Univ.-Bibl. Siessen DESCRIPTION DES NoUVEAUX INSTRUMENS D'ACGRICULTURE LES PLUS UTILEsS. X BIBILIOTHERN D. K NICLIOHENX ACAD. 41 MIE DES LANDBAES 2ZU MOLGLIN/ DES DESCRIPTION hh NOUVEAUX INSTRUMENS D'AGRICULTURE b I pPILUS UTIIES; Pan A. THAER. TRADUIT DE L'AITEMAND PAR C. J. A. MATHIEU DE DOMBASIE, Correspondant de la Societs royale et centrale d'Agriculture, de la Socidtà Encouragement pour lindustrie nationale, de la Société royale des Sciences, Lettres et Arts de Nanci, et de la Sociéste d'Agriculture de la méme ville. AVEC XXVI PLANCHEsS, GRAVEES PAR M. LE BLANC, Dessinateur-Graveur du Conservatoire des Arts et Métiers. BIBIIOTHEK D. KOXICLICHEN ACADEMIL DMS LXANDBAMES ZzU MOEGLIN —— ) 3 8 „ 4 4 ,o 5 9468 6 XNN 7 3 3 3— 6 4 2 ℳ N S 7ℳG 8 8 7 4 7. 6 4— 4 4 „ 4₰ 5,„ 8 4 4 — 82 „ A PARIS, DE LIMPRIMERIE ET DANS LA LIBRAIRIE DE MADAME HUZARD (née VATIAT IA CHAPEIIE), Rue de P'Eperon Saint-André-des-Arts, No. 7. A* 1821. 1—— * RAPPORT PAR M. HERICART DE TIHURY, Membre de la Société d'Agriculture, SUR LA DFESCRIPTION DES INSTRUMENS ARATOIRES DE THAER, Traduite de l'allemand ExTRATT DV PROCES= VBRBAT de la Geance du mercredi z mars 1821. Mrssirons, La traduction de la description des nouveaux instrumens d'agriculture de Thaér, dont M. Mathieu de Dombasle vient de vous faire hommage, est le complément nécessaire et obligé de l'excellent traité des Principes raisonnés d'agriculture, du même auteur(1). Il est difficile de concevoir comment depuis 1803 que Thaér a publié sa Description des nouveaux instrumens d'agriculture, à laquelle il ren- voie sans cesse dans ses Principes raisonnés, et qui a bien certainement été connue de plus d'un auteur, qui a su en apprécier le mérite et en — (1) Description des instrumens aratoires les plus utiles par Thaér, traduite de'al- lemand par Machieu de Dombasle, avec 26 planches, gravées par Leblanc, in-4. Paris, 1821, chez Madame Huzard(née Pallat la Geeien—. Prix: 13 fr. 50 c.; et 25 fr., fianc de pork. 1] adopter les principes sans cependant en indiquer la source; il est difficile de concevoir comment personne ne l'a encore traduite, sur-tout quand on voit que c'est le meilleur manuel pratique qu'on puisse avoir, et qu'on y trouve les indications les plus précises sur l'usage de chacun des ins- trumens, et des descriptions tellement détaillées de toutes leurs parties, qu'on ne peut en les suivant éprouver aucune difficulté dans leur cons- truction. Ilne faut pas croire, Messieurs, ne nous abusons pas à cet égard; il ne faut pas croire que cette description soit un traité complet de la cons- truction de tous les instrumens aratoires connus ou usités, que Thaér a voulu faire. Non, Messieurs, toujours sage, toujours réservé, toujours sévère, profond et judicieux économe de temps, de leçons et de principes, Tauteur, ainsi qu'il le dit dans sa préface, n'a décrit que les instrumens dont Putilité lui était bien connue, ou qu'il a eu occasion d'étudier par la pratique en les employant lui-méme. II n'a donc décrit que les instru- mens de son pays et de son institution agricole de Mogelin, ceux qui lui servent journellement, et ceux enfin qu'il a perfectionnés ou améliorés; mais ses descriptions sont faites avec tant de soins, ses instructions sont si claires et si détaillées, enfin ses principes sont si parfaits, si bien dé- montrés et si bien exprimés, que c'est, Messieurs, et vous partagerez, nous n'en doutons pas, notre avis, que c'est réellement le meilleur manuel qui ait encore paru sur la construction des instrumens aratoires, et qu'il a une grande supériorité sur la plupart de nos ouvrages de théorie, dont les descriptions, quoique d'ailleurs bonnes et bien faites, ne présentent pas toujours assez de détails pour diriger homme qui veut construire lui- méme ou faire construire. Ce n'est pas qu'il n'ait paru depuis quelque temps de grands ouvrages, ouù les instrumens d'agriculture ne soient bien figurés et souvent même parfaitement détaillés; mais parmi ces ouvrages admirables de dessin et de gravure, plusieurs manquent de descriptions ou d'explications suffisantes pour T'agriculteur qui cherche moins de riches et somptueuses collections d'estampes, qu'un bon manuel uniquement et modestement borné aux instrumens d'une utilité réelle comme celui que Mathueu de Dombasle, par son légante et savante traduction, vient de mettre à la portée de nos cultivateurs français, auxquels on ne saurait trop le recommander. Cet ouvrage est précédé d'une préface du plus grand intérêèt, sagement dictée, pleine de faits et dans laquelle il y a beaucoup à étudier. Convaincu de cette vérité que ce n'est pas le génie qui nous manque, mais l'art, mais iij le talent de le bien diriger, l'auteur semble avoir pris pour précepte ces mémorables adages de notre bon et modeste philosophe BERNARD DE PAIISsY, Pratique vaut mieuæ gue Théorie, Pratique apprendra toujours à Théorie; et dans cette préface que nous avons plusieurs fois relue, et chaque fois avec un nouvel intérêét, Thaër a rassemblé une foule de vérités et de leçons, parmi lesquelles nous avons extrait celles qui suivent: « Le perfectionnement des instrumens agricoles est d'une haute impor- tance pour l'avancement de l'agriculture et pour l'augmentation de la pro- duction générale. » On croit communément qu'il n'est question que d'appliquer de grandes forces au travail, et personne ne s'occupe de diminuer ces forces par de nouvelles machines. » La charrue ordinaire, la herse et le chariot, quoique d'ancienne inven- tion, sont d'ingénieuses machines qui nous épargnent d'immenses efforts et une grande dépense de travail, en les comparant à la bêéche, au rateau et au traineau, mais qui n'en sont pas moins encore susceptibles de perfec- tionnement. » Il s'en faut beaucoup que tout ce qui nous vient de nouveau d'An- gleterre, soit véritablement nouveau ou mérite des éloges. » Une patente, un brevet d'invention obtenus ne prouvent rien; car on en est si prodigue, que quiconque en veut payer les droits en obtient. »„ L'introduction de nouveaux instrumens aratoires ne peut étre ni générale, ni prompte, ni facile, et l'on ne peut, ni ne doit la provoquer avec un zeéle trop àpre. » Rien ne semble plus simple que J'araire, la charrue de Small, et cependant on a long-temps douté en Angleterre qu'un autre que Snall lui-mème pút la construire avec exactitude. » Dans toutes les charrues sans roue, les plus petites erreurs dans les proportions ont un bien plus facheux effet que dans la charrue à avant train. „ Beaucoup d'ouvrages sur les instrumens aratoires ne sont, à bien dire, que de beaux livres d'images, qui contribuent plus à empécher l'adoption des instrumens perfectionnés, qu'à l'encourager.» Tels sont, messieurs, quelques-uns des préceptes d'après lesquels M. Thaer a fait sa description des instrumens aratoires, qu'il n'a toutefois entreprise qu'après avoir essayé ceux qu'il a décrits: Aussi ne parlet⸗ il nous le répétons, que de ceux dont!'utilité lui est bien connle, et dont il a étudié la pralique, en les employant lui-méme. Il est vrai que nous avons trouvé dans le Traité de Borgnis, dans le Systone d'agriculture d' Holkam, IV décrits par Molard, et dans les collections de Lasteyrie et de Leblano, quelques figures d'instrumens semblables à ceux de Mogelin; mais nous pouvons vous assurer que la plupart d'entre eux n'ont jamais été décrits, et qu'ils sont entiéerement nouveaux pour nous. Divisé par paragraphes, louvrage de Thaëér comprend seize instrumens, savoir: 1⁰. La charrue de Small. Après en avoir décrit la théorie, sur laquelle nous ne nous étendrons pas ici, parce que nous l'avons suffisamment développée dans nos deux rapports sur l'excellent mémoire de M. Mathieu de Dombasle, les 15 décembre 1819 et 16 février 1820(1), l'auteur exa- mine et décrit successivement sa construction, sa conduite, son attelage, son prix, les circonstances dans lesquelles elle ne convient pas, et il termine sa description par l'explication de toutes les piêces qui entrent dans sa composition, et qui sont détaillées en quarante-cinq figures parfaitement dessinées. Thaér a suivi la méême marche pour tous les instrumens qu'il a décrits, auxquels il a consacré un plus ou moins grand nombre de figures, suivant leur degré d'importance et leur forme plus ou moins compliquée. 2⁰. La charrue légere, à versoirs mobiles, destinée à marcher entre deux rayons de culture, et à jeter la terre des deux côtés sur les plantes. Cette charrue, soit qu'elle soit à un ou à deux versoirs mobiles, sert principa- lement à faire jouir une terre cultivée de tous les avantages de la jachère, puisque, tout en produisant, la terre est a-la-fois ameublie, exposée à l'in- fluence de l'atmosphèére et nettoyée des mauvaises herbes. Vingt-huit figures donnent les détails de cette charrue, qui est construite sur les principes de celle de Small; un cheval suffit pour la conduire. Thaér la recommande fortement pour les récoltes sarclées, faites en place de ja- chèere, sur un sol tenace et argileux. 3° Leætirpateur, aussi appelé cultisateur, tourmenteur ou scarificateur. Cet instrument, qui a obtenu T'approbation la plus générale et la moins contestée, est de la plus grande utilité pour la culture des jacheres, la pré- paration des semailles de printemps, celles d'été, etc. L'explication de Textirpateur est facilitée par dix figures qui en représentent toutes les parties. On peut rapprocher cet instrument du cultivateur à houes plates et tranchantes, décrit par Molard dans l'Agriculture d'Holkam, ou de ceux dont Borgnis a donné diverses figures dans ses Machines d'agriculture. (1) Rapport à la Société royale et centrale d'agriculture, par M. Hericart de Thury, les 15 décembre 1819, et 16 fevrier 1820, sur la théorie de la charrue de M. Mathieu de Dombasle. In-80. Paris, 1820, chez Madame Huzard. N V 4o. Le semoir pour les grains, selon la manière de Duckhet, est le plus simple, le moins coũteux et le plus facile à construire de tous les instru- mens de ce genre. Il est composé d'une houe d chewal ou rayonneur, et d'un semoir proprement dit. A l'aide de cet instrument, on peut semer en froment, seigle, orge, avoine et sarrasin, de 2 hectares 50 res, à 3 hec- tares par jour. Ce semoir différe de celui de Coke, en ce que celui-ci convient, il est vrai, à toute espèce de grains; mais cefui de Dackõet a l'avan- tage que, s'il se fait une faute dans le travail du rayonneur ou du semoir, on s'en apercoit sur-le-champ, et lon peut la réparer immédiatement. Thaér a consacré sept figures au développement et à l'explication de toutes les parties de cet instrument. 5°. Le semoir pour les pois, fêues, etc., est nécessaire quand on n'a pas celui de Coſe. Au moyen de plusieurs cylindres gradués sur des entailles de différentes dimensions, et qu'on substitue à volonté, on emploie ce semoir pour des grains de toute grosseur. 6. La herse à taupinieres est un instrument très-simple et tres-utile pour aplanir les buttes et monticules formées par les taupes et les fourmis dans les prairies naturelles ou artificielles. On trouve dans Borgnis plusieurs figures d'étaupinières, qui diffèrent de celle-ci, mais qui doivent produire les méêmes résultats. 7⁰. Le semoir ou drille à turneps et raues ou navets. Avec de légeres modifications, il peut étre employé pour toute espece de graines; et sous ce rapport il nous parait devoir étre recommandé, à raisen de la simpli- cité de sa construction, de son bas prix et de la facilité de sa conduite. Molard'mnous a fait connaitre celui de M. Cote, qui est parfaitement concu et d'un très-bon effet, mais plus composé que celui de Thaér. 8⁰. Le tranche-gazon n'est, à proprement parler, qu'une charrue de Small, dont le coutre est armé d'une aile ou oreille, qu'on établit plus ou moins haut, suivant qu'on veut labourer plus ou moins profondément. Chacun des instrumens ci-dessus est détaillé dans plusieurs figures, qui en indiquent toutes les formes et dimensions. 9o. La charrue d deuæ versoirs mobiles. Quoiqu'elle ait quelque analogie avec la charrue légere, Thaér a cru devoir en dessiner en détail tous les elémens. Cet instrament réunit à-la-fois les avantages de la houe à cheval et du butoir. Il peut amonceler successivement la terre jusqu'à plus de soixante centimètres de hauteur contre les tiges des plantes sans en blesser les racines; mais pour en obtenir le plus d'effet et sur-tout le meilleur effet possible, il faut atteler les chevaux de front, avec une volée assez grande M pour que les deux chevaux puisssent marcher dans les sillons voisins de celui dans lequel est la charrue. 100. Le plantoir a chouæ est un instrument destiné à soulever la terre en Pouvrant, de manière que les racines de la plante trouvent toujours une terre ameublie, effet qu'on ne peut obtenir du plantoir ordinaire. 110. La chiarrue à creuser des rigoles d'écoulement, destinée principale- ment aux prés et aux paàturages. Cette charrue, dont plusieurs figures offrent tous les détails, sert à ouvrir, dans les prés et dans les terres fortes, des rigoles réguliéres de 15 à 20 centimètres, dont les côtés forment un angle droit avec le fond. 120. La charrue à écroäüter le gazon differe peu de quelques-unes des précédentes, comme on peut en juger par le développement; mais son versoir, fort écarté par le haut, renverse à plat la bande de terre. 13°. Le crochet à arracher les pommes de terre. Cet instrument est à peu- pres le même par-tout, seulement la longueur des dents varie suivant 1a profondeur à laquelle croissent ces tubercules. 140. Le bultoir d pommes de terre ou la houe à chevwal simple est imité du terroir du Mecklembourg, mais perfectionné par Thaer, qui l'a représenté avec exactitude dans toutes ses dimensions, afin de pouvoir faire sentir ses différences avec le suivant. 15 ⁰. La houe d cheval composée. Cet instrument, qui présente quelque analogie avec la houe à cheval renversée de M. Blaikie décrite par Molard dans le Ssteme d'agriculture de M. Cofe; cet instrument, dis-je, agit avec la plus grande énergie pour la destruction des mauvaises herbes et l'ameu- plissement de la terre, puisque avec un homme et un cheval, on peut exécuter en un jour le travail de trente ouvriers, suivant l'auteur. 16°. Le nouveau semoir de Thaér. Il est fondé sur le méme mécanisme que ceux de Tull, de Ducket, de Froost(1) et de Coke, sur lesquels il a Tavantage de la solidité et de la simplicité. Quatorze figures sont consacrèées aux détails de cet instrument, qui expédie beaucoup d'ouvrage, au moyen de ses six lanternes; chaque trait seme ou bine une largeur d'un mètre soixante-quinze centimetres. Lorsque les hommes y sont exercés et que le cheval a un pas fort allongé, dit Thaér, la machine marche presque le double plus vite qu'un semeur ordinaire: alors la semaille en lignes n'exige pas plus de temps que la semaille à la volée; mais on ne devra s'attendre à ce résultat que lorsque les ouvriers auront acquis l'habitude de cet instrument. — () Voyez dans Moland, le semoir de M. Froost. 4 vij M. Wathien de Dennbasle, au sujet de ce semoir, a parlé de celui de Fellembeng, qui en diffère un peu, mais qui présente des avantages parti- culiers, puisqu'il peut servir indistinctement pour toutes espèces de grains. Il porte en outre un cadran, destiné à faire connaitre le nombre des tours que les roues ont faits, et par conséquent'étendue de terrain que la ma- chine a ensemencée. A la suite de la description des nouveaux instrumens aratoires de Thaer sont deux notes importantes de M. Mathieu de Dombasle, sur lesquelles nous appellerons, Messieurs, un moment votre attention. Dans la premieère, il dit qu'il n'a jamais trouvé dans aucun ouvrage d'a- griculture des données positives sur la profondeur et la distance qui con- viennent le mieux à chaque espèce de semence, et dont dépend cependant le succès des récoltes. En conséquence, et en posant ce principe que les semences demandent à étre d'autant moins enterrées, que la nature du sol est plus tenace, il croit pouvoir indiquer, pour un sol de consistance moyenne, quelques règles générales comme résultats d'un grand nombre d'observations; mais il exprime en méême iemps ses voœeux pour que ses expériences soient complétées par les soins d'agriculteurs accoutumés à apporter dans leurs opérations, cet esprit d'ordre et d'exactitude qui peut seul en étre la garantie. La seconde note de M. Mathieu de Dombasle est relative à l'Institut agricole établi par Thaér à Mogelin, situé près de Francfortsur-l'Oder. Le revenu de ce domaine était évalué à 2000 reichsthaler, 1 y a vingt-cinq ans, quand le gouvernement prussien en fit don au savant auteur des Principes raisonnés d' Agriculture; et il passe aujourd'hui pour constant en Allemagne qu'il en a porté le produit à 20,000 reichsthaler, au moyen de ses instrumens perfectionnés. Des éleèves se rendent de toutes parts dans ce bel établissement. Des instituts semblables ont été formés, depuis peu, dans diverses parties de l'Allemagne; ils auront infailliblement un jour la plus grande influence dans l'agriculture, et nous ne craignons pas d'avancer que jamais aucun gouvernement n'aura pu placer un capital d'une manière plus utile pour ses peuples et pour lui-méèéme. Tel est, Messieurs, l'ouvrage que vous nous avez chargés d'examiner, et dont nous avons pensé qu'il était de notre devoir de vous rendre un compte fidèle et détaillé, pour vous mettre à même de juger et d'apprécier les vues de Pauteur. Sa description des instrumens aratoires est certainement le meilleur répertoire qu'on puisse consulter sur leur construction. Ils y sont viij parfaitement décrits, détaillés et dessinés dans leur ensemble et dans toutes leurs parties. La gravure en a été confiée à M. Leblanc, dessinateur-graveur du Conservatoire des arts; et c'est assez vous dire de quelle manière elle a 6t6 exécutée: aussi les planches ne laissent-elles rien à désirer, et doivent-elles faire distinguer cet ouvrage de tous ceux de ce genre, qui n'offrent communément que de belles images sans détails ni descriptions, ou plus souvent encore des figures aussi mal gravées que dessinées. En résumé, nous vous dirons, Messieurs, que la description des instru- mens de Thaér est un excellent traité, qu'il est, comme nous avons dit en commencçant, le complément nécessaire et obligé de ses Principes rai sonnés d'Agriculture, et que notre honorable correspondant, M. Mathieze de Dombasle, en nous le faisant connaitre, a acquis de nouveaux droits, et des droits bien légitimes à la reconnaissance de nos cultivateurs; Et nous vous proposerons, en conséquence, de le recommander à S. Exc. le Ministre de l'intérieur, comme un traité élémentaire et véritablement classique pour la construction des instrumens aratoires, et nous vous re- présenterons méême qu'en cette qualité il nous semblerait convenable de prier Son Excellence, 1⁰. de le faire indiquer dans nos Ecoles vétérinaires et des arts et manufactures; et 2⁰. de le déposer dans les bibliothèéques de tous nos établissemens publics. Signé HERICART DE THURV. Paris, le mam 1821. ——d= u— Lx Société royale et centrale d'Agriculture, par une délibération spéciale, a ordonnèé que le rapport de M. Hericart de Thury serait imprimé aux frais de la Société, dans le mème format que la traduction de la Descriptéon des instrumens aratoires de A. Thaër, dont M. Mathieu de Dombasle lui a fait hommage, afin qu'il pùt le mettre en téête de son ouvrage, comme une preuve signalée et un témoignage authentique de la satisfaction et de Tapprobation de la Société royale d'Agriculture. — PREEFACE DU TRADUCTEUR. Lzs personnes qui ont entre les mains Pexcellente traduction frangaise donnée par M. Crud, des Principes raisonnés d'Agri- 1 culture de M. Thaer, ont remarqué, sans doute, une lacune e importanze gue pPrésente cet ouyrage. L'oauteunr, qui venait de e5 7 7*„. 2. „ publier une Description des nouveaux instrumens d'agriculture s les plus utiles, s'etend zres-peu dans les Principes raison- néês, etc., sur cette branche si importante de Lart agricole, et ne présente aucune figure des instrumens donk il parle, il renvoie sans cesse le lecteur d son autre ouwrage, intitule: Beschreibung der nutzbarsten neuen ackergerãthe. 45 3 C'est pour remplir cette lacune„ gue je Présente auæx agri- 3 1 eculteurs frangais une traduction de ce dernier ouvrage, com- it 2 Pplément nécessaire d'un des meilleurs traités Tagriculture qui eæistent dans quelgue langue de Lurope que ce soit. Il m'a sembl& Tautant plus utile de le faire connaltre en France, gque nous e possédons aucun ouyrage qu'on puisse lui comparer. 6 PREFACE DU TRADUCTEUR. Il passe pour constant, parmi le plus grand nombre des agri- culteurs, ꝗu'il est impossible de faire eæécuter des instrumens de culture J'aprèes des instructions et des figures: cetle opinion nma rien doctonnant; car, jusqu'd ces derniers temps, toulées les descriptions Winstrumens agricoles qui ont paru en Francée, ctaient loin de presenter assez de details pour diriger Uhomme qui aurait voulu se livrer d cette construction. Le but que leurs auteurs S'staient proposé paraissait dtre Bien plutdt de faire connaitre les 2banlages de ces instrumens, et d'en faire nautre le golt dans L'esprit de leurs lecteurs, Que de les mettre en état de les construire euæ- mames. II a dependanz paru récemment guelques ouvrages od un petit nombre dl'ins- trumens G'agriculture sont figurés bec de grands détails, et abec un talent de dessin, je pourrais dire aussi un lure de gravure qui les rendent tres/precieuæ mais ioi il manque un teæte eæplicatif de l'usage de ces instrumens; il mangue un choiæ fait par un agriculteur gui ait manis lui-mome les instru- mens qu'il décrit, et qui se borne d cenæ qui sont Tune uti- lité rsolle. . Dans Pouorage de M. Thaer, on trouvera, au contralte, la réunion des indications de pratique les plus prdcieuses Sur 1... Pusage de chacun des instrumens, d des desoriptions tellement détaillées de chaque instrument, et de chacune de ses parties, — TU- Uti- ire, Sur nent ties, PREFACE DU TRADVUeTEUR.„ qu'on ne trouvera aucune di hiculté à les faire construire. Quand mome on ignorerait le nom de Pauteur, on sentirait bientdt en le lisant, que œ'est L'ouvrage un homme qui, non-seulemen:t a fait un long usage des instrumens qu'il décrit, mais gui aussi s'est familiarisé asec tous les détails de leur construction. C'est sous ce rapport que'ai dit tout d Lheure qu'il n'existait en France aucun ouwrage qui pit étre comparò d celui-ci. — Cet ouvrage ne Pouvait dtre tracdluit aeo Suoos gue par un agriculteur habitue à Pusage des instrumens qui N sont dé- orits; je pourrais mâme dire gu'il tait indispensable que le traduoteur se filt livrsé lui-méme d la construction de ces instru- mens. Cette oöbservaltion est vraie relativement d tous les ou- vrages de technologie, et elle est dautant plus vraie que ces ouvrages entrent dans de plus grands détails technigues, si on trouve quelgue mérite dans ma traduction, o'est d cette seule circonstance gue jſ'en serai redevable. C'Gtait pour ma propre instruction que ſ'avais cherohé d me procurer oubrage origi- nal; j'ai fait eæécuter moi-méme le plus grand nombre des instrumens gui y sont décrits; c'est la facilité auec laquelle pai raussi dans cette construction, et les aantages agricoles que ſai rencontrés dans Lusage de des instrumens, gqui m'ont determiné d entreprendre cette traduction, et d faire connaltre auæ agriculteurs frangais un ouprage qui contribuera, ſe l'es- 7 8 PREFACE DU TRADUCTEUR. poere, à tourner leurs vues Vers Samdlioration des instrumens a'agriculture, branche de Vart agricole qui est, sans doute, une des plus arriérées en France, malgré les recommandations de nos plus savans agronomes. PREFACE DE LAUTEUR C). Ox sait combien, dans les fabriques et les manufactures, des machines appropriées contribuent à abréger et faciliter le travail, et en mème temps à donner un plus haut degré de perfection aux produits. L'ouvrier le plus habile et le plus laborieux ne peut exé- cuter seul, avec les plus grands efforts, ce qu'un autre peut faire sans aucune peine avec de bonnes machines. Aussi on sait par- tout apprécier Pavantage des bonnes machines dans les manu- factures, et on s'occupe tous les jours à les perfectionner; mais nulle part ces perfectionnemens n'ont été poussés plus loin qu'en Angleterre. C'est là la cause pour laquelle les Allemands, avec toute leur assiduité au travail, n'ont pu encore parvenir à riva- liser avantageusement avec les manufactures anglaises, sous le rapport de la bonne qualité et du prix des produits, quoique les premiers aient tout Pavantage du bas prix de la main-d'œuvre et des subsistances. Les Anglais ont acquis, par une suite naturelle, un talent émi- nent dans la science des machines et dans la mécanique pratique. Si on voulait admettre ici l'existence d'un talent national naturel, je crois qu'on le rencontrerait encore à un plus haut degré dans le caractère allemand. Ce genre de talent est très-commun en Alle- (1) L'ouvrage original ayant été publié en trois livraisons, on a réuni ici les préfaces qui accompagnent la 1re. et la 5e. liyraisons.(Note du traducteur.) 2 10 PREFACE DE L'AUTEUR. magne, et pour peu qu'on veuille faire des recherches à ce sujet, on trouvera dans les petites villes, et mème dans les campagnes, des particuliers ou des artisans qui, d'après leurs propres idées, ont exécuté des machines qui décéèlent une tête riche en invention, quoique souvent ces constructions ne soient pas neuves, ou qu'elles m'atteignent pas leur but. Ordinairement cette sorte d'hommes qu'on appelle par dérision, quoique avec quelque justesse, des géenies, sont misérables, parce qu'ils ont été forcés de négliger leur métier pour exécuter et perfectionner leurs inventions, et qu'ils ont été entratnés dans des dépenses trop considérables pour leur état. Cela prouve que ce n'est pas le talent qui nous manque; seulement il n'est pas bien dirigé: il n'est ni apprécié, ni payé. Ces hommes ignorent, chez nous, ce qui a été inventé avant eux dans le genre dont ils s'occupent, les perfectionnemens qu'on y a apportés, l'usage qu'on en a fait, ou les inconvéniens qui les ont fait abandonner. IIs ne savent pas, à proprement parler, vers quel point ils doivent diriger leur esprit d'invention. Lorsqu'il arrive qu'ils ont réellement découvert quelque chose de neuf, d'utile et d'applicable, ils ne trouvent, dans leurs petites villes, personne qui sache apprécier la chose, et qui l'établisse en grand; de sorte que l'invention retombe dans l'oubli. Si on a au moins reconnu, en Allemagne, l'atilité des machines ingénieuses, pour l'économie du travail dans les manufactures, on peut dire qu'on n'a pas encore appliqué ce principe à l'agri- culture. Presque tout le monde pense qu'il ne doit être question ici que d'appliquer de grandes forces au travail, et très-peu de personnes s'occupent de diminuer ces forces par de meilleures machines: comme si la charrue ordinaire, la herse, le chariot n'étaient pas eux-mèêmes d'ingénieuses machines, quoique d'une invention ancienne, et comme si on n'épargnait pas, par leur moyen, une grande dépense de travail, en les comparant à la béche, au rAteau et au tratneau. Si depuis quatorze siècles on n'a sujet, gnes, lées, tion, elles unes Hdes liger , et pour que; ayé. teux nYa 8 dut , Vers 5qu deuf, lles, and; nines ures, Lagri- estlOI eu de eures aariot d'une r leur tà la on w'a pREFACE DE L'AUTEUR. 11 plus apporté à ces machines aucun perfectionnement, si on n'en a as inventé de nouvelles, par suite du mépris dans lequel était tombé le metier de l'agriculture, et de l'état d'esclavage de ceux qui le professaient, devons-nous renoncer à voir aujourd'hui s'in- troduire des perfectionnemens importans en ce genre? On a dit que quand mème une meilleure charrue allégerait un peu le travail, la différence serait si petite, que cela ne vaudrait pas la peine et les frais nécessaires pour Pintroduire, mèême dans une grande exploitation, dans laquelle on pourrait à peine, par ce moyen, épargner une quatraine de chevaux. Mais on ne fait pas attention qu'on ne doit pas seulement consi- dérer Pépargne de la force, mais aussi la perfection du travail qui est exécuté par une meilleure charrue. On conviendra certainement qu'une terre labourée à la bêche présente un avantage énorme sur celle qui Pa été à la charrue. Mais qui niera que le travail exécuté par une meilleure charrue, se rapproche davantage de celui de la bêche? certainement personne, parmi ceux qui ont comparé le travail de la charrue de Small, ou de celle de Bailey, avec celui des charrues ordinaires de nos paysans. Lorsque j'avance que le perfectionnement des instrumens agri- coles est d'une haute importance pour l'avancement de l'agri- culture, ainsi que pour Paugmentation de la production en gênéral, et que cet objet mérite la plus grande attention de la part des agri- culteurs et des gouvernemens, je puis bien, je pense, citer en témoignage la houe-A-cheval(1), dont Pusage est aujourd'hui si généralement répandu, et dont les avantages sont reconnus de tout le monde. Le goüt et le génie des Anglais pour le perfectionnement des (1) C'est M. Thaer qui a introduit en Allemagne l'usage de la houe-à-cheval, et des autres instrumens employés à la culture économique de la pomme de terre.(Nole da traducteur.) 2* ————ſſ 12 PREFACE DE LAUTEUR. machines et du travail en tout genre, se sont aussi étendus à Pagriculture. On a inventé parmi eux un nombre infini d'instru- mens agricoles, et on en fait connattre tous les ans une foule de nouveaux. Les grands bénéfices que quelques personnes ont retirés de ces inventions, ont produit en quelque sorte une trop grande concurrence, et les derniers instrumens qui paraissent sont rare- ment les meilleurs. On sait les proner avec un charlatanisme raffiné, et on mendie des témoignages en leur faveur, à-peu-près comme le font nos vendeurs d'opiat; souvent, après avoir regu beaucoup d'éloges pendant une année, ils tombent dans l'oubli. C'est ordi- nairement aux tontes de Moburn et de Holckham, que les inven- teurs produisent ces nouveaux instrumens; comme ces réunions se composent des plus habiles agriculteurs, et des hommes les plus éclairés du royaume, on y est devenu beaucoup plus sévère sur les épreuves auxquelles on soumet ces instrumens, et sur les prix qu'on leur accorde, même lorsqu'un homme d'un rang élevé ou jouissant d'une grande influence, se présente comme auteur ou comme protecteur d'une invention. A la dernière tonte de Mo- burn, le lord Somerville, lui-même, n'a pu obtenir un prix pour sa charrue double, refus que le due de Bedford sut colorer avec beaucoup d'art et de finesse. Il s'en faut donc beaucoup que tout ce qui nous vient de nouveau d'Angleterre, mérite des Gloges. Une patente obtenue ne prouve rien non plus, car on y est main- tenant si prodigue de patentes, que tout homme qui veut payer les droits du fisc, et qui présente le témoignage de deux inconnus. en obtient une. La grande variété d'instrumens d'agriculture inventés par les Anglais, prouve certainement leur goũt et leur génie en ce genre; cependant on ne doit pas regarder cela comme général dans ce royaume: dans plusieurs contrées, les fermiers vivent dans la mème apathie et la même insouciance que la plupart de nos paysans allemands. II leur cofterait trop de soin et de dépenses pour se dus à 1Stru- le de tirés ande rare- liné, mme coup edi- ven- ions plus sur wWxx vé ou er ou M- Hour avec kout ges. am- ayer nu, les re; s ce 1 la zans PREFACE DE L'AUTEUR. 13 procurer des instrumens perfectionnés, et ils n'ont ni'adresse du corps, ni Pintelligence d'esprit nécessaires pour apprendre à s'en servir. S'ils ne réussissent pas dès le premier essai, Pinstrument ne vaut rien. De là vient que, dans plusieurs parties de ce royaume, le labourage n'est qu'un aocessoire, l'éducation des bestiaux est le but principal des exploitations rurales; si on rompt un pâturage, ce qui s'exécute ordinairement avec beaucoup de négligence, ce n'est que lorsque l'extrème fertilité du sol peut compenser la mau- vaise culture. On ne trouve dans ces contrées que la grossière et massive charrue introduite dans le pays depuis plusieurs siècles. Je suis loin de croire que l'introduction des nouveaux instrumens d'agriculture puisse etre chez nous générale, prompte et facile. Je ne pense pas non plus qu'on doive la provoquer avec un zoèle trop Apre. Laà ou la classe ouvrière est élevée et entretenue dans un état de demi-esclavage, on y réussira rarement. Dans toutes les nations et chez tous les peuples, on a fait la remarque que le travail des esclaves, considéré sous le rapport de sa perfection et de la qualité des produits qui en résultent, est beaucoup plus cher que le travail des ouvriers libres et salariés; la raison en est que l'esclave n'a. aucun motif pour se donner la peine d'acquérir plus d'habileté, ou d'apprendre à faire usage de meilleurs instrumens. IIl ne peut en tirer aucun avantage, il ne s'en embarrasse guère. Des hommes qui font un service de corvée sont esclaves en ce point. Aussi, excepté un petit nombre de cas particuliers, où le propriétaire a su se concilier Jattachement et la confiance de ses sufets, et où on se donne au moins autant de peine pour l'éducation des jeunes gens que pour dresser de jeunes chiens ou de jeunes chevaux, je conseille de ne pas songer à'emploi des instrumens d'agriculture perfectionnés dans les travaux faits par corvée. Mais avec des domestiques bien traités et des ouvriers salariés, on peut en général les amener promptement à faire un bon usage de ces instrumens, lorsqu'on veut s'en donner la peine. Seulement 14 PREFACE DE EAUTEUR. le chef de l'exploitation doit savoir manier ses instrumens; dans les commencemens, il doit les accompagner souvent et y apporter une grande attention: il faut par conséquent qu'il ait du loisir pour cela, et qu'il ne soit pas forcé de négliger autre chose. On ne doit donc penser à introduire les instrumens perfectionnés que lorsque la marche de l'exploitation est en bon train et en ordre; on ne doit pas imiter de jeunes agriculteurs qui ont voulu commencer par-là. Si une fois on est parvenu à faire apercevoir aux ouvriers les avan- tages que présentent les instrumens perfectionnés, chacun d'eux se fera bientêèt un point d'honneur de savoir les manier; des ins- trumens distingués excitent même l'émulation et l'attention des ouvriers qui les emploient. Je n'ai éprouvé aucune difficulté à Mõgelin pour apprendre, dans une seule journée, à mes garçons de charrue à conduire la charrue de Small ou de Bailey, le semoir et la houe-à-cheval; mais avec les paysans qui travaillent pour moi par corvée avec les bœufs, je n'ai pas encore osé l'entre- prendre, quoiqu'il soit en quelque sorte plus facile de conduire ces instrumens avec des bœufs qu'avec des chevaux. Les pressantes sollicitations de plusieurs protecteurs et amis ont pu seules me déterminer à entreprendre un ouvrage du genre de celui-ci, dont je prévoyais toutes les difficultés. Pai fait plusieurs essais infructueux avant de trouver une mè- thode convenable pour représenter certains iustrumens d'agricul- ture, de manière que toutes les différentes parties et leurs rapports fussent rendus clairement. C'est pourquoi je ne satisferai pas entièrement, du moins dans le commencement, à l'attente de plusieurs lecteurs, qui désireraient trouver ici une plus grande variété d'instrumens, et des figures qui frappent davantage la vue. A la vérité, il serait facile de les satisfaire sous ce dernier rapport; car les nouveaux ouvrages anglais contiennent un nombre infini d'instrumens d'agriculture qui n'au- raient besoin que d'èêtre dessinés et gravés sur une échelle uni- ns; dans apporter lsir pour n ne doit lorsque a ne doit r par-lä. les axan- in d'eux des ins- jon des culté à garçons semoir M Pentre- onduire mis ont enre de ne mè- gricul- rapports ns dans eraient figures e de les anglais ui wau- le uni- PREFACE DE LAUTEUR. 