— ———— 3.— 3—* Uaiv-Bibi. Giessen 4 3 2 Ce Es >= © == © A 7,= mu. (ar le) À | ! CET OUVRAGE SE TROUVE AUSSI: A SrrassourG, chez MM.TrReurTEL et Wunrrz, libraires, rue des Serruriers; A Loxpres, même Maison de Commerce, 30 Soho- ;? Square; A Genève, chez Pascnoup, libraire. IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (NÉE VALLAT LA CHAPELLE). NOUVEAU TRAITÉ SUR LA LAINE ET SUR LES MOUTON; Par MM. ce vicomre PERRAULT DE JOTEMPS, ancien Officier de Marine, Correspondant du Conseil général d'Agriculture, Membre de la Société d’Encouragement pour l'Industrie nationale, de la Société royale d'Agriculture de Carlsruhe, etc., etc., etc.; FABRY rrcs, ancien Sous-Préfet, Membre de la classe d’Agricuiture de Genève et de plusieurs Sociétés agricoles; F. GIROD(px r'Ain), Officier supérieur au Corps royal d'État-Major, Officier de la Légion-d’Honneur, Chevalier de Saint-Louis, etc.: TOUS TROIS COPROPRIÉTAIRES DU TROUPEAU DE NAZ. A PARIS, MADAME HUZARD, Libraire, rue de l’'Eperon, Na CHEZ 5 TREUTTEL Er WURTZ, rue de Bourbon, n°. 17; PASCHOUD. rue de Seine, n°. 48. 1824. a—— É re ami AS AV UE UE VV UV VUE LE AURA ANE AA UUY UV LAS LU AMAR ERA UE LULU LAS LA TABLE DES MATIÈRES. | RU RE TR Ne ne Pag. I INTRODUCTION Lee tie NE Net EE V CHAPITRE PREMIER.— Considérations générales Sur la laine 2% FER ESRI Re En j PREMIÈRE SECTION.— Du brin de laine, de sa nature ét de son développementt 7:40.. 1...«/1pid. Du bem de lameetidesanaturemr#12 2 De'son développement 2h. 4 , DEUXIÈME SECTION.— Énumération et définition des propriclés de laflaine MEN RS Red eee 7 Ducaraictenes CE ee le nulle 5 Deshufimesses PRES PP SD 9 De la longueur.. ES RD RP POP TIR ES II De‘la souplesse ns Re vo Date ibid De la force proprement dites 2 ti inemlar acer 12 Des différens modes d’élasticité........... ibid. Déila douceur..." 255 2... re 20e 19 Des facultés de se contracter, de se dilater, d’absorber etdexhalep mp ne 14 Decbélasticité de volume.: 2.), ln aabid VROISIÈME SECTION.— Des rapports des propriétés de lameentreelles 70. een ee 10 i] TABLE Rapport de la finesse avec le caractère du brin. Pag B+de la f cse avec l: 7 lesse apport dé la liInesse avec la soupP(AT ANA Rapport de la finesse avec la force proprement dite. Rapport de la finesse avec la douceur....... Rapport de la finesse avec la longueur....... Rapport de la Himesseravec élasticité te-= RS TOR PLIS 6 eee me ee en da his+ joue 2 Oo Deretiremente ms 70 bDeredressement es Me ce 0: Be ME caspañ on tee te es Ho Devolumerc. RS et) Rapport de la longueur.«.++.++.-. TAC IeCarAactère. ne eee che. ce _-»°, Avec la souplesse, la douceur et larforce ne Rapport entre la souplesse et le caractère.... Rapport entre la douceur et le caractère... QUATRIÈME SECTION.— Des rapports des propriétés de la laine avec l’état de la peau et Pétat du corps AUMOUIOR RENE AE AE CINQUIÈME SECTION.— Des rapports des propriétés de la laine avec certaines circonstances extérieures. SIXIÈME SECTION.— Des rapports des propriétés de la laine avec son emploi en fabrication. so Des laines relativement aux draps. Solidité du drap. ASE AN MSN HÉLAIUEES, Imperméabilité du drap re... Finesse du drap.... JR TEE RES écrire rime nt Douceur et moëlleux..... ,‘—e......« Des laines relativement aux étoffes rases.. 19 ibid 2} ibid 22 ibid. ibid. 23 ibid, 24 22 28 40 59 ibid. 6o ibid. 62 cpAPl FR et de let PREMIÈRE DEuxIEM TROISIEN Premièr Deuxiè Trois Quar CHA sé PRE De la du Du de les De la Dur DE Tr DES MATIÈRES. CHAPITRE Il.— Des différentes espèces de laines chocsléureude.."tee Ne NPA Pag. PREMIÈRE SECTION.— Des laines communes..... DEUXIÈME SECTION.— Des laines métis.. TROISIÈME SECTION.—— Des laines mérinos..... Prénnière classer sd, 20427 aa eu RE ï ù; Pégxiémerctlisse.{x: Hroisteme classes 0e: Otéiriemeiclassess ss nets Nr St CHAPITRE III.— De la toison mérinos pendant son séjour sur le corps du MOULON eee PREMIÈRE SECTION.— De la toison du mérinos adulte. De la qualité de la laine dans les différentes parties du corps et de l'aspect de la toison en général. Du degré d'égalité qu'il est possible d’atteindre dans les diverses parhes de la toison. 5777"rene De la repousse de la laine après la tonte.... Du poids de la toison et de son rendement...... DEUXIÈME SECTION.— De la toison de l'agneau.. TROISIÈME SECTION.— De la tonte......: CHAPITRE IV.— Des laines fines et superfines après atontes mer Re RE Te PREMIÈRE SECTION.— Du classement des toisons et du IRABCRENIS INT, Re Coin! DEUXIÈME SECTION.— Du lavage......: Du hvage dose. Es Du lavage marchand, = é Pa get nn= 112 di$ JV TABLE DES MATIERES. « www Du dégraissage à fond........+.-+. Pas. 140 Du lavage asfroid après à tonte Ut:. 2.»-:-4.) 142 TROISIÈME SECTION.— De la valeur comparative des diverses parties d’une même toison et des différentes, espèces de toisons entre elles, sous le rapport de la D 0 QUATRIÈME SECTION.— De la vente des laines mé- L D OS eee ere eco vue DJ Drircours décdameste cho de«7 tele ee OT el Ouahtémelatne.= 0)... p Facilité de déplacement et de transport.+++:+ 194| Mesure de la productions 5: fs. ie RE 199| c Mosuredes besoins ec or ci de 106| UE g| n RES TN M aies sie+ ele.+ 219| NI de à à FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES il I U] les ph l'E | ile | | ! Î UV LUEUR VUVEA v AAAAAN AA AA AA AA AA ANAANR AVANT-PROPOS. Lxs questions qui se rattachent à la production et au traitement des laines sont maintenant, plus que jamais, d’un grand intérêt pour lagri- culture et l’industrie francaises: nous allons nous en occuper; mais, auparavant, qu'il nous soit permis d'exposer nos titres à la confiance de nos lecteurs. Le troupeau mérinos de Naz, arrondissement de Gex, département de l'Ain, Choisi en Espagne, il y a environ vingt-six ans, dans les plus belles races, et augmenté d’un certain nombre de bêtes provenant de l'extraction Gilbert, a été élevé à un haut degré de perfectionnement, d’abord par les soins éclairés de M. Girod de Lepeneux, et plus tard par une association de famille qui s’est réunie à lui. Des efforts soutenus et de nombreuses expé- riences ont été consacrés à maintenir et accroître 7 AVANT-PROPOS. la supériorité de ce troupeau, les propriétaires n'ont point eu à les regretter. Les chambres consultatives des arts et manufactures de Sedan et de Réthel ont constaté, par rapports et pro- cès-verbaux, que les laines de Naz surpassent en beauté les plus belles de France, et qu’elles sont au moins égales aux plus belles de la Saxe. Ce jugement a été solennellement sanctionné par le Jury central de la dernière exposition au Louvre. Les laines de Naz ont été jugées dignes de la pre- mière médaille d’or, et MM. Cunin Gridaine, de Sedan, et Frédéric Jourdain, de Louviers, ont ob- tenu également des médailles d’or pour des draps fabriqués avec ces mêmes laines. Déjà en 1821 la Société d'Agriculture du département de l'Ain avait décerné à l'Association de Naz un grand prix d'encouragement. Confirmés par d'aussi honnorables témoigna- ses dans l’opinion que nous avons dû nous for- mer de nos moyens de perfectionnement, nous avons pensé qu'il ne serait pas sans utilité de les faire connaître, ainsi que les résultats de nos AVANT-PROPOS. 1 études et de notre pratique. Nous les offrons au public: nous nous estimerions heureux si notre pays pouvait en retirer quelque fruit. M. le vicomte Perrault de Jotemps, auquel la Société d’Encouragement pour l’industrie natio- nale a accordé, l’année dernière, le prix destiné par M. Ternaux au meilleur Mémoire sur les mérinos, a eu la principale part à la rédaction de l'ouvrage que nous publions: directeur des Éta- blissemens de Naz, il a pu se livrer plus parti- culiérement à une longue suite d'expériences et d'observations; ses collaborateurs ont cru devoir faire mention de cette circonstance. a AY RAA AA AAA RAA A AR AA RAA AR AA RU AU AURA AAA AA RAA AAA AA AAA AA RÉ INTRODUCTION. Braucour d’écrits ont déjà traité des mou- tons mérinos. Plusieurs d’entre eux, que nous devons à des agronomes distingués, et qui parurent à différentes époques, ren- ferment sur l'éducation de ces animaux les notions les plus intéressantes et les plus utiles. Nous ne croyons pas qu'il soit néces- saire de faire ici la nomenclature deces ou- vrages, 1ls sont assez connus, et les noms de leurs auteurs sont prononcés ayec re- connaissance par tous ceux qui ont à cœur la richesse agricole et manufacturière de France. Il pourrait donc sembler présomptueux, de notre part, de prendre la plume après des auteurs si justement estimés, si d’au- tres circonstances métaient venues donner un nouvel aspect aux questions dont ils se sont occupés, et si à l’égard de lindus- [42 VI INTRODUCTION. trie des mérinos, comme à l'égard de toute autre, il n’y avait pas toujours à avancer dans la voie du perfectionnement. Il est certain que cette industrie se présente aujourd’hui sous un jour bien différént de celui sous lequel elle s’offrit à nous lors des premières importations en France des moutons espagnols ,ét mêmede ce qu’elle était encore il y a peu d'années. Péndani long-temps, en eflet, tous les efforts durent avoir pour but lintroduc- tion ét la multiplication de la race me- rine; et pour aiteindre ce but, que de diffféultés il fallut surmonter, que de ré- sistances, de préjugés, de vierlles routines à vaincre, soit chez le producteur, soit chez le fabricant! Honneur aux hommes dont le zèle ne se laissa rebuter par aucun obstacle, et dont les travaux ont enrichi nôtre pays d’une si précieuse acquisition! Mais si la première époque de Pindus- trie dés mérinos éh France a été presque exclusivétnent consacrée à introduire et à multiphier cette belle race, l'époque ac- INTRODUCTION. VII tuelle doit être celle de son perfectionne- ment; Car la production des laines fines et métisses s’est tellement accrue, sur- tout dans les pays étrangers, qu'elles ont afflué sur tous les marchés de l’Europe, et que leur dépréciation est venue jeter le découragement parmi les producteurs. Nous pensons donc que le moment esi arrivé, où l'attention, trop long-temps absorbée par le désir de créer le plus de toisons mérinos ou métisses que possible, et de doubler le poids de ces toisons, doit être dirigée vers l’amélioration de la laine, et qu'il Sagit beaucoup moins aujour- d’'hui de la quantité ,que de la qualité des preduits. Nous n’entrerons pas dans le détail des circonstances qui ont conduit, presque malgré eux, les agronomes les plus éclai- rés, et, à leur exemple, le plus grand nombre des propriétaires de iroupeaux, à chercher, dans une augmentation de taille et de laine, le perfectionnement des mérinos. Ces circonstances ont été sans d, RTE ee AR VIII INTRODICTION. doute bieñ puissantes, puisqu’en adop- tant le système d'éducation qui condui- sait aux grosses formes et aux lourdes toisons, on semblait consentir à ne plus attacher qu’une importance secondaire à la superfinesse de la laine. Mais sans nous occuper de ce qui s’est fait ou de ce qui aurait dû se faire jus- qu'à présent relativement à l’élève des troupeaux fins, nous jetterons un coup- d'œil rapide sur l’état où se trouve au- jourd’hui cette branche si importante d’a- griculture et d'industrie. Nous sommes d’abord frappés du bas prix auquel sont tombées nos laines fines et métisses, pendant que nos manufactures de premier ordre sont forcées de tirer du dehors et à des prix très-élevés les matie- res destinées à ces beaux produits qui as- surent par-tout leur prééminence et leur juste renommée(1). (1) Nous manquons en outre de celte espèce de laine pa pis Po = à. De mr== SE pe ri ET SET CT_— g= INTRODUCTION. IX Un tel état de choses, si nuisible aux propriétaires, a dù exciter leurs plaintes; ces plaintes ont retenti à la Chambre des Députés; mais, au lieu de remonter à a véritable source du mal, on s’est con- tenté de demander au Gouvernement une augmentation de droits sur les laines étrangeres. Ces droits ont été quadruplés, et néanmoins une nouvelle baisse dans le prix des laines fines indigènes à mis le comble au découragement, et a justifié les craintes que nous avions nous-mêmes manifesiées sur l’eflicacité du remède. Nous n'hésitons pas à croire qu'il est urgent de venir au secours de l’industrie des mérinos; car autrement nous serons témoins, et beaucoup plus tôt qu’on ne pourrait le penser, de sa complète déca- dence; mais nous ne nous bornerons‘pas a appeler a son aide des lois de douanes de peigne, qui, pour la confection des étoffes rases et des tricots, donne tant d’a; antage à nos rivaux de la Grande-Bretagne. Le X INTRODUCTION. ou des mesures administratives: quelque sagement combinées et exécutées qu'elles fassent, elles seraient toujours impuis- santes, si les propriétaires ne se faisaient pas une idée exacte de leur position et du véritable but auquel doivent tendre actuellement leurs efforts. Jusqu'à présent on a trop négligé l’é- iude de la laine. La plupart des éleveurs se sont bien plus occupés des formes et du corsage de leurs bêtes, du volume et du poids de la toison, que des qualités qu rendent la laine plus ou moins propre à la fabrication. Il est également vrai de dire que, pendant long-temps, beaucoup de fabricans montrèrent eux-mêmes une espèce d’indifférence à ce sujet, et que la routine et les préventions, qui semblaient leur guide unique, s’opposerent d’une manière fàacheuse aux progrès de cette étude. Que l’on se ressouvienne, en eflet, du dédain avec lequel les manufactures francaises traitèrent les premiers produits des troupeaux importées. INTRODUCTION. X1 Elles s'attirérentalorsdes reproches bien mérilés, puisque ces préjugés auraient pu, sans la persévérance des hommes dont nous avons parlé, tuer dans son berceau une si précieuse industrie. Mais ces mêmes manufactures, loin de rester stationnaires dans la voie du per- fectionnement, y ont fait chaque année de nouveaux progrès, et à mesure qu'elles sont devenues plus habiles dans l’art de la fabrication, elles ont acquis des con- naissances plus réelles sur la qualité des matières qu’elles emploient: aussi nous sommes loin de chercher contre elles un motif d'accusation, dans la préférence qu'elles accordent aujourd’hui à certaines laines étrangères sur celles qu’en général leur fournit la France; cette préférence ne provient plus des habitudes et des pré- jugés, mais bien d’une pratique éclairée par des expériences positives. À leur tour, les producteurs ne doivent pas rester en arrière dans l’étude si indis- pensable de la laine: ceite étude, nous XIS INTRODUCTION. en sommes convaincus, peut seule les conduire à une situation meilleure. Îl faut décidément renoncer à cultiver sans calcul et, pour ainsi dire, sans discerne- ment une même espèce de laine, qui, par son abondance sur tous les marchés de l’Europe, éprouve chaque année une nou- velle dépréciation; il faut sur-tout réflé- chir que, dans plusieurs contrées, il y à, comparativement à la France, une éco- nomie de la moitié et même des trois quarts des frais de production, et que la concurrence qui en résulte, ferme pour nous la porte à toute exportation, si nous ne fondons pas nos moyens d'écoulement sur la supériorité de nos produits(“)e (1) Des rapports authentiques, venus de Tondres en 1821, annonçaient:« que les laïnes françaises avaient » perdu leur crédit en Angleterre; que les plus belles se » tiraient d'Allemagne; que, pour rivaliser avec ces Ü » contrées, il faudrait offrir sans cesse des laines supé- » rieures aux plus belles léonaises et presque égales à » celles de Saxe; que ces laines sont, il est vrai, peu » communes; mais qu'il en existerait davantage si nos INTRODUCTION. XII Personne ne met plus en doute qu'en augmentant la taille du mouton et le poids de sa toison, on n'ait perdu de la beauté de la laine et altéré Le type de la race mérine. Ce système d'éducation, qui, comme nous l'avons dit, naquit des circonstances du moment(1), doit faire place à un sys- » cultivateurs entendaient mieux leurs véritables intérêts; » qu’on rechercherait toujours en France et en Anple- » terre, sur-tout, les premières qualités de laine; que, » dans cette dernière contrée, les laines de Saxe, qu’on » payait, en 1820, sept schellings six pences, lavées à » dos, se vendaient, en 1821; huit schellings six pen- » ces, et que celles d'Espagne, du prix de six schel- » lings six pences ez surse, étaient offertes à trois schel- » lings neuf pences; que la raison de ces variations se » trouvait sur-tout dans les demandes faites de tous les » points du globe des draps de qualité superfine, et dans » l'augmentation, par-tout considérable, de la quantité » de laine, etc., etc., etc.» (1) Trois causes principales ont favorisé Le système des grosses formes et des lourdes toisons: 1°. La concurrence qui a existé long-temps pour l’a- chat des laines mérines, et qui n’établissait presque au- cune différence de prix pour les divers degrés de finesse DT nn Ze XIV INTRODUCTION. tème mieux entendu, et dont lapplica- lion est devenue d’une impérieuse né- cessite. Notre intention principale en prenant la plume, étant d'envisager l’industrie des mérinos sous le nouveau point de vue où elle se trouve aujourd’hui placée, nous avons dû nous livrer nous-mêmes à un examen approfondi des qualités de la laine: plus nous avons avancé dans cette étude et plus nous nous sommes convain- cus de son extrême importance. Nous n'hésitons donc pas à traiter d’abord toutes les questions qui s’y rattachent, avant de et de beauté. Cette concurrence est aujourd’hui parmi les vendeurs. 20, Les bénéfices que donnait la culture des mérinos, et qui étaient tels, que l’on faisait peu d’attention à l'augmentation des frais de nourriture, en raison de l'augmentation de la taille des animaux: maintenant ces calculs ne peuvent plus être négligés. 3°. Le mode de perception par téte de mouton, du droit d'octroi dans les villes. Nous avons lieu d’espérer que l'Administration changera ce mode quand elle se sera convaincue de sa fâcheuse influence. PE INTRODUCTION. XV publier le résultat de nos observations et de notre expérience sur les soins qu'exi- gent les troupeaux, et sur leur meilleur mode d'éducation. Nous nous felicite- terions, si nous parvenions à diminuer le découragement qui s’est emparé de beaucoup de propriétaires, et si nous contribuions à donner à leurs efforts une direction plus utile et plus profitable. La France doit marcher en premiere ligne pour toutes les espèces d'industrie, et si elle s’est laissée devancer dans celle de la production des laines, elle peut aï- sément reprendre la place qu’elle n’eüt pas dû perdre un instant. Tout en effet la favorise à cet égard, la nature de son climat et de son sol, les progrès de son agriculture, et sur-tout le bonheur de posséder les premières manufactures du monde. Voici en peu de mots le plan que nous nous sommes tracé: notre ouvrage sera divisé en deux Parties. La première sera consacrée à la laine. Nous v étudierons : À LA HA } Le + | \ À MA| JAI | HI: ï À Î 4#1 t) h WE} F3 Sa| RE: He 14 l8F: RE el 1 DT TA ‘HA 4 ee: \ 4 À| 4 * X VI INTRODUCTION. celte matière première dans son dévelop- pement, dans ses différentes propriétés et dans les rapports de ces propriétés entre elles et avec l’état de la peau et du corps du mouton. Nous nous occuperons aussi de certaines circonstances extérieures, dont l'influence sur la laine n’est pas douteuse, et nous parlerons de ses qua- lités les plus désirables pour la fabrica- tion. Ce dernier objet est si intéressant, que nous l’eussions sans doute abordé le premier, si, pour le traiter d’une manière convenable, nous n’avions pas été obligés de poser des principes, et de donner des définitions préalables. Nous passerons ensuite à l'examen des différentes espèces de laines et à celui de la toison pendant son séjour sur le corps de l'agneau et du mérinos adulte. Enfin nous parlerons de la tonte, du classement des toisons, du triage en suint, du lavage, de la valeur des laines, de leur vente, et nous esquisserons Île plan d’un nouvel Etablissement, dont la créa- me INTRODUCTION. XVII tion serait vue sans doute avec intérêt par les pfôpriétaires de troupeaux. Le chapitre premier de cette première Partie est naturellement un peu abstrait; il exige donc une attention que nous prions avec instance nos lecteurs de lui accorder. De notre côté, nous avons mis un soin scrupuleux à ne nous livrer à l’examen d'aucune théorie dont la pra- tique ne nous eût pas démontré la justesse et l'utilité. Dans la seconde Partie de notre ou- vrage, qui aura pour objet les moutons, nous nous eflorcerons d'approfondir les différentes questions qui ont trait à l’édu- cation de ces précieux animaux. Quoique nous aions principalement en vue la race mérine, nous ne négligerons pas d’étu- dier les races communes et de nous occu- per des croisemens. . Nous nous étendrons sur-tout sur le choix si important des bêtes de repro- duction, et sur la nourriture et les soins a donner aux moutons non-seulement : e- don" Dm nr pee: HT 2 s PSE RS> ee,>". CP DM mmréliisamet ct_ A— dci EE mu ft X VITI INTRODUCTION. sous le point de vue de leur santé, mais encore sous celui du perfectionnément de leurs toisons. Nous chercherons à nous rendre compte de Ha position actuelle des troupeaux mérinos en France, suivant les différences de localités ou de principes d’é- ducation, et nous tirerons de cette espèce d'examen statistique des conséquences et des moyens d'amélioration. Décidés à combattre les préjugés et à signaler les erreurs par-tout où nous les rencontrerons; mous recevrons nous- mêmes avec empressement et reconnais- sance les observations auxquelles pour- raient donner lieu quelques-unes de nos assertions, et nous nous ferons un devoir de publier celles de ces observations qui renfermeraient des critiques fondées ou des vues nouvelles. =,————— aaEaEaEaEZEEeEe NOUVEAU TRAITÉE SUR LA LAINE ET LES MOUTONS. LVL IAE VU LAS LUE VU UUE AA VU VU UV AAA UT UV RAA AAA SR BUT PREMIÈRE PARTIE. DE LA LAINE. AV UVVY VU VUE LU VUE LUN CHAPITRE PREMIER. Considérations générales sur la laine. SECTION PREMIÈRE. DU BRIN DE LAINE, DE SA NATURE ET DE SON DÉVELOPPEMENT. LA chimie, qui a fait faire de nos jours, de si grands progrès à certaines branches de l'in- dustrie nationale, ne paraît pas encore s'être suflisamment occupée de la laine: elle a, Sans doute, analysé les substances dont se compose cette matière première, ainsi qu’elle l’a fait pour les cheveux et les poils en général; mais ce n’a pas été dans une vue spéciale d'utilité pratique. Cependant l’agriculteur et le manufacturier at- tendent de cette science de précieuses lecons: l (29 c’est à elle de suivre le brim de laine depuis sa naissance Jusqu'à son entier développement, et depuis le moment où il est séparé du corps du mouton, jusqu’à celui où il entre dans la con- fection des différentes espèces d’étolles; c'est encore à elle d’étudier l'influence que peuvent exercer sur les qualités de la laine certaines cir- constances extérieures, ainsi que les diverses préparations qu’elle peut avoir à subir, afin de tirer de cette étude des conséquences propres à guider l’industrie dans le choix des meilleures pratiques d'éducation, tout comme dans celui des procédés les plus avantageux de lavage et de fabrication. En attendant qu'on ait acquis des connais- sances plus positives sur tous Ces points, el par- ticulièrement sur la substance, la formation et le développement du brin de laine, qui doivent faire lé sujet de cette première section, nous ne croyons pas inutile de publier le résultat de nos propres observations, quelque incomplet qu'il puisse paraitre. Du brin de laine et de sa nature. Le brinde laine est un filet de substance solide, sorte de mucus durci, auquel s'unit une ma- bière huileuse ou sayonneuse. ce mo PE * La partie solide n’est soluble ni dans l’eau froide n1 dans l’eau chaude, à quelque degré que ce soit; mais cette solution peut être opérée par des bains corrosifs. La matière huileuse existe dans l’intérieur et à l’extérieur du brin. Dans l’intérieur, elle forme la moëlle, ou, si l'on veut, la séve; à l'extérieur, elle constitue ce qu'on nomme suint et surge.| Le suint se dissout dans l’eau froide. Le surge ne part qu’à l’eau chaude, encore cette opération exige-t-elle le mélange d’autres substances, et notamment du suint même. Quant à la partie médullaire de l’intérieur du brin, il est naturel de lui supposer beaucoup d’analogie avec les précédentes, et l’on ne peut guere douter que ce ne soit qu'à son enveloppe seule qu’elle doive la faculté de résister aux agens qui opèrent la dissolution du surge et du SuInt. On peut attribuer à cette substance intérieure limpossibilité où l’on est d'obtenir, même par plusieurs opérations successives, le dégraissage complet de la laine, impossibilité dont on s’a- percoit par une réapparition de gras après un certain temps. Du reste, c’est sans doute à cette circonstance que nous devons la douceur et le moëlleux des étoffes; car s’il était possible de 11 62 débarrasser le brin de toute matiere grasse, il perdrait sa souplesse, et sa substance desse- chée deviendrait semblable à celle de la corne. De son développement. Les circonstances du développement de la laine sont fécondes en conséquences utiles, nous allons en donner un résumé rapide, en ayant soin denenous attacher qu'à celles sur lesquelles les naturalistes sont d'accord, et qui nous pa- raissent se rapporter plus directement au but de cet ouvrage. Le brin de laine prend naissance dans le tissu cellulaire qui se trouve sous la peau. Son ber- ceau est un bulbe, tantôt rond, tantôt ovale, que la circulation remplit d’une humeur VIs- queuse, qui lui sert de nourriture. Ce bulbe se compose de deux membranes, l’une externe, et l'autre interne, qui enveloppe immédiatement la racine du brin. Cette racine s’avance vers l’ou- verture de la peau, qui doit servir de passage à ce brin, et se sépare alors de la membrane exte- rieure du bulbe; le brin, arrivé à l’'épiderme, lesoulève sans le percer, et s'en fait une gaine, qui s’unit€ troitement à l'enveloppe que lui avait fournie la membrane intérieure du bulbe, Quelques physiologistes onl prétendu que le J poil n’était pas un corps fistuleux; qu'il ne cir- culait pas de sève dans son intérieur, el qu'il croissait par j#xta-position; c'est-à-dire que chaque portion qui se formait à sa racine, pous- sait devant elle les portions déja formées. Ce système est fortement combattu. Sans flôus en- sager dans la controverse, nous devons dire qu'il nous paraît beaucoup plus probable que le poil s’accroit et se nourrit, comme laplante, au moyen de la circulation d’un fluide qui le rem- plit et le dilate; il devient, en outre, ainsi que l’a indiqué le docteur Derham, un des organes de la transpiration insensible. La porosité du tissu du poil, et par conséquent du brin de laine, lui donne donc la faculté d’exhaler, à laquelle nous ajoutons celle d’absorber. Quand nous traï- terons des effets de l'humidité sur la laine, nous aurons occasion de reconnaître l'importance de cette dernière propriété. Nous pouvons donner place ici à l’énonctation d’un principe avancé par plusieurs naturalistes, et qui, à notre connaissance, n’a point été con- testé, c’est que la forme du brin est modifiée par la configuration du pore de la peau qui lui sert de moule. Ainsi, disent-ils, le poil sera tn, lisse, ondulé, ete., etc., suivant que le pore sera étroit, droit ou tortueux. nr pee- (6) On peut tirer de ce principe des conséquences bien intéressantes en pratique: une expérience longue et attentive nous a démontré combien la nourriture avait d'influence sur la qualité de la laine; l’étude approfondie des causes de cette influence ne peut-elle pas nous conduire un jour à des résultats inespérés? Ne sait-on pas que la puissance de l’homme est allée jusqu'à modifier, dans sa conformation même, le corps des ani- maux domestiques? Bakerwell n'a-t-il pas di- minué de moitié le poids de la charpente osseuse de la race de moutons qu'il a formée? N’a-t-1l pas doublé le poids de sa chair, et n'en a-t-1l pas pétri les formes à son gré? L'on ne doit pas renoncer à l'espérance de prendre un empire semblable sur la dépouille de ces précieux ani- maux, puisque les qualités de la laine Liennent essentiellement à sa forme, et que sa forme dé- pend en grande partie de l’état de la peau, sur laquelle la nourriture agit d’une manière incon- testable. Au surplus, cet empire nous l'avons déjà exercé en partie, par le croisement des ra- ces, puisque nous sommes parvenus à substituer une peau mince, recouverte d’une laine fine et frisée, à une peau épaisse qui ne produisait que des poils grossiers et lisses; mais nous revien- drons sur ce sujet. D_ DEUXIÈME SECTION. ÉNUMÉRATION ET DÉFINITION DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE. Ce serait sortir du cadre dans lequel nous de- sirons nous renfermer, que de rechercher dans la substance de la laine toutes les propriétés que l'œil du savant peut y observer; il en est qui n’intéressent pas la pratique, ou ne l’intéressent que trop peu, et que, par cette raison, nous négligeons entièrement, pour ne nous attacher qu’à celles dont l'étude nous est indispensable. Nous énumérerons successivement les pro- priétés du brin de laine isolé, et nous définirons ensuite chacune d’elles, en fixant d’une ma- nière précise le sens que nous attacherons, dans le cours de cet ouvrage, aux diverses qualifica- tions que nous aurons à employer, et en accom- pagnant cette définition des observations pour lesquelles nous n’aurons point réservé de place ailleurs. Les propriétés qui fixeront notre attention, dans le brin isolé, sont: 1°. son caractère, 2°. sa finesse, 3°. sa longueur, 4°. sa souplesse, 5°. sa force proprement dite, 6°. ses différens modes d'élasticité, 7°. sa douceur, 8°. enfin les facultés (C8) qu'a son Ussu de se contracter, de se dilater, d’absorber et d'exhaler. Les propriétés que nous aurons reconnues dans le brin isolé se retrouveront dans la réu- nion des brins en masse; mais elles seront com- binées entre elles de telle sorte, que celles de la masse ne seront, à peu de chose près, que le produit en moyenne de celles de chaque brin. Il en est une toutefois que nous ne pouvons apprécier que dans la réunion de plusieurs brins, c’est celle dont nous parlerons tout-à- l'heure sous le nom d’élasticité de volume. Du caractere. Nous désignerons, par la dénomination de caractère, les diverses formes sous lesquelles le brin de lame se présente; les plus remarqua- bles de ces formes se distingueront par des qua- lifications différentes. Ainsi le brin s’appellera frisé, ou ondulé, s'il offre plusieurs sinuosités plus ou moins régulières; il sera vrillé, si ces sinuosités se développent en spirale; il sera crépu si, sans être ondulé, il décrit une courbe unique, ou un très-petit nombre de courbes irrégulières; enfin il sera plat(1), unt, ou (1) Il résulte de ce que nous avons vu dans la première section de ce chapitre, que le brin de laine est un tube: 9) lisse, Si ne présente aucune frisure où ondula {on De la finesse. Le degré de finesse du brin n’est autre chose que la mesure de son diamètre. Cette mesure n'est jamais parfaitement déterminée dans la pratique, et il serait même impossible qu’elle le fût. Malgré que la forme du brin soit ronde; il ne s’ensuit pas qu'il soit un cylindre parfait, c’est-à-dire que la mesure de son diamètre soit égale dans toute sa longueur. Cette égalité com- plète, si désirable, ne se rencontre presque jamais: Le brin est habituellement plus fin à sa racine.qu'il ne l’est à son extrémité, excepté toutefois dans la premiere laine que l’agneau apporte en naissant; car dans celle-ci l'extré- mité du brin s’effile en pointe. Cette disposition du brin de laine à grossir vers son extrémité pourrait peut-être s'expliquer de la manière suivante: Le brin recoit un approvisionnement quel- s’il est quelquefois aplati, ce ne peut être qu’accidentel- lement et seulement dans quelques-unes de ses parties: ainsi, il ne faut pas croire que l’expression de laine plate, dont on se sert dans la pratique, indique dans le brin une structure réellement plate. On n’emploie cette expression que pour désigner une laine Zsse, unie, Sans frisure où ondulafion. PA ui= n=. 2 Ve. ES— US #10) conque de la substance liquide contenue dans le bulbe où il a pris naissance; il doit en assimiler une partie pour son développement et en ex- créter la partie surabondante. Dans la premiere laine de l'agneau, dont l'extrémité n'avait point été coupée et se terminait en pointe, cette Ex crétion ne pouvait avoir lieu qu'au moyen des pores du tissu du brin; mais si la tonte a une fois ouvert le canal du tube, cette ouverture deviendra un moyen plus facile et plus abon- dant d’excrétion, et la substance prendra lha- bitude de se porter vers cette extrémité tron- quée. Nous pourrions, d'ailleurs, ajouter que le tissu poreux du brin ayant la faculté d’absor- ber, il est naturel de croire que cette faculte doit être plus eflicace à l'extrémité extérieure du brin, qui est à la surface de la toison, que dans la partie voisine de sa racine, qui est plus abritée, et que, par cette nouvelle raison, 1l doit être plus grossier à cette premiére extré- mité qu'à la seconde. On ne juge, en général, de la Jinesse de la laine que par comparaison, et l'habitude seule peut rendre ce Jugement plus ou moins sûr; Ce- pendant il existe des instrumens spécialement destinés à cette mensuration, nous aurons plus tard l’occasion d’en parler. EE— Se Ê Ce£ a (ED) De la longueur. La longueur du brin est ou apparente, ou réelle. La première est celle que présente le brin sous son caractere naturel, c’est-à-dire sans qu'il soit étendu, s’il est frisé, vrillé ou crépu; la seconde est celle qu'il acquiert lorsqu'il est développé ou étendu, sans étre étiré. Dans le brin complétement lisse et plat, la longueur apparente ne diffère pas de la longueur réelle. Aïlleurs, nous dirons dans quelle latitude les diverses espèces de laines varient pour la longueur, et quelles sont, à cet égard, les di- mensions qui paraissent les plus convenables pour tel ou tel genre de fabrication. De la souplesse. La souplesse du brin n’est autre chose que sa flexibilité, et il ne faut pas, comme on le fait souvent, la confondre avec la douceur, dont elle n’est qu'une des conditions. Musschen- broeck entend par la flexibilité cette propriété en vertu de laquelle la figure d’un corps solide peut être changée, allongée ou raccourcie sans qu'il s’y opère aucune Séparation de parties: cette définition nous paraît bien rendre l’idée que nous nous faisons de la souplesse du brin de laine, puisqu’en qualifiant une laine de souple, (re. nous entendons tout-à-la-fois qu’elle cède(a- cilement à la moindre force, qui tend à faire changer la direction de son brin, soit en le pliant, soit en le redressant, et qu’elle se laisse étirer, sans se rompre au-delà de ce que nous avons appelé sa longueur réelle. Quant à la faculté d’être raccourcie, elle esi nulle, ou du moins insignifiante dans la prati- que, et nous ne tiendrons aucun compte de cette partie de la propriété de souplesse. De la force proprement dite. La force du brin est la mesure de la resis- lance qu'il oppose à l’action qui tend à le rom- pre; elle consiste proprement dans le plus ou moins de cohérence entreles parties qui le com- posent. Des différens modes d'élasticité. L’élasticité est en général la propriété au moyen de laquelle les corps naturels se réta- blissent dans la figure et l'étendue que quel- que cause extérieure leur avait fait perdre: nous distinguerons, dans le brin de lame, plu- sieurs modes d’élasticité, attendu que cette propriété se manifeste avec des caractères diffe- rens dans telle ou telle espèce de lame, et que chacun de ces caractères a des conséquences di- De (52 verses dans la fabrication. Nous appellerons, r°. élasticité du frisé cette espèce de ressort au moyen duquel un brin friséou onduléreprend sa première forme et sa première longueur lorsque la force extensive, qui le maintenait dans la ligne droite, cesse d'agir: toutes les laines ne sont pas susceptibles de cette espèce d’élasticite, et notamment la laine lisse et droite, qui ne peuts’étendre davantage sans s’étirer, puisque sa longueur réelle est égale à sa longueur apparente; 2°. Élasticité de redressement, la puissance ue développe un brm de laine pour reprendre sa direction et sa forme, si on l’a courbé en un ou plusieurs sens: le brin frisé et le brin lisse sont l’un et l’autre plus ou moins susceptibles de cette élasticité de redressement; 3. Elasticité de retirement, Veffort du‘brim pour revenir à sa longueur réelle ou apparente lorsqu'on l'a étiré au- delà de cette première longueur; 4°. Enfin, élasticité de crispation, Veftet qui se manifeste dans la partie du brin voisine de la rupture, Si on l’a cassé en l’étirant. De la douceur. La douceur s’apprécie au toucher: le brin de laine sera d'autant plus doux que sa surface sera pe (14) plus unie, plus pleine, plus exempte d’aspérités, et qu'il sera plus flexible; sa douceur dépendra donc essentiellement 1°. de sa forme et 2°. de sa souplesse: nous montrerons par la suite l’uti- lite de cette distinction. Des facultés de se contracter, de se dilater, d'absorber et d'exhaler. Ces diverses facultés se définissent assez d'elles- mêmes: on ne peut refuser au tissu poreux, qui sert d’enveloppe au brin de laine la propriété d’absorber les fluides extérieurs, d’évacuer ceux quise trouvent dans l’intérieur, et de se contrac- ter ou dilater suivant les différentes influences atmosphériques ou autres auxquelles il peut être soumis. Ces effets sont, aimsi que nous le verrons plus tard, féconds en conséquences lu- mineuses pour tout ce qui concerne le traitement des laines soit avant, soit après la tonte. De l'élasticité de volume. On a vu plus haut qu'il existait une propriété que nous avons désignée sous le nom d’élasti- cité de volume, et qui ne pouvait, en pratique, s'apprécier dans le brin isolé, mais seulement dans la réunion de plusieurs brins en masse: il est temps de la définir. Ca5) Nous entendons par élasticité de volume a fa- culte que possède la laine d’être réduite ou aug- mentée dans son volume, par l'effet de la com- pression ou de la traction: cette espèce d’élasti- ticité est la même qu'on observe dans certains corps qui, altérés dans leur volume, cherchent à occuper de nouveau l'espace qu'ils remplis saient avant l’action. IL est encore une propriété de la laine que nous ne devons pas passer sous silence, c'est sa couleur: nous ne chercherons point ici les causes physiologiques auxquelles on doit attribuer les nuances qui se manifestent dans les différentes espèces de poils, lames ou cheveux; et sans es- sayer de mettre d'accord les savans sur ces ques- tions, qui les diviseront peut-être encore long- temps, nous nous bornerons à observer qu'il est des laines naturellement teintes de diverses couleurs( noire, brune, jaune, rousse, grise) qui résistent à l'effet des bains dont on se sert pour le lavage et dégraissage, et d’autres qui sont blanches: ces derrnières présentent pres- que toutes des nuances variées, avant le dégrais- sage; mais cette opération les ramène, en gé- néral, à la même. La laine blanche doit être naturellement la plus appréciée, parce qu'elle est susceptible de prendre toutes espèces de 12: bre he er— 1 the TE PS C6) temtures et de les prendre également: tandis qu'il n’en est pas ainsi des laines naturellement colorées. TROISIÈME SECTION. DES RAPPORTS DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE ENTRE ELLES. Nous rappellerons ici à nos lecteurs ce que nous avons dit dans l’/ntroduction de cet ou- vrage, c'est qu'une étude approfondie de la laine nous oblige à des définitions et à des dé- veloppemens qui peuvent paraître abstraits et d’une application immédiate difficile à saisir. Nous réclamons donc encore de leur part une attention sérieuse pour cette troisième section. Nous avons, dans la précédente, défini et ex- pliqué les propriétés de la laine, nous allons passer en revue les différens rapports qui lient entre elles ces propriétés. Leur connaissance n'est pas sans intérêt en pratique; car il est certain, par exemple, que si, pour être émi- nemment propre à la fabrication des plus beaux draps, la laine doit être fine, égale, souple, etc., et si la présence d’une de ces qualités indique la présence de plusieurs autres également dési- rables, et dont les rapports avec elles sont déjà connus, l'examen de la laine en devient et plus Ci A rapide et plus sûr. La finesse du brin est liée avec son caractère, sa souplesse, sa force proprement dite, sa dou- ceur, sa longueur, et ses différentes vertus élas- tiques. Rapport de la finesse avec le caractère du brin. La liaison de la finesse du brin avec son cä- ractère, Soit la configuration de son tube, nous paraît suflisamment démontrée, pour que rous ne Craignions pas d'en aflirmer l’existence. No- tre pratique ne nous laisse aucune incertitude à ce sujet: ainsi le frisé régulier est généralement suivi de la finesse. On peut, il est vrai, la ren- contrer aussi dans des laines presque lisses, et nous avons vu nous-mêmes quelques troupeaux dont les toisons montraient la réunion de ces deux circonstances à un degré assez remarqua- ble; mais la rareté d’une pareille nature de laine doit, jusqu'a un certain point, la faire considérer comme une espèce d'exception, et d’ailleurs c’est toujours avec le frisé que nous avons trouvé la plus haute finesse. Quelques observateurs anglais et allemands ont poussé tres-loim l’examen de la laine sous 2 EN L. eee ie AE Ru Cie 2 TEE ES un© sa D | t F ï ( 18) le rapport qui nous occupe, et ils en sont venus jusqu'a se créer, à ce sujet, un véritable sys- tème. Suivant eux, la finesse du brin est en rapport direct avec le nombre et la forme de ses ondula- tions, sauf, néanmoins, l'exception relative aux laines lisses, que nous venons de signaler et dont ils conviennent eux-mêmes. Ils trouvent, 1°. que le nombre des petits arcs de cercle qui composent le frisé varie dans la longueur d’un pouce, selon la finesse et l'égalité de cette finesse dans toutes les parties du brin, depuis huit, jusqu’à trente-six et même au-delà; 2°. Qu'a nombre égal de ces arcs, dans une longueur donnée du brin, celui-là sera le plus fin, dont les ondulations seront plus petites, plus verticales, plus régulières et suivront une ligne plus directe; 3°. Que le brin ie plus égal pour la finesse, dans sa longueur, sera celui dont les ondula- tions se retrouveront dans toute la régularité désirable depuis l’une de ses extrémités jusqu à l'autre. Ces observations nous ont paru d’une grande importance. Nous nous sommes livrés nous- mêmes, sur cet objet, à de minutieuses re- =.