Univ.-Bibi. Giessen Ment 2 JFa M, 2₰ le Ao He. e., a 2 T2— AUX AMIS DE IAGRIOUIT TUR FE, SUR LE TRONEL ET DANS LES CHAUMIERES.’ EERY. 3—— L E Blé-froment, le Seigle et l'Orge, nommés par excellence les plantes cé- réales, sont les plus précieuses des plantes graminées qu'on cultive dans notre Europe, pour la subsistance des hommes; ainsi que le Riz en Asie, le Millet en Afrique, et le Mais en Amé- rique. Quelle famille végétale, que cette opulente famille des plantes graminées, ——— — vj qui fournit à nos alimens tant de grains V Nod EE farineux dont on ne se lasse jamais, V nel et en outre, la Canne à sucre!„ hH 2 Assaisonnement ou reméde, le Sucre i 4 n'est qu'un miel de plus. Avant tout, V u ger : Nrs il nous faut du pain; c'est le premier besoin des peuples. Pourvoir à ce be- Se soin, est la grande affaire des Rois. V aag Le pain ne vient pas de lui-mème; 7 il faut que le travail de l'homme le le an tire du sein de la terre. Rendre la V mu terre plus féconde et le travail plus V lt productif, c'est sans doute un problème alin intéressant dans tous les temps; mais in 1 aujourd'hui plus que jamais. el La valeur vénale des grains est si lds peu proportionnée, soit avec les frais Ado qu'ils exigent, soit avec leur faible cusög rapport, que la culture en est deve- 1n D nue onéreuse à beaucoup de proprié- dliee taires. 1L Un grand nombre d'expériences ten- ſſcron g tées depuis un sièécle, indiquent ce- fr aun pendant la possibilité de rendre leur te un rains aais, ucre out, mier be- öis. me; ne le fre la plus léme mals at 81 frais aible leve- prle- 8 tenl- ce- leur vij produit extrémement avantageux, mè- me dans T'exploitation d'un domaine borné. Ces moyens sont presque igno- rés, et le tableau en sera neuf pour un grand nombre de lecteurs. Nous avons recueilli ces notions éparses dans plus de cent auteurs na-— tionaux ou étrangers, dans nos propres essais et dans une correspondance sui- vie depuis long-temps avec les meil- leurs agronomes. En cultivant moins de terrain, et le cultivant mieux, on aura des mois- sons plus riches. C'est le résultat de ce livre. Il est à désirer qu'il devienne l'ob- jet d'un concours général entre tous les cultivateurs, et qu'il soit discuté dans les Comices agricoles dont nous sollicitons ici le rétablissement. Les Essais que nous rapportons en feront faire de nouveaux. On doit alb ler plus loin, en partant des données que Ton trouve ici réunies pour la —— viij premieère fois. L'art de multiplier les grains peut faire ainsi de grands pro— grès; et c'est dans cette confiance que nous osons prier les amis de l'Agri- culture, quelque rang qu'ils occupent, de recevoir la Dédicace de cet ou- vrage, qui commence le recueil de nos œuvres. LAR T —„ —— F giei hn vumu 23 N Lecor 32 Nds Le Vorall S e VäSr nu rb ———O—Z—Q—C—ꝭQ—˖ᷓ’—— (I U VRES DE M. FRANCOIS DE NEUFCHATEAV. AGCRIOCULTGR E. ART DE MULTIPLIER LES GRAINS. —õ—; ——— “ — 7 AR1 DE MULTIPLIER LES GRAINS, 0 U TABLEAU DBS EXPERIENCES CuI ONT EUV PoOUR OBIET D'améliorer la culture des Plantes céréales, Den choisir les espèces et d'en aulgmenter le produit. PAR M. FRANCOIS DE NEUFCHATEAU, SENATEUR, COMTE DE L- EMPIRE, GRAND OFFICIER 4 . DE LA LEoloN D'HoNNEUR, TITULAIRE DE LA SENATORERIE DE BiuxELIES, MrMERE DE U'INSTITUT DE FRANCE ET DES SoOCIETES D'AGRI- cULTURE DE PARIS, DE BERNE, DE LEIPSICKR, DE FLORENCE, etc. PREMIERE PARTIE. Les bonnes eæpériences de physique sont celles de la oulture de la terre. VoOLTAIRE. Sr⸗ A P A RIS, CHEZ Madame HUZARD, Libraire, rue de l'Eperon(St.-André des Arcs) u.. 1809. 4 EPERNA V, 1'IMPRIMERIE DE WaARIN-THIERRVY. ——————— 1 RI ————————õ IL A H 1 D E MULTIPLIER LES GRAINS. CHAPITRE PREMIER. De la fécondité des graines céréales, oon- sidlérées isolément, ou produits dun seud grain de blé. Eapériences sur ce point, de Miller, à Cambridge; de M. de Lavergne, médecin à Lamballe;, de l'Auteur de ce Livræ. J gloire du siècle dernier est d'avoir tourné les esprits vers les objets utiles. L'économie rurale négligée sous Louis XIV, dans les belles années de ce règne si mé-— morable, ne commanda l'attention qu'après le malheureux hiver de l'an 1709. C'est à peu pres de cette épodue que l'on peut I. Parlie. 3 (29 dater les recherches et les expériences faites par des savans français et étrangers, sur les meilleurs moyens d'augmenter le produit des graines céréales, ou de mualtiplier les grains dont l'homme se nourrit; recherches et expériences éparses dans beaucoup de livres rares et peu connus, et que je me propose de recueillir et d'abréger. Le premier de ces livres, écrit en alle- mand, est du célèbre Wolf, et a pour titre: Découverte des véritables causes do la prodigieuse maltiplication du blé,(par Chré- tien Worry, conseiller intime de S. M. le Roi de Prusse, chancelier de l'université de Halle, professeur du droit naturel des gens et des mathématiques, professeur ho- noraire à Pétersbourg, membre des aca- démies des sciences de Londres, Paris et Berlin. Troisième édition in-4.“, à Magde- bourg, 1750). Cêe philosophe illustre observe, en com- mencçant, qu'il est à désirer que l'on publie toujours les causes qui ont donné lieu à des découvertes utiles aux sciences et aux arts. Les personnes qui se contentent de connattre les découvertes déjà faites, ou mèême d'en vérifier seulement l'exactitude, se trouveraient par là encouragées à se livrer à de nouvelles ſälemo 1 9 le dert III ſorAN 3. Lettes le 11 Nalus - Plere s 3 d Gel 1 18 e, T le Loue 2 ces faites zers, sur produit iplier les echerches ucoup de ue je me en alle- t a pour ieses da la par Chréè s. M. le mniversite turel des zeur ho- des aca- Paris et u Magde- en com- on publie leu à des aux arts, connaitre eme d'en zuveraient nouvelles 7 0 4 4—O) 8 4æ. réflexions; et celles dont Phabitude est d'ap- profondir, ne rechercheraient pas en vain des procédés utiles aux arts. Cette remarque m'affermit dans le dessein que j'ai formé de retracer J'histoire des recherches et des essais sur la fécondité des graines céréales. Le célèbre Wolf dit ensuite qu'uniquement animé du désir d'èêtre utile à ses semblables, inaccessible à tout mouvement d'ambition, il n'a pour but que d'exposer d'abord, tout simplement, de quelle manière il est parvenu 1 à découvrir les véritables causes de la pro- digieuse multiplication du blé. C'est un livre français qui lui en fit naitre l'idée. Comme Français, je suis bien aise de cette circonstance- En 1705, l'abbé de Vallemont avait fait paraitre à Paris, un liyre intitulé: Les curiosités de la nature et de L'art sur la végetlion. Ce recueil fut très-recherché. L'abbé de Vallemont proposait des moyens nouveaux de perfectionner la culture des terres, et sur-tout celle des jardins. II donnait des re- cettes qu'il prétendait devoir multiplier les grains d'une manieère surprenante. C'étaient des liqueurs préparées, et principalement une matière universelle dont le nitre faisait la base. Tous ces secrets miraculeux ont été copiés dans Chomel et ailleurs, et renouvelés de nos jours, même après qu'on s'est convaincu que ce sont autant de chimères. Ces chimeères eurent alors un succès singulier. Le livre qui les contenait fut, dês 1708, traduit en alle- mand par un Sénateur de Breslau, avec quel- ques additions et de belles planches gravées qui représentaient les jardins créés pour lors à très-grands frais à Krich, en Silésie. Wolf s'empressa de lire et de méditer cet ouvrage, pour apprécier les merveilles que T'auteur annoncait. Wolf avait eu déjà Poccasion de réfléchir sur les mystères, peu connus alors, de la vé- gétation des plantes, en écrivant sa belle dissertaltion sur les rigueurs da froid de Uhiver de 1 o9, laquelle eut un grand succès, sur-tout en Angleterre. La lecture du livre de Val- lemont lui donna beaucoup à penser; Valle- mont y a recueilli beaucoup de phénomènes de la fécondité des plantes céréales. Wolf sentit le grand intérèt attaché à cette matière. Nous nous bornerons aujourd'hui au premier résultat de ses réflexions. Jusques-Jà, les récoltes des graines céréales n'avaient été traitées que suivant la routine, et on ne les avait jamais considérées qu'en masse. Wolf sentit la nécessité de décomposer le su- enouvelés onvaincu chimères liyre qui en alle— ec quel- grayèes ur lors à liter cet Mes que réſléchir e la vé- d belle 1 Uhiwer ur-tout 5 N al⸗ Valle- omeènes Wolf aatière. premier pren céréales tine, et masse. SU- 6. 55 jet qu'il désirait d approfondir, et il envisagoa pour lors le Srain de blé isolément, pour examiner ses produits et juger sa féc vondité. L'abbé d Vallemont traite fort amplement la végétation du blé, dans ses chapitres 6 et 7. Wolf étudia sur-tout ces deux chapitres- D'ailleurs, il connaissait assez le sujet des autres dissertations relatives à Tanatomie des plantes, à leurs sues nourriciers, etc. Wolf dirigea donc toute sor n attention vers le 6. me chapitre, et abrès avoir réfléchi sur sa lecture, il vit Tne F allemont y discute trois points distincts; le premier, sur le produit de plusieurs épis par un seul grain; le second, sur la manière de s'assurer ce produit pa le moyen de l'art; le troisième, sur les cau- ses auxquelles on peut Pattribuer. Wolf était instruit, har lui-méème, que la vé- 1 rité se trouve br inc ip bHalement dans les livres Ou les merveilles de la nature sont exposées avecC simplicité, sans en assigner les causes, que de longues méditations et des expériences exac- tes peuvent seules faire connaitre. Il dut se contenter d'abord de croire le fait annoncé, c'est-äà-dire celui de plusieurs épis produits par un seul grain. Le premier Sremele cité dans le livre de ,,, Vallemont, page 171, est tiré des Ephémé- ) rides des eurieuæ de la nature, pour 1671, où Pon rapporte qu'il crút en Silésie un tuyau d'orge d'une hauteur extraordinaire, lequel produisit quinze gros épis et neuf petits, tous très-grainés. Plusieurs naturalistes prétendi- rent que ce tuyau d'orge provenait de plu- sieurs grains tombés dans un mèême trou; mais Vallemont regarde cette supposition au moins comme gratuite, puisque l'expérience journa- lièere nous démontre qu'un seul grain de blé ou de chènevis donne quelquefois une tige très-élevée et très-nourrie. On lit, page 174, que Denis, médecin du Roi de France, parvint par des essais réité- rés, à obtenir d'un seul grain plus de deux cents épis. On y lit encore, page 187, que les pères de la doctrine chrétienne de Paris possédaient un bouquet d'orge ayant deux cent quarante-neuf tuyaux, tous provenus d'une seule graine, et sur lesquels on comptait dix-huit mille grains. bage 196, Vallemont rapporte, d'après les voyages de Monconys, qu'un Anglais ayant fait couper son blé en verd, les liges qui s'élevèrent sur chaque racine donnèrent jus- 3 qu'à cent épis. Enfin, chapitre 7, page 208 et suivantes, on trouye des exemples extraits des Mémol- ¶ qeur 1 fautel 33 mai 13 aneb dat 100 1700 E Eskn dagu Tc lu Gumip I dot v u In e due dlidh Poor Daut us depi S el glb ecollal I Our 1671 4. 17 res de l'Académie royale des Seiences, de 2 un tuvau 1— . 1700, Où Dodart dit avoir eu en sa POssess1on e, leque„.—.. ' leqnel deux épis; Pun contenait soixante grains, et dis e T'autre une plus grande quantité. Ce physicien Aiene. avait vu, en outre, chez le président Tam- de Piu⸗ bonneau, deux pieds de froment, dont l'un Ung ahs était composé de trente-deux tuyaux; chacun Ainh de ces tuyaux était surmonté de dix épis; Jouihä- chaque épi renfermait trente grains, non n de ble compris celui du milieu qui en portait trente- ne lige six. On voit que ce pied seul produisit trois cent vingt épis et neuf mille sept cent quatre- decin do vingt-douze grains. 6 ais réits. Wolf avait reconnu, pages 203 et 204, en 1 de deux lisant les Mémoires méêéme de l'cadémie des Soiences, que Dodart n'était pas certain— dres de qu'une seule graine eut donné ce produit énor- aient un me; il le regardait plutéèt comme le résuliat ne-neuf de différentes racines qui, en croissant, s'étaient aine, et réunies et semblaient former une seule et uni- grains. que tige. près les En conséquence, Wolf, dénué des preuves is ayant que sa philosophie exacte lui faisait exiger iges qui pour acquérir la certitude de l'expérience rent jus-* d'autrui, en vint à douter si ces faisceaux d'épis pouvaient étre jamais provenus d'un vantes, seul grain de blé. Non seulement le fait lui Meémol⸗ semblait équivoque, mais les causes du fait 6 8) données par Vallemont, ne pouvaient rien prouver. Le systéème des enveloppes sur lequel les Mallebranchistes fondaient alors la théorie des reproductions, ne paraissait pas applicable au cas dont il s'agit- II parut donc utile à Wolf de constater d'abord la réalité de l'effet et d'en chercher ensuite la véritable cause. Ce fut dans cette vue qu'il résolat de faire de nouvelles expériences; et Pon peut d'avance étre sr du soin particulier avec lequel il dut y procéder, quand on saura qu'à cette épo- que Wolf avait déjà publié ses lois fondamen- tales de toute expérience, ou J'art de diriger 11 1 Texamen des faits singuliers d Bρ e manière à pou- voir tirer des conséquences générales à l'abri de toute méprise. Mais avant que de rendre compte des essais importans et scrupuleux de Wolf, nous croyons devoir, avant tout, joindre aux premiers exemples de la fécondité d'une graine unique de plé, rapportés ci-dessus d'après Pabbé de Vallemont, d'autres exemples plus précis obtenus dans le mèême genre, et qui ne lais- sent aucun doute sur la prodigieuse multipli- cation et la puissance fécondante dont un seul grain de blé peut être suscepüble. 1. 3 ¹ 52 AA AlA Cette matière intéressante n'a pas été Ctudiée ſ 11 1E , Ir dhntes III 1 Tal de 8 oud gn V nreüga 1 V Dlue 331 à Lagg nent rien 2quel les sorie des ccable au à Wolf reffet et ause.(e faire de vavance 1 il dut dte épo- damen- diriger 2à pou- à'abri s essais TrOvons remiers 7 1 7 12 unlque bbé de ne Jais- aultipli- uD seul 9 avec assez de soin. L'Histoire des fromens, pu- pliée en latin par Rembert Dodonée, en 1756, n'était qu'un faible essai d'un de nos premiers 1 8 1— 1. 2 3 l r. 1 2 1 3 1 botanistes. Il mettait sur la voie des rec nerches qu'on pouvait faire sur la fécondité de ces plantes nommées par excellence, céréal 8 5 mais depuis lui, les faits relatifs à ces plantes n'avaient pas été recueillis. Un grand nombre — 3 3 14— dexemples des produits singuliers du blé, sont dispersés dans tous nos livres. Nous no— terons les principaux, et les indiquerons à peu près dans J'ordre des temps. M. Delille, dans sa note sur le vers 233 du I1.er livre des Géorgiques de Virgile ,rap- pelle, d'après Pluche, qu'on a vu un seul grain pousser sept ou huit tiges, dont chacune 2 O 2 .— 1 1 portalt un épil de p 18 de cinquante grains. Le nombre des tiges sur un même pied s'est quelquefois trouvé prodigieux; on en a compté jusqu'à trente, soixante, et près de cent. Pline raconte qu'on avait envoyé dAfrique, à Auguste, un grain qui avait poussé quatre cents tiges, et que Néron en avait reçu un sur lequel on en avait compté cinq cent soixante p. Dulard rapporte un fait pareil, et cite Pline également dans les notes de son poëme des Merbeilles de lat naturæ. — 3—* (10) 1 hvsici rahe Gonsvait ⸗ 5 Hales, physicien anglais, écrivait à notre célèbre Duhamel du Monceau, qu'en 1720, M. Hallier ayant semé dans son jardin un grain d'orge, il en eut cent cinquante quatre épis, qui contenaient trois mille trois cents . 15„— 1 2. grains. Il les sema l'année sulvante à trois je †.. Is produisirent pouces! un de l'autre; UIS produisirent un peu 3„, lequel e plus d'un boisseau, lequel ayant été semé, l en eut la troisième année quarante- einq boisseaux et un quart.( Traité de la oulture des terres, tome 2, in-8.0, pag. 22)- En 1750, un vigneron d'Acou, en Gatinois, voyant que MM. Duhamel fondaient presque toutes les espérances de leur nouvelle culture sur les labours qu'on donnait au froment pendant qu'il était en terre, et sur ce qu'on laissait à chaque grain assez de terrain pour étendre ses racines et ramasser beaucoup de nourriture, imagina de faire une expérience Gul Ini paraissait bien Propre A Passurer de la justesse de tous leurs raisonnemens. HIprofita 5 imn Worge Gui Stait leve hasard d'un grain d'orge qui était levé par hasare dans sa vigne; ct au lieu de Parracher com- me les autres herbes, il se proposa de le cultiver avec soin. Ce grain, disait-il, est isolé, il pourra étendre ses racines de toutes parts; il est dans une bonne terre, la plante ne manquera pas de nourrituxe; en joignant — 8 noſele guad 1 derre A mllhn gue oc hal 110! ſee AI (etterde de emc E ue rne q päcter naohs Nes den Cu a hwe 5. Paent hache lit à noire en 1720, ardin un te quatre bis cents à trois un peu 6 semé, ate-einq edlture paunois, presque eullure froment e qu'on in pour Loup de bérience urer de il, est e toutes a plante joignan — rI 2 à ces avantages les labours fréquens, ce pied d'orge doit, suivant les principes de la nouvelle culture, faire un progrès surprenant. Ce raisonnement fut justifié par l'expérience, puisque ce seul grain d'orge produisit deux. cents épis et environ trente petits tuyaux qui n'avaient point d'épis; quelques-uns des plus beaux tuyaux avaient quatre pieds de lon- gueur, et la plupart en avaient trois. Duhamel dit qu'il compta les grains d'un épi de moyenne grandeur. Il en contenait vingt- quatre. Ainsi un seul grain, mis en bonne terre et bien cultivé, avait produit quatre mille huit cents grains; et Duhamel ajoute que ce seul pied d'orge dont il avait conservé la paille, formait une petite gerbe.(I5id., pag. 21 et 22). Cette expérience prouve, selon Duhamel, que les labours sont plus efficaces que toutes les infusions tant vantées pour développer le germe des plantes; mais sans nous presser maintenant de déduire les conséquences, con- tinuons à exposer les phénomènes remarqua- ples de la fécondité des graines céréales. On voit dans l'Etat politique d'Angleterre, tome 8, année 1758, qu'un grain de froment qui avait crù par hasard dans une planche d'oignons et qui n'avait eu aucune 12) préparation, avait produit en Angleterre cinq mille six cents grains. Lauteur remarque qu'on n'en doit rien conclure pour la fécondité na- turelle d'un pays, ni pour la méthode de cultiver qui y est en usage; qu'on est rede- vable de ces énormes productions, à ce que les grains sont isolés etplacés dans une bonne lerre.(Traité de la culture des terres, tome 6, pag. 414). Mais voici une expérience beaucoup plus étonnante. Dans l'automne de 1765, Charles Miller, fils de Philippe Miller, célèbre bo- taniste, planta un seul grain de froment dans le jardin des plantes de Cambridge. Au prin- lemps suivant, il divisa les jets que cette plante avait poussés, les replanta, et obtint de ce. grain près de deux mille épis. L'espérance d'obtenir une production encore plus grande le détermina à recommencer T'expérience. Le 2 juin 1766, il sema quelques grains de froment rouge ordinaire. Le 8 aout, il choisit une seule plante qui avait dix-huit jets. II replanta chaque jet séparément. Plu- sieurs tallèrent encore. IIl les sépara, les re- 2 planta de nouveau. La totalité de ces tiges re- piquées monta, avant la mi-octobre, à soixante- sept. Elles furent Irès-igoureuses pendant 1 3 E ———, „ ndité na- hhode de est rede- à ce que ine bonne §, tome „Charles lebre bo- rent daus Au prin- ne cetle t obünt n enCore umencCer dix-huit eent. Plu- , les re- tiges re- solxante- pendant 85 ( 10 1 tout Phiver. Elles tallèrent pour la troisième fois, furent divisées et transplantées. Depuis la mi-mars jusqu'au 12 avril, il y eut einq cenis plantes„qui, ayant muri, donneèreni vingt et un mille neuf épis, ou cinq cent soixante-seize nille huit cent quarante grains venus d'un seul grain. Quel Iques liges avaient ju 1squ'* à cent épis, et quelques-uns de ceux-ci avaient jus- qu'à sept pouces de long. Cependant, Charles Miller ne croyait pas encore avoir poussé Pexpérience à son dernier terme, et il se proposait d'en faire un essai bien plus étendu. C'est ce que nous appre nd le détail donné par le Docteur Watson à 7 3.„ 1 la Société royale de Londres, le 24 novembre 90 1.— 1768.(Abrégé des Transacllons philosoph 8 2r N eheli me⸗ aA0 5 ques, par M. Gébelin, tome 2, pag. 132). A Limitation du jardinier Anglais, M. Fkleben, Intendant des jardins de PImpé- . ratrice de Russie, faisait voir, en T'automne 1772, un tuyau de blé à trois cent soixante- seize épis, dont les plus grands e contenaient une centaine et les plus petits une quaran- taine de grains. Cette plante provenue d'un seul grain, en avait donné vingt ou vingt- ceinq mille. ournad eneyclopédiqaue, juin 77. 3). Mais les cultivateurs et les physiciens français ne sont pas restés en demeure sur — (14) ces essais miraculeux dont la premièbre idée est due, comme on l'a vu, au livre de l'abbe de Vallemont. Buchoz, cité par Valmont de Boma re, dit avoir vu dans les mains d'un laboureur de Castelnaudary, en Languedoc, une touffe de blé composée de cent dix-sept tiges. Cette touffe lui parut de Tespèece qu'on nomme le blé froment, à épis blanecs et à barbes plus allongées. Les tiges avaient cinq pieds de hau- teur, plus solides et plus grosses que celles du froment ordinaire. Chaque épi contenait soixante grains, et la touffe„‚en tout, sept mille vingt grains. Lorsque J'on fit connaitre Pexpérience de Miller sur un pied de seigle, à Cambridge, les Gazettes économiques retentirent, sur- tout en France, de semblables prodiges. Les amateurs d'agronomie en fifrent le sujet de quelques essais curieux que Jon pouvait ne regarder que comme un simple amusement; mais, de cet amusement méme, on pouvait faire découler des conjectures et des vues pour la perfection de Tagriculture pratique. Le 8 juillet 1766, M. Gérard„ avocat à Quimper, citoyen irès-instruit et très-bien intentionné, écrivait aux auteurs de la Ca- zelte du commerce, de Cagriculture et des nenck dals re idét 2 Tabbé mare, Wureur touffe Cetle bmme plus hau- celles tenan „ sepi e de ſge, sur- Les t de l ne ent; wvait vues que. at à bien Ga- des ( finances, à Paris, qu'il venait de voir, en un jardin situé dans un des faubourgs de Quimper, un phénomène d'agriculture. C'était une seule tige de seigle qui portait soixante- trois tuyaux; le moindre des épis portait trois pouces de long, et le plus grand en avait six- La grosseur de chaque épi semblait annoncer le plus beau blé. On disait que c'était un grain tombé par hasard qui avait produit cette merveille. Dans trois endroits de ce lin, Jon avait trouvé d'autres tiges de seigle dont les unes avaient dix tuyaux, G'autres trente-huit, et d'autres cinquante- einq. On devait veiller à la récolte de tous ces épis, en compter les grains, les peser et analyser mème les racines des tiges. Un ami de M. Gérard lui avait assuré avoir vu, dans un jardin près de Quimper, un seul grain de seigle produire soixante-quinze tuyaux, et un grain de froment en porter cent vingt. Un autre lui avait remis une tige d'un seul grain d'avoine, sur laquelle il y avait vingt-deux tuy aux. Dans la méême Gazette, sous la date du 5 aoùt 1766, on rendait compte des expé- riences faites par le sieur Pruneau, à Poitiers, dans la vue d'obtenir de pareils résultats. ( 16) 7 le 6 Il sema, le 31 octobre 1765, dans son jardin, dont la terre était de médiocre valeur, soixante-douze grains de froment, partie ras 0υ 9*. partie barbu. II avait divisé son terrain en deux plate-bandes éloignées de sept pouces l'une de l'autre ‚et ses soixante-douze gCralns 3..—.37 1. e C 1 furent placés à pareille distance les uns des autres. Après les rigueurs de Thiver, il visita son blé qu'il trouva extrémement fatigué; V a Te Brair zavait Guune ſeuille der ſe chaque grain n'avait qu'une feuille de la V longuenr du dos 1 donna ongueur du doigt. II donna pour lors à sa terre un léger labour avec la pioche, et huit jours après, son plant n'était pas reconnais- V sable. Les touffes devinrent si fortes par la suite, qu'elles remplirent l'espace qui les ,( pli space qu 6 3 Ju'ell— eCSrr ane séparait, et quelles pousserent loeurs iuyaux frisernN la Haltemnr deseireh pie(s Hitemes Jusqu'’a la hauteur de cing pieds huit pouces. Sjes épis étaient si beaux, qu'il se flatta de . 3.. retirer de ses soixante-douze grains pesant 1 un gros, un boisseau du poids de vingt-deux . livres. Il n'était pas difficile, d'après ce calcul, de connaitre ce qu'une livre pesant de grains pourrait rapporter. II assurait qu'en 1765, an seul grain en produisit deux mille neuf cents. 1 Le premier de mars 1766, il sema deux rrains du froment pareil à celui qu'il avait 8 1 . 1. 1„ mis en terre dans le mois d'octobre Précée- dent. Ces deux grains portaient, le 23 juillet — ᷣ——— ———— —ᷣ—ÿ—ꝛ—ꝛ—:-—P:—⏑——n——— 1 a0- 1 196 Mawit S3 1h 88 19. R 8 fase n 1 dans Son e raleur, artie Tas, rrain en t pouces grains uns des SConnass- qui les iuyauk pouce§. alta de pe sant I arait pr 6céε- Bjvillet (t 36, chacun soixante-quatre épis, et les 1766, tuvaux étaient montés à la hauteur de cinq pieds un pouce. Ge bplé ne devait être en maturité que quinze jours après l'autre. A la fin de mars, il tira de terre plusieurs grains d'orge-bailliarge et d'avoine qui avaient poussé parmi des oignons. II les replanta dans une plate-bande à cinq pouces de distance les uns des autres. Ces grains avaient très- bien réussi; et il y avait des touffes d'avoine qui avaient poussé des jets jusqu'à la hauteur de six pieds deux pouces. Les auteurs de la Gazette remarquaient que toutes ces expériences faciles en petit, étaient impossibles en grand; mais que les agriculteurs pouvaient cependant raisonner 8₰ jusqu'à un certain point leurs travaux, d'après ces données étonnantes. Voici à cet égard des données plus ré- centes, et dont une m'est personnelle. En l'an 7, j'avais adressé à plusieurs agro- nomes des questions sur le projet qui m'oc- cupe depuis long-temps, du meilleur plan d'agriculture pour les petits domaines. La copie de ma lettre pour le citoyen Maison- neuve, fut envoyée à Chaàteauneuf, dépar- tement du Finistère. Cette lettre tomba dans les mains des Chouans, au commencemen! ——— —————————„ 618) de Pan 7, la malle du courrier ayant été dévalisée. Les chouans qui interceptaient tous les paquets du Ministère, trouvèrent que ma lettre ne parlait que d'agriculture et de bien général. IIs prirent le parti de la laisser passer, et se contentèrent de mettre une apostille sur'adresse; ce qui ne laissait pas d'étre fort remarquable, car on était au fort de la guerre civile, dans tous les pays de Pouest. Le citoyen Maisonneuve me répondit, et m'indiqua un fait extrémement intéressant, sur la production d'un seul épi de blé. Voici ce qu'il m'écrivait le 16 nivôse an 7. CITOYEN MINISTRE, «Vous voulez donner un plan d'agriculture pour les petites exploitations, et vous désirez que je vous fasse part de mes réflexions à ce sujet. Japplaudis d'autant plus à votre projet, que j'ai toujours comparé les grands propriétaires des vastes biens ruraux aux gros prochets de nos étangs. Je n'appelle pas grands propriétaires ceux qui ont une exploitation, de quelque étendue qu'elle soit, lorsqu'ils la cultivent ou la font cultiver eux- mémes. Loin d'ètre un fléau pour P'agricul- ture, ils en sont au contraire les soutiens; — — 4 —— 2 0” 2on aonld de tel E doutesgeo lolahe dant CBn reml a Naute 2. add 2 XA* gran lu ceux Suuple tout ce 5 ayant dte ptaient toum at que ma et de bien la laisser aettre une laissalt Das n(tait au 1 les pays dondit, er atéressant, ri de M. se an 7, 1 riculture s désirez lexions à à votre grands uX aux voppelle ont uné elle soit, er elx- gricul- utiens; mais ceux qui, toujours affamés d'argent, af- ferment leurs domaines au plus haut prix possible, avec des conditions aussi onéreuses que le prix même; ceux qui se tiennent dans nos grandes villes, et de la ne prennent d'autres soins de leurs biens que celui de donner quittance au bout de l'année, ces hommes sont à mon avis un des plus grands obstacles aux progrès de Pagriculture. I dévorent toujours et n'améliorent jamais. » Les petites exploitations sont très-avanta- geuses à la société; car il n'est pas douteux que cinquante hectares de terres exploités par quinze ou vingt petits cultivateurs, four- niront la subsistance d'un bien plus grand nombre d'hommes, qu'une pareille étendue de terrain réuni en une seule exploitation, toutes choses d'ailleurs étant égales. Les ex- ploitations d'une certaine étendue ont pour- tant des avantages que les petites ne sauraient remplacer; tels sont les semis d'arbres, les plantations et les essais en tous genres, im- praticables dans un petit terrain; mais enfin il existe de petites exploitations en bien plus grand nombre que les grandes. Enseigner à ceux qui les cultivent les moyens les plus simples et les plus avantageux d'en tirer tout ce qu'il est possible d'obtenir, est sans 6 250 doute rendre un service important à la société. Par exemple, la plantation du blé, pra- ticable en petit seulement, peut, avec des soins, opérer des prodiges. En lan 2, fai chez le citoyen Lavergue, médecin à La umballe, départe- ment des Cetes du Nord, un seul pied de froment portant plus de trois cent soixante épis de la plus grande beauté. Ce citoyen m'assura que ces épis contenaient plus de cinq mille grains; mais j'estime qu öils en de- vaient contenir à peu près le double. Ce citoyen, avec lequel je n'ai été que quelques minutes, me dit qu'il avait obtenu cette riche production en facilitant par des soins conti- nuels le tallage de la plante. Je suis bien éloigné de croire qu'un cultivateur puisse donner à chaque pied de blé de son champ, duelque petit qu'on le suppose, tous les soin 8 u' UII amalteur curieux peut donner à quelques plantes qu'il cultive pour son plaisir, et suis encore plus éloigné de croire qu'il puisse obtenir le mème résultat; mais comme le prodige réalisé par le eiiogen Lavergne est hors de toute proportion avec les produits communs, je pense qu'en don- nant à chaque pla ite d'un champ une partie d 9P A r lem 13 ral 3 iout) albr ib D31 9 glele 5 le 191 T lrergf; pärie g lau’s Krui les 1 — publi 1 pédecuu le gon rlant aà la blé, pra- ayec des e citoyen départe- pied de soixante e citoyen à M de AW en de⸗ louble. Cè e quelques eelte riche s conti- re qu'un pied de qu'on le g curieux v cultive u Goigué ae résuhat; le eiloyen rlion arec ueen don- une pal u16 (21 des soins qu'il a donnés aux siennes, on ob- tiendrait aussi une partie du résultat qu'il a obtenu; et quelque faible que soit cette partie, elle doit toujours être bien supérieure à tout ce qu'on obtient de mieux par la culture ordinaire. » Dans le court espace de temps que j'ai été avec le citoyen Lavergne, il me fit part des moyens employés par lui pour étendre et faire taller son froment; mais je craindrais de ne les pas détailler exactement. Je me borne à vous P'indiquer, persuadé qu'il se fera un plaisir de vous détailler les moyens ainsi 8 que le résultat, dès que vous lui en témoi- gnerez le désir.» Je m'adressai en conséquence au citoyen Lavergne: j'en reçus, le 28 ventése an 8, une réponse curieuse et satisfaisante, qui mérite d'eétre connue, parce qu'elle offre un bel exemple de la manière dont les hommes instruits en physique peuvent rendre jusqu'à leurs récréations et leurs momens perdus, utiles à P'agriculture et par conséquent au public. Un ancien a dit que les connaissances rurales semblent appartenir en propre aux médecins. La lettre que je vais citer prouve que son auteur joint, en effet, ces connaissan- 2 68 218 11 SSe 65124 C S, AUX lumien 08 de B0n Ctat. —— 22) L. LAVERGNE, Médecin à Lamballe, département des Côtes du Nord, Au Cit. WMANOOIS DE NEUVEOHA- IEA U), Membre de PInstitut nalional et diu Sénat-Conserbdtectr. «Citoyen, c'est avec plaisir que je vais vous donner P'histoire du pied de froment qui a piqué votre curiosité, et des motifs qui m'ont engagé à faire et à répéter cette expérience. » Paime T'agriculture, sans avoir le loi- sir de m'en occuper, mon état de Médecin prenant tout mon temps; cependant, j'ai un jardin à la campagne où je cultive beaucoup d'arbres et où je fais quelques essais sur différens genres de cultures. J'en ai un autre en ville où je suis souvent lans mes momens de loisir; c'est dans ce dernier que j'ai cul- tivé le pied de froment dont on vous à parlé. » Au mois de mars 1785, en me promenant dans mon jardin, j'apergus au milieu d'une plate-bande, un pied de froment barbu qui me parut très-vigoureux; on y distin- guait neuf œilletons ou bpourgeons. Je les écartai les uns des autres, en les étendant direction horizontale, et je les „ argee 3 0p Ri Gan- JE alolt al 2⁸ rerlon 01 Pkolle 23 briie M lslucb 1n Theilen 99 los K 1 unt d W. ma 111 12 allfes, IE- nterlenre iu dulrage um pement Cloc k ds am ſnas à m Je dis. dn tene h forie w 1 Daiuts uun relk. II. nui enae Cuane, Punr e 6(23) Lamhalle, chargeai de terre. II plut le lendemain; 3 Nord ſit chaud les jours suivans. Au bout de huit à neuf jours(30 mars) les neuf œilletons s'é- UEOHA- taient allongés et reprenaient leur ancienne 6 nalional et direction verticale; mais j'apergçus aux aisselles des feuilles, des œilletons naissans; je les laissai se fortifier pendant quelques jours, au bout ne je vais; 2.. desquels je leur fis la mème opération qu'aux de froment„ précédens. des motis» La température devenant de plus en péter celle. Detcr celle plus favorable, ma touffe de froment jeta tant d'œilletons qu'ils devinrent très-confus; noir le lor- mais avec du temps et des soina, je parvins Mädecin à les espacer convenablement les uns des t it, jai un autres, coupant avec des ciseaux les feuilles 1 Deaucoup intérieures qui, par leur volume et leur essäis Sur ombrage, pouvaient s'opposer au dévelop- tunantre pement de nouveaux bourgeons. Parrosais s momens de fois à autre avec l'eau de rivière que ne jai cul- j'avais à proximité. d vous à» Je chargeai toute la base de lã touffe de bon terreau, de sorte qu'elle avait l'air d'une gromenant forte taupinière d'où sortaient de tous les Nieu dune points une grande quantité de tuyaux vigou- ent Darhu reux. Elle faisait l'admiration de tous ceux „ distin- qui venaient dans le jardin. 1s. Je les»„ Quand les tuyaux commencèrent à etendant monter, ce qu'on appelle dans le pays aller et je les 624) en épis, je vis qu'environ soixante tuyaux des plus vigoureux absorbaient toute la sève, et que le reste languissait et s'étiolait. J'écar- tai et je coudai ces tiges orgueilleuses; je leur ôtai quelques-unes de leurs feuilles, et par ce procédé, je vis les tuyaux inférieurs reprendre un peu de force; mais j'avais un peu trop tardé à faire ce dernier travail. A la récolte, ma touffe de froment avait cent quarante-trois épis, dont moitié environ avait sept à huit pouces de hauteur, sans y com- prendre la partie barbue. » Penlevai ce pied de froment, sans rom- pre les racines, que je lavai bien à la rivière pour en détacher la terre; je mis la base de la touffe à la presse, pour l'applatir et la disposer à entrer dans un beau cadre que je lui destinais. » Un pareil succès et P'envie de faire mieux, m'engagea à répéter cette expérience 'année suivante, sur les deux espèces de froment que l'on cultive dans ce pays-ci, le froment barbu et le non barbu. Je semai quatre grains de chaque espèce; mais au milieu d'un travail qui m'avait coùté beau- coup de soin et qui me promettait les plus heureux résultats, je fus retenu à la cam- pagne près d'un malade. Mon devoir dut . Temporter Tamnpotte l fanea J 22 „ E 1 42 0* Eiias J- le ne Ibr ÄſG Foclce Ch Guate iis 1 anr B? Aeh bs. Kodonnepen choedo Are AWN ielb, l 7 tenara (hes fuihh Weune 1 Guis 1 NDr- i a M Tr al Mne cc, 31 Tjurr Lerh 1KeA g ULncles a 8 1 „Ne cal h de p 12 xante tuyaux oute Ia see, lolait. Pecar- eilleuses; je keuilles, et a infèrieurs ls jaxais un nier trarall. ent arait cent environ avait „Saus y Conl- at, sans rom- aà N ririère mis la hase pplatir et la adre que je le de faire expérience espèces de Pays-ci, le . Je sewai e; mais au coüté beau- tiit les plus mà la cam- qevoir dot Pemportet Pemporter sur mon amusement. La végétation avanga pendant cet intervalle, tout ce que j'avais fait fut perdu pour le but que je m'étais proposé. » Je ne perdis point courage, et dès le mois d'octobre suivant(1787), je semai en- core quatre grains de chaque espèce de fro- ment, après les avoir passés comme la première fois à la lessive des cendres ordinaires. Je les abandonnai jusqu'au mois de mars, ouù je commençai à les soiguer. En les examinant de près à cette époque, je vis que les pluies de Phiver avaient dégradé la terre autour des pieds, et qu'il y en avait quelques-uns qui n'y tenaient que par un petit nombre de ra- cines faibles et comme desséchées; mais sous la jeune touffe on apercevait de petits ma- melons qui étaient les rudimens de nouvelles racines, n'attendant que de la terre, de l'hu- midité et de la chaleur pour se développer. En examinant les autres pieds, j'y vis la mème chose. Les premières racines qui avaient nourri le pied pendant Phiver, paraissaient usées et comme flétries; et de jeunes racines blanches et vigoureuses sortaient de toutes Parts. » Je cultivai ces pieds, comme j'avais fait celui de 1785 dont j'ai parlé ci-dessus. Je fus I. Partie. 2 — (26) obligé d'y mettre des supports; car quoique la plupart des tuyaux fussent très-forts, le poids des épis et de la pluie les couchait à terre. »„ Le plus considérable de ces pieds porta trois cent trente-cinq épis; un second, près de trois cents; plusieurs, deux cents et quel- ques; tous, plus de cent quatre-vingt. Le fro- ment barbu est celui qui talla et produisit le plus. Jai conservé celui qui portait trois cent trente-cing épis. Il a pris dans mon cabinet la place qu'occupait celui de 1785, et il s'y est si bien conservé, que l'on croirait, en le voyant, qu'il ne vient que d'ètre moissonné. Je ne doute pas qu'on ne puisse encore, avec plus de soin, obtenir un plus grand produit. Cependant, j'estime qu'il peut avoir donné plus de trois mille cinq cents pour un. »„ Sur cet exemple, ouù la nature s'est plue A signaler Pexcessive fécondité dont elle a doué le froment, permettez-moi de hasarder quel- ques réflexions. » On voit, d'après cet exposé, que pour faire taller un pied de froment, ou tout autre gramen, il faut principalement porter son attention à faire nattre de nouvelles ra- eines; car on observe que les premières ra- cines se durcissent, et en quelque sorte se dessèchent au bout d'un certain temps, et —— —— Q,⏑O⏑:n———— ——— ÄMubuůç,ygyyccy— N II al 1) . 1II Maeles 9 dqrir à 1 dſnli ſ 1 1 and'D2 ep de 1 ſ yoh II elgle N 90 mIwebſe ddre i )y J b Nanl eS0 Se Kpptes(M Ccrent 13 Mpm mo phls, T Fägudlle,C-oe feghent, 28- saſe grn an Wpligern wes o 1¹ l raunl z li Le lE M' el; et 1 z Lar Quoiqlne forls, le hoidh ait à terre. s pieds porla zecond, près ents et quel- ingt. Le fro- produisit le ait trois cent mon cabinet 85,&t ASy roiralt, en le re moissouné. encore, ayec and produit. aroir donné un. re Sest plue t elle a douè sarder quel- , que pour it, ou iout rment porier nouvelles ra- eemieères ra- ue sorte 86 temps, 3 6 2) qu'il n'y a pour ainsi dire que les nouveHles racines qui donnent de la vigueur au pied. Aussi dans les champs voit-on souvent des pieds de plé assez forts en pluviòse et ven- toͤse(Féurier e mars), languir ensuite, et devenir à rien en germinal et floréal(avril et mai), époque où ils devraient avoir la plus grande vigueur. Cela vient la plupart du temps de ce que les racines d'hiver ne sont plus propres à transmettre les sucs à la plante, et que la pluie ayant dégarni ces pieds, les rudimens des jeunes racines ne peuvent at- teindre la terre pour s'y développer. » La terre du département des Côtes du Nord est assise sur la roche granitique. Les schistes qui en sont les détrimens se ren- contrent en beaucoup d'endroits. Les argiles, plus ou moins ocreuses, et ce qu'on appelle humus„ forment presque partout la terre végétale. Ces sortes de lerres sont propres au froment; celles où l'humus est mélé à un sable granitique plus ou moins pourri, sont plus légères et produisent du seigle; presque toutes portent de l'avoine et du sarrazin dont les pauvres font ici une grande consomma- tion. » Les pluies sont très-abondantes pendant Thiver, et ees sortes de terres retiennent 1 28) pour la plupart beaucoup d'eau à leur sur- face; de là vient qu'on dispose les champs par sillons profonds ou rigoles, alin de les égouter. Sans cette pratique la plupart des pieds de blé périraient par leur stagnation dans l'eau; mais cette disposition par sillons fait que les différentes averses en dégradent la partie la plus levée et dénudent le pied de blé. „ Ces observations font sentir l'avantage de rouler les blés au printemps ou de les herser et d'y faire un léger binage; suivant les es- peces de terre. Cependant, le croiriez-vous? Le laboureur ne touche point à ses blés de- puis leur emaille jusqu'à la récolte, si ce n'est pour les sarcler. II est néanmoins quel- ques petits laboureurs, sur-tout auprès des villes, qui, au printemps, béchillent leurs champs, c'est-A-dire qu'ils prennent avec la béèche la terre que les pluies de T'hiver ont entrainée du haut des sillons dans les rigoles, en chargent le sommet des sillons, l'étendent ensuite, et regarnissent aussi les pieds de blé. Ce travail est long à la vérité, mais la bonté de la récolte qui le suit dédommage amplement. „ Salut et respect: Votre coneitoyen LAV ERGNE 2 D. M.) ——————— — z Tras tn K cei dn99 vugr p 12 l 1 IE iossdcro lis cor 23 du Wn deln Vangeich aual 5 rences paqgetin nreruen Ne, Gf ſer 1 no pabod pwie 1s dOu S- Gherchan ol e 30 b J 1 me g ll, ſe le cau à leur zur- ose les Canpe les, afm de la plupart des eur Stagnalion lon par Slom n dégradenth tle pied de hle- ir Tayantage de uu de les herser suivant les es- 2 croirieg-ous tà ses Mis de- décolte, si e- umoins quel- t auprès des hillent leurs ment avec la ſe Pver ont 78 les ri goles 3 Tnen en pieds de Dlé. is la bonté de amplemenl. 29) à cette leure curieuse, je dois ajouter des remarques que j'ai faites moi-meme sur la singulière vigueur de la tige du blé et sur la transplantation dont elle est susceptible. G'est un hasard heureux qui m za valu ces notions dont on pourra tirer ensuite q luele ques utiles conséquences. Le douze novembre 1788, je trouvai par hasard, dans une de mes poches, quatre grains de blé de la récolte de 1786. Je m'a- visai de les planter dans mon jardin, près d'un mur au plein midi. Ce blé vint parfai- tement bien, mais il trouva un ennemi plus dangereux que les moineaux, dont la rapacité avait souvent détruit mes premieères expé- riences. Au mois d'avril, en bechant les banquettes du jardin, une ouvrière maladroite renversa et arr achaentièrement mes quatre pieds de blé, croyant que e'était du chiendent, et les porta, avecC les autres ordures, dans le che- min dihlie hors du jardin. Deux jours après, je reviens de la ville et cours à mon jardin; je trouve ma moisson faite et enlevée; je cherche partout; je demande à la sarcleuse où elle a déposé les ordures des plate-bandes; elle me dit qu'elle les a jetées dans le che- min; 2 pieds de blé dans une ornière, écrasés et je vais les chercher; j'y trouve les — 1 305 amortis. Je les reprends néanmoins; je les rapporte et les replante tous les quatre ensemble dans un mème trou, je les arrose et je meits deux petits bätons pour les préserver d'autres accidens. J'en eus tout le soin possible; je les cultivais et arrosais de temps en temps; enfin, vers le premier mai, le blé reprend vigueur, il reverdit et me donne des espé- rances; mais ma joie fut bien courte. Soit par malice, soit contrariété et dans J'inten- tion de me faire manquer mon expérience, un autre malotru arrache mon malheureux blé pour la seconde fois, et le porte à plus de cent pas dans le grand chemin derrière le jardin; ce ne fut encore que deux jours après que je m'en aperęus. J'allai le chercher dans . la boue et dans les ornières; cette touffe était écrasée et amortie, je la repris néanmoins, je la rapportai et la replantai pour la se- conde fois. Je n'y épargnai aucun soin; mais 2 par Peffet de ces deux arrachemens et replan- temens successifs, qui interceptèrent sans doute la séve et qui T'empéchèrent de eroitre, cette touffe resta dans Pinertie; elle reprit pourtant, mais elle ne crùt plus; je croyais qu'elle mour- rait et que je n'aurais rien à conclure de cette expérience d'abord si intéressante. Quelle fut ma surprise au printemps suivant! La tige MMoid don At el' 2- hche 1 II,8 dnl ſit Dyu- „ eut, Ir L ces 2 * 1 umoins, je les datre ensemhle osé et je mels erver d'autres Dosible; je ps en temps; Me reprend ne des espé- courte. Soit dans Linten- dexpLrienee, n malheureux orte à plus le derriere Je jours après dercher dans etouffe était néanmoins, pour la se- n soin; Mais ns et replan- nsans doute roitre, cette rit pourtant, zu'elle mour- ure de cette „Ouelle fut t! La Use passa Phiver dans une espèce de langueur qui se dissipa au mois d'avril; elle fut plus hative de huit jours que les blés de rase campagne; elle me donna quatre-vingt-six épis qui n'étaient pas bien gros, mais le blé était bon, un peu gris cendré comme le seigle. Ce phénomene parut incroyable. Plusieurs de mes amis qui le virent, ne voulaient pas s'en rapporter à leurs propres yeux, persua- dés que jamais personne n'avait vu semer du blé à la Saint-Martin d'une année, pour n'en faire la récolte que deux ans après, c'est-à- dire, le semer le 12 novembre 1788, et ne le récolter que le 28 juillet 1790. C'était contre toute vraisemblance que j'étais par- venu à faire réussir et ressusciter cette touffe de blé qui m'avait néanmoins produit quatre- vingt-six épis comme je l'ai dit ci-dessus. Ce hasard me fit faire bien des réflexions. Quoique mon blé edùt été bouleversé, qu'il cðt été deux fois vingt-quatre heures froissé, broyé et comme amorti; replanté vers la mi- avril; qu'il eùt été plus de vingt jours plus tardif que Pautre, je n'eus pas un épi qui ne fat bien sain et entier; le grain était bon; il y eut, à la vérité, des petits épis collatéraux de ces touffes replantées, qui ne donnèrent que de la paille ou de petits grains, ce que —————— 82 6( 32) j'attribuai au retard, et par conséquent au manque de séve résultant des arrachemens dont j'ai parlé. Ce succès imprévu m'avait encouragé, dans le temps, à d'autres épreuves, neuves et sin- gulières, sur la culture du froment, ou plutòt des nombreuses sortes et variétés de fromen: que j'avais rassemblées. Je savais que l'illustre Botaniste Adanson en avait cultivé plus de trois cenis variétés. Je faisais mille tentatives. non-seulement sur les espèces, mais sur le mode et les époques de ensemencement. Des blés, mis en terre au printemps, coupés plusieurs fois pour fourrage, étaient rendus, en quel- que sorte, presque trisannuels, ne donnant leur récolte qu'à la troisième année. La révo- lution a détruit le registre et tous les résul- tats de mes expériences, et je ne puis y suppléer par des souvenirs incomplets; mais je m'attache au moins à rendre un eompte exact des expériences des autres. Voilà quelques traits remarquables de la fécondité et de la force naturelle d'un seul pied de froment. Ce sont des données de ce genre qui engagèrent Wolf à tous les eéssais que je ferai connaitre dans un autre chapitre; essais qui ont donné, dans le siècle dernier, Timpulsion la plus actiye aux amis de Pagri- d nnid 1 1 nle, dll) S Arecise! 4 bn 2 Cw zm. 12 1 35 Aree ½ D' 1 Comnt Jootzn 1n De ad Lar d Onsequent alt arrachemens uragé, dans wes et sin- von plutét le fromens e Tillustre plus de entatiyes, wr lemode Des Més, bs pluseurs , en quel. donnant Ia réyo- les résul- le puis y lets; mais an compte les de la Gun seul nees de ce les éssals ehapitre; dernier, ſ n de lagri- 6 32 culture, et qui ouvrent heureusement P'his- toire des recherches et des expériences sur les meilleurs moyens d'augmenter les pro-— duits du blé Je crois ne pouvoir mieux terminer ce premier chapitre, qu'en remettant ici sous les yeux du lecteur, des vers d'un poëte comique, sur la valeur et l'importance qu'un seul grain de blé peut avoir. Supposez-vous jeté dans une ile déserte, Quand vous venez à faire un jour la découverte, Dans la poche, ou les plis de votre vêtement, D'un grain de blé, d'un senl... O quel ravissement! Quel espoir tout à coup élargit vos idées! Que vos plaines déjà vous semblent fécondées! Comme vous abritez, dans le creux de la main, Ce trésor qui pourrait suffire au genre humain! Avec quel saint amour vous préparez la terre A qui vous confiez ce germe salutaire! Comme vous épiez, sur le sol, accroupi, La pointe de verdure où doit naitre l'épi! Avec dquel soin prudent, quand son tuyau s'élève, D'eau pure, chaque jour, vous nourrissez sa sève! Comme à tous ses progrès, attentif et présent, Vous écarfez de lui tout voisin malfaisant! L'épi mürit enfin, et ce seul grain fertile, De ses nombreux en fans, couvre bientôt votre e. Les Précepteurs, Comédie. Acte IV. secdne 2. ——————————————— IHAPITITRE II. Découvertes du célèbre philosophe I olf, sur les causes dle la multiplication du blé. I. us phénomènes rassemblés dans le livre de Vallemont, sur la fécondité des plantes céréa- les, n'avaient pas vainement inspiré un grand intérét au fameux philosophe Wolf. En y ré- fléchissant, Wolf fut amené à douter si les faisceaux d'épis que l'auteur français disait etre provenus d'un seul grain de blé, avaient été réellement produits par une graine unique. Le fait lui semblait incertain, et les causes du fait données par Vallemont, étaient plus suspectes encore. Vallemont développe ces causes prétendues dans son chapitre VII. I pense avec plusieurs philosophes de ce lemps-là, et sur-tout avec Mallebranche, dans ses Recherches sur la vérité(tome 1.er, page 38), que d'après le systéeme de Pinvolution, tous les épis qui naissent pendant mille et plus, provenant d'un —,— 4¹ 9. dasoitc en bPn olf, sur bl6. Nrre de tes céréa- un grand 2n y 16- r Si les s disait avaient unique. s causes eent plus btendues pPloseeurs Cout afec sur la après le pis qui mt G'un ( 35) seul grain de blé, étaient complétement for- més et comme enveloppés dans le premier grain de froment qu'on a semé d'abord. Le premier grain, dans ce systéème, contient en soi le germe de ceux qu'il doit produire dans l'année ouù il est en terre, et ceux-ci à leur tour renferment de mème le germe de tous les produits à venir, ainsi de suite, à P'infini. Vallemont concluait de là qu'en mouillant la semence avec une eau nitrée, on pourrait obtenir, dès la première année et dans une seule récolte, les produits de plusieurs années et de plusieurs récoltes. Mais cette théorie des facultés génératives, qui était à la mode alors, ne paraissait à Wolf nullement appli- cable au cas dont il s'agit. II lui sembla plus raisonnable de constater d'abord la réalité de l'effet avant que d'en chercher la cause. «Il est aisé de voir quel est mon but, » dit-il. Je désire savoir si un seul grain de » Pplé produit plusieurs épis, et comment il » peut les produire, lorsqu'il n'offre qu'un » germe, qui, comme la semence de tous les » autres végétaux, ne parait susceptible de » donner qu'une seule tige.» Au printemps de 1709, Wolf mit deux grains d'avoine en terre, dans un jardin de Halle, en Prusse. II choisit un endroit exposé au 232——— 36) 4l soleil, et où la végétation devait éêtre plus ſe vigoureuse. II avait préféré cette exposition, 19, parce que les grains ordinaires, cultivés en 1 nll. vaste campagne, sont de mèême exposés à 16,(5O T'air et au soleil. Par la même raison ‚quoi- 1daullES que la sécheresse fut très-grande cette année- lleEn là, il n'arrosa pas ses deux grains, se con- Na1. tentant de la rosée et des eaux pluviales pour wnnä 5 humecter la terre. eols ele 9 b Les deux grains levèrent fort bien. Chacun Nesei 4 d'eux ne donna d'abord qu'une seule et unique dans ühn feuille, comme Wolf l'avait soupçonné. Au ese bout de quelque temps, il vit que de tous par” deux était sortie également une grosse touffe 3 IDe S89 d'épis portés sur de nombreux tuyaux, et ſal, h2 tous garnis de grains dont la pesanteur spé- nnt a Je cifique se trouva, lors de la récolte, surpasser Cätendl E de beaucoup le poids des grains d'avoine crus antesjin dans les champs la mème année. Chacun de lens 30 ces tuyaux avait une paille propre, qu'on des d ac- pouvait séparer, comme si, en croissant, elle Cue eh 1 se fuͤt méelée et entrelacée avec d'autres. Gndesit: Il laissa en terre ce bouquet; et comme Küie A il plut beaucoup après cette récolte, les ra- ceptela cines donnèrent deux fois des rejetons jus- Woelleb qu'à la Saint-Michel. Il y avait en quelque dngeal2 sorte, semaille et récolte à la fois. Notre des aut- Duhamel du Monceau dit aussi avoir vu un NAt AiE ———————— 2 7 ————— t tre ha exposition. vultipés en eXposés 4 on, quoi- ite année- se con- ales pour .Chacun et unique vonné. Au 2 de tous sse toufle Faux, et eur spé- urpasser oine cräs hacun de 2, qu'on ant, elle alres. omme e, les ra- ons jös- quelque Notre Vu un pied d'orge duquel sortirent, après la mois- son, des tiges secondaires qui passèrent l'hiver, et produisirent des épis dans la seconde an- née.( Elémens d'agriculture, pag. 3). Et il y a d'autres exemples de cette singularité, que les physiciens n'ont point assez étudiés. Wolkf reconnut d'abord, ce qui a été bien prouvé par des essais postérieurs et plus di- rects encore, que le mouillage des semences prescrit par Vallemont, et cette macération dans la matiere uniwerselle, n'était pas la vraie cause de la multiplication. II était constant par le fait, qu'il ne sortait de la semence immédiatement qu'un seul chalumeau prin- cipal; mais tous les tuyaux secondaires te- nant au sol par la racine, sans beaucoup sétendre à l'entour, comme il arrive aux plantes qui poussent de leurs pieds ou de leurs racines rampantes, des œilletons ou Cons, notre philosophe a conclu 0 D₰ des dra que e'était des premières tiges que les se- condes se formaient. Mais remarquant en- suite que les tiges du blé sont vides, ex- cepté dans leurs nœuds qui sont remplis de moelle et d'où partent toujours les feuilles; songeant aussi que les boutons des arbres et des autres plantes sont attachés communé- ment aux aisselles des feuilles ou au bout de leurs pétioles, il jugea que les nœuds des tiges céréales étaient comme les bourses où étaient renfermés les germes et les rudimens des feuilles et des tiges. Il expose, en détail, comment il se forma ces idées successives. Ce fut le fondement d'une nouvelle théorie. Jusque-là tout le monde avait vu le chaume du blé composé d'une paille qui est articulée, c'est-Aà- dire qu'il a par intervalle, des nœuds ou bour- relets moelleux, lesquels nœuds sont préei- sément le point d'insertion des feuilles; mais il fallait vérifier, par de nouveaux essais, ces conjectures qui n'étaient qu'un premier apercçu. Wolf fat le premier qui vit dans chacun de ces entre- nœuds, autant de nouveaux germes tous propres à s'enraciner et à s'élever en épis, si Pentre-nœud touche la terre avant de s'endurcir. Les deux premiers nœuds de la tige ne sont pas loin de la racine ni beaucoup distants l'un de †'autre. Wolf en conclut que si le grain était plus enterré, le tuyau principal, qui est le mon- tant ou le dard, en produira deux autres sortant de ses deux premiers nœuds, qui, s'élevant à ses côtés et affectant ainsi que lui une ascension droite ou perpendiculaire 3 —x v Nbo I 2 nœud. -9 1 n Bend 85 dlact 8 raenb 3'gel K db mohen 61 dux 4.nd Raire u son eilte Srn eaollr les nœuds des- 5 hourses 0d es rudimens il se forma fondement la tout le ſe composo esl-à-dire ou Dour- ont préci- nilles; mats u éssals, n premier s chacun nouveaux aer et à touche la premiers in de la 2 Lautre. ekait Phos le mon- ux aulres ds, qui, asi que Sculaire (39) à Thorizon, produisent à leur tour leurs nœuds près de la terre ou dans la terre méême, d'où doivent émaner des surgeons secondaires, etese muͤltiplier ainsi à Pinfini, suivant que l'année et le sol leur seront favorables. Wolf sentait que pour rendre sa déêcou- verte suͤre et Tamener à un tel degré d'évi- dence qu'on ne pat la révoquer en doute, il était nécessaire de faire les expériences suivantes 1.° Enterrer profondément des semences pour savoir si des nœuds qui levaient en terre, des tuyaux secondaires sortaient cons- lamment entre le tuyau principal et la feuille: 2.0 Butter, sans attendre qu'ils fussent desséchés, quelques nœuds placés au-dessus du sol, pour reconnaitre s'ils poussaient des racines et de nouvelles tiges: 3.“ Diviser un bouquet muùr, et examiner à quelle distance sont de la racine les nœuds inférieurs, et si les tuyaux sont joints entre eux 4.) Chercher si, après la récolte, on pent faire sortir une nouvelle semence: 5.2 S'il ne serait pas possible de conserver cette semence pendant l'hiver, afin d'en re- cueillir les fruits Pannée suivante: 6( 40) 6.0 Enfin, compter les épis et les grains, pour juger de la multiplication. Le savant professeur de Halle était tout plein de ces idées, lorsque le célèbre Leibnitz, un des oracles de l'Europe et l'honneur de la Germanie, passa exprès par Halle, alin de rendre sa visite à Wolf, en revenant de Vienne ouù il avait été appelé pour poser les fondemens d'une académie impériale, dont Pinfluence des jésuites empécha la création. Les deux grands philosophes s'entretinrent d'objets scientifiques et utiles. Leibnitz en- gagea fortement Wolf à suivre et à déve- lopper ses vues sur lam ultiplication du grain. Il l'y avait déjà exhorté par écrit. Wolk, satisfait d'un tel suffrage, soumit sa théorie à des expériences qu'il répéta avec grand soin en 1716 et 1717; et ces expériences confirmèrent entièrement ce qu'il avait con- jecturé. Car un seul grain d'avoine en pro- duisit six mille; un grain d'orge en donna deux mille six cent quatre-vingt-dix, quoi- que l'aridité d'un été extraordinaire eust desséché plusieurs épis. Et la gravité spéci- fique de'orge du jardin, était au poids de l'orge recueillie dans les champs, com- me quinze à quatorze. L'intérieur des grains „offrait des 7 coupés et vus au microscope „Trn, E Gder „B3 dest „ dſul- en Goern vONA colih Qut“: nent 3. aLt et Ies gräin, 1. Ile ötait kout hre Leibnite Thonneur de Halle, aln reyenant de Sur poser les ériale, dont la eréation. demtreunrent Leihnit en- el à déye- in du grain.. rit. Wolk, sa théorie wec grand expériences laxait con- ine en pro- en donna dix, quoi- ninaire eüt ayilé speci- t au poids pps, com- des grains rait des 1 841 diflérences aussi avantageuses. La longuenf des épis était eonsidérable, et un des nœuds avait donné un chalumeau rempli de vingt- quatre grains murs, quoiqu'il fuͤt saus racine propre. Wolk laissa en ierre les chaumes de quel- ques avoines, pour reconnaitre si les pailles des derniers épis accessoires, encore vertes par le bas, quoique leurs épis eussent été parfaitement murs, bourgeonneraient de nou- ; il s'apergut le 17 novembre 1717, ae, par un iemps doux, il en sortait des „] 1, Veau bouquets entiers, de petits tuyaux et beau- coup de germes. Il ne doutait aucunement que cette semence, si elle eùt été de fro- ment ou de seigle d'hiver, ne se ft conservée à Thiver et n'eùt reproduit; il pensa même que le germe ainsi conservé pourrait se dé- composer ou se marcotter, et former ensuite un nouveau bouquet. Ce n'est pas ici qu'il convient de parler des autres merveilles que les grains provenus de ces expériences découvrirent aux yeux de Wolf. Il crut trouver les causes de la carie du blé. Nous devons nous borner ici aux premiers résultats de ses expériences. Ces prodiges réalisaient les espérances du savant; il fallait en déduire les conséquences ) de pratique en faveur du cultivateur. Wolf 12n laissait aux spéculateurs, plus avides que lui, n le soin de profiter de cette démonstration; In mais il croyait avoir prouvé par ses expé-]1 riences: 1.° Combien J'art de J'agrieulture 19 était encore dans l'enfance et l'imperfection, 9 7 vu le peu de rapport des terres cultivées r suivant la méthode ordinaire. Entre autres 38 inconvéniens de cette routine abusive, il remarque la quantité de la semence précieuse dig prodiguée tous les ans, dont il n'y a pas le 12 tiers qui lève et germe encore de la manière m la plus faible: A 2.° Les semences, d'ailleurs, sont trop pen dr avant dans la terre, irop confuses et trop 1 8 pressées, tandis que si on les plaçait à une Tel- — profondeur plus grande dans un sol ameu- b n bli, et à des intervalles plus considérables 2 entre elles, de chaque grain ainsi plus enterré be et plus au large, sortiraient immanquable- Rn ment de grands faisceaux de longs épis: dii 3. Wolf tire aussi de ses essais un autre moyen d'obtenir d'abondantes récoltes. II b br conseille aux cultivateurs d'avoir un champ V L particulier pour élever les grains destinés Doc aux semailles. Ce champ, qu'on pourrait R appeler le séminaire de la ferme, ameubli, b b gu cultivé, engraissé avec soin, doit produire des ateur. Wolf es queè lui, stralion; 868 expé- griculture erlection, eultiyées tre autres dusiye, il précieuse à bes le aa warere trop pen 5 et trop it à une 3 ameu- idérables us euterré anquable- épis: un autre oltes. N n champ destinés pourrait meubli, 1 ſuire des (44 grains plus gros, plus forts, plus vigoureux, par conséquent plus proliſiques. Ces grains d'éli- te étant employés pour semence, ne sauraient manquer de donner les plus belles produe- tions, comme on voit que les animaux les plus forts et les plus robustes sont aussi les plus propres à la propagation de leur espèee. Cette mêthode de former des pépinières pour les grains, a été critiquée; mais il eùt mieux valu peut-èêtre l'essayer avec tous les soins qui en auraient certainement décidé le suecès. Paurai occasion d'y revenir plus en détail, et de montrer que Wolf n'avait rien hasardé en disant que ceux qui pren- draient les précautions convenables centu- pleraient un jour, en suivant ses idées, le produit de leurs terres. Ce savant prévoyait l'objection qu'on lui ferait, que ses essais si productifs n'avaient eu lieu qu'en très- petit et dans Penceinte d'un jardin. II ne pouvait d'avance calculer le succès qu'ils devaient bientôt obtenir en plein champ, comme nous le verrons dans peu. D'ailleurs, ce philosophe parlait d'un ton modeste et peu affirmatif. Cependant il croyait objection très-mal fondée. II pensait qu'en pleine campagne une bonne culture (pour laquelle il sentait pourtant que lIon ( 44) manquait encore de bien d'autres données et méême d'instrumens), il pensait que cette culture oebtiendrait aisément les mèmes ré- sultats. Et plusieurs observations lui servent à fouder cette idée de perfection du systéme agricole, idée qui a été reproduite depuis avec beaucoup de force par cet illustre Cha- teauvieux, syndic de T'Etat de Genève et agronome distingué. Voici ce qu'il disait en 1756, en rendant compte des succès de l'en- semencement du blé suivant une méthode dont je parlerai en son lieu: « Onne manquera pas d'observer que cette » quantité de grain qu'on a pu obtenir d'un „» aussi petit terrain, on ne l'obtiendrait pas sur » une étendue de quelques arpens. D'où pour- » rait procéder J'infériorité de la récolte? „ Je laisse à part les accidens particuliers. Mais » en supposant toutes choses égales, il parait » qu'on ne pourrait essentiellement en attri- » buer la première cause qu'au cultivateur » lui-méême, qui voit ce qu'il faut faire pour » le mieux, et qui ne l'exécute pas. » Le celèbre M. Wolf a observé il y a » long-temps, que dans de grandes pièces » de terres les plantes font de belles pro- » ductions toutes les fois que les semences y ont été convenablement enterrées et —— — u S'stéme e depuis stre Cha- enéye et lisait en de len- que cetts nir d'un t passur d pour- écolle? .— ( 45) „ qu'on les y a répandues en petite quan- „ tité; d'où il a conclu que les cbamps les » plus étendus doivent autant produire que » les petits. Toutes les fois qu'une expé-— » rience à été faite avec toutes les précau- » tions nécessaires, et qu'elle à pu réussir » sur la dixième partie d'un terrain quel- „» conque, elle doit réussir également sur „» deux dixièmes, sur trois, etc., jusqu'à la „ concurrence de tout le territoire».(rate de la culture des terres, tome 5 Ceite citation prouve que Chaàteauvieun connaissait l'ouvrage de Wolf, et nous ver- rons bientôt que les Anglais qui ont traduit cet écrit dans leur langue, ont pu, ou y puiser le systéme de la culture appelée Tul- lienne, ou profiter du moins de la eompa- raison des expériences de Wolf avec les vues de Jethro Tull. II est peut- ètre malheureux que la France n'ait pas été mise à portée de jouir dans le mèême temps, par la tra- duction, de la découverte de Wolf. Sa lecture eùt produit plusieurs effets heureux; elle aurait avancé nos connaissances agricoles, dirigé les tätonnemens de nos philosophes ruraux, et nous ne serions pas réduits à trouver indiqués comme simple soupeon dans de bons ouvrages modernes, ce que le professeur de Halle et l'ami de Leibnitz avait vu et prouvé dès 1718. Je ne puis m'empeécher de rapprocher ici la théorie de Wolf sur l'usage des feuil- les attachées aux nœuds de la tige, d'une observation de T'auteur d'un fort bon Mé- moire sur la culture du mais, que Duhamel a insérée dans son Traité de la culture, et d'un passage remarquable de Varenne de Fénille. Il est à remarquer d'abord que Wolf n'a pas borné aux seules plantes eéréales sa décou- verte sur les causes de leur multiplication. Ila réfléchi la lumière de ce nouveau principe sur tout le règne végétal. Dans le chapitre 6 et dernier de son livre, il pose en rêgle que la feuille annexée à la tige cache un rudi- ment de la plante, un nouveau germe que la feuille est destinée à reproduire. II pro- mettait même d'étendre encore cette théorie en prouvant par la suite que les plantes bul- beuses sont dans le même cas, du moins à leur manière. Il n'admettait dans la semence que la racine avec deux feuilles et un pre- mier bouton. L'accroissement ultérieur serait dů, suivant lui, aux boutons sortant de la moelle. Dans toutes les plantes, enfin, tous les boutons ont des racines que Wolf arait de Leibaitz rapprocher e des feuil- ige, d'une dbon Me- e Duhamel a culture, arenne de No wa SSà dCou- ltiplicadion. du principe chapitre 6 regle que un rudi- erme que e. M pro- tte Wéorie lantes Dul- 1 moins à la semenct et un pre- rieur serait ant de Na uin, tous folk arait „ 6, dejaà reconnues exister dans les boutons des arbres, dès an 1707; mais il croyait alors que Malpighy et Grew, si célèbres par leurs travaux sur la dissection des plantes, les avait observées; et dans sa dissertation sur le ter- rible hiver de l'an 1709, il en parlait comme de chose connue à ces naturalistes. Sa théorie est donc que la substance médullaire en- gendre les boutons, et que la feuille est destinée à les développer. Voilà ce qu'il disait en 1718; ct voici maintenant ce que MM. Delu et Varenne de Fénille ont observé long-temps après. Delu, zélé cultivateur, correspondant de Duhamel, avait conjecturé, dès 1756, que le blé de Smyrne demande d'étre plus en- terré que l'autre. En 1759 il remarque pré- cisément que le blé de miracle ne drageonne point des racines, mais du collet, de sorte que quand il a produit beaucoup de tuyaux et de gros épis, le moindre vent les met de côté. Mais quand ce grain a été mis plus avant en terre, les drageons sortent de la terre, et ils produisent des racines qui P'af- fermissent et qui l'empéchent de verser.(Traité de la culture des terres, tome 6, p. 269). Varenne de Fénille s'explique plus en détail dans son Mémoire sur le mals, en Bresse. „ (48) En parcourant, au mois d'octobre 1785, d'assez vastes champs de mais, il apergut une plante dont la taille et la beauté lIe frappèrent. Elle portait un si bel épi, que la curiosité d'examiner ses racines la lui fit arracher. II observa qu'elles avaient un étage de plus qu'aucune des plantes voisines. Pour s'expli- quer à cet égard, il observe que lorsqu'on seme le mais, sa radicule s'épanouit et se divise en plusieurs racines presque fibreuses. Le premier buttage fait pousser au-dessus du premier nœud de la tige une couronne de racines nouvelles déjà plus fortes que les ra- cines séminales. Le second buttage enve- loppe pour J'ordinaire un second nœud, et donne naissance à une seconde couronne de racines dont le diamètre excède quelquefois deux lignes. Si le buttage, s'élevant encore plus, s'approche du troisisme nœud, quand méme il n'y parviendrait qu'imparfaitement, on aperçoit les rudimens d'un troisième étage de racines, dont une partie s'est quelquefois développée et fortement enfoncée dans la terre, tandis que le reste de la couronne ressemble à de petites perles demi-sphéri- ques. La belle plante que Varenne de Fénille arracha, avait été buttée extraordinairement; trois des nœuds de la tige étaient totalement enterrés; 4 2 — 2 entert vigou B se lnnl Tare dance 40 Prleurs I ns L 2 ment di leulier 4 ccit 990 a den TUsa- connen de ſla mabonnd V Cuer. 4 n iial l Tlau moir N naltrer uuefts b mn emp des n X mes dent, rent. eseche encem J -ctohre wg5 1 apergut une flappèrent. la curiosité arracher. J ge de plos bOur Sexpli e lorsqu'on nouit et se 2 fihreuses. A-Aessus du ouronne de que les ra. fage enye- ncud, et wonne de uelquefois unt encore ud, quand rfaitement, iome élage luelqquefbis e dans la a couronne mi-Spheri- de Fénile airement; otalement enterres; 5) enterrés; le nouvel empattement était le plus vigoureux des trois, et les racines séminales se trouvaient desséchées. Varenne de Fénille ajoute que cette ten- dance à produire des racines aux nœuds in- férieurs de la tige, ne se fait pas remarquer dans le mais seulement. On l'observe égale- ment dans tous les sramens, et en par-— ticulier dans le froment. Varenne de Fénille croit que Bonnet est le premier auteur qui ait fait cette observation dans son traité sur P' Vsage des feuilles dans les planles. Ne connaissant pas la découverte bien antérieure de Wolf, Varenpe de Feénille continue ses raisonnemens sur le fait qu'il vient de remar- quer. Arrachez, dit-il, avec précaution, soit au printemps, soit un peu avant la moisson, les plantes de froment qui vous paraitront avoir la plus belle apparence, vous recon- naitrez, comme dans le mais, deux et quel- quefois trois étages de racines, formant plutôt Sun empattement qu'un couronnement autour des premiers nœuds de la tige principale. A mesure que ces nouvelles racines s'éten- dent, les racines séminales s'étiolent et s'al- terent. On les trouve presque toujours desséchées avant la moisson. C'est au com- mencement du printemps due ces autres I. Partier 3 6 52 racines se developpent; c'est alors que le blé grossit et se talle, que la plante s'accroit, 8 prépare à donner naissance aux tiges qui doivent bientôt se couronner d'épis. Ces liges u moins fortes et plus ou moins sont plus o ant que les racines du nœud nombreuses, suiv recouvert se sont ou mieux ou moins bien développées. Lorsqu'après la moisson on me, il est très-rare d'y rencontrer plante de froment qui n'ait que sa racine sé- Par-là, continue toujours Varenne de arrache le chau- quelque minale. Fenille, par-là s'ex lique la disproportion pro- . Prol 1 digieuse qui se rencontre entre le nombre des grains confiéès à la terre et celui des plantes fécondes, il n'y a peut-éêtre pas un dixième . 3. des grains semés, meème germés, qui donnent des épis; dont les premiers ncœuds n'ont pas eté re- ment favorable, et il est à présumer que tous ceux eouverts par quelque évéène sont perdus pour la reproduction. De proche en proche, Varenne de Fénille en vient à soupconner ce que Wolf avait dé- montré. S'il était praticable, dit-il, de re- chausser chaque plante de froment comme on rechausse chaque plante de mais, nul doute que nos récoltes ne fussent incompa- rablement plus abondantes. Mais ici l'on est —— ors que le Wi grossit et x uX liges Cu— pis. Ces tiges as ou moins nes du nœud moins bien hhe le chau- rer quelque 8à racine 8é- s Varenne de oportion pyo- nombre des des plantes m dixieme ui donnent e tous ceux bas eie re- t faporable, 2 ede Fénille If avait dé- tal, de re- dent commeè mals, nul t incompa- ci Ton es ( 5 forcé de s'en rapporter à la nature. Cepen- dant lorsque le principe par lequel elle agit est bien connu, l'on peut venir à son aide. (Observaltions, expériences et mémoires sur Pagriculture. Paris, an VII, in-8.“, page 83). Cet objet avait tellement frappé Varenne de Fénille, qu'il s'était proposé de l'examiner de nouveau d'une manière spéciale. Quand 'assemblée nationale demanda quels étaient les travaux commencés par les membres divers de la société royale d'agriculture de Paris, Varenne de Fénille annonça qu'il était occupé, dès long-temps,« d'expé- » riences et recherches sur la cause de la ) disproportion prodigieuse entre le nombre » des grains de froment conſiés à la terre » pendant les semailles, les grains germés et » le nombre des épis qu'ils produisent. II » se proposait d'examiner et de saisir l'ins- » tant où le blé talle et oùu il se forme » plusieurs épis sur la mèême plante, pour » voir s'il n'y aurait pas quelques moyens » simples, et par conséquent peu coùteux, » d'aider la nature à cette époque. Ses ex pé- » riences étaient disposées à cet égard. II » allait bientôt semer, puis souvent arracher, souvyent examiner et comparer Ce qui 86 (52) „ passerait à Pair libre, et ce qui se passe- rait dans des caisses à Tabri, etc.»(Compte Ia société d'agriculture de Paris, 2 rendlu a de ses travaux, etc. An VII, in-8.“, page 268). Nous devons regretter que des vues si louables n'aient pu sauver leur auteur de la fin malheureuse que lui ont fait subir, hélas! ceux qui ensanglantèrent la révolution, pour la faire abhorrer aux bords du Rhone et de la Saône. Par ce que je viens de transcrire, on Joit voir que les doutes et les incertitudes ge Tauteur du Mémoire sur le maiĩs, en Bresse, auraient été ſixéès d'abord, s'il eùt eu connaissance des principes de Wolf. Aidé de ce secours, Varenne de Fénille aurait pu aller bien plus loin. Ces principes paraissent nm'avoir pas été ignorés q'un savant d'Ttalie, à qui le public dut en 1759 un Traité des maladies die l'un des plus instructifs et grain en herbe, ‿ ages qui eussent encore des plus curieux ouvr Pobjet le plus important de l'éco- paru sur la culture du blé. C'est nomie champètre, un beau volume in-4.