15 forme, pour former un très-joli livre d'images. Mais aujourd'hui nôus avons bien assez de livres d'images de cette espèce; et quand meme on en ferait un meilleur choix, on ne parviendrait qu'à former un ouvrage d'une utilité très-douteuse. Cet ouvrage pour- rait, à la vérité, conduire un génie inventif à de nouvelles cons- tructions qui lui seraient propres; mais il arriverait bien plus souvent qu'une imitation malheureuse, non-seulement tournerait au préjudice de celui qui P'aurait faite, mais contribuerait beau- coup plus ensuite à dégoũter de Padoption des instrumens perfeo- tionnés, qu'à y encourager. Mon intention est en conséquence de ne décrire que les instru- mens dont l'utilité m'est bien connue, et que j'ai eu occasion d'étudier par la pratique, en les employant moi-mème. Quant à ceux-ci, je donnerai des dessins si exacts et des images si parfaites de leur ensemble et de toutes leurs parties, qu'un ouvrier qui sait ge servir d'une échelle de réduction et d'un compas, et qui a quelque connaissance de la mesure des angles, pourra, s'il y ap- porte un peu d'attention, les construire d'après ces figures. Quelques instrumens sont d'autant plus difficiles à décrire, qu'ils paraissent moins compliqués au premier coup d'œil: rien ne semble plus simple que la charrue de Smadldl, et cependant on a douté long-temps, en Angleterre, qu'un autre que Smadll lui-mème pùt la construire avec exactitude; car presque toutes les imitations qu'on en a faites, étaient défectueuses. Aujourd'’hui qu'on exé- cute cette charrue en fabrique dans PEcosse, on a dans la manu- facture une forme dans laquelle la charrue construite doit sS'appli- quer exactement, sinon elle est rebutée et démontée. Dans les charrues à avant-train même, dont on fait usage dans notre pays, et qui exigent bien moins d'exactitude, les laboureurs attentifs remarquent une grande différence dans le travail, entre les char- rues faites par tel ou tel charron, quoiqu'ils ne puissent en observer aucune à la vue de Pinstrument. Cela vient de ce que certains 16 PREFACE DE LAUTEUR. rapports entre les parties, qui paraissent de peu d'importance, et qui frappent difficilement la vue, sont observés avec plus d'exac- titude par un charron, tandis qu'ils sont négligés par un autre. Dans toutes les charrues sans roues, les plus petites erreurs dans les proportions ont encore un bien plus fächeux effet. C'est pour cela que j'ai cru nécessaire, principalement pour les deux premières charrues que je décris, de les faire dessiner sous toutes leurs faces, et de représenter avec exactitude toutes leurs parties à part, ainsi que leurs rapports entre elles. Je Pai fait même pour les parties qui sont en fer coulé, quoiqu'on puisse facilement se les procurer à la forge, ou les faire couler, en employant pour modèle les mêmes parties d'une ancienne charrue. J'ai pensé qu'il était nécessaire que chacun puút s'assurer si les pièces qu'il regçoit de la forge sont exactes; car il pourrait arriver qu'un défaut qui s'y. serait glissé, soit par usure ou autrement, se perpétuerait d'un modèle à l'autre, si on manquait d'une règle fixe pour le corriger. Pai été obligé de chercher moi-même la manière de faire usage de presque tous les instrumens que j'ai à décrire. Les Anglais s'ar- rêtent peu à la description des procédés manuels, parce qu'ils pensent qu'on doit les apprendre à la vue et par l'usage. Mais comme je suis parvenu à les mettre en œuvre après un grand nombre d'essais, et que par conséquent j'ai appris leur usage, non pas par routine, mais par réflexion, j'espère éêtre plus en état de prémunir contre les fautes dans lesquelles on pourrait tomber, et de présenter plus clairement leurs avantages et le secours qu'on peut en attendre, que celui qui n'en connaitrait l'usage que méca- niquement. Les instructions sur Pemploi de ces instrumens seront nécessai- rement très-arides, et parattront souvent longues à celui qui ne sera pas sur le sillon avec linstrument à la main; cet inconvénient est dans la nature de la chose: toute espèce d'agrément doit être sacrifiée à Putilité dans un ouvrage de ce genre. tance, et 3 d'exac- n autre. irs dans pour les ner 8ous tes leurs tmème ilement ut pour 86 qu'il I regoit faut qui Ke An corriger. re usage ais S'ar- qu'ils 6. Mais grand e, non Lrat de aber, et ts qu'on méca- Lcessai- qui ne wénient oit étre PREFACE DE IL'AUTEUR. 1y Pour quelques instrumens, qui paraissent beaucoup plus com- pliqués que la charrue, j'ai pu me restreindre davantage sous le rapport du nombre des figures et de l'étendue des explications, parce que leurs rapports frappent les yeux avec plus d'évidence, et qu'on peut facilement se rendre compte des raisons pour les- quelles chacune de leurs parties doit être ainsi, et non autrement. Je citerai ici pour exemple'eætirpaleur. VALEUR DES POIDS, MESURES ET MONNAIES QUI SONT EMPLOYES DANS CET OUVRAGE. Lr pied du Rhin est égal à 0,314 môtres, ou I1 pouces 7 ¼ lignes du pied français; il se divise en 12 pouces, et le pouce en douze lignes. Le ruthe ou perche est formé de douze pieds. Le morgen ou arpent de Berlin est égal à 25 ares 56 centiares. Il se divise en 180 ruthe de 144 pieds carrés chacun. Le scheſſel de Berlin(mesure pour les grains) est égal à 0,546 hectolitres. La livre, poids de Hanovre, est égale à 0,485 kilogrammes; elle se divise en 32 loth, le loth en 4 quentchen, ce dernier en 60 gran ou grains. Le thaler, écu de Prusse, vaut 3 francs 75 centimes environ. II se di- vise en 24 bons gros. Ee frédéric d'or vaut 20 francs 80 centimes. CET pied divise litres. are se di- WWWWWWOVWVWWNWVWNVNUVVVMWI NMAMWNM8WW MW⅛WwWVWWVwWAWir DESCRIPTION NOUVEAUXN NSTRUMENS D'ACGRICULTURE LES PLUS UTILES. De la charrue, et en particulier de celle de Small, représentée planches 1, 2, 3, 4 et 5. §. PREMIER. DENOMINATION DES DIVERSES PARTIES DE LA(CHARRUR EN GENERAL. Poun prévenir tout malentendu, je vais indiquer les noms dont je me servirai pour désigner les diverses parties de la charrue. Ces noms varient beaucoup de province à province, et dans tel endroit, on désigne une partie de la charrue par un nom qui ailleurs s'applique à une autre partie, ce qui pourrait facilement induire en erreur. Tappellerai le corps de la charrue, cette partie qui pénètre dans la terre, et qui travaille immédiatement en détachant et retournant la bande de terre. Les diverses parties qui appartiennent au corps de la charrue sont: (a.) Le coutre dans lequel nous distinguons la poignée, par laquelle il est fixé, et la lame ou partie tranchante. Celle-ci a son tranchant et son dos qui est plus épais; elle a aussi sa face gauche ou face de terre, et sa face droite ou face du, sillon. 5 4 20 DESCRIPTION (b) Le soc dans lequel nous distinguons la douille par laquelle il s'as- semble avec le corps de la charrue, et la lame qui forme ordinairement un triangle rectangle, et qui a par conséquent trois côtés, savoir: le côté de terre, le plus souvent plat, le côté tranchant qui est oblique, et le còôté de derrière qui s'unit à la douille; on y distingue aussi deux angles, savoir: l'angle de devant ou la pointe du soc, et l'angle de droite. On appelle aussi ce triangle l'aile du soc. (c.) Le côté du corps de la charrue qui glisse contre la terre qyni n'est pas encore labourée, s'appellera la face gauche ou la Facèe de terre. Nous appel- lerons la mucraille, cette pièce plate de bois ou de fer qui, dans la plupart des charrues, recouvre ordinairement cette face. Dans notre charrue de Small, la muraille est composée de plusieurs pièces; dans quelques charrues, ce côté est entiérement ouvert, mais c'est un défaut grave. (¶) L'autre côté du corps de la charrue qui est disposé obliquement, et qui est formé par l'oreille, s'appellera la Facèe droite ou la face du sillon. () L'angle aigu qui est formé en avant par la réunion de l'oreille et de la muraille, se nommera la gorge. O.) La jambe est cette pièce par laquelle toutes les parties du corps de la charrue sont assemblées, et qui les unit à l'age. Elle a forte résistance, et elle doit donner au tout sa solidité. (g.) Nous nommerons la semelle toute la face inférieure du corps de la charrue, qui repose horizontalement sur le fond du sillon. prend par conséquent le bord inférieur de l'oreille aussi bien que celui de la muraille. Le sep, dans les charrues où cette partie se rencontre, est cette Pièce de bois ou de fer, à la Partie antérieure de laquelle s'assemble le soc: par analogie, nous nommerons la pPartie postérieure du sep le kalon, et la partie antérieure ou il s'unit au soc, la pointe. (h.) L'age se trouve uni au cor manche de gauche. à soutenir la plus Cette partie com- Ps de la charrue par la Jambe et par le Le milieu de Tage, ouù le coutre et la jambe sont assem- blés, et où, par cette raison, on a coutume de lui donner plus d'épaisseur, s'appellera le ventre. (C.) La partie que le laboureur tient dans les mains pour conduire et diriger la charrue, s'appelle les manches. Le manche de gauche est le plus essentiel, et c'est avec lui que Tage est assemblé; le manche de droite ou faux manche, manque entièrement dans qnelques charrues. Is's- ement côté côté gles, . On 5t pas ppel- part le de rues, 4, et 1 et de de la plus le la com- ni de eette soc: et la var le sem- eur, re et plus te ou D'INSTRUMENS D'AGRTCULTUR E. §. 2. L'AVANT-TRAIN ET LES ROUES SONT-IELS UTILES OU NECESSAIRES DANS LA CHARRUE?2 L'objet de ce traité est en particulier la charrue sans roues que les Anglais appellent swing-plough. Cette espèce de charrue est entièrement inconnue en Allemagne, à la réserve d'un petit nombre de contrées; on regarde presque par-tout l'avant-train avec ses roues comme une partie essentielle et indispensable de la charrue. Nous allons d'abord examiner si cette opinion est fondée, ou si au moins l'avant-train contribue à la plus grande perfection de la charrue dans toutes ou dans quelques circons- tances. 4 Lutilité de l'avant-train peut étre considérée sous deux points de vue: 1o. Diminue-t-il la résistance, et par conséquent la force de tirage nécessaire? 2⁰. Procure-t-il à la charrue une direction plus ferme et plus assurée? Quant à ce qui concerne le premier avantage, on trouve qu'à la vérité T'avant-train a été fortement recommandé par quelques personnes sous ce rapport. Ces personnes paraissent disposées à considérer la charrue sans roues, comparée à celle qui en est pourvue, comme un traineau par rapport à un chariot. Cependant, les roues considérées comme un levier propre à diminuer P'effort nécessaire pour transporter un fardeau, ne peuvent agir de cette manière que sur le fardeau qui repose sur elles. Un traineau, pré- cédé d'un train de chariot auquel il serait attaché, n'en serait pas pour cela du tout plus facile à tirer; au contraire, la force de tirage se trouve- rait augmentée de toute celle qui est nécessaire pour faire marcher le chariot. Si on veut diminuer la force nécessaire pour le tirage du traineau, c'est sur le chariot qu'il faut le placer. Dans la charrue, rien ne repose sur l'avant-train, si ce n'est la pointe de l'age qui, sans l'avant-train, serait déja maintenue dans la position qu'elle y prend. Nous verrons toutefois que l'age produit souvent sur Pavant-train une assez forte pression; mais cette pression n'est que l'effet de la fausse direction que l'avant-train donne à la ligne du tirage: ainsi c'est, sous plus d'un rapport, un effort perdu. DESCRIPTION §. 3. Il sera très-facile à toute personne qui connait les premiers principes de la mécanique, de se convaincre que les roues, dans une charrue, ne contribuent en rien à diminuer l'effort du tirage, et que l'opinion générale sur ce sujet est un pur préjugé. Cependant, on se ferait une idée beaucoup trop faible de l'augmentation de la résistance produite par l'avant-train, si on ne considérait que le poids de celui-ci et les frottemens auxquels il est assujetti, frottemens qui paraissent réellement réduits à peu de chose au moyen des roues. Ce n'est pas par cette cause que Tavant-train contribue principalement à augmenter la résistance et la déperdition des forces du tirage; c'est par la fausse direction qu'il donne à la ligne du tirage, qu'il force à descendre d'abord du point du corps des animaux ouù s'exerce le tirage, jusqu'au point ou la volée est attachée à l'avant-train, à remonter ensuite de l'avant-train au point où celui-ci est attaché à l'age, et à des- cendre de nouveau de ce point jusqu'à celui où la résistance de la terre se trouve concentrée. La ligne du tirage forme ainsi à peu-près le zigzag suivant(1). (1) Je suis convainqu, comme l'auteur, que l'avant-train ne peut en aucune manière diminuer la force de tirage nécessaire à une charrue, et que, dans presque tous les cas, il l'augmente considérablement. Cette vérité m'a été démontrée par l'expérience, avant que j'en eusse recherché la démonstration théoriqne; mais celle qu'en donne ici l'auteur ne me pParait pas fondée; en effet, dans toute machine, lorsque l'action de la puissance se transmet à la résistance par'intermédiaire d'un corps inflexible, la transmission de la force se fait en ligne droite, du point où la puissance est appliquée jusqu'à celui de la résistance, quelle que soit d'ailleurs la figure du corps inflexible. Ainsi la force du tirage, dans une charrue à xvant-train, ne peut pas être considérée comme suivant la ligne du zigzag que lui prèête Pauteur. Il serait beaucoup trop long de présenter ici les raisons pour lesquelles lavant- train contribue à augmenter la force nécessaire au tirage; je les ai développées avec beau- coup de détails, dans un Méêmoire particulier, dont la Société d'Agriculture de Paris a ordonné l'impression.(Note du traducteur.) incipes ue, ne önérale aucoup train, Juels il chose atribue ces du „ qu'il terce le monter à des- N 80 2 manière les eas, I avant qus ur ne me ansmet à se fait en e, quelle charrue à lui prèts s lavant- rec beau- 6 Paris a P'INSTRUMENS D'ACRICULTURE. 23 La figure Ire. expliquera ceci encore plus clairement. Du point, où se fait le tirage des animaux, la ligne de tirage descend vers a; de a elle re- monte vers 5, et de b elle redescend de nouveau jusqu'à p, où s'exerce réellement la résistance qui doit éêtre vaincue. Plus ces lignes s'éloignent de la ligne droite, qu'on tBirerait de v en p, plus il y a de force perdue. Cette force perdue est employée à exercer sur le point c une forte pression, qui devient quelquefois assez considérable pour occasionner la rupture de l'age en 5. La résistance que la force du tirage doit vaincre, est par conséquent augmentée par l'avant-train, et réellement dans une proportion plus consi- dérable qu'on ne le croit. §. 7. Il est probable que l'avant- train a été principalement considéré jus- qu'ici, comme contribuant à donner à la charrue une marche plus assurée dans sa direction; et peut-étre a-t-on jugé que cet avantage etait suffisant pour contre-balancer les inconvéniens qui résultent de la complication de la machine et de l'augmentation de la résistance. Nous allons examiner si cela est vrai, et jusqu'à quel point. La pointe du soc ne peut pas faire dans la terre le moindre écart dans sa ligne de direction, soit en haut, soit en bas, soit de côté, sans que la pointe de l'age en fasse en méême temps un beaucoup plus considérable dans le même sens, c'est-à-dire sans que cette dernière décrive un arc de cercle d'une bien plus grande étendue, et cela d'autant plus que Tage est plus long, ou que sa pointe est plus éloignée du centre du mouvement. II suit de la que si la pointe de l'age est fixée assez solidement dans sa direc- tion, pour ne pouvoir faire un écart sensible, on peut éêétre assuré que la pointe du soc ne changera pas de direction. Un obstacle que le soc n'aurait pu vaincre, mais auquel il aurait été forcé de céder, si la force du tirage agissait immédiatement sur lui, pourra étre surmonté par la force du levier que forme l'age. Ainsi, plus l'age sera long, et plus son extrémité sera fixée solidement, plus il deviendra difficile que le soc s'écarte de la direction qui lui est donnée par la direction de l'age. Cette fermeté dans la direction est certainement beaucoup augmentée par l'avant-train, puisque la pointe de P'age y est tellement fixée qu'elle peut difficilement s'élever, et qu'il est impossible qu'elle s'abaisse. Puisque le soc doit nécessairement suivre la direction de l'age, un vice 24 DESCRIPTION dans la construction de la charrue, ou une mauvaise disposition de ses parties, qui est souvent la faute du laboureur, exerceront plus difficile- ment un mauvais effet sur la régularité du labour, parce que ces défauts qui échappent facilement à l'homme qui n'a pas une grande expérience dans la conduite d'une charrue, seront facilement corrigés par l'effet de la fixité de l'agesur l'avant-train. De méme, une pression verticale ou latérale, exercée à contre-temps par le laboureur sur les manches, à moins qu'elle ne soit trop forte, trouvera un. contre-poids suffisant dans la pointe de l'age; car celui-ci forme un levier plus puissant que les manches, sur- tout lorsque ceux-ci sont assemblés au talon de la charrue(1), selon l'usage ordinaire. Cependant, toute direction vicieuse que tend à prendre le corps de la charrue, soit par sa construction, soit par sa conduite, augmente la résistance en proportion, et exige un emploi de force d'autant plus consi- dérable pour la vaincre. L'avant-train a donc, sous un certain rapport, un avantage important par la fixité qu'il donne à la pointe de l'age, et par la facilité qu'il donne de régler la marche de la charrue. §. 5. Cependant, si l'on veut peser plus exactement ces avantages, on trou- vera qu'ils sont compensés par des inconvéniens, qu'on doit d'autant plus prendre en considération, qu'on peut atteindre aux mémes avantages par d'autres moyens. On a fait voir plus haut que l'avant-train augmente considérablement la résistance et occasionne la perte d'une partie de la force motrice. (1) L'auteur, dans cet ouvrage, parait attacher beaucoup d'importance à ce que le manche soit assemblé vers le devant du sep, le plus près possible du soc, plutêèt qu'au ta- lon du sep; il croit que, de cette manière, l'action du manche est plus forte, parce qu'il se dirige plus près de la résistance. Cela me parait entièrement contraire aux lois de la mécanique; en effet, la longueur du sep étant donnée ‚ainsi que la position de la poignée du manche, les trois points desquels dépend l'action du levier, savoir le point auquel est appliquée la puissance, le point de la résistance et le point d'appui ne varient nullement, à quelque point du sep que soit assemblé le manche, par conséquent l'action du levier est toujours la même; car on sait que la figure, quelle qu'elle soit, des parties inflexibles quĩ unissent ces trois points essentiels du levier, n'influe en rien sur son action. de ses ifficile- défauts rience flet de ale ou moins pointe 3, Sur- lusage corps ente la consi- vortant donne trou- at plus ges par lement 2. — ce qus le qu'au ta- arce qu'il ois de la 4 poignée auqpuel est rullement, levier est sibles qui D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 25 La résistance est aussi étonnamment augmentée par toute direction vicieuse du corps de la charrue dans la tperre, parce que cette fausse direc- tion ne peut étre corrigée par l'age qu'au moyen d'un bien plus grand emploi de force. On s'aperçoit souvent que de deux charrues qui sont en- tiérement semblables entre elles, l'une marche beaucoup plus difficilement que P'autre, sans pouvoir en découvrir la cause. Elle existe, la plupart du temps, dans une direction différente du corps de la charrue, relativement à l'age. Sans avant-train, ce défaut serait reconnu dès le premier moment, à cause de T'inclinaison que prendrait l'age. Avec un avant-train on ne s'en apercçoit souvent que lorsque la forte résistance que la charrue a à vaincre la fait rompre. L'avant-train rend la charrue plus compliquée, plus coũteuse, toutes choses égales d'ailleurs, et plus fragile. En outre, l'avant-train fait perdre au laboureur une grande partie de la Puissance qu'il exerce sur une charrue sans roues. Toute la charrue doit suivre la direction que lui donne l'avant-train. Lorsque sur un sol inégal celui-ci s'élève ou s'abaisse, la pointe du soc s'élève ou s'abaisse de meme 3 et par conséquent la charrue sort de terre ou s'enfonce trop profondément. On remarque cela sur-tout lorsqu'on laboure en travers des billons un peu bombés. Lorsque les roues se trouvent plus élevées que le corps de la charrue, celui-ci entame très-peu la terre, ou méme sort entiérement; lorsqu'au contraire les roues sont plus basses, la pointe de la charrue s enfonce trop profondément; ou bien si, repoussée par une couche de terre trop dure, elle ne peut pas le faire, la semelle de la charrue se trouve entièrement soulevée sans que le laboureur puisse Tempécher en employant toutes ses forces sur les manches. Ce dernier effet a lieu également lorsque le soc rencontre un obstacle, comme par exemple, une pierre qu'il ne peut pas détourner ni en bas ni sur le côté. Dans ce cas, la charrue sans roues se dégage facilement en levant légèrement les manches, ce qui soulève la pierre en faisant plonger au-dessous la pointe du soc. Avec la charrue à avant-train, au contraire, il faut que le soc arrache la pierre ou la racine, ou qu'il sorte de terre. Si Tobstacle se trouve plus fort que la force du tirage, celle-ci cède, l'avant- train recule un peu, la chaine qui y fixe l'age se détend, la pointe de Tage se soulève, avec elle la pointe du soc qui ensuite, pendant quelque temps, marche hors de terre. On remarque même fréquemment cet effet lorsqu'on. lahoure dans un sol argileux durci. 4 26 DESCRIPTION Dans cette dernière espèce de terre, l'ajustage de la charrue à avant- train devient extrémement pénible. On est souvent obligé de l'ajuster de nouveau chaque fois qu'on recommence un sillon, et de lui donner plus T'enfrure qu'elle ne doit en conserver; sans cela, la pointe ne fait que glisser sur le so¹. La pression que le laboureur exerce alors sur les manches reste sans effet, parce qu'elle ne peut pas faire baisser la pointe du soc. Avec la charrue sans roues, au contraire, il suffit de lever un peu le derrière de la charrue par le moyen des manches, pour que la pointe entre immédia- tement dans le sol le plus dur. §. 6. Enfin, il se présente une grande difficulté dans la proportion des roues K entre elles. Elles peuvent étre ou de méême hauteur ou de hauteur iné- gale. Dans le premier cas, Pavant-train prend une position très-inclinée lorsque la roue droite marche dans le sillon, celui-ci n'eùt-il qu'une pro- fondeur de 4 pouces; la charge tombe en grande partie sur cette roue, elle tend toujours à glisser à droite dans le sillon; le frottement se trouve fort augmenté, ce qu'il est facile de reconnaitre par la prompte usure du moyeu. Aussi, à moins qu'on ne veuille labourer à sillons extrémement peu profonds, on est forcé de donner plus de hauteur à la roue droite; mais lorsque les roues sont d'un diamètre inégal, elles ne marchent pas uniformément. Si elles sont fixées sur un axe qui tourne avec elles, ce qui, sous d'autres rapports, est cependant préférable, il en résulte un mouve- ment semblable à celui d'un céône qui, en roulant, ne se meut pas en ligne droite, mais tend toujours à tourner autour de sa pointe, et il faut que la roue de gauche glisse en partie pour suivre la roue droite. Les roues cherchent toujours à se diriger vers la gauche, et c'est par secousses qu'elles sont ramenées vers la droite, comme on peut s'en apercevoir faci- lement en observant la ligne serpentante que forme la roue gauche sur un sol meuble. Je n'ai pas besoin de montrer ici que le frottement est aug- menté par-là de plus d'une manière, et que la charrue reçoit à chaque instant, elle-méême, une fausse direction qui, quoique peu sensible, aug- mente encore la résistance. D'un autre côté, l'inégalité des roues devient fort incommode lorsque la charrue forme le premier sillon au milieu d'un billon bombé, car ici la roue droite marche sur un terrain plus élevé que la roue gauche; il en est de même lorsqu'on trace le dernier sillon, et que la roue gauche se trouve 2 à avant- ajuster de nner plus lue glisser hes reste c. Avec la erriere de immédia- les roues eur iné- inclinée me pro- oue, elle Ou.xe t usure du rémement ne droite; hent pas „ ce qui, mouve- en ligne at que la es roues Secousses evoir faci- ohe sur un est aug- à chaque ble, aug- le lorsque , car ici la e, il en est ze trouse D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 2 7 sillon. Ce premier et ce dernier sillon sont, par cette raison, fort difficiles à tracer avec une telle charrue; la plupart du temps ils sont mal faits, tandis qu'ils sont cependant les plus importans pour un bon labour. On est au moins obligé d'ajuster chaque fois la charrue exprès pour eux. Ces fréquens ajustages qu'exige la charrue à roues, font perdre beau- coup de temps, et on fatigue beaucoup la charrue elle-méèéme, en la frappant continuellement pour en dans l'ancien foncer ou retirer le coin. si on peut donc obtenir, par un autre moyen, le seul avantage que ossède la charrue à avant-train, qui consiste dans une marche plus ferme, il est hors de doute que cela est préférable, puisqu'on évitera par-là tous les inconvéniens que nous venons d'exposer. Cela est possible, si toutes les parties de la charrue s avec exactitude, et dans un rapport parfait entre elles; et si, au moyen de ins du laboureur un puissant levier, es, on met entre les mai l puisse, en y apportant l'attention convenable, corriger obstacle accidentel. ction exacte et un rapport parfait ont construites longs manch au moyen duquel i sur-le-champ les écarts produits par un Cependant, je dois dire qu'une constru entre les diverses parties de la charrue, sont une condition bien plus in- dispensable dans la charrue sans roues que dans la charrue à avant-train. Le plus léger déefaut qu'on remarquerait à peine dans celle-ci, rend l'autre entièrement impropre à l'usage. C'est pourquoi je rechercherai et présen- terai avec exactitude ces rapports. Quant à ce qui regarde T'habileté du laboureur, elle est de nature à pouvoir éêtre acquise en peu d'heures par un homme doué de quelque intelligence; jen ai vu plusieurs exemples; cela est plus facile pour ceux qui ne sont pas habitués à la pression continuelle qu'exigent les charrues à avant-train, principalement lorsqu'elles sont mal construites. Celui quiĩ veut employer continuellement la force de ses pras sur les manches de la charrue, ne pourra jamais labourer avec une charrue sans roues. Lorsque celle ci s'écarte de sa direction, une pression légère et momentanée suffit Cependant elle exige plus d'attention que la charrue à e cette attention, on fait bien moins de fautes nie sur-le- ici, la moindre faute est pu pour Py ramener. avant-train; mais au moyen d dans le labourage qu'avec autre: la charrue sort entièrement de terré, champ, on est arrèté tout court, ou Au reste, cela devient bientôt une opéralion purement machinale de la 4* 28 DESCRIPTION part du laboureur; sans avoir les yeux fixés sur sa charrue, tous les écarts qu'elle veut faire se font sentir dans ses mains, et cette sensation lui indique le mouvement nécessaire pour y apporter remède sur-le-champ. Toute la difficulté de la part du laboureur, consiste à ce qu'il se décide à vouloir labourer avec cette charrue. F. 3. On construit en Angleterre des charrues sans roues de plusieurs sortes: on en construit dont toutes les parties sont en fer fondu. Parmi celles-ci, on cite avec beaucoup d'éloge celles qui sortent des ateliers d'un nommé Brand,; cette charrue entière ne Pèse que 143 livres. D'autres fois, on fabrique en fer les parties les plus essentielles, celles qui supportent le plus de résistance et le plus de frottement, c'est-à-dire le soc, le coutre, Foreille, la muraille, la jambe, la semelle; T'age et les manches, sont en bois; c'est ainsi qu'est construite notre charrue de Small, ou bien toutes les parties sont en bois, recouvert ordinairement d'une feuille mince de fer, pour diminuer les frottemens. Sous le rapport de la construction, elles different aussi d'une manière remarquable. La première, qui a joui d'une grande vogue, était en usage dans le comté de Rotherham dont elle a pris le nom. Elle s'était déjà beau- coup répandue en Angleterre à cause de ses avantages, lorsque Arbuthnot la perfectionna sous le rapport de la forme de la partie supérieure du soc et de la courbure de l'oreille. On trouve dans la deuxième partie du Voyage ade Vord de l'Angleterre, par Foung, une description, à la vérité un peu obscure, de cette charrue. Elle a recu d'autres perfectionnemens de la part du charron James Small, qui a aussi écrit un petit traité sur les charrues et les véhicules à roues. Les charrues qu'il fabrique ont long-temps passé en Angleterre pour les plus parfaites; en effet, je crois qu'on ne peut pas désirer mieux, lorsqu'on veut donner un labour un peu pro fond, principa- lement dans une terre qui a quelque consistance. Cependant quelques Personnes ont beaucoup vanté récemment une autre charrue de la même espèce, qui porte le nom de BSailey, et elle est décrite dans un traité inti- tulé: An essay on the construction of the plough, deduced fiom mathema- tical principles, que je n'ai Pas encore vu. On trouve des oreilles en fonte Pour cette charrue, ainsi que des modèles pour le soc, chez Mhinfielcl et Comp., Tron-Founders. Mewcastle Son Lyne. Je les attends de jour en s les Gcarts Lsation lui e-cham p. décide à s Sortes: elles-ci, nommé ois, on tent le coutre, oont en toutes maniere usage beau- uthnot du soc oyage n peu la Part darrues 58 Passé peut pas incipa- relques meme té inti⸗ thema- m fonte ſeldl et dur en D'INSTRUMENS D'ACRICUTTURE. 29 jour, et dans le cas où cette charrue me paraitrait avoir des avantages sur celle de Small, j'en donnerai la description dans la suite de cet ouvrage. §. 9. Mon intention est de donner une description détaillée de toutes les parties de la charrue de Small, en démontrant par principes, le plus clai- rement possible, pourquoi elles doivent éêtre ainsi et non autrement. Comme ceci ne peut pas se faire sans exposer la théorie de la charrue en général, ce que j'en dirai trouvera, jusqu'à un certain point, son application aux parties de toute autre charrue. Sil se rencontre quelqu'un qui pense qu'il est facile de construire toujours assez bien un instrument aussi commun et aussi grossier qu'une charrue, que fabriquent tous les jours les charrons de villages et mème beaucoup de laboureurs, sans s'embarrasser du tracé des lignes, et encore moins de la mesure des angles, je prie ces personnes de ne pas lire ce traité. La plupart des choses que j'ai à y dire leur sem- bleraient minutieuses et ridicules. §. 10. THEORIE DE LA CHARRUE EN GENERAL. Leffet que doit produire la charrue est de détacher une bande de terre d'une largeur et d'une épaisseur déterminées, par une section verticale d'un des côtés, ordinairement du côté gauche, et par une section horizon- tale en-dessous, de retourner cette bande en la poussant de l'autre côté; cette bande de terre doit aussi rester aussi meuble que possible. La charrue produit cet effet en agissant comme un coin, ou plutòt comme un demi-coin, dont deux côtés se réunissent à angle droit, et le troisiéme est oblique. Soit a, 5, c, fig. 2e. un coin entier; si on le divise en deux parties égales par la ligne 5, d, d, 5, c, sera un demi- coin. Quoique la charrue s'écarte, dans plusieurs de ses parties, de la régularité d'un coin simple, nous continuerons à employer cette image qui nous ser- vira à déterminer les points méme dans lesquels elle s'en éloigne. Soit qu'un coin soit poussé par la percussion, soit qu'il soit mu par une force de tirage continue, comme dans la charrue, cela n'apporte au- cune différence dans sa nature; la direction de la puissance doit étre la méme dans les deux cas. 4 30 PESCRIPTION §. 11. La charrue considérée comme un demi-coin doit se mouvoir dans la terre sur la ligne d'un des deux côtés qui se réunissent à angle droit, et couper ainsi une bande de terre que le côté oblique pousse et renverse. Ce mouvement doit s'opérer en ligne droite et dans une direction déter- coin représenté par la charrue, la minée. Soit a,§, c, fig. 5., le demi- ligne a, b, doit coincider exactement avec la ligne du tirage; car si elle avait une direction différente, la pointe de la charrue, ou s'engagerait trop avant dans l'ancien guéret, ou viendrait sortir du côté du sillon. Si la ligne du tirage avait la direction a, d, il est évident que la pointe b de la charrue tendrait à se détourner à droite ou du côté du sillon. Non- seulement la résistance serait beaucoup augmentée, mais aussi la bande de terre ne serait pas coupée net et nè se présenterait pas au côté oblique de la charrue, comme elle doit le faire pour étre complétement retournée. a, b, du coin s'écartait à gauche de la ligne du ti- rage, comme dans la figure 4, la pointe de la charrue prendrait une ten- ancien guéret; non-seulement le frot- dance vers le cèté gauche, ou vers l' tement serait beaucoup augmenté, mais la partie postérieure de la charrue perdrait Tappui qu'elle doit avoir contre l'ancien guéret, qui se trouverait fouillé et émietté par la pointe qui s'avance trop sur la gauche. Quelques st utile que la pointe de la charrue ersonnes sont cependant d'avis qu'il e s'écarte légèrement de la ligne du tirage sur le côté gauche; nous examine- oint cette opinion est fondée. Dans rons dans la suite(S. 38) jusqu'à quel p aucun cas, toutefois, cet écart ne doit étre considérable, et nous continuons d'établir en principe que ce cété de la charrue que nous appelons le cõte de terre, doit former une surface parfaitement unie, et dans la direction du mouvement de la charrue, de sorte qu'une ligne droite, tirée du talon de la charrue au point ouù se fait le tirage des animaux, se trouve en contact avec toutes les parties du còôté de terre. §. 12. La charrue est un demi-coin, et non pas un coin entie écarter la terre des deux côtés, mais seulement la couper la rejeter du côté droit. La résistance Sexerce donc seul droit de la charrue, et elle tend à repousser la charrue sur le côté gauche, si, au contraire, le côté r. Elle ne doit pas du côté gauche, et ement sur le côté dir dans la droit, et renverse. don déter- narrue, la car si elle engagerait sillon. Si dinte b de on. Non- la bande é oblique retournée. ga M ü- ut une ten- ent le frot- la charrue trouverait Quelques la charrue examine- 2dée. Dans onunos as le coté de irection du talon de la ontact avec e ne doit Pas te gauche, et P'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 31 en la pressant ainsi contre'ancien guéret. Dans ce mouvement, le côté gauche devient donc le régulateur de la direction; par conséquent, pour que la charrue se meuve en ligne droite, ce côté doit former une surface unie, et on y doit éviter tout ce qui interromprait la régularité de cette sur- face, ou qui lui donnerait une direction différente de celle de la ligne de tirage. F§. 13. LE C0UTRE. Cette partie doit étre considérée comme la pointe aigué du coin. Elle doit ouvrir le chemin à la charrue; par conséquent, pour qu'elle atteigne par- faitement son but, sa lame doit avoir elle-méème la forme d'un demi-coin. Dans notre charrue, elle est mince à son tranchant, de sorte qu'elle n'a là qu'un huitiéme de pouce d'épaisseur, tandis que son dos a un pouce d'épaisseur. Cet amincissement lui est donné seulement sur sa face droite, et, au contraire, sa face gauche forme une surface unie et placée dans le plan du côté gauche du corps de la charrue. Si son épaisseur diminuait des deux côtés, de manière que ces deux faces fussent obliques à la ligne de tirage, la charrue recevrait déjà par-la une fausse direction qui, à la vé- rité, pourrait étre surmontée par la force du tirage, mais qui donnerait lieu à une augmentation de résistance et de frottement. L'inconvénient d'un coutre dont l'épaisseur diminue sur les deux faces se fait sentir principa- lement lorsque son tranchant rencontre une pierre placée de manière qu'il la pousse du côté de l'ancien guéret; car alors la pierre pouvant difficilement céder de ce côté, la charrue est nécessairement re;etée à droite ou hors de terre; au lieu que si la face gauche du coutre se trouve dans la direction de la ligne du tirage, une pierre qui se présente devant le coutre, après avoir été poussée un peu en avant, s'échappe bientôt du côté droit, parce que la résistance de la terre y est moindre, et là elle trouve le còté oblique de la charrue qui la rejette hors du sillon. §. 