— Re RS & EEE: Lo IT D Arte EP ( 19) cherches: nous avons bien trouvé quelques exceptions aux principes que nous venons de citer, mais en trop petit nombre pour qu’elles aient pu nous faire douter de la vérité de ces principes. Rapport de la finesse avec la souplesse. La finesse du brin est en rapport direct avec la souplesse, cette qualité si précieuse de la laine. On le conçoit facilement, comme on con- coit qu'une ficelle est plus flexible qu'une corde, et un cheveu qu’un crin. Il peut néanmoins se présenter des exceptions à la règle générale que la souplesse accompagne la finesse: elles résul- teront de l’ouverture plus où moins grande du tube à diamètre égal, ou de la composition de la substance même du brin, qui pourra être plus ou moins molle ou plus ou moins dure. Rapport de la finesse avec la force proprement dite. Les rapports de la finesse du brin avec sa force proprement: dite sont difliciles à établir; ce- pendant leur existence ne saurait être contestée. Il est certain que, d’après la loi qui régit les corps, la force du brin serait en raison inverse 2. (60) de sa finesse, si l’on pouvait supposer toutes les autres conditions égales; mais cette supposition n’est pas admissible.: Nous avous entendu quelques personnes dire que la laine très-fine étant moins forte, préci- sément en raison de sa grande finesse, 1l y au- rait peut-être de l'inconvénient à trop s'atta- cher à cette dernière qualité. Une semblable opinion nous parait tout-à- fait erronée; car, sans rappeler les avantages remarquables, sous tous les autres rapports, que présente la finesse’, il est encore facile de se convaincre que cette différence de force dans le brin isolé disparait dans les opérations du cardage et de‘la filature, et même que de deux fils à diamètre égal, celui qui offrira le plus de résistance sera celui qui sera composé des brins de la laine la plus fine. Cela s'explique par l'effet de la souplesse, dont nous venons d’éta- blir la liaison intime avec la finesse. Supposons, en effet, un corps dépourvu de la première de ces qualités, sa force proprement dite, telle que nous l’entendons pour la laine, consistera uniquement dans le degré d’adhérence entre elles des molécules qui le composent. Une fois cette force d’adhérence vaincue, le =* e- me ES. D—— S x———-4 ee OR TT= Le A TRS à ni Lei F # fl (27 corps est rompu; mais si, en outre de ce degré d'adhérence, chacune de ces molecules est sou- ple ou élastique, c’est-à-dire susceptible d’ex- tension, l'effort qui tendra à les séparer, aura non-seulement à vaincre leur force de cohé- sion, mais encore à épuiser leur susceptibilité d'extension. Rapport de la finesse avec la douceur. La finesse est en rapport avec la douceur, parce que la laine la plus fine est habituelle- ment la plus souple, et qu'entre la souplesse et la douceur il y a une liaison certame. Mais pour bien juger de cette douceur, il faut que la laine ait subi les opérations du lavage et du dégraissage; car on concoit facilement que les deux espèces de gras qui environnent le brin, peuvent, en retenant des COTPS étrangers, en modifier la forme extérieure et sur-tout le poli. Rapport de la jinesse avec la longueur. Le rapport de la longueur du brin avec la finesse nous paraît assez établi dans ce sens, que le plus haut degré de cette dernière qua- té existe, le plus ordinairement, avec une longueur moyenne, que lon peut estimer d’un pouce et demi à deux pouces un quart, bien (32) entendu qu'il s'agit 1CI de la longueur appa- rente et non de la longueur réelle. Rapport de la finesse avec l'élasticite. Enfin, la finesse est en rapport intime avec les divers modes d’élasticité: 10. Du frisé. D'abord avec l'élasticité du frisé. Plus ce frisé sera régulier et nombreux dans ses ondu- lations, plus cette élasticité sera complète, c’est-à-dire plus le brin retournera à sa pre- mière position après l’action qui l’en aura tiré: or, nous venons de voir que la finesse du brin est aussi en raison directe du nombre et de la régularité de ses ondulations. 2°, De retirement. Il est certain que plus le brin est souple, plus il se laisse étirer, puisque cet allongement est une des conditions de la souplesse; 1l en sera également une de la finesse, à cause des rap- ports qui lient ces deux qualités entre elles. Mais il s’agit de savoir lequel du brin fin ou du brin grossier rentrera ensuite le plus vite et le plus complétement dans sa première po- sition. Cette question nous semble difficile à résoudre, et 1l nous faut admettre ici une dis- (23) tinction entre le brin isolé et la mèche de laine. Il est certain que plus celle-ci est fine et d'une finesse égale, plus le parallélisme de ses brins est régulier, et par conséquent plus elle se laissera allonger par l'étirement et se rap- prochera avecr égularitéde sapr emièere position. Quant au brin isolé,.si l’on s’en rapporte a l'œil, il paraît d'autant plus susceptible de l’é- lasticité de retirement qu'il est plus gr OSsIer; néanmoins il ne faut pas perdre de vue que l'allongement du brin fin, étant plus considé- rable, 1l peut, jusqu'à un certain point, jouir d’une plus gr‘ande puissance de retirement que le brin grossier, sans pour cela reprendre, avec autant de facilité que lui, sa première position. 3°, De redressement. Le rapport inverse qui existe entre la finesse et l'élasticité de redressement, ne laisse pas les mêmes doutes, car il est très-apparent. En effet, plus la laine est grossière et par consé- quent dénuée de souplesse, et plus elle se re- dressera avec promptitude. 4°. De crispation. Pour ce qui concerne l'habitude du brin de se crisper plus ou moins après avoir été rompu par l'étirement, habitude que nous avons nom (24) mée élasticité de crispation, elle est en rap- port très-direct avec la souplesse et par conse- quent avec la finesse(1). Ainsi les parties du brin très-grossier et très-roide resteront droites après avoir été séparées, et celles du brin très-fin et tres-souple se recoquilleront dans toute leur longueur, de manière à présenter l'apparence d’une petite boucle où d’un nœud. Je De volume. La dernière élasticité, dont nous examinerons la liaison avec la finesse, est celle que nous avons reconnue dans une réunion de brins, et appelée élasticité de volume. Plus la laine sera fine et souple et plus le volume donné de cette matière se laissera réduire par la compression; mais tout le contraire aura lieu dans l’eflort qu’un volume de laine comprimée fera pour reprendre son premier développement: car plus le brin sera grossier et plus cet eflort sera grand, puisque c’est l’élasticité de redresse- ment qui ramène, dans ce cas, la laine à son ancien volume. Si l'on cherche à développer le volume, en (1) De deux brins, dont l’une serait lisse, ou à-peu- près, et l’autre régulièrement ondulé, le dernier serait toujours, à finesse et souplesse égales;, le plus suscepti- ble de élasticité de crispation. (25) séparant les brins les uns des autres, ce déve- loppement sera d'autant plus difcile; et, au contraire, le retour à sa première forme sera d'autant plus facile et complet, que la laine sera plus fine et plus souple. Sans chercher l'explication de ce fait dans les lois de l’attrac- tion, auxquelles les corps sont soumis, NOUS pouvons la trouver dans le caractère ondulé de la laine, qui feutre naturellement les brins, et dans l’élasticité du frisé, compagne ordinaire de la finesse. Rapport de la longueur. | 10. Avec Le caractère. La longueur du brin peut influer sur son ca- ractère: en effet, une plus grande longueur ajoute au poids que le brin a constamment à soutenir, et ce poids doit nuire au maintien de ses ondulations. Une longue laine s’arrondira aussi plus difficilement à l'extérieur de la toison, et restera plus mécheuse, ce qui favorisera le mauvais effet des causes extérieures, telles que l'humidité, le sable, etc., qui font perdre à la laine une partie de son caractère. Au surplus, ces rapports entre la longueur et le caractere ! à \ | TE——— (26) \ sont trop difficiles à déterminer pour que nous nous en occupions davantage ic. 2°. Avec la souplesse, la douceur et la force. La longueur n’est pareillement liée avec la souplesse, la douceur et la force proprement dite, que d'une manière très-indirecte. D'un autre côté, elle ne nous montre aucun rapport avec la faculté que possède le tissu du brin de se contracter, de se dilater, d’absorber où d’ex- haler, ainsi qu'avec les forces élastiques de la laine. Néanmoins, dans les diverses expé- riences auxquelles on soumet ces forces, 1l faut tenir compte de la longueur de la partie du brin éprouvée. Si l'on veut, par exemple, comparer l'élasticité de redressement de deux brins; une condition essentielle sera que l'épreuve ait lieu sur deux longueurs égales, autrement le plus long des brins sera gèné par une plus grande résistance, résultat de son plus grand poids. Le caractère de la laine a été montré dans ses rapports avec la finesse et la longueur: nous nous contenterons de dire quelques mots de ceux qui le lient avec la souplesse et la douceur, car ses rapports avec la force proprement dite et l'élasticité ont déjà été indiqués plus haut, Un Ci PS (27) et nous ne voyons pas qu'il en possède aucun avec les différentes propriétés du tissu du tube. Rapport entre la souplesse et le caractère. Pour ce qui concerne la souplesse, nous re- marquons en général que plus les ondulations du brin sont nombreuses dans une longueur donnée, que plus elles sont courtes, basses, égales entre elles, et situées sur une ligne plus droite, plus cette souplesse est grande. Rapport entre la douceur et le caractère. Quant à la douceur, nos lecteurs se rappelle- ront qu’elleadeux causes différentes, laflexibilité du brin et l’état de la surface de son tube. Nous distinguerons donc deux manières d’éprouver, dans la laine, cette qualité de douceur: la pre- mière consistera à s'assurer, par le toucher, st la surface des brins est bien unie, ou si elle pré- sente quelque aspérité; la deuxième, à essayer le degré de flexibilité et de souplesse de cette même laine, par un léger frottement sur la peau au moyen d’une mèche ou d’une réunion quelconque de brins en forme de brosse. Sous Le rapport de la flexibilité, le caractère d'un frisé régulier, tel que celui qu'on observe (28% dans la. laine superfine, sera évidemment un signe de douceur. Sous le rapport de Puni du brin, la laine, lisse et plate, paraîtra l'emporter sur la laine frisée, parce que cette dernière sera, par la nature même de sa forme, plus suscep- ble de se charger de parties’coagulées de suint ou de certains corps étrangers; mais ces Cir- constances disparaissant au lavage, l'avantage apparent de la laine lisse disparaitra en mème temps. Tout ce qui est relatif aux rapports qui lient ensemble la souplesse, les forces élastiques et la douceur, a déjà été dit, et pour atteindre le but que nous nous étions proposé dans cette section, il ne nous resterait qu'a examiner ceux qui peu- vent exister entre ces différentes qualités et les facultés de contraction et de dilatation du tissu dutube; mais, à cetégard, nous n’aurions à con- signer ici que des conjectures plus ou moins pro- bables. On pourrait supposer, par exemple, que le tissu sera d'autant plus poreux, qu’il sera plus susceptible de se laisser étirer sans se rompre, et qu’ainsi plus la laine est souple, plus elle est disposée à absorber l'humidité, etc. Nous re- viendrons là-dessus, en traitant des rapports des propriétés de la laine avec les causes exte- rieures. à oo enrnen— et ( 29) QUATRIÈME SECTION. DES RAPPORTS DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AVEC L'ÉTAT DE LA PEAU ET L'ÉTAT DU. CORPS DU MOUTON. Les causes directes et éloignées qui influent sur les propriétés des corps, étantle plussouvent cachées ou inapercues, on peut, dans la prati- que, se contenter d'étudier les plus immédiates. Ainsi, par exemple, si le fil délié que me pré- sente le tireur d’or me frappe par sa ténuité et son égalité, j'en attribuerai naturellement la cause à la configuration de la filière par laquelle il aura passé, et mon jugement n’en serait pas moins fondé, bien que jignorasse toutes les causes premières qui ont produit la ductilité du métal qui a été réduit en fil, ou la dureté de celui qui a aidé à l'y réduire. En appliquant cette idée à l'étude de la laine, nous essaierons d'indiquer les rapports qui lient ses propriétés avec l’état de la peau et l’état du corps du mouton. Les anatomistes nous apprennent que la peau, composée de trois parties distinctes(le cxir, le réseau muqueux et l'épiderme), repose sur une membrane cellulaire, qui recoit la graisse, c'est-à-dire les parties surabondantes et hui- (30) leuses des alimens qui viennent s’y figer. C'est, ne pi meeger comme nous l’avons vu déjà, dans cette cellu- Pre losité que se trouvent, le plus habituellenient, ee 1 les bulbes ou les racines des poils; ces bulbes recoivent, au moyen des radicules qu'ils jettent dans la membrane graisseuse, les sucs néces- saires à la formation et au développement du poil, ainsi que ceux à la surabondance desquels le tissu poreux de ce poil doit servir de moyen d'évacuation. La matière, élaborée dans le bulbe ou ailleurs, en sort successivement pour entrer dans le moule qui lui est ménagé dans le pore de la peau, et être conduit jusqu'à l’épi- derme; celui-ci lui fournit la substance exté- rieure de son enveloppe, et la voila des-lors dans l’état de poil. Si, après en avoir ainsi expliqué le mé- canisme, nous étions initiés dans tous les mys- tères de la formation du brin de lame, nous indiquerions avec précision celles des circons- tances de cette formation auxquelles se rappor- tent les différentes propriétés de la laine. Mais à travers le voile qui nous cache ces mystères, nous ne pouvons que considérer l'effet probable de la quantité de matière qui s’épanche dans le bulbe ou réservoir où le brin prend naissance, les circonstances de la peau qui influent sur la (51) configuration du moule de ce brin, et chercher enfin, dans cette étude, l'explication des diffé- rens effets que nous signale l'expérience. Parmi ces effets, voici ceux qui nous ont paru les plus dignes d'attention: De deux agneaux de même race et présen- tant la même qualité de lainage, l’un a été poussé à un excès d’embonpoint par une nour- riture trop abondante, l’autre a été soumis à un régime justement proportionné à ses besoins. Dès la premuere tonte, on a pu remarquer, chez le premier, que sa laine tendait à grossir, à s’allonger, à perdre son caractère primitif, sa souplesse, et par conséquent une partie de sa douceur, ainsi que les espèces d’élasticité qui dépendent de cette souplesse. À la seconde et à la troisième tonte, ces effets ont été de plus en plus évidens. l’autre animal, au contraire, s’est maintenu dans toutes ses qualités pre- mières. La même expérience ayant été pro- longée jusqu’à la deuxième, à la troisième gé- nératiou et au-delà, 1l n’a presque plus été possible de reconnaitre aucune similitude entre eux. Ces résultats incontestables que la pra- tique nous montre tous Îles Jours, nous sem— blent trouver leur explication dans la: théorie suivante: EE buses RE EE Te QE b- Lo) 2 Ë | Le 4 2, 660) l'abondance de graisse augmente le volume de l'animal, et doit, par conséquent, distendre et dilater l'enveloppe flexible de ce volume, c'est-à-dire la peau; tous les pores dont cette peau est percée seront agrandis; les ouvertures spécialement destinées au passage et à la confi- guration du brin le seront donc aussi; la matière encore molle que ces ouvertures recoivent, y arrivera du bulbe en plus grande abondance et s'y développera davantage, de même que le plomb fondu forme une plus grosse balle dans un grand moule que dans un petit: des-lors le brin grossira. Le bulbe, dont le réservoir s’alimente dans la membrane graisseuse, s’appropriera une plus srande quantité de sucs et en fournira surabon- damment au brin, dès-lors ce brin s’allongera. Il est naturel de supposer que la forme du canal cutané qui contient le brin sera agrandie par Ja dilatation qu'éprouvera la peau, et sur- tout par la surabondance de matière affluente. Le moule du brin s’élargissant, ses sinuosités ne seront pas aussi marquées, et le brin que les sinuosités devaient rendre plus ou moins on- dulé, verra ses ondulations s’effacer en partie; il changera donc de caractere. Enfin l’on comprend sans peine que le gros- (33) sissement du brin altérera nécessairement sa souplesse et toutes les qualités qui en d épendent ou qui s’y lient. Les raisonnemens qui précèdent ne s’ap- pliquent pas seulement à l'exemple des deux agneaux que nous avons soumis à des régimes différens, ils doivent s'étendre à toute espèce de bêtes à laine que l'art ou la nature elle-même a douées d’une taille élevée, de grosses formes et d’un haut degré d’embonpoint. Maintenant, l'animal, réduit, par l’insuffi- sance des alimens, à un état de maigreur et de dépérissement, va, dans sa toison, offrir à notre examen des effets entièrement opposés à ceux que nous venons d'observer. La laine semble s’affiner, il est vrai, mais elle est faible; elle n'atteint pas sa longueur naturelle. Elle devient blanche et sèche, elle perd sa souplesse et ses autres qualités; enfin si elle ne tombe pas d’elle- même, elle offre, dans sa longueur, des inéga- lités de force qui nuisent essentiellement à son emploi. En effet, toute maigreur autre que celle qui est l'habitude d’un corps sain et bien portant, a diminué, outre mesure, l'approvi- sionnement graisseux de la membrane cellu- laire: le bulbe a ainsi été privé d’une partie des sucs dont il avait besoin pour former le brin et ee e = an Dis — ETES_— ” eo OT ne AE+ men"© in er f (34:) le nourrir convenablement, dès-lors il n’est pas étonnant que la laine soit restée courte et faible. Il y a eu évidemment diminution dans les évacuations par les pores de la peau et dans la production du suint: de là la plus grande blan- cheur de la laine et sa sécheresse; de là aussi sa moindre souplesse et l’altération des autres qua- lités qui s'y lient. La peau qui enveloppe le corps s’est contractée à mesure que le volume de ce corps a diminué, et il en est résulté le rétrécis- sement des pores et du moule du brin. Si les circonstances qui privaient ce brin de nourri- ture ne se sont pas améliorées, son passage se rétrécissant et sa force diminuant de plus en plus, il s’est aminci au point de se rompre ou de se détacher du corps par son propre poids; s’il y a eu amélioration avant que cette sépara- tion eût lieu, le brin a pu reprendre du dia- mètre et du nerf: mais composé de deux par- ties faiblement entées l’une sur l'autre, il of- frira une inégalité de force qui nuira essentiel- lement à son emploi. C'est ce que l’on remarque fréquemment dans la laine des animaux qui ont éprouvé des maladies, ou qui ont été réduits, par le défaut de nou rriture, à un grand état de maigreur, OU bien encore qui ont été soumis à des transitions subites et marquées d'un bon D— à un mauvais régime, et d’un régime de pri- vation à une nourriture surabondante. On voit ainsi que si l’excès d’embonpoint a une influence nuisible aux propriétés de la laine, celle d’un état de maigreur, causé par l’insuf- fisance de nourriture ou par des circonstances de maladies, est encore plus fâächeuse. Passons maintenant à une autre observation. Le degré de finesse du brin est en raison in- verse de l'épaisseur de la peau. Voilà un fait im- portant qui s’observe non-seulement sur les moutons de même race ou de race différente, mais encore sur le même individu, selon les diverses parties du corps. Cette règle est, sans doute, sujette à quelques exceptions, bien que nous ne sachions pas en avoir rencontré d’autre que celle très- constante qu'offre la peau du ventre et des bourses, qui, quoique toujours très-fine, ne produit cependant pas la plus belle lame; mais nous essaierons tout-àl’heure de rendre raison de cette exception. Du resie, nul principe ne nous parait plus assuré, et nous ré- duirions volontiers tout l’art de perfectionner la laine à celui de donner à la race l'habitude d’une peau fine et egalement fine sur tout le COr ps. En effet, si nous demandons au meégissier Re (36) quellessont les partiesles plus épaisses, de la peau du mouton, il répondra: le genou, le front, la queue, la croupe, le dessus du cou, et le dessous lorsqu'il existe un fanon, la cuisse, et enfin le dos. Maintenant, si nous demandons à l’éleveur quelles sont les parties dela toison les plus difli- ciles à affiner, 1 nommera successivement toutes les partiesique le mégissier HOUS aura In diquées. On peut ajouter qu'ilest telle race de moutons indigènes dont la peau est presque trois fois aussi épaisse que celle du mérinos, el ce qui est encore digne de remarque, c’est qu’en général les parties du corps où la laine est la plus gros- sière, sont précisément celles quinon-seulement offrent le plus d'épaisseur dans la peau, mais en- core une plus grande abondance de graisse(x). Nous avons dit que ce principe, que nous regardons comme si assuré, est soumis à des exceptions, et notamment à celle qui résulte de l’infériorité de la laine qu’on recueille sur le ventre du mouton, malgré la finesse de la peau dans cette partie du corps. Or, nous ne croyons pas qu'on puisse induire d’une pareille excep- (1) Ceci vient encore à l'appui de ce que nous avons dit plus haut touchant l'influence de l’embonpoint sur la grossièreté du brin. ses se LT Te ee. ll 5 ET EE Cr) Lion aucune raison fondée de mer l’existence de ce principe, En effet, si la laine du ventre n’était pas exposée au froissement continuel de l'aire sur la- quelle repose le mouton, et aux effets si perni- cieux de l’humidité produite par l’urine et les excrémens, elle serait peut-être la plus fine de toute la toison; car le bas des côtes, qui offre ordinairement les mèches les plus belles, est la partie la plus rapprochée du ventre. Cette suppo- sition nous parait d'autant plusadmissible, qu’au moyend’unelitièretrès-abondante ettrès-sèche, nous trouvons parfois dans les toisons de nos mérinos des ventres aussi fins que l'épaule d’ailleurs cette peau qui enveloppe la panse de l'animal, est destinée, par ses fonctions Journa- hères, àse dilater beaucoup plus que toute autre partie du corps, et les effets de cette dilatation doivent avoir, ainsi que nous l’avons vu, une grande influence sur la grossièreté du brin. Si nous poussons encore plus loin nos obser- vations, nous trouverons que la laine fine, suc- cède à la laine grossière quand la peau s'ainin- cit; qu'au contraire la laine grossière succède à la fine quand la peau s'épaissit, et qu'enfin le poil ou jarre succède à la laine proprement dite quand la peau devient calleuse. Rd TN » = ER es 636) En effet, dans les progres successifs de l’affi- nement et des croisemens, ilest évident que la laine se perfectionne au fur et à mesure que la peau s’amincit, tout comme lorsqu'on recule au lieu d'avancer dans la voie du perfectionne- ment, la laine dégénère en finesse à proportion que la peau s’épaissit. Quant au poil ou jarre, on le voit succéder à la laine par-tout où la peau se durcit par l'effet des circonstances extérieures: ainsi, chez le jeuneagneau, le genou et le front se présentent souvent couveris de laine; mais la peau du genou devient bientôt épaisse et cal— leuse, par le froissement qu’elle éprouve toutes les fois quele mouton s'agenouille pour se cou- cher, et celle du front, chez les béliers sur-tout, s’endurcit dans leurs fréquens combats: aussi est-il rare que le genou d’une bête d'âge fait porte autre chose que du poil, et que lalaine du front de bélier ne soit pas jarreuse. Le jarre remplace encore la laine sur les cica- trices, qui, selon les apatomistes, ne sont autre chose que des callosités; et l’on doit remarquer, dans cette métamorphose de la laine en Jarre, non-seulement le grossissement du tube, mais encore l’altération complète de son caractère. Les faits que nous venons d'exposer, décou- lant du même principe, confirment suflisam- p \ 39 ment l'observation pratique qui nous à servi de point de départ et d’après laquelle nous avons cru pouvoir affirmer que le degré de finesse du brin de laine est en raïson inverse de l'épaisseur de la peau. Il faut maintenant que la théorie vienne encore une fois à notre secours pour nous aider à expliquer ces faits. Nous nous rap- pellerons done tout ce que nous avons dit sur le mécanisme de la formation du brin, et nous ralsonnerons ainsi: Plus la peau que le brin de laine aura à tra- verser à sa naissance sera épaisse, et plus sera grand l'obstacle qu'il aura à vaincre. Îlne pourra surmonter cet obstacle qu’autant que la nature lui en donnera la force: or cette force il la pui- sera dans l'abondance des sucs destinés à le nourrir, et elle résidera dans sa grosseur et sa consistance. L'on verra donc le brin qui n'aura à traverser qu'une peau très-fine, se contenter de peu de nourriture et se développer sans ef- forts; tandis que celui qui devra percer une peau plus épaisse ne sortira de son bulbe que lorsque l’accumulation de ses sucs nourriciers aura proportionné sa force à celle de la barrière qui lui est opposée, et il se montrera au de- hors d'autant plus grossier quela résistance aura éte plus grande: de telle sorte que s'il est re- ( 40) duit à se faire jour à travers une peau calleuse, ou durcie par quelques circonstances acciden- telles, il sera obligé de se revêtir des parois épaisses et dures qui forment le caractère dis- tinctif du poil ou du jarre. Ainsi, toutes les fois qu'on verra une laine implantée dans une peau plus ou moins épaisse, 1l faudra s'attendre à la trouver plus ou moins dépourvue de fi- nesse et de toutes les qualités qui en dérivent. CINQUIÈME SECTION. DES RAPPORTS DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AVEC CERTAINES CIRCONSTANCES EXTÉRIEURES. Après avoir montré comment se lient entre elles les diverses propriétés de la lame, et com- bien elles dépendent de l’état du corps et de la peau du mouton, nous sentons qu'il peut être utile d'indiquer, sans tarder davantage, les circonstances accidentelles qui le plus sou- vent altèrent quelques-unes de ces propriétés, et ne peuvent manquer ainsi de nuire à leur ensemble. Mais en traitant de l'influence de certaines circonstances extérieures sur la lame, notre intention n’est point de nous étendre en ce mo- ment sur les divers traitemens que doit subir cette matiere première entre les mains du la- veur et du manufacturier, nous nous bornerons à la considérer dans son état de végétation: cest dans cet état qu’on peut en général le mieux la juger; tous les signes caractéristiques apparaissent alors à-la-fois, et peuvent fournir de précieuses indications pour apprécier d’une manière plus sûre son mérite réel. Les circonstances extérieures qui nusent ha- bituellement aux qualités de la laine, dans son état de végétation, sont: 1°. l'humidité, 2°. l’ar- deur du soleil, 3°. la présence des corps étran- gers qui s’y altachent, 4°. enfin les froissemens auxquels elle est exposée. L’humidité est plus ou moius nuisible suivant sa nature et selon le degré de chaleur qu’elle porte avec elle. Les vents chauds et humides, le brouillard, la rosée, la pluie, la neige, l'immersion ou bain accidentel de l'animal, enfin l’action habituelle des urines et des excrémens, telles sont les causes qui soumettent le plus fréquemment la toison aux pernicieux effets de l'humidité: C’est en vain que la nature semble avoir cherché à garantir le brin de laine de l'influence de l'hu- midité, en l’enduisant de ces matières huileuses que nous appelons suint et surge. Nous savons déjà quel’eau pure et froide suffit, actes i} } a rar TI TO ren ee 2e er Li vallée (42) xelleseule, pour dissoudre le sunt;et lesurgelui- même, ainsiquenous allonsle voirtout-àalheure, ne défend pas le brin contre les graves altéra- tions que lui font subir l'urine et les crottins. L’eau grossit le brin en le dilatant, le rend momentanément plus souple et plus susceptible d'extension; enfin elle détruit en partie son cà- ractère. Ces faits seront évidens pour tous les obser- vateurs qui voudront prendre la peine de les constater: la cause du grossissement du tube consiste, selon toute vraisemblance, dans la faculté d'absorption, au moyen de laquelle ses pores pompent plus ou moins de parties hu- mides. Celle de la plus grande susceptibilité d’exten- sion ne nous parait pas aussi facile à expliquer, et, sansrecourir a aucune théorie hasardée, nous nous contenterons de relater le fait, en remar- quant seulement que cette susceptibilité avait déjà été reconnue, puisqu'on trouve dans les écrits de nos naturalistes qu’elle est dans un cheveu sec comparé aun cheveu humide, comme cinq à trente-cinq. Quant à l’altération que su- bit le caractère du brin lorsqu'il a été mouillé, elle nous semble s'expliquer par sa dilatation et par l'augmentation de souplesse qu'il a acquise EE ere Pin: Cette altération ne sera sans doute pas fort re- marquable, s’il s’agit de quelques brins de laine réunis en mèche, qu'on aura humectés et laisse sécher avec précaution et sans les déranger; mais elle sera très-apparente dans le cas ou ces précautions n'auront pu avoir lieu. L’humidité, en augmentant le poids du bout de la mèche, presque toujours chargée de crottin, occasionne une tension, qui contribue aussi beaucoup à effacer le caractère du brin. Mais, demandera-t-on, les divers effets qu'on vient d'attribuer à l'humidité sur la laine sub- sisteront- ils encore après que la laine aura été convenablement séchée? Nous ne pouvons que répondre aflirmative- ment à cette question: les traces que laisse l'humidité sur la toison en végétation sont aussi évidentes que ficheuses: en même temps que l'eau a dilaté le tissu du brin, les sucs nourri- ciers de celui-ci ont été prêts à remplir le plus grand vide que cette dilatation avait causé dans l'intérieur du tube; de telle sorte, que, même après l’évaporation de lhumidité, le brin est resté plus grossier qu'auparavant. La tension occasionée par le poids du bout de la mèche, lorsqu'elle a été humectée, ayant exercé outre mesure la faculté de souplesse qu'avait acquise t i if \l \ (44) le brin mouillé et ayant effacé en partie son ca- ractère, il'en résulte que ce brin a dü nécessai- rement perdre, pour ne plus la retrouver, une partie de ce nerf et de cette élasticité du frisé, qui doit, comme nous verrons plus loin, lui être si utile dans l'opération du feutrage. Enfin, Veau ayant dissous une portion du suint qui en- duisait le brin, l’ardeur du soleil, en le séchant, l'a érispé plus facilement et il est devenu d’au- tant moins doux et moins flexible, qu'il a été plus souvent tour-à-tour mouille et séché. Les effets de l'humidité ne sont point aussi nuisibles sur la laine séparée du corps du mou- ton, et quoique l’eau ait grossi le tube en le di- latant, 1l semble que la laine, après avoir été séchée, reprend, à peu de chose près, sa finesse première; néanmoins nous n'Osons aflirmer qu'il en soit complétement ainsi, et quelques expériences dont le résultat n’est pas assez con- cluant pour être mentionné ici, nous portent à croire que cene serait pas sans inconvéniens pour la finesse, qu’on laverait mème à l’eau froide et qu'on laisserait sécher une lame plusieurs fois de suite. L'humidité provenant de l'urine et des ex- crémens produit sur la laine en végétation des effets plus pernicieux encore que tous ceux que ne ( 45) nous venons de décrire. Ces matières sont douées de facultés corrosives qui attaquent le surge lui- même; leur action est d'autant plus grande qu’elle est permanente; elle altère la couleur du brin eu le teignant d’un jaune d’abord clair, ensuite de plus en plus foncé jusqu’à ce qu'enfin il devienne presque noir. Ces diverses nuances dénotent une détérioration progressive de la substance de ce brin, qui en est quelquefois décomposé au point de perdre toute sa force, et de se rompre aussi facilement que le fétu de paille qu'on retrouve dans le tas de fumier apres la fermentation. Indépendamment des effets ordinaires de l'humidité, qui sont le grossissement du tube, et l’altération de ses facultés élastiques et de son caractere, l'urine et les excrémens occasionent donc l’altération de sa