b 1 ERT T R..„5 / 99 en rend pluſieurs que les Conſeils inférieurs A A avoient uſurpés. Ces droits en totalité ſont Srands& beaux, ſans doute; mais premiere- ment ils ſont ſpécifiés,& par cela ſeul li- mités, ce qu'on poſe exclut ce qu'on ne poſe pas,& mème le mot limités eſt dans l'Article. Or il eſt de l'eſſence de la Puiſſance Souverai- ne de ne pouvoir être limitée: elle peut tout ou elle n'eſt rien. Comme elle contient émi- nemment toutes les puiſſances actives de l'E- tat& qu'il n'exiſte que par elle, elle n'y peut reconnoitre d'autres droits que les ſiens& ceux qu'elle communique. Autrement les poſ- ſeſſeurs de ces droits ne feroient point partie du corps politique; ils lui ſeroient étrangers par ces droits qui ne ſeroient pas en lui,& la perſonne morale manquant d'unité s'évanoui- roit. Cette limitation même eſt poſitive en ce qui concerne les Impòôts. Le Conſeil Souve- Partie II. 83 pi [ _—___- — CS DT SS pa _— ee. ES pe RE Le É À..1 on ASSOLEMENS. D, 0 vain AVIS. CET ouvrage, destiné au concours du prix, s’en est grouvé exclus, parce qu'on a prorogé de trois mois le térme annoncé, et que l’auteur n'a été instruit de ce délai, par les papiers publics, que vingt jours après l’époque qui avait été d’abord fixée. L'ouvrage étant imprimé, et déjà annoncé dans la Bibliothèque Britannique, l’anonyme qui est une condition de rigueur, n€ pouvait plus être gardé. Cet ouvrage se trouve à PARIS, Fucus, Libraire, rue des Mathurins, hôtel Cluny. Chez Cu. Poucens, Libraire, quai Voltaire Ne. 10. EMERY, tue du Foin St, Jaques N°, 295. \ )} FR A I TE DES ASSOLEMENS, OU Dé LE ARE Ÿ’etabliv les cotations&e récoltes* PAR Ci PICTET DE GENÈVE A GENÈVE, Chez J. J. PascHoup, Libraire, 1X(1801) Len Frs) DES MS:S 0 E EM ENS, Oo E DE L'ART d'établir les Rotations de Récoltes. Ex SOCIÉTÉ DEMANDE QUELLE EST LA MEILLEURE MANIÈRE D'ALTERNFR LES RÉ- €EOLTES; A L'USAGE DU PLUS GRAND NOM: BRE DES CULTIVATEURS; A L'EFFET DE DIMINUER; AUTANT QU'IL EST POSSIBLE, LES JACHÈRES; SUIVANT LA DIFFÉRENTE NATURE DES TERRES. De toutes les questions que la Société pouvait proposer à la discussion des agro: nomes, il n’en est aucune peut-être d'une importance plus réelle à l'avancement, à la A he ati L SR T—— db PT mr DR, meme à le© es. 2 ERA ETÉ prospérité de Part, et dont l'examen doivé être d’un intérêt plus grand pour les Cultiva- teurs véritablement éclairés. Ceux-ci doivent d'autant plus applaudir au choix que la So- ciété a fait de ce sujet, qu'il a été jusqu'ici peu approfondi par les auteurs Français; et que la bonne théorie des assolemens, consi- dérée dans son ensemble, avec tous les faits qui l'appuient, toutes les applications dont elle est susceptible, n’a jamais été pleinement développée dans aucune langue. Une réflexion générale suffira à faire sentir combien cette matière mérite, en effet, l’atten- on du public. Toutes les améliorations agricoles ont un but déterminé qu’on espère atteindre par de certains travaux, et par des avances d'argent plus ou moins fortes. Celui qui veut augmen- ter ses troupeaux, défricher des terrains, éta- blir des prairies, faire des défoncemens, des plantations, des desséchemens, des transports de terres, est obligé de consacrer un capital à chacun de ces objets; et, avant d'entreprendre Tamélioration, il faut qu'il ait calculé qu'elle rie jui rendra au moins l'intérêt de son argent. Or ce calcul, dont les résultats peuvent être rendus vains par tous les accidens naturels | dont les récoltes dépendent, ne saurait être établi avec une parfaite certitude. Le Culti- vateur hésite souvent ,; dans la crainte de hasarder ses fonds: souvent aussi les fonds lui manquent; et les améliorations sont par: telles, faiblement suivies, ou tout-à-fait négligées. sus Mais, si un Agriculteur a une connais+ bien étudié les ressources de ses terres, les avantages et les inconvéniens de son climat, et les moyens.d'écouler ses denrées; si, disje, cet Agriculteur établit dans son domaine des assolemens bien réglés, 1l obtient sans avan- ces et'sans risques, une amélioration plus productive et plus réelle qu'aucune de celles. | qu'il eut pu tenter à grands frais. Faire donner aux terres, en les conservant dans le meilleur état possible, la rente la plus fdrte | qu'elles puissent produire, voilà le but des bons. 5;, RE À assolemens. Ce büt est manqué, s1 Tune des À 2 DES ASSOLEMENS. à sance sûre et raisonnée de son art, sil a LD D M Se me 4 P RANET.É deux conditions n'est pas remplie, c’est- à. dire, si la terre, en rendant beaucoup, tend a s'épuiser, à s'infester de mauvaises plantes, ou bien, si en se maintenant nette et en bon état, elle rend annuellement un revenu moindre qu'elle ne rendrait par d'autres pro- cédés, et si cette moins-value n’est pas plus que compensée par l'accroissement de valeur du terrain. Une terre en bon état est celle qui est pourvue d’une suffisante quantité de sucs nourriciers pour porter de belles récoltes, et qui esten mème temps bien purgée de mauvaises plantes et de graines nuisibles. Or, pour conserver Les terres dans le meilleur état possible, 11 faut disposer d'une suffisante quan- tité d'engrais, et donner les cultures néces. saires; car l’engrais est aussi indispensable au recouvrement des sucs, que la culture l'est à l'expulsion des plantes nuisibles. Plus Jes bestiaux sont nombreux sur un domaine, plus il Sy fait d'engrais. Plus les attelages sont forts et bien entretenus, et plus aisément les cultures de la terre peuvent être faites en temps convenable et d'une DES ASSOLEMENS.$ manière complette. Il faut donc que les assole- mens soient combinés pour fournir abondam- ment la nourriture aux bestiaux du domaine. Mais comme la fiente des animaux ne suffit pas pour faire du fumier ét qu'il faut encore des pailles; comme il faut que les grains nourrissent les individus occupés de Fagri- culture, et payent une grande partie de: Ja rente annuelle du domaine, il est nécessaire que, chaque année, une suffisante partie d’un fonds soit destinée aux grains. Enfin, comine Pexpérience à fait reconnaître que certaines récoltes sont plus belles après d'autres récoltes d'un autre genre, sans que la terre paraisse s'épuiser; et comme il existe, pour Ja plu: part des terrains, la. possibilité d'une succes- sion indéfinie d'année en année, de récoltes toujours belles, si elles sont convenable ment variées, si les engrais sont suisans et bien appliqués, il faut viser À établir les assolemens de manière à ce que chaqué ré: colte prépare le succès de la récolte suivante, Ce n’est pas tout. Le but final des efforts du cultivateur, c’est le profit. Le plus habile est celui qui tire de ses terres Z2 rente la:plus À 3 « PASSES pere LS a] f 6 TR A ET É fèrte qu'elles puissent produire, pourvu qué:lau- tre condition de les maintenir en bon état, soit aussi remplie. Ce serait donc en vain que les bestiaux seraient nombreux, bien nourris, les terres bien labourées, bien fu- mées, les récoltes abondantes, si la rente du domaine restait en dessous de ce quelle serait dans uné autre culture, laquelle cepen- dant n'épuiserait pas le fonds. Il peut y avoir du'luxe dans la bonne culture, comme€ tout autre chose; et les circonstances locales peuvent commander ia préférence de certal- nes productions, qui, d'après les principes gCnÉTAuX de l’économie agricole, n'auraient pas: été choisies. Qn:woit donc que la meilleure manière d'alterner les récoltes, est une question com- pliquée; et quoiqu'elle soit susceptible d'une solution générale, elle ne saurait être résolue, pour les: cas particuliers, sans que l'examen en soit soumis à un grand nombre. de.consi- dérations accessoires, qui toutes ont Jeur importance. Pour mettre de l'ordre dans un süjct qui est vaste, je vais diviser mon travail en six parties. >. ES Mere ere uen) DES ÂSSOLEMENS. 4 Je traiterai 1°. de la théorie des labours, et de l'usage des jachères. 2°. Du systême d’alterner les champs entre les plantes à racines fibreuses et les plantes à racines pivotantes. 3°. De la théorie des assolemens. 4. Des assolemens des terres légères. 5”. Des assolemens des terres argileuses. 6°. Je présenterai quelques considérations sur les moyens d'introduire en France de bons assolemens. 8 TRAITÉ CHAPITRE. Dr xA THÉORIE DES LABOURS ET DE L'USAGE DBS JACHÈRES: Le labourage, ou la division de la terre par la charrue, a plusieurs objets, selon le moment et le genre des labour Cette ope ration est destinée à faire périr les mauva plantes qui prennent possession au-Sûl., emploient inutilement les sucs products; à faire végéter les mauvaises graines qui s trouvent dans la terre, pour ensuite tuer| plantes par un autre labour; à exposer pla de surface à l'influence de l'air et de la lu- mière; à faciliter l’action des rosées, des pluies ou des gelées; à briser, émietter ou ameublir la terre; à couvrir les engrais et les mélanger avec le sol; enfin à* préparer la terre à recevoir les graines qu'on lui confie.{ 1} (1) Les hersages, les roulages, toutes les opéra- tions pour briser les mottes de terre, et enlever les mauvaises herbes, sont des dépendances des labours. DES ASSOLEMENS.& Il convenables pour labourer avec le plus d'effet y a de Part dans le choix des momens possible; et il y a aussi des distinctions à faire dans la manière de labourer, selon le but prochain ou éloigné de l'opération. On a à cet égard divers systèmes, des procédés et des instruméns très-différens les uns des autres, pour des terres à peu-piès semblables, selon les pays, les provinces et les cantons. C’est, en général, l'usage plutôt que la raison qui détermine les préférences. Les procédés du labourage doivent varier selon le terrain, le climat, la force des atte- lages, la construction des charrues, et enfin selon que les saisons sont plus sèches ou plus humides. Il y à des terrains sur lesquels l’ac- tion de l'air et des gelées est extrêmement marquée; et d'autres sur lesquels cette action n'est point sensible à l'œil.( 1} Il y a des (x) J'ai dans le domaine que je cultive des champs de terres argileuses, qui, labourés avant l’hiver, s’en- lèvent par grosses mottes et offrent une surface extré- mement raboteuse, Au printemps toutes les mottes sont détruites et la surface est ume et poudreuse. J'ai | 1 a! = EE xs 0 PRATEE terrains où les plus mauvaises plantes germent joour 6 plus aisément et ont un accroissement plus ja hi rapide. Certaines terres ne peuvent point se où autt labourer lorsqu'elles sont à un certain degré à l'r| de sécheresse; d’autres se pétrissent, si elles qu do sont trop humides. Le laboureur habile étu-| le per die saterre, consulte la force de ses attelages, fur! la nature de la saison, et prend son temps vit en conséquence pour faire ses labours.| ut l'a Dans le système des jachères complettes, ss tel qu'il est suivi sur une grande partie du; sol de la république, le laboureur, après’ avoir recueilli sa moisson qui est de l'orge|’ ou de l'avoine, commence à préparer sa terre à recevoir du blé l'année suivante.(1) Le| tn lac dans le même domaine d’autres champs de terres 1 légères, qui, labourés de même avant l'hiver, pré- ke sentent au printemps exactement le mème aspect à qu'avant les gelées: toutes les mottes de terre s’y con- k servent intactes. 10 #{ 1) J'appelle cette suite d’opérations de la charrue| nê et de la herse jachcre complette pour la distinguer\ à de la jachère d'hiver, qui est une préparation de la terre à porter une graine de printemps, et qui con- siste en deux ou trois labours, l k | 1 RER PR D mme om DES’ ASSOLEMENS. EX Jabour qui succède à la moisson est destiné 1°. à faire périr les plantes des chiendents, ou autres graminées nuisibles, en exposant à l'air les racines de ces plantes: le hersage qui doit suivre le labour, quand le temps le permet, contribue essentiellement à les faire périr; 2°. à enterrer les graines des mau: vaises plantes qui ont répandu leurs semences sur le sol avant la maturité de l’orge ou de l'avoine, ou pendant la moisson de ces gral- nes; ces semences végètent, en grande partie, et produisent des plantes que le second la- bour enterre à la fin de l'automne ou en hiver. Le second labour est principalement des- tiné à exposer une plus grande surface à l'action des gelées, des pluies et des neiges, Al Ïl convient, par conséquent, de ne point 4 ae herser après ce labour, afin que les influences de l’atmosphère agissent sur un plus grand CE nombre de points. Dans les terres qui retien- PES ={li nent les eaux, ou qui sont argileuses ,; o% sillonne souvent la terre, ou on la dispose en sillons relevés, pour que l'écoulement des eaux pluviales soit plus facile, et que la éharrue puisse y rentrer plus tôt au printemps. PEN 12 TRAITÉ Dès que les semailles du printemps sou achevées, le laboureur rentre dans la jachère, pour donner le troisième labour, dont le but est de tuer les plantes qui ont végété, prin- cipalement les graminées nuisibles, de faire germer les mauvaises graines qui n'ont pas encore levé, et d'exposer de nouvelles par- ties de la terre à l'action des élémens. Si les chiendents abondent, et que le temps le permette, 1h est utile de herser apres ce labour. On laboure jusqu’à six fois, dans une ja chère complette, lorsqu'on a à cœur de bien purger la terre des mauvaises plantes et des mauvaises graines{1}; mais pour pouvoir (:) Les mauvaises plantes et les mauvaises graines Sont ici deux choses trés-différentes. Les premières sont principalement certaines variètés de graminées vivaces qui se propagent par leurs racines; les secon- des appartiennent à toutes les plantes annuelles dont les semences ont le temps de mbrir et de se répandre sur[a terre pendant que la récolte est sur pied, telles sont les moutardes, les pavots, les bleuets, les chardons, les vesces hâtardes&c.&c. Ces diverses der ik asas0n; tendue. Ce ne de donn de hèrs Yon se DES ÂASSOLEMENS. 13 donner Six labours et les hersages convena. bles, il faut être singulièrement favorisés par la saison, et n'avoir pas une exploitation trop étendue. Ce n'est point assez, pour purger une terre, de donner un grand nombre de labours et de hèrsages, dans le cours de 1a saison. Si lon se prescrivait de faire un nombre fixe de labours et de hersages dans l'espace d’en- Viron un an que dure Ja jachère complette, en consultant seulement les loisirs des atte- lages, et sans égard au temps qu'il fait, et à l’état de la terrè, on remplirait mal l'objet: ct d'ailleurs il y a bien des années et des terrains, Où il serait physiquement impossible semences enterrées par les labours, lèvent ou ne lèvent pas, selon qu’elles sont plus ou moins pro- fondément enterrées, selon que la terre est plus ou moins chaude, plus ou moins humide, Une grande partie de ces mauvaises graines tombe dans le fond de la raye. À cette profondeur quelques-unes végètent, mais c'est le petit nombre: les autres Pourrissent dans la terre, ou bien s’y conservent pendant plusieurs années, pour germer encore, lorsqu'un labour plus profond les raménera plus près de la surface du sol, CN 1 À 1 (| ta) F4 DéRA EE T"E de donuer toute cette culture. L'objet de purger la terre et de Jameublir serait mal rempli, parce que la fréquence des labours et des hersages importe encore moins à l’effi- cace de l4 jachère que le choix des momens pour les donner. En gévéral, pour quune terre se laboure avec effet, et sans trop de fatigue pour les attelages, 1l faut qu'elle ne soit ni trop séche n1 trop humide: trop sé- che, elle est difficile à entamer, se soulève par grosses masses, fatigue beaucoup Îles ani- maux et forme un gueret raboteux; trop humide, elle est lourde sur la Charque| et par conséquent fatiguante pour les attelages, elle se corroye, se pétrit et se durcit ensuite fortement au soleil. Mais il Ya certaines natures de terre qui exigent plus d'humidité que d’autres, pour être labourées à propos. Le laboureur connaît, à cet égard,[à dis- position de ses champs; et il juge, par la quantité d'eau quisest tombée, par le temps qui s'est écoulé depuis la pluie, par le degré de chaleur quil a fait: où. lé vent qui a soufflé, sil peut labourer convenablement telle on telle pièce de terre. Mais il n'a quel- quefois que Île choix. des inconvéniens, si ———————— fan longs ss pe sont de nt om DES ASSOLEMENS. 15 Fannée est alternativement pluvieuse et séche, à longs intervalles, il est obligé de labourer ses jachères dans des circonstances qui ne sont pas les meilleures possibles, sous peine de ne pouvoir donner à ses champs qu'un nombre de labours très: borné. Îl ÿ à un inconvénient particulier aux 1a- bours en terre et en temps très-secs,{ outre la fatigue des attelages( 1) et le mauvais état des guerets), c’est que les mauvaises graines qui sont dans laterre ne végètent pas, quoi- que le mouvement de la charrue en ait ra- mené une grande partie dans la couche où (1) Lorsqu'il s’agit d’un second ou troisième labour d'été, en terrain léger surtout, la terre, quoique trés-séche, n’offre pas beaucoup de résistance, parce qu’elle est déjà remuée; mais si elle est argileuse, elle fatigue singulièrement les animaux( surtout les bœufs) lorsque le labour précédent a, laissé la terre par grosses mottes qui roulent sous leurs pieds et les forcent de choisir leurs pas> Ou bien lorsque le gueret courroyé et durci au soleil après un labour qui a été fait en terre humide, offre une surface räbo- teuse et dure, qui est difficile à diviser et sur laquelle Es animaux de labour ne marchent qu'avec peine. vou ré Lin a uTÉ elles devrarent végéter. D'un autre côté, les labours faits en terre et en temps secs, sont les seuls-propres à détruire les graminées vivaces, les plus grands ennemis du froment, et qui se plaisent dans les terres les plus propres au blé. Les labours en terre humide, ou qui sont suivis immédiatement de pluies abondantes, loin de purger la terre des gra- minées vivaces, leur donnent, au contraire, une véritable culture qui les fait prospérer. En revanche, ses labours font.végtter un grand nombre de mauvaises graines de plan- tes annuelles, que le labour suivant détruira. On voit donc qu'il est à-peu-près impos- sible que tous les objets d'un labour d'été puissent être remplis. Il faudrait que la terre fût assez séche pour tuer les racines des mauvaises plantes vivaces, assez humide pour faire végéter les graines des mauvaises plantes annuelles. Quand la terre est séche, et que la pluie succède, les mauvaises graines vége- tent, mais les racines des mauvaises plantes végètent aussi. Si la terre est humide pendant le labour, et qu'il succède un soleil chaud, des vents desséchans et soutenus, la partie des qe he DES ASSOLEMENS. 17 des gramens que la charrue à ramenée à la surface, périt; mais les racines de ces plantes nuisibles, qui se trouvent enfouies, nent une pren- activité nouvelle dans cette terre chaude, humide et nouveilement remuée. La herse, lorsque l’état de la terre permet de l'employer, est destinée à seconder l'effet de la charrue, pour détruire les mauvaises plantes et ammeublir la terre, Aing; lorsque le labour a ra »\ mené à la surface une grande quantité de racines de chiendent, on promène la herse pour achever de détacher ces racines, on les fait rassembler en itas, et brûler. Ce hersage divise en même temps la terre, et Concourt à la soumettre aux influences bien« faisantes de l'atmosphère. C'est une excellente opération: elle forme, Cn quelque sorte, le complément du labour, parce que les racines de chiendent ramentes à Ja surface par.ce labour, ne Jaisseraient pas.de reprendre et da végéter, si la pluie survenait: avant qu'elles fussent complettement desséchées, Mais poux employer ainsi la herse avec effet, il faut que Ja surface du champ soit passablement unie, et que la terre ne soit pas trop sèche, Si ja B = S D ane” ù Re ma—> RER 18 ERA TT E surface est très- dure et très-raboteuse, la herse ne mord point, et ne remplit ni l'objet du déblai des racines du gramen, ni celui de la division de la terre, Le hersage qui a pour.objet la division de laterre, et qui succède à un labour qui à jaissé la surface du champ extrêmement rabo- teuse, doit se donner immédiatement après une pluie qui ait pénétré les grosses mottes dont le champ est couvert. Ces mottes se brisent alors avec facilité; la surface du champ reste passablement unie; la terre est plus meuble, et le labour suivant se fait avec plus d’aisance. Comme le labourage est une opération Tente, et que l'état de la terre et de lat, mosphère change d'un jour à l'autre, il nest jamais possible de labourer la totalité des jachères d'une ferme dans des circonstances favorables. Le laboureur le plus habile, et le plus fort en attelages, approche le: plus de la perfection: cest tout ce qu'il peut faire. 1 ya des temps où l'on regrette d'être obligé de labourer, parce que l'ouvrage est médio- 4 DES ASSOLEMENS. 19 ré OÙ mauvais, mais 1] faut occuper les attelages. Il y à d’autres temps où l'on regrette de n'avoir pas des attelapes beaucoup plus nombreux, pour pouvoir labourer les terres toutes à la fois et pendant que le terrain se mène bien. Il y a des fermes qui ont deux ou plusieurs natures de terres très-différentes, et dans lesquelles il est presque toujours | possible d'occuper convenablement les char- rues à la culture des jachères. Il y a des années où les pluies ne sont ni trop fréquen- tes, ni trop rares, ni trop soutenues, et où les travaux des jachères se font avec plus de facilité et d'effet. Mais ce qu’on peut dire, en général, c’est que dans les années sèches les champs se purgent mieux des graminées viva ces, par les opérations de la jachère, et que dans les années pluvieuses les terres se purgent mieux des mauvaises plantes annuel. les. Or comme le mauvais effet des graminéeg vivaces est beaucoup plus sensible sur la récolte de blé qui suit, que l'effet des mau- Vaises herbes annuelles, on peut régarder l'opération de la jachère comme plus efficace pour la récolte de froment, lorsque l’année est sèche. B z 20 PR ALT ::; Il se fait probablement a la suite du labour, I des combinaisons chimiques, dont 1l résulte une plus grande fécondité de la terre! Peut.| être l'air atmosphérique, introduit à une plus grande profondeur, se décompose-t-1l ensuite par la végétation, etentre-t-il, soit comme sti- mulant, soit comme partie constituante, dans la formation des plautes?. Peut- être l'acide carbonique pénètre-t:il le sol de ses influences fécondes? Peut-être la Jumière se combine:t- elle de même? Peut-être se passe-til une opé- ration analogue à celle dont on observe le résultat dans les nitrières, et le sel formé devient-il ensuite stimulant et partie dans la vé- gétation? Peut-être doit-on la plusgrande force k végétative de la terre, après les labours répé- tés, à la réunion de diverses opérations secre- tes de la nature, favorisées par l'action de la charrue. Quoi qu'il en soit des divers sys- têmes qu'on peut former, et que l'observa- tion industrieuse de l'homme pourra dans Îa suite justifier ou détruire, cest un fait cer- tain que la'terre s'enrichit par toutes les ope- rations qui secondent les influences atmos- phériques, Ïuc dépe NauvaIses ie et des D Svases indépendamment de faction bien ea) alsante de l'air, de la lumière, des rosées, des pluies, facilitée par les Jabours et Îles hersaces, pen- dant la durée de Ja jachère, on doit à celle-ci nne division plus grande de la terre, dontil résulte principalement les avantages suivans: 1’. Plus la terre-est ameublie et divisée dans toute la couche que fa charrue a remuée, plus l’action végétative de l'air et de l’eau est immédiate sur un grand nombre de parties.(1) 2°. Plus la division est parfaite, plus aussi Je mêlange des engrais par le dernier labour et les hersages, est complet, et par consé- quent plus le mouvement intestin opéré par Jes fumiers, est favorisé. (1) Il y a certains terrains et certaines circons- tances, où il convient de presser, au contraire, 1 surface d’un champ, et de le faire pâturer par le menu bétail pour le rendre plus productif. Les dis- tinctions trouveront leur place et leurs explications dans le cours de ce traité. BF3 FER À IT É "22 © T D 4 3. La semence senterre el Se recouvre a une profondeur plus uniforme, et lève mieux. 4°. Les racines des plantes s'enfoncent plus aisément dans leur direction naturelle, met- tent leurs suçoirs en contact avec plus de points, ct tirent plus de substance de la terre. 5°. Enfin, pendant une grande partie du temps que dure la végétation de la récolte, la terre demeure plus pénétrable aux infuen- ces atmosphériques. Dans la jachère complette, Île nombre des labours est nécessairement soumis à la force et au nombre des attelages, et à la disposi- tion sèche ou pluvieuse de la saison. Dans beaucoup d'endroits, on omet le labour d'hi- ver, par système. On y est forcé quelquefois par les gelées précoces, qui, dès le mois de brumaire, ne permettent plus de labourer. Dans d’autres cantons, où la méthode des jachères est admise, on ne laboure point après moisson. Les chaumes servent de pâturage au bétail, et on ne les rompt qu'en germi- pal où même en prairial de l'année suivante. On ne donne alors qué trois, et même sou- » DES ASSOLEMENS. 23 vent que deux labours y compris celui de semaille. Les objets qu'on se propose dans la jachère complette, ne sont alors qu’im- parfaitement remplis. Les semences des mau vases plantes restent en grande partie sur le sol, jusqu'au labour du printemps, qui les enterre au fond de la raie{ 1}, et le labour suivant n'en fait germér qu'un petit nombre. Les graminées vivaces végètent par leurs ra- cines pendant l'automne et le printemps, et ont pris quelquefois pleine possession de la terre au moment où l’on rompt le champ; de manière qu'il devient presque impossible de l'en dé- barrasser tout-à-fait avant les semailles. Enfin la division, l’ameublissement de la terre sont moins complets, en sorte que les avantages des influences atmosphériques, de la végéta- tion facile des racines, du mélange exact des engrais, sont moins grands. Rozier, dans son article /abours, doune son (x) Il est probable cependant qu’une partié de ces mauvaises semences laissées sur la surface du champ, périt pendant lhiver. Une autre partie a végété avant l’hiver dans des temps pluvieux de l’au- tomne, et a produit des plantes que les gelées tuent. CR me a rt ra a 24 PR AET€ système sur la manière la plus utile de conduire les labours d’une jachère complette. Il distin- gue, avec beaucoup de raison, les champs dont la couche inférieure est ingrate, de ceux qui ont une grande profondeur de bonne terre végétale, ou qui ont pour couche infé- rieure uné terre qui puisse se mêler avec avantage à celle de la surface. Il conseille, dans ces deux derniers cas, de labourer pro. fondément la terre après moisson ct à l'entrée de l'hiver. Il conseille le troisième labour à la fin du printemps, et nomme ces trois premiers labours préparatoires, Il suppose en- suite trois labours de division, qui sont faits coup sur coup, et précèdent immédiatement les semailles. Dans ce système, la terre de- meure sans être labourée, pendant tout Île temps que durent les grandes chaleurs de l'été. L’Auteur pense que les labours qu’on donne dans la saison la plus chaude, occa- sionnent une évaporation nuisible. Nous avons vu que le laboureur est neces- sairement plus ou moins contrarié dans l'objet de‘la jachère ,;“par l'impossibilité“dé“#aïre promptement beaucoup d'ouvrage, pendant DES ASSOLEMENS 2 CL que Île temps est favorable et que la térrese mène bien; ét cependant je lui SUPposais Ja latitude que donne la durée totale du printemps et de l'été. Si, comme Rozierle propose, on retranche au moins deux mois de l'été, pendant lesquels les charrues de la ferme restent dans linaction, il devient impos- sible de pouvoir donner à toutes les terres en jachère, le nombre de labours qu'il prescrit jui-même. Il prévient lobjection, et propose de s'arranger avec les voisins pour leur prêter des Journées de charrue pendant les grandes chaleurs, sous condition qu'elles seront ren- dues dans le mois qui précédera les semailles. Mais en supposant qu'on trouvèt à faire un tel marché, en supposant que les mauvais temps qui peuvent survenir quand on vou- drait forcer de labours, ne rendissent pas ce marché onéreux à celui qui l'aurait pro: posé, que serait-ce qu'un secret dont on ne pourrait retirer l'avantage qu'aux dépens de ses voisins? Si lPévaporation est nuisible pour les champs du propriétaire qui ne veut pas labourer dans les chaleurs, elle ne l'est 26 EE RAT TE pas moins pour les champs voisins qu'illabou- rerait sans scrupule; et le mal qui en résulte- rait pour l'agriculture en général, ou pour les productions de l'année dans le pays, est le même que si le propriétaire avait labouré ses propres champs. Si donc la méthode était démontrée utile, 1l lui manquerait d’être praticable pour tout un canton. Il est possible quil se fasse pendant les grandes chaleurs une évaporation des sucs qui seraient utiles à la végétation, et quil vaudrait mieux pouvoir conserver à la terre. Il est probable que cette évaporation est facilitée par les labours; mais nous ne savons point si ceux-ci ne rendent pas beaucoup plus à la terre qu'ils ne lui ôtent, et l'observation des faits semble l'indiquer. Nous voyons, par exemple, que dans la culture préparatoire des turneps, là où cette culture estle mieux entendue, on multiplie les labours et les hersages coup sur coup, dans là saison la plus chaude de l'année, et dans les terres les plus légères. Lorsque la plante est levée, on lui-donne un premier sar- 1: clage, puis bientôt après un second; multi. £ u— BES ÂASSOLEMENS. 2= pliant ainsi les causes d'évaporation, toujours chaud; et cependant 7 dans le temps le plu les effets de cette culture sont d'accroitre beaucoup la fertilit ée de la terre, Il n’est point douteux que parmi les moyens connus de bien préparer une terre à porter du froment, la jachère complette ne soit in des plus efficaces. Est-il aussi le plus convenable? C'est une autre question. La jachère complette a deux grands incon- véniens; elle coûte beaucoup, etne produit rien pendant l'année. On ne peut calculer que d'une manière approximative, ce qu'il en coûte à un culu- vateur pour labourer ses jachères. Le prix d'une journée de charrue varie en divers lieux, selon le prix des denrées, Îa nature des terres, la construction plus ou moins parfaite des chatrues, et d'autres circonstances encore. Je ne pense pas que la moyenne des labours de jachères qui se font sur toit le sol de la France s'exécute avec moins de trois animaux de trait: c'est-à-dire que PRES cannes- mn a_— 58 AA RMATES comme presque dans tous les terrains, quatre bêtes, au moins, sont nécessaires pour rompre en automne, et pour faire le premier labour du printemps; comme le même attelage est encore souvent nécessaire pour les labours de division, et qu'il n'y a que les terres légères et les charrues très-bien construites qui puis- & sent se mener avec deux chevaux ou deux bœufs, je crois rester plutôt au- d'ssous du vrai, en calculant que les labours des ja- chères se font, l’un portant l'autre, avec trois bêtes. Si dans quelques cantons particuliers de la France, le laboureur conduit lui-même les chevaux ou les bœufs en guidant sa charrue, cette pratique est trop peu répandue pour pou- voir Ctre prise en considération dans le calcul moyen des frais de labour, sur le sol entier de la République. Je pense donc que pour estimer, d'une manière approximative et géné» rale, la dépense de la jachère, il faut compter sur trois animaux de trait, un homme et un jeune garçon, pour chaque labour. ps 2\ e, 1, En estimant à 2 francs la Journée dun DES ASSOLEMENS. 29 cheval où d'un bœuf de charrue, et à 1 franc 5° centimes Ja journée de chacun des deux individus qui aident au travail, je crois rester encore en dessous de la moyenne pour toute fa France. C'est 9 francs pour la journée de charrue. J’estime que l'étendue moyenne de terrain Jabouré dans une journée de charrue répond à l'espace nécessaire pour semer cinq myrias grammes(un quintal) de froment: or, comme ce terrain est labouré six fois dans le cours de la jachère, il faut multiplier 9 f. par 6, ce qui donne 54 francs pour le prix du travail de la charrue. Je suppose quatre hersages seulement, ÿ compris celui de semailles, dans tout le cours de la jachère. Un cheval et un homme suffisent à herser ce que quatre charrues peuvent Jabourer; Ja journée de l'homme et du cheval peut s'es- timer 3 francs 50 centimes: le nombre des journées de hersage se trouvant égal au nombre de quintaux de blé que lon à à semer, cest 3 francs 50 cent. à ajouter à 54 francs, soit 57 francs 50 cent. Si l’on suppose que dans le cours de la jachère, on 30 TRUE TÉ ait fait ramasser les racines des chiendents; si l'on fait casser les mottes après la semaille; si lon ajoute les frais du semeur, et ceux des rigoles d'écoulement, on verra que les frais de la jachère complette montent au moins à 6o francs pour un espace de terrain qui reçoit cinq myriagrammes de blé. Je ne fais entrer dans ce calcul, ni le prix du fumier, ni son charroi sur les terres, parce que ces deux objets de dépense sont les mêmes lorsqu'on ne suit pas le système des jachères. Le prix moyen d’un quintal de froment, ‘année commune, sur toute la France peut être estimé de 12 à 13 francs. Supposons 12 seulement. Le terrain nécessaire pour semer les cinq myriagrammes de froment, aura donc coûté, de préparation et de semence, 72 Î.: voyons ce qu'il doit rendre.(1) ee, parer (1) Si lon part de la moyenne trouvée la plus avantageuse en Angleterre( Voyez les observations d'Arthur Young dans sa Tournde de six mois) savoit 3 bushels, 150 liv. poids de marc de blé par acre (38380 pieds deFrance) c’est à très-peu-pres 26 ares,: soit 25000 pieds pour les cinq myriagrammes. D——— DES ÂASSOLEMEES. 3I Je suppose qu’un quart des jachères d’une ferme aura été fumé. La partie fumée pourra rendre 7 à 8 pour un; mais les trois parties non fumées ne rendront probablement que 4 à 5 pour un. En supposant donc la moyenne à$ et demi, je crois aller aussi loin qu'on puisse raisonnablement aller dans les suppo- sitions favorables, sur-tout si l’on consi dère quil s'agit d’une moyenne sur toute la France,(1) Il faut prélever les semences: reste à 4 et demi, soit 22 myriagrammes$ kilogrammes,( 4 quintaux et demi} recueillis dans l'espace qui a coûté 60 francs à préparer. Les frais de moisson, de charroi, de battage, (1) Cela revient à trés-peu- près à la supposition faite par Arthur Young, de 18 bushels de so livres de 16 onces par acre, pour la moyenne des récoltes de blé en France.( Voyez le Voyage d'Arthur Young en France, T. Il p. 336.) En comparant les cultures des deux pays, il porte à 2$ bushels par äcre la moyenne des récoltes de blé en Angleterre. Je crois la suppo. sition trop forte. Si l’on part du resultat des observa- tions qu'il a faites lui-même dans la KXX lettre du six Mouti? tour pour quelques provinces du Nord, cette moyenne matteint pas tout-à-fait 23 bushels, { Voyez la Bibliothèque Britannique,) 2 TRAITÉ G> puis de transport au marché, doivent être estimés en déduction du prix des 22 myria: grammes 58 kilogrammes de blé, comme suit: POS moiësopner.+. …,/ 1 fran, OU MEME.+ 1. à Pour le charriage des gerbes, leur engrangement, puis le char- tare du blé au marche.....