4 4 5 — en ellouxoned 91One.l 5p 1u*uετοe 100 vls. 19o dlpuodop TIOAg] 2p uorοq snld ↄl uo inb suompuoo sol suep 93 un suep uiduu ee ¹oꝛurpuadopul ineuimt nee 21puoh S a111nou E 5151duIIJ onb aurn onqi—οο du Wne uen D1uOIOàA 21dond v] ny DP euuOJ12d E slu 319, u xXHoIIon31ol enb uoò⁸ el ug e e e 9110d ou uoll u aner a c 3n00 U auoug SI auannq] sol mb 2llo e1Ooue J.d*1,Le p suouqe c sou epuo; inb auuono 1ν⁴ el JS. du neio lelA el Plp onb solloo onb solnn sulou u ¹aerEdde p salo3ael sop 1uO1] 50*S231 soublonb arg uo.l h no e,p sulo]ad So¹ 123 ElInO] vnb 82903 Sodond sa] olegsne] e Judop p) s10uOloàA suld onbildde uo„sunol 801 onb slo s0dioud sop daav„sSuο, p dnooueoq 1019]7J* a10p uonb a1ed 1no] p suld uou sud P*.r 0 -dpuou 0 Suep smol sinol auoawolqene 101nOo venb auajuod au inb soum Saliod⁴ so0 op llolEd np uoli z8puene. N „e E orleld ↄp 192p ol aunpond onb 20 LIOA JanAanSLuI eSuO anol lu ‧„seulod s1nol lu auu —do c u Sollo* SIOIDO Hanon Sel uO 2 24A un auoAᷣnο]r Jo.l onb xnrz ihe“ opeed ↄp 0oueJuo— p eesuel unnb oüonoq anol suep Jo*u 0 sgu sanne 80l onb 3esuel oulom 91. 41oid el in]“sanauu Sol IuI)«uOr led el an. a1ua zuanad suo8 allil. aIIdJo.l suep 1u0 slnb 95 0p 1 15 BIp 1103 De 1u 20loJoad slunb 20 1uA =no] sgeuu 5ausoad SIunb sodéoulid sol ondn ae 1u0 uO ˙sed Jo.l 2u auoano]-s Inb 90 sul uuoij Sop ↄoueęKoxο el anod slid e uO onboalnbꝰ aand oun Jo reauoo 9l. 12zuod eg E inb 202 „soouonb]Juonο S0] suep monb uen du Sli. nb sodioulid sol suep 101u1d 1u 211 H 5 uuouj so- nI8e II ond llonb surp 2 ued 2d 6 „ulid lonb ↄp 101u1 zulaep Oà*2nt u05 ej 22ℳ41212O onbneue e ü suld“n— e n snld dand uoO] S10aà Sollοee S2] 10311 p 2p sordus onbueu ou sel Sep no sanou „uoi sop seo pueas I) inb 1nloo“ un nbjonb b orleld E Bezueae uo] danon. inb mloed e à Do I auop sapueg no soels suoxuꝑdo sol aueoultuen HuOo zoge un] onbnlod ue uαοο ſeON u5 ¹alid no onbllqnd ounpuoo e] anod„sonlepe 82] anod*ν* 1nod undeio onb 81oA f'2laA rl Dp orfeuſpio uen ol suep Hule sed uae.u souuO]-0d souunu So slel-„endu] uoiqped oun p AS SNOIXATTIAIIA 15 enr UE orne Se MEN és/ er& y) £ © fi < > = sa UN se © SUR LES MERINOS D'ESPAGNE. _— OJjouroied ouxoime op 1Uotuayqro JE 199 pr-2 qUuoANO ox onub xuex 1€ rs STIDCTO 0 DIN An SE=+ g CE un zu>} Y A 3 yne speed SP 22 Cet ouvrage se trouve à PARIS, Chez FucHs, Libraire, rue des Mathurins, hôtel Cluny. Chez À. J. MARCHANT, Impr. Libraire, rue des Grands Augustins N°. 12. 1À FAITS EE OBSERVATIONS CONCERNANT LA RACE DES MERINOS D'ESPAGNE A LAINE SUPERFINE, ET LES CROISEMENS. PAR Charles PIicTET dei Genève. À GENÉ VE: Chez J. J. Pascaoup, Libraire, AN x(1802.) A Et) à is ÿ L.) an ER. a dre FAITS ET OBSERVATIONS CONCERNANT LA RACE DES MERINOS D’ESPAGNE(1) ET LES CROISEMENS. PREMIER MÉMOIRE. Par tiré de l’Etablissément de Rambouillet{ au mois dé frimaire an VIII, un lot de (1) Cette notice avait paru en Thermidor an 8; dâns la Bibliothèque Britannique. L'intérêt qu’inspire aujourd’hui tout ce qui concerne[la précieuse race de Merinos, a Fait réimprimer à Päris ce petit Méa moire. L’Auteur rénd compte cette añnée, dans là Bibliothèque Britannique, de la suité de ses essais sur cette race, sur les croisémens, et sur quelquég ébjets qui appartiennent au lainage. Nous réuhissons \ ici le Mémoïre de l’année dernière et celui de cette année.( Note du Libraire.) | à À 6724 douze brebis de la race pure d'Espagne, qu'on y conserve depuis quatorze ans avec un plein succès.(1) Ces brebis avaient de trois à huit ans. Elles furent pendant 25 jours enroute, sans aucun séjour, faisant $ à 6 lieues journellement. Elles eurent des pluies presque continuelles pendant les huit premiers jours de route. Elles étaient plei- nes d'environ quatre mois; et cependant elles arrivèrent dans le meilleur état pos- sible. Le 30 frimaire, Îles agneaux com- mencèrent à naître, Le froid était rigou- reux: le thermomètre était à 9 degrès au- °(1) Comme l’industrie des moutons, dans ses rap- ports avec l'agriculture et les fabriques, était toute nouvelle dans notre Département, et qu’il importait de ne pas manquer un premier essai, j'avais envoyé un jeune homme à Rambouillet, où il a fait pendant un an l'apprentissage de berger, et que je destine à dresser d’autres bergers sur les principes de cette excellente école. Je donnerai tous les renseignamens de détail qu'on me demandera. é APTE Re er Ur— ue ME nee Er É= en= LR— kb 38" dessous du point de congélation, Quoique la bergerie füt trés-aërée, les agneaux ne parurent point en souffrir. Le 17 nivose, chaque brebis avait son agneau: il y avait six mâles et six femelles. Ils prospérèrent rapidement. Le 2$ nivose, l'agneau mâle qui était né le 30 frimaire, fut pesé: il | pesait 14 livres 10 onces, poids de marc. Les progrès de tous les autres furent dans Ja même proportion. Le 8 floréal, le même agneau pesait 47 livres 4 onces. L'agnelette, née le 17 nivose, pesait 31 livres 8 onces. La moyenne donne 39 livres 6 onces, à l’âge de quatre mois(I). Cr) Ils seront pesés de nouveau à l’âge de six mois. Mais le 1$ Prairial, jour où je les ai séparés des mères, pour les sevrer; j'ai pesé le plus gros des agneaux mâles: il pesait 59 livres ro onces. Ii avait cinq mois et demi. Quand nous avons rendu compte des expériences d'Arthur Voung sur les f2. 4-9 (F4) Le 16 germinal, les bêtes Espagnoles, réunies à un troupeau de brebis Suisses et Dauphinoises, ont commeficé à parquer. Le temps a été pluvieux à plusieurs reprises. Toutes les fois que j'ai pû prévoir des pluies battantes, j'ai fait rentrer le troupeau, la nuit, à la bergerie; mais il a cependant été atteint plusieurs fois par des pluies d'orage, sans que les mères ni les agneaux aient paru en souffrir du tout. Les agneaux métis, provenant d’un belier Espagnol et des bre bis de Suisse ou Dauphiné, sont souvent nés aux champs ou au parc, et ont été meuses races de N. Leicester ét South- down, nos lecteurs ont été surpris du rapide accroissement des agneaux, dont le poids moyens à l’âge de cinq mois était de 57 livres(le Vme, vol. d’Agr. p. 3ç.) Voila un résultat tout aussi frappant, en faveur de la race des Merinos, car il ne faut pas oublier que la livre anglaise étant plus faible d'environ 2, le poids de cet agneau répond à 64 liv., 11 onces d’An- gleterre: il est vrai qu'il a quinze jours de plus. Em exposés aux mèmnes pluies, sans en souffrir. Les gravures ci-jointes sont de véritables portraits, faits quelques jours avant la tonte. Voici les porportions du belier et de la brebis, prises en même temps. Le betier avait 27 pouces 3 lignes de hauteur, sur le garot, avec la laine; 3 pieds 11 pouces de circonférence dans sa plus grande épais- seur, et 3 pieds 6 pouces de long depuis les cornes à l’origine de la queue. Il pesait 113 livres Ea brebis avait 24 pouces 9 lignes de bauteur sur le garot; 3 pieds 8 pouces et demi de circonférence, et 3 pieds 2 pouces de long. Elle pesait 67 livres. Le 13 prairial, les bêtes Espagnoles ont été tondues. La moyenne du poids des toi- sons, sans lavage préparatoire, a été de 6. Dre livres pour les brebis: la toison du belier a pesé 11 livres et demi(1). À Rambouillet, il parait que la moyenne du poids des toisons a été, année com- mune, d'environ une demi-livre plus forte (x) Les agneaux Espagnols n’ont point été tondus: mon intention est de leur laisser leur toison dix-huit mois au moins. On a éprouvé à Rambouillet de lais- ser des Merinos trente mois sans les tondre. Les animaux n'ont pas paru en souffrir. La laine n’est point tombée; elle a continué à croitre, et on a retrouve, en longueur et en poids, précisément ce que les deux tontes auraient donné si on les avait réunies. Une brebis a fourni 1$ livres de laine. Une telle toi- son vaut beaucoup plus du double d’une toison or- dinaire, parce qu'aucune race quelconque ne donne une laine de sept pouces de longueur, comme celle-là, et au degré superfin: les laines superfines ont rare- ment jusqu'a trois pouces de long. Cette laine filce à dix-huit mille mètres de longueur pour la livre, comme on file maintenant à l'ile Adam( jusqu'ici on ne filait pour les casimirs qu’à environ huit mille mètres) pourrait servir à fabriquer des étoffes de schalls plus belles quetout ce qu'on a vu jusqu'ici. E A) pour les brebis, Cela peut dépendre de ce qu’on tient les bêtes plus chaudement à la veille de la tonte, pour qu’elle soit plus facile; ce qui a aussi pour effet d'augmenter le suint; ou, peut- être, de ce que cette année-ci, le mois qui a précédé la tonte n’a point été chaud; et que le jour même de cette opération, le temps était frais. Les données que nous avons dans les Anneles d'Arthur Voung, sur les races des bêtes à laine réputées les plus précieuses en Angleterre, peuvent nous fournir un tableau de comparaison assez piquant, Sur la va- leur des toisons, et les bénéfices que l’on peut espérer de la race d'Espagne naturalisée en France. A 4 2p sprod‘AI e 1913003 sinpo 19{<< 99U0 T UOITAUS P oSCISUP oIAI] eT(Sc‘d)‘374 SU 9p UWQU 9p ALUOU 9p WoW 9p sue sue sue sue sue sue sue sut sue sue 1 mie me e© en+ en CICR CIC) SR. ‘suoznotu sa[ an) UO,[ 00 25% Où LORLOE, FES) D CE D mille mie NCLERE ré mi me r- « DA *SAIAlT ne ‘“Jorjanb un, p "01 e C] spiod . OC 4 D Fe+ Fe+\O CO mm STOSTT ET te. ‘uOs10}: EI ap XHY ‘6 mt+ en be Jet et]c4 co PU tel tell enre | iles d SAS. je 1e Ô D Au en À ON© en© NN mm 1 *SOAIT an"4 SUOSI01 S2p sprod np oHUa4O(4 ‘TOIT LP] 9D 21AMNNSTIS8U D IUT| op aimons y p* REMOTE RAIN D ENT SES à PT EPA PASS PEL S CUS 7 M ANS RATE À 2e 20 DU TES V LE LEA EE TM A Dr 1 4-7; Fu et SI] alUaIU 9p 19P189 E auIr] dusiod r ourer ao 2p auesut ap: AUQUE 3p 19p189 L ouItF ouauu 9p ou 9p- auaur 2p au 9p Jeusisd e our” Utp nE9[QE) 99 9ANOI UQ(1) ‘OA‘ouill 2} ST q Sap HOu 39 SuCInow sop juesoddns) imjeu‘ouyiodns auie]# SOUHAIN SP 998 Ÿ « re ra,#2 OLPMIAUS VI pe Us AOODPIUT ET TOI ; D 0 Oinounict : HR ee dar AR ENS TOUS TRUE ae re hein e e.. e.....° HIOJION‘6 ge. AN et RAR UM ODUANOSLS D Re MEL L OLE IT eV E) à M RD ET re Sntesonpto e. e.°.° e... 100LUXA 6 CNE RE ABUS IOIUTIO(ete +R Ne Re VOIE SO art NT Rep re. D "19989019. MON NO ASIUSI( 9P 20EM‘I (1x)‘24403378uy7 p ssauriss snjd s2ÿ sudinojy 2p s2904 22100nb s2p fuvsvduos av ATV I Ars 4 7 PUS en oxvut ap splod‘Ar€] onb aqrez snd'iuez9(sprod np 11648} . poids Jer Eduis tout ici àliy S? À SR PR SE RAT D. de NN EU ee UC NUE SU en CRC AT ONE OnGCéez le + 1 Il résulte du tableau ci-contre que, dans le pays de l'Europe où l’on a le plus soi. gné les races de brebis, et où l’industrie des laines a le plus d'activité, la rente an- nuelle moyenne d’un mouton, par sa toison, de marc. Je réduis de même les shellings en francs de France, pour que la comparaison soit plus fa- cile. Il faut observer encore que le poids des toi- sons Amgleises est tel après un lavage imparfait de la; laine sur le mouton, ce qu’on appelle laver à dos. On ne lave point à dos à Rambouillet, et je n’ai pas voulu changer de méthode pour des bêtes qui y ont été élevées; d’ailleurs la saison étant fraîche et pluvieuse, il aurait pu y avoir quelque danger pour les brebis. Cela ne change rien aux rapports des prix des toisons, entre les Mérinos et les races Anglaises, tel que le tableau ci-dessus le dé- montre. Les moutons ont des toisons tout aussi pe- santes que les beliers. La réduction est d'environ: dans le lavage complet. La toison de mon belier, supposée réduite à quatre livres dix onces, et ven- due à 5 francs ro sous( prix que l’on offre} vau- drait 24 francs 15 sols. Vendue en suint à 2 francs, elle ne rendrait que 22 francs 12 s. 6 d.; donc je prix supposé de 2 francs nest pas très-haut, et j'observerai que les laines de Rambouillet viennent de se vendre 2 francs et 3 sols la livre ea suint, FE. 10 est de 6 francs et 6 sols de France; tandis que celle d’un mouton de race pure d'Espa- gne est près de trois fois plus considérable(1)}. à la vente publique qui se fait annuellement. J’éta. blis la moyenne du poids des toisons de moutons à 2 livres ro onces en-dessous du poids de la toison de mon belier, paree que celui-ci est très-distingué. On verra par le 2me. mémoire combien les supposi- tions sur le prix des toisons étaient médiocres.(Note du libraire).| (x) Il ne faut point que la crainte de ne pas avoir un emploi ou une vente facile des laines re- tienne ceux qui seraient disposés a essayer de cette race. Les fabriques des beaux draps et casimirs aux- quels la laine d'Espagne est indispensable, créent une demande constante de cette matière première, et pour 3 ou 4 sols par livre, on peut l'envoyer à cent-cinquante lieues. On n'a offert$ francs ç0' centimes de la livre de cette laine lavée, en telle quantité que je voudrais la fournir: on en jugeait sur les échantillons envoyés. On en fait des trico- tages très-beaux; et elle est éminémment propre, par sa finesse, sa légèreté, son nerf, et sa blan. cheur, à tous les ouvrages en laine qui demandent la perfection du travail. J'ai l’espérance de voir naître bientôt chez nous une nouvelle industrie, de l'emploi de cette belle matière. je = ape, Pine PE pe #4 is SSSR SPAIN ER PRE RE ER DRE RE re se ttes ="17.