couleur et la détério- ration de sa substance elle-même. C’est, en eflet, ce qu'on remarque constamment sur la toison des bètes dont la litière n’est pas bien entretenue: la laine du ventre, des cuisses et des culottes est jaune, grossière et sèche; le bout de chaque mèche sur les flancs et ete porte un crottin humide dans l’intérieur duquel on trouve l'extrémité des brins sans caractère, ! ( 46) sans finesse, sans force et souvent dans un état voisin de la décomposition. Nous n'avons parlé, jusqu’à présent, que de l'influence directe de l'humidité sur le brin: celle qu’elle exerce indirectement sur la laine, en attaquant l’état de la peau d’abord et ensuite la santé de l’animal peut ètre encore plus fà- cheuse. En effet, il n’est pas douteux que la peau n’absorbe une quantité considérable d'humidité, qui doit d’une part relächer son tissu et agrandir ses pores, et de l’autre être le principe d’un grand nombre de maladies. L’humidité, dans beaucoup de bergeries, a été la cause de la perte de troupeaux entiers, et c’est en grande partie à cette cause qu'il faut attribuer les ravages de la cachexie aqueuse où pourriture; mais nous reviendrons plus tard sur ce sujet. L'ardeur du soleil tend à dessécher une partie du suint existant dans la toison, et à altérer, en conséquence, les qualités de douceur et de sou- plesse du brin. Son influence, ainsi que nous l’a- vons déjà remarqué tout-a-lheure, est sur-tout nuisible lorsqu'elle s'exerce sur une laine qui a été mouillée; car cette laine ayant été d'avance dépouillée d’une portion du suint qui devait la garantir, devient d'autant plus susceptible d’être A — ar de (47) desséchée et durcie par l'effet d’une vive chaleur. Les corps étrangers dont la présence est le plus habituellement nuisible à la toison, sont 1°. le fumier des bergeries, 2°. le sable, la terre et la poussière, 3°. les débris des fourrages et des pailles de la litière. En traitant des effets de l'humidité sur la laine, nous avons parlé de la pernicieuse influence du fumier qui s'attache à l'extrémité des mèches de la toison, nous n’aurons rien dans ce moment à ajouter à ce que nous en avons dit. Le sable léger, qui compose presque exclusi- vement le sol des bords de la mer, soulevé et cnarié de toutes parts par des vents aussi fré- quens que violens, s’introduit facilement dans les toisons et s’y attache et s’y entasse d'autant mieux qu'elles sont plus fines et plus frisées, et que leur suint est plus abondant, La quantité de sable dont la toison se charge est parfois telle- ment considérable, qu'iln’est presque plus pos- sible d’apercevoir la peau en écartant les mèches. Le sable absorbe tout-à-la fois 1°. la moiteur ou transsudatiôn de la peau, qui est destinée, par sa nature, à en entretenir la souplesse, et 2°. le suint, qui remplit les mêmes fonctions relative- ment au brin. Il doit s’opposer aussi à la liaison naturelle des brins dans chaque mèche, liaison d | \ A gti PER, Re cel eentt on 7 (48) d’où dépend en grande partiela régularité du ca ractere; 1l contribue encore, d’une manière plus marquée, à l’altération dece caractère en se mt- lant au crottin qui charge déjà le bout de la mè- che, et en ajoutant, par une augmentation de poids, un degré de plus de tension aux brins qui la composent. Peut-être aussi parviendrait-on à prouver que le sable s'oppose au jeu naturel de l'air et de la lumière tant dans l’intérieur de la toison que sur la peau elle-même. Or, on n’ignore pas com- bien leur influence est nécessaire au développe- ment de tous les corps en général. Le voisinage des bords de la mer expose le troupeau royal de Perpignan à tous les inconvé- niens, que nous venons de signaler, et aussi la qualité des laines que fournit ce troupeau en souffre-t-elle incontestablement. La terre et la poussière produisent des effets analogues à ceux du sable. C’est pendant le sé- jour des troupeaux sur certaines espèces de sols que ces corps étrangers trouvent l’occasion de s'introduire dans les toisons, et l’on reconnaît, à leur couleur rouge, jaune ou blanche, les ani- maux qui parquent sur des sols ocreux ou crayeux. Les débris des v égetaux qui servent à la nour- Ds pme, ( 49) riture ou à la litière des moutons, s’attachent à leur laine de telle sorte, que c’est avec grande peine qu’on parvient à les en séparer dans les diverses opérations du lavage, du battage et de l’épluchage. Cet inconvénient déprécie la laine plus qu’il n’est possible de le croire, et nous ne manquerons pas, quand le moment en sera venu, de conseiller aux éleveurs les plus grandes pré- cautions pour le prévenir: en attendant, nous nous contenterons de remarquer que la présence de ces corps étrangers cause des démangeaisons aux bêtes; ce qui les force à se gratter et à se frotter, et qu'il en résulte un dérangement no- table dans la toison, et des tiraillemens très-nui- sibles. Les froissemens qu'éprouve la laine pen- dant son séjour sur le corps du mouton altérent sensiblement ses diverses qualités: en effet, nous avons vu que les plus essentielles de ces qualités étaient liées d’une manière étroite non-seule- ment avec Le caractere du brin, mais encore avec sa force proprement diteet ses divers modes d'élas- ticité; or, ces dernieres propriétés sont d'autant plus entières qu’on les a moins exercées: ainsi, par exemple, la qualité première d’un arc est d’être doué d’une force de redressement aussi prompte dans son effet et aussi complète que À le ten Dee= ( 50 possible; mais après un usage réitéré cette force diminue naturellement. On concoit que le re- sultat doit être le même dans un brin de laine dont les facultés élastiques auront été épuisées par des froissemens ou des étiremens fréquens. Nous éviterons ici, comme dans tout le cours de cette section, de parler des moyens indi- qués par la pratique pour prévenir les inconvé- niens que nous avons Cru nécessaire de signaler dès à présent; etilsera temps de nous en occuper lorsque nous traiterons des soins à donner aux (troupeaux. SIXIÈME SECTION. DES RAPPORTS DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AVEC SON EMPLOI EN FABRICATION. Comme le principal but que doit se proposer le producteur de laine, est de créer la matière première la plus propre à la fabrication, 1l ne lira pas sans intérêt le résultat de nos recher- ches sur ce sujet important; nous espérons éga- lement obtenir les suffrages du manufacturier, qui verra, dans nos efforts, l'intention de ré- pandre des connaissances nécessaires à la pros- périté de nos fabriques: car nous ne saurions trop répéter qu'il s’agit non-seulement de don- ner aux propriétaires de troupeaux la meilleure direction possible dans les soins auxquels ils se 2 RE mr ES Es e (51) livrent, mais encore d’affranchir les manu- factures francaises de l’obligation onéreuse et même humiliante où elles se trouvent, d’aller chercher à l'étranger une partie des matières premières destinées à la fabrication de leurs étoffes les plus belles et les meilleures. Si parmi les détails dans lesquels nous allons entrer il s’en trouvait dont l’exactitude püt être contestée, nous prions MM. les manufacturiers de vouloir bien nous adresser à ce sujet des ob- servations, que nous accueillerons avec autant d’empressement que de reconnaissance. Nous devons dire cependant que nous nous sommes d'avance aidés des lumières de plusieurs d’entre eux, pour nous assurer de la réalité des faits sur lesquels nous avons plus particulièrement fixé notre attention. Notre projet n’est pas de suivre dans tous les détails de la fabrication les conséquences des diverses propriétés que nous avons reconnues dans la laine, nous nous bornerons à constater quelles sont celles de ces propriétés le plus constamment intéressées dans les opérations fondamentales de cette fabrication, et à exa- miner leurs rapports principaux avec ces mêmes opérations. Cet examen nous conduira naturellement à 4 À 1 Re 1 fl H è er ET (52) notre but, qui est d'indiquer aux producteurs les qualités de la laine auxquelles ils doivent le plus s'attacher, et les défauts qu'il est le plus urgent pour eux d'éviter. Nous réduirons les nombreuses espèces de tissus que l’on fait avec la laine à deux classes principales, celle des tissus qui subissent le fou- lage et celle des tissus qui ne le subissent pas. Nous appliquerons aux premiers le nom génc- rique de draps et aux seconds celui d'étoffes rases. Cette division en amènera une pour les laines, que nous distinguerons en laines de carde et en laines de peigne(1). , Des laines relativement aux draps. La première propriété exigée dans la matiere avec laquelle on fait le drap, est la susceptibilité de feutrage, puisque sans elle la fabrication du drap est impossible. Toutes les espèces de laines sont plus ou moins disposées à feutrer. Le feutrage, comme on le sait, est la pro- (1) Ilest de certaines étoffes qui, quoique fabriquées avec des laines peignées, éprouvent un foulage plus ou moins léger. Nous n’en faisons pas une division à part, attendu que ce que nous disons des antres leur est égale- ment a pplicable. je I AT 90 le ( 55) priete que possèdent certains poils d'animaux et certains filamens de matières végétales de se lier de plus en plus les uns aux autres, à mesure que l’étoffe qui les réunit est plus froissée et plus battue. On emploie pour cette opération de gros marteaux, mis en action par un moteur quelconque. L'action des marteaux sur l’étoffe produit trois effets principaux, qui sont d'étendre, d'étirer où de rompre les filamens qui compo- sent le fil dont est formé le tissu. La consé- quence de ces effets est le développement des propriétés de la laine, que nous avons nommées élasticité du frisé, de retirement et de crispation. Nous allons entrer là-dessus dans quelques ex- plications. Le coup de marteau ou l'acte de compression attaquera les filamens soit dans l’intérieur, soit à l'extérieur du fil. Dans le premier cas, ces fila- mens chercheront à reprendre leur première position, et le travail qu'ils feront pour y par- venir opérera entre Eux des croisemens ou des chevauchemens, qui commenceront le feutrage dans l'intérieur méme du fil. Les elasticites du frisé et de retirement sont déjà intéressées dans ce travail d’une mânière trop facile à saisir, pour que nous cherchions à la démontrer. IL en est de même après l’action du marteau # fl À f ape Fes TS NT athées CL re xp VE ( 54) sur les filamens qui hérissent la surface du fil Leurs extrémités, comprimées en tous sens, chercheront à reprendre leur première posi- tion, et plus elles auront été froissées, plus, si elles sont élastiques, elles se lieront les unes aux autres dans leur réaction. Ainsi les fila- mens qui se trouvent à la surface d’un fil, s’ac- crochant à ceux qui ressortent à la surface du fil voisin, concourent au feutrage entre les fils ‘du tissu. Mais, dans ce double effet du foulage, les brins auront pu non- seulement être étendus ou étirés, mais encore éprouver une rupture, el cette dernière circonstance aura donné à la force élastique que nous avons appelée de cris- pation, Voccasion de se développer en contri- buant au feutrage. En eflet, toutes les fois qu’un filament est rompu, ses deux extrémités séparées s’échappent, en se recoquillant, et s’u- nissent d’une manière d'autant plus intime avec d’autres brins dont le brisement a aussi été opéré, qu'ils sont doués de plus de souplesse et de plus d’élasticité de crispation. Ce que nous venons de dire donne une idee du foulage suffisante pour faire comprendre qu’une pièce de drap, sortant mince du métier du tisseur, puisse acquérir une épaisseur Con- sidérable par le feutrage, en rentrant en mème ju temps sur sa largeur et même sur sa longueur. Du reste, ce ne sera pas inutilement que nous serons remontés au rudiment du foulage, car nous aurons remarqué que l’élasticité, sous ses divers modes, est la seule et unique cause du feutrage. En effet, pourquoi les étoffes de laines foulent-elles plus où moins facilement? C'est qu'il existe des laines plus ou moins pourvues de facultés élastiques, et que les différens pro- cédés de préparations, de tissage et de foulage sont plus ou moins favorables au développe- ment de ces facultés. Pourquoi, d'un autre côté, une pièce de toile de chanvre ou de lin se laisserait-elle plutôt réduire en pâte par les marteaux que de feutrer? C’est parce que les filamens qui en composent les fils sont totale- ment dépourvus des modes d’élasticité qui fa- vorisent le feutrage. En effet, si nous exami- nons un filament de chanvre, nous le trouve- rons droit et sans frisure: la seule élasticité qu'il possède est celle du redressement, dont l’inutilité au foulage devient ainsi évidente(1). Cette dernière circonstance se reproduit pour la laine grossière, qui se redresse mieux, Mais (1) Znutilité évidente, dans le cas du moins où ce mode lélasticité est isolé. tape em id (56) qui foule moins promptement que la laine fine. Nous ajouterons que le filament de chanvre ne nous offre aucune susceptibilité d'extension, Île brin de laine grossière en montre fort peu, et plus le brin est fin plus il en est pourvu: or, comme c’est celui-ci qui feutre le mieux, nous pouvons en conclure que lPextensibilité est une des conditions favorables au feutrage. Enfin, si l’on rompt un filament de chanvre, les deux parties séparées resteront droites et ne montreront aucune velléité de se recoquiller ou de se crisper; et c’est, selon nous, dans le degré de cette élasticité de crispation que ré- side la cause la plus efficace du feutrage. Aussi la laine très-souple, qui possède cette élasticité au plus haut degré, est-elle la plus feutrante, tandis qu’il en est tout autrement de la laine rude et grossière. Nous nous sommes étendus sur ce sujet, à cause de son importance, et nous croyons même devoir résumer brièvement ce que nous en avons dit. Il en résulte: 1°. Que les causes principales de la suscepti- bilité de feutrage se retrouvent dans les modes d'élasticité du brin, qui se lient directement avec sa faculté d'extension, l’une des conditions de la souplesse; es: ss SES \ (57) 2°. Que l’élasticité de crispation, qui est en raison directe de la souplesse, concourt EVI- demment le plus au feutrage, et après elle Vé- lasticité du frisé, l’une des qualités, compagnes ordinaires de la haute finesse; 3°, Que c’est donc, en dernière analyse, la finesse et la souplesse qui sont le plus favorables au feutrage. Nous allons maintenant examiner quelles sont les qualités les plus utiles et les plus agréa- bles dans le drap, et nous rechercherons en- suite quelles, sont les propriétés de la laine qui les produisent. Ces qualités sont la solidité ou la durée, Vim- perméabilité, la finesse, la légèreté, la douceur et le moelleux, Solidité du drap. Nous avons montré, dans la troisième sec- tion de ce chapitre, qu’un fil composé de brins de laine fins et souples présentait, à diamètre égal, une plus grande force de résistance que la réunion de brins plus grossiers et plus durs(1); nous venons de voir en outre que Su (1) Cette raison spéciale de solidité s’ap lique mieux | pp encore aux étoffes de peigne qu'aux étoffes feutrées, at- (58) c'est dans ces mêmes qualités de finesse, de souplesse, et dans leur caractère ondulé que les brins puisent la faculté de se lier étroitement entre eux dans les opérations du filage et du foulage; d’un autre côté, si le ressort de cris- pation est trop marqué dans le brin, le fil que ce brin servira à composer, n'aura pas besoin d’étre autant hérissé de pointes pour feutrer, et dès-lors on pourra donner à ce fil plus de tors et plus de consistance. D’après ces considé- rations, nous nous croyons autorisés à Con- clure que les draps les plus solides, à conditions d’ailleurs égales, seront ceux qui auront éte fabriqués avec des laines de premuere finesse, qui sont en général régulièrement frisées dans leur longueur, souples dans tous les sens, exten- sibles, et susceptibles enfin d’un haut degré d’élasticité de crispation. Fabriqué avec une tendu que la laine qui a servi à fabriquer ces dernières à passé à la carde, et que dans cette opération, comme aussi dans celle du foulage, les brins ont été détournés de leur parallélisme et rompus de telle sorte, qu’ils n’of- frent plus cette continuité dans leur longueur, qui doit être une condition essentielle de la force du fil; maisilest reconnu que la solidité du drap dépend beaucoup moins de la force isolée du fil, que de la faculté feuirante des de. Drins qui le composent. semblable matière première, le drap resistera mieux aux frottemens et aux tiraillemens de toute espèce, ainsi qu'à l’action du temps. Imperméabilité du drap. L'imperméabilité du drap résulte du degre de liaison entre les fils et les brins quile compo- sent. Cette qualité est fort importante sous le rap- port de la résistance qu’elle présente à l'action de l'air extérieur et de l'humidité; elle dépend essentiellement du degré de feutrage. La laine la plus disposée à feutrer sera donc toujours celle avec laquelle on pourra produire le drap le plus imperméable, et sous ce rappor! encore la laine la plus fine et la plus souple aura l'avantage. Dans l'opération du tissage, la finesse du fil et sa souplesse contribueront aussi à l’im- perméabilité, puisque le drap sera d'autant plus clos et plus garni, que les fils de la chaine, en se croisant sur ceux de la trame, laisseront moins de vide dans la toile de l’étofte. Finesse du drap. On comprend de reste comment la finesse du drap provient de la finesse du fil, qui ne peu elle-même résulter que de la finesse des brins PR Y-——* hs Pts NE = es ES \ Le: \, pi ( 60) Légerete. Quant à la légereté du drap, elle depend en- core de la finesse, puisque, avec un poids moin- dre de laine qui feutre bien, on peut obtenir un drap aussi solide et même aussi chaud qu'a- vec un plus grand poids de laine douée de moims de qualité feutrante. Ceci peut se comprendre sans plus de développement. s Douceur et moëlleux. À quelle autre cause enfin pourrions-nous at- tribuer la douceur et le moëlleux delétoffe, qu a la douceur des parties du brin qui composent son poil ou duvet? Or, cette qualité est en raison de la souplesse et de la finesse, que nous retrouvons encore ici, comme servant à compléter la beauté et le mérite du drap. Nous venons de passer en revue les qualités principales du drap et nous avons reconnu qu’elles résultaient, dans leur plus haut degré, de la finesse du brin et de sa souplesse. Il est une qualité dont nous n'avons pas fait mention, parce qu'elle serapporte à toutes lesau- tres, et que d’ailleurs son importance est trop évidente pour qu'il soit nécessaire de la fare ressortir, c’est l'égalité du brin dans sa lon- (LG) gueur non-seulement sous le rapport de Îa finesse, mais encore de la souplesse, de la force, de V'élasticité, etc.; l'inégalité du brin n’est pas douteuse, lorsque ses ondulations, après avoir été nombreuses et uniformes vers sa racine et jusqu’à une certaine hauteur, commencent des- lors à devenir plus grandes, et par conséquent plus rares, et finissent par disparaitre près de son extrémité. Celle-ci peut encore avoir été détériorée par l'effet corrosif du crottin dans le- quel elle aurait été enveloppée. C’est cette iné- salité assez commune dans quelques troupeaux superfins de Saxe, qui donne lieu à l’'émeéchage, opération qui consiste à tondre le bout exte- rieur des mèches de la toison. Cette concentration remarquable des meil- leures qualités du drap, dans celles de la laine de haute finesse, est bien digne de notre atten- tion. Examinée dans ses conséquences, elle ser- vira à expliquer un fait dont la plupart des pro- ducteurs ne peuvent se rendre compte, c'est la différence notable de prix qui existe entre une Jaine superfine et une lame de belle finesse et que souvent même, au premier coup-d’œil, on a peine à trouver inférieure; cependant, l’une aura peut-être une valeur vénale double de l’autre. Cette différence provient de la liaison | Ni ee ts| Pc ARTS 2— Rte 2 à A \ ((6&;) intime que nous avons signalée entre les qua- lités de la laine, liaison qui fait que la laine la plus fine et la plus régulièrement ondulée sera aussi la plus flexible, la plus extensible, la plus égale, la plus susceptible de l'élasticité de crispa- tion, etc., etc., par conséquent, la plus propre à concourir à toutes les perfections du drap, non pas seulement en raison directe de son degré supérieur de finesse, mais encore en raison COM— posée des qualités qui lui servent de cortége or- dinaire(1). Des laines relativement aux étoffes rases. Si, pour la fabrication du drap, on a recherche dans la laine sa plus grande susceptibilité de feu- trage; si, par l'opération du cardage, on s'est ef- forcé de favoriser cette susceptibilité, en séparant les brins, les racourcissant, et les dirigeant en sens divers, l’on semble agir d’une manière dia- métralement opposée pour la fabrication des étoffes rases, le but, en effet, est tout différent; car l’étoffe ne subit pas le foulage, et dès-lors plus (1) Comme il n’est aucune de ces qualités, ainsi que nous l’avons vu, qui ne soit individuellement nécessaire à plusieurs qualités précieuses du drap, on conçoit sans peine comment l’altération ex bien ou en mal de chacune d’elles agit dans un sens multiple pour ou contre le suc- cès de la fabrication. — (65) de nécessité d'aider la disposition au feutrage en cardant la laine pour obtenir un fil velu: ax contraire, le mérite de létoffe rase résulte de l’uni du fil, parce que celui-ci lui donne son éclat et sa douceur(1). Les conditions pour obtenir un fil lisse et doux au toucher, sont: 1°. que la laine, avant d’être filée, soit préparée de manière que tous les brins se dirigent dans le même sens, et soient parallèles entre eux: de la la nécessité du pei- nage; 2°, Que les brins soient aussi longs que pos- sible, parce qu'’alors leurs extrémités, moins nombreuses dans une longueur donnée du fil, tendront moins, en s’en échappant, à détruire son poli; 3°, Que ces brins soient pareillement aussi lisses que possible, afin de se peigner avec plus de facilité et moins de déchet. Leur surface, en outre, sera d'autant plus douce qu’elle sera plus unie. (1) Il ne faut pas perdre de vue que la douceur du drap résulte presque en entier de la souplesse, puisque alors son duvet cédera en tous sens sous les doigts, sans aucune résistance désagréable, tandis que celle de lé toffe rase provient de labsonce d’aspérités dans Le fil. ( 64) Avec ces conditions premières, on doit dési- rer, dans la laine destinée au peigne, la finesse, la souplesse et l'égalité soit dans la longueur du brin, soit dans les brins entre eux. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet, et nous remarquerons, en terminant, que la France ne possède pas des laines de peigne qui réunissent toutes les qualités désirables. Les unes, comme les laines mérinos les plus longues, ne sont cependant encore n1 assez longues n1 assez lisses; Les autres, comme certaines de nos laines indigènes, ont bien la longueur et l’uni nécessaires, mais elles manquent de finesse, d'égalité et de souplesse. Il y a beaucoup à obte- nir sous ce rapport, soit par des croisemens bien entendus, soit par l'introduction de bêtes provenant de races constantes. Nous aurons du reste, occasion de revenir sur Ces MOyEns d’a- méloration. CHAPITRE Il. Des différentes espèces de laines et de leur étude. Nos naturalistes rendraient à l'industrie un service important, s'ils entreprenaient de de- desi- lES5e, r du ( 65) ecrire en détail toutes les races existantes de bêtes à laine, dans le but spécial de faire connai- tre les différentes propriétés de leurs produits, et de fournir aux agriculteurs et aux manufac- turiers des indications suffisantes pour les gui- der, soit dans les essais de croisemens, soit dans l'emploi en fabrique des lainages auxquels on aurait reconnu de précieuses qualités. Il existe entre les produits de certaines races tant étrangères qu'indigènes, des analogies qui paraissent propres à favoriser des croisemens avantageux; les recherches et les expériences auxquelles nous nous livrons pour découvrir ces analogies et en tirer parti, ne nous semblent pas devoir être tout-à-fait infructueuses, et nous ne manquerons pas d’en publier les résultats, s’ils répondent à notre espoir. Mais impossibilité où nous sommes d'étudier un grand nombre de races qui nous sont trop peu connues, nous prive peut-être des observations qui nous se- raient Îles plus profitables. En attendant que nos naturalistes aient ré- pondu à l'appel que nous leur faisons ici, nous comprendrons la généralité des laines en trois grandes classes, savoir: les laines communes, les laines métis et les laines mérinos. Les laines communes, et sur-tout les laines pm 2 ct DR de 4 ( 66) métis, sont précisément celles qui présentent ces innombrables variétés dont nous n'avons pu étudier qu'une petite partie, malgré les soins que nous avons mis à nous procurer de nombreux échantillons, et malgré que nos voyages nous aient fourni l’occasion de visiter beaucoup de bergeries. Nous n'avons donc que peu de choses à dire de ces laines, mais nous nous occuperons davantage des laines mérimos de race pure, qu'il est plus facile de classer, et dont la production, d’ailleurs intéresse plus particulièrement notre industrie agricole et ma- nufacturière. PREMIÈRE SECTION. DES LAINES COMMUNES(1). Les laines communes offrent, comme les autres espèces de laines, des nuances de carac- ière assez distinctes: ainsi on en trouve de plus (1) il existe en Angleterre, en Danemark, en Sardai- gne et autres lieux, des laines qui se distinguent par des qualités particulières, à l'examen desquelles nous aurions désiré pouvoir nous livrer ici; l'Angleterre, notamment, en possède plusieurs espèces,qui, à elles seules,mériteraient un traité particulier, attendu l'importance de leur emploi dans la fabrication des étoffes raseset des tricots, nous nous ET— (167) ou moins frisées ou ondulées; toutefois leur caractère est plus habituellement lisse ou crépu. Il est à remarquer que, parmi les différentes espèces de laines communes, celles qui pré- sentent le plus de finesse, de douceur et de sou- plesse, sont précisément(sauf quelques excep- tions assez rares), celles qui se rapprochent le plus du caractère frisé ou ondulé, et dont les ondulations se montrent les plus régulières. On peut s’en convaincre aisément, en soumettant à un examen attentif certaines laines communes de Normandie, de Picardie, de plusieurs autres contrées de France, et particuliérement celles du Berry et du Roussillon, qui nous ont paru les plus fines de toutes. Les laines communes frisées ou ondulées sont en général courtes; les plus longues paroissent, dans leur longueur réelle, ne pas dépasser quatre pouces et demi; toutefois, les plus courtes n'ont pas moins de trois pouces. Ce qui les dis- proposons prochainement de les étudier avec toute l’atten- tion dontelles sontdignes. Les races qui produisent ces es- pèces de laine manquent à la France; rien ne serait plus désirable que leur introduction... Si notre espoir n’est pas déçu, nous pourrons peut-être, dans peu, contribuer efficacement à cette conquête, si précieuse pour l’industrie nationale.: pu ET PERTE LR de ee— A De | \ kr 0 Su. Coma 7 Mn ETS - D Cane; ù s ( 68) tingue sur-tout, c’est le degré de susceptibilité d'extension dont elles sont pourvues. De toutes les races communes, ce sont celles qui portent cette espèce de laines qui sont les plus faciles à améliorer, au moyen d’étalons mérimos. Les laines communes plates, ou lisses, sont en général très-grossières et peu susceptibles des différens modes d’élasticité favorables au fou- lage; mais elles ne sont pas dépourvues de cetté espèce de douceur qui résulte de l’un du brin; leurs mèches sont assez égales et d’une crue assez régulière. Leur longueur nous semble va- rier depuis trois pouces jusqu'a dix; les lames de Rio de la Plata, qui atteignent cette der- nière longueur, et dont quelques manufactu- riers se servent pour lisières, nous ont paru, de toutes, les plus longues et aussi les plus gros- sières: elles ressemblent, sous ce dernier rap- port, à du crin de cheval. C’est en Souabe que nous avons trouvé Îa laine lisse la plus courte qui nous soit connue: cette laine, qui n’a que trois pouces de lon- sueur, est très-grossière et très-seche(1). (1) Nous avons vu dans un des parcs de S. M. le Roi de Wurtemberg un mouton de Nubie, dont la laine nous a paru digne d'attention: cette laine, qui, tondue au (69) Les laines communes, dont le caractere est crépu, offrent en général une crue tres-em— brouillée et des brins fort inégaux entre eux; elles ont peu de douceur et ne sont guère plus souples que les laines lisses. Nous avons sous les yeux un échantillon de laine crépue africaine, dont la longueur réelle est d'environ dix pouces, nous n’en connaissons pas de plus longue; la crue en est fort emhrouillée jusqu'aux deux tiers de la hauteur de la mèche, en partant de la base. Le caractère crépu, très-prononce vers printemps précédent, avait déjà, dans les premiers jours de janvier, une crue de quatre pouces et demi, atteint vraisemblablement la longueur de sept à huit pouces; elle se distingue de toutes les laines Zsses communes par un degré relatif de finesse assez remarquable et par l’é- galité de ses brins entre eux, sous ce même rapport de la finesse: sa crue nous a semblé régulière, c’est-à-dire que les mèches sont assez égales pour la longueur et pour la forme, et que les brins qui la composent ne s’enchevétrent pas les uns dans les autres; l’extrémité de la mèche les réunit tous, en formant, dans la longueur d’un pouce, deux ou trois ondulations. Nous avons en outre trouvé dans cette laine assez de susceptibilité d’extension et de douceur. Si la race à laquelle appartient ce mouton était à notre portée, nous ne manquerions pas d’essayer de la croiser avec la race mérine, dans le but d’obtenir une laine bonne pour le peigne. ban"2" CR éoealiies SIP gr ( 70) cette base, diminue en s’en éloignant, et la mèche se termine, dans le dernier tiers de sa longueur, par une extrémité pointue et lisse: le crépu du brin ne lui a point communiqué d’élasticité de crispation; car 4 se laisse rompre sans changer de caractère. Les brins sont fort inégaux entre eux pour la finesse et fort iné- gaux aussi, SOUS Ce rapport, en eux-mêmes, leur extrémité étant sensiblement plus grossière que leur base. On trouve sur quelques mérinos de race sus- pecte, ilest vrai, sous le rapport de la pureté, une espèce de laine grossière, crépue, et qui dépasse par sa longueur la surface de la toison. Cette laine, qu'on appelle tantôt bigotes, tantôt poil de chèvre, ou poil de culotte, a de analogie avec la laine commune crépue: c’est un indice de médiocre finesse pour l'animal qui la porte. Nous n’avons point parlé du jarre, qui n’est pas proprement une laine, mais bien une es- pèce de poil; nous aurons probablement, plus tard, l’occasion d’en dire quelque chose. DEUXIEME SECTION. DES LAINES MÉTIS. Le classement des laines métis, en ne com- prenant même sous ce titre que les laines = (71) provenant ces croisemens entre des béliers mé- rinos et des brebis de race commune, est ÉVI- demment impossible, attendu leurs innom- brables variétés. Nous ne pourrons donc, ainsi que nous l’avons déja annoncé, nous occuper que fort peu de cette espèce de laine, qui, par sa nature, ne doit offrir que des modifications de toutes les autres; nous aurons d’ailleurs, dans la deuxième partie de cet ouvrage, qui aura les moutons pour objet, l’occasion de par- ler des principes du métissage, et de dévelop- per, à cet égard, quelques vues que nous croyons utiles. En attendant, nous nous bor- nerons à reconnaître que le métissage a obtenu en plusieurs lieux un succès complet, et qu'il existe( particulièrement en Saxe) des laines métis dont la perfection ne permet plus qu'on les distingue des laines mérinos, même de fi- nesse supérieure: tout ce que nous avons à dire de ces dernières leur sera donc applicable; quant à celles qui n'ont pas atteint ce degré d’amé- lioration, il sera toujours facile de les recon- naître à l’inécalité de finesse de leurs brins et à l'irrégularité de leur crue. pr— TT= | | | fa é (72) TROISIÈME SECTION. DES LAIÏNES MÉRINOS. Nous nous sommes livrés à une étude longue et attentive des diverses variétés de laines me- rinos, dans le but de parvenir à les classer d’une manière fructueuse pour la pratique. Nous comprenons toutes les laines superfines et fines dites mérinos dans quatre classes, ainsi qu'il suit: re 1°. classe. Laines de haute finesse. 92 Lots Laines de belle finesse. CRE 7 5 À Laines de finesse médiocre. RARE) À Laines de finesse inférieure. Nous aurions pris pour base de ces classemens les résultats moyens de la mensuration des lai nes, si les instrumens inventés pour cette men- suration étaient plus connus, et si leur usage n’était pas de sa nature trop difficile et trop délicat pour ne pas donner lieu, dans la pra- tique, à des méprises et à des erreurs facheuses. Néanmoins, quoique nous rejetions ce moyen de classification, 1l ne sera pas sans intérêt pour nos lecteurs de connaître la dimension du dia- #”\ ( 76) mètre du brin que nous aurions pu attribuer a chaque espèce de laine. F us da 1°. classe. Diamètre du brin,+ à 5 de ligne. 2". aid. 5 Ari id. GATE es À 40 idL. RE TLE à 3% id. Mais nous rencontrons des indications plus faciles, plus à la portée de l'œil de chaque observateur et moins sujettes à erreur, 1°. dans la forme, soit le caractère de la mèche; 2°. dans le caractère individuel des brins qui la com- posent; 3°. dans certains rapports qui s'éta- blissent entre ceux-c1. Afin de mieux nous faire comprendre, nous dirons quelques mots sur la crue de la laine et sur la formation des mèches dans la toison. En sortant de la peau, les brins semblent se rechercher les uns les autres; ils s'unissent de diverses manières et en quantités différentes selon le caractère et la finesse de la laine. Fantôt ils s'appuient les uns sur les autres et croissent parallèlement, liés par petites masses d’une manière plus ou moins intime, comme nous le remarquerons dans les laines de haute finesse; tantôt ils courent les uns au travers des autres, et se feutrent plus ou moins, comme dans les laines de finesse médiocre et inférieure; tantôt FE ui È È ! À N lg [6 À Ill { hr (74) enfin ils suivent la même direction sans trop se serrer les uns contre les autres, se croiser et se feutrer comme dans les laines lisses communes. Ces différentes masses de brins ou mèches,une fois formées, sont plus ou moins distinctes des masses voisines, et elles viennent toutes aboutir à la surface de ia toison, sous diverses formes. La crue de la laine est donc régulière et pa- rallèle, ou irrégulière et embrouillée; la mèche peut être petite, grosse, Carrée, pointue, apla- tie, etc., etc. Nous ne manquerons pas de mettre à profit ces observations. Passons à l'examen des quatre classes de laines mérinos que nous avons établies,«en appelant l'attention de nos lecteurs sur le détail minu- tieux que nous croyons devoir faire des signes caractéristiques qui les distinguent. Premiere classe. Si l'on tond sur le corps d’un mérinos de première finesse un espace de sa toison grand, par exemple, comme une pièce de cinqfrancs, et qu’on enlève cette laine avec précaution(1), on reconnaitra d’abord qu’elle est preque entiere- (1) Si l’on arrachaïi la laine au lieu de la couper, son caractère en serait altéré, et cette altération pourrait 1. NA er" ei donser lieu à de fausses observations, A7) ment composée de petites agglomérations de brins, grosses à-peu-près comme des épingles, quelquefois un peu plus. Les plus petites d’en- tre elles(1) peuvent contenir de quinze à vingt brins, et les moins petites de trente à trente- cinq. Ces brins sont tellement égaux entre eux dans leur parallélisme, leurs ondulations sont si uniformes, et quelquefois si étroitement enchas- sées les unes dans les autres, qu'ils paraissent alors ne former qu’un seul filament bien distinc- tement et régulièrement(2) ondulé dans toute sa longueur. Ces agolomérations outrès-petites mèches(35) (1) On ne doit pas prendre pour de plus grosses agglo- mérations celles qui ne sont que la réunion de plusieurs petites. (2) Cette régularité des ondulations annonce légalité de la finesse dans la longueur du brin. La finesse elle- même est, comme nous l’avons dit, en raison directe de la petitesse du zombre et de l’uniformité de ces ondula- tions( pour les laines décidément ondulées, nous le ré- pétons, mais non pour celles dont nous avons fait excep- tion dans la troisième section du premier chapitre). (3) I ne faut pas perdre de vue ce que nous avons dit de la formation de la mèche, et ne pas donner ici à ce mot lacception vulgaire qu'il a, lorsque par mèche où entend une portion plus ou moins grosse de laine arra chée sur Le corps du mouton ou prise dans une pile r- \ ® Lé Ne. À Ê 141 a gs DA na rs gi mt ——— AR (ré) iraient chacune aboutir séparément à l'extérieur de la toison, si des accidens, tels, par exemple, que les froissemens que celle-ci éprouve, ne dé- rangeaient leur symétrie à l'approche de la sur- face, et si les crottins ou autres corps étran— gers ne réunissaient au hasard quelques- unes de leurs extrémités. Quoi qu’il en soit, l’échan- tillon de laine qui nous occupe conserve un vo- lame à-peu-près égal dans tous les points de sa hauteur, preuve de la grande régularité et du parallélisme de la crue, et ne se termine pas en pointe, comme cela arrive dans les elasses que nous décrirons tout-à-l'heure. Si l’on compte maintenant sur un brin de cette laine, ou, pour plus de facilité, sur les pe- tites agolomérations elles-mêmes, le nombre d’ondulations que présente un pouce de lon- gueur, on en trouvera de vingt-huit à trente- huit, et quelquefois au— delà(1): c'est vingt- (1) Il faut remarquer que ces ondulations se présen- tent sur deux rangs, l’un supérieur et l’autre inférieur, et que nous ne comptons que sur celle d’un des rangs, parexemple 1, 2%,97 4.) 