“, et dont PYauteur était le ma gniſiquement imprimé, à Pésaro, patrice de Ravenne. Dans le comte Ginnani, — ——y nent? güjet, Fcrita nent, KeNe Nienn deri nceud Torahle vrde; gui 56 Dase- y( 6 ompte de Panis, Ä 8,0, page s fues si teur de la bir, hélas! ion, pour Rhoône et Serle, on incertiludes mais, en , Sil eut oll. Aidé aurait pu r ps ête le publie Tadlies du tructiß et ent encore te ie- Dlé, C'st Iquemen I ötait le . Daus le chapitre intitulé: Obserations et expériences particuliéres sur quelques phénoméèenes du blé en herbe, voyons comme l'auteur s'exprime en discutant les phénomènes que présente le blé en herbe. Le 24 mars 1754, l'auteur leva un pied de blé qui ne portait qu'une seule tige, et il Penterra ailleurs, de manière que T'épi seul était hors de terre. Au commencement de mai parurent trois autres tiges qui prirent bientét leur accroissement, et qui épièrent dès la fin du mois. Alors il fit creuser à Tentour, et il découyrit que les nouveaux épis étaient sortis des nœuds de la première tige, qui avaient poussé des racines. Celle- ci n'avait pas beaucoup proſité, et avait seu- lement poussé un nouveau nœud. Les unes et les autres s'étaient élevées perpendiculaire- ment à T'horizon. L'auteur remarque à ce sujet, que le célebre Wolf prétend, dans sa Véritable eause de la matltiplication du Fro- ment, qu'il ne sort immédiatement de la semence qu'une seule tige de laquelle pro- viennent les tiges secondaires, et que ces dernières poussent d'autres tuyaux par les nœuds les plus bas, lorsque le temps est fa- vorable et que ces nœuds sont couverts de terre; mais le patrice Ginnani n'a pu veéri- (54) fer le premier de ces faits, ayant vu des touffes qui n'avaient qu'une seule lge au commencement, et d'autres qui avaient poussé plusieurs tiges; mais celles-ci ne lui ont point paru augmenter en nombre. Quant au second fait, il est certain, selon lui que les nœuds des tiges de blé sont remplis de moelle, tandis que le reste du tuyau en est vide: aussi aperçoit-on des bourgeons, ou des yeux autour de ees nœuds. On voit que Frangois Ginnani n'est pas en tout point de pavis de Chrétien Wolf. II differe sur une question de physique spécu- lative, qui est peu importante pour notré objet d'économie, et qui ne doit pas em- pèêcher que nous ne pr ofitions de ce qui a té découvert primitivement par le savant professeur de Halle. Ce serait ici le cas de résumer les points principaux résultant des expériences et de Péerit de Wolf; mais nous allons montrer d'abord le parti que lagriculture a tiré dans le temps, des inductions qui naissaient de ces expériences; et nous ne doutons pas que Ceux qui nous liront avec attention, ne saisis- sent dans nos récits des indications pour faire, avec plus de succès, des expériences nouvelles. ——-— 4, perlench culler nerg deun eSSdi conis ſo maltre ant vu des ſe lige au i apaient ci ne lui re. Quant elon lui, t remplis tuyau en urgeons, es pas en Wolf. I zue Pecu dur Lolre pas em- ce qui a e savant les points ces et de monlrer tiré dans wient de 8 Pas que ne Sais’- ourT faire, dufelles. --—----—-——— CHAPITRE III. Expériences faites en orlésie et en Saxe, qι confirment la découverte de I olf sur les causes de la multiplication dui blé, et qu font présager Putilité dont elle serait d 4„ l'avwenir pPou Uagriculture. E 1725, Wolf ſit paraitre un supplément à son premier ouvrage; et d'après les ex- périences dont les siennes avaient donné Pidée, il fut en état de parler, avec plus d'assurance, de l'utilité et de l'importance de sa découverte. Il avait à citer non plus les simples conjectures d'un physicien isolé, mais les renseignemens publics, et les lettres par- ticulièeres, et les transmissions orales d'un très-grand nombre de savans et de eultiva- teurs qui avaient répété, varié, agrandi ses essais, et qui se réunissaient tous à en pré- coniser les heureux résultats. Wolf avait expliqué comment il pouvait naitre d'un seul grain un buisson d'épis. G 36) Il en avait trouvé la cause dans la nature mèême de la semence et de la plante; car c'est dans l'essence des choses qu'il faut exa- miner la possibilité de leurs productions. C'est à quoi se fixe d'abord l'observateur de la nature, quand les effets qu'il cherche sont encore douteux. Mais ce n'est pas assez; tout ce qui est possible n'arrive pas toujours. Quoi- qu'il y ait dans chaque grain de bplé, ou bien plutèt dans chaque plante, une faculté de produire des épis presque à P'infini, nous ne pouvons pas obtenir tout ce qui devrait exister, si Ton réunissait toutes les causes productives. C'est pourquoi s'élevait une se- conde question, comment on pourrait retirer de la semence et de la plante tout ce qui s'y trouve caché, et par quels procédés on développerait sa fécondité intrinsèque et sa richesse toute entière. Wolf avoue avec candeur qu'il avait entamé seulement le premier probléme, mais qu'il avait abandonné le reste à ceux qui s'occu- paient plus spécialement des recherches d'éco- nomie. Il avait démontré qu'on disposait un grain à produire plusieurs épis, quand la se- mence se trouvait et suffisamment enfoncée, et suffisamment espacée; mais sans éêtre culti- vateur, il avait reconnu que ces données pre- mier eirco Fägtl 8 Gle D0Ols 3 git er moſen Tea-- goule fmie R Gxe cell le 8 Tesya Colse rugue Grait 0u d g lei gri Ga- ara quo duer ddu as la mäuure Plante; er I faut exa- roductions.— Trateur de erche Sont 1sez; tout ur. Quoi- blé, ou ne faculté dni, nous dui dexräit les causes eit une ze- ait retirer at ce qui deödés on que et sa ait entamê mais quil ui s'ccu- hes d'eco- Posüt un and la Se- enfoncée, ire culti- Hées pre- mières devaientse combiner avec bien d'autres circonstances pour objecter complétement la végétation. Elle exige un concours de tous les élémens, qui n'est pas en notre pouvoir; nous aidons cependant à l'action des élémens, soit en préparant le terrain, soit par le moyen de l'engrais. Wolf avait conseillé d'examiner aussi de quelle utilité serait le gonflement de la semence dans une eau de fumier, afin qu'on n'attribuàât pas P'effet à une cause qui neserait pas véritable ou ne le serait qu'en partie. La différence des terrains et celle des saisons pouvaient prescrire aussi de grandes différences dans la profondeur ou T'espace des ensemencemens. Wolf avait aussi conseillé de bien examiner la nature du sol auquel on conſierait les grains dont on vou- drait que la semence rapportàt des buissons ou des touffes d'épis. Il avait réuni tant de notes intéressantes sur le succès des tentatives hasardées en plein champ d'après ses premières idées, qu'il avait jugé nécessaire, 1.“ de montrer dans ce supplément jusqu'où sa découverte avait été poussée, et les grands avantages qu'on y avait déjà trouvés, 2.“ et d'indi- quer aussi quels essais il restait à faire pour réduire l'agriculture, au lieu d'une routine * 6 38) ignorante et aveugle, à Ja forme d'une science. Car il sentait que des travaux si utiles au genre humain pe pouvaient demeurer dans leur état de barbarie, et qu'il fallait les éle- ver au dégré de perfection dont il lui était démontré qu'ils étaient susceptibles. Commençons avec notre auteur, par les renseignemens imprimés, relatifs à sa dé- couverte. On publiait à Breslau, ville capitale de la Silésie, qui était la patrie de Wolf, des Collections périodiques de médecine et d' his- toire naturelle. Dans le volume de ces col- lections, du mois d'avril 1718, pages 1002 et suivantes, on trouve la preuve que la multiplication des grains, telle que Wolf Pavait présentée, est fondée dans la nature. On avait mis quelques grains d'avoine un peu profondément en terre, et on les avait laissés croitre à côté d'autres grains de la méme plante, semés à la manière ordinaire; aussitét après la semaille, on avait remarqué une différence fort sensible. La graine semée à la volée et fort peu recouverte de terre, avait une seule tige, et les nœuds étaient tous au-dessus de la terre, tandis qu'une autre graine, enfoncée dans la terre, avait produit d'abord jusqu'à vingt tiges. 1* 370 Dal 5 guili Il 24 du dꝙ eoe: de de UN' no Loum d Mr Slue Jein n Dar- Chereb aunen devels Dag niang dileres La K 4 ue d aralt des 6 V enfone V Vanler &ꝗ ( une seielee, L'auteur anonyme qui avait fait cet essai, i utiles au avait soin d'observer que les deux semences urer daus d'avoine avaient eu lieu sur le mème terrain, ii les äl- à la mèême heure, avec un grain de même 14 il lui était qualité. . Il remarquait, en outre, que sur la partie , par les du champ ensemencée d'avoine à la manière à sa dé- ordinaire, il avait trouvé aussi des bouquets à deux ou trois tuyaux; mais, qu'en ce cas, pitale de il avait vu constamment que la graine semée N, des s'était trouvée bien enfoncée en terre. Ce fait, e ei d'his- loin d'ètre contraire à la découverte de Wolf, 3 e ces eol- la confirmait pleinement. Car qu'une graine ages 1002 soit enfoncée en terre par hasard, ou à des- 7 e queh sein, T'on sent que cela revient au mème. 1 e Woll Par-là, on entrevoyait déjà que les re- a nature. cherches de Wolf ne seraient point bornées 1 voine un A une vaine spéculation, et qu'elles pourraient 1 les Aait devenir avantageuses dans la culture des terres. dins de k Dans le volume, pour le mois de juillet ordinaire; suivant, page 102, l'on disait que la mème remarqué diflférence s'était présentée lors de la récolte. A gräibe La sécheresse de cette année 1719 avait été 8-eor r[2/„ duserte Gde très-grande. Cependant l'orge et lavoine qu'on 1 ſes Dœuds e, tand avait, suivant les conseils de Wolf, bien enfoncées et bien séparées, avaient formé la terre, des espèces d'arbrisscaux ou de touffes, de anie— 1 avai drodn üge manière que chaque grain avait produit au —— — ——õ—— 6 60) moins quatre tuyaux plus longs et plus forts que les autres, et heureusement parvenus à la perfection et à la maturité. On n'avait pu marquer le nombre des grains de chaque épi. Les moineaux qui ne trouvaient point à vivre dans un été si sec, avaient mangé ces grains à mesure qu'ils se formaient. Un gentilhomme des environs de Neiss avait fait, cette année, un autre essai duquel il résultait que Pavoine, ainsi enfoncée et espacée, avait rendu quatre-vingt-dix-sept grains pour un, et Porge quarante, tandis que les mèêmes grains, semés à l'ordinaire, m'avait donné que trois fois la semence et un cinquième.(Mème volume de Breslau, page 1674). En 1720, M. Trautmann, assesseur de la justice à Loëbau, en Lusace, avait fait un autre essai qu'il prit soin de déerire dans un calendrier rustique, publié par lui, à Zittau. Il avait cultivé un champ tout entier T'après la méthode de Wolf, et il en avait engrangé la récolte. Avant de tenter cette culture en grand, M. Trautmann avait fait un essai en petit. Sur un sol peu fertile, il avait recueilli soixante- seize grains pour un. Il avait eu soin d'en rendre compte dans le calendrier, ou al- Nande9 deSon 8E rermarq 4 danp ele unünde T luis g dü Douos nät a97 feau dei wW atam- de Vr Le g L Cun deq fit cha füt dis 9 ziſe élals mence Doser endroit) dn duer Nä E el Naà de gra (omn wint d an mofe plus fors enus à h rarait pu e chaque t point à nangé ces de Neiss ai duquel oncée et Ax-Sept ne, dandis rdinaire, ce et un u, page de la falt un are daps r lui, à zut entier en avait rand, M. eetit, Sur volanté- öin d'en ou A- 6r) manach rural pour 1719, en mentionnant dèes-lors la découverte de Wolf. Sa récolte, en 1720, était d'autant plus remarquable, qu'elle avait été faite dans un champ exploité depuis cing années sans dis- continuer, et sans recevoir de nouveaux en- grais. Avant de confier la semence à cette terre, qui pouvait sembler épuisée, M. Trautmann avait fait tremper cette semence dans de Peau de fumier. A cet effet, il avait versé dix picotins de seigle dans un baquet, avec autant d'eau de fumier entremélée de crottin de brebis et de lessive de cendres ordinaires. Le grain en était recouvert de la largeur d'un demi-pouce. Avant d'opérer, il avait fait chauffer un peu cette lessive, et y avait fait dissoudre une livre de salpètre. La les- sive étant refroidie, le soir il y mit la se-— mence et la retira le lendemain pour l'ex- poser à P'air, sur un plancher, dans un endroit où le soleil ne pouvait pénétrer, afin que le grain séchàt plus doucement. II avait réitéré ces opérations dans la journée, et avait ensuite mis son grain en terre avec de grandes précautions. Comme'auteur de cet essai ne connaissait point de semoir, c'est-à-dire d'instrument au moyen duquel il pt enfoncer la semence .——õyõ— ) suffisamment en terre, et en séparer les graines Pune de l'autre, dans la distance requise, il avait imaginé de planter son grain comme les jardiniers plantent des haricots. Il avait choisi un terrain situé en plein air, sur la chaussée de Zittau. Il en fit la- bourer la terre aussi profondément que possible. II employa douze personnes à la plantation. Ces planteurs étaient placés deux à deux, les uns après les autres, de chaque côté de la planche à semer. L'un faisait, avec un bois pointu, des trous de la profondeur d'un bon pouce, chacun à la distance de moins d'un demi-pied l'un de l'autre; l'autre personne jetait un des grains imprégnés et renflés, dans chacun de ces trous Le travail s'expédia plus vite qu'on ne Taurait cru, car il fut terminé au bout de neuf heures, quoi- que M. Trautmann edt fait son compte sur deux journées au moins. La plantation faite il lui resta encore près d'un demi-picotin de seigle qu'il répandit sur le méème champ à la volée, de la manière ordinaire, en faisant passer par-dessus la herse. Telle était, à la connaissance de Wolf, le premier essai qu'on eùt fait de la plantation du blé, opération qu'il ne croyait pas devoir devenir jamais applicable à la culture ordinaire des champs. uri Ceper 1 Gdans 2 Gute . ir eel S. nll 3 5 Cappuge mlt Nant I ſer alI NG des uI en g quo,3d fagen! ater Dhir 97 Manin; meme enpon de r Tauud à Tott es piſ n dbt Semenc 5 7 Séparer les k dätanc- ter son grain des haricote. de en plein Il en ft h- lément que sonnes à la Dlacés deux de chaque fsä, Avec profondeur distance de tre, JTautre rrégnés et Le travail teru, car es, quoi- eompte Sur tation faite picotin de amp à la en falsant Ebait, àk eKsai qu on opéralion Ir janais champs. (63) Cependant nous aurons occasion d'en reparler dans la suite de cet ouvrage. Cette épreuve offrait donc un double in- térèt, celui de l'imprégnation de la semence et celui de la plantation. On en augurait mal d'abord, car le commencement, de peu d'apparence, donnait occasion à des jugemens irès-différens. Plusieurs jours s'écoulèrent avant que rien parut. Cela ne pouvait arri- ver autrement. La semence était cachée bien profondément sous la terre, et ne pouvait pas se montrer aussi vite que si la graine eùt été peu ou presque point couverte, à quoi ne pensaient pas ceux qui portaient un jugement préeipité. Au bout de dix jours entiers le grain sortait de terre, mais bien clair et avec des points rouges foncés. Nulle graine n'était plus enfoncée dans la terre que Pautre; chacune avait été, éparée de la mème manière; on les avait mises toutes dans le méème sol, et toutes jouissaient de la mème température; par conséquent il n'y avait point de raison que l'une poussàt plus tard que 'autre. Chaque graine ne paraissait, comme à P'ordinaire, qu'avec un seul feuilleton, et les pieds étaient éloignés Tun de J'autre de la distance d'un pouce. Par cette raison, la semence ne pouvait lever épaisse et confuse, comme cela arrive dans l'ensemencement à la volée, où les grains sont plus proches lT'un de T'autre. Au bout de trois semaines on commenqait à voir des tiges secondaires à còôté de chaque tige principale, de manière que le champ devenait plus couvert et la semence plus considérable, comme cela devait arriver d'après la découverte de Wolf et d'apres les l en avait faites en petit. De A épreuves qu'i il était aisé de conclure que tout arriverait en grand sur un terrain plus étendu, comme Wolf l'avait deviné par ses savantes conjec- tures, et comme il Pavait trouvé en petit dans son jardin. Enfin, la semence se mul- nipliait de manière que le champ avait T'air d'avoir été recouvert de blés marcottés, comme des pieds d'oœillet. A Tapproche de l'hiver, il semblait qu'il restait ça et là quelques parties de la semence en arrière; mais aussitôt que le temps chaud du printemps fut venu, la semence devenait de jour en jour plus épaisse, de manière qu'elle couvrait en peu de temps presque tout le champ, et qu'il ne se trouvait au- cune différence entre les grains semés à la manière ordinaire et ceux qui avaient été plantés. Lors mèême que le grain commengçait ——O à mont dorjom h vlpal fuinne— V dutes a e 98 Neaccoup nüs de do jone Naulre g K A e mäign Tluyu He ceu weueill rdiec c le chewi de W leky Uien d 0S helles les regl furent hait lu = ent à 1 ches Mlll gait b ique 3 mp 90)lus 16 Ver 11l les 1 4 K Ira xdt Vne gfee- o'etik 92 ul- tig air 9918, T ull Sence 9— eaudl relait „Lrere AJdue ES alü- 28 l 19 l6 9 malt () à monter en épis, les tiges se multipliaient toujours, de manière qu'au mois de juin, la plupart des buissons avaient neuf, douze, quinze, vingt, jusqu'à vingt et une tiges, toutes avec de beaux épis, qui, en longueur, en grosseur et en pesanteur, surpassaient de beaucoup les autres, et qui muúrirent dès le mois de juillet. La paille était forte comme du jonc, et surpassait de beaucoup celle de Tautre grain en longueur et en épaisseur. Il arrive quelquefois que si le blé pousse trop en paille, les grains deviennent plus maigres; mais ici ce fut le contraire. La plupart des grains étaient comme du froment. De deux muids qui avaient été plantés, Pon recueillait cent vingt gerbes, quoiqu'une partie considérable de cette semence edùt péeri; car le champ étant situé tout près du grand chemin, on fraya, pendant le temps pluvieux de Phiver, un sentier bien large tout le long de la pièéce ensemencée; par-là furent écrasés bien des grains. La perte, à Tapproche de la moisson, était encore plus considérable. Les belles tiges et les épis pesans excitèrent chez les passans une curiosité et des sensaltions dé- réglées; non-seulement beaucoup de tiges en furent arrachées, mais pendant la nuit on cou- pait furtivement beaucoup d'épis. F Lorsque le blé fut battu, on en rctira cinq Jay .. un chä boisseaux et trois quarts de boisseau de grands 1 8 ſai I a0l .... dlt;, grains d'un seigle bien nourri, comme du Vuch el⸗ .——. STYLld froment, et un demi-boisseau d'une moindre 22 3 gele „.77- lbe qualité. On recueillit donc(en y comptant Hhuir 3 rdipanre; ce qui avait été enlevé furtivement, mais sans 7 1... 1 prendre garde à ce qui avait été écrasé par 1 ¹ 3 guari d- les passans) cinquante-huit fois la semence ne de der r„.... d'un seigle, qui valait beaucoup mieux que I Ter . dra 4 le seigle ordinaire. E be —. u98 d Cette récolte fut regardée dans le pays com- 8 „„.— N me une bénédiction et une abondance éton- .—— Lnd M nante, car le méème champ non fumé depuis ¹ 1. 3.. ranie 61 einq années, pour lequel on n'avait employé— —. auralt 94 que deux boisseaux de semence, était com- 4 u .... 3oanlg- munément ensemencé d'un muid entier, ou —.. ſoours GCin, 1 V de seize boisseaux. II fallait par conséquent 1 3 ..(es cons f„. d A V huit fois la quantité de grains pour la se- ..... A. anm d- mence ordinaire, et le huitième suffisait lors- 7 Kndde, que, selon la découverte de Wolf, la semence 1 erite dau était mise assez avant dans la terre, et que 1 721, pa les grains étaient assez éloignés l'un de au- 21 41;„—; eme, tre. Si donc l'on pouvait parvenir un jour à— A4 Kaäk- ensemencer les terres d'une ferme de cette 3... de terr manière, on épargnerait sept muids sur huit 4 1 ä hm 1 de la semence. 3.— zure de Posons le cas que l'homme instruit qui ees avait fait ces expériences, eùt fait ensemencer 1 keveilli — 2 a cing 67) I rands un champ huit fois plus grand qu'il n'avait Ie du fait, il aurait épargné sept muids de semence. A ndre. Supposé encore qu'il eùt recueilli sur une ootant pièce quelconque ensemencée à la manière dl sans ordinaire, cinq muids, il en aurait, selon 3r par le procédé de Wolf, recueilli deux muids Samce un quart de plus en ne le faisant ensemencer 94 que que de deux boisseaux. De cette manière il aurait recueilli du champ entier dix-huit Wom- muids de plus, et par conséquent profité, SAon- avec Pépargne dans la semence, de vingt- = puis einq muids. Ouù donc il aurait gagné qua- 1 110) rante muids à la manieère ordinaire, là il 6 8 Iym- aurait gagné, par le procédé de Wolf, 31 ou 1 soixante-cinq muids, et par conséquent tou- Seent jours cinq éeus de plus sur huit. 1 Ese- Ces considérations déterminèrent M. Traut- Airs- mann à risquer l'épreuve sur une pièce plus nce étendue, et cette nouvelle tentative fut dé- 6 3 ue erite dans les collections de Breslau, année 1 bu- 1721, page 105, et Par M. Trautmann lui- bi méême, dans son almanach pour l'an 1722. 9 ette Il avait choisi, pour cette épreuve, une pièce muoi de terre qu'il avait coutume d'ensemencer, 2 à la manidère ordinaire, de deux muids, me- he sureé de Dresde. Ce champ avait porté trois roer années de suite. Le propriétaire en avait recueilli la première année, du blé, la se- ——— 68) conde de l'orge, la troisième de T'avoine, et ne l'ensemengçait expressément la quatrième fois à la manière de Wolkf, que pour savoir plus précisément à quoi s'en tenir, et ajouter plus de foi au mérite de sa découverte. II poussa Pexpérience à toute rigueur. Car au lieu de deux muids qu'il employait ordinai- rement pour ensemencer cette pièce de terre„ il ne fit détremper pour cette fois qu'un demi- boisseau de graine. Il en commencça la plan- tation le 1. er octobre; mais à peine avait-on achevé la plantation de deux carreaux à la manière ci-dessus décrite, il survint malheu- reusement un temps pluvieux qui l'empéchait de continuer le travail de la plantation. II fut réduit par-là à la nécessité de chercher d'autres moyens. II fallait, selon les principes de Wolf, considérer deux choses: 1.0 les grains devaient être assez éloignés l'un de l'autre; 2.0 ils devaient, en outre, étre mis assez profondément dans la terre. Pour ob- tenir la première de ces conditions ‚ne pou- vant placer la semence grain à grain dans les trous du plantoir, M. Trautmann eut Tidée de méler la semence avec de la paille hachée, et il eut soin de la faire répandre plus claire de moitié qu'à l'ordinaire. Mais consi- dérant que les grains ne tombent pas si ré- * gulbere lante P Nant ſ” rurait3 Ie domh 5 roufera 5 tny qye hadr 062 ren aeTe eneore 19 hosRd5 deson nieretl menen Eence ib lul aurage Wuit, Oh lnaira Kllatt ril aver lil Dourer rüe. Pall à Nok. Tqueni ordinalg Wolkl lasurer Lorsqu 7 ine, ei 3 Plrieme MSapojr 5 Souter 9 Nlo. Il )r au 10 nai- 91 Tre, Glemi- 81 lan- 7 L-on ₰ à la heu- Krhait 0 II 12dher Iipes .41 les ( guliérement en les semant que lorsqu'on les plante, et que par conséquent, en ne pre- nant que la quantité ordinaire de grains, il resterait de grandes lacunes sur lesquelles il ne tomberait aucun grain, pendant qu'il se trouverait d'autres places ouùi ils tomberaient trop épais, il conçut l'utilité de prendre pour cet ensemencement plus de grains qu'il n'en avait pris pour la plantation. II fit donc encore détremper deux quarts ou un demi- boisseau de grains de semence, et les fit dessécher convenablement à l'air, de ma- nière qu'il n'épargnait cette fois, sur la se-— mence, qu'un muid, ou la moitié de la se- mence, tandis qu'au contraire, la plantation lui aurait toujours économisé sept muids sur huit, ou les sept huitiemes de la semence ordinaire. Quant à la seconde condition qu'il fallait remplir, savoir, de mettre les grains assez profondément dans la terre, il fit la- bourer son champ de nouveau avec la char- rue. Par-a M. Trautmann fit un grand plaisir à Wolf, en confirmant que l'on pouvait ap- pliquer aussi sa découverte à la manière ordinaire d'ensemencer un champ, comme Wolf l'avait prévu, mais sans se permettre de Tassurer d'avance d'une manière trop formelle. Lorsque les premiers essais du philosophe de alle furent rendus publics, il se trouva beau- coup de censeurs qui affectaient de rabaisser sa découverte, en la regardant comme une idée spéculative et une sorte de rèverie de physique absolument impraticable dans J'agri- culture. On traitait presque de chimère l'espé- rance conçue par Wolf, que des cultivateurs expérimentés et éclairés tireraient quelque profit de sa découverte, en Pemployant dans la manière ordinaire de faire leurs semailles, lorsqu'ils auraient soin due la semence ne fut pas jetée trop épaisse sur la terre, et que 9 par le moyen de la herse, on la mettrait plus profondément dans la terre qu'on ne le faisait ordinairement. On allait jusqu'à se moquer de ces idées de Wolf, dans la persua- 8 sion où Pon était, que l'on ne pouvait em- ployer à ces ensemencemens espacés et pro- fonds, aucune autre méthode que la plantation dont il s'était servi dans ses épreuves, et on lui objectait cette difficulté de planter le grain dont il avait dissuadé lui-mème. C'est 8 ce qui arrive presque toujours aux critiques, 11 qui croient étre plus sages et voir plus clair que les autres, en ne faisant rien, et nuisant 7 à qui veut faire. Cependant, des hommes très- éclairés avaient déjaà consolé Wolf de cette injustice. L'uun d'entre eux, qui avait beau- eop0” Join— rMn EI WnſerO anyll 1 nnce 9 Ju-Ee 53 7 Tao-2 „WF ) K Pr ) Al T „. ) Uiui — Qun2o lors dG ) wel I ) auc »y Me elles » à NMat R Vn Sereig clairua etau e res-per dde. Axa heau- Pabaisser One une Al'rie de 32 fagri- 3ul espé- Imateurs Tuelque Toit dans 32 ailles, unce ne Aet que = neitralt an ne le 2'à Se slersua- Et em- 2 pro- uation es;, et Aatter le 311 C'est 10 dues, dlair llsdnt 119 tres- b cette Ii peau- 8 2 coup de connaissances dans l'économie rurale, loin de rejeter son espérance, en avait jugé favorablement, et avait proposé les mèêmes moyens dont s'était servi le sénateur Loëbau, suppléant heureusement, dans cette circons- tance, à ce que Wolf ne pouvait faire par lui-mème, et qu'il avait expressément laissé à Tautres. Voilà, dit à ce sujet le célèbre » Wolf, voilà comme il devrait en être dans » le monde savant; tous les amis des lumières »Het du bien public devraient réunir leurs » forces et se communiquer leurs vues; l'un „» doit vérifier, par des preuves nouvelles, ce „» que Pautre a découvert. S'y trouve-t-il quel- » que chose d'erroné, il faut le corriger; et » lorsqu'on peut l'améliorer encore et Tappli- » quer au bien général, il ne faut s'épargner „»„ aucun effort. On ajoute ainsi au bien et » au trésor commun, par une colloboration » efficace, au lieu qu'on ne parvient jamais à rien améliorer par des critiques». Mais il faut voir en outre ce que produi- sit la nouvelle épreuve de Trautmann. La semence poussait d'abord bien mince et bien claire; aussi avait-elle, pendant tout l'hiver et au commencement du printemps ‚ un aspect très-peu encourageant; mais aux mois de mai et de juin, elle se relevait de son pied, qui 622) avait multiplié ses racines dans la terre, de manière qu'elle avait l'air aussi épaisse que le reste de la semence ordinaire, et qu'elle portait beaucoup d'épis fort beaux. La récolte fut aussi très-considérable et sans proportion avec celle des champs semés à'ordinaire. D'autres expériences, également rendues publiques, avaient uniquement pour objet de vériſier ce que Wolf avait dit de l'éco- nomie qu'on pouvait faire sur la semence. Un prince de Solms-Wildenfels avait fait l'épreuve suivante. II avait fait ensemencer un champ avec deux muids de blé, et un autre terrain de la même étendue avec le double de semence, le premier lui avait rendu neuf cent soixante-treize gerbes, et le second n'en avait produit que neuf cent soixante, d'un grain inférieur, et qui rendait moins au battage. La paille du blé clair semé était aussi beaucoup plus forte.(Colleclions de BreslazsM, 1721, septembre, page 308). On y trouve beaucoup d'autres faits du même genre. Wolf avait conjecturé, dans son premier ouvrage, qu'on pouvait quelquefois trans- planter le grain avec avantage, parce qu'il avait observé qu'en automne les jeunes tiges qui n'étaient pas encore tout à fait mùres, poussaient phui Whd 511Ol 1uofl mprer. m ler e ToUE de Irel- gr in M 1n leVan unad ſuer de de ht 8 dulé dg. lemel’e 3 rin Sgo. A M Plubih a Tuart us mins g w(Iel Pren Wollt attendy ee uig Pode. la 6 73) 8 de poussaient eneore des tiges de còté ‚Het sem- i An plaient promettre une nouvelle récolte. On s'était moqué de cette remarque, comme one d'une chose extraordinaire. Un événement uruon imprévu rapporté dans les Collections de Bres- Panre. lau(Avril 1719, page 492), vint confirmer ques ce que Wolf avait prévu. Un cultivateur Mob)e trouva, au printemps, dans un champ près ¹ f de Breslau, de belles touffes provenant de AUn V grains qui y avaient été dispersés au hasard. 8 b Il ne voulut pas les arracher, mais il les 4 eencer . leva avec précaution et les transplanta dans V zet un. 3 3 i u un coin séparé de son champ, de manière que neuf à dix de ces buissons ou touffes Mlivait de blé se trouvaient sur la méème ligne. Ces di, et 2 mocent tee Le touffes transplantées se marcottèrent naturel- lement et se répandirent, de sorte que le ter-— I indait rain se trouva rempli de tiges allon ées, dont 8„ — emé la plupart portèrent des épis monstrueux. D lions Plusieurs de ces épis étaient longs d'un. 5⁵). quart d'aune. Les paysans qui en furent tée- wüme V moins, convinrent qu'ils s'étaient moqués trop V tot de leur voisin, lorsqu'ils Pavaient vu 1 Auier V prendre la peine de transplanter son blé. ans Wolf dit à ce sujet que la mème réprobation Sluil V attend les savans qui se hâtent de blamer 29 ges V ce qu'ils ne peuvent comprendre d'abord, ues, parce qu'ils ont vieilli sans le savoir. anent I. Partie.. (4) 7 V ore, V meile Une autre épreuve, plus singulière enc men que à un pur hasard, venait encore à l'appui ment 1 des idées de Wolf. On trouve ceite épreuve ceil dans les Collections de Breslau, premier* ſolh eS 1 volume, poge 491. Un certain gentilhomme nir qsl 1 de Silésie avait fait jeter des criblures de Os mr ioutes sortes de grains, blé, froment, orge; de ChD5 sur une pièce de terre qui avait été peu Inare Ee b travaillée, et dont le sol mème n'était pas linoyb des meilleurs. Il ne voulait avoir de cette dans 19 semaille, que de pherbe à faire paitre Par ns A ses bestiaux. Mais après que la premieère pousse de cb de ces grains eut éte broutée, ils repoussè- de Gn rent en si grande abondance, que le terrain rasedl 31 en était couvert. On ne la fit pas couper ni IWN 1 paturer, Pour voir si, par le hasard, ces dass lehe plés ne muriraient pas dans le beau temps wen pir T'automne qu'il faisait alors. Il survint une dadre gelée lorsque les grains étaient encore en verte G lait; on fut donc obligé de fanre lout couper., m3 Au printemps suivant, on vit avec surprise us g3 6 que les tiges sétaient conservées, qu' elles vsrre 1 repoussaient avec vigueur, et qu'elles pom- enen maient avec abondance. On comptait dix, ugher, vingt, jusqu'à soixante tiges par chaque touffe fencore, ou petit buisson. Les épis étaient d'une lon- ue gueur extraordinaire et chargés de graines. le„ Cette piece de terre rendit dix mesures du venr 2 ſ neore, appui reuve emier owwe ces de 5 cette 3(( Pr ovse Aoussè- Serrain noer ni 18 Ces emps v une e en Juper. prise 'elles = Pom ² di, 2'ouffe an lon- 18 nes. 1n dü meilleur grain, comme il en eroissait rare- ment dans cette contrée où l'on n'en re- cueillait ordinairement que trois mesures- Voilà donc une riche moisson qui n'avait muri que la seconde année, après que les épis naissans de la première année avaient été coupés avec leurs tiges! Ce fait extraor- dinaire sexpliquait naturellement par les principes de Wolf, et il entre à ce sujet dans beaucoup de détails que je ne crois pas devoir rapporter. On verra dans la suite de ces recherches, le parti que l'on a tiré de ces premières inductions, en essayant di- verses méthodes de multiplier les grains. Indépendamment des rapports imprimés dans les Collections de Breslau, Wolf avait recu par écrit, ou de vive voix, beaucoup d'autres relations qui certiſiaient sa décou- verte de la vraie cause de la multiplication du blé, non-seulement quant à la théorie, mais aussi quant à la pratique. II se platt à les transcrire fort au long, pour ôter tout pré- texte à ceux qui ont coutume, dit-il, de cri- tiquer et de nier tout ce qu'ils n'ont pas encore vu, et qui ont besoin qu'on leur en impose par la quantité des témoins. Le Prince de Solms-Wildenfels fit †'hon- neur à Wolf de lui rendre visite à Halle, ct 6 25) de lui parler du succès qu'il a en faisant semer très-clair. Il lui fit part d'un essai plus curieux fait avait ima- vait obtenu en mèême temps d'après ses principes. Ce seigneur giné de faire mettre des grains e de les faire recouvrir, dans la meme pièce ou il faisait piocher le gros chou blanc, dont la culture est si précieuse et si bien entendue en Allemagne. Ces grains avaient r eille, et rapporté Pannée suivante en sans qu'il euùt eté nécessaire de e culture. Les n terre et éussi à merv. abondance, donner au champ une nouvell ailles n'étaient pas mème endommagées, été écrasées sous les pieds des it cueillir les feuilles des sem pour avoir servantes qui allaie choux. Wolf démontre que ces faits s'accor- dent avec sa chéorie; mais il ne connaissait pas assez les diverses espèces de blé; et la botanique à cet égard, était trop peu avancée alors, pour que Wolf päÄt prononcer sur un soupçon qui était venu au comte de Solms- Wildenfels. Ce seigneur croyait que le blé qui tallait si prodigieusement, était une espèce, ou plutôt une variété particulière. Wolf n'était pas de cst avis. II s'épuise en raisonnemens à ce sujet; mais le fait est que les diverses espèces et variétés des plantes céréales étaient alors très- imparfaitement — 47 déer’- parl frt bme dons J. mniste C Unis de Ven 8ae, n roſes Nw Shhs 6prg les TlbSr unee, mire 1 Marqu- de 19 quan d pour 3 Tuanthr dGdbess dandeg qull, Unt d 9 non äcn unt d i() oöbtenn décrites. Scaliger et Dodonée n'en avaient art en parlé que d'après les anciens. Notre Tourne- fait fort avait commencé à débrouiller ce cahos. 1 Rima- Je pourrai donner ci-après quelques indica- re et tions plus précises, d'après Haller et les bo- N d pieee tanistes modernes. u dont Un autre personnage considérable, le comte 3 ndue de Beuchling, grand chancelier de la cour de I 1 SSi à V Saxe, était aussi en correspondance avec le we en professeur de Halle, sur des matières d'éco- re ae nomie rurale et publique. Ce digne ministre 3. Les d'Etat avait écrit à Wolf qu'il avait fait des migees, épreuves en grand de sa découverte, et que 510 des les semences enterrées et espacées, avaient Ih des* réussi méême en 1719, c'est-à-dire dans une 2 cor- année sèche, où le blé semé épais à l'ordi- Mrcissalt naire avait manqué tout-à-fait. II avait re- 8 Slet la marqué que les cultivateurs saxons avaient ancse été forcés cette année, par le manque d'une ur un quantité de grains suffisante, de ne semer, 1 Plps⸗ pour l'année suivante, que la moitié de la 5 8 bl quantité ordinaire, et que cependant les ré- 33 ne coltes avaient été meilleures et plus abon- V hbre dantes. Cet exemple prouvait à Wolf ce 1 a qu'il avait coutume de dire souvent en par- 8 2 Jue lant des découvertes, que souvent des hommes 3 non accoutumés à penser par eux-méêmes, 1 antes— sont dirigés par le besoin, au hasard et nE. snent ( contre toute attente, vers des choses qui demanderaient beaucoup d'intelligence et un esprit exercé, si elles devaient éêtre trouvées par la réflexion. C'est par cette voie qu'on a décguvert une grande partie des vérités et des inventions utiles dont nous jouissons aujourd'hui. Le Comte de Beuchling ne s'en était pas tenu à ces premiers tàtonnemens. II paratt qu'il avait inventé une espèce de semoir. II »'Etait fait d'autres principes sur la meilleure manière de confer les grains à la terre. Par exemple, il ajoutait aux règles de Wolf sur l'enterrement et l'espacement des semences, Tattention de semer toujours avant le lever du soleil, avant que la rosée tombe et lors- qu'on peut présumer qu'il fera beau. II pré- tendait que la manière ordinaire de semer avant ou après midi, n'était bonne qu'en temps de pluie. II fondait cette règle sur Texpérience, ayant observé que des champs ensemencés avant le lever du soleil et pen- dant que la rosée tombait, avaient porté une moisson plus riche. Il serait superflu de s'arrèter aux autres épreuves que Wolf rapporte encore à Pappui de sa découverte. II finit par citer avec com- plaisance celles de ces épreuves qu'on ayait dinca dal uc urcn Ve O'L Nobau peun dand: Tols ſir Qulke W ne do 3i w ju enco 5 liqucg Fes Cles Mu ture u U) 1 eomp,2 du soli3 A dle F Bes qui 9* et un Douvées 7 qu'on Merités 2uisons ait pas Paralt 32)1r. II 1 Neure e. Par —kf sur Sonces, lever lors- 4 pré- Sbemer A du'en Ale Sur eamps pen- „ Cé une nutres ppui 30m- 107 alt ( faites en France, et qui lui avaient été com- muniquées dans une lettre écrite de Paris, à M. de Ludewig, chaneelier de l'université de Halle. II était flatté que les Français eussent trouvé ses idées justes. Malheureusement ces idées étaient peu connues à Paris. Son livre écrit en allemand n'avait pas été traduit en français; et l'on ne pouvait en juger que par un court extrait iuséré dans les Actes des savwans, publiés en latin à Leipsick. C'est ici que cet ouvrage est analysé dans notre langue pour la première fois; et Ton peut regretter qu'il n'y ait pas été traduit dans le temps méême de sa publication, il nous aurait été très-utile. Quoiqu'il en soit, fondé sur tant de faits multipliés en tant de lieux diſférens, Wolf ne doutait plus que sa découverte ne dut èêtre un jour mieux appréciée, et qu'on ne put encore la perfectionner. Dans cette vue il in- diquait avec complaisance les diverses épreu- ves qui restaient à faire, selon lui, pour rem- plir son grand objet, de donner d Uagricul- ture la forme d'une science. Il veut que ces épreuves soient variées et comparées; que l'on tienne des notes exactes du sol et de la température; que Pon calcule et que l'on pèse exactement toutes les cir- —;ñ¾ͦ——— ——— ———— —— —————— ——— 6( 80 constances et tous les résultats; qu'on ne se borne pas à essayer les blés d'hiver, mais qu'on éprouve aussi ceux d'été; qu'on vérifte plus spécialement l'effet des mouillages ou lessives prolifiques qu'il croyait dangereuses et trop couteuses, ete. Le chapitre où il expose ses vues sur les expériences ultérieures à faire pour perfectionner J'agriculture, doit faire regarder Wolf comme un ardent et z6lé6 promoteur des progrès du premier des arts. Nous verrons bientôt l'effet que son livre produisit en Angleterre. Il est probable que c'est lui qui donna dans cette ile la première impulsion aux grands travaux agronomiques du célèbre Jethro-Tull; mais avant d'en rendre compte, nous devons, en suivant Tordre des temps, parler de ce qui se passa d'abord en Irlande. ——————— — ——.—.,——:——— A‿ Ntabl’s remcD lon N terun M 15 Supleih une, eſt de k 6 depe Gpoqun dspnd Sement de dag 888 N Un, lexemg dKution. Cälait do L 1 Ne 8e , mais orérifte l's ou Ueuses od ü. Lieures 3, doit IIt 266 ahrts. 2 Urre ce que Amiere viques Aiden 2 vant 72 882. 31) — ——————O—— CIHAPITRFE ILVI. Etablissement de la Société de Dablin. Prix remarquable remporté par Mathias Veluwer- ton, pour oir recueilli d'un seul aore de terre, la plus grande quantité de blé-fro- mMenl. IS15 A présent nous n'avons vu que de simples particuliers soccupant de Fagricul- ture, et soupçonnant que l'on pouvait retirer de la terre, mieux cultivée et mieux semée, des produits plus considérables. Voici une autre époque digne d'ètre consignée dans Phistoire des progrès de Pesprit humain; c'est l'établis- sement d'un corps institué exprès, pour faire de l'agriculture et de l'économie Tobjet de ses recherches. La capitale de PIrlande, Du- blin, a eu la gloire de donner à TEurope Pexemple vraiment glorieux d'une telle ins- titution. C'était un écrivain français qui en avait congu la première pensée. Raoul Spifame, * — 1 avocat au parlement de Paris, sous le régne de Henri second, avait publié un recueil d'arrèts, ou plutòt de projets d'arréèts qu'il supposait avoir été rendus, en 1556, par le conseil du Roi. C'étaient des idées singulières, pour la plupart libérales, et parmi des rèves bizarres, plusieurs conceptions plus ou moins heureuses, qu'il se plaisait à revétir d'une forme aulhentique, comme si elles eussent été des dispositions légales. Il devait y avoir cinq cents de ces arrèts; il wen a paru que trois cent neuf. Plusieurs de ces idées ont eu leur exécution. Raoul Spifame avait ainsi prévu et annoncé le com- mencement de l'année au premier janvier; Labolition des justices seigneuriales; la jone- tion des Hes du Palais à Paris; le pont de la Tournelle; le port St.-Bernard; le projet d'augmenter la bibliothèque du Roi, par la réserve, en sa faveur, d'un exemplaire de cha- que livre qui s'imprime, ete. M. Auffray a publié un extrait de cet ouvrage, sous ce titre: Vues d'un politique dio seizième siécle. Le cent quatre-vingt-cinquième de ces ar- rèts était intitulé: Etablissement de chambres agraires, rurales ou arpentaites, Pour gou verner et régenter la culture et fécondité des torres négligées. Cet arcét se trouve inséré en ————————— —— eolier Ncbi ¹ II laliet ) dilus 9 hüs 9l ) ll 1 ulli pri 1 écon de lus jesn „ br „ wallh » gclb ) fant dt. „Gdonnar In ei keit, I tout ell Tur Lel Monaras des N et Ting el en dans 9 le T070 Ner Méi nite des. ) ne régne entier dans le Dictionnaire diplomatique de 0 nrecuell Robinet, tome 1.er, in-4.“, pages 485-490. 9 1s quwil Robinet en fait un juste éloge. Quelque O bar le» diffus que soit cet arrèt, dit-il, il n'esr 1 Aalleres,» pas difficile de démeéler les différens objets is réèxes» qu'il embrasse, les vues justes et profondes 2 moins» qu'il contient, et de sentir quel serait le 5 Tune» prix de leur exécution. On y voit que les V hien de— Sussen» économistes modernes n'ont pas le mérite » de la première invention sur bien des ob- arrets.» jets utiles qu'ils présentent; que les cham- —d 1 4 dSeurs» bres agraires proposées par Spifame, se— 6 vai 3 g 11it 5 dc Naoll„ raient dne Pns Venels utilité que nos* -,„.. .—» sociétés d'agriculture, bien propres pour- d com-„ 81 3 Prol 1 P rier:» tant à remplir les mèmes vues, si on leur 41) ..„ 1 † 1 1 étend. 9 jone-„ Lonmnait un Pouroir plus Etendu„ Sont de En effet, il est intéressant de lire dans cet projet éerit, dont le rédacteur est mort en 1563, 4 1 4..„... z par! tout ce qu'il avait imaginé de faire prescrire n Spal k—— 1 par le législateur d'alors. II dit que le sieur 1 „Ale cha⸗ 3 3 Monarque a remarqué que de la nonchalance Lhublü ee ArGeee e, dis des propriétaires vient l'infécondité des terres 1 3³ üire: 5 z 5 et L'infructuosité des plantes, arbres, graines 1 ₰᷑☚ι.,„. et semences, au grand intérét publio, que BHees ar-„ 4 dans les régions tant féertiles et commodes de bTs i ce royaume, aveo une eorrespondance de la 00 Sol„„... 154 mer Méditerranée l'Océane, l'uberté et fer- D e b8KO,'E dés rilité des terres y est plas grancl trésor 17 ere n — 3— (84) que ne sont les mines d'or et d'crgent, ous les rivières auriflues des autres pays, etc., au moyen de quoi ledit Seigneur a ordonné et ordonne que par toutes les élections de oes royaumes, pays et terres de son obéissance, seront établies chambres rurales, agraires ou arpentaires de première instance, pour gouberner et régenter la cultacre et fécondlité desclites terres, au supplément de la négli- gence does propriétaires et possesseurs négli- geant leurs biens, prodigues ou paresseux. Les dépens devaient se prendre sur l'excédent du revenu que produiraient les améliorations. Des arbres fruitiers seraient plantés sur tous les chemins, etc. Les chambres agraires se- raient composées de deux présidens et vingt conseillers servant par sémestre. Les deux tiers seraient d'anciens marchands ou riches laboureurs bien expérimentés en ce fait et négociation. L'autre tiers serait de gens let- trés. Vingt conseillers seraient toujours en visitation et insistance sar lesdlites cultures, dont ils feraient rapport à la fin de chaque mois. L'un des conseillers lettrés irait faire exécuter, sans frais ni incidens de chicane, ce qui aurait été arrèté par la chambre. Les appels se porteraient en une chambre sou- veraine de police rurads, établie en l'hôtel de —„ 4— le, E. K juler madtiyE qyeler? NpD lui do ealon 3 hobSab AMn doe IA pun ton Nysn das 1- R cono. Plmel mme. deoudl 93 agn Chisag de k ji , M Ghle prewis quanau méme g d ees il B maginäil dd Ä, 0 les b. au diné er dde ces Gance graires , pour omadite négli- Anégli- Oessellx. oédent AItions. 2 tous 83 Se- ingt 24 deux oiches Dalt el S' let üs 08 wolres, Aaque ¹ faire Loane, 10 Les SSOL- Il de ville, et tenue par une chambre de la cour de parlement. Les juges auraient charge de s'enquérir de tous les gens oisifs, pour les appeler et employer à la culture, etc. Il parait que le livre de Raoul Spifame et celui de Wolf, sur la cause de la multipli- cation des grains, avaient été lus avec en- thousiasme, par un membre du parlement d'Irlande, nommé Samuél Madan ou Madden, que M. Arthur Young appelle avec raison Pun des patriotes les plus distingaés qu'aucun pays ait prodaits. Ce grand homme, oublié dans nos dictionnaires historiques, avait imité la conception originale des arrèts de Raoul Spifame. A la vérité, il ne s'était pas mis, comme celui-ci, à la place du souverain sous lequel il écrivait, mais il avait porté son imag H½ chissant d'avance J'intervalle qui le séparait ination et ses vues dans l'avenir; et fran- de la postérité, il avait publié à Londres, en 1733, les Mémoires de l'an 2000, ou du vingtième siècle, sous Georges VI. C'est la première idée de l'An deux mille quatre cent quarante, et de quelques autres ouvrages du méèéme genre. Mais il ne s'en éiait pas tenu à ces idées spéculatives et à des prédictions imaginaires. Dès 1731, il était parvenu à faire établir dans sa patrie la première société que 6 8 ——HOHO;—— ——. (895) le dix- huitième siècle ait vu spécialement consacrée à J'agriculture et aux arts utiles. Pour s'en faire une idée juste, il faut voir ce qu'en dit M. Arthur Young, dans son Voyage en Irlande. « L'Irlande, dit-il, doit s'honorer d'avoir donné naissance à la société de Dublin, éta- blissement qui a servi de modeèele à tous ceux du mème genre qui existent aujourd'hui en Europe. Elle fat établie en 1731, et doit son origine au docteur Samuél Madan. Elle ne subsista, pendant plusieurs années, que des fonds fournis par les souscriptions volontaires de ses membres, qui lui faisaient un revenu d'un peu moins de mille livres sterlings par an. Tel était cependant l'esprit de générosité qui dirigeait leur conduite, tel était amour du bien public qui se distinguait dans toutes leurs démarches, que la société faisait alors, avec ce modique fonds, de beaucoup plus grandes choses qu'elle n'en a opéré dans les derniers temps, depuis que le parlement d' Irlande lui accorde régulièrement cent mille livres sterlings par session. Une histoire faite avec soin, de tous ses travaux, serait un ou- vrage très- utile à'Irlande et à d'autres pays; il ferait connattre, beaucoup mieux que tous les raisonnemens, les objets qu'il convient aux gouvernemens d'encourager. ————f. lins Chrbes 10 46 anlées= gande E wbeut— Lohn-IE tant dir douneo ewuWe du d de ha 1nz8 NCon de Na: re deſt de co. tau n. Vonsg. uI Kn ment d Lans 1 wi Plusr geresg nécess leur u mü (3 dement La société fut créée, comme le porte la 1 utiles. charte de son établissement, pour J'améliora- 3 lvoir tion de l'agriculture; et pendant plusieurs. 2; Sou années, cet objet important absorba la plus 5 V grande partie de son attention. Tant que dl'avoir vécut sur-tout P'ingénieux et infortuné M. ¹, Eta- John-Wynn Baker, il attira aux assemblées 3 ceux tant d'amis de l'agriculture, que les prix 1 pui en donnés à cet art précieux, furent très-nom- t son breux. Sur-tout la culture du lin et celle ee ne du houblon furent d'abord encouragées, et de des de plus éclairées par la publication d'une 6 Lolaires espèce de gazette très-répandue et très-utilep. Denu Nous avons une idée de ces essais de la société 1 di par de Dadblin, par la traduction d'un certain nom- 4 asosité bre de ses feuilles que la société d'agriculture, 98 I mour de commerce et des arts, établie en Bretagne, outes fit faire en 1759. Une des premières opéra- Eulors, lions de la société de Dublin, fut de dresser wo plus un tableau des denrées importées annuelle- 2 5 Sles ment en Irlande, et qu'on pouvait recueillir ment dans le pays ou y manufacturer. IIl en résul- mille tait que l'Irlande consommait par an pour . hite plus d'un million sterling en denrées étran- 31 ou⸗ gères, dont la plus grande partie, loin d'èêtre V 34's; nécessaire aux habitans de ce pays, nuisait V uptous à leur commerce et enlevait les richesses de oollen! la nation. V V 8 838„ Une lettre de Samuél Madan à M. Tull, du 4 mars 1731, lui annonce que Tobjet principal de la sociéte de Dublin, est d'in- 5 troduire la meilleure méthode de labourer et d'améliorer les terres. l Un des actes de cette société, qui eut le plus d'éclat, fut le concours qu'elle ouvrit en 1742. Elle proposa un prix de vingt livres sterlings pour celui qui saurait retirer une 2 plus grande quantité de ble froment d'un — — —„.— 6 acre de terre, soit qu'il n'en mit qu'un seul L'acre de PIrlande équivaut à quarante ares. „ Il'en faut deux et demi pour un hectare. 1i 5 .... b d en valeur, soit qu'il en mit plusieurs. La sociéte de Dublin s'assembla dans le temps marqué pour délivrer la récompense promise b à celui qui l'aurait méritée. On eut égard, . Jans examen des droits des concurrens, à tout ce qui pourrait établir entre eux une exacte parité du côté de la qualité des terres ou des autres circonstances indépendantes de la capacité de l'économe. V Tous les suffrages se réunirent en faveur de M. Mathieu Yelverton, de Portland, dans le— comté de Tipperarye. Ce prix lui fat délivré. Il avait retiré par acre 668 stones 11 livres de froment, ce qui, à vingt stones pour une barique, fait 33 bariques 8 stones et 11 liyres, ——— —————ò bm eorte anciel ys 15— 1hobe=3 rocsdd eltor 8 ripand 3 dabs 1 91 vauriled- enan I ugts dihal n à IM un B le ſem enliro E. eda 11 le r0 eonp uc naur 1 nenct le 365 20We Phos 3r ase n en Enm uen in lho Tull objet d'in- Mrer uut le ouprit liyres une C seul 1Tes. Ips mie ud, ( eorrespondantes à environ trente-neuf setiers 89) ancienne mesure de Paris. On ne se souvient pas d'avoir entendu parler d'une récolte aussi abondante. On doit désirer de connaitre le procédé qu'avait tenu M. Yelverton dans la culture de la terre qui avait si heureusement répondu à ses soins. Le détail s'en trouve dans notre Journal économique, du mois d'avril 1752. En Pexaminant, on voit que ce cultivateur n'avait point eu recours à des engrais particuliers, ni à des cultures extraor- dinaires, ni à des liqueurs réputées propres à multiplier les germes, pour recueillir près d'un setier par are, Le champ que M. Yelverton choisit avait environ six acres d'étendue; mais l'acre qu'il sema de préférence, était plus humide que le reste. On conjectura néanmoins avec beau- coup de fondement, que les cinq autres acres n'auraient pas été moins propres à cette se- mence. Le sol de ce terrain était léger, doux et soutenu sur un fond de sable; il y avait plus de trente ans que la charrue n'y avait passé; ainsi c'était un bon fonds de terre en pré, qui se reposait depuis long-temps. Au commencement d'aoùút 1741, la terre fut labourée une première fois à un pouce 99) de profondcur. La charrue dont on se servit avait des oreilles larges de dix pouces à l'ex- trémité opposée à la pointe du soc. Du reste elle était semblable en tout à ces anciennes charrues anglaises, dont le timon ne portait pas plus de huit pieds et demi de longueur, et qu'on faisait tirer par des bœufs attachés sous un joug. Les mottes de terre que cette première façon enleva furent brülées aussitét. Cette opération était faite dès le huit aoùt. On en répandit les cendres sur la surface avec éga- lité et sans perdre de temps; on donna à la terre le second labour; on la laissa en cet état depuis le seize du même mois jusqu'au douze de septembre, temps auquel M. Yel- verion üit herser, observant que T'on hersat en eroisant les sillons, non-seulement pour briser les mottes, mais aussi pour bien mè- ler les cendres avec la terre. On se servit de lourdes herses, dont les dents, qui étaient de fer, avaient dix pouces de long. M. NYelverton s'aperçut pour lors que la terre était trop riche et en mèême temps trop molle pour lui faire porter du froment comme il se le proposait. Ces considérations le dé- terminèrent à donner un troisième labour plus profond que le premier, afin d'enlever eunt un ſen bn lie Iie. noh 4 Chd ar etam In erſey 3. a tl, 3 daà L Sals DfIs eu 91 Chaul 359 elle-n er. Ke der sd brilg § n Ja lectkas en Duge Ces — se deryit à bex- Du reste iennes poruait Sdenr, attachés dremière t. Cetee Ou en Nec èga- donna à a en cei usqu au M. Yeb- hersät nt pour nen mè⸗ se seryü j étaient che k t comme 3 le dé- labour enlever 91) un peu de sable du fond, qui, comme il a été dit plus haut, est dans ce canton fort près de la surface. Il exécuta son dessein le vingt-deux septembre; ensuite, par le moyen de la pesante herse de fer dont nous avons déjà parlé, il fit mêler le sable qu'il avait enlevé. Aussitéôt après, pendant que la terre était bien pulvérisée, bien ameublie, il y jeta la semence. Cette dernière opération était finie le six octobre, en sorte que dans l'es- pace de deux mois, il vint à bout de défri- cher une terre inculte, et de la meitre en état d'étre ensemencée. Le journal dont nous tirons ce récit, ob- serve que cette diligence et le succès qu'elle a eu, sont très-propres à tenter un fermier, et à l'engager d'essayer une pareille méthode, sans prendre garde aux circonstances. On engage le lecteur à faire attention que le champ de M. Yelverton était une terre par elle-méême molle, douce; qu'elle était portée sur un fond de sable dont on avait pu s'ai- der au besoin; que la croute en avait été brúlée; enfin, que la saison fut si sèche, si favorable, que six acres, équivalens à deux hectares, avaient pu étre labourés et brulés en huit jours. C'est sur-tout à cette dernière circonstance ——y 6 92) que notre économe irlandais reconnaissait devoir Pabondance de sa récolte; car il pen- sait qu'il est très-important de ne pas remuer la terre pendant un temps humide. Il fit labourer un de ces six acres en planches de seize pieds de large; on y sema du froment, et on eut P'attention de recou- vrir les raies qu'avait laissées la charrue. Les autres aeres furent labourés à sillons élevés. On ne remarqua au coup d'œil aucune dif- féerence dans la moisson de ces acres qui avaient été travaillés diſféeremment; mais si les uns et les autres avaient été chargés d'une égale quantité de semence, il y avait des rai- sons de croire que P'acre labouré en planches avait rapporté plus que les autres, dont les sillons étaient plus étroits, puisque la quantité de raies étant moindre, il y avait eu moins de terre perdue. Quoique le blé du pays fůt excellent, M. Yelverton eut la précaution ordinaire de changer de semence. Ilfit usage du blé rouge d'Angleterre: il en employa quarante-neuf stones quatre livres pour les cinq acres. On ne doit pas douter que cette attention n'ait contribué à augmenter la récolte qu'il a faite. Il croit que s'il avait jeté dans son champ une plus grande quantité de semence, il n'en auräit emclll 5 Es NsT nibarit Ia I8 1e MD gain dr dau §ro M pEe desos mueiiu chaunit pencange glif h 32 A2 celle Sm- lagd que cer- k grauſf umme g soufen, comm ILlanca Cie rem Cuoign de donn mnalssait l pen- remuer res en y sema recou- ne. Les lélevés. ne dif- ee Ga 1mais K4 358 d'une 5des rai- Ianches eint les Lantité moms vont, NM. V Pire de rouge 1E-neuf res. On 1 D walt a a fale. o'hamp vodwen (93) aurait rien retiré. Son opinion est fondée sur de puissantes raisons. On pourrait même eonclure de la grande quantité d'herbes que les blés poussèrent au printemps, qu'un de- mi-baril eùt suffl. La veille du jour où il devait semer, il ne manqua pas de meitre le soir tremper le grain dans une lessive préparée avec de la chaux, d'après la recette suivante. Prenez de la chaux et du sel gris; mettez- les péêle-méêle dans un grand baquet; jetez dessus une quantité suffisante d'urine, et re- muez jusqu'à ce que le sel soit fondu et la chaux délayée: laissez reposer cette mixtion pendant vingt-quatre heures; transvasez en- suite la liqueur p. Il ne faut pas que le grain trempe dans cette saumure avant que d'être semé, plus long-temps que du soir au matin. On croit que ce bain emporte la poussière et préserve le grain d'un insecte dangereux, qu'on nomme le petit ver rouge: ce ver cause souvent de grands ravages. On le trouve communément dans les meilleures terres de P'Irlande, lorsqu'il y a long-temps qu'elles n'ont été remuées. Quoique suivant les règles ordinaires, il m'eut point trop chargé son champ, il se vit — (94) néanmoins obligé de faire faucher ses cinq acres vers le quinze avril de Pannée suivante, à cause de la trop grande abondance d'ber- bes. Malgré ceite coupe, le blé monta si excessivement, qu'il fut contraint, vers le dix-sept de mai, de faire effaner le haut des tiges avec des espèces de crocs, n'osant pas se servir d'un autre instrument, qui, ne pouvant étre conduit facilement, aurait pu endommager la plante plus bas qu'on n'eut voulu. S'il eùt négligé le moins du monde de diminuer ainsi la superfluité de ces herbes, ou s'il ft survenu des pluies continues, ses ples auraient été versés, et n'auraient pu se relever. Auparavant, dans les plus favorables sai- sons, ses meilleures terres ne lui avaient pas rapporté plus de vingt-cinq bariques par acre; mais il espérait si bien de sa nouvelle méthode, que si le temps était beau dans les années suivantes, il comptait avoir une récolte aussi abondante que celle qui excitait en 1742, J'admiration universelle. Chaque acre avait produit trente-deux sacs de grain; ce qui était constaté par l'état de vente, déduction faite de la toile et du déchet inévitable dans le transport; les trente-deux 82Cs rendirent six cent quarante 1 — 1 Kones Wrés. K J 2 donnéG. I. vs Tonome Tf nu 1e= Nen Jop Iie cello. des termGi 3 S conp 18 condu Caäu rearend g Hrhe, dnn wunenol kt CM-Lohg es à dn Lit an g Tui tomlg Kaint- lus, An eut pu fin k. recefol E seul ue gull (8 eind dirante, nd'her- onta si es le 1e Haut dr'osant 1ui, ne ait pu m w'eut Ae 2 Derbes, Bles, 8s Si pu Se los Sai- VLot Pas Tps Dar 'Welle dlI dans BT Une LI zeltalt .Ceux 21 Lelat vo et du 00; les 5 rane () stones de grain, le stone pesant quatorze livres. Le prix remporté par Mathieu Yelverton a donné lieu à plusieurs observations. M. William Ellis regarde le succès de l'é- conome irlandais comme un cas particulier qui ne doit point faire de règle générale: bien loin de conseiller aux économes de sui- vre cette nouvelle méthode pour défricher des terres incultes, il laisse assez voir que son opinion est que M. Yelverton doit beau- coup plus à sa bonne fortune qu'à sa bonne conduite. C'était, dit-il, hasarder beaucoup que d'en- treprendre de mettre en valeur une terre en friche, dans une saison si avancée; car, en commençant le premier labour au mois d'aouùt, et sur-tout avec le dessein de bruler les mot- tes et de les réduire en cendres, on s'expo- sait au danger d'essuyer de grandes pluies qui tombent ordinairement tout à coup vers la Saint-Michel. Si les pluies fussent surve- nues, il est fort douteux que M. Yelverton eùut pu venir à bout de donner à sa terre toutes les façons nécessaires pour la préparer à recevoir du froment; mais ce danger n'était pas le seul qui ft à craindre. En supposant méme qu'il eùt été certain q'avoir un temps —— — — ———— S ( 96) sec, très-favorable pour labourer, pour brůler ses mottes, en un mot, pour mettre sa terre en bon état, tous les inconvéniens n'étaient pas écartés. Si le printemps euüt été pluvieux, le blé, ainsi que le remarque judicieusement Pauteur de la relation, aurait été renversé, et n'eüt pu se relever; et Pon ne voit pas que la seconde coupe que M. Yelverton eut la précaution d'ordonner, l'eùt garanti de ce dommage, si l'été eùt été chaud et humide en méme temps. M. Ellis ajoute qu'un fermier agirait contre ses intéréts, si, à l'imitation de M. Yelver- ton, il écrodùtait son champ, dans le dessein d'en bräaler les mottes: il est bien vrai qu'une pareille calcination anime la terre et lui donne la force de produire pendant trois ou quatre années de suite, une moisson très-abondante; mais, lorsque cet embonpoint artificiel est épuisé, quelle en doit être la conséquence? Ne sera-ce pas la même qui suivit le marché que firent les habitans de P'Ouest de l'Angle- terre? Ces gens, avides de toucher une grosse somme d'argent à la fois, louèrent pour trois ou quatre ans leurs terres à une personne, à qui ils permirent de les écroùũter ou écobuer, et de bruler les mottes. Le temps du bail ex- piré, les propriétaires rentrèrent dans leurs biens; 71 — piens; qu apres ha ph 72 ano Te p nano ſe cette 5 drce et N3 nant gu aee, etit ſe k rät, ns K Weru quila de li TIenl, N Teli fos une i de hiin n I Pls, wdhe e, es Pfet est gele emg de meme corrosits prorince aEprours W Leur ron 1 Dantie Ä. bräler Ma terre Aétaient Avieux, AlSement erde, V 2roit pas V rlon eut nli de ce 9 wumide S contte F Telyer- idessein Mu'une 1donne 0 quatre d dante— Aciel est mluence) 1 marche P Ange- 2 grOSe vur trO V 4 nne, 4 Mrohuer, ub ail ex- 45 5 leurs biens, „ (97) biens; mais leurs terres étaient si effritées, qu'après beaucoup de dépenses et la conduite la plus intelligente, on n'en put retirer qu'une récolte modique. M. Ellis ne croit pas trop avancer, en disant qu'une terre épuisée de cette sorte ne pourra jamais recouyrer la force et la richesse dont elle était pourvue avant qu'on l'écroutàt pour en bruler la sur- face, et il y a d'autant moins lieu d'espérer de la rétablir, que la terre morte est plus près de la surface: car, bien loin d'écor- cher un pareil sol et de le dépouiller de ce qu'il a de meilleur, il serait plus à propos de lui procurer du secours et de amande- ment. M. Yelverton avait fait tremper sa semence dans une saumure préparée avec de la chaux. Ce bain produit un effet excellent, suivant M. Ellis, lorsque le blé, après avoir été imbibé pendant douze heures de cette sau- mure, est semé aussitét après; au contraire, l'effet est très-funeste, lorsque quelque obs- tacle empèche de semer le grain. Lurine— de mème que la chaux et le sel, sont des corrosifs si violens, que dans Pouest de la province d'Herford, on n'ose s'en servir. On a éprouvé, en plus d'une occasion, que cette liqueur ronge la pellicule du grain et em- A. Sartte. 3 — ——— — —— — A — 95) pèche de germer. Si donc M. XYelverton avait été arrèté par des pluies,(Get com- ment pouvait-il prévoir qu'il ne le serait pas?) s'il n'avait pas pu ensemencer son champ aussitôt qu'il eut retiré le grain de la sau- serait-il suivi? la semence mure, que s'en n'aurait-elle pas attaquêe par un sel äcre, perdu son organisation? 4 On demandera peut-ètre pourquoi lurine; dont l'acrimonie est si puissante, ne fait pas d'abord P'effet qu'il en veut faire appréhender 2 Il ne sait, continue M. Ellis, qu'une réponse à cette question: c'est qu'apparemment le sel alkali de la chaux émousse, enchaine pour quelque temps les sels acides de l'urine. Le docteur Bury a observé qu'en combinant ces deux sortes de sels, on les tempérait Pun par Tautre; le sel marin est actif de sa nature; le sel de la chaux est plus doux; en les mélant, on en forme des composés très-utiles. Mais quoiqu'il en soit, Texpérience a per- suadé aux cultivateurs de Heretfordshire, qu'il ne fallait pas faire usage d'urine; et les plus habiles fermiers sont tous d'avis qu'il y a du danger à s'en servir, même lorsqu'on ne ferait qu'en verser sur la semence le matin du jour où on doit la jeter dans le champ. I aime 4— 115 aiment mieux fatre iremper le graimn dans du ſos Tvelga Duhb ce cb I4 alltus I releon par e p Ddlau pour 01 cleot 2 1 beaucl parlin gels, 8 Tlsg poigquiin dantes 34 miocg. Dlosu ete. On Dar NM 9 ensite g Voya gcl nele 3e M. 4 pour les Mbouren doae g — „Avertom Ru jus de fumier, et le saupoudrer de chaus et com- 1. quelques heures avant que de le semer. 8 Ferait a c Duhamel du Monceau a parlé de Pexpérien- champ ce de Mathieu Yelverton, dans son Traitsé de Ila Sau- —-—— la culture des terres,(Tome 6. page 54-57). IMance. Il n'éleve aucun doute sur un résultat attesté par le prix qu'avait décerné la société de Dublin; mais il faut peu d'art, selon lui, Ul urine, pour obtenir de grandes récoltes d'un ex- 1 fait pas. cellent fonds de terre, comme paraissait èétre celui de M. Yelverton, tandis qu'il faut beaucoup d'art, au contraire, pour tirer un rqcender? a repons famt le el 1.. parti médiocre d'un mauvais sol. Et dans ce Loae pour——. 1 ue. I sens, des agriculteurs frangçais qu'il cite ont 1 1 Te. Le..... — plus fait que Péconome irlandais tant vanté, idunt ces.„»., 1 puisqu'ils sont parvenus à obtenir d'abon- iisun pa.„... 1 m b dantes récoltes d'un fonds qui était d'un très- 6a 1abore; 3.. 8 3 médiocre produit. en les. Zen Plusieurs autres agronomes, Patullo, Palteau, 2slls. etc., ont cité avec éloge le fait du prix remporté G —* 2 7*.* 0 1a a ber par M. Yelverton; mais on a été bien surpris 5 Pe gul ensuite de ce qu'on a lu à ce sujet dans le b—. 3 5 les Hlus Ioyage de M. Arthaur Voung en Irlande,(Ar- I. adu ticle de Johnstown, tome 2, page 89). =non ne M. Arihur Young commence par dire que malht*—. 3 De mäbll pour le froment, les cultivateurs de ce pays 1 clamp. labourent la terre trois fois, sèment qua- ſans.. 181 dans torze stones; et récoltent sept barils. 64 6 100) Il ajoute: C'est en ce canton que M. Yelverton a fait cette fameuse récolte en froment, dont les détails ont été consignés dans tous les livres d'agriculture de l'Euro- 8 „» pe; mais personne ici n'*y ajoute foi. Voici ce qu'on m'a raconté sur ce fait. M. Yelverton, Q — sur un champ de trente acres, en choisit 8 »„ un qui avait la meilleure apparence; mais » ses hommes de journée connaissant son intention, y portèrent à son insgu, des L »„ gerbes qui se trouvèrent ainsi ajoutées à la » récolte que cet acre avait reellement pro- » quit. Ainsi M. Yelverton, sans en avoir l'in- »„ tention, a induit le public en erreur». M. Arthur Young insiste très-formellement sur cette information d'après laquelle il dit avoir proposé à la société de Londres, de met- ire pour condition à Pobtention des prix qu'elle donne pour les plus grandes récoltes, que le blé serait scié, battu et mesuré dans le méme jour, en présence de témoins; proposition que la société adopta malgré l'opposition de quelques membres qui ne Tapprouvaient point. La réflexion de M. Young est tres-juste, et son anecdote est treès-piquante. Ce n'est pas ici le cas d'en discuter la probabilité. Les Irlandais, en général, ne se louent pas de Timpartialité avec laquelle leur pays est jugé f P le 3 Noung Drur gl= dm ihars mils d Nuyss Usalres Semil 8. seht 25 merzellidh N. N conclla 6l 4 jäe f-Eels Tuelles b ſer Cus qu radl Tahr(uo wunrag 3 Yong jül Tohne I honorgo dernienn Paconon Wage, 2 copiles, que M. volte en nsignés Euro- ioiei ce Ferbon, chobsit 92; mais ernt Son a1, des besàla 1at pro- dir lu. Sur y. eWent Uail dit zemet- 51 velle P le Vl Arejour, Lue h „ Iques 11 Auste, w'est „1 4'. Lls — 5 de uge 9 ſuge (101) par les Anglais, et peut-ètre M. Arthur Young a-t-il adopté un peu légèrement un bruit qui ferait soupçonner M. Yelverton d'un charlatanisme condamnable, ou tout au moins d'une duperie ridicule. Il n'y a nulle vraisemblence que les com- missaires de la société de Dublin, chargés d'examiner la récolte de M. Yelverton, s'en fussent laissés imposer à ce point par une merveille chimérique et sans aucun fonde- ment. D'ailleurs, M. Yelverton avait des 2 concurrens intéressés à découvrir la vérité et à démasquer P'imposture. Quoiqu'il en soit, j'ai cru devoir rapporter fidèlement le fait en lui-méme, et les diverses remarques aux- quelles il a donné lieu. Nous en allons trou- ver quelques autres du même genre, mais qui seront heureusement mieux attestés et à Pabri de toute équivoque. Au surplus, je dois dire que les nombreux ouvrages de l'agronome anglais(M. Arthur Yong), offrent d'autres citations où la cou- ronne céréale de l'irlandais Yelverton a été honorée comme elle devait l'ètre. Dans le dernier chapitre de ses Essais praligues sur Déconomie rurale, M. Young lui rend hom- et ses réflexions méritent d'èire mage, copiòes. ( 192) * C'est particulièerement en agriculture, dit-il, qu'il existe encore de grandes décou- vertes à faire. Qui nous expliquera, par exemple, pourquoi le produit commun en froment est toujours aussi modique? Cepen- dant, il est déjà constaté par quelques ex- périences, qu'il serait possible de faire des récoltes immenses de ce grain, en compa- raison de celles que l'on fait communément. La fameuse récolte de M. Yelverton, mon- tant à douze quartiers(trente-cinq hectolitres), a appris à toute l'Angleterre et au monde entier ce que peut produire et murir en froment un acre de terre(quarante ares. Il est surprenant qu'un fait pareil n'ait pas excité ses contemporains à faire, sur le produit du froment et des autres grains, de nom- preux essais dont quelques-uns auraient pu les conduire à des découvertes d'une haute importance p. M. Arthur Young se fait, à ce sujet, T'objection qui saute aux yeux de tout le monde. Comment ces découvertes si utiles au genre humain, auraient-elles pu échapper à nos prédécesscurs? et quelle vraisemblance, qu'à nous, qui arrivons si tard, il soit réservé de trouver ce qui n'a pas été connu ni soup- çonné de nos ancétres? Vn Toung, Chow 14 tre. Verso in compa dr Jexi e uhle Donde der ne at e korat-- han 4 et du de ce es lgit Dur 38 augu, Ge es prol Nous dod subtance mülange Comhier des lini dendent Uu Su Il nest grais a eaucon, doauer ko leulture 1 s décou- a, par mun en Cepen- lues exL- aire des compa- nément. „mon- oltres), monde rnüͤrir en ares), ait pas vroduit nom- zent pu dz haute 2blance, eréserse Solp- „ Un homme de bon sens, répond M. Noung, ne conclut jamais de ce qu'une chose n'a point été, qu'elle ne peut jamais étre. Personne au monde, avant la découverte du compas de navigation, n'eùt pu conce- voir Pexistence d'une semblable merveille. Le sable et la cendre ont existé dans le monde des milliers d'années avant que l'hom- me ait connu Part d'en faire des glaces. Aurait-op pu persuader à César, lorsqu'il jetait accidentellement les yeux sur du nitre et du charbon, qu'il n'eùt fallu qu'un peu de ce mélange pour anéantir avec lai toutes ses légions victorieuses? Qui serait assez hardi pour assurcr qu'il ne réside point, à notre insqu, dans chaque particule de la matière, des propriétés encore plus merveilleuses 2 Nous foulons journellement aux pieds des subtances qui, mieux connues et habilement mélangées, opéreraient peut-être des prodiges. Combien d'importans secrets qui, placés hors des limites de Pintelligence humaine, n'at- tendent pour éclore qu'un heureux accident? Qui sait si dans la carrière de Tagriculture, il n'est pas possible d'inventer quelque en- grais assez puissant pour donner à la terre beaucoup plus de fertilité que n'en peuvent donner tous ceux que nous connaissons» 2 G1024 Sans étendre nos espérances jusqu'a un but si éloigné, continuons à rechercher ce qui a été jusqu'aà présent tenté avec plus de succès, dans la vue d'augmenter le produit ordinaire des plantes céréales et de multiplier les grains. Nous avons commencé notre jour- née agronomique avec un sage de la Saxe. Nous venons de voir couronner un bon la- boureur de ITrlande. Passons en Angleterre. Nauven ie 291IA Discso- peue 8 lab a mnn un bonnf Nerde Patrim daMSTI et de apres 1¹ Kr le 3i Dorber i qui cogg aindi 1n et perle or! agnn dec la 2 P un he Mce qui Nus de I oduit pher .. jour- 6 Sde. un la- Slterre. CHAPDITPEE VW. Nouweau systémeèe de culture, publié en anglais, par Tull. Nouveauæ instrumens qadil dopte. Discussion de son assertion que les engrais peuvent étre suppléés par la fréquence dles labours. Irrnno Turr, gentilhomme anglais, était un homme instruit. Il avait fait dans le com- merce des pertes qui avaient diminué son patrimoine. II forma le projet de se retirer dans ses terres à Prospérous, comté d'Oxford— et de faire valoir ses biens. Dans ce dessein, après avoir mis ordre à ses aflfaires, il passa sur le continent pour rétablir sa santé et y porter aussi un cœil observateur sur tout ce qui concerne la culture des terres. II voyagea ainsi trois ans dans la France et en Ilalie, et perfectionna tellement les idées qu'il avait sur Pagriculture, qu'il retourna en Angleterre avec la confiance d'améliorer sa fortune, et X (106) Je dessein formel d'introduire dans sa patrie une méthode de culture absolument nouvelle, et qu'il croyait fort au-dessus de l'antique routine. Tull avait, comme je l'ai dit, beaucoup de connaissances en physique et en méchanique. Il avait recherché les livres relatifs à lagri- culture; cauι‿ses de la multiplication da blé, ne lui et la découverte de Wolf, sur les avait point échappé. IIl parait qu'il la con- naissait avant de quitter l'Angleterre, et qu'il avait sur-tout été frappé d'un exemple cité par Wolf, mais dont je n'ai pas cru devoir parler dans J'analyse du livre de ce philo- sophe, parce que j'ai pensé que ce fait re- marquable trouverait mieux sa place dans le chapitre où je pourrais en montrer l'appli- cation. Voici le passage de Wolf qui avait forte- ment ébranlé le cerveau de Tull. II s'agit d'un semoir essayé par un Espagnol vers 1660, avec un tel succès, que les transactions philo- sophigues de la société royale de Londres, et les journaux des sauans de Leipsick en avaient consacré l'histoire. Il faut citer„avec le fait, les raisonnemens par lesquels Wolf croyait devoir Pappuyer. Laissons-le dono Parler lui-méme, 1 Pose 1 Joseph 5 1 fondi montre U. Ald paulie relle„ 1tiquo dp de Anique. Tagii laur les dae lui eon- Ed qui ale cité derol phibo Te- vas le Gppl- 7lorbe- . Sagit r 1600, Shilo- adres, 1-k en 1, afte ſſul Adonc (10) oJ'al démontré, disait-il, que la nature recélait un trésor inépuisable; j'ai désigné le lieu où l'on pourrait le trouver, ainsi que les procédés à employer pour J'en tirer; il ne me reste plus qu'à chercher les moyeus de faciliter ces procédés. „» La question se réduit à examiner le changement à faire subir aux outils employés jusqu'à présent, afin que les graines soient suffisamment enterrées et espacées- » On ne devrait pas douter du succès, si la recherche était faite par une personne versée dans la connaissance de J'agriculture et de la méchanique; et je suis en outre persuadé que des cultlivateurs expérimentés tireraient parti de cette découverte, en ob- servant seulement d'espacer les grains et de les faire couvrir davantage par le hersement. Peut-être, moi-mèême, trouverai-je, dans mes loisirs, le moment de produire quel- que chose d'utile sur cet objet, si, dans Tintervalle, un autre ne me devance pas. » Je vois, dans les Traités anglais, n.