HISTOIRE D E L'INTRODUCTION DES MOUTONS A LAINE FINE D'ESPAGNE, HISTOIRE 4/0 ee b D 4 L'INTRODUCTION DES MOUTONS“ A LAINE FINE D’ESPAGNE, DANS LES DIVERS ÉTATS DE L'EUROPE, ET AU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. Érar actuel de ces animaux, leur nombre, = des différentes manières dont on les élève, les avantages qu’en retirent l'Agriculture, les Fabriques et le Commerce. Avec une Planche, Par C. P. LASTEVYRIE, MrmBnE des Sociétés Philomatique, d'Agriculture du département de la Seine, de la Société Royale Patriotique de Stockholm, de la Société Royale des Sciences de Goëttingen, etc. FF a Ier Optimæ sunt oves quæ lanas gerunt multas et molleg; ,,/l/{,"1. À; Gzorow, 1. xviux,€. 5.| Î 2e DA) n Ê À i) FR LEE |, s/> s À À À] 4 y PARIS, a. LEVRAULT, QUAI MALAQUAIS. PEL LL ST PPT IS AN TI,= 1002. HEÉSPFOIRE DE L'INTRODUCTION DES MOUTONS À LAINE FINE D'ESPAGNE, DANS BES DIVERS ÉTATS DE L'EUROPE; ET AU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE PREMIER. Vues genérales sur La naluralisation des Mérinos. Lzs Gouvernemens de l'Europe avoient re- connu depuis long-temps les avantages que Procureroit à l’agriculture et au commerce» l'introduction des bétes à laine fine, dans leurs États respectifs; mais leurs vues se trouvant en Opposition avec l’isnorance et les préjugés du temps, il s’est écoulé un grand nombre 1 (2) d'années avant qu'on cherchât à réaliser une idée, qui d’abord avoit semblé chimérique. Ilea paru enfin des hommes également recommandables par leur patriotisme et par leurs lumières, qui ont travaillé avec zèle et persévérance à éclairer leurs concitoyens, en leur prouvent par des faits, que la nature loin de s'opposer à la conservation des bêtes à laine fine dans certains climats, sembloit au contraire se prêter avec complaisance aux ten- tatives de l’industrie. On peut citer au nombre de ces hommes qui ont bien mérité de leur patrie, les Als- troemer en Suède, les Koenig en Saxe, les Fink en Prusse, les Magnis en Silésie, les d'Aubenton et les Gilbert en France, les Twent en Hollande; enfin, les Nelson en Danemark. Il s’est écoulé prés d’un siècle depuis que les Suédois ont introduit dans leur pays, et acclimaté sous un ciel rigoureux les bêtes à Jaine fine d'Espagne. Les Norwégiens et d'autres _peuples du Nord de l'Europe, ont eu le même succès, il y a environ 60 ans; époque à laquelle nous donnions à ces peuples le nom de Zarbare. Les Francais entrainés alors vers le luxe et les plaisirs, par une Cour corrompue et dissi- patrice, et se laissant éblouir par le vain ap- parat d'une fausse grandeur, négligeoient les (3) études et Îes travaux qui fondent la prospérité et la durée des empires. Aussi la France, quoique spécialement f:z vorisée par la nature, a été, et se trouve en ore arriérée sons plusieurs rapports industriels. On verra par l'exposé des, faits relatifs à l'a mélioration des laines, combien de temps, etquelles peines il nous à fallu; Pour pärvenir au degré auquel nous sommes enfin arrivés. Le lecteur instruit de ce qui s'est passé chez les étrangers, sera sans doute surpris qu’on ait trouvé de si grands obstacles, pour prouver ce qui étoit connu et attesté par une lonone expérience chez différens peuples avec lesquels nous avions des relations politiques très— in times; mais, ainsi que j'aurai éccasion de le faire remarquer plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage, les peuples ne sont pas assez éclairés, et les Gouvernemens n'ont pas un désir assez vif du bien public, pour provoquer et accélérer les améliorations vraiment utiles. Cependant plusieurs souverains frappés du Succès qu'a eu en divers pays l'éducation des Mérinos, ont depuis une certaine époque, puissamment encouragé cette branche impor tante de l’économie rurale» Soit en introdui- sant dans leurs États les races à laine fine, soit en augmentant le nombre des individus déjà naturalisés. On observe en Allemagne que AE (4) cette tendance vers le perfectionnement, de- vient chaque jour plus générale parmi les cultivateurs. # Je crois avoir démontré dans mon Traité sur Les bétes à laine, que la finesse des laines d'Es- pagne ne dépend ni des voyages, ni dusol, ni du climat, ni des pâturages; mais qu’elle est due à d’autres causes, etqu'il est possible d'a- voir, en France et ailleurs, des laines de même qualité que celles d'Espagne. Mon voyage dans le Nord de l'Europe m'a offert des faitset des observations qui m'ont de nouveau démontré: cette vérité. J'ai trouvé dans la majeure partie des troupeaux que j'ai examinés, des laines qui à en juger à l'œil, ou par le tact, égalent en beauté et en finesse les Ségoviennes et les Léo- moises; de sorte qu'à mon avis, on ne peut plus douter qu'il ne soit facile d'obtenir des toisons superfines dans tous les lieux de{Eu rope où l'on trouve des pâturages, et où l'on peut récolter des provisions d'hiver pour la nourriture des moutons. Ces laines donnent des draps aussi fins, aussi soyeux, aussi souples que ceux fabriqués avec des laines Espagnoles, ainsi que le prouvent les essais faits en France et dans d’autres pays. Mais füt-il vrai que les alimens, le climat et d'autres circonstances locales, eussent une certaine influence sur les qualités intrinsèques des laines; telles quel’é- CS) lasticité, la force» la souplesse, etc. seroit pas moins prouvé qu'on obtiendra dans tous ces cas des draps assez fins et assez beaux pour satisfaire les hommes les plus difficiles sur ce point, et qu’une nation pourra facilement se passer des laines d'Espagne, et alimenter ses plus belles manufactures avec celles qu’elle récoltera sur son propre sol, Cependant comme ces vérités sont encore revoquées en doute par quelques personnes, et qu'elles doivent avoir une grande influence sur notre agriculture et notre commerce, j'ai cru devoir publier des faits qui peuvent leur donner un nouveau degré de force et de certitude. Je vais donc présenter ici l'état actuel des troupeaux de race Espagnole naturalisés en Europe, en COmmMençant par les pays où cette introduction a eu lieu le plus anciennement. ‘ilne (6) me pe me CHADITRE LE SU E DE Ox à lieu sans doute d'être surpris que Îa Suède qui paroît étre le pays de l'Europe le moins favorable à l'éducation des moutons à jaine fine, ait cependant commencé la pre- mière à naturaliser cette race précieuse; mais ce qui doit nous étonner encore davantage, c’est de trouver en France des hommes qui re jettent la possibilité d'une naturalisation recon- nue facile en Suède, il y a près d’un siècle. Le petit nombre de contradicteurs qui existe en- core parmi nous, ne sauroit heureusement s'opposer à la propagation d'une race d'animaux si utiles à notre industrie. M. Alstroemer qui avoit fait en 1719, quel ques tentatives pour améliorer les mauvaises races de la Suède, crut que cette amélioration ne devoit pas se borner au perfectionnement obtenu par les races Allemande et Anglaise. 11 fit venir d“Æspagne, en 1725, un troupeau de Mérinos; et il parvint à naturaliser et à pro- pager sur un climat austère, une Trace qui sembloit ne pouvoir se maintenir hors des pays chauds. C7 Le Gouvernement Suédois persuadé que l'ignorance des bergers apporteroit de grands obstacles à la conservation et à la Propagation de cette nouvelle race, institua en 1739, une école de bergers dont il donna la direction à M. Alstroemer. Les États frent en 1740, un fonds destiné à accorder des primes aux par- ticuliers qui vendroient des béliers de race Espagnole: et il ÿ eut, à dater de la méme époque jusqu’en 1700, un bénéfice de 25 pour 100 accordé sur la vente des laines fines et de bonne qualité. Ces bénéfices réduits en 73 à 15 pour cent, et à 12 pour cent, en 1786, furent entièrement supprimés en 17 Il est reconnu d’après les rel m'ont été Communiqués par M. Schulzenheim; de l’Académie des sciences de Stokholm, que la quantité des laines fines&u pays, vendues aux Magasins publics, et aux manufactures de Suède, d PUS 1791 jusQu en 1790, se monte à 4 2” à 5,402,061 francs ,»€t que le gouvernement a } . “4+9© dépensé, durant le méme espac. 1,415 1h D # L ,450 francs Dour les encoura semens donnés à ce genre d'industrie. La quañtité de laine iaines D fines produites dans le Pays, a méme été bien plus considérable, puisqu'une partie de cette laine a été ouvrée chez les particuliers, qui sont dans l'usage, en Suède, de faire fabriquer, dans leurs ménages, leurs draps et autres objets en LL (8) laine. D'ailleurs, l'éloignement des magasins où les cultivateurs étoient tenus d'apporter les laines pour recevoir les primes, et la diminution successive de ces mêmes primes ont été cause que la quantité de laines apportées n’a pas été en proportion du produit réel. Il est à remarquer que la quantité de laines fines d'Espagne, importées en Suède durant le même espace de quarante ans, n’a été que de 2,623,040 livres, et que, par conséquent, la quantité de laines fines du pays, a surpassé cette importation de 779,920 livres. L'importation des laines d'Espagne a éprouvé une nouvelle diminution, depuis la dernière époque dont nous venons de parler, c'est-à- dire depuis 1790, quoique la fabrication des draps fins se soit accrue. On sera peut-être étonné que les moutons Mérinos naturalisés en Suède, depuis environ quatre-vingts ans, n'aient puencore se propager au point de fournir à la Suède la quantité de laines consommées par ses manufactures de draps fins. Outre les causes politiques qu'il seroit trop long de développer ici, on peut assigner, à cet effet, d’autres causes morales et physiques. Les commerçans en laine et les fabricans de draps, ont ici, comme ailleurs, un intérêt à déprécier les laines fines du pays; et il leur est facile de les maintenir, dans le commerce, au- C9) dessous de leur valeur réelle. Le prix modique de quelques laines fines d'Allemagne, et sur- tout de celles d'Eiderstedt, dont l'importation est facile, a pareillement nui à la multiplica- tion des Mérrnos. L'éducation des bétes à laine fine, a été presqu'exclusivement entreprise par les pro- priétaires aisés. Les paysans en Suède, qui n'ont ordinairement qu'un trés-petit nombre de bêtes à laine, et qui sont dans l'usage de fabriquer eux-mêmes les étoffes servant à leurs vétemens, ont été forcés de conserver leurs anciennes races, qui seules pouvoient produire la laine longue et grossière, dont ils ne sau- roient se passer. Il est d’ailleurs arrivé en Suède ce que nous voyons parmi nous. Quelques personnes pen- sent encore aujourd'hui, malgré les faits multi- pliés qui attestent le contraire, que la race des Mérinos n’est pas d'une nature à prospérer dans le pays, et qu’elle n'offre pas des produits assez avantageux. D'autres, au contraire, s'imagi- nant que les moutons de cette race peuvent être abandonnés à eux-mêmes, et qu'ils n’exi- gent aucun soin, les soumettent au résime qu'on a coutume de faire suivre à ceux du pays; _c'est-à-dire qu'ils les enferment dans des éta- bles infectes, humides, mal-propres, et dont l'air est vicié par l'effet d’une trop grande cha- (199 leur; qu'ils les nourrissent, une partie de l’'an- née, avec une quantité onie ante de paille ou avec de mauvais fourrages; enfin, qu'üs les font paître dans les forêts, sur le bord des marais, sur des pAturages humides et maigres, où ces animaux ne trouvent ni la quantité, ni la qualité de nourriture qui leur convient. On a cependant Fu que| les races espagnoles, soumises à ce Soime vicieux, dégénéroient insensiblement, et que leur laine devenoit moins fine, moins douce au toucher, et qu’elle perdoit de sa lon- J'ai vu un grand nombre de t espagnol le en Suë ède, et]’ai constamment ob- du, sous les upeaux derace 8 servé que ces animaux avoient ei rapports de la beauté et de la fir e des laines, êé toutes les fois qu'ils avoient été gouvernés par des sens insoucians ou peu atter mtifs,© andis que, he les propriétaires so1gneux, j'ai trouvé des moutons dont les laines avoient conservé leurs ie primitives. Comme j'ai fait la même remarque en Hollande, et sur divers points de l'Allemagne, ainsi que je le dirai plus bas, et que les meilleurs agriculteurs de ces différens pays, que j'ai consultés, ont également atiribué la dégénération des races aux causes que je viens d’assigner, je conseillerai aux cultivateurs français, qui se livrent à l'éducation des mou- tons Mérinos, de se mettre en garde contre ee 09 (11) l'opinion de quelques personnes qui pensent que cette race conserve la beauté de ses laines, lors même qu'elle est soumise à un traitement vicieux, ou qu'elle est abandonnée à l'incurie et à l'ignorance. On a allégué un ou deux faits à l'appui de l’assertion que je combas ici; mais ces faits, fussent-ils bien constatés, ne sau- roient avoir assez de force pour en renverser un grand nombre d'autres, reconnus par les rs agriculteurs de divers pays. Je pourrois, si étoit nécessaire, citer ici mon Yraité sur les bétes à laine de race espagnole, dans lequel je rapporte plusieurs faits, qui prouvent que les Mérinos dégénèrent méme en Espagne, lors- qu'on néglige de leur donner les soins néces- saires. J'ai trouvé en Espagne des résultats sem- biables à ceux dont j'ai été témoin en Suède. J'ai vu, dans ces deux royaumes, des animaux de même race, habitant le même lieu, dont les uns conservoient la finesse de leurs toisons, tandis que les autres produisoient des laines d'une qualité très-inférieure. Cette différence prouve que la nature, dans presque toutes les circonstances, ne se plie à nos besoins que lorsque nous savons la consulter dans ses‘opé- rations, la suivre dans sa marche, et la seconder avec intelligence. Le désir de voir propager rapidemunt en France une race précieuse d'animaux., peut (127 entraîner trop loin les amis dn bien public; mais ils doivent se souvenir qu'en voulant Top prouver, souvent on ne prouve rien, et qu'il est toujours dangereux de présenter des théories dont l'application Peut nuire aux pro- grès de l’art. Le mélange indistinct des Mérinos ou des Métis avecles moutons indigènes, a aussi beau- Coup contribué à la dégénération des belles races qu'on avoit obtenues en Suède ,€t qu'il eût été facile de conserver avec des soins. Une autre cause qui a apporté de grands obs- tacles à la multiplication des Mérinos» C'est l'insuffisance des fourrages. L'entretien des bestiaux et sur-tout des moutons, est beaucoup plus dispendieux en Suède que dans les pays méridionaux; la rigueur du climat obligeant de tenir les moutons à l'étable pendant six ou sept mois de l’année, ils ne peuvent jouir des pä- turages que pendant cinq ou six mois. Le culti- vateur doit donc avoir du fourrage en abondance pour nourrir ses troupeaux durant un si long hiver. Cette nécessité rend leur entretien plus cher et moins facile. L'éducation des Mérinos offre cependant de plus grands bénéfices que celle des autres es pèces; mais comme on ne peut dans quelques endroits se procurer du fourrage d'une assez bonne qualité, ou en quantité suffisante, et que $e (13) d’ailleurs l'habitant des Campagnes abandonne difficilement ses anciennes habitudes, sur-tout lorsqu'il a des obstacles à Vaincre, cette édu- cation n’a pas été suivie en Suëde avec toute l'activité qu'eussent exigée les besoins publics, et l'intérét des Particuliers. On comptoit en 1764, 65,569 moutons de race pure, et 23,584 de race Croisée qui don- noient une bonne qualité de laine. I est diff cile d'en déterminer le nombre actuel, puisqu'il n'existe aucune base pour le reconnoitre, depuis qu'on a supprimé les primes d'encouragement; Mais On sait que ce nombre à toujours été en croissant; et quoique les manufactures de beaux draps en Suede, ne soient Pas entiérement äpprovisionnées avec les laines du pays, l’im- portation à cependant été Peu considérable dans ces derniers temps, malgré que la fa- brication des draps fins se soit accrue; de sorte qu'en prenant pour base la quantité de laine - Consommée par les manufactures, on peut sup- POSET par approximation que le nombre des bêtes à laine fine de race pure, ou croisée, s'élève dans ce moment à 100,000 environ. Ce nombre qui forme la 25me, Partie des moutons de toute espèce, est très-grand si on le con- sidère sous le rapport des besoins, Ou relative_ ment à l'état de l’agriculture dans ce pays. Les Mérinos conservent en Suède leurs (24) formes primitives; leurs toisons sont tassées, et les filamens de la laine très-rapprochés. Ges laines ne perdent rien de leur finesse, de leur Jonoueur, de leur élasticité; et les produits en sont aussi considérables qu'en Espagne, lorsque l'animal a été convenablement nourri. On a vu des béliers dont les toisons pesoient 13 livres. J'ai remarqué que cette race accli- matée étoit plus grande et plus forte que ne le sont les moutons en Espagne. J'ai trouvé chez Monsieur Schulzenheim, à Gronsoe, dans la province d Upland, un trou- peau provenant d'individus tirés d'Espagne, il y a 5bans, et dont la laine COPA pAESe à celle des Mérinos nouvellement tirés du même pays, ne lui cédoit ni en beauté, ni en finesse. M. Schulzenheim a fait venir à six reprises différentes des béliers d'Espagne, dans l'in- tention de donner, s'il étoit possible, un nou- veau degré de perfection aux individus de ses troupeaux. On a reconnu que tous, excepté ceux qui ont fait partie du dernier envoi en 778, avoiënt des laines inférieures en qualité à eee du troupeau primitif, quoiqu'ils eussent été choisis avec intelligence par les soins de M.Gabhn, consul de Suède à Madrid, neveu de M. Schulzenheim. La méie observation a été faite en France. Les moutons choisis en Espagne par Gilbert, beat ui 7 (us) qui étoit bon connoïsseur, ont des laines moins belles que celles de quelques individus du trou- peau de Rambouillet. J'ajouterai que M. Schulzenheim a conservé assez long-temps des moutons tirés à Espag pour qu'ils vissent leurs descendans jusqu'à la cinquième génération. La Comparaison des toisons a démontré que les derniers descendans n'avoient perau aucune des qualités qui rendent cette race recommandable. Ces faits» prouvent d'une manière péremptoire et décisive, que les races Espagnoles peuvent se propager et se maintenir dans Les pays froids, sans rien perdre de la finesse et de la bonté de leurs laines. Je citerai parmi les autres troupe à laine fine que j'ai vus en Suéde, celui que M. le Baron de Makleaw, élève depuis 26 aux de race ans à sa Campagne, située à Edet, 20 lieues nord de Gottembourg. Je me suis convaincu par l'examen de ces troupeaux, que leurs laines possédoient toutes les qualités exigées pour la fabrication des beaux draps. J'ai rapporté de mes voyages des échantillons des laines dont je viens de parler, et de celles dont il sera question dans le courant de cet ouvrage.(1) La société d'Agriculture du Dépar- (1) Je ne puis m'empêcher de faire sentir aux lecteurs les avantages que peut retirer l'agriculture des collections (16) tement de la Seine, à la quelle j'ai présenté ces différens échantillons, à jugé du dé- gré de beauté et de finesse qui les caractérise. d'objets, d'instruments, etc., relatifs à cet art. L'on sait que la science des antiquités, que celle de la physique, de la chimie, de la botanique, de la minéralogie, ainsi que les autres branches de l’histoire naturelle, sont rede- vables de leurs progrès aux collections publiques et parti- culières qui ont été formées dans ces derniers temps. L'é- conomierurale ayant pour objet la reproduction de certains êtres, de certaines substances, l'exécution de certains procédés, de certaines méthodes; cettescience étant basée sur des faits, ainsi que le sont toutes les connaissances humaines; il n’est pas moins important de réunir et de présenter à la vue les objets qui servent à constater les faits, à les comparer, à jeter des lumières sur la théorie, et à donner à la pratique une direction plus prompte et plus certaine. S'ileût existé il y a quarante ans une collection économique, pareille à celle que je possède, l’améliora- tion des bêtes à laine auroit vraisemblablement commencé parmi nous trente ans plutôt, puisqu'on eût été convaincu à cette époque, par l’aspect des échantillons de laines des Mérinos acclimatés depuis plusieurs générations en Suède et en Saxe, qu'il étoit très-facile d'obtenir en France des laines superfnes, en introduisant des races qui réussissoient sous des climats plus froids, et dans des pays moins favo- risés de la nature, CHAPITRE (47) CHAPITRE CET. ETATS DANOTS. La race norwégienne a été améliorée par les races anglaises et par celles d'Espagne. On attribue l'amélioration considérable des laines à qui a eu lieu dans le bailliage de Smaalchnem, à un bélier espagnol qui fut importé, il y a plus de cinquante ans, sur les côtes occidentales de la Norwège; mais cette amélioration ne s’est pas étendue dans les autres parties du pays, et n'a pas été portée au dégré de perfection dont elle est susceptible, soit à canse de l’insouciance des habitans, soit à cause du mauvais régime auquel ils soumettent en général les bétes à laine. Ces animaux sont affamés une partie de l'année; on les tient durant l'hiver dans des établies obscures, mal-propres, et où la chaleur est excessive; on fait l'âse de six MOIS; fois l'année, et d lement leur de accoupler les agneaux à on réitére la tonte plusieurs ans des saisons où le dépouil- vient pernicieux etc: Les observations que j'ai été à portée de faire sur les races norwépsiennes et sur celles d'Is_ lande, naturalisées en Nory ège, m'engagent à 2 (16) donner ici quelques détails qui pourront inté… resser le lecteur. On trouve en Norwège des individus qui pro: duisent jusqu'à sept livres de laine. Les trou peaux dont quelques-uns ont des toisons noires, sont tondus deux, trois, et même quatre fois dans certains cantons. On obtient une plus grande quantité de laine par la multiplicité des tontes; mais cette laine est moins propre à la Fabrication des étoffes. Ces animaux supportent les froids les plus rigoureux sans être incommodés. J'ai vu sous le soixante-quatrième degré, des troupeaux qu'on abandonne dans lesiles, oùils vivent dans l’état sauvage au milieu des neiges, sans Jamais rece— voir d’alimens de la main de l’homme; ils sont d'un naturel si farouche, qu’on ne peut les prendre qu’en les poursuivant à cheval. Cette race est tellement accoutumée aux impressions de l'atmosphère, qu'elle ne peut supporter une transition subite du régime sauvage au régime domestique. Quelques particuliers des environs de Gottembourg ayant fait venir des moutons de cette race, et les ayant tenus à l'étable durant la mauvaisesaison, ces animaux n'ontpu supporter la privation dugrandair, et ont succombé à cette épreuve. Ce fait prouve que le grand air est tou- jours salutaire aux bêtes à laine, que le froid ne Jeur est pas contraire, et que l’on doit modilier C19) par l'artles changemens trop brusques de climat, de nourriture, de régime, auxquels on est forcé de les soumettre dans certaines Circon3- tances. Les races des îles Ferroé et de l'Islande, qui paroissent originaires de la Norwège, vivent aussi dans l’état sauvage, et supportent un cli- mat encore plus rigoureux. Les moutons de ces îles, transportés dans ces derniers temps en Norwège, donnent une toison composée de trois espèces de filamens, La première espèce a 1 déci- mètre; à 2 décimètres:;(5à 9 pouces) elle est roide, forte, grosse; elle a une couleur opäque et laiteuse; et elle paroît étre de la même nature que le jarre. La seconde espèce est moins longue, n'ayant qu'un décimètre ou 1 décim. 35 (4 à 5 pouces). Elle a l'apparence d’une laine de moyenne qualité, et présente des reflets argentins. La troisième enfin, a de 5 à8 centim. (2 à 5 pouces:) de long; et elle peut être comparée pour la finesse aux plus belles espèces de laines espagnoles. Elle est élastique, souple et extrêmement douce au toucher. Je n'ai pas eu occasion de vérifier quelles sont, dans une toison, les quantités respectives de ces diffé rentes espèces de poils ou de laines. Je sais seu- lement qu'en Islande une toison de deux livres donne cinq onces de grosse laine ou de jarre, vingt-quatre onces de laine ordinaire, et dix- à À (20) nemf onces de laine superfine. Les animaux de race islandaise, que j'ai vus, n'avoient qu'une petite quantité de laine fine et soyeuse. J'ai trouvé dans quelques cantons de la Nor- wège des moutons dont la toison offroit les trois espèces de filamens dont je viens de parler; la laine courte et soyeuse qu'ils produisent doit être rangée parmi les laines superfines. Elle est semblable à celle des moutons de Schetland, à en juger par les échantillons de cette dernière laine, que j'ai reçus d'Ecosse. On trie en An- gleterre de la laine de Schetland, et on en fa- brique des bas qui se vendent communément dix guinées. Les toisons des races islandaises, ainsi que celles de quelques races norwégiennes, donneroient par le moyen du triage, des laines aussi fines et aussi soyeuses que celles de Schetland. Les Danois excités par l'exemple de la Suëde firent venir de ce royaume, il y a environ vingta trois ans, des moutons de race espagnole, dont les descendans existent encore aujourd'hui, quoique en très-petit nombre. J'ai oui dire que des animaux de cette race avoient'conservé la finesseprimitivedeleurlaine, tandis que d'autres avoient été conduits à la dé- génération par des causes analogues à celles qui ont été indiquées plus haut. Jai vu à Esserum, domaine royal, un troupeau de race espagnole, (21) venu de Suëde il y a plusieurs années, qui don= noit des laines d'une assez bonne qualité. Le Gouvernement danois à tiré d'Espasne, trois cents Mérinos en 1797, qui ont été placés à Esserum, à huit lieues de Copenhague. Ce troupeau est composé des plus belles race, espagnoles, savoir: de celles de l'Escurial de Guadeloupe, de Paular, du duc de l'?nfan- tado, du comte de Montareo, et de celui de Negretti; la race de! Escurial est regardée, sous le rapport de la finesse&es laines, comme la plus parfaite de toutes celles qui constituent les nombreux troupeaux voyageurs d'Espagne, Les animaux du troupeau de Guadeloupe sont remarquables par Îles belles proportions de leur corps, et par l'abondance et la finesse de leurs laines. La race de Paular est également douée de ces deux dernières qualités; et elle différencie des races précédentes par un chan- frein fortement busqué, et par un fanon long et ridé; les brebis ont le corps un peu allongé. Les agneaux de cette race, et ceux de la race de l'?nfantado, naissent ordinairement avec un poil grossier qui se change en laine très-fine. Le troupeau Negrertr est composé des indivi- dus les plus corpulens et les plus forts en taille, de toute l'Espapne. Le troupeau d'Esserum étoit arrivé d'Es- pagne depuis dix-huit mois, et se trouvoit em (22) très-bon état lorsque je l'ai vu. Il n’avoit perdu que deux individus, malgré les fatigues de la mer, le froid rigoureux de l'hiver, et les pluies abondantes du printemps, auxquelles il a été exposé lors de son arrivée en Danemarck. ose DR DEEE CHAPITRE. IV. SAXE. LA Haute-Saxe est, après la Suède, le pays où l'introduction des moutons derace espagnole a eu leu le plus anciennement; et c’est en Saxe où cette naturalisation a obtenu les succès les plus marqués, et produit les résuliats les plus avantagçux. Les différentes races indigènes du pays, dont les unes ont une laine d'assez bonne qualité et les autres, une laine très- grossière, ont êté également améliorées par les animaux espagnols introduits en Saxe à deux différentes époques; la première, en 1765, et la seconde en 1778. L'électeur de Saxe, cher- Chant à réparer les dévastations occasionnées dans ses Etats par une suerre de sept ans, obtint, en 1765, du roi d'Espagne, cent béliers et deux cents brebis Mérinos, choisis dans les meilleurs troupeaux espasnols. Une partie de ces animaux fut placée à la bergerie électorale de Stolpen, à six lieues de Dresde, sur les frontières de la Bohéime, et confiée aux soin du Mayoral espagnol qui les avait conduits en Daxe. Ça (24) On établit, outre la bergerie de Stolpen, trois autres bergeries, savoircelle de Renners- dor/, celle de Zom et celle de Îohenstein, qui furent principalement consacrées à l'améliora- tion des races indigènes par le croisement des races espagnoles. M, Heinitz, actuellement ministre des finances en Prusse, fut chargé de diriger ces divers établissemens, sous l'inspec- tion de la chambre électorale de Saxe. On reconnut, après un laps de dix ans, que les races pures espagnoles avoient conservé Jeurs qualités, et que les individus provenus des croisemens avoient acquis une laine qui ne fe cédoit à celles d'Espagne, ni en finesse, ni en beauté. Lorsqu'on se fut assuré, par l'expérience, qu'il étoit facile d’acclimater les races espa- gnoles, et d'améliorer les races indigènes par le moyen des croisemens, on s'oceupa de l’amé- lioration générale des troupeaux, après avoir soumis à la castration les individus défectueux. On vendit, en 1776, aux particuliers, des ani- maux âgés de quatre ans; mais comme les meil- leures opérations trouvent toujours des con- tradicteurs, la vente éprouva de si grandes difficultés que le gouvernement chligea les par- ticuliers qui afferment les terres électorales: d'acheter un certain nombre de moutons de race espagnole, PT": 7, Lu (25) Mais bientôt les cultivateurs furent éclairés sur leurs vrais intérêts, et les bergeries électo- rales, ne pouvant suffire aux demandes qui se multiplioient chaque jour, le prince tira d'Es- pagne, en 1778, cent béliers et deux cents brebis, dont une partie fut vendue au prix Courant, y compris les frais de transport. On crut que le troupeau de Stolpen, composé uniquement de Mérinos, devoit étre augmenté, afin de rendre plus sûre et plus prompte la pro- pagation des belles races. Cette augmentation a eu lieu successivement à Stolpen, ainsi que dans les trois autres bergeries dont nous avons parlé; de sorte que le nombre des moutons, de race pure, appartenans à l'électeur, s'élève aujourd'hui à 5,400 individus. Cinq cents ani- maux, qui sont vendus annuellement aux ventes publiques, ne peuvent suffire aux demandes faites par les cultivateurs; Quoique d’ailleurs, il soit facile de se procurer de belles races chez les particuliers. Ce fait donne lieu de croire que les animaux de l'établissement de Rambouillet seront encore recherchés pendant long-temps, et que les ventes annuelles, 51 lucratives dans ce moment pour le gouverne- ment français, continueront, pendant un cer- tain nombre d'années, à donner de grands bénéfices. Les circonstances ne m'ont point permis de (26) visiter pendant mon séjour en Saxe, les trou- peaux de Stolpen et des autres bergeries élec- torales; mais je sais d'après les renseignemens que jai pris auprès des agriculteurs qui ont vu ces troupeaux, que les races Espagnoles naturalisées en Saxe, depuis plus de 55 ans, ont conservé leurs qualités primitives. Les laines provenues de ces troupeaux ne différent en rien des plus belles laines d'Espagne, ainsi qu’il est facile de le voir par les échantillons qui m'ont été donnés, Ce fait a été constaté en 1778, en comparant les animaux quai arrivérent alors d'Espagne, avec les descendans des individus importés en 1765. Les échantillons qu on con- serve dans l'établissement depuis 23 ans au moins, ne laissent d'ailleurs aucun doute sur ce point, J'ai observé en Saxe plusieurs troupeaux de particuliers; et j'ai trouvé que les races pures, ainsi que celles formées par les croisemens, donnoient des laines de première qualité. Ces animaux sont en général plus petits; et ils ont des laines plus courtes que les Mérinos nés en Espagne. On en trouve cependant qui surpassent ceux-ci en taille et en grosseur. Ces différences tiennent aux quantités et aux qualités d’alimens qu’on donne aux moutons dans les différentes bergeries. J'ai vu ,il est vrai, des races dégénérées; % far CLÉ we anne [Len pari reco M TEL tuile cu des delire pal Ïl aës êt«08 l'ar être 1 NA (27) mais cette désénération tient aux accouple- mens mal assortis, au défaut de soin, à l’insuf- fisance et à la mauvaise qualité de nourriture, et à l'insalubrité des étables, où suivant l'u… sage du pays on laisse le fumier pendant une année entière. Le Gouvernement qui a apporté une attention particulière à l'amélioration des races, ayant reconnu par{expérience que les troupeaux de race Espagnole dégénérojent lorsqu'ils étoient trop négligés, s’est appliqué à instruire les cultivateurs, soit en formant des écoles pour des bergers, soit en répandant avec profusion des écrits propres à guider les habitans des cam- pagnes dans le traitement des bêtes à laine. Il a sagement pensé qu'il étoit de son devoir et de son intérêt de donner des secours à l'agriculture. Il a senti que ces secours doivent être répandus toutes les fois que les particuliers n ont ni les moyens, ni le degré de lumières, ni la force de volonté nécessaires dans les entreprises nouvelles et difficiles. Le Gouvernement Saxon a été amplement récompensé de ses soins, et dédommagé de ses avances par les avantages immenses que pro- cure au pays, le perfectionnement des races(1). s. (1) Les heureux effets de l'encouragement donné à l'agriculture par le gouvernement Saxon, ne sont pas les (28) Les bergeries, en Saxe, sont en effet, dans ce moment, le produit le plus lucratif du cul. tivateur; Car on retire, outre les bénéfices d’un troupeau ordinaire, des produits considéra-- bles, tant par la vente des animaux de race, que par celle des laines qui ont souvent une valeur triple au-dessus des laines communes. Les fabricans de draps, trouvant dans le pays la quantité et les qualités de laines nécessaires à l'entretien de leurs manufactures, ne sont plus obligés de les tirer d'Espagne, et n’ont plus à craindre les chances désavantageuses du commerce. La Saxe, qui nourrit 1,600,000 moutons de toute espèce, possède, dans ce moment, 90,000 individus de races pures ou améliorées. On évalue que Cent animaux donnent, l'un dans l’autre, onze steins de laine lavée, ou deux cens quarante-deux livres, poids de marc. Cette laine est vendue, prix moyen, quatorze =. seuls qu’il soit possible de citer en Allemagne. Les princes allemands, plus sages et plus justes que certains grands souvernemens de l’Europe, se font, en général, ur devoir de veiller à l’administration intérieure de leurs Etats; une grande portion des impôts est souvent employée par eux à sa vraie destination, c’est-à-dire aux objets d'instruction et de prospérité publique. Aussi les arts utiles, et sur-tout l'agriculture: ont-ils fait de grands progrès depuis quelques annces dans plusieurs parties de l'Allemagne. princes grandi ndevoit als; UNE pir eux ruction sur-tout depuis na gliés (29) écus de Saxe le stein, ou 56 francs les 2 livres: poids de marc; ce qui porte la laine à» francs 5o centimes la livre. Ainsi chaque bête, rapportant l’une dans l'autre environ deux livres et demie de laine lavée, les 90,000 moutons de race fine que ce pays possède, donneront un total de 225,000 livres de laine, et par conséquent un produit de 560,500 francs. On observera que j'ai donné ici une évaluation modique aux laines, puis- qu'il y a eu des années où le stein a été vendu jusqu'à vingt écus. Ces races produisent non- seulement la quantité de laine nécessaire à la fabrication des draps fins du pays; mais elles fournissent en outre un surplus égal à la con- sommation intérieure. Ce surplus, vendu aux foires de Leipzig, va, de-là, alimenter les manufactures d'Aix-la-Chapelle, de la Belgique, de la Hollande et de la Prusse. CEA SD LT REV: ETATS PRUSSIENS. + Frupenre IT, qui ne s'est pas moins il- lustré par la sagesse de son administration que par l'éclat de ses armes, et qui a bien mérité de l'agriculture prussienne(1), fit venir (1) On voit par les mémoirés du comte d’Hertzberg, "ministre du Grand Frédéric, que ce prince accorda à ses sujets, en encouragement d'agriculture, depuis l’année 1703 jusqu'à 1778, la somme de 40 millions d'écusde Prusse, ce quirevient à 160 millions de francs. Plusieurs parties des Etats prussiens qui, avant cette époque étoient couverts par les eaux, ou qui restoient sans culture produisent aujourd'hui d'abondantes récoltes; c’est avec ces encou- ragemens qui ont été accordés pendant tout le règne de Frédéric, et qui continuent encore d’avoir lieu aujour- d’hui, que la Prusse, pays naturellement stérile> à aug- menté considérablement ses produits, sa population, sa force intérieure, et sa puissance militaire. Il est FÂâcheux que des résultats aussi frappans soient en opposition avec la théorie de plusieurs hommes du jour, qui prétendent que l'agriculture peut se perfectionner et prospérer en France sans le secours du Gouvernement. Ces per- sonnes voudraient-elles donc priver Bonaparte d’une gloire plus réelle et plus durable que celle qu'il s'est acquise par des exploits militaires. (3) d'Espagne, en 1786, deux cents brebis et cent béliers destinés à l'amélioration des races indi gènes. Une partie de ces animaux, qui fut placée à Stansdorff, près de Berlin, a été enlevée par les maladies; les moutons qu'on envoya dans diverses bergeries du pays, ont dégénéré en grande partie par la négligence des cultivateurs. J'ai cependant vu des trou peaux qui proviennent de cette ancienne race, et dont la laine à conservé sa finesse pri- mitive. Plusieurs cultivateurs prussiens, excités par l'exemple de la Saxe, ont, depuis cette époque, t acheté des moutons de race saxo-espagnole, et se sont livrés avec succès à l'éducation des races à laine fine; de sorte qu’il existe aujour- d'hui, dans les Etats prussiens, des troupeaux entièrement composés d'animaux à laine fine. Le gouvernement a encouragé cette éducation en instituant des écoles de bergers, moyen assuré de répandre et de faire adopterles bonnes méthodes. Il a donné à M. Fink, économe célèbre d'Allemagne, la direction de l’école fondée il y a deux ans à Pétersberg, dans la province de Magdebours. Douze bergers vont chaque année, apprendre à cette école, la pra- tique de leur art. Ce cultivateur commenca, en 1756, l'amélio- ration de ses troupeaux, en introduisant dans (32) ses bergeries les races de Silésie, remarquables par la finesse de leur laine. Il acheta, en 1768, des béliers et des brebis saxo-espagnoles, et tira directement d'Espagne, en 1778, un cer- tain nombre de Mérinos. C'est par le moyen de ces races étrangéres, que M. Fink est parvenu à donner le plus hant degré de perfection aux races indigènes, dont la laine étoit extrêmement grossière. Cet inté- ressant cultivateur, que j'ai vu à sa maison de campagne, située à trois lieues de Halle, à bien voulu me montrer en détail ses beaux et nom- breux troupeaux. Les moutons de sa bergerie sont plus petits que les Mérinos qu'on trouve en Espagne; mais ils ne sont pas inférieurs à ceux-ci, quant à la beauté et à la finesse des laines. Les races indigènes donnoient, avant l'amélioration, une laine qui ne se vendoit que 11, 13 ou 18 rixdals le quintal. M. Fink vend aujourd'hui la laine de ces races amélio- rées par les béliers espagnols, jusqu’à 60, 70 ou 89 rixdals le quintal: il met en vente, chaque année, environ trois cents moutons. La méthode de M. Fink, celle du comte Magnis en Silésie, celle qui a été adoptée dans les bergeries électorales de Saxe, offrant des particularités intéressantes, des dissemblances remarquables, et des résultats dont la connois- sance peut étre utile aux personnes qui s'appliquent ar Quables es, ex ; Un Cer. Rngères, plus haut is, dont Cet inté.. l&IsOn de e,à bien et nome à berveris on trouve nférieurs à nesse des , arant vendoit [ Enk amélio- 60, 70 Chaque u Come pie ds ant des ances DanOIS* 6s qu piquer (335) s'appliquent parmi nous à l'amélioration des races, je ferai connoître ces diverses méthodes dans la seconde partie de cet ouvrage. Le comte de Magnis, qui a des biens consi- dérables à Eckersdorff, dans le comté de Glatz en Silésie, où il s’est retiré en 1706, possède dans ce moment neuf mille cent moutons qu'il a améliorés avec les races hongroises et espagnoles. Lorsque ce patriote zèlé abandonna la cour, pour se livrer aux travaux champétres, il trouva sur ses terres trois mille bêtes à laine, dont le produit étoit évalué à 1200 rix- dalers, ou 4,800 francs. Non-seulement il a aug- menté ses troupeaux; mais il les à encore amé- liorés au point qu’il en retire annuellement un bénéfice de 105,000 francs. Le comte de Magnis qui avoit d'abord cherché à relever les petitesraces indigènes de la Silésie avec les grandes races de Hongrie, s'est ap pliqué depuis quelque temps à former des es pèces qui réunissent la hauteur de la taille à l'abondance et à la finesse des laines. 