- a OR ee-. … PB AFdICs Ajoutons cette somme à celle de 60 francs ci-dessus, c'est 63 francs. Estimons maintenant la paille. On peut évaluer à 25 gerbes le produit de l’espace dont il est question, et ces gerbes pesant, apres le battage, 15 à 17 kilogrammes{ 30 à 34 livres} peuvent valoir 1 franc la gerbe, pour ies mettre au plus haut: ce serait 25 f; mais ces 25 f. ne doivent point être portés en recette, parce que le fumier n’a pas été porté en dépense. La recette ne peut se composer que du produit des 22 myriagrammes 5 kilo- grammes de blé froment, au prix supposé ci- dessus, de 12 francs, soit 54 francs. [ is lé de en ere— it DES. 33 11 résulte de ce tableau que chaque espace de terrain où lé laboureur a semé 22 myrias grammes 5 kilogrammes, ou un quintal de blé, sur une Jachèere de six labours, lui a coùté onze francs, pour l'année de la récolte, et ne lui avait rien rendu l’année précédente; ensorte que la perte moyenne de ces deux ans est de 5 francs 50 centimes, par chaque quintal de semature. En voyant cet étrange résultat, on soup- çonne quelque vice dans le calcul, puisque loin d'avoir de quoi payer le prix de la ferme, le prix des impôts, l'entretien des attelazes, et tous les faux frais inévi- tables, le fermier est obligé de débourser de l'argent après tous ses travaux.[Mais cela s'explique si l'on réfléchit, 1° qu'il n'arrive presque jamais que l'on donne jusqu’à six la- bours de jachère: c’est un luxe de culture qui n’est bon que dans les livres, et qu’on peut tout au plus se permettre sur un petit terrain d'expériences.{ 1) Le nombre des la- C1) I n’est pas rare dans la province Anglaise de Norfolk de donner jusqu’à 6 labours à une terre qui C a# 34 FRET É bours de ja jachère complette se réduit ordi- nairement à trois, et les hersages à deux: voilà tout d'un coup la moitié des frais supprimés. Quoique la moyenne de la récolte alors, doive peut-être s’estimer au-dessous de cinq et demi, cependant le fermier a un résultat qui rend l'opération de la jachère moins ruineuse. La seconde observation à faire, c'est que Îa troisième année, qui est celle de lavoine, coûte infiniment moins de préparation, puisque dans les départemens où l'on sème avant l'hiver, cest souvent sur un seul labour, et dans d’autres sur deux, tout au plus, que l'avoine se met en terre. Yi est évident qu’un tel système est ruineux pour le cultivateur, s’il applique à la totalité des terres soumises aux opérations de la doit porter des turneps; mais 1°. ces labours se font avec une charrue si légère et si parfaite qu’on laboure jusqu’à deux acres par jour, avec deux chevaux, c'est. à-dire, trois à quatre fois plus de terrain que jen’en ai supposé, 2°. L'année produit une récolte, et cette récolte est du plus grand prix. me"CU DES ÂSSOLEMENS. 55 charrue, Mais les labours et les hersagés qui constituent le procédé de la jachère complette, sont quelquefois très-utiles pour réparer l'épui: sement dé certaines terres, et les purger de certaines plantes nuisibles. J'indiquerai, dans le cours de cet ouvrage, les cas dans lesquels je pense que la jachère peut être préférée avec avantage à toute autre manière de traiter un terrain: 36 TRAIT É! CHA PIRRE.LL DU SYSTÊME D'ALTERNER LES CHAMPS ENTRE LES PLANTES A RACINES FIBREUSES ST LES PLANTES A RACINES FIVOTANTES, Ox avait à peine en France quelques no- tions pratiques sur l'art des assolemens, lors- que Rozier fit son article a/rerner et s'attacha à démontrer l'abus des jachères. L’introduc- tion du trèfle, comme récolte intercalaire, était alors encore récente, et l’agriculture de la France doit beaucoup à cet auteur qui a fait sentir une grande partie des avantages de cette plante améliorante. Mais s1 Rozier eût étudié en Flandre et en Angleterre la théorie des assolemens, il aurait tout autre- ment avancé les connaissances sur cet IMpOT- tant chapitre de la science agricole. Le principe d’après lequel il conseille de Se ES DES ÂSSOLEMENS. 37 ecmplacer les plantes à racines fibreuses par Jes plantes à racines pivotantes, et récipro- quement, cest que les unes tirant leur subs- tance de la couche supérieure du champ, tandis que les autres vont la chercher à une plus grande profondeur, elles ne se font réci- proquement aucun tort, et n'épuisent pas la terre pour la récolte qui doit suivre. Si l’on examine cette opinion, qui d'abord paraît spécieuse, on conserve bien du doute sur sa solidité. Je vais m'arrêter quelques momens à la considérer. La couche de terre remuée par la charrue varie en épaisseur depuis trois à quatre pouces jusqu’à sept ou huit, selon l'usage des lieux, la construction des charrues employées| et la nature du terrain que l’on cultive. Quelle que soit la profondeur habituelle des labours dans un canton, il reste au-dessous de Îa couche remuée, un plan qui n’a jamais été entamé, et que les racines des plantes pivo- tantes ,. dans les récoltes intercalaires; me pénètrent point. Quelle que soit la nature de cette térre vierge, quelle soit argileuse, graveleuse, ou végétale, elle est toujours C 3 38 TRAITÉ excessivement dure, parce que, de temps immémorial, elle a été battue et foulée par lés pieds des animaux de-labour qui marchent dans la rais ouverte, et par le soc de la charrue, dont le talon appuye fortement sur ce plan qui lui sert de point d'appui, tandis que la terre supérieure se déchire et se soulève avec effort. Si l'on regarde les racines d’un trèfle que Yon rompt à la seconde année, on voit quelle n'ont pas pénétré dans cette couche dure qui est au-dessous de la terre remuée. Ces racines pivotantes ont de 4 à 8 pouces de long, sui- vant que la couche remuée est plus où moins épaisse. Elles sont souvent bifurquées à 2 ou .3 pouces du collet, et jettent dans la totalité de leur longueur, surtout près de la surface du sol, des radicules latérales nombreuses, déliées, et quelquefois tres-étendues. La même chose peut s’observer des raves où navets, des fèves, des carottes,(1) et des autres SR Na Mn se. (1) Il yaurait peut-être une exception à faire pour les carrottes, dans de certaines terres. Dans les terrains où la couche inférieure n’est pas argileuse, les car- rottes pénètrent quelquefois plus bas que la charrue. DES ÂSSOLEMENS. 39 plantes pivotantes annuelles ou bisannuelles, cmployées comme récoltes intercalaires. Il y a cependant des plantes pivotantes vivaces, dont les racines pénètrent à la longue dans la couche inférieure la plus dure, et y végètent avec vigueur, pourvu que les eaux n y séjournent pas: telles sont la luzerne et le sanfoin; mais ces plantes, qui peuvent et doivent entrer dans certains assolemens à long terme ,; ne sont pas du nombre de celles qui fourmssent aux récoltes intercalaires dans le système d’alterner. Si l'on examine avec soin les racines du froment, on voit que leurs ramifications pénètrent dans toute l'épaisseur de la couche remuée par la charrue. Le chevelu est plus serré, plus abondant auprès de la surface du sol, mais les racines fibreuses vont aussi chercher la nourriture de la plante dans la partie inférieure de la couche remuée. Il résulte de ces faits que les plantes à racines pivotantes et les plantes à racines fibreuses, ürent leur nourriture de la même couche C4 D oo om__= em ss DR= | | PI æ } 49 Tin AT'E de terre, c'est-à-dire, de la totalité de la terre remuée; et que si l'on peut conclure avec quelque vraisemblance, de l'inspection des ra- cinés, que les unes tirent plus du fond de cette terre remuée, et les autres plus de la surface, nous allons voir qu'on ne peut pas 1 argumenter de cette différence pour fonder lc [) t des plantes à racines fibreuses. Ïl est évident que les labouts et les hersages qui ont lieu entre une récolte et l'autre, dans le systême d’alterner, mêlent et con- fondent les molécules qui occupaient le fond, le milieu et la surface de la terre rémuée; et qu'alors on ne peut plus distinguer ces couches, qui auparavant pouvaient être con- sidérées chacune à part. Supposons, qu'en effet, le trèfle, par exempie, aittiré toute sa substance du fond de la terré remuée, et que cette partie inférieure,( qui dans cette supposition est épuisée de ses sucs végétatifs} soit ramenée à la surface par la charrue, pour recevoir le blé. Si le système est fondé, le blé ne doit pas réussir; et cependant chacun éait aujourd'hui combien un seul labour qui 4 7 DES ÂASSOLEMENS. 41 rompt un beau trèfle, est une excellente préparation pour le blé. L'auteur du Cours complet raisonne sur ce point comme sil existait dans la terre remuée par la charrue deux zones distinctes: l'une toujours supé- rieure, destinée à nourrir les plantes à racines fibreuses, l’autre, toujours inférieure, des- tinée à alimenter les, plantes pivotantes. Il ny à rien de vrai dans cette supposition: _ les racines pivotantes se nourrissent également près de la surface; les racines fibreuses s’ali- mentent près du fond, et les deux couches se mêlent à chaque labour. Tout parait confus dans cet article, et il ne saurait, je pense, soutenir l'analyse. Citons les paroles.de lauteur:“ Ainsi, lors- » qu'on alterne sur un trèfle, sur un sainfoin, » Sur une Îuzerne, sur une ravitre; etc., Où est sûr que la récolte suivante sera co- » pieuse, parce que les racines de ces plantes » n'ont absorbé les sucs de la terre qu’à une » profondeur plus considérable que celle où » les racines des blés auraient puisé pour se » nourrir. Dès lors en labourant cette terre » Où en la brisant, le terrain de la partie PR | 44 Il : Ï PRESS SE enreen 42 PÉRARIOT É » supérieure dont les sucs n'ont point été » épuisés et diminués, est enfouie, et présente »une abondance de sucs nourriciers aux » racines qui la pénétreront; au contraire les » racines des blés consommant les sucs du » terrain supérieur, laissent intacts ceux de » la partie inférieure. Dès lors on voit les » avantages qui doivent nécessairement résul- . ter de la méthode d'alterner.{ Vol.: p. AT) Mais si l'on enfouit la couche qui était supérieure, et dont le blé a consomme les sucs, comment cette couche appauvrie nour- rira-t-elle les racines pivotantes de la récolte qui succédera? Et comment, en revanche, les racines traçantes et fibreuses du blé ,1ront- elles chercher assez bas la couche qui était supérieure pendant la végétation du trefle, de la luzerne, etc.? Le fait est, Je le répète, que les deux couches, se confondent, que le lé et le trèfle se nourrissent dans la même épaisseur de terre, et qu'il faut nécessairement avoir recours à la supposition de sucs nour- riciers de différentes natures, ou susceptibles d’être différemment modifiés, qui alimentent les plantes de natures différentes, lorsqu'elles éprouvent une végétation également forte \ dans un terrain où elles se succédent. = DES ÂASSOLEMENS. 43 GHA PERDRE. ILE DE 1A THÉORIE DES ASSOLEMENS. Ï L parait que c'est aux Flamands que l'agri- culture est redevable de l'invention de ces cours réguliers qui ramenant les mêmes ré- coltes dans une rotation constante, maintien- nentune fécondité dont chaque année fournit la preuve. C'est dans un pays fertile que l'idée de demander à la terre tous les ans une récolte, a dû prendre naissance; mais on n’a pas tardé, sans doute, à sappercevoir que, même dans les terrains privilégiés par la nature, on ne pouvait espérer d'obtenir plusièurs années de suite, de belles récoltes du même genre. Par une dispensation remarquable dans l'économie de la nature, l'aliment le plus néces- saire aux nations policées d'une partie consi, dérable du globe, ne peut s’obtenir que par de grands travaux. Le Ciel nous vend au prix de nos sueurs, les productions qui nous 44 TAAITÉ sont indispensables. On dirait que pour forcer l'homme à un travail salutaire, la nature a voulu compliquer sa tâche; on dirait qu'elle fait prospérer les herbes ennemies du blé, par les mêmes procédés de culture qui font croitre cette plante, añn d'obliger le cultiva- teur à développer toute son industrie En effet, parmi les plantes nuisibles au froment et dont la végétation est spontanée, 1l y en a deux principalement qui prospèrent par un peu de culture; et qu’on ne peut tuer que par beaucoup de culture. L'une de ces plantes, le chiendent, éri ticum repens est plus commune dans les bonnes terres légères, l'autre, l’avoine à chapelets(1} s'établit communément dans les bonnes terres argileuses, (1) C’est une variète de l’auena elatior, ou une espèce de fromental. Sa végétation est lente dans les deux premières années: ce n’est qu’à la troisieme que ses racines bulbeuses se propagent avec rapidité, et qu’elle prend en quelque sorte possession d’un champ, au grand détriment du ble qu’elle fait avorter. Sa graine mürit plus tard que celle du grand fromental des prairies, mais toujours assez tôt pour s'egrainer avant moisson ou pendant la moisson, ÈS ee__— mm: ù_ DES ASSOLEMENS. 45 Lorsqu'on répète les récoltes de froment ou de grains blancs{ 1} sans intervalle, il y a deux causes qui concourent à l’afaiblisse- ment progressif des récoltes: la première est l'épuisement graduel des sucs nourriciers néces: saires aux grains blancs, la seconde est la multiplication des mauvaises herbes,{ et en particulier de l’une ou des deux plantes ci- dessus désignées) lesquelles prennent si bien possession de la terre, qu'elles en absorbent les sucs et font manquer la récolte. La première cause de l'affaiblissement annuel des produits peut être cambattue par les engrais, qui renouvVellent les sucs de la terre; mais lors- que le terrain est infesté à un certain point de plantes nuisibles, on a beau répandre du fumier, on n'obtient que de chétives mois- sons: 1l faut revenir aux labours répétés, aux hersages, aux cultures à houe, etc. L-, lé» Ps ss? Cette force de végétation des graminées qui tuent les blés est une indication natu- relle que la terre veut produire, mais qu'elle Cr) Les grains blancs sont toutes les variètes de HAS+ blé, d'orge, d'avoine, ou de seigle. de Î | | l ï | Ë 46 T'RRANTÉ veut changer de productions. C'est à l'agri- euiteur à ne lui demander que celles qui conviennent à la nature des sucs qu'elle à à donner, etqui permettent, en même temps; d'extirper l'herbe ennemié de nos récoltes céréales, ou de l'empêcher dé renaître, quand on a réussi à la tuer. Les récoltes vertes, que l'on peut houer, sarcler ou fabourer dans les intervalles des plantes, sont doublement propres à succéder aux blés, et à en pré- parer le retour; parce quen même temps qu’elles tirent de la terre des sucs nourri- ciers qui ne paraissent pas nécessaires aux grains, elles permettent de nettoyer le ter- rain des plantes nuisibles au froment. C'est une façon de jachère. C’est toujours remuer Je terrain pour le pulvériser, lexposer aux influences atmosphériques, et tuer Îles plantes nuisibles; mais cest une jachère productive: la récolte verte vaut quelquefois autant qu'aurait pu valoir une récolte de grains; la récolte de grains qui succède est souvent aussi belle qu’elle aurait pu l'être; si une jachère stérile l'eût préparée. Les prés artificiels dont les plantes sont à DES ASSOLEMENS.. 47 TACINES pivotantes, savoir le sainfoin, la lu- zerne;/et le trèfle, préparent aussi fort bien la terre pour le blé qui doit succéder, mais c'est d’une manière différente des récoltes sarclées. Les deux premières plantes dont Ja durée varie, selon les terrains et les soins, entre six et douze années> préparent de belles récoltes céréales y Soit par l'accumu- lation des sucs propres à nourrir les grains, (accumulation que les influences atmosphé- riques font dans les couches supérieures)} soit par la décomposition des feuilles et des insectes qui pourrissent annuellement en grand nombre tant que les plantes vivent, et la putréfaction des racines lorsque la charrue les tue: il résulte de cet engrais végétal une certaine quantité de terreau ou de véritable terre féconde. Les sainfoins et les Iuzernes poussent des racines jusqu'à une profondeur extraordinaire lorsque la pierre ne les arrête point, ou que les eaux ne les font point pourrir. Ces deux plantes tirent une partie de leur substance des couches inférieures à celle que la charrue affecte; mais il est probable qu’elles en tirent TRADE une beaucoup plus grande partie de la couche de 5 à 6 pouces qui a été soumise à l’action de la charrue. Lorsqu'on examine une racine de sainfoin ou de luzerne, on observe( ainsi que je l'ai dit en parlant du trèfle) un grand nombre de radicules latérales, qui ont souvent jusqu'à deux pieds de long, et portent elles- mêmes d'autres ramifications. Ces radicules commencent immédiatement au- dessous du collet de la plante, et sont beaucoup plus multipliées dans la zone soumise aux labours que dans les couches inférieures. Lorsque l’on coupe le pivot à six pouces du collet, comme on le-fait dans la eulture de la luzerne et du sainfoin transplantés, tonites ces radicules grossissent promptement, el deviennent de véritables racines. Le pivot ne recroit point; et la plante, de pivotante qu'elle était, se trouve transformée en une plante à racines fibreuses. Son jet en herbe nen est que plus abondant; elle devient en quelque sorte un arbuste. Cette prospérité démontre deux choses: la première, c’est qu'il n'est pas abso- lument nécessaire que ces plantes cherchent leur subsistance à une profondeur plus grande que la couche labourée, la seconde que les sucs DES ÂAÂSSOLEMENS. 49 suc$ nourriciers extraits par les plantes, de cette couche labourée, pendant un grand sombre d'années, ne sont point du même genre que ceux qui sont nécessaires aux grains; puisque les grains prospèrent après, puisqu'ils trouvent dans cette même terre qui a déjà tant fourni de substance, une provi- sion de sucs qui paraît intacte. Le trèfle employé pour alterner dans les champs est une plante bisannuelle. Dans les terrains où elle n’a jamais végété, et qui sont en très-bon état, elle peut donner une récolte jusqu’à la troisième année: ordinairement cette récolte de la troisième année est faible: une partie des plantes a péri dans le second hiver, et. les vides se sont remplies par des gramens dont la croissance est spontanée. Il est donc plus profitable de ne laisser le trèfle que dix-huit mois en terre, c'est-h-dire, de rompre, au mois de thermidor ou fructidor, le trèfle qui avait été semé en ventôse ou germinal de l'année précédente, Ce n'est pas tant sous le rapport de la dimi aution de la récolte de fourrage qu'il importe D FO NM RAATIT É de ne pas laisser le trèfle en terre jusqu'à la troisième année; mais C'est par la raison que, dans un trèfle où les plantes sont rares, les chiendents prennent le dessus, et que leurs racines ayant le temps de se multiplier et de se fortifier, ces chiendents nuisent essentiel- lement à la récolte des grains qui succède au trèfle. Pour que le trèfle soit une bonne prépa- ration au froment, il est absolument nécessaire ‘que la récolte en soit belle. Si les plantes sont serrées et vigoureuses, elles couvrent tellement la terre de leur ombre, que les chiendents ne peuvent pas végéter, et que la terre se trouve parfaitement nettoyée de mau- vaises herbes lorsqu’onsème ensuite le froment. Dans un assolement où l’on fait entrer le trèfle, il est donc d’une souveraine impor. tance d'assurer par tous les moyens possibles la pleine réussite de cette récolte. Or ,‘ pour cela, il ne faut pas revenir trop souvent à cette plante, de peur que la terre ne s'en lasse; il ne faut la semer que dans les terres très-nettes, eti bien fumées. Avec ces précau- tions, le trèfle est le plus puissant amélio- émérite ts rss DES ÂSSOLEMENS. D (Sr rateur des terres que l'on connaisse dans l'agriculture moderne; Mais si on les ncglige, le trèfle perd tout cet avantage si précieux; il laisse encore plus sales les terres qui étaient Sales avant Jui: il donne peu de fourrage, ct prépare une chétive récolte de blé. Les prés- gazons que l'on forme avec des fromentals, des bromes, des festuques, et autres graminées, sont aussi un moyen d’al- terner les tertes, et Peuvent entrer dans les assolemens à long terme. Une terre épuisée pour les grains, par une longue suite de ré. coltes céréales, peut être convertie en pré. BazOn, et Se retrouver, au bout d’un certaint nombre d'années, en état de donner de très. riches récoltes de grains;° ce qui(si cela était nécessaire) completterait la preuve que ce nest pas à la différence dans la forme des racines qu’on doit la faculté des prés artificiels de préparer de belles récoltes céréales: les graminées: des Prés-gazons ont: des racines fibreuses, tout Comme les blés; et lé chevelu en est si serré, qu'au lieu d'améliorer 1a terre, elles l’épuiseraient complettement des SuCs nécessaires aux blés, si ces sucs étaient D 2 FAT T É (Sa Fe de la même nature que ceux qui font pros- pérer l'herbe. Un autre genre de plantes fournit des ressources aux assolemens, ce sont les plantes dégumineuses à feuilles larges, et à fleurs papillonacées, telles que les vesces d'hiver ou gesses, les vesces de printemps ou poi- settes, les pois de diverses espèces, les fèves et feverolles d'hiver et de printemps, les lupins, les lentilles, etc. Parmi ces plantes quelques-unes demandent les sarclages, d’au- tres ne les comportent pas, d'autres enfin peuvent s'en passer; mais les sarclages sont d'une bonne agriculture dans tous les cas où ils sont possibles, et la différence de sarcler ou de ne pas sarcler en fait souvent une du tout au tout, pour l'effet sur la récolte de blé qui succède. Il y a encore quelques graminées qui peu- vent tenir leur place dans des assolemens bien réglés, telles sont le chanvre, le lin, le mais, le sorgho et leurs variétés. Repre- nons maintenant les principesque nous avons indiqués au début, et donnons leur quelques développemens. DES MSSOLEMENS. 63 Pour bien combiner un plan d’assolement, il faut avoir égard à un grand nombre de données, qui varient selon Îles terres., le climat, le genre de culture du pays, la proxi- mité des villes, le prix relatif des denrées, la facilité des débouchés, etc. Le but final de l'agriculture étant le plus grand profit du cultivateur, sans doute que le meilleur asso- lement est aussi le plus profitable; mais ül faut considérer ce profit d’une manière géné- rale, dans une certaine suite d'années, relati- vement à la valeur croissante d’un domaine, et non par rapport à une ou deux années. seulement. La bonne agriculture est- voyante. Pour qu’un assolement soit bon, il faut donc: 1°. Qu'il nettoye la terre, et la maintienne en‘bon état, prête à donner toujours de belles récoltes, sauf les. saisons décidément con; traires, 2°. Qu'il donne le plus grand revenu que la terre puisse comporter., sans nuire au principe de la conservation et de lamélios ration, D 4 ss| > l (1 1 { ] 54 CRIS I TE Je pense que toutes les autres conditions dun bon assolement rentrent dans les deux que Je viens d'indiquer. Ainsi le soin de faire succéder des récoltes vertes aux récoltes céréales, les récoltes fumées à celles qui ne le sont pas, d’'entreméler les récoltes à sar- cler ou les récoltes des plantés qui donnent une ombre épaisse, avec les céréales qui fournissent principalement à notre subsis- tance, le soin d’éloigner suffisamment le retour des mêmes productions, pour que la terre qui se plait dans la variété, soit toujours disposée à donner: la convenance, dis-je, de ces diverses attentions rentre dans la première des conditions d’un bon assole- ment. La seconde condition suppose le prin- cipe de l'économie dans Ja main- d'œuvre, et la préférence des récoltes, dont les pro- duits sont d'une vente facile et lucrative, toutés les fois que cette préférence ne con- trarie point les principes fondamentaux d’une bonne agriculture. Je ne dirai pas, avec Arthur Young, qu'une condition des bons assolemens soit de four- pir alternativement de l2 nourriture pour DES:ASSOLEMENS. sh Thomme et les bestiaux; maïs c’est 1h un résultat heureux, qui se rencontre ordinaire- ment dans les combinaisons d’alternance fon- dées sur les principes indiqués. Ainsi dans le fameux et le plus simple assolement de Norfolk:##hrneps ,:orve, trefle, PIE. 1 y a alternativement une récolte pour l'homme et les bestiaux: ceux ci, abondamment nourris, font beaucoup d'engrais, et cest un des bons effets de cette rotation. Mas, si le même assolement, qui donne tantôt à l'homme et tantôt aux bestiaux, ruiait Îa terre, ou seulement s'il ne la maintenait pas dans un état de netteté parfaite, il serait essentiellement vicieux. C'est ainsi que l'alternance prolongée de trèfle et de blé, qui fournit, de deux années l'une, la subsistance à l'homme et aux bes- tiaux, est néanmoins vicieuse, parce quelle ne tarde point à souiller la terre de mauvaises plantes. Mais, comme il arrive que la plu- part des récoltes intercalaires qui demandent la houe sont destinées aux bestiaux, et que ce fait est favorable à l'amélioration des terres, puisque les récoltes se consommant sur D 4 né TRAIT les fonds, les fumiers en sont plus abondans, on a confondu un résultat avec un principe. Nous verrons bientôt qu'il y a d’excellens assolemens, où ce résultat ne se trouve pas obtenu; mais je conviendrai néanmoins que toutes les fois qu'on en a le choix, sans s'écarter des principes fondamentaux, on nc doit pas négliger un effet si utile. Les principes généraux doivent recevoir des modifications sur-tout relatives au climat, mais calculées aussi sur l’ensemble de la culture propre au pays dont il sagit Limitation pure et simple des rotations pratiquées dans les endroits où l'on entend le mieux les assolemens, ne produirait pas toujours le meilleur résultat que lon puisse obtenir, lors même qu'il y aurait une analo- gie parfaite dans la nature des terrains. Ïl est aisé de comprendre, par exemple, que dans les pays où la moisson se fait commu- nément au commencement de messidor, on a, pour faire succéder une récolte avant hiver, une facilité qui manque aux pays dont la maturité est plus tardive d'un mois ou deux. Il est évcalement aise de concevon DES AÂASSOLEMENS. 57 que, à où il y a une vente réglée et avanta- geuse de bestiaux gras, la culture des plantes destinées à les engraisser, a une toute autre importance que dans les pays où cette indus- trie de l’engrais ne peut offrir les mêmes profits. J’ajouterai que dans l'enceinte du ter- ritoire Français, il y a une telle variété de climats, de terrains et de culture, qu'il fau- drait, en quelque sorte, un traité à part pour chaque département, avec des modifi- cations pour chaque canton. Dans un sujet de cette nature, il faut donc se prescrire cer- taines limites. On ne saurait tout dire, mais il faut dire assez pour mettre sur la voie ceux qui veulent réfléchir et connaissent leurs. art La division générale des terrains en terres lévères et terres argileuses, est nécessairement très-vague: il y a beaucoup de nuances inter- médiaires qui échappent à la description; et dans les terrains qualifiés de terres fortes, pesantes ou argileuses, comme dans les ter- rains qu'on appelle légers, sablonneux, gra- veleux, il y a des variétés sans nombre. Le grain de la terre, sa consistance, fa 58 TRAITÉ quantité de pierres, la nature de la couche inférieure, la présence des eaux souterral- nes, la disposition horizontale ou inclinée, la direction de la pente vers l'un des points de l'Orient, doivent apporter des modifica- tions essentielles, dans les principes de l’agri- culture: jindiquerai les plus importantes; mais je m'en tiendrai à la grande division en terres légères et terres argileuses, pour considérer les assolemens qui leur sont res- pectivement propres; et Je tâcherai d'établir les distinctions commandées par le climat et les circonstances locales. D DES ASSOLEMENS. 6e CE ACT ER Re LV: DES ASSOLEMENS DE TERRPS LÉGÈRES, Ox peut dire que la valeur acquise par les terres légères dans le perfectionnement des rotations de récoltes, est comparative- ment plus grande que celle des terres argi- leuses. Les terres graveleuses ou sabloneuses, auxquelles les attelages les plus faibles suffi- sent, que l’on peut labourer en tout temps, ont la végétation est rapide, que les eaux pluviales ne refroidissent jamais trop, auraient eu de tout temps un avantage marqué pour les cultures céréales, si l'évaporation trop facile des sucs, si le peu de consistance de la terre, si la végétation très-rapide des chiendents, n’eussent offert des inconvéniens graves relativement à la culture de toutes la plus importante, celle des biés. On desti- nait autrefois exclusivement ces terrains au seigle et à l'orge: nous avons appris à leur | \ = er oi. AE He é "de 60 ÉCRIT T'É faire rapporter de belles récoltes de froment, et nous devons ce changement heureux à l'introduction des trèfles dans les champs. Lorsqu'on séme du tree dans une terre légère, qui n’en a jamais porté, la véecta- tion de cette plante est ordinairement vigou- reuse. Son ombre épaisse tue, ou fait Japguir les graminées vivaces: ses racines et les feuilles qui tombent en fanant, engraissent Îe ter- rain; et cette récolte donne entn à la terre une consistance, une capacité de produire du froment, qu'elle m'avait point auparavant.(1} Mais les bons effets que je viens de décrire vont en décroissant d'année en année, à mesure que lon multiplie les récoltes de trèfle, si c'est au point den lasser le terra (x) Ceux qui n'ont pas étc témoins de cette méta- morphose, auront peine à concevoir l’effet amclio- ant du trèfle sur les terres légères. Il y a plus de 25 ans que jen ai cté témoin pour la premiere fois, et depuis le même temps, je suis à portée de suivre les effets de l’emploi vicieux du trèfle, par compa- raison avec l'emploi judicieux de cette même plants «L DES°ASSOLEMENS 6t etsans y mettre pour correctif d’autres récoltes intercalaires. La pratique de la province de Norfolk en Angleterre,(pratique originaire- ment imitée des Flamands, mais modifiée et adaptée aux convenances locales) est de net. toyer par la culture des turneps, la terre que le blé asalie, ét de semer dès le printemps sui- vant, en même temps que l'orge, le trèfle qui doit être rompu 18 mois après, pour faire place au blé. Cette rotation, qui offre les deux principaux avantages de nettoyer la terre et de la maintenir en état de donner de belles récoltes, mérite d’être examinée. Il n'est pas rare de voir donner six labours, avec les hersages et roulages convenables, pour préparer la récolte des turneps, qui est toujours abondamment fumée. Le bon culti- vateur n’épargne rien pour la faire réussir, parce que le plein succès des turneps assure en quelque sorte, comme nous allons Île voir, les récoltes de trois autres années. La terre déjà bien pulvérisée, purgée d’un grand nombre de mauvaises plantes et de mau- vaises graines, est ensuite nettoyée à fond par 62 TRATTÉ Ï:s deux sarclages que lon donne aux turneps, L'ombre des feuilles de ces grosses raves,| qui apres le second sarclage, couvre bientôt com- plettement la terre} empêche les mauvaises plantes de repousser; et, lorsque la consom- mation des racines commence, la force végé- tauve de la terre pour produire de mauvaises herbes, est à peu-près suspendue.(1) La consommation des racines se fait de diverses manières: quelquefois on les arrache pour-les faire consommer aux bœufs à l’en- grais,$ous des hangars, ou à des moutons, dans des champs voisins, que l'on veut améliorer. I est rare néanmoins que dans les terres légères, que le piétement du bétail ne pétrit pas, cette méthode soit suivie: si l'on arra- che, ce n’est que la moitié des racines, comme pour les éclaircir, et l'on fait con- sommier le reste sur la place; mais la méthode 3 Cr) C’est ordinairement au commencement d’oc. tobre qu’on entame les champs de turneps. DES ÂAÂSSOLEMENS. 63 la plus estimée, celle des vrais cultivateurs est de faire parquer les moutons, sur les tur- neps en pleine maturité, et de laisser digérer ces animaux sur le lieu où ils se sont nourris. Les turneps augmentent singulièrement l'urine des moutons qui les consomment, et la terre s’en enrichit. Les feuilles souillées que les animaux ne mangent pas, les fragmens des racines qui restent en terre, se pourrissent ensuite avec la fiente et l'urine, et donnent un second engrais aussi efficace que celui qui avait été répandu pour assurer la récolte des tUTneps. Remarquons ici combien est abrégé par cette méthode, le long circuit que fait dans nos systêmes de culture, le résidu des pro- ductions fourrageuses pour retourner à la terre. Nous fauchons, nous fanons, nous charrions à grands fraix, nous resserrons dans nos granges, nous distribuons avec des soins minutieux, la nourriture aux bestiaux pour les nourrir ou les engraisser, et nous rassem- blons ensuite l’engrais mélangé de pailles, qu'il faut laisser pourrir avant de le charrier ct de l'étendre sur les terres. Que de temps, 64 LR AQIETIÉ que de peines, que de dépenses épargnees! Point de frais de récolte, point de charria- ges, point de pailles, point de main-d'œuvre, Les moutons se chargent de tout. Rien nest perdu: l'urine et la sueur sont mises à pro- fit;{1}les débris même des plantes consom- mées rentrent en engrais dans cette terre qui les a produites; et une même opération nour- rit les animaux et enrichit la terre. On ne doit pas s'étonner si la récolte d'orge qui succède à une telle préparation est tou- jours très- belle; mais quelque profitable que soit cette récolte au cultivateur Anglais, elle n'est que d’une importance subalterne, en comparaison du trèfle qui se sème en même temps, et dont il s'agit, avant tout, d'assurer la réussite. Semer le trèfle sur une terre nette ( x) Les belles expériences de Paradis prouvent que la sueur des moutons, ou les gaz qui émanent de leur corps, font une grande partie de l’engrais dont se pénètre la terre, dans le parcage. Les races qui ont le plus de suint, telle que la race Espa- gnole, devraient, ce semble, donner une améliora- tion plus grande par l'engrais du parc. CV. la Bibl, Brit, vol. 6 de l’agriculture,) et msn né” SE— ré one pren.> nés ES" SE RE mn<= DES RRS Em DES ÂSSOLEMENS: 6& et en bon état, est une attention indispen« sable; mais le semer sur une terre fraîches ment labourée et bien pulvérisée, est une agriculture beaucoup mieux fondée en prine cipes que celle que l’on suit dans Ja plupart des départemens où l'on connaît le trèfle: et où on le sème par-dessus le blé, au prine temps. En effet, il est aisé de rendre sensible, par le raisonnement, l'avantage de la méthode de Norfolk, comme il est sensible par lex périence. Le trèfle semé après la herse qui couvre l'orge, et fixé en terre, plutôt que recouvert, par le rouleau, germe facilement dans un terrain parfaitement amendé. Les racines pivotantes de la jeune plante s'enter rent promptement; la fane de l'orge protège le trèfle sans lui nuire; et végétant avec les circonstances les plus favorables, il est bien. tôt assez fort pour ne pas craindre Ia:séche. resse, si elle survient, Après la récolte de l'orge, le trèfle prend pleine possession de la terre, et l'épaisseur de son ombre empêche les chiendents de naître{1}. On fait ordinaie C1) Cest un point qu'il ne faut jamais perdre de vue que l'importance d'empêcher la végétation des E RE De sé nE 66 LRAITÉ rement päturer ce trèfle par des chevaux: c'est un des’ meilleurs moyens d'en tirer parti sans nuire au terrain, que nous supposons léger(1). Quelquefois{ et c'est même la pratique la plus générale dans certains cantons), le trèfle se sème avec l'ivraie vivace que les Anglais nomment ray-grass, Cétte herbe extrêmement hätive', verdit au printemps avant toute autre: elle reçoit au pâturage les brebis qui ont leurs agneaux, ou les bœufs qui ont été en- 8 qui n’ont besoin que d'être achevés. Souvent graissés par les turneps pendant l'hiver, et ce pacage se prolonge assez tard dans le printemps pour qu'on ne puisse faire qu'une nd éhiendents, ou de se réserver la possibilité de les extirper: les récoltes qui ne les tuent, ni lés empé. ‘chent de naître, ni ne permettent les satclages, sont toujours nuisibles à la terre, parce qu’il y a une force sans cesse agissante, qui reproduit ce poison des blés, et avec le plus d’abondance dans les bonnes terres, (1) On pourrait aussi le faire pâturer par des va- çhes ou des moutons: je reviendrai sur ce détail.