qui en est la suite, ou des divers systèmes de culture, considérés comme moyens d'approcher, dans chaque localité et autant que possible, du but de l'entreprise, et d'obtenir de la culture dans son ensemble, le produit net le plus élevé et le plus durable.— Enfin, de la direction de l'en- semble et de sa transcription sur des registres et des livres de comptes. dis- omie nhent ement t dans es par etitre ience em- aient s du ou- ipes ger. M de nom liere- endre B0X isait. celui ome. avec lireo- isée. di des pport — de Mture, nt que emble, le ben- D'AGRICVULTURL. LE TRAVAII EN GENER A L. § 135. C'EsT par le travail que l'homme gagne ou a gagné tout ce qu'il possède. Ce que le sol donne sans travail est infiniment peu de chose, et ne peut éire pris en considération que dans la vie nomade. Tous les alimens, les jouissances, 'aisance, la richesse, même le capital nécessaire au déploiement de l'industrie; nous devons tout au travail. C'est la quantité et la qualité du travail appliqué à une chose qui détermine la valeur de celle-ci ou son prix naturel. § 156. Cependant tout travail a besoin d'une matieère à laquelle il s'applique. Le sol est la matière que la nature donne au travail agricole, et des produits que le travail obtient du sol, on tire la matière de tout autre travail. § 137. Il n'était donc pas entièrement et rigoureusement exact de faire, comme cela a eu lieu dans les métapolitiques les plus récentes, découler uniquement du travail toute fortune, tout revenu de la nation. Le sol y a une part consi- dérable. D'un autre côté, ceux qui envisagent la terre comme l'unique source de tout revenu, vont au-delà de la réalité. Une nation qui habite un pays extréèmement fertile, pourrait s'élever beaucoup plus vite qu'une autre à une grande aisance. Mais souvent la ſertilité de son sol et les avantages de son climat mème sont cause qu'elle n'en a pas la volonté. § 138. Sans travail Ie sol ne produit rien, c'est seulement par le travail qu'il atteint sa valeur. Dans'enfance des nations chacun prenait, sans en donner un prix, le terrain qu'il voulait cultiver, parce qu'alors il n'y avait pas assez de bras pour en tirer parti. Lorsqu'on s'aperçut de la valeur que la terre pouvait acquérir par le travail, le détenteur du pouvoir s'en mit en possession et y mit un prix. Ce prix fut très-bas aussi long-tems qu'on manqua de bras et de l'art nécessaire pour en diriger convenablement l'emploi. Lorsque l'un et l'autre s'augmentèrent, le prix du sol s'éleva et avec lui le prix du travail; par conséquent aussi celui des produits de tous deux. § 159. C'est ainsi que dans les pays cultivés et peuplés il s'est établi une proportion, un équilibre entre les prix du sol, du travail et des produits, lequel dans la moyenne des années ne varie point, et qui, lorsqu'il est dérangé par quel- qu'accident, ne tarde pas à se rétablir. 86 PRINCIPES RAISONNES § 140. Cependant cette proportion n'est pas partout la même, elle suit IJa quantité et la qualité du sol mise en rapport avec les forces dont on dispose, avec le dé- veloppement de Part et le capital mis en circulation pour Pagriculture. Le sol est à bas prix là où l'on manque de bras, de connaissances agricoles et de capitaux, et la valeur des derniers y est élevée en proportion de celle du premier. Si, au contraire, dans un Eiat populeux, les Pras, les connaissances agricoles et le capital nécessaire pour se les procurer ou les payer d'avance, se sont aug- mentés, la valeur du sol hausse à proportion. § 141. Cette proporlion entre le prix du travail et celui du sol contribue beaucoup à fonder les divers systèmes de culture, qui dans leurs extrémes peuvent étre appelés grande ou petite culture. En effet, là où le sol est à un bas prix et le travail à un haut prix, on devra chercher à obtenir sur une grande surface et avec le moins de travail possible, une certaine masse de produits. Là, au eontraire, oùð le prix du sol est élevé, mais ouù l'on trouve des Pras en suffisance et à un prix raisonnable, on cherchera à obtenir sur une petite surface à l'aide d'un plus grand travail, la même valeur en produits, ce qui est presque tou- jpurs possible. Il y a des contrées en Amérique où on achète un acre de bon terrain au prix d'une journée de travail. Dans la Belgique ‚en Angleterre, et dans quelques districts de PItalie on peut à peine affermer, à l'année, le même espace de terre pour le prix de 8o journées de travail. § 142.. Celui qui avec un capital réglé veut exercer'agriculture, peut, dans le pre- mier cas, acheter une très-grande étendue de terrain s'il n'en garde que peu pour la gestion de son économie. Mais il faut qu'il adopte une grande culture qui emploie le moins de bras possible. Dans le second cas il faut qu'il acquierre un fonds de peu d'étendue, non-seulement parce que le terrain est à haut prix, mais encore parce qu'il doit conserver un capital plus considérable pour payer Pexcédent de travail qui est ici nécessaire. Dans le premier cas on achète quel- * Je prie mes lecteurs de vouloir ne jamais conſondre Pexpression petite culture avec celle mauvaise culiure: la première indique une culture de détail, laquelle le plus souvent pro- duit davantage; la seconde suppose négligence ou mauvaise direction du travail. De meme grande culture n'est point synonyme de bonne culture, mais seulement de culture en grand culture dans laquelle l'étendue de T'ensemble réduit souvent à négliger les détails, faute des moyens nécessaires pour approcher dayantage de la perſection en soiguant l'un et lautre.(T.) nanute Ale dé- Le zol 8 ei de drewier. ccoles et nt aug- aucoup nt ètre prix et surface à, au Gsance à Yaide aue Lou- n au prix quelques de terre le pre- Jue peu cullure quierre aut pris, ur payer ete quel- — axec celle zyent pro- De mème en grand 9 ſaute des alre. CI.) D'A GRICULTVURE. 87 quefois des domaines ou les seules corvées suffisent aux travaux les plus indis- pensables, et où, par conséquent, lorsqu'on a le cheptel nécessaire, on n'a plus besoin que d'une petite somme d'argent pour suffire à la culture. Plus le terrain est à bas prix, moins on peut conseiller de travaux d'amélio- ration. Là, où le journal de terre ne coùte que 15 rixdalers, et où l'on en a 2 de produit net, il serait peut étre désavantageux d'y employer 15 rixdalers en bonifcatfons, comme p. e. en marne, lors mème qu'il devrait donner un pro- duit double; parce que, pour cette valeur, on pourrait acquérir une autre journal de terrain dont on retirerait la même rente que de ce qui auratt été employé à des bonificcations. Je dis peut-être, car il y a beaucoup de circonstances ou il pourrait être plus avantageux de consacrer à l'amélioration d'un journal de terre la valeur avec laquelle on pourrait en acquérir un autre. § 145. Si le terrain est à haut prix, les produits en acquièrent aussi quelque aug- mentation de valeur; cependant cette augmentation n'est souvent pas propor- üonnée. Mais le sol n'acquiert pas toujours de la valeur de ce que les produits sont à haut prix, il peut se faire que, faute de bras on de connaissances, on ne sache pas tirer paru du premier, et qu'ainsi des produits ne socient pas en quantité suffisante. Dans tous ces cas il faut employer toutes ses forces pour obtenir les plus grands produits; mais dans celui-ci il faut bien examiner de quelle manière on peut employer son capital avec le plus d'avantage si ce n'est en acquérant une plus grande étendue de terrain, ou en perfectionnant la culture de celui qu'on possède. § 144. Quoique les deux extrèmes d'un sol à très-bas prix et d'une main-d'œuvre très-coüteuse, ou d'un terrain très-cher et de bras à très-bas prix ne se réalisent que très-rarement en Allemagne; il existe cependant dans quelques provinces et dans quelques districts diverses gradalions de ces rapports, qu'il faut bien peser lors de la disposition d'une entreprise agricole, afin de se décider en conséquence pour une plus ou moins grande culture. Dans le premier cas un système de culture qui permettra de laisser reposer le sol pendant long-tems, et de l'amender par le moyen du pacage, épargnera du travail; dans le second, un système de culture où les grains se succèdent annuel- lement avec les plantes à fourrage et la nourriture à l'étable, augmentera avan- tageusement la main-d'œuvre, et, malgré l'augmentation des frais, élevera con- sidérablement le produit net. 88 PRINCIPES RAISONNES § 145. Depuis quelque tems les agriculteurs se plaignent généralement d'une hausse excessive dans le salaire des journaliers et des domestiques, et on envisage cela comme un grand mal. Plusieurs personnes attribuent à cela la hausse du prix des grains. Daus des contrées où les corvées ont été supprimées, on cherche dans cette suppression la cause de cette augmentation dans le prix du travail. Mais c'est bien plus la hausse du prix des denrées et l'appàt qu'elle donne pour mul- nplier les produits, qui ont élevé le prix de la main d'œuvre proportionnellement à celui de l'argent. L'abolition des corvées a bien plutét augmenté Pactivité de Pouvrier; par conséquent la somme des travaux exécutés a été plus grande, et elle a dù opérer plutét une baisse qu'une hausse dans le pris du travail. —§ 146. Mais le plus souvent cette plainte est absolument mal fondée, et le renché- rissememt du prix du travail seulement apparent; la valeur de l'argent relati- vement au prix de toutes les autres choses a diminué, tandis que le prix des denrées et surtout celui des grains est, relativement à celui du travail, plus avan- tageux qu'il ne l'était auparavant. Il faut bien distinguer les causes qui influent sur la hausse ou sur la baisse du prix du travail, calculé en argent. Ces causes sont les suivantes. § 147. 1) Le prix des denrées. Il faut nécessairement que Pouvrier gagne de quoi entretenir lui-méême et une personne ou deux enfans, et il faut que cet entretien soit de nature à pouvoir maintenir ses forces et sa santé, et nourrir suffisamment ses enfans. Si auparavant ils n'avaient rien possédé au-delà de cet absolu né- cessaire, et si les denrées venaient à hausser sans que le prix du travail s'élevàt proportionnellement, ils seraient bientêt tellement énervés et appauvris, qu'ils deviendraient inutiles, qu'ils ne pourraient élever lIeurs enfans et leur donner la santé; de cette manière la quantité de bras serait en peu de tems si fort diminuée, que le petit nombre de manouvriers qui resteraient encore, pourraient exiger un salaire excessif. Il faut donc nécessairement qu'il y ait une ce V entre le prix des denrées et le prix du travail; cette proportion ne peut jamais b étre interrompue que pour peu de tems et avec désavantage, elle reprend d'elle-même bientét son niveau. rtaine proportion Si, dans une contrée, quelque cause particuliére fait que le prix du travail soit trop élevé proportionnellement à celui des denrées„Het qu'ainsi les manou- vriers gagnent au- delà de leur nécessaire, ceux-ci se marient de meilleure heure, produisent et élèvent un plus grand nombre d'enfans, en sorte que Aausse Fösage sse du herche I. Mäis ar mul- lement vité de le, et nché- eelati- K des avan- asse du e quoi retien ament u né- elevat qu'ils ger la nuée, gzer un orüon jawais eprend travail auou- Neure — quẽ bD'A GRICULTVUR L. 89 le nombre des ouvriers augmente et que le prix du travail subit une baisse. A la vérité, cet effet n'a pas lieu immédiatement, il ne suit pas toutes les variations du priz des grains, mais seulement une moyenne prise sur un nombre d'années plus ou moins grand. Une baisse subite du prix des denrées peut plutòt produire un effet contraire, parce que les ouvriers qui ne connaissent que le besoin et qui n'ont pas d'idée de'épargne, gagnent alors en trois jours ce qui suffit à leur entretien, tandis qu'auparavant cing jours leur étaient né- cessaires. Dans ce cas, ces ouvriers seront facilement tentés de travailler deux jours de moins dans la semaine; ainsi la somme du travail sera considénaple- ment diminuée, et celui qui en aura besoin devra le pPayer d'autant phus che- rement. Mais cela même a aussi ses bornes, parce que là aussi il se rassemble un plus grand nombre d'individus, et qu'à la longue un gain plus dlevé donne la soif de plus grands bénéfices, celle de faire des epargnes, à la plupart de ceux chez qui Pimpossiblité d'y atteindre comprimait ce désir. En général donc, dans toutes les contrées qui ne sont pas dépeuplées, le prix du travail suit la proporuon du prix des denrées, er, daus le cours ordinaire des choses, pour une mesure de blé, on recevra presque partout et dans tous les tems une méême quantité de travail naturel, brut ou saus artz, quoique le prix nominal, celui en argent, n'en soit point le même.* Alin de maintenir les journalierszdans un état uniforme, P'agriculteur qui a établi sur son domaine le nombre nécessaire de familles d'ouvriers, agira aussi prudemment pour ses propres intéréts qu'équitablement pour elles, en leur donnant une partie de leur salaire 41 denrées à un prix fize; ou, si d'ailleurs il s'est assuré de leur travail pour tous les tems, en leur diminuant ou augmentant ee salaire, en proportion du prix auquel ces familles achètent ces denrées. Lors même que PEtat voudrait Rxer le prix des journées et des gages par des ordonnances de police, mesure dont P'utilité est très-douteuse, il devrait Ie faire non em argent, mais d'après le prix de la denrée la plus usuelle; en Allemagne le seigle, en Franoe le froment. Pour se nourrir, conserver ses forces, et élever en même tems deux enfans, if faut que, sans travail forcé ou sans industrie particulière, le manouvrier puisse * Les pays de vignobles offrent une exception à cette règle: I regoit une ration de vin, et comme cette boisson ne diminue qu d'alimens proprement dits, qu'il consomme, on peut assez géné de sa journée est haussé des sept huitièmes de la vale à, chaque jour le manourrier e de peu de chose la quantité ralement conclure que le prix ur de ce vin: à la vérité, il est probable que cette boisson augmente un beu les forces de Pouvrier. Tyad. I. 12* 90 rRINOIPES RAISONNES gagner en huit jours un scheffel de seigle; on suppose que sa femme puisse gagner elle-méême son entretien. Si méême de tems à autre, et surtout lorsque le prix des grains avait si fort haussé, les journaliers ont gagné moins, on les a dédommagés par d'autres avantages qui rendaient leur existence possible, et qui déivent, sans contredit, étre mis en compte lorsqu'il s'agit du prix du travail. Je prends dono ⁊¾ scheffel de seigle pour le salaire moyen de la journée Sun homme. Et comme le prix du travail et des grains donne pour les comptes d'agriculture une proportion beaucoup plus durable et bien mieux adaptée à tous les tems et à tous les lieux que la valeur changeante de l'argent; nous prendrons ce prix d'une journée de travail ou d'un huitième de scheffel de seigle pour Punité monétaire de nos comptes agricoles, et nous la désignerons par le signe †.“ Si Pon veut réduire cette monnaie idéale en argent, il faut établir le prix moyen d'un scheffel de seigle, pris sur diz années, dans la province ou le district qu'on habite Par exemple, 8i le scheffel seigle vaut 1 rixdaler— gros, un † équivaudra à 5 groso deniers. 1 5+— 3 4 ⅔ 1 12 †— 4 6 2+—— 6 0 Comme le prix du travail et la consommation font la partie la plus considérable des frais de toute agriculture, les calculs que nous aurons à faire abstraitement et hypothétiquement, sur les détails de Péconomie rurale, seront ainsi plus gené- ralement admissibles et exacts, que si pour cela nous employions l'argent, qui toujours n'indique que le prix nominal des choses et nullement leur prix réel. § 148. 2) L'augmentation ou la diminution de la demande de bras. Lorsque la demande d'ouvriers augmente, tout naturellement ceux-ci cherchent à faire hausser leur salaire, et le prix du travail s'elève dans toute la contrée. La hausse de pris qui a eu cette cause, loin d'ètre nuisible à l'agriculteur, lui est au con- traire plutét avantageuse. Elle est à la fois Veffet et la cause de Paisance répandue dans la contrée; peut-étre est-elle liée pour Pagriculteur à de plus grandes avances, mais dans le fait toujours avec une augmentation d'avantages. Car Paisance, qui est le fruit de lindustrie, occasionne nécessairement une augmen- tation de consommation, et avec elle la hause du prix des denrées. * Il parait que, dans les contrées où le paysan est habitué à plus d'aisance et où le blé- froment entre pour beaucoup dans sa nourriture, c'est le huitième du seheffel de ceite dernière espèce de grain qui est effectivement Péquivalent de la journée du manouvrier, Trad. duisse rsque les à ei qu all. ournée zur les mieur Igent; heſlel erons prix istrict niers. l. ne la faire ausse con- andue andes . Car smen- — le blé- enière D'A GRICULTURE. 91 Cependant il y a exception à ceite règle, lorsqu'une forte demande de bras est'effet non d'une industrie assurée, non d'un bien-étre réel, mais de quel- qu'entreprise, de quelque travail passager, comme de l'établissement d'une grande route, du creusement d'un canal, eic.; alors une hausse subite du prix peut être irbs-nuisible et meitre le cultivateur dans un grand embarras; aussi les gouvernemens qui voudraient ne pas déranger Pagriculture du pays, de- vraient-ils, dans les cas de ce genre, ne jamais prendre tous les ouvriers dans la contrée méêéme. Si, au contraire, Pindustrie paisse dans un pays, et que le travail y soit moins recherché, alors les ouvriers qui s'y trouvent ne pouvant pas tous obtenir de l'emploi, leur salaire est diminué en conséquence. La baisse du prix du travnil annonce alors le déclin de l'industrie, elle est l'avant-coureur de sa chute totale et de la pauvreté; par conséquent elle ne saurait étre avantageuse au cultivateur. Cependant comme la demande d'ouvriers et la hausse de leur salaire en amène pientét un plus grand nombre, tandis qu'au contraire la baisse excessive de ce salaire fait éloigner les ouvriers, ou les réduit à la mendicité; le nombre de ceux qui cherchent du travail se retrouve bientét en proportion avec la demande de pras. Ainsi ce prix n'est modifié que momentanément, pendant la hausse ou la chute de P'industrie. Si le prix du travail est demeuré le méême, c'est qu'il y a eu précisémom le nombre d'ouvriers dont on avait besoin; car, surtout si on envisage non le prix nominal du travail, mais son prix réel, sa proportion avec la valeur des produits, ce prix n'est point habituellement plus élevé dans les con- irCes ou il règne beaucoup d'ndustrie, et plus bas dans celles où il- en a que peu. Une rétribution convenable a procuré à chaque contrée le nombre de bras qui lui était nécessaire, tandis que l'absence de gain les a fuit disparatire par P'émigration ou la mort. Là où le dernier cas a lieu, on manque souvent de bras- dans les momens les plus urgens, dans les saisons oùð on en a le plus besoin; et comme hors du tems des récoltes ils ne trouvent pas d' Dupr30 ils se font payer d'autant plus cherement lorsqu'ils sont recherchés. Gest ainsi qu'en Angleterre le pris du travail agricole est, à proportion d'autres choses, réellement plus bas que chez nous; et que dans quelques comtés il l'est à tel point, que la classe ouvrière ne pourrait absolument pas exister, si elle ne trouvait pas à étre toujours occupée, et si elle ne recevait pas des secours de ces institutions de charité, qui à d'autres égards y sont si onéreuses. § 149. 3) Une disette rselle d'ouvriers causge par des calamilds. Des épidémies, 92² PRINCIPERS RAISONNES la famine et la guerre peuvent dépeupler une contrée à tel point, que, malgré Pabattement d'industrie qui y est lié, ilmanque cependant de bras pour les travaux les plus nécessaires, ce qui donne aux ouvriers qu'on y trouve encore, la facilité T'exiger un salaire réellement très-élevé. C'est là la plus fächeuse des causes qui haussent le prix du travail, parce qu'avee elle la valeur des produits baisse proportionnellement. C'est peut-étre le seul cas où le cultivateur ait à se plaindre du haut prix des salaires, et ouù il doive se faire une loi d'épargner les travaux. D'ailleurs la main-d'œuvre est rarement assez chère pour ne pas présenter encore des profits réels, lorsqu'elle est convenablement employée. 4 § 150. Dans le calcul et l'examen du prix du travail, il faut bien distinguer le prix du salaire, de celui du travail lui-méme; il est telle contrée où le premier est plus haut que dans une autre, tandis que le second est récllement moins élevé; car la force, l'activité et Padresse de l'homme sont variées à Pinfini, et dépendent beaucoup de ſa nourriture et du bien-étre proportionnel dans lequel il vit. Un ouvrier auquel je donne par jour 12 gros, peut souvent exécuter, en quantité et en bonté, plus du double du travail que'obtiens d'un autre qui reçoit 6 gros par jour. Ainsi là ou il y a des hommes laborieux et plus habiles dans certains ouvrages, le travail est réellement à meilleur marché, quoique le prix des jour- nées soit plus élevé. § 151. Quoiqu'un travail bien appliquẽ donne toujours des profits, et que Pépargne de la main-d'œuvre annonce le plus souvent une mauvaise économie, cependant Pemploi le plus complet du travail et du tems est une des choses les plus impor- tantes dont le vrai économe ait à s'occuper. Plusieurs personnes ont appris cet emploi dans le cours d'une longue expérience, et il est vrai que celle-ci peut procurer sur cette matière un coup- d'œil et un tact particulièrement justes. Mais par Pobservation de certains principes qu'on peut tirer méême de la théorie, onmse formera ce coup-d'cœil d'une manière beaucoup plus prompte et plus exacte, sans payer Papprenüssage coüteux du à l'expérience toute seule. § 152. Un judicieux emploi du travail est, en agriculture, infiniment plus difficile que dans les manufactures et les fabriques. Car le travail qu'on doit appliquer à un produit dure ordinairement assez peu de tems, et est ensuite interrompu pen- * Cette matière est présentée d'une manière particulièrement claire et démonstrative dans Péconomie politique de Kxaus, Tom. 1. page 197 à 248.(A.) algee avaux waclite Cadses 8 bäisse plaindre Uravauz. résenter r le prir mier est s eleye; pendent vt. Ua quanuté 4 6 9105 certains les jour- pargne eendant impor- pris cet di peut justes. eorie, exzacle, je que „3 un pen- — dans D'A GRICUELTVURF. 93 dant un espace beaucoup plus long, durant lequel la conduite du produit à sa Ponevllon est le plus souvent abandonnée à Ja seule action de la nature, jus- qu'à ce qu'on doive s'occuper à le recueillir définitivement. Après que chaque espèce de grains a été semée, pendant un certain tems elle ne demande guères qu'on s'en occupe; tandis que, pour la fabrication, le travail continue jusqu'à ce qu'il soit achevé. Afn donc que le cultivateur puisse toujours employer la fonce dont il dispose, il ſaut qu'il s'attache à des produits variés, lesquels donnent’ à Pensemble de la culture une marche telle que chaque moment soit rempli, tout au moins par quelqu'ocoupation préparatoire. Il faut qu'il choisisse les produits, de manière que le travail demandé par chaque ouvrier se lie à propos au cours de ses propres affaires, et qu'il n'ait jamais à faire exécuter à la fois plus d'ouvrages nécessaires qu'il n'en peut accomplir avec les forees dont il Tispos0 ou celles qui sont à sa portée. § 153. Ilne faut jamais entreprendre plusieurs grands travaux à la fois, surtout à des places fort éloignées. Autant que possible il faut faire l'un après l'autre, et chercher à y employer dès le commencement à la fin, toutes les orces qu'on a sous la main; soit afin de rendre l'inspection plus facile, soit'aussi aſin d'exoiter Pémulation qui peut avoir lieu, lorsque beaucoup d'ouvriers travaillent ensemble sous la mèême inspection. Lorsqu'en petit nombre, ils sont occupés à un grand ouvrage, les ouvriers épouvantés de sa longueur et de son peu de progrès, perdent eux-méème courage, et finissent par croire qu'à peine pourra-i-on s'apergevoir s'ils ont travaillé. Dans de grands travaux, il vaut toujours mieux avoir un homme ou un attelage de trop, que d'en avoir un de moins que cela n'est nécessaire- Dans les travaux moins considérables, il faut au contraire éviter d'en employer plus que le besoin ne l'indique. Sans cela ils s'entravent réciproquement, se re- posent les uns sur les autres, et sont disposés à penser qu'on croit Pouvrage plus long qu'il ne l'est en effet. 8 Une judicieuse esumation des forces nécessaires à chaque ouvrage est donc d'une grande importance; on s'en fera une habitude en observant avec attention Pemploi du tems et des forces, soit dans quelques parties, soit dans Pen- semble. § 154. 619 Avant tout il faut entreprendre ei pousser de tous ses moyens ceux des grands travaux dont le succès dépend d'une température couvenable, lorsqu'en effet on a atteint cette température; et alors il faut étre avare de toutes les minutes. Est-on troublé par quelque changement dans le tems, il serait contraire à la — 94 PRINCIPES RAISONNES règle prescrite ausprécédent H de passer à quelqu'autre travail considérable, si des mouifs particuliers et peut-étre Papparence d'une longue durée de ceitte température, n'indiquent pas d'en agir autremenit. Dans de tels intervalles il vaut mieux entreprendre de petits ouvrages tous également pressans, et dont chacun puisse bientôt étre achevé; parce qu'on doit se faire une règle de ne pas in- terrompre facilement un travail qu'on a commencé, ce qui pourtant devrait avoir lieu dans une grande opération, si le tems redevenait propre à celle qu'on avait entreprise la première. P l 11b.§ 155. Comme linspecton des travaux dans les pièces de terre les plus éloignées est difficile, et qu'en perd beaucoup de tems en allant et venant, il convient d'y employer à la fois toutes les forces dont on dispose, afin qu'ils soient terminés promptement. C'est en particulier le cas lorsqu'il doit y avoir de fréquens chan- gemens d'outils, ei que ceux-ci doivent souvent étre réparés. Au surplus on doit éviter autant que possible de changer d'instrumens, il faut au contraine finir successivement tout le travail qui doit étre fait avec le mèéme ouiil, parce que gens et bétes travaillent avec plus d'aisance lorsqu'ils ont ac- quis T'habitude de ce qu'ils font. 1131 . l.§ 156.. Ip Il n'est jamais avantageux de renvoyer un travail indispensable ou une ſois résolu, quanduon peut rassembler les forces nécessaires à son exécution, lors méme qu'à cętte 6poque le prix du travail serait un peu plus élevé qu'on n'es- pérerait pouvoir P'obtenir dans un autre moment. On penseſsouvent qiril viendra bien un tems oùð on pourrasle faire à moins de frais; mais une épargne balance rarement les inconvéniens d'un retard: et ce qui doit étre ſait, l'est toujours mieux plus tôt que plus tard. (C'est pour cela qu'il est bon g'avoir à sa disposition un excédent de forces, alors même qu'on ne pourrait pas toujours lui donner un l'emploi aussi avan- tagenx. Il ne sera pas difficile àun culuvateur sage d'en ürer parti de manière qué tout au moins il dédommage de ce qu'il coòũte. II est entendu cependant que cela doit avoir ses bornes.. Il est des produits pour lesquels Ia valeur du travail fait Pobjet principal. II en est d'autres où, à la vérité, le travail est aussi nécessaire, mais auxquels le sol er'engrais ont une plus grande part qu'aux premiers. Gesrt à ces derniers qu'avant tout il faut appliquer le travail, parce que sans lui le sol et'engrais ne donneraient pas leurs produits. L'excédent de travail peut alors étre em- ployé aux premiers, lors méême qu'il ne rendrait que peu de chose au-delà de ce qu'il coðte en effet. rable, 81 de celte les i vaut at chacun de pas in- at devrait lle qu'on gnées est ient 3* terminés ens chan- s, il faut le mème 1s ont ac- une ſois on, lors on v'es- viendra halance oujours forces, 1 avan- manière gendant erniers engrais re em- gelà de DA GRICULTURE. 95 1 VS Si on s'applique à des produits qui zequierem leur va travail qu'on leur consacre, il faut auparavant! bien réfléchir si on peus y em- ployer le travail avec assez de suite, sans l'ôter à d'autre richesse du sol a plus de part. Car si on ne pouvait pas accomplir 18 travaus dabord été faits seralent enuere- eur principalement du s produils auxquels la nécessaires à ces premiers, Ceux qui; V auraient d ment perdus. C'est pour cela qu zil faut bien réfléchir avant d Penitreprendre la culture, d'ail- leurs si avantageuse, de plusieurs végetaux, qui demandent beaucoup de iravail, surtout lorsque ce trayail pourrait onber sur une époque destinée à des ouvrages plus importans. Et comme cela ne peut pas facilement étre calculé à Tavauce au mest milieu d'une grande variété de produits, il ne faut pas Tent Fepremndjre si on bien assuré de pouvoir y meitre dans tous les tems une quantité suffsante d'ourriers, et de les surveiller convenablement. Ainsi ce précepte, qu un agriculteur doit éviter autant que possibl de Pargent, et qu'il doit se procurer Iui-meme tout ce dont il a besoin, pe rarement èêtre suivi; d'autant qu'on ne peut pas 2iales si on pourra con- sommer en entier le proquit incertäin de diverses denrees, don la vente à Fint rieur est souvent très-douteuse, et dont une petile quantitẽ ne vaut cepe endant c — pas la peine d'etre envoyée au loin. § ¹57 Au reste la distribution des travaux moins considérables demans de aussi une grande attention; sans cela, sur leur ensemble, on perd beaucoup de ie Doivent-ils etre entrepris à une époque fixe et par une certaine tempéeratu on ne peut pas les perdre de vue, et il faut avoir sous la main pour ce moment, des ouvriers qu'on puisse y appliquer. Peuvent-ils au contraire étre differes, et étre exécutés dans tous les tems et par toute température? 2 il faut alors leur destiner les momens ou on ne peut pas employer les oupriers à des choses plus essentielles. § 158. Ou ne saurait employer au mème degré en agr griculiure ces diverse tons et divisions des travaux, qui, dans les fabriques, sont d'une tilts frappânte pour éparguer le tems et les forces, et pour augmenter Phabileté de Pouvrier. Cependant il est aussi des travaux d' agriculture dont quelques parties peuvent étre commises à des ouvriers distincts, 68 les exécutent avec l'outil auquel ils sont le plus habitués. L'épargne du tems qu'on perd en changeant d'instrumens, la facilité, Phabileté que donne la pratique d'une opérdtion, mèéme aux geus maladroits, méritent bien quelquꝰ attention, elles font une différence considérahle non-seulement dans l'emploi du tems, mais encore dans Ja onté de l. exscuuon. 96 PRINCIPES RAISONNE S Il importe que les diverses parties des travaux se lient convenablement les unes aux autres, en sorte que chaque ouvrier ait assez et- Da trop à faire, et que Pun ne soit paâs obligé T'attendre que J'autre ait fini; c'est aussi pour cela qu'il faut apprendre à bien connattre le iravail et les ouvriers, et à bien calculer les forces et le tems. Lorsque tout a été arrangé convenablement, et que la chose a été mise en bon train, souvent l'émulation se développe parmi les ouvriers. Si au contraire cette bonne distribution à 6t6 nogligée, Pinactivité se glisse parmi eux, chacun excuse la sienne, en prétendant avoir 6té obligé d'attendre les autres. Les ouvriers ont sgalement un prétexte pour s'accuser réciproquement de la mauvaise qualité de Touyvrage. Ademplos; amasser et lier les bleds, planter, arracher les pommes de terre, etc. Daps les Sconomies rurales q'une grande étendue, la division des travaux peut aussi avoir lieu de manière qu'une parte, des gens travaille avec les atte- lages, et que d'autres fassent des ouvrages àla main, ou mèême quiils aient le soin de certains travaux particuliers à chaque saison. Mais la variété de ces tra- vaux permet rarement que le mème individu soit employé toute Pannde à la méme chose. Cela donne sans contredit aux grandes économies de l'avantage sur les petites, et cet avantage ne saurait étre balanoé, si ce n'est par la considération que chacun y travaille moins que dans plusieufs de celles-ci. Il est beaucoup d'ouvrages qui peuvent étre exécutés par des personnes plus faibles, par des femmes et des enfans, tout aussi bien que par de plus fortes, lesquelles coũteraient davantage. Il importe de disünguer les travaux qui doivent étre exécutés par les derniers de ceux qui doivent'éire par les premiers; de manière que pendant toute'année on puisse occuper les uns et les autres à des ouyrages qui leur soient propres. § 159. On a composé des almanachs d'agriculture, où les opérauions qui se pré- sentent de mois en mois, de semaine à semaine, sont indiqués dans la suite qu'elles doivent avoir. Il est plusieurs personnes qui y attachent un grand prix, aussi en fait-on chaque jour de nouveaux. Penvisage les écrits de ce genre comme nuisibles à des commençans, et propres à les jeter dans l'erreur. Le moment favorable à l'exécution des travauz diffère d'une année à l'autre dans le méême elimat souvent de plus d'un mois. Le retard ou Panticipation d'une opération en retarde on en avance beaucoup d'autres; il arrive aussi qu'on est obligé les unes Set que cela qu'il Uculer les se en bon aire cetle un excuse vriers ont Wualité de terre, eic. travaux les atte- aient le ces tra- unde à la es petites, ne chacun ges plus ſories, doivent ers; de es à des ze pré⸗ la suile ad pris, 3 genre ur. Le e dans d'une on est ohlige P'A GRICULTURE. 97 obligé d'en avancer une, afin de pouvoir en exécuter une autre qui ne peut étre faite que plus tard. D'ailleurs chaque économie rurale a une marche qui lui est propre, et qui ne peut être appliquée à une autre, que dans un petit nombre de cas particuliers. Celui qui aura besoin d'un tel almanach pour savoir ce qu'il a à faire, fera chaque chose hors du tems qui lui est propre. En revanche, il est de la plus grande utilité pour tout agriculteur, de faire, chaque année, un tableau des opérations qui doivent être entreprises dans un tems donné, d'y indiquer les travaux qui ont le plus ou le moins d'importance, et les considérations qui s'y rapportent; de ne pas se borner à y porter les grands labeurs, mais d'y mettre surtout ces petits ouvrages qui échappent si ſacilement à la mémoire, à moins cependant que ces ouvrages ne demandent une con- naissance parfaite du tems et de la température, ou qu'ils ne puissent toujours étre différés, si ce tems et les forces manquent. D'après cela on pourra calculer à l'avance si, peut-étre, il y aurait de'avan- tage à se procurer et plus de bras et plus d'attelages, ou, en cas que ceci ne fät pas possible, s'il est des opérations auxquelles on doive renoncer. TRAVAUX DESATTELAGEsS. Chevauæ et Bœuſs. § 160⸗ CoMME la quantiteé et'espèce d Pon dof„ Wer d IME Ju e et espèce de gens que Pon doit avoir, tient en grande partie au nombre des attelages; nous nous occuperons avant tout de ceux-ci. Dans le fait, les attelages sont composés de chevaux ou de beufs. On se sert trop rarement d'ànes et de mulets*, pour que nous en parlions ici. Il est des contrées, à la vérité, où, dans de petits établissemens agricoles, on attèle aussi les * Le mulet est particulièrement propre à tous les travaux d'agriculture. II vit plus long- tems, il est beaucoup plus sobre que le cheval, il est plus robuste, il peut supporter de plus grandes fatigues, et les seuls inconvéniens qu'on puisse Jui reprocher, sont 1.“ de coùter un plus grand capital; 2.9 d'avoir le pied un peu étroit, par conséquent d'enfoncer davantage sur les terrains labourés; 3.“ d'avoir de la disposition à devenir vieieux sil est maltraité par les gens qui le soignent. Malgré ces inconvéniens, le mulet aura toujours de grands avan- tages pour les travaux rustiques, et il méritera la préférence sur tous les autres animaux de trait dans les exploitations chargées de beaucoup de charrois, sur de longues distances ou sur de mauvaises routes.(Trad.) I. 1 At 98 pRINCIPES RAISONNES vaches*, et oQ cela ne parait point hors de place; on a bien aussi dà employer celles-ci comme aides dans des cas de besoin; mais en général cela est hors de règle. * Sans P'avoir essayé moi-mème, j'ai, depuis quelques années, suivi avec attention l'emploi des vaches pour la charrue et le charroi, sur trois domaines de mon voisinoge, dans l'un des- quels le nombre des vaches ainsi attelées s'élève à cinquante. Quelle qu'ait été au premier abord la prévention que j'avais contre cet usage, elle a cepen- dant dú céder aux considérations et aux faits ci-après. 1. La santé de la vache ne parait nullement altérée par le travail à la charrue ou au charroi; lorsqu'elle n'est employée chaque jour que pendant une pause, demi-journée, son dait ne diminue pas pour au-delà de+† o, 13, et d'environ le double lorsqu'elle est attelée toute la journée; au reste, ce lait reprend son abondance ordinaire, lorsque la vache a cessé d'ètre employée. 2. Il ne parait pas que de cet emploi il résulte des avortemens. 3. Avee un peu de douceur et de patience, il est irès-rare qu'on ne parvienne pas, mème en très-peu de tems, à habituer la vache au travail, et cela ne manque jamais si on s'y prend des sa jeunesse, en commencçant à lui ſaire trainer des charges peu pesantes. 4. La vache a, en général, la démarche plus vite que le bœuf, et, à race égale, sa force moyenne parait èêtre à celle du bœuf au moins comme 2 est à 3. 5. Mais en raison de l'exercice qu'elle prend en travaillant, il faut lui donner un peu plus de nourriture qu'on ne le fait ordinairement lorsqu'elle demeure dans l'inaction. D'après la proportion ci-dessus, la journée ordinaire d'un Dœuf, valant en effet † 1,6, celle d'une vache équivaudra à...........+ 1,06 Celle-ci coùtera au propriétaire le supplément de nourriture donné pendant deux jours, en sup- posant que la vache ne soit attelée qu'une demi-journée chaque jour, Kilogrammes 6 à+ 5 les 100 Kil.........+ o,3 la perte sur le lait.............. 0,26 les risques extraordinaires.............. 0, 1 1 o,66 II z a quelque diminution dans la quantité de fumier, mais outre que, le plus souvent, celui qu'il y a de moins à l'étable, tombe sur le domaine où il n'est pas entièrement perdu, l'excédent de 4 9 nourriture compeuse à peu preès le déſicit de létable.— Il y a done un bénéfice net par chaque journée ouù la vache est employée de.................+ 0,4 ou, pour m'expliquer d'une manidère plus précise, la quantité de travail exécutée par une paire de hœufs en un jour et coùtant ainsi † 3,2, exécutée par des vaches, ne couterait que Et si, comme on le verra dans la note jointe au§ 166, les frais du travail exécuté par des bœufs, sont à ceux du travail exécuté par des chevaux, comme+† 4,32 sont à+† 3,1, la emploi un des- cepen- ou au , son ttelée cessè neme rend à force edu plus 06 D'AGRICULTURE. 99 § 161. On a long-tems disputé sur la préférence à donner aus chevaux ou aux bœuſs, mais des deux côtés avec trop de prévention, et quelquefois avec trop d'ani- mosité; c'est par cette raison que la question n'a point encore été décidée, que la chose n'a point encore été portée à un résultat positif. § 162. Les chevaux méritent incontestablement la préférence sous les rapports sui- vans: IIs vont à tous les travaux agricoles, ils s'occommodent de tous les chemins et de toutes les températures. Là donc ouù il n'y a que des chevaux, on n'a pas besoin de faire un choix des ouvrages auxquels ils peuvent étre appliqués; on peut employer aux travaux qui se présentent, la totalité de ses attelages, sans en laisser reposer aucun. IIs exécutent tous les travaux avec plus de vitesse, et ils peuvent les soutenir plus long-tems. Par conséquent les conducteurs sont plus employés lorsqu'ils travaillent avec eux qu'ils ne le sont en travaillant avec des bœufs. Quoique, pour le trait, ils m'appliquent pas à une charge, une force durable plus grande, cependant avec la promptitude de leurs mouvemens ert leur énergie, ils surmontent bien des obsracles de courte durée, devant lesquels des bœufs sont arrétés. quantité d'ouvrage, exécutée en un jour par une paire de chevaux et coùtant+ 3,1, ne coüterait en effet au propriétaire qui la ferait exécuter par ses vaches, que la valeur de † 2,72. Au reste, la demarché des vaches étant plus vite que celle des bœufſs; en égalisant leur force par le nombre, de manière que Pattelage puisse vaincre la mèême résistance que ceux-ci, leur conducteur emploierait son tems probablement tout aussi utilement qu'aveo des chevaux, et décidément plus qu'aveo des Pœuſs. Mais le bénefice dont je viens de parler, n'est point le seul qu'on retire de Pusage d'atteler les vaches; quelque bonne que soit la distribution de J'assolement, il est extrémement diffcile de faire que, dans certains momens, il n'y ait pas une accumulation de travaux d'attelages. En entreienant le nombre de chevaux et de bœufs qui pourraient suffire à expédier tous les labours dans le moment le plus réellement avantageux, on se chargerait le plus souvent d'une quantité de bêtes, auxquelles on ne pourrait donner de l'emploi pendant une grande partie de l'année, et dont, par conséquent, chaque journée de travail reviendrait à un prix excessif. Avec des vaches habituées au labour, au contraire, le cultivateur a toujours à za disposition des attelages, pour lesquels il m'y a nul mement qui' soit entièrement perdu. (Trad.) f 100 PRINCIPES RAISONNES § 163. En revanche, les bœuſs ont en leur ſaveur les avantages suivans: Ils accomplissent la plus grande partie des travaux agricoles, les labours, les voitures rapprochées, tout aussi bien que les chevaux, et lorsqu'ils sont bien nourris, on peut en attendre presque autant d'ouvrage dans une journée de travail. IIs exécutent les travaux de charrue à certains égards mieux que ne le fout les chevaux. Les frais qu'ils coũtent sont beaucoup moins grands. Leur prix d'achat est en moyenne beaucoup moins considérable; leur attirail est à beaucoup meilleur marché, leurs alimens codtent infiniment moins, et sont de nature à être, à cause de leur transport, d'une vente beaucoup moins facile que les grains qu'on donne aux chevaux, Non-seulement ils ne diminuent pas de valeur, lorsqu'ils sont bien entrete- nus et qu'on ne les conserve pas trop long-tems, mais encore, le plus sou- vent, ils en acquièrent une plus grande, en sorte que fréquemment on les vend au-delà de ce qu'on en avait donné, et qu'ainsi ils paient presque la rente de leur capital; tandis que la valeur du cheval se réduit enfin à rien, et que le capital en est ainsi complètement absorbé. Dans le fait les bœufs sont aussi assujetlis à moins de dangers. IIs demandent moins de pansement, un bouvier peut soigner 30 Pœufs, tandis que d'autres hommes travaillent alternativement avec eux. Enfin ils donnent une plus grande quantité de fumier, et l'engrais qui en pro- vient est, en général, plus uiile que celui des chevaux. Il sentend que dans ce parallèle on oppose les uns aux autres, des chevaux et des bœuſs qui soient en rapport soit pour la constitution, soit pour la nourri- ture, en un mot, qui soient tels qu'on doit le supposer dans une économie bien entendue, § 164. II n'y a d'après cela aucun doute, et cela parattra encore plus clairement dans la suite, que le travail qui peut étre convenablement exécuté par des bœufs, ne soit fait par eux à meilleur marché qu'il ne le serait par des chevaux. Si donc, dans un établissement rural, tous les travaux étaient du genre de ceux qui, faci- lement et sans interruption, peuvent étre exécutés par des bœufs, on devrait my employer que de ces derniers seulement. Le hersage qui sans doute est mieux exécuté par les chevaux, ne serait, à mon avis, point un motif suffisant pour avoir de ceux-ci. Mais, dans la plupart des économies rurales, il survient des travaux auxquels les bœufs sont moins propres, ou du moins qu'ils ne feraient — ete- ou- les ente que aussi ndis drO⸗ evaux Surri- bien ewent œeuſs, donc, faci- jeyrait mieux pour t des aient D'AGRICUILTURE. 101 qu'avec beaucoup plus de lenteur. Ce motif déterminera à tenĩe plus ou moins de chevaux, suivant la quantité qu'on a de tels ouvrages, età borner le nombre des bœufs en conséquence. Il est rarement possible de calculer avec précision la quantité de chevaur nécessaire à des travaux qui ne peuvent pas éêtre entrepris dans tous les tems; ainsi donc souvent les chevaux doivent étre employés à des ouvrages qui pour- raient étre faits à meilleur marché par des bœufs. Oependant il est d'une grande importance de saisir autant que possible la juste proportion de tous deux; cette proportion varie dans chaque Gtablissement, elle doit donc être calculée pour chacun, on ne peut en donner ici que les principes généraux. Il est sans aucun doute des domaines, dont les circonstances particulières, la position géo- graphique et mercantile, doivent déterminer à ne se servir que de chevaux uniquement, parce que les travaux qui peuvens étre exécutés avec les bœuls, sont en trop peut nombre pour dédom mager de soins doubles, de l'entretien d'un bouvier, etc. Dans plusieurs contrées, à la vérité, on objecte à Pusage des bœufs qu'il est extrémement diffcile et presqu'impossible de trouver des valets qui travaillent pien avec eux. Ce cas ne me semble devoir exister que là où on ne s'est pas procuré des journaliers permanens; car ceux-ci aimem mieux travailler avec les pœufs que faire des ouvrages de main, tandis que, dans bien des lieux, les bons domestiques non mariés ne veulent servir que pour conduire des chevaux. Si cependant, ensuite de nouvelles expériences, on pouvait introduire pour les chevaux une nourriture autre que le grain, et qui par conséquent coutàt beau- coup moins au cultivateur; la contestation entre les chevaux et les bœufs pren- drait peut-étre une autre tournure. Il s'entend toutefois que les chevaux demeurassent dans une vigueur aussi complète que lorsqu'ils mangent du grain; car, avec la chétive nourriture que le plus souvent on donne aux chevaux, avec de l'herbe ou de la balle d'épeautre, les chevaux sont visiblement très-inférieurs aux bœuſs. Dans plusieurs contrées g'a été Pobjet d'une grande perte, que le paysan ait du entretenir d'aussi misé- rables bêtes pour des corvées, des relais ou des charrois militaires. § 165. Lorsqu'on veut faire avec des bœufs la méême quantité de travail qu'avec des chevaux, sans y employer un plus grand nombre d'hommes, il faut disposer les choses de manière à avoir des attelages de rechange. Cet arrangement con- siste en ceci, qu'un bœuf travaille pendant une partie du jour seulement, au bout de laquelle il est relevé par un autre, et se repose. Ce changement a lieu ou la pluie et les mauvais chemins les empéchent de travailler. Si dans T'annse 102 P RINCIPES RAISONNES deux ou trois fois par jour. Rarement et seulement lorsque les Dœufs sont ex- cessivement chétifs, on emploie un triple nombre de bétes; sans cela, lorsqu'on change trois fois, le bœuf qui avait été attelé le matin de bonne heure, puis dételé, est attelé de nouveau dans l'après-dinée; dans ce cas, le lendemain il n'est attelé qu'une fois. Un attelage de 4 bœufs de rechange peut, dans les travaux auxquels cette espèce d'animaux sont propres, faire un peu plus d'ouvrage que deux chevaux, sa d'ailleurs il y a assez de persévérance chez le conducteur qui demeure au champ pendant toute la durée du travail et auquel on fait conduire les boœufs par le bouvier ou un jeune valet de ferme. Il est au reste vrai qu'un mème nombre de Pœufs, lesquels n'alternent point et ne font qu'une pause à midi, peuvent exécuter plus d'ouvrage qu'ils n'en font de cette manière; mais il faut qu'ils soient mieux nourris et entretenus; encore à la longue, s'ils doivent con- tnuer tous les jours leur travail, sont-ils trop fatigués; mais, dans aucun eas, deux bœufs qui travaillent en permanence, ne feront autant d'ouvrage que 4 de rechange; par conséquent leur conducteur sera aussi moins employé. Ea proportion d'un bœuf de rechange à un qui travaille à la continue, paratt étre celle de 5 à 4. Au reste, cette différence est en partie compensée par Texcédent du travail de l'homme qui conduit les bétes. Mais il faut admeutre qu'avec 6 bœufs on en doive entretenir un de surnuméraire. Dans les lieux ou on connait les avantages des attelages de rechange, on n'est pas disposé à y renoncer. Cependant dans les jours courts de Phiver, lorsque le tems du travail ne dure que peu, on peut séparer les attelages de rechange et les laisser travailler tout du long. F 166. Cest un préjugé très-ordinaire mais surement très-mal fondé, qu'on ne puisse pas se servir des bœufs en hiver et quiil faille alors les laisser reposer, en ne leur donnant cependant qu'une chétive nourriture. Dans une culture bien ordonnée il y a suffisamment de travaux qui peuvent éèétre exécutés par les bœufs en hiver, si d'ailleurs les chemins sont praticables. Le beuf n'est nullement plus sensible au froid que le cheval, au contraire en biver, lorsqu'il est bien nourri, il est très-vif. II peut étre préservé des chutes sur la glace par un léger ferrage. Le bœuf bien nourri qui travaille modérément, demeure plus souple et, plus actif que s'il n'eut pas bougé de tout l'hiver. Toutefois avec les bœufs bien plus qu'avec Ies chevaux, on perd des jours mt ex- Squ'on 6, puĩs emain i b celte hevaur, rchamp par le bre de euvent qu'ils eon- aucun ee que ployé. paratt ée par meitre lieur 5086 à ms du laisser puisse en ne e bien par les ontraire ryé des raraille ge de jours année D'A GRICULTURE. 103 on peut compter sur 300 jours utiles de chaque cheval, en supposant oependant que, sur 12 chevaux, on en tienne un en sus pour remplacer ceux qui pourraient Gtre malades, on doit en compter 250 pour chaque bœuf. D'après ces données et les calculs que nous allons transcrire, des frais d'en- treüen des chevaux et des bœufs, on pourra facilement juger, dans chaque cas particulier, si on doit entretenir plus de chevaux ou de bœufs, ou si l'on doit . § 167. Quant aux chevaux de labour, bien des cultivateurs ont pour principe dans P'achat qu'ils en font, de ne regarder qu'à leur bas prix, et de ne pas s'inquiéter de la proximité du moment ou ils ne pourront plus servir. On perd, disent- e2 s'en tenir à l'une des dcux espèces * La question sur la préférence à donner aux chevaux ou aux bœufs a été laissée ici dans une sorte de vague, et en effet, pour pouvoir la résoudre de manière à lever tous les doutes, il faudrait un nombre d'expériences et de renseignemens, dont la réunion exigerait de grands sacrifices, et serait outre cela d'une difficulté extrème. Probablement d'ailleurs la grandeur et la nature de la race, le climat et la nature du sol, apportent-ils dans l'utilité de l'une ou l'autre de ces espèces d'animaux, des variations qui influent beaucoup sur la convenance de les employer, et qui rendent désavantageux dans un pays, ce qui convient dans l'autre. Cherchons cependant à examiner ce sujet d'une manière un peu plus arithmétique qu'il ne l'a été jusqu'ici. Les essais que j'ai faits et dont la précision mérite quelque confiance, m'ont démontré que chez les animaux de trait comme parmi l'espèce humaine, il y a une différence considérable dans la quantité d'alimens nécessaire aux individus d'une mème espèce, et plus encore dans celle qu'ils mangent effectivement, si on leur en donne à satiété. C'est ainsi que dans une paire de chevaux de mème Aâge et de mème race, l'un consomme souvent par jour 22 Kilogrammes de foin, tandis que l'autre en mange à peine 15 Kilo- grammes. Je me suis convaincu aussi qu'à l'exception d'un petit nombre de sujets doués de plus de sens ou plus attachés aux intéréts de leurs maitres qu'ils ne le sont en général, les domestiques distribuent au bétail toujours plus d'alimens que cela ne lui est réellement nécessaire. 3 Il résulte de là qu'il y a des variations infinies dans la quantité de nourriture consommée par une pièce de bétail. D'après mon expérience, un bon cheval de labour, de taille moyenne, mange par jour et sans grain, de 16 à 22 Kilogrammes de foin artificiel, trèfle, sainfoin ou luzerne. Ainsi en moyenne 19 Kilogrammes. Si les chevaux mangent du foin naturel, ils en consomment environ un huitième de moins, mais quelque bonne que soit la qualité de cette espèce de fourrage, si on n'y ajoute du grain, les chevaux maigrissent sensiblement. Cette différence du foin artificiel au naturel, varie suivant les lieux, suivant la nature du sol où celui-ci a végété, suivant celle des eaux d'irrigation, enfin suivant les espèces de plantes dont il est composé, Un bœuf de la race Suisse, d'une taille assez forte pour avoir une vigueur égale à celle des ———————ꝛõÿõÿÿÿ—-——— 104 PRINCIPES RAISONNES ils, toujours par leur dégradation insensible et leur avancement en age, et d'autant plus qu'ils ont coùté davantage; par l'achat et la vente de mauvais chevaux on peut difficilement faire une aussi grande perte, on épargne l'emploi d'un plus grand capital et on souffre moins en cas d'accident. Par cette raison chevaux, cependant sans être d'une grandeur démesurée, consomme par jour de 17 à 23 Kilogrammes de foin artificiel; la moyenne serait 20 Kilogrammes. L'attirail d'un cheval, le colier, le harnais, coũte d'achat environ 72+†, dont l'intérèt à 5 pour cent s cleverait à................... 3,6 La dégradation annuelle, y compris les réparations, peut éêtre portée à.. 12, Le ferrage S..................... 14, La lumière d éeurie.................. 4, Lintéeret du capital supposé 480 †............. 24, La dégradation el les visues de mortalite........... 48, Les soins de pansement hors des jours de travaill...... 5, ———— + 110,6 Je ne parle ici ni du loyer des écuries et ſenils, ni des médicamens, ni de la litière, et je ne porte point les engrais en déduction des frais; je suppose ces choses égales et pour les chevaux et pour les bœufs. Chez moi, les bozufs ont été plus souvent malades que les chevaux; je dois attribuer cela aux raisons suivantes“: 1. ils ont quelquefois souffert du gonflement par Timpéritie de domestiques qui leur avaient donné une trop grande quantité de trèfle mouillé et extrémement tendre. 2. Dans los grandes chaleurs ils ont assez souvent atteints de maladies inflammatoires. 3. Quelques soins qu'on y donnât, on ne pouvait empécher qu'ils ne fussent fréquemment blessés vers la base des cornes, par Tattache du joug. 4. Lorsqu'ils faisaient des charrois en tems sec ou sur des chemins pierreux, ils étaient sou- vent blessés aux pieds, et le même inconvénient avoit lieu, lorsqu'ils avaient marché long- tems sur des chemins humides. Au recte, ce dernier mal peut être prévenu par un léger ferrage. Lfattirail d'un bœuf, la meié du jou g à téte et à col, de la garniture et des liens, couùte environ † 12, dont P'intérèt à 5 pour cent s'élève àA.........+ o,6 La dégradation annuelle de cet attirail............. 3, Te ferrage...................... 3., La lumière d'écurie.. T interét du capital supposs 289............... 14, 4 Les risques de mortalité... ......„.....„. 7,2 Les oins de pansement hors des jours de travail........ 2,5 † 31,7 Le plus souvent le bœuf peut être vendu à l'époque o Pon cesse de l'employer, au prix auquel il a été acheté, et même à un plus élevé, sil a été mis à l'engrais; mais cette dernière circonstance supposant une longue inaction, des soins et une nourriture parti- culièrement bonne, sort absolument de notre calcul actuel. Nous admeitons donc que le IIs 8, et auyais oploi ränon — 17 à 23 Tinterét 6 1 — 3 — ere, et pour les hevaux; uflement le tréfle atteints pecher joug. nt sou- long- nléger „couͤte 3 er, au mais parli- que le lls D'A GRICULTURE. 105 ils acquitrent ordinairement des chevaux qui ont été forcés ou qui ne sont plus propres à Pusage auquel ils étaient destinés, et qui pourtant peuvent encore trainer la charrue er la herse; ils se fondent sur des exemples oùð de bœuf soit vendu à une époque analogue à celle où il a été acheté, et alors cette vente aura lieu à un prix à peu près égal, à moins de circonstances extraordinaires. Reprenons ces données. La nourriture d'un bon cheval de labour coüte pendant 365 jours à 19 Kilogrammes, par jour, de fourrage artificiel ou l'équivalent, en trèfle, luzerne ou vesces en vert, en pommes de terre cuites, ou en carottes, 6935 Kilogrammes à † 5 les 100...... † 346,75 Supplément en grain pendant deux mois de grands travaux, qui ont lieu avant que le cheval puisse étre mis au vert........... 8, Les frais specifies plus hautut........... 110,6 + 465,35 Suivant les résultats de ma propre exvpérience, je devrais croire que 260 est le nombre moyen des journées qu'un cheval emploie chaque année d'une manidère utile. L'auteur, dont Texpérience date de beaucoup plus loin que la mienne, établit cette moyenne à 300. Ce der- nier nombre étant pris pour diviseur de la somme totale des frais, donne par jour une moyenne de+ 1,5 La nourriture du bœuf sélève en moyenne à 20 Kilogrammes de fourrage artiſiciel, ou à- Féquivalent en trèfle, luzerne ou vesces en vert, en pommes de terre cuites, ou en carottes; ainsi, par année, 7Joo Kilogrammes, qui au mèême prix de5+ font la valeur de.+ 375, 31,7 ————— J, 4 . † 406,7 Suivant les résultats de ma propre expérience je devrais croire que 220 est le nombre moyen des journées qu'un boœuf emploie d'une manière réellement utile; il parait, d'après Les frais spécifiés plus haut.............. Tauteur, que, dans des économies rurales bien ordonnées, ce nombre s'élève à 250. Chacune de celles-ci étant à la journée d'un cheval comme 3 est à 4; ces 250 seraient équivalentes à- 187 ½ journées de cheval. Ce nombre pris pour diviseur de+ 406,7 donne, par journée, une moyenne de+† 2,16. Et je n'ai point porté en compie T'excédent de iems employé par les conducteurs des bœufs, pour exéouter des travaux qui eussent été faits plus promptement avec des chevaux. Il résulte de là que la mème quantité de travail qui, faile par des chevaux, ne codüterait que † 3, 10, faite par une paire de Pœufs, coüterait † 4,32. Les comptes qu'on va trouver à§„§ 173 et 177 prouvent les nombreuses différences qu'il y a, d'un lieu à l'autre, dans la manière de nourrir les animaux. Que les prix de chaque chose varient également, c'est ce que personne n'ignore. Je mai donc point eu la prétention de déeider pour tous les lieux une question aussi délicate; j'ai seulement voulu mettre chacun de mes lecteurs sur la voie de faire lui-mèême son compie, d'après les circonstances particulières de son agriculture, et le prix de chaque chose dans la contrée ou il vit. I! west pas douteux que là ou le cultivateur a à sa peartée d'abondans pâlurages, dont il- 3 I. 14 106 PRINCIPERS RRAISONNES tels animaux, bien entretenus, se sont encore remis en travaillant beaucoup et ont alors été vendus à un prix plus haut que celui qu'ils avaient coQũté. Si on devait ne penser qu'à l'entretien du cheval, sous différens rapports cette mé- Whode ne serait pas mauvaise. Mais, dans des travaux agricoles soutenus, on ne peut jamais se fier à des chevaux de ce genre. Ils sont sujets à de fréquens accidens de maladie; on est dans le doute sur la quantité d'ouvrage qu'on peut mettre à leur charge, et des bétes ainsi ras- semblées, n'ont ni le mêème courage, ni la même vigueur, ni la mème habitude des travaux; une agriculture régulière et súre ne saurait marcher avec de tels attelages, qu'autant qu'elle entretiendrait plusicurs chevaux surnuméraires. Lors- qu'on ne peut pas compter sur les forces dont on dispose, tous les tableaux et calculs de travaux deviennent inutiles. Souvent une paire de chevaux qui, dans un tems d'ouvrages urgens, vient à manquer et ene peut pas étre rem- placée de suite, cause un dommage qui surpasse de beaucoup le proft qu'on espérait de cette épargne. L'inaction de l'un dérange dans l'emploi de plu— sieurs autres. Je pense done que des chevaux ainsi usés, ne peuvent étre achetés avec avantage que comme attelages de rechange, temporairement destinés à des améliorations ou à des baàtisses. § 168. Les attelages principaux doivent èétre composés de chovaux d'une méme es- pèce, ramassés, ayant la poitrine et la croupe larges; qai n'aient pas de gros os, mais beaucôup de nerf; qui ne soiént pas viſs, mais dociles et pa- iens, qui soient bien jointés et qui aient le pied bon. Sur les terres très-tenaces senlement, on a besoin de chevaux grands et pesans, qur, pour conserver leurs forces, exigent des soins particulierement bons et une nourriture plus abondante. Pour la charrue, il convient d'avoir des chevaux robustes, qui ne peut disposer autrement, l'épargne qulils lui procureront en nourriture d'été, apportera de grandes modifications à ce compie; cependant ces modificalions ne seront point aussi consi- dérables qu'au premier abord elles paraissent devoir l'ètre, parce que le bœufqui a dù chercher sa nourriture au pâturage, n'est ni aussi reposé, ni aussi fort que celui qui a reçu à l'étable une nourriture riche et abondante. II parait aussi que dans quelques contrées le bœuf est plus sobre, qu'il consomme moins que ceux de la contrée que j'habite;—'est à chacun à sassurer par des expériences réitérées, de la moyenne de sa localité, et à faire son compte en conséquence. Pai supposé les bœufs attelés avec des jougs, je suis loin de croire, cependant, que cette manière soit la meilleure, mais je pense que c'est, sans contredit, celle qui est le plus généra- tement suivie.(Trad.) dup et J' on e mée- „onne ute zur si ras- bitude je tels Lors- ſeaux qui, vem- u'on plu- netés de es- as de 1 pa- naces server plus h Aui — era de consi- ercher etable moins orbes celte Léra- D'AOCRICUL IUREB. 107 conservent leurs forces, lors mème qu'ils seraient mal soignés et nourris d'une maniere irrégnlière. Autrefois cette espèce de chevaux était commune à plusieurs provinces d'Allemagne, aujourd'hui elle devient rare, parce que, chez le petit culuvateur, le manque de soins et un travail anticipé empéche le développement des ani- maux, et que, dans les grands domaines, divers croisemens mal appropriés à ce but, ont à moitié ennobli cette race, en lui ôtant Ies qualités qu'elle avait pour Pagriculture. Car celui d'entre les grands cultivateurs qui ne voulait pas en élever de perfee- nonnés, qui fussent d'une vente plus avantageuse, a presqu'entièrement renoncé à la propagation des chevaux, daus la persuasion qu'en les achetant il pouvait en avoir, pour son agriculture, à meilleur compte que sil les cùt élevés lui- méême. Mais celui qui connatt le mérite d'une espèce de chevaux actifs, vigoureux, bien proportionnés et robustes, mettra P'avantage d'en posséder de tels pour son agriculture, bien au-dessus de l'excédent de sacrifices qu'ils auront pu lui couͤter. Un attelage qu'on a élevé soi-méême, qui est assorti, pas tant pour la couleur que pour la force et les proportions du corps, donne une assu— rance dans son emploi, qu'on ne saurait obtenir de bêétes de nature et de races différentes, ou achetées séparément. Les chevaux qu'on peut avoir à bon marché, surtout ceux qui ont déjà été dans les mains des maquignons, ont or- dinairement été forcés dans leur jeunesse et ensuite engraissés au moyen d'une nourriture riche et abondante; ils ont ainsi pris le germe de diverses maladies. ELes chevaux doivent à cette faiblesse intérieure des accidens fréquens, et on ne sait pas alors si on doit en accuser une négligence dans les soins, ou une faiblesse de constitulion. Des chevaux d'espèéces différentes, réunis en un mème attelage, circonstance qu'on peut difficilement éviter dans des achats isolés, se dérangent l'un l'autre dans leur marche, le vif harcèle le mou, et le mou faugue le vif. Au reste, ainsi que nous le démontrerons ailleurs, dans la plupart des éco- nomies rurales, il n'est ni aussi difficile, ni aussi coüteux qu'on parait le croire, d'élever des chevaux. Lorsque les jumens sont couvertes en tems convenable, on perd peu de leur usage; le tems ouù elles doivent pouliner et commencer d'allaiter, tombe sur une période où on peut leur Jaisser quelque repos, el dès ce moment elles n'ont plus besoin de ménagemepns. „, Avant tout, il faut ne rien négliger pour faire un bon chois, ensuite 108 PRINOCIPES RAISONNES il faut le perfectionner dans Jui-méême et par lui-même, sans se laisser aller à des croisemens hétérogènes. Peu de personnes ont su résister à la tentation d'embellir, par l'introduction de beaux étalons, la race très-bien proportionnée de leurs chevaux. Cependant il est irès-rare que, par de tels croisemens, on ait obtenu, déjà de la première génération, quelque chose de distingué, et plus rare encore qu'on s'en soit tenu à P'espsce produite par ce premier croisement et qu'on ne l'ait pas gàtée à quelques égards, par l'un ou l'autre extréme. Il y a toutefois encore des restes d'une race de chevaux, produite par des croiscmens dirigés avec beaucoup de réflexion et de connaissances, et qui, soignée dans sa jeunesse, est durable et propre tant aux travaux pénibles et de longue haleine, qu'au trait rapide et à l'usage de la cavalerie: c'est là l'espèce qui convient à l'agriculteur. La multiplication des chevaux particuliérement destinés à la vente, l'établis- sement de haras, ne peut au contraire avoir lieu que dans certaines localités; ils ne peut être profitable qu'avec une connaissance parlculiere de ce genre d'sconomie, avec un esprit spéculateur, et Pavance d'un grand capital. Plusieurs personnes y ont fait de grands sacrifices, sans que le succès ait répondu à leurs espérances- § 169. Quelques personnes convaincues des hasards que l'on court dans P'achat des chevaux, et cependant prévenues contre leur propagation, conseillent d'acheter des poulains récemment nés ou d'un an, et de les élever. Mais lorsqu'une fois on a un bon étalon et un bon attelage de jumens poulinières, ce sont les poulains eux-mémes qui coùtent le moins. Cette méthode ne me parait avantageuse que lorsque, sans passer dans les mains des maqui- gnons, on a Poccasion de se procurer les poulains directement d'une contrée ou il existe une race uniforme, arrétée et bonne. Mais dans ces lieux les poulains sont ordinairement très-chers. Ceute spéculation qui consiste à acheter des poulains d'un poil uniforme dans un pays où Pon en élève en quantité, et à les revendre ensuite comme che- vaux de luxe, à l'àge de 5 à 6 ans, après en avoir tiré un travail modéré, peut, sous quelques rapports, convenir au petit cultivateur, mais raremen elle est avantageuse au grand. § 170⸗ Pour les bœufs également, la race, la taille et Ies formes, font une différenee sensible dans les services qu'on peut en attendre. II est des races chez les- quelles la forge et la vivacué sont réunies à de bonnes proportons dans les — restes ucoup urable apide lteur. ablis- lités; genre sieurs adu à achat Hlent Mais res, e ne qui- ttrée les dans che- déré, emen! ence les- Dp'AGRICULTURE. 109 formes, et en Allemagne aussi les bœufs de trait de certaines contrées jouissent d'une réputation particulieère. Cependant on manque encore de ces parallèles et de ces observations précises, que les Anglais ont sur leurs principales races.. Dans son apparence extérieure, le bon bœuf ne se distingue pas tant par sa hauteur et sa longueur, que par une structure carrée, par la force du cou et de la nuque, par la longueur de la poitrine, par une haute courbure des cétes et surtout par une croupe irès-épaissc. Le dos doit étre dans toute sa longueur plat et large. Les jambes et les pieds doivent étre sains et souples, et non roides et tratnans. Aussi peu que le cheval, le bœuf doit se couper des pieds de derrière, ce qui arrive souvent à ceux qui sont étroits et hauis de jambes. IIl doit avoir JPair vif, et le coup-d'œil en arrière, sans ce- pendant être ombrageux ou indomptable. Des cornes grandes et unies, non- seulement servent à fixer les jougs et les guides, mais encore sont un indice de santé et de force. Des oreilles longues et pendantes, une téte particulis- rement grosse et un fanon remarquablement fort, sont, suivant les observations des Anglais, souvent un indice de faiblesse dans les autres parties, quoique quelques personnes les envisagent comme de bonnes marques. La hauteur du bœuf depuis les pieds de devant jusqu'au garrot, à laquelle plusieurs per- sonnes regardent uniquement, est un sigune très-incertain. § 171. A la cinquième année, de jeunes bœufs peuvent étre attelés, mais jusqu'à la septieme année, on doit éviter de les surcharger, si on veut qu'ils acquièrent toute leur force et qu'ils durent long-tems. Le plus grand nombre des agriculteurs est dans l'opinion qu'on ne doit pas laisser vieillir un bœuf au-delà de 10 ans, parce que sans cela il ne serait plus propre à l'engrais et plus d'une vente facile, Cependant, môme en supposant que le bœuf perde quelque chose de la faculté d'éêtre engraissé et de la bonté de sa chair, ce qui est contraire à mon expérience et à celle d'autres personnes, puisque des bœufs de 15 ans, mais bien engraissés, m'ont donné de la viande excellente; le travail qu'on obtient de bèêtes de ce genre dressées et fortes, vaut bien la peine qu'on les garde plas long-tems. C'est dans la neuvième année seulement, que le bœuf acquiert toute sa force et qu'il peut le mieux sontenir le travail, et il dure jusqu'à la seizième, si, dans sa jeunesse, on n'a pas trop tét employé toutes ses forces. Il est extrémement important de meitre beaucoup de soin et de patience à dresser les bœufs, à les accoutumer peu à, peu à l'attelage et au trait, 110 PRINCIPES RAISONNEL S à augmenter successivement leur charge, et en mèême tems à leur donner une démarche prompte, en les associant à des bœufs qui soient vites. De cela dépend en grande partie l'usage qu'on pourra en tirer; c'est pourquoi il importe qu'ils aient autour d'eux des hommes de sens qui, sans cependant les surcharger ou les échauffer, évitent de leur laisser prendre une habitude de lenteur. Si, en élevant, soignant, dressant des bœufs, on y portait lIa mème attention qu'on accorde aux chevaux, on pourrait pousser très-loin leur perfectionnement. § 172. Quant à l'entretien des chevaux il faut observer ce qui suit: Leur nourriture en grains la plus ordinaire esr Pavoine, et plusieurs per- sonnes Penvisagent comme la seule qui leur soit avantageuse. Cependant il est certain que toutes les autres espèces de grains, chacune en proportion de ses facultés nutritives, et donnée d'une manière convenable, leur sont éga- lement utiles et profttables. Les légumes, tels que les pois, les ſèves et les vesces, conviennent parfaitement Ala nature des chevaux, et, à cause de leur faculté remarquablement nutriuve, ils sont méême préférables aux grains proprement dits. Les grains les plus avantageux pour les chevaux sont donc, dans tous les tems, ceux qui sont à meilleur marché, en proportion de leur faculté nutritive. Leur valeur propor- nonnelle, ainsi que cela sera montré ailleurs plus au long, est la suivante: Avoine— 5. Orge= 7. . 7— Seigle— 9. Froment=4 12. Légumes= 10 à 11. Il est de règle qu'avec les grains, les chevaux reçoivent aussi du ſoin, dont on ne saurait nier la faculté nutrilive, et de la paille hachée destinée à fa- ciliter la mastication et à remplir J'estomac, mais qui, lorsqu'il n'y a pas d'herbe, sert peu à la nutrition proprement dite. Plus la proportion du foin est augmentée, plus celle du grain peut étre di- minude, et vice versa. L'evpérience a appris que, pour un travail prompt et forcé, une augmentation de grain est plus avantageuse, et que, pour un travail lent et de durée, une augmentation de foin est préférable. § 175. Un cheval de taille ordinaire, employé convenablement, a besoin pendant toute l'année, en moyenne, chaque jour de 10 I. ou 5 metzen de bonne avoine, onner De rquoi andant buude ttention nement. per⸗ mt il n de ega- ment dure, 8 plus sont à opor- inte⸗ dont à fa- zerbe, re di- opt et Irayail adant oige, D'AGRICULTURE. 111 et, en raison de ce qu'on est quelqueſois obligé de donner un supplément de nourriture, il ſaut porter cette quanuté à 70 scheffels par année.— A(616 de cela, pour couserver ses forces pendant un travail soutenu, il lui faut eneore par jour 10 l. de foin. Enfin on ajoute parmi le grain, de la paille hachée, qu'on augmente ou diminue, en raison du plus ou moius de foin qu'on lui a donné. La nourriture d'un cheval pendant une année couùte ainsi: 7o Scheffels avoine à 5 †= 550 † 33 Quintaux foin à 53 †$˙= 99 † A quoi il faut ajouter Tintéréi du prix d'acha‧, 24 † la dépréciation annuelle. 48 le ferrage...... 14 — 36† En tout ainsi. 535 † La paille est laissée en compensation de la valeur du fumier. Si nous évaluons le scheffel de seigle à 1 rixdaler, un † vaudra 4 gros, et un cheval coütera annuellement 89 rixdalers 4 gros. Il n'est pas facile d'évaluer les frais de l'entretien des chevaux, tel qu'il est d'usage dans les lieux oQ on les met au päturage pendant l'été, où on ne leur donne pendant l'hiver que la balle du blé et, dans le tems des plus grands travaux seulement, un peu de grain ou de hachures de gerbes; cet usage est incompauble avec une culture vigoureuse, du moins pour les at- telages dont on se sert habituellement. Au reste il n'y a plus de doute aujourd'hui que, mème sans grain, les chevaux ne puissent étre conservés dans un état de force complet„ par un genre de nourriture bien moins onéreux au cultivateur; en été le trèfle, les vesces en vert, en hiver les pommes de terre, les carottes et diverses autres racines nourrissantes. Quoique la quantité de ces raoines et tubercules consommée par le bétail soit telle, qu'en prenant le prix du marché dans les vilies pour base de leur valeur, on ne trouvàât pas de l'avantage à donner ce genre de nour- riture; cependant comme elles reviennent au cultivateur à meilleur compte que le grain, et que, d'ailleurs, leur transport au marché occasionnerait in- finiment d'embarras et de frais, il est plus convenable de les faire consommer par le bétail, dans l'économie mème. Des essais faits en grand n'ont laissé aucun doute sur la réussite de ce genre 11²2 PRINCIPES RAISONNES de nourriture, et lorsque son introduction aura eu lieu, la conteste entre les bœufs et les chevaux prendra peut-étre une autre tournure. Ce mode de nourriture sera développé ailleurs. § 174. La nourriture des bœufs est réglée en qualité et quantité, de manières très- difesrentes. Dans les cultures ordinaires, o on n'occupe les bœufs qu'une partie de l'année, et où, en général, il manque de fourrages d'biver, cette nourriture est établie d'une manière très-vicieuse. Dans les mois d'hiver on ne donne gudres à manger aux bœufs que de la paille; et ce n'est qu'au printems, lorsque les travaux vont commencer, qu'on ajoute à celle-ci un peu- de foin, à raison d'auplus 14 ou 16 quintaux par téte. Souvent à la vérité pour les fortifter aux approches du travail, on est obligé d'y ajouter un peu de grain, ou de balle qui en contient encore, et cependant ce n'est qu'au pà- turage qu'ils se remettent complettement. Dans une bonne économie, il ne saurait étre question d'entretenir des bœuls de la sorte, quoique dans plusieurs comptes de culture, basés sur cette méthode, leur travail soit porté à des prix très-bas. Pour maintenir des bœuls en bon état, il faut leur donner, pendant qu'ils sont à la nourriture sèche, chaque jour en moyenne 22l. de foin, parconséquent il faut compter pour chaque bœuf 40 quintaux. Si on Jeur donne beaucoup de balle ou des criblures de vannage, 50 quintaux par bœuf peuvent suffire. Au moyen de cela ils conservent toute leur vigueur pour exécuter les travaux d'hiver auxquels il sont destinés. Dans les économies rurales où on ne peut pas consacrer aux bœuſs autant de foin, il est remplacé par des grains, qui profitent davantage lorsqu'ils ont passé sous la meule. Un scheffel d'avoine* équivaut, pour la nourriture du bétail, à 1 quintal de bon foin. Si donc on leur donne 5 l. d'avoine par jour il peut leur éêtre retranché 6 l. de foin et ils n'en conservent pas moins leur force, si même elle n'augmente. Du reste, la nourriture la plus avantageuse en hiver est, sans aucun doute, celles aux pommes de terre ou aux autres racines nourrissantes. Si un bœuf a chaque jour 2 metzen de pommes de terre*r avec 121. foin, il se maintient par ce moyen en pleine force, ainsi que diverses expériences l'ont démontré. § 175. Ea Gté, ou l'on wient les bœuſs au paàturage, et l'on compte alors 1 ½ vache * Environ 26 kilogrammes. 2„ Environ 6 Kilogrammes; sans doute ouire de la paille à satiété.(Trad.) ordinaire entre de de es les- qu'une ,celle ver on t qu'au peu de pour eu de u pä- zaurait mptes es-Das. nquls séquent eaucoup suffire. travaux autant äils ont ure du ar jour ns leur doute, bœuſa lient par vntré. vache vac — dinaire DAGRICULTURE. 115 ordinaire pour un Dœuf(Si on évalue une vache au päturage à 4 scheffels de seigle ou 56 †, un bœuf au paàturage coütera alors 54 †); ou on les nourrit à Pétable avec du trèlle en vert, des vesces ou d'auires plantes à fourrage. Un bœuf fortement employé consomme alors par jour en moyenne 1 ϑ perche carrée de trèffe rouge, en 2 coupes, ainsi 1 journal 4. Si on évalue un journal de trèfle 56 †*, ceci reviendrait à 45 †. Ce que quelques personnes, se fondant probablement sur des essais mal dirigés, ont allégué contre la nourriture des bœufs à l'étable avec du trèfle vert, ne mérite aucune réfutation„puisque des exemples sans nombre ont prouvé que, par son moyen, les bœufs demeurent en pleine vigueur et conservent plus d'aptitude au travail que nourris au pàturage, lorsque d'ailleurs cette première nourriture est convenablement ordonnée. § 176. Ainsi Pentretien d'un bœuf, d'après les différentes méthodes dont nous avons Parlé, pourra étre évalué de la manière suivante: 2 40 quintaux de foin à 3 P.. 0„* 0 0„„„„— 4 120 Paturage d'éteé... „„., 0 9„„„„„.„— 54 † 1¹74 5 200 journées foin à 17 I.= 30 quintaux 1 3.= † 90 — zpoine à 2 I.= 35 scheffel........— 40 165——— päturage.„... 9 o„ o„„„„„„ 0 54 † 184 35 Foin 18 quintaux à 5 †. 0„„„„„„„ 9 e„ 9„„ 2— 4 54 Par jour, 2 metzen pommes de terre.= 21 scheffels à 1 †.= 21 Paturage. 2 0 8 87 9.... o 0 0 0. o»„„„.. 4 54 3 † 129 d Nourriture à Pétable Foin 18 quintaux à 5. v 9 9 o g G.„„.„ 9 5„ 6 9„„— † 54 Par jour, 2 meizen pommes de terre.= 21 scheffel à 1 4.— 21 Trèlfle vert.„„ 9 5 9.„„„„„„„„ 0.„ 90„„— 45 † 120 5..— * Je ne congçois pas cette manière d'valuer le produit d' ètre estimé égal en valeur, de le donner en vert, on l'* un journal de trèfle. Ce produit doit à la quantité de ſourrage sec que le trèfle ent produit, si, au lieu eüt fanné et récolte sec; bien entendu cependant, sous déduction des frais de récolte.(Trad.) I I. 15 114 PRINCIPES RAISONNES § 177. es nourritures que l'on adopte, les bœufs loin Quelle que soit celle de c augmenteront au contraire de valeur de diminuer de force et d'embonpoint, *„ 17„ 3.— et couvriront méème l'intérét de léur capital. Si ce P nous mettons encore à la charge des bœuſs 12 4 par si bien que possible, ne coùtera guères que pendant, en considération de cet intérét et du risque, année; un bœuf entretenu aus le quart de ce que coùte un cheval, rechange ne fassent pas plus d'ouvrage que deux chevaux, ce travail, fait avec des bœuſs, sera cependant de la moiué meilleur marché qu'il l'cât été, fait avec des chevaux. Il faut observer, au reste, que, dans les mauvais tems, les bœufs qui alternent ne donnent également pas autant de journòes uules que les chevaux, et que la proportion des unes aux autres est celle de 2 à 5 ou tout au plus celle de 5 à 6. et si méême on admet que quatre bgœufs de § 178. En'traitant du travail des attelages nous devons aussi nous occuper des ins- trumens avec lesquels il a lieu. II est d'une plus grande importance qu'on ne le oroit communément, soit pour la meilleure qualité du travail, soit aussi épargne et le meilleur emploi des forces, que la cons- pour la plus grande t autant que possible parfaite et appropriée truction de ces instrumens, soi au local, au sol et au but qu'on se propose. Quelque soin, quelques réflexions que, dans les fabriques, on ait consacrés au perfectionnement des machines et * 8 ⸗ ⸗. 5„«* qui en est résulée; on s'est peu occupé jus- des instrumens; quelqu'incroyable qu'ait pu ètre Ja diminulon du travail qu'ici d'améliorer les instrumens agricoles; ce qui parait urs, au défaut d'idées de mécanique, peui-étre aussi dů en grande partie Pindolence des cuhivate aux déclamations de quelques agronomes. Ceux-ci en effet ont recommandé de mettrela plus grande épargne dans les zustrumens d'agriculture; non-seulement de les exécuter à moins de frais, mais encore de les multiplier aussi peu que possible. L'entretien, disent-ils,—'une charrue de l'espèce la moins coùteuse, s'élève annuellement à environ 5 scheffels de seigle= 45 †; si maintenant je puis morcher dans un établissement rural avec dix charrues d'une mèême espèce, ourtant je doive acheter des charrues de deux ou irois genres, il faut et au lieu de 50 scheffels, ces charrues m'en coü- et que p que j'en aie au moins une 20. teront 100 par année; ce qui sera difficilement compensé par une épargne dans * Noyez la note jointe à§§ 166 et 176. Bloia jaleur de cet pr 8 que uſs de avec tavec cußs aux, plus sins- qu'on t aussi cons- oprice saorés qu'ait 3 jus- parlie e aussi ans les Ffrais, „Seleve 1 je puls espèoe; 5, l faut 4 een cou- e dans — D'AGRICULTURE. 115 Pemploi des forces de mon attelage. Mais, sans méme faire attention à la meilleure qualité de Pouvrage, on trouvera déjà que ce calcul est mal fondé. En effet il y a moins de dégradation aur instrumens qui travaillent alter- nautivement, qu'à ceux qui sont employés sans interrupuon; et si, pendant qu'on n'en fait pas usage, on les place convenablement au'sec, le bois en se séchant de tems en tems s'en conservera mieux, que s'il agissait constamment dans une terre humide; à tel point qu'il serait peut' ètre convenable d'avoir des charrues de rechange, lors méme qu'on n'en emploirait que d'une seule espèce. On ne peut donc plus imputer à cette variété d'instrumens que les intéréts d'un plus grand capital; ainsi lorsqu'un établissement qui uent 10 charrues dépen- seraiten effer 500 scheffels de seigle pour s'en procurer de meilleures ou d'es- pèces différentes, cela ne pourrait faire d'autre augmentation annuelle de frais, que la rente de ces 500 scheffels, c'est-à-dire 15, qui seraient bientôt compensés par la scule diminution dans l'emploi des forces. § 179. L'énumération, le compte erla description des instrumens n'appartennent pas à ce chapitre. Nous observerons seulement ici, pour fixer complettement les frais des travaux, que, d'après des moyennes générales, les frais de tout P'atiirail dans lequel et avec lequel un cheval travaille, peuvent être poriés annuellement à la valeur de 10 scheffels de seigle. Quc la localité, que le prix plus ou moins élevé du travail du charron, de celui du maréchal, du bourrelier et du cordier; que la nature du sol et des chemins, apportent quelques variations dans cet aperçu, cela s'entend de soi-méêème. Pour les bœufs, lorsqu'ils ne sont employés qu'au labour, on m'a porté les frais de leur attirail qu'au cinquisme ge cette valeur. Sils sont aussi employés au charroi, occupation à laquelle ils ne sont point aussi propres que les chevaux, et’ à laquelle cependant ils gätent moins et sont attelés d'une manière moins coüteuse, on ne portera ces frais, pour deux bœufs de rechange, qu'au plus à la moitié de ce qu'on impute à un cheval. Aveo les bœufs, ouvrage du bourrelier esr- presqu'en- nèdrement épargné.- § 180. Afin d'obtenir les données nécessaires à une évaluation genérale du travail des attelages, nous parlerons également ici des hommes qui travaillent avec eux. Avanmt tout il faut savoir- de quelle force sont les attelages auxquels on doit imputer un homme. Si on ne faisait point attention aux frais que coütent les charreuers, d'après les lois de la mécanique et une expérience décisive, il serait plus avantageux d'employer 116 PRINCIPES RAISONNES autant que possible le bétail de trait en attelages séparés. Car c'est une vérité reconnue que, pourvu que les voitures soient lIégères à proportion, les animaux trainent d'autant plus et peuvent d'autant plus long-tems soutenir le travail, qu'ils sont moins réunis. Quatre chevaux attelés à deux charriots tratnent sensiblement plus, qu'attelés ensemble devant un seul. Mais ils ne trainent jamais davantage que lorsque chacun d'eux est attelé seul, devant une charrette à deux roues d'une construction convenable. Des experiences faites en Angleterre ont dé- montré que quatre chevaux attelés séparément à des charrettes, en égalaient huit attelés à un grand charriot. Cela s'explique par la déviation des diffé- reutes lignes de trait, par l'inégalité dans l'emploi des forces, par l'absence d'une conformité absolue dans le mouvement, dans le pas, et dans les traits, et par la fréquente action des forces dans un sens contraire, qui ont lieu lorsque les chevaux sont reunis sur un mèême attelage. Le cheval qui agit seul peut étre dans la vraie ligne du trait, il conserve un mouvement uniforme, il n'est point entrainé par émulation, forcé outre mesure par la vivacité de son voisin, ni surchargé par son inaction. Mais pour eela il faut un arrangement particulier de l'attirail d'attelage et des voitures; il faut aussi que les chevaux soient dressés à se laisser conduire par des paroles ou des sigues, afin qu'un seul conducteur puisse diriger et tenir en ordre 5, 4 chevaux et plus, attelés chacun à leur charrette. Et comme on ne peut pas toujours employer à la fois un nombre égal de voitures à 1 cheval, on ne tient auprès des chevaux qu'un seul domestique, lequel les soigne à l'écurie, et on emploie alors avec eux des hommes à la journée ou à täche. Pour cela aussi il faut des chemins bons et unis, § 181. Si, suivant notre usage, on fait aussi travailler avec les attelages les do- mestiques qui pansent les chevaux, on ne met ordinairement qu'un valet avec quatre chevaux, mais alors dans le tems des grands travaux on lui livre la paille déjà hachée. Dans quelques économies rurales on trouve 2 domesuiques par attelage de quatre chevaux, et on appelle le plus jeune petit valet. Ce der- nier cas à lieu surtout là ou les chevaux sont employés plus particulièrement à la charrue et ou on les attèle plutét à 2 qu'à 4. Là ou il est rare qu'on sépare les quatre chevaux, on a coutume, lorsque cette division dait cependant avoir lieu, d'en confier deux à un journalier, ou bien, sur plusieurs attelages, on tient un petit valet. L'usage des attelages de trois chevaux introduit dans quelques contrées, ou celui de tenir un domestique pour trois chevaux, me parait désavantageux et à verne nmaur — qwil blewent Vanuage x roues ont de- falaient diffé- sence s les ont seul me, acité ge er duire er et mme aille Par ger- ment sque lier, Oll D' A GRICULT VURE. 117 tous égards rejetable. Comme les chevaux sont attelés les uns devant les autres, quoique le palonnier soit arrangé en conséquence, le plus souvent ils tirent à faux, ils se pressent les uns contre les autres, et le troisième cheval qui est ordinairement le plus jeune, celui qu'on veut ménager, s'en va aux buissons et aux arbres, ou marche dans les fossés; aussi trouve- von que les chevaux employés de cette manière, deviennent extraordinai- rement ombrageux. La marche, le mouvement de progression dans la trace frayée, lequel soulage si fort les chevaux, est le plus souvent dérangé, et par là les chemins en sont plus détériorés. Je trouve aussi que la charge tratnée par un tel attelage est de peu de chose plus forte, que celle tratnée par deux chevaux de même espèce. Lorsqu'on doit travailler avec deux chevaux( usage contre lequel les domestiques ont ordinairement de la prévention) le troi- sieme cheval d'un attelage est joint à celui d'un autre auquel il n'est point habitué. Ainsi nous admeitons en principe qu'il doit y avoir un valet pour quatre chevaux, et que, lorsque cet attelage doit étre divisé, deux de ces chevaux travaillent sous la conduite d'un journalier, suivant que cela a lieu dans diverses exploitations et dans la mienne en particulier. Si on répartit dans une juste proportion sur les diverses personnes qui en font partie, les frais du ménage proprement dit, ceux de Pentretien d'un valet doivent étre envisagés comme égaux à 54 scheffels de seigle. J'évalue le gage et les autres choses qu'un domestique reçoit, à 16 scheffels de même grain. D'après cela un valet qui est en état de conduire et de soigner un attelage de 4 chevaux, coùte annuellement la valeur de 50 scheffels de seigle. Pour les bœufs, le plus souvent on arrange les choses de manière qu'un homme, un bouvier, soigne leur nourriture et leur pansement, ou les garde en été au pàäturage. Mais ce sont des journaliers, qui travaillent avec eux et qui restent tout le jour au champ avec les attelages de rechange; là à chaque changement, les bœufs leur sont amenés par le bouvier. Les frais d'un tel valet peuvent étre portés annuellement à 40 scheffels de seigle. II peut fort bien soigner 30 bœufs, cependant il faut également en avoir un, quoiqu'il y ait un moins grand nombre de bétes. Je sais que dans plusieurs contrées l'entretien d'un domestique est évalué à beaucoup moins; mais dans le plus grand nombre de cas il revient à ce prix. 1§ 182. Je vais maintenant récapituler les frais du travail des chevaux et des bœufs en général et en faire le parallèle. 118 PRLNCIPES RAISONNES Les frais d'un cheval sont les suivans:. La nonrriture. 3.„„„„„ 9„ ⸗„ o„ e ⸗2„„«* 4 86 4 449 L'intérèt du capital, la dégradation, et le ferrage....... 86 L'aturail et les instrumens avee lesquels U travaille..... 90 Le valet employé avec 4 chevaux coüte 400 † ainsi pour 1. 100, † 725,* Pendant 300 jours; le travail d'un cheval reviendrair done par jour à ₰+ 2, 41 Mais si, pendant la moitié de ce tems, les chevaux trayaillent séparés en deux attelages, ensorte que les quatre emploient encore un journalier pendant 150 jours, il faut ajouter à la charge de chaque cheval † 57, 5 par année, er une journée de travail coùte alors † 2, 54 La nourriture d'un bœuf coùůte en moyenine...... † 150 Pour les risques, nOus portons eD compte. 9. 2* 0 0 0 ð* o o 2 12 Pour l'aitirail et les instrumens d'attelaggeoeoe.. 22, 5 Les frais d'un bouvier pour 50 bœufs, répartis sur chacun..... 10, 6 Le conducteur, pendant 250 journées de travail, coute pour chaque bœuf.. 6 0 2⁸ 0 6 e 0 0o 0 0 0 0 0 0 0 0„„ 9„ o. 62, 5 257, 6 Kinsi sur deux bœufs de rechange † 515, 2. Cette somme étant divisée por 250 journées de travail, les frais de la journée de deux bœufs de rechange montent à- 1 † 2, 03 Kinsi pour deux Pœufs de rechange moins que pour un cheval + 0o, 51 Dans tous les travaux auxquels Ies bœufs sont aussi propres que les chevaux, on fera plus d'ouvrage avec deux bœufs de rechange qu'avec un seul cheval; Mais il est beaucoup de circonstances en agriculture, oð les avantages des bœufs sont moins grands, quelqueſois mème ils diminuent au point de ne pouvoir balancer les soins onéreux de deux espèces de bétes de trait, et les retards que deux sortes d'attelages apportent dans Ia culture. Par exemple dans une économie rurale oùð on ne saurait se passer de 12 chevaux, et où Von pourrait outre cela employer encore 8 bœufs, on ferait tout aussi bien de ienir 4 chevaux de plus à la place des bœuſs; à moins que le patursge pour ceux-ci er les soins qu'ils demandent, m'y revinssent à très-bas prix. parés en lant 150 née, et hevaur, cheval; uges des 1 de ne trait, el exemple „et o bien de ge pouf 6 ....„ 1 indiquent 1 ⁴ journal, d'autres 2 ½ D'AGRICULTURV. § 183. Les travaux qu'on exécute avec les attelages sont principalement les suivans: 1.