14. Quoique la face gauche du coutre doive former une surface unie avec le côté de terre de la charrue, cependant l'expérience a montréè qu'il est utile, pour la fermeté de la charrue, que le coutre soit placé un peu à gauche de la pointe du soc, sans cependant s'en écarter plus que de sa propre épais- 32 DESCRIPTION seur; par-la, il fait mieux place au corps de la charrue qui le suit. La bande de terre coupée se trouve présentée au côté aigu de la charrue comme elle doit l'étre, pour étre parfaitement enlevée et retournée; il ne peut pas tomber de terre entre le corps de la charrue et l'ancien guéret, aucune ra- cine ne peut s'insinuer entre le coutre et le soc sans étre coupée. La char- rue prend aussi par-là bien plus de fermeté dans la terre, lorsque quelque obstacle accidentel tend à l'en faire sortir. Mais comme il est nécessaire, pour la solidité, que la mortaise dans la- quelle le manche du coutre est assemblé soit placée à-peu-pres au milieu de Tage, et que d'ailleurs l'age lui-méme, comme nous le dirons(§ 38) doit s'écarter un peu à droite dans sa direction, de celle du côté de terre de la charrue, on a éprouvé quelques difficultés pour donner au coutre la position que nous avons indiquée. Comme tous les cultivateurs expérimen- tés connaissent la nécessité de cette position, ils cherchent à atteindre ce but de deux manières. Les uns fixent le coutre avec les coins, de maniere que le tranchant soit tourné un peu à gauche et le dos à droite. Par-là le but est at- teint, jusqu'à un certain point; mais alors le coutre ne coupe pas, il déchire ou racle la terre, ce qui augmente beaucoup la résistance, et ce qui fatigue beaucoup le coutre lui-méme. D'autres disposent leurs coins de manière que la pointe du coutre soit portée à gauche, et ainsi la lame n'entre pas verticalement, mais obliquement dans la terre, Si cette obliquité est assez forte, comme cela arrive ordinairement, pour que le coutre fasse place au côté gauche de la charrue à la surface de la terre, la pointe du coutre se trouve avancée beaucoup trop à gauche. Le coutre ne coupe pas la terre verticalement, et une partie de la terre qu'il a séparée, reste en arrière sans pouvoir ôtre saisie par le soc et par l'oreille. Si, au contraire, on donne au coutre moins d'obliquité, de manieère que sa pointe vienne aboutir dans la ligne de la pointe du soc, il ne prend pas assez de terre par le haut, et la gorge de la charrue ne trouve pas la terre assez dégagée pour s'avancer sans résistance. Cette disposition nuit à la fermeté de la marche de la charrue, parce que le côté de terre qui doit lui donner sa direction ne forme plus une surface unie, La disposition qu'ont ordinaire- ment les laboureurs d'incliner leur charrue vers la gauche, se trouve forte- ment favorisée par cette mauvaise position du coutre; car, au moyen de ce mouvement, celui-ci coupe alors la terre verticalement; mais alors la bande de terre ne se trouve plus coupée horizontalement par-dessous, le labour n'est pas d'une profondeur égale des deux côtés du sillon. La bande mme elle Peut pas Lune ra- a char- luelque lans la- milieu § 5 erre de utre la rimen- ce but que le est at- Aéche dfatigue maniere tre pas ité est fasse nte du coupe „ reste traire, Vienne de terre dégagte Gde la mer sa inaire- e forte- en de ce bande labour D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 33 Ces inconvéniens ne se rencontrent pas dans notre charrue, parce que le coutre est plié au-dessous de la poignée par un double coude d'environ deux pouces, comme on le voit en b, fig. 40, ouù il est représenté vu par derrière. Au moyen de ce coude, le coutre fixé par les coins au milieu de l'age vient cependant entrer perpendiculairement dans la terre, et sa face gauche se trouve dans le plan du côté de terre de la charrue. §. 15. Dans la plupart des charrues, la pointe du coutre est dirigée en avant, de manière que le tranchant ne forme pas une ligne verticale, mais oblique. Chacun sait qu'un couteau coupe bien plus facilement lorsque la direction de son mouvement est oblique à son tranchant. On a objecté, à la vérité, que, à moins que le coutre ne soit placé en avant à une dis- tance considérable de la pointe du soc, sa pointe doit pénétrer fort avant dans la terre, avant qu'il ne la coupe à la surface, que, par conséquent, la bande de terre ne peut pas céder à l'effort que fait la partie antérieure du soc pour la soulever; mais ce m'est point à sa pointe que le soc soulève la bande de terre d'une manière sensible, et au point ouù il produit cet effet, la surface se trouve déjà coupée. Le coutre, en coupant par-dessous, rompt bien plus facilement la ténacité du sol, et il commence déjà à soulever un peu la bande de terre. Lorsque le coutre, placé obliquement, rencontre une racine qu'il ne peut pas rompre d'abord, il la fait glisser en la soulevant tout le long de son tranchant, de sorte qu'il faut qu'elle finisse par se rompre ou par étre entièérement tirée hors de terre. Un effort beaucoup plus considérable serait nécessaire pour la rompre, si le coutre avait une direction verticale. Lorsque la racine est un peu forte, le coutre, dans sa position oblique, l'entraine entiérement hors de terre, de manière que la charrue ne la rencontre plus, non-seulement dans ce sillon, mais souvent méme dans les suivans. Un coutre placé verticalement entraine au contraire devant lui dans la terre, sans pouvoir les soulever, les racines qu'il ne peut pas couper. Le coutre, placé obliquement, soulève de la mème ma- nière les pierres qui ne peuvent céder sur le côté. Un avantage encore plus important de cette position oblique du coutre dans notre charrue, est qu'elle contribue beaucoup à la maintenir dans la terre; en effet, la direction de la ligne de tirage ne peut jamais être 34 DESCRIPTION horizontale; mais, à cause de la hauteur des animaux de trait, elle se trouve disposée de manière à soulever la charrue hors de terre, si rien ne s'y opposait. Pai lieu de croire que la position la plus convenable du coutre serait que son tranchant formàt avec la verticale un angle de 30 degrés. Dans les figures, cet angle n'a que 22 degrés, mais la pointe du coutre doit étre avancée d'un pouce ou deux, par un changement dans les coins de la mortaise(1). Comme le coutre doit frayer le chemin à la charrue, et que c'est lui qui doit vaincre d'abord la résistance, il est exposé à beaucoup de fatigue. II doit par conséquent avoir une force suffisante, et comme on ne peut pas lui donner beaucoup d'épaisseur, il est nécessaire qu'il ait une largeur convenable. Dans notre charrue, cette largeur est de 3 pouces, ce qui est bien suffisant. (1) Liinclinaison qu'il convient de donner au coutre n'est pas une question aussi simple qu'elle le semble au premier coup d'oœil; il est bien vrai qu'en genéral un tranchant coupe avec d'autant plus de facilité qu'il se présente plus obliquement; mais c'est en supposant que le corps qui doit étre coupé éprouve une résistance égale dans toutes les directions. Dans l'action de la charrue, il n'en est pas ainsi; les racines ou autres corps qui se pré- sentent devant le coutre éprouvent bien plus de résistance dans la direction horizontale, oüù elles rencontrent une grande masse de terre, que dans la direction verticale en mon- tant. Il en résulte qu'à une certaine inclinaison du coutre, les racines sont soulevées, glissent en montant le long du coutre, et, une fois sorties de terre, ne peuvent plus se cou- per et sont entrainées devant la charrue. Cet inconvénient est très-sensible dans un sol rempli de chiendent, sur-tout lorsque le sol est très-humide. Dans ce cas, les 30 degrés que l'auteur indique sont une inclinaison trop forte. Je crois que, dans la plupart des cas, une inclinaison de 25 degrés avec la verticale, est la plus convenable pour les coutres droits. On remarquera que les figures 8, 9 et 11 ne sont pas d'accord, relativement à la posi- tion du coutre, avec la figure 7. Dans cette dernière, la pointe du coutre est placée en avant de la pointe du soc, et dans les autres, elle est placée directement au-dessus. D'après les indications du texte; il semble qu'il doit étre placé comme dans la figure 7, c'est-à-dire en avant du soc; et cela est d'accord avec mes expériences sur la charrue de Smad. L'au- teur dit, en parlant des autres figures, que la pointe du coutre doit éêtre dirigée plus en avant qu'elle ne l'est dans le dessin; mais alors le coutre aurait trop d'inclinaison: cela exigerait un changement dans la mortaise du coutre dans l'age, qui devrait étre un peu avancée. Pai cru devoir entrer dans ces explications, plutòt que de me permettre de faire changer es figures.(Note du tradugteur.) elle ze rien ne serait Dans 2 doit ns de ni qui ue. II t pas geur ni est à Simple at coupe pposant ctions. e pré- ntale, mon- evées, e cou- un s degrès des cas, 8 droits. l posi- cee en Daprès Adire I. Dau- plus en on: cela un peu chan ger D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 35 pour augmenter la force du coutre, et le maintenir plus solidement en place, on a fixé à-peu-près au milieu de sa longueur, au moyen d'un bou- lon, une tige de fer mobile, comme on peut le voir, fig. 8, en G. Cette tige traverse en l, un piton en fer qui est fixé sur T'age; au-dessus du piton, cette tige est taraudée en g, et, au moyen d'un écrou, on peut changer la direction du coutre et le fixer solidement, sans avoir besoin de serrer fortement les coins. Cette tige a aussi l'avantage d'empécher le chaume et le fumier de s'amasser dans l'angle formé par l'age et le coutre, ce qui donne souvent beaucoup de peine pour les en retirer. §. 16. LA FACE GCAUCHE OU LA FACE DE TERRE DE LA CHARRUE(FrG. 8). Aprèés avoir examiné le coutre, nous arrivons aux autres parties de la face gauche ou face de terre de la charrue. Nous considérerons d'abord la longueur de cette face depuis la pointe du soc jusqu'au talon. Relativement au corps de la charrue, il se présente une question impor- tante: Quelle longueur est-il plus avantageux de lui donner, relativement à sa plus grande largeur, C'est-à-dire à la distance de la partie postérieure du versoir au talon? Si nous nous en tenons à considérer le corps de la charrue comme un demi-coin, image qui peut difficilement nous induire à de faux résultats, il paraitrait qu'il pénétrera d'autant plus facilement, qu'il aura plus de lon- gueur par rapport à sa largeur postérieure, c'est-Aà-dire à la plus grande distance du versoir au côté gauche de la charrue; car on saft qu'un coin aigu exige, pour pénétrer dans les corps, une force moindre qu'un coin obtus. Mais, selon les lois de la mécanique, ce qu'on gagne sous le rapport de la force, on le perd sous celui du temps ou de la vitesse, qui doivent cependant rester les mêmes dans la charrue. Le coin aigu, en pénétrant plus profondément par une force égale, n'éprouve pas plus de résistance que le coin obtus qui pénètre moins profondément, en les supposant Tun et lautre de méme largeur à leur base. Il peut être vrai que, lorsqu'il est question de faire pénétrer un coin dans un corps dur et élastique, principa- lement si ce corps est composé de fibres qu'il faut séparer dans leur lon- gueur, la forme du coin apporte une certaine différence dans V'effet, et qu'un coin aigu produise la même action au moyen d'un nombre de coups moindre qu'un coin obtus, qui se trouve refoulé par l'élasticité de ce corps. 5*¼ 36 DESCRIPTION Mais cela est tout différent dans la terre molle, ou qui du moins ne jouit T'aucune élasticité. On doit considérer d'une autre part que le frottement doit etre bien plus considérable sur les deux côtés d'un coin long que sur ceux d'un plus court, à bases égales; car, toutes choses égales d'ailleurs, le frottement augmente avec les surfaces. II n'y a donc pas de doute, dans mon opinion, qu'un corps de charrue plus court mexige, à distance égale de Poreille, une force de tirage moindre qu'un plus long. Cependant une charrue longue présente un avantage incontestable sur une plus courte; sa marche est plus ferme, elle n'est pas si facilement dé- tournée de sa direction, car elle trouve plus d'appui, soit contre l'ancien guéret, soit contre le fond du sillon, au moyen de sa grande surface, et d'ailleurs, à circonstances égales, elle a plus de poids; aussi elle résiste mieux à un obstacle accidentel, à un petit écart des bétes de trait, ou à un mouvement vicieux du conducteur sur les manches; elle n'est pas alors si facilement détournée de la ligne droite qu'une charrue plus courte. On voit par-là pourquoi le corps de la charrue ne doit pas éêtre trop court. On peut d'autant plus raccourcir le corps de la charrue pour épargner la force du tirage, que le sol est plus net et plus homogene, qu'on a mis plus d'exac- titude dans les rapports des diverses parties de la charrue entre elles, ainsi que dans la direction de la ligne de tirage, et aussi d'autant plus que le la- boureur est plus expérimenté et plus adroit. Mais, dans un sol dont la ré- sistance varie à chaque instant, qui est rempli de pierres et de racines, il est nécessaire de lui donner plus de longueur. On trouve en effet que dans les contrées ouù le sol est cultivé rarement, ou il reste long-temps en pà- turage pour éêtre rompu ensuite avec beaucoup de peine, on fait, en gé- néral, le corps des charrues plus long que dans celles ou le sol a été ameubli et nettoyé par des cultures fréquentes. Le coutre forme, en quelque façon, une augmentation de longueur du corps de la charrue; plus il est éloigné de celui-ci, plus le côté de terre se trouve allongé, et plus, par conséquent, la charrue a de fermeté dans sa marche. Pour rompre les päturages, on a coutume de le placer à une dis- tance plus considérable que dans les sols meubles et cultivés, où le coutre est souvent placé immédiatement devant la gorge de la charrue, et où méme, dans certaines charrues à roues, le coutre manque entièrement. ne jouit ttement jue sur Hleurs, dans égale le sur nt dé- neien e, et ésiste Aun ors si n voit a peut vrce du Texac- ainsi le la- la ré- des, il daus n paà- D gẽé- neubli eur du erre se uns Sà e dis- coutre et ou nent. D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. §. 17. Notre charrue tient le milieu entre les longues et entre les courtes. Sa longueur, mesurée de la pointe du soc au talon, est de deux pieds six pouces et demi du Rhin; depuis le talon jusqu'à la partie postérieure et inférieure du soc, elle a un pied huit pouces et demi. Indépendamment du côté replié du soc qui recouvre ce côté, cette face du corps de la charrue est formée de trois feuilles de fer. L'inférieure (C, fig. 8,) n'est autre chose que la même pièce de fer qui garnit la semelle de la charrue, et qui, repliée à angle droit, vient recouvrir le côté de terre. La pièce supérieure s'assemble par derrière sur le manche gauche(E, fig. 8); elle se replie en avant autour de la jambe(e, fig. 9), et laà elle s'unit exactement à l'oreille. La troisiéme pièce(D, fig. 8,) remplit tout Tespace qui se trouve entre les deux premières: elle vient sunir en avant à la partie repliée du soc. Ce côté de la charrue est entièrement fermé par ces trois pièces de fer, depuis la semelle jusqu'à l'age. On voit à la vérité en o, fig. 8, un petit intervalle entre la pièce supérieure et l'age; mais on ne l'a laissé dans la figure que pour qu'on vit plus clairement l'assemblage de la jambe avec Tage. Ces pièces de fer sont assemblées en avant avec la jambe qui est en fer fondu massif(fig. 43 et 44), et le soc, dont la partie recourbée monte jusqu'à la pièce du milieu, s'assemble également sur le pied de la jambe. Au-dessus du soc, le bord antérieur de la pièce supérieure est replié à angle aigu, et va de l'autre côté s'unir à l'oreille(e, fig. 9). La charrue a ainsi, dans cette partie, qui est exposée à la plus forte résistance, une solidité à toute épreuve, et une forme parfaitement favorable pour déta- cher la bande de terre. Ces pièces de fer sont fixées en arrière sur le manche gauche de la charrue. §. 18. LA SEMELLE DE LA CHARRUER, OU LA CHARRUE VUE PAR-DESSOUS (FrG. 7). Nous allons maintenant examiner la surface inférieure ou la semelle de la charrue qui se compose du soc, de la semelle proprement dite, et du bord inférieur du versoir. 33 DESCRIPTION Le soc doit étre à sa pointe légerement courbé vers le bas(Ce, fig. 7, où le soc est désigné par des lignes ponctuées); il ne se trouve par con- séquent pas entièrement dans le plan de la semelle. La charrue acquiert par-la, comme l'expérience le montre, plus de fermeté et de tenue dans la terre, et autant de tendance vers le bas qu'il est nécessaire pour contre- balancer la tendance vers le haut que lui donne Pobliquité de la ligne de tirage. Si la pointe du soc était dans le méême plan que le reste de la semelle, lorsqu'elle rencontre une petite pierre, elle ne pourrait pas se frayer un chemin par-dessous, il faudrait qu'elle s'élevt, et avec elle toute la semelle de la charrue s'éleverait au-dessus de la pierre, ce qui pourrait très-facilement faire sortir entiérement la charrue hors de terre. Si, au contraire, la pointe du soc paissant un peu plus bas que la se- melle, senfonce ainsi un peu plus dans le sillon, le soc peut ou plonger un peu pour soulever la pierre, ou, si elle est placée au-dessous du fond du sillon, glisser dessus sans que la semelle entière de la charrue soit sou- levée. D'après Small, la pointe du soc doit descendre de de pouce plus bas que la semelle, cependant seulement sa pointe, de manière qu'elle trace au fond du sillon une petite rainure. Une courbure trop forte du soc, ou mème de sa pointe seulement, donne, à là vérité, à la charrue beaucoup de tenue dans la terre, et beaucoup de tendance vers le bas, en donnant plus d'obliquité à la ligne de tirage; mais cela augmente infiniment la résistance. On doit donc étre en garde contre la disposition qu'ont ordinairement les valets, de faire donner par le maréchal beaucoup de courbure au soc, défaut auquel ils remédient ensuite par une forte pression sur les manches. Le tranchant du soc doit, par derrière, dans la partie où il s'éloigne le plus du côté de terre, se trouver dans le plan de tout le reste de la se- melle, et non à la méême profondeur que la pointe. Si Tangle du tranchant (c, fig. 7) se trouvait à la même profondeur que la pointe antérieure, la pression de la terre, qui là est tres-forte, pourrait facilement le faire descendre encore plus bas, et donner à la charrue une disposition à »incliner vers la droite. Si, alors, un corps dur venait à se présenter sous la pointe du soc, et à soulever un peu le côté gauche, la charrue pourrait facilement sortir de terre; c'est ce que l'expérience montre fré- quemment. D'après Small, la plus grande largeur du soc ne doit pas étre tout-à-fait aussi considérable que la largeur postérieure de la semelle. Le sillon ne se 5, fig.), par con- acquiert ue dans contre- a line e de la pas se ſee elle ce qui terre. lä se- longer u fond it sou- d Mos quelle ement, ucoup irage; garde par le nsuite Noigne e la se- nchant rieure, e faire non à Ssenter harrue re fré- tA-fait u ne ⁸e D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 39 forme pas aussi large que la distance qui se trouve entre la partie posté- rieure du versoir et le talon du sep; mais une charrue qui a sur le derrière une largeur de 9 pouces, ne forme qu'un sillon d'environ 8 pouces. Il n'y a aucun inconvénient qu'une petite partie de cette largeur ne soit pas cou- pée par le soc; au contraire, cela fait que la bande de terre monte plus régu- liérement sur la partie la plus élevée du soc, qu'elle se retourne plus promptement, et qu'elle se rompt mieux que si elle était entièérement déta- chée du sol par le soc. La résistance que peut opposer ainsi une bande de terre d'environ 1 pouce de largeur seulement, est insignifiante. Small donne une largeur de 7 pouces au soc, lorsque la largeur postérieure de la semelle est de 9 pouces. Gependant, les recherches qui ont été faites au moyen d'un dynanoméètre par la Commission d'Agriculture de la Société des Arts de Londres, pour déterminer la force de tirage qu'exigeaient différentes charrues, ont montré qu'un soc large diminue beaucoup la résistance, et a beaucoup d'avantage sur un soc étroit. La charrue de Rotherham, avec un soc de 5 pouces de largeur, exigea, pour faire un sillon de 10 pouces de largeur et 6 pouces de profondeur, une force= 5 ½ quintaux; avec un soc de 8 pouces de lar- geur pour un sillon semblable, elle n'exigea qu'une force= 5 quintaux (Annales d Agriculture d'voung). Le soc qui est représenté en plan, fig. 15, a 7 ½ pouces de largeur; c'est celle qu'on doit lui donner, parce qu'il ne tarde pas de s'user un peu. La longueur du soc proprement dit, de ce que les Anglais appellent P'aile du soc, doit étre en rapport avec sa largeur. Pour la largeur indiquée plus haut, le côté plat qui se trouve dans la ligne de tirage a 10 pouces de lon- gueur, et le côté oblique ou le tranchant, 12 pouces. Dans ces proportions, il coupe assez obliquement pour vaincre la résistance. Quelques personnes ont voulu donner au soc deux côtés obliques et tran- chans, de sorte que la pointe se trouvàt au milieu du sillon. Quand mème cette espèce de soc détacherait plus facilement la bande de terre et offrirait moins de résistance, la différence serait si peu considérable, qu'elle ne pourrait contre-balancer les inconvéniens suivans: le soc disposé de cette manière ne commence pas, comme il doit le faire, à soulever un des côtés de la bande de terre, pour la préparer à monter sur la partie élevée du versoir; une pierre qui se présenterait devant le côté gauche de la pointe, forcerait celle-ci à se détourner de sa direction, parce que la pierre ne peut céder de ce cõôté. II est, par conséquent, plus avantageux que le còté gauche DESCRIP TION du soc soit plat, et placé dans la direction de toute la face de terre de la charrue, parce qu'alors le soc fraie parfaitement bien le chemin au corps de la charrue, et que toute pierre qui se présente en avant est rejetée sur le côté droit, où elle trouve de la place pour se détourner. 4⁰ §. 19. La largeur inférieure du corps de la charrue, ou la distance de la partie postérieure du versoir à la face de terre du sep, n'est, dans notre charrue, que de 9 pouces, c'est-à-dire pas plus considérable que la largeur de la bande de terre qu'elle doit détacher. On ne doit pas, on le sent bien, cher- cher à prendre avec une charrue de cette construction, plus de 9 pouces de largeur de sillon. Selon T'opinion générale, cette distance du versoir ne serait même pas suffisante pour un sillon de cette largeur: on croit que la bande de terre n'aurait pas une place suffisante pour étre convenablement retournée, si la bande précédente n'avait pas été poussée plus loin sur le còôté; cependant, si on examine la chose attentivement, on verra que cela est parfaitement indifférent. Si nous supposons, en effet, que la bande de terre précédente avait été déplacée de 18 pouces au lieu de 9; la nouvelle pande devra également étre poussée à la même distance, et elle viendra par conséquent se serrer aussi près de la premieère, que si toutes les deux n'avaient été poussées que de 9 pouces. Une largeur plus considérable du corps de la charrue ne peut donc avoir d'autre utilité, que de donner plus de largeur au sillon ouvert; mais il n'est pas nécessaire que celui-ci soit plus large qu'il ne le faut pour que le cheval et le laboureur puissent y marcher, et un sillon de 9 pouces est bien suffisant pour cela. Un sillon plus large semblera peut-être plus commode à certains laloureurs; mais cette commodité m'est pas un motif suffisant pour surcharger l'attelage de l'augmentation de tirage qu'exige ce déplacement de terre. Si le sillon, ce qui arrive rarement, est creusé à une profondeur égale à sa largeur, on trouvera, à la vérité, que la bande de terre est fortement pressée contre la précédente par le bord postérieur du versoir; mais il en serait de mème quand la charrue aurait plus de largeur. Avec notre charrue, on peut, au contraire, lorsqu'on le veut, creuser un sillon plus profond que large, ce qui est impossible avec une charrue plus large. P'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. re deh u corps§. 20. etée sur Le bord inférieur du versoir, c'est-à-dire celui qui glisse sur la terre au fond du sillon, forme dans notre charrue une ligne droite qui va couper, à la pointe du soc, la ligne de la face de terre; ces deux ligues forment ensemble un angle de 15 degrés. La longueur de ce bord inférieur du partie versoir est de 15 pouces. II se trouve placé environ un demi pouce plus arrue, haut que la semelle de la face de terre; en effet, lorsqu'il arrive que la r de la pointe du soc plonge un peu sans que l'aile suive ce mouvement, le sillon cher- se trouve creusé un peu plus profondément à gauche, du côté de la face pOUCes de terre, qu'à droite sous la semelle du versoir. Cependant cette différence Zir ne ne doit pas èêtre plus considérable, autrement le versoir ne viderait pas en- que la tiérement le sillon. lement§. 21. sur le 8 que cela LA FACE DROITE, OU LKA FACE DU SILLON DE LA CHARRUE(Fro. 9)- ande de 8 ouvelle Nous allons maintenant considérer la face droite du corps de la charrue; tendlra c'est elle qui agit immédiatement pour soulever et retourner la terre, c'est s deux par couséquent celle qui mérite le plus d'attention; c'est aussi la partie la Dle du plus compliquée de la charrue. donner L'effet qu'elle produit peut se diviser en trois parties distinctes: 1. elle elui⸗ci doit pousser, sur le côté, la bande de terre détachée par le coutre et le nissemt tranchant du soc; 20. elle doit la retourner complétement; 30. elle doit la u sion soulever. Au moins, dans notre charrue, ce dernier mouvement est néces- saire pour que le précédent soit bien exécuté. Ce troisiéème mouvement 8; 15 contribue aussi à donner à la charrue une tenue ferme dans la terre, et à llage de ameublir la bande de terre retournée. lon, ce Si une bonne charrue ne devait que rompre la terre et la déplacer, il est ur, on certain que la forme la plus avantageuse serait celle d'un demi-coin, dont conire la face oblique formerait cette face de la charrue. La charrue n'aurait pas Smece besoin de soc, mais seulement d'un coutre; et il est hors de doute que la deut, 5 résistance serait vaincue, de cette manière, avec le moins de force possible. alge, Mais la bande de terre doit, ou, au moins, devrait être entièrement re- tournée, de manière que sa surface supérieure soit placée en-dessous, et qué la surface inférieure vienne en-dessus. On ne peut atteindre ce but 6 4² DESCRIPTION au moyen du demi-coin qu'avec l'aide du soc; et encore on peut diminuer la dépense de force en donnant, à cette face du demi-coin, une forme plus parſaite. §. 22. Dans nos charrues ordinaires, le versoir est ordinairement placèé per- pendiculairement au-dessus de la terre, et il forme un plan qui, placé obli- quement, vient en avant se réunir à la face gauche, et s'en éloigne par derrière. Pour qu'une charrue, ainsi construite, retourne la terre au lieu de la pousser simplement sur le côté, il faut que plusieurs circonstances se trouvent réunies. Il faut que la bande de terre, détachée par le soc, ne soit pas meuble, mais que ses parties conservent beaucoup d'adhérence entre elles, et avec la terre qui n'est pas encore coupée. Ce n'est que dans ce cas que la bande de terre peut s'élever contre le versoir, et peut étre retournée par sa partie postérieure, qui ordinairement est coupée obliquement. Il faut aussi que le soc ne soit pas assez large pour détacher entiérement la bande de terre; mais une largeur considérable de cette bande doit rester attachée au fond du sillon, pour éêtre seulement ensuite arrachée par le versoir; autre- ment la bande de terre entière ne serait que poussée sur le cõôté, mais non pas retournée. Aussi, si nous examinons le travail exécuté par nos charrues ordinaires, nous remarquerons, qu'excepté dans une terre très-tenace ou très-humide, ou dans un gazon, elles n'ouvrent pas un sillon rectangulaire. Dans le sillon ouvert, et contre le précédent, il reste un prisme triangulaire de terre que le versoir ne fait que frotter sans pouvoir le soulever; ce prisme est souvent tres-considérable, et contribue beaucoup à donner à la charrue une inclinaison vers le côté gauche. En effet, ou le bord postérieur du versoir forme un angle presque droit avec le bord inférieur, ou il est coupé obliquement de manière à former avec ce dernier un angle obtus. La première construction se rencontre plus fréquemment dans les terrains consistans, et alors le sillon parait passablement net et rectangulaire; mais une partie considérable de la terre n'est pas retournée, mais seulement poussée sur le côté. Dans le second cas, la bande de terre est mieux re- tournée par le bord oblique du versoir; mais c'est alors qu'on éprouve l'in- convénient dont j'ai déjà parlé, c'est-à-dire que Tangle droit inférieur du sillon reste rempli de terre, et d'autant plus que la charrue s'incline iminuer forme per- obli- de par 1 lieu ces se ee soit velles, lue la par sa dausst mde de chée au autre- s non aues, mide, ns le re de prisme harrue eur du il est tus. La errains e; mais Nement eux re- we lin- jeur du. inchne D'INSTRUMENS D'AGRTCULTURE. davantage du còôté gauche, mouvement qu'elle tend toujours à prendre avec cette construction. II arrive aussi ordinairement qu'une partie de la terre meuble retombe dans le sillon, et reste ainsi au fond. On concoit facilement qu'une culture exécutée ainsi, doit exercer la plus facheuse influence sur la fertilité du sol et l'abondance des récoltes; on sent quel avantage doit avoir un sol retourné entièrement dans toutes ses parties. Parmi les nombreux avantages de notre charrue, un Kles Plus importans est d'atteindre ce but de la manieère la plus parfaite dans toute espèce de sol, excepté dans un sable pur et sans aucune consistance. On peut à peine, avec les charrues ordinaires, obtenir, par plusieurs labours répétés, une culture aussi parfaite qu'on l'obtient avec la nôtre par un seul labour. §. 23. En effet, notre charrue, des l'instant qu'elle commence à soulever la bande de terre que le soc a détachée du fond du sillon, la dispose déjà à prendre la position la plus favorable pour s'élever le long du versoir, et commence déjà à l'incliner vers le côté droit. Ces deux mouvemens, d'élé- vation et de renversement, sont gradués et uniformes, de sorte que, lorsque la charrue s'avance d'un seul pouce, toutes les parties de la terre sont sou- levées dans une égale proportion. Cette action commence presque à rien sur le tranchant du soc; elle est déjaà beaucoup augmentée lorsqué la terre arrive sur la partie postérieure du soc, et la partie antérieure du versoir, qui ne forme que la continuation de la surface de ce dernier, a déja amené le prisme de terre au point d'étre placé sur son angle. La fig. 5, planche ire., rendra plus claires les diverses positions que prend la bande de terre par la marche de la charrue. On suppose ici que le soc et le coutre ont détaché une baude de terre de 9 pouces de largeur sur 6 de profondeur. La partie postérieure du soc et la partie antérieure du versoir placent déjà ce prisme dans la position A. La charrue, en s'avançant 3 pouces de plus, le place dans la position B. Bientôt la surface plus courbée du versoir lui donne la position C; et en même temps l'angle uz, r commence déja à étre refoulé vers le haut par la partie inférieure du versoir, dont le bord pos- térieur renverse enfin complétement le prisme comme en D, de manière qu'il se trouve placé sous un angle de 40 degrés avec l'horizon, ce qui est la position la plus avantageuse qu'on puisse lui donner; et en meme temps, elle aplanit entièérement l'angle u, en soulevant vers le haut la tBerre 6* — 44 DESCRIPTION qui le formait. Ces divers mouvemens présentent un spectaele fort curieux lorsqu'on les observe horizontalement par derrière, sur la charrue en mouvement; la révolution complète de la pande de terre sur elle-mèême est alors tres-sensible: tandis qu'en observant de méme une charrue ordi- naire, on m'aperçoit qu'un mouvement de déplacement sur le côté. §. 24. Cerenversement de la bande de terre doit étre opéré d'une manière uni- forme et régulière, et non pas par saccades. Chaque particule de terre doit décrire, en quelque sorte, une ligne spirale(1); car le mouvement qui la renverse commence presqu'à rien, et s'augmente à chaque instant. On conçoit que, pour produire cet effet, le versoir doit étre taillé selon une courbe particulière et uniforme. On n'est pas entiérement d'accord sur les principes d'après lesquels cette courbe doit étre décrite; la condition essen- tielle est que le versoir forme une courbe continue et uniforme de haut en bas et de devant en arrière. On ne peut pas déterminer autrement qué par expérience la figure que doit avoir cette courbure, pour produire com- plétement son effet avec le moins de force possible. La nature de la terre, et la profondeur qu'on veut donner aux sillons, devraient peut-ètre y apporter quelques différences. Cependant Pexpérience a démontré aux plus habiles cultivateurs, que la courbure la plus avantageuse à donner au versoir, pour exécuter un labour de 5 à 10 pouces dans un sol de consis- tance moyenne, est celle qui est représentée fig. 27— 53. On trouvera plus bas l'explication de ces figures. Comme dans notre charrue la bande de terre détachée par le soc exerce une pression considérable sur l'aile, aussi bien que sur la partie posté- rieure du soc, et sur la partie courbe antérieure du versoir, la charrue acquiert une tenue très-ferme dans la terre, parce que cette pression contre- balance celle que la partie postérieure du versoir exerce sur la bande de terre retournée. Aussi, à moins d'une négligence extraordinaire, ou d'une fausse pression très-forte de la part du conducteur, lä charrue ne s'incline (1) Je traduis ici littéralement; mais il me semble évident que chaque particule de terre décrit, non pas une ligne spirale, mais un arc de cercle, avec un mouvement acceléré. (Note du traducteur.) N curieut Harrue en le-méme rue ordi- . ieére uni- erre doit nt qui la tant. On don une dsur les In essen- 2de Waut ement que wire com- la terre, t-étre y aux plus onner au consis- era plus c exerce e posté- charrue n contre- dande de zu Gune »indine — ule de terre ere 1 acceélere- D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 43 jamais du côté gauche; par conséquent le tranchant du soc et le bord infé- rieur du versoir marchent toujours dans le méême plan horizontal que la semelle de la face de terre; il ne peut pas rester de terre dans le sillon, et la pande de terre est coupée sous la forme d'un prisme rectangulaire. A quelque profondeur qu'on laboure, toute la terre du fond est ramenée à la sur- face; ce qui, comme nous l'avons vu, arrive rarement avec les charrues ordinaires. Communément celles-ci ne ramènent à la surface que la portion de terre qui se trouvait dans l'angle formé par le coutre et le soc; cette terre rejetée à droite vient recouvrir celle que la charrue a laissée de ce côté du sillon. En examinant superficiellement ce labour, on croirait que toute la terre a été retournée; mais, dans le fait, il n'y en a qu'une petite partie. §. 25. La résistance produite par la pression de la terre contre le versoir, est sans contredit la plus forte de celles que la charrue a à vaincre. II paraitrait, d'un autre côté, que le versoir de notre charrue éprouve la pression d'une plus grande masse de terre qu'un versoir moins parfait, et qu'à raison de sa surface courbe, cette pression s'exerce pendant plus long-temps. Cela peut étre vrai jusqu'à un certain point; mais cette considération est plus que compensée par une autre, c'est que, aussitòt que la bande de terre a été soulevée par le soc et placée sur son angle comme en A, fig. 5, son centre de gravité ne porte presque plus sur la charrue, et plus du tout, aussitôt qu'elle a pris la position B, alors il ne faut plus qu'un effort très- peu considérable pour la pousser entièérement dans la position C. Le versoir se décharge donc très-promptement, et la terre ne le charge déjà plus lors- qu'elle est arrivée au milien de sa longueur. Aussi, les expériences faites au moyen du dynamomeètre, prouvent qu'une charrue à versoir courbe exige moins de force de tirage qu'une charrue à versoir plan. §. 26. La ligne courbe que la bande de terre est forcée de parcourir, ainsi que le déchirement qu'elle éprouve à son angle inférieur, ont pour effet de Tameublir et de laisser moins d'adhérence à ses particules entre elles. Si la terre n'est pas excessivement humide, et que la charrue soit bien réglée, de maniere que la partie postérieure du versoir n'exerce pas une trop ͤſſ“ 46 DESCRIPTION forte pression sur la bande de terre retournée, elle laisse le sol beaucoup plus meuble que toute autre charrue. Mais par cette raison elle ne convient pas dans un sable mouvant. — — Comme, dans notre charrue, le versoir est en fer fondu, sa surface prend par l'usage le poli d'une glace, ce qui ne contribue pas peu à diminuer le frottement. §. 