F a, Comparaisons dans les poêemes de Frédérie Mistral, par Dr. Hans Weiske, Oberlehrer an der städtischen Realschule. — der Oberrealschule Lahrarbibliothek diessen asts- Beilage zu Programm No. 149. Cottbus. Druck von Teske& Arnold. 1905. Avant-propos. Les lettres M et C sont des abréviations pour Miréeio et Calendau. Je cite Mireio d'après l'édition d'Eugène Fasquelle, Biblio- thèque Charpentier; 11, rue de Grenelle, Paris 1900; Calendau, d'après celle d'Alphonse Lemerre, 27-31 passage Choiseul, Paris 1887. Quant aux traductions francçaises des vers de Mistral, j'ai employé, en général, les traductions que Mistral lui-mêème donne en regard du texte provencal. Padore la belle Provence ensoleillée. J'aime les riches vignes, les allées de cyprès touffus, les bois de pins silencieux et vénérables, les oliviers gris-vert, les müreraies retentissant des gaies chansons des magnanarelles. Ah, les jolies promenades en pleine campagne! Sur les arbres, dans les broussailles de myrte, dans l'herbe de la route, sur les fleurs des prairies, partout enfin, chante la cigale, déjà considérée comme bonne chanteuse par les anciens Grecs.) On ne s'étonne pas que les poètes néoprovençaux— les félibres—, ainsi que les érotiques grecs, l'aient choisie pour emblème: l'un et l'autre, cigale et poète, peuvent dire»Lou souléen me fat canta«, le soleil me fait chanter. On sait que le félibrige, association de poètes qui, en 1876, tint sa première réunion dans la salle gothique de l'hòôtel du Louvre, à Avignon, s'était proposé de reconstruire le palais en ruines de la langue provencale. Tous ces fondateurs enthousias- més ne sont plus en vie. Théodore Aubanel, auteur des»Fiho d'uignoun« et de lla Grenade entr'ouverte«, n'est plus de ce monde; sa statue orne la place Saint-Didier à Avignon. Roumanille ne vit plus; mais les marguerites, décor orna- mental de son monument, dans le jardin du Musée Requiem, à Avignon, vous rappelle son chef d'œuvre, les»Margaridelo«. Au milieu de la petite Crau, plaine fertile entre les Alpines et la Durance, est situé le petit village de Maillane; c'est la que se trouve, sur la route de Saint-Rémy, une maison à un étage, entourée d'un haut mur suivant la mode provençale. Les lauriers- roses devant la maison, les myrtes et les pins derrière, dépassent, ca et là, la clôture blanchatre. On n'est pas bruyant dans cette *) Qu'on se rappelle la petite chanson: Eio érztya»A la cigales. Anthologia Lyrica ed. Bergk. Anacr. 32 et, surtout, vers 12— 14: pdAeονοσ νμέμν ος MoOνοα ce sont les Muses qui t'aiment, pddlëer de Soißoo οτο, c'est Phébus méême qui t'aime, Adνον ϑνοπέιπν Oνιν et qui t'a donné la douce chanson. — 6— maison, mais on y est gai: c'est la demeure d'un poète, de Frédéric Mistral, le plus grand représentant du félibrige. Descendant d'une ancienne et riche famille du Dauphiné, ce chantre vénérable est né dans le mas dou ſuge, situé, à un quart d'heure de Maillane, sur la route de Saint-Rémy. Vivant ainsi, dès sa première jeunesse, en pleine Provence et au milieu de ses Provençaux, ce grand poète a choisi son pays et ses compatriotes pour sujet principal de ses poèmes: c'est de leurs moeurs, de leur histoire, de leurs légendes qu'il aime à chanter. En effet, la belle Provence vous fait poète: ces montagnes rocheuses roses et bleuätres, ces hommes vifs et agiles, la beauté classique de ces femmes, cette langue fleurie et si douce, tout cela vous enflamme et vous rappelle le pays du plus grand poète de tous temps. On ne s'étonne pas que les œuvres de Frédéric Mistral, ses nobles caractères de femmes, ses hommes héroiques, Ses paysages ensoleillés, sa langue pleine d'images et de compa- raisons, tout cela semble né sous le ciel grec; et lui-méême s'ap- pelle dans la première strophe de Mireio»umble escoulan döu grand Oumeèero«— humble écolier du grand Homeère. Dans l'essai suivant, je ne traite que de Mireio et de Calendaus), les deux premières épopées de Mistral. je donnerai l'analyse rapide des poèmes dans la première partie; dans la seconde, j'ai essayé de tracer un tableau des comparaisons de Mistral, ressemblant si bien à celles de l'illustre Grec. Miréio. Le premier chant de Mirèéio vous transporte dans le Mas des Micocoules“**), qu'il faut s'imaginer près des Baux, petite ville, située sur la pente méridionale des Alpines. Maitre Ramon, père de Mireille, est le propriétaire de ce domaine; c'est un homme riche en fonds de terre, qui a beau- coup de domestiques et beaucoup de troupeaux. *) Nerto aurait sa place à côté de ces poèmes; mais, après avoir bien réfléchi, je P'ai omise, faute d'espace: datant d'une époque beaucoup plus récente que les deux poésies ci-dessus nommées, cette œuvre en diffère sur plusieurs points. Quant à la forme, Mirèio et Calendau sont écrits en strophes, Nerto, en»laisses«. Correspondant à la forme, le sujet de Nerto est em- prunté au moyen äge; les deux autres peuvent se jouer de nos jours. Enfin, Nerto a beaucoup moins de comparaisons que Mirèeio et Calendau. Je me réserve de traiter de cette poésie dans un autre essai. **) On y a méême construit, maintenant, un mas des Micocoules; mais celui-ci tire le nom du mas que Mistral a décrit dans son poème, comme me l'a dit le poète même pendant une visite que je lui ai faite. — 7— Le soir tombant, un pauvre vannier, maitre Ambroise, ar- rive au mas avec Vincent, son fils, jeune gars de vingt ans. On les invite à diner. Après le repas, le vieillard chante les exploits qu'il a ac- complis jadis dans la guerre maritime contre les Anglais. Et, tandis que le père excite l'intérét des hommes, le fils raconte à la fille de maitre Ramon ce qu'il a vu dans ses courses à travers la Provence. Tout en causant il lui parle des Saintes-Maries-sur-Mer, pèlerinage en Camargue, sur le bord de la Méditerranée, et ouù se font tant de miracles. Lui-méme a visité les grandes Saintes, guérissant toute maladie.»Et vous aussi, dit-il, mademoiselle, si quelque mal vous déconcerte, courez vite aux Saintes, vous aurez du soulagement.« Il lui parle des courses à Nimes, où Lagalante, roi des coureurs, est vaincu par le Cri; où lui-méême aurait pu embrasser le poteau qui marque le but, et remporter le prix, s'il n'avait pas mordu la poussière au moment où il dépassait ses rivaux. Mireille, fille de compagne, qui ne sort jamais de chez elle, admire le beau jouvenceau et sent l'amour naitre dans son cœur virginal.... C'est au mois de mai qu'on élève les magnans; aussi la belle adolescente est»à la feuille« un beau matin. Vincent arrivant par hasard, on cueille ensemble. II lui parle de sa mère morte et de Vincenette, sa scœur. Subitement les jeunes gens s'arrétent dans la cueillette. Car, bon présage! Is ont trouvé un nid de mésanges bleues au faite du mürier. Avec précaution et pleine de joie, Mireille les dépose dans son corsage, afin de ne pas laisser échapper les petits oiseaux: elle a entendu dire que, si deux amants ont trouvé à deux un nid, la sainte Eglise les unira dans la meme année. Mais, aie, les oisillons piquent, ils égratignent la pauvre fillette. Vincent, volant à son aide, lui tend son bonnet pour y déposer les petites mésanges. Assis sur la même branche, tous deux continuent à cueillir; mais, trop chargée, elle se casse; et les deux enfants roulent à terre. Mon Dieu! Quelle est la frayeur de Vincent! Mais, heureusement, la belle fille ne s'est fait aucun mal. Une seule chose la tourmente, lui pèse sur le cœur.... Elle se confesse à Vincent, et lui déclare son amour. —3= Au méême moment, la mère, mécontente de la longue ab- sence de sa fille, l'appelle et termine cruellement ces confidences amoureuses.... Quelques jours plus tard, nous retrouvons Mireille parmi d'autres jeunes filles. Tout en détachant des rameaux les cocons de vers à soie, on chante, on rit, on fait des chateaux en Espagne. Norade, une des jeunes filles, ayant, par hasard, surpris le rendez-vous de Mireille, la plaisante en divulgant son secret. Mais, celle-ci, loin de s'avouer coupable, réplique qu'elle aime mieux s'enfermer dans un couvent que de se marier. S'amusant de cette réponse peu vraisemblable, la réunion joyeuse prie Nore de chanter à Mireille la belle chanson de Magali, jeune fille, qui, pour échapper à l'amour, voulut se faire, tour à tour, poisson, oiseau, fleur, nuage, rayonnement du soleil, lune sereine, rose, écorce de chéène, nonnette blanche, et enfin mourir, mais qui, néanmoins, finit par tomber amoureuse.... Belle fille, rayonnante dans ses quinze ans, la riche héritière du mas des Micocoules se voit recherchée par trois prétendents: Alari, le berger; Véran, le gardien de chevaux; Ourrias, le toucheur de taureaux; mais, sans se laisser aveugler par leurs richesses elle les éconduit tous. Hors de lui, prêt à décharger sa colère sur qui que ce soit, le bouvier retourne en Camargue. En pleine Crau, il rencontre Vincent. Sans le connaftre, il l'insulte grossièrement, le provoque en duel. Vincent n'est pas läche; les premières paroles de son ad- versaire lui ont fait savoir qu'il a affaire à un rival. On a le sang chaud dans le Midi: aussi tous deux s'élancent l'un sur l'autre, pleins de fureur. Si Ourrias est fort comme un lion, l'enfant du vannier n'est pas faible non plus: on se meutrit à coups de poing; mais jeté par terre, ce dernier ne se sent plus de rage, et, d'un terrible coup, il fait tomber le Camarguais. Vainqueur de la lutte, Vincent donne quartier à son rival; mais, en récompense, ce lache le perce par derrière d'un coup de son trident. L'assassin s'enfuit. Trouvant un canot au bord du Rhône, il s'embarque et prie les bateliers de lui faire passer le fleuve. C'est la nuit de Saint-Médard, nuit où les ames des noyés apparaissent en une longue procession sur les rives du fleuve comme des milliers de lumières. Entrainant son fardeau criminel, la barque sombre dans les vagues noires, ressemblant elles-mêmes à des fantömes. Les — 9— bateliers disparaissent en se balançant sur les eaux: ce sont des IIeves).... Et l'autre? Couvert de sang, fouillant le sol dans sa douleur, il a passé la nuit dans le désert de la Crau. Le lendemain, on le trouve et le transporte au mas des Micocoules, la plus proche habitation. Se désolant de l'état de son ami, Mireille lave et panse ses plaies; puis elle l'accompagne au Trou des Fées“*), séjour de tant d'apparitions infernales, où la sorcière Tavèn guérit ses blessures.... Assis à côté de son père, nous retrouvons Vincent sur le seuil de leur cabane à Valabrègue, petit endroit, situé entre Tarascon et Avignon. Le fils prie son père de demander pour lui la main de Mireille. Le vieillard refusant d'accéder à ce désir, Vincenette joint ses prières à celles de son frère, à tel point qu'ils décident leur père à se rendre au mas des Micocoules. Il a beau faire cette démarche! A peine le riche tenancier a-t-il entendu la proposition du vannier, qu'il jure de ne jamais y consentir. Il est trop fier pour donner sa fille à un batteur de campagne, à un vaurien. Maitre Ambroise lui répond; et, loin de descendre jusqu'à la prière, lui, ancien soldat de Napoléon, qui a tant de fois af- fronté la mort, fait savoir au riche que pauvreté n'est pas vice. „»Va-t-en, tonnerre de Dieu! Garde ton chien, je garde mon cygne.« Telles sont les dernières paroles de Maitre Ramon. Et, sans mot dire, le vannier part avec le jour qui tombe. Sur les hauteurs des Alpines, on voit briller les feux de la Saint- jean; et, chantant en l'honneur du grand Saint, on danse la farandole autour de la lueur rouge des flammes.... Baignée de larmes, la pauvre jouvencelle passe la nuit sur son lit, sans pouvoir dormir. Subitement, elle se lève.»Non, dit elle, je veux partir pour les»Saintes«, et demander leur assistance plutét que de mourir loin de mon bien-aimé«. Et, mettant son costume d'Arlésienne, elle traverse les trou- peaux de son père, dont les bergers la regardent comme un fantôme, en faisant le signe de la croix. Le soleil sortant de la *) Mauvais esprits. **) Ce Trou des Fées, vaste caverne de la ville des Baux, parait étre d'origine romaine. On en trouve un modeèle très intéressant, à Arles, au muséon arlaten, qui, fondé par Frédéric Mistral, est si riche en antiquités provencales. — 10— brume, elle entre dans la Crau aride, qui ressemble tant à l'Arabie pétrée. Tourmentée par la soif et les rayons du soleil, la pauvrette demande du secours à saint Gent, qui lui montre les dalles d'un puits. C'est là qu'elle trouve un petit ramasseur de limaces, Andrelon, fils d'un péêcheur. Elle le prie de lui faire passer le Rhône; mais, le petit garcon, connaissant le danger qu'il y a à voyager de nuit en Camargue, l'invite à dormir sous la tente de ses parents. Et, tout en marchant, il lui raconte ce qui s'est passé autre- fois au Trou de la Cape, oùð se sont engloutis les paysans qui reniaient le jour de Dieu. Malheur à celui qui vient à rencontrer ces mauvais esprits dans la nuit! II risque d'êètre entrainé par eux dans le sombre gouffre du Trou de la Cape.... Au mas des Micocoules, on est plongé dans la douleur: on s'est aperçu de l'absence de Mirrille. Mais son père, homme d'action, mande tous ses travailleurs: les faucheurs, les faneuses, les charretiers, les laboureurs, les glaneuses, les bergers, tous arrivent à l'appel de leur maitre. Chacun raconte qu'un accident lui est survenu: Laurent de Goult, chef de moissonneurs, s'est blessé d'un coup de faucille; jean Bouquet, un des faucheurs, a trouvé un nid de francolins détruit par les fourmis; le Marran, chef des laboureurs, a brisé sa charrue. Superstitieux, comme des Méridionaux, ces gens de mas pensent que ces mauvais présages annoncent un malheur ou méme la mort. Personne ne sait rien de Mireille; seul Antelme, chef des patres, l'a vue passer dans les ténèbres allant aux Saintes-Maries. On s'empresse d'aller sur ses traces.... Mireille se remet en route le lendemain. Ayant passé le Rhône dans la nacelle du pécheur, elle con- tinue sa marche à travers la Camargue, ile platte et déserte, ex- posée aux rayons du soleil. Elle court, court, court, tout droit vers les»Saintes«. Subitement— oh, surprise! Elle croit voir devant elle la mer bleue et ondulante, une ville crenelée, des murailles que dominent des églises et des clochers. Est-elle déja la, la tombe sainte? Désireuse d'abréger les souffrances de son pèlerinage, la pauvre fille redouble d'efforts. Mais, à mesure qu'elle s'avance, les fantomes semblent fuir, et enfin elle les voit disparaitre dans la brume de l'horizon. 11— Morte de soif et épuisée par la chaleur, la pauvre pèlerine erre le long du Vaccarès reculé, ce vaste lac qui n'a qu'un demi- mètre de profondeur et qui ressemble à un immense marais. Oh, Vincent! Pourquoi ne secours-tu pas ton amie? Oh, gens de la Crau! Pourquoi ne venez-vous pas à son aide? Vite, vite! Regardez donc la fleur de votre pays qui tombe sur les dunes sablonneuses frappée d'un coup de soleil! Les petits moustiques viennent et voltigent autour de la dormeuse, leurs piqůres la réveillent; elle se relève, se traine jusqu'à l'église. A genoux, les larmes aux yeux, elle prie les Saintes de préter l'oreille à sa douleur. Et les grandes Saintes, exaucant sa prière, descendent du royaume des cieux pour consoler la malheureuse. »Pleins d'épines, disent-elles, est ce monde terrestre, et aux joies les plus grandes se méle la douleur. Mais, ceux qui soupirent ici-bas, riront là-haut: car la mort, c'est la vie; voilà le grand secret.