+ SR eg Pa ET SE TS===——— n dt 1 Les brebis nourrices ne donnent jamais autant de laine que les beliers ou les mou- tons; et on voit que la différence a été extrémement considérable dans mon trou- peau. Mais la principale rente des brebis est celle de l'agneau qu’elles font tous les ans, et qui, dès la seconde année ,a un prix égal à celui de la mère. On ne connait pas encore en France les ressources qu’on pourra trouver dans la race d'Espagne, sous le rapport de l’engrais pour la boucherie; parce que les mâles ont été soigneusement réservés pour la reproduc- tion, et le seront encore pendant bien des années, jusqu’à-ce que cette race précieuse soit répandue sur tout le sol de la France. Cependant, on fait actuellement, à Ram- bouillet, quelques expériences sur cet objet particulier: nous en ferons connaître le résultat à nos lecteurs. | L «| | | nl F 1 f } ! Î + | Il est parfaitement prouvé que, non-seu- C'#2 4 lement les laines de ce troupeau nationai n’ont souffert aucune altération, mais qu'il est difficile d’en trouver en Espagne qui leur soiént comparables pour la fine- se,le nerf, et toutes les qualités qu’on recherche dans les laines superfines. Ce fait nétonnera pas, si l'on réfiéchit que les beliers destinés à la reproduction, daus le troupeau de Rambouillet, ont toujours été choisis parmi les individus les plus par- faits sous tous les rapports; au lieu qu’en Espagne, les troupeaux se mélant dans les voyages, les beliers médiocres fécondent souvent les brebis, et donnent des produc- tions moins belles. On est revenu aujourd’hui du préjugé qui attribuait à l'air de l'Espagne, aux voya. ges des troupeaux, et à la qualité des pà- turages, l'avantage exclusif de produire les lines superfines. L'expérience de d’Auben- ton, celle du troupean de Rambouillet; ns msi a— 2 Po 2 amie on ce- rt————— JE 1e] la pleine réussite des races d'Espagne en Suède, en Saxe, en Danemark, en Hollande; les essais heureux répétés dans diverses parties de la France, ont mis hors de doute que le succès des troupeaux de cette race dépend de soins faciles; et que partout où elle est bien nourie et bien soi- gnée, sa laine se conserve sans la moin- dre dégénération. Toutes les causes ordinaires de non-suc- gès, toutes les chances défavorables, sont affaiblies, lorsque l’on compose son trou- peau d’une race aussi excellente que Fest, à tous égards, la race des merinos. On peut observer que les bêtes de cette race se remplissent plus promptement sur le mème pâturage, que les races communes avec lesquelles elles sont réunies. Elles mangent indifféremment de toutes les her- bes qui se présentent devant elles. Elles se nourrissent sur les bordures des chemins; M C3 dans tous les endroits où il y a du vert, et où souvent les bêtes du pays ne veulent point pâturer. Les moutons Espagnols de la race des merinos, ont un avantage qui a déjà été remarqué. La plupart des races de France, perdent leurs dents entre cinq et huit ans: les bêtes Espagnoles les con- servent jusqu’à quinze ans et plus tard. Elles vivent plus long-temps(1), sont sin- guliérement robustes, résistent très-bien au parc, et paraissent moins disposées qu’au- cune de nos races de France, à la maladie du foie, connue sous le nom de pourri- ture, L'établissement de Rambouillet en offre la preuve. Le pays, est ce qu’onap- pelle mal-sain pour les moutons; c’est-à- (x) Il existe à Nogent, chez le Cit. Marais, une brebis d’Espagne qui doit avoir 16 ans. Elle faisait partie du troupeau venu en France en 1786. Elle a fait encore un agneau l'hiver dernier, et a toutes ses dents. SR SE TS EN EEE rt>= SE fast. 1 dire, que comme les terres sont argileu- ses, froides, et retiennent les eaux, les moutons y ont toujours été fort sujets à la pourriture. Depuis quatorze ans que le troupeau d'Espagne y est établi, cette ma- ladie est inconnue dans l'établissement. On le doit, sans doute, principalement aux soins des bergers pour ne jamais laisser paturer à la rosée ni dans les lieux humi- des, comme aussi à une nourriture sufh- sante et saine dans la bergerie; mais il est difficile de croire qu’une autre race eüt échappé aussi complettement à l'influence, et que la constitution des bêtes Espagno. les, n'ait pas beaucoup aidé à les en pré- server. Pour tous ceux qui sont placés de ma- nière à avoir un troupeau, et faire des èves de cette race précieuse, il ne parait pas qu'aucune spéculation agricole puisse rendre autant, On peut former un troupeau CE er 1 à peu de frais, avec les brebis du pays, et améliorer la race, d'année en année avec des beliers de race pure{1}. Cette industrie si richeet si intéressante, sous les rapports du commerce, se marie très-heureusement avec l’industrie agricole. Le parcage offre aux cultivateurs les plus grandes ressources pour l'amendement des terres; et facilite cettains assolemens très- productifs. Nous réndrons compte des résultats de notre ex: périence à cet égard, dans un canton où ce procédé était à-peu-près inconnu(2). (x) Les instructions publiées sur cela par le Con- seil d'Agriculture, et rédigées par lés Citoyens Tes- sier et Gilbert, ne laissent rien à desirer. (2) Le Citoyen J. M. Lullin de Châteauvieux; petit-fils du célèbre cultivateür du même hom; et habile agriculteur lui-même, élève depuis dix-huit ans des bêtes à laine avec succes, dans le voisinage de Genève. Le parcage a toujours été son principal objet. Il s'occupe aujourd'hui aussi du perfectionne- ment des laines, et suit la marche des croisemens Enfin és FÉtiel ARS Enfin, sous quelques rapports que lon considère la culture des bêtes à laine, soit qu'on ait en vue les progrès des manufac- tures et du commerce, soit qu’on ait pour but les améliorations agricoles, il n’en est point de plus satisfaisante par l’évidence du bien produit pour la communauté, ni de plus avantageuse pour le cultivateur lui. même. Lord Somerville, le Président du Département d'Agriculture en Angleterre, et très-habile agriculteur, après avoir dé. ploré, dans un discours au Département, limperfection des procédés rélatifs à Paré. | pour arriver à la race pure. Nous réunirons nos } eHorts pour triompher du préjugé très- générale. ment établi, d’après des expériences défec. tueuses, que Ce pays- ci était mal sain pour les bêtes à laine. Il m’écrit qu’un beliér et une brebis que mon berger lui a amenés de Rambouillet ont eu, lun dix livres sept onces, l’autre cinq livres quinze onces de laine. On voit que la supposition de neuf livres pour les moutons mest pas trop forte. Css. 1 lioration des laines dans la plupart des pro- vinces, ajoute avec beaucoup de raison: « Les bêtes à laines sont des animaux si utiles à l'homme, que comme que nous » nous y prenions, quelques erreurs, quel- ques méprises que nous fassions dans la conduite des troupeaux, ils nous nou“ tissent, nous habillent, et nous enrichis- sent: il n'est pas possible, en quelque sorte, d’être en perte avec les moutons.: Le DEUXIÈME MÉMOIRE SUR LES MERINOS À LAINE SUPERFINE. J'ai rendu compte l'année dernière de mes essais sur Ia race des Mérinos à laine superfine(1). J'ai donné le ta- bleau comparatif de la rente que ces animaux fournissent par leurs toisons, avec le produit, en laine, des quatorze races les plus distinguées de l'Angleterre; et J'ai dit que cette branche de notre économie agricole paraissait aussi intéres- (1) Voyez le cinquième volume d'Agriculture, êe la Bibliothèque Britannique page 202 B 2 Leo. 7] sante sous Île rapport du commerce na- tional que lucrative pour les particuliers qui voudraient la cultiver. Avant que l'expérience eût justifié mes conjectures sur le succès que je pouvais espérer, je n'avais point osé me livrer à la culture des bêtes à laine superfine au- trement que par essai, J'avais commencé par douze brebis de la superbe race de Rambouillet: jai rendu compte de leurs produits de l'année dernière en agneaux et en laine. La réussite- gea. J'augmentai mon troupeau, à deux reprises, par des achats de brebis de race pure; et moyennant laccroisse- ment de trente-un agneaux que j'ai éle. vés cette année, après en avoir vendu les beliers surnuméraires, mon‘troupeau est aujourd’hui composé de cent-cinq bêtes de cette race précieuse, dont sept #. .: ba Fe r 2 C3 71 Y‘ TES=__ a PERD Ne T7 datée." TE RMS 7.= D D Pr om É 82) L'analogie m'indiquait que les races les plus fines devaient parvenir le plus promp- tement au degré de perfection des mé- rinos, quant à la laine. J'avais espéré recherche, pouvoir nraider, dans cette des expériences comparatives commencées à la ferme nationale de Sceaux, sur les croisemens de diverses races de France; mais ces expériences, interrompues des la seconde génération des métis, ne pou- vaient rien prouver, et présentaient même, dans leurs résultats, quelques irrégularités embarrassantes. Je me procurai un certain nombre de brebis de la race Dauphinoise des L°’,, régues réputées les plus fines, et connues commerce, les laines blanches susceptibles de pren- dre toutes sortes de teintes, ont plus de valeur. Il en résulte que quand il naît un agneau noir où brun, on ne le destine point à en tirer race, Ces y $ Promp. dés mé, éspéré PUCÉES Ut Àes France: ues dé PO: Jème, grites tr »{5 joues FR 7 dans les environs de Gap'sous le nom de fèdes d'Arles, Cette race, dont les brebis portent de trois à cinq livres(en suint) d’une laine courte, tassée et assez fine, me parais- sait singulièrement propre aux croisemens, parce que sa forme se rapproche beaucoup de celle des bêtes d'Espagne; mais les brebis que je tirai de ce pays-là, dans une année pluvieuse, apportèrent presque toutes le germe de la pourriture, et n’ont pas réussi. J'ai d’ailleurs éprouvé à la seconde année, une dégénération sensible de Ja laine sur ces animaux: et je me suis as- suré, par mes correspondans, que le même effet est marqué dans divers cantons des Départemens de la Drôme et des Hautes- Alpes; et que le contraire, sa- voir, un affinement sensible des toisons, est aussi remarqué, lorsque les moutons des races Dauphinoises changent de pays: la différence des vallées à la montagne opère = F 2 1 = PU 1e apr EN D. Lo>— À: D- 4 PE 1 re ET TT Re D” ÿ À, Les. x ce 4 (1441) souvent cette métamorphose, sans sortir d'un canton. Je n'ai point éprouvé le mème effet dans les races des brebis de Suisse, ni dans celles du Berry: elles ont conservé à la seconde et à la troisième tonte, une laine toute aussi fine que celle qu’elles avaient à dos en arrivant; et s’il y avait quelque différence, il y aurait plutôt afh- nement, Je dis ce que j'ai observé chez moi, et je men conclus pas que la mème chose arrivât aux mêmes races dans d’au- tres endroits. Il faudrait une longue suite d'expériences très- variées, et bien faites, en divers lieux, et sur des pâturages de nature différente, pour obtenir, sur ce point, des résultats fixes, d’après lesquels on put établir certaines règles sur ce qu'on doit espérer de telle et telle race qui change de pays. On tire peu de lu- à cet égard, des rapports des mières, à CE Rnge [+9: 9 lit cultivateurs. La connaissance des Jaines demande des observations soignées et sui- vies, et peu de gens sont capables d'en ï faire, ou de les soutenir assez long- ; temps. D'ailleurs, le vague des mots nuit sur cela beaucoup à l'avancement de k Vart. L'expression Jaize fine laisse tant ; d'incertitude sur le degré de finesse, et è sur les autres qualités de la laine, quon ; ne peut rien conclure des assertions des À cultivateurs sur ce point: il faut voir soi-même, et avec beaucoup de soin, en à comparant les échantillons, pour pouvoir choisir avec connaissance de cause, et l juger de la dégénération ou du perfection- le yement. 6 Rigoureusement parlant, il ny a pas ë deux individus dans un troupeau de même La A race qui aient le même degré de finesse. \u- Il fant donc comparer un individu à lui- des même, c’est-à-dire, la toison d’une année F 3 E 86] avec la toison d’une autre année, pour juger s'il y a eu dégénération ou afline- ment; or, il est rare que les cultivateurs gardent des échantillons d’une année à l'autre, en désignant.les bêtes qui Îles ont portés, et les comparent aux toisons de l’année suivante. Il faut donc recevoir avec défiance les‘assertions que lon entend sur es changemens subis par la laine, d’après Pinfluence des pâtura- ges(1). Quoiqu'il en soit de la disposition de la race de Davphiné à éprouver des changemens dans la qualité des toisons, 2 je ne saurais la conseiller, parce qu’elle (1) En Angleterre, on est généralement persuadé que Îés toisons s’affinent sur Îles terrains secs et les pâturages maigres, et qu’elles deviennent plus 9gros- _sières et plus pesantes sur Îes terrains:gras et les pâturages abondans. J'ai déja observe que les mérinos ne sont pas soumis à cette loi. LE 2 Rio à (ui gra paru sensiblement moins robuste que E- les Berrichones et les brebis de Suisse. [3 Je ne le décide pas d’après celles qui sont 1 arrivées chez moi avec le germe de la cachexie aqueuse, nommée pourriture; mais, en général, je les ai trouvées d’un t entretien difficile, sujettes à être fréquem- ñ ment malades; et on ne saurait mettre " trop de prix à la santé dans le choix des | animaux dont on veut tirer de la race. Toutes les brebis faibles et maladives m'ont fait des agneaux qui n'ont pas’ vécu, ou qui sont demeurés médiocres: toutes les brebis vigoureuses et bien portantes m'ont donné des agneaux forts et robustes. Les brebis de Suisse m'ont singulière- ment bien réussi à cet égard, comme sur tous les autres points. Sur cinquante- neuf brebis que jai tirées de deux endroits à différens, jé n’en ai perdu, dans l’espace js de vingt-un mois, que deux seulement. E:4.