0) 7 3070: 10. Il faut encore avoir soin de ne compter ces ondulations qu'après avoir pris toutes les précautions nécessaires pour ; RES: ie FR che que le brin ne soit ni plus ni moins étendu qu il l’était naturellement dans la toison. 772) huit qui est le minimum que nous admettons pour la première classe. Quant à la longueur moyenne des lames de haute finesse, elle paraît être d'environ deux pouces, quelquefois un peu moins et quelque- fois un peu plus, bien entendu qu'il s’agit de la longueur de la mèche dans son ensemble, et non du brin isolé et étendu; car, sous ce der- nier rapport, le brin renfermé dans une mèche de deux pouces de longueur, en aurait trois, trois un quart, trois et demi, s’il était déve- loppé sans étirement. Ce brin, comme nous l'avons vu, est aussi égal que possible en finesse dans toute sa longueur; il est souple(1) et ex- tensible(2) au plus haut degré, aimsi que doué des vertus élastiques du frise et de crispation, (1) On juge de cette souplesse en lui comparant d’autres brins qu’on tient, comme lui, par les deux bouts, entre le pouce et l’index de chaque main, mais séparés les uns des autres. Dans cette position, on souffle légèrement dessus, le brin de haute finesse éprouvera alors un fré- missement plus sensible que les autres, qui peuvent même n’en pas montrer du tout. (2) En étirant plusieurs brins pour éprouver leur exten- sibilité comparative, il ne faut pas perdre de vue que les résultats de cette exéprience sont modifiés par un degré différent d'humidité, différence qui peut même être sen- |} dont l'épreuve est trop facile pour que nous || nous croyions obligés de nous y arrêter. ll On conçoit que toutes les observations et les ! épreuves dont nous venons de parler doivent L avoir lieu dans l’état de suint(1), puisque alors al les propriétés de la laine ont été altérées le il ï moins possible. L if Nous bornerons ici la description des laines !| superfines. On en trouvera peut-être qui, ne L fi présentant pas tous les signes caractéristiques 4 | à que nous venons de décrire, parce que des cir- A| constances accidentelles(2) auront pu altérer À 4 quelques- unes de leurs qualités, ou même 1 L parce qu'il n’est point de regle générale sans LH: Ni. qua sible, selon que la peau des doigts est plus ou moins :| sèche, et que l’on aurait manié plus long-temps un des lt brins que l’autre. | 1(1) Sauf cependant l'épreuve que l’on ferait de l’élasti- { à cité de volume; car il importerait alors de dépouiller la | De laine des corps gras qui l’environnent. |(2) Ces circonstances peuvent être assez fréquentes, et \f À nous les avons signalées dans le chapitre précédent: si F il! À l’on n’y avait pas égard, on courrait le risque de porter | À| d’abord un faux jugement sur la laine qu’on examinerait, } 1 et ensuite un plus faux encore sur le mérite réel de l’a- Î Al| nimal qui l'aurait produite. Aïnsi une bête, quoique su- f perfine, pourra être jugée défavorablement, 1°. si on (74 [fé| 1| { ‘:4f e| AL NE 11 Rs Us (9) exception, seront cependant reconnues dignes de figurer dans la première classe; mais notre principe n’en restera pas moins solidement éta- bli dans notre conviction, et nous pourrons sur-tout affirmer que toute laine réunissant ces mêmes signes caractéristiques, ne pourra Jja- mais être classée que parmi celles de première distinction. Deuxième classe. Les agglomérations de brins qui composent presque en entier l'échantillon de haute finesse, se rencontrent encore d’une manière tres- frappante dans celui des laines que nous avons nommées de belle finesse. Cependant l’échan- tillon, avec quelque ménagement qu'il ait éte enleve du corps de la toison, ne se trouve pres- que jamais formé en entier par ces ageloméra- tions, et une partie des brins ont cru 1sole- ment sans s'être reumis aux brins voisins. Ces éprouve la laine de sa première tonte; 2°. si elle a été do, 2 Sa, nan malade dans le cours de l’année; 30. si elle n’a pas été suffisamment nourrie, ou si elle a été, au contraire, pous- Le à] A rcaccif\’ I Tr 1/0« o 1, le sée à un degré excessii d em 20npoint; 4. Si pendant le Le J tel S:, A het cours de l’année encore, sa toison n’a pas été à l'abri des mauvaises influences de l'humidité, des corps étran- gers, e tC. mt ren mener a DD . M| ni 14 4% i: ep RE a nee mn Toma ah (80) mêmes agglomérations paraissent également plus grossières, ou du moins plus aplaties, et lon voit que la plupart d’entre elles sont com- posées de divers filamens; tandis que, dans les laines de haute finesse, tous ces filamens sem- blent ne faire souvent qu’un même corps, tant l’'uniformité de leurs ondulations est grande: elles sont d’ailleurs plus sujettes à se lier les unes aux autres depuis la base de la mèche, et à présenter ainsi la forme de différentes réunions de brins larges et aplatis, dont on peut comp- ter les ondulations par les espèces de cannelures horizontales qu’elles présentent. L’échantillon offre encore de l'égalité dans son volume, à sa base et à son extrémité; ce- pendant les petites pointes individuelles qui le terminent, sont déjà plus grosses, puisqu'elles résultent de la réunion d’un plus grand nombre d'agglomérations de brins. Sa longueur varie à-peu-près dans la même latitude que celle de la laine de première classe. Le nombre de ces ondulations sera de vingt-quatre à vingt-sept par pouce, et elles paraîtront tout aussi régu- lières, mais naturellement plus grandes que celles des laines de haute finesse. a Ge LR| Troisième classe. Le “he ee.‘à & Pi m- mr us »,: Te. bit On voit encore quelques agglomérations" dB. brins dans les lames de troisième classe, mais elles sont déjà rares et l’on dirait que la sura- bondance seule du suint les a formées, tant elles paraissent collées ensemble par cette ma- uère. Du reste, hors ces agglomérations, la crue de la laine est visiblement irrégulière; c'est-à-dire que les brins, tantôt suivent une direction parallèle, et tantôt se jettent les uns au travers des autres: d’où il résulte qu'étant tous naturellement disposés à atteindre une même longueur, ceux qui affectent les. plus longs détours avant d'arriver à la surface de la toison, restent en arrière, et qu'ainsi les mè- ches de cette toison, au lieu d’être carrées ou cylindriques, comme dans les laines de pre- miere et deuxième classe, prennent une forme plus ou moins pointue. Un des traits caractéristiques des laines de finesse médiocre est donc de se former en me- ches assez distinctes, plus ou moins grosses à leur base, mais toujours beaucoup plus poin- tues à leur extrémité. Déja, dans cette espèce de laine, les brins sont sensiblement inégaux entre eux pour le AN se * ee mrare mn | SF fe dires Ce. caractere, et l'œil exercé voit la différence de fmesse qui en résulte. Les uns, particulière- ment Ceux qui ont cru parallèlement, et qui sont contenus dans le peu d’agglomérations qui existent, présentent des ondulations assez ré- sulières et continuées dans toute la longueur; on en compte par pouce jusqu à vingt-deux et mème vingt-quatre. Les autres en offrent de seize à vingt; la latitude moyenne que nous fixons est de seize à vingt-trois. Ces ondulations, qui ont pris naissance hors des agglomérations, ne sui- vent plus une ligne droite et ne sont plus aussi régulières dans leurs formes. Les unes sont grandes et hautes, les autres petites et basses; dans une partie des brins, elles ne vont pas jus- qu'à leur extrémité, ou du moins deviennent- elles plus rares et plus évasées en s’en rappro- chant. Dès-lors cette extrémité ne sera plus en général aussi fine que les autres parties du brin. Enfin pour ce qui concerne la longueur de la laine de finesse médiocre, elle varie dans une beaucoup plus grande la titude que les précéden- tes(r), car pendant que nous trouvons dans cette classe des mèches de deux pouces environ, nous r., 1, (1) Nous ne parlons toujours que des Jaines ondulées. en rencontrons aussi qui ont trois et trois pouces et demi(1); quant à leur longueur réelle, comme le brin est moins frisé, elle n'arrive guere qu'à quatre et quatre pouces et demi. Quatrième classe. Dans la quatrième classe, la mèche est plus pointue encore que dans la laine de finesse mé- diocre, parce que la crue est plus embrouillée. On n’y voit presque point d'agelomérations; les brins de cette mèche ont une grande inéga- lité de finesse, soit entre eux, soit en eux- mêmes. Dans son aspect général, elle ressemble ou aux meilleures laines communes, ou quel- quefois à une mèche de chanvre peigné. Nous fixerons d’ailleurs à quinze ondulations par pouce, le maximum auquel elle peut atteindre. Quant à sa longueu:, elle varie dans la même latitude que celle des laines de finesse médiocre. Nous terminerons ici ce que nous avons à dire sur le classement des laines mérinos; nous es— pérons que nos lecteurs nous auront suivis dans le détail de nos observations, et nous nous esti- merons heureux si nous avons contribué à leur mr 1) Notamment dans la classe de laines appelées en 1] Hspagne larca s MCCAGS É: 1 ;| ti mr rm EE À Gr rendre la Connaissance de la laine plus facile ei plus sûre. Cette étude est d’une telle impor- tance, que nous ne saurions trop la leur recom- mander. Du reste, quelque pénétrés que nous soyons de la justesse des principes sur les- quels nous nous sommes basés, nous répétons encore qu'ils peuvent être sujets à quelques exceptions.. AAA AIR AAA ANA AAA AAA AAA AIR AAA RARE SUR RAA s CHAPITRE Il] æ& De la toison mérinos pendänt son séjour sur le corps du mouton. Après avoir, dans le chapitre précédent, re- connu notre insuffisance pour parler en détail de toutesles espèces de laines communes et métis, at- tendu leurtrop grande variété, nousnoussommes du moins attachés à classer d’une maniere plus précise les différentes qualités de laines mérinos, et à décrire les signes caractéristiques qui de- vaient servir à les faire reconnaître. Ce sera en- core l'étude de ces laines qui fera presque exclu- sivement la matière des deux derniers chapitres de cette première partie, et nous continuerons AA d'étendre la dénomination de laine mérinos à (85) toutes Les espèces de laines fines et superfines. Si, parmi les faits que nous aurons à observer et les conséquences qui devront en découler, il en est qui soient communs aux laines d’autres races, nous laisserons au lecteur le soi de leui en faire l’application. Dans ce troisième chapitre, qui sera divisé en trois sections, nous chercherons, en évitant le plus possible les répétitions, à compléter toui ce qui a été dit précédemment touchant la laine mérinos en état de végétation. La première section traitera de la toison du mérinos adulte, la deuxième de la toison de l'agneau, et la troisième de la tonte. PREMIERE SECTION. DE LA TOISON DU MEÉRINOS ADULTE. L'examen de la toison du mérinos adulte nous fournira la matière de plusieurs observations importantes, touchant 1°. la qualité de la laine dans les.différentes parties du corps et l'aspect de la toison en général; 2°. le degré d’égalite qu'il est possible d'atteindre dans toutes ces parties; 3°. le jugement qu'on peut porter sur la qualité probable d’une lame à la vue de sa repousse après la tonte; 4°. le poids de la toison et son rendement. mt nement> RE 5 er M a DE RAS À ( 80) De la qualité de la laine dans les différentes parties du corps et de l'aspect de la toison er general. Si nous examinons un bélier ou une brebis meérinos dont la toison ne soit pas aussi per- fectionnée qu’elle peut l'être sous le rapport de l'égalité, nous trouverons généralement que la partie mitoyenne et inférieure des côtes, l'épaule et le flanc, fournissent la laine la plus belle, soit pour la finesse, soit pour légalité du brin. Ces parties, exposées au contact de la li- tière, ne sont point exemptes des inconvémiens qui en résultent, aussi offrent-elles rarement la propreté etla nuance qu’on remarque surle dos, le dessus du cou et de la croupe. Dans le bord inférieur de l’épaule et des côtes, on s’apercoit que la laine est habituellement foulée par l’ani- mal lorsqu'il se couche; elle y apparaît un peu moins longue, sans que cependant les mèches soient écrasées et dérangées dans leur crue comme sous le ventre. La laine des reins ou lom- bes et celle de l’épine du dos se distinguent sou- vent entre elles par une différence de finesse à l'avantage de cette dernière; mais toutes deux sontinférieures à celle que nous avons reconnue ci-dessus à l'épaule et au flanc, et pour qu'elles (87) . puissent être réunies dans l’assorussage, il faut que le perfectionnement les ait rendues égales en beauté, ou que l'animal soit d’une classe tellement inférieure, qu'il n’y ait plus de dis- IS tinction à faire entre toutes les parties hautes '- de sa toison. La laine de l’épine du dos et celle rt des reins vontassezordinairement en diminuant ie de qualité depuis le garot jusqu’à la croupe. ç. Celle qui recouvre cette dernière place est en- T core d’un degré inférieur, et devient de plus er du plus mauvaise à mesure qu’on s'approche de la I- queue, qui est une des parües les plus rebelles au perfectionnement. Dans l'examen que nous venons de faire, nous n'avons trouvé aucun changemement de carac- | tère dans la laine, autre que celui qui accom- : pagne ordinairement la diminution de finesse; mais si nous descendons de la croupe au plat de la cuisse et à son tranchant extérieur( parties qu’on comprend généralement sous le nom de culotte}, nous trouverons sur le haut de ce plat de cuisse une laine aplatie et qui parait plus longue que celle des autres places de la toison: c’est que l’animal repose ordinairement dessus. La laine qui croît immédiatement au-dessous de la pointe de l'ischion est évidemment la plus srossière, mais elle s'améliore en gagnant le TL— TT ee (88) milieu du plat de[a tuisse. Quant au tranchant postérieur de la cuisse, ce n’est pas la plus mau- vaise place, bien qu’elle en ait la réputation dans l'opinion d’un grand nombre de personnes; la laine y est ordinairement jaunie, par leflet de l'urine; mais elle a mieux conservé son caractère que celle du dessous du ventre. Dans cette der- nière partie, la laine est tout-àa-fait écrasée, les mèches ne sont plus distinctes et les brins sont plus ou moins feutrés; l'humidité de l’urme et des excrémens en a d’ailleurs altéré la couleur et quelquefois la substance elle-même, ainsi que nous l’avons vu plus haut. En passant du ventre au poitrail, on passe de la laine la plus courte à la plus longue, la laine du poitrail peut, sous le rapport de la finesse, être assimilée à celle de la croupe. Le dessous du cou offre une finesse un peu su- périeure. à celle du poitrail et égale à-peu-pres à celle des reins; la mèche y est moins longue qu’au poitrail lorsqu'il y a absence complète de fanon; mais pour peu qu'il en existe, la mèche se montre d’abord plus longue et plus grossière, ensuite si le fanon est décidément prononcé, elle se raccourcit et le brin devient plus grossier encore, jusqu’au point de n'être plus que de la laine tout-a- ait commune. ( 89) Nous en dirons autant de lespece de lame qu'on voit croitre sur ces plis qu'un caprice bi- zarre et diamétralement opposé aux véritables principes du perfectionnement, semble s'être plu àcréer pour déshônorer la race mérine chez certains individus. C’est à force de nourriture et en choisissant préférablement les étalons les plus surchargés de graisse qu'on est parvenu, dans quelques bergeries, à donner à la race lhabi- tude de ces plis, qui après s’être manifestés d'a bord sur la nuque et le dessus du cou, se sont, au bout de quelques générations, étendus sur le reste du corps. Est:il croyable qu'on soit allé jus- qu'à vanter des animaux que leur croupe, leurs flancs et leur cou, tapissés par les nappes flot- tantes d’une peau épaisse et durcie, faisaient plutôt ressembler à des rhinocéros qu'a’ des moutons? Depuis le dessous du cou jusqu'à la nuque, on trouve une laine assez semblable à celle des reins et qui va en s’allongeant et en s’aplatissant à mesure qu’on approche de la nuque; la laine qui recouvre cette dernière partie se distingue ha- bituellement par sa blancheur et le peu de suint qui l'entoure. Quant à la laine des joues, du toupet et des jambes, elle est en général jetéedansiesrebuts du (( eL)) lriage; celle des joues peut néanmoins s'assortr quelquefois avec celle des environs de la queue: nous remarquerons, en passant, que les bêtes de haute finesse portent ordinairement peu de laine dans ces parties, si ce n’est dans la première et la deuxième année de leur vie. Quelques endroits du corps du mouton sont particulièrement sujets à produire des poils de jarre.et des poils de culotte: à Vexception des places du toupet, où des cicatrices se sont for- mées à la suite de combats entre beéliers, on trouve rarement le jarre implanté dans la peau. On peut cependant l’observer quelquefois dans cet état sur le tranchant postérieur de la cuisse: nous l'avons vu dans cette partie sur une ligne étroite et longue d’un pouce ou deux, même su des bêtes de distinction, et entre autres sur un bélier saxon de premier choix, dans les berge- ries de l’Institut agricole w urtembergeois d’/0- henheim, sans que la toison de cet animal pre- sentàt, d’ailleurs, un plus grand nombre de ces poils détachés que n’en offre ordinairement une toison superfine. Le nombre de poils de jarre diminue tres-sen- siblement à mesure qu'on marche vers le perfec- lionnement; toutefois c’esten vain qu on preten- drait le faire entierement disparaitre, et les par- { OT) tes d’où l’on pourra le plus dificilement le ban- nir,seronttoujourslesmoinsbellesdelatoisonet, par exception à cette règle, la nuque, quine pré- sente pashabituellement la laine la plus grossiere. Quant au poil de culotte, il annonce toujours (et d'autant mieux qu'il est plus répandu sur les différentes parties du corps) un degré d’a- mélioration irès-peu avancé; souvent aussi 1 trahit l’impureté du sang. Le perfectionnement le chasse d’abord du corps de la toison et en- suite de la partie même de la culotte, d'où il ure son nom; On parvient même parfois assez faci- lement à s’en débarrasser tout-à-fait: car on ne doit plus regarder comme étant de la même espèce certains poils longs et plus transparens, qui apparaissent quelquefois en très-petit nom- bre sur la nuque des mérinos, même de haute finesse, et qui semblent tenir le milieu entre le jarre et le poil de culotte. Passons maintenant à l'aspect de la toison. Beaucoup de personnes croient trouver dans l’aspect extérieur de la toison dès indications suffisantes pour juger d'avance du mérite d’une bête: nous ne nierons point qu'un œil exerce ne puisse tirer quelque partide ces indications; mais elles sont souvent trompeuses, et il ne sera pas inutile de montrer les erreurs dans lesquelles ue”:—— ( 92.) on peut tomber en leur accordant trop de confiance. sa toison peut présenter à sa surface exté- rieure des mèches tantôt aplaties, tantôt apla- ties et noueuses, quelquefois pointues. Dans le premier cas, nous dirons qu'elle est ronde et. unie; dans le second, qu’elle est roueuse; dans le troisième enfin, qu’elle est irrégulière ou à méches pointues. La toison ronde et unie est celle dont les mèches, se maintenant toutes à la même hau- teur, offrent à l’extérieur une surface rase et compacte, qui ne s’entr'ouvre que dans les divers mouvemens que fait l'animal en marchant ou se retournant. Les Allemands donnent à cette es- pèce de toison le nom de toison fermée, et ce caractère est chez eux fort recherché. Pour nous, nous sommes loin d’y attacher autant de prix; l’aspect rond et uni de la toison semble résulter, il est vrai, d’une assez grande régularité dans la crue de la méche, dans la longueur et l'égalité des brins qui la composent et dans le parallélisme de ces brins: sous ce rapport, il serait l'indice de qualités utiles; mais, d'un côté, ce même aspect peut aussi être produit, à un degré plus remarquable encore, par la grossièreté et la roideur des brins, dans —— a (95) une toison de qualité inférieure et#rès-tassée, et de l’autre ce n’est que rarement et par ex- ception que nous avons trouvé la haute finesse dans ces toisons rondes et fermées. Une toison superfine n’en serait sans doute que plus par- faite, si elle offrait à l'extérieur cette surface unie, qui, comme nous venons de le dire, serait l'indice d’une grande régularité dans la crue; mais ce ne sera jamais qu'à beauté égale qu'on devra, de deux bêtes, préférer celle qui portera la toison fermée, et il faudra prendre garde de décider trop légèrement du mérite d’une laine sur cette simple apparence. Au surplus, avant de finir sur ce sujet, nous re- marquerons qu'on peut, jusqu'à un certain point, préjuger du degré de finesse d’une toison ronde et unie, en ce qu’elle ne s'ouvre pas aussi facilement et d’une manière aussi remarquable quand elle est superfine que lorsqu'elle n’est que grossière et tassée; la première présente aussi moins de résistance que l’autre à la main qui essaie de la comprimer. La toison roueuse est celle dont les mèches offrent à leur extrémité de petits nœuds quel- quefois si serrés et si inextricables, que les opérations du lavage et du battage ne suffisent pas pour les défaire. Cette disposition de lex- SL 18 EL. :# } À i : GS Rens ice ner« ne VO da bem—""7" : RES LA ln (94) trémité de la mèche ne se rencontre guere que sur les bêtes très-fines et dans les bergeries les mieux tenues sous le rapport dé la propreté des toisons. En effet, on comprend aisément comment des brins doués d’une grande ténuité et d’un degré suflisant d’élasticité, peuvent, beaucoup plus que des brins grossiers, être susceptibles de se recoquiller, s’il arrive que, se dépassant les uns les autres, ils ne se soutiennent plus entre eux, ou si le basard n'a pas attaché à leur extrémité ces amas de crot- tins qui auraient servi à les maintenir; et 1l est à remarquer que l’on trouve le plus habi- tuellement ces nœuds sur les parties les plus éle- vées du corps du mouton, c’est-à-dire, sur celles le moins en contact avec le fumier de la lhtière. Le nœud du bout de la mèche se manifeste de deux manières différentes: Dans le premier cas, les brins se sont déve- loppés parallèlement; mais quelques-uns d’entre eux ont dépassé les autres, ou se sont détachés de l’agglomération à la surface de la toison. Si le crottin n’est pas venu les entourer et les maintenir, ils sont restés abandonnés à l’eflet de leur‘élasticité et de leur souplesse,‘ainsi qu'aux conséquences de laffinite qui regne ( 95) entre eux, et ils se sont recoquillés; mais alors le nœud est peu serré et le brin rarement inégal dans ses parties. Dans le second cas, ce sont les extrémités des asolomérations elles-mêmes qui se sont con- tournées en spirale, et le nœud, qui s’est formé au bout, s’est parfois plus serré que dans le cas précédent; l'inégalité du brin s’est aussi mon- trée plus fréquemment. Le caractere noueux de la toison peut se re- marquer une année, et ne point se remarquer, l'annee suivante, sur le méme individu. Nous ne le croyons héréditaire que dans ce sens, qu'il accompagne ordinairement la superfinesse, et que la superfinesse dont les agneaux héritent dispose leur toison à ce défaut: ce qui semble le prouver, c’est que les extraits qui, pour la fi- nesse, restent notablement en arrière de leurs auteurs, en sont exempts. Les nœuds du bout de la mèche constituent, il faut en convenir, un défaut qu'il faudrait pouvoir éviter; 1lest bon, toutefois, de se pré- munir contre la trop grande prévention que certaines personnes ont conçue à cet égard. Les juifs, qui servent assez généralement en Alle- magne d’intermédiaires entre les fabricans et les producteurs, se sont eflorcés d’exagérer ce ( 96) défaut aux yeux de ceux-ci, afin de trouve même dans les laines de première qualité un motif de les déprecier outre mesure; mais il est bien rare qu'il soit porté au point d'offrir des obstacles réels au succès de la fabrication. Il est, d’ailleurs, presque toujours racheté par des qua- lités si précieuses, qu'il faut se garder d'y at- tacher trop d'importance; rien n'empécherait, au surplus, d’y remédier, au moyen d’un léger éméchage, si cela devenait nécessaire. La toison à mèche pointue ressemble assez à celle de l’agneau de dix-huit mois qui n'aurai pas été tondu la première année; les mèches, quoique assez égales en longueur, sont, à l’ex- térieur, très-distinctes et mdépendantes Îles unes des autres. Cet aspect de la toison peut, beaucoup moins que les deux autres que nous venons d'observer, fournir de ces indications d’après lesquelles on croit pouvoir, au premier coup d'œil, se former une opinion sur le mérite d’un mérinos: ainsi, nous ne nous y arréterons pas davantage. La couleur extérieure de la toison parait encore, aux yeux de quelques observateurs, devoir fournir un indice de sa qualité; d’habiles agronomes ont même écrit que plus cette cou- leur était notre et plus elle annonçait de finesse: COR) qu'il nous soit permis de les contredire sur ce point. La couleur de la toison ne nous semble provenir que de son degré de propreté et de l'abondance du suint qu’elle renferme; elle se montre ordinairement d'autant plus noire, que les bêtes ont davantage de suint; que leur li- tière est moins souvent renouvelée; que les- pace qu’elles occupent dans la bergerie est plus petit relativement à leur nombre; enfin que le sol de cette bergerie est plus humide. Or, toutes ces circonstances peuvent étre communes aux bêtes les moins fines comme à celles du plus beau choix, et en outre ce ne sont pas tou- jours celles-e1 qui ont le plus de suint; souvent, au contraire, 1l en est autrement. Quelquefois, la laine, dans l’intérieur de la toison se présente sous une nuance d’un jaune - plus ou moins Clair;‘ei d’autres fois elle se montre tout-à-fait blanche: cela dépend, sans TT it doute, de la couleur du suint lui-même. Nous avons cherché à découvrir srl existait quel- Re ee pe ques rapporis bien établis entre ces: diffé- 1 ue 1 ES ne rences de nuances et la qualité de la laine,«et a Q nous n'avons pu en trouver aucun. Ce qui pa- rait d’ailleurs assez certain, c’est que chaque bête, même dans la race la plus pure, et la plus constante par conséquent, apporte en naissant ( 98) sa disposition naturelle au suint blanc où au suint jaune, et que cette disposition ne varie que rarement sur le même individu. Au sur- plus, toutes les diverses espèces de laines mérinos se montrent sous l’une et l’autre de ces nuances, et nous ne saurions dire laquelle est la préférable, à conditions d'ail- leurs égales, puisque le dégraissage les ramence toutes au mème degré de blancheur: nous avons déja fait voir ailleurs que la couleur jaune n'é- tait réellement à redouter que lorsqu'elle était produite par l'urine et la présence du crottin. Les fanons pendans, l'abondance de laine sur les joues et jusqu'au bas des jambes, n’ont été que trop long-temps en France des caractères extérieurs conseillés par la mode, et recherchés par le plus grand nombre d’éleveurs; peut-être voit-on encore aujourd’hui des propriétaires montrer avec satisfaction le résultat des eflorts qu'ils ont faits pour les propager dans leurs troupeaux; mais tout annonce qu'ils ne tarde- ront pas à revenir de leur erreur, et CES Carac- ières, comme tous Ceux qui accompagnent la haute taille et lexcès d'embonpoint, seront bientôt généralement regardées COMME les in- tains d’une médiocre finesse. dices presque cer Avant de terminer ce qui concerne l'aspect Ua are Sur- ines utre dre l'ail Mene avons 16 D 6- e etait ( 99) extérieur de la toison, nous jugeons utle de dire un mot de ce que l’on doit entendre par le tassé proprement dit: La réunion du plus grand nombre de brins de laine croissant sur un espace donné de la peau, voila, selon nous, ce qu’on doit entendre par le assé proprement dit. D’après cette définition, nous croyons pou- voir affirmer qu’une toison superfine sera: in- contestablement plus éassée qu'une toison de médiocre finesse; car il est hors de doute que sur un espace donné de la peau il croîtra un plus grand nombre de brins fins que de brins grossiers, et il est aisé de vérifier le fait. Mais si l’on entend par le tassé la réunion de brins qui présentera le plus gros volume en même temps que la masse la plus serrée, 1l faudra convenir que la superfimesse exclut le tassé; car jamais une toison superfine ne sera aussi compacte et aussi volumineuse qu’une toison de laine inférieure. Si donc on ne confond pas le{assé propre- ment dit avec l'apparence du tassé, on pourra conclure que l'apparence de{assé indique pres- que toujours une médiocre finesse; tandis qu’au contraire le tassé proprement dit ne se ren- contre guère que sur les bêtes superfines. Ta ( 100) Du degré d'égalité qu'il est possible d'atteindre dans les diverses parties de la toison. Cette égalité si rare et si désirable dans une toison superfine s'offre assez communément dans une toison de qualité imférieure, et n’est alors que de peu d'importance: en effet, plus le mouton est grossier, plus il est naturellement égal, puisque sa dépouille entière se rappr oche davantage de la dernière classe, au-dessous de laquelle tout doit se confondre dans une même qualite. D'un autre côte, les differences qu’on trouve entre les meilleures parties et les plus mauvai- ses, doivent donner lieu à des différences de va- leur d'autant moindres, que la toison elle-mème est moins précieuse; di ins la toison superfine, au contraire, l'avantage qui résulte de l'égalité est d'autant plus notable, que la quotité de prime qu'elle assure au propr iétaire est plus grande, L ] LI et que ceite prime trouve dans le commerce UN prix plus eleve. A LL y ES. 1° L Notre but etant à indiquer 1c1 le degr e d'e- galité qu"1l est permis d mue dans la pra- tique, nous nous abstiendrons de mentionner les exemples trop rares d’une égalité presque complète, exemples qui ne peuvenl ètre con- ( 101) sidérés que comme des exceptions; als nOoUS ne craindrons point de reculer trop loin la li- mite du perfectionnement en la fixant d’après les conditions suivantes: Une bête superfine(sur-tout si elle est a-peu- pres dépourvue de laine sur les joues et dans la partie inférieure des jambes) ne pourra ètre réputée suflisamment perfectionnée que lors— que toute sa toison(excepté ÈS quelques me- ches vers la pointe de Pischion; 2°. quelques-unes vers la racine et sur le tronçon de la queue; 5°. enfin, quelques autres, peut-être sur la nu- que et sur le toupet), sera digne, par son épalite de finesse et de qualité, d'entrer dans ie méme assortissage que l'épaule, les côtes et le fla Le ventre même doit être ordinairement égal en beauté au reste de la toison, et 1l ne serait permis de le séparer que lorsque la laine en serait décidément trop courte, comme il arrive quelquefois vers le milieu de la panse, ou bien lorsque le mauvais entretien de la htiere aurait irop altéré sa couieur et ses autres qualités es—- sentielles. Enfin, en supposant mème la distraction to- tale des ventres, et s’astreignanten méme temps au triage le plus scrupuieux, 1l faut que l'ant- #2}_ AS He D Ù A 82 AA| ÉRURE mal aornnce 1es quai CE 1NQŒUIEMICS du pOIUS CHE Sa ( 102) toison en prime de première qualite, et que la cinquième partie restante se compose au plus d’un huitième de véritables parties basses où rebuts et de sept huitièmes de bonne laine. Ce ne sont point la, nous le répétons, des conditions trop rigoureuses; Car si l’on ne peut pas supposer qu'un troupeau entier et nom- breux puisse toujours présenter dans son triage un ensemble aussi désirable que celui-là, 1l faut, du moins, que, partagé en trois classes de bètes à-peu-près égales en nombre, aucune de la pre- mière classe ne reste au-dessous de ce degré d'égalité. De la repousse de la laine aprés la tonte. Nous avons déjà dit que le brin, après qu'il avait été tronqué par les ciseaux du tondeur, avait perdu pour toujours son extrémité pointue, et qu'au lieu d’être disposé à s’afliner en s’éloi- gnant de sa racine, il montrait, au contraire, une disposition assez marquée à grossir; NOUS avons même essayé d'expliquer la théorie de ce grossissement, très-sensible dans certaineslaines. La portion du brin qui reste attachée à la peau après latonte étant ainsi celle qui présente natu- rellement le plus de finesse, il en résulte que l’on s’exposerait àdeserreurs,siimmédiatement après —— 5 SERRES { 105) la tonte, on prétendait assigner, d'apres les ap- parences de cette portion du brin, le degré de finesse et d'égalité qu'il devra offrir lorsqu'ilsera arrivé à sa maturité: l'idée que l’on en pren- drait alors serait probablement trop favorable. Quelque temps après la tonte, au contraire, lorsque le brin a commencé à repousser, On pourrait le juger défavorablement, parce qu'a- lors il devient sensiblement plus grossier et que ce n’est que lorsque ce grossissement est arrivé à un certain point(qui peut être estimé, ên moyenne, à une moitié en sus de son diamètre) qu'il redevient peu-à-peu ce qu'il doit être à mesure qu'il s'approche de sa maturité. Nous croyons inutile de rechercher les causes de ces différences de finesse dans la repousse de la laine, il nous suflit d’avoir attiré sur elle Pat- tention de nos lecteurs, en les prémunissant contre les fausses indications auxquelles elles pourraient donner lieu. Du poids de la toison et de son rendement. 1 sera toujours impossible de s'entendre toutes les fois que, pour désigner le poids comparatif des toisons de tel ou tel troupeau, onse contentera de parler de leur poids brut ou re en suint: le producteur qui se vantera de recueil ( 104) hr sur ses bêtes des toisons de dix livres, par exemple, Croira avoir un très-crand avantage sur Celui qui ne pourra offrir que cinq livres par dépouille; mais si la toison de dix livres, chargée de sable et de crottin, n’a rendu que vingt pour cent au dégraissage, tandis que celle decinqlivres a produit] usqu'à quarante pour cent(comme cela peut arriver dans les troupeaux fins et bien soi- gnés), cet avantage apparent sera nul, et le pro- ducteur de la toison de cinq livres en conser- vera un bien réel dans la qualité de la laine, qui n'aura pas été altérée par la présence d’une aussi grande masse de cor ps étrangers(1). Nous nous bornerons ici à cette seule re- marque, prise à-peu-près dans les limites ex- trèmes du rendement au dernier dégraissage: elle montre suflisamment qu'il est tout-à-fait inutile de mentionner le poids en suimt d’une toison pour en conclure son poids réel, si l’on ne peut en même temps indiquer précisément le déchet qu’elle éprouvera lorsqu’elle aura été de égralssée. . 4[ L® 1 (1) On voit bien que nous ne voulons parler 1c1 que du poids comparatif des toisons entre elles et non poini de leur valeur: nous traiterons bientôt de cette dernière, et ce que nous aurons à en dire ne sera peut-être pa intérêt, PET] É109 à \ DEUXIEME SECZIION. DE LA OISON DE L'AGNEAU. il serait d’un grand intérèt de parvenir, au moyen de la connaissance des rapports qui peu- vent exister entre la laine de l'agneau et celle de la bête adulte, à prévoir d’avance les qualités de celle-ci; rien ne doit être négligé pour ob- tenir ce précieux résultat, et l’on se fait sans peine une idée de l'utilité d’une pareille étude pour tout ce qui a rapport à la vente des agneaux et à leur classement pour le choix des bêtes de reproduction; mais nous en sommes encore ré- duits là-dessus à une opinion incertaine, et pres- qu'a des conjectures. Peut-être que les nou- velles et minutieuses recherches auxquelles nous nous livrons pourront jeter du jour sur cette question, et nous permettre plus tard de fonder nos théories sur des faits positifs et con- cluans. Néanmoins nous n'avons pas cru Imdigne de l'attention de nos lecteurs de mettre sous leurs yeux les résultats de q uelques expériences faites avec soin et sur une assez grande échelle. il est certain que ces résultats ne tranchentaucune dit culté; mais ils peuvent cependant mettre Le pra- ue j ts° 1 4’:: i ficien eclaire sur la voie de pius HN POFTANLES GC ( 106) couvertes: Mails OCCUpOns-Nous d’abord de l’as- pect de la laine dans la toison de l'agneau, et de la classification qui peut en résulter. La première laine de lagneau se distingue par la forme pointue des extrémités deses brins. El est remarquable qu'avec une pareille disposi- tion, qui subsiste jusqu’à la première tonte, la toison soit, lors de sa naissance, composée de boucles plus ou moins petites et plus ou moins serrées, formées par ces extrémités de brins; qu'à mesure que l'agneau prend de l’âge, ces boucles tendent à disparaitre, et que les brins de la mèche deviennent plats par le bout, de re- coquilles qu'ils étaient. Cet aplatissement ne serait-il pas une sage prévoyance de lanature, qui aurait voulu favoriser ainsi l'écoulement de l’eau des pluies et des neiges, et préserver de cette manière l’intérieur de la toison, et la peau qu’elle recouvre? Indépendamment de ces petites mèches bou- clées que l'agneau apporte en venant au monde, sa toison est souvent garnie d'une et même de deux espèces de duvet. Le premier de ces duvets ne ressemblerait pas mal à du jarre, par l'apparence brillante des poils qui le composent, si ces poils étaient gros- siers, lisses, roides, et ne présentaient qu une ne— l'as 1 ( 107) courbure dans leur longueur, au heu d’être assez fins et plus ou moins crépus. Tantôt ces poils ne dépassent pas les boucles de la toison, tantôt ils se montrent très-$ensi- blement au-dessus de sa surface. La deuxième espèce de duvet consiste en poils plus longs que les premiers et d’une cou- leur moins transparente. Ils sont inégaux dans leur longueur, leur finesse et leur douceur. Cesdifférens poils disparaissent quelque temps après la naissance de Pagneau, etc’estce quinous a engagés à les reconnaitre comme duvet, pour les distinguer de ceux d’une nature en apparence semblable, que les agneaux de race commune métisse, et même de certaines races mérinos peu distinguées, apportent en naissant, et dont ils ne se dépouillent pas. Nous ferons donc deux classes d’agneaux me- rinos: nous nommerons agneaux ras CEUX qui sont totalement dépourvus des deux es- pèces de duvet que nous venons de signaler, ou qui n’ont que de menus poils ne dépassant pas la surface de la toison, et agneaux poilus ceux qui possèdent ces duvets, soit abondamment, soit en petite quantité. En général, c’est dans les troupeaux mérinos de peu de finesse qu’on trouve le plus d’agneaux (fo8) poilus, quoiqu on en rencontre aussi dans ceux de haute finesse. Nous allons passer maintenant aux observa- tions dont nous avons parlé au commencement de cette section. Nous avions mis en expérience un lot de bre- bis choisies dans un troupeau de race tres-pure; nous avions composé ce lot de maniere à pou- voir le diviser en trois classes, suivant la finesse des portières(x). Voici les résultats obtenus: I En em || AÂAGNEAUX f plus AGNEAUX I] | ou moins| très-ras.