11 à acquis dans cette vue, les plus beaux individus de race Espagnole, qu'il a pu se procurer sur divers points de l'Allemagne, 11 paie souvent mille et même mille deux cent fr ancs pour un seul bélier, Quoique l'amélioration des Taces ne Soit pas encore parvenue au dernier degré de perfection dans les troupeaux du F KW) ( 54) comte de Magnis, elle est cependant poussée aussi loin qu'ellea pu l'être, en égard à l'époque à laquelle il a commencé. La laine de la ma- jeure partie de ses troupeaux, égale les belles laines d'Espagne; et les individus surpassent en force, en grandeur et en conformation, les plus beaux troupeaux du continent. M. le comte de Magnis, vend sa laine lavée, de 15 à 22 rixdalers le steine; c’est-à-dire de 60 à 80 fr. les vingt-deux livres poids de marc; ce qui porte le prix moyen de la laine, à 5 francs 55 centimes, et donne un bénéfice de 8 francs 80 centimes par téte, puisque chaque mouton produit, l’un portant l'autre, deux livres onze onces de laine lavée. Mais comme les moutons qui donnent une laine à 22 rix= dalers le steine, sont en plus grand nombre que ceux dont la laine n'est évaluée qu'à 19 rixdalers, la vente des laines s'élève annuelle- ment à environ 80,000 francs. M. de Magnis évalue les bénéfices qu'il retire de ses troupeaux, tant par la vente des laines que par celle des ani- maux, à 105,000 francs. Il vend les béliers 72 francs, et les brebis 356 francs. Ce cultivateur éclairé, qui conduit ses ber- geries avec un ordre admirable, et une intelli- gence au-dessus de tout éloge, s'est entièrement écarté des pratiques suivies par les agriculteurs de Silésie. Il a surmonté les obstacles que lui (35) offroit un sol ingrat; et il est parvenu à nourrir neuf mille moutons, dans un pays où la rigueur du climat interdit aux troupeaux les pâturages pendant six mois de l'année. Les succès qu'a eu, dans les États prussiens, l'éducation des races à laine fine, l'attention qu'un gouvernement éclairé donne à cette source de richesses rurales etindustrielles, font présumer que le nombre des Mérinos, celui des individus de races améliorées, ira toujours en croissant, et fournira avec le temps, de quoi alimenter les manufactures de draps, qui se multiplient chaque jour en Prusse(1) (1) Les manufactures de draps sont triplées en Prusse depuis treize ans. Cet exemple de bonne administration n'est pas le seul qu’on puisse citer à la louange de MM. Heinitz et Strunze, ministres du roi. Ce sont eux qui ont envoyé en Espagne M. Eink, qui fait dans ce moment l'acquisition de mille bêtes espagnoles, Je saisis l'occasion de témoigner à ces deux ministres, ma reconnoissance pour l'accueil favorable que j'en ai recu pendant mon séjour à Berlin, Ÿ * CHMPATRE TT ÉTATS AUTRICHIENS, ET AUTRES PARTIES DE L ALLEMAGNE. E guerre qui désoloit l'Europe, à l’époque où je voyageois dans le Nord, ne m'a pas permis de passer les frontières des Etats autrichiens. Aussi les renseignemens que je donnerai sur l'état actuel des troupeaux de race espagnole dans ce pays, seront peu étendus. L'impératrice Marie-Thérèse fit venir d'Es- pagne en 1775, trois cents Mérinos, qui furent placés à Mercopail, bergerie impériale en Hon- grie, où l’on fonda une école de bergers. On ré- pandit des instructions sur le traitement et le perfectionnement des belles races; on envoyoit même des bergers aux particuliers qui en de- mandoient. Si des causes politiques, ainsi que je le dirai dans la seconde partie de cet ouvrage, ne s'op- posoient en Autriche aux progrès de l'agricul- ture, le nombre des animaux à laine fine, devroit être considérable aujourd'hui, vu les dépenses et les efforts que Îe gouvernement gt quelques riches propriétaires ont fait pour (37) l'amélioration des races indigènes. Quoique Îles premiéres tentatives aient été couronnées d’un foible succès, il existe cependant à l'époque actuelle, dans les Etats autrichiens, sur-tout en Bohême et en Hongrie, plusieurs troupeaux de race pure ou améliorée; et l'exemple de la Saxe, et de la Silésie, semble avoir réveillé l'attention du gouvernement. L'Autriche a fait venir d'Espagne, dans ces derniers temps, deux troupeaux de Mérinos, qui furent embarqués à Alicante pour Trieste. Le premier transport qui a eu lieu il y a environ vingt ans, étoit composé de trois ou quatre cents individus, et le second de quatre à cinq cents. Un agent du gouvernement autrichien est en Espagne, dans le moment où j'écris» pour faire l'acquisition d’un troupeau de huit à neu£ cents bêtes. He On s’est occupé de l'amélioration des races dans les Margraviats d'Anspach et de Bayreuth, enfondant une école de bergers, eten faisant ve- nir en 1788, quarante béliers et quelques brebis desracessaxo-espagnoles etroussillones. Ontira, en 1790, d'Espagne et du Roussillon, un second troupeau qui fut placé à Rolenhof, et qui a servi à propager dans le pays, les belles races; de ma- nière qu'il est aujourd'hui peu de particuliers dont les troupeaux n'aient recu un commence ment d'amélioration. ( 56 On comptoit en 1797, à la bergerie de Ro- lenhof, quatre cent vingt-cinq moutons de race pure, et huit mille cent-quatre-vingt-o 12e indi- vidusaméliorés dans les principautés d'Anspach et Bayreuth. Les ventes de métis, de première, deuxième et troisième génération faites dans les bergeries particulières, ayant trompé l'attente des culti- vateurs, et portant obstacle au progrès du per- fectionnement des races, le gouvernement, pour remédier à ces abus, a publié des ins- tructions, et indiqué les lieux où l'on pourroit se procurer des individus sûrs et propres à la propagation des belles races. Les propriétaires de troupeaux trouvoient difficilement à se défaire de leurs laines, soit parce que les débouchés leur manquoient, soit à cause que les manufacturiers déprécioient les laines, et les payoient un prix bien inférieur à celui de leur valeur réelle. Le gouvernement a su par de sages mesures assurer aux cultivateurs des dé- bouchés avantageux; et il a concouru ainsi au progrès d’une branche importante d'économie rurale, Le duc de Wurtemberg, qui s’est occupé avec succès de l'amélioration de l’agriculture, conçut en 1786, le projet d'introduire dans ses Etats les races à laine fine, Il ft venir à cette époque cent béliers ou brebis de l'Espagne et du Rious- ( 59) sillon; et il envoya deux bergers à Montbar chez Daubenton, afin qu'ils s’instruisissent de la pratique de leur art. I! fit partir l’année suivante un de ses conseillers qui, après avoir observé la méthode suivie dans la bergerie de Montbar, fut en Espagne avec les deux bergers, et ramena un second troupeau composé de quarante bêtes espagnoles et de vingt-cinq roussillones. Ce troupeau, qui perdit neuf individus après avoir traversé la France, la Savoie et la Suisse, fut placé à Justingen, et s'est accru successivement jusqu'au nombre de cinq cents bétes. La vente qui se fait chaque année dans cet établissement a déjà contribué d'une maniére sensible à l'amé- lioration des races indigènes. Lestrente-deux animaux dontlebrave ethabile Moreau a fait présent à la Société d’Agricalture de Strasbourg, proviennent du troupeau du duc de Wurtemberg. Ce troupeau, qui a été donné gratuitement au général français par les Etats provisoires du duché, après la conclusion de l'armistice, est placé près de Strasbourg dans la banlieue de Sulz, sous la direction d’une so ciété, dont les membres ne sont pas moins re- commandables par leurs lumières que par les travaux utiles auxquels ils se livrent. L'intro_ duction des races à laine fine a eu lieu dans plusieurs autres parties de l'Allemagne, où elles ! ont également prospéré. Le chambellan et C0) grand-veneur de Molk qui a ses possessions dans le Mecklembourg, a fait venir un grand nombre de Mérinos qu’il élève avec succès. La Société d'Agriculture de Zell entretient à ses frais, dans le Lunébourg un beau troupeau de races améliorées au dernier degré de finesse. Plusieurs troupeaux de l'électorat de Hano- vre, du duché de Brunswick, du Palatinat, de la Souabe, de Bade, etc., ont été améliorés par l'introduction des Mérinos. Ces races ont été importées dans le duché de Brunswick, en 1785, et en Souabe, dans le margraviat de Bade, en 1789. Le margrave envoya à cette époque M. Volz, pour acheter le beau troupeau qui se trouve aujourd’hui à Pfozzheim. Car CEA PTE RE VIII. FR: A N*C EE Oxa pressenti depuis long-temps, en France, les avantages que devait procurer à l'agriculture etau commerce, l'amélioration des bêtes à laine. Colbert est le premier qui se soit occupé de cette branche importante de l'économie natio- nale. Ce ministre, aussi zélé pour la prospérité publique, qu'indifférent pour sa propre fortune, avait formé le dessein d'améliorer les races fran- caises, en tirant d’Espagne ou d'Angleterre des animaux plus parfaits que ceux qu’on élevait dans le royaume à cette époque. Si les vues de Colbert étaient utiles et réfléchies, elles étaient neuves; et par conséquent, elles trouvérent des Contradicteurs quis’opposèrent à leurexécution, Le projet de l'amélioration des races fran- çaises, a été repris, à différentes époques, ainsi qu'on le voit par les écrivains du temps. On trouve méme, dans la Nouvelle Maison rustique(édition de 1721, page 317), qu'on a importé, à différentes époques, des moutons d Espagne, dans le dessein d'améliorer les races françaises. Voici la manière dont s'exprime, à (42) ce sujet, l'auteur de cet ouvrage:« Nousavons, » en plusieurs endroits de France, plusieurs de » ces brebis de race Espagnole; elles y multi- » plient beaucoup, d'autant que le pays est plus » chaud, meilleur et plus étendu que l’Angie- » terre. Ainsi, il est aisé de suivre cet exemple, » et d'en établir la race par-tout;-elle fera deux » Ou trois fois plus de profit que nos brebis com- » munes n’en font, soit en force, soit en bonté » d'agneaux et de béliers, en fécondité, en » lait; soit en quantité ou en qualité de laines » et de peaux». Ce passage est la seule mention faite, dans nos écrivains, d’une introduction de Mérinos aussi ancienne. Je ne vois d’ailleurs au- cune de nos races qui ait été améliorée par celle des Mérinos, ainsi que le prétend l'auteur. M. de Perce fit, vers le milieu du siècle der- nier, dans le parc de Chambord, des essais qui eurent des résultats heureux(1), ou qui, du moins, excitèrent l'attention du public, et pré- parèrent les moyens qui nous ont conduits au point d'amélioration où nous sommes enfin arrivé. On s’occupa, depuis lors, de l'amélioration de nos laines, avec un nouveau zèle et un plus vif intérêt; et l’on fut arrivé pius promntement au but, si, au lieu de former des systèmes, on mr (1) Voyez la Gazette de France du 30 décembre, 742 (43) eût cherché, dans la nature, les causes qui pro- curent les laines superfines, et les moyens qui peuvent favoriser le maintien et la conservation des belles races.« T'ous ceux qui ont donné des » projets sur la manière dé perfectionner la: » crue de nos laines(dit Carlier)(1), n’ont » pas marché sur la mémeligne. Les uns, em- » portés par l’ardeur du zèle ou par la force » de l'imagination, ont signalé leurs efforts par » des spéculations plus recherchées que solides: utiles en apparence, elles ont été stériles dans » la pratique. D'autres, envisageant leur objet » Sous un point de vue moins favorable, nient » constamment qu'il soit possible de recueillir » en France des laines aussi belles qu'en Angle- » terre et en Espagne». Il a paru enfin, parmi nous, un observateur habile et judicieux, qui a fait passer rapide- ment l'amélioration de nos troupeaux à laine, de l'enfance à l’âge adulte, et auquel nous devons des bases qui donnent à ses successeurs l'espérance de reculer encore les limites qu'il n'a cessé d'éloigner jusqu’à la fin d'une longue et laborieuse vie. Pour peu qu'on se soit occupé d'objets de grande utilité publique, on doit pressentir que © 2 2 © (1) Voyez Mémoires sur les laines. Bruxelles, 1755, page 99. (44) je vais nommer Daubenton, qui s'est livré, avec autant de succès que de persévérance, à l'éducation d’une race de bétail si importante pour notre agriculture, pour notre subsistance, pour nos vétemens, et pour une multitude d'arts appropriés à nos innombrables besoins. Je ne puis donc rendre un hommage plus pur et plus mérité à ce savant illustre, qu'en empruntant les propres paroles de l'excellent traité qu'ila intitulé Znstructions pour Les Bersers(1). Le passage que je vais citer, présentera au lecteur la suite historique des progrès qu'a faits parmi nous l'amélioration des bêtes à laine. « En 1766(dit Daubenton), Daniel-Charles Trudaïine,intendant des finances, et quiavait le commerce dans son département, prévoyait que les Espagnols refuseraient de nous fournir de la laine, dés qu'ils auraient établi assez de manu- factures pour employer toute celle de leur pays. Trudaine sentit le grand préjudice que ce chan- gement causerait à notre commerce, puisque nous ne pourrions plus faire de draps fins. it s occupa des moyens de prévenir ce dommage, et de libérer en méme-temps la France d’une sorte de tribut de plusieurs millions qu'il lui en (1) Voyez Instruction pour les bergers et pour Les Propriétaires de troupeaux, avec d'autres OuSTAges sur Les nontons et sur les laines, par Daubenton, 3. édition, Paris, an X. (45) coûütait chaque année pour avoir des laines d'Espagne(1). Ce moyen était unique; C'était de faire croître en France des laines aussi fines que celles d'Espagne, avec lesquelles on ferait d'aussi beaux draps. > MM. Trudaine, pére et fils, me firent l'hon- neur de me consulter en 1776, afin de savoir s’il serait possible d'améliorer les laines de France, au point de suppléer aux laines étrangères dans nos manufactures de draps fins. Les observa tions que j'avais faites depuis long-temps sur les races métisses desanimaux domestiques, me firent penser que, par un bon choix de béliers et de brebis pour leurs alliances, on pourroit rendre les laines plus fines et plus longues. D'après ces considérations, MM. Trudaine me proposèrent de faire les expériences nécessaires pour cet objet. Je m'en chargeai avec d’antant plus d'espérance de succès, que le climat de la France me paroissoit plus favorable aux bêtes à laine, que celui de l'Espagne ou de l'Ansle- terre, parce qu'il y a moins de chaleur en France qu'en Espagne, et moins de brouillards qu en Angleterre. » MM. T'rudaine obtinrent de M. de Laverdy, alors contrôleur général des finances, tout ce (1) La France dépensoit, avant la révolution, 24 mil« lions chaque année, pour les laines qu'elle tirait d'Espagne. C 46) qui était nécessaire pour mes expériences. Le gouvernement fit venir successivement des bé- liers et des brebis du Roussillon, de Flandre, d'Angleterre, de Maroc, du Thibet et d'Es- pagne. Je mis toutes ces races de bêtes à laine dans la bergerie que j'ai établie en Bourgogne, près de la ville de Montbar, dans un canton un peu montueux, et par conséquent favorable à la production des laines superfines qui étaient mon principal objet. Je ne construisis point d’é- tables; je tins tous ces animaux en plein air, nuit et jour, pendant toute l’année, sous aucun abri; cette expérience eut un plein succès, dont je rendis compte à l'académie, en 1769, dans une assemblée publique. » J’alliai les béliers dont la laine était la plus fine, avec des brebis à laine jarreuse, quiavoient autant de poil que de laine, pour juger, par ces extrêmes, de l'effet de la laine du bélier sur celle de la brebis. Je fus très-surpris de voir sortir, de ce mélange, un bélier à laine super- fine. Cette grande amélioration me donna d'au- tant plus d'espérance pour le succès de mon entreprise, qu'elle avoit été produite par un bélier du Roussillon; car je n’avois point alors de béliers d'Espagne. » En 1776, il me vint des béliers et des brebis d'Espagne; alors j'eus sept races de bêtes à Jaine très- distinctes, y compris la race de D] (47) VAuxois, qui est le pays où ma bergerie est située. J'ai perpétué jusqu'à présent toutes ces races sans mélange, pour savoir ce qu'elles deviendraient dans ma bergerie. J'ai aussi allié ces sept races entr’elles, pour avoir d’au- tres races métisses, et pour connaître à quel degré elles influeroient les unes sur les autres: relativement à l'amélioration des laines. » Par ces expériences, suivies avec les plus grandes précautions, pour qu’il n'y eût point d'équivoque, j'ai amené toutes les races de ma bergerie au degré de finesse de la laine d’'Es- pagne, sans tirer de nouveaux béliers de ce pays, ni du Roussillon. Daubenton, après s'être assuré, par des ex- périences et des comparaisons plusieurs fois réitérées, que les laines de son troupeau éga- loient en beauté et en finesse celles des plus beaux troupeaux d’Espagne, fit fabriquer du drap en 1783, avec ces laïnes lavées à dos, dont il envoya 404 kilogrammes(832 livres) à la manufacture du Château-du-Parc, près Chä- téauroux en Berry. Le fabricant, après avoir fait avec ces laines du drap de différentes cou- leurs, s'engagea à les payer au plus haut prix de celles d'Espagne, transportées en France. On fit, l'année suivante, un second essai, qui produisit des draps plus souples, et aussi doux que ceux des laines d'Espagne de première ( 48) qualité; et l'on remarqua même que la laine améliorée avait un nerf plus fort et plus sen- sible que celui de la laine espagnole. Van- Robais, à Abbeville, et Décretot, à Louviers, fabriquèrent aussi, avec les laines du troupeau de Daubenton, des draps qui offrirent le même degré de perfection et de finesse que ceux qui furent faits comparativement dans la même fa- brique, avec les laines superhines d'Espagne; enfin les essais de la manufacture de Julienne aux Gobelins eurent un égal succès; et les draps prirent une belle teinture d’écarlate. Les moutons espagnols que Daubenton reçut pour l'amélioration de sa bergerie, provenoient du troupeau que Trudaine tira d Espagne, en 1776. Ce troupeau, le premier de race espa- gnole venu en France, étoit composé de deux cents bêtes qui furent réparties entre plusieurs particuliers de différentes provinces; il paroït que la race provenue de ces animaux a dégé- néré, ou a été totalement perdue, si l'on en excepte celle qui s’est soutenue par les soins de Daubenton(1), ou par ceux de Barbencçois, (1) Le citoyen Thévenin possède aujourd'hui le trou- peau que Daubenton avait formé à Montbar. Ce citoyen, digne de succéder à Daubenton dans une propriété de ce genre, à transporté ce troupeau à Tanlay, arrondisse- nent de Tonnerre, où il se propose de se livrer à des expériences dont les résultats seront sans doute très- utiles. qui ecut oient one; Spa= eux urS roit gé- _ et oin$ (49) qui recut, à la même époque, quarante indi- vidus, dont les descendans existent encore dans ce moment à Villegongis, commune du département de| Indre. Les laines de ce troupeau, qui ont été pré sentées cette année à la société d'Acriculture du département de la Seine, égalent en beauté et en finesse celles d'Espagne de première qua- lité. Ce fait, ajouté au grand nombre de ceux que j'ai rapportés dans cet ouvrage, démontre que les races de Mérinos peuvent facilement s'élever, et qu’elles donnent constamment des laines superfines, quoique transportées sur un sol et sous un climat différens de ceux d'Es- pagne. Les animaux de cette race ne sont pas, il est vrai, beaucoup multipliés dans ie département de l'Indre; les causes qui en ont été assignées par le citoyen Barbencoïis fils, proviennent du mauvais récime auquel on les a soumis dès leur arrivée dans ce pays. Les métayers s’obstinérent à conserver un nombre d'animaux de race Espagnole, éval à celui des moutons indigènes qu'ils avoient cou- tume de maintenir sur leurs terres, quoique ces dernières races soient beaucoup plus petites que celles des Mérinos, et qu’elles n’aient pas besoin d’unè nourriture aussi abondante; de sorte que les nouveaux troupeaux, ne trouvant, ni sur # (50) les pâturages, ni dans les bergeries la quan- tité et la qualité de nourriture qui leur étaient nécessaires, ontété sujets à de fréquentes mala- dies; ce qui a jeté du discrédit sur cette race, et a empêché qu’elle ne se propageät dans les environs, Les animaux soumis à ce mauvais régime ont diminué en taille et en grosseur; ils sont au- jourd’hui, sous ces rapports, pareils à ceux du pays. Les propriétairés qui avaient essuyé des mor- talités, ont remplacé les animaux de race Espa- gnole par des indigènes; de sorte que les deux races, se confondant par ce mélange, la race pure s’est abâtardie. On s’est ainsi imaginé que les Mérinos n'étaient pas propres au sol et au climat, et qu'ils ne pourroient s ÿ maintenir dans toute leur pureté; les préjugés quiattachent des idées de beauté et de bonté à certaines formes, ont contribué à la dépréciation des moutons à laine fine; et ils ont empêché qu'ils ne fussent vendus aussi avantageusement que ceux du pays. T'elles sont les causes qui ont fait négliger l'éducation des Mérinos dans cette partie de la France, et qui se sont opposées à leur multiplication. Ces animaux qu'il eût été facile, avec des lumières et des soins, de répandre dans l'espace de vingt-quatre ans sur tous les points du dépar- + Le (51) tement de l'Indre. se trouvent dans ce moment peu nombreux, et ils ont foiblement contri- bué à l'amélioration des races indigènes. Les expériences et les écrits de Daubenton démontrèrent au Gouvernement et aux particu- liers qu'il étoit facile d'élever et de conserver en France les races à laine superfne, et que l'éducation de ces races offroit de grands bé- néfices aux cultivateurs, et de puissantes res- sources à nos manufactures. Quelques proprié- tairestirérent à cette époque des Mérinos de l'Es- pagne. M. Dangevillier, alors gouverneur de Rambouillet, demanda au Gouvernement espa- gnol la faculté de faire venir un troupeau à laine superfine. Le roi donna des ordres pour que le choix füt fair parmi les plus beaux troupeaux d'Es- pagne. On fit partir en1786, trois cent-soixante- sept bêtes tant brebis que béliers, sous la direc- tion d'un Mayoral et de trois autres bergers espagnols. Ces animaux furent conduits à petites journées; et ils arrivèrent à Ram- bouillet,(1) après avoir passé l'hiver dans les (1) L'établissement actuel de Rambouillet étoit, avant la révolution, une ferme dépendante du château royal de Rambouillet. On regrette que le citoyen Tessier qui avoit commencé sur cette ferme une suite d'expériences, ait été arrêté dans ses travaux utiles, et que les circons- tances ne lui aient pas permis d'obtenir des résultats qui ARE (52) landes de Bordeaux. Il en périt environ soixante depuis l'époque de leur départ jusqu’à celle de leur arrivée. Il y avait à peine cinq semaines que le trou peau était fixé dans sa nouvelle habitation, lorsqu'on s'apercut qu'il était atteint de la clavelée. Cette maladie aurait causé de grands ravages, sans les précautions qui furent prises. Elle en- leva cependant trente-cinq brebis et soixante agneaux. Depuis cette époque, le troupeau n’en a pointété attaqué, parce qu'on a eu soin d'in terdir toute communication avec les troupeaux du voisinage, et de l’éloigner des pâturages communs, Les bergers espagnols le gardèrent et le soisnèrent pendant six mois, conjointement avec des bergers français. Après leur départ, auroient eu, sans doute, une grande influence sur le per- fectionnement de notre agriculture. On entretient, à Rambouillet, une vingtaine de buffles, une trentaine de vaches ou de genisses provenues de l’alliage d’un taureau sans cornes avec des vaches suisses, des vaches de la Romagne, un âne de Toscane, quelques étalons, enfin le troupeau de race pure espagnole. Les amateurs d’agri- culture voient avec regret qu’une ferme assez considé- rable pour exécuter en grand des expériences de tout genre, soit uniquement destinée à l'éducation de quel- ques animaux. nte (53) il fut confié à des bergers francais, et surveillé par l’économe de la ferme, le citoyen Bour- geois, qui unit, à des connoissances apricoles trés-étendues, un goût et un talent marqués pour les améliorations et les expériences. Lorsque les animaux qui ont donné naissance au troupeau actuel de Rambouillet arriva en France, il étoit composé d'individus d’une beauté extraordinaire, et inconnue jusqu'alors dans tous ceux de la même race qu'on avoit tirés d'Espagne à différentes époques, mais qui avoient été choisis dans un grand nombre de troupeaux assez éloignés les uns des autres pour être distingués par des différences locales très-frappantes. Ces animaux offroient une bi- garrure désagréable à l'œil, quoiqu’assez indif- férente sous le rapport de la qualité; ces diffé. rences caraciéristiques se sont fondues, em quelque sorte, dans les alliances successives des individus dans lesquels elles se montroient; et il en est résulté une race qui peut-être ne ressemble à aucune de celles dont étoit com posé le troupeau primitif, mais qui ne le cède en rien à la plus belle, sous le rapport de la taille, de la conformation, de la bonne cons. titution des animaux, de la finesse, de la lon- gueur, de la douceur, du nerf, et de l'abon- dance de la laine. Le troupeau de Rambouillet s'est progressi- ( 54) vement augmenté, jusqu'au moment où lon a cru qu'il étoit assez nombreux pour mettre an— nuellement en vente une certaine quantité d'in- dividus propres à être répandus sur divers points de la république. Des béliers et quelques brebis furent d’abord donnés et distribués à des parti- culiers; mais dès qu’on s'aperçut que l'opinion des cultivateurs peu éclairés les désaprécioit, par là méme qu'ils étoient un don, on prit le parti de les vendre chaque année. Les admi- nistrations provinciales, établies alors, en de- mandérent; et elles eurent la préférence. Il en fut envoyé dans la Bourgogne, dans la Bresse, le Dauphiné, la Champagne, la Normandie, le Berry, le Poitou, la Picardie, la Brie, la Beauce, etc. Le troupeau de Pambouïillet fut mis, dès le commencement de la révolution, sous la sur- veillance d'une commission d'agriculture, qui préserva ce précieux dépôt de la destruction dont il fut menacé plusieurs fois. Les membres de cette commission, amis zélés du bien pu- blic, étaient les citoyens Bertholet, l'Héritier, Cels, Vilmorin, Dubois, Gilbert, Huzard, Parmentier, Rougier-Labergerie, auxquels fut adjoint par la suite le citoyen Tessier. Nous allons donner ici un tableau qui présen- tera au lecteur l’état du troupeau de Ram- bouillet dans les années VI, VII, VIIT, IXetX, ELA E DU FROUPEAU DER MBOUIL LE À Depuis l'an 5 jusqu à lan 10 inclusivement. E T FHO LIT PAGE 54. | POIDS MOYEN| PRIX MOYEN| PRIX BARS BR EX NOMBRE|PRIX MOYEN| PRIX rroDuIT rorar| ANIMAUX| des DES de 5 hectogrammes| de 5 hect. de laine des des des le plus haut de la de la restans TOISONS EN SUINT. TOISONS. de laine en suint.[des ventres en suint.| LAyNfs AGNELINES.| BÊTFS VENDUES, ANIMAUX. vente des individus, VENTE. APRÈS LA VENTE, 3 kilogrammes. Béliers, ,. 99| Béliers, A 5 francs. 1 fr. 5 cent. 200 fr. 562 3 hectogram. Brebis... 04| Brebis, 107f ae Béliers... 85| Béliers, 64; É k francs. 1fr. 55 Cent. 1 fr. 22 cent. 1 fr. 25 cent. 120 fr. 20,000 fr, 610 4 Higgrammes a Brebis.., 57| Brebis, 8of. 5kilogrammes. Béliers... 40| Béliers, 6Gof. 10 fr. So cent.| 1fr. 5o cent.| 21 fr. 15 cent,| 1 fr. 10 cent. 150 fr. 469(1) 5 hectogram. Brebis,.., 130| Brebis H7OL Béliers, S8of. A8. 4 kilogrammes.| 15fr, 78 cent.| 2fr. 5 cent. 5o cent.| 120 fr. 441 Brebis, 68f£. Béliers, 331 f. Béliers.,.. 75 3 AN 9 4 kilogrammes. 24 francs, 2 fr. 00 cent. 1 fr. 4o cent.: one 510 fr. Brebis... 86| Brebis, 209f, 88 c. (. Béliers, 412£ À 4 kilogram. Béliers... 59 N 10. 27 fr, 95 cent.| 2 fr. 88 cent. 1 fr. 6o cent. 1 fr, 7h cent. 25c. 6530 fr. 5 x hectogram. brebis”. 97 Brebis, 236f. (1) Il a été envoyé en l'an 7, à Pompadour, 76 animaux, C55 époques où ce troupeau a pris les accroissemens les plus rapides, et où les cultivateurs français ont su le mieux apprécier les ressources qu'il offroit à l'agriculture et aux frabiques en laine. En jetant un coup- d'œil sur le tableau ci- joint, on s'apercevra que les laines des Mérimos ont obtenu, dans les différentes ventes faites à Fambouillet, un prix bien supérieur à celui qu’on retire des laines produites par les races françaises les plus estimées, que ce prix a tou- jours été en croissant, et qu'il a égalé, dans les dernières ventes, celuiauquel se livrent ordinai- rement, dans le commerce, les laines di fines d’ Espagne. On doit aussi observer que les marchands se sont constamment Coalisés pour déprécier ces laines, et pour empêcher qu’elles ne fussent vendues au taux de leur valeur réelle; que la vente se fait toujours au comptant; qu'il n’y a point la déduction de quatre pour cent en usage dans le commerce; que la laine des Mé- rinos, chargée d’une plus grande quantité de suint que celle des races francaises, éprouve au lavage une perte bien plus considérable; qu'à Rambouillet on sépare uniquement les laines des ventres, ce qui ne produit qu'une déduction de 2 hectogrammes( 6 onces) par bête, tandis qu'en Espagne on fait un triage de quatre sortes de laines dans chaque toi- (56) son(1), et que des trois premières sortes qui seules vont dans le conimerce extérieur, la deuxième et la troisième sont toujours vendues 1 franc ou 5o centimes au dessous de la premiére. Ces observations prouvent que les laines de Fambouiilet ont autant et peut-être plus de valeur que les laines espagnoles de première qualité, et que par conséquent l'éducation des Mérinos donne et donnera dans tous les temps un bénéfice bien supérieur à celui qu'on re- tire des races indigènes. Non-seulement ces animaux produisent une laine plus fine, mais ils en donnent une bien plus grande quantité, ainsi qu'on peut le voir en rapprochant les faits tracés sur le tableau que j'ai offert à mes lec- teurs, puisque les produits moyens sont de 3: à 4 kilogrammes(7 à 8 livres) par bête, et qu'il y a méme des individus qui donnent jusqu'à 6 kilogrammes(12 liv.)