« En témoignage, les Maries lui racontent leur propre vie: Livrées aux fureurs des vagues sur un navire sans voiles et sans rames, elles ont abordé, après un long pèlerinage, sur la côte de la belle Provence. Et, joyeuses de se voir en süreté, elles sont allées précher cà et la la parole de Dieu. Marchant de ville en ville, de village en village, elles sont arrivées dans l'antique cité d'Arles le jour où l'on célèbre la féte de la grande Vénus. C'est en l'honneur de cette déesse que tous les Arlésiens sont réunis dans les arènes; mais, sans se laisser intimider, saint Trophime, l'un des compagnons des trois Maries, renverse la statue de Vénus au nom du Dieu des chrétiens; et tous les spectateurs, après avoir écouté son sermon enthousiaste, se font baptiser. Arles devenue chrétienne, les autres villes n'ont pas tardé à suivre. Les Saintes parlent à Mireille de Tarascon, de la Tarasque, monstre hideux dompté par sainte Marthe. Elles lui racontent comment le christianisme s'est répandu en Provence.... Mais l'heure passe; il faut qu'elles quittent Mireille avant que la vie tremblotante s'échappe de son corps. Les yeux étincelants, Mireille regarde les Maries qui s'éloignent. C'est alors que ses parents, le visage en larmes, entrent dans l'église; ils apercoivent leur fille, qui tombe évanouie quand elle les voit. — 12— En méme temps, les Saintins*), remplissant le sanctuaire, se pressent autour de la malheureuse. On la transporte dans la chapelle où se trouvent les saintes reliques, et la dépose en vue de la mer. Tristes à mourir, se plaignant de leur sort et du destin de leur fille, les pauvres parents pleurent à côté d'elle, quand Vincent, le vannier, pénètre dans l'église. Ah, le pauvre garcon! Ayant su le refus de maitre Ramon, il est parti précipitamment pour le mas des Micocoules pour la voir encore une fois; mais, ne la trouvant plus chez elle, il a tant couru qu'il est arrivé jusqu'aux Saintes. »Mon bel ami, lui dit alors la jouvencelle, d'où viens-tu? Te rappelles-tu les jolies heures que nous avons passées ensemble sous la treille?« »Sée quaugue mau te desvario»Si quelque mal te déconcerte, Courre leu i Sdanti Marlo cours vite aux Saintes-Maries, Meé digueèeres alor, auras leu de me dis-tu alors, tu auras vite Sodlas.« du soulagement.- Elle lui parle des Saintes, lui demande s'il les a vues re- monter au ciel. Lui, le cœur oppressé, n'a que des paroles entrecoupées, étouffées de sanglots. Soudain, elle fait un signe de la main vers la mer: »Ne voyez-vous pas, dit-elle, la barque sans voile des Saintes qui s'approche sur les vagues; elles viennent me prendre.« Les autres, regardant la mer, n'y voient que le soleil qui semble se coucher. On lui donne l'extréme onction. Puis, le beau cantique des Saintes retentit dans l'église, et Mireille continue à parler. Elle voit les Saintes déjà près du rivage; elle voit les salicornes qui les adorent, les flamants qui s'inclinent devant elles.... »A quoi me servira ma propriété maintenant que tu me quittes?« lui dit son père. »Dans la nuit, lui répond-elle, semblable à la phalène, je volerai autour de votre lampe.« »Oh, non, tu ne partiras pas, ma petite Mireille, lui dit sa mére, nous irons à Maillane ensemble chez la tante Aurane porter une corbeille de grenades.« »Vous irez toute seule, répond Mireille, donnez-moi mes robes blanches; car voici les saintes Maries, plus blanches que la neige sur les montagnes.« *) Les habitants des Saintes-Maries-sur-Mer. — 13— S'adressant aux Saintes mémes, Vincent les prie de ne pas la laisser mourir. Mais elle, entendant ses paroles, lui réplique que la mort n'est qu'un brouillard, un songe, la fin de la nuit. »Non, je ne meurs pas, dit-elle; d'un pas léger, je quitte le rivage. Nous glissons doucement sur la mer ondulante, qui conduit au Paradis.« Elle s'endort. Vincent, voyant qu'elle est morte, est fou de douleur; il prie les Saintins de l'enterrer avec celle qui fut son seul bien; il ne veut plus se séparer d'elle. Et hors de lui, dans un accès de rage frénétique, il se jette sur le corps de son amie et la couvre de baisers. Mais, dans la nef de l'église, le beau cantique résonne de nouveau: »O belli Santo, segnouresso De la Planuro d'amaresso, Clafissès, quand vous Hlals, de pels nosti fielat! Mal àd la foulo pecadouiro Ou'd vosto porto se doulouiro, O blanqui flour de la sansol- Lro, S'ei de pas que ie faull, de pas emplissès-la! »Oh belles Saintes, souveraine De la plaine d'amertume, Vous comblez, quand il vous plait, de poissons nos filets! Mais à la foule pécheresse Qui à votre porte se lamente, Oh blanches fleurs de nos landes salées, Si c'est la paix qu'il faut, de paix emplissez-là!« Voilà les traits caractéristiques de ce poème magnifique. Reflétant la Crau, le Rhône, la Camargue, leurs charmes et leurs horreurs, enfin toute la plaine de Provence et les moeurs de ses habitants, cette belle poésie a exercé une très grande influence sur l'esprit des Méridionaux: on la lit, on la chante, on la connaft partout, on l'admire, et on a de la vénération pour son grand auteur. Calendau, le poème des montagnes, n'est pas si connu. S'il est beau aussi, vous allez en juger vous-méèêmes! Calendau. Couronné de rochers escarpés, presque inaccessible, le Mont Gibal domine les collines environnantes et la petite ville de Cassis, située au bord de la Méditerranée. Une très belle femme s'est retirée dans ce désert. Est-ce une princesse, estsce une fée qui demeure dans un antre du Gibal? Nous ne le savons pas. — 14— Ni Calendal non plus, le fils d'un pécheur; mais il sait qu'il l'aime. Ivre d'amour, fou, il a accompli des exploits merveilleux pour gagner cette femme adorée. Insensible, très fière, elle le repousse toujours. Hors de lui, le jeune homme lui reproche d'être la fée Estérelle, qui hante les montagnes, de l'avoir trompé, de l'avoir attiré par des promesses qu'elle n'a pas tenues; et vif comme la poudre, il tourne son pistolet contre lui-méême, prét à Sge tuer. La belle femme pousse un crir et s'élance vers lui; ils s'em— brassent. Mais c'est un baiser froid et pur. Elle ne peut pas céder à son désir: elle est mariée. Etonné, attristé de cette nouvelle inattendue, Calendal lui demande son nom et son origine, et la femme divine— nous lui donnons le nom d'Estérelle— le conduit à sa demeure. Là, au milieu des rochers, elle parle de ses ancétres, ces princes des Baux, qui ont autrefois régné sur une grande partie de la Provence. Mais leurs châteaux splendides, autrefois séjour des trouvères et des amis du»Gai-savoir«, sont tombés en ruines. Un seul leur est resté: c'est le chäteau d'Aiglun, au milieu des Alpes. Et de même que de tous ces chaäteaux un seul a été con- servé, de même aussi de cette noble race de chevaliers un seul rejeton existe encore: c'est Estérelle. Au milieu des hautes montagnes, elle a passé une heureuse enfance dans ce chateau d'Aiglun. S'adonnant à la chasse, vivant toujours en pleine nature, elle a refusé beaucoup de riches pré- tendants, descendants des plus nobles familles. Tel a été son orgueil. Mais, dans une nuit orageuse, un étranger a frappé à la porte de son chateau. On l'a fait entrer. Et cet étranger, qui n'était rien moins que le comte Sévéran, le roi puissant des Alpes, a su briser la résistance de la princesse, et l'a captivée de son regard farouche. On a pressé le mariage. Le jour des noces, on a vu les amis et les sujets du comte remplir les anciennes salles. C'était une foule étrange, en effet, aimant les chansons libertines, les mœurs si peu semblables à celle des anciens princes des Baux. Vers la fin de la fête, un vieillard est entré dans la salle. Son aspect vénérable a fermé la bouche aux convives, a fait — 15— pâlir le comte Sévéran; et, sans se laisser intimider par des menaces, le vieillard a maudit le jeune époux, qui était son fils. Puis, s'adressant à la jeune femme, qui s'est précipitée à son cou, il lui a jeté à la face ces mots terribles: »Malheureuse, a-t-il dit, tu a épousé un capitaine de brigands.« A ces mots, la princesse a perdu connaissance; elle ne s'est réveilléèe que dans sa chambre. Et, résolue à ne plus revoir la figure de ce vil imposteur, elle s'est enfuie de son chateau, en pleine nuit, par un sentier inconnu de tous. Elle a erré à travers les Alpes jusqu'à ce qu'elle soit arrivée sur la hauteur rocheuse du Mont Cibal. Ce récit terminé, Calendal s'en va préèt à tuer le brigand. Mais comment faire? Ce bandit est entouré d'une véritable grande horde de malfaiteurs. Tout en courant à travers la Provence, Calendal médite. Eh bien, il va exciter sa jalousie, provoquer le comte, le tuer en duel. A force de chercher, il finit par le trouver dans la gorge de l'Estéron, petite rivière des Alpes maritimes. C'est là que repose le roi des Alpes, entouré de ses compagnons et de ses femmes; il est charmé de la hardiesse du nouveau-venu, il l'in- vite à raconter une histoire pouvant intéresser les seigneurs et les dames. Rien n'est plus agréable à Calendal. S'installant dans l'herbe verte, il débute en parlant de sa propre famille, de Cassis, des Cassidiens, qui vont pécher pen- dant la nuit; c'est un métier peu lucratif, il est vrai, mais qui vous fait voir tous les charmes nocturnes de la mer, vous voyez la lune, qui brille dans un ciel pur, et sa lumière argentée, qui se reflète sur les flots obscurs et dormants. Puis une vie multi- forme s'agite au fond des eaux: anguilles, gymnotes, requins, épées-de-mer, hommard, tous les poissons tourbillonnent autour des barques des pécheurs. Mais alors, la péche terminée, on ramène au port les bateaux pleins de poissons; on prépare la succulante bouillabaisse. C'est ici que le jeune Cassidien, coupant court, demande pardon à la société de n'avoir parlé que de lui-même et de son pays;»mais, dit-il, de ce qu'il aime, chacun parle avec goũt.« Puis, voyant que tout l'auditoire et surtout Fortunette, une des femmes, admire son récit, Calendal poursuit ainsi: „Mon pore, dit-il, aimait, pendant les longues soirées d'hiver, à nous lire dans un vieux livre provencal. C'est ainsi que j'ai — 16— connu l'histoire de notre pays; mais, plus que cela, j'ai aussi appris à aimer notre belle Provence, semblable à une ile heureuse, pleine de chants et de danses, au milieu de l'Océan orageux. C'est ce qu'elle était autrefois; puis elle se vit envahie par des nations ennemies: ses trouvères s'enfuirent, ses châteaux tom- bèrent en ruines, et sa belle langue ne survécut que parmi les pätres et les pécheurs. Mais nous te conservons, ò langue d'amour! Pour palais tu as la nature; pour couronne, les étoiles; pour miroirs, les ondes; pour rideau, les pins.... Jusqu'à vingt ans, j'ai vécu tranquillement dans ma ville natale. Mais, un jour, j'aij vu sur le Mont Gibal une femme divinement belle, dont je suis tombé éperdüment amoureux. Mais elle, méprisant mes transports, m'a repoussé en me disant que je n'étais pas digne d'elle, que je n'étais ni assez fameux, ni assez fort, ni assez fin. C'est alors que j'ai résolu d'accomplir des exploits sur- humains pour la conquérir. Au diable la pauvreté! Je suis vite descendu à Cassis, je me suis mis à construire, dans un petit port peu accessible, une grande enceinte de filets, ce que nous appelons, nous autres, une madrague et j'ai réussi à pécher une grande quantité de thons. Enrichi par des péches miraculeuses, j'ai acheté chez un orfèvre des bracelets, des bagues, des boucles d'oreilles, enfin tous les bijoux que j'ai pu trouver, et j'ai couru offrir tout cela à Estérelle. Mais, dédaigneuse, elle m'a répondu que l'amour d'une ame fière ne se laisse pas conquérir par quelques oripeaux: sans hésiter, j'ai jeté tous les présents dans un précipice. Elle a souri en voyant cela, et, en parlant des exploits que les anciens trouvères accomplissaient pour leurs dames, elle m'a devoilé un monde jusque-là inconnu pour moi. La divine femme s'est retirée; je me suis haté de retourner à Cassis, oùð j'ai été féêter en l'honneur de ma péèche aux thons. Alors le jeune homme s'interrompt de nouveau. Mais, tout son auditoire s'intéressant de plus en plus, il n'hésite pas à continuer de plus belle, parlant des jeux et des prix, des danses provencales, enfin de la grande joute, qui a eu lieu dans la rade de Cassis. On sait que les joutes sont de grandes fèêtes pour les marins et les pécheurs et qu'on n'aime pas à en étre absent: c'est ainsi qu'un marin, le capitaine Négrel, qui, blessé dans les colonies vient de revenir, et qui porte son bras en écharpe, ne — 17— veut pas rester chez lui; et sans se laisser retenir par les larmes de sa femme, il se rue à la lutte. Oh, il sait son métier; il fait si bien qu'enfin, tous les autres péêcheurs culbutés, il n'a plus affaire qu'à Alphéran; mais c'est alors que son destin se décide: renversé par des coups formidables, Négrel tombe à l'eau. I ne reste plus que deux champions: Alphéran et Calendal; le dernier triomphe d'un adversaire jusque-là invincible. On ne s'étonne pas que Calendal soit le héros de Cassis, on le promène à travers la ville, on l'adore, on le couronne de lauriers. Mais Alphéran, jaloux de cette victoire, dit des mensonges pour rabaisser Calendal, et, par d'habiles calomnies il réussit à exciter contre lui les esprits des Cassidiens, de sorte que le jeune héros se voit forcé de fuir. Triste à mourir, pauvre, ne sachant que faire, Calendal monte sur le Gibal; il va raconter tout son chagrin à l'adorable femme. Elle le console en lui racontant l'histoire de Guillaume au Nez Court qui, ayant tout perdu dans la bataille d'Aliscans, a tout regagné en suivant les conseils de sa femme, la comtesse d'Orange. Encouragé par ces paroles, Calendal redescend à la häte, préêt à accomplir d'autres exploits et à montrer ainsi leur in- gratitude aux Cassidiens... Non loin d'Orange s'élève le Mont Ventoux, on le voit très bien de la colline qui domine la ville. C'est, sans doute, une des plus hautes cimes de Provence. Une forét de mélèzes la couronne, mais personne n'a jamais osé y grimper ni couper ces arbres. Il faut connaftre cette paroi de rochers. Calendal y va. Armé de sa cognée, il fait ce que d'autres ont pris pour impossible; et, après trente jours d'efforts et de dangers, il a abattu tous les mélèzes et il redescend vivant et bien-portant. Mais, loin de se contenter de cela, Calendal cherche d'autres travaux. II va se diriger vers le Rocher du Cire, qui surplombe la vallée de la Nesque. Accompagné d'un gars, il gagne le sommet par un circuit très pénible; puis, attachant un cäble à un genévrier, il descend en glissant jusqu'à ce qu'il se trouve en face d'une petite colonie de ruches. II enlève tout le miel; et quoique piqué et torturé par les abeilles, qui, furieuses, défendent leur petite république, il finit par regagner le sommet. — 18— Une fois sauvé, il ne se sent plus de désir de revoir la femme adorée, et, abandonnant au gars la plus grande partie du miel, il court au Gibal. Mais quel accueil l'attend! Estérelle, ayant appris ce qu'il a fait, le bläme en lui re- prochant d'avoir détruit les chefs-d'œuvre du bon Dieu. Contrit de son péché, Calendal se résout à réparer sa faute, en faisant un pèlerinage à Sainte-Baume. C'est dans une vallée bordée de forêèts qu'il vient à ren- contrer les compagnons du Tour de France(die französischen Handwerksgesellen), charpentiers, maçons, forgerons, qui, se dis- putant sur la valeur de leur métier, sont en train de se battre à coups de compas. Calendal, leur parle si bien qu'il réussit à les réconcilier au point qu'ils s'en vont, bras-dessus, bras-dessous, avec leurs chapeaux ornés de fleurs et en chantant. On s'imagine sans difficulté qu'Estérelle est ravie de cet exploit: aussi accueille-t-elle le pécheur avec bonté, et, qui plus est, elle lui dit qu'elle l'aime; mais, en dame généreuse, elle ne veut pas qu'il se laisse efféminer dans les bras de l'amour, qu'il se laisse entrainer par les entraves de la clématite, qui vous retiennent au fond des vallées. Non! l'amour est pour elle, pour lui c'est le combat, la lutte contre le Mal; il doit gravir les cimes des montagnes. Graâce à ces mots de la femme adorée, Calendal ne tarde pas à trouver une autre entreprise. Le cœur réchauffé par l'amour, plein de courage, il s'ache- mine vers la forèét de Cadarache, située au confluent de la Du- rance et du Verdon. C'est là que Marco-Mau, fameux bandit, fléau du pays guette ses victimes. Objet de haine et de peur, le brigand peut librement s'y abandonner à ses désirs vicieux; vol, meurtre, rapt de filles, rien ne lui est inconnu. Personne n'osant braver ce bandit, Calendal court délivrer le pays de ce monstre hideux. Ille rencontre au bord d'un abime, au fond duquel grondent les eaux d'un torrent; et, en luttant avec lui, il le pousse dans le ravin. Entrainé par le brigand dans sa chüte, il tombe à l'eau avec lui; mais gràâce à son agilité, il sait se débarrasser de son adversaire et enfin le dominer en le tenant sous l'eau. Une fois le malfaiteur dompté et garroté, le jeune héros, aidé d'un muletier, le transporte à dos de mulet à Aix, capitale de la Provence, oùð l'on va célébrer la Féte-Dieu. 19— Il va sans dire qu'on y recoit le jeune vainqueur comme un prince. Les consuls, hauts magistrats de la ville, le pro-— clament abbé, premier, de la jeunesse; l'Assesseur d'Aix, magistrat qui a la haute direction de l'administration provinciale, lui offre deux pistolets d'honneur.... A cet instant du récit, Calendal, tirant les armes de sa ceinture, les fait voir aux compagnons du comte Sévéran. Mais sans s'arréter longtemps, il leur parle de la grande féte, de la procession, de ses honneurs, du bon accueil que lui fait Estérelle. Vaincue, la femme adorée lui déclare, qu'elle est à lui tout entière, sauf le corps; car elle est mariée, elle est l'épouse d'un vil flibustier. Ainsi nous revenons au commencement de notre fécit. Mais Calendal, loin de craindre la colère du comte, ajoute qu'il n'aime pas le corps de sa belle amie, mais que c'est son âme qu'il adore.. »Nos corps, dit-il, seraient détruits par la mort, que nos àmes seraient encore inséparables à jamais.