(UVRES DE M. FRANCOIS DE NEUFCHATEAU. 4AGRIGOUI. T DURE. ART DE MULTIPLIER LES GRAINS. 5 ——„ —y— 12 A RA DE MULTIPLIER LES GRAINS, 7 0 U TABLEAU DES EXPERIENCES QUI ONT EU POUR OBIET D'améliorer la culture des Plantes céréales, Den ohoisir les es pèces et d'en augmenter le prodluit. PAR M. FRANOCOIS DE NEUFCHATEAU, SüNATEUR, COMTE DE L'EMPIRE, GRANDOrrICIR DE LA LEGroN D'HoxxEUR, TITULAIRE PDE LA SENATORERIE DE BRUXEIILLTYS, MPERNMBRE DE 5 L'INSTITUT DE FRANCE ET DES SOCIETES D'AGRI- cUITURE pDE PAkIs, DE BERNE, DE LEIPSlcCK, DE FLORENCE, etc. SECONDE PARTIE. —— 7—— Les bonnes e;périences de pnys—*,aᷣαᷣ Sont celles d2e L8R, la culture de la terre. VOLTATIRE. 4 B— S. 3 *S⸗ 9. A P A R I S„ N—— 5 „ — f 2 ...— CHEZ Madame HUZARD, Libraire. rue de TEperon(St.-André des Arcs), n.⸗ 7. —-—O 1809. — A BPERNAV, DE LIMPRIMERIE DE WAäARIN-THIERRV. — ————————————-— LA i D E MULTIPLIER LES GRAINS. . (HAPIILRE XI. Méthode de culture de l'abbé Poncelet, qul Rn consiste sur-tout 1.Od semer de bonne heure, 2.0 d espacer les grains de blé; S.“ d αοσlι per plusieurs fois leurs pousses herbacées. Deux ouuwrages de cet auteur; la reproda tion des étres; l'histoire du froment. Eæ- périence de Saussure, confirmant l'avoantage des semailles hätibes. Mallet propose de faucher les blés, oomme un moyen de faire refluer leur séνe. On dbuse de cette idée de couper les blés, pour fourrages. - ( 4 2E que nous allons dire dans ce chapitre XI est digne de réflexion. Nous allons pré- senter Panalyse des vues et des travaux d'un homme qui s'était consacré exclusivement à prog: „ 24 4.,.. 2 d P'éetude la plus approfondie de ce qui con- Ies cerne le blé. L'abbé Poncelet, moins connu maf et moins célèbre que bien d'autres natura- Laus 0 . 3. listes-économes„avait eu pourtant le courage guii de s'enfermer plusieurs années dans une so-— pen litude où il ne s'était occupé que de ce grand de a OWjet. Rozie a décrit*brès lui les spectacles lor éblouissans que le blé vu au microscope lai h G. . 1..„. 1 avait révélés; mais ce n'est là que la partie„, 2 ritsE ..* 4 curieuse de ses recherches, qui auraient du nu conduire à des résultats plus utiles, si'on 12 donnait toujours aux recherches utiles l'at- ſges 4 üges tention que l'on prodigue à des objets frivoles. lis * à 3 2 eul L'abbé Poncelet devrait ètre regardé comme 21 1 3 3 le un des bienfaiteurs de notre agriculture. C'est 1 . 3 3 ei9 à Duhamel et à lui que l'on doit rapporter — 7,:— les premières idées de la plantation du blé, ——. le Is dont on fait honneur aux Anglais. J'ai un — gra grand plaisir, je l'avoue, à ressusciter la mé- 8 — 3.. que S moire de cet homme estimable, et je vais 1 — 1 Ia2 rendre un comple exact, quoique succinct, 6 de ses merveilleuses recherches sur la plus. utile des plantes, recherches qui remontent in. . 8 2 A 1762. ; Pr)= Poncelet crut d'abord qu'en faisant les se-- .„ 1.. 6 mailles des blés d'hiver au mois d'octobre, 4 teid comme on le fait communément à l'approche des froids, c'était s'exposer à retarder les con- onnu tura- rage e 80- rand adles de lui parlie nt dü i Ton lat- poles. omme C'st Rorter u M, ai un la mé- he vais eewet, a plus dontent les se- tobre, proclé der les 82 progreès de la germination, à énerver les ger- mes par des maladies qu'on ne soupconne mèême pas, à appauvrir la substance laiteuse dans laquelle ils nagent, pour ainsi dire, et qui doit leur servir de premier aliment. II pensa qu'il fallait plutèt suivre Pindication de la nature, puisque les plantes répandent elles-mèmes leurs semences dans le sein de la terre au mois d'aoât, lors de leur matu- rité, dans un temps ou les froids ne peuvent nuire à leur germination. Il crut aussi qu'en coupant les touffes des tiges et des feuilles de chaque grain, il fa- ciliterait le développement des germes au pied, par le reflux des sucs nourriciers dans les racines. Le 10 aoùt 1762, Poncelet égrena un épi de froment sur pied, et il en enfouit trois grains dans une terre sans apprèt, d'une qualité au-dessous de la médiocre, et les marqua n.“ 1, A, B, 6, Un autre grain, n.“ 2, dans une terre mélée de salpétre; Un autre grain, n.“ 3, dans une terre préparée avec du fumier; Deux grains, n.“ 4, A, B, dans une terre bien préparée; Deux grains de l'année précédente, n.“ 5, 4. E. —ͦᷣ-—— 8 Vers le commencement d'octobre de la méme année, il sema quelques grains de blé, suivant la méthode ordinaire des laboureurs, n.* 6; Et d'autres grains de quatre, de trois et d'un an, n.- 7. Le 12 septembre, les grains du n.“ 1, A, B, C, avaient poussé chacun sept tuyaux; ils avaient les feuilles larges, longues et du plus beau verd. Il coupa les touffes de A et B à un pouce de la racine, laissant la touffe C dans son état naturel. Le grain de quatre ans, n.? 4, avait péri. Le grain d'un an avait poussé deux et trois tuyaux. Il coupa la touffe A. Le 30 octobre, le blé nouveau, n.“ 6, semé selon la méthode ordinaire, avait poussé cinq tuyaux. Le blé de trois ou quatre ans avait péri. Le blé d'un an avait poussé deux tuyaux. La végétation du n.“ 1 continuait à merveille. Les touffes d et de B qui avaient été coupées, avaient multiplié leurs tuyaux. Il coupa encore la touffe A à un pouce au-dessus de la racine. L'hiver de 1762 ayant été très-rude, il craignit beaucoup pour sa petite plantation, qu'il n'alla visiter qu'à la fin de mars 1763. Il trouva les touffes du n.“ 1, A, B, C, de 4 t00: be: 1 1, A JaäX; 2 et dau A et touffe péri. trois 9n 6, pousse ans deux muait 8 qui ſeurs 1 un e, ü tion, 176 1 —, de — (9) loute beauté. Les tiges avaient près d'un pied et demi au-dessus de la racine. La touffe A, q ui avait été coupée deux fois, avait plus de cinquante tuyaux. Celle GC, n.“ 1, qui n'avait pas été coupée, n'en portait que neuf, mais ils étaient plus forts. Il coupa encore les touffes d'd et de B à un pouce au-dessus de la racine. A la moisson, le n.“ 1, lettre A, qui avait été coupé trois fois, avait produit quatre- vingt-dix-sept tuyaux, dont soixante-trois portaient des épis longs de cinq pouces, les autres toujours en diminuant, au point qu'une vingtaine étaient restés sans épis, les germes n'ayant pas eu le temps de se développer tous. Le n.“ 1, B, qui avait été coupé deux fois, ne portait que soixante-huit tuyaux, tous féconds, et dont les épis étaient plus beaux que les précédens. Le n.“ 1, C, qui n'avait point été coupé, n'avait que neuf épis, mais parfaitement beaux. Le n.“ 2, semé dans une terre méelée de salpèétre, n'avait que quatre épis maigres et dégénérés. Len. 3, semé dans une terre bien fumée, n'avait que six tuyaux. Le n.“ 5, grain d'un an, dont la touffe X 7 (40)) avait été coupée, portait dix tuyaux chargés de petits épis maigres et peu- fournis. Le n.“ 6, semé selon la méthode ordinaire, assez semblable aux autres moissons. Le n.“ 7, grain d'un an, dans un état pitoyable. Poncelet rendit compte de cette belle ex- périence, et il en déduisit un nouveau procédé pour multiplier le froment, dans un premier ouvrage intitulé: La Nature dans la repro- duction des étres vivans. Mais ce n'était encore qu'un premier aperçu. Poncelet résolut de le porter beaucoup plus loin et de se fixer à l'étude« D'un des plus importans objets » qui puisse intéresser l'espèce humaine; je » veux dire, ajoute-t-il, à l'étude de l'histoire » naturelle du froment, dont le produit inap- „ préciable forme le premier, le plus salubre, „ le plus agréable peut-èêtre, ou tout au moins » le plus nécessaire des alimens.» Dans T'impossibilité de se procurer tous les bons ouvrages qui traitent de Y'agriculture et des aris qui en émanent, il ne voulut d'autre ressource que celle de pouvoir lire sans contrainte et à toute heure dans le plus ancien des livres, le grand livre de la nature. Et ce fut pour y lire avee plus de liberté, pour pouvoir méditer plus profondément sur elargis 8. rdinaire. un iat elle ex- procêdé premier a repro- tencore olut de ze fxer objeis ne; je nstome t inap- lubre, noins s les lture ulut Wee Plw dure. erié, 2r 500 41) ce qu'il y aurait lu, que, renonçant pour un temps au commerce des hommes, il se retira dans une paisible solitude. «& C'est là,» dit-il dans la préface de son Histoire naturelle du froment(imprimée en 1779), C'est là qu'inconnu, ignoré de l'u- » nivers entier, jouissant d'une santé parfaite, » avide de connaissances, seul, absolument » seul, sans compagnon, sans domestique, » sans témoins, j'ai labouré la terre, semé, » moissonné, moulu, fait du pain, sans en- » grais, sans charrue, sans moulin, sans four. » en un mot, sans autres ustensiles que ceux » qu'une imagination industrieuse, excitée par la nécessité des circonstances et guidée par la raison, me faisait inventer.» — En 1776, il entreprit de répéter, pour la sixième fois, ses observations sur la repro- duction, le développement, l'accroissement et la multiplication de l'espèce miraculeuse de gramen, vulgairement connu sous le nom de froment. Dans ce projet, le 10 aodt 1776, il choisit, dans plusieurs épis encore sur pied, mais parfaitement murs, cent grains de plé commun. II les planta par un temps favo- rable; il faisait mème une petite pluie douce; il les planta, dis-je, dans un terrain d'une toise carrée environ. Ce terrain n'avait 616 t 12.) amélioré par aucun engrais; au contraire, 1I avait été presqu'épuisé par les légumes qu'il y avait précédemment plantés ou semés, comme pois, épinards, laitues, etc. II. avait bèêché cette portion de champ à huit pouces de profondeur; il y planta ses cent grains de blé séparément, chacun dans une fossette de deux ou trois pouces de profondeur sur autant de large. Dans les années précédentes, il avait plu- sieurs fois varié sa méthode. II y avait eu des années ouù il avait semé à pleine main, selon Pusage ordinaire. Quoique cette manière lui eùt très-bien réussi, il lui avait cependant semblé que la méthode de planter le grain, comme il le pratiqua encore en 1776, était plus avantageuse- Cbaque jour, il levait un des plants de son blé, pour en considérer les progrès sue- cessifs avec son microscope; mais ce n'est pas de ces détails que je dois rendre compte. Le premier octobre, le blé de sa plan- tation était élevé de près de six pouces. II en coupa les feuilles avec des ciseaux à un pouce de terre, c'est-à-dire, qu'il en re- trancha cinq pouces. C'est à cette pratique de couper le blé à certaines époques qu'il faut attribuer, selon lui, la prodigieuse mul- aire, i s qu'd semés, I avait pouces grains ossette ur Sur t plu- ait eu main, aniére ndant rrain, (tait ts de Sue- n'est mpte. plan es. II à un en re- atiquè 3 qell e ol- — 168) tiplication dont nous parlerons bientèt. Com- munément les touffes, ou pattes, ou talles du blé ne portent que sept, tout au plus huit chalumeaux; au lieu que par sa méthode, il a compté jusqu'à soixante-treize épis à chaque touſſe, aux moindres dix-sept à vingt, et aux moyennes trente et quarante. Le 10 octobre, pour pouvoir comparer sa méthode avec la routine vulgaire, et pour savoir au juste laquelle produirait davantage, il ensemença une toise carrée de terrain à côté mèême du petit champ ouù il avait planté les cent grains ci-dessus dès le mois d'aoùt; il ensemença, dis-je, une terre bien fumée, bien préparée, afin que tout l'avantage fuͤt du cèôté de J'ancienne méthode, qu'il suivit de point en point. Le 1o avril 1777, ses deux cultures étant dans le meilleur état possible, et chaque tige élevée de cinq à six pouces, il jugea qu'il était temps de couper, pour la seconde fois, celui de ses blés qu'il avait planté dès le mois d'aoút de l'année précédente, et il ne toucha point au blé semé selon la méthode vulgaire. Il avertit ici d'une chose importante. Quoi- qu'il soit essentiel, pour la multiplication des épis, de couper le blé à certaines époques, 6 14) ilne faut pourtant pas répéter cette opération plus de deux ou trois fois, parce qu'en mul- tipliant excessivement les chalumeaux, on les expose à manquer de nourriture suffisante; ils restent petits, maigres, grèêles; à peine ont-ils la force d'atteindre le point de matu- rité. Il lui était même arrivé, en coupant les tiges jusqu'à vingt fois, de réduire le plus beau blé à un état de gramen ordinaire; il Tavait même rendu bisannuel, c'est-à-dire, qu'à force de le couper, ce blé ne produisit point d'épi la première année. II végéta très- bien pendant son second hiver, et produisit à la moisson suivante des épis assez semblables aux épis de chiendent. Expérience remar- quable, que Poncelet regrettait de n'avoir pas eu l'occasion de suivre, et qui méritait bien de l'etre. Le blé semé selon la méthode vulgaire, parut d'abord plus verd, plus vigoureux, plus beau à ious égards que l'autre. II soutint cette supériorité jusqu'à la mi-mai; à cette époque, le blé planté selon sa méthode reprit le dessus, et vers la fin du mèême mois, il T'emportait de beaucoup sur Pautre. Le g juin seulement, parurent les premiers spis du blé planté selon sa méthode, ce qui prouvait, suivant Poncelet, que, cette année ( ration 1777, la végétation avait été constamment mul. retardée par l'intempérie de l'air constamment n les froid. Le 11 du méèéme mois, parurent les ante;* épis du blé semé selon la méthode vulgaire. peine La méme différence se remarqua dans la matu- floraison. Le 18, parurent les premières fleurs npant du plé planté selon sa méthode; celles de plus l'autre blé ne parurent que le 20. 2; il A peine son blé commencait-il à entrer en ire, fleur, que des pluies froides et abondantes luisit survinrent. Heureusement qu'elles ne furent res⸗ point continues. Quelques intervalles d'une oit à température plus douce donnèrent le temps bles aux étamines de produire leur effet sur les nar- 1 pistils; plusieurs épis cependant en avaient bas tellement souffert qu'ils ne purent nouer, Eien c'est-Aà-dire que la plupart des balles restèrent vides, la fructification n'ayant pu avoir lieu. re. Peu après, deux orages effroyables, à quel- lus ques jours l'un de l'autre, accompagnés de um pluies, de grêéles, de vents impétueux, ra- ele vagèrent son petit champ; son blé fut ren- prit versé, et il vit le moment ouù il allait être 1 privé de la consolation de pouvoir calculer les avantages de sa méthode sur la méthode jers vulgaire. II en fut quitte pour un peu de Cu frayeur. Son blé, d'une vigueur extraordinaire, eut la force de se relever en partie, et formant ) un coude au dernier nœud, il se redressa verticalement. II n'en fut pas tout- àA- fait de mème du champ ensemencé à la volée. Les épis trop faibles restèrent pour la plu- part couchés par terre; ils ne laissèrent pour- tant pas que de prospérer jusqu'à un certain point; ils parvinrent, dans cette situation, à leur point de maturité; mais le grain en était petit et maigre. Autre inconvénient encore! Les mèmes pluies dont il venait d'avoir à se plaindre, fournirent aux végétaux en général, et à son blé en particulier, une végétation surabon- dante. Delà, selon lui, un excès de subs- tance mucilagineuse qui, transsudant au travers des capsules, donna naissance à une quantité prodigieuse de pucerons et de petites mouches. C'en était fait de sa récolte, si une nuit extréèmement froide, suivie d'un temps sec, ne les eùt pas tous fait périr et arrèté le progrès de ceitte génération destructrice. Le 12 aoùt, les moineaux, autres dévas- tateurs presque incoercibles de sa plantation, 'obligèrent de devancer un peu le temps de sa parfaite maturité. Le plus grand nombre des épis étant bien murs, étaient exposés à la voracité des moineaux; mais aussi plusieurs épis étant tout verds, demandaient à rester n6£G - 5 2 58 duc EH qu Le 509 bal che cene du 34 4 d i5 615 1000 Jlo2 c'e- Kl cine aval mi E (2) encore sur pied quelque temps. Tout bien considéré, il entreprit de faire sa récolte. Il commenca par le champ semé selon la méthode vulgaire; il examina avec la plus grande attention l'état des touffes, et en tint par écrit un compte exact. Il en trouva quel- ques-unes de dix chalumeaux, plusieurs de quatre, le plus grand nombre de six à sept. Les épis, Pun portant Pautre, étaient com- posés de dix-sept balles, à cinq capsules par balle. Sur cela, voici son calcul. Son petit champ, de six pieds en carré, avait regçu cent grains de semence. Ces cent grains pro- duisirent cent touffes; chaque touffe, l'une dans Pautre, était composée de sept épis, ce qui fait sept cents épis. On a dit que chaque épi était composé de dix-sept balles; en tout, onze mille neuf cents. Reste à multi- plier les balles par le nombre des capsules, c'est-à-dire, onze mille neuf cents par cinq. Ainsi le produit total est cinquante-neuf mille cinq cents. Ainsi les cent grains de semence avaient produit une récolte de cinquante-neuf mille cinq cents grains. Il examina de mème l'autre champ planté et gouverné selon sa méthode. II avait pa- reillement six pieds carrés de surface; mais quelle différence entre le produit de l'un et ( 18) de l'autre! Les épis et les chalumeaux du champ planté selon sa méthode, étaient pro- digieux dans leurs dimensions; les feuilles avaient deux pouces de largeur sur deux pieds et demi de longueur; le chalumeau portait quatre lignes de diamètre, et cinq pieds deux pouces de haut; l'épi avait huit pouces de long et vingt-sept balles; les plus fortes touffes étaient de soixante-trois chalu- meaux; cette année, le plus grand nombre était de trente à quarante-cinq; enſin il y en avait quelques- unes qui n'étaient que de dix- sspt à vingt-quatre. Prenant donc pour terme moyen trente-six, et commençant par mul- tiplier les cent grains de semence par trente- six, produit de chaque grain, on trouve trois mille six cents épis. Nous avons observé qu'il y avait des épis de vingt-sept balles; mais ils n'étaient pas tous de cette force; il y en avait qui n'étaient composés que de dix-neuf. Prenant donc vingt-deux pour terme moyen, et multipliant trois mille six cents par vingt- deux, on trouve pour produit soixante-dix- neuf mille deux cents balles. Et comme chaque balle était composée de cinq capsules contenant chacune un grain, il faut encore multiplier soixante-dix- neuf mille deux cents par cinq, qui donnent trois d —— ☚— K du pro- uilles deux neau cinq huit plus halu- mhbre yen dik- erme mul- ente- trois quii nais en uf, cent quatre-vingt-seize mille grains, produit des cent grains plantés comme semence. Quelle étonnante production! Et pourtant la plantation, comme nous Pavons vu, avait essuyé de terribles accidens. Aussi Poncelet avait-il vu des années oùu, au moyen de sa méthode, la multiplication avait été plus loin que celle-là, parce que les accidens avaient été moins fächeux. Il rendait compte exprès de cette année 1777, parce qu'elle pouvait pas- ser pour une année moyenne, et que c'était la dernière o il eút fait usage de sa méthode. Mais tandis qu'il se disposait à la publier avec ses observations microscopiques et des planches très-curieuses, il fut étonné qu'au mois de février 1778, on lui fit voir son pro- cédé annoncé, avec fort peu de changemens, dans la Gazette d'agriculture(n.“ 16, article Russie), sans qu'il ft non plus question de lui, que sil n'eùt jamais rien écrit sur ce sujet. Il avait souvent entretenu des ex- périences qu'il faisait depuis 1762, diffé- rentes personnes qu'il pensait capables d'en juger sainement. Ces personnes avaient répété à d'autres ce qu'il leur avait confié. Quel- ques-unes avaient tenté les méèmes expérien- ces, et Pon attribuait la découverte à d'autres, sans faire mention de lui. (20) Voieci Particle de Russie, au sujet duquel Poncelet a réclamé dans la préface de son Histoire du froment. ECætrait de la Gasette d agriculture, du mardi 25 évrier 2778. De Pétersbourg, 16 janvier. M. Léonard Euler a rendu compte à la Société libre économique de cette ville, d'un moyen pour multiplier les grains, le- quel mérite d'éêtre joint à plusieurs autres expériences de ce genre, que des amateurs ont tentées en différens pays. Ce moyen est d à un grand seigneur qui depuis plusieurs années sS'occupe d'agriculture. L'essai en a été fait à Berlin, sous les yeux de M. Euler, qui l'a ensuite répété avec succès dans soun jardin près Charlottembourg. On peut done compter sur la vérité et P'exactitude des dé- tails qui suivent. » Cette méthode, dit M. Euler, regarde le blé d'hiver. Pour que l'expérience réussisse, il faut le mettre en terre avant la St.-Jean. Il est essentiel que la terre soit auparavant purgée de toute mauvaise herbe, et bien fumée. II ne s'agit point ici de semer le blé, reſe E AUIT2 gee les 2 autl duee= Ju ait Ic 4 no quꝗls= tras] eflo pou 4 ( 21) mais de le planter, il doit éêtre sain et mur. Il faut de plus que les grains soient posés à quatre pouces de distance les uns des autres, et à un demi-pouce de profondeur. » Des que le grain est parvenu à un degré d'accroissement suffisant pour faire croire qu'il va former une tige, il est temps de l'ététer. Cette opération peut se répéter trois ou quatre fois par an. Le produit de cette espèce de taille, fournit une nourriture excel- lente pour les bestiaux. » Ce procédé n'empéche pas les grains de se former en tige; il donne au contraire plus de force aux racines qui poussent de nombreu= rejetons. Lorsque le grain cesse de croitre en automne, c'est-à-dire lorsque les premières gelées de nuit arrivent, on arrache toutes les racines et on les sépare les unes des autres. On s'est convaincu par l'expérience que les meilleurs pieds ont depuis douze jusqu'à quinze racines; il est rare qu'il y en ait moins de trois ou quatre. » Après avoir séparé ces racines dont le nombre est au moins six fois plus considérable que celui des grains qu'on a plantés, on les transplante dans un champ préparé à cet effet, observant de les mettre à environ trois pouces de distance les unes des autres. — ( 22 » Lorsque, l'été suivant, le blé recom- mence à pousser des tiges, on peut l'ététer encore une fois, pour fortifier davantage les racines dont la vigueur décide de celle de la tige. „ L'auteur de cette méthode en prouve les avantages en faisant remarquer qu'il ne faut, pour ensemencer un champ, que la centième partie du grain qu'on emploie suivant l'usage vulgaire. En supposant que chaque grain pro- duise six racines, et chaque racine cinq épis garnis chacun de quarante grains, cela fait un total de douze cents grains; et quand il n'y en aurait que mille, il en résulterait toujours qu'un scheffel de semence en produirait mille, au lieu que dans le systéme actuel de culture, on se contente d'obtenir dix grains pour un, et que pour recueillir mille scheffels, il en faut semer cent. »„ Puisque, suivant la nouvelle méthode, il ne faut plus qu'un scheffel de semence pour en recueillir mille, reste maintenant à savoir si les travaux et les peines extraordinaires qu'exige cette méthode seraient compensés par l'épargne de quatre-vingt-dix-neuf scheffels de semence. L'inventeur croit qu'il ne serait pas impossible de trouver différens moyens pour diminuer le travail; et moi, dit M. Euler, —— ( 23) je pense que cette méthode ne peut convenir qu'à un pays très-peuplé. » Quand mèéme la nouvelle méthode serait impraticable en grand, il est toujours très- important de s'assurer si, en ététant le grain, on ne pourrait pas en effet améliorer la mois- son, et obtenir des épis plus forts et plus nombreux. Il ne s'agirait alors que de semer beauco-p moins dru et beaucoup plus töt qu'à Pordinaire, et de couper la fane du blé pour l'empécher de former sa tige avant hiver. Cette tonte suppléerait au fourrage, et les bestiaux la mangeraient avec plaisir. Les vaches qui s'en nourriraient donneraient beau- coup plus de lait, et ce lait serait excellent.» Poncelet, à la vue de cet article qui n'était qu'une copie d'un procédé décrit par lui de- puis dix ans, se hata de faire imprimer son Histoire naturelle du froment. Cet ouvrage parut en 1779; mais Tabbé Poncelet crut devoir donner un extrait abrégé de sa me- thode de culture, et il fit insérer, dans la Gazette d'agriculture du 5 janvier 1780, Particle qu'on va lire, contenant un précis de toute sa doctrine, rédigé par lui-méême. 8 624) Abrégeé de la méthode de mulliplier 1Ie Hl&. Article I.er Jois auæ Cultivateurs. Nous exhortons tous ceux qui voudront essayer la méthode, de n'entreprendre d'abord leurs essais qu'en petit, c'est-à-dire de n'en- semencer qu'un terrain de trois ou quatre toises carrées tout au plus, parce qu'il est bien plus aisé d'observer et de seconder la nature dans un terrain peu étendu que dans un champ d'un ou de plusieurs arpens. Quand on aura réussi dans le premier essai, qu'on aura parfaitement saisi toutes les cir- constances de la nouvelle méthode, en un mot, qu'on se sera bien pénétré de l'esprit de la chose, alors on pourra, avec une con- fiance fondée sur les faits, entreprendre toutes sortes de cultures en grand. Art. II. Quel est le principal objet de ceute nounelle méthode? L'objet de notre nouvelle méthode, et que nous ne saurions trop recommander à cause de ses bons effets, consiste beaucoup moins dans'épargue qu'on peut faire de la semence— —q—, —GGgf„f —— ohhet!: dans meal perier Woes, ceite Selon de ec de Se zelon comm noufe zulier geie: nature Art. 7 I maW que nourn consi 3VOH'- chy kurel abon lier alle objet d'économie assez peu considérable, que dans l'étonnante multiplication des chalu- meaux, et par conséquent des épis. Une ex- périence répétée plusieurs années consécu- tives, a convaincu l'auteur qu'on pouvait porter cette multiplication à un nombre indéfini- Selon la méthode ordinaire la multiplication de cent grains n'excède guère le nombre de sept, c'est-à-dire que cent grains semés selon la méthode vulgaire, produisent, année commune, sept cents grains; et selon notre nouvelle méthode, cent grains ont assez ré- gulièrement produit trois cent quatre-vingt- seize mille grains, quelquefois plus.(Histoire naturelle du froment, pag. 293 et suivantes). Art. II. De la nourriture du gramen, nommé froment;, du labour, et des engrais. Il est démontré qu'il règne entre les ani- maux et les plantes une très-grande analogie; que celles-ci, comme ceux-là, ont besoin de nourriture; que cette nourriture des végétaux consiste en une terre soluble, dont nous avons démontré J'existence et donné l'analyse chymique(pages 6 et 251 de l'Histoire na-“ turelle du froment); que les sols les plus abondamment pouryvus de cette terre soluble II. Partis. 2 (25) s'épuisent à la longue; qu'il faut les en im- tend prégner de nouveau, et, au moyen de cer- siqu taines préparations, les disposer de manière an à pouvoir faire passer facilement cette nour- b eng riture dans les plantes; et c'est à quoi on a parvient, au moyen des labours et des engrais. V Ainsi, avant que de semer, on préparera les terres selon l'usage des meilleurs laboureurs de chaque canton. L'auteur de la nouvelle 1 méthode prétend, avec assez de vraisemblan- en ce, qu'on ne peut point assigner de règle ri particulière sur cet objet, et qu'il faut s'en Kiind tenir aux usages locaux dont la bonté aura les été reconnue par des succès constans. Cela e posé, après que les terres auront resté en 1 jachères une ou deux années, selon le besoin em (ou qu'elles auront été alternées par des bi productions non épuisantes), on les labou- ten rera de maniere que la dernière fagçon soit wo indispensablement terminée dans les premiers Fra jours du mois d'aoùt au plus tard.(Voyez-en 1 la raison, page 40 de l'Histoire naturelle dis A fioment]. m On peut conclure des observations que am 3 nous venons de faire, combien il faut se A défier des prétendus secrets annoncés par des—2 charlatans, comme moyens infaillibles de sup- J pléer à toute espèce d'engrais. Nous main- 1 um- eer- niere nour- di on grais. a les reurs avelle blan- règle tsen aura Cela den (27 tenons, d'après les principes de la saine phy- sique, qu'il ne saurait y avoir de végétation sans nourriture, et point de nourriture sans engrais, ou naturels, ou artificiels. Douc les engrais sont d'une nécessité absolue. Art. IEr. Des semailles. La terre ayant été bien labourée, suffisam- ment engraissée, on choisira pour semence les grains les plus beaux, les plus muůrs, les plus sains. On fera ce choix, s'il est possible, dès les premiers jours de la moisson, et avant que la récolte ait été déposée dans la grange. (Voyez pourquoi, page 164 de THistoire na- zurelle). On plantera ces grains d'élite, ou bien, pour épargner les frais, on se con- tentera de les semer; l'un et l'autre de ces procédés nous ont parfaitement réussi. Il est vrai que le blé planté réussit mieux; mais il suppose en mème temps plus de dépenses, à cause de la longueur et des détails de l'opé- ration, comme de faire des trous, de les ali- gner, de les espacer, de les recouvrir, etc. Si Pon se contente de semer, il faudra avoi⸗ soin de semer fort clair, parce que les toufſes qu'on doit couper étant sujettes à multiplier extraordinairement leurs chalumeaux, si par 6 28) la suite ils se trouvaient trop pressés, ils se- raient exposés à verser. D'après les observations que nous venons de faire, il est visible qu'il faut fixer l'époque des semailles vers le 10 du mois d'aoùt, quel- que temps qu'il fasse. Si l'année est extrè- mement sèche, il pourra arriver que la se- mence ne levera point, ou qu'elle ne levera qu'en partie, fort lentement et fort inéga- lement. Ce qui doit rassurer dans ce retard, c'est que nous n'avons jamais remarqué qu'il fuͤt sujet à des suites fächeuses, parce que, dès que la sécheresse cesse, ce qui arrive communément vers le commencement de sep- tembre, les germes ne tardent pas à se dé- velopper et à prendre un accroissement 81 rapide, qu'ils sont tous à peu près au même degré de croissance vers la mi-septembre, ou au plus tard vers la fin du méème modis. Art. V. Des moyens de multiplier les chaln- meaux, et par conséquent les épis. Les touffes de blé étant parvenues à la hauteur de six, sept, huit pouces, on les coupera à un pouce de terre. Si les essais se font en petit, on se servira de ciseaux pour cette opération. S'il s'agit d'une culture en ase d0 1- 6( 29) grand, on emploiera la faux; et dans ce dernier cas, on aura grand soin, après avoir semé, d'égaliser le terrain le plus qu'il sera possible, soit au moyen d'une herse con- venable à cet effet, soit au moyen d'un cy- lindre; et cela, afin d'écraser toutes les mottes, et d'enfoncer les plantes de manière que la faux ne puisse rencontrer aucun obstacle. (Voyez la ihéorie de cette manœuvre, dans P' Histoire naturelle du froment, article des semailles). Art. VI. Continuation du méme sujek. On réitérera la coupe des touffes sitét qu'elles seront parvenues à six pouces de hauteur. Dans les années favorables, c'est- à-dire plus humides que sèches, sans cepen- dant Péêtre excessivement, on pourra réitérer la coupe, s'il est nécessaire, jusqu'à trois fois avant TPhiver; mais dans les années seches, tout au plus deux fois. Art. VII. Continuation. A Papproche du printemps, on aura grand soin d'aller visiter la nouvelle plantation. Dès qu'on remarquera que les touffes seront par- venues à la hauteur de six, sept, huit pouces, 30) on les coupera, comme on T'aurait fait dans le courant du mois de septembre précédent, à un pouce ou un pouce et demi de terre. Peu après l'époque dont nous parlons, on pourra sensiblement distinguer jusqu'à quel nombre la multiplication aura été portée; il suffira, pour cet effet, de compter les tiges ou chalameaux dont la touffe sera composée. Si ce nombre est au-dessous de quinze, on coupera les touffes encore une fois, après quoi on laissera tranquillement végéter la petite plantation. On se donnera bien de garde de réitérer trop souvent et indiscrètement les coupes que nous regardons comme essentielles pour la multiplication du blé.(Voyez-en la raison, ainsi que les preuves de tout ce que nous venons d'avancer, pages 74, 75, 76, etc. de l'Histoire naturelle du Froment. Extrait d'une lettre de M. l'abbé Poncelet, au Ré- dacteur de 2a Gazette d'agriculture, commerce, arts et finances, du samedi 5 janvier 1781). En lisant cet extrait, qui a l'air de si bonne foi, et ces magnifiques promesses d'environ quatre mille grains pour un seul grain semé, qui ne croirait que, sur-le-champ, tout le monde se serait mis à planter du froment et à en couper les tuyaux, ne fut-ce que pour éprouver si Poncelet avait dit vrai? Cepe Anglete e eN tace podur mery! thode: Laul J pr agrondd ques 8 1.5 5 eobiséh instrur 1A M n a Sem9 araitss mence dait ds de de octol terregl gil drd deseric M. Socild (31) Cependant, ni en France, ni mème en Angleterre où Pon aime beaucoup tout ce qui est expérience, nous ne trouvons aucune trace de T'effet extraordinaire qu'aurait dũ produire, ce semble, l'histoire vraiment merveilleuse du froment cultivé par la mée- thode de Poncelet. L'auteur a voulu éviter'idée du plagiat. Il prétend n'avoir pas connu les écrivains agronomiques. On y trouve pourtant quel- ques données de son systéme. 1.) Les semailles hatives avaient été pré- conisées deux cents ans avant lui. Dans les instructions que don Joseph Lucatello joignit à sa notice du premier des semoirs, dont on ait eu la connaissance, il avait prescrit de semer beaucoup plus tòôt qu'on ne semait. II avait observé, en 1664, que les terres ense- mencées au mois de septembre, avaient pro- duit de meilleurs grains que celles qui Pavaient été en octobre, et les terres emblavées en octobre, du blé mieux conditionné que les terres semées en novembre; ce qui prouve qu'il est plus avantageux de semer tot que tard.(Art. 10 des Instructions jointes d la deseription du Sembrador). Dans les Mémoires et obserbations de la Société économique de Berne, pour l'année 1764, on trouve un mémoire de Saussure, qui a pour titre: Abantages des semailles hdtinses, et qui est fondé sur des expériences faites depuis 1740 jusqu'en 1768. Plus de vingt ans d'épreuves lui avaient démontré que le temps le plus propre à semer le froment dans les environs de Genève, était ou le commen- cement, ou du moins le milieu du mois d'aoùt. Je dis le froment, car Saussure croyait qu'il ne fallait pas semer sitôt le seigle ni Porge d'hiver. II J'avait éprouvé, Il ne connaissait pas l'épeautre. Long-iemps après, Saussure eut une oc- casion frappante d'insister de nouveau sur Tavancement des semailles, lorsqu'il publia son essai sur les causes des disettes de blé qu'om avait éprouvées dans une grande partie de'Europe, pendant les sept ou huit années qui avaient précédé l'année 1775, et sur les moyens par lesquels on pourrait prévenir, ou diminuer dans la suite ces calamités qui ont trop souvent des retours presque pério- diques. L'importance de cet ouvrage mérite que nous nous y arréètions un moment. C'était un fait qu'on eut voulu en vain se dissimuler pendant les sept ou huit années indiquées par l'auteur de cet écrit, la disette des blés n'avait été que trop générale, elle Höait les Pa) poua qoes nOp n, grain 3 Ge? 6cond de G7 piuig doer wcolb lemp d de: les! Slanti 8018. renul 08 Ies 3sse exci 3N0 der jee (XI me, lles nces ngt 2 le daus en- aOis sure (33) »'était fait sentir indistinctement dans tous les pays de l'Europe. On avait cherché quelle pouvait étre la cause de cette calamité. Quel- ques spéculateurs l'avaient attribuée au mo- nopole, et d'autres s'étaient plus à en faire un grief contre la libre exportation des grains. Saussure, ancien auditeur de justice à Genève, membre honoraire de la Société économique de Berne et de celle des arts de Genève, réfuta l'une et l'autre de ces opinions, et prouva qu'on ne pouvait attri- buer ces disettes de grains qu'aux mauvaises récoltes, et ces mauvaises récoltes, qu'à l'in- tempérie des saisons. Il faut nécessairement, disait-il, une cause générale pour produire des effets d'une aussi grande étendue; mais les intempéries de ces années malheureuses étaient- elles de nature à altérer les mois- sons? N'y a-t-il pas des moyens pour pré- venir, ou au moins pour diminuer ces maux? C'est ce que les physiciens et les agrono- mes n'avaient pas, selon lui, examiné avec assez de soin. L'importance du sujet avait excité l'attention de l'auteur, et après y avoir bien médité, il croyait pouvoir hasar- der des conjectures sur ces questions; con- jectures qui sont appuyées sur sa propre expérience. 6 34) Quand Saussure avait vu que ces mauvaises récoltes avaient commencé immédiatement après'hiver de 1766, cette époque lui avait fait, dit-il, soupçonner tout de suite le mot de l'énigme. L'hiver de cette année et les deux suivans furent très-rigoureux. Quoique les froids n'eussent pas été aussi violens les années suivantes, cependant les récoltes n'en furent pas meilleures, et cela sans doute par Teffet de la dégénération des semences, que trois hivers consécutifs aussi rigoureux ne pou- vaient manquer d'occasionner. Ici l'auteur ex- pose les principes d'après lesquels il congçoit que des froids violens et soutenus peuvent altérer la vertu productive des semences. « On a, dit-il, toujours regardé le chaud et Thumide comme les grands mobiles de la végétation des plantes, et on sent qu'elles doivent croitre d'autant mieux et produire d'autant plus qu'elles végètent plus long- temps avec ces moyens; mais il faut qu'ils soient réunis, ce qui fait que la rigueur de Thiver doit étre comptée pour rien, à cause du défaut de chaleur, et celle de l'été pour peu de chose dans les pays chauds, à cause du défaut de'humidité nécessaire„pour rien méme à l'égard des grains qui y muͤrissent avant le solstice; ce sont donc les saisons tempers ont leit des pla- Aout J la ter 1 du d! de ks depen dilére récolle DhOsess ) M autle 1s Jnit Ce s aeds quej pous müris rete, Jue! tireme que p dorer CeLa- que Prés- 6 35). faises tempérées, l'automne et le printemps, qui ment sont les plus favorables pour l'accroissement b ayait des plantes, et sur-tout pour celui des grains M wi dont les racines superficielles trouvent dans f de la terre si peu de ressources contre les excès 1 Aebr du chaud et du froid; c'est par conséquent les de la durée de ces heureuses saisons que doit wen dépendre la fertilité des différens pays, des* e par différens climats, et l'abondance de leurs Cue récoltes, particulièrement en grains, toutes pou⸗ choses d'ailleurs égales. ſek» Mais on n'a point fait attention à un Soit autre effet extrémement avantageux que pro- 1 ent duit encore cette durée d'accroissement, V 3 c'est qu'elle donne au germe des grains une aud activité, une primeur qui fait que dans e l quelque pays qu'ils soient transportés, ils lles poussent tres-vite d'herbe et de racine, qu'ils ire murissent d'autant plus tôt, si rien ne les ar- 8- rète, et qu'ils produisent à proportion, parce M que c'est par ces organes que les plantes V de tirent les sucs dont elles se nourrissent, et 80 que plus tôt elles en sont pourvues, plus elles ur doivent réussir. 1 u8s.» Les grains qu'on sème en automne ont 1 k cet avantage dans les pays méridionaux, parce que les hivers y sont si doux, qu'ils croissent 4 presque sans interruption depuis les semailles 6 36) jnsqu'à la moisson. Cette vitesse d'accroisse- ment leur est nécessaire, parce qu'ils ont besoin de racines profondes et étendues pour pouvoir pomper dans la profondeur de la terre une humidité salutaire qui puisse les mettre en état de résister aux sécheresses du printemps.» Les blés des pays méridionaux ont telle- ment la propriété de müurir promptement, que si on sème du blé venu d'Espagne, en mars, et méême en mai, dans nos climats, il müurit trèes-bien dans le mèême été. Duhamel du Monceau sema du blé venu d'Espagne, en mars, auprès de Paris, et en fit la moisson dans le même été, et ce blé produisit dix grains pour un. Saussure a répété cette belle expérience pour comparer l'accroisse- ment de ces blés méridionaux à celui des nôtres; il a semé avec des bplés du midi, du blé de son pays, le 15 de mai. Il a vu que les blés du midi ont très-bien muüri dans le mèême été, et que son blé d'hiver n'a poussé qu'un seul épis dans l'au- tomne, et n'a muri qne l'été de l'année suivante; il a même vu quelques grains de ce blé du midi murir au mois d'octobre après avoir été semés le 22 juin. Enfin il eite plusieurs autres observations qui con- courent qaanlit terre d won. Les II est grains Deauco que ce son da 1a 0 NAl, printer pendau longae e pres- best àn lexcel- une w huit en pe pleine certalr menle donne (Jov de S. () sse- courent toutes à prouver encore que la ont quantité et la qualité des productions de la dur terre dépendent de la durée de leur végé- k 1 tation. les Les pays du nord ont aussi leur avantage. de Il est démontré, suivant Pauteur, que les grains qu'on y sème au printemps produisent he beaucoup plus, et acquièrent plus de qualité ent, que ceux qu'on semerait dans la mèême sai- en son dans les pays chauds. il La douceur des étés des pays septentrio- mel naux, qui ne sont qu'une continuation du ne, printemps, fait que les grains y croissent don pendant long-temps et y mürissent tard, et la dix 7 longueur des jours de cette saison prolonge ee encore la végétation, en ce qu'elle n'y est Se- presque point arrètée pendant les nuits; ſes c'est à cette circonstance qu'on doit attribuer da Pexcellente qualité de l'orge de Sibérie, dont une méèême mesure qui peserait à Genève cent len huit ou cent dix livres pleine de froment, L en pèse cent cinquante, à ce qu'on assure, 4 u- pleine de cette orge. C'est donc un principe be certain que la durée de la végétation aug- de* mente la production des grains, et perfec- e tionne leur qualité et celle de leur semence. 1(Nous ignorons ce que c'est que cette orge „. 2r de Sibérie, et nous soupçonnons qu'il s'agit du froment de Pologne, dont il sera ques- tion ci-après, dans un autre chapitre de cet ouvrage). Saussure observe ensuite que les grains d'hiver transportés d'un climat chaud dans un plus froid, y conservent pendant quelque temps cette primeur, cette vitesse d'accrois- sement; et comme ces grains, outre l'avan- tage qu'ils ont déjà de se pourvoir en peu de temps de plus grands organes que les grains indigènes de leur nouveau pays, y trouvent encore des étés plus tardifs, des jours plus longs, et par conséquent une plus longue durée de végétation; ils doivent nécessaire- ment, à terrain égal, y produire davantage. On remarque aussi que les blèés d'hiver d'un pays plus méridional que celui de Pauteur, donnent de plus belles récoltes. Malheureu- sement les grains des pays méridionaux ne conservent pas toujours cette célérité de vé- gétation qu'ils apportent avec eux. Insensi- plement ils deviennent plus tardifs, et moins productifs, soit que le froid resserre leurs pores, soit qu'il diminue la force avec laquelle ils attiraient d'abord les sues nutritifs. Saus- sure assure qu'il est dangereux de semer en automne, dans nos régions tempérées, des Srains aussi délicats que ceux qui viennent da qus (euxk ne Ser dant un pe par! mals soit 8 Not les Pa) malgre mat; je froi les en Ah od Prop Tont röte à Sen 6 SW Gurd latmo non printe ee 810 la a —y y—-—QQ̃ᷓʒʒnᷓnᷓ́ᷓnÿnᷓ́ᷓ ———— ( nes. du quarantième degré de latitude et au-del. cet Ceux qu'on tirera de pays moins éloignés ne seront pas également sujets à périr pen- dins 8 dant l'hiver; la maturité en sera cependant 4 Jans un peu retardée, comme P'auteur l'a éprouvé Gue par rapport aux blés de Provence et d'Italie; . mais cela n'empéche pas que la récolte ne d soit supérieure à celle de nos blés. de Notre savant agronome explique comment* ühs les pays du nord sont si fertiles en grains, ut malgré le désavantage apparent de leur cli- us mat; c'est que leurs blés supportent mieux le le froid que les nètres; que la neige même e. les en garantit et engraisse la terre. Au reste, ge,. si la neige fertilise les terres, ce n'est pas mn qu'elle contienne des sels ou des sucs bien n, propres à les féconder, comme quelques-uns 7.„ont cru; mais cela vient de ce qu'elle ar- 8 rète à la surface de la terre les vapeurs qui 1 s'en élèvent continuellement, et qui sont, 1 di suivant les meilleurs physiciens, la principale 9 source de sa fécondité, et de la chaleur de l'atmosphère, dont elle empéêche la dissipa- tion. A quoi il faut ajouter la beauté du le 8.. printemps de ces pays; la douceur de leur 1 été et la longueur des jours pendant la belle saison ne peuvent que prolonger beaucoup la durée de la végétation de leurs blés, et (40) commel augmenter ainsi leur production, qui es roi 5 4 du frou toujours proportionnée à cetie durée. Paat D'après ces raisons, il semble qu'on devrait 1,„ „ 4. Wal, trouver de l'avantage à tirer des pays sep-: . 5. premie tentrionaux des blés pour nos semailles; ces . 2..—. semen. plés résisteraient mieux au froid de nos 5 ..... 3 40LI hivers qui deviennent si dangereux, mais cet 11 .. nous hà avantage est plus que compensé par lextrème 1 .. servatlc lenteur de leur accroissement. On a bien lis de „ es dl essayé, dit Saussure, de semer chez nous J Son du du blé d'Angleterre; il est vrai que ce blé 3„ es sem produit des épis fort hauts et fort grands; mais il mürit si tard, et dans un temps dun pe souvent si chaud, qu'il lui est impossible dae de se remplir de grain. 4 K C'est donc le froid, et un froid insolite P et d'un degré nouveau pour une plante, qui dann cause la dégénération de ses semences. Or, inen je le demande, ajoute l'auteur, un degré de herbe froid tel que celui que nous avons éprouvé tens dans ces hivers extraordinaires, ne peut-il M pas affecter les blés dans leur propre pays, rence comme dans un pays nouveau et pius sep- eönton 3 tentrional? Si le mal est causé par le froid, e cs n'est-il pas égal que les graines P'aillent cher-. genird cher, ou que le méême froid vienne au-devant font d'elles? Tout le monde convient de J'effet d due produirait le transport de la graine, origi 6(41) comment contesterait-on celui du transport 35 du froid? t V L'auteur, après avoir exposé la cause du . mal, passe aux moyens de le prévenir. Le es premier de ces moyens serait de tirer des 95 semences, après un ou plusieurs hivers ri- t 2 goureux, des pays plus chauds que celui que e nous habitons. Il y a cependant ici une ob- n servation très-essentielle à faire. Comme les s blés du midi sont fort sensibles à l'impres- 1 6 sion du froid, il ne faudrait pas choisir pour les semailles de l'automne des graines venues 9 d'un pays un peu trop méridional; il suffirait V que le canton d'où on se proposera de les tirer fút à une ou deux journées de distance. 1 Elles seraient moins sensibles au froid que d'autres plus méridionales. Ces graines croi- traient cependant plus vite que les nôtres en herbe et en racine, et trouveraient en mème temps un été plus doux et plus tardif, deux avantages, qui, réunis, produiraient une diffé- rence considérable. Ce procédé parait d'ailleurs conforme aux principes de ces jardiniers et de ces fleuristes, qui, quand ils voient dé- générer leurs graines ou leurs oignons, en t font venir de nouveau des mèêmes endroits d'où il les-avaient tirés d'abord. Nos blés, 1 originaires, sans doute, d'un meilleur climat, 6( 42) se sont un peu abaàtardis; on en peut juger par l'extrème lenteur de leur accroissement comparé avec celui des blés méridionaux. On pourrait aussi prévenir, ou du moins, diminuer l'effet d'un hiver rigoureux sur les récoltes présentes et à venir, en semant du blé d'une année précédente et meilleure. Ce blé serait d'autant moins altéré. Enfin, si Jl'on était réduit à semer du blé de la même année, il y aurait un avantage à choisir pour cela le produit de la récolte des champs qui auraient été ensemencés les premiers Pautomne précédent: ce blé aurait moins souffert du froid. «Je remarque, dit Saussure, depuis trente- » einq ans que je sème toujours une partie » de mon blé au mois d'aoùt, que ces se- »„ mailles résistent mieux à l'hiver, donnent » toujours une récolte beaucoup plus belle, » Het enfin de meilleures semences. Je le „ préfère toujours pour semer; le grain en » est plus mur, plus gros, plus transparent, » et tous ceux qui en ont pris chez moi » pour cette destination, s'en sont toujours » extrèmement bien trouvés; je leur ai tou- » jours donné des premiers semés.» Saussure regarde donc l'attention de semer de bonne heure, même au mois d'aodùt, —A comme— lerres esiter, 9 Tawreis à IA Cl d'attel? du Io 1 Nouso Ja duro! dance 6 celle der vnant Semts? trd. 12 pen der racine! fortilt pour §4iSon.,I asses T. de wer; que no dches hemn. avant long mene ek comme très-convenable dans la plupart des terres de son pays; et il attribue, sans hésiter, et après Tavoir bien observé, la pauvreté des moissons du territoire de Genève, à la coutume pernicieuse qui y est établie, d'attendre pour faire les semailles, la fin du mois de septembre. Nous avons vu, ajoute-t-il, que c'est de la durée de la végétation que dépend l'abon- dance des récoltes, la qualité des grains et celle de leurs semences.«Examinons main- tenant ce que peuveut produire nos plés semés à la ſin de septembre et souvent plus tard. Nous voyons d'abord qu'ils ont fort peu de temps pour croitre avant Phiver; les racines particuliérement ne peuvent point se fortiſier et s'éétendre comme il le faudrait, pour garantir les plantes des dangers de cette saison. L'hiver qui vient ensuite est souvent assez rigoureux; notre sol est fort élevé, à deux cents toises au-dessus du niveau de la mer; il est froid à proportion, d'autant plus que nous sommes environnés de hautes mon- tagnes qui se couvrent de neige de bonne heure, et conservent cette neige jusque bien avant dans l'été; cela rend nos hivers fort longs; les printemps, par cette raison, com- mencent tard, et ils sont bientôt terminés par (44) 'effet de la chaleur réfléchie des rochers de ces mèêmes montagnes; en sorte que nous sommes forcés de moissonner de très-bonne heure les fromens, le 10 ou le 12 juillet, année commune. » La durée de l'accroissement de nos blés est ainsi extrémement courte; et il ne faut pas chercher ailleurs la cause de la misère de nos moissons, qui est telle, que nous ne recueil- lons communément que trois grains pour un. Si quelques riches propriétaires recueillent davantage, c'est à force d'engrais; connatt peut'ètre point de pays aussi pauvre. on ne » Suivant ce principe, nous avons, continue Pauteur, un moyen sür et facile d'augmenter nos moissons, c'est d'ajouter, pour remédier au défaut de notre climat, à nos automnes et à nos printemps, toujours trop courts, la plus grande partie de l'été possible. » Nous ne pouvons pas prolonger le prin- temps, l'hiver et l'été en sont les bornes immuables; mais nous pouvons prolonger l'automne pour nos semailles, en les com- mencçant dès le mois d'aoùt.» Saussure suivait, comme on l'a déjà dit, cette méthode depuis plus de trente- cinq ans, et toujours avec un égal succès. Il assure qu'il a comparé, toutes les années, ses blés + Lemés de llus lar trouvé G marco?: heure, llors M jes ren' De Noss des sen präserst jenkaisol rouille. L'aute maladie enT dek's plus d deo excelleic gur là roue! et Il a eeux d. e mott qri edt acines Selon plante rs de nous onne. Uet, s est Ps nos ueil- un. lent ne re. ne ner gier unes (45) semés dans cette saison, avec d'autres semés plus tard, et qu'à terrain égal, il a toujours trouvé que les premiers avaient un avantage marqué sur les autres. En semant de bonne heure, les tiges acquièrent de la force, et alors les épis se soutiennent mieux contre les vents, et ils sont moins sujets à verser. De plus, cette attention de hàter le moment des semailles est encore un moyen sùr pour préserver souvent les blés de la ventare ou ventaison, maladie qu'on appelle en France roulille. L'auteur recherche les causes de cette maladie si fächeuse. II l'avait toujours attri- buée à de mauvaises exhalaisons qui s'élèvent de la terre avant la moisson. Mais il n'est plus question, dit-il, de conjectures depuis la découverte de M. l'abbé Fontana. Cet excellent observateur a vu au microscope, sur la paille des blés venkés, deux sortes de rouille, Pune rougeòtre, Pautre plus noire, et il a découvert qu'elles provenaient toutes deux de très-petites plantes parasites, espèce de mousses, de lichens ou de champignons, qui enfoncent dans T'écorce de la paille leurs racines pointues, et en sucent ainsi la sève. Selon toute apparence, la graine de ces petites plantes murit toujours à peu près dans la ( 45) méme saison; lorsque la chaleur est parvenue à un certain degré, elle s'en détache sans doute alors en forme de poussière impalpable, comme celle des étamines de plusieurs plantes, et, poussée par le vent, elle va s'implanter sur les tiges et sur les feuilles des blés, lorsque dans le mème temps ces tiges se trouvent humides et visqueuses, et aussi très- faciles à percer à cause de leur extréème dé- licatesse. «Il y a, dit l'auteur, un exemple bien marqué de l'exemption de ce fléau, pour les blés avancés en maturité, dans la plaine qui est au-dessous de la ville d'Aix en Sa- voie; cette plaine consiste, partie en terres labourables, ensemencées toutes les années, et partie en prairies arrosées et extrémement bonifiées par les eaux minérales qui découlent avec abondance de cette ville renommée pour les bains. On a remarqué que les blés de cette plaine ventent quand on coupe trop toͤt l'herbe des prés. Sans doute, ces petites graines, absorbées ou arrétées par cette grande herbe tandis qu'elle est sur pied, et poussées par les vents quand elle est enlevée, s'en vont s'attacher à la paille encore tendre des blés, ce qui produit la ventaison, et ne peuvent plus faire le méême effet lorsque la dae et Je Cons dombée 2 merviel undes! des b nuire,) les emp Pour 1s gue jyt Cetait! Voih d. des baigt fauche u9o e8 dd Fran Les maladl lya 2 —— venue Sans ahle, ntes, anten Ué, 5 6 nes- dé- dien our aine —C—ꝭ—ꝭ—ꝭ—ꝭ—C—ꝭ—Q—ꝭ—ꝭ—˖—ꝭ—C—Q—Q—Q—Q—Q—Q—Q—Q—/O·— ( 47) paille et le grain ont acquis un certain degré de consistance, ou que la graine d'herbe est tombée ou dissipée. La police de la ville intervient pour empécher les récoltes préma- turées, et assigne d'avance, suivant l'état des blés, le jour où l'on pourra, sans leur nuire, faucher les prés; on met en un mot les emprises(ou le ban) pour faucher, comme pour les vendanges; ce jour tomba T'année que j'y étais, le lundi deuxième de juillet, c'était en 1770, année extrémement tardive. Voilaà du moins la raison que me donnèrent les baigneurs, de ce qu'on tardait tant à faucher.» La délicatesse des blés tardifs produit encore ces espèces de pourritures qu'on appelle en France nielle ou charbon. Les naturalistes ont toujours cru que ces maladies étaient causées par des insectes, et il y a toute apparence qu'ils ne se trompent pas. L'auteur est persuadé que pour garantir les blés de l'attaque de ces insectes, il faut les semer de très-bonne heure. Ces insectes ne peuvent percer le calice ou P'enveloppe du grain que pendant qu'il est tendre et délicat, comme il a coutume de l'èêtre à la fin d'avril dans les blés tardifs; au lieu qu'ils (48) ne peuvent plus y mordre quand ce mème grain se trouve plus avancé, et par con- séquent plus dur. Il résulte donc de cet écrit 1.° Que rien n'est plus avantageux que de semer les blés d'hiver le plus têt qu'il est possible; 2.) Que c'est des pays du nord qu'il faut tirer les graines qu'on veut semer en mai, et du midi celles qu'on destine aux semailles d'automne. Il en résulterait aussi(ce que pourtant Saussure n'en avait pas conclu) qu'il serait très-avantageux d'accélérer toujours la ger- mination des grains qu'on veut semer, par un chaulage approprié: moyen súr d'allon- ger pour eux, comme il le dit, la saison propre à leur croissance. 2. Quant à l'autre principe de la méèthode de culture suivie par Poncelet, et qui con- siste à retrancher plusieurs fois la fane des blés, Duhamel du Monceau avait eu cette idée; mais il avait été frappé des inconvé- niens qui y paraissent attachés. Il s'en expli- que ainsi dans le tome troisième de son Traité de la eulture des terres, contenant les expériences et réflexions sur la culture des terres, faites pendant l'année 1753. «Il est très-bien prouvé, par qnantité d'expériences, que les feuilles sont infiniment utiles 5—— ,· aclles 3 ment! Nosteu en G quoh aux racine les hr déter nérale far les Ilés G à Ces Maihl M da- Lls feral I uo Geng de dug Ch de b arand dpais jur0 len aème con- rien bes Oue les widi nne. tant rait (49) utiles aux plantes. On sait qu'un retranche- ment total et subit des feuilles fait périr plusieurs plantes, qu'elles souffrent quand on en diminue la quantité, et que les arbres qu'on étète, qu'on taille ou que l'on tond aux ciseaux ou au croissant, poussent moins en racines que les arbres auxquels on conserve les branches et les feuilles. Ces raisons nous déterminent à blâmer une pratique assez gE- néralement suivie, qui consiste à faire paitre par les moutons, ou à couper les feuilles des plés qui sont trop forts. Ceux qui ont recours à ces nioyens, doivent s'apercevoir qu'ils affaiblissent leurs plantes; mais ils estiment sans doute qu'il leur est plus avantageux d'avoir des blés faibles que d'en obtenir de irès-forts, que les pluies et les coups de vents feraient verser avant que le grain ft formé. Il nous paraitrait préférable d'employer moins d'engrais dans les terres fertiles, ou mèême de les épuiser un peu en leur faisant porter du grain tous les ans.(Préface, page ij).* Chateauvieux observe aussi qu'une partie de plé qu'il avait fait faucher comme trop avancée, au mois de novembre, fut la moins épaisse en tuyaux lors de la moisson.(Cal- Iure des terres, tome 4, page 296). Cependant, un fait singulier paraissait I. Partie. 3 (56) avoir indiqué l'effanage des blés comme un préservatif contre le fléau de la rouille; et c'était Chateauvieux lui-même qui avait éprouvé cet effet d'un heureux hasard. II est à remarquer que le blé dont il s'agis- sait avait été aussi planté de très- bonne heure. Le 6 juillet 1753, Chàteauvieux mit en terre cent cinquante-neuf grains de plé. Ils ne commencèrent à lever que le 20. Le 18 du méème mois, il en sema encore cent quatre grains. Ces blés levèrent très-promptement. Dès la fin du mois d'aoüt, le verd foncé des feuilles changea, et la rouille ne tarda pas à paraitre. Le 28 septembre, il retrancha à ſleur de terre toutes les feuilles des plantes, a la moitié desdites plantes. Quelques jours après cette opération, il vit naitre de nou- velles feuilles. Les plantes firent des progrès considérables, et à lentrée de Phiver, elles étaient belles et en pleine vigueur. Apres P'hi- ver, elles tallerent très-bien et produisirent de fort grands épis, dui parurent en ma- zurité. La rouille continua ses ravages sur les plantes dont les feuilles n'avaient pas été retranchées, et elle les fit périr entièrement. Voilà, sécrie à ce sujet Duhamel du Monceau, un remède pour détourner cette maladie, lorsqu p rioten (eit Lsre dot L Pose SAn dan ouyrd Nasarc fautei per le I Naat dans ou trop nouy me d IA ant. au, (5) lorsqu'elle se manifeste en automne, ou au printemps.(Ibidem). Cette expérience faite long-temps avant le Ivre de l'abbé Poncelet, semble avoir prévenu tout ce qu'il dit de sa méthode. Le seul auteur d'agronomie qui ait pro- posé de nouveau cette culture singuliere, sans pourtant citer Poncelet, c'est Mallet, dans les Elémens d'agriculture à la flamande, ouvrage assez mal rédigé, et plein de choses hasardées. Mallet s'y donne hardiment pour Tauteur d'un moyen de cultiver les blés par le reflux de la seve. Il commence par dire que le progrès des plautes dépend entièrement de leurs racines dans la terre. Celles qui ne prospèrent pas, ou qui végètent lentement, ont des racines trop chétives. Il part de la pour établir sa nouvelle manière d'obtenir de beau blé„ mé- me dans les sols médiocres; et voici comme il faut s'y prendre. «Etant parvenu au mois d'aoòt, après telle » récolte que ce soit, peu importe, il faut „» labourer la terre sans perdre de temps, et » y enterrer en mèême temps la quantité de » fumier nécessaire, fumier qui ne soit pas » récent, parce qu'il ferait tout périr par „ son feu, d'autant plus que le mois d'aout — —— — : — ‿ 6( 32) est ordinairement très-chaud, ainsi que le mois de septembre. Deux labours suffisent en pareil cas. On doit mèême les donner successivement, sans abandonner le travail, qu'ils ne soient entièrement finis. » Ce labour étant achevé, il faut semer son blé et le herser en la manieère ac- coutumée; ensuite il faut y faire passer le gros rouleau, et rendre le champ aussi uni et aussi ferme qu'un champ de lin. » Parvenu au premier novembre, ce blé aura acquis une certaine hauteur. Pour lors, il faut le faire faucher comme si -'était de'herbe. Si elle vaut la peine de la ramasser, c'est un grand régal que l'on donnera aux vaches. Si elle n'était pas absolument touffue, il faut la laisser pour servir d'engrais. „» PLon ne saurait croire combien ce pro- cédé occasionne un reflux avantageux dans la sève des plantes, et combien les blés, par leurs racines et leurs tiges, prennent de force et de vigueur. On s'en aperçoit à la récolte. Quatre pouces de bonne terre suffisent pour cette culture.» Mallet assure qu'il en avait fait publi- quement épreuve avant de publier son livre. Cependant, on peut voir, par les termes dont 1l 8 b parfiit Mal posi- semd con/ qu'on que Cu'au un pi de Ph delles consol Schel aura- Chac qui pour sain-I Or moy que hlés, Ulaux que en! heu rẽcc ( 45) il se sert, qu'il ne faisait que copier très-im- parfaitement le procédé de Poncelet. Mallet allait beaucoup plus loin. II pro- posait de cultiver des blés dans des terres semblables, de la même manière, pour les convertir en fourrages. En ce cas, il voulait qu'on labourât au mois de mars une terre que l'on semerait avec des blés d'automne; qu'au mois de mai, si le froment atteignait un pied de hauteur, on le fauchât comme de l'herbe des prairies naturelles ou artiſi- cielles, à mesure que le bétail pourrait le consommer. II assurait qu'aà moins d'extrèmes sécheresses, dans l'espace d'un seul été, l'on aurait quatre coupes de ce froment-fourrage chacune d'un pied de hauteur. qu'il ne fallait que dix livres de ce fourrage pour équivaloir à vingt livres de luzerne, sain-foin ou trèfle. On ne saisit bien, dans le temps, des moyens proposés par Poncelet et par Mallet, que cette idée de retrancher le fanage des blés, pour le faire servir à affourer les bes- tiaux; on était séduit par l'espoir du gain que promettait cette pratique singulière; en fut bientèt dégouté par les résultats mal- heureux qu'elle donna presque partout. Les récoltes farent chéliyes; il est vrai qu'on —— 6 54) avait mal suivi les préceptes de'abbé Pon- celet; bien loin de planter de bonne heure les fromens qui devaient étre coupés en herbes, bien loin de prévenir le moment décisif ou les tuyaux sont prèêts à donner leurs épis, on fauchait indiscrètement des bplés semés trop tard, ou des épis naissans. Ainsi, Pavi- dité se trompait elle-mème. Au surplus, nous aurons occasion de reparler de cet objet intéressant, lorsque nous nous occuperons particulièrement du seigle. C'est de tous les gramen celui qui donne le fourrage le plus précoce et le meilleur. Il mérite la préférence pour le couper en verd, et former ce qu'on peut appeler justement une prairie momen- tanée. Cette dernière circonstance sur le choix qu'on doit faire entre le froment et le seigle, pour un emploi déterminé, nous conduit naturellement à la question générale de Pexa- men de la valeur des diverses espèces de plantes graminées, qu'on a nommées par ex- cellence les plantes céréales, et que les anciens avaient regardées en effet comme des présens de Cérès pour la nourriture des hommes. Cette famille végétale, qui comprend les blés, et les orges, et les seigles, et les avoines, (saus compter les riz, les mais et les cannes a Sucl yricie malne donc WMis et( prop, bat de la plants Dan aogm auled excl Wan K va que est! char du mei 6 55) à sucre), cette famille végétale est bien précieuse, sans doute, pour la famille hu- maine. Le choix des meilleures espèces sera donc le sujet de l'un des chapitres suivans; mais je dois suivre le détail des méthodes et des moyens que l'on a récemment ou proposés, ou essayés, afin de parvenir au but de cet ouvrage. Je vais parler d'abord de la plantation, ou, si l'on aime mieux, du plantage du blé. Dans les divers essais que l'on a faits pour augmenter le produit du froment, chaque auteur a suivi une indication particulière et exclusive. 1. Feu M. Cossigny voulait qu'on transplantàât le blé. 2.° Poncelet exigeait qu'on le coupât en herbe. 3.“ Le chapitre suivant va développer le systéme de ceux qui veulent qu'on le plante. 4. Une quatrième manière est l'objet du chapitre XIII. C'est en rappro- chant ces méthodes, en les combinant toutes, qu'on pourra se flatter de trouver enfin la meilleure. 6 25 ——-———-———————— CHAPITRE XII. Maéthode de planter le blé, nommée par les Anglais plantage. Cette méthode, proposée d'abord par des Lrangçais, préconisée en Angleterre, décrite par M. Marshall, ese rapportée en France par M. de Liancourt. Essais intéressans de M. Fougeron-du- Fayot. Dernièore opinion de M. de Lian- Count. Laorsor j'étais au Ministère, je consultai plusieurs agriculteurs connus, et qui étaient alors correspondans du gouvernement pour 'économie rurale, sur les meilleurs moyens de former un systéme de culture en faveur des plus petits propriétaires. Je voulais com- poser la Maison rustique du pauvre, et j'avais 1n réuni des matériaux précieux, qui m'étaient fournis à lenvi par MM. de Chancey, Du- mont de Courset, de Servan(l'ancien avocat général de Grenoble), Geoffroy l'ainé, des Landes, Dralet, du Gers, etc. M. 5 mier wius Ja 1 1. resd Oou de cé' ct culs Is= pelits M ⁴ reget Verls de Ne ſier gelal Solt ( 5z 5 M. Dralet m'écrivait dAuch, que le pre- mier moyen de l'agriculture des petits pro- . priétaires, paraissait devoir consister dans la plantation du blé. Il résultait de ses essais: 1. Que l'éépargne de la semence couvrait Les presque l'excédant des frais de culture. 2.0 bos6e Qu'un terrain planté produisait plus du double e en de celui de mème nature qui aurait été semé „ s, et cultivé à T'ordinaire. durt. Il s'occupait ensuite de la bonification des du- petits fonds. an- Il appelait petits fonds ceux dont la terre végétale, quelle que soit sa nature, n'a qu'une très-légère épaisseur. La meilleure manière de les améliorer était, selon lui, d'en sacri- sultai fier une partie en lai enlevant sa croòte vé- tient gétale, pour en enrichir la partie voisine. our el Soit la planche de terre A, B, C, D. jeur A B om- JeI24232, 29.,OJenedo9h.=-Aesoresbedosee rals 4 ent 4. dcat d C D des Il faut enlever avec la bêche la terre vé- gétale qui se trouve entre les lignes pleines * ( 33) et les lignes ponctuées de cette figure, et la les 1 jeter dans l'intérieur de la planche, qui ac- hartie, 3 quiert ainsi une épaisseur à peu près double. eu de celle qu'elle avait auparavant. deve Ce terrage, ne demandant aucun frais de E’ transport, ne revient guère qu'à un ou deux calion centimes par meètre. I Les avantages qui en résultent, sont la mactet diminution des semences, celle des fumiers, sahlor — des frais de culture et de récolte, qui se Lesi trouvent réduits à moitié, tandis que les abow produits sont bien plus abondans sur la por- des reè- tion de terre améliorée, qu'ils ne l'étaient Dal sur la planche entière dans son ancien état. 4 Maln M. Dralet employait depuis long-temps Vaxich dans une vigne ce moyen d'amélioration. ce ⁰ M. Lecarlier-Trolly venait de le mettre en 84g 3 usage dans les terres labourables d'un domaine Oos qu'il cultivait dans le département de PAisne, un 8 et il lui avait très-bien réussi. II appelait Neit cela doubler la terre de deux sillons aux seraih dépens de deux autres. On l'avait d'abord lrop, 7 critiqué; mais ses terres, ainsi travaillées, Motri. rapportant trois fois plus que les terres voi-. N. sines de mèême nature, le produit avait fait V gleS tomber la critique. C'est sur-tout dans les terres froides que ceite opération présente, suivant M. Dralet, ( 59) les résultats les plus heureux, puisque la partie améliorée s'élève et s'échauffe consé- quemment, tandis que les parties dépouillées, devenues plus basses, servent d'aquéducs. Enfin, M. Dralet songeait à la multipli- cation des récoltes. Il faut distinguer ici les terres fortes, com- pactes, argileuses, des terres légères, douces, sablonneuses. Les premières, ayant besoin de fréquens labours, ne sont pas susceptibles de donner des récoltes aussi multipliées que les secondes. Dans le département du Gers, d'où M. Dralet m'écrivait, les petits propriétaires travaillent les terres fortes à la bèéche; c'est ce qu'ils appellent pelverser. Un seul pelver- sage ameublit mieux la terre que trois labours. Quant aux terres légères et de bonne qualité, un seul labour leur suffit avant la semence. Il en est mème auxquelles un second labour serait pernicieux, en ce qu'il les diviserait trop, et occasionnerait l'évaporation des sucs nutritifs. Telles sont les terres de la plaine de Sen- gresse, département des Landes. Voici quelle avait été la succession des récoltes dans les années V, VI et VII, sur un domaine de M. Geoffroy, situé dans cette plaine. 1 SEMAILILES. ESPECES. RECOLTES. Vendémiaire an 5. Trèfle, Farouche, ou Lin. Prairial an 5. Prairial et Floréal. Mais. Brumaire an 6. Fructidor. Navets sur le mais effeuillé, mais encore en épis. Frimaire. Frimaire an 6. Petit Froment, ou Seigle. Messidor. Thermidor. Millet et Panis. Brumaire an 7. Germinal an 7. Orge, ou Froment d'été. Messidor an 8. = —L BB—— .