“ ““ — HISTOIRE NITURÉELERZ. GÉNÉRALE ET PARTICULIÈRE: DES QUADRUPÈDES. TOME VINGT-TROISIÈME. d Ni SOŒUSCRÎT A PARIS, Duranrr, Imprimeur-Läbraire, rue des Noyers, N° 22; Cuxzz| BEerTRrAND, Libraire, rue Montmartre, N° 115, à côté des diligences; A ROUEN, Chez VALxéE, frères, Libraires, rue Beffroi, N° 22. Hnil GENS || PR | Moore JO :| JeSupplæ glace qu is naturel) del | dehiod (| cdi Ouvracs‘HS: || 1 | NÈNBRE qe TOM RS | à T-Librai«és des , rue À deteartre, s diligé ex \, rue Bel to N' 2 HISTOIRE NATURELLE, GENERALE ET PARTICULIERE, PAR LECLERC DE BUFFON; Novvezze Eprrion, accompagnée de Notes, et dans laquelle les Supplémens sont insérés dans le premier texte, à la place qui leur convient. L’on y a ajouté lhistoire naturelle des Quadrupèdes et des Oiseaux découverts. depuis la mort de Buffon, celle des Reptiles, des Poissons, des Insectes et des Vers; enfin, l’histoire des Plantes dont ce grand Naturaliste n’a pas eu le tems de s’occuper. Ouvrace formant un Cours complet d'Histoire Naturelle; REDIGE PAR C. S SONNINI, / MÉMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES TOME VINGT-TROISIÈME. PA RANN SN À jt | Le DE L'IMPRIMERIE DE F. DUFART. 72 AN: VIIL LA F: LE BœUr > 7) RS LE ce x sp ARS A. EE + = og krach» | Lime | italien M | hi Maud{ We SA he| om on Ni SN ss ME L AU: Non LANTA AAA ir uw "1 — RAT PTENT | ny 4 Pat lu dub 1} fn lame d ,; | lun l À, |“bo F | ( CHE HISTOIRE RUES à- DES QUADRUPÈDES. *LE BŒ@UF(à). Es surface de la terre, parée de sa verdure est le fonds inépuisable et commun duquel l’homme et les animaux tirent leur subsis- tance; tout ce qui à vie dans la Nature vit sur ce quivégète, et les végétaux vivent à * Voyez, planche I, les figures du taureau et de la vache. (1) Le taureau. En hébreu, sor. En chaldéen,#hor. En grec ,; tauros. En arabe, éaur, hoche et bakar. En italien et en espagnol, éoro. En portugais, éauro. En auglais, Oull. Dans le pays de Galles, iarw. En alle- mand, séier. En suédois, éiur. En daiois> tyr. En nie, ol. En ire, wul. En flamand, séier. En russe, bi6. En slavon, junctz. En tartare, ugous,. Par les tscheremisses, üschküsch. Par les mordonans, Buka. En indostani, bahell. En samskroutam, koïa. en tamoul, madu ét errouddu, etc. etc. ‘ Taurus domesticus cum vaccä. Klein, Quadr. pag. 0,— Bos cornibus teretibus flexis.,, Taurus. Brisson, Tome XXIII.|: À D HISTOIRE: leur tour des débris de tout ce qui a vécu et cn végète. Pour vivre il faut détruire, et ce oki n'est en eflet qu’en détruisant des êtres, … svenl que les animaux peuvent se nourrir et se| conlinf multiplier. Dieu, en créant les premiers| Jacrol individus. de chaque espèce d’animal et de*|! la ssl végétal, a non seulement donné la forme à sa rec la poussière de la terre, mais il l’a rendue| al, vivante et animée, en renfermant dans chaque individu une quantité plus ou moins rien fa5sCM grande de principes actifs, de molécules our! organiques vivantes, indestructibles(1) et rebus :| génére, Regn. animal. gen. 11.— Pos cornibus teretibus extror- Li je sum curvatis, palearibus laxis..... Bos taurus. Erx- céder leben, Syst. Regn. animal. gen. 26, sp. 1.— Lin. Syst. tan nat. edit. 13. gen. 52, sp. 1. Nota. Accoutumés à n’envisager les animaux que| à. Î nous avons réduits en domesticité, que sous les rap-(oups ports de leur plus grande utilité, nous avons fini par doux donner aux genres entiers le nom des individus de à ces genres, que nous mutilons afin d’en tirer de Plenoys meilleurs services. C’est ainsi que nous disons le genre| qu» du bœuf au lieu de celui du éawreau, lc genre du|% mouton ou de la brebis, au lieu de élui du bélier; et: A1 les naturalistes se sont prêtés à cette façon commune hqul et en même tems. sper naturelle de s’expliquer.| tt k' SONNINI. dé à (1) Voyez les chapitres 6 et suivans du_— Une. ê XV IT de cette Histoire Naturelle. GES dl ft RE It ce MS roy et t détr) 2: un disant! Fi êtres ce| An tp| donné flore; mais 1 rendue| renfe dt dans tité pl moins (s:, dé Ex écules| estrucl Ex(1) ét te rangs nibus Lel Bsietro-| … Bol ts Err- 26, sp. ans| ager les! Maux que té, quel Meolés np- >, nous à Mol pt nom des“nidus&| ns afin d ue de| 1e nous di to genie. taureau, Walure di de celui Weber; ci , cette{ag% none de s’expl 5 Son tar 4 sont pt suivan le. DU BGUF. 5 communes à tous les êtres organisés: ces molécules passent de corps en corps, et servent également à la vie actuelle et à la si de la vie, à la nutrition, à l'accroissement de chaque individu; et après là dissolution du corps, après sa dette sa réduction en cendres, ces molécules or- ganiques, sur lesquelles la mort ne peut rien, survivent, Circulent dans l’univers, passent dans d’autres êtres et y portent la nourriture et la vie. Toute production, tout- renouvellement, tout accroissement par la génération, par la nutrition, par le dévelop- pement, supposent donc une destruction pré- cédente, üne conversion de substance, un transport de ces molécules organiques qui ne se multiplient pas, mais qui, subsistant toujours en nombre égal, rendent la Nature toujours également vivante, la terre éga- lement peuplée et toujours égnde mpn res- plendissante de la première gloire de celui qui l’a créée. À prendre les êtres en général, le total de Ja quantité de vie est donc ioujours le même, et la mort, qui semble tout détruire, ne détruit rien de cette vie primitive et com- mune à toutes les espèces d'êtres organisés: comme toutes les autres puissances subor- . À 2 : à. HISTOIRE données et subalternes, la mort waltaque que les individus, ne frappe que la surface, ne détruit que la forme, ne peut rien sur la matière, et ne fait aucun tort à la Nature, qui n’en brille que davantage, qui ne lui permet pas d’anéantir les espèces, mais la laisse moissonner les individus et les dé- truire avec le tems, pour se montrer elle- même indépendante de la mort et du tems, pour exercer à chaque instant sa puissance toujours aclive, manifester sa plénitude par sa fécondité, et faire de l'univers; en reproduisant, en renouvelant les êtres, un théâtre toujours rempli, un spectacle tou- jours nouveau.| Pour que les êtres se succèdent, il est donc nécessaire qu’ils se détruisent entre eux; pour que les animaux se nourrissent et subsistent, il faut qu’ils détruisent des vé- gélaux ou d’autres animaux; et comme avant ét après la destruction la quantité de vie reste toujours la même, il semble qu'il de vroit être indifférent à la Nature que telle ou telle espèce détruisit plus ou moins; cependant, comme une mère économe, at sein même de l’abondance, elle a fixé des bornes à la dépense et prévenu le dégât ap- parent, en ne. donnant qu'à peu d'espèces dt dan nd€ qières chou decerl qans M tien “ave Lo second établi" mer, 1 nous 4) press elles-1s dérorg détra gran 4 toute tours. ) LT sance j EE mort Mn aqu à quel® Ace peut 1 Dir rt à| 1 àtwe, age, À Mie hi espece Me aÿ la vidus à is dé se md Etrelk. mort€ Es tens, ant sd Peine er sal eine de l’d@uisten ant les és, un in spel Ps: lou- succédl À sil est détrui me: entre 1x se À Oise détruis byes vt X; et co M: aval L quil Ze vi | semblé il d- Natun> telle plus( OU; ère écd=t; ai … eJlelle tds venu lé éLHàtap u’à pei[= spécs DU BEU ne 5 d'animaux l’instinct de se nourrir de cliair; elle a même réduit à un àssez petit nombre d'individus ces espèces voraces et carnas- sières, tandis qu’elle a multiplié bien plus abondamment et les espèces et les individus de ceux qui se nourrissent de plantes, et que dans les végétaux elle semble avoir pro- digué les espèces, et répandu dans chacune, avéc profusion, le nombre et la fécondité. L'homme a peut-être beaucoup contribué à seconder ses vues, à maintenir, et même à établir cet ordre sur la terre; car, dans la mer, on retrouve cette Édsrenbé que nous suppôsions:. toutes les espèces sont presque également voraces; elles vivent sur elles-mêmes où sur les autres, et s'entre- dévorent perpétuellement sans jamais 56| détruire, parce que la fécondité y est aussi grande que la déprédation, et que presque toute la nourriture, toute la consommation tourne au profit de la reproduction. L'homme sait user en maïître de sa puis- sance sur les animaux; il a choisi ceux dont la chair flatte son goût, il em a fait des'es- claves domestiques, 1l les a multipliés plus que la Nature ne l’auroit fait, il en a formé des troupeaux; et par les soins qu Al prend de les faire naître, il semble avoir acquis le À 9 6 TTSTOTRE droit de se les immoler; mais il étend ce droit bien au-delà de ses besoins; car, indé- pendamment de ces espèces qu’il s’est assu- Jetties, et dont il dispose à son gré, il fait aussi la guerre aux animaux sauvages, aux oiseaux, aux poissons; il ne se borne pas même à ceux du climat qu'il habite, il va chercher au loin, et jusqu’au milieu des mers, de nouveaux mets, et la Nature entière semble suffire à peine à son intem- pérance et à l’inconstante variété de ses _appétts. L’homme consomme, engloutit lui seul plus de chair que tous les animaux ensemble n’en dévorent; il est donc le plus grand destructeur, et c’est plus par abus que par nécessité. Au lieu de jouir modérément des biens qui lui sont offerts, au lieu de les dispenser avec équité, au lieu de réparer à mesure qu’il détruit, de renouveler lorsqu'il anéantit, l'homme riche met toute sa gloire à consommer, toute sa grandeur à perdre en un jour à sa table plus de biens qu'il n’en faudroit pour faire subsister plusieurs fa- milles; 1l abuse également et des animaux ét des hommes, dont le reste demeure affamé, lañiguit dans la misère, et ne travaille que pour salisfaire à lappétit immodéré et à la vanité, encore plus insatiable, de cet hou| Jyelle,| (eper| al,? parot que no lepur! qui CA pére Corps pose à l'herbeu niques| que le autant TAUX li senlé aimer blé, Ml de m4 feuill4 plante(Q sus 4 rent les UN RE mas! 4} é md ü j C8 esoins| RL LA +son{= if} FES AU D anx er se) me pe d'il hal pa à qu'au| Es y des :»©L}h Wlature ne à{ Elo. € vari|: me, en wlitlni us les Esnaux est dd plus lus pal Lssque uir md ment s, au À me les leu de! er à Ju velet@lquil t toute Mdoire deur à j Mtseen biens q Ben r plusi te i- ot des: Mmaux emeurc sm; Le trave Hique mmodé Wet à tiable,#8, cei |= inde. homme, qui, détruisant les autres par la disette., se détruit lui-même par les excès. Cependant l’homme pourroit, comme l'a- nimal, vivre de végétaux: la chair, qui paroît être si analogue à la chair, n'est pas une nourriture meïlleure que les graines où le pain; ce qui fait la vraie nourriture, celle qui contribue à la nutrition, au dévelop- pement, à l'accroissement et à l’entretien du corps, n’est pas cette ma tière brute qui com- pose à nos yeux la texture de la chair ou de l'herbe, mais ce sont les molécules Orga= niques que l’un et l’autre contiennent, puis- que le bœuf, en paissant l'herbe, acquiert autant de chair que l’homme ou que les ani- maux quine vivent que de chair et de sang; la seule différence réelle qu’il y ait entre ces alimens, C'est qu’à volume égal la chair, le blé, les graines contiennent beaucoup plus de molécules organiques que lhérbe; Îles” feuilles, lés racines et les autres païties des plantes, comme nous nous en sommes as- surés en observant les:infusions de ces dif- férentes matières; en sorte que l’homme et les animaux dont l'estomac et les: intestins n’ont pas assez de capacité pour admettre un très-grand volume d’alimens, ne pourroient pas prendre assez d'herbe pour en:lirer la À 4 3 HISTOIRE quantité de molécules organiques nécessaire à leur nutrition; et c’est par cetté raison que Phomme et les autres, animaux qui m'ont qu’un estomac, ne peuvent vivre que de chair ou de graines, qui, dans un petit vo- lume, contiennent une très-srande quantité de ces molécules organiques nutritives, tandis que le bœuf et les autres animaux rTuminans, qui ont plusieurs estomacs ,; dont l’un est d’une très-grande capacité, et qui par conséquent peuvent se remplir d’un grand volume d'herbe, en tirent assez de molé- cules organiques pour se nourrir, croître et multiplier; la quantité compense ici la qua lité de la nourriture, mais le fonds en est le même, c’est la même matière, ce sont les mêmes molécules organiques qui nourrissent le bœuf, l’homme et tous les aniaux. On ne manquera pas de m’opposer que le cheval n’a qu’un estomac, et même assez pet; que l’âne, le lièvre et d’autres ani- maux qui vivent d'herbe n’ont aussi qu’un estomac, et que par conséquent cette expli- cation, quoique vraisemblable, n’en est peut-être n1 plus vraie, ni mieux fondée; cependant, bien loin que ces exceptions ap- parentes la détruisent, elles me paroissent au contraire la confirmer; car, quaique le [ der f nt des grande à ka pans yes ON longue vaut al met se noû vera(04 de l'estcs Jes ann Se NOUT | bœuf, la estomac prodigi lente: ils, à d'inde RE nique Cx: Essaie h« cetté D” on F man x pp: Won ent vi>” que de sk: 1| fit We Fr| re autr($ 4 ITS estq mi, dont apaci l S ipar mplir| des grand it asse!> mok- 1ourril D ibre et npensd Ésoi qu- s le Bu atière| Ste es qui 1 Es issent Les anif fer: n'oppt Sue le © NE Masse| > et d'a han| n'ont at fui quent cé sxpl- blable,@en ei | mieux 0 idée, es exce] ENS 4P es me P dsssent r, qu Me le DU SUR: 9 cheval et l’âne n'aient qu’un estomac, 1ls ont des poches dans les intestins, d’une si grande capacité, qu’on peut les comparer à la panse des animaux ruminans, et les liè- vres ont l'intestin cæcum d’une si grande longueur et d’un tel diamètre, qu’il équi- vaut au moins à un second estomac: ainsi 1l. _ n’est pas étonnant que ces animaux puissent se nourrir d'herbe, et, en général, on trou- vera toujours que c’est de la capacité totale de l'estomac et des intestins'que dépend dans les animaux la diversité de leur manière de se nourrir; car lés ruminans, comme le bœuf, le bélier, le chameau, etc. ont quatre estomacs, et des intestins d’une longueur prodigieuse; aussi vivent-ils d'herbe, et l’herbe seule leur suffit..Les chevaux, les ânes, les lièvres, les lapins, les cochons d'Inde, etc., n’ont qu’un estomac, mais ils ont un cæcum qui équivaut à un second es- tomac, et ils vivent d'herbe et de graines: Les sangliers, les hérissons, les écureuils, etc. dont l’estomac et les boyaux sont d’une moindre capacité, ne mangent que peu d'herbe, et vivent de graines, de fruits et de racines; et ceux qui, comme les loups, les rnb les tigres, etc., ont l’estomac et des ati dune plus petite capacité que #0 HISTOIRE tous les autres, relativement au volume de leur corps, sont obligés, pour vivre, de choisir les nourritures les plus succulentes, les plus abondantes en molécules organi- ques, et de manger de la. chair et du sang, des graines et des fruits. Cest donc sur ce rapport physique et né- cessaire, beaucoup plus que sur la conve- nance du goût, qu’est fondée la diversité que nous voyons dans les appétits des ani- maux; Car s1 la nécessité ne les déterminoit pas plus souvent que le goût, comment pourroient-ils dévorer la chair infecte et cor- rompue avec autant d’avidité que la chair succulente: et: fraîche?: Pourquoi mange- roient- ils également de toutes sortes de chair? Nous voyons que les chiens domes- tiques, qui ont de quoi choisir, refusent assez constamment certaines viandes,comme la bécasse, la grive, le cochon, etc., tandis que les chiens sauvages, les loups, les re- nards, etc., mangent également, et la chair du cochon, et la bécasse, et les oiseaux de toutes espècess et même les grenouilles, car nous en avons trouvé deux dans l’estomac d’un loup; et lorsque la chair ou le poisson leur manque, ils mangent des fruits, des graines, des raisins, etc. et ils préfèrent Î | tous| elent V files, piques pl du corps. SL ces santes,€ dont o1 graisse qu supp cales 0re abondané brel a sa ioule not grain, de sabstent tems la« tente, Font du elle-mê qu'elle: Ils, | ire, qu lslins p | Gé rely | Poun | til L y RE ent au ime de > Pour re dé plus s Pienie nolécu Érgu: Chair! M3, su, rt phy! el né. que su Æ conve. ondée| Msyejsis s appel Mæs ani ne les! Æéninoit > goût! mment| char it seteor vidité gæichir Por Cas > toute&æ 1tes de chi&rlomes- choisi® ,fusent nes via C0 ochon| Si tands| les Jon Pæles 1e lement| Fa chi , et les E aux de es gren lets; “ux dat! “hair où”{ue nt des} ls 1, et 11 éfèren) stomib DU BŒUF.#3 toujours tout ce qui, dans un petit volume, contient une grande quantité de parties nu- tritives, c’est-à-dire, de molécules orga- niques Pie à la nutrition et à l'entretien du corps." M| Si ces preuves ne paroissent pas sis santes, que l’on considère encore la manière dont on nourrit le bétail que l’on veut en graisser; on commence par la castration, ce qui supprime la voie par laquelle les molé- cules organiques s’échappent en plus grande abondance; ensuite, au lieu de laisser le . bœuf à sa pâture ordinaire; et à l'herbe pour toute nourriture, on lui donne du son; du grain, des navets, ds alimens en un mot ide substantiels que l’herbe:, et en très-peu de tems la quantité de la chair de l'animal aug- mente, les sucs et la graisse abondent,«et font d’une chair assez dure et assez sèche par elle-même,une viandesucculenteet si bonne, qu’elle fait la base de nos meilleurs repas. Il résulte aussi de ce.que nous venons de dire, que l’homme, dont Pestomac et les in- testins ne sont pas d’une très-grande capa- cité relativement au volume de son corps, ne pourroit pas vivre d’herbe seule; cepen- dant ilest prouvé par les faits, qu’il pourroit bien vivre de pain, de légumes et d’autres 7 HISTOIRE graines de plantes, puisqu'on connoît des nai tions entières, et des ordres d’hommes aux- quels la religion défend de manger de rien qui ait eu vie; mais ces exemples, appuyés même de l'autorité de Pythagore, êt recom- mandés par,quelques médecins trop amis de la diète, ne me paroissent pas suffisans pour anne hé qu'il y eût à gagner pour la santé des hommes et pour la multiplica- tion du genre humain, à ne vivre que de lé- gumes et de pain, d'antant plus que les gens de la campagne, que le luxe des villes et la somptuosité de nos tables réduisent à cette façon de vivre, languissent et dépérissent plutôt que les hommes de l’état mitoyen, auxquels l’inanition et les excés sont égale- ment inconnus.| Après l’homme, les animaux qui ne vi- vent que de chair sont les plus. grands des- ructeurs; 1ls sont en même tems, et tes en- nemis de la Nature et les rivaux de l’homme; ce n'est que par une attention toujours nou- velle, et par des soins prémédités et suivis, qu'il peut conserver ses troupeaux, ses vo- lailles, etc., en les mettant à l'abri de la serre de loiseau de proie et de la dent carnassière du loup, du renard, de la fouine, de la be- Jette, etc.; ce n’est que par une guerre con- nelle( fut, tOÙ jeinens, CC | ils, de | ingecles | monde,: eu que! EU ment si plus pre ON ISSCL soment q tout est a . arrent | enêne 4 nt, env cheval, anal\vS prunes di, | que ed leu, GUCOn. toi in| di DS(y | en ti LUTTE F b Wie f [RE don co fe: tes ns res d'h Eos an. de mi 2 de re exempl# ep Puyés thagof|* récom.| édecins fa amis at pas Œ 05 por| F eût à Eser pour| pour| lip. une VIN Perd}é- nt pluf Mes sens luxe dé er es et ll les rédu Bs: à celte ssent el Œsent de lél Mitoye, les excl et égale animaut Æ ne vr les pluf Æxds des ême tend M: les er- rivaux!| bæomm »ntion t€ LrS NOU- rémédil: SUV, ; ser m5 a l’ ab! Jase e v a den= ass” la fouit à de ja be ere ON ar une) Es" DU BŒUFE. 13 tinuelle qu'il peut défendre son grain, Ses fruits, toute sa subsistance; et même ses vê- iemens, contre la voracité des rats, des che- nilles, des scarabées, des mites, etc., car les insectes sont aussi de ces bêtes qui, dans le inonde, font plus de mal que de bien; au lieu que le bœuf, le mouton et les saliah animaux qui péché l'herbe, non seule- ment sont les meilleurs, les bis utiles, les.®’ plus précieux pour l’homme, puisqu'ils le nourrissent, mais sont encore ceux qui con- _somm ent et dépensent le moins; le bœuf sur- tout est à cet égard lanimal par excellence, car il rend à la terre tout autant qu’il'en tés et même il améliore le fonds sur lequel il vit, ilengraisse son pâturage; au lieu que le cheval, et la plupart des autres animaux amaigrissent en peu d'années les meilleures prairies.| Mais ce ne sont pas là les seuls avantages que le bétail procure à l’homme; sans le bœuf, les pauvres et les riches auroïent Le de peine à vivre, la terre demeu- reroit inculte, les champs et même les jar- dins seroient secs et stériles; c’est sur Jui que roulent tous les travaux de la campagne; il est le domestique le plus utile de la ferme, le soutien du ménage champêtre; il fait toute 14 HISTOIRE Ja force de l’agriculture; autrefois il faisoit toute la richessé des hommes, et aujour- d'hui il est encore la base de l’opulence des états, qui ne peuvent se soutenir et fleurir que par la culture des terres et par l’abon- dance du bétail, puisque ce sont les seuls biens réels, tous les autres, et même l’or et Vargent, n’étant que des biens arbitraires;' des représentations, des monnoies de crédit, qui n’ont de valeur qu’autant que le produit de la terre leur en donne. Le bœuf ne convient pas antant que le cheval, l'âne, le chameau, etc. pour porter des fardeaux; la forme de son dos et de ses reins le démontre, maïs la grosseur de son cou et la largeur de ses épaules indiquent âssez qu'il est propre à tirer et à porter le joug; c’est aussi de cette marière qu’il tire le plus avantageusement, et 1l est singuher que cet usage ne soit pas général, et que dans des provinces entières on l’oblige à tirer par les cornes; la seule raison qu’on ait pu m'en donner, c’est que quand il est attelé par les cornes on le conduit plus aisément; il a la tête très-forte, et 1lne laisse pas de tirer assez bien de cette façon, mais avec beancoup moins d'avantage que quand iltire par Îles épaules; il semble avoir été fait exprès pour “jade des MON jus, 1 | palence aletendt thus ce | rit que quoiqu si MOI élevé sur LrOp grain smpatier | lote mé pese de: son alt | Huit à| | Ent ylus LE mass ee [RI ; autre fo} farsc) ommes 4 au}Our. se de 1 Œ'enceds > SOUte Œi} fleur erres€ Su‘| bn L tres el Ein. es bien] Airis, monn( cri ytant{| pod) e.| © pas 1Ë que le au, etc Bec porter| de son! æi(tk se s la gro me dei »s épaul Eediquen tirer e æorter be: e mari Suit t, et il| ing général} MBreue dau on lol@i à! tre raison[F qu eut pu) it(ft alt iduit pli! sement, ne laissé ec detrel mais a 4 Boat gand ill ea pi j glé fait Be D DU BŒUF.. NS la charrue; la masse de son corps, la lenteur. de ses mouvemens, le peu de hauteur de ses jambes, tout, jusqu’à sa tranquillité et à sa patience dans le travail, semble concourir à le rendre propre à la culture des champs, ét plus capable qu'aucun autre de vaincre la résistance constante et toujours nouvelle que la terre oppose à ses efforts: le cheval, quoique-peut-être aussi fort que le bœuf, _est moins propre à cet ouvrage; ilest trop élevé sur ses jambes, ses mouvemens sont trop grands, trop brusques, et d’ailleurs il s’impatiente et se rebute trop aisément; on lui ôte même toute la légèreté, toute la sou- plesse de ses mouvemens, toute.la grace de son altitude et de sa démarche, lorsqu'on le réduit à ce travail pesant, pour lequel il faut plus de constance que d’ardeur, plus -de masse que de vitesse, et ie de puit que de ressorts. Dans les espèces d'animaux dont l’homme a fait des troupeaux, et où la multiplication: est objet principal, la femelle est plus né- cæssaire, plus utile que le mâle; le produit de la vache est un bien qui croît et qui se: renouvelle à chaque instant; la chair du. veau est une nourriture aussi abondante que saine et-débicate; le laitiest Paliment des 16 HISTOIRE enfans, le beurre lassdisonnement de la plu: part de nos mets, le fromage la nourriture la plus ordinaire des habitans de la cam- pagne: que de pauvres familles sont aujour- d’hui réduites à vivre de leur vache! Ces mêmes hommes qui tous les jours, et du matin au soir, gémissent dans le travail et sont courbés sur la charrue, ne tirent de la terre que du pain noir, et sont obligés de céder à d’autres la fleur, la substance de leur grain; C’est par eux et ce n’est pas pour eux que les moissons sont abondantes; ces mêmes hommes quiélèvent, qui multiplient le bé- tail, qui le soignent et s’en occupent perpé- luellement, n’osent jouir du fruit de leurs travaux; la chair de ce bétail est une nour- riture dont ils sont forcés de s’interdire l'usage, réduits par la nécessité de leur con- dition, c’est-à-dire, par la dureté des autres ‘hommes, a vivre comme les chevaux, d'orge: et d'avoine ou de légumes grossiers, et de lait aigre.: On peut aussi faire servir la vache à la charrue; et quoiqu’elle ne soit pas auss} forte que le bœuf, elle ne laisse pas de le remplacer souvent: mais, lorsqu'on veut l’employer à cet usage, 1l faut avoir atten- tion de l’assortir, autant qu’on le peut, avec | un _ phign … droit | TOMpue ferrans anssl€ chaque. dans leg borné 4 quoi, ele | Qu m | Son n | tlens | lanion Donrer bn | sen RE nneme M la plu âge la ex Œiture bilans 22 cn milles{ fs jour. e leur! St S Les} M à à dans| be ivail 4 rue, n Pat deb ©b SO De igés de la subs fx de Jen > n’est| ÉÆureux| ondanté à mènes! ui mul Matkeh:| s’en Occ} met perpt ir du ft sde leur bétail à be ienout orcés dé ner nécessité Bkeur co! r Ja dur! salt | ET. Le les ché Æst,d0} ames grl end d| servir 10 | lle ne s=2% je. e ne lal 01 qell cheik DU BŒUF. 17 un bœuf de sa taille et de sa force, on avec une autre vache, afin de conserver l'égalité du trait et de maintenir le soc en équilibre entre ces deux puissances; moins elles sont inégales, et plus le labour de la terre en est régulier. Au reste, on emploie souvent six etjusqu'à huit bœufs dans les terrains fermes, et sur-tout dans les friches qui se lèvent par grosses mottes et par quartiérs; au lieu que deux. vaches suffisent pour labourer les terrains meubles et sablonneux: on peut aussi dans ces terrains: légers pousser à chaque fois le sillon beaucoup plus loin que dans les terrains forts. Les anciens avoient borné à une longueur de cent vingt pas la plus grande étendue du sillon que le bœuf devoit tracer par une continuité non inter- rompue d’eflorts et de mouvemens; après quoi, disoient-ils, il faut cesser de l’exciter et le laisser reprendre haleine pendant quel- ques momens avant de poursuivre le même sillon ou d’en commencer un autre; inais les anciens faisoient leurs délices de l’étude de l'agriculture, et mettoient leur gloire à la- bourer eux-mêmes, ou du moins à favoriser le laboureur, à épargner la peine du culti- vateur et du bœuf; et parmi nous ceux qui jouissent le plus des biens de cette terre, lomEe XXIIL_B 18 Hii:9:2F 0 I°R:E sont ceux qui savent le moins estimer, en- courager, soutenir l’art de la cultiver. Le taureau sert principalement à la pro- pagation de lespèce; et quoiquon puisse aussi le soumettre au travail, on est moins sûr de son obéissance, et il faut être en garde contre l’usage qu’il peut faire de sa force: la nature a fait cet animal indocile et fier; dans le tems du rut, il devient in- domptable, etsouvent furieux; mais par la castration l’on détruit la source de ces mou- vemens impétueux, et l’on ne retranche rien à sa force; il n’en est que plus gros, plus massif, plus pesant et plus propre à l’ou- vrage auquel on le destine; il devient aussi plus traitable, plus patient, plus docile et moins incommode aux autres: un lroupeau de taureaux ne seroit qu’une troupe effrénée que l’homme ne pourroit ni dompter ni conduire. La manière dont se fait eeite opération est assez connue des gens de la carmpagne, cependant il y a sur cela des usages tres- différens dont on n’a peut-être pas assez ob- servé les différens effets. En général lPâge le plus convenable à la castration est l’âge qui précède immédiatement la puberté; pour le, bœuf c’est dix-huit mois ou deux ans; ceux quo (ous; on Ole leur 3 Yatlon des bo que€ qu'à par trrik desix ren 0 if son Les aul leur à appro écarte attouc dela Verre appli Venir. bstouz| lnen lord| hiver Leman À Guen| RE ins es M, en la cut& lement i! Dro- UOIQU' ronge ail, on! Pænoins cl tte en peut(" de sa | anim locile 38 il d Et In- leUX; À Œurh urce d{ Bron ne re Dire e plus plus us prof«ou >: 1] dej aus it, plus Mike dt| tres: ul ME peat ne trouf» rénée| t ni dde Il| it cette!