(2), tandis que les animaux des environs de Rambouillet (1) On peut consulter, à ce sujet, mon 77aïté sur les bêtes à laine d'Espagne. Varis, chez madame Huzard, an VII, page 67 et suivantes. (2) On a tondu cette année, à Rambouillet, un bélier qui avoit 8 kilogrammes(16 livres) de laine; quelques enimaux, dans des bergeries de particuliers, ont donné des toisons qui pesoient également 8 kilogrammes( 16 li- yres). (54) et de la majeure partie de la France, ne pro- duisent qu’un kilogramme et demi à 2 kilo- orammes( 3 à 4 livres) de laine, laquelle ne se payoit, les années ordinaires, que de 40 à 6o centimes les 5 hectogrammes( 10 livres): ce qui donne aux laines fines un avantage sur celles-ci de?, et aux laines métisses un avan- tage de?, ou au moins de À, suivant le degré du croisement. Les bénéfices considérables qu'on retire, soit à Rambouillet, soit chez les particuliers, de la vente des animaux à laine fine, doivent aussi réveiiler l'attention des cultivateurs, et les porter à composer leurs troupeaux d’indi- vidus de cette race. Les bénéfices ne seront pas toujours les mêmes; ils diminueront sans doute lorsque le nombre des Mérinos sera accru dans de certaines proportions; mais il s'écoulera avant cette époque un temps assez considérable, pour que les cultivateurs qui se seront livrés les premiers à l'éducation des Mérinos, retirent un gain très-avantageux de la vente de ces animaux. Le prix des bêtes à laine s’est beaucoup élevé, à Rambouillet, aux ventes des deux dernières années. Il a même été porté à un taux qui paroit extraordinaire dans un pays où l'on n'est pas accoutumé, comme en Angleterre, à mettre des sommes considérables à l'acquisition d'in- (58) dividus propres à relever les races. Plusieurs propriétaires, qui possèdent des troupeaux de race pure, ne laissent pas sortir aujourd'hui d'animaux de leurs bergeries, à moins de 150 ou 250 francs(1). Les demandes qui se font de toutes parts donnent lieu de croire que ces prix se soutiendront encore long-temps: elles doivent même augmenter à mesure que les préjugés qui existent chez un grand nombre de cultivateurs, se dissiperont pour faire place à des vues d’un intérét mieux calculé. Les expériences de Daubenton avoient suf- fisamment prouvé que les laines superfines du crû de France étoient susceptibles de recevoir es mêmes apprêéts, et de donner une aussi belle qualité de draps que les laines superfines d'Es- pagne. Des essais de cette nature ont été répétés plusieurs fois d’après Daubenton, soit avec les () Je croïs devoir prévenir qu'il s’est introduit, dans ce genre de commerce, une mauvaise foi contre laquelle les acquéreurs doivent se tenir en garde. Plusieurs culti- vateurs vendent pour métis de 4.ème ou 5.ème sénération, des béliers métis de 1.ère, de 2.ème ou de 3.ème généra- tion, et souvent même des métis d’une génération quel- conque, qu'ils disent être de race pure. Cette supercherie doit nuire à l'amélioration des races en France, ainsi qu’il est arrivé ailleurs. Des produits imparfaits, quoique doucs de toutes les qualités apparentes, ne sauroïent donner une amélioration parfaite, lorsqu'on les allie avec des races Communes, ou même avec des races pures, Leu nue (59) Jaines du troupeau de Rambouillet, soit avec celles dés troupeaux appartenans à des parti- culiers, et toujours ils ont obtenu un succès complet.| La société du département de la Seine a fait fabriquer plusieurs pièces de draps avec les laines provenues, en l'an 8, du troupeau de Ram- bouillet, et avec celles du troupeau de race métisse qui étoit à la ci-devant ménagerie de Versailles, occupée par l'abbé Sieyès. J'ai été nommé commissaire avec quelques-uns de mes collègues de la société, pour surveiller la fabri- cation de ces draps, et pour en faire l'examen. Nous avons trouvé, ainsi que toutes les per- sonnes qui les ont examinés, ou qui en ont fait usage, que leur qualité et leur beauté égaloient celle des draps faits avec les laines superfines d Espagne. Le gouvernement a fait aussi fabriquer des draps avec les laines des troupeaux dont je viens de parler, afin de constater de nouveau les avantages de ces laines. Voici le jugement des commissaires,( les citoyens Tessier et Huzard) consioené dans le compte rendu à l'Institut, en l'an 9, sur le troupeau de Ram- bouillet. « Nous avons fait fabriquer comparativement des laines fines, et des laines métisses achetées l'année dernière. Les citoyens Roi et Roui, de ( 60) Sedan, Décretot et Delarue, de Louviers, ont bien voulu se prêter à ces utiles expériences, Nous devons aux citoyens Roi et Roui la jus- üce de dire qu'ils sontles premiers qui se soient empressés de faire connoitre l'emploi des laines fines de France. Tous ces fabricans nous ont fourni de bons draps faits avec de la laine mé- tisse; ces draps ayant été exposés à la vente, ont fait sur les cultivateurs la plus grande im- pression. Nous avons appris que plusieurs d'entr'eux, en vendant leurs laines, avoient exigé, comme clause du marché, qu'il leur se- roit fourni, pour faire un habit, la quantité de drap nécessaire provenant de la dépouille de leurs troupeaux.» Il est bon de rendre compte de quelques expériences qui ont été faites à Rambouillet, afñn de constater tous les avantages qu'on peut retirer des races Mérinos, soit relativement aux laines, soit sous le rapport de la chair de ces animaux. Sur la recommandation du citoyen Gilbert, on fit, enl’an VI, l'expérience suivante: une brebis âgée de dix-huit mois n’avoit Jamais été tondue; sa toison enlevée en l'an VII a été du poids de sept kilogrammes, trois hectogram- mes, quatre décagrammes( quatorze livres dix onces), cette toison dont les filamens avoient le double de la longeur ordinaire, n’a éprouvé (61) aucune perte sous le rapport du poids, puisqu'il est peu de brebis qui eussent produit en trente mois cette même qualité de laine. Une seconde brebis qui a été également tondue à l'âge de trente mois dans l'an VIII, a donné une plus grande quantité de laine, quoi- qu'elle eût allaité un agneau. Sa toison qui pesoit dix kilogrammes, cinq hectogrammes( vinet- une re), avoit des filamens longs de vinet- deux centimètres(huit pouces), en déduisant par bête environ quatorze hectogrammes( trois livres), pour les six mois où elle était dans l'état d'agneau. La femelle de l’année dernière a donné dans chacune des deux années suivantes trois kilogrammes(six livres); et celle quia été tondue cette année quatre kilosrammes, cinq hectogrammes(neuflivres); d’où il résulte que ces animaux ont donné autant de laines ou si on les eût tondus tous les ans. On a tondu dans l'an IX huit brebis, dont les toisons avoient deux ans, et pesoient de huit à dix kilogrammes(seize à vingt livres), Il paroit d'après ces différentes expériences que la laine qu'on a laissé croître pendant deux ans acquiert le double de longueur, quelle conserve sa finesse, et qu'on ne perd rien sous le rapport de la quantité. On n'a pas observé à Rambouillet que les animaux soumis à cette épreuve aient souffert (62) beaucoup de la chaleur, ni que leur santé en ait été altérée. On a seulement remarqué que les agneaux éprouvoient beaucoup de difficulté à téter les brebis, à cause de la longueur des flocons qui cachent entièrement le pis. On pense que les laines obtenues, en laissant pen- dant deux ou trois ans les toisons sur le corps de l'animal, peuvent être employées avec grand avantage dans plusieurs genres d'ouvrages, sur-tout pour la fabrication des casimirs, ainsi qu'on en a fait l'expérience avec les laines de Rambouillet; mais il faudroit qu'on laissât croitre pendant deux ans les toisons d’un trou- peau entier, afin de constater d'une manière posi- tive lesavantages oules inconvéniens quipeuvent résulter de cette méthode. il seroit bonde savoir si une certaine quantité d'animaux, dans cet état, n'exigeroit pas une plus grande quantité de nourriture; s'ils ne seroient pas sujets à des maladies plus fréquentes; si leur conduite aux champs n'offriroit pas des difficultés; enfin, sil ne se trouveroit pas d’autres inconvéniens qu'on évite facilement, ou auxquels on n’est pas exposé lorsqu'on ne soumet à cette épreuve qu'un petit nombre d'animaux. Il est probable que les inconvéniens surpasseroiïient de beau- coup les avantages. On a fait aussi à Rambouillet des expériences à dessein de savoir s’il y avoit de l'avantage à Br (63) ne tondreles agneaux qu'à la seconde année, au lieu de commencer la tonte dès la première, c’est-à-dire, lorsqu'ils sont âgés de six mois. Ces animaux ont donné la même quantité de laine que s'ils eussent été tondus deux fois; et leurs laines étoient plus fortes et plus longues; elles ont acquis une plus grande valeur dans le com- merce. T'els ont été les résultats présentés à l'Institut par les citoyens T'essier et Huzard. Le citoyen Yvard qui réunit à des connois- sances profondes en agriculture, un grand zèle pour les progrès de l’art, a fait des expériences qui semblent contredire les résultats obtenus à Rambouillet. Il a pensé que pour avoir des données plus positives, il ne suffiroit pas de’ conserver pendant deux ans la toison à quel- ques agneaux, et de comparer le produit de leur laine avec celui qui résulte de la tonte annuelle d'un certain nombre d'agneaux, qui peuvent se trouver plus foibles, et, être moins bien nourris que ceux avec lesquels on établit la comparaison. Le citoyen Yvard a évité tons ces inconvéniens en prenant dans son troupeara quatre agneaux, qu'ila fait tondre la premièreet la seconde année sur une moitié du corps, dans le sens longitudinal; la toison qui couvroit l’autre moitié n'a été coupée qu'à la seconde année. Un agneau tondu à moitié en l'an neuf, a donné 11 onces: de laine. La tonte de la (64) même portion de son corps, a été en 7 an dix, lv. onc.\ Avantage en faveur de la de 5iv.ausone.; total.::/ 6: 6| double tonte. liy. onc. Le côté non tondu enl’an neuf, n'a produit en l'an 1 4 DO LE) dR, Que... 5e Un autre agneau d., première tonte, 12 onc.:. Seconde tonte, 4 livres 14 OC. OI Se D 11 Côté non tondu la pre- ir 1 mière année... une: 0 10 E Troisième agneau id., première tonte, 8 onc.:. Seconde tonte, 4 livres DONC 10. 0 14 Côté non tondu la pre- MHIÉTe, ANNÉE... 4 0 Quatrième agneau id., première tonte, 8 onc.:. Seconde tonte, 3 livres 10.o0n6.5"total... 1:12 Côté non tondu la pre- MCE ANNÉE.- suc cu: 9 aie Avantage total des tontes D" NN D » T4 D annuelles faites sur quatre agneaux, comparativement aux tontes bis-annuelles...,..,....2 7© Les pi” [es Les (65) Les résultats que le citoyen Yvard a obtenus dans son expérience, prouvent quil y à du bénéfice à tondre les agneaux dès la première année, et de la perte à conserver perdant deux ans, la toison aux animaux plus âyés, ainsi que je l'ai observé plus haut. On pourroit cependant infirmer ces résultats, en disant que les humeurs qui donnent: la croissance à la laine, ont une plus grande tendance à se porter vers la partie du corps de l'animal où la laine a été coupée, et qu’elles accélèrent ainsi la croissance d’une partie de la toison aux dépens de l'antre. Cette sup- position qui ne paroit pas fondée, prouveroit également en faveur de l'expérience, puisqu'elle suppose que la coupe des laines accéière leur croissance. Je présume qu'une pratique, usitée par quelques bons agriculteurs anglais, pourroit avoir des avantages dans le cas où l’on vou- droit conserver aux agneaux leur toison pen- dant les deux premières années(1), et même pour les moutons qu’on soumet à une tonte annuelle; on coupe sur le corps de l'animal la surface de la toison à la hauteur d’une ou (1) 1 y auroit un grand avantage à conserver aux agneaux leur toison pendant les deux premières années, si ce moyen les garantissoit du tourni, ainsi que quelques expériences semblent le faire croire, 5 ( 66) deux lignes. Cette opération qui occasionne dans la toison des animaux de taille moyenne, une perte de demi-livre au plus, accélére cependant la croissance de la laine; elle doit donc procurer un bénéfice au temps de la tonte. L'expérience a appris que les cheveux ont besoin d’être rafraichis pour croitre avec plus de vigueur. On avoit d'abord pensé que les races de Mérinos n'étoient pas susceptibles de pro- duire en France d’aussi belles laines qu'en Espagne, parce que la France ne jouit ni du même sol, ni du méme climat que cette partie méridionale de l'Europe. On a ensuite dit que la finesse des laines étant un effet des voyages, on n'obtiendroit jamais en France le même degré de finesse qu'en Espagne, parce qu'il nous étoit impossible de soumettre les mou- tons au méme régime. Tous ces raisonnemens ayant été démentis par l'expérience, quelques personnes ont cherché à déprécier les Mérinos, en soutenant que ces animaux n'étoient pas de nature à prendre beaucoup de graisse, et que leur chair étoit d’une trés-mauvaise qualité. Cette objection spécieuse, peut-être sous quelques rapports, est cependant complète- ment détruite par les faits. Il est vrai que le mouton qu'on mange en Espagne est géné- ralement maigre, coriace, et d’un goût désa- LEA 2 (67) sréable; mais j'ai observé dans mon Trarre des bêtes à laine d'Espagne, que la mauvaise qualité de la chair des moutons en Espague provient de ce qu’on ne les livre à la bou cherie, que lorsqu'ils ne sont plus habiles à la reproduction, ou lorsqu'ils commencent à dé- périr de vieillesse. Les entrepreneurs des boucheries les conduisent alors sur des ter- rains communaux situés dans le voisinage des villes, et si dénués d'herbe, que les moutons trouvent à peine de quoi se nourrir. Les Es- pagnols conservent très-peu de moutons châtrés dans leurs troupeaux voyageurs; tout au plus dans la proportion de deux septièmes; et même ils ne font subir la castration aux mâles que lorsqu'ils sont parvenus à un âge avancé. Toute espèce de race soumisé à un régime aussi vicieux, donnera une chair de mauvaise qualité. D'ailleurs les races à grosse laine en Espagne n'ont pas une chair plus délicate que celle des Mérinos; et j'ai mangé dans ce pays, du Mérinos aussi savoureux que le mouton de France. Ce que je viens d'avancer trouve sa confir- mation dans les faits recueillis par les citoyens Tessier et Huzard. Nous allons les 1apporter d'après ce qu'ils ont consigné dans le compte rendu à l'Institut en l'an VIII. « Les expériences que nous avions faites jus 5& ( 68) qu'ici, en mettant en poturée(1) des moutons Espagnols, n'avoient point été suivis dans leurs détails. Il étoit absolument prouvé que tous les qu'on y avoit soumis, s'étoient en— animaux graissés, et que leur chair étoit au moins aussi délicate que celle des moutons de toute autre race. Comme nous avions à détruire un préjugé qui empéchoit qu'on ne propageñt avec facilité les bêtes à laine superline, il étoit nécessaire de résenter des faits positifs et revêtus de l’au- thenticité qui caractérise des expériences faites sous les yeux du Gouvernement. En consé- quence, le 18 ventôse dernier, trois mou- tons ont été mis à part: ils étoient de même âge, mais de poids inégaux, formant ensemble centvinet-un kilogrammes,cinq hectogrammes, (deux cent quarante-trois livres). I] y avoit du plus au moins pesant, une différence de cinq kilogrammes, cinq hectogrammes(treize liv.). On les a nourris d'abord de luzerne et de son; ensuite on a supprimé le son, pour lui substituer de l'orge, de l'avoine. Les animaux ont été pesés tous les quinze jours à-peu-près, ainsi que la nourriure qui leur étoit destinée pour cet espace de temps.» «Ilen est résulté 1°. qu'au 14 prairial, jour où l'on en a tué un, le poids total des trois (1) On appelle poture l'engrais des animaux à étable. (69) moutons étoit de cent soixante-trois kilosram- mes(trois cent vingt-six livres); ils avoient augmenté de quarante-deux kilogrammes, cinq hectogrammes( quatre-vingt-trois livres);» «2°, Qu’alors la différence de celui qui pesoit le moins à celui qui pesoit le plus, étoit de quatre kilosrammes, deux à trois hectogrammes(huit livres 2:); c'est-à-dire, que cette différence étoit de deux kilopgrammes, deux à trois hec- togrammes(quatre livres neuf onces), moindre que quand on avoit mis les animaux à l'en- gTaIs;» « 3°. Que celui qui a pesé le plus à la fin étoit celui qui ne pesoit ni le plus ni le moins en commencant;» « 4°, Que le moins pesant des trois à la fin, a été celui qui pesoit le moins en commençant;» «5°, Quela plus forteaugmentation de chacun a eu lieu dans les douze premiers jours;» «6°. Qu'il yaeuuneremission d'augmentation pendant un temps chaud dans deux animaux seulement, après laquelle le temps étant frais, l'augmentation a été plus Forte;» « 7°. Qu'à deux reprises, un a augmenté, quand deux autres ont diminué; ce ne sont pas les mêmes, chaque fois, qui ont diminué;» « 8°. Quaprès l'époque du 15 prairial, les deux restans ont diminué de plus en plus, et inégalement.» Cao) « Chaque mouton, en quatre-vingt-six jours, a consommé cent quarante kilogrammes, trois hectogrammes(deux cent quatre-vingt-une liv.) d'alimens, ou seize à dix-sept hectogrammes { trois livres quatre onces) par jour.» _« Ge n’est pas quand ils ont le plus augmenté qu'ils mangeoient le plus; mais ils ont mangé le plus depuis le quinzième jour jusqu'au qua- rante-cinquième.» « Le mouton tué le 14 prairial, le moins pesant des trois, pesoit quarante- neuf kilo- grammes, sept à huit hectogrammes( quatre- vingt-dix-neuf livres*);» SAVOIR: kilog. hect. liv. Chariet O8 rip 5-0 LOGO D UT. SU TR 0 Foie PUPONMON ed 2 Pi 47 Tête, pieds, peau, intes- RES Ne de 0e GARE SA ele nee nopreen LOUE MONS eee. 40 à I « Nous observerons que parmi les moutons Espagnols, engraissés précédemment, quel- ques-uns ont donné plus de suif que celui qui nous a fourni l'occasion de ces détails. Sans Dose er VE à (71)| doute, les deux autres en eussent donné da- vantage; mais nous ne pouvions en disposer alors. Quoi quil en soit, la viande en a été trouvée excellente.» « Cette expérience ajoutée aux autres, prouve incontestablement que les moutons Espagnols sont susceptibles d’engraisser, et que mal-à- propos on a cherché à répandre des préventions contre la qualité de leur chair(1).» On a vu dans le courant de cet ouvrage que tous les gouvernemens qui avoient cherché à introduire les races de Minéros dans leurs Etats, ne s'étoient pas contenté de tirer d'Espagne des animaux, et de donner des encouragemens; mais qu'ils avoient jugé que tous ces moyens seroient inutiles, sur-tout s'ils ne s’attachoient pas à répandre l'instruction. Le bureau d’agri= culture auprès du ministre de l'intérieur a également senti que les races à laine fine ne réussiroient et ne se propageroient en France qu'à raison des degrés d'instruction que rece- vroient les cultivateurs, et les bergers. C'est d'après ces motifs qu'il a fait répandre une (1)« L'intérêt particulier des marchands de moutons et des bouchers a pu seul contribuer à répandre ce faux bruit, pour avoir à bon marché ces animaux, et les métis qui en proviennent. Ce préjngé est sans fondement, et tendant à retarder les progrès de l'amélioration; nous croyons qu'il est important de le détruire», (72) instruction sur les bêtes à laine, rédigée par Gilbert, et qu'il a formé à Rambouillet une école pratique de bergers. L'école de bergers de Rambouillet a été très- utile, puisqu'elle a déjà fourni quelques bergers dans les départemens; et elle le deviendra de plus en plus par la suite, lorsque les proprié- taires aisés s’occuperont de l’économie rurale. On entretient sept ou huit élèves à Rambouillet aux frais des départemens; et les particuliers ont là faculté d'envoyer à cette école des jeunes gens, en payant une pension de trente-six francs par mois. Pour se faciliter la vente des Mérinos, et celle des laines superfines, on vient d'établir à Ram- bouillet une foire qui a commencé à la dernière vente, et qui aura lieu chaque année à la même époque. Elle fournira, sans doute, par la suite aux particuliers un débouché pour les laines des troupeaux Mérinos; mais cependant les commerçans qui ont paru à cette foire se sont accordés pour désapprécier les laines: aussi la vente n’a pas été favorable aux cultiva- teurs. Ceux qui ont vendu hors de la foire ont irouvé des prix bien plus avantageux. Les fer- miers trop éloignés de Rambouillet ne peuvent s y rendre. La foire étant d’ailleurs fixée à une époque trop rapprochée de la tonte; elle se trouve finie avant que les propriétaires aient eu LL A (73) le temps d'y envoyer leurs laines. Il seroit donc convenable que cette foire se tint un mois plus tard, et qu’elle füt fixée à Paris, ou dans ses environs. Le grand nombre des troupeaux de race pure ou améliorée étant élevés à une cer- taine distance de Paris, les fermiers qui viennent habituellement dans cette capitale pour leurs affaires, y vendroient leurs laines sans être tenus à des frais extraordinaires. On pourroit encore employer un autre moyen qui contribueroit non moins efficacement à la vente des laines; ceseroit d'établir aux environs de Paris un lavoir dans le genre de ceux d'Es- pagne,pour l'usage des cultivateurs. On en cons- truiroit d’autres successivement dans les dépar- temens qui posséderoient un nombre de bêtes à laine assez considérable, pour soutenir des établissemens de ce genre.(1) Le premier lavoir doit-être construit aux frais du Gouvernement, puisqu'aucun particulier n'est disposé à former cette entreprise. Les frais (1) Pour mieux faire comprendre La description d'un lavoir espagnol, ilen faudroit un dessin(dit le citoyen Tessier dans ses Annales d’Apgriculiure, N.° de Ther- midor an X, p. 265). Quelqu'un sans doute nous pro- curera ce qu'il nous manque à cet égard. Je préviens le citoyen Tessier, ainsi que les personnes qui désireroienr faire construire des lavoirs à la manière espagnole, qu'ils (74 7) de construction seroient peu considérables; et le Gouvernement pourroits'en dédommager en prélevant une légère rétribution sur le lavage. I] seroit facile aux cultivateurs, après avoir lavé leurs laines, de les introduire dans le commerce comme laines d'Espagne, et de les porter ainsi à leur juste valeur. Ils les vendroient eux-mêmes aux fabricans, ou ils emploiroient des courtiers capables de déconcerter les manœuvres des marchands, qui se coalisent, lorsqu'ils traitent directement avec les propriétaires. Il existe deux établissemens nationaux, outre celui de Rambouillet, dans lequel on entre- tient des troupeaux de Mérinos. Le Gouverne- ment a pensé qu'il n'étoit pas moins important de propager les races à laïnes superfines dans les départemens méridionaux, que dans ceux du nord, et qu'il falloit former des troupeaux sur des points différens, afin de prouver par l'exemple que ces races réussissoient également trouveront, dans mon 7Y7arté des bétes à laine d'Es- pagne, imprimé en l’an VIT, le dessin et la description des lavoirs de Ségovie, ainsi que le procédé employé pour le lavage des laines. Un commerçant en laine a construit, près de Saint- Denis, un lavoir. Je ne sais d’après quels principes a été dirigée cette construction. J'ai appris que le lavage ne s’y fait que pour le compte du propriétaire. Cet établissement est donc peu utile à la vente des laines fines. (75) par toute la France; il étoit d'ailleurs néces- saire, pour encourager cette branche d’indus- trie, de rapprochèr autant qu'il seroit possible les animaux des propriétaires,@t d’en faciliter ainsi l'acquisition. C'est d'après ces vues, quon a envoyé er l'an VI à Pompadour, départementde la Corrèze, un troupeau de Mérinos composé de soixante- dix brebis et de six béliers. L'établissement de Pompadour qui, jusqu'à cette époque, avoit été uniquement destiné à l'éducation des che- vaux,(1) acquerra un nouveau degré d'utilité en propageant une race à laine superfine,qui fera disparoître insensiblement les mauvaises races des départemens voisins.. Le troupeau de Pompadour composé dans ce moment de deux cent quarante-neuf individus, est confié aux soins d'un berger, qui a été formé à l'école de Rambouillet. Voici l’état de ce troupeau en l'an X. Béliers de différens âges..< 75 Agneaux de l'an Xe:°.. e o°. 3o PORAR ou UT cou 100 (1) Il y avait à Pompadour, au commencement de l'an X, 19 étalons, 15 jumens poulinières, ou jeunes poulains des deux sexes. On y entretient aussi deux ânes venus de Toscane, 9 bœulfs limousins, huit bêtes à corne de la Romagne, et six buffles. ( 76) De latemon+ Fi 405 Brebis de différens âges..... 57 ARR dan ue ar 0 Agnelettes d'un an...... 24 Agnelettes dé Lannbe.: 20 94 T'otal. e L1 e e[2 e e 249 L'établissement de Perpignan a été formé avec une partie des Mérinos que Gilbert avoit tirés d'Espagne. Gilbert qui concut le projet d'établir un troupeau de Mérinos à Perpignan, avoit bien senti que la propagation des moutons d'Espagne trouveroit moins d'obstacles, et feroit par conséquent des progrès plus rapides dans cette partie de la France, soit parce que les habitans du pays étoient déjà familiarisés avec les formes propres aux moutons Espagnols, et qu'ils connoissoient mieux l'excellence de cette race, soit que les localités fussent plus favorables à l'entretien d’un troupeau de cette nature. Le Gouvernemont ayant adopté le plan de Gilbert, ordonna que les dispositions néces- saires pour l'entretien d'un troupeau seroient faites à Perpignan, et qu'il seroit envoyé dans cet établissement un berger de Rambouillet pour recevoir et pour soigner le troupeau qui arrivoit d'Espagne. Ce troupeau qui étoit alors C7) composé de trois cent soixante animaux, s’est accru jusqu'en l'an IX de trois cent quatre- vingt-cinq individus. En voici l'étai: Béliers venus d'Espagne.,. 16 Pas BCEDIS de 1 Agneaux mâles, nés à la ber-; DÉHICR he ve Lt 100 585 Agneaux femelles, idem... 196 Nombre total des bêtes à laine qui se trouvoient à la bergerie de Pérpenanen lan ie-..,#5 Il me reste à parler du troupeau Métis d’AI- ford, afin de faire connoître au lecteur tous les établissemens publics relatifs à l'amélioration des bêtes à laine. Le troupeau qui est aujourd'hui à Alfort avoit d'abord été formé à Sceaux, et ensuite trans- porté à Versailles. On sait que le parc de Sceaux étoit une ferme expérimentale fondée par une loi du 16 floréal an II; mais des raisons politiques ou prétendues telles, ayant nécessité la vente de Sceaux, le directoire frappé de la justice des observations contenues dans le rapport que l'Institut lui » (78) adressa à cette occasion(1) et sentant d’ailleurs l'importance d'un établissement national d’agri- culture, trans porta l'établissement de Sceaux à la méragerie de Versailles. Les expériences nombreuses sur les diffé- rentes branches de l'économie rurale, com- mencées à Sceaux, et continuées à la ména- gerie de Versailles, ont été entiérement inter- rompues depuis le mois de floréal an VIII, époque à laquelle le gouvernement a pris un arrêté par lequel la ménagerie de Versailles a été adjugée au citoyen Sieyes en récompense des services importans qu'il a rendus à l'Etat. On regrette que le Gouvernement n'ait pas été suffisamment instruit des avantages innom- Prables que devoit procurer un jour à l’agricul- ture et à l’industrie française la ferme expéri- mentale de Versailles. Il eût, sans doute, donné une autre récompense au citoyen Sieyes; et celui-ci se fut empressé à demander un objet équivalent, s’il eût bien approfondi les raisons d'intérêt public(2) qui lui furent présentées (1) On trouvera ce rapport imprimé dans les Ænnales de l'Agriculture française, tome IV, p. 289 et suivantes. Les commissaires étoient les citoyens Cels, Fourcroy, Gilbert, Huzard, Parmentier et Tessier. { (2) On peut consulter le Rapport fait à la Société d'Agriculrure du département de la Seine sur la né- Gessité de conserveg l'établissement rural de l'ancienne C79) dans la lettre par laquelle la société d'Asricul- ture l'invitoit à former une autre demande auprès du Gouvernement. «Si l'agriculture est lé premier des arts;(dit l'Institut dans son rapport) s’il ne peut être perfectionné que par des expériences; si ces expériences exigent une ferme nationale; s'il est vrai, comme l'a affirmé une homme qui a bien mérité de l’art agricole,« qu'un gouver- nement qui n'a pas un pareil établissement, manque d’une institution de la plus grande uti- lité»; si la ferme de la ménagerie est maintenant le seul bien national qui convienne pour cet objet, et que cependant on ne bala nce pointà la détruire sous ce rapport; quels seront donc les établissemens publics qui seront respectés? Quels seront les circonstances dans lesquelles l'intérét public devra triompher de l'ntéréé particulier?» Le troupeau de Métis de Versailles, transféré à Alfort le 12 messidor an VIII, avoit été formé dans la vue de suivre l'effet du croisement des races, et d'obtenir les variétés de laines si né- cessaires pour nos draps et pour les étoffes qui ménagerte de Versailles; les Observations de la Soctété;: et le Rapport de l'Institut national sur le méme sujet; trois écrits imprimés par la Société d'Agriculture, et con- signés dans le deuxième volume de ses Mémoires, an IX, p. 79 et suivantes, ( 80) forment la principale branche de notre com- merce dans le Levant. Ce troupeau qui étoit composé de deux cent cinquante- quatre bêtes, plus soixante- treize agneaux de l'année, a perdu vingt-septindividus peu de temps après son arrivée à Alfort; il est composé dans ce moment(à la fin del’an X) de deux cent quatre-vingt-seize individus de diffé- rentes races de tout âge, ainsi qu'on peut le voir par le tableau qui se trouve annexé à cet article. Les moutons Valaisains qui surpassent en gran- deur et en grosseur ceux de nos races françaises, ont une laine très-rude, ressemblante à du poil de chèvre, longue de vingt-quatre à trente centimètres, et inégale en grosseur et en lon- gueur.: Ceux du Béarn moins élevés en taille que les précédens, donnent une laine aussi longue, plus grosse, et extremément jarreuse. Les uns et les autres portent des toisons dont une partie des filamens sont plus courts, et beaucoup plus fins que les longs filamens dont nous venons de parler. La laine des Beaucerons est moins longue, moins sèche, moins jarreuse, moins cassante, et plus égale que celle des races précédentes. Les moutons Boulonnois sont robustes; ils ont les formes et la physionomiesemblables à celles de l'an € Com. IX Cent treize ividus il est \) de diffé- ut le à cet à pTaN- cases, du pol trente n lon- e Les plus SRE partie D plus ons de nue sante, fes, ls ont celles de C9) de quelques races anglaises: ils donnent une laine douée d’une certaine élasticité, et un peu moelleuse, quoique d'une assez grossière qualité. La race anglaise de Lincolnshire, que l’on possède à Alfort, est haute de cinquante-un à cinquate-quatre centimètres( dix-huit à dix- neuf pouces:). Elle est bien corsée; elle a le corps trapu et court, les jambes fortes et larges, la tête quarrée, les lèvres et le mufle renflés: elle est d’une santé robuste; sa laine est douce et peu élastique. La race Solognotte est l’une des plus petites que nous possédions en France; elle est carac- térisée par des jambes courtes et gréles; par une tête petite et élilée, des tâches noires et grises aux jambes et à la tête; elle a l'oreille petite; sa laine courte etfrisée doit être rangée parmi nos meilleures laines indigènes de seconde qualité. Les moutons du Roussillon ont communé- ment une taille au-dessous de celle des Mérinos. Leur laine égale presqu’en finesse celle des moutons transumantes d'Espagne. FElle en dif- fêre en ce qu'elle est moins tassée, qu'elle est contournée en spirale dans toute sa longueur, et qu'elle se détache en flocons sur le corps de l'animal. Les races Roussillones sont remar- quables par leurs toisons fortement colorées en jaune, et chargées d’une grande quantité de suints 6 {82) En alliant avec des béliers espagnols, Îes sept différentes races de brebis dontnous venons de parler, on a obteuu des Métis qui donnentdes laines plus ou moins fines, et plus ou moins analogues avec celles des Mérinos. Ces laines portent un caractère qui indique la race ma- ternelle des individus qui les produisent;etelles parviennent à un nouveau degré de perfec- tion, à raison du nombre de croisemens qui out lien jusqu'à la quatrième génération. Elles ont à cette époque atteint le degré d'amélioration particulière dont elles sont susceptibles. Une race s'améliore d'autant plus promptement que ses laines primitives sont douées d'un plus haut degré de finesse. On maintient les Métis au point d'amélioration où on les a portés ,'en les alliant entr'eux, sans avoir besoin de recourir aux béliers espagnols. Si l'on accouple un bélier espagnol avec une brebis à laine longue, la laine du Métis sera pius longue que celle du père; elle sera au contraire plus longue que celle de la mère, si l'accouplement a lieu avec une brebis 4 laine courte: la longueur diminue dans le premier cas; et elle augmente dans le second, à me- sure que les individus s'éloignent de la pre- mière génération, de sorte que la différence est ordinairement peu considérable à la qua- trième génération. le, lei venons ent des moins laines - telles rfec= qui tion. degré sont nt plus 1 sont e, On on où sans nols. une sera ta AU mére, à lai remief 4 In6= ] pre= rence qua” (85) Un Métis produira une laine d'autant plus abondante, que la mère dont il Proviendra aura une toison plus tassée. L'abondance des laines dépend sur-tout de la grosseur des animaux, de la quantité et de la qualité des alimens qu’on leur donne. On ne doit pas s'attendre À voir de riches récoltes en laine, lorsque les animaux n'ont pas été nourris COpieusement. 