«.. Cette histoire terminée, le comte Sévéran, fou de rage et de jalousie, voudrait tuer raide ce petit pécheur; mais il n'y gagnerait rien, il n'arracherait pas son souvenir du cœur d Estérelle. Aussi, il séduira ce saint, gâtera son esprit par les délices, par les orgies. Afin de pouvoir exécuter son projet, il l'invite à passer la soirée au chaäteau d'Aiglun. Un repas somptueux y attend les bandits et le pécheur. Mais ni la riche table, ni les vins rares, ni les parfkums qui embaument, ni les danses voluptueuses ne peuvent séduire Calendal. Fortunette même, la belle moresque, avec tous ses charmes, ne sait pas triompher du jeune Cassidien, qui, indigné, se lève d'un bond, et renversant la table, provoque en duel le comte Sévéran pour avoir ainsi profané le palais seigneurial d'Estérelle. Braquant ses deux pistolets, il brave toute la bande et la tient en echec; mais, subitement, il tombe à la renverse frappé d'un coup de Jarnac; on le jette dans un cachot. Brülant de se venger, le comte et sa bande montent à cheval pour se rendre au séjour d'Estérelle, tandis que son amant désespéré, ne sachant quel parti prendre, täche de briser les mu- railles de sa prison. 2* — 20— Oh! dis, que me dara lis alo Tant soulamen de la mouis- S4.. — Ieu! d través la porto uno voues is e‿εpond. »Oh! dit-il, qui me donnera les ailes »Moi!« répond une voix au travers de la porte.« C. p. 445. C'est Fortunette. Prosternée aux pieds de Calendal, elle le supplie de lui accorder son amour. Lui, sans daigner répondre, s'élance vers la porte, l'enfonce d'un coup de pied et se sauve. Mais comment dépasser les brigands, lui à pied, eux à cheval? C'est impossible! Vite, vite il se dirige vers la mer, il vole, vole à travers les montagnes; il court, court jusqu'au moment où il voit à ses pieds les dattiers de Cannes; il loue un bateau, qui, rasant la côte de Provence, court à Cassis, rapide comme une mouette. Il arrive juste à temps. Déja la bande formidable gravit les escarpements du Gibal. Estérelle, voyant que sa dernière heure est venue, bénit son champion et, fille digne de ses ancéètres, lui donne son poignard: esi tu ne restes pas vainqueur, dit-elle, comme c'est probable, tu vas me plonger cette arme dans le cœur.« Alors, hardi, Prêt à vaincre ou à mourir, le beau jouvenceau barre le sentier raide, seul accès du rocher. Roulant roches sur roches, il écrase les assaillants, les culbute dans l'abime. Ivre de rage, le comte Sévéran, qui ne s'est pas douté d'une pareille résistance, ordonne d'incendier la forèt pour étouffer ceux qu'il ne puit prendre vifs. Mais il s'est pris dans ses propres filets: renversé par un pin tombant, il crève comme une béte. Les lueurs de la montagne qui brüle s'aperçoivent de tous les environs; on accourt de toutes parts afin de sauver Estérelle et son défenseur. Deux mille mains à la fois entrent en lutte avec les flammes. Et, le feu s'éteignant, on voit Calendal, l'enfant de Cassis, et la blonde reine des montagnes, qui apparaissent la main dans la main sur les rochers. Deux mille voix les applaudissent; on les conduit à la ville, oùu on nomme Calendal consul à vie. AL disent, la moulounado I novi fai L'acoumpagnado I noult generous, amourons, benltrols, „Disant cela, la multitude Fait cortège aux fiancés, Aux fiancés généreux, amou- reux, bienheureux; — 21— E lou souleu, que Diéen dou- mino, Lou grand soulen mounto, Ilumino, En coungreiant senso termino Et le soleil, dont l'empire est à Dieu, Le grand soleil monte, illu— mine, En procréant sans limite ni fin De nouvéeus estrambord, de noubvens amourons. De nouveaux enthousiasmés, de nouveaux amoureux.« C. p. 481. Comparaisons. Voilà J'analyse des deux poèmes, un peu maigre, il est vrai, et bien terne à côté de T'original sublime; mais qui pourrait égaler en simple prose les vers de Mistral si beaux, si sonores? Qui pourrait méême y prétendre? Qui pourrait imiter cette belle langue provencçale pleine dimages et d'expressions fleuries?. On sait que les comparaisons sont une particularité des langues du Midi, toutes propres à la poëésie: le grec, l'italien, le corse*) n'en manquent pas. Personne ne doute que le provencal, la langue des poètes, qui recherche toujours les termes poétiques“*), ne se serve souvent de comparaisons et que les poèmes de Mistral n'en soient remplis. Mais il n'y a rien de factice dans ces comparaisons; elles semblent émaner de la nature: lui-mème m'a dit que, pour étre poète, il faut êétre naturel. Parfois, il est vrai, ses comparaisons nous semblent un peu bizarres. Mais, que voulez-vous? Mistral est Provençal; et les Méridionaux, doués dune plus grande imagination que les fils du Nord, forment des comparaisons plus hardies et plus riches que nous autres. Qu'on se rappelle ici les chants de la Corse sur la mort et la vendetta. Nombreuses et multiformes, les comparaisons de notre poète semblent former un monde en soi: Décrivant la nuit magnifique, pendant laquelle Sévéran et Calendal entrent dans le chateau d'Aiglun, Mistral nous transporte à lépoque du déluge en disant: *) Pour les comparaisons des poésies corses, voir mon essai intitulé „Dans le Midi. Souvenir d'un voyage en Corse«. Programm. Waldenburg i. Schl. Gymnasium 1903. **) je vous rappellerai seulement l'expression: un aubre de Dicu= un arbre de Dieu, c'est-à-dire un arbre superbe, chargé de fruits. Voir Fourviero, Grammaire provençale. p. 20(Avignon, Aubanel). — 22— ... Heralin lou clar de luno Lalsso entre-véire dins la bruno Lou pounchoun blanquinèn dis Auß ennéevassa Ou'eirisson encaro sis erso Coumeée lou four de boulouverso Ounle en furour, ounte d re- Verso La matéeri escapé döon Caos Adtdsa,... ... le clair de lune, au lointain, Laisse entrevoir dans la brune Les pitons blancs des Alpes, qui, couvertes de neige, Hérissent encore leurs vagues, Ainsi qu'un jour de cataclysme Ou en fureur, à profusion, la matière Echappa tu Chaos embrasé... C. p. 402. Il nous parle des phénomènes de l'univers: Les conquérants, détruisant les nations, passent, soult coume d'esclussi. lugubres comme des éclipses. E. p. 306. Tantôt c'est la clarté du soleil, tantét la douce lumière de la lune qu'il chante: Les magnans S'ensevelissent... Dans leurs berceaux si subtils Qu'ils semblent tissus d'un rayon de soleil. M. p. 00. Une de trois Maries, descendant du ciel, a la figure si douce: ... dins li nute sereno, l'astre... dans les nuits sereines, l'astre Que doucamen fai lumeéei pastre, Qui doucement éclaire les bergers, Pou retraire soulet soun front Peut seul rappeler son front para- paradisen! disien. M. p. 408. Tantôt c'est la lueur des étoiles que nous fait admirer le fils du Midi: La veino dou Gibau... ... dt verd pinastre Fasent sourtido coume un astre S'enséevelisson... Dins st bressolo tant sutilo Oueèe vous semblon leissudo em'un rat de solutlll. La reine du Gibal... ... des pins verts et sauvages Faisant sa sortie comme un astre C. P. 270. salue Calendal qui revient du rocher du Cire. La belle Mireille a le regard si doux, si pur que Des étoiles moins doux est le rayon, et moins pur. M. p. 14. Mais c'est dans toute leur splendeur que les étoiles de la nuit provençale apparaissent à la Saint-jean, où Töuli li colo esbrihaudavon Coumeée S'avisõ plöougu d'estello Dins L'oumbrun. Dis estello mens dous èêi lou ral, e mens Hur. Toutes les collines étincelaient Comme s'il avait plu des étoiles dans l'ombre. M. p. 306. — 23 En effet, elle est belle, la nuit de Provence: ... Lou dlar de luno que dono Sur li boutoun de courbo-dono; E L'aureto Westién que frusto, d1 ſoun fali, Lauto barbeno dis aspie, Quand, souto la molo couligo, En milo e milo rigo-migo Se Fringouion d'amour coume Uin Sen krefolli. Le clair de lune qui donne Sur les boutons de narcisse; Et la brise d'été qui frôle, au jour tombant, Les hautes barbes des épis, Quand sous le mol chatouille- ment En mille et mille ondulations, Ils se trémoussent d'amour comme un sein qui tressaille. M. p. 174. En effet, elle est douce, mais elle n'est rien auprès de la félicité qu'éprouvent Mireille et Vincent. Dans un autre passage, c'est du silence nocturne que parle notre poète: mut coume la niue muet comme la nuit M. p. 326. est le pâtre que Mireille rencontre dans sa fuite. La nuit est paisible et pleine de silence, évidemment; pour le matin, c'est différent: la tout est vie ct.... serenado coumeé P'alen di matinado fraiĩche comme le souffle des matinées M. p. 474. est l'haleine de Vincent lorsque Mireille, agonisante aux Saintes- Maries, le sent venir du côté de la terre... Pour nous bien faire voir la splendeur provenant de la figure de Sara, servante des trois Maries, le poète provençal, en vrai Méridional, nous dit: OQue lou front ie lusis coume Que son front avait une auréo- UIno dulbo' Abrél. le comme une aube d'avril. M. p. 426. Nous autres, nous dirions»une aube de mai«. Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes en Provence, ouù le prin- temps parait de bonne heure et où les rigueurs de''hiver ne se font que très peu sentir. Aussi, la neige, qui tombe mais ne séjourne que sur les montagnes, ne se trouve que deux fois dans les comparaisons: Coumeè la nêèu di colo d Uuscle Comme la neige des collines doòt Soltlen au hale M. p. 208. du soleil verrais-je fondre tes joues, Mireille! lui dit maitre Ramon, furieux des amours de sa fille; et puis, à l'église des Saintes- Maries, cette dernière, en parlant des mantilles que les Maries portent sur l'épaule, dit que — 21— Quand neua Sus li mounliho, Quand il a neigé sur les monticules, Has lant bleufo êei la neun, la Moins éblouissante est la neige, la kafo de la néeu. splendeur de la neige. M. p. 488. Il va sans dire que la pluie est plusieurs fois mentionnée dans les comparaisons: La fueilo Toumbe... coumée la plueio. La feuille tomba comme pluie, M. p. 64. lorsque Mireille et Vincent cueillaient ensemble; la parole de ce dernier coulait abondante couime in riscle subit Sull'n comme une ondée subite sur reuléure malen. un regain de mai. M. p. 42. En pleine Crau, l'héritière du mas de Micocoules se voit frappée par les rayons du soleil, qui»pleuvent à verse« coume un ruüscle — comme une giboulée. M. p. 302. Coume uno ęrelo que des- Vite comme une grèle soudaine. Houndo. M. p. 190. Vincent frappe Ourrias; ume uno ęrelo— comme une gréle, M. p. 222, l'enfant du vannier s'est battu en Crau pour sa belle amie;»coume grelo«, C. p. 236, enfin, les tétes des Maures tombent sous les coups de Guillaume d'Orange, lorsque, encouragé par sa femme, ce héros se tourne contre les Sarrasins. En effet, il faut connaitre ces pluies de Provence, chassées souvent par un vent violent. Quiconque a séjourné dans la vallée du Rhône ne sait que trop que le vent qui souffle en tempéèéte, est un phénomène fréquent. Aussi»rapide comme le vent est une comparaison peu rare dans les poésies de Mistral: Coumeèe lou vent Ourrias S'ab- Comme le vent Ourrias se Vlv, précipite, Coumeèe lou vent apréès la nivo, Comme le vent après les nues, M. p. 156, en poursuivant cinq bouvillons. Mireille, partant de sa maison paternelle, s'enfuit coume lou vent— comme le vent, M. p. 323, »dans la nuit effrayante«. Le Marran a senti la mort Ou'a passa coume un vèent Passer comme le vent, M. p. 376, lorsqu'il a vu sa charrue se briser. Deux bateaux Se coulrron,... Se rlent Vile coumeèe lou vent, dos bèto rapides comme le vent, au de- à U'endavans, vant l'un de l'autre, C. p. 214. lorsqu'on fète la joute dans la rade de Cassis. Vincent, enfin, parlant à Mireille des Saintes-Maries, raconte que ... la glélso enliero, Coume un gros véent dins li broutiero, Grädauo.. Et les Saintes-Maries méêmes pousse: coume uno auro quuescoubiho Oavans êelo un fio de broun- Cino. 25— ... l'église entiere, Comme un grand vent dans le taillis Eriait... M. P. 30. sentent l'Esprit de Dieu qui les Tel qu'un vent qui balaye Devant lui un feu d'émondes. M. p. 448. Dans cette comparaison l'esprit de Dieu est mis en parallèle avec le vent, l'ame des Maries, avec le feu. On aime à représenter les élans de l'esprit par cet élément, peu substantiel, toujours agité. Soun mo Se revihè coume la flamo, Soun cor ie boumbiguè coume an fio gre que parl. L'ame de Vincent se réveilla comme la flamme; Son cœur bondit comme un feu grégeois qui s'élance, M. p. 182. lorsqu'il se voit insulté par Ourrias. Pougnent coumeé de fit de flamo, Es alor que vers nautre an mounta ki plagnun. Poignantes comme des jets de flammes, C'est alors que vers nous ont monté tes plaintes. M. p. 412. Telle est la réponse que les Saintes-Maries font à Mireille pour consoler l'enfant malheureuse. Une fois, ce sont les flammes destructrices qui veulent re- présenter le travail rapide des moissonneurs de maitre Ramon: Quaranlo meissounié, quaranlto Coumeé de flamo devouranto, ODe soun vièesti fougous, re- Toutlént, agradién, Despaiavon la terro. Quarante moissonneurs, qua- rante, Pareils à des flammes dévo- rantes, De son vêètement touffu, odo- rant, gracieux, Dépouillaient la terre. M. p. 360. En lisant cela, j'ai pensé, sans le vouloir, aux grandes incendies qui, souvent, en été, se déployant sur les montagnes arides de Provence, embrasent prairies et bois et qui, dans leur marche rapide, détruisent les œuvres des hommes.... Il est rare que la brise légère se trouve dans les comparaisons: ... 