& 3223— 2 8 S„— vIIA 20 IA. uun sel sucp sonlooaa seb olssooons el u9 afeae ollenb 1010A ) 8 — —æ G61 On voit qu'à compter du mois de ven- démiaire an V, jusqu'en messidor an VIII, c'est-à-dire dans l'espace de 30 mois, M. Geoffroy avait fait six récoltes sur le mèême terrain. Il est inutile de dire que pour obtenir d'aussi fréquentes récoltes, il faut employer beau- coup d'engrais. Je n'entrerai point ici dans le détail des assolemens que MM. Chancey et Dumont de Courset m'avaient également proposés en faveur des petits propriétaires. On peut voir, dans la Feuille du cultivateur(tomae VIII, page 289), le projet d'un plan de culture d'une propriété de quatre hectares, sise dans un fonds propre au froment, et dans le climat de Lyon, par M. Chancey; et dans un des derniers numéros des Annales de l'a- griculture française, par M. Tessier, le plan que M. Dumont de Courset m'avait adressé, pour établir avec profit la culture alterna- tive et un assolement régulier et avantageux, sur une propriété d'un petit nombre d'ar- pens.(Annal. tom. XXXVII, p. 80). En lisant ces réponses si conformes à mes projets en faveur des petits fermiers, je fus sur-tout frappé de ce que m'avait dit, comme en passant, M. Dralet, sur la plantation du (62) blé. J'ai suivi avec intérèt tout ce qui se rap- porte à cette idée intéressante, jusqu'à présent mal essayée ou trop légèrement jugée. Je puis offrir une série plus exacte et plus sùre des tentatives et des vues qui ont rapport à cet objet. C'est celui du présent chapitre. Pour en mieux suivre le détail et ne pas retomber dans cette manie trop commune d'aller reprendre en Angleterre les inductions primitives de nos agriculteurs français, je ne trouve rien de si simple que de disposer mes recherches dans un ordre chronologique. On verra mieux, par ce moyen, quelle a pu èêtre Torigine de la plantation du blé; quelle a été la marche des agriculteurs sur ce point, et à qui doit rester Phonneur d'avoir ou mieux senl le mérite de la méthode, ou de l'avoir exécutée avee plus de constance, d'intelli- gence et de succès. A cet égard, comme à tant d'autres, les documens sont dispersés dans un grand nombre de volumes, que nos simples cultivateurs ne peuvent ni avoir, ni lire, ni extraire. Je crois donc leur rendre service, en leur remettant sous les yeux ce qui a été fait et ce qu'ils ne pourraient con- naitre avec autant d'exactitude sans les détails minutieux, mais aussi complets que possible, que je vais leur communiquer. — 8i1 que j eKis ele., talio rome Less des n espere Pon les ex grain Oa Tadh rap- sent puis e des à cet bas nune lions ne mes On etre ei „ ed nieux roir Nli- ne à erdes n08 rni dre Kce von- tails he, Si Pon a lu avec un peu d'attention ce que j'ai rapporté dans le premier volume, des essais différens de Duhamel, de Chateauvieux, etc., on verra, ce me semble, que la plan- tation du blé était dès-lors connue et singuliè- rement pratiquée par ces agriculteurs illustres. Les semoirs qu'ils imaginaient, n'étaient que des moyens plus simples(à ce qu'ils avaient espéré) d'exécuter en grand cette plantation. Poncelet, dont j'ai tout à Pheure indiqué les expériences, plantait le froment, grain à grain, d'une manière plus précise. On avait oublié PHistoire du froment, par Pabbé Poncelet, lorsqu'en 1778, la Bibliothè- que physico- économique annonça comme une chose neuve, une manière de semer les grains dans certains cantons. C'est dans une lettre datée de Berne que se trouve cette manière de semer le froment et'épeautre. Lauteur anonyme de cette méthode dit qu'il croit devoir en indiquer la pratique, parce qu'elle peut être utile aux pauvres gens qui n'ont qu'une petite étendue de terrain à ensemencer. II croit qu'elle ne conviendrait pas, en général, aux propriétaires de grands domaines, dout toutes fois il assure en avoir vu quelques-uns la pratiquer avec succès. 6 64) «On prépare le terrain de la manidère or- dinaire; mais on a soin d'en casser les mottes, pour le rendre aussi uni qu'il est possible. Il est inutile d'observer que plus le terrain sera amendé, plus la récolte sera abondante. » On chaule ensuite le grain en le lavant dans de Peau, et le saupoudrant avec de la chaux; puis on se procure une espèce de rateau, dont le manche a quatre pieds de longueur, et la traverse trente-deux pouces: celle-ci est garnie de cing denis de bois dur, placées à huit pouces de distance, et longues de trois pouces. „ Un homme prend ce rateau; et se plaçant à une des extrémités du champ, il enfonce dans la terre les cinq dents de son rateau, qui y forment autant de trous; puis il le plante huit pouces plus loin sur la même ligne, jusqu'à ce qu'il soit parvenu à T'autre extrémité du champ, où il recommence une seconde ligne parallèle à la première, à huit pouces de distance, et ainsi de suite. A mesure que cet homme a formè ces trous, un enfant suffit pour placer, dans chacun, un ou deux grains de froment ou d'épeautre, et il les renferme. Par ce moyen, tous les grains de la semence se trouvent, comme on le voit, placés à huit pouces les uns des autres. 2 La- sieuis gr'ele pour reror d'ap 5( que! que On parg dans faüill ge pro Le dcon mar quel ainsi pelait Fr Socid Waut cele Paxoi M de( d'ag 6 65) L'auteur anonyme assure qu'il avait plu- sieurs fois employé cette méthode, et le moins qu'elle lui eùt produit, avait été trente-deux pour un. IIl avait remarqué que douze quar- terons d'épeautre, avec la bourre, venue d'après les procédés qu'il indiquait, rendaient six quarterons, quand on la nétoyait, au lieu que la meilleure n'en donnait ordinairement que einq. On devait sentir, selon lui, combien cette épargne de semence devait être avantageuse dans les temps de disette, puisqu'une pauvre famille pourrait, avec un seul quarteron, se procurer quatre sacs. Le rédacteur de la Bibliothèque physico- économique observait, par un nota, que cette manière de semer n'était point nouvelle. A quelques lieues de Paris, il avait vu semer ainsi l'avoine avec avantage, et cela s'y ap- pelait la planter. En effet, on lit dans des Mémoires de la Société royale d'agriculture de Paris(trimestre d'automne 1786), un article très-positif sur cette manière, déjà ancienne alors, de planter Pavoine. M. Duvivier, membre des Comices agricoles de Compiègne, avait adressé à la Société royale d'agriculture, un Mémoire sur les différentes manières de cultiver l'avoine. Après avoir détaillé les différentes méthodes suivies gé- néralement dans la culture de ce grain M. Duvivier l'avoine, en la plantant. Cette méthode est Pratiquée dans quelques cantons de l'élection de Compiègne, et les cultivateurs J'ont regar- dée souvent comme très-avantageuse.«Des fermiers Anglais, disait M. Duvivier employé avec succès, depuis quelques années, le mème procédé pour le froment; le résultat de leurs essais a été qu'il ont obtenu du grain plus net, des pailles plus égales, et qu'ils ont épargné une plus grande quantité de » Pour planter Pavoine Duvivier, il faut, comme pour les autres manières de cultiver, donner deux labours: le premier doit se faire avant l'hiver; les uns le donnent profond, les autres léger, ce qu'on appelle binoter: le premier convient à des terres clôturées; le second à des terres légères ou sablonneuses; on herse ce premier labour; au temps de planter, on donne un second labour d'une moyenne profondeur dans la terre où le premier a été profond, —,—— et un labour profond dans celle où le premier „6( ſe ce talon Chac le u rang chacl tout rang teurs de ter gent, qui jach sojet qoe avoir gé- ain, luver de est Leclion egar- (Des ont es, ultat grain lu'ib de K N. autres durs: les ger, Wjent erres mier un deur ond, emier ( 67) » On fait, en marchant entre chaque raie de ce second labour, de petits trous avec le talon, à trois pouces environ de distance. Chaque planteur ou planteuse(car c'est plutòt le travail des femmes) fait, en allant, deux rangs de trous, et en revenant, il met dans chacun, quatre, cinq ou six grains d'avoine tout au plus; il fait ensuite deux autres rangs, et ainsi de suite; deux ou trois plan- teurs suffisent pour suivre la charrue. La pièce de terre plantée, on herse légèrement d'une dent, de manière à effacer seulement les trous: ce qui est suffisant pour couvrir l'avoine. » Lorque l'avoine est bien levée et verte, on la tierce avec des tercets très-étroits et faits expres. Ce travail se fait ordinairement à prix fait.» M. Duvivier croyait que cette manière de cultiver l'avoine convient particulièrement dans des terrains bas et humides, dans ceux qui sont creux et qu'on ne laisse point en jachère; ces différentes espèces de terre étant sujettes à pousser de mauvaises herbes, comme queneyettes, baume de chat, sanves, etc. «Quand on ne veut pas planter avec le talon, on met à l'oreille de la charrue une petite cheville d'un pouce et demi ou deux pouces de long: cette cheville forme en (68) labourant un petit chevet contre le rayon voisin; le planteur qui suit la charrue, met le grain dans cette raie, et la charrue le couvre à son retour; mais les touffes q'avoine sont moins également espacées de cette manière qu'au talon.» M. Duvivier ne dit pas d'où était venu, vers Compiègne, l'usage de planter l'avoine. Mais on ne peut douter que ce n'ait été une suite des principes de Duhamel, et des ex- périences que l'on fit, dans le temps, de sa méthode de culture. Cette mêéthode se trouva plus favorable pour l'avoine, par la raison que ce grain veut éêtre semé clair. Ce mèême grain semé trop dru, sur-tout dans les terres grasses, ne donne presque que de la paille. II y aurait cependant de Pinconvénient à semer trop clair, sur-tout en automne. Miller veut qu'on sème le sep- tiéeme du produit; mais cela diminuerait le produit d'année en année. D'après les vues de Duhamel, le syndic de Genève, P'illustre Châteauvieux, sema de Tavoine d'hiver à trois pouces de distance d'un grain à'autre. Deux planches d'environ vingt-six toises de longueur sur six pieds et demi de largeur, consommèrent quatre onces de graine. L'hiver endommagea beaucoup ces plane gie use voufe do be sorie rabl- lerre. epis ((ul En huit p aec les fer Jai qu seme 1 ayon grain epog. quer neun ni al k à K cult tilu rayon met duyre sont Mlere enu, oine. une ExX- le Sa Duva ison tout 8Gne aut de lout ep- le adie de nce uron s et A 2 69) plantes. Le peu qui en resta fournit prodi- gieusement. Chaque plante formait une grosse touffe de soixante, quatre-vingt tuyaux; plus du tiers en avait environ cent cinquante; en sorte que malgré leur éloignement considé- rable, en juin et juillet, elles couvraient la terre. Toutes ces plantes eurent de trèslongs épis remplis de grains dans leur entier. (Culture des terres, tomes 2 et 3). En 1753, Diancourt ayant semé en avoine huit perches de terre, par rangées doubles, avec des plates-bandes de six pieds de large, les fermiers les plus entéètés avouèrent qu'il y avait plus de grain dans une seule planche qu'il n'y en aurait eu dans les huit perches semées à Pordinaire.(Ibid. tome 3). Tels sont les premiers apergus que nous ayons sur la méthode de la plantation des grains. On y revint encore dans la terrible époque de notre révolution; mais on va voir qu'en proposant cette idée comme une idée neuve, on n'en faisait honneur ni aux Suisses, ni aux Français, ni sur-tout aux Anglais. En 1793, M. Adorne, physicien, demeurant à Strasbourg, fit insérer dans la Feuille du cultivateur, du 14 septembre, un article in- titulé: Méthode à employer pour obtenir, par la plantation, la multiplication la plus abondante des grains de toute espèce, mais particulièrement si on en fait l'application au froment, au seigle et à l'orge. Je transcrirai le texte mèême de l'avis de M. Adorne. « On prévient Pagriculteur qui sera disposé à faire un essai de cette méthode, d'apporter la plus grande attention à la culture de deux ou trois arpens qui y seront destinés, et sur- tout à n'y point épargner l'engrais. „ Il reste à faire connaitre le procédé à suivre pour s'assurer de la bonne qualité des grains de semence qui seront employés, la préparation qu'ils exigent et la manieère de diriger la plantation. „ Première opération. Pour parvenir à dis- tinguer le grain le plus convenable pour la semence, et le purger de tous accessoires inutiles ou nuisibles, on le jetera dans un cuvier rempli d'eau ouù il séjournera pendant une demi-heure. Le grain de mauvaise qualité qui surnagera, sera enlevé avec une écumoire; on fera ensuite écouler l'eau, et on retirera du cuvier le grain pur qu'on laissera sécher à l'air. » Seconde opération. Il s'agit ici d'une pré- paration qui est relative aux grains, et qu'on fera d'avance, ainsi qu'il suit: — —f„ ( 21) mais» On prendra trois livres, poids de mare, n au de chaux vive, qu'on éteindra dans un vase avec quatre pois ou huit pintes d'eau. On s Ä4„ se bornera, pendant les trois premiers jours, b à remuer cette infusion, trois ou quatre fois ospos3 par jour, avec un paàton. Le quatrième on orter versera l'eau dans un autre vase; on y mélera deux cinq onces de nitre ordinaire, ou salpètre, Sur- avec une livre et un quart de fente de pigeon pilée. On laissera le tout en infusion pendant à trois autres jours, en le remuant avec un des bâton ou une spatule, quatre ou cinq fois , par jour. Ensuite on le passera par un tamis de ou gros linge, et on gardera avec soin le liquide résultant de cette infusion. 9 dis. 4„ Troisiéème opération. A cinq heures du ur k matin, on mettra dans cette préparation le oires grain de semence; il y séjournera jusqu'à un huit ou neuf heures du soir, temps auquel jant on l'en retirera pour l'étendre sur un drap. ai» Le lendemain matin, à cinq heures, il 3 vire, sera reporté dans la même préparation ou era saumure, ouù il restera jusqu'au soir. Alors her on l'en retirera, et on aura soin qu'il ne séèche ou qu'il ne s'échauffe point. pri- 5„ Quatriéme opération. La semence sera Don plantée dans la terre, à ce bien préparée, Srain par grain, à trois pouces de profondeur, (u) et neuf pouces de distance les uns des autres, en se servant, pour déterminer exactement les espaces, d'un baàton pointu, ou plantoir, qui aura neuf pouces de long, et à trois pouces de la pointe duquel sera fixée une cheville qui empèchera qu'on ne l'enfonce en terre plus profondément que de trois pouces. On aura la plus grande attention à ne meittre dans chaque trou qu'un seul grain, et de le couvrir de terre. » On observe qu'en employant des plan- toirs qui auront les dimensions ci- dessus, quatre personnes pourront aisément planter un arpent de terre par jour. Au surplus, on ne peut trop recommander de sarcler le champ et le préserver de toutes mauvaises herbes. » Si Pexécution de ce plan présente quel- que peu de dépense, de soins ou de travail, plus que la vieille routine, on peut assurer qu'on en sera très-amplement dédommagé, d'abord par l'économie des trois quarts de semence que l'on emploie ordinairement, mais encore par la meilleure qualité des grains qu'on recueillera, et enfin par un produit qu'on peut évaluer au delà de trois ou quatre récoltes ordinaires. „ On invite sur-tout les cultivateurs patriotes 1 3 (e Ohbder Il seM de lon wau nou que rente ajou com Par que pér tres, ment tolr, tois nier „on r le Lalses quel- Fail, urer ains dduit aalfe joles à à faire usage d'une méthode que Fintérèt particulier sollicite et que réclament Pavan- tage de la société en général et le bien me- me de l'humanité.» Les rédacteurs de la Feuille du cultivateur disaient qu'ils s'étaient empressés de seconder, autant qu'il était en eux, par la publication de cet article, les vues de l'excellent patriote qui le leur avait adressé, et de l'estimable physicien auquel ils croyaient que cette mé- thode était due. Cependant, les rédacteurs faisaient quelques observations. Il leur semblait naturel de penser qu'un seul grain dans chaque trou et à 1 de neuf pouces 3 a distance serait trop peu pour les terres médiocres, et les exposerait à des in- convéniens qu'ils indiquaient. Cependant si Pon retranchait les terres médiocres, nous n'aurions peut-ètre pas la moitié du blé que nous avons en France. II aurait donc fallu due cette expérience edut éte faite sur diffé- rentes terres à blé. II serait* souhaiter, ajoutaient les rédacteurs, qu'on en fit de comparatives sur cet objet. Celui qui voudrait, par amour du bien public, consacrer quel- dues arpens de différentes terres à ces ex- Périences, rendrait un service essentiel 47. DPartie. ——y— C A.) quelqu'en fut le résultat. Dans un bon fonds, il semerait un arpent selon la méthode or- dinaire, en semant clair, c'est-à-dire, six à sept boisseaux par arpent, et un autre, grain à grain, et en espacçant de neuf pouces, selon la méthode du cit. Adorne, en faisant atten- tion de préparer également le blé destiné aux deux semences. Dans un terrain plus léger, ou médiocre, il prendrait trois arpens; Pun serait semé selon la méthode ordinaire, Pautre selon celle du cit. Adorne, et en es- paçant de neuf pouces, et le troisième selon la mème méthode, en diminuant l'espace de moitié ou des deux tiers. C'est par des expé- riences de cette nature, comparées entr'elles, et faites sous les yeux d'une commune, quée les cultivateurs pourraient se convaincre: Pinstruction écrite est bonne et très-recom- mandable, mais pour un petit nombre, et c'est ce petit nombre d'hommes éclairés qui doit donner la legon de P'exemple. Les rédacteurs croyaient aussi que le plan- toir du cit. Adorne peut être perfectionné. Il n'a que neuf pouces de haut, et cette longueur est utile pour déterminer celle des espaces: mais indépendamment de la posture courbée et fatigante à laquelle il contraint celui qui s'en sert, à cause de son peu de O dui plan- uné. reue des store traint eu de 7 „ 73) longueur, il nous semble que le double usage auquel on l'emploie, rend l'opération plus lente. Les rédacteurs auraient voulu que ce plantoir fut à la hauteur de la main d'un homme debout, telle à peu près que celle de la houe américaine, et qu'on fit servir à espacer, la cheville qui est à trois pouces du bout inférieur du plantoir, afin de l'empéècher d'enfoncer plus avant. Rien ne serait plus aisé; il suffirait de donuer à cette cheville horizontale la longueur de neuf pouces, et que son extrémité, recourbée à cette distance, marquàt le point où il faut enfoncer le plan- toir après le trou qu'on fait. Pour rendre cette cheville plus solide et plus commode, on pourrait la fabriquer en fer. Celui qui ferait les trous, pourrait, par ce moyen, aller beau- coup plus vite et sans se fatiguer. II serait aient un grain dans chaque trou, et le recouvriraient de terre. suivi d'enfans ou de femmes qui mettr La Feuille du cultivateur renferme quelques es nôotes bi 1 ſf autres notes, ou Objéctions, ou répliques, con- cernant la méthode proposée par M. Adorne. II paratt que la chose ou ne fut pas exéc ,. du on n'en tint pas compte dans ces affreux du régime de la terreur, qui para- 7821 22*. 7 1 lysait tout ce qu'elle ne détruisait pas. utée, ou momens 6 768) Cependant les Anglais mettaient, en 1796, le plantage du blé au nombre des perfection- nemens de T'agriculture introduits dans le royaume( d'Angleterre) depuis cinquante ans-. M. Wimpey, auteur d'un traité sur cette matière, entend par perfectionnement, toute disposition dans la culture, qui augmente la des produits de la terre dans une pro- que les frais nécessaires en d'autres valeur portion plus forte pour cet accroissement: ou, ‚les perfectionnemens de P'agriculture sont des movens nouveaux de donner des termes profits nets plus considérables. Ces moyens, selon lui, peuvent se rap- porter aux chefs suivans: 1.° Le labourage. 2.° Linvention d'instrumens nouveaux, ou la meilleure exécution des anciens. 3.“ La distribution exacte d'une quantité convenable de semence. 4.0 Lapplication des plantes aux terrains qui leur sont propres. 5.° Les assolemens. 6.° Les engrais naturels et artificiels. 7. Lintroduction de nouveaux objeis de gulture. 8.° Péducation et l'engrais des bestiaux, 4 94 au moyen de ces nouvelles productions. 5, OU Al8 6 w,) La distribution exacte d'une quantité con- — venable de semence, est, comme on le voit, le troisième article discuté par M. Wimpey. «L'épargne qu'on obtient sur la semence dans la pratique moderne, est très-considé- rable. L'expérience a prouvé qu'environ un tiers de la graine qu'on employait autrefois à semer, et qu'on emploie encore dans quel- ques endroits, suffit pleinement. En général, cette petite quantité donne plus que ne fait une quantité plus considérable. Dans l'ancien- ne agriculture, en semant à la volée, on met ordinairement de deux à trois bushels (de cent vingt à cent soixante livres, ou de soixante à quatre-vingt kilogrammes) de froment par acre(de quarante ares), et lors- qu'on sème au semoir, ou qu'on plante, à l'imitation de la pratique de l'Orient, la quantité de trois à cinq pecks est suffisante. Il ya donc une épargne d'un bushel et demi (de quarante-cinq kilogrammes, ou quatre- vingt-dix livres) par acre(par quarante ares); et si la nouvelle méthode était généralement adoptée, il en résulterait, je pense, un dixième ou un douzième de plus sur la quantité totale du froment recueilli annuellement. » C'est un objet aussi intéressant pour les individus, que sous le point de vue politique; (8) Ml y aurait un véritable patriotisme à s'oc- euper fortement des moyens de propager cet usage.» Comment cette pratique a-t-elle commencé? comment s'est-elle accréditée dans les parties de PAngleterre ou elle est le plus en usage? Cest ce qu'aucun auteur n'a mieux dit que M. Marshall, dans sa description de PAgri- culture du comté de Norfolck. Nous emprun- terons son récit. M. Guillaume Barnard, de Bradſfield, qui est né et qui a résidé, il y a trois ans, au Grand-Ellingham près d'Attleboroug, ra- conte ainsi Porigine de l'usage de planter le froment, et la manière dont cela s'opère. » Depuis un temps immémorial, il est d'usage de planter les pois dans cette partie du Norfolckshire; mais cette pratique ne s'est étendue au froment que depuis dix-huit ou vingt ans, et il m'y en a guère que dix qu'elle est devenue générale. » La pratique de planter le froment a probablement été introduite de cette manière. Il y avait à Deepham, paroisse qui touche celle d'Ellingham, un ouvrier nommé Jacques Stone, qui était connu dans tout le voisinage pour un excellent houeur, planteur de pois, et qui cultivait pour lui-même quelques acres qui trol ( ore hov un lu lide pou proc ) parla wog son t en W 81 reg mal T ee fai vovu Teco qui, porte cette térit ) extra la m voe- cet nee? müies zage? gue grb Heun- uns, mra- lr le 02. A Nartie g esk I ou zelle Oll d gere. uche 1 us 9 nage 50iS, ( 79 qu'il tenait à bail avec sa chaumidère. II avait trois enfans aussi exercés à placer la semence (droping) que leur père l'était à manier la houe pour faire les trous; comme il avait un acre ou deux de trèfle, qui devait, suivant l'usage, étre suivi par du froment, il concut l'idée de le semer à la houe; probablement pour tirer ses enfans de la paresse et leur procurer leur nourriture. „» Avant d'exécuter sa résolution, il en parla à ses voisins, dont quelques-uns se moquèrent de lui; néanmoins il alla toujours son train avec sa petite culture qu'il termina en maitre de l'art: les plantes y devinrent si fortes et si belles, qu'elles attirèrent les regards, non-seulement de ses co-paroissiens, mais encore de tout le voisinage. „» M. Barnard se rappelle d'autant mieux ce fait, que le clos, longeant le chemin, il le voyait en allant et revenant chaque jour de l'école: il a vu souvent les fermiers voisins qui, en allant au marché, s'arrètaient à la porte. On entrait dans la pièce pour examiner cette récolte, qui était devenue un objet d'in- térèt général. » A la moisson, cette récolte fut trouvée extraordinairement bonne; depuis ce temps, la méthode de houer le froment a été plus (80). ou moins répandue dans ce comté: le seul 3 2 plui où elle soit devenue générale parmi les fer- nre miers.» 14 M. Marshall a demandé à M. Barnard 3 d quelle était ici la proportion du froment 1 semé à la houe à celui qui l'est à la manière 3 erdinaire; il a répondu qu'il y en a autant 7 de houé qu'on peut avoir de bras à y em- ſer ployer, et qu'il croit bien que la moitié du ſ 1 froment des environs de Windham et d'Attle- ha boroug est traitée de cette manière. II a ajouté n que lorsque ce grain est cher, les ouvriers in sont retenus plusieurs mois d'avance, et sou- 3 vent, lorsqu'on les paie pour avoir houé les 10 pois en mars, on les retient pour le temps 4 3 oð T'on semera le blé.. SlL‿eαssion. Un pasquis de trèfle labouré i9 une fois, est en général la terre que T'on 9 destine à étre plantée. On a cependant essayé 8 cette méêthode avec beaucoup de succès sur k des jacheères. lſ 1„ Engrais, L'usage commun est d'étendre et 8 le fumier ou Pengrais quelconque, immédia- nS tement avant de labourer. Quelques cultiva- Lu teurs l'étendent après les semailles; mais M.. Barnard pense que la meilleure manière pour 8 1 le blé qu'on veut planter, est d'étendre le 3 de fumier en juillet, et de laisser le temps aux seul fer- nard went miere lant em- ttle- outé riers sou- les erP8 bouré lon Saye S endre dia- tvà- s M. pPour tre L 5 40 81.) pluies de le laver dans la terre, avant le premier labour. „ Préparation du sol. Si le sol est léger et le temps sec, le laboureur travaille en méème temps que le planteur, sans cela les trous ne se maintiendraient pas; et le sable, ou la terre trop meuble, les aurait bientèt remplis. La partie de la surface de la terre coupée par le soc, et retournée, doit avoir à peu près dix pouces de large, et éêtre retournée à plat et de niveau. Pour contraindre la motte à s'applanir et à prendre une situation plus ferme, on roule avant de planter.» Le plantoir qui sert à cette opération, est de fer. La partie qui opère est un nœud de fer ou d'acier, de la forme et un peu plus gros qu'un œuf de pigeon. La partie étroite fait la pointe de l'instrument, tandis que de la plus grosse s'élève une tige de fer d'un quart de pouce de carré et de deux pieds et demi de long. Sa téète est recue dans un morceau de bois crochu comme la béquille d'une pelle, qui lui sert de manche. Le planteur a un de ces outils dans chaque main, et s'appuyant dessus, il marche en ar- rière sur le sillon(la partie ou la plaque de terre retournée), formant deux rangs de trous dans chacun; ces rangs sont à quaere † ) pouces ou environ de distance, et les trous à celle de deux et demi à trois pouces; en sorte qu'il y en a quatre dans la longueur d'une semelle de l'ouvrier. Le grand art, en faisant les trous, est de rendre leurs parois assez solides pour que la terre ameublie ne roule pas au fond et ne les remplisse pas avant que la semence y soit déposée. Cela s'opère par un mouvement eirculaire de la main et du poignet qui fait une demi-révolution à chaque coup; le mou- vement circulaire commence lorsque le bec entre dans la ierre, et continue jusqu'à ce qu'il en soit neittement dégagé. II faut que Toutil sorte propre et luisant, sans quoi l'opé- ration n'est pas parfaite. Une autre difficulté est de faire les trous a égale distance, et sur-tout de tenir les rangs bien allignés et parallèles entr'eux; car les deux outils dont l'ouvrier est armé étant sépa- rés, il a besoin que quelque pratique le guide avec précision, de manière à percer la pla- que ou le sillon exactement à l'endroit con- venable. Pour y pourvoir, on a imaginé des couples qui ienaient les deux outils à la dis- tance nécessaire; mais cela est trop compliqué et empéche l'apprentif d'èêtre jamais capable de les employer seul. Il faut qu'un homme solt bi Sans Ce Sscohl- une! eupe 1 Sur les I attac un hol ferges dord’ eele pour POll ſes tro J soie Afac us I repris je ſie méme sMon, L ou p grain trous en neur esi de ne l dne oit ment fait ou- bec ce due mpe- Trous Ungs les Ela- nide Ma- 500⸗ des dis- uqut able Ib 683) soit bien mal adroit, si en peu de jours et sans cet attirail il ne devient pas passablement façonné à ce travail. Uo ouvrier médiocrement habile fait deux mouvemens ou quatre trous par seconde. Un planteur emploie trois semeurs; ainsi un homme et ses trois enfans se nomment une bande. Chaque houeur ou perceur oe- cupe trois rangées de plaques, ou trois sillons, sur lesquels il opère successivement; d'abord il attaque une des trois rangées qui est sur un bord, et après qu'il a parcouru quelques verges(yards), ils passe à celle de l'autre bord sur la mêeme longueur, et entreprend celle du milieu la dernière: cela se fait ainsi pour fournir de l'occupation au semeur, et pour qu'il ne courre pas le risque de remplir les trous avec ses pieds avant que les graines y soient placées; s'il n'occupait qu'un sillon, il faudrait que les semeurs se dépassassent les uns les autres, et foulassent le terrain à trois reprises, au lieu que par T'arrangement que je viens de décrire, ils avancent unifor- mément, et chaque enfant finit son propre sillon. Les semeurs suivent exactement le houeur ou planteur, laissant tomber deux ou trois grains de froment dans chaque trou(3i ce — — — ———y—— 6 34) + sont des pois, il n'en faut qu'un par trou), les petites filles portent la semence dans leur tablier, et les petits garçons dans leur chapeau, ou de quelqu'autre manière. Ils en tirent une demi-poignée à la fois, et laissent couler les grains par une petite ouverture qu'ils forment entre l'index et le second doigt. Il faut beaucoup de temps et de patience pour apprendre à un enfant à exécuter cette petite opération avec exactitude et vitesse. Le prix actuel pour semer ainsi un acre d'un terrain léger et franc, est de neuf schellings avec de la bierre. Autrefois on payait une demi-guinée. Si le sol est dur ou Pierreux, cela vaut davantage. Le planteur est le maitre de sa bande; sil n'a pas d'enfans, il en loue, et leur donne six pences par jour, S'ils sont formés, ou trois pences seulement, si ce sont des apprentifs; deux sont employés au méme sillon, chacun suivant une rangée de trous. Un planteur expérimenté peut faire son demi acre par jour; mais on ne compie ordi- nairement qu'un tiers d'acre par jour. Quantité de semence. D'un boisseau à six picotins(ou un boisseau et demi) par acre (quarante-cinq kilogrammes ou quatre-vingt dix livres par quarante ares, ou deux livres et demi de blé par perche métrique); et si A1 Jahou] un d1 acle me* fait o claie E instrul M. Bas luest protuls gent d= aoX i- uned plus) pour ¹ l a uc Lorsd almn raient) A bord s demi, schel de kac 0m (85) du) si la terre retournée à été brisée par le 77 dans labour, quelques cultivateurs en jettent encore leur un demi- picotin, ou même un picotin par 4 1 1.... Wen acre, à la manière ordinaire. aussent Couvrir les semences. Cela se fait ordi- rture nairement en repassant deux fois sur la mê- loigt. me terre avec une herse d'épines, qui se ience fait en passant des épines dans une grande cetle claie, ou une porte à claire-voie; mais ces V1 fe. instrumens sont trop grands, dit avec raison cre M. Barnard; car dans un espace aussi étendu h1euf qu'est celui qu'ils couvrent à la fois, il y a des u on protubérances et des inégalités qu'ils dégra- ie ou dent et enlèvent, tandis qu'ils ne touchent pas 1 AIr est aux parties renfoncées. Il a toujours préféré D fans, une échelle de chariot qui ne couvre pas cnur, plus de quatre ou cinq sillons à la fois, et lunt, pour achever plus complétement l'opération, 6 IoNés il a toujours à la main un espèce de balai 9 e lorsqu'il surveille les ouvriers qu'il y emploie, 9 A'son afin de recouvrir lui même les parties qui au- Srdi- raient été oubliées. 1 Avantages résultant de de procédé. D'a- u S bord cela épargne environ un boisseau et qacre— demi de grain, qui, lorsdne le blé est 4 six aingt schellings ou environ, équivaut à l'excédant eirres de la dépense sur la méthode ordinaire. On croit tres-utile aux terres légères de 3) et 1— — (86) ce pays d'ètre roulées et piétinées. Les bords des plaques retournées étant intimement ré- unies par le roulage et le foulage, et toutes autres solutions étant remplies par la herse, Jes mauvaises herbes sont étouffées; et quand il en reparaitrait quelques-unes au printemps, l'espace qui est entre les doubles rangées permet de les sarcler avec facilité, travail cependant auquel on est rarement assujetti. Toutes les semences étant enterrées dans le corps des sillons ou plaques de terre, il n'y a pas de tiges avortées, toutes sont égale- ment vigoureuses; la paille en général est plus forte et le grain plus égal que celui qui vient suivant la méthode de semer à la volée, ou en jetant au hasard la semence sur le labour. Suivant cette dernièere méthode, une partie de la semence tombée dans des profondeurs où elle est enterrée par la herse, et où le germe étant plus long-temps à atteindre la surface que celle qui est restée plus près de la superficie, elle est toujours faible, et produit des tiges et des épis imparfaits, d'ouù résultent des grains tres-inégaux et peu pro- fitables. Mais un autre effet très-important, c'est de donner du travail aux pauvres, d'occuper les enfans et de les former à l'adresse et aux — Soils Cousi ou p pac- tom m0) les riet regal comm M. peu d le hlé. ge(ro Mairen qud lui a douze acre. derre touts donne le hle 1e parui- est Sel 4up. à pres ordhs ré- ies LerSe) juand Lps 3 gees avail kti. ſans , 1 vale- lplus Piend 5 l Sbour. merlie d'urs 9 le lee W s de u et alob aPro. — de gor les 2U (87) soins; ce qui est également désirable, qu'on le considère sous un point de vue moral, politique ou privé; car, lorsqu'il y a beaucoup de pauvres dans un village, leur entretien re- tombe sur les fermiers, s'ils ne trouvent pas moyen de les tirer de la paresse, sur-tout les enfans. M. Barnard dit que dans le dis- trict où cette méthode est usitée, les pauvres regardent le temps des semailles du froment comme une autre moisson. M. Smidt, d'Heuvingham, s'exprime un peu différemment sur les avantages de planter le blé. Ila eu fréquemment huit ou dix acres de froment planté dans une année; et ordi- nairement il fait faire les trous aussi pressés qu'ils peuvent l'ètre sans se confondre. Cela lui a coùůté deux boisseaux de semence et douze ou quatorze schellings de facon par acre. Il pense que cette pratique dispose la terre à produire de mauvaises herbes; sur- tout si le blé n'est pas planté épais; et il en donne une bonne raison, qui est que là ou le blé est clair, les herbes sont épaisses; et il est persuadé qu'elles multiplient davantage parmi le froment planté, que dans celui qui est semé à l'ordinaire sur un labour. II ajoute qu'après le blé venu suivant ce procédé, il a Presque toujours été obligé de semer des —— (38) turnips, l'année suivante, au lieu d'y faire d'abord une récolte d'orge, comme cela se pratique dans le pays. Il convient cependant que la paille est plus forte, et que le grain est plus égal et de meilleure qualité que ce- lui qui a été semé de toute autre manière. M. Jean Baker, de Southreps, quoique ju- dicieux et entreprenant en matière d'agri- culture, n'a jamais eu assez bonne opinion de cette méthode, pour vouloir seulement en faire J'essai par forme d'expérience. Sa principale objection est que dans ce pays où le sol est peu profond, et les jachères géné- ralement très-garnies d'herbes, il est impos- sible que le froment vienne bien sur un seul labour. Un autre cultivateur de Norfolck a essayé deux ou trois fois de ce procédé; la première sur une pièce de bonne terre avec à peu près trois quarts de boisseau de grain à l'acre: la récolte fut bonne, et les blés se soutinrent bien, quoique la plus grande partie de ceux du comté fussent couchés; la dernière fois fat dans une terre legère et peu profonde, où les tiges furent beaucoup trop claires, il n'y eut pas une demi-récolte. Le résultat de toutes ces informations parait étre, suivant M. Marshall, que le — frome terres picoti sont comp Dles Cu lI exige menc ne per des inl plssen fectant M demer opexs meng fromel ſicile a rond, agreal dans un nol cela, ou sur le exercos les gre chaqu dant Nan e ce- re. ju⸗ gri- aion zent §a ou ané- 4008- seul Say 1 ſre pen ere: durent eu 1fOIs nde; 8, 1 qtiols ue le (89) froment planté ne convient que dans des terres riches et profondes, où trois ou quatre picotins par acre, plantés de bonne heure, sont suffisans pour produire une moisson complète; au lieu que les terres légères, fai- ples et sans profondeur, qui ont reposé deux ou trois ans et se sont couvertes d'herbes, exigent une quantité additionnelle de se- mence et de travail, sans quoi les plantes ne peuvent se joindre, et laissent entr'elles des intervalles que les mauvaises herbes rem- plissent au détriment de la récolte, et en in- fectant le sol. «M. Marshall ajoute que la manière de semer étant la partie la plus difficile de cette opération, il semble qu'en instruisant Ie com- mengant on ne devrait pas débuter par le froment, grain étroit et irrégulier, très dif- ficile à séparer; au lieu que le pois, qui est rond, plus gros et plus coulant, est plus agréable au toucher, et plus aisément séparé dans la main de manidère à en laisser couler un nombre donné dans chaque trou. Outre cela, on ne devrait pas faire opérer les enfans sur le terrain, qu'ils ne fussent suffisamment exercés à la maison, dans J'art de séparer les grains, pour former le nombre précis de chaque touffe; par ce moyen on éyiterait une —— (990)) perte de grains, et on ne courrait pas le ris- que de défigurer une récolte. Par la mème raison, on devrait exercer un apprentif plan- teur sur une jachère ou sur une terre natu- rellement labourée, avant de l'admettre à pratiquer dans une véritable culture.» Les cultivateurs du comté de Suffolk, en Angleterre, plantaient aussi le blé, au lieu de le semer, et ils reconnaissaient de grands avantages à cette méthode, que crut devoir faire connaftre en France un aussi zélé de l'agricultare et de l'humanité, M. de la Ro- chefoucault- Liancourt. II voulut bien com- muniquer aux auteurs de la Bibliothèque physico-économique le résultat de ses expé- riences, et ils s'empressèrent de les publier en l'an XII,(1803). Nous en exrtrairons la notice, parce qu'elle donne une idée plus nette et plus précise de la méthode et des avantages de planter le blé, avec des détails différens de ceux qu'on vient de lire d'après M. Marshall. Lorsque le labour de semaille est fait, on passe sur le terrain un léger rouleau; ensuite un homme qui marche à reculons, sur une bande retournée par la charrue, et qui tient dans chaque main un plantoir de bois à deux dents, fait quatre rangées de lrols: Pautre tombe VUne! 0 les o doive deur 501 00 léger. denfor zollot deetle Ce J Alah ne 4 ) dolrer chacul Meue des „ 1 volt 50 (91) 3 lo trous à quatre pouces de distance l'une de Andil Pautre. Quatre enfans le suivent pour laisser dif plar tomber dans chaque trou deux à trois grains. 32 nath. e Une herse d'épine suit et recouvre le grain. Ittre a«On ajoutera, comme développement, que 1» les dents du plantoir, faites d'un bois dur(1), 9k, en doivent être enfoncées en terre à la profon- alu lien deur de 12, 15 ou 18 lignes, selon que le Tzrand sol où l'on fait le plantage est plus ou moins 2deroir léger. L'ouvrier acquiert promptement l'usage 8 leé de d'enfoncer, sans erreur, à la profondeur Ja Ro. voulue; d'ailleurs, il peut encore étre aidé 9 com- à cette rectitude par un très-gros fil d'archal léque que l'on met tranversalement à chaque dent, 9*XpPé- 2 à la hauteur au delà de laquelle on juge qu'elles— =her ne doivent pas éêtre enfoncées. ns» Les quatre enfans qui suivent les ouvriers, N plos doivent, en se tenant en file, étre chargés 4 des chacun d'un rang de trous pris dans la lon- 9 zs tuil gueur du sillon. De cette manière, aucun 6 emres des trous ne peut rester en oubli. » Le cultivateur ne doit pas s'inquiéter s'il oäit, voit son blé planté plus maigre en apparence vrau; gofs,*(1) Depuis, on a substitué aux plautoirs de bois 1 4, e des plantoirs de fer appesantis par un plomb; ce 1 ge de qui fatigue moins l'ouyrier et rend les trous plus 5 de uniformes. — ——— —— ( 92) et moins fourni que le blé semé, pendant les premiers mois et mèême jusqu'au mois de mai. La cause en est simple, puisque les séuls grains plantés, qui tous doivent fructi- ſier, lèvent, tandis que dans la méthode de semer, beaucoup plus que les trois quarts sont étouffés et ne fructifient pas. Mais vers le milieu de mai, plus téèt ou plus tard, le cultivateur verra sa terre couverte„ et sa récolte répondra à tout ce qu'il peut conce- voir d'espérance. »„ Toute terre susceptible de rapporter du grain, par la méthode de semer, est éga- lement bonne pour celle de planter. „» L'économie en grain de semence est, par la méthode du plantage, à peu près des quatre cinquièmes sur la méthode ordi- naire de semer. Les récoltes sont au moins égales. Les blés versent beaucoup moins, le tuyau de la paille est seulement un peu plus dur. Un homme et quatre enfans plantent ici de soixante-dix à quatre-vingt perches: en réduisant leur travail à cinquante, ils plantent un arpent en deux jours. M. de Liancourt donnait vingt-cinq sous à l'homme, six sous aux enfans. Ce serait donc cinq livres par arpent. » Je n'hésite pas à penser, ajoute M. de Lianc0 Dras, avantat à Sem model blé,¹ Quand annéel mes(I née ajs )] A de-hube deux dis (O8e vng qvabe- donti déja f de Sou en Mar Ires. des se Cuante quatpe- profis nomie nme Dar i „ . 6 93) adant Liancourt, que partout où l'on trouve des 5 mols bras, le plantage du blé est extrémement e les avantageux et mème préférable à la charrue meüh. 6 à semoir, qui l'est elle-mème beaucoup au de de mode ordinaire. Aussi, je ne sème plus ni Quarb blé, ni seigle, ni orge, ni mème d'avoine quand elle est chère. Jai renda compte les Fels d, L années précédentes de mes récoltes et de et 84 mes dépenses„ mon expérience de cette an- hnce- née ajoute encore à ma conviction. » Pai planté deux mille cent quatre-vingt- du dix-huit perches de vingt-deux pieds, avec éga- deux sacs et demi de blé, mesure de Clermont 5(Oise); poids total de la semence, sis cent het. 0. vingt livres; j'ai obtenu sept mille neuf cent dis quatre-vingt-dix-huit gerbes de beau blé, Had dont le poids en grain, d'après ce que j'en ai .oin déjà fait battre, ne peut être évalué au-dessous hüns, de soixante-deux mille livres. Ma dépense A peu en plantage a été un peu au-dessous de cent Pdeu livres. Si Pon vent se rappeler du' au temps es: des semences dernières, le blé valait ici ein- 4 i quante deux livres le sac du poids de deux cent quatre-vingt-dix livres, on se convaincra des n profits de cette mêthode, seulement par l'éco- 1 1* nomie de la semence; j'ai la conviction in- time que ma récolte est plus abondante que par toute autre méthode. Mais en préchant une nouvelle religion, sur-tout utile, il faut se tenir au-dessous de la vérité. Quelques fermiers voisins essaient, en tätonnant, de cette méthode; elle est plus franchement suivie 24 par les petits agriculteurs, sur-tout par ceux qui, travaillant chez moi au plantage et à la moisson, sont en état de juger par leurs yeux en voyant la vérité toute nue. Je ne cherche point à faire des prosélytes, parce que dès- lors j'aurais des contradicteurs; Pignorance, Tamour-propre, l'entètement aux vieilles rou- tines en fournissent en abondance. Chacun peut voir ma culture et en juger. Je prète mes plantoirs à qui m'en demande, et je jouis quand, me promenant dans les champs où 4 voyant des pièces plantées en froment, seigle, etc., je reconnais que la vérité fait annuel- lement quelques progrès, et que mes exem- ples l'aident mieux que ne pourraient faire mes leçons.» Un cultivateur qui dirige avec succès P'ex- ploitation d'une ferme considérable, dans la- quelle il a fait des essais sur le plantage du plé, se sert d'un plantoir différent de celui de M. de Liancourt. La poignée du plantoir n'est autre chose qu'un morceau de bois 5 arrondi et fixé aux montants; la traverse maintient les dents du plantoir qui doivent ( 4 liisser Ie pi- au m Kcou amer de) fait chagl Les et gra nomig &d ais ge ery ont re doort eme séyè- M lgent Privat 1àC, L redige leu, 8 ancien denatt de N 95) llaut laisser entr'elles une distance de trois pouces. 3 Iques Le planteur tient la poignée et met le pied eette au milieu de la traverse en appuyant par SuWie 4 secousse devant et derrière, afin que la terre eRW ameublie puisse se contenir et laisser le temps Aàk de jeter le blé dans les trous. Ce cultivateur ljeur fait mettre ordinairement trois grains dans Erche chaque trou. des- Les figures de ces plantoirs sont dessinées mace, et gravées dans la Bibliothèque physico-éco- 4 ou- nomique et dans plusieurs autres recueils. Ils cun est aisé de s'en faire une idée, même sans mes se servir des gravures; plusieurs cultivateurs louis ont répété les expériences de M. de Lian- A court; quelques-uns les ont combattues; mais rige, entre tous ceux qui les ont saisies avec per- Invel⸗ sévérance et avec succès, je dois distinguer Sem- M. Fougeron-da-Fayot, propriétaire intel- löalre ligent et zélé, dans la commune de Saint- Privat-de-Double, arrondissement de Ribe- ler rac, département de la Dordogne. Wh- L'annuaire de ce département, pour l'an X, d du rédigé avec beaucoup d'intérèt par M. Grele- Aui feu, secrétaire général de la préfecture, mon ancien collègue à Passemblée législative, con- toir Iws* tenait la première annonce des expériences 8 1 1 de M. Fougeron, en ces termes: † ferse yent —— 5 8 96) 6 Seomailles. Tous les agronomes regardent J'usage de faire les semailles, en jetant le grain à la volée, comme extrémement vicieux. Cette méthode, qui ne permet de semer que d'une manière inégale et extrémement superfcielle, fait perdre une grande quantité de semence et force le laboureur à en tripler la dose. Il faut observer, en outre, que ce procéëdé demande beaucoup qphabitude, et que tous les laboureurs n'y déploient pas la mèême adresse. » Le cit. Fougeron-du-Fayot a fait part à son pays d'an mode bien simple qui économise à la fois la semence, augmente le produit et diminue les frais de culture. Nous ne saurions trop encourager les cultivateurs à faire usage de son procédé. Nous pouvons annoncer que tous ceux qui Pont employé en'an X, en ont obtenu les plus heureux résultats. Le cit. Fougeron, depuis qu'il pratique cette méthode dans ce département, a obtenu vingt pour un d'une terre de très-médiocre qualité, et a de plus observé que son grain pèse, par boisseau ancien, deux kilogrammes(quatre livres) de plas que le blé semé à la manière accoutumée.» Ce procédé avait eu des imitateurs. Le ——OOQ——— holt L Pou talb: N aoteur- Fouge duite est 80 Wen Les cst al dt pei dens Sacci 00 tr moufe méibo de ye dire, Suiva 8 3 I , Le Maire de Celles; le cit. Dubouché, notaire 6 à Périgueux; le Maire de Saint-Privas; le 1 die cit. Lacombe, officier de santé, avaient re- 3* cueilli, dans des fonds qui rapportaient de . 6 sept à dix pour un, le premier soixante-quatre, ehe le second cinquante, le troisième quarante- Aai⸗ huit, le quatrième trente-six, pour un. L'Annuaire du département de la Dordogne, ven pour Pan XII, présente à ce sujet des dé- enh tails ultérieurs, et très-circonstanciés. M els«Nous avons fait connattre, dit l'estimable 7. 4 M auteur, la méthode de cultiver que le cit. 3 Fougeron, conseiller de préfecture, a intro- lse. 3 duite dans son arrondissement. Cette méthode 5„ est sur-tout avantageuse pour nettoyer les blés, 1i bien travailler la terre et butter les pieds. 1 un Le sarclage sur une plantation bien espacée i est aussi prompt et aussi facile qu'il est lent 3., en 5 5 et pénible sur un blé amoncelé. La manière Pete d'ensemencement, qui parait lente d'abord, 7' ab s'accélère bientéèt par la pratique; dans deux hun ou trois essais, un homme peut suivre le 1 116, c mouvement de la charrue. En adoptant cette 1 d; bär méthode, on doit seulement avoir bien soin 1 i⸗ de proportionner la semence à la terre, c'est-à- amele dire, d'augmenter ou de resserrer les espaces, suivant la qualité du fonds. Un intervalle de 1 six à sept pouces entre chaque bouquet de 1 le II. Partie. 5 96) blé, n'est pas trop grand dans certaines terres; il l'est beaucoup trop dans un sol moins gé- néreux.» Voici la note de trois différentes méthodes de semer, que M. Fougeron-du-Fayot avait employées, en 1802, dans un de ses domaines situé sur la commune de Saint-Privas-de- Double. La première, en épis entiers; la seconde, en touffes de quatre ou cing grains chacune; la troisieme, à la volée. Première méthode. On a semèé le blé en épis, et on a employé une gerbe dont le poids du grain doit èêtre porté à un myriagramme, a peu pres vingt lvres poids de marc. Les épis plantés à quatre décimètres(qua- torze pouces huit lignes) de distance en tous sens, ont couvert une superficie de soixante- six ares soixante-sept centiares( mille cinq cents toises). On a sarclé et butté deux fois chaque touffe, 1.0 au commencement de ventòse; en- suite, le 10 floréal. Le blé coupé le 29 messidor, a donné vingt-trois myriagrammes et demi de grain (quatre cent soixante-dix livres), c'est- à- dire, vingt-trois et demi pour un. — ——1,—— Le OuU( Pouc gue¹ (6] a en huit surfac Uares Oa fentos vot Kr L donn gramd doiKal Are⸗ Borres 3 1 gé- 7 des 8. Wan naines rds-de- * s; la Li grains 3 oloyé b etre 1- 1 70 VIng 3( qua- 301 t005 2 ante- 1u dnd Le blé a été semé par bouquets de quatre ou cinq grains, à cent millimdètres(trois pouces et demi) de distance, dans la lon- gueur, et à cent soixante-deux millimètres (6 pouces), dans la Jargeur a employé neuf kilogrammes de grain(dix- huit livres et demie), qui ont couvert une surface de vingt-six ares soixante-sept cen- tiares(six cents toises) de surperficie. On a sarclé deux fois; la première le dix ventôse, et la seconde le 15 floréal. On n'a butté et chaussé les touffes qu'à la seconde sarclaison. Le blé a été coupé le trente messidor, et a donné trente-hait myriagrammes hait kilo- sgrammes quinze hectogrammes(sept cent soixante-dix-huit livres) de grain, c'est-A- dire, quarante-deux pour un. On a semé à la volée, suivant l'usage da pays, mais beaucoup plus clair qu'on ne le pratique ordinairement, un myriagramme six kilogrammes de grain(trente-deux livres ct Deuxiè me nét hode. du terrain. On Troisiéeme méthode. demie) sur une superficie égale à la précé- 7 C 180) dente. Les blés ont été sarclés deux fois aux gral mèmes époques que ci-dessus, et buttés autant lmes que possible dans la confusion d'une semaille mes irrégulière. 2 8X La récolte qui a été faite le premier ther- 8 midor, a donné trente-deux myriagrammes V quatre kilogrammes(six cent quarante-huit V zem livres et demie) de grain; vingt pour un. V ci. 1 On observera que la terre où l'on a semé 2 suivant la seconde méthode, était un peu b jourm meilleure que les deux autres; mais celles- V emplo ci ont reçu peaucoup plus d'engrais: que 1 frar toutes les trois sont d'une nature très-médiocre. 3, Il suffit de dire que cette culture a été faite V Noye dans la Double, arrondissement de Riberac, 2 4. terre légère et tres-sablonneuse. em. 3 Itat des dépenses faites pour chaque méthode ler en particulier, et du produit que chacune In V a donné; sans comprendre les labours V 3 7 qui ont eu lieu pour toules les troiĩs ga- V Vwj lement, et de la manière usitée dans le V;! pays. V 10 Premier procédé. V Nes Un myriagramme(vingt livres pesant). de blée, planté en épis comme il est sus-in- diqué, a produit vingt-trois myriagrammes G J 1; ante ex Ner et demi(quatre cent soixante-dix livres) de V esa aux utant naille rer- ummes -hit Lun. 8rsemé 41 peu lles- que were, falte erac, Stholle doune z)ours e90— d ² (e) grain, lequel, vendu à raison de douze cen- times par quatre cent quatre-vingt-dix gram- mes(Ja livre), donne la somme de cinquante- six francs quarante centimes, ei.... 56 40 Sur quoi il faut défalquer: 1. La valeur du myriagramme semé, à 12 centimes les 490 grammes, cl..... cwv 2 40 2.° Le montant de deux journées et demie de travail employées à ensemencer, à 1 anc par jour......... 2 50 3. Douze journées em- ployées aux sarclaisons.. 12» 4. Une journée et demie employée à scier la récolte, lier les gerbes et les trans- porter dans la grange.... 1 50 5.° Trois journées em- ployées à battre et nettoyer 1E Dl..... 3 Total de la dépense. 21 40. 21 40 Reste nct........... 3565„ Deuxième méthode. Neuf kilogrammes(dix-huit livres et demie pesant) de blé, plantés par touffes de quatre — (102) aà cinq grains, comme on l'a vu plus haut, ont produit trente-huit myriagrammes huit kilogrammes quinze hectogrammiees(sept cent soixante-dix- huit livres) de grain, dont la vente, à raison de douze centimes, se monte à la somme de quatre-vingt-treize franes trente- six centimes, ooo. 93 36 Sur quoi il faut prélever 1.2 La valeur des neuf kilogrammes de blé ensemencés, à 12 cent. 2 22 2.0 Deux journées et demie employéesà l'ensemencement. 2 50 3.3 Six journées pour les deux sarclaisonn 6„»„ 4. Trois journées pour scier le blé, lier les gerbes et les porter en grange.. 3» 5.° quatre journées et demie pour battre et nettoyer le blé 4 50 Dépenesese 18 22. 18 22 Reste Met........ 25 14 Troisième méthode. Un myriagramme six kilogrammes(trente- deux livres et demie) de blé, semés à la volée, ont produit trente-deux myriagrammes quatre kilogrammes(six cent quarante-huit lirres et demi rines sept emp z 0, 8oIS, 4.0 R lhant huit cent 1R NA Sonbe Wente- 36 2) 9 jnie⸗ „ n lée, = datte 1 Se (1038) demie) de grain, lequel, vendu à douze cen- times, etc., donne la somme de soixante-dix- sept francs soixante-seize cent. ci. 77 De ce montant il faut déduire: 1.° La valeur du myriagramme et des six kilogrammes semés, à 12 cen- timnes............... 3 90 2.0 Un quart de journée employée à ensemencer...» 25 3. Pour les deux sarclai- sons, dix-huit journées.18 à 4. Deux journées em- ployées à scier le blé, lier les gerbes et les porter en grange 2 5.5 Pour battre et nettoyer le blé, trois jours et demi.. 3 50 76 Dépense.. 27 65. 27 65 Reste het..... 50 Récapitalation. 11 Vingt livres de blé, semées en épis sur une surface de mille cinq cents toises, ont donné quatre cent soixante-dix livres de grain; produit en argent, trente- cinq franes. Dix-huit livres et demie de blé, semées par touffes de quatre à cinq grains sur une surface de six cents toises, sept cent soixante- 104) dix-huit livres de blé; produit en argent, soixante-quinze francs quatorze centimes. Trente-deux livres et demie de blé, semées a la volée sur une surface de six cents toises, six cent quarante-huit liyres et demie de grain; produit en argent, cinquante francs onze centimes. Il est évident, d'après la comparaison de ces trois méthodes, que la préférence doit etre donnée à la seconde. Opservez que cette méthode, avec moins de semence, a produit plus du double de la première, et sur une surface qui ne va qu'à un peu plus du tiers: elle a excédé d'un tiers le produit de la troisième, avec près de moitié moins de semence, sur une surface d'égale étendue. On a d remarquer ce- pendant qu'on a semé beaucoup plus clair sur cette troisième terre, qu'on ne le fait dans la pratique ordinaire du pays. Les autres travaux, d'ailleurs, ont 6té les mêmes, et la différence n'a existé que dans la manieère d'ensemencer; mais cette différence est bien grande par les résultats, parce que les semail- les faites à la volée, jonchant trop la terre, ne donnent point assez d'intervalle pour sar- cler et nettoyer les jeunes blés, et les laissent dévorer par les herbes malfaisantes. On⸗ 1k Me aJd beat egpa un colte M. de pl un h doule distan ven- Au gent, les. ses, ne de fraucs on de doit 1oins de la quà nd'un pres durace Ir ce- clair m fait wores 1, et k Aiere hien maäll- erre, Sar- aässent (105) On avait eu lieu de croire, relativement à la méthode de semer en épis, que l'inter- valle de quatorze pouces huit lignes qu'on avait mis entre chaque bouquet, pouvait éêtre beaucoup trop grand. En diminuant cet espace de sept pouces, et retranchant aussi un tiers de la semence, on espérait une ré- colte égale sur une surface moitié moindre. M. Fougeron-du-Fayot a renouvelé J'essai de planter les épis, en l'an XII. II a choisi un bon fonds de terre, et a rapproché les touffes, en les mettant à deux décimètres de distance au lieu de quatre. Cette expérience ne réussit pas mieux que celle de l'année pré- cédente. A peine en retira-t-il six pour un. C'est un fait qu'il est bon de coustater, quoi- qu'il n'ait pas répondu à T'attente que des spéculateurs enthousiastes en avaient fait con- cevoir. En m'informant de cette circonstance, le 26 septembre 1807, M. Fougeron-du-Fayot me faisait part d'une quatrième méthode qu'il venait d'essayer, et qu'il croyait préférable aux trois autres. «JPai cru, m'écrivait-il, devoir abandon- ner la méthode de semer des épis entiers, ne la croyant nullement propre au sol que je possède, qui est d'une qualité de terre * tres-légère; mais j'y ai substitué une autre 106) méthode, qui m'a donné un résultat infini- ment avantageux. „» Jai fait ouvrir des tranchées de douze à treize centimètres de large, de huit cen- timéètres de profondeur, et à une distance de seize centimètres les unes des autres. J'ai fait semer dans chaque tranchée du fumier con- sommé fait avec des ajoncs, fougères, etc., que j'avais fait pourrir dans les chemins et que j'avais fait lever après qu'ils ont été pourris, et fait mettre en tas depuis un an. Puis, sur ce fumier, qui était à peu pres de trois eentimètres d'épaisseur dans la largeur de chaque tranchée, j'ai fait semer un rang de blé à environ un centimètre de distance chaque grain, dans toute la longueur de cha- que tranchée; ensuite je l'ai fait couvrir avec un rateau, en ramenant la terre de droite et de gauche dans la tranchée, de manière qu'elle se trouvait entièérement comblée; il est résulté de cette méthode, que trois kilo- grammes de blé-froment(six livres poids de marc), semés dans une surface d'environ cinq ares, m'ont produit sept myriagrammes et demi, c'est-à-dire, près de vingt-cinq pour un. » On serait surpris du calcul de ce que de- Vvrait produire une métairie ou ferme où'on 25 amre mfni- donze lit een. ncè de rſ'ai falt jr con- eto., 9ns et Ut ete an an. ses de rgeur 5u kan; Jöstance 1 cla⸗ m arec dwoite Janiere 19e,; il Lll- s de n cinq gies et r un. ue K⸗ 3 Ton 6 o) adopterait cette méthode. II arriverait alors qu'une métairie ou ferme qui sème ordinai- rement cent myriagrammes de blé, n'en se- merait que quarante-huit sur la même surface de terrain, qui offriraient un produit de donze cents myriagrammes, au lieu de cinq cents que lui donnent ordinairement les cent my- riagrammes que l'on y sème à la manière accoutumée, et ménagerait à peu pres cin- quante-deux myriagrammes de semence cha- que année.» M. Fougeron-du-Fayot désirait de trouver des instrumens qui pussent faciliter et accé- lérer cette quatrième méthode, si avanta- geuse; mais elle ne saurait éètre praticable que dans bien peu de contrées. Ce procédé supposeé une quantité surabondante de ma- tériaux propres à former de Pengrais, ce qui est très-rare. Cependant il n'est pas inutile de consigner ici cette nouvelle vue de M. Fougeron-du-Fayot, Parce qu'elle peut faire naitre des idées et amener des résultats utiles, si on Padapte, en la modifiant, aux localités susceplbles d'en recevoir'applica- tion. La controverse agronomique élevée au su- jet de la plantation du blé„‚m'a fait désirer de sayoir à quoi m'en tenir précisément sur —— —— (½ 108) ce qu'en pense mon respectable confrère M. de Liancourt, après plusieurs années d'essais, de calculs et de réflexions sur cette matière. Pai eu l'honneur de lui écrire et de lui de- mander, en quelque sorte, son altimatum. Voici sa réponse, que je me fais un plaisir de communiquer à mes lecteurs, pour cou- ronner complétement et d'une manière ins- tructive, mon chapitre sur le plantage ou Ja plantation du blé. Liancourt, leæ 5 juillet 7ε⁷ „» Monsieur et illustre confrère, je reçois la lettre que vous me faites l'honneur de mécrire, par laquelle vous me demandez un dernier résumé de mes trauvaux et de mes pues sur le plantage du blé. » Je m'empresse de répondre à votre ho- norable invitation. » LFavantage du plantage du blé est in- dubitable, comme économie, et comme pré- servatif à peu près súr contre le versage. Au moins est-il arrivé pendant les six années que j'ai constamment et uniquement suivi cette méthode, que la petite quantité de blé versée chez moi par accident d'orage ou de pluies continuelles, était dans une proportion M. zi, dere. li ge- . tUlnm. haibir 020u- ins- ll ou (109) I infiniment moindre que dans les champs de mes voisins, où la semence se faisait à la volée. Le nettoyage des blés est beaucoup plus facile aussi par cette méthode, et'on peut, jusqu'en mai, nettoyer avec le horse hoe, ou ratissoir conduit par un cheval. L'économie du grain est de plus de trois cinquièmes sur toute autre méthode; j'entends pour ceux qui, en semant à l'ordinaire, emploient le moins de 1 grain. Le prix de la main d'œuvre est au plus d'un sou par verge, ou cinq francs par arpent. Les avantages sont donc indubitables et mul- 7 tipliés, pour les pays sur-tout où la popu- lation est en proportion des besoins, ce que j'ai trouvé ici malgré les manufactures que ——— j'y ai élevées. Un atelier composé d'un homme et quatre enfans, fait de cent à cent vingt verges par jour, quand il est stylé, et il le 5 fait d'une manière entièrement régulière; mais le seul inconvénient de cette méthode, est que la paille est beaucoup plus forte, beau- coup plus dure, et qu'elle paie ainsi Pavan- tage de ne pas verser. Ainsi elle est trop dure pour être donnée aux chevaux, qui la refusent. Le remède à cet inconvénient serait de faire hacher cette paille, ou, au moins, de la faire battre; et ce moyen est aisé, en surmontant les obstacles qui s'opposent tou- —— ( jours à Pintroduction d'une méthode inusitée 110) dans le pays, Ce sont ces obstacles qui m'ont fait, automne dernier, semer une partie de mes champs en blé, au lieu de les planter; mais je vais établir bientét un moulin pour hacher la paille, ou pour la briser, et je reprendrai exclusivement la méthode du plan- tage, à laquelle six années consécutives d'ex- périences ne m'ont fait voir que Pinconvénient de la dureté de la paille, et d'ailleurs tous les avantages désirables; méthode qui est ac- tuellement utile à établir, sur-tout dans les domaines bornés, c'est-à-dire, dans tous ceux ouù la population d'enfans est assez considérable pour fournir au besoin du sarclage fait en temps convenable. » Je désire que ce résumé puisse vous sa- tisfaire. Je suis à vos ordres pour tout autre détail que vous pourrez désirer, et je me trouverai heureux de pouvoir concourir, de quelque manière que ce soit, au succès ds vos vues grandement utiles et pour notre patrie et pour les individus qui Phabitent. „ Pai l'honneur, etc. „ Signé LA R. LIANCOURT.» OOC——ꝛ————————— Cul I0 Glll 1 mél har du: gare en tl Ms à M coun §es Pland demi. le dille un du d ——————————————— CA PIIRE XIII. Culture du froment, par M. Vigean, dépar- tement de la Charente. Eapériences de cin- qutante d soixante années. Rapport de sa méthode aveo la culture usitée en Lom- bardie et en Toscane, et qa fut celle des Romains. X S- je devais décerner le prix de la culture du froment à celui qui aurait donné, à cet égard, le modèle pratique le mieux conęu en théorie, et suivi plus long- temps avec plus de suceès, je croirais étre juste en offrant à M. Vigean, cultivateur octogénaire, cette couronne céréale que je crois qu'il a méritée. Ses travaux sont antérieurs aux essais du plantage, et ses expériences remontent à un demi-siècle. Je dois les distribuer en deux époques différentes; car ses premiers essais avaient un caractère différent, à beaucoup d'égards, du dernier procédé qu'il a cru devoir suiyre, (112) parce qu'il y a été conduit par des circons- tances locales, dont j'aurai soin de rendre compte. Première poque. M. Manier, ingénieur en chef des ponis et chaussées du département de la Charente, publia en 1779 des observations sur PAngou- mois, ouvrage très-bien rédigé, et qui por- tait pour titre: Essai d'une méthode générale propre à étendre les connaissances des voya geurs,(in-8., 2 volumes). Dans le premier volume se trouve un article sur la culture du froment; c'est le premier hommage public qui ait été rendu à Lintelligence et aux la- peurs agricoles de M. Vigean, sans pourtant le nommer. Je ne saurais mieux faire que de transcrire ici le iexte de M. Munier. «II y a, ditil, quelques cultivateurs dans la province, qui disposent leurs terres à fro- ment en planches de trois pieds six pouces de largeur, séparées entr'elles par des rigoles de dix à douze pouces en tous sens, selon la profondeur du sol: ils sèment le milieu de ces sillons sur dix-huit pouces de largeur seulement; il reste donc un pied de vide de droite et de gauche, dont ils forment de noufe les di derni- ceme Les sans ilve toute on 4 Toflic kgalen olles planc solte anne dand qui Toun om d'en dans roher midit ) cetle neuf sur Jhonts Wute, Izou- Por- trale Ayyd- gaier goe du Sdüc Lar k- zurkant 4 Que 7 18 d40S au fro- nouces higohes zelon milieu Hargeur ride de ant de ( 1135) nouvelles planches l'année suivante, et ils les disposent de manière que le milieu de ces dernières se trouve précisément dans l'empla- cement des rigoles de l'année précédente. Le simple arau(ou araire, charrue du midi, sans avant-train) suffit pour cette opération; il verse la terre du côté de la rigole: lorsque toute la surface du champ est labourée, on adapte à la charrue une oreille qui fait Toffice d'un second versoir, pour la répandre également de chaque còôté et former les réges (ou les raies) qui doivent séparer les nouvelles planches par le milieu des anciennes. II ré- sulte de cet arrangement, qu'il y a chaque année à peu pres autant de vide que de plein dans la terre ensemencée, et que la partie qui a porté du grain pendant une année se trouve en guéret pendant la suivante; ainsi de suite, alternativement. Ces propriétaires ont soin d'élever les sillons en dos d'âne, d'environ un pied au-dessus du sol naturel, dans les terrains aquatiques, afin de les dé- rober aux courans et à la trop grande hu- midité des eaux. » L'industrieux cultivateur qui a répandu cette méthode ne l'exécute que sur des terres neuves, telles que d'anciens près naturels, ou sur celles qui ont été renouyelées en y éta- — — blissant des prés artificiels, comme luzernes, trèfles et sainfoins, selon la nature du sol. » Il a le plus grand soin de se procurer des fumiers qu'il multiplie en y introduisant des couches de terreaux ou curures de che- mins. Quelques abondans que soient ses en- grais, ils sont entièrement réservés pour les prés qui sont destinés à étre couveris en terre labourable, les trèfles ne pouvant durer que deux à trois ans au plus; il ne manque pas de les fumer chaque année. Les sainfoins sont engraissés dans la même proportion; mais aussi lorsque ses sainfoins sont enlevés, le fumier qu'ils ont reçu suffit pour faire produina au sol, en suivant la méthode indiquée, des moissons abondantes pendant douze ou quinze années de suite, sans qu'il soit nécessaire d'y introquire aucune espèce d'engrais. Si leurs productions paraissents affaiblir après ce temps, il en forme aussitôt de nouvelles prairies. » Le cultivateur dont je parle a grand soin de renouveler ses semences; il les tire ordinairement des environs de Nérac en Gas- cogne; c'est un blé ras que je crois éêtre le blé de guiesce; un grain seul pousse jusqu'à soixante tiges qui s'élèvent beaucoup, et les épis qu'elles produisent ont ordinairement einq à six pouces de longueur. „ tre p dans 488e1 On ayal que en f d'pe qude en tas daus G rer, p yb la G un; Béche distril quath pour dê le » 1 Plofes vnel quis qui! mière ernes, sol. Leurer d Ze Ghe⸗ Lses elr- Syur les 1) terre à-T que Ale pas K sont IMmais Ius, le glaing Pi, des ale Sure d „leur- 32ms, i. grand Li tire 58 68- icre le 2squd 1 et les gemen! (15) » Les plés de semence ne reçoivent d'au- tre préparation que la suivante: on les passe dans une laitance ordinaire de chaux vive assez refroidie pour ne pas altérer le germe. On répand cette eau sur le blé étendu, en ayant attention de bien remuer jusqu'à ce que le tout soit imbibé de la laitance; on en forme une couche d'environ un pouce d'épaisseur, qu'on remue tous les jours jus- qu'à ce que le grain soit sec; on le remet en tas. IIl suffit ensuite de le faire tremper dans de Peau pure un jour avant de le se- mer, et de le mettre en terre, autant qu'il est possible, dans un temps humide. » Si la planche se trouve trop bombée par la charrue lorsqu'on veut semer, on applanit un peu le dessus avec la tranche(espèce de bèéche), pour que la semence puisse étre distribuée plus également avec la main. Vingt- quatre à vingt-cinq livres de froment suffisent pour ensemencer de cette manière un journal de terrain(de 28, 800 pieds de superficie). » Des hommes ou des femmes sont em- ployés dans le même moment à ramasser avec une large tranche(ou pelle ferrée), les terres qui sont sur le bord de chaque planche, et qui retombent dans la rigole après la pre- mière préparation, pour les répandre sur le grain, de manière qu'il en soit couvert de trois pouces d'épaisseur, et que le tout res- semble ensuite à des planches où l'on aurait semé du chanvre. » Tout le terrain est sarclé, tant plein que vide, deux ou trois fois s'il est néces- saire, en commencant lors des premiers beaux jours du printemps, et finissant au mois de mai. L'herbe pourrit dans la rigole qui sépare chaque planche, et cette culture finit en arrachant à la main toutes celles qui échappent au sarclage et qui grandissent dans le courant du mois de juin. Il est évident que la terre se trouve légèrement labourée toutes les fois qu'elle est sarclée, et que tou- tes les opérations indiquées peuvent éêtre faites en suivant les rigoles, sans marcher sur les planches et sans nuire au grain. » L'inventeur de ces procédés sème beau- coup de froment, très-peu d'orge et presque jamais de blé d'Espagne, si ce n'est pour le faire manger aux bœufs. II fait moissonner ses blés à vingt pouces ou deux pieds de hauteur, selon qu'ils sont plus ou moins élevés, afin d'arracher le chaume plus ai- sément; ce qu'il ne manque pas de faire après la moisson. Il obtient un blé plus net par cette opération qui détruit toutes les — — maufd quelqi le sol A A quen agen plas trouy- maug it ahan peine „I que le semer NoOe8 8eL J super ke Mé zembla qu a Il fai Tadm prodan quatre Sidérs chag si né les y vI de TOlres- Morait lein Jôces⸗ T uiers moli Sei qui rnllinit Gllqui Gsrans d fent ſsl rée 2 tou⸗ FS ſales Lolr les 94l all- 18gle Sur le Ounner 95 de 11010¹05 13 ai- faire gus Net 535 les C mauvaises graines; en outre, elle donne en quelque façon un premier labour qui dispose le sol à recevoir de nouvelles semences, elle augmente la masse des litières, et consé- quemment les engrais, qui sont les principaux agens de la culture. Le chaumillage est d'autant plus facile à faire, que la terre ainsi cultivée se trouve meuble dans tous les temps. Ce travail n'augmente mème pas la dépense du laboureur; il abandonne la moitié du chaume pour la peine de l'arracher. » Il est essentiel de faire labourer aussitét que le chaume est arraché, alfin de pouvoir semer dans les premiers jours du mois de novembre suivant. Si la terre est encore as- sez meuble, il suffit d'en remuer un peu la superficie avec la tranche avant d'y répandre le blé, sinon il faut faire un second labour semblable au premier. On ne voit le blé qu'avec pitié jusqu'au mois de mai; mais il fait ensuite tant de progrès, qu'il excite l'admiration et Pétonnement. Cette culture produit constamment depuis soixante jusqu'à quatre-vingt boisseaux pour un. Le vide con- sidérable qui reste entre la production de chaque planche, facilite la circulation de l'air si nécessaire dans les terres froides et dans les vallons. Le blé de guiesce, n'ayant point E 8) de barbes, est moins chargé d'eau lors des pluies, que ceux qui en ont; il est done moins sujet à verser, Cette attention est es- sentielle lorsque les fromens s'élèvent ex- traordinairement, comme ceux du cultivateur dont je viens de parler. „» En 1776, quatorze boisseaux de semence en ont produit neuf cents par cette culture. La méèéme quantité en a donné onze cenis en 1777; d'où il suit qu'en réduisant à mille boisseaux le produit de quatorze, c'est re- cueillir environ soixante-onze pour un. Si Pon suppose à présent que le poids de chaque boisseau, mesure d'Angoulème, est de quatre- vingt-six livres, et qu'il en ait été semé vingt- quatre livres par chaque journal, il faudra conclure que le propriétaire a ensemencé cinquante journaux de terrain, et que chaque journal a produit vingt boisseaux de grains(*). Cette production n'est étonnante qu'en ce qu'elle est habituelle. L'économie de la se- mence diminue les frais de culture; il en coùte néanmoins douze à quinze livres par journal de plus qu'en suivant la routine or- 60) Vingt boisseaux de quatre-vingt-six livres font sept septiers un seizième dans un peu plus que l'ar- pent de neuf cents toises. A.