|| | 1 j| fe poilus.| L |—| n If ||‘ Les brebis de 1°. classe ont donné! 62 P. 90 p.|? || 4 | El — n'holacses 7. LL wTeiD.| 28 p. 2?| Ÿ À — si————(2) CRUE 100|»»|} || ù ||| —————————————— (1) Comme OS registres ne mentionnaient pas alors les diverses circonstances de la toison des agneaux à leur naissance ,; HnOUS n'avons pas pu constater si ces brebis élaient ou n'étaient pas poilues en venant au monde Quant aux béliers, nous les reconnaissons comme né ras; puisque depuis fort lons-temps nous faisions un CS Le. c Tr, É division aes agneaux de CeLLE espece; ai fl ü ÿ puise plu tard nos étalons (2) Nous n'avions pu mettre que neul brebis à la troi- rl rt open Te ( 109) CEUX! Voyons maintenant ce que ces agneaux SOTri devenus pour le degré de beauté de leurs toi- Va- sons. en! Fe= .: Fe a 7: E j b= Finesse.|Finesse.| Finesse. à: L û É gneaux ras en 3"OVENE 18 Des[22 Dal lBrebis de) provenant: ul De 0 Po? Alt classe) Agneaux poilus K;|= en provenant... 600 de= 40 Di» 4 il Ù{ Agneaux ras en: a lf | Brebis de) provenant.....|» 67 p.35| 59 p | RON et; | POSE| Agneaux poilus£ | 1] roveneant.. TOR DD 62 p. || en provenant PE Ï Ë \ A AS ne ur»»» Brebis de| l 3°, classe.| Agneaux poilus| l{ en provenant.. 54 p.» 00 p| | | CL RESTE AO TR UER RE EE TD TE TR D NS TS AT ET EE AE 1 EE TEE PRES DSP APR TAN TE TEEN\ | Enfin, en confondant toutes les classes de G brebis, nous trouvons qu’elles ont donné trente- deux pour cent de leur nombre total en agneaux sième classe. Nous avons regretté que ce nombre füt si faible; il eût été curieux de constater l’absence absolue d’agneaux ras dans une plus grande quantité de bêtes de ï 8 I| Lu cette qualité. à de 0 sf TEE pa s ( LEQ) très-ras, et soixante-huit pour cent en agneaux plus où moins poilus; que sur les premiers, cinquante-huit pour cent ont été de premiere finesse, trente-quatre de deuxième, et huit de troisième, et que sur les poilus quarante-deux pour cent sont devenus de première finesse, trente et un pour cent de seconde, et vingt-sept pour cent de troisième. Ces résultats, qui paraissent tantôt se con- trarier et tantôt s'appuyer les uns les autres, sont, au total, favorables aux agneaux ras; ce- pendant nous ne saurions trop le répéter, il faut mettre beaucoup de circonspection dans les conséquences qu'on voudrait en tirer: Car si nous entrions dans le détail même des expé- riences citées, nous rencontrerions des faits qui nous rendraient timides dans l'application de ces conséquences. Celui que nous nous contenterons d'indiquer prouve combien la qualité de la mère doit être consultée, dans l'opinion que l'on voudrait se former de la qualité future de l'agneau. Une brebis de la plus grande beauté met au monde, en 1821, une agnelle absolument rase; en 1822, sans que les étalons qui servaient Île lot aient été changés, cette même portière fait un agneau le plus poilu peut-être que nous aions jamais Vu(1); aujourd’hui(janvier 1824) l’agnelle est aussi belle que sa mère, et le jeune male ne parait pas lui devoir être inférieur. Nous continuons, avec plus de soin encore, nos expériences sur les agneaux, et si nous parvenions à trouver des rapports constans entre les circonstances de leurs toisons et les qualités dont ils doivent être doués par la suite, nous croirions n'avoir point inutilement exerce notre patience; Car sans la connaissance de ces rapports, si tant est qu'ils existent, il est im- possible d’asseoir aucun calcul raisonnable sur la laine d’une bête en état d'agneau. Dans ce but, nous nous sommes attachés, cette année, à des détails très-minutieux, et entre autres au nom- bre de petites boucles de mèche dans un espace donné, ainsi qu’à l’époque de la chute des dif- (1) Voici la note que nous trouvons à son sujet sur noire registre: agneau n°. 36, fils de la brebis n°. 160, une des plus belles bêtes du lot: couvert de longs poils rèches; ceux du ventre, du cou et de la tête ressemblent à des poils de chèvre; sous ces poils on voit de grosses, rares et grossières mèches frisées; le plat de la cuisse est garni de ces longs poils; le jabot est très-marqué par une ligne des mêmes poils; plus touffus qu’ailleurs.et les mèches le pe; de laine ne sont nullement formées dessous. ferens poils: il parait, d’après le dénombrement que nous avons fait des mèches, qu'elles va- rient de trente-six à soixante-seize dans la sur- face d’un pouce carré. Cette observation peut être importante pour connaître le degré futur de la finesse de la toison. TROISIÈME SECTION. DE LA TONTE. Notre projet n'est pas de nous attacher à tous les details de la tonte, dont un si grand nombre d’écrits ont dejà parlé. Chaque propriétaire de Lroupeau a mis plus ou moins à profit les con- seils qu'ils renferment, et s’est fait, dans ça pratique particulière, une manière de procéder à cette opération. Nous nous bornerons donc à quelques observations qui nous ont paru les plus intéressantes. Nous n’hésitons pas à conseiller de tondre les agneaux des la première année de leur nais: sance. Notre principal motif c’est que le jeune animal prospère davantage s’il a été tondu, que s'il est resté chargé de sa toison; c’est ce qui nous a éte démontre dans notre pratique, (| e A comme on le verra dans la deuxième Partie cet ouvrage. D'un autre côte, cette tonte pre- coce facilite beaucoup l'expulsion de la ver- brement les Va- la sur- Où peut Ye futur D 5 ce); mine, expulsion fort difficile à opérer dans des toisons de dix-huit mois. Selon le temps de l’agnellement, les plus gros agneaux peuvent être tondus au printemps, et les derniers venus au mois de juillet et d'août; mais à cette époque toutes les toisons doivent être coupées, même celles dont la laine est trop courte pour être d'aucun usage. Si la santé et la prospérité des agneaux exi- gent qu'ils soient tondus la première année, l'intérêt du propriétaire, sous le rapport de la valeur de la laine, le demande aussi. Supposons en effet que la laine de dix-huit mois donne un poids égal à ceux réunis de la toison d'agneau de la première année et de la toison d’adulte de la seconde(1), cette parité de poids n’indiquerait pas une parité de valeur; car, d’un côté, l’agnelin est une matière très- précieuse pour de certaines étoffes, et son prix relatif, ainsi que son déchet moindre au lavage, lui procurent généralement, à poids égal, une (1) Malgré les expérieñces qui ont eu lieu pour cons- tater ce fait, et l'apparence de supériorité de poids en suint qui en est quelquefois résultée, il serait facile de démontrer qu’il y a réellement perte ex poids net à lais- ser à la laine une crue de dix-huit mois. 8 un VA er eg Te 1 EE TT rer nd A 0 CR ES me 5— RER AT. Papa rec (114) valeur supérieure à celle de la laine-mère(r). D'un autre côte, la laine de dix-huit mois séra toujours inférieure en qualité à celle des tontes suivantes sur le même animal, parce que son brin sera naturellement plus inégal et moins élastique, et qu'exposée plus long-temps à lin- fluence des causes extérieures, elle en aura d'autant plus souffert(2). Les propriétaires évitent avec soin que leurs troupeaux ne soient exposés à la pluie avant la tonte, parce qu'ils savent qu'une forte pluie peut enlever jusqu’à une livre, et même plus, du poids dé chacuñe de leurs toisons, et qu'ils tiennent généralement beaucoup à ce poids. Nous sommes loin de les détourner des précau- ons qu'ils prennent à cet égard; mais ce n’est pas à cause de cette diminution de poids: car nous prouverons bientôt que plus la toison est propre, plus elle peut être vendue et ache- tée loyalement, et par conséquent d’une ma- niere plus favorable au producteur; mais la (1) Nous Le verrons clairement dans le chapitre suivant. (2) Si cependant on voulait employer une laine de dix-huit mois pour le peigne, à cause desa longueur, on ourrait peut-être retrouver la valeur que sa diminution ] I évidente de qualité pour la carde doit lui faire perdre. ER es FEES UE CS CE RE EM à PA) re(Tr),| ps ii pluie rend la tonte beauçoup plus difficile, si la ù Sera.. L 1 r,. he laine en est encore imprégnée lorsqu'on vieni Ontes sde: à la couper, et cette humidité, lorsque les toi- F4 sons sont phiées et mises en tas, peut les échauf- in fer et les gäter très-promptement. LR La méthode consacrée en Espagne de faire suer les bêtes en les resserrant dans un espace étroit avant de les tondre, n’a pas pour but avoué, comme on Îe croit ordinairement, d'augmenter le poids de la toison. On y trouve ? plu| avantage d’une plus grande facilité pour la tonte, en provoquant la remonte du suint dans des toisons qui, exposées toute l'année aux pluies et à la poussière, en sont généralement plus dépourvues que celles des troupeaux mieux abrités. ar IL est certain, en effet, que la présence d’une SO quantité suffisante de suint facilite considéra- cle- blement l’opération de la tonte; maisla méthode lé espagnole n’en est pas moins mauvaise sous le li rapport du danger auquel elle expose la santé des animaux, et sous ce rapport nous la re- " pousserons en France, où, d’ailleurs, elle n’au- de rait pas la même utilité. pri n’est pas indifférent que tous les brins de laine soient coupés ou non à la même hauteur, ô. (°Lx6,) parce que s'ils le sont, la régularité de la crue se rétablira d'autant plus vite à la repousse, et les mèches seront plus égales et plus aplaties à l'extérieur de la toison: ces deux points sont importans. En Allemagne, on avait, pour un assez grand nombre de troupeaux fins, admis une pratique qui est actuellement beaucoup moins suivie, C'était de tondre les toisons deux fois dans la même année. Elle provenait de l'habitude de tondre deux fois les bêtes indigènes, et elle avait subsisté après le métissage. On conçoit que de cette manière la race ait pu s’accou- tumer à résister à une semblable méthode, qui, dans certains climats, aurait peut-être des conséquences funestes, si l'on voulait l'y in- troduire tout-a-coup. Pour des toisons dont les brins sont inégaux en finesse dans leur longueur, c’est-à-dire dont l'extrémité est sensiblement moins fine que la racine, il y aurait un avantage marqué à ton- dre tous les six mois; car malgré que le brin aurait, dans cette dernière partie, un peu moins de finesse qu’apres sa maturité, il serait beaucoup plus égal, et par conséquent plus doux, et la laine en aurait plus de prix, puis- a Cr) à Cru e, et que le défaut d'égalité efface tous les autres lies à mérites(1). Mais on aurait grand tort de ton- sont dre deux fois des bêtes dont la laine est très- égale, parce qu'on sacrifierait ainsi, sans au- rand cune compensation, une partie de la finesse et fe sur-tout de PERSAN site, Nous ne nous étendrons pas davantage sur das Le Fee RE Le à res UE nous ne pensons pas he de qu’elle puisse être adoptée dans les troupeaux“ dl superfins, pour les raisons que nous venons de ê" donner, ni même dans les autres, à cause de a son danger, malgré l'opinion contraire que l’on ae semblerait depuis peu de temps vouloir accré- hode, des iter. Nous sommes, cependant, et comme fe malgré nous, amenés sur ce sujet à quelques RE réflexions dont l'opportunité sera sans doute appréciée par nos lecteurs. DER Le faux système d'éducation des mérinos, re dont que nous avons signalé dans l'/ntroduction de que cet ouvrage, et dont les effets désastreux sont DR venus jeter le découragement parmi les pro- brin priétaires de troupeaux, rencontre encore des PA©. défenseurs, qui, obligés de céder à l'évidence serait plus(1) Une laine mérinos très-longue, et qu’on destine- puis- rait cependant à la carde, gagnerait encore, sous ce rap- port, à être coupée deux fois dans l’année. ne (T0) des faits, en denaturent les circonstances, où cherchent dans des moyens illusorres un re- mède que l’on doit seulement attendre d’ef- forts mieux entendus et mieux dirigés. Si donc ils ne s’obstinent plus à nier qu'il existe des laines plus fines que celles de cer- tains troupeaux que l’on était habitué à regar- der comme le type de la beauté des mérimos, ils attribuent cette supériorité de finesse à l’état souffrant ou maladif de l'animal, et proclament que ces laines ont perdu une partie de leur mérite pour la fabrication; si cependant, mal- gré un tel arrêt, elles sont enlevées à de hauts prix par les manufacturiers, alors ils préten- dent que ces derniers, s'étant mis tout-à-Coup, par mode et par caprice, à préférer des laines courtes, il ne s’agit pour les satisfaire que de tondre deux fois dans la même année. IL est évident que l’on éviterait d'aussi étran- ges erreurs si l'on se livrait sans prévention à une véritable étude de la lame; car on se con- vaincrait bientôt que, si les fabricans recher- chent certaines espèces de laines, c'est qu'elles méritent effectivement d’être recherchées à cause de leurs qualités, et qu'il est peu ques- tion ici de la plus où moins grande longueur du brin, à l'égard de laquelle on se trompe, ES, Où un re- 'ef- "quil ke cer- \repar- nos, 11 : à l'état oclament de leur t, mal- e hauts reten- COUP, lames que de 1 etran- ention à se CON- recher- qu'elles hées à | ques- ngueur ompe, ie rte ae d'ailleurs, en supposant que les lames super- fines soient réellement beaucoup plus courtes que les autres(1). Ne craignons donc pas de l’aflirmer, la dou- ble tonte, quelque avantage qu'on puisse Jui trouver dans de certains cas, sera toujours 1m- puissante pour remédier au véritable mal; car elle ne fera jamais, d’une laine médiocre, une laine superfine, douée de toutes lesyqualités que réclame la fabrication. CHAPITRE IV. Des laines fines et superfines après la tonte. Nous voilà arrivés au moment de donner au propriétairé de mérinos des conseils sur le meil- leur parti possible a tirer de ses produits. Nous (1). Nous ayons comparé avec des échantillons d’un _orand nombre de troupeaux mérinos, des brins de laine superfine, provenant de mèches dont la longueur appa- rente variait d’un pouce trois quarts à deux pouces un quart, et ces brins, développés, se sont trouvés égaux où supérieurs en longueur réelle à la majeure partie dés brins de ces autres laines ( 120) nous estimerons heureux si les chapitres qui ont précédé celui-ci lui ont été utiles dans l’étude si indispensable de la laine. La connais- sance Seule, en effet, des qualités de cette pré- cieuse matière a pu l’éclairer sur les soins qu'exige, sous le rapport le plus important, la bonne direction de son troupeau, et cette même connaissance est pour lui de première néces- sité, s’ilweut obtenir une juste mdemnité de ses efforts. Il est une vérité qui nous est démontrée et que nous ne saurions trop redire, c’est que les producteurs ne pourront jamais obtenir le prix correspondant à la véritable valeur de leur laine tant qu'ils la vendront en suint, sur-tout s'ils ne font aucun triage préalable, ou du moins aucun assortissage entre les toisons. On n'éprouvera pas le plus léger doute à cet égard, si l’on considère que pour se former une idée du prix qu’il peut donner de la laine, l'acheteur est d’abord obligé d’avoir une opinion arrètée sur sa valeur réelle; que cependant le plus ou moins de propreté de la toison, la proportion des diverses qualités qui la composent, et enfin la nature même de ces qualités, sont capables de produire sur cette valeur réelle une difié- a PET = és qui dans naIs- pré- SOUS je la ème (Er) rence qui, comme nous le verrons plus tard(1), peut aller jusqu’à quatre-vingts pour cent. Comment, avec de telles difficultés d’appré- ciation, l'acheteur, qui doit courir, en outre, les chances du commerce sur une marchandise dont le cours est variable, ne se mettrait-il pas, par la combinaison de ses offres, à l'abri de toute perte? Il en résulte forcément que le producteur est privé d’une partie de son béne- fice; car il n’est pas présumable qu’il y ait rien à gagner pour lui, dans l'incertitude où il se trouve, aussi bien que l'acheteur, sur la valeur réelle de sa production. Nous n'avons même, dans ce qui précède, voulu parler que des acheteurs de bonne for, et non des brocanteurs déloyaux, qui profitent trop souvent de ce vague et de l’ignorance des propriétaires, pour déprécier leur laine outre mesure. Indépendammentde l’inconvénientremarqua- ble quenous venons de signaler relativement à la vente de la laine en suint, il en estunautre dont les conséquences sont également funestes, c'est (1) C'est-à-dire que vingt hilogrammes de laine en toi-: son et en suint peuvent quelquefois valoir autant que cent hilogrammes de qualité inférieure. 122 de détruire la plus grande parte de l'intérêt que l’eleveur doit porter à son troupeau, pour que celui-é1 prospère. Il ne voit plus que le poids brut de l’ensemble de ses toisons, comparé au prix qu'on lui en offre: dès-lors il ne s'occupe que de ce poids, qu'il cherche à augmenter, et toujours au détriment de la qualité de la lame, en forcant la nourriture, en choisissant pour sa monte les plus gros béliers, et quelquefois même en négligeant la propreté de ses toisons, et tendant ainsi à l'acheteur des piéges dont le succès est aussi rare que peu profitable pour la suite; 1l ignore enfin le rendement de chacune de ses bêtes, et ne sait pas que telle lui paie deux fois les frais de sa nourriture et de son entretien, tandis que telle autre n'en a pas payé les trois quarts: de là résulte l'absence de toute idée de véritable perfectionnement. Quels sont les moyens de remédier à ce fà- cheux état de choses? Nous nous efforcerons de les indiquer dans les différentes sections de ce chapitre, en faisant part à nos lecteurs du ré- sultat de nos recherches et de nos expériences sur la meilleure préparation de la laine avant - de la mettre en vente; mais, nous le répétons encore, 1 faut, avant tout, acquerir la connais- il ee ÆyE Pr A FFE be AONS. ont le ur da ee er en re ire sance de cette matière premiere: autrement on pourrait tomber dans des meécomptes et des erreurs fàächeuses, et, en vérité, nous conseil- lerions plutôt alors de rester dans les voies bat- tues et les habitudes prises, que de courir une carriere nouvelle. Nous diviserons ce chapitre en quatre sec- tions: Dans la première, nous parlerons du classe- ment des toisons et du triage en suint. Dans la deuxième, nous nous occuperons des diflérentes manières de nettoyer la laine et de la laver, et nous proposerons celle de ces ma- nières qui nous paraît le plus convenir aux inté- rêts communs des producteurs et des fabricans. La troisième traitera de la valeur de la laine. Enfin, dans la quatrième, nous chercherons à nous rendre compte de quelques-unes des circonstances de commerce qui concernent cette matière première. PREMIÈRE SECTION. DU CLASSEMENT DES TOISONS ET DU TRIAGE EN SUINT. Dans un troupeau bien tenu, les béliers et les brebis doivent, tous, être numérotés et enre- sistrés(1). Ces animaux sont également divisées S$ (1) C’est.le seul moyen, en effet, de constater la filia- (124) par classes, suivant le degré de beauté de leur laine, et surtout suivant l'égalité de cette beauté dans la toison. Un semblable classement, sil est bien fait, aide beaucoup le propriétaire à se former à lui-même et à donner à l’acheteur une idée plus exacte de la valeur approxima- 1 tive de ses produits; il est également utile |}:/ pour arriver à un autre classement qui précède la tonte, et qui doit servir à faciliter le triage. On opère ce dernier classement en réunis- sant dans la première division les animaux sur lesquels on trouve la plus belle laine, c’est-à- dire la plus fine, la plus égale et la plus douce, not| en quelque petite quantité qu'elle soit sur chaque | toison, et en composant les autres divisions des nm:- È Le 2: 1h bètes moins distinguées, suivant leur ordre |. d'infériorite. j k Sans doute, on doit être rigoureux dans le El| jugement que l'on porte sur ces différences de (a beauté; mais il est une mesure raisonnable NE fl 1 tion et de procéder avec méthode au perfectionnement Ki; des troupeaux fins. Depuis plusieurs années, nous trou- Ai fe vons dans la marque à chaud sur la corne des béliers et LH l DL dans l’empreinte d’un numéro sur un collier de fer-blanc l que portent les brebis, des moyens faciles et économiques IR;; 4 d'y parvenir. Ces colliers, qui peuvent durer cinq ans et ï plus, ne nous coûtent que vingt-quatre centimes. M| À Lt uh t; FA th { 1: ‘4 | | à; À ES:= DRE" (Has) Leur qu'on ne doit pas dépasser: ainsi, quoique Îe quté but d’un bon triage soit de faire des sortes de laines aussi homogènes que possible, on ne peut néanmoins exiger une similitude complète; car alors, dans beaucoup de troupeaux, 1l serait nécessaire de former autant de classes qu'il y a d'animaux. Il ne faut donc pas s'arrêter à des différences insignifiantes, telles, par exemple, que celle que présenteraient la longueur du brin ou la couleur de son suint. Il est peu de troupeaux, quelque inégaux qu'ils gi soient, où il y ait lieu de faire plus de cinq à classes chez les bêtes adultes(1); car la dernière vw de ces classes comprenant toutes les bêtes qui que des dre sont de finesse et de qualités décidément infé- rieures, tout s’y trouve égal, puisque tout y est mauvais. Nous ne comptons pas dans ces cinq classes les toisons à laine cassante, c’est-à-dire( ainsi que nous l’avons déjà expliqué), la laine qui, par cause de vieillesse, de maladie, ou de défaut de nourriture des animaux qui la portent, s’est d’abord amincie dans son brin, et ayant re- inc(1) À moins qu’on ait la mauvaise habitude de ne pas ues tondre les agneaux la première année, ce qui oblige sou- set vent de classer à part Les toisons de dix-huit mois. on ii En MT= PE cite rer me re— 136:) poussé depuis sous une meilleure imfluence, est composée de deux parties faiblement éntésé l’une sur l’autre. Cette espèce de laine doit être confondue avec celle des bètes mortes de ma- ladies, quelle que soit sa finesse. Apres avoir procédé au classement des bêtes adultes, on passe à celui des agneaux, dont on fait deux divisions, ou au plus trois, en prenant encore pour bases principales légalité de finesse et la douceur(1). Si l’on veut encore gagner du temps et épar- gner la main d'œuvre, on disposera tout de ma- nière à ce que le triage puisse suivre immédia- tement la tonte, et que la dépouille du mouton passe de la table du tondeur à celle du trieur. Alors les toisons n’auront point été phiées, rou- lées et liées; elles n’auront point éprouvé de dé- chiremens dans ces diverses opérations, et les Î différentes couches de lame ne se seront point (1) Le travail préalable sur lequel nous venons d’appe- ler l’attention de l’éleveur, devant précéder la tonte, il aurait semblé peut-être plus convenable d’en parler avant cette dernière opération; mais il ne faut pas perdre de vue que ce classement n’a pour but que de faciliter le triage, dont nous allons nous occuper, et que, par cette raison, ce que nous aviens à en dire doit trouver sa place ici. (re v F4 sait ee. M nr Poe RON.} collées ensemble, de maniere à présenter quel- quefois assez de difficultés pour les séparer. Si l’on suit cette méthode, quenousindiquons comme la meilleure et la plus facile, on aura soin, avant de commencer àtondre, de tout pré- parer pour le triage. Nous allons entrer dans le détail de ces pré- paratifs. On réglera d’abord le nombre de trieurs et de leurs aides sur le nombre des tondeurs, doni la quantité sera elle-même proportionnée à la force du troupeau et au temps que l’on voudra donner à l'opération. La promptitude du triage dépend de l'égalité de la toison. Ainsi les toisons de haute finesse, dans lesquelles cette égalité est presque com- plete, et celles de finesse tout-à-fait inférieure, dont la presque totalité va à la dernière sorte, prennént-elles beaucoup moins de temps que les toisons de degrémoyende perfectionnement. Les dépouilles des brebis sont aussi en général plutôt triées que celles des béliers. D'un autre côté, le tondeur va plus vite dans son travail à l’égard des brebis que des béliers, soit à cause de la plus grande taille, du plus grand nombre de parties du corps recouvertes de laine et de la moindre docilité de animal, re mn an (:28 soit à cause du temps qu’il perd à tondre la tête armée de cornes. Il serait donc impossible de fixér d’une ma- nière précise le rapport qui doit exister entre le nombre des ouvriers employés à la tonte, et ce- lui des ouvriers occupés au triage, sans con- naître d'avance l’habileté des uns et des autres et les circonstances de la composition du trou- peau. Nous croyons cependant que deux trieurs exercés, aidés de deux femmes qui apporte- raient et étendraient les toisons sur les tables du triage, au fur et à mesure de la tonte, sui- vraient au moins douze tondeurs. Malgré l'avantage que semblent présenter les claies au lieu de tables, pour l'opération du triage, en laissant la facilité à une partie des crottins et autres saletés de se séparer de la toi- son pendant cette opération, on doit préférer des tables, parce que la toison glisse mieux des- sus, et qu'aucune mèche ne tombe et ne se perd sous les pieds. Ces tables doivent être assez lar- ges pour que la dépouille bien développéetrouve place, mais elles ne doivent pas l'être trop; car il faut que les deux trieurs qui travaillent à la même toison, puissent facilement en examiner toutes les parties. On doit mettre le plus grand soin à placer ces M _ EEE a—- te, ° ( 129) la tête mèmes tables dans un jour favorable. Cette pre- caution est fort importante, car l'aspect d’une Em lame, et par conséquent le jugement qu’on en ntre le porte, peuvent changer suivant les divers effets et ce- de lumière et, en général, nous voyons la plu- S Con- part des connaisseurs éviter, comme nous, que autres les rayons du soleil ne frappent directement les it toisons, et rechercher l’ombre en même temps Xtrieurs que la clarté. Du reste, si les trieurs sont ex- apporte- périmentés, on peut s’en rapporter à eux à cet able du égard, et ils sauront choisir, pour leurs tables, ke, sur- la position la plus favorable. On se sera pourvu d’avance de paniers desti- ler les nés à recevoir les différentes qualités de laine. Si n du on n’occupe que deux trieurs à la même table, e des ou quatre trieurs à deux tables, assez rappro- \atoi- chées l’une de l’autre pour qu'ils puissent jeter relerer la laine dans les mêmes paniers, le nombre de ux des- ces paniers sera égal au nombre des sortes de se perd laine que doit donner le triage(1). ez lar- Le magasin qui recevra la laine triée sera si- rouve tué dans un lieu à l'abri de toute humidité. On p; car| T7 t à la(G) Ce nombre sera environ de c/xq lorsqu'on aura niner trois classes de bêtes; de szx, lorsqu’on en aura quatre, et de sepé, si on a cinq classes. er CS 9 * LE Re 5 ee: U#1 CE £(A Tr its | th ER| qL ji |+99 y trouvera des compartimens séparés pour cha- cune des qualités de lame, et celle-ci ne repo- sera jamais sur le sol, quelque sec et nettoyé qu'il soit. Une machine à peser, préparéeprès des tables du triage, servira à constater le poids brut des paniers pleins, avant de les vider dans Îles cases du magasin, et la tare de ces paniers étant faite, on en conclura le poids net de la laine. À ce sujet, nous ne saurfons trop appeler l’at- tention des propriétaires sur limportance de tenir une note exacte du poids de chaque dé- pouille en sumt, et des diverses proportions de qualités que ces toisons présentent, soit par divisions particulières, soit en masse. L’opéra- tion du triage dans un troupeau où toutes les bètes sontnumérotées etenregistrées, est une oc- casion bien favorable pour le perfectionnement de la laine, s’il est fait avec les soins que nous venons d'indiquer; car les notes qui auront été gardées, serviront, après le lavage et la vente, à donner à l’éleveur une idée exacte de la valeur relative de ses toisons, et à leguider par consé- quent dans le choix de ses bètes de reproduc- tion et dans la direction la plus avantageuse de son troupeau. Il sera souventétonnéde lagrande (.29x) ‘Cha- différence de prix de deux toisons inégales pour Cpo- la qualité, et rien ne l’excitera plus à améliorer loÿe ses laines, que de semblables observations. Nous aurons peu de choses à dire des prin- bles cipes qui doivent diriger le triage même, puis- des qu'ils ne different pas de ceux qu'il faut obser- Œases ver pour le classement avant la tonte. late, Le tondeur aura ordre de ne point rejeter dans la toison les parties tout-àa-fait basses et y l'at- jarreuses qu’il pourra couper le long des jam- ce de bes, au toupet, pres des cornes, aux joues ou » de ailleurs. Ces débris de la laine viendraient la sde salir, en laissant échapper une portion de leur par jarre, qui s’attacherait à la toison. Ils seront im- ra médiatement jetés dans un panier destiné à les les recevoir, à moins que l’on ne tienne à consta- ter le poids intégral de la dépouille avant le triage: dans ce cas, le tondeur les réunira sur nent di un coin de sa table. dé On commencera la tonte et le triage par les ke bêtes de première classe, afin qu'en passant pe successivement aux autres, On puisse assortir x les différentes qualités qu’elles présenteront, E- avec celles déja faites: par exemple, la pre- de mière qualité de la deuxième classe avec la de deuxième de la première, etc., lorsque cet assortissage pourra avoir lieu. 9: — mt (132) il ne faudra jamais perdre de vue que le prin- cipe d’un bon triage est l’homogénéité des sor- tes sous les rapports de /a finesse, de l'égalité et de la douceur. La longueur et la nuance des brins sont d’ailleurs peu importantes; néan- moins il faut prendre garde de confondre la couleur du suint avec celle dont l'urine aurait teint le brin d’une manière indélébile: ainsi on trouvera des ventres ou parties de ventres qui iront très-bien avec les autres qualités, même avec les qualités supérieures, tandis que d’autres ventres, ne pouvant s’assortr avec aucune d’el- les, devront être mis dans la classe des laines jaunes. Quant aux agneaux dont nous avons fait préalablement deux ou trois classes, nous re- commanderons de nouveau aux tondeurs de séparer avec soin les parties basses et jarreu- ses, qu'ils trouveront en général dans une plus grande proportion chez ces jeunes animaux que chez les bètes adultes. Ils devront d'au- tant moins négliger ce soin, que les toisons d’agneaux ainsi épurées par eux entreront vrai- semblablement en entier dans leur sorte, sans que les trieurs aient à y retoucher, du moins pour ceux de la dernière classe. Nous renvoyons d'ailleurs nos lecteurs aux différens écrits qui ont traité du triage, et nous nS aux ous (199) dirons en resume que cette opération est facile et sûre avec la connaissance de la laine; mais qu'autrement elle peut entrainer a des incon- véniens, et méme à de véritables mécomptes. DEUXIÈME SECTION. DU LAVAGE. La laine ne peut être employée par le maru- facturier qu'après avoir été dégraissée à fond, et c’est toujours en fabrique que se fait cette dernière opération; mais auparavant la laine a pu subir, soit chez le producteur, soit chez le marchand, diverses sortes de lavages prépa- ratoires. Dans de certaines contrées, le pro- ducteur lave ses toisons à l’eau froide sur le dos même des animaux; plus généralement il les livre au commerce dans leur état de suint; le marchand qui sert d’intermédiaire entre lagri- culteur et le fabricant, recoit la laine, soit en suint, soit déjà lavée à dos; il procède aux opé- rations du triage et de l’assortissage, et soumet enfin cette matière prennère à un lavage à chaud, connu sous le nom de lavage mar- chand; ce n’est qu'après ce lavage qu'il vient offrir au manufacturier les diverses qualités que celui-ci recherche pour tel ou tel genre de fa- brication. ( 134) Les procédés usttés dans ces différens lavages sont trop connus pour qu’on doive s'attendre à en trouver ici la description. Notre intention est d'examiner rapidement leurs résultats com- paratifs, et de ne nous attacher qu’à la méthode qui nous a paru devoir être préférée à toutes les autres dans l'intérêt de l’agriculteur et du fabricant: après en avoir fait ressortir les avan- tages et conseillé l'adoption, nous ne crain- drons pas d'entrer dans le détail des pratiques les plus propres à en assurer le succes. Du lavage à dos. Le lavage à dos est usité dans la plus grande partie de l'Allemagne et dans plusieurs pro- vinces de France. Il est à remarquer que ce lavage est une innovation dans le régime des mérinos, car cette race ny était point sou- mise en Espagne, d'où nous l'avons tirée, et l'usage ne s’en est étendu jusqu'à elle qu'à la suite du métissage et dans les pays où régnait déjà l’habitude de laver ainsi les toisons des bêtes indigènes. Nous ne croyons pas que cette méthode soit sans inconvénient pour la santé des animaux: en effet, il n’est pas très-rare de voir des moutons périr, OÙ au moins contracter de le es Cd [qe] S.. mt tm ne ue (/339) dangereuses maladies à la suite de cette ope- ration. Cet inconvénient se fait particulière- ment sentir dans le voisinage des hautes mon- tagnes, c'est-à-dire, dans les localités sujettes à des changemens subits de température. Peui- être prétendra-t-on que les races de moutons sont susceptibles de contracter l'habitude de ce lavage, de telle sorte que les chances d’acct- dens diminuent au point de devenir à-peu-près nulles, à mesure qu'on persévère davantage dans cet usage; mais sans nier d’une maniere trop absolue cette puissance de l'habitude, d’ail- leurs assez diflicile à expliquer, nous persis- terons à croire qu’on ne pourrait, sans quelques dangers, introduire subitement le lavage à dos dans les lieux où il n’a jamais été pratiqué, et que même là où il est le plus usité, on n’est pas entièrement à l'abri des pertes quien résultent. A côté de l'inconvénient sur lequel nous venons d’insister, le lavage à dos présente quelques avantages: essayons de les montrer. Nous avons déja vu que rien n'était plus vague que l'appréciation de la laine dans son état de suint, à cause de sa plus ou moins grande propreté et par conséquent de son de- chet different au dégraissage. C’est cependant L'66.) cette appréciation si incertaine qui doit servir de base, d’un côté, au producteur qui vend, et de l’autre au marchand qui achète: Pun et l’autre peuvent tomber, à cet égard, dans de orandes erreurs; mais le marchand saura bien se mettre à l’abri des pertes que pourraient lui causer de fausses évaluations, en n'offrant au producteur qu'un prix basé sur le minimum du rendement; tandis que celui-ci, ignorant le plus souvent la valeur réelle de sa laine, se verra presque toujours forcé de s'en rap- porter à l’estimation de l’acheteur lui-même. Or aura donc fait un grand pas, si l’on est par- venu à simplifier les données sur lesquelles s’e- tablit la vente de la laine: or le lavage à dos tend à ce but, en la débarrassant d’une partie de son suint et des saletés dont elle s’est chargée dans la bergerie, et en resserrant par conséquent les limites dans lesquelles le déchet peut avoir lieu: l'expérience nous apprend que ce déchet peut s'étendre sur les laines en suint dans la latitude de soixante à quatre-vingts pour cent. En effet, il n’est que trop vrai que certaines laines en suint n’ont rendu que vingt pour cent après le dégraissage à fond, tandis que d’autres, plus propres, ont produit Jusqu à quarante pour Cu) cent, c’est-à-dire le double; mais le déchet que les laines déjà lavées à dos peuvent éprouver au dégraissage à fond ne s'étend plus que dans la latitude de vingt-cinq à quarante pour cent, puisqu'il en est qui rendent jusqu'à soixante quinze pour cent, tandis que d’autres ne donnent que soixante pour