7a. betelo... le vin blanc Hasso au Qualet coume uno Passe comme une brise au utrelo, gosier des convives, C. p. 408 — 26— dans le festin que le comte Sévéran donne dans le chateau d'Aiglun. En général, c'est la rapidité, la fougue, la violence qui s'exprime par le vent: aussi le messager de mattre Ramon Di vlgnarés trosso la pamfpo, Coumè un revés de la sisampo. . Dastre æ fedo, Coumée quand lis amourro un Sllbit fouletoun, S'amoulounéron. Tord le pampre des vignobles Comme une rafale de bise. M. p. 364. . Pdâtres et brebis, Comme lorsque leur courbe la téte un soudain tourbillon, S'agglomérèrent... M. P. 326. de peur, quand ils virent passer en pleine nuit la fille de leur maitre. Coume farié'no mistralado, Les poissons se jettent dans les filets de Calendal Comme le ferait une rafale et les thons, s'approchant en longues bandes, s'offrent à la vue tels que Pereilamount, quand dins lou Vdide Lucho lou Vent- Terrau'mé lou Marin ardent. E coume, en Iun, quand vers la plano Mounto en silenci la chauano, Que, cop sus cop, la Tramoun- Taο Uiausso, e que lou teoms de Tout caire se Hren, Dans les hauteurs des régions éthérées (Quanch lutte le Mistral avec l'Autan impétueux. C. p. 174. Et comme, en juin, quand vers la plaine Monte en silence l'orage, Que, coup sur coup, la Tra-— montane Resplendit d'éclairs, et que le temps de toute part se couvre, M. p. 372. Le Marram vient annoncer le mauvais présage à maitre Ramon. La Provence recevant la pluie par des orages, nous retrou- vons ce phénomène dans un grand nombre de comparaisons. Calendal, décrivant la beauté de la nuit sur mer et le va-et-vient des poissons étincelants, vous rappelle le beau spectacle que vous offrent les éclairs au ciel. E que dirias se, coumeèe arribo, Apercevias, liuen de la ribo, De couloubrin de fiò, coume Ulau Subre niéll, Et que diriez-vous, dit-il, si comme il arrive Loin du bord vous aperceviez Des couleuvreaux de feu, tels que les éclairs sur la nue, — 27— Dansa sus'oundo diamantino? Danser sur l'onde brillantée. G. p. 118. Le comte Sévéran, voyant entrer son père, veut arréter le vieillard par un regard terrible: . em'ain regard lerrible... teriible Coumeèe l'uiau d'un endoulible. Comme l'éclair d'une tempéte diluvienne E. P. 62; Coume un tron— comme la foudre, C. p. 356, Calendal tombe sur Marco-mau. Magnifique, mais effrayante, sans pitié, Lou tron uno chavano acipo La foudre d'un orage frappe Lou proumier aubre que lou Le premier arbre qui l'attire; H¹ο M. P. 182 ainsi le dompteur de bœufs se jette sur Vincent, qui vient à le rencontrer en Crau.. Le plus souvent, la rapidité est le tertium comparationis dans les parallèles où se trouve l'éclair: ... Coume un lamp... Comme un éclair Tous trois nous avalons la plaine M. p. 36—– 38, dit Vincent, en parlant à Mireille des courses de Nimes. Töutt tres aualan la plano, Comme un éclair, au ras des claies, Mireille passe dans sa fuite nocturne. M. p. 326. Coumeè un lamp, d ras di cledo Mürèeio passo... ... A kraves de champ parte A travers champ part comme coume l'uiau!''éclair! M. p. 355. A tel est l'ordre que maitre Ramon donne à l'échanson prèt à mander les pätres et les moissonneurs. Ayant entendu le récit d'Estérelle, Calendal sort Coume un lamp— comme un Cclair, C. p. 80, de la grotte pour aller à la poursuite du comte Sévéran. Fils de la Provence et bon patriote, Mistral aime beaucoup la Méditerranée: mer, vagues, rochers, falaise, tout se reflète dans les comparaisons du poète de Maillane. Vous croyez voir le cap Canaille, dominant la ville de Cassis, et l'immense mer, en entendant le récit d'Estérelle qui, parlant du comte Sévéran, vous dit qu'il y avait dans ses yeux Quaucaren de superbe e de quelque chose de superbe, de pro- Ffouns e T'amar fond et d'amer Tau qu'uno lono sourno e blavo Ainsi qu'un gouffre sombre et bleu Au péeod d'un baus. Au pied d'un cap.= p. 50. 28— Bleues et limpides, les eqaux de mer sont mises en com-— paraison avec les yeux de Vincenette, sœur de Vincent: Coumée l'aigo de mar Vinceneto Comme les eaux de mer Vince- liszlile nette a les yeux Oue ie bluiejon e clatejon. Bleus et limpides. M. p. 58. Il est certain que Mistral, en faisant cette comparaison n'a point eu le dessein de faire l'éloge de Vincenette: ce sont les yeux noirs qu'on admire de préférence dans le Midi, aussi Mireille a-t-elle les yeux noirs comme le jais. Souvent, notre poète a pris les vagues comme terme de comparaisons. Longeant la côte de la mer, vous avez déjaà vu, sans doute, O'eissamé de uespo, que volon, Des essaims de guépes, qui volent, Mounlon, davalon, e tromolon Montent, descendent et trem- blotent Coumeée de lamo queé s'amolon. Comme les lames qui s'ai- guisent. M. p. 302. Les faucilles des moissonneurs Beluguefavon coume, d la mat, Etincelaient comme, à la mer, li risenl, les rieurs Mounle au soulen ſogo la larbo. Ou, au soleil, s'ébat le carrelet. M. p. 362. Vous avez vu la mer ondulante, beau spectacle; Calendal en parle en vous décrivant la vue qui s'offre à vos regards du haut du Mont Ventoux: ... Wæses, T'eilamoundaut, De ce sommet, on voit Li mounltagnolo Döoufinenco, Les collines du Dauphiné E Coumtadino e Garddounenco, Du Comtat et du Gard Talo que d'erso peirounenco. Telles que des vagues pétri- fiées. C. p. 248. Vous voyez la falaise de la côte de Provence, les écueils, où la mer se brise: Laurent de Goult, l'un des moissonneurs, res— semble à une vlelo oco... vwieille roclie Mounte la mar en van afloco. Que la mer frappe en vain de ses vagues. M. p. 368. Vous croyez entendre le murmure continu des eaux, lorsque, dans la nuit de la Saint-Jean — 29— Lou ltambourin vounvounejavo, Greèeu e countinuous, coume lou fafaroet De la mar founso, quand afloco Hasiblamen contro li roco. Le tambourin bourdonne Grave et continu comme le murmure De la mer profonde, quand elle bat Paisiblement contre les roches. M. p. 306. Vous pensez sentir la fraicheur des ondes en voyant Calendal embrasser Estérelle: Caréesso puro e cando e frojo, Coumeée L'oundado gue flourejo Lou bord d'uno isclo. Caresse pure, candide et froide, Comme la vague qui effleure Le bord doune ile. C. p. 20. On sait qu'il y a beaucoup d'iles sur la côte provencale; situées sous un ciel pur, séparées du monde par les eaux de mer, et remplies de tous les charmes que Dieu peut leur avoir donnés, elles semblent des paradis terrestres. C'est à ces coins de la nature que Mistral a songé en chantant son pays: Mali, coume uno isclo entre lis erso, Apareissiéõ la caro esterso De la Prouvéenço, coume uno ISclo de Ssolulas E canlareoello e baladouiro. Mais, comme une ile entre les vagues Apparaissait le pur profil De la Provence, comme une ile fortunée, Pleine de danses et de chan- sons. G P. 134. Oui, elle est belle, la douce Provence; mais si heureux qu'elle ait été au moyen àge, et qu'elle soit de nouveau, elle a souvent été dévorée par des nations qui s'entrechoquaient et qui dé- siraient occuper ce joli pays. Hor un marrit iver lou Rose enregolll Ansin toukren-un-cop cracino E se desclaus: li matrassino, Is dspris esperoun di pont de Héiro, van A grand brut se roumpre, Teboumbon Le Rhône, qu'a raidi un vigou- reux hiver, Craque ainsi tout d'un coup Et débacle: les flèches de glace, Aux àpres éperons des ponts de pierre, vont A grand bruit se rompre, re- bondissant — 30 Contro li pielo que desloumbon Contre les piles dont elles ébranlent les flancs, E lis esclapo se trosltoumbon Uno sur Lautro, d boudte, L'un sur l'autre, péle-méle, em' un terrible vanc. d'un terrible élan. C. p. 134. Et les éclats se précipitent lci la débacle du Rhône est mise en parallèle avec la mi- gration des peuples. Le cortège historique, qui présente aux habitants d'Aix un tableau évangélique, en leur faisant voir tous les détails de l'histoire sainte, passe par les rues: . lau gu'dn flumeèe larg gale ralo, Tel qu'un fleuve au large cours, Ounte la terro se miraio. Ou la terre se mire.. p. 382. Ces vers ne vous rappellent-ils pas aussi le Rhône majestueux, le fleuve de la Provence, oùð se mirent tant de villes, tant de cités? Mais plus souvent que lui, ce sont les innombrables torrents, les cours d'eau, les sources, jaillissant des collines et arrosant les champs du pays, qui se trouvent dans les comparaisons: Le peuple arlésien, dont parlent les trois Maries, se précipite au théaâtre Coumèe quand rounco dins li vabre Un lavdssi de plueio, d b'oum- brino di Hlai. E coume, l vabre d'uno Coummbo, Lou brut d'un gaudre quée tres- Toummbo Va esmoure lou pastre amount Slls li cresten, le beau cantique des Saintins l'honneur des trois Maries. ... Her li dralolo E rapidli valat d'uno coumbo, quand Plou A brassado, lis aloνo duriuo Ou'emé lou tron gisclon di niuo E que la davalado abriuo, Comme quand rugit dans les ravins Une averse de pluie, à l'ombre M. p. 438. Et comme, aux ravins d'une vallée des trubles. le bruit d'un torrent qui tombe en cataracte va émouvoir le paâtre laà-haut sur les créêtes, M. p. 478. montait du fond de l'Eglise en ... HDar les Sefltes Et rapides ravins d'une gorge, lorsqu'il pleut A brassées, les eaux farouches Qui avec la tonnerre jaillissent des nuages Et qu'accélère la descente, — 31— Mens afrouso, d la mar toum- bon di dogolulou. A la mer, moins affreuses, tombent des précipices E. P. 285 que le bruit des compagnons se battant à coups de compas. Et les mêmes compagnons, réconciliés l'un avec l'autre par le discours de Calendal, s'en vont en chantant; leurs voix se perdent au loin: ... Coume un gęaudre gue S'εειαοαο. Comme un torrent qui s'écoule. G. P. 320. Racontant aux Saintes son chagrin, Mireille compare son amour à un ruisseau: Iéu Lame! ien l'ame, Coumeèe lou valat Amo de coula, Coumeèe L'aucéen flame Amo de voula.) Je l'’aime! je l'aime— dit-elle— Comme le ruisseau Aime à couler (Comme l'oiseau dru Aime aà voler.) M. p. 400. Aussi naturel est l'amour qu'elle a pour Vincent. Peu après, la jeune fille, parlant à son ami, compare son cœur à une fontaine: Moun cor es un lauroun gue Vorso: Abelimen de touto merco, Graci, bonur, n'at d reuerso! Tau gu' uno font rofroscarello „ Mon ccœur est une source qui déborde, Délices de toute sorte Graces, bonheurs, j'en ai en surcroit. M. p 480. Ainsi que le frais d'une source, C. p. 230. Calendal sent pénétrer dans son cœur le baume d'Estérelle, lorsque, chassé par les Cassidiens, il cherche la paix près de la princesse. Enfin, écoutez la belle comparaison de Vincent: Vaoguere uno figuiero, un cop, Ains moun camin Arrapado d la roco nuso Contro la baumo de Vaucluso Malgro, pecaire! i lagramuso Ie dounarié mat d'oumbro un clot de faulssemin! Je vis, dit-il, un figuier, une fois, dans mon chemin Cramponné à la roche nue Contre la grotte de Vaucluse, Si maigre, hélas! qu'aux lé- zards gris Donnerait plus d'ombre une touffe de jasmin. — 32— ÜUn op péor an vers st racino Vôon flougueja l'oundo vesino, E Laubret secarous, d aboun- dTouso font OQue mounto dn-éõᷣu poer gue S'béutre, Tant que n'en voun, Se bouto A anre O'acoò lout Van n'a proun por VIéllre. Coumeée d Lanéu la péeiro, d ié αᷣο espond. Vers ses racines, une fois par an, Vient clapper l'onde voisine; Et l'arbuste aride, à l'abon- dante fontaine Qui monte à lui pour le dés- altérer Autant qu'il veut, se met à boire... Cela toute l'année lui suffit pour vivre. Comme la pierre à la bague, à moi cela s'applique. M. p. 80— 82. Paysan lui méême, vivant toujours dans la nature, le poète provencal, la dépeint souvent dans ses comparaisons: la source féconde est le symbole de l'amour; la pluie bienfaisante, celui du- christianisme: Les Saintes, parlant du développement de notre religion, demandent à Mireille: . L'as agùu Temarca, Iro qu'a Plöugnu'n dogout do Plaelo, Coume tout aubre e touto bruelo Aubouron léu sa gaio fueion Ansin tout cor brulant courrié se rofresca. au christianisme. ... N'as-tu pas remarqué, Dès qu'il a plu une goutte de pluie, Comme tout arbre et toute végétation Relèvent vite leur feuillage gai? Ainsi tout cœur brülant cou- rait se rafraichir M. p. 452, La rosée est le symbole des larmes: Mireille, piquée par les mésanges, pleure; mais ses larmes ne sont pas de longue durée, bientôt s'y méêle un sourire: Semblablamen d beigagnolo Que, lou malin, di courrefolo Bagno li campanèelo molo, E perleſo, æ s'esbén i proumie Ii clarour. Semblablement à la rosée Qui, le matin, des liserons Mouille les clochettes molles, Et roule en perles, et s'éva- pore aux premières clartés. M. p. 72. — 33— Coume Ueigagno Ssus li berlo, Comme la rosée sur les berles Coumée un rasin que si pou- Comme une grappe, dont les Perlo grains Plovon à l'auro, perlo d perlo, Trop mürs, pleuvent au vent, perle à perle M P. 298, ainsi Mireille, écoutant les dures paroles de son père, répand des larmes. Voici une image propre à l'hiver: Les femmes de Cassis tissent le»boutis«, excellent ouvrage qui, selon Calendal, . Semblo un prat, quand la ressemble à un pré, dont le Ploulvino givre A brouda lout de blanc e li Broda de blanc les feuilles et filelo e li gre. les pousses. E. P. 110. Les feuilles, raidies par le froid, tombent et flottent en l'air, emportées par les tempéèétes de novembre: Coumeée la fueio au cop de l'auro, Comme la feuille au coup de vent, E. p. 378. la pauvre àme, dans le cortège d'Aix, frissonne tourmentée par les diablotins. On voit que l'àme, que nous avons trouvée mise en parallèle avec le feu, avec le vent, se compare ici avec la feuille d'un arbre. Les blés des champs, symboles des hommes, donnent lieu à deux comparaisons: Dans la poussière, Coumeèe un ordli greu de si Comme une orge, appesantie dT0 ⁸G80. par Ses épis, Ou'an fouletoun subran es- Qu'un tourbillon soudain se- 0880, coue, M. p. 470. les chrétiens se prosternent, lorsque les prêtres ouvrent la cha- pelle des Saintes-Maries. Et Calendal, ayant entendu le refus d'Estérelle, se lève fier: ltau Se relevo.. iel se ledresse UÜUn blad madur que sus la glevo Un blé mür que sur la glèbe Ero amourra döu vent. Avait courbé le vent. C. p. 14. Ajoutons une comparaison tout à fait provençale: Parlant aux brigands des vins de Cassis, Calendal dit que ce vin exquis . Sént loul roumanlén.. sent le romarin, Emai lou brusc, emai la nerto, La bruyère et le myrte Qu'a nosti colo fan cuberto. Qui recouvrent nos collines. C. p. 106. 3 — 34— Ceux qui connaissent les jolies pentes des Alpines et du Lubéron, savent apprécier ces beaux vers, qui semblent em- baumer ainsi que les fleurs dont la Provence se revèt au prin- temps; et toutes ces fleurs et ces plantes ornent les poésies de Mistral, en formant comme un jardin sauvage. Les àmes simples,»blanc coume d'ile«, blanches comme des lis M. p. 416, quitteront un monde où on les a continuelle- ment poursuivies; les beaux et grands chiens des paâtres sont »blanc coumeée Lile«, blancs comme des lis M. p. 326. Les tôtes de Vincent et de Mireille se penchent l'un vers l'autre gque Semblavon... semblables Dos cabridello en flour que A deux cabridelles en fleur clino un vént galoi. qu'’'incline un vent joyeux. M. p. 28. Coumeée li fueio de la nerlto Comme les feuilles du myrte M. p. 56. sont abondantes les chevelures de Vincent et de Mireille. Cette dernière, se détachant des bras de Vincent, est devenue pàle: Mens palinello soun li flour Moins pales sont les fleurs du Tou coudounlé. cognassier. M. p. 74. Le sein de cette jeune fille... elle ouvre son corsage dans sa marche fatigante... Semblo d'aguéli campanelo Ressemble à ces campanules Ou'en ribo de la mar blan- Qui, au rivage de la mer, gueſon dins l'estiél. étalent en été leur blan-— cheur. M. p. 302. Mourante,»la fleur de la Crau« se décolore Coumeèe uno blanco margarido Comme une blanche marguerite Qué lou dardai la rimo, entre Que les dards du soleil brülent, gue S'espandis. à peine épanouie. M. p. 484. Vincent, le beau gars, chemine: DOre coume un canié de Durenço. Droit comme une cannaie de Durance M. p. 172. Sa sœur, un peu sauvage, ressemble à une Espinouso flour de tapeno Epineuse fleur de capre Oule lou Rose amourous amdavuo Que le Rhône amoureux aime W'espousca. à éclabousser. M. p. 270. Le Marran dit à son maitre que, terrifié par le présage, il sentit ses cheveux se hérisser à tel point qu'il en eut la téête ébouriffée. 