| 44 a + Dee en PONS DES ÂSSOLEMENS. 67 seule coupe: quelquefois on en fait deux; et le blé succède, sur un seul labour, Ce blé, semé dans une terre complettement exempte de chiendent, qui se ressent encore de l'amendement des turneps, et que le para cours des bestiaux, les feuilles et les racines du trèfle ont améliorée; dans: une terre sur- tout qui na pas eu du blé depuis quatre ans, et qui est par conséquent disposée à le bien recevoir, ce blé, dis-je; est ordi- nairement très-beau, et donne huit à neuf pour un de produit moyen, quoique les terrains‘dans Jlésquels on suit cette culture, ne soient pas proprement des terres à blé:, et qu'anciennement elles ne donnassent que de chétives moissons de seigle, Où voit que le grand pivot de cette agrie culture, c'est fe turnep. C’ést par le turnep, bien fumé et bien sarclé, qu'on à de beau trèfle: c’est par le trèfle‘ bien épais et bien réussi qu'on a de beaux fromens. J'observerai que cette rotatiôn qui, dans quélques endroitsi est suivie depuis plus d’un siècle, commence À lasseë la terre par sa constance: les turnep# 1 ee a RE 68 Œ RIN TT et les récoltes de trèfle baissent assez sensi- blement, et par conséquent les deux récoltes de grains. On y remédie en éloignant davan- tage les retours de la récolte de turneps et de trèfle, au moyen d’autres productions 1n- tercalaires. De toutes les lécons utiles qu'on peut dé- duire de l'examen de la rotation de Norfolk ja plus importante, c'est qu'il fant que Île trèfle soit semé en terre très-nette, et en tres- bon état. Ï1 y a bien des domaines qui, quoique de terres légères, ne comporteraient pas, par leur situation, la culture des turneps en grand, comme le suppose cet assolement, qui leur consacre un quart des terres arables; mais, quoique la culture de cette plante se marie trés-bien à celle du trèfle, elle ne lui est cependant pas absolument nécessaire. Le trèfle, d’ailleurs, quoiqu'il saccommode moins bien des terres argileuses, peut cependant être cultivé avec avantage sur une plus grande variété de terrains, que les turneps. Il faut donc alors, ou remplacer Îles turneps par { Se— DES ASSOLEMENS. 69 une récolte à sarcler et qui soit profitable, ou avoir recours. à la jachère, s'il ny à pas d'autre moyen efficace de nettoyer et amé- Horer complettement le terrain; car il ne faut passe lasser de rappeler ie principe fondamental, qu'on n'a de beau trèfle« dans une terre nette, et qu'on n’a de beau blé{ dans un assolemeut où il succède au trèfle| que quand le trèfle à été beau. Examinons maintenant comment on peut varier les assolemens des sols lésers, sans déroger aux principes que lassolement de Norfolk nous a donné occasion d'indiquer. L'orge, en Angleterre, a un prix très-diffé- rent, relativement au blé, de celui que cette graine a en France, à cause de la bière qui fait un objet important de la consommation nationale. C'est une circonstance avantageuse à l'agriculture Anglaise. Une très-belle récolte d'orge valant à-peu-près autant qu'une belle récolte de froment, les Anolais trouvent dans cette graine une ressource de plus.pour Varier les productions,|{ avantage toujours précieux pour maintenir la fertilité des ter rains} sans que les ressources de consomma- E 3 Sie de 76 RACE TE | tion nationale, et le produit des terres sup- D posé réduit en argent, en soient diminués(1). be Mais, comme dans la très-grande majorité ces des départemens de la France, les brasseries él n’ont pas le même intérêt, comme la pro- ut duction des fromens est pour nous d'une te importance relative encore plus grande, et kr que la maturité des turneps est sensiblement il plus prompte et plus hative en France, il peut convenir mieux de faire succéder le blé à ceux-ti, pour revenir encore au blé après le trèfle. L'assolement, dans ce cas, serait donc: 1. Turneps fumés, puis consommés sur la place par les moutons. 3. Trèfle. 1. DIE (x) Le climat de la France lui donne une ample compensation, dans la possibilité de consacrer aux vignes les terrains en pente, et Îles plus mauvais sols; mais je considère ici les terres arables seule. ment. . DES ASSOLEMENS. 7È Dans tous les Départemens où l'on peut. faire consommer les turneps en fructidor, c'est-à-dire, où la végétation est suffisam- ment rapide pour que le développement complet de cette racine ait eu lieu avant vendémiaire, je n'hésite pas à croire cet asso- lement plus productif, et tout considéré, plus convenable que celui de Norfolk. Je suppose toujours les mêmés soins pré: paratoires du terrain, pour les turneps; la même quantité d'engrais pour assurer leurs réussite; les mêmes binages pour nettoyer à fond le terrain; et la consommation des racines par les moutons parquant sur le champ même. Cette opération est, je crois, essert tielle au succès du blé.{1} (x) J'ai essayé de faire succéder le froment à des turneps cultivés en terre légère, avec tous les soins possibles, mais dont la récolte avait été charriée: le blé a été médiocre quoique net.‘Il avait un peu d’infériorité sur celui de la même pièce qui avait été fumé après la culture en jachère, et aussi sur celui du même champ qui avait été fumé apres une récolte de lentilles et après des haricots. Si l’on pouvait E 4 #2 TRANTÉ C'est tout-à-la-fois une mañière de bien vendre ses turneps, de s'assurer de beau blé, et d'engraisser la terre pour les quatre ans que dure l'assolement. Les turneps forcent l'engrais des moutons; et ceux-ci augmentent très-promptement de valeur pour Ja boucherie, au moyen de cette nourriture. Cette: manière de consom- mer est trés-commode. Elle évite, comme je Vai fait remarquer, les charriages de la récolte et des engrais. Elle fait profiter le terrain de l'urine des bêtes à laine, fort augmentée pat J'usage de ces racines. Elle améliore vigou- Les conclure quelque chose d’une seule expérience, cela porterait à croire que les turneps épuisent toujours un peu la terre,‘ce qui serait contraire à la suppo. sition que l’on a souvent faite, savoir que ce genre de plante tirant sa subsistance principalement de l'atmosphère, enrichit plutôt leterrain. Je veux dire que de deux portions du même champ dont l’une aurait été en jachère fumée, et l’autre en tur- neps fumés, la première donnerait, je crois, du plus beau blé; ce qui ne prouve rien contre l'excellence de la culture des turneps. rl DES ASSOLFMENS. 73 reusement la terre, de manière qu'il n'y a aucuñe langueur dans la végétation du trèfle qui doit succéder au blé: chose d’une grande importance, puisque de la réussite de ce trèfle doit dépendre le succès du blé qui le suivra. Le moment de la consommation des tur- neps doit être plutôt calculé sur la conve- nance de semer le blé en bon temps, que sur celle de laisser acquérir aux racines toute leur grosseur;, car il n'y a aucune parité d’im- portance entre ces deux choses. Il faut donc se régler sur le climat, et prendre plutôt un )\ DNS PE peu d'avance, pour parer à la possibilité des longues pluies, qui, même dans les terres légères, sont embarrassantes pour faire con- sommer les turneps sur la place. Au mois de ventôse, on sème le trèfle par-dessus le blé. Il convient de hersér en- suite avec une herse légère et garnie d’épines, Ou avec une claie, pour enterrer le trèfle, Le blé se trouve également bien de cette légère culture. I1 n’est pas nécessaire der re- à TRaïrTÉ marquer qu'il faut que cette opération se fasse en temps sec. Quoique( ainsi que je l'ai remarqué} le succès du trèfle soit encore plus assuré lors- qu’il est semé avec l'orge, dans un terrains fraîchement remué, cependant il réussit ordinairement, semé par-dessus Île blé, lorsque le terrain est bien amende. Son plus grand ennemi, dans ce cas, c'est la sécheresse du printemps; mais, quand le blé est vigou- reux, bien tallé, et que sa feuille est large, la sécheresse est beaucoup moins à craindre pour la jeune plante de trèfle. Lorsqu'on est à portée des carrières de plâtre, on a un moyen facile d'augmenter à peu de frais, et d'une manière certaine, la récolte du trèfle, c'est de le saupoudrer de gypse calciné. Cette méthode qui n'est point assez connue, est toujours accompagnée de succès. J'ai sur ce point une longue expé- rience qui ne me laisse aucun doute. Le gypse m'a toujours réussi sur Îles trèfles, les luzernes, les sainfoins, et les vesces. Son succes a toujours été plus marqué dans les DES ÂASSOLEMENS. 75 terres légères et sèches, et en particulier, quand la pluie à suivi de près l'opération du plâtrage. On diffère sur la convenance de répandre le plâtre à la première année, après moisson, ou d'attendre au printemps de la seconde année, ou enfin de plâtrer deux fois. J'ai beaucoup observé les effets des trois métho- des; et j'ai vu que quand la pluie ne suit pas presque immédiatement le plâtrage d'été, son eflet est à-peu-près nul. Si la pluie suc- cède, son effet est grand; et je crois que la plante, rendue plus vigoureuse encore à à cette première année, donne plus abon- damment en herbe à l'année suivante, qui est celle des deux coupes, quelquefois mème des trois récoltes. Comme il y a une chance d'inutilité à courir sur l'emploi du gypse après moisson, cet usage peut dépendre du prix auquel la matière revient, et des moyens que l'on à pour tirer parti du trèfle à cette première année,(1) La quantité de plâtre à C1) En général, il profite peu à faucher la première ! A ,... 1 snnée, lors même qu'il fait une pousse considérable RE TT Et SE oran FRET ES En ep in TT I PRE 1 tro 1 Fe | &! fi LE Î E F Li w6 RAETÉ répandre doit être celle que lon répandrai? en froment sur le même terrain, calcuiée à Ja mesure et non au poids. Mais, quant à l'emploi du gypse sur le trèfle au printemps; cette matière peut être payée fort cher, ct être encore d'une application profitable. J'ai leu de croire par mes observations, que lt récolte du trèfle en est augmentée entre uit tiers et une moitié; mais l'accroissement du fourrage, représenté en argent, n'est pas le après moisson; parce que CE n’est que fort avant dans la saison que l’on peut le faucher, et qu’alors il ne peut plus sécher. On a écrit et répèté, que le trèfle ne pou- vait pas être pâturé sans inconvénient pour la plante, dans la première année. Comme en Angleterre, on le fait pâturer aux chevaux après moisson, et que les chevaux pincent beaucoup plus près du collet que les bêtes à cornes, j'ai essayé, en lan 7, de faire pâätu- rer mes vaches à lait, après moisson, dans des champs de trèfle, en terre icgère, fort beaux, en prenanë les précautions que tous les bons bergers connais- seut, pour empècher le gonfiement. Nes vaches ont été, pendant les trois mois qu'a duré ce pâturage, très- abondantes en lait. Les trèfles n’en ont point souffert, et J'ai même lieu de croire qu'ils y ont gagné: jamais je ne les eus plus beaux qu’en Pan$, | ET PRE RER EE- se + T0 2 A ce y à DES ASSOLEMENS. 27 plus grand profit du plàtrage: c’est sur la rCcolte du blé qui succède à un beau trèfle que ce profit se fait sur-tout sentir. ES La es Anglais ne connaissant presque point +ocore l'usage du gypse, ne peuvent pas tirer du trèfle tout le parti dont il est susceptible. Aussi, sont-ils obligés de fumer leurs trèfles, pour mieux s'assurer de beau blé après. Le fumier serait tout-à-fait inutile avec l'usage du gypse, dans le cours que Je propose: il guirait même peut-être à la production du CS ñ i R| | Ê qu'ils furent gypsés au printemps, selon mon usage.— En Pan 8, j'ai mis mes moutons dans les jeunes trèfles 2 en prenant les précautions connues contre le gonfle. ment. L’épreuve était plus forte pour la plante, et Rs D DA mes domestiques ne doutaient pas que les tréfles n’en souffrissent beaucoup: cependant au moment où j'écris ceci, ils sont parfaitement bien garnis, etil ne parait pas que la dent des moutons ait fait aucun tort quel. conque à la plante. Comme cette manière de tirer parti de la première année du trèfle est de toutes la plus lucrative, c’est à mes yeux une trés- bonne raison pour ne pas gypser après moisson, parce que le gypse répandu sur les feuilles, pourrait être mal. sain au bétail. 78 TA TÉ grain, en rendant la paille trop abondante; et je puis dire que j'ai l'expérience constante que les récoltes de blé qui succèderit au beau trèfle gypsé, sont au moins égales, en pro- duit de grain, aux récoltes qui suivent la jachère fumée. Les agronomes Anglais jugeraient que le retour du blé de deux en deux ans est tout-x fait contraire aux bons principes, et qu'un tel assolement ne pourrait se soutenir long-temps, sans décliner dans ses produits. Il est possible que cela arrivât au bout d'un certain nombre d'années; cependant nous voyons des provinces entières, dans lesquelles, de temps immémorial, on sème du blé de deux‘en deux ans, sans qu'on apperçoive de déclin sensible dans les récoltes.’ Il est vrai qu'une jachère complette, et des récoltes sar- clées, séparent alternativement les récoltes de froment:: mais la jachère des turneps, lors- qu'il s'agit de terrains légers, nest pas mOIns efficace«pour bien nettoyer€t amender la terre, que ne peut l'être la jachère complete; et le trèfle bien réussi est une préparation qui vaut mieux pour le blé que toutes Îles DES ÂASSOLEMENS. 79 récoltes sarclées. D'ailleurs, si Le produit du blé baissait sensiblement au bout d’un cer. tain temps, on Pourrait revenir à l’assole. ment de Norfolk. Mais un Cours de récoltes qui se Soutiendrait probablement sans dimi- nution de produits pendant la durée d’une génération, ést un cours contre lequel lob- Jection de la lassitude n’est assurément pas forte.[1 faut seulement se souvenir que le moindre relâchement dans les soins de la culture que j'ai recommandés» dénaturerait l'assolement, et le rendrait bientôt impossible à soutenir. Il faut prévoir le cas où les turneps man. 2 N‘ quent: Ce Cas nest pas très-rare, Leur levée est casuelle, et les Pucerons les détruisent assez souvent. Le meilleur parti à prendre, à mon avis, dans ce cas, c’est de semer des vesces de printemps, mélées d'avoine,(1) pour les C1) Il vaut mieux les, mêler d'avoine que de les semer‘pures| parce que l’avoine les soutient, et augmente le fourrage, Dans les pays où il y a fréquem. ment des vents violens, les vesces semées pures sont sujettes à verser si complettement, que les tiges jaunissenc et se pourrissent par- dessous, 8 TRAITÉ fire consommer sur la place par les moutons. Si onles laissait gréner, il en résulterait un premier degré d'épuisement pour la terre;. qui empécherait Îa pleine réussite du fro- ment; etil importe que le premier mouve; ment de cette rotation de quatre ans soit imprimé avec force, pour que rien ne lan- guise. Comme sur les quatre ans, on ne fume qu'une fois, on ne saurait, dans cette pre- mière année, donner à la terre trop de soins et d'engrais. Si l'on est obligé d’avoir recours aux vesces, la terre n'aura pas les sarclages qu'elle aurait eus avec les turneps; cependant, comme elle aura été préparée par une jachère d'hiver, plusieurs labours et hersages de RES et que l'ombre épaisse des vesces Soppose à la croissance des gramens, elle sera néanmoins très-nette pour le blé. Mais, comme les sarclages, en même temps qu'ils nettoyent, font eux-mêmes oflice d'engrais, dans la suppostion des vesces qui ne com- portent päs ce binage additionnel, on n’en ect que plus obligé, en bonne agriculture, de _— a DES ÂASSOLEMENS. 8i de faire consommer les vesces sur le champ même par les moutons.(1) On a, pour le cas où les turneps manquent, une autre ressource qui nest pas moins con. forme aux bons principes de l’agriculture, c'est de semer du blé sarrasin, pour le labou. rer en pleine fleur. (1) Je dirai un mot sur cette pratique, parçe que j'en ai l'experience. Si l’on a des chiens bien dressés, on peut faire manger la récolte successivement;; en commençant par un bout du champ, et sans dom- mage sensible. Dans la supposition contraire, il faut des claies, pour ne pas perdre une grande partie de la récolte. Cette nourriture, très-aqueuse, convient peu aux troupeaux d’elèves; mais elle favorise là graisse dans les troupeaux pour le boucher. On doit avoir l’attention de ne les laisser entrer dans les vesces, qu'après qu’on a appaisé leur grosse faim ailleurs. J'ajouterai que ce fourrage ne convient nullement aux vaches à lait, qu'on pourrait également faire parquer dessus. Ayant eu des vesces en surabondance, j'ai essayé de donner de ce fourrage en pleine fleur, à 12 Vaches à lait: toutes diminuèrent de lait dé près de moitié, et la plupart prirent la diarrhée. Il est possible qu’en persistant, on les eut accoutumées# F ( 42 Ras ae À Ce second engrais, assez abondant, parce pi que la planté sur un terrain préparé pour les si turneps, a un grand Îuxe de végétation, A tient lieu du parcage des moutons dans Ja a consommation sur place, et fait probablement sont tout autant d’effet; mais cela revient alors à A une jachère morte. Le fermier est sans récolte; our et il est difficile de lui persuader que tout duto cela se retrouvera sur les trois ans qui vont so suivre: il ny a que les très-bons agriculteurs cor | qui puissent le croire. dr |(| | L'avoine ou le seigle sont également pro- t i\ pres à donner une récolte supplémentaire |( PRE Pres| cette nourriture, mais il faut se tenir pour averti qu'elles en achètent l'usage. J'observe d’ailleurs que jorsqu’on est obligé de remplacer les turneps par Îles{ vesces, on est déjà un peu avancé dans la saison;: ct comme il s’agit d’une récolte qui doit faire placé à l au blé, on ne peut pas les semer par bandes suc- cessives, à quelques jours de distance, pout faire durer plus long-temps leur consommation. Avant que les vaches y fussent accoutumées, le moment de consommer ce fourrave serait passe: il faudrait le ar faucher pour sécher, et alors on s'éloigne du principe. DES ASSOLEMENS, 83 pour faire pâturer en vert, quand les turneps| | manquent 3 mais si ces plantes fournissent | comme les vesces, et de plus que le blé noirs un fourrage à engraisser les moutons, elles | n'ont pas, comme ces deux récoltes, l’avana tage très-grand de tuer les gramens par leur ombre: Or cette différence peut en faire une du tout au tout sur la réussite finale de l'as solement, On pourrait croire qu'en faisant consommer le sarrasin sur place, on obtien- drait avec cette plante les mêmes avantages mere mttiiéfepontrmrmence re msi autimiencénre-ierétissine: qu'avec les vesces: j'ai éprouvé que les mous tons ne touchent pas à la plante quand elle est en fleur; ils la mangent assez bien avant a nsconmnsessipionss ] qu'elle feurisse; mais c’est trop tôt alors pour que lopération soit bonne. Les pois, lors même qu'ils sont sarclés une fois{il est bien difficile qu’ils le soient deux) sont à mon Avis une mauvaise préparation | pour le blé. Je n'ai jamais ex dé beaü fro- | ment en terre légère, après des pois fumés et sarclés. J'ai éprouvé d’ailleurs queiles pois qui n'ont pas des fèves pour tuteurs, tort | bent, trainent, se pourrissent par dessous, | produisent peu en grain; et tont en soppo- FE: 3 no "+ ne.> $4 Tea TD Oo sant à ce qu'on puisse donner une seconde éulturé au hoyau, n'empêchent point(comme ks vesces) que l'herbe ne croisse, parce que fombre est moins épaisse, et moins égale- rent distribuée sur tout le champ. Lorsqu'on y mêle les fèves, la récolte de celles-ci donne , parce que les terres légères ne leur con- et le mélange des deux graines aucun des deux. peu Viennent pas; Péébnvient à la vente d Le maïs, dans les climats qui le compor- est une récolte d’un grand prix pour ères, comme pour les terrains P froids tent, Les‘terres lége qui, sans être légers, ne sont pas tro Comme il lui faut des engrais et trop argileux. 1l prépare très-bien la terre et deux binages, pour ble Far Nu en général le froment féussir après. L'assolement de quatre ans Mais fumé, 2 Blé Trèfle. 4 Blé. est très-bon en terre lévère, mais moins bon .(=) 2 DES ASSOLEMENS. 8 cependant que celui qui commence par les turneps. Je puis en dire autant de celui-ct: 1 Pommes de terre fumées. 3 Pie. 3 Trèñe. 4 Blé. La raison de cette différence est dans la non-consommation du mais et des pommes de terre sur le champ même. Un autre motif de la préférence à donner au turneps, c’est que les pommes de terre et le mais ne se COnN- somment pas toujours dans le domaine qui les a produits. Non-seulement le champ nen profite pas, mais l'accroissement de nourri- ture pour l'homme et les bestiaux, n'est pas toujours au profit cle la terre du cultivateur. On peut en dire autant des carottes, si elles sont destinées au marché d’une ville voisine, au lieu d’être employées à nourrir les bestiaux de la ferme. En général, l'agriculture véri- tablement bien entendue, et l'on peut dire noblement traitée, est celle qui tend à fare retourner à la terre une récolte sur deux, par les engrais, outre toutes les pailles. F 3 86 RE DÉ serait à desirer que les assolemens fussent toujours arrangés de manière à ce quune récolte consommée par les bestiaux de la ferme précédât et remplaçat une récolte de grains; en sorte que dans les pays où ilny a pas de vignobles, l'argent ne revint entre les mains du fermier que par les grains et les bestiaux. Vendre les pommes de terre, les carottes, les fèves, le mais) les pois, et en général les récoltes secondaires dont on pourrait engraisser des bestiaux sur la ferme, est une marche mesquine: la belle agriculture convertit en engrais et en viandes toutes les productions de terres arables, qui ne sont pas des grains blancs. Distinguons néanmoins les positions, et ne perdons pas de vue que ie problème à résoudre, c’est de déterminer les assoiemens qui sont à la fois les plus profitables au cultivateur, à la terre et à la nation. H y a des cas dans lesquels il y aurait de la pédauterie, de la duperie même, à sé refuser à un profit évi. dent poux se coller aux grands principes. Dans le voisinage des villes, par exemple, le prix de certaines denrées est déterminant; + DES NS Q= et lorsqu'on peut tirer d'une récolte de carot- tes ou de pommes de terre, de quoi acheter une quantité d'engrais beaucoup plus forte que celle qu'on aurait obtenue par la con- sommation, on ne doit pas hésiter à les ven- dre; mais alors il serait à desirer que les voitures qui charrient ces denrées à la ville, n’en revinssent jamais que chargées de fumier. Ducket le fameux cultivateur Anglais qu'on nomme /e Prince des fermiers, n’est point dans l'usage de suivre des assolemens réguliers; et il tire de ses terres{qui sont légères) des produits vraisemblablement plus considérables que personne, si l'on considère le profit net. Mais il ne faut pas voir sa pratique partielle ment: il faut en saisir l'ensemble.[l sème tout au semoir. Il a des houes à cheval qui cultivent ses blés au printemps. Ia des charrues admi- rables, dont les unes sont destinées aux cul- tures profondes, et les» es aux cultures superficielles. An moy. de ce que ses terres sont nettoyées de mauvaises plantes, de ce que ses labours sont profonds ou JÉSETS selon le but qu'il se propose, il réussit quel- ? quefois à avoir trois belles récoltes de blé de suite. Il place, en outre, toujours une recoîite A n GS 8 LR TE verte dérobée entre deux récoltes de froment. Pour donner plus de temps à la croissance de cette récolte dérobée, il emploie de préfé- rence du blé de Sibérie, qui peut se semer tard et se recueillit de bonne heure; d’ailleurs lorsqu'il met des turneps après le blé, il les sème communément sur le blé déjà en épis, en choisissant un temps pluvieux. Comme ses terres sont toujours bien fumées, comme la houe à cheval les entretient meubles jus- qu à l'approche de la maturité du froment, les turneps lèvent et prospèrent à Pombre du blé, et font après moisson de rapides pro- grès sur le chaume, de manière à être con- sommés sûr la place, à demi grosseur, pour faire succéder du blé encore. Quelquefois cest du seigle ou des vesces qui sont la récolte dérobée; et on les fait pâturer de même, sur la place, pour resemer du blé immédiatement, Les fermiers avides de répéter les récoltes ce froment, trouveront cette recette sédui- sante; mais ils ne doivent pas oublier que pour réussir dans une agriculture si produc- uve, 1l faut les moyens de Ducket, c'est-à. DES. ASSOLEMÆENS. 5 dire 1”. mettre à contribution tantôt la cou- che supérieure, tantôt la couche inférieure à pour le même genre de récoltes. 2°. Bien fumer, et souvent. 3°. Semer au semoir à grands intervalles, pour faire passer la houe à che. val, au printemps. Tout cela n’est à la portée que d'un très-petit nombre d'individus; et il faut que l’agriculture soit tout autrement per- fectionnée qu'elle ne Fest aujourd'hui en France, pour oser tenter l'exécution d’un tel systême. J'ai pratiqué avec succès sur des terres légères, une culture qui est plus aisément applicable, et qui tient le terrain très-net et en bon état, en fournissant beaucoup de substance. Dans un champ de six arpens de terres légères, où j'avais recueilli en l'an 6 du blé non fumé, je semai au printemps suivant des productions fumées, qui eurent deux sarclages: c’étaient des haricots, des pommes de terre et des pois. À cette récolte succéda du blé en l'an 7. Immédiatement après le blé, je semai des vesces mélées d'avoine dans un ES = go MUATTEÉ tiers du champ, es turneps et des raves du pays dans le second tiers, et du blé sarrasin dans le reste du champ. Les turneps et Îles raves furent sarclées une fois, et donnèrent une assez belle récolte, sans cependant par venir à toute leur grosseur. L'avoine fut cou- pée au nulieu de fructidor, séchée en partie pour fourrage, et en partie consommée en vert. Le sarrasin mürit fort bien. L'an 8, dès le commencement de germi- nal,je fs parquer les moutons sur ce champ. A mesure que javais une bande parquée, je la faisais renverser à la charrue, et semer en vesces mêlées d'avoine; puis au bout de six semaines où 2 mois, consommer sur la place par les moutons. L'an 9 jai semé du blé en vendémiaire puis du trèfle par dessus eu ventôse. Je compte semer du blé encore après le trèfle; et 5 moins de saisons décidément contraires, JE puis espérer que les trois récoltes que Je vais faire seront belles. Je reprends!e tableau de cet assolement de six ans. DES ÂAÂSSOLEMENS. 91 1 Productions fumées, et sarclées deux fois. 2 à 174 1e AC 2 BIC, puis sarrasin, vesces ou turneps. " a AC>" AV LR. à 3 Vesces consommées sur place apres le par. cage. LA t 4 Blé. Ce DNS À| Er Fièile. 6 Dé, puis sarrasin, Vesces ou turneps. + ; OR RTS PR et Peine ie Cet assolement pour les terres ou les mats qui le comportent, me paraît réunir à un haut degré les convenances qui tiennent aux bons principes, et le profit. Il donne huit récoltes dans six ans, dont trois de fro- ment.[| maintient la terre parfaitement nette et bien fumée; et cependant sur ces 6 ans » cn ne voiture du fumier qu'une fois, et l’on ne donne de forts sarclages qu'une année, Le trèfle, qui ne revient qu’une fois dans les 6 ans, est semé dans les circonstances les plus favorables, savoir, après une jachère fumée d'abord complettement par le parc, puis à demi, par la consommation des vesces; après une jachère dans laquelle on ne s'en fie pas seulement aux labours pour tuer les mauvai: > ses plantes, mais où on a étouffé les chien. Eee. 92 H'R:A TE| dents sous l'ombre impénétrable de la vesce; telle que celle-ci croît apres le parc, c'est| Î a-dire très-abondante. [ Ceux qui pensent aussi qu'il ya de l'avan- Î tage à empècher l'évaporation du sol, pen- dant l'année de jachère, doivent trouver encore ce bon côté à l'assolement que Je propose, puisque l'ombre épaisse des vesces h qui couvrent la terre pendant les mois les plus chauds, empêche très-efficacement cette évaporation, et fait que la terre se prépare admirablement pour la semaille du blé. Sans faire parquer les moutons, l'on pour- rait imiter cet assolement, en fumant les ves- ces pour fourrage à sécher dans l’année de jachère; mais il en coûterait plus pour faire moins bien. Le parcage est plus économique et plus efficace; la consommation sur place de la récolte en vert est tres-importante; et tous ceux qui sont en position de se donner l'avantage d'un troupeau de moutons, comme machine à fumer, ont tort de ne le pas faire. [Il y à encore, dans le plâtrage, un moyen presque sûr de favoriser puissamment la végé- rs 2 Eee ee jo Po PET gt DES ASSOLEMENS. 53 tation des vesces. Lorsqu'on est à portée des carrières de gypse, ce moyen ne doit pas être négligé, si l’on a pour objet de cou- per les vesces en fourrage à sécher. Pour les faire consommer en vert, sur la place, il pourrait y avoir de l'inconvénient à la pré- sence du gypse sur les feuilles. Je n’en ai pas l'expérience. Les turneps de Suède qui ne craignent point les gelées, peuvent ètre substitués avec avantage, aux turneps pour semer après le blé, dans la 2°. et la 6e. année.(1) Il y a pourles limons fertiles d’une partie de l'Italie, des assolemens qui seraient, je crois, praticables dans diverses contrées des parties méridionales de la France, désignées par Rozier, dans son article agriculture, sous le nom de pays d’orangers et d’oliviers. Ces assolemens sont de cinq récoltes en 3 ans, ou de sept récoltes en 4 ans, savoir: C1) Voyez la Bibliothèque Britannique dans plu- Sieurs endroits, concernant les Rutebaga ou turneps de Suède, p4 TRAITÉ p34?, 1.,\: 1 Blé, puis lupins enterrés à la charrte pour engrais. 0. B'é se CENT à er 2 Bié, puis raves, lin pout fourrage, ou lupinelle, ou trefle annuel. 3 Maïs, miliet, ou sorsho. Ou bien: 3 Blé, puis haricots et mais. a) Blé, puis lupins enterrés pour engrais, 3 Blé, puis raves, ou lupinelle, ou lin pour fourrage, (æ 4 IViais, millet ou sorgho.(1) Les lupins employés comme engrais, dans 1, ces assolemens, sont une production d'un (x) V. les développemens de cette agriculture dans l'ouvrage intitulé Tableau de l'agriculture Tos- cane par J. C. S. Simonde de Geneve;( cet ouvrage se trouve chez J. J. Paschoud, libr. à Genève.} Si l’onse recriait sut la différence des climats et l'impossibilité de faire ,mème dans nos départemens méridionaux, 7 récoltes en 4 ans, je ferais observer que, sous le climat de l'Angleterre, Ducket suit précisément la même agri. culture. Il y a, dans le perfectionnement possible des procédés agricoles, des ressources que nous sommes loin d’avoir épuisées, et dont probablement nous ne connaissons pas toute l'étendue. | l | DES ASSOLEMENS. GS grand mérite; car il paraît que. les, vesces, A A les fèves ou le biésarrasin, qu'on enterre aussi quelquefois pour faire office d'engrais, n'ont pas l'eflicace des lupins pour rendre la-terre féconde. C'est du moins lopinion des culti- vateurs Toscans; et on sait combien les an- c'ens attribuaient à cette production la vertu fertilisante. Il y à une espèce d’assolemens singulière. ment recommandable pour les terrains légers, parce qu'ils en bannissent la jachère, parce qu'ils rendent ces terrains plus capables de produire de belles récoltes de grains, parce qu'ils nemploient aucun fumier, et créent au contraire des engrais pour les autres pièces du domaine. Ces assolemens ont pour base la luzerne ou le sainfoin. Ces deux plantes de pré sont une source abondante de richesse pour ceux qui ont des terres propres, et savent les y employer con- venablement. La luzerne demande, comme on sait, une terre douce, substantielle, pro- fonde, séche, et plutôt légère qu’argileuse. C'est dans ce genre de terrain qu'elle réussit mr Es à" 96 TR A TTrÉ le mieux possible, quand le climat est assez chaud pour lui permettre de donner quatre et même cinq récoltes dans l’année. Dans de telles circonstances, lorsqu'on peut faire les frais nécessaires pour défoncer le terrain, et le bien amender; lorsque la luzernière est à portée de la maison, pour pouvoir faire consommer les récoltes en vert dans l’étable, lorsqu'on a des carrières de plâtre dans son voisinage pour gypser la pièce tous les ans, l'on a, je pense, dans une luzernière, la pièce la plus productive qu'il soit possible d'avoir, IVlais quand on traite des assolemens, il ne faut pas s'arrêtér à considérer certains avantages résultans de circonstances rares et heureuses; 1] faut voir ce qui peut se prati- quer dans la généralité d’une culture, et ne conseiller que ce qui est aisément appli- cable. RE (1) Les bonnes vignes, les houblonnières, les jardins rendent davantage, mais coûtent infiñiiment plus de travaux, Ex DES ASSOLEMENS. 9? La luzerne, dont les produits sont im- menses dans les circonstances dont je viens de parler, donne encore des résultats très- avantageux quand les circonstances sont moins favorables. Quant au genre de sol qui lui convient, je puis dire que je l'ai cultivée, avec assez de succès, dans un terrain très-léger et dans une terre arol. Jeuse. J’observerai seulement| que dans les années Où jai fait quatre coupes en terre légère, je n’en ai fait que trois en terre ATQl= Jeuse; et que quand la terre graveleuse n’a donné que trois coupes, la terre froide n’en a produit que deux. Il ny a que les glaises trop froides, les graviers stériles et les terres humides qui n’admettent point du tout ja luzerne. Mais pour les terres qui n’ÿ sone que médiocrement propres, 1l vaut mieux choisir une autre culture, parce que toute culture qui n’est pas vigoureuse, est mau- vaise; et qu'une Juzerne qui ne donne que moitié ou un tiers de ce que peut donner la luzerne, n'est pas si profitable que Île strait une autre plante fourrageuse vivace. MT 08 LÉ AA NET SE A Ja luzérne; le sainfoin{ esparcette) ofire aux cultivateurs une ressource du. grand prix. La seule objection solide que Je connaisse contre le sainfoin, c'est la cherté de la graine dont, pour biep faire, 1l faut semer en vo- Jume, trois fois la quantité que demanderait Je même espace de terrain pour être$ emé en blé, et dont la levée est très-casuelle. Il est rare que le sainfoin donne jusqu'à trois récol- tes dans l'année; la seconde coupe, n'est même, en qu'environ moitié de la première; mais cette première, dans un sain- foin bien a est tout aussi abondante qu'uve belle coupe de luzerne, et a au moins autant de valeur; et comme cette grai nde abondance du plus excellent fourrage, peut se produire sur Îles plus mauvaises terres, quels que soient leur genre et leur exposition, pourvu quelles ne soient pas humides dessous, il en résulte que le sainfoin est déjà une plante du plus ge grand prix, à la considérer seule- ment sous le rapport du produit possible dans les mauvais terrains. Mais le point. de vue sous lequel je veux surtout la faire const- dérer ici, est encore plus intéressant; Car Pinfluence de cette production s'étend sur les DES ASSOLEMENS. 