“ 60, page 1056, qu'un Espagnol, nommé don Joseph Lucatello, sans avoir bien appro- fondi les principes de Fagriculture, a dé- montré les défauts de la méthode ordinaire-. IIl a adopté la règle reconnue tant par les ( 108 z anciens que par les modernes, de mettre les plantes à une distance suffisante les unes des autres, et de bien enfoncer les racines, attendu, ajoute-t-il, que par-là elles s'ali- mentent mieux. » Lucatello décrit une espèce de charrue de son invention, avec laquelle on peut ouvrir des sillons et semer tout à la fois. Il en fit Pessai en Autriche, en présence l'Empereur, et parvint à retirer le sextuple de la semence des champs qui, jusque-là, n'avaient rendu que le quadruple, ou le quintuple tout au plus». Wolf ajoute que cette multiplication est de peu de conséquence auprès de celle qui pou- vait résulter de sa découverte. II voulait aussi que la charrue de Lucatello pùt èétre em- ployée sur un terrain qui ne ft pas extrè- mement plat et uni. Lucatello avait donné à sa charrue le nom de sembrador. Duhamel a rendu un compte plus exact de cette invention. Suivant lui, don Joseph Lucatello avait in- venté un instrument qui, étant fermement attaché à une charrue ordinaire, ouvrait le sillon, semait et hersait en meme temps. .— 3 4 Lessai de Pinstrument fat fait en présence du Roi d' Espagne, à Buen-Retiro, avec un gocces G par celt quim Ie lie de t gäre, Ee iogreng enne une gewer, en perem. 1 uätre 4 W ſicat er aoüt ayait ex exyerien colte. Tr ſenhon de Ie En éanien doncon- helens Raele unes ines, Thali- arrue 2 uyrir L n ſit Mreur, 72 ance Fendu t au Act de 3p Ju⸗ i Si um- aurè- 74 in- rent r Lit le 1ſs. LLICe 9iun „ ( succès qui passa toute espérance. On recueillit par cette méthode huit mille cent soixante- quinze mesures de blé dans une mème éten- due de terrain, qui, étant semée à l'ordi- naire, n'en donnait que cinq mille cent vingt-cinq mesures. On ſit quelque temps après une autre épreuve de cette façon de semer, en Allemagne, en présence de PEm- pereur. La récolte ordinaire n'était que de quatre à cinq pour un; elle fut de soixante pour un, ce qui fut constaté par un certi- ficat en forme, donné à Vienne, le premier aoùt 663, par un officier que l'Empereur avait expressément commis pour suivre cette expérience depuis la semence jusqu'à la ré- colte.(Traité de la cultare des terres, tome 1, page 373). Tull était plein de cette idée lorsqu'il alla en Italie. Quel fut son étonnement de trou- ver, dans plusieurs contrées de cette partie de l'Europe, des traces subsistantes de P'in- vention d'un semoir bien antérieur à celui de'espagnol Lucatello? En effet, on lit dans un ouvrage italien, qui a pour titre: Le Planteur, ous nouvelle manière de semer les grains, par M. Ignace Ronconi, publié à Venise en 1770, que les Italiens ont , les premiers, imaginé des — „— ——» (1rO) machines économiques pour obtenir plus de produits avec moins de semence. En 1660, M. Cavallina, de Bologne, inventa un semoir dont le père Segni, chanoine ré- gulier, a fait mention dans son Traité sur la disette. En 1670, le père Lana, jésuite de Brescia, donna dans son Prodrome ou Essai sur des inwentions nouwelles, un nouveau plan de semoir qui tendait à la mème fin que les machines modernes du mèême genre; à savoir l'exacte distribution de la semence à de justes distances. Vers le mème temps on ima- gina de pareils instrumens en Espagne, en Augleterre et en Allemagne. Le marquis Alexandre del Borro qui les trouva trop com- posés et trop difficiles à manier, publia en 1669 son Char de Cérès, qui tendait à semer, par ordre et par proportion, avec épargne dans la semence et avec avantage pour la récolte. Toutes ces inventions étaient si peu con- nues des modernes agronomes, que Tull put s'en emparer et se faire regarder comme créa- teur, lorsqu'il publia sa machine, laquelle a été, à son tour, reproduite depuis en Italie, par M. François Griselini, de Venise. Les machines préconisées par les Italiens f de de 1 Ja Cob ha 07 ncefolr 2 ror-Sem'CG dbtuls I Nantät 2 l Ned cjinücl dn d40 SM Wn de rou et j 1 de pl Ve e 8 et Iae deposa I KI 8 A I. dessonn, me! COrs 15 PrSenm qui M. SèTon u Les a clanbn; dire Vale Dus de vinventa 1 ne ré- Ue sur 1. e Jresein, 1guly des wlan de 1 à de zon ima- Sde, en Arquis mcom- 111669 7* B Wer, argne 5( con- Upat L erba- Ls elle 4 1 Slale— — Ir devaient faire trois opérations essentielles à la fois, sur un terrain qu'on supposait la— bouré et préparé, comme à Pordinaire, à ocevoir la semence. II fallait que la char- rue-semoir perçàt la terre de trous également distans les uns des autres, verst ou plutôt plankät la semence dans ces trous, et enfin les recouvrit de terre. Pour exécuter ces trois opérations, le planteur, espèce de prouette, était composé de trois principales parties, dont la première consistait dans une espèce de rouleau dentelé, qui roulait sur le terrain et y faisait autant de trous qu'il était armé de pointes ou chevilles; la seconde formait une et fixe sur les barres de la brouette, qui —„„.„. espece de boite ou tremte immobile déposait tout doucement et en petite quantité la semence dans ces trous, par le moyen d'un cylindre régulateur, lequel, placé au- dessous, souvrait et se fermait, suivant le mouvement du rouet ou rouleau, par le se- cours d'une verge de fer. Enfin la troisième présentait une espèce de rateau ou de herse, qui applanissait la surface du terrain d'un sillon à l'autre, Les savans d'Italie raisonnaient sur le mé- chanisme de cet instrument, de manière à faire valoir ses avantages. On voit, disaient- 9 — 1I2) ils, que les grains ne sont pas semés con- fusément et au hasard par la main incertaine et vague du laboureur; mais qu'ils sont mé- thodiquement plantés. Plus rares et plus libres, ils ne se gèênent ni ne se nuisent dans la for- mation et la grenaison des épis. Sans parler de l'épargne dans la semence, les épis plus dégagés sont plus forts, plus hauts et plus pleins. La moisson, outre qu'elle jouit plus librement de Pinfluence bienfaisante du soleil et de Tair, peut être plus facilement sar- clée, relevée, etc. dans les temps opportuns, et parvient plus heureusement à une parfaite maturité. Le marquis del Borro, dans Pouvrage cité ci-dessus, et M. Targioni, dans sa Métal- lurgie, rapportent un fait ancien, qui sem- plait imaginé exprès pour éclaircir et accré- diter les semoirs. Dans Pautomne de 1698, Tabbé Filizio-Pizzichi, de Florence ,connu par des inventions singulières, entreprit d'en- semencer d'une manieère toute nouvelle un champ voisin de cette ville. II fit faire à plusieurs petits enfans, exactement ce que les auteurs des semoirs font faire en un seul temps à leur machine. Les uns parcouraient le champ d'un bout à Tautre avec un ins- trument armé de chevilles pointues; les au- 5 — ——— — eleuse ſerrons V Tuuhi n AM nols Tinren: Propra 2 ont elé palie(ar Qodio— Mäl 1 anS, d il An mier d ratoireh LN età trts-on sillous quinze vü proc Con- » Ltalne 0? mé- 2ulres, I or- Iarler 4. plus 5 plus liplus ghleil nu Ien- MTleun 64 à Slle Meu- KPII II- 291l- ( tres meltaient du grain dans les trous faiis par ces pointes; enfin les derniers les recou- vraient de terre. La moisson qui en résulta excita la curiosité des principaux habitans, et même du Prince. Quoique l'année fut di- setleuse, à raison des pluies, on y recueillit deux fois plus de grains qu'on n'en recueil- lait par la manière ordinaire de semer. Nous verrons ci-après cette idée singulière de la plantation du blé, reproduite avec plus d'éclat en Angleterre, et méome en France; mais nous verrons aussi que ni cette méthode ni Pinvention du semoir n'appartiennent en propre aux cultivateurs de T'Europe. Elles y ont été apportées originairement d'une autre partie du monde. Quoiqu'il en soit, les notions que Tall avait recueillies dans son voyage de trois ans, avaient fait fermenter son génie inven- tif. A son arrivée dans ses terres, son pre- mier soin fut de réformer ses instrumens aratoires et de les approprier à ses vues. Il fit d'abord une charrue à deux roues et à quatre coutres, machine très-longue et très-forte, qui ouvrait en quatre parties des sillons larges de dix pouces, profonds de quinze à seize, et dont un seul labour de- vait produire autant d'effet que quatre la- — 1) bours ordinaires. La tenacité du gazon, l'obs- tacle des racines, rien ne résistait à l'effort de ce coutre quadruple. Tull croyait obtenir par-da, pour J'ameublissement des terres, Teffet du double emploi que J'on faisait alors de la charrue et de la béche. Lorsqu'un sil- lon était tracé par la charrue, des ouvriers armés de béèches suivaient et creusaient le sillon. Mais Tull trouvait cette pratique trop dispendieuse et trop longue; et sa charrue devait exécuter à elle seule les deux travaux simultanés de la charrue et de la béche, et rendre permuables aux fils déliés des racines les molécules de la terre, jusque dans leurs plus petits pores. Ensuite il avait inventé un jaugeage, pour reconnaitre la profondeur qu'il convenait de donner aux semences. Sa méthode consistait à scier douze bâtons de trois pouces de dia- mètre, à faire un trou dans chacun, et à faire entrer dans ce trou une cheville faite en forme de cône. II donnait à la première cheville un demi-pouce de longueur, à la seconde un pouce, et ainsi en augmentant chaque cheville d'un demi-pouce, de sorte que la dernière eut six pouces de long. Quand les jauges étaient ainsi préparées, le terrain en outre bien renversé, bien rompu ——˖⏑—ꝛBꝛ————:ͤ————— 4— el hien uir Z Trous II. du wrol ternin; dans les- elerer k chait Ka Co vot Touxer lusak: le 1ae autres arec ch 2 Ks ſiser d On de ene Nait ens ne se 4 Quel- les cha mnn K le s ces ri ouyrir erminé el eka 1, lds- et bien ameubli, il fallait avoir soin d'en 3 lelen unir la superficie. On faisait ensuite vingt lobtenir trous avec la jauge d'un demi-pouce, dans Dterres, un rayon, en tirant un cordeau à travers le din Jors terrain; on mettait vingt grains de semence Aüu S. dans les vingt trous, que Pon comblait sans houriess élever la terre au-dessus du niveau, et Ton mnient! fichait sa jauge en terre au bout du rang. Mue trop On voit que ces semences ne devaient se harrue trouver en terre qu'à un demi-pouce. On 9aNYaux laissait cette jauge en terre pour reconnaitre SChe, ei le rayon. On faisait le mème usage des onze racines V autres jauges, et après avoir fait vingt trous s leur avec chacune, et y avoir placé vingt grains, 12 on les comblait aussi, avec l'attention de 3e pour laisser chaque jauge au bout de son rayon. mmäät de On devait remarquer quelle était la se- 8stait mence qui poussait la première, quelle ve- Fole dia- nait ensuite avec plus de vigueur, et quelle 2r, eli ne se monirait point: par-là l'on connaissait 3e füite à quelle profondeur on devait semer dans amibre les champs. C'était sur ce principe que por- 90 à K tait spécialement l'usage du semoir. r entaut Le semoir était destiné à placer les semen- „Sorté ces réguliéèrement dans les raies et à les re- 5 be · couvrir de terre suivant la profondeur dé- ,E terminée par le jaugeage. La charrue à se- mer était une pièce importante. Elle devait — — —— — — — — — (116) remplir la fonction de l'homme qui sème à la volée; mais elle le faisait d'une façon bien plus précise, car elle ne laissait échapper les grains de semence que les uns après les au- tres, de même qu'elle les recevait par le méchanisme d'un cylindre qui lui était adapté. On semait trois rangées de grains, distantes de sept pouces, dans des planches faites exprès, entre lesquelles on laissait des plate- bandes de sept pieds. On épargnait ainsi beaucoup de semence. Seize pintes de fro- ment de moyenne grosseur, ancienne me- sure de Paris, suffisaient pour ensemencer avec le semoir soixante-quinze perches d'un terrain fertile. Vingt-quatre pintes devaient suffire pour ensemencer une mèême étendue d'un sol ordinaire. C'était les trois quarts d'épargnés. Ensuite, quand le blèê croissait, pour dé- truire les herbes et diviser le sol, il fallait une autre charrue, ou un petit oultibateur. Avec cette charrue on labourait entre les rangs; et l'on favorisait par ces binages ré- pétés, soit Pextention des racines, soit la formation et le grand nombre des tuyaux. Les produits obtenus par cette nouvelle culture et cet appareil de machines, devaient étre miraculeux. Les labours faisaient tout: — ſes funi Wl pri le IEer a? d1 gue dans S Tordinan rarb du S nde Suirae lommé Plp reslée elo NNAR dd que Pum fromenm- de menu 4"gue t acultured aisant laff ent, Tüll au sa cultwz à la loee. klait ha ph pasdenlien Texcepu eomman, Plus grau le fana acre de& 1 Seme a on bien Giper les Inqes au- 5Ndar le 48 alagt allislanles Jol faites b 1 plate- 3IIg ainsi 291e flo- ie me- R euencet IS d'un d Baiene andue Aouarts T r di 2 fallaut XI2lalIr. 139 les les fumiers cessaient presque de devenir utiles. Tull prétendait d'après ses expériences, 1.0 que le blé venait mieux dans une terre non fu- mée et labourée suivant sa nouvelle méthode, que dans une pareille terre fumée et cultivée à Tordinaire; 2.“ qu'une terre qui avait rap- porté du froment l'année précédente, labou- rée suivant ses principes, en avait encore donné plus qu'une terre de meme qualité restée en jachère; 3.° qu'une terre alors n'avait pas besoin de repos, et n'en était que plus propre à produire tous les ans du froment, pourvu qu'on la cultivàt toujours de méme, par planches et par plate-bandes; 4. que si un grain en produisait dix dans la culture ordinaire, on pouvait compter que, suivant la nouvelle culture, il en proquirait cent. Tull appliquait également ses machines et sa culture aux turnips ou navets, aux feves, à la luzerne et au sainfoin. Le sainfoin meme était la plante qu'il semblait affectionner plus particuliérement. II n'en est aucune autre, à Texception du froment, qu'il ait ou plus re- commandée, ou cultivée lui-même avec un plus grand soin. II le fauchait avant sa fleur, et le fanait avec des précautions infinies. Un acre de sainfoin cultivé selon sa méthode, — ( 118) devait rapporter autant d'herbe que quarante acres de prairie. Cette grande fertilité pro- venait, selon lui, du nombre et de la lon- gueur des racines du sainfoin. Son pivot pénètre à vingt et trente pieds de profon- deur en terre, et ses racines latérales s'éten- dent vers la surface, si rien n'en arréte les progrès. Dans la supposition qu'une seule perche carrée ne contienne que cent vingt plantes de sainfoin, chaque plante bien cul- tivée donnant un produit qui pèse plus d'une demi-livre, le produit total se monterait à huit mille livres pesant de sainfoin sur un seul acre. Cette plante féconde toutes les terres. Les sols les plus ingrats, après avoir porté le sainfoin six ou sept ans, deviennent assez fertiles pour produire du grain pendant trois années, et continuer de nouveau à por- ter du sainfoin. Jabrège beaucoup les détails de ce pané- gyrique d'une plante que Tull met au-dessus du trèfle mèême. Ce n'était pas assez pour lui d'avoir ima- giné et facçonné tant d'instrumens; il restait une grande diſficulté à vaincre, c'Ctait d'ap- prendre l'art de s'en servir à des hommes grossiers et peu intelligens. De TPaveu de Tull, ce ne fut pas pour lui la tache la point —— Moins li 2½ t et. lo 1s ☛ tse d1C dee. 090 Tresquif rlue Er Iaccon dæg 8, Gr Gm 231 Aasbn le&8 fecu 1 Tralle un de rele E. Ctegs NA, VTT Heot E” culto 3. Ses pr o conseg 9. prome maul n tenr. a dérout une 10p Fatrle. ( 119) eqraants moins pénible. Ce désagrément ne le ralentit 3 filits ro⸗ point dansson projet. II le faisait avec la ferme- 2 l. Ln-⸗ té et la résolution d'un homme bien convaincu 6 Dn pipot* des avantages de son entreprise ct de la jus- 1 brofon- tesse des principes sur lesquels elle était fon- d nes Seien- dée. On peut dire à sa louange, qu'il était marréte ls presdue parvenu à surmonter tous les obstacles,. me vel lorsque son grand äâge et les infirmités qui dont rnet T'accompagnaient affaiblirent tellement sa san- wien e té, qu'il résolut d'abandonner les travaux Sos Cune champèétres pour passer le reste de sa vie enterait 4 dans la pratique des devoirs religieux et dans Sn ar n le sein de l'amitié et du repos. Mais il ne 5 Jutes Is vécut pas pour jouir des douceurs de la re- 1 daos apoir— traite; il mourut au moment ou il projetait 1 Dnen de renoncer à l'économie rurale. 1 Vendant Cette idée succinte de sa vie et de ses tra- cuayr vaux, montre combien il avait essuyé de dif- ficultés pour établir un nouveau systéme de e fn. eulture. Ce aledne, malgre la Certitude de h-heal ses principes, la théorie qui paraissait la plus 3 conséquente, et les grands avantages qu'elle arriur Promeflait, Le stemo ne servit en quelque 1 rsi manière, qu'à altérer la fortune de son au- it om„ teur. Cependant il avait rcuellli, de son vns dévouement à la science de l'agriculture, une réputation étendue au delà mèême de sa lche h Patrie. Son livre publié in-folio, en 1733— — — I A] 2 ( avait persuadé à ses amis et à beaucoup de savans, que sa nouvelle culture méritait la. préférence sur Pancienne. Le chapitre sui- vant exposera l'effet que son livre produisit en France. Les fermiers anglais n'ont pas pleinement adopté toute sa méthode, mais elle a eu chez eux d'heureuses conséquences pour les fréquens labours, le mélange des terres, et sur-tout la perfection des outils aratoires. IIs sont persuadés que la bonne culture dépend en irès-grande partie de la perfeclion de ces instrumens; que le meilleur terrain, le climat le plus heureux ne sont rien sans une bonne culture; que c'est par conséquent un point de la plus haute im- portance, et qu'il ne faut rien épargner pour rendre les instrumens propres, autant que possible, aux différentes opérations auxquelles ils sont consacrés. Le génie méchanique de M. Tull semble avoir influé sur les travaux des cultivateurs les plus célèbres de l'Angleterre. On cite sur-tout avec éloge M. Ducket, que les Anglais appellent le prince des fermiers et le fermier des princes, parce qu'il a mérité Thonneur d'èétre chargé de l'exploitation ru- rale qui est située dans le parc de Sa Majesté Britannique. M. Arthur Young a exalté dans son — — gn Vo ion de Annee d ns, luo l de: tourne.( uit le i gre h pra fell guit 80 à9 daaed. par jou charruc lement Tre au , est u dle Aech 1h 108 Gt Who bar jour M. Da Fne autre Niqutes Verkeclüo Is gait Miere fois Iſepres a Iife uo J. tre zui- roduisit 2 ut pas 1 Wäs vquences mge des S oullb V e Donm B de k V eveilleue V one Sont Srest pär Ne in= OuT au pou - que Les 1B acles „ Semdle — faleurs .91 eite zae les AAiels t 1 meri =1— 1I II- 2 gyesl 6 6 Z6 dall? 30! ( 1241) son Foyage& l'est, les charrues de Pinven- tion de M. Ducket. La première façon est donnée à ses terres avec une charrue à deux socs,'un à la suite et Plus bas que l'autre- L'un de ces soes coupe le gazon et le re- ſtourne. Celui des deux qui est le plus bas, suit le premier dans le même sillon ‚et cou- vre la première terre avec de la terre nou⸗ velle qu'il enlève. De cette manière on ouvre le sol à douze pouces de profondeur avec quatre chevaux, et l'on fait un acre(40 ares) par jour. Un des grands avantages de cette charrue tranchante, c'est d'enterrer parfai- tement les mauvaises herbes. Une autre charrue imaginée par M. Duc- ket, est une charrue à triple soc, avec une seule fléche. Cette charrue ouvre trois sillons à la fois, est atielée de quatre chevaux, et doit labourer trois acres(plus d'un hectare 1 par jour. M. Ducket sème son blé par rangées avec une autre charrue. Ces charrues sont com- pliquées et chères. M. Ducket les a encore perfectionnées depuis que M. Arthur Young les avait décrites et admirées pour la pre- mière fois. Ces instrumens recherchés ne sont propres qu'à des exploitations considérables. Ici je m'occupe, au contraire, de la culture I. Partie. 6 x domaines les plus bornés qui convient au é de donner la fi- ainsi, je me crois dispens gure et la description de ces machines. Ceux qui voudront les connaitre en trouveront le détail dans plusieurs auires ouvrages r l'article sur la culture . Ils pour- ront sur-tout consulte de M. Ducket, rédigé par M. Robinson, eb inséré dans le cinquième volume de la Bi- pliothèque britannigué, partie d'agriculture, pages 83-96. L'enthousiasme des Anglais nions de Tull, a fait nattre une contro- a été fort agitée, sur la question gil est vrai et jusqu'à quel point que le labour des terres pour les opi- verse qui de savoir il peut être croyable nenne lieu de fumier. Quoique mon grand objet soit plutòt d'exposer des faits que des us, je ne saurais me dispenser de donner au moins une idée de la discussion en licu à ce sujet, d'après le systéme raisonneme gui a de Tull. Les av Il augme étend leur gétal à entrer dans leurs racines; il détruit les herbes; il écarte Thumidité. Mais de ce que le labourage est unée opé- sen suit-il qu'il faille antages du labour sont assez connus. nte la nourriture des plantes; 1 pabure; 11 dispose Paliment vé- rauion si importante, 3₰ vrc conde- rollém de la 8 peller, lie en sane Cette 1 Les dec des l La NoOl fe nb. asgerlic agronc Pose tenue, ture. ur re ir un dleue kres e- horuis der la K. es. Ceul eront le s pour- a culture 1son, ei le Na Bi cultor r es ot ne coutoof n queslot zuel poil ges terres on erand s que ¹6 Speuser 1 dsesit le Ssid ser eobbuf Nanles; diment ſ s.dumk t une op· quil ſalh (123) uniquement multiplier les labours, sans se- conder leur action par celle des engrais? Ce probléème a été examiné par M. Mourgues, de la Société royale des sciences de Mont- pellier, dans une dissertation expresse, pu- bliée en 1781, et dont je vais donner la substance. Cette dissertation roule sur deux questions. 1.0 Les engrais peuvent-ils étre suppléés par de fréquens labours? 2. Quelle est influence des labours sur la végétation? La première est la seule dont la solution nous intéresse en ce moment, et, sur ce point, je vais faire parler M. Mourgues lui-méme. Les engrais peuvenl-ils tre Supléés par de Fréguens labouirs? ⅞Cette question a été donnée comme une assertion, par un auteur respectable, à qui T'agronomie a de très-grandes obligations. Posée en principe par M. Tull, elle fut sou- tenue par beaucoup d'amateurs de P'agricul- ture. Mais ne serions-nous pas en droit de leur reprocher de s'ètre trop pressés d'éta- blir un principe général, et d'en tirer des conséquences d'après des opérations particu- lieres et trop peu suivies? . (124) „ Trop souvent accoutumé, et sur-tout en agriculture, à voir des essais assez fautifs donnés pour preuves certaines, j'ai tenté tout ce qui a été annoncé sur cet objet. La dé- couverte était trop brillante et devait avoir de trop heureuses conséquences, pour ne pas mériter toute l'attention d'un agronome dé- cidé. Mes opérations ont toujours eté faites en grand; la diversité de terrain et la dis- position de mes domaines m'ayant permis de pratiquer mes essais sur diverses natures de terres. „ Pai cherché de toute manière à pouvoir connaitre si les engrais pouvaient étre suppléés par les labours, et sur-tout comment cela ait faire? Lexpérience très- souvent se pouv unit à une solution toute répétée, m'a cond contraire, et m'a toujours démontré que les labours ne pouvaient jamais suppléer aux engrais. „ Pour sen convaincre, il n'y a qu'a exa- miner l'opération et l'effet des labours, et Popération et Peffet des engrais. „ Les labours brisent, divisent, ameublis- a retournent sans dessus- anière, et l'exposent par- sent la terre; ils 1 dessous en toute m Ia tantét aux influences de Patmospheère, tantét à Paction de la chaleur et de T'humi- die qu tren mécani Suns a0 L van par u dérelo Posent autres Luide Ah, à „ Td Wwoxra ver h Aeune » Oa däyisent meme ce gui Iihours hn me er-tout en dz faulißs enté tout= .Ia dè- ait apoir ur ne bes pyme dé- ueté falts iit la dö- Syermis de 3radures e 8 poufat S'yples maat cela usowveut lon doute rsut gur ¹ leer uu 3 ra exd- V „0uls) 1 Smeublb⸗ 2 desus- „ Aant Rr MSohere— 5 hami- 125) dité qui s'exhalent de la terre. Les labours opèrent ces effets par le moyen de la force mécanique qui brise, retourne, divise, mais sans addition quelconque de quelqu'autre corps que ce soit. » Les engrais divisent aussi le terrain; ils l'ameublissent, le rendent plus doux; mais ce n'est pas seulement par une force mécani- que, c'est bien plus par l'addition de diverses matières hétérogènes qui pénètrent le grain méème de la terre, qui se lient presque à ses parties intégrantes, qui y ajoutent comme par une vraie agrégation chymique, qui y développent ce qui y est déjà, qui les dis- Posent à étre pénétrées plus facilement par d'autres matières hétérogènes, et sur-tout par les fluides atmosphériques propres à telle sai- son, à telle position, etc. » Tel est Peffet des engrais: personne ne pourra croire que les labours puissent opé- rer la mème chose; ils ne peuvent porter aucune addition corrective. » On a dit: les engrais divisent, les labours divisent aussi; donc ce qui divise produit le méeme effet. Si par diviser on entend séparer ce qui ne fait qu'un corps, les engrais et les labours peuvent également faire cette opéra- tion mécanique, quoique par des moyens ) ₰ 126 didlérens. Mais les labours divisent une chose qui reste toujours la même, en divers mor- ceaux; au lieu que les engrais divisent, en altérant les parties intégrantes, en y ajoutant ou en y développant des qualités qui seraient restées sans action. » Prenez une motte de terre, divisez-la, mettez-la en poudre, ce seront toujours des millions de grains de terre qui n'auront que les mèmes parties intégrantes qu'ils avaient en motte. Prenez de mèême une motte de terre, répandez-y de J'eau de fumier ou quelqu'autre substance composée, qui la divise à Linfini, il y aura ceriainement quelque chose de plus que les parties intégrantes de la terre. L'analyse chymique met cette vérité dans le plus grand jour. „» On dira que ceite motte de terre, divisée par l'effet mécanique qui la retourne, qui la brise, qui en augmente les surfaces, sera plus susceptible de sapproprier les influences de Tatmosphère, en sera plus pénétrable, etc; j'en conviens. Cela démontre Putilité et! nécessité des labours, comme je le dévelop- perai dans ma seconde partie; mais cela ne prouve en aucune manière qu'ils peuvent sup- pléer aux engrais. » Mais, observera-t-on, comment lant Terpe nome et par errelr de Plo reur de dputes n dfet, e fil Nes deux ot de vrr AG »J gui tl püib 1 MaLras de mes e tt de ſ Goe de ſeöuer dbe. » e en jach quadid perien qualite ne pa llus fre wwent e chose 3 mor. ent, e joutand V eraient Fe-h, V jours ds aront que V K asalelt molte de umier ou V dla die Duchge antes de V 2 Férile dwisee , Güh Sera Plös ences de lle, ele 1ié et k déselop 1 celi le vont SlD- 2ent Su V ( 2, q'expériences faites et exposées par un agro- nome aussi sage et aussi instruit que M. Tull, et par tant d'autres, ont-elles pu induire en erreur les partisans de cette opinion? Rien de plus facile: je vais le démontrer. L'er- reur tient à notfre nature; elle se glisse dans toutes nos opérations. J'y ai été induit sur cet objet, comme tant d'autres; et si je n'avais fait mes expériences en grand que pendant deux ou trois années, sur une mèême nature de terrain, je ne serais peut-ètre pas encore détrompé. » Javais acheté une terre, dont les domaines qui élaient entre les mains des fermiers de- puis un temps immémorial, étaient en fort mauvais état: je résolus d'en faire le champ de mes expériences. Quoi de plus avantageux et de plus propre à améliorer un domaine, que de pouvoir suppléer aux engrais par de fréquens labours? J'étais enchanté de cetle idée. » Je commengçai par les champs qui étaient en jachère. Après m'éêtre informé de leur qualité, je fis mon possible pour que les er- périences fussent faites sur des champs de qualité à peu preès égale. J'en fis labourer une partie par des œuvres plus profondes et plus fréquentes qu'on ne les donne ordinai- rement dans le canton. 128) „ Je fis labourer une seconde partie suivant 2 Tusage du dernier fermier et du canton. » Je fis fumer la troisième partie avec le parc de mes moutons, et la fis labourer en- core suivant Pusage du lieu. » Je fus satisfait du produit du blèé de la première partie labourée fréquemment et pro- fondément; j'y eus une récolte presqu'aussi bonne que dans la partie fumée. La partie labourée suivant l'ancien usage du lieu, ne produisit presque rien. » Je répétai cette expérience pendant trois ou quatre années de suite, sur presque tous jes champs de ce domaine; j'étais enchanté de ce résultat, et croyais fermement que les labours pouvaient suppléer aux engrais. » Plein de cette idée, que je prenais pour une vérité démontrée, je portai la même culture sur les champs de mes anciens do- maines, situés dans le terroir de Massillar- gues, et dans un des meilleurs fonds qu'on puisse désirer. » Je fis labourer six à sept fois, et aussi profondément que notre charrue le permet, la moitié d'un grand champ qui avait été destiné à èétre fumé, mais qui ne le fut pas. Je labourai et conduisis, suivant notre an- cien usage, l'autre moitié du même champ. ſe les Je ré 0ab] fulli neme i zeelte nen, 1 h frü Meien (e jebas par! doma le Ee ui Ps ſek 83 gae Nas veage Wes eultire Krechue hardde Yant Les 8 eme enddis Nouxell suirand Iaton. vayec ke ler en⸗ 1 de la al et pro- Ju aus 4 parie meu, u ¹ -qant iroi (ue tans Snchanle An gue les uis, 3uns pour ie meme Is us do⸗ 3aSsllar- t L qrl 10t a ermet, a wait 46 Sfut pas⸗ A TTe al- I ump. ( 129) Je les ensemençai en plé au mèême temps: le résultat fut tout opposé à ce que j'atten- dais. Non-seulement, les labours répétés ne produisirent pas les effets des engrais, mais méême ils dessaisonneèerent les parties soumises à cette première expérience. Le blé n'y valut rien, tandis que la récolte fut bonne dans la partie labourée et cultivée suivant notre ancien usage. » Ce premier cssai sur un bon fonds, hien eultivé de tout temps, ne me rebuta pas; j'étais trop rempli de mes idées, confirmées par les expériences faites sur mes nouveaux domaines. Je choisis pour nouveau théatre de mes expériences, un très-grand champ, qui passait pour le meilleur de la contrée, Je le divisai en quatre parties à peu près égales; j'en fis fumer une avec le fumier de basse-cour, et cultiver suivant notre ancien usage. Une seconde partie fut fumée avec mes troupeaux, que j'y fs parquer, et fut cultivée comme la première. Je fis labourer fréquemment et profondément la troisieme partie. La quatrième enſin fut conduite sui- vant notre ancien usage, s ans aucun engrais. Les semailles en ble se fir ent toutes dans la méêéme semaine, Par le plus beau temps. J'at- ence le réesultat de celte nouvelle épreuve. 2. 2... tendis avec umpatl —— (130) „ Ma récolte en blé fut excellente dans les deux parties fumées; elle fut bonne dans la partie conduite suivant notre usage, sans en- grais: le blé ne valut rien sur la partie fré- quemment labourée. Il est à noter que j'avais réservé la meilleure portion de ce champ pour T'expérience des fréquens labours; due j'avais fait parquer mes moutons sur la partie jugée moyenne, et mettre le fumier de basse-cour sur la partie que je crus la plus faible. » Il est difficile d'imaginer mon étonnement sur la contrarièté du résultat de ces diverses expériences. On sait combien il en codùte de revenir des idées qu'on a congues avec plai- sir; aussi m'obstinai-je à faire de nouvelles tentatives pendant plusieurs années. » A mesure que ma nouvelle acquisition a profité de ma façon de cultiver, qu'elle a eté plus échauffée Par les nombreux troupeaux qu'elle me donne la faculté de tenir, j'ai vu diminuer l'effet des fréquens labours; ils mont plus réussi, tandis que j'avais les meil- leures récoltes sur les champs fumés et cul- tivés suivant mon usage. „ Après plus de quinze années d'expériences faites avec soin sur diverses espèces de ter- rain, avec toute sorte de grains et de four- roges cultivés daus nos contrées, jai été obligé — — Gaba renl fouma ¹ 4 vehod diltrem dar lur dos „ Je nent! Rn et h ont Tall E ſouu Dourtan ſ upe zemed berhe y eul poula depuis 1ouds Tont guani zuperi kellens 2 II (13r) V dans ls d'abandonner cette façon de cultiver, et de Aan renoncer à T'idée que les labours fréquens aus en- Pouvaient suppléer aux engrais. ie fe*» Avant de renoncer totalement à cette eſMais méthode, je tächai de trouver la cause de la 4 up pour diflférence étonnante que j'avais d'abord vue e jarais sur l'un et sur l'autre de mes domaines, et de jugke je crois èêtre parvenu à la découyvrir. Se- our-» Les champs mal cultivés, peu profondé- We. ment labourés, tels que ceux de la terre dont nemen je fis Pacquisition, ont gagné par les fréquens Trens et profonds labours, parce que ces œuvres 6 coute de ont divisé et ont ramené à la surface du ter- neo phil rain une couche de terre qui n'avait pas vu dureles le jour depuis plusieurs années, qui s'était 1 pourtant imbibée des améliorations portées sur 1 ſedun la superficie, et qui avait profité du dépéris-’ b grele sement de la quantité immense de mauyvaises 1 ryTpean herbes qui dominaient sur les plantes qu'on ¹ b jum y cultivait. Cette couche de terre inférieure 5 1 pouvait être considérée comme en jachère 5 un depuis très-Jong-temps. Les fréquens et pro- ules fonds labours, en la ramenant à la surface, 3 d Tont ameublie et ont fait périr une grande 6 .. quantité de mauvaises herbes dont la couche herience supérieure était infectée; de là les plus ex- 1 n cellentes récoltes sur de pareils champs. ſe four- 1„» IIl est essentiel d'observer que les champs , ohſigs ( négligés, peu profondément cultivés, sont ordinairement couverts d'une immense quan- tité de mauvaises herbes, qui, bien placées, profondément enracinées, sont à peine effleu- rées par de légers labours, tandis qu'elles sont ou détruites ou considérablement affai- plies par des œuvres profondes. Jestime que cette dernière cause aura la plus grande part r Pillusion de ceux qui, frappés des bons succès des fréquens labours sur de pareils terrains, auront été portés à croire qu'ils pouvaient suppléer aux engrais. „» Cette culture de fréquens labours, et toutes mes expériences relatives à ce point de vue, mont pas réussi dans mon ancien domaine, cue je crois étre, depuis long-temps, dans le meilleur état possible, parce que toute la couche de terre labourable, également bonne, également remuée, n'a rien eu à développer de plus par les fréquens labours; il n'y avait presque point de mauvaises herbes vivaces à détruire. Mes anciens champs y ont mème perdu, parce qu'ils ont été dessaisonnés par des labours extraordinaires dont ils n'avaient pas besoin, comme je le démontrerai dans ma seconde partie. » Peu content des expériences faites sur mes propres domaines, j'ai youlu voir confirmer ——y maA Hlus 0l K Logl ont Wu euyres R cont nere lſes, ds fe M un aulel fent Happẽ xemie en M Letu tere arale ques dabe raien jai que de f. ſainen 1, sout 1 quan- neées, leu- 1 N 26le que le pat 8 D V b pareib io quib V Attoultes V vn rue, V ub ine, ludans V anie Na V dalonne, lopper V 1) nü aaces A 10 meme V 9216s PA 2Leräent 1A¹i Dals* aurmes drmer 4 b ’ ma théorie par de nouveaux essais sur les plus mauvais terrains. Jai vu que partout où les champs étaient mal cultivés depuis long-temps, de fréquens et profonds labours ont mieux valu que du fumier et de faibles qœuvres; mais cette supériorité a diminué avec la continuité d'une bonne culture, de ma- nière que sur les mèmes champs mieux cul- tivés, au bout de trois ou quatre années, les fréquens et profonds labours devenaient nuisibles, tandis que les engrais produisaient un effet supérieur. » Telle aura été la marche des premiers auteurs qui ont avancé que les engrais peu- vent être suppléés par de fréquens labours; frappés, sans doute, du résultat de leurs premiers essais sur des terrains négligés, ils en auront fait une règle générale. La simple lecture de ce qui a été écrit sur cette ma- nieère, prouve ce que j'augure. Si ces auteurs avaient continué leurs épreuves pendant quel- ques années, avec cette défiance recomman- dable dans de pareilles nouveautés, ils au- raient été conduits aux mémes résultats que j'ai eus; et loin d'établir pour précepte, que les engrais peuvent éêtre suppléés par de fréquens labours, ils auraient été con- vaincus que de fréquens labours, toujours utiles et plus nécessaires encore sur des champs les a mal cultivés, ne peuvent jamais suppléer aux ie engrais». be Tel est le résumé du Mémoire de M. Mour-[ihs d gues. wup d V Au surplus, cette controverse sur la ques- dui élü 1 1 tion des labours, a été agitée en plusieurs tt Wonf 1 pays différens, avec une grande chaleur. Le väßsane malheureux docteur Alexandre Blackwell, kam avait publié en anglais(à Londres, 1741) wot eä un écrit par lequel il proscrivait absolument R ver 1;'usage du fumier, et rapportait uniquement la ral les moyens de P'agriculture au soin de ré- serfe péter l'opération des labours, pour rendre Joun la terre friable. Kullin lui répondit à Upsal, aches 1 6 en Suède, et donna dans un autre excès App en rapportant tout au fumier. II fit distiller s do du terreau, dont il tira un sel qui appro- 0. 4 chait du sel marin, d'où il voulait conclure JNhurs que le fumier contient, presque exelusive- Setendh ment, la substance des plantes. N dern Le savant Fabroni, dans ses réflexions hn 3 6 sur J'agriculture moderne, qui sont tout à d gr la fois piquantes et ingénieuses, a prétendu des 4 z aussi que nous labourons beaucoup trop; 4 eump mais si Pon veut en croire d'autres auteurs 7hs italiens, comme Tarello, par exemple, nous plus pro gagnerions beaucoup à donner, au contraire, hons 3 130) des labours nombreux, qu'il veut mème qu'on répète jusqu'à huit fois. Ces contradictions sur les premiers prin- cipes de Part de cultiver, sont, au premier coup d'œil, tristes et désolantes pour ceux qui étudient ce grand art dans les livres, et n'ont pas, par eux-mèémes, assez de con- naissances de la physique végétale, afin de se former une opinion saine et éloignée de tout extréme. La vérité, dans tous les genres, se tient loin des excès, dans le milieu de la raison. On trouvera, je crois, cette ré- serve bien gardée, et le probléeme des la-— bours sagement résolu dans un très- bon article sur le labourage, inséré au tome 3 du supplément à la grande Encyclopédie, pages 692 et suivantes. On établit, dans cet article, que les la- bours fournissent aux racines la facilité de s'étendre et de se multiplier, débarrassent la terre des herbes parasites, des racines gourmandes qui épuisent le sol au détriment des grains; leur profondeur permet à T'eau des pluies de pénétrer la terre, accélère la décomposition du chaume, eic. «Les labours d'automne et d'hiver sont les plus profitables, ils rendent plus aisés les la- bours qui doivent les suivre; au lieu que les (135 labours d'été ne conviennent qu'aux terres compactes et humides. » On ne saurait trop répéter ces vérités. C'est de l'influence des parties qui nagent 1( dans le magasin général de l'atmosphère, qu'il faut attendre ce qui enrichit notre terre. La rosée du ciel et la graisse de la terre sont up 1 inséparables. La terre est la matrice, et l'at- ténuation la rend capable de recevoir et de retenir ces douces influences qui composent 9 la nourriture végétale...... L'expérience 3. prouve que dans les terres fortes, profon- 7 dément labourées, les blés s'enracinent mieux, 8 versent moins, sont plus vigoureux, donnent„ une paille plus haute et des épis mieux four- 4 4 nis, etc., etc., page 694». LI gr contredi tention Dariout jerkeclio France. 1 Couru à ¹ ge tenai une con dälees pa ¹ — àX lerres vérités. nagent MMexe, Re terre. terre sond ee, ei JYab vvoir et de — Loom Podel eſn 8 rohm tmien, — „ donne 1 NuX foul⸗ ————————————— AHAPITRE VI. Goup d'œil sur L'ancien éötat de notre agri- eultzre. Palissy, Olivier de Serres, sont nos pPremiers géoponigues. Enfin, Daha- mel da Monceaus publie les six volumes de son Traité de la culture, d'après le Systéme de Tull. Emualation gu'il excite. Eaæpériences faites en Lorraine, en Au vergne, es sur-tout d Gendue. Lr grand art de l'agriculture est, sans contredit, le premier qui aurait dù fixer l'at- tention des peuples. Cependant, nous voyons partout que c'est le dernier art que l'on ait perfectionné. Cela est vrai, sur-tout en France. Bien des raisons puissantes ont con- couru à cet effet. L'ignorauce et le préjugé se tenaient par la main. L'agriculture exige une connaissance parfaite des opérations exé- cutées par la nature, pour la production des 6 138 plantes; c'est ce qu'on ne peut acquérir que par une très-longue suite d'observations très- exactes. Il faut avoir, pendant des siècles, rassemblé, comparé, classé un grand nombre de faits, et ce n'est pas encore assez de les avoir enregistrés à la suite les uns des au- tres. Le trésor de P'expérience ne profite qu'à ceux qui ont l'habitude de raisonner. Tel a des yeux pour voir, qui manque ab- solument de logique pour calculer les effeis de ce qu'il a vu. Malheureusement pour cet art, c'est le dernier qui ait occupé parmi nous les hommes en état de l'améliorer par de justes principes. Dans une nation, d'ail- leurs si éclairée, combien de temps P'agri- culture a-t-elle été livrée à la routine aveu- gle? et depuis Porigine de notre monarchie, combien de siècles écoulés avant que des hommes instruits aient coopéré aux progrès du premier des arts? Hélas! on était loin de s'y intéresser, et encore plus loin de croire que l'on pouvait s'en occuper, dans les temps malheureux du gouvernement féodal. Je ne veux pas re- nouveler des souvenirs si affligeans; mais il faut pourtant observer qu'au milieu du sei- zième siècle, en 1561, on demandait encore très-sérieusement, en France, si l'agricul- wre rogea fot 0l So NI P Wrin Warbare neston Cepen dhns les laut af les lWre IS NG calemt diriges vaipn Qub cet dcl, ékan Fa 155 Nabli contre! l oultu 1599„ 7 dean Vos Das dal (toula! beral, Sorle à faucais, érir que ons tres- siécles, nombre de les 2 probte asonner. que ab- les ellels Pour cet 6 parmi Morer paj I1, T'all- 5 s Iagri- de areu- narchie, que des husn reser, e 1 pourai oreux du pas ret , miis 1 du sei ait encore agricul- 6 139) ture n'était pas une occupation de serfs dé- rogeante à la noblesse. Le savant Tiraqueau fut obligé alors de discuter la question dans Son Traité de la noblesse et des droits appelés de primogéniture. Quel sieècle grossier et barbare, que celui où Pon pose une pareille question! Cependant, on prenait déjà d'autres idées dans les écrits des anciens. Etienne et Lié- paut avaient traduit, tant bien que mal, les livres des romains sur la chose rustique, Les noms de Caton, de Varron, commen- çaient à recommander la charrue qu'avaient dirigée, de leurs mains triomphantes, les vainqueurs de la terre. On soupçonnait déjà que cet admirable instrument de la civilisa- tion, était mal conduit parmi nous. En 1553, le médecin Pierre Bellon avait publié à Paris ses Remontrances énergiques contre les défauts du labour, ou les vices de la culture. Il y eut, dans la même ville, en 1588, un Almanach des laboureurs, par un Jean Vostel, ou Vostof, que l'on ne connait pas d'ailleurs. Le fléau des guerres civiles étouffa tous ces germes d'un systéme plus li- béral, et le soc méprisé servit en quelque sorte à forger cette horrible épée dont les français s'armèrent pour s'entre-déchirer eux- — —— 6 140) ..jen Ait iechiet dans méèmes, comme l'a si bien dit Regnier dans son discours à Henri IV. Regnier y intro- duit la nymphe de la France: Qui, réduite aux abois, plus morte que vivante, Haletante de peine, en son dernier recours, Du grand Mars des Frangais implorait le secours, Embrassail ses genoux, et l'appelant aux armes, N'avait autre discours que celui de ses larmes. Le poöéte dit que Henri relève cette nymphe, et la couronne de ses palmes. Ensuite, cette nymphe parle. Véritable prophdète, elle fait ce discours: « Peuple, l'objet piteux du reste de la terre, Indocile à la paix, et trop chaud à la guerre; Qui, fécond en partis et léger en desseins, Dedans ton propre sang, souilles tes propres mains, Entends ce que je dis, attentif à ma bouche, Et qu'au plus vif du cœur ma parole te touche! „Depuis qu'irrévérent envers les immortels, Tu taches de mépris l'église et ses autels; Qu'au lieu de la raison, gouverne l'insolence; Que le droit altéré n'est qu'une violence; Que par force le faible est foulé du puissant; Que la ruse ravit le bien à l'innocent; Et que la vertu sainte, en public méprisée, Sert aux jeunes de masque, aux plus vieux de risée, (Prodige monstrueux!) et sans respect de foi, Qu'on s'arme ingratement au mépris de son roi, j D'Vor. Je Tul E'depui Ona 1ü De les er Ies flles T maisor Ia kemm It le fer It eep Mo N Tuba L'eslo 4 c k li eble ag N R del u Nai- oa peine endit d wil ke Asttée e D Aomm IE Iabouu antaut de berg —.— len e dans (141) Vügg V La justice et la paix, tristes et désolées, D'horreur se retirant, au ciel s'en sont volées: Le bonheur aussitêt à grands pas les suivit, aumte, V 1 Et depuis, le soleil de bon œil ne te vit. d 5 On a vu tant de fois la jeunesse trompée, 1 5, De tes enfans passés au tranchant de l'épée, b 765,) Tes filles sans honneur, errer de toutes parts; P8. Ta maison et tes biens saccagés des soudarts; V Ta femme insolemment, d'entre tes bras, ravie, 4 phe, Et ie fer, tous les jours, s'attacher à ta vie. di cette Et cependant, aveugle en tes propres effets, Tout le mal que tu sens, c'est toi qui te le fais: Tu t'armes à ta perte, et ton audace forge 1b L'estoc dont, furieux, tu te coupes la gorge„. Blte, V na- 2 A ce tableau triste et fidèle des malheurs le la ligue, Regnier, ou la nymphe élo- 1 Gnnins; quente qui parle dans ses vers, oppose l'i- 4le mage riante du gouvernement d'Henri IV;. 03 be!..2 4 1 4b, et de T'administration du vertueux Sully. ͤ 1 — 3l; Mais quoiĩ! tant de malheurs te suffisent-ils pas? 6 Ton prince, comme un dieu, te tirant du trépas, S2) Rendit de tes fureurs les tempétes si calmes, Qu'il te fait vivre en paix à l'ombre de ses palmes. 2 Astrée en ta faveur demeure en tes cilés: E1 Tee,* D'hommes et de bétail tes champs sont habités. 2 Le laboureur sauvé des bannidres étranges, Wal, Chantant coupe ses blés, riant fait ses vendanges; 1 Et le berger, guidant son troupeau bien nourri, Enfle sa cornemuse en l'honn eur de Henri n. (42) Dans cette époque heureuse, dont les der- 5 1 niers vers de Regnier nous donnent unc idée si V dan consolante et si naive, deux hommes extraor-. 3 dinaires s'occupèrent en France des progrès bun de l'agriculture. 1 Le premier, Bernard Palissy, simple ouprier ieir d e terre, comme il se qualifia, gémissant de voir nni la culture abandonnée à Tignorance, et per- Wooräl suadé qu'on pourrait recueillir du sol du tu d royaume plus de quatre millions de boissecu A drß de grains par an que l'on n'avait accoutums, NM avait à cœur d'en découvrir et d'en publier les tume moyens. Ses principaux traités sont: 1. La Wurd manièére véritable par laquelle tous les hommes 1 Pe de la France pourront apprendre à multiplier Lau et augmenter leurs professions et leurs trésors; bzali d 2.°0 L'instruction pour apprendre d ceuæx qui Tuelque n'ont pas la connaissance des lettres, une phi- bui w Losophie naturelle es nécessaire& tous les ha- Pal bitans de la terre; Corce: 3.0 Le dessein d'un fardin autant délectable 6N et I'utile invention, qu'il s'en soit jamais vd. auduel Ce qu'il dit sur la marne, sur la destruction ie o des bois, sur les fumiers, sur la charrue, dont grieul la massiuelé lui donnait de l'humeur, etc., mé- 4 oest a 3....; riteraient encore beaucoup d'attention; mais uell il développe sur-tout d'une manière remar- e PrO quable ses vues sur la nécessité de perfectionner onlre Sis der⸗ 11 dée i eraor- 2gres Lquvrier Imhe voir 2s. per⸗ uhl du 2- Sequx „3itumé, A ler le JI.” L0 ANI5 n vler awors; dx qui e pli- 133s ll- B rtabls SS vl. 2 Jucbon M.) dou . Me⸗ ais 51 I rmar- »glnner contre certains meurtrisseurs, ignorans et (43) et de raisonner la culture. Voyez son premier dialogue. Un des interlocuteurs y dit: «ꝙJe sais que toute folie accoutumée est prise comme par une loi et vertu; mais à ce je ne m'arrète et ne veux aucunement étre imita- teur de mes prédécesseurs, sinon en ce qu'ils auront bien fait. Je vois de si grands abus et ignorance en tous les arts, qu'il semble que tout ordre soit la plus grande part perverti, et qu'un chacun laboure la terre sans aucune philosophie, et vont toujours le trot accou- tumé, en suivant la trace de leurs prédéces- seurs, sans considérer les natures ni causes principales de l'agriculture». L'autre interlocuteur ne manque pas d'éêtre ébahil d'entendre brononcer qu'il est requis guelque philosophie adꝓ Laboureurs. C'est pour lui une chose étrange. Palissy lui répond avec bon sens et avec force: «Je te dis qu'il n'est nul art au monde auquel soit requis une plus grande philoso- phie qu'à l'agriculture, et te dis que si l'a- griculture est conduite sans philosophie c'est autant que violer la terre et les choses qu'elle produit: et que la terre et natu- re produite en icelle, ne crient vengeance (144) ingrats, qui journellement ne font que gaàter et dissiper les arbres et les plantes, sans aucune considération. Je t'ose aussi bien dire que si la terre était cultivée à son devoir, un journal seul produirait plus de fruit que non pas deux en la sorte qu'elle est cultivée journellement. » Bref, il est impossible de te pouvoir ré- citer combien la philosophie naturelle est requise aux agriculteurs. Et ce n'est sans cause que j'ai mis ces propos en avant; car les actes ignorans que je vois tous les jours commettre en l'art d'agriculture, m'ont causé plusieurs fois me tourmenter en mon esprit, et me colérer en ma seule pensée, parce que je vois qu'un chacun täche à s'agrandir, ét cherche des moyens pour sucer la substance de la terre, sans y travailler; et cependant on laisse les pauvres ignares pour le culti- vement de a terre, d'où vient qu'elle est souvent adultérée». Palissy m'avait pas appliqué en détail ses essais et ses vues à Pagriculture pratique; mais Olivier de Serres donna un systéme complet. Son Théätre d'agriczalture, ou Ménage des champs, est un livre classique, et qui doit être dans les mains de tout ami de la cam- 1. 2 3 2„ A*— 5 pagne, depuis du il a été réimprimé avec les notes peles Chef-d Singuli lalgd terai dec J chepero eter ieis omie en eAPr hnn Aeor- la k. Thedtr reiwpr 1l fertile, leunres 1 lie l zeorgj par son Daus k 8 1 des Hora- Car on n 4 lvetine Uà trall nirergel Thcique d 1 1 ba — „r notes de la société d'agriculture de Paris. Ce u, Ad chef-d'œuvre a eu cependant une destinée ln oir singulière. On peut voir ce que j'en ai dit dans 1 19— L'éloge de son auteur, et dont je me conten- ſir terai de détacher les traits suivans, parce qu'ils . V acheveront le rapide coup d'oœil que je devais hn V jeter ici sur P'histoire de la culture et de'agro- nomie en France. Fi.«Après avoir eu coup sur coup un grand M 1 nombre d'éditions, depuis la première dédiée n à Henri IV, et publiée à Paris en 1600, jusqu'à la dix-neuvième ou vingtième, en 1675, le 1 12 ſuine Thédtre d'agriculture a cessé tout à coup d'étre 1 Wn réimprimé. Socprll,—» HIfaut en convenir: le siècle de Louis AlV, 30 Au si fertile en grands monumens et en chefs- 1 3r, G. d'œuyres de tout genre, loin d'avoir'avantage 2 ee qu'eut le siècle d'Auguste, de voir naitre les ndant 3.: z ndam Béorgiques, s'est fait remarquer „au contraire, reili- par son indifférence au sujet de Pagriculture.* Sld es Daus la liste nombreuse de ses hommes c61— bres, on trouve des Sophocle, des Cicéron et 8 il 85 des Horace; on n'y voit point de Columelle; b i) Was car on ne peut considérer comme un corps de uple- doctrine agraire les écrits de la Quintinye, qui =e es n'a traité que des jardins, 0 ... 8 u le Dictionnaire universel d'économie Adi dolt„compilé par Chomel, quoique d'ailleurs fort estimable, A la fin de Sec les 4. Oartio. nolès 3 cam- 7 8 146 3 ce règne, le jésuite Vanière ſit sur l'économie champétre un poëme admirable; mais ce poëme est en latin, et l'on ne croyait pas alors que les muses françaises pussent s'abaisser aux détails du ménage des champs; c'était un pré- jugé; mais ce préjugé-même peint bien l'esprit anti-rural d'un siècle de luxe et de gloire, siècle très-brillant, il est vrai, mais qui ne fuat en aucun sens le siecle des campagues, et qui aurait cru vavilir s'il en avait parlé la langue. C'était dans ce temps que Corneille avait eu le noble courage de faire dire en plein théàtre ces vers que prononcçait la France per- sonniſiée, dans un prologue d'opéra: Aà vainere tont de fois mes forces s'affaiblissent; J.'état est florissant, mais les peuples gémissent: Leurs membres décharnés courbent sous mes hauls faits„ Tt la gloire du prince aceable les sujets. 8 Le malheur est Pecole des peuples et des rois. Vers le déclin de ce long regue, les ca- lamités de la guerre et les fléaux de la nature zemblaient se réunir pour épuiser la France. Le colosse de sa grandeur périssait par sa base, et les suites funestes de lhiver de 1709 aver- tirent enfin les habitans des villes de Timpor- — — ianee song vain ues dit Ma e: Wa Serr Oas. nere, dapel Porräe lagr le! zensati Vhrter bs all 1 Ulus A Sond Darait, dire dt N« ler, de 38 atr 30 charg fait bes conna. de ſin 174 1 Dula Ivonie e potme rs que B aux— Ba Me- elesprit V goire, 5 qui W rnes, et karlé la Ae aratt „rn plen Vee per- 6— les er- I. „ natole Francé 3 Jase, Aver- 1 oh impor- r7) tance des campagnes. La misère publique fit songer à P'agriculture. A cette é vain laborieux, Liger, reprod formes différentes Ppoque un écri- uisit, sous mille „des compilations qu'il appe- lait Maisons rastigzues. Leur titre les fit réus- sir: mais quelles étaient loin du livre d'Olivier de Serres!» On s'en contenta très-long-temps. Ce ne fut guère, en France, qu'après la paix d'Aix-la- Chapelle qu'on se réveilla tout-A-ſ. gourdissement où l'on était r à Pagriculture. Le livre anglais de Jethro Tull faisait alors sensation. L'on ne connaissait pas celui de Chrétien Wolf, et Pon ne parlait que de Tull. Nous allons enfin voir e ait de l'en- esté Par rapport n France les noms les plus illustres attacher un moment leur gloire au sort de la charrue. Duhamel du Monceaa pParait, et son zele va faire époque da toire du labourage. M. le Maréchal de Noailles avait engagé M. Otter, de l'académie des belles lettres, mort en 1748, à traduire le traité de M. Tull. M. de Buffon se chargea de revoir cette tr ns l'his- aduction, qui en avait besoin. M. Otter entendait]' ne connaissait pas assez l'agriculture. Au mois dejuin 1748, Ie Chancelier d'Aguesseau envoya ₰ ₰ à M. Duhamel une autre traduction anglais, mais faite par r. (148) M. Gottfort, qui ne pouvait pas non plus être impimée telle qu'il la présentait. M. de Buffon, informé que Duhamel travaillait sur l'ouvrage de M. Tull, eut la politesse de lui remettre sa traduction. Duhamel, saus suivre servile- ment ses auteurs, se proposa de rendre l'esprit de la chose sous unc forme différente. II ré- duisit en vingt-cinq chapitres d'un seul volume in-S., Pessentiel du livre anglais de Tull, qui forme un petit in-folio- C'est ce que Duhamel eut la gloire d'exécuter dans le Traité de la culture des terres, suivant les principes de M. Toall; traité dont il a pu- plié six volumes in-12, de 1750 à 1761. Je dois en indiquer d'abord les titres et P'objet sommaire. Tome 1.er. Traité de la culture des terres, sui- vant les principes de M. Tull, anglais, par M. Duhamel du Monceau, avec figures en taille-douce, nouvelle édition corrigée et augmentée. A Paris, chez Guérin et de Latour, 1753. La première édition avait paru en 1750. Tome 2, meme titre. 1753. Ce volume con- tient des expériences et réflexions relatives au traité contenu dans le premier volume, faites pendant les années 1750, 1751 et 1792.— Ch Oape ek en magaöi La pul ne Jo. rande perce — ousrag un tray expres leface( agrieull- Plus ètre le Budon, lou Trags remettre 2 zerxile- Ire Srit aate. W 8 ul polune 2 Tull kexsaun dis, Sviſant t il ahu 26 17b1. 1 rt Toljel eleres, Sul- 71 angab rec fgure An corriges 3uérin d Lee ditiol ume eon — — es relaiſs, —₰ T wolume — 1051 G 8¹ (149) Tome 3, mèême titre. 1754. Ce volume contient les expériences et réflexions sur la cul- ture des terres, faites pendant l'année 1753. Tome 4, mèême iitre. 1755. Suite des ex pé- riences et réflexions relatives au traité de la culture des terres, pendant P'an- née 1754. Tome 5, 1757, contenant les expériences et réflexions sur la culture des terres et la conservation des grains, faites pendant les années 1755 et 1756. Fome 6, 1761, contenant les expériences et réflexions sur les mèmes sujets, faites pen- dant les années 1757, 1758 et 1759. On peut regarder ces six volumes du Traité de la culture des terres, comme le plus riche magasin de faits et d'expériences agronomiques. La publication des deux premiers volumes, que T'on fut obligé de réimprimer, excita une grande émulation. Les recherches qui tendent à perfectionner J'agriculture ne furent plus Touvrage du seul Duhamel; elles devinrent un travail commun, et il se forma, suivant Texpression de Duhamel lui-meèême dans la préface du 4e volume, une espèce d'académie d'agricultare dont les membres étaient répan- ( 150 3 dus non-seulement dans toutes les provinces du royaume, mais meme dans les pays étran- gers. Duhamel était regardé par les amateurs comme un centre ouù se rapportaient les ré- sultats de leurs travaux, et les volumes du Iraité de la culture des terres sont enrichis de leur correspondance.(Préface du 4e vol.) Dès 1756, Duhamel remarquait qu'il y avait peu de provinces d'où il ne fat sorti des ou- vrages qui traitaient de Pagriculture et du commerce, et que les prix proposés par les académies portaient pour la plupart sur des objets de la plus grande utilité, préserver les grains de la nielle, rendre les laines de meil- leure qualité, perfectionner la culture de la rigne, etc. M. Dodart, intendant du Berry, pro- tégeait une méthode ingénieusement imaginée pour perfectionner la préparation du chanvre, et obtenait du gouvernement des récompenses en faveur de ceux qui pourraient en rendre la filature plus parfaite. Les états de Bretagne avaient formé une commission uniquement destinée à encourager, à protéger, à récom- penser et à exciter P'émulation sur l'objet de Pagriculture et du commerce.(Préface du 5. volume.) Tout le monde prit part à cet enthousiasme en faveur de l'agriculture. Le Duc d'Orleans, 4— — un( Gren trouns Hnjſai n part Ulei pesusS du Mom Les I, ne Ke Legud r'e Néles IDnrin Eanente⸗ lé zrec! grieultu vordse, klion, toute 6s tome 4 hage 68 Il en zante,] teme et gue de Coubi (251) un Consciller au parlement de Bordeaux 7 firent venir des semoirs de Tull. Ces semoirs se trouvèrent trop composés et trop fragiles; ils broyaient une partie de la semence; mais on partit de là pour en inventer un meilleur. Il était impossible de résister au ton de persuasion avec lequel le respectable Duhamel du Monceau parlait de ses expériences. Les plaisirs ordinaires les plus vifs, disait- il, ne laissent rien après eux, ils ne peuvent occuper que pendant des instans, et s'ils sont fréquemment répétés, ils deviennent insipides. Il n'en est pas de mème des occupations hon- nétes qui ont pour objet le bien publio; elles impriment dans l'âme une satisfaction per- manente. Et quel objet est plus intimement lié avec le bien public, que les expériences d'α griculture, puisque le produit des terres fa- vorise, plus qu'aucun autre moyen, la popu- lation, et établit le plus solide fondement de toute espèce de commerce?(Note de Duhamel, tome 4 du Traité de la calture des terres, page 68). Il énonçait aussi, d'une manidère intéres- sante, le désir qu'il avait de rendre son sys- téme et ses travaux utiles à ceux qui n'ons e que de petites et chétives propriétés. 6:. Combien, s'écriait-il, combien y a-t-il de 7 6 152) particuliers dans le royaume, dont le domaine se borne à huit, dix ou douze arpens de terre, qu'ils font labourer à prix d'argent par les fermiers voisins? Ceux-là n'ayant ni che- vaux ni bétait, sont infiniment intéressés à augmenter leur récolte de froment, et ils se trouveront bien heureux si, en pratiquant la nouvelle culture, ils obtiennent de douze arpens une récolte aussi considérable que dix- huit ou vingt leur auraient fourni en suivant Fancienne.(Preface da 1.er vol. du Traits de la culture des terres, page lvij). Les principes fondamentaux de la culture que proposait Duhamel, d'après Tull, se ré- dluisaient, I.“ à rendre la terre tres-meuble, par des labours fréquens et faits à propos; 2.2 à choisir de bonne semence; 3.“ à ne la point jeter avec profusion comme l'on fait ordinairement, mais à la distribuer uniformé- ment; 4.0 à l'enterrer à une médiocre pro- fondeur, de façon qu'elle soit exactement recouverte; 5.“° enfin, à bien cultiver les plantes tant qu'elles sont en terre, comme Pon fait celles des potagers.(Préface du tome 3, page xiv). Les motifs sur lesquels Duhamel appuyait son opinion en faveur de la culture Tullienne, sont développés dans le cours de ce traité en -ℳ 8X X Tu Prs] mäi par arn dna do ſes, a 10n pel ſeait l ſlu cul 48 cultiſ apere tuyad de Les L bu jer graun chacur l sera dairec Ererer ferme qu'un le So) ell 0 bi Dol t au hmaine Bons de Ent par ai che- JIsés à 30 A S P liqvant 4 douze „lue dir- 3 Suivant . Taiti Teullare ge Té⸗ KAhle, 11bos; 8 à ne 3n füt — ormb- zne pro- emen! Lyr les 'owme ace du I ppurit — llienne, 3 ail el ( six volumes. Jen rapporterai quelques- uns. Tull ne demandait que deux boisseaux de Paris pour ensemencer un acre de terre. On semait en Brie six à huit boisseaux de Paris par arpent. Dans le Vexin on en mettait jus- qu'à douze. L'acre contient 160 perches car- rées, au lieu que l'arpent ne contient que 100 perches carrées. On voit par-là quelle était l'économie de la semence.(Traité de la culture des terres, tome 1.er, pag. 205). Si on examine soigneusement le froment cultivé à l'ordinaire, ajoute Duhamel, on apercevra qu'il y a les neuf dixièmes des tuyaux sans épis, ou qui n'en portent que de très-petits. » Les curieux sont parvenus à avoir dans leur jardin quatre-vingt et cent épis d'un seul grain de froment. Si, l'un portant l'autre, chacun de ces épis contient cinquante grains, il sera prouvé qu'un seul grain peut en pro- duire cinq mille. On ne peut pas, à la vérité, espérer de donner à toutes les terres d'une ferme une culture aussi parfaite que celle qu'un curieux peut donner à quelques plantes de son jardin; mais au moyen de la nou- velle culture, on a eu deux cent cinquante épis pour trente, quarante ou cinquante grains tout au plus, répandus dans l'étendue d'en- * viron une toise et demie carrée, et entre ees épis, il y en avait quelques-uns qui avaient huit pouces de longueur et qui contenaient cent neuf grains.(Tbid. page 218). Nous n'avons évalué le produit de nos terres, qui sont réputées assez bonnes, qu'à trois, quatre, cinq ou au plus six pour un; c'est-à-dire qu'un fermier qui sème cent sep- tiers de froment, ne peut guère espérer qu'une récolte de trois, quatre ou cinq cents sep- tiers. Columelle n'estimait pas que son terroir d'Italie produisit davantage. Il est vrai qu'il y a certaines terres qui rendent dix pour un. Pline parle de la grande fertilité de celles P 8 qui rendent cent ou cent cinquante pour un, H ne serait pas difficile de donner des exem- ples d'une fertilité encore plus grande, puis- qu'en cultivant quelques grains de froment dans un potager, il est commun de les voir produire chacun quarante à cinquante épis, et chaque épi contenir quarante ou cinquante grains, ce qui fait mille cinq cents, ou deux mille, ou deux mille cinq cents pour un. Or, siil est possible de parvenir en grand à cette fertilité, c'est par une culture sem- blable à celle qu'on donne aux plantes pota- geres.(Préface du 1.er vol., page Xxlix). » Suivant la pratique Srdennare de labourer 8 ——ʃ a le. Nô So U anne Pds Poul TITOI” (n »ll re Jra frome dés a grains Comm VälS G kcurs maux est ne Wence eenee are ees à apaient denaient ( 4 2 de nos V os, quk aur un; Smnt Sep- 1 qu'une 2 ls Sep- 2 erroir nl qul Eour n. 8 celles Jar un. 990 er- Dn pois- S oment Hos wiir 12 ps, 3 uanle 395, Oü 20s poll ₰ grand 12 sem-* 1 B Pll- 1) 1 Sourer (155) et de semer, les grains qui prospèrent pro- duisent un ou deux épis, quelquefois trois, rarement quatre; et pour réduire le tout à un taux commun, supposons que chaque grain produise deux épis; on peut encore supposer que, l'un dans l'autre, chaque épi contient trente grains; ainsi chaque grain de froment qu'on met en terre en devrait produire soixan- te. Néanmoins les récoltes ordinaires, prises sur un gros lot de terre et réduites à une année commune sur quinze récoltes, ne vont pas au delà de quatre ou cinq, au plus, pour un. Ces faits qui sont exactement vrais, prouvent combien il y a de semence perdue- (BPréface du tome 3, page vij). » Il ne faut pas néanmoins porter à Pexcès le retranchement de la semence; et s'il est Vrai de dire qu'il suffirait que les pieds de froment fussent espacés à six pouces les uns des autres, il n'en faut pas conclure que les grains doivent étre semés à cette distance. Comme il se trouve nécessairement des mau- vais grains qui ne germent pas, et que d'ail- leurs les mulots, les limaces et d'autres ani- maux en détruisent toujours une partie, i! est nécessaire de sacrifier une portion de se- mence à ces accidens. Mais ce surcroit de semende„ qu'on peut regarder comme und 8 156) perte nécessaire, ne sera jamais comparable Ta à la déperdition que l'on éprouve en suivant on la pratique ordinaire.(page vij). m A la fin de cette préface, Duhamel donne, ¹ ſlans en trente-six articles, un précis ou détail(pag simple de toutes les opérations de sa culture. b hu Comme je n'ai pas pour objet de préconiser b 1 le systéme des planches et des plate-bandes, V haig 4 je ne répète pas ici ce que j'ai déjà dit au e o sujet du livre de Tull. Mais je dois remar- ien — auer quelques données de Duhamel, sur les- Ww 6 quelles il insistait d'après Pexpérience. hah Il voulait, par exemple, qu'on fit en sorte vaie d'ensemencer les terres vers la mi-septembre, plaus ou tout au plus tard vers la fin du mèême an . mois.(page liv’). fedane Il prescrivait aussi de faire en sorte qu'il ne brende se répandit de la semence tout au plus que les trente livres par arpent de cent perches de ees r vingt-deux pieds de longueur.(page lvj). prinei 1. Selon lui, c'est toujours une précaution Phabi- cui n'est point à négliger, que d'essayer si hraliqu la semence est bonne; et pour cela, il en Kter à faut semer sur un bout de couche, cinquante uge. ou cent grains, pour s'assurer s'ils leverons 83 es.re tous.(Ib1d). 6, inti Enfin, au mois de mars, si T'on s'était Cesene 1 trouvé dans l'impossibilité de préparer la terre(ane 6 3 parällle 2 Suipant monne, 2 ACkanl 2 ulture. ꝗ oniser alandes, Sldit au eicemar- ur les- —.. Dn sorie Senlre, üb 16me a' Ane 1 1 gle ₰ 05 de J) Tution 22 ſer S len luante e ſeront a0 Llit 1 Ttelle 2 ( par trois ou quatre labours précédens, alors 157) on doit préférer de semer de T'avoine„parce que ce grain réussit mieux que tous les autres dans les terres médiocrement labourées. (page IX). Duhamel ne s'était pas flatté d'amener tout à coup les cultivateurs à s'écarter de leur pratique, pour se livrer au nouveau mode de culture qu'il proposait. Il connaissait trop bien la tenacité des usages et la force des habitudes. Il avouait, avec candeur, que ces habitudes aveugles, ces usages mèême, pou- vaient avoir eu, dans le temps, des principes plausibles. Sans doute, disait-il, des raisons de con- venance ont occasionné, en partie, les dif- férentes pratiques d'agriculture qu'on voit éta- blies dans les provinces du royaume. Mais ces routines locales n'ont pas toujours un principe aussi raisonnable. Il est certain que Thabitude conserve en plusieurs endroits dtes pratiques vicieuses, et qu'elle empèche de pro- ſiter de ce qui s'exécute ailleurs avec avan- tage. Duhamel en donne plusieurs exemples très-remarquables dans l'article 10 du tome 6, intitulé: Pratiqgues vicieuses, quli ne Se conserbent que par le préjugé de l'habitude- (tome 6, pages 44- 47). (158) dIl ne faut point espérer, ajoute-t-il, que »„ la routine sera tout d'un coup subjuguée. » On parque depuis long-temps avec succès, » à une lieue et demie ou deux lieues de nos » terres; nous avons de belles plaines; nos » fermiers ont de grands troupeaux; c'est » néanmoins en vain que nous leur avons » proposé des avantages pour leur persuader » q'adopter cette utile pratique».(page 46). Cependant on se déchainait contre Du- hamel du Monceau. La critique et le ridicule, toujours si puissans à Paris, s'efforçaient de le dégouter de ses bonnes intentions. On s'ar- mait contre lui de l'espèce d'enthousiasme qu'il avait exeité, et de je ne sais quelle exagération que Pon se plaisait à trouver dans son espoir de rendre notre agriculture meil- leure, ou, pour mieux dire, moins mauvaise. On serait étonné de tout ce qui se liguait contre lui. On peut en juger par la lettre de M. le chevalier Gouadar d un académicien de Paris, au sujet de la nouvelle charrue à semer,(Avignon 1758). Le chevalier Goudar était Pauteur d'un livre défendu, et couru parce qu'il était défendu, et qui portait le titre de l'spion chinois, copie très-impar- faite de ces Lettres persanes jetées par le génie dans le moule où l'EÆspion turc avalt eté coneu. 6 Taro alpald cqrienn Tance ſhcr d nit tro kerait? Ilmain ligue Sec T. man. (es traraun Sol 2el MauN8 ponnt un c Dal Lontre eultn demi- St tre latre, land h il, qe ſugube. ble nos 1 8) N0s 8; Cest 1 avons vsuader )e 46). boe Du- Mecle, Duent de )n Sar- LSIasme 2 luelle Dor dans Fl web 2uvalse. ligrait ellre de Weien ds rrue à LCoudar tcoura raait d impal- 3 par le 8 Mau * ( 159) Goudar faisait un crime à notre Duhamel, Tavoir prétendu faire naitre deux épis ouù auparavant on n'en recueillait qu'un. II était eurieux de voir Pauteur des Intérets ge lar France mal entendus, s'élever avec une es- pèce de fureur contre le semoir ‚ qui produi- rait trop de blé, ferait reposer trop de bras, ferait renfermer le monde dans une machine. Il maintenait qu'on ne pouvait être trop pro- digue de semence; qu'il fallait nourrir les insectes et les oiseaux. Sr noris vowclons man- Ser des cailles, disait-il, sourons qu'elles mangent notre blé, etc. Ces objections insensées contre les utiles travaux de notre Duhamel, n'ont jamais arrèté son zele. Ces objections même étaient de très- mauvaise foi. Duhamel du Monceau n'exagérait point son systéme. II était le premier à rendre un compte exact de ce qu'il pouvait opposer à ses vues. En voici un exemple tiré du tome 1. er du Traité de la cultatre des kerres, pag. 256. Duhamel rapporte les objections que faisait contre sa nouvelle culture un fermier, habile ceultivateur... On sème, disait ce fermier, un demi-septier de froment par arpent, et'on est très-satisfait quand on en récolte trois ou quatre. Pour moi, qui veux décupler ma récolte, quand j'aurai bien labouré et hersé ma terre. 160) je planterai à un pied l'un de l'autre des plantes de froment que j'aurai élevées sur couche. II ne me faudra pas dix livres pesant de grain pour garnir un arpent. Chaque grain me don- nera soixante à quatre-vingts épis, et chaque épi jusqu'à quinze ou vingt grains. Ma récolte sera de quatre à cingꝗ cents pour un: quel- ques grains en ont fourni huit cents. Malgré cela, continue ce fermier, je ne conseillerai jamais à personne de suivre cette méthode, sujette à trop d'inconvéniens. Duhamel était le premier à convenir de bon- ne foi qu'il ne fallait pas pousser à la rigueur les spéculations sur la méthode proposée d'a- près la culture de Tull. Les exemples les plus palpables et les faits les plus concluans, n'ex- citaient en lui que le doute. J'en citerai deux traits qu'on ne peut passer sous silence. 1.0 Le dernier jour de novembre 1760, M. Veron, curé de Haute-fontaine, près de Vil- lers-Cotterets, fit semer cent cinquante grains de froment ordinaire, de sorte que chaque grain était éloigné d'un pied en tout sens. Au printemps suivant, il ne s'en trouva que soixante-dix, qu'il fit cultiver comme des plantes potagères. Dans le temps de la mois- son, plusieurs grains avaient produit trente- six ou trente-huit épis, qui, la plupart, con- ſenai cent Vo Ugeas weli, une aosi Veron afee io de La lerre 2 b perie ann 0 mn hro Anloit pens o d pasp cham, faire dolt u eurer laeul perſec mente Uaité (461) tenaient cinquante grains. C'est mille huit antes le. cent pour un. 1 raß Voilk, dit Duhamel, une multiplication pro- V —- digieuse qu'on ne pourra jamais obtenir qu'en 1 2 petit, parce qu'il n'est pas possible de donner bele à une grande étendue de terre une culture lnet aussi parfaite, qu'à la plate-bande que M. V ler Veron se faisait un plaisir de faire cultiver V era ureo tout le soin possible. Mais cette expé- ede, ees démontre qu'on est toujours récompensé ¹ de Fattention qu'on apporte à bien cultiver la ſo terre.