% / ee TES x Se Elie 3° ES a ee D= Re [285> 1 savoir; une du tournis, et l'autre du coup de sang. Elles ont conservé da veine de l'œil aussi belle qu’il soit possible; elles se sont très-bien entretenues, et après en avoir tiré au moins un et jusqu'à trois agneaux, je les ai revendues plus cher qu’elles ne m'avaient coûté. Les Berri. chonnes m'ont également bien réussi, et m'ont donné de beaux métis, mais la finesse des toisons de Suisse est plus grande, lorsque les bêtes sont bien choisies. Quand on vise à obtenir des métis de couleur, on a un grand avantage à choisir en Suisse les brebis portières, parce que comme les cultivateurs font faire leur drap, et s’habillent de leur toison, ils recherchent les bêtes de couleur pour éviter le tein des lines, qui n’est pas toujours solide. Il en résulte qu'on met généralement beaucoup moins d'importance à la finesse de laines blanches, et qu’on trouve plus de bêtes F 69] à distinguées pour la finesse, parmi les bre- de bis de couleur. les: La race des montagnes des environs “ de Thun est belle, fine, et robuste. : Les bêtes sont bien prises, basses sur :| jambes, chargées de laine sur le toupet, : sous le ventre et jusqu'aux ongles; mais : cette laine nest pas tassée en proportion ssé de sa finesse: il y a des toisons de bre- À bis qui vont jusqu’à cinq livres, poids de marc, en suint; mais la moyenne doit être estimée à trois livres. Il y aun è fait assez remarquable relativement à cette l race, et qui semble indiquer qu’on y a L mélé autrefois du sang Espagnol, c’est ; que les paysans des montagnes nomment [ spanische.( Espagnoles} les brebis qui ont le plus de rapport aux mérinos pour À les formes et la laine:(1) or, ces paysans P: ignorent qu'il existe un pays qu'on nom- es (1) Je tiens ce fait de Mr. Luilin qui l'a appris dans le pays même. £, 74 Là k ss RE aie-= apte ag me A pe% 2083 me l'Espagne, et que ce pays fournisse de belles laines. Ils sont aussi dans lPusage de couper la queue très- courte à leurs moutons: usage commun en Espagne, et rare partout ailleurs. On trouve, sur- tout parmi les bêtes brunes, des toisons d’une finesse extraordinaire; c’est une laine frisée et propre à la carde plutôt qu'au peigne; mais ce en quoi elle est tout-à. fait différente de la laine d’espagne dont elle se rapproche par la finesse, c’est qu’elle est molle ou qu’elle manque de nerf, Il y a aussi des races de Suisse, et des individus dans la race de Thun, qu'il faut tondre deux fois l'année, si lon ne veut pas que la laine se détache d'elle- même. J'ai cru d'abord que c'était un préjugé que lavi- dité des colons avait fait naître, et que croyant obtenir plus de laine, ils faisaient la tonte à deux reprises; mais j'ai été obligé moi- même de tonûre en germinal et fractidor parce que la laine se détachait, quoique les bêtes fussent en bon état. (ar 2] L'orqu'on commence la spéculation des croisemens, il faut tâcher de tirer les brebis d’un canton sec, dont les pâturages soient bien sains, de peur qu’elles n’ap- portent le germe de la pourriture: cette attention est importante. On court aussi plus de risques d’échouer si l’on débute dans une année pluvieuse, parce que dans les saisons humides, les moutons qui ne sont pas très- bien soignés ont plus de disposition à prendre la pourriture. Comme les brebis agnèlent, pour la plupart, pendant l’hiver, et au commen- cement du printemps, il faut pour per- dre le moins de temps qu'il se peut, former son troupeau, entre les mois de mars et de juin( ventose et prairial} parce que c’est le moment de l’année où il y a le moins de brebis pleines; et que quand on achète une brebis pleine, avec l'intention de croiser la race, on se recule [3927 de près d’un an. Pour étre plus sûr que les brebis qu’on achète ne sont pas pleines» il fant, autant qu’on le peut, les choisir nourrices de leur premier agneau, âgé de deux à quatre mois. Toutes les attentions et les soins qe j'ai recommandés pour les troupeaux purs, sont également utiles, mais d’une néves- sité moins stricte, pour les troupeaux des- tinés aux croisemens. Les bergeries aërées et sèches, ou les hangars bien situés, les paturages sains, pas trop abondans et d’une étendue suffisante, la nourriture d'hiver de bonne qualité et sans parcimo- nie, le soin d'éviter la rosée et le serein, sont autant de choses indispensables: plus on y ajoutera des attentions qui Se rap- prochent du luxe dans lentretien de(ces animaux, mais que la race des mérinos paie bien, savoir, l'avoine et le son aux brebis pendant Phiver, la provende aux ne agneaux jusqu'à sept ou huit mois, plus, dis-je, on donnera de ces soins aux bre- bis portières, et mieux on sera assuré de la réussite. Nous verrons, par un cal- cul approximatif, si la spéculation des croisemens peut soutenir ces frais addi- tionnels. Jai déjà observé qu'il y a à gagner en nombre d’agneaux à laisser le belier toute l'année avec les brebis. Il y a également à gagner sur le nombre des beliers nécessai- res à un troupeau, Un bon belier d’Espa- gne peut fort bien suffire à cent brebis, lorsqu'on le laisse toute l’année avec le troupeau: s’il y avait une époque déter- minée pour la monte, il ne suflrait qu’à trente ou quarante brebis; et il faudrait trois beliers d'Espagne pour ie même trou- peau. Il y a encore une raison pour pré- férer cette méthode, cest que lorsqu'on forme son troupeau, les brebis que lon Er FOR achète ont ordinairement été conduites de la même manière, parce que peu de cultiva- teurs séparent le belier: ilen résulte que pour attendre la monte, il y aurait du temps à perdre, et que pour certaines brebis, on pourrait se trouver reculé d’une année. Le choix du belier est tout aussi im- portant lorsqu'il s’agit de croisemens, que lorsqu'on élève des animaux purs. Plus le belier est fin, vigoureux, et bien construit, plus les métis Pemportent sur les mères en finesse, en force et en beauté. Lorsqu'on commence avec des brebis déjà fines; et que lé belier est extrémement fin, les toisons des métis sont d’une beauté qui étonne(1). Le poids des toisons se a———— (1) J'en ai eu plusieurs qui, dès la première gé- nération, étaient aussi fins que la plupart des bêtes d'Espagne, mais leur laine avait moins de nerf. Le poids moyen de leurs toisons peut être regarde comme double de celui des toisons des meres. Fos 1 rapproche de celui des bètes d'Espagne si le belier lui- même a une laine extrè- mement fourrée. Enfin, lorsque Pétalon est de forte taille, vigoureux, et bien entretenu, il imprime son caractère avec plus de force sur les productions qui en naissent, On voit combien ilest essentiel au suc- cès des croisemens de ne“rien épargner pour avoir un belier distingué: plus il est beau, dut-il coûter trois ou quatre fois davantage, et plus la spéculation des croi- semens est profitable. Les Anglais connais- sent si bien l'influence d’un trés-beau belier sur toutes ses productions, qu’ils font des sacrifices énormes pour se procurer un étalon distingué. Le prix de 100 guinées pour le loyer d’un belier( c’est- à- dire, pour le faire passer trois mois avec le troupeau) nest point un prix rare. Ona donné souvent cinq et six fois davantage ee ETRANGER RE> =_— nn< je ET Sr (967 1 pour le loyer d’un beau belier(. Ce: pendant, pour les fermiers pa; laine est un objet secondaire; mais un belier parfait communique à la race la plus grande partie de ses qualités; et pour se procurer des troupeaux de belle taille; de santé robuste, d'entretien facile, et qui prennent aisément la graisse, on paie les beliers à un prix énorme. De toutes les circonstances caractéristie ques d’une race, la laine est celle sur laquelle le belier influe le plus; par con- séquent, toutes choses d’ailleurs égales, on doit moins hésiter encore à faire les (2) Le sr juin 1798, Mr. Stone de Leicester shire loua, dans moins de deux heures, six beliers pour deux mille deux cents guinées; et, en Outie; il se réserva que l’un de ces beliers(loué cinq cents guinées) couvrirait vingt brebis avant d'être remis au fermier qui le louait. On sait que Bakewell a tiré jusqu’à 1200 guinees d'un bélier, dans une saisoix sacrifices + L2°2 LA sacrifices nécessaires pour se procurer un superbe belier, lorsque la laine est le principal objet que lon a en vue. Un cultivateur qui ne tient qu’un belier pour cent brebis peut mettre à cet animal le prix qu'il mettrait à trois beliers moins beaux ,. et y trouver beaucoup d’avanta- ges. Ce belier, sil est bien entretenu, servira trois ou quatre ans dans sa force. Les trois beliers dureraient plus long- temps, à la vérité, mais donneraient des agneaux moins beaux, et en moindre quantité; Sur un nombre d'années déter- miné. Même en supposant un nombre d'agneaux égal, dans les deux cas, la beauté et la finesse qu’on obtiendra chez les agnelles métisses que l’on destine a en tirer race, sont déterminantes pour ne rien épargner dans le choix du belier qui doit les produire: c’est une base indis- pensable dans une amélioration bien en- tendue; et lorsque nous verrons, en G = re AN D Or Hi ' \ | | | k H:9$ 1 France, les agriculteurs assez bien con- naître leurs intérêts pour payer les beaux beliers à un haut prix, nous aurons la certitude que les améliorations des laines sont en bon train, et nous ne tarderons pas à en voir les plus heureux effets. Dans l'état actuel des connaissances des. agriculteurs Français concernant les bêtes à laine, et le parti à tirer des croisemens, le prix de cinq ou six cents francs pour un belier, paraît effrayant(1); cepen- dant, il m'est démontré, par mon ex. périence, que ce prix ne devrait nullement arréter ceux qui sont bien placés pour entreprendre une amélioration de bêtes à (2) Le prix comparativement haut où se son vendus les beliers cette année à la vente publique de Rambouillet, donne des espérances: il s’en est vendu un 535 francs, et plusieurs autres à des prix qui en approchent. bien ox Les be UrOns|: es laines derons lets, ces der S bête; eme, pour per. n et lement ÿ po bêtes à çe 501 publique | s'en El a des JIf [©9ù] laines. Je vais entrer dans quelques détails qui le prouveront, Pendant les deux premières années jai eu en vue tout à-la-fois léducation des mérinos, et celle des métis. Pour éviter la complication, et jusqu'a la possibilité même du mélange des beliers métis avec les brebis pures, je me suis décidé, ainsi que je lai dit, à ne m'occuper que des animaux purs, et J'ai vendu mes métis à ceux qui s’occupent des croisemens, me réservant seulement quelques brebis croisées qui sont en expérience chez un ami. Donnant les premiers soins aux animaux précieux que javais sur-tout à cœur de faire réussir, J'ai traité les métis comme un objet secondaire. J'ai eu à surmonter des obstacles de divers genres dans la formation de mon troupeau pour les croi- semens. Les brebis que j'ai achetées étaient presque toutes pleines, et il y en avait qui G 2 Te. lobe- _—— , D Ad Ce OO Ë { | | | | A—, 2" En TRS TE Ge [F-10607 étaient trop jeunes pour prendre le bélier, ce qui n'a fait perdre près d’un an, L'année der- nière a été d’abord très-humide, puis extraor- dinairement sèche, ce qui est fort contraire aux troupeaux. Enfin, jai eu à combattre les préjugés de tout ce qui m'entourait, dans un pays où lon n'avait jamais vu de troupeaux d'élèves, et où l’on regarde le mouton comme un animal dévastateur. C’est donc avec des circonstances défavora- bles que j'ai travaillé, et les données communes seront plus heureuses pour ceux qui voudront essayer les croisemens. fai vendu cinquante et un agneaux métis à 24 fr.: et treize brebis Suisses pleines à 30 fr.: ces dernières sont estimées à 9 francs pour la mère et 21 francs pour le métis qu’elles portent. Ces soixante- quatre métis ont donc produit 1496 francs, outre les toisons de quinze d’entreux qui ont été tondus entre lâge de 9 et I4 mois. Ces toisons, dont le poids a dé. li, ç LOI à J ee passé celui des méres, quoique les agneaux Mi n’eussent pas leur croissance complette., Ontae sont si fines. que leur prix peut être es- nbatire timé à 9 francs: c’est 135 francs à ajouter, urait, soit 1631 francs. Non-seulement ces soi- vu de xante-quatre métis proviennent du méme éparde belier, mais il a produit en outre, cette