99 récoltes suivantes, et les terrains stériles se trouvent changés par elles en terres fécondes, pour une certaine suite d’années. Nous avons vu que la culture bien. enten- due du trefle convertit en terrains à froment, les terres naturellement trop légères et trop peu substantielles pour produire ceux-ci. Les luzernes préparent aussi de belles récoltes de froment; mais l’on peut dire, qu’en général, l'effet des sainfoins est encore plus marqué, parce qu'il a ordinairement lieu sur des‘ter. ne rains naturellement plus stériles. On peut regarder l'établissement des prairies en luzerne qe et en sainfoin comme un prêt, dont la terre eut paye d'abord un gros intérêt en fourrage, et rend ensuite plusieurs fois le capital en grains. Ce simple énoncé suffit à montrer de quelle importance est l'introduction de la culture de . ces plantes fourrageuses,. dans les pays où cette $ culture est encore inconnue.}Vlais, pour en e. tirer toutle parti dont elles sont susceptibles, - il faut savoir user avec une certaine modé- if ration de la faculté de produire qu'elles lais. sent à la terre, après que l'on a rompu le G 2 Ko LMBÉASDTÉE térrain où elles ont végété. Si l’on répète les récoltes de grains coup sur coup, après avoir rompu une luzernière ou un sainfoin, on appauvrit et on souille de mauvaises herbes dès la seconde annéé, la terre que ces plan- tes fourrageuses avaient améliorée; tandis qu'une marche plus méthodique, et une agriculture moins avide, auraient prolongé és bons effets de ces plantes, quant à la fécondité de la terre, jusqu’au moment où don aurait pu revenir à leur culture. Je pense qu'il faut avoir pour principe de ne jamais faire deux récoltes successives de grains blancs après la luzerne ou le sainfoin: non pas que la seconde de ces deux récoltes, ne pût, même dans les terres naturellement ingrates, être encore assez belle, mais parce queiles mauvaises herbes vivaces commen- ceraient, à cetté seconde récolte, à prendre ‘possession du terrain. Îl convient donc de Hire succéder à la première récolte de blé, ne récolte sarclée, ou des plantes légumi- “heusés à ombre épaisse. On peut alors inter- “aller entre deux périodes de sainfoin, ou de luzerne, une des rotations de, récoltés DES ASSOLEMENS. 10! dont j'ai parlé Jusqu'ici pour les terres légères. Chacune de ces périodes de sainfoin ou luzerne doit être plus ou moins longue, selon le terrain, le climat, les premiers soins d'établissement etc. Mais jobserverai que, quand les récoltes faiblissent, il vaut mieux rompre, que de chercher à raviver le pré artificiel par des fumiers ou du plâtre. Ce nest pas quon ne puisse parvenir, par ces deux moyens, à prolonger sa durée; mais je ne pense pas que ce$oit la meilleure agri- culture: elle ne tend pas à tirer de la terre tout ce qu'elle aurait rendu dans un bon | assolement qui aurait succédé à la plante | fourrageuse. Je suppose donc une durée moyenne de huit ans pour le pré artificiel. Je propose d'y semer ensuite du blé sur un seul labour, et sans fumier. Je ne crois pas que lPengrais puisse être plus mal employé que sur un pré artificiel de huit ans que l’on rompt pour le on mettre en cours réglé d’assolement. Le blé doit même être semé clair, pour ne pas verser, lors même que la terre est naturellement trop légère pour être un véritable terrain à ble, G 3 102 FRA TT EÉ Immédiatement après la récolte du froment, on peut semer des raves ou des turneps, qui donneront une demi-récolte. L'année suivante on peut planter des pommes de terre, ou semer des vesces pour couper en fourrage, puis remettre du blé, sur lequel, au printemps, on semera du trèfle, si la terre est parfaitement purgée d'herbe, et que le blé ou les pommes de terre aient été fumées, pour revenir encore au blé après le trèfle, et rentrer dans une période de plantes four- rageuses vivaces. Voici donc l'assolement de 13 ans qu'il en résulterait. 8 ans. Luzerne ou saimfoin, 9— blé, et turneps après. 10— pomines de terre fumées et sar- clées, ou vesces pour fourrag 11— Blé fumé, si c’est après les vesces. 12= Trefle: 13—— DIE. Les prés-gazons que l’on peut former avec le fromental, les festuques, les bromes, les paturins ou d’autres graminées vivaces, sont æ” = es ee rennes RES TT CRE Lt ne verres Pres PT ee= DES RASSES OL BANTSE ENS" 190$ emens à long terme; mais ils ap} nue P»lutôt aux terres argil euses ,et cest en traitant » des assolemens qui con viennent à celles-ci que je les con idéreral Les prés de raygrass peuvent entrer dans les assolemens des terres légères. L’assolement de Norfolk se modifie quelquefois par trois ou quatre années de aygrass qui succèdent à l'orge, pour ramener le blé, les turneps, etc. Dans le système Anglais, qui consiste à faire pâturer les bestiaux sur Îes prés au moins de deux années l’une, le rayerass à un prix plus grand pu ne pourrait Avoir en France, à végétation égale. Je ne pense qu'on puisse rien conclure de défavorable au raygrass, des expériences partielles que lon D] it i à faites en rarice SHr cette plantes. Onra voulu la soumettre annuellement à la faux, comme les autres graminées de nos prairies; on à trouvé quelle ne donnait point autant de fourrage que celles qué l'on disungue pour leurs qualités,’ et l'on à conclu que‘ka, cul. ture du raygrass ne convenait pas a la France. I! est possible que cette plante demande une 104 TL éRe A ALT<É atmosphère‘humide comme celle de l'Angle- terre, pour végéter dans toute sa force, et que la douceur des hivers de cette[sle soit la principale cause de l'avantage le plus prisé par les cultivateurs Anglais, celui d'une végé- tation très-hâtive au printemps. Peut-être que dans les parties de la France où les hivers sont doux, les étés seraient trop secs pour cette plante: j'ai l'expérience que la où les hivers sont longs et rigoureux, elle ne laisse pas d'être très-précoce au printemps. Je pense donc que sa culture serait appli- cable à une grande partie de la France; mais je dois observer que pour en tirer véritable- ment parti, il faudrait suivre le système de pâturage qui est familier aux Anglais, cest- a-dire engraisser des bœufs ou des moutons sur le pacage du raygrass au printemps, ou employer les prés de cette plante à recevoir les brebis nourrices, dans les mois de ven- tôse et de germinal. On a très- généralement, en France, un préjueé défavorable au système du parcours ÿ«2 £ des moutons dans les prés. On imagine que TP comme.« Le ns mm SU Eee CE mare Sr menree ame à Ds DES ÂSSOLEMENS. 105 ées animaux arrachent les plantes en pâtu- rant, ou Îes font périr en les pinçant trop près du collet. La pratique constante des meilleurs agricu © recommandations des meilleurs écrivains, et teurs de lAnoteterre ,. les en particulier d'Arthur Young et de Marshal}, doivent dissiper tous les doutes à ce sujet, puisqu'ils écrivent et pratiquent dans un pays où la culture des plantes fourrageuses est por- tée plus loin que dans aucun autre. On pourrait dire avec plus de vérité que les prés, généralement parlant, ne convien- nent pas aux moutons. Nor- seulement les prés humides leur sont mortels, mais les herbes trop substantielles sont nuisibles, à la longue, aux troupeaux d'élèves. On pare à ces inconvéniens, en ne destinant les prés qu'on abandonne aux bêtes à laine, qu'aux troupeaux quon veut engraisser, où en ny faisant paître les brebis que dans le temps où elles nourrissent leurs agneaux, et où il n'est pas dangereux qu'elles prennent Ja graisse. Mais à ne considérer que les prés, : il parait que le parcours des moutons leur est avantageux dans toutes les circonstances. I] : ‘4 “f cr ITR Si put ST 2e à 1e); Si À FO 1f RAILS APE l'est par l’urine et la fente qu'ils y déposent; © res Le) [(@) œ a —— LD + Cr Q= (oi ®œ f il l'est parce que le pinc feuilles des graminées, par la dent du mouton, à mesure quelles croissent, empé- che les tiges de sélever, et favorise singu- lièrement le tallement des plantes. Ce dernier fait est si bien reconnu dans la pratique Anglaise, que la méthode approuvée par les meilleurs cultivateurs daus l'établissement des prés-gazons, consiste essentiellement à les faire pâturer par les moutons, au prin- temps qui suit l'année où ils. ont été ense- mencés; afin, observe-t-on, que les plantes prennent la disposition à s'épater et à séten- dre, ce qu'elles sont forcées de faire, parce qu'eiles ne peuvent pas s'élever.[Il en résulte que le pré se garnit plus promptement, que l'herbe couvre mieux la terre, et que la même étendue de terrain donne beaucoup plus de substance. Le pâturage au printemps est donc une dépendance nécessaire de la culture des prés en rAÿygTass: ceux-ci ne doivent être fauchés que lorsqu'il s’agit de recueillir la graine; OU tout au plus peut-on réduire en foin la Er RS ES RS ee ps DES ÂASSOLEMENS. 107 seconde coupe, qui mest jamais aussi abon- dante qu'une coupe de fromental. Avec le pâturage des bestiaux, et surtout des bêtes à laine, le raygrass est d’une culture tès- profitable, dans les terres légères. Il réussit aussi dans les terres argileuses; mais, comme on a pour celles-ci{ ainsi que nous le ver- sons bientôt) une grande variété de era- minées à choisir, le raygrass est plus précieux et plus particulièrement adapté aux terrains lee gers. D pe La difficulté de se procurer de la graine EEE giémmermie"s: re ces SL Or one le li rOdicr onde cee sûre.est un obstacle à l'introduction de cette culture. Il y.a diverses variétés de ray- orass: 1l y en a de peremue, de bisannuel & | ! | | et dannuel. Les graines de ces, variétés se | | | | ressemblent à s’y méprendre; et-quelle que soit la variété ,, la graine ne lève pas, si elle est vieille. La meilleure manière d'introduire Je ray- | grass dans nos assolemens de terres légères, me parait être de:le-semer avec:le trèfle, toujours en supposant que celui-ci entre dans un assolement correct, et est semé avec les précautions indiquées. 108 TRAITÉ Dans la deuxième année à compter de la semaille, qui est celle du grand rapport du trefle, le raygrass augmente le fourrage et le rend meilleur. À la troisième année, le trèfle périt en grande partie, et le raygrass talle et s'étend par le parcours des moutons, ou le pâturage des bêtes à cornes et des chevaux. À la quatrième année, le raygrass a pris possession du terrain; et on peut le laisser subsister jusqu'à ce.qu'on le voie fai. blir, ou aussi long-temps que les convenances du domaine lexigent, pour revenir ensuite au froment. La récolte de celui- ci sera tou- jours belle, sans fumure: le terrain qui aura été quatre ans au moins en pré-gazon, pâturé annuellement, pourrait même donner deux belles récoltes consécutives de froment.[Mais ce serait toujours pécher contre les principes les plus sains que de faire donner des grains blancs deux années de suite à une terre en en bon état. Si la période des plantes fourrageuses viva- ces a donné à la terre une grande fécondité pour les grains, il faut ménager, avec un x:= nn à de Las extreme soin, cette disposition a proauire. -> ne SR RER“PA= TOI ds RS DES ASSOLEMENS. 108 On doit se rappeler toujours qu'il ne faut pas seulement que la terre abonde en sucs végétatifs, mais encore qu'elle soit nette, pour produire constamment de belles récoltes; et qu'une fois affaiblie de sucs, et chargée de mauvaises herbes, elle demande de gran- des dépenses en labours et en engrais, pour être ensuite remise en bon état. L'agriculteur sage rentrera donc, après la période du ray- grass, dans un des assolemens corrects que jai détaillés ci- dessus. MRÉETEE CHAPITRE V: Des ASSOLEMENS DE TERRES ARGILEUSES. Jusouror j'ai parlé de cours des récoltes qui conviennent aux terres graveleuses, sa- bloneuses, franches, d'un grain friablé, et en général aux terres saines, sèches, et d'un jabour facile. Je passe maintenant aux te rains argileux, froids, pesans, qui retiennent les eaux, ne se labourent qu'avec plus de difficulté, et demandent, par conséquent; des attelages plus forts. IL faut reconnaître que l'art est jusquici bien moins perfectionné, pour tirer un grand parti de ce genré de terrains, qu'il ne l'est pour faire rendre aux terres légères tout ce qu'elles sont susceptibles de donner. Il est douteux quil existe, pour les terrains argi- leux, d'aussi grandes ressources dans la va- riété des productions, que celles que l'on a Len 1 À« FT T Arr 0° T DES MAS SO L'EME NS TT découvertes et appliquées aux terres légères, La nature de ces terrains ne permet qu'avec plus de difficulté les cultures données aux récoltes pendant leur végétation, cultures qui sont d'un si grand avantage, soit à la récolte, soit à la terre. Les sols argileux ne compor- tent pas un aussi grand nombre de produc. tions diverses que les sols légers. Le turnep, ce pivot de la belle agriculture de Norfolk, ny réussit que médiocrement, et cette racine ne peut pas être consomméé sur place{ 1). Le trèfle n’y à de succès qu'avec des pré- cautions particulières; et, lorsqu'il réussit, c'est rarement d'une manière aussi complette que dans les terrains légers. Enfin les terres argileuses ne permettent ni les récoltes déro: £ P bées, ni le parc des moutons. Malgré tous ces désavantages, il existe des ressources tirées de la variété des productions, ( 1) La marne calcaire produit sur les terres argi- leuses un amendement qui rend la culture des tur- neps plus profitable, dans ces terrains, mais jamais ä beaucoup près autant que dans les terres légères, STE SRE Une FT f 112 LR AC TCTTE pour augmenter considérablement, pour dou- bler peut-être, le produit des terres argileuses, par comparaison avec la méthode des jachè- res; et cette partie de l'art est d'autant plus importante à étudier, que l'on a fait infini- ment moins de recherches et d'expériences sur les assolemens des terres pesantes que sur ceux des terres légères. La seule difficulté plus grande des travaux aratoires expliquerait cette différence: elle tient aussi à ce quil y a beaucoup plus long-temps que l'on a essayé pour la première fois de reformer les jachères dans les terrains légers. Îl faut encore, sur le chapitre des assole- mens de terres argileuses, avoir recours à l'expérience des Anglais. Ils sentent ce qu'il leur reste à acquérir, et travaillent à rem- plir le vide qui existe dans cette partie de l'art; mais les leçons que nous trouvons à prendre dans leur pratique, peuvent néan- moins nous être d’une très- grande utilité, et nous faciliter des pas nouveaux dans cette carrière intéressante. Parmi les productions que‘l'expérience à. f 1 DES ÂASSOLEMENS.{12 fait reconnaitre propres à être intercallées entre les récoltes de grains blancs, telles que le froment et l’avoine, dans la culture des terres argileuses, les unes comportent et de- mandent des sarclages pendant leur végéta- tion, les autres couvrent plus ou moins com. plettement la terre de leur ombre, et subsistent sans cultures, jusqu'au moment où la charrue prépare de nouveau le terrain à recevoir des grains blancs. Les premières de ces productions sont les fèves ou fêverolles, les pommes de terre, les choux et le colza: les secondes sont les vesces d'hiver ou d'été, la chicorée, le trèfle, la luzerne(1), les prés-gazons, etc. Je vais (r) Je m'abstiens de parler de la pimprenelle, parce que nous manquons d’un nombre suffisant de faits constatés sur cette plante. On a cependant des exemples trés-satisfaisans de sa réussite, Soit dans les terres légères, soit dans les terres argileuses. On vert dans le N°. r2 des expériences de Kent, que je citerai ci-apres, que la pimprenelle a donné cinq années de suite abondamment, et n’a faibli qu’à la sixième ana née, dans une terre argileuse. Elle a, pour les mous tons, un avantage que n'a aucune autre plante, au même degré, c’est d’être verte pendant tout l'hiver H trs" Er_ \ Î | l | | | \ red nr ? So< VS RE Re st A= ir 114 ViA AE k dire quelques mots de celles& tions dont je n'ai pas encore parlé, avant de les considérer comme faisant partie d'un assolement de terres argileuses. Je nomme les fêves, ou féverolles, avant toute autre plante d'assolemens pour terres argileuses, parce que c'est celle de toutes qui a le plus d'importance. Il est aujourd'hui bien prouvé par l’expérience d'Arthur Young, de Marshall, du Duc de Grafton, de Mr. Arbuthnot{1} et de beaucoup d'autres culti- vateurs pratiques, en Angleterre, que la fe- verolle, lorsqu'elle est houée ou sarclée, prépare dans les terres argileuses, une belle récolte de blé, avec autant de certitude qu'un beau trèfle dans une terre légère. Elle paye en outre très-abondamment, par sa propre récolte, les frais qu'elle exige; et cette pro- duction est d’un usage précieux, soit pour remplacer l'avoine, soit pour entrer comme addition au froment dans le pain des ouvriers de campagne, soit pour engraisser les bes- tiaux ou hiverner les moutons. (1) Voyez ces expériences ci. après, e ces produc-. EE SPA UE= Sr | | | | DES ASSOLEMENS. T1$ Ïi y a une variété de feverolles qui se sème én automne, et une autre qui ne se sème qu'au printemps. Le port de la plante, la forme et la grosseur des siliques et du fruit, sont extrêmement semblables dans les deux variétés: on observe seulement que la plante hivernée est ordinairement d'un vert plus foncé, et d'une végétation plus forte elle rend un peu plus, àsoins égaux; mais il arrive quel quefois, dans les hivers très-rudes, qu'il périt une rande partie des plantes. On diminue ce danger, en semant très-tard en automne, car, moins la plante est avancée, et moins elle risque des gelées. Quant aux feverolles de printemps, il faut les semer le plus tôt possible, c'est-à-dire, dans le courant de Ventôse, au plus tard. Comme il est souvent difficile d’entret dans les terres argileuses au mois de Ventôse, c'est une raison pour préférer de semer en au- tomne, quand le temps est favorable; parce que, si les fêves de printemps sont semées trop tard, il est rare qu’elles réussissent aussi bien. En Angleterre, où l'hiver est ordinais ment doux, et les gelées peu durables, on EH 2 116, GÉR RAT À seme presque toujours les fêves au mois de Février. L'usage de les planter à la main y est extrêmement perfectionné dans certaines provinces, et en particulier dans la vallée de Glocester(1). C’est là qu'il faut étudier les. détails et les avantages de cette culture, pour les terres argileuses: on y verra que ces terres argileuses portent des fèves de temps immémorial de deux en deux ans, ou de trois en trois ans, et sans cesser de donner de belles récoltes. Dans les provinces où l'on sème les fèves àla volée ,ce qui est la méthode la. plus usitée, on a reconnu par l'expérience, qu'il conve- nait de les semer fort épais( 2). La pratique du semoir convient beaucoup à cette plante pour faciliter les cultures. Dans tous les cas, les sarclages, au nombre (x) Voyez l'ouvrage de Marshall, intitulé Rural Economy of Glocestershire, et la Bibl. Brit, Division Agriculture. 2) L'ouvrage d'Arthur Young, intitulé Six months tour Letter XXX, et la Bibl. Britannique, [a! I DES ASSOLEMENS. ITA de deux, sont indispensables pour que Îles fèves fassent sur le terrain l'effet améliorant que l’on en attend lorsqu'on les sème en préx paration du blé, comme aussi pour qu'elles donnent une récolte abondante. Avec le soin des bons sarclages et des engrais, les fèves et le blé peuvent se succéder dans les terres argileuses d’une manière indéfinie ,; commé on le voit dans la province de Kent,‘eb comme le Duc de Grafton l’a mis'hors:de doute par une expérience suivie avec CXACT titude pendant huit ans. J'en rendrai compte ci-après.(1) (1) On objecte à cette agriculture qui demande beaucoup de sarclages, que dans divers départemens Là surtout dans les cantons où l’on cultive la vigné, les bras manquent pour ces cultures répétces, lotsà qu'il s’agit de grands espaces.de terrain. Je répasds que les femmes et les enfans peuvent faire la: plus grande partie de ces travaux au hoyau"ce qu'ils ne pourraient pas faire dans les vignes. Je réponds que si lon employait aux sarclages des récoltes intercal. laires tous les bras que le système des jachères laisse: oisifs ou faiblement occupés, il en résulrerait bientot. H 3 rs £18 Tipeh dE É Nous mangnons encore d’un nombre su. sant d'expériences concernant l'effet des pom. mes de terre sur la récolte céréale qui leur suc+ cède; et jusqu'à ce qu'on ait fait et enregistré beaucoup d'épreuves comparatives, dans des terrains très- différens, on ne pourra placer cette racine dans les assolemens avec quelque certitude de son influence. Voici l'état actuel des connaissances, d’après les faits, ainsi que. les avantages et les inconvéniens de cette plante. La pomme de terre réussit généralement bien dans les terres neuves, soit pesantes soit légères, qui n’en ont jamais produit: elle favorise donc les défrichemens. Elle con. vient dans les prés rompus, non pas tant à cause de son produit, que je crois moin- dre ,, généralement parlant, que dans toute autre terre fumée, que parce que les sarclages qu'elle exige détruisent et consomment le un accroissement des productions de la terre, qui augmenterait la population, et ne laisserait plus lieu e l'objection du défaut de bras. DES ASSOLEMENS. 319 gazon, et que l'ombre et l'humidité que donne la fane des plantes concourent au même résultat. Elle nettoye les terres, parce qu'elle force le laboureur à sarcler son champ, et à en remuer le sol à plusieurs reprises, pour butter les plantes. Comme elle paye bien les frais de la bèche, par laccroisse- ment de récolte qui résulte de l'emploi de cet instrument, elle est très-utile aux petits propriétaires dans les terres argileuses: cir- constance d’un grand prix, Car avant les pommes de terre, les journaliers, les petits fermiers, les petits propriétaires, qui vivaient dans un canton de terres argileuses, éprou- vaient souvent une grande détresse, par la difficulté de la culture de ces tenus. et par la nécessité de la jachère. La pomme de terre augmente ses produits, en raison di- recte du travail qu'on lui donne: elle paye au pauvre ses journées, sil multiplie les cultures; et c'est un avantage que je ne con- nais à aucune plante, au même degré. I y a bien d’autres productions qui payent lar- gement le travail du riche propriétaire, sit les cultive avec plus de soin qu'on n'en donne dans la pratique ordinaire; mais une partis H 4 te pay ÇRr BR pe TRE rss Le k fl i k 20 ŒiR A ITS de cette rentrée des frais d’extra se trouve dans les récoltes suivantes, et dans le bon état de la terre: or ce genre de rembour- sement, le pauvre ne peut pas l'attendre, et la pomme de terre le paye dès l’année } même, en surabondance de produits. La récolte de la pomme de terre est sou- mise à peu de casualités, si on la compare à la généralité des récoltes. Elle ne craint ni les gelées ni la grêle: avantage que n’ont pas sans exception les autres racines culti- vées en plain champ; car les turneps, par exemple, craignent l'un et l’autre. Cette racine donne abondamment; la récolte peut s’en faire peu-à-peu, et dès le mois de thermidor, chose précieuse pour le pauvre. Elle est saine et nourrissante: 3 elle convient au bétail comme à l’homme; elle est moins embarrassante à’ resserrer que la plupart des autres racines; et, dans les hivers ordinaires, elle n’exige pas de grandes précautions pour être préservée des gelées. On peut ajouter à ces divers avantages, D) ve fe D BES ÂASSOLEMENS. 12% que la fane des pommes de terre offre aux vaches une nourriture dont elles s'accommo- dent, quand elles n'en ont pas de meilleure; et c’est encore pour le pauvre une ressource d'autant plus réelle, que les racines ne pa- raissent pas souffrir, lors même que l'on eoupe l'herbe avant leur pleine maturité. Voilà bien des avantages réunis en faveur de cette production. Si elle avait encore celui d'être constamment une bonne préparation pour le blé, elle aurait de la. supériorité sur toutes les productions employées comme ré- coltes intercalaires.[Vlais on doit croire, d'après les faits que l'on a pu constater jus- qu'ici que la pomme de terre épuise au lieu d'améliorer. Ce n'est pas que l’on ne voie quelquefois de belles récoltes de blé après elle; mais c'est lorsque de profonds labours, une fumure abondante, des sarclages répétés, et la culture qui résulte encore de l'éradica- tion des racines, fait plus de bien à la récolte de froment aui succède, que l'influence épui- sante de la pomme de terre ne lui fait de mal: c’est, je crois, une exception, dont ha cause est dans les circonstances de la cul- 422 f AVI ot ture; mais a production elle. même parait plutôt nuisible au blé. J'ai longtemps remarqué, dans ma prati que, que les blés, soit en terres argileuses; soit en terres légères, étaient médiocres après les pommes de terre; Jai vü long-temps cet effet chez mes voisins, avant de croire à la cause; et malgré les observations analogues que nous offre la pratique du celèbre Arthur Young{(1}, je pense que pour bien établir Veffet de cette racine sur Les récoltes de fro- ment subséquentes, 1l faudrait multiplier beaucoup les expériences exactes, Ct dans uue grande variété de terrains. Je ferai ici une observation qui tend à ! montrer combien l'esprit de théorie, ou de système, est un mauvais guide en agricul- ture, comme en beaucoup d'autres choses. À raisonner à priori, etd'après la théorie de YAbbé Rozier, la pomme de terre devrait (x) Je dennerai ci-après le tablezu de ses EXPE siences sur les assolemens. RL D LS(SON LS DES ASSOLEMENS. 127 être une excellente préparation pour le blé, or, cela nest pas. Ceux qui soutiennent que Ja terre a différens sucs à donner aux diflé- rentes plantes, et que les céréales réussissent après les racines, parce que celles- ci ne demandent point à la terre une substance analogue à la farine des grains blancs, ceux-là dis-je, triomphent, en observant que la pomme de terre épuise: ils en assignent la cause à la parfaite analogie de Ja fécule de la patate avec la fécule du froment, et se récrient sur ce quil ne faut pas demander à la terre successivement des récoltes dont la substance soit; au fond, la même.[Mais quand on leur fait observer que la propriété améliorante de la gesse est probable, et que la faculté améliorante de la fève ou feverolle, est prouvée, sil y a quelque chose de prouvé en agriculture, quoique ces deux graines donnent de la farine encore plus semblable à celle du froment, que la pomme de terre; alors, dis-je, ils sont obligés de convenir que la règle n’est pas certaine. Rassemblons et comparons les faits; mais ne nous hätons point de faire des théories pour raisonner d’après celles. 124 TER AL TE Toutes les fois que l'exploitation des pom- mes de terre, en terrain argileux, n’est pas considérable, la meilleure préparation du terrain est la bèche, pendant l'hiver, et il ne faut pas hésiter à la préférer. Une seule culture à la bèche ameublit, et nettoye mieux une terre argileuse, que trois labours à. da charrue; par la raison que la bèche défonce plus bas presque au double; et que s1 les ouvriers sontattentifs, ils tuent les racines de lavoine à chapelets, et les oignons des aulx, en enterrant celles-là assez profond pour qu'elles ne puissent plus végéter, et en exposant ceux-ci à la surface du sol, où les gelées et dégels du printemps les font périr.(1) (x) Quand les racines de l’avoine à chapelets sont exposces à la gelée, elles n’en souffrent point: si elles sont enterrées à la profondeur de la béche, elles pourrissent. Il y a une manière d'employer Îa bèche, qui est la meilleure.de toutes pour tuer les racines bulbeuses de ce gramen, qui est un vrai poi- son pour les fromens dans les terres agileuses: cette méthode consiste à labourer tout le champ en deux levées de bèche successives. Pour cela, on fait d’abord une tranchée ou fossé d’une largeur de béche, et DES ÂAÂSSOLEMENS. 125 Soit qu'on prépare le terrain à la bèche ou à la charrue, il importe d'espacer et aligner correctement lés pommes de terre, afin de faciliter les cultures à la houe, des. quelles dépendent, en très-grande partie, le succés de la récolte et la bonne préparation pour le froment, En général il convient de fumer les pommes de terre. Cette racine qui ait quatre pouces de plus que la hauteur de l’ins- trument, en profondeur. On jette au fond de cette petite tranchée la levée de quatre pouces d’épais de la bande suivante, enterrant ainsi à un pied au moins tous les chapelets ou oignons qui végétent dans cette zone. Reprenant ensuite la même bande, à une pro- fondeur de bèche, on renverse une zone d’un pied d’épais sur la première, et ainsi de suite, Les mau- vaises racines sont couverte uniformément d'un pied de terre, au moins. Ces mêmes terres sont sujettes aux aulx, dont les oignons sont enterrés si profondément qu'il ny a que la bèche qui puisse les atteindre. La cul. ture à la bèche pendant l'automne et hiver, est donc le meilleur moyen de détruire ces deux faux des terres argileuses. Or, rien ne paye mieux les frais de la culture à la bèche que la pomme de terre: on voit combien elle est précieuse pour les assole- lemens des terrains argileux, 126| TRAITÉ estavide d'engrais; et à moins que Îa terre ne soit très- fertile, les défoncemens bien faits, et la culture à la houe très-soignée, sa récolte est chétive si elle n’est pas fumée. I y a des cas cependant où on peut se dispen- ser de fumer: ainsi dans une terre argileuse fertile ,en bon état, et qui n’a jamais porté de pommes de terre;on peut compter sur uné belle récolte; sans engrais, si l'on prépare et cultive bien le terrain. Le fumier profitera plus sur le blé après. Lorsquon rompt un ancien pré-gazon, pour y mettre des pommes de terre, celles-ci peuvent également se passer de fumier, mais la récolte n'est pas aussi considérable qu’en terre fumée. I y a une grande économre à employer la petite charrue, soit cultivateur ou houe à cheval, pour cultiver les pommes de terre pendant la végétation; mais cette opération, qui sert plutôt à les terrer ou butter, devrait toujours être précédée d'un sarclage, ou culture au hoyaw, pour arracher Fherbe, et suivie d'un second arrachement de lherbe dans les lignes mêmes des pommes de terre. J'employ etoujours la houe à cheval pour cul- (a a—— ES DES ASSOLEMENS. 129 nver mes pommes de terre, et j'y trouve une grande économie, quoique assurément mes récoltes ne soient pas aussi considérables que celles de quelques-uns de mes voisins, qui donnent des' cultures profondes et com. plettes au hoyau, et buttent les plantes une à une avec une grande abondance de terre, Ceci convient aux petites exploitations: la houe à cheval convient aux grandes. J'ai connaissance d’une manière d’ employer ja houe à cheval pour cultiver les pommes de terre, qui donne à cet instrument plus d'avantage encore. Cette méthode est imitée de ce qui se pratique dans les Etats- Unis pour le mais, c’est de donner d’abord une cul. ture en long des sillons, puis une autre en travers. Pour cela, il faut que les pommes de terre soient.alignées dans les deux sens» ce qu'on obtient facilement au moyen d’un cordeau placé en travers des traits de charrue, et qui dirige les planteurs.{ 1} J'ai vu une (1) Voyez le 6e. vol, d'agriculture de la Biblio. thêque Britannique, page 142. Si la petite charrue n'a qu'une oreille fixe à droite, il faut aller et venir pes Sn TT ge 2 EE— — 128 RATÉ exploitation de pommes de terres qui avaient été cultivées de cette manière dans un ter- rain argilleux. Elles étaient en fleurs: leur fane couvrait tout le champ; on ne distin- guait aucune mauvaise herbe, et les plantes avaient l'apparence de la plus grande vigueur. Dans les cantons où la mai- d'œuvre est chère, cette pratique offre une épargne très- importante, sur une grande exploitation. La culture des choux en plain champ, est * dans chaque intervalle de deux lignes. Si elle a un versoir double, on le fixe pour qu'il jette la terre également des deux côtés, et on passe au milieu des deux rangées, une fois seulement, à chaque culture. L'expérience m'a appris que la distance la plus con- venable entre les rangées est de deux pieds pour les terres légères, et de trente pouces pour les terres argileuses. On a peine à concevoir qu'un cheval puisse rs dans un si petit intervalle sans nuire aux plan- s qui ont déjà de 3 à 6 pouces de haut à la pre. mière culture; mais c’est un fait. Si l'animal écrase quelques tiges, il n'en résulte point un dommage sensible. Dans les terres sabloneuses, un àne ou un mulet de petite taille seraient préférables. une ne DES ÂASSOLEMENS. 129 une de celles qui ont provoqué le plus grand nombre d'expériences en Angleterre, et dont les avantages sont le mieux prouvés, pour les terres argileuses; mais elle suppose des bœufs ou des moutons à engraisser, ou des brebis nourrices à hiverner. Sans cela, elle perd beaucoup de son prix, car les grands choux dont il est question ici, et dont il y à deux ou trois variétés, ne sont pas une nourriture propre à l'homme, et donnent au lait des vaches qu’on en nourrit, une saveur désagréable. Lorsque tout est monté, dans une ferme; pour que.les choux soient employés le mieux possible, cette culture est très avantageuse. Elle est pratiquée avec succès dans le dépar- tement du Nord; mais elle n’est point sus. ceptible d’être adoptée aussi facilement et aussi généralement que celle des pommes de terre, parce que les choux ne sont pas d’un usage universel, sont embarrassans à recueillir l'hiver dans les terres argileuses et embarrassans à conserver, si l’on na pas les bestiaux nécessaires pour les faire consommer à mesure g% à 11 qu on les recueille. rien=_ Emerrae. r” 9 o MR ATTÉ Cette, plante demande beaucoup d'engrais et de main-d'œuvre. La transplantation est à-peu-près indispensable; c'est une opération longue et coûteuse, mais surtout son résultat est précaire, à moins qu'on ne puisse arroser au moins une fois la plantation pour assurer la reprise des plançons. Or, dans la pilu- part des exploitations en grand, cet arrose- ment serait impossibie. L'exemple de l'An- gleterre où ils réussissent sans arrosement ne prouve rien pour la France. On sait que Jatmosphère de cette île est sensiblement plus humide que la nôtre, et, en genéral, les transplantations y ont un succès beaucoup lus facile. P Je pense donc, quen France, il ne faui prétendre\ cultiver les choux en plain champ, que dans les terres fraîches où marécageuses, dans les lieux où l'on a des canaux d'arro- sement pour Îles champs, dans les cantons où le climat est humide, ou enfin dans les exploitations assez peu étendues pour que Varrosement à bras d'hommes, soit pratica- 2 ble, avec profit. DES ASSOLEMENS. 