(tome 2, pag. 250). n 2.5 On voit, dit-il ailleurs, par quantité d'ex- 4 h périences rapportées dans le Traité de la cul- l gure des terres, qu'il ne faut jamais espérer Al- un produit aussi considérable dans les grandes b exploitations, que ceux que promettent les 4 bE petits essais. Quand on en cherche la raison, 20 on apercoit qu'elle dépend de ce qu'il n'est 84,. 4 3— pas possible de cultiver aussi parfaitement des E 7 champs d'une grande étendue, qu'on le peut 7 Ians faire sur les planches d'un jardin; mais on en 8achs doit tirer eette conséquence que pour se pro- 10 b” curer de bonnes récoltes, il faut perfectionner 3 D Aue la culture, et que plus on approchera de la de 4 perfection de celle des potagers, plus on aug- dao mentera son revenu.(Préface dao 5. tome du Iinté- Traité de la oulture des terres, page X.) 11520M (162) Au surplus, disait-il encore, on ne peut donner, dans les traités d'agriculture, que des principes généraux; ; il faut que chacun étudie son terrain, et qu'il s'efforce de trouver les moyens d'appliquer les principes aux cas particuliers où il se trouve.(tome 6, page 29). Cette candeur de Duhamel ne put empéècher qu'il ne ft attaqué avec amertume et mème injurié par de la Salle de l'Etang et d'autres écrivains. Il y en eut aussi qui prirent sa dé- fense. Ces écrits polémiques firent assez de bruit dans leur temps. La malignité se repatt des outrages que l'on prodigue à celui qui veut étre utile. Le public applaudit bien plus à celai qui P'amuse et plait à sa malignité, qu'il ne se pique d'être juste envers celui qui ne son- geait qu'à le servir. Je répugne à parler du succès des Zoiles. Jetons un voile, s'il se peut, sur cette turpitude de notre pauvre esprit humain. Occupons-nous plutôt de ce qui peut lui faire hounneur; et pour ne pas sortir de la sphère où nous sommes, renouvelons de préférence le souvenir des hommes qui s'em- pressèrent dans ce temps de seconder le zèle de notre illustre Duhamel, qui répétèrent avec soin les essais qu'il leur indiquait, et qui s'associèrent à sa philantropie, en confirmant ses vues par leurs expérieuces. —— le frdim AW par b 86 US une; eutre! db jä dau- terre. qui epi e cemen matar. apalen rante 8X, et grande b zui ( 103) Cre peut— de, ans Eaperiences faites du bieé cultise Sehacun par angées en dißérens pays, bufer d après les indicatlons que Da 25 cas hamel avalt données. 4e 2!). apécher Seeenienees Peer, 2 e 3 périences faites en Lorraine, par M. Crédo. e méme 5 üss Le 2 acút 1755, il fit bêcher dans son Sis di- jardin un terrain de sept toises de Lorraine. Aer de Il planta trois doubles rangées de blé, grain — repit par grain, à un pied de distance en tout a lui feut sens. Il sema trois cents grains dont quelques- Nci celui uns furent remplacés. Le 13 mai, il donna I e une première culture aux sentiers établis 1u son- entre les rangées, pour détruire l'herbe. Le 16 juin le plé commengçait à monter en 1peut tuyaux; il donna une seconde culture à la Sen terre. II ne donna point la troisieème fagon Sau peut qui devrait avoir lieu lorsque le blé est en etir de é6pi et que le grain se forme. Au commen- 3 S de cement d'aoút, les premiers épis étant en 8 sem. maturité, il compta les tuyaux que les grains * le zele avaient produits. Le commun était entre qua- 1tae rante et soixante. Les moindres éiaient de et qui six, et les plus forts de soixante-huit. La plus Oewant grande partie fut bonne à couper du 15 au 20 aoüt, Les épis portaient jusqu'à soixante — ——x— (164) prains; c'était le plus grand nombre. Le total de la récolte fut de sept mille deux cenis épis, sans compter ceux qui n'étaient pas müurs. En estimant l'épi moyen à raison de quarante grains, le produit d'un seul grain se trouve monter à neuf cent soixante. Sept toises de Lorraine font à peu près le trente- cinquieème d'un journal de ierre, dont le produit est estimé généralement de trois re- seaux, pesant ensemble cinq cent soixante- dix livres. Pour ensemencer le terrain, on emploie ordinairement trois huitièmes d'un resal, c'est-à-dire, soixante-douze livres. II y en a qui en emploient quatre-vingt-quatre livres. Le produit, après déduction de la se- mence, se trouve de cinq cents livres. Celui de Pexpérience est bien plus fort: le trente- cinquième ne serait que de quatorze livres et un peu plus. Et le produit de cent soixante épis de la nouvelle culture ayant pesé en grain une demi-livre, sur ce pied, les sept mille deux cents donneraient vingt-deux livres et demie. En rendant compte de ces essais, M. Crédo disait: Quel proſit la nouvelle culture ne donne-t-elle pas par l'épargne de la semence! On emploie pour un journal de terre soixante- dix, ou mème quatre-vingt-quatre livres de Ilé: O meme remer/ Heaul CI Hael re op dcoe gelier; ärienee aulture G Ou f àNC us den fertlli un das Tabonch lis du, Guns lé align säjer en V des in': du Voig ignoroni es eSa V le beus N M. Per aunerg, de tolal 2 censs Mt pas In de 2 prain 4. Seh rente- „önt le eis re- 2 ante- aulHalre b n§ 2e elui l-We⸗ AWTe alxanle 1 graun 2e Wille ares et —(rdo Te ne ence! ante- ſll 5 de ( 165) blé: on pourrait, à la rigueur, obtenir le méme produit avec une livre, mais très-su- rement avec six; ainsi, au lieu de douze re- seaux on peut n'en semer qu'un. Mais Du- hamel remarque à ce sujet, qu'il ne faut point trop économiser les semences, qu'il faut en sacrifier aux accidens, et il renvoie aux ex- périences de Châteauvieux.(Traité de la culture des terres, tome 5). On fit en Lorraine beaucoup d'objections à M. Crédo. Ne pouvant contester les résul- tats de Pexpérience, on opposa que la grande fertilité n'était pas avantageuse; qu'il y avait un danger de voir augmenter les charges avec Fabondance; que l'augmentation de la quan- tité du grain ne pourrait tenir lieu du rabais dans le prix, etc. Stanislas avait ordonné à M. Crédo d'es- sayer en grand cette nouvelle culture; mais des intrigans empéchdèrent que les intentions du Roi ne pussent èêtre exécutées, et nous ignorons quelle suite eurent dans les terres ces essais honorés de l'attention de Stanislas le bienfaisant. Expériences en Auwergne. M. Peyrol, ancien secrétaire de l'Intendance — p 9 55 ana— d'Auvergne, sema, en 1755, deux grains de ——— ( 166) froment rouge, dans une planche de son jar- din. Il leur donna cinq cultures. Chaque cul- ture augmentait sensiblement la vigueur des plantes. Les deux pieds de froment, sans avoir Eté transplantés, produisirent chacun cent quarante épis, et fournirent six mille grains pour un.(tome 5, page 168). M. Peyrol avait obtenu, en 1756, des pro- diges de ferlilité, en semant, le 8 septembre, dans son jardin et dans celui de'Intendance d'Auvergne, du blé de miracle, de l'escour- geon, du froment rouge du pays. Le blé de miracle produisit depuis cinquante tuyaux jusqu'à quatre-vingt-douze, et ces derniers pieds portaient treize mille huit cents grains. L'escourgeon donna jusqu'a deux cent qua- rante-quatre tuyaux qui contenaient quatorze mille six cent quarante grains. Le froment rouge du pays avait trois cents tuyaux; mais les oiseaux mangèrent les grains.(Ibidl., tome 6, page 418). Partie de ces grains avait infusé dans la matière universelle de Valle- mont; J'autre partie n'avait éprouvé aucune infusion. Leurs productions furent pareilles. Ceci est remarquable relativement aux mer- vcilles que l'on a souvent débitées au sujet des liqueurs prétendues prolifiques. On godte volontiers le merveilleux quand 4 6 I ann0. serait y3 nes Täe0e domnant Jue proni dofen 3 Tnat, da Wohmncauys Cofa 2 herttaire à sou V connabh V prolliol- der ceunn grcullorts reiblrestl t detall z7 eulturs om N. Pey fareur g ts portig ſor les 28 lue les 2 uflsamu Mture, eh e Drallon lul ont f llares dn ſin- ale cul⸗ zer des 2 apoir «S pro- Joubre, Tnlance fcou- ILlë de A ujaux erniers elAIs. d1gouà- p vorle „ment M; maig .Jbid., rSard 1 95b alle⸗ i annonce des choses fort utiles. Rien ne serait plus avantageux que d'obtenir de bon- nes récoltes sans fumer les terres, et en ne donnant que de médiocres cultures. C'est ce que promettaient l'abbé de Vallemont, au moyen de sa liqueur universelle, M. de la Jutais, dans sa vraie pierre philosophale, M. Robincau, avec sa liqueur proliſique. Duhamel ne croyait pas à ces merveilles. M. Peyrol, secrétaire de IIntendance d'Auvergne, fit, à son invitation, plusieurs épreuves pour connaitre la vertu des liqueurs prétendues prolifiques. Elles sont très-propres à dissua- der ceux qui s'intéressent aux progrès de l'a- griculture, de mettre leur conſiance en de pa- reils prestiges. Il serait trop long d'en rapporter le détail inséré au tome 6 du Traité de la culturs des terres, mais le résultat, suivant M. Peyrol lui-même, quoique préêvenu en faveur des essences prolifiques, a prouvé que les portions de grains semés qui l'ont emporté sur les autres, n'ont dù cet avantage qu'à ce que les grains étant plus éloignés, ont eu suffisamment d'espace pour ramasser de la nour- riture, et à ce que cet intervalle a mis en état de pratiquer au printemps cerlaines cultures qui ont occasionné la plus grande vigueur des plantes. Duhamel a lui-mèême répété ces ( 168) expériences; mais sur trois parties de terrain semées avec des précautions différentes, le résultat a également démontré que la li- queur ni la préparation dans le jus de fu- mier, n'ont occasionné aucun avantage sur la récolte. Le même M. Peyrol, qui avait arrosé des plés avec la matière universelle de Vallemont, a fait aussi arroser des boutures de vigne avec deux pintes de cette matière. Cette vigne Poussa plus tard; mais ensuite elle le fit avec force et conserva ses feuilles très-long-temps. Il n'est point douteux qu'une infusion de fu- mier ne soit très-propre à donner de la vi- gueur à des plantes et à les faire pousser avec force. C'est aux propriétaires à calculer la dépense, etc.(Tbid. p. 422). Læpériences et oalouls faits dans le comlat d'Avignon. Dans le résultat et comparaison des expé- riences d'agriculture faites à Fonclaire, dans le comtat Venaissin, par M. d'Elbene, en 1751, 1758 et 1759, on voit un résultat très- curieux du produit des terres d'un mème domaine, depuis année 1677 jusqu'à 1756. Les père, grand-peère et bisayeul de M. d El- beène — —4 82 bene an leurs T encore(2 Enjer did hars terre Ta saumeéct des, la 10 wmmunen nin, vals dultore eng mis. prott dwmm eonsider,) Tmailé un Page 102. aperiences e neye, Daih Dndio d ir de 5 Fegpechalles, Corresponda A Das readui 5e Propre aonme, Jar 105 a le desr ¹ Parti V V errain V tes, le V h l- e fu= ISur la 86 Oes Tmont, kie apec A vigne S NeC AMemps. — de fo⸗ 41 la fl⸗ uo: areo laner la zcomtan b expi⸗ 1, bns Te, el =at Uer « mémle 5 1156. H 9 dlr hene — 5 169 z bene avaient tenu des états très- exacks de 2 leurs récoltes, dont les originaux existaient encore chez son père à Avignon. Le prix moyen du quintal de grain recueilli leurs terres, a été de 7 francs pend La saumée de terre de do dans ant 80 ans. uze cents toises car- rées, la toise de six pieds de roi ‚a produit communément cent neuf liv res une once de grain, valant 7r 13 en argent. La nouvelle culture en planches augmenta les produits„ mais son établissement fut très-couùteux. Le profit du semoir en plein fut encore plus considérable. On trouve ces détails dans le Traité de la eultare des kerres, tome 6, Pages 102-136. ECaxpériences remarquusles falles preès de Ge- neue, par Lullin de Chdteauvienie, anclen Syndic de la répaibligue de Genòove. Lullin de Chateauvieux fut un des respectables, des plus zélés et de Correspondans de Duhamel; a pas rend plus S blus dignes P B„ 1183 8 mais on ne lur u une justice entière sur-tout dans sa propre patrie. Je veux honorer ce digne homme. Pai tenu compte des essais que lui znspira le désir de seconder les vues de notre I. Partie. 8 8 170] Duhamel, et j'aurai grand plaisir à venger sa mémoire. Suivons l'ordre des temps, d'après la pu- plication des six volumes successifs du traité qui avait excité Pémulation de Pestimable Chàteauvieux. Dès 1750, cet illustre syndic de la rêpu- plique de Genève, ſit des expériences où il se proposait de parvenir à connaitre exacte- ment quelle est la quantité de semence qu'il faut mettre en terre pour avoir la plus abon- qante récolte. Et à cet effet, il sema à dif- férens degrés d'épaisseur, en sorte qu'il avait des blés semés depuis un pouce jusqu'à six pouces de distance d'un grain à Pautre.(Traité de la culture des terres, tome 2, page 119). C'est dans l'année 1750, que les fromens tallèrent beaucoup, et qu'un seul grain d'orge isolé produisit deux cent trente épis, et en- viron quatre mille huit cent grains.(tome 3, page Xx). En 1751, ceux qui snivirent ce que Du- hamel avait recommandé, recueillirent trois cent six, trois cent quinze, ou mème quatre cents pour un.(page XXiij). M. de Chateau- vieux manquait alors d'instrumens pour exé- cuter cette culture; la semence fut répandue en trop petite quantité et trop tard, dans une ter zrrent! néanmo maduii ſunrnie dugt ou! ances qu nule conz Jeun prij Les tpa Kplerec- dze gräun 4 M. dh lirres kuyaar(i- larges da 8 nr ent à MS N.(dor d mang; grains 1 Daus les mire, 9u Aans haut fallait hu, olce, Deu dpue once lu K-Hut uüt ceu 5 Fenger Ala pu- 3 traite 9uahle I erLpu- 9nI ou il 34Xacle- 1ar quil IIq sbon- rA gif⸗ a Aauät uE jIà S SITyails Ss,1I9)- achens uisWorge — 1b i er el⸗ * ſ 64 A1 e) 0 8 Mr⸗ rilt trois qvatre 1 d wer. une terre mal labourée; les inseotes détrui- sirent beaucoup de plantes pendant T'hiver ⸗ néanmoins la plupart des grains de fr Produisirent vingt-huit tuyaux; ceux d'orge quarante; plusieurs autres d'avoine, quatre- vingt ou cent; et enfin, le poids de trois onces quinze deniers de froment produisit, toute compensation faite, cent dix liyr beau grain.(page xxiv). Les épreuves de la nouvelle culture se mul- diplièrent en 1752. Neuf onces quinze de grain, semés le 25 septembre oment es de deniers „rendirent à M. de Chaâteauvieux, Presque deux cents livres. Plusieurs plantes avaient soixante-dix tuyaux de plus de cinq pieds de hauteur, et chargés de gros épis.(page XXvij). En 1752, trois cent soixante épis rendi- rent à M. de Chateauvieux dix-huit onces de blé.(tome 2). Encore les oiseaux en avaient- ils mangé quelques grains. Mais c'étaient des grains provenus de la nouvelle culture. Dans les plantes de blé cultivées à l'ordi- naire, quatre cents épis n'avaient eu l'un dans l'autre que onze grains de blé; il en fallait huit cents grains pour en faire once. Deux mille épis n'av une aient donné que douze onces et demie de blé. Pour lir dix-huit onces, il aur huit cent quatre-vingt- en recueil- ait fallu deux milla dix épis. —» ( 12) Suivant M. de Chateauvieux, il n'y a que trois moyens principaux qui puissent opérer la plus abondante production des plantes et nous faire jouir des plus riches récoltes; le premier, est de faire produire aux plantes beau- coup de tuyaux; le second, de faire porter à chaque tuyau son épi, et qu'il soit grand; enfin, le troisieème, est que chaque épi soit entiè- rement rempli de grains bien nourris. On ne peut y parvenir, selon lui, qu'en donnant aux plantes un espace suffisant pour leur procurer une nourriture copieuse, et des cul- tures répétées lorsdu'elles végètent et qu'elles prennent leur accroissement. Il faut que ces cultures soient faites à temps.(I51d. pag. 320 et 321). Le labour avant T'hiver a pour objet de faire écouler les eaux, et de préparer les terres à être très-ameublies par les gelées. On a pour ce labour tout le temps qui s'écoule depuis que les plés ont trois ou quatre feuilles, jusqu'à ce qu'il commence de geler. Pourvu qu'il soit fait dans cet in- iervalle, et même dans Thiver, lorsqu'il ne gé- lera pas, il sera bon. Le premier labour après Phiver est celui auquel nous serons redevables de la quantité de tuyaux que produiront les plantes. II faut Pasies a gro de ces! nombre: Kod a zerout! Cuatrec dur-Ion Cue Es menter Pufin) drdant. Nasdees, quah- In Kéeuten ſe Cend Ula8 nombre, d loise, rrés 31 lculé e Ware, b anant og leur *s Cl⸗- melles 1 daUe Ces 20 do —⸗ t de M les A gbs 2 E Sü 1 0 5 oü 7 173) 8- 2 le faire aussitét que les grands froids seront passés, et pour le plus tard au temps que les plantes commenceront à pousser. Les labours qu'on donne ensuite jusqu'à ce que les blés soient défleuris, font fortifier les plantes, allongent les tuyaux, et donnent la grosseur aux épis. Le temps et le nombre de ces labours ne sont pas déterminés. Le nombre dépend de l'état des terres, qu'il ne faut pas labourer en cette saison, dès qu'elles seront trop humides. On peut faire jusqu'à quatre labours, si la saison le permet, mais sur-tout il en faut un immédiatement avant que les épis sortent des tuyaux, pour aug- menter leur longueur et leur grosseur. Enfin, le dernier labour est le plus im- portant. II faut le faire dès que les fleurs sont passées, pour que les grains se forment jus- qu'à la pointe de l'épi, et qu'ils grossissent.(5i.) En 1753, on voit Lullin de Chateauvieux exécuter d'autres expériences dans le territoire de Genève. Il a supputé la surface des champs par le nombre de toises carrées qu'ils contiennent, la toise contenant trente-six pieds de roi carrés; et par rapport au poids, il a tout calculé en Iwres contenant seize onces poids de marc. 7 Une expérience(art. 11, n.“ 5) prouve la nécessité de semer de bonne heure. Un champ fut semé le 8 et le 25 septembre 1752. Le grain semé le dernier eut peu de succès. On voit plus haut(n.“ 2) que des blés semés le I.er septembre eurent le temps de se ren- dre très-foris avant Phiver, et qu'ils en sup- portèrent les rigueurs heureusement. Enfin, (dans P'expérience n.“ 4) oQù il y eut des planches ensemencées le 30 aoùt et le 26 sep- rembre, le blé qui avait été semé le premier leva très-bien, les plantes furent très-fortes avant Phiver; mais le blé des planches ense- mencées le 26 septembre, fut long-temps à lever; les gelées de novembre suspendirent tous ses progrès; la production fut très-infé- rieure à celle du premier ensemencé, ce qui démontre qu'il est très-essentiel de pouvoir semer de bonne heure. Par ceite attention on se procurera l'avantage si désirable d'a- vancer le temps de la maturité des blés, eic, Eæxpérience, N.° 10. On se proposait de meltre en parallèle et dans le mème champ, P'ancienne et la nou- velle culture. Dans ce dessein on choisit un champ dont la terre éiait réputée être par- — —— Lout 9 etendue lnies Ci eing cent- eusemend ros Will de mäms le Ghan ny ent nité de panche, yure faucien u fäe roduöör ſeen st Gen Lautr le g 4 nn n ir(ut Moue Sle. Uu d752. 3lecès. Idenés 91 ren- 2l Sup- .Enfin, Yt des 91 sep- lemxr 14 lnles LD eprse⸗ pyps à 1crent 3n nfé- 3s gwi S uvoir z antion 6: Ca⸗ ele⸗ Slle el 1 oll- Loit un ) tout d'une égale bonté. La totalité de son étendue était de six mille sept cent ving-sept toises dix-huit pieds. On destina trois mille cinq cent deux toises dix-huit pieds pour èêtre ensemencés suivant l'ancienne méthode, et trois mille deux cent vingt-cinq toises pour Fètre en plein avec le semoir. Tout le champ fut également labouré, tout le champ fut éga- lement fumé, tout le champ fut ensemencé le méême jour 19 septembre 1752; enfin tout le champ fut ensemencé du mème blé, et il n'y eut d'autre différence que dans la quan- tité de la semence et la manière de la ré- pandre. Pour ensemencer la partie du champ selon Tancien usage, on employa six cent quatre- vingt-dix-huit livres dix onces de blé, qui produisirent deux mille neuf cent soixante- dix-neuf livres de fort beau blé. Le rapport est d'environ quatre et demi pour un. L'autre partie du champ fut ensemencée par le semoir, arec deux cent quarante-trois livres, qui produisirent trois mille cent quatre- vingt-sept livres deux onces de très-beau blé, et dont le grain était plus gros. Ce rapport est de treize à un. Nous trouvons d'abord, en faveur du se- moir, que quoique le terrain ait eu deux 6 176) cent soixante- dix- sept toises dix- huit pieds de moins en surface, il a néanmoins produit plus de blé. 2. Cette moindre por- tion a donné deux cent huit livres deux onces de plus. 3.° Distraction des semences, ce pro- duit net est plus considérable, ainsi qu'il résulte du compte suivant: Produit de la portion ensemencée à l'or- inaire.............. 2909 livyres. A distraire pour les semences 6981. NeSie............ 91811. —— Produit de la portion ense- mencée au semorr 31871. 2 onc. A distraire pour les semences 2431. BGCC................... 2211. 2 Onc. Produit qui excède de. 6631. 2 onc. celui de la culture ordinaire. Tout le champ avait ressenti quelque dom- mage d'une grèle du 3 juin 1753, qui en avait diminué les récoltes.(tome 3, pages 124- 127). Les autres expériences de Lullin de Châ- teauvieux, sont développées par leurs résul- lats, daus les volumes suivans, que je vais a ussi parcourir. — Les On p. SuIjans M. ce⸗ tement 0¹ V pendant- lexamen kerres da daus ceii ſent dedh des N kaites De to ſe Gel Ks clann mence, n 2 al la 09 k weh est 8 8 raises 9. tion tro des lerren Pense, imnportan dépend, fait„et; lusieurs len ensc) 5.W Lmoins 1 por- 31 onces 29e pro- 18 qui 1Wonc. I4 T oac. d 2 0lc. 1Se dom- Se zui en 7 68 12l. 1.4 gAe Chä- 81 nul I; lals — ( Les essais n'étaient pas risqués à la légère. 15) On pourra s'en convaincre par les détails suivans: M. de Châteauvieux avait tenu très-exac- tement des registres du produit de ses terres pendant quarante années. Il a appris par Pexamen de ces registres, que le produit des terres dans le siècle passé était le mèême que dans celui-ci. Dès Pannée 1668, où remon- tent ses plus anciennes notes, il a trouvé des récoltes semblables à celles que l'on a faites depuis trente ou quarante ans(en 1754). De tous ses examens, il est résulté que près de Genève, dans les années réputées bonnes, les champs ne rendent que trois fois la se- mence, rarement davantage„etsouvent moins. Par la culture ordinaire, on ne jouit pas de la totalité de ce produit, car le bon grain est si souvent mélangé d'une quantité de mau- vaises graines, qu'il en souffre une diminu- tion très-considérable.(Traité de la oulture des terres, tome 4, p. 385). L'ensemencement des terres est tellement important pour le succès des récoltes, qu'il dépend beaucoup du temps où il aura été fait, et des soins qu'on y aura apportés. Entre plusieurs conditions pour que les terres soient bien ensemencées, M, de Chateauvicux en * 6 7) indique trois qui lui paraissent les plus essen- nielles; mais en supposant toujours que la bonne préparation des terres aura précédé. La première, est le temps; la seconde, le choix des semences, et la troisieme, la bonne température de la saison. 1.“ Pour le climat de Genève, le temps le plus favorable pour ensemencer les terres, est à commencer au 20 du mois d'acoùt et pendant tout le mois de septembre. Si dans cet espace de temps on n'avait pas semé, on s'assurerait une meilleure récolte en différant les semailles, pour ne semer que des graines de mars. 2.“ Destinez, pour semer, le blé qui a cru sur des hau- teurs et qui a été récolté dans une année chaude et sèche. Pratiquons dans l'agriculture ce qu'on fait dans les manufactures. Les plus petites économies, souvent répétées, font à la fin de grosses sommes. II y a une atten- tion d'une plus grande conséquence que le basard a falt connaitre à M. de Chaàteauvieux. Le grain pris dans les é6pis même qu'il égrai- nait au moment qu'il allait le mettre en terre, 2 toujours parfaitement bien levé; presque aucun grain n'a manqué de produire sa plante, au lieu que des grains pris au tas, il y en a toujours eu plusieurs qui n'ont pas levé. Au lieu de faire battre, sans distinction de — temps mence tus e rois jou- gude 3 les Wer gdient bl emence) sur une les los W dun que k lome? K lo lenir exe de M. meeu mais ec ne peul et les menter rahleme Mais q Fait alr deux gr appren ouhres SeKen- u que la g 6Cédé. ale, le ponne 4-imat Tde pour CIe' au 20 glois de aps on 31Nedre Lour Ne — stines, as Jau- au anneée 333 lture 12s PMos 23 fob R ₰ allen- 2r que le S ieur. egräi⸗ 3 ierre, ¹ resque ₰ phante, 21y l kfé. ¹ 1 1 Din de 6 159) temps, les blés qu'on destine pour les se- mences, nous ne devons les faire battre que très-peu de jours avant de semer, deux ou trois jours tout au plus. Il faut enſin prendre garde à la manière de les battre. Le fléau les meurtrit ou les écrase ponr peu qu'ils soient humides. II faut battre ces grains pour semence avec précaution, en frappant les épis sur une solive ou sur une fataille. Les grains les plus parfaits sortent, comme le premier vin qu'on soutire d'une cuvée est plus exquis, d'un gout plus fin et de meilleure qualité que le reste.(Traité de la culture des terres, tome 4). Si Pon pouvait parvenir facilement à main- tenir exactement dans les rangées une plante de blé de six en six pouces, ce serait la meilleure manière d'ensemencer les terres; mais ceitte dispensation précise des semences ne peut pas subsister long-temps. L'expérience et les accidens ont prouvé qu'il fallait aug- menter les semences, et même très-considé- rablement, si l'on voulait garnir le terrain. Mais quel était le nombre de grains qui de- vait être déposé à chaque place? Etait- ce deux grains, trois grains ou davantage? Pour Tapprendre, il convenait de semer differens nombres de grains par bouduets dloignés dr siw pouces l'un de L'autre, en metlant au premier un grain, au second deux, et con- ninuant d'ajouter toujours un grain de plus, jusqu'au sixième bouquet où il y aurait six grains, après quoi on recommencerait de semer dans le mème ordre. Le produit de chaque bouquet devait apprendre s'il conve- venait de doubler, tripler, quadrupler la se- mence qui s'était trouvée trop rare lorsqu'on mavait mis les grains qu'un à un, à six pouces les uns des autres. Cette idée fat exécutée au printemps de 1754, avec de Porge. Le neuf avril 1754, M. de Chàteauvieux fit ensemen- cer en orge une planche à trois rangées, en sa présence, et de la manière qu'il vient d'exposer. Il compta lui-mème tous les grains à chaque bouquet. Dans le temps de la ré- colte, tous les bouquets qui avaient eu plusieurs grains étaient si serrés, qu'ils se foulaient les uns les autres. II dressa du produit une table curieuse, ou P'on voit que les bouquets en petit nombre qui ont manqué n'avaient été semés qu'avec un ou deux grains de blé; que la progression des tuyaux s'est faite en général suivant celle des semences. Il avait semé deux cent quatre-vingt-huit bouquets, qui produisirent, en tout, cinq mille cent Auatre-vingt-neuf tuyaux de blé; sur quoi du oD gan Lug de i NOI I delrgs de long. Gaatte. et eele tre ma Cesk- larpen Dourrai 9 erperies IA d. nésA m. 1 iayaie ſui les 1 4 Aant au Dt cow- plus, 3 it six— mt de quit de z'onre- Iq la se- Isquon ia ouces „Zde au De neuf 3semel- AES, Ch 9p vient 3l rains HaA ré- I Seuss rCnt les Se ulle 1208 cl Falt ete 2 Mé; 1 aüte en 2 ayalt 4 puebb, un cent 4 Soh 181) 1 28 ae 1 2 ensd les bouquets à un grain avaient donné cent quarante tuyaux, c. 140 Ceux à deux graius 2572 2 à trois grains 916 26 996 à einq Trains...... 1215 . . . . à quatre grains. à Six grains.. 1630 TOT................. 3199 fkuyanxk, qui ont produit dix-sept livres pesant de grain, sans compter ce qui s'en est égrainé en moissonnant. Sur le pied de cette récolte, un arpent de trente-sept toises de côté, contenant au moins quarante-quatre planches de cinq pieds de largeur, et de deux cent vingt-deux pieds de longueur, le produit d'une seule serait de quatre-vingt-treize livres huit onces de grain; et celui de quarante-quatre planches, de qua- tre mille cent trente-huit livres huit onces, c'est-à-dire près de deux cents boisseaux pour Parpent entier; récolte considérable, et qui pourrait encore êéire portée au delà par des expériences analogues. La différence des produits des bouquets se- més à un grain et à six est extrème. Les bhouquets qui avaient été semésà six grains ne se sont point nui les uns aux autres; au contraire, il a été (1892)— avantageux de les avoir ainsi ensemencès, eerb puisqu'ils ont beaucoup plus rapporté que les Fo). autres. M La cause de la grande vigueur des plantes— 14 J1 de cette expérience devint sensible après la annse moisson. M. de Chateauvieux ayant arraché ee des touffes de chacune, trouva les racines si F abondantes, qu'elles étaient innombrables. II 1n 1 ne put venir à bout de les eompter à une UE seule plante de celles qui passèrent quinze à dne vingt tuyaux. Ces racines étaient entrelacées vn 1 les unes dans les autres avec une si grande dem 5 confusion, qu'après en avoir compté plusieurs dor 1 centaines, il fut obligé d'y renoncer. Leur n 1 longueur et leur grosseur répondaient à leur roön G 1 nombre. ace M. de Chateauvieux conseille de répéter et ar de varier cette expérience; par exemple, d'en- dan —— semencer les bouquets d'un plus grand nom- 69 V bre de grains, jusqu'à ce qu'on ait atteint le In nombre qui pourrait causer une diminution ven dans la récolte. C'est ainsi qu'on pourra par- aun A venir à connaitre les deux extrèmes, celui 11 4 où il y aurait trop de semence et celui où il 1 1 y en aurait trop peu. Ensuite, au lieu de 4. neun V mettre les grains en terre de fagon qu'ils se chaen⸗ touchent, on peut essayer de les écarter et V ſe* 4 de les ranger irrégulierement en forme TD'an V un dieneis, 0 que les lantes Ares la Arrraché eines si Lu- ples. I n ne Ininze à 9 Nackes rande .3 usieus n Leul SSli leur 31 eer et 7, der 21 nOm- F jteint l P Lution (183) cercle dont le diamètre serait d'environ trois pouces.(Traité de la culture des terres„tom. 4). Nous trouvons encore d'autres expériences et réflexions sur la culture des lerres, faites dans les environs de Genève, pendant les an- nées 1755 et 1756, par M. Lullin de Chateau- vieux, dans le Traité de la culture des terres 2 tome 5, page 416 et suivantes. Une expérience faite en 1/755 continue de rendre sensible ce qui avait résulté de la pre- mière faite en 1754, savoir: que la quantité de six grains semés de six en six pouces de longueur d'une rangée, n'est pas une trop grande quantité de semence. Quatre- ingt- trois bouquets ainsi ensemencées avec deux onces six deniers de blé, sur trois rangées de quarante pieds de len Maa ‚donnèrent vingt- huit livres de blé Seulernent, parce qu'il s'en égraina beaucoup à la moisson. En 1756 cette planche fut encore ense- mencée par bouquets; mais la semence fut augmentée afin d'en examiner P'eſſet. Après un labour, M. de Chateauvieux Pensemencça le 16 septembre 17 755, en trois rangées de quatre-vingt-treize hoargetr chacun, et en chacun il déposa dix ou quinze grains. Alin de les arranger avec une sorte de régularité, 11 employa un cerele de fer de trois pouoos — (184) 1 de diamètre, qu'il faisait poser sur la terre Tos à chaque endroit qui devait étre semé. I1 Semel laissait tomber une partie des grains de dis- bie1 tance en distance, suivant la circonférence r eunl intérieure, et quelques-uns dans le milieu. On gains E. employa à cette opération cinq onees douze 941 9K deniers de blé: la moisson se fit le 31 juillet: Ir leSK la planche ne produisit que vingt-trois livres hll 1 de blé; mais le déchet ne vint point de l'aug- alb 8 mentation de la semence. Cette planche ne N. d- fut pas exempte de maladie. Elle contenait L 1 peaucoup de plantes rachitiques: l'année n'é- devubn tait pas favorable. II résulte de cette expé- zant au rience, qu'une certaine quantité de semence Sun b est nécessaire pour contrebalancer le dom- 1 V mage que causent tous les accidens auxquels Ertrau les blés sont continuellement exposés. En cal- S culant néanmoins sur le pied de cette récolte le ue quelle pouvait ètre celle d'un arpent de cent V perches carrées, la perche de vingt-deux 8 pieds, contenant quatre cent quatre-vingt- 4 4 1 quatre pieds carrés, qui produiraient en lar- lon, p 1 geur quatre planches de cinq pieds et demi 19 f chacune, on récolterait trois mille sept cent du l quatre-vingt-quinze livres pesant de blé qui 4. lab auraient été produites avec cinquante-six li- der, vres six onces de grain ensemencé; ce rap- 1 1 Port est comme un à soixante sept, Lrluün ( 135 —n lerr„... 3 En 1756, cinquante et une livres de blé 6né. M 4. 1 semées le 1.er octobre, donnèrent à la moisson Be dis-...... faite Ie 28 juillet, dix-huit cent quatre-vingt- 0orenc—... 8. „ cinq livres de beau blé très-pur, et dont les III. 4 On grains étaient d'une bonne grosseur. 31 doOue 1 Rul Au reste, ces calculs du syndic de Genève, 8 ulllet: 1 sur les grains de semence, et leur économie rrt liyres possible, et leur produit probable, ces cal- tlaug- 44„ 3 d culs ont été Présentés plus Pprécisément par olqhe ne. he M. de Dumont-Courset, dans les trimestres AE 1„„,... 7 Stenad de la Société d'agriculture de Paris. Je crois e 5 6— Tdent devoir transcrire ici ce paragraphe intéres- 3e Llhe. sant, que d'autres ont cité sans indiquer sa 3 Slwence source. 1 IAom- 1” warluels Laxtrait des observations géorgico-météorolo- Lahn cal- giques faites dans le Boulonnais„par M. 1rs dcolle le HBaron de Courset. ale cent Année 1 7ε6, premier trimestre. — wdeur Srjingl⸗ Au défaut d'observations sur la végéta- i'n kr- tion, auxquelles le temps s'oppose, je vais 25 demi présenter un calcul succinct de la semaille V gt cens du blé. I ui La livre de grains de blé contient envi- 5 11SI1 ron 10,000 grains, 3 np- Le boisseau du poids de 3 dix huit, liyrnesss. 180,000 — e 186 „» L'épi moyen de blé renferme environ quarante grains; et en supposant qu'un grain ne produise qu'un épi, le boisseau de blé doit rapporter 180,000 épis, qui rendraient 7,200,000 grains. » Je suppose que le boisseau de grains produise huit boisseaux, qyui est le rapport ordinaire des années communes, sur le pied de quarante boisseaux par cent gerbes; de cent gerbes, et de cinq boisseaux de semence par mesure. » En multipliant 180,000 par 8, ce pro- duit est 1,440,000, au lieu de 7, 200, 000 grains que le boisseau devrait rapporter si chaque grain réussissait, et produisait seulement un épi. » En soustrayant actuellement 1,440,O00 de 7,200,000, il reste 5,760,0O00 grains qui ont été nuls pour le propriétaire. Ce qui fait, sans la moindre fraction, quatre cinquièmes de perte. Cette justesse de produit est d'au- tant plussingulière, qu'elle se rapporte, comme on verra ci-après, au nombre des grains con- tenus dans chaque pied carré. » Ainsi, lorsqu'on sème cinq boisseaux de blé par mesure, on doit s'attendre qu'il y en a quatre dont on n'aura aucun rapport, et qu'il n'en faut qu'un, rempli de grains sains, GWone au R carrè „1 clanum amt, prod hle u de pleine quon ls fer » Or eulleun vailler geur; 1 che u h el maiere Swiron 8. 3 I grain 1 DM renient 9 räns 1 Soport 41 pied fr, de 9e Sence A Pro⸗ OCrains Kaque 1 0b de 1 i ont 1p ſi, eriemes 1 lau- be ee 1s col- —e de 7 1 et „ 2lnS pour donner les quarante boisseaux par me- sure. Les autres grains, ou avortent, ou sont mangés par les insectes, par les mulots, les oisecaux: une parlie est ramassée par les glaneurs, etc. » La mesure du Boulonnais contient 40,000 pieds de roi carrés. En semant cing bois- seaux de plé par mesure, chaque pied aura 23 grains, ce qui est beaucoup trop, puis- qu'une pièce de blé, réputée belle, n'a tout au plus que six à neuf plantes dans son pied carré. » En supposant qu'il faille grains dans chaque pied pour avoir une moisson abon- dante, et multipliant ces 9 grains par 40,000, le produit est 760,000, qui fait juste deux boisseaux. IIne faudrait donc que cette quan- tité de semence par mesure, pour avoir une pleine récolte. Mais il reste à déterminer celle qu'on doit abandonner pour les déprédations, les pertes et les mauvais grains. » On voit, d'après ce calcul, que les agri⸗ culteurs ont encore un beaa champ à tra- vailler pour rendre les produits plus avanta- geux; en diminuant la quantité de semence. en cherchant à la garantir des déprédations, en la choisissant, et la semant, sur-tout de manière qu'une plus grande quantité de grains (188) fructifient, ou qu'une moindre, en tallant da- vantage, rapporte sur le mème pied plus d'épis. „» Les propriétaires ne s'imaginent pas com- bien un tiers de boisseau seulement de di- minué sur la semence de chaque mesure, peut nourrir d'hommes; il ne faudrait qu'une diminution pareille sur cinquante mesures pour en nourrir un: ainsi, 1000 en nourri- raient vingt; 100,000, deux mille, ainsi de suite. » Mais, quelque calcul qu'on fasse sur la quantité de semence nécessaire, il est abso- luament impossible d'en régler la mesure pour rous les terrains, et d'en faire un précepie général. Aucune des parties de l'agriculture ne peut recevoir de méthode universelle, et la semaille est une de celles qui peuvent le moins s'y prêter. La quantité convenable dé- pend d'un si grand nombre de circonstances, que le travail le plus complet en ce genre, jetterait encore dans Perreur, parce qu'il n'aurait pu les prévoir toutes; mais s'il ne peut y avoir de règles en agriculture, il est essentiel, du moins, qu'il y en ait de par- ticulières pour chaque canton; et c'est à quoi les administrateurs, les académies et des so- eiétés des provinces devraient spécialement s altacher. Quand il parait un nouveau sys- teme lesc tenti cnns, Nemol eanner Dest: nrjen Lgles jü 00 Jer; dans quo utlle Aroir eniun eori leund LA Aüler Au Donda 8 1 range” blé o (Da Feres, Les eb, la Sara- 31 lépis sd com- F0. di- I Me; une edures ourri- Klel de B2n, er mon le Me dé- 2NCés, ₰ denle, 94 1 es 3 hr- 2 ₰ guo 18 50⸗ 10 nent 39715. 8187 (289) tème ou procédé d'agriculture, les savans et les cultivateurs devraient l'examiner avec at- tention, en suivre le plan, en connaitre les conséquences, s'assurer des effets; et, par un mémoire rendu public ‚hen faire voir les in- convéniens ou les avanlages pour leur pays. C'est ainsi, ce me semble, qu'on pourrait parvenir Dlus sürement à here quelques règles sur un art qui ne se soumet qu'à celles qui conviennent au sol et au climat particu- lier; et c'est en négligeant d'approfondir, dans chaque province, les nouvelles s méthodes, qu'on se prive de quelques- unes réellement utiles, parce qu'on ne peut généralement avoir une grande conſiance en des systémes enfantés, ou par des Ppersonnes qui n'en ont peut-être pas fait l'essai, ou par des cultiva- teurs qui habitent des pays dont le climat, le sol et la culture sont souvent tout-à- Hait dliifférens.» Au surplus, Duhamel et ses zélés corres- pondans avaient appliqué, dans le temps, ses vues et sa méthode de la culture par rangées, à beaucoup d'autres plantes que le blé inalre. Ils y avaient soumis: Des espèces de blé Peu communes ou étran- gères, comme le blé de Smyrne; Les fourrages déjà connus, comme les nax vets, la lrefrne,; . —— E r9o) Les graminées et céréales des températures plus chaudes, comme le riz et le mais; Le tubercule nourricier de la pomme de terre, etc. Mais avant de reprendre ces applications nombreuses des vues de Duhamel sur des plantes particuliéres, et de montrer sur-tout comment on est revenu, de nos jours, à la partie fondamentale de son systéme de cul- ture, en préconisant la methode du plan- tage du blé, il convient de donner l'dée de ce qu'il ſit alors pour procurer à P'avenir, d'une manière générale, le progrès de l'agri- culture, en pressant la création des sociétés destinées à son enseignement. dutte d Dul G'a cie Bi e de no Tnnc iuspire nérale, dexenu mense impubs Lamme Dourait bufre 5 Lütures doe do b 2 läims CHALITRB VII. V Aes 2-tout 1I Aà la b scul- Salite des vules aœronomiques et des sutecés de ub an- Duhamel. Il propose, en 19, des Ecoles i de T'agriculture. Son livre fait établir la So- 8 1 nir, ciété royale d'agricaulture de Paris et les P agri⸗ Bureaur d'agriculture Qui correspondaient b 2 z iells vec elle. — C E n'était pas assez pour le zdle agricole de notre Duhamel, d'avoir provoqué dans la 1b France tant d'expériences diverses, et d'avoir inspiré une émulation, en quelque sorte g6- nérale, en faveur de J'agriculture. II était devenu le centre d'une correspondance im- mense, et il donnait de toutes parts une impulsion généreuse; mais il sentait qu'un homme seul, dont la vie est trop courte, ne pouvait affermir et consolider à jamais une— ceuvre si bien commencée. Ce n'était point 192) la gloire personnelle, souvent aveugle, qu'il avait poursuivie, c'était'amour du bien pu- blic qui Pavait enflammé. Cette passion lui semblait une espece de feu sacré qui courait risque de s'éteindre, s'il ne parvenait pas à lui faire ériger un temple ouù il pt étre entretenu perpétuellement, comme P'tait jadis le feu du temple de Vesta. Dans ce temps-là les étrangers s'occupaient à l'envi de l'idée de lier étude de l'agriaul- ture aux institutions savantes et au systéme général de l'éducation publique. P'ai déjà rappelé plus haut ce qui avait été fait par Madden, en Irlande. La mèême fermeniation pour la science agronomique agitait beaucoup d'autres téètes en Suède et en Allemagne. En 1754, on soutint à Lund, en Suède, ane thèse sur la manière dont l'ééconomie rurale devait éêtre traitée dans les universi- tés.(1) En 1756, à Francfort-sur-l'Oder, parut un programme savant, sur la nécessité de (1) I. H. BUVRMFSTERT Dissertatio de rei rustioæ in academiis tractandæ ralione. Respon= dente C- NGRE. Lundini 1754, in-4.“ cultiver eultid nomd E m l ſuts. läre Duhe paai dur 0 pepar üSsen Node vues tiluls „e ſ NME Neali/ mr A 7. 1 —(193) de, Gudl eultiver avec plus de soin la physique éco- wen pu- nomique(1). Sdon lui En 1760, P'université de Leipsick entendit inDDurait un plan de l'histoire des sciences économi- 6Iipds A ques, considérées en tant qu'elles peuvent ] drre faire partie des cours des universités( 2)- 5 It jadis Duhamel du Monceau jugea par le succès V qu'avaient obtenu son traité et ses expériences dopiient sur notre agriculture, que la France était Igrieul- préparée à recevoir le germe d'un pareil éta- Seme plissement; et il se proposa de lui rendre un 8 u däjt nouveau service, en publiant à ce sujet ses F alt par vues dans un ouvrage, sans nom d'auteur, in- 4* R aualin titulé: Eoole dD'agriculture.(A Paris, chez de. les frères Etienne, rue Saint-Jacques, à la 2n. vertu. 1759). 6 m de, Je ne saurais transcrire cet ouvrage dans wonie son entier; mais il me semble nécessaire iberd⸗ d'en reproduire la substance, et d'en donner 4 P Darut 4 Selé de(r) G. FRrp. CuRTS. Programma de phy- — sro œœnomicäã diligentius excolenda. Franck. O. b — 1756, in-4. „2(2) DAN. GopoFr. SchREBEFR. Progr. dellr- 4 nealio histori scventiarum Geonomicarum, quate- ¹ de“ naùs ut acade micœ conside randæ Sunt. Lips. 1760. ,1 4 pl. ½. liver I. Partie. 9 (194) zci le précis le plus court, mais le plus fi-— dèle possible. Le titre de l'ouvrage annonce que J'auteur regarde Pagriculture comme un art qui est encore dans son berceau. Cet art est en effet, dit-il, dans beaucoup d'endroits de la France, presqu'au mème état où il était lorsque la reconnaissance décerna des honneurs divins aux premiers cultivateurs. Si nous ouvrons les fastes de la philoso- phic, nous voyons dans tous les siècles des hommes célèbres répandre des lumières sur toutes les sciences, sur tous les arts; nous admirons la hardiesse de l'esprit humain dans la mesure de la terre, dans le calcul de son mouvement, de celui des astres, de la pe- santeur de l'air, etc. Nous voyons l'homme entreprendre, par la force du génie, de percer les ténèbres qui Penvironnent, pour découvrir les principes du systéme physique et du plan moral, auxquels se rapportent tous les événemens de l'univers; on est enſin par- venu à secouer le joug d'une infinité de pré- zugés par le secours de P'expérience. C'est par cette voie, si heureusement pratiquée de nos jours, que la raison humaine a osé constater les droits de la vérité, la faire con- naitre, et élablir son empire à Pégard d'un Man Thun intern rohle enrichi le el py Mäss Went! PrSen a R uülle non- cesll tutes Nau lis des m, aux quts nältre duetio peries récolt et les mani taur, 68 Inc — los f( grand nombre d'objets utiles au bonheur de anuteur T'humanité. L'observation et'expérience ont ⸗.„. h es interrogé la nature de mille manières, et — 7.„.. 5„ 2 ero „ellt, publié un nombre infini de secrets, qui ont Ilance enrichi la médecine, la chymie, la botani- 0) 8 1olue la que et les mécaniques. Mais il est vrai que ..— 6; 3 210. 5 2 mdlus la physique expérimentale, ce flambeau de b la raison, qui n'éclaira jamais qu'imparfaite- loso⸗ ment l'ancienne philosophie, a négligé jusqu'à as présent d'étendre sa lumière sur cette partie 2u Su du règne végétal, la plus nécessaire, la plus . utile à J'existence de l'homme, qui fournit non-seulement à ses besoins de première né- KVIII danls. 4 3 cessité, mais aussi à tous les agrémens, à Ve 1n toutes les commodités de la vie. 4 35 Nous ignorons encore les différentes quali- tés des terres, dont le nombre est presqu'in- 32; de fini, de combien il y en a de sortes propres 7 ſei aux différentes sortes de productions; les mar- 3 be ques certaines auxquelles on peut les recon- Watlhs naitre, relativement à chaque espèce de pro- K hider duction, à la nature du climat, aux intem- si’ hä- péries de l'air; les momens des diſſférentes . 13 récoltes, les temps de semailles, les qualités zügher— et les quantités nécessaires des semences; la 21 4 manière la plus avantageuse d'élever les bes- 1s tiaux, de les nourrir, de rendre la toison: 8 üun des moutons meilleure, de connaitre et de () Axer son degré de maturité; d'élever et de conserver les arbres de toute espèce. Nous n'avons encore sur tout cela que des notions imparfaites, et ce qu'une expérience sans re- cherche, sans observations, et, pour ainsi dire aveugle, a pu nous transmettre. Nous devons à l'Angleterre Pexemple de Pobservation sur cette partie de T'histoire naturelle la plus intéressante. Les Anglais ont écrit pendant plus d'un siècle sur P'agri- culture, avant que d'obtenir la protection qu'elle exige du gouvernement; mais enſin, à P'aide de la protection, les expériences se sont multipliées en Angleterre, et T'agricul- ture y a développé ses richesses. Cetie na- lion n'est cependant pas encore parvenue à Pacquisition d'un code parfait d'agriculture- Peut-étre trouvera-t-on bientèt en France que les ouvrages anglais, sur cette matière, ne contiennent qu'un petit nombre de con- naissances imparfaites et isolées, et plus de. raisonnemens que de faits; et c'est un grand recueil de faits acquis par Pexpérience et Pobservation, qui doit assurer les progreès et les richesses de l'agriculture. Les expériences sur cette matière ne peuvent donner des préceptes invariables en général pour toutes 8 sortes de ierrains et de elimats, Cette phya qu du dibe” mabod a ls bn rösen unbe d tr Krd ſeche Ter 1 Prog tenni- mui h Uiwsir ver) k p etoul nögli ibele d de Ce aotre 2ble posait vuces 9 er A de sique ne peut devenir générale qu'à l'aide ee. Nous du calcul et par une extrème division en Dh notions différentes classes, des principes et des con- Dflans re-= naissances que la multiplicité des expériences 5 T a et des observations doit fixer. Cette partie de 131 la nature est si variée et si riche, qu'elle b Woyple de présente à la physique expérimentale et à. liistoire Pobservation une multitude infinie d'objets 1AUngläis de travail et un grand nombre de secrets à b 2 Pagri- développer avant que de parvenir à une col- deriun lection de faits bien complèie, et telle que 8 enin, Fexige la perfection de l'agriculture. Weauces K La politique est nécessairement liée aux* Sgrieul. progrès de cet art. On n'a point encore dé- 2— terminé la nature et le degré d'encouragement mA qui lui est nécessaire, les différentes manières m dore d'instruire les cultivateurs, d'exciter, d'ani- Ae..., 3 ror mer leur industrie, et l'ordre à observer dans 419 N.. la perceplion des impöts qui pourrait en Salcre, 3 étouffer le germe. II est étonnant qu'on ait 1 e 4 los de négligé, pendant un si grand nombre de 1 15 bS Bhe dudh siècles, le principe du bonheur des hommes 412 1 gI et de la puissance des états. (ace C'était là Pobjet intéressant des écoles, dont g 1 o notre Duhamel, citoyen également plein de lencäs. 1 zele et de lumières, ami de l'humanité, pro-. 7(e5.—.. 7 5 8 posait l'établissement dans toutes les pro- gates. 1O099 1 vinces de France; et son plan éiait si heu- (195) reusement présenté, que bien d'autres états peuvent Padopter avec une égale certitude du succès. Rome, resserrée dans les limites d'un ter- ritoire fort étroit, sans idée de commerce, devait subsister, et ne pouvait subsister que par l'agriculture; elle ne connut que deux arts, et les honora par nécessité. Rome, mai- tresse de P'univers, enrichie et enorgueillie par ses conquétes, négligea et dédaigna l'a- griculture; son luxe ne fat point ce luxe qui est le fruit de Pindustrie, et que produit le commerce, qu'elle ne sut jamais honorer ni cultiver. Ce fut alors que Columelle voulut rappeler ses concitoyens à Part de Pagricul- ture, comme au premier et au plus néces- saire de tous les arts(1). Jusqu'à nos jours, s'éerie Duhamel, qui est-ce qui a écrit parmi nous sur cette vérité? Si nous J'avons con- nue, nous ne Tavons point envisagée dans toute son étendue et dans tous ses rapports; nous n'avons jeté sur l'agriculture que des regards distraits; ce n'est que depuis peu (T) Sola res rustica, quœe sine dubitatione proxima er quasti donsanguinea Sapientic est, tam discen- vibus egst, quam magistris. De re rustica, lib. 1 c. 1. que ra zatii zanec L'an ketle! gleite mieres — — Coura. dll — 8 e 199 b ⁵ kes etats Lacerüitus que des citoyens éclairés ont entrepris, en 5 ude.—₰. France, de tourner toute P'attention de leur .. eum t patrie sur cette base du commerce, de P'ai- 94'un ter⸗ F sance publique et de la puissance d'un élat. L'auteur de l'Eeole d'agriculture, rappelle cette véritée avec toute la noblesse et la sim- 9 werxce, Anter qle Ine deur.... 7. plicité qui doivent accompagner les vérités 102, mäi- 1.., ns gueill intéressantes et qui les font écouter.«EL'a- As gueillie 4. br 3» griculture, qui est le plus ferme appui des Sna 1a- 8 5 5 1 „ aris, du commerce, et par conséquent de 9 m gai » la monarchie, est presque sans appui. Ainsi, 1. 1 Sdont le... 2: 3„ il devient néecessaire de répéter mille et 1 4 1orer ni 3.. „ mille fois cette vérité triviale, que tout, 4„ » I Foulut. 4„ „hHet notre existence elle-mèême, dépend de Alrricul-— —» la culture des terres; qu'au lieu de l'e- ulaléces- 1. „»„ bandonner au hasard, tandis que nous nous u ulS, 3— »„ occupons d'arts, de manufactures, de com- 2 Varni..— 1„ merce, il faudrait donner une attention 8 ir» marquée et principale aux progrès de cet Aie ums» art, le premier, le plus fécond de tous Se harb;„»„ les arts y. Nous en reconnaissons la néces- 4 des sité; cependant Pagriculture a dépéri et dé- ¹ Dö beu périt de jour en jour. Qu'on s'attache à la. f rendre florissante, qu'on tourne de ce côtés — 7 1— les encouragemens accordés aux manufactures, Wiina et Pagriculture deviendra elle-même un en- Mlen⸗ couragement pour tous les arts. «Il faut cependant avouer, que, quoique 2 „ 7 (200) les préjugés attachés à une longue igno⸗ rance, soient de tous les obstacles le plus difficile à vaincre; il commence à se ré- pandre parmi nous des idées saines pour Pagriculture.... Il faudrait avoir fermé son cœur à tout sentiment d'humanité, pour lire avec indifférence les instructions qui ont été publiées depuis quelques an- nées, sur l'agriculture, sur le commerce et sur la politique. Elles ont mis sous nos yeux les causes de la richesse de nos voi- sins, et par conséquent celles de notre misère. Ce ne sont pas des laboureurs, des bourgeois de campagne, qui nous ex- hortent à étendre notre agriculture, on pourrait les soupçonner de vanter la seule chose qu'ils connaissent; ce sont des po- litiques accoutumés à calculer la force des états; ce sont enfin des citoyens ins- truits, c'est-A-dire, des hommes très-pré- cieux et très-rares. » Les gens de bien se sont réjouis d'en- tendre ce cri général qui appelle'agri- culture dans le royaume. Notre agricul- ture a besoin d'ètre étendue et perfection- née. G'est la mère des arts, du commerce, et par conséquent le principe de Paisance et de la population. En un mot, C'est la — bas y ökab „ A A tombe V 1es! clecten de eult ignenn JVoruéſ à Pral de jei territe dus, 8 elaire 2 Maul amel; Sale Ii N. Ra. prit de Laun dt les 6 celui 0 toutes! Eiats de Wieultu kgne 6s at nomn escopel 8e igno⸗ Kole plus 95 8e ré- iis. Poup 0 fermé -. anite, 2sI ICUong [9res an- 59 merce 2il n08 „ Pos vor. — LBreu, s e- atlu, on Pseule Jl5 10- force 1 IIS- r nrs- 0 Gen- IIagr 3rrieul- 30 cflon- 1O l, 1 ance th v 2 notre (201 » base de la puissance, de la richesse des » états. Mais par quel moyen sortira-t-elle de » la langueur et du discrédit où elle est » tombée 2 Les livres n'instruisent qu'un petit nombre de lecteurs, parmi lesquels on compterait peu de cultivateurs. Le nombre de Personnes qui joignent Pexemple aux préceptes est trop borné pour Pétendue d'un royaume tel que la France. Des exemples si peu nombreux ne peuvent faire sensation que dans de petits territoires. Les préceptes, peut-ètre trop éten- dus, sont perdus pour la multitude qu'il faut éclairer. II m'y a pas un fermier qui ait lu le Traité de la culture des zerres, de M. Du- hamel; les Prairies crlificielles, de M. De la Salle;'Essai sur L'amélioration des kerres, de M. Patullo, et les autres ouvrages que l'es- prit de patriotisme a fait publier. L'auteur propose de rendre les précepies et les exemples plus utiles, en profitant de celui que les états de Bretagne ont donné toutes les autres provinces du roy à aume. Les états de Bretagne ont établi une Soclété d'a- griculture, de commerce es des arts. La Bre- tagne est divisée en neuf évéchés. Les états ont nommé six commissaires dans chaque ville Spiscopale, chiargés de s'assembler réguliere- 83 ( 202) ment, pour s'occuper de tout ce qui a rap- port aux trois objeis de leur institution. L'exa- men des cautses de lat décadence de lL'agricnl- tare et des moyens de la ranimer leur a été recommandé. La capitale est désignée comme le centre où doivent se réunir toutes les ob- servations, et de là se répandre dans le pu- plic par des mémoires imprimés. Il faut avouer qu'une société de philosophes occupés à ne cultiver le génie des expériences et de l'ob- servation, que par rapport aux arts utiles, et nullement pour satisfaire une curiosité pu- rement philosophique, est Pidée de l'éta- blissement le plus heureux pour la société, et le plus glorieux pour P'état. Ces états ont porté leurs vues plus loin. IIs ont donné des prix, ils ont donné des encouragemens et des récompenses à toutes les branches qu'ils désirent particuliérement de voir prospérer- «Nous serions bien insensibles au bonheur » de la nation, si nous attendions que les » lumières de la Société de Bretagne vinssent » nous éclairer sur notre agriculture. Chaque » Province a un sol, des usages et des be- » soins différens. II faut nous haâter de faire, » pour nous-méêmes, les études que de res- » pectables citoyens font pour la Bretagne, leur patrie. Ceitte province aura Phonneux Tn y Sur. » SIa gandj ) llusie ) ét Sul har! men pr falt à „ s „ vul 10- aranl⸗ Vnnie ressemn euit plu le Jo; non q ce dar exécut dacade Yent ſ chaque et la sont C Sance, mopens Lauteu ( 223) ia m- T'avoir donné le ton à la France entière n. Leu-» sur Pobjet le plus essentiel... Sa marche Agrienu.„—» sera nécessairement lente, parce que de 1 à eté„ grands progrès, en agriculture, demandent b mcomme» plusieurs années de recherches, de soins, I les oh-» et sur-tout d'ewemples. On peut en juger b le pu-» par l'Angleterre, l'Ecosse et'Irlande. Mais tavouer» en profitant de l'invitation que la Bretagne 9068 à ne» fait à tout le royaume, nous ne tarderons zle Poh-» pas à jouir des premiers fruits de son tra- vülls,» vail et du nôtre». 2 Gʒitpr Toutes les provinces n'avaient pas le mèême Bae Pet- avantage qu'un pays d'états. Ladministration 1 weict, 3 municipale et celle des intendances ne se Ats ont ressemblaient point. L'esprit du patriotisme uné des était plus répandu et avait plus de nerf dans mnens et les pays chargés de leur propre administra- 24 Guis tion que dans les pays d'élections. Aussi est- A yirer ce dans un pays d'états qu'a été conçu et 6 honleur exécuté le projet inestimable d'une espèce bi gw ſes d'académie nouvelle, dont les lumières doi- vrinssent vent procurer individuellement le bien de 3 Chage chaque particulier, et collectivement l'aisance s et la gloire de l'état. Les pays d'élections ne lr— sont cependant pas dans une entière impuis- ,2m sance, et'on peut espérer de trouver les Dan moyens d'y former le mème établissement.. 5 e Tagr a P.. uuuug L'auteur fait ici Péloge de plusieurs inten- ——— —— — ( 204) . 4 1 dans, dont le zèle, pour le soulagement dka peuple et l'encouragement de ses travaux, ne saurait étre trop publié.(1) II propose à toutes les personnes qui réunissent du crédit et de l'amour pour le bien public, de faire tous leurs efforis pour obtenir dans leur gé- néralité'établissement d'une Société d'agri- culture. Partout où elle sera florissante, les arts nattront et se perfectionneront, le com- merce s'établira de lui-mèême. L'agriculture est le germe fécond de toute richesse; c'est du sein de notre mère commune que les hommes tirent tout ce qui peut fournir à (1) M. Dodard, Intendant du Berry, n'a épargné ni soins, ni dépenses, ni encouragemens pour animer la culture du chanvre dans sa généra- lité, et pour aceréditer des préparations capables de l'égaler au plus Beau lin. II a obtenu des récom- penses du gouvernement pour ceux qui ont perfec- tionné la filature. M. De la Galaisière, Intendant de Lorraine, a exempté de la milice, les charretiers et fils de fermier, à raison des eharrues que leur emploi exige- M. De Brou, Intendant de Rouen, a accor- dé aux habitans de la campagne, qui entretien- pent des mouches à miel, une diminution sur leur capitation, proporlionnée au nombre de ruches qu'ils auront chaque année.(Note de Duhamel.) — Jeuts“ gui enn eias lhsigus uhlics i Mse eommOd. L neg De Saul3 is le) ISra Les mettrn 1es G II eomud noils ld de Ne dtancs du bil àssocia toutes auralen néralite dignes- hles, par le dout pa Wrahle Lont G raux, 1 Dpose „7 DD rédit faire Lir ge- AA agri- IBI, les 1com- xalture 2823 Cest de les SX ur à Irnsl n'2 rUeDeD 2 Koble⸗ S0 los de s Peeom- uO erkel⸗ T airre, 9 ds T elige- zccol⸗ 3 ellel⸗ doO Llr 79, dau'ls ( 205 ) leurs besoins; c'est la terre qui enfante et qui entretient les objets de leur industrie; c'est dans les campagnes que se trouve la force physique des états et la source des revenus publics et particuliers. Lagriculture est donc la base la plus solide des nécessités, des commodités, de la richesse et de la puissance. La négliger, c'est laisser affaiblir l'état. On ne saurait exciter par de plus puissans mo- tifs le zèle des magistrats chargés de l'admi- nistration des provinces- Les usages différens des provinces ne per- mettraient point, sans doute, d'établir toutes les sociétés d'agriculture sur le même plan. Il conviendrait cependant qu'on s'écartât le moins possible de celui qu'ont tracé les états de Bretagne, qui est le fruit de solides mé- ditations, et qui a été dicté par un amour du bien public aussi vif qu'éclairé. Quelques associés, dans les grandes villes, méême dans toutes celles qui sont un peu considérables, auraient pour centre le cheflieu de la gé- néralité. Tous les citoyens qu'on aurait jugé dignes d'entrer dans des corps si respecta- bles, ne pourraient manquer de répondre, par leurs soins, leurs observations, et sur- lout par leurs exemples, à la destination ho- norable qu'on leur aurait accordée, Cet éta- ( 296) plissement devenant général, placerait à la téte de P'agriculture du royaume, plus de mille citoyens, dispersés, mais de proche en proche, occupés à P'encourager, à la per- fectionner, et à faire naitre de nouvelles branches de culture. Indépendamment de l'avantage des expé- riences et de Putilité des exemples, qui ne sont point contredits lorsque ce sont des corps qui les donnent, les ouvrages même que nous avons sur P'agriculture fournissent à l'auteur des preuves victorieuses de la nécessité in- dispensable des sociétés d'agriculture. Les Maisons rustiques, mélange perpétuel de pratiques avantageuses, de conseils inutiles et souvent nuisibles, ne présentent que des expériences à faire, que peu de personne sont en état et dans le goùt de tenter. Le traité de M. Duhamel sur la cultare des terres, tout riche de faits qu'il paraisse, n'écarte pas, à beaucoup près, toutes les inquiétu- des. Il est composé des propres observations de cet académicien et de eelles de ses cor- respondans; ces derniers ne s'accordent pas toujours entre eux sur le résultat d'une même expérience. A cet inconvénient s'en joint un autre fort considérable; c'est le different sens dquæ 4 Jes que mWalllal gent al ou pris wes p- sle 0— de cul- Nature) a Yaub3 rillal une! dagrin dun) de gras Sene corres- wenlie 10u8 que de une m se hät etats génér. moyen Il eo Taxou- ( 207) Beat à la les écrivains atiachent au même mot. Cha Sblus de que pays a des 4ermes, qui; bons ou Qhe en= mauvais, sont généralement recus. Ils suffi- “A per- sent au cultivateur, mais ils sont inconnus,| suvelles ou pris sous une autre acception, dans d’au- tres provinces. C’est là une source intaris-| pa expé- sable de méprises. Les usages, les méthodes 1 28 qui ne de culture, les différentes productions, la 1 2 95 corps nature du climat, la qualité des terres, tout\ ] SU NOUS cela varie non-seulement d’une province à| 3lauteur Vautre, maïs souvent à peu de distance d’un RE| site in- village à Pautre. Ce serait done poursuivre\| Var. Les une chimère, que d'entreprendre un traité 1 kel de d'agriculture générale, sur les observations dutks 177 d'un petit nombre de personnes placées à ie des de grandes distances. M. Duhamel a bien| ghsounts senti celle vérité, aussi a-t-il multiplié les| er. Le correspondances autant qu'il a pu. Un par-| Je. fers, ticulier ne peut connaitre tous les besoins,\ Sn écart tous Îles maux, tous les remèdes. Il ny, a gquiétu- que des corps dispersés qui puissent épuiser >eialions une matière si vaste et si diversifiée. On doit ps c0r- se häter de rprofiter des vues profondes des il © PS états de Bretagne, en formant dans chaque| l génie| généralité une société d'agriculture. C’est le l moyen unique d'accroître nos richesses. ya autre ÏL conviendrait, pour en assurer le succès, x 45 QE d’avoir dans chaque généralité, à la porte D en De| 2 PRE se pres SE en (208 de la capitale, un seul terrain de douze ou quinze cents livres de rente, consacré au bien public, et qu’on pourrait nommer Æece d’a- griculture. Chaque bureau serait maître d'y faire faire, par le canal du bureau de la capitale, toutes les épreuves relaüves au be- soin du sol de chaque territoire. Il serait dificile, dit Pauteur, de rassembler tout ce qui pourrait s’exécuter dans l’école dagri- culture. La matière est trop étendue; cepen- dant, pour qu'on n'ait pas lieu de supposer que ce qu’on propose soit sans objet, on croit devoir exposer, en gros, ce qui pourrait être réduit en expérience dans le terrain qui y sera affecté. On commencerait par le défrichement, ef Pexpérience des différentes manières de dé- fricher, à la charrue, à bras d'hommes avec la bêche ou la houe, avec la houe à deux branches plates et tranchantes, avec plus ou moins de labours et plus ou moins d'engrais. On ferait des essais du grand trèfle de Hollande, de la luzerne, du sainfoin, du reygras ou faux seigle, et des différentes mamères. de les semer, pour établir les prai- ries arüficielles les meilleures, et la méthode de les rendre plus abondantes suivent le cli- mat et la qualité du terrain, On hvanti P'expéri de JL l | feauvieu Tous | houreur quil ne kh: sur ka date| vérité rée dl POurre arec fl TEnces! terres à: ER d'épar nne r qualité Tout dos$ diocres point, termina joute€ Jesquir ( ::\ eo On s'assurerait de la manière la plus bien hvantageuse de semer les grains. On ferait É O7, l'expérience de la culture suivant la méthode |: es| dy| de M. Tull et de M.'s Duhamel et de Chà-| M Là leauvieux. be Tous les agriculteurs croient que les la- «= k | boureurs sement beaucoup plus de grains| D qu'il ne faut. Il en résulte deux pertes, celle| : 7 de la semence superflue et celle qu'on fait{ Ep€:: Be sur la récolte même, qui est moins abon- e SE SRE de: F | dante et inférieure en qualité. Mais cette ê ai vérité, universéllement reconnue, est demeu- L D ire rée dans un état vague et indéterminé. On 4 ne 2:| üi y pourrait, par les expériences, déterminer CN| avec précision les différentes quantités de se- A: mences qu’exigent les différentes qualités des RS T) CE à à Eu terres à avantage des laboureurs.| AUS; ï| F1 serait heureux de trouver le moyen sûr{ paravee D:| d’épargner sur la semence, en procurant aleux ss; une récolte plus abondante et de meilleure :$ OU> ; qualité. El honc | Jras, be x.. l'out le monde convient de l’exisience de dx]: de. 5 l 2: trois sortes de terres, les bonnes, les mé- HS œ) A|:: à 74 diocres et les mauvaises; mais on ne trouve Î Œinies:::; Li er point, dans les livres d'agriculture, de dé- 1 ordl-... ik # iermination sur cet arücle fondamental de Ê 1odé ü GE| 7, toute culture. La diversité des terres est F' es presqu’infinie; le même génie des expériences Berre ES SES D A ART (20e. et de lobservation qui a déterminé les dif- férens degrés de chaleur et de froid avec une extrême précision, peut déterminer bien plus aisément le degré de fertilité ou de stérilité des terres. L'agriculture ne demande pas une précision bien rigoureuse à cet écard. Le degré d’'impulsion du froid où du chaud sur nos organes, parait bien plus éloigné d’une détermination fixe et susceplible de comparaison. Nous pouvons attaquer la terre de tous côtés: par des lotions, par des tor- réfacuons, par des acides, par les sens du toucher, de lodorat, du goût, de la vue. Voilà bien des secours qui manquaient aux auteurs des thermomèires, Il serait encore très-initressant de fixer le temps de la semaille de toute sorte de grains, tant par rapport à la sûreté de la récolte, que par rapport à son abondance et à la qualité des grains qu’elle fournit. Le temps de battre les grains est aussi susceptible d’ex- ptriences et d'observations relativement à la quantité et à la beauté des farines. Après les productions de la terre, de pre- mière nécessité, les lins et les chanvres doi- vent être les objets les plus intéressans des expériences et de lobservation. Ces plantes sout la base d’un commerce extérieur d’au- lat e I] font Jerer.| jerrain | erre, k T0 jul flature \aleress Tout e Îec N\ sent Cest résul ensuite Les| | lité bie | aline \e cor cultur cIens tne g des ül riches | décon | détaille @Lies(£. À| avec ME bien Hu de bande 32 card, up h: ud (AI OI, né i{ e de 4\erre ŒS\0r- ns du Si ve. \SIE aux br le 19buns, golte, Sih D tenys wa der- (ra 4 à la ET pre es = des ecules 1 du | EMer é enr ÿ tant plus important, que la Silésie, l'Ecosse et l'Irlande, après Pavoir partagé avec nous, font les plus grands efforts pour nous l’en lever. Ici la qualité des semences, celle du terrain, des engrais, les préparations de la terre, le temps des semailles, de la récolte, le roui, les préparations de la filasse, la filature, le blanchissage, présentent des objets intéressans à expérience et à l'observation, Tout est susceptible d’une plus grande per- fcction; mais les observations qui y condui- sent ne peuvent être faites que par un corps. C’est d’une muttitude de combinaisons que résulte toujours le procédé simple qu’on livre ensuite aux laboureurs. Les mouches à miel sont un objet d’uti- lité bien digne d'occuper la société d’agri- culture; on V’évalue, pour les abriques et le commerce de France, à des millions. Cette culture, quoique traitée par d’habiles physi- ciens, n’en est pas moins livrée à une rou- Une grossière et destructive, et susceptible des améliorations les plus faciles et les plus riches. On pourrait essayer dans V Zcole d’a- gricullure toutes les méthodes connues pour le gouvernement des abeilles, et même en découvrir de plus parfaites. Une exposition délaillée, simple de ce qui est purement usuel ( ce À} èt pratique sur ce sujets suffirait peut-être pour tri pler cette branche de l’économie rus- tique, qui est d'autant plus précieuse, qu’elle est à la portée des gens les plus pauvres. Tout se réduit à quelques attentions, dont les gens les plus grossiers sont capables. C’est dans ce genre qu’on recueille sans semer. On pourrait essayer d'ouvrir d’autres routes vers l’aisance. On pourrait tenter la culture du safran(1}), du pastel, de la garance, et de plusieurs autres végétaux propres à la tein- ture. On parviendrait peut-être à naturaliser le maïs dans plusieurs provinces, et les pa- tates, les pommes de terre, qui sont d’un si grand produit, et qui ont bien réussi en fr+ lande et en Angleterre. La plantation des müriers n'a pas réussi artout. On en donne des raisons. La sociélé d'agriculture pourrait, par des essais dans son école, porter cette culture précieuse à sa perfection. {1) Le safran du Gatinois, province de France, est fort renommé dans le commerce; cette eulture est susceptible d’amélioration, ainsi que celle de la garance, qui est traitée comme un objet des plus précieux dans la culture anglaise, et lun des arli= eles les plus riches de la petite culture hollandaise, La ls p mou(0) fire p le fut di le oureux quon elaises | Lu Lu nel fera de le d'épu ils S02 rurale ficher sin, qua i œeuf (h ée plu drdinair duul-ttre EE rus- 3e qu'elle &uyres, Hi dont ds, C'est ener, æjirontes gf uliure mgnce, eË MZa\en- en alter ju Jes pu SO un 8 wvn Jr #50 EUSSL Hoûk æc) dans moux à hd qaises L'amélioration des laines est un des objets les plus précieux. On pourrait parquer des moutons de belles espèces, essayer de leur faire passer lhiver en plein air, comme on le fait en Angleterre, en Irlande, et même dans le nord de l'Ecosse où le froid est ri- goureux. C’est principalement à cet usage qu’on attribue la supériorité des laines an- glaises(1). L'usage des baux de dix-huit et vingt ans énrichirait les propriétaires des terres et les fermiers. Ceux-ci, assurés de jouir du fruit de leur travail et de leur industrie, au ficu d'épuiser les bonnes terres, fraude à laquelle ils sont portés par un bail trop court, se li- vroraient à une meilleure culture, aux dé- frichemens et à l'amélioration; par cette rai- son, l’auteur voudrait qu'on abrogeât la loi qui a restreint le plus long terme des baux à neuf ans. On ne doit pas cependant se flatter de voir {1) M. De Brou, Intendant de Rouen, en a fait faire l’expérience dans sa généralité, pendant deux ans. Elle a parfaitement réussi. La laine a été trou- vée plus belle, et estimée plus chère que les laines ordinaires, de quatre à cinq sols par livre. s mes 2e Ah ane LEA Eur Gncee 3 augmenter la culture malsré le zèle et les lumières de toutes les sociétés d'agriculture, si la liberté pleine et entière d'exporter les grains, n’est pas Ja récompense de la doci- lité, de l'activité et de l’industrie du labou- reur. On ne peut se dissimuler aussi que la culture ne fera que dépérir, tant que le cul- dvaieur sera intéressé à paraitre pauvre, parce qu'il sait que le fardeau d’une impo- silion arbitraire le punirait bientôt de son industrie. C’est un désayantage qu'on n’a point en Bretagne, où la taille est inconnue, et où les états ont exempté, pendant vingt ans, de toutes impositions réelles, les terres nouvel lement défrichées. L'auteur termine ses réflexions par un juste £ribut de louanges à la sagesse des états de Bretagne. As ne pouvaient donner une preuve plus frappante de leur amour pour le bien public, et de leurs lumières dans le choix des moyens de le procurer. Une société d’a- griculture n'est plus, pour eux, comme pour nous, un projet utile, un objet d’impatience et de désir; c’est un bien dont ils jouissent, un bien qu'ils ont créé, et qui sera le germe de la félicité publique, si la nation sait pro- Bier d’une politique si humaine et si éclairée. À k Duh ul au cl Teureu | dévele | 41 sens e et ty fulture, Lier Jes ] doci- M: bou Hive la Pe cul uvre, ni po file son £oont en x, ét où ans, de uyel« sq ste Jbtats de s 5 preuxe © bien sh choix ! eté d'a Done pOur pruence sJuussent, x: gere O1 pro" gaitee Geo r5) Après cet extrait lumineux de ouvrage de Duhamel, un journaliste s’écriait: « Quelle reconnaissance ne doit-on pas aussi au citoyen, qui, en présentant au public cet heureux établissement pour modèle, a su en développer tous les avantages et les rendre si sensibles; qui a su expliquer avec autant de force que de vérité les moyens den ren- dre Putilité générale! Nous avons cru, ajou- tait le journaliste, nous avons cru reconnaître dans cet ouvrage, un auteur qui a déjà si- gnalé son zèle et son amour pour la patrie, par d'autres ouv ages plus considérables, frappés au même coin de l'utilité publique, ét qui a, depuis long-temps, consacré les plus heureux talens au bonheur de l’huma- nité. Les états de Bretagne regarderont, sans doute, comme l'éloge le plus flatteur qu’on püt donner à l’établissement de leur Société d'agriculture, de commerce et des arts, les efforts qu'a faits ce généreux citoyen, pour engager toutes les provinces à limiter. » Le mérite de cet ouvrage nest point renfermé dans les limites de la France. Les étrangers peuvent en profiter; et ceux qui voudront imiter les étais de Bretagne, trou- veront à la suite des réflexions et des vues de l’auteur de lZcole d'agriculture, le rez ET C7 216%) eueil des réglemens de la Soviété d’agricul- ture, de commerce et des arts; la forme de cet heureux établissement, le brevet du roi qui en fait l'éloge et Pautorise, et les ob- servations de M. de Gournai, intendant du commerce, sur les branches du commerce de la province les plus intéressantes, avec Îles délibérations des états sur les divers moyens de les relever et de les rendre florissantes». La publication de cet écrit de Duhamel, obtint dans le temps un succès qui prouve que les livres ne sont pas toujours inutiles. Dès l’année 1759, époque de louvrage, fe savant Tschiffély fit établir à Berne une société économique, devenue depuis ires-cé- èbre, et qui a publié un recueil de mc moires et d'observations utiles. Enfin, le 1.