— dinair goüte- multi Lindi voii ont peut- de ce du se seulen a rign M.] cond y Mrücu le der de e lan sagit nière Ln amel pree. son al jatére qui in de w Theu 1 des 9 lonc II eg- ex- aleur Suence Slture. AIcenbs uni dgt⸗ & W A enenc3 3IIAſle AE 6 L Ke- - I! en ril Par 1C Ok- — — es fon 1 mde lar⸗ dinaire de la province; mais quel plaisir ne gouùte-t-on pas en augmentant sa fortune, de multiplier les richesses de P'Etat, de soulager Pindigence et d'exciter l'émulation de ses voisins! Il y a déjaà quelques laboureurs qui ont fait des essais en ce genre; mais il serait peut-étre à désirer qu'ils eussent la constance de celui qu'ils veulent imiter. Il n'a pas éten- du ses recherches sur la culture des grains seulement; il réussit également à celle de la vigne.» M. Munier indique avec soin ‚„ dans le se- cond volume de son ouvrage, les procédés particuliers de ce cultivateur, pour la vigne. Je serai dans le cas d'y revenir dans la suite de cet article, parce que c'est la culture de la vigne qui a forcé le cultivateur dont il s'agit, à changer un peu sa première ma- nière de cultiver le froment. En la changeant, il est douteux qu'il l'ait améliorée, du moins en ce que cette méthode présentait de propre à servir de modèle; mais son auteur a dâ sacrifier à des considérations intéressantes pour sa fortune, considérations qui influent nécessairement sur la conduite de tous les cultivateurs. Nous verrons tout à Theure comme il y a été amené. (120) Seconde époque. De 1770 jusqu'en 1800, Pon n'avait pres- que pas remarqué le phénomène assez sin- gulier de cette culture. Mais enfin, dans Pan X ou Xl, une société d'agriculture se forma dans le département de la Charente. L'eancien cultivateur dont M. Munier était le seul qui eùt parlé avec un si juste éloge, parut dans cette société avec une petite portion de son plé encore en épis. II y lut un détail succinct de sa culture, perfectionnée d'après plus de quarante ans d'expériences, de manière à économiser les trois quarts de la semence; à produire infiniment davantage; à coùter moins que par les procédés ordinaires du et à épargner les fumiers au point de ucun besoin dans ses terres la- pays; n'en avoir a pourables, et de les réserver en totalité pour ses vignes, dans lesquelles il faisait d'autres miracles qui ont quintuplé leurs produits. Alors M. Tessier inséra dans les Annales de l'agriculture française, un article intitu- 1é: Procédé employsé par un cultivateur dus département de la Charente, pour les labours et ensemencemens, d'od il résulte une écono- mie de semence et une récolte plaus abondante. Depuis long-temps, dit M. Tessier, le cit. Vigean, Vige dépar donne Pas le o ges lonu actuet terme nistre dor an «L venera à des et la- menc conn. ſait ga'en: cement propri dans! » 1 ailleu- 7 121) Vigean, maintenant membre du conseil du département de la Charente, s'occupe de hes- donner des exemples d'amélioration dans le e„ pays qu'il habite. Sa propriété est située dans 8 INan le voisinage d'Aubeterre. Outre les témoignua- b Sarm Ses avantageux que plusieurs personnes ont ¹ Aoan donnés sur le compte de ce citoyen, le Préefet 2 lau actuel de son département s'exprime en ces nrla termes dans une lettre qu'il a écrite au Mi- A rmn nistre de lintérieur, en date du 13 fructi- 1 nuect dor an X: ꝗ de„ Le cit. Vigean, diteil, est un vieillard 1 u 3 vénérable, qui travaille depuis cinquante ans 16 à à des expériences sur la meilleure manière hie— et la plus économique de labourer et ense- . mencer. Ses succès sont étonnans, et il faut 8* 1 connaitre l'empire de la routine pour expli- I„ quer l'indifférence des cultivateurs voisins sur ds 4 sa méthode, dont les avan tages sont constatés Iin par l'augmentation de sa fortune.- aus» D'apréès des notes que le cit. Vigean m'a 3b fait passer, continue M. Tessier, il parait 3* qu'en approuvant les avantages de l'ensemen- 6 Shbin- cement du blé au plantoir, pour les petites 4 db propriétés, il le regarde comme impraticable 126boufs dans les grandes. 381cOnd» Dans le ci- devant Angoumois, comme V ailleurs, on répand la semence par poignées 2 e cll⸗ ff. Partie. 6 gean, — sur le guéret qui est préparé d'avance, et souvent d'une manière imparfaite, ce qui force d'employer plus de semence qu'on n'en emploicrait. Dans un journal, on met cent livres pesant de semence, qui rendent quatre cents livres année commune, produit moyen des bonnes, médiocres et mauvaises terres. Il faut convenir qu'il y a peu de pays oð, dans les cultures ordinaires, on soit aussi économe de semence. D'apreès ce fait, il n'est pas étonnant que les habitans aient moins d'envie qu'ailleurs de chercher à l'économiser encore davantage. C'est particulièrement en leur présentant une augmentation de produit par Peffet d'une autre méthode, qu'on par- viendra à les persuader. » Le cit. Vigean convient qu'en semant le pleé au plantoir, quarante livres suffisent pour un journal, qui en rendrait huit cents livres, c'est-à-dire, que sur Pensemencement babituel on gagnerait soixante livres de semence et quatre cents livres de produit, ce qui con- firme les résultats ohtenus dans plasieurs expériences; mais fondant son calcul sur le nombre des mouvemens de la main qa'il faut au planteur de blé, comparés à ceux du semeur à la volée, il croit qu'on a besoin, „. pour Pensemencement d' un journal au plan- doir, geut! iemps Kou: les g M dans nom ensen II ren XlII, dans uu afal homm ſour v mill nale Jue d N. 6 dans cemer nal p peu; exam Il ail mon sce, e 82 qui brm'en I. cent 5 Gwa „ woßen 1 lerres. 5, lt auss liI n'st dsienoins 1os müser 1gunt en 3h oduit 3D bar- amant Xnt poul 199 liyres es diddel 2 nce d. „D ui con- arlusieurs Te. Sur le 1I n qril ceus du a beésoil, ſ* 4 au puun (1282) toir, de trente à quarante hommes, si on veut le pratiquer dans le mème espace de temps qu'on mettrait à le semer à la volée; d'où il conclud le rejet de la méthode pour les grandes propriêétés.» M. Tessier croit que le eit. Vigean est dans l'erreur à cet égard. Pour savoir ce qu'un nombre déterminé d'hommes et d'enfans peut ensemencer de terrain en un jour au plantoir. il renvoie au tome IX, page 67, et au tome XIII, page 69 des Annales. II ajoute que dans un ensemencement assez en grand, qu'il a fait faire au plantoir, à Rambouillet„‚quatre hommes et seize enfans remplissaient en un jour enviroen un arpent de cent perches de vingt-deux pieds pour perche(quarante-huit mille quatre cents pieds de surface). Le jour- nal d'Angoumois n'était, comme on l'a vu, que de vingt-huit mille huit cents pieds. M. Tessier continue en ces termes: «ꝗSolt que le cit. Vigean se soit trompé dans ses calculs sur les frais de Lensemen- cement du blé au plantoir, soit qu'il s'y soit mal pris, ou que les ouvriers du pays soient peu actifs et intelligens, soit enfin qu'ayant examiné toutes les Possibilités pour opérer, il ait reconnu des obstacles locaux ‚ insur- montahles, et le peu d'avantages qu'offrait 124) cette pratique, comparée à une autre, il a ſini par labandonner, et s'en est tenu à une espèce d'ensemencement qui lui a procuré 1 et lai procure tous les ans des récoltes plus abondantes que celles de ses voisins, qui cultivent à la manieère ordinaire. » Au lieu de faire des labours peu profonds et plats, comme cela est apparemment d'u- sage dans le pays, il a formé des planches très-élevées pour augmenter la masse de son guéret; d'abord il recouvrait à la béche la semence jetée sur le guéret; cette opération moins coũüteuse et moins longue, il est vrai, 3 que P'ensemencement au plantoir, l'était en- core trop. Il a imaginé de faire faire des ra- teaux de sept pieds de longueur, que trai- nent des bœufs, pour égaliser le guéret. Le semeur ayant ensuite répandu sa semence à la volée, pour la recouvrir, on se sert d'une 1 charrue à deux oreilles, qui, à Paide d'une plaque de fer un peu plus longue, plus élevée que les oreilles, et courbée, couvre, en passant, deux planches, chacune de trois pieds de largeur. Entre les planches il y a un espace de huit à dix pouces qui ne recoit pas de semence, ce qui est avantageux pour la cir- culalion de l'air, pour les sarclages, pour la coupe du blé et l'extraction du chaume. Trois ſier, na p; Nanc netre seul „ einqu portes Dar ce en un- rante! de rin reüre 8098- de p ce qu Nlé au 2 K comp qui es douteu hréfer (425) u, il a Trois ou quatre personnes à la suite du bou- 1 vier, font avec la beche ce que la charrue weuré n'a pu faire dans certaines places. Dans des 25 dus 4 planches aussi élevées, les racines du blé pé- 1d, on nètrent très-avant(*), et il se forme d'un 1 seul grain un grand nombre de tiges- nfondb» En 1777, plusieurs pieds de trente à un dü- cinquante tiges et un de cent soixante furent d aches portés, comme objet de curiosité, à Paris. 92. 500 Par ce procédé, le cit. Vigean ensemence 9 de h en un jour deux ou trois journaux avec qua- 4 3oo Uon rante livres seulement de blé(par journal, 1 83 rai, de vingt-huit mille huit cents pieds), et en 18'en- retire de chaque journal huit cents pesant; 8 ra- ainsi, son économie de semence, qui est de 1 „ v⸗ soixante livres, et l'augmentation de moitié xel. le de produit, sont les méemes ‚suivant lui, que aSelce 3 ce qu'il obtiendrait par l'ensemencement du 3 82 lune blé au plantoir. 1 511Adne» Si, d'après les notes dau cit. Vigean, on 1 6 cdelte compare les avantages de sa culture avec celle XeSänt, qui est en usage dans le pays, il n'est pas 1 dk de douteux que celle du cit. Vigean ne soit bien 1 uuI Späce préférable, puisqu'avec peu de dépense de 3 rs de D ci- 8: podr(*) Le cit. Vigean en a vu qui avaient jusqu'à dix-huit 6 haunb. IX-uit pouces. plus, il y a épargne de deux tiers de semence et le double de produit; mais M. Tessier ne pensait pas qu'on puùt inférer de la que l'en- semencement au plantoir fat moins profitable que le sien, parce qu'il faudrait qu'il eùt fait faire Pun et Pautre dans un terrain cultivé de la mèême manieère, et en n'employant que le nombre nécessaire d'ouvriers. Le succès de l'opération à laquelle il s'attache dépend particulierement de la manière dont il fait faire et disposer ses labours. Il serait à désirer qu'au moins les gens du pays voulussent bien Timiter; il en résulterait des récoltes plus abondantes et un profit plus considérable sur les semences.» Cet article, inséré dans les Annales de l'agri- culture, me laissait désirer quelques détails plus précis, sur-tout quand je le rapprochais de l'extrait des observations sur TAngoumois, que je connaissais et que j'appréciais depuis leur publication. Le désir de savoir à quoi m'en tenir sur les méthodes du cit. Vigean, m'inspirait une forte curiosité. Pour la salis- faire, j'ai écrit à M. Munier, et j'en ai regu la réponse qu'on va lire. ) a l m'éc tions faisal nouwe Leress dout e ine, nence ier ne belen⸗ 2 etae Sedl fait 5 eultire din que Sueces depend 10l fait sirer 2u bien loo plus 1sle sur 28 Fogni 21 délaib 8 Dehals 1! mois, i depuss „à Auo Ngen, a Sdlis- 5 eel Angouléme, le So juin 75, „ MoxsIEUR LE SENATEUR, » Jai recçu, avec d'autant plus de plaisir, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, le 22 mai dernier, que vos fonc- tions, vos voyages et une santé délicate me faisaient craindre de ne plus recevoir de vos nouvelles. Non-seulement, Monsieur, je m'in- téresse toujours à la charrue, mais encore à tout ce qui peut contribuer à la félicité publi- que, autant que 75 années et les infirmités qui en sont presque toujours inséparables peuvent me le permettre. Elles sont de nature à me faire désirer ma retraite plus tét que je ne'aurais voulu, eu égard au peu de fortune dont je pourrai disposer pour soulager ma vieillesse. Quoiqu'il en soit, Monsieur, votre correspondance ranime mon courage, et j'entre en matière. » Le cultivateur dont j'ai parlé dans mes observations sur le ci-devant Angoumois, ne cultive plus aujourd'hui comme il le faisait alors. Le temps, l'expérience, des vues par- ticuliéres, ont tellement modifié et ſixé ses procédés, que je ne puis mieux répondre à —— (125 votre invitation, qu'en vous envoyant le rap- port ci- joint, que j'ai rédigé conformément aux observations et réponses de M. Vigean, interrogé par moi, car il ne pourrait plus lui-mèême faire connaitre ses procédés par ecrit, à défaut de méthode, et sur-tout à cause de son dge, qui passe quatre-vingts ans⸗ » Ce rapport contient aussi des renseigne- mens sur la culture de la vigne, parce qu'elle se trouve liée avec celle des grains, suivant les procédés qui y sont détaillés.» Rapport fait par le Comité permanent de la Société d'agriculture, arts et commerce da département de la Charente, sur les procédlés employés par le cit. Zigean, membre de ladlite Société, dans la culture du fromens et de la vigne. «Le cit. Vigean, habitant du domaine des Rigalauds, dans la commune de Montignac- le-Coq, canton d'Aubeterre, s'occupe depuis plus de quarante ans de la culture des blés et des vignes, dans un terrain qu'il a défri- ché, et dont le sol varie en qualité, comme il arrive presque toujours dans les domaines de ce département, qui ont de l'étendue-. derni facll Non laho ferer 11 rap⸗ Inent Van, T os 20 par M out à AIgis Kezne- 28 ele I unt 1 zn la 139 d RX lles 8 da X vonl SHT' des ACnad⸗ S0uis 3b dlés 6 frl- ro0ne 1 FH“8 de —₰½ (9129). „» Quel que fuͤt le goùt naturel du cit. Vigean pour les opérations agricoles, ses métbodes n'ont pu étre fixées qu'après un certain laps de temps; mais aujourd'hui qu'elles paraissent être assurées par une longue prati- que, la Société d'agriculture a pensé qu'il était important de les publier, et d'inviter tous les cultivateurs, principalement les membres de la Société, à essayer ses méthodes, pour se convaincre par eux-mèêmes de leur avan- tage, et les propager, principalement dans tous les pays vignobles, où elles peuvent être du plus grand intérét. » Il mest pas nécessaire d'observer qu'on peut se borner d'abord à de petits essais. On prévient seulement que le froment est le seul grain dont on vas'occuper; que sa cultu- re n'exige l'emploi d'aucune espèce d'engrais, soit qu'on le sème tous les ans dans des terres de première qualité, soit qu'on laisse reposer pendant une aunée celles qui sont moins bonnes. On ne parlera méeme ici que de ces dernières terres, parce qu'il sera toujours facile d'en appliquer la culture à celles que l'on voudra ensemencer chaque année; les labours se font seulement à des époques dif- férentes et plus rapprochées. ( ecULTURE DES BL ES. hah sert »„ Lorsque les terres sont d'une médiocre déci qualité, on leur donne trois labours avec une som petite charrue, qui n'est autre chose que du P'Arau ordinaire. On peut y employer éga- ga lement celle que l'on nomme Chambise; ces sitic deux charrues sont à peu près d'un usage égal ter dans ce département. La main des femmes Hile arrache le chaume immédiatement apres la ré- quon colte; ce petit travail se fait avec d'autant plus de g de vitesse et d'économie, que chaque grain V S de froment produit trente à quarante superbes V perch épis, qui, se trouvant rassemblés en touffes pes isolées, remplissent la main, et s'arrachent hnt aisément.(Ces touffes de grain et leurs longs un V épis, ont été mis sous les yeux des Membres qen réunis en Société d'agriculture). Le chaume Temur est employé en litiere pour augmenter la( masse des fumiers que le cit. Vigean a grand par soin de se procurer, mais seulement pour la fois, ä culture de la vigne, ainsi qu'on le dira ci- et 1a 5 après. Il résulte encore de'enlèvement du eufen chaume, qu'il commence à préparer la terre i et la débarrasser de quelques insectes. v » On donne ensuite le premier labour; le du second se fait en prairial; on a seulement l'at- tention de traverser le premier. Le troisième Ghere † une A dbe Lega- J) des Sebgal 4 Us ere. lelus Hwin quh es lles TI en Bong; Abres d0 me a k 3 and 3TA b ci- 9 du slrre de' Ve dr lat⸗ x ewe * (3) labour a lieu en fructidor ou vendémiaire. II sert à former de gros sillons d'environ huit décimètres de base(trente pouces): on a soin de les diriger, autant qu'il est possible, du nord au midi, afin de les exposer plus également aux influences de l'air. La dispo- sition de ces labours indique assez que la terre se repose pendant une année; on pro- ſite ensuite da moment le plus favorable qu'on peut trouver, en brumaire, pour semer; ce qui s'exécute de la manidère suivante: Une espèce de rateau composé d'une perche de trois mètres six décimètres(onze Pieds)de longueur, et d'une traverse d'un mètre huit décimètres(cinq pieds six pouces) sur un décimètre d'équarrissage, portant quinze dents de sept centimètres(deux pouces et demi) de longueur, sur quatre centimètres (dixchuit lignes) de grosseur, taillées en coin par devant, est trainé sur deux sillons à la fois, par une paire de bœufs ‚pour applanir et rafraichit la terre. Un donrier et un seul enfant suffisent pour conduire cet attelage; ils ont Pattention de le retourner successi- vement sur les deux sillons collatéraux ‚lors- qu'ils sont arrivés à P'extrémité des premiers. Il résulte de ce travail que la terre re- muce par le rateau, se répand dans les vides, (132) vulgairement appelés réges, entre les sillons. Elle forme alors une surface plane, sur la- quelle un semeur exercé, suivant immédia- tement la charrue, distribue le grain le plus également possible. On observe que dix-sept kilogrammes( trente-cinq livres) de froment suffisent pour ensemencer une superficie de trente-quatre ares et demi, qui forment à peu près un journal de terrain composé en général de vingt-huit mille huit cenis pieds superficiels, dans le département de la Cha- rente.(C'est donc à peu près un demi- hec- togramme ou une livre de froment par perche métrique). » Comme un rateau dispose deux planches à recevoir la semence, et qu'une seule charrue ne pourrait la couvrir de terre et suivre le rateau en mème temps, le cit. Vigean se sert de deux charrues à double versoir, dont l'une passant entre les deux premieères planches, tandis que Pautre passe, en sens contraire du côté opposé, il arrive que la semence est également recouverte d'environ un décimètre(quatre pouces) de terre, qui provient de celle qui a été déposée dans les règes primitives par Papplanissement des sil- de sorte que dans un intervalle de lons; zemps très-court, la terre se trouve applanie, P, — ensel form à pe par ) dill mer deui 100s peund Tune rait! uile gear 888 eons, la- i I- * Wos ept enent — de Kulf ¹ 9q l Ards 3l Jà- ime- G1he A ss d rüe nzele 331 86 Sir) Aderes gels Re k elron 1Is qui Hs les 18 Sl- e d anie, — ( 133 z ensemencée à la mème profondeur, et re- formée en gros sillons séparés par des règes à peu près semblables à celles qui se forment par la culture du pays. » La charrue d double recoubrement ne differe de l'arau ordinaire que par des di- mensions plus fortes, occasionnées par les deux versoirs qui y sont adaptés. Comme tous les menus détails de construction ne peuvent éêtre rendus, même avec des dessins, d'une manière aussi intelligible qu'on pour- rait le désirer, on a pensé qu'il serait plus utile de prévenir le lecteur, que le cit. Vi- gean a envoyé à la Préfecture son rateau et ses charrues, et que ces objets sont déposés à Angoulème, dans l'une des salles de la maison de Beaulieu, où chacun peut les voir à son gré. Au surplus, on peut fort bien exécuter les procédés du cit. Vigean avec toutes sortes de charrues. » Ce z6lé cultivateur assure qu'en suivant ses procédés, et sans faire usage d'aucune espèce d'engrais, trois paires de bœufs et trois bouviers conduisant le rateau et les deux charrues, ont ensemencé en treize jours, avec un seul semeur et un enfant, quinze hectares et demi(environ quarante- cinq journaux d'Angoumois), et qu'il n'a été em- ( 234) ployé que soixante-dix-sept myriagrammes de semence(à peu près quinze cent soixante- quinze livres), ce qui ne fait guère qu'une livre de semence par are, ou perche mé- trique; au lieu qu'en semant suivant la mé- thode du pays, il eùt fallu trente jours pour faire le mème ouyvrage, et cent quatre-vingt- sept myriagrammes(trois mille huit cent vingt-cinq livres) de froment, en comptant, comme les gens de la campagne, un boisseau pesant quatre-vingt-cinq livres pour chaque ancien journal. Le produit de cette grande expérience a été de dix-neuf cent seize dé- calitres de froment de la plus belle qualité (six cent cinquante boisseaux pesant chacun quarante-huit livres, mesure d'Aubeterre), ce qui fait douze hectolitres(ou huit setiers) de produit par hectare. Il est évident que de pareilles récoltes faites dans un terrain de médiocre qualité, sans engrais, avec écono- mie de temps, de bras et de semence, doivent exciter l'attention de tous les cultivateurs, et qu'il est nécessaire de fixer leur opinion sur ce genre de culture. (Cependant, quelqu'avantageuse que soit la culture du cit. Vigean, il est encore le seul qui la pratique; ses voisins même les plus proches en restent spectateurs indifférens, ce qui tie 9e8, 8 cienn pour tinne (ec ou il l jou mesq ture 3 de chat „( l faut se( G. I gram vase, de sei du gre logran vire, le gre ne fau ration NKiene greni si le k se mes bete- 3 une Swe⸗ 4 me- * pour Angt⸗ lcen cent, od au 1b de g de liglle- p Sn 5 1M 18), ce 381 de P de 87n de o- d yent 194 Et witsul 9p soſt 529 le C Pus 2 e (435) qui tient vraisemblablement soit aux préju- gés, soit à la difficulté d'abandonner les an- ciennes routines, ou au temps nécessaire pour former quelques sujets propres à con- tinuer l'usage de cette intéressante méthode- Ce cultivateur a toujours vécu à la campagne où il a formé le domaine qu'il habite, et où il jouit d'une certaine aisance. Mais les hom- mes qui ne sont point partisans de sa cul- ture attribuent cette aisance au commerce de chanvre et de toile qu'il fait à Bordeaux). » Ce n'est pas assez de récolter beaucoup, il faut encore garantir les blés de la punai- sie(ou de la carie). Pour y parvenir, le cit. Vigean met environ quarante-huit kilo- grammes(cent livres) de froment dans un vase, avec l'eau nécessaire pour qu'elle monte de seize centimètres(six pouces) au-dessus du grain. Il fait jeter dans ce vase einq ki- logrammes environ(dix liyres) de chaux vive, qu'il fait bien remuer et meéler avec le grain lorsqu'elle commence à se fondre. II ne faut qu'une demi-heure pour cette 0pé- ration, après laquelle on retire le blé pour Tétendre au soleil, ou le faire sécher dans le grenier. Un jour suffit lorsqu'il fait beau; mais si le temps est humide, on a soin de remuer la semence, pendant quelques jours, oprès 1 1 (4136) le chaulage; sans cette attention, le grain pourrait se gâter; mais lorsqu'il est sec, on peut le semer, et espérer que la récolte ne sera pas infectée d'un seul épi de blé punais;: on peut méme citer à ce sujet Pexpérience suivante: » Le cit. Vigean voulant s'assurer de sa méthode de chauler les blés, prit sept litres (deux mesures) de froment le plus infecté de punaisie qu'il put trouver; il en fit chauler la moitié à sa manière, et semer ces deux moitiés lune à côté de l'autre. Cette expé- rience lui fit voir, lors de la récolte, qu'il n'y avait pas un seul épi de gaàté dans la partie qui avait été chaulée, tandis que la presque totalité de Pautre moitié n'était com- posée que de blé punais- CULTURE DE LA VIGNE. „ On ne peut donner, dans un petit mé- moire, de grands détails sur la culture de la vigne, et sur la manière de tirer avan- tage de ses produits. On rapportera seule- ment ici ceux du procédé du cit. Vigean, qui diffèrent des pratiques ordinairement usi- tées dans ce département. Ses principaux moyens consistent dans une longue taille; mais comme elle exigerait des échalas qui coüter ion 0 se col desu attac che yale qua- eing koule les b peee et der „1 rWne mer vl dans l ran ¹ on 93 de Jaas. ence ale 8 AS'lirs Anidk b ler 380 uX shpe- 3'u'll b b k aie k ⁵ J COM 17 ₰ me⸗ FPre de 19 fal- guule- V ak, n Uä⸗- 1 I'Paus Süulle; 3 dii ( 137) coùteraient beaucoup, sur-tout dans un can- ton où le bois serait rare, le cit. Vigean se contente de courber les lattes ou sarmens destinés à la production du raisin, et de les attacher avec des ficelles au Las de la bran- che, ou au pied de chaque cep. Ce culti- vateur assure que la valeur d'un franc cin- quante centimes de ficelle et deux francs cinquante centimes de main d'œuvre, forme toute la dépense nécessaire pour remplacer les échalas qu'il faudrait employer dans une pièce de vigne contenant trente-quatre ares et demi(un journal d'Angouléme). „» Il est d'expérience que cette longue taille ruinerait bientôt les vignes de ce départe- ment, si des engrais abondans n'étaient em- ployés à garantir les ceps de l'épuisement dans lequel des productions extraordinaires les jeteraient bientét. Ce sont les fumiers dont le cit. Vigean n'a pas besoin pour les terres, qu'il tourne au profit de son vignoble. Il fait annuellement vingt-huit à trente hec- tolitres de vin(douze à treize barriques) par chaque pièce de vigne contenant trente-quatre ares et demi(un journal). Pour soutenir cette récolte, il ouvre, entre chaque quatre ceps, un trou de la profondeur de quatre à cinq décimètres(quinze à vingt pouces), et (138; assez large pour recevoir une pleine hotte de fumier qu'il recouvre de terre. » Cette manieère de tirer parti de son do- maine est d'autant plus avantageuse, qu'il parait qu'on peut faire, sans engrais, de bonnes récoltes de grains; et qu'en plagant ses fumiers dans ses vignes, le cit. Vigean fait plus que doubler son industrie, en la tournant encore vers la culture de la vigne; et ce, avec d'autant plus de raison, qu'elle est la plus générale dans ce département, et la seule qui puisse enrichir le propriétaire, par l'abondance et la renommée de ses excel- lentes eaux-de-vie.» Il parait que la qualité des eaux- de-vie de Cognac et des deux départemens de la Charente tient à l'espèce de raisins dont les deux principales sont la colle, raisin blanc qui est seulement en pleine charge après dix ans de plantation, et le balzac, raisin noir dont les grappes sont très-grosses. Ce raisin a sur la colle l'avantage de pousser plus tard, ce qui le garantit souvent des gelées du prin- temps; il produit encore davantage, et il est en plein rapport à la cinquième année de plantation; néanmoins il est nécessaire de méêler les deux espèces pour la qualité du vin et celle de l'eau-de-vie. — „( qualig un 80 wau dedo poun dout vues quali quelq; aün d vendre putati eK he dlaotte do⸗ 92 pril ,(e Taxant — igean Dmn k Aee, p aBle aetult, biggre, S 2geel⸗ 5=W 2elle l 5t ls Ad: qui 5 R ans 9rrdoht 21 a sur 8 †, Ce ubrin- 9„ est IT de 3212 de 816 d (439) Cependant, comme les vins de toute qualité s'y convertissent en eaux-de-vie avee un succès à peu près égal, que les meilleurs n'auraient jamais une valeur suffisante pour dédommager le propriétaire des soins qu'il pourrait prendre, cette circonstance a sans doute déterminé le cit. Vigean à tourner ses vues vers la quantité, de préférence à la qualité; ce qui ne l'empèche pas de réserver quelques vignes ouù il ne met point de fumier, afin d'en türer pour sa table, et pour les vendre en nature, des vins qui ont une ré- putation bien méritée, mais dont la récolte est beaucoup moins abondante. „» Non-seulement le vin des Rigalauds se convertit en eaux-de-vie de bonne qualité; mais celles qui proviennent de la rãpe, ou marc du raisin, sont très-peu différentes de celles du vin.» Il est d'expérience, et tous les cultivateurs en conviennent, que cette eau-de-vie, mème celle des raisins, est aussi bonne que celle du vin; mais on sait en mème temps que les distillations sont si lentes qu'elles ne peuvent èêtre avantageuses que dans les cantons ouù le bois serait très-commun, c'est pourquoi on ne se livre point généralement à ces sortes de distillations. (140) Les cantons les plus vignobles du dépar- tement de la Charente sont situés à la rive droite de ce fleuve. «La méthode que l'on suit pour faire ces eaux-de-vie de marc, consiste, après que le vin est tiré, à passer le marc au pressoir, et à Pintroduire dans de petites cuves lors- qu'il ne rend plus rien de liquide. Alors on a soin de le bien fouler, et de couvrir les cuves, tant pour éviter l'évaporation du spi- ritueux, que pour empècher le marc de s'aigrir. » Il faut mettre de l'eau dans ces vases, jusqu'à ce qu'elle paraisse à la surface du marc. Dix-huit jours d'infusion suffisent en- suite pour en retirer un liquide qui, étant distillé comme le vin, produit cinquante- deux décalitres(soixante-dix veltes) d'eaux- de-vie marchandes. Ceite quantité peut pro- venir du marc de raisin dont on aurait tiré assez de vin pour faire soixante-deux hecto- litres d'eaux-de-vie(trente et une barriques de vingt-sept veltes, contenant chacune huit pintes de Paris); ce qui forme à peu près un douzième du produit de la totalité du vin. » On voit que le cit. Vigean ne met pas le marc du raisin dans ses chaudières, comme Pont pf partem chaudit G'emp vas „ une! infuse trente T'eaux calitres mfasio! einq v rante- la rer Iirres plus marc aant d de-Wi du vy rende » J de dis quanl ohle clair qu'l b u- 81 ſe 1i6 e ne le Aur, 28 S dLon Wes b. ( 141) Pont pratiqué quelques cultivateurs de ce dé- partement, ce qui altérait la solidité des chaudières, et donnait à la liqueur un gouùt d'empyreume qai a fait abandonner ce mau- vais procédé. » Si Pon verse une seconde fois sur le marc une pareille quantité d'eau, et qu'on la laisse infuser pendant le mème temps, elle produira trente-quatre décalitres(quarante-cinq veltes) d'eaux-de-vie, au lieu de cinquante-deux dé- calitres(soixante-dix veltes); une troisième infusion donne dix- neuf décalitres(vingt- cinq veltes), au lieu de trente-quatre(qua- rante-cinq veltes); de sorte qu'on tire de la réunion de ces trois produits, dix hecto- litres et demi d'eaux-de-vie( cinq barriques plus cinq veltes); d'ou J'on conclut que le marc de raisin peut encore fournir, en sor- tant du pressoir, environ un sixième d'eaux- de-vie de plus que celle qu'on peut tirer du vin provenant de la mèême quantité de vendange. » Le cit. Vigean présente encore un moyen de disposer les vins à rendre une plus grande quantité d'eaux-de- vie; il assure que l'on obtient cet avantage en tirant son vin au clair, c'est à dire, en le séparant de la lie, qu'il a soin alors de déposer dans de petits (142) sacs de toile, d'un metre(trois pieds) de longueur sur cinq décimètres(dix-huit pouces) de circonférence. On laisse égoutter les sacs dans le pressoir, on les presse mème un peu pendant deux à trois jours; le vin qui en sort peut encore ètre converti en eaux- de-vie, ou employé en boisson après avoir été clarifié. » Enfin, ce cultivateur tire parti de ses lies de vin, en les converlissant en petites boules de la grosseur d'une belle pomme, et en les faisant sécher pendant une partie de l'été- Lorsqu'elles sont assez seches, il les fait brü- ler dans des fourneaux, où elles se réduisent en cendres gravelées, qui augmentent encore T'environ un douzième la valeur du produit de ses vignes. Comme le cit. Vigean travaille autant pour la prospérité publique que pour son intérèt particulier, on peut compter sur sa complaisance à donuer connaissance chez lui, de tous les procédés dont on vient de parler. » A Angoulème, le 1.er floréal an 12. „ Les Membres composant le Comité per- manent. „ Signé Bonnaire, président; Munier, vice- président;, Debresme-Desganiers, Silvestre, et Doche-Delisle, secrétaire.» —— uo etrang. en enl Societ procò que: que gues C0nSd0 son de cher coup d hours Celt succes circo eoup le pr 4 M. Impi en h et do (est ment dans! ces lo adoy chan 91 de 4 es) 1 408 1un ci A- — 4 —₰ folr 2 Slies 1 as es Id. ügu- ubent 1 Äre g w 14 allle 3IOUI dqGll 92RA-Lel e 171 riwer⸗ 13 ice- ue, (143) Quoique la vigne et ses produits soient étrangers à notre objet, j'ai da reproduire en entier le rapport circonstancié fait à la Société d'agriculture de la Charente, sur les procédés de culture de M. Vigean, parce due tous ces procédés tiennent l'un à l'autre; que la nécessité de fumer fortement ses vi- gnes est la cause qui l'a déterminé à leur consacrer excelusivement tous les engrais de son domaine, et que cette cause l'a décidé à chercher un moyen de se procurer beau- coup de froment, par le seul moyen des la- bours et d'une culture particulière. Cette culture pourrait éêtre imitée avec succès par ceux qui seraient dans les mêmes circonstances que M. Vigean: et il y a beau- coup de parties de la France ouù la vigne est le principal, et le blé n'est que l'accessoire. A Marseille et ailleurs, dans le midi de cet Empire, on dispose les champs en jouelles, en houlières, dont la vigne occupe les ſiles, et dont les intervalles sont réservés au blé. C'est là que les méthodes de planter le fro- ment et de le cultiver avec économie, sont dans le cas d'ètre employées. Mais hors de ces localités, j'avoue que le dernier systéme adopté par M. Vigean, et qui retire aux champs à blé toute espèce d'engrais, sauf à ( y suppléer par des labours tout à la fois et 4 9% plus fréquens et plus profonds, j'avoue, dis- M. I je, que ce systéme ne vaut pas les premiers kande moyens employés autrefois par ce cultivateur, 1ao. et décrits par M. Munier. II est aisé de voir huür, V que le blé devait mieux venir sur un terrain le co fumé qui avait porté des fourrages. Mais dans nesl Pune et Pautre des méthodes que M. Vigean a V la pas suivies, un grand trait caractéristique est pour cullun nous un trait de lumière. C'est la profondeur 42 à laquelle il place ses semences dans un gué- V ziguli ret bien préparé. m N. C'est la, wen doutons pas, l'origine de on ses succès. Quiconque aura lu cet ouvrage Walar avec attention, conclura des raisonnemens humide de Wolf, de Tull, de Duhamel, etc., que SA en M. Vigean a su mettre très-heureusement en 10 pratique les vues de ces hommes célèbres, et V komen qu'il a, pendant cinquante ans, résolu dans ce dein — 1 le fait le problème si important d'épargner V weubr la semence et d'en augmenter le produit. ars, CG'est à ce vieillard respectable, je le ré- NBNPhureo 4 peète, c'est à lui que je présenterais la gerbe V du feo de Cérès, si j'étais appelé à décerner la ré- V Mhh compense due à l'homme que je croirais le N vis premier de nos laboureurs, par ses succès, e! par sa constance, comme il est leur doyen barde Vigear 2 par Pâge. Je fais du moins ce que je puis, glis et 10 dis- q iers igleur, 3 volr A Lrräln das 7 ene 10 age DrOlens 3) Gue Senl en 8ls, el lOe Dans 9 lgner r cült. d- l erbe 3ur- Ds le ceds, 1 doyen . puß, et ( 145) et je me plais à proclamer le nom du bon M. Vigean, comme un nom qui doit èêtre consacré dans les fastes de l'agriculture fran- çaise. Puisse-t-il recueillir cet hommage si pur, tribut de l'estime d'un homme qui ne le connait pas, qui ne l'a jamais vu, et qui n'est inspiré, en écrivant ces lignes, que par la passion ardente avec laquelle il aime l'agri- culture et la patrie! Au surplus, j'ai été frappé du rapport singulier que les systémes de culture adoptés Ppar M. Vigean me paraissent avoir avec les anciens usages de la culture du fr Lombardie et en Toscane 3 oment en dans les terres humides. De toute antiquité, Pon partage le sol en planches relevées et en petits fossés. Les planches sont semées alternativement en foment et en fèves. En l'an X, M. Moreau de Saint-Merry, ministre de France à Parme, membre de notre Société d'agriculture de Paris, fit parvenir à la Société un esem- plaire d'une instruction curieuse sur la culture du froment, ouvrage écrit en italien, et composé par un Français domicilié en Italie. Je vais en insérer ici la traduction, pour que T'on puisse comparer la culture lom- barde avec les procédés introduits par M. Vigean, aux bords de la Charente. II. Partis. 7. Instruction sur la culture du froment, bro- chure de huit pages in-S.“, en italien, envoyée la Société d'griculture de la Seine, par M. Moreau-Saint- Merry, mi- nistre de France d Parme, le 24 floréal 11 70. C'est Pauteur anonyme de cette brochure, qui parle. Né sous un ciel bien différent de celui d'Italie, je vins, dans un àâge encore jeune, m'établir dans la Lombardie. Dans mon pays natal lagriculture avait distrait quelques mo- mens de mon loisir; elle devint pour moi une occupation suivie, lorsque je fus habi- tué à passer six mois de Pannée en villégia- ture. Après avoir pendant cinq ans consécutifs suivi avec attenlion la culture des Lombards dans l'Etat de Parme, il m'a semblé facile de orriger les divers abus introduits, et d'obtenir de plus grandes récoltes, en changeant la méthode usitée de meitre en terre tous les ans une grande quantité de fèves avant le printemps. Pendant mes cing années d'ob- servation, il est arrivé une seule fois, et pas encore généralement, que la fève a rendu trois fois ou quatre fois la semence. J'ai donc changé ceite culture. J'ai persuadé, cependant avec man neuk ſesp nou le! mél lives de c 9 k cu autom les ch du fri On appe 0 s1. demi piecb sépar qul et pl Mlanc- troure ewiet terre » lu pa Oure, eD dlui Ase, 1OllA) 3up no⸗ wonoi zubi- 7 a⸗ O culs A Jhards K ede P enir 2 Lor N 915 les nt le 93 lob- 2iet bas 3 grendu C done endanf (447) avec peine, à divers cultivateurs, de suivre ma méthode; et d'après une expérience de neuf ans et un résultat toujours favorable, j'espère pouvoir étre de quelqu'utilité à mes nouveaux concitoyens, en mettant en lumière le plus clairement qu'il me sera possible, la méthode de rendre leurs terres plus produe- tives, et les expériences qui prouvent la bonté de cette méthode. » D'abord, je crois nécessaire d'expliquer la culture en usage pour semer les fèves en automne. On les seme pour l'ordinaire dans les champs où l'on a recueilli la même année du froment, après les avoir bien engraissés. On y fait ensuite des planches( porche appelées en lombard, lignes ou sions prose 0 sioni), larges d'environ deux prasses et demie de Parme,(mesure qui revient à quatre pieds deux pouces de Paris). Le sillon qui sépare ces planches, se fait le plus profond qu'il est possible de le faire avec la charrue; et puis, avec le hoyau, l'on jette sur les planches le peu de terre remuée qui peut se trouver dans le fond du sillon. Enfin, l'on émiette et Pon applanit avec la pioche la terre des planches(delle porehe. » Telle est la culture pratiquée par les gens du pays, et de laquelle je n'entends pas m'éloi- — —— ———— 148) gner; mais seulement, au lieu de feves, je seme du froment. Je vais donc faire voir les avantages de ce changement de semence, et je commencerai par donner un compte exact de la première expérience faite sous mes yeux. „ Dans un champ où l'on avait coutume de semer quatre boisseaux de fèves, mesure de Parme, on sema cinq boisseaux de froment à la place des fèves d'hiver, et le produit fut de trente boisseaux. La terre était bonne saus être pourtant des meilleures, et dans les années ouù elle était ensemencée de feves, elle n'en avait pas produit plus de vingt bois- seaux. L'eannée d'après, on a applani les planches suivant Pusage; on leur a donné une culture croisée; on a semé le froment A trois raies, et Ton a eu une récolte pareille à celle des années précédentes, et encore plus belle. La troisieme année, les planches furent faites dans Phiver, pour planter les fèves en mars. » On voit par le succès de l'expérience ci- dessus exposée, l'avantage évident d'une pa- reille culture. Les partisans de la feve, tels que les gens de la campagne, seuls consom- mateurs de ce grain, qu'ils croient fort éco- nomique„ne peuvent cependant trouver aucun mouf raisonnable d'opposition à ce change- ment répon pode zeco⸗ Jom ave⁵ le te ruin den »] urges par e condi un a „ Lm )) afec quan pour ) respe méme quant le loi les 0 eultu Lom fes, je oir les Ace, et de Kact 28 jeux. tume de SSre Ge froment vroduit 3 Donne 29 dans greves, „ pois⸗ 6 1 les 2u douné reoment 5⸗ pereile vye plus 2 furent 91 en vnce ci- lle Pl- 4 tels JL)nSOM- wyrt eco⸗ 5 aucun 2. chapge- ( ment de semence. IIs sont accoutumés de répondre au propriétaire, lorsqu'il leur pro- pose de mettre en terre du froment pour la seconde année, et pour me servir du terme lombard, de rechaumer(ristoppiare), mème avec la condition de mettre de T'engrais sur le terrain destiné à redoubler le chaume: nous ruinons la terre avec cette culture pendant deux ans de suite. » Ils ont raison; mais'avantage des planches larges et hautes est de remeitre de l'air, et par conséquent de donner une nouvelle fé- condité à une terre qui est restée pendant un an ensevelie et privée de ce bénéfice. » Ce bénéſice incontestable se retrouve dans la méthode que je propose. » La feêve, dit le laboureur, nous fournit, avec ses débris, feuilles, tiges et dépouilles, quand le grain en a été extrait, une nourriture pour les bêtes à cornes, dans T'hiver. » Quoique le surplus de la valeur du froment respectivement à celle de la fève(en laissant méme l'avantage que donne ma culture de la quantité du produit), fut suffisant pour payer le foin qu'on acheterait, afin de remplacer les cossats de fèves qui manquent dans cette culture, on peut semer du blé ras appelé en Lombardie, touzelle, dont la balle se donne ( 450) comme une bonne nourriture aux bètes à cornes, pendant l'hiver. Cet article demande une plus grande explication. » Faisons le compte des produits rappelés ci-dessus. Terre semée en feoves. Semencec.... 4 boisseaux. Récolte Ho boisseaux. Produit net 106 boisseaux. La méme terre, en froment. semenecv ů ,5 boisseaux. Recolte.. 30 boisscaux. Produit nebh).)ͤ 25 boisseaux. „ Meitons à ce grain un prix moyen. Ce prix peut changer, il est vrai; mais comme le prix des deux espèces change toujours dans la mèême proportion, mon calcul sera toujours juste au fond, en prenant pour base que le froment vaut la moitié en sus du prix des fèves. » Le prix de seize boisseaux de feves d'hi- per, la 80 )) frou mor )) )) autr. ) litior I es à p aude 2peles Odaur. 10Od1ox. aodx. T SKak. Geaux. lod auk. 51. C 21 jours Dl Serà 0q base 21 Pll 54 5 Tli- ( 1351) ver, à vingt livres le boisseau, se monte à la somme de....... 3204 » Le prix de vingt-cinq boisseaux de froment, à trente livres le boisseau„ se monte à celle deo„„ 5ot „ Bénélice du Dl..... 430 » Valeur du cossat de fèves et des autres debris........ 1107 » Valeur de la paille et de la litière retirées du blé6 or En moins 30. ci. 309 „ Ces trente livres de moins sur la valeur de la paille et de la litière, ré- duisent le benéfice A........ 400* „ Je n'ai pas tenu compte de la balle du froment, laquelle, étant sans barbe, peut étre donnée à manger au hétail. » Dans les sillons creux qui séparent ces planches, quoique semées en blé, on peut toujours recueillir Pherbe fraiche, comme c'est l'usage des gens du pays. La facilité de nettoyer les blés avant leur maturité, en otant avec soin toutes les plantes parasites, est un avantage qui doit être pris en grande considération par tous les agriculteurs. Ce froment sera toujours destiné pour les se- 152 () mences des années suivantes, parce qu'il recu sera toujours plus beau et plus net. ver; » La Lombardie est en grande partie basse, que 1 humide, et sujette à des sources que les Lom- 3 Iore 4 bards appellent scalie. On voit clairement„ comment le blé, accoutumé à souffrir dans rie les printemps pluvieux, végète avec force un quand tout autour de ses racines il y a une 7) 1 raie profonde qui attire humidité nuisible. 1 En outre, le froment, dans cette culture, pre- from nant plus d'air, végète avec plus de vigueur, de r6 4 et je ne l'ai jamais vu couché. Je ne veux lg 1 pas assurer que cela ne puisse arriver; mais parce je puis bien assurer qu'il y en aura peau- en p coup moins que de celui qui est semé en plein ques champ ou sur des lignes étroites. Suh „» Avant de rendre compte des autres expé- et’ 1 riences que j'ai faites, je prie les agriculteurs, en après m'avoir lu, sils le peuvent sans partia- d'abo lité, de ne pas chercher à m'opposer les rai- mem 1 sons tirées de l'habitude et des préceptes de mais leurs anciens, mais bien de faire une épreuve ne) de ma méthode. Après l'expérience, je ne aqris crains plus la critique. Jai partout des imi- heau tateurs: je vois cette culture, pratiquée par. anne mes voisins, devenue presque générale, et rie en bon citoyen, je m'applaudis de voir le pays plus abondant et plus riche. uij se, m- mend dans force a une expd- leurs, arlia- e Tai⸗ es de rreure ſe ne imi- e pär le, et oir le 153) » Toute métairie dont l'étendue permet de recueillir quatre cents boisseaux de feêves d'hi- ver, peut gagner avec ma méthode, telle que je viens de l'expliquer, quatre mille livres par an. » Je passe maintenant à une autre expé- rience que j'ai faite il y a deux ans, dans un terrain fort, un peu sujet aux scalie. Je n'y ajouterai aucune réflexion. » Javais, selon mon usage, fait semer du froment en place des fèves d'hiver. J'avais de reste un boisseau, mesure de Parme, de blé que mon fermier ne voulait pas semer, parce qu'il n'avait plus d'engrais. II me vint en pensée, d'après des principes agronomi- ques trop longs pour les détailler ici, de substituer au fumier de la chaux que j'avais et que Thumidité de P'air avait déjà réduite en poudre. Mon désir était que l'on jetät d'abord la chaux sur le terrain avant le fro- ment, et que l'on fit ensuite les planches; mais le bouvier sema, fit ses planches, et ne jeta la chaux dessus que quelques jours après. Je n'ai pas vu dans cette terre de plus beau blé que celui-là, et le produit de cette année a été aussi très-considérable. La quan- tité de chaux fut d'un boisseau et un quart. » Voyant que dans les planches, soit de X * (154) fèves d'hiver, soit de froment, soit de fèves printannières, la terre du fond de la raie ne donnait jamais aucun produit après avoir servi à écouler les eaux pendant Phiver, j'é- prouvai d'y faire semer de l'avoine au prin- temps, non pas comme on pourrait le croire, sur les berges ou talus des planches, mais bien au milieu de la raie. La méme terre tombée des berges, dans la sécheresse, suffit pour la recouvrir. Elle vint treès-belle, et me fournit du fourrage précieux pour mon bétail avant sa maturité, indépendamment de celle que je fis laisser pour en avoir la se- mence, ct de celle que je fis sécher au soleil quand elle était encore verte, et que je fis porter au grenier à foin. » Agriculteurs diligens! sachez-moi gré de mes occupations, éprouvez ma méthode, et faites connaitre le résultat de vos expériences, pour servir le public, ou pour le détromper, si vos succès ne sont pas tous aussi fortunés que les miens.» Telle est la brochure qui nous fut envoy ée de Parme. II ne sera pas inutile d'y ajouter quel- ques détails, pour montrer que ceite culture vulgaire en Italie, a été celle des Romains. M. Simonde, de Genève, dans un tableau bien fait de Tagriculture toscane, dit en parlat altern élant suiva repre en qui dres nière kouk- Coupe lemen encore parcor ce qa wiit entre ilier pag. M. sur I plusi deux nomm en dil dit q (pore Tayo. etes ſ parlant du labourage, que le terrain se trouve ne alterné presque selon le systéme de Tull, Pvir étant une année en semence, et servant la 1 fe. V suivante de rigole. Il donne une ſigure qui In-* représente le terrain ainsi creusé et refendu 1 Jore, V en monticules et rigoles. Les plates-bandes qui ont quatre ou cinq pieds de largeur sont 3 teme dressées au moyen de la houe avec la der-— 2esufft nière propreté. Le champ, une fois semé, a d., et tout-A-fait lair d'un jardin. Les rigoles, qui 1o on coupent tous les chomps, ne servent pas seu- um de lement à l'écoulement des eaux, elles forment n se- encore comme autant de sentiers pour les 1 vleil parcourir et les nettoyer de mauvaises herbes, 300, fs ce qu'on fait régulierement pendant tout le 8 3 printemps. Ces sillons servent aussi à donner 8 1 d entrée à l'air et aux rayons du soleil, et à for- 1 Jie, e liſier la paille, eic.(Agriculture toscane, qpucs, pag. 52 et suivantes). 6 lrer, M. Dickson, auteur anglais d'un Traité 9 duns sur Pagriculture des anciens, conclut de 14 plusieurs passages de Columelle, qu'il y avait w cece deux manières différentes de semer, qu'on uo qusl nommait semailles sur les arétes, et semailles Sälture en sillon. En décrivant ces arétes, Columelle Maine dit que les cultivateurs les appellent arêétes Y 1 1 hlca(porcas) quand la terre qui est entre deux 1— Aülila rayons est à une plus grande distance que* — (156) par un labour ordinaire, de sorte que le milieu est G6levé et forme une couche sèche pour la semence. Et en parlant du labour et des semailles des terres légères, il dit Dans une pareille terre, il ne faut pas semer sur les arêétes, mais dans les sillons, neque in lird, sedl sub suloo. Vincent Janara, auteur italien plus moderne, atteste que la méthode romaine de semer en aréètes se pratique toujours en Italie. Il en donne mème une description particulière rap- portée par M. Dickson.«Revenons, dit-il, à la charrue avec laquelle nous arrangeons nos champs de deux manières; l'une en divisions ‿ larges(vaneggie), composée de la réunion Q de plusieurs traits de sillon(Laghe), l'autre Q en arêètes(Qτaderni), que les Romains nom- Qη‿ maient porche.»(ou dos de truie, com- me nous disons en français, dos d'äne). Après avoir décrit les vaneggie, il ajoute:«TLor- »„ dinaire est de labourer en quaderni, lors- » que le grain est semé. Après que les champs „» sont hersés et semés, le laboureur, for- » mant un sillon, couvre environ un pied et » demi de la terre semée, avec celle que la » charrue enlève; ensuite, versant par l'au- » tre côté, il fait un autre sillon à environ trois pieds de distance du premier, et il — » en ) tirée ) forn ) piec ) pou y nui differ Roma d'une celte 0 Suifi que lat fallaite mais eh On heauco gean. de sen quelle ont à e culture page 1 Ains nomiqu des, ap. Vatiohs. il(kit prépar ne le Meche bbour Kdt: ewer 1 neque 2lerne, eer en alll en ilurap. ba, à 33 nos Drons 1Auon de 18 noll- 1n com- 3ipris or- 1S lorS- 23 lAmps 13 fr- urd et allie k 2q Pau- 3 teiron 191 et 1 (55) en jette la terre contre celle qu'il a déjaà ‿ » tirée du précédent sillon. Cest ainsi qu'est » formée une petite digue d'environ trois » pieds de large, avec des raies sur les côtés » pour faire écouler les eaux superflues, si » nuisibles aux grains.» Il n'y a aucune différence entre cette méthode et celle des Romains, excepté que ceux-ci se servaient d'une charrue à deux versoirs, qui rendait cette opération plus prompte et plus suúre. Suivant ces manières de semer, il n'y avait que la moitié de la surface d'ensemencée. II fallait non-seulement sarcler les intervalles, mais encore sarcler les rangées, etc. On voit que ces détails se rapprochent beaucoup de ceux de la culture de M. Vi- gean. M. Dickson voudrait que cette méthode de semer fut universellement adoptée; il croit qu'elle mérite Pattention de tous ceux qui ont à cœur les intérèts de leur pays.(Agri- culture des anciens, chapitre XXIV, tome 2, page 14). Ainsi, l'esprit humain, dans la science agro- nomique comme en beaucoup d'autres scien- ces, après un long circuit et bien des obser- vations, est obligé de revenir au point d'où il était parti; et la méthode des Romains pour préparer la terre à la culture du froment, V (158) serait encore celle qui obtiendrait la préfé- rence, puisque J'agriculteur français qui a le mieux connu et le plus perfectionné cette méme culturen, se serait trouvé ramené, sans s'en douter peut-étre, à la pratique pri- mitive des laboureurs roömains! Raison de plus d'étudier avec plus de soin qu'on ne fait, les anciens géoponistes! C'est un texte important, et que j'aurai oc- casion de commenter ailleurs. Ceux qui auront la notre ouvrage avec attention, récapituleront eux-mémes les di- verses méthodes que nous avons développées. Il n'y en a aucune, depuis les tentatives du philosophe Wolf, jusqu'aux deux procédés employés par M. Vigean, qui ne puisse don- ner à penser aux cultivateurs, et leur suggérer des moyens d'améliorer la routine vulgaire. Nous n'anticipons point sur les réflexions que notre livre fera naitre; mais nous serions heureux d'avoir un jour à rendre compte des effets qu'il aurait produits, s'il était dis- cuté dans les assemblées agricoles de tous les cantons de IEmpire. Nous allons maintenant nous occuper du choix à faire entre les diverses espèces, ou les variétés des plantes céréales. N 008 ge ecl de te la cé Le de cet rensei decun sont de me eulture Laub des N leeile 159 réfé- Acelle at, GHAWIPRE NTW Se prr Im a: Oe kält, Du choix des espèces de grains, ou des meil- leures sortes de plantes céréales„ At 7.O dis Laoe- Froment. Travaux de la Sooité économigue de Berne, de Haller, de Mr. Turgot, Ssrarec Tessier, Chancey, Thouin, Villele, ete. Bel 6 d- exemple donné par un Empereur chinois. Gnées. lehts du N 7 S0des SHous avons dit que Tschifféli, descendant 9 am. de celui qui introduisit le premier les pommes I n ggerer de terre en Suisse, avait fait établir, en 1759, J laur la célèbre Société économique de Berne. ahs gu Le Recueil des mémoires et observations Merois de cette illustre compagnie contient plusieurs elonpv renseignemens sur le grand point qui nous Lii r occupe. Nous donnerons seulement ceux qui . tous sont les moins connus; notre désir étant 25 de mettre sous les yeux des amis de P'agri- whek da culture, parmi les faits et les mémoires re- 5 o latißs aux moyens d'augmenter le produit 2 des plantes ceréales, ceux qu'il est plus dif- ficile de trouver rassemblés, et qui ne sont (60) pas reproduits dans le Cours de l'abbé Rozier et autres livres plus communs. Les Mémoires d'agriculture de la Société de Berne ont une sorte de préface ou d'in— troduction extrémement intéressante. IIs com- mencent par des reflexions sur L'agriculture, composées originairement pour une cour d'Allemagne, et contenant huit paragraphes. §. I.er De la considération due à l'agriculture. §. II. De Pétat successif de Pagriculture, chez les anciens.§. III. Des efforts modernes pour perfectionner J'agriculture.§. IV. Des métho- des pour augmenter la fertilité de la terre. §. V. Des méthodes pour augmenter et per- fectionner les productions de la terre.§. VI. Des moyens pour multiplier et pour répandre les connaissances sur T'agriculture. 6. VII. Du concours de la législation aux progrès de J'agriculture.§. VIII. De la direction de Tagriculture, dont l'auteur veut que l'on fasse un département séparé, confié à un ministre particulier. Il cite P'établissement fait par Heuri VIII, roi d'Angleterre, d'un tribunal destiné uniquement à veiller sur la perfec- nion de l'économie générale de son royaume. ( Mémoires de la Société économique de Berne, tome 1.er, pag. 5- 52). La Suisse avait grand intérét à perfection- ner c Fassur dances jet q Traite les q tre qu'un de co aneiens les pa) 1.] Sociélé 1759 3 » TASo » pit „ pec » renc ticull Ace diaere Thoun le Ber 2. 4 par N. me 70 3.“] noncé 30 zier 2 niëté 10 In- I ww⸗- S Nure, E cour S leS KAhure. vLL he rDür alho- Are. 1t mr m Nor me. 1AArn, 119,Uo“ ( 261) ner chez elle la culture des grains, pour s'assurer, dans ses montagnes, des subsis- tances moins précaires. C'est le premier ob- jet que la Société de Berne ait cru devoir traiter avec solennité. On lit dans son Recueil les quatre mémoires suivans, trop longs pour étre analysés, et qui ne présentent d'ailleurs qu'un intérêèt local; mais il peut ôtre utile de consigner ici la table de ces mémoires anciens, dont on peut tirer parti dans tous les pays de montagnes. 1.0 Essai sur la question proposée par la Société économique de Berne, pour l'année 1759, conçu en ces termes:« Expliquer les » raisons qui doivent engager la Suisse, par » préférence, à la culture des blés; les em- » pêchemens généraux et particuliers qui s'y » rencontrent; les moyens généraux et par- » ticuliers que ce pays fournit relativement » à cette culture.» Par M. Albert Stapfer, diacre de lEglise de Diesbach, près de Thoun.(Mémoires de la Société économique de Berne, tome 1.er, pag. 53- 100). 2.0 Autre Essai sur les mèêmes questions, par M. Jean Bertrand, pasteur à Orbe.(Mè- me volume, pag. 101- 147). 3. Mémoire pour concourir au prix an- noncé et proposé par la très-louable Société — (162) d'agriculture, à Berne, pour l'année 1759, par M. le Marquis de Mirabeau, L'auteur de DAmi des hommes.(Mème volume, tome 1, partie II, pag. 227- 310). Suite et conclusion de ce Mémoire.(Tom. 1, partie III, pag. 443- 477). 4. Mémoire sur le sujet proposé par la Société é6conomique Suisse, à Berne, dans le journal helvétique de janvier 1759, par M. Sei- gneux de Correvon.(Méme recueil, tome 1, partie II, pag. 312- 368). En 1772, ce Recueil offre des essais cu- rieux sur la culture des blés étrangers. On avait essayé, 1.°, le froment de Smyrne; 2.0 le froment d'Arabie; 3.“ le blé de Va- lachie(tome 13 des Mémoires de la Société de Berne, partie II, pag. 51- 61). Ce que Pauteur disait du produit de ces plés, pré- sentait leur culture comme étant très- avan- tageuse; mais ces plés, venus de si loin, étaient fort mal décrits. On s'aperçut alors que les plantes les plus utiles avaient été trop négligées par les auteurs de botanique, et qu'il régnait un grand désordre dans leur nomenclature. On eut d'autant plus d'intérèt d'examiner cette matière et de l'approfondir, qu'il sur- vint, coup sur coup, plusieurs années très- A. malbei genéra souren que le Jebre miqu qui e éerits traire quil! propos rgnaie sortes ( 0 dpale de co tance quant Dlés, dénow varlet class senter veut e dinaiire Vllags relauu donne d k 1PSl 9 3 1„hei Oll, üsau- elsy)n Vle;; 5 ſa (163) malheureuses, et qu'il régnait alors une disette généraleé. Ce fut dans cette époque, dont les souvenirs affligeans ne sont pas encore effacés, que le gouvernement de Berne nomma le cé- lebre Haller directeur de la Société écono- mique de Berne. Son érudition immense et qui embrassait tout, s'était nourrie aussi des écrits sur Pagriculture, qu'il avait soin d'ex- traire, de classer et d'apprécier, à mesure qu'il les lisait. Mani de ces secours, il se proposa d'éclairer les ténèbres profondes qui régnaient dans la connaissance des diverses sortes de grains. «Quoique le pain, dit-il, soit notre prin- cipale nourriture en Europe, que ce genre de commerce soit de la plus grande impor- tance, et qu'ainsi on cultive généralement une quantité incalculable de différentes sortes de plés, il n'en est pas moins vrai que leur dénombrement est si fort incomplet, et leurs variétés nombreuses si peu connues, si mal classées, qu'il arrive souvent qu'on ne saurait s'entendre d'une contrée à l'autre, quand on veut en parler. Il n'est mème pas extraor- dinaire de retrouver dans les cantons et les villages d'un même Etat, la mème obscurité relativement à ces matières, faute de savoir donner un sens précis aux dénominations ( 164) ordinaires des blés, et par la mauvaise ha- pitude de laisser subsister autant de dialectes qu'il y a de différens districts. Il en résulte qu'un avis économique donné à un pays ne peut ètre compris dans T'autre, ce qui rend sa publication aussi inutile que si on la com- posait en langue hébraique. „ Cette difficulté est encore augmentée, parce que les botanistes(et sur-tout les mo- dernes) négligent d'observer les blés, à raison de la mutabilité de ces variétés qui s'altèrent pour les moindres causes, et qui semblent ou appartenir à d'autres variétés, ou retourner à la structure naturelle de la plante qui les a produites. Cependant il est indispensable de les spécifier le plus exactement possible, puisque ces grains précieux, les plus néces- saires de tous, augmentent ou diminuent de valeur, selon leur espèce, et qu'on attache beaucoup de prix à les distinguer, afin de connaitre l'espèce qui réussit plus ou moins, et afin de savoir celle qui produira le plus dans un sol ou dans l'autre; car c'est après en avoir déterminé soigneusement la nature, que Pon choisit une espèce particulière qui puisse convenir au terrain où l'on veut la placer, tandis qu'au contraire, cette mème espece ne pourrait étre cultivée avec succès en d'— essen! de gr doi! uns sont y sétai de g- tenir lesque arait é du Sca 1771e en de!. et cu de pl bonté me e M. B moen et ho Abrah Saness eneor reche des 8 1e ha- ib etes alte — ne Peund om „alee, X Io- 1 Sol eeent uee t weer 9 glés qede ꝗ Ne, 2 bees⸗ vuit de ache 4 4 de O0IIS; 8 plls 'eplis malure, ill di „t h 1 eme 9 uccis (165) en d'autres lieux. Ainsi il est presqu'aussi essentiel de connaitre les différentes espèces de grains que leur nature primitive, ce qai doit faire sentir la nécessité de désigner les uns et les autres par les attributs qui leur sont propres.» D'après ses réflexions à cet égard, Haller s'était procuré de tous côtés autant d'espèces de grains qu'il lui avait été possible d'en ob- tenir de ses amis et des cultivateurs avec lesquels il avait des relations; ensuite il les avait examinées avec la loupe et au moyen du scalpel. Dans les années de disette de 1771 et 1772, les grands propriétaires de terres en Suisse firent venir des blés de P'Europe, de l'Asie et mème de l'Afrique, qu'ils semèrent et cultivèrent soigneusement. Haller se loue de plusieurs d'entre eux qui avaient eu la bonté de partager ces grains avec lui; il nom- me entr'autres son ami et son cher Gesner; M. Bazin, seigneur de Duillers; M. de Gou- moens, seigneur de Buchtenberg; le célèbre et honnète M. J. Rodolphe Tschifféli; M. Abraham Gagnebin, fameux par ses connais- sances en botanique; M. Grüner, et d'autres encore, qui l'avaient infiniment aidé dans ses recherches, en lai envoyant des échantillons 31 des grains qu'ils possédaient. —— 6 456) Cependant j'avoue, dit M. Haller, que ma collection n'est pas aussi complète que je le souhaiterais, quoiqu'elle contienne tous les genres de blé dont Linné a parlé, et méème des variétés auxquelles ce grand homme a refusé'honneur d'éètre classées d'une manière particuliere. Sans doute, il eùt mieux valu que j'eusse encore sous les yeux des échan- tillons des grains qui sont cultivés dans plu- sieurs provinces de'Angleterre, dans quelques parties de la vaste Allemagne, en France et en Italie. Mais mon grand âge ne me per- met plus'espérance d'étendre mes recherches aussi loin que je le voudrais; je suis obligé de me borner à ce que je puis examiner ici. Je ferai done mention principalement des es- pèces et variétés de blés qui croissent en Suisse, et des semences étrangères qui y ont été introduites, afin que du moins, dans ma patrie, un ami puisse entendre P'autre. S'il arrive qu'en outre de ces espèces on en cultive un plus grand nombre ici ou ailleurs, je désire que de jeunes amateurs de P'agri- culture, pourvus de plus de forces et de loisir qu'il ne m'en reste, entreprennent et per- fectionnent l'ouvrage que je vais commencer sur les blés de ma patrie. » Le plus estimé de tous les blés, est sans contre la plu lei les de les o from dron eises de N Lo H terons ſexion mualog les no gopo 1.5 dans nom (e un b les e dans hat e La Haller primi Ou a- Spille ——— ( 167) Il gue contredit le froment, qui proquit la farine fue e V la plus belle et la plus 3evoanfnsen„ Sus les lci nous ne pouvons suivre Haller dans ene b les détails qu'il nous donne pour combattre V les opinions de Linné„Het pour déerire les fromens qu'il avait observés. Ceux qui vou- dront à cet égard des connaissances plus pré- cises, peuvent consulter avec fruit le livre 7 de M. Dumont-de-Courset„qui a pour titre: 5 4 Le Botaniste cultivateur. Nous nous conten- P ſues terons d'extraire de l'éerit de Haller les ré- 3il ei flexions générales et quelques faits particuliers * analogues à notre plan. Nous y joindrons les notions que se sont procurées depuis les ebi géoponistes francais. 