cent. On voit déjà, par cette différence, que l’ache- teur ne courra pas le risque de commettre, à son grand écart dans l'estimation d’une laine lavée à dos, que dans celle d’une détriment, un aussi laine en suint, et que dès-lors il pourra fare au producteur des offres plus avantageuses; mais ce n’est point encore assez, et nous espé- rons montrer bientôt que les données qui doivent servir de base à l'estimation peuvent devenir de moins en moins incertaines. En attendant, nous indiquerons les raisons pour lesquelles on ne peut espérer d'atteindre complétement ce but, au moyen du lavage à dos: 1°. il est très- difficile que ce mode de lavage débarrasse entiè- ment la toison de ses saletées; 2°. on est dans l'obligation, après ce lavage, de laisser sécher pendant quelque temips la laine avant de la tondre; dans l’intervaile, le suint repousse en plus ou moins grande quantité, et la toison in= D= Æ ER me PU DURS D rs peut se charger de nouvelles saletés, soit avant, soit pendant l'opération même de la tonte. Avant de terminer ce qui a rapport au lavage à dos, nous remarquerons que les propriétaires francais qui le pratiquent, sont loin de prendre, pour préparer la vente de leur laine, autant de soins que les Allemands. Ceux-ci, dans le but d'acquérir une idée aussi approximative que possible de la valeur probable de leurs produits et d’être ainsi à même d’en débattre le prix avec plus d'avantage, ne se contentent pas du simple lavage à dos, ils assortissent, autant que possi- ble, leurs toisons entre elles et ne les livrent en général au commerce qu'après les avoir dé- barrassées de leurs parties tout-a-fait basses. Du lavage marchard. Le lavage à chaud, connu sous le nom de lavage marchand, sans avoir pour but le dé- graissage à fond de la laine, est néanmoins des- tiné à faire disparaître non-seulement les crot- tins et autres saletés qu’elle porte avec elle, mais encore tout son suint et une partie même de son surge. I ne lui laisse ordinairement qu'une portion de gras, qui varie de sept à quinze pour cent. {nn Espagne, où un la: age analogue est aussi! (159.7 en usage, on laisse dans la laine de quinze à vingt pour cent de gras; ce qui ne fait une latitude totale que de sept à vingt pour cent enire le mi- nimum et le maximum de ce qui se pratique à cet égard en France et en Espagne. Le lavage à chaud est donc sous ce rapport préférable au lavage à dos, en ce qu'il se rap- proche davantage de la simplification que nous avons jugée Si désirable dans les données d’es- timation. Cette simplification ressort bien da- vantage encore dans les opérations du triage et de l’assortissage, quiprécèdent toujourslelavage marchand; et l’on conçoit de reste que le fabri- cant qui achète une laine déjà triée et assortie, ne court désormais que peu de chances d’être trompé dans le calcul sur lequel il a base son marché. Mais ces avantages, qu'une autre méthode pourra également présenter, ne balancent point les inconvéniens inséparables du lavage mar- chand: nous avons, ailleurs, fortement insisté sur les altérations que font éprouver aux qualités essentielles. de la laine certaines circonstances extérieures, comme la présence de corps étran- gers et les froissemens, ou étiremens quelcon- ques, auxquels elle peut être exposée avant la tonte; mais nous n'avons rien dit des effets quel: 3 PR ST nes 7] er ue ee Æ are TT Le LICRUNE, 2 PTE sen, ( 140) fois inévitables, mais souvent très-nuisibles, que produisent sur elle les traitemens qu'elle à à subir jusqu'à son emploi en fabrication. Parmi ces effets, l’un des plus fâcheux est à coup sûr celui qui résulte de son immersion dans les bains chauds, dont on se sert pour la dégrais- ser. Ces bains chauds dureissent la laine au point de lui faire perdre une grande partie de sa dou- ceur et de sa souplesse, il fandrait donc pou- voir s’en passer entièrement; mais c'est chose impossible, et le dégraissage à fond en exige absolument l'emploi. Toutefois, si ce dernier lavage à chaud est indispensable, il n’en n'est pas ainsi de celui que nous appelons lavage marchand, et sa suppression, en détruisant une partie des causes du durcissement de la laine, produirait incontestablement une amélioration très-désirable dans sa qualite. Du dégraissage à fond. Nous avons dit plus haut que le dégraissage fond avait toujours lieu en fabrique: en eflet, Ans = —— serait difficile qu'il en fut autrement. On sait que la laine, si bien dégraissée qu'elle soit, reprend inévitablement un peu de gras, si elle est laissée pendant quelque temps en sacs ou en tas avant d’être employée: nous ne pouvons C4) attribuer cette repousse du gras qu’à la présence de la sève ou substance médullaire du brin, que les bains chauds ne peuvent heureusement pas dissoudre tout-à-fait, et qui, comme nous l'avons déjà remarqué, sert vraisemblablement à entretenir la souplesse et la douceur de la laine. Quoi qu'il en soit, cette repousse du gras, d’ailleurs insignifiante sous le rapport du nou- veau déchet qu’elle occasionne, opposerait à la fabrication de véritables obstacles, si le dernier dégraissage la précédait de trop loin. Ainsi, non-seulement ce dégraissage est in- dispensable, mais encore il faut qu'il ait lieu immédiatement avant l'emploi en fabrique, et par conséquent par les soins du fabricant même. Les producteurs, pas plus que les marchands de laine, ne peuvent donc le pratiquer, et il serait superflu d’insister davantage sur ce mode de lavage et sur l'utilité dont il pourrait leur ètre pour simplifier les données de leurs calculs sur la valeur réelle de la laine. Passons maintenant à cette méthode, que nous avons annoncée devoir être préférée à toutes les autres, dans les intérêts réciproques de l’agriculture et du commerce, et essayons d'en démontrer les avantages. { 142) Du lavage à froid après la tonte. Faciliter autant que possible à l’agriculteur la connaissance de la valeur approximative de ses laines, en lui montrant quel peut être leur rendement; intéresser à maintenir la propreté de ses toisons en le faisant jouir d’une partie desavantages qu’elle procure; le mettre même de se convaincre par sa propre pratique des bénéfices notables qu’entrainent après elles‘4 toutes les améliorations dont l'éducation des mérinos est susceptible, particulièrement sous le rapport de la proportion de prime que peut fournir une toison perfectionnée; lui faire sen- tir la nécessité d'approfondir l’étude des diffé- rens caractères de laine, afin de se fixer sur les qualités que l’on doit le plus estimer et aux- quelles il importe par conséquent d’avoir égard dans le choix des étalons; encourager enfin ses progrès dans la voie du perfectionnement par la perspective de succès assurés, voilà, nous le répétons, ce que l’on ne doit pas perdre de vue dans la recherche des moyens à employer pour tirer de la laine le meilleur parti possible. Le lavage à froid après la tonte, ainsi que les triages et assortissages qui devront le précéder, nous semblent devoir remplir ces conditions. ON Notre conviction à cet égard, déjà justifiée en parte par ce qui précède, le sera sur-tout par ce qui va suivre. Nous espérons que les consé- quences générales qui découleront de la mé- thode que nous conseillons, paraïtront à nos lecteurs dignes d'attention, et qu'ils ne se re- fuseront pas à en apprécier toute l’étendue. Nous savons déjà que l'eau froide suffit pour enlever à la laine tout le suint et toutes les sa- letés qu’elle renferme, de telle sorte qu'il ne lui reste plus que cette espèce de gras qu’on appelle surge, et que le bain chaud peut seul dissoudre. Il est donc un point au-delà duquel ilnest plus possible à l'eau froide de rien faire perdre de plus à la laine, quelque répétés et quelque prolongés que soient les essais de la- vages successifs. Voilà un fait digne de remar- que et sur lequel nous demandons la permission d’insister. Des expériences réitérées avec une minutieuse exactitude nous l’ont pleinement confirmé(1), et il ne présente rien d’ailleurs (x) Si l’on était curieux de répéter les expériences dont il est ici question, il conviendrait, pour que leurs résultats fussent d'accord avec ceux que nous avons ob- tenus; il conviendrait, disons-nous, d’apporter Le plus grand soin à maintenir le plus d'égalité possible dans le (144) qui ne puisse s'expliquer aisément. En effet, une laine qu'on n'aurait lavée à froid qu'impar- faitement une première ou une seconde fois, aura nécessairement quelque chose à perdre encore à la troisième; mais si on l’a laissée tremper pendant un temps suffisant pour pré- parer son lavage aussi complet que possible, et si elle a été ensuite rincée avec soi, elle a dù perdre, dans ce premier lavage, tout ce que l’eau froide était capable de lui enlever, et désormais ce doit être en vain qu’on essaiera, par de nouveaux lavages à froid, de lui rien ôter de plus. Le déchet qu’elle subira au dégrais- sage ne s exercera donc que sur son surge. La proportion dans laquelle cette espèce de gras peut exister, varie, il est vrai, selon les dif- degré de dessication de la laine avant et après Les lavages. Il faudrait sur-tout avoir égard, si la laine a été séchée au soleil, au temps qui se sera écoulé depuis qu’elle aura été remise à l'ombre, même dans le local le plus sec. Si on négligeait d’en tenir compte, on pourrait commettre des erreurs assez grandes: on le comprendra facilement par l’examen du tableau suivant, qui montre les résul- tats d'expériences faites en différens temps sur différentes espèces de laines, et desquels il résulte que la manière la plus sûre d'éviter les erreurs, c’est, après que la laine est bien sèche de n’en comparer les poids; avant ou pl.- nome 0. mm+ || ET SR RERPR EF >R ES NN OMI FI s et nos recherches ne Ine de la \ erentes especes { dant , > exposee pen , ’ a etc lavages, que lorsqu’elle is les quelque temps au soleil. apres *‘soubrput iuos 4 imb so$ss -od soç iqnus sed vu ouiv]{ vf onb oanoïd oun 150,9 SaP1A 100$ Seuu0] -09 so onbstorr OOXNTE se CG Oo07r su JC 007 so 0€ o07 ce. GS oo0171 so 9€ 001 en sn 07 007+ rm) C7 007 ane CH 00€_ S€ 8c 001 08 8c « CS 00/ es LC 007 Fs LC 007/ NL) « cl 001 Tara « oL o07 a 7 GOI "[reros ne 9977809 nraAnOu°P 06 tentreepe ttescesse ee mou y ec tetteeipr tescteceeeurjougy GC. 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Ainsi nous pouvons dès-à-présent, et sous le rapport spécial de la simplification des données de la vente, comparer entre eux les résultats des diverses méthodes que nous venons de passer en revue: le tableau suivant fachtèra; cette eom paraison. rs (147,1) ‘sue SOp ISUIE 79 ‘aumsgid juouwropuo‘GLop°,6 np oxrp-e 158,0‘2‘di op oduor exos uo‘ogonb auuoariqou uo nb 39?‘dl 2p IU9W9pUaI un aus a3du09 uo j1s‘se9 puo9os 99 sue(g “ogums91d INOJEA EJ 9P 9HIOUtT ER 9P 9IIP-E-150,9 ‘2‘d oc op oduoux jexos uo 2 doc onb junqo,u uo nb 39?-d oÿ op suowop | [Uax un Ans 1e duos uo] 1$ 32770 uF "UOITAU9"al "UOITAU9*, L ‘In9peA ef op oted*,c ‘[UA eI 9P 91MOU colo ea œ ‘d oc olo 2 dOûce scrap ‘2 diL£egelop‘oquoy er soude PIOIF€ 9948 oute7] i 4 0 ‘2docelo ‘2'dogec6op}° 4°b pney9 er 994eç outre] |: 0ÿ e Gt 2pP I è *£°d 2e e CL| ë cor CRT‘SOp e 9948] outre] ‘2"dog v 09 op ‘quins uo AUIE7] ‘2-doceoÿ op| |*"SNOILFAUTSHO ‘o[qeqoid 199%9p np uoryewunso ossnvf ounp ojins 1vd outre] ef op sowunso1d inoqea vf ms °1ouwo9 1nod o,ub TU9119 I 9p UNIX JA] ‘ua puai up tu LT ITU LU 9] 19 unwuIxelu 2] 91}u9 99919714 & PUOr re ‘PUOJ% 18189 ae 98usste189p 9] sorde saide Juoumepuo y LAHOAGQ 2 i NID Bin ia i Re Ez CS= EC DIRE CS PT ot Ti ec=—==== pts| S Us| de Pt==£ n pport de a des e 10. rire ( 148) On voit par là que c’est le lavage à froid après la tonte, qui présente le moins de vague dans les données de la vente, et qu'indépen- damment de toute autre raison, le fabricant devra rechercher de préférence la laine ainsi lavée, puisque la plus forte erreur qu'il puisse commettre à l'égard de son déchet probable, ue poura porter que sur environ la onzième partie de sa valeur; tandis que l'erreur peut être de plus en plus notable sur les autres lames, et s'étendre même jusqu'à la moitié de cette va- leur. On voit encore que le lavage à froid après la tonte est aussi complet qu’un lavage à l’eau froide peut l'être, et, sous ce rapport, bien préférable au lavage à dos, puisque celui-ci laisse souvent les toisons et particulièrement le bout des mèches encore très-sales; que, d'ailleurs, le suint repousse plus ou moins dans l'intervalle du temps nécessaire entre le lavage et la tonte, et que, durant ce même intervalle, les toisons restent encore exposées à se charger de crottins et autres corps étrangers. Mais ce n’est pas tout, et avant d’entre- preudre, ainsi que nousnous y SOMMES engagés, la description des procédés les plus propres à assurer le succès du lavage à froid après la tonte, nous ferons ressortir en peu de mots quelques: ( 149) autres avantages qu'on devra en retirer dans la pratique. 1°. Au moyen du lavage après la tonte, il n’est plus question de dangers qui pouvaient résulter du lavage à dos pour la santé des ani- maux. 2°. Les propriétaires des troupeaux pour- ront tirer un très-crand parti du triage et de l’assortissage qui devront précéder le layage à froid, dans la vue d'acquérir la connaissance aussi approximative que possible de la valeur de leurs produits, d'étudier les qualités de la laine, et de se fixer dans la meilleure marche à suivre pour arriver au degré d’amélioratiort dé- sirable. Ils ne songeront plus à spéculer sur le poids que donnait à leurs toisons l'abondance de suint et de crottins qui les surchargeaiïent, et ils seront naturellement amenés à viser plutôt à la qualité qu'a la quantité. 3°. Les laines, triées, assorties, et lavées à froid, pourront étre em- ployées en fabrique sans avoir besoin de ce lavage à chaud auquel les marchands les sou- mettent, et dont nous avons reconnu la perni- cieuse inutilté, 4°. Enfin, l’on a observé que le dégraissage à fond s'opère bien plus facilement et plus complétement sur une laine qui n’a point encore subi de lavage à chaud. Maintenant supposons que toutes les opéra- (450.) tions de la tonte, du triage et de l’assortissage sont terminées, et procédons au lavage. La laine, après avoir trempé pendant un temps suflisant, passera successivement au la- voir, à l’égouttoir, au séchoir, au battoir et sera enfin mise en balles pour être expédiée: tout cela exigera quelques dispositions prépa- ratoires dont nous allons d’abord nous occuper. Des cuviers tels que ceux dont on se sert pour les lessives seront très-convenables pour faire tremper la lame. Leur nombre et leur grandeur seront proportionnés au nombre des caisses destinées au lavage, de manière qu'ils puissent toujours fournir de la laine trempée aux laveurs, à mesure que ceux-ci en deman- deront. Pour base de cette proportion à établir, on peut compter par Jour, pour chaque caisse, cent cinquante kilogrammes de laine, pesée en suint avant d’être trempée. Les cuviers ne se— ront placés dans le magasin même où est la laine, qu'autant qu'on ne pourra faire autrement, à cause de l'humidité qu'ils en tretiendraient dans ce local, mais ils ne devront pas en être trop éloignés: on les établira sur un trépied, ou échafaudase quelconque, assez éleve au-dessus se q que; du sol pour qu'un chéneau en bois puisse ser Ces vir à l'écoulement des eaux de suint qu'on vou- dra conduire au dehors. On lave la laine dans des caisses qui peuvent varier pour la forme et la grandeur: après plu- sieurs essais différens, nous avons adopte, comme les plus commodes, celles construites de la manière suivante: Leur forme est un carré, long de quatre pieds et demi sur deux et demi de largeur; la hauteur est de deux pieds; le fond est fait avec des plan- ches épaisses et bien jointes les unes aux autres; ce fond déborde de huit pouces les grands côtés de la caisse, qui sont tous les deux fermés par des barreaux en bois, laissant entre eux un dem pouce de vide. Les deux petits le sont par des planches; ces côtés de la caisse sont fixés au niveau de la face intérieure des quatre mon- tans; ceux-ci débordent la caisse dans le sens de sa longueur, à-peu-près comme le fond la déborde, c’est-à-dire de sept à huit pouces; dans une rainure pratiquée sur ce prolongement des montans et à six pouces des barreaux, on glisse devant et derrière la caisse deux châssis, sur lesquels on cloue un canevas d’un tissu très- clair, et ces châssis viennent s’assujettir sur les rebords du fond de la caisse, dans d’autres raï- aures destinées à les recevoir. É 10e Il est souvent difficile de porter la laine au séchoir le mème jour qu’elle est lavée, parce que, d'un côté, toutes les claies peuvent être occupées par le produit du travail des jours pré- cédens, et que, de l'autre, ne vaudrait plus la peine d'étendre sur les claies la laine qui sortirait du lavoir vers la fin de la journée. On est donc obligé d’avoir un lieu d’entrepôt pour la laine mouillée, et c’est ce que nous appelons l’égout- toir. Ce sera une table solidement établie, percée de trous, et sillonnée de rainures, ou toute autre disposition analogue. Des claies larges de trois à quatre pieds, et aussi longues qu’on le désire, servent à sécher la laine; elles reposent sur des pieux fichés en terre de distance en distance. Les baguettes qu'on a employées pour faire ces claies ont dû être rabotées avec soin, et rapprochées autant que possible les unes des autres. Des filets fixés sur des chässis seraient préférables aux claies dont nous parlons, attendu que la laine ne passe pas entre les mailles du filet, que l’air joue beaucoup mieux, et que le séchage en est plus prompt: dans tous les cas, ces claies ou ces fi- lets ne doivent pas être cloués sur les pieux, afin qu'on puisse les enlever avec facilité, si on était surpris par un orage ou de la pluie. Si l’on 6.184) avait beaucoup de laine à sécher à-la-fois, on pourrait avoir recours à des planches, qu'on étendrait par terre, et même, à la rigueur, On pourrait meltre la laine sur l'herbe; mais outre qu’elle sécherait beaucoup plus lentement, on risquerait de la salir. Les propriétaires qui veulent battre la laine après qu'elle est sèche, se servent de baguettes de bois bien unies, et c’est sur Les claies mêmes que cette opération peut se faire. Dans les grands établissemens, on a des machines assez commodes et qui rendent ce battage plus prompt et plus complet; mais nous ne croyons pas ne— cessaire d’en donner la description. Quant à l'emballage des laines, notre inten- tion n’étant pas non plus de parler des presses en usage dans les grands lavoirs, nous n’aurons que peu de choses à diredes préparatifs que cette dernière opération peut exiger. Des sacs de quatre à cinq pieds de hauteur, de deux ou trois pieds de largeur, dont on coud momentanément l'ouverture sur un cercle, afin que ce cercle, étant fixé au plafond au moyen de grosses ficelles, le sac se maintienne debout et ouvert, voila seulement ce qui nous parait utile de se procurer d'avance. Toutes les dispositions préparatoires étant = ee M e = dE in Te à? ordi not (x ( 154) achevées, on passera à l’opération même du lavage. L’eau dont on se servira devra être pure, lim- pide(x) et douce; celle qui dissoudra le mieux le savon, en un mot, celle qu’on jugera la plus convenable pour les lessives de linge, sera pré- cisément celle qu’on devra préférer pour le la- vage dont nous nous occupons. On laissera la laine tremper plus ou moins long-temps dans les cuviers, selon son degré de saleté; cette précaution du trempage est presque indispensable pour débarrasser les mèches de tout le fumier dont elles sont chargées; elle abrège d’ailleurs tellement l'opération qu’on ne doit jamais la négliger. La laine, séparée du corps de l'animal, pour- rait vraisemblablement rester assez long-temps dans l’eau sans se gater, et nous nous sommes vus forcés d’en laisser quelquefois pendant trois ou quatre jours dans le cuvier sans qu'il en soit (1) Si nous n’avions pas fait précéder le lavage dans la caisse d’un trempage préparatoire, et qu’ainsi ce lavage ue fût pas presque uniquement destiné à rincer la laine, nous aurions fait sentir Ja nécessité de ne point, au contraire, chercher la limpidité du bain, et de profiter de l’excellent effet de l’eau de suint elle-même pour le bon et prompt nettoiement de Ja laine. Es(#55 résulté aucun inconvénient; mais un temps dé beaucoup plus court suflit au but qu’on se pro- te pose, et la laine, même la plus sale, n'exige pas lus un trempage de plus de vingt-quatre heures. Le En même temps qu'on mettra la laine dans 14 les cuviers pour la faire tremper, on commen— cera à placer les caisses à laver dans les lieux à qu’on aura reconnus les plus convenables. On a concoit que le lavage ne peut avoir lieu qu'au 2. ÿ moyen d’une eau courante, et que l'opération 5 marchera d'autant plus vite, que cette eau se re- br nouvellera plus rapidement dans la caisse. Si ‘ cette caisse était placée dans lé cours même ne d’une rivière ou d’un ruisseau l’eau n’y pénétre- rait qu'avec assez de difficulté à travers la pre- de müiere toile de canevas, et la portion qui y en- “a trerait n’en sortirait qu'avec plus de peine ne encore, attendu que les débris de laine qui pas-— 7 sent à travers les barreaux, poussés par la force O1 du courant, viendraient incessamment tapisser Fe le côté intérieur du second canevas et oppose- à raient de nouveaux obstacles à l’écoulement’; à l'eau s’échapperait alors des deux côtés de la 5 caisse, et il serait souvent impossible de ui fer- ter mer ces débouchés pour la forcer de passer au le travers. Ces inconvéniens doivent, sans hésita- tion, faire préférer l’eau qui, amenée d'un niveau rt Pa EE or pren OT à 156 supérieur au moyen d'un chéneau, coulera en quantité suflisante dans la caisse. Ce sera done, autant que possible, près d’une chute d’eau na- turelle ou artificielle, telle que celle d’un moulin, qu'on placera les caisses à laver. On évitera de faire tomber sur la laine un cours d’eau trop volumineux; car il s’'opérerait dans la caisse un mouvement continuel de rotation qui cordon- nerait la laine. Pour parer à ce grave imconvé- nient, une petite auge de quatre à cinq pouces de profondeur et d’une longueur suffisante, sera adaptée sur le bord supérieur de la caisse, après avoir été percée de trous sur toutes ses faces; cette auge sera destinée à recevoir l’eau qu’a- mènera le chéneau, et à amortir la violence de sa chute, en la divisant en un grand nombre de petits filets. Pour faciliter le lavage, il est né cessaire qu’il y ait constamment au fond de la caisse six ou huit pouces d’eau; on tàchera donc de la disposer dans le cours d’eau de maniere à atteindre ce but; mais si l’on rencontre trop de difficultés à la placer amsi,, il suflira de garnir en planches la partie inférieure des grands côtés jusqu’à la hauteur nécessaire pour que la quan- tité d’eau voulue puisse se maintenir au fond. Toutes les caisses seront disposées aussi près que possible les unes des autres pour en faciliter (157) la surveillance; un seul ouvrier suflira pour die gouverner deux caisses, si elles sont placées à nc, côté l'une de l’autre; cet ouvrier devra être tai muni d’un trident en bois bien uni et dont les un, pointes n'auront entre elles qu'un intervalle de a de irois pouces. irop l Un chef-ouvrier peut seul surveiller et diriger LA tout le lavage, à moins que les caisses ne pren- ill nent pas toutes leur eau au même cours, et ne One soient, par cette raison, trop éloignées les unes pouces des autres; mais s’il n’en n’est pas ainsi, 1l ne , Sera faudra pour huit caisses, par exemple, que six après ouvriers, savoir: un chef-ouvrier, quatre la- ICeS; veurs et un aide, dont l’occupation sera, de u'a- porter la laine, à mesure qu’elle sera lavée, sur » de le tombereau qui doit la conduire à l’ésouttoir. e de Cet aide sera pourvu, à cet effet, d’une corbeille {nez plate, dont l’intérieur et les bords devront être de la également aussi unis que possible. donc La laine, en sortant des cuviers où elle a été nbre trempée pendant un temps suflisant, est ap- trop portée et déposée à côté des caisses avec les ro précautions convenables. Le laveur en prend tés une quantité proportionnée à la grandeur de sa ne caisse et à la quantité d’eau qu’elle contient, de F1 manière qu'il puisse faire passer sans eflort, près avec son trident, cette quantité d’un bout de ihitet mn 0 RS,— a ge nt DS+ F ut= tu a He ssh OP——| TES. ES Re ie Erspe. # TP Fear er PT mere Ge ei we pere. PE e HT CT M" # 4. RE— M. ei Tina à Poene 2] { 190 ÿ la caisse à l’autre: il est, à cet égard, une me- sure que l'habitude donnera bientôt, au-dessus ou au-dessous de laquelle on ne saurait se fixer sans perte de temps. Le laveur n’agitera jamais brusquement la laine dans tous ses sens, pour ne pas la cordonner, et 1l aura soin, au con- traire, de la prendre avec son trident par pe- ttes parties, et de la conduire ainsi successi- vement d’une extrémité à l’autre de la caisse, en l'ouvrant le plus possible. Après qu’on aura continué cette manœuvre pendant quelques mi- nutes, la laine sera lavée; mais le chef-ouvrier seul décidera si elle l’est complétement ou non. I s’en assurera en sortant de la caisse quelques poignées de laine, et en en exprimant l’eau pour voir si elle en sort bien claire. Le trem- page n’a quelquefois pas suffi pour dissoudre entièrement le crottin de certaines mèches, 1l faut, dans ce cas, ne pas perdre son temps à nettoyer ces mèches, mais les sortir et les mettre de côté pour être lavées à part. On en fera autant des meches jaunes et pailleuses qui auront échappé au triage. La laine, au sortir de la caisse, est placée, comme nous l'avons dit tout-à-l'heure, dans une corbeille, pour être portée au tombereau, apres toutefois qu'on a laissé s’écouler une © DR PT NT en , L. ee or F 7 ( 159) “ai grande parue de l’eau qu'elle contient; et pour mieux l'en exprimer, louvrier monte sur la lxer.\. or corbeille, apres avoir quitté sa chaussure et D au trempé ses pieds dans l’eau. pour Pendant l'opération du lavage, quelques me- js ches de laine, ainsi que les brins coupés par de | a faux coups de ciseaux du tondeur, et les corps ne étrangers qui n'ont pu être dissous passent à nd travers les barreaux et s'accumulent contre le ca- nan nevas, qui les arrète. La force du cours les y re- 1e dE tient, de sorte qu'ils ne peuvent nuire à l'opéra- ET tion: aussi ce n’est que lorsqu'ils sont amassés en | ON. trop grande quantité, qu'il est nécessaire de les ques enlever pour être mélés aux autres rebuts, dont eau on tirera un parti quelconque. "em- L'égouttoir est, ainsi que. nous l'avons an- udre noncé, le lieu où sera déposée, apres le lavage, , 1 la laine qui ne pourra être immédiatement ps à étendue sur les claies ou filets du séchoir. Au- + les cune explication ne nous semblant ici néces- 1 en saire, nous passerens de suite à ce qui concerne qui le sechage. S; la laine séchait à l'ombre, au lieu de sécher ee, au soleil, elle gagnerait incontestablement sous ans le rapport de la douceur; mais l'opération se- au, rait trop lente, et, par cette raison, elle devient une ro fe 2 — Cr ne TUNE Benne” Le= vu= L Sp Da ( 100) inpraticable pour une masse de laine tant soit peu considérable. Des femmes peuvent être employées à faire sécher la laine. Après lavoir étendue sur des claies ou filets, et de maniere que la couche soit le moins épaisse que possible, elles se prome- neront sans cesse le long des claies, en s’occu- pant 1°.à ouvrir la laine avec ménagement, sans la rompre jamais ni même l’étirer; 2°. à la dé- barrasser de toute espèce de corps étrangers, tels que débris de paille et autres saletés qu'elles pourraient apercevoir; 3°. à enlever, pour être mises à part, les mèches qui seraient restées encore sales, et celles qui seraient jaunes ou trop pailleuses pour être facilement nettoyées, 4°. enfin, à retourner la laine à mesure qu'elle sèche. L’habitude enseignera bientôt le point suffi- sant de,dessication; mais en attendant que cette habitude soit acquise, il faut prendre garde de ne pas s’y tromper; Car si l’on mettait la laine en balles trop it, il pourrait en résulter de graves inconvéniens. Cette laine, encore hu- mide, s'échaufferait, et il s’établirait une fer- mentation dans le sac: il ne suflirait pas alors d'exposer ce sac au soleil, il faudrait le vider ( 16€) nul au plus vite et étendre de nouveau son contenu Re. sur les claies. à te Si l’on prend pour le lavage et pour le séchage " des toutes les précautions que nous venons d'indi- ne à quer, la laine ne sera point cordonnée, et les gi ouvrières l’auront suffisamment ouverte et net- 10 toyée, dès-lors le battage deviendra assez inu- AS tile. Cependant, comme cette opération donne alé. à la laine un aspect plus flatteur et complète js D celle du séchage, nous n’hésiterons pas à la con- qu'eles seiller: elle se réduit à frapper, pendant quel- jur être ques instans, sur la laine avec les baguettes de restees bois dont nous avons déjà parlé. les Ou L’emballage ou l'ensachement doit suivre im- yées, médiatement, afin que la laine ne coure plus le ele:, risque de se salir dans les cases du magasin.. On prendra soin de la serrer, autant que à sulh- possible, dans le sac en n’y laissant aucun vide: re cette cette précaution est utile, en ce que la lame, rde de ainsi pressée, est beaucoup moins susceptible laine de pomper l'humidité de l'air ou de la pluie, à r dé laquelle elle peut être exposée, particulièrement » u- au roulage. fer L'ouverture du sac est, comme nous l’a- lors vons dit, faufilée sur un cercle, et ce cercle est ider suspendu au plafond par de grosses ficelles, de manière à ce que le sac, restant debout, son 11 d| à il 4; LME à 18 il É ni! (| La| ‘1 15 d ll$ 162 fond repose sur le plancher; une corde solide ment attachée au même plafond donnera à l’emballeur le moyen de sauter dans le sac, aprés avoir quitté sa chaussure, et de S'y main- tenir. À mesure qu'on lui jettera de la laine, il se servira de ses pieds pour l’entasser et en garnir soigneusement les angles et autres parties du sac; enfin la laine étant bien serrée et le sac bien plein, on coudra l’ouverture avec une fi- celle, après avoir Ôté le cercle. Un numéro sera apposé sur le sac, ainsi que la marque de l’es- pèce de laine qu'il contient. I va sans dire que, durant toutes les opérations que nous venons de décrire, on a pris les précautions convena- bles pour ne pas confondre entre elles les diffé- rentes qualités qu'ont produites le triage etl’as- sortissage., I ne reste plus maintenant qu'à déposer les sacs dans le magasin, pour les y laïsser jus- qu’au moment de l'expédition. Ce magasin, nous l'avons déjà dit, devra être sec; avec cette condition, la laine soigneu- sement emballée s’y conserverait tres-long- temps sans se gater; Car, d’un côté, elle n’est pas assez dégraissée pour être attaquée par les insectes, et, de l’autre, elle est débarrassée des crottins humides, dont la présence lui est si nui- 105 Sible dans son état de suint. Nous ne saurions préciser le temps durant lequel elle pourrait rester en balles sans rien perdre de sa qualite (ce temps serait vraisemblablement très- pro longé); mais nous croyons que de toutes les manières de conserver la laine ,-celle-là est, sans aucun doute, la meilleure, et c'est encore là une chose très-digne de considération de la part des propriétaires, qui peuvent être expo- sés à entasser dans leurs greniers les produits de plusieurs tontes, en attendant l’occasion de les vendre avec avantage. En nous suivant dans les détails de tous les procédés que nous venons de décrire, on a pu se convaincre que rien n’était plus simple ei plus facile à exécuter que le lavage à froid après la tonte; nous espérons qu'on en aura d’ailleurs reconnu tous les avantages; mais, nous le re- pétons encore, la difficulté consiste unique- mentdans l’assortissage et le triage, opérations qui exigent une connaissance suffisante des di- verses qualités de la laine. xs SN SET RL um, — rh TER EE L''S En 2. n Ds a —= 7"1 à citées"7,= nr; —. s S 4 me RS. Enr TROISIÈME SECTION. DE LA VALEUR COMPARATIVE DES DIVERSES PARTIES D'UNE MÊME TOISON ET DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE TOISONS ENTRE ELLES ,; SOUS LE RAPPORT DE LA QUALITÉ. Nous avons vu, dans la précédente section, quelle grande différence dans la valeur réelle de telle ou telle toison mérinos pouvait résulter de la latitude dans laquelle s'exerce le déchet après les opérations du lavageet du dégraissage; mais ce n’est pas seulement sous le rapport du rendement que varie cette valeur, c’est autant et plus encore sous le rapport de la qualite. Dans un troupeau bien tenu pour ce qui con- cerne la propreté des toisons, mais peu suivi, c’est-à-dire composé de bètes inégales en beauté, il arrive, comme nous l’avons déjà fait remar- quer au commencement de ce chapitre, que les unes donnent annuellement au propriétaire un bénéfice notable, tandis que d’autres sont loin de payer, par leur produit, même les frais de leur nourriture; l'intérêt bien entendu de ce pro- priétaire est donc évidemment de multiplier les premières, en diminuant autant que possible le nombre des dernières. Maiscomment atteimdra- til ce but, s’il ne cherche pas, chaque année, à (165) se rendre compte du revenu de chaque bête en particulier? Les opérations du triage et de las- sortissage, qui doivent précéder le lavage à froid après la tonte, auront, ainsi qu'on l’a déjà vu, entre autres avantages, celui de fournir au pro- ducteur l’occasion de se livrer à cette étude si nécessaire de la valeur relative de chacune de ses toisons et de leurs diverses parties entre elles. Rien, à notre avis, ne sera plus propre à le con- vaincre de l'utilité du perfectionnement que les résultats auxquels ne manqueront pas de le con- duire ses recherches à cet égard. Les faits et les calculs que nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs, feront de plus en plus ressortir l’importance de cette étude; ils nous paraissent d’ailleurs de nature à jeter de la lumière sur des questions qui sont restées dou- teuses dans l'esprit de quelques personnes en- core fidèles au systeme des lourdes toisons, et, en conséquence, disposées à préférer la quan- tité à la qualite. Les dénominations de prime, de seconde, etc., qu'on emploie habituellement pour distinguer les différentes qualités de laine, ne peuvent jamais étre prises dans un sens absolu, attendu que la prime de tel troupeau ne sera peut-être 166) que la seconde etmèême la troisième de tel autre: ainsi donc, au lieu de quatre ou cinq sortes que pourrait naturellement produire le triage des laines d’un même troupeau, nous nous verrons obligés d'en reconnaitre un plus grand nombre lorsque nous essaierons de classer entre elles toutes les laines en général. Nous attribuerons à chacune de ces sortes lavées complétement à froid, un prix qui, ne présentant rien de fictif, se rapprochera autant que possible du cours moyen de l’année dernière( 1823).: Pour la prime la plus rare, et par conséquent la plus chère, nous resterons à dessein au-des- sous du véritable prix obtenu, et nous ne le fixerons qu’à vingt et un francs le kilogramme, lavé à froid(x). Quant aux qualités inférieures, leur valeur (1) Les primes de Naz provenant de la tonte de 1823, et Javées à froid; ont été vendues, au mois d’octobre, à raison de vingt-deux francs le kilogramme, payables sans aucun rabais ni escompte, trois mois après la livraison, à la maison Cunin, Gridaine et Jean-Baptiste Bernard, de Sedan, tous frais de transport à la charge des acheteurs. On sait que les laines d'Allemagne ne se paient à Se- dan et à Louviers qu'après la déduction de treize poux cent d’escompte et avec du papier à six mois de date. \ nm ( 107 peut diminuer encore, au moins tout fait-il présumer que de long-temps elles ne repren- dront faveur; mais ce n’est pas ici le lieu de Île montrer, et pour ne pas leur attribuer un prix trop défavorable, nous supposerons qu'il ne s’en est point vendu au-dessous de trois francs le kilogramme(toujours après complet lavage à froid}, excepté, toutefois, les parties de la toison tout-a-fait basses et jarreuses, que lon appelle cahidas, et dont nous ne porterons la valeur qu’à un franc le kilogramme. En établissant, entre ces limites extrêmes, neuf qualités moyennes, et leur donnant un prix proportionnel, nous fixerons nos bases d’a- près le tableau suivant, qui nous parait indi- quer assez exactement le cours des différentes qualités de laines mérinos en 1823. ", sorte. 21 francs le kilog. lavée à froid. a cord 79 310 idiot id. ds iE 7 id. idL. 4 oad:ur®5: ip. id. EE. 19 id. id. COUR ET id. id. FA Us 40 id. id. D Us 0 id. id. ( 168}) b': sorte.» 5 frile kilog. lavée à froid. 