°* mai 1761, un arrêt du con gcil d'état, rendu sur le rapport du ministre Bertin, statua qu’il serait établi dans la gé- néralité de Paris, une société, divisée en quatre bureaux, à Paris, Meaux, Beauvais et Sens, laquelle ferait son occupation uni- que de l'agriculture et de tout ce qui y à rapport. Ainsi, Duhamel du Monceau eut le bonheur, très-rare pour un écrivain patriote, de voir ses vues réalisées et de jouir de son OUVTAGES CHAPITRE L. ve hs Soctele justifa hvre quoiqu \emps, et de livre, Sociét iplier gricul- me de du roi 135 ob- ht du og 1erce Ji: avec ÉD YenS 2ïLLES D« Œimel, TP NUE œnntiles, (rage, L x 0 dues-cé- Ir jé fan Cû« ppinsire E à: pes sCe ER aurais œ‘ qu ou}? AL É 1tri0fés > SOIR ne H TRE D D tn D 0 0 0 Se ee, Se ee, 7,©, ES GAP ERRES VIT, Prix proposé par la Société d'agriculture de Paris, pour celui des laboureurs qui recueil- lerait le plus de blé dans un terrain donné, qui ne serait pas d’une consistance moindre que cinq arpens. Ce prix est décerné au sieur Charlemagne, en 1766. Procès-verbaux de sa culture. Sa noble façon de penser. Te n'entre pas dans mon projet de donner l’histoire complète des travaux par lesquels la Société d'agriculture, instituée à Paris en 1761, justifia dans le temps les expériences que le livre de Duhamel en avait fait concevoir, quoique cette Société ait Jlangui fort long- iemps, faute de fonds, de protection véritable et de secours réels. Il suffit au plan de ce livre, de rendre compte ici de ce que cette Société crut devoir faire pour Part de mul- tiplier les grains. La couronue qu'avait rem- portée en ce genre Mathieu Yelverton, I. Partie, 10 Crus 3 avait excité, dans le temps, une grande sen- sation. On voulut imiter et perfectionner en- core un exemple aussi distingué de ce que pouvait obtenir l'intelligence et le travail d’un bon agriculteur. On voulait éviter toute ap- parence de surprise. On prit bien des pré- cautions pour que la palme agronomique füt réellement adjugée à celui qui aurait fait de plus grands efforts pour s’en rendre plus digne. Nous pourrons en juger par le recueil imprimé en 1767, des pièces qui avaient servi à décerner le prix. C'était un in-8.° de 36 pagés, publié à Paris,( chez la veuve D'houry, rue St. Severin) et qui fut inséré dans le journal économique d’où j'ai pris le soin de l’extraire, attendu Pimportance et la célébrité de ce concours d'agriculture, le premier de ce genre qui ait eu lieu en France. Les auteurs du journal disaient dans leur annonce de ce recueil de pièces: « On y voit constatée d’une manière ju= ridique, la méthode qua suivie un labou- reur intelligent, pour rendre fécond un nom- bre marqué d’arpens. » Ce recueil, s’il est répandu dans les campagnes, doit produire deux effets; le premier, d'apprendre une excellente métho- de pour se procurer une moisson abondante, et le çulteur qu'elle | Voici preuves es détail le ce ge «tj 1 Jeur cor gré de fonds la for « Proc porter Cinq: portée La Bmagr Rs cor qu, ane sen 2Onner en- : Ce que Sivail d'un >: tonte ap-| S des pri-| Extiique fit wi fait de| Lire plus| Gt recueil| } avaient Hi n-0| Lh ver: But inséré| QUar pris quce el je, Le grace,| gas leur ère Ju*| | à, labou- nom eo| dos 15| L sffpts Je { métho< ](l lnle JG 3 [ et le second, d’exciter l’émulation des agri- culteurs, par les avantages et les honneurs ) 1» qu'elle peut leur procurer.» . Voici les pièces-mêmes qui contiennent les preuves du succès du sieur Charlemagne, et les détails de sa méthode. Quoique des pièces de ce genre ne soient pas généralement d’un style recherché et d’une lecture agréable, leur contenu est si utile, que l’on nous saura gré de les avoir transcrites. C’est ici que le fonds, en dépit du proverbe, doit emporter la forme, « Procès-verbal dressé le 14 mars 1767, par M. le Chevalier Turgot et M. l’ Abbé. No- din, nommés commissaires de la Société. » La Société royale d’agriculture de Paris avait proposé un prix d’une médaille d’or de six cents livres à celui qui ferait rap- porter la plus grande quantité de blé sur cinq arpens, par une méthode qui füt à la portée de tous les cultivateurs. La Société ayant jugé que le sieur Char- lemagne, laboureur à Baubigny, avait rempli les conditions proposées, lui a décerné le prix. “ (226 à La Société, pour être plus à portée de profiter des connaissances du sieur Charle- magne, la nommé pour remplir une place vacanie d’un de ses membres. Comme le procédé du sieur Charlemagne a paru à la Société aussi utile que prati- cable, elle s’est fait un devoir de le rendre public par la voie de l'impression; mais pour mettre chaque cultivateur plus en état d'en faire l'application à la nature de son sol, la Société a voulu s'assurer de la qualité des terres du sieur Charlemagne. Pour rem- plir ses vues, elle a nommé M. le chevalier Turgot et M. l'abbé Nolin, deux de ses membres, commissaires à l'effet d'examiner ces terres. M. le chevalier Turgot et M. Vabbé Nolin s'étant transportés à Baubigny le 14 mars 1767, le sieur Charlemagne les conduisit sur une pièce de terre de vingt- cinq arpens, qu'ils reconnurent être la même que celle énoncée dans le procès-verbal de la récolte du sieur Charlemagne. Messieurs les commissaires reconnurent que la terre était légère, contenant beaucoup de sable semblable à celui qui provient de la des- truction du grès. À sept pouces de profon- deur, on commence à rencontrer quelques petites pierres calcaires, ce qui continue | x Procé sien] à la miss( C0) el élumn LES [aire n | dant vingt porte par n guy, avec| arpen | Jabon [ensen ps frpens, ne jhe| € x lemione| D 6 pris S rendre a Qus pour gat d'en : 8h sol, [ qualité E CN 1x rem Æ Levier se de ses Phigny aa pe les LG: vingt | sp ment | il de LU ssieurs Ju tnt | le sable Bu d- | Br Lo lques Mataue D 4 (e2x“) jusqu’à un pied; alors on trouve un lit d’ar- gile d’un blanc jaunûtre. Signé, le chevalier Turgot, et l'abbé Nolin. « Procès-verbal fait par ordre de M. de Sau- vigny, Intendant de la généralité de Paris, à la diligence du sieur Christophe, Com- missaire en cette partie, Qui constate la méthode que le sieur Char- lemagne& employée pour labourer, fumer et ensemencer les cinq arpens destinés à concourir Au prix. « L'an mil sept cent soixante-six, le vingt et un mars, nous, Jean Christophe, commis- saire nommé par ordonnance de M. l'inten- dant de la généralité de Paris, en date du vingtet un janvier dernier, pour nous trans- portier, avec deux laboureurs intelligens par nous choisis, dans la paroisse de Baubi- gny, élection de Paris, à leffet d'y visiter, avec la plus grande attention, vingt- cinq arpens de terre que le sieur Charlemagne, laboureur en ladite paroisse, a cultivés et ensemencés l’automne dernier, suivant une méthode particulière, et notamment cinq arpens, faisant partie des vingt-cinq arpens, hé. (Css?)- au choix dudit Charlemagne, et que ce la- niss boureur a destinés à concourir pour le prix me annoncé par la Société d'agriculture; cons- dit iater l’état actuel des blés semés sur lesdits=>| dy | cinq arpens qui auront été choisis par ledit| Haut sieur Charlemagne, la nature du terrain, la its quantité des labours qui lui ont été donnés, feu à ù les temps dans lesquels les différens labours FR ‘1 ont été faits, la quantité de blé qui a été lat 1] semée, la préparation qui a été donnée à ce gr à blé avant de le semer, la quantité de fumier des |}| ou autres engrais qui ont été mis sur lesdits et |{ cinq arpens, et enfin tout ce qui peut cons- pou \, tater, développer et faire connaître d’une et té manière certaine Ja méthode pratiquée par en|H00; li À. ledit sieur Charlemagne, pour la culture des-| concel || dits cinq arpens; sur laquelle culture et| de no fl produits, nous sommes chargés de prendre| Dion | d'ailleurs sur les lieux toutes les informa- 0 [II tions nécessaires et convenables pour cons- pris L'4 taiter d’une manière certaine tout ce qui Cras l a rapport à ladite méthode, afin qu’elle que NES puisse être rendue publique et mise en pra-[et i tique, si véritablement elle procure une plus rer f abondante récolte avec moins de frais de a lu LÉ culture,| anno | fl Pour à quoi parvenir, nous Commissaire| être nil susdit, ayons, au désir de notre dite com-[bs ci de ce la er le prix sl: cons- à& lesdits| ëlèr ledit ji Lain la 18 lonnés, wSlabours pi à été 10b'e à ce 98: tamker ei lesdits Gut cons- Sg> d'une Age par me des- mpeore et Bi wendre z2S/nlormn Œ: où Gice qu 6 quelle epaen Pt anne pl Bu de MIE h"e com- > 2 mission, choisi et nommé, pour procéder avec nous à l’examen de tout ce qui est relaüf à ladite méthode annoncée, circonstances et dépendances, les sieurs Antoine Navarre;, laboureur à Compans, Pierre Afforty, labou- reur à Villepeinte, et Claude Benoît, labou- reur à Mitry, tous trois généralement re- connus pour être des plus expérimentés dans l'art d'agriculture, lesquels ont consent à agir de concert ayec nous pour l'effet que dessus, et promis de donner tous leurs soins, et de faire usage de toutes leurs lumières pour parvenir aux connaissances nécessaires et relatives aux fins de notre dite commis- sion; et en conséquence, nous Sommes; de concert avec le sieur Charlemagne, convenus de nous assembler aujourd’hui audit Bau- bigny, à l'effet que dessus: Où étant, après quelques éclaircissemens pris dans la paroisse, et avoir engagé M. Crawfort, curé, à être présent, de même que Michel Bonneval, syndic en exercice; et Etienne Villot, procureur fiscal et labou- reur audit lieu, nous nous sommes ensemble iransportés sur la pièce de vingt-cinq arpens annoncée par ledit sieur Charlemagne, pour être celle sur laquelle il se propose prendre les cinq arpens qui doivent servir de preuve ( 224) cette année à la plus forte production qu’o- nous à père sa nouvelle manière de cultiver les et de terres, et par-là, mériter le prix annoncé des a par la Société royale d'agriculture; Len Laquelle dite pièce de vingt-cinq arpens pène+ Al est située sur le terroir de Baubigny, au rise (| Canton appelé lAmandier, entre Baubigny Le et le grand chemin qui conduit de Pantin à| Par {: Bondy, et sur laquelle est un des poteaux qui ( qui sépare la capitainerie de Saint-Denis de dat | celle de Vincennes; laquelle pièce nous avons di : 2| trouvée toute semée en blé, et Payant par- L (A7 courue dans toutes ses parties, nous avons de À| reconnu que le blé y est très-beau et très- quel 4 bien planté, chaque plante ayant plusieurs …— Vin tiges bien nourries et qui promettent une Loue heureuse production; ledit blé égal dans Le toutes les parties de la pièce, peu ou très- cn peu de mauvaises herbes, suffisamment mul- de tiplié, sans l'être plus qu’il n’est nécessaire,\. dE et enfin tel que dans tout le terroir que Char | nous avons parcouru, non-seulement dans nu t à celui de Baubigny, mais encore dans partie" A de celui dépendant de Pantin et de Drancy, de 42:: à. Al nous n’en avons trouvé CR qUE soit aussi 2 À p |{ beau, aussi bien planté, et qui annonce une LE Fig aussi abondante récolte, pas même dans ceyx le | appartenant audit sieur Charlemagne, que le Ro u Con qu| liver les! 1 annoncé| _s' iD arpens Bény,. Saubigny 9'antin à sb poteaut| Hienis de| IS avons| Es ant par.| «US ayons| St et très.| osé /us/eurs| amut une 3 dans 1auù res æœnt mul-| pessanre,| de or que shit dans| Bi: pale| Gi jrancy,| fait ausi re sr ceyx esl/ que (2) nous avons néanmoins trouvés bien plus beaux et de meilleure espérance qu'aucun de ceux des autres laboureurs, quoique ces derniers soient semés dans d'aussi bonnes terres, même meilleures en quelques endroits, en- graissées et labourées avec tous les soins pos- sibles. Par l'examen que nous avons fait de Îa qualité de la terre de ladite pièce de vingt- cinq arpens, elle a été reconnue pour êire d’une nature inférieure à la majeure partie de toutes celles qui lenvironnent; ladite terre étant sablonneuse, tres-légère, et telle qu’elle ne pourrait produire que des récoltes très-médiocres, si elle n’était rendue plus fertile par les soins particuliers que ledit sieur Charlemagne donne à sa culiure, ainsi que par les engrais préparés, comme il sera dit ci-après. Nous avons ensuite demandé audit sieur Charlemagne, de nous désigner le canton sur ladite pièce où il désire fixer les cinq arpens qui doivent servir à prouver la plus valeur de sa bonne culture, pour mériter le prix annoncé; à quoi il a répondu qu’il nous en laisse le choix; que la pièce étant également cultivée, engraissée etensemencée, il ne doit y avoir aucune différence dans le % + \ "3 = nee em é 6) produit; qu'il nous laisse même Jes maitres de ne désigner les cinq arpens que lorsque Ja récolte sera plus avancée ou au temps de sa maturité. Après quoi nous avons voulu entrer dans les détails de toutes les choses relatives à la- dite culture; et sur les différentes demandes que nous avons faites audit sieur Charlemagne, il nous a déclaré que depuis trente ans qu'il demeure à Baubigny, il s’est attaché à faire toutes sortes d'expériences pour parvenir à se procurer de plus abondantes récoltes; qu'il s’est toujours aperçu que la légèreté de la terre des environs de Baubigny don- nait lieu à la majeure partie des accidens qui perdent ou diminuent labondance des ré- coltes, de même que les engrais mal pré- parés, y ayant des fumiers trop brülans, qui, par la moindre sécheresse, font périr la plante du blé, ou en diminuent la bonne qualité; qu’en conséquence, il s’est particu- lièrement attaché à consolider la terre et à rendre les engrais d’une nature convenable à cette même terre; qu'il n’a rien trouvé de mieux pour y parvenir, que de diminuer le nombre des labours et de faire rouler ces terres autant de fois que les circonstances lexigent, ce qui dépend du plus ou da moins + >> Ne p de p parti yet f en tri res jp cé (hour de fa ble s pus qui nou S'êre (la pl (É ll [ment Q dess Soc! enCO {celui cet esser el q arer Muée el D i$ maitres| @ lorsque 8) lemps de 192r dans lslss à la- 8 mandes slemagne, dans qui 96 à faire “lient vole, légérel Wwy don- nSnsqu| 77 gs rê- 1 il prè| gorians,| «! péri| fa bonne 2 arlicu- Se et à ge renbl JE route Lee pyences panoins| C7.) de pluies, du plus ou du moins de gelées et de plusieurs autres choses de ce genre, et particulièrement des progrès que font ou peu- vent faire les taupes et les mulots qui y sont en très-grand nombre, et qui, trouvant ces terres très-légères, tant par leur nature que par ceile des fumiers leur servant d'engrais, labourent entre deux terres avec beaucoup de facilité, et de manière que la plante du blé se trouve presque en l'air, et en cet état plus sujette aux gelées et aux sécheresses qui leur sont très-nuisibles, joint que les sucs nourriciers de la terre et les sels des fumiers s'évaporent très-facilement, de manière que la plante se trouve privée des bons eflets que les uns et les autres produisent nécessaire- ment; Que d’après ses expériences, il a formé Île dessein de concourir au prix annoncé par la Société royale d’agriculture de Paris, plus encore par le désir du bien général que par celui de la récompense promise; que pour cet effet il s’occupa, dès l'année 1764, plus essentiellement de la suite de ses expériences, et qu'il s’attacha particulièrement à faire pré- parer une pièce de terre de cinq arpens, située sur le terroir dudit Baubigny, au canton appelé les Prés-souverains; qu’en suivant les (28) NL 1 principes qu'il vient d'annoncer, il a, dès ê; Il l'hiver précédent, préparé des fumiers pour qu'h É|} lengrais de cesdits cinq arpens; que cette L 208 . A} préparation n’a été autre que de faire sortir ia ; j tous les jours les fumiers de ses chevaux et is ! celui de ses vaches, de les faire étendre d’é-(le fl! paisseur égale dans ses basses-cours, sur l’en- po” L'é{l| droit destiné à les recevoir, et de faire en-. » suite sortir tous les huit ou dix jours les fu- dont€ || miers de ses bergeries, et les étendre aussi Qu 14 d'épaisseur égale sur ceux de ses chevaux et con {Ne| vaches; que ce mélange donne nécessaire- LA ft ment une qualité supérieure au fumier, parce auf V que ceux de ses chevaux sont trop brülans, des$ . 1h et plus particulièrement pour les terres sa-+'u L j| blonneuses qui le sont déjà par leur nature;| dans À que celui des vaches est naturellement très-| super jl frais, et que ni l’un ni l’autre n’ont autant pluie | de sucs que celui des moutons; qu’en con- CR (1 séquence, étant ainsi mêlés, ils se commu- con ti? niquent respectivement les facultés qui leur d'abc “a sont naturelles, et par-là ils acquièrent une| Khor A valeur plus considérable, à quoi il convient lc Ji d'ajouter que les fumiers des chevaux produi- bou IE sent beaucoup plus de mauvaises herbes que#7” Pan ‘1 les autres, parce que les petites graines leur| suive ! passent dans le corps sans qu’elles soient di-| mois gérées; qu'il n’en est pas de même de celui\erre > 22 ] | { : D. à, ds 1 Ke; pour ) MP cette “Bbortir ax et Et 1bMS d'é- n 2 l'a û FN: 2 en- | des fu- à 1 aussi el souux et NÉ Dr ssaire- À Sex parce tt ns, 5 MO) sa- eu sMnre; \e ugmtes- À autant À de, con- 18 enr ul 3 leur cq YES. une 1) rien hé rod vs 195[6 s| de leur JA de. di- à bacelui ( des vaches ni de celui des moutons, parce qu'ils ruminent tout ce qu'ils mangent, et par ce moyen ils digèrent incomparablement mieux que les chevaux; que ce qui donne souvent lieu à la plus ou moins abondante récolte sur une même pièce, quoique d’une même nature, cultivée el ensemencée sans aucune différence, c’est l'espèce de fumiers dont elle s’est trouvée engraissée; Que ces fumiers ainsi mélangés ont été couverts de terre pendant quelques mois, pour leur donner le temps de se consommer au point convenable et éviter lévaporation des sucs nourriciers; qu’ensuite il les a fait transporter dans ladite pièce de cinq arpens, dans le courant d'avril, et étendre sur la superficie du terrain, à la suite d’une forte pluie, parce que les fumiers étant humides, ils conservent plus facilement les sels qu'ils contiennent que lorsqu'ils sont secs; que d’abord ils ont été enfouis par un premier labour; qu'il a fait herser ladite pièce dans le courant d’août, et donner le second la- bour en octobre, sur lequel labour il a fait semer le blé, et l’a fait herser pour lenfouir suivant l'usage; qu’au commencement du mois de mars suivant, au moment que la ierre a commencé à sécher, il a fait rouler 6 250 5 ladite pièce avec des rouleaux très- lourds, afin d’appesantir le sol et de rapprocher la plante de la terre, pour qu’elle recoive avec plus d’abondance les sucs nourriciers, et par- là éviter que les hâles ne pénètrent trop vi- vement et trop avant dans ces terres légères, et leur conserver toute la fraîcheur possible. Ledit sieur Charlemagne, ainsi que M. le Curé, le Syndic et Procureur fiscal, nous ont fait observer que depuis que le blé à commen- cé à sortir de la terre jusqu’au temps que la récolte a été faite, il a toujours paru beau- coup plus beau que les autres des environs, quoique la pièce dont il s’agit n'ait eu que deux labours au lieu de quatre que les fer- miers et autres habitans du canton donnent pour l’ordinaire, et que dans ladite pièce il n’y eut que quarante voies de fumier, c’est- à-dire huit voies par chaque arpent au lieu de dix par arpent, suivant l'usage; qu’à l'égard de la semence, elle a été préparée à la chaux, dans la même forme que font tous les autres laboureurs de la France, sans aucun chan- gement, à la différence seulement que plu- sieurs y mêlent de l’alun, et que lui, Char- lemagne, n’en fait aucun usage, ni d'aucune autre mixtion; qu’au lieu de seize boisseaux de semence que lon est dans lusage de mettre 77 ledit n êS- lourds, : rocher h do1ye avec : el par- 1 trop Vi= légères Bhssible, de M,}e ous ont l Ommen-| » psque la| ern beau Eniirons D cu que à les fer- Qinnent iièce 1 fe, Cest: ïc au eu l'égard chaur, e) autres y chan- he plu- Char Luce ux de etlre CES à chaque arpent, il n’en a employé que douze boisseaux aussi par arpent; Que le temps de la récolte arrivé, il en a fait faire la moisson, et que le produit a été de seize setiers et quelques boisseaux par arpent, au lieu que la production ordinaire n’est que de cinq à six setiers par arpent; ce qui est à la connaissance de tous les fer- miers des environs, du Syndic et Procureur fiscal de la paroisse, de M. le Curé présent, et de M. de Vieuxmaison, conseiller en la grand’chambre du parlement, seigneur de Baubigny, qui tous ont certifié le mémoire présenté à la Société royale d’agriculture par ledit sieur Charlemagne, lesquels ceruüficats il demande d’être joints au présent, pour servir et valoir ce que de raison. Étant ensuite entrés dans les détails de la culture que ledit sieur Charlemagne a mise en usage pour cultiver et ensemencer ladite pièce de vingt-cinq arpens dont il a été ci- devant parlé, et qui est celle sur la produc- tion de laquelle la Société d’agriculture se trouvera à portée d'accorder ou de refuser le prix qu’elle a annoncé au profit de eelui des fermiers, laboureurs ou autres, qui, par quelque méthode de cultiver que ce puisse être; aura procuré une plus abondante récolte “ÿ ( 208+) ant sur les terres exploitées par ses soins, en ts gardant les proportions des meilleures et bai moindres qualités des terres, L ul }] Ledit sieur Charlemagne a dit qu'il a suivi f‘es 1 à tous égards les mêmes règles et les mêmes p' dl 1 principes que ceux qu’il a suivis pour la cul- p. (ll ture, les engrais et semences des cinq arpens|{ns de l’année précédente, sans aucune différence;| at À ï Nous lui avons ensuite demandé si la pièce La de cinq arpens, sise sur le canton appelé les à NA Près-souverains, qui lui a servi de preuve ä à “HUE l’année dernière, est actuellement en jachère, ai } ou à quel usage il la destine, étant néces- fu li saire de savoir si l'abondance de la récolte| g d 4 dernière ne l’a pas forcée et mise hors d’état 4 im | ll de produire des mars comme les autres terres;| a| Lt À quoi il a répondu qu’il vient de faire 1 ||| semer ladite pièce de cinq arpens en avoine, je ll après l'avoir fait labourer et herser de la‘: al. même manière que toutes les autres; qu’il de L'1 ose se flatter qu’elle produira plus d’avoine” À qu'aucune de celles qu’il a fait semer; qu’il ju A À demande que mention en soit faite sur notre ps il présent procès-verbal, et que les produits|| ‘À de cette pièce en avoine soient constatés L Fe LI au temps de la récolte, avec les mêmes pré- quil cautions que celui des cinq arpens en blé Le eure qui doivent servir de preuve cette année à 2505, en Æeures et 31\à suiyi DS 5 mèmes + r la cul- D‘{ arpens Siférence, Bla pièce ao pelé Les 1 preuve| 3 jachère, St néces- L& récolle Le d'état YiMierres; fe fave GMGANONNE, Sr de l ss; qui æl'avone ts; quil sr notre produits Sonstalés CA PE (ee blé qquée à (41249:\) l'avantage que procure sa nouvelle méthode; Et sur la demande que nous lui avons faite, s’il a cultivé, engraissé et ensemencé toutes les terres qu’il fait valoir, soit en pro- pre, soit à loyer, de la même manière que les vingt-cinq arpens de la pièce de lA- mandier, Il nous a dit, que malgré les expériences réitérées qu'il a faites pour s'assurer des bons effets que sa nouvelle méthode opère, et que cette méthode ne se soil jamais dé- mentie, ayant toujours fait de plus abon- dantes récoltes sur les parties cultivées ainsi qu’il vient de lPannoncer, que sur celles cul- tivées en suivant l’ancien usage, il a cepen- dant cru être de sa prudence de ne pas cul- tiver par une nouvelle méthode environ sept cents arpens de terre qu’il fait valoir, jusqu’à ce qu'enfin il ne püt lui rester aucun doute à cet égard. Il avait sur-tout été arrêté par la crainte( qu’il connaît à présent avoir été mal fondée) qui Lui avait fait imaginer possible que d’après les circonstances relatives aux dif- férentes influences qui peuvent déterminer les plus ou moins abondantes récoltes, celles qu'il a faites les années précédentes, n’eus- sent eu pour principe ces mêmes influences heureusement réunies à sa nouvelle méthode; m'y ( 234) que l’on ne saurait être trop prudent lors- qu'il s’agit de mettre en pratique un nouveau Système, dans quelque genre que ce puisse être; joint que tant que son père a vécu, il s’y est toujours opposé, quoique convaincu de la réalité du bien pour la supériorité des récoltes des terres ainsi cultivées sur celles qui l'étaient d’après les anciens usages; qu’au surplus, il ne lui a pas même été possible de la suivre pour toutes les terres qu’il fait va- loir, parce qu'il fait journellement venir des fumiers de Paris par ses voitures qui y por- tent des pailles, foins et autres denrées; que Pour éviter les doubles voitures de ces fu- miers( qui ne sont et ne peuvent être que des fumiers de cheyaux sans aucun mélange) il les fait déposer sur les pièces les plus à portée de la route, et mettre en tas pour leur donner le temps de se faconner; mais qu'il se propose à l'avenir de la suivre le plus régulièrement qu'il lui sera possible, n’ayant plus de doute sur la bonté de sa nou- velle méthode; qu'il espère que la récolte ac- tuellement pendante en blé sur sa pièce de PAmandier, et celle semée en avoine à la pièce de cinq arpens, au canton des Prés- souverains, en fourniront une nouvelle preuve, laquelle, d’après les précautions que l’on pa- fisc f ce | ë nt]ors.| Ë| ES nouvean| < puisse| 3 vécu,|> vaincu| #: S.\,h Late des| 9 Milles qui| 28 qu'au| 04 ible de| Lait va.| ni des| ER j por IŒ°s; que| NS«es fi \ qe que| singe) #lus à \\| 1 pi| We ARTE| | vel| BCE| de sl,| || ab nou-| ste ac ce de ©: à la| Se Bb Prés- salue, Le, pas| (2885 3 rait disposé de prendre, ne gera susceptible d'aucun doute; Quau surplus, il est on ne peut plus flatté de la circonstance actuelle qui le met à portée de consulter MM. Navarre, Afforty et Benoît ci-présens; qu'il les connaît de réputation pour être trois des plus sages et des plus sa- vans laboureurs de la France, et qu'il les prie de lui dire bien sincèrement ce qu’ils pensent de sa nouvelle méthode de cultiver; qu'il se fera un devoir d'augmenter, suppri- mer ou changer dans sa méthode tout ce qu'ils jugeront pouvoir procurer de plus grands avaniages. À quoi lesdits sieurs Navarre, Afforty et Benoît, après avoir conféré et délibéré entre eux, ont dit: Que, d’après les expériences qu'ils ont faites depuis qu’ils s’occupent de tout ce qui a rapport à l’agriculture; d’après ce qu’ils ont appris de leurs pères qui étaient aussi laboureurs, et d’après tout ce qui est parvenu à leurs connaissances, tant par les effets que les différentes cultures ont pro- duits, que par les différens entretiens qu’ils ont eus avec leurs confrères les plus connais- seurs en cette partie, ils ont une certitude presque physique que lusage mis en pratique par le sieur Charlemagne est le meilleur, L "4 Ar dpi À SRE STRESS ERNTE ef” # 1286.» eu égard à la nature de la terre des envi- rons de Baubigny, qui est très-légère, et qui, en conséquence, a besoin d’être appe- santie pour lui donner plus de consistance, et par-là la rendre plus solide et moins brû- Jante; qu'à l'égard du mélange des fumiers dont il fait usage, il ne peut produire qu'un très-excellent effet, ainsi que de ne faire que deux labours, afin de moins diviser ce ter- rain sablonneux, qui, par lui-même, n’est déjà que trop léger et trop sujet à recevoir toutes les influences qu’occasionnent les sécheresses et les gelées; qu’au surplus, ils pensent que les événemens doivent mettre le sceau à la pratique mise en usage par le sieur Charle- magne, et que si la récolte prochaine est à peu près semblable à celle qu’il a faite l’année dernière sur ladite pièce de cinq arpens, et ainsi qu'il est porté au mémoire présenté à la Société d'agriculture par ledit sieur Char- lemagne, et à son rapport actuel( comme ils ont lieu de le croire) ainsi qu’à l’attestation donnée et que donnent encore les fermiers des environs, M. le Curé, le Procureur fiscal et autres habitans de ladite paroisse, ils n’ont aucun lieu de douter que la méthode dudit sieur Charlemagne ne soit la meilleure que l’on puisse pratiquer pour procurer les plus L | | : l | | | Y abond: qu'en Chu ei de le | d'agricu | pérance | à actuel qour 16 |&h}] plais qu À honn cons! sile q h réc | de cel | de né | être gerb proc Îes ç quell | sul deu des et 1 | ités | veu S EnYle L ET et 18 appe- #Mance, HOT br- enners "D qu'un Si; que a ter im. déjà HOïutes JS resses it que %: h \arle- sait à :Pgnee sq not 21e à ha 10 1 Si t02 des Es| seal Mi ont Bb udt NC aus ( 287) abondantes récoltes et à moins de frais; et qu’en conséquence, ils pensent que le sieur Charlemagne est ou sera susceptible de louanges et de la récompense annoncée par la Societé d'agriculture, si sa récolte répond à ses es- pérances et à la très-belle apparence qu’elle a actuellement; qu’au surplus, leur chemin pour venir à Paris passant à peu de distance de la pièce dont il s’agit, ils se feront un plaisit d’en’ voir les progrès le plus souvent qu'il leur sera possible, et qu'ils se feront honneur d’en rendre compte suivant les cir- constances, avec offre de se trouver à la vi- site qu'il sera nécessaire de faire de l’état de la récolte, tant de ladite pièce en blé que de celle en avoine, au temps de la maturité, de même que du produit, ce qui ne pourra être constaté qu’en comptant le nombre des gerbes que lesdits cinq arpens choisis auront produites, et celles qu’auront aussi produites les cinq arpens semés en avoine, sur les- quelles quantités il en sera pris un nombre suffisant tiré de chacune des parties desdites deux pièces, pour être battues en la présence des personnes qui seront nommées à cet effet, et les produits constatés ainsi que les qua- lités des grains, de manière qu'il ne reste aucun doute sûür la réalité desdits produits, (5. 288% y ni sur la qualité des grains et des pailles. Lecture faite de tout le contenu au présent, chacun a persisté dans ses dires; et ont, les- dits sieurs Navarre, Afforty, Benoît, labou- reurs, Crawfort, curé, Bonneval, syndic, et Villot, procureur fiscal, et ledit sieur Char- lemagne, signé avec nous audit Baubigny, ledit jour 21 mars 1766. Ainsi signé: Craw- fort, curé de Baubigny, Villot, procureur fiscal, Michel Bonneval, syndic, Maucuy, Dupont, François Dicque et Charlemagne. Aout 1707. / « Suite du Procès-verbal d'agriculture. » Le sieur Charlemagne, laboureur à Bau- bigny, s'étant proposé, dès l’année 1764, de concourir au prix annoncé par la Société royale d'agriculture établie à Paris, en faveur de celui des laboureurs, fermiers ou autres, qui, par quelque manière de cultiver que ce puisse être, procurerait une plus abondante récolte en grains sur une quantité au moins de cinq arpens de terre, il destina à cet effet une pièce située sur le terroir dudit Baubigny, au lieu appelé les Prés-souverains, qui con- tient ladite quantité de cinq arpens; il la fit labourer, engraisser et ensemencer dans le dourant dhode ql d'aout 1 Jaseus | plusie tient Le e ladite rocès-ver cas Y sellers pa Con de l'agr égards, Ditant, d'adjuger se Con! ait\usqu Sa nouve tac concour vante] magne 0 vingt-cir au lieu: blé, et Durean| ünq arp Il désis É | pallles, & présent, 9 nf, les.. 0 bou Quhic, et 318 Chats sd guy, SE Craw- igeureur (l Lucuy, rale, 31/70, 14 Bau- re, de £lité Ja faveur mures, Sujue ce Le dante ge Hoi ét het Es}, en CD : 2li ît …s le | courant de 1764, suivant une nouvelle mé- thode qui lui est particulière; et dans le mois d'août 1765, le produit en fut constaté par plasieurs laboureurs du canton, en présence de plusieurs témoins, du nombre desquels étaient le Curé, le Procureur fiscal et le Syndic de ladite paroisse, Ce produit, suivant le procès-verbal qui en fut dressé, et les certi- ficats y joints, se trouva d'environ seize setiers par arpent. Comme les formes prescrites par le bureau de l’agriculture n'étaient pas remplies à tous égards, et que ce produit parut être exor- bitant, le bureau ne jugea pas convenable d’adjuger le prix audit sieur Charlemagne; il se contenta d’exalier tout ce qu'il avait fait jusqu'alors, et l’engagea à continuer sa nouvelle méthode de cultiver les terres, et à en destiner une quantité suflisante pour concourir au prix annoncé pour l’année sui- vante 1766; en conséquence, ledit Charle- magne désigna pour cet usage une pièce de vingt-cinq arpens, située sur le même terroir, au lieu appelé l'Amandier, pour être semée en blé, et sur laquelle, suivant l’ordonnance du bureau d'agriculture, il fut autorisé à choisir cinq arpens pour servir d’épreuve. 11 désigna aussi la pièce des Près-souve- ( 240) fains, qui, l’année précédente, avait été des- tinée à servir d'épreuve pour le produit en blé, pour servir à celui du produit en avoine, pour la présente année 1766. Par ordonnance de M. J’Intendant, du 21 janvier dernier, le Commissaire soussigné fut nommé pour constater l’état de la récolte en blé alors pendante sur ladite pièce de vingt- cinq arpens, de même que la méthode mise en pratique par ledit sieur Charlemagne, pour cultiver, engraisser et ensemencer la- dite pièce, et pour pareillement constater tout ce qui a rapport à la culture et semence de ladite pièce, qui devait être semée en avoine; en se faisant assister dans ses opéra- tions, par deux ou trois laboureurs des plus experts en fait d'agriculture. Pour à quoi satisfaire il fut par nous Com- missaire susdit, nommé, au désir de notre commission, les sieurs Navarre, Afforty et Benoît, tous trois laboureurs et fermiers qui sont généralement reconnus les plus experts de la France, et pour avoir toutes les qua- lités requises pour bien suivre les opérations ordonnées, lesquels, après avoir donné leur consentement, et promis de faire usage de leurs connaissances à ce sujet, se rendirent avec nous audit Baubigny, le 21 mars der- pier; nier,]0) que des? Les détal rerkal dé ire, eà pce sen) oine; peudanted a de gl (esçanre DM kes aa résulteil les ter ensgn it remis On unt s Depuis} ustit, 9 Benoit! sion, fa ces, res, el! ues Les, écolle Les trop E bé& S eSpéra Étant pa L Po | | 7|| fait 6e del dE.| ‘4 tuer, jour indiqué pour l'examen de tout ce L rodut x:: FRAUS que dessus, où, après avoir entré dans tous| ben avoine) PR NE Soie; s les détails circonstanciés, il fut dressé procès- | | verbal de ce qui avait eu rapport à la cul-| Snt, du 2} 9! Ssigné fut Srécolte en I de vingt! Laode misé ture, engrais et semences, tant de ladite} pièce semée en blé que de celle semée en avoine; de l’état alors actuel de la récolte| pendante, ainsi que de la qualité du terrain:( et de généralement tout ce qui fut jugé né- ) lemagne|; 2.; Ccessaire pour connaitre et faire Connaitre tous | Suencer la,; | les avantages et désavantages Gui pourraient| résulter de la nouvelle méthode de cultiver À les terres, mise en pratique par le sieur Char-|| lemagne; le procès-verbal qui en fut dre xi constate 7. ei senience) S semée til ssé, Al GES 0pCra4 Le. #— fut remis par nous à M. l’intendant, qui le À sn des plus Communiqua au bureau de la Société.| Depuis cette époque, nous Commissaire| sus Con susdit, ainsi que lesdits Navarre, Afforty ct{ #h de not] Benoît, avons, au désir de notre dite coMmmis- i En Aforty al sion, fait plusieurs fois la visite desdites deux Sruniers qu pièces, pour en connaître les différens pro- 21 experi gres, el nous avons toujours trouvé les mar- us Les qui’! ques les plus certaines d’une très-abondante| à opérations! récolte, jusque vers le 10 au 15 juin, que| “clonné la_ les trop fréquentes pluies ayant fait verser| eus À le blé de ladite pièce de vingt-cinq arpens,|| { radrent les espérances se sont trouvées diminuées, be À à TS der n'étant pas possible qu'un blé ainsi versé;(| Diel}} I, Partie, nr À Î ( 242) puisse recevoir les sucs nourriciers de la terre, qui se trouvent empêchés par les ci- catrices que les plantes avaient reçues en se versant, et par les calus qui se forment après avoir été versées, que l’un et l’autre arrêtent la sève et l’empêchent de pouvoir monter jusqu’à lépi, de manière que le produit se trouve nécessairement beaucoup diminué. M. de Palerne, secrétaire perpétuel de ladite Société d'agriculture, ayant désiré de voir par lui-même l’état où se trouvait la ré- colte alors pendante sur lesdites deux pièces, nous nous rendimes ensemble à Baubigny, le vendredi 4 juillet dernier, où nous recon- nümes, par la visite que nous en fimes, que le blé de ladite pièce aurait été des plus beaux qu'il soit raisonnablement possible de désirer, si l'abondance des pluies ne l'avait fait verser; nous reconnümes cependant que malgré cet accident, le produit serait encore abondant, tant par la force des plantes et des épis que par le grand nombre de gerbes que cette pièce devait produire; cette espé- rance était d'autant mieux fondée, qu'il n’y avait point ou que très-peu d'herbes dans ce blé, malgré les pluies presque continuelles Quant à la pièce semée en avoine, elle fut par nous trouvée de la plus grande beauté, es plan ks} de qui ane, Q ten ela ue La pr séquence eomnen mina à connait draent Tome,« XONS trou ROUS AYOL où elles seigneur finitif à Et le ayons fa et Benoi pour en gerbes( urait pr € chagu | La col iciers de Ja par les d- ecues en Îe ment après re arrêtent dr montée produit Le diminué, erpéluel de t désné de puyait la d- ileux pied; Baubigny,|e nous recol- fines, qde des plus gossble de $ ne lardit pendant qfe serait exo ig plantes t e de gerbs celle e- x, qui y rhes dans£e ptinueles: je, elle Sat de beau ( 245) les plantes étant très-fortes et élevées de plas de quatre pieds et demi, et les épis très- longs et bien garnis, et tels qu'ils promet- taient la plus grande abondance. Le 3 août présent mois, nous Commissaire susdit, ayant été averti par le sieur Charle- magne, que le blé de ladite pièce était mûr et en état d’être scié ou fauché, de même que la pièce semée en avoine, et qu’en con- séquence lon devait, dès le lendemain lundi, commencer à le couper, ce qui nous déter- mina à nous y transporter le 4, pour re- connaître la quantité de javelles que ren- draient tant la pièce en blé que celle en avoine, dans laquelle pièce en blé nous en avons trouvé une partie de liée en gerbes que nous ayons comptées, et marqué le canton où elles étaient, afin de nous servir de ren- seignement et de preuve lors du compte dé- finitif du produit de ladite pièce. Et le 7 dudit, nous Commissaire susdit, avons fait prier les sieurs Navarre, Afforty et Benoît, de se trouver à Baubigny, le 8, pour ensemble y constater les quantités de gerbes de blé et d'avoine que chaque arpent aurait produites, de même que celles du grain de chaque espèce, et la qualité dudit grain. En conséquence, ledit jour 8, les sicurs É. Navarre et Benoît s'étant rendus audit Bau- bigny(le sieur Afforty n’ayant pu s’y ren- dre, attendu qu’il était en pleine récolte), où se sont trouvés avec nous le sieur Jean Coppin, arpenteur juré et recu en la mai- trise des eaux et forêts de Joigny, le sieur Villot, procureur fiscal, Michel Bonneval, syndic, et le sieur Crawfort, curé de ladite paroisse, avec lesquels nous nous sommes transportés sur ladite pièce de vingt-cinq arpens semée en blé, où étant, ledit sieur Charlemagne présent a désigné les cinq arpens qui doivent servir d’épreuve pour concourir au prix annoncé par la Société d'agriculture, dans la partie supérieure de la- dite pièce de vingt-cinq arpens, et qui avoi- sine de plus près la grande route de Paris à Bondy, sur toute la largeur de ladite piece, sur laquelle partie nous avons fait mesurer en notre présence, par ledit Coppin, arpen- teur, cinq arpens en une seule pièce, formant un carré long et en droite ligne sur toutes ses faces; et ledit arpentage fait, nous avons, conjointement avec les sieurs Navarre et Be- noît, examiné la qualité du chaume et celle des gerbes, et comparé l’un par lautre, afin de reconnaitre si la totalité des gerbes trouvées sur ladite pièce y avaient réellement pris leurs decroiss pareller en noÛ vingl- 1 gerbel Ensti Coppin ant def celle p our 50 quelle y sans y là tion di pent m£ par 10 [se monÿ E s auxdiky raison ll SX Cent 4 ( 249) &idit Paud accroissemens. Nous Commissaire susdit, avons l sy ren pareillement revisé la partie qui avait été_e école)| en notre présence et par nous comptee 1e Sur Jean 7 quatre, et apres nous ètre assure par toutes; oi S: De été chance| Mila mat- les voies possibles que rien n'avait été changé à: 3.;. ne ë F ar- ile sieur dans le produit de ladite partie des cinq L pens, nous ayons, conjointement avec lesdits sieurs Navarre et Benoît, en présence que dessus, compté la quantité de gerbes de blé [ Jinneral, fie ladite iQ! sommes qui était sur lesdits cinq arpens, laquelle s’est | Bigt-cnc( k RAR| trouvée monter à trois mille six cent quatre- <... x. | vingt-dix, ce qui fait sept cent trente-huit males cu| 4 LL ve pouf gerbes pour chaque arpent. À q Ensuite nous avons fait mesurer par ledit en de Coppin, arpenteur, un arpent de terre dépen- À LL dant de la même piece, à la partie opposée\ Pais à celle indiquée par le sieur Charlemagne, | 1 mo pour servir de contre-épreuve, et dans la- k : Mn quelle les gerbes étaient encore en diziaux, fi a Lu sans y avoir touché, et sans qu'il eùt été ques- n' 74 tion de faire cette contre-épreuve; lequel ar- 5 fr pent mesuré, et les gerbes qu’il avait produites a" a par nous comptées, nous les avons trouvées ie se monter au nombre de six cent vingt-quatre. ee et Bei s; ms" Et sur la demande que nous en avons faite .) cellé a L Q n A 2. (A auxdits sieurs Navarre et Benoit, quelle était la 0 al..°. eut, raison pourquoi cet arpent n'avait produit que | E P I Jrouvées. Q . SL six cent vingt-quatre gerbes, pendant que les À is leurs! . ls nn ESS heroes cer NET me— ( cinq arpens désignés pour servir d’épreure, 26.+ / par ledit sieurCharlemagne, en avaient donné, suivant le compte que nous venions d’en faire, sept cent trente-huit gerbes par arpent, c’est-à- dire, cent quatorze gerbes de plus; Les sieurs Navarre et Benoît ont répondu que deux raisons essentielles déterminaient cette différence; que la première était que le sieur Charlemagne ayant choisi et pu choisir le meilleur canton dans sadite pièce, pour for- mer ces cinq arpens(le bureau de lagricul= ture l'ayant autorisé à le faire), il était tout simple que le produit en füt supérieur; qu'une autre raison aussi forte que la précédente était que les cinq arpens de terre destinés à servir d’épreuve ayant été fauchés, et Parpent servant de contre-épreuve ayant été scié, il doit se Arouver nécessairement une différence considé- rable dans le produit en gerbes, parce que la faux coupant la plante du blé beaucoup plus près de terre que la faucille, le tuyau de cette plante étant plus gros à fur et à me- sure qu'il approche de plus près de la terre, joint qu'il se trouve une plus grande quan- tité d'herbes mélées avec la plante du blé lorsqu'elle est coupée plus bas, et que les gerbes ayant une grosseur à peu près déter- minée, le nombre doit en être plus grand frsque| gé, mAh rence dans >(JouTé dan Nous avc eur Charl pignée dent les prie des gi sol après av cinq 41 ont dits lesdits L- fax halre-vin nantité€ FE auxdis Yaienl à ärpens dvalent lus fav dit: qu L faite de nombre lment, Qlus ordi preuve; : donné, n faire, best-à- Ipondu S\naient at que tchoisir ur for S gricul= {ait tout 5 qu'une Die élait Bpsernir igsrsant pe|o1t$8 Jomsde- me que k = up plis zau de à me- 2 Lerre, =:(Un =. du D su les A Yogrand lorsque le blé est fauché que lorsqu'il est scié, mais qu’il doit y avoir moins de diffé- rence dans le produit en grains qu'il ne s’en trouve dans le nombre des gerbes. Nous avons ensuite joint les faucheurs dudit sieur Charlemagne, qui étaientà une pièce peu éloignée de celle servant d’éprenve, et qui étaient les mêmes qui avaient fauché ladite partie des cinq arpens(tout le surplus ayant éié scié}, et nous leur avons demandé si, après avoir lié les gerbes qui étaient dans les cinq arpens, ils les avaient comptées; à quoiils ont dit ayoir compté les gerbes produites par lesdits cinq arpens, et qu’il y en avait trois cent soixante-neuf diziaux, ou trois mille six cent quatre-vingt-dix gerbes, ce qui est la mème quantité que celle que nous y avons trouvée. Et sur la demande que nous avons faite auxdits sieurs Navarre et Benoît, s'ils pour- raient apprécier le produit en blé queles cinq arpens auraient pu donner, si les pluies avaient été moins considérables et le temps plus favorable à la production; à quoi ils ont dit: que d’après la visite qu’ils ont ci-devant faite de la piece des vingt-cinq arpens, et le nombre des gerbes qui s’y trouvent actuel- lement, si le temps avait été tel qu'il est lus ordinairement, ces cinq arpens auraient ? Dé es "3 (#8) pu produire environ quatorze setiers par arpent. Ensuitenousavons fait tirer cinquante gerbes sur cinquante différens diziaux, en observant de les prendre à distances égales, et de ma- nière que dans ledit nombre des cinquante serbes, il s’en trouve généralement de toutes les qualités qui peuvent exister dans lesdits cinq arpens; lesquelles cinquante gerbes nous avons de suite fait charger sur une voiture destinée à cet usage, et les avons fait con- duire devant nous dans une grange à foin dépendante de la ferme dudit Charlemagne, dans laquelle il ne s’est trouvé aucune autre espèce de grains, où nous les avons, en notre présence, fait battre et mesurer le grain, et le produit s’est trouvé être de sept hoisseaux trois quarts, dont un demi-boisseau de moindre qualité, comme provenant des criblures; ce qui, dans la proportion, annonce un pro- duit de neuf setiers et demi par chaque ar- pent, et quelque chose de plus; nous avons ensuite fait peser lesdits sept hoisseaux trois quarts de blé, dont le poids a été de cent quarante-huit livres, de manière que chaque setier dudit blé doit peser deux cent trente livres, au lieu de deux cent quarante livres que chaque setier de Paris doit peser lorsque le ES lé est vient,$ edit Dé à nourrit lonséquen lences SU ]us com | Pour 1 quo arpens à ete fao des épr yaincre Jreu; po oignée d ans un| avec bien dans le avec le pris dar point ét les gran que le versé d Qualorz @ux pr h même Ungt-ix hers par le gerbes bserpant de ma- aquante à toutes s lesdits bes nous | voiture fait con- ge à foin lemagne, ine autre en nolre am, et OLSAUE wondre \ures; Ce un pro: laque dl jus AVOnS aux{rois » de cent 1e chaque nt trente jyres QUE Isque le ( 249) blé est bon: cette différence de poids pro- vient, suivant l'avis des experts, de ce que ledit blé étant versé, le grain n’a pu prendre la nourriture dont il était susceptible, et qu'en conséquence, il est resté plus léger. Les expé- riences suivantes en fourniront la preuve la plus complète. Pour nous assurer plus particulièrement de la quantité de blé que chacun desdits cinq arpens aurait pu produire si le temps lui avait été favorable nous avons cru nécessaire de faire des épreuves en petit, qui pussent nous con- yaincre que cette production aurait pu avoir lieu; pour y parvenir, nous avons pris une poignée dudit blé battu, et nous lPavons mis dans un petit gobelet, que nous ayons raclé avec bien du soin, ensuite nous en avons mis dans le même vase, à la même hauteur et avec le même soin, d’un blé que nous avons pris dans une pièce du même canton, qui n’a point été versée, après quoi nous avons compté les grains de lun et de l’autre, et trouvé que le nombre des grains provenant du blé versé de la pièce servant d’épreuve, était de quatorze cent quinze, et que le nombre de ceux provenant du blé non versé, mesuré à la même mesure, ne montait qu’à onze cent vingt-six grains; ce qui fait une différence i à "3 I Lsunas et (_&50) de deux cent quatre-vingt-neuf grains. En partant de cette épreuve, Pon trouve que si le grain de la pièce des cinq arpens n'avait pas été versé par la trop grande abondance de pluie, et que cette pièce eût donné, comme on a lieu de le croire, au moins la même quantité en grains qu’elle a produite, que celui de la pièce qui n’a pas été versée, elle aurait donné un cinquième et quelque chose de plus; de manière qu’au lieu que chaque arpent eut produit neuf setiers six boisseaux un quart, en y ajoutant le cinquième de plus, il aurait réellement produit au moins douze setiers, attendu que sur la petite épreuve il y à huit grains de reste: après quoi nous avons mis dans un trébuchet, d'un côté les onze cent vingt-six grains provenant d’un blé non versé, et de l’autre les quatorze cent quinze grains provenant de celui versé, qui doit servir d’épreuve, et nous avons trouvé que les onze cent vingt-six grains de blé non versé emportaient de beaucoup les quatorze cent quinze grains de blé versé; de manière que pour les rendre d’un poids égal, il a fallu en ajouter soixante etun grains, lesquels, joints aux deux cent quatre-vingt-neuf en- trés de plus dans la même mesure, forment un total de plus de trois cent cinquante grains, cesse: L té D fit ni qu poil Ensu£ ha piècl souyer à prod qui db en| fut H qui À rperi soin ls en Sera toute di incl} susdité gerbe Qui of quatre! cent sur la gerbe. obsery, au(res. de Ja p à Livre ans, Ft € que& S n'avait ondancé , commé a mêmé ile, qué see, ellé ue chosé > chiqué boisseaut ede plis ins doué preuve 1} 10 NOUS | coté les r, d'un blé jiorze Cen jhersé, qui ns trouvi [> blé 201 1 quator6 Le manieré slgal, 1 à £ Jesquels) neuf n= 3 forment » sralns np gran! ES c'est-à-dire, que dix-huit cent un grains ont été balancés par onze cent vingi-six; ce qui fait un différence de plus d’un tiers quant au poids, et d’un cinquième quant à la mesure. Ensuite nous nous sommes transportés dans la pièce de cinq arpens, appelée les Prés- souverains, destinée à servir d’épreuve à Ha production du blé de l’année dernitre, et qui doit aussi servir d’épreuve pour lavoine en la présente année, où étant, nous avons fait mesurer Jadite pièce par ledit arpenteur, qui s'est réellement trouvée contenir cinq arpens; après quoi nous avons examiné avec soin ladite avoine, que nous avons trouvée en gerbes, et què nous avons reconnue être toute de la même qualité, sans aucune dis- tinction, el pour avoir été produite dans la susdite pièce; ensuite nous ayons compté les gerbes qui se sont trouvées dans ladite pièce, qui ont monté à la quantité de deux mille quatre cent quarante, c’est-à-dire, quatre cent quatre-vingi-huit gerbes chaque arpent, sur laquelle nous en avons pris cinquante gcrbes sur cinquante différens diziaux, en observant des intervalles égaux des uns aux autres, afin d’en avoir de toutes les parties de la pièce, et de donner plus de certitude à l'épreuve, lesquelles cinquante gerbes d’a- Gr 25e.) voine nous avons fait conduire devant nous, vor dans la basse-cour de la ferme, où nous les de qu avons fait baltre en notre présence, et en- 4 de Javon suite fait mesurer l’avoine en grains en pro- e temps venant, et nous avons trouvé que les cin- d'environ quante gerbes ont produit huit minots deux His boisseaux, de manière que dans la propor- se dispen tion, chaque arpent de ladite pièce a produit h juste dix setiers trois boisseaux, laquelle production sest do de dix setiers trois boïsseaux par arpent a été qut lex reconnue par lesdits sieurs Navarre et Benoît, grcul pour être extraordinaire, en ce que le plus fort qu'à produit en avoine, n’est, dans les bonnes an- sa mé| nées, que de six setiers par arpent, au plus. L fout va Il a été pareillement reconnu par les ex-(née 1 perts, que le produit de neuf setiers et demi hgoy;( par arpent de blé, est aussi beaucoup plus haprèye qu'ordinaire, attendu que dans les meilleures au années l’arpent en France ne produit que Fait dix à onze seliers, et que celte année, ces mil s0 mêmes terres ne produiront au plus que cinq Chnstc ou six setiers par arpent, en sorte qu’ils esti- Conjoin ment que de la récolte du sieur Charlemagne, cureur: dans les deux pièces servant d’épreuve tant Signé pour le blé que pour lavoine, le produit est Ÿ| lemg d'environ les trois quarts en sus du produit[bigny: ordinaire; et ils ajoutent que s'il y avait eu arpente: moins de pluie et que le temps eût été plus sic: Æhous, € 5 es & en- I9kpro- 3 n- eleux 1{h or- IT iduit boition CA CLÉ jnoit, cs fort cs an- AUS. abnex- tj emi Wo pus eures BB: que ex, C5 P cinq “ esli- mont, = til ul est oduit seit eu ss. plus 2 favorable, le produit en blé eût été au moins de quatorze setiers par arpent, et qu’à l'égard de l’avoine, si elle avait été javelée pendant le temps convenable, le produit aurait été d'environ un sixième en sus; Et ils ont fini par dire qu'ils ne peuvent se dispenser de rendre au sieur Charlemagne la justice qui lui est due; que les soins qu'il s’est donnés méritent des louanges, et qu’ils ont lieu de croire que la Société royale d’a- griculture y ajoutera la récompense promise; qu’à leur égard, ils se proposent de suivre sa méthode pour la culture des terres qu’ils font valoir, lorsqu'elles se trouveront de la même nature que celles du terroir de Bau- bigny; qu'ils suivront aussi sa méthode pour la préparation des famiers, et se conformeront à son usage pour la quantité des semences. Fait audit Baubigny, cejourd'hui huit août mil sept cent soixante-six, par nous Jean Christophe, commissaire nommé à ce sujet, conjointement avec lesdits sieurs Curé, Pro- cureur fiscal, Syndie et Arpenteur, qui ont signé ayec nous, ainsi que ledit sieur Char- lemagne. Navarre; Crawfort, curé de Bau- bigny;, Benoit; Villot, procureur fiscal; Coppin, arpenteur; Charlemagne; Michel Bonneval, syndic; Christophe,» mn a Re ne RE eus RE a“a RME rage ( 254) On ne peut avoir constaté d’une manière plus précise la récolte étonnante faite par le sieur Charlemagne, qu’elle ne le paraît d’a- près les pièces précédentes. On voit qu'il avait recueilli cinq à six cents gerbes par arpent (Varpent était alors de 32,400 pieds de surface), et que desdites cinq à six cents gerbes, il avait retiré dix setiers, ou vingt-quatre quintaux d’excellent blé froment, de la mesure alors existante à Paris; et cela dans une année peu favorable, son blé ayant été versé: circonstance très-importante. Cette production, qui surpas- sait si fort les récoltes alors réputées les plus riches, était digne d’être citée; mais elle fit pourtant moins de bruit que n’en avait fait celle de lirlandais Mathieu Yelverton. A Paris, mal- heureusement, les esprits n’étaient pas encore occupés de l’agriculture; ce n’était pas l’objet de l’émulation de cette capitale et des discus- sians de la Société, qui s’appelait par excellence la bonne compagnie. La charrue, en un mot, n’était pas à la mode. Duhamel du Monceau en avait donné l'impulsion, mais il n’avait pu se faire entendre de tout le monde, et peu s’en fallait que lui-même n’eût recueilli pour prix de ses nobles efforts, que la dérision des cercles de Paris, les critiques amères de M. de l'Etang, et l'épithète d’agromane, manière ? par le rat d'a- il avait arpent irface), lil avait Luintaux je alors sance peu Dnstance «| Surpas- >:les plus well ft it celle 2; mel- D) ENCOrE i s l'objet discus- “ellence 3 n mot, Ziceauen SL pu se jeu Sen ju pri Lesrcles EEE C5?) Le brave Charlemagne fut honoré aussi des censures de la sottise et des sarcasmes des journaux. Nous en avons plus de plaisir à lui rendre aujourd’hui l'hommage qui lui est si bien dù, et à honorer sa mémoire. Ce qui aurait dû ajouter un nouveau lustre au prix remporté par un laboureur, dans eette circonstance, c’est le désintéressement que montra le sieur Charlemagne. Il vint à la Société d'agriculture de Paris,le 19 décembre 1766, sur l'invitation qui lui en avait été faite par M. de Palerne, secrétaire perpétuel. On lui annonca qu’il avait mérité le prix pour lequel il avait concouru, et qu'en conséquence on allait lui compter une somme de six cents livres, faisant la valeur de ce prix. Ce digne agriculteur représenta soudain qu'il serait beaucoup plus flatté de recevoir une médaille, et la Société, agcédant à son vœu, chargea le secrétaire de voir M. de Coite, directeur général de la monnaie des médailles, pour en faire frapper une. Cette anecdote est con- signée dans les regisires de l’ancienne Société d'agriculture de la généralité de Paris; elle m'a paru mériter d’être publiée et conser- vée dans ces Recherches agronomiques. Tous ceux qui les liront ne pourront s'empêcher de bénir avec nous Le souvenir trop négligé Fr EE pages re mr IT er M0) du premier laboureur francais qui ait recu publiquement une distinction flatteuse au sujet même de son art, et qui ait eu le bon esprit de ne considérer dans cette récompense que l'honneur singulier de lavoir méritée. Aux yeux du philosophe, c’est là de la vraie gloire. Le nom de Charlemagne, célèbre dans les fastes des héros et des souverains, doit être consacré aussi à l’immortalité dans les sou- venirs historiques de l’agriculture française. La France avait ses jeux floraux, institués depuis long-temps; mais elle n'avait jamais eu de fètes céréales. La médaille de Charle- magne était donc une nouveauté digne de faire époque. On ne saurait nier que ce con- cours ne fût une suite du zèle avec lequel Duhamel du Monceau avait essayé de tour- ner l’opinion publique vers le premier des arts( jusqu'alors le plus négligé). Ce zèle opiniâtre avait enfin frucüfié, malgré les opposilions des esprits routiniers et la légèreté des esprits superficiels. En mourant, Duha- mel laissa des successeurs, qui conservèrent avec soin le feu qu’il avait allumé. Non-seu- lement ce feu sacré parut ne devoir plus s'étendre; mais il donna souvent plus d’é- clat. et plus de lumiere, Fr® Sute dé qyail par l la cu groir & el ces rem lo 1 que| Com raluté yo de| ( FPE? sembla tres ces,€ | Sassen ver les lire, 0) 1 recu au Sujet L esprit 1se que AUX gloire, ans les ot être Les sou= "autre. imstitués it jamas h Charke: igne de ce con- lequel R LolTe er des| ; Ce zèle re le ilgré 1 j Jégerelé ji. Duha- serverent cNon-seu| voir phis| ù olus de- CS) CHAPITRE A4 X. Suite des travaux agricoles que Duhamel avait fait naître. Prix proposé, en 177]» par la Société d’émulation de Paris, pour la culture sans jachères, Bons écrits sur les grains, publiés, en 1783, par M. Tessier, et en 1788, par M. Parmentier. Expérien- ces de M. Tessier, en 1790. Proposition remarquable de l’Assemblée provinciale de la Haute-Guyenne, pour former dans cha- que canton des associations d'agriculture. Comices agricoles dans la ci-devant géné- ralité de Paris. Leur utilité. Désir de les voir renaître dans tous les arrondissemens de l'Empire français. Y JEPENDANT, la Société d'agriculture de Paris semblait se ralentir. On voit dans 6es regis- tres qu’elle-même sentait le vide de ses séan- ces, et qu’elle en gémissait. Des commissaires s’assemblèrent chez M. de Buffon, pour trou- ver les moyens de rendre la Société plus ac- tive. On aime à retrouver ici le nom de ce D ( 258 d sublime historien de la nature. Dans plusieurs séances tenues au jardin des plantes, on re- connut que la Société manquait absolument de moyens pécuniaires, et qu’elle était en- core plus contrariée par les abus alors sacrés de l’ancien régime. Ses registres prouvent qu'elle a tenu une multitude de séances, composé une foule de mémoires, réitéré quantité de démarches avant d’avoir pu ob- tenir de l’Archevèque de Paris, le retran- chement d’un petit nombre de fètes. L’agri- culture était alors garrottée de tant de liens, qu’il était difficile que les sociétés d’agricul- ture pussent en briser les entraves, sur-tont quand elles n'étaient pas, comme celle de Bretagne, appuyées et encouragées par des États provinciaux. La Société d’agricuiture de Rouen observait que, dès son institution, elle avait prié le Ministre d'observer que les agriculteurs normands avaient plus besoin de protection que de conseils; qu’elle avait en conséquence demandé son france- parler contre les obstacles fiscaux, moraux et po- litiques, qui s’opposaient à Pamélioration de l’agriculture; qu’elle avait fait plus de bien en réclamant contre le monopole dans le commerce des ceaux-de-vie de cidre et contre les abus de la caisse de Poissy, que par ses Le 1 fombr de me mes ment, court, 1 ent L ligricul qui tal la rend eux À da gt Chers Ms Joiotan De lens Au ne da tions: eût eu nomme étineel| Î$ tre ag, Sous le Société quelle ç = Leurs Æ= On re- Tel ument >(t en- 1Olacrés 1Q vent 3e ces, eriteré y“ii ob- IMg:lran- | esagi- | Là liens, | Gen ricul- | amer-lont d| de 6 LM des \ gare de fai où j | œue ls au Destin | 12: avait | Sue | ut pr Eæœcn d |=> Die ns Le | s pnl'e an! 55 GES D nombreuses expériences et les trois volumes de mémoires qu’elle a publiés, etc. Les hom- mes éclairés qui étaient dans le gouverne- ment, Bertin, dont le ministère fut trop court, Trudaine, Turgot, Malezherbes, sen- taient la nécessité de venir au secours de l’agriculture d’une manière efficace. Voltaire, qui était en possession de dire la vérité et de la rendre populaire, Voltaire appuyait les vœux des cultivateurs avec toute l’autorité du génie. 11 s’écriait éloquemment: Chers enfans de Cérès! Ô chers Agriculteurs! ete. Mais il n’entrevoyait que dans un avenir lointain le moment où un ordre nouveau, De leurs bras opprimés, relächerait les chaines. Au défaut des secours que le gouvernement ne donnait point à la science, des souscrip= tions volontaires pouvaient y suppléer, s’il y eût eu chez nous un peu de cet esprit qu’on nomme esprit public. On en vit quelques étincelles. Il s'était formé à Paris, en 1776, une au- tre aggrégation d'hommes instruits et zélés, sous le nom de Société libre d’émulation. Cette société ayant à sa disposition quelques fonds qu’elle désirait de bien employer, se signala "3 (260 ÿ d'abord par la proposition d’un prix pour la solution de la question suivante:« Juels sont » les moyens de rendre fructifiante l’année » de repos accordée aux terres à grains?» Elle considérait ce sujet d'agriculture com- me un des plus intéressans qu’elle püt pro- poser. Et voici les détails que nous en avons recueilli dans les journaux du temps: Feu M. Hullin, ancien ministre à la cour de France, pour le roi de Pologne Stanislas, duc de Lorraine et de Bar, avait chargé ses héritiers et ses exécuteurs testamentaires d’em- ployer mille francs à la distribution d’un prix d'agriculture, en consultant sur Île sujet de ce prix( dit le testateur dans son codicile du 29 mai 1774),M. l'abbé Roubaud, dont le zèle patriotique et les lumières sont si con- nues. MM. Alliot, fermier général, Richer et Caillières de l’Étang, avocats au parlement, légataires universels et exécuteurs testamen- taires de M. Hullin, remirent entièrement, par acte du 13 mai 1777, le choix du sujet et le jugement du concours à M. l'abbé Rou- baud, membre et commissaire de la Société libre d'émulation, à laquelle, de son côté, celui-ci crut devoir déférer le pouvoir de pu- blier le programme et de distribuer le prix, [ | +—=— En: Ja Soci du lesla somme d elle se f fonds, d forme d' jugés L'a En cc aulteurs moyens de les authen regarda Jes granc la pratiqu « Que » de re » dre » deyo » nom Les d'une| usitée« me de poser Je lchères spontané BE pour la » els sont 3% l'année 151;?) sil com- { S pro- 3 ayons qu fu cout @ aislas, | alab ré ses| des dem. “in pri Sjjet de — |“houle du 4 ù qni le Q!4 YCON+ per et | tsuet, | ss anen-| ; guet, fiz sit [|&# ho | mpocièté |= co, ï ont RC TUE ( 267:) En acceptant les offres de l'abbé Roubaud, la Société, par respect pour les intentions du testateur, ne crut pas devoir diviser la somme de mille livres destinée au prix; mais elle se fit un devoir d’ajouter, de ses propres fonds, des encouragemens pécuniaires, par forme d’accessit, aux concurrens qui seraient jugés l'avoir mérité. En conséquence, elle proposait aux agri- culteurs qui auraient le temps, le zèle etles moyens de tenter des épreuves en grand, de les suivre avec soin et de les constater authentiquement, la question suivante qu’elle regardait comme extrêmement importante, par les grands effets qui pouvaient en résulter dans la pratique pour la culture des terres à grains: « Quels sont les moyens les plus avantageux » de rendre utile et plus fructifiante l’année » de repos que plusieurs agriculteurs croient » devoir donner aux terres à grains, sous le » nom de jachères, ou de guérets?» Les concurrens devaient observer que, d’une part, la pratique ancienne, encore usitée dans une très-grande partie du royau- me de France et ailleurs, était de laisser re- poser les terres tous les trois ans en simples jachères, qui ne produisaient que des herbes spontanées, lesquelles ne servaient qu'à une r. ( 268 chétive pâture, et qu'il existait encore un grand nombre de propriétaires et de fermiers persuadés que ces années de repos alternatif étaient utiles ou même absolument nécessaires aux terres à grains; mais que d’autre part, en Angleterre, en Hollande, en Suisse, et dans plusieurs provinces de France, on avait déja beaucoup diminué, même en quelques lieux, totalement supprimé les années de re- pos ou de jachères par la méthode de varier les assolemens, laquelle consiste à culuiver alternativement dans le même champ des grains, des légumes, des fourrages et des racines. On assurait que la terre, bien loin d’être épuisée par ces productions continuelles et variées, n’en devient au contraire que meil- leure et plus fertile. Quelques agriculteurs avaient même déjà prétendu prouver, par la pratique et par la théorie, qu’en perfection- nant les instrumens aratoires, les facons et les engrais, un champ deviendrait capable de produire continuellement les mêmes ré- coltes sans repos et sans variations. Résoudre un pareil problème, disait dans son programme la Société libre d’émulation, ce serait certamement rendre un service es- sentiel à Pagriculture‘proprement dite, le premier de tous les arts et le fondement des autres, dans P de toul eshortl ques À qui faisa à grains connu les plu mille fr qui en des À pécun ditions mel ter la pspérier demen DTA de ce que d vulgair dÿ de ten suiyan Yariés ul rer Kcolles #8 on avait 2 quelques sæ:s de re 2e varier =. ollvel EU des Œes et de ie lon Snuelles sue meil- culleurs au, pu là Le Ærleclion | facons€ | cpl mes 16 | ææ| | sait dan EE yulation} >yrice e5* EE die, le œacnt des | autres. Mais il fallait des épreuves multipliées dans plusieurs eantons divers, sur des sols de toute nature. La Société libre d’émulation exhortait MM. les gentils-hommes, ecclésias- tiques, bourgeois, propriétaires ou fermiers, qui faisaient valoir par eux-mêmes des terres à grains, à faire des expériences et à lui en communiquer le résultat. Les meilleures et les plus utiles devaient obtenir le prix de mille francs légué par M. Hullin; et celles qui en approcheraient le plus, obtiendraient des fonds de la Société, des encouragemens pécuniaires par forme d’accessit. Les con- ditions prescrites aux concurrens étaient: 1.° De bien reconnaitre, décrire et cons- tater la nature du sol qu’ils mettraient en expérience, sa composition, son état d’amen- dement, sa profondeur et son exposition. 2.° De traiter pendant trois ans une portion de ce terrain, qui ne pourrait être moindre que d’un demi-arpent, suivant la méthode vulgaire du repos en jachères ou guérets. 3.° De cultiver, pendant le mème espace de temps, une portion égale du même terrain, suivant la nouvelle méthode des assolemens variés en grains, fourrages et racines, sans nul repos, ou suivant la méthode des mêmes récoltes continuées au moyen des perfections Dee TU ne MN mme mme nouvelles données aux instrumens aratoires, &ux façons et aux engrais. 4.° De tenir bon et fidèle registre de tous les frais qu’ils feraient en culture, engrais, semences, insitrumens, façons, sarclages, récoltes, etc., comme aussi de la quantité et qualité des productions, et de leur valeur au prix courant. 5.° De dresser à la fin de leurs mémoires des tableaux de comparaison dans lesquels ils feraient connaître l’état actuel de leur terre, même au bout des trois années d’ex- périences. 6.° De faire constater le tout par des attes- tations signées d’une personne publique, tels que MM. les curés, juges, syndics de paroisses, assistés de deux notables habitans. 7-° D’envoyer un mémoire détaillé de toutes les épreuves, accompagné d’une copie des certificats ou attestations, dans lesquels mé- moires€t copies seraient absolument sup- primés et laissés en blanc les noms des con- currens, ceux de leurs paroisses et des per- sonnes qui auraient signé les attestations. 8.° De mettre à leurs mémoires une devise qui serait répétée sur un paquet cacheté, lequel contiendrait leurs noms, demeures et qualités; le nom de la paroisse et du canton dans dns Le rlences, attestali Q. De nérs 174 rie des€ fine de lement 1 Ces c remplis almises comm} membr où se/ Ge« cg AS soit bien pr étudié des ass où Les long-ler dre d'e Nous p qu'elle dat( fix pr €] qui cc I $ araloiref, | ‘tre de tofs |, engraif, Usarclages, à quantilé eur valeur I, mémoirts 1s lesquels £\ de er Ecnnes d'el- | gr des atlé- goubliquel, äyndics de fe habitané. fée de toutfs j copie ds 2 squeh nf- ciment sup as des cod- Zet des p- 2\staUIONS.| cs une denie et cle, D CUIeUTeS et 3 du canton dans @ 260) dans lesquéls auraient été faites les expé- riences, avec les originaux des certificats ow attestations dûment signés. 9.° De faire parvenir le tout avant le 1.27 mars 1781, au bureau de correspondance, rue des deux Portes Saint-Sauveur, à Paris, franc de port, sans se faire connaître direc- tement ni indirectement. Ces conditions étaient de rigueur; en les remplissant, toutes personnes devaient être admises au concours, excepté les officiers et commissaires de la société, et ceux de ses membres qui voteraient dans les assemblées où se ferait l’adjudication des prix. Ce concours solennel prouve que l’on songeait dès lors à l’abolition des jachères; mais soit que les esprits n’y fussent pas encore bien préparés, soit que lon n’eût pas assez étudié les vrais modèles de agriculture et des assolemens dans les parües de la France où les jachères ne subsistaient plus depuis long-temps, la proposition de la Société li- bre d’émulation ne produisit aucun résultat. Nous pouvons en juger par un nouvel avis quelle fit publier en 1779. Elle dit qu’elle avait déjà recu quelques mémoires pour le prix proposé au mois de décembre 1777; et qui consistait à examiner« Quels sont les F Partie, 12 ARLES ee 2 Re, cure ne le“UE. um EUR". rpm en rer EE Dee he a “ae SE Dove ee { 266) » moyens les plus avantageux de rendre plus » utile et plus fructifiante Pannée de repos » que plusieurs agriculteurs croient devoir » donner aux terres à grains, sous le nom » de jachères ou de guerets?» Elle avait remarqué que quelques-unes de ces pièces n'étaient point revêtues de toutes les for- malités prescrites par son programme; qu’il serait facheux pour les auteurs de ces mé- moires, et très-désagréable pour la Société, qu'il ne fût pas possible, faute de quelques formalités, de couronner un travail qui d’ail- leurs pourrait être très-méritant. En consé- quence, elle croyait devoir remeltre de nou- veau sous les yeux des concurrensles conditions qu’ils ne pouvaient, sous aucun prétexte, se dis- penser de remplir. C'était aux auteurs qui lui avaient adressé des pièces, à examiner avec la plus scrupuleuse attention s'ils avaient satisfait à tout ce qu’on attendait d'eux; et s'ils s'aper- cevaient de quelqu’omission, il était néces- saire qu'ils la réparassent et qu'ils renvoyas- sent leurs mémoires. Mais la Société rappela vainement les con- welle avait prescrites aux concur- ditons q nous venons de transerire. Al rens, et que paraît qu'aucun d’eux remplir; et ce prix, réellement très-important; ne s'empressa de les - ile pu auluvat de ce« aronne À dans Les pratique qhut dan qhudir le cette que lop Kion cor sorte€ Cep portée dans la quilié sil Ï manie R cultur ambula tention mieux diverse êu l'ava étunc dont le bleau e ‘tes au ion du 267. ÿ' / ( 1 UE à né nbre des rendre plds ne put pas être décerné. Le grand nombre des sde rep cultivateurs était bien loin de sentir l'utilité Dent dexor de ce concours. La culture tiriennale en blé, e. Ld« Là® A F| ler» avoine et jachère, était le seul système adopté K CElle avait dans les baux des fermes et suivi dans la(À Des piècds pratique des provinces les plus fertiles, sur-| | tout dans les environs de Paris; et loin d’ap-(N O!; les fort) L pone: q'Âl plaudir à Pidée d’un concours pour la réforme Doi d icieu é’€ i BR e cette vicieuse méthode, peu s’en fallait bl ue l'opinion publique ne regardât la proposi- ma Socicté, q RE© ee 5 PSE tion comme un renversement des lois et une Ze quelqués e dos sorte de blasphème.| œil qui d'il sé Rue LE | Cependant, un militaire qui avait été à s En co ee. à LS portée d'admirer les progrès de l’agriculture r ggre de no k, | 4 dans la ci-devant Flandre, M. Ferrand, avait lénconditiois Loi publié, dès 1759, un trés-bon mémoire sur ISIQLE F HS qui ui ne avec À 2: nt satstt;.. | tention à ce bon ouvrage. Nous connaissons Ha mi nec la manière d'améliorer toutes les terres, par la culture du trèfle et la formation des prairies h ambulantes; mais on avait fait trop peu d’at- mieux aujourd’hui les moyens d’alterner les | diverses cultures, et d’assoler les terres. J’ai s renvoya. _ Rai eu l’avantage de donner, le premier,un tableau :| et un compte exact de Pagriculture flamande,| es COÏ* k(| p au" dont les assolemens sont des modèles. Ce ta- mu conti” pl f. Te‘ É E eau et ce compte font parte des notes aJou- È ne,;.; saisi tées au premier volume de la nouvelle édi- cr de Ie 4 inporan!» tion du Théâtre d'agriculture d'Olivier de RG GE 4 #* “ RORRE LE MES CEA ( 268 Serres; et depuis ce temps la même matiere a été traitée de nouveau, avec plus de dé- tail. Je dois citer, à cet égard, avec distinc- tion, l’article assolement du nouveau Diction- naire d'agriculture, par M. Yvart; cet article est un traité lumineux. I/auteur est un grand agriculteur pratique et un excellent profes- seur de l’art qu'il exerce si bien. Il est à dé- sirer que son article assolement soit lu et médité dans toutes les parties de l'Empire. Mais pour ne pas sortir de l’objet spécial qui m’occupe dans cet ouvrage, je dois citer d’abord les livres relatifs aux plantes céréales, qui ont paru avec succès depuis la mort de Duhamel. C’est ici que je trouve et que j'é- nonce avec plaisir les noms de deux de mes collègues de la Société d'agriculture de Paris, qui ont rendu de grands services à la science de l'agriculture en général, mais sur-iout à la partie de celte science qui concerne les grains. Le premier est M. Tessier, qui a publié, en 1783, un excellent Traité des maladies des grains; ouvrage dans lequel on expose la manière dont elles se forment, leurs progrès, les particularités qu’elles offrent, les différens produits qu’on en obtient, par l'analyse chimi- que, comparée avec celle des grains sains, —_——— 4 Î Aeurs sur b Destian fl les à [A P jeure fe, | Ta OU 1 y© la féren et let fl Îes fenent reuse potre pièces de c Si le pour lant! au Conn: {oi et € bor fouye « C | Biae matiere ous de de- te distinc- En Dictiond St article Jun grand [si profes- set à dé- sScoit Lu et B Empire. JM et spécial £ dois ciel = s céréales| ex mort de 3j que Jé- hé de mes mile Pan, gra süent] 2Ægur-tout 1 incemne LS p x publié) 2hdits des M por R PE: pros ig diferes a re ini Ds sains{ 6 269 j leurs causes, l'influence qu’elles peuvent avoir sur la santé des hommes et sur celle des bestiaux, le tort qu’elles font aux cultivateurs, et les moyens d’en préserver, avec figures; ( À Paris, chez la veuve Hérissant, rue neuve Notre-Dame; et Théophile Barrois jeune, rue du Hurepoix, in-8.