1 1. Haller parle d'abord d'une espèce connue 15‧8 dans les cantons froids de la Suisse, sous le nom de froment barbu. EF an Ce froment a des épillets à quatre fleurs, be m un peu velus dans leur partie inférieure; 26*di les calices sont tronqués, ils ont une pointe 3on e dans le milieu; la semence tombe quand on 2dkeum bat ce blé. b al La première variété de ce froment, que 4 ts löiäl Haller considère comme une plante naturelle et Ir per- primitive, est ordinairement pourvue de barbes 1 rouence- ou arétes; il la nomme froment avec des épillets à quatre fleurs, qui sont un peu velus It 9305 24448 ———— ( 168) dans la partie inférieure, et dont les valves des fleurs ont des arêètes. Cette espèce a cela de particulier, que son chaume est presque toujours ſistuleux, sur-tout dans P'Helvétie. Ses épillets sont entièrement polis; ils portent ordinairement quatre fleurs, mais le plus souvent il y en a deux de stériles. Quelques- uns de ces épillets ont jusqu'à cinq fleurs; mais alors il n'y en a guère que trois qui ſournissent de la semence. Les fleurs sté- riles ou imparfaites sont souvent terminées par un petit corpuscule un peu velu, à peu près comme celui que Linné attribue au grain qu'il décrit sous le nom de melique. Haller assure que ce froment est précisé- ment celui qui peut être semé avant Phiver ou au printemps- à& volonté. II dit en avoir fait P'essai chez lui, parce qu'ayant labouré trop tard un de ses champs, il fut obligé de le semer à Pentrée du printemps. Ce grain qu'on ne semait alors qu'avant cette époque, réussit à merveille, et la récolte surpassa de beaucoup les espérances de Haller. II ajoute que M. de Saussure sema également au prin- temps différens grains qu'il avait fait venir de Sicile et de Barbarie; et cet essai de sa part a fait découvrir quel avantage on pourrait tirer de ces blés d'été, en cas de disette, lorsque qu qu. dans TäSan Kren le fr ci:l Nde raci uge Dons est p Deurs dair petit Lin lai ce lyeibu drista espee quel. I ( 469) lorsque des pluies continuelles et un automne défavorable empéchent de préparer les champs à l'époque convenable; ou bien quand on prévoit une mauvaise année et qu'on désire par cette raison, amasser le plus de grain qu'il est possible. C'est par ces motifs, ajoute encore Haller, que je ne puis étre de Pavis de Linné ‚lors- qu'il croit trouver deux espèces distinctes dans ce genre de froment, en le caracté- risant d'après le temps des semailles. La dif- férence la plus réelle que j'aie remarquée entre le froment q'hiver et celui d'e été, est celle- ci: le froment d'hiver rapporte davantage; il devient plus gros et plus parfait; une seule racine fournit une plus grande quantité de et la plupart des fleurs produisent de bons grains; au lieu que le froment d'été est presque toujours faible et m fleurs sont souvent stériles, tiges, aigre, ses ses épillets sont clair semés, et ses racines produisent un très- petit nombre de liges. Linné distingue le froment d'hiver de ce- lui d'été, et nomme celui-ci(triticum cibus Tucdrifloris, ventricosis, eristalis, Spec. page 126), qui est la première espèce de Haller. C'est précisément la méeme que Linné a décrite aussi la premieère sou II. Partie. 8 04— imbricatis, 8 le ( 170). 48 1 nom de froment d'été. Rav, au contraire, ne mouri reconnait(ainsi que Haller), que le froment devier d'hiver, qu'on peut semer à volonté, au dans printemps ou en hiver, et qu'on ne sème 4 uné jamais au printemps que quand on n'a pu le prod- faire en automne. J. Baubin, ce botaniste quin célèbre, si habile sur-tout dans les distine- parfe 1 nions difficiles, réunit le froment d'hiver et presch ’ celui d'été sous le nom de(triticum valgare, sont s 8 glunds triturando deponens. 11, page 407), V z0nes i 1 kroment ordinaire, qui perd son enveloppe zu ligen quand on le bat. On nomme aussi ce froment, lS mo- blé grison. Haller le classe sous la lettre A, Aoire. 1 et il décrit ensuite des variétés différentes sous 2. l „ jes leitres B, C, D. E et. TIdmt 1 Le blé, dit-il, dont nous avons parlé f Nren V jusqu'ici, est considéré comme préférable à distig f toutes les autres graminées; il a le grain le premig plus gros et le plus pesant; la farine qu'on mire. en retire est à la vérité un peu jaune, mais gnes, elle est d'un godùt très-agrèéable ‚Ret contient Myens plus de parties nutritives que celle des autres a7e 4 „ℳ grains. Cette plante est cultivée dans la plus le grande partie de la terre habitée depuis la sorte der 3 Perse jusqu'en Portugal, de Egypte jusqu'au apponte royaume de la Tingitane. Elle croit également 3 lachie pien dans les contrées du nord; les froids de la en la Suèbde et de la Russie ne la font Pas répandu re, ne voment té, au Sene dpukk kaniste Jistine- er et vgare, 8,o), ppe aent, Ire A, 31 5008 v b 1 rable 8 Train le 1 Lu'on 2 Wäss „ onbent S autres plus uis la 8, Ic'Sq al Muemert roids de 3 Jont PS (arn mourir; dans'Amérique septentrionale elle devient très-belle, mais elle ne réussit pas dans les pays trop chauds. La nature a des- tiné ceux-ci à la culture du riz et à d'autres productions. Dans les contrées chaudes, mais qui ne sont pas sous les tropiques, elle réussit parfaitement. Le grain y est très-compacte et Presque dur comme de la pierre; les chaumes sont fortement remplis de moelle. D zones froides son grain est sa tige est creuse. En Suisse les montagnes, parce que ans les moins nourri et „on la sème sur 'humidité lui peut nuire. 2. L'espèce dont Haller parle e nsuite, en est une véritable et tout-à-f ait différente des précédentes; de sorte qu'elle est facilement distinguée par les cultivateurs— premier coup d'œil suffit pour la naitre. et méême le faire recon- Celle-ci est le blé ordinaire de tagnes,'épeautre„‚avec barbes ou Il yen a plusieurs variétés s mon- sans barbes. , que Haller décrit aveC soin. Haller décrit une belle sous-v ariété de cette sorte de blé, à quatre fleurs. Elle avait 6té apportée à Berne, sous le nom de blé de Va- lachie. La culture de lépeautre m'est pas très- répandue. On le cultive en Italie, dans que⸗- ( 2.)„ 1 ques parties de la France, en Suisse, en hvissi Franconie et en Suabe. Dans le canton de exced Zurich, on ne cultive presque que l'épeautre. Tyi Plus loin, vers le nord, on ne le trouve plus-.„ tome A Berne, aussitôt qu'un acre de terre est un 7 peu humide, les cultivateurs aiment mieux y bg. semer de l'épeautre que du froment, parcè 7 1 que Phumidité lui est moins nuisible. Lé- long peautre est si commun dans ce pays, qu'on Pe lui attribue particulièrement le nom de l6, Da comme on fait pour le seigle en Allemagne, ne d5 ou il est le grain le plus commun, et en 1, p 1 Suèede pour Torge, qui, en ce pays, a la nuelbi 4 mème primauté. core. L'épeautre a nécessité une nouvelle dispo- ce sition dans la meule des moulins, afin de le„ Ns dégager des pailles qui y adheèrent. Than ſ V La farine de l'épeautre est plus sèche et maig — moins nourrie que celle du froment, quoi- c 4 qu'elle ait la même viscosité, mais elle est dans très-blanche. Le pain que Yon en fait est LSe un peu moins agréable au gout et se des- Son 6 seche plus promptement. Au reste, cette fa- ee rine est employée comme celle du froment, lcbes à tous les usages des cuisines et aux patis- i ai series. 8 Sege 3.° Lespèce qui suit, dans Haller, est tout- ghr A-fait différente du blé commun, triticum Kein d ‚en n de wtre. Mos. eK un ieus„ 1 Jares b. Le- quon oe 16, Aigne, aet en Jah „üspo- 1 àe Ne 1 w'che et 1 quoi- lle eK a e ze des- gette fa- pment, paus- est kout⸗ iticun LrlluW 2 ( levissimum locustis triftoris, floribus calycem excedlentibus, compressis, longissime aristatis. Triticum Polonic; Morison, III, sect. 8 tome 1.er, figure 8. Triticum Polonicum, Plucknet. Phytograph. fig. 6, tome 231. Figure un peu défectueuse. Triticum calycibus trifloris nudis, flosculis longissime aristatis, racheos dentibus bar- 7 batis. Linné, page 127. Dans cette définition le caractère des barbes ne distingue pas bien ceite espèce de notre blé, puisque dans celui-ci elles existent quel- quefois d'une manière plus remarquable en- core. Ce blé de Pologne est, suivant Haller, la plus belle des espèces de blé; son épi est long d'un demi-pied, et cependant il n'est point maigre, mais assez serré. Au-dessous des épillets de fleurs on trouve un anneau de poils courts; dans le haut de l'épi, ces poils sont plus longs. Les épillets se touchent les uns les autres„et sont superposés comme des écailles. L'épi n'est interrompu nulle part; chacun des épil- lets est d'une longueur extraordinaire; souvent ils ont un pouce de long; les balles sont pres- sées et comprimées, et les fleurs parfaitement glabres et d'un verd glauque. Les balles ca- licinales sont mucronées, et la barbe est d'une ( 174) Jongueur bien moindre que celle des espèces précédentes. Les épillets ont trois fleurs, quel- quefois quatre; mais ordinairement une des fleurs est stérile, et quand il y en a quatre, il s'en trouve toujours deux de cette espèce. La balle extérieure est située comme le calice, et porte une arréte trifide, dont la barbe du milieu est longue d'un demi-pied. La balle .. intérieure est de beaucoup plus courte. Le 1 grain est plus allongé que celui des autres plés, il est du reste renflé d'un côté et tra- versé de l'autre par une rainure; il est un peu velu à la pointe et tronqué à la base. Les feuilles florales sont Jancéolées et au nom- bre de deux. Il a été envoyé sous le nom de blé de Valachie, blé d'Egypte, blé de Surinam, blé de Mayador. On choisit P'é- poque du printemps pour le semer, et cetle circonstance mériterait qu'on fit plus d'at- tention à ce blé, comme nous le verrons c par la suite. 1 4.0 La plus petite des espèces de bplé est celle qui est nommée uniloculaire. C'est le petit épeautre que l'on sème sur les mon- tagnes; mais son pain noir, peu agréable, ne sert que pour nourrir ceux qui n'en ont pas de meilleur. Voilà ce que Haller dit des fromens en gé- — 2 neral. latine peuse teurs G. a pr 8 ran. pars d Nat C dhie Conpo qui d peauun et en nomme primés. II. Noeler dees juel- ges datle, Meed. cälee, arbe du balle de, le autres „ tra- dt un ibase. saom- 9 Nom 1w de dit Ps⸗ a celle V Glat⸗ Jexrous hlé est est le mon- zable, uen ont g en ge⸗ C175) nèéral. Je n'en ai retranché que les phrases latines et les détails de botanique, qui ne peuvent s'apprécier par de simples agricul- teurs. G. L. Koeler, botaniste à Mayence, qui a publié en latin une description des plantes graminées de la France et de l'Allemagne, et qui l'a dédiée à notre illusire Lacépede (in- 12, Francfort, 1802), distingue aussi duatre espèces de fromens cultivés. I. Löune est le blé par excellence, ou froment cultivé plus généralement(triticum sativum, en allemand, weizen), originaire du pays des Tartares baskires. Koeler en recon- nait quatre variétés, 1.“ le froment d'été ou d'hiver, avec barbes, sans barbes, à grains roux, à grains blancs; 2.° le blé renflé, blé d'Angleterre(triticum turgidum), avec barbes. sans barbes, à grains roux, à grains blancs; 3.“° le blé branchu, blé de Miracle(tritieum compositum, en allemand, wunder weizen), qui donne des épis rameux; 4.“ le faux épeautre, ou grand épeautre(triticum Spelta, et en allemand, spelz), que d'autres ont nommé blé-orge, dont les épis sont com- primés. II. La seconde espèce de blé décrite par Koeler, est le blé de Pologne(triticum ( 156) Polonicum, en allemand, Pollnicher weizen), que nos anciens botanistes paraissent n'avoir pas connu. Il differe du blé cultivé ordinaire par un épi plus grand, de couleur bpleue- cendrée, et par des grains plus allongés. III. La troisième est l'épeautre(trilicum monococcon, en allemand, dinckel). IV. La quatrième espèce est l'épeautre à deux grains(triticum dicoccon, et en alle- mand, emmerkorn). M. Medicus, auteur d'un essai de systéme agronomique, en allemand, observe que'a- griculture réclame des recherches et des ex- périences nouvelles sur le choix des planies économiques, et sur-tout des fromens. II dit que l'on préfère en Angleterre le froment planc à balle mince, dont Arbuthnot a pro- pagé et étendu la culture. Il fait un éloge motivé de l'épeautre, ou froment locar. Ce blé a, selon lui, l'avantage particulier pour la culture moderne, qu'il réussit beaucoup mieux après le trèfle que d'autres blés d'hi- ver. Fépeautre d'été, semé de bonne heure, donne aussi des produits abondans; il peut rester sur pied jusqu'à sa maturité, sans que les grains tombent. Il ajoute que l'épeautre forme presque la seule culture d'hiver dans les plaines du Palatinat, où l'on cultive peu — de sei de bl et n. man réco dans d'en soin sion de sul peautr. ladie. à ving dtend Op rine de n rinee ge dete gemer Ppu 06 offre On: physie wen), Jugoir O ure ele⸗- —₰. )tieum C vdtre à 8 all- 2'me P sla⸗ 5 Hex- 2eules n t S'ment 2 DI prO- u Aloge ol(e pour 1 Ho & dli- 3eure, e peut 2 8 qbe 34 zauffe „e dans e peu ( de seigle et point de froment. Aucune espèce de blé n'y végète mieux, aussi facilement. et n'y dégénère si peu: il est rare de la voir manquer. On a obtenu jusqu'à quatre et einq récoltes successives et abondantes d'épeautre dans le même terrain, sans y employer plus d'engrais et sans le cultiver avec plus de soin qu'à l'ordinaire. M. Medicus a eu occa-— sion d'observer cette culture douze années de suite; il ne s'est jamais aperçu que l'é- peautre ait manqué ou ait souffert d'une ma- ladie. II n'est pas rare de récolter vingt huit à vingt-neuf malters du Palatinat(1) sur une étendue de cent soixante verges carrées(2). On retire de l'épeautre une très-belle fa- rine qui s'exporte très-loin; mais la manière de moudre l'épeautre et de préparer sa fa- rine exigent des soins particuliers. Ce grain se détache difficilement de sa balle. Les chan- gemens qu'il nécessite dans les moulins ont pu contribuer à resserrer sa culture, qui offre d'ailleurs de si grands avantages. On a inséré récemment dans la Bibliothiéqae physico-économique de M. Sonnini, un détail (1) Un malter équivaut à l'hectolitre. (2) La verge carrée a onze Pieds carrés. X ((1781) fort curieux sur plusieurs variétés de froment essayées par un agronome d'Anspach. Mais les cultivateurs français n'ont pas laissé à d'autres le soin de comparer et de chercher à discerner les meilleures espèces des plantes céréales; et le choix des fromens a excité sur-tout depuis Duhamel du Monceau, une grande émulation parmi nos agronomes. Duhamel s'était proposé de cultiver toutes les variétés de fromens qu'il aurait pu se w procurer. M. de la Galissonière devait le seconder. Nous ignorons si leur projet a eu son exécution. Le 17 décembre 1761, le marquis de Turgot 1 lut, à P'ancienne Société d'agriculture de la généralité de Paris, un mémoire sur les blés d que P'on cultivait dans quelques parties de la basse Normandie, et sur-tout dans les en- virons de Caen. II s'agissait de plusieurs sortes de fromens, appelés en basse Normandie: 1.⁰ le franc blé; 2.° le blé chicot rouge; 1 3.“ le gros blé blanc, ou blé cochon; 4.“ le blé gris-blanc; 5.0 le blé gris-rouge, qui vient dans les pays gras et humides. Après avoir nommé ces différens blés dans le rang qui leur était assigné par les laboureurs des environs de Caen, Turgot avait pensé qu'il serait uule de les ranger dans un ordre ——— Prése Memo frome dpis en harbus unè al des G de e Touss . Mémo ne 8o fant e Lle, préfr une al 1 qual en est ou mo vant moinz Auend 21 L1 Nas E e de ess des Slems 7I ceau, „omes. 1910lles Sign Se 8b. le gſen eu ab reot de k s Nés 39es de 21II5 Ell⸗ 1ISSorles 1010: 'ouge; 109;4 40, qui 358 I 2s dans 181 ureuls v perse 21 ordre (179) plus méthodique. L'illustre Bernard de Jussieu le dirigea dans ce travail. IIs reconnurent que les blés vantés en Normandie étaient décrits depuis long-temps par le botaniste Vaillant, dans son dénombrement des plantes qui croissent autour de Paris.(Année 1722). Il résulte de l'examen des blés que Turgot présentait à la Société, qu'il n'y a vérita- blement en Normandie qu'une espèce de froment qui varie par la couleur de ses épis et celle du grain, ainsi que par les épis barbus dans une sorte et non barbus dans une autre. On rencontre dans le méme champ des épis barbus et non barbus, soit du blé de couleur blanche, soit du blé de couleur rousse. «Il est important d'observer, suivant le Mémoire de Turgot, que quoique ces blés ne soient que des variétés, P'expérience a fait connaitre aux cultivateurs de Normandie que, selon les terrains, on doit donner 1 préférence à une variété de hlé a plutèt qu'à une autre; préférence qui s'étend encore à la qualité de la farine et à celle du pain qui en est fait, ainsi qu'à la paille qui est plus ou moins recherchée par les animaux, sui- vant que le chaume en est vide ou plus ou moins rempli de moelle. ((1801) » Si J'on voulait, ajoute-t- il, s'assurer nolle 5 des différentes variétés de blé cultivées en Es France, il serait important de se procurer Da des échantillons en épis des blés cultivés ealte 11 dans les différentes provinces, avec les noms 1 Cèls 6 vulgaires qu'on leur donne. Il ne serait pas Ila moins nécessaire de demander un détail exact fait 1 de la nature des terrains où l'on cultive gnan- 1 1 chaque variété de blé, avec une note des de§e raisons de préférence qui en font admettre Magnc 1 la culture, et une liste des avantages et des l ne 1 désavantages attribués à chaque variété. On ſteulie pourrait alors constater quels sont les blés compte auxquels on donne le plus généralement la k üs préférence, si cette préférence suit le méême qae) V ordre qu'en Normandie, si les méêmes variétés de p * conviennent à des terrains semblables, quoi-(com b que dans les provinces éloignées, telles que accoul 9 les méridionales et les septentrionales; enfin quelle 4 s'il n'y a véritablement que les deux variétés 1.5 1 de couleur et les deux variétés de blé à épis de Li 4 1 barbus et à épis non barbus.»(Mémoires 2.5 de la Société d'agriculture de Paris, année 3. 1785, trimestre d'automne, page 9 4: de C. Le travail général, demandé par Turgot, 4, a été commencé par M. Tessier bien avant Garrte la révolution; mais les circonstances du temps 5 ne lui ont pas permis encore de remplir cette Linné 228 eT 3 1n 9 Aer 6s ² s ₰1 Dàs LINact ife 5toles ubre 3 kes 314)n 991 8 3n A 5 Me r ales aouoi⸗ Allnne 62 ahn Kes I epis Xures 2ne T got 7 rarrant H emps celle (8) noble täche dans toute l'étendue dont elle est susceptible. Dans la nouvelle édition du Thédtre d'agri- culture de l'illustre Olivier de Serres, feu M. Cels a donné une nomenclature des fromens. Il a placé tous ceux que les livres lui ont fait connattre, sous neuf espèces, en dési- gnant les noms donnés dans Columelle, Olivier de Serres, C. Bauhin, Dalechamp, Gérard, Magnol, Linné, Gœrtner, Gouan et Manetti. Il ne parait pas avoir connu le travail par- ticulier d'Haller, dont je viens de rendre compte. Au surplus, M. Cels n'adopte point la distinction résultante de la saison, parce que les blés d'automne peuvent devenir blés de printemps, et ceux-ci blés d'automne, (comme M. Tessier Pa éprouvé) en les y accoutumant peu à peu. Les espèces sous les- quelles M. Cels a rangé ses variétés, sont: 1.° Le blé d'hiver, triticum hibernum, de Linné. 2.0 Le blé d'été, triticum œstivum, du mèême. 3. Le blé ras blanc, triticum siligineum, de C. Bauhin. 4. Le blé blanc, triticum album, de Gortner. 5. Le gros blé, triticum turgiddum, de Linné. —j—— —— (182) 6. Le plé de Miracle, ou de Smyrne, triticum compositum, de Linné. 7.“ Le plé de Pologne, triticum Polonicum, du méme. 8.“° Le grand épeautre, triticum spelta, du mème. 9.° Le petit épeautre, triticum monococcon, de C. Bauhin. M. Tessier pense que M. Cels n'a pas parfaitement débrouillé le cahos de cette no- menclature; qu'il y a trois espèces d'épeautres très-distinctes, quoique M. Cels n'en ait re- connu que deux; que dans la division des blés, les botanistes n'ont eu égard ni au tuyau, qui est vide ou plein; ni aux épis cylindriques, ou plats, ou carrés; ni aux barbes, qui sont ou longues, ou courtes, ou velues, ou lisses, de diverses couleurs, per- sistantes, ou tombantes; ni aux balles, qui varient comme les barbes; ni à la forme des grains et à ce qu'ils contiennent. Ces parti- cularités sont néanmoins très- intéressantes. Tout cela prouve bien, suivant M. Tessier, qu'il est nécessaire de reprendre cette matiere et de consulter, pour la bien traiter, plutôt les connaissances d'économie rurale que les nomenclatures adoptées par les botanistes. Feu M. Willemet, directeur du jardin — mal dout diera ne r. Etait M. lom Pays faite des Mén connc en g en I Lesd Si, t porie- Fa Malt, Ch'une nong 4)& 3 183) nee, des plantes de Nancy, avait donné aussi une attention particuliéere aux fromens, consi- „Lm, dérés comme les plus précieuses espèces du 4 règne végétal, puisqu'ils fournissent l'aliment lta, le plus nourrissant, et en mème temps le plus salubre. Il les rangeait sous six articles. Soron, M. Villemet avait cultivé comparativement, mais en petit, tous ces différens bplés. Il ne dd pS doutait pas qu'un habile cultivateur qui étu- 1anlo⸗ dierait bien les sols propres à chacun d'eux, ages ne réussit à s'enrichir. Mais sa collection e- était bien loin d'ètre complète. 4 giles M. Tessier est celui qui a porté le plus 1ha loin l'étude comparée des plés de différens u5 GE pays. C'était une des recherches qu'il avait . an faites à Rambouillet. Il a consigné une partie 11 a des résultats qu'il en avait obtenus dans un eeer⸗ Mémoire sur la maniere de parvenir d la I dui connaissance exacte de tous les objets cultivés 10 de en grand dans L'urope, et particulierement Dari⸗ en France.(Académie des sciences, 1786). euues Les dessins des fromens, qui s'élèvent à trente- 1 ſr six, tant espèces que variétés, sont dans les u iere porte-feuilles de M. Tessier. uln En 1797, la Bibliotheque britannique don- * nait, d'apres M. Arthur Voung, Pextrait 6 4 d'une lettre de M. Thomas Goldwart, an- G”. in nonçant que dans le comté de Sussex, on— ¹ d — ———— —-— (184) avait découvert, une nouvelle espèce de blé nommée hedge- wheat, c'est-à-dire, blé de haies, parce qu'il avait été trouvé originaire- ment dans une haie. M. Tessier écrivit en Angleterre pour avoir des détails sur ce blé et pour en demander des épis, afin de les comparer à toutes les espèces et variétés qu'il avait cultivées, et qu'il a fait multiplier et dessiner. Il dit que la découverte d'une nou- velle espèce de froment lui avait paru très- intéressante, et qu'aux yeux du véritable philosophe, cette conquéète n'est point à né- gliger. Sir John Sinclair, président du dé- partement d'agriculture en Angleterre, envoya quatre épis de ce blé de haies à M. Tessier; mais à la réception des échantillons, M. Tes- sier reconnut((ce qu'il avait déjà présumé) que ce blé était connu en France. C'était en ef- fet le froment à épis blancs, sans barbe, grains blancs, tige creuse, cultivé depuis seize ans, notamment dans les environs de Dunkerque, sous le nom de blé de première qualité; de Lille, sous celui de blanc-zée; de Calais, sous celui de blanc-blé, etc. M. Tessier l'a- vait cultivé au moins dix ans dans des ex pé- riences comparées. II fait partie de ses des- sins. On peut le regarder, suivant lui, comme une bonne variété du froment à épis rouges, I. gans timé cru espẽ de van qui du, 1 M- eultur des re propa mens de de Sans lesp reche niere. La ce li DOtes Des J Frane Mens „i en 1 M me les 31 quil au'r et anou- nürés- 3i ble müné- 5 He- Kod 7 Jer; . Tes- um) as4Nel⸗ 3Gdcaihs 32 08, 1 ICue, 3llis, 33 ¹ ⸗ 23, la 55 expe- 1 des- f1 omme „, duges f 0ude) (185) sans barbe, grains blancs, tige creuse, si es- timée à juste titre; c'est le froment qu'il a cru devoir distinguer des autres parmi les espèces ou variétés de froment, comme un de ceux qui lui ont paru réunir le plus d'a- vantages.(Annales de l'agriculture française, quinzième livraison. Feuille die caltisateur, du 12 frimaire an I1I, n. 15). L'année suivante, je regus de la part de M. Chancey, membre des Sociétés d'agri- culture de la Seine, du Rhône et du Gers, des réflexions importantes sur la nécessité de propager en France les espèces de blés-fro- mens qui rendent plus de pain par hectare de terre; la possibilité de conserver ces blés sans que leurs races s'abätardissent; et enfin, l'espérance d'améliorer les fromens par les recherches et les soins d'une culture jardi- nière. La liaison de ces objets avec le sujet de ce livre, nous engage à transcrire iei les notes de M. Chancey. Des espèces de blé les Pplals abantagenses, Par IM. Chancey. II est de fait que nous cultivons en France un grand nombre d'espèces de fro- mens très-différentes entr'elles, soit par la —— (186) différence du nombre de grains que renferme une mesure, soit par la différence de poids par mesure, soit par la différence du produit en farine par mesure, soit par la différence du produit, à poids égal, de leur farine en pain. Voilà ce que des agriculteurs entendent constituer des espèces différentes, qui ne le sont point aux yeux du botaniste. Ceux qui ont écrit en France sur cet im- portant objet, étaient généralement plus botanistes que cultivateurs. C'est la cause des erreurs qu'ils ont commises à cet égard. Il est fächeux que Rozier, qui voyait si bien, les ait partagées; mais les hommes les plus éclairés sont sujets à des momens d'oubli. Un froment ras peut devenir barbu, sans que son grain perde sa qualité de produire plus de farine, plus de pain, ete. ete. Avec des soins, il est vraisemblable qu'on Peùt conservé ras. » Nous cultivons dans le département du Rhoône(près de Lyon et Villefranche), plusieurs espèces de blés très-distinctes en- tr'elles, tant généralement que depuis quel- ques années, chez divers amateurs. » Le poids, par mesure du blé commun, est ici de soixante; celui du blé-godelle est de soixante-deux; celui du blé de Pologne est de soixante-trois; celui du touzelle est ‿ de soi blés d en fa ) 3 par par! pour grain sis m sir M du blé rante, Mlés di et ges de po 7 prodl farine ) 0 Mé, d en fal de fa NOus? Soumis en Pl Car d Sur ur liyres mone 9 s q it fi M 1 en a lent wMe le nll eS lehst LI4les 9(5 1 TOTan aine, 2l 65 28 II. du 4e); 0 l- ain'el II an„ 95 4 est 1 oghe ' esl ( 187) de soixante-cinq. Je ne sais pas le poids des plés durs d'Afrique; j'en connais le produit en farine et en pain. » Tous ces différens blés different encore par le nombre de grains qu'ils contiennent par mesure. II faut cent grains de blé commun pour six poids d'un gros; soixante-douze Srains de blé-godelle suffisent pour obtenir six méêemes poids; il n'en faut que cinquante- six de celui de Pologne; tandis qu'il faut, du blé-touzelle fin, cent trente à cent qua- rante grains pour un gros. Ainsi ces divers blés different entr'eux de moitié ‚du double et des quatorze trente-cinquièmes entre le blé de Pologne et le touzelle fin. „» Tous ces blés varient encore dans leur produit en farine et dans le produit de leur farine en pain. 5 Quand on nous a dit qu'un setier de blé, du poids de deux cent quarante, rendait en farine cent quatre-vingt, et ceite quantité de farine, deux cent quarante en pain, l'on nous a dit une vérité pour l'espèce de blé soumise à l'essai; mais une grande erreur, en plus ‚ou en moins, pour tout autre espèce. Car du blé dur cultivé en France, a rendu, sur un poids en grains de deux cent quarante livres, en farine environ deux cents, et en ——— — (188) pain environ deux cent quatre-vingt-dix a trois cents. Du touzelle, du godelle, du blé de Pologne, eussent tous donné des résultats différens. » Lexpérience nous apprend que le blé- godelle converti en farine, rend en pain de ménage un septième de plus que le blé commaun, quoiqu'il n'excéde que d'un tren- nieme le poids du blé commun. Sa farine n'est propre qu'à faire du pain de ménage, qui est le pain des cultivateurs, partie la plus nombreuse, qui mérite nos égards sous tous les rapporis. La farine du blé-godelle con- vertie en pain blanc, cesse d'ètre productive; elle ne convient pas à cette qualité de pain. „ Le blé-touzelle fin pèse un douzième de plus par mesure que noire blé commun; il produit, à poids égal, plus de farine et cette farine un quinzième de plus de pain que la farine de notre blé commun. Les blés de Pologne, blés de Miracle, blés ras, pro- quisent tous des différences en farine et en pain. Les blés durs d'Afrique, cultivés en France, présentent une différence bien plus grande. IlIs rendent un cinquième de plus par mesure, en pain, que notre blé commun; savoir: un dixième de plus en farine, et cette farine, un dixieme de plus en pain. SMe. „ Pain 3u M I ren⸗ Berille 10 g, nul la bius Il ⸗ obee; 9 mm. 5 dne ¹ uun; 18,, et L prö- Irlt kn. LD' el d plus Nus do nun; 9 eelle . 1 6 489) » M. Gardelle apporta, il y a quelques mois, à la Société d'agriculture du Rhone, un épi de blé dur, en nous disant: Voiſd un „ 6pi de blé dur TAfrigue, que je cultive » sans dégénérescence depalis quctre ans. » Quatre myriagrammes de ce blé rendens auotant de pain Taꝭe eing myriagrammes „ de blé commun.» » Ce peu de mots vaut mieux que des volumes entiers d'économie rurale. Nous con- naissons à Lyon l'avantage de la paniſication de la farine des blés durs. Dans les temps de disette, les officiers municipaux en faisaient venir d'Afrique, ce qui était très-lucratif pour les boulangers auxquels ils étaient distribués d'après le prix de la taxe du pain. » D'apréès des faits aussi possitifs, nul doute sur la différence du produit en farine et en pain, selon les espèces de bplés cultivées. II nous reste à désirer qu'on puisse établir d'une manière positive: Quelles sont les es pees de blés dont la culture serait la plals alile, selon la nature dius climat et du sol, pocer produaire par hectare la Plus grande quanlité de pain, soit en blano Pour les habitans das villes, soit en pain de ménage pour ceux des campagnes? » Nous ne pouvons espérer la solatiov —— ———— (90) d'une question aussi importante, que des soins paternels du gouvernement, et du zeèle des Français qui, aimant leur patrie et J'agri- culture, sont en même temps assez fortunés pour se procurer les différentes espèces de blés, assez éclairés pour les faire cultiver sans mélange, et faire faire tous les essais subséquens, relativement à leur mouture et panification. C'est ce qu'on peut attendre, sous un ministère éelairé, de la Société d'agri- culture que l'on vient de rétablir à Paris, pour le département de la Seine, et qui, par sa position dans le chef-lieu de la France, en devient naturellement la Société centrale. » Lon objectera à ces vues patriotiques la dégénération des blés, si fortement annoncée comme une vérité par tous nos auteurs mo- dernes. IIs ont tous partagé une erreur cons- tamment appuyée par tous les cultivateurs qui ne seront pas très-soigneux à éviter le mélange des grains et à régénérer, au moins tous les deux ans, la semence de leurs plés. „ Je dois faire observer, relativement à la dégénérescence des plés, que du temps d'Oli- vier de Serres, auteur du Théaàtre d'agricul- ture, en 1600, Pon cultivait au Pradel, dans le Vivarais, en Languedoc, etc., du blé de Miracle, de la touzelle, et qu'on en cultive en- ——Q—᷑—᷑—Q—OQO⸗O—B·QBQOÿñõſę—— ⏑- faut )) Sug ee h dem eut ach gn che⸗ ont Hlas qui tion delle rende Mn soins dans 3 hins 6s des Jrri- 1 nes A de uver 2 lSi Goe tt Ssle, 3 grl- aahur fosk 6 Le 24 mo- AACOIS- lreurs 9 ar le E Wolls 3Ms. un àl aa Ol⸗ b wdr Pr, das 91 Né de el⸗ vlfe (9) core; que si cette dégénérescence était aussi réelle qu'on nous le dit, il n'en existerait plus depuis long- temps.(Joignez à ce rai- sonnement et à ce fait ce que l'on vient de voir des blés cullivés aujourd'hui en Nor- mandie et à Paris, et qui sont les mèêmes que ceux que le botaniste Vaillant a décrits en 1722, dans son dénombrement des plantes des environs de Paris). » En agriculture, c'est par des faits qu'il faut établir ce qu'on avance. » Le blé-godelle S'est introduit dans le voi- sinage de Lyon, depuis environ trente ans; ce blé se dégrade complétement et très rapi- dement dans'espace de quatre à cinq ans, entre les mains des gros cultivateurs, qui achétent annuellement du godelle, non dé- 2 généré, des petits cultivateurs plus soigneux. chez lesquels il ne se détériore pas. Ceux- ci ont soin de choisir, tous les plus beaux épis de blé-godelle qu'ils battent à part. A P'aid deux ans, les pour semence, e de cette atten- tion, ils ont tous les ans des champs de go- delle de la plus grande beauté, qui leur rendent douze, quinze pour un, et au-dela. Il ne parait pas douteux qu'avec de pareils soins l'on conserverait les blés étrangers dans leur premiere beauté. Cet exemple 6 192) doit s'appliquer à toutes les espèces pré- cli cieuses. nn » M. Ray cultive depuis long-temps, aux ſont environs de Lyon, du ple blanc, ras, qui 1 etl est celui qu'on cultive aux environs de Paris, h sans dégénérescence. ne » Ainsi que M. Gardelle a su conserver du V Ce blé dur d'Afrique, M. Hurtier a envoyé à V la Société d'agriculture du Rhoône, cinq es- 7. pèces de blés, ayant des différences très pro- 1 1 noncées, qu'il cultive aux environs d'Avi- 7* gnon: touzelle plus fin, barbu; touzelle sans w barbes; blé rouge; blé à barbes noires; blé dar très-blanc, excellent pour èêtre converti en ae gruau pour potages. vohe 1„» Nous pouvons regarder la non déêégéné- · bes ration des blés comme un fait positif entre les duc nains des cultivateurs soigneux. qule » Ce n'est pas assez de nous occuber de de; leur conservation, nous devons encore nous porle occuper de leur ameélioration. Nos jardiniers, ellec par leurs soins, n'ont-ils pas amélioré tous dui 9 nos lêégumes, nos fruits? Le célèbre Dau- b 5 1 benton n'a-t-il pas régénéré nos moutons, V des jusqu'à un certain degré, uniquement par ſänns des soins? 1 aa » Langlois, par une culture attentive et V Nlan jardinière, n'a-t-il pas singulierement per- V pref sont fectionné alvi- rans süblé Gen en f e⸗ Are les voar de 99 nous ei lers, LS tous d Tau- I lonS, un. Dür 7 Adlve ct per- AM⸗ at clionné ( fectionné nos raves longues et plates, qu'il 193) nomme tarnips puadings et pain blanc, qui font la base de la richesse de son agriculture et le pivot de la rotation de ses récoltes? » Le froment serait-il seul privé de s'a- méliorer par une culture jardinière éclairée? C'est ce qui ne paratt pas vraisemblable. Je ne doute point que si l'on choisissait, pour cette culture, les plus beaux épis, ensuite les plus beaux grains de ces épis; qu'ils fus- sent plantés par lignes distantes de plus d'un niers de mètre, cultivés et buttés pendant leur végétation, avec le plus grand soin, l'on n'obtint, après quelques années de culture, des blés d'une qualité supérieure, plus pro- ductifs en farine et en pain que les espèces que nous avons. Faisons des vœux pour que de zélés cultivateurs s'occupent de ces im- portans objets, et que leur émulation soit encouragée et soutenue par des hommes d'état qui en connaissent Pimportance. » Ces blés perfectionnés seront'apanage des petits propriétaires, qui les conserveront dans leur état de perfection. On leur appren- dra que le blé ne veut pas être semé, mais planté; que de planter le blé, est encore préférable à employer le semoir; que s'ils sont forcés d'employer un semoir, celui de II. BPartie. 9 ———. —— M. Trolly est à préférer, avant l'avantage de répandre le grain avec la poudre de fu- mier, qui tout à la fois fume bien et avec une grande économie d'engrais; que cepen- dant il 8 ne peuvent employer de semoirs, qu'autant que la surface de leurs champs sera très- ameublie, comme celle d'un jar- din; qu'à défaut d'avoir ainsi préparé leurs champs, il faut se servir de la charrue- se- moir de M. Trolly. On leur apprendra qu'a- près un trèfle, luzerne, sainfoin, etc., le plantage du blé est de rigueur; il en est de méme lorsque Pon a enfoni un engrais 16 On leur apprendra que ce n'est Je végéetal. assez de bien travailler son champ, de pas bien choisir la semence, de la planter ou rèpandre à Taide d'un semoir; qu il faut encore donner au printemps deux légeères cultures au froment, soit avec la houe, soit avec tout autre instrument léger. On leur dira qu'il faut encore échanger sa semence avec un autfre cultivateur aussi soigneux que i, éloigné de quelques myriamètres; dqu a- on obiiendra d'a- 80 vec tous ces soins re unis, bondantes moissons des meilleurs espèces de blés, puisqu'on peut, à son gré, choisir celui ra le plus propre aA son sol. Les champs qui se ainsi cultivés, ne feront plus envier francais 8 4 P jar- (195) le produit de ceux des bords du Nil, de TEuphrate et du Tigre. » Malgré la non- dégénération des blés, méme leur amélioration par une culture jar- dinière, il serait à désirer que l'on pt an- nuellement tirer des hlés d'Afrique et d'Asie, pour rajeunir et renouveler généralement les semences des blés en France. Cette rénovation périodique serait extrémement utile; mais ce n'est qu'à la paix avec les puissances mari- imes que nous pouvons attendre du Gou- vernement ce nouveau bienfait, qui doit si- gnaler le zèle ardent du Ministre de I'Intérieur à seconder de toutes ses forces les cultivateurs français. » Je dois garder le silence sur les prix distribués par les Sociétés d'agriculture. Mais si une partie de S'argent était employée à se procurer des blés étrangers des meilleures qualités que ces sociétés feraient cultiver avec le plus grand soin pendant quelques années, pour ensaite, le produit être dis- tribué aux cultivateurs de leur département, je crois que le bien qui en résulterait se- rait souvent plus avantageux que la réponse aux questions proposéèes. Nous avons plus besoin d'exemples que de mémoires, et d'ex- périences pratiques que de livyres de théorie. 6 495) » Pajoute seulement que cette distribution de semences choisies ne doit pas être gra- tuite: tout ce qui est donné en ce genre est ordinairement négligé, perdu; mais il faudrait que ces semences de choix, conve- nablement éprouvées et garanties, fussent vendues par mesure plus cher que le prix courant. C'est une pareille pratique qui fait soigner les mérinos de Rambouillet; c'est la mèéme précaution, qui, en trois ans seule- ment, a généralisé les bonnes espèces de pommes de terre aux environs de Lyon.» A la lecture du Mémoire que je viens de transcrire, et que je recevais(à la fin de ventése an 7), j'étais encore au Ministère. Les idées de M. Chancey étaient d'accord avec mes vues. Je savais que M Tessier, membre de P'Institut, et le digne M. Thouin, professeur du jardin alors national, avaient commencé des travaux dans le sens des ex- périences demandées par M. Chancey; j'a- vais concu l'idée de les charger tous deux de Pexécution d'un plan qui promettait d'en- richir le sol de la France des meilleurs grains connus. La guerre nehermerant pas de créer au midi et au nord de la France des pépinières succursales du beau jardin du Muséum, j'étais forcé de réserver cet éta- —- — Dlissc epoq (po nou- diti de aul ler ind 80r! ge 1en nal, mar tion ra- 9 mre 68 U Ae. Kent pric ei Hait 3! b aulle- ds de 2 wirde 1 Ide FiIlN. 5 dord LU (1975) blissement, ou plutòt son projet, pour une époque plus paisible; mais en attendant cette époque, je voulais assurer des primes et des récompenses à ceux qui auraient importé des grains étrangers et choisis, et j'allais deman- der T'envoi des meilleures espèces connues, dans les départemens. Ces gerbes distinguées auraient fait Pornement de la fôète alors éta- blie en Phonneur de l'Agriculture. Mais, dans le moment mème ou je faisais expédier, par feu M. Dubois, mon digne collaborateur, les ordres et les fonds de cette entreprise nouvelle, le Directoire, chancelant, suspen- dit tout à coup la célébration de la fète qui devait èétre consacrée à l'Agriculture, et qui aurait été le pendant et le complément de l'exposition publique des produits de notre industrie. Le trente prairial arrive, et en sortant du Ministère, j'emporte un seul re- gret, celui de n'avoir pu donner au moins l'ébauche de ma fèête géoponique. Je me bor- nai, bien malgré moi, à faire passer les re- marques de M. Chancey sur les grains, à la Société d'agriculture de la Seine, qui les a mises par extrait dans le premier volume de ses Mémoires. Quand j'ai voulu reprendre, comme simple particulier, le Tableawu des recherches et des (196) expériences sur les meilleurs moyens d'aug- menter le produit des plantes céréales, mes yeux se sont tournés de nouveau vers M. Chancey; je lui ai demandé s'il persistait dans ses idées, s'il avait des faits nouveaux à ajouter à son Mémoire. II m'a fait, le 5 juin dernier, une réponse intéressante, dont je dois donner un extrait. Voici ce qu'il ajoute à ses premières no- 1es. M. Bergasse, connu par le degré de perfection qu'il donnait aux vins de Provence qu'il fabriquait à Marseille et dans les envi- rons, est venu depuis quelques années s'é- tablir dans sa patrie, aux environs de Lyon, ouù il a acquis une propriété rurale dans la- quelle il fabrique d'excellens vins. Ses pro- cédés sont imprimés dans la Bibliotzieu bri- tannique, tome 9, page 271. » M. Bergasse s'est bien gardé de cultiver les fromens de ce pays. IIl a tiré de Pro-— vence les espèces connues sous le nom de touzelle et de solotte. Ces espèces rendent plus de mesures de froment; qui rendent plus de farine; et leur farine, à poids égal, rend plus de pain. » La Société d'agriculture de Lyon pos- sede dans ses archives deux excellens Mé- ☛ rige et arrd Pra bes mi dut K'auo⸗ Clg. 3 mes 1Is Do- 5¹ de dence Gmni- 7u sé- 5 Nod, Ss Jä- ¹ pro- 6 byi- „ övet 8 Pro- de z dent ident ioegal, 4 Pos⸗ Is M- (00) moires;'un de M. Hurtier, résidant à Orange, espèces de fromens cultivées en Provence; l'autre de M. Bégou, résidant a Saint-Hypelite, les fromens qui sur les diverses département du Gard, sur vy sont cultivés. Ml y en a quatre ou einq especes. Ces Mémoires étaient 1 1 accompagnés de superbes épis. „ Je suis toujours persuadé, dit encore M. Chancey, qu'il serait à désirer que par des expériences en grand, Pon s'occupàt à cons- tater quel est le rapport du produit en pain des differentes variétés de froment, et d'a- preès cette connaissance acquise, quelles sont Jes variétés de froment les plus avantageuseés à cultiver, selon la nature du sol. » Il parait qu'en France la gênéralité des champs n'est pas ensemencée des variétés de froment qu'il serait le plus avantageux d'y cultiver; que sil en était ainsi, les récoltes de l'Empire seraient bien plus abondantes. » Il ne faut pas se dissimuler que ces blés vigoureux demandent des terres bien cultivées et bien amendées; que leur dégénérescence arrive promptement par défaut de soins. Les Français ont généralement celui de cultiver beaucoup et mal; s'ils cultivaient moins et mieux, ils récolteraient davantage.(C'est ce que Maupin appelait la rédaction économigue, b ( —...„ et sur quoi il a fait un livre dont il n'a pas 60) rempli le titre). » Il ne faut pas oublier que la patrie du froment est dans les pays chauds. C'est de T'Afrique, des bords de l'Euphrate, de la Grèce, de la Sicile, que nous devons tirer des fromens pour remplacer les nôtres qui ¹ 4 3 3.. ont cette origine, mais trop ancienne; car il y a long-temps que la France n'en a pas été renouvelée. Le seul inconvénient, c'est que ces fromens, enfans des pays chauds, V ne craignent nos hivers lorsqu'ils sont très- rigoureux, ainsi que l'a éprouvé M. de Fénilhe et d'autres agronomes. Peut-être qu'avec des soins, nous les acclimaterions; peut- étre aussi, et il est vraisemblable qu'en les se- mant plus tôt, en automne, méême en aoùt, ſ leur tige plus forte résisterait mieux à la rigueur de nos climats. 3» On peut à ce sujet voir le Mémoire de 1 M. de Monspey, Bibliothéegue britannigue, janvier 1807, page 33.» La lettre de M. Chancey m'indiquait deux 13 mémoires sur les grains de Provence. Je les ai demandés à M. d'Herbouville, préfet da département du Rhône, et ami de P'agricul- ture. On n'a retrouvé que le Mémoire sur les divers fromens qui se cultivent dans le un enfi déré 30n seien ui” M un axe fair n'à s ttrie du ='est de 8., de h Lns Urer 4 6s di ;(ar TAs D obsl 8 3ds, uuges- Halhe 161 des 790 dle .e K⸗ 8 aoll, 1eià kA Mr' de Duigze, BIeux .9 les 3ot da 14 icul. 6 201) territoire de la commune de Saint-Hypolite, département du Gard, et sur les procédés qui y sont usités pour leur culture, par M. Antoine Bégou, propriétaire foncier de cette commune. Et je vais en donner les princi- paux détails. M. Bégou dit que l'on cultive à Saint-Hy- polite cinq sortes de fromens bien distinctes; un sixième, qui commence à dégénérer, et enfin un septième grain qui peut être consi- déré comme une orge trémoise. En envoyant son Mémoire à la Société d'agriculture et des sciences naturelles de Lyon, dans le mois de nivôse an 8, il avait renfermé dans une botte sept petits faisceaux d'épis, portant chacun une étiquette depuis le n.“ 1 jusqu'au n.“ 7, avec leur dénomination particulière, pour les faire mieux connaitre. Le n.“ 1 est un froment nommé sur les lieux touzelle blanche. C'est un blé barbu. Ce froment, dit l'auteur du Mémoire, est le plus fin que nous connaissions. L'épi a sa barbe et sa balle blanches; il est long pour Pordinaire de quatre à cinq pouces, et sup- porté par une tige d'environ trois pieds à trois pieds et demi de hauteur; le grain en est petit„Ccompacte, pesant; l'enveloppe luisante; il donne très-peu de son; la farine * (202) en est très blanche; ce qui fait qu'il est pré- féré par les boulangers et par les citoyens qui sont en usage de faire chez eux leur pain. Cinquante livres de fleur de farine rendent pour Pordinaire soixante-six à soixan- te huit livres de pain blanc. C'est la farine qui absorbe le plus d'eau; la pate qui en provient s'allonge beaucoup sans se rompre lorsqu'on veut Pétendre.(Nous disons alors que la maille est longue). Le pain est léger, très-blanc, rempli de cavités: il est d'un goùt exquis. C'est le même froment, à ce que je pense, que celui qu'on cultive dans les environs de Lyon; mais il differe et par le poids et par la blancheur de la farine. „» Il faut environ deux cartes un quart, mesure de cette commune, pour un bichet de Lyon; ces deux cartes et un quart de nolre froment-touzelle pèsent pour l'ordinaire soixante à soixante et une livres poids de marc, et le bichet en froment de Lyon ne pèse ici que cinquante à cinquante et une livres poids de mare, très-souvent moins: cela dépend de la quantité d'eau dont les voituriers ont grand soin de T'imbiber sur le Rhoene en le voiturant. II y a donc une dif- ference de poids sur la mèême mesure, de huit à neuf livres en moins dans le blé de 1 pré⸗ ſens 9 leur „Puine 2Ran- d ne ui oyient won 2dar 1 A hichet rt de 5naire Son ne 211 ue moins: t les dsur le git⸗ de 9 3-e; Dlé de ‿ (2005) Lyon; ce qui fait à peu de chose près seize à dix-huit pour cent de plus sur notre fro- ment- touzelle en faveur du consommateur. KAussi le prix du froment de Lyon est-il in- férieur; car notre froment-touzelle se ven- dait, il y a environ un mois, six livres dix sous la carte, ou quatorze livres dix sous le bichet, et le blé de Lyon qu'on porte à nos marchés ne se vendait que cinq livres einq sous la carte; ce qui fait onze livres seize sous le bichet. » Notre froment-touzelle, semé sur les bonnes terres en jachère, fumées suivant 'usage, rend pour l'ordinaire de dix à douze pour un, et il y a des années que le pro- duit est de quinze pour un; il n'a ete l'an- née dernière que de six à sept pour un, à cause du froid excessif et long précédent. de †'hiver »Le n. 2 est urt froment que nous nommons touselle rouge. L'épi est sans barbe, ou celle qui y vient est très-courte. C'est la deuxième qualité de froment. La balle de 'épi est de couleur dorée; il est long de quatre à cinq pouces, et supporté par une tige d'environ trois à quatre pieds de hauteur; le grain est un peu plus gros que len. 1; il est aussi compacte, pesant; l'enveloppe ( luisante, un peu dorée. II donne peu de son; la farine en est blanche. Cinquante livres de fleur de farine rendent pour l'ordinaire soixante-douze livres de pain blance; elle absorbe beaucoup d'eau, un peu moins ce- pendant que le n.“ 1. La pàte qui en provient s'étend un peu moins en longueur sans se rompre; le pain moins léger, moins planc, plus compacte, n'est pas si fin que le n.“ 1. Deux cartes un quart de notre mesure, qui équivalent le bichet, pèsent soixante-deux livres poids de marc. Nous le semons sur de bonnes terres, comme le n.“ 1. Son produit est ordinairement de quatorze à quinze pour un. Il se vend cinq sous de moins. Le n.° 3 est un froment que nous nommons froment rouge, parce que la barbe et la balle de l'épi sont de couleur tirant sur le rouge. L'épi est garni d'une barbe fort longue, roide et armée de petits crochets. Il est de six à sept pouces de long, supporté par une lige de cinq à six pieds et demi de haut, forte. Le grain est gros, vigoureux; T'enveloppe est épaisse, donne plas de son que le n. 9. 1 ½ la farine est moins blanche, mais elle absorbe autant d'eau que le n.“ 1. La pàte est courte, le pain moins blanc, compacté, rude dans la bouche, moins bon et moins agréable que mor la h I. lab res (205) 81 de le n.“ 1. C'est, à peu de chose près, le nurres même poids du n.“ 2; mais son produit est nire en plus, soit qu'il soit semé sur une terre en 4 elle jachère, fumée à l'ordinaire, soit sur une terre A ce⸗ où l'on a fait des fourneaux, suivant la mé- awjent thode du pays. Son produit sur une terre en Ans g jachère, est de vingt-deux à vingt-cinq pour arlane, un. L'acheteur fait une différence de cinq à 4.1. dix sous par carte de moins que le n.o 1. e qu» Len.“ 4 est le froment que nous nom- lelx mons froment noir, parce qu'il a la barbe et a de la balle de l'épi noires; il n'est différent du gluit n.“ 3 que par la couleur de la barbe et de ah ouc la balle. Ces deux fromens, rouge et noir, 2. résistent au mieux aux fortes gelées. s„»„ Le n. 5 est le froment que nous nom- „ halle mons froment blanc, parce que la barbe et ouge la balle de l'épi sont blanches. L'épi est de gue, six à sept pouces de long, supporté par une 3I de nge de quatre à cinq pieds de haut. Le grain Ir vnj; en est gros; il donne moins de son que les frie n.0s 3 et 4. La farine est un peu plus blanche x et et absorbe la mèême quantité d'eau que le lo 1; n.“ 1. La paàte s'étend beaucoup plus que lsobe celle des n.s 3 et 4. Pour le surplus, il est durte, le même; mais il a cela de particulier, que . daps cultivé dans nos montagnes ou le terrain est „...„. fort, il ne varie pas; cultivé dans nos plaines dle qus 7— —-Oõq·pf 6 206) eu le terrain est moins fort, il perd sa qualité 1 dès la première année, et semble tenir de Särräs celui que nous appelons touzelle, n.“ 1. Les gern 3 cultivateurs des plaines le recherchent avec f 1 1 empressement, et le paient dix à quinze sous 5, 1 par carte, de notre mesure, de plos que ce- dres Jui de touzelle, n.“ 1, parce qu'il leur est tous d'un plus grand produit. Quelle est la cause 8e de ce changement des la première année? ajout Le laboureur me répond: je n'en sais rien, aulre 1 je T'attribue à la qualité de la terre, qui est abonde moins en sucs nourriciers que celle le ch de nos montagnes; au surplus, c'est un fait paron- Avériſier encore, avant de vouloir Pexpliquer. kait m „ Le n.“ 6 est un grain que nous nom- 6 N. 44 mons pamoule. C'est une orge de printemps. cale » Le n.“ 7 est le froment noir, n.“ 4, sent qui commence à dégénérer, parce qu'il a été Aes 1 semé plusieurs années de suite sur la même 14 6 terre ouù il était venu. Je ne puis pas en in- ce 1 diquer la cause; mais j'en continue l'épreuve. en e » Nous ne caultivons presque pas le seigle. lous Le peu que l'on sème vient très-bien dans ayee 4 les terres sablonneuses. Le seigle trémois que ſarai nous nommons en patois seroudeilho, réussit Wain bien. Mais nos paysans préferent la pamoule, aura parce que le pain se trempe mieux à la le! 1 soupe. M 56 alté de Les 2aec F 801S J de ce⸗ Ir es lcause 616e IBeiel, rnqui 30 le wefait Trhel. -0- 10 ApS. 4, 3p a bte 31 dme G0D m⸗ eure⸗ I aige. eidans an que oeusü oule— à k (2⸗) » Nous ne cultivons pas l'épeautre, ni le sarrasin; notre climat est trop sec pour ce dernier grain. » Nous faisons monder les fromens n.os 3, 4, 5, pour en faire du gruau qui est très-bon; mais le n.“ 5 est le meilleur de tous les gruaux; il se gonfle beaucoup en se cuisant. On peut mèême se dispenser d'y ajouter aucune graisse ou viande, ni aucun autre ingrédient de cette nature, il n'en est pas moins bon. Mélé avec de la farine de chaâtaignes sechées comme nous les pré- parons ici et dans toutes les Cévennes, i fait une soupe excellente et très-nourrissante.» M. Bégou explique ensuite la culture lo- cale de ces divers fromens, culture qui pré- sente des singularités bien dignes d'être étu- diées, mais qui n'est pas de notre objet. La premieère réflexion que m'a fait naitre ce Mémoire, c'est qu'il serait à désirer qu'on en eüt un pareil sur les blés cultivés dans tous les arrondissemens de PEmpire français, avec des épis de ces grains. C'était ce que j'avais espéré de pouvoir réunir dans les mains de MM. Thouin et Tessier, et qui aurait certainement fructifié par eux pour le bien général de notre agriculture. Mais si un plan si vaste ne paratt pas fa- ———y—— — —= cile à se réaliser, Sil semble à un cultivateur qu'il lui soit impossible de se procurer des espèces de ces grains étrangers dont il en- tend faire léloge, il peut du moins tenter une amélioration qui est toujours à sa portée, et pour laquelle il n'a besoin que d'un soin peu embarrassant. Je pense qu'un agriculteur peut faire pour le blé ce qu'un Empereur de la Chine a bien fait pour le riz. C'est un trait qu'a déjà relevé M. Cossign) dans un chapitre précédent; mais il mérite d'ètre retracé ici de nouveau d'une manière spé- ciale. La citation est tirée du Recueil sur l'aα- griculture, imprimé au Palais impérial chi- nois, en 1743. Je me promenais(dit T'Empereur Kan- „ Hy, dans ses Mémoires domestiques) les » premiers jours de la sixieme lune, dans » les champs où pon avait semé du riz qui „ ne devait donner sa moisson qu'à la neu- » vième; je remarquai par hasard un pied „» de riz qui était déjà monté en épi, s'élevait „ au-dessus de tous les autres, et était assez » mur pour étre cueilli: je me le fis ap- » porter. Le grain en était très- beau et bien nourri; cela me donna la pensée de le garder pour un essai, et de voir si » Pan ) prée ) pied »y en y Ner y Ser » bo » mic Hla » der » dot » cur Ren pereur de cette celte » do ( leur» TPannée suivante il conserverait ainsi sa nules» précocité. II la conserva en effet: tous les Sier-» pieds qui en étaient provenus montaient ier.» en épis avant le temps ordinaire, et don- Lle,» nèrent leur moisson à la sixième lune. 1 wiin» Chaque année depuis a multiplié la récolte— A leur» de la précédente, et depuis trente ans c'est Areur» le riz qu'on sert sur ma table. Le grain Nlu» en est allongé et la couleur un peu rou- un» geâtre; mais son parfum est doux et sa. Alre» saveur très-agréable. On le nomme le riz 2106-» impérial, Vo-mi, parce que c'est dans » mes jardins qu'il a commencé à étre cul- 1n d-» tivé: c'est le seul qui puisse muùrir au nord Bre» de la grande muraille, où les froids finis- 8 » sent très- tard et recommencent de fort 2 Tan-» bonne heure; mais dans les provinces du up) ls» midi, où le climat est plus doux et la terre— 91lans» plus fertile, on peut aisément en avoir 1 Hi» deux moissons par an; et c'est une bien 4 neu-» douce consolation pour moi d'avoir pro- 1 piel» curé cet avantage à mes chers colons.» 2 Mait Remarquez, cher lecteur, que c'est l'Em- il Ser pereur de la Chine, que c'est un souverain 15. de plusieurs millions d'hommes qui a fait 5 I u ct cette découvete et qui s'en applaudit par 3de de cette phrase si touchante:« C'est une bien » douce consolation pour moi d'avoir pro- )) ( curé cet avantage à mes chers colons.„ 210) Mais il faut écouter le récit de cette anec- dote, comme cet Empereur la raconte lui- méème dans le recueil, si curieux, qui est intitulé par lui: Mes obserbations physigues. ) ⅜HRiz-précoce. Lagriculture a fait mes dé- lices des que j'ai commencé à me sentir. Je me suis donné le plaisir de faire cultiver sous mes yeux toutes les espèces de blés, de grains, d'herbages et de fruits que j'ai pu connaitre. Quand on en apportait quel- que espèce particuliere ou nouvelle, j'y donnais des soins extraordinaires. Si elle me réussissait, je veillais à ce qu'on la fit connaitre à mes peuples, afin que'on pro- fität de ma découverte et que J'on enchérit encore par-dessus, si cela se pouvait. II arriva une année, dans ma terre de Fong- tsi, qu'un pied de riz monta en épis et fleurit long-temps avant les autres. Cette indication de la nature fut un trait de lumière pour moi: je donnai mes or- dres pour qu'on recueillit séparément le riz de ces épis précoces, et pour qu'on les semât dans un terrain particulier. Tout ce qui en est venu depuis plusieurs années, a muri beaucoup plus tôt que l'autre riz. Comme J'air est plus doux dans les pro- ) vinc ) plus y enc y ent » Gue )) Po ) acC ) rél » fail » forc prod ) le C quu deg, ) e » No y las » lui ) ser » N » ses » sen I applie que d mielu quin obser lons.) Fe anec- Oite lui- Jui est Viques. nes dè- Tsentir. ultiyer ₰ h, ne al sinquel- 97ie, 1 = R elle „ JI là ſit Son pro⸗ pchert it. I N Tong- Is et ₰(elle it de 5 or⸗ Snat le 5 D les ul ce 2nmées, e rI 8 p- ( 2rr) vinces méridionales et la terre beaucoup plus fertile qu'ici, cette espèce pourra encore mieux y réussir. II vaut mieux entrer dans la voie qu'indique la nature, que de la meitre à je ne sais quel régime, pour en obtenir ce qu'elle ne veut pas accorder. Plusieurs arbres étrangers ont réussi dans mes jardins, mais n'ont pu se faire au climat du Pe-tohe li. Réussit-on, à force de soins et de dépenses, à leur faire produire leurs fleurs et leurs fruits, dès que le climat ne leur est pas favorable, on n'a qu'un vain plaisir sans utilité; ces fruits dégénèrent et perdent leur mérite parti- culier. II vaut mieux s'attacher à perfec- tionner les espèces qui réussissent. Le plus vaste empire ne peut devenir l'univers. Ce- lui qui a distribué ses dons, ne les lais- sera jamais venir tous dans un seul royaume. Il ne faut que faire attention à ce qu'il s'est proposé, en les distribuant diver- sement.» N a-t-il rien de plus sensé et de plus applicable à la matière de ce livre, que ce que dit ici l'Empereur de la Chine? Il vaat mieux S'attäacher d perfectionner les espèces ali réusstssent. Dans un autre passage des 7 8 observations de IEmpereur Kan-Hy, relati- ( 212) d vement aux espèces de raisins qu'il avait fait B lamm venir de Ha-mi et des pays voisins, et qui zrles réussissaient dans les pays du nord, ce sage pfa Prince dit encore avec un sentiment profond: d Tenee JP'aime mieux procurer une nouvelle espèce de 1 »„ de fruits ou de grains à mes sujets, que 14 » de patir cent tours de porcelaine.». Ee Au surplus, c'est'esprit du gouvernement Blai de la Chine, d'encourager uniquement les arſ seuls arts de premier besoin, et de veiller e sans cesse aux progrès de l'agriculture. La Ga botanique utile est un objet constant de ses uib attentions. Il est connu par leur histoire, que wlle depuis trente siècles et dans toutes les dynas- lusnr lies, les Empereurs ont pris à täche de na- †f[.Ku turaliser en Chine tout ce qui est venu des 1 Nes de la mer, et du fond de la Tartarie, ſai et de tous les pays voisins, sans parler des grain essais de transplantations d'une province dans ralti une autre, soit voisine, soit éloignée.«Nous kaver » ne craignons pas de dire(assurent les mis- que »„ sionnaires chinois) que la Chine doit infi- Que » niment à cette dernière pratique, et que V faleun » le soin continuel de l'étendre à tout est ce iprou „» qui contribue le plus à son abondance et à. 1 » sa fertilité. Les arbres et plantes d'Améri- nomt » que, d'Afrique et d'Asie, qu'on cultive nou ’» en France à si grands frais, ne lui vaudront due fs fait iqni age ud: IRe d 4 rLenent 31I ls aller 1uLa d tlses rniue ) 2548- am⸗ 9 des „Triiee, LA des DI las .Jous mi- oPf- ue n ce LTB ebà Tabri⸗ dullife „ vont » jamais autant que ferait le soin d'améliorer ». les grains, les fruits et les animaux de chaque » province, l'une par l'autre.»(Mémoires concernant les Chinois, par les Missionnaires de Pébin, tome 2, 1777). Nous pouvons citer, en ce genre, un exemple émané d'un simple agriculteur an- glais, qui a distingué dans ses champs une variété de blé singulière et féconde, et qui en a également propagé la culture. C'est M. Marshall qui rappelle, dans ses détails sur la culture du comté de Vorck, cette manière remarquable de tirer parti du hasard qui présente des variétés dans les grains, comme dans toutes les autres plantes. «Dans tous les pays, dit M. Marshall, j'ai observé qu'il y avait certaines variétés de grains qui devenaient à la mode parmi les cultivateurs, tandis que d'autres perdaient faveur. La mode peut, en effet, y faire quel- que chose; mais il n'est pas vraisemblable que la mode seule engagedt tous les culti- vateurs d'un canton à abandonner un grain éprouvé, » Dans les jardins, les variétés sont sans nombre; chaque année on en voit paraitre de nouvelles, et'industrie y contribue autant que le hasard. Ainsi, pour avoir des pois ( 214) précoces, le jardinier marque la plante qui fleurit la première parmi les espèces les plus printannières. L'année suivante, il sème les pois recueillis, et marque de mème la planite la plus précoce. C'est ainsi que Pon se pro-— cure des variétés de pommes, en choisissant sur une couche de plants de pommiers qui lèvent de pepins, ceux qui ont les feuilles les plus larges pour les transplanter. » On obtient de mème, avec de l'industrie, de nouvelles variétés de grain, et il est bien probable que les variétés sans nombre du blé d'hiver ne sont pas toutes l'effet du climat ou du sol. La nature se plait quelquefois à certains jeux sur les qualités caractéristiques des individus; mais L'industrie de Phomme est nécessaire pour rétablir les variétés d'une manière permanente. On s'occupe peu au- jourd'hui d'établir des variétés, parce que le nombre en est déjà si considérable qu'on se contente de les transporter d'un canton à Pautre. Je n'ai eu qu'une seule occasion de voir créer une variété avec un individu, et Gest le district de Norfolk qui m'a fourni cet exemple. „ Un homme qui est excellent observateur, ayant remarqué dans un champ de blé une plante d'une beauté et d'une vigueur extraor- ———Q—C—C—C—O—Q—OQO.QC¶ůÖℳ—D¾oʒ— dinair et br ronne gräüu pis et ſol les ve Isse, la p rosea ) 1 à gns. Jards necc dam plé soins k de Uté. & de ) suff trou⸗ lqe qui 23 plus le les 3lame 1 ro- — SSaut Irs qui 3leuilles 2 ai blrie, Ui bien 3u blé ol mat plois à 5rdcaes eIomme Si d'une 9l all- ue le Son Se nton 4 Don de b U, et ni cet cateur, llé une raol- XN ( 215) dinaires, qui avait tallé mieux que les autres, et prenait l'avantage sur tous les épis envi- ronnans, la marqua pour en recueillir le graiu séparément. La plante donna quinze épis et six cent quatre grains, d'un blé plein et fort beau, différent, pour l'aspect, de toutes les variétés que je connais. La balle était lisse, sans barbe, de la couleur du grain; la paille forte et un peu semblable à des roseaux. » Les six cents grains furent plantés un à un, à neuf pouces de distance en tous 7 sens. IIs occupaient un espace de quarante yards carrés, non dans un jardin ou une pièce de terre isolée, mais après un trèfle, dans un champ dont le reste était semé en blé ordinaire. De cette manière on évita les soins trop assujettissans et en même temps la destruction que causent les oiseaux dans les pièces d'expériences. „ Les six cents grains donnèrent vingt livres et demie de blé de semence de première qua- lité, et quelques livres de blé de seconde qua- lité. Un des grains avait produit trente épis et douze cent trente-cinq grains. » Le produit de la seconde année étant suffisant pour planter un acre, la variété se trouva établie. A la cinquième année je l'ai ( 8 vue semée en quantité considérable; mais la saison se trouvant pluvieuse et la terre riche, le grain fut retrait pour la plus grande par- tie, gerba beaucoup; mais le produit du blé de Zélande, dans les mèmes terres, fut tout aussi grand; je pense mèême que le grain de ce dernier blé est d'une qualité supérieure; la peau en est plus mince. Cela n'empéèche pas que la variété dont je parle ne soit une des plus estimées du pays; c'est même peut- étre celle qui convient le mieux aux terres médiocres ou mauvaises. „ II est intéressant de remarquer que cette variété gagne en qualité. Sa couleur et sa peau sont devenues plus belles dans une sai- son défavorable. » La supériorité de ce blé n'est pas néan- moins assez marquée pour justifier le détail dans lequel je viens d'entrer, sil ne servait à démontrer combien il est facile de créer des variétés, ou de perfectionner celles qui existent. Ce qui détourne les fermiers de ces expériences, c'est le dégat que font les oi- seaux; car il est à peu près impossible d'en garantir les petits espaces semés en grain, quand la maturité approche, sur-tout dans les jardins et le voisinage des habitatious. Mais si Pon fait les expériences dans un champ semé zemé eet 1 „ dans 0U env Pds rion d'au je ri ait ei Cete west frome c00d Nre )) des plus cher bea ) de] Gaut porte ra Ils Fari 6 217) s la semé en grain de la mèême nature, on évite eThe, cet inconvénient. » Peut- étre qu'un botaniste redouterait IIpar- FuNW dans cette situation l'influence de la fleur wout ou des poussières séminales des autres grains M m de environnans; mais ces craintes ne semblent 5 6 1 2 2 8 2— Gure, pas fondées, si j'en juge par les observa 3ache tions que j'ai faites. On ne s'est apergu dech 5 2 un d'aucun effet semblable dans Texemple que elt je viens de rapporter, quoique cette culture Ares ait eu lieu daus un champ de froment blanc. 3 Cet exemple méêéme n'est pas nécessaire. II. ie n'est pas rare de semer ici un mélange de 3ID' 1 froment rouge et blanc, et on assure avec 1IE. S 5 3 conßance que les couleurs mêmes ne s'al- a2n Ar 5 4 terent pas- 8 » Cette méthode peut servir à améliorer b néan-. 8 des variétés existantes; ce qui, peut-éêtre, serailt 1 Mllail 3 5 3 A ſele..„ — plus utile aux cultivateurs que d'en recher- 9 TValt cher de nouvelles, et ce qui serait sur-tout 1 5 creer beaucoup plus prompt. — ⁸ qul. 3. f.. » Autrefois, pour perfectionner une race 7 8 5(l5.... Silhe de bétail, on cherchait à la croiser avec 5 0l-... 4 d'autres; mais les éleveurs modernes qui ont 8 ſr n.. lie de porté cet art au plus haut degré connu de nd rafinement, suivent une marche différente; 8 dans ils se servent des plus beaux individus de la 2 alloL5. variété qu'ils veulent améliorer, et pour- a champ 44. Partte. 10 sems —iä 218) suivent ainsi l'amélioration progressive au moyen d'individus de choix. » Dans un champ de blé, quelque pauvre que soit Pespèce, et quelqu'adaptée qu'elle soit au climat et au sol, vous trouverez la méme différence en beauté et en bonté, que dans un troupeau d'animaux. C'est au cul- tivateur à se prévaloir d'un moyen si facile d'amélioration. Qu'il fasse choix des plantes individuelles qui sont remarquables par leur vigueur et leur produit, avec la certitude morale que ces individus privilégiés con- viennent parfaitement à son sol et à sa si- tuation. Nous avons en France plusieurs Sociétés d'agriculture qui s'occupent aujourd'hui du choix à faire entre les blés. Voici ce qu'a dit M. Lair, de celle de Caen, dans un rapport intéressant, fait en l'an XIII, sur les travaux de cette Société. M. Weatcrofl, dit-il, a communiqué un Mémoire sur la nécessité de changer dans le même terrain les semences, et d'en appli- quer les différentes espèces au sol qui leur convient. II a prouvé, d'après une longue ex- périence, que, par le changement de terrain, le blé était susceptible d'amélioration, et qu'au contraire il cessait de donner des récoltes — qussi fols éton gen mal ce Are au Sauyre A u'elle Orez la d, que =u cul an facile „ Lolan les =er huu 8 stude ig on- 1 † si- eneles 1LD d 20. gua W In LInr les er uê un 1 Daus Pypli- „ leur 10e eX- 9prain, qu'au 1 1 e* —(Colles aussi abondantes lorsqu'il était confié plusieurs fois à la mèême terre. M. Weatcrofl a paru étonné que les Anglais et les Français qui senlèvent à Penvi leurs différens procédés manufacturiers, soient aussi indifférens sur ce qui concerne Pagriculture, et qu'ils n'aient pas essayé respectivement d'introduire chez eux les bonnes espèces de grains. Notre col- leègue en a fait la tentative. Il a semé dans cette contrée(le Calvados) un froment an- glais qu'il appelle lammas rouge, et qui parait cultivé avec quelques succès par Charles et Jean Monville, fermiers à Ardennes, et par quelques laboureurs des environs de Caen. Mais pluas économes que prodigues d'éloges, qui, donnés mal à propos, deviendraient dan- gereux, nous avons pour principe de ne vanter un objet qu'après en avoir constaté Putilité. Pour y parvenir d'une manière plus süre, nous avons voulu nous-méèémes faire P'essai de ce blé. Au lieu de tentatives isolées, nous avons pris une marche régulière. Une commission formée au sein de la Société, s'occupe en silence à répéter cette épreuve, ainsi que beaucoup d'autres, sur les plantes céréales. Afin d'avoir des résultats exacts, elle s'est proposée de renouveler ses expériences dans des terrains différens, et de les réitérer (220) plusieurs fois, travail qui exigera peut- tre quelques années; car le cours régulier des saisons ne se prète pas au renouvellement des essais; et la natare lente dans sa marche, contrarie souvent les désirs impatiens de l'ob- servateur.» La Société des sciences, agriculture et arts du département du bas Rhin, possède à Strasbourg une pépinière oQù l'on trouve un grand nombre de plantes économiques, et sur-tout de céréales, dont aucune, jusqu'alors, n'avait été cultivée dans le département.