12€ Le colza serait susceptible d’une adoption plus générale; et cette culture amènerait l'augmentation des troupeaux sur des terres qui aujourdhui ne nourrissent que peu de bêtes à cornes, et point de bêtes à laine. La culture du colza a, comme on sait, deux objets très- différens, selon le système qu'on adopte: l'huile, et le fourrage vert. Pour cultiver cette plante en vue d’en obtenir la graine, il faut des terres de la première qualité, et très-profondes. Il faut, en outre, fumer tous les ans, comme on le fait dans les environs de Lille, où cette culture est commune, Le colza qu'on laisse grener, est peut-être de toutes les plantes la plus épui- sante: cette culture particulière ne saurait donc convenir qu'à certains terrains privilé giés. Mais la culture du colza pour fourrage, est susceptible d'être adoptée dans tous les cantons qui ont des terres fraiches, des glaises fécondes, et où les étés ne sont pas trop secs. On a deux manières de cultiver le colza pour fourrage: l’une qui est la plus simple, 1:23 132 TT RAIDTÉ consiste à semer en automne, pour faire pâturer les brebis et les agneaux au prin- temps, et pendant le courant de l’été, ou pour engraisser des moutons: l'autre mé- thode consiste à transplanter au printemps les semis d'automne ,. en espaçant les plantes, comme des choux, pour leur donner des cültures, et les faire consommer avant qu'elles montent en graines. Cette dernière méthode donne une énorme quantité de fourrage; mais la transplantation offre des difficulés du même genre que celle des choux, et réduit la possibilité de ce mode particulier de culture aux mêmes circonstances que Jai indiquées en parlant de cette plante, avec Jaquelle le colza a beaucoup d'analogie. Les vesces d'hiver, ou gesses, fournissent une ressource importante dans les assolèemens des terrains argileux, soit quon destine cette plante à porter sa graine, soit qu'on la place comme récolte fourrageuse, entre deux récoltes de grains blancs. Les vesces réussissent ordinairement bien après le blé, et sans famure, dans une terre argileuse, médiocre- éta+ e REG TE [Le COrTrE SOI mentenbon état, pourvu que ce (l fe DES ASSOULEMENS. 133 in parfaitement égoutée. Cette plante, d'ailleurs où très-robuste, craint l'humidité de l'automne de et de l'hiver, encore plus que le froment; ps et sil survient des pluies immédiatement : après la semaille, le grain pourrit au lieu de : germer. Lorsque cela arrive, ou que l'hiver ‘ est fatal à la plante, on a pour ressource è de semer, au printemps, des vesces de prin- # temps sur un seul labour. A 4,:, f Quand la gesse réussit, et quon Ja laisse : grener, elle donne ordinairement huit à dix a pour un: son mélange avec l'orge hivernée 15 ou le froment, donne souvent davantage, Fe parce que les tiges des grains blancs suppor- tent les plantes de la gesse, et font que sa foraison est plus complette et plus produc- : tive. Si on coupe la plante pour fourrage, ci c’est en pleine fleur qu'il faut la prendre, ou le quand les siliques commencent à se former. Dans cet état, elle est très-succulente, et d’un usage extrêmement profitable pour don- D ner en vert à l'écurie,[Mais elle a linconvé- ns nient d'être prête à couper toute à-la-fois. Si 016 on commence à la couper trop tôt, elle SO peut donner la diarrhée aux bestiaux, et 51 [3 > + no me dm Et Pr" 134 TRAITÉ D on la laisse trop tard, elle graine tout-à-fait. On na pas pour la gesse le moyen quoûre la culture de la vesce, c'est-à-dire, de 5e ménager une succession de divers espaces, dont la maturité se suit de mois en moi; on na pas, disje, cette facilité, parce que le temps de la semaille d'automne nest pas ] bi p re] 1 le] emaill Je prin si arbitraire que celui de la semalle&e prin- temps, et qued ailleurs un mois de différence dans la semaille d'automne, n'en ferait pas ;\ À ne ES Spyrs-Ti Se une à beaucoup près aussi consideranle sut la maturité en prairial suivant. \ E”-{=* Pour touper la gesse à Ja faux, et sans perte, il convient de rouler le terrain. Dans les sols légers, les mottes de terre ne se ion- dent point pendant l'hiver; et quoique ] les terrains argileux, elles se puiverisent d'ordinaire par Îles gelées et dégels, 1l reste souvent, au printemps, trop d'inégalités pour que la faux puisse glisser sans rien per lre. El convient done toujours de renvoyer cette ope- ration du roulage au printemps, en choisis- sant le premier moment où l'on peut entrer dans le champ, sans que les animaux y enr- oncent. Vote = 4% ST ES 7 ne LS ES =-:+ DES ASSOLEMENS. 135 Le fourrage de la gesseest excellent, soit qu'on le fasse consommer en vert, soit quon le fasse sécher. Il y a quelquefois un peu de de difficulté dans la fenaison de la gesse, parce que comme cette plante à beaucoup de suc, elle sèche lentement: je ne pense pas cependant que cette difliculté soit plus grande que pour letrèfle; et la gesse fournit au moins autant de fourrage que celui-ci donne de première coupe dans un terrain qui lui convient. Ainsi que sur le trèfle, Ia luzerne, le Sain- foin et les vesces de printemps, le gypse fait un excellent effet sur les gesses, et aug- mente beaucoup leur fourrage, dans de cer- taines terres; mais ce sont surtout les terres légères: Son effet est ordinairement faible, quelquefois douteux, dans les terres glaises © froides. D’après ma pratiqne et mes observa- tions, je donnerais pour règle générale, que soit qu'il s'agisse d&plantes fourrageuses vi- CE Le) æ) vaces ou de légumineuses annuelles, FPappli- cation du gypse est d'autant plus efficace: qua la terre est plus graveleuse, sablonneuse: » et sèche; et que son effet est d'antant plus: msn-=: a fi apr rom TS pm en TT EE SUR 156 T'R'AIITIÉ faible, que le sol sur lequel on l'emploie se rapproche plus de la glaise humide. La chicorée n’est point encore suffisamment connue sous Île rappott de son influence sur les récoltes céréales qui lui succèdent; mais les expériences qu'on en a faites en France sont assez favorables à cette plante; et le cultivateur qui l'a cultivée le plus en grand, Arthur Young, s’en est très- bien trouvé pour les terres argileuses, où elle subsiste au moins trois annces dans sa vigueur, et fournit un ample pâturage pour les moutons. Elle pivote fort bas; elle réussit tres-bien aussi dans les terres légères, mais c’est surtout pour les terrains froids et lourds qu’elle promet de de grands avantages, lorsqu'elle sera intro- duite avec pleine connaissance de ses effets dans les assolemens réglés. On lui a reproché de repousser çà et là, parmi le blé qui lui succède: ce n’est pas là un reproche grave: quelques plantes éparses®, qui s'étiolent à Fombre du froment, ne sauraient nuire essen- tiellement à la récolte de celui-ci; et si, sans luinuire, elles donnaient ensuite une ressource de pâturage sur le chaume, où elles repren- DES ÂASSOLEME x 3. L }à { & draient plus de développement après moisson, il n’y aurait que de l'avantage à cette faculté de revivre après le labour. Le trèfle n’est point ici d'une ressource aussi facile, et relativement aussi productive; que dans les terres légères. Pour qu'il puisse entrer avec avantage dans un assolement en terre argileuse, et y servir de préparation efficace au froment, il faut que la terre soit parfaitement nette, bien égoutée, bien fumée, et bien labourée. Lorsque ces conditions sont remplies, le trèfle devient très-bean, et le blé qui succède l’est aussi; mais un trèfle manqué, comme c’est souvent le cas dans les terres argileuses, souille le sol de mauvaises plantes, et prépare une chétive récolte de froment. Jai dit qu'il fallait qu'une terre argileuse où l’on met du trèfle fût bien égoutée; et il ne faut pas croire qu'il suffise pour cela des soins qu’on donne d'ordinaire aux champs argileux, où l’on sème du froment, c'est-à- dire, labourer en à-dos, ou sillons; il faut encore, pour bien faire, pratiquer des cou- lisses qui débarrassent complettement Île RS pe REnE RU TR PE a qe M Pomceee pete me Re pe TT 136 rar é champ des eaux qui séjourneraient au-dessous de la couche végétale, ce qui suppose, au réste ,.que la couche inférieure est de l'argile: c'est le plus souvent le cas; etil est rare que les champs de terre glaise reposent sur une couche calcaire, sablonneuse ou graveleuse. Quand cela arrive, c'est une eirconstance trèes-favorable. Dans un champ argileux où l’on a semé du trèfle, sans avoir, au préalable, égouté la terre par des coulisses, on est exposé, 1°. à ce que les racines pourrissent, si l'au- tomne et l'hiver sont très-humides; 2°. à ce que le trèfle se déracine complettement, par les gelées et dégels successifs, pendant l'hiver et le printemps. J'ai l'expérience de ces deux genres d'accidens. La luzerne peut réussir dans les terres ileuses, pourvu que ses racines ne-séjour- neñt jamais dans l'humidité. Il est encore plus important que pour le trèfle, de bien égoutter le champ par des coulisses, pour peu que l'humidité puisse s'arrêter au-dessous de la couche remuée, parce que la luzerag 5 DES ASSOLEMENS. 158 devant durer plusieurs années, 6t exigeant des travaux préparatoires plus coùteux que le trèfle, la perte serait plus grande, si les racines pouirissaient pe idant l'hiver. S En général, il ne peut pas convenir de CAES la luzerne dans les terres argileuses, h moins de faire cette culture à grands frais: C'est-à-dire, défoncer le terrain à une grande es ndeur, re par des coulisses, et le 1 fumer. Îl est convenable encore que ja# L soit à portée de la maison, afin de faire consommer la[uzerne en ver Ce n’est donc pas comme ressource d'une#4 cation générale dans les assolemens de terre, argileuse, quil faut cons idérer la_luzerne; mais dans certaines positions fav orales et dans des pièces d'une étendue bornée, la luzerne peut être cultivée avec avantage sur une terre argileuse, soit par les produits qu'elle donne, soit comme éloignant les années de jachères; et PIÉPATRES de beaux fromens. Il y a une observation à faire en faveur des terres argileuses, pour la luzerne et le trèfle, c'est que lorsque les années sont très-sèches Le et les étés brûlans, eest dans les sols argi- 140 FRA T É leux que ces deux plantes donnent le plus en fourrage et en grains. Je ne compte pas le sainfoin parmi les plantes fourrageuses qu’on peut employer dans les terres argileuses; non qu'il ne puisse y réussir avec les.mêmes précautions que je viens d'indiquer pour la luzerne, mais parce que la graine étant fort chère, la levée casuelle; et la mort des jeunes plantes pres- que certaine dans une glaise froide, si l'au- tomne qui suit la semaille est humide, je ne conseillerais jamais le choix de cette plante pour de tels terrains. Les prés gazons méritent Diop d'atten. \ À tion de la part des cultivateurs qui visent supprimer les jachères dans les terrains argi- leux. Il faut se souvenir que ces terres-1là coûtent beaucoup à labourer, et que, toutes choses d’ailleurs égales, on doit préférer dans leur exploitation, les productions viva. ces, pour navoir pas à y toucher souvent, Il faut se souvenir que toute terre samé. livre lorsquelle porte une plante de pré qui er prend possession, d’une manière com- | l | | | | | DES. IAE piette; que surtout une terre argileuse s'amé- lus: liore lorsqu'elle offre un pâturage qui permet de la charger de moutons, parce que l'engrais | de ces animaux est extrêmement favorable : aux terres froides. ER c Cela posé, il paraît bien important d'appli- : quer aux terrains argileux la culture des gra- à mens vivaces, en y associant le parcours <“ des moutons, dont l'effet est de faire taller : les plantes. Ce qui est surtout essentiel, c'est " que le terrain se gazonne bien, que la terre me soit complettement couverte de bonne herbe. te Cela est toujours difficile à obtenir dans les glaises stériles; mais dans de tels terrains, cela serait impossible sans le secours des mou- ; tons. Ces animaux, lorsqu'ils sont en nombre suffisant, gazonnent les terrains plus efficace- ment que tous les engrais qu'on peut y répan- dres parce qu'en même temps qu'ils fument, ? ils arrêtent sans cesse la disposition que Îes À: plantes auraient à s'élever, et les forcent par 1e conséquent à s'étendre. Je crois utile de répéter ts sur cela ce que jai dit en parlant du ray- £- grass. C’est un des préjugés les plus nuisible rt à l'agriculture, que celui qu'on a en Ds JS Ÿ 2 TRISTE En sur le tort que les moutons peuvent faire aüx prairies, en broutant l'herbe trop pres du collet, où en arrachant les plantes: s1 les moutons dégazonnaient les prés, pourquoi le meillenr moyen de former le gazon des esplauades destinées au mail ou au criquet, en Angletterre, serait-il de les charger de moutons? L'on sait que‘le gazon de ces esplauades est serré comme du velours. H y a plusieurs gramens vivaces qui réus- sissent dans les terres argileuses, pourvu qu’elles soient bien fumées. Les fromentals, les bromes, les festuques, préfèrent même les terres glaises et fraiches aux terres légères et sèches. Les vulpins, les paturins y réus- sissent aussi; le ray-grass de même; et enfin il y a deux trèfles vivaces que la nature semble avoir destinés plus particulièrement à ces terres, et qui sont très-utiles dans fleur mélange avec les graminées, c’est le trèfle à fleurs jaunes’, et le petit trèfle à fleurs blanches. Ce dernier surtout se plait dans les glaises humides, et ne suse point, parce qu'il se ressème de lui-même chaque année. I convient aux moutons, et n'ofre point mn tn D L:© A e Q US+ Le 5 DES ASSOLEMENS. I43 te danger de faire gonfler les animaux, comme le trèfle à fleurs rouges. g La méthode dont je me trouve le mieux, et celle que je recommande comme la moins coûteuse, et la plus convenable, c’est de semer jes graines des graminées vivaces en même temps qu'on sème le blé à moitié se- mences. Je suppose le champ fumé, et la terre 1 bien nette. Il faut avoir soin de semer de bonne| eure dans la saison: ce qui est très- convenable pour lesterres argileuses, parce que les pluies d'automne peuvent rendre les semailles impossibles.(1) Une autre attention nécessaire au succès des prés qu'on établit, c'est de semer fort épais. J'use d'une règle qui est sûre et com- mode, quant à la quantité de semence de fromental, ou d'autres graminées vivaces, à (1) On peut aussi semer les graines de prés, au printemps, sur le froment en végétation; mais en supposant la levée égale, dans cette méthode, on perd l'égrainement, qui, dans l’usage que je recom- mande, a lieu, au profit du pré, avant et pendant la moisson du blé, em RL F44. TER AR DE répandre sur un sol donné: c'est d'en semer trois fois autant, en volume etnon en poids, que l’on semerait de blé dans la même étendue de terrain: c’est la même règle que pour le sainfoin. La dépense de cette quantité consi- dérable de semence peut retenir ceux qui seraient tentés d'établir des prés en terres argi- leuses, pour quelques années; mais pour tous ceux qui sont en état de faire‘cette avance, elle est toujours extrêmement profitable." La terre rend autant, ou plus, en pré qu'elléne rendrait en champ; elle ne coûte rien à jabourer, elle ne coûte rien à récolter quand on use du pâturage; et d'année en année, sa faculté augmente de produire des grains, et de soutenir un assolement sans jachère et sans engrais, lorsqu'on voudra rentrer dans un cours qui admette les récoltes améliorantes intercalaires. Après ces notions générales sur les pro- ductions qui doivent entrer dans les assole- mens des terres argileuses, il convient d'indi- quer les applications. Je le ferai avec moins de confiance que pour les terrains d'une autre nature. Jci on ne peut pas dire: toute une DES ÂASSOLEMENS. 148 une province, tout un pays, suivent avec un avantage soutenu tel ou tel assolement depuis un siécle: on n’a à présenter que des exemples partiels, et des succès de quelques années. L'influence de l’agriculture des Ro- mains, qui s'était propagée dans toute l'Eu- rope, Se soutient encore pour les terrains argileux, sur la plus grande partie du conti- nent, L'Angleterre nous offre presque seule des exemples de tentatives heureuses pour s'affranchir de cette routine. Je dirai d’abord, d'après les principes raisonnés, d’après mes observations et mon expérience, quels sont les cours que Je conseille; et je rassemblerai ensuite ce que je connais de plus instructif en faits, dans la culture de l'Angleterre. Celui qui exploite un grand domaine de terres argileuses né doit pas viser à assoler tout à-la-fois ses terrains de manière qu'au- cune partie ne demeure en jachère. Il doit commeñcer par les champs qui sont dans le meilleur état, qui ont été le plus soignés sous le rapport des engrais| et où la terre est la plus nette: les succès qu'il obtiendra‘dans k mn nr oi Sn Ce— ne Het 0 TR ET EE— 146 EROAMETT É ces pièces privilégices lui faciliteront les asso- lemens pour tout le reste de sa ferme. Pour peu que la terre soit faible en four- rages, établir des prés doit être le premier objet d'un cultivateur de terres argileuses qui peut faire les avances nécessaires. Con- vertiren prés durables une terre dont le seul fabourage entraîne de grands frais, cest déjà faire une économie annuelle bien importante, Cette épargne sur les déboursés se trouve encore plus considérable lorsque les pièces que l’on met en prés sont éloignées des bâti- mens de ferme, puisque, non-seulement on évite sur les labours et les charriages d'engrais les non-valeurs que les distances multiplient, mais encore, si l’on sait joindre dans la même ferme la culture des bêtes à laine à celle des plantes céréales, on fait récolter sur place, et sans frais, les plantes fourrageuses, et l'on trouve la rente des pièces dans le revenu des troupeaux, tout en opérant une amélioration de plus en plus sensible sur les terrains. Dans les positions même où l'on a du four- rage en suffisance, l'augmentation des prés D« DES AÂASSOLEMENS. 147 ne peut Jamais être à charge à celui qui la =? A An rar c a 4 fat. I n'y a point de proverbe agricole d'un plus grand sens que celui qui dit: qui a du Join a du pain. À n’y a jamais trop de four- rage dans un domaine; et là consommation qu'on en fait sur le fonds, au profit des terres arables, paye toujours magnifiquement l'agris culteur de ses avances Je dis donc que la mesure préparatoire pour l'introduction des bons assolemens dansé un domaine argileux, devrait être de trans- former en prés-gazons les champs les plus éloignés des bâtimens de ferme, et de destiner tout ou partie de ces nouveaux prés à nourrir et engraisser des troupeaux; par le pâturage. C'est un grand point de tranquillité, poux le cultivateur d'un domaine de terres glaises, que d'avoir resserré son exploitation sur les piè- ces les plus voisines des bâtimens, d’avoir acquis l'avantage d'exploiter avec aisance, de faire les ouvrâges en temps convenable, de fumer abondamment ce qui doit l'être, d’être, en un mot, plus fort que sa ferme: sur Vingt fermiers de terres glaises, il y en a dix-neuf qui sont plus faibles que le domaine qu'ils exploitent, K 2 t48 BRAMT Le choix d’un assolement peut dépendre; jusqu'à un certain point, des localités, mais sur-tout il doit dépendre de la qualité pro- ductive des terres glaises dont il s'agit. Il y a des glaises stériles, des glaises fécondes, et d’autres qui tiennent le milieu entre ces deux extrêmes. La disposition plane ou in- clinée des champs, la nature de la couche inférieure, la présence des eaux souterraines, l'alliage plus ou moins grand de la terre cal- gaire, ou du sable, ou dela marne, Ja tena- cité plus ou moins forte de ces terrains, la promptitude plus ou moins grande avec la. quelle ils se durcissent au soleil apres les Jabours, le climat sous lequel 1ls sont situés, apportent des différences sensibles dans lesré- sultats des mêmes procédés, et doivent faire varier les méthodes d'assolement. Je dirai, en général, que le blé et lavoine sont les deux grains blancs qui conviennent \ ces terres. J'en exclus l'orge qui ny donne guères que des récoltes médiocres. Il y à, parmi les blés; des variétés qui réussissent habituellement mieux dans des terrains et donnés: c'est au cultivateur sous un climat 7 A DES ASSOLEMENS. 149 à choisir avéc jugement; mais il faut quil ait égard à la facilité soit de la vente, soit de l'emploi de sa graine, autant qu'à la quantité du produit: c'est par cette raison que les blés qu'on pent appeler de fantaisie, tels que les blés de Sicile, de Sibérie, et d'autres blés ou d'automne ou de printemps dont là vente n'est pas très- prompte et très- sûre; ne peuvent être que difficilement admis dans une culture en grand, lors même que leur succès est probable, Il faut se borner à les cultiver dans de certains champs pour lesquels ils paraissent plus particulièrement indiqués. Quand je parle du blé, je suppose donc celui quiest de l'usage le plus commun et de Féconlement le plus facile dans le canton dont il s'agit. Peut-être que, généralement parlant, le blé peut revenir plus souvent sans inconvé- nient dans les terres argileuses que dans Îes terres légères. Leur nature les rend plus pro- pres au blé, et la génération des gramens auisibles ny est pas aussi prompte que sur LA«.. les terres légères. Sur celles-er, 1l faut la ? variété des turneps et du trèfle, avec lens K 3 155 TR ASLTIÉ grais énorme qui résulte soit de la fumute des turneps, soit de la consommation sur place, il faut les soins les plus actifs dans la culture de cette plante et du trèfle, pour pouvoir espérer long-temps de belles récoltes de blé, de deux ans en deux ans. Il paraît au contraire, par la belle expé- rience du Duc de Grafton que je citerai ci- après, que l'alternance du blé et des féve- rolles sarclées, avec fumure légère de trois en trois ans, soutient sans diminution la faculté de produire, et la parfaite netteté d'une glaise froide. On peut dire aussi, en général, qua préparation également bonne, une terre argileuse produit plus de blé ct d'un blé plus lourd, qu'une terre légère; ce qui tend à rétablir l'équilibre des avantages comparatifs des deux genres de terrains. Après létablissement des prés- gazons dans les pièces écartées, Jinviterais le pro- priétare d’un domaine argileux|, à diri ger ses soins vers le desséchement parfait de ses champs. I ne doit point hésiter à euvrir des fossés larges et profonds, et à En DES ÂASSOLEMENS. 15E former des coulisses par-tout où ces opéras tions sont indispensables, ou seulement utiles, au complet desséchement. Il doit obte: nir de son laboureur des attentions raisonnées sur la meilleure direction à donner aux labours, sur la manière de former les billons ou à-dos, et sur tout ce qui tend à débarrasser promp- tement la terre des eaux pluviales. II faut se rappeller que dans les terres glaises, tous les frais de labourage, d'engrais et de culture sont perdus, si l'on ne desséche et n'égoutte pas complettement les champs. Il y a, dans l'assolement de Mr. Arbuthnot, dont Je rendra compte ci-après, une excellente leçon à prendre sous le rapport du desséchement, pour tous ceux qui peuvent faire les avances nécessaires. Dans la maniere d’assoler son domaine, le cultivateur aura égard aux facilités. de l'écoulement et de la consommation des denrées que son fonds doit produire. En res- pectant, et avant tout, les convenances du terrain, et les indications du climat, 1l réglera la proportion de ses soles sur ses besoms de consommation pour sa famille, ses gens,€t K 4 NET QE ee re ER et—— a 152 FRATITÉ ses bestiaux, sur la vente probable et lucra-} l tive de son excédent, de manière que dans F | Farrangement de ses cours de récoltes, il Là | ne se trouve Jamais surchargé une fois d’une FA À production dont:l manquerait Une autre Et | f année,: 2 | til | k Pour fixer les idées, je ferai des suppo- nn l pÿ sitions plus précises. J'admets qu’un quart du 1| + domaine soit en prés durables. À considérer 1b D| Ie reste comme un entier, je suppose que ù | dt le fermier en destine annuellement un tiers fl Ë au blé, et un sixième à lavoine: ce sera[ fl la moitié des terres arables occupée annuel- ÿ FE lement par des grains blancs. L'autre moitié ô | sera partagée entre les féverolles, les gesses, IR | les pommes de terre, les choux, le colza et| GR le trèfle: la distribution et ka proportion de gl 4 ces diverses récoltes seront réglées sur les à | principes que Jai indiqués. [ Le fermier aura soin, en général, que le| blé succède aux fèves fumées et sarclées, ou; au trefle; ou au colza pâturé sur place. Il 1 aura soin que le trèfle ne soit jamais semé que| \ dans une terre parfaitement nette, fumée pour \ 1| PES ÂASSOLEMENS. 153 Ta récolte précédente; et il semera ce même trèfle plutôt avec l'avoine que sur le blé; car si dans les terres légères c'est une meilleure agri- culture de semer le trefle avec l'orge, en terre fraîchement remuée que de le semersur le blé qui est depuis cinq mois en terre, on peutle dire à plus forte raison, des terres argilenses qui sont sujettes à se relier et à se durcir, si le printemps est sec, tellement que les racines du trèfle y pénètrent difficilement. Lorsque des convenances décisives engageront le fer- mier à semer son trefle sur le blé en végé- tation, il aura soin de herser avec une herse garnie d'épines immédiatement après; mais Jobserve, en passant, que cela ne pou- vant se'faire que tard dans le printemps, à cause de la difficulté d'entrer dans les terres glaises après l'hiver, il en résulte lincon- vénient de semer le tréfle tard, Les pommes de terre seront toujours fumées; elles seront plantées quand cela sera possible dans uneterre labourée à la bèche, houées et buttées avec soin, et l’agriculteur préférera de leur faire succéder l’avoine plutôt que Je bic. Fais, 154 FR AOÛT Les gesses succéderont au blé et seront consommées en vert, ou coupées pour four- rage avant la maturité, Si l'hiver les tue, on semera au printemps des vesces sur un seul labour, pour le même usage, Les choux et le colza seront toujours dans les terres les plus fraiches, et bien fumées. L’avoine suivra les choux, et le blé suivra le colza qui aura été pâturé pendant l'été.(x q P Cr) Lorsque l’on a la facilité de marner les terres argileuses en marne calcaire, on peut y recueillir de trés-beaux turneps; et les lecteurs qui ont connaissance de ce fait, pourraient croire que j'ai eu tort d’omettre la culture des turneps pour les terres glaises; mais la difficulté n’est pas de faire croître de beaux turneps dans les terres glaises, c’est de les y consommer. Les turneps charries n’améliorent pas la terre; ils sont embarrassans à Conserver en hiver; et les faire man. ger sur place dans de tels terrains, est impossible, Je crois donc plus sage de les exclure totalement des terres qui sont décidément argileuses: dans les nuances intermédiaires ils peuvent être admis avec plus ou moins d'avantage, selon qu’eiles se rappro- chent plus du caractère des terrains secs et légers. DES ASSOLEMENS. 155 Voici donc la variété des assolemens sur lesquels on peut choisir d'après les principes que je rappelle, et des indications que je donne. Le 3. ASSOLEMENS DE DEUX ANS, Fèves fumées et sarclées deux fois,{ selon que la terre sera en bon état, et selon les ressources de la ferme, on fumera tous les deux ans, ou de quatre en quatre ans, mais toujours les fèves.) Blé. Et ainsi alternativement, tant que les récol- tes se soutiendront également belles, et Ja terre nette. ASSOLEMENS DE TROIS ANS. Fèves, fumées. Blé. Trèfle. Fèves fumées. Blé. Gesses pour fourrages, ot À ÿ Lu | 1] E L 1 p 1£ \ RÉPRE A ? 1x [at; \ À f jé f D il | 1 } | # D | { \ LÉ 156 T HA LET Sd 1. Pommes de terre fumées. 2. Avoine. 3. Trèfle rompu à la bèche pendant l'hiver. r. Choux fumées. 2. Avoine. 2: Arèfe: 5. Colza fumé et pâture. j' H“ 2. ble. 8: Trefle. ASSOLEMENS DE QUATRE ANS. *, LA 1. Gesses fumées ct coupées en Vert. 2 ÂAvoine.| g Prede 4. Blé. 1. Fèves fumées et sarclées deux foi, b D A. 1. Pommes de terre fumées. 2, Avoine. re) ee] EE re R O9 8 DES. AÂASSOLEMENS Pommes de terre sur un labour à la bèch et famées Choux fumées. Avoine. Frele Colza fumé et pâturé, Blé. Fèves fumées. Blé. Fèves. Choux fumés. Fèves, Blé. ? L% 8 TRAITÉE ASSOLEMENS DE CINQ ANS, Gesses pour fourrage. Pommes de terre fumées. Avoine. Trèfle. Blé. Fèves fumées. FaBlé, Trefle. Blé. Gesses coupées en vert. . Pommes de terre fumées, Avoine. Trèfle. Blé. Gesses pour fourrage. Pommes de terre sux un labour à la bèche, et fumées, [us [a KP ses pour fourrage, DES ÂSSOLEMENS. Choux fumés. Avoine. Trèfle. Blé. Gesses pour fourrage. Colza fumé et pâturé. Blé. Trèfle. Blé. Gesses pour fourrage, Colza fumé et pâturé. Blé. Fèves fumées, . Blé. Gesses pour fourrage. . Fèves. Choux fumés. Fèves. Blé. Gesses pour fourrage. 159 1 Pommes de terre fumées. Avoine. Trèfle. Blé. Pommes de terre labourées à la bèche et fumées. Blé, Feves. Blé. 5. Fèves fumées. 6. y À Choux fumés. Avoine. "1refle. Blé. \ Féves fumées. Blé, 1. Colza | Dé r 1 Fe LE g, Po { drol Le! 10, les ct tatio prot de| 16 \ DES AssoLEmEtÿs. 164 t. Colza fumé et pâturé. à. Blé. 3-1Fèves. 4. Blé. 5: Pommes de terre fumées. 6. Avoine. Les pièces qui ont été mises en prés-gas 20ns, peuvent rester telles jusqu’à ce que les convenances du domaine, oti une alté- ration sensible dans la quantité d'herbe qu’elles produisent, avertissent que c’est le moment de les rompre. If importe alors d'adopter un assolement qui prolonge le plus long-temps qu'il est possible l'influence féconde du gazon décomposé. Les expériences d'Arthur Young sur les assolemens, que je citerai ci-après, donnent sur ce point des letons de Ja plus grande importance. Jilles nous apprennent que les fèves ont, à un degré éminent, Ï4 faculté de conserver et de renouveler l'in fluence fertilisante da gazon pourri; et ces expériences nous démontrent eri même temps que les pommes de terre ne conviennent pas dans un terrain froid qui était en pré aupas avant. Enfin, les faits qui résultent dé X 4 162 MATE travail d'Arthur Young, nous apprennent que dans les prés rompus, tant que le gazon n'est pas entièrement consume, l'avoine donne plus de profit que le blé. Voici donc le genre d’assolement que je conseillerais dans les pièces qui auraient été quelques années en prés-gazons, et pâturés: 1. Fèves. 2, Avoine. 3 Fèves. . Avoine. & Ut Feves. é Blé. Ds G Pour rentrer ensuite dans un des assole. mens indiqués ci-dessus, et introduire une récolte fumée de trois en trois ans, ou de quatre en quatre ans, afin de remplacer l'effet fertilisant du gazon, lequel effet, lorsque le pré n'a duré que cinq à six ans, ne peut pas demeurer sensible plus de six années, et a même besoin d’être renouvelé par, les feves. DES ASSOLEMENS. 16 Ly On observera que, dans la variété des asso lemens que je propose, je respecte rigoureu« sement les principes dont l'expérience z consacré l'utilité. Ainsi, pour assurer autant qu'il est possible la réussite du trèfle, je le sème toujours sur une terre quia été fumées et parfaitement nettoyée de mauvaises herbes l'année précédente, ou, pour dire comme les Anglais, après une récolte-jachère. Dans les cours qui rendent la chose possible, Je le sème de préférence avec lavoine. Toutes les fois que les fèves entrent dang l'assolement, je leur fait succéder le bK. I n'y a que deux exceptions, et je les ai prises dans les belles expériences d'Arthur Young, dont je rendrai compte ci-après: l’une est de mettre des choux fumés après des fèves, pour revenir aux fèves, puis au blé: l'autre, c'est de mettre lavoine après les fèves. Dans le premier cas, j'at supposé que la terre, malgré les fèves et leurs sarclages, se souillait d'herbe par l'effet d'une saison pluvieuse: dans ces cas-là, les choux, puis les fèves encore avant le blé, sont le- moyen le plus profitable de nettoyer le champ: cela vaut mieux qu’une jachère complette, à La 164 ER LITE d'ailleurs, on!'peut toujours venir. La seconde exception a pour but d'employer, le mieux possible, la force végétative que donne te gazon pourri dans un pré rompu: fJ'avoine profite mieux de cette force végétative que le blé: les expériences d'Arthur Young le prouvent encore. À ces deux exceptions près, qui naturel- lement doivent être rares sur le domaine, je suppose toujours que les féverolles seront suivies du blé, parce que, pour les terres glaises, elles sont la récolte amélierante par excellence. Je ne mets jamais le blé après les pommes de terre, que celles-ci n'aient été plantées sur un labour à la bèche, ce qui réduit l'ap- plication de cet assolement à des pièces peu considérables. Dans la culture en grand, je préfère de faire toujours succéder l'avoine aux pommes de terre. Toutes les fois que le trèfle revient, il est remplacé par le blé. En suivant les règles indiquées, on aura lieu d'espérer de beaux DES ÂASSOLEMENS. 165 trefles; et le blé réussira par conséquent. Cet ordre de succession à encore ceci de parti- culièrement avantageux, que sil survient des temps pluvieux, à l'approche des semail- les du blé, et que les charrues se trouvent arrêtées dans les terrains qui ont porté des fèves, elles peuvent travailler à rompre les trèfles. La consistance que le trefle donne à la surface du terrain, fait que les animaux de labour n'y enfoncent pas; et les trèfles ne se rompent Jamais mieux qu'après les pluies. Une fois qu'on s’est bien pénétré des prin- cipes sur lesquels les assolemens des terres argileuses doivent être fondée, on peut varier infiniment les applications, sans risquer de s’égarer. Mais le cultivateur habile doit ob- server avec soin les effets des assolemens adoptés, sur L£ fertilité et la propreté du terrain. Tous les champs d’une ferme, en les supposant da même genre de terres, ne se ressemblent pas. À soins égaux, l’un demeurera net et fécond: l'autre se souillera de mauvaises herbes, et paraîtra s’épuiser. IL ne faut qu'une année extrêmement plus L 3 à 66 TRAITÉ vieuse, où les sarclages auront été difficiles et peu efficaces, pour qu'un champ demeure empoisonné de mauvaises plantes. Dans ces cas-là, il ne faut pas hésiter à donner une jachère complette, pour rentrer ensuite dans l'un des assolemens prescrits. C’est ure bonne économie alors que de sacrifier les frais de labours, et une année de récolte, pour assurer la netteté et la fécondité de sa terre, pen- dant uné longue suite d'années. 11 y a quelques productions qui sont d'une convenance locale au d'une consommation facile et commode pour le fermier, et dont je n'ai point parlé, quoique je ne les exclue pas de ce genre de terrain: tels sont le chanvre et le lin, les carottes, les raves, la racine de disette, etc. Le chanvre et le lin peuvent entrer dans les assolemens des glaises fécon: des; mais dans les glaises médiècres ou stériles, je ne crois pas ces productions profitables. Les terrains qui leur conviennent par-dessus tout, ce sont les luts gras, les terreaux fer. tiles, les sols d’alluvions; et dans ces terrains- là, les raves peuvent succéder avec avantage, dans la même année, ce qui nest pas pos: DES ÂASSOLEMENS. 167 sible dans les glaises froides. Généralement parlant, je ne pense pas que, pour des asso- lemens en grand, sur les terres argileuses, le chanvre et le lin conviennent. Quant aux terres où ils rendent de grands produits, elles ne sont pas difficiles à assoler:.ce sont Jes plus fertiles de la France. FAITS RELATIFS AUX ASSOLEMENS DE TERRES ARGILEUSES; EN ANGLÉTERRE. On trouve dans les mémoires de Îa société de Bath, une lettre de Mr. John Middleton sur la culture des terrains argileux, laquelle lui à valu un prix de la part de cette so- cicté. F1 y rend compte d'un assolement qui lui a réussi, Savoir: 1. Gesses fumées pour fourrage. 2. Avoine. 