fateur, année, trente- un agneaux purs. J'ai, ani. vendu quatorze mâles à 96 francs Îa nées pièce, etil na tenu qu'à moi de vendre CEUX toutes les agnellettes à 144 francs cha- ‘Ja cune, Je n’exagère donc pas en comptant tis À a 96 francs les dix-sept bêtes que j'ai nes À gardées: c’est 2976 francs pour Îles purs, 19 et 1631 francs pour les métis, soit pour pour 4607 francs d’agneaux produits par Île te- mème: belier, en moins de 18 mois{T}, an, K qui(1) Aujourd’hui, 9 vendémiaire an 10, j'ai So au brebis pures, pleines du. même belier: il en Fésptere pour au moins huit mille francs d'agneaux. On voit si À de c’est le cas d’épargner quelques centaines de francs, quand il s’agit d’avoir un bon belier. G 3 rue scene bT02; 1 Mais pour ne pas sortir de l'hypothèse, qui est celle des croisemens, je suppo- serai que les trente-un agneaux purs eus- sent été des métis: ils auraient produit 744 francs, c'est-à-dire, que Paccroissement du troupeau aurait rendu 137$ francs. On sait qu’à la troisième et à la qua- trième année, les produits augmenteraient progressivement, à mesure que les ani- maux améliorés se rapprocheraient du degré de superfin, et que le poids des toi. sons s’accroitrait: la supposition des deux premières années est la moins favorable. On voit par cet apperçu de ce qu'un belier peut produire, que quelques cen- taines de francs de plus dans le prix de ce belier, ne doivent pas arrêter losqu'il s’agit de faire un bon choix; car il faut se souvenir que lPamélioration de la laine sera d'autant plus frappante, et laccrois. sement de taille, dans les générations fhése, pp eu jduit ent nes, | qu. ralent an. du toi. eux able, [= 103 1 successives, d'autant plus marqué, que le belier employé aura été plus beau. On objectera peut- Être, que le prix de 24 francs pour les agneaux métis de première génération, est trop haut; mais, à ne compter que la rente en laine, savoir, 9 Francs pour la première tonte, et 10 à 12 francs pour les tontes sui- vantes(1), le prix de ces animaux doit paraître modique: cependant on sent bien qu'une brebis métisse tient une grande partie de son prix, de la capacité qu’elle a de produire un agneau plus fn quelle, si on lui donne un belier pur. Si d’ail- leurs jen juge par Pempressement des agriculteurs à se procurer de mes métis à ce prix, quoique ce genre d'exploitation soit (x) Les métis de la race Bauceronne, a la seconde génération, ont donné cette année six livres de laine de produit moyen.(Voyez le Rapport des Citoyens Tessier et Huzard; du s messidor an IX.) Les toisons one rendu onze francs, G 4 ne Gens RE Pin Ta ae—“co ne mot"— SRE CORRE UE Le Re EE SELS A U 704 4 encore très-peu connu dans nos départe- mens ,je ne croirai pas le prix trop haut, Dira-t- on qu'il y a de l'engouement et de la mode Ià- dedans, que quand er: RS TR nee si ET, r les mérinos seront devenus plus com- p, F # muns., cette race perdra de son prix, et que la spéculation des croisemens n’of- frira plus les mêmes avantages? Je ne pense pas qu'il y ait rien de vrai dans cette supposition. On est loin d'être en- goué de la race d’Espagne. Le préjugé a, au contraire, résisté opiniatrement pendant plusieurs années, à son introduction. Les formes de ces animaux ont déplu aux cultivateurs, les soins que cette race exige leur ont paru difficiles, les Jaines qu’elle fournit ont été calomniées par les fabricans, enfin, tout ce que les préven- tions de Ja routine, et les vues étroites d’an intérêt mal entendu ont pu opposer à l'introduction des mérinos en France, F Mo: a été employé. Graces à la persévérance courageuse des commissaires de létablis- sement de Rambouillet, graces à l'ex- cellent régime de cette ferme nationale, et sur- tout à lascendant que Îa vérité prend tôt ou tard, les préjugés se dis- sipent‘aujourd'hui; d'année en année; JPempressement à se procurer des mérinos augmente, le prix des laines superfines s’accroit(1), et lon peut conjecturer que (r) Au prix ou les laines se sont vendues à Ram- bouillet cette année, en suint, elles reviennent a sept livres dix sols la livre poids de marc, dégrais- sées à fond. À ce taux, les bêtes de Rambouillet ont rendu pour vingt-quatre livres six sols de laine par tête. Quant aux animaux eux-mêmes, leur prix s’est prodigieusement accru depuis l’annce dernière: ces prix sont, pour les brebis, dans lé rapport de trois à un; et pour les beliers, dans le rapport de quatre à un, avec l’année dernière. Dans les annees précédentes, les brebis se vendaient plus cher que les beliers: l'augmentation relative du prix de ceux- ci, prouve que les spéculations sur les métis se mul- tiplient. ous sommes encore éloignés du maximum de faveur que ces animaux précieux doivent naturellement prendre dans lo- pinion. Quant à l’objection que lorsque tout le monde en aura, leur prix baissera et qu'on ne saura que faire des laines, je ne my arrête que parce qu'on me l'a faite Souvent, et qu'il faut bien sac- ‘coutumer à répondre à des objections de toutes sortes, lorsqu'on se méle d’agricul- ture. L’heureux changement de nos races communes en une race améliorée au degré de superfin, s’opérera, je le crois, pour toutes les parties de la France qui comportent léducation des troupeaux; mais ce ne sera ni la génération actuel- le, ni peut- être la génération suivante, qui verra cette révolution dans lagricul- ture et les ressources du cominerce natio- nal. Quant à la demande des laines fines à 467:| et superfines, elle est assurée pour long- temps; et on sen convaincra si lon observe la marche de l’industrie dans Île pays le plus manufacturier de l'Europe. Nous avons fait connaitre la progression du travail des fabriques de lainage en Angleterre depuis un demi siècle(CE). On a vü quel accroissement prodigieux elles ont pris depuis quelques années; combien la demande des laines est active, combien sont générales les plaintes sur la difficulté de se procurer en quantité sut fisante, les laines superfines, indispen- sables à la fabrication des beaux draps. En France, malgré les entraves du com- merce tant que la guerre se prolonge, nous voyons une marche analogue dans le progrès de lindustrie du lainage, et dans la demande des laines superfines, La (1) Voyez le seizième volume de la division Littérature de la Bibliotheque Britannique, P. 35 Et SUIY, Ame parait qu'il y a deux causes géné- |:Fe8 1 laine d’Espagne de première qualité, qui se vendait cinq francs la livre lavée, il Y à trois ans, se vend aujourd’hui moi- tié en sus. Comment se fait-il, dira-t-on, qu’à mesure que les bêtes de. race pure se multiplient, leur laine devienne plus chère? rales qui, entre plusieurs autres qui sont locales ou moins efficaces, suffisent à rendre compte de ce fait; l’une est. la population rapidement croissante des Etats- Unis d'Amérique, qui produit une consom. mation d'année en année plus considérable, et une demande proportionnée des draps Anglais, dont les draps Américains n’ap- prochent pas pour la qualité, outre que les fabriques de draperies sont encore rares dans les Etats- Unis relativement à la consommation. L'autre cause générale de Paugmentation du prix des faines fines, [t RON:] cést que les habitudes d’aisance se sont répandues dans la masse du peuple de notre continent, et sur-tout en France. li en résulte que tel qui portait un habit de bure, porte aujourd’hui un habit de drap; et que celui qui se contentait d’un drap de douze francs, veut se vêtir d’un drap fin, dans la fabrication duquel la laine d'Espagne entre en plus ou moins grande quantité. Ces causes, dont leffet est plus rapi- dement progressif que ne peut l'être laug- nentation du nombre des animaux purs, assurent pour long-temps une demande croissante de la matière première qu'ils fournissent: il y a de quoi rassurer plei- nement ceux qui seraient disposés à s’in-4 quiéter de ne‘pas pouvoir vendre leurs laines(1). (1) Il y a encore une observation à faire, qui tend à persuader que, pendant un grand nombre LP PREOE 1 Je trouve dans un ouvrage récent de Lord Somerville, sur divers sujets d’a- griculture, des raisonnemens et des faits d'année, la demande des laines superfines d’Espagne ira en croissant dans une proportion plus rapide que là multiplication des animaux en France, c’est que, chez une nation industrieuse, une si belle matière première fera imaginer de nouveaux moyens de l’em- ployer. J'en donnerai un exemple. J'ai eu, il y a deux ans, lidee d'employer la laine des mérinos à faire des schalles qui pussent imiter la légèreté, et le moëlleux des schailes des Indes, et l'emporter à tous égards sur les schalles Anglais. Quoique cette industrie soit toute récente, et n’occupe encore qu’un petit nombre de metiers, ses produits appro- chent de la perfection, et sont déjà fort recherchés. Les plus grands schalles ne pèsent que sept à huit onces, peuvent tenir dans la main, ne font que de beaux plis, sont demi-transparens, drappent comme un linge mouillé, sont d’un blanc parfait, et très- chauds. Toutes les qualités qu’on peut demander pour lPusage, et pour faire valoir les belles formes, ces schailes les réunissent. Il n’est pas difficile de pré. voir qu'ils feront mettre au rebut les schalles Anglais qui nous paroissaient tres-beaux avant ceux-ci, mais A f qui sont roides, secs, lourds, à côté des schalles F| concernant les mérinos et les métis de sang Espagnol, qu'il peut être utile de rapprocher de ceux que Jai déjà pré- sentés.{ I). mérinos. Dans cette industrie, qui occupe beaucoup de mains, puisqu'une fileuse ne peut guère filer qu'une demi-once par jour, la multiplication de la valeur de Ja matière première est de douze à quinze fois. Cette valeur, créée par le travail, se divise entre les divers ouvriers qui travaillent aux préparations de la laine, les fileuses, le fabricant, et le marchand, c'est-à- dire, de la maniere la plus utile. La laine fournie annuellement par un troupeau de mérinos de cent brebis se convertit en un capital de plus de vingt mille francs, Ce même troupeau se double tous les ans, et fertilise les terres sur lesquelles il vit. D Îl est difiicile d'imaginer un genre d'industrie dans lequel les avantages du commerce et de lagricul- ture, les intérêts du public et du cultivateur, se trouvent plus heureusement réunis. (1) Lord Somerville, l’un des seize Pairs d’E- cosse, et qui a succédé à Sir John Sinclair dans la présidence du Bureau d'Agriculture, est un des cul- tivateurs les plus éclairés de l'Angleterre, et qui a fait les plus nobles sacrifices à cet art. Il est A AE À & Toutes les races de brebis de l’Angle- terre{ dit-il p. 67) peuvent être rangées en deux classes: celles qui portent de la laine à carder, et celles qui portent de la laine à peigner., La qualité de la chair dans chacune de ces deux classes, a de l'analogie avec celle de la laine, c’est-à- dire, que les moutons qui portent de la laine courte ont une chair dun grain serré, pesante,‘d’un goût exquis; et les bêtes à laine longue ont une viande plus lâche, moins pesante et moins estimée: c'est ce qu’on appelle du s#outom de fa- bricant, et que l’on sale pour les vais. SEaux. » Tous ceux qui se sont donnés la peine d'examiner l'Angleterre sous le rapport de l'inventeur de la célèbre charrue à deux socs, et passe pour un des plus habiles connaisseurs en bes- tiaux, l'entretien LS Pentretien des bétes à laine, conviendront que la moitié de nos pâturages au moins, convient à la classe des moutons à laine courte; et l'expérience nous apprend aujour: dhui Que notre climat, depuis les parties les plus septentrionales de Ecosse, jus- qu'aux plus méridionales de l'Angleterre, peut produire de la laine superfine(1}. Mais malgré l'importance majeure des laines courtes pour la prospérité de notre commerce, quoique nos pâturages soient singulièrement propres à ce genre de laines, tous nos fermiers et nos éleveurs sont ex: clusivement occupés, depuis trente ans, à perfectionner les grosses races à longues laines, de Lincoln, de Cotswold, de C1) C'est que le climat ni le pâturage ne font tien sur la qualité de la laine d'Espagne, pourvu que la nourriture soit abondante et saine, Il faut se souvenir que le plus beau troupeau Espagnol qui existe probablement, celui de Rambouillet, vit sur hn terrain froid. H C dt4 Romney et de Leicester: sur-tout Ia dernière. » On a porté la perfection des formes de ces animaux à un tel degré qne rien n'est plus admirable: il semble qu’on ait commencé par modeler un animal parfait de tous points, et qu'ensuite on lui ait donné la vie. L’art d’engraisser a été en même temps, porté à un degré extraor- dinaire. On a créé des mots qui étaient inconnus il y a quelques années, et qui sont aujourd'hui généralement admis: tels que le fac de devant,(fore flank) le coussin{ cushion) etc. < En louant ceux quiont si bien réussi à perfectionner ces races sous le rapport de lengrais, je ne ferais que suivre mon inclination; je serais sûr d’être écouté avec plaisir d’un plus grand nombre de gens; mais au risque de contrarier quelques in- à (out| formes tien 1 af atlait \ui ait et en rtra0C« fajené qui ns: ank| RS LE] térêts particuliers, je sens qu'il est de mon devoir de dire la vérité, et de rappeler à l'attention des agriculteurs un sujet de la plus haute importance pour la prospérité nationale.;, & Dans l'adresse que j'ai faite au Dépar- tement d'Agriculture(1), mon principal objet à été de faire souvenir les cultiva- teurs qu'ils ne devaient jamais viser à’ établir une race quelconque dans un canton dont les terres et la température ne lui étaient pas propres; que dans leurs efforts pour améliorer les races, sous le rapport de la faculté de s’engraisser aisément, ile ne doivent pas oublier que la toison fait une partie importante des bêtes à laines; que, quoiqu’on en dit, l'amélioration sur (1) Voyez cette adressé dans le quatrième volume de la partie Agriculture de la Bibliothèque Britan- nique, H: 2 É 4176 11 un des deux articles n’excluait pas l’amé- lioration sur l’autre; et que la race de brebis qui, sur une étendue fixée de terrain, donnait à la longue la plus grande quantité de viande et de laine(f}, lun et lautre de Ia première qualité, que cette race, dis-je, devait être préférée, quelle que füt son origine et ses carac- tères. Si j'avais dit autre chose, on aurait pù maccuser de prévention. Cependant, ce que J'ai dit n'a pas été bien accueilli: le préjugé en faveur des races pesantes à laine longue, était trop général et trop enraciné, et il y a bien des fermiers qui n'ont pas voulu être détrompés. Voyons comment se sont conduits les fabricans. < Plusieurs d’entre les grands manufactu- Ç(r) Ne serait-il pas plus sûr de dire Ze plus grand profit, en combinant le rapport en viande avec Île rapport en laine? tu DR) ré riets de draps fins ont imaginé, sans que je sache concevoir pourquoi, que l'in- troduction dans nos fabriques des laines d'Espagne naturalisées en Angleterre, leut serait nuisible; ils ont oublié qu’ils étaient membres d’une communauté dont il était de leur devoir de favoriser la prospérité; et ils se sont donné une peine infinie pour égarer l’opinion de ceux qui, sans être ni agriculteurs ni commerçans, au- raient pü encourager la consommation des draps manufacturés avec nos laines naturalisées, et donner ainsi une pre- mière impulsion avantageuse à cette in- dustrie. Il n’est pas impossible qu’on ait fabriqué à dessein d’une manière impar- faite, certains draps, qui ont été envoyés ensuite sur le marché de Londres: on ne peut s'empêcher de le croire, quand on compare la fabrication de ces draps avec celle d’autres draps fabriqués, il y H 3 [. 138-] peu a déjà quelque temps, avec la même matière première.;, » On se perd en conjectures lorsqu'on cherche à expliquer pourquoi nos fabri- cans se sont montrés tellement opposés à l'introduction d’une industrie si produc- tive et si heureuse pour la nation. Quand ils seraient payés par nos ennemis, ils ne se conduiraient pas autrement, On retient a peine lexpression de lindignation que font naître de telles manœuvres: je me contente de remarquer que ces gens-là se sont engraissés des faveurs du Gouverne- ment, et que quand celui-ci‘occupe de mesures salutaires, ils sont les premiers à y mettre toutes sortes d’oppositions: c'est ordinairement ainsi que les choses se passent.;, » Je dois, au reste, faire des distinc. tions. Il y a des fabricans qui se sont mon- ïè On Qlle UN CURE© RS ER] trés des citoyens utiles et respectables, et qui se sont conduits avec noblesse. Quant à ceux que jai désignés ci-dessus, je dois leur rappeler qu'il y a beaucoup de fabri- cans qui ont autant de connaissances qu'eux, plus de bonne volonté,-et à qui il ne manque que des fonds pour les supplanter eux-mêmes dans la fabrication des draps.;; . On a voulu tirer parti, contre[a doctrine que je préchais, de ce que je n'avais pu donner d’abord toutes les intor- mations que je.voulais fonder sur des faits, On a profité de mon absence de lAngle- terre pour blâmer ce que je recommandais; et chacun faisait ses suppositions sur un voyage dont javais laissé le but secret pour en assurer la réussite, C’est une chose difficile en tout temps, que de tirer d’Es- pagne des troupeaux choisis; mais cela est beaucoup plus difficile encore en temps de guerre, J1 fallait, non seulement obte. H 4 SE À 2. er SRE Fr 200.:1 nir Île troupeau, mais savoir très-exactement de quelle manière on devait le conduire. J'ai eule bonheur de réussir complettement sous ces deux rapports, Mon troupeau a été choisi sur des mérinos transumans d’une qualité très-supérieure, Les douze beliers ont Été pris comme les plus beaux, sur un troupeau de deux cent; car, en gé- néral, excepté le xanso ou porte-cloche du troupeau, on laisse tous les mâles en- tiers, parce qu’on prétend qu'ils portent plus de laine que les moutons. Les brebis et les agneaux ont été choisis dans des troupeaux nombreux. Le voyage que fit ce troupeau, à la fin de mars, avant de s’embarquer, le mit à portée d’être exa- miné par les bergers de vingt-deux trou- peaux différens, et tous exprimèrent leur admiration pour l’extréme beauté des ani- maux qui le composaient.;, # Je me défends de rien affirmer sur la Lio en Ent: de d e k disposition de cette race à prendre ue graisse, non plus que sur la faculté qu’elle Dent a de donner beaucoup de viande et de ana laine sur une étendue médiocre de pâtu- 11 rages: les faits diront plus sur ces deux IS points importans que ne pourraient faire SU toutes mes assertions. C’est assurément | ge une race vigoureuse que celle qui, de loche génération en génération depuis plusieurs S ele siècles, fait deux fois l’année, d'immenses‘ ET) 5‘ feni et rapides voyages, sans rien perdre de bis| ses qualités: cela est sur-tout remarquable €: Re: des si l'on refléchit que le premier de ses ge| voyages commence quand les agneaux n’ont de encore que quatre mois tout au plus(1). EX Ole Joe CL\, e.? Q (1) J'aitire, à trois reprises differentes’, des trou- UE peaux de Rambouillet, ils ont voyagé dans les grandes nie chaleurs, pendant de longues pluies, et aussi pen- dant un temps très-froid. Je nai jamais perdu une bête, et toutes sont toujours arrivées dans le meil- Jeur état possible, en faisant de cinq à huit lieues rh par jour. one om. MT a pie [° 222. 3 Je soutiens qu'il n’y a guères de race dans- notre pays qui püt supporter une telle épreuve sans s’abâtardir, soit dans$es formes, soit dans sa faculté de prendre Ja graisse, car on peut dire que ce qui nuit à lune des deux choses nuit à l'autre.. » Je dirai, en général, que d’après la réputation qu'ont les mérinos d’être mal construits pour prendre la graisse, je m’at- tendais à les trouver beaucoup plus dé. fectueux sur ce point, qu'ils ne le sont en effet. Il ne faut, au reste, pas s'étonner si les Espagnols mettent peu de prix à la meilleure construction sous ce rapport. Les formes les plus favorables à l'engrais, et qu'on pourrait obtenir par des soins soutenus, n'auraient jamais, en Espagne, une importance le moins du monde com- parable à celle des toisons. Mais un éle- veur qui travaillerait avec attention et jugement, arriverait à des formes parfaites ns 4 LEZ|] eans faire aucun tort à la beauté des toisOns.» » Les mérinos ont deux caractères qui ne sont pas communs dans nos races d'An- gleterre: le premier, Cest que les males ont des cornes et que les femelles n'en ont point(17). Il paraitrait delà qu’on pourrait améliorer les toisons de nos races cornues, par le mélange du sang Espa- gnol, sans que le caractère des cornes, auxquels les fermiers tiennent, en füt altéré; car il faut observer que générale- ment parlant, lorsqu'on croise des femelles cornues avec des males sans cornes, Ce sont les femelles qui en proviennent qui sont sans cornes, tandis que les agneaux mäles sont cornues. Il est possible, au (x) Cela est vrai en général; mais on voit dans cette race des mâles sans cornes, et des femelles qui en ont. | TRE be HE Zi Le LT jeu Sr RE OAI+ M a F 424 2 teste, qu'il n’en soit pas ainsi dans toutes les races, mais Je lai éprouvé en croisant des beliers de Leicester, avec des brebis de Dorset, de même qu’en croisant ces dernières brebis avec des beliers de Bampton: javais précisément en vue de constater ce fait, » L'effet d’un belier Espagnol sur toutes les races cornues avec lesquelles on le croisera, telles que les Dorset, les Wilcshire, les Norfolk, les Dartmoor, etc., sera une augmentation considérable dans le profit des toisons, sans que les métis perdent rien en qualités relatives à l’en- grais. Et quand nous réfléchissons que la toison est la rente annuelle, tandis que le corps de l'animal est le principal, et ne peut être vendu qu’une fois, nous ne savons si l’on doit s'étonner ou regretter davantage de voir l'inconcevable indiffé- sence des propriétaires et des fermiers sut ce point important. res] » Un autre caractère marqué de Îa race des mérinos, C’est un fanon plus ou moins grarid: ce caractère est réputé mau- vais en Angleterre, et regardé, au contraire, comme un avantage en Espagne. Nous pouvons avoir raison sur ce point, et les Espagnols aussi, Je ne connais qu’une seule race en Angleterre chez laquelle le fanon ne soit pas un mauvais signe dans Pindi- vidu, c’est la race de Ryeland. Cette race porte, ainsi que la race Espagnole, des toisons d’un si grand prix, que le fanon ne la fait pas rebuter par les fermiers; la peau des Ryelands est couleur de rose comme celle des Espagnols; et je regarde ce caractère comme d’une grande impor- tance, parce qu'il annonce à-la-fois la vigueur et la disposition à s’engraisser. Les bergers Espagnols, font un cas infini de cette couleur rose de la peau: ils la re- gardent comme un signe certain d'une santé robuste, et une indication que la — ce D LAS s= Ce< RE Se Ü£ em À” RE EE nn FE: 126:i toison sera abondante. Cette couleur de la peau est avantageuse pour tous les in- dividus et pour toutes les races; et comme elle indique invariablement une disposition à prendre facilement la graisse, elle doit faire passér tous les bons juges sur des formes qui ne seraient pas réputées les meilleures. ,, » Il y avait un point sur lequel javais conservé du doute; c'était sur la substance dont les bergers Espagnols se servent pour frotter la toison de leurs moutons. Don Juan Bowles dit que, dans le mois de septembre, les bergers frottent les toisons de leurs moutons avec de l’ochre pour empècher que‘le suint ne gäte la laine par son àcreté, ainsi que pour protéger Panimal contre le froid et la pluie: on regarde, dit-il, cette pratique comme avantageuse à la laine. Je n'avais pas pu éclaircir si, en effet, les bergers mélaient TE mn er Ê«727: 3 Ne de encore aujourd'hui quelque substance ter- 6 ire reuse, ou autre, à la toison; mais lorsque mme je reçus des échantillons de laines grasses tion venant d’Espagne, je priai le Dr. Garnett doit de les analyser. Il trouva que sur 46 des grains de laine, il y avait 9 grains d’une \s matière argileuse, singulièrement semblable à de la terre à foulon, et ne contenant point de fer. Le simple lavage à l'eau ais froide séparait cette substance, et la laine nce ne paraissait pas si grasse que nos laines . ordinaires(I). oi de» Sous les autres rapports, cette race OS ressemble assez à quelques-unes de nos a races Anplaises. Les beliers ont quelque ine ET er Cr) Il ne parait point que cette opération sur les on toisons qui se fait dans quelques troupeaux, soit d’au. Cun avantage à la laine, puisqu’en France où on ne la fait pas, les laines ont également une qualité supé« pu rieure: C’est probablement une rubrique pour ajouter au poids des toisons, Me jient (438 1 chose du buffle dans leur physionomie. Ils peuvent peser dix-sept livres le quar- tier, lorsqu'ils sont passablement gras. Les brebis ne sont pas basses sur jambes(1), ont les os petits, et peuvent peser onze livres le quartier, au moins. On nous dit que cette race est sortie d'Angleterre au commencement du quatorzième siècle: ik serait bien temps qu'elle y re int(2 » Voici comment le New famers Ca: Cr) C’est selon les races. La race de Croissy est haute sur jambes. Parmi les brebis arrivées d’Espagne et distribuées cette année dans les Départemens, il ÿ en à qui sont hautes sur jambes, et d’autres qui sont basses, parce qu’elles ont été prises dans divers troupeaux. Les brebis que j'ai tirées de Rambouil- let cette année, sont très: basses sur jambes et pèsent environ go livres poids de marc. La dernière fois que jai pesé mon plus gros belier, il pesait 118 livres. (2) Il paraît bien prouvé aujourd’hui que les més rinos sont originaires d'Afrique. ledar, mi rm ot À LE F20 1 iendar, qui vient de paraître, s'exprinte en parlant des laines: “ Pour nous rendre indépendans des étrangers, il faut augmenter la quan- tité de nos laines nationales 3 mais Sur-tout des laines fines. Il est très- important pour la nation, d'obtenir, le plus promptement possible, des trou- peaux bien choisis de la race d’Espagne. Il y a des faits récens qui sont très. encourageans