10:: 1 0e id. id. Débris,id. 1 id. id. Nous aurons, maintenant, à comparer le ré- sultat du triage d’une toison poussée au plus haut degré de perfectionnement, avec celui du triage d’une autre toison choisie dans la der- nière classe. On trouve des toisons superfines tellement égales dans leur beauté, qu’elles peuvent offrir, dans les qualités de leurs diverses parties, les proportions suivantes: Prime, 2e Seconde, = 2 Cahidas,= Cet exemple, quelque exagéré qu’il paraisse, n’est point pris hors de la vérité: les bêtes qui portent de pareilles toisons, il faut en convenir, ne sont pas communes, mais elles existent; c’est un fait constaté et vérifié dans nos ber- geries. Pour ce qui concerne les toisons mérinos de la dernière classe, dans laquelle nous devons choisir notre second terme de comparaison, nous nous sommes également assurés qu'il em îl ( 169) est dont le triage ne présente que les resultats ci-apres: Neuvième qualité,-12 Dixième qualité, ie Cahidas, a Ainsi la valeur de la première de ces deux toisons lavées à froid, pourra être représentée par la formule suivante: (92 X21)+(6 X19)+(2K1) 100; ce qui équivaut au nombre 20,48. Et la valeur de la seconde par cette autre for- mule: (12 X5)+(80 X3)+(8X 1) 100; ce qui donne le nombre 3,08. D'ou:1l résulte que la première vaudra en- viron six fois et deux tiers la seconde. On. voit que, dans cette comparaison, nous avons supposé le poids, après lavage à froid, le même pour les deux toisons: il arrivera quelquefois, en effet, que la difference de pesanteur en suint disparaîtra après le la- vage, à cause de la différence de proprete; le plus souvent, cependant, la toison de qualite in- HT". nnosép k | | ù k = D ne me 7 TT LS = er Loge 5: ne PE"eu L] ( 1Go férieure aura été produite par un animal de plus forte taille et sera réellement plus lourde que l’autre, quoique également propre; mais cet avantage de poids ne sera que d’une bien faible importance: car, pour qu'il pt être admis en compensation de rique de qualité, il fau- drait, à propreté égale, r°. que la production de la toison la plus MUR n'eut pas coûté à l’éle- veur plus que celle de la toison la plus légere; >". que la première pesät six fois et deux tiers ce que pèse la seconde, c’est-à-dire que si la toison surperfine donnait en suint un poids de cinq livres et rendait deux livres trois quarts au lavage à froid, il faudrait que la toison de qualité inférieure pesàt en suit environ trente- trois livres et rendit dix-huit livres et plus de laine lavée Mais il ne suflit pas d’avoir dit vrai et calculé juste dans des cas extrêmes, qu’on pourrait, à la rigueur, prendre pour des exceptions, ei nous devons examiner ce qui se passe plus gé- néralement dans des troupeaux nombreux et composés de bêtes de différens degrés de finesse. Pour éviter toute espèce d'erreur, nous cher- cherons nos exemples dans notre propre pra- tique, et ouvrant nos registres, nous y verrons, Ô . que dans une bergerie de brebis perfection- \ L74 nces, quatre cent cinquante-deux toisons ont été rangées-dans la premiere classe du triage(1); 2°. que dans une autre bergerie de brebis moins perfectionnées, quoique de race pure, soixante- treize toisons ont été placées à la dernière classe du même triage. Nous choisissons ces deux exemples, parce qu'ils nous paraissent devoir donner une idée assez exacte de la valeur rela- tive de toisons de première et de médiocre finesse.* Or les quatre cent cinquante-deux toisons ont donné en suint mille quatre-vingt-cinq kilo- grammes, qui ont produit, après les différentes opérations du triage et du lavage à froid, sa- VOIr: r. qualité, 576 kilop. 20. 5% Xi: DHL. 28:°Ud. 6°:‘jd: a 2 De 1 4 Débris; UC 589 kilos. Appliquant maintenant à ces diverses qualités (1) Nous répétons ici que ce classement n’est pas Le même que celui fait dans le but du perfectionnement du troupeau; car dans celui-ci la première classe ne contient que les brebis de première finesse et de première égalité: = ne Re me ns£ Sa Écrire ns En me us X Le MR in (172) les prix établis ci-dessus, nous completerons le tableau de la manière suivante: 1. qualité 375 kil. lavés à froid, à 21 f. 7,879 f. 2 At OI id. 10 1,020 FT IL 2014: EN 13 364 De om Ti dl, id. F1 4,200 Débris, 17 14. id. I 17 Ro LO 04. D'où il suit:. - Que la moyenne du poids de la toison en Pre serait kilo. 2-4° F00:? °. Que cette même moyenne, après le la- vage à froid, serait kilog. 1 She To0? 3°. Que Ie prix moyen du kilog. en suint ressortirait à fr. 9 72; 4°. Que le prix moyen du kilog. lavé à froid serait de fr. 17 90. 5°. Enfin que la valeur moyenne de chaque toison entière s’élèverait à fr. 23 33. Quant aux soixante-treize toisons de la der nière classe, elles ont pesé en suint 205 kilog., ul ont nt apres le tr 1a e et lavag eafr"o1d, ? Savoir: tandis qu’il suffit pour comprendre une bête dans la pre- mière classe du triage, qu’elle porte une quantité quel- conque de laine de première finesse. (175) qualité, 35 kilog. lat 2D$.10d: aussi 65: id: D ébris, Ov: e 5% 100 kilog. Attribuant encore à ces qualités les prix ci- devant fixés, nous aurons: 5. quahté. 5 klossafr..15. 1r.:165 sui 20 de: 9 225 5 OA 085.1 a 325 Deébris, À, side I 5 100 kilog. 620 fr. D'ou il résulte: 1°. Que la moyenne du poids de la toison en suint serait de kilog. 2 À; 100? 2°, Que cette même moyenne, après le la- vage à froid, serait de kilog. 1 27; 3°. Que le prix moyen du kilog. en suint ressortirait à fr. 3 02;| 4°. Enfin que la valeur moyenne de chaque toison entière s’élèverait à fr. 8 49(1). (1) Nous avons vu que le déchet qu'avait encore à su- bir, au dégraissage à fond, la laine lavée complétement à froid pouvait s'exercer dans la latitude de vingt-deux à vingt-neuf pour cent. On pourrait fixer ce déchet à une Se NE ARS s CRE) Voila donc des toisons qui n'ont pese en suint quequatre livres quatre cmquièmes, et qui vau- draient près de vingt-trois francs cinquante centimes, tandis que d’autres toisons pesant jusqu'à cinq livres trois cinquièmes ne vau- draient qu'environ huit francs cinquante cen- times. La production de ces dernières aura ce- pendant coûté autant et plus que celle des premières, car l'augmentation de leur poids est probablement due en partie à la plus grosse taille des animaux qui les portent, et la différence dans le prix de la nourriture doit être en pro- portion de cette grosseur: on voit ainsi qu'une partie du bénéfice que procurent les bêtes les plus distinguées, sert à dédommager l’agricul- teur des pertes ou des non-valeurs quirésultent pour lui de l'entretien des bêtes de qualité in- férieure. Résumant ce que nous avons dit ailleurs et dans le cours de cette section, touchant le mé- rite comparatif des diverses sortes de toisons, nous répéterons que le poids en suint de la dé- moyennne de vingt-cinq pour cent, et en Pappliquant à tous les calculs ci-dessus, trouverle poids et leprix moyens de chacune des qualités des deux espèces de toisons en question, après le dégrarssage a fond. Er— ee ser rc eogers \ 17) | Sun pouille d’un mérmos ne peut, en aucune ma- van. nière, servir de base dans l'estimation qu’on en iante peut faire, et si nous entendons un propriétaire sant se glorifier de ce poids, qu’il nous soit permis Vau- de lui demander: 1°. quelle est la moyenne du cen- rendement de ses toisons après complet lavage à Ce- à froid; 2°. combien de qualités de lame pro- e des duit leur triage; 3°. dans quelle proportion elles ids est fournissent ces diverses qualités; 4°. enfin quel ataille est le degré de beauté auquel peuvent respec- érence tivement atteindre ces mêmes qualités. À pro- Ce ne sera qu'après qu'il aura satisfait à toutes ne ces questions que l’on pourra porter, sur ses s Les produits, un jugement assuré: en attendant, PL nous lui présenterons les indications suivantes, Ent comme résultant de notre propre expérience, a et comme pouvant servir de règle générale dans la pratique: ke 1°. Si le lavage à froid n’a pas rendu cinquante 4 cinq pour cent du poids en suint, on pourra en a. conclure de deux choses l’une: de Ou que la laine était plus sale qu’elle ne devait l'être, a Ou bien que le lavage na pas été bien fait. it à 2°. Si après le lavage à froid bien exécute, la moyenne du poids de la toison de brebis excède notablement 2 livres Z5( 1 kil. 275 Ÿ, ce 100 16000 (17764) sera une forte présomption, pour ne pas dire un indice presque certain, qu'elles ont été recueillies sur des bêtes de grosse race et qu’elles sont dépourvues des qualités de haute finesse; Car ce n'est que bien rarement et par exception que nous avons rencontré la superfinesse sur des animaux de-grande taille; et deux livres et demie de laine bien lavée à l’eau froide, nous semblent une moyenne tres-satisfaisante pour la dépouille de chaque bête d’une taille meé- diocre. Avant de terminer cette section, nous devons dire quelques mots touchant la valeur de la laine d'agneau. L’agnelin, ainsi que nous l'avons déjà remar- qué ailleurs, est souvent fort recherché pour la confection de certaines étoffes, et en général sa valeur intrinsèque doit être comparativement supérieure à celle de la laine-mère. En effet, d’un côté, la prime d'agnelin obtient, dans le commerce, un prix égal à celui de la prime de lame superfine, et d’un autre côté comme iL contient moins de suint et de surge qu'elle, son rendement est beaucoup plus avantageux. Cette proportion de rendement est telle que si la laine- mère en suint rend, lorsqu'elle est très-propre, cinquante-cinq pour cent après le lavage à froid, IS dire It éte elles esse; ption > Sur les ef y NOUS : Pour 8 mé- eyons le Îa CET) l’agnelin rendra soixante-cinq; et que si cent livres de laine-mère dessuintée produisent en- viron/seize livres au dégraissage à fond, les cent livres d’agnelin rendront quatre-vingts livres. QUATRIÈME SECTION. DE LA VENTE DES LAINES MÉRINOS. La vente d’une marchandise est d'autant plus facile et son produit d'autant plus assuré, que son cours est moins variable, et que sa vérita- ble valeur relativement à ce cours, est plus aisée à calculer. L’or, par exemple, est la mar- chandise dont le cours est le plus fixe, et dont la valeur intrinsèque est la mieux connue: aussi la vente de ce métal n'offre jamais de diflicuite, et son prix serait toujours le même, si les pre- tentions de bénéfice de la part du vendeur ou de l'acheteur, avaient une mesure aussi re- sulière.que le poids et le titre de la matière qu fait l’objet de leur négociation. Nous avons vu que la laine est bien éloignée de jouir de ces précieux avantages; car, assu- jettie autant et plus peut- ètre que d’autres marchandises à la variabilité du cours, elle se montre souvent à l’acheteur dans un état qui rend impossible le calcul de sa véritable valeur relative: de là une estimation conjecturale, que 12 Ce. 7 —= D RC— rl Se re Es— pe ns FES HITS Rs NP Sr rm En Te (178) la bonne foi même fait rarement tourner au profit du producteur, et de là encore ces spé- culations peu loyales, fondées sur l'ignorance des propriétaires et sur l'embarras de leur posi- tion particuhère. La plupart des inconvéniens qui accompa- gnent d'ordinaire la vente des laines, sont néan- moins de nature à disparaître au moyen de me- sures sagement combinées, et nous croyons pou- voir présenter, à ce sujet, quelques vues utiles. Nous diviserons cette section en deux parties: dans la premiére, nous nous occuperons des moyens de parvenir à la vente la plus avanta- gcuse de la laine, sauf l'influence de la varia- bilite du cours. Dans la deuxième partie, nous nous livre- rons à quelques recherches sur les causes de cette variabilité, ainsi que sur les circonstances générales du commerce qui s’y rattachent, et nous chercherons à en tirer des conséquences qui puissent éclairer pour l’avenir la marche du producteur. Nous croyons avoir suffisamment prouvé qu'il était impossible d'obtenir le véritable prix de la laine en la livrant en suint, et que le lavage à froid après la tonte, précédé d’un bon assor- tissage, était la meilleure préparation à lui donner. Ce lavage fournit, en effet, comme (#07)+ ner à - l nous l'avons vu, l'appréciation la plus approxi- frite mative de sa valeur réelle, en même temps pos qu'il laisse à son brin plus de douceur et qu'il facilite son dernier dégraissage, et, au besoin, mpa- sa conservation. 4 Mais nous avons aussi été forcés de convenir Le que si le lavage, tel que nous le conseillons, pr est d’une exécution aisée et à la portée de tout ns le monde; l'assortissage exige une Connaissance ne des qualités de la laine, qui malheureusement Fe est encore trop peu répandue; d’un autre côté, ;; nous ne pouvons nous dissimuler que la vente en elle-méme n’est pas sans difficultés. y Y Nous rencontrons d’abord ces difficultés dans l'absence de rapports directs entre le produc- a ducteumet le fabricant, et la nécessité où se :e trouve le premier de recourir à des tiers pour . la vente de ses produits. Nous n’avons certaine- et ment pas l’intention de nous faire ici les ac- ee cusateurs des marchands de laine; mais nous rche devons cependant avouer que quelques-uns À d’entre eux nous ont paru profiter de leur expé- qu rience des circonstances du commerce, et de de l'avantage qu’elles leur donnaient sur des pro- e à priétaires qui les ignoraient, pour obtenir des prix hors de toute proportion avec la valeur lui vénale du moment. D’autres marchands, au ne 12. ee ( 180) heu d'éclairer l’eleveur sur la meilleure diree- tion à donner à son troupeau, le jettent souven dans des erreurs, en dépréciant mal à propos le résultat de ses eflorts. Ainsi nous avons vu des commis voyageurs bliämer comme un de- faut dans une bergerie ce qu'ils vantaient dans une autre; entretenir une incertitude continuelle sur les qualités de la laine aux- quelles il fallait s'attacher; en un mot, brouiller toutes les notions et confondre toutes les idées pour profter plus à leur aise de lignorance qu’ils propageaient à dessein. Mais en même temps que nous signalons de semblables manœuvres, nous devons rendre hommage aux marchands qui, adoptant un système opposé, ont puissamment segondé en France, pour la propagation de la race mérime, le zèle des hommes recommandables auxquels a France est redevable de cette précieuse in- dustrie. Sans doute, en faisant intervenir leur intérêt entre ceux du producteur et du fabri- cant, ils ont dû diminuer le produit de l’un, ou augmenter la dépense de l’autre; mais leur bénéfice était justement acquis; et‘sans eux, certains préjugés contre les laines méruros fran- caises n’eussent pas été vaincus aussi promp- tement, et des provinces entières, trop éloi- DRE Érôr) dire. gnées des lieux de fabrication, se seraient vues "vent privées des avantages qu'offre l'éducation des IOpOs troupeaux fins. AS Vu Nous ne pouvons néanmoins nous empêcher n dé- de désirer que ce commerce intermédiaire des aient laines soit remplacé par un commerce de com- ritnde mission, auquel se borneraient les marchands, e aux en renoncant ainsi à l'achat et à la vente pour rouler leur propre compte, autant, du moins, que la es 10es chose serait praticable; car il nous est impos- nOranCe sible d'espérer que ce mode, qui d'ailleurs exige une confiance entière dans la bonne foi du com- ns de missionnaire, püt recevoir une application oÉ— endre nérale. t un Les rapports directs des propriétaires ave Le en les fabriques sont aussi quelquefois assez difi- xine, ciles à établir. En effet, le fabricant ne pour- xquels rait guère, dans des bergeries trop éloignées IS in- de sa manufacture, faire reconnaitre les laines ur Jeur qu'on lui proposerait>‘et-;"dans cé éas; le be producteur se soumettrait avec peine à des un OÙ chances de non acceptation, après qu'il les ï Jeur aurait fait transporter sur les lieux de la li- Len, vraison, Si donc la vue de simples échantüul- fran- lons des qualités à fournir, envoyés et reçus OMp-| de contance, ne suffisaterh PS pour conelure RE à le marché, 1l serait presque impossible qu ii Rs re— EEE RS ES Sr ane el Re rer Se me (: 1827) eùt lieu, sur-tout pour des quantités peu consi- dérables, puisque le fabricant, d’une part, ne pourrait prendre livraison chez le producteur, et que, de l’autre, ce dernier ne saurait expédier au hasard. D'ailleurs, toutes les espèces de laine ne conviennent pas également À toutes les manu- factures, et le producteur séra souvent rebuté par des offres qui lui paraîtront indiscrètes, sans qu'elles le soient réellement. Ainsi>S'ilpro- pose des laines superfines à un fabricant qui ne fait que des draps de prix moyen ou inférieur, on lui répondra par un prix en rapport avec celui des laines dont le fabricant se sert habi- tuellement. Enfin, il éprouvera de nouvelles difficultés, s'il veut vendre sa pile entière à la même fa- brique; car, dans ses qualités, il s’en rencon- trera dont cette fabrique ne peut se servir, et dont elle sera forcée de se défaire; 1l faudra donc qu’elle trouve, sur le prix total de la pile, une compensation à la perte que doit OCcasionner cette revente obligée. Mais comment surmonter tous ces obstacles à et d’autres même que nous n'avons pas si- gnalés? Le seul moyen que nous CONNaAÏSsIONS, est une étude sérieuse de la laine. Nous reve- COns- rt, ne leur, édier è ne MN rebuté r'etes, 1 pro- qu ne rieur, ayéc abi- ({ 185) nons encore ici à notre conclusion favorite, et nous dirons aux propriétaires: Apprenez à bien apprécier la valeur de vos toisons, et vous apporterez dans leur préparation et dans leur vente une expérience qui vous défendra contre les tentatives de la mauvaise foi ou de la cupidité; vous Jugerez mieux aussi les cir- constances de votre position particulière; vous choisirez avec plus de discernement l'acheteur le plus favorable à vos intérêts; enfin, vous pourrez vous-mêmes instruire cet acheteur du mérite réel de votre laine, et combiner avec lui sur des bases moins incertaines un mar- ché auquel doit toujours présider une loyauté réciproque. Mais avant que chaque propriétaire ait réussi dans une étude sinécessaire, le découragement qui, depuis quelques années, frappe l'industrie des mérinos, peut augmenter encore,€t avoir, pour cette branche importante, les plus tristes résultats. D'un autre côté, cen’est pas la lecture d’un traité sur les laines qui peut seule éclairer les producteurs, ils ont encore besoin d’être guidés dans leurs efforts par des exemples pra- tiques; plusieurs d’entre eux sont même, par la nature de leurs occupations, dans l'impossi- bilité de se hivrer aux soins assidus que demande la bonne direction d’un lroupeau; enfin il est de certains embarras de localité ou de position auxquels ils ne peuvent échapper. Frappée de ces circonstances, l'Association rurale de Naz a concu l’idée d’un établissement dont nous allons indiquer le but et l'utilité. Pres de la Capitale, centre naturel de toutes les industries, cette association aurait un trou peau de mérinos, amené, par le perfectionne- ment, à la haute finesse et aux autres qualités désirables de la laine. La bergerie serait ouverte à tous les propriétaires ou à leurs agens; son régisseur serait spécialement chargé de donner, dans le plus grand détail, les renseignemens qui lui seraient demandés, de faire ressortir, avec les explications nécessaires, la similitude ou la différence de qualité entre les échantillons qu’on lui présenterait et ceux pris sur le troupeau- modèle; enfin de répondre à toutes les questions qui pourraient lui être adressées. À côté de cette bergerie de bêtes perfection nées, on verrait un troupeau également de race pure, mais moins fin, servi par des étalons dis- tingués, et l’on y pourrait suivre la marche et les progrès du perfectionnement. Si les espérances de Association ne sont pas trompées, elle aurait en outre quelques bêtes ae ne listé js|: 189)|; ie d'une race particulière, propre à la production l des laines de peigne, et dans tous les cas on pu pourrait observer ses efforts pour obtenir, par . des croisemens bien combinés sur diverses ra- 5 ces, des matières premières dont nos belles fa- briques d’étoffes rases sont encore dépourvues. “. Les propriétaires de mérinos, amateurs de cette branche d'industrie, seraient mvités à cor- ie respondre avec l'Établissement; les renseigne- 4 mens qu'ils voudraient bien lui donner sur les résultats de leur pratique et de leurs recherches js seraient reçus avec reconnalssance, et ce serall Fr avec un véritable empressement qu'on leur # fournirait ceux qu'ils demanderæment. De cette ii correspondance et de ces communications ré- à ciproques, ainsi que de ces expériences sur di- vers points et dans différentes localités, 1l pour- Ve: rait ressortir des notions et des détails qui don- JS neraient lieu à la publication d’annales intéres- santes. 1- Près de la bergerie serait lelavoir. Les laines Le du troupeau-modèle, réunies à la totalité de s- celles de Naz, y seraient triées et lavées à froid, À! suivant la méthode que nous venons d'indiquer et que nous avons deja pratiquée. Ceux des pro- is priétaires du royaume qui ne seraient pas pla- ces de manNIere à pouvoir suivre cette prai ique, ( 186) que nous regardons comme la meilleure, ow ceux qui, après lavoir adoptée, éprouveraient des embarras pour leur vente, pourraient con- fier leurs tontes à l'Établissement; elles y se- raient reçues, triées, lavées et vendues pour leur compte, sans que, sortant jamais des règles invariables qu’il se serait tracées, l’Établisse- ment devint acheteur de laines. L’indemnité à laquelle il aurait droit de prétendre serait, con- formément au but et à l'intention de ses fon- dateurs, aussi nodérée que possible, et cette indemnité serait fixée d’une manière invariable et égale pour tous les producteurs. On dresserait un compte exact du triage en gras pour le produit de chaque troupeau, ei l’on ferait même séparément le triage des dif- férentes classes de toisons présentées, afin que le propriétaire püt déja juger de la différence de valeur qui existe entre elles. Chacune des sortes qu'il aurait fournies ne serait pas la- vée séparément; mais on les associerait avec celles de même qualité provenant de troupeaux àa-peu-près égaux pour la propreté des toisons. La moyenne du résultat au lavage, pour ces qualités réunies ensemble, fournirait la premiere note à donner au propriétaire, afin de l'ins- truire, = ( 187) 1°, Du nombre de sortes faites par le lavoir sur toutes les laines lavées; 2°. Du classement en suint de son troupeau relativement à ce nombre de sortes; 5°, Du rendement particulier de chacune des classes de toisons dont il aurait désiré avoir le compte à part; 4°. Du déchet, au lavage sur chacune de ses sortes de laines. Les opérations du lavage achevées, la vente des laines serait annoncée et ouverte. Elle au- rait lieu directement, pour le compte des pro- priétaires, entre les fabriques et l'Établissement, qui répondrait du paiement, et qui prendrait les voies les plus sûres et les plus promptes pour le faire parvenir à sa destination: les produc- teurs se trouveraient ainsi à l'abri de toute chance et de beaucoup d’embarras. Cependant si quelques-uns d’entre eux étaient dans l'intention de vendre eux-mêmes, faire vendre à part ou retirer leurs lames, ils en auraient la faculté; mais ils devraient prévenir de cette circonstance l'Établissement, en faisant l'envoi de leurs toisons, afin que le triage et le lavage pussent s’en opérer à part. Cette concentration de laines assorties et dont la véritable valeur relativement au cours se- a UE IT RE more lé ( 188 rait, au moyen du lavage à froid, aussi faciie- "2 ment appréciée que possible, présenterait des avantages évidens, soit pour le producteur, soit pour les fabriques. Chacune de celles-ci trouverait réunies les qualités qui lui convien- draient, et le producteur profiterait de toute la valeur de chacune de ses qualités, puisque, as- sociées à des masses plus considérables, elles n'éprouveraient plus l'espèce de dépréciation qui les aurait atteintes en raison de leur faible quantité. Mais si l'avantage d’une vente meilleure pour les propriétaires, et sur-tout pour ceux qui se seraient occupés avec fruit du perfectionnement des laines, est déjà un point fort désirable, nous regardons comme plus importantes encore les conséquences heureuses que l'Établissement projeté pourrait avoir sur l'amélioration future des troupeaux francais. Dés la première année déjà, les propriétaires soigneux qui auraient partage leurs toisons en différentes classes selon leur ordre de beauté, en ayant eu la précaution de désigner ou de mar- quer les bêtes auxquelles elles appartenaient, seraient à même de juger de la différence de produit net de chacune de ces classes. Ils se eonvaincraient eux-mêmes de ces différences (.189) frappantes que nous leur avons signalées, et leur intérêt les forcerait à conduire leurs trou- peaux au degré de finesse et d'égalité qui seul peut leur procurer un bénéfice convenable. Nulle hésitation ne viendrait plus les arrêter dans la voie du perfectionnement, puisqu'ils n'auraient qu'à comparer entre Eux des résul- tats: connus et évidens. Si cependant ils trou- vaient encore, pour le elassement de leurs bètes et pour Île choix des animaux de reproduction, des obstacles dans le manque d’une connaissance suffisante de la laine, l'Établissement, suivant le désir qu'ils en témoigneraient, aurait tou- jours, pour les aider dans ces opérations 1m- portantes, un berger habile ou tout autre agent instruit, à leur envoyer, dans le courant de l’année, sans autres frais que ceux strictement nécessaires à ce déplacement, frais, qui, d'ail- leurs, deviendraient minimes lorsqu'un certain nombre de propriétaires de la même province auraient fait à-la-fois une semblable demande. Ce que nous venons de dire a pu donner à nos lecteurs une idée suffisante du but que se proposerait l'Association rurale de Naz. Nous pensons que, dans l’état actuel de l'industrie des mérinos en France, un. pareil établissement pourrait rendre de véritables services. Îlue se- is EE TR es me z CNRS ET 7 ie«.. FRE EX A ed| ( 190) rait autre, par le fait, qu'une grande associa- tion de propriétaires qui s’aideraient mutuelle- ment du résultat de leur pratique et de leur expérience, et qui trouveraient dans cette com- munauté d'intérêts des avantages dont leur isolement peut souvent les priver. Nous pen- Sons aussi que les fabriques verraient avec plai- sir réussir ce projet; Car nous sommes loin de partager les injustes préventions que nourris- sent contre elles beaucoup de producteurs, qui taxent d’ignorance, de caprice, ou de l’inten- ton de dénigrer les produits français, la pré- férence qu'elles accordent pour leur plus belle fabrication, aux laines étrangères. Nos relations personnelles avec quelques-uns des fabricans du royaume les plus recommandables, nous ont convaincus que les manufactures sont loin d’être en état d’hostilité avec les propriétaires, et que tous leurs désirs tendent au contraire à s'affranchir du tribut qu'elles paient forcément à l'Allemagne. Les intérêts des fabricans et des producteurs sont trop étroitement liés, pour que les uns puissent souffrir long-temps sans que les autres s’en ressentent, et ils ont un égal avantage à adopter la combinaison la plus favorable à ce mutuel intérêt. Enfin, nous avons lespoir que pendant que C1a- le. ur m- (191) l'Établissement que nous projetons se rendrait digne de la confiance publique, il mériterait aussi la protection du Gouvernement, dont la ‘solhcitude se porte particulièrement aujourd’hui sur la position désastreuse où se trouve le plus grandnombre despropriétaires detroupeaux(r). Nous passons à la seconde partie de cette sec- tion, et nous abordons quelques questions qui se rattachent aux circonstances générales du commerce des laines. Du cours des laines. Ce serait sans doute une recherche vaine que celle qui tendrait à déterminer toutes les causes agissantes sur le cours ou la valeur vénale et momentanée d’un objet quelconque de com- merce. Ce cours est soumis à tant d'influences fortuites, et sa variabilité dépend de raisons souvent si secondaires, si passagères Où Si ina percues, qu'il serait téméraire de vouloir créer à son égard aucune règle stable. IE est néan- moins des causes générales dont la présence se (1) Il serait prétieux pour nous de connaître l'opinion de messieursles propriétaires de troupeaux et fabricanssur ce projet d’établissement. Nous prions ceux d’entre eux qui regarderaient son exécution comme utile à notre pays, de vouloir bien nous l'écrire. Nous les prions également de nous communiquer avec franchise à ce sujet toutes leurs observations.( Gex, département de P Ain.) fait toujours sentir, et qui sont même quelque- fois assez puissantes pour paralyser leflet des autres influences. Ainsi, la concurrence pour l'achat et le défaut de concurrénce pour la vente font hausser le cours, les circonstances contraires le font bais- ser: voilà un axiome de commerce pratique, que les faits n’ont jamais démenti. Quatre causes principales agissent sur cette concurrence ou ce défaut de concurrence, nous les trouvons: 1". Dans la qualité relative plus ou moins ya- riable de la marchandise; 2°. Dans la facilité plus ou moins grande de lacement et de son transport; son dép 5. Dans la mesure de sa production; 4+ Dans celle de son emploi. Qualité relative. Moins l’objet commercial d’une espèce don- née sera susceptible de variation dans sa qualité, plus son cours en général devra être régulier. En effet, en supposant une balance exacte établie. entre la quantité produite et les besoins de l'emploi, il est certain que si la qualité n’est qu'une, la concurrence pour la vente et celle pour l'achat resteront dans un équilibre parfait, puisqu'elles s’exerceront également et de la ( 195) même manière sur toutes les parties qui cCOmM- posent la masse produite; tandis que si ces par- ties sont de qualités différentes, l'effet de cette concurrence pourra Se concentrer, tantôt dans l’une de ces parties, tantôt dans l’autre, et dès- lors l'équilibre dont nous venons de parler sera rompu, le cours de la partie recherchée haussera, et celui de la partie négligée baïssera. Cette dif- férence de prix ne restera pas même alors dans les limites de la véritable valeur relative de cha- que qualité. Des exemples rendront nos idées plus fa- ciles à saisir. Dix marchands exposent sur le chantier, chacun, un stère de bois de hêtre, et dix consommateurs se présentent avec l’in- tention d’en acheter chacun un. Il existe sans doute quelque différence de qualité dans cette matière; mais en général elle est peu IMmpOr- tante, et elle ne pourra guere déterminer tous les dix acheteurs, ou le plus grand nombre d’entre eux, à rechercher le même stere de bois à l'exclusion des autres: chaque consommateur arrivera donc naturellement à débattre le prix tête à tête avec son vendeur, et dans ce cas l'éruilibre de la concurrence ayant été aussi bien conservé que possible, elle n'aura produit, dans le cours, aucune inégalité. J (:#94!) Mais s'il n'est plus question de steres de bois etqu'il s'agisse d’hectolitres de blé; que sur les dix offerts à la vente, les uns soient susceptibles, par la belle qualité du grain, de donner quatre- vingt-dix kilogrammes de très-bon pain, tan- dis que les autres n’en donneraient que soixante d’une qualité inférieure, il est certain que les dix boulangers qui se présenteront se feront concurrence pour l'achat du meilleur grain, et qu'il en résultera par contre une pareille con- currence pour la vente entre les propriétaires du plus mauvais blé. Cette double circonstance 2 outre qu'elle fera hausser le prix de la bonne qualité ét baisser celui de la mauvaise, aura encore l'effet de ne pas maintenir cette hausse ou cette baisse dans une juste proportion rela- tivement à la valeur réelle de la marchandise: ainsi l’hectolitre de beau blé, dont une estima- ton, basée sur le cours du moment, aurait porté le prix à quinze francs, se vendra peut-être dix-huit francs; tandis que l’hectolitre de blé inférieur qui aurait valu douze francs, pourra tomber à dix. Facilité de déplacement et de transport. La facilité que présente une marchandise pou ètre transportée d’un lieu dans un autre, est 109 évidemment une des circonstances qui provo- quent le plus la concurrence, et doit par consé- quent influer sur la variabilité de son cours. En effet, la marchandise intransportable n’est sou- misequ’à des influences locales et par conséquent restreintes; tandis que celle qui peut se présen- ter sur beaucoup de marchés différens et à des distances considérables, éprouvera les varia- tions de cours de chacun de ces marches. Mesure de la production. Si la mesure de la production d’un objet de commerce n’égale pas celle des besoins, son cours éprouve une hausse naturelle, parce qu'il s'établit une concurrence pour l’achat de cet objet: alors aussi la différence de prix relati- vement à la qualité, est beaucoup moindre que lorsque l'acheteur choisit sur une quantité sur- abondante; car, dans le premier cas, il doit se contenter de ce qu'il peut acheter, et dans Île second, il n’achète que ce qui lui plaît. Cette dernière hypothèse est très-favorable à la belle qualite. ARR ( 190) Mesure des besoins. Notre raisonnement, relatif à la mesure de Ia production, s'applique par inversion à celle des besoins. Attribuons maintenant ce qui précède aux laines mérinos, et examinons cette matière premnere sous les rapports principaux que nous avons indiqués, nous la trouverons essentielle ment soumise aux quatre causes de variabilité de cours qui viennent d’être signalées. 1°. Les qualités des laines mérinos sont loin d’être homogènes; car, au contraire, on en rencontre de beaucoup d'espèces. Cette variété se trouve non-seulement dans les différens trou- peaux, mais encore parmi les bêtes d’une même bergerie et dans une même toison. 2°. Leur transport est facile, il se fait sans dé- térioration de qualité, les frais en sont peu éle- vés relativement à la valeur de la marchandise. 5°. La mesure de leur production n’est pas limitée: l'Espagne a cessé depuis long-temps de les fournir exclusivement; elles sont cultivées avec plus ou moins d’abondance et d'économie dans presque tous les états de l'Europe, et le Nouveau-Monde en produit déjà des quantités considérables. 4°. La mesure des besoins de cette matiere premiere est également incalculable. lisemble, au premier abord, diflicile qu’elle égale jamais celle de la production, qui augmente tous les jours; cependant on ne saurait lui assigner des bornes raisonnables si l’on considère que, pour peu que les prix des qualités inférieures S'aVi- lissent encore, ces qualités auront un immense emploi, en remplaçant les laines communes pour tous les objets où ces dernières ne sont pas d’une indispensable nécessité; et d’ailleurs que des circonstances heureuses continuent à favo- riser l'impulsion du luxe, ainsi quele bien-être; qui gagne toutes les classes, et des millions d'in- dividus, changeant leurs vêtemens de bure contre des habits de drap moins grossier, don- neront lieu à la consommation annuelle d’un nombre proportionné de toisons mérinos. Néan- moins, avant de nous hasarder à baser sur les principes généraux que nous venons d'établir, quelques conjectures relativement au cours fu- tur des laines mérinos, nous ne croyons pas sans intérét d'examiner rapidement 1°. Quelest le rapport approximatif de notre production avec les besoins actuels de notre con- sommation intérieure et de nos exportations.de lines et d’etofles; ( 198) 2”. À quoi se montent nos importations et comment les concilier avec les circonstances de notre production et de nos exportations. Nous ne pensons pas qu'il existe au Minis- ière de l’intérieur, sur le dénombrement des bêtes à laine, des états plus récens que ceux où M. de Chaptal a puisé les bases des calculs que renferme son important ouvrage sur l’/ndustrie française. Les états que nous avons sous les yeux re- montent à 1812. D’après M. de Chaptal, la France possédait en 1819: Mérinos D.-- 766,310 Mets rm cure, 5,578,748 és sagas Moutons communs 30,843,852 Et reécoltait: Laines mérinos en Suint: to: H70070 kil.{ é À > 37020, 249: F7 — métisses.. 3,901,88r| — communes. 33,236,487 Il est à supposer que ce dermier état ne se rapporte pas à la même époque que celui des moutons, car il y a entre eux une disproportion évidente. En effet, le poids moyen des toisons en suint ne serait que de 1 2 kil. pour les 190 El A\ (es> 2) laines mérinos, 1 2 pour les métisses et 1;. pour les communes; tandis qu’on ne pourrait ouère l’estimer au-dessous de 2 kil.; pour les toisons fines et métisses, et de 1 kil.+ pour les communes. En 1809, M. Tessier comptait déja quatre cent mille mérinos. Ce nombre s’est beaucoup augmenté depuis; cependant nous hésitons à croire à une augmentation aussi considérable que celle résultant des calculs de M. de Chaptal, el nous ignorons sur quelles données ce savanl administrateur a modifié les états de 1812 pour arriver à la situation de 1819. Nous nous sommes livrés nous-mêmes à beaucoup de recherches sur ce sujet; nous avons lu avec soin tous les écrits-qui en oni parlé et nous avons été assez heureux pour nous procurer, dans plusieurs voyages sur différens points, du royaume quelques renselgnemens 1n- téressans. Toutefois nous regardons comme très-importantque lV'Administrationintervienne dans cette discussion, et qu'elle ordonne un nouveau recensement général des bêtes à laine: sans cette donnée premiere, tous les calculs ne peuvent qu'être excessivement incertaims, ei il serait imprudent de trop s'attacher aux con- , Q’ e Y L 1 É séquences qui en découleraient. Ge n est don PT 2 rt SR caca (: 2007) qu'avec une véritable timidité que nous indi- quons 1C1 notre propre opinion.sur la produc- tion des laines, et que nous nous hasardons à aborder quelques-unes des questions qui s'y rattachent. Selon nos calculs, voici quelle serait la pro- duction des laines en France: Laines mérinos...... 1,400,000 kil. Fanenéses.:t:. 11h 6,500,000 Pécommunes.