3.435 MANUEL DU CHRÉTIEN VIVANT DANS LE MONDE. AVEC APPROBATION DE SON ÉMINENCE LE CARDINAL ARCHEVÊQUE DE PARIS. 1re ÉDITION( 5,500). Propriété G. V. PARIS Au Bureau Gral des Conférences de St- Vincent de Paul, RUE FURSTENBERG, 6, Adrien LE CLERE, r. Cas- PERISSE, r. Saint- Sulpice. sette, 29. POUSSIELGUE, r. St- Sulpice. GAUME, rue Cassette, 4. LECOFFRE, r. du VieuxColombier. DOUNIOL, r. de Tournon. Manuel du Soldat. Manuel du Marin. On trouve aux mêmes adresses et chez tous les libraires: Manuel de l'Ouvrier. Manuel du Laboureur. Manuel des Mères et Jeunes Personnes, en français et en allemand. Manuel du Soldat, en allemand. Manuel du Soldat, en anglais. PARIS, LE 2 FÉVRIER 1860 до 463435 1868 VU ET APPROUVÉ: Paris, le 20 février 1860. + F.-N. Cardinal Archevêque de Paris. Univ.- Bibl. Giessen TYP. ADRIEN LE CLERE, RUE CASSETTE, 29. PRÉFACE. Le petit livre que nous publions est la 6e édition des Manuels déjà connus sous le nom de Manuels du Soldat, de l'Ouvrier, du Laboureur, du Marin et des Mères de Famille. Ces Manuels, répandus en grand nombre parmi les militaires et les personnes des classes laborieuses et pauvres, ont fait un grand bien. Ils ont propagé l'instruction religieuse, fait tomber des objections qui n'avaient pour base que l'ignorance des vérités les plus élémentaires de la foi, et en ranimant les sentiments chrétiens, ils ont ramené ou maintenu bien des âmes dans les sentiers de l'honneur, de la vertu et de l'Evangile. Mais lorsque nous les répandions parmi les pauvres, nous avons souvent entendu des personnes plus favorisées des biens de ce monde, exprimer la pensée qu'un ouvrage analogue et qui leur serait spécial, serait fort utile. S'il faut donner. l'instruction religieuse aux ouvriers, aux soldats, aux pauvres, il n'importe pas moins, en effet, de la donner aux personnes d'une position plus élevée, aux hommes doués d'une éducation libérale, mais qui souvent n'en sont pas moins étrangers aux vérités de la foi. S'il faut prêcher l'Evangile aux petits de ce monde, il ne convient pas moins de faire cette charité, la première de toutes, aux riches eux- mêmes, qui trouvent dans leur position des dangers tout spéciaux, au point de vue du salut éternel. Bien des familles sont souvent tombées d'une position heureuse, parce que personne n'a osé leur donner un bon conseil, leur parler le langage de la vérité, qui les eût retenues sur la pente de l'abîme. Cet embarras se manifeste surtout à l'égard des personnes âgées, des chefs de famille surtout, à qui leurs enfants doivent respect, et qu'ils craignent de reprendre. Or, un livre peut donner à tous des avis précieux, parce qu'il ne s'adresse à personne en particulier, parce que c'est à chacun à voir s'il doit s'appliquer les vérités qu'il rencontre; aussi, il a vis- à- vis des âmes droites et de bonne foi une influence qui échappe parfois à la parole. Nous serions heureux si nous pouvions atteindre ce résultat par cette nouvelle édition de notre Manuel, si nous pouvions allumer dans le cœur de tous ceux qui nous liront la haine du péché, l'amour de Dieu, et le désir d'une vie chrétienne. Notre Manuel du chrétien vivant dans le monde sera, comme ses devanciers, d'un format portatif, pour répondre au goût du grand nombre qui n'aime pas les livres trop gros et trop pesants. Cependant il contiendra bien des choses utiles, on peut même dire tout l'indispensable, c'est- à- dire les prières du matin et du soir, des exercices pour la confession et la communion, la messe, les vêpres, les évangiles, l'explication des grandes fêtes de l'année, des méditations sur les vérités essentielles de la foi, et les réponses aux objections les plus répandues. Aussi, si quelqu'un en a ressenti quelque bien, nous le supplierons, au nom de la charité chrétienne, de le distribuer à ceux qui sont éloignés de Dieu et qui en ont tant besoin. MANUEL DU CHRÉTIEN VIVANT DANS LE MONDE. Obligation de servir Dieu et de le faire servir par les autres, La première vérité dont un chrétien doit être persuadé, c'est que sa mission ici- bas consiste à servir Dieu, à l'honorer, à lui obéir, pour obtenir par sa miséricorde la vie éternelle. Cette vérité est la base de toute la religion; on ne peut la nier sans cesser d'être chrétien, ni même d'être un homme raisonnable. Comprendrait- on, en effet, que Dieu ait fait des créatures douées d'intelligence, pouvant le connaître, et qu'il n'eût pas fait à ces créatures une loi de l'aimer, lui qui est la beauté infinie; une loi de le servir, lui qui est la justice par essence; une loi de lui obéir, lui qui est la toute puissance souveraine? Il faut donc servir Dieu, parce qu'il nous a créés, qu'à ce titre il est notre maître, et qu'il a le droit de nous demander compte de cette vie qu'il nous a donnée. Or, comment le servons- nous ce Dieu? Songeons- nous à l'honorer par notre prière, c'est- àdire par la reconnaissance de sa grandeur et de notre faiblesse, par l'aveu de notre dépendance et par la supplication que nous élevons vers lui, comme le serviteur vers son maître, le fils vers son père miséricordieux? - 6Nous disons peut- être que nous avons des affaires incessantes, que nous sommes trop préoccupés de notre famille, de notre avenir, pour en avoir la pensée et le temps, et nous laissons ce soin aux prêtres et aux religieux. Mais cette réponse ne trompera pas Dieu, elle ne nous trompera pas nous- mêmes. Car, quel est l'homme si occupé qu'il ne puisse le matin et le soir faire une courte prière, lire même une méditation de quelques minutes( 1), afin de se fortifier contre ses passions, de se remettre devant les yeux les grandes vérités de la foi, et de prendre les résolutions nécessaires pour s'améliorer? Dieu nous a donné une loi; il nous l'a fait connaître par les livres saints, par son Eglise. Songeons- nous à connaître cette loi, si simple pourtant qu'elle est comprise par l'esprit le plus humble, si grande qu'elle suffit aux intelligences les plus relevées? Dieu nous a prescrit de faire le bien et d'éviter le mal. Nous en préoccupons- nous? Prenons- nous pour règle de notre conduite notre devoir ou notre intérêt, la vertu ou l'amour du plaisir? Hélas! mon Dieu, combien il y a peu d'hommes qui vous servent ici- bas! Il faut cependant que je sois de ce petit nombre, si je veux sauver mon âme et avoir part à votre héritage éternel qui est le paradis. Mais si c'est déjà beaucoup que de servir Dieu soi- même, ce n'est pas tout encore; il faut aussi que nous tâchions de le faire servir par les autres, et spécialement de ceux qui sont sous notre dépendance. Il faut que nous donnions le bon exemple à notre famille, à nos enfants, à nos serviteurs, à nos ouvriers, et sur ce point que de reproches n'avons- nous pas nous faire? Que de pères qui ( 1) Voir les Méditations page 203 du Manuel. -7ne s'inquiétent pas de voir_eurs fils demeure, purs et chastes en restant chrétiens? Que de maîtres qui n'assurent pas à leurs domestiques à leurs ouvriers le temps nécessaire pour pratiquer leurs devoirs religieux et assister aux offices, Parfois des chrétiens qui pratiquent leur religion, ne savent pas se gêner quelques instants pour la laisser pratiquer à ceux qui dépendent d'eux, et on voit des domestiques plus libres, sous ce rapport, chez des protestants ou des juifs, que chez certains catholiques indifférents. II y a là cependant une obligation stricte: tout chrétien doit d'abord servir Dieu, puis travailler à le faire servir. Pénétrons- nous de cette pensée, et mettons au service de la foi notre temps, notre santé, notre intelligence et nos richesses, si la Providence nous en a donné. Cette pensée va recevoir son développement dans les pages suivantes. Les illusions en matière de religion, Mais je veux pratiquer ma religion, dira- t- on? et je la pratique. Je fais chaque jour mes prières matin et soir, je vais à la messe le dimanche et les fêtes; je fais maigre et je jeûne aux jours prescrits par l'Eglise, à moins d'empêchement et d'une dispense valable. Je me confesse et je fais mes pâques. S'il en est ainsi, mon cher lecteur, remerciez- en Dieu, car c'est déjà un bon commencement; mais voyez plus loin, examinez- vous plus à fond, et jugez si votre religion n'est pas incomplète, n'est pas mêlée de bien des illusions. Une religion vraie doit tendre à diminuer nos défauts, si elle ne parvient pas à les détruire complètement ou à peu près. Vous en occupezvous? Faites- vous des efforts pour vaincre votre caractère? pour devenir doux, affable, si vous êtes brusque et violent; actif, si vous êtes pa -8resseux; généreux, si vous avez un attachement exagéré aux biens de ce monde? Lorsque vous avez reçu quelque offense, travaillez- vous sur vous- même pour la pardonner, pour rendre le bien pour le mal? Honorez- vous vos parents, leur faisant tous les petits sacrifices auxquels leur position, leur âge leur donnent droit? En un mot, faites- vous chaque jour ou même chaque année un progrès, quelque faible qu'il soit, dans la perfection? S'il n'en est pas ainsi, votre religion est superficielle, et peut- être votre salut est- il en danger. Car ne pas avancer dans la voie du salut, c'est déjà reculer. Une religion vraie, en second lieu, exige quelques sacrifices et impose la pratique de la pénitence. Jésus, ce Dieu si bon, si miséricordieux, Jésus qui est mort pour nous sur la croix a fait néanmoins à ses disciples une obligation impérieuse de la pénitence. Il a dit:« Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous.- Si quelqu'un veut 29 » venir après moi, qu'il renonce à soi- même, qu'il porte sa croix tous les jours et qu'il me suive. Et pour ne rien exiger de nous qu'il n'eût pratiqué lui- même, il a mené une vie pauvre, austère, qui s'est terminée par les flagellations du prétoire et le crucifiement du Golgotha. Puisque Notre- Seigneur l'a dit, il faut donc faire pénitence; il faut dompter à la fois les passions de notre âme et celles non moins dangereuses de notre corps. Il faut briser notre volonté par l'humilité, par la simplicité, par l'abnégation, et il faut dominer nos sens par la privation, par la douleur volontaire. "" 77 77 Cette doctrine nous révolte peut- être; nous nous disons qu'elle est surannée; et cependant c'est celle de cet Evangile dont une seule parole ne passera pas, tandis que le ciel et la terre passeront; nous nous disons peut- être que nous som 9- mes faibles, que nos tempéraments ne peuvent plus supporter l'austérité des siècles précédents, et pendant ce temps nous nous livrons à des plaisirs, à des travaux qui usent plus notre vie que les austérités les plus effrayantes n'usent dans les cloîtres les pénitents les plus mortifiés. Là encore il y a illusion et tromperie; mais si nous nous trompons nous- mêmes, nous ne tromperons pas Dieu. Faisons donc pénitence, et mortifions à la fois nos corps qui sont si souvent des instruments de péché, et nos âmes qui sont si pleines de passions et de misères. Enfin une vraie religion aime à agir. Elle brûle de conquérir à Jésus- Christ des âmes par les bons exemples, par les prières, par les bonnes œuvres; le faisons- nous? Il y a des pauvres à secourir, des ignorants à instruire, des affligés à consoler, des malades à visiter; chacune des misères humaines a enfanté une oeuvre destinée à la soulager. Nous mêlons- nous à ces oeuvres, chacun suivant le temps dont nous pouvons disposer? Ou si nous ne pouvons nous y joindre, les aidons- nous d'un peu d'argent et de quelques secours? Et encore, si nous nous en occupons, ne nous laissons- nous pas abattre au moindre échec, décourager par la moindre difficulté? La vraie religion cependant est active, est ardente, est pleine de zèle. - Réfléchissons sur tous ces points, et jugeons par notre réponse si notre religion est véritable, ou bien si elle ne ressemble pas à ces sépulcres blanchis dont parle l'Evangile. Prière. Communion fréquente. La prière est si importante dans la vie chrétienne, que nous devons y revenir avec détails pour démontrer son utilité. Veillez et priez, disait le Sauveur à ses disci* 10- ples, car l'esprit est prompt et la chair est faible,» et cette pensée doit toujours préoccuper nos cœeurs. Prions done pour demander à Dieu notre salut et la victoire sur nos passions, prions pour la conversion ou la persévérance de nos frères, pour l'Eglise, notre mère à tous, pour le Pape, son chef visible. Prions aussi pour obtenir le secours de Dieu dans les calamités publiques, comme dans nos besoins personnels; mais faisons- le avec foi, avec confiance d'être exaucés, comme l'ont fait tant de patriarches, tant de prophètes de l'Ancien Testament, tant de saints depuis le christianisme, qui ont fléchi par leurs supplications et leur pénitence la colère de Dieu. Ne nous disons pas que nous ne sommes pas dignes d'être exaucés, ce qui n'est vrai que si nous considérons notre prière isolée des mérites de Jésus- Christ. Ne nous disons pas que nous avons prié souvent et longtemps sans obtenir. Car Notre- Seigneur a dit lui- même: Demandez, et vous recevrez; frappez, et il vous sera 29 K » ouvert." Mais pour donner à notre prière toute son efficacité, nous devons avoir recours à sainte communion et puiser souvent dans cette source de grâces la vie et la force de nos âmes. Si nous avions une foi bien complète et bien vive, la communion devrait faire nos délices les plus chères; la pensée de recevoir Jésus, de converser avec Jésus, de vivre avec Jésus, devrait nous remplir et nous transporter de joie: car qu'y a- t- il de plus beau et de plus doux pour le chrétien? Si donc nous communions rarement, c'est que nous avons une foi languissante, incomplète, et peut- être une foi morte. Pensons- y sérieusement. La communion fréquente est une preuve de foi, en même temps qu'elle en est la garantie: mais de plus elle raffermit le chrétien contre ses pas - 11- sions, elle éteint en lui les feux de la colère, de la haine, des penchants impurs; elle fait d'un cœur tiède un cœur fervent et plein d'ardeur pour les choses du ciel; elle transforme les pêcheurs en apôtres, et les pusillanimes en martyrs. Voulez- vous devenir un chrétien généreux? Voulez- vous faire du bien aux âmes, avancer dans la voie de la perfection, rompre avec vos défauts et vos misères? Communiez souvent. Ne le faites pas sans doute, de votre seule impulsion et sans l'aveu de votre directeur; mais rendez- vous digne de cette faveur, et cette grâce première sera la source de grâces plus précieuses encore. Enfin, voulez- vous faire réussir les œuvres que vous avez entreprises? Allez souvent aux pieds des autels recevoir le corps et le sang de JésusChrist. Là, vous obtiendrez des lumières et une force dont vous n'avez pas l'idée, et qui vous feront triompher des obstacles; là, vous puiserez des grâces qui agiront sur les coeurs et toucheront les esprits les plus endurcis. Qui sait même si Dieu, en récompense de votre piété, ne fera pas éclater pour vous la puissance de son bras, par ces coups de miséricorde que le monde ne voit pas dans son aveuglement, mais que les chrétiens sincères et de bonne foi ne peuvent s'empêcher de reconnaître? En résumé, prions, et prions beaucoup; approchons- nous souvent de la Table sainte; c'est le devoir de tout fidèle qui veut se sanctifier et marcher dans la voie du salut! La vigilance chrétienne. Notre- Seigneur, en même temps qu'il nous ordonne de prier comme nous venons de voir, nous commande de veiller, pour que nous n'en. trions pas en tentation. Aussi, la vigilance est 12- elle une des vertus les plus essentielles du christianisme; il faut être vigilant, d'abord pour nous- mêmes. Il faut ne pas s'accorder cette liberté de tout voir, de tout entendre, de tout dire, de tout penser que s'accordent les mondains. Nous sommes si faibles, comme l'expérience nous le dit sans cesse, que souvent un regard suffit pour troubler la pureté de notre âme, qu'une parole déracine nos meilleures résolutions, et qu'une latitude trop grande laissée à notre imagination nous porte à des fautes dont nous nous croyions incapables. Il faut donc nons rappeler cette fragilité incessante, et veiller sur chacun de nos actes, sur chacune de nos pensées. Que d'hommes seraient purs, s'ils avaient ainsi veillé sur eux! S'ils avaient mené une vie modeste, au lieu de vivre au milieu des étourdissements du monde, de l'éclat de ses fêtes, de ses spectacles, ils n'auraient pas succombé à la moindre occasion. S'ils avaient rejeté les amitiés fausses de camarades pervers, s'ils avaient fui tous ceux qui par leurs discours montraient qu'ils ne sont pas chrétiens, s'ils s'étaient attachés au contraire à ne fréquenter que des amis purs, honnêtes, religieux, ils seraient encore pleins de foi et de piété. Leur chute est la punition de leur confiance en euxmêmes! Que chacun rentre donc en lui- même ici, et s'examine; il verra que s'il est tombé, c'est parce qu'il a négligé les précautions prescrites par la prudence chrétienne, et qu'au lieu d'éviter les entraînements, il s'est jeté tête baissée dans tous les périls du monde et des passions. Mais ce n'est pas assez d'être vigilant pour soi, il faut l'être pour les autres. Il faut l'être pour les siens, d'abord et spécialement pour ses enfants. Le père et la mère ont de ce côté un devoir rigoureux de conscience. Ce n'est pas en vain, ni 13- sans une responsabilité grave qu'ils ont l'autorité, c'est- à- dire le droit et le devoir de commander, de reprendre, de corriger, de punir. Il ne leur est pas plus loisible de laisser par leur faiblesse l'âme de leurs enfants se perdre, qu'il ne le serait de les laisser mourir de la vie du corps, faute de leur faire subir un traitement douloureux, mais nécessaire. - La tendresse d'un père, d'une mère doit donc se prouver par leur vigilance sur les défauts de leurs enfants. Ils doivent tout faire pour éloigner d'eux les discours, les exemples qui portent au mal; puis, s'ils découvrent en eux un penchant au vice, ils ont pour devoir de combattre ce penchant avec douceur sans doute autant que possible, mais au fond avec une inébranlable fermeté. Leur enfant aurait beau pleurer, qu'ils ne le laisseraient jamais approcher de sa bouche un poison mortel: pourquoi lui permettraient- ils davantage de corrompre et de perdre son âme par le contact du mal, de la dissimulation, de la paresse, de l'impureté, de la colère, etc? Il faut donc que les parents soient vigilants pour leurs enfants; mais les supérieurs doivent l'être encore pour ceux qui dépendent d'eux. De notre temps l'autorité n'est plus la même que dans les siècles passés, et il y a des nuances dont il faut tenir compte; mais tout en conservant les précautions que la prudence indique, ils doivent veiller. Surtout si, dans leur maison, ils ont des filles de service qui soient jeunes, des domestiques sans expérience, ils doivent redoubler de vigilance, se gêner, s'il le faut, pour éviter des occasions de chute, et pour conserver innocentes des âmes qu'ils ont reçues pures. Bien des maîtres et des maitresses ayant des sentiments chrétiens n'y pensent pas; il y a là cependant pour eux une responsabilité grave, un devoir dont ils auront à rendre compte devant Dieu. - 11- Pour être plus pratiques, précisons quelques points. Un domestique est honnête, mais son aître laisse traîner ses clefs, son argent, ses bijoux. La curiosité pousse ce domestique; il regarde dans l'intérieur du secrétaire de son maître; la cupidité vient à la suite, et le vol peut- être. Le domestique est coupable à tous les titres: mais le maître est- il exempt de reproche? Evidemment non; car sa négligence est une faute. Un domestique a des sentiments religieux; mais son maître laisse sur sa table des livres dangereux, qu'il a le double tort de lire et de laisser traîner. Le domestique les lit par désoeuvrement, puis s'y attache, et il y perd sa foi. Qui est coupable ici? c'est le maître: or, dans notre société, combien n'y a- t- il pas aujourd'hui de fautes semblables? Un jeune homme, une jeune fille sont pures; mais un père ou une mère trop peu sévères, même pour eux- mêmes, laissent dans leur salon des statues, des tableaux où la pudeur n'est pas respectée. Sous prétexte qu'on n'y voit pas de mal, qu'on n'en sent pas de mauvaise impression, ce qui n'est pas exact le plus souvent, on laisse se ternir l'âme d'un jeune homme, d'une jeune fille; on les excite au mal, ou du moins on en laisse l'horreur s'en affaiblir en eux. Est- ce là de la vigilance chrétienne, et n'y a- t- il pas un grandnombre de chrétiens qui ont à prendre ici des résolutions, et à enlever à tous les regards, à détruire même les statues impures, les tableaux inconvenants qu'ils se permettent si généralement de garder chez eux? En résumé, veillons sur nousmêmes, mais veillons aussi sur ceux dont Dieu nous a donné la charge. Le scandale et ses suites, Le scandale est le plus grand écueil des famil 15- les et des sociétés chrétiennes. Le péché de scandale ne meurt pas, pour ainsi dire; une fois commis, il se renouvelle sans cesse par toutes les fautes que commettent ceux de nos frères qu'il a entrainés; lors même qu'on a renoncé au mal pour le présent ou pour l'avenir, le mal commis publiquement dans le passé poursuit ses ravages; il corrompt une âme; par cette âme il en corrompt une autre, deux autres, vingt peut- être, et cette chaîne ininterrompue se poursuit parfois jusqu'à l'éternité." Malheur donc celui par qui le scan« dale arrive; il eut mieux valu pour lui de n'être jamais né.» 66 - Tels sont sur ce point les enseignements de la foi, et lorsqu'on y réfléchit, on devrait pleurer toute sa vie et expier par une rigoureuse pénitence tous les scandales qu'on a donnés. Car cette pénitence est strictement nécessaire pour désarmer Dieu et arrêter le torrent du mauvais exemple une fois donné. Et cependant, combien peu de chrétiens se re. pentent des scandales qu'ils ont donnés? Un père, une mère veulent conserver purs leurs enfants. Peut- être, dans leur inconséquence, ne tiennent- ils pas à ce qu'ils soient des chrétiens sincères; mais ils voudraient du moins qu'ils fussent exempts de ces excès et de ces travers qui nuisent même aux yeux du monde. Or, que fontils pour cela? Rien, ou plutôt ils font tout ce qu'il faut pour les mettre sur le sentier de l'irréligion, et par suite de l'inconduite. Ainsi, il faudrait à ce jeune homme léger, avide de plaisirs, de nouveautés, sans expérience, des exemples d'une piété sincère et d'une conduite exempte de tout reproche. S'il voyait son père remplir ses devoirs de chrétien, vivre suivant les lois d'une morale irréprochable, s'adonner au travail, il céderait pètit à petit à l'heureuse conta 16- gion du bon exemple. Il suivrait son père à l'église, aux réunions chrétiennes, aux affaires de sa profession, et par là il se conserverait pur et s'affermirait dans la piété. Mais non; il voit son père mépriser les lois de l'abstinence et du jeûne, n'aller à l'église que par convenance; il l'entend se rire des préceptes de la religion et de la morale; il sait qu'il fréquente les spectacles les plus contraires aux bonnes moeurs; peut- être même a- t- il reconnu en lui les traces de désordres graves. Alors, que ce père le sache bien, à moins d'une grâce extraordinaire, ce jeune homme qui ne faisait que chanceler dans la voie de la vertu, tombera bientôt lourdement pour ne plus se relever peut- être. Il deviendra léger, étourdi, et il s'enfoncera enfin dans une irréligion profonde et dans une honteuse immoralité. Ainsi encore, voici une jeune fille qui entre dans la vie, incertaine du sentier qu'elle y suivra. Si sa mère était sérieusement chrétienne, assidue à la pratique de ses devoirs de famille, de religion, elle se ferait, comme d'elle- même, à cette vie de foi et de piété. Mais sa mère est futile. Elle se repaît de lectures frivoles et les permet à sa fille; elle reçoit des personnes d'une moralité douteuse, et tolère devant elle des discours qui devraient être à jamais bannis d'une maison honnête. Sa mise est inconvenante et digne d'une païenne, ses manières manquent de cette réserve qui est la sauve- garde de la vertu. Alors, malheur, trois fois malheur à cette jeune fille, à moins d'une préservation miraculeuse. Malgré les représentations de sa mère, malgré ses conseils et peut- être ses reproches, elle suivra ses exemples et les dépassera bientôt pour boire sans réserve à la coupe du plaisir et du mal. Que d'âmes n'a point perdues le déplorable péché de scandale? Que de pères, que de mères, - 17- que de pécheurs de toutes les professions pleureront éternellement dans l'enfer pour avoir laissé corrompre ou corrompu eux- mêmes des âmes qui leur étaient chères? Le monde ne s'arrête pas à ces vérités, mais le chrétien doit ne pas les perdre de vue. Il doit imiter ces âmes généreuses qui vivent constamment pour le bien, qui évitent toute faute volontaire, tout scandale; il doit se rappeler sans cesse que si les mauvais exemples pervertissent les familles, les bons les consolident dans le chemin de l'honneur et de la vertu. Lorsque le centenier de l'Evangile se convertit, il crut lui et toute sa maison, et à son imitation, des millions de familles depuis cette époque doivent leur bonheur, dans ce monde comme dans l'autre, à la bonne conduite de ceux qui en ont été les chefs et qui ont voulu en être les modèles. Respect humain et hypocrisie. Le respect humain est un sentiment coupable qui nous fait abandonner le bien que nous aimons pour le mal que nous n'aimons pas; c'est une peur d'autant plus misérable et plus ridicule, qu'elle n'est produite que par un péril imaginaire, c'està- dire par la crainte, non d'un mal réel, mais d'une critique ou d'une moquerie. Ainsi, vous voulez rester pur, mener une conduite honorable et chrétienne; mais des amis impies sont près de vous; ils se rient de votre faiblesse d'esprit, de votre dévotion exagérée, et vous suivez leurs exemples que vous maudissez en secret. Ainsi encore, après être tombé, vous voulez vous relever par une bonne confession; il vous tarde de vous mettre en règle avec Dieu; car votre conscience vous déchire par des remords cuisants; mais une pensée vous arrête. Si je me convertis, si je vis avec des personnes chrétiennes, - 18- au lieu de vivre avec des personnes corrompues, si je me confesse, si je fais mes pâques, on se moquera de moi, je serais perdu dans l'opinion; et vous demeurez dans le péché! Faiblesse indigne d'un homme! Et cependant les hommes y sont enclins. Si nous y sommes portés, faisons nos efforts pour n'y pas retomber, soyons véritablement hommes et non plus esclaves, en étant franchement ce que nous voulons et de vons être, c'est- à- dire, des chrétiens, des hommes purs, des hommes de devoir. Mais à côté du respect humain et en sens inverse, voici l'hypocrisie. Dans le milieu où vous vivez, on est bon, on aime Dieu, on respecte ses lois, et vous qui les violez en secret, qui portez dans votre coeur d'odieuses passions, vous voulez paraître bon sans l'être, chrétien sans être moral, fils de l'Eglise en l'outrageant. Parce que les autres s'approchent des sacrements, vous voulez le faire à votre tour; pour qu'on ne pense pas de mal de vous, pour qu'on n'en dise pas de mal, vous affectez une piété qui n'est pas dans votre cœeur et que dément votre conduite intime. Ce péché est un de ceux qui attirent le plus les malédictions de Dieu; car, outre le mal des fautes que l'on commet, il renferme toute la malice du mensonge, de la duplicité. Par là, on trompe les autres, on surprend leur bonne foi, on s'attire une confiance qu'on ne mérite à aucun titre, et souvent on en arrive à commettre positivement des sacriléges, à profaner les sacrements les plus augustes et les plus saints. Les femmes, chez qui la piété est chose commune, les femmes qui rougiraient de ne pas avoir, ou de ne pas paraître avoir de la religion, doivent veiller sur ce défaut plus soigneusement que les hommes; car elles peuvent s'y laisser facilement entraîner. Et alors, comme il leur est 19- difficile de s'en corriger! On a pris un masque; on a contrefait des sentiments qu'on n'a pas, et par là on a corrompu son coeur. On devient faible pour tous les instincts mauvais de son âme; on devient insensible à tous les remords de sa conscience. On a assisté à la messe, aux offices, 011 a suivi des sermons, des retraites: mais on l'a fait par mode, par désir de se faire remarquer, et au lieu d'y élever son âme jusqu'à Dieu, on l'a abaissée jusqu'aux plus vils calculs de la vanité, du mensonge. On a reçu peut- être le corps adorable du Sauveur, et on l'a fait avec le péché mortel sur la conscience, on s'y est habitué, on s'y est endurci! Mon Dieu, quelle difficulté dèslors pour rompre ces chaînes, puisqu'on a abusé de tout, puisqu'on a tout méprisé, qu'on a tout fait tourner à mal et à corruption! Il faut, dès- lors, un miracle de votre grâce. Faites, Seigneur, ce miracle pour les victimes de l'hypocrisie; mais surtout préservez- nous d'un tel malheur. - Le respect pour les inférieurs.- Son utilité: il n'est pas de la familiarité. Les maîtres se plaignent souvent, et à juste titre, de ce que leurs serviteurs les quittent au moindre prétexte et les servent sans intérêt. Mais, de leur côté, bien des maîtres n'ont- ils pas de graves reproches à se faire? Combien n'en voit- on pas qui ne parlent à leurs domestiques qu'avec hauteur, quelquefois même qu'avec grossièreté? Parce qu'ils les payent, certains d'entre eux s'imaginent qu'ils ont le droit de tout leur dire, de tout leur faire supporter et même de les rendre responsables de leur mauvaise humeur et de leurs contrariétés. Cette manière de voir est une grande erreur, une grande injustice. Un maître chrétien doit se rappeler que son domestique est son frère en - 20- Jesus- Christ; il doit le traiter comme il voudrait être traité lui- même s'il était à sa place; autrement, ou il dégrade le caractère de celui qui le sert, ou il l'exaspère ou il fait de son domestique un homme sans coeur, sans dignité, ou il fait naître en lui des sentiments qui ne se contiennent quelque temps que pour éclater avec plus d'aigreur ensuite. Traitons donc nos inférieurs d'une manière vraiment chrétienne, c'est- à- dire, avec respect pour leur titre d'hommes et de chrétiens. Toutefois, que cette juste réserve ne descende pas jusqu'à la familiarité. Un chef doit toujours être le chef: il a une position à garder, un rang à maintenir, et s'il veut que le respect qui lui est dû lui soit continué, il faut qu'il s'abstienne de ces manières familières, de ces libertés de ton, de langage qui s'expliquent entre camarades, mais qui sont déplacées entre un supérieur et ses subordonnés. Cet excès, d'ailleurs, amène toujours tôt ou tard des inconvénients; il pousse les serviteurs à se croire les maîtres et à agir avec inconvenance; parfois même il a des conséquences plus graves encore, qu'il est facile de comprendre. Mais ce n'est pas seulement vis- à- vis de ses domestiques qu'un père de famille doit maintenir sa dignité; c'est aussi vis- à- vis de ses enfants. On a dit qu'un père devait être l'ami de ses enfants. Rien n'est plus faux; un père n'est pas un ami pour ses fils, c'est- à- dire, un camarade, un égal avec lequel on traite comme tel, avec lequel on plaisante, auquel on résiste, que l'on écoute ou n'écoute pas à son gré. Un père est à l'égard de ses fils le représentant de l'autorité divine. Il ne doit donc pas en être l'ami. Il doit seulement ehercher à s'en faire aimer, ce qui est bien différent. L'amour filial, comme l'amour de Dieu, doit toujours être un mélange de respect, de crainte - 21- et d'affection sans bornes. Otez- en l'affection, c'est la terreur de l'esclave; ôtez- en le respect et la crainte, c'est la liberté de l'ami. Réunissez ces deux éléments, c'est le véritable amour filial, c'est- à- dire, l'un des sentiments les plus nobles et les plus doux que Dieu ait mis dans le cœur de l'homme. Prudence dans les paroles. Un chrétien doit toujours être réservé dans son langage, et jamais il ne doit rien dire qui puisse blesser l'innocence et l'honnêteté. Cette réserve est la preuve la meilleure de la pureté du cœur, puisque la parole est le reflet de la pensée, et que ceux qui haïssent le mal, ne peuvent même supporter qu'il soit nommé devant eux. Nec nominetur in vobis. Mais si cette réserve est nécessaire en tous temps, elle l'est surtout à l'égard des enfants, qui sont si prompts à deviner le mal, lors même qu'ils ne le connaissent pas encore, et dont un seul mot peut détruire parfois la candeur baptismale. Or, il est bien peu de pères, de mères, qui veillent assez sur eux- mêmes à ce point de vue. Ils s'imaginent que leur fils, que leur fille ne les entendent pas, sont occupés à jouer ou à travailler, sont endormis, et ils se permettent des conversations, sans inconvénients peut- être pour des hommes faits, mais dangereuses pour des oreilles si jeunes. Leur fils, cependant, leur fille ont tout entendu, ils ont tout saisi, et le trouble vient dans leur âme. Pères et mères, réfléchissez- y sérieusement. A d'autres points de vue encore, la prudence dans les paroles est nécessaire. Un bruit plus ou moins fondé circule sur une personne de votre connaissance. On colporte sur elle, sans trop savoir pourquoi, des rumeurs qui peuvent nuire à sa ré 22putation ou à sa fortune. Vous vous empressez de répéter ces on dit, sans les approfondir, sans avoir pour cela le moindre prétexte légitime, uniquement pour alimenter la conversation ou pour satisfaire le désir de parler. Prenez- y garde; il y va peutêtre de la paix d'un ménage, de l'honneur d'une famille, de la fortune d'un commerçant. Et pourtant, combien sont peu nombreux ceux qui ont cette réserve! Combien sont multipliés, au contraire, ceux qui répètent tout ce qu'ils entendent, sans malice ou avec méchanceté, par passe- temps ou avec une intention de nuire! Qu'il est rare de s'en faire scrupule, et surtout de s'en corriger! Puissent ces réflexions arrêter du moins quelquesuns de ceux qui liront ces lignes, sur cette voie dangereuse et mauvaise! Mais il est surtout un point où ces légèretés de langage sont funestes, c'est lorsqu'il s'agit des prêtres et des ministres de Dieu. Un prédicateur faisait du bien à certaines âmes; elles se plaisaient à l'entendre; elles se sentaient meilleures après avoir écouté sa parole; mais voici que, sans y prendre garde en quelque sorte, quelqu'un vient à le décrier, à mettre en relief les défauts soit de son débit, soit de son style, soit de sa personne; et immédiatement son influence salutaire diminue, peut- être même disparaît- elle tout- à- fait. Un prêtre avait une réputation bien établie de zèle et de charité: il exerçait une heureuse influence; mais tout d'un coup une personne, ne futce que par caprice, se met à le critiquer. Elle le tourne en ridicule, ou elle fait une peinture de ses défauts, de manière à les mettre en évidence. Elle interprète en lui tout à mal, et elle ne veut pas laisser dans l'ombre ces imperfections qui s'attachent toujours à l'humanité, même dans les âmes les plus saintes. Aussitôt l'autorité de ce prêtre est diminuée; il fait moins de bien chez certaines - 23- âmes; peut- être n'en pourra- t- il plus faire chez d'autres. Combien donc il faut être réservé! Comme il faut veiller sur ses impressions, et surtout sur ses paroles! Car qui sait si un mot imprudemment lancé ne peut pas paralyser à tout jamais le ministère de ce prêtre sur certaines âmes, et les éloigner par suite de toute pratique religieuse. On l'a vu bien souvent. C'est pourquoi il faut s'en souvenir et tâcher de se préserver de ces imprudences, qui, lors même qu'elles ne sont pas graves dans l'intention de ceux qui les commettent, ont de si funestes conséquences. Le bon emploi du temps.- Dangers de l'oisiveté, La perte du temps est irréparable. On peut recouvrer la santé lorsqu'elle a été altérée, la fortune lorsqu'elle a été compromise; mais le temps qui a disparu ne nous sera jamais rendu, quelque regret que nous en ayons. Les hommes se plaignent en général de ce que leur vie est courte, de ce que sa durée est trop rapide; et cependant combien d'entre eux laissent se perdre ce temps qui, comme on l'a dit, est l'étoffe dont la vie est faite! Ils ne sont que pour quelques années sur la terre, et ils vivent comme s'ils devaient toujours vivre. Le temps leur a été donné pour le travail, pour la méditation des choses divines, pour la sanctification de leur vie, et trop souvent ils ne l'emploient à rien d'utile et de sérieux. S'il s'agit pour eux de gagner de l'argent, de faire fortune, ils s'agitent alors, ils se remuent, ils se multiplient; mais hors de là, ils retombent pour la plupart dans l'oisiveté. Parmi les heureux du monde, que d'heures, que de journées, que d'années futilement employées! Des passe- temps sans but et sans portée, des conversations frivoles, quand elles ne - 24sont pas dangereuses, des amusements perpétuels et qui finissent par engendrer l'ennui. Voilà leur vie! et avec cela, ils se croient chrétiens, ils s'imaginent qu'ils accomplissent ce pour quoi Dieu les a placés sur la terre et que, parce qu'ils ne font pas positivement le mal, Dieu ne les punira pas un jour pour n'avoir pas fait le bien. C'est une erreur complète que la religion condamne. Un chrétien généreux et d'une foi forte disait, il y a quelques années, à une sœur de charité: « Ma Sœur, comme je craindrais de paraître de« vant Dieu, si, lorsqu'il me demandera ce que j'ai fait dans ma vie, je ne pouvais lui répondre " que par ce mot: Seigneur, j'ai fait des visites dans " le monde! Donnez- moi donc des pauvres à voir, " pour que j'aie une autre réponse à faire à Dieu « au jour du jugement. 46 1 99 Hélas! que de chrétiens, que de chrétiennes n'auront à faire à Dieu qu'une réponse aussi peu satisfaisante que celle que redoutait l'homme pieux que nous venons de citer! Leur vie a été longue d'années peut- être, mais elle a été courte de bonnes oeuvres. Ils n'ont pas fait le mal positivement, mais ils n'ont rien fait, ils n'ont pas travaillé pour leur pays, pour leur famille, pour le bien de leurs frères! Ils ont joué, ils ont assisté à des assemblées de plaisir, ils ont évité la fatigue et le travail, et ils n'ont songé à être utiles à personne. En vérité, leur vie n'est pas celle des enfants de Dieu, et ils mériteront à juste titre la condamnation prononcée contre le serviteur inutile. Mais du reste, lorsqu'on ne fait rien, il est impossible qu'on demeure dans cet état sans faire quelque chose, c'est- à- dire le mal. L'oisiveté fatigue bientôt nos âmes créées pour le travail et l'occupation; elle y dépose un fond de tristesse et de dégoût dont elles ont soif de sortir, et si - 23 le courage leur manque pour se tourner vers les occupations sérieuses, elles courent le plus grand danger de se précipiter dans le vice. Le désœuvrement enfante les plaisirs bruyants et dangereux, le jeu et la débauche, la dépravation des mœurs et tout ce qui s'y rattache par une triste conséquence. C'est une vérité d'expérience déjà bien ancienne; car depuis des siècles, les peuples ont proclamé que l'oisiveté était la mère de tous les vices. Fuyons- donc l'oisiveté; habituons- nous à vainpre notre paresse pour faire un sage et actif emploi de notre temps. Ne reculons devant aucun des devoirs de notre profession, de notre famille; montrons au contraire que plus nous sommes fidèles à Dieu, plus nous le sommes aux hommes. Et enfin, créons- nous du temps pour les pauvres, pour les bonnes oeuvres, afin de lutter, dans la mesure de nos forces, contre le torrent du mal, afin d'édifier nos frères et de mettre au service du bon Dieu ces forces, cette énergie, cette fortune qu'il nous a données. Ordre et économie, Un des grands travers de notre époque est l'amour du luxe, et les chrétiens souvent ne savent pas s'en affranchir plus que les autres. Sous prétexte qu'on ne doit pas se singulariser, qu'il faut faire comme tout le monde, des pères, des mères de famille dépensent en ameublement, en toilette, en réceptions, des sommes qui dépassent leur fortune et qui absorbent leur patrimoine. Personne ne voulant rester en arrière de son voisin, les plus riches ou les plus désordonnés donnent le signal et se lancent dans des exagérations nouvelles, où la foule les suit à son tour. Ce luxe est la cause de bien des ruines, de bien des chagrins domestiques et souvent même 26- le bien des actions honteuses. Lorsque, pour paraître et pour briller, on a dévoré ce que l'on avait, on dépense ce qu'on n'a pas; on s'engage dans les dettes, puis, dans les spéculations hasardeuses, quelquefois même dans les entreprises coupables. Telle est la pente qui entraîne au début de leur vie bien des gens honnêtes et qui le seraient restés, s'ils avaient été fidèles aux habitudes d'ordre et d'économie. Pour les femmes surtout, ce luxe effréné est une cause de chutes déplorables. En même temps qu'il dessèche leur coeur, il les porte à tout oser pour satisfaire leur vanité et leur passion frivole: il leur fait considérer comme nécessaire ce qui n'est qu'un puéril superflu, et comme légitime ce qui est un déshonneur et un crime. Si donc nous voulons rester chrétiens, fuyons les excès du luxe. Si nous sommes riches, employons avee noblesse, avec largeur les biens que Dieu nous a donnés, et ne nous laissons pas aller à l'avarice; mais sachons régler nos dépenses sur nos revenus, sur nos besoins et non point sur nos fantaisies. Sans doute, nous n'éclipserons pas de la sorte nos égaux, mais nous ne ferons pas non plus naître chez ceux qui sont au- dessous de nous une basse et dangereuse envie. En conservant les biens qui sont destinés à nos enfants, nous saurons cependant trouver de quoi faire à nos serviteurs une position honnête à la fin de leurs jours, donner aux pauvres la part qui leur est légitimement due dans notre fortune, et vivre honorablement aux yeux des hommes. Si nous n'avons qu'une modeste aisance, fuyons encore davantage la dépense exagérée. Elle serait notre ruine dans le temps et peut- être notre perte pour l'éternité. Car le christianisme consiste non pas à jouir beaucoup, mais à savoir se priver. Univ.- Bibl. Giessen - 27- L'orguell. Si l'homme était raisonnable, il n'y aurait pas de vice qui devrait avoir moins de prise sur lui que l'orgueil; car l'homme n'est que faiblesse et misère. Et cependant il n'y a pas de péché qui soit plus fortement enraciné dans les cœurs que l'orgueil. Rentrons en nous- mêmes, et qui que nous soyons, nous trouverons toujours en nous le penchant à l'orgueil. Nous tirons vanité de tout: de notre naissance, de notre santé, de notre force corporelle, comme si cela dépendait de nous; de notre fortune, de notre position sociale, comme si Dieu ne pouvait pas d'un moment à l'autre nous les enlever. Nous nous enorgueillissons de nos talents, quelque faibles qu'ils soient, de nos vertus, quoique bien courtes, souvent même de nos vices. Vraiment, il y aurait bien de quoi nous humilier profondément, de nous sentir ainsi tout à la fois si petits et si orgueilleux. L'orgueil est la source de presque tous les péchés. Otez- le du monde, et vous détruisez l'ambition, l'hypocrisie, la colère, la haine. C'est l'orgueil qui nourrit les animosités acharnées qui désolent tant de villes, et parfois tant de pays; c'est l'orgueil qui enfante la jalousie, qui arme le bras de l'homicide et qui fait couler le sang humain. D'où viennent les murmures contre Dieu, les blasphèmes, sinon de l'orgueil? Qui fait naître ces désirs de dominer, de s'élever audessus de tout, sinon l'orgueil? Qui crée le luxe ruineux dont nous parlions plus haut, sinon encore l'orgueil? Aussi Dieu, qui cependant est si miséricordieux, punit- il sans pitié l'orgueil. C'est parce que Lucifer a voulu se croire égal au Très- Haut qu'il a été précipité dans l'enfer avec toute 1 28- légion des anges rebelles; c'est parce que Adam, dans le paradis terrestre, a voulu devenir l'égal de Dieu qu'il a été condamné à la mort, lui et toute sa postérité. Dans l'histoire sainte cette vérité se trouve confirmée presque à chaque page. Faisons donc des efforts pour ne plus être les victimes de ce vice odieux. Au lieu de nous laisser dominer par lui, de ne plus penser qu'à ce qui nous grandit, qu'à ce qui nous honore, efforçons- nous d'être humbles, de nous oublier et de ne chercher qu'à passer inaperçus au milieu du monde. Le Fils de Dieu s'est fait homme, a vécu pauvre, est mort sur la croix pour nous apprendre à vaincre notre orgueil. Si nous voulons être chrétiens et raisonnables, nous devons donc combattre notre penchant ce vice affreux et nous exercer à la belle vertu de l'humilité. L'envie et l'esprit de coterie. L'envie, suite de l'orgueil, est un penchant bien vil et bien honteux, qui porte avec luimême sa punition; car l'envie rend misérable celui qui s'en laisse dominer, et elle fait son malheur, non pas par ses propres peines, mais par le bonheur d'autrui. Une telle passion est méprisable, et cependant elle est bien répandue: le pauvre envie la fortune du riche; le riche envie la fortune plus grande de son voisin, ou la santé du pauvre. Celui- ci envie le bonheur domestique de son ami; celui- là son esprit, ses facultés naturelles. Bien plus, cette passion subtile se glisse jusque dans les sentiments les plus nobles, jusque dans les œuvres les plus saintes. On a vu des chrétiens sincères, voulant sérieusement le bien, s'affliger de ce que d'autres réussissaient là où ils avaient échoué, de ce que des conversions auxquelles ils - 29- avaient vainement travaillé, avaient été accordées à d'autres par la divine bonté; on en a vu s'opposer au bien, l'empêcher de toutes leurs forces, le rendre impossible, de peur que l'honneur ne leur en revînt pas exclusivement. L'envie est un ennemi dangereux qu'il faut s'efforcer de détruire dans nos âmes dès qu'on le voit apparaître. Malheureusement cette passion se cache souvent sous les prétextes les plus spécieux; elle se colore des apparences du zèle, de l'amour pour l'ordre, pour la règle, de telle sorte qu'en suivant ses inspirations, on croit souvent accomplir un devoir de conscience. Pour combattre l'envie, il faut, comme pour l'orgueil, beaucoup d'abnégation. Il faut s'oublier, être détaché de soi et prier avec ferveur. Songeons en outre aux maux qu'a causés l'envie, et nous en aurons horreur. C'est l'envie qui a armé le bras de Caïn contre Abel, qui a suscité la haine des Pharisiens contre JésusChrist, qui a donné naissance aux schismes et aux hérésies dans l'Eglise. Comment donc pourrions- nous ne pas la détester de toute la force de notre coeur d'hommes honnêtes et chrétiens? Il est une des suites de l'envie qu'il faut aussi bien surveiller en nous, c'est l'esprit de coterie. " Nul n'aura d'esprit que nous et nos amis, se disent certaines gens,» et trop souvent on met en pratique cette pensée désolante. Du moment que telle personne a parlé, on l'approuve, on l'applaudit; mais si c'est toute autre, on blâme, on critique. En un mot, dans le bien on ne voit pas le bien lui- même, mais les personnes qui le font, et on se passionne dans un sens ou dans un autre par esprit de rivalité et de coterie. 29 Ce travers est poussé par certains esprits, bons au fond cependant, jusqu'à un point incroyable. 30Ils semblent ne voir, même dans les bonnes oeuvres, qu'eux et leurs amis; ils ne se mettent en mouvement que pour les personnes de leur parti, et ils paraissent ne se donner de peine que pour contrecarrer ceux qui ne sont pas avec eux. Pour peu qu'un rien les choque, les dérange de leurs habitudes, il semble que tout soit perdu, que le bien ne soit plus le bien, que la vérité ne soit plus la vérité. 1 Ces dévotions étroites font un mal considérable; elles éloignent de la religion les nouveaux convertis, les chrétiens d'une foi un peu faible, et elles les scandalisent. Ayons donc le cœur large, réjouissons- nous du bien fait par les autres, comme s'il était fait par nous réjouissons- nous en même davantage, à l'exemple du zélé mais humble Vincent de Paul. Aimons les œuvres que font les autres, faisons des vœux pour leur succès, et répétons avec Moïse: « Plût à Dieu que tout le peuple en vint à pro» phétiser!" Le zèle chrétien. Que de chrétiens tombent dans l'illusion, en pensant que c'est au prêtre seul à déployer du zèle pour le salut des âmes! Combien y en a- t- il qui répètent qu'ils n'ont pas à s'occuper de la conversion des pécheurs, même de leurs amis ou de leurs parents les plus proches! Et cependant ils récitent matin et soir cette prière." Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur, et j'aime » mon prochain comme moi- même.» Et cependant la foi leur enseigne, et ils n'en doutent pas, que la vie de l'âme est plus précieuse que celle du corps, et qu'elle se perd éternellement par le péché et l'impénitence! 37 Pour sauver un de ses semblables de la mort, - 31 que d'efforts ne ferait- on pas, et que ne penserait- on pas de l'homme assez dénué de cour pour laisser mourir ou souffrir, sans y porter remède, la personne qui lui serait le plus indifférente? Mais sauver les âmes, les préserver de l'enfer, leur procurer pendant toute l'éternité un bonheur incomparable, c'est bien plus important encore que de sauver des corps destinés à périr! et cependant le monde n'y songe pas! Efforçonsnous de ne plus être de ces insensés et de ces indifférents! Ayons done du zèle pour notre prochain, de zèle chrétien qui se préoccupe du salut de leurs âmes; mais en même temps donnons à notre zèle les qualités que Dieu nous demande. Et d'abord, notre zèle doit être humble. Ce n'est pas pour attirer l'attention des hommesque nous devons agir; ce n'est pas pour capterleurs louanges; c'est uniquement pour faire notre devoir et accomplir la volonté de Dieu. Malheureusement on ne se laisse que trop aller à de déplorables illusions de ce côté. On cherche sans doute le bien des âmes, l'intérêt de la religion, mais on songe en même temps et avant tout à satisfaire une vanité secrète. Si quelque autre se présente pour fairenotre œuvre, on en prend ombrage, on s'en attriste, et on blâme, on dénigre cet auxiliaire du bien qu'on prend pour un concurrent. Pour le perdre, on met en saillie ses défauts: on en parle à tout le monde, on les exagère, et lorsqu'on a ruiné cette influence qu'on croit rivale, on s'en applaudit comme d'un succès. Soyons humbles, chers lecteurs, n'ayons pas d'orgueil, et Dieu bénira nos efforts. Lorsque nous travaillons au salut des âmes, que ce soit en vue de la gloire de Dieu, et non pas de notre intérêt; pour tirer un pécheur de l'enfer, et non pas pour satisfaire notre propre volonté. Oh! comme les - 32- hommes qui n'ont en vue que le bien sont bénis de Dieu et obtiennent d'admirables résultats! Ils ne pensent pas à l'honneur qui leur reviendra de telle réussite, aux ennuis que leur procurera tel échec: ils pensent seulement que telle chose est bonne et qu'il faut la faire. Aussi, ils l'entreprennent sans arrière pensée, et ils s'y donnent de tout cœur, et Dieu leur accorde la réussite qu'il refuse à des hommes plus savants, plus habiles, mais dévorés par la vanité et l'orgueil. En second lieu, le zèle doit être doux et affectueux. Si nous ne pouvons jamais trop détester le péché, nous ne pouvons jamais trop aimer le pécheur. Aussi, il ne faut point dans nos démarches prendre pour du zèle l'amertume et l'acrimonie. Il faut reprendre sans doute ceux qui font mal; il faut les éclairer et les avertir charitablement mais il faut prendre garde de les blesser par des paroles piquantes, par des reproches trop durs. La violence ne convertit personne, et elle détourne au contraire beaucoup de pécheurs de la vérité. : Le zèle enfin doit être persévérant. Il ne faut pas croire qu'il suffira d'une parole, d'une conversation pour changer une âme. Dieu opère parfois ce miracle; mais ce n'est pas la marche ordinaire des choses. Au contraire, il n'accorde en général le succès qu'à la persévérance. Parlons donc souvent à ceux qui ne sont pas chrétiens, efforçons- nous de les éclairer, de les convaincre, attendant avec patience le moment favorable; si nous sommes rebutés d'abord, prions et prions beaucoup. La persévérance est une vertu chère au coeur de Dieu, une de celles qu'il aime le plus à récompenser. La Charité et ses principales applications. Terminons par la charité, cette vertu si douce - 33- au coeur de l'homme, et par là même si aimée de tous. Un chrétien doit être un homme charitable; il doit se plaire à soulager les pauvres, à partager ce qu'il possède avec ceux qui n'ont rien, à consoler les affligés, à visiter les malades. Car il ne suffit pas pour être véritablement charitable de donner parfois, et de loin en loin, quelques pièces de monnaie soit aux pauvres, soit aux ceuvres. Il faut faire de la charité la préoccupation sérieuse de toute son existence. On peut faire la charité à soi tout seul; mais on la fait bien mieux quand on s'adjoint aux ceuvres pieuses qui ont cet objet, et qu'on se stimule ainsi soi- même par l'exemple des autres. Il faut d'abord s'occuper des besoins matériels de nos frères, les pauvres. L'Evangile nous met sous les yeux avec éloge la conduite du bon Samaritain, et l'Eglise a toujours excité ses enfants à donner et à donner beaucoup pour ceux qui ont faim, pour ceux qui sont dans la nudité et le froid. Mais il faut aussi avoir grande pitié des âmes, de ces âmes créées pour Dieu, et qui ne vivent souvent que pour Satan; de ces âmes destinées au ciel, et qui, gangrenées par le péché et le vice, prennent la route de l'enfer. Il faut donc faire la charité aux âmes; il faut les instruire dans l'ignorance où un grand nombre sont plongées, les aider dans leur lutte contre leurs passions, et les amener à bénir ce Dieu qui est la source de tout bonheur, même dès cette vie. La propagation et le soutien des bonnes écoles sont un moyen puissant d'y parvenir, et les âmes chrétiennes doivent tourner de ce côté leur charité; car, malgré tout ce qui a été fait, il y a encore des populations nombreuses où les enfants n'ont pas d'écoles chrétiennes, où ils sont - 34- élevés sans la connaissance de Dieu, et livrés aux hasards de la rue. Mais il est une oeuvre plus nécessaire encore dans notre temps, c'est la propagation des bons livres. Les écoles reçoivent chaque jour des populations immenses; depuis un quart de siècle elles ont répandu partout le goût de la lecture, et par un oubli singulier, on ne s'est préoccupé' que très- peu de donner de bons livres à ces lecteurs si nombreux. Et cependant, tout le monde lit aujourd'hui, pour ainsi dire; on lit de plus en plus, et ce qui est fâcheux, c'est qu'on trouve facilement et à bon marché les livres irréligieux, les romans, les publications immorales, tandis que les bons livres sont fort chers. Pendant longtemps les bons ouvrages pour le peuple ont été rares; mais maintenant ils abondent il y en a des centaines, des milliers. Attachons- nous donc à les répandre, à les multiplier; à l'exemple de nos frères séparés les protestants, qui déployent ici tant de zèle, donnons, prêtons, faisons arriver à bas prix les livres religieux, les livres à la fois instructifs et d'une saine littérature, dans les chaumières, dans les mansardes, dans les ateliers. C'est une oeuvre de la plus haute importance, et nous serions bien heureux si nous pouvions persuader nos lecteurs de cette vérité; c'est le vœu que nous formons en terminant ici ces conseils. - 35REGLEMENT DE VIE. Cher lecteur, appliquez- vous à observer les conseils qui précèdent, pénétrez- vous de plus en plus des leçons de l'Évangile, dont ils ne sont qu'un court résumé: pour vous rendre cette observation plus facile, voici quelques règles que nous vous indiquons sous forme de règlement de vie. 1. N'oubliez jamais que pour être agréable à Dieu, il faut vivre de la vie spirituelle, au lieu de suivre les penchants de la nature. La vie chrétienne est une vie de luttes pour obtenir la victoire il faut avoir le courage de les subir et combattre avec foi. 2. Chaque matin, ayez le courage de vous lever de bonne heure, afin de pouvoir consacrer un peu plus de temps au service de Dieu. Habillezvous promptement, avec modestie et sans perdre à votre toilette un temps précieux. Après votre prière du matin que vous n'omettrez jamais, faites une méditation soit dans le Manuel, soit dans un autre livre de piété. Assistez à la sainte messe chaque jour, autant que vos occupations vous le permettront. 3. Après avoir accompli ces devoirs envers Dieu et fortifié votre âme par la prière, appliquez- vous avec zèle à vos devoirs de famille et d'état. Plus on est chrétien, plus on doit s'attacher à donner le bon exemple sous ce rapport. La paresse et la nonchalance sont des vices graves, qu'on se pardonne trop facilement. 364. Soyez sobre dans vos repas, et lorsque la sensualité vous tentera, songez à ces pauvres nombreux qui n'ont pas le pain de chaque jour. 5. Dans la journée, réservez- vous quelques moments pour élever votre cœur à Dieu; lorsque vous passez devant une église, tâchez d'y entrer, ne fût- ce que quelques minutes, ou au moins adorez, en continuant votre chemin, le Dieu qui y réside. 6. Le soir, terminez votre journée par la prière et un sérieux examen de conscience, suivi d'un acte de contrition. Si vous êtes père de famille, établissez chez vous l'usage de la prière en commun, et veillez à ce que vos domestiques remplissent ce devoir. 7. Ne manquez jamais à sanctifier les dimanches et fêtes, par la cessation de toute ceuvre servile et défendue, et surtout par l'assistance à la sainte messe et aux saints offices. Ne soyez pas comme ces chrétiens tièdes qui violent sans scrupule le jour du Seigneur. 8. Approchez- vous le plus souvent possible des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, afin de vous conserver dans la piété. 9. Portez sur vous le scapulaire, une médaille pieuse, ayez dans votre chambre un crucifix, un tableau de la sainte Vierge. N'y souffrez jamais aucun tableau contraire à la décence. 10. Priez chaque jour la sainte Vierge, et récitez en son honneur une des prières adoptées et recommandées par l'Église, telle que le chapelet. 11. Aimez les pauvres, et donnez- leur avec bonté. Soyez des associations pieuses, et surtout de celles où on les assiste. Faites mieux, et tâchez de les ramener à Dieu, s'ils en sont éloignés. 12. Si vous vous sentez malade sérieusement, appelez de suite votre confesseur; rendez aussi 37- ce service à tous les malades de votre famille, de vos amis, et n'imitez pas ces chrétiens lâches et inintelligents qui, croyant que la vue du prêtre est un signe de mort, exposent cruellement le sort éternel de ces âmes. 13. Priez pour les morts, faites des bonnes oeuvres à leur intention; aidez- les par ces bonnes actions, et surtout par le saint sacrifice de la messe. 14. Enfin, pour assurer votre persévérance, faites chaque année, au moins chez vous ou dans un autre lieu favorable, une retraite de quelques jours, pour vous fortifier dans la vie chrétienne. Faites cela, et vous vivrez. La préparation à la mort doit être une des pensées les plus familières aux chrétiens. Aussi, nous croyons devoir joindre à notre Manuel la recommandation de l'âme pour les mourants. Prières pour la recommandation de l'âme, Le malade étant à l'agonie, on dit: Partez de ce monde, âme chrétienne, au nom de Dieu le Père tout- puissant, qui vous a créée, au nom de Jesus- Christ, Fils du Dieu vivant, qui a souffert pour vous; au nom de l'Esprit saint, qui est descendu sur vous; au nom des Anges et des Archanges; au nom des Trônes et des Dominations; ou nom des Principautés et des Puissances; au nom des Chérubins et des Séraphins; au nom des Patriarches et des Prophètes; au nom des saints Apôtres et Evangelistes; au nom des saints Martyrs et Confesseurs; au nom des saints Moines et Solitaires; au nom des Vierges saintes; au nom de tous les Saints et de toutes les Saintes - 38- de Dieu. Que votre demeure soit aujourd'hui dans la paix et votre habitation dans la sainte Sion Par J.-C. N.-S. Ainsi soit- il. : Oraison. Dieu miséricordieux, Dieu clément, qui, par votre infinie miséricorde, remettez les péchés à ceux qui en font pénitence, et dont le pardon efface jusqu'à la trace de nos crimes, jetez un regard favorable sur votre serviteur N., qui avoue ses fautes, qui vous en demande pardon de tout son coeur, et exaucez sa prière. Renou. velez en lui, Père plein de clémence, ce que la fragilité humaine ou la malice de l'esprit tentateur ont pu corrompre ou gâter dan son âme. Attachez au corps de votre sainte Eglise ce membre que vous avez racheté. Laissez- vous toucher par ses gémissements et par ses larmes. il n'a de confiance qu'en votre miséricorde: daignez l'admettre à la grâce d'une parfaite réconciliation. Nous vous en supplions par J.-C.N.-S. Ainsi soit- il. Je vous recommande à Dieu tout- puissant, mon très- cher frère, et je vous remets entre les mains de celui dont vous êtes la créature, afin qu'après avoir payé par votre mort la dette commune de la nature humaine, vous retourniez à votre Créateur, qui vous a formé du limon de la terre. Que la troupe glorieuse des Anges vienne audevant de votre âme lorsqu'elle sortira de votre corps. Que le sénat des Apôtres, qui doit juger avec Dieu tout l'univers, vous fasse un accueil favorable. Que la triomphante armée des Martyrs se réjouisse à votre arrivée. Que l'éclatante réunion des Confesseurs vous environne. Que le choeur joyeux des Vierges vous reçoive. Qu'admis dans le sein d'Abraham, tous les Patriarches vous félicitent et vous embrassent. Que JésusChrist se montre à vous plein de douceur et d'allégresse; qu'il vous place au rang de ceux qui - 39doivent toujours être auprès de lui. Puissiez- vous ignorer tout ce que les ténèbres, les flammes et les tourments ont d'horrible, et d'épouvantable! Que le démon et ses ministres se reconnaissent vaineus en vous voyant arriver accompagné des Anges; que cette troupe infernale se précipite dans l'abîme du chaos éternel dès que vous paraîtrez. Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dissipés; que ceux qui le haïssent fuient à sa présence, qu'ils se dissipent comme la fumée; que les méchants périssent devant Dieu, comme la cire fond devant le feu. Que les justes, au contraire, soient dans la joie et le ravissement devant le Seigneur, et qu'ils soient comblés d'allégresse; que tous les démons soient confondus, et qu'ils vous laissent libre le chemin du ciel. Que JésusChrist, qui a souffert pour vous, vous délivre de tout supplice en l'autre monde; qu'il vous sauve de la peine éternelle, lui qui est mort pour vous; qu'il vous place dans son paradis pour y jouir des délices spirituels que rien ne pourra troubler. Que ce Pasteur véritable vous reconnaisse pour une de ses brebis, qu'il vous pardonne tous vos péchés, et qu'il vous mette à sa droite au nombre des élus. Puissiez- vous voir votre Rédempteur face à face! puissiez- vous contempler sans cesse ce Dieu de vérité! Placé au rang des bienheureux, allez goûter les douceurs de la joie et de la contemplation divine dans tous les siècles des siècles. R. Ainsi soit- il. Recevez, Seigneur, de l'enfer, et de tous les l'âme de votre serviteur maux. R. Ainsi soit- il. dans le port du salut, Seigneur, délivrez son comme il l'a espéré de âme, comme vous avez votre miséricorde.R.Ain- délivré Enoch et Élie de si soit- il. la mort commune à tous Seigneur, délivrez son les hommes.. Ainsi âme de tous les périls soit- il. Seigneur, délivrez son âme, comme vous avez sauvé Noé du déluge. R. Ainsi soit- il. 40- aux lions. R. Ainsi soit- il. Seigneur, délivrez son âme, comme vous avez délivré les trois enfants Seigneur, délivrez son de la fournaise ardente âme, comme vous avez et de la puissance d'un roi tiré Abraham d'Ur en impie. R. Ainsi soit- il. Chaldée. R. Ainsi soit- il. Seigneur, délivrez son Seigneur, delivrez son âme, comme vous avez âme, comme vous avez délivré Suzanne d'une délivré Job de ses souf- fausse accusation. R. Ainfrances. R. Ainsi soit- il. si soit- il. Seigneur, délivrez son Seigneur, délivrez son âme, comme vous avez âme, comme vous avez délivré Isaac du bûcher délivré David de la main et de la main de son du roi Saül et de celle père Abraham. R. Ainsi de Goliath. R. Ainsi. Seigneur, délivrez son soit- il. Seigneur, délivrez son âme, comme vous avez âme, comme vous avez délivré S.Pierre et S.Paul délivré Loth de Sodôme de la prison. R. Ainsi et de la pluie de feu. soit- il. R. Ainsi soit- il. Et comme vous avez Seigneur, délivrez son délivré la bienheureuse âme, comme vous avez Thècle, vierge et mardélivré Moïse de la puis- tyre, des plus atroces sance de Pharaon, roi tourments, daignez déd'Egypte. R. Ainsi soit- livrer de même l'âme de votre serviteur, et l'adSeigneur, délivrez son mettre à participer avec âme, comme vous avez vous aux biens célestes. délivré Daniel de la fosse. Ainsi soit- il. il. ab 19 Oraison. Nous vous recommandons, Seigneur, l'âme de votre serviteur, et nous vous supplions, Seigneur Jésus, Sauveur du monde, de daigner placer au milieu de vos patriarches cette âme pour laquelle votre miséricorde vous a fait descendre sur la terre. Reconnaissez, Seigneur Jésus, votre créature, qui n'est point l'ouvrage des dieux étrangers, mais l'oeuvre de vous seul, Dieu vivant et véritable, car il n'y a point d'autre Dieu - 41- que vous, il n'y en a point qui puisse faire vos œuvres. Comblez- la de joie, Seigneur, en l'admettant en votre présence: ne vous souvenez plus ni de ses anciennes iniquités, ni des fautes que lui a fait commettre l'esprit du mal; car, quoiqu'elle ait péché, elle n'a cependant nié ni le Père, ni le Fils, ni le Saint- Esprit, mais elle y a cru; elle a eu du zèle pour Dieu, et elle a fidèlement adoré le Seigneur son créateur. Oraison. Oubliez, Seigneur, les péchés et les erreurs de sa jeunesse, et, dans votre miséricorde infinie, souvenez- vous d'elle au sein de votre gloire. Que les cieux lui soient ouverts, que les anges se réjouissent avec elle; introduisez, Seigneur, votre créature dans votre royaume. Que saint Michel, archange de Dieu, qui a mérité d'être choisi pour chef de la milice céleste, la reçoive. Que les saints Anges de Dieu viennent à sa rencontre et la conduisent à la Jérusalem céleste. Que le bienheureux apôtre saint Pierre, à qui les clefs du royaume des cieux ont été confiées, l'y accueille. Que le bienheureux apôtre saint Paul, qui répondit si dignement à son élection, viennent à son secours. Que saint Jean, l'apôtre bien- aimé, auquel ont été révélés les mystères célestes, intercède en sa faveur. Que tous les saints apôtres, auxquels le Seigneur a donné le pouvoir de lier et de délier, prient pour elle. Que tous les saints et les élus de Dieu, qui ont souffert en ce monde pour le nom de JésusChrist, implorent pour elle, afin que, délivrée des liens du corps, elle mérite d'arriver à la gloire du royaume céleste, par la grâce de notre Seigneur Jésus- Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint- Esprit dans les siècles des siècles. R. Ainsi soit- il. - 42- Quand le malade a rendu le dernier soupir, on dit: * R. Secourez son âme, ô saints de Dieu! venez à sa rencontre, anges de Dieu, Recevez- la, et + Présentez- la au ToutPuissant. y. Que le Christ, qui vous a appelée, vous reçoive, et que les anges vous introduisent dans le sein d'Abraham.