sous ce rapport. Le€Ei. toyen Lasteyrie, dans une lettre adressée à la Société Philomatique, en France, confirme pleinement lopinion du Dr. Anderson. Les brebis Espagnoles, por- tant la plus belle laine, vivent et pros- pérent dans les terrains les plus maré. cageux, et dans les climats les plus rudes: en Hollande et en Suède, on a vu les laines de cette race se conserver sans altération quelconque jusqu’à la ,, quatrième génération, Il y a des indi 7 Î 22 vidus de cette race qui sont très- gros; et qui portent des toisons superfnes». » Je pourrais ajouter beaucoup de choses à l'appui de ceci; mais Je repugne aux assertions spéculatives, et jaime beau- coup mieux donner des faits constatés par d’autres. Je ne suis pas fiché, je lPavoue, d'une occasion de tirer parti, pour nous, de la pratique de nos voisins les Français: il y a beaucoup de gens, en Angleterre, qui sont sourds à ce que leur disent leurs amis, et qui écouteront les leçons de leurs ennemis. Fas est ab hoste docert. _ Je trouve, dans une gazette Portu- du 19 dé- gaise, un article de Gènes, attention: cembre dernier, qui mérite le voici. LA ñ ages récemment « Plusieurs bons ouvrag | J SON ts. 0 Guperin, eaucoup à Je rene ne beau. Ass Qt je l'avoue, PO S s Franças: ngletere, sent leurs fus de rl, yfe Po kr 19 À tent ri Es Le publiés en France, nous démontrent l'importance des améliorations dont on s'occupe dans ce pays-là sur les laines, et nous prouvent, en même temps, que cette branche d'économie rurale, bien cultivée, peut devenir une grande partie de la richesse nationale chez nos voisins. Le gouvernement Français a profité de la paix avec l'Espagne pour obtenir de ce pays là un grand nombre de brebis de Ja race des transhumans, afin de multiplier ces animaux précieux dans toute la République. Les préjugés des cultivateurs Français pourront, ce. pendant, retarder les bons effets de cette mesure. La Société d’Acriculture de Paris possède, entr'autres observations sur cet objet, deux lettres du Citoyert Lasteyrie, un de ses Membres, qui Voyage actuellement dans le nord de l'Europe, pour rassembler des connais. sances sur les pratiques utiles encore fa » »>) w Bel inconnues en France. Il dit, dans sa première lettre, qu'il a vu, près de Leyde et de Harlem, la race superfine d'Espagne, prospérer malgré l'humidité du climat, Il a vu les animaux de Ja ouatrième génération porter des laines aussi fines que les mérinos les donnent en Espagne, quoiqu’en apparence, le sol et le climat dussent être contraires à ces animaux ,. Dans sa seconde lettre, dit:« Qu'il a observé les mêmes ré- sultats dans les parties les plus septen- triouales de la Suède et du Danemarck, où cette race a été transportée depuis long-temps. Le Gouvernement de Da- nemarck, ayant fait venir, deux ans auparavant, trois cents brebis Espa- gnoiss; de la race des mérinos, il n’en était mort qu'une seule quand le voya- vit, malgré le froid rigoureux (91 eur Île € Le de l'hiver précédent, et l'année pluvieuse qui avait succédé mm ins à es de erfne nudité e kr Ines Netit eut ieuse n (te 138| & Voilà la confirmation de ce que dit le New farniers Calandar, et ce qui est donné par des gens totalement étrangers aux succès de pareilles tentatives. I paräit donc que tandis que les Suédois, Îles Danois, les Allemands, les Hollandais, les Français, s'occupent avec activité des moyens de s'approprier les avantages de la race Espagnole, nous qui y sommes le plus intéressés, nous avons complé- tement négligé cet important cbiet. Il n’y a qu'une illustre exception à cette indif- férence(1). « Ceci vaut la: peine d’être examiné par rc ceux qui ont lu la préface du dernie volume des Mémoires de la Société de (x) L'auteur fait sans doute allusion à Îa tenta- tive faite par le Roi d'Angleterre, et qui a obtenu un plein succès: j'en ai rendu compte dans le Ve. vol, 49 d'Agriculture de la Bibl. Brit. pag. 387 et suiv. I] "à £,13 Era. 1 Bath, Il y est question de ces fabricans à courte vue. dont jai parlé ci- dessus, de ces gens qui oublient qu’on peut nous empêcher complétement de tirer d’Espa- gne aucune laine. Nous apprenons déjà qu'un droit nouveau de 27 pour cent, a été mis sur les laines exportées d'Espa- sne pour lAngleterre par le Portugal Tout avantageux que ce droit puisse être à ceux qui font croître en Angleterre de la laine d'Espagne superfine, c’est un grand mal pour nos fabriques qu’un droit pareil; mais il faut convenir cependant qu'il en résuitera plus d'émulation pour Pamélioration de nos troupeaux. Dans état actuel des choses, il. est bien prouvé que nous pouvons obtenir des moutons Espagnols transportés dans les provinces. du sud et de lest de lAngleterre, des laines égales en tout aux plus belles Cans Mr. Van Reenen a mille brebis, » dont 400 sont de race pure d'Espagne » apportées au Cap, il ya dix-huit ans, » depuis la Hollande, où elles avaient » été envoyées de lEstramadoure, par Le L 4 b F-13671 , Roi d'Espagne. Un mouton Espagnol , pèse de soixante à quatre- vingt livres. , La laine a plutôt gagné que perdu en » finesse, dans la Colonie du Cap.; , Ce sujet est d’un intérêt infini pour la prospérité de l'Ecosse. Il n’y a aucune partie des trois Royaumes qui put aug- menter aussi considérablement sa richesse, par l'introduction de la race Espagnole. Des affaires multipliées, et un accident qui a nui à ma santé pour long- temps, m'ont empêché jusqu'ici de suivre au projet que j'avais de parcourir l'Écosse. Occupé d'agriculture depuis un grand nombre d’an- nées, jai sur-tout étudié avec beaucoup de soimles diverses races de gros bétail et de bêtes à laine. Mon intention était d'examiner le climat, le sol, les produc- ions et les marchés de l'Écosse, avec tout le soin dont je suis capable, pour re- commander ensuite aux propriétaires l’a. - en.* . oo! Vres, l'en ÉAARIT:) daption des. races les p L } us propres à chaque canton, Je continue à croire que dans Îles terrains assez substantiels pour nourrir les grosses races à longue laine, et dans les endroits où le marché des viandes est d’ailleurs avantageux, il con- vient de préférer ces espèces. » Lorque;:lannée:.dernière» la So: ciété de Bath envoya un Comité pour examiner mon troupeau, il fit le rapport suivant:“ Les: beliers et les brebis d’Es- “ pagne que Lord Somerville a tirés de » ce pays- là ont été rassemblés. avec ; beaucoup de difficulté, de peine et de >» dépense. Leur laine, parait. étre d’une » extrême beauté. Il croise des brebis de , Ryeland et de Southdown avec des » beliers Espagnols.;,-- Les brebis dont il est ici question ont été choisies avec beaucoup de soin, soit en Herefordshire, soit en Sussex: leurs productions ne tar- deront pas à faire connaître les avantages 138;] et les inconvéniens de cette entreprise. Jusqu'ici mon intention n'est que de pous- ser les croisemens assez loin pour donner aux métis autant de finesse dans les toi- sons et de rose sur Îa peau, qu'ils en pourront supporter, sans qe les formes et le caractère des mères de chacune des deux races soient altérés(1). D’autres feront fort bien de pousser les croiseinens aussi loin qu'ils le pourront pour se rapprocher du sang Espagnol. En général, on a bien accueilli mon troupeau d'Espagne, et on m'a fait diverses offres pour avoir des beliers; mais lorsqu'il s'agit de surmonter un préjugé bien enraciné, on ne saurait cheminer avec trop de précautions. Pai (1) D'après mon expérience, je crois cela très- praticable: tous mes métis ont tenu du père pour la peau et la laine, et de la mère pour les formes cela est plus ou moins marqué selon les individus, mais sensible chez tous. a. GE RÉ/ maintenant des métis antenois qui ressem- blent si guliérement à leurs mères, les brebis de Ryeland. Excepté un seul, tous les métis mâles sont sans cornes: le seul qui en ait n’a que des cornettes, et elles disparaitraient probablement à la généra- tion suivante. Le fermier Ridgeway a fait la même observation que moi: il a le plus beau troupeau du Herefordshire pour la laine: ce sont des métis provenant d'un belier Espagnol et de brebis de Rye- land. On pourra. juger par les détails sui- vans si ces métis ont souffert dans Îeur corpulence et dans leur faculté de prendre la graisse, par. l’alliance d’un belier Espa. gnol avæ Île sang de Ryeland': Cest Mr. Ridgewa$ qui m'a Communiqué lui-même ces détails. En.1798,-il fittuer un métis de trois ans qui lui donna. S livres de laine, qüise vendirent,£, E, 4. 3 85 livres de viande. AR OLNES don 3. 15,— 16. tes Ae/sraisser er re— VA 7 [, m0:.1 » En 1800, il fut tué un métis de trois ans, qui lui donna,: er Edivres Aide ldpe.: 4. st 42:06 CO A TIMEES UC AVIANUE. re eee FER ae ere T1 AIVLES Hs BTAISSe«re ever ns Joe 2 L. st, 5. 5. 8 , Ces moutons étaient dune belle construction, trapus, carrés, et bas sur jambes(1). (13 J'ai donné dans le Ille. vol. d'Agriculture de la Bibl. Brit, pag. 355 et suiv. des details sur Îa race de Ryeland: on peut les consulter. Je rappelle seulement que cette race‘est petite, qu’elle porte la laine la plus fine, la plus courte et la plus rare de toutes les races Anglaises( celle de Shetland excep- tée) que la chair de ses moutons est délicieuse,€t qu’on ne les parque point. Le poids moyen des toi- sons de Ryeland est deux livres, lavées à-dos. Le prix moyen de la livre est un shel. 9 pences: c’est donc 3 shel. 6 pences pour le prix moyen de la toison( 4 livres 4 sols de France.)— Voilà des F4 NUS TE » Deux beliers métis antenois, prove- nans de brebis de Southdown, que jai, semblent confirmer pleinement les faits ci-dessus. Ils ne tiennent de l'Espagnol que par la qualité de Ja laine, et parce qu'ils sont garnis sous le ventre, et aux jambes de derrière jusqu'aux ongles: ils ont aussi la peau d’un beau rose. La gros- seur extraordinaire qu'ils ont déjà atteinte, me prouve qu’il n'y a aucune race qui se nourrisse et s’engraisse plus facilement que cette race croisée, moutons nes des brebis de cette race, maïs qui, pat Tinfuence d'un bclier, Espagnol, donnent 8 livres de laine lavée à-dos, et cette laine se vend 3 shel. la livre: ces métis donnent done pour 28 liv. 16 sols de Fr. de laine, au lieu de 4 liv. 4 sols que donnent les moutons de Ryeland. Ce n’est pas tout: le quartier de ces métis pèse 22 livres au lieu de r4, qui est le poids moyen des Ryelands. On peut juger par-la si j'ai exagéré le prix des métis provenant d'une race de Suisse, qui a de grands rapports à celle de Ryeland. PT {l C 242 3 | n En 1798, la Société Ecossoise des (| laines vendit ses troupeaux. Le Lord Chief 4 Baron, membre de la Société, acheta les Al Espagnols et les métis proverans de brebis de Southdown. Il les établit dans une 4 ferme de Tweedale, extrémement élevée, Il et exposée aux vents du nord. En com- ) parant les toisons de l’année de lachat avec celles de cette année, il a trouvé À une amélioration infiniment plus marquée L qu'il ne s’y était attendu: les antenois Î paraissent aussi fins que les beliers Espa- fl gnols employés au commencement de | lPamélioration, lesquels étaient de la plus ï| belle race possible. Un fabricant de schalles ; d'Édimbourg, à qui on a montré de cette fl} laine de métis, a dit qu’elle était compa- | 4 rable à la plus belle laine d'Espagne qu'il ‘1 eut jamais vue LA É L 1 Après avoir rendu compte des faits que, J mon expérience m'a fait connaître sur Ja ($ À) TD in Eds, race d'Espagne et sur les métis, ainsi que de ce qui est conforme ou analogue dans la pratique des autres, je dois dire quel- ques mots du parcage, parce que ce procédé intéresse essentiellement Pagricul- ture, et aété l’objet de mainte discussion, en France et en Angleterre, Quand je parle du parc, je n’entends point le parc domestique, c'est-à-dire, un enclos de murs sans abri, dans lequel les brebis passent toute l’année le temps qu’elles ne sont pas aux champs HE DATE d’un enclos de claies dont la grandeur est proportionnée à la force du troupeau, et où on lenferme pendant la nuit, pour fumer les terres. L'usage du parc est de tous les pays où agriculture est perfectionnée. Dans les Départemens les mieux cultivés de la France, en Allemagne et en Angleterre, l i44 On parque les moutons sur les champs ét sur les prés pouf les améliorer. Persourie n'a essayé de révoquer en doute l'avantage du parc: ce procédé est une manière d'apporter et de répandre, sans frais, sur les champs d’un domaine, la substance fertilisante qui, sans cela, aurait été en grande partie perdue, puisque les moutons se nourrissent dans des endroits où d’au- tres animaux trouveraient à peine à brouter. Ce simple énoncé suffit pour montrer que le parcage mérite toute l'attention des culti- vateurs, et qu’en particulier, dans les si- tuations isolées, où il est difficile de se procurer d’autres engrais que ceux qui se font sur le domaine, la ressource du parc est d’un prix infini. Si l'avantage du parc pour les terres m'est point douteux, l'effet de ce procédé sur la santé des bêtes à laine et la pros- périté des troupeaux, n'est pas aussi bien démontré