27. 9 . La surface courbe, par laquelle la partie postérieure du soc s'unit au 5 versoir, ne doit pas étre interrompue; mais le soc doit venir s'appliquer 1 immédiatement contre le versoir, de manière qu'ils paraissent ne former . 1. 3.. qu'un seul corps, et qu'on aperçoive à peine la jonction. Si cette partie du soc n'est pas bien forgée, le frottement se trouve considérablement aug- menté. §. 28. La figure du bord postérieur du versoir n'est pas indifférente; elle doit étre telle que toutes ses parties s'appuient uniformément sur la bande de terre retournée. Sa courbure est représentée exactement en a,, fig. 27, et on fera bien d'observer cette forme dans la construction d'une charrue semblable. Une figure différente exigerait aussi d'autres rapports; mais je n'oserais 2 b pas les déterminer mathématiquement, attendu que c'est plutõt par expé- rience que par principes qu'on les a déterminés jusqu'ici. §. 29. L'AGE. Nous voici arrivés à la partie qui unit ensemble les diverses pièces qui composent le corps de la charrue, et de laquelle celui-ci recoit sa direction. Nous avons à considérer principalement, 10. la longueur de l'age; 20. la hauteur de sa position au-dessus de la terre ou au-dessus de la ligne hori- zontale de la semelle; 30. sa direction. beaneonp e convient dce prend ninuer le kunit au ppliquer former dartie du ent aug= elle doit Hande de fig. 27, charrue roserais exbe ieces qui zirection. ge; 2⁰. la gne hori- D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 47 §. 30. Afin qu'on puisse se faire une idée claire de l'action produite par Tage et par le tirage des animaux qui y est fixé, nous allons d'abord présenter quelques idées théoriques sur la direction de la puissance et de la résistance considérées dans la charrue. Si nous voulons enfoncer un coin dans un corps dur dont la résistance est également répartie sur les deux faces du coin, nous devons appliquer la force, autant que possible, au milieu de la face postérieure du coin. Mais si la résistance n'est pas également répartie, et qu'elle agisse plus sur une face que sur l'autre, la puissance devra etre portée vers le côté op- posé, dans la méme direction que la résistance. On nomme le centre de la résistance, le point dans lequel se rénnissent les efforts qui s'opposent au mouvement d'un corps selon une certaine direction; le point où doit se réunir la force qui doit vaincre la résistance, s'appelle le centre d'action; et la direction dans laquelle doit agir la puissance pour faire monvoir le corps dans une direction déterminée, s'appelle la direction de la puissance. §. 31. Soit?, m, fig. 6, la direction dans laquelle un corps 4 doit être mis en mouvement; soit a le centre de la résistance qui exerce une pression sur ce corps, et lui donne par conséquent une tendance vers le bas; 5 sera le point auquel la puissance devra étre appliquée, et a, ou V, 5, sera la direction dans laquelle la puissance devra agir. II est indifférent qu'une puissance placée en V tire le corps, ou qu'il soit poussé par une pression appliquée en 5. Il est également indifférent que la résistance exerce sa pression sur le point a, ou qu'elle exerce son action du point b, au moyen d'une corde qui serait fixée en a. §. 32. Lorsqu'une charrue ouvre un sillon d'une profondeur déterminée, si la résistance agissait également de tous les côtés du corps de la charrue, il faudrait, pour lui imprimer un mouvement horizontal, que le tirage se fit d'un point placé au-dessous de la surface de la terre, au niveau du centre de la résistance. Mais comme la résistance de la terre agit sur les parties 48 DESCRIPTION antérieures de la charrue de haut en bas, tandis que la partie postérieure du versoir reçoit au contraire une pression de bas en haut, en frottant sur la bande de terre retournée; il est évident que, si le tirage était horizontal, la pointe de la charrue tendrait toujours à s'enfoncer dans la terre. La charruc a par conséquent une tendance vers le bas, abstraction faite mème de celle qui lui est donnée par la légère inclinaison qu'on donne à la pointe du soc; mais cette tendance est nécessaire, puisqu'à raison de la hauteur des animaux de trait, nous ne pouvons point appliquer le tirage dans une direction horizontale. Nous devons régler cette obliquité de la ligne du tirage, de manière que le centre d'action et le centre de la résistance se trouvent toujours dans sa direction; ou, en d'autres termes, nous devons donner à la ligne de tirage une inclinaison telle qu'elle contre-balance exactement la tendance vers le bas, qui est naturelle au corps de la charrue. 4 §. 33. Ainsi, en supposant que, dans cette figure, le point a soit le centre de la résistance, et 6 le centre de l'action par laquelle le corps ou la charrue peut être mise en mouvement dans la direction 7, m, la ligne sur laquelle je dois agir, pour le faire avancer, doit étre dans la direction 5, ZV. Je puis fixer une corde en a ou en 5, et alors appliquer la puissance sur quelque point que ce soit de la ligne 7, 5b, et dans sa direction; jimprimerai alors au corps un mouvement de m en l. §. 34. Mais comme le corps sur lequel il faudrait fixer la puissance se trouve sous la terre, on ne peut le faire qu'au moyen d'une disposition particulière. Ici nous appelons à notre secours l'age, qui est assemblé solidement derrieère le corps de la charrue, et qui se dirige en avant assez loin pour que le point où est fixée la force de tirage se trouve dans la ligne V, 5. En effet, il est absolument indifférent que le tirage se fasse à ce point, ou sur le corps meme de la charrue. Il suit de là que si on abaisse le point de l'age sur lequel se fait le tirage, T'age devra être raccourci; et que si, au contraire, on éleve ce point, l'age devra étre allongé. ostérieure ottant sur dizon tal, terre. La tte méme la pointe hauteur dans une manieére urs dans de tirage e vers le ontre de la charrue laquelle „Je puis quelque erai alors se trouse rticuliere. derriere le point tet, U est le corps le tirage, .) dint, Lage D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. I! faut, au reste, que l'age soit assez élevé au-dessus de la terre, pour qu'il ne puisse rencontrer aucun obstacle dans son chemin; pour cette raison, on a coutume de le courber, de manieère que le point ouùu le coutre est assemblé soit le plus élevé, et qu'il s'abaisse ensuite jusqu'à son extré- mité antérieure. En effet, le seul point de l'age qui exerce une influence sur la direction du tirage, est le point ouù les traits sont fixés. Ainsi, lorsqu'on a déterminé, d'une part la hauteur à laquelle ce point doit étre placé au-dessus de terre, et de l'autre, la direction de la ligne de tirage nécessaire pour contre-balancer la tendance qu'a le corps de la charrue à s'enfoncer dans la terre, on trouve facilement la longueur qu'on doit donner à l'age. Pour la profondeur ordinaire des labours, il est suffisant de placer ce point, ou T'extrémité antérieure de l'age, à 16 pouces au-dessus du plan horizontal de la semelle. §. 35. On pourrait conclure de la, que, pour chaque charrue ayant une entrure donnée, la longueur de l'age pourrait êétre déterminée d'une manière inva- riable, ou, à l'inverse, que la longueur de l'age étant déterminée, la ten- dance de la charrue à s'enfoncer, ou la profondeur du labour, ne pourrait pas varier. Mais comme la tendance de la charrue à s'enfoncer varie non- seulement selon la construction de la charrue qui lui donne plus ou moins d'entrure, mais aussi selon la direction du coutre et de la pointe du soc, et aussi selon la nature de la terre, il s'ensuivrait qu'il faudrait avoir une charrue particulière pour labourer à chaque profondeur ou dans chaque nature de terrain, ou au moins qu'il faudrait chaque fois changer quelque chose à l'assemblage de l'age avec le corps de la charrue, ce qui est diffi- cile et sujet à plusieurs inconvéniens. §. 36. Nous avons deux moyens de produire facilement le méême effet: 10. En allongeant ou en accourcissant les traits des animaux, nous pouvons don- ner plus ou moins d'obliquité à la ligne de tirage. Soit V, I, la hauteur ordinaire du point ouù se fait le tirage des animaux; Rh, le point fixe de l'age ou les traits sont attachés. Si nous voulons contre-balancer trop de tendance à s'enfoncer dans la terre, il ne nous faut que reculer le point du 7 50 PESCRIPTION tirage jusqu'en D pour faire descendre la direction de la force en F, et donner ainsi à la charrue plus de tendance vers le haut. 2⁰. On peut, dans notre charrue, produire le même effet d'une manière encore plus facile, à Taide d'un mécanisme, au moyen duquel le point ouù le tirage est fixé peut à volonté être élevé ou abaissé, avancé ou reculé, de manieère à se préter à tous les changemens que la charrue peut éprouver dans sa tendance. Nous parlerons bientòt d'une manieère plus détaillée de ce mécanisme. §. 37. On voit par-là qu'on peut augmenter ou diminuer la longueur de l'age avec une certaine latitude; toutefois un age d'une longueur moyenne est le plus avantageux. Un age trop long devient trop Pesant si on veut le mettre à l'abri de la rupture; car il doit étre d'autant plus fort. Si on veut allonger un corps dans le rapport de deux à trois, son poids devra augmenter à-peu-préès dans le rapport de un à trois et demi, pour lui conserver la méême solidité. D'un autre côté, un age long présente de grands avantages sur un plus court; agissant comme un plus fort levier, il empéche qu'un obstacle acci- dentel qui se rencontre devant quelque partie du corps de la charrue puisse facilement la détourner de sa direction. Pour que la pointe du soc fasse un écart meme tres-petit, il faut que la pointe de l'age en fasse un d'autant plus grand qu'elle est plus éloignée du centre du mouvement; par con- séquent la force du tirage s'oppose d'autant plus puissamment à cet écart que P'age est plus long. Ainsi il est vrai de dire que la charrue qui porte un age long, n'est pas si facilement détournée de sa direction que celle qui en porte un court. Sans prétendre déterminer avec précision la longueur qu'on doit donner à l'age, je dirai que, dans une charrue destinée au méême but que la nôtre, on ne doit pas faire l'age beaucoup plus long, ni beaucoup plus court que celui qui est représenté figure 7 et suivantes. On trouvera facilement au moyen de l'échelle cette longueur, ainsi que la forme de l'age et la gros- seur qu'il convient de lui donner. e en f, et Peut, dans s facile,a fixé peut e préter à nce. Nous de Tage me est le rabri de un corps pres dans dité. r un plus acle acci- te puisse fasse un dautant ar con- bet écart ui porte celle qui Ct donner R notre, ourt que ment au la gros- D*NSTRUMENS D'AGRICULTURE. §. 38. Dans la figure 12., ou la charpente de la charrue est représentée vue par-dessus, on voit par la ligne ponctuée æ, parallèle à la face droite de l'age, que la diminution d'épaisseur qu'on doit donner à l'age, en avant et en arrière de la place où le coutre est emmanché, n'est pas prise sur ses deux faces, mais sur une seule. Une ligne o, a qui serait tirée du milieu de la pointe de l'age parallélement à sa face droite, ne passerait pas au- dessus de la pointe du soc, ni de l'angle aigu du corps de la charrue; et comme c'est cette ligne qui détermine la direction du tirage, si toutefois le palonnier est attaché au milieu de l'age, il s'ensuit que cette direction s'in- cline un peu à droite, ou que la direction de la face plate ou face de terre du corps de la charrue s'incline un peu à gauche de cette ligne. Ainsi, lors- que la charrue est tirée sur un plan uni, la direction du corps de la char- rue fait un petit angle avec la direction du tirage, en s'en écartant un peu à gauche. Dans plusieurs autres charrues avec ou sans avant-train, cet écart est beaucoup plus considérable que dans la nôtre; on l'a jugé néces- saire ainsi, pour donner à la charrue plus de tenue dans la terre, et parce que, sans cela, elle aurait été disposée à sortir souvent du còôté du sillon. Munchhausen, dans sa Théorie de la charrue, fait remarquer que la pointe de Tage doit s'incliner vers la droite, tandis que le coutre et la face de terre de la charrue ne doivent pas suivre la direction de l'age, mais incliner sur la gauche. Il est certain que la pointe de la charrue, en pénétrant dans la terre, éprouve une plus forte pression du côté gauche ou du côté du sillon. La bande de terre retournée exerce aussi sur la partie postérieure du versoir une pression horizontale qui tend à rejeter sur la droite la pointe du soc; il est par conséquent nécessaire de donner à cette pointe une légère ten- dance vers la gauche. Mais cette tendance ne doit pas être aussi forte que je l'ai vue dans plu- sieurs charrues. Dans la charrue mèême de Manchhausen, cet écart serait trop fort, s'il n'était beaucoup diminué par l'inclinaison sur la droite que prend nécessairement l'age de cette charrue dont la partie antérieure est supportée par deux roues d'égale hauteur. Lorsque cet écart est trop con- sidérable, la pointe du soc, se trouvant placée à gauche du côté de terre de la charrue, fouille par-dessous la terre de l'ancien guéret; cette face du sillon perd sa solidité, et ne présente plus au corps de la charrue un appui 7* “ 52 DESCRTPTION. — 9——— — ſixe de ce côté, ce qui nuit à la fermeté de sa marche. Lorsqu'au contraire la charrue trouve de ce côté, et principalement en arrière vers le talon, un appui ferme, ni l'augmentation de la résistance vers sa pointe, ni une résistance accidentelle, ne peuvent facilement lui donner une fausse direction. Notre charrue peut cependant se passer entiérement de l'écart dont je viens de parler, et conserver une assez ferme tenue dans la terre, au moyen du régulateur dont je vais donner la description; ainsi je ne regarde pas cette inclinaison de la face plate de la charrue vers le côté gauche comme absolument nécessaire; mais lorsqu'elle n'est pas trop forte, elle est avan- tageuse. 1 §. 39. pour calculer et déterminer à priori la position du centre de résistance dans une charrue, il faudrait pouvoir évaluer exactement la résistance qui s'exerce sur chacun de ses points, ce qu'on doit regarder comme a-peu- près impossible. Quand méême on serait parvenu à le déterminer mathéma- tiquement pour une circonstance donnée, cela serait de peu d'utilité, puisque le moindre changement dans l'action de la résistance sur un seul de ces points, change également la position du centre de résistance. Au reste, l'expérience et les tatonnemens nous ont appris ici tout ce qu'il est nécessaire de savoir dans la pratique: dans notre charrue, le centre de la résistance se trouve placé ordinairement au point de la partie montante du soc qui se trouve à moitié de la profondeur du sillon. Ainsi, lorsqu'on laboure à 6 pouces de profondeur, le centre de résistance se trouve placé au point de la surface supérieure du soc qui est élevé de 3 pouces au- dessus de la semelle. Le centre d'action se trouverait placé à-peu-prées à la partie postérieure du pied de la jambe sur lequel le soc est assemblé. On peut déterminer, d'après ces données, la direction de la ligne de tirage, ainsi que le point de l'age où doivent étre attachés les traits, en supposant données la hauteur du point de tirage des animaux, ainsi que la longueur des traits. 1.. 8. 40. Comme le centre de la résistance est sujet à varier fréquemment, selon la nature de la terre et la profondeur du labour, et qu'il serait trop embarras- ontrairea alon, un ; ni Une e fausse dont je moyen ade bas comme tavan- stance ce qui a-beu- athéma- Ütilité, un seul re. Au ril est e de la ntante squ on ee Pac ces au- prés àka ablé. On tirage, Sposant deur des „Selon la mDarras- D'INSTRUMENS D'AGRTCULTURE. 53 sant d'allonger ou de raccourcir chaque fois les traits dans une proportion convenable, on a ajouté à l'age un mécanisme au moyen duquel le point auquel s'applique la force de tirage peut être à volonté reculé ou avancé, élevé ou abaissé. Ce mécanisme consiste en un étrier muni d'une chaine qu'on voit en T', figure 11, qui représente une vue perspective de cette charrue; cet étrier est aussi représenté plus exactement dans toutes ses parties, fig. 22— 25. La bande inférieure plate de cet étrier, auquel est fixée la volée, peut ètre, au moyen de la chaine qui y est fixée, accrochée à la longueur qu'on le désire, à un crampon fixé sur l'age, à 7 pouces environ en avant du coutre. L'étrier décrit un cercle autour du boulon par lequel ses deux branches sont fixées à l'age; ainsi, en allongeant ou en accourcissant la chaine, la partie inférieure de l'étrier peut éêtre portée en avant ou en arrière, plus haut ou plus bas. En plaçant le boulon dans l'un ou l'autre des trois trous qui se trouvent sur les branches de l'étrier, on peut aussi le placer ou plus haut ou plus bas; de sorte qu'on peut toujours lui donner la position convenable. Avec quelque habitude et sans aucune connaissance théorique, chacun sera en état de lui donner la disposition qu'exigent la nature de la terre et la profondeur du labour. Les anciennes charrues de cette espèce qui nous sont venues d'Angleterre, portaient un mécanisme différent de celui-ci, et que je décrirai plus bas lorsque je parlerai de la charrue légère. Mais ce mécanisme n'est pas, à beau- coup près, aussi commode que celui-ci, et n'est pas assez solide lorsqu'on emploie une force considérable. Le régulateur perfectionné que je viens de décrire garantit l'age de toute rupture, méême avec le plus grand emploi de force, puisque le point où la puissance agit principalement se trouve placé fort loin en arrière, et à l'endroit où l'age a le plus de force, sans que pour cela la pointe de l'age cesse de maintenir parfaitement la charrue dans sa direction. Je conseille aux personnes qui ont recu d'Angleterre des charrues munies de l'ancien régulateur, de le faire remplacer par celui-ci. Cepen- dant, pour ces charrues, l'étrier n'a pas besoin d'étre aussi grand que ce- lui qui est dessiné ici, parce que la pointe de l'age s'y trouve placée plus bas. §. 41. Lorsqu'en labourant dans une terre extrémement difficile, on a à prendre une profondeur de plus de 8 pouces, on est forcé d'employer trois ou „ 3 7 quatre chevaux; je conseille alors de les atteler de front, au moyen d'une 54 DESCRIPTION volée disposée pour cela. Si on les attelle l'un devant l'autre, et qu'ils soient à-peu-prèés de méme taille, le tirage des chevaux de derrière se fait sur une ligne plus oblique que celui des chevaux de devant; et par conséquent ceux de derrière tendent à faire sortir la charrue de terre, tandis que ceux de devant tendent à l'y faire entrer. II est vrai qu'on peut appliquer ici le principe que la direction du tirage sera réglée par un terme moyen entre ces deux angles; mais ce ne sera que dans la supposition que les deux forces agiront galement dans chaque moment. Cela arrive assez rarement dans le travail: tantét ce sont les chevaux de derrière, tantôt ce sont ceux de devant qui donnent un plus fort coup de collier, et aussitôt la charrue se soulève ou s'enfonce, ce qui forme un sillon inégal. Les forces se dé- truisent ainsi réciproquement tour-à-tour, et j'ai l'expérience que trois chevaux ne font, de cette manière, guère plus d'ouvrage que deux, et font un mauvais labour. La barre plate horizontale du régulateur est percée de sept trous, au moyen desquels on peut accrocher la volée plus à droite ou plus à gauche: dans le premier cas, la charrue prend une plus grande largeur de sillon; elle en prend moins dans le second. §. 42. LES MANCHES. Si la charrue éprouvait toujours une résistance égale, on pourrait faci- lement la porter au degré de perfection nécessaire pour exécuter un labour régulier sans Paide de la main du conducteur; et c'est réellement ce qu'on observe avec une charrue bien construite, dans un sol homogene, sans pierres et sans racines. Mais comme il arrive rarement que la charrue par- coure un espace un peu considérable sans rencontrer quelque obstacle acci- dentel, ou sans qu'il survienne quelque changement dans la pression qui s'exerce sur quelqu'une de ses parties, elle peut d'autant plus facilement etre détournée de sa direction, qu'elle est construite d'une manieère plus parfaite. Il est donc nécessaire que le conducteur puisse corriger prompte- ment la mauvaise direction qu'elle pourrait prendre; ainsi, dans la cons- truction d'une bonne charrue, il est également important que le conduc- teur puisse s'apercevoir, sur-le-champ, de tout changement qui survient dans sa direction, et qu'il ait à la main un moyen de corriger cet écart le plus facilement possible. ils soient fait zur 86quent ue ceux er ici le n entre s deux nrement nt ceux harrue se dé- e trois et font dus, au ganche: e Son; it aci- labour 2 quon ne, Sans erue par- acle acci- sion qui cilement ere plus vrompte- la cons- conduc- Survient t écart le D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 35 C'est à cela que servent les manches; dans notre charrue, leur action se porte le plus près possible du centre de la résistance, et ils se prolongent en arrière autant qu'il est nécessaire pour former un puissant levier, au moyen duquel on peut donner à la pointe de la charrue la direction conve- nable, avec un tres-léger effort. On voit par les figures, qu'ils diffèrent beaucoup de la construction ordinaire, dans laquelle ils sont assemblés au talon du sep. Haction qui s'exerce sur eux acquiert ainsi beaucoup d'éner- gie, parce qu'ils forment un plus long levier: il faut par conséquent la mo- dérer; c'est pourquoi cette charrue exige plus d'usage et plus de légèreté dans la main que les charrues ordinaires. §. 43. DE LINTRODUCTION DE LàA CHARRUE DE SMALL DANS UNE EXPLOITATION AGRICOLE. Quiconque cultive un sol de 6 pouces de profondeur au moins, passable- ment nettoyé par la culture antérieure, mais du reste fort et consistant, peut se promettre les plus grands avantages de l'adoption de cette charrue. On peut se procurer les pièces de fer fondu qui entrent dans sa construc- tion, soit aux fonderies du Harz, soit dans celle du comté d' Einsiedel en Saxe, et probablement on les trouvera bientôt dans beaucoup d'autres loca- lités; car il a été expédié des charrues de cette espèce dans presque toutes les parties de l'Allemagne, tant de Flotbeck que de Hanovre. Un ouvrier intelligent pourrait aussi, d'après les dessins exacts que j'en donne, exé- cuter les modéles pour les faire couler. Je crois qu'on ne sera pas embar- rassé sur Yassemblage et la forme des parties en bois, si on consulte avec attention les figures, avec l'aide du compas et des échelles, et si en méme temps on étudie, dans ce traité, les principes d'apreès lesquels chaque Partie doit étre construite. Toutefois le modèéle, qui a été exécuté à Hanovre par M. Engelke, contribuera à prévenir toute erreur et tout malentendu. §. 44. On doit s'attendre à éprouver quelques difficultés lorsqu'on voudra ha- bituer les garçons de charrue à Pusage de celle-ci. Le chef de l'exploitation ne doit la confier qu'au plus adroit et au plus intelligent d'entre eux; au commencement, il doit souvent accompagner lui-méême la charrue dans le — 56 DESCRTPTION travail. Le premier champ sera certainement très-mal labouré. Mais bien- tôt on trouvera le moyen de la diriger; si on sait bien s'y prendre, le gar- con qu'on en aura chargé vantera bientèt lui-méême les avantages de la charrue, et n'oubliera pas de parler de Padresse qu'il faut pour la conduire; cela excitera l'émulation des autres qui voudront aussi l'essayer. Le pre- mier se moquera d'eux lorsqu'il verra la charrue sortir de terre à chaque pas, et ne manquera pas de leur reprocher leur maladresse; bientôt l'amour- propre s'en mélera, et chacun voudra dire qu'il est aussi en état de la conduire. On ne doit alors la confier à un ouvrier que comme une espèce de faveur, et faire remarquer à tous la supériorité des récoltes sur les terres qui ont été labourées avec cette charrue; supériorité qu'on est tou- jours sůr de rencontrer à circonstances d'ailleurs égales. J'ai vu, par ces moyens, introduire très-pPromptement cette charrue dans plusieurs exploi- tations; mais j'ai vu aussi que lorsqu'on a voulu trop se presser, et en forcer l'adoption par des menaces, des promesses ou des présens, le ré- sultat n'a pas été aussi favorable, et on a fini par étre forcé d'abandonner Pinstrument, §. 43. CONDUITE DE LA CHARRUE. Celui qui veut conduire cette charrue, doit, avant tout, chercher à se dés- habituer de la forte pression qu'il faut exercer sur les manches des charrues ordinaires, et de la position inclinée du corps qui est nécessaire pour pro- duire ceite pression. Le laboureur doit appliquer les mains à cette charrue comme s'il voulait plutòt la soulever que TPabaisser; c'est-à-dire qu'il doit placer le plat de la main en-dessous des manches, et le pouce en-dessus. Pour cela, il faut s'habituer à marcher le corps droit et non pas courbé en avant. Ceux qui sont habitués à conduire la houe à cheval, y réussiront bien plus facilement que les laboureurs dont les bras se sont enroidis à conduire la charrue ordinaire. Lorsqu'on veut commencer un sillon, on doit soulever les manches pour faire pénétrer la charrue; mais aussitòt qu'elle est en terre, on doit appuyer légèrement, jusqu'à ce qu'elle soit dans une position horizontale. Dans un sol uni la main gauche reste en repos, mais avec la droite on doit donner de temps en temps une légère pression vers le bas, et de côté, principalement lorsque la terre qu'on retourne est tenace. Aussitét qu'on s'aperçoit que la pointe de la charrue tend à se sou- lever et à sortir de terre, on soulève légèrement les manches; et lorsqu'au lais bien- e, le gal. bes de la onduire, Le Ppre- 1 chaque Tamour- at de la e espèce sur les est tou- par ces exploi- r, et eh §, le ré- wdned Ase dés- charrues dour pro- charrue qud doit n-dessus. courbé en réussiront enroidis à illon, on s aussitot soit dans en repos, te pression lourne est d à se Sou- tlorsqur an P'INSTRUMENS D'ACRICULTURE. 57 contraire elle veut trop s'enfoncer, on exerce une pression modérée par derrière. Pour le maintenir dans une direction parallele au sillon, on doit jeter les yeux, non pas sur le coutre, mais sur la pointe de l'age, et observer jt⸗ 2 1 1 2. la position de celle-ci sur le sillon. En effet, c'est par la pointe de l'age que tout écart se fait principalement remarquer, et lorsque le corps de la charrue commence à s'écarter de sa direction, l'age fait déjà un écart beau- coup plus considérable. S'il s'écarte vers la gauche, on doit porter le talon du sep sur la gauche contre l'ancien guéret, de manieère à reporter la pointe vers la droite; si, au contraire, la pointe se rapproche un peu trop du sillon précédent, on doit faire faire aux manches un mouvement sur la droite. Mais on doit modérer beaucoup ces mouvemens, et ne pas y procéder avec trop de force; car les manches agissent ici comme un puissant levier sur le corps de la charrue. On ne doit exercer ces mouvemens que de temps en temps, et dans un sol inégal, ou lorsqu'une résistance accidentelle le rend nécessaire. Si on est forcé de faire continuellement le méême mouvement, c'est un signe et une preuve que le régulateur de la charrue n'est pas bien établi. §. 46. ATTELACE DE LA CHARRUE. On peut atteler à cette charrue des bœufs aussi bien que des chevaux, pourvu cependant qu'on ne soit pas forcé d'atteler plus de trois bœufs. Ils ne doivent pas étre attelés au joug, et avec une perche roide, mais avec des traits. Les colliers sont ici, comme par-tout, le meilleur moyen d'attelage. Il est probable que des bœufs attelés au joug donneraient trop souvent à la charrue des secousses de côté, §. 47. PRIX DE CETTE CHARRCEB. Quoique cette charrue se soit vendue jusqu'ici 3o thaler et plus, cepen- dant c'est la moins chere de toutes celles que je connaisse. Elle dure au moins trois fois autant qu'une autre charrue, et excepté le rechaussement du soc, elle n'exige absolument aucune réparation. Pen emploie une à tous mes travaux, depuis cinq ans, dans une terre forte, qui use beaucoup les charrues, et elle est encore aussi bonne que lorsqu'elle était neuve. 8 öůöʒÿqqä·= — — 38 DESCRIPTION Lorsqu'on aura payé la nouveauté, ainsi que les dépenses des premiers essais de construction de cette charrue, elle ne doit pas coùter plus de 18 tha- ler. La fonte de fer qui entre dans sa construction pèse à-peu-près 76 livres, et coüte aux forges 5 thaler, les autres parties en fer forgé valent à-peu- prées 8 thaler, et les parties en bois ne doivent pas coùter plus de 3 ou 4 tha- ler; bien entendu en supposant qu'un ouvrier ait à construire beaucoup de ces charrues, et ait acquis l'habitude de leur exécution. Aussi long-temps qu'on sera forcé de faire faire soi-méme toutes les piéces de cette charrue, et de les faire assembler, elle coutera le triple de sa valeur réelle. D'ailleurs lorsqu'un habile modeleur comme M. Engelke a donné ses soins à un ins- trument de cette espèce, il est bien juste qu'il fasse payer son temps. §. 18. CIRCONSTANCES DANS LESOUELLES CETTE CHARRUE NE CONVIENT PAs. L'usage de cette charrue est recommandable sous tous les rapports, dans les terres fortes ou de consistance moyenne, lorsqu'on peut et veut y la- bourer au moins à 5 pouces de profondeur. Pour un labour moins profond, comme de 3 pouces, on peut aussi'exécuter avec un peu d'habitude; mais alors l'avantage n'est pas assez grand pour compenser la peine qu'entraine nécessairement un changement dans la forme de la charrue. Le poids con- sidérable de la charrue de Small, qui est de peu d'importance lorsqu'elle doit vaincre une forte résistance, devient un inconvénient lorsque la résis- tance de la terre est faible. Lorsqu'on a de puissans motifs pour ne pas don- ner un labour profond, il serait plus à craindre, avec cette charrue qu'avec une autre, d'approfondir le sillon plus qu'on ne le veut. En effet, il est plus facile au laboureur de tracer des sillons profonds avec cette charrue, que d'effleurer seulement le sol, sur-tout lorsqu'il n'est pas très-exercé; et le tirage n'exige pas beaucoup de forces de plus. Dans les sables sans consis- tance, il y aurait peu d'avantage à l'introduire, parce qu'on ne pourrait guère y labourer avec moins de deux chevaux, et que dans un sol de cette nature, ceux ci ne sont guère plus fatigués avec une charrue même d'une assez mauvaise construction. Si on veut introduire là une charrue perfec- tionnée, je conseillerais la charrue légère, que je décrirai après celle-ci, et avec laquelle on peut labourer dans les sables, à une profondeur suffisante, avec un seul cheval. premiers e 18 tha. 6 livres A-peu- 14 tha- ucoup temps arrue, llleurs in ins- 1 PAS 4 8, Aans it y la- ofond, mals traine con- w'elle résis- don- avec 5t plus e, que jet le onsis- urrait cette Tune eerlec- ci, et sante, D'INSTRUMENS D'AGRTCULTURE. 59 Cette charrue ne convient pas non plus pour écroùter un gazon. Une charrue à avant-train, bien construite, me semble, en général, plus conve- nable pour cela, parce qu'elle conserve mieux l'égalité de l'épaisseur de la tranche dans un labour très-superficiel; elle est excellente, au contraire, pour rompre un chaume de trèfle(1). §. 49. On a éprouvé de très-grandes difficultés pour dessiner chacune des par- ties de cette charrue. II fallait les représenter de manière qu'on půt en prendre toutes les dimensions d'après l'échelle. Celui qui, après avoir lu ce Traité, examinera les dessins en les comparant entre eux, sera, je l'espère, en état de déterminer avec exactitude la forme et les rapports de chaque partie. Si on veut faire couler les principales parties en fonte, il sera néces- saire d'exécuter les modeles en bois avec la plus grande exactitude. Je crois qu'il est possible de le faire d'après les dessins que jai donnés; cependant, lorsqu'on en sera à portée, je conseillerais plutòt de faire venir les pièces toutes faites. Lorsqu'on les aura, les parties en bois et en fer forgé ne pré- senteront pas de difficulté dans l'exécution. Les dessins que j'ai donnés des pièces qui doivent 6tre exécutées en fonte, serviront au moins à s'assu- rer de l'exactitude de celles dont on ferait l'acquisition. Comme j'ai développé dans ce Traité mes idées sur la théorie et le mé- canisme de la charrue en général, je pourrai abréger la description de celles qui vont suivre. (¹) Lorsque M. Thaer écrivait ceci, il n'y avait pas encore long-temps qu'il faisait usage de charrues sans avant-train, ses laboureurs n'étaient, sans doute, pas encore bien fami- liarisés avec ces instrumens. Depuis, lorsqu'il a écrit les Principes aiςονꝶ⁵s d'Agriculture, ait reconnu que leur usage peut être beaucoup plus étendu qu'il ne lindique ici. Je il av e la traduction française- renvoie le lecteur à ce dernier ouvrage, tome 2e., page 29 d (Note du traductéur.) 60 DESCRIPTION Eaæplication des Figures relatibes d la charrue de Small. (FrG. Ire. à 4q5e.) Les figures 1°. à Ge. ne se rapportent qu'à la théorie de la charrue, et ont dté suffisammeni expliquées dans le texte. Fro. 7 représente la charrue de Small en plan, vue par-dessous. s, Le versoir. „/r, Son bord inférieur, qui glisse au fond du sillon, et qui forme une ligne droite. s, Sa courbure postérieure. w, Le pied de la jambe. On a désigné, par des lignes ponctuées, le soc qui est assemblé sur cette partie. , Le dessous de la pointe du coutre. On comprendra mieux cette figure lorsqu'on aura parcouru les suivantes. Fro. 8. La charrue vue du còté gauche, en profil. A, Le coutre dans sa largeur.(§. 13, 14 et 15.) a, La poignée du coutre par laquelle il est fixé dans l'age au moyen de deux goins. G, La tige de fer mobile sur un boulon qut traverse le coutre, et qui traverse elle-méême une oreille fixée sur l'age. l, Cette oreille. i, L'écrou àa ailettes qui se visse sur la partie taraudée de la tige, et au moyen duquel on peut élever ou abaisser cette tige, ce qui fait que le coutre se projette plus ou moins en avant. FE, La jambe, à l'endroit où elle est assemblée dans l'age au moyen d'un boulon. 7, Ce boulon. On verra plus clairement la disposition de cette jambe dans la fig. 13, odù elle est désignée par des lignes ponctuées, sous la lettre F. Les fig. 41, 42, 43, 44 et 45 donnent les détails de cette jambe⸗ B, Le soc(fig. 15, 16 et 17). Il est fixé à frottement seulement sur le pied de la jambe; il vient s'unir exactement aveo les trois pièces de fer, 6, 5, 2. — D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 61 Small h, La pointe du soc qui se trouve à à de ligne plus bas que le reste de la se- melle de la charrue.(§. 18.) C, Pièce de fer qui ne forme qu'un morceau avec la semelle proprement dite.(Fig. 19, 20 et 21.) ue, et ont D,, La pièce du milieu.(Fig. 37.) E, La plaque supérieure qui, à sa partie antérieure en e, vient embrasser le versoir. Quoique, dans la figure, cette pièce ne monte pas jusqu'à l'age, elle doit cependant venir s'y réunir; on l'a figurée ainsi, pour qu'on voie mieur l'assemblage de la jambe avec l'age. K, Crochet ouù s'accroche la chaine du régulateur.(Fig. 11, K.) 6 ne ligne M, L'age. N, Le trou au travers duquel passe le boulon du régulateur. O, Le manche gauche dans lequel l'age est assemblé en m. soc qui p. L'extrémité du boulon qui réunit les deux manches. FrG. 9. Les lettres indicatives sont, autant que possible, les mêmes que Tantes. dans la figure précédente. En on voit la partie de la pièce E de la figure précédente, qui vient em- brasser la partie antérieure du versoir, et par le moyen de laquelle le corps de la charrue forme en cet endroit un tranchant aigu. le deux B, Le soc assemblé sur le pied de la jambe, et dont la douille vient se réunir exactement au versoir. arerse hu, Le tranchant de l'aile du soc. La pointe seule du soo, et non le tranchant entier, doit s'abaisser au-dessous du niveau de la semelle entière; il n'a pas été possible d'exprimer clairement et au cette circonstance dans la ſigure ‚Pparce que, pour faire distinguer le tranchant, coutre 1 on a Cté forcé de supposer l'œil du spectateur un peu au-dessus du plan de la semelle. 4. n dim S, Le versoir.(Fig. 27, 28, 29, 30, 31, 32 et 33.) t, Téôte d'un boulon au moyen duquel le versoir est fixé sur le manche. s, Son bord postérieur. 3, ou 4—— FrG. I1. La charrue de Small, dessinée en perspective. T'*', Le régulateur. zur, Sa chaine. h ſer, K, Le crochet de l'age.