3, Axefe Ale. & Dans aucun des ouvrages dont Jai Con- naissance, dit-il, on n'estime les vesces d'hiver ce qu’elles valent, Considérées comme. L 4 168 TSAITÉ fourrage à donner en vert, on les estimerait trop bas, en les comparant aux turneps, c'esta-dire, en les comptant à 30, 40 ou 5° shellings l'acre. On peut les convertir en fourrage séché, qui donnera autant que les meilleures prairies sur le même espace, et dont la qualité sera supérieure. ,, Il y a peu de cultivateurs qui sèment des gesses sur un grand espace de terrain cest ordinairement un acre ou deux pour faire manger en vert aux chevaux, et en Jaisser gréner une partie pour semer. Il est rare qu'on coupe la récolte pour la convertir en fourrage sec. recommande, c'est de semer des gesses sur le quart de toutes o Cd ®œ “La méthode qu: Jes terres argilèuses d'un damaine; de les donner en vert à l'étable et à l'écurie aussi Jong-temps que les animaux les consoment sins perte, cest-à-dire, jusqu'à ce que les feuilles jaunissent dans le bas des tiges, et que les gousses se forment. On coupe alors à la faux ce qui reste sur pied, et on le sèche en foin. Une récolte ordina're donne nc ce osnEs DES ÂSSOLEMENS. 163 six milliers pesant de fourrage sec, égal en qualité au sainfoin, supérieur à tout autre fourrage, et qui vaut une livre sterling par charretée de plus que le meilleur foin de pré» “L'été dernier, javais environ dix-huit acres de gesses. J'en fis manger six en vert. Les douze autres, recueillis en foin me donnèrent trente-six charretées que j'estime à cinq guinées, en comptant le foin et l'avoine que ce fourrage me remplaça. Cela fait quinze guinées: pat acre, et je crois que c'est la seule manière d'estimer ce fourrage tout ce qu'il vaut. Je pense qu'il faut estimer les récoltes de trèfle sur le même principe. # À mesure que le terrain est débarrassé, acre par acre, il faut le rompre. Après le premier labour, il faut herser, puis relabou. rer et herser encore, en ayant soin de recueil- lir les chiendents et autres plantes nuisibles, à chaque hersage, pour les brüler. Ces opé- rations rendront la terre aussi nette quelle peut l'être après une jachère complette.;, 170 RATÉ & Avant les pluies d'automne, on dispa- sera Îe terrain en billons. Ceux qui tiennent la terre le. mieux égoutée pendant l'hiver sont les billons de quatre raies de charrue. On ouvrira encuite les raies d'écoulement; et on sémera au printemps, Île plus tôt pos- sible, l’avoine avec la graine de trèfle,;, & T'année suivante, on coupera le trèfle 1” [Ve] une fois où deux, puis on semera du bi sous-raies, en le recouvrant dun coup de charrue peu profond. Je couscille encore 1c1 les billons de quatre«raies de charrue, soit trois pieds dé large ,; parce qu'ils maintien- dront le terrain très-sec: Avec les raies d'écou- lement nécessaires, on aura une belle récolte de ble., “ Après la récolte, fumez sur je chaume. Semez les gesses sur Île fumier en septembre, et enterrez-les à la charrue et à raies SeTTrées.» & De cette manière, tous les labours se don- nent dans la belle saison, et pendant que la terre est séche: cest un grand avantage, ear les labours d'hiver pétrissent le terrain, DES ÂSSOLEMENS. 173 et font souvent plus de mal que de bien dans les terres glaises. On voit combien ce systême est calculé pour tenir les terrains nets et assurer de belles récoltes. & Jai l'état des dépenses, du produit et des profits probables, mais ces détails ne-peuvent guères être généralement utiles, parce que les localités y influent beaucoup. En deux mots, Je dirai que mes dépenses sont de six guinées par acre et mes produits de douze. J'ai six guinées pour la rente, les impôts, les risques, l'intérêt et le profit.(1) (1) Les lecteurs observeront de quelle importance majeure est le parfait desséchement de la terre pen- dant l’hiver, non-seulement lorsque le blé occupe la terre, mais encore lorsque la jachère d'hiver prépare la semaiile de l’avoine. Sans les précautions sagement indiquées par l’auteur, il serait impossible d’entrer dans des champs de terre glaise des le mois de ven- tôse, ou même de germinal pour v semer l’avoine et le trèfle. Les gesses périraient presque sûrement pen- dant l’automne et l'hiver, si la terre n’était pas par- faitement égouttée: j'ai déjà remarque qu’elles crai- gnaient la stagnation des eaux plus encore, s’il est possible, que le froment, 1-9 NY ka band 1 x F2 re4 PS # EXEMPLE D'UN ASSOLEMENT DE TROIS ANS, EN TERRES GLAISES, PRATIQUÉ AVEC BEAU- COUP DB SUCCÈS( tiré des annales d'Arthur b 4 Pounp.,)| ce 1;? La plupart des champs, dit l’auteur, qi dans lesquels on a pratiqué l'assolement que ÿ Je vais décrire sont d’une terre argileuse repo- sant sur l'argile pure: quelques- uns sont même de l'argile jusqu'à la surface.‘Tous sont extrémement humides. ,, Il est difficile de bien faire connaître un terrain par une description verbale; mais cependant, lorsqu'on rassemble les circons- tances essentielles, on donne d'une terre quelconque une idée assez exacte à un cul. tivateur pratique. Les champs argileux dont il s'agit sont roides, tenaces, se durcissent et se cuisent en quelque sorte, au soleil, sil survient après la pluie; et leurs mottes de. viennent dures comme de la pierre. La sur- face est dun brun noirâtre, et la couche inférieure d'un jaune rougeâtre. On peut faire des briques avec cette terre, et elle*conserve ET DES ÂSSOLEMENS. 13 routes les formes qu'on lui donne à la main. Le blé et les fèves y viennent très-bien; lavoine médiocrement, l'orse mal; et les prés qu'on essaye d'y établir ne durent que deux ou trois ans. ,, “H y a d'autres champs d'une terre glaise moins argileuse que celle dont je viens de parler. La Différence qu'il y à, pour le sol inférieur, c’est qu’il contient un peu de sable. Avant fes desséchemens dont je vais rendre compte, la surface de ces champs avait également Papparence de l'argile pure. Elle se durcissait et se pétrissait de même; et forsquon cultivait ces terres de la même même manière que les champs argileux que j'ai décrits d'abord, ils étaient encore plus stériles. Depuis que ces terres sont bien des. séchécs, la surface est devenue friable, et cette friabilité varie un peu d’un champ à l'autre, ce qui rend la culture de quelques uns plus facile., “Malgré tous les soins pris pour dessécher ces terrains, 1ls sont quelquefois embarrassans à labourer dans les chaleurs; car pour peut Same 174 FRAMTE 2 que Ia charrue y entre trop tôt après Îa pluie, la bande du sillon se lève toute entière d’un bout à l'autre, et le soleil le durcit comme une pierre. Si l'on ne met pas du fumier dans ces terrains-là, comme qu'on sy prenne, ils payent à peine les frais de culture. Avec du fumier, on peut y cultiver tout ce qu'on veut; mais il n'est jamais possible de labourer ces terres à plat. Lorsqu'on les laboure en billons, l'on peut y avoir des turneps, mais non pas les faire consommer sur place par les moutons. Ces terrains sont presque entièrement dépourvus de pierres, mais ily a des veines de sable, par lesquelles les eaux font leur chemin, et elles gâtent souvent les récoltes. ,, “Nr, Arbuthnot a essayé de cultiver ces terrains de diverses manières. Il les a fait Jabourer en sillons de quatre, huit, seize, et vingt raies, sans être jamais content du résultat. Enfin il s'est avisé d’une méthode suivie en Flandres sur des terres semblables; ct peu-à-peu, il a donné à tous ses champs les mêmes courbures. Les grands sillons ou segmens ont deux perches de lurse"et ñ DES"ASSOLEMENS. 175 courbure est telle, que le milieu est environ deux pieds et demi plus haut que les raies résente un segment d'un très-grand cercle, Dans quelques-uns de ses champs, il a fallu, pour donner cette courbure, les trois labours de jachère: Dans d’autres, les Jabours de semailles lui ont suffi pour cela Dans chaque raie qui sépare deux segmens, il a pratiqué une coulisse qui se dégorge aux extrémités du çhamp: ces coulisses sont en fascines, et ont deux pieds à deux pieds et demi de profond. ,, Chaque grand sillon ou sægment, de trente- deux pieds de large, porte deux, trois, ou quatre billons dont la figure ci. après représente la coupe: , Il paraît nécessaire que les eaux aient un écoulement facile sur la couche inférieure qui est argile pure, et depuis le sommet 156 LRALTÉ de l'arc jusqu'aux raies latérales ou coulisses qui les reçoivent.,,(1} » L'assolement de Mr. Arbuthnot est remar- quable, et mérite beaucoup d'attention; parce qu'il est admirablement adapté à son terrain et à sa situation. Cet assolement est de trois ans ,; savoir: x Fèves. 2 Blé. 3‘Fréfle, II faut que les feves se trouvent tot jours après le trèfle; et voici pourquoi.;, € Dans l'usage ordinaire, il y a un incon- vénient grave à la récolte des fèves, c'est qu’elle est trop tardive, et quon manque de temps pour préparet convenablement le {sr} Les trois raies ou les quatte raies qui se trou. vent sur le segment n’arrêtent point cette transsuda- tion des eaux pluviales qui se fait entre la couche remuée et l'argile solide, jusques dans les coulisses permanentes, terrain + re 4 PRE en emmener mr a ee: er:._ DENT DES ÂASSOLEMENS. 197 terfain a recevoir le BIE/( 1) Én les éemanta la fin de décémbre, elles se trouvent prètes à sarcler, pendant la quinzaine sèche que nous ne manquons guères d'avoir en février où mars; Ct on peut alors färe la récolte en juillet où en août. “ En général, on attend trop long- temps pour couper les fèves: il faudrait toujours que cette récolte se fit pendant que la plus grande partie des siliques sont encote vertes. Les fèves én sont meilleures, etles tiges plus ütiles. Mais dans les terrains argileux, 1 ny a pas une annce sur cinq, où l'on puisse semer à la fin de décembre. Il faut souvent attendre jusqu'en mars|, et il en résulte une récolte tardive, et un blé mal semé. Toût est lié dans le systêèmé de Mr. Ar: buthnot: il faut bien en saisir l'ensemble j avant d'en critiquer les détails. 1 Cr) Cet inconvénient n'existe pas pour la plupart elaF es départemens d rance, où la récolte est d’un d OÏS A Î! lus hâtiv?|-e MOIS AU moins plus hätive qu’en Angleterre. M Rd— ee ue-«- sc did 178 TRAITÉE Mr. Arbuthnot fume toujours les fèves. Ii les plante à la main, à seize pouces en tout sens. Îl les tient sarclées avec le plus grand soin, tant que les ouvriers peuvent y entrer. Dès qu'elles sont coupées, on les lie en petites javelles, eton les aligne, pour pouvoir tra- vailler la terre, tandisque les fèves sèchent; car il leur faut une quinzaine de jours pour sécher: cela retarderait trop la semaille du » Pour bien sentir l'importance de ce point 1h, il faut réfléchir que la force et la réussite du systême entier portent sur le succès du trèfle(1); et comme le trèfle revient tous les trois ans{ ce qui est bien fréquent), comme on le sème sur le blé en végétation, ce qui ne vaut, pas de le semer avec une graine de printemps, il convient de soignet le blé infiniment davantage qu'on ne le ferait dans une autre supposition. Voici les opéra- tions que la terre subit: ,, (1) Voilà le principe sur lequel j'ai appuyé&i souvent dans le cours de ce mémoire. | | | [5 DES ÂASSOLEMENS. 179 3 1°. On fait passer sur la surface du champ l'espèce de houe à cheval qu'on appelle lé shim de lile de Thanet, et qui coupe les racines des mauvaises herbes, en même temps qu'il débarrasse le chaume, en remuant la terre à une profondeur de deux À trois pouces. On herse ensuite, pour enlever toutes les mauvaises herbes. On chartie les fèves. On fait sur le terrain qu’occupaient les javelles, la même opération qu'on a fait dans les inter- valles. Le champ est ensuite prêt à recevoir la charrue. On donne trois labours succes sifs; ensorte que la terre est au moins aussi bien ameublie que dans les jachères com: plettes, telles qu'on les donne ordinairement., » L'importance de semer de bonne heure pour recueillir de même, sera mieux sentie quand je dirai que les tiges valent entre deux et trois livres sterling par acre. Tant que ce fourrage dure, les chevaux de Mr. Arbuthnot ne mangent pas une poignée de foin, c’est-à-dire, jusqu'en avril où mai. Or ses chevaux travaillent beaucoup, et sonten très-bon état LE or NT DT SET=: à es £80 PE Rx A A2 RÉ Après les fèves, on sème le blé, soit à li volée«:soit,au, semoir de: Ducket. En märs-ou avril, on sème quinze a vinot livres de graine de trèfle par acre,,, sur, le blé. Ce trèfle se coupe deux fois l'année suivante. 5 Mr: Arbuthnot se borne. au bIié et aux PA =} CE RER à fèves, parce que ces deux grains TÉUSSISSENE 14_=+ ce à. 37= 1= extrémement-bién sur-son terrain; lavoine, qu'il a essayéé, y manque quélquelois. L'orge Li J/ 1 D n'y réussit point. Mais lors même, qu'il pour- ait avoir des récoltes de quarante bushels M E+) a’ J\ orge ou d'avoine par acre, le blé et les fèves lui donnent des récoltes si supérieures, qu 1l n'y a pas à hésiter. Les fèves. donnent de cing à huit quar- ters( de 40, 64 bushels} la moyenne, à raison de:30 sh. le quarter serait,9. lv. st. et li. stle fourrage,, cest Ex, liv..st., par acre. Le blé donne l’un, portant l'autre, 36 bushels( 1}paracre. À 40 shellings le quartet cest gliv.,st.; la paille& lv. st, c'est 11 L {x} C’est au moins douze pour un, E S ÊrS SALENMÉENS HA ii as 1N De D» st. l'acre. La première coupe du trèfle deux charretées par acre, là seconde une charretée \ Ë à gs 1 et demie, à. nn AO) A) [ex 5 e pâturage qui suc- cd icllines seb tout:-0 lite cotb a C+, 10 SA€ IDgS VENDLTOUT» G MIVASLe OS NS C’est donc: A æ À Pour les féves HPSSe er Pour le blé 1I Pour le trèfle do: SEE ST RS Moyenne Si”, 10: LOS: » Mr. Arbuthnot a eu de beaucoup plus fortes récoltes, mais je donne la moyenne, Il faut pourtant odrerverque est lA4Dog- dance des fumiers et la fréquence de la fumure, qui font produire de si énormes récoltes dans un tel terrain. » Comme cet excellent cultivateur n’oc- cupe plus la ferme où il à suivi cet assole- ment, 1l est intéressant de savoir que Mr. Chambers, dont les possessions touchaïent à celles de Mr. Arbuthnot, suit le même asso- fement depuis plusieurs années, avec un succès NT 2 ; En« rm DES ar RM ee ns= NS 2 A! RS à Li 182 TR HONTE soutenu. Cet habile disciple de mon ami, suit cette méthode 4vec une persévérance, et des soins qui lui font beaucoup d'honneur. Il répand les engrais avec plus d'abondance qu'aucun cultivateur que je connaisse,€t il n'épargne point les frais pour tenir sès récoltes nettes.. Observations d'ARTHUR Y'OUNG. Lorsque Mr. Arbuthnot entreprit ce sys: tême, je fus d'avis qu'il ne réussirait pas; et voici quelles étaient mes raisons. , 1% Dans la formation des grands sillons de trente-deux pieds, 1l fallait accumuler, dans le centre, une trop grande quantité de terre végétale, et entamer, dans les côtés, Vargile pure du sol 1gférieur.;, , 2°. Le trèfle revenant tous les trois ans, dans une terre où l’on sème déja du trefle depuis un siècle peut-être, le terrain devait s’en lasser, ainsi que cela a été observé dans diverses parties du Royaume, par les bons cultivateurs. Cela devait surtout arriver, parce a DES ÂASSOLEMENS. 183 que le trèfle se semait sur le blé: ce qui est une méthode bien moins bonne, pour en assurer la réussite, que de semer avec l'orge ou l'avoine.;, » Après avoir fait mes objections à Mr. Arbuthnot lorsqu'il projettait cet assolement, Jen ai suivi le progrès avec beaucoup de curiosité et d'intérêt, et je suis revenu de mon opinion. L'inconvénient d'accumuler la bonne terre au milieu du segment, et d’en- tamer l'argile, est bien réel; mais il nest pas aussi grand qu'on pourrait le croire. À- peu-près dans la moitié de ce segment de 32 pieds, la terre est accumulée, mais pas en telle quantité que les racines des plantes ne puissent profiter des couches inférieures; et comme cette terre végétale est bien dessé- chée, son produit est probablement aussi fort que si elle était répandue également sur la surface du champ. ,, , À trois ou quatre pieds des deux côtés des coulisses, il n’y aurait peut-être point de récolte, si lon ne fümait pas. L'œil le moins exercé peut s’appercevoir que dans Îles M 4 :84 ris Aïe TAË grands sillons, la partie centrale, qui est bien égouttée, et profonde en bonne terre, donne des récoltes beaucoup plus fortes que la moyenne des terrains. À force de fumier, on réchauffe, et fait produire les bandes qui bordent les coulisses; mais neuf années, dont ES jai vu l'effet, n'ont pas sufi pour les amener au point des parties centrales des segmens.{1} /» Dans la méthode qu’on considère comme| la plus parfaite{ les billons de trois pieds à la manière d'Essex) il y a dans l'intervalle d'un billon à l’autre, un espace de six pouces, qui ne produit pas.une plante: cest donc la sixième partie de la surface du champ qui est perdue. À suivre la même proportion, il pourrait y avoir environ cinq pieds et (z:})]Il y a une bonne raison pour qu'elles n’y arri. vent jamais, quand bien même l’argile murie par le‘ soleil, les labours et l’engrais, serait convertie en terreau: C’est que les eaux pluviales qui ont percé la couche rémuée, et qui transsudent depuis le haut du segment, refroidissent sans cesseles racines des plantes dans le voisinage des coulisses, pendant la saison où cette circonstance est la plus fatale aux bles. DES ÂSSOLEMENS. 185 demi de perdus à l'endroit des coulisses: or Ja partie absolument perdue a tout au p'us quatre pieds de large, si lon peut appeler perdu, l'espace consacré à assurer le succès du reste du champ ,; par le desséchement parfait du terrain... » En Essex, où les terres sont très argi. leuses et humides, le desséchement n’es t point complet toutes les fois que les coulisses sont à plus de seize pieds de distance les unes des autres. Îci, au moyen de la courbure des grands sillons, il ya 32 picds d'intervalle entre une coulisse et l'autre, ensorte qu'on gagne la moitié des frais des coulisses, Au reste, ce qu'on gagne, soit en dépense de desséche. ment, soit en surface de terrain, n’est point comparable à l'avantage de dessécher plus complettement. Les champs de Mr. Arbuthnot sont tous, sans exception, plus parfaitement égouttés qu'aucun, same de terre‘égale. ment argileuse, que jai eu occasion 4 ob- server dans aucun endroit où lon laboure à plat.., » On fait encore une objection contre les 186 TRAITÉ sillons relevés, c’est qu'ils empêchent de croiser les labours. Je pensais autrefois que les labours croisés étaient nécessaires; je suis revenu de cette opinion: le croisement n’a d'autre avantage que de remédier à l’imper- fection des labours précédens. Lorsqu'un mauvais laboureur a fait un labour inépal, quant à la profondeur, il faut croiser pour rendre une profondeur uniforme à la couche remuée; mais si la charrue à fait ce qu’elle doittoujours faire, c'est-à-dire, renverser laterre en piquant à une profondeur uniforme dans tout le champ, le labour croisé est inutile. ,, » Ty: a quelques auteurs, tels que Mr. Kent, Anderson et Wight, qui ont blimé les hauts sillons; cependant en Flandres tous les champs humides sont disposés de cette manière. Dans les comtés de Cambridge, de Huntingdon, et ailleurs, on les employe de même; mais on n'a guères le soin de les faire droits; et d’ailleurs on ny met point de coulisses, ce qui fait une différence totale... » Ma seconde objection; qui concernait ait DES ÂASSOLEMENS. 187 la durée du trèfle, n'a point paru fondée dans le cours des neuf ans. Les trèfles de Mr. Chambers, qui continue l'assolement, sont aussi beaux que la première année. Cela sem- blerait prouver que l'effet observé ailleurs sur l'affaiblissement du trèfle, par la répétition des récoltes, tient à quelque vice de culture; car 1l paraît qu'une culture parfaite prévient cet inconvénient. à(1) » Quant à la convenance de l'application de cette culture, elle doit dépendre de la facilité des débouchés. Le trèfle se vend si (x) Il n’est pas douteux qu’on ne puisse combattre, à force d’art, les dispositions naturelles de la terre. et l'emporter sur ses répugnances les plus évidentes: c’est ainsi que l’on voit réussir d’année en année, dans un jardin, la même plante annuelle, sur le même sol, à force de fumier, de labours et de sarclages, quoique la terre aimât mieux changer de production: c’est ainsi encore qu’on voit dans la vallée de Glo- cester( Voy. Rural æconomy of Glocestershire par Marshall) des blés semés dans une terre qui en porte tous les ans, et qui viennent assez beaux, parce qu’on leur donne deux sarclages à la main. Cela ne changè fien au principe. 183 TTR ICT cher dans les environs de Londres, que cet assolement: est plus profitable Fo Dans quelqu s parties du Rovaume, le prix du trefle est si és; Que cet assolement pour- rait n'être pas avantageux(1). Dans ces par- tes, 1l pourrait convenir d’alterner blé et féves, mais en suivant exactement les Opéra- tions telles qu’elles ont été indiquées. T1 y à des situations où la paille des grains de prin- temps aurait un grand prix, sans qu'on puisse s'en procurer: dans ces eudroits-là, C1) I est singulier qu’un cultivateur aussi habile qu'Atthur Young fasse ce raisonnement. Quand le trèfle ne se vend pas à un haut prix, on le trouve ce haut prix en faisant consommer le fourrage sur la ferme, ainsi au’Arthur Young le conseille lui-même dans tous ses ouvrages, et avec tant de raison, D’ail. leurs, quand au lieu de o L. 19 shellings sterlings, année du trèfle n’en rendrait que cing, ce serait toujours 27 L. stë. sur les trois ans, c’est-à-dire, la rente énorme de 9 L. st&. par acre de produit brut Quel est le pays de l’Europe ou la rente des champs est telle? et comment peut-on dire que cet assole- ment ne serait pas avantageux là ou le trèfle ne se vendrait pas bien? te= 4 et S _—=. nn——— RE—© t u) A 1 4 (7, © + ta lol Lens À 4 a 75) bol D 2 i pourrait joindre l’avoine À cet assolement t le terres areilet; et la rotation serait LL 2 : fl Fc VES. 2 Avoine ÆXEMPLE DE L'ASSOLEMENT DE DEUX ANS: FÈVES ET BLÉ, PAR 1E DUC DE GRAFTON ( siré des annales d'Arthur Young.) » Je suis parvenu{dit fauteur de l'expé- rience écrivant à Arthur Youne, en date du 20 août 1709,) à la huitième année d’un asso- jement entrepris à votre recommandation. C'est le moment, je pense, de veus en rendre expérience était de savoir si nos terres froides des champs ouverts du Northampton- Shire pourraient porter tous les ans, alternativemement des fèves et du blé, en-leur donnant, comme c'est l'usage " cés terrains, une lécère fumure de 1z LL 190 TRAIT É à quinze charretées de fumier par acre, de trois en trois ans., » Pour que l'expérience fût plus probante, je choisis une terre médiocre, un peu argi- leuse, et fort inférieure aux meilleurs champs communs que nous ayons. Je partageai la pièce en deux parties égales; et après avoir fumé comme je viens de le dire, je semai une moitié du champ en blé, et l’autre en fèves. Depuis la première année, j'ai continué à semer toujours en alternant, c’est-à-dire, en mettant successivement le blé où étaient les feves, et les fèves où étaient le blé, sans interruption. » Je suis fâché de ne pouvoir mettre sous vos yeux le calcul exact des produits pour chaque année: malheureusement j'ai égaré cette note. Ce que je sais très-bien, c'est que Ja différence des récoltes de ce champ, pendant les huit années, avec les récoltes de blé et de fèves des autres champs de la ferme, est: peine sensible. La troisième année et la sixième se trouvant les plus éloignées de Ja fumure ont été les moins bonnes, mais là DES ÂSSOLEMENS. 191 différence n’a pas été considérable. Les récoltes ont été en proportion de l'abondance de chaque année, pour les autres champs. Mon fermier dit que la partie du champ qui est la plus fertile a donné 32 bushels de blé et l'autre partie 28 bushels de blé par acre. Il croit le terrain en aussi bon état, à présent, que lorsque j'ai commencé l'expérience. Je pense que la terre a plutôt gagné quelque chose; car le sarclage des fèves, qui a eu leu tous les printemps, a si bien nettoyé le champ, que, cette année, malgré l’humi- dité de la saison, le blé est très-net., » Cette expérience ne prouve pas qu'il ny ait aucun cas où une jachère complette ne soit pas convenable; mais j'affirme que dans des terrains semblables à celui de l'expérience, cette Jjachère n’est pas nécessaire.., » Pour établir cet assolement de deux ans dans tous les champs ouverts, il faudrait, je le sens, examiner d’abord sil résterait assez de parcours pour les moutons: dans les fermes des terrains froids du Northampton, y a peu de pâturage pour les troupeaux, ép p F'RIADACÉ et cependant on ne peut pas se passer dé la ressource du parc, pour. fumer les terres. Il y a beaucoup à dire l-dessus, mais je crois qu'on peut affaiblir l'objection, ou fa détruire tout-à-fait. ,, Je dois faire remarquer une circonstance de mon assolement qui mérite attention, c'est les récoltes de blé qui succédaient aux fèves famées ont été plus belles que les récoltes de blé fumées. Je pense que la terre, se trou- vant purgée des mauvaises plantes dont les graines avaient été apportées avec le fumier, et ayant néanmoins encore la force de pro- duire, donnait, par cette raison, des récoltes plus abondantes. . Un de mes voisins, en voyant chez moi des résultats satisfaisans, a suivi mon exemple; avec une légère variante. Il fume tous les deux ans, en hiver après le blé. et sème ses fèves au printemps, sur sa terre fumée. Il na point éprouvé, non plus que moi, que les fèves fumées donnassent beau: coup en tiges et peu en grain. Nos fermiers le disent, mais cela me paraît un préjugé. Observations DES ÂASSOLEMENS. 193 Observations d'Arraur Yo UNG. “C'est une des expériences les plus impor: tantes qu'il fut possible de faire sur la culturé de nos provinces du centre. Les résultats en sont applicables à toutes les terres argileuses, Les avantages de cet assolement de deux ans sont de toute évidence. Le public a une grande obligation à l’auteur de cette eXpé- rience; Cest un objet dont j'ai souvent occupé mes lecteurs. Voilà un résulat dé. montré: nécoutons plus là-déssus les gens à théories. ,, Je vais présenter un recueil de faits sur la cul: ture d'un fermier de Jent{ province de terres argileuses}, lequel, pendant neuf années, et sur un espace de 3ÿ1 acres de terres labou tables, ne s’est pas permis une seule jachère, et n'a jamais fait revenir deux ans de suite des grains blancs. Au reste; il paraît qu'il a été plutôt conduit par le desir de varier les expériences; que; par celui de tirer un grand parti de ses terres. Il appelle gain tout N M: ous 104 ARE 4 CET ce dont la. recette dépasse les frais de culture y compris l'engrais et perte, tout ce dont Îc: frais..excèdent les rentrées. Les expériences commencent en 1791 et finissent en 1799. Je tire ce détail des annales d'Arthur Young. N°. 1. Champ de 22 acres. Assolernent. Gaia. Ster!. Sh. D. Die sn i. M Ne > A! refle e e e e e° e e e 23 2 ro 2 Blé. sie. SRE 5 16. 0 Æ Pommes de terne 2 100 18.9 Bb AWVOINE Re ns:/0+ T° 06 6 Pois efièves.:..... x L 13— PRE Re. 8.9 D Ce= sis ste 1 S. D—. DRE ee à à se à es» IU4 11) CG N°. 2. Champ de 18 À acres. D OÉEVIS EL UIPe| TN 4 012" 80 Nr Où D'ÉENESIEL D ee es 9 6 (1) Quand il y a deux productions dans le même numéro, cela signifie que l’on a semé deux différe ne 445 grains dans deux parties du même champ. Assolement. Gain. Q9 \S un+ 2 Dit DES ÂASSOLEMENS: 193 Sterl. Sh. “hreñe et Dies: cr ue Oh,— S Drmemes:. ll 86 12 D: 6 G Hèves et blé: 1.2 sens omis: de terres 7 TR 7200 diner. nt …: sut Sd Sn PEER. LE de HDeitE. à 8 132 6 EE SR T N°. 3. Champ de 4% acres. FÉVR Re. 4 BE 8 9 ER R DIE. ARS EN RS> ON Q te pm Pommes dé terne:.. 105 19 N°. 6, Champ de 11 dcres Houblon, trèfle et luzerne, 2 10— blé NERF ea Carottes‘et choux.. perte 21 12 4 Ofée Mie se ES Spa FEES AT ie ee AG BIEN, ce PR MAT 9e voa Frèle. KE ECS RER N 2 BETETE COS Er LS Eee AN | im‘LR KAïES à | N°. 7. Champ de 11 Zacres. ÆAssolement, Gain. | Sterl. SH. D. ë | Hi Pommes de«terres 2..-{lbo 1082 | RE T … dratuie TO<18;| J f DURE Un de à T0: do| 2 | MORE PE dus 20 dore| 1 Pommes de terre …+."57 M9 Tr| à L| G AVOIR S Lies sd.. op=| | 7- Lite à 0.+ ee De Er— SOBIÉ su MS. 2 53 4619 | D POR CCE ER... 0: 4e. iiG b| b| N°. 8. Champ de 4 X acres. | MT Zeine, 1). oo 4-4 9 De meme 5. St 4:E8‘9 h He méme de 4x 18. 2411.:-0 2 " A PuzerneEL'OSeuE. 2. S A TR ue 2 ! D IUZENNE eRIEVES. 142, 26 1076 | É) Purerne ébblé. eh se S A5 || 7 Éueerne et Hiéfle 2.1, 29 6 | 8 Pommes deterreet blé. Perte 4 12 3 Hi FOVESeLMINeDS+ AS dé La DES ÂSSOLEMENS. N°. 9. Champ de 19 X acres. * Asselement. Gain. Sterl. 1 Turnep$ et blé... perte 40 2 néeret trefle: die Su de 2 Hess et-blé” LU re, 9 4 BIÈS.+.. perte“16 5 OrSe ebchÜorte£ 2 FU 4e 6" Pois cbbIé 2." 2.".",€ 67 7 Blé et pommes deterre.. 89 $8 Sainfoin et avoine:.:°.:.° 239 gSabiont Lee er N°. 10. Champ de 13 acres. x: Turnepset p'%..de ter. perteifr 2 ÉAveimentl si sise... 4 DUO RE 5 deu ext ARE DE Lt 2 des ce 20 RAGHICORÉCS ce de de en 12. de 6-De mème etiblé........"68 7 Pommes de terre 5..,.| 7 SAveines n'es Li 2 AI DÉPONES a à D emo à oe LE Z 0) 18 197 LE SAYS nu mx N& io A w be. Vs, L ne mes NT RE a al nee©" éépiseo w TFTaré Te s08 T'R A Te€ N°. sr. Champ de 6% acress La Assolement. Gain. Sterl. : MAIVAINO raies 6. à 41 D I Bamioines..++ pertes Lo DURE ie.r.- 4 perté::.12 4 Gesces D pere, 2 S:Pommes de terre.. perte: 1.4 GAS es 87:. Re 07 SARÉOIN 4: à Male ose La 8 SDestmelr 7 18 9eDe:mÉMEr 7..+.++ 29 N°. 12 Champ de 8 2: acref. s Pimprenellet:s:. 19) 2.7 8 DE MMS à. 2 sue 03+ 920 3 De MÉME Sas ae en en ste 40 4 De même+. 560. 3. 1 30 Hetnens 2. 2) 4 a. n° à 6 De-même:3.4.10.1:0 te 4 Pois,#2... perte 213 Gees h 2... porte 17 UE Min es en s 39 À D a but U1 Fe© À À$\o nl oo\© 6 eo»! NN LOVE MON CES LOMMON TENCIN I DES AÂASSIOLEMENS. 199 N° ENT, Æssolement,(rain. Sterl Sci. D. Sinon. 2 DÉC: V3, 10.6 >, Déimême 3. D te Gb 16> > Héimen.s.:: Re 4 Avoine et pois . perte 5 Purneps es: perte 44 1220 6: Avon tie. 1. 92 Qi 7 POvVES Lie. dre He, 43106 8 Blé e e e e e o e e© 48 18 pence 9 Trèfle e e e e o e e s 12 3 pers) N°. 14. Champ de 12+ acres. Fr onde.+ 2. He 5 3 18.— 2. Pois et gesses A a“se 1374 54 3. Gesses et pois Ji 1. FOURS 2. perté 53> LOSC RL 4 2e Des ed 6 Fèves e®° e° L e e 5 7 6 7 BRIE+ LR à ai On 4 D Re san su 4e. 220, D DÉS eu RU ss 109 et RE En TO ER me Re. PR REP EE d à 200 TRAITÉ | L N°. 15. Champ de 11 à acrer. | Assolement, Gain. !; Sterl]. Sh. B:/ | LPPOIS.Et tukNeps à+ ss DRE——| | DR US re++.» Meta 10 Ê 4 AH FÉVES..«+#. 2 Peité"14 6 à 4 Turneps parmi l'orge et les HEVCS ones ee+ UON 0 3| | BHeves à«ne à RM DE© 6 L GB 5... M. 0 19 6 | DATES Me...: A0. 2(9 | SD Re 2e b| 9 Pommes de terre.... 290 10 10 N°. 16. Champ de 7 acres. 1 Pommes de terre:.:.:‘20] Ë Ï AU US. ds à 48: Dr 6 1 À D Ie ee 15 S 0 R à LS AUS Ne Et LEE \: D SAASIN Se sde. Dee LT YT 3| 4 6 Trefle et plantain,. perte 3 3—| , babe même. 4:.+ pere.®«-— | À Robe même! 42.7, à: ET A— |{ DE memes 4 ne«+5 4 7 6 DES ASSOLEMENS. 201 N°. 17. Champ de 7 acres. Assolemen£. Gain. sterl. Sh. BE. I Blé e e e L] 2 L1 e e e e 8 2 6 2 BHO et... POrte Jr— Corée: 4 à 28: 1 60 4 3 ha 47 Be ème.... uv. 56‘10.,6 5 De rene...".: 6... sie 6 Chicorée ef Mzerne,. …..: 5 10: 6 7 De même ti. em. Lait,%9<6 S Dememen sr. 2 D durs 9 De même pâturée=... 15::6 N°. 18. Champ de 4 Z acres. Bi nie ur rers ÿ 18= I Helena a ares Rene 2 DIE tard die es se de CS, ie 4 Pommes. de terne. 4... 43 12 5 G'MNOINE 2 aus e de Ve le ES(OA 2 D DAITASNÉ ie me ce CR CCS Ti VG less dede vale ns 5 12:50 D PIC SPA diet er ben à 00e 00 PS 0e RP UN C0 CN f Ë ES ee CE 7 Te 4e (#] Li Assolement. FPE S. Trefle. 2 ADIE. à A Sarrasin à) Pommes RE SERA AS CES FT J1OUDiI01!1 2 De même De même De même 3 4 x Feves. 0 be: 7 Pommes 8 Avoine o Fèves:- e e è ° 0 o e° e e e e e e e e ® e e ° e e ° e ere{ <“ s e e e e e“ o e e e 0 e e ° e e » e e o e 2© LA L ʰ° e 2 L2 e° e e eo La© LA € er e» è e eo e e© e° C] e e e e e C3 (> D) 6 3) D+ Q Ô= 1+ ES —— re) Oo= L Le: D t> ps CT DES ÂSSOLEME NS. 263 N Fa 248{ Champ ce o À CT À Assolement. Ca Sierl Sh 1 / Y Blé e n e e e e e e° e 20 3{) 2 Pebhpes dhierre+... 270.,.17,22 SNS. sie le«un HO: se RC. 2.. is 19 2.0 BE ANORSRS::.. Jo 1e CRETE RE 5... cé p.66 vi Blé e°°« 0°. e Ê e 46 2 Tee) un CN S Fonimes tetes:+ 2 M AMOR 2.+: Os 6 N°. 2 Champ de:22= acres. OUR Pois ctavoime à; 41°". | 2 Pois*° e e e e e perte 47 LERRTRE G 2. Pünnens.et Ome.-.."."930... # Pois et fèves s L2 e e eo® 9 6 TER Re ei à TOR D Pé L2 3 SERRE RE EN EE bot D‘ON MON 5 Fois”et.turnepss perte«00 1449 9 Orge s e=+ o e e a° 226 4._ 4 Î | | Se UNE A de 2 D ZO04 N°. Assolement, rie 2 2 Choux s Oive 4 Fèves.. D'RIE;.+ 6 Trèfle. 7 bé: 8 Fois: 9 Avoine. N°. m'Orve. 2 2 Fèves. Blé 3 4 Trèfle: m Ple:;+ 6 or Ar T É 26. Champ de 4 5 acres. Gain. Sterl, Rate toile de 17 se 1" 7 PÈE 16 e e e 23 ° 2 e e e[2 e 22 27. Champ de 7 acres. e Es 5 e e e° 20 Pommes de’ terre. 45 5 193 7 Orge*. s Pois. ni CHE CE CNOUX Ve, 7+‘13 NAN di etes TD sais» DE 0 13 15 13 12 10 14 15 + DES ÂASSOLEMENS. 203 N°. 28. Champ de 91 ares. Assolement.(ain. Sterl. Sh D. 1 Sainfoin..#.... perte=“ 13 9 22 même 2%. 1.(or 4— 3 BE iême 3:.,.:20:2096 Aime... 4,;.1.16: 196 Se Détaene usé TL d'r17-20 G De pen....| 20 21416 Pos.| 4 x 18-16 8 Turneps et choux.. perte 55 13 6 D AVOINE Le 4<< D TD 13-60 N°. 29. Champ de 39 X acres. NE A Ce D D ee DE memes+ 4) de 016 ue mOermeémen...t..., 2e mes 4 DE memes 5."4" à 9 EE RP ee 6.Fèves et turneps.. perte.:7 18 9 MORE SL spa nr ion SPaues Ent te perte 58 14 6 DR MI D MR oO Ce ES D. D er EP de De PTT gore re dés 206 TidairÆt É N°, 30. Champ de 8% Assolement. 1H Pottans te ŒIL x pere sPlé;, 1% Se+ à perte MES ST. 5 Qu Ji6) 4 AGBIER: AE. 5 à 5 s 218« UF: 5 de. sDERE GROS Lu, ess ns se AIFONES%._» Mae a 0 10e SABIÉ+. 22, EE à PA JSahfoiE et+ à à à à à. N°. 31. Champ de 2 à TAvOinme. ÿ à 2 2% 2 3 PMRGNES CARS en Mer st JORRE SO este AMSAMIONRS dia 8 F- De mène.>? 253 4%: RDéimeme+, SE De MÉME 5.313 3 1: SDéimenme'4i.",°.9. D Déimene 4: 7“ie, acres. Gain Sterl, IT qRE 6 36 acrcs. 12 12 13 L ,h.n%"HNe L, k:© px 9 D, me Ce. E pi N°. Assolement. ka O2 " FS] D14 DE e o e Sainfoin. même même même même même Avoine. Pose Blé e e e. Sainfoin De même même même même même: S ASSOLEMENS. 2e Champ-de QU) ° e e 0 e° °°° o e e e° e e° e e e° e e 0 e e a e e CT 0] e 0® e e° e e e > e°° e e & e e e« perte >) C2 PRE 4« perte o LL eo° e perte °°> e° e ®© s® e( o eo e e 0 e 2®°° e D ® e e œ® e 9 acres. fr.: Gain, Sterl. 3. Champ de 6 acres. 5 a N Q x a re 208 L'RIAËTÉ N°. 34. Champ de 3 acres. Assolement. x Avoine [a] e e U Fèves et blé 3 4 Sanfoin. ‘De 6 De 7 De 8 De 9 De 1 Fèves. 2 Blé a Lrètle: 4 BI même même même même même N-- 5 Fèves & Blé e e 7 Turneps 8 Orge. 9 Fèves. = ? 35. Champ de 7 à acres. . perte Gain. Sterl. 6 17 3 6 8 6 8 6 5 18 D: Où re tt Q | PM (9 D; 99 st\ 2e ne. DES /AÂSSOLEMENKS. N°36, Champ de 287 acres. Assolement:: Gain, Ster! LÉTRICN mm«, 3 BI se. 0 $ Pommes‘de terre+..,: 162 HAAMOIE TN de ends++ à 119 DR E. Dérte 6 Blé, orge et pommes de terre 161 7-ANoine.ct Feves.,:: 14 8 Turneps et fèves.. perte 16 DDR ee. ie 2 N° 37. Champ de 6 acres, L, léheseluzerte 2%... 6 2 Blé et luzerne. a 17 4 Sarrasiñn et luzernes 4+“1 36 4 ED eb luzeme L) GPO CUT à NT 17 6 Pois ePpimprenellé;"12 7 Pimprenelle eLpe, deterre 23 CR ie he ne D'SS R R Due O 299 men] 2 LIT Se er eine DIQ OR ALT N°. 38. Champ de 16 acres. Assolement. Gain. Sterl. { Blé+. e.. e e e e e° d 15 1 OI| our AR 200 Pommes de terre...+ 113 VOIRE dette Me D Hretle Ne ra trs Max Te" 10 12 ROME 2 me ET EP TL: SAIDIT ee. ee es OS IR mete.