A Ltd démontré. Il n’est pas prouvé du moins; que le parc soit sans inconvéniens pour toutes les races, et il est bien démontré qu’il en a, dans certains cas, pour toutes les bêtes à laine. Les belles expériences de d’Aubenton à Montbard, ont montré que les brebis pouvaient vivre, se bien porter, donner de beaux agneaux et de belles laines, en n'ayant pas d’autres logemens d’été et d’'hi. ver qu'un enclos de murs sans abri. Ce naturaliste a observé que ce régime avait non-seulement pour effet d’affermir la santé de la race qu’on y soumettait, mais encore d'affiner les laines(1) des animaux ainsi parqués toute l’année. Son principal but, lorsqu'il€hfreprit ces‘expériences; C1) Il parait que cet effet de lafinement des laines par le parc domestique n’a pas été observé sur des races d’Espagne, mais sur celles du Roussillon; K ii ee Fe 7 était d'ouvrir les yeux des cultivateurs Su£ Pabus d'enfermer les troupeaux dans des étables closes; où lair ne se renouvelait point, et où les maladies auxquelles les moutons sont sujets, empiraient rapide- ment, Ce citoyen zélé entreprit de prouver le plus possible, pour vaincre un préjugé funeste; et pour mieux démontrer que les moutons ne craignent ni l'air, ni Pintem- périe des saisons, il adopta une méthode ctréme, dont le pratique des Anglais et des Ecossais avait pu lui fournir l'idée. Nous ne voyons point ce que ces essais lui ont coûté de pertes dans le début des expériences; mais il est certain qu'il était parvenu à avoir une race très-robuste,€t que ses agneaux, qui Souvent paissaient sous la neige, bravaient ensuite, dans le reste de leur vie, les extrèmes du froid SE 12? Nr et de l'humidité, sans en éprouver d'effets AUCTAENNS se 29 11y ne| VAUA als fi ta(6 Lt à Rue uoueles lent re prouver ar, 0 lite A] LNA MRFAANN ll ZIK s Argus el aurai liée, mit(er mm l: 147] Malgré ses succès, d’Aubenton a èw peu d’imitateurs; et il ne faut pas sen étonner, Les bons esprits se tiennent d’or- dinaire en garde contre les méthodes ex- trêmes: ils ont vü que d’Aubenton avait voulu prouver le plus pour prouver le moins; et ils sont devenus partisans des bergeries aéréés qui, avant d’Aubenton, étaient inconnues en France dans l’économie des troupeaux, D'ailleurs ,; pour adopter le parc domestique dans toute sa rigueur, et sans risquer les troupeaux qu'on y soumettrait, il faudrait avoir des animaux qui eussent passé les premiers mois de leur vie exposés sans abri à toutes les variations de l'atmosphère: une grande partie des bêtes à laine élevées de la manière ordinaire, y périraient probable. ment, et il faudrait peut-être essuyer bien des pertes avant de se faire une race suffisamment robuste pour supporter lex- périence: ce m’est pas là l’objet. à rem. K 2 _—= at RD RS S F das] plir: ce serait payer trop cher lécono- mie d'un toit.: La bergerie spacieuse, aërée, sèche; et où l’on maintient, autant qu'il est pos- sible, une température modérée, assure la santé des troupeaux, sans avoir les in: convéniens du parc domestique. Quelle qu’ait été la première éducation des bre- bis que lon met dans une telle bergerie, elles y prospèrent, parce que Pair, et une litière sèche, conviennent à toutes les bêtes. à laine. Dans la saison la plus chaude de l’année, une bergerie, quelque aëérée qu’elle soit, a cependant linconvénient d'être trop Chaude pendant la nuit: d’ail. leurs, la fermentation plus rapide du fu- mier ajoute l’inconvénient des émanations utrides à celui d’une chaleur trop forte: P: :] les troupeaux sont alors bien plus saine- ment logés pour la nuit, dans une en- ceinte de claies à l'air libre. Fe 549 om. L Si lon ne parquait que sur les champs de terres sablonneuses ou graveleuses; si x Von pouvait être toujours sûr que la pluie V ne surviendra pas pendant la nuit, et ne détrempera pas complettement le ter. la: se: | rain, de manière que les brebis ne pour- 4 ront se coucher; si enfin, le parc était U toujours à portée des pâturages, ce loge- 5 ment pendant la belle saison, n'aurait que Sand de lavantage. Maïs il y a des races qui ï ne supportent pas aisement les inconvé- ï niens dont je parle; et il y a des mo- : mens( comme ceux de l'allaitement, de è la tonte et la gestation avancée) où il L importe d'éviter que les brebis d’une race E précieuse y soient exposées. En Angleterre, le régime ordinaire des | brebis, c’est d’être à l'air toute l’année. Malgré cette habitude de braver les in- jures du temps, 1l y a des races qui ne supportent pas le parcage: les bêtes à laine r | | 1 GaE) 1 [eo| abandonnées à elles-mêmes dans des champs enclos, où elles passent plusieurs semaines u plusieurs mois, s’accoutument à choisir leurs abris, à se coucher sur les pentes opposées au vent, et qui permettent lé- coulement des eaux; au lieu que dans Venclos resserré du parc, elles sont obli- gées de supporter tous les accidens de Ja température. Une autre circonstance encore fait que des moutons accontumés au libre parcours en toute saison, et qui couchent en plein air, peuvent pourtant craindre le parc: c’est que dans la dispo- sition de la culture d’une grande ferme, le parc se trouve souvent très-éloigné du. pâturage ou les bêtes à laine ont passé là journée, L'instinct des moutons les porte à se coucher pour ruminer, lorsque leur ventrée est faite: au lieu de cela, ils sont forcés de faire quelquefois une demi Heue ou plus, pour ailer chercher le parc: ils souffrent donc plus ou moins basa À de cette longue promenade faite avec Î panse pleine; et, dans les troupeaux da plusieurs centaines de bêtes,- linconvé- nient est encore plus grand, parce qu’elies séchauffent davantage, parce que la con- duite du troupeau par les chiens entraine plus de difficultés, plus de pression et le chocs dans les passages étroits. Il y à des races, celle de Norfolk par exemple, qui sont assez robustes pour supporter ces inconvéniens, sans paraître en soufrir du tout: d’autres races, telles que celles de Southdow et de Wiltshire, en souffrent assez pour rendre la convenance du parc un point douteux parmi les cultivateurs; d’autres races enfin, telles que celles de Ryeland, ne peuvent point soutenir le parc. On’voit donc que la convenance de parquer ou de ne pas parquer peut dé- pendre ds certaines circonstanges jocales: É:#52:‘1 et de la race que Fon à. Je puis dire; d'après mon expérience, que dans un terrain graveleux, et avec l'attention de ne pas choisir le pâturage de l’après-midf à une trop grande distance du parc, la race des mérinos supporte très-bien le par- cage. Mon troupeau a souvent été percé par des pluies d'orage, qui empéchaient les brebis de se coucher, et ne paraît pas en avoir souffert. Cependant, il est évident que les avantages du parc ne doi- vent rien faire donner au hasard, relati. vement à la santé et à la conservation d'une race aussi précieuse. Le parcage, qui dans certaines circonstances peut être lobjet principal de lagriculteur, est clai. rement ici un objet subalterne, et doit être traité comme tel. Il faut parquer les mérinos pour leur éviter létouffement des bergeries pendant les chaleurs, mais il faut toujours faire céder l’avantage de la- DE CL: 1$3 x] mendement des terres à la plus légère convenance de salubrité pour ces animaux. À Rambouillet, on ne commence à parquer que quinze jours après la tonte, et on termine le parcage dès que les ma- tinées commencent à être fraîches: ce qui réduit à environ trois mois le temps du parc. Je ne connais aucune bonne raison de ne pas parquer au printemps dés que le temps est chaud. Les deux mois qui précèdent la tonte sont ceux où il importe le plus d'empêcher que les brebis ne souf- frent de la chaleur de la nuit dans les bergeries. Comme, en général, les ber- gers aiment mieux ne pas parquer, parce que ce procédé leur donne un peu plus de peine, il est bien possible Que cette cause ait agi sourdement à Rambouillet, et décidé un point qui, au fonds, ne parait pas de première importance sur la santé des mérinos, puisqu'à Croissy où Éd à on ne parque point du tout, à Ram. bouillet où lon ne parque que deux à trois mois, et à Lancy où lon parque cinq ou six mois, les brebis se portent également bien.| D'après les expériences de d'Aubenton, on a cru que le parc rafinait les laines cela peut être vrai pour les races sur lesquelles il a travaillé;: mais cela ne pa- 1 A rait pas l'être pour la race des mérinoOs: le troupeau de Croissy est renommé pour sa finesse; et je rappellerai encore que la race de Ryeland, qui ne parque point, est la plus fine de PAngleterre. Ce que ) ai remarqué, cest que le parc blanchit Cm» siblement les toisons sur le dos de la- nimal; mais je crois que cet avantage est nul, en dernier resultat: c'est d’un bon lavage que dépend finalement la blancheur de la laine d'Espagne, et les laines de Croissy prennent un blanc tont aussi beau que celles qui ont subi le parc. L'année dernière, Jai suivi, pour par. uer, la formule de‘d’Aubenton, c’est- a-dire, dix pieds carrés par bête, et deux coups de parc dans la nuit. Le blé semé sur cette préparation a été médiocre, et paraissait à peine avoir été fumé vrai que le trèfle qui succède est d’une beauté très-remarquable, et que le terrain, qui est fort graveleux, est plutôt une terre à seigle qu’elle n'est propre au blé; mais comme javais aussi mis du seigle ] dans une partie du champ parqué, ét que ce seigle a été médiocre, il est évi- dent pour moi que la terre n’était pas suffisamment parquée. Cette année, j'ai attribué le même espace à chaque bête, mais je n’ai donné qu’un coup de parc par puit, ce qui fait une fumure double: je rendrai compte de Peffet, Cela se rappro- cherait de l'indication donnée par Arthur Voung, et que j'ai comparée à celle de Anhenton ser m’étot jant que Aeny Qi HOCRION 3 EN In ctonnan UC DOUX : LS 2 F1 3 hommes si justement célèbres fussent si mal d’accord sur un point de fait comme celui-là(I). Quant à l'avantage du parc pour les terres, il ne peut différer que du plus au moins; et ceux qui travail- lent sur une race robuste, pour obtenir dès métis. ne doivent hésiter à s’assurer Pamélioration qui résulte de cette pra- tique. ê | j | A | FRE! 1H FL k Ceux qui ne connaissent point l’écono- mie des bêtes à laine, et qui cherchent des directions pour létablissement dun troupeau, peuvent desirer qu’on leur four- nisse quelques renseignemens précis sur l'étendue de terrain nécessaire à un nom- bre déterminé de ces animaux; sur les frais d'achat des brebis; sur la construc- tion des bergeries, les frais de parc, de (1) Voyez le V°. vol. d'Agriculture, de la Bibl, Brit, page 125. ET as 4 bergers, de chiens, et de nourriture; sur les non- valeurs et les pertes proba- bles; enfin sur tous les objets qui com- portent le calcul, et qu’un proprietaire sage doit avoir bien examinés avant d’en- treprendre une telle exploitation. Il est très- difficile de rassembler sur ces divers points des données précises, et de résoudre ces questions d’une manière pleinement satisfaisante, parce que les circonstances dont la solution dépend sont nécessairement variables, selon les situa- tions, le genre de culture, le prix des fourrages, la qualité des parcours, l’éten- due relative des près où pâturages secs avec les champs d’un domaine, le prix des gages des domestiques et de leur en- tretien, etc.[Il ne peut y avoir sur tout cela que des approximations; mais comme en faisant les suppositions les moins favo- tables, il reste encore une très- grande A D ln ei D jatitude pour rassurer l'imagination du cul tivateur sur le profit d’une telle entreprise; il y a quelque utilité à fixer les idées pat des calculs. Je dirai d'abord, avec Gilbert, que pour assurer la réussite, il vaut mieux rester; quant à la force du troupeau, un peu en-dessous de ce que le domaine pourrait nourrir de moutons à la rigueur. Il importe, comme je l'ai dit, que les brebis soient très-bien nourries-pendant toute l'année, et sur-tout pendant l’hivers qui est la saison critique pour elles, Il suffit d'une sécheresse pour rendre les fourrages de moitié moins abondans qu’ils ne le sont année commune. D'autres con- trariétés de la saison peuvent empêcher de se procurer les nourritures supplétives pour hiverner les brebis. Pour peu qu'il y ait de pénurie dans la nourriture, les mères maigrissent, les agneaux souffrent;[a / = Ra laine s’altère, et la race perd en statufe et en force. Quand on fait le calcul des rés- sources d’un domaine pour alimenter le troupeau, il faut toujours penser que l'été peut être brülant, ce qui anéantira les paturages; ou très-pluvieux, ce qui forcera à nourrir souvent à la bergerie; que lhiver peut être plus rigoureux et plus long que de coutume, ce qui fera consommer plus de fourrages: enfin ïül faut bien se dire qu'il vaut mieux rester de vingt bètes au-dessous de ce qu’on pourrait nourrir, que d'en avoir une seule de trop. Gilbert estime qu'un domaine de cent arpens, qui jouit de l'avantage de quel. ques friches, peut fort bien nourrir un troupeau de cent brebis mérinos, sans rien Ôter aux autres bestiaux entretenus sur le même terrain, et sans rien perdre- RE SRE en ane ds 7e nennr. ] sur les productions du domaine( 1). je crois cette estimation très- modérée, c’est: (Tr) Cela s'explique par l'accroissement considéras ble de fourrage et de paille qui résulte, pour le do- maine, d'environ cent cinquante voitures d’excellent fumier produites par le troupeau. 