°). Un Traité approfondi sur cette matüère nous manquait; c’est parce que l’on n'avait pas encore de notions sûres et distinctes sur la nature des maladies des grains, leurs dif- férens caractères, leurs progrès, leurs causes et leurs effets, que les livres d'agriculture et les papiers publics se trouvaient journel- lement surchargés de recettes aussi infruc- tueuses les unes que les autres. L'ouvrage de notre savant agronome devenait donc d’une nécessité indispensable pour toutes les classes de citoyens qui s’occupent de l’agriculture. Si le nom seul de l’auteur n’eût pas suffi pour bannir toute idée de ce charlatanisme, tant à la mode de nos jours, et à inspirer au contraire toute la confiance due aux connaissances les plus étendues, à la bonne foi et au zèle du bien public, on aurait pu se borner à citer le passage suivant, qui se trouve dans l’avertissement: « C’est au milieu des plaines fertiles de LU k G LATE# A Re nn EURE V2{ ( 270) la Beauce que j'ai étudié les maladies des grains. L’immensité des terres qu’on y cultive me permettait de voir la nature en grand; ai consacré à cette occupation plus de six années, temps trop court, sans doute, si je n'avais toujours fait marcher plusieurs expé- riences à la fois. Dans la crainte d’être induit en erreur, je ne me suis jamais contenté d’un premier aperçu; les choses ont été revues au- tant de fois qu’il n’a paru nécessaire; chaque expérience a été répétée et variée; je me suis fait un devoir de consulter des gens sages et éclairés. Enfu, j'ai cherché de bonne foi la vé- vité, pour la faire connaître telle qu’elle est,» Que l’on compare cette modestie et cette simplicité pleine de candeur, avec Île ton imposant, aflirmatif et exalté de la plupart de nos écrits modernes, et l’on ne tardera pas à reconnaître de quel côté est le véri- table savoir ou le charlatanisme. Les maladies dont il s’agit dans ce traité, et qui attaquent le froment, le seigle, l'orge et l’avoine, les plus précieux de nos grains, sont l’ergot, la rouille, la carie, et le charbon. Sur tous ces points essentiels, c’est un ou- vrage à consulter. M. Tessier en donne lui- même des extraits dans le nouveau Diction- naire d'agriculture, Voyez ses articles carie, eg from tion( publie avorr É quelqu lustre Je( guiyan Qu traite qi sur| de s app meurt Manu et de Vaint vol, I ter ke a] mér doc mor d'est provi Ses(eé s©; cultivé 3" grand: Eq de six ob, si jé dk exp 13%: induit monté d'un 1 Êrues au TES dhaqué LS me vil | 1e: sages dl | VU) Ja vêe k Supe es, » 1: gt cette 378 le ton | Et plupart Q se tarderd (?3 le vis À:@ trait, à ES, Lors | grains A harbons | |= Lun 0 | Né Int- ction rain JE, curle ! Er Curie ÿ Cor ) froment, ete., qui sont dignes de sa réputa- tion et qui m'auraient peut-être empèché de publier le présent ouvrage, si je ne croyais pas avoir glané dans le vaste champ de la science, quelques faits et quelques détails que mon il- lustre confrère n’y a pas moissonnés. Je dois dire la même chose de louvrage suivant. Quelques années après la publication du traité de M. Tessier, sur les maladies des grains, M. Parmentier a publié son Mémoire sur les avantages que le royaume peut retirer de ses grains, considérés sous leurs différens rapports avec l’agriculture, le commerce, la meunerie et la boulangerie. On y a joint un Manuel sur la manière de traiter les grains et d’en faire du pain.( À Paris, chez Barrois l'aîné, libraire, quai des Augustins, n.° 19, vol. in-4.° de 447 et 52 pages). 1 w’appartenait peut-être qu'à M. Parmen- üer de donner un traité aussi complet sur Ja culture du blé, sa réduction en farine et sa panification. Aussi la réputation qu'il a méritée avait-elle engagé les états du Langue- doc à le charger de la rédaction d’un mé- moire sur la meunerie et la boulangerie, et c’est pour répondre aux vœux de cette province, et même les surpasser de beaucoup, m'y es dt nm D TE A EE UMR EE EURE SES 9730\ 272) { N que M, Parmentier avait composé cet ouvrage, Flatté, comme il devait l'être, de la confiance que lui témoignait dans cette occasion une des parties les plus intéressantes du royaume, il avait cru ne pouvoir mieux y répondre qu'en étendant l'utilité de son travail à toutes les autres, ce qui lui était d’autant plus facile, que le Languedoc offre les différens aspects, et presque toutes les températures de la France. Il avait cru que, s’il se hornait à donner les détails nécessaires sur la meu- nerie et la boulangerie, il ne remplirait pas le but qu'il devait se proposer, et qu'il fallait connaître auparavant toutes les opé- rations qui tenaient à une bonne culture de blé, et à sa conservation. Le mémoire de M. Parmentier est divisé en trois parties. Dans la première il s’occupe du blé, de ses parties constituantes, de son choix, de ses maladies, de son nétoiement, des semailles, du chaulage, du sarclage, des animaux destructeurs du blé, du blé avant d'être battu et après qu'il l’a été, de sa Conservation par l’intermède de l'air, par la soustraction de l'impression de lair, par lintermède du feu, et en sacs isolés de l’achat du blé et de son transport. Dans la seconde partie il traite des soins prés effet esp méme | des 1 ks pl consul La boule fin ail far con tu dans parait de lt des| kn pain espe mine eflek aux pan A. détail Dons D ouvre! Snfants Dion und Jaume, | ondre Îi6 toutes Hit plus 2B\\erens Eütratures| al yornait Œ, meu- on paf at quil 2; opé x re de > divisé Biccupe paille s01| jS:nel, | chige| | ail blé | salé del | sir, po'| [Es r, pal | ee)!| |< sport. | ae soins (1276 7) préalables à la mouture, de la mouture, des effets des meules sur le blé, des diverses espèces de mouture, et il donne l’excellent mémoire de M. Dransy, sur la construction des moulins à farine, accompagné de toutes les planches nécessaires pour ceux qui le consulteront. La troisième partie est consacrée à la boulangerie. El est question du choix de la farine, des moyens propres à en faire con- naître la qualité, de sa conservation, des farines en sacs isolés, de leur mélange, du commerce des farines, des principaux ins- trumens de la boulangerie, de l’eau, du sel dans la pâte, des ustensiles propres à la pré- paration de la pâte, du levain, du pétrissage, de l'usage du son, de lapprêt de la pâte, des fours,( et il indique ici quelle en est la meilleure construction) de la cuisson du pain, du biscuit de mer, des différentes espèces de pain usittes. Cette partie est ter- minée par des réflexions générales sur les effets du pain, et des observations relatives aux essais, à la taxe et au commerce du pain. M. Parmentier reproduit aussi les utiles détails de ce grand ouvrage, dans plusieurs bons articles du nouveau Dictionnaire d’a- = nee Æ Te BR pe œ- ET rm AE D Te EE ee cn ART ne CSA griculture,( qui paraît chez Déterville) gt auquel on ne manquera pas de recourir. Il serait à désirer que chaque commune de JEmpire eût un exemplaire de cet ouvrage, qui peut tenir lieu d’une petite bibliothèque d'agriculture. On y trouve aussi, à Particle froment, le résultat des expériences relatives au froment de semence, faites par M. Tessier en 1789, et consignées dans le volume de l’Académie des sciences, pour 1790. Ces essais précé- dèrent la révolution, et ils auraient bien mérité d’être repris et continués depuis avec le aème soin. F’objet en est très-important. Voici comme M. Tessier l’annonce lui-même: « Est-il nécessaire de semer toujours le froment de la dernière récolte? Doit-on souvent renouveler la semence, c’est-à-dire, choisir pour ensemencer, le froment pris dans un autre pays?» Le froment employé pour les premières expériences de M. Tessier à ce sujet, était le produit du seul froment à épis blancs, sans barbe, tige creuse, qui avait bien levé, quoique très-ancien. I] crut devoir s’assurer si d’autres espèces ou variétés de froment auraient également l'avantage de pouvoir être semées vieilles. Dans ces nouvelles expériences, les tomb, pour à y L pur ) ) barb à li Ce recol Ce serait plus« jeu d lerrain Grille gt >ourir, l nune d ) Juvragel, l iotheque Sment, le € froment Sin 1780) 8,cadémie Ms précé- Prient bel Dis avec dnt. Void nane! Pmours le 4j Doit-on F-a-drrel >L pris das | Shremieré ait, état pe blancs, PAT PLU) fl auralent = apr sente à c ices, lés ( effets qu'il avait constatés, deviennent encore 2707) plus sensibles. « I] avait semé différens fromens au mois d'octobre 1789; celui qu’on appelle b/6 de providence a rapporté dix-huit pour un. » Un froment à épis veloutés, sans barbe, tige creuse, a rapporté aussi dix-huit pour un. » Le froment à épis blancs, sans barbe, tige creuse, grains blancs, appelé zouzelle, a rapporté trente pour un.» Ces trois fromens avaient été récoltés en 1787. « Un froment à épis rouges, barbus, barbe tombante, tige creuse, a rapporté quatorze pour un. » Le blé de Miracle a rapporté quatorze pour un. » Sa variété a rapporté quatorze pour un. » Un froment à épis carrés, bruns, barbus, barbe tombante, dit péfaniel, tige pleine, a rapporté vingt pour un.» Ces quatre derniers fromens avaient été récoltés en 1786. Ce produit comparé à la semence» ne serait pas étonnant, et aurait pu être même plus considérable, si M. Tessier avait semé peu de grains dans une grande étendue de terra; Car on sait qu'un graïîn isolé produit À } 1e C6 5) jusqu’à soixante épis, et quelquefois davan- tage; mais il avait semé ces différens fromens aussi drus qu’on les sème ordinairement. A la mess=pià vérité, au lieu d’être semés à la volée, ils l'ont été par rayons, méthode qui augmente toujours la production, et qui devrait être, suivant M. Tessier, celle des paysans posses- eo Ne| seurs ou propriétaires d’un petit champ. | Il paraît donc que le froment bien mür peut conserver long-temps sa vertu germina- } tive, lorsque des animaux ou les effets de la « 1 fermentation ne la lui enlèvent pas. L’avant- ti dernière récolte, mieux soignée que les plus fe: anciennes, parce qu’elle est plus ordinaire- ment sous les yeux du maître, a moins à f f}| craindre cette altération, et peut être tou- |.:| jours propre à servir de semence. Lorsque il 1 le cultivateur a des doutes, la prudence veut | È qu'avant de se déterminer à Pemployer comme semence, il essaie un nombre connu de grains; | s'il les voit lever tous, ou presque tous, il || peut semer en grand le produit de cette ré- colte. « Ces remarques, appliquées à Pusage, of- FU frent plusieurs avantages. Les ensemencemens | en froment ancien sont utiles, » 1.° Quand la dernière récolte est trop cntachée de earie, dont le principe contagieux | émimits [chan esso |» l Qi doit dan, pays proc dans ce dans qu'er lieu€ »| |(oz:) Lis avan. e. 2 IS davan-| a moins d'activité dans les vieux fromens que s fromens dans les nouveaux;£ Bent, À ha| » 2.° Quand, la grêle ayant ravagé tous les À D olée, ils\ champs d’un fermier, il ne lui reste pour one ressource que les grains de ses greniers; bit être,»n 3.° Dans les pays où la moisson retardée‘A As approche de trop près du moment où lon por doit ensemencer les terres, par exemple, 1 ogsoien ir| dans quelques cantons montagneux; fagevmine:» 4,9 Enfin, quand la nouvelle récolte an-| Zi de nonce une qualité commerciale supérieure à f m. Lara celle de la précédente, alors l'intérêt du cul-| me les plis tivateur et celui du public exigent que, de A egldinaire- préférence, on sème la précédente. h Moins à!» Si des expériences de plus de dix ans| igsre tou- permettent de tirer quelques conséquences, a Lorsque ajoute M. Tessier, je concluerai de ce qui gance veut précède, que pendant cet espace de temps, Por conne il n’est pas nécessaire de renouveler les megrin| semences de froment, au moins dans tous les pe jous, pays où les fermiers, en préparant bien le Pa celle ré produit de leurs récoltes, peuvent trouver | dans leurs granges et dans leurs greniers, PT ce qu'ils prennent la peine d'aller chercher( = enceinens| dans les marchés, au temps des semailles; 4 qu’enfin la dégénération du froment n’a pas st trop lieu en aussi peu d’années qu'on s’imaginait. © 6—.. L].. » Une troisième question non moins 1iM- Squtgius portante, dit-il, a aussi fixé mon attention; c’est celle qui a pour objet la quantité de grains qu’on doit employer comme semence; mais elle exige des expériences si variées et si multipliées, que je ne sais pas quand je serai en état de faire connaître Les résultats. J'en ai tracé et publié le plan en 1785, époque où je les ai commencées(1). M. A. Young s’en est occupé depuis ce temps, ainsi qu'il en a rendu compte dans le Calen- drier du fermier. Mais soit que le traducteur n’ait donné qu'un précis très-succint de l’ex- périence, soit que M. Arthur Young ne l'ait fait imprimer qu'avec la promesse de la faire répéter, et d’en donner les détails probatoires, on ne peut jusqu'ici tirer aucun avantage de l'expérience anglaise. Je ferai en sorte que les miennes aient toutes les conditions nécessaires pour porter les choses, s'il est (1) Ce plan mis à la suite d’expériences faites sur la carie, sous le titre: Résultat des expérien- ces faites à Rambouillet, relativement à la mala- die des grains appelée carie, a été traduit en an- glais,ou par les soins de M. A. Young lui-même, ou par les soins de quelqu’autre, Il parait qu’il a fait, en conséquence de ce plan, ses expériences sur la quantité de grains qu’on doit employer pour semence.{ Note de M, Tessier.) pis enfi de| ele d'ag Saya Détu Îls ttention: anuté de lomence Ê | riées et Mand je J'sultats, 1178,| ei. M. À,| ‘temps,| :| pce Calen- aducteur| mt de l'ex-| jo ne lat| “la fure AqUionres, fnantage jgn sorte| Sndiuons 20, 51 pe na ces files si erpérite huh:| des.{ il en al«| mêmes ei U- ul quil a * ( possible, à la démonstration, persuadé qu’une expérience isolée et.jetée au hasard ne peut avoir aucune valeur, et qu'il n’y a qu'un ensemble de faits liés entr'eux, et propres à s'éclairer mutuellement, qui puisse mériter la confiance du public.» Dans le temps même où paraissaient ces écrits de MM. Tessier et Parmentier, un autre agronome zélé, l’estimable Rozier réunissait en corps, el pour plaire au goût général, il meltait en dictionnaire les notions éparses dans tous les traités de physique ayant trait à l’agriculture. Ce dictionnaire a rendu un grand service à la science. Il en a inspiré le goût, il en a répandu les élémens et les principes, il a disséminé de très-bonnes pra- tiques et a fait réfléchir, pour en inventer de meilleures. C’est un monument suscepii- ble d’être bien perfectionné; mais cest un monument d’une époque bien remarquable, Dans cette fermentation qui nous portait enfin vers la science agronomique, Berthier de Sauvigny, intendant de Paris, ranima le zèle un peu languissant-alors de la Société d'agriculture de Paris. C'était vers 1785, Le savant Broussonnet fut nommé secrétaire per- pétuel. Les séances de la Société devinrent plus régulières, L'Intendant acheta auprès d’Alfort une ferme de six cents arpens, des- tinée à des expériences que la Société devait diriger. Depuis cette époque jusqu'aux premie- res années de la révolution, la Société d’agri- culture de la généralité de Paris se distingua par des séances publiques fort intéressantes, par des mémoires connus sous le nom de Trimestres, dans lesquels il y a des choses utiles, par des médailles d’encouragement qu’elle décernait avec choix, par des sujets de prix etc.; mais elle n'eut pas les moyens de faire valoir la ferme expérimentale qui lui avait été destinée à Alfort. Notre agriculture attira, dans ce temps, l'attention d’un agronome anglais Justement célébre, M. Arthur Young, qui parcourut la France en 1788 et 1789, la vit sans doute un peu en courant, et avec des yeux anglais. Il ne rendit pas assez de justice à Rozier et à d’autres bons agriculteurs français; mais la publication de son ouvrage a pourtant été très-utile. Nous devons le remercier de nous avoir mis à portée de mieux contaitre nos ressources; la nécessité même de rectifier ses erreurs nous a été avantageuse. Si cel ouvrage avait paru dans un temps plus tranquille, il aurait excité un grand enthousiasme. Un des beaux traits de ce voyage, c’est de voir l’a- Se» + Bons, des| Dé devat| t Ce! | premie- : no: Ne [9 d'agri-| Je smgua Sdisantes, 32 on de Da: choses O9 sement| is sujets fa; moyens ga: qu lu Dr(OINPS lement asqrut la ga doute yannghs. gone et CES: mais qi! ëlé gsle no| Je n0$ œm ie S ( cé) / gronome anglais chercher la ferme du Pradel au fond du Vivarais, et se prosterner à la vue de lhabitation de lillustre Olivier de Serres. Mais lorsque ce livre parut, la plus horrible des tempêtes grondait avec fureur sur notre horison politique. La révolution s’avancait, Elle a débarrassé l’agriculture de ses langes gothiques; elle a affranchi le sol et les hommes, quoiqu'il subsiste encore dans nos lois et dans nos usages quelques vestiges de la barbarie féodale relativement au parcours, à la vaine-pâture et à quelques autres imperfections de la police rurale. Nos législateurs n’ont pas pu entendre la voix des sociétés d'agriculture. Ces sociétés ont partagé le sort des académies et des cor- porations de lancien régime. Elles se sont éteintes dans le terrible silence de lan ff, silence interrompu malheureusement à l'égard de l’agriculture, par l'éclat de la bombe qui tua dans son lit, à Lyon, l’infortuné Rozier. Varenne de Fénille fut aussi égorgé à Lyon. Le respectable Malézherbes fut immolé à Paris. Le délire des factions ne savait que bouleverser et ne demandait qu’à détruire. Quelques amis du bien publie ont eu le bonheur de survivre à ces temps de désastres. Les socictés d'agriculture se sont reformées mage 2) (2962 2) peu à peu. J’ai la consolation de penser que Jai contribué à les faire renaître, et c’est pour moi, dans ma retraite, la plus douce des jouissances. Quand on a fermé les clubs politiques, il fallait diriger vers un autre objet l’activité nationale, devenue plus énergique encore par les secousses terribles qu’elle avait recues. J'ai ouvert à tous les esprits fatigués de la tourmente, le refuge paisible des méditations rurales; ct je reçois souvent des actions de grâce de ceux qui reconnaissent que ma voix les a décidés à entrer dans le port de la vie champêtre. Les chapitres suivans vont prou- ver, au surplus, que le zèle géoponique s’est conservé en France pendant les discordes civiles; et nous verrons sur-tout ce qui a été fait de nouveau relativement au grand objet de l’art de multiplier les grains. Mais je ne dois pas finir ce premier apercu de notre histoire agronomique avant la révo- lution, sans rappeler un fait qui me paraît essentiel. Les vues de Duhamel avaient recu leur complément par l'institution que l'assemblée provinciale de la Haute-Guyenne avait faite d'associations d'agriculture, imitées dans la généralité de Paris, sous le nom de Comices y— PRE + Snser que| » Si, el c'est £us douce| OUques, il SfU'activité | Sitore par ŒS Trecuts,| Mis de h 1er ditations| dons de| M 2 ma voit| ve de la ve| CUT D'ou| nique s'est glscordes sgiui à Été gqud objet| «( œner per| à 4 k IÉTO* taie paralt ere leur asbl 1 CI quil faile| CAL h| Fomices| PAUL| ( agricoles. Ces établissemens avaient eu un très-graud succès. La révolution les a inter- rompus; mais comme les principes en étaient excellens, il n’est pas inutile d’en conserver ici la trace. J’ai dû donner l'extrait de l’ou- vrage de Duhamel sur l’école d'agriculture. Je dois transcrire en entier le rapport qui fut fait à l'assemblée provinciale de la Haute-Guyenne, sur les associations d'agriculture; il renferme des vérités qu'on ne saurait trop reproduire, « Extrait du Procès-verbal de la premiére assemblée provinciale de la généralité de la Haute- Guyenne. » Le Bureau du bien public a fait le rap- port suivant: » Messieurs, le Bureau du bien public, justement persuadé que parmi les différens moyens dont les peuples de cette province peuvent faire usage pour alléger le poids accablant des charges publiques et acquérir quelqu’aisance, le premier, le plus utile de tous est lamélioration et la perfection de l’agriculture, le Bureau s’est occupé avec ioute l’attention que méritait cet objet inté- ressant, des précautions à prendre pour que le plus précieux de tous les arts parvienne ge LL ds e Bras. un ve. RUE SO RE or ME PERRET+00 eff TE À ég en ( 284) au plus haut degré de prospérité possible. L'établissement d’une ou de plusieurs sociétés d'agriculture lui a paru propre à étendre les lumières, à exciter l’'émulation et à multiplier les expériences. Tous les yœux du Bureau se sont réunis à désirer que ces établissemens soient mullipliés, pour que leur influence puisse se répandre sur toutes les différentes parties de la province. Ce plan ne paraîl point, Messieurs, susceptible d’aucune objection so- lide, et les considérations les plus puissantes se réunissent pour en faire sentir les avan- tages. » La majeure partie des citoyens de tout état habite les campagnes; les principaux habitans des villes vont y fixer leur séjour pendant la plus belle saison de l’année; les uns attirés par le désir de jouir d’un repos qu'on ne peut goûter que difficilement au milieu du tumulte des cités; les autres ap- pelés par la nécessité de leurs affaires. L’a- griculture est donc pour tous les hommes ou un objet d'agrément ou un objet d'utilité; elle seule réunit les intérêts de toutes les dif- férentes classes de citoyens, et devrait être, par cette considération, la matière la plus ordinaire de leurs recherches et de leurs réflexions, nous oserions même dire, le sujet me v—— G20n..) le plus agréable de leurs conversations. Cha- À 2 possible, ... e. 4! que famille devrait former, pour ainsi dire, À Les sociétés une association d'agriculture. Chaque individu LU Sindre Jes La qui ne vit et ne peut vivre que des fruits 1 À lultiplier de la terre, devrait faire les plus grands(1h D ireau se eflorts pour seconder les désirs qu'a cette Hisemens bonne mère de se prêter aux besoins de ses: Hi uence enfans; mais la plupart des cultivateurs ne 2 Néventes sont ni assez instruits ni assez exempts des À il point,| préjugés des siècles précédens pour pouvoir| ©\ion 50- choisir parmi tant de procédés divers ceux 1 #3|uisantes qui sont les plus utiles et les plus fructueux. Ë des a Ce n’est donc que dans une société d'amis, tra de voisins, de citoyens instruits, différens k ls Ode tout d'âge, d'état et de profession, que peuvent L Mcpaut É naître ou se propager les découvertes ins- asbiséjour tructives, et qu’on doit se flatter de retrouver sffée\es cette réunion de lumières qui dissipe peu à À; Œ repos peu les erreurs et fait insensiblement préva- nent au loir la vérité. Tel est le grand avantage que res op| nous procureraient les observations dirigées M à L- par l'intérêt personnel, fondées sur la raison Lames ou et vérifiées par l'expérience. Ce n’est qu’à el Sté, l'aide d’un aussi puissant moyen que nous ve Mes les di parviendrons à nous éclairer sur la véritable} È ic,|7 et la meilleure culture de nos possessions. 1e F Dh pus» Depuis le commencement de ce siècle,|| re on à plus écrit sur l’agriculture qu’on ne Re se! oo me sut ee Yavait fait dans tous les siècles précédens. Ce goût a eu ses partisans ainsi que ses cri- tiques; mais sans vouloir nous ériger en juges de leurs discussions, nous nous contenterons d'observer qu’il en a résulté d’excellens ou- vrages et d’utiles essais. Les noms de Duhamel, de Patullo, de Parmentier, seront toujours en vénération parmi les personnes qui savent apprécier l'influence des bonnes méthodes sur les travaux des cultivateurs. » Ceux qui s’occupent plus particulièrement de l’agriculture peuvent être rangés dans deux classes: l’une est celle des spéculateurs et écrivains; l’autre, celle des laboureurs. C’est celle-ci qui est en activité et qu’il im- porte sur-tout de former, d'éclairer et de secourir. Son principal défaut, qui tient à l'imperfection de son éducation, est d’être livrée à une aveugle routine, de ne faire presque jamais que ce qu’on a fait avant elle. Si quelqu’accident local dérange sa marche ordinaire, elle n’invente rien pour se remettre en mesure; elle imite servilement lusage et s'attache opiniâtrement à ses habitudes. Tout ce qui est nouveau la révolte et l’effraie; et ce n’est qu'a des é preuves réitérées et à des exemples multipliés qu’elle se rend, lorsqu'on veut lui faire adopter un meilleur système de culture. Eécédens, D 565 cri- 21 en juges Rnterons Z°ns Ou- glhamel; foujours € Sent 2sehodes DEhrement és das mureutse (Sul 1- ugh el de P jent à eu de B x fre faute| S: mare retire dose À ges Toit| TTL à dés x: t fo orsql où de {LL{eDé ( 267) » Ily a néanmoins des exceptions à faire à cet égard. On voit dans les différens cantons un petit nombre de laboureurs actifs, intel- ligens et invenüfs,dont on reconnaît facilement les possessions à l’abondance et à la beauté de leurs récoltes; mais ceux-ci ne savent ni écrire, ni rédiger leur pratique, comme souvent les spéculateurs ne savent pas la- bourer. Ainsi, la tête qui ordonne et les mains qui exécutent, sont presque toujours séparées. C’est à réunir les ressources de la la science et de la pratique, cest à rap- procher les théoriciens et les cultivateurs, que le Bureau du bien public s’est particu- Kèrement attaché. » I] a cru en avoir trouvé les moyens dans des associations libres et amicales d’agri- culture, que l’on pourraient former dans les divers arrondissemens de la France. Elles seraient composées d’hommes instruits dans lart de cultiver, ou qui aiment à s'occuper de cet objet si altrayant et si utile. Le propriétaire s’y trouverait avec son fermier, le pasteur avec son paroissien, l’homme d’affaires avec le laboureur; chacun y appor- terait le tribut de ses connaissances, de ses spéculations et les résultats de sa pratique. » Ces associations s’assembleraient une fois = pts|, #& 2 “ FE NU 4 SR par mois, pendant la moitié de l’année, chez le député ou le correspondant de l’adminis- tration provinciale, ou chez toute autre personne, ou dans tout autre lieu qui leur serait le plus commode. On y iraiterait de la meilleure manière d’assoler ou de distribuer les terres, de les préparer à recevoir les semences; de la culture des prés naturels ou artificiels, sédentaires ou ambulans; de l'exploitation la plus avantageuse des vignes; de l'augmentation et de la meilleure distri- bution des engrais; de la tenue des bestiaux; de la curation plus prompte et plus assurée de leurs maladies; de la plantation et de l’éducation des arbres; de leurs diverses espèces; de l’essai des nouvelles productions dans les sols condamnés jusqu’à présent à ne rapporter que certaines récoltes, à l'exclusion de toutes les autres; de lexploitation des matières minérales et des richesses souter- raines; du débit des denrées; des pratiques d'industrie qui peuvent se lier heureusement avec la production des matières premières; enfin, de tous les moyens d'amélioration, d’aisance, et conséquemmment de bonheur. » C’est après avoir attentivement réfléchi sur les avantages qui pourraient résulter de ces associations intéressantes, que le Bureau du pou fruc Tec un heu ): {up ils Ste, chez mn. 2€ autre Si qui leur NES ait de la| » Sbtribuer 09% oùr les dtaturels ds: de D riens: af: distri- star; ! Y| assurée 1 \S et de| eU/rerses fictions qi à ne| # icusion @ltion de | 12 soutel- Sritiqué | aSrusement : emo, smbeur.| sen réléchi| que de| Si Dureat| du| ( du bien public a cru devoir en former plu- sieurs; mais la voie de la persuasion lui a paru celle que vous devez préférer pour parvenir à répandre cette institution salutaire sur toute la surface de la province confiée à vos soins. Il suffira sans doute de recourir au zèle de chaque membre de l’administra- lion provinciale, de chaque correspondant, et de lui remettre un plan et des matériaux pour que vous puissiez espérer de le voir fructifier entre leurs mains. Si vous leur recommandez de s’en occuper, ils s’en feront une loi, et vous devez attendre les plus heureux effets de leur zèle patriotique. » Rien de plus convenable, en même temps, que de leur indiquer les ouvrages les plus estimés sur la culture des terres, et de les aider à en faire lacquisition et à les répandre. » C’est ce moyen, Messieurs, qui nous a paru le plus facile, le plus naturel et le plus efficace pour répandre instruction dans nos campagnes, pour ranimer le courage de nos cultivateurs, et exciter une grande émula- ton dans cette classe de citoyens si précieuse à l'État. » Nous vous proposons donc de délibérer: » 1.° Qu'il sera établi dans la province, I, Partie, 13 ( 299) sous le bon plaisir du Roi, différentes asso- cations d'agriculture, dans les lieux et suivant la forme qui seront réglés par votre Comimis- sion intermédiaire; » 2.° Que les membres et correspondans de l'assemblée provinciale seront invités à réunir, chacun dans leur arrondissement, un certain nombre d'hommes éclairés et de cultivateurs habiles, pour conférer ensemble sur l’état actuel de la culture, sur les causes qui la font languir, et sur les moyens de la mettre en vigueur; » 3.° Que pour rendre ces conférences plus utiles, il sera envoyé à MM. les députés et à MM. les correspondans, un état ou pro- gramme des différens points à traiter » 4.9 Que le résultat de ces conférences et les découvertes qui en pourront naître, seront envoyés à la Commission intermé- diaire, qui en fera un recueil, dont les articles les plus intéressans pourront être rendus publics.» Les vues présentées par le Bureau furent unanimement adoptées par lassemblée. Si lon veut avoir uné idée du bien que produisaient ces comices géoponiques, on peut parcourir les trimestres de lancienne Société royale d'agriculture de Paris. nm les c h | voir J'en 4 glepent inlant ga ce les Ki Les[ques rurale, agpbrler Jeuts lat observa gncr les L plus de LE v'en! ont anhgne cha à k Soit peut vor dans l'ex | rédigé à par AL F' d Thin d agicul L_ 1568} pa [Mn Î | | | Î ces cmic Voir Jenait | | lentes ape! ui et suivant| 2: Commis- 9 espondans| NOtnvités 21 OMssement, ris et de 3e ensemble en les causes! Qriqens de la] | DOrences plus P députés et 1 OÙ pro- Mer; ) gnferences TEL pale, [22 inter dont|| AU être | real ri 2 ablée.| =] bien qe pique on l'ancenne s) uk ( 291) Les conférences agricoles pouvaient rendre de grands services à l'administration, sans pou- voir l’entraver, ni entraîner aucun abus. Un ré- glement très-sage de M. Bertier de Sauvigny, intendant de la généralité Paris, avait or- ganisé ces assemblées, qui se tenaient tous Îles mois. On leur faisait proposer d'avance les questions d’agriculiure ou d’écmomie rurale, sur lesquelles les membres devaient apporter le tribut de leur expérience et de leurs lumières. On leur demandait aussi des observations météorologiques. Pour leur épar- gner les embarras d’une rédaction, qui suppose plus de loisir et plus d'habitude d'écrire que n’en ont ordinairement les habitans de la campagne, on faisait tenir Ja plume dans chaque assemblée, par un correspondant de la Société royale d’agriculiure de Paris. On peut voir un modele de ces procès-verbaux dans l'extrait des comices agricoles de Joigny, rédigé avec autant de clarté que de précision, par M. Vabb# Sauinier, principal da collége de Joigny. Mémoires de la Société royale dagricultur& de Paris, trimestre d'hiver; 1788, pagés 5-37). Mais nous bornerons-nous à regretter que ces comices aient été détruits? Et pour les voir renaître sous de meilleurs auspices avec ( 292) cette faveur que promet à l'agriculture un gouvernement qui se fonde sur la sagesse et sur la gloire, ne ferons- nous donc que des vœux ou des remarques inutiles? Les élé- mens de ces comices ne sont-ils donc pas rassemblés dans les conseils généraux de dé- partement et d'arrondissement? ne se trou- vent-ils pas même dans les sociétés d’agri- culture, ou d’émulation, établies presque partout par MM. les Préfets? et les mem- bres qui les composent, par l'esprit de leurs fonctions et par le louable désir de s’en ren- dre plus dignes, ne semblent-ils pas appelés à former naturellement autour d’eux, chacun dans sa sphère, ces associations partielles d'agriculture, jugées si nécessaires, qui ont existé un moment, et qui, dans leur courte existence, ont été si avantageuses? Oui, j’es- père qu'ils entendront le vœu que ÿose leur soumettre. Tout faible que soit cet ouvrage, il obtiendrait un beau succès sil devenait l’occasion de former de nouveau ces comices champêtres, et si le sujet que jy traite était la première matière qui y fût agitée dans toutes les parties d’un empire dont la puis- sance et la grandeur solide ne peuvent avoir d'autre base que la meilleure agriculture. =———"— 47" 4h 2 | Culture€ ment û imer dant nes. yer enco que plar Forts UE Ti pour: quable sur-tot litres« l'art d' Cepen bles 0 trompé Talent ï hommes culture vi sagesse ef =lonc qu m'La clé = donc pa Æx de dé 2 5e trout æs d'agii ds presqt les ment == de leut Bu: enr as apps Æ:, cho sœvartielles a qui oùt zæx coule æ On, j#- mn jose ler Bot ou) il dersolit ces ces traite et agitée ls nt la pl sure! ar sullures () Ce ne ee le“nn Re D Re 293 EH APBER EX Culture chinoise du riz, dont les détails confir- ment aux yeux de Duhamel sa proposition de semer le blé par rangées et de Le cultiver pen- dant sa végétation. Sur le riz dans Les colo- nies. Feu M. Cossigny nous propose de culti- ver le riz dans les provinces du midi: question encore indécise. Le même auteur veut aussi que l’on applique au blé les procédés de trans- plantation usités pour le riz dans l’ Inde. Faits et raisonnemens à l’appui de ses vues. Essais de l’auteur de ce livre, en 1788. ke POQUE des sociétés organisées en France pour s'occuper d'agriculture, a été remar- quable, soit par les progrès de cet art, soit sur-tout relativement aux recherches particu- lières qui font l’objet de cet ouvrage, ou à l'art d'augmenter et de multiplier les grains. Cependant loin d'aider ces sociétés respecta- bles, on a voulu les rebuter. Duhamel s’était-il trompé quand il avait cru que les hommes fini- raient par s'intéresser à l’artle plus utile aux hommes? Ils est fait cette illusion. Conservons- | fi| im( 294) w| la; s’il est possible! Quelquefois elle a l'ap-| my || parence d’une réalité prochaine.| Yon: || Jci, le mouvement qu'avait imprimé Duha- moyél 4|| mel va s’étendre et se propoger, non-seulement l de ces US en France, mais jusque dans les Colonies, et Lu | nous allons pouvoir recueillir dans l’Europe, gleati | et bien loin de l'Europe, des faits et des ex- droisse périences utiles à ce but que nous nous sommes qu'en | proposé, qui est de donner les méthodes les se CD | plus avantageuses pour tirer un plus grand ans! Û! profit de l'exploitation d’un domaine borné. po nn W Nous travaillons sur-tout pour les petits pro- ytre à priétaires; ce sont les moins riches d’entr’eux) que nous voudrions éclairer: peut-être ils| fait v ne nous Liront pas; mais parmi les gens plus fier 1 | aisés qui auront connu cet ouvrage, espérons‘men \ qu'il se trouvera des âmes généreuses, dont hu À Ja philantropie voudra bien essayer d’accréditer| tager } nos vues et de répandre les lumières par la| cell Î plus eflicace de toutes les instructions, c’est-| tent ‘4 à-dire, par les exemples.| sem f Encouragés par cet espoir, nouscontinuons| d'un EE nos recherches et reprenons la suite des grands et travaux d’agronomie qui datent, parmi nous, ele, de l’époque de Duhamel. mar. —+ fl On voit daus la nouvelle édition du Diction- Taiss | naire économique de Chomel, donnée en 1767 bn. par Lamarre; élève de Duhamel du Monceau, elle à l'ap- n rImé Dub4- n-seulemeg ® Colonies, dt ; l'Europe, &: et des ex- Os sommes Bhéthodes ls D plus gran] D ane brrné, 25 petits pri- Es d'entreik rut- être il fr gens plus I, ESpétoNs génses, dont pd aceréiér E ières parh elions, cite à 15 continton ge desgrant L: paru nous) | du Dion pére 170] 1 JJonceatt} ( 295) un précis des recherches et des essais que Von avait faits jusqu'alors pour trouver le moyen de recueillir beaucoup de blé. L'analyse de ces moyens indique sur-tout les suivans: « 1.9 Essayer diverses espèces. Un voyageur attentif peut apercevoir que Îles fromens qui croissent dans les différentes provinces qu’il parcourt, ne se ressemblent point; mais il se contente de faire cette remarque en gros, sans faire attention qu'il rendrait un service important à sa pairie où à sa province, s’il y transportait un froment de meilleure qualite. » 2.9 Un mémoire allemand, dont on a fait usage dans le journal économique, jan- vier 1753, p. 85, indique le changement de semences, avec certaines attentions, comme un moyen de se procurer des récoltes ayan- tageuses. D'ailleurs, on épargne un tiers de cette semence. L'auteur dit avoir réussi à ob- tenir quatre-vingt boisseaux de cinq qu'il avait semés clair, etc. Il fait venir tous les ans, d’un autre canton, dugrain parfaitement mür, net de mauvaises semences, sain à tous égards, etc. Ce cultivateur semait de bonne heure les mars. Il donne d’autres règles qui ne pa- raissent pas s’accorder toutes avec la pratique. » 3.0 Ne semer que du grain bien condi- tionné. ( 296) » 4.° Cultiver de manière à donner aux racines la liberté de s'étendre en tous sens dans une terre meuble. » 5.° Garantir le blé des animaux qua- drupèdes, oiseaux, insectes. » 6.° Préparer la germination par des li- queurs, dont pourtant l'effet est douteux.» À ce sujet, l'éditeur du Dictionnaire rap- porte plusieurs exemples. « Châteauvieux a ensemencé un terrain plu- sieurs années de suite, sans aucune autre sorte de labour après la moisson, que celui qu'y donnait le simple arrachis des chaumes avec la main, en continuant toutes fois les labours que la méthode de Duhamel donnait auprès ctes plantes sur pied, afin d’entretenir la terre en bon état. 11 recueillit dès la seconde année quarante-neuf fois la semence.( Culture des terres, tom.# et 5). » Denis(Conférences sur les sciences, p. 166) dit avoir obtenu plus de deux cents tuyaux de chaque grain de froment qu'il avait fait tremper dans de l’eau nitrée, et arroser avec cette eau. Dans le journal économique, juin 1751, on rapporte des merveilles dont on dit être redevable à un mélange d’eau de pluie, de pierre à chaux, de nitre commun et de fumier de pigeon, dont le grain ayant été ras- —y gs dosa ec Let san drocèl ps a {nl du entre va! expl nou Il lu M ft ol pou cul Vin D soin du: Yen et| plu [IT ton (nsi JANET aux {ous sens Lux qua- Dr des Ji- Miteux,» he tape rrain plue| Æiitre sorte| mjelui qu D 1meS avec Os labours iNO* auprés usila terre NB année ) à Lure des ss, p. 100) D{5 Luyaut au avat fait SJ asel avec œique, jun &s dt o| Sy de plu, Lou de ee LE ras — sasié, on le sema dans un jardin. On en ar- rosa les arbustes, arbres, légumes, fleurs, avec un grand succès.» L'éditeur du Dictionnaire parle aussi, en passant, de la culture des Chinois, et de leurs procédés pour élever le riz; mais il ne donne pas à cet article curieux et vraiment impor- tant, toute l’étendue qu’il comporte. Duhamel du Monceau en avait été plus frappé. IL avait entrevu toutes les conséquences que l'on pou- vait ürer pour notre agriculture, de l’ancienne expérience des peuples de l'Asie. C’est ce que nous allons développer dans ce chapitre. Il faut savoir d’abord comment Duhamel du Monceau avait été induit à s’occuper de cet objet, et à conjecturer les relations que pouvait avoir avec le perfectionnement de la culture de nos blés, les méthodes suivies dans l'Inde pour cultiver le riz. Duhamel avait commencé par examiner avec soin, ainsi que Jethro Tull, ce que l’on savait du semoir, spermatobole où sembrador, in- venté par un espagnol, dans le seizième siècle, et dont nous avons déjà dit quelque chose plus haut. Tous les cultivateurs anciens et modernes convenaient que la perfection de Pagriculture consiste à placer les plantes dans des espaces e proportionnés, où les racines puissent trou-| plé k ver une profondeur suflisante pour s'étendre pas là et tirer de la terre assez de nourriture. Û ra Pour remplir sur ce point lattente et le f| ta! désir des amis de l’agriculture, le chevalier| L Lucatello imagina un instrument qui, attaché(so à la charrue, pût labourer, semer, herser, pu épargner ainsi de la peine, et de cinq par- LL { ties de semences, en économiser quatre. L’essai vins | en fut fait à Buen-Retiro: un laboureur n’y É ! recuelllit, suivant la méthode ordinaire, que Fi f cinq mille cent vingt-cinq mesures dans un po terrain, tandis qu’en un pareil espace, où le Von s'était servi du sembrador, on récolta huit j# Ï mille cent soixante-quinze mesures, outre ce NE À AN! qu’on avait épargné de grain sur la semence. ê| À; Sur celte épreuve, Sa Majesté Catholique{ui Ë accorda à l'inventeur et à ses associés le pri- du |! vilège de distribuer cet instrument au prix| de |/ de vingt- quatre réales en Europe, et de| trente-deux réales hors de l'Europe, dont& \ le cinquième au profit du Roi.( Avant que pou HE| l'inventeur vint à la cour d'Espagne, il avait la | fait de grands essais devant l'Empereur, dans Li | ses terres de Luxembourg.) Q plu jl, Lucaiello rendit publique la description du| A à ( sembrador, avec des observations qui, du pin Recueil académique, ont passé dans le sup- hu ( 9) | | | | | | SEL ro| plément de la grande Encyclopédie, tome#4, 1 Send pages 766- 767. Le| Tandis que Duhamel se livrait fortement Bente et le” à l'étude de ce semoir qu'il avait fait venir Ni & chevalier de Londres, le libraire Guerin, imprimeur:“ fi attachà des ouvrages de notre illustre Duhamel,| HS, lerser| cevait de la Chine deux volumes de dessins 3: cut ur: où la culiure du riz était représentée sur une Dre, Les vingtaine de tableaux dont le sujet était brié- D ovreur ny vement expliqué par des vers chinois. On ©xie, que obtuünt du père Foureau, jésuite, la traduc- À es dans ml tion de ces vers, ce qui mit Duhamel à portée M |° 47» Sespace, ol de prendre une idée fort neite des opéra-| M coli bot tions qui ont rapport à cette culture. C’est il Dorcel- le sujet du chapitre IV du tome 2 du traité’ D de la culture des terres, ayant pour titre: dique Qu'il y«a assez de rapport entre la culture du riz à la Chine et la nouvelle méthode f 228\s\e pri| D: ni proposée pour le froment. tom. 2, p. 181-189 x.| { I];| D à kl Les Chinois n’ensemencent qu’une portion j'!... 2 ve dort! de leur terre qui doit leur fournir du plant DA JU + v pour le reste. Vers le mois d'avril, quand la| k é; le riz a pris assez de force pour représenter ne,| avii| are| 2h un tapis vert et fort uni, on en arrache la|: plus grande partie en le prenant à poignée,| 1 »>!| on lave bien les racines, pour qu'il n’y reste ki 5 M 1 point de boue; et ayant soin que les tiges soient Le bien arrangées à côté les unes des. autres, |:s ke sup-| Lie Us # Lt. e;” a ft. So 3 on les plante par touffes assez éloignées en- ir’elles et en quinconce, dans les terres qu’on a préparées pour cela. On choisit pour cette opération, qui doit être faite avec diligence, un jour serein. Quand le riz nouvellement semé a pris un peu de force, on l’asperge avec de l’eau de chaux pour détruire les insectes et une par- üe des mauvaises herbes. Cette opération se fait avec un petit panier qui est au bout d’un long manche. L’ouvrier puise de Peau de chaux dans le panier, et la jette par as- persion sur les jeunes plantes de riz. On a une grande vénération pour le Chi- nois qui à inventé cette pratique.( Traité de da culture des terres, tome 2). Les ouvrages de Duhamel, contenant ces détails, avaient été très-répandus. Ils avaient pénétré jusqu'au fond de nos colonies. M. de Lanux, conseiller honoraire à l'ile de Bourbon, et correspondant de PAcadémie royale des sciences, en prit occasion de faire sur le riz des expériences dont il rendit compte dans un mémoire sur le riz, avec cette épi- graphe: Non quomodo, sed quid, par laquelle il marquait le désir de voir son mémoire apprécié, non par son style, mais par ses résultats. mod nu D ns E2 |( OOTI) | 14 ilgnée ë| Là® Û C2 Là 6( sr] Ce mémoire, inséré dans le journal de >< one: 2 Tes. quon l'agriculture, du commerce et des finances, pour ds Eu pour le mois de novembre 1767, renferme Ne: Tue eds î oence,| beaucoup de détails trop éloignés de notre À objet; mais il est pourtant nécessaire d’en M pris“ef PEAR donner une idée. LAS k,|? Î 95 l'eau de Lanux commence par faire observer que 29) ne par-. S À D| le riz nest point naturel aux iles de Bour- Siéralion s: pue, | d bon et de France; il y a été apporté de ï au bout| na de l'eau| Madagascar et de l'Inde. De ceux qui font la nourriture essentielle de l’homme, tels que | Œe prar| le blé, Porge, le seigle, le mais, etc., le riz Fe 212 est le grain qui multiplie le plus. Lanux k eau le Ch| doute que lon sache encore jusqu'où peut l L SWraité de| aller sa multiplication naturelle; et pour que( lon puisse se déterminer avec quelque con- monant ces naissance à en entreprendre la culture, il 2g\s avant donne d’abord une idée de cette fécondité. Es ju onIéS, Y| Le riz a la propriété de taller, ainsi que le ER æù le à blé, et il talle beaucoup plus quand il est B'\cdni| mis en bonne terre, qu'il y est bien planté mon de fare| et bien cultivé. Les nœuds de ses tiges sont, pa| it compte comme dans tous les roseaux, les bases d’au- ps cetie épi: tant de branches, et chacune de ces branches Surhqule| donne ou peut donner successivement du ik. 1 mémoire grain. Les premiers épis, ou les premières 2) j par SES grappes ont, dans cette île, du fort au a faible, deux cent quarante à deux cent cin- (Se 3 puante grains chaque, et ceux des plus petites talles, cinquante ou environ. On voit par-là com- bien le riz est fécond dans les climats chauds. Enfin, dans ces climats, le riz repousse du pied après sa coupe, et fournit une se- conde récolte qui peut aller à la moitié de la première, et qui légalerait peut-être, si la terre était bien travaillée. On fait cette se- conde récolte dans plusieurs endroits de Ma- dagascar. On observe la même chose à la Louisiane. Des inconvéniens locaux ne per- mettent pas d’en faire de même dans Pile de Bourbon. On y travaille les rizières selon la mé- thode asiatique, c’est-à-dire succinctement que l’on fait des semis de riz dans le temps convenable; et quand la plante à environ un mois, qu’elle commence à taller, on Parrache et on la transplante par touffes de six à huit brins ou pieds chacune, espacées de quatre à six pouces l’une de Pautre. Les rizières sont remplies de différentes sortes de souchets et d’autres jones et herbes des marais: on les sarcle une fois seulement, en enfonçant ces nuisibles prodactions.dans la boue, ou sous l’eau: voilà toute la façon, toute la culture sur laquelle Lanux n’a fait d'autre commen- laire, que de dire qu'il ayait osé secouer le nu 1 Plus peites! Zpar- à con-| d| Ds chauds,| * lepousse|? MU une se- £itié de Ja GS, si la D cie se- Bis de Ma.| sose à la| eo) ne pe:| dans lie| Se la mé. element am lemps FRONU Où arrache Bahut| 0 qualre| Eu eres SOD! schets el =: où Le cant c& a Où SU = culluré M ouDen mer Le joug de Îa routine; il avait essayé d’appli- quer au riz dans les marais, les principes fondamentaux de la. nouvelle culture des terres, par notre Duhamel. Il avait planté son grain à demeure dans sa rizière, en donnant un grand espace a ses toufles, et les composant chacune de très-peu de grains; il avait fait labourer fréquemment, et il avait toujours eu de bonnes récoltes. Les riZ Qui entouraient le sien, moins forts de tuyaux, avaient souvent versé; le sien n’avait jamais plié. Il avait vu ses voisins amender leurs rizières, il avait fait comme eux, mais il s’en était mieux trouvé qu'eux, parce qu'ils n'avaient pas en mème temps agrandi les espaces entre leurs touffes; leur riz devenu plus haut, en avait été plus aisé à verser. Cinq années suivies de culture étudiée et d'observations avaient fait connaitre à Eanux, pour les rizières, que, 1.° l'espace conye- pable et suffisant entre deux touffes de riz, est de douze à quatorze pouces. 2.° J1 faut labourer souvent à la main. La- nux faisait passer jusqu’à six fois dans son riz. 3.” 1l faut que le grain et les jeunes plan- les ne soient jamais surmontés par l'eau. 4.0 L'eau des rizières veut tre renouvel- Jée, etc. ( 304) « Voilà, disait l'auteur du mémoire, voila, je l'avoue, une méthode bien différente de celle que lon a pratiquée depuis qu’on cultive ce grain; mais, je le répète, c’est à l’expé- rience que je la dois, et l’ancienneté im- mémoriale d’une routine n’est pas un titre pour me la faire respecter. Pour justifier cette méthode, que j'ose aujourd’hui lui substituer, je dirai, sur le premier article, que J'ai com- paré deux petits espaces occupés en riz, l’un chez moi, l’autre chez mon voisin, séparés seulement par une levée de vingt à vingt-deux pouces d'épaisseur au plus, parfaitement égaux en richesse de sol comme en superficie, de trois pieds et demi seulement en carré. Le mien ne contenait que quinze touffes, l’autre en contenait vingt-six. Mes quinze touffes avaient fourni trois cent cinquante tuyaux; les vingt- six autres, seulement deux cent quarante. » Ma rizière, ajouta-t-il, n’a que deux cin- quièmes d’arpent en superficie à peu près. Toujours trop avare de semence, je ne Pai point encore vue complètement garnie. Les places restées vides ont fait le tiers, et pour le moins le cinquième de la pièce. Le plus que j'y aie mis de grain a été trois livres quatorze onces; le moins que j'aie récolté a été onze cent cinquante livres,» pus —— De, Vol, E rente de 2 n cultire >;| expé- TOP Im- Sn titre Dr cette bitituer EE ai com- IS 11, l'un 21 séparés = ugt-deux Sin égaux S de trois Sr mien fltre en Aavuent Mrs vingt- > rante, Mœeux Cn- ju près. ee ne Pal —| ie, Les pes et pour »= Le pl ç les mao à ) Le reste du mémoire de Lanux sur les manières différentes de récolter, battre, scier et mesurer le riz, n’est pas de notre objet. Mais long-temps après ce mémoire, il en a été donné un autre sur le même sujet, par feu M. Cossigny, correspondant de Plnstitut et membre de la Société d'agriculture du département de la Seine. C’est une description de la culture du riz dans l'Asie, qui donne lieu à l’auteur de proposer une méthode de cultiver le blé, méthode qu'il croyait nouvelle et dont il essayait de démon- trer la possibilité et les grands avantages. Ce mémoire a été lu dans une compagnie savante, en 1799(an VII). Il a un tel rap- port avec l’objet de notre ouvrage, que nous croyons devoir en donner un extrait, en laissant parler l’auteur même. Nous y join- drons ensuite nos propres observations. M. de Cossigny débute par une vérité qui peut humi- lier son siècle, mais qui est trop incontestable. « L'agriculture, mous dit-il, le premier de tous les arts, qui les fait tous fleurir, qui donne la vie et l’aliment au commerce, et qui tient d'eux son encouragement et sa prospérité, agriculture est encore éloignée chez nous du point de perfection qu’elle semble avoir atteint chez d’autres peuples. É. RS CET 2 É So L » La population, la civilisation, le bon- heur de la société, tiennent aux progrès de cet art. Plus l’agriculture est florissante, plus elle nourrit d'hommes. L'existence qu’elle leur procure augmente Ja population. L’occupation some qu’elle leur fournit les attache au sol qu'ils cultivent. Le sentiment qu’elle inspire du droit de propriété, qui fait la base du contrat social; a donné naissance à cette maxime fondamen- tale de toute association, de ne point faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qui nous fût fait. Le besoin que les agriculteurs sentent qu'ils ont les uns des autres, établit entr’eux des rapports qui polissent leurs mœurs. Les jouissances sans nombre qu’elle dispense, dis- —+— posent l’homme à se soumettre au joug et à l'empire des lois qui assurent son existence: sa prospérité, les fruits de son travail et de son labeur. » Le philosophe observateur, qui voit par ses propres yeux et qui ne se laisse point éblouir par des assertions erronnées, recon-| naît que la France, avec ses vingt-cinq ou| trente millions d’habitans, est bien éloignée du point de prospérité qu’elle peut atteindre,| et que vu l'étendue et la fertilité de son sol, elle pourrait nourrir une population de quatre- vingt à cent millions d’habitans, si l’'agricul- 1, Le bon. M rogrés del MUante, plus| #9 elle eur|- L>Cupation IG 0] qu'ils| iqé: du droit| O9: soc,| Bxondamen| fMent faire à| [le qui nous Æirs sentent| li: entr'eux Meurs. Les| qalse, ds-!» U6 19 et a 5 gistence,| ef xl et de M voit pa| À pont| Ex, reC00- cu| be éloignée| entr,|| son sl n leguatre- oO agricul-| (667)) ture était perfectionnée, et si elle avait les bras qui lui manquent,» L'attention du Gouvernement doit donc se porter essentiellement sur la perfection et sur l'extension de l’agriculture, source des vraies richesses, de la population, du bon- heur de la société et de la puissance des états. C'est vers ce but que les amis de lhumanitë doivent diriger leurs regards. « Pour latteindre, nous avons plusieurs moyens. Mon objet nest pas de détailler ceux qui dépendent de la législation. Ils ont été exposés par beaucoup d'écrivains qui ont traité en hommes d’état les matières poli- tico-agricoles. » Je ferai seulement remarquer que c’est en fouillant dans l'antiquité, qui avait des cultures et des pratiques dont l'usage et la tradition se sont perdus; c’est en étudiant les méthodes des différens peuples de la terre, et sur-tout de ceux dont la civilisation re- monte aux temps les plus reculés; c’est en multipliant les essais dans tous les genres, que nous parviendrons à connaître des pro- cédés favorables aux progrès de l'agriculture et des. arts qui en dépendent. Le commerce pouwa aussi étendre la sphère de nos con- naissances, et doit nous enrichir des décou- (368) sertes qu'il fera chez les peuples les plus éloignés, non-seulement dans leurs pratiques agricoles et industrieuses, mais encore par les transplantations des plantes utiles qui crois- sent dans un autre hémisphère, et qui peuvent être naturalisées en France. C’est à lui que nous devons déja l'introduction de plusieurs arts en Europe, et de quantité de végétaux précieux. » Par une suite des mêmes vues, j’ai enri- chi la colonie de l'île de France, que j'ai habitée long-temps, d’une grande quantité de plantes exotiques, dont l’énumération serait ici superflue, et qui contribueront à ses jouissances et à sa prospérité. J'en ai aussi envoyé à Cayenne, aux Antilles, à Bombey, à Surate, à Pondithéry, au Bengale, à Batavia, à la Chine, au Cap-de-bonne-Es- pérance, à Madagascar, et l’on suppose bien que je n’ai pas oublié la France dans mes envois. Ces échanges de productions d’un pays contre celles d’un autre, ne peuvent qu'être utiles à leurs habitans, et seraient beaucoup plus muliipliés qu’ils ne le sont, si l'amour de l’humanité était plus général. Les hommes, au lieu de se détruire réci- proquement, seront-ils enfin animés du désir mutuel de se faire du bien!.. 1 1 ph| Æraliques| Core par| uicros-|| D peuvent lui que D sieurs Pisétaux 26 41 enri- Di que jai| BL quantité > mération| Siueront à Las, ÿmbey, 4e, à ghnne-Ls- 2 ose bien D) dans mes| ons dun! peurent à, seruent| Le sont,| "| générab| Dire réci- 1 du désw (0) » Mes voyages dans différentes contrées de l'Asie, nvont mis à portée d'observer les pratiques agricoles des peuples que j'ai visités, La culture du grain qui fait la base de leur nourriture, a sur-tout fixé mon attention. Je vais rendre compte des différentes espèces de riz que l’on cultive dans PAsie, et des mé- ihodes adoptées par quelques peuples, de faire croître et prospérer cette plante précieuse, qui nourrit un bien plus grand nombre d'hommes que le blé. » On verra combien l’industrie des habi- tans de la côte de Coromandel s’est élevée au- dessus de celle des autres peuples qui n’ont pas encore adopté la même culture; et lon reconnaîtra qu’indépendamment de toutes les preuves que la religion des pre- miers, leur astronomie, leurs monumens, fournissent de leur haute antiquité, l’avan- cement de l’agriculture, chez eux, est une nouvelle preuve aussi frappante de Panti- quité de la civilisation des Indous. » Si les Chinois ont adopté une méthode de culture semblable, ils la doivent vraisem- blablement aux connaissances qu’ils ont prises chez les Indiens, dans les voyages qu’ils fai- saient autrefois à la côte de Coromandel, où ils ont laissé des monumens qui subsistent Mn nu 2 (é Se encore aujourdhui dans leur entier. Les tours de Naour, près de Negapatan, les seules de ce genre que l’on connaisse dans tout PIndoustan, attestent par leur forme qu’elles ont été construites par des Chinois, sur le modèle de celles de leur pays, et confirment la tradition qui assure que les navigateurs de cette nation fréquentaient autrefois cette côte. » Je commencerai par décrire les trois espèces principales de riz que je connais; ensuite j'exposerai succinctement les faits re- laufs à la culture de ce gramen, chez diffé- rens peuples de VPAsie; enfin je proposerai d'appliquer une partie de leur méthode à la culture du blé; je tâcherai de prouver qu’elle mérite d'être essayée, et j'en détaillerai les avantages dans le cas du succès; mais dussent mes efforts être infructueux, ils auront réveil- lé et excité l’industrie; ils apprendront qu’il existe, de temps immémorial, chez le peuple le plus ancien de la terre, des pratiques agri- coles bien supérieures à celles qui sont usi- iées dans toute l'Europe; ils donneront peut- être naissance à des essais qui feraient vrai- semblablement éclore des découvertes utiles; heureux s'ils sont suivis d’un succès constaté par l'expérience, et qui changerait le système ——/1 J «all qi ul V bien peut kr Li no bieh $ Tours Æ sex æ$ tout = OI “ur le EOment MS eurs AS celte D(roi CAUTE is re- sa dife- Qcseral Uèe à paille rl\es } sent tal @: qu Slupe pt de Ur æotil- mr 2 iles; > dE . Los ) agricole de la France, et même celui de toute l'Europe! » Je diviserai ce mémoire en deux parties, Dans la première, je traiterai de la culture du riz en Asie. Dans la seconde, je ferai l'application de cette méthode à la culture du blé, en empruntant de la première les pratiques qui peuvent convenir à la seconde. P RE M LE RE: PAR TLIE. Culture du riz dans l’Aste. Je ne ferai pas la description du riz. On sait que cette plante est de la classe des graminées, et qu’au lieu d’un épi, elle porte un panicule. À cela près, elle ressemble si bien au blé avant sa floraison, qu’on peut s'y méprendre. Cependant elle à la tige et les feuilles un peu plus fortes, plus larges et plus longues. Ce grain, qui forme la nourriture de la plus grande partie des peuples de PAsie, peut être divisé en irois espèces principales; le riz-aquatique, le riz-sec et le riz-pérenne. Le riz-aquatique est le plus cultivé. On inonde le champ dans lequel il végète, ou bien on l’arrose tous les jours par immersion. pé Ve To uen LUE C6 r27) Le riz-sec est ainsi nommé, parce qu'il n’exige point d’arrosemens. Il a cependant besoin de l’eau du ciel. 1l ne réussirait pas dans une exposition où les pluies sont rares, et il donne des récoltes plus abondantes dans les années où les pluies sont fréquentes. Le riz-pérenne, ainsi nommé parce qu’il est vivace, veut un terrain humide, ou bien arrosé(*). Le riz-aquatique et le riz-sec ont beau- coup de variétés; le premier plus que le se- cond. Elles se divisent en deux principales; lune a des barbes couleur de paille, ou noires, l’autre n’en a pas. La forme, la grosseur et la couleur des grains établissent des variétés très-nombreuses. Au reste les deux plantes se ressemblent parfaitement; et (*) Je ne connais pas une espèce de riz parti- culière au Pégou, qui est très-estimée, et qui se convertit en gelée par la cuisson. Ce riz est sans doute plus mucilagineux que tous les autres,(Note de M. Cossigny}). Les Chinoïs ont, dit-on, une espèce de graminée, ou froment de Ki-ri-nu-la, qui participe également des qualités diverses du froment et du riz. Ce serait là ce qu’il faudrait rapporter de la Chine, et ce qui vaudrait mieux pour les peuples d'Europe, que des magots de por- célaine. l'œil ER a earce quil =‘ependant D rait pis Ænl rares, ns ondantts| lquentes, Jhèce qu'il 2 ik, on ant beau- gl que Le se- Qu ucipals;| Silk, où| sue,| @blissent glste es| sfplent; et 1 es | bris parte Me qu 2 es sa Ze)[Note ACL -ri-oÙ'h aires du |& ral il de pot= | rl l'œil il faudra F Gr ana}) l’œil ne peut trouver aucune différence entre ces deux espèces de grains. Il n’en est pas de même du riz- pérenne, comme nous le dirons bientôt. Le riz- précoce est une variété très- inté- ressante du riz-aquatique. On en doit l’ac- quisition à l’empereur Can-Hy, bisayeul de celui qui est actuellement sur le trône de la Chine. Il remarqua dans un champ de riz de ses domaines, une touffe beaucoup plus avancée que toutes les autres. IL en fit ré- colter les tiges et cultiver les grains à part. Cette espèce s’est multipliée dans tout l’'Em- pire. Ainsi, la Chine doit à la sage pré- voyance de Can-Hy; un riz-précoce qui pré- vient ses besoins dans les cas de disette. Cette acquisition est plus précieuse que ne serait la conquête d’une nouvelle province; car celle- ci n’ajouterait rien aux jouissances du peuple, et l’autre fournit à sa subsistance dans des circonstances où il en manquerait, s’il navait pas une récolte précoce. J’ai cité cette anec- dote pour engager les cultivateurs de l'Eu- rope à donner habituellement à leurs champs de blé, et même à toutes leurs plantations, un coup d’œil d'observation, afin de découvrir les variétés heureuses que produit la bienfaisante nature, de les multiplier et de les propager, I, Partie, 14 Te one ss D)« O124 (mes) L Dans l’Indoustan la même terre donne an-| t D à:< EL nuellement deux récoltes de riz-aquatique, e et qui est la lune qu'on nomme la grand D| plus abondante; l'autre la petite: aussi GR, LIRE: 2 riz-aquatique est-il celui dont la culture est générale dans l'Asie; il rapporte beaucoup 4 plus que Pautre. Les Indiens de la côte de Coromandel plantent le riz par rayons, dans une pépi< nière dont ils ont préparé la terre par un ) labour; ils ont soin de l'entretenir humide. Ce grain talle comme le blé. Lorsque les tiges ont environ six pouces de hauteur, ils | les enlèvent de terre, ils les séparent, ils ils rafraichissent les ra- LEE TE an, | coupent les feuilles, | cines et les transplantent une à une dans un champ labouré une seule fois, médiocre- ment fumé et humecté. Ce doit être un sujet d’étonnement pour les Européens, de savoir que les Indiens transplantent tige à tige une herbe que lon| VER peut comparer au blé.| E La culture du riz n’est pas la même dans | tout l’Indoustan.| Les peuples des côtes de Coromandel,| d'Orixa, de Malabarre et de l’île de Ceylan, L iransplantent chaque uge de riz dans uñ champ préparé; ensuite ils y conduisent l'eau >, donne ane L-aquatiquel, lt qui est h je: aussi Je icullure est beaucoup b xromande] b. une pèp- rre par do Œan humide. Loue hauteur, Îs séparett, Is disent les r- y due dans f médhocre- jj.ement que D les ludins be que lon ma one NS | E. Coronsnel, = le de Con; nie ds LU odusen Veau CES 9 et le tiennent submergé jusqu'à ce que Îe grain soit formé. Pour cet effet, ils ont des machines très-simples, qu'on nomme picotes, et qui sont placées auprès d’une espèce de puits formé dans la terre, qu'ils ont simple- ment creusée, où viennent se réunir les eaux du terrain, ou bien celles d’un étang voisin, ou même d’une rivière. Ces picotes ne sont autre chose que deux poteaux fixés en terre solidement, très- près l’un de l'autre, dans le haut desquels est un levier attaché avec une corde aux deux tiers environ des po- teaux. Ils ont des crénelures du bas en haut, pour qu'on puisse y monter et en descendre avec facilité. Le levier est fait ordinairement d’un palmier fendu en deux. Ce bois est ex- irèmement léger: on s’en sert aussi, dans ce pays, pour les couvertures des maisons, soit comme chevrons lorsqu'elles ont un toit, soit comme poutrelles lorsqu’ellessont en terrasses. Ce levier est attaché aux poteaux, vers les deux tiers environ de sa longueur. À sa partie infé- rieure est suspendue une corde au bout de laquelle est un panier fait ordinairement avec les tiges de FPitchapalou, palmier qui ne sé- lève pas haut, et qui donne une trèes-grande quantité de rameaux très-souples. Ce panier sst destiné à prendre l'eau du puits et à la "3 D RUE LT É S6") verser dans le champ voisin. Souvent on Île garnit de peau en dedans, souvent il n’en a point, alors il laisse écouler une grande partie de l’eau qu’il contient dans le puits; mais peut-être serait-il trop lourd sil ne se vidait pas en partie. Un homme placé près du puits, enfonce le panier dans l’eau, et dit à chaque fois, en chantant, le nombre des paniers ,1,2,3, 4,5, etc. Ce nombre indique à son camarade, perché sur le levier, que le panier est plein; alors celui-ci, pour faire monter le levier, et par conséquent le panier et l’eau qu'il contient, marche sur la partie la plus petite et la plus haute du le- vier, en s'appuyant de la main sur l’un des poteaux, et par le poids de son corps, il fait élever l’autre extrémité du levier; il répète, en chantant, le nombre indiqué par son ca- marade, qui verse dans le champ l’eau du panier, lorsqu'il est à la hauteur requise. Cette opération se répète soir et matin, tous les jours, Les lndiens ont creusé de grands étangs et de vastes bassins d’un travail im- mense, au pied des montagnes où se réu- nissent les eaux dans les temps de pluie et lorsque les rivières sont gonflées. L'eau de ces réservoirs sert à arroser les champs de riz dans les temps des sécheresses, ECnt on[e N dre n: grande D> puits; Dit ne se Scé près 2DLau, et € nonbre nombre fe e levier, Ms, pour S:quent le Sue sur h| is du le- qu des 08 1 fait j rép, iQ Sn G- pole di æ: requise in, tous Dee grands al| se él pluie el } E des| ac! nl dans| Cry Tous ceux où ce gramen a été transplanté, sont divisés par carrés qui ont tous une berge à l’entour. Les Indiens y pratiquént une ou- verture avant de commencer les arrosemens, pour que l’eau passe d’un carré à Pautre; ils la ferment ensuite lorsque le terrain à de la pente. Il est bon de savoir qu'à me- sure que le riz croît et s’élève, la hauteur de l’eau est augmentée dans la même pro- portion, et que les champs de riz ont Vap- parence d’un étang quiserait peuplé de plantes. Pendant tout le temps de la croissance du riz ,il y a peu de pluies à la côte de Co- romandel. Elles y sont périodiques et man- quent rarement. Cependant les pluies sont rares dans quelques années au Bengale; alors le Gange, fleuve aussi fameux et peut-être plus considérable que le Nil, n’a pas une assez grande quantité d’eau pour lParrosement des terres; il y a disette et quelquefois fa- mine sur ses bords; mais l’on a remarqué que dans le même temps les pluies étaient plus abondantes qu'à lordinaire dans les Grattes, fameuse chaine de montagnes qui séparent les côtes de Coromandel de la côte Malabarre, et où prennent leurs sources toutes les rivières qui arrosent ces deux côtes. Il en résulte que la récolte du riz est très- D Sr ei ET CU 918 abondante aux côtes de Coromandel et d'O-[ rixa, et qu’elles en fournissent au Ben gale. Lorsque les pluies manquent dans les Gattes, elles sont très-abondantes dans le haut du Gange. C’est alors le Bengale qui fournit des vivres aux côtes de Coromandel et d’Orixa.| Jai dit qu'il y avait dans l’Indoustan une autre méthode de cultiver le riz. Depuis le 16.° degré de latitude et au-delà, on sème le riz dans une terre qui n’a recu qu’un| seul labour, et qui a été engraissée avec du fu-| mier de bestiaux mêlé avec du sel. On arrose| la terre soir et matin, en laissant couler de| l’eau dans le champ, qui a un peu de pente. Cette méthode diffère de la première en ce que le riz n’est pas transplanté et qu'il ne végète pas dans l’eau. Au Pégou, on sème le riz dans un carré de terre arrosé, et on le iransplante brin à brin dans des champs où l’on a soin d’en- tretenir un volume d’eau proportionné à la hauteur de la plante. On voit par-là que les Pégouans suivent à peu près la mème mé- thode que les Indiens de la côte de Coro- mandel. Les deux peuples ont eu de temps immémorial des liaisons de commerce qui existent encore. Il y a lieu de croire que 7 [1 =)« d0- Mau Pen IS dans Jes SE dans Je Œ gale qui D omandel Bin une “Sepi le SES on sème fn à qu'un eee du Hr- ha arrose \exsouler de us? penke, ais en ce lg qui ne MEN Qté pute bru où de- œit à la 1e que les sème mé- péde Cor æ de tenps or” qu Sur que les Indiens ont été les instituteurs des Pé- gouans en fait d'agriculture. Les premiers ont eu une civilisation plus ancienne et plus perfectionnée que les seconds. Tout atteste cette vérité, même dans Pétat actuel des deux pays. Dans la presqu’ile de Malac, et à Suma- tra, où les Malais ont porté leurs mœurs et leur industrie, on suit la même méthode. Les Siamois sèment le riz dans les champs qui sont arrosés périodiquement par les eaux de leurs rivières. Ils ne donnent aucune cul- ture à la plante, aucune préparation à la ierre ,et cependant ils font des récoltes abon- dantes. On prétend qu'ils cultivent du blé sur les hauteurs, et qu'ils larrosent de temps en temps au moyen des réservoirs où ils ras- semblent l’eau des pluies, parce que dans la saison sèche Pair est brülant. Dans le Bengale, on sème le riz et Von tient les champs couverts d’eau. On ne trans- plante que les tiges qui sont trop touffues, dans les espaces qui en manquent. À la côte Malabarre, on le transplante, comme je l'ai dit, mais on y suit une mé- thode particulière pour engraisser les terres. La mer rejette sur le rivage, dans une saison f 920) | de l’année, une quantité considérable de( U| sardines, que l’on répand sur les terres des- Er À f: ünées à la culture. de |; À Ja Chine, dans les provinces méridio- w eu fl nales, on cultive le riz et on le transplante.[Lh hf On à soin d’arroser les rizières, ou plutôt Fi 1| d’y entretenir l’eau au moyen des écluses ne | que lon ouvre et que l’on ferme à volonté. 1 Ce peuple industrieux a creusé des canaux# | ui répandent l’eau des rivières dans les kr campagnes. Ïl recueille dans des réservoirs } pratiqués à différentes hauteurs, les eaux des à 0e||| pluies qui coulent des montagnes, et il a su À faire des machines au moyen desquelles il| élève les eaux sur les collines et sur les mon- 2; jf || tagnes elles- mêmes, disposées en amphi- Ï théâtres.. Li Dans la province de Canton, arrosée par£ le Tigre, fleuve très-considérable, les eaux l il! de la mer remonient jusqu’à la ville de Can-, He À ton, éloignée de trente lieues de son embou- i E À chure. L'eau du Tigre est donc un peu salée, || Elle n’en est pas moins bonne pour l’arro- LE  sement des champs de riz; car les habitans i & de certaines parties des côtes de Coromandel| P { et d’Orixa, mêlent du sel avec le fumier D” e | des bestiaux, dans la persuasion que le sel est un engrais convenable au riz, Cable de 20rres(es- PE méridio- “nsplante, Æu plutot| D: écluses 21 volonté.