@atol de la(Esagn, à des uf æ tres- -être pd=” ob rÀ À| in géné] Æ âge ation es ee Ed rie _pubert Lu a deux] œil” DU BŒUF. 19 qu'on y soumet plus tôt périssent presque tous; cependant les jeunes veaux auxquels on Ôte les testicules quelque tems après leur naissance, et qui survivent à cette opé- ration si dangereuse à cet Âge, deviennent des bœufs plus grands, plus gros, plus gras que ceux auxquels on ne fait la castration qu'à deux, trois ou quatre ans; mais ceux-ci. paroissent conserver plus de courage et d’ac- üvité; et ceux qui ne la subissent qu’à l’âge de six, sept ou huit ans ne perdent presque rien des autres qualités du sexe masculin; ils sont plus impétueux, plus indociles que les autres bœufs: et dans le tems de la cha- leur des femelles ils cherchent encore à s’en approcher, mais il faut avoir soin de les em écarter; l’accouplement et même le seul attouchement du bœuf fait naître a la vulve de la vache des espèces de carnosités ou de verrues, qu'il faut détruire et guérir en y appliquant un fer rouge; ce mal peut pro- venir de ce que ces bœufs qu’on n’a que bistournés; C'est-à-dire, auxquels on a seu lement comprimé les testiculés ét serré et. tordu les vaisseaux qui y aboutissent, ne laissent pas de répandre une liqueur appa— remment à demi-purulente, et qui peut causer des ulcères à la vulve de la vache, B 2 20 HISTOIRE lesquels dégénèrent ensuite en carnosités. Le printems est la saison où les vaches sont le plus communément en chaleur; la plupart dans ce pays- ci reçoivent le taureau et deviennent pleines depuis le 15 avril jusqu’au 15 juillet, mais 1l ne laisse pas d’y en avoir beaucoup dont la chaleur est plus tardive, et d’autres dont la chaleur est plus précoce; elles portent neuf mois, et mettent bas au commencement du dixième; on a donc des veaux en quantité depuis le 15 janvier jusqu’au 15 avril; on en a aussi pendant tout l’été assez abondamment, et l'automne est le tems où ils sont le plus rares. Les signes de la chaleur de la vache ne sont point équivoques; elle mugit alors très-fréquemment et plus violemment que dans les autres tems, elle saute sur Les va- ches, sur les bœufs, et même sur les tau- reaux; la vulve est gonflée et proéminente au dehors; il faut profiter du tems de cette forte chaleur pour lui donner le taureau; si on laissoit diminuer ceîte ardeur, la vache ne retiendroit pas aussi sûrement. Le taureau doit être choisi, comme le cheval étalon, parmi les plus beaux de son espèce, il doit être gros, bien fait et en bonne chair; il doit avoir Poil noir, le rat [es 00 oreille le nez les€ fer chat de ro, dés| ets de les rence chalet conçu ls ap Le lon mel mir plus Les au Saute au, fra, RE 6 en Empty nt en(eur. CL reG Ent nes del Bule;; mais 1] Eerfaisye » dont 1h 4er 8 dont 1# er rtent 1 moi, ment d| ME ième unité di me de15 ; On 4. ani bondar Et, ils so! plus aleur di Sr elle nædn violent Bai que| saute st ivi-| 1ème sûÆ tr| ée et pri Men| r du te Mc| nner lé Bret: te ardeul ME rache ùrement choisi, 1 Bolt ke plus Lea Æ1es01 . bien| Met© jjr Joel dei ke DU 26 Ur::. 21 regard fier, le front ouvert, la tête courte, les cornes grosses;, courtes et noires, les oreilles longues et velues, le mufle grand, le nez court et droit, le cou charnu et gros, les épaules et la poitrine larges, les reins fermes, le dos droit, les jambes grosses et charnues, la queue longue et bien couverte de poil, l'allure ferme et sûre, et le poil rouge(1). Les vaches retiennent souvent dès la première, seconde ou troisième fois, et sitôt qu’elles sont pleines le taureau refuse de les couvrir, quoiqu'il y ait encore appa- rence de chaleur; mais ordinairement la chaleur cesse presque aussitôt qu'elles ont conçu, et elles refusent aussi elles-mêmes les approches du taureau.; Les vaches sont aussi sujettes à avorter lorsqu'on ne les ménage pas et qu’on les met à la charrue, au charroi, etc.; il faut même les soigner davantage et les suivre de plus près lorsqu'elles sont pleines que dans les autres tems, afin, de les empêcher de sauter des haies, des fossés, etc.; il faut aussi les mettre dans les pâturages les plus gras, et dans un terrain qui, sans être trop (1) Voyez la nouvelle Maison rustique. Paris, 1749, tome E, page 198. B 3 22 HISTOIRE humide et marécageux, soit cependant très- abondant en herbe. Six semaines ou deux mois avant qu’elles mettent bas, on les nourrira plus largement qu’à l'ordinaire, en leur donnant à l’étable de l'herbe pendant l'été, et pendant l’hyver duson le matin, ou de la luzerne, du sainfoin, etc.; on cessera aüssi de les traire dans le même tems; le Jait leur est alors plus nécessaire que Jamais pour la nourriture de leur fœtus; aussi y a-t-1l des vaches dont Je lait tarit absolument un MOIS où six semaines avant qu’elles mettent bas; celles qui ont du lait jusqu’aux derniers jours sont les meilleures mères et les meilleures nourrices; mais ce lait des derniers tems est généralement mauvais et peu abondant. Il faut les mêmes attentions pour l’accouchement de la vache que pour celui de la jument, et même il paroît qu’il en faut davantage, car la vache qui met bas paroît être plus épuisée, plus fatiguée que la jument; on ne peut se dispenser de la mettre dans une étable séparée, où il faut qu'elle soit chaudement et commodément sur de la bonne litière, et de la bien nour- rir, en lui donnant pendant dix ou douze Jours de Ja farine de fèves, de blé on d’a- voine, etc. délayée avec de l’eau salée, et ion où de suf quo 0 mie çoIe \it: ve Jatc quall On penda al puisse AUS 1 OX de ile 1 su los: [RE )1t cepen slt. Semaines es deux tent bai à le u'a lord“een e l’herb Œ ra lu son| Ps n,0 n,elc.;! ‘essaire(> sims ur fœti Ja vie( me uf et delai t s et plugh=1igus F ’accroiss\e=nl de ti une mani L union | pu d ont| Jr un anoi eee D'Ui B EAU: 53 _et par un développement égal. La première année, C'est-à-dire, la quatrième année de l’âge du bœuf, il lui pousse deux petites cornes pointues, nettes, unies et terminées vers la tête, par une espèce dé bourrelet; l’année suivante, ce bourrelet s'éloigne de la tête, poussé par un cylindre de corne qui se forme et qui se termine aussi par un autre bourrelet, et: ainsi de suite; car tant que l’animal vit, les cornes croissent. Ces bourrelets deviennent des nœuds annu- laires, qu’il est aisé de distinguer dans la corne, et par lesquels l’âge se peut aisément compter, en prenant pour trois ans, la pointe d® la corne jusqu’au premier sie; et pour un an de plus, chacun des intervalles entre les autres nœuds. Le cheval mange nuit et jour, lentement, mais presque continuellement; le bœuf, au contraire, mange vite et prend en assez peu de tems toute la nourriture qu'il lui faut; après quoi 1l cesse de manger, et se couche pour ruminer: cette différence vient de la différente conformation de l'estomac de ces animaux. Le bœuf, dont les deux premiers. estomacs ne forment qu’un même sac d’une très-grande capacité, peut sans inconvénient prendre à la fois beaucoup d'herbe, et le Tomx XXIEIT. C 54 HISTOIRE remplir en peu de tems, pour ruminer en- suite et digérer à loisir. Le cheval, qui n’a qu'un petit estomac, ne, peut y recevoir qu’une petite quantité d'herbe et le remplir successivenient, à mesure qu'elle s’affaisse et qu’elle passe dans les intestins où se fait principalement la décomposition de la nour- riture; car, ayant observé, dans le bœuf et dans le cheval, lé produit successif de la di- gestion, et sur-tout la décomposition du foin, nous avons vu dans le bœuf qu’au sortir de la partie de la panse, qui forme le second estomac, et qu’on appelle le bonnet, il est réduit en une espèce de pâte verte, sem- blable à des épinards hachés et bouillis; qûe c’est sous cette forme qu’il est retenu et con- tenu dans les plis ou livrets du troisième estomac, qu’on appelle le fezillet; que la décomposition en est entière dans le qua- trième estomac, qu’on appelle la carlleite; et que ce n’est, pour ainsi dire, que le marc qui passe dans les intestins; au lieu que, dans le cheval, le foin ne se décompose guère, ni dans lestomac, n1 dans les pre- miers boyaux, où il devient seulement plus souple et plus flexible, comme ayant été macéré et pénétré de la liqueur active dont il est environné; qu'il arrive au cæcum et FT priup Jénorni des run Ja déco cette d tlere q | eslon Pa seule quil e run | rune des: eslomat mesure qu'un x qu ke aimer deux Panse de hp elle mr avec fo) N'est qu €l dont k lerm Ke(or IR] L 2 D Uner y, + LE€ CH: e ch 5, quil NE, PEU De recern, d’ herbe! 5;> rempli re qu el afin, imtesti} Le à qe fi mpositi{» 5 la roy arvé, dd=: bone duit suc(= dehj lécompol| À du A e bœut qj“sort "qui fodh dk: pelle Le{ext jai de pâté pevie, sn: aachés ets«lis: d qu'il est fau tou 1 livretsl® Htroisin Ile le fi8; al | tentièrd Si k qu n appelle ve silkite; insi direl@: ln intestins: Bleu da foin ne| Mxéconp omac, D&sh les p' devient s Eur} je ble, con Snyalt e la liquet“tive du g'il arrivé eu | 0]| DU BŒUF. és au colon, sans grande altération; que c’est principalement dans ces deux intestins, dont l'énorme capacité répond à celle de la panse des ruminans, que se fait, dans le cheval, la décomposition de la nourriture, et que cette décomposition west jamais aussi en- tière que celle qui se fait dans le quatrième estomac du bœuf. Par ces mêmes considérations et par la seule inspection des parties, il me semble qu’il est aisé de concevoir comment se fait la rumination, et pourquoi le cheval ne rumine n? ne vomit; au lieu que le bœuf et les autres animaux qui ont plusieurs estomacs, semblent ne digérer l’herbe qu’à mesure qu’ils ruminent. La rumination n’est qu'un vomissement sans effort, occasionné par la réaction du premier estomac sur les alimens qu’il contient. Le bœuf remplit ces deux premiers estemacs, c’est-à-dire, la panse et le bonnet, qui n’est qu'une is de la panse, tout autant qu’ils peuvent l'être; cette membrane tendue réagit donc alors avec force sur l'herbe qu’elle contient, qui n’est que très-peu mâchée, à peine hachée, et dont le volume augmente beaucoup par la fermentation. Si l’aliment étoit liquide, cette force de contraction le feroit passer par C 2| 56 HISTOFTRE lé troisième estomac qui.ne communique à l'autre que par un conduit étroit dont même Vorifice est situé à la partie postérieure du premier, et presque aussi haut que celui de l’œsophage: ainsi ce conduit ne peut pas admettre cet aliment sec, ou du moins il n'en admet que la#partie la plus coulante; il est donc nécessaire que les parties les plus sèches remontent dans lœsophage, dont l’orifice est plus large que celui du conduit. Elles y remontent en effet, animal les re- mâche, les macère, les imbibe de nouveau de sa:salive, et rend ainsi peu à"peu lali- ment plus coulant; 1l le réduit en pâte assez liquide pour qu'elle puisse couler dans ce conduit qui communique au troisième es- tomac, où elle se macère encore avant de passer dans le quatrième; et c’est dans ce dernier estomac que s’achève la décompo- sition du foin qui est réduit en parfait mu- cilage. Ce qui confirme la vérité de cette explication, c’est que tant que ces animaux tettent ou sont nourris de lait et d’autres alimens liquides et coulans, ils ne ruminent pas, et qu'ils ruminent beaucoup plus en hyver et lorsqu'on les nourrit d’alimens secs, qu'en été, pendant lequel ils paissent l'herbe tendre; dans le cheval au contraire l'estont | phage | fort la | HPOS {en à Li gran mon par méme | pile m | force d lime | remont | cond | du pyl | sénên ue TAIS| dans| Il De pi | elont, Your, Que le Obliq À me éruh Le à À RH ane col fr nique! uit étrol Br Même arlie pd ds: eure l ss1 haut| cel | ui de conduit|&s yen la ec, Ouf moin} üe la plane | ue les s pe les ph 15 l'œso= Ce, du que celuitéé cond eflet, l'ami ln s imbibé nonver de ainsi pete le réduitie tes uisse cd] dant que au|= ème à cère enc(=ivant ème; et{== dit acheve! COM réduit el eyfai TIR me Ja vé:de ci tant quel en ns de latæ d'au = mel ulans, ils! nt beauct} s plus€ les nourÉ aline lant lequé bipas” le cheval! sont HO SUR l'estomac est tres- petit, lorifice de l’œso- phage est fort étroit, et celui du pylore est fort large; cela seul sufliroit pour rendre impossible la rumination, car l’aliment con- tenu dans ce petit estomac, quoique peut- être plus fortement comprimé que dans le grand estomac du bœuf, ne doit pas re- monter, puisqu'il peut aisément descendre par le pylore qui est fort large; 1l n’est pas même nécessaire que le foin soit réduit en pâte molle et coulante pour y entrer; la force de contraction de l'estomac y pousse Paliment encore presque sec, et il ne peut remonter par l’œsophage, parce que ce conduit est fort petit en comparaison de celui du pylore. C’est donc par cette différence générale de conformation que le bœuf ru- mine, et que le cheval'ne peut ruminer; mais il y a encore une différence particulière dans le cheval, qui fait que non seulement il ne peut ruminer, c'est-à-dire, vomir sans ‘effort, mais même qu'il ne peut absolument vomir, quelque effort qu'il puisse faire; e’est que le conduit de l’œsophage arrivant très- obliquement dans l'estomac du cheval, dont les membranes forment une épaisseur con- sidérable, ce conduit fait dans cette épaisseur une espèce de gouttière si oblique, qu'il ne C5 58 HISTOIRE peut que se sérrer davantage, au lieu de s’ouvrir par les convulsions de l’estomac(1). Quoique cette différence, aussr bien que les autres différences de conformation qu'on peut remarquer dans le corps des animaux, dépendent toutes de la Nature lorsqu'elles sont constantes, cependant il y a dans Île développement, et sur- tout dans celui des parties molles, des différences constantes en apparence ,qui néanmoins pourroient varier, et qui même varient par les circonstances; la grande capacité de la panse du bœuf, par exemple, n’est pas düe en entier à la Nature; la panse n’est pas telle par sa conformation primitive; elle ne le devient que successi- vement et par le grand volume des alimens; car dans le veau qui vient de naitre, et même dans le veau qui est encore au lait et qui n’a pas mangé d'herbe, la panse, comparée à la caïllette, est beaucoup plus pelite que dans le bœuf: cette grande ca- pacité de la panse, ne vient donc que de l'extension qu’occasionne le grand volume (1) Voyez la description de l'estomac du cheval, par M. Daubenton, et le Mémoire de M. Bertin, dans le volume des Mémoires de l’académie des sciences, an- née 1746. dal pee pour el mé ls al que he _ SOU pour On lentem À que ce 0 pay LT | Das et fort Le (and | molle “ment climat Jelnais œuf| M} TRY A Le 1| ntage| lien à ons de| 2‘mac €, AUSSU EE que onforni€ h quon corps d anx . Naturé Msquelh ndant 11}! dan - tout dise à Û bat RE| Le 2rences QE ants ins pour) E=atvare | ar les ch“ts, | a panse{: sœupur en entietl:Ninr + par sa(Emma levient qu | volume!=iinei, vient du aitre,t qui est ee: a VS é d'herbl pa te, est bi Emi pli | | puf: ceti= inde(+ ne vient| le di! j fl ane le gt Es vol ——— PR l'estoma leva, e de M.| En, need de noir l'académie dut DU BŒUF. 39 des alimens; j'en ai élé convaincu par une expérience qui me paroît décisive. J’ai fait nourrir deux agneaux de même âge et sevrés en même tems, l’un de painet l’autre d'herbe; les ayant ouverts au bout d'un an, jai vu que la panse de l'agneau qui avoit vécu d'herbe, étoit devenue plus grande de beau- coup que la panse de celui qui avoit élé nourri de pain. On prétend que les bœufs qui mangent lentement résistent plus long-tems au travail que ceux qui mangent vite; que les bœufs des pays élevés et secs sont plus vifs, plus vigoureux, et plus sains que ceux des pays bas et humides; que tous deviennent plus forts lorsqu'on les nourrit de foin sec que quand'on ne leur donne que de l’herbe molle; qu'ils s'accoutument plus difhcile- ment que les chevaux au changement de climat, et que par cette raison l'on ne doit jamais acheter que dans son voisinage, des bœufs pour le travail. En hyver, comme les bœufs ne font rien+ il suffira de les nourrir de paille et d’un peu de foin’, mais dans le tems des ouvrages on leur donnera beaucoup plus de foin que de paille, et même un peu de son ou d'avoine avant de les faire:travailler; l'été, si le foin C 4 40 HISTOIRE manque on leur donnera de Phierbe fraîche- ment coupée, ou bién de jeunes pousses et des feuilles de frêne, d’orme, de chêne, etc.; mais en petite quantité, lexcés de cette nourriture, qu’ils aiment beaucoup, leur causant quelquefois un pissement de sang; la luzerne, le sainfoin, la vesce, soit en verd où en sec, les lupins, les navets, l'orge bouilli, etc., sont aussi de très-bons alimens pour les bœufs. 11 n’est pas: né- cessaire de régler la quantité de leur nour- ritufe; ils n’en prennent jamais plus qu’il ne leur en faut, et lon fera bien de leur en donner toujours assez pour qu'ils en laissent. On ne les mettra au pâturage que vers le 15 de mai; les premières herbes sont trop crues; et quoiqu'ils les mangent avec avidité, elles ne laissent pas de les incommoder. On les fera pâturer pendant tout l'été, et vers le 15 octobre on les re- mettra au fourrage, en observant de ne les pas faire passer brusquement du verd au sec et du sec au verd, mais de les amener par dégrés à ce changement de nourriture. La grande chaleur incommode ées ani- maux, peut-être plus encore que le grand froid; 11 faut, pendant l'été, les mener au travail dès la pointe du jour, les ramener à autom oterr main ne à cher: leur: ip | Jes la pe, MONS | nel e trouble lat | es mi Cépen ions | Que po Vaches Nellen Quien Que so] bone Uche lits OIR(E: ra de l'Ii fraiche épais et le Jail sp 0! tireuses) 67210 chaleur 1 ExP# bol D U Œ® U F. 43 non plus que celui d’une vache qui approche de son terme, ou qui a mis bas depuis peu de tems. On trouve dans le troisième et dans le quatrième estomac du veau qui tette, des srumeaux de lait caillé; ces grumeaux dè lait, séchés à l’air, sont la présure dont on se sert pour faire cailler le lait; plus on garde cette présure, meilleure elle est, et il re faut qu’une très-petite quantité pour faire un grand volume de fromage.| Les vaches et les’ bœufs aiment beaucoup Je vin, le vinaigre, le sel; ils-dévorent avec avidité une salade assaisonnée. En Espagne, et dans quelques autres pays, on met auprés du jeune veau, à l’étable, une de ces pierres qu’on appelle salégres, et qu’on trouve dans les mines de sel gemme; il lèche cette pierre salée pendant tout Le tems que sa mère est au pâturage; ce qui excite si fort l'appétit ou la soif, qu’au moment que la vache arrive, le jeune veau se jette à la mamelle, en tire avec avidité beaucoup de lait, s'engraisse et croît bien plus vîte que ceux auxquelson nedonne point de sel. C’est par la mème raison que quand les bœufs ou les vaches sont dégoûtés, on leur donne de l’herbe trempée dans du vinaigre, ou saupoudrée d’un peu de sel; on peut leur en donner aussi lorsqu'ils se 4% HISTOIRE portent bien, et que l’on veut exciter leur appétit pour les engraisser en peu de tems: c'est ordinairement à l’âge de dix ans qu’on les met à l’engrais; si l’on attend plus tard on est moins sûr de réussir, et leur chair m'est pas si bonne; on peut les engraisser en loutes saisons, mais l’été est celle qu’on pré- fére parce que l’engrais se fait à moins de frais, et qu’en commençant aux mois de mai ou de juin, on est presque sûr de les voir gras avant la fin d'octobre. Dès qu’on vou- dra les engraisser, on cessera de les faire travailler; on les fera boire beaucoup plus souvent; on leur donnera des nourritures succulentes en abondance, quelquefois mé- lées d’un peu de sel, et on les laissera ru- miuer à loisir et dormir à l’étable pendant les grandes chaleurs; en moins de quatre ou cinq mois 1ls deviendront si gras qu’ils au- ront de la peine à marcher, et qu’on ne pourra les conduire au loin qu’à très-petites journées. Les vaches, et même les taureaux bistournés, peuvent s’engraisser aussi, mais la chair de la vache est plus sèche, et celle du taureau bistourné est plus rouge et plus dure que la chair du bœuf, et elle a toujours un goût désagréable et fort. Les taureaux, les vaches et les bœufs sont fort si qu s cru qu soin de] deleurc lrsqu enlèves fort a quant digére forme Co) es ncor péter loc: d'un a tependa pr lel et Luisa dans k dulres e | | | ps que Ment av Les dl Comme| dioires Mt{ OIRE: l’on vel! citer aisser Na Pa ge delf 7 | rate a“Et| | pe ut id[= Fa als se Ê nÇant au! resque“— nm cesseht lof à boire Îeston plu nnepra dét= um ance, qÜt Hielosni et on IéE ser mir à lé: pendu en moin squat ront si d œil à narcher| qu'on u loi que sès-pelle et méêmt Si taurail engrais#"ssl, ri st plus si dE, ete est plus 1 Be et pl œuf, et€| tou fort. ches et l Î eus so ll mo IN| Is dem € Les vw tobre, D non vu. . par le frottement et la coction, DU BOUr 45 fort sujets à se lécher, sur-tout dans le tems qu’ils sont en plein repos; et conime lon croit que cela les empèche d’engraisser, ona soin de frotter de leur fiente tous les endroits de leur corpsauxquels 1ls peuvent atteindre; lorsqu'on ne prend pas ceite précaution, ils enlèvent le poil avec la langue, qu’ils ont fort rude, et ils avalent ce poil en grande quantité; comme cette substance ne peut se digérer, elle reste dans leur estomac et y forme de pelottes rondes qu’on a appelées égagropiles, et qui sont quelquefois d’une grosseur si considérable, qu’elles doivent les incommoder par leur volume, et les em pêcher de digérer par leur séjour dans l’es- tomac; ces pelottes se revêtent avec le tenis d’une croûte brune assez solide, qui n’est cependant qu'un mucilage épaissi, mais qui, devient dur et luisant; elles ne se trouvent jamais que dans la panse; autres estomacs, 1] n’y séjourne pas, non et s’il entre du poil dans les plus que dans les boyaux; il passe apparem- ment avec le marc des alimens. Les animaux qui ont des dents incisives, comme le cheval et lâne, choires, broutent plus aisément l'herbe courte que ceux qui manquent de denis _— aux deux mâ- 40 ÉESTOIRE incisives à la mâchoire supérieure; et sile mouton et la chèvre la coupent de très-près, c'est parce qu'ils sont petits et que leurs lèvres sont minces; mais le bœuf, dont les lèvres sont épaisses, ne peut brouter que l’herbe longue, et c'est par cette raison qu'il ne fait aucun tort au pâturage sur lequel il vit; comme il ne peut pincer que l'extrémité des jeunes hefbes, 1ln’en ébranle point la racine, et n’en retarde que très-peu l'accroissement; au lieu que le mouton et la chèvre les coupent de si près, qu’ils dé- truisent la tige et gâtent la racine. D’ail- leurs, le cheval choisit l'herbe la plus fine, et laisse grener et se multiplier la grande herbe, dont les tiges sont dures; au lieu que le bœuf coupe ces grosses tiges et dé- truit peu à peu l’herbe la plus grossière; ce qui fait qu’au bout de quelques années ha prairie sur laquelle le cheval a vécu n’est plus qu'un mauvais pré, au lieu que celle que le bœuf a brouté devient un pâturage fin. L'espèce de nos bœufs qu’il ne faut pas confondre avec celles de l’aurocks, du buflle et du bison, paroît être originaire de nos climats tempérés, la grande chaleur les in- commodant autant que le froid excessif; d’ailleurs cette espèce, si abondante en Éurop yidion de l'An yn del en Al nombre cap Bla es bo sauve et don elles nombre dl mellene de Digu ) Vo | b) Qn Nobie et boeufs de Ge, Les k grande dantres n N ont d'a Totem Coujonrs b Pgo FE sp ( petit L 2 lue ln mais le ouf n ses, nel| D, | C'est Ph le ri tort au! L à il ne n eur tent la 12e, Ph it l’herbli Aphsfne multiple à grni sont dt a li s grosse! MB ës ct l be Ja pliærossir t de qul os an / L1 18 le chevd ts écuit ré, au À Emque d evient ul ic angel oufs qui Ex faut à Je l'aurot du k; tre origl se de 1 rande ch Mr let re le frt D: ces , Si al œoant? ul. nl ren à Lévy leu que| esp le cuirs| ff peu à | | \veau sel=, co € d'usagd eg, À mil utile; on Éesiéle art le fumier PATIO ur les tel seche cet anumd®: le pré L'on de, ep" ee a| la Norvège‘© Ponto}}' a à he ain 1790}: que DU BŒUF. 53 mier instrument dans lequel on ait soufflé pour augmenter le son, la première matière transparente que l’on ait employée pour faire des vitres, des lanternes, et que l’on ait ramollie, travaillée, moulée pour faire des boîtes, des peignes et mille autres ou- Vrages: mais finissons, car l’histoire na- turelle doit finir ou commence l’lustoire des arts, HISTOIRE A L'ARTICLE DU BŒUF, PAR SO NNEINE Nous donnons( planche IX) la figure d’un taureau que l’on nourrit à la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, et que l’on dit originaire d’Ecosse. Il est d’une très-petite taille, maisen même tems bien proportionné dans toutes ses parties, et son embonpoint le rend encore d’une plus jolie forme. Ses cornes sont courtes, fort peu courbées et dirigées'horizontalement. Il est doux et tran- quille ,et il ne montre pas ces élans brusques et furieux qui font souvent de nos taureaux des animaux dangereux. L’on voit aussi, dans la même ménagerie une vache, pro- duit de l’accouplément de ce taureau nain avec une vache commune; elle n’a rien de remarquable que sa petite stature. Cette race de bœufs rapetissés est dans un pm mn pré |€ Mn LA NS © )), ee J Lx. LE FAURE AUT d Licosse TT 25= 6 ——“|=>; .== EE Æ TS | ES=: ï ’ | | \ À \ \ | | il A 2 oo ENS LAPS AT AN à 2 LIEN CRR LA) PS CT 2 CR IISS LE 2224 DE LÉ G4 I DÉC P: ce POLE A AE AT ZA CA? LA LT CPR, LR = == = MIA à % # PE DE = = TES LE, Er A T2? ne 5 FAN NS in À RE ON NN, DES LE sr Les s = a \ STE SE = e I) iredur à la ni ere ris, et x l'on(i st d’unléti s-pelie bien pl«rtiomi+” et son(eonpoit LAN' Es À_ N À» D}“| 1 jolie ne 5, PACA||| st peu[echéss ti JL est dæsetini CES élaN une fé, Pl|| le ce 14 ei val| re »: elle= rien d 2 E== CLS CS LES MG IE DS F CL LÉ LAS CPL ALT LA £ ae) LE LL 4 PE NY Ÿ à RS LL Ne RS _ $ j 4 Fi TRANS DECO LE NT ÈRX TE We AS NY Y ST RANK SSTUS Les ARC RSS , statu©. ! * | ans U etisses be laps ll | dt pres | roc | chasse, bonne€ | Au resti lEUTS À vaches du ia ets pellent# lumbles emblabe leur ttes espece, Il 1 déals 4 Pleure (rès-ref J'avoi: au pre dés Car | de CON# Déc, DU BŒÛUF. 56 état presque sauvage, sur les montâgnes et les rochers de PEcosse, où on leur fait la chasse. Leur chair passe pour être aussi bonne que celle des bœufs de notre pays. Au reste, les voyageurs assurent que plu- sieurs des taureaux et presque toutes les vaches d’Ecosse n’ont point de cornes; celles du taureau de la ménagerie sont rburtek relativement à sa grosseur. Les écossais ap- pellent ces vaches sans cornes, des vaches humbles(1); dénomination qui tient vrai- semblablement encore plus à leur taille qu’à leur tête dépouillée d’un des attributs de leur espèce. Il m'a paru inutile de donner quelques détails sur les parties extérieures et inté- rieures de l’âne, parce que son espèce étant tres-répptoèhée dé celle du cheval, ce que J'avois dit de celui-ci pouvoit se Épporti au premier. Mais le bœuf ou le taureau à _des caractères de conformation qu’il importe de connoître, et dont je vais donner 1e précis. Le muflé, ou la partie qui, dins d'autres animaux,.s appelée le museau, est large et (1) The stalisticas account off Scottland, etc: Londtes, 1702. D 4 56 HISTOIRE épais dans le bœuf. Ses mâchoires sont moins longues que celles du cheval; ses yeux sont couverts par de grosses éminences; ses oreilles sont basses et dans une direction horizontale; s6n cou est gros et court; une peau épaisse, que l’on nomme fanon, pend soûs le cou, et descend jusqu'aux genoux. Les cornes sont creuses, et leur cavité est remplie par un os de figure conique. Il n’y a point de dents incisives à la mâchoire supérieure; lon en compte huit à celle d'en bas; ni l’une ni l’autre ne porte de dents canines, mais chacune en a douze molaires. La croupe n’est point arrondie; les hanches sont plates et larges; les éminences qui les terminent sont grosses.[1 y a deux ergots à chaque jambe, et les pieds ont leur dernière phalange enveloppée de deux ongles formés de la même matière de corne que les sabots du cheval.