* Recevezla. y. Donnez- lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière éternelle l'éclaire.+ Présentez- la. Seigneur, ayez pitié de nous. Jésus- Christ, ayez pitié de nous. Notre Père, etc., à voia basse. y. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation; R. Mais délivrez- nous du mal. y. Donnez- lui, Seigneur, le repos éternel; éternelle l'éclaire. R. Et que la lumière son âme R. Des portes y. Seigneur, délivrez de l'enfer. y. Qu'il repose en paix. R. Ainsi soit- il. y. Seigneur, écoutezma prière. y. Le Seigneur soit avec vous. Oraison. Nous vous recommandons, Seigneur, l'âme de votre serviteur, afin qu'en sortant de ce monde il vive pour vous, et nous conjurons votre miséricorde de lui pardonner tous les péchés que la fragilité humaine lui a fait commettre; nous vous en supplions par J.-C. N.-S. R. Ainsi soit- il. Prières pour les Agonisans. En récitant pour les agonisans trois Pater, en memoire de l'agonie de N.-S. J.-S., et trois Ave Maria, en mémoire de la compassion de la trèssainte Vierge, on gagne trois cents jours d'indulgence chaque fois, et une indulgence plénière par mois applicable aux âmes du Purgatoire. ( 18 avril 1809.) 43 LITANIES DU SAINT NOM DE JÉSUS. Jésus, zélateur des âmes, Jésus, notre Dieu, Jésus, notre refuge, Jésus, père des pauvres, Jésus, trésor des fidèles, Jésus, bon pasteur, Jésus, vraie lumière, Jésus, sagesse éternelle, Jésus, bonté infinie, Jésus, notre voie et notre vie, Jésus, joie des Anges, Jésus, roi des Patriarches, Jésus, maître des Apôtres, Jésus, docteur des Evangélistes, Seigneur, ayez pitié de nous. Christ, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous. Jésus, écoutez- nous. Jésus, exaucez- nous. Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous. Fils, Rédempteur monde, qui êtes ayez pitié de nous. Esprit- Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous. Trinité- Sainte, qui êtes un seul Dieu, du Dieu, Jésus, Fils du Dieu vivant, Jésus, splendeur. du Père, Jésus, pureté de la lumière éternelle, Jésus, roi de gloire. Jésus, soleil de justice, Jésus, Fils de la Vierge Marie, Jesus, aimable, Jésus, admirable, Jésus, Dieu fort, Jésus, père des siècles à venir, Ayez pitié de nous. Jésus ange du grand conseil, Jésus, très- puissant, Jésus très- patient, Jésus très- obéissant, Jésus doux et humble de cœur, Jésus, amateur de la chasteté, Jésus qui nous honorez de votre amour, Jésus, Dieu de paix, Jésus, auteur de la vie, Jésus, l'exemplaire des vertus, Ayez pitié de nous. Jésus, force des Martyrs, Jésus, lumière des Confesseurs, Jésus, pureté des Vierges, Jésus, couronne de tous les Saints, Soyez- nous propice. Jésus, pardonnez- nous. Soyez- nous propice, Jésus, exaucez nos prières, De tout péché, délivreznous, Jésus, De votre colère, délivreznous, Jésus, Des embûches du démon, De l'esprit de fornication, De la mort éternelle, Du mépris de vos divines inspirations, Par le mystère de votre sainte Incarnation, Par votre Nativité, Par votre Enfance, Par votre vie toute divine, Par vos travaux, Par votre agonie et par votre Passion, Délivrez- nous, Jésus. Par votre Croix et par votre abandonnement, Par vos langueurs, Par votre mort et par votre sépulture, Par votre résurrection, Par votre ascension, Par vos joies, Par votre gloire, Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez- nous, Jésus. Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez- nous, Jésus. Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Jésus. Jésus, écoutez- nous. Jésus, exaucez- nous; Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison. Christe, audi nos. Christe, exaudi nos. Pater de coelis, Deus, miserere nobis. Fili, Redemptor mundi, Deus, miserere nobis. Spiritus sancte, Deus, miserere nobis. Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis. LITANIES DES SAINTS. Sancta Maria, Sancta Dei Genitrix, Sancta Virgo Virginum, Sancte Michael, Ora pro nobis. ayez pitié de nous. Sancte Gabriel, Sancte Raphael, Omnes sancti Angeli et Archangeli, orate pro nobis. Omnes sancti beatorum Spirituum ordines, orate. Sancte Joannes Baptista, ora. Sancte Joseph, ora. 44 > PRIONS. 9 Seigneur, Jésus- Christ, qui avez dit: Demandez, et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez, et il vous sera ouvert; faitesnous s'il vous plaît, la de votre amour tout divin, grâce de concevoir l'action afin que nous vous aimions de tout notre cœur, en vous confessant de bouche et d'action, et que jamais nous ne cessions de vous, louer, vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père en l'unité du Saint- Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit- il. Omnes sancti Patriarchæ et Prophetæ, orate. Sancte Petre, Sancte Paule, Sancte Jacobe, Sancte Andræa, Sancte Thoma, Sancte Joannes, Sancte Philippe, Sancte Jacobe, Sancte Matthæe, Sancte Bartholomæe, Sancte Simon, Sancte Thaddæce, Sancte Matthia, Sancte Barnaba, Sancte Luca, Sancte Marce, Omnes sancti Apostoli et Evangelista, Omnes sancti Discipuli Domini, Sancte Stephane, Omnes sancti Innocentes, Sancte Laurenti, Sancte Vincenti, Ora pro nobis. Ora. Sancti Fabiane et Sebastiane, Sancti Joannes et Paule, Sancti Cosma et Damiane, Sancti Gervasi et Protasi, Omnes sancti Martyres, Sanete Sylvester, Sancte Gregori, Sancte Ambrosi, Sancte Augustine, Sancte Hieronyme, Sancte Martine, 43 Omnes Orate. Ora pro nobis. Sancte Nicolae, Omnes sancti Pontifices et Per mortem, et sepultuConfessores, orate. ram tuam, sancti Doctores, Per sanctam resurrectioorate. Sancte Antoni, Sancte Benedicte, Sancte Bernarde, Sancte Dominice, Sancte Francisce, Omnes sancti Sacerdotes, et Levitæ, orate. Omnes sancti Monachi, et Ora. Eremitæ, orate. Sancta Maria Magdalena, Sancta Agatha; Sancta Lucia, Sancta Agnes, Sancta Cæcilia, Sancta Catharina, Sancta Anastasia, Omnes sanctæ Virgines, Viduæ, orate. Omnes Sancti, et Sanctæ Dei, intercedite pro nobis. Propitius esto, parce nobis, Domine. Ora. A spiritu fornicationis, A fulgure et tempestate, A flagello terræ motus, A peste, fame et bello, A morte perpetua, Per mysterium sanctæ Incarnationis tuæ, Per adventum tuum, Per nativitatem tuam, Per baptismum, et sanctum jejunium tuum, Per crucem, et passionem tuam, Libera nos, Domine. Libera nos. nem tuam, Per admirabilem ascensionem tuam, Per adventum Spiritus sancti paracleti, In die judicii, Peccatores, audi nos, te rogamus Ut nobis parcas, Ut nobis indulgeas, Ut ad veram poenitentiam nos perducere digneris, Ut Ecclesiam tuam sanctam regere, et conservare digneris, Ut Domnum apostolicum, et omnes ecclesiasticos et ordines in sancta religione conservare di- 9 gneris, Ut inimicos sanctæ Ecclesiæ humiliare digneris, Propitius esto, exaudi nos, Ut regibus et principibus christianis pacem et Domine. Ab omni malo, libera nos, veram concordiam doDomine. nare digneris, Ab omni peccato, Ab ira tua, A subitanea et improvisa morte, Ab insidiis diaboli, Ab ira, et odio, et omni mala voluntate, Ut cuncto populo christiano pacem et unitatem largiri digneris, Ut nosmetipsos in tuo sancto servitio confortare et conservare digneris, - Ut mentes nostras ad coelestia desideria erigas. Ut omnibus benefactoribus nostris sempiterna bona retribuas, Ut animas nostras, fratrum, propinquorum, et benefactorum nostrorum ab æterna damnatione eripias, Ut fructus terræ dare et conservare digneris, Ut omnibus fidelibus Te rogamus audi nos. 46- - defunctis requiem æternam donare digne Ut nos exaudire digneris, te rogamus. ris, te rogamus audi nos. Fili Dei, te rogamus. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis, Domine. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos, Domine. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere. Christe audi nos. Christe exaudi nos. Prière pour les Ames du Purgatoire, O mon Dieu, dont la miséricorde est infinie, et dont le propre est de pardonner les péchés, soyez sensible aux peines que souffrent les âmes qui sont détenues en purgatoire; souvenez- vous, Dieu tout- puissant, que vous les avez créées à votre image, qu'elles sont l'ouvrage de vos mains et que c'est pour elles et pour nous que J.-C. a répandu son sang et souffert de rigoureux tourments. Prosterné devant vous, ô mon Dieu, je vous supplie, par les mérites de ce précieux sang, d'abréger les peines qu'elles ont méritées, et d'accomplir leurs désirs; appelez- les dans votre repos éternel; retirez- les des peines qu'elles souffrent; donnez- leur entrée dans votre gloire pour laquelle vous les avez créées, et qu'elles ne soient pas longtemps privées de votre divine présence. Exaucez, ô mon Dieu, les prières que je vous adresse pour elles au nom et par les mérites de J.-C. votre cher Fils notre Sauveur, et par l'intercession de la sainte Vierge, et par celle de tous les saints et saintes qui ont le bonheur de vous être agréables et de régner avec vous dans le ciel. Ainsi soit- il. Vous pourrez encore joindre à cette prière cinq fois le Pater et l'Ave, et le Psaume De profundis, ciaprès, aux Psaumes de la pénitence. BEBERNY PREMIÈRE PARTIE. PRIÈRES DU MATIN ET DU SOIR: La prière du matin est un devoir que Dieu exige, comme les prémices de la journée. De la fidélité à remplir ce premier devoir dépend souvent le reste des actions du jour. Ne refusez jamais au Seigneur ce tribut d'hommages. Mais s'il est important de bien commencer la journée, il ne l'est pas moins de la bien finir. Les grâces reçues pendant le jour et la protection dont nous avons besoin pour passer la nuit sans danger, sont de nouveaux motifs de prier Dieu et de le prier de tout notre cœur. Après vous être rappelé pendant quelques moments la présence de Dieu qui vous voit et vous entend, commencez ainsi votre prière: Au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit. Ainsi soit- il. Venez, Esprit- Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amorir. Demandons à Dieu les grâces qui nous sont nécessaires, et faisons la prière que Notre- Seigneur nous a enseignée lui- même. Notre Père, qui êtes aux Cieux... que votre Nom soit sanctifié... que votre règne arrive... 48 que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.... donnez- nous aujourd'hui notre pain de chaque jour... pardonnez- nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez- nous du mal. Ainsi soit- il. Prions la Sainte Vierge d'intercéder pour nous. Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit- il. Récitons le Symbole des Apôtres, et protestons que nous voulons vivre et mourir dans la foi des vérités qu'il contient. Je crois en Dieu, le Père tout- puissant, Créateur du ciel et de la terre... et en JésusChrist son Fils unique, Notre Seigneur... qui a été concu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie... a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers... le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant, d'où il viendra pour juger les vivants et les morts. Je crois au Saint- Esprit, la sainte Eglise catholique, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle. Ainsi soitil. Confessons humblement nos péchés. Je confesse à Dieu tout- puissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à Saint- Michel Archange, à Saint Jean- Baptiste, aux 49 Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché par pensées, par paroles et par actions par ma faute, par ma faute, par ma très- grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean- Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les moi Saints, et vous, mon Père, de prier pour le Seigneur notre Dieu. Que le Dieu tout- puissant nous fasse miséricorde, et qu'après nous avoir pardonné nos péchés, il nous conduise à la vie éternelle. Ainsi soit- il. Que le Seigneur tout- puissant et miséricordieux nous accorde le pardon, l'absolution et la rémission de nos péchés. Ainsi soit- il. Récitons les Commundements de Dieu et de l'Eglise, et demandons à Dieu la grâce de les observer. 1 Un seul Dieu tu adoreras Et aimeras parfaitement. 2 Dieu en vain tu ne jureras, Ni autre chose pareillement. 3 Les Dimanches tu garderas, En servant Dieu dévotement. 4 Tes Père et Mère honoreras, Afin de vivre longuement. 5 Homicide point ne seras, De fait ni volontairement. 6 Luxurieux point ne seras, De corps ni de consentement. 7 Le bien d'autrui tu ne prendras, Ni ne retiendras sciemment. 8 Faux témoignage ne diras, Ni mentiras aucunement. Univ.- Bibl. Giessen 3 50 9 L'œuvre de chair ne désireras, Qu'en mariage seulement. 10 Biens d'autrui ne convoiteras, Pour les avoir injustement. Les Commandements de l'Eglise. 1 Les Fêtes tu sanctifieras, Qui te sont de commandement. 2 Les Dimanches, Messe ouïras, Et les Fêtes pareillement. 3 Tous tes péchés confesseras, A tout le moins une fois l'an. 4 Ton Créateur tu recevras. Au moins à Pâques humblement. 5 Quatre- Temps, Vigiles jeûneras. Et le Carême entièrement. 6 Vendredi chair ne mangeras, Ni le Samedi mêmement. Faisons les actes de Foi, d'Espérance et de Charité( 1). Acte de Foi. Je crois fermement, ô mon Dieu! toutes les vérités qui nous sont proposées par l'Eglise, parce que c'est vous, o vérité infaillible, qui Îes lui avez révélées. Acte d'Espérance. Mon Dieu, j'espère de votre bonté la vie éternelle et les moyens d'y arriver, parce que vous me l'avez promis, et que vous êtes souverainement fidèle dans vos promesses. Acte de Charité. Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur ( 1) Indulgence de 7 ans et 7 quarantaines, chaque fois; plénière une fois le mois, si on les récite tous les jours du mois; plénière à l'article de la mort, si on les récite alors; applicable aux âmes du Purgatoire. 51 et par- dessus toutes choses, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et j'aime mon prochain comme moi- même, pour l'amour de vous. Acte de Contrition. Mon Dieu, je me repens de tout mon cœur des péchés que j'ai commis contre votre adorable Majesté; je les déteste tous, parce que vous êtes infiniment bon, et que le péché vous déplaît. Pardonnez- moi par les mérites de Jésus- Christ: je me propose, avec le secours de votre grâce, de ne plus vous offenser et de satisfaire à votre justice. Litanics de la Sainte Vierge( 1). Kyrie, eleison. Christe, eleison. Kyrie, eleison. Christe, audi nos. Christe, exaudi nos. Pater de coelis, Deus, miserere nobis. Fili, Redemptor mundi, Deus, miserere nobis. Spiritus Sancte, Deus, miserere nobis. Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis. Seigneur, ayez pitié de nous. Jésus, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous. Jésus, écoutez- nous. Jésus, exaucez- nous. Dieu le Père, des cieux ou vous êtes assis, ayez pitié de nous. Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous. Dieu le Saint- Esprit, ayez pitié de nous. Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous. ( 1) Indulgence de 300 jours chaque fois; plénière, les jours de la Conception, de la Nativité, de l'Annonciation, de la Purification et de l'Assomption de la sainte Vierge, applicable aux défunts. Le soir, on substituera à ces Litanies un petit examen sur les fautes commises: 1o Envers Dieu: omission des devoirs de piété; irrévérences à l'église; distractions volontaires dans les prières, jurements, murmures. 2º Envers le prochain: jugements téméraires, mépris, haine, jalousie, querelles, injures, imprécations, railleries, faux rapports, dommages aux biens ou à la réputation, mauvais exemples, etc. 3o Envers nous- mêmes: vanité, respect humain, mensonges, pensées, désirs et actions contraires à la pureté; intempérance, colère, paresse. 52 Sainte Marie, priez pour nous. Sainte Mère de Dieu, Sainte Vierge des Vierges, Mère de Jésus- Christ, Mère de la divine grâce, Mère très- pure, Mère très- chaste, Mère sans tache, Mère toujours Vierge, Mère aimable, Mère admirable, Mère du Créateur, Mère du Sauveur, Vierge très- prudente, Vierge vénérable, Vierge digne de louange, Vierge puissante, Vierge pleine de bonté, Vierge fidèle, Miroir de justice, Temple de la sagesse divine, Cause de notre joie, Demeure du Saint- Esprit, Vaisseau honorable, Exemplaire de la vraie dévotion, Rose mystérieuse, Tour de David, Tour d'ivoire, Maison d'or, Arche d'alliance, Porte du ciel, Etoile du matin, Ressource des infirmes, Refuge des pécheurs, Consolatrice des affligés, Secours des chrétiens, Reine des Anges, Reine des Patriarches, Reine des Prophètes, Reine des Apôtres, Reine des Martyrs, Reine des Confesseurs, Reine des Vierges, Reine de tous les Saints, Priez pour nous. Reine conçue sans péché, Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez- nous, Seigneur. Sancta Maria, ora pro nob. Sancta Dei genitrix, Sancta Virgo virginum, Mater Christi, Mater divinæ gratiæ, Mater purissima, Mater castissima, Mater inviolata, Mater intemerata, Mater amabilis, Mater admirabilis, Mater Creatoris, Mater Salvatoris, Virgo prudentissima, Virgo veneranda, Virgo prædicanda, Virgo potens, Virgo clemens, Virgo fidelis, Speculum justitiæ, Sedes sapientiæ, Causa nostræ lætitiæ, Vas spirituale, Vas honorabile, Vas insigne devotionis, Rosa mystica, Turris Davidíca, Turris eburnea, Domus aurea, Foederis arca, Janua cœli, Stella matutina, Salus infirmorum, Refugium peccatorum, Consolatrix afflictorum, Auxilium christianorum, Regina Angelorum, Regina Patriarcharum, Regina Prophetarum, Regina Apostolorum, Regina Martyrum, Regina Confessorum, Regina Virginum, Regina Sanctorum omnium, Regina sine labe concepta, Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis, Domine. Ora pro nobis. Agnus Dei, qui toHis peccata mundi, exaudi nos, Domine. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis. Christe, audi nos. Christe, exaudi nos. Indulgence de 100 jours chaque fois, plénière une fois le mois, pour ceux qui auront récité la prière suivante, au moins une fois le jour, pendant le mois: ANGELUS Domini nuntiavit Mariæ, et concepit de Spiritu sancto. Ave, Maria, etc. Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum. Ave, Maria, etc. Et Verbum caro factum est; et habitavit in nobis. * Ave, Maria, etc. y. Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix; R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi. 53 Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez nous, Seigneur. Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur. Jésus, écoutez- nous. Jésus, exaucez- nous. OREMUS. Gratiam tuam, quæsumus, Domine, mentibus nostris infunde: ut qui Angelo nuntiante, Christi Filii tui Incarnationem cognovimus, per passionem ejus et crucem, ad resurrectionis gloriam perducamur: Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen. L'Ange du Seigneur a annoncé à Marie, et elle a conçu du Saint- Esprit.. Je vous salue, Marie, etc. Voici la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon votre parole. Je vous salue, Marie, etc. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous. Je vous salue, Marie, etc. sainte 7. Priez pour nous, Mère de Dieu; R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus- Christ. PRIONS. Seigneur, nous vous supplions de répandre votre grâce dans nos âmes, afin qu'ayant connu par la voix de l'Ange l'Incarnation de votre Fils Jésus- Christ, nous arrivions par sa passion et par sa croix à la gloire de la résurrection par le même Jésus- Christ Notre Seigneur. Ainsi soit- il., 54 LA SAINTE MESSE. La sainte Messe est, de toutes les actions de la religion, la plus glorieuse à Dieu et la plus utile à notre salut. Elle est un véritable renouvellement du grand mystère de notre Rédemption. Notre Seigneur Jésus- Christy devient, comme sur la croix, victime de propitiation pour nos péchés. La différence qu'il y a entre le sacrifice qui est chaque jour offert par les mains des prêtres sous les espèces du pain et du vin et celui qui a été offert une fois sur le Calvaire, c'est que le sacrifice de nos autels s'opère sans effusion de sang; et c'est pour cette raison qu'on l'appelle sacrifice non sanglant. Du reste, il est absolument le même que celui de la croix. En faut- il davantage pour nous donner la plus haute idée de la sainte Messe, et pour nous exciter à y assister avec les dispositions que demande de nous ce redoutable mystère? Lorsque le Prétre sort de la Sacristie. Père éternel, faites- moi la grâce de ne pas assister indignement à ce saint et redoutable sacrifice. Ne permettez pas que mon cœur, attaché au péché, s'oppose au pardon que Jésus- Christ va vous demander pour moi, ni que je tombe dans quelque irrévérence pendant qu'il paraît anéanti devant vous. HYMNE( 1), Pour implorer l'assistance du Saint- Esprit. Venez, Esprit créateur; visitez les âmes de ceux qui sont à vous, et remplissez de votre grâce les cœurs que vous avez créés. tus, Mentes tuorum viVENI, CREATOR Spirisita; Imple supernâ gratiâ Quæ tu creasti pectora. ( 1) Indulgence de 100 jours pour chaque jour, et de 300 jours le dimanche de la Pentecôte et tous les jours de l'octave, plénière une fois le mois, applicable aux défunts. Qui Paracletus diceris, Donum Dei altissimi; Fons vivus, ignis, charitas, Et spiritalis unctio. Tu septiformis munere, Digitus paternæ dexteræ, Tu rite promissum Patris, Sermone ditans guttura. Accende lumen sensibus; Infunde amorem cordibus: Infirma nostri corporis Virtute firmans perpeti. Hostem repellas longius, Pacemque dones protinus Ductore sic te prævio, Vitemus omne noxium. Per te sciamus da Patrem, Noscamus atque Filium, Teque utriusque Spiritum Credamus omni tempore. Deo Patri sit gloria, Et Filio qui a mortuis Surrexit, ac Paracleto, In sæculorum sæcula. Amen. 35 Vous êtes notre consolateur, le don du Dieu TrèsHaut, la fontaine de vie, le feu sacré de la charité, et l'onction spirituelle de nos âmes. C'est vous qui répandez sur nous vos sept dons; vous êtes le doigt de la droite du Père, et le premier objet de sa promesse; vous mettez sa parole sur nos lèvres. A Paris. Sit laus Patri, laus Filio; Par sit tibi laus, Spirítus, Afflante quo mentes sacris Lucent et ardent ignibus. Amen. Faites briller votre lumière dans nos âmes; versez votre amour dans nos cœurs; soutenez notre faiblesse par les secours continuels de votre grâce. Eloignez de nous l'esprit tentateur, accordez- nous une paix durable, et que, sous votre conduite, nous évitions tout ce qui serait nuisible à notre salut. Apprenez- nous à connaître le Père, apprenez- nous à connaître le Fils; et vous, Esprit du Père et du Fils, soyez mais l'objet de notre foi. Gloire dans tous les siècles à Dieu le Père, gloire au Fils ressuscité d'entre les morts, et gloire au Saint- Esprit. Ainsi soit- il. A Paris. Gloire au Père, gloire au Fils, gloire au SaintEsprit, dont le souffle divin répand la charité dans les cœurs et la lumière dans les esprits. Ainsi soit- il. Au commencement de la Messe, il faut faire le signe de la Croix et dire: Seigneur, faites- moi la grâce d'entrer dans les dispositions que vous demandez de moi pour vous offrir dignement avec le Prêtre cet adorable sacrifice!..... Je vous l'offre, o mon Dieu, selon les intentions de l'Eglise: 1° Pour rendre à votre divine Majesté l'hom 56 mage souverain qui lui est dû; 2° pour vous remercier de tous vos bienfaits; 3° pour l'expiation de tous les péchés du monde, et particulièrement des miens; 4° et pour obtenir, par Jésus- Christ votre Fils, toutes les grâces dont j'ai besoin. Le Prétre, au pied de l'Autel, fait le signe de la Croix. Au nom du Père, etc. y. Je m'approcherai de l'autel de Dien; R. Du Dieu qui remplit ma jeunesse d'une sainte joie. y. Jugez- moi, Seigneur, et séparez ma cause de celle des impies; délivrez- moi de l'homme injuste et trompeur. y. Faites luire sur moi votre lumière et votre vérité; qu'elles me conduisent sur votre montagne sainte, et dans vos tabernacles. erue me. R. Quia tu es, Deus, fortitudo mea; quare me R. Car vous êtes ma force, ô mon Dieu: pourquoi m'avez- vous repoussé, et pour- repulisti, et quare tristis quoi me laissez- vous dans la incedo dum affligit me tristesse et opprimé par mon inimicus? ennemi? R. Et je m'approcherai de l'autel de Dieu, du Dieu qui remplit ma jeunesse d'une sainte joie. In nomine Patris, etc. y. Introibo ad altare Dei: y. Je chanterai vos louanges sur la harpe, ô mon Seigneur et mon Dieu quoi êtes- vous triste, 6 mon âme, et pourquoi me troublez- vous? R. Ad Deum qui lætificat juventutem meam. y. Judica me, Deus, et discerne causam meam de gente non sanctâ: ab homine iniquo et doloso R. Espérez en Dieu; car je lui rendrai encore des actions de grâces il est mon Sauveur, il est mon Dieu. 7. Gloire soit au Père, au Fils, et au Saint- Esprit. y. Confitebor tibi in citharâ, Deus, Deus pour- meus: quare tristis es, anima mea, et quare conturbas me? . Emitte lucem tuam et veritatem tuam: ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua. R. Et introibo ad altare Dei; ad Deum qui lætificat juventutem meam. R. Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi, salutare vultus mei et Deus meus. y. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto; R.Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in sæcula sæculorum. Amen. La Messe ne commence 57 R. A présent et toujours, comme dans le commencement, et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit- il. qu'ici au temps de la Passion et aux Messes des Morts. Dei: . Introibo ad altare y, Je m'approcherai de l'autel de Dieu. R. Du Dieu qui remplit ma jeunesse d'une sainte joie. y. Notre secours est dans le nom du Seigneur. R. Qui a fait le ciel et la terre. Confiteor et on répond: y.Que le Dieu tout- puissant vous fasse miséricorde, et qu'après vous avoir pardonné vos péchés, il vous conduise à la vie éternelle. R. Ainsi soit- il. dit ensuite: R. Ad Deum qui lætificat juventutem meam. . Adjutorium nostrum in nomine Domini: R. Qui fecit cœlum et terram. nam. Le Prêtre dit le y. Misereatur tui omnipotens Deus, et dimissis peccatis tuis, perducat te ad vitam æterR. Amen. Chacun Confiteor Deo omnipotenti, beatæ Mariæ semper Virgini, beato Michaeli Je confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à Archangelo, saint Michel Archange, à beato Joanni Baptistæ, saint sanctis Apostolis Petro et Paulo, omnibus Sanctis, et tibi, Pater, quia peccavi nimis cogitatione, verbo et opere; meâ culpå, meâ culpâ, meâ maximâ culpâ. Ideò precor beatam Mariam semper Virginem, beatum Michaelem Archangelum, beatum Joannem Baptistam, sanctos Apostolos Petrum et Paulum, omnes Sanctos, et te, Pater, orare pro me ad Dominum Deum nostrum. aux Jean- Baptiste, Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché par pensées, par paroles et par actions: par ma faute, par ma faute, par ma très- grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint JeanBaptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. 3. 58 Le Prétre prie pour les assistants et pour lui. ỹ. Misereatur vestrf omnipotens Deus, et, dimissis peccatis vestris, perducat vos ad vitam æternam. 9. Que le Dieu tout- puissant vous fasse miséricorde, et que, vous ayant pardonné vos péchés, il vous conduise à la vie éternelle. R. Ainsi soit- il. y. Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux nous accorde le pardon, l'absolution et la rémission de nos péchés. R. Ainsi soit- il. y. O Dieu, vous vous tournerez vers nous, et vous nous donnerez la vie; R. Et votre peuple se réjouira en vous. y. Montrez- nous, Seigneur, votre miséricorde; R. Et donnez- nous votre salut. 7. Seigneur, écoutez ma prière. R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous. . Que le Seigneur soit avec vous; R. Et avec votre esprit. R. Amen. nostrorum y. Indulgentiam, absolutionem, et remissionem peccatorum tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus. R. Amen. y. Deus, tu conversus vivificabis nos; Seigneur, ayez pitié de nous. Christ, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous. R.Et plebs tua lætabitur in te. ỳ. Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam; R. Et salutare tuum da nobis. 7. Domine, exaudi orationem meam; R. Et clamor meus ad te veniat. y. Dominus vobiscum. R. Et cum spiritu tuo. Quand le Prétre monte à l'Autel: Le prêtre s'approche de votre autel, ô mon Dieu, pour nous réconcilier avec vous. Détruisez par votre bonté tous les obstacles qui pourraient retarder cette réconciliation. A l'Introit: Seigneur, rendez- moi digne de vous offrir des louanges avec votre Eglise, et ne me refusez pas la miséricorde qu'elle vous demande. Après l'Introit, le Prétre et les assistants disent trois fois alternativement: Kyrie, eleison. Christe, eleison. Kyrie, eleison. GLORIA in excelsis Deo, et in terrâ pax hominibus bonæ voluntatis. Laudamus te Benedicimus te. Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam. Domine Deus, Rex coelestis, Deus Pater omnipotens: Domine, Fili unigenite, Jesu Christe; Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris; Qui tollis peccata mundi, miserere nobis. Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram. Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis. Quoniam tu solus Sanctus; Tu solus Dominus; Tu solus altissimus, Jesu Christe, Cum sancto Spiritu, in gloriâ Dei Patris. Amen. y. Dominus, etc. 59 GLOIRE à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. vous louons. Nous Nous vous bénissons. Nous vous adorons. Nous vous glorifions. Nous vous rendons grâces, à cause de votre gloire infinie. O Seigneur Dieu, Roi du Ciel! ô Dieu, Seitout- puissant! Père gneur, Fils unique de Dieu, Jésus- Christ, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père; vous qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous. Vous qui effacez les péchés du monde, recevez notre prière. Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous. Car vous êtes le seul Saint, le seul Seigneur, le seul Très- Haut, Jésus- Christ, avec le Saint- Esprit, dans la gloire de Dieu le Père Ainsi soit- il. . Le Seigneur soit, etc. Aux Oraisons. Recevez, Seigneur, les prières qui vous sont adressées pour nous; accordez- nous les grâces et les vertus que l'Église vous demande en notre faveur. Il est vrai que nous ne méritons pas que vous nous écoutiez; mais, ô mon Dieu, nous vous demandons toutes ces grâces par Jésus- Christ votre Fils; et vous nous avez promis de nous accorder tout ce que nous vous demanderions en son nom. Pendant l'Épitre. Vos saintes Ecritures nous apprennent, ô mon Dieu, que celui qui ne vous aime pas sera condamné à des peines éternelles; que nous devons nous aimer et nous supporter les 60 uns les autres; que nous ne serons point glorifiés avec Jésus- Christ, si nous ne souffrons avec lui; que ni les impudiques, ni les voleurs, ni les ivrognes, ni les médisants ne seront les héritiers de votre royaume. Imprimez, Seigneur, ces vérités dans nos cœurs faites- nous la grâce de nous y conformer dans toute notre conduite. A la fin de l'Épitre. R. Grâces à Dieu. IR. Deo gratias. Pendant le Graduel. O Dieu, qui donnez la lumière de votre esprit à ceux qui sont dans l'égarement, afin qu'ils puissent retourner dans la voie de la justice, faites la grâce à ceux qui portent la qualité de Chrétiens de rejeter tout ce qui est contraire à cet auguste nom, et de remplir parfaitement les devoirs de cette sainte profession. Avant l'Evangile. Je vais me lever, ô mon Dieu, pour entendre lire votre Evangile; c'est pour me souvenir que je dois être prêt à exécuter tout ce que vous m'y ordonnez. Je fais aussi le signe de la croix sur mon front, sur ma bouche et sur mon cœur, pour vous protester, Seigneur, que je ne rougirai jamais de votre Evangile, et que je suis disposé à confesser de bouché et devant les hommes toutes les vérités que je crois au fond du cœur. Le Prétre. . Que le Seigneur soit avec vous.-R. Et avec votre esprit. Commencement ou suite du saint Evangile selon saint N. R. Gloire à vous, Seigneur. y. Dominus vobiscum.-R. Et cum spiritu tuo. Initium vel Sequentia sancti Evangelii secundum N. R. Gloria tibi, Domine. 61 Pendant l'Evangile( 1). Vous nous apprenez, Seigneur, dans votre Evangile, que celui qui veut être votre disciple doit se renoncer lui- même, porter sa croix et vous suivre; que pour obtenir la vie éternelle, il faut garder tous vos commandements; que le chemin qui conduit au ciel est étroit, et que celui qui conduit à la perdition est le plus fréquenté. Vous nous commandez d'aimer nos ennemis, de faire du bien à ceux qui nous haïssent, de prier pour ceux qui nous persécutent. Vous nous dites: Heureux les pauvres; malheur à ceux qui ont leur consolation dans ce monde. Je crois, mon Dieu, toutes ces vérités; mais ce n'est pas assez de les croire: le Prêtre, en baisant le livre où elles sont contenues, m'apprend que je dois les aimer. Faites donc que je les aime, puisque ce n'est qu'en les aimant que je les observerai comme je le dois. A la fin de l'Evangile. R. Laus tibi Christe. R. Louange à vous, ô ljéLe Prétre. Je crois en un seul Dieu, CREDO in unum Deum, Patrem omnipotentem, Père tout- puissant, qui a factorem coeli et terræ, fait le cicl et la terre, et touvisibilium omnium et in- tes les choses visibles et invisibilium; Et in unum visibles; et en un seul SeiDominum Jesum Chris- gneur Jésus- Christ, Fils unitum, Filium Dei unigeni- que de Dieu, et né du Père tum; Et ex Patre natum avant tous les siècles: Dieu ante omnia sæcula de Dieu, lumière de lumière, de vrai Dieu; Deum de Deo, lumen de vrai Dieu lumine, Deum verum de qui n'a pas été fait, mais Deo vero; Genitum, non engendré, consubstantiel au factum, consubstantialem Père, par qui tout a été fait, Patri, per quem omnia qui est descendu des cieux ( 1) Lire pour les dimanches et les principales fêtes l'Evangile du jour.( Voir page 65 et suivantes.) 62 pour nous autres hommes, facta sunt. Qui propter et pour notre salut: qui nos homines et propter s'est incarné en prenant un nostram salutem descencorps dans le sein de la dit de coelis: Et incarVierge Marie, par l'opéra- natus est de spiritu tion du Saint- Esprit, QUI sancto, ex Maria Virgine, S'EST FAIT HOMME; qui a été ET HOMO FACTUS EST. crucifié pour nous sous Crucifixus étiam pro noPonce- Pilate, qui a souffert bis sub Pontio Pilato et qui a été mis au tom- passus et sepultus est:? beau, qui est ressuscité le Et resurexit tertiâ die troisième jour, selon les secundum Scripturas: Et Ecritures; qui est monté au ascendit in coelum, sedet ciel, où il est assis à la droite ad dexteram Patris: Et du Père; qui viendra de iterum venturus est cum nouveau plein de gloire gloria judicare vivos et pour juger les vivants et les mortuos: cujus regni non morts, et dont le règne n'au- erit finis. Et in Spiritum ra point de fin. Je crois au sanctum Dominum, et Saint- Esprit, qui est aussi vivificantem, qui ex PaSeigneur, et qui donne la tre Filioque procedit; Qui vie; qui procède du Père et cum Patre et Filio simul du Fils, qui est adoré et glo- adoratur et conglorificarifié conjointement avec le tur, qui locutus est per Père et le Fils; qui a parlé Prophetas. Et Unam par les Prophètes. Je crois Sanctam, Catholicam et l'Eglise qui est Une, Sainte, Apostolicam Ecclesiam. Catholique et Apostolique. Confiteor unum baptisma Je confesse un Baptême pour in remissionem peccatola rémission des péchés. rum. Et expecto resurJ'attends la résurrection des rectionem mortuorum, Et morts et la vie du siècle à vitam venturi sæculi. venir. Ainsi soit- il. 7. Que le Seigneur soit avec vous; R. Et avec votre esprit. Amen. . Dominus vobiscum. R. Et cum spiritu tuo. A la Bénédiction du pain. Seigneur Jésus- Christ, qui êtes le pain des Anges, le pain vivant, qui communiquez la vie éternelle, daignez benir ce pain, comme vous bénites les cinq pains dans le désert, afin que tous ceux qui en mangeront y trouvent la santé de l'âme et du corps: Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles. 63 A l'Offertoire, Oblation de l'Hostie. Recevez, 0 Père saint, Dieu tout- puissant et éternel, cette Hostie sans tache que je vous offre par les mains du Prêtre, à vous, le Dieu vivant et véritable, pour mes péchés, mes offenses et mes négligences, qui sont sans nombre, et pour les besoins de tous les assistants; je vous l'offre aussi pour tous les fidèles chrétiens vivants et morts, afin qu'elle soit pour eux et pour moi un gage du salut éternel. Lorsque le Prêtre met le vin et l'eau dans le Calice. O Dieu, qui par un miracle de votre toute-. puissance avez créé l'homme dans un si noble état, et qui l'avez rétabli dans sa dignité par une plus grande merveille, faites- nous la grâce, par le mystère de cette eau et de ce vin, d'avoir un jour part à la divinité de celui qui a daigné se revêtir de notre humanité: Jésus- Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne dans tous les siècles. Oblation du Calice. Seigneur, nous vous offrons le calice du salut, suppliant votre bonté de le faire monter en odeur de suavité en présence de votre divine Majesté, pour notre salut et celui de tout le monde. Ainsi soit- il. Nous nous présentons devant vous, Seigneur, avec un esprit d'humilité et un cœur contrit: recevez- nous, et faites que notre sacrifice s'accomplisse aujourd'hui devant vous d'une manière qui vous le rende agréable, ô Seigneur notre Dieu! Venez, sanctificateur tout- puissant, Dieu éternel, et bénissez ce sacrifice préparé pour la gloire de votre saint nom. 64 Lorsque le Prétre se lave les mains. Vous ne voulez pas, ô mon Dieu, que le sacrifice du corps et du sang de votre Fils vous soit présenté par des mains impures. Lavez- nous donc dans le sang de cet Agneau sans tache, afin que notre offrande vous soit agréable. Le Prétre s'incline et dit: Recevez, Trinité sainte, cette oblation que nous vous offrons en mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus- Christ Notre- Seigneur, et en l'honneur de la bienheureuse Marie toujours Vierge, de saint Jean- Baptiste, des Apôtres saint Pierre et saint Paul, et de tous les autres Saints, afin qu'elle soit à leur honneur et pour notre salut, et aussi afin qu'ils daignent dans les cieux intercéder pour nous, qui renouvelons leur mémoire sur la terre; par le même Jésus- Christ Notre- Seigneur. Ainsi soit- il. Le Prétre baise l'Autel et dit: ORATE FRATRES. Priez, mes frères, afin que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout- puissant. On répond: R. Que le Seigneur reçoive, par vos mains, ce sacrifice, pour l'honneur et la gloire de son nom, pour notre utilité particulière, et pour le bien de toute son Eglise sainte. R. Suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis ad laudem et gloriam nominis sui, ad utilitatem quoque nostram totiusque Ecclesiæ suæ sanctæ. Le Prétre dit: Amen, et la Secrète. PRÉFACE. . Dans tous les siècles des sæculorum.-. Amen. Per omnia sæcula siècles.- R. Ainsi soit- il. y. Dominus vobiscum. -. Et cum spiritu tuo. y. Sursum corda. R. Habemus ad Dominum. 7. Gratias agamus Domino Deo nostro. R. Dignum et justum est. 65 y. Que le Seigneur soit avec vous.-R. Et avec votre esprit. 7. Elevez vos cœurs. R. Nous les tenons élevés vers le Seigneur. . Rendons grâces au Sefgneur notre Dieu. R. Cela est juste et raisonnable. Il est véritablement juste et raisonnable, il est équitable et salutaire de vous rendre grâces en tout temps et en tout lieu, ô Seigneur, Père saint, Dieu tout- puissant et éternel, par Jésus- Christ Notre- Seigneur: c'est par lui que les Anges louent votre Majesté. que les Dominations l'adorent, que les Puissances la craignent et la révèrent, et que les cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins célèbrent ensemble votre gloire avec des transports de joie. Nous vous prions de recevoir nos voix, que nous unissons avec les leurs, pour chanter avec eux, humblement prosternés devant vous: SANCTUS, SANCTUS, SANCTUS, Dominus, Deus Sabaoth. Pleni sunt coeli et terra gloriâ tuâ: Hosanna in excelsis. Benedictus qui venit in nomine Domini: Hosanna in excelsis. SAINT, SAINT, SAINT, est le Seigneur, le Dieu des armées; votre gloire_remplit le ciel et la terre: Hosanna, salut et gloire au plus haut des cieux. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur: Hosanna, salut et gloire au plus haut des cieux. Après le Sanctus. Père éternel, Dieu de miséricorde, conservez et gouvernez votre Eglise; sanctifiezla et répandez- la par toute la terre; unissez tous ceux qui la composent dans un même esprit et un même cœur. Bénissez notre saintpère le Pape, notre Evêque, notre Pasteur, 66 nos supérieurs temporels et tous ceux qui sont dans la foi de votre Eglise. Au premier Memento. Souvenez- vous, Seigneur, de mes parents, de mes amis, de mes bienfaiteurs; donnezleur part aux mérites de ce divin sacrifice, et comblez- les de vos bénédictions en ce monde et en l'autre. Avant la Consécration. Ce qui se passe sur l'autel, ô mon Sauveur, me représente ce qui s'est passé sur le Calvaire. Vous y avez souffert la mort, et la mort ignominieuse de la croix. Quels doivent être mes sentiments au souvenir de ce sanglant spectacle! La foi m'apprend que c'est moi qui en suis la cause. Oui, Seigneur, ce sont mes péchés qui vous ont immolé à la justice de votre Père. Vous êtes mort pour m'en obtenir le pardon, et pour me délivrer de la mort éternelle que j'avais méritée. Faites que je n'oublie jamais un si grand bienfait. Faites que je cesse d'être pécheur, et que je ne vive plus que pour vous. A l'élévation de la sainte Hostie. O Jésus! mon Sauveur, vrai Dieu et vrai homme, je crois que vous êtes réellement présent dans cette sainte hostie, et je vous y adore de tout mon cœur. A l'élévation du Calice. O précieux Sang! qui avez été répandu pour la rémission de mes péchés, je vous adore. Faites, Seigneur, que je sois toujours prêt à répandre mon sang pour votre gloire. 67 Lorsque le Prétre a remis le Calice sur l'Autel. Je suis maintenant au pied de votre croix, ô mon Sauveur! que je sois assez heureux pour profiter des exemples que vous m'y donnez! Vous pardonnez à ceux qui vous ont fait mourir! Après un tel excès de bonté, conserverai- je du ressentiment contre mon prochain? refuserai- je de faire du bien à ceux qui m'ont offensé?... Vos souffrances sont sans bornes; puis- je être votre disciple, et chercher toutes mes consolations?... Vous supportez toutes ces souffrances sans vous plaindre; puis- je murmurer et manquer de patience au milieu des afflictions que vous voulez bien m'envoyer? Au second Memento. Souvenez- vous, Seigneur, des âmes qui souffrent dans le purgatoire, et particulièrement de celles pour qui je suis le plus obligé de prier. Achevez de leur faire miséricorde, et accordez- leur la paix et la gloire que vous leur avez méritées par le sacrifice de votre croix. Au Nobis quoque peccatoribus. Nous sommes pécheurs, ô mon Dieu! et par conséquent indignes d'avoir part à votre royaume. Nous espérons cependant en la grandeur infinie de vos miséricordes, et nous vous supplions, par les mérites de votre Fils, de nous rendre participants de cette gloire dont vous comblerez les Saints pendant toute l'éternité. A ces paroles: omnis honor et gloria. Oui, Seigneur, vous méritez tout honneur, toute louange, tout amour, toute obéissance: Univ.- Bibl. Giessen 68 pour nous, nous ne méritons que la honte, le mépris et la confusion. Le Prétre: Dans tous les siècles des siècles. R. Ainsi soit- il. PRIONS. Instruits par les commandements salutaires de JésusChrist, et suivant la règle divine qu'il nous a donnée, nous osons dire: NOTRE PÈRE..... Dans tous les siècles des siècles. R. Ainsi soit- il. y. Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous. R. Et avec votre esprit, Per omnia sæcula sæculorum. R. Amen. Après le Pater. Vous êtes mon protecteur, ô mon Dieu, au milieu de toutes les épreuves; défendez- moi contre le péché; donnez- moi la paix de la bonne conscience, afin que rien ne me trouble et ne me détourne de votre service. Le Prêtre: Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.( Deux fois.) OREMUS. Præceptis salutaribus moniti, et divinâ institutione formati, audemus dicere: PATER NOSTER. Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde. donnez- nous la paix. Per omnia sæcula sæculorum. R. Amen. y. Pax Domini sit semper vobiscum. R. Et cum spiritu tuo. Le prétre méle dans le Calice une petite partie de l'Hostie qu'il a rompue en trois, et dit: Que ce mélange et cette consécration du corps et du sang de Notre- Seigneur JésusChrist, que nous allons recevoir, nous procurent la vie éternelle. Ainsi soit- il. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.( Deux fois.) Agnus Dei, qui tollis peccata mundí, dona nobis pacem. 69 Après l'Agnus Dei. Oui, Seigneur, donnez- nous la paix, cette paix sans laquelle vous nous défendez d'approcher de votre autel. Vous ne répandez vos grâces que sur ceux qui sont unis entre eux par la charité: donnez- nous donc, ô mon Dieu, cette charité. Faites que nous nous aimions les uns les autres. Faites que nous ne soyons tous ensemble qu'un même cœur et un même esprit. Le Prétre, avant de communier, dit trois fois: Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi; mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie. Domine, non sum dignus ut íntres sub tectum meum; sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea. Si l'on communie, on trouvera des prières pour la Communion, ci- après, p. 80. Quand on ne communie pas, faire un acte de foi vive en la présence réelle de Notre- Seigneur JésusChrist dans la sainte Hostie, et dire ensuite, après le Domine, non sum dignus: Non, mon Dieu, je ne suis pas digne que vous entriez en moi. Que n'ai- je assez de pureté pour vous recevoir tous les jours! Mais, puisque mes péchés et les embarras de cette vie m'en empêchent, souffrez au moins que je vous reçoive d'esprit et de cœur. Que votre grâce descende donc en moi, ô mon Dieu, qu'elle efface mes iniquités de plus en plus, qu'elle me détache de l'amour des créatures, et qu'elle me fasse vivre de telle sorte que je puisse bientôt m'unir à vous, et vous recevoir réellement dans la communion. Aux dernières Oraisons. Vous venez, ô mon Dieu, de vous immoler pour mon salut; je veux me sacrifier pour 70 votre gloire. J'accepte de bon cœur toutes les croix qu'il vous plaira de m'envoyer; je les bénis, je les reçois de votre main, et je les unis à la vôtre. J'ai assisté, ô mon Sauveur, à votre divin sacrifice, vous m'y avez comblé de vos faveurs. Je fuirai avec horreur le péché et les occasions du péché, surtout de celui où mon penchant m'entraîne avec plus de violence. Je serai fidèle à votre loi, et je suis résolu de tout perdre plutôt que de la violer. A la Bénédiction du Prétre. Que la bénédiction que donne votre ministre soit un signe de celle que vous voudrez bien me donner, mon Dieu. Que j'y trouve de la consolation dans mes peines, du courage dans mes travaux, de la constance dans ma foi, de la fermeté à m'acquitter de tous mes devoirs, afin qu'après avoir vécu comme vous voulez que je vive, je puisse recevoir la récompense que vous promettez à vos serviteurs dans le ciel. Evangile selon saint Jean. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui. Dans lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean: il vint pour servir de témoin et rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt, et sine ipso factum est nihil quod factum est. In ipso vita erat, et vita erat lux hominum; et lux in tenebris lucet, et tenebræ eam non comprehenderunt. Fuit homo missus à Deo, cui nomen erat Joannes. Hic venit in testimonium ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crede rent per il 71 lum. Non erat ille lux, sed| n'était pas la lumière; mais ut testimonium perhiberet il était venu pour rendre de lumine. Erat lux vera témoignage à la lumière. La quæ illuminat omnem ho- vraie lumière était celle qui minem venientem in hunc illumine tout homme venant mundum. In mundo erat, dans ce monde. Il était dans et mundus per ipsum fac- le monde, et le monde a été tus est, et mundus eum fait par lui, et le monde ne non cognovit. In propria l'a pas connu. Il est venu dans venit, et sui eum non re- son propre héritage, et les ceperunt. Quotquot au- siens ne l'ont pas reçu, mais tem receperunt eum, de- il a donné le pouvoir d'être dit eis potestatem filios faits enfants de Dieu à tous Dei fieri, his qui credunt ceux qui l'ont reçu; à ceux in nomine ejus, qui non qui croient en son nom, qui ex sanguinibus, neque ex ne sont pas nés du sang, ni voluntate carnis, neque de la volonté de la chair, ex voluntate viri, sed ex ni de la volonté de l'homme, Deo nati sunt. ET VERBUM mais de Dieu même: ET LE CARO FACTUM EST, et VERBE S'EST FAIT CHAIR, et habitavit in nobis; et vi- il a habité parmi nous, plein dimus gloriam ejus( glo- de grâce et de vérité; et riam quasi Unigeniti à nous avons vu sa gloire, qui Patre) plenum gratiæ et est la gloire du Fils unique veritatis. du Père. R. Deo gratias. R. Rendons grâces à Dieu. Prière après la Messe. Je vous remercie, ô mon Dieu! de la grâce que vous m'avez faite d'assister à la sainte Messe. Pardonnez- moi les distractions et les froideurs que j'ai eues pendant une action qui demande toute l'attention de mon esprit et toute la ferveur de mon cœur. Que les agitations du monde au milieu duquel je vais rentrer ne me fassent pas perdre le fruit de ce divin Sacrifice, ni oublier les saintes pensées que vous m'avez inspirées et les pieuses résolutions que vous m'avez fait prendre. Ainsi soit- il. 72 EXERCICES POUR LA CONFESSION. Dispositions nécessaires pour le sacrement de Pénitence. La CONTRITION est la plus indispensable de ces dispositions: c'est une douleur de l'âme et une détestation des péchés, au moins mortels, que l'on a commis, avec une ferme résolution de n'en plus commettre à l'avenir. Sans la contrition, Dieu ne pardonne jamais à personne. Il faut: 1° que cette douleur soit intérieure; il ne suffit donc pas de réciter une formule d'acte de contrition; il faut qu'on ait une vraie peine de cœur d'avoir péché. 2° Il faut que cette douleur soit surnaturelle, c'est- à- dire excitée par le Saint- Esprit et fondée sur des motifs suggérés par la Foi. Ainsi, quand on ne déteste le péché que parce qu'il a causé quelque malheur temporel un châtiment, une maladie, une perte de biens, ce n'est point là une contrition suffisante pour en obtenir le pardon; mais il faut se repentir en vue de Dieu, parce que le péché offense Dieu. On peut s'exciter à ce repentir en réfléchissant sur le châtiment qu'on mérite par le péché mortel: la perte du paradis... l'enfer... On doit aussi considérer qu'en péchant on a offensé un Dieu qui est notre souverain Maître, auquel nous devons obéir... un Dieu infiniment bon, notre créateur, notre Père... un Dieu sauveur, qui nous a rachetés au prix de tout son sang. La contrition parfaite est la douleur d'avoir offensé Dieu parce qu'en lui- même il est infiniment parfait, infiniment digne de notre 73 amour; cette contrition, jointe au désir du Sacrement, quand on ne pourrait le recevoir, réconcilie par elle- même le pécheur avec Dieu. Tels sont les motifs sur lesquels il faut réfléchir sérieusement, pour exciter dans son cœur la vraie douleur du péché, sans laquelle Dieu ne pardonne point. 3º Il faut que cette douleur du péché mortel soit souveraine, c'est- à- dire la plus grande de toutes les douleurs; car le péché mortel est le plus grand de tous les maux, en ce qu'il offense Dieu et nous fait le plus grand de tous les torts; on doit donc en être affligé plus que de tous les maux du monde. La conduite du pénitent fait souvent connaître si sa douleur est souveraine. 4° Il faut que cette douleur soit universelle, c'est- à- dire qu'elle s'étende à tous les péchés mortels que l'on a commis: s'il en est un seul dont on n'ait pas cette vraie contrition, Dieu ne pardonne ni celui- là ni les autres, car un seul péché mortel mérite et attire l'inimitié de Dieu. 5° Il faut avoir une ferme résolution pour l'avenir de mourir plutôt que de commettre ancun péché mortel; sans cela point de pardon. Si l'on n'a pas cette résolution, c'est une preuve qu'on n'a pas la vraie douleur; car lorsqu'on est souverainement fâché d'une faute, on est décidé à n'y plus retomber, pour quelque raison que ce puisse être. Si cette résolution est ferme, on quitte, dès qu'on le peut, toutes les occasions prochaines du péché mortel, parce que quiconque s'y expose volontairement, pèche, et veut encore pécher; il s'opère un changement de vie tout à la fois intérieur et extérieur; on satisfait le plus tôt possible à la justice de Dieu par les 74 pénitences et les bonnes œuvres, et l'on répare les torts qu'on a faits au prochain. 5° Il faut enfin confesser ses péchés, du moins les mortels, à un prêtre approuvé par l'évêque légitime, et il n'y a d'évêque légitime que celui qui est institué par N. S. P. le Pape, le chef de l'Eglise, et qui lui demeure uni. Il faut accuser humblement à ce prêtre tous ses péchés, sans en cacher un seul mortel, déclarer leur nombre et, au moins, les circonstances qui en changent l'espèce, et, pour cela, examiner sa conscience avec beaucoup de soin: alors le prêtre, ministre de Jésus- Christ, peut juger, d'après les dispositions du pénitent, s'il doit remettre ou retenir les péchés. PRATIQUES POUR LA CONFESSION. Pour vous bien préparer à la confession, retirezvous à part, et mettez- vous en la présence de Dieu par un acte d'adoration. Pensez que cette confession peut être la dernière de votre vie, et demandez à Dieu la grâce de connaître vos péchés. Prière pour demander la grâce de connaître ses péchés. Esprit saint, source de lumière, daignez répandre un de vos rayons dans mon cœur; venez m'aider à connaître mes péchés. Montrez- les- moi, Seigneur, aussi distinctement que je les connaîtrai quand, au sortir de cette vie, il me faudra paraître devant vous pour être jugé. Faites- moi connaître, ô Dieu saint, et le mal que j'ai fait, et le bien que j'ai omis. Faites- moi voir le nombre et la grandeur de mes offenses; faites que je sache combien de fois, jusqu'à quel point j'ai offensé le prochain, et les fautes que j'ai 75 commises contre les devoirs de mon état. Mère de mon Sauveur, qui êtes si charitable envers les pécheurs qui désirent se repentir, assistez- moi de votre secours.- Mon saint Ange, aidez- moi à connaître mes péchés. Mes saints Patrons, Saints et Saintes du Paradis, priez pour moi. Je vous offre, ô Jésus, mon Sauveur! l'examen que je vais faire avec votre sainte grâce. Examen de conscience. 10 En vous examinant, ne mettez pas sur votre compte tous les péchés que vous trouvez dans les livres ne vous attribuez que ceux que vous reconnaitrez avoir commis. Examinez- vous principalement sur les prières, l'omission de la messe le dimanche, le blasphème, l'impureté, l'ivrognerie. 20 Faites attention au nombre de vos fautes. Il faut tâcher de l'indiquer, si on peut, d'une manière precise, du moins à peu près en désignant telle faute par an, telle autre par mois, telle autre par semaine ou par jour, selon que l'habitude est plus ou moins invétérée. Confessions et Communions précédentes. Avoir négligé de s'examiner, l'avoir fait superficiellement; avoir reçu l'absolution sans un vrai regret du passé, sans un ferme propos pour l'avenir; avoir cache, déguisé quelque faute, par honte ou par malice; avoir omis ou mal fait la pénitence sacramentelle; avoir communié sans préparation, sans respect, par des motifs purement humains, ou même vicieux, avec des inquiétudes bien fondées, en état de péché mortel; avoir négligé l'action de grâces après la confession ou la communion. Premier commandement. La Foi. Doutes volontaires touchant les vérités de la foi; paroles, discours contre la foi ou contre les choses de la religion; railleries sur les personnes et choses saintes; lire, garder chez soi ou prêter des livres défendus, herétiques, impies, etc.; négliger de s'instruire de sa religion. L'Esperance. Se défier de la Providence pour les choses temporelles; désespérer d'obtenir le pardon de ses péchés 76 ou les gràces nécessaires pour se corriger; présumer de la bonté divine, en péchant par l'espérance du pardon ou en différant sa conversion jusqu'à la mort. La Charité. Négligence à empêcher le mal quand on le doit et qu'on le peut; pécher par respect humain; se vanter des péchés qu'on a commis, ou même du mal qu'on n'a pas fait. La Religion. Omettre ses devoirs de piété ou s'en acquitter mal; passer un temps considérable sans prier, commettre des irrévérences dans l'église. Pensées, désirs, postures immodestes, discours, sommeil, distractions volontaires Ajouter foi à des pratiques superstitieuses, y avoir recours. Deuxième commandement. Faire des serments pour affirmer des choses fausses ou peu importantes, ne pas accomplir ce qu'on a promis avec serment; prendre le nom de Dieu en vain; blasphèmes ou paroles injurieuses à Dieu, en disant qu'il n'est pas bon, qu'il n'est pas juste; imprécations, malédictions, contre soi- même ou contre d'autres; manquer ou différer d'accomplir ce qu'on a promis par vœu. Troisième commandement. Manquer à la messe les jours de dimanches et de fêtes; y arriver trop tard par sa faute; y être distrait volontairement pendant un temps considérable ou durant les principales parties du saint sacrifice; y distraire les autres. Négliger les instructions, les offices de l'Eglise, la pratique des bonnes œuvres. Travailler ou faire travailler sans cause légitime les jours de dimanches et de fêtes d'obligation. Quatrième commandement. Désobéir à ses parents ou à ses supérieurs; les faire mettre en colère ou jurer; les mépriser intérieurement; leur manquer de respect à l'extérieur par son ton, ses manières, ses paroles; s'en moquer ou dire du mal d'eux; conserver contre eux des sentiments de haine; se réjouir du mal qui leur arrive; leur en désirer; les menacer, les frapper; négliger d'assister ses parents, de leur faire recevoir les derniers sacrements. • Cinquième commandement. Haine, aigreur, aversion, colère, désirs de vengeance ( déclarer si ces sentiments ont été volontaires; s'ils ont dure; s'ils ont paru au dehors; si c'est contre des supérieurs); faire du mal à son prochain par esprit de vengeance ou autrement, refuser de pardonner à ses en-/ nemis, se disputer, se quereller, s'injurier, se battre, se 77 battre ou être témoin en duel; blesser, donner la mort; approuver le mal ou le conseiller aux autres; les détourner de la pratique de leurs devoirs par railleries ou par mauvais conseils. Sixième et neuvième commandements. Pensées déshonnétes volontaires, s'y arrêter négligemment, y prendre plaisir, soit qu'on désire de faire le mal qu'on pense, soit qu'on n'en ait aucun désir, soit que l'on s'en tienne à une simple complaisance. Paroles: dire ou entendre avec plaisir des paroles sales ou à double sens; chanter ou écouter des airs dissolus; entretenir des conversations trop libres et trop familières. Regards: considérer par curiosité et par sensualité des objets dangereux, comme de mauvais tableaux, etc.; aller ou mener les autres aux assemblées criminelles ou dangereuses; s'exposer à l'occasion de pécher ou la donner aux autres, comme lire ou prêter de mauvais livres, etc. Actions prendre ou permettre des libertés criminelles; jouer à des jeux indécents, dangereux, etc. ( Il faut, en cette matière, tout exprimer le plus modestement qu'il se peut; bien examiner ce qui est volontaire ou ce qui ne l'est pas, ce qui est réfléchi ou consenti, ou ce qui est de pure négligence; le nombre des actes, le temps que l'habitude a duré, l'occasion qu'on y a donnée; avec qui on a péché ou désiré de pécher, sans toutefois nommer personne; enfin, ne pas craindre de donner et de demander au confesseur toutes les explications nécessaires; la seule répugnance à s'expliquer dans le détail est une raison pour ne rien omettre.) Septième et dixième commandements. S'approprier, garder ou désirer injustement le bien d'autrui( expliquer ce qui a été pris, et, s'il est nécessaire, à qui, dans quel lieu); tromper dans les contrats, les marchés ou les jeux; participer à l'injustice d'autrui, la conseiller, recéler ce qui a été dérobé. Détériorer ou gåter le bien d'autrui; ne pas travailler à réparer ses injustices ou différer de le faire. Huitième commandement. Faux témoignages, déclaration des secrets ou des fautes d'autrui, rapports inutiles, vrais ou faux, semences de division. Médisances ou calomnies, faites ou entendues, non empêchées( il faut dire par quel motif: légèreté, esprit de vengeance, jalousie; devant combien de personnes; si ces médisances ou calomnies sont de consequence ou préjudiciables; si on a táché de réparer le tort qu'elles avaient fait à la réputation du prochain). Mensonges joyeux, officieux, pernicieux. 78 Commandements de l'Eglise. Ne pas observer les abstinences, les jeunes de l'Eglise, quand on y est obligé, engager les autres à les violer; omettre la confession et la communion pascales. Péchés capitaux. Orgueil. S'estimer trop; parler avantageusement de soi; rechercher les honneurs, avoir du mépris pour les autres; hypocrisie, modestie affectée. Avarice. Ne pas faire des aumônes selon son pouvoir. S'attacher trop aux biens de la vie, se passionner pour le jeu. Impureté. Voyez 6e et 9e commandements. Envie. Etre fâché du bien, du mérite et des succès des autres; se réjouir du mal qui leur arrive. Gourmandise. Rechercher ce qui flatte la sensualité; manger ou boire avec excès, y exciter les autres. Colère. Voyez le 5e commandement. Paresse. Négliger la fréquentation des sacrements, la prière, la parole de Dieu, la pratique des devoirs de son état; perdre un temps considérable dans l'oisiveté, le jeu. Après que vous vous serez examiné soigneusement pendant quelque temps, excitez- vous à une vraie contrition, à un sincère et ferme propos de ne plus pécher. Acte de Contrition. Quelle confusion pour moi, ô mon Dieu, de tomber si souvent, si facilement dans les mêmes fautes, et après tant de promesses! Pardon, Seigneur, de la multitude et de la grièveté de mes offenses! Pardon pour tous les péchés de ma vie! Je les déteste, parce qu'ils m'ont tant de fois exposé à brûler en enfer..... à perdre pour toujours ce beau ciel pour lequel vous m'avez créé. Hélas! si j'étais mort à tel jour, à telle heure, à tel endroit, où serais- je maintenant? Je les déteste à cause de votre grandeur et de votre majesté, contre laquelle je me suis insolemment révolté. Ver de terre, vil néant que je suis, j'ai osé vous offenser, vous offenser 79 en votre présence, vous, mon Dieu, mon souverain maître, mon juge, tandis que vous me teniez suspendu par un fil au- dessus de l'abîme! Je les déteste à cause de votre bonté infinie. J'ai offensé le Dieu qui m'a créé, qui me conserve, qui me nourrit, en abusant contre lui de ses propres bienfaits. J'ai offensé le meilleur des pères, qui m'a tant de fois pardonné, et cela pour un vil plaisir d'un moment... J'ai renouvelé les souffrances de mon Sauveur, j'ai ouvert toutes ses plaies, j'ai arraché son sang de ses veines, je lui ai donné le coup de la mort, j'ai percé son cœur, ce cœur qui ne respirait qu'amour pour moi. Quelle ingratitude! Pardon, ô mon Dieu..... O Jésus, plutôt mourir que de vous crucifier de nouveau par le péché... O Marie! mon espérance, demandez grâce pour moi. Ainsi soit- il. Acte de bon propos. C'en est fait, mon Dieu, je ne veux plus vous offenser. Je veux vous aimer. Oui, vous êtes le Dieu de mon cœur; régnez- y en souverain. Je renonce pour toujours au péché, parce qu'il vous offense. Je suis dans la ferme résolution de ne le plus commettre. Mais, mon Dieu, vous connaissez ma faiblesse, daignez me fortifier. O Jésus, qui me donnez cette bonne volonté, affermissez- la de telle sorte que, quelques occasions qui se présentent, quelques tentations qui m'attaquent, jamais je ne me sépare de votre grâce et de votre amour. Ainsi soit- il. Approchez du confessionnal avec recueillement et humilité, et après avoir fait le signe de la croix, dites: Bénissez- moi, mon Père, parce que 80 j'ai péché; ensuite récitez Je confesse à Dieu jusqu'à c'est ma faute. Dites alors depuis quel temps vous ne vous êtes confessé, si vous avez reçu l'absolution, si vous avez accompli la pénitence qui vous avait été imposée. Déclarez ensuite tous les péchés dont vous vous sentez coupable. Vous terminerez ainsi votre confession: Je m'accuse de tous ces péchés, de tous ceux dont je ne me souviens pas, de tous ceux de ma vie passée, et en particulier de N.