— J, Le crochet du régulateur, auquel on fixe la volde. 62 DESCRIPTION mes parties que dans les figures pre- Les autres lettres indiquent les m cédentes. FrG. 12. Cette figure et les deux suivantes représentent l'assemblage en hois de la charrue. Celle-ci est vue par-dessus. e* Ligne ponctuée. parallèle au côte droit de l'age, d'après laquelle on voit la diminution d'épaisseur de l'age en avant et en arrière, diminution qui rise seulement sur le côté gauche.(§. 38.) Ligne ponctuêe. parallèle à la précédente que cette ligne ne passe pas au milieu de l'age passe à droite des deux mortaises du coutre et est P u, antérieure de l'age. On voit Jans toute sa longueur, mais de la jambe. O 1, Le manche gauche. Ce manche, dans sa partie inférieure, est bien dans la même direction que le côté gauche du corps de la charrue; mais, dans „il s'incline un peu à gauche. Cette disposition a pour but directement en face de la pointe de'age, afin ‚et tirée de Pextrémité sa partie supérieure de placer le conducteur plus qu'il juge mieux de ses variations. 0 2, Le manche droit. p, Boulon de fer qui unit les deux manches. a., La mortaise du coutre. F, La mortaise de la jambe. F, Piòèce de bois sur laquelle le versoir est fixé, et qui remplit la place he. Cette pièce est assemblée solidement sur le entre ce dernier et le manc manche, et elle a exactement la courbure du versoir qui doit s'y appliquer. t, Le boulon à vis qui fixe le versoir. z, Forte cheville qui unit le manche droit au manche gauche. FrG. 13. Les parties de bois de la charrue vues du côté gauche. Les lignes ponctuées indiquent suffisamment les mesures qu'on doit prendre lorsqu'on procède à Passemblage de la charrue. C, Est un morceau de bois en forme de coin qui remplit la place entre la ligne o O, ou la semelle de la charrue, et le manche gauche. La semelle de fer s'applique sur cette ligne o G. Les autres lettres indicatives indiquent les mêmes objets que dans les figures précédentes. Fro. 144. Vue qu côté droit. D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 63 gures pre. O 22, Le manche droit. S, Surface courbe du morceau de bois indiqué sous la méême lettre, fig. 12. blage en FrG. 26. Les parties en bois de la charrue en plan par-dessous. luelle on Comme la charrue a déjaà été représentée sous cet aspect, fig. 7, cette ntion qui nouvelle figure n'est destinée qu'à faire voir par-dessous la pièce de boise, désignée fig. 13, o C, sur laquelle doit se fixer la semelle de fer. On y voit xtremitg aussi comment la pièce de bois&, qui doit recevoir le versoir, est appliquée de hage au manche droit. outre et FrG. 15, 16, 17 et 18 présentent le soc sous différens aspects. est bien FrG. 15, en plan par-dessous. us, dans bc, Le tranchant. pour hut e f, La partie repliée qui embrasse le pied de la jambe du côté gauche. ge, aun a., L'oreille repliée du côté droit. 7 Ce sont ces deux parties qui forment la douille par laquelle il est fixé sur le pied de la jambe. d, Le bord par lequel il se réunit au versoir. FrG. 16. Le profil du cêté gauche du soc. /ſ, La partie repliée, désignée par les mêmes lettres dans la ſigure préè- la place cédente. t sur le bæ, La ligne courbe supérieure du soc, depuis sa pointe jusqu'au point quer. ou il se réunit au versoir, en suivant la face gauche. FrG. 17. bc, La longueur du tranchant. a, L'oreille repliée vue dans toute sa hauteur. FrG. 18. Le soc vu par derrière, ou par la partie qui s'assemble sur le pied tprendre de la jambe. e et a, Les deux parties repliées qui forment la douille.(c et a, fig. 15.) entre la c, Le tranchant.(c, fig. 15.) melle de d, Le bord postérieur qui s'unit au versoir. es ſigures Frc. 19, 20 et 21. Le fer de semelle vu de trois côtés, FrG. 19. Vu par son intéerieur, 64 de, La surface xᷣ—⁹, Le pan-cou DESCRIPTION inférieure de la semelle. pe par lequel l'angle se trouvée renforoé, comme on le voit lus clairement, fig. 21, sous les mêmes lettres. a b, Sa longueur totale. ad, Ligne oblique qui ac, Ligne oblique de la face de terre, en ac, fig. 20. forme la partie antérieure de la semelle. comme on le voit plus clairement Fro. 20. Le fer de semelle vu du côté gauche par-dehors, dans la position odù il est représenié en C, fig. 8. FrG. 2t. Le fer de semelle vu par derrière. 5 u, La face de terre. be, La face i nférieure, ou la semelle proprement dite. FrG. 22. Le régulateur vu par devant, avec une partie de la chaine qui est fixée dans les d, Le boulon branches aa du deux trous extrèmes de la bande c.(§. 40.) qui traverse P'extrérnité antérieure de l'age, et les deux régulateur qui est mobile autour de ce boulon. , La clavéette du boulon, Frd. 23. Profil du régulateur. a, La branche montante avec ses trous-.(§. 36— 40.) FrG. 24. La bande horizontale c, fig. 22, vue dans sa largeur. La chaine es se place dans l'un de t fixée dans les deux trous des extrémités. Le crochet, fig. 25, s cinqꝗ autres trous, selon qu'on veut prendre plus ou moins de largeur de sillon. FrG. 2 Le crochet pr sur un des trous 5. Le crochet auquel se suspend la volée des chevaux. oprement dit est mobile dans la chape p. Celle-ci se fixe de la bande horizontale c du régulateur, au moyen du bou- lon o retenu par une clavette. FrG. 27-33. Le versoir vu Le versoir est, de toutes les p exécution. Les figures le présentent puisse exécuter en plan et sous ses divers profils et sections. arties de la charrue, la plus difficile dans son je crois, avec assez de détails, pour qu'on le modèle, en y apportant un peu d'attention. on le voit e. lairement a position aaine qui les deur fig. 25, ou moins -i se fixe n du bou- gections. Ile dans son ) pour qu on D*NSTRUMENS D'AGRTCUTLTURE. Fro. 27. Le versoir en plan vu par-dessus. ad, Son bord supérieur. a b, La courbure de son bord postérieur. 5c, Son bord inférieur qui glisse au fond du sillon. cx, Bord antérieur qui vient se joindre au soc. Le quadrilatère irrégulier abed, est ici supposé plan; les lignes pone- tuées a b, ac, db, dc, ainsi que les profils«d et bc, se rapportent aux lignes ponctuées qui portent les mêmes lettres dans les ſigures 28-33; les distances qui se trouvent entre ces lignes, et les profils ou sections qui sont indiquês dans chacune de ces figures, en les mesurant sur l'échelle, indiquent la distance qui doit se trouver entre chacun des points des profils et sections du versoir, et le plan abod. On voit que le versoir, dans sa courbure, ne toucherait ce plan qu'en un seul point, qui est le point a. Il sera facile de construire sur chacune des figures 28-33, un calibre(1) qui devra s'appliquer exactement sur chacune des lignes correspondantes du Véersolr. Je supposerai, par exemple, qu'on veut faire le calibre de la figure 28 qui correspond à la ligne«c, fig. 27. On prendra une planche bien unie, d'une longueur suffisante, sur laquelle on tirera un ligne ac dont on déêéterminera la longueur en pieds et pouces du Rhin, d'après l'échelle; on divisera cette ligne en partie de deux pouces chacune; et sur chaque division, on élevera une perpendiculaire, comme on le voit dans la figure 28. On déterminera, d'aprés l'échelle, la hauteur de chaque perpendiculaire, et on pourra ainsi tracer sur la planche la ligne courbe ao on coupera la. planche selon cette couche, et on aura le calibre qui doit s'appliquer sur le versoir de a en c. On fera de même pour les autres calibres. Lorsqu'on aura tous ces calibres, on arrivera, par quelques tatonnemens, à donner au modèle une courbure parfaitement semblable à celle qui est re- présentée ici(2). (1) J'emploie ici le mot calibre, quoiqu'il ait quelquefois dans les arts une signification beaucoup plus étendue, pour désigner une espèce de patron, qui s'applique en rofil sur P P— P 8 P P ⸗ d PPliq P— une surface pour en déterminer la courbure ou les angles.(Note du traducteur.) (2) L'auteur indique ici un procéèdé d'après lequel on peut se faire une idée des diverses courbures du versoir; ce procédé consiste à courber des fils de laiton un peu forts, selon les courbes des divers profils et sections, à les réunir ensuite sous la forme d'une espéce 9 66 DESCRIPTION Indépendamment de la courbure du versoir à chaque point des sections et profils, les ſigures indiquent aussi l'épaisseur que le versoir en fonte doit avoir à chacun de ces points. Fro. 41-45. La jambe vue sous diverses faces. Pour se faire une idée claire de la forme de la jambe, qu'on suppose qu'elle est assemblée comme elle doit l'étre dans l'age; qu'on se place ensuite, pour Pexaminer, en avant de la charrue, et un peu de côté; on la verra comme elle est représentée dans la fig. 43. On ne verra cependant pas la partie ab, qui est le tenon assemblé dans la mortaise de l'age. La partie ombrée qui commence en pointe en, et qui s'clargit en descendant, est une échanerure sur laquelle vient s'appliquer la partie antérieure courbe du versoir. L'angle c, ſig. 27, du versoir, doit venir s'appliquer sur la partie d de la jambe; e est la pointe antérieure du pied, sur laquelle s'assemble le soc. La figure 44 présente la jambe vue par derriére. L'extrémité inférieure du manche vient aboutir au sommet de l'angle droit, qui serait formé par une ligne descendant verticalement du point b, et la ligne horizontale d. FrG. 41. Représente la jambe vue du côté de terre. ba, Le tenon. c, Cavité dans laquelle vient se loger la pointe du fer de semelle. FrG. 42. La même, vue du côté du sillon. La partie ombrée qui descend en jæe, est la méêmie echancrure qui a été décrite vue par devant; fig. 4 c est le talon. Fro. 45. Représente la surface inférieure du pied de la jambe. Les mèmes lettres désignent les mêmes parties que dans les figures précédentes. Fro. 34. Représente une des pièces de la muraille du côté de terre. d'échafaudage, en les fixant respectivement sur les lignes correspondantes, au-dessus d'une surface plane, 5, c, d, de grandeur naturelle. J'ai omis les détails de ce procédé, parce que, lorsqu'on aura exécuté cet échafaudage, ce qui sera plus difficile que la construction des calibres, on sera bien peu avancé pour la construction du versoir ou de son modele. Pai remplacé ces détails par ceux que je donne ici du procédé qui, d'après mon expé- rience, est celui qui présente le plus de facilité pour copier une surface courbe aussi irrégu- lière que celle du versoir d'une charrue.(Note du traducteur.) ctions er It avoir — Gune „Darce ruction dele. vexpé- arrégu- D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 67 do, Partie repliée qui vient embrasser la partie anterieure de la jambe. Sa position est indiquée exactement fig. 8, E. A 2 X«*„„„ 5. FrG. 35 est le profil ν de la meme pièco. On voit ici son épaisseur, ainsi que les dimensions de la partie repliée à angle aigu. FrG. 36 est Ggalement le profil daο, fig. 34 de la même pièce. PrG. 37. Autre pièce de la muraille, représentée aussi sur son epaisseur, fig. 38. On voit ſig. 8, en D, comment oette pièce s'assemble sur le corps de la charrue(1). Erc. 39. Le coutre vu dans son épaisseur par derrière. Fro. 40. Le mèême, vu de côté à plat. Lorsque le coutre doit étre employé dans un sol argileux dont la terre vé- gétale est peu profonde, il doit avoir une forme un peu différente; le talon doit étre coupé plus obliquement: sans cela le talon, venant à s'appuyer sur la terre durcie du fond, pourrait faire soulever la charrue. (1) L'auteur ne distingue pas clairement les pièces qu'il suppose exécutées en fer fondu, de celles qui le sont en fer. forgé; cependant il parait évident que les pièces de fonte sont le versoir, le fer de semelle, la jambe, et les deux pièces de Ja muraille.(Note da ktraducteur.) — ʃ— —— DESCRIPTION §. 50. LA CHARRUE LECERE A VERSOIR MOBILE. La charrue, qui est représentée ici figure 46-73, a été reconnue la meil- leure parmi celles qu'on a employées pour la culture des terres, entre les rayons des plantes, d'après le procédé de Jethro-Tuall. La méthode de Tull consistait à semer les céréales en rayons rapprochés, en laissant, après un certain nombre de rayons, un espace d'une largeur de quelques pieds, qui, pendant l'été, reçoit plusieurs labours pour préparer la terre à la semaille suivante: cette méthode a été presque entiérement abandonnée, depuis qu'on a introduit la nouvelle manière de semer en rayons également espa- cés, et aujourd hui elle conserve peu de partisans. Cependant on a conservé l'usage de cette charrue pour cultiver les plantes qu'on doit espacer en rayons de deux pieds ou plus. Dans cette classe sont les choux, les pommes de terre, choux raves, betteraves, mais, colza repiqué, garance, pastel, tabac, etc. On construit de ces charrues avec un et avec deux versoirs. Les dernières marchent au milieu entre les deux rayons, et rejettent la terre des deux côtés sur les plantes. Les premières sont employées pour enlever la terre de chaque côté au pied des plantes, et la jeter au milieu de l'espace qui sépare les deux rayons; ensuite, lorsqu'elle est ameublie et qu'elle a regu les influences de latmosphere, on la rejette contre les rayons au moyen de la charrue à double versoir. Dans les sols meubles et pour certaines récoltes, on emploie la charrue à double versoir, après avoir fait simplement passer entre les lignes la ratissoire à cheval. Cette méthode est, à la vérité, plus expéditive; mais les terres tenaces exigent un travail plus profond, principalement pour cer- taines plantes dont les tiges et les racines ne pourraient pas s'étendre, si on ne les débarrassait pas de la terre durcie qui les entoure, pour la leur rendre ensuite lorsqu'elle est ameublie. Cela a lieu principalement pour les bet- teveraves, choux-raves ou choux-navets, dont la racine charnue ne peut prendre sa croissance que dans une terre meuble. Pour ces plantes, on doit enlever plusieurs fois alternativement la terre près des lignes, pour la leur rendre ensuite. Une terre tenace jouit, par ce moyen, de tous les avantages de la jachére; elle est ameublie, exposée à l'mfluence de Tatmosphere, et nettoyée de mauvaises herbes. neil- e les Tull s un qui, aille puis spa- ervé r en ames 2K, niéres deux e de e les Ces ue à bloie e les mais r cer- si on endre bet⸗ peut ndoit aleur tages * e, et D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 69 §. 51. Comme les lignes de plantes ne sont pas toujours à égale distance, les versoirs de ces deux espèces de charrues doivent éêtre disposés de maniere à pouvoir étre rapprochés, à moins qu'on n'ait une charrue particulière pour chaque distance des lignes. On a imaginé pour cela différentes cons- tructions; mais la plus avantageuse est, sans contredit, celle que je vais décrire. Cette charrue est construite sur les principes de celle de Small; seule- ment on l'a appropriée au but qu'elle doit atteindre: elle ne doit pas labou- rer aussi profondément, ni soulever autant la terre; c-'est pourquoi son versoir n'a pas autant de courbure. Elle n'a pas à vaincre autant de résis- tance, aussi ses parties sont moins fortes, et elle est plus légere; elle mexige, pour cette raison, qu'un cheval. Elle est très-facile à conduire, et on peut approcher avec elle très-Prês de la ligne des plantes sans les bles- ser. Elle retourne parfaitement la terre, et la place au milieu de l'intervalle lorsque le versoir est disposé pour cela. Lorsque les lignes ne sont espa- cées que de 12 pouces, on peut aussi, en élevant la terre au pied d'une ligne, la jeter sur la ligne voisine; et, en répétant ce travail tous les quinze jours ou trois semaines, la terre est parfaitement bien cultivée. Outre ce genre de travail, cette charrue est aussi très-propre à plusieurs autres usages: elle exécute parfaitement les demi-labours, opération qui consiste à rejeter une bande de terre sur une autre bande non retournée, ou à couvrir la bande non retournée par deux bandes, afin de disposer la terre en billons très-étroits, et d'exposer ainsi la plus grande surface possible à l'action de T'atmosphere. Cet instrument convient bien aussi pour tracer les sillons dans lesquels on veut semer. Dans tous ces cas, un cheval suffit pour le conduire. En voilà assez sur cet instrument que je recommande fortement à toutes les personnes qui veulent cultiver des récoltes sarclées en place de jachère sur un sol tenace et argileux, et donner à cette culture toute la propreté de celle des jardins. Dans les sols meubles, le même genre de culture peut S'exécuter avec la houe à cheval perfectionnée, que je décrirai ci-après, ou avec la charrue anglaise à double versoir. Plus le sol est tenace, plus le soc doit étre long et étroit; dans sa partie postérieure, il ne doit pas avoir plus de largeur, et sa forme doit étre à-peu-prés celle d'un fer de lance, afin qu'il pénètre plus facilement dans un sol tenace. 70 DESCRTPTITON Eæplication dos Figures relatives d la charrue légore d versoir mobile. Fro. 46. La charrue vue du côté gauche. FrG. 47. La méême, vue du côté droit. Les méèmes lettres indiquent les mêmes parties dans les deux figures. A, Le coutre assemblé dans une entaille sur le côté de l'age, et non dans une mortaise placée au milieu. On trouvera le motif de cette disposition (6. 14). 5, Plaque de fer qui assujettit le coutre dans l'entaille. Cette plaque est traversée par une vis de pression qui maintient le coutre dans sa position. (Foyez fig. 52.) r C, Le soc qui est assemblé sur le fer de semelle. D, Le fer de semelle. E, La plaque de fer qui forme muraille, en fermant ce côté de la charrue. Elle ne descend pas tout-à-fait jusqu'au fer de semelle, l'intervalle est rempli par la pièce suivante. 4 m, Petite plaque de fer qui remplit cet intervalle. Comme cette partie de la charrue est particulièrement sujette à s'user, on a placé ici une pièce particu- liere, pour ne pas être forcé de renouveler la muraille entiére. F, La jambe en bois assemblée dans l'age. G, Crampon qui sert à arréter la piêce suivante. 71, Aro-boutant à charnière, fixé sur le versoir, et qui passe dans le cram- pon G, ouù il est fixé au moyen d'un boulon. Cette disposition permet de don- ner plus ou moins d'écartement au versoir. J, Lage. K, Le manche gauche dans lequel s'assemble l'age en i. L,(fig. 47.) Le versoir mobile. nn, Deux charnières qui unissent le versoir à la jambe. M, Feuille de forte têle qui recouvre la jambe. FrG. 48, Les parties de bois de la charrue vues en plan par-dessous. 2„ Longueur et largeur de la pièce de bois à laquelle le fer de semelle est fixé. Quoique cette pièce ocoupe la place de celle qu'on nomme sep dans la plupart des charrues, on ne peut lui donner ce nom, parce que ce n'est pas sur elle, mais sur le fer de semelle, que le soc est emmanché. — Fio Pexta Fic prend 4 8 Versoiy 4. n dans osition uèe est ztion. arrue. rempli rtie de articu- ram- edon- . emelle p dans st Pas D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. Frc. 49. Les parties de bois de la charrue vues en plan par-dessus. J, L'age. K, Le manche gauche. f, Le tenon de la jambe. a, L'entaille dans laquelle se loge le coutre.- G, Le crampon qui sert à fixer l'aro-boutant. x, Ligne droite parallèle à la face droite de l'age, qui fait voir comment la diminution d'épaisseur de l'age se prend seulement sur le côté gauche. Fro. 50. Vue du côté gauche des parties de bois de la charrue. F, La jambe assemblée dans l'age par son tenon]. a, L'entaille pour le coutre. P, Pièce de bois en forme de coin, qui remplit l'espace entre le manche gauche et le fer de semelle. ko, Boulon à écrou qui traverse l'age, le manche, la pièce de bois en forme de coin, et le fer de semelle, et par lequel toutes ces pièces sont assemblées. w, Autre boulon à écrou, qui traverse et assemble l'age, la jambe et le fer de semelle. 3 FrG. 51. Les parties de bois de la charrue vues du côté droit. F, La jambe. nn, Entailles dans lesquelles les deux charnières du versoir sont logées et clouées. L, Le manche droit chevillé sur le manche gauche, comme on le voit en K.. On a dessiné au trait, à l'extrémité antérieure de l'age, la position que le rêègulateur y occupe. FrG. 52. Détails de la plaque de fer 5, fig. 46, qui assujettit le coutre dans l'entaille de l'age, au moyen de la vis de pression d. Fro. 53. Le régulateur par le moyen duquel on dispose la charrue pour prendre plus ou moins de profondeur, plus ou moins de largeur de raie. A, Le régulateur vu de profil. Il est fixé sur l'age au moyen d'un boulon c, 7²2 DESCHIPTION autour duquel il est mobile. Au moyen des cinq trous qui se trouvent dans les ailes d, la partie antérieure a du régulateur peut s'élever ou s'abaisser. A cet effet, l'age est percé d'un second trou entre les deux ailes d; ce trou est traversé par un boulon mobile qui traverse aussi les trous de l'aile; lors- qu'on place ce boulon dans un trou inférieur de l'aile, on élève ainsi la partie antérieure du régulateur, et on donne par conséqueni plus d'entrure à la char- rue, et vice versã. 3 B, Le régulateur vu par-dessus. a, Tète du régulateur dans laquelle se trouvent cinq trous par le moyen desquels on peut disposer la charrue pour prendre plus ou moins de largeur de raie. 5, Le crampon auquel s'attache la volée des chevaux, et qui se fixe sur l'un ou sur l'autre des cinq trous de la téte. FrG. 54-60. Le versoir(1) vu en plan et dans ses diverses coupes et rofils. Les détails analogues dans lesquels nous sommes entrés en parlant du ver- soir de la charrue de Gmall, nous dispenseront de répéter ici l'explication des coupes et profils, et la manière d'en faire usage. 6, f, Les deux charnières qui unissent le versoir à la jambe. g, L'aro-boutant à charnière, avec les trous dans lesquels on fait passer le boulon qui traverse le crampon qui est fixé sur l'age, selon qu'on veut donner plus ou moins d'écartement à la partie postérieure du versoir. FrG. 61 et 62. Plaque de fer forgé m, fig. 46. Elle est représentée ici vue sur sa largeur et son épaisseur. Fro. 63. Feuille épaisse de tole qui recouvre la jambe.(M, fig. 47.). * FrG. 64. La muraille en fer fondu, dont l'épaisseur est d'environ un quart de pouce.(E, fig. 46.) Fro. 65-68. Le fer de la semelle vu sous ses diverses faces. Cette pièce est en deux parties, qu'on voit de profil ou sur leur épaisseur; fig. 66 et 67, ⁴ A (1) L'auteur ne dit pas si ce versoir est construit en fonte; cela parait évident, d'après les épaisseurs qu'il lui donne dans ses diverses parties.(Note du traducteur.) ———— ourent dwleg *. abaisser, les⸗ 7 ce trou Paile; lon. insi la partis are à la char- dr le moyen le Krgeur de se fixe sur coupes et MaM Au XR- Mücadon des ait passer lo geut donner utee ici vue ron Un quart Cette pidce g. 66 et 67, — .. anr gident, d apte Ar.) D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 73 et sur le plat, fig. 65 et 68. Ces deux pièces, qui se réunissent à plat, et qu'on pourrait aussi construire d'un seul morceau, s'assemblent sous la pièce de bois o, p, fig. 48, Pextrémité a directement sous le talon, et la partie mon- tante c, appliquée derrière le talon. L'extrémité 5 vient se loger en e, et la douille du soc s'assemble ou s'emmanche sur la pointe antérieure d. Cette pièce se fait ordinairement en deux morceaux, afin qu'on ne soit pas obligé de renouveler le fer de semelle en entier lorsque le talon est usé; on change seulement la pièce 5, c. Fro. 69. Le soc vu par-dessous. 5, La douille formée de deux parties repliées. c, La pointe de l'aile. Lorsque cette charrue est destinée uniquement à cultiver entre les lignes des plantes, principalement en terre argileuse, on peut ne donner que moitié de largeur au soc. Fre. 70. Le soc vu par derrière. On voit l'ouverture de la douille dans la- quelle s'emmanche la pointe du fer de semelle. FrG. 71. Le soc vu du côté de terre.(C, fig. 46.) FrG. 72, 73. Le coutre vu de plat et sur son épaisseur par derrière. DESCRIPTION S. 52. LEXTIHPATEUR. Cet instrument a aussi été appelé cultisateur ou scarificateur; en effet, dans l'innombrable multitude d'instrumens que les Anglais possèdent, les noms varient fréquemment; et, sous le même nom, on désigne tantôt l'un tantôt l'autre; pour éviter tout malentendu, on y joint ordinairement le nom de l'inventeur. Celui-ci est, parmi tous les nouveaux instrumens d'a- griculture, celui qui a obtenu l'approbation la plus générale ou la moins contestée. II donne à la terre une culture de r pouce et demi à 2 pouces et demi de profondeur, et comme il prend àA-la-fois une largeur de 6 pieds, son travail est tellement expéditif, qu'on peut facilement cultiver avec lui 12 morgen de terre dans une journée. On a donné à cet instrument le nom d'extirpateur, à cause de sa grande utilité pour détruire les mauvaises herbes; chaque fois qu'elles commencent à croitre, on peut retourner toute la surface du champ, et par-là, non-seulement détruire les mauvaises plantes dont les graines existaient dans la terre, mais aussi les racines des plantes vivaces, qui finissent par périr lorsqu'on détruit continuellement leurs jeunes pousses. Cet instrument peut donc être d'une grande utilité pour la culture des jachèéres, et remplacer les fréquens labours qui sont néces- saires pour que leur but soit complétement atteint. §. 53. Il est aussi très-utile pour la préparation des semailles de printemps, lorsque la terre contient beaucoup de graines de moutarde ou autres mau- vaises plantes, comme cela arrive si fréquemment. Pour cela, on ramène à la surface de la terre avec l'extirpateur les semences qui s'y rencontrent, et lorsqu'elles ont germé, on détruit les jeunes plantes avec le mème ins- trument, ensuite on seme dans les rayons qu'il laisse apréès lui, et qui sont assez profonds pour cela. Dans les sols meubles, on peut avec l'extirpateur épargner entièérement les labours de printemps, lorsque la terre a recu un bon labour en automne. On commence par herser au printemps, et lorsque la mauvaise herbe a poussé, on la détruit avec l'extirpateur; on herse une seconde fois, et, si on en a le loisir, on répète ces opérations quinze jours ou trois semaines après, pour semer ensuite. Par ce moyen, la surface de eflet, ont, les oͤt lun nent le ns da- moins douces pieds, fec lui e nom vaises oOutela Plantes plantes t Ieurs vour la néces- temps, es mau- unène à ontrent, ne ins- ui sont rpateur recu un lorsque rse une ze jours rlace de D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 7 la terre se trouvera très-propre et extrémement ameublie, tandis que la couche qui a été enterrée profondément en automne conservera toute Phumidité de Thiver, ce qui est un grand avantage dans les terrains légers lorsque le printemps est sec, ce qui nous arrive si souvent. Lorsque l'au- tomne a été favorable, et que j'ai pu faire labourer toutes mes terres dans cette saison, tous mes labours de printemps se font avec l'extirpateur, et sans employer une charrue; il est vrai que cela ne peut pas s'exécuter tous les ans; par exemple, l'automne et l'hiver de 1801-1802 ont été tellement vieux, qu'il a été impossible de labourer des terrains méême assez légers. Cet instrument est aussi de la plus grande importance pour la prépa- ration des terres destinées aux récoltes jachères. Lorsque le sol a recu un la- bour à une profondeur convenable, on passe une ou plusieurs fois cet instru- ment sur la surface avant la plantation ou la semaille. Les pommes de terre qui, selon qu'elles ont été plantées plus tôt ou plus tard, restent quatre ou six semaines avant de sortir de terre, ont presque toujours besoin qu'on détruise les mauvaises herbes une fois avant qu'on puisse se servir de la houe-à-cheval. On emploie ordinairement pour cela un fort hersage sur les- pommes de terre qui commencent déjà à pousser. Cela peut bien être de quelque utilité; mais, daprès mon expérience, cela ne produit pas un grand effet, sur-tout par les temps humides. Si, au contraire, lorsque la mauvaise herbe a poussé, et avant que les pommes de terre sortent de terre, on rompt la surface du champ avec l'extirpateur, il reste parfaitement propre et sans aucune mauvaise herbe. Cette opération parait méême exer- cer une très-heureuse influence sur la végétation des pommes de terre. En effet, j'ai remarqué qu'elles poussent ordinairement, apréès cette opération, huit jours plus tét que dans un terrain semblable, planté en mèême temps, qui ne l'a pas recue. Aussitôt que les pommes de terre sont sorties de terre, je fais donner encore un fort hersage, et après cela les jeunes plantes sont aussi propres que si elles avaient été sarclées avec soin. On emploie de la méme manieère cet instrument sur les terres qu'on des- tine aux plantations de choux, betteraves, choux-raves, tabac, etc. On leur donne le dernier labour plusieurs semaines avant la plantation, et on em- ploie cet intervalle pour détruire avec Pextirpateur les mauvaises herbes qui repoussent; on obtient par-là que les plantes ont au moins une grande * 10 76 DESCRTPTION avance sur les mauvaises herbes qui viendraient à paraitre encore, et celles-ci peuvent ensuite facilement être détruites, dans le commencement de leur croissance, avec la ratissoire à cheval. §. 55. Cet instrument est très-précieux aussi pour les semailles d'été, des tur- neps, du colza, etc., lorsque la terre a recu les labours convenables quel- ques semaines d'avance; on s'en sert pour détruire, immédiatement avant la semaille, toutes les mauvaises herbes, et, si on a assez de temps, on répète deux fois cette opération. Dans les sols légers, on peut méme se servir de l'extirpateur pour rompre les chaumes, par exemple, lorsqu'on veut semer des turneps d'au- tomne ou du sarrasin sur un chaume de seigle. Dans ce cas, le chaume est sujet à s'amasser en avant des socs, et le travail ne va pas aussi vite, parce qu'on est forcé de s'arrèter souvent pour en débarrasser l'instrument. Ce- pendant, lorsque le conducteur est un peu exercé, et qu'il sait soulever et secouer à propos l'instrument, cela marche assez bien. A la vérité, le travail de la charrue est préférable dans ces cas; mais souvent le temps manque pour cela, et on est obligé de mettre beaucoup de célérité dans ces secondes semailles. §. 56. Il est encore beaucoup de circonstances dans lesquelles on peut employer cet instrument avec beaucoup d'utilité. II n'exige pas plus de temps ni de, dépense de force qu'une herse moyenne, et, dans beaucoup de cas, son action est bien préférable; le hersage qui le suit produit un effet beaucoup plus avantageux. Lorsque, ce qui arrive souvent, on a laissé passer le mo- ment favorable pour un hersage, et que la surface de la terre, étant durcie par la sécheresse ou remplie de chiendent, la herse ne produit que peu d'effet, on ne peut remédier à cet inconvénient plus facilement qu'avec Textirpateur; il divise la terre et ameublit parfaitement. Je viens maintenant à sa description. — ore et cemend s tur- quel- avant épéte pour Tau- ne est parce Ce- ge& travall anque ondes loyer m de „son ucoup le mo- durcie 2 peu vavec D'INSTRUMENS D'AGRICUILTURE. §. 57. Je commence par dire qu'on peut le modifier selon la nature de la terre, et selon le but principal qu'on se propose. Celui qui est représenté ici, planche 9e., est destiné à un terrain meuble et sablonneux, et principale- ment pour nettoyer la terre des mauvaises herbes; il ne conviendrait pas autant pour enterrer la semence ou pour préparer le terrain au travail du semoir; deux chevaux suffisent pour le conduire. Tindiquerai toutà-l'heure les changemens qu'il convient d'y apporter pour le rendre propre à di- verses opérations. Les figures représentent l'instrument d'une manière claire. Dans la 74S, on voit par-dessus ses parties en bois. Les trous dans les- quels s'assemblent les socs sont garnis d'une forte tôle. La figure 75°. représente l'instrument en profil. La 76e. figure le représente en perspective, établi sur un avantrain or- dinaire de charrue à roues égales, et un peu hautes. Cet instrument a onze socs: cinq sur la traverse antérieure, et six sur celle de derrière; ces socs sont placés de manière que ceux du derrière marchent au milieu de l'espace laissé entre ceux de devant. Les socs du de- vant jettent la terre devant ceux de derrière, et ceux-ci la déplacent en- core une fois, de manière que chaque particule de terre est remuée deux fois. On fait aussi des extirpateurs à 9 et à 13 socs. Cela dépend de la force de l'attelage, de la résistance de la terre, ainsi que de la largeur et de la forme des socs. On concoit que plus il y a de socs, plus la résistance est considérable. 3 On peut voir, en comparant la 74e. et la 76°. figures, qu'une partie des socs est assemblée simplement dans les deux traverses, et une partie comme celui du milieu dans le premier rang, et le second et le cinquième dans le second rang sont assemblés non-seulement dans la traverse, mais aussi dans l'age ou dans les manches; ce qui donne à l'assemblage une grande solidité: leurs tiges sont taraudées à leurs parties supérieures, comme le montrent les figures 77, 78 et 83, et elles sont assujetties par un écrou. Autrefois on donnait aux tiges des socs du dernier rang un pouce de longueur de plus qu'à celles du premier, afin que ces socs prissent plus de profondeur de terre; mais Pexpérience m'a montré qu'il vaut mieux les faire 78 DESCRIPTION d'égale longueur; car les socs du derrière ont déjà, sans cela, à supporter la résistance de la terre qui est jetée devant eux par ceux du premier rang. §. 58. On fait des socs de deux formes différentes, comme on le voit dans les figures de 77 à 83 qui les représentent sous leurs divers aspects. Les uns sont ronds et convexes, cependant obtusément pointus par-de- 1 vant. La figure 8o représente un soc de cette espèece vu par-dessus; dans la figure 77, il est représenté vu par-derrière; et dans la figure 83, vu de côté. La tige a sa face postérieure plate, et elle est aigué et tranchante par- devant; son extrémité inférieure s'introduit dans le trou qu'on voit fig. 80, où elle est rivée par-dessous. Les autres sont faits en forme de coin et pointus par-devant; ils sont re- présentés vus par-derrière, fig. 78; par-dessous, fig. 79; par-dessus, fig. 81, et de côté, fig. 82. §. 39. Les socs que j'ai reçus d'Angleterre étaient de la premièére forme. IIs conviennent très-bien dans une terre méuble, et lorsqu'on ne veut pas em- ployer l'instrument à enterrer la semence. Mais je préférerais les socs étroits en forme de coin, dans une terre forte, et lorsqu'on destine l'instrument à ouvrir les sillons dans lesquels on veut semer, ou à enterrer la semence répandue sur le terrain préalablement hersé. L'extirpateur, muni de socs en forme de coin, exécute parfaitement ces deux opérations; cependant les socs doivent étre plus rapprochés, et leur distance ne doit étre que de 10 pouces, au lieu que, dans P'instrument qui est ici représenté avec des socs convexes, ils sont distans de 12 pouces. Il me semble inutile de donner une explication plus étendue des figures, parce que la forme de toutes les parties est facile à saisir, et qu'on peut déterminer leurs dimensions au moyen de L'échelle. §. 60. Comme l'age est disposé obliquement à Thorkzon, comme on le voit dans le profil figure 75, et dans la vue perspective figure 76, on peut facile- vorter la rang. me. I's das eml- étroits ument mence le socs lant les que de wvec des figures, on peut mle voit ut faclle. D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 79 ment donner plus ou moins d'entrure aux socs, en avançant ou reculant T'age sur Pavant-train. Il est nécessaire, sur-tout dans un terrain rempli de mauvaises herbes, que le conducteur soulève et secoue de temps en temps T'instrument. Au moyen de cela, il sera rarement nécessaire de s'arréèter pour débarrasser les socs. Lopinion générale des fermiers, en Angleterre, est qu'au moyen de l'ex- tirpateur on peut, sur cinq chevaux, en épargner au moins un dans une exploitation rurale, et méême que, dans une ferme en sol meuble, on peut, sur six chevaux, en épargner deux(1). (1) Il y a neuf ans que j'emploie l'extirpateur, et je puis, d'après mon expérience, confirmer tous les avantages que l'auteur indique ici. Les extirpateurs que j'emploie ne sont pas, à la vérité, de la même construction que celui qu'il décrit; mais leur effet est absolu- ment le même. J'ai fait construire les miens sur le modèle de ceux d ofwil, d'après la description qui se trouve dans les Feuilles agricoles de M. de Fellenberg. C'est d'après l'indication de M. Thaer que j'ai employé cet instrument à remplacer le labour de prin- temps, dans un terrain qui a été labouré en automne. Je regarde cet usage comme un des plus utiles de l'extirpateur: mais il me semble que l'auteur a eu tort de restreindre ce procédé aux sols meubles et légers; d'après mon expérience, c'est sur-tout dans les sols argileux qu'il présente le plus d'avantages. Lorsqulun sol semblable a été labouré tard en automne ou pendant l'hiver, tout le monde sait combien la superficie se trouve ameublie au commencement du printemps par l'effet des gelées; si alors on donne un labour à la charrue, on perd une grande partie des avantages de cet ameublissement, parce qu'on ramène à la surface une terre compacte qui forme une multitude de mottes. D'un autre côté, il faut une culture pour détruire les mauvaises herbes qui poussent au printemps. Les effets de l'extirpateur sont admirables dans ce cas. Pour presque toutes les semailles à la volée, de printemps, d'été ou d'automne, donner un labour à la charrue, herser de suite pour briser les mottes et favoriser la germination des mauvaises graines, semer huit ou dix jours après, et enterrer la semence d'un trait d'extirpateur qui détruit les jeunes herbes, est aussi un procédé qu'on ne peut trop re- commander, et qui laisse le sol inſiniment plus net de mauvaises herbes que si on eùt la- bouré à la charrue immédiatement avant la semaille. Mes extirpateurs ont neuf socs et exigent le tirage de quatre chevaux; M. Thaer y emploie un attelage beaucoup moindre, puisque, pour onze socs, il n'indique que deux chevaux. Je crois que cette différence est due uniquement à la nature de la terre, les miennes étant très-argileuses. D'ailleurs, mes cultures à l'extirpateur se donnent ordinaire- ment à trois pouces de profondeur au moins.