(Zoye⸗z le Tuableau analytigue de ses trabaux, im- primé chezs Leurault, en 1806). Nous avons lieu de croire que les Sociétés de Caen et de Strasbourg ne seront pas les seules qui se livreront désormais à ces re— cherches importantes; nous espérons que notre ouvrage pourra en inspirer le gout partout ouù il sera conna. Nous savons que déjà plusieurs agriculteurs ont fait particu- lièrement des essais de ce genre, dont nous avons vu les produits. M. Villèle, agriculteur très-zélé et très- disüngué, de la haute Garonne, et M. Isoré, dans le département de l'Oise, ont des fromens du meilleur choix. M. Villèle a cultivé des blés de différens pays. M. le Préfet du dé- eob⸗ re ſier des Bllement 3narcle, cle Loh- vet arb Lede à Jve an zies, et u'alors, aVoye⸗ O, ün- 2 Els 2 O6S les S es Te- 19 que . goüt 4s Cue 3 rrlicu- L00 tres- soOte, 2 mens 9 E des 3lu de⸗ ( 221) partement de la Sézia, ci-devant Piémont? envoya, en 1806, un cornet de blé de la Sézia à la Société d'agriculture de Toulouse. De cinq hectogrammes de ce blé, M. Villèle en obtint d'abord seize litres, qui, en 1807, en ont produit trois cents. Ces trois hectolitres en ont donné trente-six en 1808, et il en a enſin recueilli plus de trois cents hectolitres en 1809. Le 22 aout de ceite année, M. Villele m'a écrit ce qui suit: «De toutes les variétés de blé que j'ai essayées, aucune n'a mieux réussi qu'un litre de blé que vous m'envoyâtes dans le temps de votre ministère, avec quelques autres espèces jugées encore meilleures, pour en faire l'essai dans nos départemens méridio- naux. » L'espèce qui me réussit si bien était le blé à épi rouge, barbu, mais dont la barbe tombe lorsqu'il a acquis son degré de ma- turité. La paille en est pleine. II a la pro- priété de très-bien réussir dans les terres médiocres sans fumier. Ce blé venait de Ram- bouillet. » Le litre que j'avais semé produisit pro- portionnellement en blé et en javelles, plus que tout autre sur autant de terre, avee ( 222) une égale quantité de semence. J'en fus 87 satisfait, que je comptais suivre ce blé pré- cieux en le ressemant chaque année; mais il en vint une où la récolte entière devint en gerbe la proie du brigandage. Mon blèé fut Perdu jusqu'au dernier grain, etc.» Un demi-quintal de ce blé, tiré de Ram- bouillet en frimaire an IV, a donné à M. Isoré, après le ré-ensemencement, dix-huit cents gerbes, qui ont rendu einquante setiers de Paxis. Au reste, si'on veut reconnaitre les signes de bonté d'un blé qu'on veut mettre en cul- iure, il y a certains caractères auxquels on ne peut se méprendre. IIs ont été développés par le savant Tessier, dans sa comparaison du froment de la récolte de P'an X, avec celui de la récolte de l'an IX, du parc de Rambouillet.(Annales de Uagriculture fran- gaise, tome XIV). Nous ne pouvons mieux terminer le cha- pitre du choix des blés, qu'en indiquant à nos lecteurs un détail qui est un modèle de la précision et de Pexactitude si nécessaires et si rares dans les écrits faits pour instruire sur des matières positives. I fus K „olé pré- . 8 mais I vint eu O blé ft —e Nam- cé a M. — dir hit A Klſerg I tsighes WMn cul- ds on = ophés paraison , apec à Darc de Ae fran- Sie cha- erluant à 71 dele de A essaires Anstruifo5 (223 ————————————---—— CHAPITRE XV. Suite du choix des meilleures plantes céréales. De L'onge. Deseriptions de Haller. Opinion ge M. Parmentier, sur la substitution de 'orge au riz. Farine d'orge préparée. Courte digression sur l'awoine, le millet, le sar- rasin, le mais et lat pomme de terre. JIr m'étendrai bien moins sur l'orge que sur les autres plantes ou graines céréales, parce que l'orge exige en général des terrains forts, et qu'elle les épuise. Mon principal objet a été de venir au secours des cultivateurs dans les pays arides, sur-tout aux pauvres ha- bitans des montagnes des Vosges. Je fus élevé parmi eux; je ne les perds jamais de vue. Je n'attache de prix à Pouvrage que je com- pose, qu'autant que cet ouvrage pourra leur devenir utile. Reprenons d'abord le travail du célèbre Haller, sur les grains qu'il a crus les plus in- (224) aeressans. Il a fait suivre le froment par Porge, avant le seigle, parce que l'orge est en effet plus anciennement connue et bien plus répandue. Quoique ses épis soient assez longs, ses fleurs sont les plus petites de toutes les graminées. Haller dit qu'on peut faire des recherches aussi utiles sur l'orge, le seigle et avoine, que sur le froment. Il avait donc examiné de méèême ces trois espèces au moyen de la loupe, et il s'était apergu qu'il lui serait encore impossible de ne point s'écarter de Popinion de Linné: d'abord relativement à T'examen des espèces primitives, ensuite par rapport à la détermination précise des variétés de ces espèces.«JPespère, dit-il, que person- » ne n'attribuera à l'envie cette didérence » d'opinion? Je me sens trop près de la mort » pour ne pas surmonter, au contraire, toute » espèce de considération, afin de décrire „ les objets tels qu'ils paraissent à mes yeux. L'orge est de tous les grains le plus ancien- nement connu, du moins chez les Grecs; et si Pon en croit le témoignage du savant Heyne, Porge est aussi connue depuis très-long-temps des peuples orientaux; de tout temps on a fait du pain avec sa farine. Ilaller commence par lhistoire des espèces dui ne que ce 0r et rich 8es parci rapp resle, Soche que molss recu livri sui grai mén cepe rap mill Torg nie derre ont -t par ze est d bien lleurs ALes. erehes dvoine, amins Ad⁴ d Wlralt nh de I9ſt à uerpar 2 s 3rSol⸗ Drence 3 mort 3 ute erire ul.) ien- Suet si 1 1⁶, 31 mPs 2 4 2 peces (225) qui ne portent que des fleurs fructifères, parce que ce sont les plus parfaites. 1.5 Orge(à six rangs), toutes les fleurs frue- niféères; les épis en sillons, par six rangs. On la sème communément au printemps, et Pon est en droit d'en attendre les plus riches moissons, d'après la fertilité de toutes ses fleurs. Mais on l'estime peu en Suisse, parce qu'elle exige un sol très-gras et qu'elle rapporte moins de farine que de son. Au reste, il parait, par les Tables du docteur Sochers, communiquées à Haller, par Gesner, que cette orge produit les plus abondantes moissons, tellement abondantes, qu'on put recueillir deux mille deux cent vingt-deux livres d'orge d'un arpent de terre calculé suivant les mesures de Zurich. Aucun autre grain ne porte la fertilité aussi loin, pas méme l'orge pyramidale ou riz rustique, qui cependant s'en approche le plus, puisqu'elle rapporta dans les mêmes circonstances deux mille cent trente-trois livres. La récolte de l'orge à six rangs produisit seize fois la quan- tité de semence répandue sur l'arpent de terre; et quelques cultivateurs de la Suisse ont vu des récoltes qui rendaient dans la proportion de cinquante pour un. 2. L'orge dont Haller parle ensuite est ap- „ pelée en Suisse orge pyramidale. C'est'orge d'hiver, ou d'automne; elle rapporte quel- quefois deux mille cent trente-trois livres et douze onces par arpent de terre. Le fro- ment n'en rend que mille livres, et le seigle environ douze cents livres; ainsi la récolte va jusqu'à la proportion de onze pour un; mais ordinairement elle est octuple ou décuple. Au moment de la maturité les arétes se dé- lachent de cette variété, ce qui met alors une sorte de ressemblance entre ces épis et ceux du froment. On ne doit donc pas s'é- ionner de ce que cette variété porte le nom de zéocrithon. Au reste, cette espèce n'est pas si différente qu'on le croit de l'orge à six rangs; le port de Pune et de P'autre se ressemble parfaitement. 3.° Vient ensuite l'orge d'été. On seme beaucoup d'orge d'été en Suisse, pour en faire des boissons ou du pain. On la sème au mois de mai, dans un bon sol, et on obtient presque toujours une récolte décuple. En général, P'orge sert à une infinité d'u- sages: elle est généralement cultivée dans les zones tempérées; on la seme depuis l'Asie jusqu'au fond de la Laponie, et elle est en- core plus commune vers les régions du nord lue mieu gue van dan pro ein axc son grai ove mois pour 08 da 1, — forge d quel- 81 Üyres e fro- —₰ Keigle récolte Ir un; 5 Cécnple. — ge l⸗ 1ahs mls et 12 se- hnom 980jest 3 1; à 7ane ze I9 uisse, 7 a. On 11 80, MIecolte A Su⸗ ril dans ASie ¶ ¹ 3st en- 1 u nCFd . 4 22 que dans nos climats, parce qu'elle supporte mieux le froid que les autres grains, parce que sa semence se multiplie aussi bien da- vantage et produit les récoltes les plus abon- dantes, et enfin parce qu'elle murit très- promptement. Souvent l'orge d'été est mure cinquante-cinq ou cinquante-huit jours après avoir été semée. Les habitans des Alpes la sèment tout preès des glaciers; et quand le grain n'a pas rendu douze pour un, ils croient que la récolte a été mauvaise, car une riche moisson produit quelquefois jusqu'à trente pour un; mais alors les grains sont moins Sros. Le pain de la première espèce d'orge a une saveur très-agréable; mais il est humide, assez noir, et s'aigrit facilement. Dans le temps que la simplicité des mœurs et des usages régnait chez les habitans des Alpes, ils faisaient deux ou trois fois par an de ce pain d'orge, et prenaient les précautions sui- vantes pour le conserver: ces pains étaient minces et plats, on y passait du fil ou de la ficelle, pour les suspendre au foyer, puis on les trempait dans du lait ou du bouillon. Mais ces bonnes gens ne se contentent plus de cette nourriture grossière depuis que l'usage 2„ 2. 4.. du froment a été intfoduit parmi eux. ( 228) Les Romains otaient le froment aux soldats qu'ils voulaient punir, et ils les nourrissaient avec de l'orge. Ily a encore une autre manière de préparer Torge: lorsqu'on l'a dépouillée de son écorce dans des moulins particuliers, les deux pointes extérieures du grain sont brisées, ce qui lui donne la forme d'un petit globe blanc; ce grain cuit et renfle dans le bouillon, et l'on en tire un très-bon potage. C'est ce qu'on nomme l'orge perlé. Les anciens employaient l'orge de diverses manières: ils en faisaient d'abord de la polenta.(Ce nom est resté à une nourriture du même genre que l'on prépare à Coire et au delà de Coire, avec du sarrasin, polygono- Jagopyro). Cette polenta se faisait en trem- pant l'orge dans de l'eau pendant l'espace d'une nuit, eét en la séchant et la grillant ensuite; on l'envoyait après cela au moulin, ou bien on la trempait et on la séchait en- core une fois avant de la faire moudre. Les anciens se servaient de cette polenta en place de pain, et ils en prenaient aussi en décoc- — tion. La maza tira son origine de cette polenta, à la différence que l'on cuisait l'orge ainsi préparée avec un autre bouillon, ou avee — qut fals exig lisal che⸗ les bre ge fai poldats Isalent parer Sacorce womtes — ui lui Ide; ce It Ton 32 10 b eses 1la mMonre Ne³ OCono- 13 Tem- 1 prace 2 Llnt Un, Le en- Hiles 18 3(6 5 100C- ꝗ nia, 2 ailsi — ² afes (229) plusieurs liquides, comme de T'huile, du vin, du lait, etc. On prend pour la tisane d'orge, de l'orge triée avec soin, concassée et séchée au soleil; ensuite moulue et desséchée de nouveau; on a soin en la séchant d'y remettre la poussière subtile qui s'échappe de l'égrugeoir(ou rape). Les villageois préparent de cette manière ee que l'on appelle orge mondé. Galien en faisait d'une qualité supérieure, mais qui exigeait plus de peine et de temps. Cette tisane était une des boissons les plus usitées chez les anciens. Hypocrate la permet dans les maladies violentes, comme étant le seul breuvage nourrissant. Maintenant on emploie d'autres procédés pour avoir cette tisane; on fait cuire dans de l'eau l'orge séchée, jusqu'à ce qu'elle se réduise presqu'en bouillie; en- suite on l'écrase avec soin, et on la fait filtrer avant de s'en servir. Sous le nom de tisane, nous comprenons aussi les décoctions d'orge dans l'acception qui leur est donnée en mé- decine. En général, l'orge n'a presque point de ces parties glutineuses qui deviennent alca- lines.(KrssEkziarzR, de quorundam ve- get. parte nutrit). Par cette raison elle est moins échauffante que le froment; ce qui 230) fait que nous ne donnons point d'orge aux N chevaux, comme il est d'usage de le faire les. dans les pays chauds, en Espagne et ailleurs, ahsu où on les nourrit méême avec de J'orge en— mat place d'avoine, suivant l'ancienne coutume de des Grecs. Ce genre de fourrage donnerait la diarrhée aux chevaux dans nos climats. Lt La bierre se fait aussi avec de l'orge: tol on la dispose en tas, qu'on laisse fermenter 2 presqu'au point de germer. Ensuite on l'étend hea avec soin, puis on la fait sécher, après quoi nod on la fait cuire dans de l'eau avec du houblon. 1 Cette boisson échauffe moins que le vin; elle git engraisse, et les substances farineuses qui au entrent dans sa composition la rendent très- 4 ot nourrissante. Boerhave nous apprend que la double bierre de Brunswick est excellente un pour rendre des forces. La bierre est la boisson lo la plus anciennement connue chez les Egyp- et tiens. Il y a différentes sortes de bierres: la jen petite bierre est employée dans des maladies ch qui proviennent d'échauffement; Sydenham Ha en recommande Pusage. Et la bierre double que ne le cède pas beaucoup au vin. qui Il est très-avantageux de cultiver de l'orge; 4 on peut la faucher en herbe plusieurs fois, pe aſin d'en nourrir le béiail, sans préjudice à I la récolte du grain. gux T- K alre lis us, 0 en —₰ ume ₰ lerai FIE. Lge: Anten 1 Dnd 0' Moün. alle elui *N- Iek Snte & SSon 1 eſp⸗ 1A. là Mdies D am b 9; e*'is, 99e 3 L'Opthalmoxistron(sorte de thériaque pour les yeux), de Woolhausen, était une invention absurde qui ne pouvait qu'augmenter l'inflam- mation des yeux, puisque les barbes ou arétes de Porge sont velues et dentelées. Ce que j'ai dit, continue Haller, de la première espèce d'orge, peut s'appliquer à toutes les autres; car quoique la première soit la plus belle, les autres s'en approchent beaucoup, à la réserve de quelques légères modiſications. L'historien Berose prétend que l'orge crois- sait sans culture à Babylone. M. de Riesel en a trouvé en Sicile, et des voyageurs russes en ont vu sur les bords du fleuve de Samara. Haller avait un jour semé de l'orge dans un demi-arpent de terre; cette orge produisit trois récoltes consécutives pendant trois ans, et peut-èétre cette récolte spontanée n'eut elle jamais cessé si l'on n'avait point destiné ce champ à un autre usage. Mais cet essai, dit Haller, est plus que suffisant pour prouver que nous avons aussi parmi nous des grains qui peuvent se propager d'eux-mèmes. Willemet, directeur du jardin de Nancy, peut eêtre cité, ce me semble, à côté de Haller. II décrit quatre sortes d'orges. 1.0 L'orge cultivée, ou commune, de prin- temps et d'hiver, appelée aussi escourgeon, dente hordeum polystichon. ont 2.0 L'orge carrée, ou à six rangs, hor- Gagt deum hexasticon. Celle- ci fournit beaucoup pres plus que l'autre, et Willemet en parle d'a- ¹ près l'expérience. ou 1 3.0 Porge à deux rangs, ou la paumelle, org hordeum dislichon. Koëler croit que J'orge ten rameuse, ou orge de Miracle, en est une variété. 13 On lit dans les Mémoires de l'Académie lon des sciences, pour 1765, que M. Adanson mne avait trouvé dans les plaines d'Ivyry une orge Krrin de Miracle, ayant des épis rameux et mul- sem tipliés les uns dans les autres. Cette orge 1 zos cultivée est revenue à son premier état. Le b au sucrion avait, au contraire, acquis une nou- ne velle monstruosité. Il avait paru dans les épis Vol des grains plus gros, ayant deux germes joints T à une méême masse de farine, ce qui n'avait cll jamais été observé dans aucune plante gra- ce minée. Le grand botaniste Adanson croyait po qu'il y avait encore bien des choses à décou- che vrir relativement aux plantes les plus usuel- Ma les, et sur-tout aux plantes céréales, si des 4 gar ” cultivateurs physiciens voulaient s'en occuper. un 1 6 Il Paurait fait lui-méêème, s'il en avait eu les moyens. Mais ceux qui savent ce qu'il faut ( nhn, tenter n'ont pas de fortune; et ceux qui en 1 1 ont ne se soucient guère des expériences dSer- d'agriculture, notre éducation nous rendant Su presque tous très-ignorans à cet égard. ala. 4.0 L'orge raquette ou locular, zéocrite ou riz d'Allemagne, zeocriton, excellente ealle, orge blanche, que Willemet a cultivée long- pe temps dans le beau jardin de Nancy. 22 le On a beaucoup vanté cette orge-riz, qui n'a rien de particulier; mais les éloges que üdse l'on en fait doivent se rapporter à l'orge 8 wh nue, ou sucrion, hordeum distichon, grain gle farineux, presque sans peau, qui peut se— 1 P semer au printemps, depuis le mois de mars 34x jusqu'au quinze mai. On la sème aussi en 9 84 le automne, et elle murit à la mi-juin. Ses bon-* Sou- nes qualités Pont fait connaitre aussi sous le 31pis nom d'orge fromentée. b aaAlts De tous les agronomes, M. Parmentier est ut celui qui a le mieux développé le mérite de 34 a- cette plante. En Espagne on cultive l'orge 3 li pour nourrir les chevaux. Dans le nord et DBr chez les Anglais, on la cultive pour la bierre. b d l Mais M. Parmentier nous l'a recommandée 12 ⁸5. dans des vues différentes, et qui doivent avoir ggr. un assentiment général. 4 9 les En 1804, ce respectable philantrope a publié un Rapport par lui fait au Ministre de — —yy— E —— —— ( 234) FIntérieur, sur la substitution de l'orge au riz. Il établit en principe, 1.° Que le riz doit être exclu de la table du pauvre, et faire place à l'orge, qui est plus nourrissante et d'un prix moins élevé. 2. II croit que T'a- voine devrait étre bannie du sol de la France, et remplacée par Porge, pour la nourriture des chevaux.(Mais on a pu voir ei- dessus ce que Haller oppose à cette opinion). 3.0 Que l'orge et l'avoine ne doivent jamais éêtre converties en pain, parce que l'opération chymique de la panification détruit leurs pro- priétés nutritives, et développe même en eux des qualités nuisibles à la santé. 4.° Que le froment doit être moulu en farine et con- verti en pain, parce qu'il contient une ma- tière glutineuse animalisée, susceptible de former pte et de donner au pain de blé les qualités éminemment nutritives qui le distinguent. 5.° Que toutes les autres subs- tances céréales, graminées, légumineuses, et les parties végétales féculentes ou sucrées, de toute espèce, tels que le riz, l'orge Tavoine, les pois, les haricots, les fèves * 2 les lentilles, les pommes de terre, le blé de Turquie, le panis, le millet, le sarrasin et tant d'autres substances nourrissantes dont — Pnce, Joture - 1G 1I Mä⸗ An de on a voulu faire du pain, doivent èêtre man- gées sans avoir subi la fermentation panaire, qui détruit leurs propriétés nutritives. Parmi les six espèces d'orge examinées par M. Parmentier, celle qui lui parait mériter la préférence est l'orge nue, ou T'orge fro- mentée, dont le produit est double de l'orge* ordinaire, et dont la paille est plus tendre et plus recherchée par les animaux. C'est sous la forme d'orge perlé que ce grain doit ètre consommé et qu'il doit remplacer le riz, parce que l'orge absorbe une plus grande quantité d'eau combinée, et présente un ali- ment plus abondant d'un tiers que le riz. L'expérience a prouvé qu'une livre d'orge mondé suffit pour nourrir un homme pendant une journée entière d'une manière agréable et saine, tandis qu'une livre de farine d'orge convertie en pain est insuffisante, et présente d'ailleurs un aliment qui répugne sous tous les rapports. M. Parmentier a rendu un nouveau service à Péconomie rurale, en démontrant l'impor- tance d'une culture plus répandue de J'orge nue, à cause de ses qualités éminemment alimentaires. Nous croyons entrer dans ses vues, en rappelant une manière de préparer la farine 7 236) d'orge, publiée en 1774, par M. Vallet, curé de Colombe, dans le ci-devant Dauphiné. Cette farine est renommée, dans le pays, pour les maux de poitrine et pour l'économie du mé- nage. Le procédé n'en est pas difficile. Le voici tel qu'il est décrit par M. Vallet, dans la Gazette d'agriculture, commerce et finances, du 4 janvier 1774. On va voir que les Dauphinoi s'étaient servis de l'orge d'une manieère re- marquable long-temps avant l'invention des potages à la Remford. Manière de préparer la farine d'orge. «II y a plus de trente ans, dit-il, que j'apprète de cette farine pour mon usage domestique. Une personne à qui j'en avais donné, en avait accroché dans un petit sac à un plancher, pour la préserver de l'hu- midité et des souris. On oublia ce sac. Dix ans après, on le découvrit par hasard; on gouùta la farine, elle était aussi bonne que dans sa fraicheur, ne différant de celle qu'on vend dans cette ville(Grenoble) qu'en ce que celle-ci a un goùt de canelle. Je ne mets point de cette épice dans la mienne. » Cette farine est excellente au gras: elle est bonne cuite avec du lait ou avec de l'eau, un pel TPheur la dor pour TiSsar Pleir mala en 8. de h „ J cune: ferer. vous] frine Vnnüs usée sac! Faite coud Püs les la f trop axec Lrge out dess lusq l caré gidelle Ie les 51 mé- evoiei Inek 2du 4 a E inois iIIb re⸗ ith des gd LApe 10 83 3 arabs 5 Sac 3b hu- 82 Dü 82 Ol. TCOle 3IIon up ce 3ul 1Els 26 elle Deadl, 6 237) un peu de sel et du beurre. Dans un quart- d'heure vous en avez un potage cuit. On la donne avec du bouillon gras à un malade, pour ainsi dire, à l'extrémité. Elle est nour- rissante, fortiſie l'estomac: il n'en faut que plein une cuiller pour lier le bouillon d'un malade; on en met deux pour une personne en santé: ces doses suffisent pour une écuellée de bouillon. Voici la manière de la préparer. » Prenez quatre quartaux d'orge, Sans au- cune mauvaise graine: Phivernale est à pré- férer. Faites-la moudre le plus finement que vous pourrez; passez-la au blutoir. Si la farine est encore trop grosse, passez-la au tamis. Faites un sac carré d'une serviette usée; mettez-y votre farine, de façon que le sac puisse entrer aisément dans un chaudron. Faites un bon cercle en paille, que vous coudrez au sac, afin que la toile ne touche pas le fond du chaudron. Applatissez avec les mains, autant qu'il vous sera possible, la farine dans le sac; elle ne saurait éêtre trop pressée. Attachez fortement votre sac avec une ficelle; que le chaudron soit assez large et assez haut pour que le sac ait deux ou trois pouces d'eau tout au tour et au- dessus de la ficelle. Versez de l'eau bouillante Jusqu'à près de moitié du vase, Placez-y votre ( 238) sac, et assujettissez-Je avec une planche et un baton fourchu appuyé par l'autre bout contre 'anse de votre chaudron, sur le sac. Ayez toujours de l'eau bouillante prète pour remplir dle chaudron, que vous ferez bouillir pen- dant neuf heures sans discontinuer. Après cela, tirez le sac, décousez-le sur-le-champ. coupez toute la partie de la farine mouillée, que vous mettrez dans l'eau froide pour la manger bientòt en soupe; le reste de la farine n'est qu'une masse que'on coupe en morceaux de la grosseur du poing: vous rangez ces morceaux sur une planche ou dans une pail- lasse, pour les mettre sécher au four après qu'on a tiré le pain. Le four ne doit pas ètre extraordinairement chaud. Lorsqu'il est re- froidi, vous mettez vos morceaux de farine dans un sac, que vous conservez en lieu sec. Cette farine se garderait alors vingt ans. » Quand vous voulez en faire un potage, vous en pilez un morceau dans un vase. Au lieu de mettre de la canelle pilée, dans la farine, on en met un petit morceau dans le bouillon que l'on fait bouillir avant d'y jeter la farine. Jamais on ne la met à froid. En la versant dans le pot, on la remue un instant avec une cuiller. „ Pai donné cette recette à une infinité de persor connà )( Lisser dot noul engt 301I fai 1˙ encor le me Särràs terres Ler à p'x 4vA pha Seme qo Au tout faisa jusqu ehs, de, abo et d 1 1 (239) personnes, qui n'ont pas été fächées de la connaittre. » Comme l'économie ne permet pas de rien laisser perdre, le son que vous en avez séparé doit étre cuit avec des chardons dont vous nourrirez les pourceaux: le chardon les engraisse. Si l'on n'en a point, on méle ce son avec d'autres herbes, ou bien, on le fait manger aux bètes à cornes.» Lorge peut servir de fourrage et donner encore sa graine. M. Arragon, de Darney, le mèême qui emploie avec tant de succès le sarrasin verd, enfoui, pour engraisser les terres où il veut mettre du froment, m'a écrit, le 26 aoùt 1808, que le hasard lui a procuré une autre connaissance non moins avantageuse. Au mois de mai, il avait, en place de l'orge qui se sème à cette époque, semé de l'orge qui se sème avant l'hiver, et qu'on appelle dans les Vosges orge chaude. Au bout de quinze jours, elle devint superbe; toutes les feuilles étaient vertes et larges, et faisaient le tire-bouchon; son accroissement, jusques au moment où elle devait entrer en épis, fut superbe; mais alors elle cessa de crot- tre, et ne présenta plus qu'un fourrage très- abondant. II prit donc le parti de la couper et d'en nourrir le bétall, qui proſita beaucoup. (240) Le meilleur trèfle ne fournit pas davantage. L'automne fut mauvais; malgré cela l'orge n'était pas fauchée à une extrémité du champ qu'elle était bonne à faucher à l'autre; mais il fallut cesser. A la sortie de l'hiver, l'orge poussa de nouveau. M. Arragon s'attendait encore à en faire du fourrage; mais aussitôt que le bon temps vint, il vit se former des épis superbes, et il récolta de très-bonne heure un grain qui fournit beaucoup. II a fatt part de cette découverte à des cultivateurs qui en ont tiré grand profit, notamment en faisant pàturer ce grain par des moutons, qui en- graissent le ierrain et assurent une meilleure récolte. M. Arrag a été faite par Haller, qui en a rendu on ignorait que cette expérience B◻ compte dans les mémoires de la Société éco- nomique de Berne; mais le fait n'en est pas moins digne d'ètre recueilli. Digression sur l'uoine. Après avoir parlé de l'orge, je passerai au seigle, sans faire expressément mention de l'avoine, que je ne puis considérer comme une plante céréale. Cependant, il faut observer, avec Haller, que —,— que W 1 0OSS en f aime cete dae — ord et kon¹ rés. contt esc poin b alage. 99 0 5 orge b lamp II Was 9 VLor ge 2 wndit Suussitt Gher des AfIcheure 1E ſuArt emi en Is sant aen- al ure 29 ened Ten du 203 Gco⸗ 19 81 ps (241) que l'avoine est la plante la plus estimée en Ecosse. On la fait cuire dans de l'eau, pour en faire une bouillie que les gens du pays aiment beaucoup; mais quand on met de cette avoine dans le pain, elle lui comuni- que une saveur très-désagréable. La farine d'avoine dont les Suisses se servent ordinairement, que l'on fait d'abord sécher et puis moudre grossièrement, fait une excel- lente bouillie; on la regarde mème comme très-nourrissante; mais cette dernière opinion contredit les recherches chymiques d'après lesquelles on a prononcé que Pavoine n'a point de parties glutineuses, ni aucune sorte de viscosité.(Kesselmayer, page 23). Le grain de Pavoine, cuit dans de l'eau, produit une espèce de créême ou bouillie d'un goùt agréable, eit qui n'est pas inférieur au potage d'orge; c'est un aliment sain, adoucissant et tres- utile dans des maladies d'échauffement. Lavoine donne des forces aux chevaux, sans les constiper comme le foin. Ainsi, Pavoine peut avoir des avantages qui sont indépendans de sa panification. Sa cnl- ture convient à certaines localités. Il y a des plantes, dit Duhamel à ce su- jet, qui peuvent enfoncer leurs racines dans une terre fort dure, dans laquelle d'autres 11. Parkie. 11 1 242) ne peuvent pénétrer. Il avait vu des avoines réussir assez bien dans des terres fortes, qui n'avaient été labourées qu'une fois, pendant que dans des terres moins fortes il fallait au moins deux labours pour que l'orge y vint bien. L'avoine réussit très bien dans une terre où le seigle et le froment ne purent venir. On y essaya 1.“ de Targile exposée depuis long-temps aux influences de l'air; 2.0 de la terre prise sous le fumier d'une bergerie; 3. une terre noire et glaiseuse, ou craie analogue à la marne.(Traité de la eulture Zes terres, tome 2, p. 187). En général, Pavoine fait pénétrer ses ra- cines dans une terre compacte, pourvu que le sol ait un peu d'humidité intérieure. Trop d'humidité seulement dans la terre lui serait nuisible. A Londres, on fait une grande consom- mation de gateaux et de bouillons d'avoine. Uue crème d'avoine est un bon aliment. Une décoction d'avoine est une tisane salu- taire dans la toux, les fievres aigues, et presque toute colique. Les Allemands l'ap- pellent le syrop de Luther. La bierre en serait peut-ètre plus saine que celle d'orge. Willemet observe que l'avoine torréfiée et pulvérisée, prise le malin à jeũn, en guise de —— Li 2d'onmes À r dant i,qui it au Où lien. Æ\erre Si: jenr, depuis : deh Œ re; Dre \Aure à ii ra TANT 149 Lip serait ShSON Bon, mine. ei«- Si; el nslap- de em | gro. [0 fee el muse GO ( 243 ÿ café, est un excellent Jaxauüf. H en avait vu d’excellens effets. Mais ce qui, selon lui, rend sur-tout cette plante digne d’exciter la sollicitude de l’agronome, c’est qu’elle pré- sente une excellente nourriture à la plupart des mammifères, à la volaille, à plusieurs oiseaux. Les porcs sont avides de sa racine; mais son chaume amende la terre où on l’'enfouit. Duhamel croyait aussi que la paille da- voine ferait un fourrage préférable à celle de froment, si lon avait l’attention de serrer les avoines aussitôt qu’elles sont fauchées; mais on est dans le mauvais usage de les laisser sur le champ jusqu’à ce qu’il soit tombé assez d’eau pour que le grain puisse sortir plus aisément de ses enveloppes. Cette paille est meilleure que toute autre. Les bestiaux en Mmangeraient une bonne partie avec le grain. Peut-être même y aurait-il de l'avantage à la donner en cet état aux chevaux et sans être battue, afin que le grain les engageât à man- ger aussi la paille. Si lon suivait cet usage, on épargnerait une quantité considérable de graine, qui se répand quand les avoines ont resté long-temps en ondins, pour attendre la pluie. On hache la paille de froment pour la faire manger aux chevaux, mélée avec de (‘2449 Vavoine; la paille d'avoine, qui est plus fine et plus délicate, leur conviendrait encore mieux, si on ne la laissait pas ainsi pourrir dans les champs, ou du moins y contracter un goût qui répugne aux bestiaux. Duha- mel invitait les fermiers à faire cette épreu- ve.( Traité de la culture des terres; tome 6, page 175). Il ne faut donc pas s’étonner que la culture de l’avoine soit si fort répandue. Il y a des pays, comme la Norwège, dont elle est pres- que la seule ressource. La crainte de la famine force les Norwégiens de faire le falbrod, es- pèce de gâteau, ou biscuit rond, fort large et fort mince, composé, de farine d'orge, d'avoine et de seigle, qui se met sur des plaques de fer, et se conserve pendant plusieurs an- nées, en le mettant dans un lieu sec. Au reste nous avons décrit dans le chapitre XIT, la meilleure méthode de faire réussir Javoine; cest de la planter par espèces de paquets, ou de touffes.( Voyez ci-dessus, pages 65-68 E Un écrivain fameux par beaucoup de ta- lent, de grandes singularités et de plus grands malheurs, Linguet, a soutenu que l'avoine en gruau formerait une nourriture préférable au pain de froment, sa culture étant moins coù- téus en etp 1€ Ya de Ÿs fne E£ncore eburrr 1 racter æ NT 3 epren- une b, SI ulture D: ds Sore5- à aline nl es 1ôbrge gs fe 25 0 pe AQU mr) a!{a= 1 1 el nds pype EN gage au © COL 0=, téuse, sa récolte plus sûre, et le gruau qu’on en retire étant plus doux, plus balsamique et plus salubre que le pain. Linguet ne voyait, il est vrai, dans l’art de la boulangerie, que Vart de gâter le froment. Il traitait le pain de poison. C'était un des paradoxes qu'il ai- mait à faire valoir.{1 n’était point chymiste, et ne se doutait pas de la supériorité des nourritures fermentées ,sur les farimeux con- sommés simplement en bouillie. Aussi malgré tous ses efforts, le gruau n’a pas fait fortune, et le pain de froment a conservé ses avan- lages. Du Millet. Je n'ai pas dù parler du millet, qui était jedis beaucoup plus cultivé qu’il ne l'est au- jourd’hui en France. C’est encore la nourri- ture d'un grand nombre de peuples; mais c’est une plante épuisante, dont le grain se consomme en bouillie, en potages, et qui, étant mondé, fait le£acha des Polonais. Ce n’est pas une de ces plantes qu’on puisse nommer céréales. Le millet a été remplacé dans les Landes par le maïs, d’une manière extrémement avantageuse, puisque la santé des colons est devenue meilleure, fl y à ce- ( | pendant un fait très-curieux relatif au millet, dont nous devons parler ici. | Duhamel du Monceau, en nous faisant con- naître la culture des mils, millets, panis, millasses, nous apprend qu’auprès de Nérac les terres portent à la fois et continuellement || du seigle et du millet semés à des époques je et des années alternatives.( Traité de la cul- | À| ture des terres, tome 3, publié en 1753). fi Ce sont des femmes qu’on emploie à la cul- | 18 ture du millet. Elles coupent les panicules 1; ou épis du panis tout près du dernier nœud, | mettent ces épis à mesure dans leur tablier, | puis les versent dans des paniers ou dans des | sacs qu'on porte sur une voiture, pour les | déposer au grenier, et de là les porter dans ] Vaire. Ensuite on ressème du seigle aux en- | droits où étaient les pieds du millet ou panis. Cet exemple, cité dans un livre qui eut | beaucoup de cours, fut ce qui suggéra à un | bon économe l’idée de partager ainsi la ré- colte des blés en deux manœuvres successives, |A en coupant les épis d’abord et fauchant en- gs| suite la paille, qui en acquiert plus de valeur. AL|(Journal économ., mai, juillet et août 1757). Nous avons encore des plantes plus ou moins précieuses, qui n'étaient pas connues des Grecs, ni des Romains, et qui tiennent C 7 À $ 1]| sy, ikt,| la concurrence avec les plantes céréales. Ces plantes sont le sarrasin, le mais, la pomme > 2 ton- de terre. ms, s ne Du Sarrasin. \érac| Ain| Le sarrasin paraît avoir d'assez grands avan- 2iques tages et de grands inconvéniens. C’est, à S: eul- ce qu'il paraît, la meilleure des piantes à 153), enfouir en verd, pour tenir lieu d'engrais. Sa Si cle végétation précoce, la bouillie de son grain, sq les divers usages de sa paille, peuvent le faire um, rechercher dans ceriaines localités; mais il J'er, faut plaindre les colons qui n’auraient pas ses d’autres ressources. ms h Dans la vallée du Rhin, au delà du lac xo dans de Constance, on cultive le sarrasin sur les SN\ a en chaumes du blé ou de l'orge d'hiver recueillie oi de bonne heure. Le sarrasin semé de suite aps de müri» i| ) g eut a le temps«de murir encore. Cette pratique [.- A.. 4)| rdrrun utile peut être introduite partout où l'orge\ ÿ est moissonnée avant le quinze juin. a l*- i| x On a aussi une n'éthode de semer le blé À 0|A. noir ou sarrasin avec plus d'avantage que| sgien-: ts bur par la méthode ordinaire; celle-ci a été pu- ke 19 Fe ur x OYIA TT. LL vi bliée en 1770 par la Société d'agriculture de 1)" 1%. r Nantes,| 1q où| nues Cette méthode consiste à faire un trou dans| 9 1 les fumiers que lon a laissé long-temps sé- pe nc D ( 248) ourner dans une étable habitée par des vaches, Ce trou se remplit en peu de temps du suc ou du jus de fumier; on prend ce suc avee une écuelle, eton en met la quantité que Von veut dans un baquet. Les terres étant préparées et prêtes à recevoir la semence, on jette dans ce baquet la quantité de blé noir qu’on a dessein de semer le lendemain, el on l’y laisse séjourner pendant vingt-quatre heures, après quoi on retire cette semence avec un crible, on jette de la cendre dans le crible, et on la méle bien exactement avec ce blé ainsi humecté, en sorte que chaque grain se trouve enveloppé de cette cendre. On continue cette opération jusqu'à ce que toute la semence soit retirée du baquet; en- suite on la met dans un sac, pour la semer le plus promptement possible; on observe, comme précaution nécessaire, de ne pas laisser tremper le grain plus de vingt-quatre heures. Les avantages qui résultent de cette métho- de, sont: 1.° De semer un üers de graine de moins dans le même espace que par la méthode ordinaire; 2.° De faire lever à la fois tout le grain, qui, également humide, également enveloppé du même engrais, n’a pas pour la germination les mêmes obstacles B aches, fn sue 5 avec que =) éhnt fente, ide blé WSman quatre MSINENCe dans avec Sique gidre. 5% que pl; Cn- semer [er ve, al pas 211 atre sr o- jp une sa la ma le froide, fui, 14 tacles » ( 249) que dans la méthode ordinaire, où lors des grandes chaleurs, on voit lever d’abord ce- lui des raies très- long- temps avant celui des sillons; de sorte que le premier étoulfe le second, ou que si on veut attendre la maturité du tout ,on s'expose à perdre quel- quefois la moitié des récoltes; 3.° De fournir à la semence moins rapprochée, les moyens de s'étendre en branchages, lesquels portent toujours pius de grain; 4, Enfin, d'empêcher les oiseaux d’aitaquer la semence ainsi pré- parée. Du Maïs et de la Pomme de terre. Après les deux traités de M. Parmentier, Vun sur le mais, l’autre sur la pomme de terre, il n’y a rien de neuf à dire sur ces denx végétaux. L'Europe en est redevable à la découverte de l'Amérique. La France a, sur-tout à M. Parmentier, l’obligation de lui en avoir fait connaître tous les avantages. Je n’en dirai qu'un mot relatif à l’objet que j'ai spécialement en vue. On a reproché au mais, ainsi qu'à la pomme de terre, d’épuiser le sol destiné à. la culture préférable des‘plantes appelées par excellence céréales, savoir: le froment * F1 ge À 1 |! RE F ARE| D© al AE| | À f f.. 2861. et le seigle. Ces reproches sont mal fondés, ou ne le sont que sur une culture vicieuse et mal entendue de ces deux végétaux. En 1766, le mais fut attaqué violemment daus le Journal du commerce(octobre 1766), ét par un Mémoire présenté au Bureau d’a- griculture du Mans. On présentait cette cul- ture comme énervant les terres pour un grain inutile, et une espèce de poison pour Jhomme et pour les animaux, etc. On de- mandait que le gouvernement proscrivit le mais. Les Gazettes d'agriculture du mardi 6 jan- vier 1769 et suivantes, contiennent 1.° des observations sur les propriétés du mais; 2.0 la comparaison de la plantation du mais avec la semence de seigle, en sol égal, sa- blonneux et médiocre, pour prouver par une démonstration pratique et géométrique, que le mais altère moins le terrain que le seigle. On y apprend que le mais a commencé à être cultivé dans le Maine vers 1736. Il a été subsütué au Ssarrasin qu’on semait après les seigles. Il est d’un plus grand rapport que le sarrasin et le seigle lui-même au premier guéret.« Cette plante, dit-on; réussit dans toutes les sortés de terrains. Elle a Pa- yantage de donner de plus fortes productions Aer un 2 1( pour 1 de went le \ES" me up que al de. corne? à ès Il à \sapres yport (: 22% à que toutes les autres espèces de grains que l'on sème dans les terrains médiocres des sables du haut Maine. » Le mais se plante au piquet, grain à grain, à quinze et dix-huit pouces dans les meilleurs fonds. Dans trente-six pieds carrés de superficie, il entre quarante-deux grains de seigle par pied carré, et quinze cent douze dans la toise, les grains à deux pouces de dis- tance. Le mais, à douze pouces, ne donne qu'un grain par pied carré, et trente= six grains dans la superficie d’une oise. » Le laboureur jetie dans un journal du Maine( de soixante- six perches deux tiers de vingt-cinq pieds chacune) cent vingt livres de seigle, qui comprennent deux millions deux cent douze mille huit cents grains. On n’emploie, dans le même journal, que dix livres pesant de maïs, qui ne comprennent que deux cent quatre mille six cents grains. » La eulture du mais à l'avantage de: se faire dans des temps où les gens de la cam- pagne ne sont pas occupés à d’autres travaux, après les semailles des mars, des orges, des avoines, et après les guérets des chanvres. La seconde culture du mais précède la ré- colte des foins. La troisième se fait après la récolte des seigles; Ia récolte, après celle é 508 ÿ des chanvres et des sarrasins. Ainsi eette cul- ture ne fait aucun tort aux autres. » On démontre par un calcul fidèle que sa production lemporte sur celle du seigle, en terrain médiocre et égal. » Le quart d’un boisseau de soixante li- vres suffit pour la semence d’un journal; à un pied de distance. Il en faut moins, à proportion, dans un bon fonds, où il est à dix-huit pouces. La production du journal de maïs est de trente à quarante boisseaux de grain. Année commune, trente-cinq bois- seaux, à trente sous, outre trois charretées de fourrage en verd et en sec. Dans les bons fonds il rend davantage. Et lon sème entre le mais des fèves blanches, qui donnent six boisseaux, à trois ou quatre livres. » En seigle; il faut deux boisseaux de se- mence. La production est de huit pour un. Les seize boisseaux se vendent au prix moyen, cinquante sous le boisseau. Il y à de plus deux charretées, ou deux cent soixante bottes de paille, à six livres la charretée, et une char- retée de chaume, à quatre livres. » Toute dépense déduite, l'avantage du maïs sur le seigle est de vingt-trois livres sept sous Six deniers par journal. » D'ailleurs ,le mais alière moinsles terres, A PRE $a végétation s'achève dans un temps plus court, et emprunte beaucoup de la chaleur 38 que de Pair, des météores, etc.» D,| La pomme de terre n’a pas eu moins d’en- nemis que le maïs, peut-être même a-t-elle| ne À eu de plus grands persécuteurs. “el, à Les premiers documens de introduction ON, à de cette plante précieuse, doivent être tirés Lu st des archives fiscales de Pancien clergé. C’est | ul une chose remarquable, que toutes les plantes PT nouvelles ou récemment admises dans notre | alpls- économie rurale aient leurs époques écrites 1 Ses dans l’histoire des dixmes. Si vous voulez connaître dans quelle année précise les choux, san la navette, le trefle, ont commencé à faire l | sens l'objet d’une grande culture dans notre ci- devant Lorraine, prenez le Recueil des édits, ordonnances et réglemens de cette ancienne A(DISC Won. province, qui commence à l’avénement de A | en, l'excellent Duc Léopold en 1698; vous verrez| | Es en 1708, un arrêt de la Cour, qui permet| | Sust| au clergé d'acquérir par l'usage la dixme des der. choux et cabus, excepté dans les potagers F attenans aux maisons. Vous verrez en 1706,| spl un autre arrêt, pour faire payer, au logis,| oeres la dixme de navette. Vous verrez en 1707, J qu'il fallut encore un arrêt pour que le foin semé dans les champs labourables ne fut ( 254) assujetti qu’à la dixme des foins perçue dans les prairies. L'agriculture ne pouvait faire un pas en avant, sans trouver sur sa route le décimateur irrité des moindres innoyations. Ceux qui ont la bonté de regretter la dixme, seraient un peu déconcertés s'ils en connais- saient bien l’histoire. C’est la qu’on trouve aussi les traces pri mitives de la grande culture de la pomme de terre. Elle fut apportée à Bar, par les Anglais venus à la suite du prétendant, en- viron vers l'an 1700. Un premier arrêt fut rendu le 28 juin 17 15: La dixme des pommes de terre fut permise par cet arrêt, sur les champs qui d'ailleurs payaient la grosse dixme, soit qu'ils fussent, ou non, en versaines ou jachères. Le 23 mars 1716, un autre arrêt statuait que les pommes de terre devaient être dixmées sur place. Les ecclésiastiques continuërent à se plaindre de cette culture nouvelle. Les constestations ne purent plus se terminer par de simples arrêts; il fallut une loi. En 1719, le Duc Léopold s’expliqua. Sa déclaration du 4 mars de cette année,( tome I du Aecueil, page 246), décide, 1.° Que la dixme ne serait due à lavenir sur les pommes de terre, que 2 ins Sie on £ike le EM À ons. D ie, 21 ns SM pr- &l omme : Jes Li br en- 1 15 ] jinse JMS ads, yatuut 5 aukes 52 nudré enlons gbiples r Duc kb mars img PAS x serai 38!) qu ( 255:+ dans les champs sujets, depuis longues années, à la grosse où menue dixme; 2. Que cette dixme se paierait non aux champs, mais à la maison, sur le pied de la dixme qui se- rait due par l'héritage dont viendraient les pommes de terre; 3.’ Que les pommes de ierre qui seraient enlevées sans fraude> pour faire vivre le ménage, seraient exemptes de la dixme; 4.° Que les champs ou terrains quel- conques non sujets à la grosse ou à la menue dixme, avant l’an 1719, ne seraient point sujets aux dixmes des pommes de terre, nonobstant tous arrêts, réglemens et transactions, etc. Cette loi est un monument de la sagesse et de l'esprit qui caractérisent les actes émanés du Duc Léopold. Depuis ce temps, les Vosges les plus âpres, les plus stériles, ont vu leur population s’accroitre et subsister, grâce aux pommes de terre. Ce qu'il y à de remarquable relativement aux deux plantes qui nous sont venues d’Amé- rique, Cest qu’elles joignent leurs bienfaits et qu'elles gagnent, l’une et l'autre, à croître dans le même champ. Le mais, ou blé de Turquie, est un des meilleurs végétaux de l'agriculture moderne À dans les climats qui peuvent admettre sa cul ture. Tout en est profitable; car outre son grain excellent, il faut savoir que l’eau dans laquelle ont bouilh ses feuilles vertes ou sèches, procure aux bestiaux le meilleur des breuvages. C’est une de ces plantes dont PAn- gleterre envie avec raison le privilège à l’a- griculture française; mais pour en obtenir les résultats les plus heureux, il faut en es- pacer les pieds à de grandes distances, et associer leur culture à celle des pommes de terre, suivant l'expérience qui fut faite en Champagne, du temps de Duhamel, et dont il rend compte en ces termes: « Au mois d'avril 1754, M. de Villiers fit planter du mais et des pommes de terre dans quatre Journaux distribués en planches de cinq pieds. I plaçait entre les sillons un très- long cordeau, qui avait des nœuds de dis- tance en distance, et vis-à-vis chaque nœud, on enfoncait avec la main deux grains dans les sillons que l’on recouvrait ensuite, en poussant un peu de la terre du bord. Lorsque les pieds de mais ne sont qu'à de petites dis- tances, ils ne produisent qu'un épi, au lieu de deux et trois bien gros, lorsqu'ils sont éloignés. C’est sur-tout le côté du levant qu'il est indispensable de butter.( 7raité de la culture des terres}.» Le iueu 0 lors Yes plu qu tan 1er! por M dure ent cont bb. sen où che que ien ty jui 53 fans 25 où A des @l'\n- Sa PTE Yen es- t}, et Ets de J{É de Sites 2 dls- grud, ni plans me, Lsque ig( dis leu t ont U8Y il sèré lo ( Les effets de cette culture furent très-fruë- 257) tueux. On avait long-temps oublié cet essai curieux lorsque M. Chancey et d’autres ont répété lexpérience, et ont prouvé que rien n’était plus abondant et ne préparait mieux la terre qu'une culture bien soignée et faite simul- tanément de maïs, disposé sur des sillons al- ternatifs, avec d’autres rangées emplantées de pommes de terre. M. Arthur Young cite l'exemple d’une cul- ture singulière, essayée par un journalier des environs de Shrewbury, qui a fait succéder continuellement des pommes de terre et du blé. Le hasard lui a découvert qu’on peut semer le blé-froment sur le même terrain où les pommes de terre doivent être arra- chées, dans le moment de leur récolte, et que cet arrachement même suffit pour en- terrer et recouvrir le grain semé. Un cul- tivateur est d'avis que cet assolement pourrait être adopté dans tous les terrains. On sent qu'il est économique. Les détails consignés à ce sujet dans les journaux(*} méritent (*) Bibliothèque britannique| Nos 249 et 250. Bibliothèque phy:ie.-économique, N.o IX, premier RU j 3 2 = 1 rQ- juin 1007, page 593 ( 2062) / d'être répandus, et d'autant mieux suivis en France, que nous pouvons associer le mais aux pommes de terre, ce qui n’est pas pos- sible pour les cultivateurs anglais. Je crois que les propriétaires des petites possessions ne peuvent adopter un assolement plus heureux que la succession, 1.° de pommes de terre et mais, fumés, sarclés, buttés, soignés enfin de la manière la plus convenable à ces plantes, et la plus propre à rendre 6ù à tenir la terre meuble; 5.° du froment, sur lequel on sème des carottes; mais il faut pour cela que le climat permette de semer du froment d'automne; et c’est ce qui n’est point, sur-tout dans les hautés montagnes, comme nous le verrons ci-après, article des fromens et des seigles d'été. ui ED y en SE mais jes pos- ele crog Gi te e hevrer es? ferré &oioués TOO able à Si AT Net, 8 faut Dmer p Sinest DNS, S.:le dé ( 259) ne es le, lon be Re ne le ne“ln“le bte CHAPIERE..X VE Suite du choix des meilleures céréales. Du seigle, et, à cette occasion, du méteil. Des- cription du seigle, par Haller. Seigle-four- rage. Mémoire publié par la Société éco- nomique de Berne, sur les méteils, "4 CG: grain, dit M. Tessier, moins estimé que le froment, parce qu’en effet le pain que donne sa farine est moins bon que celui du froment, possède cependant des avantages que n’a pas son rival: il se cultive et se multiplie avec une extrême facilité; il croît aisément dans le sable, dans la craie, dans les pierres, sur les montagnes, dans les vallons, dans les plaines, enfin dans une multitude d’espèces de terrains, dont le froment ne s’accommo- derait pas, d’où il suit que la culture en est plus généralement répandue.{ Traité des maladies des grains). Le seigle a d’autres avantages, qui vont ètre successivement développés dans ce cha- pitre. Le a Commencons par ce qu’en a dit le grand (_ cb’ philosophe Haller. « Le chaume du seigle est semblable à ce- lui des autres graminées. Ses caractères se rapprochent beaucoup de ceux de Ainsi, lon pourrait dire que le seigle a autant de rapport avec l'orge, que le froment ena avec l’ivraie. La différence qui existe entre ces grains consiste dans la stipule qui est double dans l'orge. Les autres différences, dont Linné a donné la description, sont in- différentes en elles-mêmes. Les épillets sont solitaires; sur chaque dent de laxe, les fleurs ne sont point k même enveloppe, et le port de cette plante ‘sl très-simple. ;;;: » Le seigle n’a qu’une stipule, qui est pointue, plate, mince, est plus étroite et unies entr’elles ni reusée en bateau, et terminée par une fi sous une I Orge même assez éloignée de la fleur; eette stipule, moins grande que la fleur sous laquelle elle est placée. Il y a sous la fleur un pinceau de filamens soyeux, apparent. La balle exté- rieure de la fleur est longue, lancéolée, iible rête de la longueur d’un pouce ou d’un pouce et demi. Les bords de la balle sont velus et dentelés sur les côtés; cependant les dents manquent quelquefois; mais elles sont pres- D srand Id: À C= LBeres se De L'orce, = j à autant nt en Æ entr sÉbyui es Atbrnees, ft in- it: sont léseurs à ii une fau\aie alu& Houpuk, agite et ps elle Œrincea rl xlé- sl le, graible 'b)OUCÈ ous el l dent 2| pré ( 26m.) que toujours visibles au moment de Ia ma- turité de la plante. » La balle intérieure est beaucoup plus petite; elle est également tirès-pointue et creusée comme un bateau. » La semence est placée dans le creux que forment ces deux balles; elle est surmontée de deux tubes ciliés. » Ensuite trois étamines; puis deux feuilles florales, d’une forme elliptique et lancéolée, elles sont ciliées et très-délicates, comme dans les autres grains. » Âu moment de la maturité, la semence est voütée d’un côté, et divisée de l’autre par une fente ou filet; elle est garnie de petits poils à la pointe; qui ne sont point adhérens à la balle, qui tombent pour la plupart, et qui sont plus couris et plus déliés que ceux du froment. » » Le seigle d'été n’est différent du seigle d'hiver qu'en ce qu'il est plus petit. » Le seiole ergoté. Cette maladie parti- culière au seigle, se répand quelquefois d’une manière épidémique en Suisse, et plus souvent en Allemagne. Les stipules et feuilles florales n’en sont point endommagées; mais le grain prend la forme d’une corne obtuse, dont la longueur varie depuis deux lignes jusque fé 56 7 deux pouces; sa couleur est noirâtre, et lin iérieur est rempli d'une poussiere noire.» Bauhin et Teuzel ont connu un seigle de Miracle, que le premier appelle secale luxu- rians, et le second, seigle à épis rameux. C'est un seigle à deux épillets. Dans son tableau des graminées, Koëler ne fait qu’un article du seigle cultivé, qu'il nomme, avec Linné, secale cereale, soit qu'il soit semé en automne, soit qu’il ne le soit qu'au printemps. fl regarde pourtant comme variétés le seisle à plusieurs épillets, secale spicis ramosis, et le seigle d'été, ou plutôt seigle de printemps, secale vernum, dont la racine est annuelle au lieu d’être bienne, et dont le chaume est plus petit que celui du seigle d'hiver. Gaspard, Bauhin et Tournefort, ont connu le seigle de mars, et nous aurons occasion d'en reparler plus amplement quand nous en serons au chapitre sur les grains prin- tanniers. Koëler croit le seigle commun, en allemand, gemeiner rocken, originaire de la Crète. Haller était d’un autre avis, comme on le verra tout à l'heure. En Angleterre, on fait très-peu de cas du seigle, Cependant les Anglais parlent de deux RE espèce est no anal march de De M. N varié autre et le qui} est pI Je ne blanc erreur peut-è Ticum sous de Pfi ke se Au multi du nc merre royaux en eu peus pour 2 0 l'in Sie de SR, lyyy- Œj\eux, »Ë Koëler TIR qui SN, soit 1Dù ne le \riant lets, 508, où Lun, 3fL Vèwe { pal ®», count ap'asion gai, NO Sa pue sgund, yghller l' cl tout bc di { 263 3 espèces ou deux variétés de seigle, dont l’ur est noir et l’autre blanc. Le seigle blanc, ammal-corn; est compté dans le nombre des marchandises principales que fournit le comté de Denbish, dans la principauté de Galles. M. Marshall dit aussi qu'on en cultive deux variétés en Yorkshire; le seigle noir, qui, autrefois, était le seul connu dans le district, et le seigle blanc, ou seigle de Dantzick, qui y a été introduit depuis un demi-siècle, est presque aujourd’hui le seul qu'on y sème. Je ne sais pas ce que c’est que ce seigle blanc de Danizick. Je soupconne qu'il y a erreur dans cette dénomination, et qu'il s’agit peut-être du blé de Pologne, ériticum Polo- ricum, confondu trop souvent avec le seigle, sous les noms de seigle de Russie. Je reviens à Haller. Pline prétend avec justice( L. 18. 16) que le seigle est une plante des Alpes. Au reste, Haller ajoute que le seigle se multiplie considérablement dans les provinces du nord de l'Allemao gne; et qu'il vient à moniagnes froides du royaume de Naples, depuis que Charle-Quint en eut enyoyé de l’Allemagne, parce qu’il merveille dans les peusait, avec raison» que ces montagnes ne pourraient supporter d’autres grains, Cepen= dant Haller avait recu d'Hippone, en Afrique, et de la Sicile, du seigle qui était aussi beau que le nôtre, quoiqu'il soit très-vrai ,que dans les pays chauds on le cultive moins que vers le nord. On en fait un grand usage en Suisse, soit en le mêlant avec du froment, soit en le semant seul. Le mélange de ces grains se nomme 7néteil. On en a adopté Vusage par deux raisons: la première, c’est qu’au moyen de ce mélange, le paysan réunit tout en semant les deux genres de blés qu’il emploie ordinairement pour faire son pain; et ensuite parce que le chaume du seigle étant plus fort que celui du froment, il le soutient, et résiste beaucoup mieux au vent, à la pluie, etc.( Nous reviendrons sur cet article, après avoir fini la citation de Haller). « Le seigle est le plus fort et le plus élevé de tous les blés; il monte depuis six pieds jusqu'à dix dans les environs de Gottingue, et Les feuilles florales paraissent glabres; mais quand on les frotte à rebours, elles sont légè- rement velues; les épis sont longs, distiqués, et ils se courbent un peu en mürissant. Les balles extérieures sont traversées par de petites lignes parallèles, vertes quand elles sont jeunes; mais à l’époque de la maturité ces lignes ou filets deviennent d’un jaune paille. » La » I plus from “Kqu Cepe ture en. men mais à ce quoru à rase dans À qulté: Dar live Thur bué a une 1! qu se Ce q d'en s fromer el an fee: ayec Con a disi 1 ( X|# Î À | f ho | s e du s à?» La farine est noire, fade, elle s’aigrit L W£ eau TA;| plus facilement que celle de l'orge ou du Re 2: que.‘ ù| | froment>€t Contient moins de ces parties F Minoins| | visqueuses qui deviennent facilement alcalines. S'\ge Cependant le P | ain de seigle est une nourri- f] - ture assez fortifiante, et les paysans suisses = de co en font grand cas par ce mouûf; on en fait 5 1d0plé même usage en Allemagne dans les meilleures|| TS, c'est maisons. Mais le docteur Kesselmayer conteste Be réunit à cette farine sa propriété nutritive( de KA à qi 1l quorundam vecetabilium Principio nutriente) ñ 1 À nQ ain; à raison de labsence des parties visqueuses| bigle dans lesquelles il place principalement la fa- mul le culté nutritive.» gérent, Dans les voyages que Haller avait faits re- sa 2x lativement à l'étude de la botanique, en 4 aller). Fhuringe et dans la basse Saxe, il avait attri- de Œ: élevé bué aux acides contenus dans le pain de seigle,\ nl au, pieds une indisposition qui lattaquait souvent, et} 3 pxugue, qui se nomme ardeur d'estomac Ou cardiagme.| he pe; 11 Ce qu'il y à de certain, c’est qu'il cessait = lst- d'en souffrir sitôt qu'il retrouvait du pain de VS. D iqués; froment. Haller croit que les paysans français“e 1 Les et anglais ne connaissent point le pain de Fr È Dapeties seigle; et il ajoute qu’en Suisse, on le mêle Ë Le. sont avec du froment ou de lépeautre. l PAT Comme l’eau qu'on retire du seigle par s, pal da distillation, est un Corrosif qui attaque Le PA » A IT, Partie, 12 7 G 266) e et l'étain, on a prétendu I es guérir de l'hydropisie, et L: gr'al fer-blanc, la tôl qu’elle pouvait qu'il était possible que l'esprit de seigle eût : Tr. dd tanc aussi la force de dissoudre la pierre qui reë-| st : 5 5:> ISÙ side quelquefois dans la vessie de l’homme,|" à uisqu'il décompose le cuivre et même le à| sor fer. Pour guérir des ulcères, on pétrit de la| M farine de seigle avec de leau et du miel, LL dont ont fait ensuite des cataplasmes, afin de que la peau s’attendrisse et se crève.| nel La décoction du seigle est très-vantée par Lawer et par Hofmann, lorsqu'on le mélange qui avec avec d’autres drogues. On lui attribue dex-, ües effets en qualité d'astringent, quand tent cellens les humeurs se détériorent au point de de-? venir d'une nature alcaline.( L’ergot du seigle fut long-temps considéré= comme un poison, sur-tout quand on en Î mangeait le pain sans le laisser refroidir; x on prétend. qu’alors principalement il occa- us sionne une certaine maladie qui commence! par de violentes coliques; qui dégénère en- la suite en paralysie, et se termine enfin par Re une gangrène d’un genre particulier. Des‘is villages entiers en ont quelquefois été infectés. on Cependant des écrivains de nos jours ont#) C trouvé celie assertion mal fondée. D’après eour gendu EC, et 26 eût =ire- k' 1me) eme\e ide la Bmil, Ex, afin 4 sin par ne 9m ex jan FR Le| déré Ba ei Jandr; occa= œurnce (262} les essais de M. Model, il paraît que ces grains ergotés contiennent beaucoup de subs- tances alcalines, parce qu’on obtient en les distillant, une espèce d’huile qui ressemble à de lhuile de corne de cerf, une autre sorte de liqueur alcaline, et du sel volatil. Malgré cela il lui reste pourtant encore des acides. Enfin, des essais nouvellement faits avaient porté Haller à croire que le seigle n'était nuisible ni anx hommes ni aux ani- Maux; Mais il avoue avec candeur que lors- qu'il avait voulu comparer les essais les uns avec les autres, il leur avait souvent trouvé des résullats opposés, et qu'il n’en avait tenté aucun par lui-même. Les expériences de M. Tessier ne laissent aucun doute sur les dangers de l’ergot. Duhamel n’avait garde d’oublier le seigle. JT avait même pour ce grain une sorte d’affec- ton, dont il donne la cause. « Pour les expériences en petit, dit-il, il vaut mieux semer du seigle que du froment, parce que les oiseaux qui se jettent sur celui- ci, ne touchent point à autre.»( Traité de la culture des terres» tome#, page 42). Cependant il avoue qu'en 1753 M. Dian- eourt avait semé, suivant ses principes, du Œ 268:) seigle qui n’ayait pas eu un bon succèss ( Tome 3, page 20}: A ce fait que Duhamel rapporte sans en tirer aucune induction, il faut joindre d’autres e même volume, à l'ar- détails qu’on lit dans] faites en Guyenne;, en ticle des expériences 1752. M. Aymen sema en seigle t chacune soixante pieds de mi de largeur, ce deux plan- ches qui avaien longueur sur cinq et de qui fait à peu près deux carreaux, mesure de Castillon-sur-Dordogne, ou cent cinquante-six pieds de roi carrés. Une de ces planches fut semée à lordinaire à grain, et Pautre avec six gr ment. Le seigle talla peu. treize onces, donna cinq livres huit onces à la oros et demi, il ne donna récolte; semé à Six$ que deux livres quatorze onces: C’est une livre mi de plus pour le treize onces six gros et der emé à l'ordinaire. Il en fut bien au- vec treize onces de ce os et demi seule- Le seigle semé à champs irement de l’orge et de J’avoine. En 1753, M. Aÿmen répéta Pexpérience. avoine donnèrent à peu près le L'orge et V che de seigle produit; mais dans la plan au lieu de six gros et demi, il ces et demie de ce graine igle semé à l'ordinaire au lieu de mème semé clair, fit répandre deux on Les treize onces de se donnèrent cinq livres dix onces, and en ava onc dot ces on cel [ ue peu qu'or due d pot a| Îes dép ces cult I die vaes rence Fippe L man la P uecess ns en Vautres à ar ane, en IX plhn- eds de ur, C£ Qure de j1te-six kes fut nde ce seule AA à pices à la ï> donna ge livre foour le pjien au” ares le ‘ seigle jui, il 1 graine E dinairé sien À Ë 0) cinq livres huit onces qu’elles avaient données en 1752. Et au lieu que six gros et demi avaient produit en 1752, deux livres quatorze onces, les deux onces et demie semées en 1753 donnèrent quatre livres sept onces. À ce sujet, Duhamel remarquait que si ces expériences étaient continuées pendant une suile d'années, elles prouveraient que certains grains doivent être semés plus épais que d’autres, et on en pourrait conclure, à peu près, quelle est la quantité de semence qu'on doit répandre dans une certaine éten- due de terre, relativement à chaque espèce de grain.( Page 209). Il faudrait s'assurer, par la répétition de ces mêmes expériences, si les différences observées sont indépendan- tes des accidens des saisons, ou bien si elles dépendent de organisation des semences: ces faits bien constatés feraient loi en agri- culture.( Page 208). Il paraît qu’on a eu ailleurs des succès différens en cultivant le seigle suivant les vues de Duhamel, si j’en juge par une expé- rience de la plantation du seigle, qui a été rapportée dans le Journal encyclopédique. Le 11 septembre 1772, on sema de la manière suivante, dans un jardin hors de la porte de Berlin, quatre mille cent trente- go RE D D© huit grains de seigle. On traca des lignes droites, éloignées de trois pouces l’une de Y'autre, et l'on planta sur ces lignes les grains à quatre pouces de profondeur et à autant de distance les uns des autres. Les souris en- irèrent dans ce terrain pendant l’hiver, mais elles firent peu de ravage, parce que chaque grain avait poussé plusieurs tiges. Quelques- uns en avaient jusqu'à trente. Au mois de juillet suivant, ce seigle fut coupé, et après avoir élé battu, on trouva que chaque grain en avait produit deux cent quatre- vingt- seize, ce qui faisait en tout sept boisseaux et demi. Le terrain sur lequel ce blé avait été semé, n'avait que trois verges en carré, de sorte que si l’on plantait ainsi tout un arpent, un boisseau et demi de seigle pro- duirait à proportion vingt-huit boisseaux de grain.(Journal encycl., 1774, page 858). On dit que les Anglais ont presque partout remplacé la culture du seigle par celle du froment; mais nous avons en France beau- coup de terres très-peu propres à porter du froment, et qui donnent de fort bon seigle, dont la production a plusieurs avantages. 1.0 Les Anglais conviennent eux- mêmes que le pain mélangé de farine de seigle est plus sain que celui qui est de froment pur, 7 lignes “ne de 2 ins © aulant 2 AN n« er, mais > chaque ielques- nois de Ôt après Si grain lvingt- [éiseaux Le, avait De CAVE, ton v! se pro- otaui de }). Di partout = celle du Sr" beau- grier du od seigle; nes re MÊMES angle° Q ont pui Nous verrons, dans un autre article, qu'il y a d’excellens fromens dont la farine a besoin d’être mélangée de celle de seigle, pour se convertir en bon pain. On ne cultive point le seigle dans nos colonies, Cependant, à l'Ile-de-France, on a vu un colon qui avait, pour son propre usage, un petit champ de seigle. Il en faisait faire du pain, qu’il aimait et qui était bon. Le seigle réussissait bien, ce qui surprenait d'autant plus que cette graminée est inconnue dans l’Inde. 2.9 Le seigle étant plus sec que tout autre grain, se porte mieux sur la mer. Quand on le recueille dans les temps pluvieux, on peut le dessécher, et c’est à l'usage des fours de desséchement que la Russie doit lavan- tage de voir ses grains recherchés par les Anglais et par les Français. Le seigle est de tous les grains celui qui est le plus cultivé en Russie, et celui d'hiver réussit même au delà du soixantième degré de latitude. 11 y a pourtant des années où il ne mürit pas aux environs de Pétersbourg.( Géographie de Mentelle et Brun, tome 2). Dans les années fertiles, on exporte de la Livonie beaucoup d'orge et de seigle. On commence d’abord par sécher ces deux espèces RE RÉ RIT. ( 272) de grains, ce qui change l'orge en matt, et rend le seigle plus propre à être conservé; car on peut alors le garder vingt années et même au delà.{ Dictionnaire de la géographie commerçante, par M. Peuchet, tome V}: Les marchandises que les vaisseaux hol- landais et anglais chargent le plus dans les ports de Livonie, sont les grains, comme le seigle, le froment, l’avoine et le gruau; mais sur-tout une quantité prodigieuse du premier de ces grains. 1ls ne sont pas tous néanmoins du crù de la province; il ne serait pas possible qu’elle eût tant de superflu. Il y en a une bonne partie qui vient de la Russie et de la Lithuanie. D'ailleurs, une raison assez im- portante est cause que les étrangers s’attachent à ürer de la Livonie tant de grains, et par- ticulièrement une si grande quantité de seigle, cest que le seigle de Livonie se conserve parfaitement bien dans les magasins; et quand il est en tas de quelques aunes de hauteur, il peut, à ce qu’on assure, se garder quarante ou cinquante ans, outre qu’il donne plus de farine et plus de pain. Cela vient, dit-on, de ce que ce grain est bien séché. Le meilleur de tous est celui de Revel.( Zbidem, tome V). 3. Cette facilité de garder le seigle séché peut paraître étonnante; car le seigle est un D Il au Un: Aus me male, Servé; 1ées et taphie Ah) a hl- ilans les ime le D; mais Bremier WURS sible j une gde SL\M- Zachent [| par- seigle, Isere quand uieur, rante ous de ga, de mclleur 3e\» sèché de es «ue CG 28} de tous les grains celui qui germe le plus vite; et c’est aussi celui que préfèrent les Hollandais, les babitans de la Belgique, etc., pour en distiller lPeau-de-vie. Le seigle réduit en farine sert aussi à faire le quass, ou kouass, boisson familière des Russes. On fait dissoudre dans l’eau des ga- lettes formées de parties égales de drèche et de farine de seigle. Une partie de cette galette et six d’eau donnent, en vingt-quatre heures, un breuvage léger et anliscorbutique. Il y a deux sortes de quass; lune com- mune, pour le peuple, l’autre est supérieure, Un voyageur qui a séjourné treize ans en Russie, indique la manière de préparer le meilleur gzuass. On prend trente-cinq livres d'orge germée et séchée, trois poignées de seigle également germé, autant de farine de seigle non tamisée; on met le tout dans un grand vase de terre, sur lequel on verse de leau chaude: on remue Île mélange avec une grande cuilier de bois, jusqu’à ce qu’il soit transformé en une pâte légère. Le vase ne doit être rempli qu'à sept ou huit pouces au-dessous des bords; on Jjeltée par-dessus une couche de gruau et de cosses d'avoine; haute d'environ un pouce; on met le vise dans un four chaud; on Sr Re—— Cd = g Pi TES. carie_— hs+ mt tv Re a D RSS RER nee— ( 274) ferme le four. Au bout de vingt-quatre heures on retire le vase, on le remplit d’eau chaude, et Von remue encore avec la cuiller. On trans- vase le tout dans un vaisseau de bois plus grand, pourvu d’un robinet, et dont le fond est garni de paille. On verse ensuite plus où moins d’eau tiède, selon que l’on veut faire le quass plus ou moins fort. On laisse ainsi la liqueur et les ingrédiens pendant une heure, On tire ensuite la liqueur par le robinet; on la verse dans un tonneau, et l’on y jette un gros morceau de pain de seigle, qui la fera fermenter. En été, le tonneau se porte a la cave. En hiver, on le laisse espace d’une nuit dans une chambre chaude; autrement, la liqueur ne fermenterait pas. Avec la quan- tité d’ingrédiens ci-dessus indiquée, on peut faire deux muids de quass. Le voyageur qui rapporte cette recelte, dit avoir trouvé cette boisson fort bonne, rafraîchissante, et propre à donner de l’embonpoint. J'ai moi-même indiqué d’autres recettes du quass, dans les notes de la nouvelle édition du Théâtre d'agriculture d'Olivier de Serres; mais C’est toujours lacide du pain de seigle, et sa fermentation trèes-prompte, qui en font la base. La manipulation. de cette boisson A est simple, et peut être aisément umitée et 2CuU eureg de, | tans- os plus Le fond! > pl ol eut fan se ain e heure net: On lle un Ja fera rte à la e dune Lrement 4 la quant ,0n pail geur qi uve cetit et propr} cette di e éditioh » Serres} e stigig: à en fol e bois smiiée (275) même perfectionnée dans les pays où lon n'est pas à portée d’avoir du vin, de la bierre, ou du cidre. 