35— Coume li tésto de caussido Comme les têtes des chardons. M. p. 376. Les cavales de Véran ont la crinière Coume la sagno di sagniero Comme la massette des marais Oundefanto, fougouso, e franco Ondoyante, touffue, et franche Tod cisel. du ciseau. M. P. 144. Estérelle a les cheveux blonds: Talo dos branco de genéesto, Telles deux branches de genêt Rolsso de flour. Rousses de fleur. C. p. 12. Ils lui pendent Coumeèe un beu liame de gin- Comme un corymbe de ju— fourlo. jubes. C. P. 480. Son rire éclate sur ses lèvres, ... couimeé ano flour d'aloues, comme la fleur d'un aloès C. p. 270, lorsqu'elle a entendu le récit des exploits que son pécheur a faits Sur le Mont Ventoux et sur le Rocher du Cire. L'amour que Calendal a pour elle, s'est glissé dans son cœur . coume un viscle... comme un gui Queée S'encarno e flouris en un Qui s'enracine et qui pousse Péoc d'amelié. des fleurs sur un tronc d'a-— mandier. G. P. 142. Cet amour le rend fort et brave, de sorte que, dans le com- bat d'Alféran contre lui, les hampes des deux adversaires se rompent à la fois . coumeée dous brout'isop. comme deux brins d'’'hysope. E p. 224. Les compagnons, réconciliés par Calendal, s'accrochent l'un à l'autre Coumeée de grano de lampourdo Commes des graines de bar- danes. G. P. 320. Les temples, construits jadis par ces compagnons dans les villes de Provence, renaissent des ruines»coume lou blad-« comme le blé C. p. 308 qui germe. ... Coumeèe pampo... Comme le pampre Que L'auro atremoulis, Que le vent fait frissonner M. p. 70, Mireille se tord, lorsqu'elle se sent piquée par les mésanges bleues. Coume un vise« M. p. 200. Comme un sarment de vigne se penche le rameur du canot dans lequel Ourrias veut franchir le Rhône. 3* — 36— Coumeèe li maldu duno ulgno Comme les crossettes d'une . vigne M. p. 360. tombent les javelles quand les moissonneurs de maitre Ramon coupent le blé. Dans le feuillage vert des vignobles, vous apercevez des grappes. Vermeille . coumée un gran de rasin comme un grain de raisin M. p. 114. est devenue Mireille sitôt qu'elle a entendu le nom de Vincent. Ecoutout les dures paroles de son père, la pauvre fille pleure Coumeè un rasin que si Pouperlo Comme une grappe trop mũre dont les peaux HPlovon d l'durd. Pleuvent au vent. M. p. 208. Il faut, évidemment, qu'il y ait aussi d'autres fruits dans notre jardin; et de beaux fruits, tels qu'on récolte en Provence à la Saint-Jean: . coume un fru sanlt-fanen, Comme un fruit estival C. p. 12, la peau d'Estérelle portait la réverbération du soleil. 3 Coume de pruno mirabello Comme des prunes mirabelles C. P. 430, vous excitent les épaules nues de Fortunette. ... Blu coum d'agreno... Bleus comme des pru-— nelles M. p. 270. sont les yeux de Vincenette. Le soleil lui a bruni le cou et le visage . coumeée un brout de ddti... comme un rameau de dattes. M. p. 58. Permettez-moi d'ajouter quelques comparaisons se rappor- tant à des arbres! ... La lerro es abéelano! La terre est généreuse! Mai, coume un aubre T'avelano, Mais telle qu'un arbre d'avelines, En quau noun la tabasso d A qui ne la frappe à grand coups, Srand cop, dono ron. elle ne donne rien. M. p. 302. Ce sont des paroles que maftre Ambroise adresse à maftre Ramon; et dans ce méême discours, le père de Vincent, parlant des cam- pagnes de Napoléon lier, dit: La terre tremblotait au bruit de ses tambours, . coumée un aubre de pe-... tel qu'un arbre de poires Vlssl. sauvages. M. p. 300. — 37— ... Dre coume un Hinatén,... Droit comme un jeune pin C. pP. 214, tout lutteur se dresse à la joute de Cassis. Triste coume un long frais que Triste comme un long fréne Uan descabpela, que l'on a écimé M. p. 42, Lagalante, le grand coureur, quitte les arénes de Nimes après sa défaite. Rarement, dans les comparaisons, les arbres forment des bois, peu nombreux, après tout, dans le pays de Mistral: Les com- pagnons construisant des églises, ... la Peiro drudo... la pierte féconde, Coumeèe uno seuvo brancarudo, A l'instar des forèts branchues, Anavro, ardéento e loungarudo, Allait, ardente et élancée, Espandi flour e flamo i dlarta Aux clartés du soleil, épanouir dTou Sollél. et fleurs et flammes. C. P. 310. Les familles, unies et fortes, savent, d'après maitre Ramon, braver les orages Coumeè un brancage de platano Comme un branchage de pla- tanes, M. p. 2904. dont les Provencçaux, ainsi que les Corses, aiment à entourer leurs villages. Maillane méême se perd dans un bois de platanes. Il va sans dire que ce parc sauvage abonde en toutes sortes de béètes: on y voit des milliers de papillons voler de fleurs en fleurs: Coume un eissam de parpaiolo Comme un essaim de papillons de nuit, C. p. 372, les chasseurs font cercle autour de Calendal pour voir les pistolets précieux. On y voit la demoiselle des ruisseaux: Vincenette est gréle »coumeée uno damo de gandolo« comme une libellule M. p. 58. coume, au souleu ue... de méême, au soleil qui point, pounchefo Coumeèe uno aragno que fieleſo De mème qu'une araignée qui file, Se laisso resquiha deälong dou Se laisse glisser le long du fil fiéu gue krai, qu'elle jette, M. p. 210. les esprits-rameurs, au milieu du Rhône, se hissent au rayon de la lune. Mireille, marchant à travers la Crau, sent les rayons du soleil tels que — 38— ... Teissameèe furoun... des essaims furieux D'eissameé de Quespo, que volon, Des essaims de guépes, qui volent, Monton, davalon, e tremolon Montent, descendent et trem- blotent Coume de lamo que S'amolon. Comme des lames qui s'aigui- sent. M. p. 302. Plus féroces encore sont les frelons, si nombreux sur les collines de Provence; ils vous rappellent les compagnons qui se massacrent près de la Sainte-Baume. Mais telle est leur rage que Mens féer, mens encagna, böu- Moins féroces, moins irrités les reſon frelons Ll cabrian, e voulastrejon Pèle-méle s'agitent voletant, E Qguignon soun fissoun dins Et dans l'air qui frémit dardent Uaire que fernis, leur aiguillon E boumbounejon, guand i topo, En bourdonnant avec strideur, Varage, röuml e cauco-tropo, Lorsqu'au gazon, broutilles, ronces et chaussetrapes Ou'envtrounavon uno copno, Qui environnaient une souche, Un copaire a mes jiò porbesuscla Un bücheron a mis le feu pour SOdln n8. flamber leur nid. C. p. 286. N'oublions pas la cigale, l'infatigable chanteuse provençale: Les filles chantent le refrain de la chanson de Magali, . coume, quand d'undo cigalo... telles, quand d'une cigale Brusis la cansoun estivalo, Bruit la chanson d'été, En cor löunti reprenon... Toutes(les autres) en choeur . reprennent. M. p. 116. N'oublions pas les vers à soie, propres à la Provence: Tau qu'un magnan sus lou«Tel que le magnan sur la Tamae, bruyeère, Traguere alor mount bout... Moi, je jetai mon fil⸗ C. p. 302, dit Calendal en parlant du discours qu'il a prononcé devant les compagnons. N'oublions pas le cuceron et la tique, deux petits insectes: Brun coume un cour... Bruns comme un cuceron Collssolln M. p. 56. sont les cheveux de Vincent; oume uno langasto— comme une tique M. p. 482, ce dernier se serait cramponné aux saintes Maries pour leur arracher la bien-aimée. — 39— Faut-il dire que les abeilles, bourdonnant un peu partout sur les collines de Provence, se trouvent bien souvent dans les comparaisons? Coumèe l'abiho Comme l'abeille Qule, chasco annado, l'omeé piho, Que, chaque année, l'homme dépouille, E que, löuti lis an, rehouco Et qui répare, tous les ans Tourna- mal Soun edifice, afeciounado, Son édifice avec ardeur G. D. 308, les compagnons, les guerres finies, rebätissent les villes. Et, dans les ruches, on trouve un miel excellent: . e kadt di brusco... Tel le bon miel coule des ruches Lou bon meéenu coulo, lau van Tels vont couler les couplets coulla st coublet.(des pPoètes) M. p. 104, telle sera leur douceur; telle, leur abondance dans la cour d'amour dont rève l'une des amies de Mireille. Calendal, il est vrai, dit que les vins de Cassis sont si savoureux que L'abiho l'abeille N'a pas de méu plus dous... N'a pas de miel plus doux. C. P. 106. Mais, que voulez-vous? Le miel est bon et la Provence en abonde. Coumeé un vou de blöundis abiho Telles qu'un essaim de blondes abeilles OQueèe roubon sa melico i rou- Qui dérobent leur miel aux manin dõu gres, romarins des champs pierreux M. P. 50, 56, les jeunes filles, recueillant des feuilles de müriers, sont alertes et gaies. 3 Hartido coume un brusc Comme une ruche qui essaime gu'elssamo, M. D. 72, les deux dâmes de Mireille et de Vincent sont parties dans le méme rayon de feu. Les quarante moissonneurs, dont les fau- cilles reluisaient Coumeè lis alo d'un eissame, Comme les ailes d'un essaim d'abeilles M. p. 362, couraient au mas, en suivant l'ordre de maitre Ramon, — 40— R coumeèe un eissame... comme un essaim Oueé, de sa brusco parti flame, Qui, parti de sa ruche, dès que les ailes lui ont poussé, Au brut di chaplachou Ssu'n Au bruit des cymbales écla- Hin vol S'dssembla. tantes, sur un pin va se rassembler. M. p. 306. Assez d'insectes! Passons aux poissons, aux reptiles! Gai coumée un Hé²s... Gai comme un poisson C. p. 258, Calendal redescend du haut du Mont Ventoux. Ourrias, vaincu par son rival, est à terre, la bouche béante et en soufflant . coumeée un orre baudlroi comme une horrible baudroie. M. p. 194. La barque dans laquelle il veut franchir le Rhône, bondit . coume uno escarpo fal comme le fait une carpe. M. p. 202. Le comte Sévéran, écrasé par le pin brülant, a . lis ille rouge coume un les yeux rouges comme un bdbt, crapaud; C. p. 478. lui qui, tout à l'heure, avait grimpé le Gibal»coume de laranto comme des geckos C. p. 462. Les petits polissons qui, revêètus de toile écrue, représentent, dans le cortège d'Aix, les Innocents de Bethléem, sacrifiés pour notre Sauveur, ressemblent en couleur à un tas de lézards gris— un rambai de lagramuso. C. P. 382. Véran avait une ceinture bariolée Coume uno esgquino de rassado Comme un dos de lézard, M. p. 148. grand lézard à la peau bleuàtre. Vincent marche .. Qal coume ain lesert gai comme un lézard M. p. 172 à travers la Crau à la rencontre de son adversaire. Puis, le com- bat s'engageant, les bras des lutteurs se tordent Coumée de soenp que S'entour Comme des serpents qui s'en- tollion tortillent. M. P. 188. Mais Vincent, furieux, se redresse»coume un coulobre« M. p. 192 comme un dragon. Les piques que les baâtonniers, dans le cor- tege d'Aix, lancent pour rappeler la guerre contre les infidèles, tremblent en l'air ... Coume uno serp voulanto... Comme un serpent volant. . G. P. 386. Mais, où sommes-nous? En plein moyen àge, évidemment; dans un temps oùð la Tarasque et d'autres monstres fabuleux rava- — 41— geaient la terre. Faut-il s'étonner que les béètes féroces que 1'Asie et l'Afrique peuvent nourrir, aient aussi pénétré dans ce jardin d'acclimatation? Negreu coume un lioun ero intra dins li reng Négrel, comme un lion, s'était mis dans les rangs C. p. 219. des pécheurs cassidiens. Calendal défend le Gibal Coumeé un fouine lioun que voi dins Soun draiod Venl lou tigre. Le soleil, brülant la Crau, Semblo un leioun que, dins Sodn Vlscle, Devouris döu regard li desert bissin! Coumeèe quand, afama, se re- viro un léupardl. Comme un jeune lion qui voit dans son sentier Venir le tigre. C. P. 464. Ressemble à un lion qui, tour- menté par la faim, Dévore du regard les déserts abyssins! M. p. 392. Comme un léopard qui, affamé, retourne la téte M. p. 182, Vincent regarde son adversaire avant le combat si fatal pour lui. Vous savez que, le lendemain, ce pauvre garçon est trans- porté chez la sorcière des Baux; elle, pour le guérir, lui imprime trois signes de croix, triomphante Coumeèe i fourest la grand ki- 91νιςο Ou' alongo, après la casso, un co d'arpo au flancç rous De sa tremoulanto vitimo, Sus la fruchaio quée krelimo. Comme, à la forét, la grande tigresse Qui allonge, après la chasse, un coup de griffe dans le flanc roux De sa tremblante victime Sur les viscères palpitants. M. p. 256. On entend le bon serviteur qui, ayant demandé en mariage la fille de son maitre, est chassé de la ferme; on l'entend . coumeée uno ourso Ourla souto li triho, ... comme une Olllse Hurler sous les treilles M. p. 276, récit que Vincenette fait à son père refusant de se rendre auprès de maitre Ramon. Une autre fois, le cri de l'homme est mis en parallèle avec celui du loup: Lagalante se rue en hurlant comme cet animal cen ourlant coume un loup« M. p. 38. — 42— En d'autres comparaisons, cette bête féroce est le symbole de la faim. Le comte Sévéran tournoie autour de Calendal, qui a été jeté par terre: . ansin, de gloutounié... Ainsi, friand du bœuf, Dou biou, lou loup lico l'a- Le loup vorace lèche la charrue. Talre. C. P. 440. Voici une comparaison semblable: Calendal, délivré de son cachot par Fortunette, pense en lui-mème . es pas di que la gazello Qu'il n'est pas dit que la gazelle Escape encaro d la meissello Echappe encore à la machoire DOou loub furious. Du loup furieux. C. P. 448. En ce passage, la princesse est la gazelle; Sévéran, le loup furieux. Les moissonneurs de maitre Ramon se ruent sur le blé, qu'ils moissonnent oumée de loup M. p. 360, comme des loups. Adraiado coume uno loubo Vite, enfin, comme une louve Ou'emé sa co li flanc se zoub, Qui de sa queue se bat les flancs M. p. 230, la sorcière Tavèn disparatt dans le trou des Fées. En d'autres cas, les comparaisons, exprimant la vitesse, se rapportent au cerf et à d'autres animaux semblables: E lou, e leu coume uno bicho, Et leste, leste comme une biche, Gratéè pinedo apréès sa dicho. Ces paroles dites,(Estérelle) gagna les pins C. p. 198. Tau quw'dun chamous, de roc Tel qu'un chamois, de roche en roco en roche Cour Esteroun,... Court l'Estéron S. P. 42, affluent du Var. Et, à la course de Nimes, le Cri bondit ainsi que Ni per li mount ni per li servi Ni sur les monts ni dans les pares Pa ges de léêbre, ges de cérui Il n'est pas de cerf, pas de lièvre, Ou' agon au courre tant de Qui aient au courir tant de nerul. nerfs. M. p. 38. Oh, il y a aussi des oiseaux dans notre jardin, grands, petits, tout petits; chanteurs, oiseaux de proie, et d'autres encore! Estérelle s'enfuit de son chateau: — 43— Coumeèe un auceèen roumpent sa 90i. .. Coume un eigloun... Comme un oiseau qui brise sa cage. C. p. 72. Comme un aigle royal M. p. 424, notre Sauveur s'est élevé dans la nue. Les toucheurs chassent les taureaux: Coumeèe aprés li ratiés'alglo dou Luberolln. Tels que l'aigle du Lubéron après les crécerelles. M. p. 157. La haine et la rancune, coumeèe venlouso C. p. 3094, comme ven- touses, rongent le cœur de Sévéran lorsqu'il entend le récit de Calendal. De fureur, Marco-mau devient . vord coume un papagai. Coumeèe quand bat de l'alo un palot estardoun, Vert comme un papegai(per- roquet). C. P. 354. Comme quand bat de l'aile un outardeau pesant M. p. 190, ainsi battent les flancs de Vincent et d'Ourrias. On comprend sans difficulté que les oiseaux aquatiques prévalent dans les comparaisons: la Provence, voisine de la mer et arrosée par le Rhöne, abonde en marais et en lacs. Les bateaux des pécheurs cassidiens gagnent le large: Talo qu'un fum de pesgueirolo Oue de la ribo alin s'envolo. Tels qu'une bande de pluviers Qui prend l'essor loin de la rive. G. P. 108. A la joute de Cassis, les lutteurs, tombant à la mer, gé- missent»coume de rascle«, comme des râles d'eau. C. p. 216. Tau Qu'uno traugno sus la Tun Ainsi qu'une grèbe sur la dune C. P. 162. Calendal reste interdit, frappé du refus dEstérelle. Puis, le temps d'épreuve passé, ce jeune héros, conquérant de la princesse, se laisse emporter par son amour: Aro sieu U'auceloun, d la gdrdli de Didin, Ouand, sus la mar voasto Sodllolo, Sentent febli soun alo bleoto, Se laisso ana, fasèent l'aleto, Au venloulet que passo e gùe Uemporto em'éu. je suis maintenant, dit:il, tel que l'oisillon à la garde de Dieu, Lorsque, sur la mer vaste et seule, Sentant faiblir son aile fatiguée, Il se laisse aller, planant, A la brise qui passe et l'em- porte avec elle. C. p. 326. — 44— Voici une comparaison assez semblable: 'Amour et la Foi emportent Mireille dans sa marche . coumeée l'auro emporto comme la brise emporte Li blanc gabian que soun per Les blancs goëlands qui errent orlo Dins li sansouiro igil- Dans les plages salées