6 Les Métis, provenus de l'alliage d’un bélier espagnol avec une brebis d’une race quelconque, gagnent ou perdent en taille et en grosseur, selon que la femelle est d’une race plus ou moins grande. Ainsi, les propriétaires qui re- cherchent les grandes races de Métis, doivent donner aux béliers espagnols des brebis plus fortes que ceux-ci; tandis que les personnes qui tiennent aux petites races, à raison de la nature de leurs pâturages, doivent choisir des brebis d’une taille inférieure à celle des béliers. L'influence du mâle étant plus grande dans la génération que celle de la femelle, il est important de choisir des béliers de haute ou de petite taille, ou doués de telles ou telles qualités, selon l'espèce de troupeau qu'on se propose de former. Les Métis sont, ainsi que toutes les races d'animaux, susceptibles d'acquérir de nouvelles qualités| soit relativement à la toison, soit 6* (54) relativement à la chair, aux formes, etc. On ne pourra atteindre la perfection qu'en choisis- sant à chaque génération nouvelle, les indivi- dus qui possèdent à un plus haut degré les qualités recherchées, et en les employant exclusivement à la procréation. Les sept racesque je viens de caractériser, sont d’une santé robuste, si l’on en excepte la solognotte qui est très-sujette aux maladies:: les Métis qui en proviennent, jouissent d'un tempérament plus heureux. Ils engraissent moins facilement que les Métis boulonnai s, anolais, beaucerons, valaisains; on retrouve le méme inconvénient dans l'éducation des Métis béarnais, et dans celle des roussillons. Les races qui s'améliorent le plus promp- tement sont la boulonnaise, l'anglaise, la solo- gnotte, et sur-tout la roussillonne, par la raison qu'elle égale presqu'en beauté les Mérinos espagnols. La béarnaise est plus susceptible d'amélioration que la valaisaine, quoique les toisonsdeces deux races aient des filamens d'une égale grosseur, et que ce lle-ci ait beaucoup Eee de jarre que la premi ière. Je présume que les races dont la toison est composée à-la-fois de filamens très-srossiers et très-rudes, et d’une autrè espèce de fl amens assez fins, et plus courts que les premiers, sont plus sus- ceptibles d'amélioration que celles dont la ques géo jeite€ nence propre jute€ etc. On hoisi. indivi- ré les oyant ser, cepte dies; d'un: Assent nas, ouve le $ Métis romp- s0]0- also rin0$ ptible 1e\es 5 d'une (85) toison est uniquement garnie de poils grossiers, Il seroit fort important, pour le progrès de l'amélioration des laines, qu’on recherchät les causes qui rendent une race susceptible d’une amélioration plus complète et plus rapide. Il reste encore à faire un grand nombre d’expé- riences(1), avant d'avoir acquis les notions propres à nous guider dans la route qu’il nous reste encore à parcourir. On a formé à Alfort une Æcole de Lergers, où l'on élève en ce moment, douze ou quinze jeunes gens envoyés par les départemens et par les propriétaires de troupeaux. Les préfets de départemens donnent, par mois, 36 fr. pour chaque élève. Cette somme sertà payerlanourri- ture, l'habillement, l'entretien del'éléve, l'achat deslivres etdesinstrumens nécessaires àsonins- truction. Les propriétaires paient une pension alimentaire de 22 fr. par mois, plus les frais de l'entretien, etc. Les bergers sont nourris et logés en commun avec les élèves vétérinaires, et soumis à la même discipline. (1) M. Godine jeune, professeur à l'Ecole Vétérinaire d'Alfort, qui a bien voulu me communiquer la plus grande partie des faits que je viens d'exposer ici, et qui m'a montré le troupeau d'Alfort, confié a ses soins, s’occupe dans ce moment d’une suite d'expériences dont les résul- tats ne seront pas moins utiles à la science, qu'honcrables pour le citoyen éclairé qui travaille avec zèle à étendre les connoïssances utiles. (86,), L'instruction des élèves bergers, qui dureun an, est divisée en trois parties. On leur enseigne dans les quatre premiers mois, l'anatomie élé- mentaire du mouton, les principes de physio- iopie et de physique, etc. Les quatre mois suivans sont employés à leur apprendre l'hy- giène, l'histoire naturelle du mouton, les moyens d'améliorer les races, la maniére dont les troupeaux doivent étre logés, nourris, parqués, soignés, etc. On donne aux élèves- bergers pendant les quatre derniers mois, des leçons sur le traitement des maladies auxquelles sont sujettes les bêtes à laine, sur les opéra- tions chirurgicales, sur la préparation des médicamens, etc., etc. On se propose de faire venir, sous peu à Alfort, les races de France, qui offrent des caractères plus prononcés et plus distincts, afin de former une suite de croisemens avec les Mérinos et de connoître ainsi quelles sont celles de nos races qui présentent les plus grands avantages sous le rapport des laines, sous celui de la chair: de la santé, de l'économie, etc. Il ne seroit pas moins utile de faire des croisemens avec quelques races étrangères, telles que celles du T'exel, de Frise, de Moldavie, de Padoue.(1) (1) On peut voir, dans le cours de cet ouvrage, Ce que j'ai dit sur ces différentes races. ret pli pu qu( jé m aussi 7e pOs ia pi Ù sou den {1 tabl des nom! éBré d ureun Se1gn8 1e élé. hysio. Mois lhy- , les dont III, êves- , des uelles OPÉTA« on des Allort, téres rmer t de aces sous hair, SetOit $ avec Îles du 8,(1) mc je que ( 87) Les avantages immenses que la nation doit retirer du troupeau de Rambouillet, ne sont plus aujourd'hui hypothétiques. Ceux que nous pouvons espérer du troupeau d’Aifort, quoi- que moins considérables, peut-être, ne seront pas moins réels. On regrette qu'une bergerie aussi précieuse soit placée dans un local qui ne possède pas un arpent de terre, et que des animaux destinés à des expériences qui exi- gent une vigilance et des soins particuliers, soient forcés d'aller paître sur des pâturages d'emprunt. Je vais mettre sous les yeux du lecteur le tableau comparatif de la taille, de la longueur des laines, du poids moyen des toisons, et du nombre des moutons de différentes races, élevés à l'Ecole Vétérinaire d'Alfort. TABLEAU COMPARATIF De la taille, de la longueur des laines, du poids= moyen des toisous, et du nombre des moutons de difiérentes races, élevés à Alfort. 3| 7 PE ti à ee EUTEE== t PSE TA RER PRUDENT LOT ALERT | E | Longueur| Poids moyen! Nombre | É RACE 8. TAILLE. des des toisons d'animaux + laines.| non lavées. bé l'an<, centimètres.| centimètres. kilogrammes. 7 RER Re 1 VALAISAINE,. 65'à 72| 24 à 3o 4 à 7 (| BÉARNAISE,.+| D4 à 59 24 à 30 DE 5 BEAUCERONNE.| 59 à 65| 11 à 17 8 à 23 BOULONAISE..| 45 à 51| 16 à 20 4 84 ;\ ANGLAISE...| 91 à 54| 14 à 16 nu 21 SOLOGNOTIE..| 40 à 44 8 à 10 3 30 } VE| Ka LD Fe 6. ROUSSILLONE.| 44 à 4 9 à 14 Ô+ 4 | Des ñ Y ESPAGNOLE.| 45 4 64| 9 à 12 8 À 59 Total des bêtes à laine composant le troupeau D'ATOLTE en ee Sn En 296 À!= TT lu pots. NOutons FT ombre Maux l'an x, nn 5e) ( 89) 11 existe, en France, outre les troupeaux nationaux de Rambouillet, de Perpignan, de Pompadour, et d'Alfort, une quantité consi- dérable de moutons de races pures ou amé- liorées au dernier dégré de finesse. Il paroît, d'après les derniers renseignemens reçus des départemens, que le nombre de ces animaux répandus sur divers points de la République, s'élève à un million; et, dans la supposition que ce nombre fût exagéré, il est néanmoins certain qu'il s’est accru considérablement dans les dernières années. L'on ne peut pas douter qu'il ne prenne graduellement un accroisse- ment encore plus rapide, lorsqu'on consiüère lempressement avec lequel les Mérinos sont recherchés(1), le prix auquel on les paie, et la valeur qu'ont acquise leur laine dans le com- merce, enfin lorsqu'on est parvenu à une époque où les préjugés commencent à se dis- siper, et où un grand nombre de cultivateurs = a— (1) On peut consulter l'Analyse des procès-verbaux des conseils-généraux de département, publiés par ordre du ministre de l'intérieur, an X; et l'on verra que les cultivateurs de la grande majorité des départe- mens, sentent les avantages qu'ils peuvent se procurer Par l'éducation des races espagnoles; que les demandes de Mérinos sont très-multipliées; et que l'on sollicite, en plusieurs lieux, la formation d'un troupeau pareil à celui de Rambouillet. (90) et de fabricans sont plus éclairés sur leurs vrais intérêts. Je me contenterai de nommer ici les dé partemens qui ont demandé au Gouvernement des moutons achetés en Espagne, par le ci- toyen Gilbert, et auxquels il à été fait des envois, Ces départemens sont ceux des Passes- Alpes, de l'Aveiron, Cantal, Drome, Eure, Gard, Haute-Garonne, Léman. Haute-Loire, Loire inférieure, Lot et Garonne, Mont- Blanc, Moselle, Oise, Puy-de-Dôme, Fhône, Saone et Loire, Seine inférieure, Seine et Marne, Tarn, Bouches-du-Rhône. La totalité des moutons envoyés à ces départements, est de cinq cents six individus mâles ou femelles, non compris quarante brebis qui ont été pla- cées à Rambouillet. Après avoir donné l'état actuel des moutons de race espagnole en France, je ariarai des mesures que le Gouvernement a prises dans ces derniers temps, pour assurer la propaga- tiondes Mérinos en France, ou plutôt pour aug- menter rapidement le nombre de ces animaux. On sait que le Directoire s’étoit réservé, par un article secret du traité de Bâle, la faculté de tirer d'Espagne, pendant cinq années con sécutives, mille brebis et cent béliers» Ce Qui dounera à la France cinq mille brebis et cinq cents béliers. Le Directoire néglisea pendant l leurs S dé. ment à(Qt des s$es- ire, ire, nt one, ne et talité S, est elles, pla= (ot) quelque temps de réaliser une extraction qui offroit de si grands avantages à l'agriculture et à l'industrie francaise. Lorsque Le citoyen Gilbert, dont la senle passion éioit celle du bien public ,lut, en l'an 6, un Mémoire à l'Ins- titut, sur l’état du troupeau de Rambouillet, dans lequel il développe ses idées à ce su- jet, et où il indique la marche qu'il regarde comme la plus propre à faciliter l'extraction, et la plus utile à la propagation des Mérinos en France; il dit que le Gouvernement doit faire cette extraction à son propre compte, et éviter sur toute chose de subroger à ses droits les particuliers qui voudroient l’entre- prendre; il ajoute que le Gouvernementiroit directement contre le but qu'il se propose, sil exécuioit en méme-temps une extrac- tion aussi considérable. Je combattis l'opi- nion du citoyen Gilbert, dans mon 7rarté des bétes à laine espagnoles, qui parut peu de temps après l'impression du Mémoire lu à l'Institut. Voici comme je m’exprimois, p. 191 de mon Ouvrage:« Je pense que, si quelques particuliers vouloient faire venir des moutons à leurs frais, soit pour les garder, soit pour les vendre, le Gouvernement ne devroit pas sy opposer. Quelque grand que soit le nom bre qu'on en exporte, le perfectionnement de nos races à laine fine n'en souffrira point. (92) Les personnes qui fefont venir Ces moutons, ou ceux qui les acheteront de seconde main, n’emploieront à cette acquisition leurs fonds, quelque modiques qu'on les suppose, qu'avec l'intention d'en retirer du bénéfice; or, onne peut espérer ce bénéfice qu'en donnant à cette race les soins qu'elle exige. Ainsi, bien loin que cette spéculation soit nuisible à l’amélio- ration déjà commencée, il est évident qu'elle l’étendra, et que, si elle s'exécute, il est à pré- sumer que, sous peu d'années, nos manufac- tures pourront se passer entièrement des laines d'Espagne». Les mesures indiquées par Gilbert, furent adoptées, et le Gouvernement qui se décida à faire venir à ses frais un troupeau de cinq mille cinq cent cinquante Mérinos, envoya le cit. Gilbert en Espagne pour faire le choix et l'a- chat des animaux. On regrette que le Gouver- nement(1) n'ait pas remis cette entreprise aux (1) Le Gouvernement a perdu au moins un tiers sur la vente des moutons qu'il a tirés d’Espagne. Cet exemple, et une foule d’autres qu'il seroit facile dé citer, prouvent que le Gouvernement ne doit pas se mêler d’une opération, toutes les fois qu'elle peut être faite par des particuliers. IL doit se contenter de protéger et de payer la chose, lorsque cela est nécessaire, et non les individus qui la diri- gent. Le Gouvernement pourroit donner, à peu de frais, de puissans enc ouragemens aux sciences, à l'agriculture, 101 C9) particuliers- s'il l'eût fait, l'infortuné Gilbert n'eùt pas eu le chagrin de se voir abandonné dans le cours de sa péniblemission; l'agriculture n'auroit pas à régretter un de ses partisans les pluséclairés; la France posséderoit, depuis trois ans, cinq mille cinq cents Mérinos, qui auroient déjà augmenté considérablement nos richesses territoriales. Gilbert avoitacheté, en Espagne, mille mou- tons qu'on a fait entrer en France depuis sa mort. On a laissé une partie de ces animaux dans l'établissement national de Perpignan; et l'autre partie a été remise aux particuliers qui s’étoient fait inscrire pour la souscription ouverte par le Gouvernement. Il s'étoit écoulé quelque temps depuis cette époque; et le Gouvernement ne prenoit au au commerce, venir au secours de l’indigence, etc, s’ilin- vitoit les citoyens qui se distinguent par leur probité, leur zèle et leurs lumières, à former des sociétés libres, qui re- cevroient des fonds dont elles rendroient compte, mais qui travailleroient gratuitement, et sans être entravées par les agens du Gouvernement, La Société des soupes de Paris a distribué, dans le courant de cet hiver, plus d’un million de soupes, qui n’ont pas coûté 7 centimes chacune. Si le Gouvernement eût ordonné à ses agens de fonder les éta- blissemens, et de faire les distributions à ses frais, les soupes seroient revenues à 15 ou 20 centimes; et peut-être même le peuple n'auroit jamais voulu adopter ce genre d’aliment. (94) cune mesure pour faire entrer en France leg quatre mille Cinq cents animaux qu'on pouvoit facilement obtenir de l'Espagne. Je pensois que les circonstances étoient favorables pour faire cette extraction, et que, si l’on difréroit encore, l'on pourroit éprouver par la suite des difficul- tés qui priveroient pour toujours la France d'une acquisition aussi précieuse, attendu que le temps fixé par le traité de Bâle s’étoit éconlé. C'est d'après ces réflexions que je crus devoir proposer mes vues à mes collègues de la So- ciété d'asriculture du département de la Seine. J'en fis part au cit. Silvestre, qui les proposa, peu de jours après, à une séance de la Société d'Agriculture. C'est d'après cette proposition que la Société écrivit au Gouvernement, et qu elle lui demanda d’être subrogée à ses droits, et de pouvoir former une société d’Actionnaires pour l'extraction de quatre mille et quelques Mérinos qui revenoient encore à la France. La Société d'Agriculture, ayant obtenu sa demande, a invité ses membres à souscrire et à former, avec des particuliers pris hors de son sein, une compagnie qui se chargeroit de l'achat des Mérinos et de leur introduction en France. Cette compagnie s’est organisée; et elle a envoyé deux agens et plusieurs bergers en Espagne, pour faire le choix et l'acquisition de quatre mille quatre cents moutons. Deux (95) mille de ces animaux entreront en France vers le commencement de l'automne, et le surplus dans le courant de l’année prochaine. Ces Me rinos, en quittant l'Espagne, seront con- duits sur divers points de la République, afin que les propriétaires qui voudront s’en procu- rer, puissent le faire facilement; on les vendra à l'enchère. Le lieu et l'époque de la vente se- ront annoncés par les papiers publics(1). Le nombre d'animaux à laine superfine, qui vont être conduits en France, réuni à celui d'un million d'individus de races pures ou amélio- rées, qui existent déjà dans la République(2), facilitera, dans peu aux cultivateurs, les moyens d'améliorer les races indigènes dont les sont en général peu abondantes et de mauvaise qualité. Cette amélioration que les (1) Le nombre des Mérinos entrés en France, n'a été que de 1,200, par la raison que le Gouvernement espagnol n'a pas voulu permettre, pour cette annte, une plus forte extraction. Une partie de ces animaux a été vendue dans les départemens, au moment où je livre cet Ouvrage à l'impression; le surplus arrivera incessamment à Paris. La compagnie s’est engagée à tirer d'Espagne, l’année prochaine, ou les années suivantes, 3,200 Mérinos, qui reviennent encore au Gouvernement français. 2) Les animaux de race pure s'élèvent à quinze mille environ, ( 96 j circonstances actuelles favorisent, fera sans doute des progrès très-rapides(1). Déjà les cultivateurs Français plus éclairés sur leurs vrais intérêts, ont prouvé aux der- nières ventes de Rambouillet, l'importance qu'ils attachent à l'éducation des bêtes à laine fine. Le Gouvernement a pris des mesures favo- rables aux progrès de cette éducation, en pro- voquant par des récompenses considérables (1) On ne sauroit mieux prouver les avantages de l’amé- lioration des laines en France, qu'en présentant ici un calcul fort simple:« Si le million de bètes fines ou amé- liorées que nous possédons dans ce moment( dit mon collègue Huzard, dans une note de l'Insttruction pour Les bergers, de Daubenton), dépouille cinq livres(vingt-cinq hectogrammes) de laine par bête, ce qui est basé au plus bas, nous avons cinq millions de livres( deux cent qua= rante-trois mille neuf cent deux myriagrammes) pesant de laine en suint, qui produisent deux millions de livres ( cent quarante-six mille trois cent quarante myriagram- mes) pesant de laine lavée, en estimant le déchet de la- vage aux trois cinquièmes; ce qui n’a pas lieu pour les laines métisses. Ces deux millions de livres(cent quarante- six mille trois cent quarante myriagrammes) de laine lavée donnent à la fabrication un million d’aunes( un million cent quatre-vingt-huit mille mètres) de drap, avec. lequel on peut habiller cinq cent mille hommes, a deux aunes( deux mètres trente-six centimètres) par habit. Voilà une masse déjà assez considérable de laine fine ou améliorée, pour laquelle il n’y a eu aucune exportation en numéraire, et qui est toute entière du crû de la France. une fer à Any éclairés ux der- D0rtance à laine res favo- en pro dérables de l'arné- \tant\c1 un RES QU armé nt( dit mon HLOn pour ls s(vingt-cinq basé au plus Ç En que ss| pesant de livres priapram- het de la- ù pour les quarante s) de laine d'aunes(0 e drap, 41% mes, 4 dEUE | par habit, one Âne où xportation gi de A une (97) une fabrication économique, dont les résultats ne seront pas moins avantageux à l'asriculture qu'au commerce. On voit cependantavec regret qu'il existe encore en France, et sur-tout dans nos villes principales, une certaine indifférence qui arrête sans cesse les progrès vers lesquels tendent nos manufactures. Espérons que le Gouvernement, que les hommes en place, que les riches particuliers, qui, dans tout pays, ontune si grande influence sur l'esprit public, comprendront enfin, qu'il est de leur intérêt et de leur devoir d’encou- rager, par leur exemple, l'agriculture et l'in dustrie française. Espérons qne les citadins, qui parmi nous sont encore possédés de l'anglo- manie, nimiteront désormais des Anpglais, que cet amour pour la patrie, sans lequel une nation ne sauroit prospérer, et qu'ils attache- ront aux objets fabriqués en France, le méme prix qu'un Añglais met aux produits de ses ma- nufactures. Espérons que désormais nous lirons fréquemment dans nos journaux un avis sem- blable à celui qu'on trouve dans un journal Anglais du 14 octobre 1798.« Les habitans de » Lincoln, donneront incessamment un bal » pour l'encouragement du commerce des » laines. Les dames n'y seront admises qu'avec » des robes et des jupons d'étoffes de laines » filées, tissues et fabriquées dans Le pays; les 7 (98) » homnies ne pourront s’y présenter qu'avec » des vêtemens en laine, les bas seuls exceptés; » la soie et le coton sont proscrits.» Lord Sommerville, président du bureau d'agriculture de Londres, a donné en ce genre un exemple qu'il seroit beau de voir imité par nos sénateurs, par nos conseillers d'Etat, et par tous ceux qui étant salariés par la nation, sont tenus par cette raison méme à provoquer les encouragemens que réclame l'industrie française.« J'ai résolu »(dit Lord Sommerville, dans une adresse faite » au bureau d'agriculture, page 1(1).) De ne » plus user de drap fin ou de casimir faits avec » des laines de crû étranger.» Les sentimens patriotiques alliés aux agré- mens de la gaieté française, offrent un spectacle qu'il est digne d'une grande nation de donner à l'univers. (1) Cetouvrage a pour titre: Lord Sommierville’s adress ‘ sothe Board of agriculture, on the subject of sheep and wool. 1799. CRE GS ETS ( 99:) GAP RER E VIII. H'OLEL-ASN D:EF. Pasv de régions en Europe offrent une tem- pérature, et un sol aussi disparates que ceux d'Espagne et de Hollande. Les moutons d'Espagne transportés d’un climat brülant dans un pays froid et marécageux, ont néanmoins conservé en Hollande les qualités qui les dis- tinguent des autres races, et se sont maintenus sains et vigoureux, Les premiers moutons à laine fine, venus d'Espagne, ont éprouvé le sort auquel ils ont été soumis dans toutes les parties de l'Europe où ils furent d’abord introduits; c'est-à-dire qu'ils ont dégénéré par la négligence des culti- vateurs. Ainsi quelques animaux importés à différentes époques, avant 1789, ont laissé une postérité qui a perdu la finesse primitive de ses laines. La conservation des races fines ne date en Hollande que de l'année 1789. M. T'went, quia bien voulu me donner les renseignemens que l'on trouvera ici, fit venir alors d'Espagne deux béliers et quatre brebis qu'il placa à sa terre 7. À { 100} &e Raaphorilt, située entre Leide et la Haye. Le sol de cette terre, en partie sabloneux, est formé par les dunes oùil croit très-peu d herbes; il s'y trouve aussi des prairies, des terrains bas des- tinés au labourage, ou couverts par des bois taillis, ou par des bois de haute futaie. Les moutons Espagnols qui avoient beaucoup souffert pendant le voyage, furent bientôt remis de leur fatigue, et s'accoutumérent facilement à une nourriture et à un climat nouveau. Leur race, qui s’est propagée successivement, forme aujourd'hui dans la bergerie de M. Twent un troupeau de deux cents têtes. M. Twent vend le surplus, par la raison que sa terre n'est pas susceptible d’en nourrir un plus grand nombre. C'est en écartant ainsi chaque année les ani- maux les moins parfaits, et en conservant ceux qui donnent les laines les plus longues et les plus fines, qu'il s’est formé un troupeau choisi, et préférable à tous ceux quon trouve en Hollande. Les béliers de son troupeau donnent 9 à 12 livres de laine non lavée, et les brebis mères 6 à 9 livres; produit qui surpasse celui des plus fortes races de Hollande, puisque la toison de celles-cine pèse que de 8à 1olivres. Les laines du même troupeau ont dans le commerce une valeur double de celles des meilleures races indigènes. Ces laines perdent la moitié de leur poids dans le layage. On ena fabriqué, depuis ( xor j 279? 7"ne assez grande quantité de draps, qui ne le cèdent en rien aux plus beaux draps faits avec les laines superfines d'Espagne. M. Twent, afin de constater la qualité des laines de son troupeau, a fait une épreuve que j'avois moi-méme tentée pour m'assurer d’une manière plus positive des qualités respectives des laines de Rambouillet, de Suède, et d'Es- pagne, ainsi que je l'ai dit dans mon Trarré de bêtes à laine d'Espagne. Je vais rapporter ce qu'il m'écrit à ce sujet. « La laine de mon troupeau de Mérinos n’a pas dégénéré jusqu'ici: en voici la preuve; j'ai Mis sur un drap noir neuf échantillons de laine de différens jeunes béliers, auxquels j'aiajouté un échantillon de la plus belle laine saperfine que j'ai pu me procurer chez un fabricant de draps; après avoir numéroté ces échantillons, je portai les numéros sur un papier, en y joignant l'indication des animaux quiavoient produit ces. jaines: je cachetai le papier, et je le remisavec les échantillons au Commerçant qui à acheté mes laines; je le priai de me dire quels étoient les échantillons auxquels il donnoit la préfé… rence; après avoir examiné avec attention, ef avoir fixé son opinion, le papier a été ouvert, et il s’est trouvé que cinq: échantillons de mes lines avoient été préférés à la laine superfine d'Espagne». { 102) M. Twent qui suit avec beaucoup de zèle et d'intelligence l'amélioration des races dans sa patrie, ne s'est pas contenté de former un troupeau de race pure; il a croisé la race es- pagnole avec les différentes races de Hollande, telles que celles du Texel et de Frize(1). Les croisemens qui ont été faits avec ces deux races et les Mérinos, semblent promettre de grands avantages. J'ai recu depuis peu des lettres de ce cultivateur, par lesquelles il m'annonce que les derniers Métis qu’il a obtenus, portent des laines aussi fines et méme supérieures à celles des Mérinos. Il a observé que les Métis nourris sur un terrain gras, ont la laine moins fine que ceux qu’on élève sur un sol léger. Invité par l’4ssemblée économique nationale de Harlem de faire venir de nouveau Mérinos, M. Twent tira en 1792, par la voie de l'am- bassadeur d'Espagne, trois béliers et quatre brebis. M. Cuperus obtint la même année quelques Mérinos, dont j'ai vu les descendans à sa cam- pagne près de Leyde, où on les tient durant la belle saison sur des pâturages abondans et hu- mides. La race obtenue par le croisement des béliers. Espagnols avec les brebis indigénes () Je parlerai de ces races dans la seconde partie de cet Ouvrage. UTTIS e que nale 06, im- tre ques cam- ant la (ir07) donne des laines qui égalent presqu’en finesse celles des Mérinos dont elle provient.' M. Kops élève aussi dans les dunes, auprès d'Harlem, un troupeau de race espagnole croisée avec celles de la Frize et du Texel. Cette nou- velle race, parvenue à la troisième génération lorsque je l'ai vue, semble promettre des ré sultats heureux. Ses laines ont donné un drap de très-bonne qualité. Le troupeau de M. Twent et celui de M. Cuperus ont fourni des béliers aux particuliers qui ont voulu améliorer les races indigènes sur diflérens points de la Hollande. M. Collot= élève dans ce moment sur une terre près la Haie, un beau troupeau Métis, composé de cin- quante bêtes. L'esprit public qui se porte en Hollande(1), ainsi que chez toutes les nations civilisées de l'Europe, vers ce genre d'amélio_ ration, donne lieu de croire qne bientôt les races à laine fine feront disparoiître Les races communes. (1) La traduction hollandaise de mon Traité sur les bêtes à laine, qui a paru il ya unan, St une preuve que Ja nation hollandaise s'occupe de l'amélioration des races indigènes. (104) CPR PITRE TX. CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. J E commencerai ce chapitre en citant un passage de l'ouvrage de Lord Sommerville, dont j'ai parlé plus haut. Le vaisseau de guerre le Chameau, qui vient d'arriver du Cap de Bonne- Espérance, m'a apporté des laines espagnoles de troupeaux naturalisés au Cap depuis dix-huit ans. Elles m'ont été envoyées par un homme qui se con- noît parlaitement en ce genre: voici ce qu'il m'écrit. « M. Van Runen a mille brebis, dont quatre cents sont de race pure d'Espagne apportées au Cap, il y a dix-huit ans(en 1782) depuis la Hollande, où elles avoient été envoyées de l'Es- tramadoure, par Île roi d'Espagne. Un mouton Espagnol pèse de soixante à quatre-vingtslivres. La laine à plutôt gagné que perdu en finesse, dans la colonie du Cap.(1)» (1) Les moutons indigènes du Cap de Bonne-Espé- rance, sont de la race à large queue, la plus générale- ment répandue sur le globe. Ils donnent une laine extrémement grosse, et qui ressemble à la soie de ( 106) Les meilleurs agriculteurs Français, et ceux qui se sont le plus occupés du croisement des races pensent que les animaux qu'on fait passer du nord au midi, c’est-à-dire, d’un climat moins Chaud que celui sous lequel on les transporte, donnent des produits inférieurs à eux-mêmes, soit qu'on les accouple entr'eux, ou qu'on les allie aux races du pays; et que les individus qu'on fait passer du midi au nord, améliorent constamment les races avec lesquelles on les croise. Il existe plusieurs faits qui combattent cette opinion; et il est d’ailleurs facile de prouver que les dégénérescences qui ont eu lieu, pro- viennent souvent de causes différentes de celle qu'on leur assisne. Lorsqu'un nombre suffisant d'expériences auront été faites comparative ment par de bons observateurs, on trouvera que le défaut d'intelligence et de soins, le mauvais cochon. Leur queue se termine par une extrémité mince et retroussée. Les autres parties de l'Afrique, même les contrées situées sur la Méditerranée ne produisent que des laines grossières, malgré que quelques auteurs aient avancé qu'on trouve des races à laine fine dans le royaume de Maroc; il est probable que ces races exis- toient dans ce pays à l’époque où les Maures cultivoient les arts, et faisoient fleurir l’agriculture. Le races des moutons, ainsi que le caractère des hommes o:t été éga- lement avilis; Sous la domination des chefs barb resques, devenus féroces, ignorans et superstitieux. (106) choix des individus et la mauvaise nourriture influent autant et même plus sur la dégénéres- cence de l'espèce, que le degré de chaleur plus ou moins grand qui règne sous une latitude différente; mais ce n'est pas ici le lieu de dis- cuter cette matière. Je me contenterai de remarquer que le succès des races à laine superfine au Cap de Bonne Espérance, démontre que l'opinion générale- ment adoptée en France, n'est pas toujours d'accord avec les faits. Je m'’étois convaincu d’après les observations que j'avois recueillies en Espagne sur les races de bêtes à laine de ce pays, sur leur éducation, et sur la nature du sol et du climat, que les causes de la finesse des laines n'étoient pas celles qu'on assigne communément. La conservation de la race espagnole au Cap de Bonne-Espé… rance, dans les marais de la Hollande, et sous le climat rigoureux de la Suède, donne une confirmation nouvelle au principe que j'ai énoncé dans mon éraité des bêtes à laine d'Es- pagne, c'est-à-dire, gu'on peutélever des races à laine fine par-tout où 1l existe des hommes industrieux et cultivateurs. (. 107.) irriture inéres. A LR Sn ar plus CH A PAR RE:.X: titude à le dig- L, TM CDEDE, UCCÈS L'iraur, qui trop long-temps a dédaigné les OnnE= arts utiles, sembleroit-elle vouloir sortir du rale- long assoupissement où l'ignorance et le fana- jours tisme du peuple l'ont tenue plongée jus- qu'ici? Le contact des Français, qui lui Vations a été si funeste, a-t-il produit sur elle un 2$ races mouvement électrique, capable de la porter ICatiOn, vers les objets d’une utilité réelle? C'est le que les vœu que doit former un philantrepe; mais les celles vœux de cette nature sont rarement accomplis! ration Le Piémont aujourd'hui, partie intégrante spé de la République française, possède plusieurs sous troupeaux de race pure et de races améliorées. e une J'ai reçu quelques échantillons de laines pro- 18 jai duites par ces races; et j'ai trouvé qu'ils ne ed'Es laissoient rien à désirer sous les rapports de esraces la beauté et de la finesse. Je vais tracer l'his- homes toire de l'introduction des Mérinos en Piémont, d'après un mémoire présenté à l'Académie d'Agriculture, et imprimé dans la Bibliothèque Britannique. « Le comte Granerie, homme de génie, aimant sa patrie, protecteur des arts et du ( 108) commerce, placé au ministère, an retour de son ambassade d'Espagne, conçut le projet de procurer au Piémont cette branche de richesse, qui fait aujourd'hui une des principales occu- pations des Gouvernemens, du Nord an Midi de l'Europe. 11 obtint de la cour de Madrid, la permission d'extraire un troupeau de cent- cinquante brebis des plus belles races de Ségo- vie, choisies par le prince de Masseran: elles furent établies en partie au domaine de la Mandria; et le restant fut cédé à des pro— Prétaires. » La guerre qui agita le Piémont à cette époque, ne permit pas au Gouvernement de suivre les progrés du nouvel établissement; et la perte du ministre auroit entraîné celle de la nouvelle race, si les soins de l'Académie d'Agriculture, aussi bien que ceux des par- ticuliers, qui s’étoient chargés d'une partie des iroupeaux, n'eussent, par une espèce de pro dige, réussi à conserverce dépôt précieux, dans ioute la pureté de son Sang, et même à en porter le nombre à environ cinq mille têtes, dont le tiers de race pure, le reste de race croisée avec des brebis romaines, napohtaines et padouanes. « Dans cet état de choses, presque tous les Propriétaires des troupeaux séparés, s'étant réunis en société pastorale, proposèrent, arr Jfnd 4 bn mb dant, k pro parti Lo At Les ter! de q et à Îone dés, L lormes derant ii deux born perd les iron sont mer taille. Quant étour de rojet de chesse, 8 OCCu- ù Midi: Madrid, 1 cent: € Séro- |: elles de la ÈS Pt0= ta cette ement de ment; éf celle d adémie LS) $ par- tie des de Pr0 x, dans me à el le tétes, e de rite pod { 109) fannée dernière au Gouvernement de se charger, moyennant des conditions qui furent arrêtées, de l'exploitation du domaine de la Mandria, en débutant avec deux mille brebis à laine superfine; d'en porter dans la suite le nombre jusqu’à six mille; et d’avoir, en atten- dant, un nombre de béliers disponibles pour la propagation de la race dans les bergeries des particuliers. » L'on peut donc calculer à environ trois mille, les troupeaux rassemblés en société, y compris les produits de l'année; ensuite l’on doit comp- ter le magnifique troupeau du citoyen Collesno de quinze-centstêtes. C’est à sa théorie éclairée, et à une pratique exacte et soutenue, que l'on est redevable de la majeure partie des suc- cés. Les autres troupeaux moins considérables forment enfin le complet des cinq mille ci- devant énoncés. » L'on va rendre compte des productions des deux races: quant à la premiére, l’on se bornera à observer que les laines n’ont rien perdu ni en finesse, nien élasticité ,nien force: les échantillons que l’on conserve, Pris sur le troupeau espagnol, lors de son arrivée, en sont une preuve irrécusable; le type est abso- lument le même pour les formes; quant à la taille, elle a gagné d’un à deux pouces; pour la quantité de la laine, on ne sauroit la comparer, ? (110) attendu que l’on n’a pas su, lors de l’arrivée du troupeau, de combien de temps étoit sa toison. » Celle que l'on coupe annuellement, bé- liers, moutons et brebis, on peut la calculer, l'une portant l’autre à neuf livres, poids de marc, de douze onces. 1l y a des béliers qui donnent seize livres, et des brebis qui vont jusqu'à douze. » La chair des Mérinos est infiniment plus délicate que celle des moutons du pays. » Les notices relatives à la race croisée, termi- neront les observations que l’on s’est proposé de faire. « 1.° les laines des Métis ont gagné considé- rablement en finesse, dès la première année; il faut noter que ce premier croisement a conduit très-près de la perfection; les laines du midi de l'Italie, étant les premières après celles d'Espagne. » 2.0 Les Métis sont plus fournis de laine que les mères, celles-ci n'ayant que le dos couvert; les autres parties de leur corps étant presque nues. Aussi leur toison donne un tiers de’ moins que celle des moutons espagnols, quoi- qu'ils aient une taille plus élevée. » 3.° La peau commence à prendre une nuance d’incarnat, semblable à celle de la race primitive, disti elec des né almeés js jam y D proche tiére, Ÿ pe gel ahi 1150 fn 0 Jécér Vo mante, dans le Nénor de toux 20 t des à du co 3. Û ment, Ütes» la us Utans l'arritéa Étoit sa l hé lculer, ds de rs qui ul vont t plus : etermi- L proposé Cons de a année; ment 4 lines aprés aine que couvert, | presque tes ols, quil” re une à ja racé (art) » 4.0 La nouvelle race offre des caractères distinctifs et analogues à un des pères dont elle descend; elle s'éloigne de la conformation des mères. lle a la tête et le cou moins alonsés que celles-ci, le corps plus ramassé, les jambes plus racourcies, etc. » 8.9 La seconde génération a été d’un rap- prochement progressif aux résultats de la pre- mière. » 6.° Enfin la troisième et la quatrième en général, laissent si peu à désirer relativement à la finesse des laines, au poids résultant des toisons, aux formes du corps, qu'il faut être fin connoisseur pour s’apercevoir de quelque légère différence.» Voici les réglemens qui ont été faits pour maintenir et propager les races de Mérinos. dans le Piémont; je les rapporte d'après le Mémoire cité plus haut. 1.9« Il sera nommé un conservateur-général de tous les troupeaux de bêtes à laine». 29« Il ÿ aura, dans chaque département, des inspecteurs sous l’immédiate dépendance du conservateur-cénéral». 5.°« Il sera procédé, dans chaque départe- ment, à un dénombrement des bêtes sus- dites». 4.°« Il sera formé autant de registres cons- tatans». 1.9« Les noms des chefs bergers, proprié- taires des troupeaux;» 2.9« La qualité et le nombre des brebis qui leur appartiennent;» 5.°« La qualité et le nombre existant auprés des propriétaires fonciers ou métayers», 4.°« D'après ces registres, le conservateur- général fixera la quantité nécessaire des béliers, tant aux bergers qu'aux propriétaires fonciers, ou métayers». 5.°« Aucun propriétaire de bêtes à laine, de quelle classe que ce soit, ne pourra se servir d'autres béliers que de ceux de la nouvelle race». 6.°« Les inspecteurs mettront à l’amende tous les contrevenans, et veilleront à ce que les agneaux provenans des races particulières, soient coupés avant les six mois». 