4.9 Le seigle est employé anssi comme fourrage. En effet, Duhamel rapporte que dans le mois d'août 1754, après la récolte du chanvre M. d en planches.de dix, à douze pieds del un champ qui ven 3 e Brue fit labourer aussitôt, et fit former argeur, ait de produire du chanvre. Dans les premiers jours de septembre, il fit semer envyiron cent vingt livres pesant de seie] e par. corde. carrée. Ce seigle vint fort pais. Il Le fit Couper trois fois en herbe. II ra quinze milliers pesant de fourr vert, qui lui fut d’une gr bœufs et les vaches en t: age ande ressource, les ne trouvant que: irès- peu de pâture dans les champs, parce que té fort rigoureux. Ce fourra Purge et nourrit le bétail, Les vac sont nourries donnent beaucou l'hiver avait é ge nes qui en pde lait, qui fait du beurre excellent, M: de Brue laissa croître: la quatrième herbe de ce seigle, Il n’eut que de petits épis qui lui restituèrent néanmoins à peu près la semence.( Traité de. la culture des terres, tome 4), On li, dans les Mémoires de la Société royale d'a sriculture de Paris, trimestre d'au LA Te je——"ut ( 276) tomne, 1786, que M. Valdruche de Mont- Remy, correspondant;, a adressé à la Société un Mémoire dans lequel il propose d'employer le seigle coupé en vert comme fourrage. Quoi- que cette pratique soit mise en usage dans plusieurs cantons, et qu’elle ait été recom- mandée dans les meilleurs ouvrages d’agri- culture, cependant, comme les cultivateurs n’y font point ordinairement assez d'attention, M. Valdruche de Mont-Remy a cru devoir la leur rappeler. « Tous les ans au printemps, les bestiaux dégoûtés du fourrage sec, cherchent, dit M. Valdruche, l'herbe avec une avidité marquée, Dans ce temps, malheureusement il n’est pas possible de leur en procurer une quantité suffisante sans employer beaucoup de monde à ce travail. » Le seigle d'automne qu'on pourrait fau- cher alors, serait d’une grande ressource si le cultivateur en semait tous les ans pour le donner en vert à ses bestiaux. » Comme ils transpirent peu pendant l'hiver, ils n’ont besoin que de foin et de paille pour entretenir leur embonpoint; mais au prin- iemps, cette nourriture leur déplait, et ne jeur convient plus. L’odeur des plantes nou- la verdure dont la terre est couverte leur sans qu'il » bat alor blen nd cha} iures que À secs€ jubrih )| père bles supp dont » prair rage est pa à pei pour| ke selg de 1 nirat abont Mont- £ Société » nployer De, Quoi- - se dans recom- B: d'agri- D 1vateurs 5 tention, deroir Alsiaux ht M. girquée, m'est pas piquantité « monde ont fau- pource SI = pour le plhirer, le pour gl pro f, et 1 Etes nou- couverte leur donnent de nouveaux désirs, et sont sans doute les principales causes du dégoût qu'ils éprouvent pour les fourrages secs. » Quoiqu'il en soit, les bêtes à laine, les bœufs, et sur-tout les vaches, maigrissent alors à vue d’œil; leur lait diminue sensi- blement, et souvent même tarit totalement. Indociles au bâton du pâire, on les voit s’é- chapper dans les emblaves et franchir les clô- tures, pour paître dans les vergers. 11 semble que leurs viscères desséchés par les alimens secs et poudreux de l'hiver, ne puissent être Iubrifiés que par le suc des herbes naissantes. » Les pommes de terre, les betteraves cham- pètres et les autres racines, quelques convena- bles qu’elles soient dans ces circonstances, ne suppléent qu'imparfaitement le fourrage vert dont ces animaux sentent le besoin. » Cependant, au printemps, Pentrée des prairies est interdite aux bestiaux, le pètu- rage est défendu dans les bois, et l’herbe est partout si courte; qu’une personne pourrait à peine en amasser assez dans une journée pour l’entretien de deux vaches, tandis que le seigle présente déjà à la faux une tige de plus de deux pieds de hauteur, et four- nirait par conséquent du fourrage vert en 1 abondance, él ( 256) » Il serait d'autant plus utile au cultivateur d'employer cette plante comme fourrage, que, faute de cette ressource, ilest obligé de tenir au sec ses bestiaux, non- seulement Fhiver, mais encore tout le printemps. » Combien de motifs d’ailleurs doivent lengager à cette culture! Le seigle n’est point cher; un labour lui sufit; les seules précautions utiles pour celui qu'on destine à servir de fourrage, sont, de semer plus dru qu'à l'ordinaire, et de rendre le terrain bien uni avec la herse; de plus, cette plante résisie aux hivers les plus rigoureux; toutes sortes de terres lui conviennent, et fauchée avant l'été, elle n’a pas le temps de les épuiser. » Au reste, ceux qui auraient quelque feront bien de choisir crainte sur.cet objet, parmi les terres qui resteront en jachère, celles sur lesquelles ils se proposent de mettre du fumier. Après avoir fauché le seigle, ils auront le temps de donner les trois ou quatre laboursnécessaires au froment; sur le premier ou le second de'ces labours, ils. semeront encore, s'ils. le jugent: à. propos, d’autres graines.,, telles que des. vesces, lentilles, chanvre, etc.;et.par ce moyen, ils feront deux récoltes sur le même champ, dans son année ( livateur» Enfin, on ne saurait refuser au seigle- le,que, fourrage, par sa vertu rafraichissante, une [de tenir nourriture salutaire aux bestiaux, et un re- 1\\ver, mède aux inconvéniens qui résultent d’un long usage du fourrage sec. Le doivent» Cette plante ayant acquis, dès le com- le n'est mencement d'avril, une tige de deux pieds :s seules et plus, comme nous l'avons dit, elle a done\ Lstine à le mérite d’être la première, et peut-être la lus dra seule qui puisse subvenir à la disette des ju bien fourrages verts au printemps.» hrésiste M. Legris la Salle, membre du corps légis- {i sortes latif, a publié une notice fort intéressante| j avant sur la culture de son domaine de Tustal, DRE, situé dans l’entre deux mers, près de Bor- s quelque deaux. On y trouve des faits précis concer-| e choisr nant le seigle-fourrage. Sur un champ en Sachère, jachère, de la contenance de: soixante- six Le mettre ares( deux journaux), il fit semer en sep- ide, il tembre, après une bonne fumaison» du seigle on quatre avec un tiers de vesce noire. Dans le mois premier de mars suivant, on commença la consom- feneron mation de ce fourrage, qui servit, pendant d'autres cinq semaines, à nourrir abondamment au nulles; ratelier trois cents bêtes à laine. La repousse| dr fut fauchée et séchée vers la fin de mai; elle k te produisit dix quintaux décimaux. Les moutons furent menés aussitt sur ce champ, où ils (. 2607 2 trouverent leur pâture pendant plusieurs jours, Après la première pluie, la charrue ouvrit la ierre, pour la disposer à recevoir du froment en automne. Avantages remarquables! Une jachère ordinaire, non-seulement n’aurait rien produit, mais aurait coûté des frais de labour. Celle-ci a rendu, à l’époque de lannée où il est le plus difficile de nourrir le bétail, une quantité de fourrage vert qu’on ne peut évaluer au-dessous du poids de deux cents quintaux, et vingt quintaux de fourrage sec préférable au meilleur foin. C’est bien là, comme l’observe M. Legris la Salle, le cas d'engager les propriétaires à comparer et à juger, mais sur-tout à vérifier, par lPex- périence, l'exactitude de ces calculs.( Motice, imprimée à Bordeaux, septembre 1807). M. de Villèle a fait, près de Toulouse, diverses expériences dans la vue de découvrir quels sont les fourrages qui donnent, en vert et en sec, les produits ls plus abondans. 11 n’a pas oublié Je parti qu’on peut ürer à cet égard des. plantes céréales, et principa- lement du seigle. Ces fourrages ne se coupent qu’une fois, suivant M. de Villèle; ils sont annuels et sont consommés ordinairement en vert. Le seigle donne par hectare quarante- quatre quintaux métriques, où cent huit quin- taux vert& gran 15$€ V seigl égar plus D: four: nourri gu foin pus gr irès-pe \es en mot( dictio (( 1 compe le re: dépar au sel on y: » Ce aptes| bours, vient aux€ ( So: y) Sioûrs, aux anciens. Cent kilogrammes de seigle rit la vert se réduisent, bien sec, à trente-sept kilo- froment grammes.( l'euille villageoise de l'Aveyron, «Une|: 15 septembre 1807). nralt rien Voilà les résultats obtenus au midi sur le ke labour. seigle— fourrage; mais nous avons, à cet EUR égard, des expériences au nord beaucoup bétail, plus anciennes et non moins concluantes. ne peut Dans la ci-deyant Flandre, on récolte un x cents fourrage excellent, destiné spécialement à la ge sec nourriture des chevaux» qui supplée à la fois Mb au foin et à l’avoine, même dans le temps des piai plus grands travaux, où on ne leur donne que a NUE très-peu d’avoine; c’est celui qui est connu dans UE les environs de Lille sous le nom d’Aivernages, i (Na, mot qui n’est pas expliqué dans ce sens par nos -) dictionnaires d'agriculture. ee k« Les hivernages sont le plus généralement composés d’un tiers ou un quart de seigle, et GES, le reste de vesces. Cependant, au nord du . département, on substitue quelquefois le blé rs au seigle, les pois aux vesces; et au midi, e.; On y ajoute par fois les lentilles. ta» Ces hivernages sont fumés en automne ne après le froment, et à la suite de deux la-| bours. Un sol trop aquatique ne leur con- Ur, vient pas. Ils sont donnés ou verts, ou secs, quarante” ve aux chevaux; dans le premier cas, on les sut quil” Q\ 902) } / ( fanche dès le mois de juin; dans le second, ils sont récoltés en même temps que Îles blés et avec les mêmes instrumens. Pour les faire convenablement sécher, on les laisse sur place en petite javelles séparées de deux pieds lune de Pautre, et on les retourne souvent; on les mét ensuite en gerbes que Von transporte à la ferme. On les donne ordinairement aux chevaux avec le grain et sans mélange; quelques-uns seulement en extraient la graine nécessaire à la semence. On voit de ces hivernages qui atteignent la hauteur moyenne de cinq pieds.»{ Statisii- que du département du Nord, par Dieu- donné, tome[). Il en sera encore question ci-après, dans le Mémoire relatif aux différens méteils, C. 1.$ 3,4 et 5. Dans le département des deux Nethes, au- tour d'Anvers, les laboureurs sont dans l'usage de semer dans leurs jardins une planche ou carré en seigle. L’étendue en est déterminée d’après la quantité de leurs bestiaux à létable. On y sème ce seigle un mois avant le jour ordi- naire des semailles; comme il n’est pas destiné à porter du grain, on le sème très-dru; ce qui, joint à ce qu'il se trouve dans une terre parfai- tement bien ameublie par la bèche,; et fumée plus qu'à l'ordinaire, fait qu’il pousse avec pro- fusion. seig lées Rec tab E &] dise dise aus: Second, ique les Pour es cles\iise ss de deux retourne srbes que ses donne D: grain et lement en mence, fnent Statisti- . Dieu- 1 GUeNON Ac diferens xothes, air jros l'usagè jianche où D terminée a: l'érble. jour or à desuné Ce qui, :‘Ye parhi 4 et fun pl e ave] ( 58 « Ce seigle sert de pépinière pour regarnir les champs endommagés pendant l'hiver par le ravage des limaces; mais ce n’est pas l’in- tention avec laquelle il a été semé. Le but principal a été d'avoir au printemps, lors- que la provision pour la nourriture des bes- liaux commence À manquer en navets, en carottes, en pommes de terre, ur beau, premier et nouveau vert à leur donner, ce qui augmente le produit en lait et en beurre. » Cependant, quand les champs ont été en- dommagés, on a recours à cette Pépinière. On lève avec la bêche les plants de seigle; on leur laisse une motte de terre; on les transporte aux champs, et on les y plante à une distance convenable, On replante la touf- fe entière avec toutes ses tiges; l'expérience ayant prouvé que cela valait mieux ainsi que si Von repiquait brin à brin les üges du seigle, qui demeurent alors maigres et efñ- lées.»( Mémoire de M. Dierecksens, dans le Recueil des actes de la Société d’émulation établie à Anvers, le 5 messidor an{X). Enfin, l’on trouve à la suite du Mémoire de M. l'abbé Commerell, sur| a racine de disette > une méthode pour suppléer à la disette de foin, méthode dont le seigle est aussi Ja base principale, |( 284) |« Il est d'expérience, dit l’auteur, que quand les mois d'avril et de mai sont secs et qu'il règne quelque vent violent, la récolte du foin est peu abondante. Pour suppléer à la disette de cette denrée, il faudrait que les cultüivateurs prévoyans et vigilans fissent alors labourer une partie de leurs jachères et y | semassent du seigle, de lorge et de l’avoine D Gps— A RSA mêlés avec des vesces et des lentilles. Au commencement d'août, quand le seigle com- mence à monter en épis, on fauche et on fane les tiges de ces plantes, et on a ainsi du foin qui remplace très-bien celui des prés; et les champs qui ont produit ce foin peuvent encore fournir de la pâture. Cette semaille est d'autant plus facile à faire pour les 1a- boureurs, que leurs principaux travaux sont alors suspendus.» 5° On a remarqué, en Allemagne, que le seigle ne réussit pas aussi bien que l’épeautre, après le trèfle; mais il faut observer, en revan- || che, que le seigle s’unit très-bien au trèfle, | lorsqu'on les sème ensemble avant lhiver. Un Mémoire sur la culture du trèfle, en- voyé à la Société établie à Paris, pour l’en- couragement de l'industrie nationale, contient à cet égard un fait remarquable. L'auteur qui à introduit cette culture dans le dépar- _Pe + temel grain par| 1803 étou leve rest et| réco d'un surpr I étai apprit MOIS€ sw| blur Di des| trefle sablo avan seigle sol er vaine semen blonr avec WSocté l, que tement de Maine et Loire, semait d’abord la Biens et graine de trèfle au printemps, six kilogrammes| récolte par hectare. Mais dans les sables, en 1802, Blmi|. 1803, 1804, les chaleurs de Pété avaient 2 que Les étoulfé les plantes, quoiqu’elles eussent bien ï “hat alors levé. L'auteur était vivement affecté de ce M et y résultat qui ruinait ses espérances; le hasard B avoine et la réflexion vinrent à son secours. En fes. Au récoltant, au mois de juillet 1804, le seigle{ Se com- d’un champ très-sablonneux, il remarqua avec dpt on surprise qu’il était couvert de plants de trèfle, 0 ainsl Il était sûr qu'on n’y en avait pas semé. Il sbiprés; apprit qu'on avait conduit sur ce champ, au| mois de septembre précédent, un tas de fumier ginalle sur lequel on avait jeté les balles et les cri- mes Li blures du trèfle après le battage de sa graine.\ PES SON D’après cette induction, il n’hésita point, dès la même année, à semer de la graine de spi que le trèfle avec ses seigles dans les terrains les plus SÉlautre, sablonneux, et il y a réussi. Le trèfle a levé r'eyan< avant l'hiver, a résisté aux gelées sous l'abri da Le, seigle, et ensuite aux chaleurs de l'été. Le Der sol en a été amélioré. L'auteur s’est con- 7 vaincu que l’on peut ainsi cultiver fructueu- k LE sement le trèfle dans les terres les plus sa- À ia blonneuses, si on a l'attention de le semer| ui avec le seigle en automne.( Bulletin de La un Société d’encouragenzent, août 1808. n.° 50 Da dépar- 8° k Es sr 2% a, 2 pm oo l{ 286)| { J ||:;:+ d'a EL On peut consuiier aussi la notice sur le: || profit que l'agriculture peut tirer de l'emploi‘ia {| 1<, À]. Q rar le po: du genêt commun, ou genét à balai, insérée 1 ar EN- ndi l| dans les Mémoires de la Société d'agriculture 2 é : me. Vusa || du département de la Seine. La manière d’a- fl»1°° al | méliorer les plus mauvaises terres de Bruges|{- | et les landes de la Campine hollandaise et fran- (at::\. mil DL À caise, consiste à semer ce genèt avec le seigle, fl- Le LA H. Pre$ ui| WA sans autres frais quelconques.( Bibliothèque (1|:;: z 1290 lUA| physico-économique, n.° XII, 1806). e 1-:":> méla ll Le mélange du seigle avec les plantes lé- ë:; Ne espere! i gumineuses doit d'autant mieux réussir, que AA ÿ|::; clre| | ses tiges sont droites et tiennent peu de place.| f à" se es à | Haller a remarqué qu'il y a une espèce d’o-| |;;: à; ue robe élancée et pyramidale, qui pourrait|: A: 3 Î de etre aussi employée avantageusement, par|| : se es 50 cette raison, dans les prairies artificielles; mais le seigle se mêle encore à d’autres gra- Put;; À; mod minées, dans la vue d’en obtenir le gram À=: ton même; cest ce qui nous conduit naturelle- é de que ment à la question des méteils. en ne eut Des Méteils.| f | tagne - 3; à| Alpe Le mélange du seigle et du blé dans le x dd gran mème champ, connu sous le nom de méteil, +; es a été condamné par beaucoup d’agronomes,: au) sans aucune restriction; d’autres l'ont excusé, n le uploi notée cullure ère d'a Bruges et fran- seigle, btheque os lé- ] que place. 3h d'o- AN ù., pur mcielles; g°s gra grain wrelle- ms le , 2 0meS, » -(eXCUS et d’autres l’ont recommandé. C’est une de ces questions fréquentes en agriculture, où le pour et le contre sont incertains en théorie, tandis que la pratique soutient obstinément Pusage, et se fait traiter de routine par ceux qui veulent le proscrire. En 17974, la Société économique de Berne mit la question au concours. Elle demanda un mémoire et des expériences sur les avan- tages et les inconvéniens du blé-méteil ou mélangé, comparé avec la culture d’une seule espèce de grain. En eas que Île méteil püt être justifié des reproches que lui faisaient les agronomes, la Société demandait aussi quelle serait la manière la plus avantageuse de faire ce mélange suivant la nature du sol et du climat. Le mémoire qu’elle adopta porte le titre modeste d'Essai d’une solution de La ques- lion mise ay concours, par La Société écomi- que de Berne, en 1774. Nous le publions en français, et nous croyons que sa lecture peut devenir utile aux habitans de nos mon- tagnes. Depuis un demi-siècle, la culture des Alpes, dans le canton de Berne, a donné de grandes lecons aux économes montagnards, et les nobles efforts de M. lellemberg promettent aujourd'hui de rendre ces leçons classiqu :] CS» ({ 2568 5 de m CHAPILTERE,PREMIER. y son le mi Du blé-méteil, et de ses espèces.| moit | moi $ Ier On comprend sous le nom de blé- ae méteil un certain mélange de grains de plu- DE sieurs espèces, qui sont destinés à être semés nan! et qui mürissent presqu’en même temps. Com- la s me les plantes qui composent les grains dont ie nous nous servons, sont ou annuelles, ou CE seulement des productions de l'été, il serait L'em pe ridicule de mélanger la semence des végétaux sue. d'hiver avec celle des plantes d'été.( Voyez cependant ce qui sera dit à la fin de ce cha-|( pitre, sur la coutume des Russes, imitée par| vesti les Suédois, de semer le seigle d'hiver sur res( de l'orge de printemps). Le méteil est donc| si el un mélange de divers grains d'hiver, ou bien aux un mélange de plusieurs espèces de grains| sont d'été; c’est-à-dire, que l’on mêle du froment cons d'hiver avec du seigle d'hiver, ou bien du| côté froment d'été avec du seigle d’été, de Porge,| mélai de l’avoine, de la vesce, des pois, etc.| de le | chere $ II. Les proportions dans lesquelles nos||ædû compatriotes font ce mélange, sont exprimées rer par des noms différens; ainsi il prend celui||'grai de| j sémi ED le- z pli- tiiemés giCom- &6 dont Al: où [prait 29qaux '}\YEZ ) alta ee air su ÿ=| donc ) bien gras nent A à du ( 289) de méteil lorsque les grains qui le composent y sont mis en parties égales, tel, par exemple, le méteil d'hiver, formé de moitié froment, moitié seigle; méteil d'été, moitié orge, moitié avoine, etc. Mais quand l’une des deux espèces vient à surpasser l’autre, le mélange prend alors le nom de la portion prédomi- nante; ainsi l’on dit méteil de froment quand la semence est composée de beaucoup de fro- ment et de très-peu de seigle, et par consé- quent méteil de seigle quand la dose de seigle l'emporte sur celle du froment; ainsi de suite. À potiori fit denominatio. $ IT. Mais on donne le nom de mélange de vesces à toutes les semences d'été et de jachè- res où ilse trouve de la vesce, sans considérer si elle est blanche ou naire, sans avoir égard aux proportions des différens grains qui y sont ajoutés, soit que la vesce soit la plus considérable ou que la balance penche du côté de lorge et de lavoine. On sème ces mélanges dans la sole des champs d'été, afin de les laisser müûrir, ou bien dans les ja- chères, afin d’avoir des fourrages frais. Dans ce dernier cas, le laboureur mêle ordinai- rement à la vesce trois ou quatre sortes de grains d’été, comme de l'orge, de l’avoine II. Partie, 19 ( 299:) et des pois; et cela s'appelle alors des fourra- ges verts mélangés de vesces et autres grains. $ IV. Sitôt que l’on voit croître les épis de ces mélanges, on en coupe avec la faux ou la faucille ce qui est journellement nécessaire aux animaux. On remplit leur ratelier de ces fourrages, ou bien, ce.qui vaut encore mieux, on les mêle à de la paille fraîche; et l’on con- tinue ce genre de récolte si avantageux, jus- qu’à ce que le champ soit entièrement fauché. Ensuite on arrache les tiges qui restent, et on sème à leur place des grains d'hiver. Quelques écrivains(sur-tout les Anglais) prétendent que ces fourrages de vesce ne sont point préjudiciables aux champs qui doivent ensuite recevoir des grains d'hiver; mais l'expérience m'a démontré la fausseté de cette assertion. J’ai trouvé au contraire, ainsique beaucoup d’autres, que les champs de seigle paraissaient plus clairs et plus pauvres quand ils étaient établis sur des terres qui avaient été occupées par des vesces, que orsqu’on les plaçait sur des jachères absolues, ou des récoltes vertes, sarclées et travaillées à la houe. Cependant, sil’on veut considérer que par ce moyen il est possible de nourrir son bétail à la maison tout aussi bien qu'avec n: cree n'\4 plic fourra- ans, S épis de | faux où nécessaire er de ces re mIeux, Von con- EUX, Jus- , Il, eton nglais) este ne amps qu ss d'hiver; sontraire, 5s Champs Es et phs des terres ses, QUE absolues, vallées : nsiderer le pour à qu'atis \/ GC er du trèfle, on sentira la nécessité de s’ap- pliquer à propager l’usage très-avantageux de ces prairies arlificielles. $ V. Sile cultivateur est en état d’engrais- ser le champ de vesce qu’on vient de faucher, ou bien d’y établir de nouveau un parcage, il recueillera l’année suivante une récolte énorme du plus beau grain possible, dans ce même champ, qui a rendu ses vaches si fertiles en lait, et ses bœufs si forts et si gras, l'été auparavant. Au reste, il dépend de lui de laisser reposer ses terres pendant l'hiver, et puis de les couvrir de grains d'été au printemps suivant. Mais je cesse cette digression, pour revenir à l’objet principal. $ VI. Il y a encore quelques autres espèces de semences mélangées qui peuvent être clas- sées d’après les différentes propriétés des sols et des climats, et d’après l'usage que nos compatriotes en font. Je comprends dans cette énumération, d'abord, le méteil ou mélange du seigle d'été avec le froment d'été; ensuite, je conseille l'association de orge au trèfle d'Allemagne, afin qu’au temps de sa matu- rilé ordinaire on puisse en nourrir les bestiaux. M. le conseiller intime, Reinhard, prétend, dans ses Ouyrages si recommandables quant, n nt CARRE.- ASE s:— ; na A- ER () à la théorie et à la pratique, qu'on peut aussi y comprendre les faséoles ou haricots d'Espagne, ou haricots rouges, et le mais américain, vulgairement nommé blé de Tur- quie; ces plantes prospèrent à merveille dans les terrains chauds et sablonneux. Il ne faut point oublier non plus le mélange de pommes de terre et de pois. Enfin ,je conseille égale- ment celui de pois et de feves de marais; leurs tiges croissent ensemble et se soutiennent réciproquement, ce qui contribue à les faire réussir.(M. Médicus nous apprend que dans la Franconie on cultive ensemble l'orge et les lentilles; on les fait moudre ensemble, et on les emploie même pour faire du pain. Essai d’un systéme d'agriculture, ch. II. Sror): Mais au reste, pourquoi nous occuper d'avance de la culture de ces divers végétaux? Cher- chons d’abord à savoir s’il faut parler en leur faveur, et s’il est avantageux ou nuisible d’en adopter l'usage. CHAPITRE: LE Des avantages et des inconvéniens du blé- méteil. $[.°" Je me suis proposé d'examiner cette dernière question dans ce chapitre, et je serai à peut aricots À mais de Tur- 3'1lle dans ne faut pommes ie égale: } MaATraIS; à Jenent ss faire je dans (et les gi et on j: Essai 0-7} quarante À? Cher- ss en leur sble d'en Ju ble- ner celle | je ser 208 au comble de mes vœux, si mes recherches et mes opinions obtiennent le suffrage de mes lecteurs, et si mes idées ont assez de valeur pour devenir dignes d'attention aux yeux de mes sensés et savans compatriotes. $ II. On ne peut parler d’une manière tranchante et générale sur l'utilité ou sur les dangers des semences mélangées, sans un mûr examen: Divide et imperabis. Il faut d’abord considérer le sol, le climat, la culture et le méteil lui-même, pour pouvoir ensuite en juger définitivement. Il appartient ce- pendant plutôt à l'expérience de prononcer là-dessus, qu’à la théorie séparée de la pra- tique. Que ne peuvent-elles s'entr'aider per- pétuellement et sans aucune opposition! l’agri- culture acquerrait alors un haut degré de per- fection, et ses amateurs en retireraient autant de plaisir que d'utilité. Mais qu’on est loin de la! L'on rencontre communément des sophistes dénués de pratique, ou bien des praticiens qui ignorent jusqu'aux premières lois de la nature; et si les uns sont nuisibles aux progrès de la science en hasardant des essais qui ne peuvent réussir faute d’expé- rience, les autres ne lui font pas moins de tort par l’entêtement slupide qui leur fait ( 294) craindre et haïr les tentatives les plus sages, Les premiers sexposent au danger de se ruiner et d’appauvrir ceux qui suivent leurs eonseils, moyennant les imprudentes innova- tions dont ils donnent l’exemple; et les seconds ne savent jamais être utiles à eux ni aux autres, à raison de leur opiniâtre lenteur, et de leur servile soumission aux anciennes coutumes, $ IIF. Il est impossible de fixer des reg! sans exception, lorsqu'il s’agit de SN (Qui bene distinguit, bene docet). 11 faut done établir le pour et le contre à cet égard. Il est en général dangereux de substituer aux semences d’un grain estimé, d'autres semences d’une valeur inférieure. Quand on possède un champ bien fumé, bien labouré, lors- qu'on habite un climat avantageux, et que le sol est assez fertile pour supporter de Vorge pure, il serait évidemment contraire aux maximes de l’économie rurale d’y mêler de lavoine, qui lui est certainement infé- rieure. Il ne convient pas davantage de semer sous un tel climatet dans un terroir si bien préparé, du méteil d'hiver, de froment ou de seigle, quand l’une ou lautre de ces semences peut réussir isolément. Il en ré- (Sr: ( 2) Hs sapes,: .. sulte qu’on ne peut raisonnablement conseiller T te: ë> La AE l'emploi du méteil d'hiver, dans les bons ent leurs: Re climats et sur des sols fertiles, parce que Z innova-|»=: ( du moins chez mes compatriotes, et peut- €; a les A) À 4 il à être dans beaucoup d’autres contrées) il est Ses à eut: Fu:: see certain que le méteil d'hiver n’est Jamais si pire abondant que le seigle, qui couvre entière- pus ment un champ; parce que le méteil fournit moins de farine, et que son pain, quoique plus blanc que celui du seigle, n’est jamais M régles aussi bon, aussi susceptible d’être conservé sbnéteil et aussi savoureux, et que dans deux champs d. Ilt done d’égale étendue, dont lun serait couvert dard, Il de seigle pur et l’antre de méteil, le champ auer ax|» de seigle rendra bien plus de grain que celui premences du blé-méteil; et enfin parce qu’un champ mn possède de froment rend presquautant qw'un champ oi, lors: de méteil, du moius dans la plupart de nos eu et que contrées. amer de Enonirairé$ IV. Ceci explique peut-être par quel mo- S|y méler tif il était interdit aux Juifs de semer en Pales- ant infé- tine des grains mélangés,{Lev. 19. 19. Deuter. ja e semer 22. 9). Il est vraisemblable que c’est parce mn sibien|| qu’ils jouissaient d’un climat favorable, qu’il 4 nent 0! leur était expressément enjoint par leurs lois n d de ne semer, dans un seul champ, qu'une | en seule espèce de grain. Ilest du moins certain ( 296) que la farine de froment produit un pain très-préférable à celui qui est mêlé d'orge ou de seigle. Au reste, ces dernières espèces paraissent avoir été mconnues aux Juifs. M. le conseiller Michaëlis, de Gotuüngue, a publié cette année la quatrième partie d’un excel- lent ouvrage sur le droit mosaique, qui con- tient ses conjectures relativement à cette loi agricole des Hébreux. Mais malgré toute la justice que nous rendons à l’ouvrage plein de sagesse, de savoir et d’érudition de M. Michaëlis, nous ne sommes cependant pas de son avis sur cet article intéressant. Il prétend qu’en interdissant les mélanges aux Juifs, le dessein du législateur israélite fut seulement d’obliger ses compatriotes à ne semer que des grains parfaitement choisis et triés avec soin. Nous connaissons à la vérité, par expérience, l'utilité de ce procédé qu’on emploie quelquefois, lorsque, dans de certaines années, le hasard, ou d’autres causes occa- sionnent beaucoup de mauvaises herbes; alors on se résigne quelquefois, non-seulement à battre soigneusement les semences de froment, de seigle et d'orge, mais encore à les éplucher aussi exactement que possible, afin d'éviter toute espèce de mélange, à peu près comme lorsqu'on épluche des grains mondés, ou des kgu suit pres sen Ce pa do 10 tel qui mes char des d bain Pi Qorce Nsptces El Xe € puble E excel- 11 con- Stte Loi Siute Ja »s" plem a M. br: pas æ, Il IR, aux grue(it ain et L érité, 5: qu'on ZSrtanes =, OC(a- cr abors ont à dnenent, y icher peviter 2:0mmé ou dés C 29%) légumes, pour les faire cuire. Mais il ne s’en suit pas de là que la loi en question ait prescrit quon épluchàât scrupuleusement la semence destinée à des campagnes entières. Cette fatigue incroyable aurait surpassé Ja patience humaine, et ne pouvait être or- donnée qu’à des criminels, comme une puni- tion de leurs forfaits. Nous savons tout le temps et la peine que ce travail exigerait, quand il ne s'agirait que d’éplucher quatre mesures de semences pour en couvrir un champ de cent soixante verges. D'ailleurs, des expériences journalières ont prouvé qu’il n’en vient pas moins de semences étrangères et de mauvaises herbes, au milieu des champs couverts du blé le plus pur; des causes for- luites produisent ces inconvéniens, qu’il est bien difficile d'éviter. Observons aussi que les cultivateurs de la Palestine étant accou- tumés à battre et à vanner leur blé en plein champ, cela leur donnait la facilité d’avoir de la semence très-pure et en abondance, au lieu que nous y réussissons bien moins dans les granges étroites et fermées, où nous avons l'habitude de vanner nos grains. Il parait donc incontestable que cette loi de Moyse n’a eu d'autre objet que celui de re- commander Vutile pratique de couvrir les # va ce——… a—: sui d GT — = huh Re a— pee= ( 298) champs à blés avec des semences non mé- langées, parce que dans ces cantons pri- vilégiés où lon avait des hivers tempérés, des champs bien desséchés et des saisons fort régulières, pour les temps de chaleur ou de pluie, le bon blé devait également prospérer dans tous les champs. Cependant, s’il est vrai que l'orge de la Palestine soit le grain qu’on nomme parmi nous blé de Jérusalem, ou orge à café; Si s’agit de ce grain, qui ressemble extérieurement à l'orge ordinaire, et qui, dépouillé de son enveloppe, est pareil au froment, et produit aussi une farine très-blan- che, alors il est avéré que ce grain est excel- lent et très-digne d’être cultivé avec soin, et même isolément, parce que la boisson qu'on en tire est d’une salubrité reconnue principa- lement dans ma patrie. $ V. Dans de telles circonstances, c’est une grande faute contre léconomie champêtre, de cultiver du blé de peu de rapport. Je connais des endroits à quatre ou cinq lieues à la ronde du canton que j'habite, où lon ne cultive point de méteil, ou du moins fort peu. De longues expériences ont appris aux cultivateurs de ces contrées combien il leur serait nuisible de semer du méteil d'hiver dans mé- pri pers, ens fort lon de dspérer ‘est vrai 3 qu'on nu 00e » emble y qui, j au 1h lan- es tcel- gsa, 22 QUOR nCipa e| ré Je eilienes ] Von À: € fort qq$ aux 16 À leur ” dans ( 299) des terrains où les espèces isolées réussissent à merveille, et rapportent infiniment plus: j'en ai fait l'épreuve moi-même. J’habitais, il y a quelque temps, une campagne dont la température est tres-douce; je m’aperens que quelques personnes avaient du méteil de fort belle apparence; cela me séduisit, et je suivis leur exemple pendant deux ans; mais je m'en trouvai si mal, que je résolus de dis- continuer cet essai. Je recommencçai d'après cela à cultiver comme je le faisais précé- demment, du froment et du seigle, chacun séparément; je fus trèes-scrupuleux sur la bonté de la semence et l’exactitude de la culture, et j'eus lieu de m'en applaudir. La raison visible de cela, est la douceur du climat que j'ai choisi pour mon séjour actuel, et la bonté des champs fertiles que je possède maintenant. $ VI. Je joindrai encore des observations re: latives à ma demeure actuelle, aux aperçus que je viens d'exposer sur les inconvéniens de la culture du méteil d'hiver. Ma campagne est située au fond d’une vallée sauvage entourée de hautes montagnes; elle est fort riche en sources et en pierres; sen bassin spacieux est exposé à la fureur des vents et de la pluie D) 900 () alt. du côté du sud-est; elle se resserre au nord ace \1É entre des gorges de montagnes, où des vents pes: | impétueux règnent presque toute l’année; les perl L exhalaisons et les vapeurs qui sontoccasionnées jus \|| par les montagnes ou par les eaux, lexposent ne Ai|| à la pluie, aux vents, aux brouillards, à la del || neige, aux orages, à la gelée, enfin à toutes 1 k| les intempéries de Pair. Néanmoins, comme| SFE on cultive dans ce district, au fond des pré-| plu cipices(de même que sur la cime des monis),| don du froment, du seigle, de l’orge, du colza, suigl de la navette, de l’avoine, de la vesce, des pue lentilles, du lin, des choux, des pommes de| ef terre= vel quelques carottes et naveis, et| de< qu'on tire en général beaucoup de foin et de' regain des montagnes, on peut poser en fait que si la plupart des habitans sèment du sol méteil d'hiver, il est cependant plus avan- pri tageux de semer du seigle pur. par plu |$ VIT. Il faut choisir à cet effet les champs rés les plus secs et ceux dont le sol est un peu in- Le cliné, Quand ils sont parfaitement préparés, pl | en doit les ensemencer de seigle pur, depuis Le |! le 1.°" septembre, jour de Saint-Gilles, jus- wi | qu’au jour de Saint-Mathieu, 21 septembre.| pro | U n’y a pas à craindre alors que le seigle| est || eroisse trop tôt, ce qui est toujours si nuisible ( Sor) Snord à ce grain, en automne et en hiver; il n’est vents pas atteint si facilement des gelées du prin- D: les temps et de celles qui continuent quelquefois AUS jusqu’au commencement de lété; communé- osent ment il est assez mür pour être moissonné ik depuis le 8 jusqu’au 10 août, et souvent il “'outes rend huit fois plus de grain qu’on n’en a «mme semé, pendant que le méteil ne rend au Di| pré- plus que le sextuple de la semence. Il est ns), donc très-avantageux de ne semer que du D, seigle, lorsqu'on a un terroir approprié, et des une température favorable; mais qui peut D de se flaiter d’avoir en son pouvoir la seconde de ces conditions? lai, et O\ À æe fait$ VIII. Considérons maintenant le méteil M du sous le point de vue de Putilité. La question on principale doit être relative au méteil d'hiver, parce que Cest le genre de méteil qui a le plus de valeur. Nous allons donc tâcher de D«aps résoudre ce problème. Le froment rend peu. Li Le seigle n'offre pas un rapport certain non A. plus, parce qu’il gèle aisément dans sa fleur. puis Le méteil mürit à des époques différentes, et 1 il se multiplie fort peu. Cependant, comme le | js proverbe dit: ex duobus malis, minimum ae est elisendum ,; est clair que ee ee. se considérer les inconvéniens du méteil d'hiver M ne-gpele9 À » 3 — pm oo LD]« ( 26882 1) comme les moindres de tous, d’après la nature des climats et du sol dans beaucoup de nos environs, et qu'enfin, c’est une assez bonne récolte, comparativement à celle des blés sans mélange. $ IX. Si les automnes avaient plus de cha- leur dans nos contrées, la semence du seigle pousserait avec trop de rapidité; cette crois- sance prématurée lui ferait dissiper inuti- lement une vigueur qui serait détruite par les gelées d'hiver, et au printemps par la chaleur des jours et la fraicheur des nuits, et le seigle se trouverait certainement dé- pourvu en été de activité qui lui est néces- saire pour produire des épis bien remplis. Si l’on sème trop tôt, c’est-à-dire, vers le jour de Saint-Gilles, vieux style, premier septembre, ce qui est presque nécessaire dans notre patrie, à raison du froment, qui a besoin de onze mois pour mürir, il en résulte que le seigle semé avec le froment commence non- seulement à lever trop vite, mais encore qu’au printemps et en été, il continue à croître et à fleurir plus tôt que le seigle semé plus tard, et qu’il est souvent abimé dans sa fleur par les gelées tardives qui surviennent en été, sur- tout lorsqu'il est placé dans des fonds. Quand gruit nul ru ( 508..) nature les automnes sont humides, cela occasionne de nos d’autres dangers: le seigle est entièrement dé-| bnne truit alors par de petits escargots, qui ne font be lbs nul tort au froment, et très-peu au méteil. Ê $ X. Une stérilité totale est à craindre lors de cha- de ces accidens, quand on a ensemencé des u seigle champs entiers avec du seigle pur. Mais è Crois- quand on sème en même temps du méteil *IDuU- de froment et de seigle, on recueille dans le par le premier cas, la paille des épis de seigle ni ar Ja qui n’ont point porté de grains, et dans À auits, le dernier cas, on obtient en place de la| jt dé semence de seigle qui a mal réussi, une ré- pCeS- colte de froment assez considérable. Quelque- semnplis. fois les années trop humides sont également\ 1 ! vers Je nuisibles en toutes saisons à la semence du bremier seigle: lautomne, par des légions d’escargots e dans dévastateurs, et l’hiver, sur-tout pendant les besoin mois de mars et d’avril, par les variations( 2e quele de l'atmosphère et le passage continuel des| nuits froides aux jours brûlans; ce qui est je non equau cause que les plantes sortent de terre avant| rt à le temps, qu’elles tombent, se flétrissent et 3e tard, meurent, ou bien que leur sève est alterna- à par es ivement pompée par le soleil, ou coagulée b &, sur- par les gelées nocturnes. Le travail des la- Quai boureurs serait done bien mal récompensé ( 304) par la récolte suivante, si dans de telles cir- constances on n'avait point mélangé le seigle avec le froment, avec ce grain parfait, que le bienfaisant auteur de toutes choses à doué d’une force suffisante pour résister à beaucoup d’accidens,et qui n’est presque pas endommagé par les escargots, ni par les vicissitudes des saisons. Au surplus, quand on ne parvient pas à obtenir de beau seigle, le froment y gagne de la place et des forces, et s’en trouve si bien, que la récolte est quelquefois plus abondante qu’elle ne l’eût été sans cela. Ainsi donc, il est avantageux de semer du méteil d'hiver, $ XI. Quant au méteil d’été, je ne puis rien en dire par expérience; le froment d’été, ainsi que le seigle d'été, doit être semé au prin- temps, et mürit ordinairement, dans ce pays, pour le plus tôt, en automne; ce retard est cause que nous n’en cultivons guère; mais lorsque j'en ai vu ailleurs, j’ai été frappé de aspect misérable des épis frèles et dépourvus de grains qui s’offraient à mes regards. Mais l'utilité bien prouvée du méteil d’hi- ver se confirme encore lors même des dis- graces qui sont particulières aux seigles, par les accidens, maladies, etc., auxquelles le fromer 1 ne dans 1 lui à dans que men En« au d de ler il s'agi de mé 3! four priétai ei,{ gen certd ( denc cher deux aux métel Yalson dans chan quar Dr froment est sujet de son côté. En général, sigle il ne rend pas autant que le seigle, du moins| 5 de dans une grande partie de l'Allemagne; car ül| à doué lui arrive quelquefois d’être tellement détruit É autoup dans sa fleur, par la nielle, le miélat, etc., ommagé que ses évaporations sont arrètées soudaine+! IGES(les re des des ment, et que les épis en souffrent beaucoup. PRIE En outre, il est encore sujet à la rouille, nent y au charbon; il mürit quelquefois avec tant RUE de lenteur, qu'à peine est-il à son point quand 5 ss il s’agit de le couper dans les meilleurs champs) 4 Ainsi| de méteil; et comme ses épis sont fort courts, méteil il fournit tres-peu de paille. Combien un pro- priétaire n'est-il donc pas heureux en pareil ‘ cas, de trouver au moins quelques dédomma- puisrien gemens dans les champs qui lui donnent une sù té, ains certaine quantité de seigle? ü prn- 2e pays$ XII. C’est un grand bienfait de Îa provi- tard est dence, que ce concours de causes qui empé- Il re; mas chent que l’on soit souvent accablé à la fois par appé de deux mauvaises récoltes; cela arrive rarement JOUTFUS aux deux espèces de blé qui composent le ds. méteil. Mais combien un spectateur sensible, 1 il d'h- raisonnable et reconnaissant doit être charmé s es dis- dans les bonnes années, du spectacle d’un Fe{ es, pa champ de blé-méteil, en juin et en juillet,“As {elles Le quand la récolte est abondante! Les années rs € 56) 1772 et 1773 ont été bien riches en tableaux de ce genre. La force de lépi un peu court du froment, la flexibilité et la hauteur du seigle, dont le chaume se courbait sous le poids d’un épi chargé de grains, et tombait jusque sur la pointe des blés, formait une sur” face brillante, et présentait partout à l'œil la même plénitude, la même richesse. Souvent en admirant ces superbes champs de méteil, je me suis souvenu de cette expression pro- verbiale que nos paysans emploient pour dé- peindre l'apparence d’une belle moisson:« Le » blé est si touffu et si serré, qu’on pourrait » appuyer une roue contre lui, sans le faire » courber». J’en conclurai qu’il est avanta- geux de semer du méteil plutôt que des grains d’une seule espèce, lorsqu'on habite des contrées dont le sol est d’une nature humide, et dont la température est variable ou rigoureuse. Dans le premier cas, le pro- priétaire est toujours sûr d'y gagner; et dans le second,( c’est-à-dire, en ne semant qu’un seul genre de blé)il y perd plus ou moins. D'ailleurs, il est également prouvé qu'on peut ensuite semer avec avantage du méteil ou du froment seul, sur des champs de chanvre, etc. su De C qu dé lag d'er allor l'esr nous vérl de qu on eaux L'Court eur du sous le tombait sine SU L l'œil la ouvent néteil, S" pro- nr dé- ii«Le arratt qu: are 9 vanla- que des y habite sgunatureé Bariable pie Pro et dans qu'un ÿ moins. qu'on TAN de € 26 CHAPDDRE OL De la véritable manière de préparer et cul- tiver le méteil. $ L.°T Mais comment s’y prendra-t-on pour que le laboureur fasse de son côté tout ce qui dépend de fui pour tirer le plus grand avan- tage possible du méteil, lorsqu'il est obligé d'en semer? Hée Rhodus, htc salta. Nous allons tâcher de lui communiquer ce que l'expérience nous a appris. Nous espérons nous expliquer assez clairement pour que la vérité se fasse sentir sans qu’on soit obligé de la prouver par des essais; et nous croyons que si lon se conduit d’après nos opinions, on aura toujours lieu d’en être satisfait. $ IT. On ne doit point négliger de semer du méteil d'hiver dans nos contrées, ni se lasser de chercher à introduire cette coutume dans les lieux où elle n’est pas encore établie. Nous espérons avoir suffisamment démontré dans les chapitres précédens, en quoi le mé- teil peut être avantageux ou nuisible. Il nous reste à parler de la véritable méthode de procéder avec succès à cette culture, qui ne peut être une chose indifférente, ni pour (_ 35087} ceux qui ont déjà semé du méteil, ni pour ceux qui n'ayant point encore essayé ce genre de culture, ont tout à apprendre dans ce qui la concerne. Nous sommes certains que ceux qui adopteront nos usages sentiront combien il est de leur intérêt de les faire entrer dans leurs plans de culture. Le seigle souffre beau- coup par le froid et l'humidité; les escargots lui font également le plus grand tort; il croît trop rapidement; il court le risque d’être détruit dans sa fleur par la gelée; ainsi, il est souvent exposé à manquer. Le froment ne rend pas aussi abondamment; il est quel- quefois atteint de la carie, de la rouille. Comment est-il donc possible de se mettre, en quelque façon, à l'abri de ces accidens? et comment peut-on empêcher que les en- nemis du méteil d'hiver ne le détruisent en totalité? C’est en apportant la plus scru- puleuse attention à la manière dont on cultive et au temps des semailles, et en s’occupant de trouver la meilleure manipulation des mélanges. Il faut nécessairement que Îles cultivateurs emploient à ces soins tout ce que leurs yeux, leurs mains, leur activité et leur raison peuvent leur fournir d'industrie, rela- tivement aux procédés agricoles qui peuvent réussir dans leur patrie: non enirmr omnis fert omnia tellus, dans ea R30ts D;roit giire Gi il ont kl- DT Le, fi 1e, e AT D‘en- 21 en eyru- ste = Ut oi des LT les pa[ue fa .gela- aient nus > GC 569.) PREMIÈRE SECTION. De la préparation des terrains. $ IV. La première chose à considérer dans V'utile coutume de semer du méteil, doit être la qualité du sol. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit dans le second chapitre à cet égard. Il suffit d’observer de nouveau, que des pays situés sous une température défa- vorable, doivent être éprouvés par une lon- gue expérience, pour lutilité des hommes qui y séjournent, afin de pouvoir déterminer avec précision, si la terre est ou légère ou compacte, humide ou sèche, et si jusqu'alors elle a produit(au moyen de la culture or- dinaire} des blés bien purs, tant d'hiver que ’été. Six années d'expériences, et même davantage, démontreront assez au cultivateur actif et vigilant, ce qu’il doit penser de la fécondité de son champ; et il verra sil faut continuer, perfectionner, ou cesser ces ha- bitudes relativement à l’époque des semailles, de la moisson, etc. $ V. Nous conseillons aux cultivateurs qui possèdent des champs fertiles, qu’ils avaient couverts précédemment de grains d'hiver, (:-Siro J) d'y semer l’été suivant, au lieu d'orge pure, du méteil d'orge, c’est-à-dire, un mélange de deux tiers d’orge avec un tiers d'avoine; il sera superflu d’y conduire de nouveaux en- grais, ou d'y faire parquer les troupeaux. Sur les champs moins gras, mais qui reçurent pourtant des engrais en jachères avant les semailles d'hiver, il faut mettre des mélanges d'avoine ou bien des pois. Les végétaux qui prospèrent le plus dans les terres fortes et humides, sont les mélanges de vesces, ou bien les fèves de marais, soit séparément, soit mé- langées avec des pois rouges. En général, il est facile de se procurer les résultats les plus avantageux, En adoptant autant que possible: la méthode d’alterner son champ avec les différentes semences dont les espèces se con- cilient entr'elles, et qui ont été recueillies dans le pays même. Cependant, il est utile, de temps en temps, d'employer aussi des semences prises en d'autres lieux. $ VI. Un cultivateur soigneux doit avoir un journal qui contienne tout ce qui est relatif à ses semailles et à ses moissons. Il est né- cessaire qu'il y inscrive comment il a fumé son champ, combien de fois il l’a labouré, quel jour il l’a ensemencé, avec quelle qualité —ag"—— de tie de| qui Enl ten Ja| con qu de. peul le p! d'un puis esp fau ne > rent put les En nges 53: qui 5 et Den io ne- 13, il sols 14 ie, &)\es 2: con- >S"illies agule, T£. des grun techatif ju nè- . Jfomé spouré >] valit (es de grains, etc. I doit aussi calculer la quan- tité de semence qu'il a employée, le temps de la moisson, l’étendue de sa récolte, ce qu'il a recueilli de blé après lavoir battu. Enfin, il est nécessaire qu'il déduise exac- tement du total de chaque espèce de récolte, la portion de semence dont il a fait usage, comparativement avec ce qui lui reste, et qu'il sache chaque année ce que chaque espèce de grain lui a rapporté. A la vérité, il serait peut-être impossible de savoir avec précision le produit de chaque champ, lorsqu'il s'agit d’une terre considérable; mais pourvu qu’on puisse évaluer en général le rapport de chaque espèce de blé, c’est à peu près tout ce qu’il faut; et bien certainement, cette petite peine n’est ni inutile ni vaine. $ VIL. Revenons au méteil d’hiver. Quand le sol est difficile à défricher et que l'été est tres-sec, il est nécessaire de travailler quatre fois les champs destinés au méteil d’hiver. On choisit pour cela les meilleures terres; on les défriche, on y met des engrais, on laboure ensuite le champ, afin de couvrir l’engrais. Le troisième travail se fait vers le commencement du mois d'août; on laboure alors le champ une seconde fois. Le qua SE (: 5818 7 trième travail a lieu à l’époque des semailles; cette dernière préparation consiste à semer tout de suite le grain, et à le recouvrir de terre, seulement avec la herse, ou bien à Yenfoncer plus également en terre, moyen- nant de petits sillons que l’on trace avec une charrue, parce que le labour affermit bien mieux les racines que ne peut le faire la herse. $ VIT. Si l’on engraisse le champ avec du fumier de bergerie plutôt qu'avec celui des métairies, il est fort essentiel de se pres- ser d'en faire usage pendant qu'il est encore frais. En général, il faut employer les divers famiers le plus tôt qu'il est possible. Nous di- rons en même temps qu'il convient d’engrais- ser les terres fortes et humides avec du fu- mier de brebis ou de chevaux, et que celui de bêtes à cornes est plus favorable aux ter- rains secs et légers. $ IX. Quand un champ est ainsi préparé, voici la manière dont on le laboure ordinaire- ment: On trace plusieurs traits de charrue, divisés de cinq en cinq, ou de quatre en qua- ire, par des billons(ou ados), ensuite on trace également, avec la charrue, des sillons ou rigoles se——— RD RL TE TNT I (= iles; xemer iv de ben à > nyen- ec une xt bien lire la fl avec vicelui dhres- 24 1COTC Emiixess “ns de ngrais- sudu fu- »; celui > Î NX\et- réparé) >“ cnaire- | gUTUe ri que” gion trac jons 0 rigoles gr D)<) ( JI9) rigoles obliques, à lravers tous les billons du champ, afin de mettre ces derniers à l'abri de l'humidité. Si le terrain est en talus, on dirige la charrue vers le lieu le plus incliné, afin que les eaux( qui remypliraient sans cela les traits de charrue et les billons} puissent s’écouler dans les sillons obliques. La distance que l’on met entr'eux dépend à peu près des dimensions du champ; sil est d’une grande étendue, il est assez d'usage de placer les rigoles à distance égale de deux ou trois pieds environ. Exemple A 5 L}. . certes ä TA AS a A Si Ce H D A, B,C, D, soit le champ qui content les huit traits de charrue, ponctués, divisés par des billons(ou ados). La ligne& ,E, &,#, représentera les sillons, ou rigoles chliques. IL faut les excaver du nueux pos- II: Partie, 14 ( 314) sible; ensuite les nettoyer de nouveau en automne et au printemps, par les temps de pluie, les brouillards, etc.; enfin, rétablir soigneusement les parties écroulées. De cette manière, toute espèce d'humidité superflue se dirige vers ces rigoles, comme dans des aquéducs, et le champ en est délivré. Cette précaution est importante pour pré- server les plantes des maladies que lhu- midité leur occasionne. Nous recommandons aux cultivateurs de ne jamais négliger de l'employer. Le villageois ignorant et pares- seux, qui a souvent assez d'impiété pour ac- cuser la providence des désastres qu'il aurait pu épargner à ses champs avec plus d’acti- vilé, n’éprouverait point de si grands revers, même dans les plas mauvaises années, s’il savait et voulait les prévenir à force de soins. Concluons, d’après cela, que moins nous avons de reproches à faire à notre propre vigilance, plus aussi nous avons de confiance dans la bénédiction de Dieu. DEUXIÈME SECTION. Du temps des semailles. $ X. Le temps des semailles est encore une des principales circonstances qui contribuent — De eu en ns de rétablir De cette superflu dans des ré, jOUr' pré ue lhu- mandons ler de pares- ur aC- Laurait d'acti- 5 TexETS, 1ées, Si «de soins, ins DOUS ; propre confance ON »0re une tohuent ( 25) à procurer de bon méteil. Le fromént mürit plus tard que Île seigle, d'après toutes les expériences faites à cet égard; savoir: dans un champ où le froment et le seigle ont été semés ensemble, la récolte du seigle précède toujours celle du froment de huit jours. Il en est de même de l'orge et de lavoine. N’est-il pas clair, d'après cela, que le mélange formé avec l’une ou l'autre de ces espèces, court le risque d’être perdu, lorsqu'une des sortes de grains mürit plus tôt ou plus tard que l'autre? Si, par exemple, on sème en même temps de l'orge et de lavoine d’au- tomne, l’orge souffrira beaucoup des gelées printannières, clle jaunira en herbe et périra, lorsqu’en attendant la maturité de l’avoine pour être recueillie, elle sera(après sa propre maturité) exposée à mille accidens, entr’autres à être mangée par les oiseaux(comme le fro- ment), soit qu'on lait placée dans des jardins, des bocages, le long des haies, des arbres, des arbustes ou des buissons, etc. S'il arrive qu’elle soit préservée de ce danger, elle est menacée d’un autre: les orages, les vents impétueux, les fortes ondées, de petites greles, les tor- rens, etc., sont funestes à cette orge déjà torrefiée; les épis trop mürs, courbés et af- faiblis par le soleil, la pluie et la rosée, se Ë ( 316) À vident et perdent une partie de leurs grains. il ? a Enfin, quand l’avoine est müre, les secousses| que l’orge recoit lorsqu'on coupe et récolte| sep 1 le champ, lui font perdre encore beaucoup À a LE; de grains, et il serait bien impossible que Ï: A les moissonneurs vinssent à bout de les ra-+ {dl masser tous. Il en résulte donc qu'il ne; faut jamais mêler l’orge avec de lavoine: AA d'automne, mais bien avec de l’avoine prin- i tannière, ou bien avec celle du mois d’août; L car elles ne peuvent être semées plus tard l’une et l’autre, et elles mûrissent ensemble. l |$ XE. Si l’on sème à la fois du froment et an de l’autre grain, enfin du méteil d'hiver, la ges méthode générale exige que l’on se hâte de: s\ semer, afin que le froment puisse acquérir a une certaine force avant l'hiver, et venir en t pleine maturité l'été suivant, à l’époque or- d] | dinaire; mais le seigle en souffre, puisqu'il a P | besoin d’être semé plus tard que le froment:( quel parti faut-il donc prendre pour obvier à cet inconvénient? D | de !$ XIL. Je pose en fait, comme règle géné- à é( rale, que chaque contrée doit observer scru-| k À puleusement quelle est l’époque à laquelle> il convient de semer avec avantage du fro- ment et du seigle. ( 8) 'aINS, ue Dans notre pays, il faut absolument que rétilte Von sy prenne avant la Saint-Michel, 29 aucoup septembre. Deux lieues plus loin, les proprie- be que taires d’un sol sablonneux, d’une vallée chaude Ne et fertile, ne doivent entreprendre ce travail te qu'après cette époque. Le laboureur en con- be clura qu’il faut chercher à atteindre le terme € prie moyen entre la maturité du froment et celle d'août du seigle,& tâcher de les concilier ensemble 5e le plus possible. mble.: x:: $ XIIL. Je vais m'expliquer mieux, en ci- ent et tant pour exemple la méthode suivie dans nos br, La cantons, et fondée sur une longue expérience. aie de|» Nous commençons à semer le froment le 24 2quertr août, jour de la St.-Barthelemi, et même plus| Senir el tôt, quand c’est dans des montagnes; il faut Jque 0r- aussi ticher d’avoir de l’ancienne semence en qu'il a provision(cette précaution préserve quelquefois pment: de la rouille}, parce que la nouvelle semence peut bien ne pas avoir atteint une parfaite maturité. Les semailles de seigle commencent dans le mois de septembre, à peu près en L géné même temps que celles du froment, et elles MOSS: durent jusqu'au 21 septembre, époque à la- | quelle quelle tout doit être terminé. On prend tout ju Do cet espace de temps, à cause des jachères d’été sur lesquelles on met ordinairement da RU 25 a, Le: à = D eo rate Sn 0 KL 916} | lin, de Flavoine, des carottes, des navets, ment ë des pommes de terre et autres légumes, doré ; D’après ces différentes époques, on voit qu’il boul A convient de semer le méteil d’hiver entre le ù dan FE à 6 et le 14 septembre, et qu’il faut tàcher me de doubler les travaux, quand on a des 10 hommes et des bestiaux en abondance, et pi | sur-tout forsque la saison est sèche. pol 4> qu $ XIV. II est encore deux procédés dont He|| l'excellence est parfaitement constatée par des ÿ ‘1e expériences souvent répétées, et qui consis- po | tent à faire prospérer ensemble le seigle et le que froment, sans les semer en même temps. Dans ense la nécessité où je me trouvais d’ensemencer y| me de bons champs avec du méteil plutôt qu’a- soi vec du seigle pur, et après m'être vu exposé, un 1 ainsi que beaucoup d’autres, au péril de me | recueillir de faibles récoltes( ce que je puis il: ( exactement prouver chaque année d’après po mon registre), je fus porté à tenter des essais| sui qui remplirent parfaitement le but que je Qu m'étais proposé. Le premier concerne le temps ph { des semailles; il consiste à semer d’abord le kc À froment seul, et ensuite le seigle quelques à sr | jours après, sur le même champ. Cet essai| cit | me fut inspiré par un usage établi dans nos on pays depuis dix ou douze années, relative- ay ST LG em= Rs avels, MES, at qui >'atre le £ licher a des bre, ei ca y >: dont fr des ifpnsis- iset le mDans JE RUCEt Eli que Bupos, rl de ge puis M2 d'après js ESSAIS sn Je pe CPS sd le ques b essai jhns n0$ k Jatve- ( mr) ment aux fourrages de trèfle et à la semence d'orge. D'abord; on sème l'orge et on la- boure; quelques jours après on met du trèfle dans le même champ, on le herse légère- ment, et l’orge; ainsi que le trèfle, s’en trouvent mieux. Combien d’utiles essais et de procédés ingénieux sont nés, a priori, et n’ont point été le résultat du hasard, ni de quel- ques aperçus vagues el généraux! $ XV. Voici la méthode qu'il faut em- ployer: On prend la quantité de froment qu'on veut mélanger avec du seigle, pour ensemencer un champ; par exemple, deux mesures, qui pèsent chez nons soixante à soixante-six livres, selon la qualité du grain; un semeur intelligent prendra donc deux mesures pour le champ qui en exige quatre; il aura soin que le grain soit assez clair-semé pour qu'il couvre la totalité du champ, en- suite il faudra labourer superfciellement. Quatre, six, ou huit jours après, mais jamais plus tard, et toujours en se réglant d’après le champ et la saison, lon prendra deux me- sures de seigle, qui pèsent ordinairement de cinquante-neuf à soixante-quatre livres, et on les répandra aussi sur le même champ, ayant soin de semer très clair et d’une ma- (620 7 nière fort égale, sans oublier que dans{es terrains secs on doit herser ensuite le champ, pour que la terre recouvre le grain; on trace les sillons obliques dont j'ai donné la des- cripüon, on les iravaille bien avec la pelle, et ensuite on abandonne le champ à la pro- tection céleste. Quand même le froment com- mencerait alors à germer, il n’éprouverait cependant nul dommage. $ XVI. Comme le seigle se trouve semé précisément dans le temps qui lui convient, et qu’il est à l'abri d’être inoudé ou gelé, il en résulte qu'il reçoit tous Îles soins que la main de l’homme peut employer pour sa sûù- reté. Le froment s’en trouve également très- bien, et peut mürir, par ce moyen, à peu près en même temps que le seigle. En un mot, ce procédé assure la meilleure récolte possible en blé-méteil. TROISIÈME SECTION. De la préparation des semences. 6 XVIL. J'ai encore d’autres remarques à ajouter concernant la semence elle- même, Ce n’est point dans la récolte du blé-méteil qu'il faut choisir cette semence; on doit la pren plus son ton bi ans Les amp, où race ; la des- il pelle 5 à la el Frent con srouveril | }e semé Havient, | ele; il que La ga Se gant trèss! [0, à PA is, En Un gl; récolte TT rques à _ même 3 pe-métel -\ doit li : ét om}) prendre dans le seigle le plus pur et dans le plus beau froment. Il en résulte qu’on a en son pouvoir, non-seulement lexacte propor- tion convenable au mélange, mais encore la certitude que ce grain, parfaitement mûr et bien sain, aura toute la vigueur nécessaire pour produire une belle et bonne récolte. $ XVIIL On doit toujours choisir pour la semence les champs les plus beaux et les plus mürs. Le seigle a besoin de rester quel- ques jours sur le chaume après avoir été coupé, ensuite d'y être arrangé en javelles quand le temps le permet; après quoi il faut, en le voiturant, disposer seulement en bottes celui qu'on destine à la semence, c’est-à- dire, qu'on ne serre point les gerbes, afin que les épis soient plus faciles à battre; alors les grains les plus lourds tombent sur l'aire, et doivent être épluchés avec soin. Les gerbes battues(ou les bottes de paille) sont portées dans la grange jusqu'au moment où leur tour arrive, en hiver, d’être également battues. La semence étant choisie et triée soi- gneusement, on l’étale sur un grenier à la hau- teur d’un pouce ou deux, et: on la remue cha- que jour avec le rateau, dans un lieu bien aéré, jusqu’au moment où l’on s’en sert, % f] 6. 59e} # || Ç XIX. La préparation du froment est à À quelques égards un peu différente. On doit choisir pour la semence de ce grain, les champs les plus secs et les plus mèrs; il faut les couper promptement dans un beau jour bien chaud, dans un de ces jours où l’on entend dans les champs un murmure vague et souter- rain,une sorte de bruissement, de craquement, et enfin un certain mouvement qui entr'ouvre en quelque facon les balles des grains. Quand | le soleil est en plein midi, on doit les lier en petites gerbes, les placer debout sur le chaume, puis les voiturer. Il est indispensable de les trier exactement, gerbe par gerbe, d’avoir soin d'en ôter les mauvaises herbes ou les plantes étrangères; il serait aussi fort utile d’en séparer les épis verdâtres qui n’ont pas eu le temps de mürir, et qui sont restés F parmi les bons; après cela on Les arrange ] de la même facon que le seigle, on en con- serve de même les bottes de paille, on ré- pand aussi la semence sur un grenier bien aéré, et on la remue chaque jour avec le rateau, jusqu’à ce qu’on lemploie. $ XX. Il est temps de parler du second procédé dont jai fait mention. Celui-ei con- siste dans une espèce de macération qui pré- AE est à Sn doit Din, les 2] fantles Bour ben Li entend Ji souter- Houement, Livoutre fs Quand tôles lier josur le Binsable sqierhe, Jëii hees russt fort Su D'O1 nt restés fe arrange m en Con: E; on rt- se bien | avec ke 9 #, second ;-0i con > qui pi serve le froment de la carie, et lui donne une certaine force qui l'empêche de souffrir quand il commence à verdir. Cette macéra- tion n’est autre chose que de la lessive de savonniers; on la compose”avec de l'eau, des cendres et de la chaux vive. La liqueur doit être assez forte pour qu'un œuf puisse sur- nager. J’ai appris ce procédé dans /a Science de l’économie générale des Anglais, en cinq volumes. On verse cette lessive lorsqu'elle est froide, dans un vase spacieux auquel est attaché un bondon par-dessous. Cette liqueur doit non- seulement couvrir la quantité de semence qu’on a jetée dans le vase, mais il faut encore qu’elle s'élève de quelques pouces au-dessus du grain. On verse lentement le froment nouveau, OU de l’année, en fixant toujours les yeux sur sa superficie, car les grains légers et de mauvaise qualité ne supportent point eette épreuve; ils surnagent.( C’est la raison physique pour la- quelle cette lessive doit être assez forte pour qu’un œuf ne s’y enfonce pas). On enlève ces grains avec une écumoire, eton lesjette. Lors- qu'on commence à secouer le grain, comme je lai dit ci-dessus, on le remue de temps en temps avec une baguette, afin de séparer exac- icment de l’écume les hons grains qui pour- raient y être restés. l( 324) | il$ XXI. Dés qu'on croit s’apercevoir que\ 1h: le vase ne contient plus que des grains bien tit [) mûrs et bien pesans, on laisse reposer ce nie l grain dans la liqueur, pendant douze heures,| pe H si c’esi du froment nouveau, et pendant quatre sul ou six heures au plus, s’il est ancien; après pi quoi on tire le bondon, autour duquel on a p' NE| dû mettre intérieurement un brandon de paille M FR attaché très-fortement, et on laisse écouler fe Aù toute l’eau de cette préparation; ensuite on gr MR 1 sort du vase le grain macéré, avec une écu- eur | moire de bois; on létale sur le grenier, qu’on dor a eu soin de bien nettoyer auparavant, et l’on far répand dessus, avec une pelle, de la chaux ons vive; puis on remue tellement le tout, que de chaque grain paraît être couvert d’une poudre se d’un blanc grisâtre. Le grain ainsi préparé 1 peut être semé sur-le-champ; ou bien ,si on| fr F le préfère, on peut le déposer au grenier,| il pour quelques jours, en prenant la précau-| P | tion de ne point le laisser en tas, et de le| c \ faire bien sécher: il sera susceptible; après| la cela, d’être semé seul, ou mélangé avec du| m 4 Ÿ seigle. Le semeur ne doit point layer ses| ra (2 mains tout de suite, à cause de Paction de| a | la chaux; il est plus prudent de les essuyer ï ! s avec des linges sees. que Lien er ce euTes; quatre ; après 2] on à » paille couler ile on » écu- qu'on 1 l'on haux que poudre réparé (, si On nier; s/récau- . de le El apres rec du r ses sn de 3e SU y CE Ç XXII. Je recommande cet essai avec cer- titude de cause, et d’après les expériences les mieux constatées. À la vérité, il exige de la peine et des frais; mais on en sera indemnisé sur-le-champ et par la suite. Sur-le-champ, parce que trois mesures de froment macéré produisent à peu près la valeur de quatre mesures de froment sec, et font autant d’ef- fet, étant semées, que quatre mesures de grain sec, sans que le champ en éprouve au- cun désavantage. On est encore mieux dé- dommagé par la suite, des frais qu’on a pu faire, parce que le froment souffre peu des oiseaux et des insectes, qu'il croît avec plus de succès, et qu'il peut être semé avec le seigle, ce qui prend bien moins de temps qu'il men faut pour semer séparément le seigle et le froment.(Voyez le paragraphe XTIT). J'ai obtenu, une année, une récolte huit fois plus considérable que celle des années pré- cédentes, après avoir préparé le froment de la manière ci-dessus indiquée. J’avais semé six mesures de grains, qui m'en rapportèrent qua- rante-huit du plus beau froment. Les mèmes avantages s'étendent pareillement sur le blé- méteil; car cette préparation ne préserve pas seulement de la rouille, ou carie; mais en- core la semence travaillée de celte manière —. PRE à mo fait naître, pour ainsi dire, une colonie de plantes entièrement saines, fortes, bien nour- ries, et de la meilleure espèce; elle résiste plus facilement à mille accidens divers, et elle produit une immense récolte. $ XXII. Je ne puis cependant conseiller de macérer le seigle comme le froment, parce que j'ignore s’il y gagnerait, ou s’il y perdrait, mes essais à cet égard ne m'ayant rien ap- pris de positif. Celui-ci paraît plutôt prospé- rer au moyen des précautions que J'ai dé- taillées précédemment; mais la macération dont je viens de parler, réussit parfaitement pour lorge. Je n'ai plus rien à dire, si ce west que je demande excuse de ce que je me suis peut-être exprimé avec quelque prolixité; mon désir d’être utle sera ma justification, J'ajouterai que je désire vivement obtenir le suffrage des amateurs et protecteurs de l’agri- culture, et savoir que cet ouvrage est répandu parmi les cultivateurs. Je serai sûr de leurs bénédictions, et c’est la plus douce récom- pense qu'un cœur vertueux puisse espérer. Tel est le Mémoire allemand sur la culture du méteil, justement distingué par Pillustre Société économique de Berne, le de OUT+ ANT os, et nserller |, parce rdrait, en dp- rospé- Î 1 dé- ation ment SÙ que ne sus Jlxité; catlon, enir le e l'agri- épand e leurs récom- rer. ulture illustre M. Bigotte, notaire à Puanerot, près de Neufchâteau, département des Vosges, cor- respoudant de la Société d'agriculture du dé- partement de la Seine, lui a adressé, dans Van IV, une observation qui doit être ajou- iée à ce qu'on vient ce lire sur le méteil. M. Bigotte intitule son observation: Préser- valif contre la rouille des blés. « Les rosées fortes, les brouillards et les petites pluies, suivis d’un soleil ardent, oe- casionnent la rouille des blés. Les rayons de cet astre passant à travers les goutelettes que ces météores laissent sur les feuilles et les épis des blés, font le même effet qu’en pas- sant à travers la loupe d’un verre, brülent Vépi à leur foyer, resserrent les pores de Ja plante en cet endroit, y laissent une tache de la couleur de la rouille du fer, qui em- pêche la végétation et diminue considérable- ment la récolte. C’est sur-tout dans les lieux bas que cette maladie est la plus dangereuse; on n’y connait point de remède au pouvoir de lhomme. Une grande pluie peut réparer ce fléau; mais les pluies n'arrivent pas tou- jours lorsqu'on le désire: il faut donc faire usage des préservatifs. » Ils consistent à mêler avec la semence du froment la centième partie en semence de seigle; ce dernier blé surpasse presque toujours en hauteur le premier, d’un tiers; il fait parasol avec sa tête et ses barbes, qui, en brisont les rayons du soleil, les empêchent de brüler les épis à travers les gouttes d’eau qui les couvrent. » 1 semble qu'il faudrait plus d’un cen- tième de semence de seigle pour faire para- sol aux quatre-vingt-dix-neuf autres centiè- mes. Mais si l’on fait attention que le moin- dre vent fait vaciller la tête du seigle, le parasol se trouve porté çà et là par son chan- gement de place, on sera convaincu que cette quantité suflit. D'ailleurs, les cultivateurs qui connaissent l’usage de cette pratique, m'ont fortifié dans l'opinion où je suis, qu'il n’en faut pas davantage.» fl est très-remarquable que Sarcey de Su- tière avait recommandé, par le même motif, le mélange d’un cinquantième de seigle dans le blé. C’était ce genre de méteil qu’il nom- mait blé ramé. Gadd, agriculteur suédois, réprouve les méteils, comme labbé Rozier; il croit que Cest du blé et du seigle semés ensernble qu'est venu ce long blé bâtard et de peu de valeur, commun chez les Anglais. Cependant Gadd ( 39) A que convient qu’à l'égard de l'orge et du seigle,|| nn les Suédois ont imité avec grand succès la| 4, pratique des Russes, à Columua, sur le l ent Mosca. Ils sement au printemps, particulie- è d'eau rement sur les sols défrichés, de l’orge et du seigle d’hiver. Lors de la récolte de l'orge nan le seigle n’est qu’en herbe, et se trouve coupé. i BAR Avant l’hiver suivant, il repousse de ses ra- our cines des tiges qui donnent leur grain dans AU” la seconde année. On a ainsi double récolte ke, le après une seule semaille, et pour une seule A chan facon que l’on a donnée à la terre, Gadd cette ajoute qu’il est à souhaiter que lon étende $ qui plus généralement cette pratique économique; mot|, et nous croyons y concourir, en répélant son lnen yœu, et en faisant connaître celte pralique a singulière, d'après le Recueil estimable de la Bibliothèque physicc-économique, pour l’an- ï Ne née 1793, Ce volume, qui a paru dans une po année si désastreuse, est un des meilleurs de le dans ù | l'ouvrage. jee Les plantes céréales ont cela d’admirable, que si leurs grains offrent à l’homme la meil- e les leure des nourritures, leurs herbages coupés«à | que! en vert, leurs fanes et leurs pailles sufliraient| qu'est presque aussi pour substanter les animaux, É& deur, si lon savait tirer un parti convenable de Gadd leurs produits multipliés. 