(Note du traducteur.) —— DESCRIPTION §. 61. LE SEMOIR POUR LES GRAINS, SELON LA MANIERE DE DUCKET. Cet instrument, ou plutòôt cet assortiment d'instrumens, est le plus simple, le moins coùteux, et le plus facile à construire de tous ceux de ce genre qui ont été imaginés et employés en Angleterre. L'instrument qui ouvre les sil- lons y est séparé de celui qui répand la semence, et ce dernier est conduit par un second homme; tandis que, dans la plupart des autres machines de cette espèce, les deux instrumens sont réunis, et exigent par conséquent un conducteur de moins. Comme dans un jour on peut semer avec cet ins- trument 10 à 12 morgen de terre, on peut compter que les frais de se- maille se trouvent augmentés d'environ un demi-gros par morgen relative- ment à ceux qu'exigent les autres machines. Cette augmentation est bien compensée par le bas prix de la machine, et le peu d'entretien qu'elle exlge. Elle a, en outre, l'avantage que s'il se rencontre une faute dans le travail du rayonneur ou du semoir, on l'apercoit sur-le-champ et on peut la ré- Parer, ce qui n'a pas lieu avec les machines composées. Si le rayônneur n'a Pas tracé les sillons assez droits, ou si quelques-uns ne se trouvent pas creusés assez profondément, on ne peut y remédier avant que la semence y soit répandue. De méêéme que si, par négligence, une des lanternes qui répandent la semence vient à s'obstruer, le conducteur du semoir s'en aperçoit aussitét, et peut répandre à la main de la semence dans le sillon, dans l'espace de quelques pieds, en méme temps qu'il nettoie la lanterne, de manière que la faute n'a pas de conséquence. II est vrai que, daus Tusage de cet instrument comme de tout autre bon semoir, cet accident ne peut arriver que par défaut d'attention; mais on doit s'attendre à cet inconvénient, lorsqu'on n'a pas encore acquis l'habitude de l'employer, et de porter son attention sur les parties les plus essentielles. En un mot, je conseille à toute personne qui débute daus la culture au semoir, de choisir celui-ci, quoique je convienne que celui de Cook présente réellement de plus grands avantages: 1⁰. parce qu'en y apportant les soins convenables, il est plus durable; 2°. parce qu'il règle plus exactement la profondeur à laquelle est enterrée la semence; 3⁰. parce qu'il convient à toutes les es- —,— T. aple, qui sil- duit ines nent ins- Se- tive- bien Lelle ravail a r6- r n'a pas ce y qui s'en Uon, erne, daus eident à cet oyer, ot, je noisir unt de ables, leur à les es- DP'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 81 pèces de grains. Avec notre instrument, on ne peut semer que le froment, le seigle, l'orge, l'avoine et le sarrasin. §. 62. Dans le 3c. volume de mon Agriculture anglaise, qui parait en mème temps que celui-ci, j'entre dans plus de détails que je ne l'avais fait dans le premier volume du méême ouvrage, sur les avantages de la culture des grains en lignes et au semoir, et sur-tout de la culture à la houe à cheval qui en est une conséquence. Py examine aussi les conditions sous lesquelles on peut espérer de rencontrer ces avantages; je prie le lecteur de joindre ce traité de la culture au semoir, à la description des instrumens que je donne ici; j'ai aussi parlé, dans mon Agriculture anglaise, de l'inventèur de cette culture au semoir, Ducket, et je suis entré dans beaucoup de détails sur ses belles méthodes d'agriculture; j'y ai indiqué également les motifs d'après lesquels j'ai simplifié l'appareil complet, en supprimant la charrue à Semer. Il ne me reste plus qu'à donner une description exacte de cet instrument dans toutes ses parties, ainsi que l'explication des figures qui les re- présentent. §. 63. Fro. 84 représente la traverse avec les pieds de houe qui y sont assemblés, le tout vu par-dessus. AA, La traverse. ad, Les pointes des pieds ou socs. 5 5b), Les tiges des socs qui sont assemblées dans la traverse avec des coins. Ils sont ici à neuf pouces, comme la distance la plus convenable pour les céréales. α‧ Trous dans lesquels on assemble les tiges des socs, lorsqu'on veut les espacer à douze pouces. Ces trous sont garnis, pour la solidité, d'une forte feuille de fer. Lorsqu'on veut semer exclusivement à neuf ou à douze pouces, on peut supprimer une partie de ces trous; la traverse en est moins affaiblie, et on peut diminuer L'épaisseur de la garniture de fer. Comme je sème toujours les céréales à neuf pouces, mes traverses ne portent des trous qu'à cette distance. dd, Frettes de fer pour empécher que la traverse ne se fende. 11 — 82 DESCRIPTION ο, Crochets mobiles qui s'accrochent dans les trous de la plaque de fer ho- rizontale de l'avant-train, pour le réunir à la traverse qui porte les socs; c'est au moyen de ces crochets que s'exécute le tirage de cette dernière.(Voyez fig. 85,.)— Pf, Barres de fer, fixées à demeure dans la traverse.(Voyez fig. 85, f.) Ah, Bras de fer qui donnent plus de solidité aux barres.(Voyez fig. 85, h.) g9, Bandes de fer traversées à une de leurs extrémités par les barres/¹, au- tour desquelles elles peuvent se mouvoir.(Voyez fig. 85, g, et fig. 86.) Au moyen des barres /] et des bandes gg, la traverse qui porte les socs se trouve aussi unie à l'avant-train; mais ce n'est pas par elles que le tirage se fait: elles sont seulement destinées à régler la disposition de la traverse, et à donner plus ou moins d'entrure aux socs, en abaissant ou Glevant leurs pointes. On peut ainsi ouvrir des sillons plus ou moins profonds. FrG. 96, g, montre plus clairement la réunion de la traverse à Pavant-train. Ce moyen de réunion est tel que la traverse est mobile à droite ou à gauche, de sorte que le conducteur peut la maintenir pendant quelque temps dans sa direction, dans le cas oùð le cheval s'en écarte un peu. On peut aussi, au moyen des trous qui se trouvent dans la bande, non- seulement donner plus ou moins d'inclinaison en avant à la traverse, mais aussi soulever un des côtés de la traverse lorsque la roue de ce côté marche dans un sillon enfoncé, ou l'abaisser lorsque la roue marche sur un endroit Glevé. BB, Les manches assemblés sur la traverse par un crampon et une vis. (Voyez fig. 85, B.) i, Traverse qui réunit les deux manches. Au moyen de ces manches, le conducteur est mattre, jusqu'à un certain point, de la direction des socs, et peut, selon le besoin, les appuyer un peu à droite ou à gauche. . §. 64. La fig. 85 fait voir en profil les principales parties de la houe à cheval. Chaque partie est indiquée par les mêmes lettres que dans la fig. 84. K, Le pied de houe, qui est représenté sous ses différens aspects, et sur une plus grande échelle, dans les fig. 88 et suivantes. La fig. 86 représente, vue de plat et sur une plus grande échelle, la bande qui est indiquée par g dans les fig. 84 et 85. fer ho⸗ 3 Ces Voyes D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 83 a, Le trou dans lequel passe l'extrémité de la barre †, fig. 84 et 85. Les autres trous servent à l'élever ou à la descendre. La fig. 87 représente la même bande sur son épaisseur. Dans la fig. 88, on voit un des pieds de houe en profil. a, Le soo dont la queue recourbée est assemblée à vis avec le Pied en 5. §. 66. FrG. 89. Le pied avec sa tige, sans soc. 4 ·. A 1 2 c, Crochet qui sert à l'assembler avec le soc en le rivant légèrement, après qu'il a été introduit dans le trou c, fig. 91. FrG. 90. Le soc vu par-derrière, ainsi que le pied et sa tige. On voit en a la courbure de la feuille de fer qui forme le soc. FrG. 91. Le soc seul vu par-dessus. c, Le trou dans lequel est introduit le crochet, fig. 89. FrG. 92. Le coin au moyen duquel les tiges des pieds sont assujetties dans la traverse. On peut, au moyen des coins, égaliser la distance des socs, en plaçant le coin de l'un ou de'autre côté de la tige. Lorsqu'on fait usage de l'instrument, il est important de faire beaucoup d'attention à cette égalité de distance, soit entre les tiges, soit entre les socs. La maniere la plus facile de la mesurer est d'employer un bâton sur lequel on a tracé les distances que doivent avoir les socs, et qu'on doit présenter souvent, paroe qu'une tige peut s'ètre pliée ou éire fixée de travers par le coin. §. 66. Les fig. 93, 94, 95 et 96 représentent l'essieu de l'avant-train avec les pièoes de fer qui sont nécessaires pour accrocher les barres mobiles de la traverse qui porte les houes, et pour donner à celles-ci'entrure convenable, au moyen des bandes mobiles.(Voyez fig. 84 et 85.) FrG. 93. L'essieu vu par-derrière- —. DESCRIP TION Fro. 94. Le méême vu par-dessus. FPro. 95. Le méême vu par-dessous. FiG. 96. Le méèême vu en profil et réuni à la traverse qui porte les pieds. Fro. 93, O, O, sont des plaques de fer qui présentent une surface hori- zontale et une verticale. Dans cette figure, on voit principalement la surface verticale c avec ses trous. Elle n'est pas placée immédiatement contre l'essieu, mais elle en est séparée par un espace qu'on voit en n, fig. 94 et 95; les parties eæ, qui forment des espèces d'oreilles, sont seules appliquées contre l'essieu, et fixées avec des vis.(Voyez ee, fig. 94 et 95.) §. 67. Pour qu'on puisse se faire une idée claire de la forme de ces plaques de fer, qu'on prenne une feuille de carton mince, et qu'on la coupe selon la forme de la figure suivante: Qu'on plie la partie d en avant à angle droit, ensuite les parties nn, selon les lignes ponctuées ææ, aussi à angles droits en arrière, et enfin les parties ee, encore une fois à angles droits en-dehors, de manière qu'elles reviennent former une surface parallèle à la partie c; qu'on imagine ensuite ces parties ae qui forment les oreilles, fixées par des vis à un morceau de bois: par ce moyen, on se formera une idée claire de la chose, et on comprendra facile- ment les diverses vues présentées par ces figures. Dans la fig. 95, on voit les parties c et e de plat, et on ne voit des parties d que leur êépaisseur. Au contraire, dans les fig. 94 et 95, on voit les parties d sur le plat, et les parties c et e sur leur épaisseur; dans ces deux dernières figures, on voit en n la distance laissée entre la partie c et l'essieu. eds. hori- 80 8es n est nent avec 28 de lorme selon es ee, nnent jes ee ar ce acile- ties d ties d gières D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 85 Dans les trous qui se trouvent sur la surface c, on place un boulon qui traverse également la bande de fer g, comme on le voit fig. 96. Cette bande se place verticalement dans l'espace qui est laissé entre la partie c et l'essieu, et on la fixe plus ou moins haut en faisant passer le boulon dans l'un ou l'autre de ces trous. La partie c de cette plaque de fer porte plusieurs trous, afin qu'on puisse toujours placer la traverse qui porte les socs, de manieère que le pre- mier soc soit éloigné de la roue de neuf ou douze pouces, selon la distance que l'on veut mettre entre les lignes. En effet, la roue devant toujours marcher dans le dernier sillon du trait précédent, le premier soc doit étre Gloigné de la roue de la distance qu'on veut mettre entre les sillons. Les trous qui se trouvent sur la surface d servent à accrocher la tringle mo- bile de la traverse des houes. On y a fait plusieurs trous, par le même motif que je viens de le dire pour la surface c. §. 68. FPrG. 95, gg, sont l'extrémité des brancards de la limonière qui sont fixées sur l'essieu. h, L'épaisseur de la traverse de la limonière qu'on voit en ½, fig. 94. Cette limonière est fixée sur l'essieu par le moyen des crampons i ⁷, fig. 94; au milieu de chacun de ces crampons passe un boulon qui traverse le bran- grande soli- 8 dité, l'extrémité du bras K, fig. 96. Ce boulon est serré en-dessous par card et l'essieu, et qui, en-dessous, traverse encore, pour plus un ccrou. Une seule roue est représentée ici, l'autre n'est que ponctuée. Derrière la roue, une rondelle de fer est placée sur l'essieu, afin que ce- lui-ci ne puisse pas glisser dans sa longueur, ce qui ferait varier la distance des roues, et nuirait à la régularité du travail. 5 5b, sont des rondelles de bois mobiles, par le moyen desquelles on peut changer la distance des roues, selon qu'on veut semer à neuf ou douze pouces. Pour cela, on place ces rondelles soit devant, soit derriére le moyen de la roue. Les lettres des fig. 94 et 95 correspondent à celles de la fig. 93. Des courroies qui passent dans les petits crampons mm, fig. 94, fixent l'ex- trémité de la limonière au harnois du cheval. Le crampon/ sert à y accrocher l'anneau du palonnier. — ͦ DESCRIPTION §. 69. La houe à cheval de Ducket ne portait que les pieds représentés fig. 88 à 9r. Quoique, par leur légère convexité, ils jetassent un peu de terre sur la ligne des plantes, il me parut qu'ils n'en jetaient pas assez lorsque les plantes avaient acquis déjà un peu de hauteur. Je fis en conséquence adapter à ces pieds des sabots formés d'une feuille épaisse de fer comme celui que je représente ici. La fig. 97 représente ce sabot avec le pied vu en perspective. Ce sabot fait en petit les fonctions d'une charrue à double versoir; sa partie antérieure con- vexe soulève la terre, et les deux faces latérales l'amoncèlent sur la ligne des plantes. Au moyen de cet instrument, j'ai pu, non-seulement buter les cé- réales à quelques pouces de hauteur, détruire les mauvaises herbes entre les lignes, et, en fournissant aux plantes de la nouvelle terre, favoriser considé- rablement leur accroissement; mais j'ai trouvé aussi que, pour la semaille, je pouvais avec lui ouvrir des sillons suffisamment profonds et très-droits, beaucoup plus facilement qu'avec la charrue à semer. Ce sabot se fixe au moyen d'un boulon à vis sur la tige du pied, dans laquelle on a méênagé à cet effet un trou, comme on le voit fig. 88 et 89, en æ. Comme, par un fréquent usage, oes feuilles de fer s'usent promptement, et qu'il est un peu embarrassant de les monter et démonter au moyen des vis, je ferai faire pour le même usage des pieds à part, à-peu-près comme celui-ci. FrG. 98 le reprèésente vu par-derrière. Fio. 99, en profil, §. 70. Lorsqu'une terre argileuse s'est durcie à la suite d'une longue sécheresse, de manieère que les pieds des houes ne peuvent plus y pénétrer, il faut bien se contenter d'en gratter la surface. Tout le monde connaitt les bons effets que produit au printemps le hersage dans cette circonstance. On peut produire le mème effet d'une manière beaucoup plus énergique entre les lignes des plantes, au moyen des pieds suivans. La fig. 100 représente ces pieds vus par-derrière et en profil, —j,— 6 a9l. 4 ligne valent ds des te ici. ot fait e con- e des ss cé- re les 1sidé- allle, lrous, fixe au 6 à cet nent, n des mme resse, t bien ts que uire le lantes, D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 87 On les monte en place des autres pieds sur la traverse; en les élevant ou- les abaissant, on peut les faire pénétrer plus ou moins profondément dans la terre. Comme leurs pointes sont aigués et tranchantes, la terre la plus dure ne peut leur résister. Ils préparent très-bien la terre pour y passer ensuite les autres pieds de houe, parce que la terre, après avoir été grattée à sa surface, se laisse très-facilement humecter par les rosées ou par la moindre pluie. On trouve des pieds semblables dans le semoir de Cook, qui les a nommés sca- rificateurs. §. 71. DES DIVERSES PARTIES DU SEMOIR, S00US DIFFERENS ASPECTS. Je vais commencer par donner une idée de la machine dans son ensemble- FrG. 107 représente le derriéère de la machine, et la fig. 101, le cy- lindre du semoir, qui est fixé sur les roues, et qui, par conséquent, tourne avec elles. Les lanternes qui se trouvent sur ce cylindre, et qui sont formées par des entailles dans le bois, sont placées au-dessous des ouvertures qui se trouvent au fond de la botte à semence, et qu'on voit fig. 112. Au-dessous des lanternes, sont des entonnoirs de fer-blanc fixés non pas au cylindre, mais au fond de la boite à semence, de sorte que les lanternes tournent librement au-dessus des entonnoirs. On voit, fig. Iro etII1, enb, la place dans laquelle tourne le cylindre, entre le fond de la boite à semence et Pouverture des entonnoirs. §. 7 2. FrG. 102, 103, 104, représentent, sur une plus grande échelle, la section perpendiculaire à l'axe du cylindre, des lanternes aveo leurs entailles; la fig. 102 représente les lanternes destinées à l'avoine; la fig. 103, celles qui servent à l'orge et au froment, et la fig. 104, celles qui servent au seigle. La circonférence de ces figures représente la circonférence totale du cylindre et des lanternes. Les ombres indiquent les entailles, et les clairs les dents. On peut comparer le tout à une roue à rochet. Le grain qui se trouve dans la boite tombe, par les ouvertures du fond, dans les entailles des lanternes, et à mesure que le cylindre tourne, il est versé dans 88 DESCRIPTION les entonnoirs. Aſin qu'il ne puisse se répandre que le grain qui est logé dans les entailles des lanternes, on place derrière chacune d'elles une brosse rude qui est représentée dans son entier, fig. 105 et 106. On voit dans la fig. 107, et dans le profil, fig. 109, ainsi que dans la coupe, fig. IIo, comment ces brosses sont fixées à vis dans une bande de fer horizontale. On les abaisse au moyen de la vis, jusqu'à ce qu'elles touchent la pointe des dents des lanternes. Lorsqu'on veut semer un peu moins épais, on peut serrer les vis un peu plus fort, ce qui toutefois use les brosses promptement. La machine disposée comme elle l'est, fig. 107, sème cinq rayons à neuf pouces de distance. Les entonnoirs des deux extrémités, au moyen de leur position oblique, répandent la semence dans les rayons dans lesquels marchent les roues. Si on veut semer en lignes à dix-huit pouces de distance, on ferme les ouvertures des boites 2 et 4, fig. 112, avec un tiroir qu'on voit en K, fig. 108 et 109. Si on veut semer à douze pouces de distance, on ferme les mêmes ou- vertures, mais on retourne les deux entonnoirs des extrémités, de manieère à leur donner la position inclinée qui est indiquée par des lignes ponctuées dans la fig. 107. 3 Les méêmes tiroirs servent à fermer toutes les ouvertures lorsque, la botte étant pleine de semence, on veut faire cheminer la machine sans en répandre pour la transporter d'un lieu à un autre. On ferme aussi une partie des tiroirs lorsqu'à la fin d'un champ il ne reste plus cinq sillons à semer, ou lorsque le champ se trouve plus étroit à un bout qu'à l'autre. Au reste, oes tiroirs n'ont pas du tout la destination d'augmenter ou diminuer la quantité de se- mence répandue, afin de semer plus ou moins épais, et ils ne peuvent pas servir à cela, comme se le persuadent ordinairement les personnes qui voient cet instrument pour la première fois. §. 73. La machine est poussée en avant par un homme, au moyen d'un manche portant une traverse qu'on voit par-devant, fig. 108, en p, et, de côté, fig. 110. Cette conduite n'exige pas d'autre précaution que de faire marcher les roues dans les sillons formés par le rayonneur, et de placer toujours une roue lorsqu'on commence un nouveau trait dans le premier sillon, qui n'a pas été semé dans le trait précédent. Si une lanterne venait à s'obstruer, ce qui, au reste, n'arrive jamais aveo de la semence propre, le conducteur ne peut manquer de s'en apercevoir sur-le-champ. II est indifférent, à propre- n les e rude „. 102, nt ces 38E al IIes. plus neuf 1 leur 1 hent e les 108 ou- aière Wees ropre- D'INSTRUMENS D'AGRICULTURT. 89 ment parler, que la machine soit poussée vite ou lentement; mais comme la charge est très-légère, le conducteur peut marcher très-lestement. Lorsqu'il s'arrète pour remplir la boite ou pour toute autre cause, il doit placer un support sous le manche; car, en le laissant tomber à terre et le re- levant, il se répandrait mutilement beaucoup de semence. §. 74. Je vais maintenant examiner avec plus de détail les diverses parties de la. machine; c'est pourquoi je prie le lecteur de me pardonner quelques ré- Pétitions. La fig. 101 représente le cylindre dont on a té une roue. Dans ma machine, la roue est fixée sur le cylindre par un boulon de fer placé en a. Cette place est fort incommode, à cause du peu de distance qui se trouve entre la roue et la boite(voyez fig. 107); le boulon serait beaucoup mieux placé en 5, fig. 101 et 107. Derrière la roue, le cylindre est garni d'une rondelle de fer, ou, mieux encore, de cuivre. §. 75. Mes cylindres sont faits de bon bois de héêtre qu'on a préalablement fait bouillir. IIs sé conservent long-temps et ne se déjettent jamais; mais il faut mettre beaucoup de soin dans le choix du bois. Au lieu de cylindre en bois, on peut aussi se servir d'un barreau de fer avee des lanternes en cuivre. Cela serait particulièérement nécessaire, si on voulait faire construire une machine plus large, avec un plus grand nombre de lanternes. Un cheval serait alors nécessaire pour la conduire. Un cylindre en bois plus long se déjetterait in- failliblement. §. 76. Dans les coupes des lanternes, fig. 102, 103, 104, on aperç goit des points noirs à la pointe des dents; ils représentent de petits fuseaux en fil de laiton un peu fort, qui sont placés pour em pe echer que le bois ne s'use. Le cylindre doit ètre placé de manière que les dents qui sont représentées à la partie supérieure de ces coupes s'avancent à gauche, et non pas à à droite, 12 90 DrSschRIPTION Comme la fig. 107 représente la face antérieure de la machine lorsqu'on la pousse, la partie des lanternes qui est représentée à gauche dans les trois coupes doit se trouver en avant, en sorte que les faces les plus larges des dents s'avancent les premières; si elles marchaient en sens contraire, la se- mence se répandrait très-inégalement. §. 77. FrG. 102. Le cylindre à avoine. La profondeur des entailles dans la direc- tion du rayon est de deux lignes et demie du Rhin; la distance en ligne droite entre les pointes des dents est de trois lignes. Le diamètre total est d'un pouce dans toute la longueur du cylindre. Chaque entaille de cette lanterne prend en moyenne dix-huit grains d'a- voine ordinaire; comme chaque lanterne a treize entailles, les cind lanternes répandent, à chaque tour du cylindre ou des roues, 1170 grains. En trois tours la machine parcourt une longueur de 19 ½ pieds, et répand ainsi 3,510O grains sur une surface de 19 pieds de longueur, sur 3 4 pieds de largeur ou de 72 ⅔ pieds carrés. Cette quantité de grains pèse 6 loth, 1 quentchen, poids de Hanovre(qui est de 4 ¼ pour 100 plus fort que le poids de Cologne ou de Berlin). Par conséquent, il se trouve sur un ruthe carré du Rhin, 12 lotk, 1 2 quentchen, ou sur un morgen de 180 ruthe carrées, 70 livres 4 loth(1). Le cylindre à avoine de Ducket ne sème pas à beaucoup près aussi épais; je -„' 2 f.. ·ℳ 2* 7 2. 2** ai fait construire comme je viens de le décrire, parce que je suis convaincu de 'avantage des semailles épaisses pour l'avoine. Fre. 103. Le cylindre à orge, qui sert aussi pour le froment. Les entailles ont£ de ligne de profondeur, et sont au nombre de treize. Chaque entaille prend 13 grains d'orge; ainsi la machine répand, en trois tours, 2,535 grains, (1) Pai conservé à dessein les dénominations originales des poids et mesures, au lieu de les traduire par les expressions françaises analogues, parce qu'il m'a paru qu'il était moins à craindre ainsi qu'on ne les confondit avec les mesures françaises. J'ai placé en téte de ce volume le tableau du rapport de ces diverses mesures avec les mesures fran- çaises.(Note du traducteour.) P'INSTRUMENS D'AGRICUIL.TURNR. 91 1 a qui pèsent 6 loth, 6 grains. Cela fait 12 loth, 4£ grains par ruthe, ou . 67 livres 19 loth par morgen. ges des b la 86-§. 79. Pro. 104. Le cylindre à seigle. La profondeur de ses entailles est de a de lignes. Elles sont au nombre de treize; chacune prend 19 grains de seigle de moyenne grosseur; elle répand donc en trois tours 3,705 grains, qui pèsent direc- 4 loth, 1 quentchen, 20 grains; ainsi chaque ruthe carrée reçoit 8,loth, 2 ⁵& Troite querntchen, et chaque morgen, 48 livres, 19 loth, 3 quentchen. Cette quan- vuce tité de semence, déterminCe par les expériences en petit, s'accorde bien avec le résultat des semailles en grand, lorsque les brosses sont établies de manière Ta- à toucher seulement les pointes des dents. ernes Les dimensions des entailles des lanternes ont été réglées, d'après un grand tours nombre d'expériences, de manière à répandre la quantité de semence de chaque rains espèce de grain qui m'a paru la plus convenable. ou de poids§. 80. n La fig. 105 représente une brosse vue sur sa face la Plus large, et fig. 106, u). sur sa face etroite. Le hoss de la brosse a 9 fixé zur Pehier 5, at moyen deun ; j boulon. avec un petit écrou, de sorte qu'on penr 1 en détacher à volonté, ce n d qui devient nécessaire une fois par an pour réparer les brosses lorsqu'on fait un fréquent usage de P'instrument. Les brosses doivent étre fermes et rudes. Dans la fig. 107, on voit la bande de fer c qui porte des trous taraudés dans lesquels passent les vis des brosses. Cette bande est fixée en avant de taulles la caisse, comme on le voit fig. 109, et elle est maintenue solidement à sa place taille Par les tiges dd, fig. 107. , indiquent les collets de fer qui maintiennent le cylindre, et dans falns, lesquels il tourne. Le cylindre est garni à ses deux extrémités de deux frettes — qui tournent en contact avec ces collets; c'est pourquoi il est bon de les faire de métaux différens. au lieu Le reste a déjà été suffisamment expliqué. il 6tait lacé en es Fran- DESCRIP TION §. 81. ... 2 4 A 4 La figure 108 représente la caisse vue par-derriére, c'est-a-dire par le côt où on la pousse; 5 K sont les tiroirs par le moyen desquels on peut fermer les ouvertures. Lorsqu'ils sont tirés dehors, ils sont suspendus à une chainette. eο, Les collets de fer dans lesquels tourne le cylindre. La fig. 109 représente la botte à semence vue de côté, sans la roue ni le cylindre. kK, Un tiroir. m, Un entonnoir. , Un des collets dans lesquels le cylindre tourne. c, La bande de fer dans laquelle passent les vis des brosses. §. 832. 2 Fro. 110. Coupe transversale de la machine, avec une roue, et le manche qui sert à la pousser. On voit ici l'ouverture d par laquelle la semence tombe de l'intérieur de la botte c sur le cylindre, ainsi que la brosse qui vient aboutir sur le cylindre 5. Fro. II1. Coupe transversale de la botte à semence sur une plus grande Schelle. 21, Epaisseur de la pièce de bois qui forme le fond de la boite. 5, Echancrure longitudinale dans laquelle est logé le cylindre; afin que celui-ci joigne plus exactement, on peut garnir l'intérieur de cette échancrure d'un cuir mince, comme cela est indiqué dans la figure par une ligne plus large formant un arc de cercle. d, Ouverture par laquelle la semence tombe sur le cylindre. g, QOuverture par laquelle la brosse est introduite. Fro. 112. La boite à semence vue par-dessus, avec les ouvertures 1, a, 3, 4., 5, de Sson fond. côte rmer une ui le nche le la e b. nde 1 què Lcrure plus 1, 2, D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. §. 83. Quoique ce semoir ait été imaginé et construit spécialement pour semer en lignes, cependant, en ôtant les entonnoirs, il peut très-bien servir pour semer à la volée. II répand la semence alors beaucoup plus également que le meil- leur semeur ne peut le faire à la main. Il est vrai qu'un homme ne peut se- mer avec cette machine dans un jour qu'environ la moitié de terrain qu'il pourrait semer à la main; mais aussi le premier homme venu peut y étre em- ployé. Le reproche qu'on a fait au semoir, d'augmenter les frais de culture, est dérisoire; en effet, en employant cet instrument à semer à la volée, l'é- pargne sur la semence est très-considérable, quand même on ne l'évaluerait qu'au tiers de celle qui est nécessaire pour semer à la main, ce qui certaine- ment n'est pas exagéré. Si on voulait cependant faire construire une machine spécialement pour semer à la volée, on devrait placer les lanternes sur le ex- lindre à des distances égales. Un grand nombre d'agriculteurs pratiques, qui ont observé chez moi les effets de cestte machine, ont témoigné le désir d'en avoir de semblables pour semer à la volée. Je ne sais cependant s'ils ont mis ce projet à exécution. Jai souvent employé cet instrument sans ôter les entonnnoirs, pour répandre la semence sur la terre préalablement hersée, et l'enterrer ensuitée à la charrue; la semence était alors répandue fort également. §. 64. LE SEMOIR POUR LES POIS ET LES FEVES. Lorsqu'on n'a pas le semoir de Cook, ou un autre semblable, on est force d'employer des instrumens particuliers pour les grosses graines ou pour les se- mences très-fines; ces instrumens sont nécessaires aussi lorsqu'on veut semer en rayons distans de plus de dix-huit pouces. Celui qui est représenté ici con- vient très-bien pour les fèves et les pois. On le voit en perspective, fig. 124, et en coupe, fig. 116. a, Le rayonneur, ou la pièce de fer qui ouvre le sillon. On peut l'élever ou'abaisser pour ouvrir des sillons plus ou moins profonds, au moyen de l'd- crou supérieur et d'une rondelle qu'on place en-dessus ou en-dessous de la. pièce de bois; on peut aussi l'ôter entièrement, lorsqu'on veut semer dans les sillons faits par la charrue. 94 DESCRIPTTON 5, L'entonnoir qui conduit la semence dans le sillon ouvert. h, Marqueur qui trace la ligne sur laquelle doit marcher la roue ou le rayonneur pour le trait suivant. On peut l'écarter à volonté au moyen de la tige taraudée, qui est placée horizontalement du côté opposé à la roue; une autre tige, fixée à la chape de la roulette, est percée à son autre extrémité d'un trou dans lequel la première tige entre librement; et on la fixe au point qu'on le désire, au moyen de deux écrous. La rouleite doit étre un peu lourde, et peut èêtre construite en cuivre ou en fer fondu; sa circonférence est tranchante, afin de marquer suffisamment sur la terre. La tige horizontale doit être assez longue pour pouvoir espacer le marqueur à deux pieds et demi. de la roue. La roue de fer g est fixée sur son axe, de manière que celui-ci, ainsi que le cylindre à semence qu'il porte, tournent avec elle. §. 85. La position du cylindre à semer se voit fig. 116, enc, et on voit en a, fig. 117, la mortaise dans laquelle il est logé. La surface du cylindre est frottée par une brosse qu'on voit à sa place en d, fig. 116, et qui est représentée sur une plus grande échelle vue de côté, fig. 122, et vue de plat, fig. 123. Au moyen de la rainure qu'on voit dans cette dernière figure, elle peut se mouvoir sur une cheville de fer, comme on le voit, fig. 116, en e, et on la fixe au moyen d'un écrou, en lui donnant grains qui sont logés dans les entailles peuvent seuls passer par-dessous la brosse, plus ou moins de pression sur le cylindre. Lorsque celui-ci tourne, les et les autres sont retenus dans la botte. Ces cylindres sont représentés en profil, fig. 113, 114 et I1 5, etles fig. 1 19, 120 ct 121 représentent la moitié de leur péripherie développée et supposée plane. La fig. 113 correspond à la fig. 121, la ſig. 114 à la fig. 119, et la fig. 115 à la ſig. 120. Pour construire un cylindre semblable, on commence par le faire faire sur le tour, d'après le diamètre indiqué par l'échelle. Ensuite on coupe une bande de papier destinée à être appliquée sur la périphérie du cylindre, et qui doit par conséquent avoir le double de longueur de celles qui sont re- présentées ici; on y dessine les entailles, comme on le voit dans la figure; on Ja colle sur le cylindre, et lorsque le tout est sec, on creuse les entailles —,— 2 ou le n de la 2; une 6,4,„ Emité polnt 1 peu ce est ontale demi que en a, en d c0té, dans ne on mant rains osse, posée „et la faire de une ndre, nt re- re; on Railles D'INSTRUMENS D'AGRICULTURI. 95 qui sont dessinées sur le papier, à la profondeur qui est indiquée par les profils des fig. 113, 114 ou 115. 8„. Les points noirs qu'on aperçoit dans les entailles des dessins plats sont des Point du on apercort da P pointes de fort fil de laiton que j'ai trouvé avantageux d'y placer, pour que la semence ne puisse jamais s'arrèter dans l'entaille. 4 §. 36. Le cylindre, fig. 115 et 121, est destiné à de très-grosses fèves, celui des fig. 115 et 120, à des fèves de cheval ordinaires, et celui des fig. 114-119 à des pois. La fig. Ir8 représente comme plane la demi-périphérie d'un cylindre des- tiné aux lentilles; mais les trous sont trop petits, et une rainure proportionnée à la grosseur des lentilles et divisée par des fils de laiton conviendrait mieux. Pai employé ce cylindre avec beaucoup d'avantage pour la graine d'acacia. L'axe de fer des cylindres traverse les ouvertures carrées des fig. 113, 114 et 115. Il doit par conséquent être carré dans la longueur des cylindres, et ses deux extrémités qui traversent les parois de la boite sont rondes. Dans la coupe fig. 116, la roue n'est que ponctuée. On voit en /un crampon de fer auquel on peut fixer une corde, afin qu'un second homme puisse, en tirant, aider celui qui pousse la machine, ce qui n'est nécessaire que lorsque le rayonneur doit ouvrir des sillons un peu profonds. §. 87. FrG. 117. Les parties en bois de la machine vues par-dessous. a, Mortaise dans laquelle est logé le cylindre. c, Trou dans lequel est assemblé le rayonneur. dd, La boite à semence. 655b, Les pieds. §. 83. On a aussi employé cette machine, avec un cylindre convenable, pour les graines fines, comme raves, colza, trèêfle; mais dans ce cas la mortaise a, 96 DESCRITPTION fig. 1I7, doit étre garnie d'une feuille de fer, et le cylindre doit être en cuivre, de manière que l'un et l'autre se joignent exactement; en eflet, le bois pre- nant toujours de la retraite par la sécheresse, des semences aussi fines ne se- raient pas suffisamment retenues. Pour les grosses semences, des cylindres de bois dur imbibé d'huile suffisent. §. 89. LA HERSE A TAUPINIERES. Cet instrument, très-simple, est fort utile dans une ferme pour aplanir les monticules produites par les taupes dans les prairies naturelles ou artifi- cielles; il épargne beaucoup de temps et de travail. Dans les dimensions que je donne ici, il peut facilement étre trainé par un cheval; si on veut y en atte- ler deux, on peut lui donner un pied de largeur de plus. La fig. 122 bis le représente vu par-dessus. Il est formé de trois traverses aaa unies entre elles par les pièces de bois 5 b5. Dans le profil, fig. 123 bis, on voit l'épaisseur de ces diverses pièces. c, est une lame tranchante par-devant, et qui a très-peu d'entrure, c'est- à-dire qu'elle est très-légèrement inclinée vers le bas par-devant. Au-dessus de la traverse du milieu, il s'en trouve une seconde qu'on voit fig. 123 bis et 124 bis, et qui est unie à la première par trois vis, ſ¹h, fig. 122 bis. Dans cette traverse se trouvent dix trous dans lesquels passent des chevilles fixées dans la traverse du dessous. Ces chevilles servent à répartir également sur toute la longueur, des branches d'épines dont on place le gros bout entre les deux traverses qui les serrent entre elles, comme on le voit dans la. fig. 124 bis. L'extrémité de ces branches passe au-dessous de la troisiéme traverse. d, Crochet auquel on attache le palonnier. La lame tranchante coupe les taupinières parfaitement au niveau du sol, pourvu qu'elles ne soient pas trop vieilles, et ne fait aucun tort au gazon. Les gpines divisent la terre détachée, et la répartissent sur la surface du sol. Pour donner à l'instrument plus d'énergie, on peut encore le charger d'une tra- verse pesante. Les effets de cet instrument ont reçu l'approbation de tous ceux qui les ont observés. Selon qu'on veut que le tranchant morde plus ou moins, on attelle les che- vaux plus ou moins court. cuire, ois pre- ne se- lres de Nanir rtifi- s que atte- Lerses ) lessus bis et villes ment entre ns L sièeme msol, 1. Les Pour e tra- sceux sche⸗ D'INSTRUMENS D'AGRTCUVLTURE. §. 