“ Labourer. Les données sur ce qu'une charrue peut labourer en un varient beaucoup. Quelques personnes, d'après leur propre expérience, et même 3 journaux. Toutes ces données 119 jour sont fondées sur la réalité, mais il faut peser les circonstances ausquelles ceue différence est due. La largeur de la tranche au labour en fait la prin- cipale. Si, sur une surface large de 30 perches de Rhin, je prends des tranches larges de 6 pouces, j'en ai 720 à faire; si au contraire je leur donne une largeur de 10 pouces, je n'en ai plus que 452. Si j'admeits que cette surface ait 50 perches de longueur, l'attelage aura a parcourir, dans le premier cas 10 ⅜ milles géographiques, et dans le second, seulement 6 ³; le tout indépendamment de l'espace parcouru en tournant la charrue. Le travail qu'une charrue peut ainsi ſaire en un jour, est donc en raison directe de la largeur des tranches ou sillons, ce à quoi on doit bien faire attention. Sur une terre moyenne on prend ordinairement des tranches de 9 pouces-. Dans ce cas, sur une étendue de 5 journaux, la charrue parcourt un espace de 14400 perches ou 7 ⅓ milles géographiques. Selon la proportion qu'il y a de la largeur à la longueur du fonds qu'on laboure, on tourne plus ou moins souvent, Pespace qu'on parcourt en tournant est plus ou moins étendu; cependant on peut le plus souvent admettre 7% milles pour moyenne. Si en conséquence et avec cette largeur des tranches; une charrue laboure 2 journaux par jour, le bétail de trait et homme parcourent 5 ⁵ milles, et on ne peut pas en attendre davantage dans un travail soutenu. Plos on est dis- posé à prendre des tranches étroites, moins on doit espérer d'ouvrage, tandis qu'au contraire plus les raies sont larges, plus le labour avance. Apres cela il faut considérer la nature du sol, s'il est meuble ou compacte. Dans ce dernier cas le bétail de trait doit employer une force incomparablement plus grande, inconvénient que quelquefois on surmodte en tenant des animaux plus foris, en leur donnant une meilleure nourriture ou en augmentant le nombre de bétes à chaque attelage. Cependant comme il est des établis- semens ruraux ouù la nature du sol est variée, on ne peut pas toujours s'y arrèter pour la combinaison des auelages et alors, sur un sol pesant, il ſaut se contenter d'une plus petite quantité de travail. En outre, surtout dans jes terreins argileux, l'influence de la température sur ce travail est irds grande. Tel sol se laisse ires-bien travailler dans un tems favorable, qui présente les 1 20 PpRINCIPES RAISONNES plus grandes difficultés lorsqu'il est trop sec ou quand il est trop humide, et dans ce dernier cas on ne devrait jamais y mettre la charrue. L'’Gtat dans lequel se trouve un terrain au moment ouù on le cultive, n'ap- porte pas moins de différences dans la résistance qu'il oppose aux instrumens, c'est ainsi qu'au premier labour, surtout lorsqu'il a lieu en été pendant la sécheresse, on ne peut pas, a beaucoup près, ſaire autant d'ouvrage qu'aux labours suivans. Dans une position lmontueuse, les difficultés et la lenteur du travail de I charrue sont considérablement plus grandes que sur un terrain plat. Vient ensuite la profondeur du labour; chaque demi pouce de plus, surtout en terre forte, fait souvent une très-grande différence dans la résisrance que le sol oppose à la charrue. On a déjà observé qu'on perd du tems en tournant la charrue à T'extré- mité du sillon, et que cet inconvénient nécessaire, est d'autant plus répété que le champ a peu de longueur. Mais la forme des sols, c'est-à-dire le pa- rallélisme de leurs côtés, ou P'inégalité de leur largeur, fait encore une dif- férence; si, vers la fin du labour, la partie du terrain qui n'a pas encore 6été labourée a la forme d'un triangle, on a à tourner d'autant plus fréquemment la charrue et on perd ainsi beaucoup de tems. Enfin la construction de la charrue a une influence considérable. Une charrue plus parfaite vainc avec beaucoup plus de facilité la résistante du sol; comme cela se remarque, surtout dans les terres argileuses et lorsqu'on fait des labours profonds; avec elle le bétail de trait est beaucoup moins fatigué, ainsi il a un pas plus vite, et est moins arrété dans sa marche. Dans les sols légers où le frottement n'est pas très-fort, le plus souvent on prépare lé terrain avec une houe à cheval, ce qui permet de prendre de plus grandes tranches lorsqu'on laboure. Il faut également faire attention aux saisons, tant à cause de la prièveité des jours, qu'à cause du dérangement de la iempérature, lequel peut donner des maladies au bétail, lorsqu'il est extrémement employé. On doit bien peser P'influence de toutes ces circonstances, lorsqu'on veut cal- culer d'avance la quantité d'ouvrage de charrue et des attelages en général, qui doit avoir lieu sur une étendue de terrain déterminée, pour prendre, d'après cela une détermination, sur la quantité de bétail qu'on doit entretenir. Après ce que nous venons de dire on ne s'étonnera pas de trouver des va- riations si grandes dans les indications fournies par des agriculteurs pratiques, sur la quantité de travail que leurs charrues exécutent. Mais en général il faut bien ide, et e,'ap⸗ rumens, nda nl la qu'aun l de la surtout Le que xtré- épété e pa- e dif. dre eu mmemt Une 1 s0¹; fait igue, nt on plus evelé onner ut eal- 41, 9 ui yaprès es va- ques, laut bien DAGRICULTURE. 121 bien disunguer entre ce que les charrues font quelqueſois, lorsque, dans un moment d'urgence et par un tems favorable, on en obüent en moyenne pendant toute Pannée. on les observe avec une attenuon particulière, et ce qu' Ces travaux et la force motrice qu'ils exigent, seront distingués avec plus de lorsque nous traiterons du labour en particulier. Ici nous admettons en principe que, sur ce qu'on appelle ierre à orge, composée de parties égales d'argile et de sable, on puisse, dans Parrière-automne, labourer Pune manidre satisfaisante 2 journaux, et lorsqu'on laboure profondément pour les récoltes racines, seulement 1 5. Au printems pour les pois,'avoine et les premières orges, 2 journaux; pour les secondes 2; en rompant pour la jachére, 2 journaux; au binage 2 4, et au labour de semailles 2 4. Ce sont là des moyennes qui peuvent être dépassées lorsque le tems est favorable, et au-dessous desquelles on reste, lorsque la température n'est pas propice. En général on pourra espérer d'une charrue attelée de bons bœufs de re— change, un quart de journal de plus que d'une charrue trainée par des chevaux. § 184. 2.) Herser. Ici la différence est encore plus grande qu'au labour; en eſſet elle dépend du soin et des instrumens avec lesquels cet important ouvrage est exécuté. Le hersage en rond est le plus efficace, mais aussi le plus difficile, et on pense en général que 16 journaux sont l'étendue la plus considérable qu'un attelage de 4 chevaux puisse en faire d'un jour. Sur un terrain tenace et garni d'herbe, on doit se contenter de 14 journaux; si eependant il ne s'agit que d'égaliser et non de briser les mottes, on peut, avec un tel attelage, herser 20 journaux dans une journée. Si Pon ne herse qu'en long, savoir, une fois en montant et une en descendant, on peut, avec 4 chevaux, précision, en faire de 24 à 28 journaux en un jour. On ne herse pas partout après chaque labour, quelquefois on ne le fait qu'a- pres le labour de semailles; ceci est une faute quelle que soit d'ailleurs Ia nature du sol, mais cette faute est impardonnable, si le terrain est un peu argileux et sujet à se mettre en mottes- Ordinairement on fait tratner la herse par des chevaux, à cause de la plus grande vitesse de leurs mouvemens*, cependant on peut égalementy employer des bœufs. 3) Passer le rouleau. Le plus souvent cette opération est omise dans le tableau * Les pieds des chevaux étant plus larges, et ces animaux en eux-mèême moins pesans que les bœufs, ils enfoncent beaucoup moins dans la terre labourée. C'est là une seconde raison qui, pour le hersage, les fait préférer à ces derniers.(Trad.) J. 16 1 22 PRINCIPES RAISONNES des travaux, et cependant elle est très-utile, tant sur les terres légères, que sur les 2. 5 7„ 14„. pesantes; selon que le rouleau est large et qu'il a peu d'épaisseur, ou qu'il est court et de grosse dimension, on peut avancer plus ou moins. S'il a une largeur de 8 pieds, on peut, avec deux chevaux, facilement le passer sur 18 journaux en un jour. Les rouleaux anguleux et à pointes demandent plus de force de trait. 4.) Les travaux de Pagriculture perfectionnée. On distingue ceux qui servent à la préparation de la semaille ou de la plantalion, et ceux qui ont lieu pendant la végétation. Aux premiers appartient la culiure qu'on donne avec le double grand- extirpateur à 11 socs, avec lequel quatre chevaux et deux hommes peuvent expédier 18 journaux en une journée, et celle avec le petit exürpateur ou charrue de semailles, avec laquelle un homme et deux chevaux en font 10 journaux en un jour. C'est également aux travaux de ce genre qu'est destinée la charrue tran- chante, qui, au moyen du versoir adapté à son coutre, divise la tranche horisontalement en deux parties, et jette la supérieure au fond de la raie. Pour exécuter autant d'ouvrage qu'on en fait avec une autre charrue, elle demande un cheval ou un bœuf de plus. Cependant deux bœuls ou deux chevaux peuvent aussi la mettre en mouvement, si on en exige moins de travail, et cette der- nière méthode va mieux aux habitudes des animaux. On s'en sert surtout pour rompre les gazons et les trèfles. 4 A la seconde espèce de travaux appartiennent les cultures faites avec la houe à cheval et les diverses espèces de ratissoirs, Passau et cultivateups à cheval, au moyen desquels un ou deux hommes, suivant les cas, à Paide d'un cheval, cultivent 6 journaux, en passant entre des lignes espacées à 2 pieds. La charrue desuünée à donner une culture plus profonde ou à faire des raies d'écoulement, a deux versoirs lesquels peuvent étre plus ou moins écartés dans leur partie postérieure; elle doit étre attelée de deux chevaux pour exécuter ce travail J. Le semoir pour semer les blés en lignes distantes de 8 à g pouces les unes des autres, peut, avec deux hommes et un cheval, semer par jour 12 journaux; cependant, en raison des retards qui surviennent quelquefois, nous prendrons 10 pour la moyenne*††. La houe à six socs qui est jointe à ce semoir, trainée * Aux charrues de cette espèce appartient le butoir destiné à pousser contre les plantes semées en ligne, la terre du milieu des raies.(Trad.) *r L'auteur passe ici sous silence les semoirs à blé employés en France et en Suisse, qui esurles du qu'il Ua une Sur 18 ait. servent dendant rrand- puyent Hateur font tran- aoche Pour mande euvent e der- urtout houe eval, eeval, arrue nent, parue vall*. s unes rnaux; ndrons trainée D'ACGRICULTURLT. par un chieval et dirigée par deux hommes, cultive avec ses différens grattoirs, ratissoirs et buttoirs, de 12 à 15 journaux, suivant que le terrain est uni et propre, et que les ouvriers sont exeroés. § 185. 5.) Le transport des engrais. Ce travail qui, dans une exploitation bien dirigée, est très-considérable, ne peut être évalué avec précision que sur un local donné, parce qu'il dépend beaucoup de l'éloignement des champs, de la bonté des chemips, de lasaison etavec elle de la température. Nous admettons qu'en moyenne les charriots de fumier soient trainés par 4 chevaux et soient tels que ces bétes peuvent les tratner sur des chemins passables, sans de trop grands efforts, e'est-à-dire qu'ils pèsent au moins 2000 l. On croit en général, qu'avec des charriots de rechange, un attelage peut en transporter, par jour et en moyenne, 12; savoir 15 dans les plus grands jours et 10 dans les plus courts. Mais comme ces circonstances, et surtout Péloignement des champs, apportent à cela des variations infinies, il faut que chacun fasse lui-méême son compte, et juge, d'après sa localité, si on peut faire plus ou moins. Lorsqu'il y a une grande inégalité dans Péloignement des sols, il se peut qu'une année où on aura à en fumer une très-grande et très-éloignée, pour ce seul objet seulement, on soit obligé de tenir un aitelage de plus qu'à l'ordinaire. 6.) Les transporis de récoltes. Ce travail varie également en raison de l'é- loignement. On serre 7, 8, 10, 12 et méême 16 charriots, avec des voitures de rechange. La charge d'un charriot de blé est ordinairement réglée par 15.5 20. ou 60. de gerbes. Mais comme la grosseur de celles-ci est très-différente, puisque, dans quelques endroits elles ne pèsent que 8I., tandis que dans d'autres elles vont jusqu'à 50*, cela ne dit en général rien de positif. A la moisson où tous les travaux sont forcés, 4 bons chevaux trainent fort bien 3500 l., er sur un chemin à la fois bon et pas trop long 4000, moyennant que les charriots soient assezgrands. Sion connatt à peu près la force des gerbes, on jugera facilement du nombre qui peut en être mis sur un charriot. A la récolte des foins on ne peut, en raison du volume, guères admeitre que 22 à 24 quintaux par charriot à 4 chevaux, et comme là on perd bien du tems à charger et décharger, et que d'ailleurs ce travail ne peut étre com- sèment les grains en lignes distantes d'environ 5 ou 6 pouces(de 14 à 16 centimètres.). Quoi- que ces semoirs embrassent dans leur largeur un espace de 2 pieds à ou 81 centimètres, on ne peut semer avec un seul cheval en un jour, qu'une étendue de 4 à 5 journaux. * Hest des lieux ou elles sont portées jusqu'à 45 kilogrammes. „9 124 PRINCIPES RAISONNES mencé le matin de bonne heure, on ne peut compter que 6 ou 8 charriois par jour, lorsmème que les prés sont assez rapprochés. Les travaux dont nous venons de parler appartiennent à des saisons parti- culières; maintenant nous allons parler de ceux qui reviennent dans toutes les saisons, et qui doivent étre faits en tous tems- § 186. y.) Le transport au marché des grains et autres produits. On croit commu- nément que 24 scheffels de grains d'hiver et de pois, 52 scheffels d'orge et 56 ou 40 d'avoine, peuvent éêtre mis à la ſois sur un charriot. A une distance dæ 4 ou 5 milles, on compte ordinairement un jour pour aller, un pour venir et un pour charger et pour vendre: à 6 ou 3 milles, on compte trois jours et demi; à 5 milles, deux jours, et à 2 milles un jour. L'éloignement du marché fait ainsi une grande différence dans cette opération, qui C'ailleurs est infniment nui- sible à Pattelage, en sorte qu'il y a beaucoup d'avantage à pouvoir l'épargner. Gest également d'après la localité et les circonstances qu'on doit esumer le transport des autres produits, et peut-ètre celui des objets de fabrication agricole, du tabac et d'autres végétaux destinés à la vente, du beurre, de l'eau-de- vie, etc. Dans les transports de laines on ne peut mettre sur un charriot qu'un beaucoup moins grand poids, à cause de leur volume; mais alors deux chevaux y suffisent. 4— 3.) Le transport auprès des bätimens rustques, des bois et autres objets de chauffage. On compte à l'éloignement de 1 jusqu'à 1 mille et ½, 1 moule ou toise de bois pour une voiture à quatre chevaux; à un plus grand éloi- gnement, seulement les 5. A une distance de demi mille, on peut faire deux voyages par jour. 1500 mottes de tourbe sont estimées autant qu'un moule ou toise de bois. Le moule ou toise a 6 pieds en hauteur et largeur, et 3 en profondeur ou longueur, 9.) Le transport des matériaux de baàtisse ou de réparations. Il ſaut compter annuellement quelque chose pour cela. Si cependant il doit y avoir des cons- tructions d'une certaine importance, il faut prendre pour cet objet un peu de laltude, et voir si ces charrois deivent étre faits par les attelages du do- maine ou par ceux des corvécs, ou si peut-èêtre il ne convient pas de se pro- curer, exprès pour cela, une augmentauion quelconque d'attelages. Sans cela une baätisse peut reculer les travaux rustiques non-seulement pour une année, mais mème pouc bien au-delà. 10.) Les charrois accessoires pour amener de la ville les objets de besoin, pour aller chercher les domestiques et les familles d'ouvriers, et pour diyers autres arriots parti- loules ommu⸗ orge et ce de 4 et un demi; t ainsi nui- guer. zer le wcole, au-de- qw'un s deux ets de noule eloi- deux moule gueuf, mmpier cons- un peu du do- se pro- us cela anee, ; pour autfes D'A GRICGCULTURE. 1 25 transports. Il est des positions où ces choses prennent beaucoup de tems, ensorte que sur 5eO0 journées de travail on a cru que 260 seulement étaient appliqués à des travaux de culture déterminés, et les 40 autres à des charrois accessoires. Mais tout tient à ce qu'on y meite quelqu'épargne, en profitant du retour des voitures qui ont transporté des denrées à la ville, lors même que, pour cela, les attelages devraient faire quelque détour. 11.) Les voitures pour des entreprises accessoires. Il peut quelquefois èêtre avantageux de faire des entreprises accessoires qui exigent beancoup de charrois, ielles par exemple qu'une tuillerie ou un ſour à chaux, ne fut-ce qu'afin de pouvoir entretenir un plus grand nombre de chevaux utiles. Alors, dans le moment des grands travaux, ou dans les tems les plus favorables, on suspend ces charrois, pour employer tous ces chevaux dans les champs, jusqu'à ce qu'on ait accompli les ouvrages de la saison; après quoi on emploie de nouveaux les attelages à ces entreprises sccessoires; il est mème des cas où il peut être avantageux au cultivateur de fourpir des chevaux à la poste ou de faire des charrois de marchandises; cependant ees cas sont rares, souvent mème, en y réfléchissant bien, on trouvera plus d'inconvéniens que d'avantages à employer de telles ressources. 12.) Les travaux d'amélioralion, comme applanissemens, transporis de terro, de mottes, de marnes, de chaux et de terreau. Si on veut entreprendre des opérations de ce genre sur une grande étendue, il faut bien examiner si on peut y employer ses propres chevaux, ou si on peut y consacrer les attelages de charrue dans la saison morte. Comme il est des momens ou les attelages ordinaires ont toujours du loisir, un bon économe aura toujours quelques travaux d'amélioration, auxquels il pourra les employer, lorsqu'ils n'auront rien de mieux à faire. § 187. D'après ces données, lesquelles cependant doivent ètre modiſiées suivant les lieux et les circonstances, on peut calculer quelle est la quantité d'attelages nécessaire à une économie rurale. Cette estimation peut étre faite d'abord d'une manière générale, ei la somme des journées de travail qui doivent avoir lieu pendant toute l'année, étre additionnée en un bloc. Dans ce cas on doit porter au moins 1 en sus pour entreprises accessoires et travaux d'amé- lioration, afin de pouvoir avec certitude suffire dans les périodes de travaux urgens. Mais on marche beaucoup plus sürement, lorsqu'on met en compte les travauxz gomme ils se présentent dans chaque saison, et qu'ainsi on fixe le nombre 126 PRINCIPES RAISONNES des attelages, de manière à avoir la certitude de suffire à tout dans tous les tems. Outre cela il faut encore avoir pour chaque période un excédent d'un dixieme, parce que les travaux peuvent étre retardés par les mauvais tems; pendant ceux-ci à la vérité on peut exécuter d'autres travaux accessoires*. Nous divisons ces périodes d'après les 4 saisons ordinaires, cependant sans observer précisément les époques du calendrier. Lhiver comprend 80 jours de travail, pendant lesquels on peut faire les transports d'engrais pour les récoltes-jachères et les légumes, et continuer de rompre quelques chaumes, si la gelée n'y met pas obstacle. Apres cela les attelages doivent être occupés à d'autres charrois. Le printems comprend 64 journées de travail, dans lesquels tombent les labeurs suivans, la plus part forcés. Pour les récoltes jachères, donner le 2.“ 3.“ et même 4.“ labour et hersage. Pour les légumes, un labour. Pour l'orge, deux labours. Pour Pavoine, un ou deux labours; ces deux dernières opérations peuvent étre en grande partie épargnées ou tout au moins diminuées, par l'emploi de Pexürpateur. Pour les dernières plantations de récoltes-jachères, transporter les fumiers ſaits récemment. Les opérations avec la houe à cheval, destinées à haâter la végétation; le hersage des blés hivernés. Leté qui commence avee le mois de juin, ou à peu près, comprend 80 journées de travail. Donner les labours à la jachère pour les grains d'hiver, ou donner le premier labour au trèffe et au champ de légumes, pour préparer les semailles d'automne. Charrier les fumiers destinés aux grains d'hiver. Continuer à différens produits la culture de la houe à cheval. * IIest indispensable d'observer ici à tous ceux qui commencent'exercice de l'agriculture et à ceux qui exploitent des domaines d'une étendue bornée, qu'ils ne parviendront pas d'abord à un emploi du tems assez parfait pour pouvoir accomplir leurs travaux dans le tems indiqué ici comme moyenne. Les tableaux que nous trouverons bientéôt, sont dr b essés d'après les ré- sultats d'économies rurales très-vastes et très-bien dirigées, 3 2 ·* et où parconséquent il y a une dis- tribution et un emploi du tems et des forces beaucoup plus accomplis qu'on ne peut-l'espérer les cas, sur un emploi en général. Je conseille donc aux commençans de compter, dans tous „„,.. 1... de iems et de forces plus grand d'un quart, que ce qui est indiqué ici.(Trad.) dus les nt d'un 8 dems; es T. ant sans faire les zuer de dela les 2nt les ISage. auvent Noi de fumiers ersage nd 90 emier omne, riculture sd'abord sindiqus les ré- une dis- lespérer emuploi D'AGRICULTVURVE. 127 Serrer la récolte des foins. Serrer celle des grains. L'automne, à dater du commencement de septembre, comprend 76 journées de travaill Donner le labour de semailles, herser, eite. Récolter les regains. Récolter les pommes de terre, les diverses racines et les choux. Rompre les chaumes ou les paàturages, tant pour les semailles du printems suivant, que pour la jachère morte de l'été. Il faut bien remarquer que le commencement et la fin de ces périodes, varient suivant les climats. Il peut se faire aussi que dans des années extraordinaires, Pune ou T'autre se trouve racourcie; alors il faut savoir prendre ses mesures pour accélérer les travaux. En général le commencement du printems peut être placé au milieu de mars; mais pour les glaises froides et tenaces ou pour les terrains inclinés au nord, il n'existe que quinze jours ou trois semaines après; ce qui fait une différence telle, que si tous les champs sont dans ce cas, il faut adopter une culture entièrement différente de celle qui conviendrait à un sol plus chaud. Là ou on ne sème que de l'avoine et de la grande orge, l'opinion la plus générale met la fin de ceite période au jour de St. Urbain, ou 25 de mai. Si cependant on sème aussi de la petite orge et du blé noir, cette période s'étend jusqu'au 15 de juin. Au reste il ne faut pas oublier que plusieurs fètes tombent ordinairement sur cette époque. Cette période est la plus pénible de toutes, et on peut être assuré que si, pendant sa durée, les attelages ont exécuté tout ce qui devait être fait, ils pourront parfaitement suffire dans les autres saisons. II faut ajouter à cela que, dans cette partie de l'année, on ne peut point exiger des altelages un travail très- forcé, parce qu'alors les chevaux ont fréquemment la gourme, et que, dans plu- sieurs établissemens ruraux, les bœuſs à leur sortie de l'hiver ne sont pas dans une vigueur complète, et c'est pour cela que l'allégement et la diminulion des trayaux au moyen des instrumens dont nous avons parlé, est d'une si grande importance. En automne le cultivateur prévoyant cherchera à hater autant que possible les travaux auxquels une gelée anticipée viendrait mettre fin. La durée de l'hiver peut êétre plus ou moins longue; souvent pendant son cours on exécute des travaux qui n'avaient pu l'étre en automne, ou bien on prépare ceux du prin- tems. Le transport des engrais auxquels cette saison est particulièrement propre, lorsque les champs ont une superficie platte, n'est pas compatible avec toutes les sortes d'économies rurales; dans le plus grand nombre de celles-ci, il ne peut avoir lieu qu'au milieu de l'été, au grand détriment d'autres travaux. § 188. On a bien coutume de faire une estimation approximative et le plus souvent exacte du nombre de bétes d'attelage dont on a besoin, lorsqu'on calcule ou qu'on recherche dans l'expérience du passé, combien il faut qu'on en N 128 PRINCIPES RAISONNES ait à l'époque des semailles de printems et d'automne, pour terminer ce travail en 4 semaines ou 24 journées de travail, d'une manière complète et convenable. Si une charrue attelée de deux chevaux exécute chaque jour le labour de semaille de 2 ½ journaux; et si quatre chevaux hersent par jour 16 journaux, en un mois un atelage de quatre bétes aura semé 90 journaux; si, au contraire, à cause de la tenacité du sol, de la profondeur du labour, ou de ce qu'en la- bourant on prend des raies ou tranches étroites, ou enfin à cause du manque de forces et de la lenteur des chevaux, on ne laboure que deux journaux par jour, le nombre des journaux semés se réduira à 76. Ainsi par chaque étendue de 90 ou 76 journaux de semailles d'hiver ou de printems,(suivant Pusage le plus ordinaire, de 112 ou 95 scheffels de semence) on doit tenir un attelage de quatre chevaux. C'est ainsi que dans plusieurs contrées pour un winspel de semailles d'automne, on a coutume de tenir un cheval. Mais lorsqu'on sème en avoine et en orge, une étendue aussi grande qu'en froment et en seigle, et outre cela beaucoup de légumes et de récoltes jachères, on ne peut, d'après la manière ordinaire de faire les semailles et les plantations, exé- euter tous les ouvrages du printems avec le nombre de bèétes qui suffit aux semailles d'automne*. § 189. Le plus sůúr est toujours de se faire un tableau des travaux que, dans chaque cas donné, d'après l'ordonnauce de son exploitation et d'après sa localité, on a à faire dans chaque période. On devra en mèême tems distinguer, en les plaçant en deux différentes colonnes, les travaux qui peuvent le mieux étre exécutés par des bœufs, de ceux qui doivent l'étre par des chevaux, et porter dans chaque colonne, à côté de la spécification du travail, l'indication du nombre de journées de chaque téte de bétail. Alors on déeouvrira qu'elle est la meilleure proportion pour le nombre de bœuſs et de chevaux qu'on doit tenir. Voyez ci-après les tableaux joins au 6 200. LES MANOUVRIERS § 190. Ceux-ci se distinguent d'abord: 6.) en valets qui ont loué leurs forces et leur travail exclusivement à notre économie rurale, et que, pour cet effet, nous devons nourrir et salarier. * On peut alors retirer de grands avantages de l'usage d'atteler des vaches, dont j'ai parlé dans la note jointe au§ 160. 5) e travail venahle. bour de Durnaux, ontraire, lu'en la. manque ournaux chaque suiyant it tenir s pour . Mais roment on ne s, exé- r aux chaque 6, on a placant XEcutés chaque ournées porlion 3 nolre jer. — jai parlé ) D'AGRICULTURL. 129 5) En manouvriers dont nous payons l'ouvrage par journée ou à la täche. Nous nous occuperons dans un article parliculier des corvéables, qui travaillent pour nous de leurs mains ou avec leurs attelages. § 191. Les circonstances locales décident si nous devons tenir plusieurs ouvriers de la première ou de la seconde classe; quelquefois ces circonstances ne laissent pas de choix, d'autrefois elles n'en laissent qu'un limité; rarement ce choix est enus- rement libre. Il semble qu'en général on doive pouvoir attendre des valets, comme membres de la famille, plus d'attachement, plus de dévouement à ses intéréts et plus de fidélité; la süreté avec laquelle on peut compter sur eux dans des tra- vaux qui ne souffrent pas de renvoi er qui se suivent chaque jour, P'inspection plus immédiate qu'on peut exercer sur eux, la dépendance et l'obéissance qu'on a droit d'en attendre, la responsabilité qu'ils ont des choses qui leur sont confiées, toutes ces choses parlent en faveur des domestiques. En revanche, les ouvriers à la journée et à la täche ne demandent pas autant de soins, on les engage au moment du besoin et on les renvoie à volonté, lorsque ce besoin cesse, ou qu'on est méconient de leur travail. IIsont plus laborieus là où ils doivent s'occuper d'eux-mémes et de leur famille, et où ils ont à craindre de n'avoir plus d'ouvrage s'ils exécutent mal ce qu'on leur a confé. Il faut ajouter à cela que, le plus souvent, les frais d'un valet ou de son travail, montent beaucoup plus haut que ceux d'un journalier. On peut même en moyenne les meitre à la moitié en sus, si on consideère l'ouvrage que ce valet a fait, et non le tems qu'il y a employé. § 192. Ordinairement donc on ne tiendra des valets que pour les travaux qui ne souffrent pas d'interruption et qui exigent une attention constante. Nous avons parlé, à 9 181, des valets qui doivent étre employés auprès des chevaux; la quantité et la composition des attelages en détermine le nombre. Dans quelques économies rurales seulement, on emploie des valeis aux travaux qui se font aveo des bœufs, sans cela sur 24 à 50 bœufs on n'emploie qu'un bouvier et, lorsqu'il y en a un plus grand nombre, encore un jeune homme qui lui sert d'aide. Un vacher suffit à 50 ou 60 béêtes, non-seulement au pàturage où, dans tous les cas et avec l'aide d'un bon chien, il peut en garder 200, mais aussi à l'étable, si en hiver on lui aide à haächer la paille, et si, en été, on lui fauche et amène le fouyrage vert. 17 130 PRINCIPES RAISONNES Le nombre des servantes de basse-cour est proporüonné, tant à celui des vaches, qu'à la quantité de lait que ces vaches rendent. Ces servantes sont employées, non-seulement à traire, à soigner la laiterie, mais eneore, et autant que cela se peut, dans la maison, au jardin, à la cul- ture du lin, du chanvre et d'autres produits, et aux récoltes; en hiver elles filent. Lorsque la nourriture à l'étable doit étre bien soignée, pour 50 grandes vaches- on compie trois servantes, dont„'une a Pinspection sur les autres. Dans quel- ques contrées on en tient un beaucoup plus grand nombre; le plus souvent une pour 10 vaches, mais alors elle doit leur donner la nourriture et enlever le fumier; deux choses qui, dans des établissemens ruraux d'une étendue moyenne, peuvent se faire mieux d'une autre manière. Dans les grandes vacheries du Mecklembourg et du Holstein, on ne tient qu'une servante pour 25 vaches. Daus de grands établissemens on doit tenir encore une servante pour les tra- vaux domestiques. Un berger est nécessaire pour que les cochons soient bien entretenus; cette branche d'industrie n'est point tellement insignifiante, qu'on puisse la vonfier à une vieille femme ou à un enſant. C'est seulement lorsque nous traiterons de la bergerie, que nous pourrons parler du berger de moutons et de ses aides, parce que la manière de les entretenir et de les salarier varie beaucoup. Ce berger n'entre dans les calculs ordinaires d'économie, qu'autant qu'il reçoit un salaire en argent ou en denrées. Outre cela le plus souvent on tient un mattre-valet chargé de l'inspection des travaux aux champs et dans les cours et bätimens; qui préside aus labeurs des charrues à bœufs et des journaliers qui les conduisent; qui travaille également'à la moisson etaux autres ouvrages, et qui est chargé de tenir les ouvriers dans l'ordre. II doit de plus soigner les instrumens de labour, les réparer et en faire de neuſs. Dans de grands établissemens ruraux, outre ce mattre-valet, il y a enoore un inspecteur des bàtimens, qui est principalement ocoupé à faire et réparer le charronage, et qui soigne en mèême tems les travaux dans les cours, les réparations et les petites coustructions. Quelquefois on tient aussi un ou plusieurs valets de ferme, qui aident dans des travaux inopinés. Mais le plus souvent ces valets sont remplacés par des journaliers sürs, lorsqu'on peut s'en procurer de tels. § 195. Où ces domesüques habitent dans les batimens d'économie, y sont nonrris et pourvus de sout le nécessaire, et par là méême ne sont pas mariés; ou bien on leur alloue pour leur nourriture une certaine quantité de denrées, ils vivent 1 1 celui 4 litenie, àl cal- llesſlent. es vaches- ans quel- Ssouyvent tenlever étendue grandes pour 25 les tra- s; cette coufer à pourrons utretenir dinaires lon des eurs des ement à Pordre. neuſs. bore un parer le Paralions lent dans s har des nvonrris ou bien b wfent D'A GRICULTURE. 131 dans des habitauions séparées et sont mariés. La première manière est incon- testablement plus avantageuse, soit quant aux frais, soit quant à la surveillance. Plus le nombre des valets est grand, plus les frais pour chacun d'eux diminuent; parce que pour le logement, le feu, la luwière et mèéme la nourriture, on peut épargner d'autant plus, qu'il y a plus de monde. Là où il y a très-peu de domestques, il pourrait étre avantageux de donner à chacun sa part en denrées. Mais si Pon doit en entretenir, il convient sans aucun doute de diminuer au- tant que possible le nombre de ceux qui reçoivent leur entretien en denrées, et de n'avoir que des gens non-mariés; parce que ces premiers cherchent à nourrir toute leur famille aux dépens de l'établissement; qu'ils sont rarement satisfaits de ce qu'on leur donne pour leur entretien, quoique plus que suffi- sant pour leur personne, et qu'au contraire le plus souvent ils cherchent encore à emporter chez eux ce qu'ils peuvent, ce dont il est difficile de leur ôter l'oc- casion. Cependant comme pour quelques places, telles que celles de mattre-valet, de vacher et de bouvier, qui demandent des gens posés et plus àgés, on en trouve rarement de non mariés, il faut bien quelqueſois alors se squmeitre à leur donner leur nourriture en denrées. § 194. Pour l'entretien ct la nourriture des domestiques etsurtout au commencement d'un établissement, il faut avoir égard aux usages de la contrée; on doit prendre à ce sujet les renseignemens les plus détaillés. Il west jamais, ou que bien rare- ment, profitable d'y apporter des changemens; alors mème qu'on voudroit améliorer le sort des valeis, on pourrait facilement exciter le mécontentement de gens qui tiennent si fort à leurs habitudes. Dans la plupart des pays, chaque jour, chaque saison, plusieurs jours de ſète mêéme, ont leur nourriture fixée, et les domestiques seraient mécontens si à tel jour ils n'avaient pas ce qu'a tel autre, peut-ètre, ils ne voudraient pas manger. A la moisson, partout il y a une nourriture plus abondante et meilleure, on ne doit rien y changer, si on ne veut diminuer le zèle, l'activité et la gatté, qui, dans ce moment-là, sont d'une si grande importance. Lorsqu'on accorde aux domesuques ce qui est d'usage, et qu'on a acquis la preuve qu'ils le regoivent en effet, il ne faut point céder au mécontentement qu'ils pourraient témoigner, parce que, si on montre de la faiblesse dans une telle occasion, les prétentions de ces gens n'ont bientôt plus de bornes. § 195. On ne peut rien dire de général sur les frais d'entretien d'un valet et d'une 13² PRINOIPES RAISONNES servante, à cause des nombreuses variations que les usages des pays et des Beux y apportent. La différence d'une contrée à une autre est si grande, que souvent elle varie d'une moitié. Cependant en général on trouve que les domes- niques, là ouù ils sont mieux nourris, et surtout là où on leur donne plus de viande, travaillent plus fortement et se laissent mieux employer à toutes sortes d'ouvrages, en sorte que la valeur de ce qu'ils font, n'est pas éloignée d'égaler ce que chacun d'eux coúte à entretenir. On trouve dans divers manuels d'agri- culture et d'économie politique, P'indication des usages de plusieurs contrées et la spécification de chacun d'eux. Il m'est calculé nulle part avec plus de préeision, que dans les expériences sur Péconomie, faites par le comte de Podewills à Gusow. 3 D'après une moyenne ürée de ces données, dans les contrées qui me sont plus particuliérement connues, les frais d'entretien d'un valet, d'un fromager, d'un vacher, doivent etre&gaux à la valeur de 54 scheffels de seigle ou 272+; ceux d'une servante et d'un jeune homme à 28 sch., ou 224+; dans cette valeur est comprise celle de tout ce qui leur est nécessaire, comme ſeu, lumière, couche. En argent Ia différence est assez grande, à cause de celle qu'il y a dans le prix des denrées. Le gage varie également beaucoup; cependant ordinairement il est plus en rapport avec le prix du blé, qu'avec la valeur nominale de l'argent; on peut Pesumer pour un valet à 16 scheffels de seigle, ou 128+, et pour une servante, y compris la toile et les autres choses qu'elle reçoit, à 12 scheffels ou 96 †. Le gage du maitre-valet est ordinairement un peu plus élevé que celui des autres domestiques; celui du vacher, au contraire, un peu plus bas. § 196. D'autres ouvriers reçoivent leur salaire ou par journées, ou àla täche pour une certaine mesure de chaque espèce de travail, ou enfin par une portion déter- minée du produit de ce travail. Si Pon veut tenir les ouvriers dans une certaine activité, le travail qui se fait à la journée demande Linspection la plus suivie. C'est à ce patement par journées que les bommes gagnent le moins, et pourtant dans le fait c'est de cetie manière que le travail coüũte le plus cher. En moyenne, un journalier qui fait un ouvrage tout simple et qui travaille modérément, gagne en huit journées 1 scheffel de seigle; on peut donc le porter à 1 † par jour. Les femmes, et en général les individus plus faibles, gagnent en douze jours 1 scheffel, ou par journée 2 †; cependant encore ici il y a des différences. Les ouvriers qui sont payés à la täche demandent moins de surveillance, il suffit d'examiner si le travail est bien exécuié. bet des de, que 8 domes. lus de tes Sorles G'égaler 1 d'agri- nirées et ences zur ne sont mager, 2 †; s cette miere, à dans plus en I peut vante, ui des r une ſeter- dui 8e ut par est de rnalier D huit t, Les jours ges. ce, 1 „ 2 D'AGRICVULTURE. 133 Onne sauroit nier que ce dernier genre de rétribution ne soit décidément plus avantageux et pour le cultvateur et pour Pouvrier; car il n'est point égal que le manouvrier pense à avancer son ouvrage, ou seulement à employer son tems, en ménageant ses forces autant que possible. De cette manière il doit natu- rellement gagner davantage qu'à la journée, par conséquent il peut aussi se nourrir mieux, se procurer quelqu'aisance dans son intérieur, et conserver sa sonté et ses forces. De cette manidère aussi le travail a plus d'attrait pour lui, il réfléchit au moyen de sele rendre plus facile, il se procure de meilleurs ouuils et il acquiert de Phabileté dans'exécution, surtout si, à des époques réglées, il fait souvent le môme ouvrage. Daus beaucoup de travaus il peut se faire aider par sa femme et ses enfans, et ainsi accoutumer de bonne heure ces derniers au travail, ce qui contribue d'autant plus à son bien étre. Loin donc de rejeter cette institulion, comme plusieurs cuftivateurs insensés le font, par la raison que leurs ouvriers gagnent trop, et bien qu'ils voient claire- ment que, de cette manière, l'ouvrage leur coüte moins à eux-méèmes; le culti- vateur sage nese laissera rebuter par aucune difficulté, de meitre ceite institution en usage, pour tous les travaux dont la valeur peut, de quelque manière, étre calculée à'avance. La rétribuuon qui consiste en une parue du produit du travail lui-moͤme, a lieu surtout pour le battage des grains. Les batteurs regoivent le 14.“ 16.“ ou 18.“ scheffel du produit. On en trouve l'usage établi même pour la moisson; dans ce cas, les moissonneurs reçoivent, tant pour scier que pour faire toutes les autres opérations de la récolte, la 11.“ 12. ou 13.“ gerbe. On peut aussi Pintroduire pour quelques autres ouvrages, surtout pour la ré- colte des pommes de terre; là, comme dans d'autres opérations, il s'agit seulement de voir que le travail soit fait convenablement et non d'une manieère précipitée et nuisible. Lors mème que Pexécuüon d'un iravail à'tache ne procurerait au cultivataur q'autre profit que celui d'une plus prompte exCcution de son travail, dans plusieurs- sas ce scrait pour lui un très-grand avantage. § 197- Afin de Sassurer d'un nombre suffisant de journaliers ou d'ouvriers à la täche, dans le plus grand nombre de contrées il est nécessaire d'avoir des habitations pour des familles de ce geure, et de les leur louer pour de l'argent ou un cer- tain nombre de journées de travail, sous condition de travailler exclusivement pour le propriGtaire, moyennant une rtribution fixe. Le nombre de ces familles Joit érre calculé et fixé dans la proportion des travaux et des besoins de la 134 PRINCIPES RAISONNES culture. II faut qu'elles puissent suffire aux ouvrages indispensables; mais aussi qu'elles ne soient pas plas nombreuses que cela n'est nécessaire, puisqu'à divers égards elles pourraient étre à charge. En effet, il faut pourvoir à ce qu'elles aient au moins leur subsistance, et à ce que, dans le cours de'année ‚elles puissent mettre quelque chose de côté. Là ouù il en est ainsi il ne manquera gudères de familles d'ouvriers, surtout si, avec le logement, on leur donne aussi le chauf- foge dont elles ont besoin. Il leur faut un petit jardin pour la culture du- légume le plus nécessaire, ou une petite pisce de terrain; mais il ne faut pas que celle-ci soit assez étendue pour qu'il puisse leur étre plus avantageux d'em- ployer leur tems pour elles-même que pour le propriétaire. Dans les con- trées où on peut avec cerütude avoir des ouvriers demeurant au dehors et qui ne soient point assujettis, on s'en trouvera sans doute beaucoup mieux, alors méme qu'on les paierait un peu plus cher. Si on ne peut avoir des ouvriers étrangers qu'à certaines époques, il faut n'entreprendre les travaux qui n'appartiennent à aucune saison particulière, comme par exemple diverses bonnifications, que lorsqu'il s'offre le plus grand nombre de manouvriers ‚par conséquent lorsqu'ils sont à meilleur marché. § 198. Pour calculer le nombre de yournaliers ou d'ouvriers d la tdohe nécessaire à une économie rurale, les travaux suivans doivent être mis en compte comme les plus ordinaires. 1.) Les labours avec des bœufs ou des chevaux. Si, sur un attelage de quatre chevaux, on ne tient qu'un domestique. 2.) Le hersage avec des bœufs. Si, à défaut de chevaux, ces premiers doivent quelquefois éêtre employés à cet ouvrage; de méème le charroi avec les bœufs, si on n'a pas de domestiques qui puissent y être employés. 5.) Les travaux pour les fumiers; le transport de ceux-ci hors des étables, et le soin, souvent très-utile, de les retourner, de les arroser et d'en détourner les eaux; pour charger les engrais, il faut 11 ou 2 hommes par attelage, suivant que les charriots de rechange sont plus vite emmenés et ramenés, et que le fumier est plus ou moins compacte. Pour décharger, le conducteur de Pattelage sufft ordinairement; cependant lorsque plusieurs attelages sont occupés au mèême charroi, il est souvent avantageux d'employer un homme pour aider à cet ouvrage ei en même tems pour veiller à une bonne distribution des tas. 4.) Epandre le fumier sur le terrain. Il est reçu qu'une femme puisse le faire en un jour sur 1 journal ou i journal et quart, et un homme sur 1 et demi jusqu'à deuz. Cela dépend au reste beaucoup de la quantité qu'on en a mis et I 4 3 P. 1 nais aussi u diyers lles dient 8 puissent gudres de le chauf- lture du. ſaut pas d'em- Es con- hors et mieux; oir des ravaux iverses s, bar ssaire à comme quatrè ſoivent wœußs, es, et ourner suivant que le attelage pés au r aider ſes tas. e ſaire demi mis et p'A GRICULTURE. 135 de Pétat du fumier, du soin qu'on met à le diviser autant que possible et à le distribuer avec beaucoup d'égalité. Ce dernier soin est si important qu'il ne faut rien y épargner. Souvent il est nécessaire de jeter le fumier pailleux dans le sillon avec le räteau ou le trident; cela emploie une personne pour deux charrues, quelquefois méme pour une seule. 5.) Semer les grains. Cet ouvrage est ordinairement fait par le maftre-valet; on compte qu'un homme sème par jour 18 scheffels de grains d'hiver, et 24 scheffels de grains de printems. Un semeur habile peut, à lavérité, semer heaucoup plus; mais, si on compte l'étendue d'après la quantité de semence, cela dépend alors du plus ou moins d'épaisseur qu'on donne à la semaille, et peur- étre souvent on a perdu bien des scheffels de semence en semant trop épais, pour avoir voulu mettre en terre beaucoup de grain en un jour. II faut done s'arréter plus à l'étendue qu'à la mesure de semence, et étre content si un homme sème convenablement 15 ou 16 journaux dans la journée. 6.) A la moisson on compte qu'avec un engerai(faulx garnie de baguettes pour amasser le blé en méème tems qu'on le coupe), chaque homme fauche et met en javelles 2 journaux et demi; pour räteler, lier et rassembler, on eompte 2 journaux par chaque ſemme. Cependant des gens vigoureux, qui wavaillent avec zèle, peuvent faire un tiers de plus. On peut porter ceite moyenne un peu plus haut, lorsqu'on coupe le blé avec la faulx simple. Avec la faucille une personne scie en un jour'étendue d'un journal. Si le champ n'est pas trés-éloigné des hâtimens rustiques, et si, au moyen de charriots de rechange, le transport de la récolte se fait avec célérité, chaque attelage emploie deux chargeurs et une raâteleuse, sans cela, seulement un homme. Pour décharger à la grange, lorsque le travail est accéléré, il faut deux hommes pour décharger et deux pour meitre en tas, outre cela trois femmes par chaque dixaine de pieds de la profondeur du tas. Si les intervalles d'un chiarroi à Pautre sont plus grands, souvent deux hommes suffisent. Lors- qu'on arrache le chaume avec un raàteau à cheval, un homme avec un cheval en font ordinairement 10 journaux en un jour. J.) A la fenaison on compte 1 journal et demi par faucheur, et autant par faneuse. Lorsque, comme cela arrive souvent, les prés sont très-éloignés, on doit compter moins; pour le fannage, la température fait une très-grande différence, de sorte que par un très-beau tems on a besoin de moins de gens. Pour faucher le trèfle, lorsque le terrain est bien uni J. „ on peut compter * Et que le trèfle n'est pas versé. T'rad. 156 PRTINOIPES RAISONNES 2 journaux et demi par faulx, et comme la manière d'opérer le fanage en est urès-simple, on peut admettre qu'une personne suffit pour 4 journaux. Pour charger et décharger on compte au pré le méme nombre de personnes ei au fenil la moitié de celles employées à la récolte des grains. 8.) Pour la culture des récoltes jachères, les méthodes varient beaucoup- Si on la ſait avec les instrumens convenables, de la manière à la fois la meilleure et la moins coũteuse, un journal occupe les ouvriers suivans. Pour planter les pommes de terre, deux personnes; pour arracher les mauvaises herbes qui restent lorsqu'on a achevé la culture avec la houe à cheval, une personne; pour récolter, un homme et huit femmes. 9.) Pour semer en lignes des raves et autres peutes graines, un homme en sème par jour avec le petit semoir 5 journaux; deux hommes à l'aide d'un cheval peuvent en un jour faire les raies sur 12 journaux. Pour semer des fèeves en lignes, afiu d'éviter les longueurs, on emploie deux personnes; un homme et un jeune garçon; ils expédient en un jour 5 ou 6 journaux. M Le travail de sarcler et éclaircir des raves semées en lignes doit étre donné a la läche. Iei on paic pour une ligne de 40 perches 5 pfenn., et la personne qui fait cet ouvrage gagne 5 à 6 gros par jour; ainsi elle fait par jour environ un journal*. Pour arracher et couper la fanne il faut de 4 à 5 femmes par journal. 9.) Si, pour soigner le bétail et lui donner sa nourriture, les domestiques ne suffisent pas, en particulier si on lui donne beaucoup de paille hachée, on * Je crois devoir avertir ici mes lecteurs que la culture des récoltes jachères qui ne veulent point étre butées, est tout autrement couleuse que celle des plantes qui demandent de l'ètre. Pour la culture de celles-ci, Popération du butage étouffe la plus grande partie des mauvaises herbes qui poussent dans les lignes, en sorte qu'il ne reste que bien peu de chose à faire à la main, tandis qu'un sarclage soigneusement fait et répété, est indispensable aux plantes qui ne peuvent pas étre butées. Il ya plas encore; dans les terres argileuses et tenaces où les houes à cheval trouvent plus de résistance, pour ne pas courir le risque de gaâter la récolte en cultivant entre les lignes avec le ratissoir et les autres modifccations de houes qui ne butent pas, il faut, ou éloigner les hgnes plus que cela n'est utile aux plantes, et dans ce cas il y a toujours une grande partie du ierrain qui mest pas cultivée, ou donner la plupart des cultures à la main, et ceci d'autant plus que, dans les terrains de ce geure, les instrumens à cheval jettent toujours plus ou moins de moittes de terre sur les plantes qui sont dans les lignes, quelques précautions qu'on prenne pour empécher que cela n'ait lieu. Ainsi donc, le tems attribué ici à cet ouvrage sera souyent insusffiant, Trad. est aage en est ux. e bersonnes t beaucouh. la meilleure planter les herbes qui personne; nomme en kaide d'un n emploie un jour tre donne personne r environ nal. estiques hhee, on — veulent de l'étre. nauvaises 4. 1 à faire à lautes qui uvent plus les lignes loiguer les e parlie da autant plas ou moins ous qu'on rage sera 65 D'AGRTICULTURE. 13„1 est obligé d'y employer des journaliers, dont le nombre dépend des circons- tances paruculières de chaque exploitation. Pour laver er tondre les bétes à laine on compte pour 1000 bétes de 60 à 7o journées. On a également besoin de journaliers pour divers ouvrages dans les cours rus- tques et le ménage, si on n'a pas des valets en surabondance. Outre cela on doit quelquefois en employer à la place de domestiques malades. 10.) Pour faire le jardin, que nous suppesons cultivé d'une manière irès- simple, et pour lequel on est aidé par les servanles, on compte annuellement einq journées d'hommes par chaque journal. 11.) Pour curer les fossés et les rigoles, pour rétablir les eléôtures, réparer les dommages et les chemins, il aut compter, sur toute l'étendue du terrain, demi jusqu'à une journée par journal. Au reste cela dépend de l'étendue et da nombre des clôtures, des chemins et des fossés. 12.) Les travaux d'amélioration ne peuvent point être calculés d'une ma- nière générale, mais on y emploie les ouyriers dans les momens où on a moins d'occupations. 15.) Le battage des grains se fait le plus souvent à tache, au moyen d'une part au grain battu, ordinairement la 16.“ partie. Il s'entend de soi-méme que ces données ne peuvent pas étre adoptées sans exception, et qu'elles varient suivant les différences qu'il y a dans la manipula- non, suivant Phabileté et Pactivité des ouvriers. Elles sont telles qu'on peut les attendre du travail non forcé d'un journalier, et nullement la mesure d'un ou- vrier vigourcux et actif qui travaille à la täche.. Tout comme dans les travaux des attelages on peut envisager ceux-ci comme suffisans, lorsqu'on est parvenu à achever les semailles, de même on aura assez d'ouvriers si on a pu accomplir la moisson. Et les ouvriers qu'on a eu à eette époque, dans une bonne exploitauon, on pourra également les employer pen- dant toute l'année- § 199. Une plus ou moins grande partie du travail a quelquefois lieu par corvées Paitelages ou de personnes. Quelqu'avantageux et nécessaire qu'il puisse étre, tant pour celui qui y est assujetti que pour celui qui en a le droit, d'abolir les corvées au moyen d'une juste indemnité; quelque bien qui, dans le plus grand nombre des cas, puisse en résulter pour la société, cependant Pagriculteur ne doit point les négliger, il doit au contraire chercher à les mettre à profit autant que possible. Mais cela même dépend beaucoup des procédés qu'on a envers les I. 18 138 PRINCIPES RAISONNES corvéables, et ces procédés doivent varier selom le caractère national deshommes, quelquefois selon le caractère des habitans du lieu même. Celui qui n'emplotra la sévérité que lors qu'elle sera nécessaire, et qui, par de la bonté er de petits pienfaits, saura disposer ses gens à une activité avantageuse à eux-mémes; celui qui abrégera le travail en récompense du zèle et de Pactivité; celui qui, sous certaines conditions, dans des cas urgens, saura se relächer de journées des corvéables, pour favoriser leurs propres affaires; ce propriétaire obtiendra, dans bien des cas, davantage qu'il ne le ſerait avec la plus extrème sévérité. En général on ne saurait déterminer la quantité d'ouvrage qu'on peut tirer des corvées, ni par le nombre de journées, ni par la mesure de travail fixée par les conventions. Pour chaque cas il faut avoir égard à la localité, à Pexpérience du passé, aux circonstances actuelles des corvéables; mais si l'on veut avoir la cerütude de pouvoir suffre, il faut, dans tous les cas, rabattre beaucoup de ce qu'on croirait pouvoir obtenir. Comme, excepté dans quelques districts de'Allemagne, la plus petite partie des travaux seulement se fait par corvées, il faut réserver celles-ci pour les ouvrages dans lesquels la bonne exécution importe le moins. Pour les labours et les hersages, si ce n'est dans les terrains sablonneux, elle est de grande con- séquence, puisque la différence en moins sur la récolte d'un champ mal labouré, dépasse de beaucoup ce qu'il en eüt coùté pour le cultiver avec son propre attelage. C'est encore plus le cas là où le corvéable est tenu à une journée fixe. Laà oùà Pon cultve les champs par corvées, il ne pourra que très-rarement y avoir une culture et une économie rurale très-bien entendues. Kinsi donc autant que Possible il faut employer les attelages de corvées à des transports d'engrais et de grains, ou à d'autres charrois. Dans le plus grand nombre de cas, on envisage deux de ces attelages comme égaux à un du domaine mème; mais il est bien rare, si celui-ci n'est pas très-mauvais, qu'il ne vaille pas encore davantage. Om peut en général mieux compter sur les corvées personnelles, si, de quelque manière, on obtient la bonne volonté des hommes qui les doivent. On asur ce point aussi pris pour règle que trois ouvriers en corvée équivalent à deus journaliers. Au reste ici encore on trouve de grandes différences; il y a des cas où Pon ne peut compter ces services que pour peu de chose, tandis qu'il en est d'autres, surtout à la moisson, oü ils sont très-utiles. On peut les rendre beaucoup plus efficaces, en donnant quelqu'encouragement à ceux qui les doivent. Lorsque d'après les circonstances du moment on aura calculé ce que, dans chaque période, on doit attendre de pareilles corvées, on le déduira de la somme des travaux qu'on doit exécuter avec ses propres attelages, domes- tiques et journaliers. ümes— plotra peuits ; celui , Sous bes des 4, dans t lirer ée par fience oir la de ce parue ur les abours e con- bouré, ropre 2 fixe. avoir rque et de isage rare, Aque point aliers. u Pon ulres, p plus dans de la mes- p'AGRIGUL TVUR E. § 200. Pour servir d'exemples à ces 139 calouls ou Gvalualions de travaux, je vais donner ici des tableaux de diverses formes, lesquels se rapporteront avec les comptes de culture qui viendront ensuite. J. E. VALUATILON Des travaux nécessaires à une exploitation rurale soumise à Passolement triennal avec jachère, Comprenant, 1000 journaux de terres labourables. 150 journaux de prairies- 300 journaux de päturages. 1 Des 333 ½ journaux consacrés à la jachère, on en sème 50 en trefle et 50 en pois. PRINCIPES RA 180NNES EVALUATION DES TRAVAUX. JO URNEES DE TRAVAIL DE N. bre de 3— Deux borufs OUVRIERS. TRAVAUX. un Jour- de—---õ——— 1 „ cheval. rechange- femmes. hommes. A U PRINTEMsS. 50 Jachère en pois, labour. à 2 journ. par jour1¹— 5⁰ 25 4 Q2 herser, à 12.. 16—— 166 ¾ 12.“ Jabour pour l'orge, labour. à 2+½..— 148 74 . heiser à 14.. 473—— 333 ½ 32.“ labour p. Pavoine, 3 dit. p.“ l'orge 2 2 6 labour. à 2 ½³..— 266 ⅔ 133 ½ 1— HRerser..... 83 ½—— —; 1 2 321 SoMMAIRE de tous les travaux du printems 147½ 464 ⅔ 232 Ges ouvrages doivent étre accomplis en 60 jours, ainsi, pour y suffire, l'établisse- ment a besoin de 2 ½8 chevaux, 7½ bœuſs de rechange, ou 10 chevaux. I.* ENET E, OUVRAGES DE CHARRUE. 233 ½ 11.* labour de jachère, labourer à 2 journ.— 233 116 ⅔ herser à 14 66—— 233 † 12. dit.... labourer à 2 5.— 186 93³ ½ herser à 18 ‧ 51⁴—— 233 ½ 3. dit.. jabourer à 2 S..— 186 93 ½ herser à 18... 51—— 50 Rompre le chaume des pois, labourer à 1 ½.— 66 ⅔ 33 ½ herser à. 18. 11 ½—— SOMMAIRE. 181 673½ 336 ⅔ TRAVAIL RELATIF AUX ENGRAIS. 116 ½ Transport du fumier à 7 charr. par journal et 2 journaux par jour, 14 charr. 233——— Conduire 3 attel. 195 jours, à 2 charr..—— 58 ⅔ 58 ½ Epandre, une femme par journal...+——— 116 ⅔ S0 MMAIRE„ 233 ¼— 58 ½ 175 * On suppose ici la charrue toujours attelée de deux chevaux et conduite par un homme seulement; tandis que pour le hersage et les autres labeurs, les attelages sont calculés à quatre chevaux. Trad. — DP'AGRTICUL T EVALUATION DES U R E. TRAVAUX. — 1 DE — ENS N. bre des jour- ommes. naux. — 331 333 G 50 9 1665 1663 3 — 150 56 58 116 —— 175 4 — — nhomme . f JOURNEES DE TRAVAII. DE T R A V A U X. un- Deux bœufſs 0OUVRIERS 1 de———— cheval. rechange. hommes. femmes. M O 1 s.8 O N. urEs HVERNES. Faucher, à 2*½ journ. par faulx— 133 ½ râteler à lier à 2 journ. par personne.——— 166 ⅔ Charrier les gerbes, 10 journ. par atte- lage chaque jour...... 133 ⅓——— Charger, ràleler pr. 3 attelages chaque jour quatre personnes—— 22 22 Mettre en tas, 2 hommes et 8 femmes.—— 22 88 Pols. Faucher, à 1½journal par faull—— 33 ½— Charrier, à S journ. par attelage.. 25——— Chargerr—— 6 6 Mettre en tas, 2 hommes et 8 feommes.—— 4 16 OnGE. Faucher, à 3 journaux par faulx..—— 55 ½— Raâteler et lier, à 3 journ. par ſfemme.——— 55 ½ Charrier, à 15 journaux par attelage 44 ½——— Charger, à 4 persennes—— 8 8 Meitre en tas, 2 hommes et 8 ſemmes—— 8 32 AvorNr. Faucher, à 3 journaux par faulx.—— 557— Raäteler et lier, à 3journaux par femme.——— 554 Charrier, à 15 journaux par attelage.†+¶ y44 ½——— Charger, 4 personntntrttevpeoe—— 8 8 Meittre en tas, 2 hommes et 8 ſfemmes.†—— 8. 32 SO MMAIRE. 2471— 363 ½ 489 ½ 3 ₰3 FENAISON. PRAIRIEs. Faucher la 1.„e coupe et faner..—— 100 100 Charrier, 50 chars par jour par chaque attelage............. 28 ½——— Charger, etc. à 6 journaux.....—— 7 ½ 71 Mettre en las, 1 homme er 5 femmes—— 2 ½ 12½ TnRkrrr. Faucher 2 fois, à 2 ½ journ. par faulx.—— 40— Fauer, à 4 journaux par femme——— 25 2] Par 1e. 5 Charrier à 7 charr. par attelage, chaque jour............... 28½——— Charger; à 6 personnes..—— 7 ½ 7 Au ſenit, 1 homme et 5 ſemmes—— 2 ½ 124 sOMMAIRE. 57— 160 165 7 7 SoMMAIRE de tous les travaux d'été 719 V 673 V 918 ½ V 829 5 à quatre „ 142 PRINCIPES RAISONNES 4 A1 KVALUATION DESTRAVA U X. 8 e N. bre JOURNEES DE TRAVAIL DE de .. e euuſ UVRIERS. .[ RàA V A. U X. un Deux bœufs jour- de,— naux. cheval. rechange. hommes femmes. ENAUTOMN E,. oUVRAGES DE CHARRUF. 3 4 4. 2 3 50[Rompre le trèfle, 1 lahour, à 1½ journal.— 33 16 ⅔— herser, à 14...... 14——— 50[Ayant rapporté des pois, 2.“ labour, pour les. . 3. 3 4 c. grains d'hiver, à 2rsz.— 44 ½ 22— herser, à4 14...... 145——— 3* 5 4 3 233 ⅓ Jacheère, labour de semaille, à 2*X......— 207 ½ 103— herser, à 18.... 52—— 333 1 Chaume de seigle, rompre, à 2....— 333 ½ 166— 4 82 11 SOMMAIRE. 8⁰ 618½ 309 ½ RECOLTE DES REGAINS. 150 PRAmIs. Faucher et fane r—— 100 100 Serrer 25 charr. à 6 charr. par attel. 16——— Charger..........“—— 4 3 Meltire en tas..........—— 1 ½ 7 ⅔ 16 ⅔— 106 112 3 1 SoMMaAIRE de tous les travaux d'automne. 97 618³ 415 ½ 112 EN HIVEKR. TRAVAII RELATIF AUX ENGRAIS. 50[P.*yÿ vois. Charrier le fumier, 7 charriets par jourual, par attelage 9 charriots. 153—,, Charger 1 homme 1 ſfemme....—— 38½ 38 G Epandre 1 homme par journal..—— 590— 8 8 SoM MAIRE. 153— 88 ½ 38 3½ TRANSPORT DES GRAINS AU MARCHE. 6 ¼ Winspel pois 27 3... orge. 47 5.... seigle à 3 jours par voyage. Grains d'hiyer... 645 de printems 264 SOMMAIRE. 9009. SONMAIRE de tous les travaux d'hiver. p'AGR LCULTURE. EVALUATION DES TRAVAUX. JOURNEES DE TRAVAII. DE † R A V A. U X. un Deux bœukfs 0UVRIERS. de 35— cheval.„echange. hommes. femmes. CHARROIS ET TRAVAUX DIVERS. Amener des la forêt, distante d'un mille, 50 moules de bois..................... 200—— Transporter à la ville 9o quintaux de laine, deux charriots à 4 chevau X.............. 24——— Tondre 9oo brebios...——— 5⁰0 Rigoles, raies d'irrigation et d'écoulement, 500. Travail des cours 250. Jardin 30....—— 780— SoMMAIRE des charrois et travaux divers.. 224— 780 5⁰ 2 7 KECAPITULATION. Travaux de printems: Travaux de charrue.. 147 ⅜ 464 232— Travaux de l'été(a): Travaux de charrue. 181 ½ 673 ¾ 336 ½— (b)—— pour les fumiers 233— 58 ½ 175 (c)—— pour la moisson.. 247 ⅓— 363 489 ½ (d)—— pour la fenaison.. 57 ¼— 160 165 SoMMaAIRE des travaux d'été. 719 † 673 ⅔ 918 ⅓ 829 ½ Travaux d'automne(a): Travaux de charrue... 80 6183 309*½— (b): Récolte des regains... 16 ⅔— 106 112 SoMMAIRE des travaux de l'automne.. 97 ½ 61¹8 415 ⅓½ 112 Travaux d'hiver(a): Travaux relatiſs aux fumiers. 153— 88 ½ 38 ½ (b): Transport des grains au marché 9⁰9——— SoMMAIRE des travaux d'hiver. 1062— 88 ½ 38 ½⅔ Charrois et ouvrages diveris.. 224— 780 5⁰0 SoMMAIRE général de tous les travaux... 144 PRINCIPES RAISONNES Si Pon tient 8 chevaux, et qu'il y ait 500 jours de travail, cela falt................ 2400 journges. Er 16 bœufs mis en rechange, à 240 dits...... 1920 4520 journées. II en resterait 518, qui suffiraient à peine pour faire les voitures accessoires et pourvoir aux accidens. Tout au moins aurait-on besoin d'un cheval surnu- méraire; en été, surtout à la moisson, les chevaux ne pourraient suffire. Mais si Pon tient 15 chevaux, ainsi 6 de plus, ils suffiront à tous les travaux. Pour 16 bœufs il ne vaut guères la peine de tenir un bouvier et de leur con- saorer les päturages, qui d'ailleurs sont très-bornés et nécessaires pour les bétes de rente. Si Pentretien d'un cheval coùte 535+ ei celui d'un bœuf 162 6 chevaus coüteront de plas que 16 bœufs, avec le bouvier, 258 † ou 524 scheffels. Mais Pépargne de cette valeur balancera difficilement bincommodité inhérente à deux genres d'attelage. Si, outre le battage, un homme ne fait que 220 journées, et que, pour oette exploitation rurale, on ne puisse pas se Procurer des ouvriers du dehors, on aura besoin de onze familles d'ouvriers qui, alors, avec l'aide des domestiques, suffiront pour accomplir la moisson en six semaines. Pour 22 journaux de blés d'hiver il faut un cheval. ſournees, djournées, accessoires val surnu- iflrre. 5 travaux. leur con- les hétes chevaux els. Mais 1 e à deux vour celle hors, on nestiques, 8 D'A GRICULTURR. II. EVALUATION DES TRAVAUX d'une exploitation rurale soumise à la culture alterne, avec Päturage, et divisée en huit soles, et comßprenant 1200 journaux de terres arables. 150——— de prairies. 1400——— de paturages séparés. ASSOTLEMENT. 1 Jachère. 2 Seigle. 3 Orge. 4 Avoine. 5 Trdèfle à faucher. 6 7 7 Paturage. PRILNCIPESS RAISONNES EVALUATION DES TRAVAUX. N. bre JoURNEES DE TRAVAIL Lour⸗— TRAVAUX. d'un d'un d'une . 3 naux. cheval. ouvrier. ouvrière. A. U PRINLTEMS. 150[i.er labour pour PYavoine, avec 2 chevaux, à 2 ¼ jour- naux par journée de charrue(†)....... 133 ½ 33 ½— Hersage, avec 4 chevaux, à 16 js. par journèée d'attel. 37 ½—— 150 labours pour Porge.. à 2 ½.......... 266 ½% 66 ⅓— kersage......... à 16........... 75—— 75 L.er labour pour rompre le päturage, à 1...... 85⁵ 21¼— Hersage........ 2 160... 19 ½—— Les 90 charriots de fumier qui restent, peuvent 6tres consacrés au jardin et à la partie des prés qui est dans le plus mauvais état. Le plus grand éloi- gnement des prairies est compensé par le rap- prochement du jardin. Je compte ici, comme dans la suite, 12 charriots de fumier par atte- 3 lage et par jour.............. 30—— 8 Semer et planter au jardin, par journal 5 journées, dont je ne porte ici que 3, les 2 autres apparte- nant à la periode d'éteéé.— 8 16 1200 Faire les raies pour Pécoulement des eaux, curer les fossés, entretenir les haies, réparer les chemins; par journal de terre ½ homme, dont la moitié portée en automne et ici seulement le reste..— 300— Un journalier chaque jour pour liächer de la paille; j'en porte dans chaque saison-4..— 7o— SoMMAIRE. 646 ½ 499 ½ 16 Comme ces ouvrages doivent etre exécutés en 60 jours, il faut chaque jour 10 ⅓ chevaux, 8 ½ ouvriers, 1 ouvrière. 2 2 EN EFT E. 2.. 150[Labourer 2 fois pour le grains d'automne, à 2 ½.. 240 60— Herser 2 fois................ à 16 ·.. 75—— 150[Charrier fumier, par journal 7 chariots, par journée 12 chariots.................... 550—— Porté à page suivante... 665 60— — 77 (*) Les journées de charrue sont calenlées à deux chevaux, les autres iravaux sont calculés par journée Dattelage composé de quatre chevaux. Trad- — AVAIL — b c'une ouyvrière. — p'AGRICVUL T UR K. FVALUATION DES TRAVAUX. TRAVAUX. IJOURNEES DE TRAVAIL 16 — — — — par joumee 150 150 KWA la grange, par jour, 2 hommes et 8 femmes... Transport.. Charger... par attelage 1 femme et homme. Epandre... par journal ½ homme et ſemme. Charrois des seigles. . 8. 12 3 4 ·. 150 journaux grains d'automne, à 9 scheff. de produit par jourual, 1350 scheffel, à 86 liv. 116100 liv. La proportion du grain à la paille est celle de 40 à 100, en conséquence la paille monte à.......... 290250 Total 406350 liv. Le chariot compté à 3500 liv. cela fait en tout 116, dont chaque jour 15 par attelage....... Si donc 32 chevaux, ou 8 attelages, doivent exé- cuter ce charroi en un jour, il sensuit que 3 attelages le finiront en 2 ½. Un chargeur et une raàteleuse aveo chaque attelage.. Ala grange, 2 hommes et 8 femmes pendant ioute la durée du charroi.... Faucher les grains d'automne, à 2 ½ journ. par faulx. Ramasser et liiiieie:... „„. Moisson des orges, 150 journaux d'orge, à g scheffel par journal; 1350 scheff., le scheff. à 68 liv. 91800 liv. de grain. La proportion du grain à la paille est comme 63: 100.... 145714 liv. ——— Total... 237514 liv. TLe chariot, à 3500 liv., cela fait 68 chariots, dont par attelage et par jour 15.... Ce charroi est fait par 35 attelages, ainsi il est achevé en 1 ⅓ jour. Un chargeur et une rateleuse par attelage.. Faucher J'orge,... 3 journaux...... Ramasser et lier, à1u.. porté à page suivante... 1 —ͦᷣ˖-öę— d'un d'un d'une cheval. ouvrier. ouvrière. 665 60— — 43 ½ 87 — 75 75 32—— — 8 8 — 5 ½ 21 — 60 —— 75 18 ½—— — 4 ½ 4 ½ — 3 12 — 50— —— 75 715 309 3 357 ½ 1 PRINCIPES RATSONNES EVALUATION DES TRAVAUxX. 7 N. bre de jour- nauxX. TRAVA U X-ü TOURNEES DE TRAVAIL. ———:n— 150 150 150 Transport... Moisson des avoines. S scheffels de produit par journal 1200 scheffels à 32 liv............. 62400 liv. de grain proportion du grain à la paille comme 6 r: 100........ 102295 liv. Total. 163895 liv. à 3500 liv. par chariot; 47 chariots, ce qui fait, à 15 chariots par journée d'attelage...... Ainsi 3 attelages suffiront pour les serrer en un jour Un chargeur et une rateleuse par attelage..... A la grange...... Faucher..... à 3Z journaux... Ramasser et lier, Aà 2................ Kécolte du trèfle, 1. eoupe Faucher.. .„.„„„.. 9 „„.... Faner à 3 par ourrière. Produit 1000 liv. par journal, ainsi 150000 liv. de four- rage sec, ou 68 chariots, à 2200 liv. Charrier, 8 chariots par attelage.... Charger, 1 homme et 1 femme par attelage..... que le charroi dure, 3 jours.... Récolte des ſoins, 1. coupe. Faucher à 1 ¾ journal.. raner...... A 1 †................ Produit 8ooliv. par journal, ainsi 120000 Iiv. ce qui, à 2200 liv. par chariot; fait 54 chariots. Charrier, à 6 chariots par jour Charger 1 homme et 1 femme........... Meitre en tas 1 lomme etd4 femmes pendant 3 jours Récolte du trèfle, 2.“ coupe. Taucher. A 2 journaux..... Bauer...... à 3.... Produit Goo liv. par journal, ainsi 9000 liv. de four- ragè sec, ce qui, à 22 quint. par chariot, en fait 41. „.„„„„⸗ . ⸗.„.. „„.„„„ ⸗„„ ⸗ „„ 0. 9 „„„,„ Porté à page suivante.. .. à 2 journaux, par fauls.... Mettre en tas i homme et 4 ſemmes aussi long-tems— d'un d'un d'une cheval. ouvrier. ouvrieère. 715 ½ 3095 357¾ 12 ½—— — 3 3 — 2 8 —. 50— —— 75 —— 50 34—— -. — 3 12 — 100 —— 100 — 9 9 — 3 12 —— 50 — AVAII. — d'une ouyrière. D'AGRICULTURE. vVALIL UATTITON DESTRAVAUX. 100 IOURNEES DE TRAVAII. Nbre. u T RAVAUX e ane jour- 4 d'un d'un d'une naux. cheval. ourrier. ouvrieère. Transport... 799 637½ 683½ Charrier, à 8 chariots par attelage, chaque jour 21—— Charger homme et 1 femme par atielage...— 5 5 Meure en tas, aussi long-temps que le charroi dure,. par jour 1 hom. et 4 fem., pendant 1 jour et.— 1⁴ 7 8 Semer et cultiver au jardin, les 2 journées laissées en arriègre au printems...............— 4 12 Lex du journalier occupé à hächer la paille..— 70— 4 3 9.2 S, SoMMAIRE.. 820 71875 709 ⅓ Gomme ce travail doit étre accompli en 80 jours, il faut avoir 10% chev.,—ouvriers et9 ouvrières. ENAUTOMNE. 150 Donner le labour de semaille, à 2 ½ journaux.. 120 30— Herser.............. A 16...... 372—— 150 Paucher le regain....... à 1 1.......— 100— Haner.........................— 100 Produit, parjournal 400 liv., ainsi 60000 liv., en comp. — 3.*.— 2*.. lant le chariot à 2200 liv., cela fait 27% chariots Charrier, à G chariois par attelage, chaque jour. 18 4 2 57 due] 1 41 Charger, par chaque attelage 1 homme et 1 ſemme— 4 ½ 42 4 8₰ι 2. 1 2 Meure en las, 1 hom. et 4 fem. pendant 1 jour.— 13 6 300 Chaumer pour Vorge et- T'avoine de Pannée suivanle; à 2 journaux. 300 7⁵— 5 1 1! 75 Rompre le päturage....... Aà 17...... 85 214— „ 2 3 4 Herser........... a 16....... 195—— La moitié des journées destinées à faire les raies d'é- coulement, curer les fossés, etc.....— 300— Le du journalier employé à hacher la paille...— 70— 1 1 1 SoMMAIRE. 5 80 ⅔ 602 ½ 110 ⅔ Comme ces travaux doivent ètre accomplis en 70 journées de travail, il est nécessaire d'avoir 8Tchevaux, 8 ⅜ ouvriers hommes, 1 ½ femmes. PRINCIPES RAISONNES EVAILUATION DES TRAVAVUX. EN HIVE KR. Chevaux. Charroi des grains à 3 milles de distance. Le produit net, après déduction de la semnce, s'est Glevé à, seigle 1181 scheffels. De cette quantité sont à déduire a) le salaire des batteurs, le 16° scheffel de 1350 sch. 84 ½ scheffels. b) La consommation de 8 domestiques hommes, à 12 he. 186 9—— ſemmes, à 10— 270 ½ scheffels. Il reste ainsi à faire le charroi de 9iox* scheffels= 38 charrois à 24 scheffels.. 3⁰4 Orge, 1181 scheffels, dont à déduire a) Le salaire des batteurs, le 16 scheffel, de 1350 scheffels. 84 scheffels. b) Pour farine, orge mondé, gruau, etc....... 20 104 scheffels. Il reste à faire le charroi de 1076%5 scheffels= 34 charrois, à 32 scheffels.. 272 AvomE, 995 scheffels, dont à déduire a) Le salaire des batteurs, le 169 scheffel, de 1200 scheffels 75 scheffels. b) La consommation de 12 chevaux, à 70 scheffels par année 840 .. 915 scheffels. Il reste à faire le charroi de 78 scheffels en 2 charrois........ 16 Outre cela Le charroi de 36 moules de bois, à la distance d'un mille, à moule par jour. 144 Charrois divers pour transport d'objets nécessaires à la consommation, etc.. 52 788 Lex du journalier employé à hächer la paille, 70 journées d'ouvriers. Les travaux d'bhiver doivent èetre accomplis en 72 journées de travail, il faut avoir, pendant cette période, 11 chevaux et 1 ouvrier. RECAPITUILAITIO N. SonMaAIRE genéral des journées d'ouvriers, hommes. 1890½ 2. 1 2 femmes. 835 †₰ Comme il est reconnu que si, au printems, on peut suffire aux travaux avec les attelages, et, en été, avec les ouvriers; le même nombre d'attelages et d'ouyvriers suffit pendant toute 5.„ 2=... 1.. 1 L'année; je pense qu'alin de pouvoir satisfaire à tout, on devrait tenir habituellement 12) chevaux, et fournir un établissement à neuf familles d'ouvriers. Si méme on supposait ce domaine exploité avec des bœufſs, on ne pourrait cependant pas réduire le nombre des chevaux au-dessous de 8, à cause du grand nombre de charrois de 1 ſfourrages et de grains qui doivent y avoir lieu: les quatre autres seulement, pourraient étre remplacés par 4 altelages de bœufs de rechange. N. — Cheraux- — fels. els. s. 3⁰4 b. 8. . 272 n. s. 16 144 52 788 al —=ꝛ— es attelages, andant toule nellemenl ¹2 pendant pas charrois de rraient eèlre — D'AGRICULTVURE. III. EVALUATION DE TRAVAUN pour un domaine. oomposé de 150 journaux de prairies- 1200 journaux de terres arables, parue sabloneuses et parue argileuses, divisés en sept soles. AVEG nourriture du bétail à l'étable. ASSOLEMENT. 1. Récoltes sarclées,(pommes de terre, fèves). 2. Orge après les pommes de ierre, froment apreès les fèves. 3. Tréfle. 4. Trefle. 5. Grains d'automne. 6. Pois et vesces. 7. Grains d'automne. P RINCIPES FEVALUATIONDESTRAVAIUX. RAISONNE S IOURNEES DE TRAVAII. N. bre ([(·—— de jour- TRAVAUX. dyun Deus bœufs d'un d'une de naux. cheval. ouyrier. ouvrière. rechange. AU PRINTEMs, en 64 journées. 90 En pommes de terre donner le 2.¹ labeur, à Z jonraaur par charrue..— 78 38— Hersage., à 16—R par attelage. 22 ½——— elalwur vühr planter,. à 2— 78 39— Sie aney Na.......... 22 ½——— 81 En Fèves, labour de semailles, à 2....— 81½ 4⁰— Semaille en lignes............— 18 18 171 En pois et vesces, labour,... à 2 ½. 170— 73½— Hersage,....... à 12..... 57—— 90[En pommes de terre, culture au grand extirpa- teur udnduchagedle eents à 18 journ. 20— 5— Hersage en long,.... A 24... 15——— 812 Proment, hersage Pour couvrir la semence deofle. 120.. 16——— 81 ½ Pèves en ligne, donner la 1re. culture, à 6. 14— 12 12 90 pr. Orge, passer le Srand extirpateur, à 18 20— 5— Hersage.......... 8 22.... 15——— Enterrer la semence avec le petit. extirpateur. 28— Hersage.......... 4 18.... 15——— Passer Ae rouleau........... 18——— 90 Planter les pommes de terre.....——— 225 171 p.⸗ Pois, nansſoertor 4 chariots de fumier par journal..........229——— Charger At épandre soigneusement.— 200 60 r des pelits ourrages...........—— 200 100 P.-ÿ divers charrois accessoires.. 72——— SoaMAIRE des travaux du printems... 724 23⁷7 631 415 4 P'A GRICULTURE. — EVALUATION DESTRAVAUX. VAIL 3 S Nbre..* IOURNEES DE TRAVAII. d'une de—— 3 oupriere. jour- TRAYV A U X. d'un Deux bœufs H'un d'une de — naux. cheval.] rechange. bomme. femme. EN ETE, en 8o journées. — 171 ½ CHAbME DEPols. Labour. à 2 ½ ſe par eharus— 138 69— —. Tlwer, A13. 38——— — 90 Ponr. DE TERRE. CultivCr 3fols..... 435— 45 45 — 81 ½[FEvES.... Buter...... 14— 14 14 — 171 ½ TRkEIE.. Rompre avecla Chareme tran. 18 chante(voy.§ 184), à rjonrn. par jour.— 229 114— herser, à 16...... 43——— RECOLTEsS. — 42 4 4 GnAINSAuUT. Faucher, à 2 ½ jx. par ſfaulx.— 170— Ramas. erlier, à à 2. par person.——— 213 .— Charrier... Aà 12.. par atlelag.] 141——— 12 Charger et ràteler..—— 32 32 . Meittre en ias à la grange..—— 24 90 171½ Pols Er Vrscrs. Faucher, à 1½ jl. par fauſx.—— 115— — Charrier............. 76—— — Charger et rateler........—— 24 24 — Meitre en tas.........—— 24 60 88 9o[Onecr. Faucher.. à 3 journ. par faulx.—— 30— 225 Ramasser et lier.........—— 5 Charrier............. 24——— -— Charger et räteler..—— 6 6 bo 1 Mettre en tas dans la grange...—— 12 50 10o 117[TRLrIE. Faucher.. à z journ. par faulx.—— 58 ½ de — Charrier.............. 39——— —, Charger et rateler........—— 10 10 415 Mettre en tas au ſenil.—— 10 40 Porté à page suivanle.. VALUATION DES TRAVAUX. pRINCIPES HAISONNES IOURNEES DE TRAVAII. En N. bre de— TRAVAUX. nue. jour- d'un d'une naux. cheval. ouvrier. oyrieren L Transport.. 420 629 150 PaxlKrrs. Faucher, à 15 journal par faulx..—— aRen...........— 100 Charrier......... 50 Charger elrätelern— 12 Meitre sn tias—— 50 pour ouvrages accessoires, durant cette pé- riodhe..................) 1¹60— 120 A quoi il faut ajouter que le trèfle en vert doit etre charrié avec une paire de bœufsf destinée à cet usage particulier. SOMMAIRE des travaux d'été.. 630 9¹1 AUTOMNE, en 76 journées. 90 PonuMES DE TERRF. Donner le 1.“ labour pour Torge de printems.—— Ierser.......... 18— 90 DoMMEs DE TRRE. Labourer profondément, à I ¾ journl.— Herser en long.. 222— 81 ½ CHAURNL DE rtVEs. Rompre p. semer froment, à 24 journaux——— 81 ½[CH. GCRAINS D'AUT. Labourer profondément pP.* ſèves, à 1½journal+— 09— Herser, à 16 journaux.. 21—— 42 GRAES D'AUTOMNE. Enterrer la semence au—— petit exurpateur..... 85—— Herser... 74—— 117 TRirrk... Faucher la 2.“ coupe——— 1 Faner-.—— 30 Charrie,,.. 20—— Charger et räteler....—— 10 Mettre en tas...—— 22 Porié à page suivante.. 240 ⅜ 405 62 VAIL d'une ouprière, D'AGRIOVUL TE R E. EVALUATION DESTRAVAUX. FURETE TRAVAUX. TIO0URNEES DE TRAVAIIL. — d'un cheval. Deux boœufs e rechange d'un ouvrier. 16 X d'une ouvriere. —ᷣᷣ44,j.j.—— r I 2 V — 1— —— 31511111 150 90 81 90 [PooM. DE TERRE, récolter, 1 hom. et 8 ſem. Cependant, dans cette période, comme an Transport... PRAIRIES. Faucher le regain........ Panen.................... Channier................... Charger et räteler....... Mettre en tas.......... PoM. DE TERRE. Charrier p.- l'orge, 10 char. de fumier par journal... Charger........ Pour FRVES, Dhwymier 10 ariols de Humioh par jonrnal... Charger et épandrte.. por journal...... Cbarrier, 1 aulelage et 1 ouvrier p. 13 journaux........ Divers travaux à bras durant cette période. Divers charrois accessoires...... Sommaire des travaux de l'aultomne.. EN HIVER. C'est dans cette saison qu'ont principalemen' lieu les charrois pour la vente des blés. Si lon admet quiil faille 2 journées pour une voiture, il faudra pour cela, d'après une estimalion de la récolte ſaite sous déduc- tiou de la semence et de ce qui doit eêtre consommé................. les autres, une partie des travaux peut être renvoyée à un autre tems, si cela est plus opportun........... Les Charrois de bois et autres voitures acces- soires pourront très-bien éôtre faits dans cetie période par des bœufs bien nourris et qu'on aura eu soin de tenir en haleine; on peut mettre en compte pour cela-.... Le battage a lieu dans cette saison au scheff. 16; mais il faudra p. divers travaux accessoires. Sommaire des travaux d'hiver.. 44 41 1004 1400 405 2773 100 8 8 RATSONNES Outre les ouvriers ci-dessus il doit y avoir encore 156 PRINCIPES EVAIL UATIONDES T RAVAU X. — IOURNEES DE TRAVAII. —.— R E C A P 1 T U L A I 1I O N. Deux bœufs] d'un qlune d 2 ouyrier. ouvrière. rechange. Pravaux de Printems............ 237 ⅓ 631 415 d'EIé.................... 367 1221¹⁵ 9¹¹ d'Autome.............. 405 953 ½ 1170 d'Hiver.................. 400 140 SoMMAIRE.. 1409 ½ ¹2946 ½ 2496 1 Mattre-valet chargé tant d'inspecter les travaux dans les cours et bäatimens que de semer. 4 Charretiers. Aide. Vacher. Bouvier. Servantes pour soiguer le bétail. (servantes de basse-cour). 1 Servante de maison. 1 1 1 2 Berger pour soigner les cochons. 6 P'AGRICULTURLE. L. . TV. An- KVALUATION DES TRAVAUX — d'une Pour er. ourriere. un domaine composé de — 43 150 journaux de prairies. 1 A„„ hu 100——-— de paturages séparés. u1no 1200——— de terres arables, divisées en 11 soles de 109 —— journaux † chacune. h2496 A8S80L EMENT. 1 Récoltes jachères avec 10 chariots de fumier par journal. . 2 Orge. dans les 5 Trefle. 4 Tréfle arrose en hiver avec des eaux de fumier- 5 Colza avec 6 chariots de fumier. 6 Froment. 7 Pois fumés par dessus, à-5 chariots de fumier par journal. 8 Seigle. . 9 Vesces fumées par dessus, à 4 chariots de ſumier par journal. 10 Seigle. 21 Avoine. PRINCIPES RAISONNES EVALUAITITIONDESTRAVAU xX. — N bre PRINTEMS 4 de 64 jours de travail. Soles. TIRAV A UX.— our. un[2 bœufs de OrVRIPNS m IDceuſs naug. cheval.[rechange. hommes. femm aal rechang — 2 1 2 5— E— 1 109 SorE des récoltes jacheres. Labourer profondément en en automme, à 1 ½ jl. par charrue attelée de 2 chevaux........————— Herser... à 16 jx. par attel. de 4 chev.————— Charrier le fumier 1090 2 cbar., ce qui fait 10 chariots par jl., à 8 chariotspar attelage.————-— Charger, par attelage, homme et 1 femme.————-— Lier, par journal, 1 homme—— 109 Labourer, p.- la 2, fois, 2 ½ jI, par charrue. 2 3,6 46,⁸ Herser... 16 par attelage. 2 711 9317 1 49 1r Labourer, p.’ la 3.“ fois, p.“ planter les pom. de teriiee à 2 ½ journaux.— 3975 1975 Planter les pom. deterre, 2ꝝν fem. par journal..!——— 122* Herser, à 18 journaux par attelage..... 10½—— 1 Caultiver avec l'extirpateur, à 18 journaux par journée de 4 chevaulrn———— ol— Herser en long à 24———— 84 Cultiver 3 fois à la houe et au cultivateur à cheval, i chev. et 1½ hom. 6 jx. par jour.———-— Récolter, parjournal, 1 homme et 8 femmes.————-— Charrier, p.* 4 j.x un attelage et 1journalier.!————— 60 Donner le3.“ labour p. des rutabagas, à 2 ½ j.— 48 24— Herser............ à 18.. 13——— Passer le marqueur, ahommes et ¹ cheval en font, d'un jour, 20 journaux....... 3— 6 Semer des rutabaga en lignes avec le petit semoir, 1 homme 6 journauux—— 10 4— Eclaircir avec les houes du grand semoir, ¹ cheval, et 1 ½ homme p.“ 12 journaux.———— 5 1— . 60 Cultiver 2 fois les rutabaga au ratissoir à che- val, i chev. et 1 ½ homme p.“ 6 journauxk———— n— Arracher, par journal, homme et 4 femmess————-— Charrier, par journal, Jattelage eti homme.!]———- 11 11913SoLE de l'Orge. Labourer la sole des récoltes jachères, p.- l'orge du printemssuivt., à 14 journal.———-— Herser en lon à 20 journ.———-— Enterrer la semence au pelit extirpateur, 2 chevaux, 10 journaux par jour 2121— 16 Herser en long e à 24 journx. 18—— V Cultiver au printems avec l'extirpateur, 18 journaux par atielage. 24%— 67— Porté à page suivante..] 11821 180r! 23719 122 682. AuUX. PRIN de à jours de D' EVALUAT AGRICULTURE. 10ONDESTRAVAGX. —x LLN Tänal FTD, de 80 jours de travail. AUTOMNE, de 76 jours de travail. HIVER, de 80 jours de travail. — — bœußsde l rechange. — ODFnn Wam geval. —— 2 bœeuſs de O UVVRIERS. rechange. hommes. femmes. — un cheval. 2 bœeuſs de rechange. — OUVRIERS. hommes. femmes. — un cheval. rechange. 2bœuſs de OUVRIERS. — hommes. ſemmes. — — — — — PRINGIPES EVALUATION DES TRAVAUX. RAISONNE S — N. bre PRIN TEM S, de 64 jours de travail. de 80 oles de T RA V A U X. A—— jour- OUVRIERS. Wut un bouſsde 1 un Lebcxu naus. cheval. frechange. hommes. femme Jeval-reche — Transport... 180 23712 1228 68 Herser en long, à 24 journaux........ 1872 Pass. le roul. p. enter. la gr. de irèfle, à 18 j.. 12211⁄6— 3 III. N09 Tairrk... Herser au printeums... à 16 j. 27 IV. 109r TRixLE vIEVX. Arroser avec des eaux de fumief, 2 ehelads. et 1½ homme par journal.......————.— J. 10911 D. Lorzà. Apreès une première coupe ramprele trèͤfle Ala ccharrue tranchante, à Ljournal.——-— u Herser..... à 165 ournaux.———— en Cbharrier 6 chariots fumier par journal= 1 654 1, à 10 chariots par journée......———-— 206 Charger, par attelage, homme et 1 femme.———-— Epandre, par journal 1 homme.......————— Labourersuperficiellemt..p. enterrer, à- 2 z.————- 173 Tierser.............. 5 18 r.———-245 Faire les raies au marqueur..... à 20 jr.———— z9. Semer le colza avec le petitsemoir, hom. 6 jr.———-. Passer le rouleau...... à 18 jx.———- un. Herser après qu'il est levé...... à 18 js.——- Buter avec la houe à cheval, 1 cheval et 1 ½ hom. Ponie Journeus...........———— Buter de rechef........... 18— 22◻- VI. 109, 1 P.⸗ FROMENT. Donner le 1.““ Jab. à 22 journaux.....——— AHerser.. 4 16 ·.———-. Enterrer la semence au petit extirpaleur, 2 chevaux p. 10 journaux.......———-.. Herser.... à 16 journau..————. Herser de rechef, à 16 journx......... 71r——— VII 109, L.“* Pors.. Donner le 1.“ lab. à z ⁰½ journe— 93ν 46— Herser...... A 12 journx......... 36 14 Charrier 5 chariots de fumier par journal== 545 R., à 12 chariots.......... 1817f——— Charger, par attelage, homme et 1 femme. 221 451 Spandre, par journal, 1 homme........—— 1097— VIII. 109 P.“* SrIGE.. TLabour. le chaume des pois, à 2 ⅝ journaux..———— IIerser........... àA 18 journaux————— Enterrer la semence au petit extirpateur, à 10 journaux..........„...————— Herser.. A 18 journaux.......———- Herser de rechef, à 16 journaux....... 271 4 8 2—— Transporté à pages suivantes... 467☛ 274 r 442*⁸ 1685 73a. — 8— — d— 1— — PRINIT ENS de d jouts qe danil mnn dorm — homme 5 — 2bœußde rechange. 9 180 D'AGRICULTVUR E. EVALUATION DES TRAVAVUX. 7. FE 4 T 7 de 80 jours de travail. AUTOMNE, de 76 jours de travail. HIVER, de 80 jours de travail. — un beufs de cheval. rechange OUVRIERS. — un hommes. femmes. cheval. — 2bœuſs de rechange. OUVRIERS. hommes. femmes. — un cheval. — abœufs de rechange. — OUVRIERS. hommes. femmes. 682 1 7211 3632 6 124 632* 545 68 2 1367 FEVAILUATION DESGTRAVA UX. pPRINCIPES RAISONNES Soles. TRAVAU X. — PRINTEMS de 64 jours de travail. OUVRIERS. Q— de 80 1n 2bcu. ſemmes. deral. recha IX. XI. III. IV. VI. VIII. X. 150 90 32711 PRAIRIES Transporté de page précédente... P.r VrscEs. Rompre le chaume de seigle, à z2 ⁵½journaux. ............ à 12...... Charrier p.- chaque journal 4 chariots fumier, à 12 chariots par journée d'attelage..... Charger, homme et 1 femme par attelage.. Epandre, 1 homme par journal....... P.- SrrGLE. Labourer le chaume des vesces, à 2 ½ journx. Herser............. A 18..... Enterrer la semence au petit extirpateur, à 10 j. Herser.................. A 18 Herser de rechef au printeums.. à 16 j. P.-r AvorNE. Romprele chaume de seigle....... à 2j. IIerser................... à 12 Enterrer la semence, au printems, avec le petit exlirpateur, à 10 journx. par attel. et par jour. Herser.................. 4 18 j. 2 Curer les raies d'écoulement et les fossés.... „Charrier 150 chariots fumier, à 8 chariots par journée d'attelage.............. Charger, par chaque attel. 3 hom. et 1 femme. Epandre, homme par journal....... 4 dites.. Faucher........ A 1½ jl. Por faulx... 2 Il. P TREELE. VESCES. Faner.......... à 1 ⅓ jl. par feomme. Serrer, 62 ½ chariots foin, à 7 char. par journée d'attelage................... Charger, par journée d'attel. 1 hom., et 1 fem.. Mettre en tas, par jour, 1 hom. et 4 fem.... .Faucher, à 2 journaux par faulx....... Faner, pour 4 journaux 1 femme.... 1 Charrier 145 1ν char. fourrage, à 8char. par jour. Charger, par attelage, 1 homme et 1 femme. Mettre en tas, par jour, 1 homme et 4 femmes. . Faucher en fleur, à 1½ journal par faulx.... Faner à 2 journaux par ſemme... Serrer, 75 chariots fourrage sec à 9 chariots Par attelage................. Charger, par attelage, 1 homme et ſemme.. Mettre en tas, par jour 1 hom. et 4 femmes GRAINS D'AUT. Faucher..... à 2 ½ journx. par faulx. Ramasser et lier. à 2 journx. par femme. Porté à page suivante ALIIILII IIIILil 1 ill 1111 ₰ ₰ 0 — — 168* JX. D'AGRICULTURE. EVALIUATION DESTRAVA UX. 163 — e Gi: ET E, AUTOMNE, HIVER, * Surs de trari.—.. Denn de n de 80 jours de travail. de 76 jours de travail. de 80 jours de travail. —* ———— 2bœuſsde IAm OUVRIERS OUVRIERS. 0UVRIERS. 2bœuſs de 2 bœuſs de 2bœuſs de rechange. homwes,h 4 8 de. hommes cheval. rechange. hommes. femmes. rechange. hommes. femmes. rechange. hommes. femmes 274,4 40 1 4 5 3 2 13654 1m an 467,8. 440f. 511 308,G ꝑß367 632 180] 167 · 1369 93] 68 — 18 — 3 7 ———— 871* 431 — 4 9 ———— 50 391 — ig — 5——— 200 — 150——— 250— ————————— 2 -—————— 8* 8 9 5 1817 ———— 100 ————— 100 —- 36 ——— 9 9 —-——— 4 9 -—— 109 1 —— 54 ⁸ —— 7 11 — 8 72: 8.—— 187 18 ⁸ -—— 411 187 —„—— 60 ———— 60 —* 4 4 1 85 ⸗ 217 8 —.— 130* 7 —.—— 1637† 8 404 1557 —— 3 7 4 2 180 04 2. 55 1 = 316 4673. 885,8 314 2 446 Z1II L 632 11 164 PRINCGCIPES EVALUATION DES TRAVAUX. RAISONNES Soles. N. bre de jour- naux. PRINTEMS, de 64 jours de travail. ſde do jo TRAVAUX.— cheval. frechange. hommes. — un[a bouſsde OUVRIERS. ſu 2bœuß ſemmes. ynl rechang — II. XI. VII. IX. III. 2 218 150 1 10911 Transporté de page précédente... Serrer, par journée d'attelage, leblé de 18 journs. avec l'aide d'un chargeur et d'une ràteleuse... Meitre en tas, 2 hommes et 8 femmes par jour. Onor etAvorNE. Faucher, à 3 journx. par faulx, lier à 3 journ. pr une femtme... Serrer, à 2o journx. par attelage, 1 chargeur et une rateleusve... Meittre en tas, 2 hom. et 8 fem. chaque jour... Pols et vEscEs. Faucher, à 1 ½ journal par faulx........ Serrer, par journée 9 journx. par attelage, 1 char- geur et 1 räteleuee.... Meitre en tas, chaque jour 2 hom. et 8 fem.... CorzA. Faucher et arracher, à 2 journx. p.“ 1 homme et 1 TFemme................... Battre sur le champ, par jour, 2 porteurs et 2 por- teusdeh.... Serrer, par attelage 9 jx., 1 chargeur et 3 râteleurs Mettre en tas, par jour, 1 hom. et 4 fem...... PnAIRNIES. Faucher et faner le regain, à1 ½ jourl. p.- 1 homme et 1 femme................... Serrer 314 chariots, à 7 chariots par journée d'at- telage, chargeur et 1 ràteleuse........ Meitre en tas, par jour 1 homme et 4 femmes.. TRkrLE, Faucher la 2.“ coupe et faner, par faulx 2 hommes et z ſemitmoooeorreoiec... Serrer 36 chariots, à 7 chariots par journée d'atte- lage, 1 chargeur et ràteleuse......... Meitre en tas 1 hom. et 4 fem. par jour... Transport des grains à la vente, àν mètres de distance, 2 jour- nées par charroi, 15171ν chevaux....... Charroi de bois de réparations et boniſications, à la ville et autres, de plus chaque jour 1 journalier extra- ordinaire..................... SoMMAIREI 367126 78211 1845— 64 20 2467 D'AGRICGCULTURE. EVALUATION DES TRAVAUX. — — AINTIN, 66 jours de uanal, — ET K, [de 80 jours de travail. AUTOMN E. de 76 jours de travail. HIVER, de 80 jours de travail. bœuſde IAInn xchange. hommese — — 367 den 315 OUVRIERS. meval. rechange. hommes. femmes. 2 bœuſs de OUVRIERS. rechange. hommes. ſemmes. 2 bœuſs de OCUVRIERS. Jrechange. hommes. ſemmes. — 10 13⁰* 446 717 180 404 1⁷ PRINCIPES RAISONNES EVALUATION DES TRAVAVUX. — 4 4 1 CALCUL DE I. A OQUANTITE DE GRAINS A IRANSPORTER. CoLzA. FROMENT. PoIs. VESCEs. OR GE AVoOINI. ——————— ⁰——— sch. met. sch. ſ[met. sch. met. sch. ſ[met. sch. met. sch. met.] sch. met. 3 V D'après ce Tableau le 1„ V 3 4,: 090 14 1090 145- 2072 11 654 8 ,114 82¶ 1309 1 131. produit total est de 109 17 9 11 7 V 11 11 9 177 981 un De cette quantité il y a déduire Les semences...... 6 14 1 122 11 243 7E 122 117†] 109 15 122 1171 150 Le salaire des batteurs.— 68 242% 129 871 40 1411 7 2 81[1311 61 5471 La consommation; 1 7personnes à 12 schef- ſels seigle,& scheffel froment, scheffel pois et orge......—— 8 12 204]— 12 12—— 12 12 17 chevaux à 3 metzen avoine par jour, ou Téquivalent en seigle.—— 2¹4 13f———-— 770 75 6 14 11 199 10 ꝑ 791 13r 176 6 116 01 4 217] 4 111 981 13 5 Il reste à transporter au marché........ 1084— 891 4 1280 1477 478 2 1—— 1091 12 Au contraire, à en ra- mener......———————— 1 1¹⁴—— Il faut pour exécuter ces charrois, à deux jours par voyage, P. 1084 scheffels Colza, un chariot à 4 chevaux en transporte 24 scheff. 891— Blé froment 1280— Blé seigle 478— Pois 109“— Orge„ . 24 . 24 . 24 „ 32 — — 36 1 ⅞ journées de chevaux. 297 426 159 ½ 272¾ 151722 journées de chevaux. rjourntes de chevam- „4. zes de cheracl 1772 journees de DA GRICULTUR P. 167 DIRECTION DE LECONOMIE RURALE. § 201. La dicection de Péconomie rurale étant étroitement liée au travail, c'est ici le lieu de traiter ce sujet. Diriger, c'est donner à chaque mesure et à chaque espèce de forces, l'emploi le plus étendu, le plus durable et le plus propre à atteindre le but. Nous avons déjà parlé sur ce sujet dans un sens général, aux(§ 151 jusqu'à 159, à Poccasion de Pévaluation des travaux agricoles, et nous en examinerons les détails dans Penseignement de la culture; nous ne devons donc nous occuper ici que des personnes qui ont part à la direcäon des travaux, et des considé- rations et maximes qui les ont pour objet. §. 202. La premidère personne de laquelle tout dépend ou doit dépendre, mais sur laquelle aussi pèse toute la responsabilité, o'est le directeur de Letablissement. Ou ce directeur est lui-même propriétaire, ou bien il gère pour le compte G'autrui; dans ce dernier cas, le régisseur doit prendre la place du proprié- taire, pour ce qui a rapport à la direction; il doit s'envisager lui-mèême, et étre envisagé par ses subordonnés, comme exerçant à cet égard les droits de ce propriétaire. Si le directeur régit pour le compte d'autrui, sa tâche est toujours plus dil= ſicile que lorsqu'il agit pour son propre compte; dans ce dernier cas il n'est responsable de ses entreprises qu'à lui-même et à sa raison, tandis que, dans le premier, il P'est au propriétaire, à celui qui T'a mis à sa place. Comme régisseur il est obligé non-seulement de se soumeittre au plan convenu avec le propriétaire, mais encore, le plus souvent, de procurer à celui-ci une rente de son domaine, sure, fixe et disponible; tandis que, commeſpropriétaire i peut, sil le juge à propos, appliquer à la bonification de son fonds, la totalité ou une partie de sa rente. Sa liberté dans P'exercice de la direction ne saurait étre resserrée dans des bornes plus étroites; autrement il cesserait d'étre directeur, et serait dégagé de la responsabilité du succès. Si le propriétaire qui a conſié à un autre la direction de'économie, veut agir par lui-méême, plutôt que veiller à l'exécution du plan convenu et à ce que le directeur remplisse ses devoirs; sil veut se mèler lui-même de l'exécution et y faire les changemens, mème les plus petits; alors le directeur cesse d'avoir une volonté libre, il n'est plus qu'un aide subordonné au propriétaire- PRINCIPES RAISONNES Celui-ci je l'appellerai inspecteur, celui au eontraire qui dirige l'économie avec la liberté et lindépendance nécessaires, est un régisseur, ou administrateur, quoi- qu'on attache ordinairement à cette dernière dénomination Pidée d'un rang plus élevé. Mais, dans ce cas, on ne peut lui imputer que la réussite ou la non-réussite qans Pexdcution de chacune des choses qui lui ont été commises par son chef, eunullement le succès de l'ensemble. Il ne saurait y avoir deux directeurs dans une affaire qui part d'un point pour se concentrer à un autre, ou bien il en naktrait inévitablement le désordre et la conſusion la plus fächeuse; à moins que, dans chaque acte spécial de la direction, ces directeurs ne réunissent d'une manière absolue leur jugement et leur volonté; qu'ainsi le mot de l'un ré- pondit complètement à Tidée de l'autre, ou que tous les deux n'employassent les méêmes termes. Mais cela méme est impossible dans les divers incidens qui exigent un prompt changement de résolulon; et l'expérience nous apprend en effet, que lorsqu'une mème exploitation esrsoumise à deux directeurs, quelque rapprochement qu'il y ait d'ailleurs dans leurs idées, ils'y commet cependant des ſautes qui eussent pu étre évitées, sil y eut eu unc unité absolue de comman- dement et de vues. § 203. - 35„«ℳ 0«· 9 A§·ℳ„ ⸗.