1 ( 5581} Il reste encore des recherches curieuses ek importantes à faire sur le seigle. J'ignore ce que c’est que le seigle de Wa- lachie, réputé le meilleur des seigles, dans le Traité de Borowski, sur les meilleures sortes de grains et de fourrages.( Ouvrage allemand, à Berlin, 1789). Suivant l’agro- nome d’Anspach, qui en a fait Pexpérience, la paille de ce seigle est beaucoup plus petite que celle des autres espèces; elle n’a que trois pieds de haut; mais ses grains plas gros ct plus lourds donnent plus de belle farine que tout autre seigle connu.( Bibliothèque phy- sico-économique, 1809, n.° 3). I} y a un graud nombre d’autres variétés de seigle, soit d'été, soit d'hiver, avec barhes, sans barbes;, même du seigle à plu- sieurs tiges, ou seigle de Miracle. Secale mul- ticaule: tout cela n’est pas bien connu. Voyez, à la fin de ce livre, les essais que nous avons faits sur plusieurs seigles de prin- temps, qui nous sont parvenus du Mont-blane, du Cantal, des Vosges, etc., et qui nous ont paru mériter d’être propagés. C’est une des variétés qui doivent composer les pépinières céréales, dont l'établissement nous manque, et peut devenir si utile. Le scigle est dans l’agriculture une plante SE pe récent l'orge ne Sà tion à a la ravi ont esp dans men qu'un el Je sur U mand coup des. cet con fure ressa YiS0 cipi ? au uses eË de Wa- $, dns etlleures Ouvrage | l'agro- ‘rence, as petite "ue{rois r08 CÉ e que , phy- tarieles , avec à pu- le mul- \U, sais que de prin- Lblane, ous On pe des nières mque; CE récente en comparaison du froment, et de lorge sur-tout, plus ancienne que le blé. On ne sait pas encore ce qu’un peu plus d’atten- tion à perfectionner le seigle pourrait opérer à la longue, comme:ïl est évident que le travail des hommes et l'influence des climats ont changé le blé primitif, en ont varié les espèces, elc. J'ai commencé quelques essais dans cette vue intéressante; mais j'ai com- mencé tard, et la vie est trop courte pour qu’un seul homme épuise les combinaisons et les expériences que l’on peut essayer sur un seul végétal. Cette amélioration de- mande un grand nombre d’années et beau- coup d'essais répétés sous différentes latitu- des. Voilà pourquoi j'ai cru devoir publier cet ouvrage, quoiqu'il soit imparfait et ne remplisse pas complétement son titre. C’est un excitateur, plutôt qu'un guide, que je livre aux amis de l’agriculture, et qui, devenant le sujet de leurs discussions et l’objet d’un concours universel entre eux, pourra faire faire de plus grands pas à cetie science inté- ressante, dans la plus importante de ses di- visions, l’art de multiplier les grains, et prin- cipalement ceux qui peuvent offrir aux pays pauvres et arides une meilleure subsistance. A Fe) ( 392: Se, ln à CES CE Se ne DS ee æ CHAPITRE. XVIT Les fromens semés au printemps; quelquefois préférables à ceux que l’on sème en automne, peuvent souvent y suppléer. Rapport à S. 1. le Roi de Naples, sur le itrimenia, ow blé de mars de Sicile. Observations 1mporkan- tes sur les grains printanniers; en France, en Suisse, en Angleterre, Mémoire de sir John Sinclair, président du Bureau d’agrir culture britannique, sur la nécessité d’éten- dre Leur culture. ie principe de mes recherches sur les meil- leurs moyens qui ont eu pour objet l’art de multiplier les grains, avait été sur-tout le désir que javais de venir au secours, 1.° des habitans de nos montagnes et des pays arides, condamnés à manger de mauvais pain d'avoine ou des gruaux de sarrasin, tandis qu’en cul- tivant des grains propres à leur terroir, ils pourraient manger de bon pain; 2.” de ceux qui, plus favorisés du sol et du climat, n’ont que des domaines bornés, et sont intéressés à retir plus F de de tives et el es e: pour D: long dons reche discut phusie en ce d& n auto hive rivié sour mar Les: des prin tibles coun en| rec les (558) à retirer d’un’ coin de terre les produits les ce. e-©]| plus grands possibles; j'avais donc le projet de découvrir d’abord les espèces les plus hà- É tives des bonnes plantes céréales, en froment; et en seigle, et de développer ensuite tous telquefois les essais divers qui ont eu lieu jusqu’à présent, automne, pour en augmenter les produits. ta SM. Dans cette double vue, j'ai recueilli depuis , où D long-temps les matériaux de l’ouvrage que Je nportan- donne au public; mais dans le cours de mes| france, recherches, j'ai vu avec plaisir qu'on avait déjà 5È d air discuté, dans plusieurs circonstances et dans| \d'agrir plusieurs pays, la préférence que méritent, 'éten- en certaines localités, les semailles des grains de mars sur l’ensemencement qui se fait en automne. Sur les montagnes, la rigueur des Le hivers prolongés, dans les plaines près des Jes mel rivières, les inondations, etc., détruisent trop « l'art de souvent les grains confiés à la terre avant la rtout le mauvaise saison.{l faut alors y suppléer par 5,1, 0 les grains printanniers. Il est même des lieux, sarides, des expositions, des sols, où ces grains du | roine printemps sont les seuls qui soient suscep-: ren cul- tibles d’être semés avec succès. Examinons 4 oir, ils comment ce problème a été traité en France, Fe: de ceux en Suisse, en Angleterre. Si partout l’on a ÿ# a, mon reccnnu l'utilité et l’imporiance de cultiver Ka Nr nn es vba ses| yntéresss les blés d’été, nous pourrons nous flatier de ft 584 à faire lire ensuite avec plus d'intérêt ce que nous sommes à portée de dire sur plusieurs espèces excellentes de ces grains printanniers, qui ne sont pas assez connues. Avant de recueillir les observations moder- nes sur les blés printanniers, il nous a paru nécessaire de remonter jusqu’à la source pri- mitive de ces fromens hâtifs. Nous avions vu dans nos auteurs quelques détails trop vagues sur le srimenia, ou le blé de mars de Sicile; ces détails nous laissaient des doutes. Sur la fn de 1807, nous avons pris la liberté d’en écrire à un Prince auguste, qui honore l’agri- culture d’une bienveillance éclairée, et qui était alors sur le trône de Naples. Ce grand roi voulut bien nous faire envoyer une eaisse contenant de ce blé, que nous avons semé et conservé avec grand soin. En nous adressant cette marque de Fintérèt flattear que S. M. prenait à nos travaux, Son Excellence M. Miot, son ministre de Pintérieur, y joignit un rapport, qu'il avait eu l'honneur de faire au Roi, sur la culture et les qualités de cette espèce de froment; rapport que nos lecteurs nous sauront d'autant plus de gré de leur communiquer, qu'ils y trouveront la substan- ce de ce qu'ont dit les anciens sur les blés priutanniers. an cul pi] sap trim an tuer que lica ce que sieurs aonIErs moder- ÿ à paru Urce pri- WIONS vu ) vagues le Sicile; Sur la lé d'en il'agri- jet qui ÿ grand que CAISSE as seme cdressant e$. M. {de cette le leur ubstan- les hlés Rapport à S. M. le Roi de Naples. SIRE, « Aussitôt que Votre Majesté daigna me transmettre la lettre que lui avait écrite, en date du 5 novembre dernier, M. François de Neufchâteau, qui désire savoir quel est le blé connu et cultivé en Sicile et à Naples, sous le nom de#rimenia, et demande en même temps qu’on lui en fasse parvenir des épis et de la semence, je chargeai l’intendant de la province de Salerne, où je fus instruit que lon cultive ce blé, de m’en procurer le plus tôt possible. Il n’a pas réussi à trouver des épis dans la saison actuelle; il m’en pro- met pour lépoque de la prochaine récolte; mais il m'a envoyé une assez bonne-quantité de semence qui pourra de suite être adressée au savant Président de la Société d’agri- culture. » Cet Intendant fait observer que, dans sa province, le blé dont il s’agit se nomme triménia, ou grano marzatico: on le sème au mois de mars dans les contrées mon- tueuses, et on le recueille en juillet. I ajoute que dans les Lucanies, aujourd’huila Basi- licate, ce grain est plus commun et de meil- « 6) eure qualité, et qu'on le cultive de la même l manière que toute autre espèce de blé. |» J'ai d’ailleurs appris qu'il se cultive aussi H en Calabre, sous le nom de trimenia, qui al est parfaitement eTeC( puros triménaios). » La Sicile en produit une plus grande quantité; on ly appelle éeminia; c’est une partie considérable des récoltes. if» Les Siciliens le sement en mars, et, lors- y que ce mois est sec, dans le commencement (ff| d'avril, pourvu qu'il soit auparavant tombé une pluie suffisante. ls emploient à cette | culture les terrains montueux et ceux où il | pleut ordinairement à la fin d'avril ou dans le cours de mai. La nature de cette plante | est telle, qu'au moment où elle va s'élever, Ü si elle est arrosée par des pluies abondantes, | elle produit beaucoup de grains. | p y En Sicile, le temps de sa végétation | est d'environ dix semaines;il est un peu plus long dans le royaume de Naples. La farine, \ quoiqu’elle soit très-saine, est réputée moins | délicate que celle des grains forts à la con- 1] fection des pâtes. Quelquefois le trimenia, qui, en Toscan, s'appelle grano marzuolo, produit jusqu’à trente pour un. » Gette espèce de grain était très-connue des anciens. Théophraste, qui vivait du temps d'Alexandre- | même À, AVC aussi IA, qu ais). IS grande } Cesi une, , et, lors encement 1 tombé à cette x où ll ou dans ke qe a Selexer bondantes| végétatiol ñ peu pli La far jutée motn! si h con! ; trimenta} marzuolo} rès-connuf je du tempi ( Alesaudié (LÉ) C À d’Alexandre-le-grand, en fait une mention particulière,et annonce avoir également connu la dimenia, c’est-à-dire ,le grain de deux mois que l’on cultüivait en Sicile, dans lPAchaïe et dans le Negrepont. » Le même auteur cite la dimenia comme une production rare; mais il dit que Îa#ri- menia dont il détaille les bonnes qualités, était plus abondante. » Dioscoride, contemporain de Flavius, lui donne le surnom de sefanios, c’est-àa- dire, né et cueilli dans la même année. Galien en dit autant; et parmi les autres qualités qu'il attribue à la farine provenant de la trimenia, il compte celle de donner peu de son et un pain visqueux, le plus sain, suivant l'avis d'Hypocrate. » Columelle, écrivain du temps de Claude, en fait une élégante description; mais il ne croit pas qu'il y ait proprement de blé prin- tannier, puisque, suivant lui, la même se- mence confiée à la terre en automne réussit beaucoup mieux. » De cette opinion de Columelle, on de- yrait conclure que tous les autres auteurs se seraient trompés, lorsqu'ils croyaient que la trimenia était d’un genre différent des autres espèces de blé; mais Pline l’an- JI, Partie, 12 { 388 cien, réfute. cette opinion avec beaucoup de force. » L'avis de Pline, qui, dans cet endroit, semblé avoir exactement copié Dioscoride, se trouve confirmé par l'expérience qui a prouvé que la trimenia semée en automne, rapporte peu et quelquefois rien, tandis que les autres blés semés en mars ne produisent rien, ou du moins qu’un grain de très-mauvaise qualité, »: Les auteurs grecs qui ont écrit sur Pagri- culture, parlent aussi du grain#rimestre dans le premier volume. des Géoponiques, mais d'une manière moins détaillée que les latins, se référant au texte de, Dioscoride, dont l'opinion vient d’être citée.» D’après les témoignages précis de Columelle et de Pline, cités dans le rapport qu’on vient de lire, il est constant que les anciens avaient recours au blé de trois mois dans.les pays où la rigueur de l'hiver ne permettait pas de cul- tiver les blés d'automne. Pline dit.que cette espèce de blé précoce était connue dans toutes les Alpes, et que nulle autre espèce de froment n’était plus favorable pour les contrées froides. Totis hoc Alpibus notum, et hienvalibus;pro- vincis, nullum hoc frumento lætivs. Voyons maintenant ce qu'on a pensé sur ce point dans l'agriculture moderne, en 2d coup oxide 58 à prouvé , l'apporte les autres en, ou du > qualité, sur l'agri- slre dans ÿ, Mais s latins, >, dont columelle «don vient ns avalent 1S pays où is de ul: que celte lans toutes le froment es froides. 1bus pro Jensé Sul ds ( 589*) 1.9 D'abord, la question a été débattue en France, après les années disetteuses de 1770«et: 41771: M. Scévole, d'Argenton, dans le ci-devant Berri, publia des observations sur le temps où l’on sème le seigle.(Gazette d'agriculture, du 16 mai 1772). « Il y a des abus, disait-il, et des préjugés qui n’ont d’empire que sur une province; il ÿ en a qui s'étendent dans tout un royaume; je crois en avoir découvert un qui régne d’un bout de l'Europe à l’autre. Si je le dé- nonce au public, je souleverai contre moi une foule d’adversaires: n’importe, il est toujours à propos de dire des vérités généralement intéressantes pour nos semblables; ce serait une faiblesse coupable de se taire, c’est un devoir de parler. » Je dis donc que les dernières disettes de grains n’ont eu pour cause primitive que la malheureuse habitude de semer des gros blés en automne, et de les exposer ainsi à toutes les rigoureuses intempéries de Vhiver. En suivant cetté méthode nous forcons la nature, nous troublons le repos dont elle a besoin. Ne nous avertit-elle pas, en dépouillant les arbres de leur verdure, en arrêtant la végé- tation des plantes; en engourdissant jusqu'aux ( 340) facultés génératives des animaux, et même les facultés motrices de quelques espèces, que nous contrarions ses lois, lorsque nous exi- geons qu’elle travaille à la multiplication des grains? » Qu'on examine si, par exemple, depuis 1709, toutes les années stériles ne Pont pas été par l’intempérie des hivers? Les dernières chertés w’ont-elles pas été causées par les pluies de cette saison? Le seigle, qui craint l'humidité et qui fait la nourriture d’une grande partie de la population, n’a-t-il pas, par cette raison, généralement manqué? » Au lieu d'exposer ainsi nos semences et nos récoltes à cinq mois entiers de mauvais temps, ne vaudrait-il pas mieux ne les confier à la terre qu’au commencement de mars, iemps où commencent les développemens des germes épars sur la surface de la terre, temps où nous semons nos graines potagères, etc.? La nature, si uniforme dans sa marche, a-t-elle établi une loi particulière pour le froment et le seigle? » Nous semons ces grains dès le mois d’oc- iobre. Si les semailles n’ont été précédées de petites gelées, la plante est à peine sortie que les limacons la dévorent. Si lhiver est pluvieux, les eaux enlèvent la croûte des me les , que US exi- tion des depuis l'ont pas lernières par les ui craint > d'ane il pas, 16? nees et MAT $ Conber e mat, nens des e, temps »s, ete.? marche, | pour le oùs d'00- idées de . sortie aver est te des ) sillons, entraînent les sucs des engrais, auvrie, qu'à la fin elle cette et laissent la terre si app ne donne que des grains avortés. Si saison est favorable, si vos champs sont dé- livrés de toutes sortes d'insectes; vos blés monteront de bonne heure ,‘et fort tendres, ils seront exposés aux funestes gelées d'avril et de mai, qui n'ont pas moins nui l’année dernière à nos seigles qu'à nos vignes et à nos vergers. » Que l’on sème encore le froment en au- tomne, jusqu'à de nouveaux éclaircissemens, à la bonne heure, puisqu'il résiste mieux à l'humidité; mais pour le seigle, trop d’ex- périences malheureuses et récentes nous en détournent. »y Aux inconvéniens incontestables qu'en- traîne la méthode commune, il faudrait ajouter, pour confirmer ma conjecture, une épreuve de celles que je propose. Pourquoi ne la tenterait-on pas? Quel intérêt n’a-t-on pas à l’essayer? On fait tant d'expériences pour des objets infiniment moins utiles! On risque pour gagner; on peut risquer très-peu pour gagner beaucoup. » L'année dernière, un pionnier qui tra- vaille tous les ans pour moi, n’apporta, de l'Auvergne, huit onces de seigle de mars; je semai ce grain, le 15 avril, sur deux planches de mon jardin où l’on n'avait mis | aucun engrais, et il fut aussitôt mür que les à seigles qui avaient été semés dans le mois j d'octobre: les épis en étaient gros et allongés: la paille en était si forte, qu’elle résistait au tranchant de la faucille. Quand on en pesa les grains, il se trouva que ces huit onces de seigle eu avaient produit deux cent vingt- quatre. D'après cetie expérience et les ré- || ilexions précédentes, j'ai hasardé ma conjec- | iure.» l Les rédacteurs de la Gazette d'agriculture, | en publiant cet article, croyaient que sa lec- ture devait au moins engager des citoyens bienfaisans, des cultivateurs aisés, à faire les essais convenables pour confirmer ou pour détruire les idées de l’auteur. On pourrait opposer, et en eijfet, ces rédacteurs ne li- F gnoraient pas, qu'il y a des espèces de fro- ment et de seigle qui, semées après la saison rigoureuse, réussissent très-bien, et ajouter que cela ne convient pas à toutes autres I] éspèces; mais puisque c’est un fait incon- | testable que les premières se cultivent avec succès au commencement du printemps, n’é- tait-il pas à propos, 1.° de faire les mêmes épreuves sur les autres, pour s'assurer si celles- ur deux avait mis ir que les K Le mois Lalongés: *ésIstait at D en pest uit otices bnt vinots Jos lé \3 COnjLc= lulture, l: sa lec- citoyens x faure es EL OU pour pourrait js ne l'i- ic de fro- pcla saison t ajouter os autres | ncon- ut avec js, né mêmes si celles’ là ont en effet une propriété particuliere, où si cet avantage ne serait pas commun à tous les blés? 2.° de comparer le produit de ces espèces prétendues privilégiées avec les produits des autres, pour juger s’il ne vau- drait pas mieux en substituer généralement la culture à celles d'automne? L'expérience de M. de Scévole n’était point décisive, puis- qu'outre qu'il s'agissait du seigle de maïs, on savait que la terre d’un jardin toujours ples remuée et mieux préparée, doit-être d’un rapport infiniment plus grand que les champs ordinaires: les rédacteurs en convenaient; mais il n’en résultait pas moins à leurs yeux un préjugé suffisant, pour que Von tentât la même épreuve sur d’autres terrains, et même avec des grains d'automne. M. de Scévole trouva des contradicteurs, mais il ne se rebuta point. Le 18 juillet 1772, il publia la suite de ces observations, dans la forme d’une lettre adressée à un Bénéficier qui s’oceupait d'agriculture. Lettre de M. de Scévole à M, le Prieur de Saint-Gilles. « MoNSsIEUR, Der rnes; » Plusieurs personnes m'ont assuré que; Re 4 1 es L u» ke l'année dernière, vous semätes dans le cou- (849 rant du mois de mars, un demi-boisseau de froment d'hiver, qui vous en produisit douze ou treize boisseaux. Quoique je n’aie pas de peine à croire ce fait, je vous prie de vou- loir bien me marquer vous même ce qu'il en est: ce fait servirait à confirmer ce que j'ai dit sur les ensemencemens de mars, que je crois préférables à ceux d’automne. Vous verrez, par la Gazette d'agriculture du 16 mai dernier que je vous envoie, quels sont les motifs qui me déterminent à penser ainsi. Je ne suis pas en peine de savoir si vous serez d'accord avec moi sur ce point; l’heu- reuse expérience que vous avez faite m'en est un sûr garant: vous avez même été plus loin que moi, car vous avez semé du blé d'hiver dans le printemps, ce qui valait as- surément mieux, pour appuyer ma propo- sition, que de semer, comme j'ai fait, du seigle de mars dans le mois d'avril. N’im- porte, c’est toujours beaucoup que d'avoir fait connaître ce blé, qui, quoique irès- commun ailleurs, était entièrement étranger ici. » Vous le voyez, Monsieur, ce qui, en fait d'agriculture, parait nouveau pour un pays, n’est souvent qu'un usage établi depuis long-temps dans une province voisine. Mais n05 P de tC et L pour roul per pal mel ) fiv prol moy n0$ soien seu) vol ava pu seau de nos paysans ni ne voyagent ni n’observent; t douze de tous temps ils ont vu semer le froment 8 pas de et le seigle dès lautomne; c’en est assez de vou- pour qu'ils ne veuillent pas s’écarter de cette ce quil routine, et pour qu'ils soient dans la fausse r ce que| persuasion que le terrain qu'ils cultivent ne mars, que| pourrait se prêter aux méthodes, quoique ne. Vous| meilleures, de leurs voisins. re du 16|» Pourquoi faut-il que des choses aussi uels sont frivoles que le sont nos modes, passent si ue promptement d’un pays à Pautre, et que les DA moyens d'accroître, d’assurer et de multiplier< : lheu- nos subsistances se répandent si lentement ét| e m'en soient si peu recherchés? Pour moi, Mon- été plus sieur ,je me sens parfaitement disposé à suivre| . du bk| votre exemple; j'avais cru jusqu'ici qu'il y valait as- avait deux espèces de froment et deux es- a propo- pèces de seigle, mais votre expérience jointe fait, du au témoignage de M. de Buffon, me prouve IL Nin- que j'étais dans l'erreur. Voici ce qu'il dit k d'avoir dans le sixième tome de son Histoire natu- que(S- relle, page 323 et suivantes: à rger» Il y a des plantes dont la nature est » pour ainsi dire artificielle et factice. Le blé, qui, En» par exemple, est une plante que l’homme our un|?» a changée au point qu’elle n’existe nulle depuis» part dans l’état de nature: on voit bien » qu'il a quelques rapports avec l’ivraie, les M LA ne. Mas LT D Le ) Ÿ gramens, les chiendents et quelques autres herbes des prairies; mais on ignore à la- quelle de ces herbes on doit le rapporter; et comme il se renouvelle tous les ans, et que servant de nourriture à l’homme, il est de toutes les plantes celle qu'il a le plus travaillée, 1l est aussi de toutes, celle dout la nature est le plus altérée. L’homme peut donc, non-seulement faire servir à ses besoins, à son usage, tous les individus de lunivers, mais il peut encore, avec le temps, changer, modifier et perfectionner les espèces; c’est même le plus beau droit qu'il ait sur la nature. Avoir transformé une herbe stérile en blé, est une espèce de création dont cependant il ne doit pas s’enorgueillir, puisque ce n’est qu’à la sueur de son front et par des cultures réitérées qu'il peut retirer du sein de la terre ce pain souvent amer qui fait sa subsistance. » La nature ne manque jamais de repren- dre ses droits, dès qu’on la laisse agir en liberté: le froment jeté sur une terre in- culte, dégénère à la première année; si l’on recueillait ce grain dégénéré pour le jeter de même, le produit de cette seconde gé- nération serait encore plus altéré, et au bout d’uñ certain nombre d'années et de » rep » la » Col » de » et ) gue de 1 4 il K celu: Jéger qui nl sa1s0 sem de{ cou cha nu de| h 3 autres je à a- porter; ans, et lame, il al Es, celle £ homme Mervir à ze dividus rec le Monner 3 droit Ml ormé mu syèce JD PAS da sueur 2citerces grre ce Byitance, B:pro- =iuIr en «Je N- Ms lon ( 47) » reproductions, l’homme verrait reparaitre » la plante imaginaire du froment, et saurait » combien il faut de temps à la nature pour » détruire le produit d’un art qui la contraint, » et pour se réhabiliter.» ».Je ne crois pas, Monsieur, que la lon- gueur de cette citation me mette dans le cas de vous en faire mes‘excuses, puisque nous y gagnons tous les deux. Quoiqu'il en soit, il faut convenir que le froment d'hiver et celui de mars ne sont que des variétés très- Iégères d’une seule et même espèce, variétés qui n'ont été produites que par les différentes saisons. dans lesquelles il a plu à l'homme de semer ces grains, et qu'il ne tient qu'à lui de faire disparaître en changeant de méthode. Au reste, nous n’aurons point à craindre qu’en les répandant des le mois de mars sur une terre bien cultivée, bien préparée, ils de- viennent sauvages et reprennent leur ancienne nature, puisque nous leur donnerons beau- coup moims de temps pour se préparer à ce changement, que ceux qui les tiennent assez inutilement dans la terre pendant dix mois de l’année. » Je suis, etc, Signé DE ScÉVOLE.» Réponse à la lettre précédente. » J'ai lu, Monsieur, avec plaisir, dans la Gazette du 16 mai dernier; votre observation sur!le!temps où on sème le seigle. Comme vous, je voudrais que lon ne confiât pas à toutes les intempéries de Vhiver la vie de l'homme. J’ai voulu engager quelques labou- reurs à ne semer qu'en automne une partie de leurs grains; il leur faudrait, disent-ils, des blés de mars, soit en fromens soit en seigles. Pour les désabuser, le 2 mars de l’année dernière 1771, Jai pris chez un par- ticulier un demi- boisseau de froment d’au- tomne, et l’ai fait semer en sa présence, par un autre, dans un terrain bien préparé à la manière accoutumée, avec cette seule diffé- rence qu’il na point été sillonné: le préjugé dicté par l'habitude va si loin, que lorsqu'on le vit croître avec force, on dit qu'il ne donnerait point de grain; cependant, le pro- duit effectif du demi-boisseau a été de douze boisseaux. Le grain en est moins roux et moins gros, quoique bien nourri. Le boisseau pèse trois livres de plus que le froment or- dinaire, et rend par conséquent plus de fa- rine, ce qui est très-facile à croire, le fro- ) du} perp a fait janvié messe publ mar: , dans[a bseryalion > Comne| fiat pas àl la vie de! 1es labou:| ne partie isent-1ls, soit en nars de un par- nt dau- ence; par éparé à la ule dife- > prugé Lorsqu'on qu'il pe t, le pro de douze rous êl poisseau ent OT- 3 de fa- je ro ( S%49) ment d'automne ayant beaucoup plus d’écorce, J'ai continué la même expérience cette an- née ,et je n’attends pas une moindre récolte. Vous voyez par-là qu'il est inutile de cher- cher dans les provinces étrangères des grains qui ne sont point d’une espèce différente, et que lon ne nomme grains de mars, que parce qu'ils ont été semés dans le printemps. » Je suis, etc. Signé pe LA REBARDIÈRE, prieur-curé de St.-Gilles.» Enfin, la Gazette d'agriculture, du 30 mars 1773, contenait à ce sujet une dernière lettre de M. de Scévole, pour répondre aux objec- tions qu'avait faites M. Gouge, au système des semailles printannières. Lettre sur les ensemencemens du printemps, « MONSIEUR, » Les observations sur les ensemensemens du printemps, que M. Gouge, secrétaire perpétuel au Bureau d'agriculture de Laon, a fait insérer dans votre journal du mois de janvier dernier, en me rappelant la pro- messe que j'avais faite de rendre compte au public de ma dernière récolte de seigle de mars, ne permettent pas que je diffère plus D—— ( 6%) long temps d’y satisfaire. Si je n’ai pas rempli plus tôt cette obligation, c’est qu’étant à la veille de semer des grains d’automne et des grains eu printémps tout auprès les uns des autres, et dans ke même champ, afin d’être plus à portée d'en comparer!les différens pro- duits, j'attendais que cette épreuve füt faite, pour instruire du tout ensemble les cultiva- teurs. Comme ce n’est que par des expériences réitérées d’une année: à l’autre qu’on peut con- naître sûrement quelle est la saison la plus favorable à nos ensemencemens, je sens que, quelque répugnance qu’on ait à parler si sou- vent de la même chose, une matière aussi intéressante que l’est celle-ci, mérite bien qu'on y revienne plus d’une fois. » Je crois, Monsieur, avoir fait annoncer dans une de vos feuilles que huit onces de seigle de mars semées le 15 avril 1771, sur deux planches de mon jardin, m’en avaient produit quatorze livres, ou, ce qui revient au même, deux cent vingt-quatre onces; mais ce qui n’a point encore été publié, c’est que ces qualorze livres semées le 23 mars de l’année suivante dans cinq carrés du même jardin, en ont rendu neuf boisseaux pesant deux cent seize livres; ainsi, il ne s’en faut que d’une livre par boïisseau que ce seigle cem mis seigle que{ entr est dis- pa soul mor al san que pou l'évé cela asser mer ape 5 rempli ant à la die el deg uns des ‘an d'être lens po-| Fiut faite L iériences 2)Qul COn- 2 la plus Ss que, fer sou- fi aussi de ben Esnnoncer œunces de {y1, sur Sr avaient = revient D ES: DAS pi est que au E e mème 9 pesant sen faut 0] je SUSE | cultiva-| ( 5 9) ne pèse autant que Île meilleur froment, dont ordinairement le poids est de vingt-cinq livres. On aurait tort d'attribuer à a ferti- lité du terrain ce qu'il y a d’avantageux dans cette récolte; car mon Jardin étant en pente vers le midi, et n’y ayant tout au plus que dix pouces de terre sous laquelle se trouve une couche continue de rocher très-dur, il ne peut guère être favorable aux ensemen- cemens du printemps; d’ailleurs, on n'avait mis aucun engrais dans les endroits où ce seigle fut semé; cependant il était si beau, que tous ceux qui eurent la curiosité de le venir voir après que les épis en furent formés, estimèrent que le produit en devait être de dix-huit à vingt boisseaux, et ils ne se trom- paient pas. Ces espérances flatteuses ne se soutinrent pas long-temps; le terrible et mé- morable ouragan du 27 juin, joint à une gréle assez considérable, versa tout ce blé, sans qu'il put se relever par la suite, de sorte que le voyant dans cêt état, je ne croyais pas pouvoir en retirer un seul boïisseau. Si, par l'événement, il s’en ést trouvé davantage, cela vient de ce que les grains n’étaient pas assez mûrs pour sortir de lépi aussi facile- ment que ceux des seigles d'automne, dont, après la grêle, la terre était toute couverte. » Ayant donc éprouvé, Monsieur, que Le seigle semé en mars ou en avril réussissait beaucoup mieux que celui d'automne, dont depuis plusieurs années les récoltes sont si infructueuses, je crus que nous avions peut- être tort de confier nos grains à la terre dans un temps où elle est sans action et n’a en effet besoin que de repos. Qu’y font-ils pen- dant les cinq premiers mois? ils deviennent la proie des oiseaux, des mulots, des lima- cons, eic.; tantôt ce sont des eaux croupis- santes qui les étouffent; tantôt ce sont des torrens qui les déracinent et les emportent avec la terre même qui les soutenait. Si tout cela n'arrive pas, et que l’hiver ne soit pas rude, c’est un autre malheur qui les menace, ils montent, ils forment de bonne heure leurs épis, et ces épis étant alors extrèémement ten- dres, ne peuvent résister aux gelées des mois d'avril et de mai. Combien de fois n’avons- nous pas fait ces funestes expériences? elles sont trop récentes pour qu’il soit nécessaire d’en rappeler ici les tristes époques(*). Ce- pendant M. Gouge, à qui le public est rede- (*) Voyez les observations critiques sur le temps favorable aux ensemencemens, Journal d’agricule iure, du mois de mai 1772, page 92 el suivantes. (_ 35) » que le vable de plusieurs mémoires intéressans sur sissait différens objets d'agriculture, et qui, pour %, dont n'être pas de mon opinion, n’en est pas moins sut si digne de mon respect, prétend que l'hiver est ns pet absolument nécessaire au blé.« Les grains terre dans» semés en automne ont le temps, dit-il, de iet n'a en» former leurs racines; le plant pousse, com- ls pen-» mence à diviser ses tiges; la pluie, la neige, Liennent» la gelée quise succèdent, lui communiquent jdes lima-» des sels qui lui sont nécessaires; la gelée à CON» détruit nombre d'herbes inutiles et parasites nt des» qui lui nuisent.» Eh quoi! faut-il donc éportent un si long temps pour qu’une plante aussi frèle È Si tout que l’est celle du froment et du seigle, puisse Soit pas étendre ses racines? La marsèche, l’avoine, jmenate,| le blé-sarrasin, et toutes les autres plantes qui jure leurs ne se sement qu’au printemps et même plus saent ten- tard, ne font-elles pas parfaitement et en des mois moins de cinq semaines, ce que nos blés ont à n'avons- quelquefois bien de la peine à faire pendant Eses? elles les cinq premiers mois? D'ailleurs, si la terre accessuire qu’on veut ensemencer dans Le printemps avait (‘) Ce- recu deux bons labours avant l'hiver, comme Lost rede- il est indispensable de les lui donner, les sels uv déposeraient les neiges et les pluies se- jouit. qu y£ 8 , raient-ils perdus pour les grains qu'on y se- le temps Mc 9+: dd merait en mars? il se peut bien que quel- «agriCule; 3 S:> Æ ques herbes inutiles soient détruites par les javantess Se (.S594) gelées d'hiver; mais, malheureusement, ce ne sont pas les plus nuisibles: car nos blés d'automne ne sont que trop souvent remplis de nielle, d’ivraie, etc. etc,, tandis qu'on n’en voit jamais dans ceux qu’on sème en mars ou en avril. Enfin, M. Gouge ajoute que le froment et le seigle d'automne sont plus lents dans leur progression que le fro- ment et le seigle de mars. Il n’y a personne assurément qui n’en sente la raison; mais ce n’est pas parce qu’ils sont, comme il las- sure, des espèces différentes, c’est que l’hiver les tient malgré eux dans l’engourdissement, Semez-les dans le printemps, et vous verrez que cette lenteur qu'on leur reproche est moins l’effet de la constitution naturelle de ces grains, que celui du temps que nous choisis- sons mal à propos pour les répandre sur la terre. Toute la différence qu’il y a entr'eux n’est donc qu’accidenteile: ce n’est point la nature qui la leur a imprimée, c’est la main, c’est le caprice de l’homme. Oni, prétendre que le froment et le seigle d'automne, le froment et le seigle de mars sont des espèces différentes, c’est comme si l’on disait que les bêtes à laine que nous tenons si soigneuse- ment renfermées, l'été comme l'hiver, dans nos bergeries, où elles deviennent, par notre ent, ce a blés A remplis 315 quon F1 sème en ee ajoute sine Sont : le fr0= Viersonne sn; Mais ae // Jas- l'hiver ment, DA verrez péhe et pre de ces © choisi: ce su votr'eux 35 point là 224 ma, : rétendre mu, le » espèces œique les } neuse- dans £ l'IE] a noire - CS55 00 imprudence, les victimes de mille maux in- curables, sont d’une autre espèce que celles de M. D’aubanton, qui restent pendant tout l'hiver exposées au froid, aux pluies, aux neiges, et ne s’en portent que mieux. » J'ai peine à croire que M. de Buffon, qui a si bien étudié la nature, se soit trompé, lorsqu'il a dit dansle VI. tome de son His- toire naturelle, que le blé était une plante qui avait été changée par l’homme au point qu’elle n'existait nulle part dans l’état de nature, En effet, je trouve bien dans nos prés, dans nos champs, les races primitives de toutes ces beiles fleurs que nous cultivons avec tant de soin dans nos parterres; si elles n’ont pas tout lembonpoint et toute la beauté de ces dernières, il me suffit d’y reconnaitre les prin- cipaux traits qui les caractérisent et les iden- üfent; j'y trouve de même la plupart de nos herbes potagères; mais pour ce qui est du froment et du seigle, jai beau les cher- cher parmi les plantes agrestes, je n’en dé- couvre aucune trace. Est-ce donc que l’hom- me aurait réuni dans sa main tout ce qui en avait été répandu sur la surface de la terre, ou est-ce un présent qu'il aurait recu immé- diatement du ciel? Ces questions sont un peu embarrassantes. M. de Buffon dit encore, (: 856) dans le même endroit, que les trente races de chiens que nous connaissons ne sont encore que des variétés d’une seule et même espèce, et il le prouve sans réplique, en ce que tous ces chiens, quoique si différens entr’eux, pro- duisent les uns avec les autres. Or., je de- mande sil n’y a point mille fois plus de dif- férence entre un dogue et un bichon, qu'entre un grain de froment d'automne et un grain de froment de mars? Mais, je ne m'aperçois pas, Monsieur, que j’outrepasse les bornes d’une lettre, en continuant de répondre aux observations de M. Gouge: la discussion dans laquelle ce savant agronome à bien voulu entrer sur une malière aussi importante, m’honore infiniment; et personne n’est plus disposé que je le suis à rendre hommage à ses talens ainsi qu'à son zèle pour le bien public. » Je suis, etc. Signé DE Scévozr. » Argenton en Berri, 26 février 1733:» 2.° Pendant qu’on discutait cette matière en France;les mêmes circonstances la faisaient agiter en Suisse. La Société économique de Berne a inséré dans ceux de ses volumes qui n’ont paru qu’en allemand, un petit écrit que nos lecteurs français ne seront pas fâchés de connaître, En voici la substance. cipa ton com celle bien- com rec Etc lors de ) arde Pho ar zèle sont Jeme si be ) rat Le; 3] races Observations pratiques d’un amateur de l’é Dncore| “;| conomie rurale, sur la culture du froment Spece }) sir ir. Pitp. d'été, du seigle d’été et des srains sans Se tous o ë EL. peau(orge nue), avec des remarques pré- Fi...., 2 liminaires sur l’agriculture en général. EX je de-- D «(le if... Lie di« L'agriculture est sans contredit la prin- Eu; à mor cipale occupation des hommes, une occupa- Gr tion indispensable, qui doit être considérée - His comme une des colonnes de l'Etat, comme l 0/'0E, 9 sslornés celle sur laquelle repose en grande partie le ont aux bien-être public. On peut aussi la regarder 1297 I 1) Q 2 ièpdans comme un art admirable, lorsqu'on lexerce ssioula| avec la perfection dont elle est susceptible. que,| Et combien d’agrémens ne procure-t-elle pas ni jus lorsqu'on la considère sous tous les points lai!.. Lost? de vue qui lui sont propres| 1 De|» Plus la rigueur d’un climat froïd, ou les ardeurs d’une contrée brûlante détournent D: l’homme des soins qu’exige l’agriculture, plus ps la religion et les lois doivent employer leur Ex Le CL zèle et tous les moyens d'encouragement qui PAC sont en leur pouvoir, afin d’obtenir journel- on d lement des améliorations dans cette science os qu si belle et si utile. ) qi que?» Sans doute, un climat dont la tempé- pe hès de rature est douce et égale, est le meilleur et le plus commode à cet égard; mais les vi- En PR re Es—{S+ cissitudes de l’atmosphère se font aussi sentir dans les parties du monde les plus agréables, Ainsi les législateurs, de même que les habitans des diverses régions répandues sur la surfac du globe, doivent juger de ce qui convient à cet égard, comme ils jugent de ce qui a rapport aux autres objets du bien publie et de civilisation. Malheureusement, il n’arrive que trop souvent que les institutions humaines augmentent au contraire la paresse naturelle aux paysans, et sur-lout à ceux des contrées méridionales, parce que la plupart de ces lois adjugent aux princes ou aux ecclésias- tiques, la plus grande partie du produit du travail dans les campagnes, ce qui doit né- cessairement détruire dans les habitans les- prit de propriété et toute espèce d’émulation. Voyez les Chinois, ce peuple si ancien, il rend à l’agriculture hommage le plus légi- time, et en même temps le plus utile. L'Empe- reur se fait présenter chaque année celui des laboureurs qui s’est principalement distingué par son zèle, son activité et ses connaissances agricoles, et on l’élève à la dignité de Manda- rin de huitième classe, afin de le récompenser et de fournir un exemple encourageant aux autres agriculteurs. L'Empereur F'enti, orne- ment de la troisième dynastie régnante en #— h in ipou de le VHi Plus aus cul Sa ) que ces eur \(Voy let cl Sapf alt de Hsentir mn ables, 3\tins ffice Zion =: qi à Bible a Lx rire Pnaines Siurelle \@trées di ces 199:1a5= jo, du ) ji né- J£6 Ves- rS lo, Se,| q légi- Lécup- ui dés g'ngue re puces Euh 199 nser sggc al jegs ON met dl ( 359) Chine, labourait lui-même et exigeait queson épouse et ses parens s’occupassent de la culture &e la soie dans son palais somptueux.( Voyez VAistoire de la Chine, du père du Halde}. Plusieurs souverains des Indes encouragent aussi puissamment l’amélioration de lagri- culiure,( Voyez la Æelation du royaume de Siam, par la Loubère, page 69). » Chez les anciens Perses, il était d’usage que les souverains quittassent les magnificen- ces de la cour, pour manger avec les labou- reurs le 8.° jour du mois nommé CAorern-ruz. (Voyez la Religion des Perses ,par M. Hyde); et chacun sait avec quelle ardeur les Romains s’appliquèrent à l’agriculture, ainsi que l'ont aflirmé Caton, Columelle ,et autres écrivains de l'antiquité. » Ce sont des moyens sûrs pour atteindre au suprême degré de perfection de cet art, rien n'est plus certain. Cependant, de tels exemples ne peuvent être imités partout, parce qu’ils seraient susceptibles de plusieurs inconyéniens, à raison de nos institutions eu- ropéennes; mais on peut les concilier avec nos usages, pour faire, fleurir et prospérer la première et la plus nécessaire des sciences. Ce qui aurait le plus d'influence à cet égard, ce serait, à coup sûr. d'établir des récom- (6601) penses, des distinctions capables de faire naître une louable émulation, des diminutions dans les impositions, de sages réglemens, des ins- tructions fondées‘sur l'expérience, certaines prérogatives, une liber té de culture plus éten- due, enfin, tout ce qui favorise le talent et V'activité. Oind l'agriculture est honorée et stimulée par le gouvernement, l’aisance des laboureurs rejaillit sur les artisans, qui se pro- curent alors, à moins de frais, une meilleure nourriture; le bien-être de ceux-ci donne plus datée et d'activité au commerce. Si le commerce et l’agriculture fleurissent éga- lement, V'État ne manque ni de crédit ni de richesses réelles; ainsi la félicité publique dépend absolument de la réunion de ces pré- cieux avantages; par conséquent Péconomie rurale est la source des prospérités d’un État, ge qui doit engager à s’en occuper avec la plus grande sollicitude. A la vérité, les diffé- rentes régions de la terre, offrant des sites, des sols, des climats très-variés, doivent né- cessairement avoir des productions différentes les unes des autres, ce qui empèche d'établir des regles ANS sur l'agriculture; mais je suis persuadé qu'on peut malgré cela ohte nir des succès réels, en essayant avec précaution des procédés nouveaux; et en culuvant avec soin gin d vérité liges des P ne n goix AI iDspi à cult bhbl enrël de ses iculièr on pou fut ne deté e mere dant, r'appo où re] culte { qua qua© malhe: Moins ke cout de leur fort à dune IL, © Be naître Bis dans © des ns- Ocerames Si\us éten- talent et Sonore et Mince des gi Se Pro- Œneileure 71 donne murce. Si a. éga- ÿ 0 At ni de ET ces pré conne 2oun État, Te TEL la Ses de de 5 ivent né- > pinerentes _ d'établir 70 je > opienir À ecautol Durant at soin ) soin de nouveaux végétaux. Je prouverai la vérité de cette assertion, en parlant des ayvan- tages incalculables que nous à valu la culture des pommes de terre, légume précieux qui ne nous est connu que depuis cinquante à soixante ans tout au plus, et qui doit nous inspirer le désir de chercher à découvrir et à cultiver encore d’autres végétaux d’une sem- blable utilité; car le laboureur ne saurait trop en réunir dans ses champs, parce que chacune de ses plantes d’hiver ou d’été a sa valeur par- ticulière. Quelques-unes sont indispensables; On pourrait se passer des autres> Mais il n’en faut négliger aucune. Par exemple, le froment d'été et le seigle d'été ne sont pas de la pre- mière nécessité dans les campagnes; cepen- dant, comme ces grains sont d’un plus grand rapport que l’orge et l’avoine, dans les lieux où rien ne nuit à leur croissance, un bon agri- culteur doit être aussi attentifà leur culture ( quand elle ne présente pas trop d'obstacles) qu'à celle des autres productions de l'été. Par malheur, les cultivateurs sont tous plus ou moins portés à un respect superstitieux pour les coutumes de leurs ancêtres(ce qui est un de leurs préjugés les plus enracinés); il est fort diflicile de les déterminer à la culture d’une plante qui était inconnue à leurs pères. ÎI. Partie. 16 (662,) Celui qui connaît la force inexprimable de l'exemple, avouera que c’est la seule chose qui puisse déterminer le villageois à tenter de salutaires innovations. Il y a environ dix ans qu’on a introduit dans le Brisgaw l'usage général du froment d'été. Une seule commune avait d’abord risqué cet essai; d’autres en virent le succès, l’imitèrent, et bientôt on vit des champs entiers produire dans ce genre les plus belles moissons. » Lorsqu'on le place dans des terres qui ne sont point trop argileuses, il rapporte tout autant que le froment d'hiver, quoique ce dernier ait des grains plus volumineux et des épis plus hauts. J’ajouterai même que les boulangers paient communément plus cher le froment d’été, parce que sa farine étant plus blanche, fait du plus beau pain. Le froment d'été réussit principalement dans les terres légères. Cependant on le cultive avec succès dans des sols différenus, depuis que Pexpé- rience a prouvé que, même dans des terres fortes, lorsqu'elles sont bien préparées, le seigle d’été se multiplie d’un quart en sus plus que lorge d’été qu’on a semée en pa- reille quantité, dans un terrain de même qualité. Comme la paille du froment d’été est plus tendre que celle du froment d'hiver, [es béstia c'est à to que tou tageuses du mot dans la culture ) Qu dans ui cependa que le f Brisgaw. dé l'an deux ou enplore d'eté sl ceux de jours pl viter le est exp Malurée tard dan de bonn pérature où ne pe si ce ne jndique: possible [ & 363) “ueble de les béstiaux la préfèrent à cette dernière. Mais È chose c’est à tort que quelques personnes prétendent por que toutes les pailles d'été sont plus avan- ALU tageuses au bétail que les pailles d’hiver; Fa lsage du moins je n’en ai trouvé aucune preuve ni ne communs dans la pratique ni dans la théorie de lagri- l'autres el culture. atot on vi» Quoique le froment d’été vienne mieux sb ce gen dans un champ qui a été fumé, il supporte cependant une terre maigre plus facilement Sbrres qui que le fromerit d'hiver, au moins dans le Brisgaw. J’observerai aussi que les semences k si quoique de l’année sont préférables à celles qui ont fovuneux et deux ou trois ans, et qu’ordinairement on les son e que Es emploie en même temps que celles de l'orge fais cher d'été, mais qu'il est cependant plus avanta- ji étant ph geux de confier ces semences à la terre huit Que froménr jours plus tard que celles de l'orge, afin d’é- pts les terre viter les accidens auxquels le froment d’été ay vec suc estexposé, quand sa végétation est trop pré- sue lp maturée. En général,on moissonne quelquefois = ter tard dans certains pays, quoiqu’on ait semé er| de bonne heure; c’est le sol, le climat, la tem- art en SU pérature et expérience qui en décident; ainsi, L F en pr on ne peut établir de règle fixe à cet égard, le mèn/ si ce n’est celle que la nature elle-même nous ner d'eb indique; c’est-à-dire qu’il faut, autant que œut dhrel; possible, choisir un temps sec pour semer. (667 9 » Les campagnards ont assez l'usage d'hu- mecter la semence de froment d'hiver ou d'été, avant de s’en servir, afin de la pré- server de la rouille, des insectes, et du danger de germer trop promptement. Les uns l’ar- rosent avec de l’eau de vitriol, d’autres avec de l'eau de chaux; d’autres répandent sur la semence du lait mêlé avec des cendres qu’ils ont brülées dans le mois d'août; enfin, d’autres laissent la semence s'imbiber pendant vingt- quatre heures dans de la saumure mêlée avec de la terre bolaire. Malgré ces précautions, les grains humectés ne sont pas toujours à Vabri de la rouille ni des insectes, ce qui m'a fait remarquer que ce moyen nest pas encore celui qui serait nécessaire pour at- teindre au but désiré. Néanmoins il a tou- jours son Côté favorable, en ce que les grains humectés( ne füt-ce qu'avec de l'eau pure) renflent beaucoup, ce qui fait qu'avec huit setiers de grains mouillés on sème au moins autant de terrain qu'avec dix setiers de grains secs; mais c'est seulement sous cel aspect que je crois ce procédé recommandable; car lex- périence ma démontré que, toutes choses égales, le grain sec croit aussi bien que ce- Jui qui ne lest pas. » J'attribue une partie des maladies du blé, conne la des dpi? Jes villag coltés. 0 d'entasse ensuite les bons murs,& sans cho il possibl mu Sul véritable: quite de À pi(roire maliere de répar de méta les subs été mal » Pou depuis« bien ré la seme m$ cha: prhnds si toutes\es après( Où! enc | «ge d'has a dhwer où à de ki pré ê, du danger Suns l'ar< = lautrés aveg = dent sur Ldres qu'il pe: n, d'autres Maait ring: sanélée avec q&cautions, aujours à ss, ce qui TC ne ps ee qu Pos il a to p les gra apau pur Giavec Sr au n0S CAR gras saspect( J; çar l'es: es chosi le > do qu| Dies de he ( 365) comme la rouille ,etc., ainsi que la fréquence des épis vides, à la manière imprudente dont les villageois rentrent assez souvent leurs ré- coltes. On sait qu'il leur arrive ordinairement d’entasser trop tôt les grains dans les granges; ensuite de les jeter pèle mèle, sans distinguer les bons épis d'avec ceux qui ne sont pas mürs, et puis de les battre, et de les semer sans choix et sans précaution. Comment serait- il possible que ceite semence, qui n’a point müri suflisamment, et qui est dépourvue du véritable ressort de la végétation, püt pro- duire de bons grains? On ne peut ni espérer ni croire qu'une macération, ou toute autre maniere d’humecter le grain, soit susceptible de réparer ce mal, et d'améliorer, ou plutôt de métamorphoser d’une facon avantageuse les substances dégénérées d’un grain qui a été mal soigné. » Pour éviter ces inconvéniens, J'ai adopté depuis quelques années une méthode qui n’a bien réussi; je laisse les grains destinés à la semence séjourner plus long-temps sur mes champs que les autres grains, ensuite je prends soin au printemps de faire sarcler toutes les mauvaises herbes avant de semer; après quoi les gerbes plus que mûres, qui ont encore achevé de se perfectionner au { 366.) soleil, sont coupées, liées, voiturées, étalées dans mes granges; ensuite, elles sont triées et battues avec toute l’exactitude imaginable, Quand la semence a été bien dégagée des mélanges qui auraient pu s’y introduire, je la fais tremper dans de l’eau fraîche, et douze heures après on la sème avec le plus grand succès. Au moyen de ceite méthode, j'ai obtenu les récoltes les plus pures, les plus belles et les moins exposées aux accidens des blés, autant que je pouvais néanmoins l’es- pérer d’après le cours des saisons; et mes terres, que je fais toujours fumer et travailler avec soin, sont remarquées par mes Voisins, à raison de la fertilité presque continuelle qu’on y voit régner. » Je ne préconise ni les anciens usages ni les innovations tentées trop légèrement, mais j'aime à examiner attentivement tout ce qui peut contribuer à l'amélioration de Pagricul- ture, et je n’exécute qu'après des essais plu- sieurs fois répétés; Je pense sur-tout que les nouveaux cultivateurs pouvant se tromper comme les anciens, c’est à la seule expérience qu'il faut en appeler. 1’on peut arriver à des connaissances très-positives en faisant des es- sais ayant d’exécuter en grand, lorsqu'on a déjà une teinture des principes généraux de le Bi vimel print Ju se génér guére peut? duver motifs yarce que| pagn sablo d'en reuss recu essai où la ême Das Ç cons blon J'org Ai, étalées Ænt triées| > gable,| M jagée des Eure, je Æ.: c: dure lus gran SÆrode, jai ga les phs @n 1dens des| ass l'es- wo et mes tharailler sf VOISINS, y sainuell Si usages «ant, Mas fait ce qui De agricul _ SAIS ph jet que ls tromper gppéenct 16€ à d6 sait des [ Lsqu où À me 1EraU po - C 67 l’agriculture, et ces observations fondées sur la théorie et sur la pratique, sont les seules qui méritent d’inspirer de la confiance. » J’en viens au seigle d'été. » Je suis le premier qui en aie cultivé dans le Brisgaw. Un certain cultivateur peu expé- rimenté, avait cru qu'il pourrait semer au printemps du seigle d'hiver aussi bien que du seigle d'été; mais son essai échoua. En général, la culture de ce dernier grain n’est guère usitée que dans les lieux où l’on ne peut parvenir à faire venir de beau seigle d'hiver, à cause des froids, ou par d’autres motifs; on s'occupe alors du seigle d'été, parce que Ja gelée l’attaque moins facilement que le seigle d'hiver. Dans plusieurs cam- pagnes de nos environs il y a des champs sablonneux et pierreux. Je pris la résolution d'en faire semer un avec du seigle d'été, qui réussit fort bien, quoique ce champ n’eut pas recu d'engrais depuis deux ans. Je fis cet essai, parce que je savais que dans les pays où la culture du seigle est universelle, on le sème dans les champs de froment ou d'orge, mais qu’au lieu de choisir les meilleurs, on consacre plutôt à cet usage les terrains sa- blonneux, qui ne sont point favorables à l'orge ni à d’autres grains. » Je fis venir de la semence de l’année, et je la fis semer en avril, sitôt que l’hu- midité fut un peu passée. J’attendis l'instant de la moisson avec d'autant plus d’impatien- ce, que la plupart de mes voisins, jugeant mon essai d’après leurs préjugés, me prédi- saient une misérable récolte. Cependant, au mois de mai, cette semence commencait déja à poindre avec force, et sa brillante verdure promettait les plus beaux épis; enfin, le temps de couper le grain arriva; à la vérité, les ti- ges des épis étaient moins hautes et les grains moins lourds que ceux du seigle d’hiver; mais on ne fut pas moins étonné de la quan- té de gerbes que ce champ me fournit, et sur-tout de voir que j'avais retiré deux me- sures et un setier des cinquante gerbes re- cueillies sur ce petit espace de cent verges carrées( la verge calculée à douze pieds de Nuremberg). Cet heureux résultat me prouva que dans des sols de cette nature, il est in- finiment plus avantageux de cultiver le seigle d'été que l’orge d'été. » 1.9 Parce que le seigle d'été étant plus robuste que l’orge d'été, résiste mieux qu’elle aux variations de l’atmosphère, qui ont sur- tout lieu au printemps. » 2.° Parce que le seigle d'été n’exige pas &I d'et la} trou char valu d'été dans ment que| les n ou b con mer 3 Née, hu- instant palen- jugeant preul-| Ent, au it deja perdure EI lemps res ti- Éirains [er; Jhjun- dit, à IL ie à Des re sverges geds de px p'outa 4 est 1n- 5; seigle { plus jenu'elle qi SU n.i£e pi un terram aussi parfait que celui qui est né- cessaire à l’orge. » 3.° Enfin, parce qu’il y a beaucoup plus de bénéfice à espérer en cultivant du seigle d'été, qu’en lui préférant l'orge. Assurément, là preuve de ce que je viens d'avancer se trouve dans le fait cité ci-dessus CAE UT champ semé d’orge d'été ne m’eût jamais valu ce que je retirai dé cette récolte de seigle d'été. Cependant, comme il est nécessaire, dans l’économie rurale, de s’occuper égale- ment de faire réussir tous les blés, je pense que lon doit, autant que possible, réserver les meilleurs champs d'été pour le froment ou bien pour orge d'été; que les médiocres conviennent au seigle d'été, et qu'il faut se- mer de l’avoine dans les autres. 3.° Enfin, la même question sur le grand avantage de cultiver les blés d'été a été plu- sieurs fois renouvelée en Angleterre, et dans ce moment même elle y occupe les esprits d’une manière remarquable. Dès le mois de janvier 1769, on lisait dans les papiers anglais les observations suivantes sur le blé de mars: « La Société des arts, des manufactures et du commerce, est si attentive au bien public, qu’elle vient de charger’ le Comité * ( 376) d'agriculture, tiré de son propre corps, de chercher des moyens pour encourager les cultivateurs à semer du blé le printemps prochain. Il est à présumer que cette idée- là est venue à ce-corps si respectable, par la crainte dans laquelle on est que le temps pluvieux de l’automne dernier, c’est-à-dire, de la saison des semailles, n’influe sur l’abon- dance de la récolte de la présente année. Ainsi, pour prévenir en quelque facon ces suites ierribles, la Société va proposer; à ce qu'on croit, un prix en fayeur de celui qui ensemencera, le printemps prochain, la plus grande étendue de terrain en froment, et qui enseignera en même temps la méthode dont il se sera servi. Comme, les pluies qui sont tombées l’année passée ont dû nécessai- rement pourrir et gâter une grande partie des semailles, ét que cependant Ja pratique de semer du blé au printemps n’est pas assez répandue chez nous, il est très-à propos de la faire connaître universellement. Bien des fermiers, quand ils auront cette connaissance, se porteront volontiers à ensemencer de nou- veau dans le printemps les champs qui se trouveront dans le cas que lon redoute, ce qui leur épargnera à eux-mêmes une grande perte, et. garantira le royaume d’une nou- 1!: velle diseite,» Cet Shiva date h S com dans ayal aval dére M quan wèdes nées 18 be M. l'agr le d cpea l'épe dans ensu irois Yateu lre| ajoute A téntr cflte y, de get les tenps ite idée ble, per le temps| ‘-à-dire, k labon-| année, (con ces ir, à ce lui qui h plus Ent, et aëlhode lues qui | 1ÉCESSAI w partié| spralique “pas assez -)ropos de [Bien des vassal, pue nou qu&| l vie, œ ; grande ne JT te) Cette annonce avait réussi; car le 6 juin suivant, on lit dans les Gazettes, sous la date de Londres, que les prix proposés par la Société des arts, des manufactures et du commerce, à Ceux qui semeraient du froment dans le printemps, pour regagner ce qui avait été négligé ou gâté dans l'automne, avaient produit un effet encore plus consi- dérable qu’on n'avait espéré. Mais chez les Anglais comme ailleurs, quand le mal est passé, l’on oublie les re- mèdes. Après les années de disette; On avait négligé de cultiver des grains de mars, et le besoin s’est fait sentir, M. Adam Dickson, auteur d’une Histoire de l’agriculture ancienne, en anglais, témoigne le désir qu’on introduise en Angleterre les épeautres(spelt) d'Allemagne. il croit que l’épeautre est le far que les Romains semaient dans les terres fortes et humides. Il rappelle ensuite ce que dit Columelle du froment de trois mois, et de son utilité pour les culti- vateurs que quelques accidens empêchaient de faire leurs semailles d'automne. M. Dickson ajoute que ces accidens sont très- fréquens en Angleterre, sur-tout dans les parties sep- tentrionales; les saisons sont si variables dans cette île, qu'on ne peut y compter; quelque- 6 2% fois il arrive que, pendant une suite d’années, \{|| les automnes sont si pluvieuses, que très-peu AN de cultivateurs peuvent semer en froment les li terres qu’ils y avaient destinées, et moins 4 encore de la manière dont ils pourraient le 1 tte souhaiter. Aussi a-t-on fait quelques tenta- LL: üves pour le semer au printemps; mais com- LA me on n’a en Angleterre que les espèces de froment d’hiver, cela n’a réussi que lorsque | les étés ont été très-fayorables. Et cependant, FK dit toujours M. Dickson, si nous avions quel- ques-unes des espèces qui muürissent promp- | tement, il n’y a pas à douter que les semail- les de printemps ne réussissent. Le zrificum et 141 le far de trois mois, dont parlent les auteurs \l romains, étaient certainement de ces espèces; l car ils les distinguent des autres, et les re- (1 présentent comme très-utiles aux cultivateurs, ï par la raison que, quoique semées au prin- LD. temps, elles arrivent aussitôt à leur maturité que les espèces qui se sèment en automne. Les grains qui, semés en mars, en Italie, parviennent à leur perfection en trois mois, pourraient être mürs en six dans les terres l chaudes, même des parties du nord de l’An- gleterre, et alors, ils seraient moissonnés en même temps que ceux d'automne. Le st/ico de trois mois et l'alicastrum far étaient des gpains lés cu partié atro plus le n amet M tif. Jp d'agri Sincla fésull from gran glet Edi obse inté de l'amtss très jen ment|ss et mons ‘ralent le| es tenta- vas COM- speces de : Lorsque bendant, 15 quel- bromp- jisemail- ic et fi; auteurs Si espèces; ot les re p avateurs, Dau prin- J maurié automne, va Jtalie, OS DOS; Res(eITes a de Van gronnés El hi Le gil2eo se PT À taent[Le] ( grains de printemps. Il est probable qu’on les cultive encore aujourd’hui dans quelques parties du continent ou de la Sicile, et leur introduction en Angleterre pourrait être du plus grand avantage pour les fermiers et pour le royaume en général.(De l’agriculture des anciens, Chap. XX VIII}). Mais voici quelque chose de bien plus posi- üf. Au moment où je livre ce chapitre à Pimpression, lillustre président du Bureau d'agriculture de la grande Bretagne, sir John Sinclair, me fait parvenir un exemplaire du résultat de ses recherches sur les maladies du froment, maladies qui paraisseni faire de grands ravages dans plusieurs comtés d’An- gleterre. À la fin du volume, imprimé à Edimbourg(in-8.° 1809), se trouvent des observations sur le blé de mars, dun si grand intérêt, si relatives à mes vues et à objet de mon ouvrage, que je m'empresse de les y reproduire. D’après ces observations, l’ayan- tage des blés d'été n’est plus un paradoxe de quelques agronomes; c’est un jugement mo- tivé par des savans célèbres et attachés aux in- térêts de l’Écosse et de l'Angleterre; juge- ment applicable à beaucoup d’autres régions. Rien ne saurait mieux démontrer l'importance du choix des meilleurs grains de mars, qui Ç 7.) est, depuis plusieurs années, l’objet de nos recherches. Traduction des Observations de M. le Che- valier Sinclair, sur la nature et les avan- tages du blé de printemps, triicum æsti- vum. Lin., ef sur la nécessité d’en étendre la culture, comme ressource nationale et comme moyen de rendre la Grande Bre- tagne indépendante du commerce avec lÉ- tranger. « Sir John Banks, président de la Société royale de Londres, a observé qu'on pouvait réduire toutes les sortes de blé à deux grandes classes, savoir: le blé d’hiver et le bié d’été ou de printemps. La culture du premier est très-dispendieuse, en ce quon le sème en automne, et qu'il lui faut ordinairement onze mois pour arriver à maturité. La récolte de cette espèce de grain devrait donc être plus lucrative que celle du blé de printemps, qui ne reste qu'environ quatre mois en terre, et qui est bon à scier au bout de ce temps. Cependant la différence de produit n’est pas si grande, qu’il y ait nécessité indispensable de cultiver exclusivement le blé d'hiver, quand on vise au profit; et d’ailleurs, il me semble quil€, ports; sè pre convl ans est ni senle où Lo bk d » d royaul c'est-à- pars foussit digne semé teme ce dé qu| semé ouÿo ne m où qu pe pe avance sorte être| aous 2| no$ ; Che- ayan- Ba ml S /endre Sue et La» Bre= SOA ? site { savait PANS 9£r ODIE Site de «e plus 15, qui 1 0lt, D PS. we; pes qe sable pou j cu { 378 5| qu'il est à désirer, sous bien d’autres rap- ports, que la culture du blé de printemps se propage dans ce royaume, parce qu’elle convient mieux pour toutes les sortes de ter- rains et de situations, parce que ce grain est moins sujet aux maladies, et qu'il pré- sente des avantages considérables dans le cas où l’on aurait à craindre que la récolte du RIé d'hiver ne fût mauvaise. » Je sais que dans quelques parties du royaume on sème le blé d'hiver au printemps, c'est-à-dire, en février ou vers le milieu de mars au plus tard, et que cette méthode réussit quelquefois. Je tiens aussi de personnes dignes de foi, que quoique le blé d'hiver semé au printemps mürisse d’abord plus len- tement que le même grain semé en automne À ce désavantage cesse en partie lorsque le blé qui provient d’un semis de printemps est res- semé au printemps de l’année suivante; mais ioujours est-il certain que cette sorte de hlé ne müril pas, aussi vite que celui d'automne ou que le véritable blé de printemps, et qu’on ne peut pas le semer dans une saison très- avancée. Or, puisque nous possédons une sorte de blé qui, de sa nature, demande à être semée au printemps, pourquoi voudrions- nous à toute force en créer une autre pour () le plaisir d’altérer la nature et les propriétés 376 de l'espèce primitive, et de lobliger à de- vancer l’époque de sa maturité? et s’il y a moyen de semer au printemps une quantité considérable de blé sans avoir à craindre qu’il en résulte aucun inconvénient, pourquoi nous bornerions-nous à semer dans cette saison des avoines et des orges? » Dans la vue de jeter quelque lumière sur cette question intéressante, je vais exposer en peu de mots, 1.° la nature de ce grain; 2.0 les avantages qu’on peut retirer de sa culture, sous le rapport de l'intérêt publie et de intérêt particulier; 3.° je discuterai les objections qui ont été faites à ce sujet; 4.0 je décrirai le mode de culture; 5.