| Mais ce qui est plus particulièrement re- marquable dans la structure intérieure dur taureau est le nombre et la position de ses estomacs; l’on en distingue quatre. Le pre- mier, et en même tems le plus ample de tous, s'appelle /a panse, l’herbier ou la double; 1} est d’une grande capacité, d’une figure irré- gulière, et revêtu en declans par une mem- jnne dél rond, ré prenent panse, à| réean fo nelèes; diierens TECOUY comme| lon rec pla tn, s'étu eue du se ele grand qua Capacite Aérens de cros| assez de| Bin; I Vigne Pur, qu IS nn Uérent ï || hu lplié; lee no! 1 ne TR E] S mil Sont s d dus u ct l; 5 grosses] A en ce dans ui) gros ete 0; 0 pme fes), pa JUSQU à='enonx, leu mat ure Conf,[ln ves à Ïf àchom. te huitlé[leden ne poli db n a doué+okires rondie}é=sanches éminel& qui ls [y a dé Ærgoti ls ont If#æernit deux of Mori orne qd E sibti| - rtienhé mai r ture 111 eur dl| t Ja pos oi. des ue quai Dep plus am Sdle to nu LE able! d'une ape Lu pal Las DU BŒUF 57 brane délicate et de couleur brune. Le se- cond, réseau ou bonnet, qui n’est, à pro- prement parler, qu’une continüation de la panse, a son intérieur tapissé d’une sorte de réseau formé par des cloisons minces et can- nelées, se croisant de manière à présenter différentes figures à cinq ou six faces, et que recouvre une membrane déliée et brune, comme dans la panse. Une gouttière, que lon regarde comme une continuation de l’œsophage, et qui est susceptible de contrac- ton, s'étend sur la partie interne et supé— rieure du bonnet, jusqu’à l’orifice du troi- sième estomac. Celui-ci se nomme feuillet, et quelquefois mellier ou pseautier. Xl est plus grand que le bonnet. Il est divisé, dans sa capacité, par des plis, ou plutôt des lames de différentes longueurs et largeurs, en forme de croissant, et que l’on a comparés, avec assez de raison, aux feuillets d’un livre. Enfin, le quatrième estomac, que l’on dé- signe par le nom. de caillette, et plus rare- ment par celui de franche-mulle, a aussi, dans son intérieur, des replis sinueux et de différente RRQ mais ils sont moins multipliés, moins saillans, et d'une consis- lance moins ferme que ceux du feuillet; une membrane veloutée en revêt toute la + 58 EST OIRE capacité, et elle est humectée par une li- queur onctueuse qui suinte de toutes ses parties. Le canal ns est d’une longueur considérable; le colon et le cæcum ont une grande capacité. Le foie est de couleur noirûtre, et partagé en trois lobes, deux grands et un petit; entre les deux grands, il paroît à la partie supérieure du foie une protubérance qui à l'apparence d’un quatrième lobe; une longue poche forme la vésicule qui contient beau- coup de fel d’un jaune foncé. La rate, grise à l'extérieur, d’un rouge noirâtre à l’intérieur, est placée sur la partie sauche de la panse; ses deux extrémités sont arrondies et à peu près égales. Trois lobes composent le poumon droit, et deux seulement le poumon gauche. Le cœur, occupant le milieu de la poitrine, a sa base en haut et sa pointe en bas, mais un peu en arrière; il renferme deux petits os oblongs, Bon l’un est moins grand que Pautre. La langue est hérissée de petits crochets plus ou moins fermes, pointus, dirigés en arrière, et qui la rendent très-rude. Le taureau a quatre mamelons correspon+ dus aux 1 ge sur qq les ofae, Da ronde; ses chaEne à! tamellea fois un c: melon; n mule; el Ja vache a à jeu grande cz larce, à Tek sont! is ph sal me ete miel, lents 18 T'abon. 1 Fe: qu lHport ans à ls ei )IR] Imectée) une À uinte dE te qu 0) est d'u= on et le ce Ont ue Y noiräl e tax grands! 28m pa , 1 pardb pit| > protul ice qu ème Job}! 1e lors le qui chænthar > foncé. xtérieutl an tu est placé) le’ la qui ; deux el Æraitésst $ égales. ent le pl on dit, > poumo|& uche| lieu de 14 ant,” pinte en} ls ni nferme|: petit 14 Il W est moi! aand d ssée de 7 2 er s, point 1 hr ent très es” | sf mamield: Zn) DU BŒUF. 59 dans aux mamelles de la vache; la verge aplatie sur sa longueur, de même que le gland; les testicules ovoïdes et la vessie ovale. Dans la vache, la vessie est presque ronde; ses mamelles ont deux cavités, dont chacune a un mamelo; en sorte que chaque mamelle a deux mamelons. On voit quelque- fois un cinquième et même un sixième ma- melon; mais ces parties surabondantes sont inutiles; elles n’ont ni conduit ni ouverture. La vache a le clitoris peu saillant, la matrice peu grande, son orifice arrondi et son col assez large. T'els sont, fort en abrégé, les caractères les plus saillans d’un animal qui est le plus ferme et le plus constant soutien de notre agriculture; qui ouvre le sein de la terre _ qu’il fertilise pour en faire sortir les trésors de l’abondance; qui nous nourrit pendant sa vie; qui nous nourrit après sa mort. Ses importans services ne lui obtiennent pas de plus grands ménagemens: l’on n'attend pas que l’âge le mette hors d’état de continuer ses travaux, source de richesse et de fécon- dité, pour le livrer au couteau, sous lequel il expire, après quelques années de lexis- tence la plus utile dont aucun être vivant puisse se vanter. Digne usage de la supério- 68 HISTOIRE DU BŒUF. rité de l’homme! digne exereice de sa recon- noissance et de sa sensibilité! Mais à chaque pas que la philosophie fait dans le champ de la Nature, elle reconnoît que de tous les animaux, l’homme, si orgueilleux de ses prérogatives, est le plus ingrat et le plus cruel.||| DU IDÿ;r ne exer( pntiers} Eli che tel animau!@Œ oi€l imidité nel nlever$ s Œ criter,£ ON ré# eur> ur ui D re. sat chétil€ L ner depol DE LA BREBIS. 65 dépourvu de sentiment, si dénué de qua- lités intérieures, est pour l’homme l'animal le plus précieux, celui dont Putilité est la plus immédiate et la plus étendue; seul il peut suffire aux besoins de première néces- sité; il fournit tout à Ja fois de quoi se nour- rir etse vêtir, sans compter les avantages particuliers que lon sait lirer du suif, du lait, de la peau, et même des boyaux, des os et du fumier de cet animal, auquel il semble que la Nature nait, pour ainsi dire, rien accordé en propre, rien donné que pour le rendre à l’homme. L'amour, qui, dans les animaux est le sen- timent le plus vif et Le plus général, est aussi le seul qui semble donner quelque vivacité, quelque mouvement au bélier; il devient pétulant; il se bat, il s’élance contre les autres béliers, quelquefois même il attaque son berger; mais la brebis, quoiqu’en chaleur, n’en paroîit pas plus animée, pas plus émue; elle n’a qu'autant d’instinct qu'il en faut pour ne pas refuser les approches du mâle, pour choisir sa nourriture et pour reconnoiître son agneau. L'instinct est d'autant plus sûr qu’il est plus machinal], et, pour ainsi dire, plus inné. Le jeune agneau cherche Ini-même dans un nombreux troupeau, trouve et Tome XXIIT, E 66 HISTOIRE saisit la mamelle de sa mère sans jamais se méprendre. L'on dit aussi que les moutons sont sensibles aux douceurs du chant, qu'ils paissent avec plus d’assiduité, qu’ils se por- tent mieux, qu'ils engraissent au son du chalumeau, que la musique a pour eux des attraits; mais l’on dit encore plus souvent, etavec plus de fondement, qu’elle sert au moins à charmer l'ennui du berger, et que cest à ce genre de vie oisive et soli- taire, que l’on doit rapporter l’origine de cet art.|: es animaux, dont le naturel estsi simple, sont aussi d’un tempérament très-foible; ils ne peuvent marcher long-tems, les voyages les affoiblissent et les exténuent; dès qu'ils courent, ils palpitent et sont bientôt essou- flés: la grande chaleur, Pardeur du soleil les incommodent autant que l'humidité, le froid et la neige; ils sont sujets à grand nombre de maladies, dont la plupart sont contagieuses; la surabondance de la graisse les fait quelquefois mourir, et toujours elle empècheles brebis de produire; elles mettent bas difficilement, elles avortent fréquem- ment et demandent plus de soin qu'aucun des autres animaux domestiques. Lorsque la brebis est prête à mettre bas, RE ete sal& mais y 1 Que!=‘onton ins du(Œi, quil ? 1_ t té, dE Se por. laissent Est son di que à pl Meux à 1core pl æouve, | rent, qu Ed sert à nul dd Cger, 4 e vie QE et sit pporter) be‘ igine d natu rel bo: sLuph iment ti= oible;h ng-tems>| voyiÿ sxténuel Æ à qu 1 sont N Da) essui: r, l'ardæ so. | ! CE WE nt que| Eridié, = à qu sont Sl dont la 7 ondance!=? gr Pre el ourir, EU(as roduirel En 4 a eq avoi 4;(l | aude lus de$ estit u< ymestq4 tue À pee pou job DE LA BREBIS 67 il faut la séparer du reste du troupeau, et. la veiller, afin d’être à portée d’aider à l’ac- couchement; l'agneau se présente ssouvent de travers où par les pieds, et dans ces cas la mère court risque de la vie si elle. n’est aidée: lorsqu'elle est délivrée, on lève % | agneau et on le met droit sur ses pieds; on tire en même tems le lait qui est contenu dans les mamelles de la mére; ce premier lait est gâté et feroit beaucoup de mal à l’agneau; on attend donc qu’elles se rem plissent d’un nouveau lait avant que de lui permettre de teter; on le tient chaudement, et on l’enferme pendant trois ou quatre jours avec sa mère pour qu’il apprenne A) fa connoître: dans ces premiers tems, pour rétablir la brebis, on la nourrit de bon foin et d'orge moulu ou de son mêlé d’un peu de sel; on lui fait boire de l'eau un peu tiède et blanchie avec de la farine de blé: de fèves ou de millet; au bout de quatre Ou cinq Jours on pourra la remettre par dégrés a la vie commune et la faire sortir avec les autres; on observera seulement de ne la pas mener trop. loin pour ne pas échauffer son lait: quelque tems après, AJa+ 2‘ è à lorsque l’agneau qui la tette aura pris de la . œ ds FR: A!: À C3; force, et qu'il commencera à bondir, on / E à 68 HISTOIRE pourra lui laisser suivre sa mère aux champs. On livre ordinairement au boucher tous les agneaux qui paroissent foibles, et l’on ne garde, pour les élever, que ceux qui sont les plus vigoureux, les plus gros et les plus chargés de laine. Les agneaux de la première portée ne sont jamais si bons que ceux des: portées suivantes: si l’on veut élever ceux qui naissent aux mois doctobre, novembre, décembre, janvier, février, on les garde à Vétable pendant l’hyver; on ne les en fait sortir que le soir et le matin pour teter, et on ne les laisse point aller aux champs avant le commencement d'avril. Quelque tems auparavant on leur donne‘tous les jours un peu d'herbe, afin de les accoutu- mer peu à peu. à cette nouvelle nourriture. On peut les sevrer à un mois, mais 1l vaut mieux ne le faire qu’à six semaines ou deux mois: on préfère toujours les agneaux blancs et sans taches aux agneaux noirs ou tachés, la laine blanche se vendant mieux que la laine noire ou mêlée.| La castration doit se faire à l’âge de cinq où six mois, ou même un peu plus tard, au printems ou en automne, dans un tems doux. Cette opération se fait de deux ma- me p| UX les,:#l0n UX di jont )S et eM)lns ay atière que€ 28 des: éley eux n1O\ bre,| les le à les véfait ur t=2,et UX 1.( que ne|#: les les: meutu- eno@eturé. Ia Val ines bædeut mear tslans TS 0 wa:hés, nieu vue k U P 1 tard, dans he in DE LA BREBTS. mères: la plus ordinaire est l’incision; on tire les testicules par l’ouverture qu’on vient de faire, et on les enlève aisément; l’autre se fait sans incision: on lie seulement, en 69 serrant fortement avec une corde, les bourses au dessus des testicules; et l’on détruit par cette compression les vaisseaux qui yaboutissent. La castration rend l’agneau malade et triste, et l’on fera bien de lui donner du son mêlé d’un peu de sel pen- dant deux ou trois Jours, pour prévenir le dégoût qui souvent succède à cet état. À un an les béliers, les brebis et les mou-- tons perdent les deux dents du devant de la mâchoire inférieure; ils manquent, comme l’on sait, de dents incisives à la mâchoire supérieure: à dix-huit mois les deux dents voisines des deux premières tombent aussi, et à trois ans elles sont toutes remplacées; elles sont alors égales et: assez blanches, mais à mesure que animal vieillit, elles se déchaussent, s’émoussent et devien- nent inégales et noires. On connoît aussi l’âge du bélier par les cornes; elles paroissent dès la première année, souvent dès la naissance, et croissent tous les ans d’un anneau jusqu’à l’extrémité de la vie: Com- munément les brebis n’ont pas de cornes, D+ ag on à nn HISTOIRE miais elles ont sur la tête des proéminentes osseuses aux mêmes endroits où naissent les cornes des béliers. I y à cependant quet- ‘ques brebis qui ont deux et même quatre cornes: ces brebis sont semblables aux autres; leurs cornes sont longues de cinq où six pouces, moins contournéés que celles des béliers;‘et lorsqu'il y à quatre cornes, les deux cornes extérieures sont plus courtes que les deux autres. Le bélier est en état d’engendrer dès l’âge de dix-huit mois, et à un an la brebis peut produire; mais on fera bien d’attendre que la brebis ait deux ans, et que le bélier en ait trois, avant de leur permettre de s’ac- coupler; le produit trop précoce; et même le premier produit dé ces animaux est tou- jours foible‘et mal conditionné. Un bélier peut aisément suffire à vingt-cinq ou trente brebis; on le choïsit parmi les plus forts et les plus beaux de son espèce: il faut qu'il'ait des cornes; ear il y a des béliers qui n’en ont pas, et ces béliers sans cornes sont, dans ces climats, moins vigoureux et moins propres à.la propagation. Un beau et bon bélier doit avoir la tête forte et grosse, le front large, les yeux gros et noirs, le nez camus, les oreilles grandes, #7 O as| Ki” | cel a: [, R[3 des pré Entre roits Q USsent à Cepet fs! quel. tetme Iqualre send ox à longie£e cinq lournéd I cells y à qu:|=, ’S SON! cs url | ngendi be lin Lanh|sss peut Len d'a ter ve que t que Lier a 5 vermet} bn sac-| précoct mé|| anim: Ï st to| Wonné| Œhie| gt-Cin| trut| ri led Bees tort n esped: À fa ya! 2er éliers 4 Mon oins vi} Cu ë agations g bai la tét ere ë es yeu? ps À oreullet 1 ds é DE LA BREBIS. 7à le cou épais, le corps long et élevé, les reins et la croupe larges, les testicules gros, et la queue longue: les meilleurs de tous sont les blancs, bien chargés de laine sur le ventre, sur la queue, sur la tête, sur les oreilles et jusque sur les yeux. Les brebis, dont la laine est la plus abondante, la plus touffue, la plus longue, la plus soyeuse ef la plus ane: sont aussi les meilleures pour la propagation, sur-tout si elles ont: en même tems le corps grand, le cou épais et la démarche légère. On observe aussi que celles qui sont plutôt maigres que grasses, produisent plus sûrement que les autres. Fa saison de la chaleur* des brebis est depuis le commencement de novembre jus- qu’à la fin d'avril; cependant elles ne laissent ‘pas de concevoir en‘tout tems, si on leur donne, aussi bien qu’au bélier, des nourri- tures qui les échauffent, comme de Peau salée et du pain de chenevis. On les laisse couvrir trois ou quatre fois chacune; après quoi on les sépare du bélier, qui s'attache de préférence aux brebis âgées, et dédaigne les plus jeunes. L’on a soin de ne les pas exposer à la pluie et aux orages dans le tems de l’accouplement; l'humidité les em- pêche de relenir, et un coup de tonnerre E 4 Re CN re en D DS D ee ee+ 7 HSE O IR E: suffit pour les faire avorter. Un jour où deux après qu’elles ont été couvertes, on les remet à la vie commune, et l’on cesse de leur donner de Peau salée, dont l'usage continuel, aussi bien que celui du pain de chenevis et des autres nourritures chaudes, ne manqueroit pas de les faire avorter. Elles portent cinq mois, et mettent bas au com- mencement du sixième; elles ne produisent ordinairement qu’un agneau, et quelquefois deux: dans les climats chauds, elles peuvent produire deux fois par an; mais en France et dans les pays plus froids, elles ne pro- duisent qu'une fois l’année. On donne le bélier à quelques-unes vers la fin de juillet et au commencement d'août, afin d’avoir des agneaux dans le mois de janvier; on le donne ensuite à un plus grand nombre dans les mois de septembre, d’octobre et de novembre, et l’on a des agneaux abondam- ment aux mois de février, de mars et d'avril: on peut aussi en avoir en quantité aux mois de mai, juin, juillet, août et septembre, et ils ne sont rares qu'aux mais d'octobre, novembre et décembre. La brebis a du lait pendant sept ou huit mois, et en grande abondance; ce lait est une assez bonne nourrilure pour les enfans et pour l les gel de for LA qe Hrebice | HU alle@e qu 508 101 12 Les ‘ SOut Æ lors: je bles lréqu D er de | | [RES >rler.! æ jou ûl êle cd LAUNT une, On ce alé| 1e:«lusy le celu E pan ourritl© aude, s laure 4@cr. ll: iettent|| Æsn con: ; elles à gp vus neau, à By lqueli bauds,| œipeura an;md# Pr rois,= rep nnée,(? sou} vers Jal le juil d'août|#2 d'avor | ñ L nois del®s1er; 0 plus gti nou" bre, dif redû s rgr| e pond nus À "YrIeT, Pn aYOI rares! Eux? nt de cemb_ ou huit æ) , Jait, eg te€# ÿ Je est F dé qui| | ln, juil 3 août «À brel te DEA SERRES 7 les gens de la campagne; on en fait aussi de fort bons fromages, sur-tout en le mêlant avec celui de vache. L'heure de traire les brebis est immédiatement avant qu’elles aillent aux champs, ou aussitôt après qu’elles en sont revenues; on peut les traire deux fois par jour en été, et une fois en hyver. Les brebis engraissent dans le tems qu’elles sont pleines, parce qu’elles mangent plus alors que dans les autres tems; comme elles se blessent souvent, et‘qu’elles avortent fréquemment, elles deviennent quelquefois stériles, et font assez souvent dés monstres; cependant, lorsqu'elles sont bien soignées, elles peuvent produire pendant toute leur vie, c’est-à-dire, jusqu’à l’âge de dix ou douze ans; mais ordinairement elles’ sont vieilles et maléficiées dès l’âge de sept ou huit ans. Le bélier; qui vit douze ou qua- lorze ans, n’est bon que jusqu’à huit pour la propagation; il faut le bistourner à cet âge, et l’engraisser avec les vieilles brebis. La chair du bélier, quoique bistourné et en- graissé, a toujours un mauvais goût; celle de Ja brebis est molasse et insipide; au lieu que celle du mouton est la plus succulente et la meilleure de toutes les viandes com- mures,||| | À L] 15 4: oo 1h: eHAPSTOERE Les gens qui veulent former un troupeati eten tirer du profit, achètent des brebis et des moutons de l’âge de dix-huit mois ou deux ans; on en peut mettre cent sous la conduite d’un seul berger: s’il est vigilant, et aidé d’un bon chien, il en perdra peu; il doit les précéder lorsqu'il les conduit aux champs, et les accoutumer à entendre sa voix, à le suivre sans s'arrêter et sans s’é- carter dans les blés, dans les vignes, dans les bois et dans les terres cultivées, où ils ne manqueroient pas de causer du dégât. Les côteaux, et les plaines élevées au dessus des collines sont les lieux qui leur conviennent le mieux; on évite de les mener paitre dans les endroits bas, humides et marécageux. On les nourrit pendant l’hyver à l’étable, de son, de navets, de foin, de paille, de lu- zerne, de sainfoin, de feuilles d’orme, de frêne, etc.; on ne laisse pas de les faire sortir tous les jours, à moins que le tems ne soit fort mauvais, mais c’est plutôt pour les promener que pour les nourrir; et dans cette mauvaise saison, on ne les conduit aux champs que sur les dix heures du matin; on les y laisse pendant quatre ou cinq heures, après quoi on les fait boire, et on les ramène vers les trois heures après midi. Au prin- trop Y. li {eng gl «crÜr 40 ou J'hu | | soleil cel susons joir avi fait qi T'as CR nest ol aux che È aus de din à poh l& cg és les rangs ange et qu LC 9 hi das Palire à in+ a” ENT; Sl'err j loup;i à bi pr. les aYC 6lleon à \ us Lt # mène dé qu'il# nn ki. itumer|b ifenns +“À+( S S Are) ni sn! uns les fes, dun : Cubes où li Causern& ](l él, l sélevdæ dll qui let à‘vien, les md Eat mides| 8 areta jt L'hyt à eus in, dé æyk, t dé le feuil eo, uisse pl ke: ls cl à mol dort mais C) 1 op L, dix 14 à quatre mA oire, et M0 ni j prés!| TES . DE LA BREBIS. 75 tems et en automne, au contraire, on Îes fait. sortir aussitôt que le soleil a dissipé là gelée où l’humidité, et on ne les ramène qu’au soleil couchant: il suffit aussi, dans ces deux saisons, de les faire boire une seule fois par jour avant de les ramener à l’étable, où il faut qu'ils trouvent toujours du fourrage, mais en plus petite quantité qu’en hyver. Ce n'est que pendant l’été qu'ils doivent prendre. aux champs toute leur nourriture; on les y mène deux fois par jour, et on les fait boire aussi deux fois; on les fait sortir du grand‘ matin; on attend que la rosée soit tombée pour les laisser paitré pendant quatre ou cinq heures, ensuite on les fait boire et on les ramène à la bergerie, ou dans quelque “autre endroit à l’ombre: sur les trois OÙ. quatre beures du soir, lorsque la grande chaleur commence à Re uer, on les mène pailreune seconde fois jusqu’à la fin du jour; 1i faudroit même les laisser passer toute la nuit aux champs, comme on le fait en An- gleterre, si l’on n’avoit rien à craindre du loup; ils n’en seroient que plus vigoureux, “plus propres et plus sains. Comme la chaleur trop vive les incommode bea:UCOUP, et que les rayons du soleil leur étourdissent la tête el leur donnent des vertiges, on fera bien de 56 HISTOIRE choisir les lieux opposés au soleil, et de les menèr le matin sur des côleaux exposés au levant, et l'après-midi sur des côteaux ex- posés au couchant, afin qu’ils aient en pais- sant. la iête à l’ombre de leur corps; enfin, il faut éviter de les faire passer par des en- drotts couverts d’épines, de ronces. d’ajoncs |:;; de chardons, si lon veut qu'ils conservent leur laine. Dans les terrains secs, dans les lieux éle:. vés, où le serpolet et és autres herbes odo- riférantes abondent, la chair du mouton est de bien meilleure qualité que dans les plaines basses et dans les vallées humides, à moins que ces plaines ne soient sablonneuses et voisines de Ja mer, parce qu’alors toutes les herbes sont salées, et la chair du mouton n’est nulle part aussi bonne que dans ces pacages ou prés salés: le lait des brebis y est aussi plus abondant et de meilleur goût. Rien ne flatte plus l'appétit de ces animaux que le sel; rien aussi ne leur est plus salu- taire, lorsqu'il leur est donné modérément; et dans quelques endroits on met dans la bergerie un sac de sel ou une pierre salée qu'ils vont tous lécher tour à tour. Tous les ans il faut trier dans le troupeat * | 4 * 4 PE ne con ÊE que let OT]! sés al œ:] à les ct fs:“api à sur!# Sean: ln qui Æ ent eux de\e Tps: tj aire pd par(ke nes, dé es,(y 1 veut| si con: secs, À Bses lex! et Les al#= her! , la chi b“1 mil ra lité qi asp allées À æxles, in > soient) fsiontti , parce{ Hors lu et h| du si si boiE= s: Je la de bre # el di ell eur} l'aptiets” 1 ssi ne lé Est res st dot noie endroit been À ; sel ou] Es pit” cher(Lu nt et msi DE LA BREBIS. 77 les bêtes qui commencent à vieillir, et qu’on veut engraisser: comme elles demandent un traitement différent de celui des autres, on doit en faire un troupeau séparé; et si c’est en été, on les mènera aux champs avant le lever du soleil, afin de leur faire paître l'herbe humide et chargée de rosée. Rien ne contribue plus à l’engrais des moutons que l’eau prise en grande quantité, et rien ne s’y oppose davantage que l’ardeur du soleil; ainsi on les raménera à la bergerie sur les huit ou neuf heures du matin avant la grande chaleur, et on leur donnera du sel pour les exciter à boire; on les mènera une seconde fois sur les quatre heures du soir dans les pacages les plus frais et les plus humides. Ces petits soins continués pendant deux ou trois mois suffisent pour leur donner toutes les apparences de l’em- bonpoint, et même pour les engraisser au- tant qu'ils peuvent l'être; mais cette graisse qui ne vient que de la ovbttle quantilé d’eau qu’ils ont bue, n’est, pour ainsi dire, qu’une bouffissure, une œdème quiles feroit périr de pourriture en peu de tems, et qu’on ne prévient qu'en les tuant immédiatement après qu’ils se sont chargés de celte fausse né HISTOIRE graisse; leur chair même, loin d'avoir a6- quis“ sucs et pris de la do. n’en est souvent que plus insipide et plus fade: il faut, lorsqu'on veu leur faire une bonne chair, ne se pas borner à leur laisser paitre la rosée et boire beaucoup d’eau, mais leur donner en même tems des nourritures plus succulentes que lherbe. On peut les en- graisser en hyver et dans toutes les saisons, en les mettant dans une étable à part, et en les nourrissant de farines d’or ge, d'avoine, de froment, de fèves, etc., mêlées de sel, afin de les exciter à boire plus souvent él plus abondamment; mais, de quelque, ma- nière et dans quelque saison qu’on les ait engraissés, il faut s’en défaire aussitôt, car on ne peut jamais les engraisser deux fois,! et ils périssent presque tous par des maladies du foie. On trouve souvent des vers dans le foie des animaux, on peut voir la description des vers du foie des moutons et des bœuls dans le Journal des savans(1) et dans les Ephémérides d'Allemagne(2). On croyoit à Pur Anaibe: 106: (2) Tome V, année 1675 et 1676, que Ce à aus 18 bles de piobb Be as dés l maux, 08 dk pus M. Ras are cdi ds el 172 ls _ ire dont D. (lé le x ji ill Î: 1 à C$l£:: Pres gs lang ps | mfcu ds he| sé | 2 Rhs k o11f ème.| dar, de À Î ex|: te sipide| à 1 1 L leur|£. Une Îm ner à\ Æ ip coup)> 1, mi, ms des| erbe,( eut a: t dans t Œ| ds une éd æ par, arines(be, dan ES, el Æ lé| à boire|? J sauve ; Inals| 1 ue: que sais sunh en défi à aussi, les eng| ær de! que tous sde ni nt des Bei) LE: dust deser De 2 peul vol es mou 4 des art| pre| + 672 et 103 « On d!| tt DE LA BREBIS. 79 que ces vers singuliers ne se trouvoient que dans le foie des animaux ruminans; mais M. Daubenton en a trouvé de tout sem blables dans le foie de lâne(1), et il est probable qu’on en trouvera de semblables aussi dans le foie de plusieurs autres ani- maux. Mais on prétend encore avoir trouvé des papillons dans le foie des moutons; M. Roüillé, ministre et secrétaire d'état des affaires étrangères, a eu la bonté de me communiquer une lettre qui lui a été écrite en 1749, par M. Gachet de Beaufort, doc- teur en médecine à Montier en Tarantaise, dont voici lextrait:| « L'on a rem arqué depuis long- lé que les moutons( qui, dans nos Alpes, sont les _ meilleuts de Europe) maigrissent que Ique- fois à vue d'œil, ayant les yeux blancs; chassieux et concentrés; le sang séreux, sans presque aucune parte rouge sensible; la langue aride et resserrée; le nez rempli d’un mucus jaunâtre, glaireux et purulent, avec une débilité extrême, quoique mangeant beaucoup; et qu’enfin toute l’économie ani- ne À (1) Voyez dans le tome X XII de cette Histoire na turelle, la description de l’âne, 80 HISTOIRE male tomboit en décadence. Plusieurs re- cherches exactes ont appris que ces animaux avoient dans le foie, des papiilons blancs ayant des aîles assorties, la tête semi-ovale, velue, et de la grosseur de ceux des vers à soie. Plus de soixante-dix que j'ai fait sortir en comprimant les deux lobes, m’ont con- vaincu de la réalité du fait; le foie se di- lanioit en même tems sur toute la partie convexe; l’on n’en a remarqué que dans les veines, et jamais dans les artères; on en a trouvé de petits, avec de petits vers, dans le conduit cystique. La veine-porte et la capsule de Glisson, qui paroïssent s’y ma- nifester comme dans l’homme, cédoient au toucher le plus doux. Le poumon et les autres viscères étoient sains, etc.» Il seroit à desirer que M. le docteur Gachet de Beaufort nous eût donné une description plus détaillée de ces papillons, afin d’ôter le soupçon qu’on doit avoir, que ces animaux qu'il a vus ne sont que les vers ordinaires du foie de mouton, qui sont fort plats, fort larges, et d’une figure si singulière, que, du premier coup d'œil, on les prendroit plutôt pour des feuilles que pour des vers. Tous les ans on fait la tonte de la laine des poupee pn ere Fran di. je culte ave OL | sg dE F | AL 11 ge ap pu l k é oh# Jon 4 01RE dence! Le Ce. ion: Ppris q\ h«s anim nee des En Ua les, la mir) eur de AT fé dix UE hi st, eux lol} e Wort wl || du fait IE foi: y) ns sur! fx h je remar( ne du : 18 les 4: mx ce de pÆ ver à La vel nie dl qui pal æentiyr l’homt»«domi IX. Le| Eat! it sains!=» ue M. IR> leur donné Es destr}l ‘| VTT >apillon bi, in dé voir,( ss a que les) à ie qui son DA pi e si sin Mure, Jroitil on les] our | pour(er h jt la+6 Mn s des. brebis; celle du. cou‘et. du. d DE LA BREBIS. 81 des moutons; des brebis et, des ASTEAUX, Dans les pays chauds, où l’on ne craint pas de mettre l'animal tout a, fait nu, l’on ne coupe pas la laine, mais on l’arrache, et on en fait. souvent deux: récoltes par an, En France, et dans les climats plus froids, on se contente de la couper une fois par an; avec de grands, ciseaux, eton laisse aux moulonsune partie de, leur toison, afin de les garantir.de lPintempérie du climat. C'est au mois de mai que se fait cette opération, après les avoir bien lavés,‘alin de rendre Ja. laine: aussi nette qu’elle, peut l'être, Au mois davril.,; il, fait encore trop. froid;:et si d'on attendoit les mois. de juin et de juillet, la laine ne croîtroit pas assez pendant le reste de l'été, pour.les garantir du. froid pendant l'hyver. La laine des m outons est ordinaire. ment plus abondante et meilleure. que celle essus. du dos est la laine, de la première qualité; celle des cuisses ,,de,la queue; du: ventre, ,de:la 80186, elc:, n'est pas si-bonne; et. cclle:que lon prend sur des bêtes. mortes: ou. mala des est la plus mauvaise.. On. préfére-auysL Ja laine blanche à la grise,.