„ Si un propriétaire, que je suppose capable, ou croire l'être, vit éloigné de son fonds, ou seulement s'en absente de tems en tems, et qu'il charge un autre de la conduite de son économie, mais en lui traçant pour cela des règles générales; celui-ci ne peut pas étre envisagé comme directeur de l'éta- plissement, et le succès de l'entreprise en général ne saurait lui être attribué. Dans des relauons de ce genre il importe beaucoup aux deux parties, que les rapports dans lesquels elles doivent etre, soit personnellement, soit quant à Pexploitation, aient été fixés d'une manière précise, et que chaque cas paru- culier ait 6té déterminé avec soin. On peut alors exiger de Pinspecteur, la meilleure exécution possible de la disposition faite par un autre, mais on ne saurait le rendre responsable des suites qu'elle a eue, puisque ceite disposition peut avoir été vicieuse, et avoir porté avec elle la cause du non succès. Ceite manière d'exister a des inconvéniens infiniment grands pour les deux parties et si ces inconvéniens ne sont pas iempérés par de la bienveillance personnelle et une généreuse indulgence, ils peuvent devenir extrémement pénibles. Des accidens imprévus meittent souvent de l'impossibilité à ce que l'exécution ait lieu de la manière prescrite ou convenue. Le délégué doit-il alors faire des modifications qui s'éloignent plus ou moins des instructions qu'il a regues? Peut- il se les permeitre lorsque les circonstances en indiquent clairement la nécessité? Cette — 1 dednomie arec nickrateur, quoi- Gun rang plus a non-réussite bar son chet, lirecteurs dans ou bien il en 2use; à moin‚ zunissent G'une ot de Pun ré- wemployassemt rs ineidens qui us apprend en teurs, quelque cependant des Le de comman- re, vit eloigne fuul charge un vour cela des deur de Téta- eire auribué. ruͤes, que les „soit quant qve cas parü- inspecteur, l , mais on ne tie disposilion succès. Cette leus puriese ce petsonnele nent pönilles ne Vezécuiioh lots fute des regues! Peui- la necessié (elle D'A GRTICUITUR V. 169 Gette question ne peut èêtre décidée que par le degré de confiance que le directeur réel de l'entreprise donne à son délégué. Si celui-ci n'apporte à ces instructions que le moins de changemens possible, de ceux nécessités par les circonstances, il fait ce qu'endroit rigoureux on peut exiger de lui; mais peut-èétre fait-il fort peu de chose pour le bien de Pensemble; peut tre méme fait-il, suivant sa propre conviction, quelque chose de réellement nuisible et d'inconvenant, en sorte que s'il étoit indépendant il agirait d'une manière toute différente. Si, d'un autre côt, il fait ce que les circonstances indiquent, et qu'un fà- cheux hasard en empéche le succès, quoique la modification apportée ait ce- pendant paru indispensable; ou si peut ètre un mouvement d'amour propre s'empare du chef; alors cet inspecteur est exposé à des reproches qu'il eüt pu éviter, en s'écartant moins des ordres qu'il avait regus. Les rapports de ce genre sont tellement délicats, qu'il est inſiniment rare de les voir subsister long-tems, sans qu'ils soient troublés par des dissidences et par le mécontentement; et dans ce cas le besoin peut bien en commander la conuünuauon, mais il ne saurait empécher que la lenteur et Pindiflference ne se glissent dans toutes les branches de éeonomie. § 204. Ilprésente encore plus de difficultés, le cas où le propriétaire, sentant son manque de connoissances et de capacité, remet la direction de Pétablissement à un régisseur, dont les lumieères et les talens ont obtenu sa confiance la plus enüère. Ce propriétaire peut bien, il est vrai, conserver la persuasion qu'en général son délégué entend cette matière beaucoup mieux que lui; cependant cette idée lui viendra facilement, si elle ne lui est communiquée par d'autres personnes, que l'une ou l'autre partie du tout pourrait étre perfectionnée et avoir un beaucoup plus grand succès. Alors il faudra de part et d'autre, beau- coup de fermeté de caractère, unie à beaucoup d'indulgence et de support, pour que P'exploitation ne soit pas en souffrance et qu'il ne s'y méle pas da désordre ou du découragement. Le propriétaire devra se dire que son régisseur a non-seulement les connaissances nécessaires, mais encore la volonté de di- riger tout pour le mieux; sans cela il eüt commis une extréme imprudence, en lui donnant sa confiance, et si alors il avait été dans'erreur, il y aurait maintenant de la folie à conserver un tel délégué. Cependant souvent ce propriétaire ne pourra pas renfermer au-dedans de lui le sentiment que quelqu'opération pourrait étre mieux faite d'une autre manière; c'est là une de ces inconséquences qu'il faut pardonner à'humanité. Daus ce cas il faut que le régisseur ait autant de douceur que de fermeté, I. 22 17 PRINCIPES RAISONNES pour écouter de telles observalions et pour y satisfaire dans la juste mesure de ce qui est nécessaire ou ulle, sans se laisser détourner de ce qu'il croit décidément être mieux. Mais si le régisseur a affaire à de ces gens dont la présomption est d'autant plus grande qu'ils ont peu de connaissances et de réeflexion, il ne recueillera guères que de Pingralitude; ceux-ci se diront toujours, s'ils ne le disent à d'autres, que toutes choses seraient allées beaucoup mieux, si'on avoit écouté leurs propositions ou leurs ordres. Si un régisseur à la fois loyal et sr des principes d'après lesquels il agit, se trouve dans ce cas, il répondra à de telles observations avec tranquillité et modestie, mais aussi avec dignité, et il n'en sera ni moins actif, ni moins consé- quent dans ce qu'il aura entrepris: si ces remarques lui sont faites par un tiers, il s'en inquiètera moins encore. Mais si, après avoir donné au régisseur des pleinpouvoirs absolus, le pro- priétaire voulait cependant se méler de la direction, faire des dispositions, et Jonner des ordres aux sous-régisseurs et maftre-valets; alors sans doute un homme d'honneur ne pourratt se plier à une telle manière, il préférerait re- noncer à sa place, et on ne pourrait lui en eontester le droit, si sa eonvention avait été sagement rédigée. § 205. Les qualités que le directeur d'une grande exploitation doit posséder, sons précisément celles que ſ'ai exigées de Pagriculteur éclairé, de celui qui ne doit pas ètre guidé par la simple pratique. Ils'entend que celui qui gère pour autrui et non pour lui-même, doit ajouter à ces qualités une probité distinguée er un sentiment du devoir qui résiste à toutes les séductions. Ees hommes de cetie trempe sont rares, ils n'ont pu être formés jusqu'ici, au sein de'état ou végé- aait Pagriculture et avec le peu de développement qui lui était donné dans sa partie intellectuelle et scientfique; cependant il s'en trouve de tels, qui, en- trainés par un enthousiasme auquel ils ont long-tems sacrifié toute considération personnelle, ont alteint une masse de lumières et de connaissances rare, et qui préêferent se charger de Padministration de grands domaines, à entreprendre une ferme d'une plus petite étendue. On doit regretter que d'autres sujets distin- gués, au contraire, préférant avoir une exploitation rurale qui leur appartienne en propre, reserrent leur activité et leurs talens dans une sphère dispropor- nonnée à leurs connaissances. Il est très-juste, au reste, que des hommes de ce mérite soient payés, et veuillent l'etre de manière, non-sculement à pouvoir vivre avec cette aisance mesure u. U eron G'autant cueillera disent à it écoulé 8 Il agit, uillilé et as consé- un ners, le pro⸗- nons, er Joute un rerait re- onvendon der, sont ni ne doit dur autrui anguée er s de cetle rou vege- né dans Sa qui, eh- nsiderauon s rare, et trepreudie ujets dislin⸗ npparienne dispropor- b pajes, et lte aisancs D'AGRTICULTURE. 171 que la tension d'esprit rend nécessaire, mais encore à pouvoir donner à leurs enfans une éducation soignéc. Aussi celui qui voudra épargner sur la rétribution qu'un tel homme exige, pour ne pas sentir les avantages qu'il peut en reurer, celui-là men obüendra jamais qui réunisse ces qualités. § 206. Le salaire des régisseurs est fixé de différentes manières. Le plus souvent on a ern avantageux d'assigner à ceux-ci, comme principale indemnité, une part au produit net de Pentreprise, ou bien au produit qu'elle rend en sus d'une certaine somme. Cousidérée sous un point de vue, cette institulion a beaucoup en sa faveur; lorsque'administrateur est à la fois habile et honnéte, elle tourne au profit des deux parties; mais elle renconire des difficultés dans les réparations et bonifications. Celles-ci diminuent toujours le résidu de la caisse, eusi c'est d'après lui que la quotepart du régisseur doit étre réglée, elles lui de- viennent onéreuses, de sorte que, s'il n'a pas une façon de penser extrèmement noble, il em néglige qui eussent été très-avantageuses. C'est pour cela qu'aujour- d'hui, dans les conventions de cette nature, on insère ordinairement quelque clause relalive aux améliorations, et que la valeur des frais qu'elles ont occa- sionnés, est le plus souvent jointe au produit net; au reste, par là, on ne fait à beaucoup près pas assez, car les améliorations les plus importantes ont lieu des les premières années, tant par le sacriſice du produit, que par Papplication d'une plus grande masse de force à la culture; deux choses qui difficilement peuvent éêtre démontrées d'une manière évidente. Cette diffculté ne saurait étre levée que par un contrat à long terme, peut être à vie, en conséquence duquel le régisseur, par des sacriſices faits dans les premières anndes et dont il supporte aussi sa port, assure pour la suite, à lui-méème et au propriétaire, un produit G'autant plus élevé. Mais personne ne contracte volontiers des engagemens de cetto nature. Je conviens donc que j'incline pour les salaires fixes, mais avec espoir d'une grauification, dans le cas où, après un certain nombre d'années, les produits seraient augmentés d'une manière durable. Je tiens pour une très-mauvaise instituuion que le directeur de l'établissement reçoive une partie de son salaire en denrées, avec droit de vendre l'excédent de sa consommation. Rien plus que cela, peut-étre, ne saurait entrainer dans Pindélicatesse un homme faible et d'une vertu chancelante. II n'y a que le pre- mier pas qui coũte, et, de ceite manière, l'occasion de le faire se présente trop facilement. Ainsi donc il faut donner au régisseur tout ce dont il a besoin, des produits de l'établissement; mais aussi ne pas lui permeitre la plus légère spécu- lation pour son propre compte.“. 172 PRINCIPES RAISONNES § 207. Dans les grands domaines le régisseur ou directeur de'établissement a ordi- nairement sous ses ordres un caissier ou teneur de livres et un secrétaire des grains et vivres, autrement appelé magasinier. L'un et Pautre sont subordonnés au directeur en ceci, que c'esi en vertu de ses ordres seulement, que le caissier peut faire des paiemens, et que, chaque jour, celui-ci est obligé de l'informer de sa recette; en revanche le régisseur n'a à s'occuper de Pentrée et de la sortie de Pargent, que pour inspecter la caisse et, lorsqu'il y a de trop fortes sommes, les en sortir contre des quittanees. Il en est de mème du magasinier qui reçoit et délivre tous les produits du domaine et qui est également chargé de se procurer ce qui manque. Il doit dans toutes ces choses suivre les directions du régisseur, recevoir des directions par écrit, et joindre ces billets à son compte, comme pièces justificatives. Ou a cru se garantir d'autant mieux de la fraude et de la tromperie, en aug- mentant ce personnel d'un ou plusieurs contréôleurs et sous-seerétaires †. Mais Pexemple de divers établissemens qui me sont connus, me persuade que toutes les affaires en sont compliquées et retardées d'une manière infiniment nuisible, et que la culture en souffre à un point, qui peut difficilement éêtre balancé par les infidélités qu'on redoute. D'aillcurs il me semble que toutes ces précautions prises contre la fraude, donnent de Pattrait à l'infidélité, plutèt qu'elles n'en éloignent. Des personnes qui doivent toujours être en garde contre la tromperie, ou qu'on est toujours prêt à en accuser, s'y accoutument au- point de perdre Thorreur qu'a d'elie rout homme honnéte, et lorsque, dans une association de ce genre, on en est venu à devoir passer quelque chose aux autres, cela ne tarde pas à étre réciproque; bientot il n'y a pas de bande de voleurs mieux organisée que cette société de contrôle, er alors il est presque impossible d'avoir la plus légère preuve de fraude, parce que les employés attestent réciproquement leur loyauté, et que leue culpabilité mème les unit et leur donne un intérèt commun. En revanche il faut qu'un homme soit à la fois bien vil et bien entièrement dé- pravé, pour commettre des infidélités dans une chose confiée à sa bonne foi, et il est des signes auxquels on reconnait bientôt les gens de cette sorte. § 208. Lorsqu'une propriété est composée de plusieurs domaines ou métairies, ordi- nairement chacune de celles-ci a son inspecteur particulier, lequel est subor- donné au directeur général, et reçoit de lui, dans tous les cas, les directions * On concoit qu'il sagit ici de domaines d'une très-vaste étendue; puisque seuls ils pourraient supporter des frais d'administration aussi considérables. Trad. tà orch- aire des ordonnés le caissier . informer la sortie sommes, oduits du loit dans ions par en aug- 1. Mais lue toutes nuisible, alancé par rrécautions elles n'en omperie, le perdre iauon de ane urde organisée ir la plus ment leur commun. emeni dé- ane foi, et e. üries, ordi- est subor- zdirections — Ils pourräient pP'AGRIOCULTURNE. 175 nécessaires. Suivant que ces métairies ont à part leur ménage, leur bétail de trait et de rente, et les gens nécessaires pour les soigner, ou qu'elles sont pour toutes choses dans un rapport particulier avec Pétablissement principal, duquel elles regçoivent ce qui leur est nécessaire, et auquel elles livrent leurs produits; suivant aussi qu'elles sont plus ou moins éloignées, leur régisseur ou inspecteur y habite, ou bien il demeure à Pétablissement principal, d'où, chaque jour, il se rend à ses ocoupations. Les régisseurs de cette espèce n'ont, pour Pordinaire, recu qu'une instruction mécanique, ils ne peuvent que suivre la règle posiuve qui leur est tracée pour ious les cas, et qu'ils sont obligés de réclamer. Acuvité, attenlion, probité, un certain tact prauique, une certaine justesse dans le coup-d'œil et une docilité absolue, sont les qualités nécessaires à de tels employés; ils n'ont nul besoin de connaissances fondamentales; un demi savoir dans tout ce qui sort de leur sphère d'activité ordinaire, pourrait plutôt étre nuisible qu'avantageux. Le mieux est de prendre ceux qu'on destine à cet emploi, dans la classe des paysans, et de choisir à cet effet, déjà dans leur jeunesse, des sujets distingués par leur acutvité, leur attachement à l'honneur er leur probité; de chercher à se les atta- cher, et de leur donner peu à peu de Pavancement, en les élevant au grade de mastre-Ouvrier ou mattre-valet, eten les chargeant comme iels de Linspection sur les autres domesuques et de la direction de quelques affaires paruculières; de leur faire enseigner plus particulièrement Pécriture er Parithmétique; et ainsi de les préparer, pour le moment od ils auront acquis plus d'aplomb, à pouvoir zurveiller les affaires d'une exploitation distincte et- à pouvoir entreprendre la dircetion de l'ensemble si celà devenait nécessaire. Cest chez des hommes qu'on se sera attachés de la sorte et-qu'on aura éprouvés dans-'eétat de domes- ncité, que Pon rencontrera cette Hdélité et cet attachement à leurs maitres, si nécessaires chez des régisseurs ei qu'on trouve si raremeni dans cette classe de gens. Du reste, il faut autant que possible leur conserver leurs mœurs et- leur manière de vivre et de se vétir; pour cet effet il faut leur ôter les moyens de ze lier avec des hommes de la classe ordinaire des sous-régisseurs ou des secré- naires, et, par des raisonnemens qui ne marquent pas de fondemens, les garantir de la sotte ct ridicule manie de vouloir s'assimiler aux classes supérieures de la société. Il faut même nourrir chez eux un certain orgueil de leur qualité de paysan, en leur montrant que Pesüme dont ils jouissentsous leur vétement cam- pagnard„ne ferait que»atténuer sous des habits à la mode.- Deès qu'on leur a remis J'inspection de quelque métairie parleulière, le mieux est de faire qu'ils se marient, en axant soin de les disposer à un choiz raison- 174 PRTNCIPRS RATISONNES nable et en les préservant d'une alliance avec des femmes de chambre ou des demoiselles de ville. Les gens de cet état doivent étre placés de manière à vivre avec aisance, et à pouvoir élever convenablement leurs enfans, à P'éducation desquels on doit .... à séi-méme porter des soins et de Pintérét. Cette manière de se procurer des inspecteurs fidèles et suffisamment instruits 9 pour leur état, n'est, en réalité, point aussi difficile qu'on est disposé à le croire; là ouð les domestiques ne sont pas absolument gàtés, on en trouve facilement qui, en une année, et presque dans les heures de loisir, acquerront la capacité nécessaire pour remplir la profession d'inspecteur ou de sous-régisseur. Des paysans qui ont servi comme, soldats et qui, après avoir été faits bas- officiers, ont obtenu leur congé, conviennent quelquefois beaucoup à des em- plois de ce genre. Mais il ne faut jamais permettre que des gens de cette sorte dépassent selon leur bon vouloir les limites qui leur ont été tracées, parce qu'ils ne sont guères capables de saisir les choses dans leur ensemble, et surtout d'entrevoir et de calculer l'effet qu'elles doivent avoir dans un avenir éloigné. Rarement ils sont en éêtat de voir dans le lointain, et toujours ils ne pensent qu'au profit et à l'épargne de l'année agricole courante. Souvent mêème, par attachement à leur maitre, ils se croient obligés de Paugmenter, en négligeant des considérations d'un intérèt éloigné. IIs doivent donc étre ienus à suivre ponctuellement les directions qui leur ont été données, et, pour prévenir toute excuse d'oubli et de mésentendu, il est bon de les accoutumer à inscrire, suivant l'usage établi dans le militaire, immédiatement sur un livre de poche, l'ordre qu'ils ont requ, et mème de tirer de ce livre, dans lequel ils auront soin d'nscrire tout ce qui se passe, le rapport qu'ils auront à faire au directeur de l'établissement. A mesure que leur capacité augmente et qu'ils saisissent le but et Pensemble de ce qui leur est conſié, on peut alors éloigner les bornes mises à leur libre arbitre et à leur volonté; seulement il ne faut jamais approuver qu'ils les aient dépassées, ou qu'ils aient, sur quelque sujet que ce soit, agi différemment de ce qui leur étoit ordonné; lors même que par laà ils auraient réellement procuré un avan- lage, el que le succès aurait justifé leur mesure; car l'avantage qui, par un effet du hasard, aurait pu en résulter une ſois, serait probablement contre-balancé par de plus grandes pertes, si, prenant une grande opinion d'eux-méème, ſet entrainés par les Gloges qu'ils auraient obtenu, ils se permettaient de modiſier les directions qui leur auraient été données. La lecture d'ouvrages agronomiques, que plusieurs personnes recommandent si fortement pour l'instruction des cultivateurs ordinaires, et mème du peuple des campagnes, doit être, ou totalement écartée, ou dirigée avec une grande circons- pection, chez tous ceux qui n'ont pas recu une éducation soignée; il ne faut leur donner à lire que des livres, ou pluiòt des parties de livres, qui, dans leur position, ne puissent leur donner aucune idée fausse, et qui ne courrent pas le risque de les entratner dans l'erreur. — — e ou des Saänce et on doit t instruits le eroire; acilement 1 capacité r. faits bas- des em- selon leur es capables culer Legfet le voir dans née agricole t obligés de Loirent donc s, et, pour outumer à n lirre de ils auront recleur de R le hut et nises à leur il les aient de ce qui é un avan- par un effer lancé par de ainés par les ous qui leur mmandent si u peuple des udde circons- ne faut leur eur posilion, isque de les D'A GRTICULTVURB. 175 En barticulier ils ne leur conviennent pas, ces livres qui contiennent le bon et le mauvais, le vrai et le faux, mèlés ensemble d'une manière décousue, quoique, sous le nom d'almanachs, de feuilles hebdlomadaires, ou de gaszeltes, on cherche à les multiplier et à les donner pour guide aux cultivateurs sans instruction, et qu'on croie par là leur étre fort utile. Nulle espèce d'écrits ne demande plus de choix et de circonspection, ei sans doute aussi plus de soins et d'art, que ceux qu'on appelle populaires. Tout observateur se rappellera des cas où des lectures mal choisies oni fait naitre la curiosité er l'erreur chez des personnes de cette elasse, qui d'ailleurs étaient douées de beaucoup de sens. § 209. On est ordinairement dans Popinion que l'apprentissage d'un bon économe doit se faire en parcourant successivement la carrière d'élève, de secrétaire, de sous-régisseur, d'inspecteur et de régisseur, ou de telle autre place qu'on vondra imaginer. C'est ainsi que souvent on est prié de vouloir admettre dans un òta- blissement un jeune homme d'une éducation plus soignée, et que plusieurs per- sonnes s'imaginent pouvoir l'employer avec avantage. Ce jeune homme est alors associé, comme élève, à un secrétaire, qui lui donne la direcuion d'un nombre d'ouvriers pour une affaire quelconque, dont il ne connatt point le but, avec charge de les voir travailler. Il remplit là tout au plus les fonctions d'un épou- vantail de chenevière, ce qui ne peut faire naitre chez lui que l'ennui et le dégoüt. Après qu'il est resté quelque tems dans cette place, et qu'il a acquis quelcqpue connaissance de la localité, on le charge de diriger Pexécution de quel- que chose qu'il avait à la vérité apergue, mais que, faute d'en connattre les moufs, il avait à peine considérée. Après que, durant quelque années d'appren- üssage, il aura ainsi exercé sa patience, eupris un grand dégoùt pour sa vocation; après que, suivant les dispositions qu'il aura möntrées, il aura été suffisamment rourmenté par les autres inspecteurs et secrétaires, ou qu'il aura été initié dans te ton du métier, lequel, chez ces gens, tient le milieu entre les manières des compagnons et celles des étudians; lors peut-étre qu'il aura appris à bien jouer à Pombre; il obtiendra une place de régisseur et se qualifiera d'économe; il se procurera quelques livres que le hasard ou la succession d'un collégue aura mis Asa disposition, ou que peut-être il trouvera à la ville chez un libraine ou chez un bouquiniste; outre cela il tiendra quelque gazette d'agriculture... HI sentira alors qu'il est bon d'avoir de la science, et cela fera naitre chez lui une extréme soif de recettes. A son avis, dans Pensemble, l'exploitation ne pourrait être mieux ordonnéc, que de la manière qui lui a été enseignée; mais quant aux parties et au détail, les savans peuvent bien faire de bonnes choses au moyen de leurs secrels- 176 PRINCIPES RAISONNE S C'est ainsi que se forment ordinairement ceux qu'on appelle&conomes, dont le caractère, les prétentons et surtout la ridicule manie de vouloir s'assimiler aux classes supérieures et aux gens instruits, ont attiré aux personnes de leur vocation le mépris et la méfiance qu'on leur témoigne souvent; et tel est le préjugé qu'ils ont fait naitre, qu'il est difficile môme à ceuz qui se distinguent par leur mérite et par leurs connaissances, d'échapper à cette défaveur. Cette manière de procéder a pris sa source dans ces tems, oùð chaque pro- fession ne reconnaissait G'autre instruction, que celle qui avait suivi les règles des mattrises; avec elle on ne formera que rarement un bon agriculteur. Si P'on veut élever un jeune homme pour l'agriculture, il est sans contredit avantageux qu'il apprenne à exécuter lui-mème tous les travaux; dans ce but il faut lui faire exercer sous la direction d'un domestique habile, tous les divers ouvrages de Pintérieur et des champs. Outre cela il faut qu'il soit sous Pinspection immédiate de ce directeur de l'exploitation, dont Péducauon a été soiguée; il faut qu'il vive avec lui, et qu'il n'ait aucune communication habituelle avec les subor- donnés, aussi long-tems que ceux-ci conserveront les mœurs qu'ils ont eues jus- qu'ici; qu'ainsi il soit, ne fut-ce que comme copiste, employé dans toutes les affaires de direction, et successivement à l'examen des travaux, lors toutefois qu'il saura bien positivement quel est Pobjet de chacun d'eux. Souvent, après cela, il peut étre utile d'associer un tel jeune homme à un inspecteur de métairie deja àgé et d'un caractère assis, aſin de soulager celui-ci dans la rédaction du journal, du registre et du rapport. Un jeune homme de génie peut, souvent avec un grand avantage, étre placé auprès d'un homme roide et rouunier, qui mo- dere son imagination et lui donne une marche plus lente et plus compassée. § 210. En revanche dans toutes les grandes exploitations rurales, et mème dans celles d'entre les moyennes qui sont soumises à une agriculture vigoureuse; le choix des surveillans appelés inspecteur des travaux dans les cours et bäãtimens rustiques, inspecteur des champs, et maitre valet, est d'une grande consé- quence. Ces employés peuvent èétre formés comme je P'ai dit plus haut à'occasion des sous-régisseurs, et avec le tems ils peuvent aussi étre employés comme tels. Ils ne doivent jamais hésiter de mettre la main à tout ce qui le demande, et de travailler eux-mémes à la 1éte des ouvriers; mais un travail suivi n'est pas ce qu'on doit surtout en exiger*†; on doit plutòôt en attendre une bonne exécu- * On sent que ceci est écrit pour des exploitations de très-grandes dimensions, des domaines d'une étendue médiocre ne suffiraient point à la dépense d'un nombre de surveillans dont le tems né serait pas effeclivement employé aux ouvrages rustiques. Trad. iion d ———, mes, dont Fasvmiler nes de leur d lel est le dösünguent eur. haque pro- ſi les regles leur. Si Pon avantagem aut lui faire duvrages de inmédiate Ifaut quiil les subor- eues jus- s toules les ors loutefois rent, après de metairie laction da went avec qui mo- passée. éme dans reuse; le bätimens de consé- Poccasion omme tels. :mande, et i west pas one eécu- — jes domaines lans dont le tion DAGRIcCULTUN K. 177 tion du travail, autant d'épargne que possible dans la distribulon du tems et des forces, et le maintien de l'ordre parmi les ouvriers. Il y a ordinairement un trop petit nombre de domestiques de cette espèce dans les grandes économies rurales, soit parce qu'on ne sent pas assez leur uülité, soit aussi parce que les hommes tels qu'il les faut pour cela, penvent, dans quelques contrées, difficilement être trouvés dans la classe des ouyvriers. Ce m'est sans doute pas sans peine qu'on les forme soi-même; cependant ils sont d'une si grande importance, et les services qu'on en retire sont d'une si grande utilité, qu'on ne doit point regretter les soins que leur instruction exige. S'il y a plusieurs domestiques de ce genre, il faut répartir les affaires entr'eux d'une manière fixe, et commettre à l'un la direction des ouvriers aux champs, à Pautre celle des travaux dans les cours rustiques, et peut-étre à un troisième celle du bétail, si l'étendue de l'exploitation le demande ainsi; cependant cela doit étre établi de manière que, au besoin, ces valeis se remplacent l'un J'autre. § 211.. Une surveillante, femme de charge ou mattresse servante, est d'une grande importance dans une partie des travaux intérieurs, dans le ménage, et en général dans tout ce qui est ordinairement exécuté par des femmes exclusivement. Si Pon rencontre pour cela une personne qui ait toutes les qualités nécessaires, des connaissances, de l'activité, de l'amour pour l'ordre et de'économie, cette personne est inappréciable. Il est rare quil ne s'unisse pas à ces avantages un peu d'entétement et de préjugés; mais on doit supporter ces défauts, s'ils ne proviennent pas d'une mauvaise source; il faut alors ne pas imposer à cette per- sonne trop de géne dans sa volonté, et cependant la tenir dans une soumission convenable; du reste, et surtout, il faut lui donner une disposition absolue sur les domesuques ſemmes. Il est plusieurs choses qui sont faites par des femmes beaucoup mieux que par des hommes, parce que ceux-ci tombent facilement daus les extrémes, en y donnant trop peu d'attenlion, ou en y mettant une sorte de pédanterie étroite qu'ils ne peuvent pas soutenir jusqu'au bout, § 212, Dans le personnel d'une grande exploitation rurale, ilfaut nécessairement qu'il y ait une séparation absolue des affaires commises à chacun, et qu'il ne puisse, sous aucun prétexte, y être apporté des changemens, sans l'assentiment du directeur de P'établissement. Il ne faut pas souffrir que, sans un consentement positif de celui-ci, personne se charge de faire ce qui devait l'étre par un autre, parce qu'autrement la responsabilité cesse, et que dans le cas où l'on aurait 23 178 PRINCIPES RAISONNES commis des fautes, l'un la rejetterait sur Pautre. Du reste il faut établir parmi ceux qui sont employés à la méême affaire une subordination militaire absolue; dans la distribution des ordres, dans la demande d'informations et dans les plaintes qu'on a à faire, il ne faut jamais sauter un grade. Les ordres doivent toujours étre donnés par celui qui est chargé de les faire exécuter, et alors mème que le directeur voit faire quelque chose de mauvais à un des ouvriers, s'il n'y a pas urgence, il ne doit pas le relever; il doit l'observer à l'inspecteur dont Pouvrier dépend, parce que, sans cela, il y a trop facilement des ordres contra- dictoires qui embrouillent la téte des ouvriers, et leur fournissent des prétextes pour commettre des désordres, ou tout au moins pour ne pas obéir à leur chef immédiat. Lorsque le directeur ou régisseur de l'établissement ordonne quelque chose d'extraordinaire, qui change l'ordre établi, ou qui lui est en oppositon, il doit le faire d'une manidre claire et précise et plutôt par écrit; et en se faisant rap- porter'ordre par celui qui a recu, il doit se le faire répéter et expliquer, afin de s'assurer par là qu'on l'a bien compris. § 215. Le directeur de l'établissement ne doit s'attacher de préférence à aucune branche, à aucune partie de la culture, pour y porter une attention plus parti- culière; sans cela beaucoup de choses échapperont à sa surveillance, et il ne parviendra point à maintenir toutes les parties en rapport avec l'ensemble. Cependant il faut qu'il porte successivement, et autant que possible sans étre aperçu, une attention plus particulière, tantôt sur un objet, tantéôt sur l'autre, afin de pouvoir y faire les modifications nécessaires, et obvier aux défauts et aux désordres qui pourraient étre survenus. Il doit toujours savoir faire nattre'oc- casion de pousser l'examen jusqu'aux plus petits détails. n'est pas bien que pour l'exercice de sa surveillance il ait une règle et des heu- res fixes, en telle sorte que chacun sache quand il viendra, et oùil està un moment douné; il faut qu'il n'y ait aucun instant où l'on puisse étre sür de ne pas le voir arriver. Afin de conserver à ses préposés l'estime de leurs subordonnés, il ne doit jamais leur faire, en présence de ceux-ci, de graves remontrances; il doit au contraire, les faire seul à seul, ou, siil le juge nécessaire, en présence de ceux qui ne sont pas sous leurs ordres. Jamais il ne doit blàmer quelqu'un en son absence, sans le lui dire ensuite à lui-même. Un chef qui se permeitrait cela trahirait une faiblesse impardonnable. Il doit toujours exiger que dans tous les cas, et lors mème que ce serait au — — M parmi ire ahsolue; er daus les dres doiyent Ralors méme riers, Li vj pecteur dont ordres contra-. des pretentes ir à leur chet nelque chose sition, il doit e ſaisant rap- püquer, afia nce à aucunè lon plus parir- unce, el il ve e Pensemlle. ble sans etre zu sur⸗-Pauure, defauts et amn re nattre Voc- ge et gesheu- Aun moment ne pas le voir donnés, il ne ces; i doit au eence de ceux qu'um en 501I rmettrait cela ce serait au DP'AGRTCULTURR. 179 détriment de quelqu'un de ses gens, on réponde à ses quesuions avec une véracité absolue. Si cela ne se fait pas, il doit soupgonner que Pon trame un complot contre lui, et ce complot, il doit savoir le déjouer sur-le-champ, en déplaçant ou en renvoyant ceux qui y prennent part. Il ne doit pas auttacher une idée d'honneur à avoir expédié quelque opéra- non, plus vite qu'elle ne Pest dans le voisinage ou suivant la couiume; cette avance ne mérite des éloges, que 3§ 214. On trouve dans l'ouvrage de Gueriken sur la conduite des affaires d'éco- 5 nomie*, d'excellentes directions sur Pétablissement de la police domestique, et sur la manière d'en user avec les valets. J'nvite les personnes que cette ma- d lorsque l'ouvrage a 616 également bien exécuté. nière intéresse à recourir à ce traité. Je conviens que les domesuques ont assez généralement le caractère que cet auteur leur attribue, et qu'il est bon d'en user avec eux de la manière qu'il indi- que; cependant il est des gens de cette classe qui ne sont point étrangers à la morale et aux sentimens d'honneur, et qui, si Pon sait tirer parti de leurs bonnes dispositons, au lieu de les comprimer par des procédés avilissans, peuvent devenir d'excellens sujets. § 215. son attenuion à obtenir avec le moins d'avances qu'il est Après avoir donn le directeur doit donner ses possible, la plus grande masse de produits utiles, soins à en réaliser le produit pécuniaire le plus Glevé. Ceci peut avoir lieu soit par Pépargne, soit par la vente la plus avantageuse, § 216. La somme des épargnes qui, dans une grande économie rurale, peuvent éire faites sur une foule de bagatelles, s'éleve dans sa totalité à une valeur L'eéconome doit donc se faire une regle d'éviter avec soin toute St-à-dire, tout emploi qui ne tourne pas à un avantage réel, et ainsi s choses avec le moins de dépenses qu'il est possible. une ligne de démarcation entre'épargne et la par- le fait manquer le produit à la considérable. profusion, c'e de chercher à obtenir toute Cependant il faut établir cimonie; épargne devient avarice dès qu'el fois le plus haut et le plus durable; toute épargne qui tend a diminuer ce produit pour la suite, doit également étre envisagé comme apbartenant 3 Pavarice. 4 Il faut done bien peser les suites que doit avoir une épargne momentanée, 4 —— 2 *Gerikens Anleitung zur Fuhrung des Wirihschaftsgeschäfte, à Band, neue Auflage- 180 pPRINCIPES RAISONNES et voir si, en la faisant, on n'occasionne pas à toute l'exploitation, ou à quel- 4 exploitation compliquée, il se présente chaque jour des cas de ce genre u'une de ses parties, un dommage beaucoup plus considérable. Dans une qui demandent la plus grande réflexion, et leur juste apprécialion est ce qui met en évidence la sagesse et le jugement de l'économe. Une des épargues les plas importantes est celle qu'on fait dans le choix des produits pour sa propre consommation. larrive fréquemment que diverses conjonctures font que le prix des denrées au marché n'est pas en rapport avec leur valeur réelle, et qu'en particulier une espece de grain est proportionnément beaucoup plus chère, ou à meilleur marché qu'une autre. Dans ce cas il faut employer à sa propre consommation, Tespece dont le prix est relativement le plus bas, afin d'épargner celle qui peut étre mieux vendue au marché. Lorsque le scheffel de blé-froment est presque au méme prix que le seigle, ou que tout au moins il n'en a qu'un légerement plus élevé, il faut alors employer autant que possible cette pre- miere espéce, laquelle est incomparablement plus nourrissante et meilleure que le seigle; car on peut adopter en principe que, à bonté égale, 3 scheffels de blée-froment égalent en faculté nutritive 4 scheffels de seigle. Si, au marché, Pavoine s'eélsve à un taux plus élevé que son rapport avec le seigle(comme 5 est à 9), aucun agriculteur sage ne donnera de l'avoine à ses bétes, mais il y substituera du blé-seigle, ou, si cela était encore plus avantageux, du blé-froment ou de Porge. Nous n'indiquons cela que comme exemple, nous traiterons ailleurs plus au long de la convenance de ces substitutions, et des Jles qu'on doit observer à leur sujet. Ce choix est encore plas important ₰ — (8 s grains qu'on emploie à la brasserie et à la distillerie d'eau de vie. Jei epargne que T'on obtient par un bon choix est si frappante, elle est d'une si ₰ rande importance, qu'on ne pourrait croire qu'elle échappe à beaucoup d'é- nomes, si d'ailleurs Pexpérience de tous les jours n'en donnait pas la preuve- La variation de valeur des divers comesübles, tels que les grains et autres produits alimentaires, la chair de différentes espèces, la graisse, le beure, le fromage, le lait, les œufs, les harengs, dans la proportion de leur prix avec leur faculté nutritive, peut souvent rendre profitable un changement dans leur consommation, si d'ailleurs les domestiques ne tiennent pas trop fortement a un genre de nourriture fixe, et si, par caprice, ils ne se préviennent pas contre une nourriture nouvelle, quelque meilleure qu'elle puisse étre. En général il faut avoir la loi de l'epargne toujours devant les yeux. Dans le cours de cet ouvrage et lorsque nous en aurons l'occasion, nous en mon- trerons l'application spéciale à divers objets. uà quel- Dans une e genre est ce qui 28 épargues ts pour a les denrées iculier une à meilleur dmmation, celle qui oment est n a qu'un ceule pre- meilleure 5 scheffels au marché, (comme5 beäles, mais tageux, du gple, nous ns, et des important de vie. Ici est d'une si ucoup d'é- la preuve. s et autres e beure, le ar prix avec n dans leur p fortement jieennent pas elre. jeun. Dans us en mon- D'A GRICULTURE. § 217. Il est de grande importance de faire à tems un calcul exact des besoins de 181 Pexploitation dans toutes ses parties, et de le comparer à Pétat de ce qu'on a à sa disposition, afin de se réserver les provisions nécessaires; celles-ci une fois fixées, il ne faut se permettre d'y retrancher sous aucun prétexte, pas méme pour le prix le plus élevé. Dans la bonne règle, il convient d'avoir de chaque chose une provision qui puisse porter à deux mois au-delà du tems oùð P'on en doit avoir de la nouvelle. Lorsque les prix sont démesurément clevés, et que l'apparence d'une très-belle récolte semble en présager la chute, on peut raceourcir ce terme de quelque chose; mais, pour devoir s'y décider, il faut que le profit soit bien assuré, parce qu'on peut facilement éprouver des interruptions nuisibles aux affaires rurales, en étant obligé ou de häter la préparalion des nouveaux produits ou de s'en proeurer au- dehors. Dans aucun cas et pour aucun prix, on ne doit rester au-dessous de ses pesoins, en se reposant sur une accélération de la récolte; parce que malgré toutes les apparences, celle-ci pourrait étre retardée et qu'on pourrait ainsi tomber dans un grand embarras. Il est donc essentiel d'avoir dans tous les tems un aperçu clair de la quantité de denrées qu'on a en magasin. § 213. La vente des produits exige une irès-grande circonspecton; elle demande un examen approfondi tant des circonstances de la contrée et de la localité, que de celles des marchés et du commerce en général. Tout économe doit chercher à acquérir la connaissance de celles-ci et ne jamais les perdre de vue. Vendre aussi cher que possible et tirer parti des plus hauts prix, quoiqu'en puissent dire les moralistes, est un devoir de celui qui gère une exploitation sgricole; c'est le seul moyen qufil ait de contrebalancer les conjonctures fà- cheuses et les accidens auxquels l'agriculture est en butte. Cependant le plus souvent il ne serait pas possible à l'agriculteur de ne vendre aucune partie de ses denrées, avant d'avoir atteint le prix que les apparences désignent comme le plus haut, et de n'en céder aucune partie au-dessous. Le plus souvent il a besoin d'argent avant que ce plus haut prix arrive; et lors méême qu'il pourrait obtenir cet argent par son crédit, dans le plus grand nombre de cas, en calculant exactement les frais et les zntéréts, il trouverait qu'il ma réellement pas gagné à cette attente, surtout s'il mettait en compte les distractions nuisibles à ses autres affaires dans les- quelles de pénibles négociations d'argent Pont entrainé, et l'embarras dans lequel le rembours aurait pu le jeter. Indépendamment des cas nombreux 182 PRINCIPBS RAILSONNHAS où de telles spéculations peuvent tourner au détriment de ceux qui les ont emtreprises, chacun se rappellera facilement des exemples où, en agissant ainsi, des économes Gailleurs pleins de capacité, se sont arriérés. Et si mème Pagriculteur pouvait suffire à tout avec son capital en circulation, ou avec Pargent qu'il conserve en caisse, tout au moins se paraliserait-il souvent, et perdrait-il les moyens de faire d'autres entreprises avantageuses, dont'oc- casion ne manque pas de se présenter, lorsqu'il a beaucoup d'argent à sa. dispositon.— En ontre, dans la plupart des établissemens ruraux, il manque de place pour faire de grands amas, surtout d'un local qui soit de nature à préserver les grains de toute détérioration et de tout accident. Il importe beaucoup de faire une grande attention à la commodité du transport, là oit il doit se faire par charroi, et o Pon ne vient pas chercher les denrées sur les lieux mèͤmes. Rarement le prix des grains est le plus haut, lorsque le tems est le plus ſavorable à leur transport; et en re- vanche, lorsque le renchérissement vient, les labeurs les plus importans ar- rivent et doivent être négligés, si Ton ne peut pas faire opérer le charroi à prix d'argent. Souvent on aimerait assez à vendre, mais on n'a pas d'attelages dont on puisse disposer pour les transports; ainsi des provisions accumulées deviennent fort à charge, en mème tems qu'on court le risque de passer pour un accapareur de grains. C'est pour cela que, sous un peüt nombre d'excepuäons et de conditions, on doit prendre pour règle générale de choisir pour débiter les produits, le tems ouù les autres affaires rurales souffrent le moins du charroi. Sans doute aussi il faut prendre en considération la perte qui, dans une longue conservation des grains, résultc de la dessication, et les dommages inévitables, occasionnés par les souris ou les insectes; enfin les risques aux- quels ces grains sont exposés. § 219. Les probabilités de hausse ou de baisse dans les prix, sont toujours plus ou moins trompeuses, et quoique, dans certaines contrées, on puisse se faire à ce sujet une sorte de système, il y a cependant ioujours quelques varialions, parce que les causes qui influent sur les prix sont infiniment nombreuses, et qu'elles sont reproduites par une foule d'incidens qu'on ne saurait prévoir. Le prix du marché dépend, comme on le sait, de la proporlion des de- mandes avec les offres. Si les premières ne peuvent étre remplies par les produits qu'on offre à vendre, alors les acheteurs renchérissent les uns sur les 1 B les ont 1 üns, 1 meème ou avec vent, et lont Poe- ent à 88 de place préserver odité du chercher tle plus t en re⸗- ortans ar- charroià d'auelages ccumulées de passer t nombre érale de souffrent dans une dommages Sques alx ujours plus sse se faire Vvarialons, breuses, et t proroir on des de- lies par les uns sur les D' AGRICULTUREB. 185 autres, et le prix hausse, mème quelquefois au-delà de toute proportion avec les besoins et la quantité existante. II suffit qu'à deux ou trois marchés il y ait quelques schelfels de grains de moins qu'on n'en demande, pour que les prix haussent considérablement. Au contraire le prix baisse aussitéôt qu'il y a surabondance de denrées, parce qu'alors les vendeurs sont obligés de céder à plus bas prix, afin de se procurer des chalands qui, sans cela, n'eussent point acheté. Si Pon pouvait connattre les besoins des marchés et la quantité de denrées qui doit y suffre, il serait peut-éire possible de calculer d' le prix des grains pendant toute P'année. Si cette quantité ne surpasse pas de beaucoup les besoins, on peut être suͤr que les prix seront élevés, et peut-étre d'autant plus, que d'abord ils auront été plus bas. Il est des momens cependant, ou la hausse et la baisse de prix, ont pour avance quel sera cause, bien moins une surabondance ou une disette réelle, que lopinion qui se répand à ce sujet dans le pays. Si Pon a pris de linquiGtude, si l'on en est venn à craindre de manquer des denrées de première nécessité; si l'alarme a été répandue, chaque consommateur cherche à se procurer la provision qui lui est nécessaire jusqu'à la récolte suivante; tandis qu'au contraire le cultivateur qui se croit assez sr de pouvoir toujours vendre avantageusement, ne se presse pas de s'en occuper. Alors Pexcédent de demandes qui ne peut être zatisfait détermine une hausse des prix. Dans ce cas, le plus souvent, toutes les mesures de police par lesquelles on cherche à s'assurer momentanément de la quantité de denrées ahsolument nécessaire, ont pour suite immécliate une hausse des prix; parce que chacun croit que le gouvernement a des inquiétudes fondées sur la subsistance du peuple. Si d'un autre côl Fopinion se répand qu'il y aura une irès-riche récolte, ou qu'il y a de grands amas dans les greniers; personne n'acheète qu'à mesure de ses besoins; les cnltivateurs craignent de ne pouvoir écouler leurs produits, et en conséqueuce ils les offrent à ſmeilleur marché. Souvent il arrive que de part et d'autre on a été dans perreur, et qu'à la fin de Pannée de récolte, les prix sont d'autapt plus élevés qu'ils ont été bas au commencement, parce que les consommateurs n'ont fait aucune provision; en revanche souvent ces prix baissent, lorsque la crainte d'une disette ayant d'abord engagé chacun a acheter son nécessaire, le cultivateur ne trouve ensuite plus guères d'acheteurs, et redoute à son tour de ne pouvoir réaliser ses denrées. 184 PRINCIPES RAISONNES § 220. Le marché ou se fait'écoulement des produits, en particulier celui des grains, peut éêtre de deux espèces. a) Ou il est borné à la consommation du pays et de ses habitans; dans ce cas, le prix y est réglé principalement par le succès de la récolte dans les contrées qui l'approvisionnent; lorsqu'on connait ce succès, on peut pré- voir aveo quelque certitude, si les prix seront bas ou élevés. Cependant si ce marché devait étre pourvu par des transports à de longues distances, ou par des exportations de l'étranger, et que les lieux qui le fournissaient habi- luellement, vinssent à avoir de nouveaux débouchés; il pourrait se faire que les besoins de pays éloignés, ou d'autres conjonctures encore, eussent une grande influence sur le prix du marché. Des prohibitions de sortie émanòées dans étranger, une guerre déclarée ou imminente, qui obligerait à remplir les magasins, pourraient produire une hausse inattendue. 5) Ou bien ce marché a un concours d'acheteurs étrangers; o'est le cas au bord des fleuves navigables et surtout dans les ports de mer. Laà on ne saurait prévoir avec quelque certitude, les circonstances qui doivent influer sur les prix; il peut y survenir les changemens les plus inattendus, suivant que les acheteurs étrangers donnent la préférence à ce marché, ou qu'ils trouvent plus d'avantage à faire ailleurs leurs emplettes. Indépendamment des besoins réels, plusieurs conjonctures peuvent déterminer les spéculateurs à se tourner d'un côté plurét que de l'autre. La possibilité d'échanges, celle de ne prendre qu'en retour les denrées qu'ils vont acheter; des facilités dans le paiement, un cours de change avantageux, les engagent quelquefois à se rendre à un marché, quoique les prix y soient un peu plus célevés que dans d'autres. Enfin la guerre, des entraves mises aux communi- cauions avec les ports, peuvent, ou retenir ces acheteurs, ou donner à leurs spéculations une direction inattendue. § 221. Daus tous les marchés, le moment on les prix sont les plus bas, est celui ou le cultvateur a le plus besoin d'argent, et en général celui où le taux de l'in- 16rêt est le plus élevé; ainsi aux échéances des intéréis et du paiement des quartiers, surtout aux environs du nouvel an, ou tous les gens peu moyennés sont obligés de vendre. De laà vient que sur les marchés ou il y a un concours d'acheteurs étrangers, rarement dans ce tems, il y a déjà des commissions, soit parce que les spéculateurs ne connaissent point encore les Desoins des contrées oi ils doivent mener —, es grains, àns; dans volte dams peut pré- pendaut 5i ances, ou ient habi- ſaire que esent une emanées à remplir le cas au ne sauralt ner sur les an que les ouyent plus détermiger posĩibili nt acheier; 8 engagent n peu plus communi⸗ ner à leuts . est celui o aux de lin⸗ jement des 1 mofennes etrangers, ge què les is doivem meneſ D'AGRICUILTURE. 185 mener ces grains, soit parce qu'ils n'ont pas encore pu- reccvoir des infor- mations, et détecminer le lieu ou ils espèrent faire leurs emplettes avec le plus d'avantage, si, d'ailleurs, ils ont un libre choix entre diverses places de com- merce. Au printems, les prix ont coutume de hausser, parce que le nombre des vendeurs diminue, et que celui des acheteurs augmente. Dans les contrées qui doivent urer leur nécessaire de lieux assez éloignés, c'est le cas surtout dans la dernière moitié de janvier et en février, lorsque la détérioration des routes, ou la congélation des rivieres, rendent les trans- ports plus difficiles. C'est par cette raison que, dans le relevé des prix d'une longue série d'années, celles qui suffisaient à peu près à la consommatioon, sont celles qui présentent les prix les plus hauts. Cependant, encore à cet égard, il est des exceptions; ainsi, par exemple, lorsqu'au battage, le produit des blés surpasse ce qu'on avait espéré, les cultivateurs sont disposés à trans- porter beaucoup au marché, malgré le mauvais état des routes. On a coutume de dire que lorsque les grains baissent de prix sous le fléau, ils viennent à irbs-bon marché. Alors il arrive fréquemment que les grains sont à plus bas prix au printems qu'en automne, et que cette baisse va en augmentant jusqu'à la récolte, surtout si cette dernière a une bonne apparence, § 222, Celui qui pèsera avec attention ces différentes circonstances, celui surtout qui saura connattre et évaluer le montant de la récolte dans la contrée qui ap- provisionne un marché, sera rarement jeté dans l'erreur sur le prix que les grains doivent y avoir pendant l'année courante. Cependant, comme il n'est personne qui ait assez de pénétration pour ne pas se tromper quelquefois, on ne doit pas conseiller au cultivateur d'étendre sa spéculation sur la totalité des denrées qu'il a à vendre. D'ailleurs si méme sur cinq fois il en réussissait quatre, les mécomptes d'une seule pourraient dé- ranger son économie, et même dépasser considérablement tous les bénéfices qu'il aurait fait auparavant. Mais pour une parlie de ces denrées, tout agriculteur qui a quelque confiance en ses propres lumières, peut se permeittre de spéculer, parce que le cas mêème du non-succès, ne saurait le déranger beaucoup. Je dis à ses propres lumieres, parce que, en ceci moins qu'en toute auire chose, on peut se fier aux renseignemens d'autrui. § 225. Si le cultivateur a l'oplion de plusieurs marchés, il lui importe beaucoup de faire un bon choix. Souven de vendre ses denrées sur un marché rap- I. 24 186 PRINCIPEBS RAISONNES proché, quoique à un prix considérablement plus bas, lui tourne mieux à compte que de les transporter à un marché éloigné, lors mème qu'il serait remboursé des frais de charroi, au prix moyen ordinaire. En effet, il est des tems où le travail des attelages est inappréciable, et oùð un plus haut prir des grains ne saurait indemniser du retard de travaux essentiels. Du reste, il ne faut pas négliger de prendre, dans ces différens marchés, des renseignemens sur les prix et sur la quotité des demandes; quelquefois, sur un marché, le prix d'une espèce de grain est hors de toute proportion avec celui des autres espèces, ou avec le prix courant des autres places de vente; mais pour l'ordinaire cela n'est pas de durée. Le grand nombre des demandes est toujours Pavant-coureur d'une hausse, et l'on peut bien moins compter de voir un prix déjà fort élevé se soutenir, qu'on ne peut attendre une angmentation de prix, d'une demande abondante et continue. Il faut dviter autant que cela est possible les lieux ouù, sur les marchés, on est exposé à de fréquentes chicanes, et où de fausses mesures de police entravent le commerce; c'est aussi ce que font tous les agriculteurs prudens; aussi daus les années ouù il n'y a pas surabondance, ces lieux, pour l'ordinaire, souffrent infiniment de la répugnance qu'on a à y transporter des denrées. Souvent la perspective d'avoir des charrois en retour, détermine le cultivateur à donner la préférence à un marché sur un autre. C'est pour cela qu'ordi- nairement les villes dans lesquelles le cultivateur peut se procurer à un prix raisonnable les choses dont il a besoin, et ouù il les trouve d'une qualité sa- tsſaisante, obtiennent aussi les denrées en abondance et par conséquent à meilleur marché.— § 224. Pour étre bien et régulierement informé des circonstances mercantiles, il est trés-utile de visiter fréquemment les principaux marchés, et de se réunir souvent avec les hommes les plus éclairésd'entre les agriculteu rs des environs. Ces réunions, d'ailleurs, ont plusieurs autres avantages, lorsqu'elles ne dégénèrent pas en société de jeu et de bonne chère. Des sociétés réglées d'agriculteurs, formées dans des districts particuliers, et présidées par un homme esumable, pourraient aider beaucoup aux succès de l'industrie agricole. Les spéculations de commerce ont, souvent avec avantage, été réunies à pPagriculture, cependant pas autant chez de grands cultivateurs, que chez ceux dont Pexploitation était bornée. Lors méême que le bénéfice résultant de ces spéculations dépasserait les pertes qu'un défaut d'inspection occasionnerait dans économie rurale, l'effet naturel de cette occupation accessoire serait de dé- A erait lest ahrit — .., des 1, sur arec Lente; in Sandes 5 Pr de aSiauon ne en est lavent dans ffrem Arateue n oordi- 4 Bient 4 diges, il Seunir 19 4s. Ces 8 7ant p35 rwees craient . 2 s à aceux Hur ces Gie dans 2 b 1 de- D'AGRICULTVUR E. 187 tacher Pagriculteur de son exploitation. Ceute conséquence n'est cependant pas quoique Pexpérience démontre qu'elle s'est fréquemment sans exceptions, les dispositions réalisée et que d'ailleurs elle ne soit que trop en rapport avec Il en est de ceci comme de l'amour du jeu, qui comprime Au reste, pour les spéculations de ce genre il faut veut réussir toujours et ne pas se contenter de l'humanité. toute autre disposition. bien connattre la matière; si Pon c'un seul succès; il faut aussi avoir des capitaux disponibles, et ne pas se laisser entratner à ôter à J'exploitation ce qui est nécessaire à sa marche. MANIERE DE TENIR LES LIVRES DEXPLOITATION AGRICOLE. § 225. Une comptabilité claire, précise et qui Setende à toutes les parties de l'é- conomie rurale, est la condition nécessaire d'une exploitation parfaitement bonne et avantageuse. La routine la plus complète et la pratique la plus longue, quoique aoquises dans le lieu méême oÖù l'on cultive, sont rarement suffisantes pour démontrer d'une manière incontestable tous les rapports, tous les vrais résultats. Pour acquérir la certitude d'avoir atteint ou de pouvoir at- teindre la perfection, il faut avoir sous les yeux le tableau que des livres bien tenus présentent nécessairement. Dans une exploitation un peu compliquée, les iwpressions des sens et le souvenir qu'elles laissent, n'indiquent jamais qyune manière assez claire et assez süre, quelles sont les combinaisons qui conduisent le mieux au but, et par conséquent quelles sont celles qui doivent seulement être modifées, et enfin celles qui doivent subir un changement total. § 226. Nous distinguons la comptabilité en deux parties, la comptabilité permanente et la compiabilité annuelle. b A la premidbre appartient ee qu'on appelle le livre foncier. Ce livre doit contenir un plan du domaine dans sa totalité et dans chacune de ses parties utiles, et présenter l'énumération complète, claire et précise de toutes les circonstances qui y ont rapport. C'est là que doivent, avant tout, étre placés lesplans avec leurs explicauions, On distingue trois sortes de plans. 1.“ le Plan gdométrique contenant la mesure de la superficie. 2.“ le plan géologiqus, 3.0 le plan de la distribution des soles. Avec le tems ces trois espèces de plans peuvent étre réunies; cependant elles ont pour but des objets différens quoique rentrant les uns dans les autres; aussi n'est il pas sans utilité, de les conserver dislinctes et séparées. 188 PRINCIPES RAISONNES 1 Dans le plan geométrique, on n'a égard qu'à la surface, à ses divisions permanentes et naturelles, et à ses limites. Cependant rien n'empéche d'y laisser quelques notes, quelques remarques, qu'on répugnerait à en retrancher; on peut aussi y marquer les bornes et les principaux arbres isolés. 2.° Le plan géologique, celui des variations dans la nature du sol. Les di- verses espèces de terrains peuvent y étre indiquées au moyen de couleurs dis- tinctes, qui en marquent l'étendue, et qui montrent la place ouù ils changent de nature, soit complètement, soit par un mélange insensible. Là où les variations dans la nature du sol sont considérables et où il y a des changemens irès- rapprochés, il convient de dresser ce plan sur une échelle beaucoup plus grande que celle du plan de surface et de celui de la distribution des soles, et ainsi de donner à chaque pièce de terre sa feuille séparée. Des plans de cette nature, peuvent aider beaucoup à la mémoire, dans la disposition de la culture; mais, pour cela, il faut avoir particulierement égard au degré d'humidité du sol, et y indiquer de quelque manière, tant les places où ceite humidité se concentre, que celles qui sont exposées à la sécheresse. IIs doivent présenter aux yeux, d'une manière sensible et mathématiquement juste, la nature du sol et ses propriétés physiques, dans chaque partie du domaine. 3.“ Le plen de la distribulion des soles. Il contient la division du domaine et de ses différentes parties, relativement au genre de culture qui doit y être suivi. Il est bon que cette indication ne se borne pas à la division des soles, mais qu'elle comprenne aussi les sous divisions, surtout si elles doivent avoir quelqu'influence sur le genre des produits. Peut-étre môême devrait-on y dé- signer de simples arpens, ou des bandes de terre, dont on voudrait calculer à part les frais de culture, d'engrais et de semailles. Les numéros des princi- pales divisions ou soles, peuvent. y être tracés avec des chiffres romains, et ceux des divisions secondaires ou des pièces de terre, seulement avec des chiffres italiques, ou de simples lettres. On peut à volonté faire une nouvelle série de numéros pour les fractions de chaque sole, ou continuer les nombres pour toute les pièces comprises dans l'étendue du domaine. Si Pon veut réunir ces trois espèces de plans en un seul, il faut que cela ait lieu à une échelle assez grande, pour que chaque espèce de divisions y tombe facilement sous les yeux. Dans bien des cas, surtout dans une position très-montueuse, où l'on a à lutter contre les eaux, il peut étre extrémement utile d'avoir un nivellement des terres dans leurs principales directions, et de le consigner dans un tableau. à ses qinidions n'empäche Sy en retrancher: 80168. du Sol. Les d. le couleurs qi- du ils changent ble. Là o as les changemens beaucouy phu non des soles, Des plans de disposilion de zard au degré 4Ces ou celte écheresse. IIs démauquememt que partie du on du domaine lui doit y ètre ion des soles, doivent avoir vraiton y dè- adrait calculer ros des princi- s romains, et nent ayec des une nouyelle er les nombres faut que cela de divisions , ou Pon 3 4 nipellement s un Ubleau, D'A GRICULTURE. 189 zur ce tableau la nature des couches sur lesquelles On peut aussi indiquer et mèéme celle des plus remarquables d'entre les repose la terre végétale, couches inférieures. § 227. A oes plans sont jointes des tables, qui indiquent la contenance et la nature et la distribution des soles. Ces choses peuvent du sol de chacune des parties, qui en donne ainsi une idée claire et zire réunies dans un seul tableau, précise. Si les terres sont divisées e Dans la premieère colonne verticale viennent „Het ses dénominautons. Autant d'es- n soles, d'une manière fixe et durable, chaque sole doit avoir son tableau. les sous-divisions de la sole, avec ses n.“ pèces de terrain il y a, autant on y consacre de colonnes, dans lesquelles on indique le nombre des journaux et fractions de chacune de ces espèces. Quant aux mouifs de la classification des différens sols, ils doivent étre donnés au moyen de renvois. 8i dans les soles ou dans leurs subdivisions, il y a des places basses qui 6es, des mares, des fossés, des chemins et autres places ne puissentpas ètre sem culture, il faut en indiquer l'étendue; ensuite qui ne doivent pas ètre mises en on additionne les sommes dans le sens ve Outre ce tableau il est utile d'avoir encore pour chaque champ distinct une rücal et dans le sens horizontal. descripäon de sa nature qui en indique les parucularités. § 228. Si Pon taxe chaque espèce de ierrain, afin de mettre à chaque sole et à chacune de ses subdivisions, résulte un apergu irès-utile pour P'évaluati ant déduit du capital la valeur de tous les droits et revenus ac- d'après la nature du sol et les un prix proportionné à sa valeur relative, il en on du produit effectif. Ainsi, après avoir auparav cessoires indépendans de ces fonds; on fait, ans Pagronomie, et autant que possible en nombre rnal de chaque classe de terre; on met, 0, celui de seconde à 8, celui règles que nous donnerons d proportionnels, une estimation du jou par exemple, le terrain de première classe à 1 celui de quatrième à 4, celui de cinquibme à 2, et celui st la proporuon de valeur qui existe entr'eux. chaque sole ou de chaque subdivision de e contient de lune ou de P'autre de troisième à 6, de sixième à 1, si telle e On détermine ainsi la valeur de sole, d'après la quantité de terrain qu'ell espèce, et Pon peut, à la manière des Anglais, se fixation de valeur, pour faire avec précision le compte du produi On sait qu'un produit est d'autant plus avantageux servir ensuite de ceite tnet rendu par chaque pièce de terre. qu'il croit sur un sol de moindre nature. 4 190 PRINCIPERS RAISONNES Si Pon veut, dans cette estimation des terres, ou plutêt dans cette répar- nition du capital sur toutes celles dont le domaine est composé, on peut aussi avoir égard à des considérations étrangères à la nature du sol, et ainsi, à fer- nlité égale, estimer un champ éloigné des bâtimens, moias qu'un rapproché. On peut aussi ajouter au tableau, dans une colonne partculière, la valeur ainsi réglée de chaque pièce de terre ou de chaque sole. L'on comprend que les prairies, les pâturages, les bois, les marais à tourbe et tous les autres fonds utiles, doivent entrer dans cette estimation tout comme les champs, et qu'ils sont chargés de leur part du capital. Quant aux baàtimens d'économie rurale, dont on a coutume de joindre la valeur an capital du fonds, j'envisage comme plus convenable, si on leur avait donné une valeur séparée, de la reverser sur les terres qui sont en cul- lure, parce que o'est elles qui les rendent nécessaires, et que ces batimens sont une des conditions de leur rente. La spécification complète des bätimens et leur estimation doivent être insérées dans le livre foncier. Cela sera micux expliqué au moyen du tableau ci-joint. § 229. Le livre foncier contient de plus, une spécification exacte, de tous les droits utiles du domaine, et des revenus tant fixes que casuels, qui lui sont attachés tels que corvées, dimes, fermes de moulins et de cabarets ‚rentes de brasserie et de distillerie, c'est-A-dire, du droit d'avoir de tels établissemens et peut-étre de fournir exolusivement par leur moyen, à la consommation d'un district. Les revenus sont estmés d'après leur produit moyen, et les droits seulement d'après la rente qu'ils pourraient produire, sans risques, en affermant leur jouissance à autrui sans T'exercer soi-méême. Car le profit qu'on peut retirer d'une bras- serie, d'une distillerie, d'un moulin, en les dirigeant soi-méême, n'est pas tant la rente du fonds, que le produit de P'industrie. Si l'on administre soi-mèeme un tel établissement, il doit avoir son compte particulier dans le grand livre, et il ne faut attribuer au capital du fonds, que la rente qu'on pourrait en retirer, sans lui consacrer des soins. Le capital du domaine se compose de la valeur réunie de ces divers objets. Si ce capital était déjà connu auparavant, il doit éêtre réparti sur ces diverses ap- partenances, en proportion de leur valeur relative; cependant après qu'on en a préalablement déduit les charges du domaine, évaluées d'après leur rente fixe ou moyenne.— § 250. Il est tres-utile d'ouvrir dans le livre foncier tant un compte de capital, qu'un compte annuel de culture, afin de voir par-là ce que le capital a rapporis T. I. Page 190, vis-à-vis la fin du§ 228. 56 0 ᷑ K. 2) La longue pièce.. 3) Prés du vieux étang. 42 135 NUMEROS Terrain Terrain Terrai Terrain 1. MEFR errai Terrain err errain in pPeairies Chemins, Mares Sommaire VALEUR t de de de de de fossés e Ire classe] 24e classe 3 classe. 4 classe. 5 classe.. et haies.. .. 4 4 4 à 3. ào. TOTAL. moyenne. NoMs DES GHAMPs. à 10 à8. à 6. à 4. à 1. ào. Journ. ſ Perc. lour.ſ Terc. Jour.] Perc. Jour.] Perc. Jour.] Perc. Jour. Perc. Tour. ſ Perc. Jour. ſ Perc. Jour.] Perc. par Jour.) en total. ¹) Le champ des gazons 10) 45 12 90... 3. 90 23 45] 8 2 202 ½ 2) Le haut bloc.. 14 90 18 45..... 3 32 135 22225 ½ 3) Le coin.... 15] 135... 1 20 16 155 9 ¾ 157 ½ 4) La planche supérieure..— 31 20 1 20. 30 32 70 7 ¾ 250 ½ 5) La planche inférieure. 15] 90 14 135...... 3 0⁰% 45 9111 273 1356 90 1109 8 0 L 11. ¹) Le champ des pierres.. 50%% 45..... 3 50%)45] 8 4⁰2 40 90 6 243 42 135 4 171 13390 816 La Sozr II est à peu près de même grandeur étre chargés d'une rente d'autant moindre. Au re inégalité de valeur beaucoup plus grande qu'elle ne devrait que la I, mais d' ste, c'est seulement pour rendre cet exemple p Pétre dans une bonne distribution des champs. une valeur fort inférieure. Les produits de la Sozk II doivent lus frappant qu'on a supposé iei une P PP DA GRICULT UWRF. 191 chaque année et de combien, par son moyen, on a augmenté sa fortune. D'après la manidère de tenir les livres en parties doubles, on porte dans ce livre Jon- cier au débit de l'exploitation annuelle, tant les intéréts annuels du capital du domaine et du chepteil, que ce qui peut avoir été avancé en argent; er à son créedit, ce qui a Gté livré au propriétaire tant en argent qu'en denrées, et ce qui a&té employé en améliorations durables, ou la valeur dont, par ce moyen, le ca- pital a été augmenté. Dans bien des cas, ce dernier objet pourrait n'étre pas si facile à déterminer, c'est pour cela que, le plus souvent, on se contente de porter en compte les frais oceasionnés par ces améliorations, ou la valeur des travaux qui leur ont été consacrés, lors même qu'ils auraient été exécutés avec les moyens ordinaires de l'exploitation. Ei comme ces ameéliorations augmentent le capital appliqué au domaine, intérét de l'année suivante doit étre augmenté de celui de leur valeur, mais à un taux plus Gddevé. Si l'intérét du fonds est compté à 4 p. celui de ces améliorations doit P'éêtre à 6. Ce compte du liore foncier doit étre en harmonie avec le compte capital porté aux grands livres annuels. Il peut se faire de la 8 manière suivante. DOIT l'Administration du domaine AVOIR. Rixdal. gros. Rixdal. gros. 1803 à 1804. 1803 à 1804. Intérèt de 100000 rixdalers, Livré au propriétaire..... 1200 prix d'achat, à 4 p.g.... 4000 Eniployé à des améliorations. 3800 1804 à 1805. 1804 à 1805. Intéréèt du prix d'achat, 4 p.. 4000 Livré au propriétaire..... 3500 dito des améliorations, à 6 p. 3 228 Employé à des améliorations. 2000 1805 à 1806. 1805 à 1806. Intérèt du prix d'achat, à 4p 9 4000 Livré au propriétaire... 4200 dito des améliorations, 5800 Employé à des améliorations. 1600 rixdalers, à 6 prg 348 1806 à 1807. 1806 à 1807. Intéréèt du prix d'achat, à 4 p.9 4000 Livré au propriétaire.... 6550 dito des améliorations, 7400 Employé à des améliorations. 800 rixdalers, à 6 pi 9g9 444 M 1807 à 1808.. 18⁰7 à 1808. Intérèt du prix d'achat, à 4 p. 4000 Livré au propriétaire..... 8500 dito des améliorations, 8200 Employé à des améliorations. 500 rixdalers, à 6 p. 9...... 502 21522 Solde, duú à l'Administration.[11128 32650 192 PRINCIPBS RAISONNL S § 251. Eofin le livre foncier contient une histoire ou chronique du domaine, à la quelle, chaque année, on ajoute iout ce qui peut avoir trait à sa valeur et à ses droits, En parüculier, on y indique dans le plus grand délail les améliora- Uons qui ont été faites et qui ont éié jointes à la valeur capitale du fonds comme cela s'est vu au ſ précédent. On peut y ajouter des notes sur le prix des produits, sur la température et la fertilité des années, et en général sur tout ce qui concerne le domaine et dontil est intéressant de conserver le souvenir. On y inscrit soigneusement tous les changemens sensibles faits, tant à la divi- sion des terres, qu'aux bätimens, aux revenus et aux droits attachés au domaine, en observant cependant pour ces derniers, de renvoyer aux nitres qui les con- cernent. On peut également y consigner des nolices on des expériences remarquables et qui ont rapport à la culture du domaine, si d'ailleurs on n'a pas un livre par- Uculièrement destiné à ces choses. Un livre de cette espèce est une sorte de trésor qu'on laisse à ses successeurs. § 252. La seconde partie des livres ruraux comprend la comptabilité annuelle de 'exploitation; elle embrasse le compte annuel d'économie rurale et les divers renseignemens qui s'y rapportent. Cette comptabilité est d'autant plus parfaite qu'elle s'étend sur toutes les parties, qu'elle n'est étrangere à aucun des détails qui peuvent influer sur Pensemble, et qu'elle présente avec plus de clarté et de précision chaque objet parliculier. Elle doit donc, non-seulement indiquer la disposilon de'argent et des denrées, en recette et dépense, mais encore con- tenir les détails de'emploi du travail et de toutes jes choses qui influent sur le succès, comme, par exemple, des engrais, des semences, eic. La perſection de cette compiabilité est une condition essentielle de celle de Texploitalion; sans cet aide on ne saurait atteindre le mieux possible, ou du moins on ne saurait avoir ni preuve qu'il ait été atteint, ni direction sur la ma- nière de s'en rapprocher davantage. § 253. La manière de tenir ces livres peut étre trèes-variée; jusqu'à présent il n'est point encore décidé laquelle est préférable, probablement parce que nous n'avons pas encore atteint la meilleure possible. En conséquence il n'en est encore au- cune qu'on puisse recommander généralement et sans réserve, chacun peut avoir des raisons pour en adopter une, qui, plus que celle qu'on recomman- derait, serait en rapport avec ses circonstances personnelles et celles de sa propre exploitalion, àh retà Niora- londh e prir tal ur wevic. a disi- naine, 5 con- uables e par- SSeurs. elle de divers arlaite détails et de luer la e con- sur le elle de ou du la ma- Il mest Vavons ore au- n peut nman- oropre alion, D'AGRICULTVURE. 195 cxploitauon. Depuis quelque tems il a paru sur ce sujet plusieurs essais et plusieurs modèles: ce n'est pas ici le lieu d'en faire l'examen; cependant, je dois dire que, parmi des idées heureuses et très-utiles, j'ai toujours cru y rencontrer des lacunes, des difficultés et du vague. Au reste, cela ne doit pas nous étonner, lorsque nous considérons combien d'attention et de perspicacité il a fallu, pour porter la comp- tabilité du commerce à sa perfection actuelle, et que pourtant les opinions sont encore partagées à son sujet. Cependant, l'art de tenir les livres de comptabi- lité agricole a des difficultés qui n'existent point pour la comptabilité mercan- tile, dans laquelle tout est plus facilement réduit à une mesure commune, l'argent. On ne peut guère attendre d'un homme instruit qui pratique l'agricul- ture, qu'il veuille s'appliquer à Pétude que ce travail exigerait nécessairement pour atteindre la perfection; et les personnes qui ont voué leur tems et leurs talens aux matières de comptabilité, ne possédent, du moins n'en connais-je point encore d'exemple, pas des connaissances agricoles bien étendues; elles n'embrassent point l'ensemble de l'économie rurale; elles n'ont point une idée claire de'exercice de l'agriculture avec l'extension que la science lui donne, ou enfin elles n'ont pas la pratique de cet art, sans laquelle on peut d'autant moins inventer un mode de comptabilité applicable à des cultures diverses et compliquées, que, dans l'exécution, on rencontre souvent des difficultés que la simple théorie n'avait point prévues. Puisque nous manquons encore d'une méthode accomplie, je donnerai ici un apergçu de plusieurs, et des diverses parties dont elles se composent, afin que chacun puisse choisir et s'approprier celle qu'il croira le plus adapide à ses eir- constances et à son but. Souvent, dans la pratique, une moins parfaite est préférable, lorsque d'ail- leurs elle remplit suffisamment le but qu'on se propose, et qu'â cêèté de cela elle est plus facile. Beaucoup mieux vaut quelque chose d'imparfait qui soit exécuté d'une manière accomplie, qu'un plan plus relevé qu'on laisserait sans l'achever*. § 254. La méthode la plus ordinaire est la suivante: Outre le Journal et la main courante on a trois grands livres. * Je n'ose point me flatter d'avoir atteint le meilleur mode de comptabilité agricole possible; cependant je m'en suis créé un qui, sans éêtre inférieur en précision et en exactitude à ceux dont l'auteur parle ici, me semble plus simple et plus facile. Mais ce n'est point ici le lieu d'en donner le détail dans des notes. Si le tems et mes circonstances le permettent, je pourrai en faire le sujet d'un petit ouvrage, à la suite de celui-ci. Trad. I. 25 194 PRINGCIPES RAISONNE N.“ 1. Pour la comptabilité en argent. 2. Pour l'entrée et la sortie des denrées. 3. Pour celles. du bétail. § 255. S N.°o 1. Ordinairement la première parue de la comptabilité en argent contient la receite, et la seconde la dépense. Pour toutes deux les pages sont rayées de manière que la premieère colonne à gauche contienne le mois et le jour; la seconde, le n.“ des pièces justiſicatives, lorsqu'il y en a; au milicu, la spéciſication des objets; et à droite, une double colonne pour l'argent. Dans la remière des deux colonnes pour I 3 P P Pargent, sont inscrits tous les articles séparés; dans la seconde on ne porte que le sommaire de la recctte et de la dépense du mois. Afin de rendre la chose plus claire je vais transcrire ici la recette d'un mois, provenant tant des revenus en argent que de la vente du seigle. PIECES DaArEs. justifi- RECETTE EN ARGENT. . Bixd. Gr.[Pf. Rixd. Gr. Pf. Catllves. Juillet 1 Solde en Caisse................ 210 15 8 pour foin naturel vendu au.... de... 64 13 Pour rente foncière du meunier N...... 4 18 dite..... du maréchal....... 3 Pour location de terrain p.“ pommes de terre, Aà-compte, selon le liv. ienu pour cet objet. 12 12 Rembours fait par le meunier et le maréchal de ce qui avait été livré pour leur compieà la caisse d'assurance contre les incendies.. 6 I18 Pour Juillet.... 300 3 DATvs. wspl. sch. metz. POUR DU BL. E-SEIGLE. Rixd. Gr. pe nna Gr. Pf. Janv. 1 3—— Aumennier N. à N., à3 rixd.... 216 - 7— 16— Au hailli N. à N., à Srixd. 4 gros. 50 16 — 158— JApu blatier N. à N., à 4 rixd..... 768 3— Au journalier N. à 4 rixd..... 2 . D'A GRTCULTVURE. 195 ** 2„«** Les articles de la recette en argent varient suivant la nature de l'exploitation; on les réunit ou on les sépare, suivant qu'on veut les avoir sous les yeux plus ou moins distincts les uns des autres. Au reste, chacun à son titre à part: ce sont ordinairement les suivans, conlient 1). Revenus en argent. 2). Vente de grains, chaque espèce séparée, comme blé-froment, blé-seigle, vremière orge, avoine, pois, lenulles, millet, blé-noir, etc. pieces 3). Graine de trèfle, lin ou autres espèces, et produits destinés à le vente. droite, 4). Fruits et jardinages, es pou 5). Ventes de bétail, chevaux, bœufs, vaches, veaux, cochons, bèétes à laine, rie que volaille, chacun sur un folio à part. 6). Vente de produits animaux. m mos, a) De la laiterie et fromagerie; beurre, fromage, lait. b) De la bergerie; laines, agneaux. c) Du rucher; miel et cire. — 7). Objets divers; recettes accidentelles, qui n'appartiennent à aucun des V V comptes ci-dessus, comme dédommagemens, etc. en Si quelque petite brasserie ou distillerie d'eau de vie est liée à Péconomie rurale, et qu'on vende de leurs produits, elle doit aussi avoir — son compte ouvert; mais s'il existe des établissemens de ce genre exploités en grand, on a coutume de leur donner leur comptabilité et leur caisse à part, La seconde partie ou la dépense en argent, comprend ordinairement les utres V ci- après. 1). Paiemens au propriétaire ou pour son compte. 2). Pour matériaux de bäusse. — — O Q—CQCQC—COO—O—O—O—O—’—’—’OQCQCO—Oůꝑ—·O——/Q—Q—˖C—Q—QOQ—CQ———C—⸗—L—x—˖—·! 1 5).— travaux d'idem. 1 4).— travail au jardin. er 8 5).— travaux de culture. 6).— iravaux d'améliorations. — 7).— gages de domesüques. V 8).— fer et cloux. V b 9).— bois de service. J. 10).— bois de chauffage et tourbe. 11),— rétribution en bois. 12).— chevaux. bétail à cornes. PRINCIPES RAISONNE S 14).— cochons. 15).— béètes à laine. 16).— iravaux du maréchal. 17).— travaux du charron. 18).— travaux du serrurier. 19).— travaux du pourrelier. 20).— travaux du tonnelier. 21).— travaux du charpentier- 22).— frais de bureau et ports. 25).— messages et frais de voyages. 24).— péages, accises, octrois. 25).— impots directs et indirecis, contribuuon pour les pauvres. 26).— assurances contre les incendies. 27).— denrées consommées dans le ménage. 28).— objets divers, ceux qui ne peuvent être compris sous aucune des dénominations ci-dessus. La récapitulation annuelle de la recette et de la dépense de chaque mois, pour chaque espèce d'objet, se fait mieux en forme de tableau, comme cela se voit dans le modeèle ci-contre. § 256. N.9 2. Le grand livre d'entrée et desortie pour les grains et denrées, a des co- lonnes disuinctes pour chaque espèce de graius, dans lesquelles, à la fin de chaque mois, on oppose la recette à la dépense, afin de connaitre les quantités qui restent en magasin. On trouvera cette opératon indiquée dans le tableau ci-joint, A. De ceue manière ce tableau tient aussi lieu de registre de grange; cependant on porte également dans la recette, les denrées qui ne proviennent pas de la moisson, comme par exemple les grains des cens, ceux achetés, eic. Apreès cela viennent, sous différens ütres, les dépenses en grains de diverses espèces. Elles peuvent très-bien éêtre portées en forme de tableau, comme cela a leu dans celui ci-joint B, qui présente la dépense en grains pour le ménage on la consommation. Les grains desunés à la vente sont également portés en forme de tableau, d'après le modèle ci-joint, C. L'argent n'est indiqué ici que par forme de renseignement; d'ailleurs il est porté avec plus de précision dans la comptabilité en argent. Viennent ensuite les autres dépenses en grains sous leurs diverses dénominatons- Puis les rétribuuons fixes en grains, telles que celles du médecin et du chirurgien, ane des ie moss, e cela se a des co- chaque restent dint, A. pendant das de la diverses ame cela b ménage tableau, Irs il est Dalions. rurgien, T. 1. p. 196.§ 236. A. RECETTE EN BLE-SEIGLE. RECETT E de chaque mois et Bilan de la recette et de la dépense. Ilreste en magasin: 65 Rétributn.] Porté Mois. BATTAGE Mesuré des au RECETTE. Mors. DEPENSE. . batteurs. grenier. Schefl] Metz. Scheff Metz. Scheff Metz. Scheit] Merz. Sept. 6 par Jean et Curlh.... 1 225 13 1 2 16 14 Reste en magasin Sept. 3 Pour le pain du ménage. .. 3 4., 4 8 10— Schoulze et Bruning. 255 22 1 6 19 10 du mois dAcdt. 160 4 Rétribution au mattre-valet. 15— des corvéables 210 18—— 18— Recette de Sept. 70 zz BZBSemé........ 20— Jean et Curth.. 180 17 1 1 15 15 870 75 3 9 70 7 SoMMAIRE. 2300% 11 Déduisant la dé- pense ci-contre. 1 67 11 — B. Dépense en grains faite chague mois pour le menage. . Orge Avoine Mors. Froment. Seigle. Orge. mondé pour Pois. Millet. Blé noir. Lentilles. et grué. gruau. Scheff Meiz. Scheff ScncH MCLz. SchefMetz. Schel Meiz. Schefl Metz. Scheffſ Metz. Scheft Meiz. Scheff. Meta. Juillet.. 2 18 6 3 2 2 4 1 4 8 2 Aoüt... 3 20 7 2 21 8 2 1 5 7 1 Septembr. 2 4 19 5 6 2 3 2 2 1 6 4 1 Octobre. 2 2 18 4 2 2 1 4 Novembr. 2 18 4 2 1 8 2 1 3 2 1 Décembre, 1 14 18 4 6 1 14 2 1 5 4 et ainsi de suite. SoMMAIRE. 13 4 111 31 1 13 5 122 6 6 1 11 1 9 5 Grains vendus pendant Lannée 180 ⅞. . 1 Fro-.—...„.. DATL. A qui et ou. Froment. ment Orge.[Avoine. Pois. Lentill. Blé-noir] Millet. — Scheff Metz. Schelf NI Schefſ M. Schefl M Scheffſ M.[Schen, M. Scheff, M. ſSchen]M. Décembre 14 au Meunier N. à N. 127— 255————— payé. 24 au marché à———— 160 20—— payé Janvier. 18 au Bailli N. à N.——— 50—— 30— portés sur son c Février. 5 au Blatier N.—— 180—— 64——— de méeme. 17 au marché à N. 130—— 4——— 12 Dayé............. 28 au Boulanger N. à JN.—— 100————— payé........ 28 au Brassceauurn——— 70———— sur son complte.... 257 535] 162 162 160 64 1 20 30 12 DEPENSE EN BLE-SEICLE. T. I. page 196, vis-A-vis la fin§ du 235. DEPENSE. Juillet. Septembre. Octobre. Novembre. Décembre. SoMMAIRE. Rixd..[Rixd. G. Pf. Rixd. G.. G. Pf Au propriétaire. Paiement de travaux de cul- ture. 112 96 12 142 16 Paiement de travaux q'a amé- lioration. 64 8 30 6 2 Gages et salaires 1 25 8 20 Fer. 74 4 10 Pour la Bergerie. 8 7118 14 Ouv rage du Maréchal 10 17 6 8 —— du Charron. 18 20 6 8 Divers objets pour la consom- 15 mation, etc. 9 10 10 12 8 SoMMAIRE. 14911 387 210 18 2 10 RECETTE. Juillet. Septembre. Octobre. SoMMAIRE. Piadl,. G. Pf. Rixd.] G. Pf. Rixd.] G. G. P Comptant 302 8 300 878 13/8 Pour hlé-froment. 56 8 625 4 Pour blé-seigle. 2747 22 Pour orgee..„ 280 12 1602 4 Pour pois. 20⁰ 320 16 993 20 Pour pœuſs gras. 1960 Pour moutons.. 5330 12 Pour laine. Pour beurre 18 20 8 25 16 6 6 Pour veaux,. 30 12 4 8 eic.——,————————— SoMMAIRE. 340 376 16 657 8 18 6 8 8 3ʃ8 La dépense monte à 149 387 210 18 22 10 Il reste en caisse. D'AGRICULTVURE. 197 du vétérinaire, du ramoneur; enfin les denrées assignées, pour leur consom- mation, à divers employés tels que maitre-valet, vacher, berger de moutons, et au maréchal, si'on s'est abonné avec lui pour P'entretien des charrues. Les grains pour les chevaux de labour peuvent également éêtre inscrits en forme de tableau. S'il s'agit de l'économie rurale du propriétaire lui-méème, les chevaurx de carosse et de luxe, ceux des personnes en visite, doivent avoir leur colonne à part. Les grains donnés aux autres bétes doivent également èétre mis en compie, sous la dénomination d'engrais des cochons ou de la volaille. Un titre particulier est consaoré à l'important objet des semailles de différens grains, aveoc indication du jour où elles ont eu lieu et des pièces de terre où elles ont été faites. Chaque espèce de grain a de méme ici son folio particulier. Ordinairement le compte des grains est terminé par Pindication, tant du nom- bre des gerbes qui ont été récoltées, que des granges et des tas dans lesquels elles ont été placées.. Après la recette et la dépense en grains, suivent celles des autres produits végétaux, tels que foins des prairies naturelles et artificielles, pommes de terre, raves, carottes, choux, chanvre, lin, pavots, eic. § 257. Le grand livre Wentrée et de sortie du bétail contient premièrement une spécifcauton détaillée de chaque pièce de bétail, avec son N.o et son nom, Pespèce ou la race à laquelle elle appartient, son äge, ses qualités et ses défauts, et la valeur qu'elle a au renouvellement de Pannée de comptabilité. Cela a lieu pour les vaches de la manière suivante: QuUALITES N.) Nom Esricz ou RAck. Acx. 09 EsriMATION. QuAND ONT VELE, DEFAUTS. Abondante en 40 Rixdalers. 1[La Caille. Race du pays.[7 ans. lait, mais ne le 28 Décembre. sesoutient pas. 2[Le Serin. Race de Hollande. 8 ans. Extrémement 70 Rixdalers. le 6 Février. bonne. La page opposée reste ouverte pour recevoir les observations sur chaque béte, qu'on peut avoir à faire dans le cours de Pannée. L'etat des autres espèces de bétail est fait, autant que cela est possible, de la mème maniere. 108 12 Ensuite vient le compte d'augmentation et de diminntion du bétail, dresse dans la forme du modèle ci-après; les numéros s'y rapportent à ceux de l'in- ventaire du chepiel. PRILNCIPES RAISGONNES Il y avait dans 5 5 Il reste 6 Cs....„. 5 3 N. les écuries 8 Augmentalion 5 Diminution. H½ alafin 8 à la fin de Juin ☚ de Juillet. 1[Chevauxv. 16..... 16 2 Poulains de 1806 2...... 2 3 Poulains de 180½ 3.. 3. 3 4 Bœuſs 29.—. Nenqdu les n.“ 2et 5. 2. 27 5[Vaches... 4⁰ 4* Peri n.? 40.... 1. 3 9 6 Taureaux 2..„.. 2 f[Génisses de 1806.] 5...„— 5 8 Génisses de 1807.] 6. 4—.. 6 9 Cochons adultes, 24.„..„... 24 10 Cochons moyens. 16.. Tuòé p. le ménage. 1 1 25 11 Cochons jeunes. 30.... 30 12 Oies.. 350..—.. 50 13[Canards..... 30..*. 30 14 Poules, 60.... 60 La bergerie a ordinairement son compte à part, afin qu'on puisse d'autant mieux voir les diminutions et les augmentations de chaque espèce, Cela doit sur- tout avoir lieu lorsque le troupeau est composé de bétes de différentes races, ou qu'il y a des métis de générations différentes, Après cela viennent la recette et la dépense des divers produits animaux; par exemple de ce qu'on a ohtenu, consommé ou vendu en beurre, fromage, lait, et en laine, œufs, miel et cire, eic. Les peaux du bétail tué pour le méênage, celles des bêtes à laine péries, doivent également avoir leur titre à part. Le compte de la laiterie peut étre dressé de la manière suivante: nant sur- D'A GRICULTVURE. d- Lait employé. Lait vendu. Beurre Fromage Beurre Fromage Beurre Fromage 199 Cette manière de tenir les livres est suscepuble de beaucoup de modiſicalions. Chacun peut Parranger suivant le but qu'il se propose et ses convenances ber- sonnelles. Au resie c'est aujourd'hui la plus connue et la plus usitée, et elle sufft Aune exploitalion ordinaire. Elle présente à la fin de chaque miois une idée claire de Pensemble, et comme on doit croire qu'elle est plus ou moins connue de toute personne qui est appelée à inspecter une comptabilité agricole; c'est par son moyen qu'un régisseur pourra le mieux justfier sa gestion. Quant à la préférence que quelques personnes lui donnent, en prétendant qu'elle est plus simple et plus facile; elle me paratt fondée bien plus sur Phabi- iude et la pratique que ces personnes en ont, que sur la réalité. D'ailleurs ce mode de compiabilité ne se distingne nullement par sa simplicité, puisqu'il exige des livres divers, que la plupart des objeis doivent y être portés deux fois, et que les recherches y sont diſficiles. OQutre cela il ne donne nullement une idée claire des détails de l'économie et de la culture. § 259. Ce qui lui manque en particulier, c'est un mode simple et précis de compta- 7*„. ·ℳ„ 2.) 2 bilité pour Pun des plus imporians objets de l'économie rurale, pour l'emploi P p P— erla réparütion du travail; on peut cependant y consacrer un livre parüculier: 2 2 8 2 quant à la manière de faire le compte des travaux, nous ne tarderons pas à nous en occuper. § 240. Avant d'en venir à q'autres manidres de tenir les livres, il convien la question sur le moment de l'année auquel on doit commencer ou finpir la On a choisi pour cela des époques très-variées. La meilleure est sans puon des affaires, et où t d'examiner comptabilité. contredit celle ouù il ya une sorte de repos, une interru Totalité dulatt—-———— battu. fair. consommé. consommé.] vendu. vendu. M OIS. produit gras. écrémé. gras. écrémé. quarts. quarts. quarts. quarts. quaris. liv. Nombre liv. Nombre. liv. Nombre, du Zau 9 980 60 80 110 80 38 ½⁴ 105 20 105 18 10 16 1010 54 84 86 90 44 120 18 90 25 17 23 1004 62 90 76 108 38 120 22 82 ½4 17 24 30 1008 5⁰ 80 94 116 40 135 16 9⁰ 23 4002 226 334 366 394 160½% 480 76 367 ½ 83 105 V § 238. 200 PRTINCIPDRS RAISONNES la plus grande partie des productions ayant été consommée, ce qu'iil en reste peut d'autant mieux éêtre connu. Le commencement de l'année civile ne convient point sous ce rapport. Le printems et l'automne me paraissent tout aussi peu convenables. Dans la contrée que j'habite c'est le 1.“ Juillet qui est le plus en usage, er à divers égards cela me parait plus convenable. Cependant je n'aime pas que la récolte des foins soit ainsi partagée en deux; je préfere donc le commencement de Juin, parce qu'alors la plupart des choses qui demandent une attention partculière, sont dans une espèce de repos et que c'est dans ce tems qu'on a le plus de loisir pour vérifier l'état des provisions, du chepteil et de toute l'économie rurale. Cependant on peut avoir des motifs de suivre en cela les usages de la contrée qu'on habite, et en partculier de se conformer à l'é- poque à laquelle les baux à ferme commencent et finissent le plus ordinairement. Laà où Pon sème encore de pettes orges en Juin, le commencement de Juillet paraft préférable*. § 241. La seconde manière de tenir les livres d'économie rurale est celle qui a lieu en forme de tableaux. Plus que toute autre, elle peut donner une idée succinte de l'exploiration et présenter, sur un petit nombre de feuilles, un compte détaillé et pourtant complet, de toute l'économie rurale et de ses circonstances. Mais elle demande beaucoup de précision et d'habitude. Sans cela il peut s'y glisser des erreurs qu'on ne saurait redresser sans commencer ces tableaux de nouveau. En particulier les difficultés m'en paraissent augmentées par les renvois de dates qu'on y rencontre; et si le rapport d'une date à l'autre doit y être suffisamment indiqué, ces tableaux deviennent alors extrémement compliqués. Javoue que je n'ai pas une idde claire de ce que devraient étre de tels tableaux de l'ééconomie rurale pour qu'ils répondissent à tout ce qu'on devrait en attendre. Nous aurons peut-étre Pouvrage de Gyllenbourg dont j'ai donné par anticipation quelqu'idée dans les Aunales d'Agriculiure; et ce sera, sans contredit, le plus parfait que nous ayons sur cette matière. Cependant je conviens que, d'après l'essai de quelques tableaux qui y ont été imprimés, cette manière de ienir les livres * Dans notreé climat je préférerais de beaucoup le 15 février ou le 1.er mars, c'est-Aà-dire le moment oi Pon a fini de battre les grains, et où l'on a consommè la plus grande partie des four- rages, sans que pourtant les labours et les gemailles du printems aient déjà commencé. Il me semble plus facile d'estimer les semailles d'automne que celles de printems, lesqu'elles ont une marche inſiniment moins régulière, et influent davantage sur la masse de nourriture d'hiver qu'on doit avoir pour le bétail et par conséquent sur les engrais. II ne parait pas douteux du moins que oe nesoit là l'époque à laquelle il est le plus convenable de fixer'entrée des baux. Trad. me leu inte aaillé Mais ſisser feau. Jates ment ue je domie urons widée arlait Pessai livres — ire le es four- „ Ilme ont une d'hiver eux dau Trad. me Tom. I. pag. 201 et 202.