1l faut acheter du foin la première année, mais ensuite cela n’est plus nécessaire. On peut créer des fourrages à l’aide du parc, tels que les vesces et l’avoine qu’on coupe pour foin, et.qui remplacent la jachère dans les ter rains qui y étaient destinés: l'amélioration des près rétablit bientôt léquilibre entre les fourrages et les animaux de la ferme, sans reformer aucun de ceux-ci. Je nourris douze vaches de Suisse de grosse race, qui sont toute l’année sur le domaine, comme je le faisais avant d’avoir des moutons. Je prevois que dans deux ou trois ans je pourrai, vu l'amélioration qui résulte de l’engrais des moutons, augmenter le ñom- bre de mes vaches, ou porter mon tronpeau de brebis à un nombre plus considérable que celui auquel les ressources du domaine le fixaient dans le: debut. On remarquera que je ne fais aucun usage pour Phiver et le printemps, des turneps, choux, etc. parce que la mauvaise police rurale et l'esprit de rapine, fruit de la révolution que nous avoris éprouvée,‘empé: hent que lon ne puisse rien conserver en plair a-dire ut y— DS— F6] à-dire, précisément comme il fallait la faire pour qu’elle püt servir de base aux calculs. Le domaine que j'exploite est de quatre-vingt-dix-huit arpens de 48400 pieds de surface, Il y a là-dessus onze arpens de vignes, dont je n'ai fait aucun usage pour les moutons, et treize arpens de bois, qui sont trop éloignés pour que je puisse y envoyer le troupeau dans une autre saison que l’arrière-automne et l’hiver, quand le temps est sec. Sur les vingt-deux arpens de prés, il y en a six qui sont en pâtu- rage exclusivement destiné aux moutons, mais où lherbe est rare et courte. Sur les seize restant, il y en a quatre où le champ depuis l’automne. Dans les endroits où cela est possible, la dépense est fort diminuée, et le troupeau s’en trouve mieux que de la nourriture sèche. Je n'ai donné jusqu'ici ni carrottes, ni pommes de terre, ni autres racines, parce que j'ai crains de m’e- carter du régime auquel mes brebis élevées à Ram- bouillet on$ été accoutumées. L “ET RS 0 nn nn er 5 2 TO. 1 troupeau nentre jamais, et douze où il pâture après les vaches depuis fructidor jusqu’en germinal(1). Sur les cinquante- deux arpens de champs, il y en a, année commune, environ un cinquième en trèfle ou luzerne, et un dixième en jachère: le reste est occupé par des grains hivernés, et des graines de printemps ou plantage. Pendant lautomne et l'hiver, le troupeau (x) J'ai laissé mon troupeau dans.un pré hätif jusqu'au 4 germinal, cette année. Il y avait une por- tion de ce pré qui était un peu humide, et dans laquelle je ne le laissais pas entrer: une rigole, que les chiens gardaient, séparait les deux portions, Quand j'ai cessé de faire paturer le troupeau dans ce pré, la partie qui avait été ménagée avait de lherbe de 4 à s pouces de haut: la partie pâturée était parfaitement rase. Le 29 floral, le pré a été fauché, et il était impossible de découvrir la moindre diffé- rence dans la longueur et l’abondance de lPherbe,, non plus que dans sa maturité, entre une portion€t l'autre. Ce fait a paru fort surprenant aux domesti- ques: ils avaient annoncé qu'il n’y aurait point de gccolte dans la partie pâturée. eo uctidor année | trélle here: \etnes, lantage, [oupeau = i 14] parcourt tout ce qui n’est pas en blé où en-vigne(1). Pendant le printemps, ül pâturé dans les jachères, dans les six ar- pens dé päturage qui lui sont destinés, et dans les fourrages verts semés pour être consommés sur la place. Pendant l'été, il a les mêmes pâturages, et, de plus, les chaumes aussitôt après moisson, les jeunes trèfles(2), et enfin les prés secs, aussi- tôt que le regains sont coupés. (x) Dans les vignes graveleuses et herbeuses, on peut fort bien mettre les troupeaux depuis la ven- dange jusqu'a la taille: cela se fait dans le Pays-de- Vaud sans inconvenient. Je ne le fais pas, parce que mes vignes sont d'une terre trop argileuse. (2) C’est une erreur de croire que les jeunes trés fles souffrent de la dent du mouton: jamais je ne les eus plus béau que cette année, où ils ont été rongés par les moutons depuis la moisson de l’année dernière jusqu’en germinal. Mais il ne faut point y faire entrer ceux-ci à jeün, ni les y laisser trop long. temps, de crainte de gonflement, sé hist [ 164.1 Avec ces ressources, mon troupeau, dont le nombre moyen a été de cent quarante bêtes, a consommé, dans l’année finie le premier prairial dernier, trois cents quintaux de foin ou luzerne de première qualité, trois mille cinq cents fascines de frènes, de: peuplier et de chène, dix quintaux d'avoine, sept de son, et envi- ron un quintal de sel. Voilà des faits qui peuvent aider chacun, selon sa position, à calculer d’une manière approximative ce qui lui en coûtera pour nourrir son trou- peau, et jusqu'à quel nombre il pourra le porter. Essayons ce calcul, pour un troupeau destiné aux croisemens, et de cent brebis. Il faut d’abord penser au logement. Si lon a une grange ou remise que lon puisse aërer suffisamment, il en coûte peu de chose pour y établir les rateliers. Mais supposons qu'il faille élever un cou- LEA - SRI vert ct lenclore de palissades, en prof. tant d'un mur déjà existant,, pour le garantir du côté du Nord. Les frais moyens d’une telle costruction trés- Kégèré pourront allek, à:® MOT 1800 24 claiés de ro pieds pour le parc, à 3 liv. 72 La cabane mobile du berger..... 48 Achat de cent brebis d’une race de Suisse, à gliv. 900 Achat de trois beliers Espagnols, à rç0 liv.(x) 450 Achat de deux chiens de berger, à 24 liv.. 48 mm Total des premiers débours pour l’établisse- miens. dHéttOnpeane ER Re 3318 Cr) Je fais la supposition la plus coûteuse, celle d’avoir trois beliers pour ne faire durer la monte que deux ou trois mois. f 4 BG: 166, 1 Frais annuels. Gages et nourriture du berger. et de son aide, et entretien des chiens...... Liv. 1009 Trois cents quintaux de foin, à 3 liv.(1). 900 Dix quintaux d'avoine, ,a 8 liv:.«. 80 Septquintaux de sph,,4$ Liv.. 35 Un qunaldeesel sn 8 Tonte et aux US ee. nn. 24 _———— Total des frais annuels. L. 2048 (1) Je compte pour 140 bêtes, quoiqu'il n’y ait que cent brebis, parce que$8o agneaux que je sup- pose réussis, sur les cent, demandent d’être nourris, et je compte deux agneaux pour une bête adulte. Je ne fais pas entrer les fascines en ligne de compte, parce qu’elles sontiau moins aussi bonnes pour brüler après que les moutons en ont mangé la feuille: je dis au moins, parce qu’on remarque que ces fagots coupés dans la sève d’août brülent mieux que d’autres, = Eu L:4 Le: à ter] Rentrées annuelles. Tonte de cent brebis de Suisse, trois quin- taux en suint, à 35 sols la livre... LL. 520 Tonte des trois beliers mérinos, trente livres GO UNNE ASIN eine es secte 90 Cent cinquante chars de fumier, à 6 liv. le Chan, Gi a ES Sat hate ane V9 Vente de 8o agneaux métis, avec leur toison D TRI ee end+ A nee yet et RAP DOS IES Total des rentrées.... L. 3430 ñ Fraise déduire. Len, 20047 PE Interét dun capital.# 4e“Le 7383 Pre 2 RS CT (1) J'ai tenu fe compte de la quantité de fumier que font les moutons: elle est beaucoup plus consi- dérable, à nourriture égale, que celle que fait le gros bétail. Je reste en-dessous du vrai en comptant une voiture et demie par brebis; y compris le parc et le sable amélioré. Le fumier des agneaux est par dessus. Je ne compte rien pour la paille, par cette raison, et parce que le prix de 6 livres, qui est celui du fumier ordinaire, est trop bas pour un fu- mier dont l'effet est beaucoup plus actif. On peut étre om 5568 Je n'ai pas supposé de perte dans Îes brebis, parce que j'ai forcé la supposi- tion des pertes sur les agneaux, mais si Pon veut supposer le remplacement de douze brebis, il restera encore quarante pour cent d'intérêt du principal. On sent bien que la supposition de Ja vente de tous les agneaux métis est absurde, parce qu’on entreprend les croi- semens pour obtenir une amélioration graduelle, et qu’à mesure que les métisses seraient en àge de prendre le belier, elles remplaceraient les brebis communes. Es- sayons le compte des deux, premières an- nées dans cette supposition, qui est la plus juste. Au lieu de 80 agneaux à vendre, ïl tertain que l’engrais que font les moutons paie le fourrage qu'ils consomment. ht no a VS VU hs ñ — \y ll LOTO] ny aurait que les mâles à ôter du trou- peau, supposons 40: cela réduirait à 13 pour cent l'intérêt du principal, pour cette première année. À la seconde année le compte des rentrées serait comme suit: Trois quintaux de laine de Suisse.,|... L. ç520 Trente. livresyde laineétd' Espagne,=.«4... 9a ÉDRRICr EN re SE. To gd Tonte de 40 antenoises, à six livres pesant la"toison:;:et4 40 sols livre. 2% 1,5? 480 Vente de quarante agneaux mâles, à 24 liv.. 960 Vente de quarante brebis de Suisse, à 9 liv.. 360 Réntréegt, A SE to Ecis ed dre Pere CAm Intérêt du capital.: 4°..« L. 1363 On sent qu'à mesure que les métisses deviennent portières, et remplacent les Fi p.41 brebis de Suisse, le fond capital aug- mente beaucoup de valeur. On sent aussi qu'à mesure que les croisemens se mul- tiphient, la laine prend un plus haut prix et augmente en quantité. Chacun peut pousser jusqu’à la troisième ou quatrième génération la supposition des croisemens, et calculer le rapport d’un tel troupeau amené au degré de superfin. Les apperçus que J'ai donné suffisent pour montrer qu'il n’y a sucune spéculation agricole dont les profits puis::nt être comparés à ceux d’une exploitation de ce genre, si elle est bien conduite, Er M: ras D tuen De l'Imprimerie de Luc SESTIÉ 4 GENÈVE. de SNS} ANA) SUN 'k KL ee SALE & 4{ 4 DOTE IR| ANNE EE euae ne NC AS\K ARE NEC As SA NA SM one ES Les DER NS<= SF ail] Ge De D'NER Ne abs VENT ve ù F; S< Pt \\\\,”\\l N NN N\(S S LE UL 4 D ENTRE} RAA où®; QS so ÿ S À PNIVA{: SERA\K$/ RUE Re //) GÈ ÿ\ Fe ne A=« y: 4 2 ù R 4 SS St NT K\\* LS\ NAN a w:. Cd, ee. 2720 nue Ce GA AH 0e 7 M| LA 222 2227_ Enerte ee e= à te“LL {& 7 cs : à É- 7 ASS-À pe FA AS de Po et PAS s(: 5} f in à FT £ LS Ÿ: NE à NS k è S 4 S\S TA Vi DE use AS ee D K' N \\ INT! AN N EUR RRUN N NN É Ki ja PAR 4 à és NS è AU| H OA Has” LA RAR LEE RQ NRA LS ANSE FPE; NY nee 7 di ts Va ta UD LA\ WA Xe KW a à :/> À c.= EN 2e Los= Se*| LES es\{*:& #\ cr RSC N 25 r we N\ AN NS Ÿ RS RON ÿ » RD 7;\:; PE Ne te Ur gp: e 5— 7 5: da A Quoide Ah, He) LICE x APCE< LOT races 294 a. C CO; ut rouflectit Rire liner. ‘ + sanozio s05 onub x‘auouet So] 10b sinsias s5p‘Uaiq NP O1} 9P SUOIJE990 S2P 4IUINOF AN9] X _£æ= NX 09 LORS: ss À. A PE CNE RTE NE EE Re A MS K- | nue e 110] 1nol anbeijo puald uo.] onb lonundy auue. J Soouepuoqv.] surp auo] ol du sonνν onh 1001poui el suep auoruoo suld Je uoο.l «Leaen Ne 1ueKe3 101el]J uo ee „Soduuod suouieelop uo nied“αεο op uon -OAop op sope uo enled*„Koldcue Po odoueun „Gnnp mol ²l n uened ue e 90uou e e auol ej auouien Koldauo unoeio ² 01PaO.I suep auonh j unoecho use K uolun nad v nod 1u311100 2] loddn enblonb PAe sauep Sol ¹ounup K aA el Su esaneJop op 1duHexe sed Jo K.u uo. enbllqnd uolpnuhl e puodr onbjouop ee h e 9191d el no uoru aun suep anol annne, SlOx1ο.,† »sIul Souuoq sol 10u321 2ler inod ¹uoνε el Dp uloou ul ep suld sanolnor ulsauoo snou 90uOlodxo 000 401pao an01 dp solliurz S0p 10191Aà t 1uoano] ollodde snou rolun N -sodiounad i?d olndnio] suey saohe Jo.] uonb doled*Xʃ =A auouieolper e onb Hule Jo.) suonhenue sonne p t 29211u1,0 5316 suld oun anor ansl t auolano 4sOJluupe sloz dun san0110 soo enb"uoneg so] inb san1o S0p — — 8 duoonroq onb noll onbeijo uo 01qtuol unrno un MoOAe ue K II.s sgel ‧2010]3 g] 221101 Suep muOxpuold nod onb odueon doun Jo˙* 8294 -elo R soind somr p dnoonead sleiuel au K lnb 1219dſ sed Nop"u uonb onoac. f .I IIA 100 ·x*n—( 2p 21u1910 p] supp SII eSulI uoipj sop nàA ue uou“ uonpo iuns e 1oueat 310p I42μνν*1 2p sdaoο np 21nIſ 2201 2p nua*,ſqv.s 10p II 4anei suld uold 2415.I ue np uoneooA e n*1ν1- 91 ad slidol sed 0. u 1n0d aun inb alloo onb anu eld rea Sun Po. onb a1OXIp eu ng ro 27 241u02 u214 sas N:Mp Inl O. b uro]eq sed e.d II zape oale sed uo.r p 1ueo uld p 2112 E ued uoνν⁵ν⁵ο Oοs⁷νοπν ε 10]7ud ep ulo- 2ſſſyq 2p ꝛurod souν: mn0uuoO, euutHod un k 94. 0p ulo]oq sed Jo. u II uO uQο1d 24704 p 1102 ↄp ꝛuiod sonnſ M: 0llp Inl P ulJoc. sed Péo. 9 H ¹s29pl s0o"p ulold Jeo eounuod un puend Anl ue susoum no suld auouο laed al auop suoue e de la Lenb e.u uen O e II auiod lonb èv 193ul mmod unoeio vl-aed IIIA ud: ↄuiſruvſανꝙτπ 1111ſ0. no*—ſuν -f 2p nidſa.] oAb zuolollodde slunb 20 LllOA „uh e p Suendo sop alumnoz anel ——— Oanos Sĩc . — — G — 8 5 S — O — 0. 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