à. la brune et à la noire parce qu'à la teinture elle peut Tome X XIII.| EF " a Ha me, ere. Es di 82 HISTOIRE prendre toutes sortes de couleurs. Pour la la laine lisse vaut mieux que la : on prétend même que les frisée, ne autres. On qualité, laine crêpue; inoutons dont la laine est trop se portent pas aussi bien que les eut encore tirer des moutons un avantage considérablé, en les faisant parquer, c’est-à- dire, en les laissant séjourner sur les terres qu'on vent améliorer; il faut pour cela en- clorre le terrain; et y renfermer le troupeau toutes les nuits pendant l'été. Le fumier, Vuviñe et la chaleur du corps'de ces ani- maux ranimeront en peu de tems les terres épuisées, ou froides et infertiles; cent mou- tons amélioreront, en un été, huit arpens dé terre pour six ans. 9 Tes anciens ont dit que tous les animaux süminans avoiënt du suif; cependant cela n’est exactément vrai qué de la‘chèvre et du mouton, et celui du mouton est plus abon- dant; plus blanc; plus sec, plus ferme et de meilleure qualité qu'aucun autre. La graisse diffère du suif en°ce qu’elle reste toujours molle; au lieu que le suif durcit en se re- froidissant. C’est surtout‘autour des reins que le suif s’amasse en grande quantité, et le rein gauche en est toujours plus chargé dog 0 À Elle " IR] Cul Æ: Por ant 1 x que end il Ea qu est{nb«erisée y n que| lire LOULON£(M avante sant pal Dr, Ch journet der.}es tem 4 ut Œœr che renifert Es: troie ant L'etb à fan du conb à ca perl de em Lester à inferti=: cent nan ele uitin i i | 1 s, É que td èæs ane ee Es I gui;| End fl » névret' DE LA BREBTIS. 85 que le droit; il ÿ en à aussi beaucoup dans l’épiploon et autour des intestins; mais ce suif n'est pas, à beaucoup près, aussi ferme ni aussi bon que celui des reins! de la queue et des autres parties du corps. Les moutons n’ont pas d'autre graisse que le suif; et cette matière domine si fort: dans l’habitudé de leur corps, que toutes les‘éxtréinités de’ la chair en sont garnies; le sing même en con- tient une assez grande quantité; et la liqueur séminale en est si fort éhargée, qu’elle pa- roit être d’une consistance différente de celle de la liqueur séminale des autres: animaux! La hqueur de l’homme, celle du chien; du cheval;'de lâne, et probablement: céllé de tous’ les añimaux qui n’ôntipas de! suif,‘sé liquéfie par le: froid se délaie à l'air j'et devient d'autant plus flüide, qu'il y aplus de tems qu'elle:est sortieiidu corps. de Fani- mal, La liqueur séminale du bélier>» Et'pro: bablement celle du‘bouc'et des'autres: anis maux qui ont du suif, au lieu detse délaÿer à l'air; se’ durcit comme le suif> et perd toute sa liquidité avec: sa chaleur, J'ai re connu cette différence en>observant an mi- croscope ces liqueurs séminales; celle du bélier sefige quelques secondes après qu’elle F 2 ee SP ATRREE som rasé titi Ne Mn em ee EE——- Fe je 84 HISTOIRE: estssortie du cofps;ret pour y voir: les'imo- lécules:orgariiques vivantes qu’elle:contient en-prodigieuse quantité; il faut. chaufter le porte-objet, du microscope, afin:.de la con- server. dans som-étatide flinditésssis iBe goût de li chair du mouton; la: finesse dé la: laine; la quantité du-suut:,‘et-même la grandeur et-la«grosseur du corps de.ces animaux varient: beañcoup, suivant:les dif- férens paÿs. En France, le Berriest: la pro- vince! où; ils sont.plus.abondans 3, ceux des environs-deBeauvais:sont Les plüus-gras et les plus-chargés de suif}, aussi bien que ceux de quelques autres endroits dela: Norman- die s'ils sont:très-hons en Bourgogne;: mais les Meilleurs de:tous: sont:;ceux des! côles sablonéuses de nos-provinces-maritimes,, Les laines d'Italie, d'Espagne; et: même d’An- cleterre,. sont plus: fines que:les.laines de France. Il‘ÿ'asen Poitou;:.en Provence, aux environs de Bayorne, et dans quelques autres endroits-de:la France, des brebis:qui paroissent être de: races étrangères;-et qui sont plus grandes, plus-fortes et: plus char- gées de laine que.celles dela race commune. Ces brebis:produisent aussi beaucoup plus que les autres; et donnent souvent deux RES uy ÿ 1 les ne es qu'|> onto il fau! Bsutfer, 6, alt Es à co. hiudité=. mout( Le fine Qu su des true! ur du| Car up, sul slt! de NE sl band> ui h ont Led Lex s grue ; aussi| Bssqué ce roits d{&[Noir en Bou æ te; sont. cl Eades ti pinces! E sinesk | L, que;€ mn es qué Sin! tou,(* ine, el ts quelfe \yance; DE LA BREBIS. 85 agneaux à la fois, ou deux agneaux par an. Les béliers'de cette raée engendrent avec les brebis ordinaires;-ceiqui produit une race intermédiaire,‘quiparticipe-des deux: dont elle sort. En ftalie et en Espagne»il:yia en- core un plus grand nombre de variétés"dats les races des brebis, mais toutes doivent être regardées: comme ne: formant qu’une: seule et même-spèce avec nos brebis; et cette espèce si abondante et si variée ne s'étend guère au-delà de l'Europe. Les animaux à longue et large queue, qui sont communs en Afrique et en Asie, et auxquels les voya- geurs ont donné le nom de moutons de Barbarie, paroissent être d’une espèce dif- férente de nos moutons, aussi bien que la vigogne et le lama d'Amérique. Comme la laine blanche est plus estimée que la noire, on détruit presque par-tout avec soin les agneaux noirs ou tachés; ce- pendant il y a des endroits où presque toutes les brebis sont noires, et par-tout on voit souvent naître d’un bélier blanc et d’une brebis blanche, des agneaux noirs. En, France, il n’y a que des moutons blancs, bruns, noirs et tachés; en Espagne, 1l y" des moutons roux; en Fee il yena de F3 86 HISTOIRE: jaunes; mais ces différences et ces variétés dans la couleur sont encore plus acciden- telles que les différences et les variétés des races, quine viennent cependant que de{a différence de la nourriture et de l'influence du climat(1). , DE à à (1) L'on trouvera à l’article du mouflon, des parti- cularités sur les différentes races de brebis. | SONNINI. EE IRR= ces et‘ant, 20 pl ide et les= CT 'penda}&&dek| re et d D uen nt du moul Ex es pay| es de bré.æ S ox” DE LA BREBIS. 87 momo À DD: LE EE ON A L'ARTICLE DE LA BREBIS: PAR SONNINI.| L Nature a couvert presque toutes les races dans cetteespèce dequadrupèdes, d’une sorte de poils ou filamens fins, crépus, et si flexibles qu’un flocon de laine frisée, qui n’a que quinze lignes de longueur, peut s’alonger jusqu’à trois pouces trois lignes, et même plus, lorsqu'on l’étend en ligne droite. Le dos et les côtés du cou sont garnis de cette laine longue et facile à étendre; elle est moins frisée et plus longue sur les flancs, le reste du cou, le ventre et les épaules; plus longue encore, mais grosse et presque lisse sur la face extérieure des cuisses et de la queue; enfin, dure, courte et ressemblant plutôt à du poil qu’à de lalaine, sur la tête, en dedans des cuisses et au bas des jambes(1}. La couleur de cette toison varie: la plus (1) Daubenton, description du hélier. F 4 88 HISTOIRE ordinaire ést le blanc sale, le nairâtre et le blanc sale tacheté de noir. Le museau du bélier est long et effilé; il n’y a ni poils, ni laine à son extrémité. La bouche est silloninée en dedans de lignes presque droites. La mâchoire inférieure a huit dents incisives;.elles manquent à la mà- choire supérieure; aucune n’a de dents ca- nines, et toutes deux ont des molaires. L'on voit communément sur ces dernières une couche assez mince de matière noirâtre, un peu bronzée et:polie comme certaines Py- rites(1). Les yeux:sont gros et éloignés l’un de l’autre; liris est verdâtre, et la pupille oblongue; le. chanfrein:est arqué; les oreilles se dirigent, horizontalement de chaque côté de la tête; les cornes anguleuses se recourhent en RE FETRe elles sont Jau- nâtres, et leur surface est chargée de TUgO- sités. Les jambes de. devant sont droites; celles de derrière ont une courbure dont à concavité est en avant; toutes sont. sèches et roides; les genoux Per plus épais dans les jambes de devant, et:‘plus élevés dans celles de derrière. La queue descend; Jusqu'au jarret, et reste collée contre le COTps, sans (1) Dauhenton, description du bélier. hoire| Æ Manq{ Es: lip| ne na le«me, des ne Lal ces(| Esres v atière Etre my nm( es pre os el! Œné l'y! datre|= pipe n est| Bei:(] à orizon| lent( s corn( ds uen »: ll Bi nt pr! t chal@teng! vant$ Baroits: e cou Ændonti, louleg x: sécla nt plu à 1 dus L plus!#6 dau ) re desct Wusqué tre le:#5, ——" mail a bélier. DE LA BREBIS.: 69 mouvement, comme une touffe de laine qu’on y auroit attachée( 2),1 Les parties molles du’ béliér étant très- ressemblantes à celles du taureau, je crois inutile d’en parler; il y à aussi peu de dif- férences entre‘les squelettes de ces deux animaux également utiles.| Depuis plusieurs années l’on est OCCUPÉ, avec beaucoup de succès, de l'amélioration des bêtes à laine de la France. Des hommes éclairés sont parvenus à fournir'à nos ma- nufactures de draps, des laines dont la finesse ct la bonté ne le cèdent pas aux plus belles laines d’Espagne. Les établissemens qu'ils ont formés ou qu’ils dirigent, attendent des items de paix et de calme pour être imités où agrandis. Mais on n’oubliera jamais que cest à Daubenton que sont dus et les pre- . Miers essais, et les premiers succès en ce genre. Îl faut lavoir vu, il y à vingt-cinq ans; donner des sois assidus à sa bergerie de Montbard, dans laquelle les plus belles races de moutons se trouvoient réunies; il faut lavoir vu examiner et comparer, avec l'attention la plus scrupuleuse, les filamens des différentes toisons qu'il obte- (1) Zdem, ibidem. go HISTOIRE DE LA BREBIS. noit par les mélanges des races. L'on ne pouvoit se défendre de la vénération. pro- fonde qu’inspiroit cet homme incomparable, ce savant dont la mémoire passera à la postérité, avec une gloire justement acquise et la reconnoissance des hommes, parce que s’'élevant au dessus des idées étroites et stériles de l’école, ou, ce qui est la même chose, du pédantisme, il a dirigé les sciences vers le but le plus honorable, l'utilité génc- rale et la prospérité de sa patrie. LA BŒÆK, des ES Lo ha vé ES on y mt mme ED upar, moire EJsn L ire jus Ætiqu ; om 2 pare des il Æ(rois , Ce qu æ ln! la dit B ss Lorable, D ilié gr: Sa pal= - de (4 a: Lie h [ie 115 El. L: :44 F Fe }| ES RE HAURE “ LA CHevrEe danois| 1 loge: p 4 RE! CT AËCHEVRE 0) Quorqur les espèces dans les animaux soient toutes séparées par un intervalle que IMNature ne peut franchir: quelques-unes semblent se rapprocher par un si grand nombre de rapports, qu'il ne reste, pour ainsi dire, entre elles que l’espace néces- * Voyez la planche IV, S 1, le bouc; et fig. 2, la chèvre, (1) Le bouc. En hébreu, saër. En chaldéen, ize. En syriaque, ezo, En arabe, maez. En grec, éragos. En latin, Aircus. En persan, busan, En italien, buco. En na AE cabran. En portugais, cabrane. En anglais, gote-bucke et goata. Dans le pays de Galles, bowco. En allemand, bock ét ziegenbock En ANT bok. En danois, bu. En suédois, bock et get. En polonais, koziel, En illyrien, kozel. En russe, fozel, En tartare, Kasah, En morduan, ssaa; etc. se Tragus domesticus. Hircus, capra, caper si castra- tus. Klein. Quadr. pag. 15.— Æircus cornibus interits cultratis, exterius rotundatis, infrà carinatis, arcua- tis… Hircus et capra domestica. Brisson, Regn. anim. Sen. 9; sp. 1.— Capra cornibus carinatis arcuatis…. Capra, hircus. Erxleben, Syst, regn. animal. gen. 28, sp..1, Lin, Syst, nat. edit. 13.: SONNINE, q2 HISTOrRE saire pour tirer la ligne. de séparation;; et Jorsque nous comparons ces espèces voisines et que nous les considérons in eont à à nous, les unes se présentent comme des espèces de première utilité, et les autres semblent n'être que des espèces ART qui pourroient, à bien des égards, remp! aggr les PrÉMIEEE, et nous servir aux mêmes usages. L’âne pOREr oit presque remplacer le cheval; et de même, si l'espèce de Ja brebis venoit à nous manquer, celle dé là chèvre pourroit y suppléer. La chèvre fournit du lait comme la brebis| ét même en plus grande abondance; elle donne aussi du suif en quantité. Son poil, quoique plus rude que la lainé, sert à faire de très- bonnes étoffes; sa peau vaut mieux que celle du mouton: la chair du chevreau approche assez de celle de l’agneau, etc. Ces espèces auxiliaires sont plus agrestes, plus robustes que les espèces principales; l’ane et la chèvre ne demandent pas autant de Soin que le cheval et la brebis; par-tout ils trouvent à vivre, et broutent également les plantes de toute espèce, les herbes grossières, les ar- brisseaux nee gés d’épines; ils sont moins affectés de l’intempérie duélimat; ils peuvent mieux se passer du secours de l'homme; blent@ dinag@n esp ayor de jour FT il O1 En 1 le Éuation:, € voi ik s| livemert, 114 om à él les arr Dé E=auxilan gi>, rempl 4 er=niux mt | sq temple spé 1Sle la hr ell 8 la ci 1ev 9. ourni 1 Be en? nn dassi dui do ap plus n s dises- bu ee ue cell | hein pa À à+ Ces ep — dus rob\ |- 48 et laché nl soin. DÉ LA CHEVRE. 95 moins ils nous appartiennent, plus ils sem- blent. appartenir à la Nature:: et au lieu d’imaginer.que ces espèces subaltérnes ont été produites que par la dégénération des espèces premières; au lieu de! regarder l’âne comme un cheval dégénéré, il y auroit plus de raison de dire que le A re est un âne perfectionné.; que: la: brebis rest qu’une espèce de chèvre plus délicate que nous avons soignée, perfectionnée, propagée pour notre utilité, el qu’en général.les espèces les, plus parfaites, sur-tout dans les animaux domestiques, urent leur origine de l'espèce | moins. parfaite des animaux Sauvages qui en approchent.le plus, la Nature.seule ne pouvant faire autant que la..Nature. et l’homme réunis.“rs Quoi qu'ilen soit, la chèvre est une espèce distincte, et vint 4 encore plus:éloignée de celle rs la brebis, que l’espèce de l'âne ne, l’est de celle du cheval. Le. bouc s'ac- couple volontiers avec la brebis, comme l’âne avec:la jument,.et le bélier se joint avec la chèvre, comme le cheval avec l’ânesse; mais quoique ces accouplemens soient assez Ayréquens, et quelquefois prolifiques, il ne s'est point formé d'espèce, intermédiaire entre la chèvreet la brebis. Ces deux espèces Î oh ! | | 1} i ü È { | L| 1 | 1 LE| El fl Î l ‘4 | : : | il cé 3 ANS TOAHR EÉ sont distinctes, demeurent constamment séparées, et toujours à la même distance lune de lautre; elles n’ont donc point été altérées par ces mélanges; elles n’ont point fait de nouvelles souches, de nouvelles races d'animaux mitoyens; elles n’ont produit que des différences individuelles, qui n’in- fluent pas sur l’unité de chacune des es- pèces primitives, et qui confirment au contraire la réalité de leur différence ca- ractéristique.| Mais 1l y a bien des cas où nous ne pou- vons n1 distinguer ces caractères, ni pro- noncer sur leurs différences avec autant de certitude; il ÿ en a beaucoup d’autres où nous sommes obligés de suspendre notre jugement, et encore une infinité d’autres sur lesquels nous n’avons aucune lumière: car indépendamment de l’incertitude où nous jette la contrariété des témoignages sur les faits. qui nous ont été transmis, indépen- damment du doute qui résulte du peu d’exac- ütude de ceux qui ont observé la Nature, le plus grand obstacle qu’il y ait à l’avance- cement de nos connoissances, est l'ignorance presque forcée dans laquelle nous sommes dun très-grand nombre d’effets que le tems seul n’a pu présenter à nos yeux, et qui ne Al se de que[A onbée ls tee peste lé, ls che nÙ Eistanme 1 1Æe distan it| point CÙ ont pi le1r-«elles ry es(Fat pr lé= ,quin cl mæne de: i leirment: ur” MElrence US ne ji races, ip ces fric aukil co yd'autis > sy emdre ni ne À jm ité d'art ns de ne lumi rindt-"ude où téniæ tæ ages qu! tr l= is, indé ésull rende ob$-$ la Mi ES: a V'avil ={ J'ignoï e d'{ que x. ous s0Ï! Ï anné esS'4 DE LA CHEVR_E. 95 se dévoileront même à ceux de la postérité que par des expériences et des observations combinées. En attendant, nous errons dans les ténèbres, ou nous marchons avec per- plexité entre des préjugés et des probabi- lités, ignorant même jusqu’à la possibilité des choses, et confondant à tout moment les opinions des hommes avec les actes de la Nature. Les exemples se présentent en foule; mais, sans en prendre ailleurs que dans notre sujet, nous savons que le bouc et la brebis s’accouplent et produisent ensemble; mais personne ne nous a dit encore sil en résulte un mulet stérile, où un animal fécond qui puisse faire souche pour des gé- néralions nouvelles où semblables aux pre- mières: de même, quoique nous sachions que le bélier s’accouple avec la chèvre, nous q ignorons s'ils produisent ensemble, et Les est ce produit. Notre ignorance sur les: faits de cette nature est presque forcée, les expériences qui pourroient les décider demandant plus de tems;, plus de soins et de dépense que la vie et la fortune d’un homme ordinaire ne peuvent le permettre. J’aremployé quelques a faire des tentatives de cette espèce; 9b HISTOIRE j'en ai rendu compte lorsque j'ai parlé des mulets; mais je conviens qu’elles ne m'ont fourni que: peu:de lumières,.et que la plu- part de ces épreuves ont été sans succès. De là dépendent cependant la connois- sance entière dés animaux, la division exacte de leurs espèces, et intelligence parfaite de leur histoire; de la dépendent aussi la ma- nière de Pécrire et l’art de la traiter: mais puisque nous sommes privés de ces connois- sances si nécessaires à notre objet; puisqu'il ne nous est pas possible, faute de faits, d’é- tablir des rapports,.et de fonder nos raïson- nemens, nous ne pouvons mieux-faire que d’aller pas à pas; deconsidérer chaque animal individuellemenñt; de regarder comme des espèces différentes. toutes;celles. qui ne se mêlent pas.sous nos yeux, et; d'écrire leur histoire par articles séparés, en nous réser- vant de les joindre ou.de:les fondre en- semble, dès que, par notre propre. expé- rience, ou par célle des autres, nous serons plus instruits.| Fe C’est par cette raison que, quoiqu'il ÿ ait plusieurs animaux qui ressémblent à la brebis et à la chèvre, nous ne parlons ici que ‘dela chèvre et de la brebis domestiques. Nous ignorons si les espèces étrangères pour- rolent ur‘pk WE ne n'y s, Su k jh © neck, dal. conmt la(fs ion ext \ye=parfaltel delle si lan » JW ter: és CAMES COnI > OF, puisq ue 2 faits, di ond 140$ ral sn ex faire rer iBique ai ard'éæromiit À s A: qui ii x|E'écrireh rés! p=-nous dell fonditt 1otré es opre au em OU di a que= quoi qui= mble Le: sjut us n e;l0n fi brel jomesll} 0 mg U eces DE LA CHEVRE. 97 roient produire et former de nouvelles races avec ces espèces communes. Nous sommes donc fondés à les regarder comme des.es- pèces différentes, jusqu’à.ce qu'il soit prouvé par le fait, que les individus de chacune de ces espèces étrangères peuventse mêler avec l’espècecommune, etproduire d’autres indi- Vidus qui produiroient entre eux, ce carac- tère seul constiluant la réalité et l’unité de ce que lon-doit appeler espèce, tant dans les animaux que dans les végétaux. La chèvre a de sa nature plus de sentiment et de ressource que la brebis; elle vient à l’homme volontiers; elle se familiarise aisé ment; elle est sensibleaux caresses et capable d’attachement; elle est aussi plus forte, plus légère, plus agile et moins timide que la brebis; elle.est vive, capricieuse, lascive et vagabonde. Ce n’est qu'avec peine qu’on la conduit, et qu’on peut la réduire en trou peau; elle aime à s’écarter dans les solitudes, à grimper sur les lieux escarpés, à se placer et même a dormir sur la pointe des rochers et sur le bord des précipices; elle cherche le mâle avec empressement; elle s’accouple avec ardeur, et produit de très-bonne heure: elle est robuste, aisée à nourrir; presque toutes les herbes lui sont bonnes ,etil y Tome XXII. G en 98 HISTOIRE a peu qui lincommodent(1). Le tempéra- ment, qui dans tous les animaux influe beaucoup sur le naturel, ne paroît cepen- dant pas dans ia chèvre différer essentielle- ment de celui de la brebis. Ces deux espèces “d'animaux, dont l’organisation intérieure est presque éntièrement semblable, se nourris- sent, croissent et multipliént dé la même manière, et se ressemblent encore par le caractère des maladies, qui sont les mêmes, à l'exception de quelques-unes auxquelles la chèvre n’est pas sujetté; elle né’ craint pas, commela brebis, la trop grande chaleur; elle dort au soleil, et s'expose volontiers: à ses rayons les plus vifs, sans en être incom- modée, et sans que cette ardeur[ur cause ni étourdissemens, ni vertiges; elle ne s’ef- fraie point des orages, ne s’impatiente pas à la pluie; mais elle paroït être sensible à la rigueurdu froid. Les mouvemensextérieurs, lesquels, comme nous l’avons dit, dépendent beaucoup moins de la conformation du corps, que de la force de la variété des sensations Pr] (1) Elle mange la ciguë, les différentes espèces d’a- conit, et d’autres plantes vénéneuses, sans en être incommodée, SONNINI, Êl {| Mpér- DU Eic infl Pa cepen. red entelle $(=: espèce ni}= cure à el maux nt à mûr | ele par À oni 1 même, s a fuelles) ne#6 Ant pa de! leur; el rohlærers àsts en! incor de dut can ges€ ne sé Jin bsnie pi étés asible il em= xtérie ns|=lépents prndèm: du C0! b— sensall mt l eh E | fe‘= esp 1 Î peu) LA n sans€ w DE LA CHEVRE relatives à l'appétit et au desir, sont par cette raison beaucoup moins mesurés, beaucoup plus vifs dans la chèvre que dans la brebis. L'inconstance de son naturél se marque par l'irrégularité de ses actions; elle marche; elle s'arrête; élle court;«elle bondit; elle saute, s'approche, s'éloigne, se montre, 56 cache, où fuit comme par caprice, et sans autre cause déterminante que celle de la vi- vacité bizarre de son sentiment intérieur; et toute la souplesse des organes, tout le nerf di corps suflisent à peine à la pétulance et à là rapidité de ces mouvemens, qui lui sont naturels.| On'a des preuves: que ces animaux sont’ naturellement amis de l'homme, et que dans les lieux inhabités,, ils ne deviennent point sauvages. Ën 1098; un vaisseau anglais ayant relâché à l’île de Bonawista, deux nègres se présentérent à bord et offrirent gratis aux PS anglais autant de boucs qu’ils en voudroient emporter. À létonnement que le capitaine marqua de cette offre, les nègres répondi- rentqu'iln"y avoit que douze personnes dans oute l'ile; que les boucs et les chèvres Sy étoient mullipliés jusqu’à devenir incom- modes, et que loin de donner beaucoup de peine à les prendre, ils suivoient les hommes CG 100 HISTOIRE avec une sorte d’obstination, comme les ani- maux domestiques(1). Le bouc peut engendrer à un an, et la chèvre à l’âge de sept mois; mais les fruits de cette génération précoce sont foibles et défectueux. et l’on attend ordinairement que Jun et l’autre ait dix-huit mois ou deux ans avant de leur permettre de se joindre. Le bouc est un assez bel animal, très-vigoureux et très-chaud: un seul peut suffire à plus de cent cinquante chèvres pendant deux ou trois mois; mais cette ardeur qui le consume ne dure que trois ou,quatre ans; et ces ani- maux sont énervés, et mème vieux dés l’âge de cinq ou six ans. Lorsque l’on veut donc faire choix d’un bouc pour la propagation, il faut qu'il soit jeune et de bonne figure, c’est-a-dire,âgé de deux ans, la taille grande, le cou court et charnu, la tête légère, les oreilles pendantes, les cuisses grosses, les jambes fermes, le poil noir, épais et doux, la barbe longue et bien garnie. Il y a moins de choix à faire pour les chèvres; seulement on peut observer que celles dont le corps est grand, la croupe large, les cuisses fournies, (1) Voyez l'Histoire générale des voyages, tome I, page 519. FRE me: = F'! LE 4 | ul 1,eth na| s fruit sont 2(bles« nai F sent que 1s(| 2UX al self«dre. L tré=syoureut sta fi à plu da VEUX Où! juL: Mons ui ns; sces alI- vie æ des lise Yoif>utdon \a[om agation ke ble» figure Ja les grandi AE zre, À sseslE:SS6 k ,|— j, r,jæ et dou nie! M: à 00? : h' Fr jell syrét ulen dot corps® > ourné DE LA: CHEVR E. 101 la démarche légère, les mamelles grosses, les pis longs, le poil doux et touffu, sont les meilleures. Elles sont ordinairement en chaleur aux mois de septembre, octobre et novembre; et même, pour peu qu’elles ap- prochent du mâle en tout autre tems, elles sont bientôt disposées à le recevoir, et elles peuvent s’accoupler et produire dans toutes les saisons: cependant elles retiennent plus sûrement en automne; et l’on préfère encore les mois d'octobre et de novembre, par une autre raison; c’est qu’il est bon que les jeunes chevreaux trouvent de l'herbe tendre lors- qu’ils commencent à paître pour la première fois. Les chèvres portent cinq mois, ét mettent bas au commencement;du sixième; elles allaitent leur petit pendant un mois ou cinq semaines: ainsi l’on doit compter en- viron six mois et demi entre le tems auquel on les aura fait couvrir et celui où lechevreau pourra commencer à paîitre. Lorsqu'on les conduit avec les moutons, elles ne restent pas à leur suite; elles précè- dent toujours le troupeau. Il vaut mieux les mener séparément paiître sur les collines; elles aiment mieux les lieux élevés et les montagnes, même les plus escarpées; elles trouvent autant de nourriture qu’il leur en G 3 102 HISTOIRE"1 faut, dans les bruyères, dans les friches, dans les terrains incultes et dans les terres stériles. Il faut les éloigner des endroits cultivés; les empêcher d'entrer dans les blés, dans les vignes, dans les bois; elles font un grand dégât dans les taillis; les arbres dont elles broutent avec avidité les jeunes pousses et les écorces tendres, périssent presque tous; elles craignent les lieux humides, les prairies marécageuses, les pâturages gras. On en élève rarement dans les pays de plaines; elles s’y portent mal, et leur chüir est de mauvaise qualité.| Dans. la plupart des climats chauds, lon nourrit des chèvres en grande quan- lité, et on ne leur donne point d’étable: en France, elles périroient si on ne les met- toit pas à l'abri pendant l’hyver. On peut se dispenser de leur donner de la litière en été, mais il leur en faut pendant lhyver; et comme toute humidité les incommode beau- coup, on ne lestlaisse pas coucher sur leur fumier, et on leur donne souvent de la li- tière fraiche. On les fait sortir de grand matin pour les mener aux champs: l'herbe chargée de rosée, qui n’est pas bonne pour les mou-. tons, fait grand bien aux chèvres. Comine elles sont indociles et vagabondes un homme, À Î Dès, dam dSsstéile SE ivési la 1e lans le NE| gran ré æ nt elle 1e! esse À pi be de tous: es| S prairit og On« : Cr est de mé æ chant, cfrse quatr voit d'étable ont Les met n': peut# al: end ant ls ver à. co we beat jud(sur Je sut laer de la l- dé t=rid mali l'hl chargé > pé su© now pd t= Con de ho DE: BA“CHEVRE. dog soins robuste et quelque agile qu'il soit, n’en peut guère conduire que cinquante. On ne les laisse pas sortir pendant les neiges et les frimats; on les nourrit à l’étable, d'herbes et de petites branches d’arbres cuerllies en au- tomne, ou de choux, de navets et d’autres légumes. Plus elles mangent, plus la quantité de leur laitaugmente; et pour entretenir ow augmenter cette abondance de lait, on les fait beaucoup boire, etonleitr donne quelquefois du salpêtre ou de l’eau salée. On peut com- mencer à les traire quinze jours après qu'elles. ont mis bas; elles donnent du lait en quan- tité pendant quatre ou cinq mois, et elles en. donnent soir et matin. La chèvre ne produit ordinairement qu'umæ chevreau, quelquefois deux, très-rarement trois et presque jamais plusde quatre: elle ne produit que depuis l’âge d’un an ou dix-huit mois, jusqu’à sept ans. El y a des chèvres beaucoup plus fécondes que les autres, selon leur race et leur climat. M. Secretary, chevalier de Saint-Louis, étant à Tulle en Flandres en:1773et1774, a vu, chezmadame Denizet, six beaux chevreaux qu’une chèvre avoit produits d’une seule portée: cette même chèvre en avoit.produit dix dans deux autres portées, et douze dans trois portées G 4 104 HISTOIRE précédentes(1). Le bouc pourroit engendrer jusqu’à cet âge, et peut-être au-delà, si on le ménageoit davantage; mais communé- ment 1} ne sert que jusqu’à Pâge de cinq ans. On le réforme alors pour l’engraisser avec les vieilles chèvres et les jeunes chevreaux mâles, que lon coupe à l’âge de six mois, afin de rendre leur chair plus succulente et plus tendre. On les engraisse de la même manière que lon“engraisse les moutons; mais, quelque soin qu’on prenne, et quel- que nourriture qu’on leur donne, leur chair n'est jamais aussi bonne que celle du mou- ton, si ce n’est dans les climats très-chauds, où la chair du mouton est fade et de mau- vais goût. L’odeur forte du bouc ne vient pas de sa chair, mais de sa peau. On ne laisse pas vieillir ces animaux, qui pour- roïent peut-être vivre dix ou douze ans; on s'en défait dès qu’ils cessent de produire, et plus ils sont vieux, plus leur chair est mauvaise. Communément les boucs et les chèvres ont des cornes; cependant il y a, quoiqu’en moindre nombre, des chèvres et des boucs sans cornes. Ils varient aussi beau- dé (1) Lettre de M. Secretary à M. de Buffon, datée de Monflanquin, en Agenois, le 4 juillet 1577. cop} Lil pnch à soul cel 1h 01 10 bustes 24 couter den pas des on ele POUR cel@ fr: à élec. 1 À fut ds ons 1 doiées se lai els ds Dome ds viche gl pu ls Com ls fr lan F1 ln: L 8 lalt Û | | | E 0j} gendre DE| à, 6 ol 18= Dnmunt 28 De Linq ans N9 Emfier ave LS evrean 2 x moi s$CD1lente à celà mûr les outon niet quel mel ur chat ce æ du mot st 2s chauds, de‘Sole mat boite vie \ fées On 1 Xp LL pour 1 di em: ans; ll it(e rodunt Jéechar à. les ecs cl le ets 1l 4 dc byres& iles 551 bett D diner den, juil 77 DE LA CHEVRE. 