(9 242. 245. 244. A. Tableau d'es semailles. BLE- SEIGL E. NUMERO hou nom des pièces de terre. Eiendue. récolte. depuisqu'on de aà fumé la.. dernière lois fumier. La quant.“ Charriots Nombre des labours. DATE de la semaille. Quantité de semence. 0BSERVATIONS. Journ. Pereh. Sole 5, champ du mouliu. 22 45 3 3 ſSepiembre 18 24 Sole 5, plateau supérieur. 35 3 2 ½4—— 19 38 10[La semence a été enterrée au petit extirpateur à la profon- Sole 5, plateau inférieur. 38 8⁰ 3 3—— 27 42 12 deur d'un labour superficiel. Sole 2, champ de l'étang, 42 30 1 260 1½—— 28 44 10 ſ[Le fumier a été conduit sur les pois. La semience a été enter- et ainsi de suite. rée à Textirpateur. Tableau des Moissons. B L E-SEIGEL E. Fiendue ou quotité de JO U R JOURNEES NUMEROsS. NUMERO semence. OBSERVATIONS. 3 d'ou- des pièces de terre. journaux Perchess de fau-de mois- vrier ratelures de la P ou ou oùl'ona fauché ſoàù l'on a serré. Smots PMdels Gerbes. eu gerbes du tas. scheffels. metzen. cheurs. sonneurs grange. environ. Srange Sole 5, champ du moulin. 22 45 Juillet 30 et 31 AoÖt 5. 7 ⅔ 8 6 1945 30 1 Bet C. La gerbe pèse 28 liv.; bien grené Sole 5, plateau supérieur. 35 31 et Aoüt 1.97— 6. 10 11 9 3128 45 A erB.—— 27 ½3 bien grené. Sole 5, plateau inférieur, 38 80 Aoüt 2 et 3.—— 8. 10 12 9 3225 60 CerD.——— 24 était versé; pas et ainsi de suite. très-grené. C. 4 Tableau de la distribution des engrais. . Fumier. Fumier melé des Fumier Compost JO URS. de bœufs chevaux de bétes et Limon. Marne. Chaux. Platre. Lieu, où et pour quelle destinalion. et vaches. et à laine. bpoues cochons. 3 3 Charriots. Charriots, Charriots. Charriots. Char. Charliots. Tonneaux. Quintanx. A 3 41⸗ Aoùt 3 à 12. 26⁰0————-————— Sole 2, platteau du milieu. Novembre 8. à 20.— 2⁰00— 50—-————— Sole 3, pour des récoltes jachdres. Février 24. 210————-————— Sole 3, pour des récoltes jachères. Mars 4 à 12.— 120———————— Sole 3, pour des récoltes jacheères. Avril 5 à 20.—— 260——————— Sole 3, pour des récoltes jachères. Avril 1 à 12.——————— 330—— Sole extérieure 8, pour du blé noir. — 13 à 28.———— ſde T'étang vidé. 420——— Sole extérieure 8. Mai 1à 5.———————— 210 210(Sole 6, sur du trefle. Ces Tableaux ne doivent èétre considérés que comme des modeèles; les sommes en sont purement idéales. DP'ACORICULTURV. 201 me parait excessivement diffücile, surtout parce que l'auteur veut d'abord réduire tout en argent, et que cette estimation ne peut éire faite d'une manière exacte, jusqu'à ce qu'on puisse avoir connaissance des rapports et des circons- tances de l'année, ce qu'on ne peut obtenir qu'à la clture de la comptabilité annuelle. Dans les livres de main courante, cette forme de tableaux me paratt très- convenable, surtout lorsqu'elle est appliquée à quelques branches ou affaires particulières. Je donnerai ici, comme exemples, des modeèles de tableaux pour quelques sujets, en laissant toutefois à chacun le soin d'y faire les changemens que ses cir- constances particulières et le but qu'il se propose rendent nécessaires. Si le grand livre doit étre tenu en parties doubles, surtout, ces tableaux sont très-commodes, parce qu'alors ils tiennent lieu de journal, § 242. Le tableau ci-joint A, qui comprend une partie des semailles en seigle, ser- vira de modèle pour toutes les autres espèces de grains, et la réunion de tous ces tableaux, qui pourra bien avoir lieu sur une feuille, présentera l'ensemble des diverses semailles avec indication de l'étendue des champs, du nombre de récoltes qu'ils ont produites depuis qu'ils ont été fumés, ou des engrais qu'ils ont regus récemment, du nombre de labours qui leur ont été donnés pour cette récolte, du jour ouù ils ont été ensemencés, de la quantité de semence qu'ils ont reçue, et enſin des particularités qui peuvent s'y rapporter. § 243. Le tableau de moisson ci-joint B contient le nom ou le numéro de chaque pièce de terre et son étendue, ou précise si elle est connue, ou en scheffels de semence, si la surface n'en a pas été mesurée. De plus, le jour où Pon a fauché et celui ou'on a serré; les journées de faucheurs, ramasseurs et ouvriers de grange, le nombre des gerbes récoltées, la quantité de ratelures aussi Svaluée en gerbes, enfin le numéro de la grange et du tas dans lesquels chaque produit a été placé. On y ajoute des observations sur la grandeur et le poids approximatif des gerbes, lequel souvent dans un même domaine, surtout si T'on a différentes manières de faire la moisson, varie infiniment; de méme aussi des remarques sur la nature du grain, sil est bien nourri et de bonne qualité. On y suit pour tous les grains la méthode tracée pour le seigle, Si Pon veut avoir sur un seul tableau un résumé général de la culture des grains de l'année, on peut fort bien réunir les deux dont nous venons de parler; J. 26 pPRINCIPES RAISON NES mailles destinée à la quantité de semence, dique le jour où T'on a fauché. 202 alors, après la colonne du tableau des se on place celle du tableau de moisson, qui in § 244. Le tableau de la distribution des engrais C contient, d'abord, transport a été effectué, puis les diverses espèces de fumier; on suppose que le fumier de tout le bétail à cornes a été mis au même ias, et que celui des chevaux et des cochons a été convenablement mêlé et déposé à une autre place. Le fumier des bétes à laine est, suivant la coutume, conduit immédiatement de la bergerie au champ. 3 Pentends par boues et compost les engrais r dans les cours, devant les granges et ailleurs, grande parue de pailles pourries, mais qui, cepen excrémens d'animaux. Viennent ensuite des colonnes pour le terreau, la marne, la chaux, le platre, peut-ètre pour les cendres et autres matières destnées à Pamendement des terres, lesquelles toutes sont comprises dans la dénomination d'engrais. La dernière colonne est consacrée à pindicauon du lieu ou le fumier a été le jour où le amassés hors des places à fumier lesquels sont composés en plus dant, contiennent aussi des conduit. De ce tableau on peut, si la quantité d'engrais mise à chaque ch on le juge à propos, porter sur celui des semailles, amp, et ce dernier tableau est complété par là. § 245. Quoique le travail soit un des principaux objets de Pagriculture, eependant on a trop souvent néglige d'en prendre note er d'en calculer les frais. Si méme on évalue en général les frais des labours exécutés tant par ses propres domestiques et attelages, que par journées et à la täche, et si la réunion des gages et de n des domesuques, de la valeur des fourrages dont le bétail de trait a- 61 nourri, et enfin des débours, présente Pensemble de ces frais; cependant on ne sait que rarement à quoi ils montent pour chaque objet, pour chaque pro- duit, pour chaque champ; et pourtant il est de la plus grande importance de le savoir, puisque c'est par là seulement qu'on peut avoir des résultats certains sur les profits et les pertes de chaque branche de la culture ou de l'économie en général. C'est aussi de cette manière seulement, qu'on voit si les forces dont on a disposé pour le travail ont 6té employées de la manière la plus utile, ou si elles pouvaient l'étre plus avantageusement. On en obüjent un contréle du Pentretie 1 2 7 8...V 2 2 iravail quw'on ne pourrait se procurer d'aucune autre mamère et qun conduit à des mesures bien plus sůres, qu'une inspection mème conunuelle des différens labeurs. nce, 4 . ou le ppose ni des place. 2nt de umier blus 8 des Slätre, nt des r a éte nailles, mplété Sendant i meme estiques s et de e trait à- pendaot que pro- ance de certains conomie rces dont le, ous röͤle da onduit 4 gillérens * A. Journal des travauæ dee la semaine. Tom. I. page 205. à F 245. OQuvrages de main. Lundi. Mardi. Mercredi. Jeudi. Vendredi. Sommaire. en 5 gr. 4gr. 3 gr. 5 gr. 1 r.]5 gr. 6 gr. 5 gr. 4 gr. 5 gr. 5 gr. 4 gr. r. 6 gr. 5 gr.] 4 gr. 3 gr.) 5 Sr. 4 gr. Montant argenl. Rixd. g. Pſ. D'AGRICULTURE. 203 Ponr cela il faut avant tout qu'il soit pris note des divers ouvrages, tant de main que d'attelages, qui ont été faits, avec indication du sujet auquel ils ont été appliqués. La manière dont ceite inscription a lieu n'est point indifférente, elle importe infiniment, soit afin de donner plus de ſacilité à Pinspecteur, soit et surtout afin qu'on puisse obtenir un résumé plus clair du travail appliqué à chaque objet, et le porter ensuite en son lieu, sans courrir le risque de com- mettre une erreur. J'ai essayé diverses formes d'un tel journal des travaux, et ilm'a paru que le tableau hebdomadaire ci-joint A était ce qui convenait le mieux. On y voit des colonnes pour quatre espèces d'ouvriers, lesquels reçoivent une rétribution journalière de 6, 5, 4 et 5 gros; au reste, d'une saison à l'autre, ces prix varient. Dans la première colonne viennent P'espèce et le lieu des tra- vaux qui ont été exécutés pendant ceitte semaine. Dans l'indication du lieu ou de Pobjet auquel le travail a été appliqué, il fant avoir soin de se conformer au titre mème du compte du grand livre sur lequel il doit étre porté. Ainsi les travaux dont on désire un résumé à part, doivent étre inserits iei séparément, tandis que tous ceux qui doivent être portés au même compte peuvent êétre réunis en un seul artcle. Cette réunion demande quelque instruction de la part de Lins- pecteur, et jusqu'à ce qu'il P'ait acquise, il vaut mieux qu'il tombe dans l'exoꝰs des distinctions que dans celui d'une trop grande cumulation des objets. Déjà au commencement de la semaine, il inscrit dans la première colonne, les travaux qu'il prévoit avec certitude devoir étre faits; quant à ceux qu'il n'a pu prévoir il les y porte à mesure qu'ils surviennent. II est sans contredit avantageux qu'il fasse d'avance le tableau de ce qui doit étre exécuté, alors il lui suffit d'inscrire chadue jour, dans la colonne qui lui est destinée, le nombre de journées de chaque espèce qui ont été appliquées à chaque opérauion. Le mieux est de consacrer à ce journal un livre particulier avec 52 feuillets, qui soit arrangé de manière que l'nscription en téte ne doive y étre portée qu'une fois au commencement de chaque trimestre et que les divisions ou colonnes soient faites à l'avance. D'autres personnes préſéreront, peut-èêtre, d'avoir et de sus- pendre à la parroi une table noire, avec des rayes verticales et horizontales en rouge, faites de manière à ne point s'effacer, et d'y inscrire chaque jour, avec de la craie, les travaux qui ont été faits et le nombre d'ouvriers qui y ont Eté occupés. Dans la colonne du sommaire, on porte le nombre d'ouvriers de chaque espèce qui, pendant la semaine, ont été employés à chaque ouvrage; et dans celle de l'argent, on indique ce que chaque travail a coüté. Le sommaire des journées de toutes espèces et celui de l'argent, doivent alors balancer celui des journaliers qu'on a tenus et la somme qu'on a livrée pour leur salaire. 204 PRINCIPES RRAISONNES Si Pon a eu des journées en corvée, ou des services gratuits, il faut également les porter dans la classe des journées auxquelles elles peuvent étre assimilées, et joindre leur valeur a celle des autres; ensuite, et à la fin de la semaine, on distingue les journées de ce genre, de ce qui a réellement été payé. On attribue à ces corvées les journées qu'on en a reques, et on les porte en déduction de ce qu'on a droit d'en attendre. Le journal des travaux d'attelage se fait de la même manière. En place des colonnes pour chaque prix de journées, les chevaux, les bœufs et les domes- niques qui travaillent avec eux ont les leurs. C'est à chacun à voir s'il lui convient de faire une distinction entre les domestiques qui pansent les chevaux, et ceux qui soignent les bœufs. 8i les journaliers travaillent avec les chevaux et les bœufs, ils sont portés sur le tableau des travaux manuels et non ici. Il vaut mieux ins- erire le travail des bètes de trait par tétes, que par attelages. A la fin de la semaine, on fait le sommaire des journées qui ont été appliquées à chaque ouvrage; mais ici, ce me semble, on pent omettre la colonne de l'argent. Ces tableaux hebdomadaires peuvent ensuite, avec facilité, étre portés dans un résumé du mois, ainsi qu'on le verra dans le tableau que je joins ici. On w'est d'ailleurs point assujetti à un nombre fixe de semaines, si l'on veut se donner la peine de rayer pour une période plus longue. Sur une feuille ouverte on a toujours de la place pour huit semaines. Dans le tableau ci-joint B, on a réuni la période des moissons, qui ont été en majeure partie exécutées en cinq semaines. Afin de rendre la chose d'autant plus elaire et de montrer des travaux d'un autre genre et dans une autre période, et aussi afin de dissiper la crainte qu'on a de trouver à cette méthode de grandes difficultés, je joins ici un tableau C, qui comprend la période d'hiver, dès le commencemeni de novembre au milieu de février. 1 Ilne me semble pas que des explications ultérieures soient nécessaires. II est évident combien, dans des livres tenus en parties doubles, le rapport des résumés du mois doit se faire avec facilité. 263 7 On trouvera dans les Annales d'agriculture de Basse-Saxe, 4.“année, 4.“ frag- ment, un excellent article sur l'évaluation des journées agricoles. Il m'y a pas de doute que presque tous les détails de l'économie rurale, tous les produits distincts et ceux de chaque champ en particulier ne puissent très-bien étre présentés en forme de tableaux. On peut voir à ce sujet dans les Annales d'agricul- ture, 4.“ vol., pag. 164; quelques modèles, tirés de Touvrage de Gyllenbourg; on y trouve entr'autres un tableau trèes-complet pour les travaux intérienrs des cours et de l'économie rurale. n ibue le ce des mes- vient ceux eufs, ins- aine, mais dans . On ut se werte on a cinq d'un lu'on au C, nilieu 8s. Il t des . frag- ous les en tre ricul- 3— on cours Tom. I. page 204. Tableau des journdes des eing semaines deæ Moissons dès 26 Juillet au 2r out. LIEU et suUyFr. Genre du travail. 3 1 à 6 AoGdt. 6 8 à 13 Aout. 15 à 20 Aoul. 22 à 27 AoGdt. Faucher, Journées à Gros 6 5 4 3 . 2 Journées à Gros 3 6 Journées à Gros Gros Journées à MoNTANT en argent. Rixd. 3 Sole 2. Blé-froment.— V ramasser, lier, charger. V V 2 Faucher, 34 V V 8 Sole 5. Blé-seigle.———— 3——,— ramasser, lier, charger. 28 V V 5 Faucher, 36 V 9 Sole 7. Blé-seigle.——,— ramasse., lier, charger. 27 V 6 I 5 Sole extérieure 8. Faucher, 12 V 3 Blé-seigle. ramasser, lier, charger. V 1 Dans les Granges. Meitre en tas. 2 6 V 10 20 V 10 Faucher, 24 b 6 Sole 2. Orge.————— ramasser, lier, charger. 2 25 6 V 5 Faucher, 32 V 8 Sole 6. Pois.— ramasser, lier, charger. 4 12 V 2 Dans jes Gra Mettre en tas, faire des ans jes Granges. liens, etc. 4 12 6 5 28 15 Economie du bétail., Faire la pature. 3. d 3 3 3 3 3,21 Travail pour le ménage V V Dépenses générales.* dans la cour. 4 V 6 4 Sole 3. Houer les raves. 36 35 16 Au champ fleuri. Passer le grand ràteau. V 5 V 5 2 Faucher le trèfle. V 12 32 16 21 Sole 4.. Fanner le trèfle. b V 15 20 5 Et ainsi de suite. V V Sommaire. 44[14 46 16 48 56 19 92 18 30 1 74 32 19 ²59 140 23 Rixdal. 14 Gros.] 27 Rixd. 6 Gr. 35 Rixd. 13 Gr. 29 Rixd. 14 Gr. 24 Rixd. 16 140 — Tom. I. page 204. C. Tableau des journées de la période d'hiver, dès 31 Octobre 1810 au 18 Fgorier 1811. dès 31 Oct. à 12 Nov. 26 Déc. à 7 Janv. 6 à 18 Février. 14 à 26 Novembr.[28 Nov. à 10 Décemb.] 12 à 24 Décembr. 9 à 21 Janvier. 23 Janv. à 4 Fèvr. ——— IoNTANT Lrrx ei suEr Genre du travail. Journées à Journées à Journées à Journées à Journées à J bes à J —„ 3 Kil n ournées à ournées ³ bes 3„ Gros Gros. Gros Gros Gros Gros. CGros. 3 Ioar Deet 4 en argent. 5 4 3 2 5 4 3 2 5 4 3 2 5 4 3 2 5 4 3 2 5 4 3 2 5 4 3 2 5 4 3 2 hixd. G. P. b—.——.. 3— 1 1——-... Dépenses générales. Pour diverses bagatelles. 2 33 12 4 14 8 3 18 10 5 6 8 2 3 6 b 4 4 5 18 10 8 I 3 12 23 1 —,— Grenier. Remuer les grains. 2 2 2 2 V 3 2 V 3 V V V. Fumiers Transporter hors des éta- bles et remuer 1 2 4 12 3 12 2 2 2 2 2 Transporter les matières——— féeales à la place à fumier. 1 1 1 r 1 1 1 1 9 Chauffage. Couper du bois. 3 1 2 3 1 ½ 2 V 2 2 2 3„ V 3 3 V 2 2 1 V 1 2— Hâcher de la paille et des..— Etable des vaches. pommes de terre. 6 2 611 V 6 2 6 3 6 3 6 2 615 6 1 5 4 isi is. Battre. 1 V V——— IProvision de Mais attre 1— V 8 V 6 5 7 Pommes deterre. Trier et remuer. 6 6 4 6 V 6 V— 7— Raves de la 3.“Sole. Arracher et neitoyer. 16 18 17 15 V V V. 7 8— Jardi Défoncer et faire d'autres, 3 V—— arelin. ouvrages. 5 8 3 12 3 18 10 8 22 Fenils. Botteler et peser. 2 2 2 2 2— 4———— 2 2 2 2 16 Culture du lin. Battre et vanner. 9 12 8 14 V.— Réparations et cons- Creuser et charrier de la 3 4—— tructions. glaise. 4 6 3 1 . Curer Pétar lever le——— 3— Ameéliorations. er Leläng em en kvet i 18 V 3 Sole 3. Labourer avec des Poeufs. 12 6 12 6 1 8 1s8 6 9 6— Labourer avec des bœufs, 3— ,—,—— Sole 5. charger et épandre du 3 fumier. 18 4 22 4 22. 6 8 6 15 4 — 3 1 Sol Curer les raies d'écoule- 3———— ole 7. ment.’ 8 6ö ———— Sommoife. u 1761 21 145 18 25 10 19 14 8 17 1. 65 20 16 4 49 54]18 73 46 12. 1080 1 „—.. 85.— 1— 84 6———————— 8 1 2 24 Rixdal. 8 Gros. 25 Rixd. 3 Gr. 6 Rixd. 23 Gr. 5 Rixd. 14 Gr. 4 Rixd. 17 Gros. 6 Rixdalers. 0 5— 5—₰ D'AGRICULTVURE. 205 § 246. Quant à moi je trouve, à la méthode de tenir les livres en parties doubles, un avantage si décidé sur celle en forme de tableaux, que je dois tout au moins laisser à d'autres le soin de perfectionner celle-ci. Jai parlé au long de cette première méthode dans le 4.“ volume des Annales d'agriculture, page 467 et suivantes. Jai ensuite trouvé qu'elle pouvait étre simplifiée bien plus encore, et qu'on pouvait très-bien tourner les difficultés qu'il était impossible de vaincre. Je ne dirai que peu de chose sur cette matière en renvoyant mes lecteurs à ce traité. Il est sans doute absolument nécessaire que tout soit réduit à une mesure commune, et l'on ne pourrait guères en adopter une autre que argent, puisque c'est à cette espèce que viennent se réduire tous les résultats d'une industrie quelconque. Cependant, dans le cours de la comptabilité, on est souvent dans le doute sur le prix qu'on doit assigner à des choses qui ne peuvent pas étre immédiatement réalisées. A la vérité, une estimation fautive n'apporterait aucun changement au résultat final de la compiabilité, puisque ce qui serait perdu pour le crédit d'un chapitre serait gagné par le débit de l'autre; mais cela meitrait de Linexactitude, tout au moins dans le résultat des articles partiels. Le pris moyen de la plupart des objeis, par exemple, des grains et fourrages consommés dans T'exploitation même, ne peut guères éêtre fixé dans le cours de'année et au mo- ment méme de l'emploi, et cependant de ee prix dépend l'évaluation d'autres choses, qui ne peuvent être acquitées immédiatement en argent, telles que le travail des domestiques et du bétail de trait employé à chaque objet particulier; tandis qu'à la fin de l'année, si l'on pèse mürement toutes les circonstances et leurs rapports, on doit pouvoir avec quelque certitude, connattre la valeur en argent de chaque article. Par exemple lorsque je sais à combien je dois imputer au bétail de trait, Pavoine et le foin qu'il a consommé, et que tous les frais accessoires qu'il a occasionnés sont connus, je vois ce que me codùte la journée de travail d'un cheval ou d'un bœuf, et je puis alors en porter la valeur au débit des compies auxquels ce travail a été apppliqué, pourvu toutefois que le nombre de ces journées ait été préalablement déterminé avec exactitude. Pour Pestimation, il faut seulement admettre certains principes et y demeurer fidele. Si par exemple on veut, pour l'évaluation des grains, prendre pour pase le prix moyen du marché, je n'ai rien à y objecter, pourvu que, de ce prix, on dé- duise tous les frais de transport, à leur valeur réelle, laquelle comprend non seulement la dégradation des harnois et des chevaux eux-méêmes, mais encorg 96 PRLNCIPES RAISONNES un certain dGrangement des domesuüques, er divers incidens que l'expérience Mais si, par une suite de conjonctures accidentelles, le prix considérabbement au-dessus du taux nature]l, c'est-à-dire rès l'abondance de la récolte, alors je fxe le seule peut indiquer. du marché s'éleve de ce qu'il eut dù étre d'ap prix de consommation d'après celui que cette plus ou moins grande abondance de la récolte devait donner aux denrées, parce que les circonstauces qui ont modific le prix naturel, n'ont aucun rapport avec mon exploitation. J'en use de Ja mèême manière pour le foin. A l'égard des végétaux, culuvés uniquement pour la nourriture du bétail, tels que les pommes de terre et les raves, j'en porie le prix à une fois et demi la valeur dc ce qu'ils coùtent, c'est-à-dire „une fois et demi la valeur réunie de la rente du sol, de l'engrais qu'ils ont réellement consommé et du travail qui leur a été consacré. Si, dans le voisinsge, le prix venait à en hausser méème jusqu'au sextuple, comme depuis quelques années, au printems, ga été ici le cas pour les pommes de terre, cela n'apporte chez moi aucun changement au prix ſixé pour la consommation, parce que je ne puis guère profiter de cette hausse de prix. Quant au prix du fumier, jusqu'à présent en ai esimé la charge de 20 quintaux à un rixdaler et ½; j'en répartis la valeur totale entre le bétail qui l'a produit et la paille de liiere qui lui a été appliquée; j'attribue au bétail et 2 à la paille X. * C'est une grande question de comptabilité agricole que celle du prix auquel les fumiers doivent ètre évalués et portés en compte. Il me semble que ce prix ne peut être que celui qui court dans la contrée où P'on exerce Pagriculture, ou celui que ce fumier peut valoir relalivement à son emploi, et relativement à l'effet qu'il produit dans la culture. Partout ou le cultivateur peut facilement vendre ses fourrages et se procurer des engrais à un prix modéré, je pense que les fumiers doivent etre portés en compte au prix courant auquel les achats et les ventes ont lieu; parce que, s'iil en a la volonté, le cultivateur peut s'en procu- rer à ce prix, et que sil ne le fait pas, c'est la suite d'un calcul qui doit probablement lui et èêtre envisagé plutét comme une spéculation que comme une procurer des avantages, le prix des engrais, tout comme celui des fonds, est plus ou chose de règle; en effet, moins une suite de la localité; Pun est l'autre doivent étre soumis à ses circonstances; au reste ce premier cas ne peut guère avoir lieu que dans le voisinage des grandes villes. Dans les lieux, au contraire, où l'on chercherait en vain à se procurer des engrais à prix d'argent, du moins en quantité suffisante, il serait absurde de vouloir régler le prix des fumiers d'après celui d'une chétive quantité qui en aurait été vendue. Le cultivateur ne peut se passer d'engrais dans son exploitation; il doit donc sen procurer à quelque prix que ce soit, bien entendu copendant que ce prix ne surpasse pas l'avantage réel procuré par le fumier, puisque, dans ge cas, il vaudrait mieux y renoncer. expérience les le prir Cest X-re je hre le abondance ces qui ont Pen use de aniquememt raves, jen Vest-à-dire Cu'ils ont voisinage, s quelques m'apporte ree que je ge de 20 bétail qui u bétail et —— les fumiers Pon exerce aurement à engrais à un rant auquel tsen procu- blement lui comme une est Plus ou ces; au resle ngrais à prij x des fumiers peun ze passel ce voit, bien ier, puisqué, D'AGRICULTURE. 2⁰7 Ce sont là les principes que je me suis tracés pour la fixation des prix; mais chacun saus doute demeure libre d'y apporter telles modifications que les cir- auces rendent nécessaires. Lors donc qu'il n'y a point de recette ou de const enrées sont provisoirement imputées à chaque compte, dépense en argent, les d seulement en poids et mesure, et à la cléture du compte seulement, on en porte la väleur dans la colonne de l'argeni. Le plus grand nombre de ceux qui établissent un compte à part à des produits disuncts, réunissent cependant ceux d'une mèéme espèce, quoique cultivés sur des champs séparés; mais cela ne me suffit point, je veux savoir ce que chaque champ a coùté et produit. Ainsi chaque champ a son compte sGéparé, et si, sur le même champ, il y a des produits de différentes espèces, chacun d'eux est également mis à part. Si le journal des travaux est bien tenu, cela n'a aucune difficulté. Cependant, la plupart des frais d'une récolte entrent dans la compiabilité de Pannée qui la précède, puisque la nouvelle année commence au 1. juin ou au 1.“ juillet. Comme toutefois les frais et le produit doivent étre er posés les uns aux autres-dans le mème compte, les premiers sont extraits du compte de Pannée précédente en somme, ou tout au plus sous leurs principales divi- sions; ainsi ils sont portés au débit du compte de l'année courante et au crédit de la précédente. Le produit en grains des divers champs, est d'abord porté au débit des granges en gerbes; mais je ne taxe ces gerbes que lorsque le battage est achevé, lorsque je puis savoir ce qu'elles ont rendu de grain, et quel est le prix qui doit être fixé à celui-ci. Ce compte de grange doit se faire ainsi, pour qu'il puisse tenir Nous verrons dans la suite qu'un chariot de 20 quintaux de fumier donne à la terre une quan- lité de sucs nourriciers égale à celle qui rend 2 scheffels de seigle, ou le k du produit moyen d'un journal de terrain.......... 4 16 De cette valeur il faut déduire les frais de culture, semailles, récolte, rente 0 ·ℳ ℳ † 11 du sol et risque de de journal............. La charge de 20 quintaux(myriagram. 92,89) de fumier vaudrait donc environ † 5 Ce prix, du reste, ne doit ètre envisagé que comme approximatif, car plus la quantitéè d'en- grais employée est considérable, pourvu qu'elle n'aille pas jusqu'à faire verser la récolte, plus la valeur relative du fumier doit etre grande, puisque la récolte augmente sans multiplier les frais de culture. Il ne me semble pas convenable d'attribuer ainsi un tiers de la valeur du fumier au bétail, et les deux autres tiers à la paille; je trouve beaucoup plus exact de débiter les animaux de la valeur de la paille qu'ils consomment, tant pour nourriture que pour litiere, et de les crédiiter ensuite de la valeur du famier; de cette manière on est sůr de demeurer dans la juste proportion, soit que le bétail mange beaucoup de paille, soit qu'il n'en mange pas du tout. Trad. 208 PRINCIPERS RAISONNES Jieu de registre de grange, et je ne saurais pas d'autre moyen de disunguer le produit de chaque champ, si d'ailleurs il me convient de le connattre d'une ananière précise: d'ailleurs il peut étre superflu pour les personnes qui ne veulent avoir connaissance du produit qu'en bloc. Le produit du battage estalors porté au crédit des granges, et au débit de Pespèce de graim à& laquelle il appartient. II est mieux aussi de ne porter d'abord que le nombre des scheffels, et d'attendre, pour em inscrire la valeur en argent, que le prix des grains puisse èêtre déterminé; au reste ce montant devra être porté au prix général qui, cette année-là, aura &té adopté pour Péconomie rurale; prix que j'appellerai priæ de culture, pour le distinguer du priw courant des marchés. Lors de la vente, le prix qu'on a réellement obtenu du grain est porté en compie, et le solde du compte de grains montre alors ce qu'on a gagné ou perdu par suite des circonstanees commerciales. Les frais occasionnés par les grains, dès le moment ou ils sont entrés au grenier jusqu'à celin où ils ont été consommés ou vendus, ne peuvent- guère dire imputés à chaque espèce de grain en partieulier; on ouvre en conséquence au grenier un eompte dans lequel on porte, par exemple, les frais de remuage, de neuoiement et surtout de transport. Si l'on veut, on peut ensuite réparur ces frais sur les différentes espèces de grains, en proportion de leur quantité et de leur valeur en argent. Il est encore d'autres objets qui ont également leur compte particulier de eulture et de provision. Au débit du premier sont les divers frais de eulture, eæt au créclit, le produit iel qu'il est amené du champ. Ce produit est à son tour porté au débit du compte de provision, dont le crédit enfin contient Pemploi qui en a été fait pour différens sujets. Cependaut, lorsque certains pro- duits ont été consommés à leur sortie mème du champ, comme par exemple le tröfle et les vesces donnés en vert, et une partie des raves, ils sont immé- diatement portés au crédit du champ et au débit du bétail qui les a consommés- Dans ce cas, sans doute, la valeur en argent est un peu douteuse; mais je l'estime d'après une évaluation approzimative des frais que ces produits m'ont oüté; d'autres personnes eroiront au contraire devoir plutôt l'estimer d'a- Prös Putilité et Pemploi du produit. Je pense que les motifs pour la première de- ces deux manières sont prépondérans dans la plupart des exploitations rurales J. — * Je regrette de ne pouvoir pas partager entièrement Lopinion de l'auteur sur ce sujet, mais Ume semble qu'il n'est ni juste ni convenahle de charger, par exemple, le compte de nour- riture de vaches, des frais peut etre excessiſs de culture d'une récolte jachère mal réussie, tandis que ces bétes eussent pu éire nourries à meilleur compte avec du foin sec ou du trèfle Le —,— * D'A GRICULTURVE. 209 Le chepteil vivant et mort est taxé à la fin de chaque année de comptabilité; on en fait alors un nouvel inventaire, ou bien on fait les changemens nécessaires à celui de l'année précédente. La valeur que le chepteil a à cette époque est impitée à l'année suivante, sous les uütres qui lui sont propres. De cette manidre toute amélioration du chepteil, durant une année, retombe au crédit de celle-ci, tandis que toute détérioration, au contraire, demeure à sa charge. Le prix du bétail acheté est porté au débit du chepteil vivant, et au crédit de la caisse, s'il a 6té payé en argent; celui du bétail vendu est porté au débit de celle-ci et au crédit du chepteil vivant. Si une pièce de bétail périt, sa valeur est imputée au débit de'espèce de bétail à laquelle elle appartient; si, par exemple, c'est une vache, le dommage en est mis à la charge de la vacherie; si c'est un cheval, ceite perte tombe à la charge du compte des attelages. C'est là une des choses qui heurtent le plus les commençans; il paratt absurde à ceux-ci que le chepteil vivant doive être crédité pour unec perte de bétail; et en effet, cette perte tombe au détriment de ce chepteil, en ceci, que par-là à la fin de l'année, sa valeur totale est diminuée d'autant. Pour ce cas, comme pour tous les autres, il ne faut que se faire une juste idée de cette manière de tenir les livres, et de sa composition, pourse tirer sans peine de ces difficultés et de quelques autres semblables. L'expression doit, qui est en téte du débit, est là synonyme de il a regu, ou bien il a étée employé pour lui, T'expression avoir, qui est en téte du crédit, veut dire au contraire a livré ou bien a fourni. A la clôture du compte, la somme de tous les débits et celle de tous les orédits doivent ètre semblables, Mais le débit et le crédit du plus grand nombre des comptes sont très-différens; il est mème de ceux-ci qui n'ont rien au débit ou rien au crédit. Ce qu'un compte a de plus au crédit ou au débit, autrement dit, la somme qui manque d'un côté pour balancer celle qui est de l'autre, s'appelle en terme de commerce le solde. On peut aussi'appeler perte ou prafit, moins ou plus. Si donc le proſfit de tous les comptes qui en ont donné, est mis d'un côté et que de l'autre on porte la perte de tous ceux qui en ont, la somme des deux côtés doit èêtre la mème. Mais pour découvrir le produit que T'entreprise a donné pendant l'année écoulée il faut porter au débit genéral du compte; 1.“ la perte de tous les comptes qui étaient nécessaires au mou- vement de l'économie rurale, ou, ce qui revient au même, la dépense de l'ex- ploitation; 2.“ le crédit de l'année preccdente. En revanche au e adit géndral du eompte à balancer, viennent; 1.“ le débit vert. Il me semble que le prix et la valeur relative des fourrages et des grains Ssont la mesure d'après laquelle tous les produits consommés dans l'économie, doivent étre évalués. Trad. I. 27 4 210 PRINCIPES RAISONNES du propridtaire, ce qu'il a recu de Pétablissement soit en argent comptant, soit en denrées; 2.9 le débit des dépenses en améliorations; 3.“ celui de l'année suivante; 4.“ et enfin le débit des accidens qui doivent être supportés, non par Pentreprise, ou, ce qui est synonyme, par le fermier, en cas que le do- maine soit affermé, mais par le ſonds lui-méème ou par le propriétaire, et aux- quels il a du étre ouvert un compte particulier. Ce qui reste après qu'on à déduit le débit du crédit, est alors le véritable produit net. § 247. Ce peut nombre de directions suffiront à ceux qui auront lu mon traité sur la manidère de tenir les livres dans le 4. volume des Annales d'Agriculture, et les divers artcles qui ont rapport à cette matière, avec les observations que j'y ai jointes, par exemple volume V. page 353, 609. Vol. VI page 587, 415. Vol. VII, page 521; je croirais donc superflu de traiter ce sujet de nouveau quoique j'aie le sentiment de n'avoir pas présenté toutes choses d'une manière assez claire dans ce premier ouvrage. Au reste il me parait que, même avec toute la clarté et la précision possibles dans la manière de s'ezpliquer, on ne saurait sauver toutes les difficultés aux personnes qui commencent à s'occuper de ceite matière; mais ces obstacles ne sont point tels qu'avec de la réflexion et ua peu d'exercice, on ne les surmonte aisément. Je conseille à celui qui veut adopter cette manière de tenir les livres, d'en faire pessai durant une année, pendant laquelle il continuera cependant la méêthode à laquelle il est accoutumé, afin que sa comptabilité ne soit pas embrouillée par des erreurs qu'il ne découvrirait peutétre pas dans les premiers momens. Celui qui Paura une fois entreprise et qui sera entré dans son esprit, n'y renoncera certainement jamais, et ne regrettera point les peines qu'elle lui aura données dans les commencemens. La démonstration qu'on lui doit de résultats clairs, précis, non-seulement sur chaque partie de l'économie rurale, mais eucore sur les rapports qu'elles ont entr'elles; les idées qu'elle donne pour la rectification des plans d'économie et de culture; la facilité qu'elle procure de tenir, dès son appartement, et méême en cas d'absence, un contréle exact des iravaux agricoles et de la consommation; enſin l'éveil qu'elle donne à l'attention sur les divers objeis où elle doit se porter, dédommageront abondamment de- peines qu'on devra lai consacrer, surtout dans la première année. En cela le plus difficile ei pourtant l'indispensable, c'est d'établir et de tenir convenable- ment les livres journaux, encore ici la difficulté ne gtt-elle point dans la chose A... 8. 70„. elle-mème, mais seulement dans les principes et les idées qu'il faut donner à la personne chargée de tenir ces livres. —— —,.— 14 r D'A GRICULTURE. 211 t, née PROPORTION DES ENGRAIS AVEC LE FOURRAGE aon ET LE BETAIL.* do- Un.§ 248. Le principe qui contribue le plus à la formation des plantes que nous cul- able nvons; celui qui les fait végéter et rapporter la semence desunée à les repro- duire, c'est le fumier ou le terreau produit par sa décomposition. La quantité et la qualité des végétaux que nous voulons propager, dépendent sur donc de la quantité et de l'activité des engrais que nous pouvons leur consacrer. re, Ainsi, apreès le travail et la manière de le faire exécuter, les choses qui se pré- lue sentent le plus naturellement à notre examen, sont les fumiers, les moyens de 15. se les procurer, et les rapports proportionnels de ces engrais avec les produits. eau§ 249. ere On a voulu remplacer les engrais par l'augmentation du travail, et le travail ude par augmentation des engrais; mais cela n'a pu avoir lieu que d'une manière ra apparente, et pour un court espace de tems. Jeihro Tull crut pouvoir se Kie passer tout-à-fait d'engrais, au moyen d'une culture fréquemment reéitérée, t un appliquée à ses récoltes semées en lignes, et en divisant ainsi toutes les parties du sol de la manière la plus complète. Cela réussit d'abord à lui et à ses sue- aire cesseurs, sur un sol fertile, et qui, depuis long-tems, avait 6té abondamment Je à pourvu d'engrais; en effet, par une culture fréquente et par l'exposition du par sol aux influences de l'air, toutes les particules nutritives qui y étaient ren- fermées étaient transformées en matière extractive propre à alimenter les n'y plantes, et étaient mises à la portée des racines et de leurs sugoirs. lui Mais cela ne dura que peu d'années; par-tout où l'on çontinua à retrancher de le fumier, la fécondité du sol fut détruite à tel point, que des engrais réitérés ale, purent à peine rendre à la terre une fertilité médiocre. our D'autres voulurent opérer le méême effet, au moyen du labour à la bèche, cure. ou du défoncement des terres, croyant que la couche enfouie par ce moyen des gagnerait de nouvelles forces par le repos, et ramenée à la surface, pourrait uon ensuite donner de belles récoltes; ils crurent qu'en changeant ainsi chaque des année la couche de terre en végétation, ils obtiendraient toujours les mémes a le 5—— ble-* Pour entrer dans les vues de Pauteur, et à sa demande, j'ai refondu ce chapitre aſin d.) 0396 jntroduire les observations et les modifications insérées à la téte du second volume de l'édition eriginale allemande. Trad. 4 ⸗ 212 PRINCIPES RAISONNES produits, sans pour cela étre obligés de donner au sol de nouveaux zues nutritifs. Dans quelques terrains où la couche ramenée à la surface était composée T'un heureux mélange de terres, et contenait des combinaisons de carbone et d'hydrogène susceptibles de décomposition, cette méthode parut aussi avoir des succès; mais il fallut également bientét y renoncer, parce que, après avoir rendu quelques récoltes sans engrais, cette couche inférieure surtout, refusait toute nourriture aux plantes. Si un peüt nombre de personnes sculement sont iombées dans ces extrémes, on voit en revanche très-souvent que le cultivateur incline trop pour l'un ou Pautre de ces systèmes, suivant la nature des moyens qu'il a à sa portée. Dans le voisinage des villes où T'on peut avoir des engrais à bas prix, et dans les contrées oùð beaucoup de paturages et de prairies fournissent à l'entretien d'une grande quantité de bétail, ordinairement on travaille peu les terres, on ne donne point de jachère, et'on ne cultive pas de ces récoltes qui en tiennent lieu; on se borne à semer tous les ans des grains, et souvent de la même espèce. Là, au contraire, où, faute de fourrages, on fait peu de fumier, on cherche à améliorer les champs, tant au moyen de travaux assidus et surtout de la jachère, qu'en leur donnant du repos, ou en les transformant en her- bages. Les systemes de culture, d'ailleurs assez semblables, du Holstein et du Mecklembourg, se distinguent en ceci, que, dans le premier, on fume for- tement, et qu'alin de pouvoir le faire, on emploie une grande parte des champs à des récoltes destnées à la nourriture du bétail, mais qu'aussi l'on donne à ces champs bien moins de labeurs pour les récoltes de grains; tandis que dans le Mecklembourg, où le système de culture ne permet de ſumer que médiocrement, le défaut d'engrais est remplacé par des jachères fréquentes, soignées et complètes. Quoique ceite substtution soit possible à certains égards, on ne peut cependant jamais en attendre des résultats entiérement semblables, puisque, sans aucun doute, l'on ne peut obtenir le plus haut produit que là ouù le sol, le travail, l'engrais, et Pespèce de grain qu'on aura choisie, seront réciproquement dans les rapports les plus convenables. On ne sauroit douter qu'il n'y ait des espèces de terrains, lesquels, de leur nature, soicnt assez riches, et qui, depuis qu'ils sont en culture, aient été assez peu appauvris, pour que, de long-tems, ils n'ayent pas besoin d'engrais; mais ces sols particuliers font des exceptions rares, dont, cependant, nous ne laisserons pas de nous occuper dans la suite. Au reste, on attribue souvent à la nature du sol, une fertilité qui n'est due qu'à ce qu'il a été long-tems en prairie, et fortement chargé de bétail. — Q⏑Q·—:BD2D2:2—·2„ö ,:— ——O· ̈—— eiufs. 2) 086e Sbone cavoir . Savolr lusait 2 mes, In ou = Dans Hs les Pune n ne nnent anéme r, on artont her- aet du 2 for- ae des Sai Pon andis Ar que Inies, zards, Lables, Jue là e eront e leur 1pt(6 igrais; g Us 116 uvent ms en DAGRICUETVUHRE. 215 § 250. Quoique la nature nous présente plusieurs substances qui vivifient ou accé- lèrent la végétation, soit en augmentant les principes vitaux, soit en aidant à la décomposition du terreau; ce n'est proprement qiue le terreau(l'humus) qui est à un degré convenable de décomposition, ou les engrais vςαεο- animauæ, qui fournissent aux plantes les parues les plus essentielles et les plus nécessaires de leur nourriture. Je dis les plus essentielles; car il n'est pas douteux que, d'ailleurs, elles ne puissent tirer quelque nourriture, tant de la décomposition de l'eau et des substances gazeuses contenues dans T'at- mosphère, que de leur combinaison réciproque, et que, par la coopération de ces principes, la masse des produits végétaux ne s'augmentaàt sur la surface de la terre* et sur celle de chaque champ en particulier, si, au lieu d'en éloigner les plantes qui y ont végété, on les laissait se décomposer sur place et se résoudre en terreau. Cette vérité paratt démontrée par l'étonnante fertilité des sols qui n'ont pas encore été cultivés, et par celle des anciennes forèts. Quant à ceite parte de la terre qui ne peut point èêtre décomposée, et qui résiste à'action du feu, les expériences de De Saussure et de Schrader ont * Si rien ne produit rien, ce qui ne parait pas un problème, la masse des principes repro- ducteurs qui existent sur la surface de notre globe doit demeurer toujours la mème, à moins 1.“ qu'il n'y ait, par le moyen d'agens inconnus, d'agens qui aient jusqu'ici échappè à Pœil du naturaliste; une vibration, une communication de principes, dès notre globe au soleil et aux corps célestes en général, ou de ceux-ci à notre globe: 2.“ que par l'action de ces corps célestes, ou par un effet de cette loi de la nature qui conduit toutes choses vers leur fin, des principes constituans et jusque-là renfermés dans les entrailles de la terre, ne soient amenés à sa superficie pour y ètre mis en action et fournir ainsi des alimens à la population eroissante de notre planète: 3.“ que par l'action des hommes, par des défoncemens, ou par Pextraction de fossiles, la masse des principes de végétation ne soit augmentée dans la circulation, et ce dernier cas, quoique le plus probable, ne peut produire que des changemens très-lents et irès-peu sensibles sur Pensemble de la surface du globe. Il me parait plus naturel de croire que Thomme met en action, par la eulture, une masse de principes qui, sans son intervention, demeureraient inactifs dans la terre; qu'ainsi ces principes sont transformés en alimens, qui à leur tour sont changés en matière animale, laquelle, soit par la décomposition des corps, soit par les émanations qu'ils jettent dans J'at- mosphère, va servir de nouveau à l'alimentalion des végétaux. De cette manidère les sols aux- quels on n'enlève rien de leurs produits doivent, nen-seulement conserver leur fécondité pri- mitive, mais encore y ajouter, aussi long-tems qu'ils ne sont pas saturés de sucs nourriciers, au point de ne pouvoir plus absorber ceux contenus dans Patmosphère qui les environne. Kinsi il se ferait un reversement insensible de sucs d'un lieu à Pautre, sans que pour cela la masse générale des sucs existans ſut réellement augmentée. Trad. 214 PRINCIPES RAISONNES récemment confirmé, qu'elle n'entre pour rien de sensible dans la végétation, et qu'ainsi elle n'y contribue qu'en protégeant et recevant les racines des plantes, en conservant les sucs nutritifs, et nullement comme matière nutritive elle-méême. § 251. Mais comme les plantes ürent de humus ou de la décomposition des matières animales et végétales, les substances nécessaires à leur noufrriture, ces matières doivent étre diminuées, et enfin épuisées par la végétation des plantes sur le sol, et cela dans la proportion des sucs que ces plantes absorbent, ou, ce qui revient au mème, des sucs qu'elles contiennent; en supposant cependant qu'elles sont récoltées et emportées hors du champ. § 252. La force de la végétation et la quantité de chaque produit est déterminée par la proportion des sucs nourriciers contenus dans le sol, toutefois dans ses rapports avec l'espace où la véegétation s'opère. Par sucs nourriciers nous entendrons dorénavant ceitte partie du terreau qui se trouve en état de passer dans les suçoirs des plantes; celui qui consutue la fertilité, la fécondité, la richesse, ou la vigueur da sol, et nous admeitrons que la quantité de ces sucs soit modiſiée, augmentée ou diminuée par chaque produit qui est sorti du sol, sans étre remplacé par un équivalent. § 255. La dissipauion des sucs nourriciers varie, non-seulement suivant le volume, mais encore suivant la nature des produits. D'après l'expérience générale et des épreuves faites dans des cas particuliers, elle est, dans les céréales et dans le plus grand nombre des produits, en proportion directe de la substance nutri- tive que ces produits eux-mèémes contiennent, surtout dans leur grain. On sait que le blé-froment épuise plus que le seigle, le seigle plus que l'orge, et Porge plus que l'avoine.— Les expériences commencées par plusieurs per- sonnes et qui, à la vérité, ne sont point encore achevées, démontrent l'existence de cette proportion mieux qu'on ne devait s'y attendre. Suivant l'analyse plus précise qu'Einhof a faite des diverses espèces de grains, la quantité de sucs nourriciers, c'est-à-dire de principe glulineux, d'amidon et de mucilage sucré qu'ils coniiennent, y est dans la proportion suivante: Dans le blé-froment. 78 sur cent. le blé-seigee 70— Porge 65 à 7o sur cent, suivant Pespèce et sa bonté. Pavoine 58 sur cent, maisil n'avait pas encore fini son analyse. les lentilles 74 sur cent. —4,— Togetation, les llacde, osiüüon qes riture(es les plantes bent, ou— dependant terminée dans ses grs nous e passer lcondité, né de ces wesi sorü volume, dérale et et dans ce nutri- de lorge, eurs per- existence le grains, Gamidon janle: mie- D aualyse, D'A GRTICULTVURE. Dans les pois 75 ⅜ sur cent. les haricots 85— les fèvesde marais. 68 ½4— les fèves de cheval. 75— Ainsi un scheffel froment.. à 9aliv. contiendrait liv. 71,76 sucs nourriciers. 2... 43,6— 2 50,16—— 9 seigle à 8366 60,2— orge à 7 avoine à 5 pois 410o0oo 75,5— fèves de cheval à 10rz).75,1i9— Le poids du scheffel est pris sur des grains extrémement bien nourris et très- ropres. Poh§ 254. D'après cette donnée, et en ayant égard tant à quelques différences dans la nature méême des sucs nourriciers, qu'à la paille et à T'ensemble des expériences faites sur cette matière, desquelles cependant nous ne nous occuperons que lorsque nous traiterons de chacun des produits végétaux en particulier; nous admettons en principe que les récoltes de grains proprement dits, sont dans les rapports proportionnels suivans, relativement à leurs pariies nutritives, et à la propriété qu'ils ont d'épuiser le sol le ble-froment= 23. le blé-seigle= 105. Torge=. Pavoine— 5 De cette manière, G scheffels de seigle sont éegaux à 4, 61 de froment. 8,58 d'orge. 12, d'avoine. Ainsi nous devrions pouvoir atendre d'une quaniité égale de sucs nourriciers, répandue sur un terrain qui, d'afrès sa composition et ses qualités physiques, serait également propre à ces diveses espèces de ceéréales, un produit de grains qui fut en rapport avec cette propotion; si, d'ailleurs, nous pouvions admettre Fexistence de cette égalité, réunie àa culture et à la température la plus propre à chaque espèce. En général cette ppportion existe dans le produit, et si nous cultivons du blé-froment au-delà de se qu'elle admet, les récoltes suivantes seront diminuées proportionnément. § 25. Ce rapport du produit à la propriété épuisante, ne peut jusquici étre fize 216 PRINCIPES RAISONNES avec quelque précision, que pour les espèces de grains les plus usuelles. Quant aux autres produits des champs, nous demeurons encore dans Pincer- titude; les résultats sont sans doute bien différens, lorsque ces récoltes ont lieu fréquemment, au lieu de ne revenir que de iems en tems comme pro- duits intermédiaires, pour séparer les récoltes de graminées céréales. Au reste, nous ne pourrons nous étendre sur cette matière que lorsque nous traiterons des assolemens: ici nous observerons seulement que, jusqu'à présent, on ſa envisagé les légumes, les pois, les fèves, les vesces, comme des récoltes amé- liorantes, et qu'on a attribué cette qualité à leur ombre, à P'ameublissement du sol, à lLinfluence des molécules de l'air qu'elles pompent, au chaume et aux grandes racines qu'elles laissent dans le sol; que plusieurs personnes les ont en conséquence assimilées à la jachère morte, bien entendu toutefois qu'elles ne reviennentpas trop souvent àla mème place, et que les plantes en soient non- seulement vigoureuses, mais encore serrées les unes contre les autres, ce qu'on ne peut obitenir que sur des champs mis en bon état. D'après la théorie etl'expérience, il parait qu'on va trop loin lorsqu'on compare ces récoltes à la jachère morte, à laquelle on doit attribuer une augmentation réelle de la faculté nutritive du sol; Pensemble des essais qui, sur ce sujet, ont été faits dans des terrains soumis à Passolement triennal, a donné lieu au plus grand nombre d'agriculteurs de penser que, en supposant d'ailleurs la mème quantité d'engrais et le mème nombre de labours, la récolte de grains d'automne et celle de grains de printems qui lui succèdent, demeurent d'un scheffel en sous de ce qu'elles eussen été après une jachère morte. Or 10 degrés de fécondité de moiss n'expliquent point encore ce déficit, mais bien 17 à 20 degrés; car de 17 degrés leseigle en absorbe 5avec lesquels il produn un scheffel; par conséquent si la feondité du sol est diminuée de 17 à 20 degrés, le produit en seigle doit de mêne èire diminué d'un scheffel, et la récolte de grains de printems doit éprouver ane réduction proportionnée aux 12 Ou 15 degrés qu'iil reste à déduire. Par cette raison je mets l'épuisement positif, occasionné par les récoltes delégumes, à 10 degrés, et cela en moyenne, sans m'arrèter au plus oumoins de produit, pae que Texpérience enseigne qu'elles épuisent d'autant moinslesol, qu'elles ont une plus belle végétation. Quelques observateurs attentifs ont remarqué que, lorsque la récolte de grains d'hiver réussissait bien après des pois, celle de grains de printems était d'autant plus faible; par cette raison alors ils ne semafent pas de l'orge, mais de Pavoine. Des observations superficielles ont encore plus divisé les opinions, sur la propriété plus ou moins épuisante d'autres produits. Quelques cultivatenrs pré- tendent que les pommes de terre sont fort épuisantes, et donnent pour preuve de —— ————— vsuelles. s Tincer. lies ont mwe pro- lureste, aiterons t, on ſa 2s amé- sememt ume et nes les lu'elles nU non- non ne ience, vorte, üve du dumis à penser abre de qui lui es une core ce esquels uée de llel, et née aux sement jenne, qu'elles uelques d'hiver ant plus dine. sur la nes pré- preuve ds D'AGRICULTURL. 217 de cela, la mauvaise réussite des grains d'automne qui leur succèédent; cepen- dant cette opinion n'est soutenue que par ceux-là seulement qui sèment cette espèce de grains immédiatement après, et qui, par conséquent, prennent le champ dans un moment et un état trés-défavorables à ce genre de produnts. En revanche nous voyons d'autres personnes qui cultivent des grains de printems, après les pommes de terre, ne demeurer en dessous des récoltes de grains d'automne préparées par la jachère, ni pour ces grains de printems, ni pour les récoltes qui leur succèdent dans notre assolement, et à peine pour les grains d'automne qui viennent en quatrième récolte. D'après diverses expériences récentes, ces tubercules et d'autres récoltes racines cultivées à diverses reprises, sans addition d'engrais, n'ont qu'infiniment peu épuisé une terre qui, auparavant, aväit été mise en bon état †. Cependant cela me semble poussé trop loin; d'après mes propres observations, je dois croire que, deux chariots de fumier par jour- nal, balancent l'épuisement occasionné par une récolte de pommes de terre; du moins lorsque j'ai donné à cette récolte, cette quamité d'engrais de plus qu'à la jachère morte, je n'ai remarquòé aucune diminution sur les deux récoltes — 2 3. 2.2 2 4 9 8 ·. 8 8 ·*—„ 3... de grains qui suivaient, T'orge et le seigle. Je prie les personnes qui en auront Poccasion, de vouloir y faire attention. Ici encore il doit y avoir une diflé- rence entre une récolte irès-abondante et une qui l'est moins; si on plante les pommes de terre rapprochées, elles produisent sans doute davantage; mais alors elles ne peuvent point être aussi bien cultivées, Pinfluence fertilisante de Ja culture est considérablement diminuée, et le sol demeure plus appauvri. Je me borne donc à un produit de 80 scheffels, pour la petite quantité de 5 scheffels de semence par journal. Ainsi je mets l'épuisement qu'elles occasionnent à 50, en leur attribuant, en revanche, la méme influence fertilisante qu'à la jachère, c'est-à-dire 10 degrés. § 256. L'épuisement occasionné par les récoltes de grains est réparé de trois manières. 1. Par le transport et l'incorporation des engrais proprement dits. La faculté nutritive du sol est plus ou moins augmentée, suivant la quantité et la qualité de ces engrais, et les récoltes suivent la progression de cette faculté, toutefois seulemen jusqu'à une certaine proportion, au-dels de laquelle V'engrais de- vient lui-mèême nuisible, en faisant verser les blés, ou en oecasionnant d'autres inconvéniens de ce genre. Dans'évaluation de l'amélioration ou de la détérioralon du sol, nous envisageons une charge de fumier, prise au point ——— * Voyez les observations de Staudinger dans la fenille économique de 1808. A. I. 28 218 pP RINCIPES RATISONNES convenable de ſermentation, et pesant 2000 liv., comme égale à 10 degrés sur un journal de terre; ainsi un amendement de 5 chariots de fumier serait Ggal à 50. Au reste, il faut prendre en considération la nature du fumier; nous supposons ici du fumier ordinaire fait avec les excrémens dée bètes à cornes, ou de chevaux et de cochons, les uns et les autres méêlés avec de la paille. Il en est autrement pour- le fumier des bètes à laine, et surtout pour le parcage qui entre plus promptement dans la végétation, mais qui aussi est plus vite épuisé*. 2. Par ce qu'on appelle repos, ou plutôt par la transformation du champ en päturage. La putréfaction des herbages qui y ont cru naturellement, celle des vers et insectes qui s'y logent, et les excrémens du bétail qui y pàture, com- muniquent au champ une force de nautrition, qui est plus ou moins grande, suivant que le sol était en meilleur état, lorsqu'il a 6ié abandonné à lui- même, que la végétalion des herbages y a eu lieu avec plus, de vigueur, ei que le bétait y a déposé plus d'engrais*. On pourrait fixer cet avantage, a. D'après une proportion inverse de l'étendue nécessaire pour la nourri- ture complète d'une vache, — * Ilest évident d'ailleurs que le fumier est d'autant plus actif, qu'il contient d'autant plus de parties ſerlilisantes, c'est-à-dire que le bétail qui l'a produit a regu une nourriture plus sueculente. Trad. ** Il me semble que pour que l'état d'étre en herbage améliore un sol, c'est-à-dire qu'il lui communique des sucs qui m'étaient pas en lai, il faut ou que le bétail, en pâturant, y dépose tant les excrémens produits par la nourriture tirée de ce pturage lui-mème, que d'autres sucs encore tirés d'une nourriture étrangère.— Ou que les plantes dont ce sol est couvert puisent dans l'atmosphère une nourriture qu'elles communiquent ensuite à la terre dans laquelle elles végétent. Les terrains qui ont été en repos ou en herbage pendant plusieurs années sont évidemment plus propres aux récoltes de grains, c'est un fait incontestable; mais qu'elles sont les causes qui produisent cette disposition? c'est ce qui n'est encore connu que d'une manière très-imparfaite. Il ne me paraft pas douteux qu'un grand nombre de végétaux, tels surtout que le pècher et d'nutres arbres à fruit, les plantes à syliques, le trèlle rouge ordinaire, les graminées céréales et beaucoup d'autres, non seulement n'absorbent les sucs appropriés ou assimilés à leur nature, qui sont contenus dans lessol ou ils végétont; mais que, de plus, ils ne déposent dans ce sol des sucs nuisibles à leur reproquction, desquels, à la longue, la terre peut etre purgée ou par Pexposition aux influences de l'air, ou par l'action des herbages qui y croissent. Cette circonstance pourrait bien expliquer une partie de Peffet dont il s'agit ci-dessus; mais elle est absolument insuffisante pour le produire dans sa totalité. II y a eneore ici un vaste champ donné aux découvertes. Thad. degrès r serair pposons eraux et ont pour plement amp en lle des com- ande, nème, bétail nourri- — ant plus ire plus qu'il lui dépose d'autres couvert re dans plusieurs testable; 2 connu e pocher raminees lés à lew gent dans e purgee at. Celle nais elle champ 2 D'AGRICULTVUR E. 219 Si 5 ½ journaui suffisent, ceue amélioration peut être jugée égale à 10 degrés. à 11 2* 0 2 2. 2³ 8ℳ 2 2.„ 2 0 0. 9 3 0 à 1 2 2 ⅓* 2 ℳ* 2** 2 4 ⁴ 2 ·* ·ℳ 0 ·..2«ℳ 0* a 15 0 0 0 0.* à 14 5. ·** 6**** 2*«** 0 0 0 0* 0 En revanche, s'il faut 52 journaux pour une vache..... 8 4t..„......... 4 5. Ou d'après l'état de fécondité dans lequel le sol se trouve lorsqu'il est laissé en herbage. Sile sol contient alors 40 degrés de fécondité, il gagne annuellement 10 degrés. 65o........... 141 60...... u. ⸗ 12 z.......... 15 89......... 14 9o............ 15 Enrevanche, sil ne contient que 50 degrés de fécondité seulement 6 degrés. 29.... 9 6 19....... 4 Lorsque nous traiterons plus parüculièrement des herbages, nous verrons avec plus de détail comment on peut fixer la valeur du paàturage, d'après le degré de fécondité du sol. L'addition de fécondité, occasionnée par le trefle, varie également, suivant que ce trèfle a été plus ou moins épais, et suivant qu'il a eu une plus longue nouvelle pousse lorsqu'il a été enterré par le labour; cette dernière circons- iance apporte une très-grande différence dans l'amendement que produit le irèfle; il est évident, en effet, qu'un irèfle épais et haut de huit à neuf pouces, doit donner à la terre un engrais végétal très-sensible. Mais plus le tréèfle est épais, plus cet avantage est grand, parce qu'alors un seul labour suffit. On peut poser en principe, qu'un irèfle qui a été semé sur un terrain de G0 degrés de fécondité, améliore celui-ci de 10 degrés; si ce terrain en avait 7o, de 12 degrés; sil en avait 80 de 14 degrés, sil en avait 90 de 16 degrés, eic. La méeme chose aurait lieu pour les vesces fauchées en vert, si, avant de les enterrer, on pouvait également les laisser repousser un peu, ce qui ne saurait avoir lieu que lorsqu'elles sont épaisses, d'une grande vigueur, et qu'elles ont 6té fauchées au moment ou la floraison commencait. Siil n'en est pas ainsi, il faut se häter de rompre, et par cette raison, on ne peut guère supposer qu'il 220 PRTINCIFES RAISONNES „ 1„ 2„ en résulte plus de 10 degrés d'amé tenu au-delà de 60 degrés de féconditd. 3. Par une jachère morte Tété avec les eultures convenables, laquelle non- lioration, lors même que le sol aurait con- seulement nettoie le terrain, mais encore li procure de véritables sucs nour- riciers, tant en soumettant successivement ses différentes parties aux influences ſerülisantes des gaz de l'atmosphère, qu'en favorisant la putréſaction des plantes et des racines enterrées par le labour. La jachère a une plus grande efficacité, zi elle est donnée au sol lorsqu'il est dans sa plus grande vigueur; elle pro- cure des récoltes d'autant plus abondantes qu'elte a été plus complète, qu'elle a mieux divisé les parties du sol, et par conséquent qu'elle a mieux mis en mou- vement les partes nutritives qu'il renferme.& la vérité, de cette manière elle oceasionne aussi un plus grand épuisement. Au reste, sans aucum doute, la jachere abserbe ou autre des sucs fertilisans de Patmosphère, et la quantité de particules nutritves ainsi absorbée, est d'autant plus grande que le sol est dans un Gtat plus prospère; outre cela, plus le sol est riche, plus grande est la quantité des mauvaises herbes qui y poussent, et dont la putréfacuöon concourt également Paméliorer. Nous tirons de ces onsidérations cette consécuence, que, si le terrain a 40 degrés de fécondité, la jachère y en ajoute 10; que si cette fécondité est poussée à 50, l'augmen- tation doit étre de 11; st elle est poussée à 60, de 12, et ainsi de suite. Chacun doit calculer, d'après sa position individuelle, lequel de ces trois moyens il doit employer. Lorsqu'on est parvenu au point de pouvoir se pro- curer de sa propre exploitation une abondance d'engrais, le premier moyen est saus auncun doute le plus efficace; mais jusqu'à ce qu'on soit arrivé à ce point, les deux autres peuvent étre employés avec succès. § 257. VUn cehamp n'est gudres tellement appauvri par les récoltes qu'il a successi- vement rapportées, que Pon ne puisse en attendre encore quelques produits. Cependant il peut éêtre poussé à un degré dépuisement tel, qu'il ne puisse plus donner de récolie dont la valeur surpasse les frais de culture. Cene faculté de produire, que le sof conserve encore, nous Pappelons sa Jécon- dité naturelle. Cette fécondité peut avoir différens degrés; lorsqu'elle est telle que le journal de terre dut encore rapporter 2 scheffels de seigle en sus de la semeuce, mais que cependant on ne puisse plus ensemencer ce terrain sans trop l'épuiser, à moins d'y mettre de nouveaur engrais, de le laisser reposer, ou de lui donner une jachère; alors sa fécondité naturelle est supposée égale, „ 8„„ f.. ,..* 5. 8. 4 2 40 degrés; c'est la le dernier point d'appauvrissement auquel on doive —.— üt eon- le noön- nour- uences plantes jcacité, le pro- qu'elle nmou- re elle lilisans „ est plus le sent, de ces ondité, gmen- trois pro- noyen à ce cessi- Sduits. Puisse Cene fecon- sl lelle sus de n sans poser, égale, doive pP'AGRICGCULTURV. 221 laisser tomber un champ de ierre moyenne. Une bonne terre à orge, qui as au-delà de 60 pour cent de sable, qui a un peu de chaux, ne content p bera pas à ce point d'appauvris- et peut-èêtre 2 pour cent d'humus, ne tom sement, à moins qu'on ne P'ait é6puisée à dessein. Lorsqu'elle aura été fumòe une fois en 6 ans, et quoiqu'on en ait uré 4 récoltes de grains, nous lui attri- ours 60 degrés de fécondité; etsi nous voulions l'épuiser davantage, buerons touj i supposent une quantité nous pourrions encore en attendre des récoltes, qu de sucs proportionnée à ce nombre de degrés. Lon conçoit d'ailleurs que plus les. parties constituantes du sol seront favorables à la reproduction des végétaux, plus cette fécondité natitrelle sera considérable, et que plus un sol sera argileux, plus difficilement il iombera dans cet état d'épuisement que nous désignons par 40 degrés, parce qu'il reliendra mieux les sues nourriciers, parce qu'il donnera des rscoltes moins satisſaisantes, et que d'ailleurs il aura en lui-méême une fécondité qui ne demandera qu's étre mise en action par la division des parties intégrantes qui renferment ces sues. II faut beaucoup d'art pour épuiser complétement ce dernier terrain, mais aussi, lorsqu'il est totalement appauvri, il faut d'autant plus de ſrais pour lui rendre la fécondité nécessaire. Ceue ſécondité du sol, que vous appelons naturelle, parce quelle y demeure lorsque nous redonnons à la terre de nouvelles substances, et en r lorsque nous recommençons Passolement, en donnanr le principal particulie fGcondité, dis-je, hausse et baisse sur un même champ, amendement, cette suivant la proporuon des engrais qu'on y a mis, ou des récoltes qu'on en a relirées pendant le oours de Passolement; de cette manière elle passe à la rotalion suivante-- G'est ainsi que si une terre reçoit 5 chariots de fumier... 5o0 degres: Une jachère morte............. 10 Et que sa[econdite naturelle soit........ 1! 40 Sa richesse totale peut-étre évaluéece....= 100 degrés: Et si Pon déduit de cette somme la valeur de Pappauvrissement occasionné par les récoltes produites dans le cours de la rotation, la somme de degrés qui restera, indiquera alors la fécondilsé naturelle du sol à la Bin de ce cours de récoltes, celle avec laquelle la rotation suivante commence de nouveau. §. 253. Il existe, nous n'en saurions douter, une certaine régularité, une certaine propbrüon dans Pépuisement occasionné par les récoltes. G'est ainsi qu'après PRINCIPES RAISONNES une belle récolte de grains d'automne, rarement on en voit une très-belle de grains de printems, et que, dans l'assolement triennal avec jachère, deux ans après une récolte remarquable de grains de printems, on n'obtient guère une très-belle récolte de grains d'automne; c'est également ainsi qu'ou voit cette succession de rücoltes tantéôt abondantes, et tantôt insuffisantes; lorsque ces premières, favorisées par la température, appauvrissent le sol d'une manière- extraordinaire, et que celles-ci, au contraire, retenues par un tems défavorable, laissent dans la terre où elles ont végété, plus de sucs qu'elles ne le devraient naturellement. Un examen de cette loi de la nature pourrait nous conduire à des mesures, qui nous procureraient des récoltes abondantes, précisément dans les années oùð la marche ordinaire de la culture en produit de mauvaises; 1l nous apprendrait à réserver à ces dernières années, ces forces qui surmontent méme l'influence défavorable de la température. De cette manière une année g- néralement mauvaise pourrait devenir infiniment profitable à un culúvateur dis- ningué. C'est là aussi une raison pour laquelle il est réellement profitable au public, qu'un méême système de culture ne soit pas établi partout. D'après les expériences qui ont été faites, et en attendant que de plus nombreuses et de plus probantes aient jeté sur cette matière ioute la lumière dont elle est susceplible, nous devons croire que sur un terrain chaud(sur un terrain froid moins) une récolte de froment appauvrit le sol de 40 degrés, tandis qu'une récolte de seigle ne produit cet effet que jusqu'à la concurrence de 30 degrés, et une récolte de grains de printems jusqu'à 25 degrés v. Le blé froment, lorsqu'il est semé sur un terrain qui lui est propre, donne le plus souvent une quantité de grain aussi grande que le seigle et non- seulement il pese davantage, mais encore il contient une plus grande quantité de parties nutritives, dans la proportion de 15 à 10; ainsi la proportion qui existe entr'eux pour- l'épuisement du sol devrait être comme 59 est à 50; mais comme l'appauvrissement occasionné par le froment paratt plus grand encore, nous le supposons égal à 40. Quant aux grains de printems, le peu de durée de leur végétation, indique qu'ils épuisent moins; et en effet, il est rare qu'ils rendent en produit, une quantité de matière nutritive égale à celle donnée par les grains d'automne. Depuis long-tems les opinions sont partagées sur la * Iei Pauteur ne comprend saus doute point les récoltes de froment de printems, qui, suiyant toutes les apparences, enlèvent au sol une quantité de sucs plus grande que ces 25 degrés, et proportionnée, non-seulement à la quantité de mesures de grain qu'elles ont rendues, mais encore à la quantité très-variable de substances alimentaires que ce grain contient. Trad. —— elle de eux and ere une t cette lüe ces nanière orable, vraient duire à ément aises; ontent ée gé- r dis- ublic, 2 Plus amière sur un grés, rence DAGRTICULI TVU E. 225 question, si é'est Porge ou l'avoine qui sont les plus épuisantes, et cela dé- pend, sans doute, de l'état du sol, de la préparation qu'il a reçue, et de Pabondance des récoltes de une ou de l'autre espèce qu'il a produites. Sur une ierre forte et moins travaillée, l'avoine qui a une plus grande force de succion, épuisera plus que l'orge, mais aussi elle donnera une récolte d'autant plus forte; par cette raison nous la mettrons en moyenne au méême taux. Ces données ne sont point uniquement ſondées sur la théorie des sues nourriciers, elles sont encore déduites de l'ensemble des résultats fournis par l'expérience en grand, ei elles sont en harmonie avec ceux qui, dans des exploitations bien dirigées, et dans des années moyennes, sont admis pour les terres d'une fertilité médiocre. La ihéorie n'aide ici qu'à former une mesure d'après laquelle le produit, eu égard aux diverses circonstances auxquelles il est soumis, puisse étre évalué en moyenne; el la réalisation de cette mesure prouve à son tour la réalisation de la théorie. Si la température lui est favorable, une espèce de grain plus épuisante pourra, à la vérité, donner un produit plus grand que celui qui lui est assigné ici; mais alors elle épuisera d'autant plus le sol, et les récoltes suivantes en seront d'autant moins fortes. Ici il ne s'agit que de découyvrir le produit total et le plus ou moins de fécondité que le sol conserve. Aureste, dans cette évaluation hypothétique, autant que je l'ai pu, je n'ai porté que des nombres ronds, en laissant en dehors les fractions, parce que celles-ci n'eussent fait que rendre les calculs plus difficiles, sans apporter aux résultats des changemens sensibles. Si nous voulons calculer le produit probable de la récolte de chaque espèce de grains, d'après la quantité des sucs que le sol contient, nous devons avoir égard à plusieurs circonstances accessoires. En effet, un végétal rendra, sur des terrains de méême nature et de mème ſécondité, un produit plus grand, lorsque ces circonstances accessoires Pauront favorisé. A ces circonstances appartiennent, outre la iempérature que nous ne pouvons ni dominer ni prévoir, une culture ou une récolte préparatoire qui opèrent la destruction de celles des mauvaises herbes qui sont les plus nuisibles à ce produit. Nous Jevons donc avoir ces circonstances devant les yeux, lorsque nous voulons faire une évaluation du produit qu'on peut attendre d'après la fécondité du sol et la force attracúve du grain; ear ceite force autracúve ne produit un effet complet que lorsqu'elle ne rencontre aucun obstacle. Nous avons porité la force moyenne d'absorption du seigle à 30 pour 100 ges sucs contenus dans le sol, et nous portons le produit moyen de ce grain à 6 scheſfels en sus de la semence; cela met' à la charge de chaque scheflel 5 degrés d'appauvrissement. 224 PRINCIPES RAISONNES D'oprès le même principe, et en suivant la proporton de la faculté nutritive des grains indiquée à 254, nous devons attribuer. Au scheffel de froment, 6 degrés ¾ d'appauvrissement. A celui d'orge, 5 A celui d'avoine, 2 calculer en conséquence le nombre de scheffels probable d'une sur un terrain d'une fécondité donnée, ainsi que bépuisement du sol qui en aura 6té la suite. En effet, nous devons distinguer la force d'épuisement d'une espsce de grain, des sues du terrain qu'un scheffel ; car ces deux choses ne de cette espèce de grain emploie à sa formation; Mais la quantité des sues qu'un scheffel = l et pouvoir . récolte de chaque espèce de grain, paraissent pas dans un rapport absolu. de grain emploie à sa ſormation, est égale à la quantité de ceux que cette mesure enlève au sol. Pour éclaircir par des exemples, ce que nous avons dit plus haut sur la pro- porüon dans laquelle chaque espèce de grain épuise le sol, nous supposerons que le terrain ait 140 degrés de fécondité. Le froment appauvrit de 40 pour cent. 100:40¼:140%= 56. a scheffel froment demande 6 ½ degrés de fécondite 6,5:1:: 56:X= 8,6 scheffels, lesquels peuvent être donnés par ces 140 degrés de fécondité. Le seigle appauvrit de 50 pour cent. 100:50::140: X= 42. a scheffel seigle demande 5 degrés de ſécondité, 5:12:42:ℳ= 8,4 scheffels. L'orge appauvrit de 25 pour cent. 100:254 140:X= 55. 1 scheffel orge demande 5 ⅞ degrés de fécondité, 4 5,5:1*:55: X= 10 scheffels. L'avoine appauvrit de 25 pour cent, 100:25*:140:= 35, 1 scheffel d'avoine demande 2 ½ degrés de fécondité, 2,5:1*: 55:= 14 scheffels. (Touies ces quantités prises en sus de la semence.) Ou si le produit est connu, et s'il ne s'agit que de décçouvrir la quanaité de sucs absorbée, nous procéderons en sens inverse. ons 8 scheffels froment en sus de la semence: 1 scheffel Nous supposer demande el p — utritige e Gune le, ainsi tinguer scheffel 'ses ne scheſlel e cette la pro- doserops uamité cheffel maude DAGRICULTVURL. 225 et demande 6 ½ degrés; ainsi il a été absorbé 52 degrés, et des 140 qu'il y avait précédemment, il en reste 88. Si nous supposons 3 scheffels de seigle à 5 degrés, ces 8 scheffels absorberont les sucs jusqu'à la concurrence de 40 degrés, et il en restera ainsi 100. Si nous supposons 11 scheffels d'orge à 5% degrés, ces 11 scheffels appau- vriront le sol de 58,5 degrés, et il en restera ainsi 101,5. Si nous supposons 14 scheffels d'avoine a 2 ½ degrés, cette quantité épuisera le sol de 55 degrés, et il en restera 105. Iltientà des circonstances, dont quelques-unes dépendent de nous, et dont jes autres sonthors des limites de notre influence, que ce nombre de scheffels déterminé par la fécondité du sol et la propriété épuisante des grains, soit en effet réalisé, ou que mème il soit plus considérable; mais, que le produit soit plus grand ou qu'il soit moindre, Pappauvrissement du sol demeure toujours en rapport avec la quantité de scheffels produite en sus de la semence; à moins que, dans ce sol, il nesoit venu à maturité une quantité de mauvaises herbes ielle, qu'une grande partie des sucs qui y étaient contenus n'aient été absorbés par elles, au détriment de la récolte de grain. Comme iout ce qui se rapporte à la doctrine que je viens de présenter, me paratt assez important pour mériter une explication claire et précise, qui obvie à tous les mésentendus, je joindrai ici comme exemples, des calculs de l'aug- mentatlion ou diminution de fécondité qui résulte de divers assolemens. § 259. Si un terrain a, de ſécondité naturelle„ 40. 50. ———— degrés 90. 1 Qu'on y meite 5 charriots de fumier......... Ei que, sans étre fumé de nouveau, il soit soumis pendant neuf aus à P'asso- lement triennal avec jachère morte; il présentera les résultats suivans: C'est avec intention que dans les calculs qui vont suivre je déduirai la semence du produit; ensorte que si Ton veut avoir la somme totale de ce produit, il faille ajouter le montant de cette semence à la quantité indiquée. Il est vraisemblable, en effet, que la semence contient autant de sucs nourriciers qu'il en faut pour qu'elle se reproduise une fois, et qu'ainsi Paugmentation, jusqu'a un certain point, de la quantilé de-semence, donne toujours un plus grand produit brut, quoiqu'elle ne donne pas un produit net plus considérable,. PpRINCIPES RAISONNES Produit Sucs absorbés COURS dela recolte, eun proportion Féconditée Fécondité de Tespèce et DE RECOLTES. en sus de la quantité ajoutée. restante. de la semence. de grains. . degrés degrés degrés 1 Année jachère.........—— 10 100 2— seigle......... 8 6 scheffels. 30— 70 3— orge........ 22 5 17,5— 52,5 4— jachere....... 4—— 11 63,5 5— seigie.. 3,81 19,05— 44,45 6— avoine...... A 4,44 11,11— 33,54 7— jacherie.—— 10 43,54 8— seigle......... 2,6 13,— 30,34 9— avoine......... 3,03 7,58 1— 22,26 La ſécondité naturelle du sol, qui, au commencement de ce cours de récoltes était de 40 degrés, est ainsi tombée à 22,76; par conséduent elle a perdu 17,24. Résultat qu'aura toujours une culture, qui, après un amen- dement de 5 chariots de fumier par journal, prendra 6 récoltes de grains. Pour que l'épuisement du sol n'épuisât pas, la rotation eũt déjà dú éêtre interrompue après la cinquième récolte; cependant, au moyen d'un parcage, la sixieème ré- colte eüt encore pu avoir lieu, bien entendu, cependant, qu'on ne T'eũt pas dé- passée, sans fumer de nouveau. § 260. on veut introduire des pois sur la jachère fumée, Si, dans cet assolement, engrais, et que les pois, comme nous'avons dit sans cependant ajouter des plus haut, rendent quelque chose de ce qu'ils absorbent, sans cependant rem- placer Peffet de la jachère morte, le résultat sera le suivant. * Suivant la règle donnée à§ 258, oette récolte doit absorber 30 pour cent des sucs con- tenus dans le sol, c'est-à-dire ici 30 degrés; et comme 5 degrés produisent 1 scheffel de seigle, elle doit èêtre de 6 scheffels, sauf Pintervention de causes accidentelles. Trad. **F Le 25 pour cent des sucs laissés dans le sol par la récolte de seigfe, 17 degrés et& qui, à3,5 par scheffel d'orge, doivent produire 5 scheffels. Trad. —N 11 au lieu de 10, parce que le sol a 52 degrés de fécondité, au lieu de 40 qu'il avait lors de la premieère jachère. Trad. XXXX 9:.. Le 25 pour cent, de 44,45, c'est-à-dire 12,11 qui, à raison de 2,5 par scheffel, font 4,44 d'avoine. Trad. 31 —ο 8 /2 ‿‿ men- Pour ompue ne ré- d4s dé- mée, ns dit rem- — es col- seigle, 15 qui, vait lors lel, font —1 D AGRICVULTURV. 22 Suecs absorbés COURS Produit ſen proportion Fécondité Fécondité , de Tespèce et DE RECOLTES. de la récolte. de la quantitéſ ajoutée. restante. de grains. 1 Pois........... 5 scheffels. 20 degrés 10 degrés S8o degrés 2 Seigle............... 4,8 24— 56 3 orge............ 4 14— 42 4 jachère..........—— 10 52 5 seigle....... 3, 12 15,6— 36, 4 6 avoine...... 3,64 9,1— 27, 3 7 jachère............—— 10 37, 3 8 seigle.............. 2,25 11,9— 26,11 9 avoine.......... 2,6 6,52— 19,59 Ici le sol a perdu de la fécondité qu'il avait en commengçant'assolement 20,41. Si dans cet assolement, et sans augmenter la quantité de fumier, on veut avoir une récolte de pommes de terre en place de la première jachère, et que ces tubercules effritent le sol comme une récolte de seigle, cependant en lui rendant par leur culture les avantages de la jachère, le résultat devra étre le suivant: Sucs absorbés, CO URS Produit Fécondité Fécondité . en proportion DE RECOLTES. de la récolte. d 1 ajoutée. restante. es produits. 1 pommes de terre..... S0 scheff. 3o degrés 10degrés 7o degrés 2 orge..... 5 17,5— 52,5 3 avonnennn.. 5,24 13, 12— 39,38 A jachère.........—— 10 49,38 5 seigee..... 2,96 14,81— 34,57 G6 avoine.......... 3, 45 8,64— 23,93 jacheõre...—— 10 35,93 8 seigle..... 2,15 10,77— 25, 16 g avoinne.... 2,51 6,29— 18,87 Par cet assolement le sol perd de sa fécondité naturelle 21,13; il demeure encore plus appauyri. Il est sans doute contre Pusage de l'assolement triennal de semer à la seconde année de l'orge en place de secigle, cependant la nature des choses veut que cela soit ainsi. On voit par là combien, avec ce système de culture, le reproche d'éffriter la terre qu'on fait aux pommes de terre, est ſondé, puisque leur iptroduction, non-seulement appauvrit toutes les récoltes de grains qui viennent ensuite, mais encore augmente épuisement du sol. Si cependant en faisant consommer ces pommes de terre par le bétail on leg 228 PRINCIPES RAISONNES transformait en engrais, jachdère, les résultats seraien et que cet engrais fut rendu au terrain à la première t bien différens. Mais dans'assolement triennal, on cultve ordinairement les pommes de terre pour un tout autre usage. Supposé qu'au commencement d'un assolement de 7 ans avec sol ait en fécondité naturelle § 261. Qu'on lui donne la mème quantité d'engraiſs.... Et qu'il se repose en herbage pendant 5 ans...... Le résultat en sera comme suit: 6«* 6ℳ päturage* le 40 50 30 ———— 1Wl' degrés 120 coURS produit Sues absorbés,] Pacondité Fécondité ..„ en proportion DE EECOLTES. de la rêcolte. 4— ajoutée. restante. es produits. 1 jachèore..............—— 13 deg. 133 deg. 2 seigle............... 7,98 scheff. 39,9 deg.— 93,1 3 OrSOo..... 6,64 23, 27— 69,83 4 avoine.............. 6,98 17,45— 52,58 Ici le sol a gagné en fécondite 12,38, et il entre avec cet avantage dans le cours de récoltes suivant. 4 § 262. Un assolement de neuf ans avec päturage. Fécondité naturelle. 5 chariots fumier. Paturage de quatre ans degrés 150 Sucs absorbés, COURS Produit Fécondité Fécondité 4 en proportion E REGOLTES. es récoltes.. jouté 3 D récoltes des produits. ajoutée. restante. 4 jachère.........—— 14 deg. 144 deg. 2 seigle............... 8,64 scheff. 43,2 deg.— 100,8 3 orge............. 7,2 25,2.— 75,6 4 seigle............. 4,53 22,68— 52, 92 5 avoine............ 5,29 13,25— 39,69 * Sicbenschldgige Koppelwirthschaft. En Allemagne l'on entend par Koppelwirthchaft une culture dans laquelle les récoltes de grains sont suivies ou précédées de deux ou plusieurs. années de pâturage, comme cela a ordinairement lieu dans le Holstein et dans le Mecklembourg. -—:,2ͤAͤ— —— emière lennal, ondite ante. — 3 deg. 31 9,835 2,58 ans Ie deg. 9,8 5,5 992 59 — t une sieurs dourg- un produit plus élevé; aussi cet assolem D'AGRICULTURE. 229 Ici le sol s'est appauvri de o,3, c'est en apparence seulement u'il a donné pl 3r, pp ent pour lequel on montratt autrefois tant de préférence, est aujourd'hui presque abandonné. § 263. L'assolement de 11 ans avec päturage ne fume ordinairement pas sa pre- mière jachère, ainsi il commence son cours avéec sa fécondité naturelle et l'amé- lioration résultant de 4 années de päturage........— 80. Les résultats en sont comme suit: «·* 1 3„ 2 2* 4 2* 4 COURS Prroduit Sucs absorbés, EFécondité Féeondité „ en proportion DE RECOLTES. dos récoltes.; ajoutée. restante. des produits. 1 jachère sur pàturage rompu...—— 14 deg 94 deg- 2 Seigfe............ 5,64 sch. 28,2 deg.— 65,8 3 adoine.............. 6,58 16,45— 49,55 4 jachère, avecb chariots de fumier.—— 71 120,35 Sscigle......... 7,22 36,1— 84,25 6 orge........... 9.. 6,o1 21,06— 63, i9 7 avoine....... 6,31 15,79— 47,4 Ici le sol gagne en 11 ans 7,4 degrés. § 264. Si nous voulons donner aussi des exemples d'assolemens allernes Penfection- n* aveo nourriture du bétail d'etable, nous devons nécessairement supposer que la quantité des fumiers appliqués aux récoltes soit plus considérable, lors méme que la fécondité naturelle du sol serait toujours la méême; en effet, sans s'tre procuré de quelque manière un supplément d'engrais pour le moment du passage, il y aurait de la folie à vouloir introduire un tel assolement, parce que le sol serait bientôt épuisé par les récoltes jachères. dans un assolement quatriennal de cette Nous admetions donc que, la première année, au moins 8 chariots espèce, l'on commence par donner, de fumier par journal, ensorte qu'avec sa fécondité naturelle, le sol se trouve contenir 120 degrés. 1 * Assolemens alternes, nous appelons ainsi ceux dans lesquels une partie des récoltes est destinée à l'entretien du bétail, et Pautre plus particulièrement à la nourriture de l'homme- Ainsi les assolemens avec pturages sont, à proprement parler, aussi des assolemens alternes, quoique la succession des récoltes de grains qu'on y voit ordinairement ne soit pas réglée d'après les principes qui doivent gervir de bases aux assolemens alternes perfeczionnés. Trad. PRINCIPESRAISONNES de deux assolemens, 45,01. COoURS Produit Sues absorbés,] Fécondilé Fécondité en proporlion, 3 F. les ré— Proporlen ajontée, restante. DE RECOLTEsS. des récoltes. des produits. i 1 pommes de terre........ 8o sch. 30 degrés 1odegrés 100 degrés 2 OTrG............... 7,14 25— 75 2 Zaäreile...........— 13 88 4 seigle„„„.„„ o. ⸗ 5,28 26,4— 61,6 la sceonde rotlation peut donner en fumier 10 chariots.....— 100— 161,6 1 pommes de terre..... 100 37,5 1o 134,1 2 OTrge„„„„„«« e 9 33,52— 100,58 3 trefle...............—— 18 118,58 4seigteoeo). 71 35,57 83,01 Le sol gagne donc en fécondité pendant ces huit années, et durant le cours Prenons maintenant pour exemple un fonds soumis à un assolement alterne de Le mèême. Celui. Celui.. réduisons leur cours à Le sol a ainsi gagné en fertilit, 50,49. § 265. Afin de pouvoir comparer avec d'autant plus de facilité l'augmentation de 10, et nous trouvons le résultat suivant: ASSOLEMENS. Wassolement triennal avec jachère morte et un amendement de cinq chariots de fumier en g ans Le mème.. avec des pois sur la première jachère avec des pommes de terre, idem.. Lrassolement de 7 ans, avec pàturage de g ans, dem... .. de 11 ans, idem... L'assolement alterne de 4 ans, avec nourriture à l'étable. Celui........ de7 ans, idlem. «ℳ . · 6 2 9 9 Augmentaltion de fertilité. méme pature mais divisé en 7 soles, dont la fécondité naturelle soit.= 40. Ei auquel on applique 8 chariots de fumier....= 80. degrés 120. C 0 URS Produit Sucs absorbés, Fécondité Fécondité 3 en proportion. DE RECOLTES. des récoltes. des produits. ajout ée. restante. 1 pommes de terre..... 80 30 10 100 2 Orge.............. 7 25— 75 3 trOIIo.—— 13 88 4 trèfle............—— 13 101 5 seigle.......... 6,06 30,3— 70,7 6 pois, avec 4 chariots de fumier.— 20 5⁰ 100,7 7 seigle.] 6,04 30, 21— 70,49 fertilité ou Pappauvrissement du sol qui résulte de ces divers assolemens, nous Diminution de fertilité. 9* 17,24 22,67 23 f47 0,54 wondite Stante. — odegrès 5 e COurs erne de 40. 90. 120. oudité tante. on de nous ution mité. D'AGRICULTURE. 231 A cela il faut ajonter Paugmentation progressive des engrais qui a lieu à chaque a ferülité augmente, et la diminution des fumiers rotation, dans les assolemens où! ulité diminue, se fait chaque jour plus sentir. qui, dans les assolemens où cette fer Ainsi, les deux derniers assolemens avec päturage dont nous avons parlé, lesquels demeurent dans une sorte d'équilibre, pourraient seuls subsister à la longue; tandis que les autres péchant, les uns par le manque d'engrais et de ſertilité, les autres par Pexcès contraire, demanderaient tout au moins le concours de terrains. soumis à un autre assolement et qui pussent, dans le premier cas, leur fournir le supplément d'engrais nécessaire, et dans le second employer l'excédent de fumiers que ees assolemens ne sauraient employer. Pour Passolement triennal iel que nous Pavons décrit, il faudra absolument se procurer ailleurs un supplément d'engrais, ou bien n'exiger de la plus grande partie des champs qu'une récolte en trois années, afin de donner dans l'inter- valle à la terre une année de repos et une jachère complète. Quant à l'asso- lement alterne perfectionné, l'on sera obligé de le modifier, en substituant à age des végétaux desunés à la vente, qui en absor- une parüe des plantes à fourr Pélèvent ainsi au plus haut produit auquel il pant sa surabondance d'engrais, puisse atteindre. La quantité d'engrais portée ici Test hypothétiquement, sans doute; mais nous montrerons dans la suite quelle est la quantité de ceux dont on peut disposer pour la seconde rotation. Dans l'assolement triennal avec jachdère l'on ne peut donner une quantité de fumier plus grande que celle qui a étéè indiquée, si l'on ne possède . 25. 2. aussi des prairies à demeure, si Pon ne dispose pas d'autres moyens de se procurer des engrais; ou enfin si Pon n'a pas recours à la culture du trefle et à la nourriture qu bétail à Tétable. Les assolemens avec pâturage peuvent, en divers cas, donner des amendemens plus abondans que ceux qui ont été portés dans ces calculs. Les assolemens alternes perfectionnés, tant ceux Ites à la nourriture au päturage, que ceux a nourriture à l'étable, peuvent également fournir une quantité d'engrais grande que celle indiquèée dans les apergus que nous venons de donner. § 266. associés à! encore plus Comme le système que je viens d'admettre me paratt assez important pour mériter une explicauion claire et précise, qui obvie à tous les mésentendus; je joindrai encore ici comme exemples, des calculs de l'augmentation et dimi- nution de fertilité d tronvera vers la fin de ce volume... Je dois observer ici que dans ces tableaux, les produits en grains ont été portés, pon d'après les règles que pai données ci-devant, mais d'après les ré- sultats effecufs de'expérience; cependant on verra que le plus souvent dans es exploitations rurales désignées dans les tableaux qu'on 7 25² PRINCIPES RAISONNES leur ensemkle, ils sont assez en rapport, pourvu qu'on ne commence ce paral- Jele qu'à la scconde rotlation de l'assolement, lorsque le sol a atteint le degré de fecondité auquel il doit étre porté par cette culture. Alin d'éviter des fractions inutiles, je supposerai la quantité de semence d'un scheffel par journal seulement„ et je la déduirai ensuite du produit, pour calculer d'après la quotité de'excédent, le degré d'appauvrissement qui a du s'ensuivre. N. 2 1. Assolement triennal(systeme des jachères) dans toute sa purets.* Augmentation Diminution de fécondité. de ſlécondité. 4. Jachere...... 10 degres...— 6 2 chariots fumtern 6;)/...— 5. Seigle, 6 scheffels........ 30 c. Orge, 6 scheffels....... 21 d. Jachèere.... 10....— e. Seigle 33 scheſfels....... 17,5 J. Axoine, 4 Scheffels........ 10 g. Jachére legerement parquée.. 29....— h. Seigle, Ascheffels....... 20 f. Orge, 5 scheffels.„.....10,5 —— 115 degrés.. 109 degrés. Il gagnerait 6 degrés en ꝗ ans, si en effet les fumiers produits par cet assolement * Afin de faciliter à mes lecteurs le parallèle entre ces résultats de l'expérience, et les cal- culs sur Je même sujet, faits d'après les rêègles données par notre auteur, je vais pr ésenter ici le tableau de laugmentation et diminution de fécondité, dressé de cette der nière manière, Ppour les assolemens n.*s 1, 2, 3, 4, et au§ 397 je donnerai également le tableau des résultats de ces assolemens, basé sur les mèmes principes. On voudra bien Chsorver que chacune de ces erPloitetions lire des secours assez consi- dérables en engrais; 1.“, de 150 journaux de prairies; 2.“, aux u.“*⁵ 1 et 2.“ de 300 journaux de paàturages séparés, gtanx n. 3 et 4 de 100 journaux seulement. Nol. Augmentation Diminution Fécondik de fécondité. de fécondité. restante, Je suppose la fécondité naturelle du sol.— G. Jachere..„„.. 190-.—„ 50 †¼ chariots fumier,„„... 72,5..—.. 1 22,5 5. Seigle, 7 scheffels......=... 35. 3„„5 e Orge, 6 scheffels, w⁰r qas e paral- le degre ſemence t) bour lui à dü ete.* 5. ſement les cal- nter ici re, pour ts de ces z consi- naux de die ite, D'AGRICUILTURE. 233 n'etaient pas composés essentiellement de paille, par conséquent de mauvaise qualité.* N'. 2. Assolement triennal penfectionné. a. 6 chariots fumier..... 60 degres— degrés. Pois......—. 10 b. Seigle, 5 scheffels....„..—... 25 c. Orge, 5 scheffels.......—.„.. 1775 d. Jachère avec G char. fum. et un léger parcageogo.— e. Seigle, 7 scheffels.......—... 35 F. Orge, 7 scheffels.......—.... 2435 g. Trèfle. k. Seigle, 6 scheffels........... 50 1. Avoine, 7 scheffels...—... 17,5 162 159,5 2 2 2«· 3 2 3 12 0«ℳ«*.— Gagne 2 ½ degrés en neuf ans. Augmentation Diminution Fécondité de fécondité. de fécondité. restante. d. Jachere....... 12..—„ 4783,5 e. Seigle, 4yscheffels......... 22,5.. 56 J. Avoine, 5 ¾ scheffels.....—... 13,75. 42,25 SF. Jachère légerement parquee.. 28„..... 70,25 2. Seigle; 4 scheffels......-..„ 20.. 30,25 7. Orge, 3 ⅜ scheffels......„. 12,25. 38 Perd 2 degrés en neuf ans. N. 2. Fécondité naturelle du Ssol....=-...—. 40 † 4. 6766 chariots fumier:.... 61..—.. 101 Pois.........—... 10.. 91 5. Seigle, 53 scheffelo........ 25.. 66 c. Orge, 4 ½ dits....... 15,,5 48,25 A. Jachere...... 10...-.. 698,25 6 15 chariots et un léger parcage. 980.—„„ 138,25 g. Seigle, 8 scheffelg......... 40.. 98,25 J. Orge, 7 scheffes....„... 24,5.. 73,75 H. Trefle......„.„ 12„„„ 83,,5 4. Seigle, 5scheffelg.„.... 25.. 60,75 7. Avoine, 6 scheffelg..—... 