‘doi. à es DÉ‘méte nf ar nn ÉD à bre te TN AS N°. 39. Champ de 3 7 acrts. PRÉ td de 1 at c Poiset- biéé 2= perte. x EH sue, à 8 DIS NS neue Ms AS ÉBICOLCE Zn ecran ne 4 PRÉ A RE. Amel, oo 6 Pommes de terreet chicorée. 15 AVOIR rte Re M 12 NN Le 2 PE ue D- TD Se où DES ÂSSOLEMENS. aTi An Cest grand dommage que l'auteur de ces expériences, qui s'est montré capable de beau. coup, d'exactitude et de persévérance, Nait pas fait connaître, avec quelque détail, les circonstances de chaque pièce de champs soumise à ces divers assolemens. Il faudrait savoir, 1°. quelle est précisément Ja nature de la terre, dans sa vraie nuance; car ce nest point assez de savoir que les terres de cette ferme sont argileuses, il serait à desire qu'on sût jusqu’à quel point elles retiennent les eaux, et sur tout quelle est la nature du sol inférieur. 2°. Il serait utile de SaVOir; pour chaque champ, ce qu’on à fait pour le le dessécher, de quelle manière on le laboure, Ja fréquence des labours, l'abondance et:le genre des engrais, et la fréquence des fomures: 3.I1 faudrait savoir en quel état, quant à a force productive, était chaque champ en com- mençant le cours des récoltes; quelle culture avait précédé; dans quel état; quant à la net- teté de la terre, chaque champ se trouvait après une récolte améliorante ou épuisante; etenfin dans quel état les champs étaient en 1800, à la fin de ces neuf ans sans aucun repos. 4”. Ii serait utile de savoir sur: quel plan l'auteur à O 2 rar a12 MIA LIT T établi ses assolemens, Il semble quil ait plu- tot visé à varier ses expériences de ditfe rentes manières, qu'à obtenir un profit cou- sidérable. 5°. I faudrait savoir comment il Éta- blit ses comptes de dépenses et de recettes, comment il estime ses labours et ses cultures, ce que coûtent lés grains et Îles fourrages, comment il estime ce qu'il consomme dans sa ferme, ce que les pommes de terre se ven- dent dans l'endroit où il exploite; enfin il faudrait savoir si les engrais sont toujours comptés à la charge de lannce seulement, ou bien si une partieest imputée à la récolte suivante. 6°. Il faudrait savoir si l'année à été sèche où humide, si les labours et les sarclages ont pu se faire convenablement, et en quel nombre ils ont eu lieu. Tout cela aiderait à faire comprendre pourquoi telle ou telle année, telle ou telle production, donne du profit ou de la perte, quand l'analosie indiquerait le contraire. Malgré ces omissions essentielles; ces expériences présentent une masse de faits importans: essayons de les faire ressortir. o 1°. Les.«pommes de terre donnent un plu DES ASSOLEMENS. 233 dite ARE grand bénéfice dans cette erme, apparem- Con. Le ser ment parce quelle est située de manière à ce in) Î CAE 1" tu ec: L que l'écoulement en soit facile et avantageux. LES res. k: 2". Les pois donnent presque toujours de Sr; ; la perte; et le cultivateur semble OCCUPÉ ans; de bien constater que c'est uue récolte rui- en hi ni ncuse, Car on Île voit rompre des sainfoins in 1 st de|: impor lle e lei À- à |€ a pimprenelle en plein rapport, pour Out L-/» fi is J,’, JA semer des pois, malgré l'expérience répétée LS de leur non réussite. colte 16e à S Re l 3°.[l paraît beaucoup plus avantageux de t les 7,; faire succéder aux pommes de terre l’avoine et à : ou l'orge({ quoique le genre de terrain ne celz.\. 17 convienne pas à celle-ci) que le blé. où ane=: Re| es 4. Les assolemens qui réussissent le mieux $ sont les suivans: trèfle, blé, pommes de terre, avoine.— jèves, blé, trèfle, blé.— ces ait» À V» 2 ù|«\ futs En général, le blé est beau après les fèves, “ et on voit que la chicorée, la pimprenelle ri À et le sainfoin font fort bien dans ces assole- mens, ce qui doit faire conjecturer que le ] © 3 genre an CR 2 CPE a Ë 214 MR NT T É sol inférieur est crayeux ou léger, ou du moins perméable aux eaux et aux racines pivotantes. Quoique ces rotations semblent, ainsi que je l'ai dit, avoir été combinées pour mul- tiplier les essais, ct non pour obtenir un profit considérable, cependant le résultat moyen de cette agriculture; où l’on ne laisse rien en jachère, est extrêmement satisfaisant. Si l'on déduit de la somme totale de l'excé- dent des rentrées sur les déboursés, la somme totale du déficit pris sur les 351 acres, et les neuf années, on trouve la somme de Sori 1. st.3s. 1 d., qui divisée par 9, donné pour le produit moyen annuel de 351 acres 890 I. st. 25.9 d., c'est-à-dire, 2|. st. 115. par acre de champs labourables. En consultant le Sir months tour d'Arthur Young, pour se faire une idée de la rente moyenne des fermes en 1770, sur un espace de soirante- dix mille acres, pris principale- ment dans les provinces de terres argileuses, nous trouvons, 1°. que l'étendue des prés dans la moyenne des fermes observées, est égale à du Ines taf 1sse ant. xCe mme ,€E de fé res CE DES ASSOLEME NS. 215 celle des champs, et que par conséquent pour la ferme dont il s'agit, nous pouvons supposer à-peu-près 350 acres de prés on pâturages, soit 7co acres d’étendue totale; 2°. nous voyons que là moyenne du prix de ferme sur les 70,000 acres observés, est de 9 shel. 3 d. par acre; 3°. que si nous prenons la moyenne du prix de ferme sur les domaines d'environ 7o0 acres, il est à-peu-près de 10 shel. l’acre. En supposant que le fermier tire cCommuné- ment de la terre, en produit brut, trois fois la rente qu'il donne au propriétaire(et cette sup- position ne s'éloigne pas du vrai, en thèse gé- nérale) ce serait de 28 à 30 shel. Pacre que les fermes rendraient communément, en produit brut. Mais si lon compte séparément ce que, dans l'agriculture des jachères, les champs de terre argileuse rendent, par comparaison aux prés ou pâturages, On Verrà qu'a égal nombre d’acres dans chaque ferme, les prés rendent beaucoup plus que lés Champs. Cependant ici il n'est question que de champs, et au leu de 29 sh. de produit brüt par acre, nous en avons 81 de produit net;{ 1) ce qui revient à environ (x) Il faut observer que, dans le calcul du fermier de Kent, les frais de culture sont prélevés. En suppo- sant ces frais de culture à la moitie du produit brut, 2074 216 TE REANE TÉÉ 41 francs de France de produit net annuel pour chaque espace de terrain où l’on sème$ myria- grammes de froment{un quintal). Que l’on compare ce résultat avec celui du calcul que jai fait en traitant de la jachère-morte à six la- bours; qu’on n'oublie pas que J'ai fait ce calcul des frais: sur Ja moyenne des terrains de la France, c’est-à-dire, légers comme argileux, au lieu qu'ici il s’agit de terres argileuses; et qu’enfin lon veuille bien observer que. les assolemens de l'expérience de Kent sont évidemment sus. ceptibles d'être mieux réglés, quant au profit. Expériences d' ARTHUR Youxnc. Je vais tirer des numéros 132. et. 133 des Annales d'Arthur Young, l'extrait d’une belle expérience de six années sur 36 assolemens différens dans un mauvais prés rompu qui 2 était affermé 15 shel. j'a cre, quand les asso. lemens furent entrepris. Le terrain est une terre végétale un peu sablonneuse, mais froide. Elle était naturellement humide, et avait été desséchée par des coulisses. Le sol inférieur est une glaise marneuse, et le prix de ferme à un tiers de ce même produit, il en résulterait que ce fermier peut donner au pro- priétaire le prix énorme de 34 shellings l’acre, moyen- nant l'exclusion des jachères. ri— L| À! e re > pre jour TIA- lon DES“ASSOLEMENS. 217 Les récoltes ont toujours été recueillies et battues séparément, pour éviter toute con- fusion. Voici les prix auxquels les productions sont estimées: Les turneps, tout charriés, 4 shel. la tonne{ à-peu-près 20 quintaux;} les choux 8 shel.; le blé 5 shel. le bushel; Foie 2 shel. 6 de les fèves 3 shel.; les pommes de terre 6 pencé te‘bushel; et Javoine 2 shel. 3 p. out est rapporté au produit brut de lacre, et sans déduction des frais. NEPSE Stert Sh D.4 2. POV. 25 DUSIEIS A 5—— 2. Jurneps?,+ 8 tonnes 64%, Cas 2 PBles2r buse sr 4 Pom.de terre fumées., 134 bushels,, 5 17— R cÉeves 14:55:24 bush ss"a, HSBIE 5. din:27 bushels:2 27554 L.-S6.4-28eime— Soit 4 L. stf. 16 sh. par acre annuellement. L'auteur observe que les produits de cet assolement ne sont pas considérables pour une terre neuve; que les turneps ne paÿye- jui ss Des "LE me nr ie me p 418 TRIAET: raient pas leurs frais de culture, à ce taux, et quen imputant aux pommes de terres le fumier qu'il y a mis, leur année donnerait 5 1. st. de perte(1) par acre. DE Sterl. SH. D; sHÊVeS+ 2. 24 pushels::, 480 2'Chous"++ O'tonnes.#1 12. Ô 2 PIC Ne ot Dushels à Sets 4 Chou 7 tonnes. e et a) Ut | 6 eyes." 292hbushel. si— 6 Blé 0. 27" Dusbelss | PSE Se PhPabura"2 SOIE 4 L St. 5 sh. 6 d. par’acre. Cet assolement donne plus de profit, parce quil ny a point de frais de fumure. La terre sest améliorée pendant les six ans, à en juger par la dernière récolte de blé. C1) Il faut dire, en général, sur les récoltes de pommes de terre dont il est question dans ces expé. riences, que le prix de 6 pences le bushel(à-peu-près un franc les cinq myriagrammes( le quintal) est exces. sivement bas. DES ASSOLEMENS. 210 Ne Hier Sterl. Sh. D. r'Hèves du+0 26 bushels 4. 4716.39 2. Pom. de terre, 150 bushels... 3 15— SD Ps 2 re-ouehels,. 57 6 4 Choux. RE tonnes.,: 1 7 6 5. Fèves … 29 bushels., 4 17— 6: Blé. à 28 bushels:... 615— ? » EPA ENG" Soit 4 L st, 7 sh. 1 d. par acre. Les pommes de terre n'étant point fumées, ent peu rendu, et le blé qui les suit est misé- sable. En terre froide les pommes de terre ne doivent pas être cultivées sans fumier: en terre séche, elles rendent bien sur un gazon rompu. La supériorité de la récolte de blé à la sixième année, sur celle de la troi- sième, est remarquable, et fait bien l'éloge des fèves, car il n’y a point de fumure dans tout l'assolement. Ne LV. 2. Pèves. i:218 10m hushels 3-54. 086 à 7 Hévese cp-nS 241 DUSBCIS+ 12— SUBI He 31 19 bush ee.:7,:0 née, 220 ER A-AETÉ SCers SH.; 4 Choux: 7°; 6: tonnes.. TT 006 BF EbVES re Se USE. DO GAP ER TE behels?2° 15— En. 28 140 Soit 4 L st8. 16 sh. par açré, On voit par les cinquième et sixième années, que Îles feves ont maintenu toute la fertilité du Sol, en qualité de vieux Déc. faut comparer ces deux dernières années à avec les deux dernières du N° Ier. qui sont aussi feves et blé. Ces deux années réunics: dans le N°. Ier., ne font que 51 bushels, et dans le N°. 4 elles font 57 bushcls: ceper- dant il y a une fumure dans l'assolement N°. Ier., et point dans le N° 4- Ne ne RÉVESERUE 1 26e 204 og D One SU SN, 26 bushélse:: Serdo 7 2 BIÉS 2. 16 bushelst G-—— 4 Oise.+ 2:10 bushelst.© 1x 5 D ÉRNeS ee O0 Duh ls. 2 1e p-Bié hs rater bis hole PS. ee 24 13— oit 4 IL, st8. 2 d, par acte, À DES ASSOELEMENS. Z2E : Vol un exemple de l'épuisement produit AS ar des grains blancs, lorsow’ils se: succèdent sans interruption. Les trois premières récoltes sont passables, à cause de l'influence du gazon; mais si on additionne les produits des trois dernières, leur somme est inférieure de 5 I. st. à la somme des trois premières. Or; avec un bon assolement, les produits augmentent au lieu de diminuer, donc la différence est énorme en définitif L’acre aurait été cher à 11 shel. de ferme à la septième année, tandis qu'il en valait quinze en com- mencçant l'assolement, N° [ce] + ei ex F2) (=) RÉEVCS di.- 7 2buvhels. ee om 2. Blé. 4-13 bachels. 16.2 D DE DE bush a AABIE 6. 22, TO DUsnels.s 6 2 bb D EN de D DU bel ne CDR 12 DONC. à 3 10— Fe, Sie 2 L7LTI Soit 4 L.st£. 6 sh. 3 d. par acre. Mêmes résultats des récoites répétées de erains blancs ESS Ge 1 eo à grains 9fancs. Les lèves de la cinquième année 222 T'RiAIT ne rendent pas de quoi couvrir les frais de sarclage; et le blé de la sixième année est détestable: la terre est trop épuisée et trop sale, après la quatrième récolte, pour qu'unt récolte de fève puisse la remettre. NétrVSLE Sterl. Sh. D: Tes.< p4cbushels.. 4 2 2-Hurneps ra. 4 tOnDES.., Li.161e 2. PÈvES. 5 4... 42-busbels.. 4 0.10 4 Porm..desterre fumées:"294 Dushels 1... 6417 BPÈVES NS-=t 2 6 Blé 2 2" 08-bashels.:t+ 7.10-—— SRE rate 29 3— Soit 41. stf"17 sh 2-d.‘par acre. e Il nya eu qu'une seule récolte de grains blancs, et cependant le résultat s'élève très- baut, en produit pécuniaire| et le terrain demeure parfaitement net, NEVER NN PÉVRS ESS in 126 JMSheIS: ir, 6 RUES ï 2, Chouxs nt 2. 6-tonhes+: ne cs ee <> DES ÂASSOLEMENS. 223 giPèves®.©#40 Dbushels 7.6 10 4 Ghoux.... GE"tonnes vert BRÈVES... 34 Dushels GRDIÉ SE 1e … so Pushels oo RTS 27570#6 Soit 4 1. st. 11 sh. 7 d. par acre. Quoiqu'il n’y ait encore ici qu'une récolte de grains blancs sur les six ans, l’assole- ment est profitable, et laisse le terrain net comme un jardin. N°: 126 HFéves#24 Dushels 2.#4 2— 2-Pom. de’terre, 147:bushels. 1, 2,43;— 3-Fèvessocucas.b 1r820büshels 45; gi Ge 4 Choux: 6-k tohnes. 1 12, 6 siFèvess®:silal 34 bushels.…. 5.12= Blé. 100 sad)bushels..:.:7 26. Fe ues H 28— 6 Soit 41. stf. 4 sh. 6 d. par acre. Même avantage que dans le précédent N°. quoiqu'il n'y ait également qu’une récolte de orains blancs. Les pommes de terre rendent Ë Ç Û | | Fo Do ee ut Ed or ar T DA 24 du le profit pécuniaire moindre, à cause du bas prix où elles sont estimées, et des frais de culture qucHes exigent, etes a te 24 bible. 4 22 32 bushéls.. 5 4o bushels.. 6 A— 2 Feves. e e L2 3 Féves..+ 4 Choux.»° sé lonnes F4 2 6 sFevese: x=:,83 bushels..« 5: 6— Bb BlEE.-50 33 bushels.. S$S 15— Los enr. 21-1518 Soit sl ste. 5 sh°11 d. par acre. . I} est bien remarquable, qu'en se SUICCÉ- dant, les fèves s’améliorent d'année en année. Les choux sont beaux. La quatrième récolte de fèves est encore très- belle;+ et le blé donne onze pour un. Quelle belle expérienee en faveur des fèves! quelle comparaison avec es assolemens où les grains blancs se répètent? LI serait difficile de mieux prouver par les faits que le cuitivateur doit, pour son propre profit, ménager beaucoup les terres nouvelles. N°. XL bas ÉDES ÂASSOLEMENS. 225 de N°. XL Stetl.:Sh... D: F eve. Li. ag busbelss:‘23 2 9 2 Oraete 2 à 30 bushels. Her. , gr HOVES een 50 32: bushels, 4 6. a# OBS en+ 44-bushels.& 7 Le) 5 5 Fèves.4..#23 bushels zut 5 9— é. GB 6.2. BE buchel. … 6 15 6 Érstrs° 34.—. 3 — Soit 5 1. st£. 13 sh. 4 d. paracre. no) TFrès-bon assolement, et qui donne un 6 grand profit: cependant par comparaison avec le précédent, il y à épuisement, car ici le blé de Ia sixième année ne rend pas 8 à CcÉ= pour un, au lieu de onze, £e, N°: X I E. te| L ÉEevEs à. lon buchels 4 2— le PES PR re 6 on= (da e, ÿ: FÉVESIAU Lt 202 SF 34 06 ec à: Lu Æ Blé e e e 4 27% a o 74$ 9 nt!: 5 Fêves. LU 24, dy 9 les;; € Blé e e o e 24. e 6 6 10 ee pie Se A\r5, HS 032.14 Soit 5 1. st5. 9 sh.£. d. par acre. XL 226(FRA x TÉ Excellent assolement. Sans addition d'aucu engrais, le gazon soutient son influence fé- conde, au moyen des fèves. La derniere , récolte de blé, quoique moins bonne que la seconde, est plus belle que la première, et donne encore huit pour un. NE EX T- tai liéneps sms. ECO ER de e r2—- " 24 UTNÉPS 4++ 5 tODRÉS, 1 2 2 AVoites+2 72Dushels,.- 802— 4 Pom. deterre. CR fumées+. 282.. 6 6— Féves:: 7 2h ds bé vtr e7 M s-7t 0 UT l TE sté. e e e 25 3 Fomen Soit 41. st,. 13 sh. 8 d. par acre. La récolte d'avoine était très- belle. Si le terrain eût été sec, et que les turneps eussent pu être mangés sur la place, elle aurait été encore plus forte. Comme les pommes de terre sont fumées, elles ne laissent rien en La 2 PENSE eh PER A ==> Ds DES ÂASsOLEMENS. 227 N' XIV, Sterl. Sh. D. L'TÉUrREDS+ 4© 2 tonnes L2“— 12,— DRCRODR Ga D et. à M de 8 AVoines 8 bushels. É0::254 Choux en D tonne à D Fi Pevés À 20/bushels. IR 6 Be se ee A de ee Este 40 4 Soit 4 1. st8. 8 sh. 6 d. par acre. La récolte d’ivoine est extraordinaire. Leg choux, qui la préparent, paraissent ici à leur avantage. Si le blé de la sixième année ne donne que 8 pour un aülieu de 9; comme dans le N°. XIII, cest qu'il wy a point de fumier dans cé cours: cet assolément Jaisse plus de profit que le précédent. INF: SO. t Türnéps …, 33 tonnes. à— 14 2 Pom. de terre. 144 bushels,. 3 17— 3 Avyoïine,..…. … G9i——— < Choux. o 8 tennes,, D——, a 728 TiR ALT É Sterl. Sa D SHèves 2/2 S29,D0shek ….5 4:17— 6 Blé e e e ns 25 e e 6 15 ms Pt. 20, Or. Soit 4 1. st5. 7 sh. 9 d. par acre. Îl parait que les pommes de terre épuisent plus que les turneps ou Îles choux; car en comparant la récolte d'avoine avec les récoltes d'avoine des deux assolemens précédens, on voit qu'il ne peut point y avoir d'autre cause de son infériorité. Ne DOVE 1 Tufeps+ sd Ones A me 12 5 prleves ose fe 2 bhshels à."#56 6 à AVOIRC«fes 474 ES O0 4 Choux.::-r@ionnes À+. Lio F HeVes.- de à de Dushels rs Ph 6BÉ XI:: 2:20 Tr Lis a27e17 0 Soit 4 1. st. 17 sh. 9 d. par acre. Ce cours est réellement plus profitable que fe précédent, parce que les travaux exigés 1q à AUSe DES ÂASSOLEMENS. 229 par les fèves sont moins chers que ceux des pommes de terre. Au reste, il faut toujours se souvenir que les pommes de terre sont estimées très- bas. N°. X'V°TE Sterl. Sh. D: 1 Æurneps."32 tnnes« à r—. bfi-ÿ 2, Orge.«440 bushels’.#46 7 3 Avoine..+ 45——,., 6 11,3 4 Orge. 2/32——— 4,10, s-Fevesi he ct 04 me du DT 6 Blé..... 16———,. 4 10— PAT A bn de Dr ae à Soit 4 L st5. 1 sh. 2 d. par acre. La terre demeure fort sale, et le produit du blé est très-faible, dans la même année où d'autres divisions en blé produisent abon- damment. La terre est donc épuisée par les trois récoltes de grains blancs qui ont pré- cédé; et enfin l’assolement donne peu de profit. c 4 OS Q N°. 1 Turneps, 9 Blé e e e L 2] e D AVOmME 2 RES da Br FEV<.: 6-Blé:: à Soit 4 I ss— XVIIL 2) 23 bushels Br tonnes 15 PS 2 d. par TRAITÉE 19——— 16——— Sterl. Sh. D. ..— 12— Ho r0 Su di FO. 4 ta D r:0 4 So DA TA E— A acre Encore plus mauvais que le précédent. Les P trois récoltes de blé laissent la terre dans una état d'épuisement et de saieté extrême. N°? + Pom. de terre. 106 bushels 2-Purneps.,:. 3 Pom. de terre. 136 bushels 4 Pom. de terre 4; tonnes fumées., 198 HE, n: pleins 16—— 14 > Le,€ EL. st£, Soit 3 1 st5, 2 sh. 8 d. par RE 2 13— .— IS— ei D. 48 7 . e 4 19— AE DITS— ee: Re Ne TS T0 acte PI PO PA er VPN CO PP| ee) DES ASSOLEMENS 22% L Là 1 Cet assolement et très-instructif. Il met hors de doute la qualité épuisante des pommes de terre dans un pareil sol. Quoique la troisième récolte des pommes de terre soit fumée, quoi- qu'il n'y ait, dans Îles six ans, qu'une seule récolte de grains blancs, quoique cette sixième année ait été, en général, favorable aux b la récolte de froment est extrêmement mise: rable, car elle n’est que de 4? pour un. Eans l'assolement N°. IV le blé revient deux fois; il n'y à point de fumier dans des 6 ans, et cependant à la sixième année le froment donne 8: pour un, tant les trois récoltes de fèves , avaient entretenu la fécondité de la terre, Née Sterl. SI D. 4 Pom. de terre. 105 bushels,.. 2 12 ? 3 Cho.+ S'lonne ee D 5—— 3 Pom. de terre. 110 bushels. à: 2 15— A Choux&\..’ 4 tonnes.. E—— Fever is bushelss.." St— GRISES TT HN AT— Soit ol ste res 4h, =. 1 Eh 1 | | ui ‘44 1. | Î 14 | ë a Î i 1E 232 ERA LT É Cet assolement est également mauvais. Les pommes de terre y jouent toujours le rôle d'une récolte épuisante. Ne AUX. Sterl. Sh. D. I Pom. de terre. 104 bushels.. 2. 12— 2 Pom. de terre, 126——.., 3 3— 3 Pom. deterre. 97———.. 2 8 6 4 Chonx.-..… eitonnes C4 15— 5 FèVes sean bushels 04 216 6 BI..... 12—,., 3710 Lost 180 2.6 Soit 2 I. sts 10 sh. 7 d. par acre. Les pommes de terre montrent encore mieux 1ci combien elles épuisent. Quoiqu'il n y ait aucune récolte de grains blancs avant lé blé, celui-ci ne donne que 4 pour un, et la terre est souillée de mauvaises plantes, malgré les choux et les fèves qui ont des sarclages. N:-XXIL + Pom. de terre. 169 bushels.. 2 10— 8 Fêves+ ba 1 1 Lou ON> L Les role DES ÂÀÂSSOLEMENS. 22% Sterl°Sch D: 3 Pom. de terre. 142 bushels,.. 3 11— 4 Chou+ Sstonnes..‘TE©— 5 F 6 eves.& tes:r0; bushels:#;"53 or Blé° ele re ie 17 PR Me 9 4. 15 SET L. st... 19 13— Soit 3 1. stë. 5 sh. 6 d. par acre. Encore un assolement qui condamne les pommes de terre. NES ILE 1 Pom. e terre, 101 bushels.. 2 ro 6 RO RE er Ms Dia 3 Pom. de terre. 127———— ,, 3 36 4 Blé., 26————.. 3 15— 5 Fèves..... 23——— ,. 3 19— DEP rs eo 2. Duc— LÉ; st%,- 4x0 6 Soit 4 1. st8. 1 sh. 9 d. par acre. Ïl parait ici, comme dans d’autres assole- mens, que l'orge réussit mieux que le blé après les pommes de terre. ( Q9 ga 3 ea Es be re nd 1 Pom. de terre 10 bushels.. 2 10— ne Blé:+ HUM g EE|... 4 15— 2 Fbtn ide[ONE Ode+4 2 12—4 API EM: 4 10— ISF EVE LAN A 1 ere 0e em CRD ee a AE| Lists Or ET Soit 3 1. stô. 11 sh. 10 d. par acre. En comparant cet assolement au NE XIE, on voit, de la manière la plus frappante, l'avantage des fèves. N° REX Ve 1: Pom. de terre..08 bushels:.. 2.9— 2 HuUPREDS.:. 4(ONDES …»«——10— (hou. 3.71 hs tonnes«1. 710 O7 4 Pom. de terre fumées.... 270 bushels.. 6 15— 3 bushels.. JA y le’ Le < [@) on [2 but œ HEPBIÉ AUS EU TSPbusheee one ES. T9 it 10 Soit:3 L'sté. 5 sh. 3 d. par acre. © DES ASSOLEMENS. 235 QC) Quoique la seconde récolte des pommes de terre soit fumée, et qu'il n'y ait, sur les six ans, qu'une seule récolte de grains blancs, elle est chétive, Ne XV 1 Pom: dé terre. 101: bushels 7 2 10.0 2» Ghoux ….-: 6 tonnes.. 1 10— aLCROUX er. pitonnes Ju VE 7.6 A:Ghoux:.| 2, 2 TONNES« à— 15— He HEVES. 2. à 22 DUohels- 2 10e 6 Blé e e e°° 18 bushels e e 5 en nerve Soit 2 1. st5. 9 sh. 6 d. par acre. Mauvais assolement. Les pommes de terre épuisent. Les choux sans fumier, et charriés hors du champ, épuisent aussi; et quelque améliorantes que soient les fèves, elies ne peuvent pas préparer une belle récolte de blé. T'RA TE D SES) Où Nr XIV ET: Sterl. Sh. D: 4 Pom. de terre. 100 bushels.. 2 10— 2 Pom. de terre. 115———,. 2 17 6 3 Chboëx 227 3ztonnes..—— 17 6 4 ChoUX en: 3: tonnes..— 176 BFEvVÉést:.: 22 bushelss& 3 4= 6 Blé.,.,;. 16——.. 1 yo— L.S6., à 14:16€ Soit 21. st°. 9 sh. 6 d. par acre. Encore plus mauvais que le précédent, parce quil y a une récolte de pommes de terre de plus: les fèves et le blé s’en res- sentent, Nu XX VIET Tr Pom: detérre.:c6 bushelsiis 21 81 2 FES io st AHSA 8: Choux 58:76 Htonnes:: I 12 6 4 Fèves.... A————.,. x—— piFévesai in 15 Dushciss 3 4— 6 BR. Niger cs Leur nr ID Soit 2 1. st£. 18 sh, 7 d. par acre. D J Ln DES ÂASSOLEMENS. 23? Toujours l'effet épuisant des pommes de terre et des choux charriés, de plus en plus démontré, NS REX, Sterl. Sh, D}; 1 Pom. de terre. Ioo bushels on 210 2 Cire. 720 Dr de 3, Choux 0 A tonnes ren 2 4 OrSe 5 2% bushels. 4-10200 nÉèves. 7.+324 ie dd N2— Gé. 7... 2.. 6—— Es. 23 14/2 Soit 3 1. sts. 18 sh. 10 d. par acre. IT faut comparer cet assolement au N°. XI, qui au lieu de pommes de terre et de choux j a deux récoltes de fèves. Cette seule diffé. rence en fait une de 35 schillings par acre sur le produit brut annuel; en outre, les deux récoltes de fèves coutent moins à cul- tiver que la récolte de pommes de terre et celle des choux, et le terrain demeure, au bont des six ans..en. meilleur état. Toutes les comparaisons tendent à faire ressortir Ja faculté améliorante des fèves. RE PES sas F Las AA:T 238 NRA X. 1 Pom: de terre.«00 bushels.:-2: 9.6 2Dlés see RE tn 7 Choux sr ep A tonnes. I 1 Blé: 2. os bushels 18 ser G 5 Fèves e s e e D 2 e e 3 16 PTT BDs Se 16 SN A 108 ste.+20 54706 Soit 4 1. ste. 7 sh. 5 d. par acre. En comparant cet assolement au N°. XIT, on retrouve la supériorité des fèves, comme dans l'exemple précédent. Na XX XL 1 Pom. de terre. 100 bushels.. 2 10 x 2 Turneps.. 4 tonnes..— 16— g*EUrNEPS x+ 2 5HLONNES JUNE 2 4 Pom. de terre fumées.. 288 bushels. 7 4= p'FevES 6 Aie 04= 4 2e GREEN EST ez: 6$— L,st,.,. 2117— Soit 3 1. st5, 22 sh. 6 d, par acre, À e] [ A À DES ÂAÂSSOLEMENS. 239 Le profit de cet assolement est très-faible, parce que la quatrième année est fumée, Le blé n’est pas beau, pour une récolte qui est précédée, à deux ans de distance, d’une pro- duction fumée, et immédiatement d’une récolte de fèves, surtout en considérant qu'il n’y a qu'une seule récolte de grains blancs sur l’as- solement. NE Xe LT: Stérl.‘Sh:° D. 1. Pom. de terre. 1or1 bushels..: 2 10 G 2 Choux... 4 tonnes à vu Re 2. PtHpnepes 2 2...— 16— 4 Choux: a 4 D— LEA RS Pablo— GrBlÉ ss. 2e D Or-— RS CS SOI 2 D stE, F2 6h 3%d. par acre: NX TE 1 Pomi de terre. 1ô0 bushels.: 2' ro— 2 Pom. deterre, 112 Sn LDLEO= 2 FÜEHEDS+ ee 4(ounes 1h 4 Chou 4— PAS EE 16 4 Sterl. Sh. D. DE FéVÉS ns à à à(2H DUSHES 23,13— 6-BIÉ, 3. 19 EL ES. 16:26 Soit 2 1. st£8. 13 sh. 9 d. par acre. NT XXXIV. 1 Pom. de,terre. 98 bushels.. 2 Q 2 Ééves. 4 3h24 Fu de 211.0 2 Lurneps+ 4 /opmes 0 ÉCHOS st UP NON Rev ii 7 D 5 Fèves»».+ 0 24 bushels,: 4-2— GE er 0, % à lists ag 17— Soit 3:1::5t5. 2 Sh: 10,4. par acre. NC NX NU 1 Patates«.. 100 bushels.. 2 10— 2 Oree... Jo busiels+$: 610 3 Turneps.. 5 tonnes.. 160— A Oise. 32 OnsHels né 4 10— #5 Fèves 0 e eo e 2.4, e e 4 2 ax+ G Blé s o o® eo 24 ee PDU o® e 6 1O ue Soit 3 L st5. 19 sh. 1 d. par acre. | : a À =D] Tan DES ÂASSOLEMENS. t4r Tant que le gazon du vieux pré se pourrit > 4>,.* encore, l'orge réussit et l'avoine de même: cet effet du gazon parait plus sensible sur les grains de printemps. Ne XXX VI: Sterl. Sh. D. 1 Pom. deterre. 100 bushels Re DE NO LE 2 Blé e 0 è e 0 22° nn Cor 3 Æürneps et 4 tonte, T6:= 4 Blé.| 23 bushels. 6 ge p Fèvesssiex res, Re Pi(OH RE GBRESERS tr e e 6 DR D een mme É ste,° e 25 10 Soit 4 L stë, 5 sh. par acre, Voilà assurément une belle suite d'expé: fiences, et dont il y a une véritable instruc- tion à tirer, On ÿ regrette deux choses« June que les turneps et les choux ne soient pas consommés sur place, pour qu'on puisse les apprécier tout ce qu'ils valent: l'autre, que le tréfle n'entre point dans ces assolemens. Voici les principales conséquences des faits à telles qu'elles sont indiquées par l’auteur lui: même. O e 242 TA ANT É 1°, Les pommes de terre épuisent plus, dans ce terrain-là, qu'aucune autre récolte inter: médiaire, même plus que forge; et, dans certains assolemens, plus que le blé. 2°. Dans un pré rompu, sur un tel terrain { froid et humide) les pommes de terre ne donnent pas une récolte passable, si On n€ les fume; et, en les fumant, leur culture n'est pas avantageuse. 3. L'orge, l'avoine, et les fèves réussis- sent beaucoup mieux que le blé, après les pommes de terre. 4. Les fèves sont la récolte intercalaire la plus avantageuse dans des terres neuves, de la qualité de culles de l'expérience. 5°. Le maintien de la fertilité que le gazon, en pourrissant communique à laterre, dépend beaucoup de la fréquence des récoltes de fèves dans l'assolement. Plus souvent elles revien- nent, et mieux c’est, pour la récolte de grains blancs qui doit leur succéder. Trois récoltes gonsécutives de fèves préparent une récolte de froment tres-abondante, NN PERRET" SE= ss ER er moquer or 0 CR Er amener 7 7. DES ÂASSOLEMENS. 243 6°. Les fèves et l'orge où les fèves et le blé, en alternance, font un excellent asso- lement, soit pour la terre, soit pour le profit: 7”. En introduisant les fèves dans les mat vais assolemens, on remédie jusqu’à un cer tain point, aux vices de cés assolemens. 8°. Les récoltes successives de grains blanc détruisent promptement la fertilité des terres neuves, Trois récoltes de suite de blé,(d'orge, ou d'avoine, réduisent le sol à un état misé« rable de saleté et de faiblesse. 9°. Les deux meilleurs assolemens sur les trente-six, sont fèves et orge, et fèves et blé. Le premier rend le plus en apparence, et le second en réalité, parce qu'il y a épargne sut les labours. 10°. Qüant au profit, le troisième en rang est celui de quatre récoltés de fèves et une de blé. La terre demeure si parfaitement nette, que ce serait peut-être encore Je‘plus avantageux de tous. È © a ee El ‘244 RAI IT É 11°, Les assolemens les moins productifs, et surtout lés moins profitables, sont ceux dans lesquels les choux, les pommes de terre et les turneps reviennent le plus souvent. 12°. L’avoineest, de tous les grains blancs, celui qui dans des terres neuves et froides, comme celles de l'expérience, donne le plus grand produit, et surtout le plus de profit. © L'auteur termine son rapport sur les expé- .riences, en conseillant, pour une terre sem- -blable;, l'assolement suivant, de neuf ans:: 1. Fèves. Avoine. 2 Fèves Avoire, Fèves. NN E Avoine, ol _ [ak a L et = a [ed “4 Q a &: Voici les raisons‘qu'il donne pour conseil- ler cet assolement: 1°. Le profit des fèves dans mere 220 TP É GS en-rar mer gene PRE PR APS rc ENNEMI 2 FR me.& RE Rte Et DES ÂASSOLEMENS. 245. le cours des expériences, tant que le sol n'est pas épuisé, est évident. 2°. L’avoine, tant que le gazon n'est pas entièrement consumé, rend beaucoup plus que l'orge et le froment. 3°. Le trèfle renouvellerait la ferulité du terrain. Les fèves, à la huitième année, la soutiendraient; etle blé, après ces deux récoltes amélioran- tes, serait probablement très- beau. Il faut, au reste, se souvenir que cet assolement n'est recommandé que pour les vieux prés rompus; il serait, à certains égards, peu convenable ailleurs. a, 4 ? (ER 246 TR AE TE CHAPITRE VI CONSIDÉRATIONS SUR LES MOYENS D'INTRO« DUIRE EN FRANCE DE BONS ASSOLEMENS, Querou'un a dit que la marche de l'imi- tation des pratiques utiles en agriculture, pouvait être estimée, par un calcul moyen, à environ une lieue dans dix ans: c'est- à- dire, que l'usage d'un instrument d'agricul- ture, supérieur à tout autre dans le même genre, se propagerait probablement, dans le cours d'un siècle, sur un pays dont lCten- due serait égale à l'aire d'un cercle Gui aurait un rayon de dix lieues. Cette supposition pour er à ES 16%. 14 VLISLCSs n'est peut-être pas éloignée« Il faut remarquer qu'on a essayé ce calcul d'après divers exemples de là maniere dont les objets matériels employés dans l'agricul- ture ont été imités. Or ces objets matériels comme des instrumens, par exemple, pro- voquent limitation tout autrement qu'un système abstrait, dont l'ensemble ne peut être saisi sans connaissances préliminaires, et sans attention; dont les résultats ne peuvent être LL Le DES ASSOLEMENS. 247 démontrés qu'à la longue, et dont Fapplica- tion pratique doit mécessairement blesser tous + ies® préjugés de la routine. Si donc ä [avt autr compter par siècles, lorsqu'on abandonne à la seule évidence de l'utilité, la diffusion d’une pratique simple, ou l'usage d’un instrument agricole, il faudra compter par milliers d'an- nées, lorsqu'il s'agira d'estimer dans l'avenir l'adoption graduelle des meilleurs assolemens, pour un vaste pays. Ce raisonnement est confirmé par les faits. Nous voyons, dans certaines païties du territoire Français, de très-bonnes pratiques d'assolement qui y subsistent de tems immé- morial, sans qu'on se soit avisé de les imiter ailleurs, Le département du: Nordet celai du pas'de Calais,(l'ancienne Flandre Française et l'Artois), ainsi que les départemens de la Dyle, de l'Escaut,&c{l'ancienne Flandre Autrichienne}, sont en possession d’assole- mens excellens, quon à crûs applicables seulement au sol privilégié de ces contrées. Les départemens du Haut et du Bas-Khin, (l'ancienne Alsace), sont également remar. quables par des assolemens qui ant banui les Q 4 Eee Re en p 248 EMEA MATE jachères. Enfin, les départemens de la Haute- Garonne et du Lot, sont encore soumis à une excellente culture, qui ne laisse aucun repos à la terre. Dans ces divers pays, la culture, relati- vement aux rotations de récoltes, existe de- puis des siècles telle qu’elle est aujourdhui, ou à-peu-près, et limitation de ces systèmes d’assolement ne s’est point propagée. Ce n'est pas que des terres tout aussi fertiles, parfai- tement analogues, susceptibles de la même culture par le climat, ne se trouvent dans d'au- tres parties de la France. Les départemens de l'Aisne, de la Somme, de l'Oise, de Seine et Oise, de l'Eure, du Calvados, de l'Orne, de la Seine-Inferieure, de Seine et Marne, et beaucoup d’autres cantons dans divers dé- partemens encore, contiennent des terres qui le disputent en fécondité à celles des dépar- temens du Rhin, et qui ne le cedent peut- être pas à celles du département du Nord. Cependant nous voyons la jachère régner tristement sur ces terrains fertiles, tandis que les sables naturellement stériles de Norfolk, fécondés par l'imitation des assolemens de DES: ASSOLEMENS. 249 la Flandre, donnent tous les ans de belles {4 récoltes. L'Angleterre elle-même offre sur ce point de singuliers contrastes d'industrie et de lan- gueur, d'instruction et d'ignorance. L'exem- ple de ce pays-là est plus frappant à cet égard, et plus instructif peut-être, que celui de la France, parce qu'en comparant la lenteur du progrès des lumières, avec les moyens très- actifs, employés depuis quelques années pour les répandre, on apprend à calculer les difficultés, et à modérer ses espérances. Le Bureaw d'Agriculture a fait faire par ses com- missaires une reconnaissance détaillée des provinces, sous le point de vue agricole. IL a résulté de ce travail, des objets de com- paraison assez piquans relativement aux asso- lemens. On à vu, par exemple, que dans cette île dont on vante l’agriculture[et avec raison, si l’on juge comparativement} dans cette île où les sociétés agricoles sont fort multipliées, qui a des institutions diverses: dirigées vers le même but; qui renferme un nombre très-considérable d'hommes ins- ‘ruits dans cet art, et praticiens habiles; où nes ge aq TLC SERRES ARTE D po gr TRS TEE TE 250 RO RTE € enfin la circulation des connaissances relati- ves à l'agriculture, est plus active quelle ne l'est peut-être nulle part ailleurs, al existe aujourd’hui des assolemens aussi barbares qu'ils létaienc probablement tous, il y à dix siècles. Dans le West- Morc- Land, on sème de l'avoinc d'abord, puis de l'orge, puis trois ans de Flavoine, puis de l'orge, puis de l’avoine encore; après quot on abandonne la terre à elle-même pendant quelques an- nées. En. Cumberland, on sème aussi perrdane neuf à douze ans, des grains blancs sans interruption, puis on laisse, comme l'ou dit dans le canton, reposer la terre pendant sept ou huit ans. Dans le Curmarthen,, on sème de l'orge et de l'avoine jusqu'a ce que le sol ne donne plus rien, et soit devenu un mauvais pâturage. Dans le Curdigan enfin, lon prépare, par une jachère, huit récoltes successives de grains blancs. Je ne parle pas du grand nombre de pro- vinces et de cantons, où l'usage des Jachères est encore suivi; mais dans d'autres, où 1 est abandonné, l’on trouve des bisarreries inexplicables dans les systèmes d'assolement. EEE tm. bosch ER = DES AÂASSOLEMENS. 