7°« Dans le courant du mois de mars, il y aura une assemblée générale de tous les ber- gers, propriétaires, à la Mandria de Chivas: ceux qui ne pourront y intervenir, se feront représenter par des personnes chargées de leurs pleins-pouvoirs; l'assemblée sera présidée par le conservateur-général des troupeaux; il sera pourvu à toutes les demandes qui tien- dront à l'avantage de la propagation de la nou- velle race». « Chaque berger sera muni d'une déclaration de au( prié Ga13) » Prop de son inspecteur, constatant sa conduite: f'état de son troupeau, les progrès de l’amélio- brebis qi ration; et Ceux qui réunirontle plus de suffrages et qui présenteront les plus beaux échantiilons, itauprés obtiendront des distinctions et des récompenses ie décernées par le conservateur-général, au nom irrateur- de la nation». bélier,|« L'on procédéra, dans la tenue de ladite foncier, assemblée, à la distribution des béliers d’après les demandes qui seront faites, et sur les décla- line, de rations des inspecteurs». ae« La distribution se fera par la voie du tirage; ul les bergers cependant qui se seront distingués, obtiendront des préférences. Quant aux prix, Me comme aux facilités des paiemens, il sera pris ne des arrangemens à l'avantage des bergers. hu. 8°.« Il sera fourni une feuille de route aux bergers, tant pour aller que pour retourner à : leur domicile». ar 9°.« Il sera envoyé, dans les différens dépar- pue temens, des béliers pour le service des parti- un culiers, d’après les demandes des inspecteurs, fondées sur le nombre des brebis existantes dans leur arrondissement respectif». se feront argées D ra pré 100.« Il est absolument défendu de vendre Ie aucuns des béliers provenans dela Mandria, lors- squier qu'ils seront hors d'état de service. Le pro- drone priétaire ne pourra s en défaire qu'après l'avoir ue fait constater à l'inspecteur, et en avoir obtenu Bclarato & j uv (114) le permis. En cas de mort, la tête sera envoyée à l'inspecteur pour la décharge du proprié- taire». 11°,« Les remplacemens qui ne pourront se retarder jusqu'à l'époque de l'assemblée géné- rale, se feront de suite, sur l'invitation des inspecteurs, AUX directeurs de la Mandria». 10°,« Il sera tenu un registre des noms des bergers et autres propriétaires à qui les béliers auront été distribués, par les inspecteurs; le double sera tenu au domaine de la Mandria>. 130,«Les bergers sont tenus, en arrivant dans le département, de se consigner à l'ins- pecteur; etils ne pourront passer dans un au- tre sans la permission qui constate le nombre de béliers dont ils sont pourvus». 14°.« Les inspecteurs enverront chaque mois l'état de situation des troupeaux et brebis sé- parés de leur département; ils veilleront à la plus exacte exécution du présent réglement, et se tiendront en rapport avec le conservateur- général». Qu'il me soit permis de faire quelques obser- vations sur le réglement projetté, relativement à la propagation, et à l'éducation des bêtes à laine fine dans le Piémont. On trouve, dans ce réglement, des disposi- tions qui prouvent qu'il a été dicté par un sen- timent de patriotisme, dans la vue de hâter les envoyé proprié- irront se 8 nêné- ation des 1dria», n0ms des s béliers urs; le dria». atrivant y à Lis inS UN 4U- e nombre us OS abis sé- ni à la tent, et THALeUL* es Obs ativemel y bts À y SE0* hater Les Cais) progrés d'une branche d'économie rurale y EË d'un genre de fabrique très-important pour la prospérité du pays; mais cependant ce régle ment me paroit contenir des mesures fausses et même dangereuses. On propose de créer un conservateur-péné- ral et des inspecteurs pour surveiller et main- tenir l’organisation qu’on vient de former; on doit se rappeler que le tribunal de la Mesta en Espagne, et celui di Foggia, dans le royaume de Naples, qui ont eu une origine semblable celle de l'établissement projetté en Piémont, sont devenus par la suite des temps le fléau de l'a griculture et de l'industrie de ces deux pays(1). Des abus aussi pernicieux ne pourront sans doute avoir lieu à une époque où le droit de propriété est mieux connu et plus respecté qu'il ne le fut dans les siècles antérieurs; mais ce- pendant une institution de ce genre offre dans tous les temps des moyens d’usurpation et d’in- justice. Il seroit donc plus sage de se borner à faire des lois qui assureroient les passages des moutons, et laisseroient aux propriétaires des troupeaux ou à ceux des pâturages dans les montagnes, la liberté d'établir les conven- (1) On peut consulter, à ce sujet, les chapitres VIII et XII de mon Traité des bêtes à laine d'Espagne. Paris, an VII, 8* { 116) tions qui tiendroient aux intérêts réciproques des uns etdes autres. Les réglemens qui forcent les propriétaires à améliorer leurs troupeaux, en se servant uni- quement des béliers espagnols, sont vexatoi- res; ils lèsent les droits de propriété: d'ailleurs ils atteignent rarement le but qu'onse propose, car ils peuvent être facilement éludés. L'intérêt particulier agira plus puissamment que toute espèce de contrainte. Il suffit d'éclairer cet in- térét, de répandre de bonnes instructions sur l'éducation des bétes à laine, d'encourager les cultivateurs, et de mettre à leur portée les moyens d'exécution qu'ils ne peuvent se pro- curer par eux-mêmes. L'émulation qu’on cherche à exciter entre les bergers, etentre les propriétaires des troupeaux, est certainement louable, et doit produire d heu- reux effets. Les modes de distribution ou de vente sont vicieux; car ils appellent l'intrigue; et ils entre- tiennent la faveur. Les ventes à l'enchère, ainsi qu'elles se font à Rambouillet, n’ont aucun de ces inconvéniens; et l'expérience a prouvé que ce mode doit être préféré à tout autre. Les mesures prises dans le Piémont, pour assurer le succès des races fines, produiront sans doute les heureux effets qu’on a lieu d’es- pérer, sur-tout si l'on met à exécution le projet il Oques aires à 1 un]- XAt01= leurs Opose, intérèt toute cet in= NS Sur Jour ager ortée les à 5e pro ntre[89 paux, dheu- te sont g enite- Te, ainsl aucun de oué gt, pour pduiront a des” e projet C7) d'établir une manufacture de draps fins dans: l'arrondissement de Sacco, qui a été présenté à l'administrateur-cénéral, par la Société s torale de la Mandria.“A (t118°) CHAPITRE XL GRANDE BRETAGNE. L'Arcrerenne qui a beaucoup perfectionné, dans ces derniers temps, les diverses parties de la culture, avoit négligé jusqu'à ce moment l'a- mélioration des races à laine superfine, soit tqu’il lui fût plus facile d'alimenter ses manu- factures avec les laines d'Espagne, soit que les circonstances n’eussent point dirigé l'at- tention des cultivateurs vers ce genre d'amé- lioration. Les laines lonoues de belle qualité, plus rares en Europe, et non moins utiles pour certain genre de manufactures, ont eu la pré- férence en Angleterre. Aussi l'industrie anglaise a-t-elle fait la conquête d'une race qui produit les laines les plus estimées en ce genre. Les préjugés se sont opposés, en Angleterre ainsi que dans le reste de l'Europe, à l'amélio- ration des races à laine fine. Les cultivateurs ont pensé que la finesse des laines dépendoit du climat, du sol et des pâturages; de-là est venue l'erreur qui les a portés à croire que les races de Mérinos ne réussiroient pas En Angles | (119) terre, ou qu’elles y donneroient des produits ne— d’une qualité inférieure. Les commercans et les fabricans, imbus des mêmes préjugés que les cultivateurs, ont embrassé la même opinion; mais ils y étoient conduits par des motifs dif- ferens. Ils craignoient que le succès n’apportät une diminution dans les bénéfices que leur of- fre le commerce extérieur. es Les Anglais qui connoissoient à peineles Mé- tes de nnos ,il ya douzeans, ont fait venir depuis peu ele quelques individus de cette race précieuse. Si ne, SON Jon considère l'esprit d'intérêt et de patrio- à MANU: tisme qui anime cette nation, on ne peut dou- SOI QUE ter que les races à laine fine ne soient prompte- jné lat: ment répandues sur le sol de la Grande-Breta- 'amé- gne, et ne deviennent une nouvelle source de gelé, richesses pour un peuple habile à s'emparer de s pour toute espèce d'industrie. à pré Les Ouvrages émanés du Bureau d'Agricul- aise ture de Londres, les efforts des Sociétés et das produit particuliers prouvent que l'esprit public, en Angleterre, se porte vers un genre d'industrie jeter” étroitement lié à l'accroissement et à la pros- l'anéir périté des manufactures, rs Le duc de Bedfort, puissant protecteur de sai J'acricuiture, lord Sommerville, président du 4 est Bureau d'Agriculture de Londres, le roi d’An- als gleterre et quelques autres cultivateurs, se sont $, Arc procuré des Mérinos; ek, déjà ces animaux * 0 ( 120) commencent à se propager. Il est beau de voir le chef d'un Gouvernement, les hommes les plus distingués par leur puissance, par leurs ri- chesses et par leurs lumières, encourager de tous leurs moyens le plus utile des arts; il est beau de voir un peuple élever une statue et frapper des médailles, en mémoire des services rendus à l’agriculture(à). On verra, par l'extrait que je vais donner d'un Ouvrage publié par lord Sommerville, et traduit par le citoyen Pictet, quelle impor- tance on attache dans ce moment, en Angle- terre, à l'introduction des races à laine super- fine. « Toutes les races de brebis de l'Angleterre, dit l’auteur, peuvent être rangées en deux clas- ses: celles qui portent de la laine à carder, et celles qui portent de la laine à peigner. La qua- lité de la chair, dans chacune de ces deux classes, a de l’analogie avec celle de la laine, c'est-à-dire que les moutons qui portent de la laine courte, ont une chair d'un grain (1) On sait que le duc de Bedfort qui vient de mourir, l'an des plus riches propriétaires de l'Angleterre, dépen- soit une grande partie de sa fortune à faire des expé- riences et des améliorations en agriculture. Les Anplais ont rempli une souscription pour lui faire ériger une statue de bronze; les sociétés d'agriculture ont fait frappex es médailles pour éterniser son nom. de voir les les DS r'I« er de 1 est ie et TTLCES onnet e, et M pOT- Angle- € Supét- leterre, us chs- kr, et | qua deux line, portent n grain lutins de mouri re, dép des 2 y AIS us n8 | rappet (121) serré, pesante, d'un goût exquis; et les bêtes à laine longue ont une viande plus lâche, moms pesante et moins estimée; c'est ce qu'on ap- pelle du mouton de fabricant, et que l'on sale pour les vaisseaux». » Tous ceux qui se sont donné la peine d'exa- miner l'Angleterre, sous le rapport de l'entre- tien des bêtes à laine, conviendront que la moitié de nos pâturages, au moins, sont propres à la classe des moutons à laine courte; et l'ex- périence nous apprend aujourd'hui que notre climat, depuis les parties les plus septentrio- nales de l’Ecosse jusqu'aux plus méridionales de l'Angleterre, peut produire de la laine su- perfine; mais, malgré l'importance majeure des laines courtes, pour la prospérité de notre commerce, quoique nos pâturages soient sin gulièrement propres à ce genre de laine, tous nos fermiers et nos éleveurs sont exclusivement occupés, depuis trente ans, à perfectionner les grosses races à longues laines, de Lincoln, de Cotswold, de Romney et de Leicester, sur- tout la dernière». « On a porté la perfection des formes de ces animaux à un tel degré, que rien n'est plus ad- mirable. Il semble qu'on ait commencé par mo- deler un animal parfait de tous points, et qu’ensuite on lui ait donné la vie. L'ait d'en- graisser a été en même temps porté à un degré RTE MS (182;) extraordinaire. On a créé des mots qui étoient inconnus, il y a quelques années, et qui sont aujourd’hui généralement admis: tels que le Hanc de devant(/ore-flank), le coussin(cus- hion), etc.». « En louant ceux qui ont si bien réussi à per- fectionner ces races, sous le rapport de l’en- grais, je ne Ferai que suivre mon inclination; je serois sür d'être écouté avec plaisir d’un plus grand nombre de gens; mais, au risque de contrarier quelques intérêts particuliers, je sens qu'il est de mon devoir de dire la vérité, et de rappeler à l'attention des agriculteurs un sujet de la plus haute importance pour la pros- périté nationale». « Dans l'adresse que j'ai faite au département d'Agriculture, mon principal objet a été de faire souvenirles cultivateurs, qu'ils ne devoient jamais viser à établir une race quelconque dans un canton dont les terres et la température ne lui étoient pas propres; que dans leurs efforts pour améliorer les races, sous le rapport de la faculté de s'engraisser aisément, ils ne devoient pas oublier que la toison fait une partie impor- tante des bêtes à laine; que, quoiqu’on en püt dire, l'amélioration sur un des deux articles n’excluoit pas l'amélioration sur l’autre; etque la race des brebis qui, sur une étendue hixée de terrain, donnoit par la suite des temps la plus étoient üi Sont que le (cus- à per elen- at10n; dun sque S, À \érité, eus un Le pros femené té de aient dans rene orts & de la eyorent impor en pli gris el que de de 10 \, a pus fl 129;.) grande quantité de viande et de laine, l'uneet l'autre de la première qualité, que cette race, dis-je, devoit être préférée, quels que fut son origine et ses caractères. Si j'avois dit autre chose on auroit pu m'accuser de prévention; cependant ce que j'ai dit n'a pas été bien accueilli: le préjugé en faveur des races pe- santes à laine longue, étoit trop général et trop enraciné; et il y a bien des fermiers qui n’ont pas voulu être détrompés. Voyons comment se sont conduits les fabricans.» « Plusieurs d’entre les grands manufacturiers de draps fins, ont imaginé, sans que je puisse concevoir pourquoi, que l'introduction dans nos fabriques des laines d'Espagne naturalisées en Angleterre, leur seroit nuisible; ils ont oublié qu'ils étoient membres d'une communauté dont ils devoient favoriser la prospérité; et ils se sont donné une peine infinie pour égarer l'opinion de ceux qui, sans être ni agriculteurs ni com- mercans, auroient pu encourager la consom- mation des draps manufacturés avec nos laines naturalisées, et donner ainsi une première im- pulsion avantageuse à cette industrie. Il n'est pas impossible qu'on ait fabriqué à dessein d'une manière imparfaite, certains draps, qui ont été envoyés ensuite sur le marché de Lon- dres. On ne peut s’empécher de le croire, quand on compare la fabrication de ces draps PE Ca24) avec celle d’autres draps fabriqués, il y a déjà quelque temps, avec la même matière pre- mière.» «On se perd en conjectures lorsqu'on cherche à expliquer pourquoi nos fabricans se sont montrés tellement opposés à l'introduction d'une industrie si productive et si heureuse pour la nation. Quand ils seroient payés par nos ennemis, ils ne se conduiroient pas autrement; on retient à peine l'expression de l’indignation que font naître de telles manœuvres. Je me contente de remarquer que ces gens-là se sont enoraissés des faveurs du Gouvernement; et que quand celui-ci s'occupe de mesures salu- taires, ils sont les premiers à y mettre toutes sortes d’oppositions. C'est ordinairement ainsi que les choses se passent.» « Je dois au reste faire des distinctions; il y a des fabricans qui se sont montrés des citoyens utiles et respectables, et qui se sont conduits avec noblesse. Quant à ceux que j'ai désignés ci-dessus, je dois leur rappeller qu'il y a beau- coup de fabricans qui ont autant de connois- sances qu'eux, plus de bonne volonté, et à qui ilne manque que des fonds pour les supplanter eux-mêmes dans la fabrication des draps.» « C'est une chose difficile en tout temps que de tirer d'Espagne des troupeaux choisis; mais cela est beaucoup plus difficile encore en temps ‘CSz25\) J à dé} de guerre. Il falloit non-seulement obtenir le Ie pre- troupeau; mais savoir très-exactement de quelle manière on devoit les conduire. J'ai eu le bon- Cherche heur de réussir complètement sous ces deux & sont rapports. Mon troupeau a été choisi sur des oduction Mérinos transumans, d’une qualité très-supé- eus pour rieure. Les douze béliers ont été pris comme par nos les plus beaux, sur un troupeau de deux cents; rement car en général, excepté le Manso, ou porte- nation cloche du troupeau, on laisse tous les mâles Ve me entiers, parce qu on prétend qu'ils portent plus à S8 SON de laine que les moutons. Les brebis et les ment; et moutons ont été choisis dans des troupeaux ures salue nombreux: le voyage que fit ce troupeau, à la re touts fin de mars, avant de s’embarquer, le mit à né inst portée d'être examiné par les bergers de vingt- deux troupeaux différens; et tous exprimèrent ‘ya leur admiration pour l'extrême beauté des ani- p1Ens maux qui le composoient.» nuits«Je me défends de rien affirmer sur la dispo- signés sition de cette race à prendre la graisse, non on plus que sur la faculté qu’elle a de donner beau- onn0IS- coup de viande et de laine; les faits diront plus 1 sur ces deux pointsimportans que ne pourroient jai faire toutes mes assertions. C’est assurément: une race vigoureuse que celle qui, de géné- he ration en génération depuis plusieurs siècles, ji}::; À: : fait deux fois l'année d'immenses et rapides s, mais;.. voyages, sans rien perdre de ses qualités: cela er pt (: 226} est sur-tout remarquable, si l’on refléchit que le premier de ces voyages commence quand les agneaux n'ont encore que quatre mois tout au plus. Je soutiens qu’il n'y a guère de race dans notre pays qui püt supporter une telle épreuve sans s’abâtardir, soit dans ses formes, soit dans la faculté de prendre la graisse; car on peut dire que ce qui nuit à l'une des deux choses, nuit à l'autre.» « Je dirois en général, que d’après la répu- tation qu'ont les Mérinos d’être mal construits pour prendre la graisse, je m'attendois à les trouver beaucoup plus défectueux sur ce point qu'ils ne le sont en effet. Il ne faut pas au reste s'étonner si les Espagnols mettent peu de prix à la meilleure construction sous ce rapport. Les formes les plus favorables à l'engrais, et qu'on pourroit obtenir par des soins soutenus, n'auroient jamais en Espagne une importance comparable à celle des toisons; mais un éleveur qui travailleroit avec attention et jugement, arriveroit à des formes parfaites, sans faire aucun tort à la beauté des toisons.» « Les Mérinos ont deux caractères qui ne sont pas communs dans nos races d'Angleterre; le premier, c'est que les mâles ont des cornes, et que les femelles n’en ont point. Il paroîtroit de-là qu'on pourroit améliorer les toisons de nos races cornues, par le mélange du sang (127) Le Échi qu Espagnol, sans que le caractère des cornes, quand la auxquelles les fermiers tiennent, en fût altéré; tout au car il faut observer que, généralement parlant, 10e dans lorsqu'on croise des femelles cornues avec des eCpreuve mâles sans cornes, ce sont les femelles qui en Afitdans proviennent qui sont sans cornes, tandis que les FOUDRE agneaux mâles sont cornus. Il est possible, au x choses, reste qu'il n'en soit pas ainsi dans toutes les races; mais je l'ai éprouvé en croisant des ka répu- béliers de Leicester, avec des brebis de Dorset, onstruits de même qu’en croisant ces dernières brebis, dois à lei avec des béliers de Hampton. J'avois précisé- DT CE pou ment en vue de constater ce fait.» aut pas au« L'effet d'un bélier espagnol sur toutes les ent peu de races cornues avec lesquelles on le croisera, rapport tels que les dorset, les vvrlrshire, les norfolk; ai,€ les dartmoor, etc., sera une augmentation utenus; considérable dans le profit des toisons, sans tance que les métis perdent rien en qualités relatives éleveur à l’engrais; et, quand nous réfléchissons que la sement toison est la renteannuelle, tandis que le corps . fait de l'animal est le principal, et ne peut étre vendu qu'une fois, nous ne savons si l’on doit s’éton- ui ne 500! ner ou regretter davantage de voir l’inconceva- ie 7 ble indifférence des propriétaires et des fer- a miers sur Ce point important». nt« Un autre caractère marqué de la race des jé; Mérinos, c’est un fanon plus ou moins grand. ji Yu 54 Ge caractère est réputé mauvais en Angleterre, Ù (198%) et regardé au contraire comme un avantage en Espagne. Nous pouvons avoir raison sur cepoint, et les Espagnols aussi. Je ne connois qu'une seule race, en Angleterre, chez laquelle le fa- non ne soit pas un mauvais signe dans l'indi- vidu; c’est la race ryeland. Cette race porte, ainsi que la race espagnole, des toisons d’un si grand prix, que le fanon ne la fait pas rebuter par les fermiers. La peau des ryelands est cou- leur de rose, comme celle des espagnols; et je regarde ce caractère comme d'une grande im- portance, parce qu’il annonce à-la-fois la vi- gueur et la disposition à s’engraisser. Les ber- gers espagnols font un cas infini de cette couleur rose de la peau; ils la regardent comme un signe certain d’une santé robuste, et une indi- cation que la toison sera abondante. Cette cou- leur de la peau est avantageuse pour tousles in- dividus, et pour toutes les races; et comme elle indique invariablement une disposition à pren- dre facilement la graisse, elle doit faire passer tous les bons juges sur des formes qui ne se- roient pas réputées les meilleures». « Sous les autres rapports, cette race ressem- ble assez à quelques-unes denos races anglaises». « On nous dit que cette race est sortie d'An- gleterre au commencement du quatorzième siècle; il seroit bien temps qu'elle y revint». « Voici comment le New Farmers calendar, qui | avantage ur Ce point, Ois q U'une elle Le fa dans l'indi- TU porte, 1sOns d'un si pas rébuter dé est cou- nols;et je rande im a-fois la vie er, Les ber cettecoulaur à comme ua et une indie Cette cou- ous les in mme elle on à plen aire passe que# race COSse gangs" sorte An- putrième . rallnt v, aulnder, qu (225; qui vient de paroitre, s'exprime en parlant des Jaines: p>] y Ÿ VU v v LA « Pour nous rendre indépendans des étran- gers, il faut augmenter la quantité de nos lai- nes nationales, mais sur-tout celle des laines fines. Il est très- important pour la nation d'obtenir, le plus promptement possible, des troupeaux bien choisis de la race d'Espagne. Il y a des faits récens qui sont trés-encoura- geans sous ce rapport. Le citoyen Lasteyrie, dans une lettre adressée à la Société Philo- matique, en France, confirme pleinement l'o- pinion du docteur Anderson: Les brebis es- pagnoles portant la plus belle laine, vivent et prospèrent dansles terrains les plus maréca- geux et dans les climats les plusrudes, En Hol- lande et en Suède, on a vu les laines de cette race se conserver sans altération quelconque, jusqu'à la quatrième génération. Il y a des in- dividus de cette race, qui sont très-gros, et qui portent des toisons superfines». » Je pourrois ajouter beaucoup de choses à l'appui de cette vérité; mais je répugne aux assertions spéculatives, et j'aime beaucoup mieux donner des faits constatés par d’autres. Je ne suis pas fâché, je l'avoue, d'une occasion de tirer parti pour nous de la pratique de nos voisins, les Français. Il y a beaucoup de gens en Angleterre qui sont sourds à ce que leur di- 9 { 150} sent leurs amis, et qui écouteront les lecons de leurs ennemis». Fas est ab hoste docert. » Je trouve, dans une Gazette portugaise, un article de Gènes, du 19 décembre dernier, qui mérite attention; le voici»: « Plusieurs bons Ouvrages récemment publiés 2 2) 2 » y Le en France, nous démontrent l'importance des améliorations dont on s occupe dans ce pays, sur les laines; et nous prouvent en même temps que cette branche d'économie rurale, bien cultivée, peutdevenir unegrande partie de la richesse nationale chez nos voi- sins. Le Gouvernement français a profité de la paix avec l'Espagne, pour obtenir de ce pays un grand nombre de brebis de la race des transumans, afin de multiplier ces ani- maux précieux dans toute la République. Les préjugés des cultivateurs français pourront cependant retarder les bons effets de cette mesure. La Société d'Agriculture de Paris pos- sède ,entr'autres observations sur cet objet, deux lettres du cit. Lasteyrie, l'un de ses membres, qui voyage actuellement dans le nord de l'Europe, pour rassembler des con- noissances sur les pratiques utiles encore in- connues en France; il dit, dans sa première lettre, qu'il a vu, près de Leyde et de Har- lem, la race superfine d'Espagne prospérer aise, un Der, qui nt publiés 1portance dans ce Vent en CONOMIE ne grande L OS Vol prolté de enir de CP le la race ces äli« que. Les urront \e cette gris DOS et objét, un de& nt dans [ des co* april ière de Har- pospÊret Col) » malgré l'humidité du climat; il a vu les ani- » maux de la quatrième génération porter des » Jaines aussi fines que les Mérinosles donnent » en Espagne, quoiqu'enapparence, le soletle » climat dussent être contraires à ces animaux. » Dans sa seconde lettre, il dit« quil a ob- » servé les mêmes résultats dans les parties les » plus septentrionales de la Suède et du Dane- » marck, où cette race a été transportée de- » puis long-temps. Le Gouvernementde Dane- » marck ayant fait venir, deux ans auparavant, » trois cents brebis espagnoles de la race des » Mérinos, iln'en étoit mort qu'une seule, » quand le voyageur les vit, maloré le froid ri- goureux de l'hiver précédent, et l’année plu- » vieuse qui avoit suCCédéÉ». « Voilà la confirmation de ce que dit le Vew Farmer's Calendar, et ce qui est donné pour constant par des gens totalement étrangers aux succès de pareilles tentatives. Il paroît donc, que, tandis que les Suédois, les Danois, les Allemands, les Hollandais, les Français, s'occu- pent avec activité des moyens de s'approprier les avantages de la race espagnole, noûs qui y sommes les plus intéressés, nous avons entiè- rement négligé cet important objet: il n'y a qu'uneillusire exception à cette indifférence.» « Ceci vaut la peine d’étre examiné par ceux qui ont lu la préface du dernier volume des Y Y go 2) mémoires de la société de Bath: il y est question des fabricans à courte vue dont j'ai parlé ci- dessus, de ces gens qui oublient qu'on peut nous interdire l'extraction des laines d'Espagne, Nous apprenons déjà qu'un droit de vingt-sept pour cent, a été mis sur les laines exportées d’Es- pagne pour l'Angleterre, par le Portugal: tout avantageux que ce droit puisse être à ceux qui font croître en Angleterre de la laine d'Espagne superfine, c'estun grand mal pour nos fabriques qu'un droit pareil; mais il faut convenir cepen- dant qu'il en résultera plus d'émulation pour l'amélioration de nos troupeaux. Dans l'état actuel des choses, il est bien prouvé que nous pouvons obtenir des moutons Espagnols trans- portés dans les provinces du Sud et de l'Est de l'Angleterre, des laines égales en tout aux plus belles d'Espagne.» « Ge sujet est d’un intérêt infini pour la pros- périté de l'Ecosse; il n’y a aucune partie des trois royaumes qui püt augmenter aussi COnsi- dérablement sa richesse par l'introduction de la race espagnole. Des affaires multipliées, et un accident qui a nuit à ma santé pour long-temps, m'ont empêché jusqu'ici de suivre le projet que javois de parcourir l'Ecosse. Occupé d’agri- culture depuis un grand nombre d'années, j'ai sur-tout étudié avec beaucoup de soins les di- verses races de gros bétail, et de bêtes à laine. E question parlé o. peut nou ne, Nous sept pour \ées d'Es- gel: tout à CEUX qui d'Espasne fabriques ir cepen- ton pour jans l'état € que nous ol trans- de LEst de aux plus la pros- rtie des 1 CONSL= sion de es, Et ul ng-termpi prof me pé Ur À! ja ls d- ;à lan (#33) Mon intention étoit d'examiner le climat 1e sol, les productions, et les marchés de l'Ecosse, avec tout le soin dont je suis capable, pour recommander ensuite aux propriétaires l'adop- tion des races les plus propres à chaque canton. Je continue de croire que dans les terrains assez substantiels pour nourrir les grosses races à longue laine, et dans les endroits où le marché des viandes est d'ailleurs avantageux, il con- vient de préférer ces espèces.» « Lorsque l’année dernière, la société de Bath envoya un comité pour examiner mon troupeau, il fit le rapport suivant.« Les brebis et les béliers d'Espagne que Lord Sommerville à tirés de ce pays-là; ont été rassemblés avec beaucoup de difficultés, de peines et de dé- penses; leur laine paroîit être d’une extréme beauté: il croise des brebis de Ryeland, et de Southdown, avec des béliers Espagnols.« Les brebis dont il est ici question ont été choisies avec beaucoup de soin, soit en Herefordshire, soit en Sussex: leurs productions ne tarderont pas à faire connoître les avantages et les incon- véniens de cette entreprise. Jusqu'ici mon in- tention n est que de pousser les croisemens assez loin pour donner aux métisautant de finesse dans les toisons, et de couler autant de rose sur la peau qu'ils en pourront supporter, sans que les formes et le caractère des mères de chacune des (154) deux races soient altérés. D’autres feront fort bien de pousser les croisemens aussi loin qu'ils le pourront, pour se rapprocher du sang Es- pagnol. En général, on a bien accueilli mon troupeau d'Espagne; et on m'a fait diverses offres pour avoir des béliers; mais lorsqu'il s’agit de surmonter un préjugé bien enraciné, on ne@ sauroit cheminer avec trop de précautions. J'ai maintenant des métis antenois qui ressemblent singulièrement à leurs mères, les brebis de Rieland. Excepté un seul, tous les métis males sont sans cornes; le seul qui en ait n'a que des cornettes, et elles disparoîtroient probablement à la génération suivante. Le fermier Ridgeway a fait la méme observation que moi; il a le plus beau troupeau du Herefordshire pour la laine. Ce sontdes métis provenans d’un bélier Espagnol et de brebis de Ryeland. On pourra juger par les détails suivans, si ces métis ont souffert dans leur corpulence, et dans leur faculté de prendre la graisse, par l'alliance d'un bélier Espagnol avec lesang de Ryeland. C'est M. Ridgeway qui m'a communiqué lui-même ces détails en 1798; il fit tuer un métis de trois ans, qui lui donna 8 livres de laine, qui se vendirent, le stein.... 11. a. 5d. 86 livres de viande...... 3 19>» 16 livres de graisse......»» 14 1.099 7 feront fi Œn 1800, il fut tué un métis de trois ans, on qui qui lui donna sans Es. 7 livres et demie, lestein.. 11 2s.6d. oui non So livres de viande....:.. 9, 10,» ui 14 livres de graisse....u+» 313 2 sql agit ji on 18& 1h88 d. utions Jai« Ces moutons étoient d’une belle construc- semblent tion, trapus, carrés, et bas sur jambes.» brebis de« Deux béliers métis antenois, provenans, de ce mes brebis de Southdown que j'ai, sembient con- ra que de firmer pleinement les faits ci- dessus. Ils ne obablement tiennent de Men que par la qualité de la idea laine, et parce qu ils sont garnis sous le ventre Jakpls et aux jambes de derrière jusqu'aux ongles; ils he ont aussi la peau d un beau rose: La grosseur Faro extraordinaire qu'ils ont déjà attemte, me ie prouve qu'il n’y a aucune race qui se nourrisse RE Et et s’engraisse plus facilement que cette race Lis croisée.» Rp f» En 1798, la Société écossaise des laines, e Ep vendit ses troupeaux. Un lord, membre de (HAS LS la Société, acheta les espagnols et les Métis senti provenant des brebis de Southdown. Il les pi id établit dans une ferme de Tweedale, extré- i mement élevée, et exposée aux vents du Nord. y 4 5 En comparant les toisons de l’année de l'achat 1 avec celle de cette année, il y trouva une amé-— ‘3 lioration infinimentplus marquée qu'il ne l'avoit TL osé espérer. Les antenois paroïissent aussi fins que (436.3 les béliers espagnols, employés au commence- ment de l'amélioration, lesquels étoient de la plus belle race possible. Un fabricant de schalls d'Edimbourg, à qui on a montré de cette laine de Métis, a dit qu'elle étoit compa- rable à la plus belle laine d’Espagne qu il eût jamais vue.» Quoique le succès des races espagnoles; dans la Grande-Bretagne, soit suffisamment cons- iaté par les faits qu’on vient de rapporter, je crois devoir citer encore ceux qu'on trouve consignés dans un écrit de M. Banks, relatif aux troupeaux de Mérinos appartenant au roi d'Angleterre. Je vais traduire cet écrit qui a pour titre, Projet tendant à propager, sur tous les points de la Grande-Bretagne, les bétes à laine fine d'Espagne, appartenant dans ce momenl, à Sa majesté. Un troupeau de race de Mérinos, provenu d'Espagne,(dit M. Banks)a été soumis durant plusieurs années, par des ordres du roi, à des expériences qui prouvent que la laine de ces animaux n'a perdu aucune de ses qualités sous le climat de la Grande-Bretagne, et que les différentes espèces de brebis indigènes à laine courte, principalement celles South- down, de Hereford et de Devonshire, unies à des béliers miérinos, ont produit des indi- vidus dont les toisons ont augmenté en poids, et acquis en qualité. C’est après avoir cons- Minente. ent de Cant de tré de Î Compa- qui eût les, dans NÉ CONS= rter, je |(TOuve s, telatif ot au roi IE qui à "Sur ÉOUS lt Vêjes dons ce "OYenUL durant foi, à aine de | qualité ,@t que jigèné 4 Que } qiés x nd | poids) : CON- (157) taté ces faits, que sa majesté s’est déterminée 4 faire venir de nouveaux Mérinos, pris dans un troupeau renommé par les belles laines, et qu'il a chargé de cette commission, lord Auckland, après son retour de l'ambassade d'Espagne. AT C'est d'après les lettres que lord Auckland a écrites à la marquise Campo Alange, que celle- ci a fait présent au roi de cinq béliers et trente-cinq brebis tirés de ses troupeaux, con- nus sous le nom de Nesreltr, qu'on distingue par la finesse de leurs laines; c'est en recon- noissance de ce présent, que sa majesté aenvoyé à la Marquise, huit beaux chevaux de carosse. Ces Mérinos, importés en 1792, ont donné naissance aux troupeau qui se trouve actuelle- ment dans le parc du duc d'York à Oatlands, et dont la race a été conservée avec grand soin. Les manufacturiers ontreconnu quelestoisons provenues de cette race, et de celle venue pré- cédemment d'Espagne, avoient toutes Les appa- rences de la laine superfine; ils ont cependant refusé de la prendre au prix de celle d'Espagne, de crainte, disoient-ils, qu’elle ne donnût point un aussi beau drap dans la fabrication. Il fut donc nécessaire de la faire fabriquer aux dépens du roi, afin de s'assurer qu’elle pouvoit donner un drap de qualité superfine. Cette fabrication a été faite chaque année successivement, et elle a toujours également bien réussi. Les mar- ( 158) chands auxquels on a offert de nouveau d'a cheter les laines de ces troupeaux, les ont re- fusées en disant que quoique les essais eussent réussi, et que la laine eût été trouvée de bonne qualité, il étoit cependant possible que les toisons de ces animaux fussent désénérées à l'époque de la dernière tonte. On prit la résolution, en 1796, de vendre les laines au prix offert par les fabricans, ce prix fût-il même inférieur à leur valeur réelle, afin que les fabricans éprouvassent, par leur propre expérience, la qualité de ces laines. On a vendu les toisons en l’an 1796, 1 schelling la livre, et 2 schellings 6 sous, celle de 1797. La laine ayant acquis une plus grande valeur dans l'opinion, elle a été vendue, en 1708;, aprés avoir été lavée d'après la méthode espa- gnole. Voici le compte de cette vente: Le nombre des toisons des brebis et des mou- tons, étoit de 89; ce qui à produit en laine lAtée ados fs 2m nm€ 295 liv. Déchet dans le lavage complet.. 92 Montant de la laine lavée à fond... 205 e———— (1) Il vient d'être dit que la laine avoit été lavée à la manière espagnole. On sait qu'on ne lave pas à dos les animaux qui donnent les laines fines en Espagne; et que ces laïnes avant d’être mises dans le commerce, n’ont subi qu’un seul lavage, f Oeau da \ Ontr. eussent #1 bonne Ti ve le nérées à à Fendre ds, cel alréelle fiat leur 28\nes, nl nelline kl Pur.