d' Aigues- Morto. Mortes. M. p. 332. Dans un autre vers, cet oiseau est le symbole de la vitesse: Rapido coumeèe uno gafelo Rapide comme une mouette C. P. 452, le bateau de Calendal rase la côte de Provence. De méme, l'hirondelle aussi est le symbole de la vitesse: Mireille fend les rayons du soleil Coumeèe lou martelet que tra- Comme le martinet qui tra- v6SSO An SSOllSc. verse une ondée. M. p. 334. Grand est le nombre des petits chanteurs qui gazouillent cà et la. Mireille, perchée sur une branche de mürier, Coumèe uno gaio couquihado, Comme un gai cochevis M. p. 52, est Vive ... coumeée un créu su'no souko. comme une locustelle qui chante sur un cep. M. p. 64. Causant avec Vincent, elle lui demande en quoi elle est plus belle que Vincenette; voici sa réponse: Maire divino! Mere divine! dit⸗il, E qu'a de mal la cardelino Et qu'a le chardonneret de plus Que la petouso müistoulino, Que le troglodyte gréle, Senoun la béeuta meme, e lou Sinon la beauté méême, et le cant, e U'esté! chant, et la gräce? M. p. 56. Vous vous souvenez que les deux enfants, peu après, trou- vent un nid; que Vincent se glisse jusque-là Coume un passeroun long di Tel qu'un passereau le long kéllle, des tuiles M. p. 64, et qu'alors tous deux passent de bienheureux moments, qui ne sont terminés que par lappel de la mère; alors tous deux s'enfuient: Doediins un pin, en grando fogo, Dans un pin, en grande ani- mation, UÜUn vou de passeroun que ſogo, Une volée de passereaux qui s'ébat, — 45 Emplisson, i'a de fes, Tun chamatan galoi La vesprado que S'enfresqueiro, Mat d'un glenaire que li gueiro Se lout-Wun-cop loumbo la Héiro, De tout caire, esfraia, tabous- con dins lou bol. Remplit, quelquefois, d'un gai ramage La soirée qui fraichit. Mais d'un glaneur qui les guette, Si tout d'un coup tombe la pierre, De toute part, effrayés, ils s'enfuient dans le bois. M. pP. 82. Ainsi les deux enfants se sauvent; lui, vers la lande; elle, vers le mas. Une autre fois, les passereaux sont remplacés par des tarins et des linottes: àA Cassis, on danse le Olivettes, danse champéètre pendant laquelle les filles et les gars feignent d'èétre surpris par les Maures: tous partent à la hàte, Tau que lucre e tarin, quand koumbo l'esparulé. Ainsi que tarins et linottes, quand s'abat l'épervier. E. p. 206. C'est à une volée d'hirondelles que se comparent les bandes des compagnons qui vont partir C. p. 294. Mais, revenons, pour un instant, aux passereaux: Coumeée ün sausin dins li bran- qlelo, le galoubet rit à la Saint-Jean. Comme un friquet dans les rameaux. M. p. 300. Ecoutez, enfin, cette comparaison! Soulo un lançou de néeu quand la Naturo drom, Per uno niue ventouso e dlaro, OQuand li cassaire de fanfaro Espousson li roumias tout-de- long di valat, Ansin passeroun e macholo, Destrassouna dins sa liechoto E'Spavourdii, parton d floto, E'mé'n brut d'auriflant s'em- bourson au flelat. Sous un linceul de neige quand la Nature dort Par une nuit venteuse et claire, Quand les chasseurs à la fouée Secouent les ronceraies tout le long des ruisseaux, Ainsi moineaux et chouettes, Eveillés en sursaut dans leur couche, Effarouchés, partent par bandes, Et, avec un bruit de soufflet de forge, s'engouffrent dans le filet. M. p. 242. Tel est le bruit que font les mauvais esprits dans le trou des Fées. — 46— Le pigeon, qui se trouve dans deux comparaisons, est une fois le symbole de l'élan, comme la colombe dans l'art chrétien, Coume l'auroun de la pa- Ainsi que l'essor du ramier loumbo, M. p. 434, le cri de Lazare fendit l'orage.— Une autre fois, il est le sym— bole de la frayeur, tout comme chez nous: O'esfrai, talo qu'uno couloumbo D'effroi, telle qu'une colombe G. pP. 222, la femme de Négrel crut mourir, lorsqu'elle vit tomber son mari. Par contraste, le coq est le symbole de l'orgueil et de la vanité: Les compagnons sont fiers»coume de gabre« C. P. 304, comme des coqs d'nde. Coume de gau que fan U'aleto, Comme des coqs qui frétillent de l'aile C. p. 384, les Chevaux-Frus*) amoureux dansent, à la fête d'Aix, autour de Madame de Limagne, qui leur donne des chataignes. II faut ajouter que les fleurs du rouge grenadier sont comparées au coq d'nde C. p. 87(description de la Provence) et que les passes du drapeau, à la fète d'Aix, ressemblent à an pavonn gu'amourous un paon lorsque, amoureux, fal lou bd. il fait la roue. G. P. 386. Il va sans dire que les quadrupèdes domestiques jouent un grand rôle dans les comparaisons. La Durance, rivière rapide qui saute de roche en roche, est appelée chèvre— adouelo cabro M. p. 100. Mai löugeiret que la cabruno, Plus léger que les chèvres M. p. 354, part l'échanson de maitre Ramon pour mander les serviteurs de son maitre. Les compagnons de Marco-mau, se cachant dans l'épaisse forêét, sont couchés dans l'herbe coume de fedo comme des brebis Que chaumon en un cast de Qui se reposent dans un parc. cledo. C. p. 340. Pour trouver le repos éternel, les àmes des noyés courent, à la Saint-Médard, après les bonnes œuvres qu'elles peuvent avoir semées dans leur vie, *) Chevaux-Frus, chevaux de carton, dans lesquels se mettent des hiommes les jours de féête pour amuser le peuple. voir: Calendal. Notes, chant X. p. 522. — 172— Coume au fres margaioun De méême qu'a la fraiche ivraie véosen courre U'ν. nous voyons les brebis courir M. p. 206. Les mauvais esprits, dans le trou des Fées, se pressent péle-méêle, Coumeèe uno pourcado qu'es- comme un troupeau de porcs Broufo. qui s'ébroue. M. p. 242. Les lutins, dans cette caverne, rient et chantent à la fois: Tout coumeèe quand endiho un Ainsi hennit un poulain sevré Poutre desmaina. M. p. 236. . en manlero A l'instar Dou garagnoun que sa creniero, De l'étalon dont la crinière Fiéro, S'espeloufis, d-n-un-cop Fièrement se hérisse, sous un Wabrivol, coup d'éperon G. P. 88, Calendal se redresse lorsqu'il a concu le projet de tuer le comte par la jalousie. Au mulet, bête moins noble, sont comparés les compagnons du comte Sévéran. Ecoutant le pécheur, qui, en termes en- thousiasmés, parle de son amour platonique, ces brigands, sans le bien comprendre, tendent leurs oreilles: Coume lou mioôu davans li lume Comme le mulet devant les éclairs Que lou marten trais de Len- Que le marteau fait jaillir de clume. l'enclume. C. p. 304. On n'estime pas beaucoup cet animal, on ne le traite pas tou- jours bien, on le rosse souvent. Aussi Calendal dit⸗il: Tratas-me coume un ase»Traitez-moi comme un aàane böumlan, bohème G. p. 100, si je ne prouve pas la beauté de ma princesse.« Comme un mulet mattre Ramon voudrait traiter sa fille, il voudrait lui mettre un fer aux narines, Coume se fai d-n-un gimorri. Comme on le fait à un jumart. M. p. 208. Le chat, quoique inséparable de toute ferme de Provence, ne se trouve, chose étonnante, que fort rarement dans les com- paraisons. Jje ne me rappelle que deux passages, qui, en outre, ne se rapportent pas à l'animal domestique, mais au chat sau- vage. Les voici: — 48— Vincent, pour donner un baiser à Mireille, rampe couché par terre: coume un cat-fer M. p. 176 comme un chat sauvage; et puis, ne se sentant plus maitre de lui-même, il se redresse et s'Elance vers elle, comme le fait cet animal. M. p. 180. Le chien, d'autre part, fournit beaucoup plus de parallèles que son ennemi héréditaire: Fortunette se couche aux pieds du comte coumeèe un chin C. P. 102. comme un chien. Coumeèe lou chin après lou Comme le chien après la malre, martre M. p. 156, les toucheurs courent après les taureaux. Le comte Sévéran, mis en colère par le récit de Calendal, ronge son dépit Tau(Talo)... qu'uno bourdouio Tel... qu'un enchevéètrement Oe marrit chin cerco-garrouio, De mauvais chien hargneux C. p. 306; tandis que le jeune péêcheur est comparé à un bon chien de berger: apprenant que sa belle amie est mariée avec le comte, il fronce les sourcils, Tau un maslin que l'on acusso. Tel qu'un matin que l'on ex- cite. C. p. 58. Enfin, la terre de Provence tressaille au nom de jésus-Christ: Coumeèe ùun chin gu'en sentent comme un chien qui, sentant Souln méstre, son maitre, Ie cour d Vendavans e ie fai Court au-devant de lui et lui lou béu‿οl. fait féte. M. p. 436. On pense bien que le bœuf, autre serviteur de l'homme, est le sujet de beaucoup de comparaisons: vous savez que la plaine du Rhône et le delta abondent en troupeaux. Aussi, vous pouvez observer ces animaux dans toutes occasions. On les voit aux arènes, prêts à la course: Alphéran, le terrible, accourt pour attaquer Négrel, . coumeée un brau espagnen. comme un taureau d'Espagne. G. P. 220. On voit les bœufs combattre: Brülant de jalousie, Ourrias et Vincent s'élancent l'un sur l'autre: Ansin dous brau, quand sus Ainsi deux taureaux, quand sur lis erme les Savanes Lou souleias dardaio fenme, Le grand soleil darde avec force, An vist lou peu courous e li Ont vu le poil luisant et la large large maln coupe O'uno vaco fouino e mouréeto Bramant d'amour dins li Sarreto.. E Sus-lou-cop lou ktron li peto E Tamour sus-lou op vénon Foul e calul. Pièei arpatejon, piéi S'alucon, Hrenon lou vanc, e zöu! S'en- Sulcon. E prenon mai lou vanc, e de moutrre-bourdoun Fan restounti li cop de tésto. Longo e marrido es la batésto, Car es l'Amour que lis entésto, Es L'Amour pounderous gque li bato e li poun. D'une brune et jeune vache Beuglant d'amour au milieu des typhas... Et sur-le-champ la foudre éclate en eux, Et d'amour sur-le-champ ils deviennent fous et aveugles. Puis ils trépignent, puis se regardent, Prennent élan, et s'entrecho- quent. Et de nouveau prennent élan, et abaissant leurs mufles, Font retentir les coups de téte. Long et cruel est le combat, Car c'est l'Amour qui les enivre, C'est l'Amour puissant qui les pousse et les aiguillonne. M. p. 186—188. On les entend beugler dans la lande déserte: Marco-mau, plongé dans le torrent par Calendal et ... plen coume un ouire,... plein comme une outre, KRangoulejavo coume un bouire, ÜUn bouire empatouia dins un cros de palun. Renäâclait comme un bœuf, Comme un bœuf embourbé dans une fondrieère. C. p. 354. .. coumée un tau qu'a manfa Comme un taureau qui a mangé Du colchique ou de l'hellébore C. pP. 470, Sévéran écume et beugle, lorsqu'il tömbe écrasé par le pin brülant. On entend les bœufs mugir tristement en Camargue et dans la vaste Crau en se plaignant de la mort d'une jeune vache: Vous vous rappelez qu'au trépas de Mireille, tous les assistants versent des larmes et que des sanglots remplissent la vieille église: Ansin, dins uno grand manado, Ainsi dans un grand troupeau, Sæ no ternenco es debanado, Si une génisse a succombé, A L'entour dou cadabre estendn Autour du cadavre étendu Per toufoulr, pour toujours, D'estranglo-chin o de varaire, — 50— Nou véspre aderren, tau e Taur Van, souloumbrous, Pplouma la³ Haullro, Ela palun, e l'oundo, æ Pauro De si doulourous bram restoun- kisson nou fout. ... Coumeé di cabrian Quand se sent pouncho uno falnego, bondit Mireille, égratignée par On apercoit le troupeau Lou Rose, enmalicia per P'auro, Fasié, coume un troupen de Tautro, Courre sis erso troblo d la mur.. Neuf soirs consécutifs, tau- reaux et taures Viennent, sombres, pleurer la malheureuse, Et le marécage, et l'onde, et le vent De leurs douloureux mugisse- ments retentissent neuf jours. M. p. 494. ... Comme une génisse Qui se sent piquée par les frelons M. pP. 70, les mésanges bleues. en marche: Le Rhoône, irrité par le vent, Faisait, comme un troupeau de vaches, Courir ses vagues troubles à la mer. M. p. 268. On voit les béètes errer ca et là, le matin, après le sommeil: ... Coumé, au four levant, Un escabot se destroupello, Comme, au lever du jour, Un troupeau se disperse M. p. 408, les Piliers de l'église s'écartent pour livrer passage aux saintes Maries, descendant du ciel. Il est évident qu'ainsi que les bœufs, les pâtres jouent un rôle important dans les comparaisons: Coume un grand e vièt baile- Hastre Ou'entre li fau e li pinastre, Couta mé soun bastoun, coun- lomplo soun vacién, Tel qu'un grand et vieux chef de pasteurs Qui, entre les hêtres et les pins sauvages, Accoté de son bàâton, con- temple son troupeau- M. p. 100, le Mont Ventoux élève sa téète au-dessus des montagnes qui l'environnent. voiles blanches Coumo uno pastourello un trou- Héu T'aenén blanc. Le vent pousse sur le Rhône les navires aux Comme une bergère un troupeau d'agneaux blancs. M. p. 388. — 51 Tau un toundeéeire, dins la fasso, Tel un tondeur, dans le bercail, Reten entre si cambo un ęgrand Retient entre ses jambes un aret banard, grand bélier cornu; Mai tant leu l'a toumbo soun dbi, Mais à peine de sa robe l'a-t-il dépouillé, Sus lon malu ie mando un bùèbi, Sur la coupe il lui donne une tape E lou bandis. Et le déliwre: M. p. 196. ainsi Vincent lache son adversaire, qui part le cœur gonflé de rage. Le soir, un bon patre rassemble ses troupeaux: nous en sommes témoins. Calendal, revenant du Rocher du Cire, fait retentir de sa trompe marine vallées et collines de Provence: Coumeè, peor acampa Si bimo, De méême que, le soir, pour rassembler leurs chèvres, De-vèespre li cabrié sonou döu les chevriers sonnent du cha- calamell. lumeau. G. p. 208. Nous apprenons aussi les dangers qui menacent les paàtres. Estérelle parle à Calendal:»Sachant, dit-elle, que j'étais l'épouse d'un coquin, Avién döu mau de la pastouro J'avais le mal d'une bergère Ou'd-=n- un valat l'estién S'a- Qui au torrent l'été plonge mourro, ses lèvres, E qu' ævalo uno serp e que n'a Et qui avale une couleuvre, lou Söulléll. Et qui en a des haut-lecœur«. G P. 70. Les comparaisons suivantes aussi vous rappellent que la vie des paysans n'est pas toujours si paisible qu'elle nous semble. La barque d'Ourrias se tord Coumeèe uno serp en quau un Comme un serpent auquel un pastre em'un clapas patre, avec un bloc de pierre, A coupa lis esquino. A coupé l'échine. M. p. 202. Et l'une des jeunes filles, saisies par Marco-mau, crie Coume s'avié'n coulobre dins Comme si elle avait un dragon lou Plé. dans le sein. C. p. 346. Néanmoins, le Provencçal aime la campagne: aussi la vie du mas nous devient familière par les comparaisons: Calendal, parlant aux chasseurs de son amour platonique, . 4* — 52— . Semblavo un semenaire... ressemblait à un semeur Oui fito d plen de man,« Qui jette à pleines mains, et cou- courafousamen, rageusement, Lou blad de Diéu, dins uno Le blé sacré, dans une novale Touto Aspro de peiro emai de mouto: Hérissée de pierres et de mottes: Soun front de la susour degouto Son front dégoutte de sueur, Mai briho d'esperando eQ de Mais il rayonne d'espérance et countentamen. de contentement. C. p. 304. Vous voyez les moissonneurs au travail: Maitre Ambroise racontant ses combats, les gens du mas lui répondent que, . coumeée un dai souto L'en- comme une faux sous le mar- chacple, teau qui la bat M. p. 22, les Anglais, supérieurs en nombre, devaient l'écraser, lui et ses compagnons. Ourrias, terrassant les bœufs, ressemble à ceux qui coupent l'herbe: . coume lou daiaire es d Comme le faucheur, à abattre toumba lou fen le foin, Tant mal ardent que mai n'en Est d'autant plus ardent qu'il 16810, en reste davantage M. p. 160, ainsi le dompteur camarguais se rue sur les bèêtes. Le méèéme vacher, combattant avec Vincent, lance son adversaire par-dessus son épaule Coumeè lou blad dessus la palo. Comme le blé avec la pelle. M. p. 190. Ensuite viennent les lieuses: Mireille, se confessant à Vincent, est touto en fio coume uno toute en feu comme une lieuse liandro. de gerbes. M. p. 78. Les ondes du Rhône sont aplanies comme une aire— coumeèe uno iero M. p. 430, quand la belle fille franchit ce fleuve en bateau. Le blé battu, on le transporte au moulin; et comme pour nous rappeler le beau temps des moulins à vent que Daudet regrette dans ses»lettres«, pleines de charmes, Mistral nous en a conservé un seul dans une comparaison: ... Coumeée un moulin d uen Comme un moulin à vent Virè la foulo mouvedisso La foule mobile(de Cassis) tourna C. p. 228. contre Calendal, son ancien favori, qui avait péché tant de poissons que ... de a Hal... de la paille Qu'en vint estien Arle rebaio Qu'en vingt saisons d'été Arles recueille Aurias pulen coumta li nous... On compterait plus tôt les nœuds. G. p. 114. Entrons dans la cour d'un mas! On y voit le puits: Marco-mau, noyé par Calendal, vomit Tau qu'dun bachas de pouso- Tel que l'auge d'un puits à ao‧. roue. C. p. 354. Près de la maison se trouve un banc, banc de pierre: Cru et froid»coume un bancau« C. p. 66.