| j Canaux| d'daus Je| MS eseryous| D eaux des st lac| & ruelles 1]| Ie MOD- i3eunphi- 18e ste par aies eaux Eu de Can-| 2 emboi- au salée, q l'arro- Be habitans D omanlll =: lun" Le le sel =) é 22) Chaque année fournit à la Chine deux ré- coltes de riz produites constamment par les mêmes champs auxquels on donne un peu d'engrais, et qui ne recoivent d'autre labour que celui du piétinement des buflles, qu’on y fait passer pour enterrer le chau- me pendant que la terre est en état de boue. Les mêmes buflles, employés de la même manière, sont chargés du soin d’en- terrer le grain qu’on sème à volonté. Les famines auxquelles cet empire est sujet, sont dues aux sécheresses où aux déborde- mens des rivières, occasionnés soit par des pluies trop abondantes, soit par les typhons qui, soufllant du large, élèvent les eaux de la mer sur les côtes, gonflent les rivières, occa- sionnent leurs débordemens dans les champs et inondent le riz, d’autant plus que pen- dant la tempête les pluies sont excessives. Lorsque les typhons soufllent de terre, le même désastre n’a pas lieu. On cultive aussi le riz dans des provinces septentrionales, et on y fait deux récoltes par an. On engraisse le terrain avec des im- mondices, avec les excrémens humains, avec toutes les matières végétales et animales sus- ceptibles de putréfaction, et avec des os brà- lés. On transplante le riz brin à brin, et on * ré. RES arrose les champs avec l’eau des rivicres. Au Tonkin et à la Cochinchine, le riz- aquatique est transplanté brin à brin, et les champs où il croît sont tout couverts d’eau. On cultive aussi le riz-sec sur les monta- gnes; il est beaucoup plus estimé que l’autre; mais la récolte n’en est pas à beaucoup près aussi considérable que celle du riz-aquatique, À Madagascar, on cultive le riz-aquatique et le riz-sec; le premier dans les plaines, le second sur les montagnes. Ce dernier est pré- féré à l’autre, non-seulement parce qu'il est plus rare, mais parce qu’il a meilleur goût et qu'il est plus nourrissant, On ne le sème pas, mais on le plante grain à grain dans des trous faits exprès avec des piquets poin- tus de bois dur, durcis au feu. Dans quelques parties de Madagascar, le riz- aquatique se plante grain à grain de la même manière} après une ou deux pluies abondantes, dans une terre qui n’a reçu d'autre préparation que de brûler les herbes, les buissons, les bambous qui sy trouvent en quantité. On ne l’arrose point. Les pluies du ciel qui sont très-fréquentes, et les influences d’un soleil irès-ardent, procurent des récoltes assez abon- dantes. Dans d’autres parties, on fait passer des » Æ -] des riviung. me, le ri brin, et}ks 1Verts d'ean, les monta- que l'autre UCOup près Lraquatiqu, iaquatique 5 planes, le er est préf ice qu'il d PiÎleur goil ne le sèmé rain dans kels poin- quelques jualique sd s maniere antes, dan préparalu auissons, leg wantilè, 01 ie] qui sul d'un sol] assez bon pis des 225} troupeaux de bœufs et de vaches dans des marais. Leur piétinement enfouit les herbes qui pourrissent, ensuite on égalise le terrain assez grossièrement, et on y sème le riz; après quoi on y fait passer des troupeaux pour enterrer le grain. Cette méthode est la même que celle des Chinois. Il ne paraît pas cependant yraisem- blable que les deux peuples aient jamais eu aucune relation entr’eux. Si les Chinois sont une colonie Égyptienne, comme on Pa avancé, il se pourrait que la même méthode eût la même origine. On trouve à Madagascar des hommes qui y font une race distincte, qui sont d’origine arabes, et dont les ancêtres sont venus de la Mer rouge dans cette île. Quoiqu'il en soit, les pluies qui survien- nent à Madagascar, font croître le riz et entretiennent l’eau dans les marais jusqu’à la maturité du grain. Comme elles ont cessé quelque temps auparavant, les marais ont alors peu d’eau, ce qui permet de faire la récolte, Elle est ordinairement très-abondante, ex- cepté les cas où des nuées de sauterelles sont venues dévorer le riz en herbe; ce qui ar- rive quelquefois. Le riz-sec, que ces insulaires nomment varclan, se plante grain à grain sur les é+) U j montagnes, Comme nous l'avons dit. Ils ne vù ; f donnent d'autre préparation à la terre, que gl [al cu de la nettoyer d'herbes; ils ne font aucun& ji |\ EN arrosement; mais le temps de la plantation ou D pi est celui où les pluies commencent. Le riz- La |? sec rend moins que l’aquatique, mais il est fp | plus savoureux et plus nourrissant. Les Ma-(de El décasses donnent trois à quatre mesures du M | dernier pour une du premier, tant ils pré- ia | férent le varclan au riz de la plaine. }l| A l'Ile-de-France, on ne cultive que Île| ë riz-sec. 11 y en a de deux sortes, l’un qui a F des barbes blanches ou noires, l’autre qui P est sans barbes. On nettoie le terrain qu’on| da | destine à cette culture; mais on ne le la-\ 4(ar l boure pas, on ne le fume pas. On plante[où W le grain, en faisant un trou dans la terre| ea ||} avec la houe, vers le mois de frimaire, qui g il| est celui où les pluies commencent ordinai- 1 ‘ rement. Dans les quartiers de l'ile où les à U} pluies sont rares, on n’y cultive point de riz, d || parce que cette plante demande de lhumi- là \ dité. On le récolte en germinal ou floréal. 2 À Le riz-créole est préféré à toutes les espèces| te Ï qui viennent des pays étrangers, et se vend à d | toujours beaucoup plus cher. On cultive aussi(pc du riz-sec dans les Gattes, sur les montagnes. di Partout il est préféré an riz-aquatique, H | lit, Ik 1è erre, que Snt aucun| Lhntton| 9! Le r1z- es 1l est Bes Mae Sesures du «t ils pré- de. sue que k| B: un qui à SAutre qu Si in qu'on 10: le la- # plate| \a terre à are, qu > ordinar- Le où 18 int der, le lhun où foréal es Cp it se vend tire a 2 100g0CS.| S /1qUe Il > æ 829) réussirait aussi bien dans les plaines, pourvu que le sol ne fût pas marécageux et qu'il füt arrosé souvent des eaux du ciel. Dans tous les pays dont je viens de parler, on ne connaît point les jachères. Le même champ rapporte annuellement une ou deux récoltes de riz, suivant que la température du cli- mat le permet, ou que l'industrie des habi- tans est portée à un plus haut degré. 11 me reste à parler du riz-pérenne. Il a été apporté de la Cochinchine à Vile-de- France en même temps que le riz-sec de ce pays, par feu M. Poivre, qui avait voyagé dans l'Asie en philosophe, et qui, pendant son administration, a procuré à cette colonie, où il a été intendant, l'acquisition du mus- cadier et du giroflier, et de quantité de vé- gétaux utiles ou précieux qui font l’orne- ment du jardin national, et qui contribueront à augmenter les jouissances et les richesses de la Colonie. On a prétendu que les habi- tans.ayaient laissé périr le riz-sec par leur négligence, et on en déplorait la perte d’au- tant plus que l’on supposait que cette espèce de riz, ayant été acclimatée à l’Ile-de-France, pourrait réussir dans nos départemens méri- dionaux. Je ne sais si cette conjecture n’est pas hasardée. Le riz-sec est près de six mois .. É826 en terre dans cette colonie, où les chaleurs sont beaucoup plus fortes qu’en France. Quoi- qu'il en soit, nos insulaires cultivaient, long- temps avant l'introduction du riz de la Co- chinchine, le riz-sec de Madagascar, le var- clan des montagnes, espèce qui ne laisse rien à désirer, et qui a vraisemblablement fait oublier celui de la Cochinchine; ainsi l’on peut, quand on voudra, essayer cette culture dans les parties de la République qui paraîtront lui convenir. Je crois même qu'elle a déjà été tentée. J’ai envoyé plusieurs fois du riz-sec de lIle- de- France, en France, à des curieux qui m’en avaient demandé. J'i- gnore quel emploi ils en ont fait, et par consé- quent le résultat de leurs essais, s'ils en ont entrepris. Le riz- pérenne ou vivace a été placé dans des marais; il s’y est conservé de lui- même sans soins et sans culture. Le citoyen Géré, directeur du jardin national, à qui VIle- de-France a l'obligation d’avoir pro- pagé quantité de plantes utiles, récolte an- nuellement du riz-pérenne. La plante qui le produit est plus petite que les deux autres espèces. Le grain est petit, oblong. Lorsqu'il est dépouillé de sa paille, il a une couleur brune extérieurement; il la doit à une pellicule qui€ Comp pas€ forte der;| k pl Au re pet, bon an conti Je vient el qu {ndes k ph ATERS dit à de s: Les| paren tolon: ses ÿ odeul Le avoir Jours, dant ç 15 chaleurs Æ ce. Quoi. #1, long- 5 à(se 598, Je var Ie laisse (lement Be; ainsi ÆS er celle @j'ique qui ee quelle des Lois du Lœance, À meté, J7- ydconsé< d'en ont ge phet = de lu ciloye EC, à qu or pr sole an Le quil B: ar 3 Long sueur CS JS 4 ( 1927)) qui est adhérente au grain, et que l’on peui comparer au son du blé. Elle ne se sépare pas du grain lorsqu'on lexpose dans un mortier, aux coups du pilon, pour le mon- der; peut-être faut-il humecter le grain et le piler ensuite, pour en détacher le son. Au reste, ce riz qui est blanc lorsqu'il est net, et qui se cuit très-facilement, est fort bon au goût. J’ignore si les Cochinchinois en récoltent abondamment, et s'ils lui re- connaissent des propriétés particulières. Je ne parlerai pas d’une espèce de riz qui vient au Japon, dontles Chinois font grand cas, et que lon transporte dans toutes les parties des Indes orientales. On le mange par régal. Il est plus nourrissant que les autres espèces; il a un parfum et un goût excellent; on le dit aphrodisiaque. Je n’ai aucune connaissance de sa culture. IL se vend par petits paquets. Les grains ne sont pas entiers; ils sont trans- parens et d’un jaune pâle. Je croirais assez volontiers que ce riz est préparé; la forme de ses grains, leur brillant, leur couleur, leur odeur un peu aromatisée, semblent l'indiquer. Le riz bien desséché, c’est-à-dire, après avoir été exposé au soleil pendant quelques jours, se conserve ensuite en magasin pen- dant dix ans et plus; mais il est nécessaire F( 622)[ [: HE à ee:; doi LIU À que le grain soit dans sa paille. Dans cet état,| al 14£: ,, 2 fl EP on le nomme nély aux Indes. Les peuples ne 1] f À ses Es de la côte de Coromandel creusent des es-, VU 5 à: LS(lan ALT: pèces de puits dans la terre, dont le fond et A 4 L 4:; 2: au 114. A les parois sont formés avec des briques d’une La ÿ- à es: es. composition particulière. Ils les font avec de} b\::< flous EN D la terre-glaise dans laquelle ils mêlent de la A ‘TE.:;:; 2;; RSS || paille de nély bien desséchée, et qu'ils pé-; ::: To in ||| trissent avec soin. Ces briques ont été cuites;| La VS à‘4 or(car: RS| mais en général le feu n’a pas un degré d’in- ‘ hj À he.: Aire€ j}| tensité dans les fours à poteries des indiens. a LA:> Nes! À rar PONS| Ts couvrent le puits avec un plateau d’une K } Pa)|:|. A CEE Ï e |! seule pierre, de la mème composition que| &|!:: à 3 se| M0! LL: 1 les briques ci-dessus, et ils enduisent les joints| ÿ, | H| 5 al || avec de la terre glaise. Par ce moyen, aucun À fn À à Re:+ par RUE| insecte ne peut pénétrer dans l’intérieur, et LE 1:::_- MP } A à le riz est à l’abri de toute humidité; car ces L |:; Re vera «| uits sont recouverts d’un toit. Ce procédé: | 14 P curl j conviendrait vraisemblablement au blé que j Her BEN::: CA Di Von voudrait conserver long-temps, si l’on Fa t};:;; fon] ME° avait l’attention de le bien dessécher avant \|| à lent d]:: l neul D e l'enfermer dans les puits, et si on les bn x&| 5. s; pre ke creusait dans des endroits qui ne seraient Hs {:, pire 1roxs : li pas susceptibles de contracter de lhumidité. il;; Yin£ Ne Le riz qu'on veut dessécher se met dans r È ,|; fa« une casserole, ou sur une plaque de métal : ee. à bin \ exposée au feu; mais il est mondé; on le| . h k us En| È| remue sans cesse pendant la cuisson, Le feu | | f | | | | Lx ct ét, 2'es peuples Snt des es- E Le fond et Lines d'une ét avec de &\ent de la, & qui pé à CIÉ cuites} Ex legré d'in. Ses indiens teau d'un LOSIÉION qu es jornté Mn, aucun eur, e fe; Car€ ge proctl ou DE qu l'humi ue de mél me; 00 k son, Le fi | | | | | | | | | | | | | (#529 doit être doux ,afin que le grain ne se grille pas. I] diminue de volume, mais il ne perd rien de ses qualités nutritives. Ce riz desséché se mange dans cet état. Il n’a besoin d'aucune cuisson, d'aucune préparation, d'aucun assaisonnement. Les Marates, cette fameuse cavalerie de lIn- doustan, portent toujours avec eux du riz desséché de la manière que je viens de dire. Une très-petite quantité suffit à chaque cavalier pour sa nourriture jJournalitre. Ces guerriers, moyennant celle précaution, sont rarement arrêtés par le défaut de subsistances. Ne pourrait-on pas en Europe, user du même moyen dans de certaines circonstances, pen- dant la guerre, et même dessécher du blé par le mème procédé? Il serait tout aussi propre à la nourriture de l'homme, et se trou- verait réduit à un petit volume. J'ai eu la curiosité de dessécher du blé et du riz par le procédé que j'indique. Le blé était mois- sonné depuis un an; le litron a pesé dix- neuf onces, et un peu moins de seize onces après sa dessication. Le riz que j'avais depuis irois ans, et qui paraissait très-sec, pesait vingt-quatre onces six gros le litron. Après sa dessication; qui a été portée un peu plus loin que celle du blé ci-dessus, il ne pesait plus que vingt-deux onces. L’un et l’autre ( 256)ÿ ont un peu diminué de volume, mais pas autant que je my attendais. J’évalue la dis minution à un septième environ. Les diffé- rentes qualités de grains, leur vétusté, le degré de cuisson qu'on leur donne, appor- teront des différences dans les résultats. Je ne doute pas que le blé ainsi desséché au feu ne pût être employé à la nourriture de l’homme, sans apprèt, ou seulement cuit à l’eau, comme le riz. Pendant mon séjour à lPIle-de-France, qui a été très-long, je me suis trouyé réduit, dans un temps de disette, à donner du blé à mes nègres, pour toute nourriture. Ils le lavaient, ensuite ils le fai- saient Cuire à l’eau, dans une marmite, avec un peu de sel. Le blé se gonfle beaucoup, peut-être plus que le riz; il est très-sain et très-nourrissant. Une livre et demie de blé par Jour suflisaient complètement à la nour- riiure d’un adulte employé aux plus forts travaux. Les Madécasses préparent une liqueur qui est fort de leur goût. Ils nomment ranapan- gue ce que nous nommons le gratin du riz. Après la cuisson de ce grain, ils le retirent de la marmite; mais ils laissent tout le gra- tin qui se trouve sur les parois intérieures du vase; ensuile ils y ajoutent de l’eau et la 7 font bo vènt C après| grand 1 fut q prendre nlsulte< gas ell | Cette blablen geons pour à prenne de M. Qp dans le daue de Mas À roman mfinim point o que li Causes, Jose partem tirer le tonyen Wok es | ê, Mais EU ralue la à Les dif vétusté, Je 1, appor- ultats,‘| desséché f nourniture) ement cul Enon sjour| & je 1 de disetie,| D'pour tte 5: 1ls le fi mie, avec sbaucoup, des-san al Bi de bé ga a nour-| Es plus forts “iquer qi| Mr. ranqpur-| : tin du ri = Je retrent ut Le#7 = rieur du t a = pau( font bouillir pendant quelque temps. Ils bot- vent cette décoction mêlée avec du miel, apres le diner, en guise de café. C’est un grand régal pour eux. Dans leurs festins il faut qu'il y ait toujours du ranapangue à prendre après le repas. Ce serait faire une insulte aux convives si l’on n’en donnait pas; elle occasionnerait des rixes. Cette décoction est diurétique et vraisem- blablement astringente, ete.(Mais nous abré- geons ces détails sur les emplois du riz, pour arriver de suite à la conclusion de cette première partie du mémoire très-curieux, de M. Cossigny). Qn prétend, dit-il, que la culture du riz dans le Piémont, rend ce pays malsain à cause des rizières qu’on y entretient inondées. Mais d’après les exemples des côtes de Co- romandel, de la Chine et d’autres contrées infiniment plus chaudes, où l’on n’éprouve point cet inconvénient, je suis tenté de croire que linsalubrité de ce pays tient à d’autres causes. Jose donc proposer aux habitans des dé- partemens méridionaux de la France, de cul- üver le riz-aquatique, le seul qui me paraisse convenir à leur climat. C’est aussi celui des trois espèces que nous avons désignées au nc (3 5 commencement de ce mémoire, qui donne les récoltes les plus abondantes. Le riz-pé- renne ne soutiendrait pas sans doute les ri- gueurs de notre hiver. Le riz-sec est trop long-temps en terre, et ne parviendrait vrai- semblablement pas à maturité. Mais le riz- aquatique, étant plus hâtif, serait moissonné avant le temps des fraicheurs. On pourrait y former des pépinières de riz dans les en- droits abrités des vents du nord, du 15 au 3o ventôse; on le transplanterait vers la fin de germinal et au commencement de floréal; on tiendrait les champs toujours inondés, et on le récolterait en therinidor(*). Si cette culture devenait générale dans les départemens méridionaux, elle y entretiendrait l'abondance des subsistances, elle diminuerait le prix de la main-d'œuvre, elle étendrait et y multi- plierait l’industrie, la population et les ri- chesses. ( On verra ci-après ce que nous avons remarqué sur cetie proposition de cultiver le riz au midi de la France). (*) Feu M. Cossigny a employé les dénomina- tions des mois du calendrier républicain, et quel- ques autres mots qui se rapportent à l’époque où il a rédigé son mémoire, On n’a pas cru devoir y toucher. Ne | Les 0 dus ki] dent Y'attenn dje m de. L dont di én ti import | Nous d[nd Ts de @ lag siècles on ph hôe. di Cor l'Ase, qe dés ray pérdu à leur Clkcun 2" qui donné 2 = chers Lu que se pauilé de OS) de talles que par la méthode ordinaire. 8.° La moisson étant, par notre méthode, plus hâtive, on Pourra se procurer une deuxiè- me récolte du même champ, soit en raves, soit en petit millet, soit en maïs quarentain, soit en blé noir de Sibérie ou de l’ Afrique 1 néridionale, soit en haricots nains hâtifs, etc., en préparant Ja terre suivant les plantations qu'on lui destine. On sera forcé sans doute de convenir de tous les avantages énoncés ci-dessus, qui sont des conséquences de la nouvelle méthode que Jindique; mais on ne manquera pas d’ob- jecter qu'ils sont balancés> Où même anni- hilés par les travaux subséquens. On se effrayé du grand labeur du blé, et l’on en concluera que cette mé- ; q ihode n’est pas praticable en France. Si P périence, ra de la transplantation ex- qu'il est sans doute nécessaire de consulter, décide en sa faveur, les avantages qui en résulteront triompheront de toutes les objections. Nous opposerons à toutes celles qui s’é- leveront contre elle, la pratique très-ancienne des peuples de l'Asie: Quel génie bienfaisant inspira celui qui conçut le premier la 1ram8” plantation du riz et son immersion constante! Sans doute il éprouva bien des contradictions, I. Partie, 15 ee or re SE (188852) Par quels moyens vint-il à bout de faire adopter à des peuples illittérés, une méthode aussi salutaire et si éloignée de leur routine? Je présume que lexpérience fut de ioutes ses lecons la plus efficace. Peut-être em- ploya-t-il conjointement la religion, si puis- sante sur des hommes superstitieux. Dans les temps anciens, l’agriculture était liée à la religion. Les Grecs avaient pris cet usage des Égyptiens, qui le tenaient vraisemblablement des Indiens. Le culte rendu à Cérès, à Trip- tolême et à Minerve, prouve la reconnais- sance des peuples pour les premiers insti- tuteurs de l'agriculture. Quoiqu'il en soit, je ne serais pas surpris que les Indiens re- gardassent Brama comme celui qui leur a donné les premiers préceptes de Vart rural. Le riz exige, après sa transplantation, des irrigations journalières et constantes. C’est un travail que le bié ne demande pas, et qui même lui serait nuisible. Siles Indiens, qui ont annuellement deux récoltes, transplantent une herbe du même genre que le blé, pourquoi celui-ci ne serait-il pas soumis à la même opération en France? Elle est trop longue, s'écriera-1-on; nous n'avons pas assez de bras. A cela je répons que la transplantation du À riz est aussi longue, que sa culture exige un em chät fete, 1 felicés Durs| conso {t} J'opiuic lé Ce D0$ lror je pla I ,p prompt {tre plu Cusoy —g>— | | | | | | | | Î Ude faire| Enéthode| L'outine?| toutes| dre em-| Œi puis| Zins les die à\a fsae des Hoemet S: à Tnp- jonuak- > inst: Syon soi, L ons re- 1? leur à Hrrvral.| qe taüon, ds. Cet 25, =, quo a ue > pourquol D nèn + Jongué, > de bris be A 1{alto(un LA travail de plus, celui-des irrigations jour- nalières, que le nombre des bras livrés à la culture est beaucoup plus grand en France que dans l’Inde, et que notre population est beaucoup plus considérable. Mais, réplique- ra-t-on, si cela est, elle. consomme davan- age(1). J’en conviens; mais aussi nous ay ons beaucoup d'espèces de y ivres que les peuples n'ont pas, telles que les pommes de terre ) de Coromandel et dont ils n’ont même et qui ont été pour nous essource dans ces derniers temps: de disette; les légumes châtaignes, le millet etc. Enfin, pas léquivalent, d’une si grande r < verds, les , le maïs, les haricots, j'ajoute que dans tous les pays policés, le nombre des cultivateurs est tou- Jours proportionné à la population et à la consommation, lorsque son sol est productif, {T) Je ne sais comment s’est introd J’opinion que le riz était blé, C’est une erreur. J uite en France plus substantiel que le ’ai.vu dans l’Inde nourrir NOS troupes avec du riz et un Peu de viande, Elles Se plaignaient de la modicité de leurs rat riz, prétendant Promptement, ions de que la digestion se faisait trop Le riz-sec passe> à juste titre, pour être plus substantiel que Paquatique,{Note de M. Cossigny). ne ( 340) Examinons si en eflet cette transplantation occasionne un travail beaucoup plus consi- dérable que la méthode adoptée, et si, dans ce cas, la première ne fournit pas d’elle- même quelque dédommagement. Dans un sujet qui n’a pas encore l'expé- rience pour guide, nous ne pouvons appro- cher de la vérité que par des suppositions vraisemblables. Je n’établirai pas des calculs minutieux, dont les données et les résultats varieraient suivant les différentes localités; mais je proposerai des bases générales qui pour- ront nous guider dans une matière inconnue. Nous avons vu que la nouvelle méthode procurait une grande économie sur la se- mence. Voilà donc un gain certain. En se- cond lieu, si la récolte est beaucoup plus productive, comme il n’est pas permis d’en douter, il faudra beaucoup moins de terres couvertes en blé pour recueillir la même quantité de grains que ci-devant. Ce rapport ne peut être établi que par lexpérience; mais en attendant qu’elle nous éclaire, fai- sons une supposition tirée de la vraisemblance. Si un arpent de blé transplanté donne au- tant que trois arpens ensemencés, il en ré- sultera que pour avoir la même quantité de produit, il ne faudra transplanter que le ÿ le 110 L sites,| semer y kel à}ni ces m l ergo reur, malsa Ces la nou Seulem l'espac l plantation| us Comi-| Si, dans| bas d'elle.| re l'espe-| ii appro- éposiLions| es calcuk| }; résultats| Lhités: mas| Gqui pour: LnCONIUe, 7 mél fur Ja se-| jy Eu se- SP jus! gns de) k de ter! 5 la mène Ce rappt spèrient 1l claire, à\semDlnte r, donne# | il d; il el i s(É k Css:}) ters des terres qu’on a coutume d’ensemencer: Cette estimation ne doit pas paraître exagérée. Je crois même qu’on pourrait la faire plus forte sans crainte d’erreur. Dans la méthode de l’ensemencement, les tiges sont ou trop rapprochées ou trop éloignées. Dans celle de la transplantation, ces deux inconvéniens n'existent pas, aucune portion de terre n’est vide; la plante ayant l’espace nécessaire pour étendre$ses racines, pousse un plus grand nombre de tuyaux plus forts, plus vigou- reux, plus chargés de fruits; les grains sont plus nourris, et plus longs, et plus gros, et plus nombreux. La facilité du sarclage donne le moyen d’enlever toutes les plantes para- sites. Les blés seront moins exposés aux ver- semens, parce que les tiges seront plus souples et plus fortes. Si l’on a été scrupuleux sur le choix de la semence et sur la préparation à lui donner, les champs seront exempis de ces maladies, telles que le charbon, la nielle, lergot, qui diminuent l'espérance du labou- reur, et qui rendent la nourriture de l’homme malsaine et quelquefois dangereuse. Ces résultats sont des suites nécessaires de la nouvelle méthode. Nous le répétons, non- seulement les tiges de la plante ont entr’elles l’espace nécessaire à leur végétation pour "3 DS s e D) sapproprier les sucs de la terre sans se jes dérober mutuellement, et pour recueillir lés influences fécondantes du soleil, de lair, des pluies et des rosées; mais encore le sol a été fertilisé par des labours multipliés et par lPabondance des engrais; car si la nouvelle culture donne un produit triple de éelui de l’ancienne, il ne faut, pour obtenir la même quantité de récolte, que le tiers des terres en culture. Or, les labours et les engrais peuvent leur être prodigués, d'autant plus que Îa transplantation ne devant se faire que dans les mois de germinal, floréal, ou même prairial, suivant les localités et les expositions, le laboureur a tout le temps nécessaire pour achever ses travaux. Je sens que malgré ces avantages on sera toujours effrayé du long labeur des irans- plantations, jusqu'à ce que l’expérience en ait démontré la facilité et l'utilité. Je ne doute pas que des enfans des deux sexes, après quelqu’exercice et un peu d'habitude, ne puissent y être employés avec succès, et j observe que si Popération est longue, on a du temps pour Pachever. Tant que la plante n’a pas montré le tuyau qui doit porter un épi, on peut la transplanter; enfin, j’oppo- serai à toutes les objections l'exemple frap- à- à Tai el pi da jug apr Hillus ds ke] cel pré une sa, shnct nous temp volut désir. is lent] Æns se x = ueilhr les Aie Jar| Eire Je sol| van pliés et| ourelle| Bb su de Pt mème em es|etres EM: engris ant plis Lifaire que Leu mème LS S/110D8, sie pour jghon sen "5 L'anÿ œil JE ne done 32), c) Étude, 2 «ccés, ë| ue, on ss LL plan port"| Es, LP Se frap- pant et victorieux des Indiens. Pourquoi ne se- rions-nous pas capables de la même patience que des Asiatiques? Pourquoi n’adopterions- nous pas un nouveau système de culture, s’il est prouvé par l'expérience qu'il augmenterait nos récoltes, et que les fruits seraient plus sains, plus nourrissans et plus savoureux? Jusqu'à cette époque, le moment ne pa- raissait pas favorable à l'adoption de la nou- velle méthode. Fe n’osais pas la proposer au public; je me contentais de la faire connaître lans des conversations particulières, afin de juger de l'impression qu’elle faisait sur les esprits, J'avais engagé, il y a Jlong-temps, l'illustre auteur de l’histoire philosophique des deux Indes, à denner, par ses écrits, de la célébrité à la nouvelle culture; mais celui qui ayait combattu avec succes les préjugés les plus funestes, n’osa pas attaquer une routine consacrée par le temps et par l'usage général des peuples de l'Europe, et sanctionnée par des écrivains fameux chez nous et chez les étrangers. Il jugea que le temps n’était pas venu de prêcher cette ré- volution dans les pratiques d'agriculture. Xl désira que le Gouvernement ordonnât des essais, que les propriétaires aisés, qui veu- lent la prospérité de la patrie et le bien de os. ( 544) l'humanité, se prêtassent généreusement à les faire, afin que les avantages de la nou- velle méthode fussent constatés par un grand nombre d'expériences dans les différens sols et dans les différentes températures de l'Empire, et sur-tout que l’exemple constant des succès obtenus en divers cantons, frappât tous les yeux, fit taire les contradictions et entraînât les suffrages. Si notre révolution n'avait pas disposé les esprits à écouter les propositions qui, dans un autre temps, auraient paru extraordi- naires, je ne me serais pas déterminé à pro- poser un changement aussi grand dans notre système et dans nos pratiques agricoles. Au reste, la nouvelle méthode ne pouvait pas rester long-temps ignorée. Déjà un agricul- teur éclairé, que l'amour de l'humanité guide dans ses travaux, et qui a quelques droits à la reconnaissance publique(le citoyen François de Neufchâteau}, a rendu compte dans les journaux, d’un essai qu'il a fait de la trans- plantation du blé(1). Je l’engage, au nom (1) Ce mémoire a été lu, il y a plus de deux ans ,au lycée d’agriculture, des arts et du commerce, dont j'étais l’un des membres, et qui n’existe plus. Je rendais hommage au mérite et non à la place.{ Note de M. Cossigny). (éme bic co essal les qu'o Verb, li To) fer d ïe s Sayen lab; olfen pe | eusement À de la null 1 un grand res sol et à l'Empire| iles succès Jit tous les] 0 entraindl | à disposé ls Li qui, dans -| Miné à pro | | plans nolre| xoles, Au gnvat pa di agricul| site guide cs drois à Gen Franc “e dans el le la trs se, 2 1e EE me deusans rl D umercs dut us, Je [Xat \ mise P £ placé ( 545) de la patrie, à suivre ses expériences, et je sollicite tous ceux que cette voix peut émouvoir, et qui ont les moyens et les facilités nécessaires, de tenter les mêmes essais et d'en faire connaître le résultat au public, afin que des agriculteurs éclairés ét bien intentionnés puissent Îles répéter dans d’autres sols, dans d’autres exposilions, dans d’autres températures, et que du con- cours de tous les rapports, la vérité soit connue et bien constatée. Si je ne me fais pas illusion, le Gouver- nement, qui ne veut que la prospérité pu- blique, accueillera sans doute le nouveau sys= tème comme une entreprise digne de sa sollicitude paternelle, et lui donner encouragemens qu'il mérite, a tous les Il ordonnera des essais dans les jardins de botanique de tous de la République. Il exigera qu’on lui en rende comple par des pr verbaux bien conslatés, les départemens ocès- et les publiera par la voie de limpression. Alors ces ess par des citoyens éclairé ais, faits S et impartiaux, qui public, et qui galement des préjugés de restiges de l'enthousiasme À obtiendront la confiance de la nation. Je ne présume pas qu'il soit né ne sont animés que du bien savent se garantir€ l'habitude et des P Cessaire que Pc 3 En FRS == 4= t'as: Rs pe ENS PET D— em à ( 546) j'entre dans tous les détails de la nouvelle culture. Après ce que j'ai dit sur la manière de former la pépinière destinée à garnir les terres où l’on veut iransplanter le blé, je n’ai pas besoin de recommander le choix et le chaulage de la semence. On peut présumer que telle espèce de froment conviendrait mieux que telle autre à la nouvelle mé- thode, dans telle terre, et vice versa. C’est pourquoi il sera très-essentiel de varier kes essais. Je ne dois pas déterminer, avant d’être éclairé par lexpérience, quelle distance l’on doit mettre entre chaque tige. On concoit que ce point de pratique doit être sujet à des variations, suivant la qualité des terres, suivant la préparation qu’on leur a donnée, suivant leur exposition, suivant la lempéra-, iure du local, suivant la fréquence ou la rareté des pluies, suivant la quantité d'engrais employée, suivant l'espèce de froment cul- uvée, et même suivant l’époque plus avancée ou plus reculée de Ja transplantation. Pour la faire, on doit nécessairement couper chaque tige à trois à quatre pouces Environ du collet, rafraichir les racines au moment qu’on les met en terre, et ne point enlever une trop grande quantité de plantes à la fois, afin L: ell à lai chant es 10 uront unide franspl ter, gros À à gar pis pépini dront On« @ la pi fe.| Lailleux Rspèce Le ble pour e (= 1) Le tihique pe le, à eoyé Pris, en beauté (or) #\; nouvelle| à qu'elles ne restent pas long-temps exposées z\: manie à l'air, qui dessécherait leurs racines. Si le D sara les) champ est éloigné de la pépinière, on mettra ni] 7 les touffes d'herbes dans des panicrs qui Whois k| auront dans le fond un lit de terre un peu HBorésuner humide; on les transportera dans le lieu de la viendrait transplantation; c’est là qu’on doit les chà- ak ni- trer, au moment même où elle se fait. Les ra. Ci gros fermiers qui auront beaucoup de terres D| varier à garnir en blé, devront, si elles sont éloi- gnées les unes des autres, former plusieurs NA mt d'etre pépinières à portée des champs qu’ils vou- |; a Mdance Jon dront cultiver. M concoi| On doit s'attacher en général à faire choix di sujet à| 7 de la plus belle semence des meilleures es- Mi terres, pèces. Ainsi il sera avantageux d’en tirer one, d’ailleurs quand on pourra s’en procurer d’une Pilempérs. espèce supérieure à celle que l’on récolte, ,”)} me à k Le blé de Nagpour, pays de lIndoustan, passe es d'engni pour être le plus beau du globe(1). Nous D ment ci F ç ayancét min lv(1) Le colonel Kidd, directeur du Jardin de bo_ = du tanique que les Anglais ont formé dans Je B2n. 0 ok,|> gale, à l’exemple de celui de l’Ile-de France, m’a = qu envoyé du froment de Nagpour, que j’ai recu à F irop| Paris, en 1790. Tous les connaisseurs ont admiré L. ji| la beauté de ce blé, et l’ont trouvé Supérieur à celui = OS, ( 348) ferons tirèes-bien d’essayer de naturaliser en France celte espèce, qui pourra saffaiblir vu la différence du sol et du climat, mais qui nous donnera vraisemblablement un pro- duit supérieur au blé de notre pays. La naturalisation, ou même la transplan- tation de toutes les espèces de froment ne réussiront pas également. L'expérience nous indiquera celle qui doit prospérer le mieux dans telle terre, dans telle exposition, dans tel département, dans les années sèches, dans les années pluvieuses, etc. Pour compléter ce que j'ai à dire sur lap- plication de la méthode des Indiens de cul- de France. Je l’ai confié à un agriculteur aussi intelligent que bon citoyen; aucun grain n’a levé, Le colonel Kidd j’avait enfermé dans une fiole de verre, dont il avait pompé l’air, et qu’il avait en- suite bouchée hermétiquement. Le peu de succès de cette préparation semble prouver qu’elle est nui- sible. Je rapporte cette anecdote par deux motifs. 1.° Afin d’engager le Gouvernement à procurer un jour à la France le blé de Nagpour, et d’autres productions étrangères qui peuvent avoir quelqu’uti- lité. 2.° Pour avertir que les semences privées d’air perdent leur principe de vie.(Note de M. Cossigny). On verra ci-après une indication encore plus précise et un vœu plus formel au sujet du blé de ENaLLOoUre SA ie tive an les dans yen turaliser en Dra Safi limat, mai Lent U pro: Hoays,| 9 transphan: b toment ne Æence nou Gr À me 2Z1tion, and péseches, dans £re sur l'as Guns de cu . 7 ing teur aussi nan n'a}evé mine fole d 9 lil avai e pa. de suects à | selle est nu deux moi à procurt a'; et d'ail nt: quelqu! _# prisée da =, MA. Cost] LA fl encore pi dE je il | Ç So. tiver le riz à celle que je propose de cul- tiver le blé, j’ajouterai que je conseillerais à nos agriculteurs de tirer parti de toutes les positions où l’on pourrait introduire l’eau dans Les champs transplantés en blé, non queje veuille qu’on entretienne, comme dans l'Inde, la terre couverte de quelques pouces d’eau, puisque ce dernier gramen n’est pas une plante aquatique; mais pour pouvoir suppléer au défaut de pluie dans le cas des séche- resses, pour engraisser la terre, pour éloi- gner les insectes, pour abreuver les plantes et pour leur donner plus de fécondité. Mobjectera-t-on que les prairies arrosées sont nécessaires à l'entretien des bestiaux? Qui ne sentira que la nourriture de l’homme doit être le premier de nos soins? que si nos récoltes deviennent annuellement abon- dantes au point de nous donner un superflu considérable, il fera l'objet d’une grande exportation et d’un commerce irès-étendu; que nous avons d’autres ressources pour la nourriture des bestiaux; qu’il est à propos de réserver à la culture du blé les terrains qui promettent les récoltes les plus riches et les plus assurées, tels que ceux qui sont arrosables à volonté; que l’on emmagasinerait le grain, dans la vue de pourvoir aux disettes, en dé 5 (4600 À 4 employant la méthode que nous avons indiquée| 10 de le conserver, ou toute autre meilleure; ré enfin, que l’on peut nourrir les bestiaux avec ge du blé dans le cas où l’on serait embarrassé à À la d’un superflu excessif, parce qu’alors le prix du grain serait au taux le plus bas; circons- que tance heureuse qui diminuerait la valeur de[ak la main-d'œuvre et celle de la plupart des le productions de notre sol et de notre industrie. ji Mais que dis-je? la nouvelle méthode, en do procurant des produits plus considérables, ne de rend-elle pas à l’agriculture quantité de terres fo réservées actuellement à la culture du blé? pé Et ne peut-on pas y former des prairies ar- Sa üficielles, et même peupler en forêts la partie(ne qui se trouverait surabondante aux plantes cé- fa réales, aux vignes, aux légumes, en un mot EC à toutes les cultures pratiquées? C’est même dù Pun des résultats lés plus heureux de notre ph nouveau système agricole, que celui de mul- ou üplier en quelque sorte les terres cultivables, Juge non-seulement par les raisons que j'ai ex- hou posées, mais encore en nous dispensant des acc jachères, et par conséquent d'augmenter le leur nombre et l'étendue de nos prairies, et de Fe©| nous permetire la multiplication des forêts. Nou Je n’insisterai pas sut l'importance de ce der- qu'a nier avantage, dont il est facile de prévoir =| diqués Es leur rai avec DA rrassé 202 prix D etons- Bar de ti des Æ ustre, Je, en BA, ne MS terres « blé? WES1s ar- Morte ll c&- pp not l28 eme En notre 5 oul- Mules, toutes les conséquences. Je me bornerai aux résultats généraux, et je répéterai que la nouvelle méthode doit changer heureusement l'agriculture, revivifiér la France, agrandir son commerce, accroître Sa population, ani- mer et augmenter son industrie et tous les arts qui en dépendent. J’ai peine à contenir Penthousiasme que toutes ces conséquences n'inspirent; mais quand je réfléchis qu’elles doivent être constatées par l’expérience, avant de pouvoir me livrer au sentiment qu’elles font naître, je me borne à concevoir l’es- pérance du succès et à faire des vœux pour sa réalisation, persuadé que si j'ai embrassé une erreur flalteuse, on me la pardonnera en faveur du motif.» Ces propositions de feu M. Cossigny auraient dû exciter une attention sérieuse. L'auteur s’est plaint avec raison de lespèce d’indifférence, ou de sévérité, avec liquelle on a recu et jugé son mémoire. Il n’a pas dépendu de nous de lui procurer dans le temps le seul accueil qui pouvait être ambitionné par l’au- teur; il aurait regardé l’examen de ses vues et leur discussion comme un véritable succès. Nous ne pouvons pas suppléer aû jugement quauraient porté des compagnies savantes; mais comme cet écrit rentre, à quelques égards, dE: (662.) dans nos propres idées, et comme il appartient essentiellement au sujet que nous discutons, nous avons cru devoir nous en approprier le texte, et nous nous permettrons enfin de ha- sarder à cet égard nos propres observations. Il faut considérer les deux objets de ce mémoire. Le premier point concerne la culture du riz dans les départemens du midi de la France. À cet égard, le préjugé le plus im- périeux a repoussé absolument les vues de M. Cossigny; la prévention est si forte, que lon n'a pas voulu faire l’essai de la méthode de transplanter le riz, au moyen de laquelle celte culture si funeste pourrait devenir in- nocentie, quoiqu’elle fût plus productive. C’est un objet si important, qu'il est à désirer qu'on daigne l’éprouver. On peut:resretter, en elet, que cette culture du riz soit réputée si insalubre. Elle est exitrèmement féconde. Suivant M. Pictet ( Bibliothèque britannique, Agriculture, an VIIT, septembre 1802), le riz est la récolte qui crée le capital le plus considérable pour le commerce du Piémont; mais depuis que le Novarrois est réuni au royaume d'Italie, le riz ne se cultive plus en Piémont, que dans le département de la Sezia. Il demande eu de travaux. Un journal de riz rendenviron I] "N | à fois ment, par cel éqorme M, Pic df poli | supp! On MIences Moins nous$ positif Calend sualpi ri} sans M Nu wental Les con Michel Cepe philant plis écl ton cor faut co nous€ pa&} lage à| bébéfce 1)partient SCutOns, Cprier Le E: de a- de ton, de ce Srulture à de la plus nm Z; de M. > que lon æode de > liquell br n- jan, Ces à qésirer jui à cette Dre. Elle si Pot mue, dl Sa récolle # Fble pour jus Qué CE) mont, Qué Jemande| PACAL| AS j six fois ce que rend un journal de terre en fro- ment. Les plus mauvais terrains s’améliorent par celte culture. Le riz crée en outre une énorme quantité de paille pour les engrais. M. Pictet ajoute que c’est une grande question de politique que celle de la conservation ou de la suppression de la culture du riz. On a commencé à Turin quelques expé- riences pour essayer de rendre cette culture moins nuisible; mais on n’a pas encore, que nous sachions du moins, des résultats bien positifs; nous avons lu avec plaisir dans le Calendrier géorgique de la Sociéié agraire subalpine, pour 1802, l'essai de cultiver le riz sans la permanence de l'eau, fait par M. Nuvolone, directeur du jardin expéri- mental de l’Académie, à invitation et d’après les conseils judicieux et raisonnés de M. J. Micbeloiti, ingénieur hydraulicien. Cependant, un de nos agronomes et de nos philantropes les plus recommandables et les plus éclairés, M. Parmentier a tranché la ques- tion contre la culture du riz. fl pense qu’il faut continuer à tirer de l'étranger ce que nous en consommons, parce qu'il n’existe pas de plante dont la végétation nuise davan- tage à la santé, et qu'il n’y aurait aucun bénéfice à l’admettre dans nos cultures. RC) IL rappelle qu'un particulier ayant établi, dans le Bugey, des rizières, les fièvres inter- mittentes, les cachexies, les hydropisies et les obstructions qu’elles occasionnèrent ré- pandirent un tel effroi parmi les babitans, que l’auteur qui avait provoqué ces établis- semens fut obligé de s'évader pour se sous- iräitre à la fureur publique. Il ajoute qu'on ne saurait trop applaudir à la sagesse éclairée des magistrats qui ont réuni tous leurs efforts ‘soit pour interdire la culiure du riz, soit du moins pour la reléguer dans les lieux éloignés des grandes habitations.(Dictionnaire d'histoire naturelle, chez Déterville, tome 19, article riz). Nous sommes pleins de confiance pour les décisions et les sages avis de M. Parmentier; mais malgré notre déférence pour ses opinions, nous n’osérions peut-être pas proscrire si absolument la culture du riz, avant que le problème ait été discuté de nouveau sous toutes ses faces, et nous désirerions que la Société d'agriculture de Turin füt à portée de le résoudre, mais par des épreuves en grand suivies pendant quelques années, et qui pus- sent enfin ne laisser aucun doute. Nous n’en avons aucun sur ce qu’ajoute à cet égard M. Parmentier, touchant la subsli que© depuis vies Ve dur 12 der de Lo monde expéri plus d suflise: par jo J} groi distfibue Yer lac pates Il con à préf qui êr s proc puise sont: les du riz, cidet$ pas létr éprolve ltiop, ( 0885)) É ant établi! substitution de l’orge mondé au riz. 11 dit Bèvres intel que cette substitution est coxinue et adoptée Lropisies d si depuis long-temps dans plusieurs de nos pre- Antrent ré vinces qui confinent avec lHelvétie; qu’on M habitans) le mange crevé et cuit dans différentes vé- es ul hicules, souvent avec la viande etc: 1lraifait Ar ge sou des expériences comparatives sur a cuisson| Loue quo de Porge et du riz pris dans différens états, Dee éclairé mondés; concassés, en farine. Jl cite es peurs el} expériences de Desmaréts, qui s’est convaincu Bud plus d’une fois que trois livres‘d'orge mondé er D ls lu suffisent à la subsistance de trois personncs A Æctionnan par jour, sans ducune autre espèce d’aliment. î M one IT croit que dans tous les ças où le riz est i distribué aux troupes, l’orge mondé peut le\ on vor le FACE qu’on peut en approvisionner les+ rent) p'aces fortes, en user dans les hospices etc, ss pi ï coRAtd qu'il y a des avantages‘sensibles on| à préférer l'emploi d’un grain eomme l'orge, Znroscn: à_ ÿ:,. ne| qui croît‘en France, et qu'il ést si facile de Lo A se procurer partout, sans que sa culture En que À puisse jamais enträirér les inconvéniens qui À. ortéed sont les suites inévitablés:, sélon lui, de celle Lo du riz. Mais encore une fois, avant de‘dé- LE. r':) êider si ces suités si'désastrenses ne pêuvent> ae 11! pas être évitées, pourquoi donc ne pas œ ip éprouver la culturé du riz par transplan- “Es jt tation, et lés autres moyens déja essayés 4 À LS ( 356) Turin, pour rendre ici, comme en Asie; cette culiure sans danger? Ce serait là un beau sujet pour un grand prix d'agriculture. Celui qui le remporierait rendrait un vrai service à tous les peuples de l'Europe. En général, le peu d'attention et sur-tout le peu de dépenses que l’ôn fait pour lPagri- culture recule ses progres et nous rend beau- coup trop timides sur les essais heureux d’ac- climatation des plantes exotiques. Pluche a combattu, par l'exemple de la vigne, de Poli- vier et du mürier, la maxime qui veut que les fruits d’un certain pays ne puissent réussir ail- leurs.(Spectacle de la nature, entretien VU). Le riz pourrait fort bien avoir un jour le même sort, et je ne désespère pas qu’on y revienne, même en France, avec plus de succès. Quant au second article des vues que contient le mémoire de feu M. Cossigny, ou lVapplication à la culture du froment de la méthode asiatique de transplanter le riz, nous devons observer que cette proposition n’est pas nouvelle et inouie, comme on s’est hâté de le dire pour en repousser toute épreuye. Nous lisons dans le premier supplément à VEncyclopédie, ces paroles très-remarquables: « Un autre moyen de multiplier les germes dans une proportion bien supérieure à tous é bs auf ls pl# erres JO elgn'il (pératiote Gest pis | ox(9 finie 69 Dan fut à sb que cuit plantaité Je volés par les Monte a pir Date dlumiès, Kiyral g le résul}sl r'apporl el: tran présents 4j ép s; chi trente(4 ne peut on! ne k Cerlaines l Jorsque ny | me en Aie, serait Là ln l'agricullufe. rait un val urope.| Let sur-tout your Lagpi- is rent betu- sngureux lc ps, Plucig à FH que, deldi- veut que les put réussir él erien VD) guur Je même M" rexIEnIL hets.| gs vues Qué E Cossiguy ot oment de l AU D io!'esLpas 1 haté|de > 5e © épreué pi pp = ren) à « gerines ZT Jous se"‘ les autres procédés, serait de transplanter les plantes de blé au printemps dans des terres labourées à la bêche. M. le comte de Beligny a tiré de deux journaux, par cette opération si simple, le produit de vingt-cinq. C'est peut-être par ce secret que trois jour- naux de terre suflisaient à nourrir une famille romaine.» Dans un premier voyage que nous avions fait à Bordeaux, nous avions été informés que ce moyen de cultiver le blé par trans- plantation avait été deux fois éprouvé dans le voisinage de cette grande ville, d’abord par le président Secondat, fils de Pimmortel Montesquieu, et ensuite, plus récemment, par Dutasta| négociant qui avait beaucoup de lumières, et qui correspondait ayec l’abbé Raynal. Le produit le plus étonnant avait été le résultat de ces petits essais. M. Cossigny a rapporté lui-même qu'un grain de blé semé et transplanté par le président Secondat, présentait une toufle de trois cent et quelques épis; chacun de ces épis contenait plus de trente grains. Sans doute, un prodige isolé ne peut servir de base à un système général; on ne peut spéculer sur des données si in- certaines; mais le fait nous avait frappé, et lorsque nous voulûmes, en 1768, essayer la culture des. fromens les plus rares, dont nous n'avions que peu de grains, nous nons dé- terminâmes à essayer cette méthode de trans- planter les touffes, afin de ménager et de faire valoir sur, un plus grand espace. une petite quantité de ces semences. précieuses. Nous avions réussi au-delà de nos espérances; mais tout le fruit de nos travaux et les re- gistres mêmes que nous en, tenions avec soin, tout a été détruit dans les crises af- freuses du régime de la terreur, comme nous le dirons plus loin, Quand nous.nous décidâmes à tenter ceite voie de multiplier nos fremens, dans le dé- partement des Voges, en 1788, nous devons avouer qu’on Ja trouvait bizarre, qu'on la jugeait impraticable, que l’on se récriait sur- tout contre les frais et l’embarras qu’entrai- nerait ce procédé. Cependant, nous bravämes et les objections et Pespèce de ridicule qui s'attache d’abord aux idées extraordinaires. Nous étions convaincus que notre agriculture ne peut se perfectionner que par des tenta- tives nouvelles et hardies. On en a bien fait d’autres, et qui ont réussi dans les simples culiures du jardinage d’agrément. Quels soins, quels détails, quelles peines, quelles précau- tions et longues et minutieuses pour des dx ansi dl qu'on nié de grain l détces di cétéales: ée noriqià 4 fit 114 Pour Le transplaih que M. qi les Hdi On trot culture 1h tion mécan Nous ait éthors hakeus 4 pour\esg Talsonn végétal Hi elet éteif oder dy Cours col pépinière) de colza, Voici 4 Oh cho =«ont nous nous(é-| ec de trans: Sr et de ace, une} Kécieuses| gerrances:| Zi,\ts ved ons are0 Slorises af: Le ,1me nou & nier cellé dns le de ; deron 91 won la Sara su An entr 4 buvant sdicule 04 fe ovdinants og ja des teur je ab il ml sf F AT mm CE| recaul- pus d ù Ç 59) F jacinthes, des tulipes! On attend quelquefois dix ans pour obtenir des nouveautés, ou ce qu’on nomme des conquêtes en fait de tulipes de graines. Si l’on eût employé le demi-quart de ces dépenses à perfectionner la culture des céréales, ou à acclimater d’autres plantes économiques tirées de l'étranger, quel pas au- rait fait parmi nous l’agriculture utile! Pour nous livrer à des essais sur les blés iransplantés, nous n’avions pas cherché, ainsi que M. Cossigny, l’autorité de ce que font les Indiens et les Chinois pour cultiver le riz.| On trouve en France même l'exemple de cette culture, dont nous pouvions tirer une induc- ÿ tion mécessaire et presque irrésistible. Nous avions vu que iesFlamands employaient la méthode de transplantation avec le plus heureux succès pour le colza, pour le tabac, pour les choux qu’ils nomment chollets. Nous raisonnions ici par une juste analogie d’un végétal à l'autre, et nous croyions pouvoir en elfet étendre aux fromens les avantages que Xozier développe si bien à l’article Colza du Cours complet d'agriculture» au sujet de ces pépinières où l’on élève en Flandre les plantes de colza. Voici quels sont ces avantages. KA On choisit le terrain. L'espace est moindre (260) et sous les yeux. On peut le défoncer, le b| si::: qn beau { fl famer, l'améliorer à des temps qui seraient Ju EL À: à: seche nl perdus. Moins de frais de voiture pour y espaces( conduire les engrais; sarclages plus faciles; Fais s# Dnpeut une plante ainsi élevée a plus de chevelu; ;: À autres sa reprise est plus sûre; enfin, lon a tout | le loisir de préparer le champ où les plantes DA! } seront à demeure, et de concilier le moment[al où lon plante avec d’autres emplois que l’on Qu peut faire du terrain. que lou Le terrain de la pépinière défoncé, bien fhisni fumé, labouré à la bêche, sera mis en pois À planches ou tables larges de cinq pieds seu- Fermer | lement, commodes à sarcler sans en fouler ee la terre et piétiner les jeunes plantes. On NE | pratique entre chaque table un fossé dun©? Fe | pied de largeur. La terre du fossé se jette HE A sur la table, que l’on bombe le plus possible. À Lit |] Le fossé recevra les eaux et des tables et des i ca { sentiers par où l’on passe pour sarcler. pépinèn (| Suivant l'auteur du bon Fermier, la terre IOUS ap 4 de la pépinière doit être travaillée aussi soi- f4 naitr | j gneusement qu’on le fait pour le lin. On se Türbilly | sert des engrais liquides, qui agissent plus verd gr: k] promptement. À Lille, on y emploie Île en bour fumier des latrines, ou lurine des vaches r sec; ma k mêlée aux pailles de colza.| la graine Celte face | On choisit le temps pour semer; on prend URL VIEUX, ré 1 P. ‘oncer 1 ke 4 seraent =(o pOur y 15 Écle; D cherelu:| AK 1 à init 503 plantes 13) moment us que lin hic, ben 2e 1 mil Expieds ser. 18: en loukt ques.(hi | qé d'un 20! se\etl /q possible Me es et dl cer. ut, hit ME: aus LE ln. Qu [En sseil jl nu | Ë Les re : on pe #0) ll @ 267) un beau jour, quand la terre n’est ni trop sèche ni trop humide, on trace des sillons espacés de huit pouces. On sème à la volée. On peut, par ce moyen, piocheter de temps à autres entre chaque rangée. On ne sème pas trop épais. Un arpent sert pour quatre arpens. On sème partout en juillet. Rozier veut que l’on sème en juin, pour que les jeunes plants, sortant au mois d'octobre, craignent moins le froid de l'hiver. L'auteur du bon Fermier dit qu'on sème la graine dans le commencement d'avril. Celui qui sème dans le sable doit avoir l'eau à sa portée, pour arroser ses plants plus souvent qu'en autre terrain, etc. À limitation de ce qui est ici prescrit pour le colza, nous formions Pour nos blés des pépinières séparées; mais ce que Turbilly nous apprend du grand chou d'Anjou nous fit naître l’idée de nous passer de pépinières, Turbilly dit qu'on sème le grand chou verd, grand chou d'Anjou, au mois de juin en bonne terre, qu’on arrose quand il fait sec; mais beaucoup de cultivateurs sèment la graine de ce chou avec celle du chanvre, Cetie facon, peu sûre dans les temps plu- vieux, réussit quelquefois, En arrachant le I. Partie, 16 (F 565: L chanvre, on découvre de petits choux qui, s'ippos L se trouvant à l’air, croissent alors très-vite. serions ke On les transplante à la Toussaints; on les l'idée« 16 estime plus que ceux venus dans les jardins, 2 qute du comme étant moins sujets à monter en graine els, exe { au printemps. cohfrmé \l D'après cette indication, nous semions sellemen ( quelquefois nos blés sous d’autres plantes molle 1 et dans des coins perdus. Nous ne les trans- américe || plantions qu’à la fin de l'hiver; il nous fallait Les: WE par conséquent moins d'espace et moins de d In: 4! dépense. Nous allions même bien plus loin, vérifer | car nous voulions rendre nos blés trisan- Ehdier al nuels en quelque sorte; nous les semions sur tan, {||| couche au printemps d’une année; nous les 7 pal crir | transplantions plusieurs fois, pour ne les Me recueillir que l’été d’une année suivante. cite, À À Enfin, nous en étions venus à croire que le à ce st | blé pouvait être coupé en herbe, pour servir d'après SIA de fourrage, et n’en être pas moins ensuite digne à K} transplanté avec grand succès pour donner départ: | piite ses épis. Un h " 1 De ces expériences qui ont été inter- miliers | LÉ rompues et qui n'ont point laissé de trace, Î fa | nous ne concluons aujourd’hui que la néces LÀ 4 ces| || sité de les recommencer, de les varier, de les un ect | suivre jusqu'à ce qu'on arrive à des résultats On se positifs. C’est une belle tâche que peuvent wo, à æ hour qui Es vx son là Us Jardins! Wen grain OM semion$ mx plat « les tant Eur ous All 3" moins dé plus lou} æs lt | espions si Bunous Les nq me\e c: 23nsuvante F2 1e Qué} |, gour ser | ae ns est Lou eur dont CA été ut = de 1% D e lot PULL ults ] Œ A] HS | 16 par ( ( 363) s'imposer de jeunes agronomes, et dont nous serions trop heureux de leur avoir donné Vidée en fortifiant, par l'exemple de la cul- ture du colza, du iabac et des choux-chol- lets, exemple domestique rapproché de nous, confirmé par nos propres essais, ce qu'avait seulement deviné M. Cossigny, d’après le modèle éloigné de la culture asiatique et américaine du riz. Les amis de l’agriculture qui seront tentés de lui rendre le service de répéter et de vérifier la transplantation du blé, devront étudier dans le plus grand détail la culture flamande du colza et des choux. Et il ne faut pas croire que cette transplantation, dont on a l'air de s’effrayer, soit en effet si com- pliquée, si longue et si dispendieuse, Voici à ce sujet quelques données bien rassurantes, d'après la Statistique du Nord, par mon digne ami, feu M, Dieudonné, préfet de ce département. Un hectare contient près de cinq cents milliers de planchons de colza. il faut cent trente-cinq mille deux cents de ces plantes de colza pour repiquer dans un hectare. On se sert, pour planter le planchon de colza, de plantoirs en bois> terminés par RE. 6 SE) une pointe ou dard de fer, fait en ovale; tés de bn de six à sept pouces de hauteur sur quatre évalue douze f L de largeur. Ce plantoir a trois pieds de haut; 1 7 gadt il est fixé à une poignée horizontale d’un 1 A (91 il pied et demi de largeur. oil be ! à À Un homme tenant cet instrument à deux Où 2 Ar mains, forme des trous à la distance d’un ie| |[| demi-pied Pun de l’autre, en quinconce et cola,© || à huit et dix pouces de profondeur; il va si s01gn | il très-vite. La terre a été bien préparée. Des ont 1 |‘1 enfans suivent avec des plants, en mettent noi p If un dans chaque trou, à environ trois pouces du mè er| au-dessous de la racine, et du même temps Lac || fl. rapprochent et serrent d’un coup de talon étaient {| la racine. Deux hommes peuvent planter 7 dimes. hi.| quarante-cinq ares,(environ un demi-hec- sopl des A lare, ou un grand arpent ancien}) en un diiment h jour. Il faut dans ce cas six enfans pour person [A les assortir. tures, 1 I ya aussi des plantoirs à deux branches. l'agricu Le tabac, les choux-chollets se plantent plus ai Vove. FLE avec le mème instrument et les mêmes pro- blés du di cédés; mais on met les choux à douze pou- || ces l’un de l'autre, et les plantes de tabac à qua} | dix-huit pouces. Un hectare reçoit quarante- 7 bé,« quatre mille quatre cents plantes de choux,; Néan ant d'al et trente-cinq mille plantes de tabac. Le plantage de cent trente-cinq mille plan- consulte, À en vi, sur(qualre BG de laut ntale d'un sf à deux! D ve d'un g ivonce€ BÆcur; 1 1 marée. De < nel) JMgis pouce 1 ne LNp| wo: talon ss planter grarhet- 9j mul | 1 pur rs branchés À à plant pu mes ji \ uze pi \=< tabac à 1œ url d Jus; et es D (pi LD ( 865) tes de colza dans un hectare de terre, est évalué à dix-huit francs; celui des choux à douze francs, etc. Cette culture est faite en grand dans le département du Nord; quatorze mille hectares sont mis en colza tous les ans. On nous demandera peut-être comment il s’est fait que des choux, du tabac, du colza, ont recu dans la Flandre une culture si soignée, et que les mêmes laboureurs qui ont imaginé de transplanter ces végétaux, n'ont pas eu la pensée de faire l’application du même procédé à la culture des fromens? La chose ne doit pas surprendre. Les blés étaient une culture ancienne et sujette aux dixmes. Les colzas, les choux, les tabacs sont des productions modernes et que la dixme n’atteignait que partiellement. L'intérêt personnel a perfectionné ces dernières cul- iures, parce que le profit était tout pour agriculteur, et que son industrie y était plus aiguillonnée. Voyez ce qui est dit sur le repiguage des blés dans le Dictionnaire d'histoire naturelle qui a paru chez Déterville.{ Repiquage du blé, article froment, tome 9; page 117). Néanmoins, pour tout dire et n’avoir pas l'air d’abonder uniquement dans notre sens, consultez aussi le Recueil de lagronome an- ( plais, le très-célèbre Arthur Young, lequel prononce ex cathedrä qu’on ne saurait, dans aucun cas, faire devenir profitable la trans plantation du blé, et que les avantages que lon croirait en retirer, pour abréger le temps et le sol perdu en jachères, sont absolument chimériques. M. Arthur Young part d'expériences qu’il appelle de curiosité, n.% 1et 2,et suivant lesquelles il a semé un grain et ensuite une livre de froment blanc et rouge. Il ÿ a trouvé de la perte; mais il ne-s’agit pas ici de la culture er grand, Nous ne cherchons que des méthodes pour les cultures ez petit; et nous avons lieu de penser que le cultivateur anglais s’est rebuté trop tôt dans ses expériences de curiosité, Au surplus, c’est ce qu'il s'agit de vérifier de nouveau par les essais que nous avons éminemment en vue de provoquer ici. Ce peut être, il est vrai, un très- grand préjugé que Pavis de M. Young. En revanche, M. Bogle, ecossais, a publié les succès par lui obtenus en transplantant le blé, quoiqu'il regarde néanmoins cette culture du froment comme étant moins utile qu’elle n’est curieuse, sinon dans certaines circonstances qui peuvent la faire adopter. Voici ses avantages, suivant l’agronome = 23 Æ | dEcos. métho PO smenc de sem comme| rpastste tenant les cha ces pla s OA ies ser Col put ëtr ejhus,| (AE laxe de aol par M Quatre posant« robuste y em EN, blemen aïtre er conseille lung, lequel Aura, uk À} la trand. ÿ avantages our abrèget res, sont À\r Young ge curiosité} SI a sent ul be ment Den Sir; mail a: en grand |«ex odes pour À sens eu dé 7. est rebuté » ah Hcuroñite, tige verbe {1 JHONS AVR rt mor 11 il pauts- gril Ÿ œ1 |@is, à publ | 4" pnsplantil gæÆnons(ll | no ullé où M; certaines de apr. ul Part Le ê 6 667) d'Écosse, qui dit avoir mis en usage cette méthode jardinière: 1.9 On épargne une grande quantité de semence. Le fermier peut avoir une espèce de séminaire, ou une pépinière à grains” comme nous lavons dit plus haut, et qui consiste en une petite pièce de terre con- tenant les plants destinés à être portés dans les champs. M. Bogle calcule qu'un acre de ces plants suflit pour cent acres de terre. 2.° On obtient par cette méthode, une récolte double ou triple de celle qui suit les semailles à demeure et à la volée. 3.° Une grande partie du travail nécessaire peut être exécutée par des femmes et des enfans, par des infirmes pauvres. La charité de la paroisse trouve ainsi de l'emploi, et la taxe des pauvres peut en être diminuée. 4,° Les frais d’une telle culture sont estimés par M. Bogle, une guinée par acre( vingt- quatre francs par quarante ares}, en sup- posant que le travail serait fait par des hommes robustes. Il se ferait à plus bas prix, si l’on n’y employait que des enfans, garçons et filles. 5.° M. Bogle trouvait les plants convena- blement espacés à la distance de neuf pouces entre eux sur tous les sens. Néanmoins il conseille d’essayer des distances de six, huit, ( 368) douze pouces, suivant la nature du sol et le genre du grain qui talle plus ou moins, etc. 6,° Cette méthode doit avancer la récolte. 7.° On peut avoir aussi une moisson plus nette; la terre étant bien labourée immé- diatement avant de recevoir les tiges trans- plantées, le froment poussera plus vite de ces plants, déjà foris, que les mauvaises herbes ne pousseront de leur semence. Le froment doit les étouffer. 8.° Les terres exposées aux inondations pendant hiver ou le printemps, et que l’on craint d’ensemencer de froment en automne suivant la méthode ordinaire, peuvent devenir propres à porter du froment transplanté au printemps, ou même dans l’été. 9.° M. Bogle a eu des exemples de froment transplanté en septembre, octobre, novembre, février, mars, avril, même plus tard que la mi-mai, et qui a très-bien réussi.(Bibliothèque physico-économique, 1788, tome 2, pag. 31). M. Bogle est l’auteur d’un roman histori- que, philosophique et politique, qui a pour titre Bryltophend. C’est le rêve d’un citoyen bien intentionné, et qui, même en révant, songe encore à l’agriculture. Une chose doit étonner; c’est que le fameux Tull et notre Duhamel lui-même, n'hent la méll plantati sou| qu enel édent, es à| A fa hamel. g émen de nos blé, D précieu son, defomdr à telle mA& bié qu dans le d'être; beducou bedtaux se proc culture pâturag de vo kamel réservée — du fol el > MONS, ee %£ la récoliy 15500 plug dés imnél êtes transl nl te de cg lits Verbe = frouu Zrondatins æct quel SJ: automne wwgort derenit usulanté au é } as froment ,gnvenbr er que }.bliothèqu =, pag il) œ an lise ul à put jee in cop cn rl De st QUE le Dé ui-nènt, ( 269) n'aient pas eu l’idée d’appliquer au froment la méthode des pépinières et de la trans- plantation, tandis qu’ils l'ont suivie et ont voulu laccréditer pour d’autres végétaux qui en étaient moins susceptibles. Voici quelles étaient, entr’autres, leurs observations rela- tives à la luzerne, au trèfle et au sain-foin. Il faut d’abord rendre justice à notre Du- hamel. On Pa trop accusé de se livrer aveu- glément à cette prédilection ou à cette manie de nos cultivateurs, qui ne songeaient qu’au blé. Dahamel y songeait comme à un objet précieux, mais sans oublier laccessoire. Per- sonne, mieux que lui, n’a senti la nécessité de joindre la culture des prés et des fourrages à celle des terres à blé. Personne n’a plus insisté sur la réunion des moyens de ferti- lité que le cultivateur ne peut trouver dans le blé seul. La terre, dit-il, a besoin d’être secourue par les engrais. Pour avoir beaucoup de fumiers ,; il faut. beaucoup de bestiaux. Pour multiplier les bestiaux, il faut se procurer des pâturages,{ Traité de la culture des terres, tome 6, page 50). Les pâturages même ne sont pas suflisans.; Je vois toujours avec regret, ajoute Du- hamel, des friches immenses uniquement réservées pour nourrir une petite quaniilé x de bétail, pendant que la dixième partie de ce terrain bien entretenu en prés artificiels, pourrait produire une bien plus grande quantité de fourrage.( Traité de La culture des terres, tome 5, 1757, préface, page 267). Il dit ailleurs qu’un arpent de bon pré produit plus d'herbes que six arpens de jachères ou de chaume. Un seul arpent de luzerne produit plus d'herbes que six arpens de bon pré. Le produit d’un bon arpent de luzerne surpasse donc celui de trente ou trente-six arpens de jachères ou de chaume. { Tome 3, page lv)). Nous savons, ajoute-t-il, par notre propre expérience, qu'une pièce de huit arpens de prés hauts, que nous faisons labourer quand nous nous apercevôns que les mauvaises herbes sy multiplient; que nous engraissons par des fumiers réduits en terreau, ou avec du fumier de pigeon; dont nous tenons toujours le terrain bien uni par le soin que nous avons de faire abattre les taupinières afin que la faux puisse couper toute l'herbe; que nous refendons de fossés pour procurer l’écoulement des eaux; enfin, que nous tenons bien clos pour en interdire l'entrée au bétail, et em- pècher que l’on n’y fasse des chemins; cette na! petite qU rous- d'herbe Q que nous mers, C2 prés natur qua pl que les sait que les terres terne,€ en turn de terre! ere, Î) sttluple d alons va€ t&t phas 0 d'où l'or luzerne comme aïpens| Douze 4 tihoiel,« fourniror ferme de Châtea augmente &ul labour ) à ne pari d petite quantité de prés, dont nous avons soin ss, nous- mêmes, nous fournit elle seule plus pbs grand d'herbe que trente ou quarante arpens de prés LS Du que nous abandonnons à chacun de nos fer- Ace, pag miers. Cependant nous ne parlons ici que des prés naturels, simplement bien entretenus, et 20: Von mt qui ne produisent pas à beaucoup près autant : 2 agen que les prés arüficiels.(Page xxxix). On æ. arpaut à sait que nous entendons par prés artificiels, e sx ame les terres semées en trèfle, en sain-foin, en lu- E srpai à zerne, en pois gris, en vesce, en gros navets, trente 0 en turnip, en grands choux, en pommes| D de chante de terre, etc. Prenons pour exemple Ja lu- Li zerne. Le produit des terres en luzerne est Le propre sextuple de celui des prés naturels. Or nous indrpens de avons vu que celui des prés naturels bien tenus délrex quand est plus que quadruple de celui des landes, é Æuises herbd d’où lon peut conclure que le produit de la sos pa là luzerne est au produit des landes au moins =: du faut comme vingt-quatre est à un. Ainsi, quatre = chovions À arpens peuvent autant produire que cent. 1 LL Douze arpens et demi d’un excellent pré ar- TT uficiel, d’un champ de luzerne» par exemple, À a qe fourniront autant d’herbe que irois cents d’une RS. Ste‘ ferme de Beauce.( Pages xl, xlj, xli). on Das be Châteauvieux concluait de là qu’on pourrait PIC augmenter la quantité des terres destinées au labour, Ç 572) Par le moyen des prés artificiels cultivés, on aura une beaucoup plus grande quantité de foin sur un espace de terre beaucoup plus petit; puisque dix arpens peuvent donner autant de foin qu'on en recueillerait sur cent, d’où il suit que sans produire aucune diminution sur les fourrages, on peut con- vertir quatre-vingt-dix arpens de vieux prés en terres labourables, dont on tirera telle production qu’on jugera la plus avantageuse. { Réflexion de M. de Châteauvieux, Traité de la culture des terres, iome 4, page 492, 1754.). Mais c'était peu d’avoir des prairies artifi- cielles semées à l'ordinaire. L'idée de irans- planter le trèfle vint d’abord en Bretagne. En 1755, M. Nevet de Ponibriand avait fait semer en chanvre et en lin, un tiers de journal. Il avait fait répandre de la graine de trèfle mêlée avec celles de chanvre et de lin. Après la dépouille du chanvre et du lin, le trèfle parut et fut si beau, qu'il le fit couper au mois de novembre de la même année, sarcler en février suivant, faucher au commencement de mai 1756. Comme ce trèfle était fort épais, il regarda ce journal comme une pépinière d’où il ürait du plant qu'il faisait replanter par rangées éloignées > 4 les un ce qui houe. page (ele à Jen Dus Duban chan racine: longui tranc on pl tendaie qui Ven mn \rois be replan beauc: planté vides, WDisine. de re procu: coltes [En: soin de eu les 24 cultié, nile Quantité UCOup plag Si domer 30 lerait sut Ib. aucune 2 kit con D rieur pré LOrrera(ell æ antageuse| Mur, Zraitl page don) n1q es art b> trans- | metagne, nn aval "na tiers de ss) graine 1e ea et deu, pet du ln) juil b il me{a men e Count* Be, çe juil Ed pl “3 éloignés! c € ce 6 7) les unes des autres d’un pied et demi, ce qui suffit pour donner des labours à la houe.( Traité de la culture des terres pa 3e 147}. / ? Cette méthode fut de suite appropriée à la luzerne. Dans l'automne de la même année 1755, Duhamel avait fait arracher dans un vieux champ de luzerne les gros pieds dont les racines étaient de la grosseur du pouce et longues de six à sept pouces. Il fit faire des tranchées et replanter ceite luzerne comme on plante la charmille. Les ouvriers pré- tendaient que ces gros pieds étaient usés et qu'ils ne produiraient point d'herbes. Il n'en manqua pas un seul, tous donnèrent trois herbes très-hautes. De nouvelles rangées replantées au printemps donnèrent de l'herbe beaucoup plus basse que celles qu'on avait plantées en automne, Pour garnir les places vides, il fit coucher des brins des plantes voisines. Voilà, dit-il, un moyen bien simple de renouveler des luzernes usées et de se procurer sans interruption d’abondantes ré- coltes de cet excellent fourrage. En arrachant le plant, il avait eu grand soin de faire ménager toutes les racines; et en les faisant replanter dans les rigoles, on "à ap Sr — ( 374) y apporta les mêmes attentions que celles que l’on observe en plantant les arbres. Des essais successifs vinrent confirmer ces idées, et Duhamel les réduisit en un système théorique. La luzerne, dit-il, pousse une grande racine perpendiculaire ou pivotante, qui pénètre très profondément dans la terre. M. de Châteauvieux a éprouvé que si l’on rac- courcit cette racine pivotante, elle pousse ensuite d’autres racines latérales qui procurent une merveilleuse vigueur aux plantes. Il en transplantait une rangée sur chaque planche exhaussée et bombée.Les planches avaient trois pieds de largeur; les pieds de luzerne étaient distribués de six en six pouces sur la largeur des rangées. Il faut semer la graine de luzerne au printemps et en bonne terre, afin que les pieds se trouvent assez forts pour être trans- plantés en septembre. On peut se servir également de plants qui auraient deux ou trois ans. Il ne faut pas les transplanter que la terre ne soit fraîche et humide. Il est à souhaiter que le temps soit disposé à la pluie. Si le temps ne le permet pas en septembre, il vaut mieux attendre d’abord après les gelées de l'hiver; mais si l’on ne fait la transplan- tation qu’au printemps, les récoltes de l’année geron adresse pour p sera CÉ de lons pouces les pla rachis de l' veut| avec| qu'on ouvré prolu duquel jusqu à ali tronr terre tous la ter que( parc péri . jam: de h jain- des r e cells res, SE Cmer ces 3{système 3Myrande 540, qu S re,\, & on ri- JA: pour FÆ'ocurent 28. Îl en wypolanche SW 26 trois istarent shrgeur D suzerne de que les ge> l'as : ser en à œuit que sil«ti =: plu = ut, 5 sh sup 2l apnée ( 5 3 seront fort médiocres. Il faut arracher aveg adresse et patience les plants de la pépinière, pour n’en pas endommager les racines. On lais- sera ces racines d'environ six à sept pouces de longueur, et l’on coupera l'herbe à deux pouces environ de la racine. On fait tremper les plants dans l’eau aussitôt qu'ils sont ar- rachés, et on les tient dans un baquet avec de l’eau, où on les prend à mesure qu’on veut les piquer en terre, On plante la luzerne avec la cheville ou plantoir, de la même facon qu’on plante des choux ou des laitues. On ouvre un petit sillon en droite ligne, de la profondeur de deux à trois pouces, au fond duquel on plante les pieds en les enterrant jusqu’au collet. Il faut sarcler très-exactement, cultiver la terre des plates-bandes pour dé- truire les mauvaises herbes et entretenir la terre légère et ameublie, faire cette culture tous les mois pour ne laisser jamais endurcir la terre, et couper la luzerne dès qu’on voit que quelques plantes ont des fleurs épanouies, parce qu’alors le fourrage est excellent et su périeur à tous les autres; enfin ne laisser jamais pâturer aucun bétail sur ces planches de luzerne.( On peut établir des prairies en sain-foin suivant la même méthode). L'état des récoltes de la luzerne ne doit point être "5 ( 36) compté sur le produit des deux premieres années. À la troisième les racines sont par- venues à la grosseur d’un pouce de diamètre, et la principale, d’un pouce et demi. Dans les luzcrnes semées à l’ordinaire même depuis vingt ans ,on n’a pu trouver une seule plante dont la racine pivotante eût acquis la grosseur d’un pouce de diamètre. Un terrain de qua- rante toises de longueur et de trente-quatre toises de largeur contiendrait un arpent. Cet arpent divisé en soixante-huit planches de trois pieds de largeur chacune fournissant sur le pied de deux cent vingt-cinq livres de foin par planche, le produit total d’une année serait quinze mille trois cents livres pesant par arpent. Un petit nombre de pieds de luzerne qui sufiront pour garnr un arpent formé en planches, produit beaucoup plus que le nom- bre immense de pieds qui se trouvent dans un arpent cultivé à l'ordinaire. Par le moyen des labours, M. de Châteauvieux était par- venu à faire une coupe de luzerne tous les mois à compter depuis la sortie de lhiver jusqu'à l’automne. Cette plante bien cultivée fait ses productions avec une telle prompti- tude, qu’à chaque mois, mtervalle d’une coupe à lautre, les bourgeons s’allongent de deux + pieds; f Von ne que chef dix pie qans Je grand DE plus sou Duel par le P cieuse. M, dl supprl nl tuant{4 une éd dérationk Qu'on ent porter V9’ uiles, 4h | lag que d'a Îl ne 1 avec les. avait 1 Carross p Mangeë, hachée y pique geaient| ( pieds, et par le nombre des coupes, que 2 F7? UT 2) = Ipremières à Re HE l’on ne porte qu'à cinq par année, il résulte Sont par- ss que chaque plante a produit environ neuf à »(amère, Yi. D dix pieds de longueur de fourrage, et cela mi, ans | dans lé même espace de temps où le plus ee depuis grand nombre des prés n’en produirait le 26 plante plus souvent que deux. 74 grosseur Tab : Duhamel insistait sur-tout pour la luzerne, En de qu par le cas qu’il faisait de cette plante pré- | ile-quatre: cieuse. À peut. Ca M. de Chäteauvieux pensait qu'on pouvait ais pu à supprimer l’avoine aux chevaux, en y substi- os es tuant la luzerne cultivée, ce qui procurerait à LE bi une économie considérable, par la consi-\ til ne dération de l'étendue immense des terres ous Dirés qu’on ensemence en avoine, et qui pourraient porter d’autres grains plus précieux et plus Jree qui uliles.( /bid. p-2525). far orme cl Il ajoute que ce serait prodiguer la luzerne »lenon- que d'en nourrir entièrement les chevaux. set ds Il ne faut leur en donner qu’alternativement E koi avec le foin ordinaire. M. de Chäteauvieux È y était pu: avait retranché l’avoine à ses chevaux de: Se tous lé carrosse. En place et aux heures qu'ils la 5 de Lo mangeaient, on leur donnait de la luzerne| 5 po” hachée, comme on hache la paille en Es- All © prunpte pagne pour les chevaux. Les siens la man- Ne > luc} geaient avec la même ardeur et marquaient w =: de deuX À ( 378) la même impatience à la sentir dans la crèche que pour lavoine. Ils étaient en meilleur état qu'auparavant, et son cocher n’était oc- cupé qu'à les retenir. Duhamel s'était convaincu que le fourrage de luzerne pouvait se conserver. La luzerne gardée pendant quatre ans s'était trouvée d’aussi bonne qualité en 1756, que celle de la même année. Elle avait conservé sa bonne odeur. Les chevaux la mangèrent sans en faire aucune distinc- tion, et ce sont les meilleurs juges en cette matière.