| ve rbrr| 6 1709, Af espa- si 135 mou- ja\ane 25h, ñ hrée ala 4 dos les et que né n'ont ( 159) Ce qui a donné en laine superfine.. 1671. à 6 sch. la liv. Pine...::2 29: 4 9 6 s. 47 guinéese Troisième, 19 à 2 6» 8 sous. La tonte de 1799 fut traitée de la même ma- nière, et elle a donné les produits suivans: Le nombre des toisons des brebis et des mou- tons étoit de 101; ce qui a produit en laine lvée di dog ii use tee eme 346 liv. Déchet dans le re cormaplet rush Q {_ Montant de la laine lavée à fond... 294 Ce qui a donné, en laine super-) in fine..... 2071. à 6 sch. 6s. la liv.. À Eines:- 200.043 6 14 sch. os x G sols. Troisième. 19 42: Les toisons des béliers provenant des tontes de deux années ont donné en laine lavée à HS 4 AU in ati de. ego 514 liv. Perte dans le lavage complet... 99 Montant de la laine lavée à fond.. 219 Ce qui a donné en laine super-) fine...:. 181 1. à 4sch. 6s.laliv.( 45guin. Éine..:+ 092 49 6 Ca15sols. Troisième. 12 à2» Ÿ Il faut savoir, afin de serendre compté des ( 140) prix extraordinaires auxquels la laine des races espagnoles a été vendue en 1799, que la laine venant d'Espagne étoit montée, cette même année, à une valeur au-dessus de celle qu'elle avoit eue jusqu'alors; car la laine de première qualité se vendit cinq schellings, 6 sous la li- vre, si l'on en excepte seulement une très-pe- tite quantité qui fut payée, dit-on, à schel- lings, 9 sous. Le roi a donné plus de cent béliers et quel- ques brebis, à différentes personnes qui vou- loient essayer le croisement des races indi- gènes avec les races espagnoles. Afin que per- sonne ne füt privé des bénéfices que promet ce genre d'amélioration,sa Majesté a ordonné qu'on vendroit cette année quelques béliers et quel- ques brebis; elle a voulu, en conséquence, que le prix moyen des béliers füt de 5 guinées, et celui des brebis de 2 puinées. On a pensé que les acquéreurs seroient amplement dédomma- gés de ces avances, par l'amélioration qu'ils obtiendront ainsi dans léurs troupeaux. Quoique la chair des moutons d'Espagne ait un goût savoureux, les formes de ces animaux différent beaucoup de celles auxquelles la mode du jour semble donner la préférence. On a ce- pendant obtenu, sous ce rapport, des améliora- tions sensibles, en choisissant les béliers et les brebisqui sembloient devoir produire une race sign Ouvr glete! de d de dit yol A} talut qui| etn que tre nue c'es qui] chée. dun Bees 710 (141) propre aux boucheries; et il est certain, qu'avec de l'intelligence, des soins et du temps, on par- viendra à former une race qui réunira, à la finesse des laines, les formes auxquelles lescul- tivateurs ou les bouchers attachent une certaine valeur(1). Je viens de donner, sur les Mérinos, les ren- seignemens que j'ai trouvés dans la lecture des Ouvrages sur l'Economierurale, publiés en An- gleterre. J'avois écrit en ce pays, afin d'obtenir des détails plus circonstanciés sur l’état présent deces animaux; et, quoique je n’aie pas recu directement les réponses aux questions que Jj'a- vois envoyées, j'ai cependant eu la satisfaction de trouver ces mêmes questions avec les ré- ponses données par M. Arthur Young, en lisant len°, 158, p. 265 de la Bibliothèque Britanni- que. Je vais copier ici ce passage auquel j'a- jouterai en note quelques observations. (1) Les différentes races d'animaux sont douées, par la nature, de qualités particulières qui les distinguent, et qui les rendent proprés à satisfaire les besoins, les goûts et même les caprices de l'homme. Les Anglais ont observé que certaines races avoient, proportionnellement aux au- tres parties du corps, des côtes ou des cuisses plus char- nues; que d'autres s'engraissaient plus facilement, etc.: c'est d'après ces observations qu’ils ont allié les individus qui possédoient, au plus haut degré, les qualités recher- chées, et qu'ils ont ainsi obtenu des races nouvelles, et d’un bénéfice plus considérable, SE (142) ER PCT RE D'ÉTIENTXE VD We Tr, A ARTHUR YOLNC Îz y a quelques jours que j'ai recu de mes correspondans de Paris, les questions sui- vantes, relativement aux imoulons espagnols. Comme je suis absolument incapable d'y ré- pondre, je m'adresse à vous, monsieur, en vous priant de me faire passer les réponses à ces questions. QUESTIONS. 1. À quelles dif[é- rentes époques a-t-on fait venir en An- gleterre des moutons d'Espagne, et aux frais de quelles per- SO/717€0S É RÉPONSES D'ARTHUR YOUNG. 1. I] y a environ vingt ans que le roi fit venir des moutons d'Espagne en Anple- terre: depuiscetemps- là d'autres individus en ont fait venir éga- lement. Il (14 QUESTIONS. >. Les descendans de ces moutons ont- ils conservé la finesse des laines qui dis!in- gue celle race, ou ont- ils dégénéré? 3. Dans ce dernier cas, à quot doit-on attribuer la dégénéra- tion dans la finesse des toisons? Est-ce au défaut de soins et de nourriture? 4. Quel est dans ce moment, en Angle- terre, Le nombre ap- proximatif des mou- cons espagnols de race pure? et quels sont les propriétaires de ces troupeaux? 5. A-t-on croisé les races espagnoles avec des races du pays, et 5) RÉPONSES D'ARTHUR YOUNG. a et 3. La finesse des toisons s'est parfaite ment conservée. 4. Le nombre dea moutons espagnols, en Angleterre, est consi- dérable. IL y en a dans presque tous les dis- tricts de la Grande- Bretagne. 5. Il y a eu des croi- semens de plusieurs espèces; et ils ont mous ce a—=> QUESTIONS. quel avantage en est- il résulté? 6, Les races arnë- Îiorées ont-elles sou- Lenu leur réputation% 7. Combien de li- vres de laine don- nent les moutons es- pagnols, et quel en est le prix(1)? S. La nourriture des moutons espa- gnols est-elle la méme gue celle des moutons indigènes(2)? RÉPONSES D'ARTHUR YOUNG. bien réussi avec les races de Ryeland, de Mendix et Southdown: l'amélioration de la faine a été grande; mais pour le corps, les moutons ont perdu. 6. Oui. 7. Cela varie de trois à cinq livres. Elle s’est vendue jusquà cinq schellings la livre. 9. Oui. (1) J'avois fait la même question relativement aux Métis espagnols, Mais la réponse d'Arthur Young porte uniquement sur la race pure. (2) J'avois aussi demandé si la nourriture étoit plus dispendieuse, Comme la réponse dit qu’elle est la même de 10 cl dd (145) QUESTIONS. RÉPONSES D'ARTHUR YOUNG, ge Quels alimens leur donne-t-on? g. Des pâturages secs et du foin. 10. Les laïsse-t-on 10. Oui, le plus son- toute l’année dans les vent; mais, dans quel- champs? ques endroits, on les renferme dans des ber= geries. 11. Quels sont les 11. C'est précisé autres soins qu’on mentle même régime, donne aux races es- et les mémes soins. pagnoles, et en quoi ces soins différentrls de ceux qu'on prend pour les moutons du pays? Je terminerai cet article en donnant un tas bleau comparatif, d’après Young, des races de moutons les plus estimées de terre. Ce tableau servira à faire conn quatorze l'Angsle- oître les on ancé plusieurs fois » que l'entretien des Mérinos n'est pas plus coûteux que celui des autres races, lors- qu'on est dans l'usage de donner aux troupeaux la quan iité et la qualité de nourriture qui leur convient. pour les races espagnoles, et pour les races indigènes; doit en conclure ainsi que Je l'ai av dans le cours de cet ouvrage 19 (146) différentes espèces de moutons dontles Anglais: tirent le plus de bénéfice; et il prouvéra en mêéme-temps que la race espagnole offre aux cultivateurs, sous le rapport des laines, des bénéfices bien plus considérables que ceux des autres races, puisqu'en Angleterre, où l'on s'est spécialement occupé de l'éducation des moutons, sous tous les rapports, mais princi- palement sous celui des laines, un individu dé la race de Lincolnshire, qui est celle qui donne le plus de bénéfice en laine, ne rapporte que 21 francs paran, tandis qu'un Mérinos rapporte a4 francs. ées LLY) S Plus est Le: OTRS = 4 vaces de=2°*" GA= 1 des TABLEALUS COMPARSATII PU: le ot« Vt 7 SpIQR Mess eee“adoiny ua Ù SPSIJEINIEU SOUTIDJA] Sp**+- T de le 24h00 Do| ne Denon A °PIq1 T 9 8 G LS T’Prqi L LL. L2 L2 LL Li‘pe9seyun 9p e."CL }‘prqt« Gt 9 C€[A*Piqt. e e° e e+ e‘101A9u7) ap. n°GI 4 ‘pr|& 6 vit UE‘AOPARO PB QUI‘:*. HOMPIIT D+ ut lo 9 PARC OO«0+ He‘Jeusrod p outre*+*:‘qiuep,p*:‘or Fe Ge oi bo Son.| DR ne AUS Ton one 6 ed e Des dre?+#0 spa 2 ÿ l« ct y Ÿ Carac*PIQT***+++“OMySpAOJ9IOH p‘++-L pe z B| or QU ce"18pAE9 B OUIET*‘11YSJ0S10(] 9p+*-9 on or p RC EN RER re “+ re Le Ve 2 Es"PI***+*‘sueuS1OmO 9p:+-+h Fi« A+ LT pu | | | | | | | | (189) gans cesse à técter; ils refusent de manger l'herbe: et ils prennent moins de nourriture que si on les faisoit paître tranquillement sur des pâturages séparés. On a coutume de mettre dans le troupeau des agneaux, quelques brebis qui servent à les guider, ou des béliers, afin que ceux-ci soient pourvus d'une meilleure nourriture. M. Fink ne tond ses agneaux qu'à la seconde année; il trouve qu'on obtient la même quan- tité de laine, et que les jeunes animaux suppor- tent mieux les pluies froides de l'automne, Quelques agriculieurs rejettent cette méthode, parce qu'ils prétendent que la laine de deux ans est inégale, qu'elle se casse facilement. Je pense que cet usage ne doit être adopté que dans les pays trop froids et trop humides, et dans le cas où les agneaux auxquels on laisseroit la laine pendant deux ans, seroient préservés du tournis; ainsi que quelques observations sem- blent le prouver. Lorsque M. Fink laisse ses montons dans le parc, jusqu’à la fin de l'automne, comme l'herbe est moins abondante et moins nourrissante à cette époque, il leur donne un supplément de fourrage, afin de les entretenir habituellement dans un bon état. Il a observé que le froid, la pluie et la neige procurent un plus grand appétit aux animaux, et qu il leur faut donner alors une (ll | | (190) plus grande quantité d'alimens, puisqu ils con somment plus de nourriture que si on les tenoit dans les étables. Il fait rarement parquer ses moutons à la fin de l'automne; il trouve que la peine et les frais occasionnés par le transport des fumiers, sont bien compensés par le bon état d’un troupeau maintenu dans la bergerie. Il pense que le sel n'est pas d'un grand avantage pour les moutons, et qu'il ne doit leur étre donné que comme médicament, Lorsqu il s'aperçoit que les moutons recherchent avec avidité, dans les temps de sécheresse, le sal- pêtre qui se forme sur les murs, alors il leur fait distribuer le soir, lorsqu'ils rentrent à l'étable, un peu de sel; et il leur interdit le jour suivant toute boisson, et même les pâturages humides. Si on laissoit boire les moutons après qu'ils ont mangé du sel, ils boiroient trop abon- damment, ce qui nuiroit à leur santé. Le régime que M. Fink fait suivre à ses troupeaux améliorés, est le même que celui auquel il soumettoit les races indigènes avant cette amélioration. Le seul changement qu'il a apporté, consiste à donner aux animaux, dans Jeur boisson, des gâteaux de graines oléagi- neuses. Ce fait prouve que tout agriculteur qui donne aux bêtes à lame de race commune, les soins que tout animal exige pour être main- tenu dans un état de prospérité, n'aura qu'une D tom| Es ten| ABUer 54 que} dasport 5q e bon Cine, Œ% pr D+ Jeur A qu'il ilavec pi£e sale | Leu ent re Chu ET AE mures quon i g5e9 gp\u ggrant dla mil Pa de SET né» sn p ne fn.) trés-petite addition de dépense à faire pou élever une race qui donne de grands bénéfices. Le régime qu’on fait suivre aux moutons dans les berseries de la Prusse, offre quelques particularités dignes d’être connues. Les bons agriculteurs font sortir chaque jour les bêtes à laine, quelque temps qu'il fasse. J'ai vu ces animaux sur des champs couverts de neige, gratter avec leurs pieds pour chercher leur nourriture. On croit que la bruyère est bonne pour leur santé, et qu'elle ne nuit pas à la finesse de leur laine, lorsqu'ils en mangent avec modé- ration. On donne aux moutons, dans plusieurs can- tons de la Prusse, les roseaux qui croissent dans les étangs, principalement le roseau nommé par Linnée, arundo angusti folia. Les feuilles de ces roseaux séchées sont resardées comme un fourrage très-sain, et d'une grande res- source pour l'hiver. On a reconnu que les Mérinos mal nourris en hiver, perdoient leur laine qui se détachoit en lambeaux, ainsi qu'il arrive dans les mêmes circonstances aux moutons du pays. Les chiens dont on se sert en Prusse, pour la conduite des troupeaux, sont d’une race dif- férente de ceux connus en France sous le nom de chiens de bergers, Ils ont la taille petite et (192) ramassée, les oreilles droites; ils ressemblent assez à nos chiens-loups; on en trouve à poil ras, et d’autres à poils longs et touffus: ils sont très-dociles, et ne mordent jamais les moutons. Ils se portent à la voix du berger, vers la partie du troupeau qui leur est désignée; et si les moutons refusent d'avancer, les chiens les poussent avec le museau; ce qui suffit pour leur faire prendre la direction qu'on veut leur donner. Il seroit à désirer que nos bergers voulussént accoutumer leurs chiens à ne jamais mordre les moutons; ces animaux naturelle- ment craintifs s’effraient lorsque le chien les approchent; ils se pressent, ils courrent, et souvent ils se blessent. La crainte dans laquelle ils sont perpétuellement, trouble leur repos, et les empêche de paître tranquillement, ce qui est préjudiciable à leur santé. Il est d’ailleurs peu de troupeaux où l'on ne voie de temps à autre des moutons blessés par la dent du chien. Plusieurs agriculteurs m'ont assuré qu'ils avoientgarantileurstroupeauxdu tournoiement; en collant sur la tête des agneaux avant l'époque où on les conduit aux champs, une toile enduite de poix: ils prétendent que cette espèce de calote met un obstacle à l'intromission du ver que les mouches déposent dans les sinus fron- taux, lorsque les animaux sont dans leur pre- miere mblené À poil| s{ik is Les Tuer, gnée; chiens t pour : leur roers| amadls relez| en le it, ét quelle (195) mière jeunesse. Il seroit bon de constater d’une manière positive un fait aussi important. Je ne dois pas passer sous silence une autre opération pratiquée par les cultivateurs Alle_ mands, et dont les heureux effets ont été bien constatés. Je veux parler de l’inoculation de la maladie désignée sous le nom de claveau., ou pourriture: cette inoculation produit sur les moutons le même effet que l’inoculation de la petite vérole chez les hommes. Les animaux inoculés contractent la maladie; mais les sy mp- tômes en sont légers; et la guérison est prompte et assurée. Les expériences qui ont été faites prouvent que les troupeaux inoculés sont à l'abri de toute contagion. On a accouplé des béliers atteints de la pourriture avec des brebis inoculées: les brebis, ainsi que les agneaux qui ont été le résultat de ces accouplemens;- n'ont offert aucun symptôme de pourriture. On inocule le mouton en faisant une incision à la face intérieure de la cuisse, dans la partie qui est dénuée de laine, à quatre doigts de l'a- nus. L'incision doit pénétrer la peau, mais il faut prendre garde qu’elle n'attaque les muscles ou qu'elle n’occasionneune effusion de sa ng.On presse avec les doigts un bouton d'un animal in- fecié de la maladie, et, après avoir enlevé, par le moyen d'une lancette, le virus qui en sort, on le porte dans la plaie de l'individu qu'on veut inoculer. 13 ( 194) On fait quelques expériences en France, pour zeconnoître Si l'inoculation de la vaccine pour-+ roit préserver les moutons de la pourriture. Les résultats obtenus jusqu à ce moment, parois- sent satisfaisans. Ilest probable que ce nouveau préservatif pourra être substitué avec avantage à celui que je viens d'indiquer. S IT LS LE Avaxr d'exposer le système d'éducation adopté par le comte de Magnis, il est à propos de parler des races indigènes de la Silésie, et de donner une idée de la manière dont ces races sont communément soignées dans le pays. La comparaison des deux méthodes sera instruc- tive, et démontrera combien les lumières et d'intelligence peuvent influer sur les progrès de l'économie rurale. Les améliorations éton- nantes faites par M. le comte de Magnis, serviront de réponses aux sophismes sans cesse #eproduits par la mauvaise foi, et toujours adoptés par l'ignorance(1). Elles prouveront que l'agriculture ne sauroit prospérer dans un Etat, s’il elle n’est étudiée et pratiquée par les pro- priétaires; et elles feront sentir combien il importe de répandre l'instruction parmi les habitans des campagnes. Les moutons indigènes de la Silésie ont en (1) Des déclamations de ce genre ont été renouvelées dernièrement dans le Journal du Commerce du mois de iltion F1pos £et de Draces 1: L à(ruce vs el j rés en ls, pisse purs qq pitt, pro- nés À ( 199) général le corps petit, le cou alongé, les jambes longues et sans laine; le dessous du ventre et une partie de la tête sont ésalement dépourvus de laine. On trouve dans ce pays deux variétés, dont l'une est très-inférieure à l'autre sous le rap- port de la beauté des laines. La race à laine fine porte des toisons préférables à toutes celles que produit l'Allemagne. C’est sur-tout dans les cantons de Namslau et d'Oels que se trouvecette race précieuse. Les bêtes à laine sont tondues deux fois par an dans la Silésie, quoique cette méthode soit généralement regardée comme vicieuse, puis- qu’elle entraine des accidens fâcheux pour les troupeaux, et que la laine est alors moins propre aux différentes opérations des manufactures. Dans les lieux où l'éducation des moutons est la mieux soignée, le foin est réservé aux brebis mères, aux agneaux d’un an et au-des- sous de cet âge. Les autres fourrages consistent en paille de seigle, de froment, d'avoine ou de pois. On donne aux animaux du sel gemme de pluviôse an X, à l’occasion d’un ouvrage pubhé en vertu d’une délibération de la Société d'Agriculture du département de la Seine, qui a pour titre: Æssai sur la nécessité et les moyens de faire entrer, dans l'ins- éruction publique, l'enseignement de l'agriculture, an X. 12% (196) qu’on suspend dans les bergeriesavecdes cordes, afin de prévenir les contusions que se font les moutons en se portant avec trop d'avidité contre les auges où l'on met le sel. On n’est dans l’usage nulle part en Silésie de parquer les moutons, de sorte qu'on les tient renfermés pendant les nuits d'été, et qu'ils restent une grande partie de l'hiver sans sortir de leurs bergeries. Ce régime leur est d'autant plus contraire, que les bergeries sont mal aërées, et qu'elles sont infectées par les miasmes d'un fumier qui séjourne pendant six mois de l'année. Les bergeries du comte de Magnis sont diri- gées sur des principes mieux raisonnés, et plus conformes à la nature des bêtes à laine. Les bâtimens qui servent à les abriter, sont cons- truits en planches avec des ouvertures de deux pieds en tous sens, et à la distance de deux pieds les unes des autres. Ces espèces de fe- nêtres restent ouvertes pendant tout le cours de l’année, même durant les hivers les plus ri- goureux. On se contente seulement d’abriter avec plus de soin, les brebis à l’époque où elles agnèlent. Chaque classe, c’est-à-dire les brebis mères, les animaux destinés à la vente, les agneaux de l'année, ceux qui ontun an, les béliers, sont tenus dans des bâtimens et des cours séparés. Ces troupeaux, contre l'usage dela Silésie, ne sont tondus qu'une seule fois par an, et le dontre| «qu WSsortir Dant slées, Ed un Ænnée, D: din ac plus Es. La Yons- Deux dux b[e= ajuts att Eat belle nerts, guux pont AS p51e il le t20%) lait des mères est entièrement abandonné À la nourriture des agneaux; car on a observé que lorsqu'ontraitles brebis, les agneaux ont moins de vigueur, et les toisons perdent en qualité et en quantité. L'hiver qui commence en Silésie au mois d'octobre, et qui se prolonge jusqu’à la fin du mois d'avril, nécessite des provisions de fourrages plus considérables que celles dont on a besoin ailleurs. Cependant les montagnes sur lesquelles sont situées les terres du comte de Magnis, offrent un sol aride et dénué de prairies naturelles; il a fallu donc employer toutes les ressources de l'art pour créer des prairies artificielles, sur un terrain qui produi- soit à peine quelques plantes indigènes. M. le comte de Magnis est parvenu avec une culture raisonnée, à récolter annuellement deux mille cinq cent quintaux de trèfle, et une quan- tité proportionnée de luzerne, de pommes de terre, etc., pour la nourriture d’hiver de ses mou- tons, sans compter les fourrages nécessaires à un nombreux troupeau de vaches, qu'il nourrit toute l'année à l'étable, contre l'usage du pays. L'agriculteur Silésien a fait sur ses terres ce qui devroit être imité par ceux qui veulent per- fectionner leur culture, et ce qui peut étre exé- cuté sans beaucoup de peine sur un sol de quel- que nature que ce soit; ila presque entiérement banni les jachères. C’est par ce moyen qu'il s'est procuré une nourriture abondante pour 106) ses nombreux troupeaux, et qu'ila considéra- blement augmenté la masse de ses revenus. Les terres qui étoient autrefois laissées en jachères, sont aujourd'hui mises en produit dans presque toute leur totalité. La moitié de ces terres est ensemencée en Juzerne ou en trèfle, qui donnent un fourrage suffisant, non-seulement pour la nourriture des vaches pendant l'été, mais encore pour celle des bétes à laine durant l'hiver. Un tiers est planté en pommes de terre pour la nourriture d'hiver des moutons. Les terrains non susceptibles de produire du grain, soit à cause de leur éloignement, ou à raison de la mauvaise qualité du sol, suppléent aux jachères, etservent de pâture aux moutons, après avoir été ensemencés en trèfle(#r7/olium repens),en sainfoin, luzerne, fromental(avena elatior),houlque(Aolcus lanatus)), pimprenelle (poterium sanguisorba), boucage(pimpinella saxtfraga.) Ces différentes plantes sont mélan- gées sur le même terrain; et elles servent à la pâture des moutons pendant six ou septannées consécutives. Une portion nouvelle de ces ter- rains est défrichée chaque année, et plantée de suite en pommes de terre. Voici la succession des récoltes qui a lieu aujourd'hui sur les terres qu'on avoit coutume de laisser en jachères, avant la méthode intro- duite par M. le comte de Magnis, Sidéra. lus, es en f-oduit| ei Ca die en| utrage| friture| Où pour Ÿ tiers| Ofiture| D'ire du SD, OLA e pleut DE 1tOns, Num Men gelle ec rn- ani ak qu =$(l- <* de y lieu ) cumé X nitro: ( 199) reannée,««*+,. Avoine. D.ème année.+.++* pommes de terre. Gimeannée.‘+++- avoine Ou orge, parmi lesquelles on a semé de la graine de fourrages artificiels nommés plus haut. 4ème année.|... prairies artificielles dont on fait deux coupes. 5.ime année.... prairies artificielles livrées à la pâture desmoutons, une ouplusieurs années, selon l'état de ces prairies. Ce genre de culture fournit une abondante provision de paille, de pommes de terre et d’autres fourrages dont on forme des magasins pour l'hivér. La répartition de ces alimens est faite de ma- nière que chaque animal est amplement nourri, quelle que soit la rigueur et la durée delhiver. Le comte de Magnis calcule immédiatement après la récolte, les quantités de fourrage qu'il a obtenues; et il fixe d'après ces calculs, la portion que doit avoir chaque classe d'animal, et celle qui peut étre mise en réserve. Afin que la distribution se fasse régulièrement, et qu'elle sait facile et exacte, il affiche dans chaque bergerie des tableaux sur lesquels sont inscrites la classe des animaux, l'heureà laquelle on doit leur donner à manger, la nature et la quantité d'alimens qu'ils doivent recevoir, etc. Je vais donner ici deux tableaux formés d'après ceux du comte de Magnis. z6 Re ut+ IdRObiSMa."0" Ssomepot ic 2 si*‘*‘21191 op sowmod 2P 12249 op+| Hu© relie g7****‘epyoey epred op sjegjeyos c 2 z9 FT TT tt**PU984 uou uroj* rpuu-sgde j ap oinam oun e o'c s A PU Le. de jee PT ES EN Er 0..... e 0 **‘UNE NP S8Anouy 9 b o'I *‘2f9n ep Sjejyouos z; "SHTPUI XNBOUSE ÇT1 E VIDUUOP UQ *xnvouSe GGl mod AYATAVEL F'AUV€oigs aed auowroppouano( ney 1nb 99 DR ST ST 10 DU SOU el is: ON Sr*?1A°P e9II0Y CÉRCEUE| 0,"S9IN8U 9 E 06°C **?**‘21191 8p Sawuwmod 9p Suazjoui ot SR CF PC SE DEA:*soinouy ÿ e 0‘? *‘29U9Uu epried‘ suazjeuu z 1‘ SJOJJOU9S% ASE IT 194324 Due Ir Ne Rp p) Apiu-ide pop oc do oser VFUONIOUSOUTO IA 5 fat" saMopone,.:t *2puovuy ejied op suoziou zt‘syaJeuos 2 *‘UTP np sains* **++‘ape op suazjou 6‘jeyyouos t p Pro ù ‘ stq91q OOT& EIDUUOP U() gl ÿyr 7 oot La| 6 à 9 Le ‘AJ 69 juesod de ones Î l (| l (20275 La portion des agneaux femelles est fixée à 3 liv.+ par tête; celle des béliers et des moutons châtrés, à 5 liv. à. Le comte de Magnis donne une nourriture abondante à ses troupeaux, ainsi qu’on peut le voir par la quan- tité assignée à chaque animal; et il cherche chaque année à augmenter ces portions, en multipliant sur sa terre le nombre des prairies artificielles. Il pense avec raison que la quantité de laine dépend entièrement de la quantité de nourriture. Il ne donne jamais de grains aux moutons; il a reconnu que cet aliment, quoique nourris- santet salutaire, est beancoup trop dispendieux, et qu'il peut être avantageusement remplacé par les plantes que nous avons indiquées plus haut, sur-tout par les pommes de terre. Il a calculé en effet que les pommes de terre pro- duisoient les mêmes effets que l'avoine, et qu’elles économisoient trois quarts de dépense en remplacant cette espèce de grain. Il laisse manger aux moutons autant de sel qu'ils veulent; ce qui va annuellement, pour cent moutons, à deux quintaux et demi en- viron. C'est par le moyen d'une méthode aussi excellente, que le comte de Magnis entretient habituellement ses troupeaux dans un grand état de prospérité, et qu'ils reparoïssent sur les a——— Se ( 203) pâturages, aprés un long hiver, aussi sains et aussi bien nourris qu'à l'époque où ils quittent les champs pour être enfermés dans les bergeries. Il a fait venir à grands frais des races étran- sères, et sur-tout les meilleurs béliers Mérinos qu'il a pu se procurer en$axe et dans les Etats autrichiens; il a soin de numéroter les individus de ses troupeaux, afin que les races ne se mé langent point contre son intention, et afin de constater avec exactitude, les résultats de ses expériences. Ce numérotage lui devient d’au- tant plus nécessaire; qu'il pense, avec la majeure partie des cultivateurs allemands, que les races dégénèrent lorsqu'on n'a pas soin d'éviter les alliances de parenté. On attache un numéro au cou des agneaux lorsqu'on les sépare de leurs mères; ou bien on les marque en leur faisant une entaille aux oreilles. Ces numéros sont portés dans des registres sur lesquels on note la quantité de laine qu'a produite un individu, la race dont il provient, Les expériences aux- quelles on le soumet, et les autres observations qui le concernent. Je n'ai pu connoître exactement le système qu'il suit dans ce numérotage; mais comme il peut être avantageux aux cultivateurs français. d'employer ce moyen, afin d'éviter les croise- mens d'animaux moins parfaits, ou de ceux ( 204) qui n'ont pas, atteint la quatrième génération, je donnerai à la fin de cet ouvrage, un système de numérotage, qui pourra satisfaire ceux qui voudroient en faire usage. Le comte de Magnis suit la méthode silésienne pour le lavage des laines. Il fait traverser une rivière à ses animaux, après les avoir contraint de se jeter à l’eau, de dessus un pont peu élevé. Les différentes races qu'il possède ne sont ton- dues qu'une seule fois; chaque toison est pesée aussi-tÔt après la tonte; et son poids, ainsi que ses qualités, sont notés sur un registre à côté du N.° de l'individu qui l’a produite. C’est d'après les notes déposées dans les registres, que le comte de Magnis assortit les animaux à l’époque de l'accouplement. Il combine les différentes qualités, telles que la finesse des laines, leur longueur, leur quantité, la stature des indi- vidus, etc., et il forme par ces combinaisons, des races plus parfaites et plus productives. C'est avec tous ces soins qu'il s’est formé, dans l'espace de quatorze ans, le plus beau troupeau et le plus nombreux existant sur un sol cultivé, et qu'il a porté ses propriétés à une valeur de 11, à 120,000 francs, au- delà du prix qu'elles avoient lorsqu'il a entrepris de les faire valoir lui-même(1). (:) Des améliorations aussi considérables, n’auroient pu avoir lieu dans un pays où l'impôt territorial est ( 205) Cet exemple est sans doute digne d’admira- tion; et mérite bien d'être suivi par les pro- priétaires français. Les personnes dont la fortune est bornée, ne pourront sans doute jamais parvenir à des améliorations aussi pro- digieuses et aussi lucratives; mais il n’est aucun propriétaire qui ne puisse, en cultivant son héritage, augmenter proportionellement sa fortune, quelque petite qu'elle soit, si aux Connoissances rurales, il réunit la volonté, l'intelligence et les soins indispensables pour le succès de toute entreprise. J'ai été témoin en Angleterre, et plus ré- cemment en Allemagne, de plusieurs cultures portées à un haut degré de perfection par des propriétaires instruits. En vain espéreroit-on ce perfectionnement de la part de ces hommes simples et ignorans, qui ne sont susceptibles de concevoir d’autre méthode que celle qui leur fut toujours tracée par la routine? Que les exorbitant, mal réparti, et ce qui est encore plus désas- treux, lorsqu'il n’est pas fixe, qu'il varie chaque année arbitrairement, et qu'il est toujours augmenté à raison des avances de fonds, et à raison de l’industrie du cultià vateur. Les terres ont été taxées en Silésie> en 1743; et la taxe n’a pas changé depuis cette époque. Aussi la Silésie est un des pays le plus peuplé, le mieux cultivé, et le plus industrieux de l'Allemagne, quoique son état physique et sa position soient des moins favorables. ( 206) propriétaires aisés abandonnent ces villes et ces palais où règne l'ambition, et où le vice recoit des hommages; qu'ils daignent enfin s’instruire dans le plus utile des arts; et bientôt la France verra la fortune publique s’accroiître par l’aisance et le bonheur des particuliers, Re CE REN LEE" V. ÉsIUA TS SA DD LH LC HI E.N S. Une observation qui aété faite et mille fois citée par tous les voyageurs, c’est que l’agricul- ture et l’industrie d'un pays, sont plus ou moins florissantes, et que Île peuple est plus ou moins heureux, à raison du degré de liberté dont il jouit, ou à raison des préjugés par lesquels il dégrade la religion qu'il professe. Cette re- marque, qu on est à portée de faire en compa- rant l’état de l'Italie et de l'Espagne avec l’état de certains pays de l'Europe, celui de la Suisse avec elle-même, et sur-tout celui du nord de l'Allemagne avec le midi, cette remarque se fait sentir encore plus dans ce dernier pays que par-tout ailleurs. Dans les parties de l'Allemagne, où le peuple a des notions plussaines, on voit règner l’aisance et la prospérité, tandis que dans les Etats où dominent les pratiques superstitieuses, le peuple ignorant, et plus ou moins asservi est incapable de concourir aux progrès de la cul- ture et des autres branches d'industrie. Gette vérité est frappante, sur-tout dans les ( 208) Etats autrichiens. Par-tout l'agriculture y lan guit(1); et les efforts qu’on a faits, à différentes époques pour la vivifier, ont été et durent étre infructueux; car l'agriculture ainsi que le commerce ne prospérèrent jamais que lorsqu'ils furent soutenus par la liberté, et dirigés par les lumières. Le vaste territoire de ces Etats offre une grande variété de races indigènes, dont les toisons sont d'une qualité inférieure. Les mou tons y paissent en général sur de mauvais pâtu- rages; il sont mal soignés; on les loge dans des bergeries étroites, sans ouvertures, et d’où le fumier n’est enlevé que deux fois par an. Ce régime, et une mauvaise nourriture d'hiver, occasionnent de fréquentes maladies dans les troupeaux; il est en effet peu de pays où les épizooties soient aussi fréquentes et aussi dé- vastatrices que dans les Etats autrichiens. L'u- sage où l’on est de traire les brebis, et celui de louer aux paysans les troupeaux en leur concé- (1) On doit en excepter la Haute- Autriche, où les terres sont généralement bien cultivées. 11 peut se trou- ver.dans tout pays, des causes particulières qui con- courent à la prospérité de l’agriculture et de l’industrie, malgré les vices du Gouvernement. Ainsi les environs de Naples et ceux de Valence.en Espagne, sont bien cultivés, et donnent d'abondantes récoltes. dant y lan lents LE étre he Je lu'ils li par EC uné D:{es à Ou Bâtu- à 44 des Bot|e ai. Ce Aer, is Les mi Les ji dé- Qu u= ji de 1icÉ- ( 209) dant quelques animaux, s'opposent aussi au perfectionnement des races. Le lait des troupeaux sert à faire du beurre et du fromage. On fait à Brinn en Moravie, etaux environs de Broumow, une espèce de fromage très renommé, et connu sous le nom de brinsen, dont il se fait une grande consommation à Vienne. La Hongrie est la partie des Etats autrichiens, qui nourrit la plus grande quantité de bêtes à laine. On y voit des troupeaux composés depuis mille jusqu'à sept mille individus. La race in- digène du pays est de la plus grande taille; elle donne une laine grosse, longue et ondulée. Les béliers ainsi que les brebis ont des cornes qui s'élèvent verticalement et en spirale. Les animaux de cette race, qui se trouvent aussi en Bohéme et en Walachie, sont connus par les naturalistes, sous le nom de ovrs strep- siceros; Ils paroissent être originaires de l’ile de Crète. Ils ont un tempérament robuste. Leur peau, couverte de laine, est employée à faire des pelisses à l'usage des habitans de la cam- pagne. Les bergers enduisent ces peaux avec du lard; etils s’en servent en guise de manteau, pour dormir sur la terre au milieu des neives, et pour se garantir des autres intempéries de l'air. La Moldavie nourrit une race de moutons à LA ( 210) large queue, qui donnent une des laines les plus longues du continent, à en juger par les échantillons que j'ai reçus de ce pays. Les toi- sons de ces animaux sont composées de deux espèces de filamens; les uns très- grossiers, longs de trois décimètres,( onze pouces) et les autres d'une grosseur moyenne, et longs d'un ou deux décimètres(trois à sept pouces). Les laines les plus estimées des Etats Autri- chiens sont celles de la Moravie et de la Bohéme. Les moutons de la Moravie dont j'ai vu quel- ques individus, sont fort grands; ils ont le dos très-bombé, la laine longue, et une tête éfilée. L'amélioration des races à laine fine a été encouragée en Autriche plus fortement que les autres branches d'économie rurale: voici les réglemens donnés à ce sujet par le Gouver- nement. 1.° On ne conduira point les belles races sur les terrains communaux humides, ou sur ceux qui n'ont pas de pente; 2.9 On choisira pour la propagation des races, les individus de troisième génération, provenus d'un bélier Espagnol et d'une brebis de Bohème; 5.° On fera passer d'un troupeau à l’autre les béliers Espagnols, et ceux de Padoue, afin d'obtenir une race identique; 4° Les cercles des provinces, communi- t Lonos duces), ufr dime, nel © dos fée, C sui 3 querontchaque année au Gouvernement un état des troupeaux et des progrès de leur amélio- ‘ration; et ils enverront un échantillon de leurs faines. Deux ans après ce premier réglement, on fit paroître l'ordonnance suivante, afin de prévenir les épizooties. 1.° On donnera aux troupeaux du fourrage de bonne qualité, et en quantité suffisante: 2.° On ne les conduira pas dans les térrains bas, et qui auront été inondés; 5.