( Il est utile d'accuser certains péchés de sa vie passée pour én obtenir une rémission plus entière, et surtout lorsqu'on n'a accusé que des fautes légères dont on n'aurait pas assez de douleur.) J'en demande pardon à Dieu, et à vous, mon père, la pénitence et l'absolution, si vous le jugez à propos. Dites ensuite le reste du Confiteor depuis c'est ma faute. Écoutez avec respect et attention les avis du confesseur, surtout la pénitence qu'il vous imposera, et enfin, quand il commencera de réciter la formule de l'absolution, récitez votre acte de contrition du fond du cœur, plus encore que de bouche( p. 51). Après la confession, remerciez Dieu de la grâce qu'il vous a faite; puis, renouvelez votre bon propos( p. 79). Imaginez- vous que Jésus vous dit ces mots de l'Évangile: Vous voilà guéri; gardezvous de retomber, de peur qu'un plus grand mal ne vous arrive. Ensuite, faites votre pénitence avec toute la dévotion possible. Demandez au Seigneur la gràce de tenir vos promesses, et mettez- les sous la protection de la sainte Vierge en disant le Souvenez- vous( p. 99) et le Sub tuum præsidium ( p. 183). On peut encore réciter avec fruit le Miserere( p. 189) et le De profundis( p. 190). EXERCICES POUR LA COMMUNION. Si vous ne mangez la chair du Fils de l'Homme, dit Jésus- Christ, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. 81 Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui; car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang vraiment un breuvage( Joan. VI). Ainsi, d'après Jésus- Christ, s'éloigner de la sainte table, c'est s'éloigner de la vie. L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de la parole de Dieu et de la sainte Eucharistie. Cependant, comme cet ordre de Jésus- Christ de manger sa chair, quelque formel qu'il soit, ne désigne pas les époques précises de la vie où il y a obligation de s'approcher de la sainte table, l'Eglise, interprète fidèle de ses volontés, a voulu que tous les chrétiens reçussent leur Dieu au moins une fois l'année, et aussi au moment de la mort, comme viatique ou provision de voyage Ton Créateur tu recevras, au moins à Pâques humblement. Voici trois mots que je vous prie de bien méditer. Communier, rien n'est plus glorieux, rien n'est plus doux, rien n'est plus avantageux. C'est que, dans la Communion, l'homme s'unit intimement à Dieu; et Dieu est la source de tous les biens. Aussi ne devez- vous pas vous contenter d'une seule Communion par an, réitérez plusieurs fois cette sainte action. Mais il ne suffit pas de communier, il faut bien communier. Préparez- vous- y donc par une sincère confession, par une véritable contrition, par un notable changement de vie. La veille de ce jour heureux, dites de cœur, de temps en temps: Quelle faveur, mon Dieu! quelle bonté, que vous daigniez vous donner à un pécheur comme moi! Endorinez- vous le soir, et éveillezvous le matin dans la pensée de votre communion. Entendez la messe avec toute la dévotion dont vous serez capable, ranimez votre foi par la récitation des actes suivants. 4. 82 ACTES AVANT LA COMMUNION. Acte de Foi. Mon Seigneur Jésus- Christ, je crois fermement que c'est votre Corps et votre Sang précieux qui est au très- saint Sacrement de l'autel... le même corps que vous avez pris dans le sein de la très- sainte Vierge... que vous avez offert sur la croix, et qui est ressuscité glorieux... Oui, je crois que ce qui est caché sous les espèces de ce Sacrement, c'est le vrai Fils de Dieu, le Maître et le Seigneur de tout l'univers, le Juge des vivants et des morts, celui qui me jugera, qui me fera rendre un compte exact de cette communion que je vais faire. Acte d'Humilité. Qui suis- je, ô Dieu de gloire et de majesté, qui suis- je, pour que vous daigniez jeter les yeux sur moi? D'où ne vient cet excès de bonheur, que mon Seigneur et mon Dieu veuille venir à moi, moi pécheur, moi ver de terre, moi plus misérable que le néant, approcher d'un Dieu aussi saint! manger le pain des anges! me nourrir d'une chair divine!... Ah! Seigneur, je ne le mérite pas, e n'en serai jamais digne. Acte de Contrition. O mon Dieu, puis- je oublier la multitude et l'énormité de mes fautes? Est- ce un pécheur tel que je suis que vous invitez à approcher de vous?... Ah! si j'ai été pécheur, je suis maintenant pénitent: j'ai une extrême douleur de vous avoir offensé, vous qui êtes la bonté infinie, vous qui m'avez toujours comblé de bienfaits; je renonce à tout ce qui 83 vous déplaît: comment pourrais- je aimer ce que vous haïssez? Sur le point de recevoir de vous une si grande grâce, aurais- je le cœur de vous donner le baiser du perfide Judas, et, comme lui, de me saisir de votre personne pour vous livrer à vos ennemis? Plutôt mourir, mon Dieu, plutôt mourir que de jamais commettre un seul péché mortel! Fortifiez- moi dans cette résolution, et donnez- moi, pour l'accomplir, tous les secours qui me sont nécessaires. Acte d'Amour. 0 mon Dieu, non- seulement vous m'avez aimé le premier, mais vous m'avez aimé jusqu'à l'excès, et vous êtes près de m'en donner la preuve la plus grande. Après cela, puis- je ne vous pas aimer?... Et quelle mesure doit avoir mon amour pour vous, sinon de vous aimer sans mesure!... Oui, je vous aime, mon Dieu, plus que toutes les choses du monde, puisque rien au monde n'est comparable à vous; et je proteste que désormais rien ne sera capable de me séparer de votre charité, moyennant votre sainte grâce Acte de Confiance. Après cela, ô mon Dieu, il me semble que je puis m'approcher de vous avec quelque confiance. Je ne vous regarderai plus comme un juge terrible, vengeur du péché, mais comme un père charitable qui tend les bras à son enfant; comme un médecin plein de compassion qui veut guérir un pauvre malade, comme un pasteur qui conduit ses brebis dans les pâturages les plus abondants. Pourquoi, mon âme, être dans la tristesse? pourquoi t'abandonner à la douleur? Tes pé 84 chés t'épouvantent, tes passions t'humilient, tes ennemis t'affligent; mais espère en Dieu, qui ne te rejette pas, et qui veut être encore ton salut.- Vous me recevrez donc, Seigneur, et je vivrai, et vous ne permettrez pas que je sois trompé dans mon espérance: vous serez ma force contre mes tentations, ma victoire contre mes passions, etc. Acte de Désir. Comme un cerf altéré soupire après les sources d'eau vive, ainsi mon âme vous désire, ô mon Dieu! vous êtes le seul rafraîchissement qu'elle puisse recevoir dans l'ardeur qui la presse! Qu'est- ce que j'attends dans le ciel, qu'ai- je à désirer sur la terre, sinon vous, qui êtes le Dieu de mon cœur, et mon partage pour l'éternité? C'est après vous que je soupire, mon souverain bien, ma joie et ma félicité éternelle. Ne me cachez donc pas votre visage; venez, Seigneur, et ne tardez pas; venez me visiter dans votre miséricorde. Venez, Seigneur! ACTES APRÈS LA COMMUNION. A ce moment où Jésus- Christ habite corporellement en vous, regardez- vous comme le tabernacle où réside le Saint des Saints; arrêtez par cette pensée toutes les distractions de votre esprit; tenez- vous dans le plus grand recueillement, et ne manquez jamais de prier pendant quelque temps après la messe. Les Actes qui suivent vous aideront à vous entretenir avec Dieu. Acte d'Adoration. Il est done vrai que celui que le monde entier ne saurait renfermer repose maintenant dans mon cœeur!...- Je vous ai désiré, ô mon Dieu! et vous êtes en moi. Je vous ai 85 appelé, et vous avez dit: Me voici. Vous avez abaissé les cieux, et vous êtes descendu..... Je vous adore, Dieu de majesté, avec tout le respect dont je suis capable; et parce que tout ce que je puis vous offrir est peu de chose pour vous, je vous offre toutes les adorations que vous recevez des Anges et des Saints dans le ciel, et toutes celles que vous recevez des âmes justes sur la terre. Je proclame avec eux que vous êtes le Roi immortel, à qui seul est dû tout honneur et toute oire dans les siècles des siècles!... Que toutes les créatures vous la rendent, ô mon Dieu, cette gloire qui vous est si légitimement due. Acte de Remerciment. Que mon âme glorifie le Seigneur: il a regardé ma bassesse, il a signalé en moi ses miséricordes, il a fait paraître la puissance de son bras, il a rempli le pauvre de biens... - J'étais ce pauvre, 6 mon Sauveur; mais en vous recevant, je suis devenu riche, et c'est de ce bien infini que je vous rends grâces!... Recevez, ô mon Dieu, toute ma reconnaissance: mon cœur vous en dit plus que toutes mes paroles; et dans l'impuissance où je suis de vous en exprimer tous les sentiments, ma consolation est que vous les connaissiez, vous qui sondez le fond des cœurs. Acte d'Offrande. Que rendrai- je au Seigneur pour tous les biens que j'ai reçus de lui? Puis- je faire moins que de me donner moi- même à celui qui s'est donné tout entier à moi!...- Je vous offre mon corps, mon âme, ma vie, ma santé, et tout ce que j'ai de plus cher, pour être consacré à votre gloire. Disposez- en selon 86 votre bon plaisir, comme de choses qui vous appartiennent; et ne souffrez pas, ô mon Dieu, que je retranche jamais rien de cette offrande que je vous fais. Hélas! il y a tant de temps que vous me sollicitez de me donner à vous, et j'avais toujours été retenu par l'affection à mes péchés; mais, ô mon Dieu, je ne résiste plus, et je consens que vous preniez une pleine possession de mon cœur. Protestation de Fidélité. J'ai résolu et j'ai juré, ô mon Dieu, de garder les ordonnances de votre loi. Qui pourra me séparer de vous, après m'être uni à vous si étroitement? Non, ni la mort ni la vie, ni la prospérité ni l'adversité, ni la grandeur ni l'abaissement, ni quelque créature que ce soit ne me séparera jamais de vous, ô mon Jésus! Ce n'est point, mon Dieu, par un esprit de présomption que je parle ainsi: je connais ma misère et mon néant, et je sais que si vous m'abandonniez à moi- même, je tomberais dans l'abîme de mes désordres mais uni à vous par votre Sacrement, j'ai droit de m'élever au- dessus de moi- même, et de me promettre que, tout inconstant et tout fragile que je suis, je persévérerai dans votre amour et dans la possession de votre sainte grâce. Acte de Demande. O mon Sauveur, je ne vous demande ni richesses, ni honneurs, ni satisfactions ici- bas; je crains plus la possession de toutes ces choses que je ne la désire; mais je vous demande, ô mon Dieu, votre crainte et votre amour; je vous demande que les yeux qui ont eu le bonheur de vous voir ne s'ouvrent 87 plus pour voir les vanités du siècle; que la langue qui vous a touché ne prononce jamais que des paroles chastes; que le cœur qui vous a reçu ne conçoive jamais de désirs impurs. Purifiez mon corps par la sainteté de votre chair; remplissez mon âme de votre Esprit saint; donnez- moi surtout la victoire sur mes passions, la grâce de quitter mes péchés, et les vertus qui me sont nécessaires. Mais, mon Sauveur, puisque vous m'écoutez lorsque je vous prie ainsi pour moi, permettez- moi de vous prier encore pour les autres; je vous prie donc, ô mon Dieu, pour mes parents, amis, bienfaiteurs, ennemis cachés ou connus; pour ceux à qui j'ai peutêtre été un sujet de scandale et une occasion de vous offenser; pour ceux dont je suis chargé, ou qui sont eux- mêmes chargés de veiller sur ma conduite; enfin, pour tous ceux pour qui vous savez que je suis obligé de m'intéresser. Je vous prie pour toute votre Eglise, pour tous les membres qui la composent; je vous prie pour les Pasteurs qui la gouvernent; pour notre saint Père le Pape, monseigneur l'Evêque, les Prêtres et le Clergé, et spécialement, ô mon Dieu, pour celui de vos ministres à qui vous avez confié le soin de mon âme, et qui est obligé de m'enseigner les voies du salut. Je vous prie aussi pour la France et pour tous ses magistrats; donnezleur votre esprit, Seigneur, afin qu'ils répriment le vice et fassent régner la justice et la vertu. Je vous prie enfin, mon Sauveur, pour les âmes du purgatoire; ne les oubliez pas dans leur affliction, et soyez touché de leurs souffrances; hâtez- vous de les délivrer et de les faire jouir de la gloire et du repos qu'elles désirent et qu'elles attendent de votre misé 88 ricorde; conduisez- les, Seigneur, conduiseznous dans ce bienheureux repos, afin que nous puissions tous ensemble vous louer, vous aimer et vous bénir dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit- il. Prière à Jésus- Christ. Ame de Jésus- Christ, sanctifiez- moi; Corps de Jésus- Christ, sauvez- moi; Sang de Jésus- Christ, purifiez- moi; Eau du côté de Jésus- Christ, lavez- moi; Passion de Jésus- Christ, fortifiez- moi; O bon Jésus, exaucez- moi; Dans vos plaies, cachez- moi; De jamais me séparer de vous, préservez- moi; De l'esprit malin, défendez- moi; D'aller de cette vie à vous, commandez- moi; Et parmi vos élus, accueillez- moi; Afin qu'avec eux je vous glorifie éternellement. Ainsi soit- il. Autre prière. Indulgence plénière applicable aux âmes du Purgatoire pour ceux qui, après s'être confessés et avoir communié, récitent cette prière devant une image du crucifix ( Pie VII, 1821): O bon et très- doux Jésus! je me prosterne a genoux en votre présence, et je vous prie, et je vous conjure avec toute la ferveur de mon âme, de daigner graver dans mon cœur de vifs sentiments de foi, d'espérance et de charité, un vrai repentir de mes égarements, et une volonté très- ferme de m'en corriger, pendant que je considère en moimême et que je contemple en esprit vos cinq plaies avec une grande affection et une grande douleur, ayant devant les yeux ce que disait déjà de vous, ô bon Jésus, le saint roi David:« Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont compté tous mes os.» Pendant le reste de la journée, faites, si vous le pouvez, quelques exercices de piété, quelque prière de plus, ou du moins offrez vos actions pour témoigner au Seigneur Yotre reconnaissance d'un si grand bienfait. 89 PRATIQUES ET PRIÈRES DIVERSES. VISITE AU SAINT- SACREMENT ET A LA SAINTE VIERGE. La foi nous enseigne que Jésus- Christ est réellement sous les espèces eucharistiques, et qu'il demeure sur nos autels, comme sur un trône d'amour et de miséricorde, pour y recevoir nos hommages et nous y distribuer ses gràces et ses faveurs. Aussi, à part la sainte Communion, ii n'est point de dévotion plus agréable à Dieu et plus avantageuse pour nous que celle de le visiter dans son tabernacle. Soyez, autant que vous le pourrez, fidèle à cette pieuse pratique, et vous en recueillerez les fruits les plus précieux. A la visite du saint Sacrement, joignez la visite à Marie dans quelque église, ou au moins devant quelqu'une de ses images: c'est encore là une source de grâces. Prière. Me voici, mon Seigneur et mon Dieu, au pied de cet autel où vous résidez jour et nuit pour moi; vous êtes la source de tous les biens, le médecin de tous les maux, le trésor de tous les pauvres, la force de tous les faibles; voici le plus pauvre et le plus infirme de tous à vos pieds, qui vient implorer votre miséricorde; daignez avoir pitié de moi. Non, quelque misérable que je sois, je ne me laisserai point abattre et décourager par la vue de mes misères, en vous voyant résider sans cesse dans ce sacrement adorable, uniquement pour me faire du bien et m'accorder vos faveurs. Je vous adore, je vous bénis, je vous aime, ô mon divin bienfaiteur! Et si vous permettez que je sollicite votre cœur par quelque de 90 mande, voici celle que j'ose vous faire: Accordez- moi la grâce, la grande grâce de ne plus vous offenser, et celle de vous aimer de toute l'étendue de mon cœur! Oui, Seigneur, je veux vous aimer de toute mon âme et de toute l'ardeur de mes affections. Faites, Dieu de bonté, qu'en vous le disant, je le dise en effet du fond de mon cœur; que je le dise sincèrement durant tout le cours de ma vie, pour le dire plus parfaitement durant toute l'éternité. Anges du ciel, glorieux Séraphins, Chérubins enflammés d'amour, aidez- moi à aimer un Dieu infiniment aimable. Oraison jaculatoire. O bon Pasteur! ô le vrai pain de vie! ayez pitié de nous. Communion spirituelle( 1). O Jésus! je vous crois et vous adore réellement présent dans le Saint- Sacrement; je vous aime, je vous désire; venez dans mon cœur, je m'unis à vous, ne vous séparez jamais de moi. Prière au sacré Coeur de Jésus. Cœur adorable de mon divin Rédempteur, en vue de l'amour infini que vous avez eu pour les hommes, en vue du sang précieux que vous avez voulu verser pour notre salut, en vue de toutes vos miséricordes, je vous consacre aujourd'hui tout ce que je suis et tout ce que j'ai, mon corps, mon âme, mes pensées, mes désirs, mes paroles, mes actions, mes souffrances; mais plus particulièrement encore, je vous consacre mon cœur avec tous ( 1) La Communion spirituelle consiste dans un ardent désir de recevoir Jésus- Christ dans le Saint- Sacrement, et dans un sentiment affectueux, comme si on l'avait reçu en effet. C'est une des meilleures préparations que l'on puisse apporter à la Communion sacramentelle, et elle y supplée quand nous ne pouvons en approcher. 91 ses mouvements, ses affections et sa volonté. Recevez- le, ô divin Coeur de Jésus! purifiez- le, sanctifiez- le, embrasez- le du feu sacré de votre amour. Ainsi soit- il. Oraison de saint Germain, pour la visite à la sainte Vierge. O vous, ma puissante protectrice, et après Dieu ma véritable consolation en ce monde! vous qui êtes la céleste rosée qui adoucit mes peines, la lumière de mon âme quand elle est environnée de ténèbres, mon guide dans mes faiblesses, mon trésor dans ma pauvreté, mon remède dans mes blessures, ma joie dans tous mes chagrins, mon refuge dans tous mes dangers, l'espérance de ma vie et de mon salut; daignez exaucer mes prières, vous intéresser à mes maux, et avoir compassion de moi, comme il convient à la Mère d'un Dieu qui a tant de bonté et d'amour pour les hommes: il est leur père, et il vous a établie pour être leur mère; mettezmoi au nombre de vos chers enfants, et obtenez- moi de Dieu toutes les grâces que vous voyez être nécessaires au salut de mon âme. Oraison jaculatoire. O Marie! 8 Vierge pleine de bonté, de piété et de douceur! DEVOTION DU CHEMIN DE LA CROIX. On appelle ainsi un exercice de piété qui consiste à suivre en esprit, par la méditation et la prière, notre divin Sauveur dans le douloureux chemin qu'il a parcouru en allant au Calvaire, chargé de sa croix. On compte quatorze stations depuis sa condamnation jusqu'à sa sépulture. Quelle consolation pour 92 vous, si vous pouviez visiter, avec les pélerins de la Terre- Sainte, ces lieux vénérables où s'est opérée notre rédemption, et que NotreSeigneur a sanctifiés par ses souffrances et arrosés de son sang! Dans l'impossibilité où vous êtes de vous y transporter, l'Eglise vient à votre secours. Elle vous invite à faire en esprit ce saint pèlerinage, en vous accordant les mêmes indulgences qu'à ceux qui le font réellement. Il vous suffit pour cela de réfléchir et de prier quelque temps à chacune des stations indiquées ci- après, en tenant à la main un crucifix indulgencié à cette fin. Le crucifix n'est pas même nécessaire là où le Chemin de la Croix est solennellement érigé. On commence chaque Station par cette prière: 7. Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi; R. Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum. y. Nous vous adorons, Jésus, et nous vous bénissons; R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix. On la termine ainsi: Pater... ou Notre Père... Ave... ou Je vous salue... Gloria Patri ou Gloire au Père. ỳ. Ayez pitié de nous, Seigneur. R. Ayez pitié de nous. R. Miserere nostri. . Que les âmes des fidèles. Fidelium animæ per reposent en paix par la mi- misericordiam Dei reséricorde de Dieu. R. Ainsi soit- il. quiescant in pace. R. Amen. y. Miserere nostri, Domine. PREMIÈRE STATION. Jesus- Christ est condamné à mort. Pilate est assis sur son tribunal, et le Fils de Dieu est à ses pieds en qualité de criminel! Un mortel, un pécheur sur un trône! l'innocence même, le Saint des Saints, un Dieu à ses pieds! quel renversement! O péché, voilà ton ouvrage! 93 DEUXIÈME STATION. Jésus est chargé de sa croix. Elle est appesantie par toutes les iniquités du monde, par toutes les miennes. Cependant Jésus déchiré, épuisé, la reçoit avec une sainte joie pour mon salut; et moi je ne veux rien souffrir!... TROISIÈME STATION. Jésus tombe sous le poids de sa croix. Quel triomphe pour les ennemis de Jésus! quels blasphèmes en le voyant tomber! Et moi, combien de fois ai- je déshonoré la piété, réjoui les méchants par mes scandales! Fortifiez mes pas, ô mon Jésus, dans la voie de vos commandements, et apprenez- moi à me relever de mes chutes par la pénitence. QUATRIÈME STATION. Jésus rencontre sa très- sainte Mère. Quel martyre lorsque leurs yeux se rencontrèrent! Le Fils et la Mère ont offert pour moi ce sacrifice si douloureux; et je pourrais ne pas aimer Jésus et Marie! CINQUIÈME STATION. Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix. J'envie le bonheur de ceux qui possèdent quelque relique de la vraie croix. Quand il m'arrive une affliction, c'est Jésus lui- même qui me donne une partie de sa croix. Combien de fois l'ai- je rejetée ou portée en murmurant! SIXIÈME STATION. Une femme pieuse essuie la face de Jésus. Quel courage de la part de cette sainte femme! comme elle foule aux pieds le res 94 pect humain! Mais aussi quelle belle récompense pour sa foi! Les traits divins de NotreSeigneur restent imprimés sur le voile dont elle l'essuya. Contemple cette sainte face, ô mon âme: voilà le miroir des chrétiens! SEPTIÈME STATION. Jésus tombe par terre pour la seconde fois. A cette nouvelle chute, de nouveaux outrages, de nouvelles moqueries. Ah! je le vois, Jésus est insatiable d'opprobres; et tant d'humiliations ne suffisent pas encore pour guérir mon orgueil! HUITIÈME STATION. Jésus console les filles de Jérusalem. Ne pleurez pas sur moi, dites- vous, ô mon Jésus. Y a- t- il donc un mal plus déplorable que vos maux? Ah! je vous entends: c'est le péché qui est le plus grand de tous les maux, et cependant je le commets si aisément! je m'en confesse si froidement! j'y retombe si promptement! O mon Dieu! éclairez- moi et touchez mon cœur. NEUVIÈME STATION. Jésus tombe pour la troisième fois. Pourquoi tant de chutes, ô mon Sauveur! puisque vous êtes la force de Dieu?... Chrétien, n'es- tu tombé que trois fois?... Jésus tombe pour t'apprendre et pour t'aider à te relever de tes chutes, avec douleur de ton péché, mais sans découragement et toujours avec confiance. DIXIÈME STATION. Jésus est dépouillé de ses vêtements. A quoi pensiez- vous, mon Jésus, quand on vous arrachait vos vêtements avec des lambeaux de votre chair?-Mon enfant, j'offrais 95 tout à mon Père pour toi, parce que je pensais que tu aurais un jour bien de la peine à te détacher de cette occasion de péché, de cette habitude qui te tyrannise... Ta force est dans mes souffrances. ONZIÈME STATION. Jésus est attaché à la croix. Entends- tu, mon âme, les coups de marteau? Mets ta main à la place de celle de Jésus... Cette idée me fait frémir; et cependant c'est moi qui suis coupable. Hélas! c'est moi qui l'ai crucifié par mes péchés. Maudit péché, plutôt mourir que de te commettre de nouveau! DOUZIÈME STATION. Jésus meurt sur la croix. Il a les pieds attachés pour m'attendre, les bras étendus pour m'embrasser, la tête penchée pour me donner le baiser de réconciliation, le cœur ouvert pour me recevoir. O Jésus! quand est- ce que je vous aimerai comme vous le méritez? TREIZIÈME STATION. Jésus est descendu de la croix et remis à sa sainte Mère. O Marie, mère de douleur, permettez- moi d'approcher de vous. Viens, pécheur, contemple son visage pâle et défiguré, ses yeux éteints, sa bouche fermée, ses mains et ses pieds percés, son côté ouvert; compte les plaies de son corps. Voilà la justice de Dieu! voilà l'énormité du péché! voilà l'amour de Jésus! - QUATORZIÈME STATION. Jésus est mis dans le tombeau. Mon âme devient le tombeau de Jésus par 96 la sainte Communion. Faites- en, mon Dieu, un sépulcre tout neuf, en la purifiant de toutes ses souillures; un sépulcre taillé dans le roc, par ma fermeté dans votre service; un sépulcre glorieux, en ne permettant pas que j'aie le malheur de vous donner la mort par le péché. On termine par cinq Pater, cinq Ave, et cinq Gloria Patri, en l'honneur des cinq plaies du Sauveur; on ajoute un Pater, un Ave et un Gloria Patri, à l'intention de notre Saint Père le Pape. DEVOTION A LA TRÈS- SAINTE VIERGE. Aimer la très- sainte Vierge, avoir de la dévotion pour elle, c'est être, pour ainsi dire, marqué du sceau des élus, puisque c'est aimer celle que l'Eglise appelle la Mère de miséricorde, la Trésorière des richesses célestes, L'Avocate des pécheurs, la Porte du Paradis. Parmi les pratiques de piété établies par P'Eglise en son honneur, il n'en est pas de plus profitable que le Chapelet. Si vous ne pouvez le réciter en entier chaque jour, dites- en au moins une partie, ne fût- ce qu'une dizaine, en union avec le Rosaire vivant. Dans le monde, on se moque du Chapelet: c'est, dit- on, le livre de ceux qui ne savent pas lire.-Laissez rire les libertins, qu'avezvous besoin de leur estime? Saint Charles Borromée, saint François de Sales, n'étaient pas de petits esprits; cependant ils récitaient feur Chapele. Et Louis XIV, était- il un petit esprit? Le P. de la Rue le trouva un jour récitant son Chapelet, formé de gros grains. Edifié de ce spectacle, il témoigna au Roi 97 quelque surprise.« Ne soyez point étonné, « reprit le prince; je me fais gloire de dire « mon Chapelet; c'est une pratique que je « tiens de la reine mamère, et je serais fàché « de passer un seul jour sans m'en acquitter.»> Le Chapelet est ordinairement composé de cinq dizaines d'Ave Maria. C'est la troisième partie du Rosaire, qui contient cent cinquante Ave Maria et quinze Pater, les plus parfaites de toutes les prières. Le Rosaire fut inspiré par la sainte Vierge à saint Dominique, qui s'en servit avec beaucoup de succès pour ramener au sein de l'Eglise une multitude d'hérétiques albigeois. Les souverains Pontifes ont accordé un grand nombre d'indulgences à la récitation du Rosaire et du Chapelet. Le Rosaire est divisé en trois sortes de mystères: 1° cinq mystères joyeux; 2º cinq mystères douloureux; 3° cinq mystères glorieux. Les mystères joyeux sont: 1° l'Annonciation ou l'Incarnation du Verbe dans le sein de Marie; 2° la Visitation; 3° la Nativité de Notre- Seigneur; 4° la Présentation de NotreSeigneur au temple, 5° le Recouvrement de Notre- Seigneur au milieu des docteurs. Les mystères douloureux: 1° la Prière de Jésus et sa sueur de sang au jardin des Olives; 2° la Flagellation; 3° le Couronnement d'épines; 4° le Portement de la croix; 5° le Crucifiement. Les mystères glorieux: 1º la Résurrection de Jésus; 2º son Ascension; 3° la Descente du Saint- Esprit sur les Apôtres; 4° l'Assomption de la sainte Vierge; 5° son Couronnement dans le ciel. Pour réciter le Chapelet avec plus de fruit, ne vous contentez pas de prononcer seule5 98 ment des paroles, mais accoutumez- vous à réfléchir un peu sur chacun des mystères. En commençant, vous pouvez dire le Venez, Esprit Saint, p. 54. Récitez ensuite: 1° le Credo ou Je crois en Dieu; 2º un Pater ou Notre Père; 3° trois Ave Maria ou trois fois Je vous salue, Marie, en l'honneur des trois personnes divines; 4° puis continuez en disant autant de Pater qu'il y a de gros grains, et autant d'Ave Maria qu'il y en a de petits. Une autre pratique aussi très- agréable à Marie, c'est le saint Scapulaire, espèce de vêtement bénit composé de deux petits morceaux d'étoffe de laine et ornés pour l'ordinaire d'une image de la sainte Vierge, que l'on porte sur soi en signe de son particulier dévouement à la Mère de Dieu. L'Eglise a attaché de grandes indulgences à cette dévotion, et nous savons, dit un pieux auteur, « que Marie a fait une infinité de grâces, et « qu'elle en fait chaque jour à ceux qui ont « l'honneur d'être revêtus de cette précieuse « armure.» Combien de guérisons obtenues, combien d'incendies arrêtés par ce saint habit, resté intact au milieu des flammes! combien de soldats préservés de la mort par cette sorte de bouclier! On a vu des balles s'amortir contre ce vêtement sacré, et tomber sans avoir fait aucun mal à ceux qui le portaient, on a vu des soldats dont les habits ont été percés et criblés de balles, sans qu'euxmêmes eussent reçu la plus légère blessure'; on en a vu, mortellement blessés, la tête traversée par un coup de feu et sur le point de rendre le dernier soupir, miraculeusement conservés, jusqu'à ce qu'ils aient pu rencontrer un prêtre pour leur administrer les derniers secours de l'Eglise. 99 Dieu, depuis quelques années, a béni d'une manière extraordinaire l'Archiconfrérie du saint et immaculé Coeur de Marie pour la conversion des pécheurs. Faites- y inscrire votre nom. Sans parler des indulgences nombreuses qui y sont attachées, Marie témoigne tous les jours, par les plus éclatantes faveurs et par les conversions les plus extraordinaires, avec quelle sollicitude elle environne de sa protection ceux qui s'enrôlent dans cette pieuse association. Les annales de l'Archiconfrérie en font foi. Enfin, c'est une pratique pieuse et salutaire de faire chaque année le mois de Marie, en consacrant à la sainte Vierge tout le mois de mai par quelques exercices particuliers de piété en son honneur( 1). 200 ensh Consécration à la sainte Vierge. Vierge sainte,& Marie, ma souveraine, je viens me jeter dans le sein de votre miséricorde, et mettre dès ce moment et pour toujours mon âme et mon corps sous votre sauvegarde et sous votre protection spéciale; je vous confie et je remets entre vos mains toutes mes espérances et mes consolations, toutes mes peines et mes misères, ainsi que le cours et la fin de ma vie, afin que, par votre très- sainte intercession et par vos mérites, toutes mes œuvres soient faites selon votre volonté et en vue de plaire à votre divin Fils. Ainsi soit- il. Prière( 2). Diff Souvenez- vous, ô très- pieuse Vierge Marie, ( 1) Indulgence de 300 jours chaque jour du mois; plénière un jour dans le mois, applicable aux dé unts. ( 2) Indulgence de 300 jours chaque fois; plénière, une fois le mois, si on la récite tous les jours. 100 qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance, réclamé votre médiation, ait été abandonné. Animé d'une pareille confiance, je viens à vous, ô Vierge des Vierges, ma tendre mère, je cours à vous, et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. O Mère du Verbe, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez- les favorablement et les exaucez. Ainsi soit- il. Consécration au saint Cœur de Marie. Coeur immaculé de Marie, Coeur inséparable de celui de Jésus, et après lui le plus parfait et le plus tendre de tous les cœurs, régnez en nous avec votre divin Fils: soyez notre refuge dans nos besoins, notre consolation dans nos peines, notre lumière dans nos ténèbres, notre soutien dans nos tentations, et notre asile à l'heure de notre mort. Ainsi soit- il. Dans les tentations contraires à la pureté. Par votre très- sainte Virginité et votre immaculée Conception, ô Vierge très- pure! conservez purs mon corps et mon âme. Ainsi soit- il. O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. DEVOTION A L'ANGE GARDIEN ET A SAINT MICHEL. Dieu nous a donné à tous un de ses Anges pour nous accompagner et nous garder pendant toute notre vie. Nous devons donc avoir pour ces bienheureux esprits de grands sentiments de respect, de reconnaissance, de 101 confiance et d'amour, tels qu'exigent leur dignité et les bons offices que nous en recevons. Implorons souvent leur crédit auprès de Dieu, et surtout soyez dociles à leurs salutaires inspirations. Saint Michel est le chef et le prince des Anges; il est le protecteur particulier de l'Eglise, et il présente nos âmes au sortir de cette vie devant le tribunal de Dieu. Prière. O saint Ange! que Dieu, par un effet de sa bonté pour moi, a chargé du soin de ma conduite, vous qui m'assistez dans mes afflictions, qui me soutenez dans mes découragements, qui m'obtenez sans cesse de nouvelles faveurs, je vous rends de très- humbles actions de grâces, et je vous conjure, aimable protecteur, de me continuer vos charitables soins, de me défendre contre tous mes ennemis, de m'obtenir que je sois docile à écouter vos inspirations et fidèle à les suivre; de me protéger, surtout à l'heure de ma mort, et de ne point me quitter que vous ne m'ayez conduit au séjour du repos éternel. Ainsi soit- il. Saint Michel, prince de la milice céleste, priez pour moi. DEVOTION A SAINT JOSEPH. Les glorieuses fonctions d'époux de Marie et de père nourricier de Jésus, que Dieu a confiées à saint Joseph, les rares exemples d'humilité, de sagesse, de patience, de fidélité et d'obéissance qu'il nous a donnés, le bonheur qu'il a eu de mourir entre les bras de Jésus et de Marie, le crédit dont il jouit dans le ciel où règne le Dieu qui lui fut soumis sur 102 la terre, doivent nous inspirer une tendre dévotion pour ce grand serviteur de Dieu. Honorez- le surtout par l'imitation de ses excellentes vertus: recourez à lui avec confiance, inspirez cette confiance aux autres. Sainte Thérèse assure qu'elle n'a jamais rien demandé par son intercession, le jour de sa fête, qu'elle ne l'ait obtenu. Cette fête se célèbre le 19 mars. Prière. Grand saint, qui êtes ce serviteur sage et fidèle à qui Dieu a confié le soin de sa famille, vous qu'il a établi le conservateur de la vie de Jésus- Christ, le consolateur de sa sainte Mère et le coopérateur fidèle au grand dessein de la rédemption du monde; vous qui avez eu le bonheur de vivre avec Jésus et Marie, et de mourir entre leurs bras; chaste époux de la Mère de Dieu, modèle des vertus les plus pures, nous remercions Dieu des faveurs singulières dont il lui a plu de vous combler, et nous le conjurons, par votre intercession', de nous rendre imitateurs de vos vertus. Priez donc pour nous, grand saint, et par cet amour que vous avez eu pour Jésus et Marie, et que Jésus et Marie ont eu pour vous, obtenez- nous le bonheur de vivre et de mourir dans l'amour de Jésus et de Marie. Ainsi soit- il. 750 DEVOTION AU SAINT PATRON. Invoquez votre saint Patron plus affectueusement qu'aucun autre saint. C'est lui que l'Eglise vous a donné pour protecteur et pour modèle dans le saint Baptême. Etudiez sa vie et ses vertus pour les retracer dans votre conduite. Célébrez tous les ans sa fête avec 103 dévotion, et honorez- le ce jour- là par quelques bonnes œuvres particulières. Prière. Grand Saint, dont j'ai le bonheur de porter le nom, vous à qui Dieu a confié le soin de mon salut, lorsque, par le saint Baptême, il m'a adopté pour un de ses enfants, obtenezmoi, par votre intercession, la grâce d'imiter fidèlement vos vertus. Protégez- moi pendant la vie, et ne m'abandonnez pas à l'heure de la mort. Ainsi soit- il. RENOUVELLEMENT DES PROMESSES DU BAPTÊME. Une âme vraiment chrétienne ne doit point laisser passer le jour anniversaire de son Baptême sans s'en rappeler le souvenir et se renouveler dans la fidélité à garder les promesses qu'elle a faites au Seigneur. Il est bon encore de réitérer cet acte toutes les fois qu'on a le bonheur de communier, ou du moins le jour anniversaire de la première Communion et de la Confirmation Prière. Mon Dieu, mon Créateur, mon Sauveur et mon Juge, je ratifie de bon cœur les promesses que je vous ai faites dans mon baptême; je vous demande sincèrement pardon de les avoir si souvent violées. Je renonce de nouveau à Satan, à ses oeuvres et à ses pompes; et je promets de m'attacher à JésusChrist pour toujours, de vivre et de mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine, en professant toutes les vérités qu'elle enseigne et en pratiquant toutes les obligations qu'elle impose. 104 Prière pour les parents et les bienfaiteurs. Seigneur, qui me permettez de vous appeler mon Père et qui daignez l'être en effet, souvenez- vous de ceux qui, par rapport à moi, partagent avec vous ce doux nom. Conservezmoi ces personnes si chères dont j'ai reçu le jour, et à qui, après vous, je suis redevable de tous les biens dont je jouis sur la terre. Répandez sur elles toutes sortes de bénédictions spirituelles et temporelles; mais surtout préservez- les du plus grand de tous les malheurs, qui est le péché. Couronnez enfin tous vos dons par la plus précieuse de toutes les grâces, et qu'un même bonheur réunisse à jamais dans le ciel ceux que tant de liens unissent si étroitement sur la terre. Ainsi soit- il. Daignez, Seigneur, pour la gloire de votre nom, donner la vie éternelle à tous ceux qui nous font du bien. Ainsi soit- il. ÉVANGILES DES DIMANCHES ET FÊTES PRINCIPALES, PRÉCÉDÉS De quelques Instructions. LE DIMANCHE ET LES FÊTES EN GÉNÉRAL. Le premier jour de la semaine est appelé le Dimanche ou le jour du Seigneur, parce que, dans la loi nouvelle, le Seigneur se l'est particulièrement réservé pour son service et pour son culte. Dans la loi ancienne, le samedi était consacré au culte de Dieu et appelé jour du repos, parce que c'est en ce jour que Dieu, après avoir créé le monde, avait cessé de tirer du néant de nouvelles créatures. Chez les chrétiens, le dimanche a été substitué au samedi pour honorer les deux mystères de la Résurrection de Jésus- Christ 105 et de la Descente du Saint- Esprit sur les apôtres, accomplis l'un et l'autre le Dimanche. L'Eglise a de plus institué certaines fêtes dont plusieurs remontent jusqu'àu temps des Apôtres. Elle les à établies pour honorer Dieu et pour instruire les fidèles, en célébrant les principaux mystères de notre religion ou en renouvelant la mémoire de la sainte Vierge et des Saints, en qui Dieu a manifesté ses dons d'une manière plus éclatante. Parmi les fêtes, il y en a quatre qui se solennisent le jour où elles tombent, ce sont: les fêtes de Noël( 23 décembre), de l'Ascension de Notre- Seigneur( 40 jours après Pâques), de l'Assomption de la sainte Vierge( 15 août), la Toussaint( 1er novembre). Ces jours- là, ainsi que tous les Dimanches de l'année, c'est une obligation d'assister à la sainte Messe et de s'abstenir des oeuvres serviles, c'est- à- dire des travaux corporels ou manuels qu'on fait communément pour gagner sa vie. Cette double obligation n'existe pas pour les autres fêtes, à moins qu'elles ne se célèbrent le Dimanche. Ier DIMANCHE DE L'AVENT. Instruction. On appelle Avent les quatre semaines qui précèdent la fête de Noël. On leur donne ce nom, parce que l'Eglise veut qu'on se prépare alors à célébrer dignement la fête du premier avénement de Jésus- Christ, c'est- à- dire de sa naissance. Elle commence ses instructions de l'Avent par nous rappeler le dernier avénement de Jésus- Christ dans sa gloire ou le jugement dernier, afin de nous exciter à la pénitence. C'est pour le même motif qu'elle nous fait lire pendant ce temps les instructions que saint Jean- Baptiste adressait aux Juifs pour les préparer par la pénitence à la venue de Jésus- Christ. Pratiques.-1° Reconnaître le besoin que nous avons de Jésus- Christ, et lui demander avec instance qu'il vienne guérir les maladies de notre âme. 20 Nous préparer à recevoir Jésus- Christ par la Communion le saint jour de Noël. S. Luc, ch. 21.. En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles; et sur la terre, les peuples seront dans la consternation, par le trouble que causera le bruit de la mer et des flots. Les hommes sècheront de frayeur dans l'attente des maux dont tout le monde sera menacé; car les Vertus des cieux seront ébranlées, et alors ils verront le Fils de l'homme, qui viendra sur une nuée avec une grande puissance et une grande majesté. Or, quand ces choses commenceront d'arriver, levez la tête et regardez, parce que votre délivrance est proche. Il leur proposa ensuite cette com5. - 106 paraison: Considérez le figuier et les autres arbres; lorsque vous voyez qu'ils commencent à pousser, vous reconnaissez que l'été est proche. Ainsi, lorsque vous verrez ces choses, sachez que le royaume de Dieu est proche. Je vous dis en vérité que cette génération d'hommes ne finira point que tout cela ne soit accompli. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Prenez donc garde à vous, de peur que vos cœurs ne s'appesantissent par l'excès des viandes et du vin et par les inquiétudes de cette vie, et que ce jour ne vous vienne tout d'un coup surprendre: car il enveloppera comme un filet tous ceux qui habitent sur la face de la terre. Veillez donc en priant toujours, afin que vous soyez trouvés dignes d'éviter tous ces maux qui arriveront, et de paraître avec confiance devant le Fils de l'homme. 11e DIMANCHE DE L'AVENT. S. Matthieu, ch. 11.- En ce temps- là, Jean ayant appris dans sa prison les oeuvres merveilleuses de Jésus- Christ, lui fit dire par deux de ses disciples qu'il lui envoya: Etes- vous celui qui doit venir, ou devons- nous en attendre un autre? Jésus leur répondit: Allez dire à Jean ce que vous avez entendu et ce que vous avez vu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, l'Evangile est annoncé aux pauvres, et heureux est celui qui ne prendra point de moi un sujet de scandale et de chute. Comme ils s'en retournaient, Jésus se mit à parler de Jean, et dit au peuple: Qu'êtes- vous allés voir dans le désert? Un roseau agité du vent? Mais encore qu'êtes- vous allés voir? Un homme vêtu mollement? Vous savez que ceux qui s'habillent de cette sorte sont dans les maisons des rois. Qu'êtes- vous allés voir? Un prophète? Je vous le dis, et plus qu'un prophète; car c'est de lui qu'il a été écrit: J'envoie devant vous mon ange qui vous préparera la voie. III DIMANCHE DE L'AVENT. S. Jean, ch. 1.- En ce temps- là, les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites 107 vers Jean pour lui demander: Qui êtes- vous? Et il confessa et il ne nia pas; il confessa qu'il n'était point le Christ. Ils lui demandèrent: Quoi donc! êtes- vous Elie? Et il leur dit: Je ne le suis point. Etes- vous prophète? Et il leur répondit. Non. Ils lui dirent: Qui êtes- vous donc, afin que nous puissions rendre réponse à ceux qui nous ont envoyés? Que dites- vous de vous- même? Je suis, répondit- il, la voix de celui qui crie dans le désert: Rendez droites les voies du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. Or, ceux qu'on lui avait envoyés étaient des Pharisiens, et ils lui firent cette demande Pourquoi donc baptisez- vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Elie, ni prophète? Jean leur répondit: Pour ce qui est de moi, je baptise dans l'eau; mais il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas: c'est lui qui doit venir après moi, et qui est au- dessus de moi; et je ne suis pas digné de dénouer les cordons de ses souliers. Ceci se passa en Béthanie, au- delà du Jourdain, où Jean baptisait. LES QUATRE- TEMPS. Les Quatre- Temps sont des jours de jeûne et de prières particulières que l'Eglise a ordonnés de trois en trois mois, pour les mercredis, vendredis et samedis qui suivent le premier dimanche de Carême, la Pentecôte, le 14 septembre et le 13 décembre. Le motif de cette institution est de remercier Dieu des grâces qu'il nous a faites durant le cours de la dernière saison, de lui demander la conservation des fruits de la terre, et d'obtenir de bons prêtres, parce que c'est alors qu'ont lieu les ordinations. Pratiques.-1° Observer fidèlement le jeûne, quand on n'a pas des raisons suffisantes pour s'en dispenser. 20 Prier selon les intentions de l'Eglise. IVe DIMANCHE DE L'AVENT. S. Luc, ch. 3. La quinzième année de l'empire de Tibère- César, Ponce- Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, Philippe, son frère, de l'Iturée et de la province des Traconites, et Lisanias d'Abilène, sous les grands- prêtres Anne et Caïphe, Dieu fit entendre sa parole à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans tout le pays qui est aux environs du Jourdain, prêchant un baptême de pénitence pour - 108 la rémission des péchés, ainsi qu'il est écrit au livre du prophète Isaïe: Une voix crie dans le désert: Préparez la voie du Seigneur; rendez droits ses sentiers. Toute vallée sera remplie, et toute montagne et toute colline sera abaissée. Les chemins tortus deviendront droits, les raboteux unis. Et tout homme verra le Sauveur envoyé de Dieu. LE SAINT JOUR DE NOEL( 25 décembre). Instruction.- Noël est la fête de la Naissance de N.-S. Jésus- Christ. Il naquit à Bethléem, petite ville de la tribu de Juda, dans une étable, et n'eut pour berceau qu'une crèche, où il fut placé entre deux animaux. Au moment de sa naissance, les Anges firent entendre dans les airs ce cantique: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, et annoncèrent cet heureux événement à des bergers qui gardaient leurs troupeaux dans le voisinage, et qui accoururent pour adorer le Dieu nouveau- né. Les prêtres célèbrent trois messes le jour de Noël, pour honorer les trois naissances du Fils de Dieu: sa naissance ou sa génération éternelle dans le sein de son Père, sa naissance temporelle dans l'étable de Bethléem, et sa naissance spirituelle, par la foi et la charité, dans le coeur des justes. Pratiques. 1° Se représenter Jésus- Christ enfant sur l'autel, comme si on le voyait dans la crèche de Bethléem, et l'adorer profondément. 2° S'exciter à la pratique de l'humilité, dù détachement des biens de la terre et de la mortification des sens. 3 Honorer spécialement la très- sainte Vierge, de laquelle Jésus- Christ est né. 40 Assister, autant que possible, aux trois messes, quoiqu'une seule soit d'obligation. 5° S'approcher des Sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, 1 A la Messe de minuit. S. Luc, ch. 2.- En ce temps- là, on publia un édit de César- Auguste pour faire le dénombrement des habitants de toute la terre. Ce premier dénombrement se fit par Cyrinus, gouverneur de Syrie, et tous allaient se faire inscrire chacun dans la ville dont il était originaire. Joseph, qui était de la maison et de la famille de David, partit de Nazareth, ville de Galilée, et alla en Judée dans la ville de David appelée Bethléem, pour se faire inscrire avec Marie son épouse, qui était enceinte. Pendant qu'ils étaient là, le temps de ses couches arriva, et elle mit au monde son pre 109 mier- né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait point de place pour eux dans l'hôtellerie. Or, il y avait aux environs des bergers qui veillaient, gardant tour à tour leurs troupeaux durant la nuit. Tout à coup un Ange du Seigneur parut auprès d'eux, et ils furent environnés d'une lumière divine: ce qui leur causa une extrême frayeur. Mais l'Ange leur dit: Ne craignez point; car je viens vous annoncer une nouvelle qui sera pour tout le peuple un grand sujet de joie: c'est qu'aujourd'hui il vous est né dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quoi vous le reconnaîtrez vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. Au même temps une troupe nombreuse de l'armée céleste se joignit à l'Ange, et ils se mirent à louer Dieu, en disant: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. A la Messe de l'aurore. S. Luc, ch. 7.- En ce temps- là, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui vient d'arriver, et ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils se hâtèrent donc d'y aller, et ils trouvèrent Marie et Joseph avec l'Enfant qui était couché dans une crèche. En le voyant, ils reconnurent ce qui leur avait été dit touchant cet Enfant, et tous ceux qui en ouïrent parler admirèrent ce que les bergers leur racontaient. Cependant Marie conservait le souvenir de toutes ces choses, et elle les méditait dans le fond de son cœur. Les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce qu'ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit. A la Messe du jour. L'Evangile selon S. Jean: Au commencement était le Verbe, comme à l'Ordinaire de la Messe, p. 70. Après la messe on lit l'Evangile du jour de l'Epiphanie, p. 111. 110 DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE NOEL.. S. Luc, ch. 2.-En ce temps- là le père et la mère de Jésus étaient dans l'admiration de ce qu'on disait de lui. Et Siméon les bénit, et dit à Marie sa mère: Cet Enfant que vous voyez est établi pour la perte et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction( et votre âme même sera percée d'un glaive), afin que les secrètes pensées du cœur de plusieurs soient découvertes. Il y avait aussi une prophétesse, nommée Anne, fille de Phanuël, de la tribu d'Aser: elle était fort avancée en âge, et après avoir vécu sept ans avec son mari, qu'elle avait épousé étant vierge, elle était demeurée veuve jusqu'à l'âge de quatre- vingtquatre ans. Elle ne sortait point du temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans les jeunes et dans les prières. Cette femme, étant survenue à la même heure, se mit à louer le Seigneur et à parler de cet Enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. Et quand ils eurent tout accompli selon la loi du Seigneur, ils s'en retournèrent en Galilée, à Nazareth leur ville. Et l'Enfant croissait et se fortifiait; il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui. FÊTE DE LA CIRCONCISION( 1er janvier). Instruction. Cette fête appelle notre attention sur trois circonstances remarquables: 1° Le mystère de la Circoncision; c'était une cérémonie douloureuse et humiliante ordonnée aux Israélites en signe de leur alliance avec Dieu et de leur foi au Messie futur. C'est à cette cérémonie qu'a succédé le Baptême, dont elle a été la figure. 20 Le nom de Jésus, qui est donné au Fils de Dieu. Ce nom veut dire Sauveur, comme celui de Christ, qui y est joint, veut dire oint, consacré. L'un et l'autre nom conviennent admirablement au Fils de Dieu, qui est venu sur la terre pour nous sauver, et dont l'humanité sainte a été consacrée par son union à la Divinité. 3° Le commencement de la nouvelle année. - Pratiques..-1° Remercier Jésus- Christ de l'amour qui lui fait verser pour nous en ce jour les prémices de son sang. 2 Prononcer et invoquer souvent avec foi le saint nom de Jésus, qui est la terreur des démons et l'espérance des fidèles, puisque le Fils de Dieu nous a promis que tout ce que nous demanderions en son nom nous 111 serait accordé. 30 Concevoir un vif regret des fautes commises l'année précédente, et une grande reconnaissance pour les faveurs reçues et pour le temps que Dieu nous accorde encore pour faire pénitence. 40 Offrir à Notre- Seigneur la nouvelle année pour ne l'employer qu'à sa gloire et à notre salut; nous proposer de la passer comme si elle devait être la dernière de notre vie, et demander à Dieu les grâces nécessaires à cet effet. S. Luc, ch. 2.- En ce temps- là, quand le huitième jour fut venu, où l'Enfant devait être circoncis, on lui donna le nom de Jésus, comme l'Ange le lui avait donné avant qu'il fut conçu dans le sein de sa mère. FÊTE DE L'ÉPIPHANIE( 6 janvier). Instruction. L'Épiphanie est le jour où les Mages, avertis de la naissance de Jésus- Christ par une étoile miraculeuse, arrivèrent de l'Orient pour l'adorer. On croit communément que ces Mages étaient des rois, ou du moins des hommes distingués par leur rang et par leur science. Ils offrirent à l'enfant Jésus de l'or, de l'encens et de la myrrhe, le reconnaissant ainsi comme roi, comme Dieu et comme homme passible et mortel. Epiphanie veut dire manifestation, parce que Jésus- Christ manifesta dans ce jour sa divinité, et se fit adorer pour la première fois par les Gentils. L'Eglise honore encore aujourd'hui deux autres manifestations du Sauveur: 10 son Baptême par saint Jean- Baptiste, dans lequel le Père éternel le proclama du haut du ciel son Fils bien- aimé; 20 le changement de l'eau en vin aux noces de Cana, où ses apôtres, à la vue de ce miracle, le reconnurent comme Dieu. Pratiques.- 1° Remercier Dieu de nous avoir appelés à la foi, et lui demander la conservation de ce précieux trésor. 20 Prier pour la propagation de la foi parmi les hérétiques et les infidèles. 3o Imiter la prompte et généreuse docilité des Mages aux lumières et aux mouvements de la grâce. 4° Faire comme eux quelque offrande à Jésus- Christ par l'aumône et les bonnes oeuvres. S. Matthieu, ch. 2. Jésus étant né à Bethléem de Juda, aux jours du roi Hérode, des Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, et demandèrent Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. A cette nouvelle, le roi Hérode se troubla, et toute la ville de Jérusalem avec lui. Et, ayant assemblé tous les princes des prêtres et les docteurs du peuple, il leur demanda où devait naître le Christ; ils lui - 112 répondirent: A Bethléem, ville deju da, selon qu'il est écrit par le Prophète: Et toi, Bethléem, ville de Juda, tu n'es pas la moindre entre les principales de Juda; car c'est de toi que sortira le chef qui doit gouverner mon peuple d'Israël. Alors Hérode, ayant appelé en secret les Mages, les interrogea avec soin sur le temps auquel l'étoile leur était apparue, et les envoyant à Bethléem, il leur dit: Allez, informez- vous exactement de cet enfant; et lorsque vous l'aurez trouvé, faites- le- moi savoir, afin que moi- même j'aille aussi l'adorer. Après avoir entendu ces paroles du roi, ils partirent; et en même temps l'étoile qu'ils avaient vue en Orient, se montrant de nouveau, allait devant eux, jusqu'à ce qu'étant arrivée sur le lieu où était l'enfant, elle s'y arrêta. Lorsqu'ils virent l'étoile, ils furent transportés d'une grande joie; et étant entrés dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie sa mère, et se prosternant ils l'adorèrent. Puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent pour présents de l'or, de l'encens ct de la myrrhe, et ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, il retournèrent dans leur pays par un autre chemin. - DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE L'ÉPIPHANIE. S. Luc, ch. 2. Lorsque Jésus fut âgé de douze ans, ses parents allèrent à Jérusalem selon la coutume qui s'observait à la fête de Pâque. Comme ils s'en retournaient, les jours de la fête étant passés, l'enfant Jésus demeura dans Jérusalem, sans que son père et sa mère s'en aperçussent. Mais pensant qu'il serait avec ceux de leur compagnie, ils marchèrent durant un jour, et ils le cherchaient parmi leurs parents et ceux de leur connaissance. Ne l'ayant point trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. Trois jours après, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant, et tous ceux qui l'entendaient parler admiraient sa sagesse et ses réponses. Ils furent fort étonnés de le voir, et sa mère lui dit: Mon fils, pourquoi avez- vous agi de la sorte avec nous? Voilà que nou vous cherchions, votre père et moi, fort affligés. 113 Il leur répondit: Pourquoi me cherchiez- vous? Ne saviez- vous pas qu'il faut que je sois occupé de ce qui regarde le service de mon Père? Mais ils ne comprirent pas ce qu'il disait. Ensuite, étant parti avec eux, il alla à Nazareth, et il leur était soumis. Or, sa mère conservait dans son cœur le souvenir de toutes ces choses. Et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. IIe DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE. - S. Jean, ch. 2.- En ce temps- là, il se fit des noces à Cana en Galilée, et la Mère de Jésus s'y trouva. Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples; et, comme le vin manquait, la Mère de Jésus lui dit: Ils n'ont point de vin. Jésus lui dit: Femme, qu'y a- t- il de commun entre vous et moi? Mon heure n'est pas encore venue. Sa Mère dit à ceux qui servaient: Faites tout ce qu'il vous dira. Or, il y avait là six grands vases de pierre pour les purifications des Juifs, dont chacun tenait deux ou trois mesures. Jésus leur dit: Emplissez les vases d'eau. Et ils les emplirent jusqu'au haut. Jésus ajouta: Puisez maintenant, et portez- en au maître d'hôtel. Et ils lui en porterent. Le maître d'hôtel ayant goûté l'eau qui avait été changée en vin, et ne sachant d'où venait ce vin, quoique les serviteurs qui avaient puisé l'eau le sussent bien, appela l'époux et lui dit: Tout le monde sert d'abord le bon vin, et, après qu'on a bu, on en donne du moindre; mais vous, vous avez réservé le bon vin jusqu'à cette heure. Ce fut le premier des miracles de Jésus. Il le fit à Cana en Galilée, et parlà il fit connaître sa gloire, et ses disciples crurent en lui. IIIe DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE. S. Matthieu, ch. 8.- En ce temps- là, Jésus étant descendu de la montagne, une grande foule de peuple le suivit. Alors un lépreux, venant à lui, vous voulez, vous l'adora, en disant: Seigneur, pouvez me guérir. Jésus, étendant la main, le toucha, et lui dit: Je le veux, soyez guéri, et à l'instant sa lèpre fut guérie. Jésus lui dit: Gardez- vous bien de parler de ceci à personne; mais 114 allez vous montrer aux prêtres, et faites l'offrande que Moïse a ordonnée, afin que cela leur serve de témoignage. Jésus étant entré dans Capharnaum, un centenier se présenta à lui, et lui fit cette prière: Seigneur, j'ai chez moi un serviteur malade d'une paralysie dont il souffre beaucoup. Jésus lui dit: J'irai et je le guérirai. Le centenier répondit: Seigneur, je ne mérite pas que vous entriez dans ma maison, mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. Car moi, qui ne suis qu'un officier subalterne, je dis à un des soldats que j'ai sous moi: Allez, et il va; et à un autre: Venez, et il vient; et à mon serviteur: Faites cela, et il le fait. Jésus l'entendant parler ainsi l'admira, et dit à ceux qui le suivaient: En vérité, je vous le dis, je n'ai point trouvé tant de foi dans Israël. Aussi je vous déclare que plusieurs viendront de l'orient et de l'occident, et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume du ciel, mais que les enfants du royaume seront jetés dehors dans les ténèbres. C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors Jésus dit au centenier: Allez, et qu'il soit fait selon que vous avez cru. Et à l'heure même son serviteur fut guéri. IVe DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE. S. Matthieu, ch. 8.- En ce temps- là, Jésus entra dans une barque, et ses disciples le suivirent. Aussitôt il s'éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les vagues. Jésus cependant dormait. Alors ses disciples s'approchèrent de lui et l'éveillèrent, en disant: Seigneur, sauvez- nous, nous périssons. Jésus leur dit: Pourquoi craignez- vous, gens de peu de foi? En même temps il se leva et commanda aux vents et à la mer; et il se fit un grand calme. Alors ils furent tous saisis d'étonnement, et ils disaient: Quel est cet homme- ci à qui les vents et la mer obéissent? ve DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE. S. Matthieu, ch. 13. En ce temps- là, Jésus proposa cette parabole au peuple qui le suivait en foule Le royaume du ciel est semblable à un - 115 homme qui avait semé du bon grain dans son champ. Mais, pendant qu'on était endormi, son ennemi vint et sema de l'ivraie parmi le froment, et se retira. Quand l'herbe eut poussé et qu'elle fut montée en épi, alors l'ivraie parut aussi. Les serviteurs du père de famille vinrent lui dire: Seigneur, n'avez- vous pas semé du bon grain dans votre champ? d'où vient donc qu'il y a de l'ivraie? Il leur répondit: C'est mon ennemi qui a fait cela. Ses serviteurs lui dirent: Voulez- vous que nous allions l'arracher? Non, répondit- il, de peur qu'en cueillant l'ivraie vous n'arrachiez en même temps le froment. Laissez croître l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Cueillez premièrement l'ivraie, et liez- la en bottes pour la brûler; mais amassez le froment dans mon grenier. VI DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE. S. Matthieu, ch. 13.- En ce temps- là, Jésus proposa cette parabole au peuple qui le suivait en foule: Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénévé qu'un homme prend et sème dans son champ. C'est le plus petit de tous les grains; mais, quand il a poussé, il est plus grand que toutes les plantes, et il devient un arbre, en sorte que les oiseaux du ciel viennent se loger sur ses branches. Il leur dit encore une autre parabole: Le royaume du ciel est semblable à du levain qu'une femme prend et qu'elle met dans trois mesures de farine jusqu'à ce que la pâte soit toute levée. Jésus dit au peuple toutes ces choses en pa. raboles, et il ne leur parlait qu'en paraboles afin que cette parole du Prophète fût accomplie: J'ouvrirai ma bouche pour dire des paraboles; je publierai des choses qui ont été cachées depuis la création du monde. DIMANCHE DE LA SEPTUAGÉSIME. S. Matthieu, ch. 20.- En ce temps- là, Jésus dit cette parabole à ses disciples: Le royaume du ciel est semblable à un père de famille qui sortit de grand matin afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Après être convenu avec les ouvriers d'un 116 denier pour leur journée, il les envoya à sa vigne. Étant sorti sur la troisième heure, il en vit d'autres sur la place qui étaient à rien faire, et il leur dit: Allez- vous- en aussi à ma vigne, vous autres, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable. Et ils y allèrent. Il sortit encore sur la sixième heure et sur la neuvième heure, et il fit la même chose. Enfin, il sortit sur la onzième heure, et, en ayant trouvé d'autres qui étaient là, il leur dit. Pourquoi vous tenez- vous ici tout le jour à rien faire? C'est, lui dirent- ils, parce que personne ne nous a loués. Et il leur dit: Allez- vous- en aussi à ma vigne. A la fin du jour, le maître de la vigne dit à son intendant: Appelez les ouvriers et payez- les, en commençant par les derniers et finissant par les premiers. Ceux donc qui étaient venus sur la onzième heure, s'étant approchés, reçurent chacun un denier. Ceux qui avaient été loués les premiers s'étant aussi présentés, s'attendaient à recevoir davantage; mais ils ne reçurent chacun qu'un denier, et, en le recevant, ils murmuraient contre le père de famille. Ces derniers, disaient- ils, n'ont travaillé qu'une heure, et vous leur avez donné autant qu'à nous qui avons porté le poids du jour et de la chaleur. Mais il répondit à l'un d'eux: Mon ami, je ne vous fais point de tort. N'êtesvous pas convenu avec moi d'un denier? Prenez ce qui vous appartient et retirez- vous: je veux donner à ce dernier autant qu'à vous; ne m'est- il pas permis de faire ce que je veux? Faut- il que vous ayez l'oeil mauvais parce que je suis bon? C'est ainsi que les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers; car il y en a beaucoup d'appelés et peu d'élus. DIMANCHE DE LA SEXAGÉSIME. S. Luc, ch. 8.- En ce temps- là, comme le peuple s'assemblait en foule et qu'on accourait des villes vers Jésus, il leur dit en parabole: Un semeur s'en alla semer son grain, et, comme il semait, une partie du grain tomba le long du chemin où elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur un endroit pierreux, et le grain, après avoir levé, se 117 sécha faute d'humidité. Une autre partie tomba dans les épines, et les épines, venant à croître en même temps, l'étouffèrent. Une autre partie tomba dans une bonne terre, et le grain, ayant levé, porta du fruit, et rendit cent pour un. En disant ceci, il criait: Que celui- là entende, qui a des oreilles pour entendre. Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole, et il leur dit: Pour vous, il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu; mais, pour les autres, on ne leur parle qu'en paraboles; de sorte qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils ne comprennent point. Voici donc ce que signifie cette parabole. La semence, c'est la parole de Dieu. Ce qui tombe sur le bord du chemin marque ceux qui écoutent la parole; mais le démon vient ensuite, qui enlève cette parole de leur coeur, de peur qu'en croyant ils ne soient sauvés. Ce qui tombe sur un endroit pierreux marque ceux qui, ayant ouï la parole, la reçoivent avec joie; mais, comme ils n'ont point de racines, ils ne croient que pour un temps, et au moment de la tentation ils se retirent. Ce qui tombe dans les épines marque ceux qui ont entendu la parole, mais en qui elle est ensuite étouffée par les soins, par les richesses et par les plaisirs de la vie, de sorte qu'ils ne portent point de fruit. Enfin, ce qui tombe dans une bonne terre marque ceux qui, ayant écouté la parole avec un cœur bon et parfait, la conservent et portent du fruit par la patience. DIMANCHE DE LA QUINQUAGÉSIME. 1 S. Luc, ch. 18. En ce temps- là, Jésus prit les douze avec lui et leur dit: Nous allons à Jérusalem, et tout ce qui est écrit par les prophètes touchant le Fils de l'homme sera accompli; car il sera livré aux Gentils, traité avec dérision, fouetté, couvert de crachats, et, après qu'on l'aura fouetté, on le fera mourir, et il ressuscitera le troisième jour. Mais ils ne comprirent rien à tout cela. C'était une chose cachée pour eux, et ils n'entendaient pas ce qu'il leur disait. Comme il approchait de Jéricho, un aveugle, qui était assis le long du chemin où il demandait l'aumône, en 118 tendant passer une troupe de gens, demanda ce que c'était. On lui dit que c'était Jésus de Nazareth qui passait. Aussitôt il se mit à crier: Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. Ceux qui allaient devant l'en reprenaient et lui disaient de se taire; mais il criait encore plus fort: Fils de David, ayez pitié de moi. Alors Jésus s'arrêtant, commanda qu'on le lui amenât. Et, quand l'aveugle se fut approché, il lui dit: Que souhaitez- vous que je vous fasse? Seigneur, répondit l'aveugle, faites que je voie. Et Jésus lui dit: Voyez, votre foi vous a sauvé. Il vit à l'instant, et il le suivait rendant gloire à Dieu. Tout le peuple qui le vit en loua Dieu. Jer DIMANCHE DE CARÊME, Instruction. L'Eglise a établi le Carême: 1° pour nous faire remplir l'obligation de la pénitence; 20 pour honorer le jeûne de Jésus- Christ qui, pendant quarante jours, ne prit aucune nourriture; 3° pour nous préparer à la fête de Pâques. Le jeûne qui est prescrit est d'une institution immémoriale. Aujourd'hui il consiste principalement à s'abstenir de viande, à moins qu'il n'y ait dispense, et à ne faire qu'un repas, auquel on permet d'ajouter une légère collation; mais l'Eglise désire qu'au jeûne et à l'abstinence, nous joignions les bonnes oeuvres qui dépendent de nous, comme l'aumône, la prière, l'assistance aux instructions. Tous les fidèles qui ont atteint vingt- un ans sont obligés de jeûner, excepté ceux à qui la vieillesse, les infirmités ou des travaux pénibles ne le permettent pas, et ceux aussi qui n'ont pas la possibilité de faire un repas capable de les soutenir. Quand on croit avoir des raisons suffisantes pour être dispensé de l'abstinence, il faut, autant qu'il se peut, s'adresser au curé de sa paroisse; dans ce cas, comme aussi en ce qui regarde la loi du jeûne, il est bon de prendre l'avis de son confesseur. Pratiques.- 10 Commencer le Carême par recevoir les cendres en esprit d'humilité, et se pénétrer de la pensée salutaire de son néant et de la mort. 2° Se priver de quelques plaisirs, même permis. 3° Se présenter au tribunal de la pénitence dés les premiers jours de la sainte Quarantaine, afin de se préparer à faire une bonne Communion pascale. 40 Quand on est légitimement dispensé du jeûne ou de l'abstinence, y suppléer par d'autres bonnes œuvres. - S. Matthieu, ch. 4.- En ce temps- là, Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour y être 119 tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim, et le tentateur, s'approchant de lui, lui dit: Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent des pains. Jésus lui répondit: Il est écrit: L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, Alors le diable le transporta dans la ville sainte, et, l'ayant placé sur le haut du temple, il lui dit: Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez- vous en bas, car il est écrit: Il a commandé à ses anges de prendre soin de vous, et ils vous porteront entre leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre quelque pierre. Jésus lui répondit: Il est encore écrit: Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu. Le diable le transporta ensuite sur une montagne fort haute, et, lui montrant tous les royaumes du monde avec tout leur éclat, il lui dit: Je vous donnerai toutes ces choses si, en vous prosternant devant moi, vous m'adorez. Mais Jésus lui répondit: Retire- toi, Satan; car il est écrit: Vous adorerez le Seigneur votre Dieu et vous ne servirez que lui seul. Alors le diable le laissa, et aussitôt les anges s'approchèrent de lui, et ils le servaient. IIe DIMANCHE DE CARÊME. - S. Matthieu, ch. 17. En ce temps- là, Jésus ayant pris avec lui Pierre, Jacques et Jean, son frère, les mena à l'écart sur une haute montagne, et il fut transfiguré devant eux. Son visage devint brillant comme le soleil et ses habits blancs comme la neige. En même temps, ils virent paraître Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. Pierre, prenant la parole, dit à Jésus: Seigneur, nous sommes bien ici; dressons- y, s'il vous plaît, trois tentes: une pour vous, une pour Moise et une pour Élie. Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit, et, en même temps, il sortit de la nuée une voix qui dit: C'est là mon Fils bienaimé en qui j'ai mis toute mon affection; écoutezle. A ces paroles, les disciples tombèrent le visage contre terre, et ils furent saisis de frayenr. Mais Jésus, s'approchant, les toucha, et leur dit: Le 120 vez- vous et ne craignez point. Alors, levant les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul. Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit cette défense: Ne parlez à personne de ce que vous venez de voir, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. — IIIe DIMANCHE DE CARÊME. S. Luc, ch. 11.- En ce temps- là, Jésus chassa un démon qui était muet, et, aussitôt qu'il eut chassé ce démon, le muet parla, et le peuple en fut dans l'admiration. Néanmoins, il y en eut quelques- uns qui dirent: C'est par Béelzébuth, prince des démons, qu'il chasse les démons. D'autres, pour le tenter, lui demandaient quelque prodige dans le ciel; mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit: Tout royaume divisé contre luimême sera détruit, et toute maison divisée tombera. Si donc Satan est divisé contre lui- même, comment son règne subsistera- t- il? Cependant vous dites que c'est par Béelzébuth que je chasse les démons. Or, si c'est par Béelzébuth que je chasse les démons, par qui vos enfants les chassent- ils? C'est pour cela qu'ils seront eux- mêmes vos juges. Mais si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, il est certain que le royaume de Dieu est venu à vous. Lorsqu'un homme fort et bien armé garde l'entrée de sa maison, tout ce qu'il possède est en sûreté; mais si un plus fort que lui survient et triomphe, il emportera ses armes dans lesquelles il mettait toute sa confiance, et il partagera ses dépouilles. Celui qui n'est point avec moi est contre moi, et celui qui ne recueille point avec moi dissipe. Quand l'esprit impur est sorti d'un homme, il va par les lieux arides, cherchant du repos, et, n'en trouvant point, il dit: Je retournerai dans ma maison, d'où je suis sorti. Il y revient et la trouve balayée et ornée. Aussitôt, il s'en va prendre avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans cette maison et y demeurent, et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Or, il arriva que lorsqu'il prononçait ces paroles, une femine, élevant la voix du milieu du peuple, lui dit: Heu 121 reuses les entrailles qui vous ont porté et les mamelles qui vous ont nourri. Mais plutôt, reprit Jésus, heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique! IVe DIMANCHE DE CARÊME. S. Jean, ch. VI- En ce temps- là, Jésus s'en alla au- delà de la mer de Galilée, qui est le lac de Tibériade; et, comme une grande foule de peuple le suivait, parce qu'ils voyaient les miracles qu'ilopérait sur les malades, il monta sur une montagne, où il s'assit avec ses disciples. Or, la Pâque, qui est la fête des Juifs, était proche. Jésus donc, levant les yeux et voyant qu'une grande foule de peuple venait à lui, dit à Philippe: Où pourronsnous acheter du pain pour donner à manger à tout ce peuple? Mais il disait cela pour l'éprouver, car il savait bien ce qu'il devait faire. Philippe luí répondit: Quand on aurait pour deux cents deniers de pain, cela ne suffirait pas pour en donner à chacun un petit morceau. Un de ses disciples, qui était André, frère de Simon- Pierre, lui dit: Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est- ce que cela pour tant de monde! Jésus leur dit: Faites- les asseoir. Il y avait là beaucoup d'herbe, et ils s'assirent au nombre d'environ cinq mille hommes. Jésus prit donc les cinq pains, et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis. On leur donna de même des deux poissons autant qu'ils en voulaient. Quand ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. Ils les ramassèrent et ils emplirent douze corbeilles des morceaux qui étaient restés de cinq pains d'orge, après que tous en eurent mangé. Or, le peuple, ayant vu le miracle que Jésus venait de faire, disait: C'est là vraiment le Prophète qui doit venir dans le monde. Mais Jésus, sachant qu'ils devaient venir pour l'enlever et le faire roi, s'enfuit et retourna tout seul sur la montagne. DIMANCHE DE LA PASSION. S. Jean, ch. 8. En ce temps- là, Jésus disait aux Juifs: Qui de vous me convaincra de péché? 6 - 122 Si je vous dis la vérité, pourquoi ne me croyezvous pas? Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. Ce qui fait que vous ne les écoutez pas, c'est que vous n'êtes point de Dieu. Les Juifs lui répondirent: N'avons- nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain et un possédé? Jésus leur repartit: Je ne suis point un possédé; mais j'honore mon Père, et vous, vous m'avez déshonoré. Pour moi, je ne cherche point ma propre gloire, un autre en prend soin et me juge. En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne mourra jamais. Les Juifs lui dirent: Nous voyons bien maintenant que vous êtes un possédé. Abraham est mort et les prophètes aussi, et vous dites: Celui qui garde ma parole ne mourra jamais. Etes- vous plus grand que notre père Abraham qui est mort, et que les prophètes qui sont morts aussi? Qui prétendez- vous être? Jésus leur répondit: Si je me glorifie moi- même, ma gloire n'est rien. Celui qui me glorifie, c'est mon Père, que vous dites être votre Dieu; néanmoins vous ne le connaissez pas. Mais moi, je le connais, et si je disais que je ne le connais pas, je serais un menteur comme vous; mais je le connais et je garde sa parole. Abraham, votre père, a désiré avec ardeur de voir mon jour; il l'a vu, et il en a été comblé de joie. Les Juifs lui dirent: Vous n'avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham? Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous le dis je suis avant qu'Abraham fût né. Là- dessus, ils prirent des pierres pour les lui jeter, mais Jésus se cacha et sortit du temple. SEMAINE SAINTE. Instruction.- La Semaine Sainte est ainsi appelée à cause de la sainteté et de la grandeur des mystères dont on célèbre la mémoire: l'entrée de Jésus- Christ à Jérusalem; l'institution de la sainte Eucharistie; la Passion et la mort du Sauveur, sa descente aux enfers et sa sépulture. Le Dimanche des Rameaux, l'Eglise célèbre l'entrée triomphante de Jésus- Christ à Jérusalem, six jours avant sa Passion. C'est pour rappeler ce triomphe que l'on fait la bénédiction des rameaux et la procession. Le Mercredi Saint, Notre Seigneur fut vendu aux Juifs trente deniers par Judas, son disciple. Le Jeudi Saint, il mangea sur le soir l'agneau pascal avec ses apôtres, aux 123 quels il lava les pieds; puis il institua le très- saint Sacrement de l'autel. La nuit du jeudi au vendredi, il fut livré par Judas entre les mains des Juifs, qui lui firent endurer toutes sortes d'ignominies et de tourments( Evang. de la Passion, p. 124). Le but des offices et des cérémonies du Jeudi et du Vendredi Saint, est de remettre sous les yeux des fidèles les circonstances de l'institution de la sainte Eucharistie, de la Passion, du crucifiement et de la mort du Sauveur. Le Samedi Saint, l'Eglise célèbre la sépulture de JésusChrist et sa descente aux enfers ou aux limbes. Elle fait la bénédiction: 1° du feu nouveau, figure de Jésus- Christ qui va bientôt sortir du tombeau et embraser le monde du feu de son amour; 2° du cierge pascal, symbole de JésusChrist, qui est la joie et la véritable lumière du monde; 30 des fonts baptismaux, parce que, anciennement, ce jour était destiné à l'administration du Baptême solennel. Pratiques.-1° Se rappeler souvent le souvenir de la Passion de Jésus- Christ. 2° S'imposer quelques privations en mémoire des souffrances du Sauveur. 3o Assister, si on le peut, et avec piété, à l'office divin, surtout à l'adoration de la croix et au sermon sur la Passion; si on ne peut le faire réellement, s'unir d'esprit et de coeur à ceux qui y assistent. 1 DIMANCHE DES RAMEAUX. S. Matthieu, ch. 21. En ce temps- là, comme Jésus approchait de Jérusalem avec ses disciples, et qu'ils étaient déjà arrivés à Bethphagé, près de la montagne des Oliviers, il détacha deux d'entre eux, et leur dit: Allez à ce village qui est devant vous, et vous y trouverez, en arrivant, une ânesse attachée et son ânon avec elle. Détachezles et amenez- les- moi. Si quelqu'un vous dit quelque chose, dites que le Maître en a besoin, et aussitôt on les laissera emmener. Or, tout ceci se fit afin que cette parole du Prophète fût accomplie: Dites à la fille de Sion: Voici votre Roi qui vient à vous plein de douceur, monté sur une ânesse accoutumée au joug et sur son ânon. Les disciples, s'en étant allés, firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, et, les ayant couverts de leurs habits, ils le firent monter dessus. Alors une grande multitude de peuple étendit ses vêtements sur le chemin; d'autres coupaient des branches d'arbres et les jetaient sur son passage; et tous ensemble, tant ceux qui allaient devant lui 124 que ceux qui le suivaient, criaient: Hosanna au Fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux! PASSION DE N.-S. JÉSUS- CHRIST. S. Matthieu, ch. 26 et 27. En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Vous savez qu'on célè bre la Pâque dans deux jours, et que le Fils de l'homme sera crucifié. Cependant les princes des prêtres et les anciens du peuple s'étaient assemblés dans la salle du grand prêtre, nommé Caïphe; et ils délibéraient sur les moyens de se saisir adroitement de Jésus, et de le faire mourir. Mais, disaient- ils, il ne faut pas que ce soit durant la fête, de peur qu'il ne vienne à s'exciter quelque tumulté parmi le peuple. Or, comme Jésus était à Béthanie, chez Simon le lépreux, une femme s'approcha de lui avec un vase d'albâtre plein d'un parfum d'un grand prix, et elle le lui répandit sur la tête pendant qu'il était à table. Ce que voyant, les disciples en furent choqués, et dirent: Pourquei perdre ce parfum? On aurait pu le vendre bien cher, et en donner l'argent aux pauvres. Mais Jésus, connaissant ce qu'ils disaient, leur répondit: Pourquoi faites- vous de la peine à cette femme? Ce qu'elle vient de faire pour moi est une bonne œuvre aussi bien, vous aurez toujours des pauvres avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. Car, en répandant ce parfum sur mon corps, elle a prévenu l'heure de ma sépulture. Je vous le dis en vérité, en quelque lieu du monde que soit prêché cet Évangile, partout on racontera à la louange de cette femme ce qu'elle vient de faire pour moi. Alors un des douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les princes des prêtres, et leur dit: Que voulez- vous me donner, et je vous le livrerai? Ils s'engagèrent à lui donner trente pièces d'argent, et, depuis ce temps- là, il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer. Or, le premier jour des Azymes, les disciples, s'adressant à Jésus, lui dirent: Où voulez- vous que nous vous préparions ce qu'il faut pour manger la Pâque? Il leur répondit: Allez dans la ville, chez un tel, et dites- lui: Le Maître vous 125 envoie dire: Mon temps est proche; je vais faire la Pâque chez vous avec mes disciples. Les disciples firent ce que Jésus leur avait commandé, et préparèrent la Pâque. Le soir donc étant venu, il se mit à table avec ses douze disciples, et pendant qu'ils mangeaient, il leur parla ainsi: Je vous le dis en vérité, l'un de vous me trahira. Cette parole les ayant fort affligés, chacun se mit à lui dire: Est- ce moi, Seigneur? Il leur répondit: Celui qui me trahira, c'est celui qui met la main au plat avec moi. Pour ce qui est du Fils de l'homme, il s'en va selon ce qui a été prédit de lui; mais malheur à celui par qui le Fils de l'homme sera trahi; il eût bien mieux valu pour lui qu'il ne fût jamais né. Judas, celui- là même qui le trahissait, prenant la parole, lui dit: Maître, est- ce moi? Vous l'avez dit, lui répondit Jésus. Pendant qu'ils soupaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples, en disant: Prenez et mangez; ceci est mon corps. Puis, prenant le calice, il rendit grâces et le leur donna, en disant: Buvez- en tous; car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. Or, je vous le dis, désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je le boirai de nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. Et après avoir récité un hymne, ils s'en allèrent à la montagne des Oliviers. Alors Jésus leur dit: Je serai pour vous tous cette nuit un sujet de scandale; car il est écrit: Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Pierre lui dit: Quand vous seriez pour tous les autres un sujet de scandale, vous ne le serez jamais pour moi. Jésus lui repartit: Je vous dis en vérité que, cette nuit même, avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois. Pierre lui dit: Me fallût- il mourir avec vous, je ne vous renoncerai point; et tous les autres disciples tinrent le même langage. Alors Jésus arriva avec eux dans un lieu nommé Gethsémani, et il leur dit: Demeurez ici, pendant que je m'en vais là auprès pour prier. Et 126 prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à être saisi de tristesse et plongé dans une profonde affliction. Alors il leur dit: Mon âme est triste jusqu'à la mort; attendez ici et veillez avec moi. Et s'étant un peu avancé, il se prosterna le visage contre terre, priant et disant: Mon Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi; néanmoins, que ma volonté ne s'accomplisse point, mais la vôtre. Il retourna ensuite à ses disciples, qu'il trouva endormis, et il dit à Pierre Quoi! vous n'avez pu veiller une heure avec moi? Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation; car l'esprit est prompt, mais la chair est faible; et s'étant retiré pour la seconde fois, il priait encore et disait: Mon Père, si ce calice ne peut s'éloigner sans que je le boive, que votre volonté soit faite. Il revint encore à eux, et les trouvant endormis, parce que leurs yeux étaient appesantis, il les laissa, et s'en retourna encore. Il fit pour la troisième fois la même prière; ensuite il revint à ses disciples, et leur dit: Dormez maintenant et reposez- vous; l'heure est venue, et le Fils de l'homme va être livré entre les mains des pécheurs. Levez- vous, allons; celui qui doit me trahir n'est pas loin d'ici. Comme il parlait encore, Judas, l'un des douze, arriva, accompagné d'une grande troupe de gens armés d'épées et de bâtons. Ils étaient envoyés par les princes des prêtres et par les anciens du peuple. Or, celui qui trahissait Jésus leur avait donne ce signal: Celui, dit- il, que je baiserai, c'est lui- même; saisissez- vous- en. Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit: Maître, je vous salue; et il le baisa. Jésus lui répondit: Mon ami, qu'êtes- vous venu faire ici? En même temps la troupe s'avança, et se saisissant de Jésus, ils l'arrêtèrent. Alors, un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, en frappa un valet du grand- prêtre, et lui coupa l'oreille. Mais Jésus lui dit: Remettez votre épée dans son fourreau; car tous ceux qui se serviront du glaive, périront par le glaive. Croyez- vous donc que je ne puisse point prier mon Père, et ne m'enverrait. 127 il pas aussitôt plus de douze légions d'anges? Comment donc s'accompliraient les Ecritures qui déclarent que tout cela doit arriver ainsi? Ensuite Jésus dit à cette troupe: Vous êtes venus avec des épées et des bâtons pour me prendre comme un voleur; cependant j'étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez point arrêté. Mais tout cela s'est fait ainsi, afin que tout ce qu'ont écrit les prophètes soit accompli. Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent. Ceux donc qui s'étaient saisis de Jésus le menè rent chez Caiphe, le grand- prêtre, où les scribes et les anciens s'étaient assemblés. Or, Pierre le suivait de loin; et étant arrivé jusqu'auprès de la cour du grand- prêtre, il y entra et s'assit avec les domestiques pour voir comment tout cela se terminerait. Cependant les princes des prêtres et tout le conseil cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir, et ils n'en trouvèrent pas, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin il en vint deux qui dirent: Cet homme a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. Sur cela le grandprêtre, se levant, lui dit: Vous ne répondez rien à ce que ces gens- là déposent contre vous. Mais Jésus se taisait. Alors le grand- prêtre lui dit: Je vous adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si vous êtes le Christ, le Fils de Dieu? Vous l'avez dit, lui répondit Jésus. Et moi, je vous déclare de plus qu'un jour vous verrez venir le Fils de l'homme assis sur les nuées du ciel, à la droite de la majesté de Dieu. Alors le grand- prêtre déchira ses vêtements, en disant: Il a blasphémé; qu'avonsnous encore besoin de témoins? Vous venez d'entendre son blasphème que vous en semble? Ils répondirent: Il mérite la mort. Aussitôt, ils lui crachèrent au visage et lui donnèrent des soufflets. D'autres le frappaient, en disant: Christ, prophétise, et dis- nous qui t'a frappé? Cependant Pierre était assis dehors dans la cour, et une servante s'approchant lui dit: Vous aussi vous étiez avec Jésus de Galilée. Mais il le nia devant tout le monde, en disant: Je ne sais ce que vous voulez 128 dire. Comme il était à la porte pour sortir, une autre servante l'ayant aperçu dit à ceux qui étaient présents: Celui- ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Pierre le nia une seconde fois et dit: Je ne connais point cet homme. Et un peu après ceux qui étaient là lui dirent: Assurément vous étiez aussi de ces gens- là qui le suivaient; car votre langage vous fait assez connaître. Alors il se mit à faire des imprécations, et à jurer qu'il ne connaissait point cet homme; et aussitôt le coq chanta; et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite: Avant que le coq ait chanté, vous m'aurez renoncé trois fois; et étant sorti, il pleura amèrement. Dès que le jour parut, tous les princes des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir; et après l'avoir lié, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Ponce Pilate, leur gouverneur. Alors Judas, qui l'avait trahi, voyant qu'il était condamné, fut touché de repentir, et reportant aux princes des prêtres et aux anciens leurs trente pièces d'argent, il leur dit: J'ai péché, en livrant le sang du juste. Mais ils lui répondirent: Que nous importe! c'est votre affaire. Alors Judas ayant jeté l'argent dans le Temple, se retira et alla se pendre. Mais les princes des prêtres prenant cet argent dirent: Il n'est pas permis de le mettre dans le trésor, parce que c'est le prix du sang. Et après avoir délibéré entre eux, ils en achetèrent le champ d'un potier, pour la sépulture des étrangers. C'est pour cela qu'on appelle encore aujourd'hui ce champ Haceldama, c'est- à- dire le champ du sang. Alors fut accomplie cette parole du prophète Jérémie: Ils ont pris les trente pièces d'argent pour lesquelles on a vendu celui qui a été mis à prix par les enfants d'Israël, et ils en ont acheté le champ d'un potier, comme le Seigneur me l'a fait prédire. Jésus donc parut devant le gouverneur, qui l'interrogea en ces termes: Etes- vous le roi des Juifs? Vous l'avez dit, répondit Jesus. Accusé ensuite par les princes des prêtres et par les anciens, il ne fit aucune réponse. Alors Pilate lui dit: N'entendez- vous pas toutes les accusations dont 129 ils vous chargent? Et Jésus ne répondit à aucune parole, en sorte que le gouverneur était frappé d'étonnement. Or, c'était la coutume du gouverneur, au jour de la fête de Pâque, d'accorder au peuple la liberté d'un prisonnier à leur choix, et il y en avait alors un fameux nommé Barabbas. Comme ils étaient donc tous rassemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez- vous que je vous délivre, Barabbas ou Jésus, qu'on appelle Christ? car il savait bien que c'était par envie qu'on lui avait livré Jésus. Or, pendant qu'il était sur son tribunal, sa femme lui envoya dire: Ne vous mêlez point dans l'affaire de ce juste; car j'ai eu aujourd'hui un songe qui m'a fort tourmentée à son sujet. Cependant les princes des prêtres et les anciens persuadèrent au peuple de demander Barabbas, et de faire périr Jésus. Le gouverneur donc leur dit: Lequel des deux voulez- vous que je vous délivre? Barabbas, dirent- ils. Que feraije donc, répond Pilate, de Jésus qu'on appelle Christ? Ils s'écrièrent tous: Qu'il soit crucifié! Quel mal a- t- il donc fait? leur dit le gouverneur; mais ils criaient encore plus fort Qu'il soit crucifié! Alors Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien snr eux, et que le tumulte augmentait, demanda de l'eau, et se lavant les mains à la vue du peuple, leur dit: Je suis innocent du sang de ce juste; c'est vous qui en répondrez. Mais tout le peuple s'écria Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! : Aussitôt il leur délivra Barabbas; et ayant fait flageller Jésus, il le leur abandonna pour être crucifié. En même temps les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire, et rassemblant autour de lui la cohorte entière, après lui avoir ôté ses habits, ils le couvrirent d'un manteau d'écarlate; puis entrelaçant des épines, ils en firent une couronne, et l'enfoncèrent sur sa tête; ils lui mirent aussi un roseau dans la main droite, et fléchissant le genou devant lui, ils se moquaient, et lui disaient: Je vous salue, Roi des Juifs; et en lui crachant au visage, ils prenaient son roseau lui et endonnaient des coups sur la tête. Après s'être ainsi joués de lui, ils lui ôtèrent le manteau 6. 130 d'écarlate, et, lui ayant remis ses habits, ils l'emmenèrent pour le crucifier. Or, comme ils sortaient de Jérusalem, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, et ils le contraignirent de porter la croix de Jésus. Ils arrivèrent ainsi au lieu appelé Golgotha, qui est le Calvaire; là, on lui présenta à boire du vin mêlé de fiel; mais, en ayant goûté, il n'en voulut point boire. Après qu'ils l'eurent crucifié, ils partagèrent ses habits, et les jetèrent au sort, afin que cette parole du prophète s'accomplit: Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort. Après quoi, s'étant assis, ils le gardaient. Ils attachèrent aussi au- dessus de sa tête cette inscription, qui marquait la cause de sa condamnation: C'EST JÉSUS LE ROI DES JUIFS. En même temps, on crucifia avec lui deux voleurs, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche; et ceux qui passaient blasphémaient contre lui, en branlant la tête, et lui disaient: Hé bien! toi qui détruis le Temple de Dieu, et le rebâtis en trois jours, que ne te sauves- tu toi- même? Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix. Les princes des prêtres se moquaient aussi de lui avec les scribes et les anciens, en disant: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui- même; s'il est le roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, et aussitôt nous croirons en lui. Il a mis sa confiance en Dieu; que Dieu donc, s'il l'aime, le délivre maintenant; car il a dit: Je suis le Fils de Dieu. Les voleurs qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient de même. Cependant, depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, les ténèbres couvrirent toute la terre; et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Eli, Eli, lamma sabacthani! c'est- àdire: Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'avezvous abandonné? Quelques- uns de ceux qui étaient là, et qui l'entendirent, disaient: Il appelle Elie; et aussitôt l'un d'eux courut emplir une éponge de vinaigre, et l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui présenta à boire. Mais les autres disaient: Attendez, voyons si Elie viendra le délivrer. Alors, Jésus, jetant encore un grand cri, expira. 131 ( Ici on se prosterne et on baise la terre.) Au même instant le voile du Temple se déchira depuis le haut jusqu'au bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de plusieurs saints qui étaient morts ressuscitèrent, et sortant de leurs tombeaux, après la résurrection de Jésus, ils se montrèrent dans la ville sainte et apparurent à plusieurs. Cependant le centurion, et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et tout ce qui se passait, furent saisis d'une extrême frayeur, et dirent: Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. Il y avait là aussi plusieurs femmes qui se tenaient éloignées; elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée, et avaient eu soin de lui; et parmi elles étaient Marie- Madeleine, Marie mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Sur le soir, un homme riche de la ville d'Arimathie, nommé Joseph, qui était aussi disciple de Jésus, vint trouver Pilate, et, lui ayant demandé le corps de Jésus, Pilate ordonna de le lui remettre. Joseph, l'ayant reçu, l'enveloppa dans un linceul blanc, et le plaça dans un sépulcre neuf qu'il avait fait tailler dans le roc; et ayant roulé une grande pierre jusqu'à l'entrée du sépulcre, il se retira. Mais Marie- Madeleine et l'autre Marie demeurèrent assises auprès du sépulcre. Le lendemain, qui était le jour du sabbat, les princes des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate, et lui dirent: Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur disait pendant sa vie: Je ressusciterai trois jours après ma mort: ordonnez donc qu'on garde le sépulcre jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent dérober son corps et ne disent au peuple: Il est ressuscité; car cette dernière erreur serait pire que la première. Pilate leur répondit: Vous avez des gardes; allez, faites- le garder comme vous l'entendrez. Ils s'en allèrent donc; et pour s'assurer du sépulcre, ils apposèrent le sceau sur la pierre, et y laissèrent des gardes. 132 LE SAINT JOUR DE PAQUES. 1 Instruction. C'est la fête des fêtes, la solennité des solennités, comme l'appelle l'Eglise: c'est le jour du Seigneur, le troisième après sa mort, dans lequel, ainsi qu'il l'avait prédit, il sortit du tombeau, triomphant de la mort, du monde et de l'enfer. Le corps de Jésus- Christ ressuscita impassible et immortel; c'est- à- dire que, dès lors, il ne put ni souffrir ni mourir. Jésus- Christ est ressuscité: 1° pour prouver sa divinité et la vérité de son Evangile. Il n'y a qu'un Dieu- homme qui puisse se ressusciter luimême, et un Dieu ne peut enseigner ni l'erreur, ni le mensonge. 20 Pour nous donner un gage de notre résurrection à la fin des siècles; car tous les hommes ressusciteront à la fin du monde: les justes, pour leur gloire et leur bonheur; et les réprouvés, pour leur confusion et leur malheur; et dans ce grand jour, les corps des justes seront rendus conformes au corps glorieux de JésusChrist ressuscité. Pratiques.-1° Nous affermir dans la foi par le souvenir du prodige de la résurrection de Jésus- Christ. 20 Dans les peines et les souffrances, nous consoler par la pensée de la gloire et du bonheur de notre corps au jour de la résurrection. 30 Ressusciter spirituellement avec Jésus- Christ, en sortant, par la réception des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, de la mort du péché, pour vivre de la vie de la grâce; c'est surtout pour cela que l'Eglise nous ordonne de recevoir ces sacrements au temps de Pâques. S. Marc, ch. 16.- En ce temps- là, Marie- Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des parfums pour embaumer Jésus; et, le premier jour de la semaine, étant parties de grand matin, elles arrivèrent au sépulcre avant le lever du soleil. Elles se disaient l'une à l'autre: Qui nous ôtera la pierre de l'entrée du sépulcre? et, regardant, elles virent qu'elle était ôtée. Or, cette pierre était fort grande. Puis, entrant dans le sépulcre, elles aperçurent un jeune homme assis du côté droit, vêtu d'une robe blanche, et elles furent effrayées. Mais il leur dit: N'ayez point de peur. Vous cherchez Jésus de Nazareth qui a été crucifié? Il est ressuscité; il n'est point ici; voilà le lieu où on l'avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il sera avant vous en Galilée. C'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. 133 yer DIMANCHE APRES PAQUES. S. Jean, ch. 20. En ce temps- là, sur le soir du même jour, qui était le premier jour de la semaine, les portes du lieu où les disciples étaient assemblés, de peur des Juifs, étant fermées, Jésus vint, et, paraissant au milieu d'eux, leur dit: La paix soit avec vous. Et lorsqu'il eut ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples donc eurent une extrême joie de voir le Seigneur. Il leur dit encore une fois: La paix soit avec vous. Je vous envoie comme mon Père m'a envoyé. Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit: Recevez le Saint- Esprit. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. Or, Thomas, l'un des douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur répondit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans les trous des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, comme les disciples étaient encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et, paraissant au milieu d'eux, il leur dit: La paix soit avec vous. Il dit ensuite à Thomas: Portez ici votre doigt et regardez mes mains; approchez votre main et mettez- la dans mon côté, et ne soyez pas incrédule, mais fidèle. Thomas répondit et lui dit: Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit: Vous avez cru, Thomas, parce que vous avez vu; heureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru! Jésus a fait à la vue de ses disciples plusieurs autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre; mais ceux- ci ont été écrits afin que vous croyiez que Jésus est le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. — IIe DIMANCHE APRES PAQUES S. Jean, ch. 10. En ce temps- là, Jésus dit aux pharisiens: Je suis le bon Pasteur. Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire et celui qui n'est point pasteur, à qui les - 134 brebis n'appartiennent point, ne voit pas plus tôt venir le loup qu'il abandonne les brebis et s'enfuit, et le loup les ravit et disperse les brebis. Or, le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire et qu'il ne se met point en peine des brebis. Je suis le bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis qui ne sont point de cette bergerie; il faut que je les amène; elles écouteront ma voix, et il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur. - IIIe DIMANCHE APRÈS PAQUES. S. Jean, ch. 16.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Dans peu de temps vous ne me verrez plus, et un peu de temps après vous me reverrez, parce que je m'en vais à mon Père. Sur cela quelques- uns de ses disciples se dirent les uns aux autres: Que veut- il nous dire par là: Dans peu de temps vous ne me verrez plus, et un peu de temps après vous me reverrez, parce que je m'en vais à mon Père? Ils disaient donc: Que dit- il là, dans peu de temps? Nous n'entendons point ce qu'il veut dire. Jésus, connaissant qu'ils voulaient l'interroger, leur dit: Vous vous demandez les uns aux autres ce que j'ai voulu dire par ces paroles: Dans peu de temps vous ne me verrez plus, et peu de temps après vous me reverrez. En vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous gémirez, vous autres, et le monde sera dans la joie; vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. Quand une femme enfante, elle souffre beaucoup, parce que son heure est venue; mais après qu'elle a mis au monde un fils, elle ne se souvient plus de ses douleurs, dans la joie qu'elle a de ce qu'un homme est venu au monde. De même, vous êtes maintenant dans la tristesse; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie. Ive DIMANCHE APRÈS PAQUES. - S. Jean, ch. 16.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Je m'en vais à celui qui m'a envoyé, 135 et aucun de vous ne me demande où je vais; mais parce que je vous ai dit ces choses, votre cœur est rempli de tristesse. Cependant je vous dis la vérité; il vous est utile que je m'en aille, car si je ne m'en vais point, le Consolateur ne viendra point à vous; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai, et, lorsqu'il sera venu, il convaincra le monde touchant le péché, touchant la justice et touchant le jugement touchant le péché, parce qu'ils n'ont point cru en moi; touchant la justice, parce que je m'en vais à mon Père et que vous ne me verrez plus; et touchant le jugement, parce que le prince du monde est déjà jugé. J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter présentement. Quand l'Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité; car il ne parlera pas de lui- même, mais il dira tout ce qu'il a entendu, et il vous annoncera les choses à venir. C'est lui qui me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui est à moi, et il vous l'annoncera. ve DIMANCHE APRÈS PAQUES. S. Jean, ch. 16.. En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: En vérité, en vérité, je vous le dis: Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en paraboles. Le temps vient que je ne vous entretiendrai plus en paraboles, mais que je vous parlerai clairement de mon Père. En ce temps- là, vous demanderez en mon nom; et je ne vous dis point que je prierai mon Père pour vous, car mon Père lui- même vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti de mon Père et je suis venu dans le monde; maintenant, je laisse le monde et je m'en retourne à mon Père. Ses disciples lui dirent: C'est à cette heure que vous parfez clairement et que vous ne vous servez point de paraboles. Nous voyons bien présentement que vous savez tout, et qu'il n'est pas besoin que personne vous interroge: c'est pour cela que nous croyons que vous êtes sorti de Dieu. - 136 LE JOUR DE L'ASCENSION DE N.-S. Instruction. Cette fête est établie pour célébrer l'entrée triomphante de Jésus- Christ dans le ciel. Quarante jours après sa résurrection, il conduisit ses apôtres et plusieurs de ses disciples sur la montagne des Oliviers, et fà, en leur présence, il s'éleva en corps et en âme dans le ciel, où il nous sert de médiateur et d'avocat auprès de son Père. Il est monté au ciel: 1° parce que le ciel est le séjour des corps glorieux et ressuscités; 20 pour nous envoyer son Saint- Esprit; 3° pour nous ouvrir l'entrée du Paradis, où personne n'était entré avant lui, et pour nous y préparer une place, Pratiques.-1° Regarder la terre comme un lieu d'exil et en détacher nos cœurs. 20 Regarder le ciel comme notre véritable patrie, et désirer ardemment d'y occuper la place que Jésus- Christ nous y a préparée. S. Marc, ch. 16.- En ce temps- là, les onze disciples étant à table, Jésus leur apparut et leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, de n'avoir point cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Et il leur dit: Allez par tout le monde, prêchez l'Évangile à toute créature. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé; mais celui qui ne croira point sera condamné. Voici les miracles que feront ceux qui croiront: ils chasseront les démons en mon nom; ils parleront de nouvelles langues; ils manieront les serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera point de mal; ils mettront les mains sur les malades, et les malades seront guéris. Le Seigneur Jésus, après leur avoir ainsi parlé, fut élevé dans le ciel, où il est assis à la droite de Dieu. Pour eux, ils allèrent prêcher partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant sa parole par les miracles dont elle était accompagnée. DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE L'ASCENSION. S. Jean, ch. 15 et 16.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Lorsque le Consolateur sera venu, cet Esprit de vérité qui procède du Père, et que je vous enverrai de la part de mon Père, c'est lui qui rendra témoignage de moi. Et vous aussi, vous en rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. Je vous ai dit ces choses afin que vous ne soyez point scandalisés. 137 Ils vous chasseront des synagogues, et le temps va venir que quiconque vous fera mourir croira rendre service à Dieu. Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaissent ni mon Père, ni moi. Or, je vous dis ces choses, afin que, quand ce temps- là sera venu, vous vous souveniez que je vous les ai dites. LE SAINT JOUR DE LA PENTECOTE. Instruction. C'est le cinquantième jour après Pâques et le dixième après l'Ascension de Jésus- Christ, où, les Apôtres étant en prière avec la sainte Vierge, le SaintEsprit, sous la forme de langues de feu, descendit visiblement sur chacun d'eux. Le feu signifiait l'ardeur de la charité qu'il venait allumer dans leur coeur, et les langues marquaient qu'ils devaient annoncer l'Evangile. Le SaintEsprit opéra dans les Apôtres un merveilleux changement. Ils étaient ignorants, et il en fit des docteurs qui prêchèrent aux nations, en diverses langues, les vérités les plus sublimes; ils étaient faibles et timides, et il leur inspira un courage invincible, qui leur fit affronter les persécutions, les supplices et la mort; ils étaient remplis de défauts, et il les perfectionna et les sanctifia. Le SaintEsprit est descendu aussi pour toute l'Eglise, afin de la conduire et de la diriger jusqu'à la fin du monde; et il se communique à chacun de nous. Voilà pourquoi nos âmes et nos corps sont appelés les temples du Saint- Esprit, qui les sanctifie par sa grâce et par ses dons. Pratiques.- 20 Demander instamment à l'EspritSaint de nous remplir de ses dons. 20 Ne le point chasser de notre cœur par le péché mortel, ni le contrister par le péché véniel." S. Jean, ch. 14.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. Celui qui ne m'aime point ne garde point mes paroles. et la parole que vous avez entendue n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses pendant que je demeurais avec vous; mais le Consolateur, l'Esprit saint, que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes ces choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donue ma paix; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœeur ne se trouble point et qu'il ne craigne point. Vous m'avez entendu dire: 138 Je m'en vais et je reviens à vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je m'en vais à mon Père; car mon Père est plus grand que moi. Je vous le dis maintenant, avant que la chose arrive, afin que vous croyiez quand elle sera arrivée. Je ne m'entretiendrai plus longtemps avec vous; car voilà le prince de ce monde qui va venir, et il n'a aucun droit sur moi; mais afin que le monde connaisse que j'aime mon Père, je fais ce que mon Père m'a ordonné. 1 DIMANCHE DE LA TRÈS- SAINTE TRINITÉ. Instruction. Tous les dimanches de l'année sont consacrés à honorer le mystère d'un Dieu en trois personnes. L'intention de l'Eglise, dans la célébration de cette fête, est d'exciter plus particulièrement encore nos sentiments de foi, d'adoration, d'amour et de reconnaissance envers les trois personnes divines. Pratiques. 1o Remercier souvent la sainte Trinité des trois principaux bienfaits dont nous lui sommes rede vables 10 de nous avoir créés à son image; 2⁰ de nous avoir rachetés par la mort de Jésus- Christ; 3⁰ de nous sanctifier par la venue du Saint- Esprit dans nos cœurs; 40 faire le signe de la croix avec plus de respect, réciter avec plus d'attention le Gloria Patri, et renouveler les promesses de son Baptème. S. Matthieu, ch. 28.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, instruisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit, et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai prescrites. Et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles. LA FÊTE DU SAINT- SACREMENT. Instruction. L'Eglise, occupée pendant la SemaineSainte à pleurer la mort de son divin Epoux, n'a pu déployer en l'honneur de l'auguste Sacrement de nos autels toute la pompe de son culte. Ce qu'elle n'a pu faire le Jeudi Saint, elle le fait en ce jour; elle ordonne qu'aujourd'hui et pendant l'Octave, on expose le Saint- Sacrement, et qu'on le porte solennellement en procession pour le faire adorer. Le but de l'Eglise dans cette solennité est de manifester la fermeté de sa foi à l'égard de la présence de Jésus- Christ dans l'Eucharistie, de ranimer les sentiments d'adoration, d'amour et de reconnaissance qu'exige de nous le Saint- Sacrement, et de réparer les 139 fautes dont nous avons pu nous rendre coupables envers lui. On porte le Saint- Sacrement en procession: 1° pour célébrer le trioniphe remporté sur les ennemis de ce mystère; 20 pour exciter par ce spectacle la foi et la piété des fidèles; 30 pour sanctifier par la présence de JésusChrist nos rues et nos maisons. Pratiques.- 10 Ranimer sa foi et son respect envers ce mystère. 20 Faire amende honorable pour toutes les profanations commises par nous ou par les autres. 3° Se disposer à communier dignement, et communier du moins spirituellement_( V. p. 90). 40 Faire, si on le peut, quelques visites au Saint- Sacrement pendant l'Octave. ( V. p. 89 et suiv.) 1 S. Jean, ch. 6.- En ce temps- là, Jésus dit à une grande foule de Juifs: Ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Comme mon Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que je vis par mon Père; de même, celui qui me mange vivra aussi par moi. C'est là le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas de ce pain comme de la manne. Vos pères ont mangé la manne et ils sont morts. Celui qui mange ce pain vivra éternellement. DIMANCHE DANS L'OCTAVE DU S.- SACREMENT. S. Luc, ch. 14.- En ce temps- là, Jésus dit à ceux qui étaient à table avec lui dans la maison d'un des principaux pharisiens: Un homme prépara un grand festin, auquel il invita beaucoup de convives, et, à l'heure du repas, il envoya son serviteur dire à ceux qui étaient invités, de venir, parce que tout était prét; mais tous ensemble commencèrent à s'excuser. Le premier dit: J'ai acheté une maison de campagne, il faut que j'aille la voir; je vous prie de m'excuser. Un second dit: J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je vais en faire l'essai; je vous prie de m'excuser. Un autre dit: Je viens de me marier, et je ne puis y aller. Le serviteur, étant revenu, rapporta ces paroles à son maître. Alors le père de famille irrité dit à son serviteur: Allez sur- le- champ dans les places et les rues de la ville, et amenez ici les pauvres, les infirmes, les aveugles et les boiteux. Seigneur, dit le 140 serviteur, j'ai fait ce que vous m'avez ordonné, et il y a encore de la place. Le maître lui dit: Allez dans les chemins et le long des haies, et pressez les gens d'entrer, afin que ma maison se remplisse; car je vous déclare que nul de ceux que j'ai invités ne participera à mon festin. FÊTE DU SACRÉ- COEUR DE JÉSUS. Instruction. Cette fête a pour objet spécial le Cœur matériel et vivant de Jésus- Christ, uni intimement à la seconde personne de la sainte Trinité, ainsi qu'à l'âme et au corps de l'Homme- Dieu, et l'amour immense dont ce Cœur à été et ne cesse d'être embrasé pour les hommes. Approuvée par l'Eglise et autorisée par les miracles les plus éclatants( 1), la dévotion au Sacré- Coeur de Jésus est devenue chère à tous les chrétiens. Pratiques.-1° Offrir au Coeur de Jésus des adorations profondes et de solennelles actions de grâces pour ses bienfaits. 20 Lui faire amende honorable des outrages qu'il a reçus et qu'il reçoit encore dans le sacrement de nos autels. 3° S'exciter à l'imitation des vertus dont ce divin Coeur nous offre le modèle, et particulièrement de sa douceur et de son humilité. S. Jean, ch. 19. En ce temps- là, comme c'était la veille du sabbat, et que ce sabbat était fort solennel, afin que les corps ne demeurassent pas sur la croix pendant ce jour, les Juifs demandèrent à Pilate qu'on leur rompît les jambes et qu'on les enlevât. Des soldats vinrent donc et rompirent les jambes au premier et à l'autre qu'on avait crucifiés avec Jésus. Puis, s'étant approchés de lui et voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes; mais l'un d'eux lui ouvrit le côté d'un coup de lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui l'a vu en rend témoignage, et son témoignage est véritable. ( 1) En 1722, au moment où la peste exerçait à Marseille les plus terribles ravages, l'Evêque de cette ville ayant fait dresser un autel au milieu du Cours, y vint en procession, la corde au cou, suivi de son clergé et des magistrats, et voua son troupeau au Sacré- Cœur de Jésus. A dater de ce jour, le fléau cessa, et tous les malades se rétablirent successivement. Marseille célébre encore tous les ans l'anniversaire de cette faveur signalée, le vendredi qui suit l'Octave du Saint- Sacrement. 141 III DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 15.- En ce temps- là, comme les publicains et les pécheurs s'approchaient de Jésus pour l'entendre, les pharisiens et les docteurs de la loi en murmuraient. Cet homme, disaient- ils, reçoit les pécheurs et mange avec eux. Alors il leur proposa cette parabole: Qui d'entre vous, s'il a cent brebis et qu'il en perde une, ne laisse pas les quatre- vingt- dix- neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il la retrouve? et lorsqu'il l'a retrouvée, il la met sur ses épaules, plein de joie; et, étant arrivé chez lui, il assemble ses amis et ses voisins, et leur dit Réjouissez- vous avec moi, parce que j'ai trouvé ma brebis qui était perdue. Je vous dis de même qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre- vingt- dix- neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence. Ou, quelle est la femme qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n'allume la lampe, ne balaie sa maison, et ne cherche avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve? Et, après l'avoir retrouvée, elle assemble ses amies et ses voisines, et leur dit: Réjouissez- vous avec moi, parce que j'ai trouvé la drachme que j'avais perdue. Je vous dis de même qu'un seul pécheur qui fait pénitence est un grand sujet de joie pour les anges de Dieu. IVe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 5. En ce temps- là, Jésus étant sur le bord du lac de Génézareth, se trouva accablé par une foule de peuple qui venait à lui pour entendre la parole de Dieu; et ayant vu deux barques arrêtées au bord, d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets, il monta dans l'une de ces barques qui étaient à Simon, et le pria de s'éloigner un peu du rivage; puis, s'étant assis, il instruisait le peuple de dessus la barque. Quand il eut cessé de parler, il dit à Simon: Avancez en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher. Simon. lui répondit: Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; néanmoins, sur votre parole, je jetterai le filet. L'ayant fait, ils prirent 142 une si grande quantité de poissons que leur filet se rompait. Ils firent signe à leurs compagnons, qui étaient dans l'autre barque, de venir les aider, et ils vinrent, et ils emplirent les deux barques; en sorte qu'il s'en fallait peu qu'elles ne coulassent à fond. Ce que voyant Simon- Pierre, il se jeta aux pieds de Jésus, et lui dit: Seigneur, éloignezvous de moi, parce que je suis un pécheur. Car la pêche qu'ils venaient de faire l'avait épouvanté, et tous ceux qui étaient avec lui, aussi bien que Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient compagnons de Simon. Mais Jésus dit à Simon: Ne craignez point; votre emploi sera désormais de prendre des hommes. Et, ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout et le suivirent. Ve DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Matthieu, ch. 5. En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Je vous déclare que, si votre justice n'est plus parfaite que celle des docteurs de la loi et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume du ciel. Vous savez qu'il a été dit aux anciens: Vous ne tuerez point, et quiconque tuera méritera d'être condamné par le tribunal du jugement. Et moi, je vous dis: Quiconque s'irrite contre son frère sera condamné par le jugement; et celui qui dira à son frère: Raca, sera condamné par le conseil; et celui qui lui dira: Insensé! sera condamné au feu de l'enfer. Si donc vous présentez votre offrande à l'autel, et que là vous vous souveniez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez votre offrande devant l'autel et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère; après cela vous viendrez présenter votre offrande. - VIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Marc, ch. 5. En ce temps- là, comme il y avait à la suite de Jésus une grande foule de peuple qui n'avait pas de quoi manger, il appela ses disciples, et leur dit: J'ai pitié de ce peuple, parce qu'il y a trois jours qu'ils ne me quittent point, et ils n'ont rien à manger. Si je les renvoie sans manger, les forces leur manqueront en chemin, car il 1 143 yen a parmi eux qui sont venus de loin. Ses disciples lui répondirent: D'où pourrait- on dans ce désert avoir assez de pain pour les rassasier? Et il leur demanda: Combien avez- vous de pains? Sept, dirent- ils. Alors il commanda au peuple de s'asseoir sur la terre; puis il prit les sept pains, et, ayant rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples pour les distribuer, et ils les distribuèrent au peuple. Ils avaient encore quelques petits poissons, qu'il bénit aussi, et il commanda qu'on les servit. Ils mangèrent et furent rassasiés; et on rapporta sept corbeilles pleines des morceaux qui étaient restés. Or, ceux qui mangèrent étaient environ quatre mille; et il les congédia. VIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Matthieu, ch. 7.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Gardez- vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des peaux de brebis, mais qui, au- dedans, sont des loups ravissants. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille- t- on des raisins sur des épines, et des figues sur des ronces? Ainsi tout bon arbre porte de bons fruits, et tout mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre en porter de bons. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaitrez. Tous ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur, n'entreront pas pour cela dans le royaume du ciel; mais quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans le ciel, c'est celui- là qui entrera dans le royaume du ciel. VIIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 16.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Un homme riche avait un économe qui fut accusé devant lui d'avoir dissipé son bien. Il le fit venir, et lui dit Qu'est- ce que j'entends dire de vous? Rendez- moi compte de votre admi nistration, car je ne veux plus désormais que vous gouverniez mon bien. Alors l'économe dit en luimême: Que ferai- je, puisque mon maître m'ôte l'administration de son bien? Je ne puis bêcher la 144 terre et j'ai honte de mendier. Je sais ce que je ferai, afin que, quand on m'aura ôté mon emploi, il y ait des gens qui me reçoivent chez eux. Il fit donc venir, l'un après l'autre, tous les débiteurs de son maître. Il dit au premier: Que devez- vous à mon maître? Cent barils d'huile. L'économe lui dit: Tenez, voilà votre obligation, asseyez- vous là vite, et faites- m'en une autre de cinquante. Il dit ensuite à un autre: Et vous, qu'est- ce que vous devez? Celui- ci repondit: Cent mesures de froment. Tenez, lui dit- il, voilà votre billet; faitesen un autre de quatre- vingts. Le maître loua cet économe infidèle de ce qu'il avait agi en homme d'esprit, car les enfants de ce siècle sont plus habiles dans la conduite de leurs affaires que les enfants de la lumière. Je vous dis de même: Employez les richesses injustes à vous faire des amis, afin que, quand vous viendrez à manquer, ils vous reçoivent dans les demeures éternelles. IX DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 19. En ce temps- là, Jésus étant auprès de Jérusalem, et voyant cette ville, pleura sur elle, et dit: Ah! si du moins, en ce jour qui t'est donné, tu connaissais ce qui peut te procurer la paix! Mais maintenant tout cela est caché à tes yeux. Car il viendra un temps malheureux pour toi, où tes ennemis t'environneront de tranchées; ils t'enfermeront et te serreront de toutes parts; ils te détruiront entièrement, et toi et tes enfants qui sont dans ton enceinte; ils ne te laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps où tu as eté visitée. Etant entré dans le temple, il se mit à chasser ceux qui y vendaient et qui y achetaient, en leur disant: Il est écrit: Ma maison est la maison de prière, et vous en avez fait une caverne de voleurs. Et il enseignait tous les jours dans le temple. X DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 18.- En ce temps- là, Jésus dit cette parabole pour quelques- uns qui présumaient d'euxmêmes et de leur propre justice, et qui méprisaient les autres: Deux hommes montèrent au temple - 145 pour prier; l'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien, étant debout, priait ainsi en lui- même: Mon Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères; ni tel aussi que ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine; je donne la dîme de tout ce que je possède. Le publicain, au contraire, se tenant éloigné, n'osait pas même lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: Mon Dieu! ayez pitié de moi qui suis un pécheur. Je vous assure que celui- ci s'en retourna chez lui justifié, et non pas l'autre car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. XI DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Marc, ch. 7.- En ce temps- là, Jésus quitta le pays de Tyr, et alla par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole. Alors on lui amena un homme sourd et muet, et on le pria de lui imposer les mains. Jésus, le tirant à l'écart hors de la foule, mit ses doigts dans les oreilles de cet homme, et ayant pris de sa salive, il lui toucha la langue; puis, levant les yeux au ciel, il jeta un soupir et lui dit: Ephphéta, c'est- àdire: ouvrez- vous. Aussitôt, ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parlait distinctement. Jésus leur défendit d'en parler à personne; mais plus il leur défendait, plus ils le publiaient, et ils disaient, dans l'admiration où ils étaient: Il a bien fait toutes choses; il a fait entendre les sourds et parler les muets. XIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 10.- En ce temps- là, Jésus, se tournant vers ses disciples, leur dit: Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez; car je vous déclare que beaucoup de prophètes et de rois ont souhaité de voir ce que vous voyez et ne l'ont point vu, et d'entendre ce que vous entendez, et ne l'ont point entendu. Alors, un des docteurs de la loi se leva, et lui dit, pour le tenter: Maître, que dois- je faire pour posséder la vie éternelle? Jésus lui répondit: 7 146 Qu'y a- t- il d'écrit dans la loi? Qu'y lisez- vous? Il répondit: Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous- même. Jésus lui dit: Vous avez fort bien répondu; faites cela et vous vivrez. Mais lui, voulant montrer qu'il était juste, dit à Jésus: Et qui est mon prochain? Jésus, prenant la parole, lui dit: Un homme, allant de Jérusalem à Jéricho, tomba entre les mains des voleurs, qui le dépouillèrent et le couvrirent de plaies, et s'en allèrent le laissant à demi mort. Il arriva qu'un prêtre passait par le même chemin: il vit cet homme et passa outre. Un lévite, qui se trouva près de là, l'ayant vu, passa de même. Mais un Samaritain, qui voyageait, vint à passer près de cet homme, et le voyant, il fut touché de compassion. S'étant approché, il versa de l'huile et du vin sur ses plaies et les banda; il le mit ensuite sur son cheval et le mena dans con hôtellerie, où il prit soin de lui. Le lendemain, tira deux deniers qu'il donna à l'hôte, en lui disant: Ayez soin de cet homme, et tout ce que vous avancerez de plus, je vous le rendrai à mon retour. Qui de ces trois vous semble avoir été le prochain de celui qui tomba entre les mains des voleurs? Le docteur repondit: C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Jésus lui dit Allez, et faites de même. XIIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 17. En ce temps- là, Jésus allant Jérusalem, passait par le milieu de la Samarie et de la Galilée; et, comme il entrait dans un village, il rencontra dix lépreux qui, se tenant éloignés, s'écrièrent: Jésus, notre maître, ayez pitié de nous. Dès qu'il les eut aperçus: Allez, leur ditl, montrez- vous aux prêtres. Et, en y allant, ils fut rent guéris. L'un d'eux, aussitôt qu'il se vit guéri, retourna sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix, et il se jeta le visage contre terre aux pieds de Jésus, lui rendant gràces. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus lui dit: Tous les dix ne sont- ils pas guéris? Où sont donc les neuf autres? Il n'y a que cet étranger qui soit revenu et qui ait rendu gloire 1 147 à Dieu. Puis il lui dit: Levez- vous, allez; car votre foi vous a sauvé. XIVe DIMANCHE A PRES LA PENTECOTE. S. Matthieu, ch. 6. En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Personne ne peut servir deux maîtres car, ou il haira l'un et aimera l'autre, ou il respectera l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent. C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez point, pour votre vie, de quoi vous vous nourrirez; ni pour votre corps, de quoi vous vous habillerez. La vie n'est- elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que l'habillement? Considérez les oiseaux du ciel: ils ne sèment point, ils ne moissonnent point, ils n'amassent rien dans les greniers; mais votre Père céleste les nourrit Ne valez- vous pas beaucoup mieux que des oiseaux? Et qui d'entre vous peut, avec tous ses soins, ajouter à sa taille la hauteur d'une coudée? Pourquoi aussi vous inquiétez- vous de l'habillement? Voyez comment croissent les lis de la campagne: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous déclare que Salomon même, avec toute sa magnificence, n'a jamais été si bien vêtu que l'est un de ces lis. Si donc Dieu a soin de vêtir ainsi une herbe de la campagne, qui est aujourd'hui, et qu'on jette demain dans le four, combien aura- t- il plus de soin de vous vêtir, gens de peu de foi! N'ayez point d'inquiétude, et ne dites point: Que mangerons- nous? que boirons- nous? ou de quoi nous habillerons- nous? comme font les païens, qui recherchent toutes ces choses; car votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. Xve DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE, S. Luc, ch. 7.