° je désignerai les terrains et les localités qui s’y prêtent le mieux. » I. On croit que le blé de mars est ori- ginaire de la Sicile où 1l est connu sous le mom de éumenia, par corruption de frimenia ou blé de trois mois. On le cultive aussi beau- coup en Barbarie, en Espagne, en Portugal, en France, en Allemagne et dans presque tous les pays à blé, excepté celui-ci, où, à raison de l'immense quantité de bierre qui s'y con- somme, lorge est plus recherchée que dans les pays où le vin est la boisson ordinaire, On d de ce barb fait€ pèse save Que d'hn qu'il quil gst€ qi hd qu glut part tom Your ) cul blic ln, Sp colte qui: ou n rs)| Fapriétés On dit qu'il y a environ cinquante variétés Là qe de cette espèce de blé; la plus connue a des slya barbes comme lorge, et c’est ce qui lui a Eiquanité fait donner quelquefois le nom de blé barbu; >" re qu'il son grain est rouge, et n’a pas une aussi belle = 101 nous apparence que celui du blé d’hiver, mais il 3 son des pèse davantage, et les bons meuniers qui savent l’apprécier, l’achètent de préférence. L ire sr Quelques fermiers le mêlent avec le blé rouge SN eposer d'hiver, et ils y trouvent leur profit, parce Mécram; qu'il augmente le poids du mélange bien plus slide sa qu'il ne lui ôte de son apparence. Son poids? révblie est d'environ soixante livres par boiïsseau. Le enterat pain qu’on en fait est plus doux que celui de É: sit blé d'hiver; il est aussi plus nourrissant, parce PT qu'il contient une plus grande proportion de el: qui s} gluten ou de matière végéto-animale dans ses parties constituantes. Ceux qui sont accou- ME ot tumés à ce pain le trouvent aussi plus sa- Pa sou À voureux. rio» IT. Les avantages qui résultent de la ge à beau- culture de ce grain sont relatifs au bien pu- mortel, blic et au bien particulier. Pr» Sous ce dernier point de vue, il est bien en important pour les fermiers de pouvoir ré- y cor colter une plante anssi précieuse que le blé, É: ji quine demande à être semée qu’au printemps, à es ou même au commencement de l'été, On avait a PALIN) ( 378) cru généralement qu'après les turnips( la base de la bonne culture dans les terres lé- gères), l'orge, en y comprenant celle qui porte le nom de bear ou digg, était presque le seul grain dont la culture fût avantageuse, et que le blé d'hiver ne pouvait être semé au printemps que dans certaines localités; mais il paraît démontré aujourd'hui que le blé de mars se cultive avec autant de facilité et avec plus de profit que les orges de mé- diocre qualité dont l'Angleterre régorge de- puis que l'exportation des grains est prohibée et que la drèche supporte des droits si oné- reux; mais nous ayons ici une ressource qui, à l’aide d’une prohibition des grains venant de VÉtranger ou d’une augmentation d'impôt à leur entrée, permettra toujours au labou- reur placé dans des localités et sur un sol convenables, de continuer l'exercice de son industrie avec la même activité. » Une autre circonstance non moins im- portante à remarquer en faveur du blé de mars, c’est que non-seulement il est exempt de la carie et de la nielle, mais que même il n’a rien à redouter de la piqüre des vers, et cela ne tient ni à la nature du sol, ni aux saisons; car les fermiers de South Hollam;, dans le Lincolnshire, pays d’une grande éten- — (la E es\e- le qui Mresque soon, S semé allés; guue le 5 acihité 20° ri- Of de- iqibée } éjué- IEC QU; ZAC Om ms labo- gun sol 99,8 SN D 05 I- 1 de lessenpt TL pa VETS» Jo ax [ ollam; {el a" Cam) due, où les terrains sont très-variés, con- viennent tous que, depuis plusieurs années, ils ont été forcés, par les fréquens ravages de la carie et de la nielle, d'abandonner pres- que entièrement la culture du blé d'hiver, et d'y substituer celle du blé de mars. » Il est bon d’observer cependant que le blé de mars est sujet à se taveler, et par conséquent il a besoin d’être lavé avec soin, d'après la méthode enseignée par M. Blackie, pour prévenir cette maladie, » Sous le rapport du bien public, les avan- iages sont tres-étendus. » Nous avons été pendant plusieurs années dans la dépendance du commerce d’impor- tation pour une partie de notre nourriture; nous avons fait sortir plus de trente millions sterling de notre monnaie, qui allaient en- richir des nations étrangères dont la plupart sont actuellement en état de guerre avec nous, et leur donnaient les moyens d’amé- liorer leur industrie; et le tribut qu’elles nous imposaient était payé si régulièrement, qu’elles en tiraient la conclusion qu'il nous était impossible d’exister sans leur secours. Voulons-nous donc rester assujettis d’une ma- mère si honteuse, à des peuples ennemis, quand nous pouvons nous relever de cette Œ er) disgrace en étendant la culture de lPespèce de blé qui nous occupe? Quant à moi, je le crois d’une si haute importance, que jus- qu'à ce que le système en soit parfaitement établi, une des mesures administratives la plus urgente serait, à mon avis, de la favo- riser par des encouragemens publics. Eh! ne vaut-il pas infiniment mieux provoquer le perfectionnement d'une branche de culture domestique, que d'accorder des privilèges a l'importation des mauvais grains que l’'Étran- ger nous envoie en si grande abondance dans les temps de disette, et qui sont le rebut de ses greniers? » If. On a reproché au blé de mars la dureté et la sécheresse de son grain; cepen- dant nos meuniers ne trouyent aucune dif- ficulié à le moudre, et l’on sait que le grain le plus dur et le plus sec est celui qui donne la plus belle et la meilleure. farine. » On a dit aussi que la récolte de l'orge était plus sûre; et celle de lavoine plus pro- fitable. A l'égard de la sûreté, aucune ré- colte n’en peut offrir plus que celle du blé de mars semé dans la saison qui lui est pro- pre, avec la précaution de bien laver les semences, de préparer convenablement la terre destinée à les recevoir. Quant au pro: mr spèce 1, je > jus- ment #s là favo- sal ne De" le \uré Es à Nn- dl ns t&ut mt À e por ar dit- rain une Dos: Lopro y: 1É- io, 0 VE}es ent À rs) Gt, füt-il vrai, comme il ne l’est pas, qu'il y eût autant, et même plus d'avantage à cultiver l’ayoine, on ne peut pas raisonna- blement préférer la culture de cette plante si funeste au sol, à celle d’une plante qui n’épuise pas la terre plus que ne ferait l'orge, et qui procurerait beaucoup plus de bénéfice si la récolte des autres grains venait à man- quer. » Dans la Métropole, cependant, où l’on est accoutumé à faire usage du plus beau froment, et où la mode veut que le pain soit de la plus grande blancheur, on objecte que le blé de mars est d’une nature grossière, que son épiderme est épaisse, et qu’il donne une farine visqueuse; aussi les meuniers des environs de Londres n’en font aucun cas. On prétend qu'ils ne l’achètent qu'en petite quantité dans les temps de diseite, et qu’ils le paient deux tiers de moins que les blés ordinaires; mais que, dans les années de moyenne récolte, à peine en voudraient-ils pour rien. » Toutefois l'unique cause de ce dédain existe dans les préjugés d’une Métropole riche et fastueuse, et j'aime à croire que cet exemple aura peu d'influence sur les autres parties du royaume. D'ailleurs, si le gouvernement, (. 862°) considérant cette espèce de blé comme une ressource nationale, jugeait qu'il fût de lin- térêt de l’État de la multiplier de manière que ce pays en fût toujours abondamment approvisionné(ce qui me paraîtrait de la plus saine politique}, il aurait à sa disposition bien des moyens d’en favoriser la vente. DO ON pourrait en permettre lexporta- tion quand il se vendrait dix sous de moins par quart que les blés ordinaires. 2.° S'il est propre à la fabrication de l’empois, on pourrait obliger les amidonniers à employer exclusivement. 3.° On pourrait en permettre la consommation dans les distilleries, en main- tenant la prohibition sur les autres blés. 4,9 On pourrait d'autant mieux lemployer seul dans la fabrication du biscuit pour la ma- rine, qu'il paraît singulièrement propre à cet usage. » On oppose à tous ces avantages du blé de printemps l'impossibilité de le distinguer du blé d’hiver de qualité inférieure ou en partie attaqué par la nielle; mais quand il s’agit d’une chose aussi essentielle que de procurer à l'État, par une industrie domes- tique, un moyen régulier de subsistance, on peut bien se soumettre à un léger inconvé- nient; et d’ailleurs je ne vois pas quel si grand ! ne b\n. Eimèrs fimert la plus Dsition D le, B orta- B moins Q on moy er I3Q tre gate Me o sl “Æil Ma- Œ re à Zu Di S nguer mou el ] ind l 2e de Sints :. F- onvê- f: granl 56370 tort ferait au public le mélange d’une portion de blé d'hiver avarié et de peu de valeur avec du blé de printemps, pour l'exportation, les distilleries et les manufactures d’empois. Ex- cepté dans les temps de famine, tout parti qu'on prend pour se débarrasser des mauvais blés est préférable à celui d’en faire du pain. » On trouve dans les Communications aw bureau d’agriculture, vol. 5, L.'° partie, page 1802, des détails très-satisfaisans sur le mode de culture du blé de printemps. On y voit en résultat, 1.° qu'on peut semer cette es- pèce de blé, avec un égal avantage, dans les terres fortes et dans les terres légères; 2.° qu’on peut le semer depuis le milieu de mars jusqu'au commencement de mai, au moins dans les parties les plus méridionales de l’An- gleterre; mais qu’il paraît convenable de le semer le plus tôt possible, après le 15 de mars, si la saison le permet, quoique dans le nord de l'Angleterre, on lait semé avec succés, jusqu’à la date du 10 mai; 3.° qu'il est pré- férable à tous les autres blés, quand on veut le mêler avec de la graine de fourrages, à raison de la petitesse de sa fane et du peu de temps qu’il la porte; car elle se dessèche et tombe presque aussitôt qu’elle est parvenue à son entier développement; l'air circulant ( 384) ainsi plus librement, hâte la levée du trefle; et cette circulation d'air plus abondante peut aussi contribuer à garantir ce grain de la nielle qui l'attaque si rarement. 4.7 Les opi- nions sont partagées sur la quantité de se- mence qu’on doit employer. M. Sers de South- Holland, dans le Lincolnshire, sème quatorze picotins par acre quand il ne fait pas de mé- lange, mais il n’en sème que neuf en mêlant le blé avec des grains de fourrages. M. Cal- thrope, dans le même canton, ne semait que huit picotins par acre, et sa récolte était fort belle. M. Wedd veut qu'on sème deux bois- seaux par acre, et dit que plus tôt on fait les semailles, moins il faut de semences. D'une autre part, M. Coggan croit que trois bois- seaux par acre sont nécessaires quand on sème à la volée. Quoiqu'il en soit, la quantité moyenne parait être de deux et demi à trois boisseaux. On a reconnu que, quand on en- semençait à la houe, quatre picotins suffisaient pour un acre deux perches. 5.° Si la terre a rapporté du turnips, on peut se dispenser d'y remettre de lengrais, et si l’on veut y donner une préparation quelconque, il faut le faire en. même temps que l’on sème le blé. 6.° Le produit, quand on ne sème point d'autre grain, est de quatre à cinq quaris de boisseau mile, CEsieut #;:| E y £ K- ui. > lorre De mé y kant Œ Cl \St7ue is ont | zu1s- tue BEA D peseue p né tros BE. à eue & terre 057" nm!) faut * lag D gx PO æ" dé IssealL ( 385) boisseau par acre. 7.° La valeur du produit est de dix à vingt livres par acre, suivant le prix du blé. » Les mêmes cultivateurs recommandent, comme une excellente pratique, quand le blé rouge d'hiver à été rongé par les vers, de planter de la semence de blé de printemps dans les vides que le ver a laissés. En faisant cette opération dans la première semaine de mai, pour les cantons méridionaux, ou dans le courant d’avril pour les cantons septentrio- naux, le blé de printemps mürira en même temps que le blé d'hiver, et il aura la même couleur. On prétend que lon cultive, aux environs de Bordeaux, une espèce de blé de mars blanc qui a la même propriété: s'il était possible de s’en procurer, ce serait une acquisition extrèmement précieuse. » V. On pourrait conclure, des instruc- tions publiées par le Bureau d'agriculture, que le blé de printemps se plait sur toutes sortes de fonds, depuis la terre glaise la plus forte, jusqu’au sable le plus léger; mais il est évident que c’est dans les terres légères, où la végétation est rapide, qu'il doit le mieux réussir. Il a été donné connaissance à ce même Bureau d’un fait bien important à cet égard; savoir: que les pays marécageux et qui ren- IT, Partie, 17 (#86) ferment des tourbières sont merveilleusement propres à la culture de cette espèce de blé, et qu'il y vient plus promptement que sur tout autre sol. Ce fait est garanti par un par- ticulier(Nathaniel Wedd, écuyer) qui n’en- semence pas moins de quatre-vingt-deux acres de cette terre en blé de mars, dans le comité de Cambridge. Les pays marécageux ne con- viennent pas au blé d'hiver, parce que la légèreté du fonds l’expose à couler dans les temps de gelée. Mais si toutes les terres ma- récageuses d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande étaient régulièrement assolées pour être en- semencées en blé de printemps;, l'avantage serait incalculable, » Un autre avantage bien précieux de ce même blé, c’est de pouvoir être cultivé dans différens cantons où l’on ne recueille n1 blé d'hiver, ni aucune autre espèce de grain qui ait à peu près la même valeur. Par exemple, dans le nord ou dans les montagnes d'Écosse, où l’on recueille une orge de médiocre qua- lité à laquelle on donne le nom de bear ou de digg, et qui est de peu de valeur à rai- son du poids de la contribution qu’elle sup- porte, il est à présumer que le blé de mars qui lève si promptement aurait un plein suc- cès. Quand on ne réserverait à la culture du si ki dep frap} mr ghin uifren vês| val raèr de m'a fa M. et t Lei dans gruir ns ban a; acre Wiement : de Vk, Er, que sr ï run pit Squi n'en:| Eux actes 5: Je comte Je ne co| Se que l| Bu dans Les &res ma:| fkrlande| #0ve en+ @ ange bôx deu| «tive dau| ge ni D p san qu “1..,.?| l'A moire, jai recueilli, au sujet du blé de prin- d'abr "+ ñ Se< temps, des renseignemens qui demandent ques ï f\ peut-être un peu de réflexion. seule il Ne» Un correspondant éclairé m'apprend que jours || l’Impératrice Catherine envoya, il y a plus gs fe | SAbE s à x:. | de trente ans, à notre Monarque; un bois- qua n' seau de blé de printemps, dont$. M. f£ koi \n présent à M. Ducket, célèbre fermier d’Esher, celu | il en Surrey; que celui-ci, après lavoir cultivé que l{ pendant quelques temps, en vendit plusieurs ielh QE boisseaux pour semences, et qu'il n'existe ce- lee fl Î pendant plus aucune trace de ce blé dans ce eq H fl canton. le© |» On peut observer, à ce sujet, que le blé Ge EU venu de Russie pourrait bien n'être pas la par ‘|| meilleure espèce de blé de printemps dont tiver 21 1l ÿ à Environ cinquante variétés; que ce grain| prop) || introduit en petite quantité et accidentelle- HO At{| ment, dans un canton, à pu tomber en des sall \f| mains négligentes qui n’auront pas su le con- lég É“enps de| En|| ne. nur «rune(a © 3| 128"ent Me. Œ de pin:| imandent uénd que| Lx plus Sin bois- di:\. £ pal dE, 18 r cul| iblusieur| qe Kiste ce. (Œ danse ee le blé &' pas b 0 dont op grain 139 mtelle- La en £ Je on ( 391) server; qu'il y avait alors si peu de différence de prix entre le froment et l'orge, eu égard à la différence de produit, que les fermiers abandonnaient non-seulement la culture du blé de printemps, mais même celle du blé d'hiver; qu'il y a bien d’autres choses aussi utiles que le blé de printemps, comme l'ino- culation, la vaccine, eic., qui ont éprouvé d’abord beaucoup de difficulté à s'établir; que, quoique, dans des circonstances par- ticulières, cette espèce de blé n’ait pas tou- jours répondu à l'attente de ceux qui lont essayée depuis peu de temps, elle a réussi à souhait dans plusieurs cas, et qu’elle constitue la culture dominante d’un canton très-étendu, celui de South-Holland, dans le Lincolnshire; que la culture du blé est devenue plus essen- tielle que jamais, depuis qu’il est plus généra- lement employé comme substance alimentaire, et que son prix dédommage plus amplement le cultivateur. Quand on aura pesé toutes ces circonstances, on aura de la peine à prouver; par de bonnes raisons, qu’on ne doit pas cul- tiver le blé de printemps dans les cantons propres à fournir cette grande ressource na- tionale, sans laquelle ce pays ne peut jamais s'affranchir entièrement de sa dépendance à l'égard des étrangers. Ç 59%) » On a‘objecté que la récolte du blé de printemps se croiserait avec celle du blé d'hiver, et qu’il serait difficile d’assigner un assolement dans lequel il pût entrer conve- nablement; je réponds à cela qu'il faudrait réserver la première espèce aux terrains et aux climats qui ne sont pas propres à la se- conde, ou dans lesquels le blé d'hiver est sujet à la nielle. Quoique la culture du blé de mars ne soit pas susceptible de s'étendre à doutes Les localités, il est très-probable qu’elle doit réussir dans les contrées marécageuses et dans les terres légères où la gelée est fu- neste au blé d'hiver. Je croirais que dans ces sortes de terrains on pourrait adopter l’as- solement suivant: 1.° les turnips, ou dans les fonds marécageux, le chou; 2.° le blé de printemps; 3.° le trèfle, et 4.° l’avoine. Si, après la récolte du trèfle, la terre reste en pâturage pendant une année, la récolte des avoines sera certaine et abondante. » Mon opinion relativement à la convenance qu'il y aurait de cultiver le blé de printemps dans les montagnes d'Irlande et d'Écosse, se fortifie de l’approbation que donnait à ce projet feu M. John Walken, professeur d'histoire naturelle à l’université d'Edim- bourg, de tous les hommes le plus capable et Je? rature qu* mand cult sans ce Si ) tal » Q » n ) C0 ) Fr jel j je ) 1 »] = lé de Sd blé - tin = COnve. æ faudrait r'ains et æ; sv. fer est =«lu lé endre 4 Su elle uses ( fu- DNS mr| x. œu dus le ble AVOIR Æ: rte récolie E. 70e ntens COS, ait à m>sseur Edin- z spull ( 398) et le plus versé dans cette branche de litté- rature, que j'aie connu. Dans un ouvrage qui vient d’être publié, et qu’on peut recom- mander, en toute sûreté, à l’attention des cultivateurs soit du nord, soit du midi, mais sans aucun doute au premiers en particulier, ce savant professeur établit:« Que le véri- » » Ÿ table blé d'été, suivant la dénomination qu’il lui donne, est un grain très-peu con- nu dans ce pays, quoiqu’on le cultive beau- coup dans les parties septentrionales de la France, dans les îles de Jersey et Gernsey, et dans d’autres pays. Il fut apporté, de Jersey, dans lP'Ayrshire, au printemps de 1766, par Jean, comte de Londoun. On le sema le 7 avril, dans une terre argileuse, près le château de Londoun, et on le fau- cha le 26 septembre. Dans un terrain plus précoce du même voisinage, on le sema le 4 avril, et on le faucha le 4 septembre. Il rapporta, dans les deux endroits, dix bolls de blé, mesure de Lintightgow( plus de quarante boisseaux de Winchester} par acre écossais. Un boll de ce grain ne se trouva peser que deux livres de moins qu’un boll de blé d'hiver. » Etant resté en terre le même temps qu'un semis d'avoine, il fut vérifié qu’il n’épuisait x ( 29%? !; » pas le fonds plus qu'une moisson de cette » dernière plante. Il faut avouer que notre blé » d'hiver ordinaire n’aurait pas donné un tel » produit, ou plutôt qu’il n’aurait pas rapporté » un seul épi dans le même espace de temps. » I paraît donc que ce blé convient mieux aux » climats du nord qu’à ceux du midi; qu'il » pourrait réussir dans plusieurs cantons du » midi de l'Écosse, où l’on ne sème pas de » blé d'hiver, et que de toutes les variétés de » blé, c’est celle qui promet le plus de succès » dans les pays de montagnes.» » Il est bon d'ajouter que M. John Wright de Pickworth, pres Stamford, qui a fait plu- sieurs expériences pour le Bureau d’agricul- ture, avec beaucoup d'intelligence et d’exac- titude, a rendu compte d’un de ces essais, qui, bien que calculé sur une petite échelle, est décisif en faveur du blé de printemps. Il sema quatre espèces de graines dans un es- pace de quatre demi-perches; tout fut semé le même jour; savoir: le 8 avril 1805. En voici le résuitat: ESPECES ARE X NEA EE RAUNTR de par quart comparalive SEMENCES. DE BOISSEAU. DU PRODUIT. 1 Blé de printemps Shive D 1 lv. 4 s. 7 d. et demi. 2 1Orpe e 1 iv. 16 sous. r'hve 2s:7 d°et demi, 3xAyoimes-2s... 1 vx& sous. 1 live 1 s. 2 d. un quart & Blé d’antomne.…. SUIiY:.»» 15 5, 2 d..un quart | Oe cette xs CE(| apporté = Len, MS eux aur x; qu 59 ns du AS pas de æ clés de VRUCCS Tadright 8\ y hs mul. œ l'ex = ct, \Sthelk, fais. D Ipægun€S- gi senè C ÿ, Fo et | TE LE —— ce, el demi 0e etdetile un Quid æ_c Û un quit su! ( 00* » M. Wright observe que la rapidité avec laquelle ie blé de printemps avait levé était vraiment étonnante; que le blé d'automne, pour avoir été semé trop tôt(le 8 avril), avait été infecté par la nielle, et qu'il n'avait été fauché que le 20 septembre, au lieu que le premier l’avait été le 31 août. On peut con- clure, de cette expérience, que la récolte du blé de printemps donne plus de bénéfice que celle de l'orge, en calculant l’une à soixante sous le quart, et l’autre à trente-six. » M. Young, dans son Rapport sur Pagri- eulture d’Essex, dit qu’aux environs d’An- dleyend, la nielle est si commune et si dé- sastreuse, qu’on évite de semer du blé, et que lord Braybrooke n’en sème quelquefois pas un grain dans un domaine de quatre cents acres de terre labourable. Ne serait-ce pas là le cas d’essayer Le blé de printemps?» Telles sont les idées de MM. Banks, Sin- clair, Walken, etc. Une rencontre singulière fait que nous pos- sédons un grand nombre de blés d'été, tous propres à résoudre le problème dont les An- glais paraissent si fort occupés. La liste de ces grains est l’objet d’un dernier chapitre, qui doit couronner çet ouvrage. Ps Ts ls RS SE Se 2 D nn CHAPITRE XVIITL Des pépinières céréales, essayées par| Auteur. Principales espèces de froment et de seigle d'été, qu'il y a cultivées, et qu’il a répan- dues dans plusieurs pays de montagnes. Blés de mars ordinaires. Blés renflés. Grand, épeautre. Blé de Smyrne. Blé de Pologne. Seigle d'été, autrement marséche ou tramise. TDixs Ie nord de l'Europe, la rigueur des hivers ne permet de semer que des grains printanniers; on en fait la récolte tous les ans et sans alterner. Les neiges et les longues pluies suffisent à lPengrais des terres; mais on sent que cette culture laisse, en d’autres climats; iout le temps de l'automne et de Yhiver, souvent très-long, pour amender la terre, même pour alterner avec des plantes enfouies, ou avec des racines qu'on ne lais- serait pas grainer. Nos pays de montagnes peuvent s'approprier cet assolement annuel qui prête à des combinaisons très simples et St Auteur, ! seigle [2 ñ Au répar- Des, Blé| SN Grand.| NI logne, Orrse, eu ds c gras Eos À 3 longuis is: wi d'autres LL onder le pluies 1 né[ais .tagné £ anaul < wplé 4 très-favorables. Jai désiré d'y concourir en recherchant les grains qui viendraient le plus vite et dans les sols les moins fertiles. Voila pourquoi, depuis long-temps, jai réuni et cultivé comparativement un nombre assez considérable des meilleures variétés en blés et en seigles de mars, dans des terrains choi- sis exprès très-médiocres, que j'ai cru pou- voir appeler des Pépinières céréales, puisque ce sont des séminaires où j'élève en effet des grains uniquement destinés à porter ailleurs la semence de leurs espèces. Tous les grains que j'élève sont distribués en rayons, afin qu’on puisse les sarcler, les biner et les rechausser avec plus de facilité. Je conseille à tous ceux qui voudront avoir de beau grain, même dans les pays fertiles, d’imiter ma précaution, et d’affecter un coin de terre pour y soigner les blés qu’ils réservent à leurs semailles. Si l’on établissait partout ces pépinières céréales, il en résulterait une amélioration importante et universelle dans notre agriculture; tous les propriétaires; tous les fermiers se piqueraient d’une heureuse émulation; les résultats de ce concours deviendraient, d'année en année, plus fructueux et plus utiles; il s’établirait des échanges et un commerce général des grains les meilleurs, les plus beaux et les plus ( 398) productifs. Voici l’état de ceux que j'ai re- marqués jusqu'ici, comme les plus avanta- geux pour semer au printemps, et sur-tout dans les sols peu riches. I. Blés de mars ordinaires. 1.° Blés ras. Le blé d'automne, non barbu, qu'on cultive communément dans les environs de Paris, de Meaux, d'Amiens, de Char- tres, etc., ma semblé le meilleur de tous, par son produit en gerbes, par la qualité de son pain, par celle de sa paille. Il y a, dans la même espèce, un blé d'été qu'on sème en mars, qui est aussi un froment ras, et qui donne un peu moins que le froment d’au- tomne. Cette variété de blé de mars est pré= cieuse, mais elle veut de bonnes terres. Je m'y suis donc moins attaché qu’à des variétés qui m'ont paru moins difficiles sur la qualité du terrain, et qui entraient mieux dans mes vues. 2.9 Blés printanniers, barbus. J'en ai cul- tivé un grand nombre, à la tête desquels je dois mettre le blé srimenia, blé de Sicile, qui m'a été, comme j'ai dit, adressé de Salerne, par ordre d’un grand Prince. Ce froment ne s'est guère élevé au-dela d’un mètre, Il ne Nag dit| fat: fron et tout men Va s terre est ou( sur { 599) 5 Ds s’est point abâtardi dans le sol peu fécond dE où je l'ai cultivé. Il a müri en quatre mois. w‘nt Voyez le Rapport sur ce blé, inséré ci-dessus, pages 335 et suivantes. Ce rapport doit ree-: tifier ce qu’en disent M. Dickson(ci-dessus, a page 377), et M. Sinclair( page 381). M. Michaux m’a rapporté, de son voyage x harln, en Amérique, du blé hâtif de Virginie, qui 29)hvirone ressemblait assez à celui de Sicile, mais qui 1 Chur- west pas venu à bien, ayant été perdu de ou, rouille. up lé de M. Thouin m'avait donné du blé rouge ‘l dans d'Égypte, plus petit que lé précédent, et dk ex beaucoup plus précoce; mais il a peu rendu Bi qui en grains. Me dar M. Thouin m'avait aussi donné du blé de st pi Nagpour; mais je n’ai pas trouvé qu’il répon- À Mares, Je dit en rien à l’espérance que m'en avaient Dhanétés fait naître les descriptions merveilleuses de ce “pualite froment de l'Inde, par feu M. de Cossigny as mes et par M. Legoux de Flaix. Ce dernier sur- tout le présente comme le premier des fro- MATE mens. Les Indiens l’appellent /&« substance de “re je la substance. A1 n’est que quatre mois en > ,qui terre; son grain a peu d’écorce; sa paille 1e, est excellente, etc. Quand on lit ces détails, jen 1 ou ceux que d’autres voyageurs nous donnent :.]l m sur les blés des pays éloignés, par exemple, ( 400) sur ce froment vanté chez les Chinois, qui tent tout à la fois du froment et du riz, on ne peut s'empêcher de désirer bien vivement qu'on ne se borne pas à des relations faites pour irriter nos besoins sans les satisfaire. Le commerce, excité par des primes considéra- bles, pourrait nous apporter ces inestimables présens, ou du moins nous mettre à portée de les apprécier. Ce serait un objet digne de la munificence d’un bienfaiteur du genre humain. En attendant, il faut, tous les ans, avant la moisson, parcourir les guérets, distin- guer les épis qui ont plus d'apparence, et cultiver leurs grains à part; c’est le moyen de faire des conquêtes économiques sans sur- tür de chez soi. Voyez à cet égard, l'exemple donné pour le riz par un Empereur de la Chine( première partie, page 313, et ci- dessus, page 202); et ceux du même genre, qui sont relatifs au froment(ci-dessus, pages 184 et 213). Les Pépinières céréales s’entretiendraient ainsi des plantes de chaque pays, et en les soignant davantage, leur donneraient plus de valeur. Une distinction légère, offerte dans chaque canton à celui qui aurait ainsi per- fectionné les semences, amèënerait des résul- iats qui iendraient du prodige. 1. Bles men Ces élevée per le yeneté les ap ques. sogral un trés je iprés substa ser d chan nent Je re que E vent male 1e| Wen: jhnt d'O ko blé Dis, qui Bi tu on Sent ins fales 2 fire.[e Æ nsidérre Æ tinables S ortée de D e deh Œaumn, D": 2rant slistin- NI, eÉ / Save aan sir < x ex: de L Bu et ü- re CUILT ae, pige drain çe ke rs de Œo dans TS L pur Bb ris (208 I. Blés renflés, fromens appelés vulgaire- ment blés d'Angleterre. Triticum turgidum. Ces fromens barbus, à gros grains, à tiges élevées et pleines, séduisent au coup d'œil par la beauté de leurs épis. J’en ai plusieurs variétés, mais trop récemment essayées pour les apprécier ici. Ces espèces sont magnifi- ques. Si elles se soutiennent dans le terrain ingrat où je les ai placées, elles offriront un trésor aux agriculteurs montagnards; mais je présume qu'il leur faut des terres plus substancielles. M. Villèle vient de m’en adres- ser de Toulouse, qui enrichiront, l’an pro- chain, ma pépinière céréale. Ces blés vien- nent du Portugal, du Roussillon, de l'Italie. Je rendrai compte par la suite des produits que jen obtiendrai. En général, c’est du midi qu'il faut faire venir les semences des blés qu’on veut accli- mater au nord, sur-tout les blés de mars. fl ne faut pas perdre de vue que le froment vient de l'Asie, et qu’il n’y est jamais qu'une plante annuelle. Surate, le Bengale, la côte d'Orixa, le Bahar et la Chine, cultivent, à la vérité, moins de blé que de riz; mais ce blé est très-beau et végète rapidement, On ( 402) ne le sème pas; on le plante toujours. Quel- quefois on l’arrose. Les navigateurs qui fré- quentent ces plages favorisées de la nature, se rendraient plus utiles et plus chers à l’Eu- rope, s'ils nous en rapportaient des épis de ces blés, que l’on peut regarder comme les fromens primitifs. Voyez aussi ce que Saussure a expérimenté en Suisse sur les fromens venus des pays mé- rédionaux( ci-dessus, page 168). Voyez également ce que M. Chancey rap- porte de M. Gardelle( ci-dessus, page 189), et ce qu'il recommande pour les fromens des pays chauds( page 200). III. Grand épeautre, ou froment épeautre, Triticum spelta. Je l'ai recu de M. Thouin, et j'en faisais déjà une estime particulière, pour la droi- ture de ses tiges et l'abondance de ses grains, même dans un sol médiocre; je n'avais à Ini objecter que la difficulté d'extraire son grain de la balle à laquelle il adhère avec tena- cité. J’ai dit qu’on était obligé d’arranger les moulins exprès dans les pays où lon cultive spécialement de l’épeautre; mais j'ai dû re- doubler mon estime pour cette plante, par TT { 48 7 D Quel ce que je viens d'en apprendre. Dans le 7\ifré- nombre des blés et des seigles de mars que 4 Tue, M. Villèle m'envoie, je trouve un paquet de si. blé de Sopoto en Albanie, qui réussit par- te faitement pour fourrages, semé au printemps, "mme(x et donne abondamment des grains, si on le laisse venir à maturité. Ce blé de Sopoto est 19 rimenit précisément l’épeautre qu'on sème avec son 29laÿs ni. enveloppe. Je me propose bien de l'essayer, “ sous deux rapports, pour son fourrage et pour Sy rap son grain. 364 180) C’est l’épeautre que l’on avait essayé de ss des planter à Berne( ci-dessus, page 63), et qu'on a vu préconisé par M. Medicus( page 176). Ce froment deviendrait plus précieux Pape encore, s’il était vrai qu'il réussit dans les ierres humides, comme M. Dickson l’assure ( page 376), et qu’il dût convenir aux sols Q à fus marécageux, dont M. Sinclair parle( page na dr 386). Alors, la Belgique elle-même pourrait s'approprier avantageusement ce grain qu'elle es gra, en 2: n ne connait pas, et que l’on croyait réservé Sn gi pour les pays arides. Ce serait un bien beau ba présent à faire aux bons cultivateurs de ma suc le Sénatorerie de Bruxelles; mais avant de le oMcultre leur offrir, je dois vérifier le fait, indiqué par dire M. Dickson, Bote, fl NE a| LUE| ( 464) IV. Blé de Smyrne, blé de Miracle, et dans les Vosges, blé de mai. Zriticum compo- siLum œstivum. Le premier des fromens qui, après avoir attiré ma curiosité et mon attention, aït le mieux répondu à mon attente et à mes vues, est le blé à épis rameux, le froment à bou- queis, froment de Smyrne, ou de Miracle, triticum compositum, non pas lespèce qui se sème en bonne terre dans l’automne, mais la variété hâtive qui se sème au printemps et vient dans les terres communes. Ce blé a essuyé en France d’assez grandes vicissitudes. On la tour à tour exalté, puis décrié outre mesure. Après l'avoir beaucoup vanté, lon finissait par le proscrire. On le cultivait mal. Ce blé venant de Smyrne et des pays chauds du levant, est un blé délicat, nécessairement printannier, et l’on voulait lui faire supporter les hivers du nord. Duhamel du Monceau en a souvent parlé. 11 observe d’abord que ce blé de Miracle, cultivé par rangées, avait produit quatre cent vingt livres de grain, pour sepi livres et demie de semence. Il croyait que ce grain devait être plus enterré que le blé ordinaire, Es =€ dns à COM pie >% ayot| 3, 1}| #$ Vues| 21: à bor- Silirace,| Re qui se| Sfhais[a gr ps et gérant Set, put Faucon) % On À 2 mme à cl lelcit Ë| vou Ex| 2 pr si, y" jes€ 9; grait inall?) et qu'il fallait aussi le moissonner plus tôt que l'autre. On avait oublié les passages de Duhamel, lorsque je réveillai l'attention des amateurs, en exposant des faits relatifs au froment de Smyrne, semé avec succès dans le départe- ment des Vosges, par M. Gerardin, profes- seur d'histoire naturelle à Epinal, dans les années VII et VIIL On peut en lire le dé- tail dans le Moniteur, du 25 fructidor an XIIT. Par la publicité que le journal officiel a donnée à ces résultats, j'ai eu occasion d'apprendre qu’on cultive le blé de Smyrne avec un succès soutenu à Auxonne, près de Dijon, dans le département de l'Ain etc, mais que presque partout on tombe dans l’er- reur de le semer avant lhiver. Le rapport le mieux fait que j'aie reçu dans le temps au sujet de ce blé de Smyrne, est celui que M. Bottin, secrétaire général de la préfecture du département du Nord, m'a fait parvenir en lan XIIL. Des expérien- ces faites pendant sept ans de suite, à Rou- baix, par M. Castaing, il résulte, 1.° que le blé de Miracle s’acclimate très-bien en France; que loin de s’y abâtardir, il s’y amé- liore sensiblement par la culture; 2.° qu’un sol gras et argileux lui convient moins qu'un ( 406) terraim sablonneux où pierreux; 3.° qu'il est sujet à souffrir de la gelée, et qu’il a donné des tiges plus fortes lorsqu'il a éte semé au printemps; qu’ainsi la nature la réservé pour remplacer utilement après l’hiver les grains détruits par la rigueur de cette saison, ou pour fertiliser les terres que la neige ne rend accessibles à la charrue que très-tard. Le bulletin de la Société d'agriculture du département de l'Hérault, du 15 novembre 1807, contient un Mémoire de M. Vigaroux, sur la culture de ce blé, que M. Vigaroux a traité comme blé d'automne. Un hectare semé de cent quatre-vingt-quinze litres, à produit une récolte de trois mille neuf cents litres, sans compter ce qui s’en est perdu à la moisson faite par un temps trop sec. M. Vigaroux observe aussi que dans l'Asie mi- neure, pays où l’on cultive ce grain, on ne le scie que la nuit, ou par un temps humide. Il en a fait de bon pain, un peu jaunûtre. De soixante-trois livres de fine fleur, on à obtenu quatre-vingt-trois livres d’un pain ex- cellent. M. de Saivres de Saint-Remy, a cultivé avec succès le blé de Smyrne, appelé fro- ment à gousseau, dans le département des deux Sèvres, Chaque boisseau de ce froment Jui 6: peu far rendu un. L et gro coupé un gl infecté tistiqi à sort P pépini ne} d les an encor font Ces dece et, la duit de s a be qe qu'il creus les hack vieil nn. 7 A es =: dnné S son ïl 20 176 pour ES pra ‘Son, où S re ren st=!, dure di ren Uuroux, Llarout sÙ Clare Ses,: ae À cents perd sise, M, BP ie m:- H& on né quuide munie, SI, on à ŒuUn C- altixé CE fro- ant dés a ( 497) lui en a donné dix un quart, dans une année peu favorable, tandis que le blé du pays a rendu seulement deux boisseaux et demi pour un. La farine en est belle. Sa paille haute et grosse augmente les engrais et peut être coupée fort au-dessus du sol, ce qui procure un grain plus pur dans les terres humides, infectées de mauvaises herbes.( Annuaire sta- tistique des deux Sèvres, pour l’an XIIT). A ces détails, j'ajouterai les faits qui me sont personnels. Depuis plusieurs années, ma pépinière céréale est enrichie du blé de Smyr- ne, de l'espèce précoce. Je l'ai ressemé tous les ans aux mois de mars, d'avril, et même encore au mois de mai. Ses épis à bouquets font l’admiration de tous ceux qui les voient. Ces épis contiennent toujours beaucoup plus de cent grains d’un blé qui fait la pâte courte et lasse ceux qui la pétrissent, mais qui pro- duit de très-bon pain en y mélant un peu de seigle. IL müûrit en moins de cinq mois. Il a besoin d’être semé plus avant dans la terre que les autres fromens, et d’être récolté avant qu'il soit tout-à-fait mür. Sa paille n’est pas creuse. Fraiche battue, elle est recherchée par les vaches, Elle est meilleure encore à être hachée ou coupée pour les chevaux. Plus vieille, elle offre à l'art du couvreur, dans ses ( 408) tubes longs et solides, une matière première plus durable que la paille du blé commun. On en fait de bons paillassons, etc. Au total, c’est un très-bon blé, vu sa précocité et sa fécondité. On m'en a demandé en Bavière, et ailleurs. J'en ai envoyé des épis dans plu- sieurs contrées différentes. Tous les résultats me confirment dans l’idée que ce blé, semé comme froment d'été, peut venir dans les sols où le blé ordinaire ne croît pas avec avantage. C’est un trésor pour nos montagnes. Puissent leurs pauvres habitans être à portée d'en profiter et de substituer ainsi un pain savoureux, un vrai pain, à la pâte grossière de sarrasin, d'avoine et d'orge, dont ils ont été trop long-temps obligés de se con- tenter! Il y a une circonstance qui a souvent contra- rié la culture du blé de Smyrne. Les oiseaux en sont très-avides, ainsi que les lapins, les lièvres, etc. Aussi, n'est-il pas propre à de peus essais. 11 faut le semer en plein champ, dans la sole des autres blés. Pour les ex- périences qu’on veut faire dans les jardins, il vaut mieux employer lépeautre dont il vient d’être question, et que ses enveloppes défendent contre les moineaux. Ve Ÿ. Al mêr sil; d'A LÉ fromt qe no! vaph première Cnun.| Anti, "ILE et ça Bavière| ‘dans pl| | lé, semé! dans les 1pas avit Crlagnes,| 5 portée in pain| Qt ere "dut 12 S6 OU: at Coulras c5 OA lapins, pre ab a cp "les er: jar; dont 1) veloprs| [ on}) V. Blé de Pologne, désigné tres-impropre- ment sousles différens noms de seigle de Rus- 1: 3 CU AE; RE sie, seigle de Sibérie, froment d'Egypte, d’Astracan, etc. Zriticum Polonicum. 11 a déja été question plusieurs fois de ce froment, connu, ou plutôt, déguisé sous tant de noms impropres; car c’est l’orge de Sibérie, rappelé ci-dessus, pages 37-38. C'est le blé, justement loué par Haller, page 173; par Koœler, page 175; par M. Chancey, page 186. Est-ce le seigle blanc, annoncé page 263? Est-ce le meilleur seigle, spécifié par Borowski, page 330? Serait-ce le blé de prin- temps dont Catherine If avait fait présent au Roi d'Angleterre, et qu'on a laissé perdre, page 395? Il y a lieu de le penser. On l'avait porté à Quebec, comme seigle de Sibérie; et ensuite, on l'a rapporté de Quebec à Rouen, comme seigle du Canada. La confusion introduite par ces dénomi- mations a long-temps subsisté et obscurci les notions relatives à cette espèce de froment, remarquable par son grain allongé, sem- blable à un fort grain de seigle. En 1792, époque où le blé de Pologne à été mieux connu en France, le département des Ar- dennes publia, sur ce grain, un Mémoire II. Partie. 13 { go}) important, rédigé par M. Toupet, qui, lui- même, ne connaissait ce grain si précieux que sous le nom, très-érroné, de seigle de Rus- sie. M. Giliot, commissaire ordonnateur des guerres, avait fait présent à M. Toupet, en 1784, de neuf grains de ce blé. Ces neuf grains semés au printemps, et leurs produits croissans cultivés d'année en année, près de la ville de Givet, dans un sol médiocre, avaient rendu en 1791, deux setiers et demi. Dix-neuf livres de ce grain ayant été moulues, avaient produit trois livres de son et seize de farine. Quinze livres de cette farine, pétries, avaient absorbé neuf livres et demie d’eau, et avaient rendu, hors du four, vingt-deux livres de pain, et ce pain était excellent. Il résultait des expériences suivies par M. Toupet, que ce grain peut être comparé au froment, par sa qualité et son rapport; qu'il assure, en cas de disette et de dévastation, ou autre événe- ment de cetie nature, une nourriture très- saine; qu'il peut se semer dans le courant de mai, et se récolter en septembre; qu'il ne veut pas être semé dans un terrain trop gras, parce qu'il se réduit pour lors à de la paille, qui est, à la vérité surprenante, elc. Le mémoire de M, Toupet fut accueilli avec , d’une hauteur enthou refroic pour mem Paris un| préc men men La! pour pas( cuu M fron it cul élo, lou ha ( 417) M ie enthousiasme; mais un rapport contraire vint| 54 refroidir le zèle qu'il avait inspiré Ssren, ke L| pour cette nouyelle culture. Feu M: Goufier, | membre de la Société royale d’agriculture de Fe) Paris, lui lut, dans la même année 1792, ue RS nl| Te.: un Précis sur l'orge à six rangs, dont il pou) préconisait avec raison le grand produit. En sd même temps, cet agronome portait du fro- 4 sas ment de Pologne un jugement peu favorable. pu La tige de ce blé lui paraissait trop faible pere pour la pesanteur de l’épi, et il ne croyait pue pas que ce froment pût devenir un objet de puni culture bien intéressant pour la France. à Baitat Miller avait pensé, au contraire, que ce uvre de froment, produisant beaucoup de farine, méri- rés lait d’être cultivé par les fermiers anglais. Le#0 Det, que cultivateur suédois, Gadd, parle aussi avec* ani, pa| éloge du froment de Pologne, et il motive ses £, au louanges.« Ce blé barbu, dit Gadd, donne ps éri la plus belle et la plus fine farine, qui est mure tr en outre proportionnellement plus abondante courant que dans tout autre blé. Le grain a l'écorce qe; qu plus fine que dans les autres espèces. On doit jun{UP le planter, et non le semer au hasaid. Mais pk), il est difficile à battre; les grains ne quittent| pau eur pas l’épi sous les premiers coups du fléau, ce qui a détourné bien des gens de le cultiver en ill at Suède. Dans la Finlande, où l’on fait sécher F ( re 9 les grains dans une étuve, on west pas ex- posé à la même difficulté.{ Bibliothèque phy- sico-économique, 1794). À cet égard, nous devons dire que la manière dont on sèche et conserve les grains, est un trait spécial de Vagriculture des Russes, que lon doit juger digne d’être imité ailleurs. Les fours à blé, en Russe, Ovin, sont de simples cabanes formées de poutres réunies, avec des ou- vertures qui se ferment à volonté. On place dans l’intérieur différentes traverses. Tout à côté de la cabane, on construit dans la terre un poële de maconnerie, dont les soupiraux s'ouvrent dans cette cabane de bois. On sus- pend aux traverses les gerbes que l’on veut sécher, et on entretient dans le poële un feu doux, ménagé de manière que la fumée entre seule dans la cabane. La chaleur fait suer les gerbes. La vapeur sort par les sou- piraux qu'on tient ouverts à volonté. Le blé; en se séchant, devient plus petit et retrait; mais l'opération le préserve des charancçons; il se conserve mieux, soit dans les magasins, soit dans les fourneaux, sur la mer; on l’ex- porle sans qu'il se gâte. Il rend beaucoup plus en farine. Quelques cultivateurs danois ont imité cette pratique.{Géographie de MI, Mentelle et Brun, vol. 2 jp Où: grains deals chen miëre qu'il les p que Fran Cap- ja de lo est à avec pin son Lost À A MS ex Lu| 2que phyi | ad, LES 2. On he E'specil fe doit je eus à D 15 cabane] >: des ul 1 Où play S, Zout 4 M Ja ter! | WpIraux L On sos ) L'on vuit poële bla fin saleur il gr les su! L. Le b| gt relral, ira AÇODS À | nagas ou lex: JauCoUl| à S anni : de IX 6#9) On a déjà parlé de ce desséchement des grains( ci-dessus, page 271). Comparez ces détails à ceux de M. Cossigny, sur le dessé- chement du riz en paille dans PAsie,( pre- mière partie, pages 327 et suivantes). Ce qu'il y a de singulier, c’est qu'il faut, dans les pays chauds, mouiller les mêmes grains que l’on a desséchés. Nas colons le l’Ile de France reéoivent du blé du Bengale et du Cap-de-Bonne-Espérance. Ils préfèrent pour- tant le pain fait avec le blé que produit l'ile de la Réunion. Dans ces différens blés, le son est adhérent au grain, et s’il n’en était séparé avec beaucoup d'attention, il donnerait au pain une couleur très-grise. Pour enlever le son, on humecte le grain, on le pile dans un mortier, on le vanne, et ensuite on le fait sécher au soleil. Ces. opérations se répètent irois fois, si l’on veut que le grain soit en- fin dépouillé du son, de manière à donner un pain éclatant de blancheur, très-léger et irès-savoureux. Ces indications devaient nous mettre Sur la voie de la manière de traiter le#riticum Polonicum, pour en faire un meilleur usage. Soit que par le manque d’étuves, on n’eût pas su tirer parti du froment de Pologne, soit que la mauvaise méthode de le semer Ex ( 44) avant l’hiver leût fait abâtardir en l'expo- Sant trop aux gelées, ce froment, si vanté d’abord, était tombé en discrédit, lorsque feu M. Saint-Genis, de la Société d’agricul- ture du département de la Seine, voulut bien me céder, en 1806, de vieux épis qui avaient plus de treize ans. J’ai semé leurs grains au hasard, et il en a manqué beaucoup; mais avec ce qui a levé ,je mé suis établi une forte semence de froment de Pologne, de façon qu’en 1808 et en 1809, j'ai pu le cultiver en grand. C’est de tous les fromens d’été celui qui a plus d'apparence, et qui est le plus tôt mûr. Son épi, fort et allongé, paraît charger beaucoup sa tige; mais nous devons encore étudier le mode de culture qui peut convenir davantage à cette espèce de froment, qui sera plus apprécié quand il sera mieux con- nu. Il est fort singulier qu'ayant demandé de ce blé sous le nom de froment de Pologne, à Hambourg, à Dantzick, à Dresde, à Ams- terdam, à Varsovie, on n’a jamais pu me comprendre. On w’a envoyé, sous ce nom, un petit blé commun, qui n’avait aucun caractère du triticum Polonicum. Enfin, j'en ai recu un épi véritable, de M. Wildenow, savant botaniste à Berlin, par le canal et les bons soins de M. de Thummel, ministre de. Saxe- Gola: mcm Paris peau frome Je pr cimer pren fat Duel pélré peus Aupus veut essai gra et: les "+ 'expne 4 î Yan =:| IE “qu D l'agriu. ] ous pré. OL 10n- ISDAt Chan 31e nçs D inile 2 tue in àite D suque de pa 1sle eu- suque de je d'être DS, mieux > Les cl- à tement du Jé = jULIEUX. Xors nu- és si LE, et à ( 417) l'hiver? Combien les contrées aflligées d’une température humide pendant ces tristes sai- sons ne doivent-elles point se féliciter de cette acquisition nouvelle? Et n’est-ce pas pour de tels bienfaits que les anciens poëtes ont rendu Cérès et Tripiolême à jamais immortels?» ( Mémoire du Lycée de lAubesn.:.25)! Enfin, le 5 septembre 1805, M. Barbié a lu à la Société d’émulation de Colmar, dé- parlement du Haut-Rhin, une Notice sur le froment de Pologne. M. Koœnig est le pre- mier qui se soit occupé, dans le Haut-Rhin, de la culture de ce blé. Cette cultûre com- mença par quelques grains qu'il en eut dans Jan X. En 1806, deux neuvièmes d’arpent d’une terre légère, bien fumés et bien la- bourés, recurent trois quarts d’un boisseau de sa récolte de l’an XII. Ce blé fut semé clair. Le produit fut de quaire cent cinquante livres. Le froment du pays rendit vingt livres de farine de moins, et vingt livres de son de plus que le blé de Pologne. Celui-ci donna un pain jaunatre moins léger et plus bis, mais plus savoureux que le pain du froment ordinaire. Le mélange, dans la proportion d'un tiers de froment de Pologne et d’un tiers de blé du pays, présenta un excellent pain. En résumant les expériences faites par x ( 418) MM. Kœnig et Barbié, celui-ci se croit aus torisé à conclure que le blé de Pologne peut aller de pair avec le plus beau froment du pays, quant à la richesse de son produit et à la qualité du pain; qu'il lui est supérieur, en ce qu'il s'accommode des plus mauvais terrains; que sa prompte végétation permet de le cultiver sur les plus hautes montagnes des Vosges, où la courte durée de l'été s’op- pose à la prospérité du froment ordinaire. Quant à la paille de ce blé, les chevaux et les bêtes à cornes en sont très-friands quand elle est hachée et un peu humectée. 1l est bon d'observer que la pâte faite avec la farine du froment de Pologne, non mélangée avec celle d’autres blés, ne se leve pas pendant la cuisson, si l’on ne prend la précaution de faire sur la pâte, avant de la mettre au four, des incisions avec un cou- teau. C’est une remarque de M. Barbié. M. le Baron Félix Desportes, préfet du département du Haut-Rhin, à qui nous avions parlé des avantages que ses administrés pour- raient retirer de la culture du ériticum Po- lonicum, en a ordonné un essai sur une des sommités des Vosges. M. Grenet, juge de paix du canton de la Poutroye, a été chargé de suivre cette expérience, Nous en ferons con- nailre {enten sais yrage dessu flatté faire {teurs dont renc jatro œud carrk 2 croit ay, loge veut 2 Oment{y >produit 4 Supérien ES mauri “ln permel S1ontane >|été VA ordinaire, 2 ETAUX e( 5 quand 195 Sir Vite More, = se ler Ex end à nt dk Bu en| D Ji, éfet di 1S aviot res pou” un Pr > 1e des s(le pas arpt di 9 ns co! ( 419) naître un jour les résultats, en publiant éga- lement ceux des autres expériences qu’aura sans doute suggérées la lecture de cet ou- vrage, comme nous l'avons présumé( ci- dessus, pages 158 et 331). Nous nous sommes flatiés que ce livre, quoiqu'imparfait, pourra faire naître, du moins, entre tous les cultiva- teurs, une émulation et une sorte de concours dont les vainqueurs seront ceux qui auront rendu au canton qu'ils habitent le service dy introduire des grains d’une meilleure espèce, ou d'améliorer les variétés existantes. Quelle carrière inépuisable ouverte au zèle agrono- mique, et qu'il nous sera doux de proclamer les noms de ceux qui auront remporté les premières palmes! VI. Seigles printanniers; où marséches, ou tramises, dans le midi. Pline est, des anciens auteurs, le seul qui ait parlé du seigle dont le nom ne se trouve dans nul autre géoponique, chez les Grecs, ni chez les Romains. IL est extrèmement pro- bable, d’après le passage de Pline, que le seigle, dont il a l'air de faire peu de cas, est originaire des Alpes, et c’est la seule céréale qu'on puisse regarder comme indigène de l'Europe. Puisqu’elle est née en France et ( 420) dans un pays de montagnes, elle a un double attrait pour moi. Je me suis attaché sur-tout aux seigles printanniers qui ne sont pas assez connus, et qui méritent cependant une atten- tion sérieuse. J’en ai plusieurs. variétés. 1.° Sur l'indication que M. Chancey ma donnée du seigle de mars, de Saint-Paul, département des Hautes-Alpes, jai demandé ce seigle à M. la Doucette, alors préfet de ce département, aujourd’hui préfet de la Roër, et J'en ai reçu des épis bien conditionnés. Le 16 mars 1809, j’en ai semé les grains à côté d’autres grains d’un beau seigle d'automne qu’on m'avait envoyé d'Anvers. L’humidité de cette année a été favorable à cette expérience, Le seigle d’automne a été plus tardif que le seigle venu des Hautes-Alpes. Tous deux ont cru avec vigueur, et se sont élevés d’une manière surprenante. Ce seigle printannier sera pour nos montagnes une acquisition qui doit être du plus grand prix. 2.9 J'ai reçu de Darney, en Vosges, un cornet de seigle de mai, qui était un peu vieux. Je lai risqué vers le 8 mai. Cepen- dant il a réussi; mais il est bien moins beau que le seigle des Hautes-Alpes. 3.° Le seigle de mars, envoyé pour du blé de Pologne, par$. A. S, Madame la Duchesse (2 ere Bt doufle Æ Sr-tont D pas ave EL ne ait. = tes, a\cey ul nil Llemaué T et de ça Mn Roër, Mlné Le S3} à cûté DMtomne 72 ANNE OUR Be que Œu eux 00! Ms d'os pe atannir DE lon Qu Z:6,m Sun pel “u Ceper- 22/0 q' du lk Jruchest | rene nm ( 421) de Courlande, a le grain plus petit. Toute Ja plante est plus chétive. 4.0 M. Désistrières, lieutenant général du pays de Carladez, dans la ci-devant Auvergne, est presque le seul écrivain français qui ait parlé en détail du seigle de mars, dans son livre qui a paru en 1774#,et qui est intitulé: L'art de cultiver les pays de montagnes. il dit que la marsèche, l'orge, l'avoine et le sar- rasin, sont les quatre grains qui réussissent le mieux dans la Haute-Auvergne; savoir: les marsèches, dans presque tous les pays de montagnes, et dans la plupart des vallées; jes sarrasins, dans quelques vallons, sur-tout aux environs d’Aurillac, vers le midi et Île couchant des montagnes du Cantal; lorge, dans la Planèse, au levant des montagnes, et Favoine, dans presque tous les pays des montagnes les plus humides et les plus élevées. Quant au seigle de mars, ou marsèche, cette planie, dit-il, a de grands avantages dans notre climat, sur tous les autres blés de mars, et on ne saurait trop en recommander la culture. Semblable au seigle d'hiver, elle réus- sit dans les terres légères, où l’on ne peut cultiver du froment sans fatiguer beaucoup le sol; elle craint peu la nielle et encore moins le charbon, quoique ces deux accidens lin= (: 4x fectent quelquefois. Les terres cependant qui joignent à la légèreté une trop grande séche- resse, ne sont pas propres aux marsèches, sur-tout dans les années de sécheresse; aussi réussit-elle mieux que le seigle dans les ter- rains un peu humides. Sans avoir les incon- véniens du trémois( froment de mars, blé de trois mois), elle équivaut presque aux blés d'hiver, et sert, sans exception, aux mêmes usages, le pain en étant également bon et plus léger, avantages que n’ont pas les autres grains de mars; car lavoine n’est compiée que pour moitié seigle, et le sarrasin pour les deux tiers; ils font d’ailleurs de très: mauvais pain. Le seigle de mars réunit à tant d'avantages celui de rafraîchir et de rétablir mieux que tout autre grain les terres échauf- fées, fatiguées, ou épuisées. Deux récoltes de ce grain deux années de suite, font disparaître la crête de coq, vulgairement nommée éar- tarièze, la plante la plus mauvaise, comme la plus commune en Auvergne. On sème le seigle de printemps en avril, et jusqu’à la fin de mai; y] marsèches craignent, plus que la plupart des mais en général, les semences des grains printanniers, la sécheresse qui survient quelquefois à la fin du printemps. On doit s'occuper d'en semer la majeure partie à ponie jabobr Désist de m duc prés| comn mais et la qui: ani P, Vame pativ après ann les: \ ant qu & che sèches, 1. Leu ee N INCON- x, blé de | ux blé & wnx| æs bon et es res Ymptee 1671 pour 21,\ ES à D rétabli er: chauf- a)lies de paraitre a CRUE scout| pd ene Le Bei l in es d Bout des as vient 0 doi rie à ( 428) bonne heure, pourvu que les terres aient été labourées à l'automne. Le sarrasin, ajoute M, Désistrières, produit plus que tout autre grain de mars; mais il est le plus casuel. La pro- duction de la marsèche n’est pas à beaucoup près aussi abondante, puisqu'elle ne produit communément que trois à quatre pour un; mais en revanche, elle paraît la plus assurée et la meilleure des récoltes dans les terrains qui s’en accommodent; et quoiqu’elle fatigue un peu plus le terrain que le blé noir, elle Vaméliore davantage, et la récolte est plus hâtive. Ainsi l’on peut semer les blés d’hiver après la marsèche, ce qu’on ne peut faire, année commune, en saison convenable après les sarrasins, D'après ce texte curieux, j’ai demandé de la marsèche à M. Riou, préfet du départe- ment du Cantal. L’envoi ne m’en est parvenu que dans les premiers jours de juin. Le 10, j'ai fait semer une partie de la marsèche qu'il a bien voulu m'adresser. On ne présu- mait pas qu’elle püt réussir, étant semée si tard; mais elle a levé et müri, et je Pai récoltée au commencement de septembre. Ce seigle est encore moins beau que le seigle des Hautes-Alpes; mais il faut voir une autre année ce qu'il pourra produire, étant semé (ay”) de meilleure heure. C’est le seigle de mars, d'Auvergne, dont M. de Scévole parle avec assez de détail(ci-dessus, page 341). Voyez aussi ce qui est dit sur le seigle d'été, dans le canton de Berne,( page 369}). 5.9 M. Villèle, agriculteur distingué, de Toulouse, m'a fait parvenir, cette année, du seigle que l’on croit une espèce particulière, pour être semée au printemps. M. de Beau- regard, son gendre, qui l’a apportée dans le temps, des bords du Volga, a souvent vérifié que le seigle des montagnes de la Haute-Ga- ronne, semé précédemment en septembre, et par la suite en mars, n’a jamais réussi comme le seigle de printemps transplanté des bords du Volga. Ce seigle est arrivé trop lard pour que je pusse l'essayer en 1809; mais il aug- méntera, en 1810, la liste des grains prin- tanniers qui composent ce que j'appelle ma pépinière céréale. Je verrai si ce seigle a quel- que ressemblance avec une espèce nouvelle, découverte en Hongrie et sur Les bords de la Mer noire, et qui est nommée secale sylrestre, ou seigle sauvage. La notice des graminées céréales qui croissent ou qui sont cultivées dans la monarchie autrichienne(#oniteur du 25 novembre 1809), dit que cette espèce de seigle donne de grandes espérances pour sa culture en grand, Le \ Di ré 1" as; À avec È\,\, B::.| [| læiné, de Wez| Me, du| 1S(ulire, À! Pare dans À Siréribié| He-Gu sabre, et| ne| Sin ai px ærn la es pr| ss le na Re aq| =Surelle, a: b al SA he, annes mes| eur di > PC le ZoOur À CONCLUSION DDC DE POV V RANGÉE: ere de multiplier les grains, lié dans cet ouvrage avec l'histoire générale de notre agr 1- culture, pourra faire de grands progrès, Si lon adopte deux idées, qui sont, pour ainsi dire, les pivots de ce livre: 1.° les comices agronomiques; 2.° Les pépinières céréales. Dans le premier volume, je suis revenu plusieurs fois sur la nécessité d’organiser par- tout en France les Comices agcenemiques (prenuëere partie, pages 292 et 429}), et j'ai formé le vœu de voir discuter mes idées dans ces assemblées agricoles. Les Pépinières céréales seraient un autre résultat important pour l’agriculture; et c'est ( 426) en insistant aussi sur leur for termine cet ouvrage. mation que je IT n’y a pas un seul village, pas une grande ferme, où l’on ne dût avoir un séminaire de ce genre pour les grains de semence. Peu de terrain y suflrait pour de simples particu- liers, ou pour de petits territoires. I] fau- drait consacrer des espaces plus étendus aux pépinières céréales d’un arrondissement, ou d’un département. Le haut prix que l’on ob- tiendrait de ces grains meilleurs et plus purs dans les temps des semailles, aurait bientôt dédommagé des soins et des avances que né- cessiterait le premier établissement. Les pé- pinières céréales étant multipliées, correspon- draient ensemble; les espèces choisies voya- geraient de proche en proche, du midi vers le nord, et rendraient peu à peu cette amé- lioration universelle et continue sur la surface de l’Empire. Quel soin plus doux et plus utile pour les propriétaires qui cherchent dans leurs terres une occupation paisible, ou même simplement une distraction heureuse! Quelle source facile de jouissances pures et de gains innocens! Les plus riches cultivateurs peu- vent, ainsi que les plus pauvres, s'attacher à former leur pépinière céréale, et jouir tous les ans de l’accroissement des produits et du eng qu'ils pour que| patul cultu ne d coûte opér fluei sens para qhi ces que dan dor d'e sun tro qu pa se A7 FA que je 21e gril 2 nai £ Peu if q Partie J I fan. à dus ait 22ent, M Flon cb S 5 purs Bent De né- mis À AUS EC Foy ai vers >: ani ntace gas ul: L+ dans € Den Quel cc 4 peu k acher er OU j et di ( 427) ehangement favorable des espèces de grains qu'ils auront élevés et métamorphosés. Et pour user ainside Îa puissance merveilleuse que l'industrie humaine peut exercer sur la nature, il ne sagit pas d'innover dans les cultures ordinaires. Les pépinières céréales ne demandent ni grands efforts, ni avances coûteuses, ni instrumens nouveaux. On peut opérer des prodiges; on est le maître d’in- fluer d’une manière sûre, mais indirecte et in- sensible, sur la base des subsistances, en pré- parant d'avance et avec plus de soin les grains qui en procurent la reproduction. C’est pour ces grains d'élite que je crois devoir provo- quer une culture jardinière dont j'ai présenté dans ce Livre tant d'expériences diverses, et dont j'ai fait moi-même un grand nombre d'essais heureux. En dernière analyse, le ré- sumé de mon ouvrage et sa conclusion se trouvent dans ces mots du philosophe Wolf, qui conseille aux cultivateurs d’avoir un champ particulier pour élever les grains destinés aux semailles,(première partie, pages 42 et 45). Appuyé sur un tel suflrage, je ne crois pas m’exagérer les avantages d’une vue que j'ai mèrie pendant vingt ans avant de la rendre publique. Mes faibles efforts ne sont rien; mais si ( 428) leur exposé décide les amis de l’agriculture à établir partout ces pépinières céréales, il en résultera sans doute un perfectionnement dans les grains cultivés, qui serent mieux appropriés au climat, au sol, aux besoins de chaque contrée de l'Empire. Le succès de mon livre consistera sur-tout à faire naître cette idée; et sous ce point de vue, s'il est jugé utile aux hommes, lAuteur sera ré- compensé. Il l’est déjà bien plus qu'il n'aurait osé l'espérer, par une circonstance, dont la phi- lantropie doit graver le récit dans les ar- chives de l’histoire. Pendant qu'on achevait Pimpression de ce volume, les observations de M. John Sinclair, sur la nécessité d'encourager en Angleterre la culture des blés d’été(dont la traduction a été insérée ci-dessus, pages 374-395}), ont été remises à l’Auteur, par M. le Général Brenier, arrivant d’Angleierre, où il avait été prisonnier de guerre. Elles étaient accom- pagnées d’une lettre adressée au Président de la Société d'agriculture de Paris. M. le Che- valier Sinclair témoignait Le désir que la So- ciété püt obtenir du Gouvernement la-per- mission d'envoyer en Angleterre du blé de mars, pour faire des expériences sur la cul- toute {a| Bure Y]|€ di jeul ann Job se g0ÿ Vie \et Si 1 iculture D“, à AA _& DEL 2 soin fe Succés à| È e nailre ŒN s'1 ct HBK;era re- M2 066 1oba phi- 2ES ar- 2e de& ælincut, gletene| sduction 15),où D>énerl mp 1] aal DT ACCOU- ac ent E| r] le Che | à So a pe| ) blé& > la cu ( 429) ture de cette espèce de grain. Il réclamait cet envoi, au nom de lhumanité, znféressée à rendre la connaissance de l'agriculture, dans toutes ses branches, la plus parfaite possible. Ta lettre était datée du 1.°" avril 1809, au Bureau d'agriculture de Londres, 32, Sack- ville Street Piccadilly. La Société d'agriculture du département de la Seine a chargé PAu- teur(qui a l'honneur de la présider cette année}, de soumettre la demande de Sir John Sinclair à Son Excellence le Ministre des relations extérieures. M. le Comte de Champa- gny lui a fait l'honneur de lui répondre, de Vienne, le 4 juin 1809, qu'il avait recu sa lettre, à laquelle était jointe celle de Sir John Sinclair; et le Ministre ajoute « Sa Maresré L'Emrereur Er Ror, auquel » jai rendu compte de leur contenu, ÉTANT » TOUJOURS PORTÉ A FAVORISER LES PROGRÈS FT » L'EXTENSION DES CONNAISSANCES UTILES Fr » HOMMES, daigne permettre que la Société » d'agriculture de Paris envoie à celle de » Londres le blé de mars que celle-ci désire, pour en essayer la culture.» 7 Les circonstances dans lesquelles cette per- mission a été accordée, et l'énoncé de ses motifs, sont un texte que nous livrons à la reconnaissance des amis de l'humanité et de ( 450) l’agriculture. Nous ne devons que le transa a crire; sa sublimité magnanime n’a pas besoin de commentaire. Au reste, nous prions ceux qui auront lu cet ouvrage, et qui auraient des vues ou des|| expériences à communiquer à l’ Auteur, pour rendre ses recherches plus utiles et plus com- plettes, de vouloir bien Les adresser à la So- DA ciété d'agriculture de la Seine, sous Le cou- vert de Son Excellence zz MINISTRE DE L’IN- TÉRIEUR, Fin de la seconde et dernière partie, A lransa| 25 som S\uroni| 2es ou de Ar) PO S us com: 2: la So.| n; de cou DE LIN C gr) CARRIER VV RARE LR /R LU R Q/R LEO/ LR L/R/R LRVLRR LR/S val D ESC HA PLTSR ES CONTENUS DANS LA SECONDE PARTIE. Case. XI. Méthode de culture de l’abbé Poncelet, qui consiste sur-tout 1.°& semer de bonne heure; 2.° à espacer les grains de blé; 3.° à couper plusieurs fois leurs pousses herbacées. Deux ouvrages de cet auteur; læ& reproduction des êtres; l’histoire du froment. Expérience de Saussure, confirmant l’avan- tage des semailles hâtives. Mallet propose de faucher les blés, comme un moyen de faire refluer leur sève. On abuse de cette idée de couper les blés, pour fourrages. Page 5 Extrait de la Gazette d'agriculture, du mardi 25 février 1778. 20 Abrégé de la méthode de multiplier le blé; Art. IT Avis aux Cultivateurs. 24 Art. II. Quel est le principal objet de cette Jbid, nouvelle méthode? qui l Arë, III. De la nourriture du gramen, nommé q WE froment; du labour, et des engrais. 25| lemté {|| Art. IV. Des semailles. 27 pa} 1)| Art. V. Des moyens de multiplier les chalu-\ Pur à L meaux, et par conséquent les épis. 28| Eve Lt Art, VI. Continuation du méme sujet. Ré | U Art. VII. Continuation. Ibid. Lette | Car. XII. Méthode de planter le blé, nom- PT || mée par les Anglais plantage. Cette métho- g { de, proposée d’abord par des Français, J préconisée en Angleterre, décrite par M.#4 Marshall, est rapportée en France par M. d de Liancourt. Essais intéressans de M. Fou- ni geron- du-f'ayot. Dernière opinion de M. de bé | ÿ Liancouré. 56 Caux ‘| Succession. 80 4 sf Engrais. Ibid. TE | Préparation du sol. 8x R | Quantité de semence. 8% ep | Couvrir Les semences. 85 cel | Avantages résultant de ce procédé. Ibid. Pre Semailles. 96 Sec) Première méthode de M. Fougeron. 98 Rép Deuxième méthode. 99 217 Troisième méthode. Ibid. à État des dépenses faites pour chaque méthode Œ F1 en particulier; et du produit que chacune de a donné, sans y comprendre les labours f quL q > rom qui ont eu lieu pour toutes les trois éva- Ke 25 lement, et de là manière usitée dans de 27 pays. Premier procédé. 100 es che Deuxième méthode. 102. 5. À Troisième méthode. 102 Sujé. 2 Récapitulation. 102 hi Lettre de M. Fougeron-du-Fayot à lAuteur; Dé none Pour lui faire part d’une quatrième méthode D 4e mél| qu’il venait d'essayer, et qu’il croyait pré- S rurui| Jérable aux trois autres. 105 Sr 1 Réponse de M. de Liancourt à l’Auteur, du ni par A, 5 juin 1807, contenant Le résumé de ses| y 7 travaux el de ses vues sur Le plantage di RL se M, de blé. 108 se Caar. XIII. Culture du froment, par M. Vi. p| gean, département de la Charente. Expé- ni| riences de cinquante à soixante années, | Rapport de sa méthode avec la culture usitée j en Lombardie et en Toscane, et qui fut : celle des Romains. 11£. li Première époque. 112 + A Seconde époque. 120 4 Réponse de M. Munier à l Auteur, contenant an Rapport fait le 1.°* prairial an XIT, par ra le Comité permanent de la Société d'agri- EE culture, arts et commerce du département sm de la Charente, sur les procédés employés| aucune- A ch par le cit. Vigean, membre de. ladite So (abous IT, Partie, 1q qui ( 454) citté, dans la culture du froment et de la vigne. 127 Culture des blés. 130 Culture de la vigne. 136 Instruction sur la culture du froment, envoyée à la Société d'agriculture de.la Seine, par M. Moreau-St.-Merry, ministre de France & Parme, le 24 floréal an X. 146 Cuar. XIV. Du choix des espèces de grains, ou des meilleures sortes de plantes céréales, et 1° du froment. Travaux de la Société économique de Berne, de Haller, de MIW. Turgot, Tessier, Chancey;, Thouin, Villèle etc. Bel exemple donné par un Empereur chinois. 159 Des espèces de blé les plus avantageuses, par M. Chancey. 185 Car. XV. Suite du choix des meilleures plantes céréales. De l’orge. Descriptions de Haller. Opinion de M. Parmentier, sur la substitution de l’orge au riz. Farine d’orge préparée. Courte digression sur P'avoine, le millèt, le sarrasin, le mais et la pomme de terre. 223 s, s Az 2 LA Manière de préparer la farine d'orge. 236 Digression sur l’avoine, 240 Du millet. 245 Du sarrasin, 247 ne"4 L'1 1 C4, env » Seine, pa ade Fran 18 Je rain| S; ci] lo Vrbl Ve MW. N, Je S npureur | | s/1565 10 \ malard Eriptins à ge, sU'| rine dsl Lavoine À 2 lo pol y ve Ce} Du mais et de la pomme de terre. 249 Car. XVI. Suite du choix des meilleures céréales. Du seigle, et, à cette occasion; du méteil. Description du seigle, par Haller. Seigle- fourrage. Mémoire publié par la Société économique de Berne, sur les mé- terls. 259 Des méteils. 286 Æssai d'une solution de la question mise au concours, par la Société économique de Ber- ne ,en 1774. Chap. premier; du blé-méteil, et de ses espèces. 288 Chapitre 2; des avantages et des inconvéniens du blé-méteil. 292 €hapitre 3; de la véritable manière de pré- parer et cultiver le méteil. 307 Première section; de la préparation des ter- rains. 309 Deuxième section; du temps des semailles. 314 Troisième section; de la préparation des se- mences. 320 Cuar. XVII. Les fromens semés au prin- emps, quelquefois préférables à ceux que l’on sème en automne, peuvent souvent Y suppléer. Rapport à S. M. le Roi de Na- ples, sur le trimenia, ou blé de mars de Sicile. Observations importantes sur. les grains printanniers, en France, en Suisse, ( 456 9 en Angleterre. Mémoire de sir John Sinclair, rÂCT A 2 1 ri président du. Bureau d agriculture britan- nique, sur la nécessité d'étendre leur cul- … dure. 332 Rapport sur le triménia. 335 Lettre de M. de Scévole à M. le Prieur de Saint-Gilles. 343 Réponse à la lettre précédente. 348 Lettre sur les ensemencemens du printemps. 39 Observations pratiques d’un amateur de l’é- conomie rurale, sur la culture du froment ’été, du seigle d’été et des grains sans peau( orge nue), avec des remarques pré- sur l’agriculture en général. 357 Traduction des Observations de M. le Che- valier Sinclair, sur la nature et les avan- tages du blé de printemps, triticum æsli- vum. Lin., et sur la nécessité d’en, étendre la culture, comme ressource nationale et comme moyen de rendre la Grande Bre- tagne indépendante du commerce avec lÉ- tranger. 374 Supplément d'observations. 390 Cuar. XVIII. Des pépinières céréales essayées par lV'Auteur. Principales espèces de fro- ment et de seigle d’été qu’il y a cultivées, et quil a répandues dans plusieurs pays de montagnes, Blés de mars ordinaires, Blés n 4 n Solar, LAN 2 leur out. 12 145| Prieur à 38 fl Lfemps. gl eur de Vel | y, fament LUS sans Jyues pré-| serul. A7 Nr, le Che-| r les ame| cou ae Rien, étendre) «tionole d ande Br. «ave LE }£ gi Les ess| es À fre ! cultivées, Leurs pif quiress Bla (-437) renflés. Grand épeautre. Blé de Smyrne. Blé de Pologne. Seigle d'été, autrement marséche ou tramise. 396 TI. Blés de mars ordinaires. 1.9 Blés ras. 398 2.° Blés printanniers, barbus. Ibid. II. Blés renflés, fromens appelés vulgaire- ment blés d’ Angleterre. 4o1 III. Grand épeautre, ou froment épeautre. 4o2 IV. Blé de Smyrne, blé de Miracle; et dans les Vosges, blé de mat. 404 e L j T) y+/ x-: LE V. Blé de Pologne, désigné très-impropre ment sous Les différens noms de seigle de Russie, seigle de Sibérie, froment d'Égypte, d’ Astracan, etc. 40g VI. Seigles printanniers, où marséches, où tramises, dans le midi. 19 CoNCLUSION DE CET OUVRAGE. 4925 Anecdote importante sur les fromens d'été, 428 LP Fin de la Table des Chapitres de la seconde et dernière partie, AVIS. LL. OEuvres de M. le Sénateur Comte Francors DE NEUFOHATEAU, réunies par l’Auteur, et publiées en corps pour la première fois, commencent par ces deux volumes relatifs à l’agriculture, On va continuer cette Collecuon, en publiant deux autres volumes de phi- losophie morale; et successivement, dans le même format, paraîtront les divers Ouvrages avoués par l’Auteur, ses Poësies, ses Fables inédites, etc.etc., le tout par parties détachées, et que l’on pourra se procurer séparément, mais dont la réunion formera le Recueil complet de ses OEuvres. La Lettre sur le Robrnier, et le Traité sur la culture de la Carotte et du Panaïs, ont déjà été publiés dans le même format. Ils reparaitront cor- rigés et accrus de beaucoup de nou velles expériences. lEen NLSs ArHATEAL BAN;- N A n T DE n aiIrrMir. IRE TPEOEBITAFA —— nnS. me Panzrr. Sia. 2 10 Magenta 9 1 9 HNeod dl 7 21 † 8 .— 5 * 1 4 1 — 4 1 — 8 5 Vellow Sontrol Chart — Green — Cyan Coſour& Grey Blue