90. . EE SEMOIR A RAVES. Les fig. 125 et 126 représentent cet instrument, qui convient également pour le colza, la navette et autres graines de cette espèce. La fig. 125 le représente en profil. La fig. 126, vu par-dessus. a, La roue. 5, La boite à semence en fer-blanc. Celle-ci est unie à la roue par une courroie sans fin qui passe sur deux poulies, dont l'une est fixée sur l'axe de la boite, et l'autre sur l'axe de la roue; ces deux poulies sont d'un égal diamètre, de manière que la botte fait autant de tours que la roue. x, Grosse ouverture par laquelle on introduit dans la botte, la semence qui doit auparavant avoir été parfaitement nettoyée, on met chaque fois environ un quart de livre de graine, et ensuite on ferme l'ouverture avec un bouchon. Dans le mouvement de rotation de la boite, la graine se répand par sept trous qui se trouvent sur son plus grand diamèêtre, et qui ont environ une ligne d'ouverture. c, L'entonnoir dont la partie supérieure est faite en fer-blanc ‚ et la par- tie inférieure en bois. Il conduit la semence dans le sillon ouvert par le rayonneur. d, Le rayonneur; pièce de fer fixée sur l'entonnoir en bois. e, Petit rouleau qui recouvre la semence et presse la terre. Selon la taille du conducteur, il peut être fixé ou plus haut ou plus bas, au moyen des trous qui se trouvent dans les limons de la brouette. Les figures sont suffisantes pour donner une idée claire des autres parties de Pinstrument. Quant à l'usage de cet instrument, on peut consulter mon Agriculture an- glaise, Se. vol., Traitéè de la culture au semoir(1). (1) Depuis plusieurs années, je fais un très-grand usage de cet instrument; c'est méême le seul semoir que j'emploie. Pour le rendre propre à la semaille de graines de diverses 13 DESCRIPTION §. 91. LE TRANCHE-GAZzZON. Les fig. 127, 128, 129 et 130 montrent la disposition du coutre à écroũter ou tranche-gazon. Dans la fig. 127, il est appliqué à une charrue de Small. L'aile ou l'oreille est fixée au coutre, dans la direction qui est indiquée par la figure. La fig. 128 le représente vu par-derrière, ou du côté de sa surface con- vexe. Il est fixé sur le coutre par la pièce de fer æ, et par trois ou quatre agrafes. „. 4. 2 La fig. 129 représente sa face antérieure concave. La fig. 130 le représente vu de côté, afin qu'on voie la courbure de ce pe- grosseurs, j'ai fait garnir la capsule, selon la méthode de M. de Fellenberg, d'une espèce de bague ou anneau en fer-blanc qui l'entoure sur le ventre, de manière à couvrir tous les trous qui ont environ trois lignes de diamètre. La bande de fer-blanc qui forme cette bague a environ un pouce et demi de largeur; la bague tourne à frottement rude sur la capsule, et elle porte des séries de trous de différens calibres, bien espacés entre eux, de manière qu'on peut à volonté faire correspondre chaque série avec les trous de la capsule. Par ce moyen, une seule capsule suffit pour semer un grand nombre de graines, depuis les plus fines, comme celles de pavot et de gaude, jusqu'à celles de radis et autres semblables. La graine de chicorée, quoique n'étant pas ronde, se sème aussi très-bien avec cette capsule. Je l'ai méme employée à semer l'orge et le froment, et quoique la semaille ne soit pas tout-à-fait aussi régulière qu'avec un semoir plus compliqué, cependant elle est très-satis- faisante. La simplicité de cet instrument, son bas prix, la facilité de sa conduite, com- pensent bien, je crois, ce qui peut lui manquer sous le rapport de l'extrème régularité de la semaille. Les trous destinés à chaque espèce de graine doivent étre assez grands pour laisser pas- ser très-librement un grain des plus gros, sans permettre cependant qu'il en passe deux à-la-fois. On sème toujours dans des sillons ouverts par le rayonneur. Lorsqu'on sème en lignes espacées de dix-huit pouces, un homme peut semer 120 ares dans la journée.(Note du traducteur.). » dtre D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 99 tit versoir. Son bord inférieur, qui est tranchant, écroùte la bande de terre qui va être labourée, et jette la portion qu'elle détache au fond du sillon. §. 92. Selon qu'on veut labourer plus ou moins profondément, ou écroùter à une plus ou moins grande épaisseur, on établit le coutre plus ou moins haut; ce qu'on apprend facilement par l'usage. On peut également l'ajouter à toute autre charrue. Cette construction exige toujours un cheval de plus sur deux; mais elle est d'une grande importance pour rompre un chaume de trèfle ou un gazon, lorsqu'on ne veut donner qu'un seul labour, ainsi que pour enterrer du fumier. pailleux. Dans tous ces cas, la partie qui se trouvait à la surface du sol est pro- fondément enterrée(1). (1) Dans la Belgique, lorsqu'on veut rompre un chaume de treêfle pour y semer du blé sur un seul labour, chaque sillon se fait en deux traits de charrue; le premier ne fait qu'é- croùter la surface du sol à un ou deux pouces de profondeur; cette tranche mince est jetée au fond du sillon précédent, et elle est ensuite recouverte par un trait de charrue plus profond. Si on veut avoir quelques détails sur cette opération, on pourra consulter la- Doscription de l'Agriculture belge, par Schwerz, excellent ouvrage dont il n'existe mal- heureusement pas de traduction française. L'instrument que l'auteur décrit ici est destiné à produire le mòôme effet en un seul trait de charrue, et, sous ce rapport, je le regarde comme d'une très-haute importance. Je dois dire que j'ai essayé de l'imiter, en l'adaptant à une charrue de Small, sans pouvoir y réus- sir. Ce petit versoir, en changeant totalement la ligne de résistance de la charrue, lui fai- sait constamment perdre son équilibre: c'est sürement ma faute, car cet instrument est assez fréquemment employé en Angleterre; au reste, d'autres occupations m'ont empèché de donner à cet essai la suite qui en eüt probablement assuré le succès: j'y reviendrai lors- que j'en aurai le loisir.(Note du traducteur.) DESCRIPTION §. 93. LàA CHARRUE A DEUX VERSOIRS MOBILES(FrG. 131, 132 et 133). Toute personne qui a essayé en grand la culture des plantes à racines et de plusieurs autres espèces de récoltes, au moyen de la houe à cheval et du buloir, sera portée à désirer que cet instrument soit amené à toute la perfection dont il est susceptible, et elle souhaitera d'avoir un instrument particulier, destiné à buter certaines récoltes en donnant à l'ados plus de hauteur qu'on ne peut le faire avec le butoir ordinaire. Celui-ci peut bien amonceler la terre à six ou huit pouces de hauteur, et procurer de bonnes récoltes; mais si on veut donner une culture absolument parfaite, fournir plusieurs fois successivement une terre nouvelle aux plantes, ameublir la terre de l'ados aussi souvent qu'il s'y forme une croùte, et en mèême temps détruire les mauvaises herbes qui y poussent, cet instrument n'est pas assez énergique. Avec celui qui est représenté ici, on peut amonceler successivement la terre jusqu'à deux pieds de hauteur contre les tiges des plantes sans bles- ser les racines; car le sillon que forme cet instrument entre deux rayons de plantes a à peine deux pouces de largeur au fond. Il faut avoir vu les effets d'une culture si souvent réitérée et si puissante, pour s'en faire une idée. En effet, pour arriver à la plus grande profon- deur à laquelle cette charrue puisse parvenir, on doit buter en trois fois, en augmentant l'ados chaque fois. Si on voulait produire cet effet en une fois, on détruirait la récolte. Les paysans de mes environs attribuent à cette charrue, que je fais peindre en bleu, un effet magique sur la crois- sance des pommes de terre et des choux.— Vois-tu, disait l'un d'eux à son camarade, comme cela pousse depuis que ce diable bleu y a passé!» §. 94: Il est vrai qu'il ne serait pas convenable de donner une culture aussi profonde dans toute espéèce de terrain indistinctement: lorsque le sol in- férieur est pierreux, cela ne serait pas praticable; s'il est argileux, cela demande réflexion. En effet, la terre végétale se trouve toujours mélée par cette opération avec une petite partie de celle de dessous. La plupart du ——— ☛ D'INSTRUMENS D'AGRICUILTURE. 101 temps cela est avantageux; mais, dans certaines circonstances, cela pour- rait étre nuisible. Cependant ce mélange de la terre inférieure avec la terre végétale n'est pas considérable; car lorsque la charrue pénètre à sa plus grande profondeur, les sillons qu'elle ouvre doivent èêtre espacés au moins de deux pieds et demi; lorsque j'ai parlé d'une hauteur de deux pieds pour les ados, cela s'entend depuis le fond du sillon jusqu'au sommet de l'ados; dans ce cas, on n'a donc pénétré réellement qu'à un pied au-dessous de la surface de la terre; or, en supposant qu'à cette profondeur on ait pénétré de six pouces dans le sol inférieur, la bande de terre qu'on en a enlevée ne présente dans sa section que vingt-quatre pouces carrés. Une partie de la terre qu'on en a fait sortir y retombe chaque fois d'elle-méème, et, lors- qu'on rompt le champ, la plus grande partie de cette terre est replacée au fond. Cette terre, qui a été exposée aux influences de l'atmosphere, a été améliorée; cependant une petite partie reste mélée à la terre végétale, ce qui ne peut étre nuisible que dans le cas ou celle-ci serait tellement tenace, qu'elle ne pourrait pas supporter le moindre mélange d'argile. §. 95. Lorsqu'il arrive qu'un sol d'une consistance moyenne est exposé à souffrir de Thumidité par l'imperméabilité de la couche d'argile sur laquelle il re- pose, l'effet de cette culture est trèés-utile, d'abord en augmentant l'épais- seur de la couche végétale, ensuite en sillonnant la couche inférieure d'un grand nombre de rigoles, qui, pendant plusieurs années, permettent l'é- coulement de l'eau et produisent l'effet des saignées souterraines artificielles. En effet, le sillon tracé par cette charrue dans l'argile subsiste long-temps, quoiqu'il soit rempli par la terre ameublie. Proportionnellement à la profondeur à laquelle cette charrue pénètre, elle exige une force de tirage très-médiocre, à cause du peu de frottement au- quel elle est exposée, de sa forme de coin et de la courbure des surfaces qui relèvent la terre. Lorsqu'on T'emploie à buter pragressivement les ré- coltes, deux chevaux sont suffisans pour atteindre à la plus grande pro- fondeur du sillon; et même pour tracer les sillons d'écoulement, quoiqu'on doive atteindre en une seule fois à la même profondeur, je n'y emploie pas plus de deux chevaux; mais alors ils ne pourraient pas supporter long-temps ce travail. — DESCRIPTION §. 96. Au commencement, j'attelais à cette charrue, deux chevaux de file; mais il est difficile, dans ce cas, de régulariser les lignes de tirage de manière à ce qu'elles coincident au même point; la profondeur du sillon est donc sujette à varier. Maintenant j'attelle les deux chevaux de front, mais avec une volée assez grande pour que les deux chevaux marchent dans les sillons voisins de celui dans lequel est la charrue. Si les rayons des récoltes sont espacés de deux pieds et demi, les chevaux laissent entre eux une dis- tance de cinq pieds, comme on le voit dans la figure suivante, ou marque les rayons des plantes, et les:::::::::: les sillons. C.,..:?..:....:.........*.*....***:* œᷣ XAXA 5, 2......:..::.......:..:*:.:....: œ œKXXXAX C.* 7 2..........:......*....:.:..: 4* Lorsque la charrue marche dans le sillon 5, les chevaux marchent dans les sillons a et c. Lorsque les chevaux ne sont pas habitués à ce travail, on doit placer entre leurs tétes une traverse de bois léger qui les maintient à la distance convenable. Au moyen de cette disposition, l'opération ne pré- sente pas de difficulté. §. 97. Outre le butage des récoltes, cet instrument est trèés-utile aussi pour ouvrir des sillons d'écoulement: on ne peut, avecla béche et la pelle, les exécuter avec autant de régularité qu'au moyen de cette charrue. Lorsqu'on les ouvre à la profondeur d'un pied, ils n'ont au fond qu'une largeur de deux pouces, et en haut leur largeur est de plus de deux pieds; de sorte que leurs côtés très-nets et très-unis sont suffisamment inclinés. La terre est rejetée assez loin pour ne pas retomber dans le sillon; mais il est nécessaire d'é- galiser ensuite le sol avec un raàteau. Cet instrument est treés-précieux, quand on voudrait Temployer uniquement à ouvrir ces sortes de sillons. —— ——— mais iere à donc Aec dans Il, on ent à pré- pour le, les qu'on e deux le leurs rejetée re déε- écieux, sUlons. D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 103 Lorsqu'on veut les ouvrir très-profonds, il vaut mieux y revenir à deux fois, en écartant davantage les versoirs à la deuxième fois, en même temps qu'on augmente la profondeur du sillon. §. 98. On peut aussi employer cette charrue à exécuter les rigoles couvertes, et, par son moyen, épargner une grande partie de la main-d'œuvre. Pour cela, on commence par ouvrir, avec une charrue ordinaire, deux sillons paralleéles, en laissant une bande de terre entre eux;on refend ensuite cette bande de terre avec notre instrument, et en le faisant passer plusieurs fois dans le même sillon, on peut, sans employer plus de deux chevaux, atteindre à une profondeur de deux pieds. Dans un solargileux et plat, il ne reste, après cette opération, rien à faire avec la béche pointue, ou, au moins, très-peu de chose. — Cette charrue ayant beaucoup de rapport avec celle que j'ai décrite, et qui est représentée fig. 46, à 73, les détails dans lesquels je suis entré me dispenseront de donner ici le dessin de chacune de ses parties à part. §. 99. LE PLANTOIR A CHobX. On trouvera, fig. 1o, le dessin d'un instrument à main, utile pour la plantation des choux, des betteraves, etc. Ou se sert ordinairement, pour cela, d'un plantoir rond en bois, qui est suffisant dans une terre meuble, mais qui, dans un sol argileux, a l'inconvénient de donner une trop forte pression à la racine, ou de laisser du vide autour d'elle. Un planteur de choux, bon observateur, a imaginé l'instrument qui est figuré ici; et expé- rience lui a appris que les plantes pour lesquelles il avait été employé reprenaient plus vite et plus sůrement. a, montre l'instrument vu de côté. 5, La lame vue par-devant. On enfonce cette lame dans la terre, en lui donnant rapidement une lé- gère inclinaison en avant et une en arrieère, de manièere qu'on forme un trou suffisant pour y introduire la plante. On y place celle-ci, et on enfonce DESCRIPTION- 104 de nouveau l'instrument un peu en avant, en donnant une légère pression contre la racine. Lorsque les ouvriers y sont habitués, le travail est beau- coup plus prompt et plus facile qu'avec le plantoir ordinaire. Cependant, j'ai remarqué que l'habitude nécessaire, pour manier cet outil, n'est pas très-facile à acquérir, sur-tout lorsqu'on y emploie des femmes; c'est pour- quoi j'emploie une lame semblable avec une ligne droite surmontée d'une poignée en forme de béquille; par ce moyen les ouvriers ont plus de faci- lité pour enfoncer l'instrument. §. roo. — LA CHARRUE A CREUSER DES RIGOLES D'ECOULEMENT, DESTINEE PRINCIPALEMENT AUX PRES ET AUX PATURAGES. (EiG. 134, 135, 136 et 137.) Cette charrue ouvre une rigole très-régulière, et dont les côtés forment un angle droit avec le fond. Elle ne convient pas dans les terrains meubles parce que, dans cette sorte de terre, la rigole doit étre beaucoup plus large par le haut qu'au fond; mais, dans les terres fortes, et principalement dans les prés, elle exécute un travail parfait. On sait combien les eaux stagnantes sont nuisibles dans les päturages destinés aux moutons, principalement en terre argileuse. Il est rare qu'on ne puisse donner un écoulement à cette eau de quelque côté, au moyen de rigoles médiocrement profondes; presque toujours, cependant, on néglige ce travail, parce que, exécuté à la béche, il est long et coùteux. Au moyen de la charrue dont je parle, on peut, dans un seul jour, ouvrir une étendue considérable de rigoles, et assainir, pour tout l'été, de vastes paturages, lorsque le sol ne présente pas de trop fortes inégalités. Elle détache une bande de terre de six pouces de largeur et de trois à six pouces d'épaisseur; elle la soulève, et au moyen de son versoir trèés-écarté, elle la repousse assez loin pour n'éxiger aucun travail ultérieur. On voit qu'elle est aussi très-convenable pour ouvrir les rigoles nécessaires à l'irri- gation des prairies, et que, par son moyen, on épargne beaucoup de travail. pression 8t beau- dendant, pest Das 3t pour. e d'une de faci- SIINEE orment heubles lus large ent dans turages e qu'on oyen de néglige moyen étendue Kurages, ois à six s-Ecarté, On voit sà Tirri- ncoup de D'INSTRUMENS D'AGRICULTURI. 103 §. 48. La vue perspective du côté droit, qui est représentée fig. 137, en donne une idée claire et complète. Au soc a sont joints un long coutre 5 et un plus court c. Pendant que le soc détache horizontalement la bande de terre par-dessous, les coutres la coupent verticalement de chaque côté. Elle est amenée par le soc et par la section oblique d de la pièce de bois e, sur le versoir qui la repousse du côté droit. La pièce de bois carrée e qui forme le sep, et qui est recouverte de fer, aplanit les parois de la rigole, et la rend trèés-nette. La roue g dé- termine la profondeur à laquelle la charrue doit pénétrer au moyen d'une tige de fer h qui traverse l'age. Pour cela la tige est mobile sur l'age, et on la fixe à la hauteur qu'on veut, au moyen d'une vis 7. Du reste, en comparant entre eux les quatre dessins que je donne de cette charrue, on saisira facilement sa construction et les rapports de ses parties. §. 102. LA CHARRUE A ECROUTER LE GAZON(FrG. 138, 139, 140, 144 et 145). Le corps de cette charrue, qui est destinée principalement à écroùter le gazon à la profondeur qu'on désire, et à le renverser complétement, est assez semblable à celui des autres charrues que j'ai décrites; seulement, son versoir, fort écarté par le haut, renverse à plat la bande de terre. En sũpprimant la roue, elle convient par conséquent très-bien pour exécuter les labours plats ordinaires, et faire de larges sillons(1). Nous allons examiner la disposition de la roue, par laquelle on peut (1) Je crois devoir répéter ici une observation que j'ai déjà faite: depuis que ceci a ét 6crit, M. Thaer a reconnu, par son expérience, que l'addition d'une roue, qui est ici une espèce d'avant-train, n'est pas nécessaire pour écroũter le gazon, et même pour des défri- chemens qui contiennent beaucoup de racines. Je crois cependant qu'elle peut être utile lorsqu'on veut n'enlever qu'une tranche trèés-mince, comme deux pouces environ.(Note 14 du traducteur.) — 106 DESCRIPTION augmenter ou diminuer la largeur et l'épaisseur de la bande de gazon. La profondeur se détermine au moyen de la tige d, de méême que dans la charrue que je viens de décrire. La vue de côté, fig. 139, et celle de dessous, 140, font voir comment la roue peut éêtre éloignée et rapprochée de la ver- ticale de l'age. Pour cela le barreau c, ou l'axe de la roue, est mobile dans les deux ouvertures f, et on le fixe solidement au moyen de la vis d, lors- que la roue est écartée à la distance convenable. La divergence de la direction de la semelle, relativement à l'age, est in- diquée exactement par des lignes ponctuées. Je crois inutile d'entrer dans de plus grands détails, parce que tout est clairement expliqué par les figures; j'ai fait suffisamment connaitre, dans la description des charrues précédentes, la construction des autres parties, comme le régulateur, etc. 8 2 §. 103. IE CROCHET AARRACHER LES POMMES DE TBRRE(PIG. 141, 142 et 143). Je ne donne pas ici cet instrument à main très-simple comme une inven- tion nouvelle, mais comme étant très-utile dans la culture des pommes de terre. Il est figuré si exactement, que toute explication ultérieure serait su- perflue. Pai remarqué qu'un ouvrier laborieux peut, avec cet instrument, donner de Foccupation à quinze ramasseuses. On doit régler la longueur des dents sur la profondeur à laquelle croit l'espèce de pommes de terre qu'on cultive, et leur force selon la ténacité du sol. §. 104. LE BUTOIR A POMMES DE TERRE, OU LA HOUE A CHEVAIL SIMPLE (FrG. 146, 147 et 148). Dans mon édition de l'Instruction surl'éducation des bestiaulæ, par Beigen, pai fait dessiner un instrument du même genre, que j avais imité du binoir du Mecklenbourg. Quoique cet instrument ait été tres bien accueilli, et qu'il ait beaucoup contribué à favoriser la culture en grand des pommes de terre, dans toutes les parties de TAllemagne ou il s'est répandu, il était cependant ver. dans lors- t in- tout tre, itres ueur terre HPLE Bergen, binoir et qui e terre, dendant DINSTRUMENS D'AGRICULTURE. 107 fort incommode, parce que la limonière, au moyen de laquelle il était at- telé, forçait l'instrument à sortir de sa direction toutes les fois que le cheval faisait un léger écart, et sur-tout parce que, dans les terrains en pente, il était fort difficile de l'empècher de sortir de terre en montant, ou de pé- nétrer à une trop grande profondeur en descendant. Jai corrigé ces défauts en lui donnant un age avec un régulateur; je lu ai donné aussi deux manches au lieu d'un. Au moyen de ces changemens, le conducteur est bien plus facilement maitre de l' instrument; il a Peaucoup moins de peine, ainsi que le cheval. Les trois figures représentent l'instrument avec exactitude dans toutes ses dimensions. Lorsqu'on relève par derrière le régulateur qui est représenté dans la vue de côté, le crochet auquel est attelé le cheval se trouve placé plus bas, par conséquent l'instrument a moins d'entrure; si on abaisse, au contraire, cette partie, il pénètre plus profondément. LA HOUE A CHBVAL COMPOSEE(FPrG. 149-154). Pavais également fait dessiner un instrument semblable dans lInstruc- tion de Bergen sur!'éclucation des bestiaux. Mais les pieds de bois dans les- quels les socs triangulaires plats étaient assemblés au moyen d'une courte tige, donnaient à l'instrument peu de solidité, et les racines s'amassaient facilement entre les pieds; d'ailleurs, les socs ne pénétraient pas assez faci- lement dans la terre. Depuis, j'ai donné aux socs des tiges plus longues, tranchantes sur leur face antérieure, et quis'assemblent immédiatement ans Fage et dans les traverses. Jai donné aux socs une forme un peu convexe avec plus de longueur, de sorte qu'ils ont la forme d'un coin aigu. On voit en a un soc de cette espèce par derrière; on peut y remarquer la courbure de la feuille qui le forme. En b, on voit par-dessus un soc sans sa tige. PESCRIPTION §. 106. Dans les figures qui représentent l'instrument vu par-dessus et par-des- sous, on remarque deux trous de chaque côté de la traverse; on place les tiges dans les uns ou dans les autres de ces trous, selon qu'on a à travailler entre des lignes plus ou moins espacées. Lorsqu'elles sont placées dans les trous extérieurs, l'instrument prend une largeur de vingt-un pouces, et de dix-huit lorsqu'elles sont placées dans les deux trous intérieurs. On peut:- déterminer à volonté cette largeur en faisant percer les trous en consé- quence. Au lieu de la petite roue qui est représentée ici, j'ai fait aussi adapter à Tinstrument une roue plus grande, semblable à celle de la charrue, fig. 137; l'instrument acquiert plus de fermeté dans sa marche. Avec la forme actuelle des socs, cette houe agit bien plus énergiquement pour la destruction des mauvaises herbes et Tameublissement de la terre. On peut, sans fatiguer le cheval, faire pénétrer l'instrument à deux pouces de profondeur dans la terre. On ne peut assez le recommander pour la cul- ture des récoltes racines, et des plantes de la famille des choux, parce qu'on peut l'employer bien plutòt que la houe à cheval simple. Avec un cheval et un homme, on peut exécuter le travail de trente ouvriers. §. 107. DESCRIPTION D'UN NOUVEAU SEMOIR(FrG. 155-168). Douze années d'expériences et d'observations m'avaient convaincu de plus en plus des avantages importans de la culture des grains en lignes, au moyen du semoir et de la houe à cheval; mais l'année 1804 a été son triomphe. La plus grande partie de mes seigles était dans un terrain froid et humide. On avait ouvert des sillons d'écoulement en suffisance; mais tous les cultivateurs doivent se souvenir de la fächeuse saison que nous eùmes à la fin de mars et au commencement d'avril; la neige, qui se fondit par une série successive de dégels et de gelées, rendit inutiles tous les sil- lons d'écoulement; cette circonstance détruisit une grande partie de se- mailles d'hiver, et occasionna dans plusieurs contrées une disette et pres- r-des- ce les Failler ins les et de peut. ns6- 1 1 ter à 137; nent terre. ouces cul- uon eval u de 3, au son rroid mais nous ondit s si- e se- pres- D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 109 que une famine. On peut juger dans quel état se trouvaient mes seigles à la fin de l'hiver dans un sol aussi humide que celui dont je viens de parler: on n'y voyait que la terre, et on ne distinguait les lignes de seigle qu'à ses feuilles pourries couchées sur le sol; si on arrachait quelques plantes, on trouvait encore dans un petit nombre un faible germe jaune plutòt que vert, et, dans le plus grand nombre, on ne trouvait absolument rien de vert. La grande confiance que j'avais dans l'efficacité de la houe à cheval put seule me déterminer à y essayer cet instrument; je leur fis donc donner un binage aussitôt que le sol fut assez ressuyé pour permettre d'y entrer; peu de jours apréès ce travail, on apercevait déjà les lignes vertes, et les jeunes pousses se faisaient jour à travers la terre ameublie; les plantes y pousseérent de nouvelles racines; et, lorsque je fis répéter cette culture trois semaines après, mon seigle avait tellement tallé, que le soc de l'instrument pouvait à peine passer entre les lignes. Après ce second travail, il s'éleva si fortement, avec des tiges si grosses et si nombreuses, que chacun admirait cette semaille, en la comparant aux champs voisins. Ayant fait, dans le cours de cet été, un voyage à travers les parties les plus fertiles des duchés de Brunswick et de Magdebourg, je n'ai vu aucun seigle qu'on pùt comparer à celui-ci. Ce résultat presque inespéré me détermina, malgré de nombreuses occu- pations, à employer tous mes soins à la construction d'un semoir encore plus parfait, d'une machine qui, à la plus grande simplicité et à la plus grande solidité possible, pút réunir une telle célérité dans son travail, qu'elle se rapprochàt, sous ce rapport, de la main du semeur. J'habitais alors dans le voisinage du célèbre mécanicien Engelke, à Hanovre. §. 108. Je suis parvenu, avec son aide, à construire la machine que je vais décrire, qui, dans l'usage, a répondu à tous mes désirs, quoiqu'elle soit susceptible encore de quelques améliorations, pour l'approprier à certains buts par- ticuliers. Le mécanisme qui, dans cet instrument, est destiné à répandre la se- mence, ressemble à celui des machines de Tull et de Ducket: c'est pour- quoi je renvoie, pour cet objet, à la description de cette dernière(fig. 101 et suivantes). On verra facilement les avantages de la machine que je prèé- 110 DESCRIPTION sente ici. Je suppose que le lecteur se rappelle parfaitement la descriplion de celle de Ducket, et s'en est fait une idée exacte: dans le cas contraire, je le prie de Pétudier de nouveau avant de lire ce qui va suivre. Le semoir du célèbre Cook passe pour le plus parfait de ceux qui existent en Angleterre; le mien a sur celui-ci le grand avantage de plus de solidité et de plus de simplicité. Celui de Cook exige beaucoup de soins et d'atten- tion pour son usage et sa conservation, parce que plusieurs de ses parties cèdent au moindre effort, et en particulier les cuillers du cylindre se dé- rangent très-facilement. En conservant la boite du semoir de Ducket, il s'agissait de la réunir au rayonneur, comme elle l'est dans la machine de Cook, afin d'épargner le travail d'un homme, et sur-tout afin que la semence fùt répandue dans le sillon immédiatement après qu'il est ouvert, parce que j'avais remarqué que dans les sols meubles la terre retombe promptement dans les sillons, et que les grains ne se trouvent pas placés à une égale profondeur. La fig. 155 représente le train dont on a seulement coupé la limonieère. Toutes les parties de ce train, soit de bois, soit de fer, sont fortes, pour pouvoir résister aux secousses dans les chemins rudes et pierreux. Les roues ont quatre pieds deux pouces de hauteur, pour diminuer la résistance du tirage; elles sont garnies de boites de cuivre, et tournent sur un essieu de fer. Par ce moyen, un cheval peut travailler dix heures dans la journée, avec cette machine, sans étre fatigué. Le cylindre-semoir aa repose sur les supports de fer 55 fixés sur l'essieu. Ce cylindre est formé d'un barreau de fer carré sur lequel sont fixées six lanternes de cuivre qui puisent la semence dans la boite qui est placée au- dessus, et la répandent ensuite. Ces lanternes peuvent éêtre enlevées à vo- lonté lorsqu'une d'entre elles a besoin de quelque réparation. Les collets du barreau qui reposent sur les supports sont arrondis avec soin et tournent librement dans des échancrures demi-circulaires et garnies en acier que présentent les supports. Ce cylindre, à cause de sa longueur, ne peut être construit qu'en mé- tal; un cylindre de bois de cette longueur se dejetterait infailliblement. Déjà, dans la machine de Ducket, quoique le cylindre soit beaucoup plus eriplion ntraire, xistent olidité Latten- parties se dé- nir au ner le ans le é que ns, et dnière. pour roues ce du ieu de e, avec 'essieu. dées six cée au- 3 à vo- collets durnent ier que en mé- Mement. dup plus D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 111 court, il est difficile d'éviter cet inconvénient; en effet, les variations de Tatmosphere agissent toujours sur le bois, et, dans les temps très-secs, il est nécessaire d'humecter ce cylindre vingt-quatre heures avant de s'en servir; sans cela, son diamètre se trouve rétréci, et il ne ferme plus exac- tement les ouvertures de la boite à semence. Pai aujourd'hui trois cylindres de métal de cette espèce: un pour le seigle, un pour le froment et l'orge, et un pour l'avoine et les pois. Un seul bar- reau pourrait à-la rigueur suffire, en y adaptant successivement des lan- ternes pour chaque espèce de grain; mais l'économie des barreaux ne com- penserait pas la peine que cela donnerait, et les lanternes, qui sont la partie la plus coũteuse, seraient plus fatiguées. S. 119, Les dimensions des entailles de ces lanternes sont restées les mèmes que celles qui sont figurées fig. 102 et suivantes; et comme j'ai aussi conservé le même rapport entre les révolutions du cylindre, et l'espace parcouru par Tinstrument, cette machine répand la même quantité de semence que j'ai indiquée pour la première. Les lanternes sont composées de trois pièces, savoir: la lanterne, propre- ment dite, dans laquelle sont taillées les dents, et deux rondelles qui se placent aux deux extrémités et qui ferment ainsi les ouvertures latérales des entailles, ainsi que les ouvertures de la boite à semence, de sorte qu'au- cun grain ne peut tomber par le côté de la lanterne. J'avais pensé aussi à faire en sorte de pouvoir allonger ou raccourcir la lanterne lorsqu'on vou- drait semer plus ou moins épais. Sous le rapport de la forme convenable pour les diverses espèces de grains auxquels ces lanternes sont destinées, j'en suis parfaitement satisfait, et je ne crois pas qu'elles soient susceptibles d'aucune amélioration à cet égard. Cependant le cylindre destiné à l'avoine ne convient pas parfaitement pour les pois, et je compte faire pour ces derniers un autre cylindre dans le genre de ceux qui sont figurés fig. 113 à 121. J'ai trouvé en effet que lorsque la boite à semence est pleine, les pois trop comprimés s'arrétent daus les entailles aigués du cylindre à avoine, qu'ils ne tombent pas uniformement, et que quelquefois la lanterne se trouve obstruée. Les entailles qui leur sont destinées doivent étre arrondies au fond. 112 DESCRIPTION Ce cylindre reçoit son mouvement au moyen d'une roue dentée fixée sur une des roues du train, et qui engrène dans une autre roue dentée plus petite, placée sur l'axe du cylindre. §. 111. La fig. 156 indique plus exactement les dimensions et la denture de ces roues. La petite roue e peut facilement étre placée sur le cylindre, et en étre ôtée. Dans ce dernier cas, le cylindre s'arréte quoique la machine marche, et il ne tombe pas de grain, même par les plus fortes secousses. On remarquera que le mouvement de rotation du cylindre se fait en sens inverse de celui des roues du train, de sorte que, lorsque la machine marche en avant, la partie supérieure des lanternes se meut d'avant en arrière. Nous remarquerons encore dans la fig. 155, mm, deux pitons à trois trous dont la forme est indiquée plus clairement fig. 157 en m, dans lesquels sont accrochées les barres qui servent à tirer le rayonneur. g, est une bande de fer avec un crochet qui sert à donner plus de solidité à la boite à semence.(Voyez fig. 157.) hhhh, sont les trous dans lesquels s'assemblent les boulons de la boite à semence.(Voyez fig. 157.) Ce n'est pas sans motif qu'on a donné tant de longueur à la traverse zĩ, en effet, on peut, par ce moyen, porter la limonière de côté, dans le cas où on voudrait semer sur des ados dans un sol humide, et où le cheval devrait marcher dans le sillon. J'ai parlé de cette méthode dans mon intro- duction à lAgriculture anglaise, Je. volume, page 241. Il serait trop long d'en répéter ici la description. C'est pour pouvoir exécuter ce changement que les bras de la limonieère sont fixés sur la traverse avec des vis. La vis principale se voit en„, fig. 157. fixée aw tée plus de ces en étre narche, n sens aarche ere. à trois Squels solidité a boite rse ii, le cas cheval intro- P long gement .La vis D'INSTRUMENS DP'AGRICULTUR. 113 §. 112. On peut aussi adapter à cette traverse un marqueur qui trace le chemin dans lequel doit marcher le cheval pour le trait suivant. On voit, dans la fig. 157, la manière dont la boite à semence est assemblée avec le train et avec les entonnoirs, de même qu'avec le rayonneur. a, est la place de Pessieu dont on a òté la roue. On remarque au-dessous de c le collet dans lequel tourne le cylindre; il est formé de deux parties: la première est entaillée dans la bande 5, et Pautre moitié dans la bande de fer qui entoure la boite à semence. Les bou- lons hh passent au travers des trous désignés par les mèémes lettres, fig. 155, et sont fixés en dessous par des écrous. La boite à semence est assujettie par derriere au moyen de la tige à crochet g, de manière qu'elle est fixée en place avec beaucoup de solidité. L'entonnoir de fer blanc 7 est suspendu sous chaque lanterne au moyen de ses deux oreilles, et de deux petits cro- chets qui se trouvent sous la boite à semence. Le piton à trois trous m sert, comme on le voit, à y suspendre les crochets du rayonneur lorsqu'on veut l'employer comme houe à cheval; il a alors d'autant plus de mobilité sur les côtés, qu'il ne se trouve pas zupendn entre les roues. n, est une tige de fer avec un crochet latéral auquel on peut suspendre le rayonneur au moyen d'un piton(voyez fig. 162, n,); par ce moyen, le rayonneur se trouve assez soulevé pour qu'on puisse transporter la ma- chine, méême dans les chemins les plus inégaux. §. 