— comme un banc de pierre est le comte lorsqu'il voit son père entrer dans la salle. On aperæoit les gens du mas, buvant le bon vin de Crau; et telle en est la force que Vincent, sentant les doux regards de Mireille, dit: Iéu me semblo que chourle un Il me semble que je bois une cigau de vin cue. rasade de vin cuit. M. P. 58. Mais suivez-moi dans la maison mème! Vous y voyez le chaudron: Calendal, chassé par les Cas- sidiens, se rendit auprès d'Estérelle; en effet, son cœur en avait besoin: . car èêro en oundo... car il bouillonnait Coumeèe un peirou su'n fio de Comme une chaudière sur un broundo. feu de branches. C. P. 230. Le long de la muraille vous voyez des pots: Alféran, fäché et envieux de la gloire de Calendal, court, ... en badant coume uno fdbi, La gueule bée comme une jarre E. p. 226; et Boucaru, l'un des bandits, Es eslabra coumeé un vièi qudli, Est égueulé comme un vieux vase C. p. 470, par les roches que Calendal lance du haut du Gibal. Au-dessus de la table, on voit parfois une lampe provençale, ressemblant à celles de l'ancienne Grèce; ou l'on a placé sur la table, tout simplement, des bougies: Les yeux de maitre Ramon, furieux de l'amour de Mireille, luisent»coume un cire« M. p. 295— comme un cierge. Coumeée de candélo abrandanlo Comme des cierges allumés C. p. 74. flamboient les yeux des loups poursuivant Estérelle dans sa fuite. La truelle des compagnons-maçons brillait dans le sombre moyen àge Coume un lame de niue. Comme une lampe dans la nuit. S. p. 310. La vie de Mireille tremblote dans son corps . coume un lume en anant comme une lampe qui va S'amoοlssd. s'éteindre. M. p. 460. Coume uno entorco C. p. 186, comme une torche, l'argentin(le lépidope) brille dans les eaux obscures de la mer. Passons à d'autres objects! La»bassesse bourbeuse« de Vincent Coume un mirau s'ero clarido S'était clarifiée comme un miroir M. p. 488. par l'amour de Mireille; elle, pour consoler son ami, pour lui faire sentir sa propre quiétude, lui dit: O Vincenet, que noun pos velre O cher Vincent, que ne peux- tu voir Oins moun cor coume dins un Dans mon cœur comme dans véire! un verre? M. p. 480. ... Coumeèe uno molo raubo Comme une molle robe M. p. 268. sont tissés les nids des pendulines qu'on voit suspendus le long du Rhône. Coume un velet de cambresino, Comme un léger voile de gaze C. p. 400, la nuit enveloppe les tours du château d'Aiglun, lorsque Calendal et les bandits y arrivent. ... Blanc coume de linçou Blancs comme des linceuls G. p. 66. deviennent les convives quand, à la noce de Sévéran, le vieillard ose braver son fils. Les moindres choses trouvent leur place dans les com- paraisons:»Fin coume d'aguhio« M. p. 68, fins comme des aiguilles sont les yeux des mésanges. Fortunette plonge, comme deux couteaux»semblable en dous couten« C. p. 432, ses pru- nelles dans celles de Calendal. — 35 Vous pouvez observer les femmes à leur ouvrage. Les trois Maries ont vu la nuit qui fuit avec la lune comme, avec la lampe à la main, . 2Ino ve‿llso matiniero... une veuve matinale Queé val au four coutre si tiero. Qui va au four cuire sa rangée de pains. M. p. 430. ... Coumeèe uin pan d'ordli Comme un pain d'orge Souto lou four brulant,... Sous la fournaise ardente C. p. 266, Calendal croit souffrir en se cramponnant au Rocher du Cire. Vous sentez les bons gateaux que l'on cuit: Rousso coume uno tourtihado, Rousse comme une tortillade M. p. 268, (gäteau provencal), Vincenette étend les filets au bord du Rhône. La sorcière des Baux, entourée de ses fantémes et de ses spectres, avertit la lune: Auiso-te dou chin que fapo,»Prends garde au chien qui aboie,(dit-elle,) O Launo folo? Se barrapo,»O lune folle! S'il te happe, Vengoulara coumée uno papo.»Il t'engoulera comme un gateaul« M. p. 248. Vous apercevez la bonne mère de famille: ... De sa maire sus la faudo... De la mere sur le tablier Que boufo de grafioun e d'au- Qui regonfle de guignes et bricot madur d'abricots mürs Tau TWenfantoun se Precipiton, Tels des enfants se précipitent, Sus la tounairo lau se fiton Sur la thonaire tels se ruent Li pescadoll. Les pécheurs(cassidiens). C. p. 184. Ecoutez cette autre comparaison! Estérelle sait guider le cœur de Calendal et en est la maitresse Coume la maire U'es dou fién Comme la maère l'est de l'en- que fal tetg. fant qu'elle allaite. C. p. 278. Ah, les enfants! On les observe à tout aàge. On voit le bambin dans son berceau: Mireille se confesse à Vincent en parlant ainsi: .R coume un enfant dins si Telle qu'un enfant dans ses ldnil, langes Que de fes plourinejo e noun Qui parfois pleure et ne sait Sauip Per-de-que, pourquoi M. p. 74, — 56— j'ai quelque chose qui me tourmente. On voit les gars jouant au bord d'un fleuve: Calendal, parlant de la beauté de la mer, dit que les poissons-volants rasent»par bonds l'humide plaine« Coumeèe li coudelet bandi péor Wescodllan. Pareils à ces galets que les écoliers lancent. C. p. 118. On observe la vie de la jouvencelle: La Durance est appelée chato bouleguelo Que ven dõu pous'mé Sa dourgelo, E que degaio soun alguelo En jougant'mé lichat que trovo per camin. La lune, sortant des brumes, . coumeée uno chato Que plan-planet se desacalo E vat vien lon, hies A Sa Faondsuro,.. ... fille sémillante Qui vient du puits avec sa cruche, Et qui répand son onde En jouant avec les gars qu'elle trouve par la route. M. p. 100. . comme une jeune fille Qui doucement sort de ses couvertures Et va prendre le frais à sa fenéètre C. P. 308, se lève doucement et brille sur le château d'Aiglun, lorsque les chasseurs et Calendal y entrent. Une couronne était à Cassis le prix de la joute, récompense tentante Coume un sourrire de barouno. comme un sourire de baronne. E. p. 210. Ecoutez cette autre belle comparaison: A Paubo cdlaro se marido Lou dlar canta di bouscarido. La terro enamourado espèero lou Solllell, Vestido de frescour e d'aubo, Coumeèe la chato que se raubo, DOins la plus bello de si raubo Espero lou fouvent que'a di: Parten lêeu! La mer, enfin, est appelée A l'aube claire se marie Le chant clair des bec-fins. La terre enamourée attend le soleil, Vétue de fraicheur et d'aurore: Ainsi la jeune fille qui se fait enlever, (vétue) de la plus belle de ses robes Attend le jouvenceau qui lui a dit:»Partons en vite!« M. p. 214. — 572 Aqouelo superbo mestresso Que d'esplendour e de caresso Atiro, afogo, enmasco, enébrio Si marlt, E qule, di fiho de la terro falouso mal gu'uno panléro, Raubo st calignaire, æ, féro Li néego e lis egfato em'un orre Chaurit Cette superbe amante Qui, avec sa splendeur et ses caresses, Attire, enflamme, enivre et en- sorcelle les maris, Et qui, des filles de la terre Jalouse plus qu'une pantheère, Enlève ses amants, et, féroce, Les noie et les écharpe en un sabbat horrible. C. p. 108. Vous apercevez les jouvenceaux et les hommes à leurs travaux. Vous les suivez à la guerre: Les poissons, se ruant dans le port de Cassis, sont bien comparables à nous! Quand tronon li campano, au Four qu'es en dangié La liberta vo la patrio, L'auauglamen nous desvario, Noals courren contro emé furio, E ktriounflo enterin lou ktiran estrangie. Quand tonne le beffroi, au jour où périclite La liberté ou la patrie, L'aveuglement nous fait perdre la téte, Et nous nous courons sus avec furie, Et en ce temps triomphe le le tyran étranger. C. p. 184. Calendal, blàmé par Estérelle après la destruction des pins, croyait voir les arbres s'avancer contre lui, ... kalt gel' uno armado Espeloufido, abrasamado. ... tels qu'une armée Ebouriffée, ardente. C. p. 276. Vous trouvez aussi quelques armes mentionnées dans les comparaisons: Les barbes du froment sont lancées, Coumeèe de fléecho d'aubaresto, aux naseaux des cavales qui piétinent le blé. Comme des flèches d'arbalète M. P. 342, Le mépris de la femme aimée perce le cœur de Calendal»coume uno oulindo« comme une olinde(lame d'épée). C. p. 162. La main d'Ourrias se hausse coumeée uno masson, comme une massue. M. p. 188; mais son adversaire bondit autour de lui tel qu'une fronde tour- billonnante»Revoulunous coume uno froundo« M. p. 190. Calen- dal, renversé par l'un des brigands, tombe par terre Coume ensuca per uno boumbo. Comme frappé par une bombe. C. p. 438. — 58— Vous suivez les hommes à la chasse: Quand lou cassaire de la coum⁵ De-long d'un rién véi de cou- loumbo Que bevon, innoucênto, e que S'liscon, lou Ou'entre-mitan li bouissounaio Emé soun armo von en aio, E sémpre aquelo qu'engranaio Es la plus bello: ansin fagué lou dur Soulél, Quand le chasseur de la vallée, Le long d'un ruisseau, apercoit des colombes Qui boivent, innocentes, et qui lissent leurs plumes, vite, A travers les buissons, Avec son arme il vient, ardent; Et toujours celle qu'il perce de ses plombs Est la plus belle: ainsi agit le dur soleil M. p. 308, en frappant Mireille, qui erre à travers la Camargue. Ourrias, avant de rencontrer Vincent, ressemble à Un porc-singlié que de sa Tollsco An fa parti, que tabousco Sals li moure desert de l'Ou- limpe negras, Auans de courre Ssus li chino Oue lou seculon, reuechino Lou rufe péu de soun esquino, En amoulant si pivo i péoje di blacas. Un sanglier qu'on a relancé Dans ses broussailles, et qui court Sur les mamelons déserts du sombre Olympe,“) Avant de fondre sur les chiennes Qui le pourchassent, hérisse Le rude poil de son dos, En aiguisant ses défenses aux trones des chénes. M. p. 172. A Cassis, oùð l'on célèbre la grande péche, l'un des jouvenceaux jette par plaisir le levier Coume S'anavo clava'n veorre. Comme s'il le lançait pour percer un verrat. C. p. 204. Vous voyez les grives dans les lacets: ... Ad kems di fre, por véesita S1 198, Quand L'aucelaire von dins Poutradkre, ... Au temps des froids, pour visiter ses lacs, Lorsque l'oiseleur vient dans le sillon, *) Il s'agit, bien entendu, de l'Olympe provençal, montagne des Alpes maritimes. E qJal'dr St las trouo de tourdre, ... Hor au paulen fa De Laucelun que üaletejo Entre li man e qu'arpatejo, Contro la terro que moutejo Brutalamen li fito, e S'envai Salt Va, Et qu'à ses lacs il trouve des grives, pour avoir plus tôt fait Des oiseaux qui palpitent Et se débattent dans ses mains, Contre la terre hérissée de mottes Lui brutalement les jette et s'en va satisfait C. p. 346; ainsi Marco-mau traite les trois filles que, par hasard, il a trou- vées dans la forét. Vous apprenez que Tau qu'uno ardado coucharello, Ainsi qu'une meute pressante C. p. 442, le comte et les siens partent d'Aiglun pour aller au Gibal à la poursuite d'Estérelle, et que Vincent, en Crau, tient son adversaire Coumeèe un léebrié tanco uùn beslidtri. Comme un lévrier tient une béte fauve. M. p. 186. La mère de Mireille, voyant sa fille prosternée dans l'église des Saintes-Maries, s'effraie Coumè quand subran uno ktrido Wet li cassatre. Comme un bruant qui tout à coup Voit les chasseurs. M. p. 466. Ajoutons une jolie comparaison: ... La foio desméemouriado Ou'a lou chamous, quand d S! Hlo Tout un four senti, dins li ro döu Quleiras, Li cassaire que lou fan courre, E qu'd la longo sus un moure Escalabrous coume uno tourre, Se véi soul, dins li méele, au mäitan di counglas, ... La joie éperdue (Qu'’'éprouve le chamois, lors- qu’'à ses traces Il a senti tout un jour, dans les rocs du Queyras, Les chasseurs, qui le pour-— suivent, Et qu'enfin, sur un pic Escarpé comme une tour, Il se voit seul, dans les mé- lèzes, au milieu des glaciers M. p. 174, la joie de cet animal n'est rien auprès des doux instants que passent Vincent et Mirreille. Nous venons de parler de la chasse. Voici encore d'autres occupations de l'homme: Vincent, regrettant sa Mireille, tord ses poings, — 60— . coumeée torson li redorto. comme on tord lés harts d'osier. M. p. 492. Marco-mau, vaincu par Calendal, Coumèé un gęros verre dins soun Tel qu'un verrat énorme dans Paultkre, sa bauge, Quand lou car-Ssaladlié, soun Lorsque le charcutier, son coultelas au poung, coutelas au poing, Intro per iéẽ trauca la veno, Entre pour lui percer la veine, Monstré li dont. Montra les dents. C. p. 356. Fortunette dit a Calendail que son amour va la purifier . coume lou ferre auben, comme le fer chauffé à blanc, Coumeé lou ferre dins la fargo. Comme le fer chauffé dans la forge. C. p. 446. Vous voyez les œuvres des macçons, des architectes, des sculp- teurs: Les ruches du Rocher du Cire sont groupées, famille par famille, Coumeé un poulit vilage au pédl Comme un joli village au pied de souln castéll. de son chaâteau. C. pP. 262. Le Mont Ventoux, Coume dirian uno muraio Comme on dirait une muraille Se dréeisso fieramen tala de Il se dresse, taillé superbement cap d Péd, de pied en cap; Negro courouno de verduro Noire couronne de verdure, Un bos de méle, ligno duro, Un bois de mélèzes, arbres de fer, Ero la machicouladuro Au rempart formidable Döõu barri fourmidable, æ pour- Servait de crénelure et d'im- tavo respéet. posants machecoulis. C. p. 248. A la fèête de Cassis, où l'on danse les Olivettes,“*) la farandole des filles, pour échapper aux Maures, passe sous les bras relevés des meneurs immobiles Coume ùun pourtau de foun Comme un portail de Citadelle. karesso. C. P. 208. Les landes et la mer immense, qu'elle comtemple toujours du haut du Gibal, pèsent sur Estérelle . coume un grand téemple. comme un grand temple. C. P. 324. *) voir page 45. — 61— C'est comme une tour»coume uno tourre« M. p. 248, que le cauchemar oppresse le dormeur. Ourrias, terrassant un jeune taureau, roule par terre avec cet animal comme un rempart— coume un barri M. p. 158,— qui s'écroule. Renversé par Vincent, le bouvier tombe»coume uno tourre« M. p. 192,— comme une tour. Se voyant perdu, ce dernier devient paâle coume un gipas« M. p. 202,— comme un plätras, tandis que Laurent de Goult a le teint brülé comme une pierre d'église M. p. 368— coumeèe un queiroun de gléelso«. Jean-Trone et Bel- Arbre, deux compagnons de Sévéran, tombent»coume de sdnti- bêlli«— C. p. 470,— comme des saints de platre.»Coume d'image« C. P. 302,— tels que des statues, les»compagnons« restent muets pour entendre le discours de Calendal, ainsi aussi les Rois Mages marchent dans le cortège d'Aix. C. p. 382. Passons à d'autres métiers! Nous accompagnons les marins en mer: . coumeèe aouéll... Commme ceux qul, Ou'entre leissa la ribo, an lou A peine embarqués, ont le mal mau döu retour, du retour E. p. 268, Calendal, après avoir déniché les ruches, désire revoir sa femme adorée. Les brigands, écoutant le récit enthousiasmé du pécheur, voient l'émotion du comte croitre, sans mot dire: ... 