15. Gagne 5 ¾ degrés en neuf ans. Trad. * II est probable, au contraire, que dans cet assolement le sol perd de sa fécondité au lieu d'y ajouter, parce que e chariot du famier qu'il produit, composé essentiellement de paille, ne contieut qu'une petite proportion de sucs nourriciers, et ne devrait par conséquent pas étre estimé à 10 degrés comme il l'est ici et dans le parallèle qu'on vient de lire dans la note de page précédente. Trad. ** D'après'opinion manifestée par l'auteur à§ 257, j'eusse dü porter ici la fécondité naturelle du sol à 60; mais comme cela ne pouvait pas avoir lieu pour l'assolement n. 1, je me snis abstenu de le faire pour les suivans, afin de laisser ces divers assolemens gans une parité de circonstances absolues, qui en facilitàt la comparaison. T'rad. 1. 50 C1. d. . Trèfle à faucher PRINCIPES RAISONNES N. 2 5. Assolement de sept ans, apec pdturage. N Jachère. 5*5 chariots fumier Seigle, 7 ½ scheffels Orge, 7½ scheffels Avoine, 7 scheffels J. g. Pàturage. Au gmentation de fécondité. 12 degrés 58 100 2 0 . Diminution de fécondité. 37,5 26,25 17,5 — 81,25 Gagne en fécondité, pendant 7 ans, 18 ½ degrés. N.° A. Assolcment de diæx ans, abec Pälurage. a. Jachère..— 10 degrés.— 3 chariots fumier.. 30...— 5. Seigle, 7 scheffels.——.. 55 c. Avoine, 9 scheffels.—.. 22,5 d. Jachère 3. 3 10. 3.— 5 chariots fumier 3 50...— e. Seigle, 7 scheffels.—... 55 f. Orge, 7 scheffels.—... 24, 5 g. Trefle à faucher.. 10. 3.— h. i. F. Paturage.. 50...— 140 117 degrés. En 10 ans, gagne de fécondité, 25 degrés. * Continuation du parallèle indiqué Augmentation Diminution Fécondité dans la note page 252. de fécondité. de fécondité. restante. N.*3. Fscondité naturelle.. 4 40 Celle provenant d'une année de trèfle— 69 Aàfaucher, ei de 2 ½ années de päturage 29 a. Jachere.... 13—. 82 6 chariots fumier 3... 60— 142 b. Seigle, 8 ⅜ scheffels...— 42. 100 c. Orge, 7 scheffels.—. 24,3 75,5 d. Avoine, 7½ scheffels...—. 18,75 306,,5 e. Trèfle une coupe, puis paturage f. g. Pàturage.. .2 Gagne en7 ans, 16,75 degrés. déjà ci-dessus. DA GRICUET URF. N.“ 5. Assolement de 12 ans avec Pdlurage. w. Jachèere... 5, ½ chariots de fumier 5. Seigle, 6 ½ scheffels. c. Orge, 6 ⅓ scheffels.. d. Avoine, 5 scheffels. 6. Jachere..... 6 chariots fumier.. J. Seigle, 7 scheffels.. g. Orge, 6 scheffels.. h. Avoine, 5 scheffels. i. Tréefle à faucher. En 12 ans, gagne 15 degrés. N.“ 6. Assolement de 10 ans du Holstein. . . 0. Augmentation de fécondité. 10 degrés. 51,25. 10 60 10 30 .⁴ *. 1. 151¼ degrés 5 — degrés.. Diminution de fécondité. 2 9 2 0 0 0 .⁴ ·* 2* 2 2. 0, 9 2. . 2 *³.⁴ 2 0 — degrés 32,5 22,75 12,5 — 21 12,5 — 4 136 ¼½ degrés. 27,5 degrés a. Avoine sur pâturage rompu, 11 scheff... 5. Jachere......- 12 P.— 8 charriots de fumier...„ 360S— c. Seigle, 9 scheffels..... 245 Porté à page suivante 92... 3 72,5 Augmentation Diminution F gcondité de fécondité. de fécondité. restante. N. 4. Fécondité naturelle.„. 40 Celle provenant d'une année de trèfle à„— 80 faucher, et de 3 années de päturage. 40 . Jachère... 14.— 94 3 chariots de fumier.. 30.— 124 b. Seigle, 7½ scheſfels..— 37 87 c. Avoine, 83 scheffels 8.— 21,66 65,34 d. Jachère 2. 12— 77,54 5 chariots fumier... 50.—. 127,34 e. Seigle, 7 ½ scheffels.— 37,5 89,84 f. Orge, 6½ scheffels„—.— 21,84„ 68 g. Trèfle à faucher k. déjà ci-dessus- i. Paturage. k. Trad. Gagne en 10 ans 28 degrés. Transporté de page précédente.92 d. Orge, 9 scheffels. S c. Seigle, 4 scheffels. f. Treéfle à faucher. 9, k, i, k. Pàturage. .⁴ . 2 2 En 10 ans, gagne 18 degrés. N.“. Assolement de& ans, ave oulture alterne et päturage. .. 9 charriots fumier.. Pommes de terre. 5. Orge, g scheffels.. 6. Pois.. 5 charriots de fumier. d. Seigle, 8 scheffels.. e. Trèfle à faucher. p, g. Päturage.. «· 0 0 . »* Augmentation de fécondité. 2 0 0 10.. 40.. 142 degrés. 90 degrés. 10... 57,5 12. 0 20o.. h. Avoine sur päturage rompu, 11 scheff.—. N.“ 8. Assolement de& ans, avec cullure alterne et d L'table. 2 Pommes de ierre, 80 9 chariots fumier. 5. Orge, 11 scheffels. e. Trefle. d. Avoine, 13 scheffels. e. 6 charriols fumier. Pois. 6 ·0«· f. Seigle, 9 scheffels. «· g. Vesces en verl.. k. Seigle, 8 scheffels.. 0. 0 . 2 scheffel 0 En 3 ans, augmente en fertilité de 30⅓ 0 En 8 ans, perd en ferüllité de 4 degrés 3. 169 ½ degrés degrés. 90 degrés. 10. 3 15.. 66,86.. 10o.. — 1913 degrés 0 PRINCIPESRAISONNKES . nourriture du bdtail Diminution de fécondité. 72,5 31,5 20 124 degrés — degrés 30 31,5 10 40 27,5 —— 139 degrés 30 degrés 58,5 52, 5 . 10 45 40 196 degrés 9. e —- es es . tail D'AGRICULTURE. 237 N.“ 9. Assolement de o ans avec culture allerne, nourriture du gros bélail Pétable, et deux soles de pdturage pour les bétes d laine. Augmentation Diminution de fécondité. de fécondité. a. Avoine sur pturage rompu, 15 scheff.— degrés.... 32,5 5. Vesces en vert sur jachere. 1u1u1u1..— Parcage de 1500 bétes à laine, par journal........ 40..... 9. Seigle, 9 scheffels........... 45 d. Dois.............. 10 z chariots de fumier..... 50....— e. Seigle, 8 schellels........ 40 f Pommes de ierre...... 10.... 50 a0 charriots de fumier.... 100.....— 9. Orge, 11 scheffels........... 58,5 h. Trefle....... 15— 4, E. Päturage..... 50.— —— 255 degrés 196 degrés. En 10 ans, gagne en fécondité 59 degrés. P'agriculture qui repose sur ce dernier assolement est donc infiniment amé- lorante, et doit conduire à des récoltes de végétaux plus précieux, iels que le froment, le colza et les autres plantes desunées ào la vente; outre cela, elle doit pousser les profits des bétes à laine, lesquelles sans doute seront de race perfectionnée, beaucoup plus haut qu'ils mwont été évalués(). § 267. Les cas où le culüvateur peut se procurer des fumiers autrement qu'en les fai- sant fabriquer lui-même, par le moyen du bétail, sont si rares, qu'il ne vaut e memtion dans ce caloul de l'économie en général- presque pas la peine Gen fair „Comme le dit fort bien Pauteur, tout le système qui a été développé dès le 9 248 demande pon comprend d'ailleurs combien d'exceptions doivent encore la sanction de l'expérience; ou ceux qui sont sous le poids de y faire les sols paruculièrement favorisés de la nature, Cependant je dois convenir qu'il est assez concordant Je vais transcrire ici Papplication de la mème mon domaine de Genthod, qu'aux circonstances très-défavorables. avec les résultats de ma propre exploitation. ſormule faite tant à Passolement alterne que j'ai adopté sur exploitations rurales des environs de Berne, dans lesquelles de G ans avec päturage, qui a quelque rapport avec celui du Holstein. on suit en général un assolement 258 PRINCIPES RAISONNES Cependant comme l'on en parle souvent, quoiqu'ils ne puissent avoir lieu que dans le voisinage des villes; et comme le fumier est souvent estimé au taux Produit..„ 2. Assolement de Genthod. des récoltes Ieundllde Fécondité Fécondité 5.: en sus de natume 2, Darhe 5 Sur un journal de Berlin. la semence. 0u ajoutée. absorbée. restante. Fécondité naturelle.........— 55 deg. 1Pommes de terre, rutabaga ou racine d'abondance, avec 5 chariots de fu- mier de moutons et chevaux....— 65 30 deg. 90 deg. 2 Froment fumé par dessus la semaille avec 5 chariots de fumier comme ei-dessus........... 8 sch. 55 5²2 93³ NB. La récolte de froment est un peu plais faible qu'elle ne devraitl'étre, parce que la semaille a liels dans 142&εας³ OO. 3 TrEfle................— 17— 110 A Proment....... 6,75— 44 66 5 Feves d'hiver, avec 5 chariots de fu- mier de moutons et chevaux....— 65 18 113 6Froment, ſumé par dessus comme à la 2*année........... 10,3 55 67 101 /Tréeſte................— 18— 119 SFroment.......... 7,2— 47 72 La fécondité augmente en 8 ans de 17 degrés. Si je fumais avec du fumier de bètes à cornes, la ſécondité demeurerait à peu près au méème point qu'au commencement de T'assolement. Produit E Assolement des environs de Berne, des récoltes Fécondité Fécondité Fécondité 2. en sus de naturelle, . également sur un journal de Berlin.„d h., absorbée. restante. 8 la semence. ou ajoutée. Fécondite naturelle.........— 6⁰ —— celle résultant d'une année el demie päturage consommé sur place..............— 22 —— Schariots de 20 quintz. fumier, enterrés sous le gazon par un seul labour...„— 80— 162 1 Epautre mélée dune plus ou moins grande qudntité T'herbe qui rap- Ponte sa graine........ 10— 65 97 —— Schariots fumier comme l'année précédente..........— 80— 177 2[Epautre comme l'année prêcédente.. 11— 71,5 105,5 —— 4 chariots fumier sur le chaume.— 40— 145,5 3 Pré fauche....—— 20 155,5 4 IIdem,................—— 20 V 105,5 5Idem..... une coupe.......—— 8 9755 Le paâturage est déjà compté ci-dessus. 72 ö————————— 9o deg 93 méme udité ante. — 65 11 DP'AGUGRIGULTVUR R. 259 auquel on le paie dans celles-ci, nous nous arréterons un moment sur ce sujet. Le prix du fumier dans les villes suit la proportion qui existe entre la popula- üon, la quantité de bétail et les entreprises qui produisent des engrais, d'un c616; et la culture des jardins et des champs autour de la ville, de l'autre. Dans plusieurs endroits ou cette culture est poussée avec vigueur, et où Pon cullive aussi. beaucoup de végétaux destinés à la vente, surtout de la chicorée; un charriot de fumier à quatre chevanx se paie souvent trois rixdalers et plus, et cependant la rente des terrains autour de la ville est à un taux si élevé, que les cultivateurs ne pourraient pas subsister, si ces engrais n'étaient pas encore à bon marché, proportonnellement à leur valeur intrinsèque. Dans les licux oðù P'on est moins avancé dans l'art de la culture des champs et des jardins, les engrais sont à plus bas prix; cependant si l'on compite tous les frais que leur transport occasionne, et les dommages presque inévitables que- les charrois de ville occasionnent, le prix de ces engrais paraitra plus élevé qu'on ne le croirait au premier abord. Quelques dispositions qu'on fasse pour le charroi- d'une quantté considérable de fumier hors d'une grande ville et à 4 de mille de la porte; quoique la plus grande partie de ce fumier soit de nature à ne pas per- mettre que le déblai en soit renvoyé, et que par conséquent, on puisse Pacheter sur place à très-bon compte, le charriot à 4 chevaux ne laisse pas de coùter en moyenne 2 risdalers et plus. Au veste, ce prix est encore très-bas proportion- nellement à valeur réelle du fumier. Le seul moyen de découyrir la valeur effecuve des engrais, c'est de comparer ce qu'un journal de terrain fumé abondamment et à réitérées fois, produit et peut produire, en comparaison de ce qu'il produisait lorsqu'on ne lui don- nait que la quantité d'engrais absolument nécessaire, et à des époques assez éloignées. Dans le 5.“ volume de mon Agriculture anglaise, page 461 et suivantes, j'en ai fait le compte d'après les données que j'avais obtenues des paysans, et le résultat a été que le charriot de fumier vaut en effet 6 rixdälers, 9 gros. Afin Le sol devrait gagner en 6 ans 37,5 degrés; mais comme il est excessivement léger, et qu'au lieu de fumer par dessus la semaille, ainsi que cela devrait avoir lieu, on fume sous raie, il y a une déperdition de sucs très-grande et qui, probablement, s'élève à plus du cinquième de deux premiers amendemens. Une récolte de 10,5 scheffels d'épautre dépouillée de sa balle, par journal de Berlin, est égale à une de 11¾ muids d'épautre non dépouillée, par chaque juchart ou arpent de Berne(toujours outre la semence). — 240 PRINCIPES RAISONNES de nous assurer d'autant mieux de cela, après avoir calculé le produit de l'as- solement triennal donné à§ 259, supposons en échange que nous puissions nous procurer assez d'engrais pour donner, de trois en trois ans, un amendement de six charriots de fumier; et afin de nous écarter le moins possible de l'assolement triennal, prenons pour base la rotation suivante: 1. Jachère, fumée. Colza ou navette. Froment. Pois, fumés. Seigle. Orge. .Pommes de terre fumées. g A P . Orge. 9. Seigle. Calculons maintenant le produit de ces végétaux, d'après la proportion des sucs nourriciers que le sol contient, et déduisons en l'excédent de frais qu'oc- casionne leur culture; la valeur du fumier parattra alors d'une manière frappante. Mais la valeur réelle du fumier est d'autant plus grande, qu'il augmente progressivement par lui-mèême; en effet, indépendamment des denrées qu'elle procure, une plus grande quantité d'engrais, convenablement employée, ne manque jamais de produire des élémens pour de nouveaux engrais, en sorte qu'on arrive bientéèt à la possibilité de cultiver d'une manière suivie, les végétaux qui rendent le plus haut produit en argent. En revanche, les engrais diminuent dans la mème proportion, lorsqu'une fois la disette s'en fait sentir et qu'on n'y porte pas remède par des dispositions convenables. Un défaut de fumier a pour suite un manque de paille, et lorsqu'on n'a que peu de paille †, on n'obtient que peu de fumier; ainsi les engrais diminuent progressivement jusqu'à ce que le sol soit zotalement épuisé. Quelque coùũteuse à acquérir que soit donc la première augmentation d'engrais sur un terrain effrité, il n'y a cependant aucun capital qui soit mieux employé, que celui destiné à se le procurer. § 268. Afin de prévenir des mésentendus sur la quantité et la mesure des engrais, nous établirons ici quelques principes dans lesquels toutefois on ne doit attendre ni précision mathématique, ni uniformité absolue, quoiqu'ils soient pris sur de grandes moyennes. * Ou de fourrage. Trad. le Vag- 1s nous Lent de lement n des lu'oo- Pante. mente lu'elle 2, ne sorte , les grais tir et ut de 4, on squ'à onc la aucun agrais, tendre ris sur Dp' A GRfICUI, T UR E. 241 La charge d'un chariot attelé de 4 chevaux est de 36 pieds cubes de ſumier, d'étable à moitié consommé, et tel qu'il est ordinairement lorsqu'on le transporte sur les champs. Dans cei état, c'est-à-dire lorsque la paille, sans étre enèrement décomposée, est devenue molle et filamenteuse, et que le fumier a une humidité telle que, sans êtresec, il ne laisse cependant plus dégoutter d'eau, un pied de Rhin cube de ce fumier pèse 56 livres; ce qui, pour une charge de 36 pieds, fait la somme de 2016 liv. que, en somme ronde nous réduirons à 2000. Sur de bonnes routes et en tems favorable, l'on peut sans doute en charger davantage; mais comme, pour le transport des engrais, on choisit rarement les plus beaux tems, ceite donnée sera probablement assez exacte. Si la paille est encore dans son premier état, un pied cube, passablement serré, pèse au plus 48 liv., alors on charge un plus grand volume en se servant pour cela d'un chariot à échelles ou. Pon met de 45 à 46 pieds cubes. Lorsqu'on distribue sur un journal de terre huit chariots de cette espèce, Pon dit qu'on a donné un amendement complet. Il y a alors sur chaque perche carrée 88,8 et à peu preès liv. o,6 sur chaque pied carré. Si, comme cela arrive le plus souvent, on n'y a conduit que 5 charges pareilles, on dit qu'on a fumé légérement, alors il y a 55 liv. par perche carrée. Enfin si l'on a distribué 12 charges pareilles sur un journal, ce que, pour des ceréales, l'on n'ose point faire sur un terrain qui n'est pas épuisé, on dit que l'on a fumé abondamment. Il est de règle qu'on mette en poids un quart moins de fumier de bétes à laine consommé, parce que l'effet qu'il produit est à la fois plus grand et plus prompt, mais aussi moins durable. 3 Cet amendement revient tous les trois, quatre, six, jusqu'à neuf ans; il est ordinairement d'autant plus faible qu'il revient plus souvent, et plus fort qu'il a lieu plus rarement, à moins que le manque d'engrais ne réduise à fumer médiocrement, mème dans ce dernier cas. Ainsi donc, dans le calcul de la distribulon des engrais, il ne faut pas avoir égard seulement à la quantté qu'on met chaque fois, mais encore à la réitération plus ou moins fréquente de cet amendement, à la quaniité nécessaire pour un certain nombre d'années. § 269. Comme il est rare que le cultivateur puisse se procurer des engrais d'une manière plus avantageuse que par le moyen de son propre bétail, on a cherché depuis long-tems à déterminer quelle devait ètre la proportion entre la quan- nité de bétail à entretenir, et la culture des grains, pour qu'il résultat de tous I. 51 PRINCTIPES RAISONNES deux les plus grands profits qu'on puisse en attendre. La multiplication du bétail Gdleve le produit de la culture par Paugmentation des engrais, et à son tour Pamélioration de la culture augmente la rente du bétail, en muluüpliant les pro- quits destinés à la nourriture des animaux. Cette influeuce réciproque est le grand balancier de toute exploitation bien ordonnée, et l'aceélération de son mouvement, dans quel tems que ce soit, se communique à toute la machine et en muluplie les forces et les résultats. § 270. Pour trouver la meilleure proportion de lun à l'autre dans chaque localité, on s'est d'abord attaché aunombre de pièces de béiail, et l'on a cherché à dé- terminer combien d'ndividus de telle ou telle espèce il convenait d'entretenir sur un espace donné. Lon a ordinairement envisagé comme égaux, une pièce de bétail à cornes, un cheval, 10 brebis, ou 6 cochons. Mais on a bientôt vu qu'il y avait de grandes différences entre les divers individus d'une mème race, soit pour la grandeur de l'animal, soit pour la quantité de fourrage qu'il cou- sommait, et il a bien fallu y avoir égard. On trouve sur ce sujet, dans Pou- vrage de Borgstede*, une des évaluations les plus oomplètes qui ait été ürée de la moyenne de beaucoup de données. Dans le tableau ci-après que nous en extrayons, l'auteur a d'abord égard à la paille et aux autres substances destinées à la litière, il y distingue A. Les contrées où l'on a de la paille en surabondance, de manière qu'en général, sur chaque winspel de semence l'on puisse compter sur 1500 à 1800 gerbes et au-delà; un winspel de semaille est égal à environ 20 journaux, cela ferait donc de 75 à 90 gerbes par journal, et le poids d'une gerbe de paille de grains d'automne ou de printems, s'élève à environ 10 Hiv. 3; le tout monterait ainsi à 800, jusqu'à 960 liv. B. Les contrées où l'on compte de 1550 à 1500 gerbes par winspel; de 67½ à 75 gerbées par journal, ainsi de 720 à 800 liv. C. Les contrées où'on n'ohtient qu'une quantité inférieure à 1550 gerbes, et où, par conséquent, il manque de paille pour litiere. D. Les contrées où Pon peutsuppléer par d'autres substances, au défaut de litière. E. Les contrées où cela peut avoir lieu par des pailles achetées à bon compte. Au N.“I, on suppose que le bétail n'entre au päturage qu'à la mi-mai et ne rentre dans les étables qu'à la mi-novembre. — +X A.* ·* ⸗«.—. Grundsàtzen über die General verpachtungen der Domainen in den preussischen Staaten, Berlin, 1785. — gu bätail Son lour les pro⸗ e est le de son machine localité, 1é à dé- tretenir piece de vu qu'll ne race, wil cou- ans Vou- elé ürée legard à re qu'en zur 1500 viron 20 le poids veleye à le 672 à de 672 gerdes) et 1 de luere, on copleé. mi-mai et — en Staalen, P'AGRILCULTVUR E. 243 Au N.“ II l'on suppose que le bétail aille aux champs deès la fin de mars et qu'il rentre dons l'étable à la mi-décembre. Au N. III, l'on suppose que le bétail reçoive toute sa nourr Le N.“IV, indiq. le fum. résultant de 100 bë:t. à laine, qu'on ne fait pas parquer. — 1 3 Au N.“ V, on suppose que l'on parque pendant b mois, et que pendant les * Pb 1 Parq P 7 autres mois les bôtes passent la nuit à la bergerie. iture à l'étable. Lorsqu'il y a des four- 9., 4 rages en quantité suf- Lorsqu'il y a des[Lorsqu'il n'y a pas une fisante, ensorte que fourrages quantité suffisante chaque vache ait au en surabondance. de fourrages. moinss quint. de foin ——— ——+ Sur un ter- Sur un ter- Sur un ter- Sur un ter- Zur un ter- Sur un ter- rain froid. rain chaud. rain froid. rain chaud. rain froid. rain chaud. Etendue Etendue Etendue Etendue Etendue Etendue calculée en calculée en calculée en calculée en calculée en calculée en SChef. metz. schef. metz. schef. metz. schef. metz. schef. metz. schef. metz. A 1 2 1 4 1 5 ½ 18.[14½ 1. N. I. B. ftA 1. 112 1 4.[13 ½. 15 C 10 ¾. 12. 123.[14. ſto. 11 D 1175 13.[14 1.. j12.[14 E. 145½ 11 ⸗ 1 2 1 4. 13. 15 A 14 1 1. 1. 2. 14.[15 N. II. B 10⅔. 12. 12. 14. 3 11In C 8.. 10. 11 7. 9 D. 11565 153 143 1.. 112 14 E 14 1 1 2 1 4 13. 15 A 1 4 1 3 1 3 1 12 1 4 1 6 N.“ III. B 1 3 145 1 4 1 6 1 2 1 3. C tonm be. 2³ ·**.*. D. 1143. 1 1 2. 12. 14 E 12 1 4 1 4 1 6 1 12 1 3 A 5 15 7 8 3 8[12 4[12 6 4 N.“ IV. B 4 12 6. 5 15 7. 4 7 5 C 3 9 4 8 4 2 5 4 3[4 3[12 D 3[134 4[14 4 12 5 11 3[8 4 1 E 4 12 6 l. 5 15„. 4[7 5 ——4+——— A 3 6 4 6 6 57 1 15 2 12 3 ox N. V. ,——— 2 B 2[125 3 8 3 212 4 13 2 9˙ 2 14 C 2 1¼ 2 10 2 6 3 1 1 ſrA* 2 3 . 7. 341 4 k 2. 614 D 2 4 2 13 ½ 2[12 3 5†2 2 05 2 5 1 2 52. 4 2 2 E 2 1 2 3 8 3 7712 4 1 3 2 9 12 2 14 1 On compte que chaque 100 de beétes à laine au parc, fume 5 scheffels de semailles. Le parcage est compté pour la moitié d'un amendement de 6 ans, et seulement le tiers d'un de ans, ou le quart d'un de 12 ans. Cet engrais u'est euvisagé comme suſſisant que lorsqu'il revient tous les trois ans. * Je crois nécessaire d'expliquer ici que ce tableau est destiné à indiquer l'étendue de terrain qui peut ètre amendée par le fumier produit à T'étable, en I, II, III, par une pièce de bétail à cornes, et en IV et V par 100 bêtesà laine, sous les conditions et modifications expliquées à page précédente. Trad. 244 PRINOCIPES RAISONNLS Nicolal, dans ses principes pour la régie des domaines, probablement d'a- près Benekendorf, pose en principe que 1 pièce de bétail à cornes donne 10 chariots à 2 chevaux de fumier. 1—— de jeune dit. 5 1 cheval nourri à l'écurie. 15 1— nourri au paàturage. 775 r00 bétes à lame..... 100 3 Il admei de plus qu'on retire des cochons, de la volaille et de la cour, moyennant qu'on ait soin de garnir celle-ci de paille, une quantité d'engrais égale à la moitié de ce qu'on obtient du bétail à cornes. Il compte par journal, 20 charges semblables de ſumier de bétes à cornes 15 dites de celui de cheval, 5 dites de celui des cours, 15 dites de celui de bétes à laine. Lorsque ce sont des charrois en corvée, il en compte une moitié en sus, et méôme le double. . Par conséquent une pièce de bétail à cornes fume 4 2 journal. une jeune béte.... ⸗ 4 un cheval nourri à l'étable.. 100 béêtes à laine.... 6 ½ Ces chariots à deux chevaux ne peuvent pas mèême étre portés à 1000 livres; car un amendement de 20,000 liv. par journal serait une chose extraordinaire. Au reste;, 3 la méthode de se procurer du fumier en répandant en abondance de la paille dans les cours, annonce une mauvaise économie; les champs ne relirent que bien peu d'avantage d'un fumier de cette espèce. Frédersdorf, daus ses dvalalions des domaines, compte par chaque vache bien nourrie er à laquelle on donne en litière environ 150 gerbes, 6 chariots à 4 chevaux de 25 quintaux Pun, et si cette vache est nourrie toute Pannée à l'étahle, 10 chariots à 4 he ſanr; par chaque cheval qui a par jour une botte et ¾ de paille, 7 chariots et ½; il envisage le fumier rendu par 15 bétes à laine 7 1 comme égal à celui d'une 18 de mème celui de 4 à 5 cochons adultes. Suivant Karbe, 65 vaches qui, en été, passent le jour au paturage et la nuit à Pétable, fument 100 journaux; les chevaux et les génisses sont à ces vaches dans la proportion de 2 à 5, er les bœufs nourris à l'étable, comme 5 à 23 cent moutons tenus à l'engrais pendant l'hiver et l'été, fument 10 journaux. Selon de Bfeiſer, une vache nourrie à l'étable donne 200 quintaux, un bœuf à l'engrais, pendant que cet engrais dure, 80 quintaux de fumier. ent Ga. jer. cour, 8 égale 4 sus, res; car u resle; lle dans bien peu evache ariots à nnée à ee botte 3à laine ulies. 3 el la 1 à ces 2523 naux. 11, un D'AGRICVULTVURE. 245 Suivant Léopold, 4 vaches nourries à l'étable ont donné 50 chariots de fumier, dont G ont suffi à un journal. Dans une dissertation faite par un agriculteur plein d'instruction et d'expé- rieuce(Annales de l'agrioultare de Basse-Saxe, année 5, Section 1.“, p. 129) d'après les motiſs qui y sont indiqués, la proportion des engrais fournis par les divers animaux est fixée comme suit: Si le fumier d'une pièce de bétail à cornes monte à 180, celui d'un cheval s'ecléve à.... 170, celui d'une béte à lainec 10, celui d'un cochron.......... 18, C'est d'après cette proportion que fut reparti le fumier produit pendant l'es- pace de trois ans dans son exploitation, il s'en trouva par chaque pièce de bétail à cornes, 7,789 chariots à 4 chevaux. cheval.. 7,357 bèete à laine 0,432 cochon..... o,778 qui, d'après la manière de charger dans l'exploitation ouù cela eut lieu, pesaient probablement de 22 à 24 quintaux chacun. Le comte Podewils, dans ses exporiences d'agriculture, 5.ö volume, prend pour base, d'après des moyennes générales, 8 chariots par journal, et d'après une esümation certainement fautive, il ne porte le chariot à 4 chevaux qu'à 10 quintaux, ainsi 80 quintaux par journal. Il donne une mesure plus exacte lorsque à page 15, il attribue à chaque journal fumé 50 quintaux de gros four- rage, dont ½ foin et 3 dépouille de grains. Daus des domaines dont le sol est de bonne qualité, l'on a admis que, sur 10 journaux, outre le bétail de trait, on puisse entretenir une pièce de bétail à cornes et 10 bétes à laine, lesquels tous ensemble fournissent les engrais né- cessaires. Mais on suppose qu'il y ait d'ailleurs des prairies dans la proportion de 1: 5, et une quantité suffisante de paturages séparés, § 271. Le vague et les contradictions de ces données sont frappans. Sans parler méme des variations considérables qu'il y a dans la charge d'un chariot de fumier, on ne saurait faire une évaluation exacte de la quantité des engrais, d'après le nombre des pièces de bétail, si, avant tour, on ne détermine la quantité de fourrage et de litière consommée, et la manière dont le bétail est entretenu. 1 6b On ne peut donner aucune proporuon moyenne de la quantité de fumier quę pPRINCIPES RAISONNES produisent les bestiaux, parce que, avec une nourriture abondante et composée de fourrages succulens, la quantité d'engrais qu'on obtient, tant des excrémens quc de la paille nécessaire pour les contenir, surpasse de 7 ou 8 fois ceux que Je meme bétail donne nourri à la paille sèche. Si dans le premier cas, on ne peut pas donner au bétail assez de litière pour qu'il soit toujours couché pro- prement; si chaque jour on est obligé de transporter dehors les fumiers, ou tout au moins de les jeter en arrière, parce que sans cela les bétes seraient roujonrs dans la fange; dans le dernier cas, au contraire, la paille qui a séjournò pendant un mois sous le bétail, en sort peu salie et presque seulement mouillée. Le plus ou moins de volume du bétail influe sans doute sur la quantité des engrais qu'on en retre, mais seulement lorsque le bétail regoit une quantité de nourriture proporũonnée à sa taille. § 272. En revanche, il n'y a pas de doute que la quantité de fumier ne soit toujours en rapport avec la quantité de fourrage et avec celle des sues qu'il contient, jointe à celle de paille nécessaire pour contenir les divers excrémens. Dans ce moment ou nous ne nous occupons que des rapporis généraux de l'économie, nous ne pouvons point nous G6tendre à d'autres espèces de litière. Lors done que nous parlerons de la quantité de fumier qu'on a obtenu, nous ne ferons aucune attention au nombre et à l'espèce des animaux qui l'ont produit. Les bétes ne peuvent étre considérées que comme des machines, qui, sui- vant leur grandeur, mais surtout suivant qu'elles sont bien nourries, conver- Unssent en leur propre substance la plus peute partie des fourrages qu'elles con- somment, tandis qu'elles réduisent la plus grande en fumier; sous cette der- nière dénominauion nous comprenons, non-seulement les gros excrémens pro- prement dits, mais encore les urines et peut-être la parle de la transpiration qui est absorbée par la paille: ce fumier ne comprend pas seulement le résidu des fourrages, mais encore les parues du corps animal lesquelles, à mesure de leur action, sont détachées, emmenées et remplacées par de nouvelles. Ainsi ce fumier a perdu en plus grande partie sa nature végétale pour en prendre une animale. Nous nous bornons à indiquer ici ce fait, en nous réservant de déve- lopper cette maudtre, lorsque nous traiterons plus parüculièrement des engrais et des productions animales. Les essais faits jusqu'à ce jour sont encore insuffisans pour déterminer si la masse solide des fourrages consommés et digérés, se trouve augmentée ou diminuée lorsqu'en en extrayant le principe aqueux on réduit ces excrémens à Aposée rLémens ux que on ne e Pro- 1s, ou eralent journé duillée. l6 des lnie de ujours nient, ans Ce nome, 1, nous ni Pont , sui- onver- s con- e der- s pro- iration résidu zure de 6. Ainsi dre une le dére- engrals er 51 la leée ou mens à DAGRICULTVURF. 247 Ptat de siccité. La diminution est plutòt probable, puisque T'augmentation du corps, la croissance de la laine, la sécrétion du lait, absorbent une partie des alimens. Cependant cette parte n'est que peu de chose, ev il n'est pas décidé si Peau que Panimal s'approprie par la boisson, et si les substances gozeuses qu'il absorbe ne sont pas décomposées dans le corps de Panimal au point de former une mautre solide. Tout au moins est-il sr qu'au moyen de Phumidite qui est ajoutée, le poids de la nourriture sèche est dépassé de bien plus d'une moitié par celui des excrémens, si nous pesons ceux-ci dans l'état d'humidite ou nous les considérons et employons comme fumier. L'humidité surabondante, surtout celle de l'urine, que nous ne devons point considérer comme de l'eau simple, mais plutéôt comme contenant un grand nombre de partcules animales solides et très-actives; cette humidité, dis-je, est absorbée par la litière et en augmente la masse. § 275. II y a de grandes difficultés à déterminer le rapport de proportion qyui existe entre le fumier d'un côté, les fourrages consommés et la litière employée de Pautre. C'est pourquoi les résultats des expériences destinées à obtenir cette fixation varicront toujours un peu. On trouverair encore plus d'ncertitude en voulant déterminer le volume de fumier par celui des fourrages, puisque ce volume dépend, non-seulement, du plus ou moins d'humidité et de pression, mais encorée de l'état de décomposition ou sont la paille et les autres substances fllamenteuses, lequel en altère le volume bien plus que le poids. Cependant les épreuves faites jusqu'ici tant en peut, en pesant les gros excrémens quelquefois à part, quelquefois réunis à Purine absorbée par la paille, dans leurs divers degrés de décomposition et à un point oùð le fumier, à moins d'être comprimé, ne laissàt pas dégoutter d'eau, qu'en grand, en déterminant par le poids et avec Pexactitude dont la chose pouvait étre susceptible, la quanuté des fumiers charriés, eten la comparant avec celle des fourrages et de la litière consommés, Peau non comprise; ces épreuves, dis-je, ont é616 passablement concordantes pour démontrer que la masse de la nourriture sèche es de la litièere réunies, doublent de poids par leur transformation en fumier. Mais pour cela il faut que le fumier ait été convenablement soigné, et qu'on ait donné de la litière dans la juste proportion nécessaire pour qu'elle puisse ab- sorber Ja matière liquide; puisque si cette liüère a été abondante, elle n'a pas duù s'imprégner suffisamment d'humidité, et par conséquent atteindre J'augmentation de poids ci-dessus, et que, si au contraire l'on en a mis trop peu, elle n'a pas pu retenir toutes les urines. Au reste la quantité de litiere ne peut pas davan- 2 248 PRTNCIPERS RAISONN8 inge étre déterminée d'après le nombre des béies, elle doit dépendre de la quantité et de la qualité des fourrages consommés et des excrémens qui en proviennent. Les alimens destinés au bétail, tant les secs que ceux qui ont conservé leur suc, varient en faculté nutritive, mèême à poids égal(voyez à 5 275.) Ainsi Pon peut entretenir dans le méême état un plus grand nombre de bétes avec un poids moindre d'alimens plus nourrissans, qu'avec un poids égal de ceuxz qui le sont moins. Lors méème donc que chez des béètes également bien nour- ries, les gros excrémens de celles entretenues avec des alimens plus substan- niels, paraissent moins volumineux que ceux des bèies nourries avec une plus grande quantité d'alimens moins substantiels, la quantité des gros excrémens et de l'uriue qui sont sortis du corps de Panimal, n'est cependant pas en proportion directe avec la plus ou moins grande quantité des alimens que cei animal a consommés. On ne retire pas tout à fait, mais presque autant de fumier d'un cheval nourri en plus grande partie avec des grains, que siil consommait un poids double étant nourri simplement avec du foin. Cest pourquoi il ne faut pas avoir égard seulement au poids des fourrages secs, mais aussi à leur faculté nutritive, parce que ce qu'il y a de moins en quantité, lorsque les bétes sont nourries avec des fourrages substantiels, est sans doute remplacé par la meilleure qualité du fumier, par le plus grand nombre de parties animales qui le composent. § 274.* L'estimable commissaire gendral Meyer est le premier qui, se fondant sur des expériences positives, ait donné une mesure de la quantité de fumier qui résulte de celle des fourrages et de la litière. II impute à la paille l'humidité que donne Purine, et, guidé par des épreuves, il porte cette augmentation à 2, 7 pour un, lorsqu'on ne donne en litière que le nécessaire seulement; au reste, dans cette litière, il comprend la paille donnée en fourrage, parce qu'elle ne contribue que peu ou point à la nourriture de P'animal. Pour le foin consommé, il porte Paugmentation occasionnée par l'humidité qui y est ajoutée, seulement à 1,8, parce que ce fourrage contribue davantage à la nourriture du corps. II assimile au foin les végétaux qui ont conservé leurs sucs, mais seulement d'après le poids qu'ils ont étant réduits à l'état de siccité. Enfin il attribue aux grains dans leur transmutation en fumier, une augmeniation plus grande qu'elle ne serait d'après cette proportion: il veut qu'on multiplie leur poids par 5 jusqu'à 5,7. Mais ces proportions sont combattues dans la Feuille économique, où un * Jai reſondu les F 274, 275 et 2 afin de les rendre conformes aux modiſicalions indi- 74, 27 77: quèes par l'auteur en téte du 11. vol. de l'édition allemande. Trad. auteur — de la lui en é leur Ainsi s avec e ceux nour- mstan. 2 plus ens et orüon imal a r d'un poids avoir rilive, s ayec lité du it sur r qui 6 que 4 2)7 reste, lle ne mmé, ement os. I Paprès gräins lle ne *à 5,. ouù un — s idi- utèur D'A GRICULTURE. 249 auteur éclairé fait des observations fondées contre le systeme de Meyer, en disant que l'augmentation du poids de la paille ne peut étre attribuée qu'au fourrage, parce que, sans lui, cette paille demeurerait de la paille toute pure. II prétend, au contraire, que la paille perd par la décomposition; mais en cela il paratt aller au-delà de la réalité, car alors la paille aurait à Jaugmentation du fumier, une part bien plus petite que Pexpérience ne l'indique; quoiqu'il soit vrai en soi que l'augmentation de poids ait le fourrage pour cause, et que, à défaut de paille, le fumier pourrait être recueilli par d'autres matières, tout au moins par de la terre. D'après les résultats d'essais grands et nombreux, et en particulier de plu- sieurs qui ont été faits avec beaucoup de précision pendant Phiver de 1808 à 1809 sur des bœufs à Pengrais, on demeure irès-près de la réalité lorsqu'on admet en principe, que le poids du foin et de la paille consommés en nour- riture et celui d'une litière qui, en absorbant toute Purine, n'excéde cepen- dant pas les besoins; que ces poids, dis-je, sont doublés dans la transmutation en fumier*. Et d'après cette base, la quantité de fumier produite peut étre calculée avec beaucoup plus de cerutude qu'elle ne le serait d'après le nombre de pièces de bétail. § 275, Nous sommes bien plus dans Tincertitude sur la quanuté d'engrais qu'on obtient d'une quantité donnée des végétaux chargés de sucs, en la faisant con-— sommer par le bétail, parce que sur ce sujet nous manquons encore d'expé- riences faites d'une manidère satisfaisante, sur un nombre de bétes suffisant, et continudes pendant un tems assez long; cependant, d'après les diverses obser- vations qui me sont parvenues sur Pemploi des pommes de terre dans des exploi- talions ou elles étalent consommées en grande quantité et comme principal four- rage, ces tubercules ne peuvent étre comptés dans le fumier que pour les trois cinquièmes de leur poids; si, d'ailleurs, on attribue à la paille consommée avec eux, l'augmentauion de poids que nous avons indiquée ci-dessus. De ceue manidère on traite à coup sůr défavorablement les pommes de terre, car, au fond, la plus grande partie de paugmentation de poids que la paille reçoit provient d'elles, et sans doute, sans le concours des pommes de terre, on Uijendrait une beaucoup moins grande quantité de bétail, par conséquent on aurait une moins graude quantité de ces urines, auxquelles la paille réduite en fumier doit son augmentation de pesanteur. je me réserve de m'expſiquer sur ce sujet avec encore plus de précision, lorsque j'aurai expériences failes par divers z6lés partisans de notre science, dans 32 sonnaissance des résultals d' Phiver de 180†₰5. A. PRINCIPES RAISONNES Quant à la fane, d'après un essai fait en 1809, celle d'un journal de pommes de terre à fane mince en apparence, réduite à un état de siccité complète, Pesa. 0 0 0 0 0*0 0 6 0 907 liv. Celle de pareille étendue de pommes de terre à fane grossière, seulement......„. 6⁰05 La moyenne serait 756 liv. 1512 liv. A cause de la quantité d'albumine que cette fane contient, elle est de beau- coup préférable à la paille en général. Au reste, nous pouvons sans doute tirer de la faculté nutrilive de ces végétaux, des inductions sur la quantité d'éngrais qu'ils rendent; cette faculté se trouve déterminée tant par des expériences faites sur du bétail à Tengrais, que par Panalyse chimique, et avec d'autant plus de certitude que les résultats de ces épreuves sont assez concordans. Je me propose, en conséquence, d'in- diquer ici, dès ce moment, ce qu'il y a de plus essentiel sur la faculté nutritive des végétaux les plus usuels, parce que cela nous sera nécessaire pour les comptes que nous aurons à faire sur l'économie rurale; et quoique je ne doive déve- lopper complétement cette matière, que lorsque j'examinerai plus paruculiere- ment la culture et l'emploi de ces végétaux. Comme, de tous les alimens destinés au bétail, le foin est le plns connu et le plus employé, c'est lui qui le mieux peut étre pris pour mesure de com- paraison pour les autres. D'après les recherches d'Einhoff, que cependant il n'envisageait pas comme suffsamment achevées pour étre communiquées au public, 100 parties de bon foin en conuennent environ 50 de ces matières qu'on peut envisager comme nutritives. De 100 partes de pommes de terre, bonnes et non aqueuses ou spon- gieuses, séchées au degré ouù le foin l'est ordinairement après la dessication, il en reste 50, qui en contiennent 25 de substances qu'on peut envisager comme irès-nutritives, ainsi Pon pourrait assimiler pour la nourriture du Détail 100 liv. ou 1 scheffel pommes de terre à 50O liv. de bon ſoin; et presque toutes les obser- vauons faites en grand sur Pengrais des bœufs concordent avec cela. Car lors- qu'an bœuf à'engrais reçoit chaque jour pour sa nourriture 60 liv. de pommes de terre pas trop aqueuses, il fait autant de progrès qu'avec 50 liv. de foin. La racine d'abondance n'avait que 8 pour cent de ces substanccs qu'on peut, avec certitude, envisager comme nutritives, et 4 pour cent de filamenteuses d'une décomposition difficile; comme il est encore incertain jusqu'à quel point .——— 512 Uv. le beau- de ces faculté engrais, ésultats e, d'in- nutritive vompies e déve- iculiere- onnu et le com- comme de bon comme u spon- ation, il comme 100 liv. es obser- Car lors- pommes foin. on peut, enteuses el point D'AGRICULTURE. 251 ces dernières contribuent à la nutrition, nous portons la partie nutritive de cette plante à 10 pour 8*. Les rutabagas contenaient 12 p.“§ de parties décidément nutritives, et de plus 5 p.*3 de substances filamenteuses d'une décomposition difficile. Le choux-rave est probablement de méême qualité**. Ainsi 100 liv. de foin, 200 liv. pommes de terre, 500 liv. d'abondance et 370 liv. rutabaga sont probablement égaux en facultés nutritives. Mais ces deux dernières plantes donnent beaucoup de feuilles, qui servent également d'alimens au bétail; celles de l'abondance sont en plus grande quan- lité, elles sont plus aqueuses et plus chargées de sucs. Celles des rutabagas, au contraire sont moins nombreuses, mais contiennent beaucoup d'albumine**r, et sont par conséquent plus nourrissantes. Si, dans l'évaluation de ces racines, nous laissons la fane sans en imputer le poids, nous pouvons, sans hésiter, admettre que 460 liv. racine d'abondance et 550 liv. rutabagas équivaillent à 200 livres pommes de terre à 100 liv. de foin. Einhoff n'avait point achevé l'analyse des raves. Cependant, d'après un examen superficiel, et en les mettant en parallèle avec les rutabagas, il jugea que pour la faculté nutritive ils étaient réciproquement dans le rapport de 2 à 5. Ainsi 525 liv. raves seraient égales à 100 liv. de ſoin. De môme pour les carottes, lesquelles, à la vérité, contiennent beaucoup de parties aqueuses, mais aussi beaucoup d'albumine et de sucre, nous pouvons, tant d'après les expériences d'Einhof, que d'après les observauions faites sur Pengrais * Tignore comment Einhoff a pu déterminer, autrement que par des expériences directes sur la nourriture des animaux, quelles étaient les parties réellement nutritives de celles qui consti- tuent les végétaux, j'ignore aussi s'il a pu distinguer le plus ou le moins d'intensité de leur ſorce de nutrition, mais j'ai de fortes raisons de croire que la racine d'abondance est beaucoup plus nourrissante qu'on ne l'indique ici. Sans parler de l'assertion de labbé Rosier, qui est évidemment exagérée, d'après une expérience faite avec soin dans l''hiver de 1805) sur 24 béles à laine, je dois croire que 252 liv. de racine d'abondance équivalent à 100 liv. de foin. Voyez la Bibliot. Brit. n.² 338, pag. 42, où cette expérience est consignée. Trad. ** D'après'expérience dont je viens de parler, je dois croire que 234 liv. de racine de ruta- baga, qui ont cru en terre argileuse, équivalent en faculté nutritive à 100 liv. de foin. 239 liv. pommes de terre crues, ou 222 de cuites, m'ont également paru équivalentes à un quintal de foin, mais comme celles de 1809 étaient évidemment fort aqueuses, je pourrais me réunir sur ce point à'opinion d'Einhoff. Pour les carottes, la luzerne et le trefle, je suis parfaitement d'accord avec lui. Trad. rry Substance de méême nature que le blanc d'œuf. Trad, 252 PRINCIPES RAISONNES du bétail, admettre qu'elles sont aux pommes de terre dans le rapport de 3 à 4. Ainsi 266 2 liv. carottes seraient égales à 100 liv. de foin. Le choux blanc n'a pas encore été analysé, mais d'après les expériences faites sur du bétail à l'engrais, il est aux pommes de terre dans le rapport de 1 à 53 ajusi 600 liv. choux blanc équivalent à 100 liv. de foin. Le trèfle pris au point ou sa fleur commence à S'ouvrir, diminue en se séchant de 100 à 20; mais d'après l'expérience et notre analyse chimique, ce fourrage contient infiniment plus de sucs nourriciers que le foin des prairies naturelles, et en particulier, comme la fane de toutes les plantes appartenant à la diadel- phie, beaucoup d'albumine et de sucre. On peut donc envisager 9o0 livres de jeune irèfle sec, comme égales à 100 livres de foin ordinaire de prés naturels. Les vesces fauchées de bonne heure ont la même valeur; si elles sont plus avancées, le plus grand volume d'un côté, la formauon des gousses et du grain de Pautre compense la diminution des sucs qui a lieu dans la uge et les feuilles. Nous nm'avons également pas de raison d'assigner une autre valeur au fourrage de luzerne et de sainfoin(esparcette). Il ne me barait cependant pas encore démoniré que ces plantes à fourrage ne perdent rien par la dessication, et que réduites en fourrage sec elles contiennent la méème quanuté de suecs nourriciers qu'elles ont étant vertes. Ilne semble, à lavérité, pas vraisemblable qu'il s'en éva- vapore aucune partie, excepté peau, mais il serait possible que la partie fibreuse qui auparavant pouvait facilement être décomposée, devint d'une dissolution plus difficile. Ainsi donc pour la nourriture du bétail nous devons considérer comme égaux: Foin Pommes deterre. Racine d'abondance Rutabagas Raves Carottes Choux blancs 100 liv. 200 liv. 460 liv. 35⁰ 525 266 600 Jeune irèfle Vesces Luzerne et Sainfoin sec. sèches. secs. 90 liv. 90 90 § 276. Aln de nous rapprocher davantage de notre but et de découvrir la propor- nion qui existe entre la quantite d'alimens qu'on peut obienir et celle de fumier qui en résulte, il est nécessaire que nous déterminions ici par avance la quan- nté de ces végétaux, qu'en moyenne l'on peut obtenir sur un journal de terre, en supposant toutefois un sol qui leur convienne et une culture parfaite. Au reste, nous réservons de plus grands détails sur cette mauère, pour la partie de cet ouvrage consacrée plus spécialement à traiter de ce qui a rapport à ces végé- laux, où nous développerons aussi les motifs sur lesquels repose Pévaluation des facultés nutriüves portée au§ précédeni. — séchant ourrage urelles, diadel- livres aturels. ont plus lu grain eeuilles. durrage encore „et que urriciers en éva- ibreuse olution égaux: x blanes 600 propor- e ſumier la quad- erre, en u reste, e de cet 5 vegé- lon des D' AGRICULTUR B. 2535 Au 9 78 nous avons divisé les prairies en 5 classes, en prenant leur plus ou moins grand produit pour base de leur classification; dans la suite ces classes seront déterminées d'une manière plus précise. Les prés de la première de ces classes se rencontrent rarement; et comme pour rendre par journal 1600 liv. en deux coupes, il faut qu'un pré soit déjà d'assez bonne qualité; nous pren- drons cette quantité pour moyenne du produit. On a souvent compté 30 jusqu'à 40 quintaux de tréfle par journal; cependant pour une telle moyenne, il faut un terrain particulieèrement bon, riche, pro- fond et chaud, quoique argileux. Dans une terre ordinaire argilo-sablonneuse, qui a été labourée avec soin et profondement, qui est soumise à un assolement judicieux, et ou le trèfle a été semé convenablement, on peut compier, en moyenne de plusieurs années, sur 2400 liv. en 2 coupes, ou 1600 liv. en une eoupe, et le quintuple en fourrage vert. Dans des années fertiles et humides ou les deux coupes réussissent également bien, le irefle dépasse ce produit, mais dans les années sèches où une coupe manque souvent, il demeure en dessous. Une bonne et épaisse luzernière doit donner 4000 liv. de fourrage sec, si le sol et le climat lui conviennent. L'esparcette(sainfoin) donne sur un terrain approprié à sa nature 2000 liv. de fourrage sec par journal. Les vesces ou le mélange dont elles font partie, lorsqu'elles ont été fumées rendent au moins 2000 liv. fourrage sec. Lorsqu'elles n'ont pas été fumées et que cependant le terrain est en bon état, ce produit se réduit à 1200 liv. Sur un terrain chaud, labouré profondément, bien fumé et qui a regu une culture accomplie, conditions que nous étendrons à tous les végétaux ci-après, les pommes de terre donnent par journal 80 scheffels ou 8000 liv. en sus de la semence. Ceci est presque une moyenne trop basse, pour une culture très-soignée, puisque, d'après mon expérience, 12000 liv. ne sont point une récolte rare dans les années ordinaires. Mais pour cette espèce de produit comme pour les autres récoltes racines, je préfere demeurer au-dessous de la réalité à la dépasser, afin de ne pas être soupçonné de m'abandonner à une prédilection en leur faveur, dont quelques personnes m'accusent. La racine d'abondance rend par journal.. 20000 liv. de racines. Les rulabagas et les choux-raves. 20000. Les carottes........... 13000. Les choux sur un ſterrain qui leur convienne 56000. PRINCIPES RAISONNES Ainsi donc on peut envisager le produit d'un journal de pommes de terre comme égal en faculté nutritive à....... 4000 liv. foin naturel. Celui d'un journal de racines d'abondance.. 4347 ou 4500. Rurabagas,........ 5700. Raves.......... 5900. Carottes.... 65090. Choux........ 6000. Trèfle en 2 coupes..... 2600. Luzerne........ 4409. Sainfoin„„. 2200. Vesces fuméces... 2200. dites non ſumées.....„ 1500. Tout ceci, je le répéte, sous la présupposition d'un sol qui convienne à ces végétaux, qui depuis long tems ait été amélioré par une bonne culture, et qui soit convenablement fumé. Il est entendu, d'ailleurs, que ces produits doivent étre calculés sur la moyenne de plusieurs années, puisqu'il y en aura toujours, où quelque plante n'arrivera point à sa perfection, et d'autres, au contraire, où elle dépassera de beaucoup le produit ordinaire; circonstance qui doit en- gager à en culüver de plusieurs espèces, afin que le moins de l'une soit couvert par le plus de l'autre. § 277. Si Pon recueillait à part les gros excrémens et l'urine des animaux nourris avec des plantes qui ont beaucoup de suc; ce fumier serait sans doute en rapport non avec le poids, mais avec la faculté nutritive de ces végétaux. Le moins grand poids des alimens plus solides serait compensé par la plus grande quantité d'eau que les bèêtes auraient bu en les consommant. Ainsi 200 liv. pommes de terre, 550 rutabagas, 600 liv. choux ou bo liv. d'avoine don- neraient autant de fumier que 100 liv. de foin, puisque chacune de ces quantités peut nourrir un nombre égal de bètes. Mais si ces excrémens sont recueillis par la paille et que l'augmentation de poids que celle-ci reçoit des parties liquides, lui soit imputée, la proportion des autres pourrait bien étre modifiée; l'aliment qui aurait le moins de parties fibreuses indissolubles, pourrait donner moins d'excrémens par le canal des intestins. C'est pourquoi les végétaux chargés de sucs ne peuvent, pour leur produit en fumier, pas être entièrement assimilés au foin, dans le rapport où ils sont avec lui pour la faculié nutritive. Sur la plupart de ces plantes, comme nous l'avons dit, nous manquons d'é- preuves suffisantes et précises, à l'aide desquelles nous puissions determiner avec terre aturgl. à ces t qui ivent ours, aire, i en- uyvert D'AGRICULTVURV. 255 cerutude la quantité de fumier qu'on en obtient; les pommes de terre sont les seules sur lesquelles nous en ayons quelques-unes. D'après la moyenne des résultats dont j'ai donné le résumé à 5 275, je dois croire que 100 liv. ou un scheffel de pommes de terre donnent 60 liv. de fumier, et qu'ainsi un journal de pommes de terre, qui produit en sus de la semence 80 scheffels ou 8000 liv. égaux à 4000 liv. de foin, rend en fumier le poids de 4800 liv, non compris celui produit par la fane, lequel s'élève à la quantité de 1512 liv. à raison du poids double de celle-ci réduite en un état de siccité complète, et cela, soit que cette fane soit donnée verte en nourriture au bétail, soit qu'elle soit jetée au fumier en place de paille. Ainsi, en réunissant ces deux quantités, nous admet- tons 6512 liv. comme la moyenne du fumier que doit produire un journal de pommes de terre. Comme l'expérience n'a encore rien appris de positif sur les autres plantes à fourrage, nous mettrons leur produit en fumier au taux des pommes de terre calculé non au poids, mais d'après le nombre des journaux et sans rien ajouter pour la plus grande quantité de sucs nourriciers que peut contenir leur excé- dent de produit. Nous laisserons également le trèfle et la luzerne au taux du foin naturel, malgré la supériorité qu'ils ont sur lui en faculté nutritive. Nous compitons donc que 1 journal de pommes de terre ou de toute autre plante de ce genre donie.......... 63512 liv. fuaier. trefle en 2 coupes....... 5200. ——— trèfle en 1 coupe. 1 ·** 2 4 7 3200. ——— luzerne..... 88co. sainfoin.......... A4o0. —— vesces fumées....... 4400. ——— vesces non fumées...... 26oo. Indépendamment de l'augmentation de poids qu'iil ajoute à la paille. 4 G8 En 1805 j'obtins par la consommation de 25 journaux de pois verts, avec environ 1500 gerbes de paille en liuère et quelque peu de feunilles de pin, des engrais en suffsance pour fumer complétement, encore cette année là, 50 jour- naux de semailles d'automne. § 278. Quant à J'autre partie du fumier, celle qui est produite par la paille, nous avons obtenu dernièrement un petit nombre de données précises à son sujet. Jusque Ià, il est vrai, nous ne manquions pas de moyennes sur la quantité de PRINCIPES RRAISONNES ine 6tendue de chaque espèce de terre, ni sur le. ne exploitation rurale, on devait reurer de données fixes sur le poids gerbes produites par une certa nombre des bottes de paille que, dans u de chaque espèce de grain; mais il nous manquoit moyen des gerbes et Jes bottes. Tout cultivateur qui a jamais passé les bornes propriété, sait qu'il y a en cela des différences incroyables, qu'ici Pon fait des gerbes de 8 liv., tandis que là elles vont jusqu'à 50, et que le poids des bottes de paille varie également entre 10 et 40 liv. Cependant jusqu'à présent squ'il avait indiqué la moyenne de sa récolte de sa chacun croyait avoir assez dit, lor d'après une mesure aussi arbitraire. On croit généralement que l'expérience nous a appris d'une manière assez oduit en grains qu'on peut espérer de certains terrains et A suͤre, quel est le pr à dessus des renseignemens de certaines cultures; et en effet on a pu recueillir! plus précis, parce qu'on y a donné plus d'attention. Mais le commissaire général Meyer est, à ma connaissance, le premier qui ait cherché à découvrir le produit en paille, d'après celui en grain. Personne n'ignore, cependant, qu'il existe une proportion entre ces deux choses. Tout cultivateur qni a quelqu'expérience se fait une mesure de la quan- nie de grain que doit rendre une gerbe de la grosseur des siennes; dès son premier battage il se dit que„ceute année, les gerbes graineront bien, passa- blement ou peu. Les variauons qui se représentent meéme terrain, sont ainsi des exceptions à la au grain le fait taller fortement dans la première période de sa végétauon, qu'ainsi et qu'au tems de la fleur Pexcès d'engrais souvent dans une mème culture et sur un règle. Si une température favorable il pousse un grand nombre de uges, le fasse tomber; ou que de mauyvais tems et les maladies de divers genres qu'ils occasionnent aux blés, empéchent le développement du grain; ou qu'enfin, à la moisson, les blés soient fortement versés, la proportion du grain à la paille sera beaucoup plus faible qu'à P'ordinaire. Si en revanche une température fächeuse empéche que le blé ne talle, ou si elle détruit un grand nombre de plantes; si les souris ou les insectes éclaircissent irop cesplantes, mais qu'un tems propice favo- rise le développemeni de l'épi, la ſécondation de lafleur, la nourriture du grain et sa maturité; alors la proportion de la paille au grain est beaucoup plus faible. Mais dans l'évaluation générale des résultats de'éçonomie rurale, on ne saurait avoir égard à de telles exceptions. § 279: Pour determiner à Pavance la quantité de paille qu'on doit obtenir dans une exploitation, il faut également considérer et la nature du sol, et la manière dont zur le reürer e poids bornes on fait ds des présent récolte e assez ains et demens remier s deux quan- des son „passa- sur un orable u'ainsi engrais qu'ils fin, à le sera cheuse ; si les ee favo- grain et faible. saurait ns une anière dont D'AGRICULTURE. 25 dont il est cultivé. Il est des terrains ou la richesse de végétation des plantes elle-même nuit à la formation du grain, où les blés se laissent toujours tomber et ou ils ne viennent jamais à leur perfection, ou bien dans les- quels ils sont tellement méles de toutes sortes de mauvaises herbes que les épis en sont beaucoup moins nombreux, et que le grain y est privé d'une partie de sa nourriture. Là la proportion de la paille au grain est beaucoup plus forte que dans d'autres contrées où cette première devient moins grande, mais oùð les épis atteignent mieux leur perfection, et où il n'y a pas de mauvaises herbes. Cette dernière circonstance est due en plus grande partie à la culture; là où, si Pon ne donne tous les trois ans une jachère complète, l'on prend du moins les soins nécessaires pour netioyer les champs, on a, avec moins de paille, un produit en grain plus fort que dans les lieux ouù, négligeant la culiure convenable et le choix de l'assolement, on donne une plus grande quantité d'engrais. Cette différence dans le sol et la culture, il faut bien l'avoir devant les yeux lorsque, en suivant la méthode de Meyer, on veut découvrir la quantité de paille qu'on a obtenue, d'après la quanuté connue du grain qu'elle a rendu. Dans des Stablissemens parüculiers le plus súr est de peser un certain nombre de gerbes, afin d'en découvrir le poids moyen, qu'on multiplie ensuite par la quantité de gerbes qu'on a récoltées, desquelles, sans doute, nul cultivateur n'ignore le nombre; lorsqu'ensuite on a fait quelques essais de battage, ou qu'on a battu la totalité de la récolte, le poids du grain produit, calculé d'après celui d'un scheffel, et déduit de la somme totale du poids de la récolte, donne celui de la paille, de la balle et de la poussière qui s'en va lorsqu'on vane; et ainsi, dans les années communes, sans recommencer ce procédé, l'on peut déterminer le produit en paille avec plus de précision que cela ma lieu communément, § 280. Les données sur la proportion enire la paille et le grain, que Meyer a re- cueillies daus des expériences réitérées, qu'il a publiées dans le 3.“ volume de son ouvrage sur le partage des communes, et qu'il avait auparavant fait con- naitre dans les Annales de l'agriculture de Basse-Saxe, ont éveillé l'attention de plusieurs agronomes, et quelques-uns ont publié leurs observations à ce sujei. Dans ce nombre on compie jusqu'à préseni le conseiller Karbe dans son Introdauction d la culture alterne, le comte de Podeuwils dans ses Eæpérienees T'économie, de Blankensec dans son Manuel pratique, Dassesseur de consis- loire Léopolcl ei quelques autres auteurs dans les Annales d'agriculture; mais leurs diverses expérienges sont faites trop en petit, et sur un trop peut nombre de gerbes, eu égard aux grandes variations qu'il y a daus les choses de cœe genre. J. mo: 53 258 pPRINCIPES RAIS' ONN LS .*. 7* ⸗*. 2 0. Plusieurs m'ont communiqué en particulier leurs observations à ce sujet, et je me réserve de les mettre en opposition les unes aux autres, et de les comparer A celles que mes élèves et moi nous avons Haites ici pendant plusieurs années. Qu'il nous suffise pour le moment de dire, que, si Pon en excepte les résultats de quelques sols d'une nature particulière, et malgré de grandes diflérences dans les produits, cette proportion est le plus souvent urès-concordante dans les ter- rains soumis à une ponne culture. Les années 1805 et 1806 se sont distingues, la première par une proporuon extraordinairement petite du grain à la paille„la seconde par le contraire; mais la nature du sol depuis le sable à l'argile, n'y a apporté que peu de différence. Cela parattra peut-être étonnant à cause de la grande inégalité qu'il y a dans la longueur et la force de la paille, mais la longueur des épis était remarquablement en rapport avec la quanuté et la bonté des grains qu'ils contenaient. Lorsqu'on donne le même poids à des- gerbes de blé à longs Gpis, er à d'autres qui les ont courts, le produit du bat- tage en est très-semblable; la diflérence est ordinairement en rapport avec celle qu'il y dans le poids des gerbes. Si la paille est plus mince, les épis sont aussi plus petits et contiennent d'autant moins de grain. Si l'on fait des gerbes d'une cir- conférence et d'une épaisseur parfaitement égale, on embrasse un nombre d'épis beaucoup plus grand, mais il n'y a pas plus de grain qu'au moins grand nombre- G'épis des gerbes dont la paille est beaucoup plus forte. H 281. D'après les plus considérables d'enire les observations qui me sont connues, la proporüon du grain à la paille varie dans le seigle. entre 59 et 42 4 100. froment. entre 48 et 52 à 100. 149 2 orge... entre 62 et 64. à 100. avoine..„ entre 60 et 62„ à 100. iln. Dans les pois elle est plus incertaine, et le nombre des gousses, comme l'on sait, est dans des rapports très-variés à l'égard de la plante. II faut également prendre en considération le déchet que cette plante peut facilement éprouver à la moisson. Le comte de Podewils a trouvé que la proportion du grain à la paille y était comme 5 est à 21. Si Pon veut avoir une proportion, je crois qu'en moyenne, celle de 55 à 100 est la plus voisine de Ja réalité, lorsque les pois ont noué passablement. Mais on marchera plus sürement si Pon porte à 2000 livres la paille d'un journal de pois fumé, parce que, daus cetterécolte, le pro- duit en paille est beaucoup moins casuel que gelui en grain. f ri. en. Il en sera de mème pour les vescqes- IE. D,, Si donc un scheffel de bon seigle légèrement comble, comme on le mesure 1 et je D AGRTIGULTURE. 259 Pparer ordinairement pour le ménage et la vente, pèse 86 liv., et que, en moyenne, unées. le grain soit à la paille comme 40: 100, un journal de seigle rendra, sur zultats unproduit de 5 scheff. 645 liv. paille, laquelle à sontour donneral 290 liv. fumier. s dans 4 960„. S 1/720 es ler- 85 1075.— 8„ 2150 6es, la r6. 1290.„... 92530 lle, la 1147. 1505..... 5010 6, wy 8 1720.„.. 33440 use de 9 1955„.. 5870 nais la 10 2150„„... 4300 ei la 11. 2565.... 4950 à des 412 2530..... 5160 du bat- Si un scheffel de froment pèse 92 liv. et que le grain soit à la paille comme e celle 50: 100, un journal rendra sur. i plus un produit de Zscheff. 552 liv. Paille, qui à son tour donnera 1104liv. de fumier. ue eir- 1 4 7509„.. 1472 ec'éps 5. 920... 1840 ombre 6 1104.. 1. 2208 7 1239.. 2576 9. 1472 2944 des, la 9.. 1656.. 5312 10. 1840... 5680 11. 2024.. 58 4048 12 2209. 4416 Si un scheffel d'orge pêse 68 liv., et que le grain soit à la paille comme 65 sont à 100, un journal rendra sur he Lon in produit de 5 scheff. 524 liv. de paille, qui à son tour donnera 698 liv. fumier, ement 4 2.ℳ 452 90 0 2* 2* 864 5. 540„. 3. 1080 rouver 4 . 3 6„ 5 648„ 0* 83 1296 un à laà pen 7„ 756 4 3 1512 6 72 lne 8. 364—.. 1723 les p0¹5.„ 9. 2 972„ 0 2 2 1944 4 2000 3 10. 1080.„„ 2160 10-. lep 11„ 11998„.. 2370 12„ 1296...„ 2592 nesure PRINCIPES RAISONNES ‚Het que le grain soit à la paille comme 260 Si un scheffel d'avoine pèse 52 liv. 61 sont à 100, un journal rendra sur un produit de 5 scheff. 256 liv. de paille, qui donnera. 512 liv. fumier. 4 541.... 682 5 426..—— 85² 6.. 512 8... 1024 „ 597. 2.. 1194 8. 688 8... 1566 9. 768... 1556 10 3855..... 1706 11. 955.... 13876 12 1024.... 2048 § 282. Dans cette évalualion des proporüons'après lesquelles on oblent les fumiers, il est toujours sous entendu que la paille de litière, ou lorsqu'elle ne suffit pas, les matières qui la remplacent, soient mises sous le bétail en quan- nté telle, qu'elles puissent recevoir et absorber les divers excrémens, mais aussi qu'elles en soient assez imprégnées, pour que, sans autre humidité, elles fermentation et subir la décomposition nécessaire; que, de plus, toutes choses soient arrangées de manière qu'aucune partie des urines ne se perde, et que le fumier soit réuni de manière qu'il ne soit pas entrainé par Ce fumier mêlé de substances animales et végétales est sup- puissent entrer en les eaux de pluie. posé pris au moment où il a su devenue tendre sans ètre encore décomposée; e tous les agrioulteurs prauques, il est le plus avantageuxz esait tout frais, ou après sa décomposition com- ni dissoute, ceite proportion de Pesan- en un mot, dans l'état ou, d'après Pespérience d gq'en faire l'emploi. Si on le p plèie, lorsque la paille serait absolume leur ne serait plus la méème. au d 275. § 283. Pour découvrir la quanuté de fumier qué la nourriture au paccage donne, bon a pesé celui qu'une vache nourrie sur un paäturage abondant a donné en un jour, et on a trouvé qu'en 24 heures elle rendait en moyenne 57 liv., ou en 5 mois faisant 155 jours, 5561 liv.; on a également pesé séparé- ment le fumier du jour et celui de la nuit, et Pon a trouvé que celui-là allait Je 21 à 25 Hiv., celui-ci de 15 à 15 ⅛. Il est absolument perdu pour la culture, ce fumier que le blail laisse tomber bi sa première fermentation, où la paille est La mesure de son humidité a déjà été indiquée —- ome umer. 'nt les qu'elle aquan- , mais 6, elles sue, de ines ne iné par st sup- ille est at où, tageux com- pesan- diquée donne, a donné 57 liv.— separé- Jh allait tomber D'AGRTICUILTVUR E. 261 jour et nuit sur les paccages à demeure, en revanche il profite de quelque manière aux cultivateurs qui mettent alternativement leurs päturages en champs et leurs champs en paturages; toutefois jamais autant que siil fuͤt mélé avec de la paille à P'étable, et s'il füt recueilli convenablement. Une grande partie s'évapore, tombe en poussière et est détruite par les insectes; cependant, comme le prouvent les touffes d'herbe qui poussent à ces places, et la plus grande végétation des parties des päturages clos ou le bétail s'est reposé et où il a été trait, pas aussi com- plétement que quelques personnes l'ont prétendu. Dans les assolemens avec pâturage, où lon a coutume de laisser le bétail aux champs pendant le jour et la nuit, ce fumier est déjà compris dans la qualité améliorante que nous attri- buons au repos. Mais si le bétail rentre pour la nuit àl'étable ou dans les cours, les tas de fumier doivent nécessairement éêtre augwentés par l'addition des excrémens du bétail nourri au päturage; nous compions pour cette partie du fumier qui provient d'une vache abondamment nourrie, 2500 liv., et pour celle d'une vache qui Pest moins, comme cela a ordinairement lieu pour celles qui vont au pàturage, 1500 liv.; la paille de la liliere devant étre comptée à party. § 284. A l'egard du fumier qui provient des fourrages consommés par le bétail et de la paille de litière, dans les évaluations générales, nous ne faisons aucune diffé- rence entre les diverses espèces de bétail par le moyen desquels ce fumier a été ſait; cependant nous devons présenter sur ce sujet les observations suivantes: Le fumier qui, d'une même quantité de fourrage, est produit par un bétail maigre et épuisé, n'est ni aussi abondant, ni aussi actif, ni auiant animalisé, que celui qui a été rendu par des bétes vigoureuses et bien nourries. Avec la même quantité de nourriture, les bètes à laine donnent un fumier qui étend davantage, mais qui aussi dure d'autant moins. Au reste cette espèce de pbôtes parait avoir un avantage décidé pour fumer un pàturage; P'engrais qu'elle dépose sur le paccage, non-seulement se répartit d'une manière plus égale, mais encore s'en va moins en poussière, s'amalgame mieux avec le sol et agit plus promptemeni sur la végétation. Silorsque les bèétes à laine sorteni du pàtúrage, on les renferme pour la nuit dans un paro, ou dans une bergerie; l'engrais qu zellesrendent pendam cette nuit estplus considérable que le fumier produit par une quantité proportionnée de bétes à cornes, si du moins les unes et les autres ont eu la mèême étendue de paâturage. * C'est-Aà-dire en raison de 2 liv. de fumier pour 1 liv. de paille. Trad. 262 PRINCIPES, RAILSONNES C'est par cette raison qu'en Apgleterre on a remarqué que les paccages de bètes à laine, dans lesqucls, suivant la coutume de ce pays, on laissait le, bétail pen- dant la nuit, S'amélioraient peu à peu, et pouvaient nourrir chaque année un plus grand nombre de bétes, et que lorsqu'on les rompait, ils se trouvaient avoir acquis beaucoup plus de sucs que les pàturages de vaches, tandis que ceux-ci, dans un terrain chaud etscc, dès la troisiöme ou quatrième année, diminuaient Plutôt que d'augmenter en végétation. Lorsqu'on fait parquer Ies béêtes à laine, on compte que 1200 heepis donnant à un journal un demi engrais semblable à celui qu'on obtient d' une petite moitiGC de la quantité de fumier d'étable qu'on y met ordinairement; que 1800 brebis le fument passablement, et 2400 abondamment: ee dernier amendement serait trop fort pour la plupart des espèces de grains. Si 10 brebis au päturage sont envisagées comme quivalentes à une vache, et si, dans la nuit, une vache donne 15 liv. de lumier, r80 vaches ne rendront que 2700 liv., et 240 vaches 5600 liv., ce qui est insuffisant pour lumer un journal, mais avec ce dernier genre d'engrais, les sucs du fumier se conservent plus long- tems dans le sol. .§ 285. 111 Afin d' éprouver jasquꝰ à quel point cette évaluation de 1 quantits de fumier, fondée immédiatement sur la quantité d'alimens et de paille consommée, est en rapport avèc les évaluations qui ont pour base le nombre des pièces de bétail; nous mettrons ici en opposiuon quelques- unes de ces dernières Seelentiene, fondées sur Pexpérience et prises sur de grandes moyennes, V sans doute point assez précises.. Le tableau joint au 9 270, de 1. Jnantfte d' vengrais qu'on retire du bétail, se rapporte surtout au mode de nourriture adopté pour les esumations dans la Marche Electorale et dans la Nouvelle Marche. D'après ce mode, on attribue aux différentes espèces de bétes ce* qui suit: Paille Paille de céêréales de cêéréales Foin d'hiver. de printems.. liv. liyv. liv. Pour un grand bœuf— 4.„.„ 3600 1680 1650 —— un boeuf de iaille moyenne 3.. 3000 1400 11375 — un pelit bœuf... 4 2400 1120 1100 —— une grande vache.... 1800 1260 1320 — une vache moyenne... 1500 1050 1100 un cheval qui est toujours nourri à levorie J 4800/— 2640 bies à Pen- be un avoir Vei, nient ment detite 1800 ment trage ache ches nier D'AGRICUILTVURV. 263 D'après notre système la quantité de lumier qu'on en retirera sera la suivante: Quantité. Etendue de ter- de fourrage Fumier. rain qu on peut . lena'ſl fumer à raison et de paille.. de 10,000 Hv. liv. liv. pear journal. Un gaaud boœuf. 3..... 6930 13860 1,38 Un boeeuf de taille moyenne...... 5775 11550 1,15 Un petit beeuf....... 4620 9240 0,92 Une grande vache....... 4380 8760 1 Une vache de iaille moyenne... b 3650 7300 0,73 Une petite vache........ 2865 5730 0,57 Un cheval nourri à l'écurie... 7440 14880 1,48 Pour ce dernier nous laissons en dehors 1 grain qu eil consomme, en dbin Pon saltion du tems od il est hors de l'écurie. Si maimtenant, suivant que la contrée est plus ou moins abondante en paille et'en fourrages, on prend pour exemple du bétail de grande iaille, ou seulement du bétail de taillemoyenne ou petite; si, de plus, on admert en principe que sur un journal de terrain froid on sème de 20 à 22 metzen, et sur un de terrain chaud de 18 à 19; ei si enfin on attribue à ce premier une quantité de fumier un peu plus forte, environ 12000 liv., et à ce dernier une un peu moindre, 9000 liv.; on pourra facilement appliquer les données contenues dans ce tableau à des pièces de ierres particulières, et à laquantité de fourrages qui leur est nécessaire. Mais si Ton veut compter la moyenne générale du bétail et de la nourriture, suivant qu'elle est portée dans ce tableau, on trouvera qu' une pièce de bétail produit Tengrais nécessaire Bour fumer 1 journal 125 K 9 Dans L'instruction donnée p pour Pestimation des rentres en grains des do- maines royaux en Lness; T⸗ a admis les bases suivantes,“ comme conformes à Pexpérience en grand.“ à Al. Pour ufe pisoe de gros bétail, on compte le prodluit en Wais d'une semaille insee de 2¼ jusqu'à 2½ ſournaux do champs de 1.“u 2.¹ classe, de 22 jus- qu'à 5 ½ de 5.“ classe, et de 4 jusqu à 5 journaux de 4.*9 clässe. Mais sous la dé- nominalion de gros betuil' ainsi que cela paratt par toutes Ls auttes données, i faut entendre de Petits ChevAA de päturage; de petits boœufs, de pétites vachies- II yà ains ½ utie mdiué en paille de graius d' hadeunn et une moitie en paifle de grains der printentis. Si donc bour I4'd.e et la 2°classe nous admettons que le broduit sdit dé 9'scheffels par journal, nrous öbtiendrods sur 17 rjournal en seigle, Araison de 1955 Hiv. par⸗ journal, un produit de*. 4*9 1I. 26.(2 419 liv. ball 8. de 1¼ journal en orge, à 972 liv.......... 1415 à quoi il faut ajouter le foin....... 1520 13 e 41½471 164e.. 2 12. I 2 3 4 2 4 8——.— 264. PRINCIPERS RAISONNES Ce qui donnera une quantité de 9906 liv. de fumier. Mais si, pour la 5. classe nous prenons 5 journaux à 7 scheffels de produit, il y aura sur 1 ¼ journal de grains d'automne....... 2257 liv. et sur 1 ½ de grains de printems........... 1 134 à quoi il faut ajouter le foin............ 13520 4711 liyv. Ce qui donnera une quantité de 9422 liv. de fumier. Suivant les données qui ont servi de base à cette instruction, chaque pièce de bétail donne 10 chariots de fumier, tratnés à 4 chevaux, lesquels diz chariots, daus la proporlon des autres travaux que font ces chevaux, peuvent tout au plus étre évalués à 10 quintaux l'un; et l'on compte que sur chaque journal il faut quinze charges pareilles pour que T'effet des engrais soit sensible pendant 9 ans. Ainsi donc 1⅓ pièce de bétail fume 1 journal. Plus nous comparerons aux bases que nous avons établies, un grand nombre de données sur le produit en fumier, trées de moyennes grandes et d'une exactitude assurée, plus nous trouverons qu'elles concordent; mais aussi plus nous serons persuadés que P'évaluation de la quantité de fumier tirée de la quantité de fourrages et de paille employés, est plus précise, et s'adapte à un nombre infini de rapports, ce qui nous détermine à la prendre désormais pour règle dans toutes nos évaluations agricoles. § 286. Dans ceite evaluation de la quantité de fumier produite par les fourrages qui ont 616 consommés, nous ne nous sommes arrétés ni au nombre, ni à l'espèce de bèétes quj consommeni. Ce sera dans l'enseignement relatif aux produits ani- maux seulement, que nous verrons de quelle manière on peut faire consommer Jes ſourrages avec le plus d'avantage, ei se procurer les fumiers au plus bas prix possible, par le parti qu'on tire du bétail qui fait ceite consommation. Cependant dans Pexamen des rapporis relatiſs à l'économie, il est nécessaire de savoir, quelle est la quanuté de bétail qui doit consommer ce fourrage, ou bien combien de ma- chines vivantes il faut avoir pour le débiter convenablement. Cette question qu'on a coutume de faire précéder, vient chez nous seulement à la suite des précé- dentes, etméme dansla pratique, il serait bon des'occuper avam tout des moyens d'obtenir les fourrages, et après cela seulement de penser au bérail qu'on doit entretenir et qu'on se procure ioujours beaucoup plus facilement que les four- rages eux-méèmes. § 287. Les données sur les besoins en fourrages sönt aussi nombreuses, qu'étonnam- ment lr. pièce riots, ul au nal il adant mbre Pune Snous antilé ombre règle Dam- ment D' A G L G UL TG R B. 265 ment varices. Oa croirait à peine qu'il s'agit des mèmes animaux. Mais aussi quelle différence n'y a-t-il pas entre une bèéte à cornes, peäite, maigre, qui se tratde sur une aride jachère ou dans les bois, et une qui est abondamment nourrie à Pétable ou sur de riches päturages. On a des bœufs qui, à la bou- cherie, ne rendent que 200 liv., tandis que d'autres en rendent 2000. II serait absurde de prétendre nourrir ces deux espèces avec une quantité de nourriture égale ou approchante, ou d'en attendre une mème quaniité de fumier. Nous avons déjà vu ce que, d'après les principes qu'on suit ordinairement dans les évaluations, on croit nécessaire pour la nouriture d'hiver du bétail de différentes espèces et grandeurs, il ne nous reste donc plus à considérer que les données de quelques auteurs qui ont traité cette matiere. De Béenébendorf compte pour un bœuf de trait, par jour, 1 1 scheffel ou 8 liv. de paille de grains de printems haächée; pour une vache à de scheffel 3 il pense qu'une semaille de 5 scheffels d'orge ou d'avoine donne 319 cheſfels de paille hächée, et qu'ainsi, comme la nourriture d'hiver dure 165 jours, sur une semaille de 5 scheffels de grains de printems on peut entretenir 2 pièces de bétail à cornes; il pense de mèême que la paille de seigle et de pois doit être destinée aux bétes à laine; que la quantité du bétail doit être fixée d'après celle de la paille, puisque le pâturage d'été peut étre remplacé par du tréèfle vert donné à L'étable, et qu'au moyen des récoltes racines on peut se passer de foin.(Mais c'est justement une grande question, que celle de savoir quelle ctendue de irèfle et de ces racines il faut se procurer). Sans cela il compte pour un bœuf de trait durant 5 mois, dès Ie 1.“ janvier au 1.“ juin, par jour 12 liv. de foin; pour une vache laitieère, indépendamment de Ja soupe“ et de la provende de grains, par année 15 quintaux; et sans provende 18 quintaux: pour les bétes jeunes ou stériles, 4 quintaux outre la provende, et lorsqu'on ne donne pas celle-ci, 11 quintaux. Suivant Karbe, un bœuf de trait reçoit par chacun des 240 jours d'hiver, 7. achée. 15 lir baille lhhaee. en paille 4800 liv. 4— meuens de récoltes racines,= 60 schefſels par année. Si les récoltes racines tendent à leur fin, par jour 50 liv. en balle, foin, et paille hächée et de litière. Ainsi probablement une addition de 10 liv. de ſoin en place des racines, laquelle, si celles-ci étaient complétement retranchées, monterait ainsi à 2400 liv. par année. * Espèce de potage composé de grains ou de pommes de terre cuils, souvent aussi d'eau meélée de farine et versée sur de la paille hachée. Thad. 34 I. 34 266 PRINCIPES RAISONNLSH Une vache à lait, durant 190 jours d'’hiver, reçoit par jour, en foin et paille pour ſourrage 18 liv., et pour linière 2 liv.= 3800 par an; et outre cela 4 meuzens récoltes racines= 50 scheffels par an. En été, le päturage sur 3 jour- naux de irèfle et d'herbage, réparti sur 175 jours, et la nuit en liuère 2 liv. = 550 liv. par an. Un bœuf à Pengrais recoit par chacun des 112 jours qui suffisent ordinaire- ment à accomplir cet engrais, 10 Rv. paille hächée,— 2———— de liuere, foin...,.= 896, 8 à 9 metzens racines.= 60 scheſſels. = 1344 liv. paille. Daus mon édition de l'utroduction d L'economie du btail, par Bergen, j'ai communiqué un relevé des fourrages que mes vaches ont consommé pen- dant une année, dans un tems oùð mon bétail était de V'espece la plus pesante. Cela revenait par béte à 1 Réeduits en foin. Choux blancs 48390 hv..... 815. Pommes de terre 3906 0... 1950. Raves,... 1850...... 343. Ca roltes 6 e. 12350 0 2 0 0 0 0 462. Trefle vert. 14080...... 5129. 1660. Foin ·ℳ„ 0„ 0 0 0 0 0* Paille en fourrage....... 2512. 5650. 14521 liv. 52933 liv. fumier, ou un peu plus de 16 char. iots de 2000 livres- Paille ell litière. e 0— 0 2 6 0 8 0 2 ce qui rendit Au moyen de cette nourriture, le bétail devait sans doute être complétemen: rassasié, cependant il ne souffrit point d'indigestion. Je citerai en preuve de cela que mon tronpeau- rendit en moyenne de toute Pannée, chaque jour 10 quarts de Hanovre(égaux à8 de Berlin) par vache, ou pendantl'année, par vache, 5650 quaris de Hanovre, qui en font 2920 de Berlin. Ces variations dans les données peuvent suffre pour prouver que le bétail à cornes a besoin de peu pour subsister, mais aussi qu'il peut consommer beau- coup. Au reste une nourriture très-abondante est, jusqu'à un certain point, mieux payée par l'usage et le fumier qu'on retire du bétail, qu'une nourriture chéüve ne peut l'étre. Cependamt Pexpérience m'a demontré quc, Pour rendre thaille cela 4 5 jour. e 2 lyy. diqaire- ) 4 3 ergen, 6 pen- besante. liyvres. gtement euve de jour 10 r vache, hetail à er beau- 1 point, drrituré rendre D'AGRIGULTURE. 267 le plus grand produit, les bétes de grande taille demandent à èêtre nourries, aussi abondamment; je ne pense dono pas qu'il soit convenable de leur donner la préférence; au reste je m'expliquerai ailleurs plus au long sur ce sujet. Pour tablir une mesure moyenne de la quantité de fourrage et de paille avec laquelle une pièce de bétail à Cornes, de taille moyenne, peut étre entretenue aveo le plus d'avantage; j'admets qu'une bonne vache à lait ou un bœuf de trait consomme annuellement, lorsqu'il est nourri à l'étable, en paille de nourriture et de litièere......... 4500 liv. en foin, les diverses nourritures vertes étant réduites à cette espèce, .4500 de méeme.............. Mais lorsque ces bétes sont mises pendant le jour au päturage elles ont assez à 4000 liv. de paille et à la quantité de racines qui, réduite en foin, ferait Péquivalent de 2800 livres; au moyen de cela, on obtiendrait dans le pre- mier cas 18000 liv., ou 9 chariots de fumier, et dans le second 15600 liv. ou 6 ¾ chariots de fumier. Un cheval de labour nourri à Pécurie demande, outre du grain en suffisance, 7500 liv. de gros fourrage, dont un tiers en foin er deus tiers en paille. Nous trouvons bien plus de variations encore dans la nourriture d'hiver né- cessaire aux bétes à laine. Dans les principes d'esumation dont nous avons parlé, nous trouvons la nourriture de 100 brebis quisortent peu pendant T'hiver, portée à 4950liv.; et celle d'un mème nombre qui sorentplussouvent, à 5850 liv. de foin. En revanche, un troupeau de bétes à laine, de race améliorée, a consommé par 100.“ de brebis porüèeres 16600 liv. trèfle scc 5500 liv. paille de pois. 100. d'antenois 2200o.— 100.“ d'agneaux et agnelles 5500... 16600 100. de moutons 2 2³ 2 0 0 0 0 2⁴.⁴ 3. 2.ℳ 22000 ——— 44100 liv. irèfle sec 44 100 liv. paille de pois. ————;— Ainsi en moyenne, pour cent bétes.......... 11025 liv. trèfle sec 11025 liv. paille de pois, outre la paille de litière. La bergerie de Kunersdorf, composée de 466 bétes, consomma en 1804. Foin..........„ 1200 quintaux. Fèves de chevaal 108 scheffels Pois.......... 46 scheffels Avoine............ 7 ½ scheffels. Gaàteaux de colaa. 35o0 pièces. Quelle énorme différence! ☛ 268 rRINCIPES nATSONN vCES § 288. Pour déterminer l'étendue de paàturage nécessaire à une vache, je prends pour base le tableau ei-apres emprunté du commissaire Vencral Meyer, ei dans lequel les principales circonstances qui ont rapport à cet objet sont soigneuse- ment distinguées. Avant tout, je dois observer qu'il s'agit ici de paeurape sur des champs qui se reposent, et de vaches de la petite espèce, telles qu'on les trouve dans les vacheries du Mecklembourg. Ees champs sont classés d'abord suivant leur fertilité, et celle- ci est déter- minée d'après le nombre de fois que la semence y est multipliée, depuis 6 fois en diminuant jusqu'à 2 ½ Il est nécessaire d'observer que ce produit est indiqué G'après Pusage suivi dans le Mecklembourg de semer très-épais; ensorte que le terrain qui est estimé rapporter quatre fois et demi la semence, appartient déjà à ceux de bonne qualité. Un terrain qu'on estime devoir rapporter six fois cette semence, doit étre d'une nature excellente et assez rare. Et comme la végétation de Pherbe ne suit pas entièrement la gradation du produit em grain, mais qu'elle est plus forte sur du terrain plus humide, quoiqu'égal en fertilité, le sol est également classé d'après le plus ou moins de disposition qu'il a à rap- porter de Pherbe, en bon, médiocre et mauvais. L'abondance du pâturage dépend encore du nombre des récoltes de grains que le champ a produites depuis qu'il a été fumé, et enfin du tems qui s'est 6coulé depuis que ce champ a été laissé en repos. La première année od il est en pâturage, le champ rend moins, quoique la végétation des plantes y soit plus forte; la seconde année il produit davantage, la troisième année le rapport demeure le méême, la quatrième et surtout la cin- quième il diminue. Dans nos comptes de culture nous prendrons pour règle surtout les moyennes des colonnes du milieu. trendz 6 danz euse- ui Se —s les Zeter- 270 fois 1 liqus due le Trüent 2 ₰ fois Inme la eagrain, Aullité, Trap- Srains 9p S'est cue la 8 viage, a cin- Oennes DU PATURAGE. 7 TABLEAU DE L' E VALUATION -1lElwl tc. Os. le=IAn en Lr ond u nb Sindop so² unpoid n dun 2§2 1052 / 4 sicAntui S 0 0) O SSSd . .— 8 „—— S— N V nz* reher A N EFE I 8[»Pdoipul.— e 1C O S C 321453ͤ—— —— 8—- N=ISſEnlenl E N B IEnl 2 8 uoq.—. O N C 0) O S H 3. ee.es e ele. reb⸗ l=sIe re 1 — 3. SIeAuuu-— E.. O. e. 2 X.— 3— — 9— 2—.—be 1o— IlN r= N=E lS erx=-⸗ 2„ 2 01ppu.— UVGSrSn e —— 2., 3 3——— .— 2*— —. ele eNe=lete=r i= u.]*= RS L ₰ 3 uoq.——₰ do drͤnc, c. 8 .—. u—lo 10— S-.. .. 4. 1—leleN NCt—. A= Od ic—, ſte=— E“ 9 4 Bianzu- VVNNNNN de C, c.. 8 G.—— 8 7 2 2— 9„ 0. Jao. 12e Len[o.ſe.-Keche lodclstele ic. ou e 2 S O0O1pPZu.— 6 eͤͤ T S — 4 —1lN O: 3—-—— —. Dle=LNLoo ſ.„ O——l— lONCIe=N=eN 2 uoq.— d dC d dh d SS= 8 3 S—eſ le O le= 1 3 5 4 sleantulh-] e.. 0 4 d. 8 d.. 49. 2. 25 e⸗ ene 2 ——— 8 +‿ 5. 2 2 0..Ale— ä=NOt RIE 80— 50 be—— C lu= l 2‧ 2 5[oſppu.— de d der de+ do d ͤ= 2 EAS3—— —.-1 eS le- lA NOA ſG= At Mjou. h S= S 8 58 uO ,— 2 de dc de de de de de de d S —1 8 . 8 8 A l= INGN Su— 16- S Ie= AO e—- : 45. steAnuu.— d? dc) d dee t d rn —. † —28 e. X—— +A— — ·S—.—1 1 1— 1ue Cie Cilec—= NElto uc N=— S —. 2 0pu.— d= deh ded dd dc. d de de de de V — c8 S 3. 2 8— — uel μ he le—=leG CR 1O lt0 ic. ſec 3 uoꝗ.— d dSO de de) d de de. deo do d. d den de 5 1 — ₰. lu— e lC e— O. G b e cu ſte ES ₰ 1 sIeAnutl— ded dc. dc.) dch dc. d de do de de d, I 235 1 ———* —. e leu. 1⸗— ν. Su. e t= e— u N= ACD ie Wic ſee 3 5 55 201ppu— d8 N X d deo de. de⸗ de ded ded de. ded de dey de — 3 15 —— 0 5 2 535—— .——— IEO M= IGN norl luw. e—— ſte 1eN 2 55 uoq— N N deO Nh XN ded dey de, ded den de de 8 — 2 41. e.lOic. ſo le— li— ele lte— ſSoſeoe oe! 8 3 Sieànuu— N X ded ded d dea de ded dc. 2 d dc. der = 2—— „.— +‿— 45. GHAe— G, ANG‚ Elnſheo ſ e— o— ſoGalin 4 0 H 0ppu.— ⁸ dO dO.7 8 ded der den den ded der der 2— S 2 2 5—— — S— hHe H w ICAIC e CuC e 1.— b0 Hee e 8— uoq— X NA&NN kM N G bDe de- d de. — — ◻— — g 2 2— Ca— E MCile 1e. H— ſ—C— tee[W. AX 2.=S Steangu ,— N 8 de de de d dO de Lr de. d ——. 4 ——— 32323 5 E=AO= l t CNl GeRCWN. kO · 6 1Z e ..—— ſie h 8— he e bee 5. obpu.. RN R de de des der de —.. 5 222— — Z— 5 e Sw. 3. cS. ſed hie—= hi G N! KX— Sm. — uOq 5 N=S=SNRXRAAAANARAXANNN N *. 0 2 ‿ +— ⸗ 5 88— 6 2 ·— 2 0 2 — 2 . 2 3 8—₰ 3 — 4 2 2* 2 4. Ʒ 5 1 3 G G — d„ oöooG. S.S. So aA. 0Oo o. 5 55— N O E- de.,. dr. . 2——-——————. .810] 21Nulp vII 19— 3 de f ec) Années 270 PRTNCIPES RAISONNES § 289. D'après ce tableau, l'on pourra également évaluer des paturages d'un autre genre et déterminer quelle étendue en est nécessaire pour l'entretien d'une certaine quantité de bétail. Lorsque Ja terre demeure saus étre jachérée jusqu'à Ja mijjuillet, et que le bétail y pâture, ce päturage peut, suivant la nature da sol et le nombre de récoltes qu'il a produites dcpuis le dornier amendement, tre estimé aux deus cinquièmes de celui de la première année de repos. Dans la règle alors ce sont des bétes à laine qui broutent cet herbage, et l'on compte quelquefois deux brebis par journal de terre en jachère, lorque le champ n'est rompu qu'au milieu de l'été. On trouve également dans l'ouvrage de Meyer sur le päturage des communes, page 33, un tableau du paàturage des chaumes, estmé d'apreès le tems durant lequel on peut en jouir, qui dure ordinairement des da mi-aoüt pendant les mois de septembre et octobre. Ici, Pon compte que si, pour une vache, il faut le päturage de 3 journaux de terre en repos, il faudra pour la mème béte 36 journaux de chaumes, bien entendu encore qu'ils puissent tre paâturés déjà pendant tout le cours d'aoùt. Au reste la nature du sol, son plus ou moins de disposition à rapporter de'herbe, le plus ou moins de soin qu'on a pris de l'en débarrasser, apportent en cela de grandes différences. Souvent il s'est semé des graines d'ou naissent des plantes qui bonifient considé- rablement le päturage. Les paäturages à demeure sont d'une nature si variée, qu'on ne peut rien dtablir de général à leur égard. Dans des terrains bas, fertiles et arrosés, 1 journal ¼ suffit à une pièce de bétail de grandeur moyenne; mais souvent aussi il faut jusqu'à 10 journaux pour suffire au päturage d'une béte de la plus chétive espèce. Nous trouvons égalememt dans cet ouvrage, page 28, un tableau relatif au paturage des prés au printems et en automne. Dans le cas où, étant soumis au päturage pendant toute'année„5 journaux suffisent à une pièce de bétail, on compte pour le päturage complet d'une vache. Dès le commencement d'aoüt jusqu'au 12 mai. g journaux 40 perches carrées. Des Ile wrilien......... 11 40 Dès le commencement d'aoüt jusqu'au 1.9 mai. 10 60 — de septembre jusqu'au 12.“ mai. 14 Des St. Michel jusqu'au 12 de mai... 25 56 —.— juasqu'au 1.9 mai..... 36 24 Dês St. Martin jusçum'an 1.“ mai.... 116 80 jusqu'au 12 mai..... 48 100 rien , 1 aussi uve f au umis uail, rées. D'AGRICULTURE. 271 La diſférence entre le 1.“ et le 12. mai est frappante, mais elle est dans la nature des choses, parce que dans ces 11 jours la végétation est infiniment plus active, ce qui fait qu'alors le päturage est d'autant plus nuisible aux prairies. Cette différence devient bien plus frappante encore, si le pâturage est con- unué jusqu'au 24, ou jusqu'à la fin de man— Je renvoie également à cet ouvrage pour le päturage dans les foréts et pour son évaluation. Le produit qu'on en retire, suivant l'espèce de bois dont ces foréts sont peuplées et Pétat de végstation de ce bois, y est indiqué avec la plus grande précision. Le journal d'après lequel Pouvrage de Meyer est calculé, est celui de Ca- lenberg, lequel est de 5 perches à carrés plus grand que le journal de Berlin. Ce premier contient 120 perches de 16 pieds, mais le pied est plus court que celui du Rhin. § 290. Suivant l'opinion du plus grand nombre des agriculteurs, au päturage tont comme à la nourriture d'hiver, 10 bêôtes à laine consomment autant qu'une vache; mais cela mème dépend beaucoup de la nature de ce päturage, car il est des herbages de montagne qui suffiraient irès-bien à 10 moutons, ei ne nourriraient cependant point une vachie, tandis qu'au contraire il est des pä- turages propres au bétail à cornes, qui ne conviendraient en aucune manière aux bétes à laine. Au reste, le plus ou moins grand nombre de bèétes que peut nourrir un päturage, dépend beaucoup de la race du bétail et de l'usage auquel on le destine. Eà ouù des bétes à laine de race améliorée doivent rendre un grand produit em laine, Pétendue qui nourrit ordinairement une vache suffira à peine& 7 brebis; tandis qulune vache de grande race, ne donnera qrune chélive rente, sur un- päturage qui suffirait toujours à 15 bétes à laine. Comme ces différences ne peuvent étre appréciées que sur un local donné, nous ne nous y arréterons point dans nos évaluations moyennes, nous nous en Uendrons donc à la première esumation. § 291. Le résidu d'établissemens accessoires associés à'économie rurale †, peut ètre employé avec beaucoup d'avantage pour la nourriture du bétail, et il procufe des epgrais à treès-bas prix; aussi les établissemens de ce genre ne donnentiils jamais tant de profiis, que lorsqu'ils peuvent etre ainsi réunis à une exploitation rurale. 13 41 X„. 5 1..X.„„.— L'auteur entond par Ià les brasseries de bière, les distilleries d'esu de vie et autres enws- prises accessoires de ce genre. Trad. 272 PRINCIPES RAISONNE S Ce sera surtout le cas si Pour fabrication des eaux de vie et de la bière, on choisit, non les grains qui peuvent facilement étre transportés, mais plutòôt ces récoltes racines, pleines de sucs qu'on peut se procurer en si grande quantité. Alors nul établissement dans les villes ne pourra soutenir la coneurrence de ceur de la campagne, à cause du bas prix auquel ceux-ci obtiennent la matière pre- mière, et de Pemploi avantageux qu'ils peuvent faire de son résidu. 