113. La fig. 168 représente la section de la boite à semence, avec le cylindre et entonnoir. La semence, dont on met environ un scheffel dans la boite, tombe dans l'ouverture a de son fond sur la lanterne du cylindre. Les en- tailles de la lanterne qui se trouvent en dessus s'en emplissent, la font passer par--dessous la brosse c, et lorsqu'elles arrivent en-dessous, la laissent tomber dans les entonnoirs dont la suspension mobile se voit en æx. 15 114 DESCRIPTION Les brosses sont établies sur des tiges à vis qui traversent une bande de fer placée horizontalement dans la boite; et on doit les abaisser au moyen des vis jusqu'à ce qu'elles touchent les dents des lanternes. Par ce moyen, il ne peut se répandre de semence que celle qui est logée dans les entailles. Les brosses, qui doivent être ſaites des soies les plus rudes, et qui doivent étre fortement serrées, s'usent assez promptement. Lorsqu'on fait un usage fréquent de la machine, elles ne durent guère plus d'une année; mais il est facile de les renouveler. Je ne sais si on ne pourrait pas remplacer les brosses par quelque aufre corps, comme du cuir épais ou de la gomme clastique; mais, dans tous les cas, ce ne pourrait pas être un corps dur, attendu que, devant joindre exactement sur les dents des lanternes, il ne faut pas qu'il puisse gener leurs mouvemens, ni briser les grains de la semence. Le devant de la brosse est garni d'une feuille de fer qu'on voit représen- tée fig. 168 par un trait noir en avant de la brosse, et qui est destinée à ga- rantir celle-ci du frottement des grains. Les ouvertures qui se trouvent au fond de la caisse, et dans lesquelles se logent les lanternes, sont garnies en fer, comme on le voit en o, par ce moyen, on n'a pas à craindre la retraite du bois dans les temps secs. La boite est fixée par le moyen des bandes dsur les bandes 5 5 du train (voyez fig. 155); et les boulons hh traversent les trous désignés par la méme lettre dans cette figure. oe, est un tiroir de fer par le moyen duquel on ferme chaque ouverture de la boite lorsqu'on ne veut pas qu'elle répande de semence. II est sus- Per à une courroie, afin qu'il ne puisse pas se perdre lorsqu'on le tire ehors. §. 114. La fig. 165 présente la mèême section, mais prise de manière qu'on puisse distinguer l'ouverture dans laquelle se meut le barreau du cylindre, des entailles faites au fond de la boite, dans lesquelles se loge chaque lanterne. La fig. 166 représente la boite vue par-dessous; on y voit Pentaille lon- gitudinale dans laquelle tourne le barreau du cylindre, ainsi que les en- 0 — bande qe 1 moyen moyen, ntailles. doivent n usage mais il acer les gomme 's dur, il ne de la résen- à ga- Nes se par ce gecs. mtrain par la erture sus- le tire puisse e, des chaque le lon- les en- D'INSTRUMENRS D'AGRTCULETUR(V. 115 tailles plus profondes dans lesquelle 28 so loge chacue lanterne. Les goupilles marquées en noir servent à suspendre e des entonnoirs. Dans la fig. 167, on voit par-dessus l'intérieur de la bolte. La fig. 164 la représente vue par derrière, c'est-à-dire du côté qui doit étre tourné vers le train. La fig. 158 représente, vu de côté, un des pieds du rayonneur asgemblé dans la traverse a. La pièce de fer 5, qui fait les fonctions de coutre, ouvre la ferre et fraye le chemin. Le rayonnenr proprement dit, c, qu'on voit par derrière, fig. 160, ouvre le sillon, et la semence tombe par l'enton- noir e, maintenu par lanneau d, et fixé en- dessus de la traverse par T'écrou x. La pointe de l'entonnoir supérieur suspendu à la boite à semence entre dans l'entonnoir plus large qui est EePt SSenic ici, et elle peut s' 3 mouvoir Übrement, comme on le voit en o, fig. 157. En efler, il peut arriver que le train de la machine s'écartant un peu de sa direction, la traverse du rayon- neur ne suive pas ce mouvement et conserve la sienne; dans ce cas, il est nécessaire que la place où est répandue la semence se trouve toujours derrière les pieds du rayonneur; nous avions, par cette raison, fait les tuyaux des entonnoirs avec un corps souple, comme dans la machine de Cook, mais il était à craindre qu'ils s'engorgeassent; M. Engelke a remédis à cet inconvénient par la construction que je viens de décrire. §. 115. La fig. 159 représente, vues par-dessous, les mèêmes parties que la fig. 158, ainsi que leurs dimensions inférieures. La pointe be est la semelle du coutre 5, fig. 158; ef représente l'espace qui est entre le coutre et le rayonneur, ou le dos du coutre vu obliquement par-dessous. L'angle ᷣe représente la semelle du rayonneur, et Tanneau d est celui dans lequel est suspendu l'entonnoir. Dans la fig. 160, on voit le pied du rayonneur par derrière. La partie a est celle qui agit immédiatement; c'est une feuille de fer pliée sur elle- méme, formant un angle saillant en avant, et un creux par derrière; 5 est 15 — 116 DESCRIPTION 'anneau qui maintient Pentonnoir; est une embase qui se trouve placée en dessous de la traverse; d est l'écrou qui le fixe à la traverse. §. 116. Les fig. 161 et 162 représentent le train sur lequel on peut établir soit les pieds du rayonneur pour semer, soit des pieds de houe à cheval pour biner- Dans la fig. 161, on le voit de côté avec un pied de houe à cheval. Dans la fig. 162, on le voit par-dessus. Ce train doit étre mobile sur les côtés, et le conducteur, au moyen des manches, peut le maintenir dans la bonne direction, c'est-a-dire parallèle- ment aux lignes, méème lorsque le cheval s'en écarte un peu. Cela est en- core plus nécessaire pour le service de la houe à cheval que pour semer. Mais lorsqu'on est forcé de porter ainsi le train un peu sur le côté, il était nécessaire que la pointe des socs demeuràt toujours dans une direction bien parallèele à la ligne de tirage. Pour cela, il ne suffisait pas que les crochets 55 qui le fixent à lavant-train fussent mobiles sur la traverse qui porte les houes, afin que celle-ci formaàt toujours un angle droit avec la ligne de tirage, même lorsqu'on porte le train sur le côté. Nous avons atteint ce but, dans notre machine, d'une manière plus simple que dans celle de Ducket, comme on peut le voir en c, fig. 161. Les tiges de fer peuvent se mouvoir, au-dessus et au-dessous de la traverse, autour du boulon qui les y unit. Au moyen de cette construction, les houes peuvent être portées sur le côté sans s'écarter d'une direction parallèle au tirage, et sans que le conducteur soit obligé d'employer beaucoup d'efforts. Cependant, dans ce cas, il doit toujours avertir le conducteur du cheval qu'il n'est plus sur la ligne qu'il doit suivre. Les trous supplémentaires qu'on voit dans la traverse, fig. 162, ont pour but de pouvoir espacer à douze pouces les rayonneurs ou les houes. Une partie des entonnoirs supérieurs doit alors avoir des tuyaux coudés; il est bien plus facile de déterminer cette courbure des tuyaux lorsqu'on a la machine devant les yeux, que de la décrire. La machine ne sème alors que cinq rayons, et une des ouvertures de la boite à semence reste fermée. Si on veut semer toujours à neuf pouces de distance, les trous marqués o sont les seuls nécessaires.. 3 On peut, il est vrai, se servir de la même traverse pouv les sillonneurs et fe placés soit les biner. Dans la en des allèle- st en- gemer. létait nbien Aets b5 rte les gne de unt ce lle de ent se ui les 2s SuT zue le ans ce sur la 2, ont houes. dudés; u'on à alors termée. qués o Leurs et D'INSTRUMENS D'AGRTCULTURE. 117 pour les houes; mais cõmme il faut beaucoup plus de temps pour changer tous les pieds dans la traverse que pour adapter au train une autre traverse, il est plus convenable d'en avoir une pour chaque usage, ce qui augmente peu la dépense; d'ailleurs, en laissant toujours les pieds dans chaque tra- verse, on risque bien moins d'en égarer. §. 1177 On voit en un des entonnoirs fixé sur la traverse. Cet entonnoir est iei vu par-dessus, et la partie qui recouvre la traverse est la feuille repliée de cet entonnoir qu'on voit en ꝙ, fig. 158. Le cercle extérieur représente le bord supérieur de l'entonnoir, et le cercle intérieur blanc représente sa partie inférieure ou l'ouverture du tuyau. On voit en g la pointe d'un des coutres(b, fig. 158). Le rayonneur pro- prement dit est caché ici par la traverse. Les manches dd n'exigent aucune explication, parce que la figure montre exactement leur forme et leur assemblage. La fig. 163 est l'entonnoir, qui a des deux côtés des oreilles, par les- quelles il est suspendu à la boite à semence. n, fig. 162, est un crochet qui se fixe à la pièce de fer n, fig 157, lors- qu'on soulève la traverse pour transporter la machine d'un lieu à P'autre. Quant aux diverses sortes de pieds de houes, je renvoie à ce que j'ai déjà dit dans la description de la machine de Ducket. §. 118. Cette machine porte six lanternes; elle a, par conséquent, l'avantage d'expédier beaucoup d'ouvrage: chaque trait sème ou bine une largeur de cinq pieds trois pouces, la roue du train devant toujours marcher ſlanus le dernier sillon du trait précédent. Lorsque les hommes qu'on emploie sont exercés, et que le cheval a un pas allongé, la machine marche presque le double plus vite qu'un semeur ordinaire; alors la semaille en lignes n'exige pas plus de temps que la semaille à la volée; mais on ne doit pas s'attendre à ce résultat avant que les ouvriers aient acquis de l'habitude. Cependant, 118 PESCRIPTION lorsque j'ai cammencd à faire usage de cet instrument, j'ai sem à Mégelin, avec des ouvriers peu exercés, douze mongen par jour. 8. 119. Cette machine m'a coùté fort cher, parce que j'ai voulu que toutes les parties de métal fussent travaillées avec beaucoup de soin, et parce que j'ai dù y faire successivement plusieurs changemens. Le prix de 27 frédérics d'or, pour lequel M. Engelke oftre de la faire exécuter, est très-raisonnable; pour ce prix, il offre méême d'y ajouter une construction au moyen de la- quelle on pourra semer comme à la volée, et herser en mème temps. Si le cylindre et la grosse roue dentée étaient fondus en fer et terminés à la lime, la machine serait aussi bonne et beaucoup moins chère; mais on ne peut faire exécuter ces pièces que dans le cas ou on aurait plusieurs instrumens à établir. outes les arce que frédérics onnable; n de la- 98, Si lo lalime, ne peut amens à D'INSTRUMENS D'AGRICULTURE. 4 4 ———————————————;— ADDITION DU TRADUCTEUR. DrruIS la publication de l'ouvrage de M. Thaer, M. de Fellenbeng a fait connaitre un nouveau semoir de son invention, qui réunit quelques avan- tages particuliers. Les personnes qui ne le connaissent pas verront, je pense, avec plaisir que je leur en donne ici une idée générale; les rapports qu'il présente avec ceux qui viennent d'être décrits me permettront de le faire en peu de mots. La forme générale de cet instrument offre beaucoup de ressemblance avec celle du semoir de M. Thaer, qui vient d'èêtre décrit; comme dans celui-ci, le rayonneur qui ouvre les sillons dans lesquels se répand la se- mence est réuni à la machine; la herse qui la recouvre y est aussi réunie Ce semoir a la propriété particulière de pouvoir semer toutes les graines, depuis les plus fines comme celle de pavot, jusqu'aux feves, ce qui s'exé- cute au moyen du mécanisme suivant: L'instrument porte trois cylindres d'égale longueur; le premier, qui est destiné à la semaille des graines fines, est formé par l'axe même des roues sur lesquelles il est fixé et avec lesquelles il tourne. Ce cylindre, relative- ment au mécanisme qui répand la semence, est construit sur le principe de ceux de Ducket; il a des entonnoirs particuliers qui conduisent la graine dans les sillons, et qu'on enlève lorsqu'on veut l'employer à semer du tréfle, par exemple d'une manièere analogue à la semaille à la volée. Les deux autres cylindres destinés aux céréales, pois, fèêves, etc., sont placés l'un en avant du premier cylindre, et l'autre en arrière, dans le méme plan horizontal, et chacun d'eux à environ huit pouces de distance du premier; ils sont mis en mouvement par le premier, au moyen d'un en- grenage qu'on dégrène à volonté. Ces trois cylindres sont surmontés par la boite à semence divisée en com- 1 20 HESCRIPTION partimens qui sont en communication soit avec les trois cylindres, soit avec chacun d'eux. Au moyen de cette disposition, la machine peut semer deux espèces de graines à-la-fois, par exemple, de lorge et du trofle. Elle se préte aussi à un grand nombre de combinaisons sous le rapport de la distance qu'on veut mettre entre les lignes, parce que les deux cylindres destinés aux céréales, qui d'ailleurs sont semblables entre eux, peuvent agir ensemble ou séparément; les lanternes de chacun d'eux, placées à en- viron neuf pouces de distance, correspondent avec les intervalles de l'autre, de sorte que les lignes se trouvent espacées à quatre pouces et demi lors- qu'elles agissent toutes; mais on en ferme autant qu'on le désire. Les lanternes des deux cylindres destinés aux céréales, etc., ne ressem- blent pas tout-A-fait à celles de Ducket; ce sont des espèces de poulies en bois de deux pouces et demi environ de diamètre, qui sont fixées sur le barreau qui sert d'axe au cylindre. Au fond de la gorge de cette poulie, et dans toute sa circonférence, sont implantées, à distances égales, dix pointes de gros fil de fer daus la direction du rayon de la poulie; ces pointes, qui m'ont qu'une saillie de quelques lignes sur le fond de la gorge de la poulie, pressent à leur passage la brosse qui ferme la gorge, et déterminent ainsi la sortie de quelques grains de semence. Cette disposition parait présenter plus de latitude que les lanternes de Ducket, relativement à la grosseur des grains que chaque lanterne peut semer; cependant elle a l'inconvénient d'user beaucoup plus promptement les brosses, parce qu'on est forcé de les serrer très-fortement pour les graines les moins grosses; d'ailleurs, M. de Fellenberg paralt avoir reconnu lui-mème qu'il est presque nécessaire d'a- voir des cylindres de rechange, avec des pointes de diverses longueurs, pour les différentes espèces de semences auxquelles ces lanternes sont applicables. M. de Fellenbeig a aussi adapté à cette machine un apenteur, disposition au moyen de laquelle Pinstrument indique, sur un cadran destiné à cet effet, le nombre de tours que les roues ont faits, et par conséquent éten- due de terrain que la machine a ensemencée. Considérée en elle-meme, cette machine est, sans doute, plus parfaite que les autres semoirs connus, parce qu'elle se préte à un plus grand nombre de combinaisons; mais elle n'obtient cet avantage qu'au moyen d'une plus grande complication; et si on considère les semoirs en général sous le rap- port de Paptitude des hommes qu'on peut employer à les conduire, à les entretenir ou à les réparer, on jugera, je crois, que les plus simples de çes soit apec ner deux rapport plindres peuvent es à en- Lautre, mi lors- essem- Nlies en 3 sur le zulie, et pointes tes, qui apoulie, dent ainsi présenter seur des avénient cé de les s, M. de aire d'a- agueurs, nes sont sposition tiné à cet ent l'éten- 5 parfaite d nombre Pune plus zus le rap- nire, à les dles de ces P'INSTRUMENS D'ACRTCULTURE. 121 instrumens méritent la préférence dans le plus grand nombre de cas. Ce n'est que dans une tréès-vaste exploitation qu'il peut éêtre économiquement avantageux de se procurer des ouvriers assez habiles pour qu'on puisse leur confier un instrument fragile et compliqué; mais là, on peuty trouver des avantages trèés-considérables. Dans les exploitations qui ne sont pas placées aussi favorablement, je crains qu'on ne trouve déjà le semoir de Ducket trop compliqué; cependant je suis bien sr que tout agriculteur instruit, qui aura essayé la culture en lignes au semoir, y trouvera de tels avantages, qu'il jugera qu'ils valent bien la peine de lutter contre quelques difficultés dans les commencemens. Quant au semoir à raves et au semoir à feves, pois, etc., qui sont décrits et figurés dans cet ouvrage, ils sont si simples et si faciles à conduire, qu'on peut les mettre entre les mains de tous les ouvriers. Je crois qu'on fera bien de commencer par eux pour familiariser les ouvriers avec ce genre de cul- ture. Lorsqu'ils en connaitront les effets, ils seront bien plus disposés à donner aux autres instrumens du méême genre les soins qu'exige leur emploi. Je crois devoir placer ici une observation qui est d'une tres-haute impor- tance dans l'emploi de tous les semoirs; elle se rapporte à la profondeur qu'il est convenable de donner aux sillons dans lesquels se répand la se- mence. Chaque espèce de graine demande, pour sa complète réussite, d'étre enterrée à une profondeur déterminée; dans la semaille à la volée, les grains se trouvent toujours placés à des profondeurs fort variées, et, comme on met toujours alors beaucoup plus de semence qu'il n'est nécessaire pour garnir le terrain, il s'en trouve ordinairement assez de placées dans des cir- constances favorables. Avec le semoir, au contraire, tous les grains se trouvent placés à une profondeur égale; si cette profondeur est celle qui convient pour l'espèce de semence donnée, la semaille est placée dans des circonstances bien plus favorables que si elle eut été faite à la volée; mais si la profondeur a été mal calculée, il est clair que cette semaille aura au contraire un grand désavantage sur la semaille à la volée. Je n'ai trouvé dans aucun ouvrage d'agriculture des données positives sur la profondeur qui convient mieux à chaque espèce de semence; cependant, C'est une des circonstances qui peuvent exercer le plus d'influence sur la- réussite des récoltes. J'ai observé, par exemple, que les plantes du genre des choux et des raves, non-seulement lèvent avec moins de certitude lors- qu'elles ne sont pas assez enterrées, à cause du danger que Soue le germe 1 122 DESCRIPTION naissant dans les alternatives qhumidité et de sécheresse; mais aussi que, lorsqu'il est levé, il est bien plus exposé dans ce cas aux ravages du puce- ron(altise): cela est facile à concevoir; en effet, lorsque la graine se trouve presque à la surface du sol, les cotylédons sortent de terre presque aussi- töt que la radicule est poussée; lorsqu'au contraire elle est enterrée plus profondément, la radicule est déjà forte au moment ou les feuilles sémi- nales se développent; la croissance de la jeune plante est alors bien plus prompte, ce qui est, comme tous les cultivateurs le savent, la circonstance la plus favorable pour la mettre à l'abri des ravages des insectes. D'un autre côté, si les graines de ces plantes sont trop enterrées, elles ne lèvent pas. Les céréales veulent aussi étre un peu profondément enterrées. Pendant deux années de suite, mes orges semées en lignes ont été détruites en grande partie, après une très-belle levée, par divers accidens que j'attribuais d'a- bord à toute autre chose, et qui n'avaient leur source que dans une se- ela tient au mode de croissance des racines des maille trop superficielle. C dont elles tallent, objet qu'il n'est pas nécessaire graminées, et à la manière de développer ici.. Je sais bien qu'on ne peut déterminer d'une maniere positive, et pour tous les cas, la profondeur àlaquelle il est le plus convenable d'enterrer les semences; mais il me semble utile de donner quelques indications à cet égard. Je vais donc présenter le résultat de mon expérience pour quelques graines, en formant le vœu que cette liste soit complétée par les soins des agriculteurs qui sont accoutumés à apporter quelque attention à leurs opé- rations. En général, les semences demandent à etre d'autant moins enterrées que la nature du sol est plus tenace. Dans les indications suivantes, je suppose un sol de consistance moyenne. Les féveroles demandent à etre enterrées à trois ou quatre pouces. Dans un sol tenace, elles levent mèême très-bien à cette profondeur. Pour l'orge et lavoine, deux pouces à deux pouces et demi sont la pro- fondeur la plus convenable. Je crois même que, pour l'orge, on ne doit pas rester au-dessous de deux pouces et demi. Le Fhoment, le seigle, les pois, les vesces, les lentilles, les betteraves, demandent à étre enterrés d'un pouce à deux. Le colza, d'un pouce à un demi-pouce. La navette, les moutardes, la cameline, le lin, le rutabaga, d'un demi- pouce environ. D'INSTRUMENS D'AGRTCUETURF. 123 si que, Les carottes et nauets, à un demi-pouce au plus. puce- Les graines de trefle, de gaude, de pavots, de sainfoin, de chicorse, veu- trouve lent étre à peine recouvertes de terre. aussi- Quant à la distance qu'il convient le mieux de mettre entre les lignes des plus plantes, je crois que neuf pouces forment la distance la plus convenable sémi- pour toutes les céréales, ainsi que pour les lentilles en sol médiocre. Si le lus sol est meilleur, les lignes de lentilles peuvent être éloignées jusqu'à douze, KancCe quinze et même dix-huit pouces. autre Dix-huit pouces me semblent etre la distance convenable pour le colza t pas. d'hiver et c'eté, la navette, les moutardes et autres plantes à huile de ce clant genre, ainsi que pour les carottes. rutabaga 3 betteraves, féveroles et pavots. ade Les pommes de terre en très-bons sols doivent être espacées de deux pieds 5 à vingt-sept pouces, et de dix-huit pouces dans les sols médiocres, ou pour 44 les variétés qui s'étendent peu. 3 Le Plusieurs personnes, dans les essais de culture en lignes, ont cherché à à Aes diminuer beaucoup trop la quantité de semence; c'est parce que j'ai aussi Sarre éprouvé les inconvéniens de cette faute, que je crois devoir prémunir contre elle les cultivateurs qui voudront essayer la culture au semoir. En t pour considérant l'accroissement que prend dans un bon sol la touffe formée Ter les par un seul grain de froment ou d'orge, on serait porté à croire que le à cet terrain sera suffisamment garni en plaçant les grains à deux ou trois pouces Aques de distance dans la ligne; mais on se tromperait, et je suis convaincu au- ns des jourd'hui que, dans les semailles au semoir, on ne doit pas mettre moins de sopé- moitié de Ja quantité de semence qui serait nécessaire pour la semaille à la volée. M. Schweorz, après avoir commis la mème faute, la reconnatt lui-mèême es que dans sa Description de l'agriculture du Palatinat. appose s. Dans la pro- FIN. ne doit teraves, 1 demi- NOTE S UR LINSTIITUT AGRICOLE DE MOCELIN. Ox wouvera sans doute ici, aveo d'autant plus d'intérét, quelques renseigne- mens sur l'établissement que dirige aujourd'hui M. Thaer, qu'il reconnatt 9ge 86 que l'adoption des instrumens perfectionnés d'agriculture dont il y fait usa est une des causes principales des succès qu'il a obtenus. IIy a environ vingt-cinq ans que le gouvernement prussien a fait don à ce sa- vant agronome du domaine de Mogelin, situé près de Francfort-sunl' Oder, ainsi que du capital nécessaire à son exploitation, à condition qu'il y formerait un Gtablissement agricole propre à fournir un modèéle des améliorations qu'il Gtait le plus important d'introduire dans la culture du pays. M. Thaer a montré là ce que peut un homme de génie secondé par un gouvernement qui sait Pap- précier. Le domaine de Mogelin était évalué alors à 2,000 reichsthaler de revenu; il passe pour constant en Allemagne qu'il en a porté le produit net à 20,000 reichsthaler. Il a formé un institut agricole oùð se rendent avec empres- sement des Glèves de toutes les parties de*'Allemagne. A son exemple, d'autres instituts du même genre se sont formés dans plusieurs états de la confédération germanique. Déjà l'influence de cet établissement sur la culture du pays est très-remarquable; celle qu'il doit exercer sur la prospérité agricole future de tout le nord de T'Allemagne est incalculable. Jamais peut-ôtre aucun gouvernement n'a pu placer un capital d'une manièére plus utile pour ses peuples et pour lui-même. Qu'il me soit permis de comparer ici un établissement ainsi conçu, avec les fermes expérimentales qu'on a eu, à diverses 6poques, le projet d'établir en France. Dirigée par un homme à gages subordonné à une commission eomposée d'agronomes résidant dans une grande ville, croit-on qu'il soit possible d'attendre d'une ferme de ce genre des résultats comparables à ceux sul ope un dan pen pese met perse cont qui- P'et⸗ J. aux poux bien touje hom senti Nlas Et ce dans 31— eigne. AL onnaif Sdge usage ce Sd- „Oder, merait s quil aontré tap- ler de net à upres- mple, de la. culture gricole aucun pur ses 1, avec otablir mission 'il soit à ceux NOTE. de l'établissement dont je viens de Parler? Il est difficile de croire d'abord qu'on pourra rencontrer des talens supérieurs dans le directeur qu'on placera dans cette position; plus difficile encore de croire qu'il apportera un vif interet à ses opérations. Mais quand i il posséderait mème toute la capacité et le zèle qu'on pourrait lui supposer, le place-t-on dans la position la plus favorable pom les développer? D- un autre cıté, en supposant aux agronomes chargés de la direction suprème les plus grands talens et les plus vastes connaissances, ce qui ne serait pas difficile à trouver en France, tout cela sera à- peu-près perdu Pour le succès de l'établissement; d'abord, Parce qu'ils sont plusieurs appelés à une direction où l'unité de vues est requise plus impérieusement Peut-otre qus dans quelque autre opération industrielle que ce soit; ensuifo, parce qu'ils ne résident Pas sur les lieux, et qu'en agriculture ce n'est pas seulement chaquej jour, mais à chaque heure du jour, qu'il faut prendre con- seil du temps, des circonstances, et de mille choses qui ne peuvent fr apper que Thomme qui emploie à les observer tout son temps et toutes ses facultés. Une direction ainsi congue peut convenir à un établissement déjà en activité sur un plan sanctionné par l'expérience, ou à celui dans lequel la marche des opérations peut être tracée d'avance d'une manière fixe et invariable; mais dans un établissement agricole ouù il est question d'introduire un changement total dans le mode de eciture„d'apporter des améliorations sur lescuelleri il faudra pendant long-temps consulter aveo constance et assiduité le sol, Patmosphère peser et apprécier une foule de difficultés de détail de nature très-diverse, mettre autant de souplesse dans le choix des moyens d'arriver au but que de persévérance dans la direction qu' on s'est tracée, lutter perpétuellen ment contre les obstacles que Présentent les hommes et les choses; là, séparer l'cil qui observe de la volonté qui ordonne, c'est, je le crains bien, frapper de mort l'établissement dès ses premiers pas.- Je pourrais dire encore qu'ici personne ne sera personnellement intéressé aux succès de l'établissement. Tout en faisant une part convenable au zole pour le bien public qui anime quelques hommes d'un certain caractère, com- bien ce stimulant n'est-il pas différent encore de l'intéret privé, cet agent toujours présent, toujours actif, ce moteur tout-puissant des actions des 5. Ple..—„ P hommes! Certes, personne ne se fait une plus haute idée que moi des nobles sentimens, de l'amour du bien public qui animent le directeur de l'institut de Mogelin; mais j'hésiterais, s'il était question d'assurer que ce sentiment eut été capable seul de lui faire surmonter la foule d'obstacles qu'il a rencontrés dans les oréations que lui ont suggérées son génie et ses vastes connaissances, 126 NorE. de soutenir cette dnergie de volonté, cette activité persévérante, nécessaires pour Paccomplissement d'un plan aussi vaste que celui qu'il avait congu. A 00té d'un but d'intérèet public de la plus haute importance, le gouvernement auquel on doit la formation de cet établissement avait placé en perspective pour le directeur un moyen de fonder pour lui-méême, par son industrie, les bases d'une fortune solide. C'est dans cette combinaison qu'il faut, dans mon opinion, chercher les racines de la prospérité de cet établissement. Je ne prétends pas dire qu'il soit absolument nécessaire, pour assurer le sucoès d'un établissement de ce genre, de faire au directeur le don d'un riche domaine; on trouverait sans doute d'autres moyens moins coũteux de l'associer aux sucoèés d'un établissement qu' il est appelé à créer. Mais cette connexité d'intérets est, je crois, la seule base solide sur laquelle on puisse espérer d'ar- river, en ce genre, à des résultats d'une utilité réelle et durable. Si le direo- teur calcule mal ses opérations, il faut qu'il en porte le premier la peine. Je ne veux pas dire non plus qu'on doive affranchir le directeur de toute espèce de surveillance, cela ne pourrait réussir qu'avec un homme de la trempe de M. Thaer, et ces hommes sont rares par-tout; mais, dans tous les cas, rien ne pourrait être plus mal entendu que de lui imposer des entraves qui, sans pouvoir lui donner des talens s'il n'en a pas, l'empécheraient de les employer utilement s'il les possède. On remarquera que l'établissement de Mogelin n'est pas une ſerme expéri- mentale, mais plutòt une ſerme exemplairé. Prendre la science à la hauteur ou elle a eté portée par les améliorations introduites dans tous les pays, et la trans- porter sur les sillons de son domaine, tel est le but ques'est proposé M. Thaer. Cependant il a aussi fait faire d'immenses pas à la science, peut-ôtre même de bien plus grands que sul eũt consacré exolusivement sa ferme aux expériences; c'est que la pratique d'un art est pour un homme observateur et éclairé une expérience continuelle dans laquelle les faits et les résultats de la pratique lui servent de boussole pour le diriger vers les améliorations les plus importantes, Une ferme consacrée uniquement à des expériences pourra peut-être fournir Ja matière à un bon livre; une ferme exemplaire naturalisera dans l'agricul- ture d'un pays les préceptes qui remplissent les meilleurs ouvrages, Je crois qu'on ne peut pas hésiter sur le choix, Cessalres onçu. A rnement spectire trie, les ans mon surer le un riche 'associer onnexité er d'ar- e direc- ne. de toute a trempe cas, rien qui, sans employer 2 expei- uteur ou la trans- [. Thaer. mème de riences; dairé une atique lui portantés, 8 tre fournir lagricul- 3. Je Crobs ————————————————j——— . TABLE DES MATIüRES. ParrAcr du traducteur. Page PREBFACE de L'auteur. VALEUR des poids, mesures et monnaies qui sont em plouids daus cet ouorage. DE LA CHARRUE, ek en parliculier de celle de Small. — — Dæanomination des dioerses parties de la charrue en gendral. L'aoant-train et les roues sont-ils utiles ou nacessatres dans 72 charrue? Thdorie de la charrue en gencral. Le coutre. La facée gauché ou la face de terre de la charrue. La semelle de la charrue, ou la charrue vue par-dessous. La facé droité ou la face du sillon de la Cannue. Llage. Les manches. De l'introduction de la charrue de Small dans une exploitation agricole. 4 Conduitée de la charrue. Attelage de la charrue. Priæ de cette charrue. Circonstances dans lesquelles cette charrue ne conoient pas. Eæplication des figures relatioes d la charrue de Small. Là CHARRUE legère à versoir mobile. — Ewxplication des figures Seialsses 3 cette charrue. L'EXTIRPATEUR. LE SEMOIR pour les grains, selon la maniore de Ducket. — Des diverses parties du semoir sous diſſérens aspects. LE sEMOIR Pour les pois et les ſοοεs. LA HERSE d taupinires. LE SEMOIR d raoεs. LE TRANCHE-GAzZON. 128 1 TABLE DES MATIERES. LA CHARRUE ddeux versoirs mobiles. LE PILANTOTR d choux. LA cHARRUE d creuser les rigoles d'dcoulement. LA cHARRUE ⁴ roüter le gazon. LE cROCHET d arracher les pommes de terre. LE BUTOTR d pommes do terre, ou la houe d cheoal simple. LàA HouE d cheoal composc. DEscCRTPTION d'un noubeau semoir. ADDTTTON du traducteur sur les semoirs. NorE du traducteur sur l'institut agricole dirigé par M. Thaer, gelin. à Mo- — A fſffffcf MMRnrrr E Foa Lig. 2. 3 Peder du Khan Brode Lrancawe Grave parl eBlane. d . Piede da Kan ₰ Va Garrae d Smal 1 3 ——— 0 - 1 Mhhnxuim — d2 . nnr 3 7. — — 1 “ . grave par Leblanc Carrae d mal Za 2 Pnade dä Khin hnde Frangauwr — Grave Par Le Blanc la Charrue e Jmal 7 29 V 7 uheiiäarauuuuur a u uue V Hu j6 T E 19 FNiimnnlinmununn AiIinEINIInMIIIIIInIHMnn 2 V — alluch 4 1 11 * I 6 — ——— ₰ 6 rw„nananmaowmmnanammnmnnannammmaaaannananiananmmnmnmamnmnnnmnrnJll- 7 enaunmammmemunnnnnennſnmnnnnrunn, Za Charrue de Jmall. =c Vig. 27 335 B 36 I . 5 2 Pwedr dahaun — 4 4 4 4 4.——; 1 3 2 2 Piwde Brangad. ———— 3—. 4. Grave par leæblane, Za Charrae logéere: 4ᷣ Piwdr da Khaun 1 Eicde Brangau eeee Le Blanc — 4 Buade da Rhun 2 Piede Brangate grave par LeBlane —— — 1 1 — 1 1 1 1—— — V. arbtt 2 aleottt, — ⁰————— EEE— ——— L Poduer Uig, ſ,f 2 6)ð Qed'e da hdur 2 Raede e lkun — 2 Pude Brangatr b Pade Irançabwe b'rave par Ie Blanc. — A 10. 4 6 lo emowu de Swokel, ——= MGnanangnranaocaogasramdohnoanmöoaanomdndgyg Sh a l 7 22 A 2 dh N S 5 Viennannnmmcnannmmmmomnwonnaaaooaawwmoonöndonoaaoaoodooiowöhigde..„ — 6 LToco Ee, Gb d,9,2 5 üd, da Mu 2 Pibwde BPrangatr 90 43 5 (=eeLH- MrwwcdrmaowwwrwrxrwawrznmanmwmnnworwgnNDES * Manonqoäögöndd- M ll M 9 A 9 A § 6 4 & & 6 “ 3 iheeEi 4₰ 3 Ibar Biy. dt, o., 8 3 4 4 6 — 42 4 Vade da Rhin. 4 4 1 86 2 85 4 Zuede Krangaur. Ap—— 1 8 Spade Fer. T. 2 Blaac. Le JSemoui do Pakel. ſſſſ WEwwwuuwu 3 Lwde dae Rhc — Hiode rançauwe 1 64 ſ l Nu 1 T Nldul Nnmg- üe Zour Fig, 97. 10 2 Fede lrancate grave par Le Blane, r nr j — — 65 EEcnrunndn 2 2 3 A Vônuaur da hein A——— 3 Jp 2 2 3 4 lbucae Srangacr Fg. 101 itAA 3 Ze Jemocsr de Sacke?. „ 3 Vour Iag, 12, 10, ekiod, 102 194 Soarkag 106, et 106, 2 2 3 Zicwde da Phiu gʒê 3——;—— d A 8„,ſ-4 Ziede Brangaur 1 Spar E9, 701, el 105 5 Fbucerkte Dheie 2 3 kudaer Srangaur Sravê par LeBland — Jemou de Duckel — Sſlſffon ſſſ WW mo aeue 3 2 2 ue,de hhu b 5 1; eaae hantau, ananl E ——ꝛꝛꝛʒ— ————õʒ—— ——O·ʒ;— Fpau EG, 106, 109, HIo elli 2 Peuode da Ehaun —h-—— 2 Ptode Brancaut — 7 ————— Sravep ar Lelilane, Ieæ Jemou pour er Pur lr Veves eb lor Lonlitlles, 6 — ſſ — Jſjſfſi ſſſäinn —, —-C— —— —õ—õ— — õ ———ÿ ——— ſ——ꝛʒ; I ———— U ——: Ad-— Saa les Fig. nb, eku, Itü. 2 2 3 Piede du Rhin ————— 2& Rede Fratagaus ———— Pio Eo u, n4, n6, md, 119, 120, el.1 8 2 9 Fucarda Khu — 1„ 2 2 9 4 65 5 Huces Trangauwsr 1 4 7 4— —-—.ꝛ—— 1— Qravé parleblanc V. Venro 71 Vacchociietar. b 3 hrg. 22. b0 2 .— 3 vpi, n, ,, PAh p F rave pat Le Blane, Ieæ Jemounr a rasor, Le Tranche gaon.: ttimmi Wnthtthittinatatm N 4 Paae du Rhin 7 ZPude Zrançaur Gravepar LeBlanc 8 T Za Parrue a deur verrous Vue ha Nant? lll Tn- Fſ a 8 ülhegſſeſt e Coloe, Iue de — ——— * * 732 ſſi 5 fſ — U 1 ☛̈ Ri B L = 1 ffi— 4 4 9. 3 l Chearrae 2 Weecar EPeorrodwur. Zae han Daterotec, Za Charrae a Satgncer Tae de öle gateche 4 2 b p ℳ3 M- ℳ .AL 60 LZa Charrue a Saggteu Vae hde Dagrrrar L .“ 4 “ Gravè par le Blanc p,f — 5. 7 lZa Charrue a Fagneer. aoe par donrodter. M V vur ab. ſſſſſſſſffgffeßffßſ Tl M V — 3 Vade da Rhun 4 Pude Hrancal 1 — 4₰. Iio da cole drollt, b X M. Gravé par Le Blane rwnendêdolnlnnddndmmnnnnnmnnan faanmnmapangye 8 8 8 S L. Qnidg ep pl nnuanun 242. annnnan, 15 Er6er B, mof w ſſſt — N. le „ 1 7 Za Charrae a eroulor. 4/. Iue an cole drotl G Uin 8 A T erochel a arracher Lr fonbnan do lorre. — dühaahlh 2 Iade Vapogrllion de la rotte Vour Eeg. 20, Gůöß- üüüiüätt⅛ä⁴¼ — 7— 1* 1 2 3 4— F Mn remanniiin in iiiiiiititiime glſſſſſſfpem Wrn 1 haede da Khun A Rede Irançauwr 2 2039. üddddaaddaddggo«d 5 dddaadoaddodaogoagomoco . CGharrue a eerodlen Vue Par Narorddo 1 Mnngclh W 5„ Eere ka cole gauctee. — —— — Piwede da lhun 6 Pwode Frangatir orepd pe Lebla 2 — Ze Hubltocr holen lar pomme do lornre . 1. ouct la houte- a-oheua! Funple vute Se ole Tute Fan Tereto: üü 4 zad e ue — Tacde Irangaue — · + Srawepa Ie Blanc —— Voa Veg 9 a.u, 2 2 4 t Va kaue a Chesal ongposeoe. Vue So Cböle Tue par Tarrdtr. 37 1 ü iin ETrfege 5— ũ UD — — WWTTN —— ſlllllan— 1N Zour Big. 32 d. Swede dathau 1 2 2 ͤͤ“— eA iede Zrangaur Iue pa Jauote Burf, 49 3 Red' daMhin 7 2 nade Eangau Crave par le Blanc, Ze Romous de T. iaer. I ehchhihhyyſeſſigſſſ”h9o W 1 —— ᷣ ia y EEVEEff)n 5 Hede ke Phan i Pud’ Francau „ Grave par Ze Blane, 1 — 3 3—* ——————————————————ö- Ze Jemodir de T Thaer. ſi., 59 Ag. 10. Q K — I (7. ³‿ 161, 0 ⁸ D W N NWo X 8. 1 2 amnmannemanggeggg X— 2 m 8— Mtttte — Sour Tag, ub, dg, el 7060, 1 Jmuar dahun Zour Fii, 161,262, etr6, 3 Bude da Phü, 6 22 „ 2 e——— 3 Rede Brancauw, 6 4 I2puer Bran gaur draee par le Blane 5 ——— 1— 1 ebe Zedamover de Mi haer. FPbur 2 263, . 2z Vied daLhm. . 15— — wùd Zrancawur. 14ſ 2 Un Lnn 22 Wnnnn SEnnn ennn 1LIIIIIIIIIIIIIIIIII Fbur 2 26. 3 6„ Ipacar dt ka 3 5 TDucer Irancaur r f 1 t t f S 1 1 III * LLLLIILIIIIUI ULII fbu IM. 16 3, Te el.6 σQ 2 2 3 hwaler de Akun 2 2 3 4 Fedke Srancaer 1 „ Orave paleblane. 4 — 6 8 L 9 9 V 2 C lal 1 1n,- 1n lan L „e AeeLeL,nlgg 1ASTLoJe- Wnaqncnrnmgwrnaranrenxwwnarnanamla 22 1halrtLiINtHRI Tnnnnnn Ocem 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 14 15 16 18 19 20 21 ——— ——