105 coup pâr la couleur du poil. On dit que les blanches et celles qui n’ont point de cornes, sont celles qui donnent le plus lait, et que les noires sont les plus fortes et les plus ro- bustes de toutes. Ces animaux, qui%e coûtént presque rien‘à nourrir, ne laissent pas de faire un produit assez considérable; on en vend la chair, le suif, le poil et la peau. Leur lait est pitié sain et meilleur que celui de la brebis; il est d'usage dans la médecine, 1l se cai lle aisément, et l’on en fait de très-bons fromages: comme il ne contient que peu de parties butireuses, l’on ne doit pas en séparer la crêmeé. Les chèvres se laissent teter aisément, même par les enfans, pour lesquels leur lait est une très- bonne nourriture; elles sont, comme les vaches et les brebis, sujettes à être tetées par la couleuvre, et encore par un oiseau connu sous le nom de tete-chèvre ou crapaut- volant, qui s'attache à leur mamelle pendant la nuit, et leur fait, dit-on, perdre leur lait(1). (1) Les chèvres se laissent aisément teter par des .: LS, À,; animaux beeucoup plus grands qu’elles, et d’un genre fort éloigné. J’ai vu, en 1781, à Châtillon-sur-Saône, chez la femme Urguette, un poulain dont la mère 106 HISTOIRE Les chèvres n’ont point de dents incisives a la mâchoire supérieure;.celles de la mà- choire inférieure tombent et se renouvellent dans le même tems et dans le même ordre que celles des brebis:les nœuds des cornes et des dents peuvent indiquer l’âge. Le nombre des dents n’est pas constant dans les chèvres; elles en ont ordinairement moins que les boucs, qui ont aussi le‘poil plus rude, la barbe et les cornes plus longues que les chèvres. Ces animaux, comme les bœuls et les moutons, ont quatre estomacs, et ruminent: l'espèce en'est plus répandue que celle de la brebis; on trouve des chèvres semblables aux nôtres dans plusieurs parties du monde; elles sont seulement plus petites en Guinée et dans les autres pays chauds; elles sont plus grandes en Moscoyie et dans les autres climats froids. Les chèvres d’An- 8ora ou de Syrie, à oreilles pendantes, sont de la même espèce que Les nôtres; elles se avoit péri, être adopté et nourri par une chèvre, que l’on faisoit monter sur un tonneau, afin que le poulain pût la teter avec plus de facilité. Il suivoit sa nourrice aux pâturages, comme il eût suivi sa propre mère; dont il retrouvoit les soins et les sollicitudes dans la chèvre, qui l’appeloit par des bélemens empressés 0f inquiets, lorsqu'il s’écartoit d'elle, SONNINL, l mélent k es cln de af lo@e digées à fente ce f: rales à 08 cornecih courb@s sorte qi 1] Jerol ds Yael l 1 At ln# Ces«gs : ss È TES Tous art bé, deksoi AR 4 es incisry = dhy LS Æ nouvel: ll ême uk GE des cons lg. l'âge| nt dk nds 1ent ni uk pol es Mes lou autezome qu'ils estomit st ls répant où#vdes cher phievurs pui on erplus péi te ays cha 1 N= oyie el Le évres li es/t=lantesf es|S:es; dl null tent, emmener ae chèvre rri|— ne ch sea Es: Que ie sa DO té.| ot sul x ellé LE | L prop { ll æ. gitudes| bé ps DE' LA CHEVR_E. 107 mêlent et produisent ensemble, même dans nos chimats: le mâle a les cornes à peu près aussi longues que le bouc ordinaire, mais dirigées et contournées d'une manière dif- férente; elles s'étendent horizontalement de chaque côté de la.tête, et forment des spi- rales à peu près comme un tire-bourre. Les cornes de la femelle sont courtes, et se re- courbent en arrière, en bas et en avant; de sorte qu’elles aboutissent auprès de l'œil, et: il paroït que leur contour et leur direction varient. Le bouc et la chèvre d'Angora, que nous avons vus à ia ménagerie du roi, les avoient telles que nous venons de les décrire; et ces chèvres ont, comme presque tous les autres animaux de Syrie, le poil très-long, très-fourni, et si fin, qu’on en fait des étoftes aussi TR et aussi lustrées que nos étoiles de soie(1). (1) Il y a ici deux inexactitudes: premièrement, Angora n’est point une ville de la Syrie; son ter- ritoire fait partie de l’ancienne Mysie, et aujourd’hui de la Natolie, les chèvres d’Angora et de Syrie, contrées fort éloi- dans l’Asie Mineure. En second lieu, gnées l’une de l’autre, sont deux races bien diffé- rentes. Sans parler de tous les caractères qui les distinguent, il suffira, pour ne pas les confondre, de remarquer que les chèvres d’Angora sont couvertes 108* HISTOIRE Nous donnons ici(p£.#7, fig. 2.) la figure d’un bouc, dont les sabots avoient pris un accroissement extraordinaire: ce défaut, ou plutôt cet excès, est assez commun dans les boues et chèvres qui habitent les plaines et les terrains humides. de très-longues soies, tandis que les chèvres de Syrie ont le poil ras, Je donnerai plus d’étendue à ces remarques, lorsqu'il sera question des chèvres étrangères, cet article, ainsi que Buffon en prévient, n’étant destiné qu'à l’histoire de noire chèvre domestique. Maïs je puis assurer d'avance que toutés ces chèvres des autres contrées ne constituent pas des espèces séparées, maïs seulenent des races ou des variétés, puisque l’on sait que la plupart se mêlent et produisent avec la race de notre pays, et que l’on a toute raison de croire que toutes se mêleroient et produiroient également. SONNINI. Éubs | 21e di dir en de À ce les $ ÿr, di de ÿ le Éi quess( ds (s|tient Pi Ze défaut» 22) de À SJ€ Le Los Le VERRAT z ,X Bouc ] *LE COCHON), "* LE COCHON DE SIAM(), ET FrLÉE SANG LIER(5) Nous mettons ensemble Je cochon, le cochon de Siam et le sanglier, parce que tous trois ne font qu’une seule et même espèce: F nn. * Voyez la figure du verrat, planche V, fig, 1: et celle dü coclron de lait, planche VIT, fig. 2. (1) Le cochon, porc ou verrat. En hébreu, chazir. En chaldéen, chasira. En persan,#arou buk. En arabe, hamzir, En grec ,; éus, hus ou cheiros.fin latin, SUS, verres. En allemand, saw, susw> SU, SChwin, schwein, eber et kempe. En italien, Perro;. porco. En espagnol, puerco|; barraco; berraco» Verraco, ardo. En por- Tugais, porco barrao. Dans le pays de Galles, bacdd, En flamand, beer. En anglais, hog, boar. En danois 3 rom. En suédois, swin. En polonais>#ieprs. En russe, borov. En tartare, dongus. En tcheremisse» Sishah, En morduan,#u&, etc. etc. Lorcus, sus, scropha, serres. Klein» Quadr. page 29.— Sus caudatus, auriculis oblongis, acutis, caudé pulosé,..... Sus domesticus, Brisson» Regn animal. gen. 15.— Sus dorso antice setoso, caudé pilosé...; Sus scrofa. Erxleben, Syst. Regn. animal. gen, 19, Sp. 1. Lin, Syst. nat. edit. 13, gen, 39, sp. 1,| Joue XXII, FI 114 HISTOIRE l'un est l’animal sauvage, les deux autres sont l’animal domestique; et quoiqu'ils dif- ** Voyez la planche VIT, fig. 1. (>) Le cochon de Siam, ou le cochon de la Chine. En allemand, sérnische schwein. En anglais, chinese Log. En italien, porco di Siam. Sus caudatus, ventre ad terram usque propendente, caudà pilosé.... Sus sinensis. Brisson, Regn. anim. gen. 19, Sp: 2e— Sus scrofa, sinensis. Erxleben.— Sus dorso subnudo, abdomine ad terram usque pro- pendente... Sus scrofa, sinensis. Lan. Syst: nat, edit. 13, gen. 35, sp. c. *** Voyez la planche VIT, fig. 2; le sanglier; et planche VI, fig. 1, le marcassin. (5) Le sanglier. En grec, kapros. En latin, aper. En anglais, wüd-boar et wild-suine. En espagnol, puerco silvestre, puerco montes, javali et xavali. En italien, porco silvatico, cinghiale et cinghiare. En allemand, wild schwein, haner, kbauler. En illyrien, weprz. En flamand, wildzwin. En suédois et en danois, will-swin. En polonais, wieprz lesny et dzik: En russe, weper, dikaja swinja et dikii borov. Par les tunguses, tukalanda, etc. etc. Aper, porcus silvestris. Klein, Quadr. pag. 25.— Sus caudatus, auriculis brevibus, subrotundis, caudà pilosä... Aper. Brisson, Regn. animal. gen. 15, sp. 5, — Sus dorso antice setoso, caudä pilosä...... Sus scrofa ferus; aper. Erxleben, Syst. Regn. animal, gen. 19, sp. 1, var.&. Lin. Syst. nat. edit. 15, gen. 59; Sp. I, Var. 4. SONNINT.| | 2x anis Eu di Enr, Clin DL UŸ D\ropendai ris,, ai ren Ve rxléhr d le sr usqiepe Lit(& it. nat P ro E= latin,q { mi jrs | es les tu r, pe pr mb LS dl Eu | . ur , Si ei | heu LE CocHon de e/ zum TT: S. Fons Le du esp cr Lx SANGLIER a SATA“LCA SK ù : né) Le MarcAssix.«T5s d°n4, sr iinéréttintéiatisiistirlts élit és a À S ok à A AIT ES PAUSE En SES RON 5, \ ANNEES AUS+ NRA > RASE Duc LANGE 2 S>> TE LÉ ; c. doi SAT J'etlD, LE CocHonN DE LAIT F DU COCHON. 115 fèrent par quelques marques extérieures, peut-être aussi par quelques habitudes- comme ces différences ne sont pas‘essen- tielles; qu’elles sont seulement relatives à leur condition; que leur naturel n’est pas même fort altéré par l’état de domesticité; qu'enfin ils produisent ensemble des biais Vidus qui peuvent en produire d’autres: Caractère qui constitue l’unité et Ja con- stance de Pespèce, nous n’avons pas dû les séparer. Ces animaux sont singuliers; l'espèce en est, pour ainsi dire, unique. Elle est isolée; | elle semble exister plus solitairement qu’au- cune autre; elle n’est voisine d'aucune espèce qu’on puisse regarder comme principale ni comme accessoire, telle que l’espèce du cheval relativement à celle de l’âne, ou l'espèce de la chèvre relativement à la brebis:; elle n’est pas sujette à une grande variété he. races comme celle du chien; elle participe de plusieurs espèces, et cependant elle diffère essentiel- lement de toutes. Que ceux qui veulent ré- duire la Nature à de petits systèmes, qui veulent renfermer son immensité dans les bornes d’une formule, considèrent avec nous cet animal, et vols s’1l n'échappe pas à toutes leurs méthodes. Par les extrémités, H 2 116 EHTSTOLRE il ne ressemble point à ceux qu’ils ont ap- pelés solipèdes, puisqu'il a le pied divisé; il ne ressemble point à ceux qu'ils ont ap- pelés pieds fourchus, puisqu’il a réellement quatre doigts au dedans, quoiqu'il n’en paroisse que deux à l'extérieur; il ne res- semble point à ceux qu’ils ont appelés fis- sipédes| puisqu'il ne marche que sur deux doigts, et que les deux autres ne sont ni développés, ni posés comme ceux des fissi- pèdes, ni même assez alongés pour qu'il puisse s’en servir.[Il a donc des caractères équivoques, des caractères ambigus, dont les uns sont apparens et les autres obscurs. Dira-t-on que c’est une erreur de la Nature; que ces phalanges, ces doigts, qui ne sont pas assez développés à l’extérieur, ne doivent point être comptés? Mais cette erreur est constante; d’ailleurs, cet animal ne res- semble, point aux pieds fourchus par les autres os du pied, et ilen ditfère encore par les caractères les plus frappans; car ceux-ci ont des cornes, et manquent de dents inci- sives à la mâchoire supérieure; ils ont quatre estomacs; 1ls ruminent, etc. Le cochon n’a point de cornes; ila des dents en haut comme en bas; 1l n’a qu’un estomac; il ne rumine point; il est donc évident qu’il n’est ni du ge four! ssl mon% ln Î intes gen dirt és E Chu (Fou ds des L K qu 2 nt pe Eds,: 1x Q] Pont à quil| 2 1||emen UE il à MUR ME ne rx Ont}@g lé ji he= fax| utres Pæ sont 1 ne cd 4 in ongél qu ui juc di racters| es ul Œuii, li| les al han| reur À ME Natur| : | {s, q M sonth rieur! M douvel s cet eur à L an sut fourt@m PA L| dite@ rfi pans 5 CPS ent d@æ is 1 are; œil qui je D& dl DU COCHON. 117 genre des solipèdes, ni de celui des pieds fourchus: il n’est pas non plus de celui des fissipèdes, puisqu'il diffère de ces ANLMAUX, non seulement par l’extrémité du pied; mais encore par les dents» par l'estomac, par les intestins, par les parties intérieures dé la génération, etc. Tout ce que l’on pourroit dire, c’est qu’il fait la nuance, à certains égards, entre les solipèdes et les pieds four- chus; et à d’autres égards, entre les pieds fourchus et les fissipèdes; car il diffère moins des solipèdes que des autres par l’ordre et le nombre des dents: il leur ressemble encore par l’alongement des mâchoires; il n’a, comme eux, qu'un estomac, qui seulement est beaucoup plus grand; mais, par un appendice qui y tient, aussi bien que par la position des intestins, il semble se rappro-— cher des pieds fourchus où ruminants; illeux ressemble encore‘par les parties extérieures de la génération, et en même tems il res- semble aux fissipèdes par la forme des « jambes, par l'habitude du corps, par le pro- duit nombreux de la génération. Aristote est le premier(1) qui ait divisé les animaux (1) Quadrupedum autem, quæ sanguine constant, endem quæ animal generant; aa midtifida‘sun; 9 118 HISTOIRE quadrapèdes en solipèdes, pieds fourchus et fissipèdes, et il convient que le cochon est d’un genre ambigu; mais la seule raison qu’il en donne, c’est que dans l’INyrie, la Pœonie, et dans quelques autres lieux, il se trouve des cochons solipèdes. Cet animal est encore une espèce d'exception à deux règles géné- rales de la Nature; c’est que plus les animaux sont gros, moins. ils produisent, et que les dissipèdes sont de tous les animaux ceux qui produisent le plus. Le cochon, quoique d’une taille fort au dessus de la médiocre, produit plus qu'aucun des: änimaux fissipèdes ou autres; par cette fécondité, aussi bien que par la conformation des testicules ou ovaires de la truie, il:semble même faire l'extrémité des espèces vivipares, et s'approcher des espèces ovipares: enfin, il est en tout d’une nature équivoque, ambiguë, ou ,pour mieux quales hominis manus pedesque habentur. Sunt enim quæ mudltiplici pedem fissura digitentur, ut canis, leo, panthera. Alia bisulca sunt, que forcipem pro ungulà habeant, ut oves, capreæ, cervi, equi fluvia- tiles. Alia infisso sunt pede, ut quæ solipedes nomi- nantur, ut equus, mulus. Genus sanè suillum ambi- guurn est, nan@t in terré cilyriorum, et in Pæonié, et nonnullis aliis locis, sues solipedes gionuntur. Aristot. de Hist. animal. lib. IT; cap. r. dre Lorct l'ord4 ans ques! tout k. C4 h ‘ CBI n'es parte po à: prét Less ii les|ds le,| fiat F tu 1e ED ch a ue 1 hr seul"on Iyrié 41 Cou x,| our ani).€lcue eux| Es ré.| ph dE“nina| user& que| ini à euqi on,&«ele mmÉdLé Hey prod aux| bæts on lé, al ra LE |> van it] l'est il pu Je (e, ou cr DE|| Habed sui( digit4 ta can, p nl, qd A cipen| ré Œ, cel< Lu! NA { pont PU|= An 4 ul fus| à des cl| DU COCHON. 119 dire, il paroît tel à ceux qui croient que l'ordre hypothétique de leurs idées fait l’ordre réel des choses, et-qui ne voient, dans la chaîne infinie des êtres, que quel- ques points apparens auxquels ils veulent tout FRA Ce n’est point en resserrant de sphère de k Nature, et en la renfermant dans un cercle étroit, qu’on pourra la connoître; ce n'est point en la faisant agir par des vues particulières qu'on saura la juger, ni qu’on pourra la deviner; ce n’est point en lui prêtant nos idées qu’on approfondira les desseins de son auteur: au lieu de resserrer les lunites de sa puissance, il faut les recu- ler, les étendre jusque dans l’immensité; il faut ne rien voir d’impossible, s'attendre à tout ,:et supposer que tout ce qui peut être, est. Les espèces ambiguës, les productions irrégulières, les êtres anomaux cesseront dès-lors de nous étonner, et se trouveront aussi nécessairement que les autres, dans l’ordre infini des choses; ils remplissent les intervalles de la se ils en forment les nœuds; les points intermédiaires; ils en marquent aussi les extrémités: ces êtres sont, pour l'esprit humain, des exemplaires précieux, uniques, où la Nature, paroissant e H 4 120 HISTOIRE moins conforme à elle-même, se montre plus à découvert; où nous pouvons recon- noitre des caractères singuliers; et des traits fugitifs qui nous indiquent que ses fins sont bien plus générales que nos vues; et que, si elle ne fait rien en vain, elle ne fait rien non plus dans les desseins que nous lui ‘supposons.|| Le ÆEn eflet, ne doit-on pas faire des ré- flexions sur ce que nous venons d'exposer? Ne doit-on pas tirer des inductions de cette singulière conformation du cochon? 11 ne paroît pas avoir été formé sur un plan ori- simal, particalier et'parfait, puisqu'il est un composé des autres animaux; il à évidem- ment des parties inutiles, ou plutôt des par- ties dont il ne peut faire usage; des doigts dont tous les os sont parfaitement formés, et qui cependant ne lui servent:à rien. La Nature est donc bien éloignée des’assujettir à des causes finales dans la composition des êtres; pourquoi n’y méttroit-elle pas quel- quefois des parties surabondantes, puis- qu'elle manque si souvent d'y mettre des parties essentielles? Combien n’y a-t-il pas d'animaux privés de sens et de membres? Pourquoi veut-on que, dans chaque indi- vidu, taute partie soit utile aux autres, et péce quel je nu st Wutu sez sistel a-|0 que à Sura k louycà org pros ché FE Aucu£ RTE ‘Obs: al ném| 4 Monty $ pol Æ S rom, lien es tra L QUE fins sy 10$ v 1, ell ins q | pas Venot nduc du ct é sur Ut, pi AUX; ou p usasl faites serve gnée la col rolt-4 bond 1 nl dl jen| 2 ei que D fait S)0ù Yi. Æ br. Dm xpurr| E« dev| Æeh'lrl Eula or jet L lévidur| a des par| M s dojil Ex for, w rien. d sujet) deition = 4 que: =, E tt tip K F et Al embré h W|' ans! le al Fr. ul qd gtresi DU COCHON.“ei nécessaire au tout? Ne suffit-il pas, pour qu'elles se trouvent ensemble, qu’elles ne se nuisent pas, qu’elles puissent croître sans obstacle, et se développer sans s’oblitérer mutuellement? Tout ce qui ne se nuit point assez pour se détruire, tout ce qui peut sub- sister ensemble, subsiste; et peut-être ÿ a-t-il, dans la plupart des êtres, moins de parties relatives, utiles ou nécessaires, que de parties indifférentes, inutiles. ou surabondantes. Mais, comme nous voulons toujours tout rapporter à un certain but: lorsque les parties n’ont pas des usages ap- parens, nous leur supposons dès usages ca- chés; nous imaginons des rapports qui n’ont aucun fondement, qui n’existent point dans la nature des choses, et qui ne servent qu’à Vobscurcir. Nous ne faisons pas attention que nous altérons la philosophie, que nous en dénaturons l’objet, qui est'de connoître le comment des choses, la manière dont la Nature agit; et que nous substituons à cet objet réel une idée vaine, en cherchant à deviner le pourquoi des faits, la fin qu’elle sé propose en agissant.| Cest pour cela qu’il faut recueillir avec soin, les exemples qui s'opposent à cette prétention; qu’il faut insister sur des faits 129 EE EST OT R:E: capables de détruire un préjugé général au- quel nous nous livrons par goût; une erreur de méthode que nous adoptons par choix, quoiqu’elle ne tende qu’à voiler notre igno- rance, et qu’elle soit inutile, et même op- posée à la recherche et à la découverte des ellets de la Nature. Nous pouvons, sans sor- ür de notre sujet, donner d’autres exemples par lesquels ces fins que nous supposons si vainement à la Nature, sont évidemment démenlies, Les phalanges ne sont faites, dit-on, que pour former des doigts; cependant il y à dans Je cochon, des phalanges inutiles, puis- qu’elles ne Génathnt pas des doigts dont il puisse se servir;et, däns les animaux à pieds fourchus, il y a ré petits os(1) qui ne for- ment pas même des phalanges. Si c’est là le but de la Nature, n’est-il pas évident que, dans le cochon, elle n’a exécuté que la moi- tié de son es et que, dans les autres, à peine l’a-t-elle commencé? L'allantoïde est une mémbrane qui se irouve dans le produit de la génération de la truie, de la jument, dé la vache et de. f slt (x) M. Patte” le premier 7. ait fart cette découverte. plus tient aie: rh| 4 mél de ha! quan, als À dans 4 :bonce st ré _ dl18 CUE je nb a ue éd choissé sr ll j à diade toïs é SEA eo Cubes, pas(4 coute s can à de ons ér Cor ban res EE+. 4= téju| E try P goÙ D errey pou f e cho, vol lé€ tr" le Jème 0 À Ja der pou\ 24 Sans 4 r d'au& xp NOUS 9 osons| son| E< lee | faites Be-on, qu : Ce brut al anges| es laps | des| Mec dont 1 sal Sex à pa hs os| D nel anges Œ'ot li 1} pi d Pen exécl(| æ clan e, da 3 autre, né:} me= 1 a 1 DU COCHON. 129 plusieurs autres animaux; cette membrane tient au fond de la vessie du fœtus; elle est faite, dit-on, pour recevoir l'urine qu’il rend pendant son séjour dans le ventre de la mère: et en eflet on trouve, à l'instant de la naissance de l'animal, une certaine quantilé de liqueur dans cette membrane; mais cette quantité n’est pas considérable; dans la vache, où elle est peut-être plus abondante que dans tout autre animal, elle se réduit à quelques pintes; et la capacité de lallantoïde est si grande, qu’il n’y a au- cune proportion entre ces deux objets. Cette membrane, lorsqu'on la remplit d'air, forme une espèce de double poche en forme de croissant, longue de treize à quatorze pieds, sur neuf, dix, onze et même douze pouces de diamètre. Faut-il, pour ne recevoir que. trois ou quatre pintes de liqueur, un vais- seau dont la capacité contient plusieurs pieds cubes? La vessie seule du fœtus, si elle n’eût pas été percée par le fond, suffisoit pour contenir cette petite quantité de liqueur, comme elle suffit en effet dans l’homme et dans les espèces d'animaux où lon n’a pas encore découvert l’allantoïde. Cette mem— brane n’est donc pas faite dans la vue de recevoir lurine du fœtus, ni même dans 124 HYEYS T'OIRE aucune autre de nos vues; car cette grande capacilé est non seulement inutile pour cet objet, mais aussi pour tout autre, puisqu'on ne peut pas même supposer qu’il soit pos- sible qu’elle se remplisse; et que, si cette mernbrane étoit pleine, elle formeroit un volume presque aussi gros que le corps de l'animal qui la contient, et ne pourroit par conséquent y être contenue; et, comme elle se déchire au moment de la naissance, et qu'on Ja jette avec les autres membranes qui servoient d'enveloppe au fœtus, il est évident qu’elle est encore plus inutile alors qu'elle ne létoit auparavant. Le nombre des mamelles est, dit-on, relatif, dans chaque espèce d'animal; au nombre de petits que la femelle doit pro- duire et allaiter: mais pourquoi le mâle, qui ne doit rien produire, a-t-il ordinaire- ment le même nombre de mamelles? et pourquoi dans la truie, qui souvent produit dix-huit et même vingt petits, n’y a-t-il que douze mamelles, souvent moins et ja- mais plus? Ceci ne prouve-t-il pas que ce n'est pas par des causes finales que nous pouvons juger des ouvrages de la Nature; que nous ne devons pas lui prêter d'aussi peltes vues. la. faire agir par'des conve- xance elle ag nollre piésen tibns? qu pl nbissé plus 4 infiné Com glère 4 _ ctpené tour à lin,$ LD PUY p lois Fe T1 | HE sÈ at Û"A D oser|& 4 jp D e: tæ|» SE(tk elld Een y A com| etn zur 4 tem de f Œ sun,| autre tenbrns ppe at D 1, à al ve pli En ul aon want melles le: dit-0; espècé Mbumal;à la fet BE-doit pr s poul@u; le mi jre, À- ordi et qi ré de dunes «quid dant pré dr of) gt pd Eu ny# joue D ou uve+ Bs a pas es At que D al Bi Na 15 u ter L är| Eds qoli 5 DU COCHON. 125 mances morales; mais examiner comment elle agit en eflet, et employer pour la con- noître, tous es rapports physiques que nous présente l'immense variété de ses produc- tons? J'avoue que cette méthode, la seule qui puisse nous conduire nus: con- noissances réelles, est incomparablement plus diflicile que l’autre, et qu’il y a une infinité de faits dans la Nature patranee x comme aux exemples néluéilinret il ne paroît guère possible de l'appliquer avec succès: cependant, au lieu de chercher à quoi sert Ja grande capacité de lallantoïde, et de trouver qu’elle ne sert et ne peut servir à rien, il est clair qu’on ne doit s'appliquer qu'a rechercher les rapports physiques qui peuvent nous indiquer quelle en peut être Vorigine. En observant, par exemple, que dans le, produit de la génération des ani- maux qui n'ont pas une grande capacité d'estomac et d’intestins, l’allantoïde est on trés-petite, ou nulle; ie par conséquent la production de cette membrane a quelque rapport avec cetle grande capacité d’intes- uns, etc.; de même en considérant que le. nombre des mamelles n’est point égal au. nombre des petits, et en convenant seule- ment que les animaux qui produisent le 120 HISTOIRE plus, sont aussi ceux qui ont des. mamelles en plus grand nombre, on pourra penser que cette production nombreuse dépend de la conformation des parties intérieures de la génération, et que les mamelles étant aussi des dépendances extérieures de ces mêmes parties de la génération, il y a entre le nombre ou l’ordre de ces parties et celui des mamelles, un rapport physique qu'il faut tâcher de découvrir. Mais je, ne fais ici qu'indiquer la vraie route, et ce n’est pas le lieu de la suivre plus loin; cependant je ne puis m'empêcher d'observer en passant, que j'ai quelque raison de supposer que la production nom- breuse dépend plutôt de la conformation des parties intérieures de la génération que d'aucune autre cause: car ce n’est point de la quantité plus abondante des liqueurs sé- minales que dépend le grand nombre dans la production, puisque le cheval, le cerf, le bélier, le bouc et les autres animaux qui ont une très-grande abondance de liqueur séminale, ne produisent qu’en petit nombre; tandis que le chien, le chat et d’autres animaux, qui n’ont qu’une moindre quantité de liqueur séminale, relativement à leur volume, produisent en grand nombre. Ce LR] Be: on® min, on| 25 pre nbre& pen es in Etre ame]!# ant an US|‘5 mb 1, 1| entr, ces pl ES et ON 1 Esqque qi , ju'ind) Æs: là me! e heu la sum ne pui Es péter “qua à: queque la pra dea:où non de la!#oormalt del 1 Srtion q ar ce! æ“pol nte LL ueuxsi| grand Sibre di k| le ch sl autr el Eymautt ondit=° liqué D:D::€ O€ H ON. 127 n’est pas non plus de la fréquence des ac- couplemens que ce nombre dépend; car l’on est assuré que le cochon et le chien n’ont besoin que d’un seul accouplement pour produire, et produire en grand nombre. La longue durée de l’accouplement, ou, pour mieux dire, du tems de lémission de la liqueur séminale, ne paroît pas non plus être la cause à laquelle on doive rapporter cet ellet; car le chien ne demeure accouplé long-tems que parce qu’il est retenu par un obstacle qui naît de la conformation même des parlies; et quoique le cochon n’ait point cet obstacle, et qu’il demeure accouplé plus long-tems que la plupart des autres ani- maux, On ne peut en rien conclure pour la nombreuse production, puisqu'on voit qu'il ne faut au coq qu’un instant pour éconder tous les œufs qu’une poule peut produire en un mois. Jaurai occasion de développer davantage les idées que j’'accu- mule ici, dans la seule vue de faire sentir qu'une simple probabilité, un soupçon, pourvu qu'il soit fondé sur des rapports physiques, répand plus de lumière et pro- duit plus de fruit que toutes les causes finales réunies. Aux singularités que nous avons déjà 128 HISTOIRE rapportées, nous devons en ajouter une autre; c’est que la graisse du cochon est différente de celle de presque tous les autres animaux quadrupèdes, non séulement par sa consistance et sa qualité, mais aussi par Sa position dans le corps de l’animal. La graisse de l’homme et des animaux qui n’ont point de suif, comme le chien, le cheval, etc. est mêlée avec la chair assez également; le suif dans le bélier, le bouc, le cerf, elc., ne se trouve qu'aux extrémités de la chair: mais le lard du cochon n’est ni mêlé avec la chair, ni ramassé aux extrémités de la chair; il:la recouvre par- tout, et forme une couche épaisse, distincte et continue entre la chair et la peau. Le cochon a cela de commun avec la baleine et les autres animaux cétacées, dont la graisse n’est qu’une espèce de lard à peu près de la même con- sistance, mais plus huileux que celui du cochon: ce lard, dans les animaux cétacées j forme aussi sous la peau une couche de plusieurs pouces d'épaisseur, qui enveloppe la chair. Encore une singularité, même plus grande que les autres; c’est que le cochon ne perd aucune de ses premières dents: les autres animaux, comme le cheval, l'âne, le bœuf, la IRIS: $ en) Gite tt se dE on à que|&us aux 1ON& Esuent ju té, ï CET | ouc,| D rf, 8| TN émité Ml cr n'est| LEE ave x'extl Es dk ar-{=Jähn! tincté Pæcontine| Le nat! Jeinel js autr 1: grasi Œrt qui s de À ex me cor! Jeux| Srelui l anint Eaoétacté || a utd uchi eur,| ranEl l \| 15 ral DCI ù| e col Œœu DE F -*% qui dent | de j, À if | pu ps dé S iml L! nn Es n'y hien,|=s al, 4| assez| ment:| DU COCHON. 