3 Le résidu de la distillauon des pommes de terre, de l'abondance et des ca- rottes, dont on a tiré de Peau-de-vie, semble être, en proporton de la quanité de sucs nourriciers que ces plantes mème contiennent, encore plus abondant et plus nutrilif que celui de la distillation des grains. § 292. Si Pon devait entretenir Ie bétail pour se procurer du fumier seulement, ee fumier et les productions végétales qui en proviennent, seraient d'une cherté inabordable, Si, d'un autre côté, le bétail de rente devait payer son entretien par ses produits animaux seuls, et ne pas coopérer par ses fumiers à la repro- duetion, tant de sa nourriture que des autres denrées; les produits animaux, dans une conitrée eultivée, reviendrait à un prix tel, qu'on serait obligé d'a-- pandonner l'entreuen du bétail aux contrées incultes. Mais au moyen de ceue action récipr oque des produits animaux et végétaux, il nous est si facile de nous jes procurer, que, pour les premiers, nous pouvons soutenir la coneurrence méme des paäturages sans culture, et nous procurer des fumiers à meilleur marché qu' on ne peut les y obtenir. Plus cet échange se fait avec vigueur et avec promptitude, plus il est avantageux, et plus la masse en circulation de ces alimens végétaux et animaux se trouve ausmenies. L'objet que P'agricufteur doit surtout avoir en vue, c'est donc de se procurer la quanuté d'engrais au moyen de laquelle il do’t obtenir les plus grands produits en substances végétales; de se les procurer au plus bas prix et en sacrißant le moins qu'il lui est possible des produits d'une vente directe. § 2953, Il parvient à ce but, 1.9 S'il sait obtenir de la plus petite partie de son terrain, la plus grande quamité d'aliorens destinés à la nourriture du bétail. 2.2 Süil x parvient avec le moins de travail ei de frais que cela est Possible. 5.8 Siil se procure ces fourrages de la partie de son terrain qui apporte le moins d'interruption à la culture d'autres produits. 4.9 S'iil dispose la culture des récoltes à furrages et choisit ces récoltes de manière que, par ceute culture, le champ soit préparé pour celle d'autres pro- duits; d àn 2) OM Plandt anüté, ceur 1 pre- es ca- lantité 2ndant “, ee cherté reuen epro- naux, 5 d'a- e ceue le nous rrence eeilleur neur et ion de rocurer roduils crifant graude sible. vorte le ltes de es pro- duits; 12* D'A GRTICULTVURE. 273 duits; de sorte que les travaux qui y sont employés tournent aussi à Pavantage des récoltes suivantes. 5. Si, en les faisant consommer par le bétail, il sait se procurer la plus grande quantité ou la plus grande valeur en produits animaux. 6. S'il entretient ses bestiaux de manière que les excrémens qu'ils rendent, de- viennent l'engrais le plus propre à son terrain et à ses récoltes, s'il mélange ces excrémens, el les place de la manière la plus convenable à ce but, er siil leur pro- cure le degré de fermentation le plus avantageux. 7. Sil emploie aussi promptement que cela se peut les engrais qu'il obtient, à la reproduction de denrées de vente, ou d'alimens destinés à procurer de nouveaux engrais, et si, dans son agriculture, il accélère autant que cela est possible, cette rotation par laquelle les sucs nourriciers sont communiqués de la terre aux plantes, de celles-ci au corps des animaux, et des animaux de rechef à la terre. Toutes ces vues ne peuvent étre accomplies que par un système de culture qui soit en rapport avec les circonstances de la localité et qui s'y adapte conve- nablement. LES DIVERS SYSTEMES DE CULTURE. .§ 294- Les assolemens ont pour condition essentielle une proporuon convenable du travail et des engrais, avec la quantité et la qualité du sol. Laà où l'on peut obtenir du dehors et en aussi grande quantité qu'on en a besoin, du iravail et des engrais; on n'a nullement besoin d'un système réglé de culture, tout Part de l'agriculture se réduit à la manipulation et au choix des récoltes, que le champ peut le mieux produire, dans l'état où il est; on doit peu redouter qu'il soit épuisé ou iafecté de mauvaises herbes, parce qu'on peut réparer ce premier inconvénient par une addition d'engrais, et le second par une addition de travail. Dans les établissemens qui ont ces deus avantages, la réunion des deux principales branches de'agriculture, la culture proprement dite et l'entretien ou la pro- pagation du bétail, ne sont point nécessaires; Pune et l'autre peuvent exister pour elles-méêmes, quelquefois même elles peuvent étre séparées avec avantage; Mais cela ne peut avoir lieu que dans quelques cas particuliers et seulement dans le voisinage de grandes villes ou dans des contrées extrémement peuplées. § 295. b Dans les cireonstances rurales ordinaires, la nécessité reconnue de l'engrais animal pour la culture des grains, a enseigné à touies les nations et à tous les E J. 55 274 pRINOIPES RAISONNES tems que la culture des terres et l'entretien du bétail doivent nécessairement gtre étroitement unis, pour qu'on puisse retirer de l'une et de l'autre tous les avantages dont ils sont suscepubles. Sur cela il n'y a qu'une seule opinion, mais, sur la nature de ceitte union, sur le rapport réciproque de ces deux choses et sur la fixation de la quantité de terrain qu'on doit attribuer à l'une ou à Pautre, les opinions sont encore partagées; en particulier on est encore dans le doute sur les dispositions qui doivent assurer de toutes deux réunies, le plus haut produit qu'on puisse en attendre. § 296. Comme lorsqu'on commenca à traiter Penseignement de l'agriculture d'une manière plus scientifique et plus méthodique, l'on n'avait point encore des idées justes sur les rapports que les parties ont avecl'ensemble; no n-seulement les opi- nions sur le système de culture le plus avantageux se divisèrent de plus en plus, ce qui était naturel, puisque les différences de position et de circonstances devaient en produire dans les résultats de la culture; mais encore l'on disputa sur les avan- tages d'un système sur Pautre en général, avec un zele qui quelquefois ressemblait Al'esprit de secte. Cette dispute devint d'autant plus compliquée que le plus grand nombre des contendans ne faisaient aucune attention à la position et aux circons- tances pa quels chaque systeme de culture reposait. Les principes, les rapports proporüonnels et les évaluations que nous avons Jonnés ci-devant, nous fourniront les moyens, non-seulement de juger avee ſondement les principaux d'entre ces systemes, mais encore de déterminer les qiverses modiſications dont ils sont suscepübles, les lieux et les circonstances locales aux quelles chacun d'eux est le plus propre, et dans lesquelles il doit faire atteindre le but qu'on doit toujours avoir en vue, obtenir le produit net le plus haut qui soit possible. § 297. Ces systemes de culture peuvent ètre divisés en deux classes. Dans lapremière, chaque exploitation consacre la principale parue deses terres exclusivement à la culture des grains ou d'autres produits végétaux qui sont immédiatement em- ployés à la nourriture et aux autres besoins de l'homme, et la moindre partie à pentretien du bétail. Elle a, séparés les uns des autres, des champs er des prés; de ces derniers une partie est desunée àtre fauchée, et Pautre à servir de pàturage. Dans la seconde classe Pexploitation fait alterner successivement sur le mème lerrain Pun er Pautre de ces genres de produits, en les soumettant pour les pro- portions et les quantités, et pour l'époque de leur retour à diverses modifications riiculières, et qu'ils ne voulaient point tenir compte des motifs sur les- —— le ememt e Ls inion, 3 deux à Lune encore les, le e d'une les idées les opi. plus, ce levaient s avan- emblait usgrand Lcircons- Szur les- dus avons ger avee miner les onstances doit faire it net le Fremiere, ment aàla ment em- e parüe des prés; palurage, le meme les pro- bcalions DP'ACGRIOCULTURV. 275 plus ou moins en rapport avec la nature du sol. Nous comprendrons le premier système sous le nom générique de culture des grains, et le second sous celui de culture alterne. Nous indiquerons dans la suite leurs diverses sous-divisions et leurs déviations de la règle ordinaire. Cependant ces deux systèmes sont quelquefois fondus l'un dans l'autre, puisque dernièrement on a commencé à introduire la culture des plantes à fourrages dans des assolemens qui auparavant étaient exclusivement destinés à la culture des grains. CULTURE DES GRAINS. § 2983. Ainsi donc les champs soumis à ce système sont exclusivement consacrés à la culture des grains. Sous le nom de culture des grains nous comprendrons désor- mais toujours la culture des produits desunés principalement à la nourriture et aux besoins de l'homme, et qui, par conséquent, sont d'une vente plus facile. Avec un tel système de culture, pour fournir à la nourriture du bétail, on doit donc avoir d'autres terrains, des päturages et des prairies naturelles ou artifi- cielles, sur des espaces qui leur soient particulièrement consacrés. Si l'on a de ceux-ci en suffisance, autant du moins qu'il en faut pour entretenir d'une manière satisfaisante, la quantité de bétail qui doit fumer convenablement les champs, et si Pon ne peut employer ces terrains d'une manière plus avantageuse àl'ensemble; sauns contredit ce système remplit alors son but ‚ celui de rendreée le produit net le Plus élevs, par conséquent on ne saurait rien y objecter. Il est de tels exemples, mais ils sont rares et de beaucoup moins généraux qu'ils ne paraissent l'étre à plusieurs des défenseurs de ce systeme. § 299. Suivant Pannée ou le cours de culture doit étre renouvelé, ou bien suivant l'année on la jachère fumée doit revenir, ce système de culture reçoit la déno- mination d'assolement triennal, quatriennal, guingquennal. Il y a aussi des assolemens de cette espèce qui durent six et neuf ans; mais, comme nous le verrons dans la suite, on les envisage comme des assolemens triennaux répétés. L'assolement qui, de beaucoup, est le plus usité, c'est le triennal; c'est en conséquence de lui que nous nous occuperons avant tout, en l'examinant d'abord dans sa pureté primitive, puis avec les additions et les améliorations „... 4 qu'il a éprouvées; ce sera seulement ensuite que nous traiterpns des autres asso- lemens. § 500. Le systéème d'assolement triennal tel que probablement dejà dès le tems des 276 pRINCILPES RAISONNES Romains, il s'est étendu dans toute PEurope, excepté dans PItalie mème, où il parait n'avoir été introduit qu'au 14.“ siècle par les Barberini, dont il y a pris le nom, consiste à. 1. Jachère morte avec plusieurs labours pendant'été. 2. Récolte de grains d'automne. 3. Récolte de grains de printems. La jachère devrait toujours étre fumée, et cela avait en effet toujours lien autrefois que la proporton des päturages et des prés aux terres labourables était beaucoup plus grande qu'elle ne Pest maintenant. Cependant, aujourd'hui cela n'a lieu avec régularité que dans un petit nombre de contrées fertles ou riches en prairies, et peutèêtre là où la culture des plantes à fourrage arüficiel, et la nourriture à l'étable réunies à ce système de culture, peuvent en donner la facilité. Ordinairement la jachère n'est fumée que lorsqu'elle revient pour la seconde ſois; ainsi le champ n'est amendé que tous les six ans; souvent même il ne l'est que tous les neuf aus. Il n'est pas rare de voir des culüvateurs, qui ont rompu et transformé en terres arables des prairies ou des päâturages, se trouver réduits, par la diminution des fourrages et des pailles, à ne pouvoir pas méôme fumer suffisamment la neuvième partie de leurs champs, et à devoir laisser une parue de leurs terres arables sans engrais, ou tout au moins à ne lui donner qu'un léger parcage, afin de pouvoir donner à d'autres champs, naturellement meilleurs ou plus rapprochés des bAàumens, les fumiers qui leur sont nécessaires. Cette igée est appelée soles ou champs extérieurs, ou bien, comme on ne peut s'y procurer qu'une seule récolte de scigle en 5, 6 oug ans, on lui donne la dénomination de terre d seigle de 3, 6 ug ans. Lorsque le terrain en est une glaise naturellement ferüle, qui, convenablement cultivée, pourraitètre rangée dans la classe des terres à. froment, on y cultive aussi du 516 6pautre ou froment locar, et on Pappelle alors terre d pautre. parüe négl § 501. Si le champ soumis à Passolement triennal et fumé à chaque 5° année, produit par journal 10 scheffels de grains d'automne et de printems, et en paille des premiers 200 à 5 295, 6000 liv. fumier ou 5 chariots de 20 quintaux l'un; ei comme il faut au moins 5 chariots pareils pour un amendement de 5 ans, il manque encore 2 chariots ou 4000 liv. de fumier, qu'on doit se procurer par le moyen du foin. II faut done un supplément de 2000 liv. de ce dernier fourrage, ou le produit d'un journal et quart pré de moyenne qualité. Toute exploitauion rurale qui est arrivée au point de pouvoir suffire à cet amendement, et qui, par 0 liv. et des derniers 1000; il en résulte, suivant les principes émis e, dü Uy rs lien es était ui cela riches „ et la acilité. de fois; est que mpu et éduits, e lumer e parlie r qu'un eilleurs 6. Cette eon ne 1 donne nen est rait-ètre zutre ou produi- aille des jpes émis ne il laut e encofe oyen da age, OuU loitation D'AGRICULTURE. 277 conséquent avec trois journaux de terres labourables, en a un et un quart de pré, outre la quanuté de pàturage qui suffit pour entretenir pendant l'éré son Détail en état de service, peut conserver cet assolement sans s'affaiblir en aucune manière; et comme, outre ce fumier, il y a encore celui que les bestiaux nourris au päturage, surtout les bètes à laine, donnent pendant la nuit, hen résulte que la fécondité du sol y augmente successivement, de manière qu'on peut y culuver avec un grand succès les grains dont la vente est la plus avantageuse. La méme facilité existe partout ouù l'on a des ressources accessoires, comme, par exemple, des pailles de dimes qu'on peut consommer et réduire en fumier, à Paide de bétail engraissé à l'étable avec le résidu de la distillerie et de la bras- serie. Dans ce cas, souvent on obüent des récoltes d'une grande beauté, les- quelles peuvent paraitre à beaucoup de gens une démonstration de la bonté de cet assolement.* Lorsque Pamendement ne revient que tous les six ans, et que le produit des grains d'automme et de printems s'élève, sur du terrain de moyenne qualité, à 7 scheffels après la jachère fumée, el à 4 ½ après celle qui ne Pa pas été, et que, par conséquent, on peut espérer en 6 ans 11 scheffels s de grains d'automne;, et autant de grains de printems, 2480 liv. paille de ces premiers, et 1150 liv. des derniers, ensemble 5650 liv., qui rendent 7260 liv. ou 5% chariots de fumier, et qu'on doit donner au champ un amendement de tout au moins 5 chariots; il manque encore 2740 liv. de fumier, pour lesquelles 1570 liv. de foin sont néces- saires. Cet assolement peut ainsi se soutenir et donner le médiocre produit qu'on doit en attendre, si, avec 6 journaux de terres arables, on possède journal de pré, si d'ailleurs on a des pàturages en suffisance, et si, à l'aide de ces res- sources et du fumier que le bétail en pâture donne pendant la nuit, surtout de celui des bètes à laine, on peut préserver le sol de Pépuisement dont il est q'ailleurs menacé. Voyez(§ 259 et 260.. La pauvreté des produits du cours de récoltes, où P'amendemenit ne revient que lous les ans, est connue de tout le monde, et elle est démontrée aux 9§ que nous venons de citer. § 502.⸗ Nous avons supposé que les exploitations qui suivent cet assolement ont des pàturages en suffisance; mais dans la réalité, rarement elles possédentun tel avantage. Si, dans une exploitation soumise à Passolement triennal, onm doit axoir le bétail nécessaire pour réduire en fumier le foin er la paille dont on dispose, Pon doit posséder autant de pièces de gros bétail, que l'on a de journaux à fumer annuellement. Et pour que ee bétail puisse étre conservé en santé, pour qué sa rente ne soit pas de beaucoup inférieure à ce qu'elle doit être, il faut pouvoir PRINCIPES RAISONNES lui consacrer, par chaque téte et selon la qualité du terrain, de 5 à 5 journauz de päturage découvert, ou de 10 a 15 journaux de paàturage dans les foréts, suivant que celles-ci sont plus ou moins garnies d'arbres. De cette quantité de pàturage on peut cependant déduire celle qui serait attribuée au bétail de trait, lequel, dans la bonne règle, doit étre nourri en- nerement à l'étable. Et comme il est extrémement rare qu'on ait à sa disposition des päturages dans une aussi grande proportion, on voit assez généralement que dans les exploitations soumises à cet assolement, le bétail à cornes ne donne que le plus chétif produit, lors-méême qu'on lui donne les soins convenables, et qu'en hiver il a suffisamment de nourriture. Le produit qu'on retire du bétail se borne donc presque uniquement à ce que rendent les bèêtes à laine, aux quelles d'ailleurs de iels établissemens fournissent rarement un päâturage assez abondant et assez sain pour qu'elles donnent tout ce qu'on devrait en espérer. Le plus souvent pour amour de ces bèétes, et faute d'autres pàturages, on doit attendre pour jachérer jusqu'au milieu de P'été, ce qui est en opposition avec les conditions essentielles de ce systeme de culture, et qui, dans une bonne terre argileuse, diminue considérablement le produit en grain et en paille. § 305. Afin de juger, dans un cas donné, de la bonne ordonnance d'une exploitation soumise à l'assolement triennal, et de voir si elle peut se maintenir dans un état prospère, car sans cette dernière condition son inconvénient tombe sous les yeux; il faut donc examiner avant tout, s'il existe cette proportion entre les terres labourables d'un côté, les päturages et les prés de l'autre; et si, étant alter- nativement mis en culture ceux-ci ne pourraient pas donner un produit beaucoup plus grand encore; afin que, d'après cet examen, on puisse disposer toutes choses de la manière la plus convenable, et, ainsi se procurer d'abondantes récoltes de grains, ou tout au moins, sans diminuer les produits de cette espèce, obte- nir du bétail une rente plus satisfaisante. Dans les pays ou il y a une surabondance de pàturages incultes mais féconds, et à côté de cela des champs en suffisance pour fournir les grains nécessaires à la consommation, mais ou l'exportation est difficile et n'offre pas de bénéfices, comme par exemple dans la plus grande partie de la Hongrie; il n'est peut-être pas de systeme de culture qui, en général, soit plus convenable que celui-là. Mais plus la culture du sol s'améliore, plus on enlève de terre à la nature, pour la soumetire à la charrue, plus la population, les besoins et les débouchés augmentent; moins, si T'on en excepte quelques localités particulières, ce système de culture est convenable; parce que ou il manque des paturages néces- rnau à Mels, serait ri en- dilon n que e que qu'en vorne Uleurs assez uvent pour tions euse, tation n état ¹s les e les alter- ncoup hoses coltes obte- onds, ires à ‚fices, tètre lui-. pour uchés „ ce ces 2 DAGRIOCUELTUR F. 279 saires, ou ces päturages peuvent' ètre mis à profit d'une manidère plus avantageuse, ou enfin le bétail peut étre entretenu mieux et à meilleur marché, au moyen d'un autre assolement. § 504. La culture liée à ce système, a par-dessus toutes les autres, le vice de décliner progressivement dès qu'elle a commencé à baisser, en effet, l'équilibre ne peut point y étre rétabli par Paddition de ce qui y manque, mais seulement par un re- tranchement de récoltes. II n'a en lui-même aucune ressource. Commeil tire de la paille la plus grande partie de son fumier, et que la diminution de celle-là suit immédiatement celle des engrais; il en résulte, que lorsqu'une fois les produits ont commencé à baisser ils déclinent de plus en plus. Aussi est-il arrivé que par suite de cet assolement, dans plusieurs contrées et précisément dans celles où Pon s'occupait le plus de la culture des grains, les champs étaient tombés dans un degré d'épuisement tel, que dans des années oùð la récolte avait été au-dessous du médiocre, on éprouvait aussitét unc disette de grains, et qu'on était obligé d'en faire venir de l'étranger. § 305. Depuis long-tems on a envisagé comme un grand défaut dans ce systeème de culture, qu'une partie aussi considérable qu'un tiers des champs, surtout des terrains fertiles, dut rester presqu'entièrement inutile, et cependant exigeàât autant de travail. Aussi depuis long-tems on demandait si la jachère était tellement indispensable qu'on ne put pas la remplacer par une récolte, lors-même qu'il devrait en résulter une légère diminution dans celles des années suivantes. On en appelait à l'exemple des jardins, qui produisent tous les ans, ou à celui des terrains des environs des villes, lesquels sont cultivés par des bourgeois, qui chaque année en retirent une récolte et cependant les maintiennent en bon 6tat. On savait aussi que la mème chose avait lieu dans la culture des Brabançons et dans celle des Anabaptistes qui se multiplient dans le Palatinat er d'autres contrées de l'Allemagne. A ces exemples on opposait que des récoltes de grains non interrompues ne pouvaient pas se soutenir, et que ces récoltes, si mème elles ne diminuaient pas en paille, devenaient cependant si chétives en grain, que bieniôt elles ne rendaient pas en trois récoltes ce quelles donnaient auparavant en deux; qu'à la longue les champs sinfectaient de mauvaises herbes et devenaient stériles à tel point, que, pour les remettre en état, on était obligé de les laisser reposer pendani plusieurs années, et ensuite, pour les préparer à rapporter de nouveau des grains, de les soumeure à une jachère complète et bien soignée; obser- 280 PRTNCIPES RAIS O,NNES vation que nous trouvons déjaà consignée dans les plus anciens ouvrages sur Pagriculture et dans les chroniques de diſſérentes villes. On commença donc à cultiver sur la jachère des plantes d'un autre genre, et l'on obtint plus de succès. On introduisit successivement dans la sole des jachères, du colza d'automne et de printems, de la navette, des pavots, du pastel, du chanvre, du liu, du tabac et plusieurs autres plantes de commerce ou récoltes racines, et divers légumes pour la nourriture de l'homme. Mais on s'aperçut bientôt qu'il en résultait une diminution sensible dans les récoltes de céréales, lorsqu'on ne prévenait pas le mal par une augmentation d'engrais et par une culture plus soignée. On manquait aussi du tems nécessaire pour pouvoir préparer et ensemencer de bonne heure les grains d'automne, et après une jachère, cette semaille devait cependant avoir lieu: de bons cultivateurs se bornèrent donc à cultiver la quantité de ces plantes nécessaire à leur propre con- sommation. Ce dont on se trouva le mieux, ce fut de cultiver les légumes, les pois, les fèves, les lentlles, et les vesces sur la jachère, plutòôt que dans la sole des grains de printenis, comme cela se faisait auparavant. Ainsi cetie méthode se propagea chaque jour davantage et mème devint une règle dans quelques con- trées; en telle sorte qu'on y appela ces récoltes du nom de récolles facheres. Ces légumes ont sans contredit la propriété d'agir de quelque manière en sens contraire de l'effet nuisible que les céréales graminées produisent sur le sol, en ce que pénétrant au moyen de leurs racines creuses, plus avant dans la terre, ils l'améliorent en diminuant sa ténacité et sa compacité; que par leur ombrage ils excitent une fermentation ou une action réciproque du sol avec la co- lonne d'air qu'ils recouvrent, et ainsi 6touffent en partie les mauvaises herbes; et qu'ils paraissent demander pour leur nourriture une combinaison des substances elémentaires, différente en quantité de ce qu'elle est pour les blés. Cependant jamais ils ne remplacent complétement l'effet de la jachère morte, ensorte que, toutes circonstances étant d'ailleurs égales, il faudra toujours s'attendre à quelque diminution dans la récolte de grains, lorsqu'on l'aura fait précéder par une de légumes. On sait aussi que la culture ordinaire ne sufft point à ces derniers, s'ils reviennent trop souvent à la méême place, que leur mauvaise réussite entratne toujours après elle une détérioration sensible du champ, et une diminution des récoltes de grains qui doivent leur suocéder jusqu'à la prochaine jachère, qui détruit la cause du mal. 8 Alin d'assurer la réussite des récoltes de légumes, on en a borné la culture à une partie du terrain en jachère seulement, et d'ordinaire à la partie la plus ſerlile, 8 Sur 41 Pon eres, 1, du coltes bercut Lales, r une zuyoir s une urs se e con- s, les a sole ode se s con- hères. dre en sur le dans rleur la co- es; et lances endant e que, elque une de ). — 5'lls gtratne on des e, qul ulture 1 plus erlle, D'AGRICULTURE. 281 fertile, et, ahn d'obvier à la diminution des récoltes de grains, on a eu soin de fumer plus abondamment, peut-être aussi de ne mettre qu'une partie du fumier avant la semaille des plantes sarclées, et Pautre partie après leur récolte, ou bien d'y faire parquer les bêtes à laine. Mais de cette manièére une autre partie des champs devait étre privée d'engrais; ce qui nous explique un fait que nous trouvons consigné d'une manière frappante dans plusieurs archives agricoles; que, depuis Pintroduction de la culture des pois dans la jachére, le produit iotal en grains avait diminué, et d'autant plus que cette culture avait été aug- mentée. C'est pour cela que bien des cultivateurs habiles suivent encore l'asso- lement triennal, et au lieu de semer dans la sole des jachères des récoltes de ce genre, préférent les cultiver dans la sole des grains de printems; c'est pour cela aussi que, mèême ceux de leurs voisins qui ont un avis différent du leur sur les avantages de cette méthode, sont forcés de convenir que les récoltes de grains des premiers surpassent de beaucoup les leurs propres. Au reste la culture des légumes sur la jachèére a évidemment cet avantage, que la paille que cette espèce de végétaux contenant une plus grande proportion de sucs nourriciers, on obtient ainsi non-seulement un supplément de nourriture pour le bétail en général, et surtout pour les bétes à laine, mais encore une plus grande quantité d'engrais- Mais sans que les anciennes formes de l'assolement triennal fussent violées, une grande révolution, cependant, sembla s'etre faite dans les domaines de l'agriculture, lorsqu'on eut enseigné à semer parmi les grains de printems, et à récolter sur la sole de jachère, le trèfle qu'auparavant on voyait dans quelques clos particuliers seulement. Le trèfle, disait-on, n'épuisait nullement le sol, il l'améliorait au contraire par ses racines et par les feuilles pleines de sucs que sa troisième pousse rendait à la terre, et d'ailleurs il aidait au sol à absorber les sucs nourriciers de Patmosphère. II tenait le terrain tellement meuble et propre, qu'un seul labour y assurait aussi bien, si ce n'est mieux que ne l'eùt fait une jachère, la réussite d'une récolte de blé. Le ſourrage abondant et suc- culent qu'on obtenait ainsi de la jachère, procurait par la nourriture à l'étable et par Pexcedent de foin qu'on avait à sa disposition, une rente du bétail beau- coup plus élevée et une véritable surabondance d'engrais. On croyait pouvoir, à P'avenir, se passer de prés, de pàâturages, et de tous les autres moyens de nourrir le bétail, dont on avait fait cas jusqu'à cette 6époque. Le trefle Gtait en- visagé comme le tout de Pagriculture; sur lui et sur P'abolition du pacage et de la jachère, reposait le bonheur du genre-humain. 1 56 282 PRINCIPES RAISONNEB On m'eüt en effet guères exagéré, s'il eùt été possible de faire revenir le trèfle à chaque troisième année de cet assolement, à la suite de deux récoltes ains, et d'en obtenir des coupes de fourrage, toujours également abon- Mais on vit bientét que ces récoltes ne pouvaient pas se de gr dantes et épaisses. soutenir, et que le trefle, lorsqu'il revenait trop souvent, sans que le sol fut culuivé plus profondément et avec plus de soin, allait successivement en déclinant et finissait par manquer méme sur le terrain qui lui convenait le mieux, iout à fait; qu'alors il faisait place à toutes les mauvaises herbes, et donnait au sol une compacité désavantageuse; qu'ainsi il était suivi de récoltes de grains d'une très-mauvaise réussite. Le célèbre Schoubart, le plus chaud apôtre du trèfle, lui qui dat à cette qualité d'ètre revètu du ütre de noble de Kléefeld*, revint en arrière dans son opinion, et borna la culture de cette plante, C'abord à la sixième, puis à la neuvième partie des champs, et finit par recommander de consacrer aussi une partie de la jachère à la culture de la racine d'abondance, du choux-rave et de la pomme de terre pour la nour- riture du bétail, et sur une autre parte de cette jachère, de semer aussi des pois. L'histoire de PAllemagne pendant le dernier siècle, consignera son nom en caractères inefſaçables parmi ceux des bienfaiteurs du genre-humain, quoique sans doute, comme tous les mortels, il n'ait pas su se garantir entièremenit de Perreur. Il travailla avec un zele infatigable à l'abolition tant de la jachère que des droits de päturage et de parcours sur les champs, et c'estseulement long-iems après sa mort et après une longue incertitude de la part des gouvernemens, que ses vœux viennent enfin d'étre exaucés par le roi Maximilien-Joseph de Bavière, et par quelques princes d'Allemagne, lesquels, en pères éclairés de leurs peuples, leur ont sacrifté les ménagemens dont on usait pour des droits abusiſs et d'une origine équivoque. § 3⁰7. Ce système de Schoubart renouvella de la manidère la plus vive la dispute si long-tems soutenue sur la nécessité ou la superfluité de la jachère, et cette question parut pendant long-tems la plus importante de toutes; on employa des ballois de papier en discussions sur cette maueère, sans pour cela arriver à aucun résultat. Comme cette question se rapporte principalement à ce systeème, nous en prendrons occasion de la discuter ici. * De champ de ireèſfle. nir le coltes abon- pas ge neur, ément uanquer nait au grains apotre le de celle ei Rnit ure de nour- ssi des on nom Juoique nent de que des après , que avière, deuples, d'une spule s et cetle em ploya arriver nous eh — PDACRLOULTVURE: 283 § 508. Elle a été obscurcie surtout par ceci, qu'on n'attachait à ce mot aucun sens précis. Daus Porigine on entendait par jachère, l'état d'un terrain qui, durant un été, ou mieux encore, durant une année, était remué, brisé et divisé, de manière à avoir la préparation la plus parfaite pour les récoltes suivantes. Les auteurs ogricoles romains avaient déjà enseigné cette opération, ils Pavaient prescrite comme nécessaire dans certaines circonstances, et ils avaient donné des noms particuliers à chacun des labeurs qui en faisaient partie; ainsi ils exprimaient laction de ce que nous appelons rompre, par fringere;, donner le second labour, par vertere, le troisième, par infringere, le quatrième, par rewertere, le cinquième, par refringere, le sixième, ou labour de semailles, par lirare, tout comme nous avons nous-méêmes des expressions paruculières pour distinguer ces travaux. Mais on a aussi pris le mot jachère dans un tout autre sens. Comme, par négligence, par suite d'un mauvais systeme ou d'un manque de päturage, et contre le but même de la jachère, on laissait le champ sans le rompre, jusqu'en juin, ou méême jusqu'en aoũt, et que cependant on Pappelait toujours le champ en jachère, peu à peu on attacha à ce mot un sens vicieux, et'on donna le nom de jachère à un champ en repos; ce qui jetta du mésentendu dans la dispute. Il faut donc rendre à ce mot le véritable sens qui lui appartent. Ainsi mettre en jachère, signifte préparer un terrain pour la récolte suivante, par des labours réitérés et faits dans le cours de l'été, sans en exiger de produit durant cette année. Un champ ne peut donc étre appelé la jachère que lorsqu'il a recu le premier labour, lorsqu'il a été jachéré; jusque-là il s'appelle champ en repos, lorsqu'il est consacré au pâturage du bétail, on disunguc ce pacage sous le nom de ꝓâturage sur un champ en repos. § 509. L'uulité des labours de jachère ne saurait étre méconnue, elle est d'autant plus grande que le sol est plus tenace et plus argileux. Par un labour simple au printems ou en automne, la superficie du champ est à la vérité retournée et remuée, mais pas tellement divisée que les mottes en soient brisées et réduites en terre meuble. La terre réunie en. mottes, se durcit plutòôt en masses dures, lorsqu'elle est recouverte sans étre brisée, et elle conserve méême l'empreinte de la pression de la charrue; surtout lorsque le labour a eu lieu pendant que le sol était encore humide, la tranche exposée à Pardeur du soleil, prend la dureté de la tuile. 284 PRINCIPES RALISONNS agglomérée est inferüle, parce que la plupart des La terre qui s'est ainsi ant pas y pénétrer, sont obligées d'en faire plantes à racines fibreuses ne pouv le tour; au moyen de cela, cette partie du terrain se trouve enlevée à la végé- tation. Cela revient donc au meme, que le sol soit composé en lus grande partie P 8 P de pierres, on de terre qui s'est ainsi agglomérée. Pour briser convenablement ces mottes, il m'y a guères d'autre moyen à employer qu'une jachère continuée pendant toute l'année, laquelle les ramène successivement toutes à la surface, et les expose à Phumidité de Patmosphère, afin que lorsqu'elles ont été dé- nissent être brisées par la herse ou d'autres instrumens. Si trempées, elles pr cela peut avoir lieu dès la fin de l'été jusqu'aux semailles d'automne de egré convenable K. Pannée suivante, et chaque fois en prenant le sol à un d d'humidité, la terre est alors changée en une poudre homogène meuble, et ioutes les parues fertiles qui y sont contenues sont mises en action, ce qui fait qu'un champ, en apparence épuisé, peut, au moyen d'une jachère donnée avec soin et sans nouveaux engrais, souvent étre poussé à une fécondité étonnante. Le second avantage que la jachère procure à la terre consiste dans la destruc- lion des mauvaises herbes qui se sont propagées par semences ou par racines. Ces herbes fréquemment déchirées par la herse et écrasées par le rouleau, expo- par un soleil bruͤlant, finissent par périr, et tombant sées à Pair, quelquefois r. Quant aux semences de mauvaises herbes, en pourriture aident àla végétation Ges à la superficie, elles sont détachées des mottes dans les- — elles sont ramen ssenter ici une légère modificalion à ce qut vient d'ètre dit. Il est un antes qui infectent nos champs, celles qui se multiplient par s ne sont point détruites par la jachère; celle-ci les fatigue, t empéche qu'elles ne prennent le dessus à la premidre s toujours elle laisse subsister quelques parties de leurs * Je crois devoir pr nombre considérable des pl bulbes ou par drageons, lesquelle les divise, en fait périr une parlie, e récolte de grains qui lui succède; mai racines, par le moyen desquelles ces plan qu'après la seconde récolte des céréales, jachsre. Cest donc à détruire les semences elles-mèêmes elles ne peuvent guères l'éire comp Pour produire le premier effet, le mieux me parait è bour aussi superficiel que cela est possible, aſin d'enterrer les semences qui sont déposées leur germe; puis, avee la herse, le rouleau et l'extirpateur, de tes sont reproduites en quantité assez grande, pour le terrain en soit aussi garni qu'il P'était avant la que la jachère doit être destinée; quant aux plantes létement, que par des sarclages faits avec soin. lre de donner d'abord après la moisson, un la sur le sol et de faire développer détruire les peutes plantes à mesure qu'elles végétent, etenfin de donner un labour proſond quĩ recouvre la couche de terre remuée par le premier labour, et étouffe le peu de plantes qui auraient résisté aux premières opérations. Si ces procédés sont suivis avec soin, le cultivateur ne doit plus avoir à ſaire que peu de frais pour nettoyer entièrement son terrain, et de cette manière la culture des récoltes jachères lui devient beaucoup moins codteuse et beaucoup plus proſitable. Tracl. t des faire vége- vartie ment inuée ſace, 6 dé- s. S le de nable e, et n Hait avec ante. struc- cines. expo- mbant erhes, s les- — est un ent par aligue, emidère ſe leurs , Pour vant la plaies 0 soin. 1oisson, leposdes eeur, de ond qui nles qui eiraleur de cette up plus D'AGRIOCULTURE. 285 quelles elles sont contenues souvent en quantité incroyable; elles sont mises dans une posilion qui en ſacilite la germination; et, dans le commencement de leur P 1; et, détruites par la charrue et la végétation, les plantes qu'elles ont produites sont par leur décomposition. herse, et contribuent elles-mémes à la ferulité du sol, Ainsi le champ en jachère est débarrassé de cette quanuté de mauvaises herbes qui se muluplient à Pinfini parmi les grains; bien entendu cependant que la ja- qu'elle ait regu des labeurs assez soignés, car la de perfecuion de ces opérauons. etde nouvelles dé- chère ait 6té rompue assez tôt e propreté du champ dépend du plus ou moins En troisidme lieu, depuis long-tems l'expérience a enseigné, 2 couvertes en histoire naturelle, ont démontré, que la terre même la plus richie a 3 hèr r devenir er demeurer ferul atmosphoère, pour devenir ct demeurer ferule, besoin de recevoir les influences de! e combinées avec elle el qu'elle en tire des substances qui doivent auparavant etr nourriciers des plantes. La superficie du sol pour etre transformées en sues , que les mottes elles— méêémes. durcie ne peut pas plus absorber ces substances C'est dans la terre meuble seulement que l'air aimosphérique peut pénétrer et se mettre en contact et en action avec chacune des particules qui la composent. Cette absorpúon des substances aëriformes n'a lieu que par une température dlevée etene parait jamais être plus forte que dans la première chaleur du prin- sol fréquemment remu et dont la superficie soit souvent tems. Il n'y a qu'un pinfluence de l'atmosphère et à la lumitre, qui jouisse de changée et exposée à cet avantage et c'est la jachère qui le mieux peut le disposer à en proftter. Enfin c'est la jachère qui opére le mélange et Pincorporation les plus compleis des parties consutuantes du sol et des engrais qu'on y amis. Pour que ceux-ci pro- quisenttout leur effet, il faut qu'ils soient mis en contact avec chaque parlicule let qu'ils la fécondent; en effet, tous les laboureurs savent que du rre par gros morceaux, ne produit que peu d'effet. Ce mélange ré d'une manière plus complète qu'il ne l'est par une jachère, y ayant été joint, la terre est encore labourée et du so fumier mis en te A„ ne peut étre opé etsurtout lors que le fumier 1 remuée à plusieurs reprises. A cela on doit ajouter que la jachère permet d'exécuter les travaux aratoires avec des forces moindres, parce que la préparation du sol et le transport des engrais peuvent avoir lieu dans un tems où il y a une sorte de stagnauon dans les autres labeurs de charrue. Aussi dans les grands etablissemens .—.. ruraux, à moins qu'on m'ait une surabondance d'attelages, on ne croit que les terres pourront étre disposées assez 16tpour les semailles, que lors qu'elles ont 616 préparées par la jachère; sans cela on craint toujours, qu'au grand détriment de la récolte, ces semailles ne soient retardées. PRINOCOIPES RAISONNES § 310. Ainsi malgré les frais que la jachère cote, malgré Pabsence de rente qu'elle entratne après elle, et qui est sensible, surtout lorsque le terrain est d'une qualité supérieure; les avantages qu'on en retire sont tels, qu'à moins d'avoir à sa disposition des moyens de culture extraordinaires, on ne saurait s'en passer dans un assolement ouù les récoltes de grains se succédent fréquemment. Dans les champs abondamment fumés des environs des villes, lorsqu'on a voulu la retrancher, le terrain sali par les mauvaises herbes, n'â plus rendu que peu de grains, malgré la pelle apparence que la semaille avait au printems; et tels étaient les inconvéniens résultant de cette culture, qu'une jachère unique était ensuite insuffisante pour corriger les défauts que le sol avait contractés, et que le plus souvent on était réduit à abandonner pour quelques années ce ter- rain à la végétation spontanée des herhes, ou, à l'aide de beaucoup d'engrais, de le consacrer à produire du fourrage, jusqu'a ce qu'après quelques années de repos et au moyen de quelques travaux préparatoires, il put de nouveau étre ensemencé en grains avec avantage. On ne hent se passer tourt à la fois de la jachère et du repos dont nous venons de Parler„qu'au moyen d'une culture infiniment soignée, semblable, par exem- ple, à celle que les Belges donnent à leurs champs, en mettant leur superficie en planches étroites, après Pavoir préalablement bien travaillée et presque r6- duite en poudre, non-seulement avec la charrue, mais encore avec la herse, le rouleau et q'autres instrumens; en ne semant que le dos des billons et laissant leurs bords exposés aux influences de l'atmosphère, puis, ce qui à la vérité n'est pas dans la règle de'assolement triennal, mais qui cependant a lieu fréquem- ment et aussi souvent qu'ils le jugent utile, en cultivant d'autres espèces de plantes et les sarclant et houant à la main. Au reste la réitération de la jachère à chaque troisième année n'est point aussi nécessaire qu'on le supposait autrefois, le terrain peut, sous certaines condi- nouns et en Gtant employé à la culture de diflérens végétaux desunés à la nour- riture du bétail, par conséquent à produire une plus grande quanuté d'engrais, souvent étre entretenu en meilleur état, que par le moyen d'une jachère qui reviendrait tous les trois ans. Mais il faut pour cela une attention et des soins particuliers, de plus grands moyens d'exécubion et un tems qui permette de donner à la terre une culture très-soignée, entre la récolte et les semailles. C'est ce que facilite surtout'époque tardive oùu P'on sème l'orge à quatre eoins, laquelle, dans tous les cas, permet de donner au champ trois labours de prin- tems, indépendamment de celui qu'on a dù donner en automne. Et en vöérité qw'elle c'une d'aroir Dasser lu'on a du qne ms; et unique lés, et ce ter⸗ ngrais, années ouveau venons r exem- perücie Jue réè- erse, le laissant ué n'est équem- eces de int aussi condi- a nour- engrais, hore qui les Soins nelle de es. C'est e coins, de prin- 9 verilé D'A GRICULTURE. 287 cette demi-jachère est plus effcace que la jachère régulière, lorsque, comme cela a lieu dans quelques endroits, celle-ci n'est commencée qu'après le milieu de l'été. Gest pourquoi cette orge tardive, qui souvent n'est semée qu'à la mi- juin, doit, malgré Pincerüätude de sa réussite, ètre recommandée pour de iels assolemens. Si lorsque la jachere complète doit avoir lieu, on donne par un tems chaud et sec, au moins quatre labours bien soigués, le sol doi demeurer net et fertile, et on peut sans inconvénient lui demander sur l'une, peut être sur les deux jachères restantes, des récoltes de légumes et de trèfle, ou d'autres récoltes jachères. § 511. Ce sont les motiſs que je viens d'énoncer qui ont donné naissance aux sys- lemes d'assolement triennal composé, ou plutôt aux assolemens de 6, 9 et 12 aus, lesquels sont suivis d'une manière assez réglée dans plusieurs exploita- tions rurales. Ces assolemens comprennent les rotations suivantes: 1. Jachère, 2. grains d'automne, 5. grains de printems, 4. pois et trèffe, b. grains d'automne, 6. grains de printems, Ou bien 1. jachère, 2. grains d'automne, 3. grains de printems, 4. trèfle, 5. grains d'au- tomne, 6. grains de printems, 7. pois, 8. grains d'automne, 9. grains de printems. Ou bien 1. Jachère, 2. grains d'automne, 5. grains de printems, 4. trêfle, 5. grains d'automne, 6. grains de printems, 7. jachère, 3. grains d'automne, 9. grains de printems, 10. pois, 11. grains d'automne, 12. grains de printems. Cependant on rencontre rarement des agriculteurs attentifs et observateurs, qui s'attachent servilement à ces rotations; suivant Pétat où se trouve leur ter- rain lors des semailles d'orge, suivant qu'il est plus ou moins meuble ou exempt de mauvaises herbes, ils y seèment du trèfle, ils le réservent pour une récolte de légumes, ou bien ils le desunent à étre mis en jachère; ils choisissent pour le trèfle et les pois la partie la plus propre du champ et ne s'assujetussent point à un cours de récolte réglé; seulement ils se font une loi de ne pas ramener le trèfle à la mêeme place avant la neuvième année, parce que expérience leur a appris qu'il ne réussissait point lorsqu'il revenait plus souvent. Et lorsqu'ayant semé des légumes, soit que le tems n'ait pas été favorable, soit qu'ils se soient trompés sur Pétat de fertilité du champ, ils mobtiennent pas une récolte assez bonne pour que la terre soit couverte de ses feuilles, ils emploient cette récolte en vert pour la nourriture des bestiaux, ou Penterrent à la charrue eit donnent alors au champ une jacheère complète. PRINCIPERS RAISONNE S C'est de cette manière que ces exploitations peuvent maintenir leurs champs en bon état et obtenir de profitables récoltes de grains. En revanche, les mé- comptes de celles qui veulent diriger leur culture avec trop d'épargne, sont bien plus fréquens qu'on ne le pense, et c'est pour cela qu'on voit tant de cultiva- teurs revenir au pur assolement triennal dans toute son orthodoxie, ou bien, avertis par'exempléè de voisius qui ne l'ont jamais quitté, semer mème les pois et le trèfle dont ils ont besoin, dans la sole des grains de printems, et leur faire suivre la jachère. Des propriétaires sages, guidés par des cultivateurs expérimentés mettent sou- vent pour condition à leurs fermiers, de ne faire aucune semaille sur la jachère, ou tout au moins de n'en eusemencer qu'une partie limitée; et c'est pour cela qu'il n'est pas d'usage dans les évaluations pour les baux à ferme, de porter quelque chose en compite pour jouissance de la jachère. Aiusi plusieurs agri- culteurs circonspects envisagent encore la jachère comme la base d'une culture sůre et qui promette des bénéfices durables. Nous ne pouvons nous arréter ici à quelques portions de terrain privilégiées, chez lesquelles une heureuse combinaison d'argile, de chaux et de terre végéto- animale, est tellement favorable à la végétation des blés, que ceux-ci étouffent bientèt les mauvaises herbes, ensorte que le petit nombre de celles qui résis- tent peut facilement étre arraché; à ces sols, où, par une fermentation na- iurelle qui peut facilement étre renouvelée au moyen de nouveaux engrais, la terre tombe d'elle-mèême en poussière et peut ainsi, chaque année, produire une récolte. De iels terrains paraissent avoir échappé à la malédiction prononcée contre la terre, lorsque nos premiers parens durent sortir du paradis terrestre. 9 512. Qucique le système d'assolement triennal pur, doive laisser sans emploi le ners ou à peu près, des champs qui lui sont soumis, cependant souvent on l'a présenté comme le meilleur, et méême, comme le seul bon systeme de culture qui soit possible, et cela par les raisons suivantes: 1.'Que l'ancienneté ex Puniversalité de ce systéme de culture prouve sa bonté, puisqu'ilne saurait étre croyable qu'un système vicieux put avoir l'assentiment de toutes les nations et de tous les tems, qu'il pút s'étendre et se soutenir d'une manière aussi générale. 2.“ Qu'aucun systeme jusqu'ici connu et conçu ne produit une plus grande quantité de grain. Que le grain est la principale nourriture de l'homme et l'objet de la plus grande nécessité, ce qui fait quil est aussi le plus recherché, le mieux et le plus également payé. Que si cet assolement donne moins de produits animaux, anps es wé- nt bien ultiva- bien, es pois ur faire ont sou- achere, ur cela porter s agri- gulture i résis- on na- grais, oduire soncée crestre. ploi le lon Pa culture bonté, nept de ir d'une grande tpobjet hé, le rodults imaul, P.A GRICGCU I, T T R E. 289 animaux, c'est là justement une preuve de sa grande uülité, puisqu'un champ rend en produits végétaux au moins trois fois autant de nourriture pour l'homme, qu'il ne le ferait en produits animaux. Qu'il est ainsi également avantageux à la société, à l'Etat et au cultivateur. 5.“ Que cesystème de culture est celui dans lequel les travaux sont le mieux répartis. Qu'entre les semailles de printems et celles d'automne il donne le loisir de culüver la jachère et de charrier les engrais. Que les champs peuvent ainsi Etre préparés d'assez bonne heure pour recevoir la semence des grains d'automne, desquels la récolte est à la fois la plus importante et la plus riche; que par consé- quent il demande moins d'attelages. 4.9 Que tous les travaux y sont simples et sans art; qu'ainsi ils peuvent éêtre exécutés par des ouvriers ordinaires, sans distinction. Qu'lls ne demandent égale- ment que les instrumens les plus simples et les mieux connus. 5.“ Qu'il repose sur une division des champs déjà établie; que toutes les lois, ordonunances et coutumes relatives à l'agriculture, ses attributions extérieures et ses servitudes, sont liées étroitement à ce système, lequel ne saurait lui-méême eire changé, sans anéantr toutes ces institutions. § 515. Mais ces motifs mème s'évanouissent devant les considérations suivantes. Premièrement, l'ancienneté et l'universalité de ce système d'assolement ne- sauraient ètre révoquées en doute. Il nous vient des Romains qui J'avaient introduit dans leurs provinces les plus éloignées, et surtout dans celles d'ou ils üraient les grains qui leur étaient nécessaires; quoique dans les environs de Rome, et méme dans les contrées les plus peuplées de l'ialie, ils eus- sent une culture semblable à celle des jardins et un assolement alterne bien plus avantageuv. Les Ecclésiastiques romains qui propagèrepr les arts et surtout l'agriculture parmi les peuples non civilisés, leur montrèrent ce systèeme de culture comme le plus avantageux. Chez enx il y avait encore des champs en surabondance, quoique la culture des terres incultes non partagées, pour laquelle IIs avaient auparavant tant de propension, et le parcours des troupeaux dans le pays, ue pussent plus avoir lieu. Dans le capitulaire de Charlemagne de villis et curtis imperatoris la division en trois soles est posiüyement prescrite à ses administrateurs. Il n'est donc point étonnant que dans un siècle où l'autorité tenait lieu de tout, où l'entendement se soumeitait aveuglément à toute ordonnance positve, ce système se soit répandu d'une maniére si genérale dans le monde chrétien et que les institutions légales 1. 57 290 PRINCIPES RAISONNES qui se rapportent tant à la propriété qu'à la police rurale, aient eu cet assole- ment pour base. Que dans les tems obscurs de trouble qui suivirent, où J'agriculture toute enuère était entre les mains de paysans plongés dans la stupidité et l'esclavage, sous l'inspecton de la plus basse classe des gens libres; qu'à cette époque on m'y ait apporté aucun changement, cela est naturel. Les institulions que l'usoge vait consacrées dominèrent long-tems avec une puissance irrésistible sur les arts et les sciences, et le plus léger doute élevé sur leur conſormité avec les règles de la raison, était envisagé comme une hérésie. Aussi est-ce dans ces derniers tems seulement, que la question sur la bonté de ce systéme a 616 ngitée; il n'y avait que quelques poruons de terrain dans les Pays-Bas, daus le Holstein et dans quelques comtés de l'Angleterre, où un autre systeme de culture eùt été adopté précédemment. En voilà assez pour montrer combien peu l'ancienneté et Puniversalité de cet assolement prouvent en sa faveur. § 514. Ensecond lieu on ne peut nier que cet assolement ne donne sur un mèême terrain, un plus grand nombre de récoltes de grains; sous ce rapport il ne le cède qu'aux assolemens de 4 et de 5 ans. Mais, si, aux champs soumis à l'assolement triennal, on jointl'étendue d'herbages, tant de prés que de pâturages, nécessaire à l'entretien du bétail qui doit fournir les engrais dont cet assolement ne peut se passer, et si Pon suppose alors que le tout, ou même seulement les pâturages, soient mis en labour, la question prendra alors une tout autre tournure, et'on ne trouvera pas que la ierre produise par cet assolement, plus de grains qu'on n'en oblen- drait d'une autre manière. Ainsi donc on ne peut admeitre cette assertion qu'au- iant que ces herbages seraient suffisaus, et d'ailleurs nullement propres à une cul- iure alterne; et sous cette condition il y a sans contredit des cas et des localités, oh la préférence doit étre donnée à cet assolement. Mais semailles et produits sont des choses très-différentes; c'est seulement ces derniers qui, sous déducuon de la semence et des divers frais, donnent le profit net, tant pour le cultivateur que pour la société en général; or pour ces produits, dans le plus grand nombre de cas, on trouvera que d'autres assolemens ont la supé- riorité; et si en outre nous considérons la quantité d'autres choses destinées à la nourriture de Phomme er à ses autres besoins, que d'autres systemes de culture peuvent beaucoup mieux procurer, sans cependant nuire à'la culture des grains, la supériorité de ce systeme nous parattra encore beaucoup plus frappante. On convient bien qu'avec d'autres assolemens on peut entretenir une plus —— SSole. toute Vwage, ue on Tsoge zur les 6 apee e dans eme a Bas, autre nontrer el à errain, quu'aux jennal, tretien zer, et ent mis ouvera bbuen- qu'au- ne cul- calilés, nent ces e proht roduits, la supe· ées à la cultore grains, te, ne plus Dp' AGRICULTVURB. 291 grande quantité de bétail, mais on attribue peu de valeur à ce dernier, et on l'envisage comme ayant peu d'importance soit pour le cultivateur, soit pour la société en général. Aussi long-tems que, dans des contrées non cultivées, il y avait une surabondance de pàturages naturels, consacrés exclusivement à l'en- tretien des bestiaux, le prix du bétail devait étre bas proporúonnément à celui des grains. Mais le prix du bétail augmente à mesure que la culture gagne et qu'à Paide de la charrue, on tire un plus grand parti du sol; soit parce que Ja quantité des päturages diminue, soit parce que Paisance augmente dans toutes les classes de la société et que chacune d'elles acquiert les moyens de payer une nourriture meilleure, mais plus chêére. Alors la demande de produits animaux devient si forte, que non-seulement on peut consacrer au bétail du terrain cul- livé et des récoltes dues au sccours de l'art, mais encore, par ce moyen, retirer de son champ un produit tout aussi grand que celui qu'on obtient de la culture des grains; parce qu'on a appris à nourrir le bétail au moyen d'une beaucoup moius grande étendue de terrain. Le culüvateur calcule ce que, indépendam- ment du revenu en argent qu'il retire de son bétail, le fumier lui vaut par l'aug- mentaton qu'il procure dans ses récoltes de grains, et le résultat de cet examen le dispose à rechercher une quantité de produits animaux toujours plus grande, jusqu'à ce que la multiplication de ces produits remplisse tellement les demandes, que le prix des produits animaux commence à baisser de nou- veau; alors il se jette davantage sur la culture des grains, et d'autres produits, g'une vente facile et immédiate; et cela peut avoir lieu avec d'autant plus de sucoès que l'augmentation des bestiaux lui a fourni les moyens de meitre ses champs en meilleur état. Telle est la marche que, partout où la force ne trouble pas Tordre de la nature, ont prise et prendront nécessairement les variations de proportion entre Pentretien du bétail et la culture des grains, et cette marche est également uüle à la nation dans les différens degrés de richesse par les- quels elle passe, et au cultivateur. En Angleterre il parut pendant un tems qu'on avait atteint la juste proportion entre la culture des grains et l'entretien du bétail, et alors le prix des produits animaux y lomba presque au-dessous de sa proporüon avec celui des grains. Chez nous on est encore bien éloigné de ce point, nous pouvons encore augmenter de beaucoup les produits animaux, et avec eux le produit de nos récoltes de grains, avant d'avoir une surabondance de ceux-là. Nous devrons, au contraire, à cette augmentation, d'étre indépen- dans de nos voisins pour divers objets de consommauon immédiate et de pre- mière nécessité. Un systéme de culiure qui a de tels résultats, sans diminuer q'une manière sensible la quantté de grains produite par le sol, et qui d'ailleurs 292 PRINCIPES RAISONNES augmente encore la ferulité du sol, me paratt avoir des avantages incontes- tables. § 515. En troisième lieu, si l'on suit dans toute sa pureté et sa simplicité le système de culture lié à l'assolement triennal, on peut exécuter commodément les tra- vaux, si, d'ailleurs, on dispose d'assez de forces pour accomplir les semailles et la récolte. Mais hors de ces momens l'on n'a guères les moyens d'employer ces forces, ce qui, dans de grandes exploitations tout comme dans de peutes, oblige à avoir recours à des entreprises accessoires, afin de faire gagner aux attelages les frais d'une nourriture suffisante. Si, au contraire, par un plus grand emploi de la jachère, cet assolement est sorti de sa simplicité primitive; le nombre des bras et des attelages doit immédiatement être aug- menté, si l'on ne veut courrir le risque qu'à l'époque des grands travaux, les ouvrages ne s'accumulent et qu'il n'en résulte divers dommages. Les avantages qu'un emploi plus égal des attelages et des hommes donne aux autres assole- mens, frapperont toute personne qui peut, d'un coup-d'cœil, saisir l'ensemble de la répartition des travaux entre les diverses saisons. § 316. En quatrième lieu, on ne saurait faire à un système de culture, un mérite d'encourager la paresse et l'indolence; er il n'est pas d'homme simple ei maladroit, auquel, si l'on sait le vouloir et si l'on y met un peu d'activité, on ne puisse bientôt donner autant d'babileté qu'il en faut pour les opérations des autres assolemens. Le succès montrera, combien l'intérét que chacun prend aux récoltes qu'il a préparées, surtout lorsqu'il croit y avoir mis un peu plus d'art, augmente son acuvité et son application. Quant aux instrumens nous nous sommes expliqués ailleurs sur ce qui a rapport à leur emploi. Sans doute cette habileté et cette connaissance de leur usage ne sont point encore générales; mais de ce qu'une chose reconnue pour bonne n'est point encore répandue, ce n'est point une raison de s'opposer à ce qu'elle se répande en effet. § 317. En cinquième lieu, ces insttutions mettent sans doute de la dicficulté à ce que dans plusieurs pays, chaque cultivateur isolé puisse changer ce systeme de culiure contre un autre; souvent mème elles peuvent y mettre un obstacle absolu. Il ne faut donc pas savoir mauvais gré à l'agriculteur, mème le plus habile et le plus actif, s'il ne veut pas s'exposer aux ennuis sans nombre insépa- rables de ce changement. Mais lorsqu'il sagit de P'utilité et du bien général, on ne considère que les lois de la nature et nullement celles des hommes, puisque onles- steme es tra- mailles ployer Ins de e faire e, par plicile e aug- 1, les nlages 8sole- ble de mérite droit, ienlôt mens. qwil a te son liqués eelle zu'une al une à ce me de staele 3 plus 86%3- I, on isque ———0, 7 DAGRIGULTVUR E. 295 la raison semble vouloir que celles-ci se soumettent aux autres, et se mettent en harmonie avec elles; et cette modification peut er doit avoir lieu par tout où des idées claires sur Péconomie politique et l'agriculture auront pénétré dans le sanctuaire de la législation. § 518. Une circonstance qui met de la diffculié au changement de l'assolement triennal, et qui pour le particulier le rendent souvent impossible, c'est Pextrème division des propriétés, division qui a pour cause ce système lui-même, et qui en a si long-tems prolongé l'existence. Non-seulement chaque domaine a une étendue égale de terrain dans chacune des soles entre lesquelles la totalité des champs est divisée, mais encore cette étendue est répartie dans chaque sole sur une inſinité de pièces distinctes et de plus ou moins grande étendue. De la nait pour chacun la nécessité de suivre l'assolement usité dans ces soles; soit parce qu'il n'y a pas de chemins pour chaque pièce ei que ces champs sont distribués de manière qu'en tournant la charrue dans l'un, on endommagedt la semaille du- voisin, si chacun voulait ensemencer son fonds au moment ou cela lui plairait; soit eusurtout parce que jusqu'au moment où les semailles ont généralement lieu, erimmédiatement après la récolte, souvent même lorsque les gerbes sont encore sur le champ, toute la sole est päturée par le bétail des intéressés, quelquefois méme par celui de communes voisines et d'autres particuliers qui ne possèdent pas qe terrain. Ceute iusttuuon aussi ancienne que ce système de culture, était fondée sur ce que chaque propriétaire paruculier, n'eut pas pu jouir du pàturage de son propre champ sans endommager celui de son voisin. L'augmentation des champs ei la diminution des pàturages naturels a rendu ce parcours des chaumes et de la écessaire, puisque sans lui on ne pourräit entretenir jachdre chaque jour plus n le bétail pendant l'été. Aussi chacun des intéressés et les préposés des communes veillent-ils scrupuleusement à ce qu'il ne soit point diminué, et à ce qu'on n'empiète point sur lui. Ainsi donc, lors-méême qu'on accorderait une juste préférence à un autre système de culture, cette institution née dans enfance de l'agriculture et qui s'est généralement répandue, ne pourrait que difficilement étre abolie, là où de petits propriétaires ont la disposition libre et franche de leurs fonds*, .. 1„„. 1 * Tout ceci est particulier à TAllemagne; la législation de la France et d'une grande partie celle de la Suisse, ont assuré à l'agriculture toute la liberté nécessaire à son libre exercice. Dans quelques lieux seulement l'extrème division des fonds et la continuation de l'usage du parcours en commun, sont encore des obstacles à vaincre au moyen de sacrifices pécuniaires. Trad. 294 PRINCIPES RAISONNES § 319. On a cherché un palliatif à ce mal en cnlevant au parcours une partie de la sole en jachère, le plus souvent celle qui était le plus rapprochée du village, et en favorisant par là la culture des plantes à fourrage et d'autres récoltes; wais cela n'a pu étre opéré que par un acte d'autorité des gouvernemens ou de la puissance législative, sollicité par la pressante voix de Schoubart; encore cela n'a-t-il point eu lieu sans de vives réclamalions des particuliers intéressés au parcours. Mais cette disposition toute bienlaisante qu'elle fut, était cependant insuffisante. Dans quelques Eiais la puissance souveraine a récemment, et avec la plus grande énergie, coupé le mal par la racine, en déſendant sans exception, tout parcours sur le champ d'autrui que le propriétaire ensemençait; les gouver- nemens ont aiusi rendu complète une propriété qui n'étoit que limitée. Si l'on admet en principe que personne n'a droit au parcours que les propriétaires eux- mêmes, T'abolition de cet usage se trouve réciproquement compensée; nul n'a etG molesté dans ses droits, seulement on a mis fin à l'abus qu'il en faisait au détriment des autres et du bien général. Au reste, le plus souvent cela rend la nourriture du bétail à l'étable d'une nécessité absolue; puisqu'aucun propriétaire n'est tenu à clore le champ qu'il a ensemencé, mais que le particulier et la commune qui mettent leurs bétes au pàturage sont responsables, non-sculement de leurs dommages, mais encore de tous ceux qui peuvent avoir été ſaits par des bestiaux, lors-méme qu'il ne serait pas prouvé que les leurs y ont eu quelque part. Il est encore douteux, sans doute, si une brusque introduction de la nour- riture à l'étable peut étre praticable, et si, au grand détriment de P'agri- cnlture, la quantité de bétail ne serait pas momentanément diminuée par la rigoureuse observauon de ce règlement; cette question ne peut étre décidée que puur chaque cas particulier, d'après une connaissance approfondie de la localité. Au reste, cela même ne lève point encore toutes les difficultés que présente l'introduction d'un bon système de culture. Un moyen plus difficile, mais sans doute bien plus efficace, c'est cet échange général des champs, par lequel on donne à chacun, en une ou plusieurs pièces attenantes, ce qui lui vient en terrain, sous une juste compensation de la quan- Uté par la qualité, et avec le plein droit d'en disposer à sa volonté. Cest par ce moyen seulement que l'agriculture nationale et celle de chaque particulier peuvent s'élever àla perfection, et qu'on peut introduire dans chaque exploitation rurale, le systeéme de culture qui conduit àcctte perfection. Mais sans doute, dans un pays où la possession illimitée est assurée à toutes les classes de propriétaires, de h illzge, coltes; ens ou encore resses dendant la plas u, lout ouver- Si Pon s eux- aul n'a Sait au rend la riétaire r et la lement its par ont eu nnour- Pagri- par la Jécidée die de es que change 3 pièces a quan- eest par ticulier ilalion e, Gans laires) D'AGRICULTUR. 295 cet échange géndral, cette nouvelle répartition des champs doit rencontrer des obstacles diffciles à vainore, plus encore sous des rapports politiques et moraus, que sous des rapports physiques. Jimagine un autre moyen qui, à la vérité, n'est qu'un palliatif, mais qui pourrait recevoir diverses modiſications, suivant les lieux où il serait employé. Je suppose donc qu'on divise en neuf parties égales une étendue de ehamp soumise à l'assolement triennal, et que pendant six ou sept aus, suivant que le droit de parcours était plus ou moins étendu, on laisse au propriétaire la libre jouissance de ce qu'il possède dans chaque sole, sans qu'il puisse ètre troublé par aucun parcours avant les semailles ou sur le chaume; seulement qu'on Poblige de fumer à la cinquième ou sixieme année pour l'avant dernière récolte, er de semer du trèfle blanc sur la dernière. Si pendont les deux ou trois années restantes, le champ est laissé en pàturage commun, ce pàturage devra alors surpasser de beaucoup en qualité le paccage de la jachère et du chaume qu'on avait anparavant, et après écoulement de ces années de paä- turage, la décomposiäion des plantes, et la plus grande concentralion des excrémens du bétail, devra avoir rendu les champs infiniment plus propres à rapporter des grains. Aiusi, après divers essais faits sans contrainte, le labou- reur s'approprierait bientét la rotation qui serair la plus avantageuse, d'après la nature du sol ct les circonstances rurales de la localité, et cet assolement serait, sans aucun doute, adopté par le plus grand nombre. Je ne vois pas quelle diffi- culté cette institution pourrait rencontrer, si P'on s'en occupait sérieusement, et si'on mettait de la réflexion dans la division des soles, surtout à l'égard des chemins, lesquels autant que cela se peut, doivent conduire à toutes les pièces. § 520. Au reste, avec le consentement général des intéressés, on a deéjaà souvent entrepris des changemens au cours des récoltes de l'assolement triennal, mèùme sur des étendues de champs du parcours desquelles on jouissait en commun. C'est ainsi que je connais plusieurs villages où les champs sont aujourd'hui soumis à Passolement suivant: 1. jachère, 2. orge, 5. pois, 4. seigle, 5. avoine, 6. seigle, et après de nouveau jachère. Ou bien où l'on fume pour 1. orge, 2. seigle, 3. jachère, 4. seigle, 5. pois, 6. orge, 7. seigle, 8. avoine, 9 jachère. Dans les terres très-fortes l'on craint qu'en semant du froment sur une jachère fumée, ce blé ne verse, c'est pourquoi l'on sèeme plus ordinairement de 'orge qui, à ce qu'on croit ici, redoute moins d'ètre versée que le fro- ment. Mais pour tout cela on ne se décide point encore à renoncer P'assole- ment triennal. 296 PRINCIPRS RAISONNLS §.521. Dans quelques endroits,'assolement quatriennal a déjà été introduit il y a un grand nombre d'années, sur des soles communales. On y cultive après la jachère 1. grains d'automne, 2. grains de primems, 3. grains d'automne et de primtems, ou mème des pois; et ensuite on donne de rechef une jachère. Ce dernier choix est aussi contraire à toutes les règles de l'agriculture qu'il soit possible de Pimaginer, puisque des pois convenablement cultivés sont une excel- lente préparation au blé, et qu'après eux le terrain n'a nullement besoin de jachère. Plusieurs propriétaires ont adopté, tant pour leur propre exploitation que pour celles de leurs fermiers, une espèce d'assolement quatriennal dont ils sepromet- taient de grands avantages. Cet assolement qui me paratt reposer sur un mésen- tendu dusystème d'assolement quatriennalalterne des Anglais, comprenait d'abord une année de trèfle indépendamment d'une de récoltes jachères; mais ensuite on voulut y avoir les récoltes de grains les unes apréès les autres er leur faire succéder le tréfle à la quatrisme année, où, comme bon devait s'y attendre, il réussit encore bien moins que dans l'assolement triennal. Aujourd'hui dans les champs ainsi divisés, le plus souvent on cultive consécutivement trois récoltes de grains, après lesquelles on donne une jachéère; je ne connais qu'un seul exemple, d'un domaine sur lequel, depuis 25 ans, on suive réellement l'assole- ment anglais 1. récoltes sarclées, 2. orge, 5. trèfle, 4. grains d'automne. J'ai dit que l'assolement ci-dessus me paraissait reposer sur un mésentendu de ce dernier; en effet il fut introduit à peu près dans le tems où le grand Fréderic, reconnaissant les avantages de la culture anglaise, la fit établir sur ses domaines par l'anglais Brown et par quelques autres agriculteurs expérimentés qu'il avait envoyés étudier en Angleterre, er où ce Monarque chercha à l'introduire géné- ralement dans ses Eiats, en aidant pour cela à ceux des propriétaires qui étaient le plus disposés à entrer dans ses vues. § 322. Dans quelques domaines voisins de communes rurales on trouve aussi l'nsti- tuüon de cinq soles, avec de grandes variétés dans la succession des récoltes. Laàa où T'on cultive 1. des grains d'automne, 2. des pois, 5. des grains d'au- tomne, 4. des grains de printems, l'assolement n'est pas très-mauvais, pourvu seulement que la jachère soit complète ei bien soignée. Avec de légères modificalions, ces assolemens quatriennal et quinquennal pourraient plus facilement que P'assolement triennal, éêtre changés en un bon assolement alterne, parce que la culture des plantes à fourrage y a une place convenable. L'apergu nä 1³ apres la mne et jachere. duil soit e excel. esoin de due pour promet- mesen- d'abord ensuile ur faire dre, il Lans les récoltes zun seul Passole- ne. J'ai nde ce éderic, omaines m'il avait re géné- i étaient lirsi⸗ récoltes. us G'au- pourlu légères enl plus olement genahle. ¹apergu D'AGRIGULTURV. 297 L'aperçu de toutes les espèces de culture, que je donnerai à la fim de cette secuon, en forme de tableau, jettera plus de jour sur les rapports dans lesquels Passolement triennal est avec lui-même et avee d'autres systémes de culture, tant à P'égard du travail et des engrais, qu'à celui du produit effectif. CULTURE ALTERNE. ASS OLEMENS ALTERNES AVEC PATURAGE.* § 325. Cette espèce de culture dans laquelle le champ est consacré pendant plusieurs années consécutives à la culture des grains, et ensuite pendant quelques autres au paâturage du bétail, quelquefois aussi à produire des fourrages, a Gté depuis long-tems désiguée par les Allemands, les Anglais et les Iialiens, sous le nom de culture alterne, qui lui convient d'une manière particuliére. Dans ma Cuslture anglaise, j'ai aussi employé ce terme dans le mèême sens, et ce n'est pas ma faute si dès-lors, sous cette dénominabon, on a voulu entendre exclusivement un autre cours de récoltes. Ce que je désigne ici sous le nom de caltaure alterne aveo pdturage, comprend les assolemens dans lesquels, à la suite d'un plus ou moins grand nombre de récoltes, le champ est mis ou laissé en herbage, pour étre pàturé par le bétail pendant deux ou plusieurs années. Cette culture est appelée en Allemagne généralement du nom de Koppel wirthschcſt, culture des clos, quoique le plus souvent les terres qui y sont soumises ne soient point en- tourées de cléôtures. Quant à nous, nous conserverons la dénomination de elos exclusivement aux possessions emourées de haies; en donnant celle de sole aux divisions qui ont lassolemem pour base, soit que chaeune d'elles soit eomposée d'une seule pièce séparée et distincte, soit qu'elle en comprenne plusieurs, soit enfin qu'elle ne soit elle-même qu'une partie d'une piéce de plus grande étendue. Ainsi, dans notre acception, les soles sont les parties des champs divisés d'après un certain coöurs de récoltes, de manière que, après Pécoulement d'un nombre d'années égal à celui des soles, chacune de celles-ci se trouve dans l'état ou elle était au commencement de la rotation, et nous ne nous enquerrons point si elles sont entourées de clètures, ni méme si toutes leurs parties sont réunies dans un méême lieu, ce qui u'est point nécessaire, sur-tout pour la nourriture d Létable, dans laquelle, sous certains rapporis, des séparations de position peuvent plutôt être utiles. * Afin de distinguer les subdivisions de ce système de culture dans le nord de l'Allemagne, P'auteur donne la dénomination d'assolement du Holstein à celui où les années de pâturage dominent, et d'assolement du Mecklemboung à celui ou les soles de grains et de jachère sont en plus grand nombre. Trad. I. 38 298 pRINCIPES HAISONNES .§ 324. Il est probable que le systeme de culture alterne s'est conservé dans le Nord depuis les tems ou Tacite disoit: arvd Per arsnos mutant et superest ager,(ils changent annuellement leurs champs et ils ont des terres en surabondance.) Sans doute alors on allait sans ordre d'une place à l'autre, suivant que le terrain qu'on cultivait était épuisé et ne donnait plus d'abondantes récoltes; car on avait assez de pâturages à mettre en culture. Mais comme, à mesure que la population augmenta, la propriété acquit des bornes, on se vit obligé de retourner au champ qu'on avait laissé, et comme pon trouva que le repos et l'engrais du paäturage lui avait rendu sa fécondité, on laissa successivement en pacage le terrain qui avait été en culture pendant un certain nombre d'années. Dans plusieurs contrées nous trouvons encore des traces de cette manière d'alterner; on y reconnatt encore parfaitement sous de vieux chenes, les billons des anciens labours. Probablement cette méthode vétait conservée daus la parue la plus septentrio- nale de PAllemagne, dans la presqu'ile du Danemarck, ct s'y était convertie en unsysteme régulier de culture, qui s'est ensuite étendusur les provinces voisines. Vers le commencement du dernier siècle, le Landrost de la Liihe apprit là à connattre les avantages de ce système, et entre les années 1720, 1750, il commença à l'introduire avec quelques modiſicalions dans ses domaines du Mecklembourg. Ce seigneur s'attira par là devives contradictions, des disputes, des railleries et des inimiués qui, à l'occasion des différens qu'il eut ensuite avec le duc, furent en partie cause des poursuites qu'il essuya, lesquelles mirent du désordre dans sa nouvelle culiure, et dcétruisirent sa fortune. Ces cir- constances firent que pendant long-tems ce propriétaire ne trouva que des zmitateurs secrets, lesquels, dans un silence absolu, introduisirent dans leur domaine ce système de culture, en y apportant quelques modifications, sonvent méme en parlant ouvertement conire lui. Tout-A-coup on s'apergut que plusieurs domaines fortement épuisés par Passolement triennal et qui, chaque jour, voyaient resserrer l'espace qu'ils pouvaient fumer, avaient été rétablis par le nouveau svsteme et poussés à de beaucoup plus grands produits. Cependant ce ne fut que durant la guerre de 7 ans, et dans les annces qui suivirent, que ce systeme de culture oblint Passenúment général, et qu'il s'étendit, tant sur la plus grande parue du Mecklembourg, que sur les provinces environnantes. C'esr aussi de ces 8 tems que sont les premiers écrits ui nous sont parvenus sur cette matière A. P a Tels que Rosenous I ersuche einer Abhandlung vom Acberbau inde, Koppelwirthshaſt, Leipsig 1759.— Sohumaohers gerechbes Verhaltniss der Viehzucht zum Aekerbau aus der —— le Nord ger,(ils dance.) eterrain on avait dpufauion urner au grais du dacage le 8. Dans alterner; lons des ptentrio- werlie en volsines, pprit IA34 1750, il naines du disputes, zuite avec es wirent Ces cir- que des dans leur , souvent e plusieus 6 voyzieut 2 noufeau ne lut queé vsteme de ſus grande ussi de Ces atière 1. — lwirl hslaft 47 au aus 4n D'AGRTCULTURE. 299 Les avantages qui résultèrent de ce genre de culture, principalement sur les do- maines dont les engrais diminuaient progressivement, éclairèrent alors tellement les agriculteurs, qu'on envisagea ce systeme comme le plus parfait de tous ceux qui étaient possibles, et que, dans ces contrées le propriétaire s'estima heureux, que la dépendance absolue des paysans lui permit de réunir d'abord ses champs, et de les diviser en soles. Alors seulement on commenca à estimer la terre à sa valeur. § 5325. Si ici ce fut le hasard qui fit connaitre ce système et qui favorisa son intro- duction, ailleurs sa découverte fut due à la réflexion. La grande fécondité du terrain reposé, la süreté, Pabondance des récoltes qu'il donne, la richesse com- Parative du päturage qu'on obtient des terrains non arrosés soumis à la charrue et qu'on laisse pour quelques années en repos, avant qu'ils soient épuisés; la supériorité de ce paàturage sur celui des pacages à démeure; tant d'avantages durent frapper les observateurs attentiſs. Camillo Tarello, dans son Ricordo d'agricultura, enseigna ce système dans sa plus grande perfecuon, et l'appuya sur des bases solides et des raisonnemens fondés. Suivant lui les herbages devaient étre labourés 8 fois et étre employés à la culture des grains, sans qu'on y mit des engrais, si ce n'est peutêétre de la chaux, jusqu'à la dernière récolte de grains, sur laquelle il voulait qu'on semaàt dutrèfle et d'autres bonnes graines de prés, afin de laisser ensuite ce terrain en päturage ou en pré pour la nourriture du bétail. Bertrand, à Orbe en Suisse, dans ses élémens d'Agriculture, enseigna aussi ce système, et prouva les avantages qu'ont sur les anciens päturages, les herbages formés sur les champs, et la fécondité qui résulte pour les récoltes de grains, de la décom position du gazon. Ce système se trouve établi en Suisse et dans quelques parties du midi de l'Allemagne, depuis je ne sais combien de tems. 326. Malgré tout cela ce systéme de culture a rencontré beaucoup d'oppositions de la part de gens, dont le plus grand nombre ne s'en faisait point une idée complète. On croyait que la culture des grains en serait trop resserrée, et T'on envisageait comme honteux, de laisser tant de terrain sans'ensemencer. L'on croyait que la diminution du travail était le seul mouf de l'assentiment que, de tems en tems, ce système avait regu; Pon en appela au retrait des fermes des Meoblenburgischen I. irthschaftverfassung.— Gedanben von der Mecblenburgischen WI'irts- chaft und Ausfühtrrungskunde von Densouw.— Ion Fegesaek zur Aufnahme der Landwirthschft, Berlin:/ 66. A. 300 PRINCIFES RHRAISONNE S paysans du Mecklembourg*, er l'on assura qu'll tendoit à dépeupler le pays en diminuant à la fois les produits en denrées et Pemploi de la main d'œuvre. L'académie royale des sciences de Berlin, proposa en conséquence pour le prix de l'an 1791, la questiom sur la possibilité d'adoption de Passolement alterne avec pàturage dans la Marche de Brandebourg. Plusieurs écrits furent présentés au concours, et il en parut un plus grand nombre sur les discussions auxquels ces premiers donnèrent lieu, mais les uns et les autres ne présentaient point d'une manière assez claire les rapports réciproques des différens systèmes de culture, et le plus grand nombre d'entreux ne donnait point une idée juste de celui dont il s'agit ici, aux personnes qui n'en avaient aucune connoissance antérieure- F 327. Le principal mérite des assolemens alternes avec päturage, méerite qui a été passé sous silence par le plus grand nombre de leurs détracteurs, c'est qw'ils embrassent dans leur rotation, toute Pétendue des terres qui sont de nature à etre soumises àéla charrue; le seul terrain trop humide, celui qu'on ne peut égoutter, et le irop montueux ou peut èire le irop éloigné, sont laissés Pun en prairies, Pautre en forèts; et tous'deux sont consacrés uniquement à cet emplof. Ce systéme de culture rend superflu le päturage dans les prairies à demeure, du moins n'en prescrit-il Pusage que dans le cas où, au premier printems et en automne tard, la vaine pture ne peut y faire aucun dommage. Au reste les bois y sont complétement fermés, et nulle pièce de bétail n'en écrase les jeunes pousses, ou ne ronge les arbres plus avancés. Il m'admet point d'étendue de terrain exclusivement consacrée au päturage; tout ce qui a servi pendant un certain nombre d'années au pacage du bétail, bonnifié par Pengrais du pareours et la décomposidion des plantes, est de nouveau consacré pour une autre série J'annCes à la culture des céréales; tandis que les champs qui ont rapporté des grains, appauvris sans étre épuisés, se rétablissent peu-à-peu, en servant au päturage er à la nourriture du bétail. Souvent il west déja pas vrai qu'avec cet assolement on stme moins qu'avec l'assolement triennal; il y a beaucoup de circonstances où l'étendue des semailles a été augmentée par Padoption du système de eulture ahterne avec . 4 1 4 2 4— 4 2 paàtursge, parce que les soles étaient augmentées de toute l'étendue, non- b Les grandes possessions foncières du Mecklembourg étaient autrefois divisées en petits Jomaines affermés à des paysans; on les réunit ensuite en grands mas pour les soumettre à Passolement alterne avec päturage. Cest cette opération qui est désignée ici par retrait des fermes de paysans; Einziehung der Bauerhoœfe. Trad. le das uuvre. pour le solement is furent scussions sentaient S'slémes dee jusle noissance grite qm ars, c'est sont de qu' on ne aissés Pun et emplor. demeure, ems et en te les bois les jeunes Lendue de endant un r pereoum autre serie pporié des zervant au me woibs tendue des terne ave jue, Don- — Bes en eliis soumeltreé à nhruit des D'AGcnIrcULT URE. 301 seufement des pàturages qui auparavant 6taient nécessaires à entreten du Pétail, mais encore etsurtout, de celles de bois dépeuplés, ou l'on ne trouvait plus que quelques arbres isolés et rabougris- Au moyen de leurs herbages riches et souvent renouvellés, les assolemens alternes avec päturage peuvent entretenir une bien plus grande quantité de bes- Uaux et leur fournir une nourritur curent donc des engrais en plus grande abondance, e exerémens du bétail disscminés sur le paâturage, lesquels, ordinaires, seraient autant que perdus pour la culture des grains. uit en grains dépend de la quantité des sucs nour- éme etendue de semailles, est e à la fois plus abondante et plus süre. IIs pro- le champ profite méme des dans les assolemens Nous avons dit, que le prod riciers contenus dans le sol; ce produit, sur la m tellement augmenté, que dans la plupart des cas, e ensemencé une moins grande surface, loin de demeurer en-dessous de ce qu'on eüt obtenu par l'assolement triennal, il le surpasse encore. Presque partout on tet assolement égaux, un champ mis alterna- un de plus pour un de semence; t bien qu'on cüt en effet on a dü convenir qu'à amendemen Uvement en culture rapportait après le repos, ce qui, comme produit net, est de grande conséquence- A cela il faut ajouter Paugmentation que donne sur la rente du bélail une nourriture abondante, qui se soutient pendant tout été et qui, soit à cause de la grande étendue des herbages, soit à cause de leur richesse, permet d'en- tretenir un beaucoup plus grand nombre de bestiaux. Ainsi donc, supposé mème que le produit en grains ne důt pas être grossi, augmentation de la rente du bétail seule, au non en faveur du systeme de culture alterne avec pâturage. § 328. on d'après laquelle les assolemens de ceite espèce alternent et les herbages, varie beaucoup, et cette proportion est ce qui caractérise les diverses branches gmentation que personne ne met en doute, déciderait la ques- Au reste, la propor entre la culture des grains avec les conséquences qui en résultent, de ce système. La première différence est ce disngués sous les noms de culture du Dans la première, le päturage et Pentret oins ils ont une beaucoup plus grande part au- Produit, Mecklembourg. Non-seulement Phabitant du Holstein lle qui existe entre les assolemens que Pusage a Holstein, et culture du Mecklembourg. jen du bétail emportenvsur la culture des grains ou tout au m que cela n'a lieu dans le jaboure une moins grande étendue, mais encore il consacre moins de travail Dapns la culture nauionale primitive, qui est encore suivie par un à son champ. ais de jachere complete na. graud nombre de cultivateurs, on ne donne jam 3⁰² rRINOCIPES RAISONNES de labour d'été; aussi a-t-on eu pendant long-tems une fausse honte de diviser le gazon, de détruire des herbes à semence, et de diminuer par des labours réitérés les germes des plantes de pâturage. Ainsi, à la fin du repos on ne donne pas de jachère pour la récolte de grains, et souvent alors on sème en premidère récolte de l'avoine sur un seul labour; si le sol est sablonneux, on y sème du blé noir. Cette première récolte en avoine a été conservée, et à mon avis avec raison, par ceux qui, convaincus de l'utilité d'un travail plus complet, donnent une jachère après elle. De mème lorsqu'on veut remettre les champs en pâturage, on évite ordinairement de trop diviser la terre et de trop détruire les herbes, c'est par cette raison que, pour la dernière récolte on ne donne qu'un labour, et que cette récolte est ordinairement de l'avoine, § 529. Lhabitant du Holstein, on voudra bien se rappeler que je parle ici toujours du plus grand nombre, car on rencontre dans le Holstein des exploitations rurales particulières, dirigées entièrement à la manière du Mecklembourg; l'habitant du Holstein a un plus grand nombre de soles et une rotation plus longue. Ordinairement il cultive plusieurs fois consécutives des grains, et alors il laisse son terrain d'autant plus long-tems en pàturage. La proportion la plus ordinaire dans le Holstein est un ceinquième en grains d'automne, un cinquième en grains de printems et trois-cinquièmes en pàturage. Si Pon donne une jachère, ce qui le plus souvent a lieu, depuis que l'usage de marner a été introduit d'une manière générale; elle ne comprend qu'un dixième, on suirt alors Passolement ci-après: 1. Avoine sur paturage rompu. 2. Jachère. 3. Grains d'automne. 4. Grains de printems. 5. Grains d'automne et de printems. 6, 7, 8, 9, et 10, paàturage. Rarement ou jamais on a moins de dix soles. En revanche on trouve des assolemens de 12, 15 et14 ans, dans lesquels les années de récoltes de grains et celles de päturage se succédent sans alterner, mais avec une plus grande pro- portion de ces dernieres, car jamais on ne cultive consécutivement plus de cinq récoltes de céréales. Dans le Holstein on se déecide plus rarement à changer les soles, qu'on ne le fait dans le Mecklembourg, parce que là, chaque sole est entourée d'une clôture, composée d'un fossé, d'un parapet et d'une haie plantée sur celui-ci. Dans un pays dlniser labours on ne seme uneu, e, elà nil plus 2mettre e et de récolte doine. aujours talions ourg; n plus alors il grains urage. age de lieme, ve des rains et le pro- le cinq mpe le dture, u pays p'AGCRICULTVUMRE. 303 oh la nourriture du bétail au päturage est comme la base de l'agriculture, on met à ces clétures une importance telle, que plusieurs personnes y voient la Principale différence entre la culture du Holstein et celle du Mecklembourg; et c'est pour cela aussi qu'on a si vivement disputé sur Puullité et les inconvéniens de ces clôtures. Il est d'usage de tailler lIes haies chaque fois qu'une sole est mise en culture, erces haies recroissent alors peu à peu, pendant la durée des récoltes de grains; lorsque le terrain est remis en paàturage, elles sont réellement d'une grande utilité. Ces clétures dont l'établissement est à la fois pénible et dispendieux, font qu'on ne se décide pas facilement à changer la distribution des soles et que, dans les domaines où le nombre en paratt trop grand, on préfère en sortir une ou plusieurs de la rotation, pour les soumettre à une culture distincte, à peu près à la manière que les habitans du Mecklembourg suivent pour leurs clos séparés. Comme le cullivateur du Holstein entretient proportionnément plus de bétail que celur du Mecklembourg, et qu'il le nourrit beaucoup mieux, tant en 616 qu'en hiver; il obtient ainsi une plus grande quanuté d'engrais, laquelle, jointe A la plus grande durée du repos, fait que son terrain est conservé daus un état beaucoup plus prospére. Par ce moyen et malgré la moins graude pro- portion du travail qu'il consacre àson champ, il obüent des récoltes souvent plus fortes, mais en général moins assurées. Comme ce genre de culture existe dans le Holstein depuis un tems immémorial et que, par son moyen, le sol doit chaque année gagner en ferulité; ce sol doit étre depuis long-tems dans un état très-prospère, quoique de sa nature, et si j'en excepte les bas fonds et les terrains formés par des alluvions, il ne soit réellement pointsupérieur à celui du Mecklembourg er des autres provinces du nord de l'Allemagne. Souvent on y rencontre une abondance de terreau er une grande richesse de végétation, sur du terrain oir le sable prédomine à un point tel, que si Pon y suivait une autre culture, il ne présenterait que l'imag de la zncriſä. Cela explique'étonnant effet produit par un genre d' amélio- ration que Pon peut aujourd'hui compter comme un des caractères de la culture du Holstein, Pamendement avec de la marne argileuse; effet qui est tel, qwon ne pourrait en attendre un pareil d'un fort amendement de fumier animal. Dans le Holstein, on caleule qu'en moyenne, la moité du produit des exploi- tations rurales est due à la laiterie, aussi donne-ton des soins particuliers à- cetie branche d'économie. Dans l'examen que nous aurons à à ſaire des rapports que les diflérens genre 5⁰4 PRINCIPES RAISONNMES de culture ont entr'eux, nous traiterons en détail de T'emploi des soles, ou des assolemens. § 550. Le culfivateur de Mecklembourg au contraire attache une beaucoup plus grande importance aux récoltes de graius et au travail des terres; chez lui la cul- ture est en général plus compliquée et plus variée; dans le cours de chaque rotation il donne une et méème deux jachères mortes complètes, qui doivent recevoir le premier labour, déjaè en automne, et étre soigneusement travaillées pendant l'été suivant. Par conséquent, il doit non-seulement avoir moins de paàturages et entretenir moins de bétail, mais encore nourrir moins bien celui- ci, tant en été qu'en hiver; aussi le produit des bestiaux est-il beaucoup moins grand dans cette culture, que dans celle du Holstein. 1 Comme le cultivateur du Mecklembourg a moins d'engrais à sa disposition, l cherche à remédier à ce défaut par une culture plus soignée, au moyen de cela les récoltés qu'il se procure sont souvent plus riches que celles obtenues par le culüvateur du Holstein avec un amendement plus fort, mais aussi elles laissent le sol beaucoup plus appauvris. On a cherché à remédier à ce manque de fumier par Pemploi le plus parfait des engrais produits et conservés par la nature, surtout du terreau qui, depuls des siècles, s'était amassé dans les bas ſonds et dans des creux, quelqueſois aussi par l'emploi des plantes aquauiques, en partieulier du varec(Fucus);, parce moyen dans plusieurs domaines on a arrété Pépuisement du sol. Lusage de la marne argileuse se propage à la vérité, et prodlaft des effets très-axantageux sur plusieurs domaines du Machejemnbours qui m'avoient pas été épuisés, mais elle n'y fera j jamais tout le bien qu'on en obtient sur le sol fécond du Holstein. Tandis que Phabitant du Holstein soumet ordinairement toute sa culture à une seule rotation, on rencontre dans les domaines du Mecklembourg ordinai- rement plusieurs assolemens, et l'on y distingue surtout la division suivante. § 531. 1. Les soles interieures ou principales. Elles comprennent le terrein le meilleur, celui qui depuis long-tems, et déjà sous J'assolement triennal, a éte le mieux amendé. Elles sont plus rapprochées des bätimens, et elles y viennent aboutr, ou bien elles y sont jointes par des chemins très-courts; elles font la partie la plus essentielle du domaine, leur paàturage est le plus souvent réservé au bétail de rente. 