25 En Somerset, on cultive les fèves dans les terres argileuses, et on leur fait succéder la jachère, puis à celle-ci du blé et deux récol- æs d'avoine. Dans la même province, on sème sur les terres graveleuses, trois fois de suite du blé, puis de l’orge et du trefle. Dans le Herefordshire, on voit une jachere com- plette succéder aux turneps. Le blé y suit la jachère, et est remplacé par l'erge avec du trèfle, Ces faits suffisent pour montrer dans quelle ignorance absolue certaines parties de l'An. gleterre sont encore sur les vrais principes des assolemens, principes dont l'exemple de certaines provinces prêche néanmoins si hau- tement, et depuis si long-tems, l'importance. Si tels sont les effets de l'ignorance et de la routine, dans le pays de l'Europe qui ras- pratiques agricoles, à quoi devons- nous nous attendre en France? Assurément 1l est impossible de nier que l'objet qui nous occupe soit d’une grande 4 importance pour la prospérité d'un Etat. Une 252 REA E économie de culture qui double les produc: tions d’un pays, augmente aussi dans une grande proportion sa richesse, son commerce, sa population et tous ses moyens de force: cela n’a pas besoin d’être prouvé. Mais ce qui n'est guères moins certain, cest que le per- fectionnement‘du système des rotations de culture en France, ne cheminera point, ou ne fera qu’un pas dans chaque siècle, s'il est abandonné à l'évidence seule de son utilité. Ce qui fait qu'on demeure froid aux idées nouvelles, alors même que l'utilité en est démontrée à l’entendement, ce nest pas tant peut-être l'indifférence sur les résultats, que la défiance sur l’efficace des moyens qui doi- vent les produire. De vrais amis de l'huma- nité, des citoyens dévoués au bien de leur pays, mais détrompés sur des espérances qui les avaient charmés, semblent indifférens, parce qu'ils doutent, parce qu'ils calculent les difficultés, parce que les obstacles de détail qui. saccumulent toujours devant les entreprises utiles, effrayent leur imagination, et leur font ranger toute idée nouvelle parmi les rêves des philantropes. Plus les résul- es } YA çc> ] is as résiliation te. 2 cS CU ee EE = Es ne—- DES ASSOLEMENS: 253 tats d’un système sont brillans, plus il 1m- porte donc d'éclairer les penseurs sur‘les véritables difficultés de l'application; car les esprits sages sont lents à croire, et ils$atta- chent avant tout à discerner nettement les caractères qui distinguent une idée solide, d'une séduisante chimère: Ï ne sagit ici que des moyens de piOpas ger la doctrine des bons assolemens: car il ne saurait y avoir deux opinions quant au fond de la chose, c'est-à-dire, son im- portance réelle. On éroira peut-être. qu'il suffirait, pour mettré en mouvément une sorte de révolution dans les parties de la France où la jachère est pratiquée;: de pu- blier de bons ouvrages, de‘multiplier les mémoires, de faire circuler des instructions, et de prêcher les’ cultivateurs au: nom de leur intérêt. J'observerai, à cet égard, que notre agriculture est entre les mains de deux classes d'hommes: les uns ont de la théorie sans usage, les autres de la pratique sans lumières. Ceux-ci ne lisent point, et ceux-là lisent sans: fruit::[SP aütraient besoin de s’en- traider, et ils se contrarient. Les gens de la # 4 Ti rca ar É. le] LP EL: ville transplantés aux champs, s'y réndert bientôt ridicules par l'ignorance des détails; et les cultivateurs de métier, depuis le fer- mier jusqu'à l'ouvfier de térres méprisent toute instruction théorique de celui qui n'a pas pratiqué. Les meilleurs livres sur l'agri- culture ne donnent guères aux gens qui les apprécient et en font leur étude, que des velléités ruineuses, ou des regrets sur ce qu'ils ne peuvent faire. L’exception est très- rare: elle se trouve chez l’agriculteur qui à un esprit juste et éclairé, une volonté forte et persévérante, la connaissance et le goût des détails, l’art de ménager les préventions, et d'employer les hommes. Celui-là lit avec fruit; met en usage les pratiques utiles; est imité de ses voisins, après en avoir été mO- qué; et devient un centre de lumières, du- quel procèdent, mais avec une influence de plus en plus faible, les améliorations dont il a donné l'exemple. Lorsqu'il s'agit d'une vaste contrée, qu'est- ce que l'influence de moyens si limités! Les hommes capables de reformer par leur ° exemple sont disseminés en petit nombre LEA Ân DES ASSOLEMENS. 258 ces points lumineux, épars dans un espace immense, ne sufhsent point à éclairer l’'hori. son. D'ailleurs, il faut se rappeler que la bonne théorie des assolemens est un objet compliqué, qui demande uñe attention suie vie, une étude particulière. Leur pratique exige de la constance, puisque les applica- tions n'offrent de résultats probans qu’au bout de plusieurs années. Que de raisons pour en détourner les hommes légers! que de chances de voir interrompre les cours d'expériences, avant que le résultat ait pu s'obtenir, et fexemple se propager! D'autres circonstances encore qui sont par. iculières à la France ou à notre temps, se réunissent pour entraver la marche d’une amélioration si importante. Le: caractère na- tional y est déjà, à mes yeux, un obstacle très-grand. Les Français concoivent, inven- tent, entreprennent aisément; mais ils se lassent de même: leur activité cherche des effets prompts, des résultats qui puissent marquer, avant qu'elle s’évapore. Les combi. paisons lentes, les dispositions méthodiques qui doivent amener, à longs jours, des effets Sn 256 É RON TAN utiles, ne sont généralement pas faites pour nous. L'existence politique des Français depuis dix ans, a confirmé leur penchant à l'impré- voyance. Les secousses de la révolution, le bouleversement des fortunes, et les atteintes portées à la propriété, nous ont accoutumés à compter pour peu l'avenir. Cet esprit a sur notre système général d'agriculture, une influence qui est sensible pour l'observateur attentif, L'avidité de jouissances et l'incerti- tude de possession qui ont porté les acqué+ reurs de biens nationaux à détruire les forêts, à convertir les prairies en terres à. blé, Ont eu aussi leur effet sur les autres propriétaires 3 et principalement sur les fermiers. Chacun considérant l’année qui s’écoulait comme lob- jet presque unique de ses travaux, les a modifiés d'après cette opinion; et lagricul- ture Française, qui na jamais été suffisam- ment prévoyante, l'est moins encore aujour- d'hui. Enfin, l'on peut conjecturer que lorsque la paix aura rendu à l’industrie commerciale son essor UE Js F< È SES TE D PRO tE Conte à€ CR EL RER 4 à, DES ASSOLERMENS. 257 essor naturel, Îles capitaux de la nâtion ne se trouvant point d'abord en proportion avec les moyens multipliés de leur emploi, le taux éjevé de l'intérêt attirant sans cesse l'argent dans le commerce, l'agriculture sera privée d'üné grande partie du capital qui sergit nécessaire à s4 prospérité, et qu'au lieu de fleurir, comme on voudrait lespérer;, elle languira faute d’encouragemens. Toutes ces considérations terident à mon tres de quelle importance seräit pour la pro- pagation des connaissances théoriques et pra: ques sûr les successions de récoltes, l'inter- vention du Gouvernement, et son appui. Mais quand je parle d'interventiôn, je n'entends pas des publications de mémoires ou de bons livres: J'ai déjà dit combien leur effet serait borné. J'entends que le Gouvernement fit ce que lui seul peut faire, qu'il mit à portée des cultivateurs les faits qui parlent aux yeux et déterminent la conviction. L'idée de l'établissement de divertes fermes expérimentales, situées dans divers départe- mens, sur des terrains et sous des climats de R 258 LRATÉ nature différente, devrait peut-être se ratta- cher à un projet plus vaste, qui embrasserait l'instruction de la classe des cultivateurs. Sans doute que pour préparer efficacément les voies à la pratique de la bonne agriculture, il conviendrait, avant tout, de répandre les ‘germes de cette instruction élémentaire dont de peuple des campagnes est depuis si long- temps privé, et qui seule peut amener, à ja longue, chez les hommes dévoués à l’ha- bitude et aux préjugés, Ja faculté de raï- sonnement qui ouvre l'accès aux vérités utiles. Je ne veux point sortir des limites que la nature du sujet proposé me défend de passer, Je me borne à appeler par mes vœux ces institutions bienfaisantes, qui seront desti- nées à répandre les lumières chez la classe intéressante des cultivateurs; mais Je crois rester dans la question, je crois servir les intentions patriotiques de la respectable So- ciété qui encourage nos travaux, en indi- quant, par quelques traits, de quelle manière on pourrait répandre la connaissance des bons assolemens en France, et propager limitation mess DES ÂASSOLEMENS. 259 des meilleures pratiques, selon les terrains et les climats. Je suppose, comme indispensable au suce cès, l'établissement d’une ferme suffisamment vaste, située dans le voisinage de Paris, exclusivement destinée à donner lexemple des meilleurs assolemens, et dont les travaux seraient en rapportavec d'autres fermes pla- cées, pour le même objet, dans les dépars temens: {1 serait à desirer que la ferme centrale pût réunir les deux extrêmes de l'échelle des qualités diverses dans les terrains: la glaise tenace, et la terre sablonneuse. Mais on ne peut guères l’espérer. Le local qui, en offrant d'ailleurs les autres avantages que lon doit recherckier, présenterait la plus grande variété possible dans la mature des terres, serait le plus utilement applicable à l'objet. Je pense que cette ferme centrale, et tou- tes les autres qui en dépendraient, devraient être uniquement destinées, non à des recher- ches expérimentales, qui ont été faites ailleurs R 2 T'RA ar É 260 et qui feraient perdre Îles années, mais à l'ap« plication sévère des principes qui résultent. des pratiques éprouvées. Ces établissemens étant institués pour donner des exemples à suivre, il serait d'une extrême importance d'y éviter les expériences négatives, Ces expé- yiences desquelles les 1gnorans argumentent toujours contre les systèmes dont ils sont incapables de saisir l’ensemble. I] faudrait que les successions de récoltes fussent pré-ordon: nées sur un plan qui ôtât aux hasards de l'agriculture tout ce quon peut Îeur ôter. L'état des connaissances nous permet aujour- d'hui d'établir dans tous les terrains quelcon- ques, des assolemens, qui donnent la certi- tude morale d’une bonne récolte chaque année, sauf les contrariétés des saisons dont Peffet est général sur tout un pays. Ïl importerait de déterminer les emplace- mens des fermes départementales, de manière à rendre l'exemple aussi utile qu'il serait pos- sible. La distribution d’un certain nombre de fermes dans les diverses parties de la France, sur le seul principe de les espacer également, remplirait mal l'objet. Le but ne serait atteint AL, DES ASSOLEMENS. 26Tt °\. non plus que d’une manière imparfaite, si, dans le choix des emplacemens, on n'avait égard qu’à la qualité des terrains et à faction du climat: il faudrait encore que ces foyers d'instruction pratique et d'exemple fussent à portée des villes populeuses, parce que la où il y a plus de lumières et d’aisance, 1 y à aussi plus de gens prêts à imiter ce qui est bon; et qu'un système de culture dont Îles avantages seraient aussi paipables, entraine. rait d'abord beaucoup d’imitateurs parmi les gens éclairés, puis successivement parmi ceux qui ne cèdent qu’à l'évidence de leur intérêt. Il est inutile d'observer que les systèmes d’assolemens devraient être calculés sur les données locales du pays, en même tems que sur les principes généraux, afinque chaque ferme, dans l'atmosphère de son influence, contribuât à Fintroduction de l'espèce de culture dont il résulterait le plus grard bien pour le pays. Mais ce qui serait essentiel au succès, où hâterait du moins infiniment les bons effets d’une telle institution agricole, ce serait l'unité deses&ravaux, et leur publz cation annuelle, K 3 2 mi nù (Ir 2e —# pe ln el D. Ales it es ce x ce. 1 £62 ER RÉ TTE Je pense qu'il devrait exister entre l'cta- blissement central et les fermes départemen- tales une parfaite correspondance de vues et d'efforts; et comme il n'y a point d'unité sans subordination, je suppose que les instruc- tions, le mouvement général, devraient éma- ner de la ferme centrale, et que tous les faits convergeraient ensuite Vers ce foyer, y seraient rédigés avec ordre, et répandus tous les ans, pour l'instruction des agriculteurs de la France. Je croirais encore utile à la réussite d'un tel plan, que l'objet en fût exclusivement borné aux assolemens. Non pas que bien d’autres détails intéressans ne réclament lat: tention d'un gouvernement protecteur de l'a- griculture; mais parce que l'objet des assole- mens est d’une telle importance qu'il mérite d’absorber l’attention et les soins de ceux qui seraient chargés d'y présider. Il y a une autre raison d’exclure tout-a-fait ce qui ne serait pas relatif à l'objet principal, c’est qu'il ne faut pas que ces fermes deviennent onéreuses à l'Etat, comme cela arriverait inévitable- nent si on se Jetait dans les expériences. tas hell S et nité FUC« nas LS ent DES ASSOLEMENS. 263. L'objection de la grande dépense quocca- sionnerait au gouvernement une institution sur un si vaste plan, s'offre d’abord à l'esprit, et cependant elle n'a pas de force; car ces fermes, même médiocrement- régies,(comme il faudrait s'y attendré pour navoir pas à dé, compter) ne couteraient rien à l'Etat. Il serait difficile, sans doute, de trouver des TÉQIS- seurs à la fois intelligens, actifs, soigneux, et probes: c'est là le point qui peut le mieux,. je pense, justifier les doutes sur la réussite, d'un tel projet. Mais il faut cependant.con-. sidérer qu'en destinant le.revenu de ces fers: mes aux émolumens des régisseurs, on pours, rait avoir beaucoup de choix parmi des hom mes capables. Ce serait, pour bien des cultis vateurs instruits et attachés à leur art, une existence très-attrayante.. Les hommes-sus- ceptibles de quelque ardeur pour le bien, saisiraient avec force la certitude dinfluer d'une manière aussi intéressante sur la pross périté de leur pays; et l'espoir de mériter la reconnaissance de leurs concitoyens porterait: je le crois, des individus distingués à recher- cher ces places. R 4 RER RATS 264 FRAErTÉ Je soumets cette idée à la discussion de fa Société qui a proposé le prix. Sf ce projet n'est point une conception chimérique; s'il cst susceptible d'être mûüri, développé, et de recevoir une application utike, c’est des horn- mes qui composent la Société d'Agriculture di Département de la Seine que l'on peut raison- xiablement attendre ce bienfait. Ils sont pla- cés au centre des Jumières. Ils peuvent ras. sembler tous les faits, s’aider de toutes les obsérvations, apprécier tous les obstacles; et 3$ ont enfin;‘'pour entraîner la conviction d’un Ministre judicieux et habile, tous les moyens que leur assurent la masse imposante de leurs ftalens, êt le souvenir des services désinté- ressés qu'ils ont rendus à leur pays, Je finis par fa citation des paroles d'un auteur qui les a tracées pendant kes orages de la révolution; ét à l’occasion du sujet même que Jai traité(1). Loin de m'en défen- (1) C. Pictet de Genève. Voyez le premier Vol, d'agriculture de la Bibliothèque Britannique p. 476.— Ce morceau a été écrit en l'an 4, = L2 DES ÂASSOLEMENS. 265 dre, je me félicite de la concordance d'idées que mes lecteurs vont y remarquer. L'identité des vues que ce fragment indique avec celles que J'ai développées ici, est une circonstance dont je suis disposé à m'applaudir. Qu'importe la priorité, sil peut résulter quelque bien, des efforts dont le but est semblable! Je ne crains paint d’avoir été précédé dans la car- rière, et de faire rejaillir sur un autre Fhon- neur d'avoir le premier conçu le germe d'un utile projet.(1)> % On ne saurait réfléchir sur ces objets, » Sans regretter que dans le pays de l’Europe 2 , le plus favorisé sous les rapports de l'éten- » due, de là population, de Ja ferulité, du climat; où l’on n'aurait, en quelque sorte, » qu'à vouloir, pour faire sortir de la terre, » d’incalculables richesses, 1l æexiste aucune » réunion puissante de moyens dirigés vers »ce grand but. Si la France possedait un F(1) En écrivant le mémoire sur les assolemens, pour concourir au prix, j'ai été obligé de garder anonyme, 266 TRAITÉE Département public, chargé d'organiser; d'assujettir aux mêmes principes, de faire converger vers un centre commun, des expériences suivies, faites en grand, et simultanément, en divers lieux et en divers sols: si, s’élevant au- dessus des jalousies nationales pour ne chercher que ce qui est utile, ce Département s'aidait de toutes les connaissances acquises chez l'étranger; si les travaux de détail, dans chacun des lieux d'expériences, étaient confiés à des observateurs exacts, judicieux, assidus, rompus eux-mêmes aux opérations qu'ils seraient chargés de surveiller; si enfin les circonstances publiques favorisaient assez un tel établissement pour que son activité se soutint pendant une suite d'années, on verrait alors ce qu'on n'a jamais vu encore en agriculture, savoir: une grande masse de faits dirigés vers le but de faire rapporter à toutes les espèces de terres, les récoltes qui donnent le plus grand profit, en soutenant ou , augmentant la fertilité du sol. Toutes les obscu- rités, les incertitudes, les contradictions apparentes, qui embarrassent celui qui dé- L'un 1° 44 -b DES AÂSSOLEMENS. 267 bute, ou celui qui cherche à sortir de la » routine reêçue, disparaîtraient devant un tel » faisceau de lumière. Les faits parleraient » aux yeux des plus incrédules, parce que sb sh] 9» 5 5 les expériences seraient tellement répétées, tellement variées, que leurs principaux ré- sultats auraient acquis un degré d'évidence absolument nouveau dans ces matières.—— Ces résultats tendraient si directement à l'intérêt des cultivateurs, que leurs préju- gés céderaient; et un des premiers effets de cette révolution dans les connaissances serait la suppression de ce misérable sys. tême des jachères, digne d’un siècle de barbarie, et qui dévoue à l’inutilité un tiers des terrains, en faisant languir la culture du reste. » Si l'influence de tels avantages sur la pros. périté nationale, et le bonheur des indi- vidus à de quoi charmer l'imagination et enflammer le zèle, la réflexion refroidit bientôt l'espérance de les voir se réaliser. Il faudrait, pour créer une telle institution, un degré d'enthousiagme que l'utile n’ex- 268 » Cite guëres; pour en soutenir les effets, ua … dévouement et une persévérance d'efforts ., qu'on ne peut point attendre de Fesprit du , temps.-— D'ailleurs, est-ce pendant les » intervalles des secousses d’un tremblement » de terre qu'on songe à Jeter les fondations » d'un grand édifice? Lorsqu'à peine on peut » compter sur le lendemain, on ne s'occupe » point de projets à longs jours; et là où . les droits de la propriété ont reçu des attein- , tes profondes, on ne peut raisonnablement w% , espérer de voir fleurir de sitôt un art dont ts les succès durables reposent en entier SUL YŸ > , le respect de ce droit sacré. w serait trop décourageant, néanmoins;, ,; de ne point oser croire que la raison aura ., aussi son règne; qu'aprés tant d'illusions et de délire on éprouvera enfin le besoin . de revenir à ce qui m'est que vrai; que les idées justes, sages, modérées, sources ., de la félicité individuelle. et nationale, ces idées qui apprennent à distinguer- le bon- …s heur, de la gloire, et la prospérité, de . Péclat, auront à leur tour quelque faveur. DES SSOLEMENS. 263 ; Âloïs on pourrait tout attendre de l'ascen- :, dant de Popinion sur un peuple ardent et sensible; et 1l n'est aucun objet, à la fois , ütile et grand, qu'on dût croire au-dessus » de la portée d'une nation qui possède en » Clle-même les germes de toutes les res- » Sources, qui a mérité quelquefois le repro- » che d’avoir dépassé le but, jamais celui » de n'avoir pu latteindre. FEA È EAU! FIl RÉSUMÉ. a question proposée est une des plus importantes en agriculture: si elle était une fois résolue, lagriculteur pourrait entreprendre des améliorations, avec la certitude de n'avoir à combattre, pour arriver à son but, que les inconvéniens d'une saison défavorable. Un bon assolement sera celui qui,en conservant les terres dans le meilleur état possible, leur fera en même tems produire la rente la plus forte. Développement de ces deux condi- tions, et plan général de l'ouvrage, depuis la page 1 à la page 7. LASER BR De la théorie des labours et de l'usage des jachères. b » QUEL est en général le but des labours? Le but se modifie selon la nature du sol et 9/ 9,. l'époque du labourage. Quelles sont les diver- PS A A SEC PRE ON PT me| R És u mn é. Q7È ses opérations de la jachère complette? Effets améliorans de cette jachère; elle présente deux grands inconvéniens: les fraix qu'elle entraine, et le défaut de récolte qu’elle néces- site pendant une année entière. Depuis la page S à la page 35. CHAPITRE IL Du systéme d'alterner les champs entre les plantes à racines fibreuses et Les plantes à racines pivo- tantes, RoOZIER est le premier en France qui ait traité la partie des assolemens. Il explique la convenance d'alterner les récoltes de plans tes pivotantes avec les récoltes de plantes à racines fibreuses, par la supposition que les unes, ne se nourrissant que dans la couche supérieure, laissent la couche inférieure en réserve pour la nourriture des autres. Cette explication est vicieuse, en ce qu'il y a très- peu de plantes pivotantes, qui entament le sol inférieur au-dessous de sept à huit pou- ces, et que la couche de terrain qui est au- dessus de cette profondeur est nécessairement + 272 R É su M* trop mêlée et retournée par les labours, pour qu'on puisse la distinguer en supérieure eten inférieure; d’ailleurs les plantes à racines pivo- tantes tracent aussi, Jusqu'à ün certain point, et celles à racines fibreuses vont souvent chercher leur nourriture dans les couches inférieures: il faut donc recourir à la suppo- sition des sucs nourriciers de diflérente na- ture qui alimentent les plantes de nature différente.— Depuis la page 36 à la page 42. CHAPETRE ITL Théorie des assolemens. C'EST un principe bien reconnu en agri- culture que, lorsque sur le mème terrain, on fait succéder plusieurs récoltes de grains blancs, ce terrain s'épuise plus ou müins promptement, et finit par être entièrement occupé par des plantes nuisibles au blé. Quelles sont donc les productions qui peu- vent les remplacer avantageusement, puisque la terre ne refuse point de produire? Ce sont celles qui exigent une culture pendant la végétation, et celles qui s'emparant exclusi- vement jurs des À (ue| bit refentes spocelle pl [e1l{dans}! fblément! 1 it, comm amment| LL ue| qu EUR | ef le( ics l'état { jant, aux \ne fer laide des me Con 11707: ilembr phe di d dehpo fraise | À ; [cas gi où leCi onvoque ac luppr elque r e rebite | lens que| ; rude dé! paper + mas MA \ Mas& + MS UNE: 273 vement du sol, s'opposent à la croissance de toute autre plante, et permettent aux sucs .. 2\ nourriciers de saccumuler à sa surface.—« Page 43 à 52. La règle qu'on doit se proposer dans le choix d’un assolement, c'est qu'il nettoye la terre, la maintienne en bon état, et lui fasse donner le plus grand revenu possible: c'est une circonstance heureuse, mais non pas essentielle dans un assolement, qu'il pro- cure alternativement une récolte servant à la nourriture de l'homme, et une récolte desti- née à celle des bestiaux. Page 53 à 56. Les assolemens peuvent et doivent se varier de tant de manières, suivant les pays, la nature du sol et le climat, qu'il serait impos- sible d'en établir qui fussent applicables par- tout: 1l faut donc s’en tenir aux deux grand:s divisions des terres légères et des terres argi- leuses, pour considérer les assolemens qui leur sont respectivement propres.— De la page 56 à 58, e (F RÉSUMÉ. CHXPETIRES I. Des Haine dans Les terres légères, LES terres légères présentent un plus grand choix de récoltes pour former des asso- lemens: elles auraient décidément lavantage sur les tèrres argileuses, si elles étaient éga- lement propres à la culture du blé; néan- moins on remédie à cet inconvénient, par les récoltes intermédiaires de trèfle; mais c’est un moyen dont il faut user avec ména- gement, si on veut le conserver: pour cet effet, il faut faire entrer dans l’assolement une récolte fumée et sarclée, comme celle des turneps: les cultivateurs de Norfolk ont amené la culture de cette racine à un haut point de perfection. Modifications diverses dans lassolement de Norfolk qui pourraient le rendre propre à tous les pays de terres Jéoères.— De la page 59 à 95. Les prairies artificielles, formées avec la luzerne, ou le sainfoin,(esparcette}, peu- vent entrer avec succès dans les assolemens res. I plus | ES 4550. Nage es née ent, mt ke; mis C mêm Our«ét lement celle kon jaué nes dent ITS R És um É 274 rle terres lésères; elles réunissent ie double avantage de donner de grands produits et d'accumuler sur le sol, pendant lé cours de leur durée; les sucs les plus propres à la nourriture du blé. Le ray-grass à’aussi ces avantages, mais Cest surtout comme prairie à faire pâturer, qu'il est récommandable. En général, le parcours des moutons, bien loin de nuire aux prairies, leur est très-favorable; cest le principe des meilleurs agriculteurs anglais; 1ls emploient ce parcours dès la se- conde année de l'établissement du pré.=« Depuis la page 95 à 109. CHAPLIPRE-V. Des assolemens de terres arpileuses, LE£s assolemens des terres argileusés ont été beaucoup moins perfectionnés que ceux des terres légères, et ils présentent effectives ment de plus grandes diflicultés; d’abord, parce que les terres argileuses admettent une moins grande variété de récoltes, et ensuite, parce que les labourages et les cultures, pen« Fe 2 dant la végétation, y sont plus difficiles, x (> Page r10 à 112. 276 R£ s u M£. Parmi les récoltes intercalaires, propres aux terres argiléuses, les unes sont améliorantes par les sarclages qu’elles exigent, les autres par l'ombre dont elles couvrent plus ou moins le sol. Les premières de ces productions sont les fèves, les pommes de terre, les choux et le: colza: les secondes sont les vesces d'hiver et d'été, la chicorée, le trefle, la luzerne, les’ prés-gazons etc. Les fèves, convenablement sarclées, sont une excellente préparation pour le blé, et on a en Angleterre des exemples de récoltes suc- cessives et soutenues de fèves et de grains blancs pendant un grand nombre d'années. Paso ES age 112 à-.:17. Les pommes de terre ont, plus que toute autre récolte intércalaire, l'avantage de réa- Hiser immédiatement un produit précieux, peu sujet aux casualités, et proportionné au travail donné à la plante; mais il n'est pas prouvé que, même avec des cultures con- venabies, elles niñfluent pas en mal sur la Técolte de grains blancs qui leur succède,= Page 118 à 128. RÉSU né. 277 La culture des choux en plain champ, exige beaucoup d'engrais, une main-d'œuvre considérable, et un climat qui ne soit pas exposé aux longues sécheresses; elle ne con- vient donc qu’à ceux qui peuvent réunir ces diverses conditions: cette récolte perd d’ail- leurs une grande partie de son prix, quand elle n'est pas employée à l’engrais des bœufs ou des moutons, ou à l'entretien d'hiver des brebis nourrices. Page 128 à 130. Le colza cultivé pour fourrage, dans les cantons qui ont des terres fraiches, des elaises fécondes et des étés qui ne soient pas trop secs, offre des ressources précieuses, comme nourriture en vert pour les moutons.— Page 34 122 Les vesces d'hiver et de printemps fournis- sent également un très-bon fourrage, et un produit en grains très-considérable, si on les laisse. mürir. Le gypse produit un excellent effet sur cette plante, ainsi que sur letrèfle, la luzerne et le sainfoin, surtout dans les ter- res légères.— Page 132 à 136. 278 RÉSUMÉ. L'influence de la chicorée sur les récoltes céréales subséquentes, est encore peu connue: Arthur Young s'est bien trouvé de la cul- ture de cette plante pour le pâturage des moutons.— Page 136. Le trèfle dans les terres argileuses qui ne sont pas bien égouttées, est sujet à divers accidens qui diminuent son produit. Il en est de même de ia luzerne, et celle-c1 de- mande de plus grands fraix encore pour en assurer la réussite: on ne peut donc lui des- ‘2%,/]. l4 üner qu'une étendue de terrain bornée. Page 137 à 140. Ees prés-gazons composés de graminées vivaces, auxquelles on mélange avec succès le trèfle jaune et le trèfle blanc, sont d’une grande ressource dans les terres argileuses, pour en soustraire une partie à la jachère: le parcours des moutons leur est très-avanta. geux: le terrain quon leur destine doit être bien préparé, et la graine semée fort épais, == Page 140 à 144. Le, Emploi des diverses productions dont ox RÉ S U M£. 279 vient de parler, pour former les assolemens des terres argileuses: le préliminaire indis- pensable, si la ferme manque de fourrages, c'est d'établir des prés-gazons sur Îles pièces les plus éloignées; le desséchement des terre: » labourables est ensuite une opération néces- saire.— Considérations diverses, qui doivent entrer daus le choix de l'assolement— Jodi- cations de divers assolemens.— Assolement proposé pour les prés-gazons qui ont été rompus au bout d’un certain nombre d'an- nées.— Page 144 à 162. En principe- général, i faut assurer, autant quil est possible, la réussite du trefle. Le blé doit succéder aux fèves, sauf le cas d'un terrain qui, maloré les sarclages, reste souillé de plantes nuisibles; et le cas d’un pré récem- ment rompu: lavoine doit succéder aux pommes de terre plutôt que le blé: et le blé doit succéder au trèfle. On peut varier l'application des principes de-lassolement des terres argileuses: la jachère complette devient quelquefois nécessaire.— Productions diver- ses, qui peuvent être entremélées partielles S 4 280 RÉSUMÉ ment dans les divers assolemens proposes, Page 163 à 167. Faits relatifs aux assolemens de terres argi- leuses en Angleterre.—— Détail sur l’assolement de M. Middleton: il est de quatre ans, et les vesces d'hiver occupent le sol pendant une de ces quatre années.— Page 167 à 171: Culture de Mr. Arbuthnot. Ses moyens de desséchemens par des coulisses, et en dis« posant ses terres en sillons très-larges, sub- divisés ensuite en sillons plus étroits. Son assolement est de trois ans, savoir: fèves, blé et trèfle; produit de ces récoltes.— On peut objecter contre cette culture, que les bords des sillons ne produisent presque rien, que les labours croisés en sont exclus, que le retour du trèfle est trop fréquent; mais ces objections ne sont pas assez fortes pour balancer tous les avantages de cet assolement — Page 172 à 180. Assolement de deux ans, fèves et blé o SUIVI pendant huit ans. I] à maintenu le sol 5 1. ER SU Nr 281 set de mauvaises herbes; et le blé, après les fèves fumées, a été plus beau que le blé fumé. Page 189 à 192. Recueil de faits sur la culture d’un fermier de Kent, lequel, pendant neuf ans, et sur un espace de 351 acres de terres labourables, ne s'est pas permis une seule jachère, et n’a jamais fait revenir deux années de suite les grains blancs. Il paraît avoir cherché plutôt à Varier ses essais qu'à firer un grand parti de ses terres, et il est à regretter qu'il n'ait pas fait connaître avec quelques détails les circonstances de chaque pièce de champ sou- mise à ces divers assolemens: néanmoins ces expériences présentent une masse de faits importans, et un résultat tres- profitable. Page 193 à 216. Expérience d'Arthur Young sur un mau- Vais prés rompu, dans lequel il a suivi, pen- dant six ans, trente-six assolemens différens. Les principaux résultats de ces expériences sont; que les pommes de terres dans un pareil terrain, sont une: des récoltes intermé.- GR E LTD:: f E dires Jes plus Épuisantes; que sans fumier, 282 À RE es tu: elles ny donnent pas une récolte passable, et que l'orge et l’avoine réussissent mieux après elles que le blé; que les fèves sont une récolte intermédiaire profitable, à tous égards, et qu'il faut éviter soigneusement les récoltes successives de grains. blancs. Parmi les der- niers, l'avoine est un de ceux qui, dans les terrains du genre de celui de l'expérience, donne les plus grands profits; assolement pro- posé par Arthur Young pour. les terrains; motifs qui le lui font préférer. Page 216 à 245. GA PI TRE ME Considérations sur les moyens d'introduire en France de bons assolemens. Si limitation d’une pratique simple et 150- liée, ou l'usage d’un instrument d'agriculture pe se propage qu'avec lenteur, à combien plus forte raison ne doit-on pas s'attendre à ce que l'adoption des meilleurs assolemens dans un vaste pays éprouve de grandes difficultés! Plusieurs départemens en France possèdent depuis des siècles une culture excellente, tan+ dis qu'à circonstances. égales, d'autres sont Re EE RÉSUMÉ. 283 restés soumis à la culture la plus vicieuse: L'Angleterre présente sous ce rapporé des contrastes encore plus frappans. Page 246 à 252. Les idées nouvelles, en agriculture, exci- tent la défiance; et quand le doute qu'elles font naître ne porte pas sur leur utilité, c'est au moins sur l'efficacité des moyens d’exécu- tion. Les bons ouvrages sur l’agriculture pro- fitent peu pour les progrès de l'art:la classe la plus nombreuse des agriculteurs ne ht point, l'autre lit sans fruit, parce qu'elle manque de pratique; et ces deux classes se contrarient plutôt que. de s'entraider. Page 252 à 255. Le caractère national en France s'accorde mal avec des expériences de long cours, et avec la nécessité d'attendre les résultats pen- dant plusieurs années. Les secousses de la revolution ont encore contribué à augmenter cette disposition à vivre surtout dans le pré- sent. Ï] est à craindre qu’à l'époque de la paix les capitaux ne se trouvant pas en propor- uon avec les moyens multipliés. de leur em CS 284 R Es u M*. ploi, les"spéculations agricoles ne soient long-tems négligées. Page 255 à 257. Ces considérations font sentir la nécessité de l'intervention du gouvernement pour l’éta- blissement de diverses fermes de modèle, situées sur des terrains et sous des climats différens, pour l'instruction des cultivateurs. Développement de cette idée des fermes de modèle; leur but devrait être exclusivement borné aux assolemens. Page 257 àlafin. se= Le._— D- ee à 20 RD nn D ER RER RE NS ent dE A:B L E des matières contenues dans cet ouvrage, te fa. 0, CHAPITRE I. De La théorie des labours et de L: l'usage des jachères.. Pate 8 1 a, DES) ed ulernerues champs / entre les plantes à racines fibre« L ses et les plantes à racines pivo- antes, set se#50 =[Il De la rhéorie des assolemens. 43 — IVe DES ssotemens de terres légères, 59 ————— VV, Des assolemens de terres ATOT= leuses, els oies CET ss VI, Considérarions sur les moyens d'introduire en France de bons assolemens, sel, 240 Résumé de loysrage... 270 Fin de la table, nm nommer me mme Genève, de lImprimerie de Luc SESErÉ Le I. E T IT R. F. 39 étre en danger d'en faire. Voilà des vérités inconteſtables; mais eſt-ce prévenir l'abus d'une maniere raifonnable, que de faire dépen dre cette aſſemblée uniquement de ceux qui voudroient l'anéantir,& que nul n'y puiſſe rien propoſer que ceux qui ont le plus grand iutérèt de lui nuire? Car, Monſieur, n'eſt-ce pas exactement la l'état des choſes,& y a-t- il un ſeul Génevois qui puiſſe douter que ſi Pexiſtence du Conſeil général dépendoit tout- A-fait du petit Conſeil, le Conſeil général ne füt pour jamais ſupprimé? Voilà pourtant le Corps qui ſeul convoque ces aſſemblées,& qui ſeul y propoſe ce qu'i! lui plait: car pour le Deux-Cent il ne fait que répéter les ordres du petit Conſeil,& quand une fois celui-ci ſera délivré du Conſeil génẽé- ral le Deux-Cent ne l'embarraſſera gueres; il ne fera que ſuivre avec lui la route qu'il a frayée avec vous. C 4 —— — 7 5 7 4 —— Soioùr& Grey Controſ Chart Blue Cyan Green Vellow Hed Magenta Wnite Groy Grey 4 Black