#20; 2 38,500,000 40,400,000. Maintenant si nous nous demandons quelle peut être approximativement la consommation de cette matière premiere, nous rencontrons de plus grandes difficultés encore pour arriver à une solution raisonnable. Dans un mémoire plein d’intérèt que M. de Gasparin a adressé à la Société d'encouragement pour l’industrie nationale, et qu'il a dernière- ment livré à l'impression, il pense que l’on peut évaluer en moyenne à une demi-aune de drap la consommation de chaque individu en France, et que cette demi-aune exige l'emploi d’au moins un kilosramme quarante-cinq centièmes de laine en suint. La population étant de trente millions, les besoins seraient done de quarante- — it Fe a re ES— ee I- (-30r:) trois millions cinq cent mille kilogrammes. La base dont M. de Gasparin s’est servi, NOUS semble très-judicieuse, mais elle nous présente des résultats inférieurs à ceux que nous avons obtenus par des voies différentes. D’après nos calculs, la consommation intérieure s'élèverait à cinquante-un millions cinq cent mille kilo- grammes de toutes espèces de laines, et dans cette masse totale les laines fines ou métisses y figureraient pour huit millions de kilogrammes, au lieu de six millions, auxquels M. de Gasparin borne leur quantité. Les états de douanes nous ont fourni des ren- seignemens exacts sur nos exportations. Dans le relevé que nous en avons fait, nous avons eva lué aussi approximativement que possible, le déchet des laines aux différens lavages qu’elles avaient subis, et ayant ainsi ramené le tout à l'état de suint, nous trouvons qu'il a été ex- porté: laines fines. laines communes. Ena650.--::1:-:# 073,000 kb"et 57000 FAT Lu 2-.50225000 102,000 Sie vue 205,000 Exportation moyenne des trois annees. Laine hnests Li. 75 o00- Id. communes.....:. 185,000 ( 202) en a fourni le moyen. laines fines. 10214, 1,000,000 FO22 ie À 1,900,000 Id. communes... trouverions tion intérieure sont de Voici ces exportations en étoffes: En déinesfues us à 2,0€ ME) En récapitulant ces diverses données, nous Nous avons aussi cherché l'évaluation la plus approximative que possible des quantités de laines fines ou communes qui sont entrées dans la fabrication des étoffes exportées. L’indication de la nature des étoffes, donnée par les états de douanes dont nous nous sommes SETVIS, Nous laines communes En/1920::.. 2,400,000 kil. et 1,000,000 1,700,000 1,500,000. Exportation moyenne des trois années. Que nos besoins annuels pour la consomma- laines communes 43,500,000 qe 0. sbnenee ms Le—— i Ë=_—_—_— nn me RE rm mr ns laines fines et métisses. 8,000,000 Nos exportations en na- LEE NE eue sosie eme 375,000 f à., Exportations en étoffes évaluées en laïines et en SA DL le ef At 2,033,000 HORS RO à 10,608,000 Da Lc Production,. 5:+++ 73900,000 Notre déficit serait donc HR une de TE 2 ,700,000 = (1205) Passons maintenant à nos importations. En ayant égard aux déchets approximatifs qu'ont subis les diverses espèces de laines 1m- portées, selon leur état de lavage, et les mé- thodes usitées pour ce lavage dans les contrées d’où les tableaux de douanes les font provenir, nous voyons laines fines. laines communes. , Hinenes nr Hr 4e Qu’en 1820 nousavons importé 976,000 4,07 7,000| VBPau rt OP 400,000 8,264:000(1) ans.. dis J23,-4020;00016097m0001 Importation moyenne des trois années. Laines fines..... kil| ;_- 2 DE Communes: …...,..7,299,000|) (1) Ces quantités sont au-dessus de celles qu’on re- trouve dans le rapport de S. Exc. le Ministre de l’inté- rieur au Roi, lequel rapport a motivé la dernière ordon- nance sur les laines. Cette différence provient de ce que nous avons tenu compte aussi approximativement que possible, du déchet au lavage, en réduisant tout à hé: tat de suint; ce qui ne paraît pas avoir été faitau Minis- tère, puisque les quantités portées dans le rapport sont les sommes que donnent, dans les états de douanes, les additions des quantités, sans épard au lavage. (2) Les renseignemens sur les importations et exporta- tions de toutes espèces de laïnes pendantlestrois premiers trimestres de1823,que l'Administration des douanes a bien voulu nous communiquer, nous donnent lieude croire qu PETTTPTE PS AGE PE berne RÉ Re ST mm D È SE- mr ie cm amer e CE— ” ss ( 204) Il resulte de ce que nous venons d'exposer, que notre production de laines fines ne suffit pas à notre propre consommation, et que nous avons en outre, dans nos exportations, l’em- ploi d’une quantité égale au tiers de cette pro- duction; et cependant ces laines ont été frap- pées d’une telle dépréciation, que nos produc- teurs se sont vus forcés de garder leurs récoltes en magasin, où de les vendre à des prix avilis: de là ce découragement qui s’est empare de la plupart d’entre eux, et dont les effets peuvent ètre si funestes à notre agriculture et à nos fa- briques. D'où peut provenir un tel étatde choses? Nous lui trouverons deux causes principales: la pre- miére, c’est que la France ne produit qu’en si pelites quantités les laines superfines, destinées à la confection des plus beaux draps, que leur extraction de l’étranger est d’une nécessité ab- solue, si l’on ne veut pas voir tomber la haute réputation de nos manufactures du premier ordre, et par contre— coup celle, en général, de la fabrication française. La deuxième, que la totalité des importations et exportations de l’exercice entier égalera à-peu-près les moyennes des trois années précédentes. RS de é (: 266%: nous ne pouvons pas lutter, pour la production des laines fines, avec d’autres contrées de l'Eu- ropeetduNouveau-Monde,où ces laines se créeni avec une économie qui détruit pour nous toute concurrence(1). Pour bien juger l’influence des laines fines étrangères sur le cours de nos laines fines fran- caises, il ne faut pas même s’arrèter aux états d'importation des dernières années, dont nous avons mis le résultat sous les yeux de nos lec- teurs. Il est évident en effet qu’une bien plus grande masse de ces laines eùt été introduite en dernier lieu, malgré les nouveaux droits qui les avaient atteintes, si les produits français n’a- vaient pas éprouvé une si énorme baisse. C’est l’afluence de ces laines fines étrangeres sur les principaux marchés européens, plus que leur importation actuelle, qui a déprécié les nôtres; et nous pensons qu'a moins d'élever les droits d'entrée jusqu'à un taux qui équivaudrait à une prohibition, nous ne parviendrons pas à échap- per aux effets de leur concurrence. (1) Cette économie, dans quelques pays, est de moitiéet même des trois quarts des frais auxquels notre produc- tion est assujettie. M. Pictet de Lancy la porte jusqu’à huit neuvièmes pour ses établissemens d’Odessa. RE a on LE rite, TE?;_ PRÉ ARR 4 rs af ( 206)\ Mas une pareille mesure n’aurait-elle pas, d’un autre côté, de grands inconvéniens? Ne nuirait-elle pas à la prospérité de nos fabriques, et cette prospérité n'est-elle pas la vie de la pro- duction? Pourrait-on trouver dans des primes d’exportations, quelques considérables qu'elles fussent, des compensations suffisantes aux avan- tages dont le bas prix de la matière première ferait jouir les manufactures étrangères; et si ces primes, qui d’ailleurs se trouveraient à la charge entière du trésor, ne suflisaient pas, quels dangers ne ferions-nous pas courir à nos fabriques? Car leurs relations de commerce, une fois rompues, ne se rétabliraient pas aisé- ment. Cette vieille réputation qu’elles conti- nuent à soutenir avec tant d'éclat, leur devien- drait inutile, et les Anglais, les Belges, les Saxons et les Prussiens auraient bientôt mis à profit ces nouvelles circonstances. Bien plus, nous verrions peut-être des fabriques s’élever et prospérer dans des pays qui sont, jusqu’à ce jour, restés tributaires de notre industrie. Mais il ne suffit pas de jeter les yeux sur notre situation actuelle et sur celle des autres contrées, ce nest pas assez de constater la réalité du mal, il faudrait en trouver le re- mede. ST ( 207) Nous pensons que les plus grandes diflicultes se présentent si l’on cherche ce remède dans des mesures accessoires, et si l’on ne va pas à la racine même du mal. Nous serions fort em- barrassés de donner notre opinion sur le plus ou moins de nécessité ou d'utilité dont serait un nouveau tarif des douanes relativement à l’im- portation des laines fines étrangères; nous ne nous hasarderions pas même à discuter celui qui existe aujourd’hui: car nous sommes tentés de considérer| Administration des douanes comme impuissante pour ce qui concerne l'industrie des laines françaises, et nous nous garderons bien de l’accuser, comme l'ont fait quelques propriétaires, de négligence pour les intérêts de cette industrie(1). (x) Nos lecteurs ne liront pas sans intérêt les observa- tions suivantes, relatives aux droits imposés en Anpgle- terre sur les laines étrangères. C’est dans l'Édimburs Review, octobre 1823, que nous avons puisé ces obser- vations. La fabrication de la /aine en Angleterre, bien que sur- passée par celle du coton, est encore une des principales sources de richesse et de pouvoir. Sir F.-M. Eden estime la valeur des produits des manufactures de laine an- nuellement consommés en ce pays, à onze millions ster- lings, à quoi ajoutant une exportation pour sep£ millions A% | À D mr rie es HAE (52087) Toute la question, à notre avis, se concentre dans la qualité de la production, et par consé- quent le remède, c’est le perfectionnement de nos produits. Dans l’/ntroduction de notre ou- vrage, nous avons indiqué les nouvelles cir- constances où se trouvent placés les proprié- au moins, on a un total d'environ dix-huit millions ster- lings: la valeur de la matière première est généralement estimce au tiers de celle manufacturée: il faut aux fabri- cans dix-huit pour cent pour le gain et l'entretien des manufactures, et le reste estemployé en salaires qui font vivre près d’un million cent mille âmes, c’est-à-dire le treizième de la population de la Grande-Bretagne. Les propriétaires de troupeaux pressaient les ministres de frapper les laines étrangères d’un droit d’entrée. M. Vansittard, qui avait besoin de leur voix pour faire passer d’autres taxes au parlement, leur accorda en 1619 l'élévation du droit ancien de trois quarts de denier par livre de laine étrangère introduite, au droit de six deniers(soixante centimes). La quantité de laine indigène produite chaque année est évaluée à près de cent quarante-quatre millions de livres: supposant cette estimation exagérée et ne la prenant que pour cent mil- lions, on voit que les propriétaires se ménageaient un no- table encouragement, s’ils ne s’étaient pas fait illusion, comme nous le verrons bientôt. Il faut dire, en passant, que le droit était à peine établi, que, par leurs criaille- ries, ils forcèrent M. Wansittard à révoquer celles des nouvelles taxes qui pesaient plus particulièrement sur - (209) taires de troupeaux. Nous espérons qu'ils les auront appréciées, et qu'ils sentiront que c’est par leurs propres efforts seulement qu'ils peu- vent obtenir une amélioration de position. Nous revenons 1c1 à notre principal objet, qui est le cours futur des laines, car la section qui eux. Depuis lors, le.commerce des laines étrangères fait par l’Anpleterre à prodigieusement décliné. ÎL.est avoué par les meilleurs économistes anglais que les manufac- tures de la France, de la Prusse et de la Saxe donnent des produits d’une qualité supérieure à ceux des fabriques anglaises, et à aussi bon, si ce n’est à meilleur marché; que ces produits priment ceux des Anglais dans le Nord et dans le Levant, et commencent à lutter avantageuse- ment avec eux dans les deux Amériques et à la Chine non-seulement pour les étoffes fines, mais encore pour les étoffes grossières. On sent que le droit d’entrée n’a pas aidé les manufactures anglaises à soutenir la concurrence, puisqu'il augmentait de près de vingt pour cent le prix des laïnes communes, et de dix pour cent celui des lai- nes fines étrangères nécessaires à ces manufactures qui, pendant les dix ans écoulésde 1809 à 1819, en ontimporté une quantité moyenne de onze millions de livres par an, dont un#ers au prix de 2 shil: 6 d, et le reste au prix de 5 shill: la livre. Aussi, tandis que l’expor- tation des produits fabriqués avec la Zaire longue indi- gène, qui n’est pas chargée par la taxe, augmentait plu- tôt que de décroître depuis 1819, celle des produits fabri- qués avec la laine courte, ou toutes les deux mêlées, 14. ( 21) nous occupe, est consacrée à tout ce qui se rat- tache à la vente de cette matière première. Les “ ,..« e\ décroissait d’une manière alarmante; Ce que prouvent les états suivans: Etat d'exportation des produits de laine courte qui éprouvent les principaux effets de la taxe. OMG en ed pe TN. 70008 LADA SE RO Re pue he 0.072) 00 ON D.- 0e cod.ie ni) J,100%00 MODE DSC Ur ds Sels 0 02000) HOPON RTE che LE 4 061 994 AD PR des eue 0 1937428000 OR LT Ad 2 O2 ÆEtat d'exportation des produits de laine mêlée qui ne sont que partiellement atteints par la taxe. PO TOS ET Ne. noce OS IN Gate DOTE Re nr 1 MODS AAA JO LOS nn ee pe re DO0O0S TO Que es ie Li. 014992 0 dr: 201.070 LOT uretee see+12 0203100 DOD2 nee PS 21e 01000040 Etat d'exportation des produits de laine longue sur les- quels ne porte nullement la taxe. DO EO SN E. A 2 107-044 IT este 1817. NS. 250000 (sans) conjectures que nous nous hasarderons à don- ner sur ce cours, seront une espèce de résumé TOO DNETE ER. FR ro ON )* o L FRA a PAIN. NI 668684 3 3 Boo se so ets 20 GE o) 1022. ee vus be eve 100 (En totalisant ces trois états, on a le montant de toute l'exportation de produits des fabriques de laines an- glaises de toutes sortes, pendant ces sept années. Il est bon de tenir note de l’influence des événemens poli- tiques de 1815 sur l’exportation de 1016:5à On voit ainsi Les effets d’une taxe dont l'État n’a jamais retiré plus de quatre cent mille liv. st. par an... D'un autre côté,;dles propriétaires ont éprouvé un grand mécompte, puisque les manufactures, ayant beaucoup moins travaillé, ont beauçoup moins demandé de /aine anglaise, et que le prix de celle-ci, au lieu d'augmenter, a diminué. Les manufacturiers ont eu plusieurs conférences avec les ministres... Après de longues discussions, lord Ziver- pool leur a dit dernièrement que:« Les ministres révo- » queraient la taxe si les manufacturiers consentaient à la » libre exportation de la laine anglaise(ou laine lox- » gue)….» Proposition dérisoire, puisque ceux qui em- ploient la laine courte souffrent seuls de la taxe, tandis que ceux qui em ploient la longue croient fort avant peux pour eux de conserver la prohibition d'exportation de cette laine. À| “| | l (| | | | À | / (a2re) des développemens dans lesquels nous sommes entrés: ainsi nous croyons 1°. que les lames finesinférieures tendent à baisser encore, parce qu'il y à surabondance de production(si ce n'est en France même, au moins à l'étranger), ‘et par conséquent concurrence pour la vente(x); 2°. Que les plus belles qualités se soutiendront long-temps encore à de hauts prix, parce qu'il n’y pas pour elles abondance de production; et que la concurrence se jette sur les qualités supérieures, et abandonne les qualités infé- rieures(2). Occupons-nous donc sérieusement et sans délai du perfectionnement de nos laines; mais pour y parvenir, ne Craignons‘pas de renoncer à tous les systèmes vicieux d’éducation qui s’y opposent. Les premiers succès seront payés à l’agriculteur par la préférence que nos fabriques donneront déja à ses produits sur les laines (1) Aussi long-temps, du moins, que la production v’aura pas diminué. (2) ne faut pas perdre de vue ici que, dans.ce cas, le prix de la plus belle qualité doit naturellement dé- passer la limite de sa véritable valeur relative, comme nous lavons fait sentir par l'exemple de la mise en vente des dix hectolitres de blé. Gars.) fines étrangeres, dont le bas prix les séduirait toujours, tant que nos qualités ne seraient pas meilleures. À mesure que ces succès seront plus marqués, nous leur fournirons ces laines su- perfines, dont le cours, au milieu de la baisse générale, est resté si élevé. Quand les besoins de nos fabriques seront satisfaits, nous pour- rons trouver d’avantageux débouchés en An- gleterre, aux États-Unis, etc., etc, de pré- férence aux producteurs de Saxe; car nous sommes mieux placés qu'eux pour profiter de ces importans débouchés. Enfin, si nous sommes imités par-tout, siles nombreux troupeaux étran- gers se perfectionnent aussi avec le temps, sans doute le prix de la laine superfine baissera; mais nous aurons toujours l’avantage d’être entrés des premiers dans la voie du perfec- tionnement, et celui encore de pouvoir fournir aux meilleures fabriques du monde la meil- leure matière première. Si, au contraire, nous laissons les étrangers marcher seuls dans cette voie, 1l faut que notre agriculture re- nonce à produire des laines fines; car cette production deviendrait ruineuse pour elle. Nous ne croyons pas devoir répondre a l’ob- jection qui tendrait à faire considérer la laine superfine Comme exclusivement propre a de / 14. b { | | | À Ê | (214) certains emplois, et sa trop grande produc- Uon comine pouvant un jour devenir embar- rassante: Ce n’est pas lorsque l’on compte seu- lement par centaines les toisons de haute finesse en France, qu’une semblable objection peut paraître sérieuse. Mais supposons que dans vingt ans, par exemple, nous aions une quan- tité surabondante de cette qualité de laine, soit pour notre fabrication, soit pour nos ex- portations, est-il des usages auxquels les laines fmes puissent servir, et auxquels ne soient pas propres les laines superfines? ou bien leur pro- duction serait-elle plus coûteuse ou plus difi- cile? Nous répondons négativement sur ces deux questions, dont la dernière donnera lieu à quelques développemens dans la seconde Par- tie de cet ouvrage. AU UE VA VU VU LE VUE VUE VUE LAB VUE UE MUR LAVER AR UV UWIRAVR RÉSUMÉ. Arrivés à la fin de la premiere Partie de cet écrit, la seule que nous puissions mettre 1m- médiatement sous les yeux du public, nous sentons la nécessité de résumer en peu de mots les principaux points sur lesquels nous avons cru devoir insister. Le tableau succinct que nous allons en présenter ramènera lesprit du lecteur sur la liaison des raisonnemens auxquels nous nous sommes livrés, et l’on pourra, d’un coup- d'œil, embrasser et par conséquent mieux ap- précier l’ensemble de notre travail. l’étude de la lame est aussi profitable que nécessaire.| Les qualités essentielles de la laine sont la finesse, la douceur, la force, et les vertus élas- tiques. Le caractère habituel de la laine superfine est le frisé régulier et l'égalité dans toute la Jon sueur du brin. On peut, jusqu'a un certain point, ju Dee m6 la finesse d’un brin de laine par le nombre et la régularité des ondulations qu’il présente dans son état de suint. Les propriétés de la laine ont entre elles, et avec l’état de la peau et du corps du mouton, des liaisons intimes. L’exces d’embonpoint, la taille élevée, les grosses formes et les plis de la peau excluent la superfinesse. L'état de maladie, l’insuffisance des alimens et autres circonstances analogues, ont, sur les qualités de la laine, une influence encore plus fàächeuse. La laine est d'autant plus fine que la peau sur laquelle elle a pris naissance est moins épaisse. L’humidité, lardeur du soleil, la présence des corps étrangers qui s’attachent à la toison; enfin les froissemens et étiremens auxquels elle peut être exposée, sont les principales circons- tances extérieures qui nuisent à la laine dans son état de végétation. Les laines, considérées dans leur emploi en fabrication, doivent être divisées en deux classes bien distinctes; savoir, 1°. les laines propres à la carde, 2°. les laines propres au peigne. La théorie du foulage donne lieu à de pre- cieuses indications sur le mérite des laines de oo (217) carde, attendu que la principale qualité de cette espèce de laine consiste dans la réunion de toutes les vertus élastiques qui contribuent au meilleur feutrage. La laine que nous avons décrite sous le nom de laine.de haute finesse, est celle qui feutre le mieux. Le drap fabriqué avec la laine de haute fi- nesse réunit au degré le plus élevé toutes les qualités désirables: savoir, la solidité ou la durée, limperméabilité, la finesse, la légereté, la douceur et la moëélleure. Les véritables laines de peigne manquent à la France, et l'introduction des races qui les pro- duisent serait un bienfait pour l’industrie. Les indications que l’on peut tirer de l’aspeci extérieur des toisons mérinos pour juger de leur mérite, sont souvent trompeuses. ne faut pas confondre le tassé proprement dit avec l'apparence de tassé: le tassé propre- ment dit ne se rencontre guère que sur les bêtes superfines, tandis qu'au contraire l'apparence du tassé indique presque toujours une médiocre finesse. L'avantage qui résulte de legalité de finesse dans toutes les parties de la même toison est (, 218.) d’une srande importance» Sur-tout pour ce qui concerne les toisons superfines. Une bête ne peut être réputée suffisamment perlectionnée, qu’autant qu’elle donne au moins les quatre cinquièmes du poids de sa toison en prime de première qualité, et que le cinquième restant se compose au plus d’un huitième de véritables parties basses ou rebuts, et de sept huitièmes de bonne laine. Il est impossible de juger du poids réel com- paratif de deux toisons, si on les pèse dans leur état de suint, à moins que l’on n'indique préci- sément le déchet qu’elles éprouveront au la- vage. L'usage de la double tonte, que l’on semble vouloir accréditer depuis quelque temps, sous prétexte qu’elle offre le moyen de contenter les fabricans qui désirent de la laine courte, ne peut, sans inconvénient, s’'introduire dans les troupeaux fins. Cette pratique sera d’ailleurs toujours illusoire sous le rapport de l’améliora- tion, parce qu'elle ne fera pas d’une laine mé- diocre une laine superfine, douée de toutes les qualités qu’exige le perfectionnement de la fa- brication. Le producteur ne pourra jamais obtenir le ( 219 prix correspondant à la véritable valeur de sa laine, tant qu'il vendra en suint, et sur— tout s’il ne fait aucun triage préalable, ou du moins aucun assortissage entre ses toisons. Le classement du troupeau doit précéder Îa tonte, le triage doit la suivre immédiatement. Le lavage à dos et le lavage à chaud, dit lavage marchand, présentent de grands inconvéniens. Le lavage à froid après la tonte réunit tous les avantages qu'il est permis de désirer. Le degré de propreté, la quotité proportion- nelle des diverses qualités résultant du triage, le degré de beauté de chacune de ces qualites, peuvent produire dans la valeur comparative de deux toisons des différences, telles que l’une vaudra plusieurs fois autant que l’autre. L’intérèt bien entendu du producteur est de multiplier le nombre des bêtes qui lui donnent du bénéfice, et de diminuer au contraire celui des bêtes qui lui sont onéreuses: or, ce n'est qu'en établissant le compte de rendement de chacune d’elles qu’il parviendra à distinguer les unes des autres et à juger de leur mérite. Le procédé de lavage que nous avons recom- mandé facilitera beaucoup au propriétaire Îa vente de ses produits. ui ALERT\ ( 220) Le cours des lames est naturellement souris à de grandes variations; mais il est certain que É ; k J Pa les circonstances de ce cours favoriseront tou-| joursles plus belles qualités, souventméme dans] un rapport supérieur à leur véritable valeur re-| lative. Tous les efforts doivent donc tendre au per-| fectionnement des laines fines francaises, et ce| perfectionnement seul peut remédier à la po- sition décourageante où setrouvent la plupart| des propriétaires de troupeaux. LR LUEUR LUE LUEUR VU UE LU BUY LUE VUE AAA LUE AR LA LUE LA AA RAA ERRATA. 5. Sans se rompre au-delà, /fsez: sans se rompre, au-delà, 13. Être conduit, isez: être conduite. 13. D’apsorption, lisez: d'absorption. 23. Transsudation, /sez: transudation. 5. Après les opérations, isez: pendant les opérations. 26. La moyenne du poids de la toison, lisez: des toisons. 3. Environ seize livres, Zsez: soixante- seize livres. LA UE BV LA UV UV AVE UUE LUE LAS EU UE LU LV AU UT LUE UV LA AA LUWVUEUVUUUUL AVI MURAT VV AU VUUT LUS EXTRAIT Du CATALOGUE DES LIVRES sur l'Art vétérinaire, l'Agriculture, l’'Éco- nomie rurale et domestique, la Botanique, l'Histoire naturelle, etc., Composant la Librairie de Me. Huzarp(née VALLAT LA CHAPELLE Le rue de l’Eperon, n°. 7. ADMINISTRATION(1?) de l’agriculture appliquée à une exploitation, par M. le comte de Plancy. Paris, 1822. Un vol. in-fol. contenant 19 états en ta- bleaux, avec texte explicatif; cartonné. 10 f. Cet ouvrage a été imprimé d’après un rapport favorable du Conseil d’agriculture établi près le Ministère de l’intérieur. ANNALES de l’agriculture française, contenant des observations et des mé- moires sur toutes les parties de l’agriculture, rédigées par MM. Tessier et Bosc. Deuxième SÉRIE(1818 à 1823), 24 volumes in-8°. 1206 Il paraït un cahier de neuf feuilles par mois. La souscription pour l’année est de 25 fr. franc de port, et pour l'étranger, 30. La PREMIÈRE SÉRIE, Composée de 70 v. in-80.(an IV à 1817), avec fig. et tableaux. 30of. Les années séparées se vendent chacune 20 et 25 f. APERÇU général des forêts; par Ch. d’Ourches(contenant l'aménagement et l'exploitation des bois et forêts, avec une technologie forestière). Paris, 1805, 2 vol. in-8°., ornés de 39 planches. 12 f. et 15 f, franc de port. ART(1°) de faire le vin; par M. le comte Chaptal. 2e. édit. Paris, 1819, in-8°., fig. 6er 7f 25e. ART de faire le vin et de distiller les eaux-de-vie; par 4. B***, Paris, 1820 ,in-0°., fig. 2. f.ret.2 f/501c: ART de faire le vin; par Fabbroni, ouvrage couronné par l’Académie royale de Florence. Trad. de l’ital. par Baud. Paris, 1801, in-8°. à f, et 48 ART de multiplier les grains, ou Tableau des expériences qui ont eu pour objet d'améliorer la culture des plantes céréales, d’en choisir les espèces et d’en augmenter le produit; par M. Francois de Neufchäteau. Paris, 1809, 2 vol. in-12. 6f.et8f. CALENDRIER(le) du bon cultivateur, ou manuel de l’agriculteur prati- cien; par C.-J.- 4. Mathieu de Dombasle. Nancy, 1822, in-12. 3f.et4f. CHIMIE APPLIQUEÉE A L'AGRICULTURE; par M. le comte Chaptal, pair de France, membre de l’Institut, etc. Paris, 1823, 2 v. in-8°. 19 f. et 15f. COLLECTION de mémoires ou de lettres relatives aux effets sur les oli- viers, de la gelée du 11 au 12 janvier 1820; imprimée sur la demande du Con- seil d'agriculture; par ordre de S. Ex. le ministre de l’intérieur, pour l’ins- truction.des propriétaires des départemens méridionaux de la France. Paris, 1621, in-80, 3£. 5o c. ét 4£:25. COURS(nouveau) complet d'agriculture théorique et pratique, contenant la grande et la petite culture, l’économie rurale et domestique, la médecine vétérinaire, etc. Nouv. édit., revue, corrigée et augmentée, 16 vol. in-8°. de 5 à 600 pages chacun, avec fig. 120 f. DESCRIPTION des nouveaux instrumens d’agriculture les plus utiles; par A. Thaër. Trad. de Pallemand par C.-J.- 4. Mathieu de Dombasle; avec 26 pL. gravées par Leblanc. Paris, 1821, in-4. 15£. 50:c. 6h90 F Cet ouvrage fait suite au précédeut. -. ui= s rss dl RES C TE SE VE‘ie.# POI. Re à ;(22) DISPENSAIRE pharmaco-chimique à l’usage des élèves des écoles vétéri- ires: On y trouve les élémens théoriques et pratiques de ces deux sciences; ParF.-J. Bouillon-Lagrange. Paris, 1813, in-8°., fig. 5f.et66oc. DICTIONNAIRE( nouveau) d'histoire naturelle appliquée aux arts, à la- griculture et à l’économie rurale et domestique, à la médecine, etc.; par une Société de naturalistes et d'agriculteurs, nouv. édit. avec figures tirées des trois règnes de la Nature. Paris, 1816 à 1819. 36 vol. in-6°., fig. 208 f. EAU(de l’) relativement à l’économie rustique, ou Traité de l'irrigation des rés; par J. Bertrand, in-12, fig. 10É.:00€. 66 2:F. ÉLÉMENS de l’art vétérinaire. Essai sur les appareils et sur les bandages propres aux quadrupèdes; par Bourgelat. Paris, 1615, in-80. cart. 21 pl 4 Idem. Essai théorique et pratique sur la ferrure; par Bourgelar. 3e. édit. Paris, 1813, in-0'. D 150€. CL. 29/0. Idem. Précis anatomique du corps du cheval, comparé avec celui du bœuf et du mouton; par Bourgelat, 4e. édit. Paris, 1807. 2 vol. in-8°. 10 f.et 15 f. Idem. Traité de la conformation extérieure du cheval, de sa beauté, de ses dé- fauts, et des considérations auxquelles il importe de s'arrêter dans le choix qu’on doit en faire; des soins qu’il exige, de sa multiplication, ou des haras, etc.; par Bourgelat. 7°. édition, publiée avec notes par J.-B. Huzard. Paris, 1019, in-0°., fig. THE LON ESSAÏL de vénerie, ou l’art du valet de limier; suivi d’un Traité sur les maladies des chiens et leurs remèdes. 3e. édition; par Leconte Desgraviers. Paris, 1810, in-8°. 6" et LR) C- ESSAI sur les engrais et les autres substances dont on fait usage entalie pour améliorer les terres, et sur la manière de les employer; par Philippe Ré; trad. de Pital. par M. Dupont. Paris, 1813, in-6°., fig. 3f S0eet 429€ ESQUISSE de nosographie vétérinaire; par J.-B. Huzard fils. 2°. édition. Paris, 1820, in-8v. OH EtIO 2500. EXAMEN critique des élémens de chimie agricole de M. Davy; par C.-J.-A. Mathieu de Dombasle. Paris, 1820 ,in-8. 1f. 50 c.et1f.75 c. EXTRAIT de l'instruction pour les bergers et les propriétaires de trou- peaux, ou Catéchisme des bergers; par Daubenton. 5e, édit., augm. d’une 19e. lecon sur les mérinos, d’une planche indiquant l’âge des bêtes à laine, et de notes par J.-B. Huzard fils. Paris, 1622, in-12. rÉwPoc.et2 f. GUIDE(le) des propriétaires et des jardiniers, pour le choix, la planta- tion et la culture des arbres, ou Précis de toutes les connaissances nécessaires pour planter et tailler les arbres fruitiers et autres, etc.; par©. Beaunier. Paris, 1021, in-00. SfS5o'eETe. INSTRUCTION pour les bergers et pour les propriétaires de troupeaux; avec d’autres ouvrages sur les moutons et sur les laines; par Paubenton, avec notes par J.-B. Huzard. 5e. édit. Paris, 1820, in-8°. avec 25 pl. 7Leor INSTRUCTION sur la manière de conduire et gouverner les vaches laitières; par Chabert et huzard. 3e. édit.; aug. Paris, 1807, in-8°. 1 f. 25 c.et1 É#50.@ INSTRUCTIONS élémentaires d'agriculture, où Guide nécessaire aux culti- vateurs, par F'abbroni. Tr. de l’it. par Vallée. Paris, 1606. in-8°. fig. 4 FéLt9T. INSTRUCTION sur les bêtes à laine, et particulièrement sur la race des mé- rinos, contenant la manière de former de bons troupeaux, de Les multiplier et soigner convenablement en santé et en maladie; par M. Tessier. Nouv. édit. Paris, 1011, in-0°., avec fig. 5'Er50e:ct6 73". INSTRUCTION sur les soins à donner aux chevaux pour les conserver en Cole rétén, sn SClènoes *&L6É Go, 16 arts, x la le.; Par une rées des trois 206 rigation des S0 c. et 2 S bandaoss ge 21 pl. 7Ê , édit t4f 25e du bœuf et oÉet13f. 6, de ses dé. choix qu'on naras,‘etc,: Aris, 1018, il Î, eca Î uté sur Les esgraniérs, 7É25€ falie pour Ré; trad. 4£ 25 c édition. 6,23 c. ay; pu L'ILE 7) G de trou- d'une 13°. ine, et de cet21, 1 planta- BCESSAITÉS AUX+ AVEC yec noles fetol laitières; t1 f, 300 ouv. édile t b\K, 7) C s pi _coryer él nser vel LS (3) santé sur les routes, etc., et remédier aux accidens qui pourraient leur arriver; par J.-B. Huzard. Nouv. édit., aug. Paris, 1817,in-8°. 1f.5oc.etrf.75c. INSTRUCTIONS et observations sur les maladies des animaux domestiques, avec les moyens de les guérir, de les conserver en santé, de les multiplier, de les élever avec avantage, etc.; on y a joint l’analyse des ouvrages anciens et modernes écrits sur cette science; par Chabert, Flandrin et Huzard, Paris, 6 vol. in-8°., fig. 27 f. Chaque volume se vend séparément 4£. 5o et 6£. INSTRUCTION théorique et pratique sur la fabrication des eaux-de-vie de grains et de pommes de terre; par M. Mathieu de Dombasle. Paris, 1820; in-0°., fig. 3 f..et 2 3510 MANUEL de la fille de basse-cour, nouv.éd.aug.,in-12. 1f.25c.etr f.5oc. MÉMOIRE sur l’art de perfectionner les constructions rurales; par de Per- thuis. Avec fig. Paris, 1805, in-4°. G£etne MÉMOIRE sur l'amélioration des prairies naturelles et sur leur irrigation, par de Perthuis. Paris, 1806, in-8., fig. 2 f..50 c< et3e MÉMOIRE sur le sucre de betteraves; par M. le comte Chaptal. 3e. édit. corrigée et augmentée. Paris, 1821, in-6°. 1,f, 50€. et-FPNES MÉMOIRE sur la question proposée par la Société des sciences de Montpellier, déterminer par un moyen fixe, simple et à la portée de tout cultivateur, le mo- ment auquel le vin en fermentation dans la cuve aura acquis toute la force et toute la qualité dont il est susceptible; par Legentil. 1802,in-6°.,53£. et 5f. 75 c. MÉMOIRE sur le claveau et sur les avantages de son inoculation; par M. J. Girard. 2°. édit. rev. et augm. Paris, 1818,in-8°. 1 f.25 c.etif.5oc. MÉMOIRES et expériences sur l’agriculture et particulièrement sur la cul- ture des terres, le desséchement et la culture des étangs et des marais, etc.; par Varenne-F'enille. Paris, 1808, in-6°. 3: fs ét 3 Lara MÉMOIRES sur l'administration forestière, sur les qualités individuelles des bois indigènes, ou qui sont acclimatés en France; par M. Varenne-Fenille. 2e, édit. Paris, 1807, 2 vol. in-8°. fig. 6£.etrf. 5oc. MÉMOIRES sur l’éducation, les maladies, l’engrais et l’emploi du porc; par Erik Viborg et Young, in-6°., fig. AE et5 44 Le premier mémoire a été couronné par la Société d'agriculture de Ta Seine, le deuxième a remporté un prix proposé par la Société établie à Londres pour l’encouragement des arts et manufactures. MÉMOIRES sur l'éducation des mérinos, comparée à celle des autres races de bêtes à laine, dans les diverses situations pastorales et agricoles; par M. de Gasparin. Varis, 1023, in-8°. 2 f.50 cret9'r. MONITEUR(le) rural, ou Traité élémentaire de l’agriculture en France; par Deschartres. Paris, 1611, in-8°. avec tableaux. 6f.etyf.75 c. NOTICE sur la nature et la culture du pommier, la qualité des pommes et leur vraie combinaison pour faire un cidre délicat et bienfaisant; par M. Re- nault. Paris, 1617, in-8°. 2 f, et2 506 NOUVEAUX élémens d’agronomie et de physique végétale, et nouveau traité de la culture de la vigne, de la fabrication et de la conservation des vins; ar C. Milcent. Paris, 1823, in-12. 1'f. bo:cetat oo POMMIER( du), du poirier et du cormier, considérés dans leur histoire, leur physiologie, et Les divers usages de leurs fruits, de leurs cidres, de leurs eaux-de-vie,etc.; par L. Dubois. P.,1814,2v.in-12,fig. 3f.5oc.et4f. 75c. PRINCIPES raisonnés d’agriculture, traduits de l’allemand d’4. Thaër; par J.-B. Crud. Paris, 1811—1616. 4 vol. in-4°., fig. 5of. ”. sur Pemploi du plâtre er * d'agriculture, séance du 22 avril / 3 ÉPMASS 1623, in-8°, Ÿ AT RECHERCHES chimi fe 16004, in-80., fig. 1022; alignemens et la police des construc 3 dence du Ministère de l’i *#1.-J.-B. Davenne. Paris, 1824, in-8°, TAILLE raisonnée des arbres fruitiers culture, démontrées clairement par desr D di rente nature, et de leur manière de vé ; 16€. édit. Paris, 1021,in-8°, fig. THEATRE d'agriculture et Mesnage gneur du Pradel, dans lequel est représen à édition conforme au texte, augmentée de Mr 2 vol. in-4° TRAITÉE complet théorique et pratique contient l’histoire naturelle des abeilles à toutes les espèces de ruches et 1810, in-8°., fig. TRAITÉ d’anatomie vétérinaire, cu Hi rev. et cor. Paris, 1819—1820, 2 vol. in TRAITÉ de 1 TRAITÉE anatomie, ses difformités, ferrures qui leur sont apphcables; TRATTE général de l'irrigation, conte “ et conduire l’eau; par 7. Tatham; trad. d TRAITÉE général des prairies ét de 2. édit. Paris, 1806, in-0°., fig. TRESOR(le) du cultivateur, leu ou le moy VOYAGE en Espagne dans les années Sei- té tout ce qui est requis et nécessaire n rustique. Nouvelle notes et d’un vocabulaire; publiée Seine. Paris 1804 et 1806: SG sur les abeilles; par M. Féburier. Cet 22 janvier 1810, , la culture de ces insectes applicable à toutes les températures de la France. Paris, BE..et.6:f: 50 c. stoire abrégée de l’anatomie et de la 5 par J. Girard. 2e, édit. -8°. 12 f. et 16 f. a grande culture des terres, ouvrage utile à tous les cultiva- teurs et aux personnes qui voudraient faire v par Zsoré, cultivateur-propriétaire. 1802, 2 vol. in-12, du pied considéré dans les animaux domesti aloir de grandes exploitations; A Éet 4 f. ques; contenant son ses maladies; et dans lequel se trouvent les opéra- tions et le traitement de chaque affection, ainsi que le s différentes sortes de par /. Girard.P., 1813, in-8. fig., 5€ etôf. nant diverses méthodes d’arroser les prés et jardins, etc.; avec 8 planches représentant diverses m achines pour élever e Pangl. 2 180,in-8°. 5f.etôf. rs irrigations; par C4. d’'Ourches. AE"Hoiciet 5(25 c. en d'augmenter les richesses du la- s et plusieurs branches d’économie 125% Et f 50€; 1816, 1817, 1818 et 1819, ou Re- coutumes qui les régissent, sur les :€S Comme un puissant moyen de 5 par M. Jaubert de Passa. Orné de six 15 f'et 16 02% 102 tau 1(onveil, 6. Ses membres, 2 Hoc. 6 31. zee Au arbf25c, 1 r l voirie 11 68 814 juiym 8 matiere; par . et 71. leie⸗ à lerr e leur diff flé. Ar kſ. Bute 8, sei⸗ 1 et nécessaire uq. l. Jouvelle lalte; z publi ee 5 100% et(doh— 36 f 7 urier.(et ſn 1d10, es applicalle rance. Pari, et b f. 50c. mie et de ha d. 2e. édit. 12 f. et 16 1. Sles cultiva- qloitations; 2 et4. ontenant son t les opera- tes sortes de , Sf etél. Tarroser les pour dlerer 9f. etb k. DOaurches. t S f. 25 c. sses du la- d'économie et 1f. 90 c. 19) ou Re- ent, sur les mofen de Urné de SiX f. et 18] —————— — 7 8“ 5 “ 25 41 88686ʒ-ʒ- 0 em 1 Solour& Blue Cyan Green danes Siẽ Vellow HNed Magenta Grey 2 White Srey Grey 3 Grey 4 Black J 8 I 1 A³ — — 4