2. Les soles extérieures, elles comprenneni le terrain le plus mauvais, ou le plus ou des up plus la eun. chaque doivemt Vaillées oins de n celui- p moins lion, I de cela s par le laissem parlait depub Ois aussi parce s effets pas 6le fecond 1 ulture à ordinai- ante. rrein le J, 4 6 viennent fopt la réserwe 3, 0ul le plas 4 3 DAGRICULTURE, 305 loigné, celui que, dans la culturedes terres arables, e terre d seigle de six ou neuf ans. plus négligé et le plus 6 on a coutume de désigner sous le nom d Le paäturage y est trop pauvre et trop éioigné pour le bétail à cornes, on le desne aux bétes à laine. Le cultivateur du Holstein ne possède, à la vérité, päs de ces bèêtes, mais celui du Mecklembourg, quoiquꝰ en les négligeant et n'en reti- ien peu de profit, les a cependant conservées rant jusqu'à ces derniers tems, que b à Passolement iriennal. Il semble depuis Pépoque où ses terres étaient soumises que de droit, ces soles extérieures dussent tout au des bétes à laine, mais comme le plus souvent on en a besoin pour alors ne recevant pas d'engrais, de quoi rendre de chétives moins jouir du parcage les soles zntérieures, on Pôte eneore aux premières, qui doivent puiser dans ce qu'on appelle leur repos, récoltes. Du reste ce repos ne produit que peu d'effet, parce que des champs tenus de la sorte ne donnent que peu d'herbe, et que par conséquent les besuaux n'y déposent qu'une peute quantité d'excrémens. 3. Les soles accessoires, Elles comprennent le plus souv le plus grand nombre est enlourré de haies ent des tertains dis- Ungués et situés près des bolimens; et peut ètre assimilé à ce que, dans le systeme de culture avec assolement irien- elle des clos. Leur objet est principalement de servir au pàturage nal, on app la consommauon du des bétes de trait et de celles de rente deslnées à ſurnir à ménage. On distingue ces dernidères du bétail de la vacherie, donné à louage. Ces soles sont aussi employdes à la culture des plant es à ſourrages et à produire des foins; e'est par cette raison qu'on les appelle encore clos d trefle. Au reste, on y culüve aussi alternativement des grains. Plusieurs cultivateurs un assolement réglé, et en particulier à l'asso- Z5. trèfle, 4. grains d'au- quĩ le plus souvent ont commencé à les soumettre à lement de quatre ans, 1. récoltes sarclées, 2. orge, tomne. En général cependant on m'y suit aucun cours de suivantles besoins de chaque année, et comme supplément r 6tendue est le plus souvent proportionnéc à la quan- „parce que, dans Porigine, récoltes Bxe; on di- rige ces clos à volonté, aux soles principales. Leu nté de bértail de trait et de mênage qu'on entretient ces soles métaient destinées qu'à lui servir de päturage. Là, en effet, on pouvait mieux entretenir les bœufs de trait et les avoir sous esoin, Ordinairement ces clos sont au nombre tituüon primitive, l'un doit rapporter des grains, étre paäturé, etils alterneut ainsi tous la main, lorsqu'on en avait b de trois, dont, suivani leur ins un autre produire des foins, et le troisième les deux ou trois ans. § 332. Suivant l'état ou les soles se trouvent, on les appelle, 1 sole du paäturage, I. 59 6 2. sole de semailles, 5 sole de jachère. Là où il y a deus jachdres dans Pas- 2 20 P RINCIPES RAISOGNNES solement, une immédiatement après que le päturage a été rompu, J'autre entre les récoltes de grains; la première s'appelle jachère verte, fachère du repos, Premidre jachère, et comnme alors le champ n'est pas fumé, on dit qu'il produit de repos, il serait plus exact de dire qu'il produit de Ia decomposition du gazon. L'autre jachère s'appelle, fachère meuble, fachère noire, seconde jachore, et parce qu'elle est fumée, jachere fumde ou jachòre grasse. § 535. Dans la culture du Holstein, comme dans celle du Mecklembourg, ces soles al- ternent successivement entr'elles, ensorte que, pour la culture, chaque année une prend la place de la précédente. Cettefrotation dure autant d'années qu'il y a de soles, et dans Pannéc qui suit Paccomplissement de la rotauion, chacune de cessoles doit se trouver dans état où elle était au commencement. II s'ensuit de là que chaque année il y a le même nombre de soles de chaque espèce, ce qui établit cette uniſormité, cette régularité permanente de culture, laquelle non-seule- ment facilite l'inspection, mais aussi assure un produit égal des diverses branches de l'économie rurale; ensorte que, dans aucun genre de culture, on ne peurt * lue, 8 2 obtenir des apercus plus exacts, et l'on ne peut maintenir P'ordre avec plus de facilité que dans celai-ci, lorsqu'une fois cet ordre a Gté établi. En revanche, dans aucun genre de culture l'organisation n'est plus diffcile et ne demande plus de réflesion, parce qu'ensuite tout changement partiel devient presque impossible, si l'on ne veut étre réduit à changer tout Pensemble. § 354. Partout où cela se peut, on distribue les soles de manière que d'après leurs n.“ et leur succession, elles se trouvent dans une position circulaire, ensorte que, si par exemple il yen a rr, le n.“ 11 touche au n.“ 1; par ce moyen on obüent que les soles de pâturages soient attenantes, qu'ainsi le bétail Puisse les parcourir ensemble, ou tout au moins aller de l'une à l'autre, sans avoir beau- 1 Pon consacre au parc du bétail l'un ou l'autre des clos entourés de haies, et aussi long-tems qu'il demeure en herbage, l'on y mert les bétes pour y passer la nuit. Quelques personnes n'approuvent pas ce dernier usage, parce qu'ainsi ce clos se trouve favorisé au détriment des soles, par une plus grande abondance de fumier du parcours; elles n'en exceptent que le cas où J'on aurait des mo- Ufs particuliers d'améliorer cette pièce de terre. Au reste, le rapprochement des P P— PP päturages est important à cause des abreuvoirs, parce qu'alors un de ceusz-ci coup de chemin à franchir. Outre cela, afin d'épargner de nouvelles clétures, mi Ins Jäs⸗ re entre Teps, produit Lgazon. achore, Soles al- ée'une Uy ade cessoles elà que i établit -seule- Pranches ne peut plus de vanche, emande presque es leurs ensorte fen Pon uisse les ir beau⸗ Jölures, haies, et passer l ainsi ce ondalce des mo- ment des ceur⸗ci D'AGRICULTURL. 3⁰ peut suffire pour deux ou trois soles. Comme ces abreuvoirs ne sont pas tou- jours d'un établissement facile, il convient d'y faire attention daus la distribu- dion des soles. §. 335. Dans la bonne règle, l'étendue de ces soles doit ètre égale. Souvent à la vérité lorsque le sol était de qualités différentes, on donnait proportionnellement plus d'espace aux soles composées du plus mauvais terrain, afin d'avoir chaque année, autant que cela était possible, la mèême quantité de grains et de nourriture pour le bétail. Comme le plus mauùvais terrain est fréquemment celui qui est le plus sablon- neux, il est d'un labeur plus facile, ainsi la différence du travail n'était pas consi dé- rable; et comme l'on avait coutume d'augmenter on de diminuer la quantité de semence, en proportion de la bonté du sol, il y avait aussi en cela cette égalité tant estimée des anciens économes. Seulement on manqguait d'autant plus d'engrais que le fumier devait être disséminé sur un plus grand espace, puisque, pour rendre un produit égal, le mauvais terrain en a bien plus besoin que le bon. C'est pour cela que souvent on était obligé de traiter différemment la plus mauvaise partie de ces plus grandes soles, de la laisser plus long-tems en herboge, d'en esiger moins souvent des récoltes de grains et de Pemployer seulement de tems en tems, comme supplément aux semailles; ou bien qu'on devait y remédier par le moyen des olos accessoires, en leur retranchant les engrais, lorsqu'on avait à fumer une sole de plus grande étendue et d'un plus mauvais terrain. §. 536. Si G'ailleurs le sol des différentes parties du domaine n'est pas tout d'une méme nature, et que cependant on veuille comprendre toutes ces différentes parties dans l'assolement, on s'arrange de manière que chaque sole ait une por- nion égale de chaque espèce de terrain. Souvent ceci présente de grandes dif- ficultés, souvent même on est obligé de donner aux pièces une forme différente de celle qu'elles devraient avoir d'apreès les convenances géométriques; si, à eause de la localité, on est obligé de joindre à une sole une parcelle de mauvais terrain, alors on cherche à améliorer celle-ci en y mettant une plus grande quan- tité de fumier, ou mieux encore en y transportant de la bonne terre. Quelquefois on a jugé nécessaire de comprendre dans la rotation une sole de terrain décidément plus mauvais, mais de la ménager en la laissant reposer une année de plus en pàturage et en avançant Asa place la culture d'une sole qui füt de nature àsupporter ceite anticipation. Alors, dans le cours de la rotation, la pre- mière rapporte une récolte céréale de moins, iandis que la seconde en produit une de plus et par conséquent est une année de moins en päturage, de cette manière 5⁰8 PRINCIPRS RAISOCNNES on ménage le terrain de Tune, en appauvrissant celui de'autre. Cest-là une res- source pour les cas de nécessité, qui ne doit étre employée qu'avec la plus grande circonspection, et qui, si Pon en abuse, peut déranger l'exploitation pour plusieurs rotations: il faut surtout faire attention que des fermiers à qui une telle opération pourrait Gtre extrémement avantageuse, ne puissent pas se la permettre, si tout Passolement n'estpas calculé pour cela. On dit au reste que plusieurs propriétaires avides du Mecklembourg Pont faite dans les années ou les grains s'exportaient X des prix avantageux. § 537. 8 Kinsi donc la distribution des soles dépend souvent de Ia localité, de la dis- position des terres et de la situation des bätimens rustiques. Mais il est d'autres considérations qui ne sont pas d'une moins grande importance, et qui déci- dent souvent une division beaucoup moins régulière qu'elle ne parattrait devoir Pétre d'aprés la figure de la surface. La disposition la plus avantageuse des terres est sans doute celle dans laquelle le domaine formant un cercle ou un demi cercle autour des bâtimens, les soles aboutissent ioutes à ceux-ci etse rélargissent. en's'en éloignant. On désigne cette disposition sous la dénomination de forme en doentail; mais pour cela' il faut que les btmens soient convenablement placés; que le ierrain soit assez homogène, et que les terres soient réunies eurnullement interrompues. § 538. Le mieux, sans doute, est que chaque sole n'ait que quatre cêtés, et qu'elle m'ait pas des sinuosités ou des enclaves qui en rendent le labour plus diffcile. Une figure carrée ou oblongue serait à tous égards préférable; mais elle ne sau- rait avoir lieu avec une telle distribution, d'aifleurs la forme d'un triangle rabattú- a peu d'inconvéniens. Cependant ces soles ne doivent ni être trop étroites, nise terminer absolument en pointe du cοε⁶ε des Patimens, parce que cela rendrait plus difficile le labour ém travers; une forme très-longue ei très-Gtroite aurait également des inconvé- niens, en prolongeant la ligne de séparauon d'avec la propriété voisine, ce qui rendrait une plus grande étendue de haies nécessaire, si l'on ne voulait que Ia- garde du bétail ne fut trées-difſicile. § 539. La situation des bätimens er la disposition géométrique du domaine, permet- tent rarement de faire une distribution des soles qui ne laisse rien à désirer. Souvent on est réduit à établir la communication de celles-ci avec les bàäúmens rustiques par un ou plusieurs chemins communs, et à faire aboutir les soles sur des chemins. Mais il faut, autant que cela est possible, disposer les choses de ☛ 1 ni une reg. s grande plusieurs peération ä tout Priétuires portaient de la dis- d'aulres qui déci- it deroir les terres un demi forme en at placés; nullement 1 qw'elle dieile. e ne sau- le rabattü⸗ solument je labour inconvé- e, ce qui ait que k permet⸗ désirer- palimens zoles zur Joses de apglssent. DAGRTCVULTURE. 309 manière qu'une sole ne soit pas placée derriére une autre, et qu'on ne puisse y arriver sans passer sur cette dernière, ou sans faire des détours. § 540. II faut dviter, autant qu'on le peur, qu'une partie des solessoit beaucoup plus éloignée que P'autre, puisqu'alors quelquefois on serait surchargé de travaux; mais on ne peut pas toujours empécher que cet inconvénient m'ait lieu. Si le domaine a une figure longue et étroite et que les bätimens soient à une des extré mités, ce mal est inévitable. D'ailleurs il convient de ne pas diviser les soles, c'est-à-dire, de ne pas com- poser chacune d'elfes de différentes pibces séparées, surtout lorsque les champs doivent ètre alternativement mis en päturage. Cela est moins essentiel si le bétail doit être nourri à l'étable; souvent méèéme dans ce dernier cas cette division peut être avantageuse. Ainsi, afin d'avoir toujours près des baälimens quelque portion de terrain con- sacrée à fournir àla nourriture du bétail au vert, on pourrait doubler le nombre des soles et en associer toujours deux ensemble, mais de manière qu'il y en eut une située preès des bàtimens, avec une autre située à un plus grand éloigne- ment. Bien entendu cependant que ces soles ne fussent pas trop petites. § 541. Souvent, AIa vérité, la disposiuon physique du domaine ne permet pas qu'on disiribue les soles de maniére qu'elles soient attenantes les unes aux autres; 1l se peur quw'elles soientséparées par des ruisseaux ou des rivières, par des ravins, des marais ou des étendues d'eauz. En cela les eas varient à l'iufni, l'on est donc réduit à observer larrègle générale autant que cela est falsable. En réflé- chissant müúrement et en examinant attentvement l'ensemble, tant sur le plan que sur le terrain mème, on tombe sur différentes idées, d'entre lesquelles il ſaut choisir la meillcure sans chercher une perfection absolue. Si ces obstacles ne sont pas considérables, ordinairement on les comprend dans les limites de la sole, er Pon cherche à réunir les deux parties de celle-ci par des ponts ou des digues. Là où cela ne peut avoic lieu, il faut profiter des eaux ou des bas fonds marécageux pour limiter les soles. . 342. Partout où cela est possible on profite des fossés d'écoulement pour clère jes soles. Il en est de même des chemins, que volontiers on borde de fossés et Giablit en ligne droite, afin de perdre moins de terrain, er d'avoir la commu- nication la plus eourte d'un lieu Aöun autre, Comme cependant pour communiquer avec chaque sole, il faut avoir un chemin; 310 PRINCIPES RAISONNE SG et qu'on n'aime pas le faire passer au travers d'autres soles, des détours sont quelqueſois inévitables. § 545. Dans les lieux où le domaine est attenant à quelque village, c'est souvent Ia posi- tion des champs des paysans qui présente les plus grands obstacles. Dans le Meck- lembourg où les seigneurs avaient conservé la propriété du sol, ils omt fréquem- ment démoli les villages et assigné aux paysans leurs possessions dans des lieux ouù elles ne nuisaient plus à la bonne distribution du domaine. Mais là ou le sei- gneur a perdu le droit de propriété sur les champs de ses vassaux, sans cependant qu'une législation favorable à l'agriculture facilite les réunions et les échauges; il faut se tirer G'affaire comme on le peut, à travers bien des difficultés, b§ 544. Si le sol est tellement varié dans sa nature, qu'on ne puisse Pemployer conve- nablement sous une seule rotation; il faut alors établir plus d'un assolement, et s'attacher bien plus à l'homogénéité du sol qu'à la situation des soles. Là, sui- vant que le terrain change, les soles de différentes rotations se trouvent entre- mélées, souvent même elles s'y croisent d'une manière singulière. L'on a alors beaucoup de peine à faire une bonne répartition des soles; lorsque la rotation comprend du pâturage, il faut, autant que cela est possible, arranger les choses de manière que les pisces qui sont autenantes, quoique appartenant à des rotations différentes, se trouvent en paturage dans le mèême tems. Si le sol d'un domaine, bien que variant de place en place, est cependant assez fertile et en assez bon état pour dédommager d'une culture soignée, quoi- que très-compliquée; ces assolemens doiven:t y Stre multipliés autant que le sol parait'exiger. § 345, Ainsi donc, avant tout, il faut savoir en combien d'assolemens, et ensuite en combien de soles le domaine doit étre divisé. Dans le Mecklembourg Pon a en- visagé le nombre de ces soles comme le principal probléème de P'agriculture; Pon a en conseéquence beaucoup disputé sur cesujet et, comme on devait s'y attendre, l'on n'est point tombé d'accord, parce que les circonstances dont ce nombre dé- pend étant partout différentes, elles ne permettent d'établir aucune règle générale. Mais il est d'une grande importance de choisir le nombre le plus convenable dans chaque cas donné. § 546. L'étendue du domaine„sa figure, sa position relativement aux bàtimens, les interruptions qui s'y trouvent, et les variétés que le sol offre daus sa nalure, ourg sont entſa posi. Sle Meck- ſreéquem- des lieun o0 le zei⸗ bependant bchauges; 7 28½ 28, feer conve- ment, et La, sui- ut entre- on à alors mrotation les choses nt à des ependamt ée, quoi- Jue le 50l nsuite en von a en- ure; Von auiendre, mbre dè- générale. able dans eens, les naluré; DAGRTITOUYL XUR E. 511 decident avant tout, si Pon ne doit adopter qu'un seul assolement ou s'il con- vient d'en établir plusieurs, et si Pon doit diviser les champs en soles intérieures et en soles extérieures. E'instituüon de métairies ou de bàtimens rustiques par- üculiers sur des pièces de terre éloignées, a trouvé un trop petit nombre de Darüsans dans le Mecklembourg; l'étendue des champs qui, dans ce pays, sont attachés à un seuf domaine, y est presque trop grande. De là vient que souvent on a été obligé d'y réduire en soles extérieures, c'est-à-dire, en cliamps né- gligés, des terrains quı, d'après leur fécondité naturelle, devaient obtenir une meilleure destination, er qui, plus rapprochés des bätimens, eussent bientéôt cgalé les soles intérieures. Ces soles extérieures sont fort négligées, peu ou plutôt point fumées, et en général consacrées au parcours des bétes à laine. C'est à ce dernier usage en effet que, dans Jeur état actuel, elles sont le plus propres; non-seulement parce que cette espèce de bétes se contente d'un chétif päturage, pourvu qu'elle ait beau- coup d'espace, mais encore parce que la fiente qu'elle laisse tomber sur Ie pacage amélore à la longue bien plus un mauvais terrain, que ne le ſait celle du bétail à cornes. Lespèce d'amendement qu'il convient le mieux de consacrer à ces soles c'est le parcage des moutons, parce qu'elles sont en général trop éloignées pour qu'on puisse y transporter facilement des engrais d'une autre espèce. § 547. Les clos acoessoires sont souvent in dispensables dans une erploitation rurale, pour y maintenir Péquilibre; ils sont destinés à aider à Pentretien du bétail et, par la plus grande quantté de fourrage qu'ils donnent, à procurer un supplément d'engrais pour les autres clramps. Là où ilm'y avait pas de tels clos, on'a quelque fois retranchié une sole de la rotation, pour la' eonsacrer à cet usage. § 348. Dans la recherche du nombre de soles qu'on doit donner à la rotation prin- cipale il faut faire attention 1.0 A la nature du sol. Les terrains sablonneux sont plus améliorés par le repos que par la fréquence des labours; de nombreuses et fortes jachères ne leur sont point avantageuses; elles pourraient plutôt leur étre nuisibles. Lors- qu'on jachère ces terrains après Ies années de päturage, on n'amullement besoin de le faire en automne; le plus souvent il suffit de donner le premier labour au milien de l'été; mais on peut aussi les ensemencer sans labours d'été à la manière du Holsteim, surtout si on les sème en blé-noir, qui, dans les soles de cette nature, est une préparation aux grains d'automne presque meilleure que la jachère. Quant aux glaises tenaces, des labours d'été répétés, seuls, 512 PRINCIPES RAISONNEIS peuvenm leur donner une grande fécondité. C'est pourquoi on doit y mulüphier les jachères, suivant que la nature argileuse du sol le demande. Au reste on peut sans inconvénient y diminuer Pétendue du paturage, parce que cette espèce de terrain donne une herbe plus abondante. Si Pon y culüvait successivement plusieurs récoltes de grains, elles S'iinfecteraient trop de mauvaises herbes; si au contraire on les laissait trop long-tems en pàturage elles se durciraient trop. Si le sol est calcaire et que sa couche inférieure composée d'un argile imperméable à T'eau', le rende humide; il peut étre avantageux de prolonger la durée du repos en herbage ou en prairie, pour diminuer le nombre des récoltes céréales, surtout lorsque le terrain a été bien fumé et qu'il contient les germes de bonnes plantes à fourrage. S'il existe des espaces de ce genre entre les divers clos, souvent on ne les metpas en culture aussitét que les autres, on les laisse plutôt en prairies, lors mèême que les terrains qui ſes avoisinent rapportent des grains, et on en reiire alors une ou deux récoltes céréales de moins, quelquefois même seulement de l'avoine. 2. A la quanlité de fumier nécessaire pour amender une jachdòre et d la Facilité de se le proourer. La seconde jachère doit étre fumée; il faut donc que son étendue soit calculée d'après la quantité d'engrais dont on peut disposer. Dans le Mecklembourg, eomme dans d'autres contrées, la quamité de ſumier a le plus souvent&tε Gvaluée d'après le nombre des pièces de bétail, et cette manière de calculer n'y a pas eu des résultats plus exacts que partout ailleurs. On a assez généralement admis en principe qu'une pièce de bétail fournit le fumier nécessaire à 100 perches de 16 pieds. Si donc une pièce de bétail con- sommait le päàturage de 500 perches carrées, il faudrait pour fumer un journal de terre avoir 500 perches carrées de paturage. Si la nature du sol à fumer ou son épuisement, demandait que cette étendue fut plus grande encore, le nombre des soles de päturage devrait étre augmenté. C'est ainsi que plusieurs cultivateurs ont calculé et ont eru avoir três-bien fait leur compte; mais la quantité de ſumier q'hiver, et il ne peut s'agir ici que de celui-là, ne dépend ni de'étendue du pàturage, ni du nombre des pièces de bétail, mais seulement de la quanuté de fourrage obtenue et consommée d'une manière économique, C'est donc surtout la quaniité des produits en paille et en foin qui détermine le nombre des soles, et le genre des produits qu'on doit en exiger, pour que la jachère puisse étre suffisamment fumée; c'est seulement d'après la quantité de ces produits, qu'on peut régler celle du bétail qui doit les consommer de la manière la plus avantageuse, et l'étendue de pàturage nécessaire pour qu'on obtienne, outre le fumier dont on a besoin, la rente la plus considérable qui soit possible. Ainsi donc il ne s'agit pas ici comme plusieurs l'ont prétendu, de la vulüiſie reste on le espéce sivement bes; d au erop. Ale rméable à du repos s, surtout plantes à ton neles lors même alors une pavoipe. re et d la aut donc disposer, e ſumier a „et celte t ailleurs. fournit le Sail con- un journal fumer ou le nombre zulüyateurs uanuté de e Pétendue la quanäli determine „pour que la quantllé ommer de pour quon rable qul giendu, de us, D'AGRICULTURE. 325 la nature du sol ou du plus ou moins de disposition qu'il a à rapporter de P'herbe, mais bien platét de la quantité et de la qualité des prairies et des clos acces- soires desünés à produire des fourrages. Ou bien il faut que dans une des soles, on recueille des fourrages d'hiver, et qu'ainsi le nombre de ces soles soit aug- menté d'une. Cette dernière circonstance n'a que rarement lieu dans les domaines soumis à la culture alterne avec päturage, et dirigés à la manière ordinaire: elle ne peut guères étre obtenue sur un terrain de fécondité moyenne, qu'autant qu'il est soumis à un assolement alterne perfectionné; puisqu'après trois récoltes de grains et plus, le champ n'est pas fréquemment dans un Glat favorable à la végétation du trèfle. 5. Au travail. Il est augmenté par le nombre des jachères simples ou doubles, et diminué par la durée du päturage. II faut aussi examiner si l'on peut trouver de Pavantage à augmenter la quantité du bétail, ou siil vaut mieux la borner. 4. A L'ναluution et d la comparaison des produits qui résultent tant de la eulture des grains gue de Pentretien dus b&tail. Si'on diminue l'étendue des terres à ensemencer, le produit ne diminue pas proportionnellement, par la raison qu'a- près un plus long repos, surtout dans les terres légères, ce produit est ordinaire- ment plus considérable; ous'il diminue ce n'est pas à tel point que l'augmentalion qui a lieu dans la rente du bétail et Pépargne des frais de' culture, ne soient une compensation satisfaisante. 5. A la quantité de prairies dont on dispose. S8i'on en retire une quamiitéè de foin suffsante, de sorte qu'après déduction de celle que consomme le bétail de trait, il en reste celle nécessaire pour entretenir pendant Phiver le bétail de rente qu'on met en été au päturage, et pour qu'on puisse en obtenir le fumier dont on a besoin. Enfin 6. Comme nous Pavons-dit ci-devant, d la grandeur du domaine, à la position des champs et aux variétés qui existent dans la nature du sol. Une position avantageuse des bätimens relativement aux possessions, peut être quel- quefois un mouf de diminuer le nombre des soles, parce que sans cela, les soles deviendroient trop étroites en se rapprochant de ces bàtimens. § 549. Les rotations adoptées le plus généralement dans le Mecklembourg, sont les suivantes: 1 L'assolement de six ans. Il a une jachère complète, trois récoltes succes- sives de grains et deux aunées de paâturage. On le préfère daus les domaines, qui possèdent des prairies riches et des pàturages fertiles. Il a besoin de beaucoup d'engrais, soit à cause de l'étendue de la jachère, qui revient tous les six aus, I. 40 314 PRINCIPES RAISONNES soit parce que deux années de repos sont insuffssantes pour rendre au sol la fécondité que trois récoltes de grains lui ont enlevée. Lorsqu'il a été introduit sur des domaines d'une richesse médiocre, il a eu des suites désavanta- geuses, à cause de la quantité de grains qu'il produit et de l'épuisement qui en est la suite. Lassolement de sept ans, a une jachère, trois récoltes successives de grains, et trois années de pâturage. C'est aujourd'hui un de ceux que l'on préfère, parce que trois années de pâturage donnent au sol un repos suffisant, et que c'est à la troisieme année que l'herbe est la plus abondante; cette dernière circonstance fait que la jachère peut étre mieux fumée que dans le précédent assolement, et qu'elle acquiert ainsi le complément de sucs nécessaire à trois récoltes de grains. A la vòrité il demande un supplément en fourrages moins grand que celui exigé par l'assolement ci-dessus, cependant il ne sauroit se passer de prairies accessoires, Dernièrement quelques personnes ont commencé à y introduire une quatrième récolte de grains, mais si elles ne possèdent en même-tems de riches päturages, ou des clos séparés qui donnent des fourrages, il ne peut qu'en résulter un épuisement fächenx, à moins toutefois que ces culüúvateurs ne mettent beaucoup de discernement dans le choix des récoltes. Nous parlerons ailleurs de cet assolement, ici nous ne nous occupons que des plus usuels. Tyassolement de huit ans, comprend ordinairement une jachère, quatre ré- coltes de grains et trois années de päâturage. Il demande pour ses quatre récoltes de céréales un amendemeni plus riche, et cet amendement on ne peut l'obienir que d'un grand supplément en foins, parce que la paille de la troisième et de la quatrième récolte diminue progressivement. On le trouve aussi avec trois récoltes de grains seulement et quatre années de pàturage, sur des domaines qui ont besoin d'étre rétablis de leur épuisement, ou dans la rotation suivie sur des soles extérieures passablement fertiles. Lassolement de neuf ans, ordinairement il a une jachère, quatre récoltes de grains et quatre années de paäturage. Des assolemens qui n'ont qu'une seule jachère, c'est celui chez lequel elle est le moins sensible, puisqu'elfe ne revient que de neuf en neuf ans; d'ailleurs, comme dans cette rotation le terrain s'est reposé quatre ans, il a d'autant moins besoin de fumier; ainsi une moins grande proporuon de prairies lui suffit; à la vérité Pon n'a alors que peu de fourrages, pour nourrir en hiver les bestiaux qui doivent brouter cette grande étendue de paäturages. L'on a aussi exigé de cet assolement cinq récoltes consécutives de grain, avec seulement trois années de päturage: mais le terrain le plus fertile du sol la ntroduit savanta- qui en e gräins, re, parte C'està k conslance ement, et de grains. que celui le prairies duire une de riches deut qu'en ne melten ons que des quatre ré- tre récoltes ut Tobienir sieme et de avec trois es domaipes m suiyie suf tre récoltes u'une seule e ne revient terrain Sest noins grande e fourrages, clendue de secutiyes de plus erüle P'A GRICULTWR E. 315 seul, peut supporter une telle rotalon, qui, d'ailleurs, annonce toujours plus d'avidité que de vraie économie. On ne rencontre presque plus aujour jachères, qui autrefois Gtait assez suivi. très-belles récoltes de grains, sur des terres qy'hui Passolement de neuf ans avec deux Cette rotauon cependant procurait de ienaces qui avaient besoin d'eètre for- tement travaillées. C'est sur les soles ewterieures seulement qu'on rage, trois récoltes de grains et une jachère PL'assolement de dix ans aveo deux jachères, quatre récolte les deux premieères sont séparées des deux dernières par la seconde de ces jachères, age, n'est suivi que dans un très: petit nombre de domaines. de prairies suffir pour conserver assez de fécon- rencontre cinq années de paàtu: s de grains dont et quatre années de pitur Cependant la plus petite proportion dité aux terres qui y sont soumises. IIme para „ ainsi qu'on a essayé de le faire, on y cultive cinq ſortement la ruine du sol, par con- A 1„ usurtout propre aàa un cours de récoltes perfectionné. Si du reste récoltes successives de céréales, on avance séquent celle de Passolement. L'assolement de onze ans. II fournit deux récoltes de grains après la pre- mieère jachère qui ordinairement ne reçoit pas d'engrais, et trois après la seconde, qui alors est fumée; par conséquent il y a quatre années de päturage. Autrefois dans le Mecklembourg, on préférait cet assolement à tout autre, et egrettent poini d'y étre demeurés fidèles. il est encore beaucoup de gens qui ne r chère compensent Sur un terrain bon et argileux, chez lequel le repos et la ja cet assolement peut fournir au bétail une nourriture la rareté de l'amendement 2 eaucoup d'engrais, par conséquent avec une tres- suffisante et se soutenir sans b petite proportion de prairies. Passolement de douze ans, qui donne trois récoltes de grains après chaque jachere peut, dans ses proporlons, èrre comparé à Passolement de six ans; s'il obuüent autant de fumier que celui-ci, il peut en rendre un peu déjà pour la mer d'autant plus fortement la seconde; il me parait sur- en ceci, que le fumier y est épargné là ou il est faire verser les céréales, pour ètre mis en première jachère et fu passer Passolement de six ans le moins nécessaire et ou il pourrait plus grande quantité là ou la terre en a le Si Pon ne peut y fuamer qu'une seule jachèere, ans, la quantité de grains qu'on en retirera sera pette la grande étendue des semailles, et encore le sol se trouvera-t-il sensiblement appauvri. plus besoin. C'est-à-dire, qu'une fois en 12 proportionnément& PRINCIPES RAISONNES § 550. A un petit nombre d'exceptions près, la succession de céréales qu'on cultive est, après la jachère seulement, des grains d'automne; puis deux, trois et quel- quefois quatre récoltes de grains de printems, la première ordinairement en orge, et les suivantes en avoine. En général on cultive peu de légumes; lors- qu'on sème des pois c'est le plus souvent sur la dernière sole. Cultivés à cette place, le produit ne saurait en étre encourageant; aujourd'hui ils sont plus ordinairement semés sur la troisième sole de grains et après eux le champ est mis en herbage sur grains d'antomne. La culture d'autres plantes légumineuses est encore une chose rare, introduite comme perfectionnement. Dans le Mecklembourg on n'a jamais trouvé de'avantage à laisser subsister le päturage plus de quatre ans; à la quatrieme année déja ce päturage va en diminuant; après elle la terre se couvre de mousse et le bétail n'est plus que maigrement nourri. Au reste, cela tient bien moins à la différence qui existe entre le sol et le climat du Mecklembourg et ceux du Holstein, qu'au plus grand appauvrissement dans lequel sont les champs, lorsqu'ils sont remis en päturage. Laà on paratt ignorer la méthode conseillée par Camille Tarello, de n'enterrer le fumier qu'à la dernière semaille, ou même de V'epandre sur le nouveau gazon; et en effet l'adoption de cette méthode, d'après laquelte on n'applique d'abord le fumier au terrain que comme un capital, entratnerait peut-être après elle une trop grande diminution de la récolte des grains, quoique cette perte fut sans doute bien compensée dans la suite par la plus grande richesse du päturage et par Pabondance des produits qu'on obtiendrait après avoir de nouveau mis ce Päâturage en culture. Dans ces derniers tems la coutume de semer du trèffe blanc avec la dernière récolte de grains s'est propagée presque partout, il n'y a plus qu'un petit nombre- de cultivateurs qui, par apathie ou par attachement aux anciennes formes, laâ négligent et attribuent à Pherbage naturel plus d'avantages pour le pâturage du bértail; mais les vachers ou fermiers de laiteries, dont le suffrage doit étre de quelque poids, sont si prononcés pour cette méthode, qu'ils en font une condi- nion de Paugmenitation de rente qu'ils donnent pour chaque vache. Dans la première année de päturage surtout, cela fait une grande différence, si môme elle n'esr pas sensible à la'seconde et à la troisisme. ELe tableau joint au h 288 montre comment on doit évaluer le produit du paturage, tant d'après la nature da sol et le plus ou moins de disposition à- produire de'herbe qu'il conserve aprés les récoltes de grains, que suivant le tems qui s'est écoulé depuis qu'il a été laissé sans culture. meulure ei quel- went en 8; lors 8à ceue ont plus amp est migeuses zübsister ge va en dlus que ii existe s grand urage. enterrer u gazon; d'abord res elle erte fut aturage u mis ce deroière nombre mes, la rage du zire de e conci ference, au joink d'après be quuil depuis DACGRICULTURE 317 § 551. Suivant le témoignage des gens àgés, une grande étendue de terres, qui avait dté épuisée par l'assolement triennal, a été tellement améliorée par ce genre de culture et dans' le cours d'une génération, qu'elle a pu fournir à une forte exportation de grains, en mèême tems que la quanuité de bétail qu'elle nourrissait a été tout à la fois triplée et beaucoup mieux entretenue. C'est-là une preuve si frappante des avantages que ce système de culture a sur d'autres, qu'elle a éveillé Pattention de toutes les provinces du nord de l'Alle- magne et que ce système a trouvé un grand nombre de sectateurs, partout oà d'anciennes institutions n'entravent pas le cultivateur dans la libre jouis- sance de sa propriété, et où les domaines sont d'une étendue assez grande pour indemniser de changemens qui ne peuvent étre faits qu'à la longue et, pen- dant les premières années, avec sacrifice du produit en argent. § 352. Les avantages du systéme de culture alterne avec päturage sont principalement les suivans. Il épargne beaucoup de travail, etil paie toujours mieux celui qui y est appliqué, que ne le fait Passolemen: triennal, dans lequel la terre non fumée n'est que trop souvent labourée sans profit, puisqu'elle y gagne peu de chose au-delà de l'équivalent d'une fois la semence. Les travaux s'y succèdent d'une manière très-régulière; non-seulement ils sont chaque année les mèêmes, mais enocore ils sont assez bien répartis entre les saisons. Chaque labeur peut y avoir lieu au moment quislui est le plus propre, les terrains qui devaient étre rompus Payaut été en automne, le choix du tems le plus favorable pour les labours et le hersage peut toujours se faire avec facilité; aussi est-il généralement regu que pour voir des jachéres bien soignées il faut parcourir le Mecklembourg. L'engrais est appliqué au'sol dans le temps le plus convenable, et il y est soigneusement mélé avec la couche supérieure, de manidère à avoir une action comploète sur les récoltes. Tout y est prêt à tems pour les semailles de grains diautomne, et ce qui a tant d'influence sur le succès, on peut y choisir les premiers tems favora- ples pour enterrer la semence; dans les autres assolemens on n'obtient pas le mèême avantage. On lui a reproché de diminuer trop le travail et par là de nuire à Pactivité et à la population. Mais ce reproche ne peut- lui éitre fait que par ceux seulement qui ne considèrent pas qu'il ne souffre aucune place inculte et qu'il embrasse Jans son ensemble toute létendue des terres, chacune pour ce à quoi elle est propre. Si depuis son introduction dans le Mecklembourg. la- populauion y avait diminué, ce qui mest certainement pas, cela ne pourrait étre attribué 318 PRINCIPES RAISONNES qu'à la trop grande étendue des domaines et au défaut de petites exploitations agricoles. Tout comme la quantité et la nature des travaux ne varient point, de mème si Von en excepie les années extraordinaires, la récolte est toujours sem- blable, et cela, non-seulément quant à Pétendue de terre, mais aussi quant au produit réel. Tont au moins la différence dans la fécondité des années n'y est-elle point aussi grande que dans les autres systèmes de culture. Rarement la récolte de grains d'automne y manque„parce qu'elle a été semée de bonne hieure et d'une manière convenable. On peut, presque avec certitude, compter sur ses produits, s'ilne survient point d'accident parliculier. C'est également par cette raison que rarement on y obtient de quelque partie des champs ces pro- duits excessivement grands qu'on ne peut pas trop s'expliquer à soi-méèéme. Aussi y calcule-t-on avec bien plus de certitude qu'ailleurs le produit net fize qu'on peut obtenir d'un domaine, Alutant nune bonne distribution des soles et Létablissement durable de ce système de culture demande de connaissances et de lumières, autant lorsqu'une fois a il été bien établi, i! peut marcher avec facilité. De irès-grandes exploitations rurales peuvent ainsi étre mises en mouvement et être conservées en bon état avec fort peu de surveillance. Tout y a sa route hatuue et s'y succède dans son tems et dans son lieu. Il y a peu de chose d'autre à y observer que le méca- nisme ordinaire du labour, du hersage, des semailles, du fauchage et de la récolte en général; et dans les pays où cette culture est établie, ce mécanisme est tellement connu et tellement bien exécuté, que chaque paysan maitre-valet, lors mème qu'il ne saurait ni lire, ni écrire serait en état de le diriger. Oedinairement le bétail de rente est donné en louage, c'est le fermier de laitière qui doit en prendre soin; l'intérèt de ce fermier le porte à donner la plus grande attention aux prés et à la récolte des fourrages, et il en épargne volon- ners la peine au régisseur, si celui-ci vent lui en abandonner le soin. En été le bétail a ses päturages fixes, et en hiver il consomme le foin et la paille dont le bétail de trait peut se passer. Si même lorsque l'année a été mauvaise, les four- rages ont été peu abondans, on a pourtant la certitude que les bèêtes ne man- queront pas du strict nécessaire, et le propriétaire n'a pas à s'inquiéter d'autre chose. Le vacher, en faisant son contract, a eu soin de s'arranger de manière a avoir dans tous les cas au moins ce dont il ne pouvait se passer. Il est de règle qu'avec cette marche régulière de la culture et cette égalité du produit, le profit tiré de l'industrie soit moins considérable. Un domaine produit une rente fixe, et cette rente est en moyenne presque égale au produit net 10 Moitaüons de méme burs zem- ussj quant es annces Rarement de bonue „ Compter lementpar s ces pro- soi-mème, it net fie ble de ce lorsqu' une ploitations n bon etat ſe dans son he le mêca- ge et de la mécanisme nadtre-Ydlet, ger. fermier de nner la plus gne rolon- . En été le alle dont le e, les four- es ne man- tter d'aulre de manière ette égalie in domaine au produit 2 DFAGRICULTVURE. 319 net de la culture. Cest avec assez de sreté qu'on achète un domaine complé- tement arrangé, et qui n'a pas des ressources partculières jusques-là inconnues; mais si on y contiuue la mêéme culture, on ne peut pas en obtenir beau- coup au-delà de la rente, à moins que des conjonctures extraordinaires n'éle- vent le prix des grains considérablement au-des dis pas pour cela qu'nn homme réfléchi ne trouve pas l'occesion de se et au moyen d'améliorations bien diri- la méême est toute autre chose sus de sa proportion naturelle. Je ne procurer sur plusieurs domaines, gées, des avantages très-considérables. Mais ce que la culture proprement dite, et ne peut avoir lieu que dans des localités par- ticulières. Quoiqu'on ait déjà ſait un grand nombre de recherches de ce genre et qu'on ne puisse guères conserver Pespérance de faire des rencontres heureuses, cependaut il y a sans aueun doute encore beaucoup de ressources cachées dans les domaines soumis à cette espèce de culture, § 555. La régularité de ce systeéme d'exploitation rurale Ie recommande en paruculier pour de très-grands domaines; sil y est une fois établi, la culture de 4000 journaux peut y demander moins d'attenton et de soins que cellerde 400 dirigés J'une autre manière. L'inspection générale y devient très-facile aussitôt qu'on gesr fait une idée del'ensemble. Chaque opération y a sa mesure fixe etson tems réglé; le maitre-valet, l'inspecteur des travaux des champs ou le mattre labou- rcur, savent qu'au moyen des forces ordinaires, elle doit étre accomplie dans un tems donné, et ils se conduisent en conséquence. Seulement il ne faut trou- pler en quoi que ce soit la marche établie, parce que dans ce cas tout sorürait de sa place et ne pourrait plus y rentrer. C'est une machine dans laquelle le dérangement d'une partie déplace toutes les autres, et dans Iaquelle il est difficile de faire un changement, qui doive s'étendre à tout Pensemble, sans arrèter en un instant sa marche et sans qu'on soit obligé de lui donner un ordre toutnouveau. Si Pon m'y change rien, elle conunue régulièrement son mouvement ei produit Peffet qu'on en attendait. Aussi m'est-ce pas sans raison que plusieurs cultivateurs redoutent d'y faire le plus petit changement, alors mêème qu'ils y verraient de Pavantage. La culture de dix journaux de trèfle ou de pommes de terre sur une jachère de plusieurs cenis journaux, pourrait déjà troubler la marche régu- jiere de leur culture; peut-ètre le terrain ne serait-il pas assez 16t prèt à rece- voir la semence, ou ne pourrait-il pas recevoir une préparation convenable.* La régularité de la marche des exploitations soumises à cette culture fait que, * Ceci mest guères à redouter dans un climat tel que celui de la France, ou la récolie est toujours plus hätive que dans le nord de TAllemague, er où Phiver m'arrive pas aussi 1t. Trad. 320 PRINCILPES RAISONNES méme dans P'éloignement, on peut en diriger à la fois plusieurs considérables, sans avoir un inspecteur habile sur chacun d'eux. Il suffit de voir de tems en tems que la machine ne s'arréte pas, et de lui donner au hesoin un peu de mou- vement. La manière de tenir les livres peut y étre très-’simple et pourtant assez précise. L'on a vu dans le Mecklembourg des propriétaires et des fermiers de plusieurs grands domaines, tenir toute leur comptabilité avec de la craie sur la porte de leur maison*. Outre cela le travail y est non-seulement distribué qGGune manière plus uni- forme, mais encore ily est àtous égards moins considérable que dans d'autres genres de culture. C'est pourquoi cet assolement convient plus que tout autre aux licux où Pon trouve peu d'ouvriers et surtout à ceux où P'on ne peut pas en avoir d'extraordinaires dans les momens ou ils seraient nécessaires. II emploie chaque année le mème nombre d'hommes et de bétes de trait, dont le travail est reparti entre toutes les saisons d'une manière aussi égale qu'on peut l'espérer dans une exploitation rustque; et lors-même que s hommes qu'il emploie dans une période ne pourraient pas l'èétre dans un autre, ils ysont du moins accoutumés; ils cherchent à s'occuper ailleurs dans les intervalles. Dans des pays moins cultivés et moins peuplés où de grandes étendues de terre peu ou point en valeur rendent la grande culture incontestablement preférable à la Petite Ir, celle que nous venons de détailler trouverait plus que toute autre, une application avantageuse, et dans ce cas je verrais à peine quelque chan- gement à faire aux détails dont je viens de donner le tableau. Ce genre de culture a le mérite de permeitre dans tous les tems un changement total, de faciliter le passage à un autre assolement, et même de préparer un partage convenable des grands domaines, puisque l'introduction d'une culture particulière sur chaque sole qui est en repos, peut facilement avoir lieu„2* * C'est un exemple qui ne doit assurément pas être imité, quelque simple que puisse être la culture. ** Voyez la note jointe à§ 141. **r Un autre avantage des assolemens dont le pâturage des champs est la base, avantage qui doit être fortement apprécié dans un pays exposé à de fréquens accidens de température; c'est le peu d'avances de culture qu'ils exigent, par conséquent la diminution des risques inséparables d'une entreprise agricole. Qu'une gréle, par exemple, survienne et frappe un domaine soumis à un assolement de cette nature, mèême avant le moment on les grains étant serrés, le culti- vateur peut voir ce fléau avec une sorte d'indifférence; les soles qui sont en herbages n'en rap- porteront pas moins à peu près leur rente, et la perte sur les grains sera d'autant moins gen. sible, que le nombre de ces soles en herbages sera plus considérable. Et si, par une modification utile à ce systeme d'assolement, le cultivateur introduit entre ses récoltes de grains une récolte § 554. —„p deralles. as en tems de mou- rlant asse emiers de rale sur la plus uni- res genres aux lieux en avoir ie chaque 881 reparu dans une dans une dutumés; s de terre preférable que toute que chan- angement parer un ne culture puise etre vantage qui ature; cest nséparahlés aine soumis 8, le culli⸗ s m'en rap- moins Sel- nodiſicaiion une vécolle ( 55. DA GRIOCULTURE. 321 § 354. Mais si Pon considère ce système de culture sous un rapport général, indé- ..„ 2 2„** pendamment des inconvéniens de localité, on trouvera quiil est encore bien éloigné de la perfecuon. Dans le Holstein le produit de la culture des grains est, ainsi qu'on le reconnait généralement, trop(aible en proportion de la quantité de sues nourriciers con- tenue dans le sol. Dans le Mecklembourg, au contraire, le vice dans l'économie re de bêtes, mais au défaut d'une nourriture du bétail ne lient point au nomb n hiver. De ce vice il résulte, non- suffisante pour les entretenir tant en été qu'e seulement l'absence d'une rente entièrement salisfaisante, mais encore un manque d'engrais d'autant plus lächeux, que, la culture des champs étant d'ailleurs excellente, il tient à cette circonstance seulement qu'on n'obtienne des récoltes beaucoup plus fortes, en mème-tems qu'on amélliorerait les terres- Outre cela, dans ces deux méthodes, le produit en grain et en paille est consi- dérablement diminué par le rapprochement de 5, 4 récoltes de grains et plus, qui se suivent sans interruption; et quoique le cultivateur du Mecklembourg, après la jachère à laquelle il donne tant de soins, obüenne do la récolte de grains d'automne tout ce que le sol peui rapporter d'apres la quantité de sucs qu'il con- tient, les autres récoltes, surtout la 5. el la 4. le produit des céréales n'est compté dans le Mecklembourg, qu'à 4 ou 4 ½ pour sont si chéuves, qu'en moyenne un de semence. Si Pon appliquait à ces deux systèmes de culture un choiz de récoltes plus convenable, sans aucun doute lon obtiendrait des terres, tant en grains qu'en pro- duits animaux, une rente beaucoup plus considérable, et ce changement pourrait éètre opéré, comme il commence en effet à'étre chez quelques cultivateurs, sans que pour cela il ſut nécessaire de changer d'une manière sensible la division des soles Stablie, ou d'ntroduire cette nourriture à Pétable à laquelle on voit tant de difficultés- Alin de montrer dans son plein jour la convenance de ces changemens et de pommes de terre, qui, redoutant également peu la gréle, doune une assez grande masse de produits destinés indistinctement à la nourriture de P'homme ouà celle du bétail; il obtient de cet assolement une sécurité qu'il ne peut guères attendre d'aucun autre. Enfin, c'est de tous les genres d'assolemens celui qui, prescrit à des ſermiers, peut avec le plus de certitude protéger Je domaine contre leur avidité ou leur négligence. Le propriétaire qui rentre en possession D'un fonds soumis à cette méthode de culture, peut, dès les premiers momens et sans etre assujetti à de grands sacrifices, ramener sa culture à un état prospère, et y introduire gra- quellement la nourriture du bétail à Pétable, qui, comme nous le verrons bientôt, est et sera probablement toujours la condition nécessaire d'une agriculture parfaite. Trad. I. 41 3²2² PRINCIPES RAISONNES quelle en peut étre la nature, nous devons essayer de donner ici provisoirement une idée précise d'une des parties les plus essentielles de Ia science agricole, la manière de faire alterner les récoltes, quoique cette matière dut plus parucu- lièrement étre oomprise dans Penseignement de la caddture, et de la propagation dos veςᷣlaur. DE LA SUCCESSION DES RECOLTES. § 555. Déja dans les tems les plus reculés, d'attenufs observateurs de la cuſture des champs et des jardins, avaient remarqué que la terre donnait des produits incom- parablement plus beaux, lorsque ceux d'une même espèce ne se succédaient point à la même place; et que, suivant la nature et Pespece du sol, une série de récoltes avait de Favantage sur une autre. Lorsqu'on voulut borner la culture à des plantes ou à des espèces de plantes particulières, on jugea en conséquence nécessaire, qu'après quelques récoltes, le sol fut laissé en repos, c'esteà-dire qu'on lui laissàt du tems pour rassembler des sues propres à ces végétaux. A la- vérité le fumier et la culture facilitent et avancent cet effet, mais le tems est- éga- lement nécessaire pour que la nature puisse préparer ces sues Sans doute le dierdiwier qui change fréquemment de produits ‚n'a nul besoin d'avoir recours à ce repos; mais le simple cultivateur qui ne veut obtenir que des grains d'un certain genre, doit, lors-même qu'il fume davantage, laisser reposer sa terre pendant quelque tems. Là où le perfeetionnement de l' agricul- ture avait élevé le prix du sol, il est facile de voir que ceite différence de prix ne provenait point d'une différence dans les lois de la nature appliquées au sol des champs et des jardins, mais seulement de ce que le cultivateur, en travaillant mieux son terrain„faisait alterner les récoltes qu'il en exigeait; les peuples de'an- tiquité avaient fondé leur agriculture sur cette leçon de l'expérience, et ils Pa- vaient portée à une grande perfection, au point même de se procurer souvent en une année deux récoltes sur le même terrain. Les Romains savaient de quelle utilité une culture soignée et Pexposition aux influences de l'air et dusoleil étaient au champ, sil ne devait rapporter que du froment, de L'orge et de l'avoine„ou des grains de ce genre; mais ils savaient aussi que Mutatis quoque requieseunt fructibus arva Nec nulla interea est inaratæ gratia terræ*. — * Vos champs se reposent également pourvu que vous hbhanthid les récoltes, et vous n'aves pas à payer Lintéret dune terre qui ne rapporte rien. Trad. oirement barücu- Pagalion ulture des itsineom⸗ ccédaient une serie a culture 6quence tà-dire ux. A la 8 est éga- al besoin lenir que , laisser jagricul- de prix u sol des ravaillant sde Pan- et iks Pa- suvent en le quelle létaient oine, ou — ſous n'afes D' AGRTICULTURE.. ,325 Klors s'éleva cette question:& quelles espèces de récoltes on pouvait, avec ire succéder les unes aux autres et quelle était celle qui „ le plus d'avantage, fa préparation pour la récolte suivante.» II etait ») donnait à la terre la meilleure d'autant plus difficile de décider cette ihese, que l'expérience ne donnait pas là dessus des réponses concordantes, et en effet, la différence de sol et de climat empéchait que cela ne put avoir lieu. Deès la première enfance de l'histoire na- turelle on chercha à résoudre cette question d'une manière théorique, par ana- logie et par induction; on mit en avant cette seconde thèse:« Si chacune des „ diverses espèces de plantes demande des Glémens de nutrition particuliers, res, et si, pour qu'une plante puisse » pour en nirer les sues qui lui sont prop doit contenir ces élémens. » réussir dans un terrain quelconque, ce torrain A la suite d'un long examen et de nombreux essais, la question posée de cette mapibre devait nécessairement être résolue. En effet, on trouva que chaque plante n'a pas besoin d'élémens de nutrition qui lui soient particuliers, mais que ses organes préparent les sucs qui lui sont négessaires en les tirant de chacune des substances qui sont destinées à la nutrition des plantes en général. Des végétauz qui ont les propriétés les plus opposées, les plantes les plus corrosives, et les plus vénéneuses, végétent dans la mème moite que les plantes les plus douces et les plus utiles. Des plantes appartenant aux espèces qui ont le moins de rapport et qui croissent les unes à cOε des autres, senlèvent réciproquement leur nourriture, ce qu'elles ne feraient point si elles vivaient de sucs nourriciers différens. En effet, toutes les plantes, leurs diverses parties et leurs sucs sont composés des mêmes substances, ce qu'à la vörité on n'avait point encore découvert alors. Les parties constituantes de toutes sont le carbone, l'oxigène et'hydrogène, auxquels, le plus souvent, il se joint un peu d'azote, mais chez un petit nombre seulement en quantité très-sensible; outre cela les plantes contiennent encore un peu de terre ei de potasse; chez quelques-unes on trouve encore du phosphore et du souffre. Ces parties constituantes, les plantes les trouvent dans toute ierre fertle, si elles ne les tirent directement del'atmosphère. Au reste les plantes opèrent à P'aide de leurs propres organes, les différences daus la quantité et la combinaison de ces substances, qu'on trouve dans la variété infinie des produits végétaux. De ces vérités on tra Pinduction erronée qu'un sol qui contient les sucs nécessaires à une plante, doit aussi avoir en lui ceux qui sont nécessaires aux autres, et que peut-être la seule contexture physique d'un terrain, lui don- nait plus de fécondité qu'aux autres. § 556. Mais la théorie seule suffit déjà pour démontrer le fondement de l'opinion 3. 3 7 324 PRINCIPES RAISONNES contraire: savoir, que les plantes contiennent et doivent réunir ces substanees en quantités différentes. II est trés-probable que les végétaux ont dans leurs racines un seus et une force de choix, par le moyen desquels ils attirent et s'ap- proprient les substances dans la juste proportion nécessaire à leur mature. Mais pour leur parfaite réussite, il est nécessaire que dans leur sphère d'activité ils rencontrent ces substances dans une proportion convenable, et peut ètre dans des combinaisons(qui leur soient déjé analogues. Si cette proportion n'existe pas, si quelques-unes de ces substances S'y trouventà& la vérité, mais en moins grande quantité et dans des combinaisons qué l'activiré de la vie végétale doive aupa- ravant décomposer, pour ensuite s'en approprier la partie dont la plante a- besoin, cela lui devient plus diffcile, elle pousse moins promptement et réussit moins bien. Si le sol n'est entièrement dépourvu d'aucune des substances qui sont nécessaires à la plante, mais que ces substances n'y existent pas en quantités suffisantes, cette plante doit, à Paide deses racines, les aller chercher plus loin et en plus de iems, afin de pouvoir se les approprier lorsqu'elle en a besoin. II West méme pas sans vraisemblance qwune substance en elle-méême nécessaire à la plante, puisse se trouver dans le sol en quantité trop grande, et que la plante se trouvant ainsi suffoquée par la surabondance de cette substance et par l'iso- lement des autres qui en peut être la suite, ne tombe dauns Paffaiblissement- Cela exphque parfaitement pourquoi des plantes de méème espèce cultivées successivement à la mèéme place, n'arrivent pas à leur perfection, lors- méme que le sol contient toutes les substances qui leur sont nécessaires, et pourquoi elles atteignent de rechef eette perfection, lorsque le sob a pris du repos ou a produit une autre récohe. On doit mèême penser qu'une autre plante qui emploie pour sa nourriture une proportion opposée des substances élémentaires, peur, précisément en absorbant ces substanves, rétablir la vraie proportion qui convient à une autre, en sorte que celle-ci réussisse mieux sur ce terrain, que si la précédente n'y avait pas végété, et si FPon n'avait rien éte au sol des sucs qu'il contenait. La plante qui a végété entre les deux de mèême nature a, sans contredit, absorbé des sucs, mais dans une autre proportion. En alternant ainsi Pon peut à la fin épuiser entierement un sol, à tel point mème qu'il ne puisse plus nourrir aucune plante, mais il est bien moins vite épuisé pour une plante uni- que, que si on Py eut cultivée exclusivement à toute autre. Comparez Einhof dans les Annales d'Agriculture de Basse-Saxe„ Tom. 8. pag. 521 et suivantes. § 557. Si diverses espèces de plantes végétent à la fois sur le même sol, sans doute däbauandes dams leurs ut ei Sap- ure. Mais acliri iß tre dans elsle Das, ins graude diye aupa- plante a der réussit dances qut a quantites dlus loin ei besoin. I cessaire à e la plante par Piso- sement. eultiyées en, lors- aires, et s du repos Plante qui mentaires, orlion qui rrain, que l des sucs re a, Sans rnant ainsi puise plus lante uni- , Tom. 9. saus doule DAGRICULTVURE. 325 duit aussi grand que celui qu'elle rapporte- chacune d'elles ne donne pas un pro arler de Pespace que Pune enlève rait, si seule elle occupait le terrain; car sans p ant au-dessus qu'au dessous de la superficie du sol, chacune d'elles X l'autre„ t 7 EU de chacune des substances nécessaires auxX plantes en emploie quelque p général, et Tenlève par conséquent à l'autre. Mais revenons-en à P'expérience; ici nous trouvons tous les habiles jardiniers et beaucoup de laboureurs d'accord sur ce point, qu'il est avantageux de euluver certaines plantes entremélées, et qu'on obtient de chacune d'elles une quantité proportionnément plus grande que si on Peut cultivée séparée sur une partie distincte du sol. Dans les lieux où Part du jardinier est eercé aveec beaucoup d'industrie, on trouve souvent cinq jusqu'à six différens produits sur une même plauche; et d'après PYasserlion unanime des jardiniers, fondée sur pexpérience, ils ne tire- raient pas à beaucoup près un aussi grand parti de leur terrain, de leurs engrais et de leur travail, si, sur le même espace de terre, Mls cultivaient chaque plante séparément. C'est dans le choix judicieux de ces produits, disent-ils, quc consiste le grand art donmt ils font un secret, et dans lequel chacun d'eux cherche à surpasser Pautre- Dans plusieurs contrées ce systeéme a également été applicué à la culture des champs, et Von y a retiré divers avantages de ces mélanges. Une espèce de légumes, fèves, pois ou vesces, semée avec une espèce de grain, seigle de printems, avoine ou orge, donnent un produit plus abondant que si chacune de ces plantes eüt été semée seule. Depuis longtems on a également observé que des légumes semés parmi des graius, sur un sol tellement aride quiils mweussent pas pu y végéter seuls, rendent un bon produit, sans nuire sensible- ment aux grains. Ainsi, suivant Pexpérience de la généralité des cultivateurs, le Plé-froment mélé avec du seigle réussit sur des champs ouù le froment seul ne peur pas végéter; on a méême trouvé que, de cette maniere, le produit du froment était plus grand que sil eut été semé seul. Ce melange réussit aussi Iorsqu'il est semé sur un chaume de froment, où Pexpérience a appris que le froment seul ne réussit point, pas méme sur le sol qui G'ailleurs lui est le plus propre. KAinsi donc P'expérience aussi confirme cette bypotihèse que, par le moyen Fune récolte intermédiaire d'un autre genre, la vraic proporüon des substances ‚„peut éêitre rétablie. Comme nous haume de froment ne réussit it faiblement, à môins que primitives convenable à une espèce de grain Pavons dit plus haut, le froment semé sur un c nullement; de méme le froment après J'orge réuss ce ne soit sur du terrain excessive ment gras, qu'on ait du chercher à épuiser par 2 326 PRINCIPES RAISONNE cette premièbre récolte. Le seigle après le seigle réussit mieux; cependant le produit en grain diminue considérablement. Mais si ‚entre ces récoltes, on en met une de plantes appartenant à la diadelphie, de pois, de vesces, de féves ou de trèfle; alors la seconde récolte céréale réussit parfaiteinent, et même si Ton a fauché en vert les plantes légumineuses, ou qu'on ait enterré la seconde coupe du trèfle*, la seconde récolte de grain est souvent meilleure que la première. L'expérience a tellement démontré la vérité de ce principe, chaque observateur en est tellement frappé, que je m'abstiens d'ajouter d'autres exem- ples et de m'étendre plus au long sur ce sujet, d'autant que je devrai y revenir lorsque je traiterai de la culture de chaque plante en particulier. § 358. La eulture des jardins démontre suffisamment que lors même que la terre a perdu la faculté de reproduire une espèce de végétaux, elle peut encore èétre très-propre à en rapporter d'autres d'un genre différent. La terre des couches après avoir servi pour une espèce de plante particulière, ne peut servir à en produire d'autres du même genre, qu'après avoir été exposée pendant plusieurs années auz influences de l'atmosphère et imprégnée de nouveau fumier; mais elle peut encore rapporter des haricots, des laitues et d'autres légumes. Les fleurs d'agrément, telles, par exemple, que les œilleis, demandent que la ierre des vases dans lesquels ils sont plantés soit fréquemment renouvelée, lors mèême qu'elle paraitrait encore contenir des sucs en abondance; aussi le fleuriste ne prend-il jamais de la mème terre pour la même espèce de fleurs. On ne doit jamais planter de jeunes arbres à fruit à la place ou il y a eu un arbre de méème espèce. Dans les pépinières c'est une règle générale de les changer de place à chaque renouvellement. Einhofet moi nous avons souvent préparé des expériences sur les changemens que Thumus subit, dans un sol où l'n cultive une plante jusqu'à ce qu'il soit totalement épuisé. Mais toujours nous avons été troublés dans ces expériences, qui, devant etre faites en plein air, présentent des difficultés extrémes, et des obstacles que l'atten- ton la plus continuelle seule peut surmonter. En effet, on ne sait comment obvier à divers accidens qui, en un moment, dé- truisent le travail de plusieurs années, et ne laissent plus aucun résultat assuré. II faudrait avoir pour cela un jardin clos avec un soin particulier, consacrè unique- ment aux expériences et dont on put aussi bannir les oiseaux et les insectes. § 559. Oa observe généralement que si une récolte manque, ou ne donne qu'un chétif produit, et que cela tienne non à Papauvrissement ou à quelqu'autre défaut du — * Dans notre climat, la repousse après la seconde coupe. Trad. dendaut. les, on ces, de t même Seconde que k chaque s exem- reyenir terre à ore êlre vouches ir à en lusieurs r; mais des. Les la ierre sméme iste ne jamais espece. chaque mensque lalement vant ètre e latten- dent, dé- assuré. Il unique- 8. n chéll ſaul da — PAeonlcUL T UR I. 3 27 sol, mais à une cause accidentelle; la méême espèce de plante y reussit Pannée suivante, mieux qu'elle ne l'edòt fait d'ailleurs, semée sur son propre chaume. Au contraire une récolte réussit d'autant mieux à la suite d'une autre, qui lui est une bonne préparation, que celte première récolte aura tò plus abondante; c'est le cas, par exemple, du froment après du trèfle ou des fèves. Une plante est donc d'autant qlus épuisante pour le sol qui doit la reproduire, qu'elle a donné un produit plus abondant, mais il n'en est pas de mème d'une plante d'un autre geure, il est bien des cas ou- Pabondance de la première est alors plutôt favorable à la seconde. § 560. La formation du grain, celle des semences et des substances farineuses, est ce qui parait le plus épuiser la terre. Si les plantes sont coupées en vert et serrées au tems de la floraison et de leur plus grande végétation, elles n'absor- bent que peu ou point des sucs nourriciers contenus dans le sol, au contraire à certains égards elles semblent plutòôt l'améliorer; c'est làä une vérité dont, chaque jour on acquiert de nouvelles preuves, lorsqu'on se donne la peine d'observer avec attention. Hl n'est pas encore décidé si, pendant que la graine murit, la plante tre du sol une plus grande quantité de sucs nourriciers, surtout de carbone, mais il est certain que dans ce tems-là, tout le mucilago de la plante est consumé et que celle-ci est changée en une paille filamenteuse T†. Il n'est donc point indifférent que le chaume et la racine qui demeurent dans le sol däient conservé leur vie et leurs sucs, ou qu'ils soient secs lorsque la tige en est détachée; dans le premier cas les sucs qui ont été conservés dans la partie de la plante qui est restée attachée au sol, sont encore augmentés par le gaz acide carbonique que ce chaume absorbe et communique à la terre. Dans la eulture de la spergufe, entr'autres, on a remarqué combien ces racines pro- duisent d'efſet. Si cette plante est fauchée lorsqu'elle est verte, elle bonifte sensiblement le sol, et l'on prétend que lorsqu'on l'arrache, comme cela se fait quelquefois, elle épuise au contraire beancoup. CGesu' là peut-ètre la cause de la propriété épuisante qu'on attribue au lin. Au reste ces ſaits sont tellement avérés, qu'il ne vaut pas la peine de s'arréter aux doutes qu'un esprit de con- tradiction a dernièrement voulu élever à leur sujet. * Il est également très-probable qu'à mesure que la plante muͤrit, ses ſeuilles perdent peuàè peu la ſaculté d'abserber les gaz contenus dans Tair qui les enioure, et qu'ainsi dès ce moment, Ia plante doit tirer du sol la totalité des sucs qui sont nécessaires au perſectionnement de sa- graine. Sisce prineipe est vrai, les plantes dont la ſeuille sèche avant la maturité de la graine, ielles que les graminées, doivent éêtre plus épuisantes que celles qui conservent leurs sucs jusqu'à ce que leur graine ait alteint sa Perſection- Tracl. 528 PRINCIPEIS RAISONNES § 361, Cependant je ne me permeittrai pas de pousser cette assertion aussi loin que le font quelques personnes, lorsqu'elles assurent qu'aucun des produits dont la végétalion a été arrétéc avant la formation de la semence, n'òte rien au sol. Tous les tubercules et les plantes racines rassemblent également dans leur prin- cipale racine une provision de sucs alimentaires pour la nutrition de leur pousse de'année suivante; cette racine est en quelque sorte un magasin d'où, au prin- tems suivant, ces plantes biannuelles doivent tirer les sucs nécessaires à leur floraison. Si ces racines restaient dans le sol, il n'y a augun doute qu'elles ne T'amendassent fortement, et c'est ce que Pexpérience et des essais pratiques en grand, ont appris en effet. Récoltées, elles enlèvent sans contredit à la terre une partie de ses sucs nutritifs, quoique d'un autre còté elles l'amélioren: méca- niquement par la culture nécessaire à leur végétation, et qu'elles soient d'une grande utilité comme préparation à d'autres récoltes. Lorsque des végétaux de cette espèee, auxquels on peut joindre diverses plantes de commerce, lais- sen: dans le sol leurs racines, leur pivot, leurs tiges et unc parue de leurs feuilles, elles lui rendent une parlie des sucs qu'elles avaient absorbés pendant leur végétation. § 362. Les végétaux qui couvrent la terre d'un feuillage touffu et mobile, opèrent suy le sol une altération chimique, une action et réaction de ce sol avee les parties constituantes de l'atmosphere. Sous Pombre épaisse des pois, des vesces et d'un trèfle vigoureux, il se fait entre les divers gaz que les plantes expirent et les particules du sol, divers mélanges sur la trace desquels nous sommes à la vérité parvenus, mais que cependant nous ne connaissons point encore d'une manieère asscz précise. Par le simple odorat on peut déjaà s'assurer de la présence d'un air méphitique sous le feuillage de ces plantes. Le vent n'emmoène pas faci- lement ces gaz et ces exhalaisons, la lumière ne les décompose pas, ils con- servent une température assez égale. Cest pour cela qu'immédiatement après le fauchage d'une récolte de ce geure épaisse et riche en feuilles, on trouve le sol, méme celui qui est le plus tenace, devenu plus meuble, plus porenx ct plus soulevé par sa fermentation intérieure. Sa superficie a une couleur plus noire. Il est exempt de mauyvaises herbes, dans les premiers jours on n'y voit rien que le chaume eit la terre. Mais peu de tems aprés il verdit et la végéta- nion irès-active des mauvaises herbes qui ya lieu, prouve qu'il a absorbé une quamité de substances nutrilives très-propres à la ſormation des plantes; c'est pour cela qu'il imporle si fort de lui conserver sa netteté et de profiter de son ameublissement loig que 8 dont n au sol. eur prin- ur pousse au prin⸗ es à leur elles ne iques en la ierre emt méea- 2nt d'une Gtaux de de, lais- de leurs pendant opeèrent avee les ees vesces expirent ommes 3 dore d'une présence e pas faci „iss con- dent après uouve le porens et oleur plus n w'y woit ſa vegels- sorbe une nles; 0 est der de son plösement D'AGRICULTVURE. 329 ameublissement en le labourant bientôt après. Il en est tout autrement après une récolte céréale, la superficie du sol est fortement serrée, couverte d'une croüte et sèche, outre cela infectée par toutes sortes de mauvaises herbes, en sorte que des labours réitérés sont nécessaires pour rendre cette terre propre à rapporter de nouveaux grains. Mais indépendamment de leurs qualités chimiques, les racines longues et pivo- tantes de ces plantes, opèrent un effet mécanique extrémement avantageux sur les terrains tenaces et argileux. Privées de vie, mais non encore décomposées, elles forment de véritables tuyaux, qui tiennent le sol ouvert et meuble, et y intro- duisent l'air atmosphérique. Elle remplacent ainsi l'ameublissement de la terre par des labours réitérés, et permettent de semer sur un seul labour. L'expérience générale paratt ainsi démontrer, que ces légumes, lors mème qu'on n'admeuttrait pas qu'ils demandent une proportion différente des substances élémentaires, et quoiqu'on les laisse venir à maturité et rapporter des grains nourrissans, que ces légumes, dis-je, ôtent peu au sol qu jils ne lui rendent d'une autre manière, Qu'au contraire, si on les fauche en vert et avant la for- mation de la semence, on ne peut contester qu'ils enrichissent effectivement le sol, et le mettent en état de produire une récolte à laquelle il était auparavant impropre. Mais cet effet a pour condition indispensable, que ces légumes aient &té épais et vigoureux, puisque sans cela, loin de procurer ces avantages, ils pro- duisent plutòt un effet contraire en durcissant le terrain. Aussi est-il nécessaire de les semer lorsque le champ est en pleine vigueur, ou tout au moins sur un sol qui, comme la glaise calcaire, paraisse leur convenir d'une manibre particuliere. Et comme leur réussite est enoore soumise à beau- coup de casualité, le cultivateur, dont les vues sont un peu étendues, n'hésitera Pas de les faire faucher en vert, ou de les enterrer à la charrue dès qu'il sera démontré qu'ils n'ont pas réussi, §. 563, Quoique les végétaux que nous comprenons sous la dénomination de Plantes d saroler et que nous comptons de méème dans le nombre des plantes amélio- pantes intercalaires, enlèvent au sol une partie de ses sucs nourriciers, et ainsi, pour que cela ne soit pas sensible, demandent à étre fumés plus abondamment que cela n'eüt été nécessaire, si, à leur place, il n'y eùt eu qu'une jachère morte; cependant, au moyen de la culture, qu'il est si facile de leur donner lorsqu'on emploie les instrumens convenables, ils remplacent avantageusement cette jachère, et méme ils le font avec un emploi de travail bien moins consi- dérable; et l'ameublissement du sol, son exposition aux influences de l'air, le J. 4² 530 PRINCIPES RAISONNES mélange deses parties constituantes; si l'on veut, le défoncement opéré en rame- nant àk la superſicie une partie de la couche inférieure; la destruction des mau- vaises herbes; toutes ces choses peuvent, au moyen d'une bonne exécution, étre autteintes dans leur culture, tout aussi bien que dans la jachère; et la grande quantité d'alimens qu'ils donnent pour les animaux, ou plutôt le fumier qui en provient, compensent au double la quantité d'engrais qu'ils absorbent. Et si, comme cela se pratique en Angleterre, on les fait consommer sur place au paro par du bétail à l'engrais, le nouvel amendement qu'iils rendent peut étre comparé à celui qu'on obtient en fumant fortement.(Lorsque les Anglais parlent de longs assolemens sans transport de fumier, il y a toujours des récoltes de ce genre entre celles de grains.) Quoique présentant plus d'épargne que de ponne économie, cette méthode a cependant cet avantage, que le bétail à Pen- grais paie tout au moins la rente du sol et le travail; tandis que la jachère, loin de donner aucun produit, coũte au contraire des frais considérables. Les récoltes racines qui surtout appartiennent à cette classe de plantes éco- v»omiques, ont cela de particulier, qu'elles sont pour Vorge une préparation iellement bonne que, suivant plusieurs observations, elles surpassent mème la jachère; en revanche elles conviennent moins comme préparation immédiate aux grains d'automne, ce qui parait tenir en grande partie à ce que les semailles de ces derniers en sont retardées. Cependant les grains réussissent ensuite par- faitement sans nouvel engrais et dans le même assolement, lorsqu'on a placé entre deux une récolte de plantes à gousses. Si cependant, au lieu de ces récoltes racines, on cuftive des légnmes en Jeur donnant les méèémes soins avec la boue à cheval, surtout si c'est en terre argileuse des fèves auxquelles ce terrain est particulierement propre, la récolte de grains d'automne réussit alors tout aussi bien qu'apres la jachère, et suivant Popinion de quelques personnes, mieux encore. Gest ainsi que dans le comté de Kent, ouù Von eultive une si grande quantité de froment, les ſèves en ligne sont envisagées comme la meilleure préparation qu'on puisse lui donner. Plusieurs vétdtaux d'un produit avantageux, en partiqulier Ie colza transplanté, on semé en lignes, peuvent en prendre la place, si Pon s'est procuré pour cela une provision de fumier suffisante, et si l'on a des fourrages en surabondance- § 364. Pour déetruire les mauvaises herbes il est d'une grande importance de faire alterner les diverses especes de graius, paree qu'il est des céréates qui favori- sent plus que d'autres la propagation de certaines mauvaises herbes, qui n'en empéchent point la végétation, er qui les laissent arriver à maturité; tandis que mrame. S mau- dudion, Hhet la lamier em. Ei lace au ent etre Auglais fécoltes que de a Pen- ze, loio es éco- aration à nème la médiate 2mailles te par- a placé nes en n terte récolte suivant e comté en ligue 1 Manté, dur cela udance- de ſaire ſavori- ui men dis que D'AGRICULTURB. 331 d'autres, au contraire, ne souffrent point ces espèces de plantes. Cette consi- déraution est d'une grande importance pour le choix de l'assolement d'un ter- rain infecté par quelque plante particulidre; ce moyen suffit quelquefois pour nettoyer complètement un champ. § 365. Ces faits et ces motifs déterminent les règles que Ton doit suivre dans le choix des récoltes dont on compose l'assolement; mais il n'en faut pas moins porter ses regards sur le pétail et sur les alimens qui lui sont nécessaires, les- quels doivent ètre considérés sous deux points de vue; celui du profit qu'on en reüre immédiatement, et celui des engrais qu'on en obtient. La règle qui veut qu'on ſasse alterner les récoltes, n'exige pas, comme quel- ques personnes se Pétaient imaginées, que la moitié des champs soit cxclusi- vement consacrée à la culture des planies à fourrage; méême en Angleterre, il est des contrées entières, qui, depuis un tems immémorial ont observé Pusage de faire alterner les récoltes, et qui, loin de cultiver des végétaux pour la nour- riture des bestiaux, vendent au contraire encore leur paille à la ville et ne nennent en général pas de bétail, parce que les plantes marines bourbeuses et couvertes de coquillages, que les vagues amènent sur leurs côtes, et qu'on y recueille avec beaucoup desoin, leur ſournissent des engrais en abondance. Les habitans de ces contr ées cultvent principalement et en alternant avec des céréa les, des plantes à gousses dont ils vendent une partie verte à Londres. Mais du moins cette règle exige l'économie la plus sage; elle veut qu'une grande partie de ces champs soit consacrée à la culture des fourrages, parce que c'est de la quaniité de ceux-ci, que dépend l'abondance des engrais, les- quels à leur tour, ont une si grande influence sur les récoltes de grains; en cela s ou le moins est déterminé par les autres circonstances de par Pétendue du terrain exclusivement consacré ou par les moyens de se procurer Gailleurs le plu Pexploitation, et en paruculier 1.* 1 A 4 à produire des fourrages ou du paäturage; d'une autre manière les engrais dont on peut avoir besoin. Ainsi donc souvent il arrive qu'on trouve un avantage durable à choisir un deux cinquièmes, trois huitièmes, trois septieèmes du assolement où la moitié, fourrages; tandis que dans d'autres cas un tout soient consacrés à produire des un sixième suffisent, de manière que tout le reste puisse quart, un cinquième, à la vente, quoique en alternant suivant etre consacré à des produits desuùnés la règle, 2 § 366. Il y a encore irop peu de tems que ceite convenance absolue de faire alterner 332 PRINCIPES RAISONNES les récoltes a été mise dans un plein jour, pour qu'il ne reste pas encore beaucoup de choses à approfondir sur ses lois et sur leurs modifications; on ne saurait douter qu'aveo le tems nous m'obtenions des connaissances beaucoup plus étendues sur la succession la plus avantageuse à donner aux divers produits. Les variétés de sol et d'engrais, celles qui existent dans la manière de labourer, font des différences qu'on ne doit jamais perdre de vue, lorsqu'on veut faira des expériences sur ce sujet; d'ailleurs Ies variations dans la température, les- quelles en opèrent de très-grandes dans la quantité et la qualité des produits, ne permettent pas qu'on tire quelque conséquence des résultats d'une année isolée. Ainsi par exemple, dans le duché de Magdebourg, on a remarqué que Porge réussissait moins bien après les caroites qu'après d'autres racines, mais qu'en revanche les pois avaient un plein succès, et qu'après les pois l'orge réussissait alors très-bien sans fumier. Au reste, quant aux produits les plus importans et les plus usuels, nous avons déjà des expériences assez sres pour pouvoir en tirer des principes qui nous servent de guide. Plusieurs de ces principes mème étaient déjà connus dans Pantiquité, seulement on n'y faisait point assez attention. Chacun sait que les récoltes de grains doivent étre variées; on sait de même que le froment ne réussit pas après le froment; que le froment ne réussit que très-médiocrement après Porge, à moins que le sol ne fuͤt un peu trop gras. Et ce n'est pas seu- lement le manque d'une culture suffisante, qui produit cet effet, puisque le froment réussit bien après les pois, et qu'après Pavoine, qui cependant durcit plus fortement la terre, il réussit également mieux qu'après J'orge. L'orge d'au- tomne est récohtée d'assez bonne heure pour permeitre de donner irois labours avant les semailles; cependant après elle on n'obüent pas une belle récolte de froment. Aussi dans le bas pays lui fait-on ioujours succéder une récolte d'un autre gepre, du colza ou des féves, et seulement après du froment ou de rechef de l'orge. L'avoine en revanche supporte mieux d'ètre semée consécutivement, surtout sur un terrain qui était en herbage, où souvent jusqu'à la troisième récolte, son produit va toujours en augmentant. On sème, il est vrai, fréquem- ment de l'orge après de Porge, mais dans ce cas on n'obtient qu'un chétif produit en grains, lors mèême ſque le sol contenant encore du ſumier de l'année préce- dente non décomposé, la plaute parattrait plus forte à la seconde récolte qu'à la première. L'orge après des grains d'automne réussit en général mieux que la disposition opposée; mais différens essais donnent lieu de croire que c'est le contraire, si'on met une récohe entre deux. En général les céréales, qui se succèdent sans interruption ne parviennent — beanedng te sauraht oup plus prodvuits. labourer, feul fair⸗ ure, les- produits, ne année dqué que es, mais is Porge s avons ui nous us dans que les nent ne crement as seu- sque le 1 durcit ze dau- labours volte de lie d'un e rechef rement, oisieme réquem- produit b prèes- lie qul 1 queè la g'esl le ienneni D'AGRICULTVUR K. 333 jamais à la méme perfection et ne rendent point autant de grain, que lors qu'elles alternent avec des récoltes d'un autre genre; c'est pour cela que lors qu'on commencça à tirer parui de la jachère, Pon crut devoir choisir pour cela des récoltes d'une autre espèce. § 367. Quoique cela düt tomber sous les sens, le petit nombre seulement eùt l'idée de modifier Passolement: par exemple, dans l'assolement de quatre ans au lieu de 1 grain d'auiomne, 2 grains de printems, 5 pois; de semer 1 grains d'automne, 2 pois, 3 grains de printems, puis ensuite de donner la jachère; cependant quelques cultivateurs qui le firent»en trouvèrent à merveille, ils obtinrent à la fois plus de paille et plus de grain. Plusieurs agriculteurs allemands, et dans leur nombre le praticien d'Eckart dans son Economie expérimentale, se rapprochèrent beaucoup de cette règle; mais, dans ces iems, P'aveuglement et les préjugés étaient encore si forts, qu'on ne voyait pas mème ce qu'on avait devant les yeux, ou qu'on ne se faait pas au sens de la vue, lorsque ce qu'on avait aperçu était en contradiction avec les opinions reçues. Wöllner aussi et même Germershausen, présentèrent des motifs en faveur de ce cours de récoltes. Mais quoique plusieurs cultivateurs apprissent que des ré- coltes successives de grains venaient d'autant plus belles qu'elles étaient d'un genre différent, et qu'en ihéorie personne ne refusàt son assentiment à ce principe, aucun d'eux ne renonça pour cela à l'assolement triennal. A la vérité le plus grand nombre en était empéché par la loi qui assujétissait à suivre le système établi, mais cet assujétissement n'était pas général; il y avait en Allemagne beaucoup de propriétaires de grands et de petits domaines qui avaient la liberté de faire de leurs champs ce qu'ils jugeaient à propos. Moi-méème je n'ai été dirigé vers le s)steme de culture alterne perfectionné, ni par la réflexion ni par la lecture des ouvrages anglais, mais seulement par le hasard et par la nécessité. Comme en Allemagne on m'a honoré du nom de peère de ce systeme, on me permettra de raconter ici les circonstances qui m'y ont conduit. P'étais un ardent sectateur du trèfle et de la nourriture à l'étable, selon les ſrincipes de Schubart; etje voulus en conséquence introduire cette plante à la troisième année de mon assolement à la place de la jachère. Mais elle n'y réussit point, le champ fat au contraire infecté de mauvaises herbes; les grains d'automne que j'y semai, zur un seul labour, manquèrent complètement, quoique cependant j'eusse fumé pour la seconde fois en rompant le trèfle, ou que celui-ci eùt été ſumé en hiver. Avec P'aide d'un champ médiocre de luzerne et de fromental, j'eus assez de vert pour nourrir mon bétail pendant P'été, mais je n'eus pas pour l'hiver le fourrage que j'avais compté obtenir de mon champ de trefle. Je ne fus secouru que par les pommes de terre et des raves cultivées sur une luzernière rompue, et par une petite PRINCIPEIS RAISONNES quantité de ſoin naturel. Plein de regonnaissance pour ces deux plantes, je rompis et mis en pommes de terre une partie du terrain que j'avais semé en trèfle, et qui avait assez mal réussi. L'abondante récolte de ces tubercules fat retardée, et le tems étant d'ailleurs humide, je ne pus pas semer du seigle sur ce terrain comme je me l'élais proposé; j'y mis donc de l'orge au printems suivant; mais comme je voulais abso- lument avoir une provision de trèfle, j’en semai de rechef et très-épais sur l'orge. Ce grain eut un succès extraordinaire, on fut étonné de le voir tel sur un champ, qui n'en rapportait que rarement et du médiocre. L'année suivante, pour la pre- mieère fois, j'y eus un bheau trèfle, tandis qu'un autre champ ou le trefle avait été semé sur une seconde récolte de grain et quoiqu'il eùt été ſumé pendant l'hiver, ne rapporta presque que de l'oseille. Après une misérable coupe, ce dernier champ fut labouré trois fois pour étre semé en seigle; le premier, au contraire, ne ſut labouré qu'une ſois après la seconde coupe, et le seigle fut décidément plus beau sur celui-ci que sur Tautre: cette épreuve détermina pour l'avenir mon assolement. Cependant j'étais bien éloigné d'y attacher un autre pris que celui de P'utililé particulière qu'il avait pour mes propres circonstances. J'avais plutét une sorte de honte d'étre devenu un sectateur du système de Pfeifer, de Mayer, de Gugemus et de Schubart, un cul- tivateur de pommes de terre et un imitateur des petits jardiniers, qui, dans mon voisinage, cultivaient leur journal de terre à peu près de la même manière. Cepen- dant je consultai leur expérience et je la trouvai d'accord avec la mienne. Seulement fadoptai, pour buter mes pommes de terre, l'usage d'une houe du Mecklembourg, de laquelle ensuite je fis instrument dont, en Allemagne, on se sert le plus souvent pour la culture de cette plante. § 568. Ce fut quelque tems après seulement qu'il me tomba dans les mains, de nouveaux auteurs anglais qui envisageaient cet assolement ou les semblables, comme la base de toute bonne agriculture; qui apprenaient à remplacer la jachère par une culture soignée de récoltes espacées en lignes éloignées; qui n'envisageaient le trêfle comme une récolte assurée et améliorante, que lorsque semé sur la première récolte de grains, il trouvait un sol complètement ameubli et nettoyé par les récoltes jachères, il végétait ainsi serré et vigoureux et couvrait le sol d'une ombre épaisse; qui sous ces conditions, voyaient dans la culture de cette plante, une bonne préparation au froment, mais qui regar- daient Pacte de semer en froment un trèfle manqué, comme un péché contraire à tous les principes d'une bonne agriculture, à moins qu'on n'eùt laissé reposer le terrain, ou qu'on ne l'eüt auparavant nettoyé par une jachère d'été. Je crus devoir communiquer au publio d'Allemagne ce systéme ei plusieurs expériences remarquables des Anglais, qui jusques-là avaient échappé et qui se trouvaient d'accord avec les miennes, je le fis d'abord dans le magasin de Hannovre, et ensuite dans mon Introduction d la connaissance de Pagriculture anglaise. — „je mn et qui ayait lems étant ſe me lelau oulais abso- S Sur large. un champ, Pour la pre⸗ lle avait éts lhirer, ne 1 champ fut fut labouré sur celui-ci Cependant euliere quil are devenu rt, un cul- dans mon ere. Cepen- „Seulement Nlembourg, Plus souyent mains, de mblables, nplacer la anées; qui ue lorsque pletement nigoureus ziem dans qui regir- contraire 86 reposet 6. Je crus zpériencès tromvaient noyre, et glaise. D'AGRICULTVURE. 555 Ce west donc pas tout-aà-ſait sans fondement, qu'on a nommèé cetie espèce d'assolement le systeme anglais, quoiqu'en Angleterre il ne soit point général, mais qu'on le trouve en usage seulement dans quelques comtés, et surtout dans les exploitations des cultivateurs éclairés, d'où sans doute il doit se propager de plus en plus- Le grand succès qu'obunt ce systeme de culiure, tel qu'il Gtait présenté dans cet ouvrage, lui attira des antagonistes, qui trouvaient précisément dans son ori- gine anglaise, un motif à sa réjection; étrangers aux circonstances économi- politiques de l'Augleterre, ils attribuèrent à ce système, la disette de grains qui, à cette époque mème, se faisait sentir dans ce pays; quoique tous les auteurs anglais, soutinssent unanimement que cette disette n'ét „à la continuation de P'assolement triennal qui prédo- jil exige, et dans d'autres ait düe qu'à Paccrois- sement de la population minait encore et à la grande étendue de päturage qu contrées à la trop grande quantité d'herbages qu'on ne rompait point, ou que du moins on laissait trop long-tems en päturage. Ces auteurs démontraient à Penvi qu'on ne pouvait remédier à cette disette que par une introducton plus générale de ce systeme Tyassolement, puisque le petit nombre de eomtés ou il était introduit, malgré leur peu d'étendue, pourvoyaient de grains innom- brable population de la capitale, de nombreuses villes de commerce et mème des comtés entiers, remplis d'une population de fabriques, comme par exemple Norfolk, et le comté de Lancaster. Si meme ceite méethode, disaient encore Ies opposans, devait convenir à une nation qui consommait autant de viande que la nation anglaise, elle n'était en au- eune manière appropriée aux besoins d'nn peuple, dont la plus grande partie se nourrissait ordinairement de végétaux; puisque cette eulture réclamait la moitié des champs pour la nourriture du pétail. Du reste cette objection ne pouvait étre faite par des cuhivateurs qui zuivaient Passolement alterne avec päturage, puisque au moins Ia moitié de leurs terres était consacrée à la nourriture des bestiaux. Les partisans de Passolement triennal en appelaient à la plus grande proportion de leurs semailles. Mais on pouvait facilement leur prouver, qu'indépendamment des grandes étendues de prairies et de päturages qui leur étatent nécessaires pour maintenir leur culture dans une sorte de vigueur, la moitié des produits qu'ils retiraient de leurs champs labourables, n'était pas consacrée en effet à la nour- riture de Pespèce humaine, puisqu'ils devaient employer une grande partie de leurs grains à Ja nourriture de leur bétail de trait, et mèême à l'entreuen de celui de rente; qu'en revanche tous les grains produits par le système de eulture dont il s'agissait, pouvaient etre consacrés à la nourriture de Phomme, puisque 336 PRINCIPES RAISONNES les récoltes en fourrages des champs soumis à ce système, suffsaient à la plus Srande proportion de bétail; que de plus dans le nombre des récoltes qui occupaient la moitié des champs non ensemencée en céréales, on comptait tous les légumes, surtout les fèves sarclées, les vesces et les pois. Qu'enfin un grand nombre de plantes destinées à la vente, qui demandaient à étre cultivées pendant la végétation, entraient, comme cela a été dit plus haut, dans le nombre des récolies préparatoires, dès que Pabondance des engrais le permettait; qu'on pouvait ainsi les cultiver saus épuiser son champ, et que pour cela il ne fallait qu'avoir un petit supplément en fourrages, § 369. Deux auteurs du premier mérite, le conseiller de préfecture Karbe dans son Introduction d la culture alterne des Anglais, et son Altesse Séranissime le Duc Frédlério de Sleswig Holstein Beck, Sur la oulture alterne et sa dombi- naison abec la nourriture d P'étable, ont expliqué ce système dès ses principes, en le mettant en rapport avec nos circonstances; ils ont montré les grands avan- tages qu'on retirerait de son introduction générale. On en trouve maintenant des exemples sans nombre en Danemarck, en Silésie, dans la Marche de Brandebourg, en Saxe, en Franconie, en Westphalie et même en Courlande et en Estonie. Le succès confirme par toui le mérite de cette méthode, quoique souvent on ait mis de la précipitation dans la transition, et quoique un petit nombre de cultivateurs seulement soient déjà entrés dans le second cours de cet assolement, oOù, seulement, ses bons effets paraissent de la manière la plus frappante. 