129 la brebis, la chèvre, le chien, et même Phomme, perdent tous leurs premières dérits incisives; ces dents de lait tombent ayant 1x puberté, et sont bientôt remplacées: pay d’autres: dans le cochon, au contraire, les dents de lait ne tombent jamais; elles croissent même pendant toute la vie. Il a six deirta au devant de la mâchoire inférieure, qui sont incisives et: tranchantes'; il à aussi à la mächoire süpérieure six‘dents corréspon= dantes; mais, par une imperfection qui wa pas d'exemple dans là nature, ces six dents de la mâchoire supérieure sont d’une forme très-différente de celle des dents de la mâ- choire inférieure: au! lieu d’être incisives et tranchantes; elles sont longues, c ylindriques et émoussées à la pointe; en sorte qu’elles forment un angle presque droit avec celles de la mâchoire inférieure,‘et qu’elles ne s'appliquent que très-obliquement les unes contre les autres par leurs éxtrémités.: Il n’y a que le cochon et deux où troïs autres espèces d'animaux qui aient des dé- fenses ou des dents canines très- alongées; elles différent des autres dents en ce qu'elles sortent au dehors et qu’élles croissent peñ- dant toute la vie. Dans l'éléphant et la vache marine elles sont cylindriques et longues Tome XXIIL es| Î Î 130 HT 4 TOIRE de quelques pieds.;: dans le. sanglier et le cochon mâle, elles, se. courbent en por Lion de cercle; elles sont plates et tranchantes, el j'en ai Vu de neuf à dix pouces de lon- gueur: elles sont enfoncées très-profondé- ment dans l’alvéole, et elles. ont‘aussi, comme celles de Péléphant, une,cavité à ee extrémité supérieure;, mais l'éxphan et la vache marine n’ont FE défenses qu’à la mà- choire sapérieute; is:manquent même de dents canines à la,mâchoire inférieure; au lieu! que le cochon mâle.et. le acte en out aux deux, mâchoires,. et celles, de la mâchoire inférieure sont plus utiles à a l’ani- mal; elles sont aussi plus dangereuses, car c’est avec les défenses d'en bas sue le san- glier blesse. La truie, la laie et s- cho coupé ont aussi ces quatre dents canines a la machoire inférieure; mais elles croissent. beaucoup moins que celles du mâle ,:et ne sortent presque point'au..dehors. Outre ces selze denis:, savoir,.douze incisives ei qualire canines, ils:ont.encore vingt+ huit, dents mâchelières; ce qui fait en. tuut quarante- quatre ane Le sanglier a lés défenses plus grandes, le boutoir plus fort et, la hure plus longue que le cochon. domestique; il a aussi R]| Le 4 aier à k bel à port # el 2 chants Œ ps dm *es l=. el 1 au un tir US VA ant à}| éfens:— à ln anqu= mé à| re ip et A ngua 3€] um es de plus aa esil| j dal Deus(| oo bit wbur coc} er couté! nel b. mich rois$ beat le je sort 1 . Qc icisil erel‘à 4 td en.| equ'i” , 1 ns nt} Eur AT est 88) clé D;U; C;O0-C:H:O:N. 192 les pieds plus gros, les pinces plus séparées et le poil toujours DOI à De tous les quadrupèdes, le cochon paroît être l’animal le plus brut; les imperfections de la forme semblent influer sur le naturel; toutes: ses habitudes sont grossières, tous ses goûts sont immondes, toutes ses sensa- tions se réduisent à une luxure furieuse et à une gourmandise brutale, qui lui fait dé- vorer indistinetement tout ce qui se pré- sente ,:et même Sa, progéniture au moment qu'elle, vient de naître. Sa voracité dépend apparemment du besoin continuel qu'il a de remplir la grande Capacité de sôn esto- mac; et la grossiereté de ses appétiis, de l'hébétation du sens du goût et du Loucher. La rudesse du poil, la dureté de la peau, l'épaisseur de la graisse, rendent ces ani- maux peu sensibles aux coups: Pon a:vu des souris se loger. sur leur dos, et leur manger le lard etla peau sans qu'ils parussent le sentir. Ils ont donc le toucher fort oblus, et le goût aussi grossier que le toucher: leurs autres sens sont:bons. Les chasseurs n’ignorent pas que les sangliers voient, en- tendent et, sentent de fort loin, puisqu'ils sont obligés, pour les surprendre, de les attendre en silence pendant la nuit, et de I 2 132 HISTOIRE se placer au dessous du vent, pour dérober à leur odorat les émanations qui les frap- pent de loin, et toujours assez vivement pour leur faire sur le champ rebrousser chemin.|| Cette imperfection dans les sens du goût et du toucher est encore augmentée par une maladie qui les rend ladres, c’est-à-dire, presque absolument insensibles, et de la- quelle 1l faut peut-être moins chercher la première origine dans la texture de la chair ou de la peau de cet animal, que dans sa mal-propreté naturelle, et dans la corruption qui doit résulter des nourritures infectes dont il se remplit quelquefois; car le san- glier, qui n’a point de pareilles ordures à dévorer, et qui vit ordinairement de grain, de fruits, de gland et de racines, n’est point sujet à cette maladie, non plus que le jeune cochon pendant qu’il tette: on ne la pré- vient même qu’en tenant le cochon domes- tique dans une établé propre, et en lui donnant abondamment des nourritures saines. Sa chair deviendra même excellentc A. au goût, et le lard ferme et cassant, si, comme Je l’ai vu pratiquer, on le tient pen- dant quinze jours ou trois semaines, avant de le tuer, dans une étable pavée et toujours L 1 Æ ro ONS( Æ La.| $ ass| lan]} s Les Vemer! I tous EE 2 du go ga par Lres, »nsibl Mons extu mal, tdans ourril uelous pare| nairel l'ACINÉ Le ï ml je 1ES Sir, tt ch » hür me| duss D(riplot| S—) qi| >‘kur erdura! Œxle gi est pi & hp x ci doué E: en Œ ri 1! > jsant,* |: lis ip ‘ el Le DU::COCHO-N. 135 propre, sans litière, en ne lui donnant alors pour toute nourriture que du grain de fro- ment pur et sec, et ne le laissant boire que très- peu. On A PE pour cela un jeune cochon d’un an, en bonne chair et à moitié gras.€ La manière ordinaire de les eng aisser est de leur donner abondamment de l'orge, du gland, des choux, des légnmes. cuits, et beaucoup d’eau mêlée de son: en deux mois ils sont gras; le lard est abondant et épais, mais sans être bien ferme ni bien blanc, et la chair, quoique bonne, est toujours un peu fade.‘On peut encore les engraisser a vec moins de dépense dans les campagnes où il y a beaucoup de glands, en les menant dans les forêts pendant l'automne, lorsque les glands tombent, et que la châtaigne et la laine quittent leurs enveloppes: ils mangent également de tous les fruits sauvages, et ils engraissent en peu de tems, sur-tout si le soir, à leur retour, on leur donne de l’eau tiède, mêlée d’un peu de son et de farine. d’ivroie; cette boisson les fait dormir, ei augmente tellement leur embonpoint, qu’on en a vunepouvoir plus marcher, ni presque se remuer. Îls engraissent aussi beaucoup plus promptement en automne dans le tems 15 154 HISTOIRE des premiers froids, tant à cause de l’abon- dance des nourriturés, que es qu alors Ja fritispiration est moindre qu’en été. On n'attend pas, eomme pour le réste du bétail, que lé cochon soit âgé pour Vlen- graisser: plus 1l vieillit, plus cela est difficile, ét moins 854 chair est bonne. La castration: qui doit toujours précédér l’engrais, se fait ordinairement à l’âgé de six mois, au prin- tems où én äutomrié, et jamais dans le téms des grandes dard ou des grands froids, quirétidroient également la pléie d angereuse ou difficile à guérir; câr c’est ordinairément par incision que$e fait cette opération, quoiqu’on la fasse aussi quelquefois par une simple Hgature, comme nous l’avons dit au sujet des moutons. Si la castration 4 été faite au printems, on les met à l’engrais dès l'automne suivanté» et 1l ést asséz rare qu’on les laissé vivre deux ans:; cependant ils croissent encoré beaucoup Dératot la seconde, ét ils continueroïient de croître pendant la troisième, la quatrième,‘la cin- quième, etc. année. Ceux quié l’ün remarque parmi les, autres par la grandeur et la gros- seur de leur COrPutentte, ne sont qué des ochons plus âgés, qué Pon a mis plusieurs fois à la slandée. TI isa que la durée de 15! la OR sat h # # l'ene "a cle, jo| æ: hi pie dti id, m'eut uéri PU tr ut “lit sr mul æ! nl k à! roitre dcr SL DEN | des "4 Jens d{ se DU COCHON. 155 leur accroissement ne se borne pas à quatre ou cinq ans: les verrats où cochons mäles, que l’on garde pou la propagation de l’es- pèce, grossissent énCore à éinq où six ans; et plus un sanglier est vieux plus ie est gré, dur et pesant. La durée de la vie d’un siahiés peut sé: tendre jusqu'a vingt-cinq ou trénte ans(1). Aristote dit vingt ans pour lés cochons en général, et il ajoute que les mâles engendrent etque les femelles produisent jusqu’à quinze. Us peuvent s’accouplèr dès l’âge de neuf mois ou d’un an; mais 1l vaut mieux attendre qu’ils aient dix-huit mois ou deux ans. La première portée de la trute n’est pas noin- breuse; les petits sont foïbles, et même im- parfaits, quand elle n’a pas un an. Elle est en chaleur, pour ainsi dire, en tout téms; elle recherche les approches du mâle, quoi- qu’elle soit pleine; ce qui peut passer pour un excès parmi les animaux, dont la fe- melle, dans presque toutes les espèces, refuse le mâle aussitôt qu’elle a conçu. Cette tha- leur de la truie, qui est presque continuelle, se marque cependant par des accès et aussi par des mouvemens immodérés, qui finissent PSE (1) Voy. la Véneriede du Fouilloux: Paris,1614,p.57. 1 4 156 HISTOIRE toujours par se vautrer dans la boue; elle répand dans ce tems une liqueur blanchâtre assez épaisse et assez abondante; elle. porte quatre mois, met bas au commencement du cinquième, et bientôt elle recherche le mâle, devient pleine une seconde fois, et produit par conséquent deux fois l’année. La laie, qui ressemble à tous autres égards à la truie, ne porte qu’une fois lan> Appa- remment par la disette de nourriture, et par la nécessité où elle se trouve d’allaiter et de nourrir pendant long-tems tous les petits qu’elle a produits; au lieu qu’on ne soulire pasque la truie domestique nourrisse tous ses petits pendant plus de quinze jours où{rois semaines: on ne lui en laisse alors que huit, ou neuf à nourrir, on vend les autres; à quinze jours ils sont bons à man- ger: el comme l’on n’a pas besoin de beau- coup de femelles, et que ce sont les cochons coupés qui rapportent le plus de profit, et dont la chair est: la meilleure, on se défait des cochons de lait femelles, et on ne laisse à la mère que deux femelles avec sept ou Huit mâles.""7 a Le mâle qu’on:choisit pour propager l’es- pèce, doit avoir le Corps court, ramassé, et plutôt cagré-que long, la tête grosse, Je scie nês tr è sec Œhi à deux. El OÙs al qd e fois 5, àpye| de 19 Eur, à! se trot© lux: long:té sons là! ; au|| Savon re| omestié© uni| lus del Mes 2e ju| e lui à SE se al urir| Ærendk| ls sont> 40 pas be mile bu, > cesol e y Le plus Ileure les,({en melles! 27: sl Eu pl gl } pour courl la| 058) j { CDz Le RE: assl!| DEUr CO'C HO. 197 groin court et camus, les oreilles grandes et pendantes, les Yeux petits et ardens, le cou grand et épais, le ventre avalé, les fesses larges, les jambes courtes et grosses, les soies épaisses et noires: les cochons blancs ne sont Jamais aussi forts que les noirs. La iruie doit avoir le corps long, le ventre ample et large, les mamelles longues: il faut qu'elle soit aussi d’un naturel tranquille et d’une race féconde. Dès qu’elle est pleine, on la sépare du mâle, qui pourroit la blesser; et lorsqu'elle met Fes on la nourrit het ment, on la veille pour l'empêcher de dé- vorer“quelques-uns de. ses petits, et l’on a grand soin d’en éloigner le père, quiles mé- nageroït encore moins. On:la fait couvrir au commencement du printems, afin ga les petits naissant en été, aient le tems de gran- dir, de se Éstiboe et d’engraisser avant l’hyver: mais lorsque l’on veut la faire porter deux fois par añ, on lui donne le mâle au mois de novein be, afin qu’elle mette bas.au mois de mars, et on la fait couvrir'une se- conde fois au commencement:de mai. Il ya mème des truies qui produisent régulière- ment tous les cinq mois. La laie, qui, comme nous l'avons dit, ne produit qu’une fois par an, reçoit le inâle au mois de janvier ou de 158 HISTOIRE février, el met bas en mai où juin; elle allaité es petits pendant trois ou quatre mois; elle les conduit, elle les suit, et les empêche de se séparer ou de s’écarter, jusqu’à ce qu'ils aient deux ou trois ans; et il n’est pas rare de voir des laies accompagnées en même tems de leurs petits de l’année et de ceux de l’an- née précédente. On né souffre pas que la truie domestique allaite ses petits pendant plus de deux moïs; on commence même, au bout de trois semaines, à les mener aux champs avec la mère, pour les accoutumer peu à à peu à se nourrir comme elle: on les sèvre Cinq semaines après, et on leur donne, soir et matin, du petit lait mêlé de son, ou seule- ment de l’eau tiède avec des légumes bouillis. Ces animaux aïment beaucoup les vers de terre et certaines racines, comme celles de la carotte sauvage; c’est pour trouver ces vers et pour couper ces racines, qu’ils fouil- lent la terre avec leur boutoir. Le sanglier, dont la hure est plus longue et plus forte que celle du cochon, fouille plus profondé- ment; il fouille aussi presque toujours en ligne droite dans le même sillon; au lieu que le cochon fouille cà et là, et plus légèrement. Comme il fait beaucoup de dégât, il faut l’é- loigner des térrains cultivés, et ne le mener que rep0 (l dormp tro sep yen seul plus met trou reté pat de En ro a| ki: Hahl Pour cils| [ R|| # LE ealleals qu Si:‘eh #(> pêche l'E qu et ail> pas nu ignéeg M Emetn e et de Sr re| Dæ 1e a tn pelts! Sant ph 1ence 1 Es au bot! s men€ chan »s act Arr peu me ell m lun t'on Jet“mie,sù nélé de Eacouvit »deslé Bsboul + bad Fc ls ”||| À cines|>: ol g'est pl ouvert | pci| ne ui) bouto 1E san” long s pli k ouille|© pr presd| jo as nel DÜ COCHON. 159 que dans les bois etsur les terres qu’on laisse reposer.|| On appelle, en terme de chasse, béfes de compagnie, les sangliers qui-n’ont pas passé trois ans, parce que jusqu’à cet âgé ils ne se séparent pas les uns des autres, ét qu'ils sui- vent tous leür mère éommuné: ils ne vont seuls que quand ils sont assez forts pour ne plus craindre les loups. Ces animaux for- _mént donc d'eux- mêmes dés espèces de troupes, et c’est de là que dépend leur sû- reté+ lorsqu'ils sont attaqués, ils résistent par le nombre, ils se sécourent, se défen- dent; les plus gros font face èn se pressant en rond les uns contre les autres, ét en met- tant les plus petits au centre. Lës cochons domestiques se défendent aussi dé la même . manière; et l’on n’a pas besoin de chiens pour les garder; mais comme ils sont indo- ciles et durs| un homme agile et robuste n’en peut guère conduire qué cinquante. En automne et en hyver, on les mène dans les forêts où les fruits sauvages sont abondans; l'été, on les conduit dans des lieux humides et marécageux, où ils trouvent des vers et des racines en quantité; et au printems, on les laisse aller dans les champs: ét sur les terres en friche: on les fait sortir deux fois 140 HASTEOBRE.: par Jour, depuis le mois de mars jusqu’au mois d'octobre; on les laisse paître depuis le matin, après que la rosée est dissipée, jus- qu’à dix heures, et depuis deux heures après midi jusqu’au soir. En hyver, on ne les mène qu'une fois par jour dans les beaux tems: la rosée, la neige et la pluie leur sont contraires. Lorsqu'il survient un orage, ou seulement une pluie fort abondante, il est assez ordinaire de les voir déserter le trou- peau les uns après les autres, ét s'enfuir en courant toujours criant jusqu’à la porte de leur étable: les plus jeunes sont ceux qui crient le plus et le plus haut; ce cri est diffé- rent de leur grognement ordinaire: c’est un cri de douleur semblable aux premiers eris qu'ils jettent lorsqu'on les garotte pour les égorger. Le mâle crie/moins que la femelle. Il est rare d’entendre le sanglier jeter un cri, si ce n’est lorsqu'il se bat et qu’un autre le blesse; la laie crie plus souvent; et quand ils sont surpris et effrayés subitement, ils soufilent avec tant de violence, qu’on les entend à une grande distance. Quoique ces animaux soient fort gour-+ mands, ils n’attaquent ni ne dévorent pas, comme.les loups, les autres animaux; cepen- dani ils mangent quelquefois de la chair cor- ER ù de| Sn;; 3 Just lsse Hi du te es) es| Æ pe je is dey Æ 216 à SN rom ve jour| Es boy € etlal mn) leury vien on à or abl Bu 1 Foir à E=rh tr untres| Æ£enfure Jus de port jeunes! Eee teur qu' | laut sat ordi ds; a ble al uit | Jes d© pour: moins! Mia fe le st: je) se bat Pet l'un il us sou Œ ayés ane violé x qu” es, s etqu 1 1h IL DU COCHON. 141 rompue: on a vu des sangliers manger de la chair de cheval, et nous avons trouvé dans leur estomac de la peau de chevreuil et des pattes d'oiseau; maïs c’est peut- être plutôt nécessité qu'instinct. Cependant on ne peut nier qu’ils ne soient avides de sang et de chair sanguinolente et fraîche, puisque les cochons mangent leurs petits, et même des enfans au-bérceau: dès qu’ils trouvent quelque chose de succulent, d’humide, de gras et d’onctueux, ils le Ièchent et finissent bientôt par l’avaler. J'ai vu plusieurs fois un troupeau entier de ces animaux s'arrêter, à leur retour des champs, autour d’un mon- ceau de terre glaïise nouvellement tirée; tous léchoient cette terre y qui m’étoit que tébse légèrement pnétisbse, et quelq ues—- uns en avaloient une assez grande quantité. Leur gourmandise est, comme l’on voit, aussi _ grossière que éûr naturel est brutal: 1ls n’ont aucun sentiment bien distinct; les petits reconnoissent à peine leur bd: ou. du moins sont fort sujets à se étendre: et à teter la première truie qui leur laisse saisir ses mamelles. La crainte et la nécessité don- rentapparemment un peu plus de sentiment et d’instinct aux cochons sauvages; il semble que les petits. soient fidèlement attachés à rs és« A à 2 2 ee tn mm+ eq nee 142 HISTOIRE leur mère, qui paroît être aussi plusattentive à leurs besoins que ne l’ést la truie domes- tique. Dans le tems du rut, le mâle cherche, suit la femelle, et demeure ordinairement trente jours avec elle dans les bois les plus épais, les plus solitaires et les plus reculés, Il estalors plus farouchequejamais, et il devient même furieux lorsqu'un autre mâle veut oc- cuper sa place; ils se battent, se hlessent, et se tuent quelquefois: pour la laie, elle ne dévient furieuse que quand on attaque ses petits; et en général, dans presque tous les animaux sauvages, le mäle devient plus ou moins féroce lorsqu'il cherche à s’accoupler, et la femelle lorsqu'elle a mis bas. On chasse le sanglier à forceouverte, avec des chiens, où bien on le tue: par surprise pendant la nuit au clair de la lune: comme il ne fuit que lentement, qu'il laisse une odeur très-forte; qu'il se défend contre les chiens et les‘blesse toujours: dangereuse- ment, ilne faut pas le chasser avec les bons chiens courans déstinés pour le cerf et le chevreuil; cetté chasse leur gâteroit le nez, et les accoutumeroit à aller lentement: des mâtins un peu dressés: suffisent pour le chasse du sanglier. 11 ne faut attaquer que les plus vieux; on les connoît aisément aux sans. Au n TR# ans Beat, l'est F ÆE le dos ul, le Cher \eure Eairen dans| fe Lil et les Er] uejun ex ere mn auin De ay! after, des pour LE e,ck quand! Eiitiu w! dans ï etui mâle Sith cherche tesccouple ea mi 5x à lord dæerte, n let F* sul ir de| œl::000 ent, ass se dé Mnconltt joujou] We 1g7* chassé St“4 cer#! Î DU COCHON, 143 draces: un jeune sanglier de trois ans est difficile à forcer, parce qu’il court très-loin sans s'arrêter; au lieu qu'un sanglier plus âgé ne fuit pas loin, se laisse chasser, de près, n'a pas grand peur des chiens, et s’ar- rête souvent pour leur faire tête. Le jour, il reste ordinairement dans sa bauge, au plus épais et dans le plus fort du buis; le soir, à la nuit, il en sort pour chercher sa ñnour- riture: en été, lorsque les grains sont mûrs, il est assez facile de le surprendre dans les blés et dans les avoines où il fréquente toutes les nuits, Dès qu’il est tué, les chasseurs ont grand soin de Jui couper les suites., C’est- à-dire, les testicules, dont l’odeur est si forte, que si l’on passe seulement cinqousix heures sans les ôter, toute la chair'en est infectée, Au reste ,1l w’y aique la bure qui soit bonne dans un vieux sanglier; au lieu que toute la chair du marcassin, et celle du jeune san- glier quin’a pas encore un an, est délicate, et même assez fine. Celle du Verrat, ou cochon domestique mâle est encore plus mauvaise que celle du sanglier; ce n’est que par la castration et l’engrais qu’on la rend bonne à manger.Les ancie us(1) étoient * (1) Fide Arist, Hist, anim, lib, NI, eap. 28. 144 HISTOIRE dans l’asage de faire la castration aux jeunes maärcassins qu'on pouvoit enlever à leur mère, après quoi on les reportoit dans les bois: ces sangliers coupés grossissent beau- coup plus que les autres, et leur chair est meilleure que celledes cochons domestiques. Pour peu qu’on ait habité la campagne, on n’ignore pas les profits qu'on tire du cochon; sa chair se vend à peu près autant que celle du bœuf; le lard sé vend au double, et mème au triple; le sang, les boyaux, les viscères, les pieds, la langue se préparent et se mangent: le fumier du cochon est plus froid que celui des autres animaux, et l’on ne doit s’en servir que pour les terres trop chaudes et: trop sèches. La graisse des intes: tins et de l’épiploon, qui est différente du lard, fait le sain-doux et le vieux-oing. La peau à ses usages; on en fait des cribles, comme lon fait aussi des vergettes, des brosses, des pinceaux avec les soies. La chair de cet animal prend mieux le sel le cu sis ét se conserve salée par long-tems qu'au cure autre.| Cette espèce, ÉMnittin ssl fort ré- pandue.en Europe, en Afrique et en Asie, ne s’est point trouvée dans lé continent du nouveau monde; elle y à été transportée par Jes tn Slrati€ Dix jy oit€#4 ik rep{ ie 8: dy 8 81 lsient ha, s,€Ù ÆS: hr à chot Oneslqs bit à Laumpan: rofits! Byn nil Id à À Enrè an d se 1 ee ad} Ing,|= li] ang pm er du ph! res à Um au ll > pou| À test La g Es deu qui 6 free! et le x) à del æ rgella vec|& es Lù eux|#æ les n ls 1 Sens 1 aboi se af gun) dans! ont” sel Œur; en À Bles oi hi| for DU; C0 C FO. 145 les espagnols, qui ont jeté des cochons noirs dans le continent el dans presque toutes les grandes îles de l'Amérique; ils se sont mul- üpliés, et sont devenus sauvages en beau- coup d’endroits; ils ressemblent à nos san- glers; ils ont le corps plus court, la hure plus grosse et la peau plus épaisse(1) que les cochons domestiques, qui, dans les climats chauds, sont tous noirs comme les‘2 Par ün de ces préjugés ridicules que la seule superstition peut faire subsister, les mahométans sont privés de cet animal utile: on leur a dit qu’il étoit immonde; ils n’osent donc ni le toucher, ni s’en nourrir. Les chinois; au contraire, ont beaucoup de goût pour la chaïr du cochon; ils en élèvent de nombreux troupeaux; c’est leur nourriture la plus ordinaire, et c’est ce qui les a empèê- chés, diton, de recevoir la loi de Mahomet, Ces cochons de la Chine, qui sont aussi ceux- de Siam et de l'Inde, sont un peu différens de ceux de PEurope; ils sont plus petits; ils ont les jambes beaucoup plus courtes; leur chair est plus blanche et plus délicate: on les connoît en France, et quelques personnes (1) Voyez l'Hist. génér. des Antilles, par le P. du lertre. Paris, 1667, tome IT, page 295. "ÉONE AL: 146 HISTOIRE| en élèvent; ils se mêlent et produisent avee les cochons de la race commune. Les nègres élèventaussi une grande quantité de cochons, et quoiqu'il y en ait peu chez les maures, et dans tous les pays habités par les mahomé- tans, on trouve en Afrique et en Asie des sangliers aussi abondamment qu’en Europe. MY. Cook et Forster ont trouvé l’espèce du cochon aux îles de la Société, aux Mar- quises, aux îles des Amis, aux nouvelles Hébrides.& Il n’y a, disent-ils, dans toutes ces îles de la mer du Sud, que deux espèces d'animaux domestiques, le cochon et le chien. La race des cochons est celle de la Chine( ou de Siam); ils ont le corps et les jambes courtes, le ventre pendant jusqu’à terre, les oreilles droites, et très-peu de soies. Je n’en ai jamais mangé, dit M. Forster, qui fût aussi succulente, et qui eût la graisse dun goût aussi agréable; cette qualité ne peut être attribuée qu’à l’excellente nourri- ture qu'ils prennent; ils se nourrissent sur- “tout de fruits à pain, frais, ou de la pâte aigrie de ce fruit, d’ignames, etc.: il yena une grande quantité aux îles de la Société; on en voit autour de presque toutes les cabanes... Ilssont abondans aux Marquises et à Amsterdam, l’une des îles des Amis j TOY à Un co Pende ( 90 lu RE mun| Gr nm ' lan(1Ù#4 Ochon Î che Eur,| ës pa= on. lue el BsAe| entqte Euro| nt tré ær Lespé Sociél Le 1x Jr Us, alé our LL nt-1ls} fs ts| Quel D: api| ; le dE:#}| ons ab lkkh! ont 14 Beops et k* re pet ES Jui! et trèl My desoi» dit M ter, À qui à#u: pui| e.ct alter): excel Me noir se not@rient ‘ À r'ais,| lent hp nes,( iles Mules À resql prie F| jo| ns at par es il 06 2 1 ÿ end al Soc DU COCHON. 147 mais ils sont plus rares aux îles occiden- tules des nouvelles Hébrides»( the; _ La race de nos cochons d'Europe et celle des cochons de Siam ou de la Chine, se mêlent toutes trois ensemble, et ne font par Conséquent qu'une seule et même espèce, quoique la race des cochons d'Europe soit considérablement plus grande que l'autre, par la grosseur et la grandeur du COrps; elle pourroit même le devenir encore plus, si on laissoit vivre ces animaux pendant un plus grand nombre d’années dans leur état de: domesticité. M. Colinson, de la société _ royale de Londres, m'a écrit qu’un cochon, ” engraissé par les ordres de M. Joseph Leas- arm, et tué par le sieur Meck, boucher à Cougleton en Chester- Shire, pesoit 8bo livres(>); savoir, l’un des côtés 313 livres, Vautre côté 514 livres, et la tête, l’'épine du dos, la graisse intérieure, les intestins, ête, 225 livres(5). (1) Forster, Observations à la suite du second voyage de Cook; page 172. (2) Dans ces derniers tems ,; l’on montroit à Paris, un cochon, entièrement blanc, à oreilles longues et pendantes, qui pesoit 998 livres. Sonxrnr. ee (5) Lettre de M. Colinson à M. de Buffon. Londres, 30 janvier 1767,| K a net nn one SN the Hg 63. 148 HISTOIRE Ces animaux n’affectent donc point de: climat particulier; seulement il paroît que dans les pays froids le sanglier, en devenant animal domestique, a plus dégénéré que dans les pays chauds: un dégré de température de plus suffit pour changer leur couleur. Les cochons sont communément blancs dans nos provinces septentrionales de France, et même en Vivarais, tandis que dans la pro- vince du Dauphiné, qui en est très-voisine, ils sont tous noirs; ceux de Languedoc, de Provence, d’Espagne, d’Italie, des Indes, de la Chine et de l'Amérique, sont, aussi de la même couleur. Le cochon de Siam res- semble plus que le cochon de France au” sanglier. Un des signes les plus évidens de la dégénération, sont les oreilles; elles de- viennent d'autant plus souples, d'autant plus molles, plus inclinées et plus pendantes, que l’animal est plus altéré, ou, si l’on veut, plus adouci par léducation et par l’état de domesticité; et en effet, le cochon domes- tique a les oreilles beaucoup moins roides, beaucoup plus longues et plus inclinées que le sanglier, qu’on doit regarder comme le modèle de lespèce. RI de“ont à “a| ot nu lier 2er | dégét A\ne ln de| Æsérihs| r leur BOL ent D Es ann| > de Pine, 1. IS que! ds l pr en est} 5 voi,| c de[| Œnrede à PTtalié D: ls| rique,| Æncaus| chon+«ant hon dE ant! les pli& dent: ; oreil#ællest! souf d'au| setplq ad. ré, où Mon v on et) set| le cd Bei do| es ro œ incl Be co COUP et f jt reg DU COCHON. 