° On ouvrira les portes et les fenêtres des bergeries avant de faire sortir les moutons; on laissera les fenêtres ouvertes jour et nuit lorsque le temps sera beau; 4.° On fera sortir les troupeaux par le beau temps, après leur avoir donné à manger et à boire; et on les tiendra durant quelques heures sur un terrain spacieux et découvert, sur lequel il ne se trouve ni plantes nuisibles, ni eau croupissante; 5.° On donnera deux fois par jour dans les temps humides et froids du sel gemme aux moutons, sur-tout à ceux qui sont parvenus au dernier degré de croissance: 6.° On retirera le fumier des bergeries; et on les nétoiera chaque fois que les moutons en seront sortis. 7-° On aura soin d'enlever les ordures qui 14 À (212) pourroient s'attacher sur le corps des ani-. MmAUX. 8.° On n’enverra pas les troupeaux sur les pâturages, avant de leur avoir donné une quantité suffisante de nourriture à l’étable, ainsi que du sel, et de les avoir abreuvés. 9.° On ne conduira les troupeaux sur les pâturages, que lorsque la nouvelle herbe sera poussée. 10.° Pour ce qui regarde le dépouillement des bêtes mortes, et l'emploi des peaux qui en proviennent, on suivra les avis que le pro- Ffesseur Wolstein a insérés dans son ouvrage sur les épizooties(1). (1) Cet ouvrage, dont il y a plus de douze éditions en Allemagne, a pour titre: Das buch von den seucher der Lorneviehs, der schaaf und scheveine, in-8.9; c'est- à-dire: Traité sur Les épizooties des bétes à cornes, des moutons et des porcs. Un vol. in-8.o Il seroit à désirer qu’on traduisit, dans notre langue, cet ouvrage utile, qui a été distribué aux cultivateurs, dans plusieurs prin- cipautés de l’Allemagne, par ordre du Gouvernement. Je saisis cette occasion pour rendre hommage aux vertus et aux talens de M. Wolstein, que j'ai connu à Altona, où il s’est refugié, après avoir été banni des Etats Autrichiens, M. Wolstein n’est pas le seul homme qui, depuis la révo- lution française, ait été persécuté à cause de ses opinions philosophiques. $ ane lur Jes 0 une ble, Dvts, Eur\es Le ser {nent GS qi De pro- Due su _—— cons en Srcher pc este }; des iésirer ile, p prin- ent. Je prtus el a, où il chiens, a répo* jpions (21350 CHA D'ICERE, VE FRA NN'CTE: J'aurors désiré pouvoir exposer ici en détail la méthode suivie à Rambouillet dans l’éduca- tion des bêtes à laine fine; mais les renseigne- mens que j'ai demandés sur ce point m'ont été refusés par le régisseur de Rambouillet, qui, sans doute, ne m'a faitce refus que d’après des ordres supérieurs. Je n'ai d’ailleurs qu’à me flatter de la manière honnête dont il m'a accueilli: jai été d'autant plus étonné de trouver cette réserve dans un établissement national, destiné à l'ins- truction publique, que j ai constamment recu hors de ma patrie dans les établissemenis publics et particuliers tous les renseignéemens dont j'ai eu besoin. Il me sera cependant facile de présenter au lecteur les notions qu'il espère trouver ici, en donnant un extrait de l’zrséruction sur les moyens les plus propres à assurer la propa- gation des bêtes à laine de race d’Espagne, et la conservation de cette race dans toute sa pureté, rédigée par Gilbert; cet habile agri- culteur étoit spécialement chargé de surveiller (214) le troupeau de Rambouillet; et c'est d’après sa méihode que l'éducation de ce troupeau a été dirigée, et l’est encore dans ce moment. Je vais commencer par exposer quelques faits et qu_iques observations que j'ai appris, ou que j'ai éié à même de faire pendant mon séjour à Rambouillet. Les moutons du troupeau de Rambouillet reçoivent une nourriture abondante dans les différentes saisons de l’année. Aussi la race a beaucoup gagné sous les rapports de la grandeur et de la grosseur, ainsi qu'il est facile de le voir par la comparaison des animaux que Gilbert a achetés en Espagne. Il n’est pas rare de trouver à Rambouillet des béliers qui ont sept décimé- tres, et même sept décimètres, trois centi- mètres,(vingt-cinq à vingt-six pouces) de haut, Le poids moyen des toisons de Rambouillet est d’un kilogramme environ(deux livres) plus con- sidérable par bête comparativement à celui des moutons venus d'Espagne, et nourris pendant un an sur la même ferme. On conduit le troupeau sur des prairies natu- relles, ou sur des trèfles et des luzernes fauchées: on l'affourage pendant l'hiver avec du foin, du regain, de la luzerne, du trèfle, de la vesce, de la paille de blé, de la balle, et de l’avoine; on donne aux animaux de la nourriture autant qu'ils peuvent en consommer; la paille qu'on Li x à ÉTÉ ul laits “que A our yet Sb Les 18: à feet 9lvor éatta Maure B mt. ent but, \lrst pin Ifles jean ET guées ), du ce, BIÉ ant on ( 2a5') met dans les rateliers ne sert qu'à les amuser; elle est répandue sur le sol, au sortir du ratelier, et sert de litière. Quelques animaux recoivent une demi livre d'avoine par jour. La quantité de grain qui est répartie au troupeau est trop considérable; et les individus qui passent de Rambouillet dans les bergeries particulières doivent souffrir, si on les fait passer d'une nourriture succulente, au régime auquel on soumet les moutons, même dans les meilleures bergeries. Les particuliers qui achètent des moutons à Rambouillet, doivent les amener graduellement de cette nourriture succulente à celles qu'ils se proposent de leur donner habi- tuellement.: Il seroit à désirer qu'on remplaçät à Ram- bouillet l'usage des grains par la nourriture de racines, telles que les pommes de terre, les betteraves, etc. J'ai dit dans le cours de cet ouvrage pour quelles raisons on doit préférer les racines au grain. On mène promener les moutons chaque jour en hiver, pendant une ou deux heures. On les fait parquer en été depuis la mi-juillet jusqu'à la fin d'octobre. On forme trois troupeaux séparés, celui des agneaux, celui des brebis, et celui des béliers; les jeunes agneaux restent avec leurs mères pendant le jour; ils sont tenus à part pendant {| |F 11 (EU AN Î | | } (2161) la nuit; et on les sèvre à l’âge de cinq ou six Im O1s. Les bergeries de Rambouilletsontbienaërées; les rateliers qui sont mieux disposés que ceux dont on fait usage dans le pays, présenteroient de plus grands avantages s'ils étoient construits sur le plan des rateliers que j'ai vus en Allmagne, et dont j'ai parlé dans cet ouvrage. Püturages de Rambouillet. Parmr quelques pièces de terre élevées, en pente, saines, et très-propres aux bêtes à laine, je parc de Rambouillet en offre beaucoup d’au- ‘tres plates, froides, compactes; plusieurs sont fraiches, et quelques-unes humides. L'usage de ces pâturages est tellement réglé d’après la saison, la température, l'heure du jour, la nourriture que les bêtes trouvent à l'étable, et plusieurs autres circonstances, qu’on prévient tous les dangers qu’entraineroit nécessairement une administration moins prévoyante et moins éclairée. Il est tel pâturage que le troupeau ne parcourt jamais en sortant de la bergerie, tel autre où il ne fait que passer lésèremeni: dans l'un, il n’est conduit que pendant les jours hu- mides; dans l’autre, que dans les grandes séche- resses; tel terrain peut être pâturé le matin, tel autre ne peut l'être qu’aprés midi. Pour BE Où{x ff r'ées: UPceux #jent O'ruits Eire, MS ,en eue, DC d'au Me sont Eye de 15: là 0! la dé et IQ Ent fnent STONE au ne £, tel pi dans ) ln che- in, out ( 217) peu que les propriétaires veuillent se donner la peine de refléchir sur les effets de l'humi- dité sur le mouton, et d'éclairer leurs bergers, ils seront assurés du succès, méme sur des terrains qui ne réunissent pas les circonstances les plus favorables. De la nourriture. LA race d'Espagne s’accommode de toutes les plantes qui conviennent aux races communes. Je crois même avoir remarqué, et les bergers de Rambouillet m'ont confirmé cette observa- tion, que les bêtes de race mangseoient plusieurs espèces de plantes que dédaignent les bétes à laine du pays. Il ne peut entrer dans le plan de cette instruction, d'indiquer toutes les subs- tances qui peuvent servir à la nourriture des moutons; il suffit de dire que la luzerne, le trèfle, le sainfoin, les bons foins de prés hauts, mais avant tous les reoains de luzerne et de trèfle bien récoltés, conviennent à merveille aux bétes à laine de race. Pendant la monte, on doit offrir un peu d'avoine aux béliers; elle leur donne de la vigueur; et il est certain qu'ils influent bien plus puissamment sur les productions, qui, tant pour Ja taille et la constitution que pour la qualité de laine, tiennent davantage du père (226) ou de la mère, selon que l'un ou l’autre est supérieur en vigueur. C’est sur-tout dans les alliances des béliers Espagnols, avec les brebis communes, que cette attention est d'une grande importance. Un mois avant le part, il convient de donner aux brebis un peu de son, ou d'avoine, ou de pois de brebis, ou de féveroles, ou de toute autre espèce de grain; et on les tiendra à ce régime pendant un mois après, ou méme plus tard, dans le cas où, à cette époque, les mères ne trouveroient pas dans les champs, une nourriture abondante, et si l'on y pouvoit suppléer par une suffisante quantité de bons fourrages à la bergerie. On offrira également un peu de son aux agneaux, lorsqu'ils seront en état d'en manger; on ne doit point étre effrayé de cette lésère dépense; on en est am- plement dédommagé par la beauté et Le prix des élèves. Au reste, ces supplémens en son, en avoine ou autres grains, doivent être relatifs à la qualité des pâturages: s'ils sont abondans et substantiels, les supplémens sont peu néces- saires; dans le cas contraire, ils sont indispen- sables. L'usage du sel, trop peu connu en France, produit sur les bêtes à laine en général, et sur celles à laine fine en particulier, de très-bons effets; on ne peut trop inviter les cultivateurs £'e est 215 les erebis #nde ner “à de Ponte 1 ce mlus tes e une Evo D bons S nent eront tre gi les jen ÿis À jlans CES: pen- ce, ut ns irS PER RS= a ( 219) à l'adopter. On en donne une demi-once par jour à chaque individu, dans un peu d'avoine ou de son. On peut aussi le donner seul, les moutons en sont extrémement avides. De la boisson. Daxs un grand nombre de départemens, on n’abreuve jamais les bêtes à laine; il est difficile d'imaginer une pratique plus désastreuse. Les troupeaux à laine fine doivent être abreuvés tous les jours; et s’ils sont bien conduits, qu'ils ne soient tourmentés, ni par les bergers ni par les chiens, on ne doit pas craindre qu'ils s'abreuvent avec excès. Les eaux claires, légères, courantes, sont celles qu’on doit préférer; mais dans chaque canton, on se sert de celles qu'on a. Il faut seulement observer que s'il ny en avoit que de corrompues, ou chargées de jus de fumier, il faudroit préférer de donner aux troupeaux de l'eau de puits dans des auges ou dans des baquets. Il doit y en avoir dans les bergeries pendant tout le temps que ces animaux y sont retenus par l'effet de l'intempérie de l'atmosphère. Des abris. Les longues pluies étant infiniment plus contraires aux moutons que le froid, on a cru — 520") qu'il suffisoit de les en préserver: et en con- séquence, on a conseillé des hangards, des appentis. Ces abris peuvent certainement suf- fire; mais je n'hésite point à leur préférer des bergeries assez spacieuses pour que les moutons n'y soient jamais serrés, assez élevées pour que l'air n'en puisse étre altéré, assez bien percées pour qu'elles puissent être traversées dant tous les sens par des courans d'air. Si des bergeries ainsi construites, sont placées sur un terrain bien sec, si elles sont attenant une cour close, un peu vaste, dans laquelle les moutons aient la faculté de sortir toutes les fois que leur instinct les y porte, si elles sont soigneusemeut nétoyées, si l’on en renouvelle souvent la litière, on ne peut douter qu’elles n'offrent Vabri le plus sûr, le plus commode, le plus sain qu on puisse se procurer, et dans tous les lieux, et pour toutes les saisons. Du parcasge. OX n'est guères plus d'accord sur les avan- tages du parcage que sur ceux des bergeries, par la raison qu'on veut toujours généraliser des méthodes qui doivent varier à raison des circonstances locales. On peut parquer sans inconvénient, et même avec beaucoup de bé- néfice, toutes les terres parfaitement saines, heu @: l: à ent SE H0eS {l= MES Lu 1(ÉS nas bé- #5» (251) pourvu qu'on ne commence à parquer qu'après le temps des froids et des pluies, qu on laisse les moutons à la bergerie pendant les premières nuits qui suivent la tonte, et qu’on les y fasse rentrer toutes les fois qu'on est menacé de quelque orage, ou seulement d’une pluie un peu forte.: Au moyen de ces précautions, on préviendra les rhumes auxquels sont si sujets les moutons pendant le temps du parc, le flux opiniâtre qui a lieu par les narines, connu sous le nom de morve, et plusieurs autres accidens qui sont l'eftet de l'arrêt de la transpiration auquel le parçcage expose si souvent les animaux. Conduite du troupeau au pâturage, Que le troupeau ait passé la nuit dans une bergerie ou dans l'enceinte d’un parc, il est de la plus grande importance de ne le jamais faire sortir avant que la rosée ne soit entiére- ment dissipée. Peu de bergers ont cette atten- tion; dans la crainte que leur troupeau ne souffre de la faim, ils le font sortir de bonne heure, et le perdent. J'ai souvent observé que les moutons, laissés libres dans le pâturage, ne pâturent jamais l'herbe mouillée; mais il n’en est pas de même de ceux qu’on a enfermés pendant la nuit: pressés par la faim, ils dévo- We2s") rent avec avidité les plantes chargées de rosée: cette nourriture, en relâchant les fibres, accé- ière l'embonpoint du mouton; mais cet engrais factice est bientôt suivi de la pourriture. C’est donc sur— tout relativement aux troupeaux d'élèves qu'est indispensable la conduite qui vient d’être prescrite. Il est aisé d’imaginer que l'humidité dont les plantes seroient chargées, quelle qu en puisse être la cause, doit produire plus ou moins le même effet que la rosée. Lorsqu'on est forcé de faire sortir le troupeau par les temps humides, on doit toujours le con- duire sur les terrains les plus élevés, dans les genéts, les bruyères, sur les côteaux les mieux exposés, et autant qu'il sera possible, ne le conduire au pâturage qu'après avoir appaisé la grande faimavecdes fourrages donnésauratelier, Les terrains bas et humides, ceux qui sont couverts d’eau l'hiver, et quise desséchent l'été, doivent étre interdits sévèrement aux moutons. Si l'on est forcé de s’en servir, on ne les doit laisser pâturer que vers le milieu du jour, lors- qu'ils sont parfaitement secs: encore doit-on avoir la précaution de n'y laisser, chaque fois, le troupeau que pendant un temps très-court. Dans les grandes chaleurs il est nécessaire de retirer le troupeau du pâturage pendant les heures les plus chaudes de la journée, et de lui procurer un abri, soit celui des arbres, soit celui à| rOgée: accé- 1pTaIs C'est eaux 8 qui ët que pées, luire \pRAU econ- ns les MIEUX ne le Ë(225} d’une bergerie, dont onne laisse ouvertes, dans ce cas,queles fenêtres quisont opposées ausoleil. On peut établir, au reste, comme règle géné- rale, que la température la plus modérée est celle qui convient le mieux au mouton, tant relativement à sa santé qu'à la beauté et la bonté de sa laine. Un berger bien pénétré de ce principe, trouvera bientôt, pour peu qu'ilsoit intelligent, la conduite la plus propre à assurer la conservation de son troupeau. Les pâturages les plus riches, les plus abon- dans en herbe, sont toujours ceux dont il faut se défier le plus: il est sur-tout extrêmement dangereux de faire paître les troupeaux sur les prairies artificielles; la luzerne, et le trèfle encore plus, occasionnent aux bêtes des son- flemens qui les font périr en très-peu d'heures, pour peu sur-tout que ces plantes soient mouil- lées. On ne peut donc les écarter avec trop de soin de ces sortes de pâturages; et si l’on est forcé de s'en servir, on doit seulementles par- courir, sauf à y ramener le troupeau plusieurs fois le même jour, et toujours pour quelques instans seulement. Si, maloré cette précaution, on voyoit quel- ques bêtes gonflées, il ne faudroit pas hésiter à les jeter dansl'eau, à les faire courir: on leur donneroit à chacune un demi verre d'huile; et dans le cas où le gonflement ne diminueroit ( 224): pas, il faudroit plonger une lame de couteau dans la panse, du côté gauche, immédiatement au-dessous des reins, entre les hanches et les côtes; on procurera, par ce moyen, l’évacua- tion de l'air contenu dans cet estomac, ou il se dégage des alimens que l'animal a pris en trop grande quantité. Pour faciliter son éva- cuation, à mesure qu'il se développe, on in- troduit un tuyau de rozeau, de sureau, ou une cannule quelconque, de la grosseur du doigt, dans la panse, par l'ouverture qu'on a prati- quée. On abandonne ensuite la plaie à la nature. De l'accouplement. C'rsr une opinion, qui pour étre générale, ne m'en paroît pas moinserronée, que les mâles les plus jeunes dans toutes les espèces, sont toujours les plus féconds, et ceux qui donnent les plus belles productions. Gela seroit incon- testable si, par mâles jeunes, on entendoit des animaux adultes et parvenus au terme de leur accroissement; mais Ce sont précisément ces derniers qu’on regarde comme moins propres à la reproduction. Cette opinion contre laquelle s'élèvent les premiers élémens de la saine phy- sique, n'est fondée que sur l'abus méme qu'on faitdesanimauxtrop jeunes. Ilest évident qu’un bélier qu'on a épuisé à huit, à neuf mois, qui, > a &t Outeay lement | etes âCUA- Lou 1] 5 en |. Cya- 2n 1n- Wune hist, lrati- liture, crale, lrâles Sont ent Con= tdes ,\eut (E CES opres elle hy- l'on un ui| À ( 226) à cet âge, a fécondé cent et méme centcinquante brebis, comme j'en ai eu plusieurs exemples; ilest, dis-je, évident que ce bélier n’est plus propre, l'année suivante, à la génération, Ou du moins qu'il ne l'est pas autant qu'un bélier plus jeune; mais si l’on n’emploie les béliers que lorsqu'ils sont à-peu-près‘arrivés au dernier degré de leur accroissement, c'est-à-dire, lors- qu'ils touchent à la fin de leur deuxième année, il n y a aucun doute qu'ils ne soient tout aussi féconds que des agneaux d’un an, qu'ils ne don- nent de beaucoup plus belles productions, et qu'ils nesoienten état d'en fournir d'aussi belles jusqu'à l'âge de six ou sept ans, lorsqu'on ne donne à chacun qu’une trentaine de brebis ou quarante au plus. Les productions provenant d’un bélier trop jeune, ne tardent pas à tendre vers la dégénération. L’attention d'attendre l’âge adulte est peut être d'une plus grande importance encore dans les brebis; elles sont en état de produire à dix ou onze mois; elles peuvent donner d'assez belles productions, en les faisant saillir à dix huit, à vingt mois: cependant lorsqu'on veut s'attacher à n'avoir que des bétes d'élite, qu'on est curieux d'avoir de la taille, de la laine et de la finesse, il est nécessaire d'éloigner les brebis des béliers jusqu'à deux ans et demi, à moins qu à dix-huit mois elles ne soient très- 15 { 226} vigoureuses, et qu'elles n'aient pris toute leur croissance. Si quelques-unes de celles qui ne J'ont pas prise encore, se trouvoient pleines, il ne faut point hésiter à leur ôter leur agneau immédiatement après le part, et à lui choisir une autre nourrice, sauf même à le nourrir avec du lait de vache ou de chèvre, dans le cas où l’on n’auroit pas de brebis disponibles. L'expérience a appris que la gestation fatigant infiniment moins que l'allaitement, les jeunes brebis fécondées trop jeunes, n'éprouvoient aucune altération dans leur accroissement lors- qu'on leur retiroit ainsi leur agneau. On peut donc, lorsqu'on veut faire marcher très-rapi- dement son amélioration, et qu’on est jaloux en même-temps d'arriver au plus haut point de perfection, employer à la reproduction, des agnelettes de dix-huit mois, pourvu qu'on ait le soin de se procurer, en même-temps, de bonnes nourrices de race commune, dont on livre les productions à la boucherie, si l'on n'aime mieux les élever avec du lait de vache ou de chèvre. Lorsque les béliers et les brebis ont été ainsi ménagés, on peut, sans inconvénient, les employer à la reproduction; les premiers, jus- qu’à sept à huit ans; les brebis, jusqu'à onze ou douze. Il existe encore à Rambouillet des brebis arrivées d'Espagne en 1786, qui alors 3 leur “ui ne ines, heau lisir Atrie «le bles. ant ènes Cent AO peut Lrrapie >{oux point 1 des ! at Ï de ) of l'on jache (227) avoient deux ou trois ans, et qui donnent encore de bons agneaux. Il est, au reste, nécessaire d'observer que cette longévité est particulière à la race d'Espagne: Les races fran çaises vieillissent beaucoup plutôt. On est encore moins d'accord sur l'époque la plus avantageuse pour l'accouplement, que sur l’âge des individus qu'on accouple. Dans la plus grande partie des exploitations, les béliers, ou plutôt le bélier, car il est trés-rare qu'on en ait plus d’un, quelque nombreux que soit le troupeau, reste toute l'année avec les brebis: toutes sont, pour l'ordinaire, fécon dées; mais les agneaux naissent à des époques différentes; ii en résulte beaucoup d'embarras pour le berger d’ailleurs, les béliers s’éner- vent; aussi est-on, dans ce cas, obligé de les changer tous les ans. Comme c’est vers les pre- miers jours de thermidor que les brebis com- mencent à entrer en chaleur, il s'ensuit que les agneaux naissent pour la plupart, dans le courant de nivôse, c'est-à-dire, À l'époque la plus froide de l'année, et où les pâturages offrent le moins de ressources: inconvénient trés-prand, si l'on n’est à méme d'y suppléer par d’abondantes nourritures sèches, ou méme fraiches, telles que les racines de toute espèce, les choux, etc., dont doivent toujours se pour- 19* ( 228) voir abondamment tous les cultivateurs qui veulent s'attacher à l'éducation des moutons. Dans les parties septentrionales de la France, on ne met les béliers avec les brebis qu’à la fin de vendémiaire; et la plupart des écrivains agronomiques ont préconisé cette pratique, qui peut être Fort bonne au nord, où les brebis entrent beaucoup plus tard en chaleur; mais qui pourroit avoir beaucoup d’inconvéniens dans les pays moins septentrionaux. Le vœu de la nature est que les brebis soient fécondées à l'époque où elles commencent à entrer en chaleur; et si des considérations particulières déterminent à reculer cette épo- que, ce seroit une erreur de croire qu'elle puisse l'étre de beaucoup sans de grands inconyéniens. Quoique les brebis redeviennent en chaleur, quinze jours, un mois, deux mois même après que les premières chaleurs sont passées, il n’est point du tout certain que la fécondation soit alors aussi sûre, et que les brebis offrent, à la seconde ou troisième chaleur, les conditions auxquelles tiennent la force, la bonne consti- tution du fœtus. J'ai remarqué du moins, et cent autres ont fait la même remarque, que lorsqu'on donnoit aux brebis le bélier long- temps après les premières chaleurs, beaucoup n’étoient point fécondées; etil est d'expérience (229) générale, que les agneaux les premiers nés, sont constamment plus vigoureux, qu’ils par- viennent sur-tout à une taille plus élevée que ceux nés les derniers. L'analogie vient encore à l'appui de cette opinion: les jumens, dont on laisse passer la chaleur au printemps, redeviennent souvent en chaleur en été, et souvent en automne; mais si on les fait saillir à cette époque, il n’est point rare qu’elles ne retiennent pas; et lors qu'elles retiennent, leurs productions sont constamment plus foibles et moins belles que celles du printemps. Ces observations doivent suffire pour faire sentir que l’époque de l’accouplement est sou. mise à des circonstances locales, et quonne peut guêres donner d'autre règle générale à cet égard, si ce n’est qu'on ne doit jamais s’éloi.- gner des voies de la nature, sans un très-rand intérêt; qu'il est un terme au-delà duquel on ne pourroit s'en écarter sans de très-grands inconvéniens; et qu'il est même rare qu'on soit forcé de s’en éloigner, si, au lieu de compter sur les ressources trés-incertaines du päturage d'hiver, on se procure d'abondantes nourritures par la culture des racines et des autres plantes fourrageuses,. C'est, d'ailleurs, par l’interméde de ces cul- tures précieuses qu'on peut prévenir les effets, ( 250) si généralement funestes, du passage trop brus- que de la nourriture sèche à la nourriture verte, et de celle-ci à la premiére. Du Sevrage. Uxe nourriture abondante et saine étant la condition la plns essentielle de l'amélioration des troupeaux, et toutes les autres relatives aux soins à donner aux mères et aux agneaux, étant les mêmes que pour les troupeaux de race commune, on ne s'arrêtera qu'au sevrage, qui, sous lerapport de la restauration des races, exise des précautions particuhères. Les agneaux ne doivent téter que cinq à six mois au plus: à cette époque, non-seulement il faut les séparer d'avec les mères qu'ils épui- seroient, mais on doit séparer des fémelles tous les mâles non chäâtrés; autrement ils s'énerve- roient avec les agnelettes: quelques-unes se- roient fécondées; les uns etiesautresresteroient petits, mal conformés; les productions le se- roient bien plus encore, et bientôt la dégéné- ration seroit complette. On ne peut donc prendre trop de soin pour empêcher que les béliers et les brebis ne servent à la reproduction avant d’avoir pris tout leur accroissement: ce qu'on ne peut obtenir qu’en formant deux trou- peaux, l’un dés mâles entiers, et l’autre des fé- | | T'USe (.232) melles; il est même de la plus grande impor- tance d’en former, pendant la monte, un troi- sième, composé uniquement des femelles qu'on veut soustraire à l’accouplement. Les propriétaires qui ont plusieurs do- maines rapprochés, feront très-sagement de n'avoir sur Chacun que des individus d’un seul genre. On se procure les mêmes avantages sans frais, en s’entendantavec ses voisins, ou mieux encore, quand on a des terres encloses dans lesquelles on puisse laisser paître séparément les individus des diverses classes, sans craindre qu’ils se mélent et se confondent. Ces parcs offrent de si grands avantages, ils épargnent tant de dépenses, qu'on ne peut trop conseil- ler aux cultivateurs de s’en procurer: ce qui est presque toujours facile. Une attention de la plus grande importance pour le succès du sevrage, tant pour les brebis nourrices que pour les agneaux, c'est de l’effec- tuer peu-à-peu et par gradation: lorsqu'il se fait brusquement, il en résulte souvent des engorgemens laiteux dans les mamelles des mères; et les agneaux mis sans transition à la nourriture séche, dépérissent sensiblement. De la Castration. Iz y a plusieurs manières de faire la castra- on; toutes sont bonnes, et se font à-peu-près. | | ( 232) également: aussi ne doit-il être parlé ici de la castration que relativement à la question de savoir si on doit y soumettre les béliers métis, et à quel degré on peut les regarder comme purs, et les employer avec sûreté à la génération. Les productions provenant de deux animaux de race différente, tiennent toujours plus ou moins de l’un et de l'autre. Il arrive quelquefois, mais très-rarement, que dès la première génération, la production tient tellement du père, qu'il est difficile d’a- percevoir des différences trés-sensibles. I] semble, au premier aspect, qu'un premier produit mâle de cette beauté, peut être em- ployé à l'amélioration; mais c'est une vérité prouvée par mille faits, dans toutes les espèces, que les productions tiennent quelquefois plus de leur aïeul, ou même de leur bisaïeul, que de leur père; or, tous les ascendans maternels de cette production métisse étant de race com- mune, il seroit très à craindre queles caractères de ceite race ne se reproduisissent dans les descendans. Cet inconvénient, de la plus grande impor- tance dans une entreprise d'amélioration, ne cesse d'être à craindre que dans les métis du quatrième degré. S'ils ont toutes les qualités de Va race pure, et qu'ils aient d’ailleurs la con- formation que l’on doit chercher dans un étalon, le la meme pre Remo es (255) on ne doit point hésiter de s'en servir; jusques- là, quelque beaux qu'ils puissent être, il faut, ou les priver des organes de la génération, ou les éloigner de son troupeau avant qu'ils soient en état de se reproduire; car si l’on se bornoit à les tenir séparés, il seroit fort à craindre qu'il ne s'en échappât quelques-uns qui, se mêlant parmi les brebis, pourroïent les féconder, et reculer ainsi le terme vers lequel on tend. Que ces métis, même ceux du premier degré, soient infiniment plus propres à la régénération que les béliers communs; qu'ils soient même capables d'apporter une amélioration très-sen- sible dans les troupeaux à laine grossière aux- quels on les allie, c'estune vérité incontestable: mais la seule conséquence qu'on en puisse tirer, c'est qu'on ne doit employer des métis que lorsqu'on éprouve une impossibilité absolue de s’en procurer de purs. On ne peut nier cepen- dant qu’une considération puissante ne milite en faveur de la conservation des métis; c'est l'intérét qu'ont tous les cultivateurs éclairés, de voir disparoître, le plus promptement possi- ble, larépugnance qu'ont les cultivateurs d'adop- ter des animaux dont les formes s’éloignent de celles auxquelles ils sont habitués à attacher l'idée de beauté. Si tous les métis nés en France depuis vingt-ans, avoient été conservés pour la propagation, on peutassurer qu il n'y auroit (254) presque aucun troupeau qui n'eût aujourd'hui plus ou moins de sang espagnol: les yeux se seroient accoutumés peu-à-peu aux formes de cette race; on auroit bientôt changé d'idée sur les vrais caractères de la beauté, dont on au- roit trouvé le type dans les béliers purs espa- gnols; et ce type seroit enfin devenu le but vers lequel se seroient dirigés tous les regards, qui se fixent constamment vers les objets qui offrent des débouchés sûrs et faciles, bien plus que sur ceux qui présentent de grands bénéfices, mais qui peuvent étre éventuels. L'intérêt général, comme l'intérêt particu- lier, se rencontre donc dans la conservation des métis; mais, on ne peut trop le répéter: on ne doit les garder que lorsqu'on est à méme d'empêcher qu'ils ne communiquent avec les brebis pures dont on a composé son troupeau; autrement, onne feroit que des pas rétrogrades. De la Tonte. Prus une toison est fine, serrée, tassée et régulièrement étendue sur toute la surface du corps, plus il importe de soustraire aux effets de l'intempérie de l'air, les animaux qu'on vient d'en dépouiller; les grandes chaleurs ne Sont pas moins à craindre, dans cette circons- tance, quele froid et l'humidité. La température ( 235) la plus modérée est donc celle qu’on doit cher- cher à procurer aux moutons de race, pendant les premiers jours qui suivront la tonte: s'ils sont au parc, il importe de les en retirer, pourvu toutefois qu’on puisse les tenir sous des hangars, ou dans des bergeries parfaitement bien aérées; car dans le cas où l’on n’en auroit que de basses, d'étroites, d'étouffées, il y auroit bien moins d'inconvénient à laisser les animaux en plein air. Le même principe doit faire proscrire pour les bêtes de race, la méthode de laver les Jaines à dos; méthode qui peut être proscrite pour toutes les races, ne présentant presque aucun avantage, et offrant au contraire des in- convéniens majeurs. Il ne faut que les premières notions de la physique animale, pour sentir quels doiventétre les effets d’unetoisonimbibée d'eau, qu’on laisse se dessécher sur le corps d'un ani- mal auquel l'humidité est plus funeste qu'à aucune autre espèce connue. La qualité, la conservation de la laine, ne sont pas moins intéressées que la santé des individus, à la pros- cription de ce procédé, qu'on ne suit dans beaucoup de lieux, que par l’effet de l'habitude routinière qui retient tant de cultivateurs dans l'ornière qu'ils ont trouvée tracée sur leur chemin. (236) Del“Amputation des cornes et de la queue. Les cornes que la nature a données au bé- lier pour se défendre, lui deviennent non-seu- lement inutiles, mais encore incommodes et nuisibles dans l’état de domesticité; elles l’em- péchent d'engager sa tête entre les faseaux du râtelier, pour éplucher la paille dont il ne mange que l'enveloppe extérieure, et pour cher- cher les épis et les brins d'herbe qui s'y trouvent mélés; elles blessent très- fréquemment les brebis dans le passage des portes; et il n’est pas rare qu'elles deviennent funestes aux béliers dans les combats qu'ils se livrent entre eux. Il y a deux manières d’amputer les cornes: on se sert de la scie; on se sert du ciseau; dans le premier cas, on emploie une scie à main très-/r'ande; les scies anglaises à poignée, sont les plus commodes pour cette Opération. Un homme tient ferme la tête du bélier; un second fait l'amputation, qui ne demande qu un instant très-court, lorsque l'opérateur sait se servir de la scie. L'amputation par le ciseau dont se servent les espagnols, est moins simple. On creuse une fosse de la longueur et de la largeur d'un mou- ton; on lui donne cinq ou six pouces de pro- fondeur; on en creuse une seconde moins large à l'un des bouts de la premiére, avec laquelle es Veue. ‘1 bé sep. Ds et ler. ex dy 17 ler lent f\es ‘n'est eiers 14 js: Hans AIN le, bn. (237) elle forme une croix. On place dans cette der- nière fosse, qui est peu profonde, un madrier qui doit servir de point d'appui pour soutenir la tête du bélier, qu'on renverse sur le dos, dans la fosse qui forme l'arbre de la croix. Un homme s’étend à plat-ventre sur le bélier; il appuie fortement la tête de l'animal sur le ma- drier, d'une main, tandis que de l’autre, il tient empoigné un long et large ciseau, pesant quatre ou cinq livres, qu'il fixe successive- ment sur les cornes, et sur lequel un second homme assène un ou deux coups d’un maillet de bois, ce qui suffit pour emporter très-net la partie de la corne qu'on a dessein de retran- cher. L'appareil qu'exige cette méthode, doit lui fait préférer celle de la scie. C'est à un an que se fait ordinairement cette opération. Il n’est pas rare que les cornes, en repoussant, viennent à toucher quelques parties de la tête, qu’elles génent beaucoup, dans lesquelles mêmes elles finiroient pars’enfoncer, si l'on n’avoit l'attention de faire une seconde amputation. La queue est, dans le mouton, un fardeau à peu près inutile et incommode; la queue se charge d'ordures qu’elle dépose en grande partie sur la toison. Les anglais, les espagnols, et généralement tous les peuples qui se sont attachés à l'amélioration des laines, ont grand ( 258) soin de retrancher la queue à leurs b laine; ils prétendent d'ailleurs que chement de la queue, en déterminant la nourri- ture du côté de la croupe, contribue à l'arron- êtes À le retran- dir. En mettant de côté cette Opinion, qui tient peut-être à une illusion d'optique, il est certain que cette opération présente assez d'avantage pour n'être pas négligée. On attend, pour couper la queue, que les agneaux aient trois Ou quatre mois: on la coupe à trois ou quatre pouces de son origine; il ne seroit pas sans danger de la couper trop près. nn ic Yi ‘êtes 4 'atran- lourris Ï- On- qui D| est lissez l'end rent | où QUE CHA PLTR ENVIE H O EL A N° D E. LA manière d'élever les bêtes à laine en Hol lande, tient à la nature du pays, et diffère, par conséquent, des méthodes observées ailleurs. Chaque fermier a sur son exploitation