- En ce temps- là, Jésus allait à une ville appelée Naïm, accompagné de ses disciples et d'une grande multitude de peuple. Lorsqu'il était près de la porte de la ville, il arriva qu'on portait un mort en terre: c'était un fils unique dont la mère était veuve; et il y avait avec elle un grand nombre de personnes de la ville. Le 1 148 Seigneur, l'ayant vue, fut touché de compassion pour elle, et lui dit: Ne pleurez point. Puis, s'étant approché, il toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrêtèrent, et il dit: Jeune homme, levezyous, je vous le commande. Aussitôt le mort s'assit et commença à parler, et Jésus le rendit à sa mère. Tout le monde fut saisi de frayeur, et ils glorifiaient Dieu en disant: Un grand prophète a paru parmi nous, et Dieu a visité son peuple. XVI DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Luc, ch. 14. En ce temps- là, Jésus entra dans la maison d'un des principaux pharisiens, un jour de sabbat, pour y prendre son repas; et ceux qui étaient là l'observaient. Or, il y avait devant lui un homme hydropique. Jésus, s'adressant donc aux docteurs de la loi et aux pharisiens, leur dit: Est- il permis de faire des guérisons le jour du Sabbat? Mais ils ne répondirent pas un mot. Et lui, prenant cet homme par la main, le guérit et le renvoya. Puis il leur dit: Qui de vous, si son âne ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en retire pas aussitôt le jour du Sabbat? Et ils ne pouvaient rien répondre à cela. Il proposa aussi cette parabole aux conviés, remarquant qu'ils choisissaient les premières places: Quand vous serez invité à des noces, leur dit- il, ne vous mettez point à la première place, de peur qu'il ne se trouve, parmi les convives, quelqu'un plus considérable que vous, et que celui qui vous aura invités tous deux ne vienne vous dire: Cédez la place à celuici, et qu'alors vous n'ayez la honte d'être mis à la dernière place. Mais lorsque vous serez invité, allez vous mettre à la dernière place, afin que celui qui vous a invité vous dise quand il viendra: Mon ami, montez plus haut. Alors vous serez comblé d'honneur devant ceux qui seront à table avec vous. Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. - XVII DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE. S. Matthieu, ch. 22.- En ce temps- là, les pharisiens vinrent trouver Jésus, et l'un d'eux, qui était docteur de la loi, lui fit cette question pour le tenter: 149 Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Jésus lui répondit: Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. Et voici le second, qui est semblable à celui- là: Vous aimerez votre prochain comme vous- même. Toute la loi et les prophètes se réduisent à ces deux commandements. Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus leur fit cette question: Que pensez- vous du Christ? De qui est- il fils? De David, répondirent- ils. Comment donc, leur dit- il, David, qui était inspiré, l'appelle- t- il son Seigneur, en disant: Le Seigneur a dit à mon Seigneur Asseyez- vous à ma droite, jusqu'à ce que je mette vos ennemis sous vos pieds? Si donc David l'appelle son Seigneur, comment est- il son fils? Personne ne pouvait lui répondre un seul mot, et, depuis ce jour- là, qui que ce soit n'osa plus lui faire de question. XVIIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE. S. Matthieu, ch. 9.- En ce temps- là, Jésus étant monté dans une barque, repassa le lac, et entra dans sa ville, où des gens lui présentèrent un paralytique couché sur son lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon fils, ayez confiance, vos péchés vous sont remis. Alors quelques- uns des docteurs de la loi dirent en eux- mêmes: Cet homme blasphème. Mais Jésus, connaissant ce qu'ils pensaient, leur dit: Pourquoi faites- vous en vous- mêmes des jugements injustes? Lequel est le plus aisé, ou de dire: Vos péchés vous sont remis, ou de dire: Levez- vous et marchez? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés: Levezvous, dit- il alors au paralytique; prenez votre lit, et allez dans votre maison. Le malade se leva et s'en alla en sa maison. Le peuple, voyant ce miracle, fut saisi de crainte, et rendit gloire à Dieu de ce qu'il avait donné un tel pouvoir aux hommes. XIXe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE. S. Matthieu, ch. 22. En ce temps- là, Jésus, parlant en paraboles, dit aux princes des prêtres - 150 et aux pharisiens: Le royaume du Ciel est semblable à un roi qui, voulant faire les noces de son fils, envoya ses serviteurs pour faire venir ceux qui étaient invités; mais ils ne voulurent point y venir. Il envoya encore d'autres serviteurs, auxquels il dit: Dites à ceux qui sont invités: J'ai préparé mon festin, j'ai fait tuer mes boeufs et tout ce que j'avais fait engraisser; tout est prêt, venez aux noces. Mais eux ne s'en mirent point en peine, et ils s'en allèrent, l'un à sa maison de campagne, l'autre à son trafic. Les autres se saisirent de ses serviteurs, et, après leur avoir fait plusieurs outrages, ils les tuèrent. A cette nouvelle, le roi entra en colère, et, ayant envoyé ses troupes, il extermina ces meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs Le festin des noces est tout prêt; mais ceux qui avaient été invités n'en ont pas été dignes. Allez donc dans les carrefours et invitez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ses serviteurs, s'en allant par les rues, assemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, bons et mauvais, et la salle des noces fut remplie de gens qui se mirent à table. Le roi, étant entré pour voir ceux qui étaient à table, aperçut un homme qui n'était point revêtu de la robe nuptiale, et il lui dit: Mon ami, comment êtes- vous entré ici sans avoir la robe nuptiale? Et cet homme demeura muet. Alors le roi dit à ses officiers: Liezlui les mains et les pieds, et jetez- le dehors dans les ténèbres extérieures. C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents; car il y en a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. XXe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Jean, ch. 4. En ce temps- là, il y avait un officier dont le fils était malade à Capharnaüm. Cet officier ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, alla le trouver, et le supplia de venir chez lui, pour guérir son fils qui se mourait. Jésus lui dit: Si vous ne voyez, vous autres, des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. Cet officier lui dit: Seigneur, venez avant que mon fils ne meure. Allez, lui dit Jésus, votre fils se porte bien. Il crut à la parole que Jésus lui avait dite, - 151 et s'en alla. Comme il était en chemin, ses serviteurs vinrent au- devant de lui et lui dirent que son fils se portait bien. Il s'informa d'eux à quelle heure il s'était trouvé mieux. Ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre le quitta. Et le père reconnut que c'était l'heure même où Jésus lui avait dit: Votre fils se porte bien. Et il crut, lui et toute sa famille. XXI DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Matthieu, ch. 18. En ce temps- là, Jésus dit cette parabole à ses disciples: Le royaume du ciel est semblable à un roi qui voulait se faire rendre compte par ses serviteurs. Quand il eut commencé à se faire rendre compte, on lui en présenta un qui lui devait dix mille talents; comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu avec sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, pour l'acquit de cette dette. Le serviteur, se jetant à ses pieds, le suppliait en disant: Accordez- moi quelque délai et je vous paierai tout. Le maître de ce serviteur, ayant pitié de lui, le laissa aller et lui remit sa dette; mais le serviteur ne fut pas plus tôt sorti que, trouvant un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, il le prit à la gorge et l'étouffait en disant: Paie- moi ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à ses pieds, le conjurait en disant: Accordez- moi quelque délai, et je vous paierai tout; mais il ne le voulut point, et il l'envoya en prison jusqu'à ce qu'il payât sa dette. Les autres serviteurs, voyant ce qui se passait, en furent fort affligés, et avertirent leur maître de tout ce qui venait d'arriver. Alors son maître le fit venir et lui dit: Méchant serviteur, je vous ai remis toute votre dette, parce que vous m'en avez prié: ne deviez- vous donc pas aussi avoir pitié de votre compagnon comme j'ai eu pitié de vous? Aussitôt, son maître en colère le livra aux exécuteurs de la justice jusqu'à ce qu'il payât toute sa dette. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur. - 152 XXII DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Matthieu, ch. 22.- En ce temps- là, les pharisiens, s'étant retirés, délibérèrent entre eux des moyens de surprendre Jésus dans ses paroles; et ils lui envoyèrent leurs disciples avec des hérodiens, qui lui dirent: Maître, nous savons que vous êtes vrai dans vos paroles, et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, sans avoir égard pour qui que ce soit; car vous ne considérez point la qualité des personnes; dites- nous donc votre avis sur ceci: Est- il permis de payer le tribut à César, ou non? MaisJésus, connaissant leur malice, leur dit: Hypocrites, pourquoi me tentez- vous? Montrez- moi la monnaie dont on paie le tribut. Ils lui montrèrent un denier. Alors Jésus leur dit: De qui est cette image et cette inscription? De César, lui dirent- ils. Et il leur répondit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. XXIIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Matthieu, ch. 9.- En ce temps- là, Jesus parlant au peuple, un chef de synagogue s'approcha de lui et l'adora, en disant: Seigneur, ma fille vient de mourir; mais venez, mettez la main sur elle, et elle vivra. Jésus, se levant aussitôt, le suivit avec ses disciples. Au même temps, une femme qui depuis douze ans était travaillée d'une perte de sang, s'approcha par derrière et toucha le bord de sa robe; car elle disait en elle- même: Si je touche seulement sa robe, je serai guérie; mais Jésus s'étant retourné et la voyant, lui dit: Ma fille, ayez confiance. votre foi vous a guérie; et à l'heure même la femme fut guérie. Jésus étant arrivé à la maison du chef de la synagogue et voyant les joueurs de flûte et une troupe de gens qui faisaient grand bruit, leur dit: Retirez- vous, car cette fille n'est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Après qu'on eut fait sortir le monde, il entra, il prit la jeune fille par la main, et elle se leva. Aussitôt le bruit s'en répandit dans tout le pays. Lorsqu'il y a plus de 24 Dimanches après la Pentecôte, on disposc les Evangiles de la manière 153 suivante: S'il y en a 25, on lit ici l'Evangile du VIe Dimanche après l'Epiphanie; S'il y en a 26, on lit les Evangiles des Ve et VI; S'il y en a 27, on lit les Evangiles des IV, Ve et VIe. S'il y en a 28, on lit les Evangiles des III, IV, Ve et VI. L'Evangile suivant se lit toujours le dernier. XXIVe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE. S. Matthieu, ch. 24.- En ce temps- là, Jésus dit à ses disciples: Quand vous verrez dans le lieu saint l'abomination de la désolation prédite par le prophète Daniel, que celui qui lit entende. Alors que ceux qui seront dans la Judée s'enfuient sur les montagnes; que celui qui sera sur le toit ne descende point pour emporter quoi que ce soit de sa maison, et que celui qui sera dans les champs ne retourne point pour prendre son vêtement. Malheur aux femmes qui, en ce temps, seront enceintes ou nourrices! Priez que votre fuite n'arrive pas en hiver ni le jour du sabbat. Car l'affliction de ce temps- là sera si grande, que, depuis le commencement du monde jusqu'à présent, il n'y en a point eu de pareille, et qu'il n'y en aura jamais. Et si ce temps- là n'eût été abrégé, il n'y aurait eu personne de sauvé; mais il sera abrégé en faveur des élus. Alors si quelqu'un vous dit: Le Christ est ici, ou il est là, ne le croyez point; car il paraîtra de faux christs et de faux prophètes, qui feront de grands prodiges et des choses étonnantes, jusqu'à séduire, s'il était possible, les élus même. Je vous en avertis par avance. Si donc on vous dit: Le voilà dans le désert, n'y allez point; le voici dans le lieu le plus retiré de la maison, n'en croyez rien; car l'avénement du Fils de l'homme sera comme l'éclair qui part de l'orient et se fait voir jusqu'à l'occident. Quelque part que soit le corps, les aigles s'y assembleront; mais aussitôt après ces jours d'affliction, le soleil s'obscurcira, et la lune ne donnera plus sa lumière; les étoiles tomberont du ciel et les vertus célestes seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel: tous les peuples 7. 154 de la terre feront éclater leur douleur, et ils verront venir le Fils de l'homme sur les nuées du ciel, avec une grande puissance et une grande majesté. Il enverra ses anges, qui feront entendre le son éclatant de la trompette, et qui rassembleront ses élus des quatre coins du monde, depuis une extrémité du ciel jusqu'à l'autre. Comprenez ceci par une comparaison prise du figuier: lorsque ses branches sont tendres et que ses feuilles commencent à paraître, vous connaissez que l'été est proche. De même, lorsque vous verrez ces choses, sachez que le Fils de l'homme est proche et qu'il est à la porte. Je vous dis, en vérité, que cette génération ne passera pas que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. L'IMMACULÉE CONCEPTION DE LA SAINTE VIERGE. ( 8 décembre.) Instruction. L'Eglise nous invite à honorer en ce jour le privilége spécial que le Tout- Puissant a accordé à Marie, en la préservant, dès le premier instant de sa Conception, de toute tache du péché originel, en vue des mérites de Jésus- Christ. Cette doctrine, toujours crue dans l'Eglise, a l'autorité d'un dogme de foi depuis que N. S. P. le Pape Pie IX, le 8 décembre 1854, l'a solennellement déclarée révélée de Dieu et renfermée dans la sainte Ecriture et dans la Tradition. Marie, pour l'honneur de son Fils, a été dès son origine un chef- d'oeuvre de sainteté. Pratiques. 1° Nous rappeler avec reconnaissance la grâce du Baptême, qui nous a purifiés du péché originel. 20 Eviter avec soin tout ce qui pourrait altérer la pureté de notre âme et de notre corps. 3° Redoubler de confiance en la Vierge Immaculée et l'invoquer dans les tentations.( V. p. 100.) S. Matthieu, ch. 1er.. Généalogie de JésusChrist, fils de David, fils d'Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères; Juda engendra de Thamar, Pharès et Zara; Pharès engendra Esron; Esron engendra Aram; Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Naasson; Naasson engendra Salmon; Salmon engendra de Raab Booz; Booz engendra de Ruth Obed; Obed engendra Jessé; Jessé engendra David, qui fut roi; le roi David engendra Salomon, de celle qui avait été femme d'Ürie; Salomon engendra Roboam; Roboam engendia Abias; Abias engendra Asa; Asa engendra 1 155 Josaphat; Josaphat engendra Joram; Joram engendra Osias; Osias engendra Joatham; Joatham engendra Achaz; Achaz engendra Ezéchias; Ezéchias engendra Manassès; Manassès engendra Amon; Amon engendra Josias; Josias engendra Jéchonias et ses frères, vers le temps où les Juifs furent transportés à Babylone; et depuis l'époque de la transmigration à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel; Salathiel engendra Zorobabel; Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Eliacim; Eliacim engendra Azor; Azor engendra Sadoc; Sadoc engendra Achim; Achim engendra Eliud; Eliud engendra Eléazar; Eléazar engendra Mathan; Mathan engendra Jacob; Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ. FÊTE DE LA PURIFICATION DE LA SAINTE VIERGE ( 2 février). Instruction.- L'Eglise célèbre deux mystères en ce jour celui de la Présentation de Jésus- Christ au temple et celui de la Purification de Marie. La loi de Moïse défendait l'entrée du temple à la mère d'un enfant mâle pendant les quarante jours qui suivaient ses couches. et lui ordonnait de se purifier par une offrande. Elle ordonnait aussi d'offrir à Dieu et de racheter les enfants mâles premiers- nés, en reconnaissance de ce qu'en Egypte les premiers nés des Israélites avaient été épargnés par l'ange exterminateur. Cette loi ne regardait point Marie, puisque rien d'impur n'avait souillé la naissance de Jésus- Christ; cependant elle s'y soumit par humilité, et pour nous donner l'exemple d'une parfaite obéissance à la loi de Dieu, elle présenta aussi Jésus- Christ au Seigneur, quoiqu'en sa qualité de Rédempteur des hommes, il n'eût pas besoin d'être racheté. C'est en cette circonstance qu'un saint vieillard nommé Siméon, et une sainte veuve appelée Anne, inspirés par le Saint- Esprit, reconnurent publiquement Jésus- Christ pour le Messie et le Sauveur du monde. Les cierges que l'on bénit aujourd'hui signifient que Jésus- Christ est la vraie lumière du monde, et sont le symbole de notre foi et de notre amour; et la procession où on les porte représente le voyage de la sainte Vierge portant Notre- Seigneur au temple. Pratiques.-1° Nous offrir à Dieu avec Jésus- Christ. 20 Imiter l'humilité et l'obéissance de Marie, le détachement de Siméon et la foi d'Anne la prophétesse. Univ.- Bibl. Giessen 156 S. Luc, ch. 2.- En ce temps- là, le moment où Marie devait se purifier, selon la loi de Moïse, étant arrivé, ils portèrent l'enfant Jésus à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, conformément au précepte de la loi, qui ordonne que tout enfant mâle premier- né sera consacré au Seigneur, et aussi afin d'offrir en sacrifice, suivant la loi, deux tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme juste et craignant Dieu, nommé Siméon, qui attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit saint était en lui. L'Esprit saint lui avait révélé qu'il ne mourrait point sans avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint donc au temple, conduit par l'Esprit de Dieu; et lorsque le père et la mère de l'enfant Jésus l'apportaient dans le temple afin d'accomplir pour lui ce qui était prescrit par la loi, Siméon prit l'Enfant entre ses bras et bénit Dieu en disant: C'est maintenant, Seigneur, que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole, puisque mes yeux ont vu le Sauveur que vous nous donnez, et que vous avez destiné pour être manifesté à tous les peuples, comme la lumière qui éclairera les nations, et la gloire d'Israël votre peuple. FÊTE DE L'ANNONCIATION DE LA SAINTE VIERGE ( 25 mars). Instruction.- C'est le jour où l'ange Gabriel vint annoncer à Marie qu'elle serait mère de Dieu et où le Fils de Dieu s'est incarné, c'est- à- dire a pris un corps et une âme comme les nôtres. La sainte Vierge fit paraître alors: 1° une pureté, admirable, n'acceptant l'honneur d'être mère de Dieu qu'après avoir reçu de l'Ange l'assurance qu'elle serait toujours vierge; 2° une humilité profonde, en se reconnaissant comme la servante du Seigneur dans le moment même où elle était choisie pour être sa mère; 30 une parfaite obéissance, manifestée dans ces paroles Qu'il me soit fait selon votre parole. Pratiques.- 1° Adorer et remercier le Verbe éternel anéanti jusqu'à se faire homme pour nous. 20 Honorer la sainte Vierge, imiter ses vertus, l'invoquer comme mère de Dieu et des hommes. 30 Réciter avec dévotion l'Angelus et l'Ave Maria. S. Luc, ch. 1.- En ce temps- là, l'ange Gabriel fut envoyé de Dieu en une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge qu'un homme de la mai 157 son de David, nommé Joseph, avait épousée; et cette vierge s'appelait Marie. L'Ange, étant entré dans le lieu où elle était, lui dit: Je vous salue, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes. Elle fut troublée en entendant ces paroles, et elle cherchait ce que voulait dire cette salutation. L'Ange lui dit: Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu; vous allez concevoir dans votre sein, et vous mettrez au monde un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, on l'apellera le Fils du Très- Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. Alors Marie dit à l'Ange: Comment cela se fera- t- il? car je ne connais pas d'homme. L'Ange lui répondit: Le Saint- Esprit descendra sur vous, et la vertu du Très- Haut vous couvrira de son ombre; c'est pourquoi le fruit qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu. Et voilà que votre cousine Elisabeth a elle-même conçu un fils dans sa vieillesse, et celle qu'on appelait stérile est maintenant dans son sixième mois; Iparce qu'il n'y a rien d'impossible à Dieu. Marie dit alors: Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. FÊTE DE S. PIERRE ET DE S. PAUL( 29 juin). Instruction. L'Église honore en un même jour les Apôtres S. Pierre et S. Paul, parce qu'après avoir tous les deux établi la religion de J.-C. dans la ville de Rome, ils y ont tous les deux souffert le martyre le même jour; S. Paul eut la tête tranchée, et S. Pierre mourut sur une croix, mais il voulut y être attaché la tête en bas, ne se croyant pas digne de mourir comme son divin Maître. S. Pierre, avant que d'être appelé à l'apostolat, exerçait le métier de pêcheur. J.-C. l'établit le Prince des apôtres et le chef de toute son Église, lorsqu'après avoir changé son nom de Simon en celui de Pierre, il lui dit: Vous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Il lui dit aussi: Paissez mes agneaux, paissez mes brebis, c'est- à- dire les fidèles et les pasteurs. S. Paul était un pharisien, fort attaché à sa secte, qui, de pe sécuteur acharné de l'Église, devint un prédicateur zélé de l'Évangile qu'il annonça dans un nombre infini de contrées, sans être arrêté par les dangers, les outrages et les persécutious. 158 Pratique. 1. Remercier Dieu du don précieux de la foi que nous avons reçu par suite des travaux de ces deux Apôtres. 20 Prier pour l'Église, dont ils ont été les principaux fondateurs. 3° Renouveler en nous les sentiments de respect filial et d'entière obéissance pour l Saint- Siège et pour les successeurs de saint Pierre. 1 S. Matthieu, ch. 16.- En ce temps- là, Jésus, étant allé du côté de Césarée de Philippe, inter rogea ses disciples, et leur demanda: Qué dit- on du Fils de l'homme? Ils répondirent: Les un disent que c'est Jean- Baptiste; les autres, Elie; d'autres enfin, Jérémie, ou quelqu'un des prophètes. Mais vous, leur dit Jésus, que dites- vous que je suis? Simon- Pierre, prenant la parole, dit: Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui répondit: Vous êtes heureux, Simon, fils de Jean; car ce n'est point la chair et le sang qui vous ont révélé ceci; mais mon Père qui est dans le ciel. Et moi je vous dis que vous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux; et tout ce que vous lierez sur la terre sera li dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. FÊTE DE L'ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE ( 15 août.) Instruction. L'Église célèbre aujourd'hui trois Mystères en l'honneur de la sainte Vierge: sa sainte mort, sa glorieuse Résurrection, sa triomphante Assomp tion dans le ciel. Marie mourut sans crainte et sans douleur, avec joie et par la véhémence de son amour pour Dieu. Son corps fut placé dans le tombeau, d'oi il sortit bientôt revêtu de tous les priviléges des corps glorieux: c'est le sentiment commun et la pieuse croyance de l'Eglise. Un corps dont le Dieu de sainteté avait fait son temple ne devait pas être assujetti à la corruption et aux vets. Supérieure par sa maternité divine et par l'éminence de sa sainteté à tout ce qui n'est pas Dieu, elle est élevée en gloire, en bonheur et en puissance au- dessus de tous les choeurs des Anges et de tous les ordres des Saints. La procession so ennelle, qui a lieu après vèpres, se fait en exécution du vœu de Louis XIII, qui en 1638, mit sa famille et la France entière sous la protection de la sainte Vierge. Pratique. 1. Nous réjouir de la gloire dont Marie - - 159 est couronnée. 20 L'invoquer avec confiance, surtout pour le moment de notre mort, et lui adresser souvent avec dévotion cette prière de l'Eglise Sainte Marie, Mère de Dieu, etc. 36 Pratiquer les vertus dont elle nous offre le modèle, et particulièrement son humilité, qui a été le principe de sa gloire. S. Luc, ch. 10.- En ce temps- là, Jésus entra dans un bourg, et une femme nommée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie, qui, se tenant assise aux pieds de Jésus, écoutait sa parole. Mais Marthe était fort occupée à préparer tout ce qu'il fallait. Elle se présenta devant Jésus et lui dit: Seigneur, ne considérez- vous point que ma sœur me laisse servir toute seule? Dites- lui donc qu'elle m'aide. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous vous embarrassez du soin de bien des choses. Cependant une seule est nécessaire: Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée. FÊTE DE LA NATIVITÉ DE LA SAINTE VIERGE. ( 8 septembre.) Instruction. On célèbre par une fête particulière la Nativité de la sainte Vierge, parce qu'elle est venue au monde non- seulement exempte de péché, mais déjà pleine de grâces, et que, comme l'aurore précède le lever du soleil, sa naissance annonçait la venue du Messie. Saint Joachim son père et sainte Anne sa mère lui donnèrent le nom de Marie, qui signifie Dame ou souveraine, Astre qui éclaire et Mer pleine d'amertume. En qualité de Mère de Dieu et de reine du Ciel, de modèle de toutes les vertus, et de dispensatrice de toutes sortes de grâces, enfin de mère de douleur au pied de la croix, la sainte Vierge a rempli toutes les significations du nom qu'elle avait reçu. Pratiques.-1° Bénir Dieu du présent qu'il a fait à la terre. 2 Imiter la fidélité de Marie à correspondre aux desseins de Dieu. 3 Invoquer souvent son saint nom, surtout dans les tentations. Evangile du jour de la Conception, p. 154. FÊTE DE TOUS LES SAINTS.( 1er novembre.) Instruction.- L'Église a établi la fête de Tous les Saints: 1° pour honorer la mémoire de ceux qu'on ne connaît pas ou dont on ne peut faire la fête dans le cours de l'année; 2° pour nous exciter plus puissamment à la vertu par les exemples réunis de tant de 160 Saints de tout âge, de tout sexe et de toute conlition, et par la vue du bonheur dont Dieu a récompensé leurs vertus; 30 pour attirer une plus abondante effusion de grâces en recourant à une plus grande multitude d'intercesseurs. On célèbre cette fête ave beaucoup de solennité, parce qu'elle comprend toute les autres fêtes des Saints, et qu'elle est l'image de la fête éternelle que Dieu célèbre lui- même dans le ciel avec tous les Saints. Pratiques. 19 Remercier Dieu de la gloire dont il les a couronnés. 20 Nous exciter à suivre l'exemple des Saints, surtout de ceux de notre état qui se trouvaient dans les mêmes circonstances que nous. S. Matthieu, ch. 5.- En ce temps- là, Jésus voyant une grande foule de peuple, monta sur une montagne. Après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui, et, prenant la parole, il les instruisait en disant: Heureux ceux qui sont pauvres d'esprit, parce que le royaume du ciel est à eux... Heureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre... Heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés... Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés... Heureux ceux qui sont miséricordieux, parce qu'ils seront traités avec miséricorde... Heureux ceux qui ont le cœeur pur, parce qu'ils verront Dieu... Heureux ceux qui sont pacifiques, parce qu'ils seront appelés enfants de Dieu.... Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume du ciel est à eux. Vous serez heureux lorsqu'à cause de moi les homines vous chargeront d'injures, qu'ils vous persécuteront et qu'ils diront faussement toute sorte de mal de vous. Réjouissez- vous et faites éclater votre joie, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans le ciel. LE JOUR DES MORTS. 1 Instruction.- L'Église destine ce jour à prier pour les mort, afin de leur procurer à tous un soulagement, dont se ressentent ceux- là même qui pendant le reste de l'année sont les plus abandonnés. Elle choisit à cet effet 1 lendemain de la Toussaint, pour faire voir l'union qui existe entre les membres de l'Eglise triomphante dans le ciel, de l'Église souffrante dans le purgatoire et de l'Eglise militante sur la terre, lesquelles ne font qu'une se le Eglise sous le même chef qui est Jésus- Christ. 161 L'usage de prier pour les morts est de tradition apostolique. Les prières, les aumônes, les autres bonnes œuvres, et surtout le saint sacrifice de la messe, voilà les pratiques qu'elle n'a cessé de recommander à ses enfants qui sont sur la terre, comme les moyens les plus efficaces de soulager ses enfants qui sont dans le Purgatoire. Pratiques. 10 Prier aujourd'hui pour tous les fidèles qui sont en Purgatoire, et surtout pour nos parents et nos amis, et pour ceux à qui nous avons peut- être donné occasion de pécher en cette vie. 20 Gagner, autant qu'on le peut, les indulgences accordées par l'Église en faveur des âmes du Purgatoire.( V. p. 88). 1 S. Jean, ch. 5.- En ce temps- là, Jésus dit aux Juifs: En vérité, en vérité, je vous le dis, le moment vient, et il est déjà venu, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui- même, il a aussi donné au Fils d'avoir la vie en lui- même; il lui a donné encore le pouvoir de juger, parce qu'il est le Fils de l'homme. Ne vous étonnez point de ceci: l'heure arrive où tous ceux qui sont dans le tombeau entendront la voix du Fils de Dieu; ceux qui ont fait le bien ressusciteront pour la vie éternelle, et ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour être condamnés. FÊTE DE LA DÉDICACE DES ÉGLISES. ( Le dimanche après le 8 novembre.) Instruction. La Dédicace est une fête instituée en mémoire du jour auquel les églises ont été dédiées et consacrées solennellemeut au culte divin. Cette consécration se fait par un Évêque avec des cérémonies particulières et de longues prières qui renferment de grands mystères et d'importantes instructions. L'office de ce jour nous rappelle 10 la consécration des églises; 2° la consécration de nos corps, devenus les temples de l'Esprit Saint; 3° la magnificence de la Jérusalem céleste, dont nos temples ne sont qu'une imparfaite image. Pratiques. Remercier Dieu de sa demeure au milieu de nous, et des grâces dont elle est la source. 20 Nous renouveler dans le respect dû aux lieux consacrés. 3° Demander humblement pardon à Dieu des irrévérences qui, pendant le cours de l'année, y ont été commises. 1 S. Luc, ch. 19.- En ce temps- là, Jésus étant entré dans Jéricho, traversait la ville. Or, il y 162 avait un homme riche, appelé Zachée, chef des publicains, qui cherchait à voir Jésus pour le connaître. Mais comme il était très- petit, la foule l'en empêchait. Il courut en avant, et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par cet endroit. Jésus y étant arrivé, leva les yeux, et l'ayant vu: Zachée, lui dit- il, descendez promptement, parce qu'il faut que je loge aujourd'hui chez vous. Zachée descendit aussitôt, et le reçut avec joie. Tous ceux qui le virent, disaient en murmurant: Il est allé loger chez un pécheur. Cependant Zachée, se présentant devant le Seigneur, lui dit: Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres; et si j'ai fait tort à quelqu'un en quoi que ce soit, je lui rendrai quatre fois autant. Jésus lui dit alors: Cette maison a reçu aujourd'hui le salut, parce que celui- ci est aussi enfant d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. VEPRES DU DIMANCHE. y. O Dieu! venez à mon aide. R. Hâtez- vous, Seigneur, de me secourir. y. Deus, in adjutorium meum intende. 7. Gloire au Père, au Fils et au Saint- Esprit. R. Maintenant et toujours comme dès le commencement, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit- il. Alleluia. Psaume 109. LE SEIGNEUR, le Père toutpuissant, a dit à Jésus- Christ mon souverain maître: Asseyez vous à ma droite; Jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marche- pied. R. Domine, ad adjuyandum me festina. . Gloria Patri, et Filio, et Spiritui sancto. . Sicut erat in principió et nunc et semper, et in sæcula sæculorum, Amen. Alleluia, Génération éternelle de Jésus- Christ. Son sacerdoce selon l'ordre de Melchisédech. Ses souffrances et la gl ire dont elles ont été suivies. Le Seigneur fera sortir de Sion le sceptre de votre puisDixit Dominus Domino meo:* Sede à dextris meis; Donec ponam inímicos tuos scabellum pedum tuorum. Virgam virtutis tua emittet Dominus ex Sion: 163 * dominare in medio ini-| sance: régnez souverainement micorum tuorum. au milieu de vos ennemis. Tecum principium, in die virtutis tuæ, in splendoribus Sanctorum;* ex utero ante luciferum genui te. Juravit Dominus, et non poenitebit eum:* Tu es Sacerdos in æternum secundum ordinem Melchisedech. Dominus à dextris tuis: * confregit in die iræ suæ reges. Judicabit in nationibus, implebit ruinas:* conquassabit capita, in terra, multorum. De torrente, in viâ, bibet; propterea exaltabit caput. Gloria Patri, etc. CONFITEBOR tibi, Domine, in toto corde meo, in concilio justorum et congregatione. Magna opera Domini,* exquisita in omnes voluntates ejus. Toute puissance est à vous, pour l'exercer au jour de votre force, lorsque vous paraîtrez avec tout l'éclat de votre sainteté; je vous ai engendré dans mon sein avant l'aurore. Confessio et magnificentia opus ejus, justitia ejus manet in sæculum sæculi. et Le Seigneur l'a juré, et il ne rétractera pas son serment: Vous êtes le Prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech. Psaume 110. Memoriam fecit mirabilium suorum misericors et miserator Dominus:* escam dedit timentibus se. Le Seigneur est à votre droite: il brisera les rois au jour de sa colère. Le Prophète loue Dieu des merveilles qu'il a opérées en faveur des Juifs, et de celles qu'il devait opérer en faveur des chrétiens. Il jugera les nations et les détruira: il brisera sur la terre la tête de plusieurs. Néanmoins, il boira dans le chemin de cette vie de l'eau amère du torrent des afflictions, et c'est pour cela qu'il élèvera sa tête dans l'honneur et dans la gloire dont ses souffrances seront suivies. Gloire au Père, etc. Seigneur, je vous louerai de tout mon cœur dans les assemblées des justes. Les ouvrages du Seigneur sont grands et toujours proportionnés à ses desseins. Tout ce qu'il a fait publie ses louanges et sa grandeur; et sa justice demeure éternellement. Le Seigneur, qui est plein de miséricorde et de tendresse, a éternisé la mémoire de ses merveilles: il a donné la nourriture à ceux qui le craignent. 164 Il se souviendra de son alliance dans la suite de tous les siècles: il a fait connaître à son peuple la puissance de ses œuvres: En leur donnant l'héritage des nations: la vérité et la justice éclatent dans les ouvrages de ses mains. Toutes ses ordonnances sont stables et fidèles: elles sont immuables dans tous les siècles; elles sont fondées sur la vérité et la justice. Il a envoyé à son peuple un Sauveur pour le racheter: il a établi son alliance pour jamais. Son nom est saint et redoutable; la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. Tous ceux qui règlent leur conduite sur les mouvements de cette crainte salutaire, ont la vraie intelligence la louange du Seigneur demeure dans tous les siècles. Gloire au Père, etc. HEUREUX l'homme qui craint le Seigneur, et qui a une volonté ardente d'accomplir ses commandements. Sa postérité sera puissante sur la terre: la race des justes sera comblée de bénédictions. La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure éternellement. Memor erit in sæculum testamenti sui:* virtutem operum suorum annuntiabit populo suo. La lumière se lève sur les justes au milieu des ténèbres; le Seigneur est plein de miséricorde, de tendresse et de justice. * Ut det illis hæreditatem gentium; opera manuum ejus veritas et judicium. Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in sæculum sæculi,* facta in veritate et æquitate. Redemptionem misit populo suo: mandavit in æternum testamentum suum. Sanctum et terribile nomen ejus:* initium sapientiæ timor Domini. Psaume 111. Bonheur de celui qui craint le Seigneur et observe sa loi. BEATUS Vir qui timet Dominum,* in mandatis ejus volet nimis. Intellectus bonus omnibus facientibus eum: laudatio ejus manet in sæculum sæculi. Gloria Patri, etc. Potens in terrâ erit semen ejus:* generatio rectorum benedicetur. Gloria et divitiæ in domo ejus, et justitia ejus manet in sæculum sæculi. Exortum est in tenebris lumen rectis;* misericors, et miserator, et justus. Jucundus homo qui miseretur et commodat, disponet sermones suos in judicio;* quia in æternum non commovebitur. In memoriâ æternâ erit justus:* ab auditione malâ non timebit. Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmatum est cor ejus: non commovebitur, donee despiciat, inimicos suos. * Dispersit, dedit pauperibus: justítia ejus manet in sæculum sæculi; cornu ejus exaltabitur in gloriâ. Peccator videbit et irascetur; dentibus suis fremet et tabescet:* desiderium peccatorum peribit. Gloria Patri, etc. LAUDATE, pueri, Dominum:* laudate nomen Domini. Sit nomen Domini benedictum,* ex hoc nunc, et usque in sæculum. A solis ortu usque ad occasum,* laudabile nomen Domini. Psaume 112. Exhortation à louer le Seigneur dans la vue de sa grandeur, de sa puissance et de sa bonté. Excelsus super omnes gentes Dominus,* et super coelos gloria ejus. 165 Heureux aussi l'homme qui est touché de compassion de la misère des pauvres, et qui prête à ceux qui sont dans le besoin, qui règle ses discours selon l'équité il ne sera jamais ébranlé. Quis sicut Dominus Deus noster, qui in altis La mémoire du juste sèra éternelle, il ne craindra pas qu'elle soit ternie par des discours injurieux. Son cœur est préparé à tout, parce qu'il s'appuie sur le Seigneur; son cœur est inébranlable, et il ne craint rien; il attend que le Seigneur le venge de ses ennemis. Il répand ses dons; il est libéral envers les pauvres; sa justice demeure éternellement; il sera élevé en puissance et en gloire. Le méchant le verra, et il frémira de colère; il gríncera des dents; il sèchera de dé pit; mais les désirs des pécheurs périront. Gloire au Père, etc. LOUEZ le Seigneur, vous tous qui êtes ses serviteurs; louez le nom du Seigneur. Que le nom du Seigneur soit béni depuis le moment présent jusque dans l'éternité. Que le nom du Seigneur soit béni depuis l'orient jusqu'à l'occident. Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nations; sa gloire est élevée au- dessus des cieux. Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, qui réside 166 au plus haut des cieux, et abaisse ses regards sur tout ce qui est au- dessous de lui dans le ciel et sur la terre? Qui tire les plus vils de la poussière, qui fait sortir le pauvre du sein de l'abjec- gens pauperem; tion; Pour le placer avec les princes de son peuple; Qui donne à celle qui était stérile la joie de se voir dans sa maison la mère de plusieurs enfants. Gloire au Père, etc. habitat,* et humilia respicit in coelo et in terrâ? Les montagnes bondirent comme des béliers, et les collines comme des agneaux. Psaume 113. Merveilles opérées par le Seigneur pour délivrer les Juifs de la servitude de l'Egypte. Différence entre ce Dieu tout- puissant et les vaines idoles. Pourquoi done, ô mer, fuyais- tu? et toi, Jourdain, pourquoi retournais- tu en arrière? Suscitans à terrà inopem,* et de stercore eriLORSQU'Israël sortit de IN EXITU Israël de l'Egypte, et la maison de Ja- Egypto, domus Jacob de cob du milieu d'un peuple populo barbaro; étranger, Dieu consacra le peuple juif à son service, et il établit son empire dans Israël. La mer le vit se présenter sur ses bords, et prit la fuite; le Jourdain retourna en ar- retrorsum. rière. Montagnes, pourquoi sautiez- vous comme des béliers? et vous, collines, comme des agneaux? La terre entière fut ébranlée à la vue du Seigneur, à la vue du Dieu de Jacob. Qui changea pierre en des torrents d'eau, et le rocher en d'abondantes fontaines. Ut collocet eum cum principibus,* cum principibus populi sui; Qui habitare facit sterilem in domo,* matrem filiorum lætantem. Gloria Patri, etc. Facta est Judæa sanctificatio ejus,* Israël potestas ejus. 1 Mare vidit, et fugit: Jordanis conversus est Montes exultaverunt ut arietes, et colles sicut agni ovium, Quid est tibi, mare, quod fugisti? et tu, Jordanis, quia conversus es retrorsum? Montes, exultastis sicut arietes,* et colles, sicut agni ovium? A facie Domini mota est terra,* à facie Dei Jacob. * Qui convertit petram in stagna aquarum, rupem in fontes aquaet rum. Non nobis, Domine, non nobis,* sed nomini tuo da gloriam, Super misericordiâ tuâ et veritate tuâ, nequando dicant gentes: Ubi est Deus eorum? Deus autem noster in cœlo, omnia quæcumque voluit, fecit. Simulacra gentium argentum et aurum,* opera manuum hominum. Os habent, et non loquentur: oculos habent, et non videbunt. Aures habent et non audient* nares habent, et non odorabunt. Manus habent, et non palpabunt: pedes habent, et non ambulabunt:* non clamabunt in gutture suo. Similes illis fiant qui faciunt ea, * et omnes qui confidunt in eis. Domus Israel speravit in Domino:* adjutor eorum et protector eorum est Domus Aaron speravit in Domino: adjutor eorum et protector eorum est. Qui timent Dominum speraverunt in Domino: adjutor eorum et protector eorum est. Dominus memor fui nostri, et benedixit nobis. * 167 Ce n'est point à nous, Seigneur, ce n'est point à nous qu'appartient la gloire: donnez- la seulement à votre nom, Afin de manifester votre miséricorde et la fidélité de vos promesses; de peur que les nations ne disent: Où est leur Dieu? Notre Dieu est dans le ciel: il a fait tout ce qu'il a voulu. Les dieux des nations ne sont que de l'or et de l'argent, l'ouvrage des mains des hommes. Ils ont une bouche, et ne parlent point: ils ont des yeux, et ne voient point. Ils ont des oreilles, et n'entendent point: ils ont des narines, et ne sentent point. Ils ont des mains, et ne touchent point: ils ont des pieds, et ne marchent point: ils ont un gosier, et n'ont point de voix. Que ceux qui les font leur deviennent semblables, et que tous ceux qui espérent en eux leur ressemblent. La maison d'Israël a mis sa confiance dans le Seigneur; c'est lui qui est son appui et son protecteur. La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur: c'est lui qui est son appui et son protecteur. Ceux qui craignent le Seigneur ont mis leur confiance dans le Seigneur: c'est lui qui est leur appui et leur protecteur. Le Seigneur s'est souvenu de nous, et il nous a bénis. Benedixit domui Israël: Il a béni la maison d'Israël, * benedixit domui Aaron. il a béni la maison d'Aaron. Benedixit omnibus qui Il a béni tous ceux qui le 168 craignent, grands et petits. Que le Seigneur vous comble de nouveaux biens, vous et vos enfants. Soyez bénis du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Les cieux sont pour le Seigneur, et il a donné la terre aux enfants des hommes. Seigneur, les morts ne vous loueront point, ni tous ceux qui descendent dans le tombeau. Mais nous, qui vivons, nous bénirons le Seigneur, depuis le moment présent jusque dans la suite des siècles. Gloire au Père, etc. Cantique de la Sainte Vierge. Mon âme glorifie le Sei-|gneur, Et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur; Parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante: et désormais je serai appelée bienheureuse dans la suite de tous les siecles. timent Dominum, pusillis cum majoribus. Adjiciat Dominus super vos,* super vos et super filios vestros. Benedicti vos à Domino,* qui fecit cœlum et terram. Coelum cœli Domino; terram autem dedit filiis hominum. ★ Non mortui laudabunt te, Domine, neque omnes qui descendunt in infernum. Sed nos qui vivimus, benedicimus Domino; ex hoc nunc et usque in sæculum. Car il a fait en moi de grandes choses, lui qui est le Tout- Puissant et dont le nom est saint. Sa miséricorde se répand d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras: il a renversé les superbes, en dissipant leurs desseins. Il a fait descendre les grands de leur trône, et il a élevé les petits. II a rempli de biens ceux qui étaient affamés, et il a renvoyé vides et pauvres ceux qui étaient riches. Gloria Patri, etc. anima MAGNIFICAT mea Dominum, Et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo; * Quia respexit humilitatem ancillæ suæ: ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes. Quia fecit mihi magna, qui potens est; et sanctum nomen ejus. Et misericordia ejus à progenie in progenies timentibus eum. Fecit potentiam in brachio suo;* dispersit superbos mente cordis sui. Deposuit potentes de sede,* et exaltavit humiles. Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes. Suscepit Israël pucrum suum, recordatus misericordiæ suæ. Sicut locutus est ad patres nostros, Abraham et semini ejus, in sæcula. Gloria Patri, etc. 169 Il a pris en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la bonté Qu'il a eue pour Abraham, et pour sa race à jamais, selon les promesses qu'il a faites à nos pères. Gloire au Père, etc. HYMNES POUR LES DIVERS TEMPS ET FÊTES DE L'ANNÉE. Pendant l'Année. LUCIS Creator optime, Lucem dierum proferens, Primordiis lucis novæ, Mundi parans originem. Qui mane junctum vesperi Diem vocari præcipis; Illabitur tetrum chaos; Audi preces cum fletibus. Ne mens gravata crimine, Vitæ sit exul munere, Pendant CREATOR alme siderum, Eterna lux credentium, Jesu Redemptor omnium, Intende votis supplicum. Qui dæmonis ne fraudibus Periret orbis, impetu Amoris actus, languidi Mundi medela factus es. Commune qui mundi nefas Ut expiares, ad crucem E Virginis sacrario Intacta prodis victima: Cujus potestas gloriæ Pendant AUDI, benigne Conditor, Nostras preces cum fletibus, In hoc sacro jejunio Fusas quadragenario. Scrutator alme cordium, Infirma tu scis virium; Ad te reversis exhibe Dum nil perenne cogitat, Seseque culpis illigat. Coeleste pulset ostium: Vitale tollat præmium: Vitemus omne noxium: Purgemus omne pessimum. Præsta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito, Regnans per omne sæculum. Amen. l'Avent. Nomenque cum primum sonat, Et coelites et inferi Tremente curvantur genu. Te deprecamur ultima Magnum diei Judicem, Armis supernæ gratiæ Defende nos ab hostibus. Virtus, honor, laus, gloria, Deo Patri, cum Filio, Sancto simul Paraclito, In sæculorum sæcula. Amen. le Carême. Remissionis gratiam. Multum quidem peccavimus, Sed parce confitentibus Ad nominis laudem tui Confer medelam languidis Concede nostrum conteri 8 170 Corpus per abstinentiam, Præsta, beata Trinitas, Culpa ut relinquant pabu- Concede, simplex Unitas, lum Jejuna corda criminum. Ut fructuosa sint tuis Jejunorium munera. Amen. Au temps de la Passion. VEXILLA Regis prodeunt; Fulget Crucis mysterium, Quo carne carnis Conditor Suspensus est patibulo; Quo vulneratus insuper Mucrone diro lanceæ, Ut nos lavaret crimine, Manavit undâ et sanguine. Impleta sunt quæ concinit David fideli carmine, Dicens: In nationibus Regnavit à ligno Deus. Arbor decora et fulgida, Ornata regis purpurâ, Electa digno stipite Tam sancta membra tangere. Au temps AD regias Agni dapes, Stolis amicti candidis, Post transitum maris Rubri Christo canamus Principi, Divina cujus charitas Sacrum propinat sanguinem, Almique membra corporis Amor sacerdos immolat. Sparsum cruorem postibus Vastator horret Angelus: Fugitque divisum mare: Merguntur hostes fluctibus. Jam Pascha nostrum Christus est, Paschalis idem Victima, Et pura puris mentibus Beata cujus prachiis Secli pependit pretium; Statera facta corporis, Prædamque tulit Tartari. O Crux! ave, spes unica: Hoc Passionis tempore, Auge piis justitiam, Reisque dona veniam. Te, summa Deus Trinitas, Collaudet omnis spiritus, Quos per Crucis mysterium Salvas, rege per sæcula. Amen. 7. Deus Rex noster ante sæcula.. Operatus est salutem in medio terræ. Paschal. Sinceritatis azyma. O vera coeli Victima, Subjecta cui sunt tartara, Soluta mortis vincula, Recepta vitæ præmia. Victor subactis inferis, Trophæa Christus explicat, Coloque aperto, subditum Regem tenebrarum trahit. Ut sis perenne mentibus Paschale, Jesu, gaudium, A morte dira criminum Vitæ renatos libera. Deo Patri sit gloria, Et Filio, qui a mortuis Surrexit, ac Paraclito In sempiterna sæcula. Amen. Pour la fête de l'Ascension. SALUTIS humanæ Sator,| Mortem subires innocens, esu, voluptas cordium, Orbis redempti conditor Et casta lux amantium. A morte nos ut tolleres! Perrumpis infernum chaos; Vinctis catenas detrahis; Victor triumpho nobili Qua victus es clementia! Ut nostra ferres crimina, 171 Ad dexteram Patris sedes. Te cogat indulgentia, Ut damna nostra sarcias, Tuique vultus compotes Dites beato lumine. Pour la fête de la Pentecôte. VENI CREATOR( page 54). Pour la fête du PANGE, lingua, gloriosi Corporis mysterium, Sanguinisque pretiosi Quem in mundi pretium Fructus ventris generosi Rex effudit gentium. Nobis datus, nobis natus Ex intacta Virgine, Et in mundo conversatus Sparso verbi semine, Sui moras incolatus Miro clausit ordine. In supremæ nocte cœnæ Recumbens cum fratribus, Observata lege plene Cibis in legalibus, Cibum turbæ duodena Se dat suis manibus. Verbum caro, panem verum Verbo carnem efficit; Tu dux ad astra et semita, Sis meta nostris cordibus, Sis lacrymarum gaudium, Sis dulce vitæ præmium." Amen. Pour les EXULTET orbis gaudiis; Coelum resultet laudibus: Apostolorum gloriam Tellus et astra concinunt. Vos sæculorum judices, Et vera mundi lumina, Votis precamur cordium, Audite voces supplicum. Qui templa Coeli clauditis, Serasque verbo solvitis, Nos a reatu noxios Solvi jubete, quæsumus. Saint- Sacrement. Fitque Sanguis Christi merum; Et si sensus deficit, Ad firmandum cor sincerum Sola fides sufficit. Tantum ergo Sacramentum Veneremur cernui: Et antiquum documentum Novo cedat ritui; Præstet fides supplemenum Sensuum defectui. Genitori, Genitoque Laus et jubilatio; Salus, honor, virtus quoque Sit et benedictio; Procedenti ab utroque Compar sit laudatio. Amen. Apôtres. Præcepta quorum protinus Languor salusque sentiunt, Sanate mentes languidas; Augete nos virtutibus. Ut, cum redibit Arbiter In fine Christus sæculi, Nos sempiterni gaudii Concedat esse compotes. Patri, simulque Filio, Tibique, sancte Spiritus, Sicut fuit, sit jugiter Sæclum per omne gloria. Amen. 172 Pour un DEUS tuorum militum Sors et corona, præmium, Laudes canentes Martyris Absolve nexu criminis. Hic nempe mundi gaudia, Et blanda fraudum pabula Imbuta felle deputans, Pervenit ad cœlestia. Poenas cucurrit fortiter, Et sustulit viriliter, Fundensque pro te sanguinem, Pour les Confesseurs. ISTE Confessor Domini| Viribus morbi domitis, saluti colentes Quem pie laudant populi per orbem, Hodie lætus meruit beatas Scandere sedes. Qui pius, prudens, humilis, pudicus, Sobriam duxit sine labe vitam, Donec humanos animavit auræ Spiritus artus. Cujus ob præstans meritum frequenter Egra que passim jacuere membra, Martyr. Eterna dona possidet. Ob hoc, precatu supplici Te poscimus, piissime, In hoc triumpho Martyris, Dimitte noxam servulis. Laus et perennis gloria Patri sit atque Filio, 7 Sancto simul Paraclito, In sempiterna sæcula. Amen. Quem mater illa concipit, Quæ sola virgo parturit, Hæc vota clemens accipe. Qui pergis inter lilia, Septus choreis Virginum, Sponsus decorus gloria, Sponsisque reddens præmia. Quocumque pergis, Virgines Sequuntur, atque laudibus Restituuntur. Noster hinc illi chorus obsequentem Concinit laudem, celebrespalmas; Ut piis ejus precibus juvemur Omne per ævum. Sit salus illi, decus atque virtus, Qui super coeli solio coruscans, Amen. Pour les Vierges. JESU, corona Virginum,| Post te canentes cursitant Hymnosque dulces personant. Totius mundi seriem" gubernat Trinus et unus. Te deprecamur largius, Nostris adauge sensibus Nescire prorsus omnia Corruptionis vulnera. Laus, honor, virtus, gloria, Deo Patri cum Filio, Sancto simul Paraclito, In sæculorum sæcula. Amen 173 Pour la Sainte Vierge. Qui pro nobis natus Tulit esse tuus. AVE, maris stella, Dei mater alma, Atque semper virgo, Felix coeli porta. Sumens illud Ave Gabrielis ore, Funda nos in pace, Mutans Evæ nomen. Solve vincla reis, Profer lumen cæcis; Mala nostra pelle, Bona cuncta posce. Monstra te esse matrem; Sumat per te preces PSAUMES PARTICULIERS POUR LES VÊPRES DE CERTAINES FÊTES. Psaume 115. ( Martyrs.) CREDIDI, propter quòd locutus sum;* ego autem humiliatus sum nimis. Virgo singularis, Inter omnes mitis, Nos culpis solutos Mites fac et castos. Vitam præsta puram, Iter para tutum, Ut videntes Jesum Semper collætemur. Sit laus Deo Patri, Summo Christo decus Spiritui sancto, Tribus honor unus. Amen. Ego dixi in excessu meo: * Omnis homo mendax, Quid retribuam Domino, pro omnibus quæ retribuit mihi? 4 Calicem salutaris accipiam, et nomen Domini invocabo. Vota mea Domino reddam, coram omni populo ejus: pretiosa in conspectu Domini mors sancLAUDATE Dominum, omnes gentes:* laudate eum, omnes populi: Quoniam confirmata est torum ejus. O Domine! quia ego servus tuus;* ego servus tuus, et filius ancillæ tuæ. Dirupisti vincula mea; tibi sacrificabo hostiam laudis, et nomen Domini invocabo. Vota mea Domino reddam in conspectu omnis populi ejus, in atriis domus Domini, in medio tuf, Jerusalem. Gloria Patri, etc. Psaume 116. ( Saints.) super nos misericordia ejus: et veritas Domini manet in æternum. Gloria Patri, etc. Psaume 127. ( Saint- Sacrement.) BEATI omnes qui timent Labores manuum tuaDominum, qui ambulant rum quia manducabis:* in viis ejus. beatus es, et bene tibi erit. 174 Uxor tua, sicut vitis Benedicat tibi Dominus abundans, in lateribus ex Sion;* et videas bona domus tuæ. Jerusalem omnibus diebus vitæ tuæ. Filii tui, sicut novellæ olivarum, * in circuitu mensæ tuæ. Ecce Et videas filios filiorum tuorum, pacem super Israel. ★ sic benedicetur homo* qui timet Dominum. Gloria Patri, etc. Psaume 131. ( Pontifes.) MEMENTO, Domine, David, et omnis mansuetudinis ejus; Sicut juravit Domino, votum vovit Deo Jacob. Si introiero in tabernaculum domus meæ,* si ascendero in lectum strati mei; Si' dedero somnum oculis meis,* et palpebris meis dormitationem, Et requiem temporibus meis, donec inveniam locum Domino,* tabernaculum Deo Jacob. Ecce audivimus eam in Ephrata, invenimus eam in campis silvæ. Introibimus in tabernaculum ejus: adorabimus in loco ubi steterunt pedes ejus. Surge, Domine, in requiem tuam,* tu et arca sanctificationis tuæ. Sacerdotes tui induantur justitiam,* et sancti tui exultent. Propter David servum tuum, non avertas faciem Christi tui. Juravit Dominus David veritatem, et non frustrabitur eum:* De fructu ventris tui ponam super sedem tuam. Si custodierint filii tui testamentum meum* et testimonia mea hæc quæ docebo eos; Et filii eorum usque in sæculum* sedebunt super sedem tuam: Quoniam elegit Dominus Sion, elegit eam in habitationem sibi. Hæc requies mea in sæculum sæculi;* hìc habitabo, quoniam elegi eam. Viduam ejus benedicens benedicam; ★ pauperes ejus saturabo panibus. Sacerdotes ejus induam salutari, et sancti ejus exultatione exultabunt. Illuc producam cornu David: paravi lucernam Christo meo. Inimicos ejus induam confusione;* super ipsum autem efflorebit sanctificatio mea. Gloria Patri, etc. Psaume 137. ( Anges gardiens.) CONFITEBOR tibi, Domine, in toto corde meo, quoniam audisti verba oris mei. In conspectu angelorum psallam tibi:* adorabo ad templum sanctum tuum, et confitebor 175 nomini tuo, Super misericordiâ tuâ et veritate tuâ,* quoniam magnificasti super nomen sanctum omne tuum. In quacumque die invocavero te, exaudi me: multiplicabis in animâ meâ virtutem. Confiteantur tibi, Domine, omnes reges terræ; quia audierunt omnia verba oris tui. Et cantent in viis Domini,* quoniam magna est gloria Domini. DOMINE, probasti me, et cognovistí me; tu cognovisti sessionem meam, et resurrectionem meam. Intellexisti cogitationes meas de longe;* semitam meam et funiculum meum investigasti, Psaume 138. ( Apôtres.) Et omnes vias meas prævidisti, quia non est sermo in lingua mea. Ecce, Domine, tu cognovisti omnia novissima et antiqua: tu formasti me, et posuisti super me manum tuam. Quoniam excelsus Dominus, et humilia respicit,* et alta à longè cognoscit. Si ambulavero in medio tribulationis, vivificabis me, * et super iram inimicorum meorum extendisti manum tuam, et salvum me fecit dextera tua. Dominus retribuet pro me:* Domine, misericordia tua in seculum; opera manuum tuarum ne despicias, Gloria Patri, etc. Mirabilis facta est scientia tua ex me:* confortata est, et non potero ad eam. Quo ibo a spiritu tuo? et quo a facie tua fugiam? Si ascendero in coelum, tu illic es:* si descenderó in infernum, ades. * et nox conculcabunt me; illuminatio mea in deliciis meis. Quia tenebræ non obscurabuntur a te, et nox sicut dies illuminabitur:* sicut tenebræ ejus, ita et lumen ejus. Quia tu possedisti renes meos:* suscepisti me de utero matris meæ, * Confitebor tibi, quia terribiliter magnificatus es: mirabilia opera tua, et anima mea cognoscit nimis. Non est occultatum os meum a te, quod fecisti in occulto;* et substantia mea in inferioribus terræ. Imperfectum meum viderunt oculi tui, et in libro tuo omnes scribentur dies formabuntur, et nemo in eis. Si sumpsero pennas meas diluculo, et habitavero in extremis maris. Etenim illuc manus tua deducet me, et tenebit me dextera tua. Mihi autem nimis hone rificati sunt amici tui, Deus;* nimis confortatus est principatus eorum. * Dinumerabo eos, et super arenam multiplicabunEt dixi: Forsitan tenebrætur: exsurrexi, et adhuc 176 sum tecum. Si occideris, Deus, peccatores* viri sanguinum, declinate a me. Quia dicitis in cogitatione:* Accipient in vanitate civitates tuas. Nonne qui oderunt te, Domine oderam,* et super inimicos tuos tabescebam? Perfecto odio oderam ilet inimici facti sunt cor meum: Proba me, Deus, et scito me, et cognosce semitas interroga meas. Et vide si via iniquitatis in me est; et deduc me in via æterna, Gloria Patri, etc. los; mihi. NOTA. Si l'on dit les premières Vêpres de la fête suivante, le dernier psaume est LAUDATE Dominum omnes gentes, page 173. Pour le jour des Vépres d'un Saint, au lieu du psaume IN EXITU ISRAEL, on dit LAUDATE, DOMINUM, page 173. Pour un Apolre: DOMINE PROBASTI ME, page 175. Pour les Martyrs: CREDIDI PROPTER, page 173 Pour les Confesseurs pontifes: MEMENTO, DOMINE, page 174. Pour les Confesseurs non pontifes: LAUDATE DOMINUM OMNES, page 173. Pour les Vierges et non Vierges: comme aux Vêpres de la sainte Vierge. Aux Vépres du Très- Saint- Sacrement: DIXIT, page 162; CONFITEBOR, page 163; CREDIDI, page 173; BEATI OMNES, page 173; LAUDA JERUSALEM, page 187. Le Dieu protecteur de ma justice m'a exaucé lorsque je l'invoquais; mon Dieu, vous m'avez mis au large, au milieu de la tribulation. Ayez pitié de moi encore aujourd'hui, et exaucez ma prière. COMPLIES DU DIMANCHE. Psaume 4. Le Prophète exhorte ses ennemis à ne pas mettre leur confiance dans les biens de ce monde, mais à ne chercher, comme lui, leur repos qu'en Dieu, Cum invocarem exaudivit me Deus justitiæ meæ:* in tribulatione dilatasti mihi. Miserere meî, et exaudi orationem meam. Enfants des hommes, jusqu'à quand aurez- vous le coeur pesant? pourquoi aiFilii hominum, usquequò gravi corde? quid diligitis vanitatem, ut mez- vous la vanité, et cher- et quæritis mendacium? ez- vous le mensonge? Et scitote quoniam mirificavit Dominus Sanctum suum* Dominus exaudiet me, cùm claImavero ad eum. > Irascimini, et nolite peccare; quæ dicitis in cordibus vestris, in cubilibus vestris compungimini. Sacrificate sacrificium justitiæ, et sperate in Domino: multi dicunt: Quis ostendit nobis bona? Signatum est super nos lumen vultûs tui, Domine; dedisti lætitiam in corde meo. A fructu frumenti, vini et olei sui* multiplicati sunt. In pace in idipsum dormiam, ★ et requiescam; Quoniam tu, Domine, singulariter in spe* constituisti me. Gloria Patri, etc. In te, Domine, speravi; non confundar in æternum;* in justitiâ tuâ libera me. 177 Sachez que le Seigneur fera éclater ses merveilles en faveur de son Saint le Seigneur m'exaucera lorsque je lui adresserai mes cris. Inclina ad me aurem tuam: ★ accelera ut eruas me. Mettez- vous en colère, et ne péchez plus; pleurez, dans le repos de vos lits, les mauvais desseins que vous avez conçus dans vos cœurs. Offrez au Seigneur des sacrifices de justice, et espérez en lui; plusieurs disent: Sur quoi sera fondée cette espérance, et qui nous fera voir les biens qu'on nous promet de sa part? est Seigneur, que ce discours insensé! La lumière de votre image est gravée sur nous, et nous portons en nous les caractères de votre bonté, les gages précieux des biens que vous nous destinez. Vous avez fait naître la joie dans mon cœur. Pour vos ennemis, ils se sont enrichis par l'abondance de leur froment, de leur vin et de leur huile. Mais moi, je m'endormirai et me reposerai dans la paix; Psaume 30. Prière à Dieu pour implorer son secours. Jésus- Christ s'en est servi sur la croix. ( A Paris, on omet ce psaume) Parce que c'est vous, Seigneur, qui m'établissez dans l'espérance. Gloire au Père, etc. J'ai espéré en vous, Seigneur, je ne serai jamais confondu; délivrez- moi dans votre justice. Prêtez l'oreille à ma voix, hâtez- vous de me délivrer. 8. 178 Soyez pour moi un Dieu protecteur; soyez mon asile où je puisse trouver mon salut. Car vous êtes ma force et mon refuge; et, pour la gloire de votre nom, vous serez mon guide et mon pasteur. Vous me dégagerez des filets que les méchants ont cachés sous mes pas; car vous êtes mon protecteur. Je remets mon âme entre vos mains: vous me délivrerez, Seigneur, Dieu de vérité. Gloire au Père, etc. Il dira au Seigneur Vous êtes mon espérance et mon appui; vous êtes mon Dieu, c'est en vous que je mettrai ma confiance. Car le Seigneur m'a délivré des filets du chasseur, et de la langue des méchants. Il vous couvrira de son ombre, et vous serez en sûreté sous ses ailes. Sa vérité vous servira de bouclier; vous ne craindrez ni les terreurs de la nuit, Ni la flèche qui vole durant le jour, ni les embùches que l'on prépare dans les ténèbres, ni les attaques du démon du midi. Esto mihi in Deum protectorem, et in domum refugii, ut salvum me facias. Psaume 90. Bonheur de ceux qui sont sous la protection de Dieu, et qui mettent en lui leur confiance. CELUI qui habite dans l'asile du Très- Haut, demeurera sous la protection du Dieu du ciel. Il en tombera mille à votre gauche, et dix mille à votre droite; mais le mal n'approchera pas de vous. Yous contemplerez seuleQuoniam fortitudo mea et refugium meum es tu, et propter nomen tuum deduces me et enutrics me. Educes me de laqueo hoc quem absconderunt mihi; quoniam tu es protector meus. In manus tuas commendo spiritum meum: * redemisti me, Domine, Deus veritatis. Gloria Patri, etc. * QUI habitat in adjutorio Altissimi, in protectione Dei cæli commorabitur. Dicet Domino: Susceptor meus es tu, et refugium meum:* Deus meus, sperabo in eum. Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium,* et à verbo aspero. Scapulis suis obumbrabit tibi, et sub pennis ejus sperabis. * Scuto circumdabit te veritas ejus:* non timebis à timore nocturno, A sagitta volante in die, à negotio perambulante in tenebris;* ab incursu, et dæmonio meridiano. Cadent a latere tuo mille et decem millia à dextris tuis:* ad te autem non appropinquabit. Verumtamen oculis tuis considerabis, et retributionem peccatorum videbis. Quoniam tu es, Domine, spes mea;* Altissimum posuisti refugium tuum. Non accedet ad te malum,* et flagellum non appropinquabit tabernaculo tuo. Quoniam Angelis suis mandavit de te,* ut custodiant te in omnibus viis tuis. In manibus portabunt te:* ne fortè offendas ad lapidem pedem tuum. Super aspidem et basiliscum ambulabis,* et conculcabis leonem et draconem. Quoniam in me speravit, liberabo eum:* protegam eum, quoniam cognovit nomen meum. 179 ment de vos yeux le malheur des autres; et vous serez spectateur de la punition des méchants, Clamabit ad me, et ego exaudiam eum: cum ipso sum in tribulatione: eripiam eum, et glorificabo eum. Longitudine dierum replebo eum, et ostendam illi salutare meum. Gloria Patri, etc. Parce que vous avez dit: Seigneur, vous êtes mon espérance, et que vous avez mis votre confiance dans la protection du Très- Haut. Il ne vous arrivera aucun accident fâcheux, et les fléaux n'approcheront point de votre maison. ECCE nunc benedicite Dominum,* omnes servi Domini; Qui statis in domo Domini, in atriis domûs Dei nostri. Car il a commandé à ses Anges de vous garder en toutes vos voies. Ils vous porteront entre leurs mains, de peur que vous ne heurtiez votre pied contre la pierre. Vous marcherez sur l'aspic et sur le basilic: vous foulerez aux pieds le lion et le dragon. Je le délivrerai, dit le Seigneur, parce qu'il a mis en moi sa confiance: je serai son protecteur, parce qu'il a connu mon nom. Il m'invoquera, et je l'exaucerai. Je serai avec lui dans ses jours d'affliction; je l'en tirerai, et je l'en ferai sortir avec gloire. Je le comblerai de jours et d'années, et je lui montrerai mon salut. Gloire au Père, etc. Psaume 133. Exhortations à louer et à invoquer le Seigneur pendant la nuit. BENISSEZ aujourd'hui le Seigneur, vous tous qui êtes ses serviteurs; Vous qui habitez dans le temple du Seigneur, et dans les portiques de la maison de Dieu. 180 Elevez vos mains vers le In noctibus extollite sanctuaire, durant la nuit manus vestras in sancta, même, et bénissez le Sei-* et benedicite Dominum. gneur. Que le Seigneur vous bénisse de Sion, le Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Gloire au Père, etc. Gloria Patri, etc. Cantique de saint Siméon. C'EST maintenant, Seigneur, NUNC dimittis servum que vous laisserez mourir en tuum, Domine, paix votre serviteur, selon dum verbum tuum, in votre parole, pace; * secunQuia viderunt oculi mei* Salutare tuum, Puisque mes yeux ont vu le Sauveur que vous nous donnez, Et que vous destinez pour être exposé à la vue de tous les peuples, Pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël. Gloire au Père, etc. Benedicat te Dominus ex Sion,* qui fecit cœlum et terram. Quod parasti ante faciem omnium populorum; Lumen ad revelationem gentium,* et gloriam plebis tuæ Israël. Gloria Patri, etc. ANTIENNES, HYMNES ET PROSES A LA SAINTE VIERGE. Pendant l'Avent et jusqu'à la Purification. BIENHEUREUSE Mère du Ré- ALMA Redemptoris Mater, dempteur, porte du ciel touquæ pervia coli jours ouverte, étoile de la Porta manes, et stella mer, venez au secours d'un maris, succurre cadenpeuple qui veut se relever de ti, ses chutes. Vous qui, par un Surgere qui curat, pomiracle dont s'étonne la na- pulo: tu quæ genuisti, ture, avez enfanté votre Naturâ mirante, tuum Créateur, en demeurant sanctum Genitorem; vierge devant et après l'en- Virgo priùs ac postefantement; vous qui, par la bouche de l'Ange Gabriel, avez reçu cette glorieuse salutation, ayez pitié des pécheurs. riùs, Gabrielis ab ore, Sumens illud Ave, peccatorum miserere. Depuis la Présentation jusqu'au Mercredi Saint. Je vous salue, Reine des AVE, Regina coelorum; cieux; je vous salue, Reine Ave, Domina Angelodes Anges; tige sacrée, porte l rum; 181 Salve, radix; salve, por-| sainte d'où est sortie la vraie ta lumière des hommes. Réjouissez- vous, Vierge glorieuse, belle par- dessus tout et vraiment ravissante! je vous salue: priez pour nous Jésus- Christ. Ex quâ mundo lux est orta. Gaude, Virgo gloriosa, Super omnes speciosa. Vale, ô valdè decora, Et pro nobis Christum exora. Depuis Pâques REGINA coeli, lætare, Alleluia; Quia quem meruisti portare, Alleluia, Resurrexit sicut dixit, Alleluia. Ora pro nobis Deum. Alleluia. jusqu'à la Trinité. REINE du ciel, réjouissezvous, alleluia; puisque celui que vous avez eu le bonheur de porter dans votre sein, alleluia, est ressuscité comme il l'avait dit. Alleluia. Priez Dieu pour nous. Alleluia. Depuis la Trinité jusqu'à l'Avent. SALVE, Regina, mater misericordiæ, vita, dulcedo, et spes nostra, salve. Ad te clamamus, exules filii Evæ: ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle. Eia ergo, advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte, et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende. O clemens, ô pia, ô dulcis Virgo Maria! Prose à la INVIOLATA, integra et casta es, Maria; Que es effecta fulgida ◆ cœli porta. O mater alma Christi charissima, Suscipe pia laudum præconia. Nostra ut pura pectora sint et corpora, SALUT, Ô Reine, mère de miséricorde, notre vie, notre joie et notre espérance Enfants d'Eve, malheureux exilés, nous élevons nos cris vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Oh! de grâce, notre avocate, tournez done vers nous vos regards miséricordieux, et après cet exil montrez- nous Jésus le fruit béni de vos entrailles, ô clémente, o charitable, ô douce Vierge Marie! Sainte Vierge. Vous êtes toute pure, sans tache, et votre virginité est intacte, ô Marie, Qui êtes devenue la porte éclatante du ciel. O heureuse mère, la bienaimée de Jésus- Christ, Recevez les louanges que la piété vous adresse. Demandez à Dieu que nos cœurs et nos corps soient purs. 182 Nos cœurs s'unissent à nos bouches pour vous adresser cette supplication. Par vos prières, toujours agréables à votre Fils, Obtenez- nous grâce pour toute éternité, O mère, pleine de bonté, de tendresse, de charité! Qui seule êtes demeurée vierge en devenant mère. Oh! qu'elle fut triste et affligée, cette Mère bénie du Fils unique de Dieu! Autre Prose( 1). DEBOUT au pied de la croix, à laquelle son Fils était suspendu, la Mère de douleur pleurait. Son âme abattue, gémissante et désolée, fut percée du glaive de douleur. Elle gémissait et soupirait à la vue des angoisses de son divin Fils. Qui pourrait retenir ses larmes, en voyant la Mère de Jésus- Christ dans cet excès de douleur? Qui pourrait contempler sans une profonde tristesse cette tendre Mère souffrant avec son Fils? Te nunc flagitant devota corda et ora. Elle voit Jésus livré aux tourments et déchiré de coups pour les péchés de sa nation. Elle voit ce Fils bien- aimé mourant, délaissé jusqu'au dernier soupir. Tua per precata dulcisona, Nobis concedas veniam per sæcula, O benigna! ô benignal o benigna! Quæ sola inviolata permansisti. STABAT Mater dolorosa Juxta crucem lacrymosa, Dùm pendebat Filius. Cujus animam gementem. Contristatam et dolentem Pertransivit gladius. O quam tristis et afflicta Fuit illa benedicta Mater Unigeniti! Quæ morebat et dolebat Pia Mater, dum videbat Nati poenas inclyti. Quis est homo qui non fleret. Christi Matrem si videret In tanto supplicio? Quis posset non contristari Christi Matrem contemplari Dolentem cum Filio? Pro peccatis suæ gentis Vidit Jesum in tormentis Et flagellis subditum. Vidit suum dulcem Natum ,, Morientem, desolatum, Dum emisit spiritum. O Mère pleine d'amour, Eia, Mater, fons amofaites que je sente votre ris, douleur, que je pleure avec| Me sentire vim doloris, ( 1) Indulgence de 100 ours chaque fois. Fac ut tecum lugeam. Fac ut ardeat cor meum In amando Christum Deum. Ut sibi complaceam. Sancta Mater, istud agas, Crucifixi fige plagas Cordi meo valide. Tui Nati vulnerati, Tam dignati pro me pati, Poenas mecum divide. Fac me tecum pie fiere, Crucifixo condolere, Donec ego vixero. Juxta crucem tecum stare, Et me tibi sociare In planctu desidero. Virgo virginum præclara, Mihi jam non sis amara; Fac me tecum plangere. Fac ut portem Christi mortem; Passionis fac consortem, Et plagas recolere. Fac me plagis vulnerari, Fac me cruce inebriari Et cruore Filii. Flammis ne urar succensus, Per te, Virgo, sim defensus In die judicii. Christe, cum sit hinc exire, Da per Matrem me venire Ad palmam victoriæ. Quando corpus morietur, Fac ut animæ donetur Paradisi gloria. Amen. 183 VOUS. Faites que mon cœur soit embrasé d'amour pour le divin Maître, et que je mérite ses complaisances. O sainte Mère, je vous en supplie, imprimez bien avant dans mon coeur les plaies de Jésus crucifié. Votre Fils a tant daigné souffrir pour moi, partagez avec moi ses tourments. Faites- moi répandre avec vous de pieuses larmes et compatir à mon Sauveur crucifié jusqu'à la fin de mes jours. Me tenir avec vous près de la croix, m'associer à votre douleur, voilà tout mon désir. O Vierge, la plus pure des vierges, ne me repoussez pas plus longtemps; faites que je pleure avec vous. Faites que je porte la mort de Jésus; associez- moi à sa Passion, et faites- moi révérer ses plaies divines. Faites que mon cœur soit blessé de ses blessures: faites que la croix et le sang de votre Fils m'enivrent du divin amour. O Vierge compatissante, je suis exposé à m'entendre condamner aux flammes; daignez me protéger au jour du jugement. Et vous, ô bon Jésus, quand il me faudra quitter ce monde, donnez- moi de mériter, avec l'assistance de votre Mère, la palme des vainqueurs. Lorsque mon corps mourra, daignez accorder à mon âme la gloire du paradis. Ainsi soit- il. Antienne. SUB tuum præsidium Nous avons recours à voconfugimus, sancta Dei tre protection, sainte Mère 184 de Dieu ne rejetez pas les prières que nous vous adressons dans nos pressants besoins, mais obtenez- nous la délivrance de tous les dangers, ô Vierge glorieuse et bénie. AU SALUT. Strophes, Antiennes et Versets. O Victime salutaire qui nous ouvrez la porte du ciel, l'ennemi nous livre de rudes combats; fortifiez- nous contre ses attaques; prêtez- nous votre secours. Gloire éternelle au Dieu unique en trois personnes; qu'il daigne nous donner la vie éternelle dans céleste patrie. Ainsi soit- il. JE vous adore, ô vrai Corps, né de la Vierge Marie: Qui avez vraiment souffert et avez été immolé pour l'homme sur la croix: Dont le côté percé d'une lance a versé du sang avec de l'eau. Soyez notre force et notre consolation à l'heure de nore mort. O Jésus plein de douceur! Jésus plein de bonté! O Jésus, fils de Marie, faites- nous miséricorde. Ainsi soit- il. genitrix; nostras deprecationes ne despicias necessitatibus, sed à periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta. Le pain des Anges devient la nourriture de l'homme, ce pain céleste est la réalisation des anciennes figures. O prodige inouï! le maître suprême se fait l'aliment de sa pauvre et misérable créature. O salutaris Hostia Quæ cœli pandis ostium; Bella premunt hostilia, Da robur, fer auxilium. Uni trinoque Domino Sit sempiterna gloria; Qui vitam sine termino Nobis donet in patria. Amen. AVE, verum Corpus natum De Maria Virgine: Verè passum, immolatum In cruce pro homine: Fluxit aquâ et sanguiCujus latus perforatum ne. Esto nobis prægustatum Mortis in examine. O Jesu dulcis! 0 Jesu pie! O Jesu, fili Maria! Tu nobis miserere. Amen. PANIS angelicus Fit panis hominum; Dat panis coelicus Figuris terminum; O res mirabilis! Manducat Dominum Pauper, servus et humilis. Te, trina Deitas Unaque, poscimus; Sic nos tu visita, Sicut te colimus. Per tuas semitas duc nos quo tendimus, Ad lucem quam inhabitas. Amen. ADOREMUS in æternum sanctissimum Sacramentum. Adoremus, etc. Laudate Dominum, omnes gentes * laudate eum omnes populi. Adoremus, etc. Quoniam confirmata est super nos misericordia ejus, * et veritas Domini manet in æternum. Adoremus, etc. Gloria Patri, etc. Pour implorer la DOMINE, non secundùm peccata nostra facias nobis; neque secundùm iniquitates nostras retribuas nobis. Domine, ne memineris iniquitatum nostrarum antiquarum: citò anticipent nos misericordiæ tuæ, quia pauperes facti sumus nimis. 185 0 Dieu unique en trois personnes, daignez visiter ceux qui vous adorent; conduisez- nous par vos voies à cette lumière que vous habitez, et vers laquelle tendent tous nos désirs. Ainsi soit- il. Adorons à jamais le trèssaint Sacrement de l'autel. PARCE, Domine, parce populo tuo: Ne in æternum irascaris nobis. Magnificat, p. 168. Adorons, etc. Nations, louez toutes le Seigneur; peuples, louez- le tous. Adorons, etc. Parce qu'il a signalé envers nous la grandeur de sa miséricorde, et que la vérité du Seigneur demeure éternellement. Adorons, etc. Gloire au Père, etc. miséricorde de Dieu. SEIGNEUR, ne nous traitez pas selon nos péchés, et ne nous punissez pas comme le méritent nos offenses. Seigneur, ne vous souvenez plus de nos anciennes iniquités hâtez- vous de nous prévenir dans votre miséricorde, car nous sommes tombés dans un abîme de misère. Adjuva- nos, Deus, sa- Sccourez- nous, 6 Dieu, lutaris noster; et prop- notre Sauveur; délivrez- nous, ter gloriam nominis tui, Seigneur, pour la gloire de Domine, libera nos; et votre nom et pardonnezpropitius esto peccatis nous nos péchés pour l'honnostris, propter nomen neur de votre saint nom. tuum. 9 PARDONNEZ, Seigneur, pardonnez à votre peuple. Ne soyez pas éternellement irrité contre nous. 186 VÊPRES DE LA SAINTE VIERGE. Dixit Dominus, p. 162. Laudate pueri, p. 165. Psaume 121. Le Prophète célèbre la Cité sainte, et l'amour et la concorde, qui en sont les fondements: c'est le modèle des sentiments d'une âme chrétienne pour l'Eglise. J'AI entendu avec joie ces paroles que l'on m'a dites: nous irons dans la maison du Seigneur. Oui, nous nous fixerons dans tes parvis, ô Jérusalem! O ville bâtie comme une patrie commune à tous les serviteurs de Dieu! Là sont montées les tribus consacrées au Seigneur, pour rendre hommage à son nom, selon la loi d'Israël. Là sont placés les siéges de justice, appuyés sur le trône de David. Demandez à Dieu tout ce qui peut assurer la paix de Jérusalem; demandez tous les biens pour les amis de la cité sainte. Cité sainte, que le calme soit dans tes remparts, et l'abondance dans tes tours. Patrie de mes frères et de mes proches, mes paroles sur toi sont des paroles de paix. La maison du Seigneur est dans ton enceinte; et c'est pour cela que mes voeux y appellent tous les biens. Gloire au Père, etc. LETATUS Sum in his quæ dicta sunt mihi:' in domum Domini ibimus. Stantes erant pedes nostri in atriis tuis, Jerusalem. Jerusalem quæ ædificatur ut civitas, cujus participatio ejus in idip★ sum. Illuc enim ascenderunt tribus, tribus Domini;* testimonium Israël, ad confitendum nomini Domini. Quia illic sederunt sedes in judicio, sedes super domum David. Rogate quæ ad pacem sunt Jerusalem:* et abundantia diligentibus te. Fiat pax in virtute tuâ;* et abundantia in turribus tuis. Propter fratres meos et proximos meos,* loquebar pacem de te. Propter domum Domini Dei nostri,* quæsivi bona tibi. Gloria Patri, etc. Psaume 126. Toutes les entreprises des hommes sont vaines sans la protection du Ciel: ses faveurs même ici- bas sont le prix de ceux qui savent les attendre. Si Dieu ne bâtit lui- même| NISI Dominus ædifica verit domum, in vanum laboraverunt qui ædificant eam, Nisi Dominus custodierit civitatem,* frustra vigilat qui custodit eam. * Sicut sagittæ in manu potentis, ita filii excus* sorum. Vanum est vobis ante Inutilement vous vous lèlucem surgere:* sur- veriez avant le jour: vous gite, postquam sederitis, qui mangez le pain de la qui manducatis panem douleur, ne vous levez qu'adoloris, près le sommeil Cùm dederit dilectis suis somnum:* ecce hæreditas Domini, filii; merces, fructus ventris. Beatus vir qui implevit desiderium suum ex ipsis; non confundetur, cùm loquetur inimicis suis in porta. Gloria Patri, etc. 187 la maison, l'architecte travaille en vain. Quoniam confortavit seras portarum tuarum,* benedixit filiis tuis in te. Qui posuit fines tuos pacem, et adipe frumenti satiat te. Si Dieu ne garde lui- même la cité, c'est en vain que la sentinelle veille pour la garder. Psaume 293. Louanges de Dieu et sentiments de reconnaissance. LAUDA, Jerusalem JÉRUSALEM, louez le Sei2 Dominum lauda gneur; Sion, louez votre Dieu. Deum tuum, Sion. Qui emittit eloquium suum terræ,* velociter currit sermo ejus. Qui dat nivem sicut lanam,* nebulam sicut cinerem spargit. Que Dieu donne à ceux qu'il aime les enfants sont un héritage qui vient du Seigneur; la fécondité est une récompense. Mittit' crystallum suam sicut buccellas:* ante faciem frigoris ejus quis sustinebit? Les enfants des opprimés seront comme les flèches dans une main puissante. Heureux celui dont ils rempliront les désirs: il ne sera pas confondu lorsqu'il parlera contre ses ennemis dans les tribunaux d'Israël. Gloire au Père, etc. Il a fortifié les barrières de vos portes: il a béni les enfants nés au milieu de vous. Il a mis la paix dans votre enceinte: il vous nourrit du plus pur froment. Il envoie sa parole, et sa parole parcourt rapidement la terre. Il fait tomber la neige comme des flocons de laine. Il répand la brume comme une poussière. Il entasse la glace sur la terre comme le pain dans une corbeille; et alors qui résisterait au froid qu'il répand dans les airs? 188 Mais sa parole commande Emittet verbum suum aux vents du midi, et ils et liquefaciet ea:* flabil fondent la glace: l'esprit de spiritus ejus, et fluent Dieu souffle, et les eaux cou- aquæ. lent. Il a donné sa loi à Jacob, et fait connaître sa justice et ses décrets à Israël. Il n'en a pas agi de même avec toutes les nations, et il ne leur a pas manifesté ses jugements. Gloire au Père, etc. * Sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam, barbam Aaron; Quod descendit in oram PSAUMES ET CANTIQUES. Psaume 137. Eloge de l'union fraternelle entre les serviteurs de Dieu. Ecce quàm bonum et| vestimenti ejus,* sicut ros quàm jucundum,* habi- Hermon, qui descendit in tare fratres in unum. montem Sion. TE DEUM laudamus:* te Dominum confitemur. Te æternum Patrem* omnis terra veneratur. Tibi omnes Angeli;' tibi Coeli et universæ Potestates. Tibi Cherubim et Seraphim,* incessabili voce proclamant. Qui annuntiat verbum suum Jacob, justitias et judicia sua Israël. Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus sabaoth. Pleni sunt coeli et terra* majestatis gloriæ tuæ. * Te gloriosus Apostolorum chorus, ★ Te Prophetarum* laudabilis numerus, Te Martyrum candidatus laudat exercitus. Non fecit taliter omni nationi,* et judicia sua non manifestavit eis. Gloria Patri, etc. Cantique d'actions de grâces de S. Ambroise et de S. Augustin. Quoniam mandavit Dominus benedictionem,* et vitam usque in sæculum. Gloria Patri, etc. Te per orbem terrarum* sancta confitetur Ecclesia, Patrem* immensæ majestatis: Venerandum tuum verum,* et unicum Filium; Sanctum quoque* paracletum Spiritum. Tu rex gloriæ, Christe. Tu Patris sempiternus es Filius. Tu, ad liberandum suscepturus hominem,* non horruisti Virginis uterum, Tu, devicto mortis aculeo, aperuisti credentibus regna coelorum. Tu ad dexteram Dei sedes * in gloria Patris. Judex crederis* esse venturus, 189 * et in Te ergo quæsumus, famulis tuis subveni,* quós pretioso sanguine redemisti. Eternâ fac cum Sanctis tuis in gloriâ numerari. Salvum fac populum tuum, Domine;* et benedic hæreditati tuæ. Dignare, Domine, die isto * sine peccato nos custodire. Miserere nostri, Domine, miserere nostri. Fiat misericordia tua, Domine, super nos,* quemadmodum speravimus in te. * Et rege eos, et extolle illos usque in æternum. Per singulos dies* benedicimus te. In te, Domine, speravi, non confundar in æternum. Et laudamus nomen Psaume 50. Sentiments de Pénitence de David après son péché. Cor mundum crea in me, Deus: et spiritum rectum ( innova in visceribus meis. MISERERE mei, Deus,* secundum magnam misericordiam tuam; Et secundùm multitudinem miserationum tua rum, * dele iniquitatem meam. Amplius lava me ab iniquitatem mea:* et à peccato meo munda me. Quoniam iniquitatem meam ego cognosco:* et peccatum meum contra me est semper. Libera me de sanguiTibi soli peccavi, et nibus, Deus, Deus salutis ut meæ,* et exultabit linguà mea justitiam tuam. malum coram te feci, justificeris in sermonibus tuis, et vincas cùm judicaris. * Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum, in peccatis concepit me et mater mea. Ecce enim veritatem dilexisti: incerta et occulta sapientiæ tuæ manifestasti mihi. tuum in sæculum, sæculum sæculi. Asperges me hyssopo, ct mundabor:* lavabis me, et super nivem dealbabor. Auditui meo dabis gaudium et lætitiam: et exultabunt ossa humiliata. Averte faciem tuam à peccatis meis:* et omnes iniquitates meas dele, Ne projicias me à facie tua:* et spiritum sanctum tuum ne auferas à me. Redde mihi lætitiam salutaris tui, et spiritu principali confirma me. Docebo iniquos vias tuas, * et impii ad te convertentur. Domine, labia mea aperies: et eos meum annuntiabit laudem tuam. Quoniam si voluisses sacrificium, dedissem utiquè: holocaustis non delectaberis. * * cor conSacrificium Deo spiritus contribulatus: tritum et humiliatum, Deus, non despicies. Benigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion: ★ ut ædificentur muri Jerusalem. Tunc acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes et holocausta:* tunc imponent super altare 190 1 Gloria Patri, etc. Psaume 129. Prière d'un cœur contrit qui gémit et qui espère. C'est pour cela que l'Eglise, s'unissant aux prières des âmes du Purgatoire, récite ce psaume pour les morts. DE PROFUNDIS clamavi verbo ejus:* speravit ad te, Domine:* Domine, anima mea in Domino. exaudi vocem meam. * Fiant aures tuæ intendentes in vocem deprecationis meæ. A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino. Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit? Quia apud Dominum misericordia:* et copiosa apud eum redemptio. Et ipse redimet Israël Quia apud te propitiatio* ex omnibus iniquitatibus est•* et propter legem ejus. tuam sustinui te, Domine. Gloria Patri, etc. Sustinuit anima mea in tuum vitulos. Pour les défunts, au lieu de Gloria Patri, on dit: Requiescant in pace! Amen. Requiem aæternam dona eis, Domine,* et lux perpetua luceat eis. PSAUMES DE LA PÉNITENCE. Psaume 6. SEIGNEUR, ne me repre- Je m'épuise à force de nez pas dans votre fureur, gémir; je baigne mon lit et ne me châtiez pas dans de mes pleurs toute la votre colère. nuit, et je le perce de mes larmes. Ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis faible; guérissez- moi, Seigneur, parce que mes os sont ébranlés. Mon âme est agitée d'un grand trouble; mais vous, Seigneur, jusqu'à quand ferez- vous durer cette épreuve? Revenez à moi, Seigneur, et délivrez mon âme: sauvez- moi à cause de votre miséricorde. Car nul ne se souvient de vous parmi les morts; et qui vous louera au fond du tombeau? mes L'indignation et la douleur ont obscurci yeux; j'ai vieilli au milieu de tous mes ennemis. Retirez- vous de moi, vous tous qui commettez l'iniquité; car le Seigneur a écouté la voix de mes pleurs. Le Seigneur a écouté ma prière; le Seigneur a exaucé mes vœux. Que tous mes ennemis rougissent et soient saisis de frayeur; qu'ils prennent la fuite et qu'ils soieut couverts de honte. Gloire au Père, etc. 1 191 Psaume 31: HEUREUX ceux dont les iniquités sont effacées, et dont les péchés sont pardonnés. Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute point de péché, et dont l'esprit est exempt de dissimulation. Tant que je ne vous ai point avoué ma faute, j'ai poussé la nuit et le jour des cris dont mes os ont été affaiblis. Mon péché me plongeait dans la dernière affliction; c'était pour moi une épiné qui me causait les plus cuisantes douleurs. Ne devenez pas semblables au cheval et au mulet, animaux sans intelligence. Il faut que vous les reteniez avec le mors et la Enfin, je vous ai con- bride pour les rendre dofessé ma faute, et je ne ciles, et empêcher qu'ils vous ai point caché mon n'échappent. injustice. J'ai dit: Il faut que je confesse contre moi- même mes offenses au Seigneur, et vous m'avez remis l'impiété de mon crime. C'est ce qui portera tous les Saints à vous prier dans le temps propre à trouver miséricorde. Et lors même que les grandes eaux déborderont, elles n'arriveront pas jusqu'à eux. SEIGNEUR, ne me reprenez pas dans votre fureur, et ne me châtiez pas dans votre colère Vous êtes mon asile confre les maux qui me pressent. O Dieu! qui êtes ma joie, délivrez- moi des ennemis qui m'environnent. Je vous donnerai l'intelligence, me dites- vous, je vous enseignerai le chemin où vous devez marcher; j'arrêterai mes regards sur vous. Car VOS flèches ont fait en moi de profondes blessures, et votre main s'est appesantie sur moi. Psaume 37. Les afflictions préparées au pécheur sont en grand nombre; mais la miséricorde environnera celui qui espère dans le Seigneur. Justes, réjouissez- vous dans le Seigneur, et tressaillez d'allégresse; glorifiez- vous en lui, vous tous qui avez le cœur droit. Gloire au Père, etc. Mes iniquites sont comme des flots qui m'ont submergé: c'est un pesant fardeau qui m'accable et sous lequel je succombe. La pourriture et la corruption se sont formées dans dans mes plaies: la violence de mon mal est un effet de mon égarement Votre colère ne laisse aucune partie saine dans ma chair; la vue de mes pé- et de ma folie. chés me trouble jusque Courbé et abattu sous le dans la moelle de mes os. poids de ma misère, je 192 marche tout le jour avec un visage triste et défiguré. Je sens dans mes flancs une ardeur qui me brûle, et je n'ai plus aucune partie saine dans mon corps. Je suis tout languissant et tout brisé; mon cœur pousse des sanglots et des gémissements. Seigneur, vous voyez où tendent tous mes désirs, et le gémissement de mon âme ne vous est point caché. Mon cœur est dans le trouble et l'inquiétude; mes forces m'abandonnent et mes yeux sont éteints, A la vue de mes plaies, mes amis et mes proches se sont retirés de moi, Ceux qui m'étaient le plus attachés se sont éloignés de moi; pour mes ennemis, ils ne s'occupent que des moyens d'attenter à ma vie. Ceux qui méditent ma ruine ont recours au mensonge, et concertent tout le jour de nouveaux artifices pour me perdre. Mais je suis comme un sourd qui n'entend point; je suis comme un muet qui n'ouvre point la bouche. Je suis comme un homme qui n'a point d'oEt effacez mon iniquité, selon la grandeur et la multitude de vos bontés. Lavez- moi de plus en plus de mon iniquité, et purifiez- moi de mon péché. Car je reconnais mon reilles pour entendre, ni de langue pour répliquer. Mais YOUS répondrez pour moi, Seigneur mon Dieu; vous m'exaucerez, puisque j'ai mis mon espérance en vous. Je vous ai dit: Que je ne sois point un sujet de joie pour mes ennemis: ils ont parlé insolemment contre moi lorsqu'ils ont vu mes pieds chancelants. Cependant je suis prêt à tout souffrir, et mon péché, qui est la cause de ma douleur, est toujours présent à mes yeux. Je reconnais publiquement' mon péché, et je ne cesse de le détester. Cependant mes ennemis sont pleins de vie, leur puissance s'accroît, et le nombre de ceux qui me haïssent injustement s'augmente tous les jours. Ceux qui rendent le mal pour le bien me déchirent par leurs calomnies, quoique mes vues soient conformes à la justice. Psaume 50. AYEZ pitié de moi, mon| crime, et ma faute est Dieu, selon l'étendue de vo- toujours présente à mes tre miséricorde; yeux. C'est contre vous seul que j'ai péché: j'ai commis le mal en votre présence: pardonnez- moi, afin que vous soyez reconnu fidèle dans vos promesses et irréprochable en vos jugeSeigneur, ne m'abandonnez pas: 6 mon Dieu! ne vous éloignez pas de moi. Mon Seigneur et mon Dieu, hâtez- vous de me secourir. Gloire au Père, etc. 193 ments. Vous savez que j'ai été engendré dans l'iniquité, et que ma mère m'a conçu dans le péché. Mais vous, Seigneur, vous aimez la vérité, et vous m'avez instruit des mystères de votre sagesse. Purifiez- moi donc avec l'hyssope, et alors je serai pur; lavez- moi, et je deviendrai plus blanc que la neige. Seigneur, vous ouvrirez mes lèvres, et ma bouche annoncera vos louanges. Faites- moi entendre une parole de consolation et de joie, et mes os brisés tressailleront d'allégresse. Détournez VOS yeux Si vous aimiez les sacrifices, je vous en offrirais; mais les holocaustes ne sont pas ce que vous demandez. Le sacrifice que Dieu demande est une âme pénépour ne plus voir mes of- trée de douleur. Vous ne fenses, et effacez tous mes mépriserez pas, ô mon Dieu, péchés. un cœur contrit et humilié. Créez en moi un cœur pur, ô mon Dieu, et renouvelez au fond de mes entrailles l'esprit de droiture et de justice. Ne me rejetez pas de votre présence, et ne retirez pas de moi votre Esprit Saint. Rendez- moi la joie de votre assistance salutaire, et fortifiez- moi par votre Esprit souverain. J'apprendrai vos voies aux pécheurs, et les impies se convertiront à vous. 0 Dieu, ô mon Sauveur délivrez- moi des peines que méritent mes actions sanguinaires; et ma langue publiera avec joie votre justice. SEIGNEUR, écoutez ma prière, et que mes cris montent jusqu'à vous. Ne détournez pas votre visage de dessus moi, en quelque temps que ce soit, dans l'affliction, prêtez l'oreille à ma voix. En quelque jour que je vous invoque, hâtez- vous de m'exaucer. Psaume 101. Car mes jours se sont évanouis comme la fumée, et mes os se sont séchés comme du bois à demi Par un effet de votre bonté, Seigneur, répandez vos bénédictions sur Sion, et bâtissez les murs de Jérusalem. Vous agréerez alors les sacrifices de justice, les offrandes et les holocaustes; alors on vous offrira des victimes d'actions de grâces sur votre autel. Gloire au Père, etc. consumé par le feu. Semblable l'herbe fauchée, je suis tombé dans une extrême langueur; parce que j'ai oublié de prendre ma nourriture. A force de gémir et de soupirer, mes os tiennent à ma peau. Je suis devenu semblable au pélican des déserts, et au hibou qui n'habite que les lieux solitaires. Je passe la nuit sans dormir: et'e me trouve comme 9 194 un passereau qui est tout| rité la plus éloignée en seul sur un toit. rendra gloire à votre nom. Tous les jours mes ennemis me couvrent d'opprobres; et ceux qui autrefois me comblaient de louanges, me chargent à présent d'imprécations. Je mange la cendre comme le pain, et ce que je bois est arrosé de mes larmes. Je sens le poids de votre colère et de votre indignation; car, après m'avoir élevé, vous m'avez renversé par terre. Mes jours se sont écoulés comme l'ombre, et je suis devenu sec comme l'herbe. Pour vous, Seigneur, vous demeurez éternellement, et la mémoire de votre nom passera de siècle en siècle. Vous paraîtrez enfin, et vous aurez pitié de Sion, puisque le temps est venu d'avoir compassion d'elle, ce temps que vous avez marqué vous- même. Car les pierres de Sion sont chères à vos serviteurs, et ils s'attendrissent sur ses ruines. Les nations craindront votre nom, Seigneur, et tous les rois de la terre publieront votre gloire, Lorsque vous aurez rebâti Sion, et que vous y aurez fait éclater votre puissance. Le Seigneur a tourné ses regards sur la prière des humbles, et il n'a pas méprisé leurs demandes. Vos merveilles, ô mon Dieu! passeront jusqu'aux races futures, et la postéLe Seigneur a regardé du fond de son sanctuaire; il a daigné jeter les yeux sur la terre, Pour écouter les gémissements des captifs, pour tirer des liens ceux qui étaient condamnés à la mort, Afin qu'ils célèbrent son nom dans Sion, et qu'ils chantent ses louanges dans Jérusalem, Lorsque les peuples et les rois se réuniront dans son enceinte pour servir le Seigneur. Dans l'attente de vos jugements, ô mon Dieu! votre serviteur vous a dit: Apprenez- moi le peu de jours qu'il me reste à vivre. Ne me retirez pas du monde au milieu de ma course: vos années dureront dans la suite de tous les âges. Seigneur, vous avez créé la terre au commencement du monde, et les cieux sont l'ouvrage de vos mains. Ils périront, mais vous demeurerez. Ils vieilliront comme un vêtement, et vous leur ferez changer de forme comme à un manteau. Pour vous, vous serez toujours le même, et vos années ne finiront pas. Les enfants de vos serviteurs auront enfin une habitation stable, et leur postérité subsistera tou jours en votre présence. Gloire au Père, etc. 195 Psaume 129. Du fond de l'abîme, Scigneur, je pousse des cris vers vous; Seigneur, écoutez ma voix. Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière. Si vous tenez un compte exact des iniquités, ô mon Dieu, qui pourra, Seigneur, subsister devant vous? Mais vous êtes plein de miséricorde; et j'espère en vous, Seigneur, à cause de votre loi. Mon âme attend l'effet de vos promesses; mon âme a mis toute sa confiance dans le Seigneur. L'ennemi me poursuit pour m'ôter la vie; déjà il m'a renversé par terre, Il m'a obligé de demeurer dans des lieux obscurs, comme ceux qui sont morts depuis longtemps; mon esprit est dans la détresse, et mon cœur est saisi de trouble et d'effroi. Que depuis le matin jusqu'au soir Israël espère dans le Seigneur. Car le Seigneur est plein de bonté, et on trouve en lui une rédemption abon-> dante. Et c'est lui qui rachétera Israël de toutes ses iniquités. Gloire au Père, etc. Psaume 142. SEIGNEUR, écoutez ma| m'exaucer; car mon esprit prière; prêtez l'oreille à tombe dans la défaillance. mon humble demande selon votre promesse exaucez- moi sélon votre justice. Ne détournez pas de moi votre visage: autrement je deviendrais semblable à ceux qui descendent dans le tombeau. Mais n'entrez point en jugement avec votre serviteur, parce que nul homme vivant ne sera trouvé innocent devant Faites- moi entendre dès le matin la voix de votre miséricorde, parce que j'ai mis en vous mon espévous. rance. Faites- moi connaître la voie par laquelle je dois marcher, parce que je tiens mon âme élevée vers vous. Délivrez- moi de mes ennemis, Seigneur, puisque j'ai recours à vous; enseignez- moi à faire votre volonté, car vous êtes mon Dieu. Je me rappelle le souvenir des jours anciens; je repasse dans mon esprit toutes vos merveilles; je médite sur les oeuvres de votre puissance. J'élève les mains vers vous, et mon âme vous attend comme une terre sèche attend la pluie. Tirez mon âme de l'affliction, et que votre bonté Seigneur, hâtez- vous de pour moi ôte à mes enneQue votre Esprit plein de bonté me conduise par un chemin droit. Seigneur, faites- moi vivre selon les règles de votre justice, pour la gloire de votre nom. 196 mis le pouvoir et la ve- mon âme; parce que je lonté de me nuire. suis votre serviteur. Gloire au Père, etc. Confondez les desseins de tous ceux qui affligent] DEUXIÈME PARTIE. Instructions. - Méditations.- Cantiques. PRÉCIS DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE ou Abrégé de ce que tout Chrétien DOIT SAVOIR, CROIRE ET PRATIQUER, Connaissance de Dieu. Il n'y a qu'un Dieu, il ne peut y en avoir plu sieurs; il a toujours été, il sera toujours. Dieu est un pur esprit, il n'a point de corps, on ne peut le voir en cette vie; mais il voit tout, il est partout, il connaît tout, jusqu'à nos plus secrètes pensées; Dieu est tout- puissant, infiniment bon, juste, saint; en un mot, il possède toutes les perfections. Mystère de la sainte Trinité. Il y a en Dieu trois personnes reellement distinctes l'une de l'autre: la première, le Père; la seconde, le Fils; la troisième, le Saint- Esprit. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint- Esprit est Dieu; cependant ce ne sont pas trois dieux, mais trois personnes égales en toutes choses, qui ne sont qu'un seul et même Dieu, parce qu'elles n'ont qu'une même nature, une même essence divine; c'est là ce qu'on appelle le mystère de la très- sainte Trinité. Création du monde. C'est Dieu qui a créé le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment; il les a faits de rien, par sa seule volonté. Il a créé des Anges; les uns ont péché par orgueil, et sont dans l'enfer; les autres, 197 restés fidèles à Dieu, sont heureux dans le ciel.L'homme a été créé pour connaître, aimer, servir Dieu sur la terre, et par ce moyen obtenir le bonheur éternel. Péché originel. Adam et Ève( ce sont les noms du premier homme et de la première femme) furent placés dans un jardin de délices, et ils ne devaient jamais mourir; mais, ayant désobéi à Dieu en mangeant du fruit dont il leur avait défendu de manger, ils furent chassés du Paradis terrestre et condamnés, eux et leur postérité, au travail, aux souffrances et à la mort. C'est à cause de cette désobéissance que nous venons au monde avec le péché originel, lequel suffirait pour nous exclure du ciel. Mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu et de la Rédemption des hommes. Dieu a eu pitié du genre humain, et pour nous délivrer de l'esclavage du démon, et nous rendre nos droits à l'héritage céleste, la seconde personne de la sainte Trinité, qui est le Fils, a daigné se faire homme et prendre un corps et une âme comme les nôtres. Le Fils de Dieu fait homme s'appelle Jésus- Christ. Le Fils de Dieu s'est donc fait homme sans cesser d'être Dieu. Le Père ne s'est pas fait homme, ni le Saint- Esprit non plus. Le Fils a toujours été Dieu comme le Père et le Saint- Esprit, mais il n'a pas toujours été homme. Il ne s'est incarné que depuis environ dix- huit cents ans. Le Fils de Dieu a pris un corps et une âme dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie, où il a été conçu par l'opération du Saint- Esprit: c'est ce qu'on appelle le mystère de l'Incarnation. La sainte Vierge, en devenant Mère de Dieu, n'a pas cessé d'être Vierge. Le Fils de Dieu est venu au monde la nuit de Noël, dans une pauvre étable. Huit jours après il fut circoncis, et on lui donna le nom de JÉSUS, qui signifie Sauveur. Il a vécu sur la terre environ trente- trois ans dans la pauvreté, l'humilité et la pratique de toutes les vertus. Il enseigna les vérités évangéliques, fit un très- grand nombre de miracles pour prouver sa 198 divinité; et toutes les prophéties par lesquelles Dieu l'avait annonce aux hommes s'accomplirent à la lettre dans sa personne, Il est mort volontairement sur une croix pour nos péchés, le jour du Vendredi- Saint; il a souffert comme homme, et il a donné comme Dieu un prix infini à ses souffrances. Par sa Passion et par sa mort, il nous a rachetés de la damnation éternelle c'est ce qu'on appelle le mystère de la Rédemption. Il s'est ressuscité lui- même, le troisième jour après sa mort, le jour de Pâques; il est monté au ciel par sa propre vertu, le jour de l'Ascension, quarante jours après sa Résurrection: -dix jours après qu'il fut monté au ciel, le jour de la Pentecôte, il a envoyé le Saint- Esprit à ses Apôtres. A la fin du monde, il viendra de nouveau pour juger les hommes, qui mourront et ressusciteront tous; il donnera le paradis aux justes; mais pour ceux qui seront morts en péché mortel, il les condamnera à l'enfer; l'enfer et le paradis dureront éternellement, c'est- à- dire sans fin. L'Église. L'Église est la société des fidèles qui, sous la conduite du Souverain Pontife et des pasteurs légitimes, professent la religion établie par JésusChrist et participent aux mêmes sacrements. Il n'y a qu'une seule et véritable Eglise, c'est l'Eglise catholique, apostolique, romaine. Il faut obéir à ceux qui la gouvernent par l'autorite de JésusChrist, c'est- à- dire aux Evêques, et spécialement à N. S. P. le Pape, qui, comme chef de l'Eglise, successeur de saint Pierre et vicaire de JésusChrist, a l'autorité sur tous les Evêques et sur tous les fidèles. C'est le seul moyen de ne pas tomber dans l'erreur, selon la promesse de JésusChrist. Hors de l'Eglise, point de salut. L'Eglise, dans un sens plus étendu, renferme non- seulement les fidèles qui sont sur la terre, mais aussi les âmes du Purgatoire et les Saints qui règnent dans le ciel. Nous participons aux mérites des Saints et des fidèles, et nous pouvons soulager les âmes du Purgatoire par nos prières et nos bonnes œuvres, et par l'application des indul 199 gences( p. 202): c'est ce qu'on appelle la communion des Saints. Toutes ces vérités sont contenues dans le Symbole des Apôtres: Je crois en Dieu, etc.( p 48). On doit les croire fermement, non sur la parole des homines qui les annoncent, mais parce qu'elles ont été révélées de Dieu même et qu'elles ont été enseignées par l'Eglise, qui est infaillible. Les Commandements de Dieu et de l'Église.. Pour se sauver, il faut non- seulement croire fermement toutes ces vérités, mais encore vivre chrétiennement, c'est- à- dire observer les Commandements de Dieu et de l'Eglise, pratiquer la I vertu et fuir le péché. Il y a dix Commandements de Dieu: le premier nous oblige de l'aimer et de l'adorer lui seul, et d'aimer le prochain comme nous- mêmes, pour l'amour de Dieu. Le second nous oblige d'honorer son saint nom, et nous défend de le profaner par les jurements et les blasphèmes. Le troisième nous ordonne de sanctifier le dimanche, et nous interdit les travaux serviles.- Le quatrième ordonne d'honorer ses père et mère et tous les supérieurs. Le cinquième défend de tuer, de faire du mal à son prochain, ou d'avoir la volonté de lui en faire; il défend aussi de donner mauvais exemple, d'avoir de la haine, de se venger, et ordonne de pardonner à tous.- Le sixième défend toute impureté et tout ce qui peut y conduire. Le septième défend de prendre ou de retenir le bien des autres et de leur causer aucun dommage. Le huitième défend le faux témoignage, le mensonge, le jugement téméraire, la médisance et la calomnie.- Le neuvième défend de s'arrêter à aucune pensée déshonnête, et le désir des mauvaises actions condamnées par le sixième Commandement.- Le dixième défend de désirer injustement le bien d'autrui( p. 49). 1 - L'Eglise ordonne principalement six choses: 10 de sanctifier les fêtes d'obligation; 20 d'assister à la messe les dimanches et les fêtes;30 de se confesser au moins une fois l'an; - 1 200 40 de communier, au moins une fois l'an, à sa paroisse, dans la quinzaine de Pâques;-5° de jeûner les Quatre- Temps, la veille de certaines fêtes et tout le Carême;-6° de s'abstenir de manger gras les vendredis, les samedis et les autres jours défendus, à moins d'en être dispensé ( p. 50). La grâce demandée par la prière. Mais pour obéir à Dieu et à l'Eglise, nous avons absolument besoin de la grâce de Dieu, et pour obtenir cette grâce, il fait la lui demander souvent par d'humbles et ferventes prières, au nom et par les mérites de Jésus- Christ. La plus excellente des prières, c'est Notre Père( p. 47); parce que Jésus- Christ lui- même l'a enseignée. Celle qui vient ensuite est: Je vous salue, Marie( p. 48), adressée à la très- sainte Vierge, qui est toute puissante auprès de Dieu, et en qui il faut avoir une dévotion et une confiance particulière, JésusChrist nous l'ayant donnée pour mère sur le Calvaire, lorsqu'il dit: ECCE MATER TUA... Voilà votre Mère... Il est encore très- utile d'honorer et de prier nos bons Anges et les Saints du Paradis, parce qu'ils sont les amis de Dieu, et qu'ils peuvent beaucoup nous aider par leur intercession. La grâce donnée dans les Sacrements. Jésus- Christ a institué les Sacrements pour nous donner sa grâce, en nous appliquant les mérites de ses souffrances et de sa mort; il y en a sept: le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l'Eucharistie, l'Extrême- Onction, l'Ordre, et le Mariage. Il y en a trois qu'il est plus essentiel de connaître. Le Baptême est un sacrement sans lequel personne n'est sauvé. Tous peuvent baptiser en cas de danger de mort: il faut pour cela verser de l'eau naturelle sur la tête; elle doit couler sur la peau, et non pas seulement sur les cheveux; la même personne doit dire au moment où elle verse l'eau: Je te baptise au nom du Père, et du Fils, 201 et du Saint- Esprit. Le Baptême efface en nous le péché originel, nous donne la vie de la grâce, et nous fait enfants de Dieu et de l'Eglise. Le sacrement de Pénitence est établi pour remettre les péchés commis après le Baptême; mais pour obtenir le pardon de ses péchés par ce sacrement, il faut les confesser tous, du moins les mortels; en avoir un sincère repentir, qu'on obtiendra toujours en le demandant à Dieu; être fermement résolu de ne les plus commettre, et de quitter les occasions qui nous y ont fait tomber; enfin être décidé à faire les réparations et pénitences que le prêtre impose. Si une de ces dispositions manque, l'absolution reçue est un péché grave de plus, un sacrilége. L'Eucharistie est le plus auguste de tous les sacrements, parce qu'il contient Jésus- Christ tout entier, vrai Dieu et vrai homme, son corps, son sang, son âme, sa divinité. A la messe, au moment cù le prêtre prononce sur le pain et le vin les paroles de la consécration: Ceci est mon corps, ceci est mon sang, le pain est changé au corps de Notre- Seigneur, le vin est changé en son sang, et il ne reste plus que les espèces ou apparences du pain et du vin. Ainsi, lorsque le Saint- Sacrement est exposé sur l'autel, ou qu'il est dans le tabernacle, c'est Jésus- Christ réellement présent qu'on doit adorer; et quand on communie, c'est Jésus- Christ qu'on reçoit pour être la nourriture spirituelle de l'âme. Ce n'est pas son image ni sa figure, comme un crucifix; mais c'est JésusChrist lui- même, c'est- à- dire le même Fils de Dieu, le même Jésus- Christ qui est né de la sainte Vierge Marie, qui est mort pour nous sur la croix, qui est ressuscité, qui est monté au ciel; il est dans la sainte hostie aussi véritablement qu'il est au ciel. Pour bien communier, il faut n'avoir sur la conscience aucun péché mortel; s'il y en avait un seul, on commettrait un sacrilége; on mangerait et l'on boirait, dit saint Paul, son jugement et sa condamnation. Il faut aussi être à jeun, si ce n'est pour le saint Viatique. La Confirmation nous donne le Saint- Esprit, et une force particulière pour confesser constam9. 202 ment notre foi et pour résister aux ennemis de notre salut, et nous rend parfaits chrétiens.- L'Extrême- Onction est instituée pour le soulagement spirituel et corporel des malades, et elle aide à bien mourir.- L'Ordre donne le pouvoir de remplir les fonctions ecclésiastiques, et les grâces pour le faire saintement.- Le Mariage donne à ceux qui reçoivent ce sacrement les grâces dont ils ont besoin pour vivre dans une sainte union, et pour élever chrétiennement leurs enfants. La mort et le jugement. Il faut mourir: le moment de notre mort est incertain; de ce moment dépend notre bonheur ou notre malheur éternel: le paradis ou l'enfer sera notre partage pour toujours, selon l'état de grâce ou de péché où nous nous trouverons à la mort. Pensons- y bien. Vertus essentielles à l'état de grâce. Les principales vertus d'un chrétien sont la Foi, l'Espérance et la Charité. 1° La Foi est une vertu par laquelle nous croyons fermement toutes les vérités que Dieu nous a révélées et que l'Eglise nous propose à croire. 2º L'Espérance est une vertu par laquelle nous attendons avec une ferme confiance la vie éternelle et les grâces pour y arriver. 3° La Charité est une vertu par laquelle nous aimons Dieu par- dessus toutes choses, pour l'amour de lui- même, et notre prochain comme nous- mêmes, pour l'amour de Dieu. Tout chrétien est obligé de faire des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, dès qu'il a l'usage de la raison, souvent pendant la vie, et lorsqu'il est en danger de mort( p. 50). INSTRUCTION SUR LES INDULGENCES. L'indulgence est la rémission de la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnés. L'Eglise remet cette peine en nous appliquant, par le moyen des indulgences, les satisfactions surabon 203 dantes de Jésus- Christ, de la Sainte- Vierge et des Saints. Il y a deux sortes d'indulgences: l'indulgence plénière, que l'Eglise accorde pour remettre toute la peine temporelle due au péché; et l'indulgence partielle, pour remettre une partie de cette peine. Gagner une indulgence d'un an, de quarante jours, c'est obtenir la rémission de la peine temporelle que l'on aurait encourue autrefois pour un péché qui aurait demandé un an ou quarante jours de pénitence. Pour gagner une indulgence quelconque, il faut: 1° avoir l'intention au moins générale de la gagner; 2° être en état de grâce, et ne pas conserver d'affection au péché; 3' accomplir exactement et avec dévotion l'œuvre prescrite. Pour gagner l'indulgence plénière ordinaire, il faut en outre: 1° se confesser, à moins qu'on ne se soit confessé dans les hux jours; 2° communier le jour où l'on se propose de la gagner; 3° le jour même de sa communion, prier selon les intentions de N. S. P. le Pape. Ordinairement on récite à cette fin cinq Puter et cinq Ave. PENSÉES CHRÉTIENNES POUR TOUS LES JOURS DU MOIS, par le P. Bouhours, de la Compagnie de Jésus. AVERTISSEMENT. Ce ne sont pas ici des discours dont la lecture demande beaucoup d'application et beaucoup de temps. Ce sont de simples pensées, courtes et faciles, qui s'entendent sans peine, et qui se peuvent lire en un instant; ce ne sont pas des pensées purement morales qui ne regardent que les devoirs de l'honnêteté naturelle, comme celles d'Epictète et de Sénèque; ce sont des Pensées chrétiennes, qui ont pour objet les plus importantes vérités de la foi, et les plus hautes maxines de l'Evangile. 204 Ces Pensées sont propres non- seulement pour les âmes qui vivent dans la retraite et qui ont un grand usage de l'oraison, mais aussi pour celles qui sont engagées dans le monde, et qui ont peu d'ouverture pour les choses de Dieu. Car enfin, les personnes les plus attachées à la terre sont capables de lever quelquefois les yeux au ciel. Quelque occupation et quelque embarras qu'on ait, on a toujours assez de loisir pour une lecture d'un moment; et si les affaires ne permettent pas qu'on fasse des méditations réglées, on peut au moins prendre tous les jours une bonne pensée, avant que de s'appliquer aux affaires. Le dessein de ce petit ouvrage est de fournir des Pensées pour tous les jours du mois. Et pour bien s'en servir, voici la méthode qu'on doit garder. Le matin, après avoir adoré Dieu et vous être mis en sa présence, lisez les Pensées du jour; mais lisez- les lentement pour les bien compren dre. Si vous avez un peu de loisir, arrêtez- vous au premier article, avant que de passer au second. Ne vous contentez pas de concevoir la vérité ou la maxime que vous aurez lue: pénétrez- la, goûtez- la, faites- vous- en l'application. Usez- en ainsi à chaque article. Si vous êtes trop occupé, contentez- vous d'une simple lecture. Les Pensées chrétiennes font sur les àmes ce que le cachet fait sur la cire pour peu qu'elles entrent dans notre esprit, elles ne manquent pas d'y faire quelque impression. Si vous ne pouvez pas lire ces Pensées le matin, ni pendant la journée, lisez- les avant que de vous coucher. La pratique qui suit immédiatement les Pensées est importante et facile; il ne faut pas l'omettre: on a bientôt fait un acte de vertu et une petite réflexion. Les passages qui sont à la fin sont comme l'abrégé et l'extrait des Pensées du jour; ils en ramassent tout le sens et toute la force en deux mots; ils sont courts et aisés à retenir; ils sont touchants et tous propres à exciter, à soutenir et à nourrir l'âme pendant la journée: ce sont des grains d'essence qui contiennent une grande vertu 205 sous une petite masse, et qui font beaucoup d'effet en peu de temps. Quand vous aurez lu les Pensées de tous les jours du mois, il faut les relire tout de nouveau pour les concevoir parfaitement, et pour en tirer le fruit nécessaire. Il y a toujours quelque chose à découvrir dans les vérités de l'Eglise; ce sont des mines qu'on ne saurait trop creuser: ce sont aussi des semences qui ne fructifient point dans les cœurs, si elles n'y jettent de profondes racines. PREMIER JOUR. De la Foi. 1. Tout ce que la Foi nous enseigne est appuyé sur l'autorité de la parole de Dieu. L'Eglise a appris de la bouche de Jésus- Christ ce qu'elle propose aux fidèles pour l'objet de leur croyance: on ne peut pas s'égarer quand on a la vérité même pour guide. Il n'y a rien de plus raisonnable que de soumettre sa raison à la Foi. 2. Que sert la Foi à un chrétien, si elle ne lui sert de règle pour ses mœurs? C'est une grande folie de douter de la vérité d'une doctrine que Dieu a révélée, que tant de martyrs ont scellée de leur sang, qui a été confirmée par tant de miracles, que les démons mêmes ont confessée en tant de rencontres; mais c'est une bien plus grande folie de croire cette doctrine vraie, et de vivre comme si l'on ne doutait pas qu'elle ne fût fausse. C'est croire comme les démons que de ne pas vivre conformément à sa croyance. 3. La Foi sera donc désormais le principe de mes actions et la règle de ma vie. Tout ce qu'elle condamne, je le condamne absolument, malgré toutes les répugnances de la nature. J'opposerai, dans les occasions, les maximes de l'Evangile à celles du monde. Que dit le monde?... Qu'il faut suivre ses inclinations, qu'il ne faut rien souffrir, etc... Que dit Jésus- Christ?... Tout le contraire... Qui a raison: Jésus- Christ ou le monde? Remerciez Dieu de ce que vous êtes dans la vraie Eglise, et dites le Credo lentement, comme 206 pour faire une solennelle profession de Foi. Seigneur, augmentez en nous la Foi. Que sert- il d'avoir une croyance catholique et de mener une vie païenne? II JOUR. De la fin de l'homme. 1. Dieu seul est notre dernière fin; il n'a pu nous créer que pour lui. Notre cœur nous dit que nous ne sommes faits que pour Dieu, et nous ne saurions le démentir qu'en nous trahissant nousmêmes. 2. Chacun doit avoir ce qui lui appartient. Soyons donc à Dieu, puisque nous appartenons à Dieu. Si nous ne sommes à lui de bon cœur, tomme ses enfants, nous serons à lui malgré nous, comme ses esclaves. Il faut nécessairement que nous vivions sous l'empire de sa bonté ou sous l'empire de sa justice. Quel parti voulez- vous prendre? 3. Chaque chose doit aller à sa fin et agir selon sa nature. Si le soleil, qui est fait pour éclairer, refusait sa lumière aux hommes, il serait comme s'il n'était pas, ou plutôt il serait un monstre dans le monde. Ainsi il n'y a rien de plus inutile ni de plus monstrueux qu'un cœur qui, n'étant fait que pour Dieu, n'est pas tout à Dieu. Me comporté- je comme une créature qui n'est que pour Dieu? Toutes mes pensées et toutes mes actions sontelles pour lui? Ah! que je fais peu de choses que je puisse dire être véritablement pour Dieu! Que faisons- nous sur la terre, si nous ne faisons l'unique affaire pour laquelle nous y sommes? Prenez ici la résolution de chercher uniquement Dieu, et de ne lui rien dérober de ce qui lui appartient. Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu. Celui qui vous a fait tout ce que vous êtes, a droit d'exiger de vous que vous soyez tout à lui. IIIe JOUR. Du Mépris du monde. 1. Dès qu'on a de l'attachement pour le monde, on cesse, en quelque façon, d'être chrétien. Ce 207 monde profane, si passionné pour la grandeur, pour le plaisir, pour tout ce qui flatte l'amourpropre, est l'ennemi capital de Jésus- Christ. Leurs maximes, leurs commandements, leurs intérêts sont contraires; on ne peut pas les servir tous deux ensemble: il faut rompre avec l'un ou avec l'autre. 2. Nous ne pouvons prendre le parti du monde sans violer les promesses de notre Baptême. En renonçant à Satan et à ses pompes, nous nous sommes engagés par un serment solennel à fouler aux pieds tout ce que les mondains estiment. Quelle perfidie, quel sacrilége, d'être après cela idolâtre de la vanité, et de préférer les biens de la terre à ceux du ciel! 3. Le monde n'a rien qui soit digne de l'amour d'uffe âme immortelle. Il n'a pas même de quoi payer ceux qui le servent. Ses trésors, ses divertissements, ses honneurs, peuvent occuper et embarrasser le coeur humain, mais ils ne peuvent pas le satisfaire ni le remplir; ce ne sont, à dire vrai, que de faux biens, que des illusions et den ombres, ou plutôt ce sont des maux véritables. Il rendent l'homme méchant, et ils ne l'empêchent pas d'être malheureux. La fortune la plus éclatante est non- seulement vaine et fragile, mais onéreuse, mais pleine d'amertume et de chagrins. On soupire, on souffre sur le trône aussi bien que dans les fers. Priez notre Seigneur qu'il détruise en vous l'esprit du monde, et qu'il vous donne la force de mépriser les grandeurs du siècle. La figure de ce monde passe. Malheur à ceux qui s'attachent à des choses passagères, parce qu'ils passent avec elles. IVe JOUR. De la Mort. 1. Un chrétien a bien sujet de craindre la mort, quand il ne vit pas en chrétien. Quel compte à rendre après une vie mondaine et sensuelle! Quel regret d'avoir perdu toutes les occasions de son salut! Mourir ennemi de Dieu, ô la triste mort!... 208 Quel funeste moment qui finit les plaisirs du temps, et qui commence les peines de l'éternité! 2. Que voudrions- nous avoir fait à l'heure de la mort?... Faisons maintenant ce que nous voudrions avoir fait alors. Il n'y a point de temps à perdre; chaque moment peut être le dernier de notre vie. Plus nous avons vécu, plus nous somnmes près du tombeau; notre mort est d'autant plus proche, qu'elle a été plus différée. 3. Quel jugement ferai- je des biens de la terre quand il me faudra les quitter?... Prenons à présent conseil de la mort; elle est fidèle, elle ne ous trompera pas... Que deviendra cette beauté, et argent, ce plaisir, cet honneur? Qu'en juge- ton à la mort?... Pendant la vie, les apparences nous trompent; à la mort, on voit les choses comme elles sont. L'homme vivant estime le monde, l'homme mourant le méprise; lequel devons- nous croire, l'homme vivant ou l'homme mourant? Ah! que le monde nous paraîtra peu de chose à la lueur du flambeau qui nous éclairera au lit de la mort! Mais, hélas! il ne sera plus temps de se détromper. Pensez à ce que vous craindriez le plus s'il vous fallait mourir présentement, et mettez- y ordre au plus tôt. Accoutumez- vous à faire chaque action de la journée comme si vous deviez mourir après l'avoir faite; gardez surtout cette pratique dans l'usage des sacrements. Je ne suis peut- être éloigné de la mort que d'un pas. Il n'y a point de lendemain pour un chrétien. Ve JOUR. Du Jugement dernier. 1. Il faudra que je comparaisse un jour devant le tribunal de Jésus- Christ, pour y être jugé selon le mal ou le bien que j'aurai fait. Il n'y a rien de plus formel ni de mieux marqué dans l'Evangile que cette vérité- là; je la crois aussi fermement que si la trompette avait déjà sonné pour réveil. ler tous les morts. 2. Que dirons- nous à la vue de tant de pensées mauvaises, de tant d'actions criminelles, de tant 209 de grâces méprisées? O le terrible jour que le jour de la colère du Seigneur, où tout sera découvert, jusqu'aux mouvements du cœur les plus cachés, où tout sera compté, jusqu'aux moments, jusqu'aux moindres soupirs, et où l'on ne rabattra rien! Les justes seront à peine trouvés justes, que sera- ce des pécheurs? 3. Quelle sentence doit attendre un pécheur impénitent d'un Dieu inexorable! O l'effroyable arrêt:« Allez, maudits, etc.!...»- Eh! où irontils, Seigneur, ces malheureux à qui vous donnez votre malédiction? En quel lieu du monde voulezvous qu'ils se retirent, en s'éloignant de vous? Où peut être une si funeste demeure? Etre banni de la présence de Dieu, être maudit de Dieu, quel partage! Imaginez- vous que vous êtes présent au tribunal de Jésus- Christ. De quoi auriez- vous le plus de honte? Pensez- y bien, et souvenez- vous que les péchés les plus secrets deviendront publics au jour du jugement, s'ils ne sont effacés par la pénitence. Qui pourra soutenir la vue d'un Dieu irrité? Malheur à la vie, même la plus réglée et la plus honnête, si vous l'examinez sans miséricorde, ô mon Dieu! VI JOUR. De l'Enfer. 1. Que nous aurions d'horreur de l'enfer, si nous pouvions entendre les cris lamentables des damnés! Ils soupirent, ils gémissent, ils hurlent comme des bêtes féroces au milieu des flammes. Ils s'accusent de leurs péchés, ils les pleurent, ils les détestent, mais c'est trop tard. Leurs larmes ne servent qu'à rendre plus ardents les feux qui les brûlent sans les consumer. Pénitence des damnés, que tu es rigoureuse, mais que tu es inutile! 2. Ne voir jamais Dieu; brûler dans un feu dont le nôtre n'est que l'ombre; souffrir toutes sortes de maux en même temps, sans consolations, sans relâche; avoir toujours les démons devant les yeux, toujours la rage et le désespoir dans le cœur, quelle vie 210 3. Ils enragent, ces malheureux, d'avoir eu tant d'occasions de se sauver, et de les avoir négligées. Le souvenir de leurs plaisirs passés est un de leurs plus sensibles tourments; mais rien ne les tourmente davantage que de ne pouvoir perdre le souvenir d'un Dieu perdu par leur faute. Descendez en esprit dans l'enfer; demandez aux damnés ce qui les y a fait tomber; interrogez- les sur l'état où ils sont, et apprenez d'eux à craindre Dieu et le danger où vous êtes. Qui de vous, âmes sensuelles, pourra vivre dans les flammes dévorantes? Les impies passent d'une peine à une autre, des feux de la concupiscence aux feux de l'enfer. VIIe JOUR. De l'Eternité des Peines de l'enfer 1. La colère de Dieu peut- elle aller plus avant que de punir des plaisirs qui durent si peu, par des supplices qui ne finissent jamais? Etre malheureux aussi longtemps que Dieu sera Dieu, quel malheur est- ce là! N'est- ce pas assez que les maux d'un damné soient extrêmes, faut- il encore qu'ils soient éternels? Une piqûre d'épingle est un mal bien léger; néanmoins, si ce mal durait toujours, il deviendrait insupportable: que sera- ce donc, etc.? 2. O ETERNITÉ!... quand un damné aura répandu autant de larmes qu'il en faudrait pour faire tous les fleuves et toutes les mers du monde, n'en versât- il qu'une chaque siècle, il ne sera pas plus avancé après tant de millions d'années, que s'il ne commençait qu'à souffrir. Il lui faudra recommencer tout de nouveau, comme s'il n'avait rien souffert; et quand il aura recommencé autant de fois qu'il y a de grains de sable sur le bord de la mer, d'atomes dans l'air et de feuilles dans les forêts, tout cela sera compté pour rien. 3. Les damnés n'ont pas seulement à souffrir pendant toute l'éternité, mais ils souffrent à chaque moment toute l'éternité entière. L'éternité leur est toujours présente; ils ont toujours dans l'esprit que ces peines ne finiront jamais. O la 211 cruelle pensée!... O le déplorable état!... Une éternité brûler, une éternité pleurer, une éternité enrager! Ah! si nous concevions cela comme les damnés le conçoivent! Faites un acte de foi touchant la durée des peines dont la justice divine punit un péché mortel. Il faut croire au moins ce qu'on ne peut concevoir. C'est un grand malheur pour un chrétien de n'être persuadé de l'éternité malheureuse que par sa propre expérience. Ceux qui n'obéissent point à l'Evangile souffriront des peines éternelles. Pour un moment de plaisir, une éternité de supplices! VIII- JOUR. Du Paradis. 1. Paradis! ô le grand mot!... Qui dit Paradis, dit l'éloignement de tous les maux, l'assemblage de tous les biens, le chef- d'œuvre de la magnificence de Dieu, le prix du sang de Jésus- Christ, l'accomplissement de tous les désirs du cœur humain, et quelque chose de plus que tout cela. 2. Voir Dieu clairement, et tel qu'il est dans sa gloire; aimer Dieu sans mesure; posséder Dieu, sans craindre de le perdre jamais; être neureux de la félicité de Dieu même, voilà l'objet de mes espérances. Ah! je n'ai plus que quelques jours d'exil et de pèlerinage, et puis je serai éternellement avec celui que mon cœur aime... 3. Qu'importe où nous soyons ici- bas, pourvu que nous soyons avec Jésus et avec Marie pendant toute l'éternité? Pourrais- je justement me plaindre qu'une félicité infinie me coûte un peu de peine? Les martyrs ont acheté le ciel au prix de leur sang, et ils ont cru après cela qu'on le leur donnait pour rien. Ah! bienheureuse éternité! si les hommes savaient ce que tu vaux! Excitez en vous un grand désir de voir Dieu, et regardez la terre avec mépris, à la vue du ciel. Si vous étiez rempli de la pensée du paradis, vous n'admireriez rien et vous ne craindriez rien en ce monde. Mon cœur ne sera entièrement satisfait que quand je vous verrai dans votre gloire, ô mon Dieu! 212 Si le travail nous fait peur, que la récompense nous antme. IX JOUR. De la Présence de Dieu. 1. Dieu me regarde présentement comme si j'étais tout seul au monde, ou plutôt il est dans moi, comme un oeil infiniment éclairé qui m'observe et à qui rien n'échappe. Il me voit de la même vue dont il se comprend lui- même, et avec une application d'esprit aussi forte que s'il cessait de se contempler pour m'étudier et pour me connaître à fond. 2. Il est mille fois plus honteux pour moi que mes péchés paraissent à la vue de Dieu, que s'ils étaient exposés aux yeux de toute la terre. Voudriez- vous faire devant un valet ce que vous faites en la présence du Roi des rois? Quel aveuglement de craindre tant les yeux du monde, et de craindre si peu les yeux de Dieu! 3. Toutes les ténèbres de la nuit ne sont pas assez épaisses pour nous cacher à la lumière même. Les retraites les plus écartées et les plus solitaires sont remplies de la majesté divine. On a beau fuir la compagnie et la vue des hommes, on rencontre Dieu partout. Mettez- vous en la présence de Dieu, et voyez s'il n'y a rien en vous qui puisse déplaire à ses yeux. Tâchez de vous accoutumer à la pratique de la présence de Dieu; c'est un remède efficace contre le péché.« Dieu me voit.» Il n'en faut pas davantage pour se retenir dans la chaleur de la passion. Tout est à nu et à découvert devant les yeux de Dieu. Si vous voulez pécher, cherchez un lieu où Dieu ne voie point, et puis faites ce que vous voudrez. Xe JOUR. Du Soin de son salut. 1. L'affaire du salut est proprement l'affaire de l'homme, tout le reste doit être compté pour rien. Les entreprises des princes, les guerres, les négociations, etc., ce sont des amusements et des badinages d'enfant. L'importante et l'unique affaire 213 est de servir Dieu et de se sauver. Tout le bien, toute la perfection, tout le bonheur de l'homme consiste en cela. Ce n'est pas être raisonnable, ce n'est pas être homme, que de négliger une affaire dont les conséquences sont si grandes, dont le succès est incertain, dont la perte est irréparable. Quel aveuglement, quelle folie, de ne songer qu'à vivre, et de ne pas songer à bien vivre; de s'appliquer tant à sa fortune, et de s'appliquer si peu à son salut! Que sert à un homme de gagner tout le monde, et de se perdre lui- même? 2. Toutes les créatures ne sont faites que pour notre salut; elles deviennent inutiles quand on ne s'en sert pas pour cette fin- là. Ainsi, dès qu'un homme cesse de travailler à son salut, le soleil ne devrait plus luire, les cieux devraient s'arrêter, la terre ne devrait plus rien produire pour lui, les anges devraient l'abandonner, ou plutôt il devrait retomber dans le néant; il est indigne de la vie, quand il ne vit pas pour Dieu. 3. Cependant la plupart des hommes ne songent à rien moins qu'à se sauver. On a soin de tout, hors de son salut. On veut que tout profite: cet argent, il le faut mettre à intérêt; ce champ, il le faut labourer; ces terres, il faut en augmenter le revenu. On plaint toutes les pertes, excepté celle qui est sans ressource; on fait de grandes dépenses pour le corps, et on ne fait rien pour l'âme. Il semble, de la manière dont nous vivons, que notre âme ne soit point à nous; que ce soit l'âme d'un de nos plus mortels ennemis, que ce soit l'âme d'une bête; ou plutôt il semble que nous n'ayons point d'âme, ou que nous n'en ayons une que pour la perdre. Prencz la résolution de vous sauver, à quelque prix que ce soit, et entrez dans le sentiment du pape Benoit XII. Un roi lui ayant demandé quelque chose d'injuste:« Si j'avais deux âmes, lui dit- il, je vous en donnerais une, mais n'en ayant qu'une, je ne la veux point perdre.» Après tout, il n'y a qu'une chose nécessaire. Il n'y a nul intérêt à espérer où celui du salut ne se trouve point: on perd tout en perdant son âme. 214 XIe JOUR. De l'Horreur du Péché. 