( Zbid., p. 529). La même théorie avait amené Duhamel et ses correspondans à planter aussi le sain-foin. D’après les expériences exécutées en 1755 à Bergerac, par M. Eyma, un journal, ou champ de huit cent quatre-vingt-huit toises carrées planté en sain-foin, et qui avait pro- duit dix milliers pesant de foin sec en 1754, en a donné quatorze mille quatre cent qua- rante-cinq livres pesant dans la première coupe de 1755. Le sain-foin était planté sur des planches de huit pieds de largeur, les pieds à seize pouces de distance les uns des autres. M. Eyma faisait donner un labour à la main toutes les fois qu’on avait fauché l'herbe; mais il jugeait la culture à la char- !, re pl? res»{on À Je ne 10 9) vhter es à gglières wapél alex us 225 Jazerné il semée,( tour. DI8 ème à À dans sell fermiers sir repios okrasion Shoëte(10 ainsi cet Mais pol gleterreir maniere): flançaisix récent(y M.(. le pren d'encous dès praty Par simpi | æ à Crèche | GE meillerr t Il lé Ù = était oc. al urrage Sp e ans IP e« Cie, Elk Si heraux CA: distinc- | Sn cell nn { | 1 nel et -fon, ) 88! 1759 wo, où d=$t toises rat pr Jen 116! Sent Qué |&rremiré œante sul Ze « uns def es Lo à 1 PL auché a char ( 0679}) rue préférable.( Traité de la culture des ter- res, tome 5). Je ne rapporte pas toutes ces données sin- gulieres sur le sain-foin et la luzerne, pour vanter exclusivement la méthode de transplan- ter ces plantes fourrageuses. M. Arthur Young a examiné ce problème, et il a comparé les divers avantages et les désavantages de la luzerne cultivée de diverses manières, soit semée, soit plantée, à la volée ou au plan- toir. Dans les grandes cultures, il veut qu'on sème à la volée. Néanmoins il cite lui-même, dans ses Tournées agronomiques, plusieurs fermiers anglais qui se sont bien trouvés d’a- voir repiqué leurs luzernes. Il parle, à cette occasion, de la récompense promise par la Société de Londres à celui qui aurait cultivé ainsi cette plante sur un nombre d’acres fixé, Mais pourquoi donc chercher toujours en An- gleterre des exemples que nous trouvons d’une manière plus certaine chez nos cultivateurs français? Il y a, dans ce genre, un fait assez récent et digne d’être plus connu. M. Gaujac( qui a remporté si justement le premier prix proposé par notre Société d'encouragement, pour la culture en grand des prairies artificielles) a essayé, d’abord par simple curiosité, de cultiver la luzerne ne! en la semant sur couche vers la fin d'avril, et la faisant ensuite repiquer au plantoir, en bonne terre profondément labourée, chaque brin à un demi-mètre, ou un pied et demi lun de lautre. Au mois de juillet suivant, la luzerne avait plus de deux pieds de hauteur, On la coupa pour la faire taller. On donna ensuite un sarclage et un binage. Au com- mencement de novembre, on coupa de nou- veau, à trois lignes du collet, l'herbe qui avait repoussé, et l’on couvrit toutes les plantes de quelques lignes de fumier à moitié con- sommé, La seconde année, à la fin de mai, la luzerne montrait déjà ses boutons à fleurs, et ses tiges ombrageaient la terre. Elle fut fauchée et binée trois fois. Dans ces trois coupes, le poids moyen de l'herbe provenue de chaque plante était de cinq livres. Dans la troisième année, on obtint onze livres d'herbe par chaque pied de luzerne; et dans la quatrième année, on en eut quatorze. On a vu chez M. Gaujac, dans la ci-devant Brie, de la luzerne ainsi repiquée, dont chaque pied présentait, au mois de mai de la troi- sième année, une centaine de fortes tiges, de chacune desquelles partaient beaucoup de ramifications, chargées de beaucoup de belles feuilles. | Au n s ragé pil s placer ds dsposee à 1 comp À dherke, 9€ dante-st I quant Ip fourrage: 2erne chevauxtil ibs par 1 On 1: core élob el sur'-toies Mie, lesoë jeût«dla de luzerë ayec sol chevaux mal subs2e nÿs plus 4 nléthode pis étre céréales l'ont deps chciférec] Mais i] 4 fn d'avi] ES lantoir ed ie, chaque € et demi WA suirant 4 eh: auteur, 13))n donna BA col de à de noue Le quiarait 2e plantes 2 oilié con Shi de mi Vas à fleurs, arËle fut uses trois adrrovenne Be. Dans due dre es, et dau DD 12e.(M ÿ=ant De, chu Lt En es 10, dE Lo? de mc bee () Au mois d'avril 1806, M. Gaujac, encou- ragé par ces premières tentatives, a fait placer dans un demi-arpent de terre bien 2 disposée, treize mille plants de luzerne. A ne compter chaque pied que pour douze livres d'herbe, il espérait avoir en 1809, cent cin- quante-six mille livres d’herbe fraîche, ou cinquante-deux mille livres, au moins, de fourrage sec. Ainsi donc, un arpent de lu- zerne plantée servirait à nourrir sept à huit chevaux pendant un an, à raison de trois bot- tes par Jour. Un hectare en nourrirait vingt. On voit par-là combien notre art est en- core éloigné de connaître dans leur entier, et sur-tout de faire valoir, suivant la possi- bilité, les ressources de la nature. Le plus petit colon n’aurait besoin que d’un hectare de luzerne ainsi transplantée, fumée et binée avec soin, pour entretenir largement plus de chevaux qu’il ne s’en trouve d’errans et de mal substantés sur les landes et les pätis de nos plus grandes fermes. Et comment la même méthode de transplantation ne pourrait-elle pas être heureusement appliquée aux plantes céréales, puisqu'on a vu que les Flamands l'ont depuis long-temps adaptée aux plantes cruciféres et oléagineuses? Mais il ne s’agit ici que de la culture du ( blé. Or, les mêmes principes par lesquels Duhamel et ses correspondans transplantaient la luzerne, le sain-foin et le trèfle, devaient les amener aussi à transplanter le blé. Ils prétendaient favoriser la végétation vigou- reuse des plantes par l'extension des racines. C'était sur-tout par-là qu’ils les considéraient dans leur système de culture. « La grande fertilité du sain-foin, dit Du- hamel, vient de la prodigieuse quantité de racines qu’il produit. Son pivot s'étend quel- quefois à quinze et vingt pieds de profondeur en terre, et de plus il est pourvu de plu- sieurs racines latérales qui s'étendent sur-tout sur la superficie dans la bonne terre.(Tome 5, page 246).» Or, Duhamel et Châteauvieux avaient éga- lement reconnu la grande étendue que pre- naient les racines du blé dans un gueret assez profond et dans une terre assez meuble; et c'était de là qu’ils partaient pour recomman- der des labours plus profonds et plus fré- quens. Les racines d’un grain de blé bien cultivé et qui a pu se développer à son aise, s’é- tendent de la longueur de dix-huit pouces dans le gueret.( Zbid., p. 44). Si on examine bien les labours ordinaires, dt ailleur pénètrent poucés.{ rlences dl dolume, 4° tbndaent Ÿ gp (Dans! capitaine diers de 3 près of de terres de sepie laisser cel lh ft1 le largeur mer À ples les! élaient 4 des auts d'octobr immensel yes en; doubles, plus de (On, ftilité« Shade de a lesqus = isplantaient CR devaient Se bk, Ils Yon YIgou MS racmes, 7 esieraent in, dit Dr. Beuantité le dtend ques 5 rofondeur ea de ph Dot sur-lout swsZome 9, 5 ent èn- DD: que pre BE yeret as Sceubk; à ÆJ>commAl- plus ft Zen culité Jæ ae, st = pouces marnus t 5) dit ailleurs Duhamel, on s’apercevra qu’ils ne pénètrent tout au plus qu’à trois ou quatre pouces. Cependant, on voit dans les expé- riences de M. Diancourt rapportées dans ce volume, que les racines de son froment s’é- tendaient à 15 et 18 pouces de profondeur perpendiculaire.(Tome 3, page 13). «Dans le mois de mars 1753, M. Diancourt, capitaine aide-major au régiment des grena- diers de France, fit préparer dans son pare ( près de Montfort-l'Amaury) deux arpens de terre pour les mettre en froment au mois de septembre suivant; et afin de ne point laisser cette terre inutile pendant six mois, il la fit dresser par planches de six pieds de largeur dans le mois de juin, et y fit semer des fèves, les unes par rangées sim- ples, les autres par rangées doubles. Ces fèves étaient, dans les rangées, éloignées les unes des autres d’un pied. Au commencement d'octobre on a recueilli dans ce champ une immense quantité de fèves. Les rangées sim- ples en ont autant produit que les rangées doubles. On à compté sur quelques pieds plus de cent quatre-vingt cosses. « On ne peut attribuer une si prodigieuse fertilité qu’à la bonne culture. Cela me per- suade de plus en plus, comme je l'ai dit “S. ( 364)j ailleurs, que bien des faiseurs d'expériences : è FA ont mal à propos attribué à des infusions Sue | LE mystérieuses, des succés qui métaient dus E Le qu’à la bonté de leur sol et à la perfection À Ï 4. de la culture qu'ils y donnaient. Pour que i{ li les plantes cultivées suivant nos principes FDA profitent de la culture des plates-bandes, il 4!(Es? faut que leurs racines puissent s'étendre 1h à une distance un peu considérable. Cette ]| réflexion a engagé M. Diancourt à arracher \ avec précaution quelques pieds de fèves | et de blé. Les racines des fèves s’éten- Nil daient, pour la plus grande partie, à plus 1 LI) de trois pieds de leur souche. Un grain de {| If\ froment qui avait produit quatre-vingt-treize \ épis, tous bien conditionnés, avait presque toutes ses racines longues de quinze à dix- huit pouces; mais au lieu de les étendre horizontalement comme celles des fèves, elles A| étaient presque toutes perpendiculaires: on 5(E peut conclure de là qu'il est inutile de faire pe\ les plates-bandes( pour le blé) de six pieds | de largeur, mais qu'il convient, autant que | le terrain peut le permettre, de former sous f les rangées un gueret très-profond, soit en A labourant profondément, soit en relevant la fe terre où l’on doit former les rangées.( Pages UN. 28 ,:19 et 20).» Il [inf des faits! planter ï fait dé Àges del tele, Hal pie ve ble pos pour le I oyens lu I mémoi est ced jar lab objet dis pisser, Je D dappeudic) tons d\ sq France:| d'agricul et par M Bouches-4 ICest y alteur ds rendu 1 2° Je& détails su, débartemc’ rappeler t L?q D l'expérienck S|es infusion %'étaient du S| perfection 9! Pour qué Œ principes #£andes,\ 22. sétentil Bike, Ce CAC à array EC de fé eves s'etel œ le, à plu ss) grain i singt-treire 15, presque pp ue à dir 9ks te B fèves, el Blues:! suile de 4 do 54 œud, vit I | = rer Ï Il n'y avait qu'un pas à faire pour tirer de ces faits la conclusion qu'on pourrait trans- planter les pieds de froment, comme on avait déjà si heureusement transplanté les tiges de luzerne, de sain-foin et même ce trèfle, Mais Duhamel a craint que ce pro- cédé ne parût trop compliqué et irop pé- nible pour la culture du froment; et c’est pour le simplifier qu'on a imaginé d’autres moyens de cultiver les plantes céréales, avec le même but de multiplier leurs produits. C’est ce qui a été d’abord exécuté en France par Pabbé Poncelet, dont les travaux seront Vobjet du chapitre suivant. Mais avant dy passer, je crois devoir 1.° transcrire, en forme d’appendices à ce chapitre X, les observa- tions et les expériences qui ont été faites en France par M. Daly, membre de la Société d'agriculture du département de la Drôme, et par M. Poulet, de Salon, département des Bouches-du-Rhône, Cest mon savant confrère» M. Tessier, auteur des'Annales d'agriculture, qui en a c’est aussi lui qui va parler. 2.9 Je donnerai ensuite quelques nouve rendu compte; aux détails’sur mes propres expériences dans le département des Vosges, que je n’ai fait que rappeler trop brièvement ci-dessus. Î. Partie, 17 “y re 1: L | ( 2866*) Ce chapitre X est bien long; mais Pimpor- tance du sujet et la nouveauté des détails me laissent espérer que du moins les lecteurs ne le trouveront pas prolixe. I.cr APPENDICE AU CHAP. X. Observations et expériences sur le repiquage ou la transplantation du blé, par M. Tessier, (Annales de l’ Agriculture française; tome XIF). « L’ensemencement du blé au plantoir n’est pas le seul moyen de multiplier cette inté- ressante plante, qui ait paru mériter d’être soumis à l'expérience. Il en est un autre pour lequel j'ai également saisi les occasions d’éveiller lattention des agriculteurs, c’est la transplantation, ou le repiquage du blé, On lit, page 241, tome X, des Ænnales de l’agriculture, un programme de prix proposé par la Société d'encouragement pour lin- dustrie nationale, sur ce sujet. On lit de même, page 340 et suivantes; un rapport fait au lycée du département de l'Yonne, par le citoyen Labergerie, préfet, qui a pour but d'éclairer sur cette pratique, et d’en faire sentir les avantages. En troisième lieu, j'ai publié, page 599, tome XI, un rapport fait h la S0 Deux-\t lequel IL frais; Il Usage ps Jelsique| Le ext lation à départ Je co fans ul bitoyen(| le ty Patte s dirigeel? grand fi (ele pa, esl expis 1] a pen pour y y: est une{ ent pog phière À autre, cf ais l'impur 3 dés dé iles leceuy EM x.| “repiquags dec]. Less, MS 5e, fome | Œ ton n'st| æselle inf: sex fer d'être| \esn autre il ceasions| ps, cet) sy: du DE æc unales de pus prop pou ln: 4) li de T r'appi = YYont, peu à pu J'en faire 0 eu, JA \ { « si Pi ji (867 j à Ja Société d'émulation du département des Deux-Nèthes, par le citoyen Diereksens, dans lequel l’auteur rappelle que le repiquage des grains, et sur-tout celui du seigle, est d’un usage babituel, à la vérité en petit, dans la Belgique. J'ai maintenant à faire connaître des essais qui ont été faits sur la transplan- tation ou le repiquage des blés, dans deux départemens du midi. Je commencerai par ceux qui sont contenus dans un Mémoire manuscrit, adressé par le citoyen Daly, au Ministre de lintérieur. 6. Ler Te cit. Daly fait d'abord des réflexions sur Putilité dont peuvent être des expériences dirigées vers la manière d'obtenir un plus grand produit de blé; puis, considérant que cette plante, pendant le cours de l'hiver, est exposée à des accidens souvent funestes, il a pensé qu’il fallait préparer une ressource pour y parer au printemps> et cette ressource est une pépinière où l’on puisse prendre du plant pour remplacer ce qui manque. La pé- pinière, outre cet avantage, en offrira un autre, celui de couvrir des champs qu’on Le (1688.) n'aurait pas eu la facilité d’ensemencer, à cause de l’intempérie de l’automne, ou faute de bras ou d’engrais. Ces idées, qui germaient depuis long-temps dans la tête du cit. Daly, s’y développèrent davantage lorsque le programme de la Société d'encouragement pour Pindustrie nationale parvint dans le département de la Drôme. Le cit. Daly résolut de se livrer efficacement à de premiers essais; le compte qu'il en rend a ce cachet de la vérité qui se distingue aisément. La circonstance paraissait favorable: il avait plu long-temps pendant l'automne, et les inondations avaient détruit beaucoup d’en- semencemens. Il ne fut possible au cit. Daly de com- mencer que dans les premiers jours de ven- tôse, l’hiver ayant été long et rigoureux. Soit que les ensemencemens ordinaires du pays se fassent avec régularité et en espa- cant également tous les grains, soit qu’on y distribue les engrais de manière qu'il n’v en ait pas plus dans un endroit que dans un autre, le cit. Daly assure qu’il serait difficile d'y trouver des touffes dont on püt tirer assez de plants pour fournir à une transplantation ou repiquage dans les vides occasionnés par le froid ou les inondations: il en essaya ce- pendant pason Pour| issu d! jo, LÉ Yann Le où| qu ÿ dans 1 à trois! quon? plants! à huit| Ja ter plit an 1 ILE en gramrl etait Au! poules! Ce qu Munal semé Avai plantat fortifier flait de Emencer| | Le, où laut =| Æ OnS-tempg 3} loppèrent D à Société 2aiondle Æ Mel Snent à 4 end 4 pe) aisément Siubl: à Donne, 4 Sup d'en y: con- yo] À ve .| œ ares 4 } en esf } n f| eiqu] =! 1 el me: dansil toi =| da sr all | LIL ss _ spin | 00! ne essaye D ( 389) pendant; la mauvaise réussite l’engagea à n'avoir recours qu'à une pépinière. Pour en profiter le plus utilement, il s’a- gissait de choisir entre le repiquage au plan- toir, c’est-à-dire à main d'homme, et la transplantation à la charrue ou à la pioche. Le cit. Daly préféra le second moyen, parce qu'il jugea le premier moins sûr. En effet, dans un trou de six à neuf centimètres( deux à trois pouces) de profondeur, tel que ceux qu'on fait avec le plantoir, des racines de plants de seize à vingt-deux centimètres( six à huit pouces) se placent difficilement; quand la terre est légère et sèche, le trou se rem- plit au moment où l’on tire le plantoir, etc. Le 8 ventôse de lan X, il sema dans un carré de jardin environ vingt-cinq hecto- grammes( cinq livres) de froment. L'espace était de dix mètres( cinq toises À Au bout de quinze jours le blé leva; les poules avaient mangé la moitié de la semence. Ce qui avait échappé avait au mois de ger- minal suivant, la même hauteur que le blé semé en hiver. Avant d'employer ces pieds à la trans- plantation, le cit. Daly voulut les laisser se foruifier dans la pépinière; d’ailleurs il atten- dait de la pluie; il Les laissa jusqu’au 8 floréal. ne ( 590) Ce jour-là, le temps lui paraissant bien disposé, il fit d’abord arroser la pépiniere pour arracher les plants, sans les casser; on les enleva avec la bêche, qu’on enfoncait au-dessous des racines; on secoua la terre, on débrouilla les pieds, on en forma des paquets de cent à deux cenis, on coupa les extrémités des feuilles et des racines, le tout fut partagé entre deux petits garçons de sept à huit ans, qui, avec adresse, plaçaient les pieds à six centimètres( deux pouces)les uns des autres, dans les sillons que leur père traçait avec sa pioche, et qui avaient seize centimè- tres(six pouces) de largeur. Le champ avait été destiné à un ensemencement en vesce; il n'avait reçu qu'un labour ordinaire. Ce que les poules avaient mangé ne per- mettait plus de calculer d’après le poids du blé semé en pépinière. Le cit. Daly prit le parti d'établir sa base d'après le nombre des plants. En un jour, les deux enfans et le père transplantèrent neuf mille six cents pieds, regardés comme le produit de neuf mille six cents grains, qui forment environ cinq hectogrammes(une livre), dans un carré de soixante-dix mètres( trente-cinq toises}, ce qui est un peu plus de la dix-huitième partie de la setérée du pays; d’où il résulte qe 1e froment jour la: dl; en: gran Apres) 4e mes(1 [a quai oise) dy Ur la vig la tra Let détait: {étercnn lue par à son h ce co lorsqu l'effet celles pas{ sou tar€ époq quil , doit il 1e KOn que nefi œit de ci | Sliu moment € croit que D Lens pieb gi une le) Sr deux né «ne fault es), ab >: quil a lle bas À | ze: tous À |> =, d'oure 1 x{ul cn >(DL!{0 es) ( 393) il en entrerait deux cent quatre-vingt-cinq mille, produit de quinze kilogrammes(trente livres) de semence, c’est-à-dire, vingt-cinq kilogrammes( cinquante livres) de moins qu'on n’est dans l'usage d'en semer. Au mo- ment où écrivait le cit. Daly, cela pouvait être une économie de neuf francs. Dix-huit à dix-neuf journées d'hommes, à un franc( vingt sous), font...:2.}/19f Il ne compte pour rien le temps des enfans qui, selon lui, n’a nulle valeur; en cela il se trompe pour beaucoup.de pays. A déduire, 1.° pour ce que coûterait un ensemencement ordinaire, et qu’on estime à six Journées d'homme, six FPAITCS CRE ere see CR OL La valeur de vingt-cinq kKilogrammes(cinquante livres de,‘hlé) économisée 77 9 fr. Boris es É Lire ci. 15f, Il y a donc de dépense en pIUS- Pre On va voir si l'excédent de produit de cette méthode comparée avec la méthode ordi- naire, compensera suflisamment les quatre francs, né. ( 804) Neuf mille cinq cents plants, produit de cinq hectogrammes(une livre), et placés sur soixante mètres(trente toises), ayant donné quatorze kilogrammes( vingt- huit livres), la setérée garnie du produit de neuf kilogrammes( dix-huit livres), aurait donné deux cent cinquante-deux kilogrammes( cinq cent quatre livres), el trois cent soixante- dix-huit kilogrammes( sept cent cinquante- six livres), si on ne les eût placés que sur quarante mètres(vingt toises). Le rapport aurait été plus considérable si on eût semé en pépinière, en brumaire ou frimaire, et si la transplantation, au lieu de n’être faite que le 8 floréal, l’eût été les premiers jours de germinal, avant la sécheresse. Il est pro- bable qu'une opération bien faite ferait pro- duire à une setérée, avec quinze kilograrnmes trente livres} de blé, six à sept cent cin- quante kilogrammes( douze à quinze cents livres}, tandis que, par la manière ordinaire, avec quarante à quarante-trois kilogrammes { quatre-vingt à quatre-vingt-six livres), on ne récolte que de trois à quatre cents kilo- grammes(six à huit cents livres); à la vérité il faut dépenser quatorze à quinze francs de plus; mais, d’une part, neuffrancs d'économie de semence, et, de lautre, un excédent de qeus cl Xilogra F de be L'aué object a de LE le dan Les re 25 ont ét cemenf plus,? blé, cl fe metilà rides d ë Cause | Au ref None 110 à son|, pendarÿ temps ,4 dhampeg fièces À ont pas Ces ex4 frmer donnen( E produit de A), et plats es}, ayaul € vingt- hui ÆGuit de nef elrait donnd Z aus(eng D à soixante) 2: cu] D 6 que sn Le rappurl a eut: Æimare, ï SD être fit BAG rs Jours | 8 esL pro: aHiivat pri| { g)graramnes| 1e: cent c-| 4 inze CES 1e ordmairt, { ogran| res}, 0t| gets hi| (lv pa franc€ a écmune| ue ét de) LL 6 0) deux cent cinquante à trois cent cinquante kilogrammes( cinq cents à sept cents livres) de blé de plus, augmentent bien le profit. L'auteur s'occupe ensuite à répondre aux objections tirées du besoin de plus de bras et de la difficulté de transplanter ainsi du blé dans toute l’étendue d’un vaste domaine. Les réponses sont les mêmes que celles qui ont été faites aux détracteurs de l’ensemen- cement au plantoir, Ici il y a un motif de plus, c’est qu’en formant une pépinière de blé, qui n'occupe que peu de terrain, on se met en élat de garnir, après l'hiver, les vides de ses champs, n’importe quelle à été la cause de ces vides. Au reste, le cit. Daly se propose de con- tünuer sa pépinière, qui offre de l'agrément à son jardin, par le vert des feuilles du blé pendant l'hiver, et d’en faire usage au prin- temps, soit pour des remplacemens dans des champs ensemencés, soit Pour couvrir des pièces de terre que les circonstances ne Jui Ont pas permis d’ensemencer en automne, Ces expériences sont néçÇessaires pour con- firmer les avantages que les précédentes donnent lieu d'espérer. ee fromén' Se LL È| les espe! L: épis LA La Société d'agriculture du département bi de la Seine a accordé au cit. Poulet, de Salon, de so À 4 département des Bouches- du- Rhône, une be 0 j) À: médaille d'encouragement, pour avoir trans- Let À il AN planté du blé dans sa propriété située à cent th ||\ pas de Salon, et composée de deux saumées(*) En À !. 1°:., Ts; "||(cent vingt-six ares), qui égalent deux cent Mois cf ) cinquante-deux perches de vingt-deux pieds Lieré de ‘14 de terre. Le cit. Poulet habite toujours cette Ces pl IE Nr allé D? 4 SRE: À {1 propriété, où il s'occupe d'améliorations et Lentnil d'essais uüles. in ph 1|: Il a publié depuis peu une courte instruc-| lenrir ” L U fil., Î R tion sur la nouvelle culture du blé et des| À: tb l} i a dur à pommes de terre, adressée au cit. Cossigny,| Les ! 7,?-’ LE membre de la Société d'agriculture du dé-| À; pouce: 1 partement de la Seine. | 3 6 ù, STE à de pri | PA Le cit. Poulet croyait avoir ete Le premier nt| L 1 à auparel (} À qui eût transplanté du blé, lorsqu'il lut dans bu dl it Re| le Journal encyclopédique de novembre 1775,| En del FE eh LL|| A. 148 une note dans laquelle on annonçait que M.| Le s \*: 2 HI| e Six! À“ Jugleton, habitant de Vasplesdon près Guil-|{tri h Sesya,: r'OIS! fort, ayant semé séparément neuf grains de; En |" ivres(| A eau,« aussitÔt: p.|{*) A Salon, la saumée contient huit émines, et l’émine huit cannes carrées, élé lran | | > département Qt, de Salon! none, ung Ayoit trans Ziuee à cul » mu L: deux Æ\-deux pitié Sous ù Esorations ef | n| 09€ mslrue+ ubé et des 7 1Cossieny, gore du de 1: le prenis Bou lut du ambre U aait que ll Le prés Cu sisi mo. ae 2 huit(005) 6 607.) froment, dont 1l transplanta les pousses, en les espaçant, il obtint un produit de mille épis. La note ne contenait pas autre chose. Au Bengale, dit aussi le cit. Cossigny, page 5 de son ouvrage sur les Moyens d’améliora- ion et de restauration proposés au gouver- nement et aux habitans des Colonies, on transplante Je blé. En l’an VII, le cit. Poulet arracha, au mois de pluviôse, six cents plants d’une va- riété de froment qu’il avait semée en brumaire, Ces plants avaient huit pouces(vingt-deux centimètres) de hauteur; il les fit placer avec un plantoir pointu, sur des lignes écartées d'environ un pied( trente-trois centimètres), et à dix pouces( vingt-sept centimètres) les unes des autres. On les enfonca de trois pouces( neuf centimètres), avec l'attention de presser les racines, qu’on avait rognées auparavant. L'espace occupé par les plants était de trois cannes( douze mètres carrés}, En deux heures tout fut planté. La semence de six cents plants n’ayant pesé qu’un once ( trois décagrammes), elle produisit trente livres(quinze kilogrammes) de froment très- beau, dont la maturité avait eu lieu presque aussitôt que. celle du froment qui n'avait point été transplanté, 3 (%) Cet essai encouragea le cit. Poulet; il l’a répété plus en grand en lan IX. Au mois de thermidor il arracha cent plants desfroment perl ice 15. ae don Dix;plintsd'avôinez!,‘us.#0: 10 Dix depseigles 4 cs iosvaen. 10 Qu'il transplanta en terrain sec, sans les mouiller; il ne voulut pas les arroser dans la suite, pour voir s'ils résisteraient à la sécheresse. En fructidor, iltransplanta cent autres plants de froment......... 100 En vendémiaire, brumaire, fri- ‘maire, trois mille du même grain. 3,000 Ea nivôse, pluviôse, ventôse, c’est- à-dire, à mesure que les pluies abon- daient, cinquante mille.......... 50,000 En germinal, quatre mille.... 4,000 ons 57290 Ce nombre de plants, dont la semence n'avait pesé que six livres poids de table(trois kilogrammes}, occupait un arpent(un demi hectare) de terrain, lequel, ensemencé à lordinaire| aurait consommé deux quintaux poids de table( dix myriagrammes) de grain, et en aurait donné seize quintaux(quatre-vingt myriagranumes) dans les meilleures années. =——— TT Rg— Mals grodui le poil cent| de l'en pioche| Le t cent v! et frac! Échap présu dans€ doiver L'or Woins 4 Île le gout La: brume celle de gel Qpéral tendé! de ge chaleu De le tou ] Î celle y Ai, Eu ee. = ent plans! = 10| ‘| % 10 VE) EL(| - À| | >:| = 10| CS| ‘"| ©31/,000 25 I 25,000 } = oo| 7,220 SA eme w Jeftros #1) den : rent d = qunut Bei,| ] re-1109t < ans, | Malgré la sécheresse du mois de germinal,, le produit de la transplantation devait excéder le poids du grain semé, de vingt quintaux ( cent myriagrammes). Le terrain avait recu de l’engrais, un labour à la bèche et un à la pioche, au moment de la transplantation. Le cit. Poulet observe que sur les deux cent vingt plants mis en terre en thermidor et fructidor, quarante ont péri; aucun n'aurait échappé, sil n’était survenu une pluie. I présume que, pour qu'une transplantation dans cette saison soit favorable, les plants doivent être arrosés. L’orge, le seigle, l’avoine, ont donné au moins six cents pour un; dans le pays qu'ha- bite le cit. Poulet, quand les froids son ri- goureux, l’avoine gèle. La transplantation faite en vendémiaire, brumaire et frimaire, a mieux réussi que celle de nivôse, et cette dernière que celle de germinal. Le véritable temps pour celte opération, est celui qui suit les pluies de vendémiaire; il faut la finir avant le mois de germinal, époque où commencent les chaleurs dans le midi de la France. De tous les plants transplantés, ceux du blé touzelle ont eu plus de succès. Il faut que cette variété de blé, la meilleure de toutes cel- w$ ( 400) les du département des Bouches-du-Rhône,soit| de veu placée dans un terrain très-découvert.| froid, 6 Le cit. Poulet a aussi transplanté une va-| sent du riété de blé qu'il à trouvée sur les plages Ÿ| Dans! de Fossès-Martigues. Ce blé à monté à neuf lement l pieds(trois mètres), et a donné des épis quant al” de six pouces( seize centimètres), à barbes\es Vigne noires, qu'il garde pour le multiplier. Ju sol. Un procës-verbal de la mairie de Salon un piel constate l'exactitude de ce qu’avance le cit. des au Poulet.(}seize( En général, il a obtenu, à la récolte de Ia à L IA Van X, de sa transplantation, trois cents pour la! Ï pour un. Son produit a été de huit cent| ur de |: fi! y vingt-sept gerbes, qui auraient rendu Jusqu'à Ÿ(hirant (| trente-deux quintaux( cent soixante myria- À 91 Der Le grammes) de grain, sans les brouillards qui abattre| 1 ont été nuisibles. l] Voici comment le cit. Poulet conseille d’o- A pérer dans la transplantation: Der (7 Par chaque arpent( demi-hectare) de terre dépense RE qu'on voudra employer en transplantation de à gramme blé, on sèmera en pépinière sept livres et Dour à = 1-se rammes}).= AL demie( irente-sept hectogrammes}). Le te| Une | rain, suivant le besoin, aura été labouré et la 2|: ñ fumé auparavant.* pu Les plants seront arrachés avec soin, sans les froisser. On choisira pour cela Le trimestre > Rhône sd > uvert,| Rte one 14. e Je plages Snlé à nedl m0 des épis #1 à Varbes | plier.| MS de Salol S ac ke | PE récolte 4 Œutrois cent D huit cent 19! Jusqu'à Al: myias ons qu | | M jnçeille dl 3) de tent) 2 intalun dl De lv tl ps) Le tr pe about€i| SO, SU) = Di tr) de vendémiare et un temps qui ne soit pas froid, et pendant lequel ne soufle pas le vent du nord, Dans tous les terrains, on espacera éga- lement les lignes, pour facilité du sarclage; quant aux distances entre les plants dans les lignes, elles varieront selon la nature du sol. Dans un sol gras on les placera à un pied( trente-trois centimètres) les uns des autres; en sol médiocre, à six pouces ( seize centimètres). La dépense d’un arpent(demi-hectare) pour la transplantation, consiste 1.° en huit jours de travail de deux filles, à quinze sous ( soixante-quinze centimes)...... 12*»Ÿ 2.” Deux journées de filles, pour abaltre les motles.#2... le 10 À NOUS EE BU À la maniere ordinaire d’ensemencer, la dépense, pour deux quintaux( dix myria- grammes), est une journée et demie de la- Dour æ sept iranes 2 10 10 __ Une journée d’homme pour bé- cher dans les places où la charrue n'a pu Passer, ee NT 10 ÉoTarirsnconc à! 127» es 1. ( 402) h À 14 Le cit. Poulet, dans la dépense pour la d'aer| ||. culture du blé transplanté, parait avoir ou-| conal | É blié le prix du sarclage.» es is Ces notes sont très-curieuses. Elles m'ont| de colin 11 rappelé les essais dans le même genre, que| de Le 1 h J'avais commencés en 1788, et dont je crois| Ju M|" devoir parler avec plus d’étendue. Lenèrs il| AS du Spec fl 11.0 APPENDICE AU CHAP. X, Je moe sas le Contenant de nouveaux détails sur les expé- blé, ou riences de l’Auteur de ce livre, relatives D Les gr li au méme objet.» qu'on | E criblét 4(Us Lorsque je m’occupai de transplanter le L© francs ll blé dans le département des Vosges, j'avais\ Aout 4| sur-tout en vue mon projet favori d’un sys-» rent A tême d'agriculture pour les petits proprié-» qu'il ÿ| taires.» Qquelq | Avant tout, je voulus suivre et étudier dans» etéte \\ le plus grand détail tous les progrès d’un» Où el LL| grain de blé, depuis sa germination jusqu’à ques :| F)) sa grenaison. Quoiqu’élevé à la campagne, ÿ ceper \ e aimant beaucoup l’agriculture, ayant fait avec|» et qu WP soin des cours de botanique, ayant pu com- 3 | parer ensuite, dans mon séjour à Saint-Do-| œil | mingue, la culture des colonies et celle de qu arr | la métropole, je n'avais pourtant pas observé c'est À "18e pour À SL avoir o. ÆElles n'ont Sienre qu + je croi b| Ex| & Je exA 25, clair sethnter le 201, javais roy un sit j5 propre Sadier dan qris du 10 jusque Æ\npigL, | tenlalives, f anéanli ) Dans le temps où j'étais le plus fortement occupé de ces expériences, feu M. Paradis de Raymondis, lieutenant-général au bailliage de Bourg-en-Bresse, publia un petit volume intitulé: Moyen le plus économique, le plus prompt, le plus facile, d'améliorer la terre d’une manière durable,{ in-12, à Bourg-en- Bresse, 1789). La lecture de cet ouvrage me fit un grand plaisir. Ce fut l’occasion d’une lettre que j'écrivis à M. Dubois, ré- dacteur de la Feuille du cultivateur, le 17 juillet 1790, et qui se trouvent dans lintro- duction à cette Feuille estimée, page 262. Pour améliorer sa terre, Paradis y faisait creuser avant lhiver des fossés larges et profonds, qui recevaient jusqu’au printemps l'influence des météores et faisaient de ses champs un défriché perpétuel. 11 combinait ensuite dans ces fossés, creusés d'avance, la culture simultanée de plusieurs plantes dif- férentes qu’il faisait recouvrir de terre pen- dant leur végétation. En réfléchissant sur ce livre, dont 1l eut été difficile de suivre le texte à la lettre, et en remontant de ce livre aux principes des anciens, dont il n’était en quelque sorte que l'application, je me fis à mon tour une méthode de culture plus fa- aile à exécuter, et par le moyen de laquelle ss- ( 406) un simple journalier, sans avances coûteuses et sans instrumens compliqués, pourrait retirer tous les ans, d’un modique terrain, des récol- tes multipliées et un produit considérable. Pour en faire l'essai, je fis disposer dans Vautomne, la surface d’un champ en fossés de six pieds de large, d’un pied ou deux de profondeur, suivant la bonté du terrain. Ces fossés ou rigoles étaient, dans leur longueur, séparés par des intervalles de trois pieds, sur lesquels on amoncelait en ados la terre tirée des fossés. Ensuite tout le champ, tant la partie creusée que la partie bombée, fut semé de seigle chaulé, répandu assez dru, qui couvrit bientôt le terrain. Je remplissais ainsi deux indications qui me paraissaient importantes: 1.° La terre veut toujours pro- duire et ne doit jamais rester nue. Si vous me lui demandez pas des végétaux choisis, elle s’épuise d’elle-mème en plantes parasites, que l’on a peine à extirper; 2.° la maniere la plus facile d’amender un terrain, c’est de le faire profiter de la décomposition des vé- gétaux qu'il a produits, en enterrant ces plantes lorsqu’elles sont encore vertes. Les Gaulois des Alpes-Taurines enfouissaient le seigle en vert pour engraisser leurs terres. C’est le témoignage de Pline, que M. Parmen: es per a ell objet qu piencent J'avais cie de| gpails de rdpiques Aun des foss yértels riche,$ meuble élarit al sur le| dé rang clique r elles sù sé, ou qaent ndltre, rent été profond énhettée Dans rien dir de faule foubés leuts s LS coûteux Crrait retirer —#$, des récol, æ:i(érable, D)0$er dans Wien fossés 2: lux de Æiiran, Ce DS longueur, ON pieds, sur Li terre trés S5), tant l dE rbée, fut sbisez dru, | nplssais sf épissalent. HOÏ NS V0- Je Si vo &3: choss, tan parasis, ® à make sær, Cat de] tæun dés marrant 0 Sr lé A ssl k in be" =, intl C 47) ter a eu soin de nous rappeler. C'était à cet objet que je destinais, en effet, mon ense- mencement en seigle. J'avais en même temps semé sur une cou- che de tan, de cendre et de terreau, des grains de plusieurs blés choisis, pour être repiqués dans la belle saison. Au mois de mars suivant on bêcha le fond des fossés, et l’on y déposa le seigle encore vert et succulent. C'était un lit d'engrais très- riche, sur lequel on jeta un peu de terre meuble prise sur les ados. La partie creuse étant ainsi remuée, fumée et terrée, on posa sur le fond, de trois pieds en trois pieds, des rangées de pommes de terre, six dans chaque rangée, à un pied de distance entre elles, suivant la largeur transversale des fos- sés, ou longues rigoles. Des piquets mar- quaient les rangées de manière à les recon- naître, même après que les tubercules eu- rent été couvertes. Ils furent enterrés à la profondeur de six pouces, sous une terre émiettée, qu’on prit sur les ados. Dans le projet de ma culture, il ne fallait rien d’inutile. Les piquets étaient des boutures de saules, peupliers, sureaux, etc., très-en- foncés en terre, et qui devaient servir ail- leurs s'ils venaient à prendre racine. fl.|( 408.) ÿ La couche de terre du fond était déjà nèrent À Li irès-meuble. On répandit en outre des cendres nop-seule de lessive, mais seulement dans les espaces rejeter SL qui étaient intermédiaires entre les piquets della ter désignant les lignes de pommes de terre. Sur sieurs 76 cette cendre on essaya deux opérations di- auzdessous verses; car dans une partie, on transplanta bed des 5 des pieds du blé semé sur couche avant creux de l'hiver. On posait ces pieds sur la cendre, Après puis on Îles entourait de terre émiettée que delterre lon retirait des ados. Dans l’autre portion, grdins d on sema sur la cendre du blé d'été chaulé et grains« déjà presque tout germé. On recouvrit cette espèces semence de deux pouces au plus de terre séparaler émiettée. Ces grains, transplantés ou semés, S si formaient trois lignes rapprochées, distantes de coquer six pouces; et de trois lignes en trois lignes, Les n restait un intervalle de dix-huit pouces vides Tignes d pour les pommes de terre. La{plup Les ados se trouvaient alors réduits au| quét, | niveau des fossés, qui étaient devenus des réghlari JA:| planches. Ces ados n'étaient plus que des rentes y L: l espèces de sentiers qu'on pouvait parcourir gulier. Le sans marcher sur le sol planté. Tand A, Au mois d'avril, les blés d'été étaient très 1 ave la | bien levés. Les blés d'automne transplantés | se montraient vigoureux, et les sentiers ré- juillet gnant sur la longueur des planches, don- prétienx nèérent|[Z] | 7 17 ( 409} ÆC état{ii se: ee k nérent les facilités qu’on pouvait désirer, =: des cendry. | de non-seulement pour les sarclages, mais pour Æ les espace;;': [SE rejeter sur les blés semés ou transplantés, = le; Piquets- 2 ferre, Su JO tions di de la terre très-meuble, ce qu’on fit à plu- sieurs reprises, et ce qui creusa les sentiers au-dessous du niveau des planches. Les her- a. aïsplanta bes des sarclages restèrent à pourrir dans le M che avai: iche avanf creux des sentiers. 2|.,» r le cendre Après avoir sarclé et saupoudré les blés SS niettée qué de terre, on planta, d'espace en espace, des grains de chanvre et de mais, même des grains de tournesol, destinés à former des Fed La‘ = de portion| æ 6 chukd Æ Duvrit ete espèces d’allées tout le long des sentiers qui 4 5 de tes Séparaient les planches. Cette plantation se nou semés|»- lit de six pieds en six pieds, pour ne pas ) ætantes de offusquer les planches, 118$\ignts) Les pommes de terre leyèrent entre Îles Houces vides lignes des fromens; elles fleurirent assez tard. La plupart des boutures qui servaient de Pi- Po réduits 4 quets, donnèrent aussi quelques feuilles. La à revenus di régularité de ces plantations et leurs diffé- que d rentes verdures formaient un Coup d'œil sin- 1 1 pars gulier.“ 2 Tandis que les pommes de terre croissaient 4 Séunré) avec lenteur, les blés allaient plus vite. Ils k trans furent bons à moissonner vers la fin de| suit) juillet. Comme c'était un choix de fromens Each, de précieux destinés à faire semence, je les fis x girt 1. Partie, 18 RUE RE TUE [ee CRE PR-£ (207) recueillir avec précaution. On coupa d’a- bord les épis, que je fis garder dans leurs balles. La paille fut coupée ensuite; elle était haute et forte. Elle fut employée à des essais particuliers que je n’ai pu achever. On ar- racha le chaume, dont on secoua bien la terre, et on le déposa dans le creux des sentiers. On butta les pommes de terre, le chanvre, le maïs, avec la terre meuble que Von retira des sentiers; et lon sema enfin, à la place du blé où du chaume arraché, de la graine de gros navels, préparée et souffrée avec un soin particulier, pour la faire germer plus vite et la garantir des in- sectes. Au mois d'octobre, on recueillit le mais et le tournesol, dont les tiges tres-fortes et bouillies à grande eau, fournirent au bétail un excellent breuvage. Les pieds du chanvre avaient donné beaucoup de graines et de la filasse grossière susceptible d’être aflinée, en suivant sur ce point les procédés de Mar- n arracha ensuite les pommes de candier. OÔ terre et les raves, dont la fane et les tiges pour y être enfouies. restèrent sur le sol, igea de fouil- L'enlèvement de ces racines obl ler et renverser la‘terre, ce qui procura plus d’aisance, soit pour en tirer les boutures penses à qùi açaiel er aile” de nouvel si pieds l'pératc| La terrèl {ul reset fourrage[ temps, Jf plus précl vert, etil ovt l'entil cel travail etl ligne alrmativet et k senti lermas 1 Tout« naîte.(| ce Iqu'on! petit espe meénie an! et qüt p J'avais te destrésult venpes,€ naile, po de tultur Æ Coupa d4 D: dans Jet “ie: elle état 20» à des ex Aer, On ar: 18€ 1 bien[à Di: eux des 2e\erre, lé £rineulle que mena enfin Se araché) emereparte el Lo, pour A sasr des In igp Le mas move et 9; on bétll Bu charte es« de She allié es de Mr > conmés it ls ie 2 eu ; Ja de fau ail proour Er 7 pouturés C Æmm} qui avaient bien repris et qu’on voulait plan- ter ailleurs, soit pour tracer dans le terrain de nouvelles rigoles ou de nouveaux fossés de six pieds de largeur, dans un sens opposé à Popération de l’année précédente. La terre ainsi formée en rigoles et en ados fut ressemée en seigle destiné à servir de fourrage et d'engrais. Au retour du prin- temps, le seigle offrit pour les moutons le plus précoce des fourrages, I fut coupé en vert, et repoussa bientôt. Au mois d'avril, on l’enfouit. Fa terre étant très-ameublie, ce travail fut facile, On disposa les planches en lignes de froment transplanté ou semé alternativement avec des lignes de carottes; et les sentiers furent ensuite plantés en allées de maïs, de chanvre, etc. Tout cela réussit d’une manière surpre- nante. On ne pouvait presque pas croire à cé qu'on voyait enlever successivement d’un petit espace de terre, qui donnait, dans la même année, plusieurs récoltes différentes, ét qui pouvait encore servir de pépinière, J'avais tenu registre exact des travaux et des résultats, des contrariétés qui étaient sur- venues, et des réflexions que le tout faisait naître, pour améliorer encore cette méthode de culture purement jardinière, il est vrai, ve. (É Aer Ÿ mais par cela même plus propre aux petits exploitans, pour lesquels seuls je lessayais. Hélas! je me flattais presque d’avoir trouvé le système d’agriculture convenable aux pro- priétaires des domaines les plus bornés(et dont les riches même pouvaient aussi tirer parti pour avoir des grains de semence, ou pour essayer la culture de quelques plantes rares}; mais malheureusement, je fus enve- loppé dans les crises terribles de nos désordres politiques. Je demeurai emprisonné pendant dix mois au Luxembourg. Mes plantations disparurent; on se crut obligé de jeter au feu mes papiers. Quand je revins à ma Ccam- pagne, je ne trouvai plus de vestige de mes expériences. Je suis réduit, pour les décrire, à rechercher leurs traces dans ma mémoire, ou dans les notes dont j'avais chargé quel- ques livres. Par exemple, emploi que je faisais dans mes semailles, des cendres de lessive si recher- chées des Vosgiens pour engraisser leur sol aride, cet emploi me fut suggéré par un trait cité dans un journal où j'avais lu que le srain enveloppé dans des cendres de gazon 5 germe plutôt, se défend mieux, verse moins, produit davantage. Après avoir mêlé la valeur d'un tiers de grain avec deux tiers de ces cendres, expérien deux jou pèle-me 1978, jé Java erande 1 rd'avait pour til lè parti borné, propriél ete supl slcrifiés rrisme,| java pour À plus fa és grai pailles. en ver tionale, 1ë1 qu'u à| empl Une dés gra semait Conditio —<)\ E' ee| X pes ESSAyaR, l{rour - aUX pro EN crnés| et 5 Ass tirer Je, Où pi jus Eu enre. peilésordres ex pendu æantallons 1 ie jeter al üà Cal: Aecde mes sl jcrne, , eglsé que 1 | 3 ‘ee 38 ais dans - eur st par ul sa qe} ET _ |) de gaz P pos, L hvaleut 5 de > La (418,) cendres, le cultivateur qui avait fait cette expérience, laissait le tout ensemble pendant deux jours, et semait ensuite cendres et grains pêle-mèêle.(Journal; mars 1773, page 521). J'avais, dans ce temps-là, composé en grande partie un ouvrage considérable, qui m'avait occupé long-temps, et qui devait avoir pour titre: Essai sur les moyens de tirer le parti le plus avantageux d’un domaine borné, ou systéme d'agriculture pour les petits propriétaires. Le manuscrit de cet ouvrage a été suprimé avec beaucoup d’autres papiers sacrifiés aveuglément dans l’époque du ter- rorisme. Il n’en subsiste qu'une lettre que j'avais adressée aux cultivateurs de nos Vosges, pour leur proposer d'essayer une manière plus facile et plus économique de recueiilir les grains en coupant les épis séparement des pailles. Cette lettre a été imprimée et publiée en vertu d'un décret de la Convention na- tionale, du 9 août 1793. Je n’en reproduirai ici qu'un article important sur les précautions à employer dans les semailles. Une des principales causes des maladies des grains provient de la semence. Si l’on semait toujours du grain bien net, bien conditionné, on le recueillerait de même. té| 6 4) C’est de quoi les cultivateurs ne sont pas as- sez convaincus. J'ai lu avec attention une multitude d’ou- vrages sur les nombreuses maladies qui at- taquent les blés sur pied, ou en herbe, ou en fleur, etc.; aucun ne m'a plus sausfait qu'un Mémoire allemand sur les causes de la nielle, ou du charbon des blés, qui se rouve dans le Recueil de l’Académie de Ber- lin, et qui a pour auteur un célèbre natu- raliste(*). Les maladies des plantes, suivant cet académicien, sont au nombre des choses auxquelles les savans ne se sont pas encore sérieusement appliqués. Ceux qui en ont parlé paraissent n'avoir eu qu'une notion fort lé- gère des phénomènes naturels de divers vé- gétaux, et une moindre encore de ceux qui ne sont pas conformes au cours de la nature. La nielle, par exemple, ou le charbon des blés, est un des accidens les plus communs, les plus fâcheux du règne végétal. La nielle des blés est leur mort. Toutes les autres plantes y sont également sujettes; mais notre auteur s’est attaché plus particulièrement à la nielle, ou charbon des blés. (*) Gledistch, étève de Linné. fl of ge repré leurs gl quon its ot. La Au cor ilexhes© des sûr griculte delan wiennen üon, 0 coulun inoisson @s proc LQu we cause 5 titude et sur moms tout h il en cheus Not orges penda vauneu du sc Curs D |+ Ont. pas| I observe d’abord que les herbes sauvages se reproduisent d’elles-mèmes, en conduisant itude d'o.| leurs graines à une maturité pleine, à moins qu’on ne les en empêche en les coupant trop bs qui at- herbe, ou! tôt. La nielle s’y met rarement. satire) Au contraire, les blés, et généralement les CAUSES del herbes cultivées, dépendent beaucoup plus ès, qui« des soins et des attentions qu'y apporte la- 3e de Ber-| griculteur. Leur éducation n’est plus celle Dre"7 de la nature. Les accidens qui leur arrivent RRE| viennent le plus souvent de la précipita- Les cho tion, ou de la négligence, ou des vicieuses; es coutumes qui ont eu lieu en labourant, en‘ ion park| moissonnant, en recueillant et en gardant ï BE ces productions de la terre. her ve| On peut, assure-t-il, et sans en rejeter La d eux ji| cause sur la température, aflirmer avec cer-: à à nature,| titude que, lorsqu'on coupe trop tôt les blés do k] et sur-tout l'orge et le froment qui mürissent< la moins vite, qu’ensuite on les rassemble encore à La nee tout humides, qu’on les entasse en cet état, Las auté il en résulte plusieurs suites également fà- cheuses. ans noire| Se Notre auteur a examiné des blés et des premen à| ee ie: - orges niellés dans des territoires divers, pendant nombre d'années. Mais il s’est con- | vaincu que, ni la situation, ni les différences; du sol, ni celles des saisons, ni le temps ( 46 avancé ou retardé de la culiure, n’ont aucune influence sur les causes de la nielle. Il faut donc en chercher une autre, et cette cause, selon lui, réside principalement dans létat des semences. Les grains remplis d’un suc laiteux, qui n’ont pas leur maturité et qui sont encore imparfaits; ou bien ces grains déjà müûris, mais qui, encore frais et tendres, ont souffert de l'humidité, sont susceptibles de la nielle, et rendent beaucoup mieux raison de ce fléau que tous les autres phénomènes auxquels on lavait rapporté. L'humidité des grains se change en moisissure, et les dis- pose à se corrompre. Non-seulement leurs sucs laiteux sont alors altérés; mais la moelle supérieure de la plantule séminale, destinée à produire les fruits et les semences, s’échauffe également, et devient aussi vicieuse, et ces parties gâtées, quand la plante se développe, meurent entièrement. Le principe de la nielle était donc dans le grain que l’on a semé, et même dans la moelle de la plantule séminale. 11 s'étend à mesure que la semence germe, il se développe avec elle, et quand lépi vient à paraitre, alors le mal est à son comble. Il serait trop long de déduire les observa- tions par lesquelles lauteur confirme son | | système! 1 semer reprodi l és mem? avonr ét ijdni Puis? à appt ssentie] que je de les! connue Des premiel thent d dun QUITANS ényie On du pa \emeu lant( Eul{ on a jus t des, homs laissa NE aucune Ile, 11 fau “Île cause ans ét| 7 [d'un sue Bé et qui TS grains £ tendres| J'pübles de EUX raïon ONE : udité des , les die [ont Jeurs in moelle|> Ltinee à gechaulle le, ét ces exeloppe, me daus| pe dans le s'étend à léreloyye | paraité F0 27 ohetya- rie S02 (4m système. Il établit les qualités qui constituent le semence parfaite, müre, propre enfin à reproduire son espèce, et celle qui na pas les mêmes qualités, ou qui les a perdues pour avoir été ou trop tôt recueillie, ou resserrée à demi-sèche. Puis, il passe aux expériences qui viennent à lappui de ses réflexions; elles sont trop essentielles et ont trop de rapport au sujet que je traite, pour que je me refuse au soin de les transcrire. D'ailleurs, elles sont peu connues. Des personnes solidement versées dans le premier des arts, et qui, à cause de cela, sé: taient depuis long-temps éloignées des usages communément recus, ont donc fait les essais suivans, sans aucun préjugé, et dans l'unique envie d'arriver à la vérité. On a pris pour semer, de l'orge et du blé du pays. La nielle s’est manifestée annuel- lement dans ces grains en plus grande quantité, tant qu'on a employé de pareille semence, Et il faut remarquer que, Suivant la coutume À on avait fait aussi couper les grains un peu plus tôt, et on les avait resserrés encore humi- des, dans les années où la moisson avait été moins sèche, ou bien les grains séchés ne laissaient pas d’être engrangés encore trop # “i ( 418) verds et trop frais, parce que lon s’élait pressé de lier, d’entasser les gerbes, etc. En procédant ainsi, il était immanquable que l’on aurait de mauvais grains et que la nielle s’y mettrait, pour peu que la température de la saison y concourüt. C’est ce qui était arrivé. Pour remédier à ce mal, on acheta de la semence que lon prit au dehors, et que Von fit venir avec précaution. Alors, on s’a- percut que la nielle diminuait; mais en cou- paut trop tôt les blés qui en provinrent, la nielle reparut dans l’année avec abondance. On essaya de la détruire, en battant d'avance les gerbes, et en épluchant la semence. Tant qu'on ne cessa pas de moissonner les grains avant le temps que la nature fixe pour leur perfection, tant qu’on les resserra sans qu’ils fussent bien secs, la nielle demeura avec toutes ses circonstances. Pour extirper la nielle, on fit donc un nouvel essai, qui consistait à prendre pour semence du vieux froment, parce qu’alors les mauvais grains sont desséchés pour lor- dinaire, et qu'il est difficile ou même im- possible qu’ils lèvent. Alors la nielle disparut, au grand contentement des propriétaires soi- gneux qui avaient fait ces tentatives; mais E: l ar! parce 0 bs ble dielle dans J guellies!£ | sol les ser jinsi[ D'a culteuil de Jeu toucholf que led ft prê E'lleuid rangell pus p@ | I@ J'autet den ci dans À qu'onl écono F( Ils au lu my seinen« UN Selat 2 bes, ele, s uable Que| 2 hill| & péralure D 1 était Zheta de Bi et que D on si ÆL en(ou- 2 inrent, endanee, LS ayance 3, Tant | rain sx\eur 5 quis Qua arec ji ui Se pour œqu'alors ir Lot: L ne lle sui, ges S0i- % FE Cremo. ÿ dès l’année suivante la nielle reprit le dessus, parce que l’on avait encore coupé trop tôt les blés. Cela ne laissa plus douter que la nielle ne consiste et n’ait sa véritable cause dans l’état des semences, lorsqu'elles sont cueillies avant que d’être mûres, lorsqu'elles ne sont point sèches également, lorsqu'on les serre trop humides, et qu’elles finissent ainsi par s’'échauffer et se moisir. D'après ces essais décisifs, ces bons agri- culteurs eurent soin de laisser une portion de leurs champs assez considérahle, sans y toucher pendant la moisson ordinaire, afin que le froment, y müûrissant complètement, fût propre à servir de semence. On en eut d'ailleurs très-grand soin; l'effet de ces ar- rangemens fut que la nielle disparut tous les ans par degrés, et devint à la fin très-rare. Il existe entre ces essais et le système de l’auteur un accord remarquable. IL est facile d’en conclure que la cause de la mielle existe dans VPétat des grains imparfaits ou gâtés qu'on emploie pour semence; et les bons économes profiteront de la lecon, pour donner plus d'attention à la récolte de leurs blés,: Ils auront soin d'attendre que leurs grains, du moins ceux qu'ils auront destinés pour semence, Soient arrivés au point où leur suc ( 420) nourricier est perfectionné. J'ai insisté sur ces détails, parce que je les crois d’une grande importance. J'avais donné aussi beaucoup d’attention à la manière de chauler ou de préparer les semences, principalement dans la vue de hâter, autant que possible, leur germina- tion et d'économiser du temps. Mon objet spécial était de procurer aux habitans de nos montagnes et des autres terrains arides, des plantes céréales qui végétassent avec force et qui pussent atteindre leur entier dévelop- pement dans le cercle| souvent restraint pour ces hautes montagnes, de la belle sai- son. L'hiver y dure presque les deux tiers de l’année. Ce serait un grand point de pro- fiter de l'autre tiers pour recueillir un blé ou un seigle précoce. J’y étais parvenu en variant les procédés pour faire germer les semences. J’ai employé avec succès le moyen de Brad- ley. Pour accélérer la germination des semen- ces, il conseille de les mêler avec du son, de mettre le tout dans un vaisseau de bois, d’humecter ce mélange avec de l’eau de pluie ou d’étang, de laisser le tout en di- gestion pendant plus ou moins de temps sans le remuer. On s'aperçoit bientôt du moment L de metre en: est ph Madan sie dec seaux de bofseaus Où fai b la lessive qui gonil précautio lel4 ma aniX[, p Par ess blement idée était sh ke! mème(l veite he des plant 1] à ans des méd ce lque nas, le Pesprit« avait av: soub ce Frûnce d lequel on SLÈ sur er ne grands (attention ‘parer\es é vue de MALTE elon objet ditans de ES andes, ESvec force 3 dévelop- S restrant Lol su ëx tiers I: wo Gun Ve gen en mer Les 3e Brat- j semen- du 500, g de bois, MF'ea de cd ps Sins ES noneni Ÿ Ç au) de mettre les semences en terre. La réussite en est plus prompte. Madame Gacon- Dufour indique une les- sive de cendres et de sel. Pour neuf bois- seaux de blé, elle veut qu’on preñne deux boisseaux de cendres et trois livres de sel. On fait bouillir le tout dans de l’eau. Quand la lessive est tiède, on en imprègne le blé, qui gonfle du soir au lendemain. Avec cette précaution, elle a semé du blé de mars, le 4 mai, à Nogent.( Bibl. physico-écon., an XI, page 372). J'ai essayé d’autres moyens. Jai éié agréa- blement surpris d'apprendre que la même idée était venue à M. Alphonse Leroy, profes- seur de l'Ecole de médecine de Paris, le même qui vient de prouver par une décou- verte heureuse, que nous avons en France des plantes à substituer au quinquina péruvien, 11 a ainsi jusüfié, à égard du plus énergique des médicamens empruntés du règne végétal, ce que Symphorien Champier, médecin lyon- nais, le premier des modernes qui ait eu l'esprit de tenter une. médecine indigène, avait avancé dans un livre publié en 1533, sous ce titre: Les Champs Elysées de la France dans toute leur beauté; ouvrage dans lequel on fait voir que la France peut offrir né ( 422 ÿ lE î tout ce que l’on va chercher aux Indes, dans| mains qu l’ Afrique et en Arabie.| sorti de!& Cette invention admirable d’une sorte de| delagerl < quinquina formé uniquement avec des plantes la birreb indigènes, répond à la plaisanterie que Vol- germer là taire s'était permise contre l'ordre de la nature cela pour 16 :; d'alsemer Qui met la fièvre en nos climats, i ncant 118 Et le remède en Amérique. mencan Il prit Le remède était bien chez nous; il fallait de{cheval l'y trouver. terre argf Mais il n’est question ici que de la culture vialle ca 8 des grains. Or, M. Alphonse Leroy m'a com- égale, 11 A | muniqué le moyen qui lui a réussi pour faire| are de Î# germer le blé plus vite, afin de pour oir le de dissipek semer très-tard; moyen qu’il a également em-| piles ployé pour les carottes.| Il lise En 1793, aux approches de Noël, M.| nonbpes U Alphonse Leroy, cultivant alors une terre semél, et cl dans la ci-devant Picardie, avait un arpent dans! de 14 et un quartier de terre qui n'avaient pas été| ble sencrq encore ensemencés en blé, quoiqu'ils y fussent bien mêlé destinés. En causant avec des agriculteurs sur | cet objet, M. Alphonse Leroy leur enten- En moins 4 mer; ques DE it dit assurer que quand le blé était germé et était Cons! | que la pulmule sortait de terre, le blé était| etrenfouir ef; x,. sauvé, quelque forte que fut la gelée. Il savait que des tre que le blé était un mois, et près de six 5e- employait: Lides, don, “Le sorte de b'des plantes 3 que Vol S'il naturs ba culturt Es m'a CÜM+ Uoour{ré bp JUYQIT le DNA CU B Noël, M >| une(enr! Eyun arpei rynt PS il 1j lose ; ulteurssl -eur ei} { gui) ie Métal ee LISA 4 de ss ( 428) maines quelquefois avant d’être visiblement sorti de terre; il avait l'expérience fréquente de la germination rapide de orge pour faire la bierre. Il avait lu que les Chinois font germer toutes les graines qu’ils sèment, et cela pour économiser le temps. Il résolut d’ensemencer son champ avec du blé com- mencant à germer. Il prit du fumier de vache, de mouton, de cheval, dégagé de paille, etc., de la ierre argileuse provenant des débris d’une vieille cabanne, à peu près de chaque partie égale. IT jeta le tout en un grand chaudron, avec de l’eau, et fit bouillir dans l'intention de dissiper le feu des fumiers et de faire périr les larves des insectes, etc. Il laissa refroidir la décoction et la versa, non pas très-froide, sur le blé destiné à être semé, et qui, depuis douze heures, trempait dans de Peau de mare: il mêla le tout. Son blé s’encroûta du fumier: après y avoir été bien mêlé, il le couvrit d’une couverture, En moins de quatre jours il fut prêt à ger- mer; quelques germes sortaient même. I} était considérablement grossi. Il le fit semer et renfouir très-rapidement: on n’eut besoin que des trois quarts de la semence que l’on employait à l’ordinaire, Très-peu de jours ( 424) après le blé était sorti de terre. C'était apres Noël. La gelée survint; l’hiver fut rude, et néanmoins la récolte fut plus belle que de coutume, ce que l’on dut attribuer à l’engrais dont chaque grain avait été encroûté. M. Alphonse Leroy avait toujours désiré qu'on cultivât les carottes en grand; mais cette culture est dispendieuse par la néces- sité des sarclages, ce qui vient de ce que la graine est plus de six semaines à lever; elle donne de très-petites folioles; les mauvaises herbes poussent et étouflent cette graine, sans la précaution des sarclages. La préparation de la graine donna le moyen d'y parer. M. Alphonse Leroy fit travailler avec soin un demi-arpent. 1 sema sa graine de carottes germée d’après la méthode ci-dessus, et re- couverte après avoir été imbibée elle germa én un lieu obscur, ce qui est encore néces- saire pour la germination. Les carottes pous- sèrent rapidement, quoiqu’on les eût semées avec de la terre, du sable, un peu de suie; il fallut en arracher et non sarcler. Un arpent de carottes rend plus qu’un arpent de blé. Mais ce qu'il y a de mieux, c’est de cultiver cette racine avec le blé ou avec le pavot dont on retire l'huile d’œillette. M. Alphonse Leroy a donné plus de déve- Toppent! n° 194 sultats l pénais( ass qu cel sujet 1 bi ak son, an préssion quêlques joïgdre: 4°( d'énula à OUYEr » rizièr » elles » pays le mois trop m et peut peu|de lesquell Sujet! au etait apr 1 fut rude, elle que de Clrà l'ngrais bute, Durs désire! Lan: was la nécer à ce que h 2: lever: ele MAUVAIS dance sais si réparalon D parer, Wiarec soin fl NS b:s à re Bille germ D)re uéCér D:LLeS pou‘- S| it sente a de sub, >|Unarpe il de Be, cle citer al dout (é 1 Ces 2 loppement à ses idées sur ce point, dans le n.° 19 de mon ouvrage, qui contient les ré- sultats des expériences sur la carotte et le panais cultivés en plein champ. Jy ai joint aussi quelques notes. On peut consulter à ce sujet mon Répertoire d'Agriculture(, pu- blié à Paris, chez Bossange, Masson et Bes- son, an XIII, 1804, page 176 et suivan- tés t}: P..8. Au moment où l’on finissait lim- pression de ce chapitre, j'ai recueilli à ce sujet quelques notes nouvelles; je crois devoir les joindre ici par post-scriptum. Suite de La page 356. 1.° Quant à la culture du riz, la Société d’émulation de Bielle, département de la Sezia, a ouvert un concours sur cette question:« Les » rizières du département de la Sezia sont- » elles plus avantageuses que nuisibles au » pays?» Ce concours a dû être jugé dans le mois de janvier 1809; mais le prix en est irop modique pour l'importance de l’objet; et peut-être Les concurrens auront-ils eu trop peu de temps pour faire les expériences sans lesquelles il est impossible de bien traiter un sujet aussi important. after: ES | ar ( 426) Une annonce bien étonnante, c’est celle que l’on trouve dans la Bibliothèque phystco- économique( du 1.2" septembre 1807), et qui est conçue en ces termes: « On cultive maintenant le riz avec assez » de succès en Allemagne, et sur-tout dans » la Marche, le Hanovre et la Prusse. Il vient » dans les terrains bas et humides. On le » sème en sillons comme le blé, et un peu » clair, parce qu'un grain produit plusieurs » tiges: c’est ordinairement depuis la fin de » mars jusqu'au mois de mai. Il mürit en ) > septembre.» On lit aussi ailleurs que Breckennoff avait fait venir du riz d’Archangel, et l'avait cul- tivé en Prusse, du temps de Fréderic-le- Grand. Si ces faits étaient vrais, le riz qui aurait prospéré dans ces pays du nord, pourrait, à plus forte raison, s'acclimater en France; mais on doit supposer ici des erreurs de nomenclature. M. Médicus, qui professe l’agriculture dans l’université de Landshut, en Bavière, vient de publier, en allemand, un essai d’un sys- ième d'agriculture, où 1l parle du riz, pa- ragraphe 116. Il croit qu'il est possible de le cultiver en Allemagne, dans les marais na- qurks. À€ dans les m ger, el qu JL cite plus Je Magasin Société d'ags thèque rurd quels 1] pare en diverses P du Mz: mais a de Lequive la phnte de mes formels ) eSals qu » confondu a Aee ,| Flore cochi riétés de riz précoce, qu 3. le riz d arroser 4. lement dans ras hum riz[la tro gent point Europe. Le £cultés sur et çelni qui s, C'est cell Sue ph slt D) et qui / b ayec assez 2 tout dans! event Hes. On}: »Jet un per EC. plusieur S 5 h En de muünit el Lonof arait 9 pait cul- 1«ee ru aural Brpourait, =; France, greus de star dun sr, ré ? un sys +R sus D4* ( 427) turels. Il dissuade fortement cette culture dans les marais artificiels qu’elle paraît exi- ger, et qui sont dangereux pour la santé. Il cite plusieurs ouvrages allemands, comme le Magasin d'Hanovre, les Mémoires de la Société d'agriculture de Leipsick, la Biblio- thèque rurale de Beckmann, etc. d’après les- quels il paraîtrait qu’on a essayé avec succès en diverses parties de l'Allemagne, la culture du riz; mais il croit, comme nous, qu’il y a de l’équivoque dans les dénominations de la plante dont il s’agit, et ajoute en ter- mes formels:« Il est probable que dans ces » essais qu’on prétend avoir réussi, on aura » confondu avec le riz une variété d’épautre.» Au reste, M. Médicus rappelle, d’après la Flore cochinchinoise de Laureiro, quatre va- riètés de”riz.: 1.°e"riz common; 2/0 16 ir précoce, qui mürit dans le quatrième mois; 3.° le riz de montagne, qu’on cultive sans l’arroser; 4.° le riz glutineux, qui croît éga- lement dans les terrains secs et dans les ter- rains humides. Ce sont ces deux sortes de riz( la troisième et la quatrième, qui n’exi- gent point d’eau), qu’on peut désirer en Europe. Leur importation trancheraii les dif- ficultés sur l’insalubrité de la plante du riz; et celui qui ferait ce présent à la France, ( 428) mériterait certainement des marques écla- tantes de la gratitude publique. Suite de la page 402. 2.° Quant à la culture du blé par trans- plantation, plusieurs agriculteurs français se sont prononcés contre cette pratique. MM. de Villèle, à Toulouse, Pasquier-Bousquet, dans la Charente, et Girod-Chantrans, à Besancon, s'accordent à dire que le repiquage du blé en grand ne couvrirait pas la dépense.( 4n- nales de l’agricullure française, par M. Tes- sier, tomes 20 et 21). Je ne prononce point. Je m’attache à faire connaître les faits bien constatés et les opinions diverses. Ensuite je désire que les expériences soient refaites et comparées dans plusieurs climats éloignés, et qu’on distingue exactement les circonstances dans lesquelles une méthode impraticable et trop coûteuse avec telle ou telle donnée de sol, de population etc., peut devenir utile ou très-ayantageuse à ceux qui sont placés dans une assiette différente, ou qui ont un but spécial auquel cette méthode peut être plus appropriée. Il ne faut. pas se häâter de décider et de proscrire toute tentative insolite. La transplantation, ou le repiquage du blé, n’est qu'une des méthodes que nous avons nt hf à 5 décrites. d'autres en les©’ sultats ul ment la déja un dé ces À agricole! Le pli conséqqui eù d'ap/i fournir rènces. On vi pârce qi dé notre semen\, L'ques écl D par trans- Dranças se se. de El quet dans 21 Besançon, bige du ll D nsc.| die «ar M, Tes once pont fais Den SANTE is à fsoignts 2conslancs eiaticable Lomé à venir ul st pe ou ont U D, pui‘l° se Lier d PAL ysohtès Dit du blé «0 ayo) f \ décrites. La seconde partie va en présenter d’autres infiniment plus simples; et peut-être, en les combinant, serait-on amené à des ré- sultats imprévus, qui changeraient heureuse- ment la marche de lagriculiure. Ce serait déja un grand bien que la seule discussion de ces différentes méthodes dans les Comices agricoles de tous les cantons de l’Empire. Le plus ardent de nos souhaits serait, en conséquence, de voir rétablir ces Comices, et d'apprendre que cet ouvrage aurait pu fournir la matière de leurs premières confé- rences. On nous pardonnera d’insister sur ce vœu, parce que nous croyons que l'amélioration de notre agriculture tient à son accomplis- O sement, 4 Fin de la première partie, FFT: —{ RAR ED VW BA US LR LE LOUER LR RE LR AR D A/R /Q LR) Ps As BTE ; D ESA@ HA: PI TRE,S 1 | CONTENUS| DANS LA PREMIÈRE PARTIE.| Fisos e DÉDICATOIRE. Page v Cuapirre rREMIER. De la fécondité des graines céréales, considérées isolément, ou produits d'un seul grain de blé. Expériences sur ce L point, de Miller, à Cambridge; de M. de Lavergne, médecin à Lamballe; de l’ Au- teur de ce livre. Page 1 Lettre du cit. Maisonneuve à l Auteur. 18 Lettre du cit. Lavergne au même. 29 Transplantation singulière d’une touffe de blé, par l’Auteur. 29 Caar. II. Découverte du célèbre philosophe JVolf, sur les causes de la multiplication du blé. 34| LA Châteauvieux en«a connaissance. 44 EH Varenne de Fénille l’ignorait. 46 Son projet d'expériences sur le froment. 51 Cab. I. Saxe,{! sur les eù qui Î à l'aven Essais de Epruve du Autre pre Expérience cdmte d Conglusior Car. IV. Dublin. Mathier d'un se qdantite Arrôt de F blisseme Samuel] Obsérvatu Yblvert Remarque même$ Cuae, V. en anol quil aa que les la Jréqu ARTII] Page 1 des graines ou produits \ees Sur Ce Ve M. de y de-| Page| | | «| ur. Re juif de Uk, 1 \ philosople , iplicuton C) ( 451) Car. HI. Expériences faites en Silésie et er Saxe, qui confirment la découverte de Wolf sur Les causes de la multiplication du blé, et qui font présager l'utilité dont elle serait à l’avenir pour l’agriculture. 55 Essais de Trautmann, en Lusace. 6o Epreuve du prince de Solms-/Wildenfels. 72 Autre épreuve singulière, en wWSiléste. 74 Expériences du grand Chancelier de Saxe, comte de Beuchling. 77 Conclusion remarquable de Molf. 79 Cuar. IV. Ætablissement de la Société de Dublin. Prix remarquable remporté par Mathieu Yelverton, pour avoir recueilli d'un seul acre de terre, la plus grande quantité de blé-froment. 81 Arrêt de Raoul Spifane, en 1556, pour l’éta- blissement de Chambres agraires. 82 Samuel Madden, patriote irlandais. 85 Observations d’Ellis, sur le prix remporté par Yelverton. 95 Remarques de M. Arthur Young, sur le méme sujet. 99 Cuar. V. Nouveau systéme de culture, publié en anglais, par Tull. Nouveaux instrumens qu'il adopte. Discussion de son assertion que Les engrais peuvent être suppléés par la fréquence des labours. 105 séhataemnen dcr a Ne tr ue LPS 5 7 nage: ET ( 42) Passage de Wolf, sur le semoir d’un Es- pagnol. 107 Semoirs inventés en Iialie. 109 Eloge du sain foin, par Tull. 117 Machines de M. Ductet. 120 Les engrais et les labours comparés, par M. Mourgues. 123 Opinions de Blackwell, Fabroni, etc. 154 Car. VI. Coup d'œil sur l’ancien état de notre agriculture. Palissy, Olivier de Serres, sont nos premiers géoponiques. Enfin, Du- Jamel du Monceau publie les six volumes de son Traité de la culture, d’après le systéme de Tull. Emulation qu'il excite. Expériences faites en Lorraine, en Au- vergne, et sur-tout à Genève, 137 Expériences faites du blé cultivé par rangées en différens pays, d’après les indications que Duhamel avait données. 163 Expériences faites en Lorraine, par M. Crédo. Ibid. Expériences en Auvergne. 165 Sxpériences et calculs faits dans le comitat d’ Avignon. 168 Expériences remarquables faites près de Ge- nève, par Lullin de Châteauvieux, ancien Syndic de la république de Genève. 169 Expérience, IN, 10. 174 Extrait | on | Extrait d ques| | l Bar Ÿ Cab. VI | dès suc | DD, de | jt éta de Par! COArespo Coan VII culfure qui rec terrain consiste Vpn en I, noble fa Procéskver le Ces nominés Procès-ber! sig ny} D à la dih MUSsaire * méthode Ployée pa RES | Suite du P 4 Pr E\r d'un Js, 120 af, par 1 ele, 154] Sat de notr| Se Serre| enfin, Di Sy polunés ST L sl exc, do 2 A| pb pèv ons as dications 109 ex per N| Ib| 1 ke Le con 1| 14) d 6e? nu a Îl % 1e, 1} 1 [run V4 ES ( 453) ÆExiratt des observations&éorgico-météorolo. £tques faites dans Le Boulonnais le Baron de Courset. CHar. VII. Suite des vue des succès de » par I. Page 185 S agronomiques eÉ Duhamel. Il propose, 1799, des Écoles d'agriculture. Son Jait établir La Société royale dl’agiculture de Paris et Les Bureaux d'agriculture qui Correspondaient avec elle. 191 Cnap. VIII. Prix Proposé par la Société d'agri- culture de Paris> Pour celui des laboureurs qui recueillerait Le plus de blé ferrain donné, er livre dans ur .. 2 qui ne serait pas d'une £onsistance moindre que cinq arpens. Ce Prix est décerné au sieur Charlemagne F en 1766. Procès verbaux de sa culture. S& noble façon de penser. Procès-verbal dressé le Chevalier T 217 le 14 mars 4707, par M. urgot et M. l'Abbé Nolin, nommés commissaires de La Soc Procès-verbal Jait par VIONY, télé. 21 ordre de M. de Saut Intendant de La généralité de P Gris, à la diligence du sieur Ch ristophe, Com- Missaire en cette Partie y Qui constate La mét/iode que le sieur Charlemagne a ployée pour labourer fume Cinq arpens destinés à c Suite du Proc À, Partie ern- r'el ensemencer les OnCOurir au Prix. 291 ês-verbal d'agriculture. 238 $ Car. IX. Suite des travaux agricoles que Duhamel avait fait naïtre. Prix proposé, { en 1777, par la Société d'émulation de Paris, pour la culture sans jachères. Bons écrits sur les grains, publiés, en 1783, par M. Tessier, et en 1788, par M: Par mentier. Expériences de M. Tessier, en 1790. Proposition remarquable de Passemblée pro- vinciale de la Haute- Guyenne; pour former dans chaque canton des associations d’agrir culture, Comices agricoles dans la ci-devant généralité de Paris. Leur utilité. Désir de L. Les voir renaître dans tous Les arrondisse- Î mens de l'Empire français. Page 257 ocès-verbal de la première as- semblée provinciale de la généralité de la Haute-Guyenne. 283 X. Culture chinoise du riz, dont les yment aux yeux de Duhamel mer le blé par rangées Extrait du P1 Car. détails confi | sa proposition de se 1h et de le cultiver pendant sa v le riz dans les Colonies. Feu M. Cossigny ultiver le riz dans les égétation. Sur nous propose de« provinces du midi: question encore indécise. Le méme auteur veut aussi que l’on appli que au blé Les procédés de transplantation le riz dans l'Inde. Faits et usités pour Essais raisonnemens à l'appui de ses vues. de Premd Cul econci le d Le" ArIG | expei plu [Le AT sur fl rela Post-A | fin defs dLgr1coles qué «TL prop 4 mulaton d4 «chères, Bons «, en Bi] “tr A7, Pan R ie,| Sem bl be pr px: pour jo Dations d'a] % Lo cd ss fé, Dir arrondissét ne Pi dl gi emere 457 st le de À sus, 1 as Duhorl «pur ral IL\| s l Cost er des À su" id 4 ap» 1 malt E fai fs Von LL ( 435) de l’'Auteur de ce livre, en 1788. Page 293 Première partie du Mémoire de M. Cossisny. Culture du riz dans l’ Asie. OL Seconde partie. Nouvelle méthode de cultiver le blé. 333 L.°T ApPPENDICE AU CHAP. X. Observations et expériences sur Le repiquage ow la trans- plantation du blé, par M. Tessier. 386 IL.° Arrenpice. Contenant de nouveaux détails sur les expériences de l’ Auteur de ce livre: relatives au méme objet. 402 Post-Scriptum. 4925 Fin de la Table des Chapitres de la première Partie, —— ———— ————— DE M. FRANOOIS DE NEUFCHATEAVU —“—— A R T MIILTIPL IER LES 1. re PAnETE, 6 8 3 9 S V abelalrale, TrLaIEEILNIR 1TLéLLé,,LL. II angigaigtah Nnnnhnnananenzanheian IIUunnn PIl!- CÜdh V Oem 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 — e— g.— Ir eee * 8 — —— Gedf& Grey Eontroſ Chart Blue Cyan Green Vellow Heod Magenta White Sreyy Gleye Grey 3 Grey 4 Black ——