149 AND LEE ON À L'ARTICLE DU COCHON, FAR SONNINL Lis principaux caractères de la conforma- tion extérieure des cochons ont été indiqués dans l’article précédent, de même que les traits de dissemblance qui en distin guent les différentes races, parmi lesquelles le san- glier est considéré comme la race originaire. Il ne reste donc plus qu’à dire un mot des parties intérieures, après avoir fait quel- ques remarques qui tiennent encore à l’exté- rieur de l’animal.|| Aristote avoit observé que dans la Pœonie, l’Illyrie et dans quelques autres lieux, 11se trouve des cochons qui sont solipèdes, c’est- a-dire, qui ont le sabot d’une seule pièce, comme les chevaux et les ânes(1). Buffon, e'« x 9 e ï A qui cite ce passage d’Aristote, ne paroît pas {1) Hist. animal. lib, IL, cap. 7. 7 K 5 150 HISTOIRE y avoir fait une grande attention. L’exis- tence de ces cochons à sabots entiers et so- lides, dont Pline avoit également fail men- üion(1), ne peut néanmoins être révoquée en doute. L'on en a vu en Angleterre et en Flan- dres(2); et Linnæus assure qu'ils sont très- communs dans le nombre de ceux que lon nourrit à Upsal et dans d’autres cantons de la Suède(5). Aussi il ne manque pas d’en faire une variété distincte de l’espèce(4). Le cochon est doncune espèce qu'aucun système ne peut saisir. Tout à la fois solipède et fis- sipède, elle échappe à loutes les méthodes de classification, à celles même quisont les plus générales et qui paroissent les plus natu- réelles,| Dans les six premiers mois, le sanglier porte le nom de marcassin; il a des bandes grises et noirâtres, qui s'étendent le long du corps, depuis la tête jusqu’à la queue; le reste de son pelage est un mélange de blanc, de | (x) Hist. nat. cap. 11, cap. 46. (2) Gesner. Quadrup. sus; lit. 2, .{5) Amenit, acad. tome 5, page 451. (4) Sus ungulé indivisä..... Sus monunguluss Lan. Syst. nat. gen. 35, sp. 1, var. b.— Sus monun- gula varietas domestica, Erxleben; Syst. regn. anim gen. 109.. RE altent£ bots e alemg! is être gleter re qu' _ Lex, 2}«y. BE = ny. été À me. edde que lon d'autre© ton| > Dan Sas du left$ o{il equal pin| fois sd œil tes les! dm:0des de! me qu Beck ph ent le} my uk| mois! Gang in: il! Æ bunk| stendé Be long| DU COCHON. 1b2 fauve et de brun. A six mois il quitte la livrée, nom que l’on donne à sa première robe, et il prend celui de roux, ou de béte rousse, parce que son poil devient de cette couleur. À un an, le sanglier vit en bandes et s’appelle béte de compagnie; entre deux ou trois ans, c’est un ragot; et en état de se défendre, il marche seul: lorsqu'il a trois ans faits, on le nomme sanglier à son liers an, ou simplement dm. et 1l conserve cette dénomination jusqu’à quatre ans; alors c'est un guartan où un qguartanier; un an après, il est grand sanglier; enfin à six ans, les chasseurs disent qu'il est un grand vieux sanglier. À cet âge-là, il aime à être seul, d’où lui vient, en quelques endroits, la dé- signation de so/itaire; ses soies commencent à grisonner; sa hure, et sur-tout sa ganache blanchissent;: et il cesse d’être aussi dange- reux pour les chiens, parce qu’il est ruiné, ce qui veut dire que ses défenses étant re- courbées,1l ne peut plus faire d'aussi grandes blessures; il y a cependant de ces vieux san- ghers qui sont très-méchans, et dont le cuir devient si dur que la balle peut à peine le percer. Les papiers publics ont fait mention, en 1787, d’un sanglier fort extraordinaire qui fut tué dans l'Angoumois, aux environs K 4 4 HISTOIRE de Cognac, après avoir échappé différentes fois à de grandes battues et à plusieurs coups de fusil, dont il avoit été atteint: on trouva entre sa peau et sa chair beaucoup de balles qui s’y étoient arrêtées. T'outes les fois qu’on l’avoit attaqué, il en avoit coûté la vie à quelques hommes et à quantité de chiens. Mais, si sa description n’avoit été donnée par des chasseurs d’une élasse distinguée, et trop habitués à voir des sangliers, pour se méprendre sur la nature de ces animaux, l’on seroit tenté de croire que celui dont ils parlént, et qui s’étoit rendu redoutable par ses ravages dans le parc de Cognac, apparte- noit à une toute autre espèce. Il étoit d’une grandeur énorme; sa tête étoit extrême- ment alongée, son grouin très-pointu, et sa gueule armée de dents d’une forme ex- traordinaire; il avoit les soies du corps blanches, celles de la tête d’une couleur fauve; le cou marqué par une bande noire en forme de cravatte; les oreilles droites et larges; et ce qui est vraiment surprenant, à cause de sa grosseur, il étoit d’une agilité pee commune ré, (1)Sournal de Saintonge; Journal de Bouillon, se- conde quinzaine d'avril 1 787, etc. etc. rie el n P 1 l'outes Lvoit d Quant! ne ch Nav]& dom Classe et| $ Sang} Ex purs| re de{ Erin, re que! Æ: dut} endu 1 es able de Cog Bas appat spèce.| D it d'u tête el ep xtrènr ain did intu nts di rermeti| 4 k“érente Lér, Coup = Lrom ' beau( Œide ba 2 qua Eh vw; les s{ ln cr) tôte.| Mr: cou sa ul See de 10 s oreil rot une LL. | Pr| OS IC, eley ‘DU COCHON. 153 _ En terme de vénérie, les défenses que le sanglier porte à la mâchoire supérieure, se nomment grais, parce qu’elles usent, par. le frottement, ét semblent aiguiser celles de la mâchoire inférieure; ces défenses sont aiguës et tranchantes; elles s’alongent à me- sure que animal vieillit lon en a vu de huit à neuf pouces de long; mais il arrive souvent qu’une ou plusieurs se cassent, avant d’avoir atteint cette longueur. Pour distinguer si les traces que l’on ren- contre dans les forêts, sont d’un sanglier ou d’un cochon domestique de quelque ferme voisine, il faut remarquer que le sanglier pose la trace de derrière dans celle de devant, ce qui n'arrive presque jamais au cochon domestique. D'un autre côté, celui-ci appuie plus du talon que de ja pince; ses gardes, c’est-à-dire, ses ergots touchent la terre à plomb et ne s’écartent que très-peu l’un de Vautre; au lieu.que le sanglier appuie plus de la pince que du talon et qu’il donne des gardes en terre, en les élargissant. Le des-” sous de la sole du cochon est plein de chair; 1l écarte les pinces en marchant; et le san- glier, lorsqu'il va ferme et sans crainte, ce que l’on appelle ailer d'assurance, pose son pied, les pinces serrées, Sa hure étant plus 154 HISTOIRE longue et plus forte, il creuse la terre à une plus grande profondeur que le cochon, et les trous qu’il y fait se nomment bouts. Dans la campagne, le sanglier vêrmille ou laboure la terre pour chercher des vers, toujours devant lui, et en fusée; le cochon, au con- traire, vermille çäbet là. Enfin y S'ils, vont Pun et l'autre dans une pièce de grains, on les distingue à la nature même de leurs dé- gâts: ceux du sanglier sont plus considé- rables; il abat tout le blé autour de lui; le cochon ne couche que celui sur lequel il passe.| I n’est pas moins important pour l’ha- bitant de la campagne qui veut préserver ses moissons des ravages des sangliers, et prendre en même tems le plaisir de la chasse, de juger de l’âge et du sexe de‘ces animaux lorsqu'il en a*découvert les traces, et qu'il s’est assuré qu’elles n'appartiennent pas à un cochon privé. Un méle de compagnie à plus de pied devant que derrière; il pose la trace de derrière un peu à côté, et en dehors de celle de devant; ce qui est occa- sionné par les sites ou testicules, qui le forcent à tenir les cuisses un peu plus écar- tées: ses pinces sont grosses, et leurs côtés ranchans; il donne de ses gardes en terre, Creuse! Que| l chon Lt Ommet ÿ Dan r ul: Sub es| e7 D n Coq Po. hi Enf V piéce un € mini Eu e son!| sm cn )le an mi}! Celui} Min)! mport à nl! qui\ Mrésre, res des! Æaphers 1. e plais ich sexe dd Sin| t les 11 x eq, part let puit) le de| og 1e der=; 12 pen|| æi,: nf; cel ms 0 | testil À Fan | jl un j ylusé |{ IS co Se» es gai 1 al = Jrre: ET en il DU COCHON. 155 el commence à les tourner à son 4ers an; il devient plus bas jointé; ses gardes s’élar- gissent, s’abaissent et s’écartent davantage; son talon acquiert aussi plus de largeur, et ses pinces plus de grosseur et de rondeur. La femellé du même âge, qui a les gardes hautes et rapprochées, en donne rarement à terre; et quand cela lui arrive, on voit qu’elles sont pointues, minces et serrées: elle.met la trace de derrière en dedans de celle de devant. Les quartaniers et autres vieux san- gliers ont les traces grandes et larges, les pinces de celle de devant grosses et rondes, les tranchans des côtés de la pince usés, le talon large, les gardes abaissées, grosses et ouvertes; et les vuides qui sont entre ses gardes et le talon s’impriment sur la terre. Quelques sangliers ont un ongle plus long que l’autre; on les nomme, pigaches. Par les boutis, on juge de la grosseur de la hure, qui s’enfonce dans la terre que le san- glier renverse, et qu’il creuse quelquefois jusqu’à deux pieds de profondeur. Il en est de même du souil ou de l'endroit bourbeux .où le sagglier se vautre, et de la bauge ou du lieu où il se couche tout le Jour;: lem-. preinte de l’un et, de l’autre sert à prendre une idée de la taille de la bête; on la re- 156 HISTOIRE connoît aussi à la grosseur des Zaissées où des fientes. Si l’on remarque qu’à la sortie du sozil ou de la bauge, que les vieux font profonde, le sanglier a donné un ou deux coups de défense dans l'arbre contre lequel il s’est frotté, c’est une marque de sa mé- chanceté. Dans les différentes races de cochons, les Yeux sont petits et enfoncés; l'iris est d’un cendré obscur; la paupière supérieure est garnie de cils; ils manquent à l’inférieure: de longs poils forment les sourcils. Sous la mâchoire inférieure, on voit une verrue qui porte cinq longues soies? etc. etc. L’estomac est fort ample; de plus, le grand cul de sac se prolonge en haut, se recourbe, se termine en pointe, en forme de capuchon. Une mem- brane ridée tapisse une partie de l’intérieur de l'estomac; le reste est revêtu d’un velouté bien sensible. Quatre lobes, trois à droite et un à gauche forment le foie, dont la figure varie: la vésicule du fiel est oblongue. Les intestins, et particulièrement le colon et le cæcum, ont beaucoup de volume: le premier fait plusieurs circonvolutions avagt de se, joindre au rectum. La figure de là rate n’est pas la même dans tous les sujets; elle est généralement fort longue, et a trois faces {R|E; r d E U trque| 5} sou que||£ x fn donné ù d Où dy| l' arbre BC y art= races| on|;| oncés| Ei ain| pière 1} LUTTE quent\Æ[a les s SO x: ouh a void Mme| L2 k: $, ele,€=; alone , le gr lu recourt#n, teruir capuche Ben > partie! Msertént| t'revèti EI vehi| pbes, 1 ut æroi volt foie, mule el est à©; re. LA ement| æ ont » volun LE pren | lutions æit des gure di B latent les ul#3 ele gl e,€ Si DU COCHON. 107 longitudinales. La conformation du cœur varie aussi: 1l est placé obliquement, et plus ou moins alongé, comme plus ou moins pointu. Le mâle a les testicules fort gros, la verge aplatie, le gländ alongé et terminé en pointe. C’est la même forme pour le gland du clitoris de la femelle; il est seulement plus petit. Elle a la vulve terminée en pointe, Porifice de la matrice peu apparent. P: P PF; et ses cornes très-longues, et faisant, comme les intestins, un grand clin de circon- volutions.; Les mélanges d’une ancienne servitude ont jeté parmi les cochons une foule de nuances qu’il est impossible de saisir. Il en est cependant quelques-unes qui, plus géné- rales et plus tranchées, sont susceptibles d’être remarquées avec plus de facilité, et paroissent tenir quelques-uns de leurs carac- téres distinctifs de la différence du climat et de la nourriture. Celle de ces variétés qui est la plus répan- due en France est connue sous le nom de coclions à grandes oreilles. Elle existe aussi en Allemagne, en Flandres et en Angleterre; mais elle n’est ni robuste ni féconde, et sa chair est grossière et fibreuse. Par ces rai- sons on lui préfère la variété un peu moins 158 TS TOTRE forte, dont on tire plus de profit, et qui s'engraisse plus promptement. Les cochons de cette variétése distinguentencore parleurs couleurs: les uns sont noirs; ils sont com- muns au midi de la France; d’autres sont blancs, et se rencontrent plus particulière- ment au nord. On les retrouvé en West- phalie, et ils y fournissent les jambons renommés de Mayence. Enfin d’autres sont Pies, et on les voit plus communément au centre de la France(1). Les cochons d'Italie, et sur-tout ceux de Parme, soft vantés à cause du volume énorme qu'ils acquièrent; il n’est pas rare d’en voir de quatre à cinq cents livres pesant; et ils prennent tant d’embonpoint, qu'ils ne peuvent plus marcher. Ils sont noirs, et bas sur Jambes; leur poil est si fin et si court, qu'on les croiroit à peau nue» Ce qui leur a fait donner, dans leur pays, le nom de cochons ras. Leur chair est très- recherchée: Von en prépare les saucisses de Bologne. A Bayonne, les cochons sont égalément noirs, et ils approchent beaucoup, pour la forme, (1) Instruction sur l’éducation et l’engrais des co- chons, par Parmentier, insérée dans la Feuille du ‘cultivateur, du 27 mars 1 794: IR|= as de| AT qu ement, rs tt tente PC par) Nous Fa : : relrou Me Vy | sent, mnt x Enfin Sul AS Com! Eu y! 4 { : L i 2 a caust& re nt; 11e nr 1q Cents! Bsz:peull mbony Æauiit. [ls son ns, cl est si 1}> 1 toi. Sun ui MUC Ir pays[ non le est tré Seraert, cisses l| À kg! on és uni oup, f ua l mer tion el érée dal am. Æint con.| Trance;| LS hes nl nil plus SG. É ,€tsur? cer à ne D Fil DU COCHON. 159 des cochons ras d'Italie. Ceux de loccident de la France leur ressemblent moins; Mais ils passent pour réunir les mêmes avantages. Il y a encore en France une autre variété plus rare, mais qui ne devient ni si grasse, ni si massive que celles dont je viens de parler. Elle porte une forte crinière dont les soies sont plus longues et plus grosses que celles du sanglier; la teinte noire de cette crinière est interrompue par une bande de soies blanches de cinq à six pouces de Jon _gueur, qui ceint la poitrine en arrière du cou el des épaules. Ces cochons, que l’on appelle: Ébandés, vivent dans les bois, ét on n'en emploie la chair qu’en petit salé: Ceux de la Pologne ou de la Russie sont rouges ou jaunes, et ne deviennent ja— mais plus grands que les marcassins de nos forêts(1). Le- Aucun des quadrupèdes nourris dans les campagnes n’approche de la fécondité de la truie. Le maréchal de Vauban s’est donné la peine de calculer les produits de ka gé- nération d’une seule femelle de ce genre, pendant un tems donné, et celte nombreuse descendance de cochons est vraime nt pro- nn (1) Parmentier; Instruction ci-devant citée. 160 ILES TOIRE digieuse(1). Les méthodes en usage pour les engraisser ne sont pas les mêmes dans tous les pays; elles dépendent de la tempé- rature, de la situation du pays, et sur-tout de la nature des productions. C’est ce que la plupart des gens qui donnent des préceptes en économie rurale, non plus que ceux qui se hâtent de s’y soumettre, ne considèrent pas toujours. L’on assure que le poivre fait mourir les cochons(2). Comme l’on ne sera jamais tenté de leur en faire manger, le fait est à peu près indifférent à vérifier; mais il donne lexplication d’un vieux proverbe français qui dit: S’ertendre en quelque chose, comme truie en épices. Au reste, les cochons n’ont pas tous la stupide grossièreté qu’on leur attribue géné- ralement. Pour eux, de même que pour les autres anmaux domestiques, les soins, les ménagemens, les bons traitemens, les at- tentions fréquentes influent singulièrement sur le naturel et impriment une teinte de pannes (1) Ce Mémoire que Vauban a intitulé: De la co- chonnerie, et dont j'ai entendu, cette année, la lec- ture à la société d'agriculture de Paris, n’a jamais été publié; il est entre Les mains de François de Neuf: château, qui se propose de le mettre au jour.| (2) Lin. Syst. nai. edit. 13, douceux Sn du\ pi à uctions lonnent& On plus ds ellre, 1 re qu ), Comi n faire| ent à vé d'un vi ndre en ns n°0! on leu| de mèut 4 "TT M| rire. l stiques 4 15 trail fluent|! nent}@Æ tek a ban à id "nu; cé gi de ù Es”\ | Jet A 2 ti il SA| |> à sr| k nv E 1x il mit ral, us. Æ 0e| basche 2.: D mi j ke met il(7“Le h dou” | l; = pet| k hL D'Ü C-O:C:H;O-N: 161 douceur sur les caractères les soul Jai vu des cochons; donner des. inarques d'intelligence et même de docilité et: de, re- Connoissance, envers les-personnes qui en prenoient soin. Un auteur allemand n’a pas dédaigné de faire l'éloge du cochon( Es et ne füt-1l parvenu.qu’à engager à traiter avec moins de dureté qu’on ne le fait géné- raiement des animaux dont nous tirons un. si grand parti pour. notre. subsistance,. et que par. cela même ik.est de notre intérêt de ménager, le but de l’auteur eût toujours été fort établie, Le cochon, qui passe presque g généralement pour lanimal le plus brut, et bon seulement a manger, est cependant capable de rendre des services d’un tout autre genre, et aux- quels il ne paroissoit pas destiné. Il travaille comme une bête de trait, dans quelques cantons de l’Ecosse, particulièrement dans le Murray-Shire, et il n’est pas rare d’y voir un petit cheval, un âme et un cochon altelés à la même charrue(2). Une loi des ps (1) Eloge du cochon, par M. Blumauer, dans l’AI- manach allemand des Muses» poux Purée 1786, im- primé à Vienne. (2) Vues et observations naturelles, économiques TOME XXIIL L 16% HISTOIRE DU COCHON. juifs défendoit de pareïlles associations dans la cültüre‘des terres! Jignore jusqu’à quel point les dogmes religieux peuvent être intéréssés' à les condamner; mais je suis assuré qu’un attelage formé d'animaux d’es- pèces différentes, et par conséquent de force ét dé niaïche inégales j'est un signe certain d’une mauvaise agricultüre. et littéraires dans une fournte en‘Angleterre et en Ecosse| par Thomas Newté, Londres, 1791; et Bi- bliothèque britannique, vol 5,'juin 1797, n° 56, page 220. COCE es asso) ignore lEUx l mer:| mé d'ai ‘Conséa] est un lure, née en À , Londre %: ju ri. sn dy eu qu El(hr ES je x fa, e ST 2e ct| —‘ »1 me dE uk __érorsum recurvaté...…. des ps. aise à L' LÉ6 ALLÉE No)"7 L, grandeur de la taille, l'élégance de{a forme, la force du c@rps, la liberté des mouvemens, toutes les qualités extérieures f ne sont pas ce qu’il y a de plus noble dans {1) Le chien. En hébren, keleb. En chaldéen, kalba. En arabe, kelbe. En persan, sag ou sg. Chez les sar.- rasins, Cepe ou kolpe. Chez les mèdes, spaca. En grec, £yon. En latin, canis. En allemand, Aund. En fla- mand,#ond. Dans le pays de Galles> CE. En anglais, dog. En italien, cane. En espagnol, perro. En portu- gais, care. En illyrien, pes ou pas. En danois, hund, rakke, kôter, myude, En suédois, Aund. En islandais, dubba. En polonais, Pst. En russe> Pes ou sobaka. Fn tartare, 154 En indostani, kousta. En tamoul) katé, En tscheremisse, pi. En tschuwasche, iida. En bos- niaque, parn. En mordouan, Pina. En permice et en sirjänice pou. Au Kamtschatka> kofha, Sukà£guinoyæ ct£oha, etc. etc.| Canis propriè dictus. Klein. Quadrup. pag. 68.—…. Canis caud4 sinistrorsum recurv&...…. Canis domesticus. Brisson» Regn. animal. gen. 35.— Cunis caudé sinis- Canis familiartis. Erxleben) Syst. regn. animal. gen. 25, sp. 1. Lin. Syst. nat. edit, 13, Sem 12, sp.& SOnNNrNt.| ; L» 104 HISTOIRE un être animé: et comme nous préférons dans l’homme l’esprit à la figure, le courage à la force, le sentiment à la beauté, nous jugeons aussi que les qualités intérieures sont ce qu'il y a de plus relevé dans Pani- mal; c’est par elles qu’il diffère de automate, qu'il s'élève au dessus du végétal et s’ap- proche de nous; c’est le sentiment qui en- noblit son ètre, qui le régit, qui le viviñe, qui commande aux organes, rend les mem- bres actifs, fait naître le desir, et donne à la imatière le mouvement progressif, la volonté, Ja vie.| La perfection de l’animal dépend donc de la perfection du sentiment; plus il est étendu, plus l'animal a de facultés et de ressources, plus il existe, plus 1l a de rapports avec le reste de Punivers: et lorsque le sentiment est délicat, exquis, lorsqu'il peut encore être pertectionné par l'éducation, l'animal de- vient digne d’entrer en société avec l’homme; il sait concourir à ses desseins, veiller à sa sûreté, l’aider, le défendre, le flatter; il sait, par des services assidus, par des caresses réitérées, se concilier son maître, lecaptiver, et de son tyran se faire un protecteur. Le chien, indépendamment de la beauté de sa forme, de la vivacité, de la force, de [RH ME DO@ù dé à Hour) Æ Our talah Œ, roy| Qualités rires IS relev| M, jy,| diffère d lon du vi ls: dd le sentii Min| régit, q! M rivi| anes, ré ME; ner e desir,| D ik| >rogress| Æ out, imal dé Brit nt; plus& étui| Ités et d épuré| | de ral Œuve| de ain|. lorsque prsqu'i ep eu| ducatio‘ indé| \uciété d»-ho| is dessein! à dre, le! Mu l si un pro do | ñ eu ment pi l CHU; DU CHIEN. 165 la légereté, a par excellence toutes les qua— lités intérieures qui peuvent lui attirer les regards de l’homme. Un naturel ardent, colère, même féroce et sanguinaire, rend le chien sauvage redoutable à tous lés ani maux;, et cède dans le chien domestique aux sentimens le plus doux, au plaisir de sat- tacher et au desir de plaire; il vient, en Yampant ,mettre aux pieds de son maître som courage, sa force, ses talens; il attend:ses ordres pour en faire usage: il le consulte, il l'interroge, il le supplie; un coup d’œil suffit, il entend les signes de sa volonté: sans avoir, comme l’homme, la lumière de la pensée, il a toute la chaleur du sentiment à il a de plus que lui la fidélité, la constance dans ses affections; nulle ambition, nul in- térêt, nul desir de vengeance, nulle crainte que celle de déplaire; il est tout zèle, tout ardeur et toute obéissance; plus sensible au souvenir des bienfaits qu’à celui des oulrages, il ne se rebute pas par les mauvais traite- mens, 1] les subit, les oublie, ou ne s’en souvient que pour s’attacher davantage; loin de s’irriter ou de fuir, il s'expose de lui- même à de nouvelles épreuves; il lèche cette main, instrument de douleur, qui vient de le frapper; il ne lui oppose que la plainte, he 166 HISTOIRE et la désarme enfin par la patience et fa sou mission.| .: Plus: docile:qne lPhomme, plus souple qu'ancan des animaux, non seulement le chien s’instruit én peu de tems, mais mème il se conforme aux mouvemens, aux ma- nières, à toutes les habitudes de ceux qui lui commandent; il prend le ton de la mai- son qu'il habite; comme les autres domes- tiques, il est dédaigneux chez les grands et rustre à la campagne: toujours empressé pour son maitre et prévenant pour ses seuls amis, il ne fait aucune attention. aux gens indifiérens, et se déclare contre ceux qui, par.élat, ne sont faits que pour importuner; il les connoïît aux vêtemens, à la voix, à leurs gestes, et les empêche d'approcher, Lorsqu'on hui a confié pendant la nuit la garde de la maison, il devient plus her, et quelquefois féroce; il veille, il fait la ronde; il sent de loin les étrangers, et pour peu qu'ils s'arrêtent@u tentent de franchir les barrières, il s’élance, s’oppose, et. par des aboiemens réitérés, des eflorts et des cris de colère, 1] donne alarme, avertit et combat: aussi furieux contre les hommes de proie que contre les animaux carnassiers, 1l se précipile sur eux, les blesse, les déchire, 1 à patien| ho () ne;| Pl sy, &, Non{À Bauer de tems! Æx mène* OUVemen dx mx| abitudes| Éveyr qu rend le 14 D la mi! me les ad Æ lon. ux chez! Meet| >: Loupl Men| venant À Mess Mrcgos| ne alten! laure conit#9: qu| jue pour qui temens| LI,: *; 1:£'\| le penci} DB ul! | reulle, il pr|. r ange”, Lou M ntent(( mu” m pêche L£ oct| pal| mieux munis, mieux armés; D Û:éÉEN. 165 leur Ôte ce qu'ils s’efforçoient d'enlever: mais content d’avoir vaincu il se'repose les dépouilles, n’y touche pas, même pour satisfaire son appétit, et donne en même tems des exemples decourage ,de au nr _et de fidélité. On sentira de quelle snpat titi cette espèce est dans l’ordre de la Nature, en sup- posant un instant qu’elle n’eût jamaïs existé. Comment l’homme auroit-il pu, sans le secours du chien, conquérir, dompter, ré-— duire‘en; bis tage les autres animaux? Comment pourroit- il encore aujourd’hui découvrir, chasser, détruire les bêtes sau- vagés et nuisibles? Pour se mettre en sû- reté, et pour se rendre maître de l’univers vivant, il a fallu commencer par se faire un pari parmi les animaux, se concilier avec douceur et par caresses ceux qui se sont trouvés capables de s’attacher etd’obéir, afin de les opposer aux autres. Le premier art de VPhomine a donc été l’éducation du chien, et le fruit de cet art la conquête et la possession paisible de la terre. La plupart des animaux ont plés dagilité, plus de vitesse, plus de force, et même plus de courage que l’homme; la Nature les a ‘ils ont aussi L 4 168 HISTOIRE les sens, et sur-tout l’odorat, plus parfait. Avoir gagné une espèce; courageuse et docile comme celle du chien, c’est avoir acquis de nouveaux sens et les facultés qui nous man- quent. Les machines. les instrumens que nous avons imaginés pour perfeclionner nos autres sens, pour en augmenter l’éten- due, n’approchent pas, même pour l'utilité, de ces machines toutes faites que la Nature nous présente, et qui, en suppléant a l’im- perfection de notre odorat, nous ont fourni de grands et d’éternels moyens de vaincre et de régner: et le chien, fidèle à l’homme, conservera toujours une portion de l’em- pire, un dégré de supériorité sur les autres animaux; il leur commande, il règne lui- même à la tête d’un troupeau, il s’y fait mieux entendre que la voix du berger; la sûreté, l’ordre et la discipline sont les fruits de sa vigilance et de son activité; c’est un peuple qui lui est soumis, qu’il conduit, qu'il protège, et contre lequel il n’emploie jamais la force que pour y maintenir la paix. Mais c’est sur-tout à la guerre, c’est contre les animaux ennemis ou indépendans, qu’é- clate son courage, et que son intelligence se déploie toute entière: les talens naturels se réunissent ici aux qualités acquises. Dès que ppt.“nommé© : Î : H i 1 Ï| R| lon,| Le| C'est à culiés ol ql , les ins pour| en aug , Même| s laites à{ ; CN sup} lorat, no en, fidelé une por ériorite| amande, | troupel la voix( scipline| | son dci um, re lequd ar al la guerré ou indef " QU ñ Æ We DES qu t- Uomer| be: l'in, a ul S:4lr- ® un| 2 nt| b one, Mn len-| bu autres tu SY Hi b gi | res ir déceul Lion J empt 05, 1 gent) e tri Nat| 2 à cou DU CHIEN. 169 le bruit des armes se fait entendre, dès que le son du cor ou la voix du chässeur a donné le signal d’une guerre prochaine, brillant d’une ardeur nouvelle, le chien marque sa joie par les plus vifs transports, il annonce par ses mouvemens et par ses cris l’impa- tience de combattre et le desir de vaincre; marchant ensuite en silence, il cherche à reconnoître le pays, à découvrir, à sur- prendre l’ennemi dans son fort; il recherche ses traces, il les suit pas à pas, et par des accens diftérens ere sé le tems, la dis- tance, l'espèce, et même l’âge de celui qu’il périst Intimidé, pressé, désespérant de trouver son salut dans la fuite, lanimal(1) se sert aussi de toutes ses facultés; il oppose la ruse a la sagacité; jamais les ressources de l’ins- tinct ne fuiseni plus admirables: pour faire perdre sa trace, il va, vient et revient sur ses pas; il fait des bonds, il voudroit se détacher de la terre et supprimer les espaces; il franchit d’un saut les routes, les haies, passe à la nage les ruisseaux, les rivières; mais toujours poursuivi, et ne pouvant anéantir son corps, il cherche à en mettre (1) Voyez l’histoire du cerf. 170 HESTOIRÆ un autre à sa place; il va lui-même trou- bler. le repos d’un voisin plus jeune et moins expérimenté, le faire lever, mar- cher, fuir avec lux; et lorsqu’ils ontconfondu lcurs traces, lorsqu'il croit l'avoir substitué à sa mauvaise fortune, il le quitte plus brus- quemerft encore qu'il ne l’a joint, afin de le rendre seul l’objet et la victime de l’ennemi trompé. Mais le chien, par cette supériorité que donnent l'exercice et l'éducation, par cette finesse de sentiment qui n'appartient qu'à lui, ne perd pas l’objet de sa poursuite; il démèle les points communs, délie les nœuds du fil tortueux qui seul peut y conduire; il voit de l’odorat tous les détours du laby- rinthe, toutes les fausses routes où l’on a voulu légarer; et loin d'abandonner l’en- memi pour un indifférent, après avoir inomphé de la ruse, il s’indigne, il redouble d’ardeur, arrive enfin, l'attaque, et le met- lant à mort, étanche dans le sang sa soif et sa haine.; Le penchant pour la chasse ou la guerre nous éstcommun avec les animaux; l’homme sauvage ne sait que combattre et chasser. Jous les animaux qui aiment la chair, et qui ont de la force et des armes, chassent es, æ an si. 4 1 Et in croit'à| EChj}, , 1] equ- AM Îns| ne la jd fn la victin> lan! F Celle s| Burt Æruote! qui nd Bi qi jet de s} t@uie:; umuns ,d#8ù vœu| seul. perl Dyndui 15 Jes del Œpiu hi usses r0f ei lui in d'abal@ler x Hérent| We 1 | s'indist à cd x, latte d. Bu] jans ke! La gard| 1 ss bons Yhou es and en! ombetl ds= b aimel CE à j his des ail ds” DU: CHEEN. 