des mou- tons, mais en très-petit nombre. Ces animaux sont pour ainsi dire abandonnés à eux-mêmes; et ils paissentavecles troupeaux de vaches, de che- vaux ou de porcs, sur des prairies entourées de fossés ou de haies. Ils n’entrent dans les étables que lorsque les prairies sont couvertes par les eaux ou par la neige. On est même dans l'usage de les laisser toute l’année sur les prairies dans la Nordhollande et au T'exel, départemens où l'on élève un grand nombre de bêtes à laine. Les paysans possèdent ordinairement dans cette partie de la Hollande, de cent jusqu'à trois cents moutons, tandis qu'ailleurs ils se contentent d'en élever une douzaine, et rarement plus de quarante. On trouve que ces animaux, principalement ceux de granderace, engraissent moins bien lors- qu'onles tienten certainnombre sur une prairie, ( 240) quelle que soit d’ailleurs l'abondance des herbes. Une raison qui fait préférer les grandes races, c'est que l'impôt étant le même sur tous les moutons(1), on élève de préférence ceux qui donnent le plus de profit. Je vais désigner les races remarquables qui se trouvent dans la Hollande, au T'exel, et dans la Frise. Les moutons de Frise sont remarquables par la grandeur et la beauté de leurs formes, et par les grands produits qu'ils donnent en laine, en lait et en agneaux. J'ai mesuré de ces animaux qui avoient huit décimètres et demi,( deux pieds neuf pouces), à prendre sur le garrot, ou sur l'extrémité du dos. Leur longueur depuis le bout du museau jusqu’à la partie la plus préé- minente des os des fesses, étoit de quatorze décimètres cinq centimètres,(quatre pieds cinq pouces et demi). Ils n'ont point de cornes; ils portent une queue sans laine, longue de deux décimètres cinq centimètres,(neuf pouces), de la grosseur du petit doigt à son extrémité. Ils ont les oreilles longues de deux décimètres, (près de huit pouces), et la tête longue de trois décimètres,(onze pouces). Ils portent une laine soyeuse, longue de quatre décimètres,(quinze G) On paie vingt-six sous de Hollande pour chaque mouton, pouces Cor) pouces), et très- fine pour sa longueur, Ces animaux d'une grandeur prodigieuse(1), sont habituellement trés-maigres, sur-tout durant la saison où on les trait; ils donnent huit à huit et demi kilogrammes,(seize À dix-sept livres) de laine. Les brebis qui ont le pis aussi gros que celui de la chèvre, sont traites deux Fois par jour, et donnent une pinte de lait 4 chaque fois. Elles mettent bas chaque année trois, quatre, et même cinq agneaux. I y a une grande ressemblance entre les mou tons du T'exel et ceux de Frise. Ils ont les mé mes formes; les premiers sont un peu moins grands, ét ils portent des laines moins fines et moins longues; ils sont moins hauts sur jambe; ils ont une queue courte, mais grosse et garnie de laine. La brebis donne moins de lait que celle de Frise; on la trait également deux fois par jour. Elle produit annuellement trois ou quatre agneaux: son lait sert à faire des fro- mages d'une excellente qualité. Les moutons du Texel et ceux de Frise pais- sent habituellement dans des pâturages humides et même couverts par les eaux, sans étre plus sujets aux maladies que les moutons qui vivent (1) I paroît qu'il y a en Irlande uné race plus grande, et qui donne des laïines plus longues et plus fines que celles de Frise, 16 (242) sur les terrains secs. La grandeur et la grosseur de ces animaux tient sans doute à l'excellence des pâturages dans lesquels ils restent la plus grande partie de l'année, et aux alimens subs- tantiels avec lesquels on les nourrit dans les éta- bles. Les deux races dont nous venons de parler, présentent de grands avantages pour les pays, où comme en Hollande, les herbages sont très- nutritifs et très-abondans; ils dégénéreroient par-tout ailleurs; et ils seroient moins profita- bles que les races moyennes qui trouvent de quoi s’alimenter sur les terrains de médiocre qualité. J'ai retrouvé ces deux races dans différentes parties de la Hollande, dans le Holstein, au midi de la mer Baltique, et même en Suède et en Danemarck; mais elles étoient plus ou moins dégénérées, selon que le pays où elles vivoient étoit plus ou moins fertile. Quelques départemens de Hollande élèvent des races à longue queue, hautes sur jambes, et moins grosses que celles dont je viens de parler. Elles donnent une laine grossière et rare sur le corps de l'animal. On les conduit en trou- peau; et on les préfère aux autres races dans les pays de dunes ou de bruyères. Les moutons à longue queue donnent trois à trois et demi kilogrammes,(six à sept livres) de laine non lavée; et ceux à courte queue en ( 245) donnent quatre à cinq kilogrammes,(huit à dix livres). Celle-ci se vend de Hoilande, tandis neuf à dix sous. L'éducation des races indigènes, ainsi que celle des Mérinos, Varie en Hollande selon les localités, ou selon le plus ou le moins d’intelli_ gence des cultivateurs. Voici la méthode em- ployée par M. Twent: On mène paître son troupeau de Mérinos, durant l'été, sur les dunes qui sont très-fa— vorables à la santé des moutons, à cause de la sécheresse du sol, mais où l'herbe est très-rare et peu substantielle. On ne s’est Cependant pas aperçu que les sols humides et bas, sur lesquels on conduit aussi les Mérinos, apportassent quel- que altération dans leur laine, ou qu'ils leur oc- casionnassent des maladies. Les parties basses qui consistent en quelques terres labourées, en prairies et en bois d'aune, de chéne et d'orme, sont entrecoupées de fossés destinés à recevoir les eaux qui s'écoulent des terres. On fait aussi paître les Mérinos sur les grands chemins, et plus Communément dans les bois où ils trouvent de l'herbe en abondance. Ils ren trent dans les bergeries à midi lorsqu'il fait chaud; on ne les laisse jamais la nuit dans les prairies.| Ils vont chaque jour paître dans la campagne, 16* dix à treize sous que l'autre ne vaut que A mr—. + CE à moins qne la terre ne soit couverte de neige. Alors on les nourrit à l'étable avec les alimens qu'on donne aux moutons indigènes; c'est-à- dire, du foin, des betteraves, des navets, des féves et de l’avoine. M. Twent a reconnu que la nourriture qu'on donne aux indigènes, ainsi que les pâturages du pays, convenoient parfaitement aux Méri- nos, et qu'ils s’engraissoient aussi facilement les uns que les autres. IL a aussi observé que les Mérinos qui vivent sur les pâturages humi- des, sont moins sujets à la pourriture que les moutons de Hollande. Une observation non moins intéressante, faite pendant douze années par M. Twent, cest que les feuilles d’aunes, dont les moutons sont trés-friands en temps de pluie, les préservent de la pourriture, méme lorsqu'on les laisse paître dans les lieux marécageux. 11 semble que la nature leur indique ce préservatif, puisque c'est sur-tout dans le temps des pluies que les moutons sont attaqués de cette maladie. M. Twent ne donne jamais de sel à ses mou- tons, qui néanmoins ont joui constamment d'une bonne santé. Il les fait parquer pendant quelques mois, contre l'usage du pays. | | F 1 CGHA PMR E VIII FT AE TE. Le Piémont vient, à l'exemple de la France, de tenter l'éducation des races de Mérinos; les succès obtenus jusqu'à ce moment en font augurer de nouveaux, et de plus grands pour l'avenir. Les mesures prises pour élever et propager la race précieuse des Mérinos, don- nent lien de croire qne cette partie de l'Italie produira sous peu, la quantité de laines fines nécessaire à la fabrication de ses draps. Les détails que je vais donner ici sur l'édu- cation des moutons Mérinos dans le Piémont, ont été puisés dans un mémoire, présenté à l'Académie d'Agriculture de Turin. Dès l'époque de l'arrivée du troupeau espa- gnol en Piémont, en 17935, on se décida à tirer des Etats de Naples, de l'Allemagne et des environs de Padoue, des brebis les mieux choisies; et au printemps de 1795 on les unit au troupeau espagnol qui avoit déjà donné des produits; les mêmes soins furent apportés aux deux races; le même régime de tenue, de à ( 246) nourriture et d'accouplement les fit prospérer également. Les produits de race pure eurent la queue coupée quelques jours après la nais- sance, afin de pouvoir s'assurer de leur légi- timité; la méme chose se pratique dans les troupeaux espagnols. Tous les mäles de la race croisée furent coupés avant l'âge de six mois; et l’on n'employa ceux de la race pure qu'à la troisième année, en donnant la préfé- rence aux plus beaux individus. L'on divisa le troupeau dans l'ordre suivant. 1.0 Les béliers de race pure. 2.° Les moutons qu’on garde jusqu'après la troisième tonte. 5.° Les portières de toute race(1). 4.° Les antenoises de même. 5.° Les béliers de la première et seconde année. Les troupeaux sont tenus dans la belle ber- gerie de la Mandria, par des bergers intelligens, sous la dépendance d’un chef pris dans leur classe, ayant sous ses ordres un chef dans chaque division, et des garçons en proportion du nombre de chaque troupeau. Le local de la bergerie est composé d’une grande cour carrée; le vestibule qui y donne (1) Nom qu’on donne aux brebis de qui on tire la race. nt ç- LL (247) accès, contient à droite et à gauche le logement des bergers: trois grands hangars fermés, con- tenant mille bétes chacun, forment les trois autres faces de la cour; chacune de ces faces a deux grandes portes donnant sur la cour et fermées par des grilles de quatre pieds; les hangars communiquent des uns aux autres par l'intérieur; des lucarnes et de grandes ouvertures pratiquées dans le corps des bâti- mens laissent une libre circulation à l'air, et facilitent l’exhalation des miasmes; des man- geoires établies le long des murs, et au centre des hangards donnent le moyen de faire manger tous les troupeaux dans le méme temps, sans qu'ils soient pressés; enfin des divisions mobiles servent à resserrer ou à agrandir les emplacemens, selon le besoin. À l'entrée du bâtiment coule un ruisseau au bord duquel on a pratiqué un abreuvoir Pavé, de 5o toises de longueur. Huit cents arpens de prairies contiguës, au centre desquelles se trouve placée la bergerie, fournissent les pätu- rages et le fourrage nécessaires aux troupeaux, tout le temps qu'ils passent dans la plaine; c'est-à-dire, depuis les derniers jours du mois d'octobre, jusqu'à la moitié de juin environ. À cette époque on les fait monter aux Alpes, où un second printemps leur fournit des pâtu- rages abondans, et supérieurs à ceux qu'ils ( 248) viennent de quitter. Les agneaux de l'année ne sont tondus que l’année suivante, c'est- à-dire, à 18 mois environ. La toison dont on les a dépouillés quelque temps avant leur départ, augmente encore les jouissances qu'ils éprouvent sur ces régions élevées. Les béliers lâächés dans le troupeau des brebis portières, opèrent sous d'aussi heu- yeuses influences le grand œuvre de repro- duction. Aucun système d'accouplement ne sauroit réunir plus d'avantages; la vigueur, la force et la santé ne pouvant être q'e le résultat de la pureté de l'air, de l'excellence des alimens, et du libre usage des facultés des êtres organi- sés. Aussi jamais les troupeaux ne sont plus beaux qu'à la descente des montagnes, malgré le système que lon a de les nourrir abondam- ment dans la plaine. Les accouplemens s’effec- tuent dans l’espace de quarante jours; après ce terme, les béliers sont remis séparément en troupeaux; et au mois de décembre l'on peut compter sur autant de produits à-peu-près, que l’on a de brebis portières, les avortemens étant assez rares. Cette fécondité ne laissera rien à désirer lorsqu'on aura trouvé le moyen de pré- venir deux fléaux destructeurs, la pourriture, et le tournis; les autres maladies jusqu'à ce moment n'ont pas fait de ravages. Les pâtu- CE rages sains et secs doivent garantir de la pre- mière; et le choix des pères de la seconde. Les béliers ne sont jamais employés qu’à la troisième année, et les brebis à la seconde; un plus long retard seroit nuisible, l'animal à cette époque étant parfaitement formé. Le parcage est peu usité; l'expérience a dé- montré que l'on tire un plus grand parti du fumier, lorsqu'on a de la paille à suffisance: dans la montagne, où les bergeries sont rares, et où la paille manque, les troupeaux parquent tout le temps qu'ils y passent. Lorsque la terre est couverte de neige, et même lorsque les pâ- turages ne fournissent plus aux troupeaux, on les nourrit à la bergerie avec le meilleur regain; l'on n’a pas encore essayé d'autre nourriture, vu la bonté des fourrages du Piémont. On se propose de faire un essai de pommes de terre, dont la culture commence à prendre dans la plaine. Chaque agneau ne téte que sa mère; on le sépare à quarante jours, et ils ne sont sevrés que quelque temps avant d'aller à la. montagne, lorsqu'ils sont assez forts pour sup- porter la marche de sept à huit jours qu'ils doivent faire. ( 260) T CHAPITRE Lx MANIÈRE DE NUMÉROTER LES ANIMAUX D'UN TROUPEAU. Comme la formation d'un troupeau ne doit pas être abandonnée au hasard, mais qu'elle doit être dirigée par les notions de l'expérience, et d'après des observations et des calculs, il est nécessaire que le cultivateur reconnoisse chaque individu de son troupeau, et qu’il puisse remon- ter à la souche primitive, en suivant graduelle- ment chaque génération. Cette connoissance est utile, soit qu'on veuille former un troupeau de race pure, soit que l’on veuille améliorer des races communes; soit enfin que l’on combine, par des croisemens variés, différentes races les unes avec les autres. On doit chercher, dans le premier cas, non- seulement à soutenir sa race, mais encore à l'améliorer de plus en plus, tant sous le rapport de la finesse et de la longueur des laines, que sous d’autres rapports, tels que ceux de la taille, de la chair, de l'engrais, etc. Il faut donc savoir quels sont les individus qui PET VO NO diet—| ( 251) sont doués des qualités désirés, ou ceux qui donnent les plus beaux produits, etc. Il sera facile, par ce moyen, de diriger et de com- biner les accouplemens, de manière à obtenir des races plus parfaites que celles par lesquelles on aura d'abord commencé. Le numérotage ne sera pas moins utile, lors- qu'on voudra combiner deux ou plusieurs races les unes avec les autres. Il fixera les choix, en indiquant quels sont, dans chaque race, les animaux dont les croisemens sont le plus avantageux, quels sont les nouveaux produits qui offrent les plus belles espérances, quels sont ceux qui doivent être rejetés. Il mettra à l'abri de toute méprise; il facilitera les moyens de parvenir à des résultats positifs, et toujours utiles aux progrès de l'art. Peu importe quel moyen on emploie pour numéroter les animaux d’un troupeau. Il suffit qu'il soit facile dans l'exécution, et qu'il puisse mettre le propriétaire à l'abri de toute erreur. Je vais donner ici le système de numérotage que j'ai concu;. chacun pourra le changer, ou le . modifier à son gré. On a coutume de marquer les chevaux, et quelques autres espèces d'animaux, avec un fer rouge appliqué sur la cuisse. La toison dont le mouton est revêtu, ne permet pas d'em- ployer ce moyen, si ce n’est lorsqu'on applique (‘252) le fer sur le chanfrein, sur les joues, ou sur les cornes du mouton; et dans le cas seulement où l'on voudroit donner une marque commune à un certain nombre d'animaux. Mais il faut, en outre, désigner chaque animal par une marque distinctive. Quelques personnes emploient des plaques de métal, sur lesquelles sont gravés les numéros; on perce ces plaques; et on les attache avec une ficelle, au cou de l'animal, ou à ses oreilles, avec un fil d'archal. Ce moyen, un peu couteux, ne peut être exécuté dans certaines circonstances. Il arrive d’ailleurs que les numéros se détachent quelquefois, ce qui est sujet à inconvénient, lorsqu'on veut avoir un compte exact de l'état de son trou- peau et des résultats de ses expériences. Le moyen le plus facile, et celui qui atteint le but, est celui de faire des entailles aux oreilles des moutons. Si l'on élève sur la même ferme un troupeau de race pure, et un troupeau de Métis, il sera nécessaire, pour éviter les méprises, de donner, à tous les individus du premier troupeau, une marque différente de celle qu'on emploiera pour reconnoître les animaux du second. On se servira, dans ce cas, d'un fer qu'on appliquera, après l'avoir fait rougir, sur la face des animaux. Ce fer, qui portera l'empreinte d'une lettre ou d’un numéro, doit avoir environ ER ES rles it OÙ ne à en Jue des ( 253) cinq ou dix millimètres Le à, cinq lignes) de diamètre. On marquera ensuite chaque individu du troupeau, d’un numéro formé par les entailles faites sur les oreilles. Il suffira d'employer deux chiffres romains, à savoir I et V pour former une série de numéros, jusqu à 199. Oon recommen- cera une nouvelle série, lorsqu'on sera parvenu à ce nombre, en marquant les animaux de la seconde, troisième, quatrième série, etc., avec un fer rouge portant une empreinte différente de celle qu'on aura déjà employée, ou en pla- çant ce fer sur des parties différentes de la face. On parviendra ainsi à numéroter les troupeaux les plus nombreux. On forme les marques en taillant les deux chiffres romains sur le bord supérieur ou infé- rieur des oreilles; l'oreille gauche portera les dixaines, et l'oreille droite les unités. Il vaut mieux tailler le bord inférieur de l'oreille, par la raison que le bord supérieur garantit mieux cet organe de la pluie et des autres intempéries de l'air. Le numéro I(Voy. la figure) désignera autant d'unités qu'il sera marqué de fois, jus- qu'au nombre de quatre inclusivement. On énlèvera une petite portion du bord de l'oreille, dans cette forme V, pour marquer le N.° 5. On indiquera le N.° suivant, jusqu'à neuf inclusi- vement, de cette manière. N:0:65 andiqué pars 7+ m0 4 NT NT Re past CENT NO MDN Gels core cire 0 be Noirs dé a IC IEEE Les marques qui expriment sur l'oreille droite les unités, exprimeront, sur l'oreille gauche, un nombre correspondant de dixaines. On pourroit se servir d'un autre système de numérotage, par lequel il seroit facile de con- noître, au premier aspect du numéro, la gé-| néalogie des individus. Si l'on a un troupeau dont on veuille tirer race, on numérotera les animaux, ainsi que nous venons de le dire; et l'on mettra, à chaque nouvel agneau, le N.° de sa mère sur une oreille, et celui de son père sur l’autre oreille: le bord supérieur serviroit, dans ce cas, à marquer les unités, etle bord in- férieur, les dixaines. I] seroit facile de remonter à la série des générations de fils en père, en examinant aux dents l'âge de chaque individu. Cette méthode a ses avantages, sur-tout dans le cas où l’on ne tiendroit pas un registre de son troupeau. Il est à-propos d’avoir un registre, sur lequel oninscrit les numéros dechaque individu; c'est- là où l’on notera les observations qu'il importe de retrouver au besoin, non-seulement celles (255) “ui sont relatives à l’accouplement et au croise. ment des races, mais encore celles qu'on fera pendant le cours des expériences auxquelles on voudra soumettre les animaux. Un cultivateur Soigneux, et celui qui cherche à perfectionner son art, notera les vices ou les qualités des ani- maux, leur état de santé et de maladie, la nature de leurs laines, les bénéfices qu'il en retire, etc. On reconnoitra alors facilement les individus dont il est à propos de se défaire chaque année, ceux qu’il est bon de propager; l'on obtiendra enfin le but qu’on doit se pro- poser, celui de perfectionner les races, et d'en retirer le plus grand bénéfice possible. F1 Ni 7 él À à 22 S N Ge SE 7 7/ \’ Ve\ Ut a \e‘He: 2) é} à E\ Ni ù| je; &ù PE, ÿ£s 4/ f 7 Se 1 ts 258 FA ser à FE. en k Pr j 1 | | | Eten TABLE DES CHAPITRE S PREMIÈRE PARTIE. Etsron:z de l’Introduction des moutons& laine fine d'Espagne, dans les divers Eraës J Ÿ Lé de l'Europe, et au Cap de Bonne- Espé- 7rance. page Cuar. I. Vues générales sur La natu- ralisation des Mérinos. ibid. Cuar. II. Suède. 6 Car. III. Ætats Dano:ïs. 17 Car. IV. Saxe. 23% Car. V. Etats Prussiens. 3a . VI. Etats Autrichiens. 36 Car. VII. France. 41 Crar. VIII. Hollande. 99 Cuar. IX. Cap de Bonne-Espérance, 104 Car. X. Ztalie. 107 Car. XI. Grande-Bretasne. 118 SECONDE PARTIE. Education des moutons& laine fine. page 149 Cuar.[, Suède. ibid, 2 258 TAELE DES CHAPITRES. Cruar. Il. Danemarck. Page 155 Crar. III. Saxe. Car. IV. Etats Prussiens. Crar. V. Etats Autrichiens. Car. VI. France. Car. VII. Hollande. Cuar. VLil. Ztalre. Car. IX. Manière de numéroter les animaux d'un troupeau, Fix DE LA TABLE DES CHAPITRES. 165 177 207 213 259 240 250 ABLE D ES MATIÈRES LL" À Contenues dans ce Volume. À. A BRIS, page 155, 191, 219 et 222. ÆAccouplement des Mérinos. Préjugé qui existe à ce sujet dans le Nœd de l'Europe, pages 166, 167 et 180. «lccouplement, voyez génération. Ægneaux. Régime auquel on les soumet en Suède, page 157.— En Danemarck, 164.— En Saxe, 173- 174.— En Prusse, 188, 189 et 197.— En Pié- mont, 249. Agriculture. Ne peut atteindre un haut degré de per- fection dans un pays où elle n’est pas enseignée, pages 194, 205 et 206.— Elle prospère en raison du degré de liberté dont jouit le peuple, 207 et 208. Æir favorable aux bêtes à laine, page, 152158. Ælfort, Troupeau de Métis provenant de Mérinos et de différentes races françaises élevées à Alfort. Origine et état actuel de ce troupeau, page 77 et suiv. Différentes races qui le composent, 80 es sutr. La 7 560 TABLE _Alstroemer a le premier introduit les Mérinos en Suède; page 7e Amélioration des races, page 82 et suiv. 140, 178 ef suiv.— Principes à observer dans l'amélioration des races, 181 ef Su. Anspach. Epoque de l'introduction des Mérinos dans ce margraviat, Pape De "Autriche. Epoque à laquelle les Mérinos ont été intro- duits dans les Etats Autrichiens, page 56 et 97e— Moutons indigènes des Etats d'Autriche, 209, B. Barbarie. Moutons indigènes des côtes de Barbarie, page 10. Bergeries. En Suède, page 152.— En Danemarck, 158 et 159.— En Silésie, 196.— En Piémont, 246-2474 Bergers. Accords faits avec les bergers en Saxe, pag. 176. Boisson des moutons. En Suède, page 156.— En Saxe, 160-171.— En Prusse, 186-190.— À Ram- bouillet, 219. Brebis. Fécondité de celles de Frise et du Texel; page 241. Bretagne(Grande). Epoque de l'introduction des Mérinos dans ce royaume ,; pages 125, 196, 141- Moutqns indigènes de la Grande-Bretagne, 147° É hése es hé st | 1 de, à e£ des ins DES MATIÈRES 262 C. Cap de Bonne= Espérance. Epoque à laquelle les Mérinos y ont été transportés, page 104.— Mou- tons indigènes du Cap de Bonne- Espérance, 104 et 209. Castration, page 291 ef suiv. Chèvres. Leur lait est salutaire aux agneaux, page 174. Chiens de berger. Ceux de Prusse ne mordent jamais les moutons, pages 191, 192. Claveau. On préserve les bêtes à laine’du claveau, par le moyen de l’inoculation, page 193. Collections d'objets relatifs à l’économie rurale. De quelle importance elles sont pour les progrès de l'art, pages 15 et 16. Conservation des races pures, Noyez Mérinos. Pré- jugés sur la conservation des races, pages 105 ec suive— Réglement sur la conservation des races en Italie, pages 111 ef suiv. Cornes, Amputation des cornes, pages 174, 236. Croisement des races. Règles à observer dans le croise- ment des races, page 82 es suiv. Id, 126, 127. Voy. Métis, Amélioration. La Danemarck. Epoque à laquelle les Mérinos ont été ir- troduits dans ce royaume, page 20 ,21, Moutons inui- gènes de la Suède, page 160, 161, 262 À ARE E Daubenton, Ses travaux relatifs à l’amélioration des races en France, page 44 jusqu'à 48. Dégénération des races à laine fine. Cause de cette dégénération en Suède, pages 9-10.— En Espagne, 11. — En Saxe, 27.— En Prusse, 51-180.— En France, 45, 49 et suiv,— Préjugés sur la dégénération des races, 10) et suiv. Draps fins manufacturés avec les laines des Mne naturalisés en Suède, page 15.— En Saxe, 28, 204 — En France, 47, 48, 59 et suiv.— 06 ef suiv. — En Hollande, 101.— En Angleterre, 187. E. Ecole de bergers en Suède, page 7.—En Saxe, 27, 165, En Prusse, 531.— Dans les Etats Autrichiens, 56.— Dans les margraviats d’Anspach et Bareuth, 37.— En France, 72, 85. Ecosse. Mérinos naturalisés en Ecosse, pages 132 es SuiV. ÆEducation des Mérinos. Obstacles qui s’y sont opposés en Suède, page 8 jusqu'à 13.— En Saxe, pages 24-25. — En Prusse, 31.— Dans les Etats Autrichiens, 36, 208.— Dans les margraviats d’Anspach et de Ba- reuth, 58.— En France, 41, 43, 55, 58— En Angleterre, 116, 119, 123 et 124. Æncourasemens accordés à l'éducation des bètes& laine fine en Suède, page 7.— En Saxe, 25, 27 et 28. — En Prusse, 50, 91,— Dans les Etats Autrichiens; LES DES MATI ERP. 265 page 36, 210.— Dans les margraviats d'Anspach et de Bareuth, 58.— Dans le duché de Wurtemberg, zb. — En France, 44 et suiv.— 96 et suiv,— En Angle- terre, 97, 98» 119; 120, 140. Engrais, L'expérience prouve que les Mérinos prennent l'engrais aussi bien que les autres races, pages 66 ec SUV,== 110, 129, 126, 194 eé suiv.— 257, # F, Farine. Voyez Nourriture des Mérinos, et graines. Ferme expérimentale de Sceaux, où l’on élevoit un troupeau de Métis, transportée à Versailles sous le Directoire, page 77; détruite sous le gouvernement actuel, 78. Ferroé(île de). Moutons indigènes de cette île, p. 1c. Feuilles d'arbres pour la nourriture des Mérinos, p. 153 et 244. Voyez Nourriture. Finesse des laines; se conserve parmi les races de Mé- rinos naturalisés sur divers points de l'Europe. Voyez Mérinos.— Dégénère faute de soin. Voyez Dégéné- ration des races, Fink. Méthode d'éducation et d'amélioration suivie par cet habile cultivateur prussien, pages 179 ef SUV.— Beauté de ses troupeaux, 31 et 32. Fourrages pour les moutons, pag. 198. Voyez Nour- riture. France. Différentes époques auxquelles on a introduit | { Î 264 TABLE des Mérinos en France, pages 41, 42, 46, 48, 5x, go et sui.— Moutons indigènes de France, 80 et suiv. Fromage de Brinn, page 209. G. Gâteaux de graines oléagineuses. Voyez Nourriture des } Mérinos. Génération. Age auquel on emploie les béliers à la génération, en Suède, page 157.— En Danemarck, 163.— En Saxe, 173.— En Silésie, 204.— A Ram- bouillet, 224 et suiv.— En Piémont, 248, 249. Graines pour la nourriture des bêtes à laine, pages 153, 109, 172, 185, 187, 215. Remplacées avec avantage par les pommes de terre, 202, EE: Hareng. Tètes de harengs données aux moutons en Danemarck, page 165. Hollande. Epoque où les Mérinos ont été introduits en Hollande, page 99. Moutons indigènes de Hol- lande, 240, 241. I. fatroduction des Mérinos sur divers poiñts de l'Europe, Page 1€ suiv. Voyez Mérinos et les mots Suède, 2 11 IC DES MATIÉRES. 265 Norwège, Danemarck, Saxe, Prusse, Efals nutri- chiens, Anspachet Bareuth, Wurtemberg, France, Hollande, Cap de Bonne-Espérance, Italie, An- gleterre, Ecosse et Sardaigne.— Détail sur l'intro- duction des 4,000 brebis et des 5oo béliers accordés à la France par le traité de Bâle, pages 90 ec suiv. Islande. Moutons indigènes d'Islande, page 19. Italie. Epoque où Les Mérinos ont été introduits en Italie, page 105. L. Laïnes fines, peuvent être produites par les Mérinos natu- ralisés sur divers points de l’Europe. Voyez Mérinos. Laïnes fines, quantité produite en Suède, page 7.— En Saxe, 23-29:— Prusse, 51 jusqu'à 34.— En France, 56-61.— Hollande, 100,— En Italie, 110.— En Angleterre, 133 et suiv.— Moyens propres à faciliter la vente des laines fines, 72 es sui.— Leur prix en Saxe, 29.— En Prusse, 32.— En Silésie, 34.— En France, 57.— En Angleterre, 133 es suiv. 144. Laines des moutons indigènes des îles de Ferroé et d'Islande, page 19.— De ceux de Norwège, 20.— De Schetland, 20,— De Saxe, 23.— De France, 80 et suiv.— Du Cap de Bonne-Espérance, 104-105.— Des côtes de Barbarie, 105.— D'Angleterre, 147.— De Suède, 151.— De Danemarck, 160-161.— Des Etats Prussiens, 177-195.— Des Etats Autrichiens, 209-210,— De la Hollande, 240 jusqu'à 242. Lavage des laines. Manière de le faire en Suède, 157. — En$axe, 174-175,— En Silésie, 204. 266 TABLE Lavoir. I] seroit nécessaire de construire des lavoirs publics en France, afin de faciliter la vente des laines fines, pages 73-74. Lurnière favorable aux moutons, page 158. M. Magnis(le comte de) a un troupeau amélioré de neuf mille bêtes, page 35.— Améliorations étonnantes faites par ce cultivateur, sur ses terres en Silésie, page 35 Suiv.— Ib. 197 et suiv. Manufacturiers se sont opposés à l'introduction des races à laine fine, par-tout où elle a été tentée, pages 8, 58, 55, 119, 125, 124. Marrons d'Inde, donnent une nourriture saine pour les moutons, page 169. Mérinos. Différentes races de Mérinos en Espagne, page 21. Mérinos. Leur éducation. Z’oyez ce mot. Merinos, Les animaux de cette race sont d’un tempé- rament robuste, pages 125, 126, 129, Mérinos. Epoque à laquelle ils ont été introduits en Suède, page 6,— En Norwège, 17.— En Dane- marck, 20.—En Saxe, 25-25.— En Prusse, 80, 31, 32 et 55.— Dans les Etats autrichiens, 36-37.— Dans les Margraviats, d'Anspach et de Bareuth, 57.— Dans le duché de Wurtemberg, 58.— Dans différentes parties de l'Allemagne, 39-40.— En France, 41, 42, DES(MATIÈRES. 267 pr 46, 48, 51, go et suiv.— En Hollande, 90, 102 et 105. D aines— Au Cap de Bonne-Espérance, 104.— En ltalie, 108-109.— En Angleterre, 125, 154, 137.— En Ecosse, 134. Mérinos. Leur nombre actuel en Suède, page 13.— En Danemarck, 20-21.— En Saxe, 25, 28.— En Prusse, 52-33.— Dans les Etats autrichiens, 87.— Dans les Margraviats d'Anspach et de Bayreuth, 57-38.— En France, 89-96.— En Hollande, 100-102.— Au Cap + de Bonne-Espérance, 104.— En Italie, 108.— En Fèès Angleterre, 125-143. D e F5 Mérinos ont conservé la finesse et la beauté de leur laine,* en Suède, page 14 jusqu’à 16.— En Danemarck, 20- pre 21.— En Saxe, 26.— En Prusse, 32-34.— En Du| France, 47-49.— En Hollande, 101 es suiv.— Au Cap de Bonne Espérance, 104.— En Italie, 107-109 hr— En Ecosse, 136.— En Angleterre, 136, 197, 143 et 144.— Ils ont pris de la taille en Suède, 14.— En Saxe, 26.—-En France, 87, 214.—En Piémont, 109. ere, À— Ils ont perdu de leur taille dans quelques parties de la Saxe, 26.— De la Prusse, 32.— De la France, 50. Mérinos recherchés par les cultivateurs français, pages | 89-90.— Prix auquel ils sont vendus en Prusse, 53.— ne En France, 57 es sui,— En Angleterre, 140.— Leur chair a autant de saveur que celle des autres races; et elle prend graisse aussi facilement, 66 es suiv.— Ib. E; en Lure 110, 129, 126, 194 et suiv. , 92 Je+- P Métis. Troupeau de Métis d’Alfort, pages 77 ef su.— ns É: à pi Règles à observer pour le croisement des races, 82 e£ É suis.— En Hollande, 102-103.— Enltalie, 110 et suiv, tés — En Angleterre, 126, 127, 1596, 140, 141 et 143.— d E En Ecosse, 153 ec suiv, | |* É | UE Espérance, 104-105.— Des côtes de la Barbarie, 105, || ji] De l'Irlande, 241. | Nurmnérotage des bêtes à laine. Nécessité et manière de le nl ae 268 TABLE | Moutons zndigènes de la Norwège; ils sont d’une consti: | tution robuste, page 18.— Des iles Ferroé et del Is- lande; ils vivent dans l'état sauvage, et supportent les froids les plus rigoureux, 19.— Ils donnent des toisons composées de différentes espèces de filamens; 19:== | De France; qualités qui distinguent les différentes races françaises, 80 et sui. — Du Cap de Bonne- — D'Angleterre, 147.— De Suède, 151.— Dn Da- nemarck, 160-161.— Des Etats prussiens, 177.— Des QUE Etats autrichiens, 209.— De Hollande, 240-241,— | | N. Î | Norwège. Epoque de l'introduction des Mérinos dans ce Pays, 17.— Races indigènes de la Norwège, 18 et suiv. Nourriture des Mérinos en-Angleterre, page 145.— En Suède, 153.— En Danemarck, 159, 160 et 162.— En Saxe, 168 jusqu’à 170.— En Prusse, 179, 184 ec( Sup.— 191.— En Silésie, 199.— Manière dont elle est répartie aux bêtes à laine chez le comte de Magnis, 109€£ suiy.— À Rambouillet, 214 ec suive.— En Hol. lande, 245 et suiv.— En Piémont, 249. faire, 205, 250 et suiv. Paille hachée; offre une bonne nourriture pour les bes- Qt taux, page 160. Bonstis 3:|. EOnt Jes 2 isons a.— Wine S ine- EE 105, "1 Da. X Des …,— bes= DES MATIÈRES. 269 Parcage, en Suède, page 155.— En Prusse, 189.— A Rambouillet, 220.— En Piémont, 249. Püturages, en Suède, page 155.— Danemarck, 161-162. — En Saxe, 171.— En Prusse, 185, 188 et 191.— En Silésie, 195.— À Rambouillet, 216, 221 ef suive.— En Hollande, 239, 241 er suiv.— En Piémont, 247. Perfectionnement des races a été poussé à un haut degré en Angleterre, pages 121-122. Perpignan. Etablissement national où l’on élève un troupeau de Mérinos; état actuel de ce troupeau, pages 66-67. Pornpadour. Etablissement national où l’on élève un troupeau de moutons espagnols; état actuel de ce troupeau, page 75 e£ suiv. Prusse. Epoque à laquelle les Mérinos ont été introduits en Prusse, pages 30-51.— Moutons indigènes des Etats prussiens, 177, 194 et 195. Q. Queue. Ampatation de la queue, pages 174, 236. Fe. Rambouiller, Ftat actuel et destination de la ferme nas tionale de Rambouillet, pages 51 et sui,— Origine et état actuel du troupeau de Mérinos qu'on y élève, 53 et sui— Foire établie à Rambouillet pour faciliter la vente des laines et des Mérinos: réflexions à ce sujet, | 270 TABLE 72-78.— Manière dont on y élève les Mérinos, 214 Rateliers. Leur construction en Suède, page 153. Réglemens sur la conservation des races en Italie, pages 111 et sui,— Dans les Etats autrichiens, 210 jusqu’à 212: HA S. | | [HI| Sardaigne. Les Mérinos y ont été introduits en 1702; ils |! ont conservé la beauté de leur laine dans les bergeries du roi et de plusieurs particuliers, sur-tout dans celles HE du chevalier J. M. Angioy, qui entretient, sur sesterres, un nombre assez considérable de ces animaux(1). Sexe, époque à laquelle les Mérinos ont été introduits | dans ce pays, page 25. Schulzenheim a fait venir en Suède, à plusieurs reprises, des moutons d'Espagne, page 14. Sel, on en donne aux moutons, en Suède; page 156.— En Saxe, 172.— En Silésie, 195, 196 et 202.— A: Ait Fambouillet, 218-219.— On le leur refuse en Prusse, ll 190.— En Hollande, 244. al Sevrage. Age auquel on sèvre les agneaux en Danemarck, À page 164.— En Saxe, 175.— A Rambouillet, 230- 251.— En Piémont, 246. Silésie. Races de bêtes à laine indigènes du pays, pages 194-195.— Epoque à laquelle les See ont été in- LU troduits en Silésie, 32. |(1) Voyez l'ouvrage intitulé: Histoire géographique, politique et {LA naturelle de la Sardaigne, par D. A. dzuni, tom, II, pag. 56. 4 Paris, 1802. 3, 4 AI à ipages Oisqu'à Lil re; en|les| 2&ires, D. Ziki: PUIS, DES MATIFRES 271 Suède. Epoque à laquelle les Mérinos ont été introduits dans ce pays, 6.— Moutons indigènes de la Suède, 151. +. Tonte. La multiplicité des tontes augmente la quantité de laine produite par un animal, page 18.— Expé- riences relatives à la tonte faite aux animaux qui avoient conservé leur toisen pendant deux ans, 60 el SUV. Tonre. Manière dont elle se fait en Suède, page 157.— En Danemarck, 163.— En Saxe, 174 jusqu’à 176.— En Prusse, 189.— En Silésie, 195. A Rambouillet, 294-235. Tournis. Moyens de le prévenir, pages 174, 192. Traité de Bâle, qui accorde à la France 4,000 brebis et 500 béliers, page 90. V. Versailles, Ferme expérimentale, pages 77-78. ‘Wurtemberg. Epoque de l'introduction des Mérinos dans ce duché, page 58. FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. nn IS |] .————— ———— 4 4 6 8 L 9 8 llalan dane eeIrAAaAAIrLrha eeldelh Lln(rllahabruaka P u aa gagnaat aeee3angannggig anaanegengae Oem 1 2 3 4 5 6] 8 9 10 11 12 13 Coſour& Grey Control Chart Blue Cyan Green Vellow Hed Magenta — Se Gre e ⸗e 1 —ö—