1. Quelle perte que la perte d'un Dieu! Les hommes s'estiment malheureux quand ils perdent leurs biens par un procès, par une banqueroute, ou par quelque autre accident. Qu'est- ce donc que perdre un bien infini? Malheureuse l'âme qui perd son Dieu par un péché, mais plus malheureuse celle qui compte pour rien un Dieu perdu! 2. O péché! que tu es commun parmi les hommes! mais que tu es inconnu aux hommes! En jouant et en se divertissant, se rendre l'objet de l'exécration de Dieu, quel jeu et quel divertissement est- ce là! Dieu, qui n'est qu'amour, hait infiniment le péché. Hair un peu, c'est vouloir un peu de mal; hair à mort, c'est vouloir la mort; mais haïr infiniment, c'est ce qui ne peut se comprendre. Que craignons- nous, si nous ne craignons cette épouvantable haine de Dieu? 3. C'est un spectacle bien terrible que le spectacle du Calvaire. Cependant l'état d'une âme privée de la grâce est encore plus effroyable que celui d'un Dieu mourant en croix. Jésus ne meurt que pour détruire le péché; le péché lui fait plus d'horreur que la mort. Concevez une véritable douleur de vos péchés. De toutes les pertes, il ne faut pleurer que celle de la grace, parce qu'il n'y a que celle- là qui puisse être réparée par les larmes. Que vous revient- il de vos péchés, que la honte de les avoir commis? Malheur à l'âme audacieuse qui, en s'éloignant de vous, ô mon Dieu! espère trouver quelque chose de meilleur que vous! XIIe JOUR. De la Pénitence. 1. Faites pénitence, et croyez à l'Evangile, dit notre Seigneur. Il joint ces deux choses ensemble, pour nous apprendre que les rigueurs de la pénitence sont inséparables de la profession du Christianisme. Il a été pendant le cours de sa vie mortelle un Dieu pénitent, tout occupé à expier nos péchés pour apaiser la justice de son 215 Père; nous devons, à son exemple, être des hommes pénitents. Si le Saint des saints a jeûné, a pleuré, etc., que doivent faire des criminels et des scélérats? 2. Le péché doit être nécessairement puni, ou par celui qui l'a commis, ou par celui contre qui il a été commis. Si les pécheurs ne se châtient eux- mêmes dans le temps, la justice divine les châtiera pendant toute l'éternité. Les crimes qui n'auront pas été effacés par les eaux de la pénitence, seront punis par les flammes de l'enfer. Ne vaut- il pas mieux pleurer quelques jours que de brûler éternellement? 3. Il ne suffit pas pour se réconcilier avec Dieu de se prosterner aux pieds des prêtres, de se couvrir la tête de cendres et tout le corps d'un cilice. Si vous n'avez une douleur sincère de vos péchés, si vous ne renoncez de tout votre cœur à cet attachement criminel, à ce gain injuste, etc., vous êtes un imposteur et non un pénitent. Les prières, les aumônes, les jeûnes, toutes les macérations de la chair, sont les dehors de la pénitence chrétienne; la haine du péché en est l'essence et l'esprit. Demandez pardon à Dieu d'avoir mené jusqu'à cette heure une vie si opposée à l'Evangile, et demandez- lui en même temps la grâce de vivre dorénavant comme vivaient les premiers fidèles, dans les pratiques austères de la pénitence. Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même sorte. Je parle aux pénitents: Que vous sert- il de vous humilier, si vous ne changez de vie? XIII. JOUR. De ne point différer sa Conversion. 1. Je diffère trop de me donner à Dieu. Il semble que je tâche de m'échapper de ses mains. Estce donc un mal d'être à lui? y a- t- il de la honte à finir une vie honteuse? peut- on aimer trop tôt une beauté infiniment aimable? Demain, demain! Pourquoi non aujourd'hui? pourquoi non dès cette heure? Demain mes chaînes seront 216 elles plus aisées à rompre? mon cœur sera- t- il moins dur? Non, sans doute. Le temps, qui affaiblit tout, fortifie les mauvaises habitudes; en différant les remèdes, on rend les maux incurables. 2. Qu'est- ce qui nous empêche de suivre la voix qui nous appelle à la pénitence? qu'est- ce qui nous fait peur? Il y a de la peine à changer de vie, j'en tombe d'accord; mais que ne doit pas faire un chrétien qui adore un Dieu crucifié, et qui espère un paradis! S'il y a quelque chose à craindre pour nous, c'est l'abus que nous faisons des grâces de Dieu. 3. Différer! L'avenir est- il à moi? Est- ce un fonds dont je sois le maître? Dieu m'attend: cela est vrai, l'Ecriture le dit; mais elle ne dit pas combien j'ai encore à vivre. Celui qui a promis le pardon aux pénitents, n'a point promis le lendemain aux pécheurs. Peut- être que j'aurai du temps, mais peut- être aussi que je n'en aurai point. Ne faut- il pas avoir perdu l'esprit pour fonder son salut sur un peut- être? Faites réflexion sur le temps qu'il y a que vous différez de vous donner à Dieu, et tremblez à la vue du danger où vous êtes. La résolution en est prise, je veux commencer tout- àl'heure à bien servir Dieu. On ne saurait prendre trop de sûretés, quand il s'agit de l'éternité! XIVe JOUR. Du Respect humain. 1. Le monde parle, laissez- le parler; les discours des fous doivent- ils vous empêcher d'être sage? Mais que dira- t- on? On dira que vous craignez plus Dieu que les hommes; les plus libertins vous estimeront en leur âme, et se diront en eux- mêmes que vous avez raison. Qu'importe, après tout, ce qu'on dise de vous, pourvu que vous fassiez votre devoir et que Dieu soit content? 2. Quelle lâcheté de rougir de l'Evangile! On se fait honneur de porter les livrées d'un prince, et on a honte de porter celles de Jésus- Christ. Les 217 plus pauvres artisans font dans le monde une profession ouverte de leur métier, et les chrétiens dans l'église n'osent paraître chrétiens! Le Fils de Dieu ne reconnaîtra point le chrétien qui aura rougi de lui devant les hommes. 3. Hé quoi! l'adorable Jésus a- t- il quelque chose de honteux? son nom est- il infâme? est- ce un opprobre de suivre ses maximes et ses exemples? Vous n'avez point de honte d'être un impudique et un blasphémateur, vous vous en faites même gloire, et vous avez honte d'être homme de bien! Néanmoins, quoi qu'on en dise, le plus honnête homme du monde est celui qui sert Dieu le plus fidèlement, et qui fait une plus haute profession de le servir. Demandez- vous à vous- même si ce fantôme du monde ne vous fait point de peur, et s'il ne vous empêche point de satisfaire à toutes les obligations que le christianisme vous impose. Je ne rougis point de l'Evangile. On ne doit rien craindre, on ne doit avoir honte de rien, quand on porte le signe de la croix sur le front, XVe JOUR. De la Défiance de soi- méme. 1. L'homme n'a rien tant à craindre que luimême. Sa propre faiblesse le doit plus faire trembler que toutes les puissances de l'enfer. Il ne faut qu'une parole, qu'un souvenir, qu'un regard pour le vaincre. Adam a péché, Salomon a oublié Dieu, saint Pierre a renié Jésus- Christ! Que deviendront les roseaux, si le moindre vent renverse les cèdres? 2. L'homme est vaincu le plus souvent sans être attaqué. Nos passions et nos sens conspirent contre nous à toute heure: notre propre cœur est notre plus dangereux ennemi. Ceux que les persécutions n'ont pu abattre sont tombés dans le désert; après avoir vaincu les tyrans et les démons, ils ont été vaincus par leurs convoitises. Gardez- vous bien de vous apprivoiser jamais avec vous- même. 3. Les plus grands saints ont frémi à la seule pensée de l'état de leur âme devant Dieu. On a 10 218 oui soupirer les anachorètes et les pénitents à l'heure de leur mort, dans l'attente des formidables arrêts de la justice divine, ne sachant ce qu'ils étaient, ni ce qu'ils pouvaient devenir. Il ne faut qu'un moment pour faire d'un saint un réprouvé. Dites avec saint Philippe de Néri:« Seigneur, gardez- vous de moi aujourd'hui, car je vous trahirai si vous m'abandonnez à moi- même.>> Prévoyez les occasions, et souvenez- vous que les plus périlleuses sont celles où il vous semble que vous n'avez rien à craindre. Que celui qui croit être ferme prenne garde à ne pas tomber. Quoique vous soyez en un lieu d'assurance, ne croyez pas pour cela être en sûreté. XVIe JOUR. De l'usage des Grdces. 1. Nous n'avons pas la moindre grâce que Jésus ne nous ait achetée au prix de son sang, et qu'il n'ait demandée pour nous à son Père lorsqu'il rendait l'âme sur la croix. Négliger une bonne pensée qui nous vient du ciel, étouffer une inspiration qui nous porte au bien, c'est fouler aux pieds le sang de Jésus. c'est rendre inutile le fruit de sa mort. 2. Nous sommes redevables à Dieu, non- seulement des grâces que nous avons reçues, mais encore de celles qu'il avait dessein de nous donner, si nous n'y eussions pas mis d'obstacles. Le soleil luit, nous fermons nos fenêtres; nous ne lui sommes pas moins obligés de sa lumière; il ne tient qu'à nous de nous en servir. 3. Il y a peut- être plus de vingt ans que Dieu vous inspire des choses que vous n'avez pas encore eu le courage d'exécuter. Etre si longtemps à l'école du Saint- Esprit, et n'apprendre rien! Etre si souvent sollicité, repris, menacé, et ne rien faire! Souvenons- nous que Dieu est un créancier à qui personne ne peut faire banqueroute; et que, s'il ne nous contraint pas si tôt de payer nos dettes, il nous en demandera les intérêts, qui seront grands; et qu'enfin il y a une mesure de grâces et de péchés après laquelle Dieu se retire. 219 Remerciez le Saint- Esprit de toutes les grâces qu'il vous a données; demandez- lui pardon de n'y avoir pas toujours été fidèle; écoutez ce qu'il vous dit à présent; craignez que si vous ne faites ce qu'il vous dit, il ne vous abandonne à la fin. On demandera beaucoup à celui à qui on aura donné beaucoup. La grâce est suivie du jugement. XVIIe JOUR. De l'usage du Temps. 1. La perte du temps est un des plus grands désordres du monde. Cette vie est si courte, tous les moments en sont si précieux! Et, néanmoins, nous vivons comme si cette vie ne devait jamais finir, ou que nous n'y eussions rien à faire. 2. Hélas! si un damné avait un seul moment de tout le temps que je perds, comment en userait- il? A chaque moment de ma vie je pourrais gagner une éternité bienheureuse. Nous ne laissons échapper aucune occasion de nous divertir ou de nous enrichir, et nous perdons à toute heure l'occasion de nous sauver. 3. La journée la mieux employée n'est pas celle où vous avez le plus avancé vos affaires, mais celle où vous avez le plus amassé de mérites, et dont Dieu est le plus content. Faites en sorte qu'à quelque heure qu'on vous rencontre, si on vous demandait: Que faites- vous? vous puissiez dire: « Je travaille pour Dieu et pour mon salut.>> Renouvelez les résolutions que vous avez prises de bien servir Dieu, et mettez- vous dans l'esprit que tout le temps que vous n'employez pas pour Dieu est un temps perdu. Dieu n'a donné à personne du temps pour pécher. Vous avez le loisir d'être philosophe, et vous n'avez pas le loisir d'être chrétien! XVIIIe JOUR. De l'usage des Sacrements. 1. Les Sacrements sont les canaux qui nous communiquent le sang et les mérites de JésusChrist; ce sont les sources des grâces les plus nécessaires à notre salut. 220 2. C'est une erreur déplorable que de prétendre pouvoir assurer son salut si l'on néglige la réception des Sacrements. Le démon, qui a juré notre perte, met tout en oeuvre pour nous priver de ces trésors de bénédictions; il sait qu'une âme court à sa ruine éternelle, dès lors qu'elle s'éloigne volontairement des Sacrements. Comme un capitaine est sûr de se rendre maître d'une place lorsqu'il peut couper les canaux qui alimentent ses fontaines, ainsi le démon ne doute pas de sa victoire sur les âmes qu'il peut éloigner des Sacrements. 3. Pour que les Sacrements produisent les effets qui leur sont propres, il faut les recevoir avec les dispositions convenables. Quand on en abuse et tant qu'on persévère dans cet abus, on rend les mérites de Jésus- Christ inutiles; on rend son salut impossible. Mais ne dites pas:« Pour recevoir dignement les Sacrements, il faut des dispositions que je n'ai pas; je fais donc bien de m'en abstenir.» Dites plutôt:« Les Sacrements me sont nécessaires, je dois donc m'y disposer convenablement; ce qui m'est facile avec une bonne volonté, et la grâce que Dieu ne refuse jamais celui qui la lui demande avec le désir sincère d'en profiter.»> Considérez quels sont les défauts de vos confessions et de vos communions, et entrez dans les dispositions d'une âme sainte, qui ne s'approchait jamais des Sacrements que comme si elle eût di mourir après les avoir reçus. Que l'homme s'éprouve lui- même. Il y a des mauvais chrétiens qui portent le nom de fidèles sans être fidèles en effet, et ce sont ceux qui déshonorent et qui profanent les Sacrements de JésusChrist. XIX JOUR. De la Messe. 1. La Messe est un renouvellement et une continuation du sacrifice de la croix. On fait tous les jours dans nos Eglises ce qui a été fait sur le Calvaire. Je ne puis rien faire de plus agréable à Dieu que d'assister à ce divin sacrifice; pour y assister 221 chrétiennement, je dois joindre mes intentions à celles du prêtre, et sacrifier avec lui le Fils de Dieu à son Père; ou plutôt je dois unir mon cœur à celui de Jésus- Christ, pour les offrir tous deux à Dieu. 2. Nous offensons Dieu à toute heure, et nos péchés ne méritent pas moins que des peines infinies. Comment satisfaire à la justice divine, si nous ne lui présentons les souffrances de notre Seigneur pour suppléer à celles dont nous sommes redevables? Toutes les austérités des pénitents, tous les tourments des martyrs, toutes les afflictions des misérables, ne peuvent pas acquitter la moindre de nos dettes sans le sacrifice de la Messe. 3. Dieu, apparemment, ne pourrait pas souffrir tant de crimes dans le monde, s'il ne voyait au milieu des villes les plus débordées son Fils immolé sur les autels. La vue de cette Victime bienaimée arrête le bras de sa justice. Si nos péchés crient vengeance, le sang de Jésus crie miséricorde. Adorons le Fils de Dieu dans cet état de victime, et allons souvent lui rendre nos hommages au pied des autels. Quelle honte pour nous et pour lui qu'il soit si souvent seul dans nos églises, que sa cour soit déserte, tandis que celles des princes sont remplies de monde! Prenez la résolution d'entendre tous les jours la messe, et de l'entendre avec toute la révérence que mérite un si auguste sacrifice. Pour cela, allez à l'église comme au Calvaire, pour assister à la mort de Jésus- Christ. On me sacrifie en tout lieu une victime pure et sainte. Jésus sera véritablement une victime sacrifiée pour nous, si nous nous sacrifions nous- mêmes. XX JOUR. De l'Aumône. 1. Que nous sommes obligés à Jésus- Christ de nous avoir donné lieu de lui faire du bien en substituant les pauvres en sa place! Il est dans l'Eucharistie pour recevoir nos adorations et pour servir de nourriture aux fidèles; il est dans les pau 222 vres pour attirer notre compassion et pour être nourri par les fidèles. Heureux l'homme qui donne l'aumône à Jésus- Christ; mais malheureux l'homme qui la lui refuse! Vous donnez vous- même à manger à votre chien, et vous laissez mourir de faim Jésus- Christ! Quelle injustice! quelle barbarie! 2. Ce qu'on donne aux grands est presque toujours perdu, ce qu'on donne à Dieu ne l'est jamais. Il rend tout avec usure, il paie tout libéralement, jusqu'à un verre d'eau. Le jeu, le luxe, la débauche, ont ruiné mille maisons; l'aumône n'en a jamais appauvri une. C'est un grand art pour amasser du bien, que d'en faire aux pauvres. 3. Les hommes seront jugés sur le pied de leurs aumônes, au jour du jugement. Que répondront tant de mauvais riches, lorsque les pauvres les accuseront, lorsque Jésus- Christ lui- même leur reprochera leur dureté? Allez, maudits, au feu donéternel. J'ai eu faim, et vous ne m'avez pas né à manger; j'ai été nu, et vous ne m'avez pas habillé, etc. Un cœur dur pour les pauvres est un cœur de réprouvé; au contraire, une âme vraiment charitable est une âme prédestinée. Que pourra dire notre juge contre nous, quand il verra nos habits sur lui, notre pain et notre argent entre ses mains? Nous n'avons rien à craindre au tribunal de la justice divine, pourvu que les pauvres plaident notre cause. Considérez de quelle manière vous en usez envers les pauvres, si vous les traitez comme les membres de Jésus- Christ, si vous leur faites tout le bien que vous êtes obligé de leur faire. Celui qui a pitié du pauvre donne à usure au Seigneur. Donnez l'aumône à tous ceux qui vous la demandent, de peur que celui à qui vous la refuserez ne soit JésusChrist lui- même en personne. XXIe JOUR. De l'Exemple. 1. Le mauvais exemple a damné plus d'âmes que tous les saints n'en ont jamais pu sauver. Si l'on ouvrait la porte de l'enfer, à peine en trouve 223 rait- on une qui ne dit:« Un tel ou une telle m'a damné.» Quel reproche! On nous commande d'aimer nos ennemis; pourquoi faire périr des âmes qui ne nous font point de mal? Un homme qui a été assez malheureux pour perdre des âmes rachetées par le sang d'un Dieu, doit bien craindre pour son salut. Que pouvons- nous espérer de Jésus- Christ, après lui avoir ravi ce qui lui a coûté si cher? 2. O pères et mères qui ne vivez pas chrétiennement! il vaudrait mieux que vos enfants n'eussent jamais été, que d'être nés de vous. Vous ne leur avez donné la vie que pour leur donner la mort, et la mort éternelle. Quand ils vous demanderont leur paradis au jour du jugement, qu'aurez- vous à leur répondre? 3. Revêtons- nous de Jésus- Christ, selon la parole de saint Paul. Qu'on remarque en nous son esprit, sa conduite, ses vertus; de sorte qu'en nous voyant, on se souvienne de lui. On ne contribue pas moins au salut de ses frères par une vie édifiante, qu'on ne contribue à leur damnation par une vie scandaleuse. Prenez garde si vous ne faites rien qui scanda lise le prochain, et demandez pardon à Dieu des péchés d'autrui dont vous avez été la cause. N'estce pas assez de nos crimes, sans nous charger de ceux des autres? Malheur à l'homme par qui le scandale arrive! Un pécheur scandaleux est coupable de tous les péchés que son mauvais exemple a fait commettre. XXIIe JOUR. Des Souffrances. 1. Nous ne sommes pas chrétiens pour être riches et pour vivre dans les plaisirs. Il ne fallait pas pour cela faire le christianisme; il n'y avait qu'à laisser le monde comme il était, sous l'empire de l'opinion et de la passion. La vie chrétienne est une vie crucifiée; à moins que d'aimer la croix, il faut renoncer à la foi. 2. Que dit l'Evangile?« Bienheureux sont ceux qui pleurent! malheur à vous, riches, qui avez vOtre consolation ici- bas!» Voilà le langage du 224 Saint- Esprit. Mais il semble que ce soit présentement un langage barbare, qui ne s'entende plus qu'en Chine et au Japon, où les fidèles courent au martyre. Il faut effacer l'article des souffrances de l'Evangile de l'Europe. Croyons- nous que la félicité consiste dans les larmes, et que les riches soient malheureux? Cependant c'est un article de foi dont la croyance n'est pas moins nécessaire au salut que celle de la Trinité et de l'Incarnation. 3. Il a fallu que le Fils de Dieu mourût en croix pour prendre possession de sa gloire. Tous les saints ne sont entrés dans le ciel que par la voie des souffrances. Prétendons- nous que ce qui a tant coûté au Fils de Dieu et aux saints ne nous coûte rien? La croix est le partage et la marque des élus. Une âme qui ne souffre rien et qui ne veut rien souffrir, a le caractère d'un réprouvé. Il faut nécessairement souffrir en ce monde ou en l'autre. Adorez Jésus- Christ crucifié, et demandez- lui la grâce de participer maintenant à sa vie souffrante, afin de participer un jour à sa vie glorieuse. Celui qui ne porte pas sa croix n'est pas digne de moi. Quelle honte d'être un membre délicat sous un chef couronné d'épines! XXIIIe JOUR. De la Conformité à la volonté de Dieu. 4. Le plus grand bonheur d'une créature raisonnable, c'est de vouloir ce que veut son Créateur; c'est en cela précisément que consiste la vraie sainteté. Les saints ne sont saints que parce que leur volonté est conforme à celle de Dieu. Quelque vertu que vous ayez, si vous n'avez celle- là, vous n'êtes pas véritablement vertueux. 2. Une âme qui n'est pas contente de ce que Dieu veut, entreprend en quelque façon sur l'autorité de Dieu. Vouloir que les choses qu'il ordonne et permet en ce monde aillent autrement qu'elles ne vont, c'est vouloir que Dieu ne soit pas le maître. Tout ce qui nous arrive, arrive par son ordre. 225 N'est- il pas juste d'agréer tout ce qu'ordonne une sagesse infinie? 3. Rien ne m'arrive que par l'ordre ou la permission de Dieu, et qui ne soit pour mon bien. Quand il prendrait lui- même le couteau pour m'égorger, je suis sûr que sa main sera conduite par son cœur. Qu'ai- je à craindre d'un cœur qui m'aime? Je ne veux done que ce qu'il veut. Je n'ai garde de me plaindre du chaud ou du froid, d'une perte, d'une maladie, etc...; tout cela change de nature et de nom en passant par les mains de Dieu. Ce que le monde appelle mauvais temps, affliction, disgrâce, est un avantage, une bonne fortune et une faveur du ciel, quand on le regarde dans l'ordre de la Providence. Renoncez à votre propre volonté, et priez Dieu la sienne s'accomplisse toujours sur vous. que Je le veux, mon Père, parce que vous le voulez ainsi. Nous plaisons à Dieu quand tout ce que Dieu veut nous plaft. XXIVe JOUR. De la Confiance en Dieu. 1. Un homme confie sa santé à un médecin, son procès à un avocat, et sa vie, s'il est aveugle, à un enfant, et quelquefois à un chien; et nous ferions difficulté de nous abandonner à la conduite de Dieu! 2. Les soins de la Providence s'étendent jusqu'aux fourmis et aux moucherons; que doivent craindre des âmes créées à l'image de Dieu, et rachetées par le sang de Jésus- Christ? Dieu nourrit les infidèles qui ne le connaissent pas, il comble de grâces les impies qui blasphèment son saint nom, que ne fera- t- il point pour les chrétiens qui l'honorent et qui l'aiment? 3. Nos intérêts sont beaucoup mieux entre ses mains qu'ils ne seraient entre les nôtres. Laissons- le faire: il est notre père et notre mère tout ensemble. La tendresse qu'il a pour ses enfants l'oblige à avoir soin d'eux. Il nous a promis sa protection, il ne manquera pas à sa parole. Le ciel et la terre périraient plutôt que Dieu laissât périr un homme de bien qui a confiance en lui. 10. 226 Examincz votre cœeur, et voyez s'il a une confiance digne de la bonté de Dieu et des mérites de Jesus- Christ. Vous êtes mon Dieu; mon sort est entre vos mains. Jetez- vous entre les bras de Dieu; il ne se retirera pas pour vous laisser tomber, XXV JOUR. De l'Amour de Dieu. 1. Dieu nous a aimés jusqu'à nous donner son Fils unique. S'il eût eu quelque chose de meilleur, il nous l'eût donné. N'est- ce pas acheter assez cher notre amour, que de l'acheter à ce prix- là? Une bonté médiocre a droit de se faire aimer; pourquoi n'aimerais- je pas une bonté infinie? Hé quoi! pour être infinie, cesse- t- elle d'être aimable? 2. Dieu me commande de l'aimer; est- ce un commandement trop rigoureux que celui d'aimer une beauté infiniment aimable? Il me commande de l'aimer de tout mon cœur; est- ce trop d'un cœur si petit pour un Dieu si grand? Mais qui dit tout n'excepte rien; quelque partie que je donne, si je ne donne tout, je ne donne pas assez. 3. Si l'éternité pouvait finir, ce ne serait pas trop de l'enfer, même au jugement des diables, pour obtenir la gràce d'aimer Dieu. Il n'y a pas un damné qui ne s'estimât heureux, si, après des siècles innombrables de souffrances, il pouvait faire un acte d'amour. Je puis aimer Dieu, si je veux, sans qu'il m'en coûte nulle peine; ne le pas faire quand on le peut, c'est un mal plus grand que l'enfer même. Désavouez tout autre amour que celui de Dieu, et faites le plus puissant effort que vous pourrez pour aimer Dieu sur toutes choses. Si je n'ai la charité, je ne suis rien. Si nous avions de la peine à aimer Dieu les premiers, n'en ayons pas à l'aimer après qu'il nous a prévenus. XXVI. JOUR. De l'Amour de notre Seigneur Jésus- Christ. 1. Rien n'a jamais tant coûté que mon âme; une vie divine en a été le prix. Je méritais l'enfer, le 227 démon et toutes les créatures demandaient la punition de mes crimes. Jésus- Christ n'a écouté que son cœur, qui lui demandait ma grâce; il a eu pitié de moi, et il a donné jusqu'à la dernière goutte de son sang pour me racheter. Ainsi, quand je ne serais pas à Dieu mon créateur, je serais à Jésus- Christ mon rédempteur. Le moins que je lui doive est de lui savoir gré du bien qu'il m'a fait. Si je ne lui rends pas vie pour vie, il faut au moins que je lui rende amour pour amour. 2. Je donne à un chien un os qui m'est inutile; pour ce rien, il m'aime, il me caresse, il me garde; Jésus me donne ses grâces, son sang, ses mérites, tous ses trésors, et je demeure insensible! Apprends, apprends ton devoir d'une bête, âme ingrate et dénaturée!... Ton chien est ton maître et ton juge; si son exemple ne réforme pas ton cœur, tu es plus brutal que les bêtes mêmes. 3. Nous avons le cœur si tendre pour nos amis, nous sommes si sensibles aux bons offices qu'ils nous rendent! n'y aura- t- il que Jésus- Christ pour qui nous aurons de la dureté et de l'ingratitude? Qui de nos amis a été crucifié pour nous? Demandez l'amour de Jésus- Christ à JésusChrist même. On ne peut l'aimer sans sa grâce. Si quelqu'un n'aime point Notre- Seigneur Jésus- Christ, qu'il soit anathème. Si je me dois déjà tout entier à Dieu pour m'avoir créé, que me restera- t- il à lui donner pour m'avoir racheté, et pour l'avoir fait d'une manière si excellente? XXVIIe JOUR. De l'amour du prochain. 1. Une âme qui n'aime point son prochain ne peut pas dire véritablement qu'elle aime Dieu. Quelques bonnes oeuvres que nous fassions, nous ne faisons rien si nous n'aimons point nos frères. Le martyre est abominable devant Dieu sans la charité. 2. Voilà mon commandement, disait Jésus, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. Quand les hommes n'auraient rien d'aimable que d'avoir été aimés de Jésus- Christ, ne serait- ce pas assez pour m'obliger à les aimer 228 de tout mon cœur? Je serais bien délicat, si je n'aimais pas ce que mon Sauveur a aimé plus que lui- même. 3. Aimé- je tous les hommes comme Jésus m'a aimé, c'est- à- dire jusqu'à être prêt à donner mes biens et ma vie pour eux? Que cette dévotion est rare dans le christianisme! et cependant c'est celle de Jésus- Christ et des véritables chrétiens. Excitez en vous des sentiments de tendresse pour ceux que Notre- Seigneur a aimés si tendrement, et faites un bon propos de les aider à se sauver, et de ne jamais rien faire qui blesse la charité du prochain. Celui qui aime le prochain a accompli la loi. La charité seule distingue les enfants de Dieu des enfants du diable. XXVIII JOUR. De l'amour des ennemis. 1. La charité est si propre au christianisme que nous sommes obligés d'aimer jusqu'à nos ennemis. Jésus- Christ nous en a donné l'exemple. Un Dieu cominande, et nous avons de la peine à obéir! Un Dieu pardonne sa mort à ses bourreaux, et nous ne pouvons pardonner une petite injure à nos frères! 2. Il n'y a point de miséricorde pour une âme qui ne pardonne point. Dieu nous pardonnera comme nous pardonnerons aux autres. Un chrétien qui veut se venger se condamne par sa propre bouche toutes les fois qu'il récite l'Oraison Dominicale. Il faut que nous aimions nos ennemis, ou que nous nous haïssions nous- mêmes. 3. Il semble que deux chrétiens qui se haïssent ne soient pas de la même religion. Car quelle apparence que des personnes qui ne se peuvent souffrir approchent du même autel, mangent la même viande, croient au même paradis et espèrent être ensemble éternellement? Il n'est permis de haïr que des démons, et il n'appartient qu'aux damnés de se haïr les uns les autres. Il n'y a point de signe plus formel de réprobation que de ne pas pardonner. Une âme qui a cette marque, est marquée pour l'enfer. 929 Sondez votre cœur à la vue du erucifix, et si vous y sentez de la haine pour quelque personne, prenez des sentiments de charité dans les plaies de Jésus. Celui qui hait son frère est un homicide. Vous voulez vous venger étant chrétien, et la mort de Jésus- Christ n'est pas encore vengée! XXIX JOUR. De l'imitation de Notre- Seigneur. 1. Le premier homme se perdit en voulant être semblable à Dieu: tous les autres hommes ne se peuvent sauver qu'en devenant semblables au Fils de Dieu. Il s'est rendu notre modèle en se faisant homme nous devons être ses images. Il est le chef des prédestinés: c'est être réprouvé que de ne pas lui ressembler. 2. On étudie avec tant de soin les modes et les manières du monde, et l'on ne fait pas seulement réflexion sur la vie de Jésus- Christ. Les courtisans se forment sur leur prince; un philosophe a eu des disciples qui ont imité jusqu'à ses défauts naturels; ai- je jamais pensé sérieusement à imiter les vertus du Fils de Dieu? Quelle honte pour moi de n'avoir pas fait encore une démarche pour le suivre! Quel opprobre pour lui de marcher devant nous et de n'avoir personne qui le suive! 3. Que dirai- je au jour du jugement quand on viendra me confronter avec mon modèle, quand on opposera la vie de Jésus à la mienne, son humilité à mon orgueil, ses plaies à mes délicatesses, sa douceur à mes emportements? etc. Ah!... quel monstre! Chrétien sans christianisme! baptisé et esclave du diable! sous le caractère de la croix, partisan de la chair et du monde! Il faut donc que je renonce à mon baptême et à ma profession de chrétien, ou que je conforme ma vie à celle de mon Sauveur. Le christianisme n'est, à le bien définir, que l'imitation de Jésus- Christ dans sa vie et dans sa mort. Voyez s'il paraît en vous quelque trait du Fils de Dieu, et si à vous voir agir comme vous faites on peut vous prendre pour un disciple de Jésus 230 Mon divin Maître, je vous suivrai en quelque lieu que vous alliez... C'est à tort que je me dis chrétien, si je ne marche pas sur les vestiges de Jésus- Christ. XXXe JOUR. De la dévotion envers Notre- Dame. 1. Je puis bien m'arracher le cœur, si je l'ai dur pour Marie. Un coeur qui ne l'aime pas est indigne de vivre et de rien aimer. Dieu ne saurait faire une pure créature plus excellente, plus aimable et meilleure pour moi. Quelle estime, quel amour, quelle confiance ne lui dois- je point! 2. Quand, par malheur, toutes mes autres dévotions seraient perdues, je conserverai celle- ci jusqu'à la mort. En quelque désordre que je sois, j'aurai toujours recours à la sainte Vierge, pour obtenir, par son entremise, la grâce d'une véritable conversion. Quand je serais à demi dans l'enfer, j'espérerais en la Reine du ciel. Personne ne peut périr entre les bras de Marie!... 3. C'est à son trône que les plus criminels appellent de toutes leurs causes. On peut sûrement opposer à la justice de Dieu la miséricorde de la Mère de Dieu. Elle met sa gloire à faire du bien, et c'est une partie de sa félicité dans le ciel que d'obtenir la grâce des pécheurs les plus endurcis. Que ne fera- t- elle pas pour ses fidèles serviteurs! La Mère de miséricorde et ma bonne Mère pourrait- elle se résoudre à signer la sentence de ma condamnation? Ah! nous sommes en possession de sa bonté depuis plus de dix- huit cents ans: commencerait- elle aujourd'hui à se démentir et à tromper nos espérances? Le plus grand tort que nous lui puissions faire, et le plus grand malheur pour nous, est de ne plus l'invoquer, ou de nous défier de sa bonté. Quand je cesserai de servir Marie, je me tiendrai perdu. Consacrez- vous tout de nouveau au service de la sainte Vierge, et dites- lui du fond du cour: Régnez sur nous, vous et votre Fils... MARIE, Ô nom sous lequel personne ne doit désespérer de son salut!... 231 XXXIe JOUR. De la ferveur dans le service de Dieu. 1. Ayons autant de zèle pour Dieu qu'il en a pour nous travaillons à notre salut avec autant d'ardeur qu'il y a travaillé lui- même. Il n'agit au dehors de lui que pour la perfection de nos âmes. Tous les désirs de son coeur, tous les soins de sa providence, toutes les tendresses de sa miséricorde aboutissent à cela. Quel sujet de confusion pour des âmes tièdes! 2. A juger de Dieu par notre lâcheté, on dirait qu'il ne mérite pas d'être servi, et que ses récompenses sont fort peu de chose. Quelle idée peut- on avoir d'un maître que ses valets servent lâchement et sans affection? Nous déshonorons Dieu et décrions son service toutes les fois que nous faisons avec négligence ce qu'il désire de nous. Malheur à l'homme qui fait l'œeuvre de Dieu négligemment! 3. Une action faite pour Dieu, quelque petite qu'elle soit, vaut plus mille fois que toutes celles des héros et des conquérants. Si l'on se pique de tant de courage en travaillant pour la vanité, que ne doit- on pas faire en travaillant pour l'éternité? Hé quoi! les serviteurs du diable ne s'épargnent point, ils ne se rebutent de rien, ils ne se plaignent jamais, quelque peine qu'ils endurent. Jésus- Christ est- il moins considérable que le démon? Le paradis vaut- il moins que l'enfer? Ah! l'enfer sera désormais mon école, aimer Dieu comme les damnés le haïssent, servir Dieu comme on sert le monde et le démon, est- ce trop? Examinez votre conduite dans le service de Dieu. Voyez les actions où vous êtes plus lâche, et animez- vous à les faire dorénavant d'une manière qui soit digne du maitre que vous servez..... Soyons fervents: c'est le Seigneur que nous servons. Ayez pour le Créateur du monde les mêmes ardeurs que vous avez eues pour le monde, 232 PORTRAIT DU VRAI CHRETIEN. C'est au chrétien qu'il est dit comme à Moïse: Regarde, et fais suivant le modèle qui t'a été montré sur sur la montagne. Ce modèle que le chrétien doit copier, c'est Jésus- Christ. Ainsi on doit trouver dans les actions et la vie d'un chrétien, la vie et les actions de Jésus- Christ, puisqu'un vrai chrétien, suivant la pensée d'un Père, est un autre Jésus- Christ. Le chrétien prie, comme Jésus- Christ sur la montagne, avec recueillement, avec humilité, avec confiance. Il est accessible, comme Jésus- Christ l'était, aux il est pauvres, aux ignorants, aux petits enfants, sans fierté, sans prétention, sans hauteur. Il se fait tout à tous, pour les gagner tous. Il converse, comme Jésus- Christ avec ses disciples; ses entretiens sont édifiants, charitables, assaisonnés de gravité, de douceur et de simplicité. Il est humble, comme Jésus Christ qui, à genoux, lava les pieds de ses apôtres, et même ceux de Judas, dont il connaissait la perfidie; il se regarde comme le moindre de ses frères, et comme le serviteur de tous. Il obéit, comme Jésus- Christ, qui fut soumis à Marie et à Joseph, obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix; il obéit à ses parents, à ses maîtres, à ses supérieurs, parce qu'il ne regarde en eux que Dieu dont ils tiennent la place. Il est dans ses repas, comme Jésus- Christ à Cana et à Béthanie, sobre, tempérant, attentif aux besoins des autres, et plus occupé de la nourri ture invisible que des viandes grossières dont se nourrit son corps. Il est avec ses amis, comme Jésus- Christ avec Jean et Lazare; il les aime en Dien et pour Dieu. Il leur confie cordialement les secrets de son âme; et s'ils meurent à la gràce, il met tout en œuvre pour les ressusciter. Il souffre les privations et la pauvreté comme Jésus- Christ, qui n'avait pas où reposer sa tête; 233 les contradictions et les calomnies, comme JésusChrist celles des Scribes et des Pharisiens, laissant à Dieu le soin de le justifier; les affronts et les outrages, comme Jésus- Christ, lorsqu'on lui donna un soufflet, qu'on lui cracha au visage et qu'on insulta dans le prétoire à sa royauté; les peines d'esprit, comme Jésus- Christ triste jusqu'à la mort au Jardin des Olives, et abandonné de son Père dans son agonie; les peines de cœur, comme Jésus- Christ trahi par un de ses disciples, renié par un autre et délaissé par tous; les maladies et la mort, comme Jésus- Christ qui, la tête déchirée par les épines, le corps par les fouets, les pieds et les mains par les clous, remit en paix son âme entre les mains de son Père de sorte qu'il peut dire comme l'apôtre saint Paul le disait de lui- même: Ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus- Christ qui vit en moi. PENSÉES ET SENTIMENTS SUR L'ÉTERNITÉ. Pai reflechi sur les années éternelles, disait le Roi- Prophète, et j'en ai fait le sujet de mes médiations les plus profondes dans les ténèbres de la nuit( Ps. 76). Ai- je moins d'intérêt que David à penser à ces années éternelles? Bientôt elles couleront pour moi comme pour lui. Viendra pour moi comme pour tous les hommes le moment fatal où il me faudra entrer dans la maison de mon éternité. Riches et pauvres, justes et pécheurs, hommes, qui que nous soyons, nous mourrons..., Nous mourrons quand nous y penserons le moins, et le moment de notre mort décidera de notre éternité. Pouvons- nous être sages et ne pas nous tenir toujours prêts? Pourrai- je considérer, méditer, peser assez attentivement cette terrible parole: Eternité? O Eternité! seule digne de mes pensées et de mes soins, comment ai- je pu l'oublier jusqu'ici? ô Eternité ineffable! ô Eternité incompréhensible! qui mesurera ton étendue? qui sondera tes abîmes? Des millions de siècles redoublés autant de fois qu'il y a de gouttes d'eau dans l'océan et de grains de sable sur ses bords, d'atomes dans les airs, 234 d'étoiles au firmament, etc., ne sont rien en comparaison de l'Eternité., Après la révolution de siècles innombrables, l'Eternité ne fera que commencer. L'Eternité ne passera jamais. Heureuse, et souverainement heureuse, l'âme juste qui règnera éternellement avec Dieu dans le délicieux séjour du paradis. Malheureux et souvérainement malheureux, le pécheur impénitent qui brûlera éternellement avec les démons dans les flammes de l'enfer! Suspendu pour quelques jours entre ces deux Eternités, l'une ou l'autre va devenir mon partage. Tant que Dieu sera Dieu, je glorifierai, ou sa miséricorde dans la Jérusalem céleste, ou sa justice dans ces étangs de soufre et de feu, où il n'y aura que pleurs et que grincements de dents. Perdre Dieu, perdre une éternité bienheureuse pour un plaisir honteux, quelle folie! être insensible à cette perte, quelle stupidité! Malheur à qui ne concevra la grandeur de cette perte que quand il l'aura faite, et qu'elle sera irréparable! Veillons donc, prions sans cesse: n'oublions jamais la mort qui est la porte de l'éternité, le jugement qui décidera de l'éternité; le paradis qui est le séjour de la bienheureuse éternité, l'enfer qui est le séjour de la malheureuse éternité. Travaillons avec crainte, avec tremblement, à la grande affaire, à l'unique affaire de l'éternité. La figure de ce monde passe, la mort est proche, l'éternité nous attend. Quel bonheur pour moi, si, préférablement à tout le reste, je pense à l'éternité, j'agis pour l'éternité, je souffre pour l'éternité, afin d'éviter l'éternité malheureuse, et de régner dans la bienheureuse éternité! N'est- il pas temps, âme infidèle et ingrate, de retourner à Dieu? Si le sang de Jésus- Christ n'eût arrêté le bras vengeur de son Père, où en seraistu? Un seul péché mortel suffisait pour te perdre éternellement. Hâte- toi d'apaiser la colère de Dieu par la pénitence. Le passé n'est plus, l'avenir n'est pas en ton pouvoir, et le présent n'est qu'un moment qui t'est donné pour servir Dieu, et mériter une heureuse éternité. 235 Conçois bien la force de ces trois paroles: Un Dieu, Un moment, Une éternité. Un Dieu qui te regarde, Un moment qu! t'échappe, Une éternité qui t'attend. Un Dieu qui est tout, Un moment qui n'est rien, Une éternité qui ôte ou qui donne tout. Un Dieu que tu sers si mal, Un moment dont tu profites si peu, Une éternité que tu risques si témérairement. O Dieu! 0 moment! O éternité! Eternité dans le ciel ou éternité dans l'enfer; Quelle alternative!... O Ciel!... Ô enfer!... O mon Dieu! ô Père des miséricordes! je crois en vous, et sur votre parole sainte, je crois une double éternité; j'espère en vous, et de vous, par Jésus- Christ votre Fils, j'espère une heureuse éternité. Je vous aime de tout mon cœur, pénétré de regret de vous avoir aimé si tard: et je veux avec le secours de votre grâce, vous aimer jusqu'au dernier soupir pour vous aimer durant toute l'éternité. Ainsi soit- il. 9 RÉPONSES COURTES ET FACILES AUX PRINCIPALES OBJECTIONS POPULAIRES CONTRE LA RELIGION. I. Toutes les religions sont bonnes... R.- Cela équivaut à dire: Oui et non sont la même chose... Le soleil et la nuit sont la même chose... Le feu et l'eau sont la même chose... Si la différence des diverses religions consistait seu1 236 lement dans quelques cérémonies extérieures insignifiantes( remarquez cependant qu'il n'y a pas de cérémonies insignifiantes, parce que toutes sont l'expression du dogme, de la morale ou du culte), on pourrait dire dans ce cas que toutes les religions sont bonnes, et qu'il importe peu de louer Dieu d'une manière ou d'une autre. Mais il n'en est pas ainsi les diverses religions qui se partagent le monde n'ont pas sculement entre elles quelques dissemblances de formes; elles se combattent essentiellement et s'excluent. L'une, par exemple, affirme que Jésus- Christ est Dieu, l'autre le nie. L'une prétend qu'il est présent dans l'Eucharistie, l'autre rejette cette croyance. Il est donc impossible que celle qui affirme et celle qui nie soient également la vérité. La vérité est une: si la vérité est d'un côté, le mensonge et l'erreur doivent être de l'autre. Donc, toutes les religions ne sont pas bonnes; mais il n'en est qu'une seule qui le soit, c'est celle où se trouve la vérité. II. 1 - Tous ceux qui ne sont pas dans la religion catholique sont donc damnés? Quelle intolérance! quelle cruauté! R. Tous ceux qui se trouvent engagés dans une fausse religion, sont, ou dans la bonne foi, ou dans le doute, ou dans la mauvaise foi. S'ils sont dans la bonne foi, croyant vraiment que leur religion est la véritable, l'Eglise catholique, loin de les repousser, les regarde comme lui appartenant; s'ils sont dans le doute, ils doivent prier, consulter, s'éclairer; s'ils sont dans la mauvaise foi, c'est- à- dire s'ils ont reconnu leur erreur et qu'ils y persévèrent par orgueil ou par intérêt, pourquoi l'Eglise catholique serait- elle intolérante ou cruelle en les repoussant? 1 III.- Dieu ne nous a pas créés pour nous damner. R.- Non certes, Dieu, qui est la bonté même, ne nous a pas créés pour nous damner: il nous a même créés pour nous sauver, mais pour nous sauver par le bon usage de notre liberté, et à la condition que nous travaillerons nous- mêmes à notre salut en obéissant à ses lois, et il nous donne 237 pour cela tous les secours qui nous sont nécessaires. Tel est le plan de sa Providence. Mais de ce que Dieu nous a créés pour nous sauver, il ne s'ensuit pas qu'il nous sauvera sans nous ou malgré nous, c'est- à- dire, sans que nous fassions rien pour contribuer à notre salut, et même en faisant jusqu'à la mort ce qu'il y a de plus opposé au salut. Dire que Dieu sauvera l'homme qui jusqu'au dernier moment aura refusé de se soumettre à ses lois, qu'il sauvera l'assassin comme le bienfaiteur de ses frères, l'homme qui l'a outragé toute sa vie, sans vouloir même se repentir de ses crimes à la mort, comme celui qui l'aura honoré et servi constamment au milieu des persécutions et des obstacles, c'est une parole encore plus absurde qu'elle n'est impie: c'est dire qu'un maître doit récompenser le serviteur qui n'a pas travaillé pour lui, qui a même travaillé contre lui, que le magistrat ne doit que des éloges et des récompenses à tous les criminels qui tombent entre les mains de la justice: c'est faire de Dieu, le plus injuste, le plus cruel et le plus imbécile de tous les tyrans. IV. Quand on est mort, tout est mort. R.Oui: quand un bœuf est mort, tout est mort; quand un cheval est mort, tout est mort. Mais l'homme n'est- il qu'un boeuf ou un cheval? Est- ce que vous auriez le courage de dire qu'il n'y a pas de différence entre vous ou vos enfants, et ces vils animaux? Non, non; l'homme a une âme qui pense, qui délibère, qui juge, qui veut, qui fait le bien ou le mal. La raison et la foi s'accordent à dire que ce principe pensant qu'on appelle l'âme, et qui est la plus noble partie de l'homme, survit à son corps, et doit lui être réunie un jour pour recommencer une vie nouvelle, qui sera heureuse ou malheureuse, selon qu'il aura bien ou mal vécu sur la terre, pendant ses jours d'épreuve. V.- L'enfer et le paradis existent sur la terre: il n'est donc pas besoin de supposer, dans la vie à venir, un lieu de châtiment ou de récompense. Le méchant n'est- il pas puni ici- bas, et 238 l'homme de bien ne reçoit- il pas le prix de ses vertus? R.- Oui, cela est vrai; le méchant est puni même dans le monde; mais il ne l'est pas toujours, et quand il l'est, il ne l'est pas suffisamment. En effet, combien d'hommes pervers ne voyons- nous pas prospérer, jouir et échapper en quelque sorte à la juste punition de leurs crimes! Combien d'hommes justes au contraire ne rencontrons- nous pas dans l'affliction et le malheur! Or, sous le gouvernement d'un Dieu qui est l'équité même, il faut nécessairement admettre un ordre de choses où la justice reprendra son cours, puisque ce cours est quelquefois suspendu en ce monde. Il est des vertus d'ailleurs, le sacrifice de sa vie, par exemple, qui ne sauraient être récompensées ici- bas, et ce serait supposer Dieu bien impuissant de penser qu'il n'a dans ses trésors que les misérables biens de cette terre pour reconnaître le dévouement de ses véritables serviteurs. VI.- Mais personne n'est venu du ciel ni de l'enfer pour nous en donner des nouvelles. R.- Vous vous trompez. Jésus- Christ est descendu du ciel pour vous apprendre ce que c'est que le ciel, et il vous a conduit avec le mauvais riche dans l'enfer pour vous apprendre ce que c'est que l'enfer. Quoi! vous seriez disposé à croire à la parole d'un homme qui reviendrait de l'enfer, et vous ne croyez pas à la parole d'un Dieu descendu du ciel pour vous faire éviter cet enfer! Savez- vous qui sont ceux qui nient l'enfer? Ce sont les voleurs, les impudiques, les ivrognes, les hommes de sang et de vengeance, tous ceux qui ont intérêt à ce que l'enfer ne soit pas. Citezmoi un honnête homme, un seul qui repousse cette vérité, et je me rangerai à votre avis. Pour moi, je n'ai pas besoin pour croire à l'enfer du témoignage d'un homme qui en soit revenu; j'y crois surtout en considérant la vie de tous ceux qui le nient. VII. Mais je suis un honnéte homme, un bon 239 époux, un bon père, un bon citoyen... Qu'a- je besoin d'étre chrélien? R.- Ce serait une question difficile et de longue discussion que d'examiner s'il est possible d'être toujours( remarquez bien ce mot) toujours, et en toutes circonstances, parfait honnête homme sans être chrétien. Supposons cependant que cela soit; allons plus loin, supposons que cela soit ordinairement.( Je suis généreux, vous le voyez.) Vous êtes honnête homme, et pas chrétien; en ce cas, que vous êtes malheureux! Car vous êtes vertueux en pure perte; j'entends pour la vie à venir, puisque Dieu ne pourra récompenser dans le ciel des vertus humaines exercées sans lui et hors de lui sur la terre. Que vous êtes déraisonnable! Car pourquoi ce tour de force; et vouloir être vertueux sans Dieu, quand il vous serait si facile, si aisé d'être vertueux avec Dieu? Que vous êtes inconséquent de vouloir le but et de repousser les moyens! Vous êtes honnête homme et vous n'êtes pas chrétien! Ne voyez- vous pas que vous avez soulevé en moi un doute et confirmé une certitude? Je doute que vous soyez ce que vous dites; et j'ai la certitude que le ciel ne sera pas pour vous, puisque vous vous glorifiez de n'avoir que les vertus de la terre. VIII.-Mais je connais des dévots qui valent moins que moi. R.Qu'il y ait parmi les personnes qui font profession de piété des hypocrites, qui a jamais nié cela? Qu'il se trouve des personnes faibles, inconséquentes, inconstantes, dont la conduite n'est pas toujours en harmonie avec les principes, qui a jamais douté de ce fait malheureusement trop certain, mais plus rare qu'on veut bien le dire ici? Que la religion ne corrige pas tous les défauts de caractère, toutes les imperfections humaines, personne ne l'a jamais contesté: ce qui est cer 240 tain, c'est que la religion prêche toutes les vertus, offre tous les moyens, et présente tous les motifs pour les mettre en pratique. Ce qui est certain, c'est que les âmes droites et courageuses qui usent de ces moyens, se corrigent tous les jours de leurs imperfections, et finissent par devenir meilleures. Ce qui est certain, c'est que la plupart de ceux qui crient contre les dévots, voient la paille dans l'oeil de leurs voisins et n'aperçoivent pas la poutre qui est dans leur ceil. Au fond de toutes ces récriminations, il y a ordinairement exagération, mauvaise foi, esprit de causticité; et souvent il s'y cache tout un système de défense de mauvais aloi, qui accuse pour n'être pas accusé. -La religion propose une foule de mystères qu'il est impossible d'admettre. IX. 1 R.Oui, la religion propose des mystères à notre croyance; et c'est une preuve qu'elle est divine: car une religion sans obscurités serait une religion absurde, ou plutôt ne serait pas une religion, puisqu'elle nous laisserait dans une ignorance complète de la divinité, dont nous pouvons bien avoir une idée, mais dont la nature et les perfections sont au- dessus de notre faible intelligence. Est- il étonnant d'ailleurs que nous ne puissions comprendre Dieu, le souverain être, quand tout est mystère dans nous et autour de nous? Notre propre existence n'est- elle pas le premier de tous les mystères? Vous ne comprenez pas un grain de poussiere et un brin d'herbe, et vous voudriez comprendre Dieu et ses infinies perfections! Mais en nous proposant ces vérités si élevées au- dessus de notre intelligence, la religion nous fournit toutes les preuves qui en rendent la vérité incontestable. Les prophéties de l'ancien et du nouveau Testament, les miracles de JésusChrist et des saints, la constance des martyrs, l'établissement de la religion, sa propagation et sa conservation miraculeuses au milieu des per 241 sécutions les plus cruelles, toutes ces preuves ne nous montrent- elles pas que Dieu a parlé; et une fois que Dieu a parlé, qu'est- ce que l'homme doit faire, sinon adorer en silence et se soumettre? Et cette humble soumission de l'intelligence à la parole de Dieu, est le plus grand hommage que l'homme puisse rendre à l'auteur de son être. X.- Ce qui entre dans le corps ne souille pas l'ame. R. — - Ce n'est pas en effet la nourriture que nous prenons qui souille notre âme, mais l'autorité de l'Eglise que nous méprisons en prenant des aliments qu'elle nous interdit à certains jours de jeûne ou d'abstinence pour nous faire pratiquer la pénitence. Notre- Seigneur a dit dans l'Evangile à ses apôtres et à leurs successeurs: Qui vous écoute m'écoute; qui vous méprise me méprise, et méprise celui qui m'a envoyé. XI.- Je voudrais bien avoir la foi, mais je ne peux pas croire. R.- 4. Est- il bien vrai que vous désiriez avoir la foi? La plupart de ceux qui parlent ainsi craignent de l'avoir, parce que, s'ils l'avaient, il leur faudrait renoncer à leurs mauvaises habitudes, à leurs passions, et cela leur fait peur. L expérience démontre que la plupart, pour ne pas dire tous, ont la foi le jour où ils la désirent sincèrement, le jour où ils se décident à faire ce que la foi demande, à combattre leurs passions, à restituer le bien mal acquis, à être chastes et sobres; le jour, enfin, où ils se sont confessés franchement. Essayez, et vous verrez; mais si vous ne voulez point de la foi, parce qu'elle vous semble trop pénible et trop gènante, tremblez! car votre excuse ne vaudra pas devant le tribunal de celui qui doit prononcer l'arrêt de votre sort éternel. 2° Vous dites que vous voudriez avoir la foi; mais quand on désire ardemment quelque chose, on prend les moyens de l'obtenir; les avez- vous pris, ces moyens, par rapport à la foi? Le premier moyen, c'est de s'en faire instruire par les prêtres, 242 qui sont chargés de l'enseigner, et de lire les bons livres qui l'exposent, comme le Catéchisme, l'Abrégé de tout ce qu'un chrétien doit croire; car on ne peut pas avoir la foi sans la connaitre. Est- ce là ce que vous avez fait? n'avez- vous pas, au contraire, puisé toute votre instruction religieuse dans les mauvais livres et les mauvais discours? Vous avez fait comme celui qui voudrait apprendre l'honneur au bagne.- Le second moyen, c'est de demander à Dieu le don de la foi avec un amour sincère et généreux de la vérité, avec confiance, persévérance et désir ardent d'être exaucé. Est- ce là ce que vous avez fait? n'est- il pas vrai, au contraire, que vous ne priez presque jamais? Ne dites donc pas que vous voudriez avoir la foi. XII.- Les prêtres font leur métier lorsqu'ils prêchent, ils ne croient pas ce qu'ils disent. R.- Les prêtres font leur métier lorsqu'ils prêchent, d'accord, tout comme le médecin fait son métier lorsqu'il traite les malades, et le soldat lorsqu'il se bat pour son pays. Jésus- Christ a établi les prêtres pour prêcher sa religion par tout l'univers; et c'est là leur état, leur métier, si vous voulez, mais noble métier, par lequel un homme se dévoue à éclairer ses frères, à leur apprendre à être bons et vertueux, à sauver leur âme pour l'eternité. Mais ils ne croient pas ce qu'ils prêchent, ditesvous. Et de quel droit faites- vous d'eux tous des monstres qui mentiraient à leur conscience, qui passeraient leur vie à tromper sciemment le genre humain? Supposer à tous les prêtres, sans exception, ce degré de scélératesse, et le supposer sans preuve, c'est une calomnie à laquelle je défie aucune conscience droite de croire sincèrement. Mais voilà tel curé, tel prêtre, qui donne du scandale dans la paroisse; or, les autres ne valent pas mieux que lui.- Que répondriez- vous si je vous disais Voilà tel soldat qui est un poltron; or, tous les autres soldats ne valent pas mieux que celui- là? Que vous semble, de ce raisonnement, a- t- il le sens. commun? Voilà cependant comine vous raisonnez par rapport aux prêtres. 243 Pour un prêtre auquel vous reproches es faits qui souvent ne sont pas prouvés et que vous comptez pour des peccadilles à d'autres personnes que lui, vous enveloppez dans une condamnation commune et des plus hideuses ces milliers de prêtres qui usent leur vie à visiter les malades, à soulager les pauvres, à instruire les ignorants, à secourir toutes les misères, qui se sacrifient dans les épidémies, s'exposent dans les incendies et les inondations, et en tête desquels on peut citer le Pontife martyr, mort sur les barricades en demandant que son sang fût le dernier versé.- Mais je sais bien pourquoi vous parlez ainsi. Dites- moi, la main sur la conscience, s'il n'est pas vrai que le vrai motif de vos accusations contre les prêtres, c'est que vous êtes bien aises d'avoir ce prétexte pour couvrir vos désordres, ne pas revenir aux pratiques religieuses et à la morale sévère de l'Evangile que prèche le prêtre Tant qu'on vit bien, on estime le prêtre; le jour où l'on tombe dans les fautes les plus honteuses, on commence à le décrier; c'est l'intérêt des passions. R.. XIII.- La confession est une invention des prêtres. Citez le nom de ces prêtres. Je vous citerai, moi, le nom du prêtre apostat qui a voulu abolir la confession; mais je vous mets au défi de me nommer celui qui l'a établie. Non, vous ne le ferez pas; parce que, si haut que vous remoutiez dans l'histoire, vous verrez toujours et partout la pratique de la confession en usage, dans l'Eglise de Jésus- Christ. - Et quel eût été, je vous le demande, l'audacieux novateur, fût- il Evêque ou Pape, qui eût osé introduire cette pratique, non comme conseil de perfection, remarquez- le bien, mais comme un précepte essentiel et rigoureux venant du Sauveur lui- même? Je vous donne à choisir: ou cette pratique de confesser ses péchés à un prêtre s'est établie tout d'un coup, ou elle s'est introduite peu à peu et insensiblement dans l'Eglise. Voulez- vous qu'elle se soit établie tout d'un coup? Voici l'absurdité que vous avez à dévorer. vous aurez à supposer que quelque temps ou 244 longtemps après la mort des Apôtres et des premiers disciples, le monde chrétien, qui n'avait jamais entendu parler de l'obligation de se confesser, s'est réveillé un beau matin avec la conviction que l'unique moyen de rentrer en gràce avec Dieu était d'avouer ses péchés au prêtre. Ce n'est pas tout; le monde chrétien, en sortant de ce beau rêve, aura dû encore se persuader que ce précepte venait du Sauveur et se trouvait dans l'Evangile, bien qu'on n'en eût jamais entendu parler. Cette première supposition est- elle admissible? Venons donc à la seconde: La pratique de la confession s'est établie peu à peu, insensiblement, dans un lieu d'abord, puis dans un autre, et enfin dans le monde catholique. D'après cette explication, un bon curé, un saint Evêque serait un jour monté en chaire et aurait dit à ses ouailles:« Mes chers frères, jusqu'ici vous ne vous êtes confessés qu'à Dieu; désormais vous viendrez vous confesser à moi: vous me direz tout ce que vous avez de plus caché, de plus pénible à avouer.» Supposons que les paroissiens de ce bon curé un peu simples, un peu crédules, aient accepté cette proposition sans mot dire, comment faire agréer cette nouvelle obligation, non à une paroisse, mais à un diocèse, mais au monde entier? Comment faire croire au monde entier que le précepte de la con. fession est exprimé dans l'Evangile, si l'Evangile n'en dit pas un mot? Comment supposer qu'une pareille proposition n'ait soulevé aucune réclamation? Comment se fait- il que l'histoire, qui dit tout, ne dise rien d'une pareille innovation? Il y a trois siècles, un esprit frondeur et hardi voulut abolir la confession, et tout l'univers chrétien se souleva; et l'univers se serait tû, lorsqu'on aurait voulu lui imposer une pratique gênante et pénible, qui ne se trouvait pas dans l'Evangile? Non, non; cela n'est pas possible: donc la confession remonte à Jésus- Christ. Car en donnant à ses Apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés lorsqu'il leur a dit: Recevez le Saint- Esprit, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez; il est évi 243 dent qu'il a imposé par là même l'obligation de la confession. Comment, en effet, les prêtres pourraient- ils remettre ou retenir les péchés, s'ils ne les connaissaient pas; et comment pourraient- ils les connaître, si les pécheurs ne les leur découvraient par la confession? XIV.- Je me confesse à Dieu. La Confession faite à Dieu ne vaut- elle pas bien la Confession faite à un homme? R. 1 Non; parce que Dieu ne vous a pas laissé ce choix. Répondez: après votre péché qui vous a rendu digne de l'enfer, Dieu n'avait- il pas le droit de vous punir ou de vous faire grâce? Evidemment oui. Eh bien! s'il a le droit de vous punir, il a le droit de choisir la punition qu'il veut; et s'il peut vous faire grâce, il a également la puissance de mettre à la grâce qu'il vous accorde la condition qu'il lui plaît; et la punition que Dieu vous impose, c'est que vous subirez la confusion d'un aveu fait à l'homme qui le représente; la grâce de la réconciliation n'est qu'à ce prix. Qu'avez- vous à dire? Est- ce au criminel justement condamné à dicter les conditions de son pardon? Dieu ne veut pas de votre confession faite à lui seul; nous n'avons pas à lui demander compte de ses volontés. Essayons cependant avec humilité et respect de pénétrer ses raisons. La confession faite à un prêtre est une réparation du péché, la seule souvent possible, ou du moins la plus facile au pécheur, qui ne peut pas toujours jeûner ou faire l'aumône, mais qui peut et doit s'humilier. Voilà pour le passé. La confession faite à un prêtre, par cela seul qu'elle est pénible, est un frein qui retient et empêche quelquefois de retomber dans le péché. Voilà pour l'avenir La confession faite à un prêtre qui représente Dieu, à un prêtre qui devient un ami, un père, un confident, est une consolation pour le cour blessé. Voilà pour le présent. De plus, l'obligation de se confesser entraîne l'obligation de s'examiner, et ainsi de mettre ordre aux affaires de sa conscience... Que de mauvaises 246 habitudes la confession n'a- t- elle pas fait cesser! que de bonnes résolutions n'a- t- elle pas fait prendre! que de salutaires avis, de sages conseils, de douces et sérieuses réprimandes, de consolantes espérances, de puissants encouragements le pécheur n'a- t- il pas reçus!... que de restitutions opérées! que de haines apaisées! que de malheurs prévenus ou arrêtés! Il faut être aveugle et injuste pour calomnier ou méconnaître l'utilité d'une institution qui serait le chef- d'oeuvre de la sagesse humaine, si elle n'était la merveille de la miséricorde divine. XV.- Je me confesserai à la mort. R.- Vous mettez la confession avant la mort; mais si Dieu mettait la mort avant la confession, que deviendriez- vous? A vous entendre, on dirait que tous les instants de votre vie vous appartiennent et que vous pouvez en disposer selon votre bon plaisir... O vous qui dites: Je me confesserai à la mort, écoutez: Je viendrai à vous comme un voleur de nuit. Le Seigneur, qui a promis le pardon au pécheur repentant, ne lui a pas promis le lendemain. C'est donc une imprudence, une folie, de remettre sa conversion à la fin de sa vie, quand on n'est sûr ni du temps, ni de Dieu, ni de soimême. Jugez- en par les deux traits suivants: Un jeune homme qui avait été élevé chrétiennement, entrainé par les mauvais exemples et par la fougue des passions, se livrait à tous les excès d'une vie licencieuse. Il avait néanmoins conservé la foi, et entretenait des relations avec un ami vertueux, son ancien camarade, qui l'avait souvent pressé, mais inutilement, de rentrer en lui- même et de mettre un terme au déréglement de ses mœurs. Le jeune libertin tombe malade. Tu sais, dit- il à son ami dès les premiers jours de la maladie, tu sais en quel état est mon âme, et quel malheur ce serait pour moi de mourir sans m'être réconcilié avec Dieu. Je compte sur ton amitié; donnemoi ta parole que tu m'avertiras quand il en sera temps. La parole est donnée. Cependant le mal s'aggrave rapidement. L'ami vertueux, averti 247 par le médecin, avertit lui- même son malheureux ami. Le malade désigne aussitôt un prêtre. L'ami court le chercher, il était absent; il se présente chez quelques autres, également absents. Enfin il rencontre un aumônier de régiment qu'il prie de le suivre en toute hâte chez le mourant. Mais, pendant ces allées et venues, la maladie avait fait de si effrayants progrès, qu'en arrivant ils le trouvèrent mort. Un autre, qui, comme le précédent, vivait au gré de ses passions, était depuis longtemps sollicité par une mère tendre et pieuse de changer de conduite, et de suivre plus fidèlement les principes de la religion à laquelle il n'avait pas cessé de croire. Cédant enfin aux instances de cette bonne mère: Je suis disposé, lui dit- il un jour, à profiter de vos avis; je commence à me lasser de la vie que je mene: je ne vous demande pour tout délai que les trois jours qui vont finir ce carnaval, et je vous promets que le lendemain vous me trouverez un tout autre homme. Le malheureux, selon l'usage de tant de chrétiens aveugles, se prépare par la jouissance de tous les plaisirs à la pénitence qu'il devait faire le premier jour du Carême. Les trois jours se passent dans l'ivresse des joies du monde; le mardi, il retourne chez lui très- tard à son ordinaire; le mercredi des Cendres, de grand matin, on entend du bruit dans sa chambre: un domestique entre, il le trouve étendu sur le plancher et suffoqué par un coup de sang, avant qu'on eût eu le temps de lui porter aucun secours. Quelle folie donc encore une fois et quelle imprudence de hasarder son salut sur un peut- être, et de mettre son éternité à la merci du lendemain! XVI. Pour aller au Ciel, un bon Peccavi suffit. R.