3 Cependant souvent encore on se fait une fausse idée de ce systéme; et Pon croit y voir sous entendus un nombre particulier de soles et une succession de récoltes fixe. L'un croit qu'il est inséparable de la nourriture à l'étable, Pautre du pàturage. Mais il peut avec beaucoup d'avantage être réuni à Pun et à Pautre; scul il peut donner à la nourriture à Pétable en grand une base solide, et aider à la nourriture au pàturage, en assurant une quantité suffisante de nourriture d'hiver et une rente du bétail qui soit satisfaisante; mais le nombre des soles, ou la durée de l'assolement, la proportion de la quantité du terrain consacré à la culture des grains, avec celle vouée à la nourriture du bétail, peuvent étre variés bien davantage que dans les assolemens avec päturage tels qu'ils sont suivis dans le Holstein et dans le Mecklembourg; puisqu'ils ne sont déterminés que par les circonstances locales et par le but qu'on se proposę. 8 ,o. Les principaux avantages de ce systéme de culture sont les suivans; 3. De supprimer une jachére morte, à la place de laquelle, après un certain nombre 13b lus Colles dul aptait lous nun grand es pendant ombre des ait; qu'on lne lalli dans son nissime le sd combi- prineipes, nds avan- tenant des ndebourg, in Estonie. ouyent on nombre de solement, hante. e; et Yon cession de le, Pautre tà Lautre; e, ei aider nourrilure soles, ou asacré à la etre varies zuivis dans lue par les * * un ceruig moubre D'AGRICULTURE. 33„ nombre d'années, on culüve ou pour la nourriture du bétail, ou pour la vente, des plantes qui, durant leur végétation, et pour la favoriser, permettent le passage de charrues légeères, ou de la houe et qu ratissoir à cheval, entre leurs lignes, soit dans un sens, soit aussi en travers; au moyen de quoi le sol en obüent des avantages semblables à ceux qu'il eüt urés d'une jachère. Du moius n'ai-je Hement intraitable, que par la culture de ces nables, il ne soit devenu aussi meuble, e. IIse peut cependam qu'il existe des ‚aient besoin d'une jachère; encore rencontré aucun sol te récoltes faites avec des instrumens conve aussi divisé que par le moyen d'une jaeheèr terrains qui, au commencement de cet assolement e une fois donnée d'une manière complète, ces terrains n'en doi- oin. C'est à cette première sole qu'on donne le principal oute la quantité de fumier dont on peut disposer, qui pourrait convenir à des récoltes d'un guère étre trop forte. Ces engrais mais cette jachèr vent jamais plus avoir bes amendement,'on F consacret et cette quantité doit excéder celle autre genre; pour celles-ci elle ne saurait contribuent à diviser la terre, ęt à détruire les germes de mauvaises herbes qui sont contenus. 3. A ces récoltes sarclées doivent succéder les grains de printems, d'un côté parce que l'époque tardive ou la récolte sarclée a été serrée, n'a pu permeitre Je semer assez 1t des grains Gautomne, de l'autre parce que'expérience a appris que, sur les terres argileuses les plus ordinaires, les grains de printems donnent ici un produit plus grand que ceuz d'automne, etcependantlaissent au sol igueur pour qu'il puisse dans la suite rapporter encore une récolte de assez de v Ces grains de printems peuvent étre du froment, de l'avoine céréales d'automne. ou de Porge. La dernière est la plus en usage, surtout Pespèce à deux rangées, ou Porge ris(orge sans peau*), dont la réussite est ici aussi grande qu'assurée. Si cependant le sol, faute d'avoir été suffisamment culuvé, ou par suite de la température excessivement humide d'un été, n'avait point é6té assez divisé et nettoyé, il faudrait, dans ce cas extraordinaire, donner la préférence à la rangées, parce qu'elle Jaisserait le tems de répéter les labours Au reste ces labours sont en général si peu nécessaires, que les t étre faites toutes entières, au moyen seulement peüte orge à 4 avant la semaille. semailles de printems peuven Pune ou deux cultures à Pextrpateur et à la herse, ce qui dans une saison où Pon est aussi surchargé d'affaires pressantes, est d'un très-grand avantage. Plusieurs personnes craignent que les céréales de printems ne versent, lors- qu'elles sont semées dans un terrain aussi riche; cependant en général l'expé- * Hordeum celeste nudum. Trad. J. 43 338 PRINCIPES RAISONNES rience doit les rassurer, pourvu toutefois qu'elles aient soin de ne pas semer trop épais, ce qui ici serait non seulement superflu mais encore nuisible. Des labours profonds empéchent que les grains ne versent. Au reste, si le sol doit étre fouillé profondément, cela doit avoir lieu dans la préparation pour les ré- coltes jachères, auxquelles les labours profonds ne sont jamais nuisibles, et dans la culture desquelles la terre perd sa crudité. 3. Il faut observer cette règle fondamentale, de ne jamais faire suivre deux récoltes à épi l'une après l'autre, mais au contraire de les séparer toujours par une récolte intercalaire; à moins que ce ne soit à la fin de la rotation, lorsque la récolte jachère doit succéder et que les produits ne peuvent plus souffrir de ce que la terre est durcie et infectée de mauvaises herbes. Le choix de ces récoltes intercalaires dépend du nombre des soles et des besoins de l'exploitation. Ce peut étre du trèfle, des légumes, des graines hui- leuses, ou telle autre qui n'appartient pas au genre des graminées. 4. CGest une condition nécessaire que le trèfle soit semé sur une terre parfai- tement propre, bien travaillée et fumée; on le sème ordinairement sur la récolte qui suit la récolte sarclée; et l'on en jouit à la troisième année de Tassolement. A ceue place on n'a que bien rarement à redouter sa non réussite, si d'ailleurs on le sème d'une manière convenable. II pénètre alors avec ses racines, si avant dans une terre remuéc profondément, qu'il n'a plus rien à redouter des mauvais tems de l'hiver*; et ce que l'on a dit, sans * Quoique ce que dit ici Pauteur soit en général d'une vérité absolue, j'observe cependant que dans les contrées où les pluies ne sont ni fréquentes ni abondantes en été, et ou par conséquent le terrain remué au printems ne reprend pas son assiette avant l'biver, il arrive fréquemment que les trèfles semés en terre très-argileuse sur des grains de printems, souffrent des gelées de P'hiver plus que ceux qui ont été semés au printems sur les semailles de grains d'automne, parce que, pour les premiers, Phumidité du commencement de l'hiver, affaissant le terrain sans que la racine des plantes de trèfle s'abbaisse proportionnément, cette racine se trouve ainsi dégarnie; de sorte que les plantes sont plus exposées aux effeis de la gelée, qui, souvent les arrache od les fait périr. Afin d'éviter cet inconvénient et d'assurer la réussite de mes récoltes de trèfle, j'ai essayé de ne donner que la moitié de Pengrais à la récolte sarclée, et de mettre le surplus pendant l'hiver sur la récolte de grains d'* automne que je fais succéder immédiatement à cette premieère, alors le trèfle semé au printe ms sur ce terrain assis, eepen- presqu'infaillible, pourvu qu'après l'avoir semé, Ton ait soin de passer sur la semaille, une herse garnie d'épines, qui enterre la semence en égalisant les débris du fumier; commeè ceite dernière opération étend sur les plantes des céréales la terre des petites motlles que la gelée a divisées, elle influae tou fort avantageuse sur la récolte de grains, en la disposant à taller. Tyrad. dant récemment amendé, est d'une réussite jours d'une manière alt 28 semer ble. Des e sol doit ur les re- 5) et dans vre deu jours par „lorsque uffrir de 8 et des nes hui- e parfai- n sur la année de sa non etre alors ) n'3 plus it, sans dvependant et ou par „ il arrire „souffrent de grains affaissant le racine lée, qui, éussite de esarelée, succéder , eepen- oir Semé, mence en antes des manière DP'AGRICULTVUR E. 339 doute d'après Pexpérience, que la terre se rassasie de trefle, n'a pas lieu dans ce cas, puisque viugt années d'essais, ont démontré, que quoique revenant tous les quatre ans à la mème place, il devenait chaque fois plus beau. On peut ou ne profiter de ce trèfle que pendant une année, ou le faucher pendant deux ans. Dans le premier cas il est de règle qu'on y sème des grains d'automne sur un seul labour, ce qui ne peut avoir lieu d'une manière plus parfaite qu'avec la charrue tranchante. Dans le second cas, on peut quelquefois donner la pré- férence aux grains de printems, surtout si on veut retirer du trèfle encore une troisième coupe, ou le faire pàturer en automne. Cependant ce trêfle de deux ans est une si bonne préparation pour les grains d'automne, que dans le plus grand nombre de cas, on le conserve pour lui donner cette destination; alors après les deux coupes de la seconde année de jouissance, on le rompt à la charrne tranchante, et on lui donne ensuite une seconde culture avec le petit extirpateur. Dans quelques cas on peur laisser subsister ce trefle jusqu'à la troi- sième année, mais alors il convient qu'il soit suivi par de l'avoine, sans cela il faut lui donner plusieurs labours pour le semer en grains d'automne. 5, Dans des assolemens de plus longue durée ou lorsqu'on veut obtenir plus de fourrages et d'engrais, et porter le terrain au plus haut degré de fécondité dont il soit susceptible, T'on trouve de grands avantages à se procurer entre deux encore une récolte qu'on ne laisse pas venir à maturité, c'est-à-dire qu'on fauche en vert pour le bétail; ce à quoi sont particulierement propres les vesces et le blé noir, dont le chaume renversé, laisse le terrain parfaitement préparé pour une récolte de grains d'automne. C'est avec des produits de ce genre sur- lout qu'on peut obtenir en une même année. 1t 6. Des doubles récoltes. Avec ce système de culture, on peut sans doute les introduire sur plusieurs soles à la fois, cependant dans le climat du nord de PAllemagne, et dans de grandes exploitations qui n'ont pas des bras et des attelages en surabondance, cela n'est point aussi facile qu'on le pense. Les récoltes de raves sur le chaume rompu des grains d'automne réussissent à la vérité quelquefois très-bien dans ce pays, mais pour les obtenir il faut les semer avec promptitude au milieu des grands travaux de la moisson*. Je ne „ Je n'ai pas besoin de rappeler ici que le climat de lancienne France étant plus chaud, il permet presque toujours une semaille assez hätive pour que les raves puissent atteindre un vo- lume passablement grand. Cependant ces secondes récoltes, et surtont les raves, semées après la moisson des blés(je ne parle pas de celles semées enire les lignes de fèves, ou après les vesces fauchées en vert), y sont extréèmement casuelles, ce que Pon doit attribuer aux raisons sui- vantes. 1, Comme nous l'avons vu plus haut, les céréales d'hiver laissent la terre extrémement r. 4 340 PRINCIPES RAISONNES connais point par ma propre expérience la méthode récemment vantée, de semer au printems des carottes parmi les seigles d'automne, et je n'en trouve aucune trace chez les Anglais, qui d'ailleurs cherchent à multiplier ces récoltes autant que cela est possible. Au reste j'ai éprouvé moi-méême, qu'on peut obtenir 9 P P. P 1 sans peine une seconde récolte, sur un champ de feves ou de mais semé en lignes et cultivé à la houe à cheval, où, entre les rangées, et après avoir fini la culture de ces plantes, on peut irès-bien semer des raves avec avantage. Le champ de vesces produit d'abord des vesces à faucher en vert, et apreès elles du blé noir à faucher de mème, et qui, le plus souvent, réussit parfaitement, ou bien des raves qu'on peut semer assez tôt et qui paient richement leur culture; quelquefois aussi l'on y sème deux fois de suite des vesces pour les faucher en vert. 7. Si, dans de longs cours de récoltes, on doit fumer deux fois, le second amendement n'est jamais appliqué à une récolte de grains, mais à une d'une autre espèce et de préférence à une récolte à faucher en vert, parce que la végé- tation de celle-ci ne saurait jamais êétre trop forte, et que la mauvaise herbe qui germe ety végéte, ne peut y faire aucun dommage, puisqu'elle ne peut point y arriver à sa maturité. Le labour qu'on donne à la terre aussirôt aprèes qu'on a obtenu ceute récolte, mélange le fumier avec le sol et l'y incorpore; de cette manidère l'engrais perd cette première chaleur, qui pousse trop les jeunes plantes de blé et les dispose à verser. 8. Ce n'est point une condition essentielle de ce genre de culture que Ia moitié sèche et durcie à sa superſicie, et comme les pluies ne sont pas toujours assez abondantes en été pour imprégner suffisamment d'eau la couche de terre remuée par la charrue, souvent les raves ne lèvent pas, on lorsqu'elles ont levé elles n'ont qu'une végétation lente et elles sont bientôt détruites par Ies pucerons ou par d'autres insectes. 2. Souvent on les sème sur un ter- rain appauvri, épuisé méême par de nombreuses récoltes céréales, et alors ou elles manquent complètement, ou elles ne paient pas même les frais qu'elles occasionnent. 3. L'usage de l'ex- tirpateur n'étant point encore génénalement répandu dans ce pays, on se borne à donner un- seul labour qui ne divise pas suffisamment la terre, et ainsi non-seulement ne procure pas à la végétation tous les alimens qu'elle pourrait irouver dans une terre plus meuble, mais encore ſournit une retraite aux insectes. Si donc on veut semer, surtout des raves en secondes récoltes après des graminées céréales, il faut choisir un terrain riche et pas trop argileux. 2. ELe labourer aussitôt après Ia moisson, et lui donner avec les instrumens de l'agriculture perſectionnée les cuſtures nécessaires pour bien ameublir le sol. 3. Dés que les plantes sont à leur troisième ou quatrième feuille, il faut les espacer par un premier sarclage fait d'une manière rapide. 4. Leur donner un second sarclage qui détruise le reste des mauvaises lierbes. Trad. —, — 6e, de 1 trouxe réeolies obtenir semé en avoir loi lage. Le elles du dent, ou culture; ucher eu e second ne d'une la végs. erbe qui rpoimy qu'on a de ceule es plantes la moilie — ondantes en ee, soufent et elles sont sur un ler- 5 manquem ge de Pex- denner un dcure pas à mais encore es ceréales, moisson, et s pour bien „il ſaut les nd sarclage DP'AGRICGUILTURE⸗ 341 des champs produise de la nourriture pour le bétail, mais bien, comme on l'a vu par ce qui a èété dit, que seulement une moiué soit consacrée à produire des céréales; si on le préfere, on peut se procurer une beaucoup plus grande pro- portion de denrées de vente, et pourvu qu'on ait une provision d'engrais suffi- sante, rien n'empéche qu'on ne cultive Pespèce qui doit donner les produits les plus avantagenx. Seulement pour atteindre cette abondance d'engrais, laquelle associée à une bonne culture, produit des effets si étonnans, il est le plus souvent nécessaire de se contenter, pour le premier cours de récoltes, de la première moitié eu produits vendables, afin de pouvoir obtenir des fourrages en suffisance. F 370. Les besoins d'une culture fondée sur ce systeme d'assolement, qui doivent étre remplis pour que son introduction puisse avoir lieu, ou tout au moins pour que ses succès ne soient pas livrés au hasard, sont les suivans: 1. Une propriété illimitée et une libre disposition du sol; Pabsence de toutes servitudes et de tour assujétissement à d'autres, à moins que ces servitudes ne soient convenablement limitées. 2. Une situation des soles favorable er pas trop éloignée. Ee contraire met une extréème difficulté dans une culture qui exige une surveillance soutenue. 3. Pour son introduction, un sol qui ne soit pas trop appauvri, ou dans ce cas des moyens extraordinaires de se procurer des engrais actifs; pour Fintro- duire sur un sol épuisé par la culture des grains, il faut tout au moins de grands sacrifices, ou l'avance d'un capital considérable, parce que, dans les commen- cemens, la culture des produits destinés àla vente doit étre extrémemenft resserrée, afin qu'on puisse obtenir une plus grande quantité de fourrages, clest- à-dire d'engrais. Cette culture peut donc bien plus facilement être introduite sur les ierrains soumis à l'assolement ordinaire avec päturage, qui maintient le sol en meilleur état, qu'elle ne peut l'étre sur ceux soumis à Passolement triennal qui', le plus souvent, Pépuise; aussi dans bien des cas, est-il avantageux d'employer ce premier assolement comme moyen d'arriver sune culture perfecuéöonnée. Nous reviendrons ensuite sur les meilleurs moyens d'opérer ce passagc. 4. Un plus grand nombre de bras. Ala vérité, le plus souvent, le nombre d'indi- vidus qui suffisent à un bon accomplissement de la récolte, dans la culture réglée q'après Passolement triennal, suffira aussi à Paccomplissement des travaux de cette eulture, mais ces individus devront ètre tenus dans une activité plus grande et plus soutenue. La répartition des travaux entre toutes les saisons, peut étre faite de manière que durant toute Pannée il y ait pour tous, depuis le laible vieillard jusqu'à l'enfant, une série non interrompue d'ouvrages et de moyens de gagner- 342 PRINCIPERS RAISONNRS Da reste, ces travaux n'exigent pas une habileté difficile à acquérir, mais comme les ouvrages peuvent y étre mieux répartis, et que par conséquent ouvrier doit y acquérir plus d'habitude et se familiariser avec l'usage de certains instrumens, les divers travaux doivent s'y faire à la fois plus vite et à meilleur marché. Que ce système de culture donne de Pattrait à certaines améliorations, et que de cette manière un plus grand nombre d'ouvriers soient nécessaires, ce n'est poiut là une conséquence nécessaire de sa nature. Une augmentation d'attelage ne 8 peut y étre indispensable, que pour le transport de la plus grande quantité d'engrais qu'il procure, et des récoltes plus abondantes et plus nombreuses qu'on en retire. Les labours et les semailles y sont au contraire plus faciles; car quoique pour l'ensemencement on y trouve plusieurs opérations qui ne sont point ordi- naires dans d'autres eultures, il n'en résulte autre chose que l'épargne d'opé- rations beaucoup plus pénibles. Les travaux des attelages sont aussi répartis aveo assez d'égalité entre toutes les saisons. 5. Un gérant, un diregteur attentif, actif, qui agisse avec réflexion et avec fermeté. Cette condition est de règle absolue, puisque pour arriver au plus haut produit possible, il peut étre convenable de faire pour chaque chose une distribution des terres différente de celle qui est établie par Pusage, et d'opérer diverses modifications dans les semailles et dans l'économie du bétail. La diffé- rence est en cela surtout, très-grande entre une culture établie d'après l'assole- ment ordinaire aveo paturage et la nôtre. 6. Elle ne peul convenir que là où il y a un écoulement suffisant pour toutes les denrées et où, par conséquent, le sol est avec le travail dans une juste proportion de valeur. Là où celuisci est très-cher en proportion de celui-là; là où l'on ne peut faire exécuter les travaux avec avantage que par des corvées, lesquelles, en genéral, ne sont propres qu'au but précis auquel elles ont été des- ninées, cette culture ne saurait éètre profitable.— 7. Enfin elle exige comme on le voit, un cheptel plus considérable, et un capital en circulation plus grand. § 571, Avec cette manière d'alterner les récoltes, on peut également ou faire päturer le bétail sur une partie des champs, ou le nourrir complètement à l'étable. Dans le premier oas P'assolement avec päturage est poussé à sa plus haute per- fection; dans le second cas elle a des avantages incontestables pour des positions qui rendent difficile la nourriture à Pétable, Au reste„le plus haut produit que le sol puisse donner ne saurait éêtre atteint que par cette dernière méthode; mais ür ur eomme der dot umens, 6. Que que de St poiut lloge ne quaniité es qu'on quoique nt ordi- d'ope- lis avec et avec u plus Jse une vopérer à diffé- jassole- toutes ie juste lui-la; orvées, té des Ret un dturer etable. le per- silions que le maid D'AGRICULTURL. 343 il n'en est peut-étre pas toujours ainsi du plus haut produit du capital et du travail qui ont été mis en œuvre. Nous examinerons donc avant tout la CULT URE ALTERNE avec une succession convenable de récoltes, et pdturage. § 572. Dans cette culture donc une partie du sol reste en pàturage pour la nourriture du bétail à cornes, ou si l'on veut, seulement pour celle des bêtes à laine. Mais la terre est appliquée à cet usage lorsqu'elle est en pleine vigueur, et pour cet effet l'on y sème des graines des planies les plus propres au päturage; ainsi elle rend une nourriture beaucoup plus abondante eit plus riche, laquelle peut, ou entretenir plus de bétail, ou Pentretenir sur un espace beaucoup moins étendu. Outre cela l'on y joint d'autres fourrages soit pour la nourriture d'hiver seule- ment, soit aussi pour nourrir pendant l'été une partie du bétail ou enüèrement à l'étable, ou à l'étable et au pàturage concurremment; de sorte que jamais on ne soit réduit à entrer trop tôt au printems sur le päturage, ou à le surcharger. § 575. En général ce système de culture n'est pas profitable, lorsque le cours de P'assolement ne comprend pas au moins hnit années. S'il y avait des inconvéniens à reserrer la culture des grains, et' si cependant ou voulait encore avoir une sole pour la culture des fourrages, le terrain ne resterait point assez long-tems en pätu- rage, pour qu'on put retirer de celui-ci tous les avantages qu'on doit en att endre; excepté dans de toutes petites exploitations, auxquelles en genéral la nourri- ture à l'étable est toujours de beaucoup plus profitable que celle au päturage, je changerais toujours l'assolement de 6 ou 7 ans en celui de 12 ou 14 ans, nombre qui rendrait la transition facile. Huit est donc le plus petit nombre de soles que nous envisagions comme propre à ceue espèce de culture, et je proposerais d'y suivre les assolemens suivans. Ici et dans la suite**†F indiquent qu'il faut donner un amendement complet, et* qu'il faut ſumer modérément. a 1.** Fèêves en lignes, ou bien b.* Pommes de terre. 2. a Grains d'automne, b. Grains de printems. 3. a Troͤfle à faucher, b. Trèfle à faucher. a L'auteur entend par amendement complet, celui qui comprend au moins 16,000 liv. ſumier par journal, et par amendement modéré 10,000 liv. Tyrad. PRINCIPES RAISONNES 4. a Grains de printems, b. Grains d'automne, 5.* a Pois, b.* Vesces, 6. a Grains d'automne, b. Grains d'automne. 7.— Pàturage avec tréffe blanc 8. et des graminées. Ou bien 1. Avoine sur pàturage rompu, 2. a** Fèves en lignes, b.* Pommes de terre, 3. a Grains d'automne, b. Grains de printems, 4. a Vesces, p. Pois, a Grains de printems, b. Grains d'automne, 5 6. a Trofle à faucher, 3 Paturage. En neuf soles. 1. Avoine sur päturage rompu, 6.* Pois et vesces, 2.* Récoltes sarclées, en lignes, 7. Grains d'automne, 3. Or G. 8.„ 5, Paàturage semé. 5. Grains d'automne, Ou bien 1. Avoine sur päturage rompu, 6. Trefle à faucher, 2.** Récoltes sarclées, 7 3. Orge, 8.) Paäturage, 4.* Pois et poisettes, 9 5. Grains d'automne, En dix soles. 1. Avoine sur pàturage rompu, 6.* Pois et vesces, 2.** Récoltes sarglées, 7. Grains d'automne, 5. Orge, 83. 4. Trefle à faucher, 9. Paturage semé. 5. Grains d'automne, 10. Si Pon préférait avoir une plus grande gtendue de trèfle à faucher et moins de paàturage, on pourrait laisser subsister le premier pendant deux ans, et retrancher une sole de paâturage. Ou bien 2. Grains d'automne 4. Orge 1 Anes 68, 5. Tröfle, D'A GRICULTURE. 5. Trefle, 8. 6. Grains d'automne, 9. Pàturage- y. Graius de printems, 10. Ou bien sur du terrain sablonneux. 6. Seigle, 1. Blé noir, 2. Seigle,). 3.*r Récoltes sarclées, 8. Paäturage..e4 s 4. Aroine, 9. n 10. En onze soles. 7.** Colza, 5. Spergule, 1. Avoine, 2.**8 Récoltes sarclées, 3. Grains d'automne, 3. Orge, 9. 4. Trefle, 10.) Paäturage. 5. Grains d'automne, 11. 6. Vesces à faucher en vert, ir leu qu'autant que P'on aurait des engrais La culture du colza ne devrait avo on doit faire suivre la récolte de en abondance. Sans cela, après les vesces, rer alors 4 années au pàturage. Ou bien 7.* Pois et vesces, 8. Grains d'automne et de printems. grains d'automne et consac 1.**Colza, 2. Grains d'automne, 3.* Récoltes sarclées, 9- p⸗ . Pàturage. 4. Orge, 10. 5. Trefle, 11. Paturage jusqu'au milieu 6. Grains d'aulomne, de l'éré6. En douze soles. 7.* Pois. 1. Nesces, 3. Grains d'automne. 2. Grains d'automne, 3. Tréfle à faucher, 9. 4. Avoine, 10 1 * R, Pàturage semé. 5.* Récoltes sarclées, 11. et moigs de 6. Orge,— 12. e année peut égalen 8 ilien de l'été; pe galement être rompu au milieu de 616; N. 1 du colza, si l'on a des engrais en suffisance, Qu bien 1. Vesces, 2. Grains d'automne, 44 I. retrancher Ici le pàturage de la 12. on peut aussi substiluer au 5. Trele 546 PRINCIPES RRAISONNES 3.*y Récoltes sarclées, 8. Avoine, 4. Orge, 9. Trefle à faucher, 5. Pois, 10. 6. Grains d'automne, 11. Paturage. 7.*y Fèves sarclées, 12. En quatorze soles. 1.*† Colza, 8. Trefle, 2. Grains d'automne, 9. Grains d'automne, 5. Pois,. 10. Avoine, 4. Grains d'automne, 11. 5.** Récoltes sarclées, 12.„ G8 Orce. es 13. Päturage. 5„ 7. Trefle, 14. Ou bien 1. Avoine, 48. Orge, 2.** Récolies sarclées, 9.**† Fèves sarclées, 3. Orge, 10. Froment, 3 4. Trefle, 71. 5. Trefle, 12. p 6. Grains d'automne, 13. aturzge. 7. Pois, 14. Les assolemens composés d'un plus grand nombre d'anndes peuvent ètre envisagés comme des répétitions de ceux-laà„ faites avec plus ou moins de modifi- cations. Je joins seulement encore ici un assolement de vingt-quatre ans, qui es: actuellement introduit sur un domaine, dont trois métairies et les champs qui en dépendent, sont contigus, de manière à ne faire qu'un tout au moyen de ces trois métairies; cet assolement est suivi sur une étendue de 5000 journaux: Il est comme suit: 1.**9 Colza, 10. 2. Grains d'automne, 11. Pàturage, 3.* Pommes de terre,. 12. 4. Orge, 135. Avoine, 5. Trefle à faucher, 14.**9 Fèves sarclées, 6. Trefle à faucher, 15. Grains d'automne, y. Grains d'automne, 16. Trefle à faucher, 8.* Pois et vesces, 17. Grains d'automne, 9. Grains d'automne, ent être modiſt- „ qui es; s qui en nde ces aux: DP'AGRICGULTURE. 347 18.* Vesces à faucher en vert, 22. Troͤfle à päturer, ensuite raves, 25. PAàturage, 19. Grains de printems, 24. Paturage de printems à rompre de 20. Pois, bonne heure pour le colza. 21. Grains d'automme, .* 4*„ 0* 1 5 Si dans ces rotatons il devait étre nécessaire de donner une jachère com- plète, peut-être pour charier de la marne, cela pourrait toujours avoir lieu dans les soles les moins nécessaires; encore pourrait-on souvent en retirer quel- que produit, soit au printems, soit en auiomne, comme par exemple, une récolte de vesces à faucher en vert ou une récolte de raves. L'assolement dont nous venons de parler est surtout calculé pour un grand troupeau de bétes à laine de race, auquel tout le pàturage est consacré, tandis que probablement le bétail à cornes est entretenu à l'étable. CULTUR E ALTERNE. avec nourriture du bétail d l'etable. § 575. Ce systeme de culture se distingue principalement en ceci, que pendant toute Pannée, le bétail y est nourri avec des fourrages fauchés et amenés pour cet effet, et qu'il n'est pas mis au Päturnge, si ce n'est peut-ètre vers la fin de l'été. Les bestiaux sont réellement nourris à l'étable ou dans une cour arrangée pour ce but, ou enfin dans des parcs mobiles et foris, dont la place est changée chaque année et fixée près des soles qui doivent fournir la plus grande partie des four- rages. A quelques égards on peut aussi comprendre ici la méthode usitée dans quelques contrées, de donner à manger au bétail à l'étable avant de le conduire 9 au paͤturage. Ce n'est pas ici le lieu de parler des avantages de l'une sur l'autre de ces méthodes, puisque nous ne devons les considérer ici que dans leurs rapports avec la culture en général, 276. § 3 Les avantages particuliers à ce genre etonorhie sont les suivans: 1. Il demande, pour la nourriture d'une méême quantité de bétail, une gtendue de terrain beaucoup moins considérable. a.) Parce que dans ceite culture on donne au champ une proparauion conve- nable aux végétaux qui sont employés comme fourrages, et que ne laissant pas à la nature seule le soin de les propager, on peut choisir et muluüplier, en les semani et les plantant, les espèces les plus appropriées à la nature du bétail, et qui réussissent le mieus sur le sol qu'on leur desüne. Ainsi'on peut y employer dans toule son étendue la ſorce génératrice de la nature et ürer du 348 PRINCIPES RAISONNES terrain, une quantité d'alimens incomparablement plus grande qu'on ne l'ein fait d'une autre manière. 5.) Parce que ce genre de culture laisse parvenir ces plantes à leur plus haute végétation et au point de leur développement ouù elles donnent le produit le plus élevé dont elles soient suscepübles, soit en quantité, soit en qualité. En effet, le développement et la croissance de la plupart des plantes à ſourrage augmentent pro- gressivement jusqu'à un certain point, et d'autant plus que ces plantes approchent du plus haut degré auquel elles puissent atteindre; dans leur première eris- tence, leur végétation est très-faible pendant un tems, et elle saccélère d'autant plus que la plante approche de son développement complet: si, comme cela arrive dans le pâturage on n'attend point gette époque, l'on ne saurait atteindre le plus haut produit. Cependant deès la floraison, la plante cesse de croitre et à mesure que la semence se forme, la tige et les feuilles perdent une partie des sucs nourricièrs qu'elles contiennent. Ainsi donc le point précisément le plus avanlageux, ne peut érre saisi que par le fauchage. Comme alors la plante n'est point encore affaiblie par la formation de la semence, souvent elle pousse de nouveaux jets qu'on laisse arriver au méême degré de perfection. c.) Parce que de cette manière les plantes ne sont point écrasées et détruites par les pieds du bétail, er qu'ainsi leur végétalion n'est point retardée par la pression du pied des animaux. L'expérience démontre, que par ce moyen et à quantité égale de terrain, on obtient d'une étendue de moitié plus peute, une nourriture tout aussi abondante et aussi parfaite que celle produite par la totalité des päturages; ainsi Pon peut épargner ou consacrer à d'autres usages ou à l'entretien d'une plus grande quan- nité de bétail, au moins la moitié du terrain qui auparavant était destiné à la nourriture d'un moins grand nombre de bétes. § 577. 2. C'est surtout pour ohtenir des fumiers qu'on entretient du beitail; et c'est sculement de cette manière qu'on peut trer le plus grand parti de cette espèce d'engrais. Dans toute culture ou le bétail est nourri au pälurage, la plus grande partie du fumier d'été est dissipée. Les excrémens qui tombent sur les pacages à demeure sont absolument perdus pour la culfure des champs, saus que pour cela ils profitent beaucoup au päturage, puisqu'on ne s'aperçoit pas que d'anciens herbages où le bétail päture constamment, augmentent de produit en proporuon du fumier que le bétail y dépose. Souvent même le fumier ne produit d'autre . 8.„ eflet que celai de donner pour plusieurs années aux plantes sur lesquelles il ne Len lus haute irle plus ellel, e dent pro- prochent lere exis d'autant ame cela atteindre ollre età varlie des l le plus ote n'est ousse de détruites dée par la errain, on ahondante Fou peut inde qma- lestiné à ha I; ei Ces lie esyèce inde parie pocages què pour G'aneiens roporion uit dautre squelles 1 DAGRICULTURE. 349 loigne les bestiaux; ce qui fait que quelquefois on iombe, une saveur qui en é es à cornes, à ramasser les fientes et à en ürer encourage les bergers de beit parti pour leur propre compte. Il n'en est pas entièrement de méême du fumier qui tombe sur le pàturage des champs en repos; cependant la plus grande partie et le champ m'en obitient nullement les avantages qu'il en en est évaporée, couvenablement préparée, était mèlée retirerait, si la même quantité de fumier, avec le sol. Comme, répandu ca er là, ce fumier ne peut point entrer dans ceite fermentalion d'ou il résulte une masse homogène; la plus grande partie s'en évapore sous la forme de gaz; le surplus tombe en poussigre et est enlevé par les insectes. La perte est q'autant plus grande que le champ demeure long- tems en päturage; tandis que cet eng rais profite un peu plus, si le terrain est bientôt après mis en labour. Mais dans aucun cas le fumier n'atteint le degré d'uulité qu'il a, lorsqu'il est mélangé aves de la paille et incorporé à elle de manière qu'elle-mèême devienne un engrais acuf. Gest au moyen de la nour- riture à Pétable seulement, qu'on peut recueillir tous les excrémens du bétail, et quw'en les mélangeant avee la paille, on leur fait atteindre le véritable point de fermentation, que l'on empéche qu'ils ne soient trop tôt divisés, et qu'ils ne s'éevaporent; enfin c'est par son moyen seulement, qu'on a à sa dispo- siüon le choix du moment et du degré de fermentation, pour transporter les engrais dans les champs, sur les places même oi ils peuvent produire le plus d'effet, et oQù l'on peut les employer au plus grand avantoge de'écouomie rurale. § 578. 3. La culture associce à la nourriture du bétail à Pétable, peut beauconp plus facilement et plus promptement que ioute autre, faire succéder alterna- iivement les récohles de fourrages et celles de grains; ainsi, d'autant mieux auleindre tous les avantages qu'on réunit en faisant alterner les produits. Elle permet de culuüver les plantes à foufrage dans un ordre et une succession tels. que les produits desünés à la vente, surtout les récoltes de graius, en soient interrompus aussi peu que cela est possible; puisque ces récoltes de fourrages nm'y sont qu'une préparation à ces dermeères, et qu'elles sont destinées principa- lement à entretenir le champ dans une propreté, une fécondité et un ameu- blissement complets, ce qui rend la jachére superflue et remplace avantageu- § 579. 4. Elle procure pour toutes les saisons au bétail, une nourriture également sement l'effet qu'on en attend. sbondante, succulente et agréable; du moins lorsque la proportion eit la suc- gession des récoltes de fourräge ont été réglées convenablement; elle peut par 350 PRINCIPES RAISONNES conséquent lui conserver des forces plus égales et une santé plus parfaite; par cela mème augmenter les services et la rente qu'on en retire. Avec la nourriture du bétail au päturage, cet avantage ne peut avoir lieu qu'au moyen d'une grande abondance de paccages, à cause de linégalité de fécondité que présentent les päturages d'une aunée à Pautre. Avec la nourriture à Pétable, on peut réserver pour une année moins léconde Texcédent de nourriture d'été que le hétail n'a pas consommé ‚il est extrème- ment avantageux au bétail d'avoir aussi, à côté du fourrage vert quelque nour- riture sèche, Par ce moyen d'ailleurs on peut non seulement maintenir la nourriture des bestiaux dans cette égalité permanente, mais aussi conserver dans un équilibre parſait toutes les autres parties de l'économie, puisqu'on peut les calculer sur une quantité d'engrais égale chaque année ei que, si l'on a épargné des fourrages, on peut toujours augmenter la quantité du bétnil, lors- qu'on le juge avantageux, soit pPour la rente, soit pour T'augmentation des engrais. § 580, 5. Enfin non seulement des expériences sans nombre ont demoniré qu'avee les soius convenables, le bétail peut être conservé en parſaite santé étant nourri à P'étable, surtout si, de tems en tems en l'abreuvant et le faisant baigner, on lui permet de prendre du mouvement en plein air, mais encore il parait évident que par là il est garanti de plusieurs des maladies les plus dangereuses, qui atteignent le bétail nourri au päturage, c'est ainsi qu'entr'autres il n'est point sujet à Pinflammation de la rate ‚et qu'il est beaucoup moins exposé aux maladies contagieuses; ensorte que, dans les contrées où ce mode de nourriture est établi d'une manière générale, il n'est guères à redouter de voir les maladies se répandre universellement. Tout au moins dans un tel moment, ce genre de nourriture a-t-il des avantages décidés sur le päâturage qui a lieu dans des champs ou sur des pacages ouverts, si méme il n'a point cette supériorité sup celui qui a lieu sur un terrain clos. § 381. Malgré tous ces avantages incontestables de la nourriture'étable, on lui a gependant opposé des scrupules et des objections, qui jusqu'ici paraissent avoir eu assez de poids pour empécher son introduction universelle. Ces objeclions sont les suivantes: 1. La culture des plantes à fourrage exige un beaucoup plus grand nombre de bras et d'attelages, que, dans certaines localités, il ne Peut étre économiquement convenable d'y appliquer. Réponse. La culture des plantes qui sont le plus ordinairement desunées à la nourriture du bélail en é6té, n'occasionne qu'une bien petite augmentation de . 4 nor mer qu'i le b. suffl cess liun plus malg lorse a pa nour hétal doute üte, dar durriture e grande ulent les ſéconde àxlrème- ue nour- nlenir la onseryer uisqwon si Pon a il, lors- engrais, qu'avec u nourri gper, on dévident des, qui il west S0s6 aun Surriture maladies genre de Jans des orilé suy on Jui ent ayoir obre de uememt inées ¹ lion de —. 2 D'AGRICULTURE. 351 travail. Pour le trefle il ne faut rien de plus que le semer et, si l'on en récolte soi-méme la graine, la battre; ce qui emploie bien peu de tems, lorsque le faisant pour son propre usage, on se borne à dépouiller les fleurs et qu'on le sème sans sortir la graine de son enveloppe- La culiure du terrain consacré aux vesces à faucher en vert n'est pas plus considérable, puisque le labour qu'elle exige, la jachère l'eut exigé également. Les travaux de la culture des autres plantes destinées à la nourriture du bétail, auxquels cependant on met trop d'importance, ne doivent point étre imputés à la nourriture d'été, mais à celle d'hiver dont-il ne s'agit pas ici- § 582. 2. La nourriture à'étable ou dans les cours rustiques, exige pour le fauchage, le transport du fourrage vert et sa distribution au bétail, pour épandre la litière et enlever le fumier de dessous les béêtes, un beaucoup plus grand nombre d'hommes et d'attelages, qu'il m'en faut pour du bétail nourri au päturage. Roponse. Cette objecuion est de toutes, celle qui a le plus de poid, puis- qu'on ne saurait nier que là en effet il n'y ait un surcroft de travail. Cependant la différence n'est point aussi grande qu'elle le parait à ceux qui ne connaissent pas la bonne manière d'arranger cela et d'en régler la manipulation. Le fauchage du fourrage nécessaire à 80 pièces de gros béiail, si du moins le trèfle est beau, Popération de charger et celle de charier, peuvent èêtre exécutés complètement par un homme, et une femme ou un jeune garçon, lesquels peuvent encore aider au vacher dans la distribution du fourrage aux bêétes: admettons ainst que, outre les servantes de basse-cour, il faille encore trois personnes pour nourrir à étable 30 pièces de gros bétail, et ces 5 individus suffiraient égale- ment pour cent. Si'on tenait toutes les bêtes réunies au même paàturage, et qu'ainsi on ne séparât pas les vaches à lait de celles qui n'en donnent point, le bétail jeune, de celui qui est déja vieux, sans doute alors un seul berger suffirait; mais si nous les supposons divisées en plusieurs troupeaux, la différence cessera d'étre aussi considérable. Ces personnes suffiront aussi pour épandre la lilière et pour enlever les fumiers, si cette opérauon se fait de la manière la plus économique, avec un traineau. A côté de cela le travail des servantes, malgré qu'il y ait une plus grande abondance de lait, est bien moins grand lorsque les vaches sont nourries à Pétable, parce que dans ce dernier cus, il n'y a pas cette perte de tems qui résulte toujours de l'éloignement des vaches nourries au pàturage; enfin on ne doit pas omettre la facilité que la nourriture à Pétable donne à linspection, dans le moment ouù Lon trait; d'ailleurs il n'est pas douteux qu'on ne verse ou ne disperse moins de lait, 352 PRINCIPES RAISONNES La manière la plus économique de faire le charroi de la nourriture verte est celle qui a lieu ou par des vaches elles-mômes, dressées à cet effet, ou par des bœufs, qui y sont consacrés, ei qui, tout en faisant cela, s'engraissent d'autant micux qu'ils mangent et à l'étable et au champ, et que ce travail modéré ne fait qu'aider chez eux à la digestion, au moyen de quoi à la fin de l'été ils paient très-bien leur nourriture. Quant au supplément de travail qu'occasionne l'excé- dent d'engrais qui est une suite de la nourriture à l'étahle, on voudra bien ne pas le compter comme une charge. Je dois avouer qu'il est des circonstances oQ, en 6été,„'emploi de deux personnes de plus sur 80 vaches peut avoir des inoonvéniens; cependant le cas où l'on n'aurait pas la possibilité de se les proourer, doit éêtre rare. Là où l'on est réduit à épargner les bras autant que cela est possible, on s'arrange de manière à continuer la nourriture à l'étable jusqu'au tems de la moisson, alors on fait sortr le bétail pour paâturer les trèfles sur les chaumes et les troisiémes pousses. § 583. 3.) La nourriture à Pétable exige un meilleur arrangement des écuries et plus de réunion, une grande place pour conserver la nourriture verte, et divers ustensiles, par conséquent un cheptel mort“ plus considérable. Reponse. Dans cette objection on s'est exagéré les diffcultés ou les doutes. Saus doute une étable bien distribuée donne beaucoup de facilité. Le fourrage vert peut y étre conservé plus long-tems saus qu'il se gäte, et il peut étre dis- tribué au bétail d'une manière à la fois beaucoup plus prompte ei plus profitable, Mais il n'y a pas d'étable où Pon ne trouve une place pour conserver ce fourrage, si, pour y parvenir, on veut seulement diminuer de quelques tétes le nombre des bétes. Le chariort, la fourche, le rateau et la faulx qu'il faut de plus, peuvent à peine être mis en compie. Ceux qui fom cetie objection parlent aussi de grandes caves et de machines à couper les racines, lesquelles de fait ne peuvent point étre imputées à la nourriture d'été, de laquelle seulement il s'agit ici. §. 384. 4.) Dans une économie rurale ok il n'y a que peu de bétail, ezcédent de frais qu'occasionne la nourriture à l'étable peut se réduire à fort peu de chose, Mais le travail y augmenie avec le nombre des bestiaux en bien plus grande proportion que cela n'a lieu lorsque les bétes sont nœurries au päturage. Dans la culture ordinaire-avec päturage, il est même assez indifférent qu'un berger ait à garder 20 ou 200 bétes. Avec la nourriture à'étable au contraire, le nombre — * Le chepiel mort comprend l'ensemble des charriots, instrumens, outils et ustensiles nécessoires à une exploitation rurale. Trad. des * σ- —+ 2 verte est du par des dt Ghautant nodere ne zils paient nne Pexcé. lra bien ne oi de deur dant le cas . I où Pon est ſe maniere lors on ſait 8 p Ousses. ries er Mus „el divers les doutes. le ſourrage un etre dis- sproftable. de fourroge, le nombre us, peuvent ent aussi de ne peurent agit ici. zcédent de zu de chose, plus grande ge. Daos la g berger ill „le nombre — el Wiesiiles des D' A GRICULTURE. 353 des personnes employées croit en proportion du nombre des bètes; sur chaque 50.“ de pièces de bétail il faut un homme de plus. Si donc, dans les petites exploitations, il y a de l'avantage à nourrir le bétail à Pétable, cet avantage diminue progressivement, à mesure que Pexploitation augmente en proportions. Reponse. Cette objection ne veut dire autre chose, sinon que la nourriture à P'étable est encore plus profitable dans les petits domaines ou métairies, qu'elle ne l'est dans les grands, sans cependant qu'il soit possible de nier les avantages qui en résultent en général. Au reste la réponse à cette objecuon est comprise dans celle faite à la première et à la seconde, § 385. 5.) Dans les domaines d'une grande étendue, les frais du charroi des four- rages sout toujours plus considérables, parce que tout au moins une parlie de la sole des fourrages, doit nécessairement étre assez éloignée. Ce plus grand éloignement est en revanche de peu de conséquence pour le pàturage. Réponse. Des soles de fourrage très-éloignées rendraient sans aucun doute la chose plus difficile. Mais dans une division des champs arrangée pour la nourriture à l'étable, on peut toujours disposer les choses de manière qu'une paruüe de la sole du trefle, ou de celle des vesces destinées à étre données en vert au bétail, se trouve dans le voisinage des baàtimens rusuques; à défaut de cela on remédie à cet inconvénient par l'établissement d'un parc sur une sole de fourrage éloignée. § 586. 6.) Sur de grands domaines le sol est le plus souvent varié dans sa nature, et si dans le cours de l'assolement, le trefle ou d'autres récoltes-fourrages tom- bent sur une parte qui ne soit pas favorable à leur végétation, ils ne donnent pas le produit qu'on croyait pouvoir en auendre, quelqueſois mèéme ils wanquent tout-à-fait. De cette manière, on ne peut point avoir d'assolement réglé, ou tout au moins n'ose-t-=on pas compiter sur une quantité suffisante de nourriture pour un troupean également nombreux; ainsi dans les annécs où le trèfle se trouvera semé dans une pièce de terre plus séche, on ne pourra pas tenir la mème quantité de bétail, Roponse. Si, comme cela arrive quelquefois daps les domaines soumis à la culture ordinnire avec päturage, on n'a, dans la division des champs, eu aucun égard aux différences qui existent dans la nature du sol, cela fait sans doute une grande difficulié. Mais aveg la nouryiture au päturage, cet inconvénient peut étre également sensible, et il faudrait le concours d'une étoile bienfaisante 9¹: pour que le bétail n'eüt pas à en souffrir, si on ne lui aidait pus de la même I. 45 354 PRINOIPESRAISONNES manière qu'à celui nourri à Pétable. Mais pour la nourriture à Létable, il esr bien plus facile de répartir les terres d'une manière convenable d'après leur fertilité; parce qu'alors le rapprochement des soles entr'elles, et celui des soles par numéros, n'est point aussi nécessaire, et qu'ainsi l'on peut très-bien arran- ger les choses de manière à pouvoir chaque année semer en fourrage un champ, dont le terrain soit propre à ce genre de Prodluis„ et qui soit assez rapproché des bätimens rustiques. § 387. 7.) Avec une bonne culture on peut à la vérité compter sur la récolte de trefle, mais cependant pas au point d'étre entièrement rassuré contre la possi- bilité de sa non réussite; et si ce dernier cas devait se réaliser ‚toute l'économie en serait bouleversée. Reponse. Quoique le trèffe doive être envisagé comme le principal fourrage d'été, on commettrait cependant une grande faute, si'on se reposait entiére- ment sur lui, puisque, sans méême devoir craindre que semé convenablement il viennèe à manquer tout-à-fait, il peut cependant y avoir des tems ou il ne donne point assez de fourrage pour sufffre à la nourriture du bétail, ou bien où l'on ne saurait conseiller de l'employer à cet usage. Le trèffe n'est pas assez printan- nier pour qu'on puisse commencer par lui la nourriture au vert, et entre ses deux coupes, il y a une époque où il est trop vieux ou trop jeune pour éêtre employé avec avantage; outre cela'on en manque après la seconde eoupe, st après elle on laboure pour semer du blé. Ainsi pour que la nourriture à l'étable repose sur des bases solides, il ne faut pas se borner à mi consacrer un seul genre de produits, il faut au contraire avoie à sa disposition diverses espèces de végétaux qui puissent étre substitués au trèfle vert, si cela devenait nécessaire, et qui pourtant puissent étre consommés d'une autre manière; c'est à quoi son: particulièrement propres les vesces, et sur terrain see, la spergule et le blé noir; si on n'a pas consacré des pièces particulières à produire pendant un long espace de tems de la luzerne, du sainfoin(esparcette) ou des fourrages artificiels du genre des graminées. Lorsque, ce qui est à peine possible dans une bonne culture, Pon aurait laissé subsister ce trèfle pendant Phiver sans le rompre, Von pourrait y semer d'abord au printems des vesces, de la semence desquelfes il est d'autant plus facile de Furqer une provision, qu'elle se con- serve pendant dix ans ei plus. § 383. 8.) D'après les expériences qu'on a faites, principalement dans le Holstein, le beurre produit par les vaches nourries à l'étable n'a pas la même bonté et ne au rep e, il en près leur des soles en arran- — champ— approchè Scolte de la possi- Sconomie ſourrage entière- ement il ne donne non Pon 2printan- entre ses pour ètre oupe, si à Pétable eun seul espèces ſcessaire, quoi son et le Dlé 2dant un ourrages ble dans r Sans le semence se con- loßtein, até et ue D'A GRICUILTVURE. 555 se conserve pas aussi bien que celui des vaches qui sont au paäturage. Et comme il est très-important pour le cultivateur qui entretient un grand nombre de vaches, de conserver à son beurre une bonne réputauion et d'en avoir un Scoulement facile, ceci est déjà une raison suffisante pour ne pas adopter la nourriture à l'étable. Dans le petit nombre d'essais que, dans le Holstein, on a faits sur la nour- riture d'une grande quamité de bétail à l'étable, q'a effectivement été le cas- Mais il est notoire que, dans la laiterie ou s'est fait l'un des plus connus d'entre ces essais, on n'observait pas cette propreté qui distingue surtout les vacheries du Holstein. Outre cela la nourriture des vaches était de mauvaise qualité, composée, grâces à un assolement vicieux, plutòt de vélar et d'autres mauvaises herbes, que de trèfle. Il est vrai que, avec la nourriture à l'étable, il est plus difficile de garantir le pis des vaches des effeis de la malpropreté, que cela ne Pest au pâturage, et que par conséquent il faut pour conserver au lait ses qua- lités, d'autant plus de ces précautions que, sans une surveillance cominuelle, on n'oblient guères de gens qui n'y sont pas naturellement portés. Mais si ces précautions sont observées, le beurre produit par la nourriture d'été à l'étable, a un goüt tout aussi aromatique, que celui obtenu par le moyen du pàturage; il est tout aussi gras, et il a les mêmes qualités; ensorte que si ce beurre est préparé avec les mêèmes soins qu'on lui donne dans le Holstein, on peut attendre avec cerütude qu'il se conservera tout anssi bien que celui des vaches nourries au pâturage. Je dois avouer au reste que je ne puis pas citer d'exemples à l'appui de mon assertion, parce que là où un grand nombre de vaches sont nourries à Pétable, pendant Pété on vend le beurre toujours plus avantageusement frais. § 589. 9.) Enfin, a-t-on dit, Pintroduction générale de la nourriture àl'étable dans un pays, mettrait sur les marchés une surabondance de chair et de graisse, qui ferait baisser les prix d'une manière excessive, puisque ces marchés n'ont jamais des débouchés aussi vastes que le sont ceux des marchés pour les grains. Ainsi le capital employé dans la culture pour la nourriture à l'étable ne rappor- terait que peu ou point de profit, et par conséquent il serait perdu pour la richesse nationale et particulière, et serait d'ailleurs enlevé aux auitres parties de l'agriculture et à d'autres branches d'industrie, Mème le capital du fonds ou du sol, perdrait par ee moyen plutòt que de gagner. Reponse, Sans m'arréter aux conceptions erronées d'économie politique aux- quelles seulement une telle objeclion peut devoir sa- naissance, je veux n'y répondre que sous le rapport de l'intérét priyé. Les marchés pour la chair et 356 PRINOCIPERS RAISONNES le beurre ont, dans le plus grand nombre de pays, des débouchés bien plus 6tendus, que ceux pour les grains, parce que, à valeur égale, le transport de ces denrées est moins coũteux. C'est par cette raison que, dans bien des contrées, on a souvent jugé avantageux de transformer les grains en bétail de trait ou de rente, parce que de cette manière ils s'exportaient eux-mémes. A la vérité depuis quelques années cela n'a pas eu lieu, parce que nulle part le produit en grains n'a excédé les besoins, mais ci-devant on avait recours à ce moyen dans le midi de l'Allemagne et dans quelques provinces de France. Nulle part le beurre qui est d'un transport si facile, ne saurait manquer de débouchés, siil est fait d'une manière convenable. Dans le Holstein où, depuis 15 à 20 ans, la quantité de beurre fabriquée a augmenté, à ce qu'on assure, méme au-delà d'un ters; le prix en a Lepehdaurstonjours haussé, malgré que l'exportation qui dans le méme tems s'en est faite du Mecklembourg, ait également été plus forte.* Par- ꝛout le prix de la chair et celui des grains ont haussé, même proportionné- ment à celui des grains, ce qui parait dú à ce que des contrées incultes, qui auparavant n'étaient employées qu'à la nourriture du bétail, ayant aug- menté en population, ont été mises en culture et produisent aujourd'hui des grains. Le prix des laines a également haussé et la quantité doit nécessai- rement en être augmentée, quoique seulement d'une manière indirecte, par Tentretien d'un plus grand nombre de bètes à l'étable, puis qu'alors une plus grande étendue de pàturages pourra éêtre consacrée aux moutons. Au reste il est encore douteux qu'une culture plus soignée dut faire baisser le prix des produits animaux, proporuonnément à celui des autres denrées, puisque en méême tems que les produits augmentent, la consommauion, l'aisance er la richesse nationale augmentent aussi et avec elles la population. Mais dans aucun cas ces produits ne peuvent tomber au-dessous de leur prix naturel, c'est-à-dire de celui qui paie leur culiure avec un juste profit, puisque si ce cas arrivait, le culüvateur se relächerait bientét de Pactivité qu'il avait donnée à son industrie. Au reste, non-seulement la méthode de nourrir le béiail à'étable procure une plus Prande abondance de produits animaux, mais encore elle épar- gne du terrain pour la culture des Srains, et elle muhiiplie les engrais qui doivent favoriser celle-ci. § 590. Ainsi donc considérés isolément, les motifs qu'on allégue contre la nourriture à l'étable et le perfectionnement de la culture qui en est la suite nécessaire, ne * Hy a huit ans que les Indes orientales avaient ouvert au beurre du Holstein un débouché nouveau et avantageux; on P'y envoyait renfermé dans de petits tonneaux ou barils. A. Pa bien Dlos Isport de comirées, ran ou de ue depuis en gräis ns le midi deurré qui il esi fat a quantité g'un liers; ni dans le le.*% Par- ortionné- incultes, fant aAug- Jjourd'hui nécessai- fecte, par une plus ere baisser denrées, „Taisance Mais dams naturel, e si ce cas donnée à z Pétable elle epar- ui doivem dourritufe ssaire, ne — débouché 5. 4. 557 D'AGRILGULTUR E. sont pas soutenables. Cependant réunis ils peuvent, dans certains cas, tout au uce de son introducuon, et plaider en faveur Dans des contrées où les procGdés de et où chez les domesuques et moius rendre douteuse la convena du pàturage joint à un bon assolement. la nourriture à l'étable sont encore inconnus, chez ceux à qui l'on doit commeitre Pinspecuon des détails, on rencontre de nre de noufriture, ei de la mauvaise volouté, il faut on paruculière et plus grande, peut ètre, urs autres branches de P'économie, à l'étable, il faut la prévention contre ce ge tout au moins y donner une attenti qu'une personne unique, occupée de plusie ne peut la donner. Lorsqu'on veut introduire la nourriture donc avant tout, se procurer des hommes capables de la diriger, ou ſaire venir de dehors les principaux valets qui doivent étre chargés de! Ce genre d'économie exige un capital en circulation beaucoup plus grand, pas précisément pour lui-méême, mais pour la culture vigoureuse ³ laquelle il s'associe. Il ne parait donc pas conuvenir dans les lieux ou, loin d'ètre réduit ain, om en a plutôten sursbondance; parce que dans souvent pas les moyens de pourvoir au travail et Daus les cas de ce genre la culture moins dans les commencemens, ant plus de facilité, a directon des écuries. à tirer un grand partiĩ du terr une grande exploitation, on n'a aux frais que cette méthode occasionne. alterne perfectionnée avec päâturage sera, tout au- et ensuite on pourra avec d'aut En revanche les avantages de cette nourriture a de la valeur du sol et des avances qu'on beaucoup plus convenable, passer à la nourriture à l'étable. augmenient toujours en proporlio peut lui faire. Elle m'est nulle part moins proßtable que sur les terr argile et d'humus; ee sol profite inſiniment f 9 ains sablonneux, qui conuennent moins de 25 pour cent d'* de ce qu'on appelle repos, il gague à étre laissé en friche ex à εtre päturé, cela lui rend une sorte de consistance qu'il perd enüèrement par de trop Iré- quens labours. Les terrains de eette espèce conviennent aussi moins au bétail à cornes qu'aux bétes à laine, pour lesquelles la nourriture à Pétable ne parait point encors semble même pas convenable dans les domaimes Malgré Pabondance G'engrais, la culture des plantes casuelle, à cause des séchieresses, et cet inoonsé- à Pétable, quelque süre d'ailleurs desünées à la nourriture d'hiver. près de se propager, et ne qui ont un sol de ce genre. afourrage d'été est ioujours irès- nient est infiniment& redouter pour la nourriture que soit dans ees terrains, la culture des racines 8§ 591. On fait une distinction emre la noufriture à Pétable complète, er la partielle. Par cette dermiere on n'entend pas; ce qui cependant se prauique quelquefois, 358 PRINCIPES RAISONNES qu'une partie du bétail reste à l'étable tandis que Tautre va au pàturage, mais que Ie bétail prend chaque jour une partie de sa nourriture à l'étable, et Pautre partie au päturage. 1 Plusieurs personnes ont envisagé cette manière de nourrir le bétail comme la plus profitable pour la rente, et par son moyen, ont obienu un très-grand pro- duit en lait, En effet, ce changement d'aliment devait donner plus d'appétit aur bétes et leur faciliter la digestion. Cette manière doit étre conseillée surtout dans les lieux oùð Pon a à sa proximité des pâturages auxquels la crainte d'inondations ou quelqu'autre cause, empèchent de donner une autre destination et où, cependant, ces päturages ne peuvent pas suffire à la nourriture du bétail à cornes pendant l'été, 6§ 392. La nourriture à l'étable peut s'associer à divers systèmes de culture, qgyui se réduisent principalement aux trois suivans: La première et la plus ancienne manière de se procurer des fourrages verts pour l'été, consiste à y consacrer des clos parüculiers, ou des champs d trefle, Pour cela on choisit ordinairement des pièces de terre situes près des bätimens rustiques, et l'on y sème de trois en trois ans, souvent méème dès la première année et avec la première récolte de grains, du trêfle desuné à étre fauché en vert, ou si la nature du sol le permet, de la luzerne. Lorsque ce fourrage a pris fin, on y cultive pendant un ou deux ans des racines ou des choux, quelquefois aussi une récolte de blé ou de légumes, puis on les sème de pouveau en fourrage. Mais ces clos consomment une grande partie des engrais, parce que, sans des amendemens abondans et répétés, des récoltes de tröfle si rapprochées ne pourraient y réussir. Le principal but de la culture des fourrages et de la nourriture à'étable, celui de se procurer pour la totalité des champs une plus grande quantité de fumiers, est entièrement manqué, et alors le reproche G'ailleurs absurde, d'exziger trop d'engrais, qu'on fait à la cul- ture des fourrages, se trouve fondé à quelques égards. Une autre conséquence de cette méthode, c'est de priver d'un second avan- tage attaché à la nourriture du bétail à„'étable et à la culture quiĩ en est la suite, de la succession alternative des récoltes vertes et des récoltes de grains dans les champs. La jachère morte doit par cela même y avoir lieu, sans qu'on en retire aucune récolte, ou bien les champs sont bienlôt infectés de mauvaises herbes. C'est en plein champ seulement et introduites dans Passolement général, que les récoltes vertes peuvent remplir complétement le but auquel elles sont des- nnses; qu'elles proourent la bonification chimique du sol par le moyen des age, mais ei Pauur comme la and pro- ppétit aun edlout dans oudations n et od, Nà cornes e, qui se ges verts namps d ées près ent méme desuné à orsque ce es ou des les sème Harlie des loolies de ure des a totalilé nqué, et à la cul- nd avan- tla suite, dans les en reure s herbes. ral, que ont des- yen der D'A GRICUILTURE. 359 engrais qui leur sont appliqués, et Pamélioration mécanique qui résulte de Tameu- blissement du terrain et de son neitoiement. La culture des plantes à fourrage dans des olos séparés, ne peut donc être envi- sagée que comme un moyen très-vicieux de se procurer dans les exploitations sou- mises àla méthode des jachères ou àla culture alterne avec paturage non perfection- née, quelque supplément de nourriture pour le bétail; moyen absolument opposé au but qu'on se propose par la nourriture à Pétable telle qu'elle a lieu ordinai- rement: un clos d'une étendue proportionnément peu considérable, ensemencé en plantes à fourrage pérennes, en luzerne ou herbes à faucher, et situé près des böümens, peut cependant quelquefois étre fort utile, et faciliter la nourriture complète du bétail à l'étable, en fournissant des fourrages dans les momens où Ton n'en a pas ailleurs. 2 § 593. La seconde manière de se procurer des fourrages par la culture, consiste à les introduire dans Passolement triennal à la place de la jachère- Nous avons déjà parlé de cette méthode propagée surtout par Schubart, de ce qu'on peut en attendre et de ce qu'on doit en redouter. Par ce moyen on n'ôte aucun engrais à a culture des champs, loin de là le trefle, sil est vigoureux, épais et propre, donne au sol de nouveaux sues. Mais, avec Passolement triennal, on ne peut espérer la réalisation de ces trois conditions, que dans un sol particulièrement. fertile, et encore seulement dans le cas où le trèfle ne reviendrait que tous les neuf ans à la mèême place; on y a vu si fréquemmem la non réussite de cette plante et Pinsuffisance de ses récoltes, dans des domaines qui manquaient d'ail- leurs de prairies nécessaires à un bon entretien du bétail en été et en hiver, qu'on a renoncé à ce genre de culture par tout, excepté dans quelques districts particulièrement fertiles; et que la cessation de la nourriture à l'étable elle-meme en a été la conséquence. Lorsque, à la suite d'accidens, le trèfle avait manqué, des agriculteurs industrieux y remédiaient pour une année, en semant des vesces ou un mélange de diverses plantes à faucher en vert, ou en fauchant leurs pois pour les donner au bétail; mais lorsque cette non réussite revenait trop sou- vent er paraissait tenir, non à Paccident, mais à la chose elle-méme, ils se sont vus obligés d'y renoncer; quelques eultivateurs seulement y ont persisté jusqu'à ce que leurs champs ont été totalement infectés de mauvaises herbes- § 594. La troisieme méthode, la seule qui jusqu'ici alt eu réellement des succès, et sur laquelle on puisse compter avec certitude pour Pintroduction de la nourri- iure du bétail à l'éiable, c'est celle de la cultare alterne penfectionne, dans 360 PRINCIPES RAISONNES laquelle le trèfle est toujours semé sur un terrain bien et profondément travaillé, qui a encore toute la force de l'engrais, et où l'on se procure encore un sup- plément, en cultvant d'autres plantes à fourrage pour le milieu de l'été, pour Pautomne et l'hiver, de manière que dans toutes les saisons le bétail obtienne une nourriture riche et qui ait conservé ses suos. Nous avons déduit plus haut avec détail, les motifs sur lesquels ce systèmé de oulture repose, et nous aurons encore à en parler, lorsqu'il s'agira de la culture de ces plantes, et de la nourri- ture du bpétail; ensorte qu'ici nous n'avons plus rien à ajouter sur ce sujet. § 595. Nous nous bornerons donc à indiquer ici les assolemens qui, suivant le nombre des soles, et en sacrifiant le moins quiil est possible des récoltes des- Unndes à étre vendues, peuvent procurer la plus grande quantité de fourrage et par conséquent d'engrais... Nous supposons que le sol soit une terre argileuse qui contienne au moins 30 pour cent, tant d'alumine que d'humus, et tout au plus 70 pour cent de silice, terrain qu'on elasse ordinairement dans les terres à froment de seconde qualité, ou dans les terres à orge de première et seconde qualité, ou enfin dans les bonnes terres moyennes. A la vérité le plus souvent le irèfle réussit aussi sur un sol plus léger, qui contient de 25 à 50 pour cent d'alumine, pourvu que la terre ait été convenablement fumée; mais, dans les années seches, il y est d'un succèòs si incertain, qu'on ne pourrait pas y compter, si la totalité des champs ou méme seulement quelques soles, étaient composées d'un terrain aussi léger; aussi sur les domaines de cette espèce, la culture alterne perfection- née associée au paâturage, sera-t-elle, comme nous l'avons dit, toujours moins casuelle. Du reste dans le choix des récoltes qui font partie de ces rotations il faudra toujours faire attention à la qualité plus ou moins argileuse du sol, ainsi qu'à la quantité de parues calcaires qui s'y trouvent mélées, et à'humus qui y a Gté réeemment ajouté; afin de régler l'assolement en conséquence, nous don- nerons dans la suite des directions à ce sujet. En quatre soles. 1.)*† Réecoltes sarclées, 5. Trefle. et peut-étre des fèves en lignes. 2. Orge. 4. Seigle ou froment. Par un mésentendu inconcevable, çet assolement établi en Angleterre dans un grand nombre d'exploitations rurales, et que j'ai moi-mème suivi ancienne- ment dans un peůút domaine, a été envisagé par quelques personnes comme Punique forme de calture alterne. Cependant il ne convient qu'à des domaines d'une ttravail, e un zup. 46, pour opüenne Plus haut ous aurons la nourri- süjet. suivant le coltes des- urrage et moins 30 de silice, le qualué, n dans les nussi sur un iryu que h Iyesl d'un des champs rrain aussi perfeclion- jours moins rotalions il u sol, ainä umus qui nous don- eterre dans j aneiebne- hes comme 2 domaines d'une D'AGRTICULTURE. 361 J'une étendue plus resserrée; dans de plus vastes, on se trouvera mieux d'avoir un plus grand nombre de soles. En cinq soles. Apros les grains d'automne on retire encore une récolte d'avoine; cela peut avoir lieu sans inconvénient, la récolte sarclée suivante étant destinée à net- toyer le terrain. Dans l'essai que je fis de cet assolement, je trouvai Pavoine trop peu profitable en proportion des autres récoltes pour me déterminer à la conlinuer. Là oùð Pon veut avant tout se procurer une grande provision de fourrages, on peut laisser subsister le tréffe pendant deux ans- 1 En six soles. 1. Jusqu'à 4, comme ci-dessus. 5.* Pois, et suivant le besoin, des vesces à faucher en vert. 6. Seigle. Le plus souvent dans ces assolemens je donne la préférence sur les grains de printems, à ceux d'automne dont le produit est plus sůr et qui donnent une plus grande quantité de paille, d'autant surtout qu'au moyen des instrumens convenables, les semailles peuvent en étre faites avec une grande facilité, à la suite des récoltes préparatoires. Si d'ailleurs il m'arrive de ne pouvoir pas accom- plir ces semailles en automne, je puis alors toujours ensemencer la partie restante en grains de printems. En sept soles. Ici, après le seigle, on peut encore se procurer une récolte d'avoine. Dans le plus grand nombre de cas cependant, celui qui voudra conserver son terrain en vigueur et qui voudra assurer d'autant mieux la nourriture de son bétail à Pétable, préférera laisser subsister le trèfle pendant deux ans et se contenter de deux récoltes de grains d'automne, d'une de grains de printems et d'une demi ou de deux tiers sole en pois. Ici et partout où l'on trouvera que dans la première sole il y a trop de récoltes racines, on pourra y subsistuer des fèves en lignes et cultivées à la houe, entre lesquelles, et après qu'on leur a donné la dernière culture, on peut semer des raves avec beaucoup d'avantage; celles-ci au reste, peuvent également étre semées après des vesces fauchées en vert, mais elles doivent étre enlevées de bonne heure à cause de la récolte de grains d'automne. En huit soles. 1.**O§ Récoltes-racines sarclées, 5.* Pois, 2. Orge, 6. Seigle, 3. Treèfle, 7. Vesces, 4. Avoine, 8. Seigle, J. 46 — 36² PRINCIPES RAISONNES Ou bien 1.** Récoltes-racines sarclées. 5. Seigle, 2. Orge, 6.* Pois et vesces, 3. Trèfle, 7. Seigle, 4. Trefle, 8. Avoine, 1 En neuf soles. 1.**8 Récoltes-racines sarclées. 6.* Pois, 2. Orge, 7. Orge, 3. Trefle, 8. Vesces, 4. Trefle, 9. Seigle, 5. Seigle, En dix soles. 1.7* Récoltes-racines sarclées. 6. Froment, 2. Orge, J. Pois, 5. Trefle, 8. Seigle, 4. Trofle, rompu aprèsla 1.“ coupe, 9. Vesces en vert, 5.* Colza, 10. Seigle. Pour se livrer à la culture du colza, qui dans cet assolement est particulis- rement avantageux, il faut avant tout avoir à sa disposition des engrais en abondance; mais on doit parvenir en bien peu de tems à ce point avec un tel cours de récoltes. En onze soles. Aprés le seigle on sème encore de l'avoine. En douze soles. 1.**8 Récoltes-racines sarclées. 7. Froment, 2. Orge, 8. Pois eit vesces, . Trefle, 9. Seigle, . Trefle, 3 10.* Fèves en ligne, et ensuite raves, 5 4 5. Trefle, rompu après la 1.“ coupe, 11. Orge, 6.* Colza, 12. Deigle. Ou bien Afin d'avoir une quantité encore plus grande de produits d'une vente avanta- geuse, et si la surabondance d'engrais procurée par l'assolement ci-dessus le permet, on peut rompre le trèfle de la 4.“ sole après sa première coupe pour 5.* Colza, 7. Vesces, 8. Seigle. 6. Froment, — — arlicullé- ngrais en ee un tel le rares, e avanta- dessus le upe pouf Dp' AGRICUILTVUREB. 363 9.*Tabae, 11. Feves et ensuite raves, 10. Froment, 12. Orge, La suite de cette mauèere au volume suivant(1). (¹) La température du nord de l'Allemagne, pour lequel surtout ces assolemens sont ealculés, est trop défavorable à la luzerne pour que notre auteur put la faire entrer dans les assolemens qui conviennent à ce pays; mais il n'en est pas ainsi du climat de la France, ouà cette plante réussit à merveille, et où, en général, elle est de tous les fourrages celui dont ou retire les plus grands avantages, lorsque sa culture a lieu dans un terrain bien amendé, Iabouré proſondément, débarrassé de mauvaises herbes, et soigneusement égoutté par des sai- guées, lorsque, de sa nature, il relient facilement les eaux- Sans vouloir anticiper sur des détails qui apparliennent à la partie de cet ouvrage, qui traitera de la culture des végétaux, je dirai cependant ici que, suivant le plus ou moins de soins donnés à sa semaille et à sa conservation, la luzerne peut ſournir des r scoltes abondantes pendant 4, 6, 8, 10 et quelquefois 12 ans, mais que c'est Asa troisième année surtout, que son produit est le plus élevé; des ce moment ilsy mèle plus ou moins de mauvaises herbes, qui finissent enfin par étouffer les plantes de luzerne. Dans les lieux ou il y a beaucoup de prairies et où par conséquent les vents charrient une grande quantité de semences de graminées, cet effet est beaucoup plus prompt que dans les contrées ouù la presque totalité des terres est soumise à la charrue ovec un bon assolement. Mais quelqueſois les plantes qui ont pris pied parmi la luzerne sont d'une nature assez bonne comme fourrage, et elles rendent des produits assez abondans, pour qu'il soit encore avantageux de conserver le terrain dans cet état. La convenance de remeitre de vieilles luzernières en culture tient donc aux circonstances locales et aux avantages relatifs qu'on peut trer du sol, dans un état plutôt que dans Pautre; mais si Pon a laissé subsister la luzernière jusqu'au moment 0u les plantes ont péri d'elles-mèêmes, il est indispensable, pour que la luzerne y réussisse de nouveau, nonsseulement de donver au terrain des engrais abondans, et de le nettoyer soigneusement de mauvaises herbes, mais encore de mettre un beaucoup plus grand intervalle entre le moment où le sol a été remis en culture et celui où il est de nouveau ensemencé en luzerne. De là vient qu'aujourd'hui encore les opi- nions sont divisées sur la durée qu'il convient de donner aux luzernidères. Dans les contrées dont le sol est d'une culture ſacile, et où les bras ne sont ni rares ni à un haut prix, il parait avantageux de ne laisser subsister la luzerne que quatre ou cing ans, et de la rompre ensuite pour des grains d'automne, auxquels elle est une excellente préparation. Après une ou même deux récoltes consécutives de céréales d'hiver, qui réussissent très-bien sans fumier, et pour lesquelles il ne faut que préserver le sol de Tinfection des mauvaises herbes; on fait alors suivre une récolte sarclée, surtout de pommes de terre, qui là m'ont paru réussir beaucoup mieux que les carottes ou les rutabagas- Je vais donner ici pour exemple de ce genre de culture l'excellent assolement suivi depuis nombre d'années par M. Ch. Pictet, l'un des agronomes qui travaillent avec le plus de zèle à la propagation des vraies lumières et des meilleures méthodes agricoles en France. Je tre cet assolement du n.“ 12(Déc. 18 10) de la Biblioth. Britan., où son auteur en rend compte d'une manière aussi détaillée et instructive qu'intéressante, et je dois ajouier, que j'ai fréquemment eu occasion de contempler dans Pexploitation de M. Pictet à Lancy, les admirables effels de cette ——— 1 364 PRINCIPES RRAISONNES rolalion, qui, pour lui, et en raison des circonstances particulières dont il est entouré, a le mérite très-grand non-seulement de produire une abondance de denrées dont une grande partie peut être appliquée à choix à la nourriture de Phomme et à celle du bétail, et dont la réalisation, de quelque manière qu'elle ait lieu, assure une rente nette très-forte; mais encore d'exiger des avances de culture fort peu considérables. 1. Pommes de terre sur labour profond à la 5. Pommes deterre comme la première année. bèche. 6. Froment comme la seconde année, avee 2. Froment fumé complétement avec du fumier cette différence qu'au lieu d'y semer au charrié et épandu en hiver sur la semaille, printems du trèfle, ony seme de la luzerne. lequel amendant la surface du sol, assure 7. Luzerne- la réussite du trèfle, que, au printems, on 8. Luzerne. sème par dessus, en ayant soin de faire 9. Euzerne fumée complétement en hiver. suivre une herse garnie d'épines. 10. Luzerne rompue en automne pour 3. Trèfle, 2 coupes, puis 11. Froment. 4. Froment et quelqueſois raves en seconde 12, Froment et ensuite raves- récolte. Pai dit que cet assolement exigeait chez M. Pictet peu d'avances de culture; cela tient à ce que la plus grande partie des pommes de terre qui comprennent la sixième partie de son asso- lement, sont plantées et cultivées à moitié produit par des pauvres gens du voisinage, trouvent dans ce genre d'exploitation des ressources Presque toujours sres contre le bes Ainsi M. Pictet est le bienfaiteur d'un grand nombre de familles en mèême tems qu'il obtient son propre avantage. J'exhorte au reste mes lecteurs à lire en entier le compte que cet agro- nome rend de cet assolement; je regrette de ne pouvoir le donner iei dans son entier. Le sainfoin(esparcette, pellagra) n'a guère moins de droits à notre attention; tont comme la luzerne il peut très-bien étre associé aux assolemens alternes; son produit n'est à la vérité pas aussi considérable que celui de la luzerne„mais il ne demande, pendant sa durée, d'autre engrais que du platre, et réussit dans des terrains sablonneux et graveleux, où la luzerne ne végéterait que très-misérablement. Au reste, la semence du sainſoin étant beaucoup plus coù- teuse que celle de la luzerne, il ne vaudrait pas trop la peine d'établir des prairies de cette plante, pour ne les laisser subsister qu'un petit nombre d'années. Tyrad. qui oin. FiN DU PREMIER vOLUME. 2 — — —2 durè, ale e grande el dont la ais eneore ere année. née, avee Semer au lalurerne. hiyer. ur tient à ce sou asso- nage, qui le besoin. ril obtient e cet agro- jer. duk comme à la vérité de, d'autre Juzerue ne p plus cod- es de celte TABLE RAISONNEE DES MATIERES contenues dans ce premier volume. SECTION PREMIERE. PRINCIPESFONDAMENTAUXxX. IDEE DE LAGRICULTURE RAISONNEE. Page Son but,§i, 1 L'agriculture, dans ce qui a rapport au mécanique, à l'art et à la science,§4, 75. BASES DE LA SCIENCE. L'expérience,§ 14, 4 Ce que c'est que l'expérience,§ 15,— ib. Essais,§ 20, 6 Observations, renseignemens,§ 26, 7 Coopération de J'histoire naturelle,§ 28,— 8 ——— de la botanique,§ 29, 9 — de la zoologie, 30, ih. —— des mathémaliques,§ 31, ib. BASES DE LENTREPRISE. LE SUTET. Son caractère,§ 35, 10 Tempérament et inclinations,§ 36, ib. Acquisition des connaissances nécessaires,§ 38, 11 Education agricole,§H4Ao, 12 Sciences accessoires,§ 41, 13 Chaires d'agronomie dans les universités,§ 42, 15. Voyages,§ 44, 14 Instituts agricoles,§ 45, 15 LE CAFITAT. 18 Le capital du fonds, F 49, 19 Le capital du cheptel,§ 50, ib. Le capital en circulation,§ 51, 20 Rente de ces capitaux,§ 52,. 15. Leurs proportions réciproques,§ 54, 22 Par quels moyens le capital en circulation peut le mieux être réservé à l'industrie,§ 56, 24 LE DOMAINE ET SA PRISE DE POSSESSION. 25 Choix d'an domaine,§59, ib. Prix des fonds,§ 64, 366 TABLE DES MATIERES. Estimation d'un domaine,§ 66, Son étendue,§ 67, Son évaluation d'après la quotité des semailles S 68, Examen de la qualité du sol,§ 70, Classification ordinaire des terrains,§ 73, La quantité peut difficilement dédommager de la mauvaise qualité du sol,§ 76, Evaluation des prairies,§ 77, päturages,§ 79, des bois,§F81, Jusqu'à quel point on peut g'en rapporter aux inſormations qu'on a recueillies,§ 82, Tableaux estimatifs,§ 83, Quotité des semences,§ 86, Leur multiplication,§ 87, Déduction des grains à consommer,§ 90, — — de ceux qui doivent couvrir les frais de culture,§ 91, Grains de rente, ceux qui restent après ces deux déductions,§ 92, Clos autour des bàätimens,§. 95, Jardins,§ 96, Evaluation de la rente du bétail,§ 97, — des entreprises accessoires,§ 98, des revenus et droits fixes,§ 99, — de la dime,§ 100, des corvées,§ 101,— Situation des fonds,§ 102, — des batimens rustiques,§ 103, Etat et direction des chemins de charroi,§ 104, Construction et état réel des bâtimens,§ 105, Eau,§ 106, Homogénéité du sol, ou variétés dans sa nature,§ 107, Circonstances mercantiles,§ 108, Richesse de l'Etat et de la province,§ 109, Constitution et maximes du gouvernement,§ 110, Organisation militaire,§ 111, Population, 5 112, Le plus ou moins d'assurance contre les dangers de la guerre,§ 113, Mours,§ 114, Prérogatives et servitudes,§ 115, Différentes manières de posséder,§ 116, Divers droits particuliers,§ 117, Comment fier la valeur de ces circonstances et de ces objets en général,§ 119, LE BAII. A FERME. Divers principes de convenance du propriétaire et du fermier,§ 120, Difficultés du hail à ferme, G 121., i5. ——,j, „H Pg. A TABLE DES MATIEREsS. 367 Alphabet d'or des fermiers,§ 122., pog. 71 Exceptions,§ 123,.„ 73 LE BAIL HEREDITAIRE. Ce que c'est,§ 127, 76 Prix de l'emphytéose,§ 128, 15. Des procédés vicieux oni jeis de la défaveur sur ce genre de bail,§ 129, 77 La rente doit avoir pour base le prix moyen des denrées,§ 130, 78 Avanlages du bail héréditaire,§ 131, 79 Sil convient de faire de grandes ou de pelites fermes héréditaires,§ 132, 15. Avantages qui en résultent pour les propriétaires,§ 133, 81 Avantages qui en résultent pour les domaines de l'Etat,§ 134, 32 8 ECTION II. G 1CONOMIE, ou TRAITE DES CIRCONSTANCES, DE L'ORGANISATION ET DE LA DIRECTION DE LEXPLOITATION AGRICOLE. 8 Définition du mot Economie. 83 LE TRAVAIL EN GBNERAL. Le travail, source de tous les biens,§ 135, 85 Jusqu'à quel point cependant le sol y contribue,§ 136, 15. Avant tout c'est par le travail que le sol acquiert de la valeur,§ 138, 15. Proportion entre le prix du travail, et celui du sol et des produits,§ 139, 15. Cest sur cette proportion que doit se fonder le plus ou moins de développement à donner à la culture,§ 141,— 86 Désignation plus parliculière des circonstances qui doivent faire donner la préférence àla petite sur la grande culture,§ 142, 15. Si le prix du travail a haussé,§ 145, 88 Ce qui fait hausser ou baisser le prix du travall,§ 146,. 15. J.ere Cause. Modification dans la valeur de l'argent, prix des denrées,§ 147 3 15. Adoption d'une monnaie idéale ou d'une autre mesure de la valeur des choses, ibid. ib. 2.2 Cause. Augmentation ou diminution de Pindustrie,§ 148, 90 3.2 Cause. Manque de bras occasiouné par des calamités,§ 149, 91 Il ſaui distinguer le prix des journées du prix du travail,§ 150, 92 Epargne du travail par son bon emploi,§ 151,— 15. Celui-ci est plus dificile en agriculture que dans les autres genres d'industrie,§ 152, 15. Reègles pour la distribulion du travail en général,§ 15³3, 93 Jusqu'h quel point dans l'agriculture, il peut ètre avantageux de diviser le travail,§ 158, 95 Almanachs agricoles,§ 159, 96 Tableau estimatif des travaux qui doivent étre faits, ibicd. 97 TRAVAIL DE EATTELAGE. Chevaux et Bœufs. Contestalion sur les avantages relalifs des chevaux et des hœufs,§ 161, 99 Avantages des chevaux,§ 262, 75. -— des bœuſs,§ 163, 100 368 TABLE DES MATIEREsS. Ce qui constitue les avantages des uns sur les autres qans diverses cultures,§ 164, pag. 100 Attelages de bœuſs de rechange,§ 165, 101 Travail des bœufs pendant Phiver,§ 166, 102 Choix des chevaux, manière de se les procurer,§ 167, 103 Caractères distinctiſs du bon cheval de charrue„K 168, 106 Avantages des chevaux qu'on a élevés soi-même, K ibid. 107 Considérations présentées aux cultivateurs sur la propagation des chevaux, ibid. 108 Achat de poulains,§ 169,. 15. Caractères distinctifs du bon bœuf de trait,§ 170, 1. Quelle est l'époque de la vie des hœufs ou ils peuvent être employés avec le plus d'avantage, § 171, 109 Frais d'entretien des chevaux,§ 172, 110 —— des horufs, F 174, 3 112 —=— des instrumens pour le travail des attelages,§H1 ν⁸, 114 Sont répartis sur le nombre des létes de bétail,§ 179, 115 Gens qui travaillent avec l'attelage, valets,§ 180, 15. De la force qu'on doit donner à un attelage,§ 181, 116 Parallèle entre les frais d'entretien des chevaux et ceux des bœufs, F 82, 1¹⁷ Travaux des attelages,§ 183, 1 1 19 Labourer, ibid, 15, Herser,§ 184, 121 Trainer le rouleau, ibid. ib. Travaux de l'agriculture perfectionnée, ibigd,. 122 Charroi des engrais,§ 185, 123 — des récoltes, ibid... ˙5. ——— des produits,§ 186, 124 — des bois et autres objets de chauffage, ibid. 15. des matériaux de bàtimens, ibid. 10. Transport de divers objeis accessoires, ibic. ib. Charrois d'entreprises accessoire, ibid. 125 Travaux d'amélioration, ibid. z5. Calcul du nombre d'attelages nécessaire,§ 187, 10. D'après les saisons, ibid. ib. Calcul approximatif et ordinaire des travaux d'attelages,§ 188, 127 LES MANOUVRTERS. Domestiques et journaliers,§ 190, 128 Quels sont préférables,§ 191, 129 Personnel des domestiques,§ 192, 1b. Nourriture à la ferme ou dehors au moyen d'une quantité fixe de denrées assignées à cet effet,§ 193, 130 Nourriture des domestiques,§ 194, 131 Ce qu'ils coũtent,§ 195, 15, Paiement des autres ouvriers à la journée, à la iäche, ou à participation,§ 1¹96, 132 Elablissement de familles d'ouyriers,§rof, 133 Journaliers, J. ———,——„—„— arantage, 32 6 194 133 Journaliersi TA BLE DES MATIERES. Journaliers,§ 198, pag. Corvées,§ 199, Calclus de travaux,§ 200, DIRECTION DE L ECONOMIE RURALE. Le régisseur ne doit point être limité dans ses pouvoirs,§ 202, La circonspection de ses pouvoirs est nuisible,§ 203, Qualités d'un. régisseur,§ 205, Son salaire,§ 206, Autres employés de l'exploitation,§ 207, Métayers sous régisseurs,§ 208, Apprentiſs, manière de faire leur instruction,§ 200, Sous inspecteur,§ 210, La ménageère,§ 211, Proportion du personnel dans une grande économie rurale,§ 212, Inspeolion générale du régisseur,§ 213, Police domestique,§ 214, Economie proprement dite,§ 215, Soin de procurer le nécessaire,§ 217, Vente des produits,§ 218, Prix. Probabilités de hausse ou de baisse,§ 219, Marchés,§ 220, Choix entre divers marchés,§ 223, Rassemblemens de cultivateurs, dans lesquels on traite d'intérèt commun,§ 224, Spéculations, ibid. MANILERE DE TENIR LES LIVRES DE COoMPTABILITE AGRICOIE. Son importance,§ 225, Comptabilité permanente, ou livre foncier,§ 226, Plans, cartes, plans géométrique, géologique et de la distribution des soles, Sul. Estimation des diverses parties d'un domaine,§ 228, Enumération des droits attachés au domaine,§ 229, Compte de fonds capital,§ 230, Chronique du domaine,§ 231, Complabilité annuelle ou courante de l'administration,§ 232, Diverses formes,§ 233, La plus ordinaire,§ 234, Consiste au compte d'argent,§ 235, de denrées,§ 236, de bétail,§ 237, Du compte de travail,§ 239, A quelle époque de Pannée la comptabilité doit étre ſermée,§ 240, Comptabilité en forme de tableaux,§ 241, Tableau des semailles, 242, Tableau des moissons,§ 243, 1. I. 47 370 TABLE DES MATIERES. Tableau des engrais, 244, Pag. 202 de travail,§ 245, ib. Manière de tenir les livres en parties doubles,§ 246, 205 Ses difficultés dans les commencemens,§ 247, 210 PROPORTIONS DES ENGRAIS AVEC LES FOURRAGES ET LE BETAIL. Jusqu'à quel point le travail et les engrais se remplacent Pun Pautre,§ 248, 211 D'ouù les plantes tirent leur nourriture§ 250, 213 La végétation des plantes enlève au sol les sucs nutritifs qu'il contient, 5 251, 214 La force de la végétation et la quantité des produils sont déterminés par la proportion des sucs contenus dans le sol,§ 252, ib. Faculté épuisante des diverses espèces de céréales,§ 253, 15. d'autres plantes,§ 255, 215 Comment le sol récupère les sucs qu'il a perdus,§ 256,. 217 Fécondité naturelle du sol,§ 257, 220 Proportion entre le produit et l'épuisement, 9 258, 221 — dans T'assolement triennal avec jachère morte,§ 259, 225 — dans le mème, si l'on cultive des pois ou des pommes de terre sur la jachère,§ 260, 226 — dans un assolement de sept ans,§ 261, 228 de neuf ans,§ 262, 15. de onze ans,§ 263, 229 —— dans un assolement alterne,§ 264, 15. Comparaison de Tamélioration et de épuisement du sol occasionnés par ces divers asso- lemens,§ 265, 23⁰0 Autres calculs sur ce sujet,§ 266, 231 Valeur réelle des fumiers,§ 267, 237 Leur volume et leur poids„§ 268, 240 Proportion entre la quantité de bétail et Ia culture des grains,§ 269, 241 Diverses données à ce sujet,§ 270, 242 Ceite proportion ne saurait étre calculée avec exactitude si Pon prend pour base le nombre des têtes de bétail, F 271, 245 Rapport entre le fumier et la quantité de fourrage consommée, g 272, 246 Essai fait pour fixer cette proportion,§ 273, 247 Détermination de cette proportion pour le foin et Ia paille,§ 274, 248 — pour d'autres produits, F 275, 249 Produit des récoltes de plantes à fourrage et leur faculté nutritive,§ 276, 252 Sil y a proportion entre la faculté nutritive des plantes et la quantité de fumier qu'élles rendent,§ 277, 3 254 Produit de la paille,§ 278, 255 Combien une quantité quelconque de grains suppose de paille, et combien cette paille rendra de fumier, 9 280, 257 Quantité de fumier produite par le bétafl nourri au pturage,§ 283, 260 Jusqu' quel point le geure de bétail doit étre pris en considération„lorsqu'il g'agit de se procurer des engrais,§ 284, 261 Comparaison avec d'autres données,§ 285, 262 — TABLE DES MATIERES. 371 ag. 3 15 Répartition des fourrages entre les diverses espèces de bétail,§ 286, pag. 264 205 Variations dans les données sur la quantité de fourrage nécessaire à la nourriture d'une 200 pièce de bétail,§ 287, 15. Quelle est l'étendue de päturage nécessaire au bétail,§ 288, 268 Engrais produits par le résidu de la distillation des eaux de vie,§ 291,. 271 21 La manière la plus avantageuse de se procurer des engrais consiste dans une judicieuse 213 réunion de la culture des végétaus avec lentretien du bétail,§ 292, 272 214 Moyens d'y parvenir,§ 293, 16. on LES DIVERS SYSTEMES DE CULTURE.. d. Sur quoi les divers systèmes de culture reposent,§ 294, 273 12. Division généralement adoptée; culture des grains; culture alterne,§ 297;3 274 15. OuUuLTURE DES GRAINS. 21 Durée de Passolement,§ 298, 275 270 Assolement triennal,§ 300, 15. 221 Des engrais qu'il demande,§ 301, 276 225 Des paturages qui lui sont nécessaires,§ 302, 277 26 La jachère,§305, 279 228 Récoltes jachères, ibid. 280 i. Le irèfle au lieu de jachère,§ 306, 281 229 Contestation sur la nécessité de la jachdre morte,§307,⸗ 282 ib. 3 Ce qu'on doit entendre par jachère,§. 308, 283 0- lilité des labours de jachère,§ 309, I5. 230 Comment on peut rendre la jachère superflue,§310, 286 231 L'assolement triennal composé,§.311, 287 23» Motiſs en faveur de l'assolement triennal,§ 312, 288 240 Réfutaltion des molifs allégués en faveur de son universalité,§. 313, 289 241 Son ancienneté et son universalité mêème, ibid 290 242 Il ne produit pas une plus grande quantité de grains,§ 314, ib. re- Il emploie les ouvriers et les attelages d'une manière moins régulière,§ 315, 292 245 Les procédés des autres assolemens peuvent également éetre exéeutés par les ouvriers les 246 moins adroits,§ 316,. 75. 28» Les institutions consacrées par Jes lois ne sont pas un motif à alléguer en sa faveur, puisque 268 ces lois sembleraient deveir étre accommodées au bien général,§.317, 79. 249. Extrème division des propriétés, pàturage en commun,§. 318, 293 52 Moyens d'y remédier,§319, 294 3 Assolement de quatre ans,§ 321, 8* 296 354 Assolement de cinq ans,§ 322, 15. 355. cULILTURE ALTERNE. 8 3 ASS80L EMENS AVEC PATURAG E. 95 Ce que Gest et leur origine,§325, 297 En quoi ceux du Holstein different de ceux du Mecklembourg,§ 328, 301 1 Ceux du Holsitein, ibid. J5. 304 Ceux du Mecklembourg,§ 330, 372 TABLE DES MATIERES. Différentes divisions ou soles,§ 331, Ces soles alternent entr'elles pour les produits,§ 333, Disposilions des soles,§ 334, Egalité d'étendue,§ 335, Leur situation,§ 337, Leur figure, 338, Situation à une égale distance des bâtimens rustiques, 9 340, Déviations nécessaires de la règle,§ 341, Fossés et chemins,§ 342, Obstacles que présentent souvent les champs de paysans, 9 343, Leux qui résultent des variétés du sol,§ 344, Le nombre des soles,§ 345, Division des soles,§ 346, Clos accessoires, 347, Considérations qui influent sur le nombre des soles,§ 348, Rotations le plus ordinairement suivies dans le Mecklembourg,§ 249, Succession de récoltes céréales,§ 350, Succès de ce genre de culture,§ 35¼, Ses avantages,§ 352, Ses défauts,§ 354, DE LA SUGCCESSION DEBS RECOLTES. Ce que l'expérience avait appris aux anciens sur la rotation des récoltes,§ 355, Motiſs lrés de la théorie,§ 356, Motifs tirés de l'expérience,§ 357, Pourquoi ce système de culture est appelé le système anglais,§368, Propriétés caractéristiques de ce système,§ 370, Conditions à Tintroduction de ce système,§ 371, CULTURE ALTERNE PERFECTIONNEE AVEC PATURAGE. Quels en sont les caractères,§ 373, Les assolemens courts ne paraissent pas lui convenir; divers assolemens,§ 374, NOURRITURE DU BETAII A LErT Avantages de cette méthode,§ 376, Ses difficultées,§ 380, Obstacles réels,§ 389, Réunion de la nourriture à l'étable avec divers systèmes de oulture„§ 391, TABLE. En quoi consiste le système de culture lié à la nourriture du bétail à létable,§ 375, Pag. 304 3⁰6 15. 307 308 1 5. 309 i. 15. 310 id. 15. 15. 3121 15. 313 316 317 75. 321 322 323 324 334 336 3441 343 6. 347 15. 35⁰ 355 357 La comparaison plus particulière des systemes entr'eux, au moyen de calculs en forme de tableaux en sera portée au tome suivant. Fin de la Table des matidères. , 2 8 N es 1 — 6 8 L 9 9 v L 5 ſeeleeltlelelttletetearaendadd e. Nrdtrgranrrgrtalrrhmnramangrmmmnmmmqrwnmngeunmdann 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 2 JieitlaterlehhreI alelealelelelelheeeeLsuLenn, iatdtrrRtöRdäintarnnauadainnnnnqwannanqnqwrargaqpwaqlnq Oem 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11