7 alo, en ao,... elles, en rade, Aqudéli figuro daurado Ces figures dorées, Ou'd la pro di nauire espèron Qui, aux proues des navires, fissamen attendent fixément L'oundo esfraiouso que S'a- L'onde effroyable qui s'avance vαο, Pereilalin. A l'horizon. C. p. 362/4. Souple et fort comme une antenne—»coume uno anteno« C. p. 12. est Calendal. Coumeèe un veissèen que Comme un vaisseau, qui cingle poufo du ribeirés, vers le rivage M. p. 306, l'église des Saintes-Maries apparait à Mireille dans sa marche. C'est dans ce sanctuaire qu'un enfant aveugle a été guéri, miracle dont Vincent parle à son amie le soir qu'ils se voient pour la première fois; et cet enfant s'est cramponné aux chässes des Saintes Emé U'arpiado vigourouso Avec la vigoureuse étreinte Dõu negadis en quau la mar Du naufragé à qui la mer jette fito uno post. une planche. M. p. 32. — 65 Nous faisons connaissance avec les représentants de diverses nations: Calendal est fier coume un CGascoun C. p. 80— comme un Gascon. Vincent se dit»moustous coume un Mauro« M. p. 74, barbouillé comme un Maure. Nous sommes témoins de quelques féètes populaires: Les anchois nagent à l'envi Coume àd Cassis, quand por Comme à Cassis, quand pour li foio le Prix Se nado. On nage. C. p. 114. Les thons, suivant le tour du filet flottant, passent Coumeè véeses li caualoto, Comme on voit les jeunes cavales, I Lisso' Aule, un four de fiero, Aux Lices d'Arles, un jour de ktournejant. foire, tournoyer. C. p. 178. ... Coumeée quand danson Comme quand dansent A-2-Ais li Chivau-frus... A Aix les Chevaux-frus*) M. p. 38, s'élancent, d'un pas réglé, Lagalante et le Cri. Mireille est belle comme le jour de Paâques M. p. 106— coume lou four de Hasco.« Permettez-moi d'ajouter, entre parenthèses, quelques comparaisons se rapportant à la Bible, à l'histoire des Saintes et enfin à J'histoire profane de Provence. Alari, le berger, L'aurias cresu lou béu rèi Vous l'eussiez cru le beau roi Ddvi, David, Quand, sus la tardo, au pous Quand, vers le soir, au puits Dis dvi des aleux Anavo, en estent fouine, abéura Il allait, dans sa jeunesse, li lroupel. abreuver les troupeaux. M. p. 138. L'enfant, dont Vincent parle à Mireille, est Poulit coume Sant ſan-Batisto. Joli comme saint Jean-Baptiste. M. p. 30. Vincent, sans mot dire, est couché sur la table de la sorcière Coumeé Lauren lou sant martire. Tel que Laurent le saint martyr. M. p. 254. *) voir page 46. — 63— Calendal, grimpant vers la crète du Rocher du Cire, sort de l'abime tel que Lazare C. p. 268— coume sant Ladre«. Mireille, dans sa marche nocturne, va devant elle Coumeèe antan Magalouno, aquelo Comme jadis Maguelonne,“) celle qui Que cergué tant de tems, en plou- Chercha si longtemps, éplorée rant, dins li bos, dans les bois, Soun amlt Poeire de Prouvongço Son ami Pierre de Provence, Qu'én empourta pér la viöulenco Qui, emporté par la fureur Ois oundo, êero restado sonso. Des ondes, l'avait laissée abandonnée. M. p. 324. Azalais, l'une des amies de Mireille, disant qu'elle créerait une cour d'amour dans son royaume, Ssi elle était reine, ressemble à Fanette de Gantelme, qui, vers 1340, présidait celle de Romanin; elle ressemble à la comtesse de Die,““) célèbre»trouveresse« du 12° siècle. M. p. 106. Les gerbes, s'élevant par centaines, rappellent les pavillons d'un camp de guerre, Coumeèe aquén de Beucaire, autre- Comme celui de Beaucaire, ktoms, Quand Simoun, autrefois, quand Simon, E la Crousado franchimando, Et la Croisade francaise, E lou legat que li coumando, Et le légat qui les commande, Venguéron, zöu! d touto bando, Vinrent, impétueux, à toute horde, Sagata la Prouvenco, e lou Comte Egorger la Provence et le Ramoln! Comte Raymond!**) M. p. 362. Lagalante, enfin, avait des jambes Coumeèe lou Senescau ſan- Comme le Sénéchal jean de Culelsso, Gossa) M. p. 34, contemporain du roi René. Parfois, il Se trouve aussi des allusions à des bâtiments célèbres ou à des lieux connus: Coume li pielo grando e bruto Comme les piles grandes et brutes Döu pont espetaclous qu'en- Du pont prodigieux qui en- cambo lou Garddoun, jambe le Gardon M. p. 190, *) on trouve les détails de cette légende dans les annotations de Mireille, chant VIII. **) pour les détails, voir les ann. de Mireille, chant III. ers) les détails se trouvent dans les ann. de Mireille, chant IX. *ers) voir les ann. de Mireille, chant I. — 64— ... il s'agit du fameux Pont du Gard près de Remoulins... Vin- cent et Ourrias, tout en se battant, s'appuient l'un contre l'autre. Le royaume des Baux, qui appartenait aux afeux d'Estérelle, était ferme comme la Tour Magne, dominant la ville de Nimes(C. p. 56). Elle-méêéme, la princesse, avait les dents blanches Coumeèe de ęrun de sau de Comme des grains de sel de Berro, Berre G. p. 12, petite ville non loin d'Aix. Les feux du Mont Gibal flambent Talo la velo purpurenco Pareils à la voile de pourpre Espandido autre- toms Sus lou Déployée autrefois sur le grand Srand Coulisén, Colisée E. D. 474; et cette conflagration resplendit semblable à un Vésuve C. p. 474, — lau qu'un Vesivi. Après cette digression, revenons à la vie des hommes! On trouve, dans les comparaisons, encore un grand nombre de types humains: vous y voyez le pape, la religieuse, le pèlerin: ... Maféslous coumeée un Papo, Majestueux comme un pape, DOins soun emperialo capo Dans son manteau impérial G. p. 250. sont les mélèzes du Mont Ventoux. Muettes et mornes d'effroi, comme des nonnes C. p. 344, coume de mourgo⸗« sont les trois filles dont Marco-mau s'empare dans la forét. Le Rhône sommeille dans son lit Coume un roumién de Santo- Comme un péèlerin de la Sainte- Baumo Baume, Oue, nus, de lassige æ de caumo Qui, nu, de lassitude et de chaleur, Sestalouiro e s'endor au founs S'étend et s'endort au fond d'un Wun vobre. ravin. M. p. 200. Vous êtes témoins du service divin; vous entendez le beau cantique: Di Mario que S'envoulavon Des Maries qui s'envolaient Ansin li paraulo calavon, Ainsi les paroles s'éteignaient, Calavon pau-dâ‿ pau, de nivuo S'éteignaient peu à peu, de nuée en niuo Uor.(d'or) en nuée d'or: Semblauo un resson de cantico, Pareilles à un écho de cantique, Semblavo uno liuencho musico Pareilles à une musique éloignée Ou'en dessus de la gleiso antico Qui, au-dessus de l'église antique, S'enanavo mé U'auro. S'en serait allée avec la brise. M. p. 466. — 65— Vous entendez le son de l'orgue: Les hauts arbres de la foròèt semblent de . Soulénni calamello solonnels pipeaux Que l'auro, à plen de gargamello, Que la bise, à plein larynx, Fat canta coume d'orgue. Fait chanter comme des orgues. G. P. 275. Vous sentez le parfum de l'encensoir: Calendal, revenant du Rocher du Cire, hume la brise de Marseille ... coulme un vas de sentout. ainsi qu'un vase de senteur. E. p. 268. ... Coumeée un sant öôli, Comme une huile sainte M. P. 448, la parole de Dieu coula des lèvres de saint Trophime. Vous êtes charmés en écoutant une grande symphonie: La Ventoureso matliniero, La brise matinale du Ventoux, En trespirant dins la sourniero En respirant dans la fourré Dis aubre, fernissié coumeèe un Des arbres, frémissait comme paur cantadis une pure symphonie, Ounte di colo eæ di valado Ou des vallées et des collines Töuli li voues en assemblado Toutes les voix en assemblée Mandavon sa boufaroulado. Auraient envoyé leurs haleines. C. p. 252. Vous frémissez, enfin, aux sons des glas funèbres: Coumeè li clas Tuno campano, Ainsi que les glas d'une cloche C. p. 144, le glas des hoyaux transperce la moelle de la fée Estérelle, reine des campagnes, vivant sur les rochers de l'Estérel, et dont notre princesse tire son nom. Mais passons à des événements moins lugubres: . coume de réi qu'an lou... Pareils à des rois qui ont Front enrama le front lauré De la vitori mounte aspiron, De la victoire, objet de leurs désirs C. P. 188, les pécheurs rentrent dans le port de Cassis sur leurs barques, surchargées de thons et d'autres poissons. Les maftres-pécheurs Coume li rei'un tal emfpori, Comme les rois de cet empire, Abime d'aigo e de mistéri, Abime d'eau et de mystère G. p. 116, observent les mouvements des poissons. A&☛ꝙ Uanous, coume un réi dins Magnifique, tel qu'un roi dans soduln Qouvernamen, son royaume M. P. 288, maftre Ramon dirigeait sa ferme. D'autres types encore! ... Planla coume un sounfo- Immobile comme un songe- Josο fétes M. p. 84, Vincent regarde Mireille qui s'enfuit vers le mas. Calendal, pensant à la femme adorée,»plonge dans les airs un regard long et doux« . coume S'en visto... comme si, en vule, Avié no cadso de rogulsto. Il avait une chose exquise. E. p. 320. Vous riez des tours du bouffon: Salomon, à la fète d'Aix, tau gu' un balarin, ainsi qu'un baladin C. p. 380, offre une chaine d'or à la reine de Saba. Calendal attend l'arrivxée des poissons Coume un fougaire que deleto Tel qu'un joueur que berce Sa fée dins soun gasan. Sa confiance au gain. C. p. 174. Estérelle, fuyant à travers les montagnes, se voit suivie de loups . coumo uno encantarello. comme une enchanteresse. C. p. 74. J'insère, en cet endroit, deux comparaisons particulières à la Provence et aux pays du Midi, dont les habitants, super- stitieux, se servent souvent de talismans et d'enchantements: Les compagnons-maçons doivent garder le secret de la sublime architecture Coumeèe lou breu que lon Comme le talisman que l'on courduro coud Entre li ple de sa cenluro. Entre les plis de sa ceinture. C. p. 296. Vincent entendant la confession de Mireille, reste interdit, coume di niν Comme des nues Ouand toumbo pau-d-pau un Un oiseau fasciné(par le re- dllceu Hivelc. gard d'un reptile) qui tombe peu à peu. M. p. 78. Vous voyez le bandit, l'assassin: Vincent, entendant le refus de maitre Ramon, part pour le mas des Micocoules comme un bandit M. p. 474—»coume un bandit«, Calendal, ayant abattu les mélèzes, sent un frisson de cimetière passer sur son corps, — 67— . coumeée S'ere assassin. Coume un bregand den-un Tecouide comme s'il était assassin. C. p. 256. Tel qu'un brigand, au tournant d'un chemin M. p. 208, attaque sa victime, Ourrias, apercevant qu'il y a de l'eau dans la barque, saisit le bras du pilote. Le bateau dans lequel il se trouve, vacille . coulme un ome embrig. comme un homme iyre. M. p. 202. Mireille, par sa confession, a rendu son ami ... foulllas coumée un ome enchuscla. Insensé comme un homme pris de vin. M. p. 78. La sorcière, qui guérit les blessures de Vincent, force le mal à engendrer le bien, ... de memeèe que lou méſe Souvéent tiro lou bon döu Hieſe. ... de méême que le médecin Souvent tire le bon du pire. M. p. 234. Vous observez le dormeur et l'homme qui se meurt: ... Coumeèe uno Persouno Ou'un matrit sounge des- kressoundo, Alor éůn, Calendau, la poùung sarra, L'iue fér, Ainsi qu'une personne Qu'un mauvais songe réveille en sursaut, Calendal, le poing serré, l'œil égaré G p. 78, se redresse après avoir entendu le récit d'Estérelle. II embrasse son amie; mais c'est une caresse pure, candide et froide, ... coumeé àl'ouro döu trespas, Ouand Von se qullo. ... Kegrelous doul palals T'Avignoun, Di farandoulo e di sinfoni, Coume un grand vièei qu'es d Pangoni, Eu pareissié tout malanconi D'ana perdre d la mar e sis aiςᷣο ε Soulln nollm. comme, à l'heure du trépas, Lorsqu'on se quitte. C. p. 20. ... Regrettant le palais d'Avignon, Les farandoles et les sym- phonies, Comme un grand vieillard qui agonise, Il(le Rhône) semblait tout mélancolique D'aller perdre à la mer et ses eaux et son nom. M. p. 388. 5* — 68— Vous voyez, enfin, l'homme qui, ayant terminé les travaux de ce monde, descend dans le tombeau: Coumeèe un cadabre dins la Comme un cadavre dans la loumbo, fosse G. P. 222, Négrel tombe et s'enfonce dans les vagues. Les convives, à la noce d'Estérelle, sont päles Coume li mort döu cementéri Comme les morts du cimetière Autour de quadgêue reboustéri Autour de quelque funèbre banquet Plen de terrour e de mistéeri, Plein de mystère et de terreur C. P. 68, lorsqu'ils ont entendu les paroles du vieillard, qui est entré dans la salle Tau que la mort,... Tel que la mort C. P. 66, qu'on oublie. Vous accompagnez la pauvre àme au purgatoire: Calendal pend au Rocher du Cire . coumée uno armeéeto qu'es... tel qu'une âme en peine Au Peirou d'oli coundanado. Au Chaudron d'huile con- damnée. C. p. 266. Vous voyez toutes les horreurs de l'enfer:»Coume un diable« C. p. 474— comme un diable, le Mistral ronfle et attise les flammes sur le Gibal; Coumeèe demoni, emé la caro Tels que démons, la mine ardente, Oue ié ktriounflo, ardento e claro, Et claire et triomphante, Courron d vai-even li bouto fiöo Courent et vont et viennent les incendiaires. C. p. 474. Les couleuvreaux de feu dansent sur l'onde brillante: Li Ora, segur, e li Fantino, Les Fantines, bien sür, et les Dracs, En farandoulo serpenlino, En farandoles serpentines, HPor nous perdre, dirias, sorton Pour nous perdre, diriez-vous, dis Enganiél. sortent des Madrépores. C. p. 118. Le souvenir de son mariage obsède Estérelle Coumeèe uno ourriblo cauco-viéeio. Comme un horrible cauchemar. C. P. 70. Calendal, ayant entendu le récit de la princesse, s'élance comme un follet C. p. 80—»coume un fouletoun«. — 39— ... Coume un fier Fouletoun, Tel qu'un fier follet M. p. 38, Vincent se rue à la course de Nimes. Sa Mireille, allant aux Saintes, Se sauve devant les paâtres . coumeé un esperitonun. comme un esprit. M. p. 326. Mais ce sont aussi les voix des anges que vous entendez: Calendal, appuyé sur le coude, aux genoux de son amie, est extasié Coumeè s'un ange ié parlavo Comme s'il entendait un ange Entre-mitan di niéulo blauo. Parler au sein des nuées bleues. S. p. 12. Et ce jeune héros suit cette femme à sa demeure .. mal de liuen, coume d-n-un D'un pas égal, mais de loin, serdfin. comme on suit un séraphin. G. P. 20. Vous voyez, enfin, le créateur mème du monde entier: Le père de Sévéran entre dans la salle d'Aiglun, Coumeèe quand Dién S'abiho en Tel que Dieu, lorsqu'il se véèt pautre en pauvre, Hor counfoundre decfes quaugue Pour confondre parfois un riché-catléu. mauvais riche. E. D. 62. Tel est le tableau que je m'étais promis de tracer. Puissé- je avoir réussi à étaler à vos regards les charmes de ce monde de symboles et de figures poétiques! — 70— A la fin de mon essai, je m'empresse de remercier chaleureusement Mr. Pagès, principal du collège d'Orange, des aimables renseignements qu'il m'a donnés sur les questions scientifiques que je lui avais adressées. —— — 21— Table des matieres. pages Iniroduction 5565 Analyse de Mireio.. 56 Analyse de Galende..........B.Z13 Somparaisonssss 21 1. Phénomènes 3. 3.21 déluge— écliose— soleil— lune— etoiles— muſt— mmatin — neige— pluie— gréle— vent— feu— tempéte— orage — Cclair. 2. Mer et cours d'eau... 3. 27 gouffre— vague— ile— Nleuve— ruisseau— torrent— source. 3. Charmes de la natie..... 3332 4. Plantes. 5.. 34 lis— cabridelle— myrte— leur du COgnassier— campamle blanche— marguerite— cannaie— fleur de capre— chardon — massette— genéêt— jujube— aloès— gui— hysope— bardane— blé— vigne— fruits— raisin— prune— prunelle — arbres: dattier— avelinier— poirier— pin— fréne— forét: bois de platanes. 5. Animaux...... 37 papillon— libellule— araignée— guéêépe— frelom— cigale— magnan— cuceron— tique— abeille— miel— poisson— crapaud— lézard— serpent— dragon— lion— léopard— tigresse— ourse— loup— biche— chamois— cerf. oiseaux: aigle— ventouse— perroquet— outardeau— pluvier 42 — rale— grèbe— goéëland— hirondelle— cochevis— char- donneret et troglodyte— passereau— tarin et linotte— pigeon — coq— paon. quadrupèdes domestiques: chèvre— brebis— porc— cheval— 46 mulet— àne— chat— chien— bœuf. 6. Vie des hommes.... 4 5. 50 patre— vie des champs— mas— travaus domesliques— meère — enfant— jouvencelle— jouvenceau— guerre— chasse— différents métiers— marin— fétes populaires— histoires sainte et profane— quelques lieux de Provence et d'autres encore— différents types humains: pape— nonne— pelerin— service 64 divin— roi— songe-féêtes— bouffon— joueur—(talisman) — bandit— meurtrier— homme ivre— médecin— homme qui dort— homme qui se meurt— le mort— purgatoire— enfer — diable et d'autres mauvais esprits— ange— Dieu. Errat a. p. 8,20 richesses elle lisez richesse, elle. p. 10,37 crenelée l. crénelée. p. 11,15 pleins d'épines l. plein d'épines. p. 13,1s souveraine l. souveraines. p. 16,42 colonies vient l. colonies, vient. p. 19,37 echecl échec. p. 22,0 tu Chaos l. du Ch. p. 24,13 de Micocoules l. des M. p. 27,25 part l. pars. p. 290,26 heureux l. heureuse. p. 28,20 Etincelaient l. Etincelaient. p. 34,35 Epineuse l. Epineuse. p. 34,30 ébouriffée. l. ébouriffée,. p. 36,32 à grand coups l. à grands c. p. 45,13 le Olivettes l. les O. p. 45,23 rameaux. l. rameaux,.