- Savez- vous ce que c'est qu'un bon peccavi? Je vais vous l'apprendre, et vous verrez si c'est aussi facile. Jusqu'ici vous avez vécu sans Dieu, sans faire vos prières, sans assister à la messe> sans faire vos Pâques; vous êtes blasphémateur, vindicatif, détenteur du bien d'autrui et esclave des voluptés charnelles: eh bien! il faut qu'en un clin - 248 d'oeil vous deveniez un homme religieux, observateur de la loi de Dieu, chaste, désintéressé, tempérant; il faut que vous ayez horreur de votre vie passée au point de choisir la mort plutôt que de retomber dans vos anciennes fautes; il faut que vous soyez changé du noir au blanc. Vous croyez que ce renouvellement se fera comme par un coup de baguette, lorsque vous aurez prononcé le mot peccavi... O mon frère! lorsque David répétait ce mot, il arrosait son lit de ses larmes! ORAISON UNIVERSELLE Pour tout ce qui regarde le salut. Mon Dieu, je crois en vous, mais fortifiez ma foi; j'espère en vous, mais assurez mon espérance; je vous aime, mais redoublez mon amour, je me repens d'avoir péché, mais augmentez mon repentir. Je vous adore comme mon premier principe, je vous désire comme ma dernière fin, je vous remercie comme mon bienfaiteur perpétuel, je vous invoque comme mon souverain défenseur. Mon Dieu, daignez me régler par votre sagesse, me contenir par votre justice, me consoler par votre miséricorde, et me protéger par votre puissance. Je vous consacre mes pensées, mes paroles, mes actions, mes souffrances, afin que désormais je ne pense qu'à vous, je ne parle que de vous, je n'agisse que selon vous, et ne souffre que pour vous. Seigneur, je veux ce que vous voulez, parce que vous le voulez, comme vous le voulez, et autant que vous le voulez. Je vous prie d'éclairer mon entendement, d'embraser ma volonté, de purifier mon corps et de sanctifier mon âme. Mon Dieu, aidez- moi à expier mes offenses passées, à surmonter mes tentations à l'avenir, à corriger les passions qui me dominent et à pratiquer les vertus qui me conviennent. Remplissez mon cœur de tendresse pour vos bontés, d'aversion pour mes défauts, de zèle pour mon prochain et de mépris pour le monde. 249 Qu'il me souvienne, Seigneur, d'être soumis à mes supérieurs, charitable à mes inférieurs, fidèle à mes amis, et indulgent à mes ennemis. Venez à mon secours pour vaincre la volupté par la mortification. l'avarice par l'aumône, l'ambition par l'humilité, la paresse par le travail, la colère par la douceur, et la tiédeur par la dévotion. Mon Dieu, rendez- moi prudent dans les entreprises, courageux dans les dangers, patient dans les traverses, et humble dans les succès. Ne me laissez jamais oublier de joindre l'attention à mes prières, la tempérance à mes repas, l'exactitude à mes emplois, et la constance à mes justes résolutions. Seigneur, inspirez- moi le soin d'avoir toujours une conscience droite, un extérieur modeste, une conversation édifiante et une conduite régulière. Que je m'applique sans cesse à dompter la nature, à seconder la grâce, à garder la loi et à mériter le salut. Mon Dieu, découvrez- moi quelle est la petitesse de la terre, la grandeur du ciel, la brièveté du temps et la longueur de l'éternité. Faites que je me prépare à la mort, que je craigne votre jugement, que j'évite l'enfer et que j'obtienne enfin le paradis, par les mérites de Notre- Seigneur Jésus- Christ. Ainsi soit- il. PRIERE A JESUS- CHRIST Tirée de S. Bernard. Je remets, Seigneur, le soin de mon salut entre vos mains; vous connaissez mon ignorance et ma faiblesse, instruisez- moi et gaérissez- moi; donnezmoi ce que vous avez agréable que je vous offre; retranchez de mon esprit toute erreur, retranchez de mon cœur toute convoitise, et tout mensonge de ma bouche; faites que je sois entièrement à vous, et que mes pensées, mes paroles et mes actions soient si justes, que je vous en puisse faire tous les jours un sacrifice. Ainsi soit- il. 11. 250 CANTIQUES. No 1.- Invocation au Saint- Esprit, avant le Sermon. ( Air, no 81.) Esprit Saint, descendez en nous; Embrasez notre coeur de vos feux, De vos feux Les plus doux. 1. Sans vous notre vaine prudence Ne peut, hélas! que s'égarer; Ah dissipez notre ignorance: Esprit d'intelligence, Venez nous éclairer. bis. bis. bis. bis. Refrain. Esprit Saint, descendez en nous, etc. 2. Le noir enfer, pour nous faire la guerre, Se réunit au monde séducteur: Tout est pour nous embûches sur la terre, Soyez notre libérateur. Refrain. Esprit Saint, descendez en nous, etc. 3. Enseignez- nous la divine sagesse; Seule elle peut nous conduire au bonheur; Dans ses sentiers qu'heureuse est la jeunesse! Qu'heureuse est la vieillesse! Refrain. Esprit Saint, descendez en nous, etc. ---No 2. Importance du Salut. ( Air Mon cœur en ce jour solennel; no 78.) 1. Travaillez à votre salut; Quand on le veut, il est facile; Chrétiens, n'ayez point d'autre but; Sans lui, tout devient inutile. bis. NOTA.- On renvoie pour les airs des cantiques, au Nouveau Recueil d'airs notés pour les Cantiques de Saint- Sulpice, 1851; chez Ve POUSSIELGUE- RUSAND; prix 75 c. On peut encore_recourir aux Recueils d'airs du P. Lambillotte, des Frères des Ecoles chréviennes d'Avignon ou d'Amiens. 251 Sans le salut( bis), pensez- y bien, Tout ne vous servira de rien. bis. 2. Oh! que l'on perd en le perdant! On perd le céleste héritage; Et par un échange effrayant, On a l'enfer pour son partage. Sans le salut( bis), etc. 3. Que sert de gagner l'univers, Si l'on vient à perdre son âme, Et s'il faut au fond des enfers Brûler dans l'éternelle flamme? bis. Sans le salut( bis), etc. 4. Rien n'est digne d'empressement, Si ce n'est la vie éternelle; Le reste n'est qu'amusement, Misère ou pure bagatelle. bis. Sans le salut,( bis), etc. 5. C'est pour toute une éternité Qu'on est heureux ou misérable; Que devant cette vérité, Tout ce qui passe est méprisable! bis. Sans le salut( bis), etc. 6. Grand Dieu! que tant que nous vivron Cette vérité nous pénètre! Ah! faites que nous nous sauvions, A quelque prix que ce puisse être. bis. Sans le salut( bis), pensez- y bien, Tout ne vous servira de rien. 1. Hélas! Quelle douleur Remplit mon cœur, Fait couler mes larmes! Hélas! bis. No 3.- Regrets du pécheur. ( Air languedocien; no 1.) Quelle douleur Remplit mon cœur De crainte, et d'horreur! Autrefois, Seigneur, sans alarmes, De tes lois Je goûtais les charmes; Hélas! Voeux superflus, Beaux jours perdus, Vous ne serez plus! 2. La mort Déjà me suit: O triste nuit! Déjà je succombe; La mort Déjà me suit: Le monde fuit, Tout s'évanouit. Je la vois Entr'ouvrant ma tombe; Et sa voix M'appelle! J'y tombe... 0 mort! Cruelle mort! Si jeune encor... Quel funeste sort! 3. Frémis, Ingrat pécheur; Un Dieu vengeur, D'un regard sévère, Frémis. Ingrat pécheur, Un Dieu vengeur Va sonder ton cœur. Malheureux! Entends son tonnerre; Si tu peux, Soutiens sa colère. Frémis, Seul aujourd'hui, Sans nul appui, Parais devant lui. 4. Grand Dieu! Quel jour affreux Luit à mes yeux! Quel horrible abîme! Grand Dieu! Quel jour affreux Luit à mes yeux! Quels lugubres feux! Oui, l'enfer, Vengeur de mon crime, Est ouvert, Attend sa victime... Grand Dieu! Quel avenir! Pleurer, gémir, Toujours te haïr! 5. Beau ciel, Je t'ai perdu, Je t'ai vendu Pour de vains caprices; Beau ciel, Je t'ai perdu, Je t'ai vendu, Regret superflu! 252 - Loin de toi, Toutes tes délices Sont pour moi De nouveaux supplices; Beau ciel. Toi que j'aimais, Qui me charmais, Ne te voir jamais!... 6. Non, non, C'est une erreur; Dans mon malheur, Hélas! je m'oublie: Non, non, C'est une erreur, Dans mon malheur, Je trouve un Sauveur Il m'entend, réconcilie; Me Dans son sang Je reprends la vie... Non, non, Je l'aime encor; Et le remords A changé mon sort. 7. Jésus, Manne des cieux, Pain des heureux. Mon cœur te réclame, Jésus, Manne des cieux, Pain des heureux, Viens combler mes voeux, Désormais Ta divine flamme Pour jamais Embrase mon âme, Jésus, O mon Sauveur! Fais de mon cœur L'éternel bonheur!... No 6. La Conversion. ( Air: Triste raison; no 95.) DIEU. 1.Reviens, pécheur, à ton Dieu qui t'appelle; Viens, au plus tôt, te ranger sous sa loi: Tu n'as été déjà que trop rebelle; Reviens à lui, puisqu'il revient à toi. bis. 233 LE PÉCIEUR. 2. Voici, Seigneur, cette brebis errante Que vous daignez chercher depuis longtemps; Touché, confus d'une si longue attente, Sans plus tarder, je reviens, je me rends. bis. DIEU. 3. Pour t'attirer ma voix se fait entendre; Sans me lasser partout je te poursuis; D'un Dieu pour toi, du père le plus tendre J'ai les bontés, ingrat, et tu me fuis! LE PÉCHEUR.. 4. Errant, perdu, je cherchais un asile; Je m'efforçais de vivre sans effroi: Hélas! Seigneur, pouvais- je être tranquille, Si loin de vous, et vous si loin de moi! DIEU. 5. Attraits, frayeurs, remords, secret langage, Qu'ai- je oublié dans mon amour constant? Ai- je pour toi dû faire davantage? Ai- je pour toi dû même faire autant? LE PÉCHEUR. 6. Je me repens de ma faute passée; Contre le ciel, contre vous j'ai péché: Mais oubliez ma conduite insensée, Et ne voyez en moi qu'un cœur touché. bis. DIEU. 9. Ta courte vie est un songe qui passe, Et de ta mort le jour est incertain; Si j'ai promis de te donner ma grâce, T'ai- je jamais promis le lendemain? LE PÉCHEUR. bis. bis. bis. DIEU. 7. Si je suis bon, faut- il que tu m'offenses? Ton méchant coeur s'en prévaut chaque jour: Plus de rigueur vaincrait tes résistances; bis. Tu m'aimerais, si j'avais moins d'amour. LE PÉCHEUR. 8. Que je redoute un juge, un Dieu sévère! J'ai prodigué des biens qui sont sans prix; Comment oser vous appeler mon père? Comment oser me dire votre fils? bis. bis. 10. Votre bonté surpasse ma malice, Pardonnez- moi ce long égarement; Je le déteste, il fait tout mon supplice, Et pour vous seul j'en pleure amèrement. bis. L. RACINE. 254 No 5. Sentiments de Contrition. ( Air connu.) Sch 1. Mon doux Jésus, enfin voici le temps De pardonner à nos coeurs pénitents. Nous n'offenserons jamais plus Votre bonté suprême. O doux Jésus! bis. 2. Puisqu'un pécheur vous a coûté si cher, Faites- lui grâce; il ne veut plus pécher. Ah! ne perdez pas cette fois No 6. La conquête admirable De votre croix! bis. 3. Enfin, mon Dieu, nous sommes à genoux, Pour vous prier de pardonner à tous. Pardonnez- nous, ô Dieu clément! Lavez- nous de nos crimes Dans votre sang! bis. Les pécheurs invités à chercher leur salut dans le Cœur de Jésus. ( Air du Serment français; no 77.) 1. Pécheurs, entendez- vous la foudre Déjà prête à vous frapper tous? Elle va vous réduire en poudre: Hâtez- vous par vos pleurs d'en prévenir les coups. bis. Tous. Déplorons enfin notre ivresse, Abjurons notre longue erreur. Jésus nous invite, nous presse; Courons, volons nous jeter dans son cœur. bis. 2. Ah! si par des larmes amères Enfin vous n'apaisez le ciel, Des iniquités de vos pères Sur vous se vengera le bras de l'Éternel. 3. Grand Dieu, prends pitié de la France: Elle fut ton peuple chéri: Dans Sodome si ta clémence Eût vu dix innocents, elle n'eût point péri. 4. N'es- tu plus le Dieu qui pardonne? Où sont tes antiques bontés? Dans l'horreur qui nous environne, N'entends- tu que la voix de nos iniquités? 3.0 peuple si longtemps rebelle! Pourquoi fermez- vous votre cœur? La voix du Seigneur vous appelle; Il cherche le retour, non la mort du pécheur! 235 6. Chrétiens, le Seigneur est un pere: Il est juste, mais il est bon. Un soupir fléchit sa colère, Aux pleurs du repentir il offre le pardon. No 7. Bonheur du Ciel. ( Air: L'encens des fleurs; no 101.) 1. Sainte cité, demeure permanente, Sacré palais qu'habite le grand Roi, Où doit un jour régner l'âme innocente. Quoi de plus doux que de penser à toi! P O ma patrie! O mon bonheur! Toujours chérie, Tu vivras dans mon cœur. bis. 2. Dans tes parvis, tout n'est plus qu'allégresse C'est un torrent des plus chastes plaisirs: On ne ressent ni peine ni tristesse; On ne connaît ni plaintes ni soupirs.( 0 ma patric.) 3. Tes habitants ne craignent plus d'orage; Ils sont au port, ils y sont pour jamais; Un calme entier devient leur doux partage; Dieu dans leur coeur verse un fleuve de paix. 4. De quel éclat ce Dieu les environne! Ah! je les vois, tout brillants de clarté..... Rien ne saurait plus flétrir leur couronne; Leur vêtement est l'immortalité. 5. Pour les élus, il n'est plus d'inconstance. Tout est soumis au joug du saint amour: L'affreux péché n'a plus là de puissance; Tout bénit Dieu dans cet heureux séjour. 6. Beauté divine, beauté ravissante! Tu fais l'objet du suprême bonheur. Oh! quand naîtra cette aurore brillante, Où nous pourrons contempler ta splendeur? 7. Puisque Dieu seul est notre récompense, Qu'il soit aussi la fin de nos travaux. Dans cette vie, un moment de souffrance Mérite au Ciel un éternel repos.( 0 ma patrie.) No 8.- Récompense de la vertu. ( Air: A chercher le Seigneur.) 1. Le ciel en est le prix! Que ces mots sont sublimes! Des plus belles maximes Voilà tout le précis. Le ciel( ter) en est le prix. bis. 256 2. Le ciel en est le prix Mon âme, prends courage. Ah! si dans l'esclavage Ici- bas tu gémis, Le ciel( ter) en est le prix. bis. 3. Le ciel en est le prix! Amusement frivole, De grand cœur je t'immole Au pied du crucifix; Le ciel( ter) en est le prix. bis. 4. Le ciel en est le prix! La loi demande-- t- elle?... Fût- ce une bagatelle, N'importe, j'obéis. Le ciel( ter) en est le prix. bis. 5. Le ciel en est le prix! Endurons cette injure: L'amour- propre en murmure: Mais tout bas je lui dis: Le ciel( ter) en est le prix. bis 6. Le ciel en est le prix! Dans l'éternel empire, Qu'il sera doux de dire: Tous mes maux sont finis; Le ciel( ler) en est le prix. bis. No 9. La Communion. ( Air, no 10.) O Roi des cieux Vous nous rendez tous heureux, Vous comblez tous nos vœux, En résidant parmi nous dans ces lieux. 1. Prodige d'amour! Dans ce séjour Vous vous immolez pour nous, chaque jour; A l'homme mortel Vous offrez un aliment éternel. O Roi, etc. 2. Seigneur, vos enfants Reconnaissants Vous offrent les plus tendres sentiments; Leurs cœurs, sans retour, Veulent brûler du feu de votre amour. O Roi, etc. 3. Chantons tous en chœeur, Gloire et honneur it A Jésus, notre aimable Rédempteur! Chantons à jamais De son amour les éternels bienfaits. O Roi, etc. 257 No 40.- Acte de foi, à l'Élévation et avant la Communion. ( Air: Où peut- on être mieux.) 1. Jésus vient en ces lieux: bis. Adorons ce mystère: Il abaisse les cieux, bis. Pour visiter la terre; Rendons au fils de de l'Eternel De notre foi l'hommage solennel. Pour notre amour, De son séjour bis. Il descend sur l'autel. 2. Je t'adore en tremblant, bis. Divinité cachée: De ton abaissement bis. Mon âme est étonnée; C'est le secret de ton amour. De tes enfants, tu veux que dès ce jour La vive foi Jusques à toi bis. S'élève sans retour. No 11. Sentiments de piété envers Jésus présent dans l'Eucharistie. ( Air connu.) 1. Sur cet autel le Roi de gloire Nous dérobe sa majesté; Chrétiens, sans voir nous devons croire, Adorer sa divinité. O Dieu d'amour, toi que la foi contemple Anéanti dans ce saint lieu, Fais qu'à jamais je chante dans ton temple: in Gloire à mon Dieu( bis). 2: Accourez, peuples de la terre; Venez adorer avec nous Le puissant maître du tonnerre Devenu le Roi le plus doux. O Dieu, etc. 3.0 Jésus, mon unique vie; Sois mon amour, sois mon bonheur, Fais qu'en l'éternelle patrie Je puisse adorer ta splendeur. O Dieu, etc. NO 12. - - Après la Communion. ( Air Charmantes fleurs; no 99.) : 1. Le monde en vain, par ses biens et ses charmes, Veut m'engager à plier sous sa loi: Mais pour me vaincre il faut bien d'autres armes, Je ne crains rien, Jésus est avec moi, 258 2. Venez, venez, puissances de la terre; Déchaînez- vous pour me ravir ma foi; Quand de concert vous me feriez la guerre, Je ne crains rien, Jésus est avec moi. 3. Monstre infernal, arme- toi de ta rage; Que tes démons se liguent avec toi; Tu ne pourras abattre mon courage; Je ne crains rien, Jésus est avec moi. 4. Non, non, jamais la mort la plus cruelle Ne me fera trahir ce divin Roi: Jusqu'au trépas je lui serai fidèle; Je ne crains rien, Jésus est avec moi. 5. Que les enfers, les airs, la terre et l'onde Conspirent tous pour me remplir d'effroi; Quand je verrais crouler sur moi le monde, Je ne crains rien, Jésus est avec moi. 6. Divin Jésus, mon unique espérance! Vous pouvez tout, oui, Seigneur, je le crois; Mon cœeur en vous est plein de confiance: Je ne crains rien, Jésus est avec moi. NO 13.- Encouragements à la ferveur. ( Air, nos 23 et 24.) Heureux, etc. 1. Goûtez, âmes ferventes, Goûtez votre bonheur; Mais demeurez constantes Dans votre sainte ardeur. Heureux le cœur fidèle Où règne la ferveur! On possède avec elle Tous les dons du Seigneur. 2. Elle est le vrai partage, Et le sceau des élus; Elle est l'appui, le gage Et l'âme des vertus. Heureux, etc. 3. Par elle la foi vive S'allume dans les cours, Et sa lumière active Guide et règle nos moeurs. Heureux, etc. 4. Par elle l'espérance Ranime ses soupirs, Et croit jouir d'avance Des célestes plaisirs. 5. Par elle dans les âmes S'accroît de jour en jour L'activité des flammes Du pur et saint amour. Heureux, etc. 6. C'est sa vertu puissante Qui garantit nos sens De l'amorce attrayante Des plaisirs séduisants. Heureux, etc. 7. De l'âme pénitente Elle adoucit les pleurs, Et de l'âme souffrante Elle éteint les douleurs. Heureux, etc. 8. Sous ses heureux auspices On goûte les bienfaits, Les charmes, les délices De la plus douce paix. Heureux, ete. No 14.. MO 259 Le Respect humain vaincu. ( Air, no 14.) Bravons les enfers, Brisons tous nos fers, Sortons de l'esclavage Unissons nos voix, Rendons à la Croix Un sincère et public hommage. 1. Jurons haine au respect humain, Brisons cette idole fragile: Sur ses débris que notre main Elève un trône à l'Evangile.( Bravons, etc.) 2. Chrétiens, d'une vaine terreur Serons- nous toujours la victime? Qu'il soit banni de notre cœur, Le cruel tyran qui l'opprime!...( Bravons, etc.) 3. Partout flottent les étendards Qu'arbore à nos yeux la licence: Faisons briller à ses regards La bannière de l'innocence.( Bravons, etc.) 4. Quoi! vous rougissez, vils mortels, Honteux d'être vus dans un temple, Adorant au pied des autels Le grand Dieu que le ciel contemple!...( Bravons, etc.) 5. D'hommes contre vous impuissants Vous redoutez les vains murmures: Que feriez- vous si des tyrans Il fallait subir les tortures?...( Bravons, etc.) 6. Ne profanez pas ce saint lieu; Allez, chrétiens pusillanimes; Qui tremble trahira son Dieu: La faiblesse est mère des crimes.( Bravons, etc.) 7. Tout chrétien doit être un soldat Rempli d'ardeur, né pour la gloire; Quand son chef le mène au combat, Tremblant, il fuirait la victoire?...( Bravons, etc.) 8. Tandis que sur le champ d'honneur La valeur signale les braves, On me verrait lâche et sans cœur, Trainant les chaînes des esclaves!( Bravons, etc.) 9. Divin rol, jusqu'à mon trépas Mon cœur te restera fidèle: Puisse la Croix guidant mes pas Me voir tomber... mourir près d'elle...( Bravons, etc.) 10. Chrétiens, le signal est donné, Hâtons- nous, courons à la gloire; L'heure du triomphe a sonné: Le ciel nous promet la victoire.( Bravons, etc.) 260 No 15. Fermes résolutions. ( Air: Jadis un célèbre empereur; no 75.) 1. Quelle nouvelle et sainte ardeur — En ce jour transporte mon âme! Je sens que l'Esprit créateur De son feu tout divin m'enflamme. Vive Jésus!... je crois,... je suis chrétien. Censeurs, je vous méprise: Lancez, lancez vos traits; je ne crains rien Mon bras vainqueur les brise. 2. Il faut, dans un noble combat, Pour vous, Seigneur, que je m'engage- Vous m'avez fait votre soldat; Vous m'en donnerez le courage.( Vive, etc.) 3. Le mépris d'un monde insensé Pourrait- il m'alarmer encore? Loin de m'en trouver offensé, Je sens aujourd'hui qu'il m'honore.( Vive, etc.) 4. Dans sa fureur l'impiété Veut me ravir le Dieu que j'aime; Je veux, fort de la vérité, Lui dire toujours: Anathème!( Vive, etc.) 5. Enfant des généreux martyrs, Puissé- je égaler leur constance, Et trouver mes plus doux plaisirs Au sein même de la souffrance!( Vive, etc.) 6. A la mort fallut- il s'offrir, Ou perdre, hélas! mon innocence, Grand Dieu! je consens à mourir; Ne souffrez pas que je balance.( Vive, etc.) No 16.- Louanges de la très- sainte Vierge: Amour et Confiance. ( Air de l'Hymne de saint Casimir; no 33.) 4. Unis aux concerts des anges, Aimable Reine des cieux, Nous célébrons tes louanges Par nos chants mélodieux. Choeur. De Marie Qu'on public Et la gloire et les grandeurs, Qu'on l'honore, Qu'on l'implore, Qu'elle règne sur nos cœurs. 2. C'est le lis de la vallée, Dont le parfum précieux Sur la terre désolée Attira le Roi des cieux.( De Marie, etc.) 261 3. C'est l'auguste sanctuaire Que le Dieu de majesté Inonda de sa lumière, Embellit de sa beauté.( De Marie, etc.) 4. C'est la Vierge incomparable, Gloire et salut d'Israël, Qui pour l'univers coupable Fléchit le courroux du ciel.( De Marie, etc.) 5. Pour tout dire, c'est MARIE... Dans ce nom que de douceur! Nom d'une mère chérie, Nom, doux espoir du pécheur.( De Marie, etc.) 6. Vous qui d'un monde perfide Craignez les puissants appas, Si Marie est votre guide, Non, vous ne périrez pas.( De Marie, etc.) 7. Oui, je veux, ô tendre Mère! Jusqu'a mon dernier soupir T'aimer, te servir, te plaire, Et pour toi vivre et mourir.( De Marie, etc.) No 17.. Dévouement à Marie. ( Air: J'engageai ma promesse; nº 84.) 1 1. Je veux célébrer, par mes louanges, La gloire de la Reine des cieux; Et n'unissant au concert des anges, Je m'engage à la chanter comme eux.( Je m'engage.) 2. Sur vos pas, ô divine Marie! Plus heureux qu'à la suite des rois, Dès ce jour, et pour toute ma vie, Je m'engage à vivre sous vos lois.( Je m'engage.) 3. Par un culte constant et sincère, Par un vif et généreux amour, A servir, à chérir une mère, Je m'engage aujourd'hui sans retour.( Je m'eng.) 4. Mais si je veux lui marquer mon zèle, Et participer à son bonheur, Il faut qu'à suivre en tout ce modèle Je m'engage et d'esprit et de coeur.( Je m'engage.) 3. Mère sensible et compatissante, Soutiens, au milieu des combats, Les efforts de l'âme pénitente, Qui s'engage à marcher sur tes pas.( Je m'engage.) 6. Tu n'es plus qu'une terre étrangère Pour moi, monde volage et trompeur; Je ne veux plus que servir ma mère, Qui s'engage à faire mon bonheur.( Je m'engage.) 262 7. Unissez vos voix, peuple fidèle, Aux accords des esprits bienheureux, Pour chanter les louanges de celle Qui s'engage à combler tous nos vœux.( Je m'eng.) No 18. Consécration à Marie. ( Air, no 46.) Triomphez, Reine des cieux; A vous bénir que tout s'empresse: Triomphez, Reine des cieux, Dans tous les temps, dans tous les lieux. - 1. Que l'amour nous prête, En ce jour de fête, Que l'amour nous prête Ses plus doux accords; Et que notre voix s'apprête A seconder nos efforts. Triomphez, etc. 2. Le ciel et la terre, O divine Mère! Le ciel et la terre Chantent vos grandeurs; Et l'éternelle lumière Vous revêt de ses splendeurs. Triomphez, etc. 3.0 Reine puissante! Montrez- vous clémente; O Reine puissante! Ecoutez nos voix; Notre âme reconnaissante Sera fidèle à vos lois.Triomphez, etc. No 19. Confiance en Marie. ( Air: 0 Dieu dont je tiens l'ètre; no 21.) 1. Je mets ma confiance, 3. Sainte Vierge Marie, Vierge, en votre secours: Asile des pécheurs, Servez- moi de défense, Prenez part, je vous prie, Prenez soin de mes jours; A mes justes frayeurs. Et quand ma dernière heure Vous êtes mon refuge, Viendra fixer mon sort, Votre Fils est mon Roi. Obtenez que je meure Mais il sera mon Juge; De la plus sainte mort. Intercédez pour moi. 2. A votre bienveillance, 4. Ah! soyez- moi propice O Vierge, j'ai recours; Quand il faudra mourir Soyez mon assistance Apaisez sa justice; En tous lieux et toujours; Je crains de la subir. Vous- même êtes ma mère; Mère pleine de zèle, Jésus est votre Fils; Protégez votre enfant; Portez- lui la prière Je vous serai fidèle De vos enfants chéris. Jusqu'au dernier instant. — 263 No 20.- Désirs du Messie pour le temps de l'Avent. ( Air: Laissez paître vos bêtes; no 31.) 1. Venez, divin Messie; Sauvez nos jours infortunés; Venez, source de vie, Venez, venez, venez. Ah! descendez; hâtez vos pas; Sauvez les hommes du trépas; Secourez- nous, ne tardez pas.( Venez, etc.) 2. Ah! désarmez votre courroux; Nous soupirons à vos genoux; Seigneur, nous n'espérons qu'en vous. Pour nous livrer la guerre, Tous les enfers sont déchaînés; Descendez sur la terre.( Venez, etc.) 3. Que nos soupirs soient entendus. Les biens que nous avons perdus Ne nous seront- ils point rendus? Voyez couler nos larmes; Grand Dieu, si vous nous pardonnez, Nous n'aurons plus d'alarmes.( Venez, etc.) 4. Si vous venez en ces bas lieux.... Nous vous verrons victorieux, Fermer l'enfer, ouvrir les cieux!... Nous l'espérons sans cesse; Les cieux nous furent destinés. Tenez votre promesse.( Venez, etc.) No 21.- Gloire et bonheur des Saints. ( Air: Heureux qui dès le premier âge; nos 66 et 69.) 1. Chantons les combats et la gloire Des Saints, nos illustres aïeux: Ils ont remporté la victoire; Ils sont couronnés dans les cieux. Il n'est plus pour eux de tristesse, Plus de soupirs, plus de douleurs: Ils moissonnent dans l'allégresse Ce qu'ils ont semé dans les pleurs. 2. Là, d'une splendeur éternelle Brillent les martyrs triomphants; Et, dans une gloire immortelle, Règnent les confesseurs constants; Les vierges offrent leurs couronnes, Les époux leur fidélité; Le riche montre ses aumônes, Et le pauvre sa piété. 3. Grands Saints, vous êtes nos modèles; Nous serons vos imitateurs: Nous voulons vous être fidèles; Daignez être nos protecteurs; Puissions- nous, marchant sur vos traces, Etre toujours à Dieu soumis: Sollicitez pour nous ses grâces, Puisque vous êtes ses amis. 4. Vous habitez votre patrie, Et nous errons comme étrangers; Votre sort est digne d'envie, Et le nôtre plein de dangers; Vous fùtes tout ce que nous sommes; Au mal exposés comme nous. Demandez au Sauveur des hommes, Qu'un jour nous régnions comme vous. No 22. Le Chrétien tout à Dieu seul. ( Air, no 103.) 1. Il n'est pour moi qu'un seul bien sur la terre, Et c'est Dieu seul; Dieu seul est mon trésor. Dieu seul, Dieu seul allége ma misère, Et vers Dieu seul mon cœur prendra l'essor. Je benis sa tendresse, Et répète sans cesse Ce cri d'amour, cet élan d'un grand cœur: Dieu seul, Dieu seul, voilà le vrai bonheur. 2. Dieu seul, Dieu seul guérit toute blessure; Dieu seul, Dieu seul est un puissant secours; Dieu seul suffit à l'âme droite et pure; Et c'est Dieu seul qu'elle cherche toujours. Répétons, ô mon âme. Ce chant qui seul enflamme, Ce cri d'amour, cet élan d'un grand cœeur. Dieu seul, Dieu seul, voilà le vrai bonheur 3. Quel déplaisir pourra jamais atteindre Cet heureux coeur que Dieu seul peut charmer? Grand Dieu! quels maux ce coeur pourra- t- il craindre? Il n'en est point, quand on sait vous aimer. Aimer un si bon Père, C'est commencer sur terre Ce chant d'amour de la sainte cité: Dieu seul, Dieu seul, pour une éternité. No 23.- Après la sainte Communion. ( Air, no 97.) 1.Qu'ils sont aimés, grand Dieu, tes tabernacles! Qu'ils sont aimés et chéris de mon cœur! La, tu te plais à rendre tes oracles: La foi triomphe et l'amour est vainqueur. 265 2. Qu'il est heureux, celui qui te contemple Et qui soupire au pied de tes autels! Un seul moment qu'on passe dans ton temple, Vaut mieux qu'un siècle aux palais des mortels, 3. Je nage au sein des plus pures délices; Le ciel entier, le ciel est dans mon cœur. Dieu de bonté, de faibles sacrifices Méritaient- ils cet excès de bonheur? 4. En les comblant, par un charme suprême, Un Dieu puissant irrite mes désirs: Il me consume, et je sens que je l'aime; Et cependant je m'exhale en soupirs. 5. Autour de moi, les Anges, en silence, D'un Dieu caché contemplent la splendeur. Anéantis en sa sainte présence, O Chérubins! enviez mon bonheur. 6 Et je pourrais, à ce monde qui passe Donner un cœur de Dieu même habité! Non, non, Seigneur, je puis tout par la grâce; Mais, sauve- moi de ma fragilité 7. En souverain, règne, commande, immole; Règne surtout par le droit de l'amour. Adieu, plaisirs, adieu, monde frivole: A Jésus seul j'appartiens sans retour. Refrain qu'on peut ajouter. O pain de vie! O mon Sauveur! L'âme ravie, Trouve en vous son bonheur. 1 No 24. Cantique du Départ. ( Air connu, ou no 21.) D'une Mère chérie Célébrons les grandeurs, Consacrons à Marie it nos voix et nos cœurs. Chaur. e concert avec l'Ange Quand il la salua, isons à sa louange n Ave Maria. bis. 1 0 Marie! ô ma Mère! Prenez soin de mon sort; C'est en vous que j'espère, A la vie, à la mort. De concert, etc. Obtenez- nous la grâce, A notre dernier jour, De vous voir face à face Dans l'éternel séjour. De concert, etc. No 25. Invitation à servir Dicu. ( Air nouveau.) Refr. Armons- nous! la voix du Seigneur, Soldats, au combat nous appelle; Ah! Voyez, voyez, qu'elle est belle, 266 La palme promise au vainqueur! bis. Elle est si noble, elle est si belle, bis. La palme promise au vainqueur! 1. Les jours de l'homme sur la terre Sont un long et rude combat, Malheur au timide soldat Qui fuit: c'est en vain qu'il espère. Armons- nous. 2. Des sens la voix enchanteresse Veut égarer notre raison; Leurs délices sont un poison, Et la mort suit de près l'ivresse. Armons- nous. 3. En vain le monde nous convie A ses plaisirs, à ses honneurs, Sacrifions ces biens trompeurs Aux biens de l'éternelle vie. Armons- nous. 4. Du démon la voix menaçante Rugit sans cesse autour de nous; L'homme de foi brave ses coups, Et rit de sa rage impuissante. Armons- nous. 5. Que craignez- vous? Jésus vous guide, Rangez- vous sous son étendard; Que l'ennemi lance son dard, La croix vous servira d'égide. Armons- nous. 6. Du courage, enfants de Marie, Soyez fermes jusqu'à la mort; Courage, vous touchez au port; A vous l'éternelle patrie. Armons- nous. No 26. Chant militaire et religieux. ( Air connu.) 1 1. Te souviens- tu, brave enfant de la France, Jeune soldat, gardien de son drapeau, Te souviens- tu qu'aux jours de ton enfance Le Dieu d'amour visita ton berceau? Te souviens- tu qu'un bon prêtre qui t'aime Te fit chrétien malgré Satan vaincu, Et que ton front reçut l'eau du baptême? Dis- moi, soldat, dis- moi t'en souviens- tu? 2. Te souviens- tu que ta pieuse mère Te racontait l'histoire du Sauveur? Te souviens- tu de la pauvre chaumière Où chaque jour tu priais le Seigneur? Te souviens- tu de l'image bénie Du- bon JÉSUS, à ton lit suspendu? Et le de la Vierge Dis- moi soldat, dis- moi t'en souviens- tu? bis. 3. Te souviens- tu de l'église de pierre Dont le clocher s'élançait dans les cieux? bis. 267 Te souviens- tu de l'humble cimetière Où tes parents dorment silencieux? Durant les jours qu'ils ont passés sur terre, Contre l'enfer ils ont bien combattu!... Tu dois comme eux l'en aller en poussière; bis. Dis- moi, soldat, dis- moi, t'en souviens- tu?! 4. Te souviens- tu de ce jour plein de charmes Où du Sauveur adorant l'humble croix, Le cœur joyeux, les yeux mouillés de larmes, Tu reçus Dieu pour la première fois? O jour céleste, o pure et douce ivresse! Amour sacré, qu'êtes- vous devenu! bis. Dieu se souvient de ta sainte promesse, Mais toi, soldat, dis- moi, t'en souviens- tu?} 5. Ils te diront, les méchants, les impies, Qu'on ne peut être et chrétien et soldat Jeune guerrier, brave leurs railleries, Et livre- leur un généreux combat. Tous les héros que la France révère Furent aussi des héros de vertu: La France et Dieu! c'était leur cri de guerre; s. Dis- moi, soldat, dis- moi, t'en souviens- tu? 6. Jeune soldat, reste toujours fidèle A l'étendard, à la croix de JÉSUS! Afin qu'au jour de la vie éternelle Tu sois admis au banquet des élus! Qu'il sera beau, ce jour ou Dieu lui- même T'accordera le bonheur qui t'est dû, En te disant, dans sa bonté supreme: « Je l'ai promis, soldat, t'en souviens- tu? - No 27. Appel au combat. ( Air du Mont- Saint- Jean, ou Musique du P. Lambillotte.! » 1. Grand Dieu, vous me remplissez l'âme De foi, d'espérance et d'amour! Mon cœur, sur des ailes de flamme, S'élève au céleste séjour! Je vois la grande récompense, Réservée au yaillant, au fort! Je vois, plein d'une joie immense, La vie au- delà de la mort! Et nous aussi, volons à la victoire, Combattons pour le ciel et l'éternelle gloire! La terre est un lieu de combats: Soyons pour Dieu d'intrépides soldats. bis. 2. Je vois ces plaines enflammées Par les feux du divin Soleil! Je vois le grand Dieu des armées Dans son magnifique appareil! bis. 268 Il passe sa grande revue..... Devant lui défilent les siens Qu'elle est belle, la troupe élue! Qu'ils sont beaux, ces héros chrétiens! Et nous. 3. Je veux être, quoi qu'il m'en coûte, Du nombre des victorieux: Jésus- Christ me montre la route: En avant, marche! allons aux cieux! A l'enfer, rude et bonne guerre! Pour la vertu, vaincre ou périr! Qui meurt pour elle sur la terre, Il meurt pour ne jamais mourir! Et nous. 4. Avec Dieu j'ai fait alliance, Avec lui j'ai signé ma paix La paix avec ma conscience, Mais avec le vice..... jamais! Tourner le dos dans la bataille, Loin de moi cette lâcheté! Combien sont morts sous la mitraille Pour bien moins que l'Eternité! Et nous. 5. Loin de ma bouche le blasphème! Sur mes lèvres, comme en tout lieu, Au mal, éternel anathème! Louange au saint nom de mon Dieu! Loin de moi toute indigne flamme, Loin de moi tout langage impur! Marie a prié pour mon âme, Mon âme est chaste et mon cœeur sûr. Et nous. 6. Jésus- Christ a vaincu le monde, Et je rougirais de sa croix! Rougissons d'un propos immonde, Soyons fiers de dire: Je crois! Qui? moi! devant un mot frivole, Je tremblerais? mille fois non! Du bruit d'une vaine parole Pas plus de peur que du canon! Et nous. 7. Marchant sur les pas héroïques De tant de braves d'autrefois, Joignons dans nos coeurs catholiques Les mœurs, le courage et la foi; Et, dignes fils de tels ancêtres, Montrons à l'enfer abattu Que, désormais, nos premiers maîtres, C'est Dieu, l'honneur et la vertu! Et nous. No 26.- Jugement dernier. ( Air, no 79.) 1. Dieu va déployer sa puissance, Le temps, comme un songe, s'enfuit: 269 Les siècles sont passés, l'éternité commence, Le monde va rentrer dans l'horreur de la nuit. 2. J'entends la trompette effrayante; Quel bruit! quels lugubres éclairs! Le Seigneur a lancé sa foudre étincelante, Et ses feux dévorants embrasent l'univers. 3. Les monts foudroyés se renversent, Les êtres sont tous confondus. 4. Sortez des tombeaux, ô poussière, Dépouille des pâles humains: La mer ouvre son sein, les ondes se dispersent Tout est dans le chaos, et la terre n'est plus. Les monts. Le Seigneur vous appelle, il vous rend la lumière; Il va sonder vos cœurs, et fixer vos destins. 5. Il vient tout est dans le silence; Sa croix porte au loin la terreur. Le pecheur, consterné, frémit à sa présence, Et le juste lui- même est saisi de frayeur 6. Assis sur un trône de gloire, Il dit: Venez, ô mes élus! Comme moi, vous avez remporté la victoire; Recevez de mes mains le prix de vos vertus. 7. Tombez dans le sein des abîmes, Tombez, pécheurs audacieux; 8. Vous n'êtes plus, vaines chimères, Objets d'un sacrilége amour. No 29. J'entends. De mon juste courroux, immortelles victimes, Vils suppots des démons vous brûlerez comme eux. Tombez. www.S - Fléaux du genre humain, oppresseurs de vos frères, Héros tant célébrés, qu'étes- vous en ce jour? Vous. Jésus vainqueur de la mort. ( Air, no 36.) 1. Jésus paraît en vainqueur; Sa bonté, sa douceur Est égale à sa grandeur. Jésus paraît en vainqueur; Dieu. Ses dons, ses bienfaits, Ses divins attraits Aujourd'hui donnons- lui notre cœur. Malgré nos forfaits, Sortez. Il vient Ne nous parlent que de paix. Pleurons nos forfaits, Chantons ses bienfaits, Rendons- nous à ses aivins attraits. 2. Que tout éclate en concerts! Jésus brise les fers De la mort et des enfers. Assis. No 30. 270 Que tout éclate en concerts! Que son nom réjouisse les airs! Juste ciel! quel choix! Quoi! le Roi des rois A dû, par sa croix, Au ciel acquérir ses droits! Embrassons la croix; Que ce libre choix Au ciel assure à jamais nos droits! 3.0 mort, où sont- ils, tes dards? Je vois, de toutes parts, Tomber tes noirs étendards. O mort, où sont- ils tes dards? Mon Sauveur a détruit tes remparts En vain de ton bras Tu le saisiras; En vain dans tes lacs, 0 mort, tu l'entraveras. Libre, en ses Etats Il porte ses pas Et, vainqueur, enchaîne le trépas. 5. Je vois la mort sans effroi; Mon Seigneur et mon Roi En a triomphé pour moi. Je vois la mort sans effroi; Ce mystère est l'appui de ma foi. Ah! si son amour 1 N'a jusqu'à ce jour Trouvé nul retour, Dans ce terrestre séjour; Du moins, en ce jour, Cet excès d'amour Sera payé d'un juste retour. Le Pécheur détrompé des erreurs du monde. ( Air, no 115.) 1. Un fantôme brillant séduisit ma jeunesse, Sous le nom du plaisir il égara mes pas; Insensé que j'étais! je n'apercevais pas L'abîme que des fleurs cachaient à ma faiblesse. Mais enfin, revenu de mes égarements, Remettant mon salut à ta bonté chérie, O mon Dieu! mon soutien! après mille tourments, Quand je reviens à toi( bis), je reviens à la vie( ter). 2. Le flambeau si vanté de la philosophie, Ces lumières du jour dont j'admirais les feux, M'ont conduit sur le bord du précipice affreux 271 Où me poussait sans cesse une force ennemie. Mais, enfin, etc. 3. Plaisirs où j'avais cru ne trouver que des charmes, Ivresse de mes sens, trompeuse volupté, Hélas! en vous cherchant, que vous m'avez coûté De craintes, de douleurs, de regrets et de larmes! Mais, enfin, etc. 4. L'amitié, cet appui qui reposait mon âme, Cet asile si doux où j'avais sommeillé, Comme un songe menteur, quand je fus éveillé, B'offrit la trahison au reflet de sa flamme. Mais, enfin, etc. 3. Vous qui de vos vertus souteniez mon enfance, O mon père! ô ma mère! à combien de douleurs Ma jeunesse rebelle a dû livrer vos cœurs, Et troubler vos tombeaux dans leur pieux silence! Mais, enfin, etc. 6. Pardonnez, pardonnez à votre enfant coupable, Hélas! cent fois puni d'oublier vos leçons; Même au sein des plaisirs, par des remords profonds, Il expiait déjà son crime impardonnable. Mais, enfin, etc. 7. Oui, mon Dieu, c'en est fait, touché de ta clémence, Je quitte pour jamais le monde et ses appas. Nouvel enfant prodigue, appelé dans tes bras, Je retrouve à la fois mon père et l'innocence. Car, enfin, etc. 8. Sainte paix, calme heureux où mon âme repose, Plaisir délicieux dont s'enivre mon cœur, Oh! ne me quittez plus, donnez- moi le bonheur Qu'en vain, depuis longtemps, le monde me propose. Car, enfin, etc. No 31. Résistance aux tentations. ( Air, nos 65, 66: Par les chants.) 1. Si le péché vient de ses charmes Vous offrir la fausse douceur, Résistez- lui, courez aux armies: Un seul moment le rend vainqueur. L'ennemi redouble sa rage, Repoussez vivement ses coups: Gardez- vous de perdre courage: bis. Il ne peut vaincre malgré vous. 2. Dans ce combat, Dieu vous regarde; Il est toujours à vos côtés: Tandis que Dieu vous voit, vous garde, Par qui seriez- vous surmontés? Voyez, chrétiens, la récompense Que le Seigneur tient dans sa main; - 272 Elle est à vous, si la constance Soutient vos bras jusqu'à la fin. 3. Contre l'enfer et sa furie Aux bienheureux ayez recours; Mais invoquez surtout Marie, Et vous vaincrez par son secours. Vous seul pouvez, Sauveur aimable, Contre Satan nous protéger; Ouvrez- nous ce coeur adorable, C'est là qu'on brave tout danger. bis. No 32. Motifs d'aimer Dieu seul. ( Air, no 4.) 1 1. Pleins de ferveur, Brûlons sans cesse, Pleins de ferveur Pour le Seigneur. A n'aimer que lui tout nous presse, Lui seul mérite notre cœur.- Pleins. 2. Lui seul est grand, Seul adorable; Lui seul est grand, Seul tout- puissant. Ah! qu'il est beau! qu'il est aimable! En lui que tout est ravissant! Lui seul. 3. Plein de bonté Pour un coupable, Plein de bonté ,. De charité, Ce Dieu, dans son sang adorable, A lavé mon iniquité.- Plein. 4. Viens m'animer,- Amour céleste, Viens m'animer, Viens m'enflammer. Plein de dégoût pour tout le reste, C'est Dieu seul que je veux aimer.- 3. Ce n'est qu'à vous- Que je veux être, Ce n'est qu'à vous, O Dieu si doux! 1 - 6. Quelle douceur! Quelle douceur! - bis. 1 1 1 Possédez seul, aimable Maître, Un cœur dont vous êtes jaloux.- Ce n'est. Viens. Quand on vous aime! Quelle saveur! On goûte au- dedans de soi- même Une paix qui ravit le cœur.- Quelle. 7.C'est mon désir,- Dieu de mon âme, C'est mon désir,- De vous servir. De plus en plus que je m'enflamme, Que d'amour je puisse mourir!- C'est. No 33. Consécration à la sainte Vierge. ( Air, no 149.) 1. J'entends le monde qui m'appelle, Mais il m'offre en vain ses appas: O Marie! ô Reine immortelle! 273 Je viens ne jeter dans tes bras. Sous ton drapeau, toujours fidèle, Je ne craindrai point les combats. Reine des Cieux, Mère auguste et chérie, Oui, pour toujours nous sommes tes enfants: Nous le jurons à tes pieds, ô Marie! Plutôt mourir que trahir nos serments. 2. Laissons au mondain son ivresse Et n'envions pas son bonheur; Sa douce et brillante allégresse N'est pour lui qu'un songe trompeur: Quand le remords suit la tristesse, Reine des Cieux. Alors il déchire le cœur. 3. De fleurs il couronne sa tête Et sous ses pas naît le plaisir; Sa vie est un long jour de fête; Mais qu'il se hâte d'en jouir; Le noir enfer déjà s'apprête, L'abîme va bientot s'ouvrir.-Reine des Cieux. No 34. - - Invocation à l'Esprit saint. ( Air, no 16.) 1. Viens, Esprit d'amour, Descends aujourd'hui dans mon âme; Viens, Esprit d'amour, Viens, elle est à toi sans retour! Mon creur, qui te réclame, Abjure ses erreurs, Allumes- y ta flamme Et tes saintes ardeurs. Viens. - 2. Auteur de tout don, Dès ma jeunesse la plus tendre, Auteur de tout don, Tu m'appris à bénir ton nom; Aujourd'hui viens m'apprendre A n'en rougir jamais, A ne jamais me rendre Parjure à tes bienfaits.-- Viens. 3. Sans ta douce loi Il n'est plus que bonheur frivole; Sans ta douce loi, Il n'est aucune paix pour moi! C'est elle qui console Les vrais adorateurs, Et forts de ta parole, Ils bravent les malheurs. Viens. 4. Seigneur, je me rends; a divine bonté m'enchante! 12. 274 Seigneur, je me rends; Règne sur mon cœur et mes sens De ta main bienfaisante Viens graver, ô mon Dien! Dans mon âme inconstante, Tes lois en traits de feu. Viens. 3. Si je l'oubliais, Cette loi dans mon coeur tracée, Si je l'oubliais, J'accepte tes justes arrêts; Que ma langue glacée S'attache à mon palais, Que mon âme lassée Ne trouve plus de paix. Viens. No 35. La Mort. ( Air, no 18.) - A la mort, à la mort, Le Seigneur, à la mort, - www Pécheur, tout finira Te jugera. - 1. Il faut mourir, il faut mourir; De ce monde il nous faut sortir: - Le triste arrêt en est porté; Il faut qu'il soit exécuté.- A la mort. 2. Comme une fleur qui se flétrit, Ainsi l'homme bientôt périt; L'affreuse mort vient de ses jours En un moment trancher le cours.-A la mort. 3. Venez, pécheurs, près du cercueil, Venez confondre votre orgueil; Là, tout ce qu'on estime tant Est enfin réduit au néant.- A la mort. 4. Vous qui suivez tous vos désirs, Qui vous plongez dans les plaisirs, Pour vous quel affreux changement La mort va faire en ce moment! 3. Plus de trésors, plus de grandeurs, Plus de jeux, de ris, de douceurs; Ces biens, dont vous êtes jaloux, Vont tout- à- coup périr pour vous.- A la mort. 6.S'il vous fallait subir l'arrêt, Qui de vous, chrétiens, serait prêt? Combien dont le funeste sort Serait une éternelle mort!- A la mort. No 36. Pour l'Élévation et la Bénédiction. ( Airs nos 33 et 138.) 1. Sur cet autel, Ah! que vois- je paraîtrel A la mort. 275 Jésus mon Roi, mon divin Maitre. Sur cet aute!! Sainte Victime, Vous expiez mon crime Sur cet autel. 2. De tout mon cœur, Dans ce profond mystère, Je vous adore et vous révère De tout mon cœur. Bonté suprême! Que toujours je vous aime De tout mon cœur. No 38. - L'Écho des montagnes de Bethleem. ( Airs no 45.) 1. Les Anges, dans nos campagnes, Ont entonné l'hymne des cieux; Et l'écho de nos montagnes Redit ce chant mélodieux: Gloria in excelsis Deo. 2. Bergers, pour qui cette fête? Quel est l'objet de tous ces chants? Quel vainqueur? quelle conquête Mérite ces chants triomphants!- Gloria. 3. Ils annoncent la naissance Du libérateur d'Israël; Et, pleins de reconnaissance, Chantent en ce jour solennel- Gloria. 4. Cherchons tous l'heureux village Qui l'a vu naître sous ses toits; Offrons- lui le tendre hommage, Et de nos cœurs et de nos voix. 5. Dans l'humilité profonde Où vous paraissez à nos yeux, - Pour vous louer, Roi du monde. Nous redirons ce chant joyeux: 6. Toujours remplis du mystère Qu'opère aujourd'hui votre amour, Notre devoir sur la terre Sera de chanter chaque jour:- 7. Déjà les bienheureux Anges, Les Chérubins, les Séraphins, Occupés de vos louanges, Ont appris à dire aux humains:8. Dociles à leur exemple, Seigneur, nous viendrons désormais, Au milieu de votre temple, Chanter avec eux vos bienfaits. - Gloria. 1 Gloria. Gloria. · Gloria. Gloria. No 39. L'Eucharistie. ( Air, Pour le salut.) 1.0 mortel, fais silence, Jésus par sa présence Honore ce saint lieu; N'entends- tu pas les anges Chanter dans leurs louanges: Voilà ton Dieu( bis)? 2. Du fond du sanctuaire, Victime salutaire, Tu bénis les pécheurs. Que ta main sur nos âmes Verse de douces flammes. Voilà nos cœurs.( bis.) 276 Tom 1 No 40. Prière à la Reine des cieux. ( Air, Puissant Roi des rois.) 1.0 Reine des cieux! Ecoutez notre prière O Reine des cieux! Montrez- vous sensible à nos vœux Daignez, sur nous, jeter les yeux, O pieuse Mère! Ah! secourez en ce saint temps Vos faibles enfants, Vos enfants. - O Reine, etc. 2. De pauvres pécheurs Affligés de leur misère, De pauvres pécheurs Viennent vous confier leurs cœurs. C'est vous qui sécherez nos pleurs. O pieuse mère! Nous 9 élevons les mains vers vous: Tout viendra par vous. Oui, par vous.- De pauvres, etc. 3. Chantons mille fois Le nom divin de Marie; Chantons mille fois, Nous voulons vivre sous ses lois. Nos cœurs le disent par nos voix: Pour toute la vie, Chantons, répétons mille fois: Vivre sous ses lois, Sous ses lois.- Chantons, etc. 277 No 41. La jeunesse doit se consacrer au Seigneur. ( Air, no 20.) 1. Le temps de la jeunesse Passe comme une fleur. Hâtez- vous, le temps presse, Donnez- vous au Seigneur. Tout se change en délices Quand on veut le servir: Les plus grands sacrifices Font les plus doux plaisirs. 2. N'attendez pas cet âge Où les hommes n'ont plus Ni force, ni courage Pour les grandes vertus. C'est faire un sacrifice Qui vous a peu coûté, Que de quitter le vice Lorsqu'il n'est plus goûté. 3. Prévenez la vieillesse, Cette triste saison; Le temps de la jeunesse Est un temps de moisson, Le Seigneur vous menace D'une fatale nuit, Où, quoi que l'homme fasse, Il travaille sans fruit. 4. Que de pleurs et de larmes Il nous coûte au trépas, Ce monde dont les charmes Nous trompent ici- bas! D'agréables promesses Il nous flatte d'abord; Par de fausses caresses Il nous donne la mort. 5. Si le monde t'offense, No 42. Méprise son courroux; Dieu veut la préférence, Il s'en montre jaloux. Si sa bonté suprême A pour nous tant d'ardeur, Il faut l'aimer de même, Sans partager son cœur. 6. Eussiez- vous en partage D'ici- bas l'or trompeur, Serait- ce un avantage Sans l'amour du Seigneur? Quelle folie extrême De gagner l'univers, Et s'exposer soi- même Aux tourments des enfers! 7. Quand plusieurs fois au crime 1 L'on ose consentir, Hélas! c'est un abîme Dont on ne peut sortir; Il n'est rien de plus rude Que de se détacher De la longue habitude Qu'on s'est fait de pécher. 8. Pourquoi tant vous proRegrets du pécheur. ( Air, nos 28 et 29.) mettre De vivre longuement? Demain sera peut- être Votre dernier moment. Craignons que de la grâce Dieu ne change le cours, Qu'un autre à notre place Ne soit mis pour toujours. Ramené par mes malheurs, Tu vois mon cœur qui déplore Ses écarts et ses erreurs. Seigneur! Seigneur! Ah! reçois, reçois enbis. core 1. A tes pieds, Dieu que Mes soupirs et ma j'adore, douleur. bis. Seigneur, etc. 2. Si mon crime, qui to blesse, Sollicite ton courroux, La clémence, ô Dieu! te presse De me sauver de tes coups. Seigneur! Seigneur! J'attends tout de ta tendresse; Désarme ton bras 278 bis. vengeur. Seigneur, etc. 3. Israël, jadis coupable, Pleure ses égarements; Bientôt ta main secourable En suspend les châtiments. Seigneur! Seigneur! Jette un regard favorable Hong bis. Sur ce malheureux pécheur. Seigneur, etc. 4. Je ne puis rien sans ta grâce, Daigne donc me secourir; Seul, j'ai causé ma disgrace, Seul, je ne puis revenir. Seigneur! Seigneur! L'espoir enfin a fait place A ma trop juste frayeur. Seigneur, etc. 3. Mes soupirs sont ton ouvrage; Puisse mon cœur malheuNo 43.- Actes des Vertus theologales. ( Air, no 11.) Acte de Foi. reux Te venger de mon outrage Et de mes coupables feux! Seigneur! Seigneur! Que mon cœur longtemps volage N'aime plus que sa douleur. Seigneur, etc. bis. 1. Oui, je le crois, Ce que l'Eglise nous annonce; Oui, je le crois, Seigneur, et j'honore ses lois; Toutes les fois qu'elle prononce, Par elle l'Esprit saint s'énonce; Oui, je le crois. Acte d'Espérance 2. J'espère en vous, Dieu de bonté, Dieu de clémence, J'espère en vous: Quel autre espoir serait plus doux! Vous seul comblez mon espérance, Vous seul serez ma récompense; J'espère en vous. Acte de Charité. 7 3.0 Dieu Sauveur! bis. Vous êtes le seul bien suprême, O doux Sauveur! A vous seul je donne mon cœur: Et, pour l'amour de vous seul, j'aime Mon prochain autant que moi- même, O Dieu Sauveur 279 No 43.- Pour la Rénovation des voeux du Baptême. ( Air de la Marche des Gardes françaises; nº 37.) 1. Quand l'eau sainte du Baptême Coula sur vos fronts naissants, Et qu'un Dieu la bonté même Vous adopta pour enfants; Muets encore, D'autres promirent pour vous Aujourd'hui confessez tous La foi dont un chrétien s'honore. Foi de nos pères, Notre règle et notre amour, Nous embrassons dans ce jour Et ta morale et tes mystères. 2. En vain à ma foi soumise S'oppose un orgueil trompeur: Sur les traces de l'Eglise Puis- je marcher dans l'erreur? Trinité sainte, Je te confesse et te crois, Et je t'adore trois fois, Et plein d'amour et plein de craints. Foi de nos pères, etc. 3. Par un funeste héritage, Nos parents avec le jour Nous transmirent en partage La haine d'un Dieu d'amour. J'implore et crie; Dieu s'offense de mes pleurs. Mais Jésus a dit: Je meurs; Et sa mort me rend à la vie. Foi de nos pères, etc. 4. Ciel! quelle robe éclatante! Quel bain pur et bienfaisant! Quelle parole puissante D'un Dieu m'a rendu l'enfant! « Je te baptise....» Le ciel s'ouvre, plus d'enfer: Et des Anges le concert M'introduit au sein de l'Eglise. Foi de nos pères, etc.. 3. De quel oeil de complaisance Vous me vîtes, ô mon Dieu, Quand revêtu d'innocence, On m'emporta du saint lieu! Pensée amère! O beau jour, trop tôt passé! Hélas! je me suis lassé, 20% s jouproct 280 Mon Dieu, de vous avoir pour père, Foi de nos pères, etc. 6. Loin de moi, monde profane! Fuis, ô plaisir séduisant! L'Evangile vous condamne: Vous blessez en caressant. Sous votre empire, Mon Dieu, sont les vrais trésors; Vos douceurs sont sans remords: C'est pour elles que je soupire. Foi de nos pères, etc. No 44.- Dévouement à la Religion. ( Air du Chant du départ; no 111.) 1. Pourquoi ces vains complots, ô princes de la terre? Pourquoi tant de projets divers? Osez- vous vous liguer pour déclarer la guerre Au souverain de l'univers? Tremblez, ennemis de sa gloire; Tremblez, audacieux mortels: Il tient en ses mains la victoire: Tombez au pied de ses autels. La Religion nous appelle: Sachons vaincre, sachons périr: Un chrétien doit vivre pour elle; Pour elle un chrétien doit mourir. bis. 2. Depuis quatre mille ans plongé dans les ténèbres, Assis à l'ombre de la mort, L'univers, gémissant sous ses voiles funèbres, Soupirait pour un meilleur sort. Jésus paraît: à sa lumière, La nuit s'efface sans retour, Comme on voit une ombre légère S'enfuir devant l'astre du jour.( La Religion, etc.) 3. Pour soumettre à sa loi tous les peuples du monde, Il ne veut que douze pêcheurs; Et pour éterniser le royaume qu'il fonde, Il en fait ses ambassadeurs. Nouveaux guerriers, prenez la foudre; Allez conquérir l'univers; Frappez, brisez, mettez en poudre L'idole d'un monde pervers.( La Religion, etc.) 4. En vain, ô fiers tyrans! votre main meurtrière Fait couler leur sang à grands flots: Ce sang devient fécond: de leur noble poussière s'élève un essaim de héros; Et courbant eux- mêmes leurs têtes, Seigneur, sous le joug de tes lois, 281 Après trois siècles de tempêtes, Les princes arborent la Croix.( La Religion, etc.) 5.0 reine des cités! toi dont la destinée Est de régner sur l'univers; De ce joug si nouveau si tu fus étonnée, Tu t'enorgueillis de tes fers, La Religion triomphante Sur le trône de tes Césars Veut que les peuples qu'elle enfante Combattent sous ses étendards.( La Religion, etc.) 6. Sainte Religion, l'amour et les délices De nos pères, de nos aïeux, Puissent toujours marcher sous tes divins auspices Et leurs enfants et leurs neveux! Si jamais, de leur cœur bannie, Tu t'exilais loin des Français, Que ma trop ingrate patrie Se souvienne de tes bienfaits.( La Religion, etc.) No 45.- Mystère de la Passion. ( Air: Que ne suis- je la fougère; no 40.) 1. Au sang qu'un Dieu va répandre, Ah! mělez du moins vos pleurs, Chrétiens, qui venez entendre Le récit de ses douleurs. Puisque c'est pour vos offenses Que ce Dieu souffre aujourd'hui, Animés par ses souffrances, Vivez et mourez pour lui. 2. Dans un jardin solitaire Il sent de rudes combats; Il prie, il craint, il espère; Son cœur veut et ne veut pas. Tantôt la crainte est plus forte, Tantôt l'amour est plus fort; Mais enfin l'amour l'emporte, Et lui fait choisir la mort. 3. Judas, que la fureur guide, L'abordé d'un air soumis; Il l'embrasse, et ce perfide Le livre à ses ennemis. Judas, un pécheur l'imite, Quand il feint de l'apaiser: Souvent sa bouche hypocrite Le trahit par un baiser. 4. On l'abandonne à la rage De cent tigres inhumains; Sur son aimable visage Les soldats portent leurs mains. Vous deviez, Anges fidèles. 282 Témoins de ces attentats, Ou le mettre sous vos ailes Ou frapper tous ces ingrats. 8. Ils le traînent au grand- prêtre, Qui seconde leur fureur, Et ne veut le reconnaître Que pour un blasphémateur. Quand il jugera la terre, Ce Sauveur aura son tour: Aux éclats de son tonnerre Tu le connaîtras un jour. 6. Tandis qu'il se sacrifie, Tout conspire à l'outrager; Pierre lui- même l'oublie, Et le traite d'étranger. Mais Jésus perce son âme D'un regard tendre et vainqueur, Et met d'un seul trait de flamme Le repentir dans son cœur. 7. Chez Pilate on le compare Au dernier des scélérats; Qu'entends- je? ò peuple barbare! Tes cris sont pour Barrabas. Quelle indigne préférence! Le juste est abandonné; On condamne l'innocence, Et le crime est pardonné! 8. On le dépouille, on l'attache. Chacun arme son courroux Je vois cet agneau sans tache Tombant presque sous les coups. C'est à nous d'ètre victimes; Arrêtez, cruels bourreaux! C'est pour effacer nos crimes Que son sang coule à grands flots. 3. Une couronne cruelle Perce son auguste front: A ce chef, à ce modèle, Mondains, vous faites affront. Il languit dans les supplices; C'est un homme de douicurs; Vous vivez dans les délices, 10. Vous vous couronnez de fleurs! Il marche, il monte au Calvaire, Chargé d'un infame bois: De la, comme d'une chaire, Il fait entendre sa voix: Ciel, dérobe à la vengeance Ceux qui m'osent outrager! C'est ainsi, quand on l'offense, 283 Qu'un chrétien doit se venger. 11. Une troupe mutinée L'insulte et crie à l'envi: S'il changeait sa destinée, Nous croirions tous en fui. Il peut la changer sans peine, Malgré vos noeuds et vos clous, Mais le noeud seul qui l'enchaîne, C'est l'amour qu'il a pour nous. 12. Ah! de ce lit de souffrance, Seigneur, ne descendez pas; Suspendez votre puissance; Restez- y jusqu'au trépas. Mais tenez votre promesse; Attirez- nous après vous: Pour prix de votre tendresse, Puissions- nous y mourir tous 13. Il expire, et la nature Dans lui pleure son auteur. Il n'est point de créature Qui ne marque sa douleur. Un spectacle si terrible Ne pourra- t- il me toucher, Et serai- je moins sensible Que n'est le plus dur rocher? No 46.. Cantique d'actions de graces. ( Airs, nos 26, 28.) Refrain. Bénissons à jamais! Le Seigneur dans ses bis. bienfaits. 1. Bénissez- le, saints Anges, Louez sa majesté; Rendez à sa bonté Mille et mille louanges. Bénissons, etc. 2. Fut- il jamais un père Qui de ses chers enfants, Par des soins plus touchants, Soulageât la misère? Bénissons, etc. 3. Pasteur tendre et fidèle, Sans craindre le travail, Il ramène au bercail Une brebis rebelle. Bénissons, etc. 4. Il console mon âme, La nourrit de son pain; A ce banquet divin Il veut qu'elle s'enflamme. Bénissons, etc. 5. Sa bonté me supporte, Sa lumière m'instruit, Sa beauté me ravit, Son amour me transporte. Bénissons, etc. 6. Oui, sa douceur m'entraîne, Sa grâce me guérit, Sa force m'affermit, Sa charité m'enchaine. Bénissons, etc. 7. Dieu seul est ma richesse, Dieu seul est mon soutien, Dieu seul est tout mon bien. Je redirai sans cesse Bénissons, etc. 284 - - Principaux articles de la Doctrine chrétienne. ( Air, La neige a disparu( des Chants de Marie), ou Musique du P. Lambillotte.) No 47. Un Dieu créaleur et rémunérateur. Ses attributs. 1. Crois un Dieu créateur du ciel et de la terre, Qui conserve et gouverne en maître l'univers; Infini, juste et bon, de l'homme il est le Père, Réserve aux bons le ciel, aux méchants les enfers. Oui, Seigneur, nous croyons ces vérités divines. Mais daignez augmenter cette foi dans nos cœeurs. Nul ne sera sauvé, s'il ne tient ces doctrines, Et ne s'efforce en tout d'y conformer ses mœurs. Mystère de la sainte Trinité, révélé de Dieu. 2. Crois de la Trinité le mystère supreme: Trois personnes en Dieu Père, Fils, Saint- Esprit, Ils sont tous trois égaux, leur nature est la même. L'Eglise, notre Mère, ainsi de Dieu l'apprit.- Oui. Oui. Mystère de l'Incarnation.- Péche originel. 3. Pour laver dans son sang la tache originelle, Crois que le Fils de Dieu pour nous s'est incarné. Sans Jésus, l'homme était, à la mort éiernelle, Pour le péché d'Adam, justement condamné. Mystère de la Rédemption.- Abrégé de la vie de J.-C. 4. Conçu du Saint- Esprit, né d'une Vierge- Mère, Humble, pauvre et soumis, parmi nous il vécut; Guérit nos maux, précha l'Evangile à la terre, Et pour nous racheter, sur la croix il mourut.- Oui. Resurrection.- Ascension.- Jugement dernier. 5. Mais bientôt, sur la mort remportant la victoire, A la droite du Père il monta dans le ciel. Un jour, nous le verrons descendre, plein de gloire, Pour prononcer à tous notre arrêt éternel.- Oui. Saint- Esprit.- Justification du pécheur. 6. Le Père t'a créé par sa toute- puissance; Le Fils, pour te sauver, a versé tout son sang; L'Esprit saint, de ses dons accordant l'abondance, Rend ton cœeur juste et saint, de Dieu te fait l'enfant.- Oui. Nécessité de la prière,- de la grâce, de la fréquentation des sacremen's. · Oul. 7. Adresse au ciel une humble et constante prière. Sans la grâce, à tout bien nous sommes impuissants. De Jésus, par Marie, obtiens force et lumière, Et surtout avec foi, recours aux sacrements.- Confession.- Fuite de l'occasion. 8. Dieu du plus grand pécheur reçoit la pénitence; Reviens humble et contrit; sois franc dans tes aveux; Sois ferme en ton propos; sauve ton innocence De toute occasion, de tout mal dangereux.- Qui. — 285 Motifs de contrition. Maux qu'entraîne le péché. 9. Pour hair ton péché, songe aux maux qu'il amène. Monte au ciel en esprit; vois, quel trône tu perds! Descends, et des damnés vois l'éternelle peine! Viens au Calvaire, et là, verse des pleurs amers!-Oui. Eucharistie.- Communion fréquente. 10. Dans la communion, Dieu t'offre en nourriture Son corps, son sang, son âme et sa divinité. S'il change ici pour toi les lois de la nature, Il veut que ce banquet soit par toi fréquenté. Eglise.- Institution divine.- Infaillibilité.-Suprématie du Pape. Perpétuité. 11. Crois encor qu'ici- bas if a fondé l'Eglise; De son Esprit divin il l'assiste toujours. - Comme à son chef suprême, au Pape il l'a soumise Avec elle il sera jusqu'à la fin des jours.- Oui. Fins dernières de l'homme. 1 · Ouf. 12. Souviens- toi que pour lui Dieu t'a mis sur la terre. Le temps fuit; la mort vient; et puis, l'éternité!!... Ou le ciel, ou l'enfer, au bout de ta carrière... Connais, aime et sers Dieu; le reste est vanité! Qui. P. Ars. LEFÈVRE. No 48. Le Soldat à la vierge Marie. ( Air: L'encens des fleurs; nos 101, 102.) 1. J'ai dû quitter ma paisible chaumière; A mes parents j'ai dit un long adieu: Sur le soldat séparé de sa mère Veillez toujours, Vierge, Mère de Dieu. Choeur: Vierge Marie,- Priez pour nous, Mère chérie, Votre amour est si doux! 2. Vous le savez, dès ma plus tendre enfance On m'apprenait à bénir votre nom: Ce souvenir, tout rempli d'espérance, M'est un garant d'amour et de pardon.- Vierge Marie. 1 3. L'impiété, conduite par le vice, M'attaquera sans doute en mon chemin; Mais votre amour, aimable protectrice, Me défendra contre son noir venin. 4. Je suis soldat, je suis Français, ma Mère; Jamais l'effroi n'a fait battre mon cœur: Mais s'il s'agit, Vierge, de vous déplaire, Priez pour moi, bonne Mère, j'ai peur.- Vierge Marie. M***. Vierge Marie. CONSEILS. TABLE DES MATIÈRES. 286 Règlement. Litanies des Saints. Litanies de Notre- Seigneur Jésus- Christ. Première Partie. PRIÈRES ET OFFICES. PRIÈRES DU MATIN ET DU SOIR.. Esprit saint. Notre Père. Je vous salue, Marie. Je crois en Dieu. Je confesse à Dieu. Commandements de Dieu et de l'Eglise. Actes de foi, d'espérance, de charité, de contrition. Litanies de la Sainte Vierge. Angelus.. LA SAINTE MESSE. EXERCICE POUR LA CONFESSION. Dispositions nécessaires pour la Pénitence. Pratique pour la Confession. Examen de conscience. Acte de contrition. Acte de bon propos. EXERCICE POUR LA COMMUNION. Actes avant la Communion. Actes après la Communion. Ame de Jésus- Christ, sanctifiez- moi. O bon et très- doux Jésus. PRATIQUES ET PRIÈRES DIVERSES. Visite au Saint- Sacrement et à la sainte Vierge. Communion spirituelle. Prière au Sacré Cœur de Jésus. Dévotion du Chemin de la Croix.. Dévotion à la très- sainte Vierge. Consécration à la sainte Vierge. Souvenez- vous, ô très- pieuse Vierge Marie. Consécration au Saint- Coeur de Marie. Dans les tentations. Dévotion à l'Ange gardien et à saint Michel. Dévotion à saint Joseph. Dévotion au saint Patron. Renouvellement des promesses du Baptème. Prière pour les parents et les bienfaiteurs. EVANGILES DES DIMANCHES ET FÊTES PRINCIPALES, précédés de quelques Instructions. . Pages. 3 36 40 幻 88 9 5013 版 28274 5 28 79 802488 89 80 48 48 49 33 78 89 90 90 91 96 99 99 100 100 100 101 102 103 104 104 287 VEPRES DU DIMANCHE. HYMNES pour les divers temps et fètes de l'année. PSAUMES pour les Vêpres de certaines fêtes.. COMPLIES DU DIMANCHE. Antiennes, Hymnes et Proses à la sainte Vierge. AU SALUT. VEPRES DE LA SAINTE VIERGE. PSAUME Ecce quam bonum. Te Deum. Miserere mei, Deus.. De profundis clamavi.. Les sept Psaumes de la Pénitence. Deuxième Partie. INSTRUCTIONS, MÉDITATIONS, CANTIQUES. PRÉCIS DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE, OU Abrégé de ce qu'un Chrétien doit savoir, croire et pratiquer.. INSTRUCTION SUR LES INDULGENCES. PENSÉES CHRÉTIENNES pour tous les jours du mois. PORTRAIT DU VRAI CHRÉTIEN. PENSÉES ET SENTIMENTS SUR L'ÉTERNITÉ. RÉPONSES COURTES ET FACILES aux principales objections populaires contre la Religion. ORAISON UNIV. pour tout ce qui regarde le salut. PRIÈRE A JESUS- CHRIST. Cantiques. A la mort, à la mort, pécheur, tout finira. Armons- nous, la voix du Seigneur. A tes pieds, Dieu que j'adore. Au sang qu'un Dieu va répandre. Bénissons à jamais. Bravons les enfers. Chantons les combats et la gloire. Dieu va déployer sa puissance. D'une mère chérie. Esprit saint, descendez en nous. Goûtez, âmes ferventes. Grand Dieu, vous me remplissez l'âme. Hélas! quelle douleur. Il n'est pour moi qu'un seul bien sur la terre. Pages. 162 169 173 J'ai dû quitter ma paisible chaumière. Je mets ina confiance. J'entends le monde qui m'appelle. Jésus paraît en vainqueur. Jésus vient en ces lieux. Je veux célébrer par mes louanges. Le ciel en est le prix. Les anges dans nos campagnes, Le temps de la jeunesse. 176 180 184 186 188 188 189 168 189 196 202 203 232 233 233 248 249 274 265 277 281 283 259 263 268 265 250 258 267 251 264 283 262 272 269 237 261 255 275 277 Le monde en vain. Mon doux Jésus, enfin voici le temps. O Roi des cieux. O mortel fais silence. O Reine des cieux. Oui, je le crois. Pécheurs, entendez- vous la foudre. Pleins de ferveur. Pourquoi ces vains complots. Quelle nouvelle et sainte ardeur. Qu'ils sont aimés, grand Dieu, tes tabernacles. Quand l'eau sainte du baptême. Reviens, pécheur, à ton Dieu qui t'appelle. 288 Sainte cité, demeure permanente. Si le péché vient de ses charmes. Sur cet autel, le Roi de gloire. Sur cet autel. Te souviens- tu, brave enfant de la France. Travaillez à votre salut. Triomphez, Reine des cieux. Unis aux concerts des anges. Un Dieu créateur et rémunérateur. Un fantôme brillant séduisit ma jeunesse. Venez, divin Messie. Viens, Esprit d'amour. Moi baptisé dans l'église j'ai été confirmé PRÉCIEUX SOUVENIR. le 18 Pages. 257 254 256 276 276 278 254 272 280 260 264 274 252 255 271 257 274 266 250 262 260 284 270 263 273 Inches 1 Centimetres Blue 2 ¹3 4 Cyan 2 15 6 Farbkarte# 13 3 Green 8 Yellow 9 4 10 Red 11 5 12 13 Magenta 14 CO 6 15 White 16 17 7 3/ Color 18 19 B.I.G. Black 8