171 naturellement. Le lion, le tigre, dont la force est si grande qu'ils sont sûrs de vaincre, chassent seuls el sans art; les'loups, les renards, les chiens sauvages se réunissent, s'entendent, s’aident, se relaient.et partagent la proie; et tion l'éducation a perlec- tionné ce talent naturel dans le chien domes- tique, lorsqu'on lui a appris à réprimer son ardeur, à mesurer ses mouvemens, qu’on l'a accoutumé à une marche régulière et à l'espèce de discipline nécessaire. à cet art, il chasse avec méthode, et toujours avec succès,| Dans les pays déserts; dans les conlrées dépeuplées, il y a des chiens sauvages qui, pour les mœurs, ne diffèrent des loups que par la facilité qu'on trouve à les apprivoi- ser; ils se réunissent aussi en plus grandes troupes pour chasser et attaquer en force les sangliers, les taureaux sauvages, et même les lions et..les tigres. En Amérique, ces chiens Sat VAgeEs sont de races anciennement domestiques; 11$:y ontété transportés d’Eu- rope; et quelques-uns ayant été oubliés où abandonnés dans ces déserts, s’y sont multi au point qu'ils serépandent par troupes lans les contrées habitées ,. où 1ls attaquént de bétail et insultent mème les hommes: on *72 HISTOIRE est donc obligé de les écarter par la force} et de les tuer comme les autres bêtes fé roces; et les chiens sont tels en effet, tant qu’ils ne connoissent pas les hommes; Mais, lorsqu'on les approche avec douceur, ils s’adoucissent, deviennent bientôt familiers, et demeurent fidèlement attachés à leurs maîtres; au lieu que le loup, quoique pris Jeune et élevé dans les maisons, n’est doux que dans le premier âge, ne perd jamais son goût pour la proie, et se livre tôt ou tard à son penchant pour la rapine et la destruction. L'on peut dire que le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l'épreuve; le seul qui connoisse toujours son maître et les amis de la maison; le seul qui, lorsqu'il arrive un inconnu, s’en aperçoive; le seul qui entende son nom, et qui reconnoisse la Voix domestique; le seul qui ne se confie point à lui-même; le seul qui, lorsqu'il a perdu son maître, et qu'il ne peut le trou- ver, l'appelle par ses gémissemens; le seul qui, dans un voyage long qu’il n’aura fait qu’une fois, se souvienne du chemin et retrouve la route; le seul enfin dont les talens naturels soient évidens, et l’éduca- tion toujours heureuse.| nm Pr ?s mir}| ; âge,n Es w et£L\; | pour| See:| : e le cit 3 ke 4 té soi} qéur:! oujours| Mr 41} |; le seul pion s'en apet 06 le l ,et qui Sul. sd qu dre cb e seul d le sq qu'il 1 ol | gémiss ETS 4 long ql qu! nenne| gen » seul E., À évider! M | » L DU CHIEN. 179 Et de même que de tous les animaux, le chien est celui dont le naturel est le plus susceptible d'impression, et se modife le plus aisément par les causes morales, il est aussi de tous celui dont la nature est le plus sujette aux variétés et aux altérations cau- sées. par les influences physiques. Le tem- pérament, les facultés, les habitudes du corps varient prodigieusement; la forme mème n’est pas constante: dans le même pays, un chien est très-différent d’un autre chien, et l'espèce est, pour ainsi dire, toute différente d’elle-même dans les différens cli- mats. De là cette confusion, ce MER et cette variété de races si nombreuses, qu’on ne peut en faire l’énumération; de là ces différences si marquées pour la: ons de la taille, la figure du corps, l’alongement du museau, la forme de la tête, la longueur et la direction des oreilles et de la queue, la couleur, la qualité, la quantité du poil, etc; en sorte qu'il ne reste rien de constant, rien de commun à ces animaux que la confor- mité de l’organisation intérieure, et la fa- culté de pouvoir tous produire ensemble. Et comme ceux qui-diffèrent le plus les uns des autres à tous égards, ne laissent pas de. produire des individus qui peuvent se per- 174 HISTOIRE pétuer en produisant eux- mêmes d’autres individus, il est évident que tous les chiens, quelque différens, quelque variés qu’ils soient, ne font qu’une seule et même espèce. Mais ce qui est difficile à saisir dans cette nombreuse variété des races différentes, c’est le caractère de la race primilive, de la race originaire, de la race mère de toutes les autres races: comment reconnoîtré lés effets produits par l’influence du: climat») dé nourriture, etc.? Comment les distinguer encore des autres effets, où plutôt des ré- sultats qui provieñnent du mélange de ces différentes races critre elles, dans l'état de hberté où de domesticité? En effet, toutes ces causes altèrent‘avec le téms, les formes les plus constantes ,'et Pempreinte de la Na- iure ne conserve pas toute sa pureté dans les objets que l’homme a beaucoup maniés. Les animaux assez indépendans pour choisir eux-mêmes leur climat et leur nourrilure, sont ceux qui conservent le mieux cette empreinte origindire; ct l’on peut croire que, dans ces espèces, le premier, le plus ancien de tous, nôütis est encoré aujourdhut assez fidèlement représenté par ses descen- dans; mais ceux qué l’homme s’est soumis? CŒuUX qu'il a t“ansportés de climats ent clia LR EE| 7. Lt $ races| ET ( prini à 50m| ce mère! S nt} AU Yeconr Mila of nce du| fx, 4; )ymment Ve ir lets, où| Pda x: ent du à 4! dx re elles! ét à ieité? Et@e, toit rvec letel be fomi 4 SL I Mr% s toute$ que ne à beit Lo D| dépendal dat(y res nat el ke 1 rvent l he ax| ‘à l' pi ce pr m1" st# oui ssenlé|| à[us Phornné De 0 és de{Rs à DU CHIEN. 175 mats; ceux dont 1l a changé la nourriture les Lolita ds et la manière de vivre, ont aussi dû changer pour la forme, plus que tous les autres; et l’on trouve en-effet bien plus de variété dans les espèces d'animaux domestiques, que dans celles des animaux sauvages. Et comme parmi les animaux do- mestiques, le chien est, de tous, celui quis s’est attaché à l’homme de plus près; celui qui, vivant comme l’homme, vit aussi le plus irrégulièrement; celui dans lequel le sentuuent domiue assez pour le rendre do- cile, obéissant et susceptible de toute im- pression, et même de toute contrainte; 4l n’est pas étonnant que, de tous les ali: ce soit aussi celui dans lequel on trouve les plus grandes variétés pour la figure, pour la taille, pour la couleur et pour les autres qualités.| Quelques circonstances concourent en- core à cette altération. Le chien vit assez peu de tems; il produit souvent et en assez grand sit:; et comme ïl est perpétuel- lement sous les yeux de l’homme, dès que, par un hasard assez ordinaire à la Nature, il se sera trouvé, dans quelques individus, des singulari ilés ou des variétés apparentes, on tra täché de les perpétuer en urussant 170 HISTOIRE ensemble ces individus singuliers, comme on le fait aujourd’hui, lorsqu'on veut se procurer de nouvelles races de chiens et d’autres animaux. D'ailleurs, quoique toutes les espèces soient également anciennes, le nombre des générations, depuis la création, étant beaucoup plus grand dans les espèces dont les individus ne vivent que peu de tems, les variétés, les altérations, la dégé- nération même doivent en être devenues plus sensibles, puisque ces animaux sont plus loin de leur souche que ceux qui vivent plus long-tems.[/homme est aujourd’hui huit fois plus près d'Adam, que le chien ne l’est du premier chien, puisque l’homme vit quatre-vingis ans, et que le chien n’en vit que dix. Si donc, par quelque cause que ce puisse être, ces deux espèces tendoient également à dégénérer, cette altération se- roit aujourd’hui huit fois plus marquée dans le chien que dans l’homme. Les animaux éphémères, ceux dont la vie est si courte qu'ils se renouvellent tous les ans par la génération, sont infiniment plus sujets que les autres animaux aux va- riétés et aux altérations de tout genre; 1} en est de même des plantes annuelles, en com- paraison des autres végétaux; il y en a même dont OR E lus‘ing E ui, list>° Ve les Ce, Shin, ailleur{© 1 los lement Din| ons; deu él, grand dd x os ne Ve D pui les altért lei) de vent en| Sr sque tés tr sont| che quect Eine homme à#5 md d’'Adan| 8; de chien, ul Æajhoux 18, eb que Matt Mauve :, par que?L| deux spl sn rer, celle Œb t fois plus suée ls| homme. ï nn dl hémeres,| du| | LE ils se ren!& ski| ation, S4 1 x atres ani} Ms IE TE ne ps de to! à ue| nu n di EST tes anni nc) M LÉ actus;) E An DU CHIEN. 177 dontla natureest, pour ainsi dire, artificielle et factice. Le blé, par exem ple, est une plante qué l’homme a changée au point qu’elle m’existe nulle part dans l’état de nature: on Voit bien qu’il a quelque rapportavec livroie, avec les gramens, les chiendents et quelques autres herbes des prairies; mais on ignore à laquelle de ces herbes on doitle rapporter: et comme il se renouvelle tous les ans, et que, servant de nourriture à Phomme, il est de toutes les plantes celle qu’il a le plus travail- lée, il estaussi de toutes, celle dont la nature est le plus altérée. L'homme peut donc non seulement faire servir à ses besoins, à son usage, tous les individus de l'univers; Mais il peut encore, avec le tems, Changer, mo- difier et perfectionner les espèces; c’est même le plus beau droit qu'il ait sur la Nature. Avoir transformé une herbe stérile en blé, est une espèce de création dont ce- pendant il ne doit pas s’enorgueillir, puis- que ce n’est qu’à la sueur de son front et par des cultures réitérées qu'il peut tirer du sein de la terre ce pain souvent amer, qui fait sa subsistance, re| Les espèces que l’homme a beaucoup tra- Vaillées, tant dans les végétaux que dans les animaux, sont donc celles qui de toutes sont dome XXIII M 170 HISTOIRE le plus altérées; et comme quelquefois elles le sont au point qu’on ne peut reconnoitre leur forme primitive, comme dans le blé, quine ressemble plus à la plante dont il atiré son origine, il ne seroit pas impossible que dans la nombreuse variété des chiens que nous voyons aujourd’hui, il n’y en eût pas un seul de semblable au premier chien, ou plutôt au premier animal de cette espèce, qui s’est peut-être beaucoup altéré depuis la création, et dont la souche a pu par consé- quent être très-différente des races qui sub- sistent actuellement, quoique ces races en soient originairement toutes également pro- venues. La Nature cependant ne manque jamais de reprendre ses droits dès qu’on la laisse agir en liberté. Le froment jeté sur une terre in- culte dégénère à la première année: si l’on recueilloit ce grain dégénéré pour le jeter de même, le produit de cette seconde généra- tion‘seroit encore:plus altéré; et au bout d’un certain nombre d’années et de repro- ductions ,. l’homme verroit reparoître la plante originaire du froment, et sauroit combien il faut de‘tems à la Nature pour détruire le produit d’un art qui la contraint, et pour se réhabiliter. Cette expérience seroit ED, 9, 5 OR! | PE QU Eos "RE peu! En, , COmme#| il à la plant ii OIL pas il GS} ul variété d{% on qu| d’hui, À| ax| eau pren! Brin animal de be on eaucoupa| Beni} souche Pione rente des! Sons | , quoiqué Su à 1t toutes à#otpr ant nent Semi (l hi f fl s dès qu'o| MIA nt jeté su) ri première) Er: légénéré f Ex) UE. le cette sd Œci") 4-| ju 1 lus altét Be"+ || er Î , d'annét| : | TE rl| eu rot DU CHIEN. F4 assez facile à Faire sur le blé et sur les autres plantes qui tous les ans se reproduisent, pour ainsi dire, d’elles-mêmes, dans le même lieu; mais il ne seroit guère possible de la tenter avec quelque espérance de sUCCés, Sur: les animaux qu’il faut rechercher, appareil- ler, unir, et qui sont difficiles à manier, parce qu’ils nous échappent tous plus ou moins par leur mouvement, et par la ré- Pugnance souvent invincible qu’ils ont pour les choses qui sont contraires à leurs habi- tudes ou à leur naturel. On ne peut donc pas espérer de savoir jamais par cette voie quelle est la race primitive des chiens, non plus que celle des autres animaux, qui, comme le chien, sontsujets à des variétés permanentes; mais au défaut de ces Connoissances de: fails qu'on ne peut acquérir, et qui cependant se- roient nécessaires pour arriver à la vérité, on peut rassembler des indices, et en rer des conséquences vraisemblables.| Les chiens qui ont été abandonnés dans les solitudes de l'Amérique, et qui vivent en chiens sauvages depuis cent Cinquante ou deux cents ans, quoiqu'originaires de races aliérées, puisqu'ils sont provenus des chiens domestiques, ont dû, pendant ce long espace de tems, se rapprocher, au moins en partie, M 2 gets 180 HISTOIRE| de leur forme primitive; cependant les voyageurs nous disent qu’ils ressemblent à| nos lévriers(1); ils disent la même chose| des chiens sauvages, ou devenus sauvages à Congo(2), qui, comme ceux de l'Amé- rique, se rassemblent par troupes pour faire la guerre aux tigres, aux lions, etc.; mais d’autres, sans comparer les chiens sauvages de Saint- Domingue aux lévriers, disent seulement(3) qu’ils ont pour lordinaire la tête plate et longue, le museau effñlé, Pair sauvage, le corps mince et décharné; qu'ils sont très-légers à la course; qu’ils chassent en perfection; qu’ils s’apprivoisent aisément en les prenant tout petits. Aïnsi ces chiens sauvages sont extrêmement maigres et lé- gers; et comme le lévrier ne diffère d’ailleurs qu’assez peu du mätin ou du chien que nous appellons chien de berger, on peut croire que ces chiens sauvages sont plutôt de cette es- pèce que de vrais lévriers; parce que d’autre mt (1) Histoire des aventuriers flibustiers, par Oexme- lin. Paris, 1686, in-12, tome[, page 112. (2) Histoire générale des voyages, par M. l'abbé Prevost, in-4, tome I, page 86. (5) Nouveaux voyages aux îles de l'Amérique. Paris, 1722, tome V, page 195. TIRE AMC E TT 1 Sd, sent| js dever eyes nme ten] E"ni| Fr. troupl Œ hr aux lion! S:» r Les chi en aux| Bin nt pour| Bsrirk le musal ÀS lie ce el déc Œ qui JUTSe; ql Des pprivos Sue tits, Ant 39 lie ement 1 LE y nediEt Breallir yu du ch rent or, on pe@“à| fl t plut 0] si 15; pd is D'OUI'CHEEN.. 181 côté, les anciens voyageurs ont dit que les chiens naturels du Canaïla avoient les oreilles droites comme les renards, et ressembloient aux mâtins de médiocre grandeur(1) de nos villageois, c’est- à- dire, à nos chiens de berger; que ceux des sauvages des Antilles avoient aussi la tête et les oreilles fort longues, et approchoient de la forme des renards(2); que les indiens du Pérou n’a- voient pas toutes les espèces de chiens que nous avons en Europe; qu'ils en avoient seulement de grands et de petits qu’ils nom- moient alco(3); que ceux de listhme de l'Amérique étoient laids; qu'ils avoient le poil rude et long, ce qui suppose aussi les oreilles, droites(4). Ainsi on ne peut guère douter que les chiens d'Amérique ne fussent tous, pour ainsi dire, d’une seule et même _ race; et que de toutes les races de nos chiens, ns sms (1) Voyage du pays des Hurons, par Sabard Theodat, recollet. Paris, 1672, pages 310 et 311. _(2) Histoire générale des Antilles, par le P. du Tertre. Paris, 1667; tome IT, page 306. (3). Histoire des Incas; Paris, 1744, tome I, p. 265. Voyage de Wafer, imprimé à la suite de ceux de Dam- pier, tome TV, page 223. (4) Nouveaux voyages aux îles de l'Amérique. Paris, 1722, tome V, page 195. mm re 0 ee pesant aide= RES HISTOIRE celle qui en approche le plus ne soit celle des chiens à museau efilé, à oreilles droites et à long poil rude comme les chiens de berger; et ce qui me fait croire encore que les chiens devenus sauvages à Saint-Domingue, nesont pas de vrais lévriers, c’est que, comme les lévriers sont assez rares en France, on en tire pour le roi, de Constantinople et des autres endroits du levant, et que je ne sache pas qu’on en ait jamais fait venir de Saint- 162 Domingue ou de nos autres colonies d’Amé- rique. Il est très-probable que les animaux do- méstiques nommés alco, qui étoient de la grandeur et à peu près du même naturel que nos petits chiens, et que les espagnols avoient appelés chiens du Mexique, chiens du Pérou, par cette convenance, et parce qu'ils ont le même attachement, là même fidélité pour leurs maîtres, étoient d’une es- pèce qui n’est pas essentiellement différente de celle du chien, et d’ailleurs, il se pourroît que le mot a/co fût un terme générique et non pas spécifique. Recchi nous a laissé la digure d’un de ces alcos, qui s’appeloit en langue mexicaine yézcuinte porzotl, il étoit prodigieusement gras, et probablement dé- naluré par l'état de domesticité, et par une TIRE Plus nel[ET k à orel ll& z| ENCOre€ un, Onstanti lac nt, etqu ds fait ver à nt itres cold Su. que les af sen d- 0, quié#iteh ès du nl Suite et que|& qu du Men Sc onvenad pi | À achemen Be TN res, oi due tiellemel D dut illeurs, sur| ere| Eu chi noû&! il qui| re a A nle a. AIR prob= nt esticilé Lis # lesel) | r dis| H-Domir LUTTE C'est que dr| es où Fr Sim| DU CHIEN.: nourriture trop abondante; la tête est repré- sentée si petite, qu’elle n’a, pour ainsi dire, aucune proportion avec la grosseur du corps; il a les oreilles pendantes, autre signe de do- mesticité; le museau ressemble assez à celui d’un chien; tout le devant de la tête est blanc, et les oreilles sont en partie fauves; le cou est: si court qu’il n’y a point d’inter- valle entre la tête et les épaules; le dos est arqué et couvert d’un poil jaune; la queue est blanche et courte; elle est pendante et ne descend pas plus bas que les cuisses; le ventre est.gros et tendu, marqué de taches noires, avec six mamelles très-apparentes; les jambes et.les pieds sont blancs, et les doigts sont comme ceux du chien ,: et armés d'ongles longs et pointus(1). Fabri, qui nous a donné cette description, conclut, aprèsune très-longue dissertation, que cet animal est le même que celui qu’on appelle a/co; et je crois que son assertion est fondée; mais il ne faut pas la regarder comme exclusive, car il y a encore une autre race de chien en (x) Ytzcuinte porzotli. Canis mexicana..…. Ad un- guem animal quod hic prostat, nanum, pingue eë mansuetum effigiatum ,; mihi videtur ut esse quod americani nomire communi, alco vocabant. Hernan& List, Mex. pag. 4606 et 478, fig. pag. 466. & x mm é PETER EE— em DRE i 4 LR ql D: hi : Jen ! È Î 4 ee:| 1} | | À Î Î || ? a" 104 HISTOIRE Amérique à laquelle ce nom convient éga- lement; outre les chiens, dit Fernandès, que les espagnols ont transportés d'Europe en Amérique, on y en trouve trois autres es- pèces qui sont assez semblables aux nôtres, par la nature et les mœurs, et qui n’en diffe- rent pas infiniment par la forme. Le pre- mier et le plus grand de ces chiensaméricains est celui qu’on appelle xo/oiztcuintli; sou- vent 1l a plus de trois coudées de longueur; et cé qui lui est particulier, c’est qu’il est tout nu etsans poil; il est seulement couvert d’une peau douce ,.unie> Et marquée de ta- ches jaunes et bleues. Le second est couvert de poil, et pour la grandeur est assez sem: blable à nos petits chiens de Malte; il est marqué de blanc, de noir et de jaune: il est singulier et agréable par sa diffo rmité, ayant le dos bossu et le cou si court» qu’il semble que sa tête sorte immédiatement des épaules; on lappelle michuacanens, du nom de son pays. Le troisième de ces chiens:se nomme techichi; il est assez semblable à nos petits chiens, mais il a la mine sauvage et triste. Les américains en mangent la chair(à) (1) Fernandès. Z7isé! anim. nov, Æisp. pag. 6 et 7; Cap. XX; ct pag. 10, Cap. X XI. JUVE tro) 6 CT mblables ir| | RE TS ar la for ces chien bin| € tout} si, C oudées( M ulier, d Su est seule Prop le, etmil Step. 2 second ave ndeur e) dersn. ens de N lie oùr et de! Æ;14 r' sa ilot Briye i court,| Eh| atement| uk; ons; ui| le TR es chien! Si mblable| E ph| ne sauvi= Lise ent la ch 2} un n0Ÿ, His= belt: DU CHIEN. 105 En comparant ces témoignages de Fabri et de Fernandès, il est clair que le second chien que ce dernier auteur appelle michua- canens, est le même que l’ytzcuinte porzotli, et que cette espèce d'animal existoit en effet en Amérique avant l’arrivée des européens; il doit en être de même de la troisième es- pèce appelée techichi. Je suis donc persuadé que le mot a/co, éloit un nom générique qui les désignoit toutes deux, et peut-être en- core d’autres races ou vins que nous ne connoissons pas. Mais, à l'égard de la pre- mière, il me paroît que Fernandés s’est trompé sur le nom et la chose; aucun auteur ne dit qu’il se trouve des chiens nus à la nou- velle Espagne; cette race de chiens, vulgai- rement appelés chiens turcs, vient des Indes et des autres pays les plus ciel de ancien continent; et il:est probable que ceux que Fernandès a vus en Amérique y avoient été transportés, d'autant plus qu’il dit expressé- ment qu'il avoit vu cette espèce en Espagne avant son départ pour l'Amérique. Ces deux raisons sont suflisantes, por qu'on doive présumer que ce chien nu n’en étoit pas ori- ginaire, mais y avoit été transporté; et ce qui achève de le prouver, c’est que cet ani- mal n’avoit point de nom américain, et que É 180 HISTOIRE Fernandès, pour lux en donner un, em- prunte celui de xoloitzcuintl, qui est lenom du loup de Mexique. Ainsi, des trois espèces ou variétés des chiens américains, dont cet auteur fait mention, il n’en reste que deux que lon désignoit indifféremment par le nom d’aco. Car, indépendamment de lalca gras et potelé, qui servoit de chien bichon aux dames péruviennes, il y avoit un alco maigre et à mine triste qu’on émployoit à la chasse; et il est très- possible que ces animaux, quoique de races très- difié- rentes en apparence de celles de tous nos chiens, soient cependant issus de la même souche. Les chiens de Laponie, de Sibérie, d’'Eslande, etc., ont dû passer, comme les renards et les loups, d’un continent à Pautre, et se dénaturer ensuite comme les autres chiens par le climat et la domesticité. Le premier alco, dont le cou est si court, se rapproche du chien d'Islande; et le techichi de la nouvelle Espagne, est peut- être le même animal que le koupara(1), ou chien- crabe de la Guiane, que l’on nomme chuter 1 (1) Canis ferus, major, cancrosus, vulgo dictus koupara. Barrère, Essai d’hist. nat. de la France équin: page 149. nicht )I RE en dont de Cuintii l) Là \insi ses Or TR | TR il n'en ré ds sy adifférem y} épendamn fer: ervoit de bia; nes, 1174 fn| iste qu'on! Meryni très- pu dec de rc Ædk ue de cells! Mes na dant 1sul dshnèm e Lapon na(bit dù passel 13 eh | Ï lu l'un conti}. de nite co nf| qi Let la di mul le cou es#4 l'Isl jande| Cr< El que; st| w cl! koupa| ee| | que l'on œ| ne | Wir |> D est. dé Ê ui | W | B Ù. CHIEN. 187 crabe, parce qu’il se nourrit principalement de cubes et d’autres crustacées(1). Il y a plusieurs animaux que les habitans de la Guiane ont nommé chiens des bois parce qu'on ne les a pas encore réduits comme nos chiens en domesticité constante; etils méritent cenom, puisqu'ils s’accouplent et produisent avec les chiens domestiques. La première espèce est celle dont nous don- nons ici la figure(pZ. VIII, f 1) et de laquelle M. de la Borde nous a envoyé la dépouille. Cet animal avoit deux pieds quatre pouces de longueur; la tête, six pouces neuf lignes dépriis le bout du nez jusqu’à locciput. Elle (x) Le crabier ou chien-crabrier n’a que très-peu de rapports au chien; c’est un animal d’une espèce toute particulière, dont il sera question daus la suite de cet ouvrage, Au reste, les caractères de l’alco, du techichi et du chien à bosses n’ayant été présentés que d’une ma- nière obscure par les voyageurs qui en ont parlé, il n’est guère possible de décider avec certitude s’ils appartiennent au genre du chien, et s’ils diffèrent asser entre eux pour être considérés comme des espèces distinctes. La treizième édition du Sytême de la na- ture, par Linnæus, les donne comme trois variétés de la même espèce dont voici la désignation: Canis Cäpite parvo, auribus pendulis dorso curvato, caudé brevi, SONNINI. 186 HISTOIRE est arquée à la hauteur des yeux qui sont placés à cinq pouces trois lignes de distance du bout du nez: on voit que ses dimensions sont à peu près les mêmes que celles du chien de berger, et c’est aussi là race de chien à laquelle cet animal de la Guiane ressemble le plus, car il a, comme le chien de berger, les oreilles’ droites et courtes, et la forme de la tête toute pareille; mais il n’en a pas Jes longs poils sur le corps, la queue et les jambes. Il ressemble au loup par le poil, au point de s’y méprendre, sans cependant avoir ni l’encolure ni la queue du loup. Il a le corps plus gros que le chien de bérger, les jambes et la queue un peu plus petites: le bord des paupières est noir ainsi que le bout du museau; les jôues sont rayées de deux petites bandes noirâtres; les moustaches sont noires; les plus grands poils ont deux pouces cinq lignes. Les oreilles n’ont que deux pouces de longueur sur quatorze lignes de largeur à leur base; elles sont garnies à l'entrée, d’un poil blanc jaunâtre, et cou- vertes d’un poil court roux mêlé de brun: cetté couleur rousse s'étend des oreilles jusque sur le cou; elle devient grisâtre vers la poitrine qui est blanche, et tout le milieu du ventre est d’un blanc jaunûtre, ainsi que O1|& ur dés| 28 qui rois hgt|€ dite joit que| cum vai ET assi]4 1 le l Gu ET ne le eo© ky ( courtes 3 is le: a IEC ; corps,> wi} au lu sat ni rendre, Era ni Ja qué Œrop.l que le ci Pnoè le un pe lqyi s est no! iBiq jénes 4 fr irâtres:! Peut grands| font Les orel EAU eur sur Le my e: elles| Pr anc jul ea, 4 roux| EE| sl ent À A or” fret deviel& air j che, el mb je jaurl unit |«| leu, DU: CHIEN. 189 le dedans des cuisses et des jambes de de- vant. Le poil de la tête et du corps est mélangé de noir, de fauve, de gris et de blanc. Le fauve domine sur la tôte et les jambes, mais 1l y a plus de gris sur le corps, a cause du grand nombre de poils blancs qui y sont mélés. Les jambes sont menues, et le poil en est court; il est, comme celui des pieds, d’un brun foncé mêlé d’un peu de roux. Les pieds sont petits et n’ont qué dix-sept lignes jusqu’à l’extrémité du plus long doigt; les ongles des pieds de devant ont cinq lignes et demie: le premier des ongles internes est plus fort que les autres, il a six lignes de longueur et trois lignes de largeur à sa naissance; ceux des pieds de derrière ont cinq tros Le tronçon de la queue a onze pouces; il est couvert d’un petit poil jaunâtre tirant sur le gris; le dessus de la queue a quelques nuances de brun, et son extrémité est noire. Plusieurs personnes m'ont assuré qu’il y a de plus dans l’intérieur des terres de la Guiane, sur-tout dans les grands bois du canton d'Oyapoc, une autre espèce de chiens des bois plus pelle que la précédente, dont le poil est noir et fort long, la tête très- grosse et le museau plus alongé: les sauvages a maillons SN Sn on pattes RE RIM rc no TRI PTE» 7” mt a GIE 190 HISTOIRE élèvent ces animaux pour la chasse des agoutis et des accouchis. Ces petits chiens des bois s’accouplent aussi avec les chiens d'Europe, et produisent des métis que les sauvages estiment beaucoup, parce qu'ils ont encore plus de talent pour la chasse que les chiens des bois. Le. Au reste, ces deux espèces chassenit les agoutis, les pacas, etc.; ils s’en saisissent et les tuent; faute de gibier, ils montent sur les arbres dont ils aiment les fruits, tels que ceux du bois rouge, etc. Ils marchent par troupes de six ou sept; ils ne s’appri- voisent que difficilement, et conservent toujours un caractère de méchanceté(1). (1) L'on voit encore, dans le grand ouvrage de Seba( Locupletissimi reram naturalium thesauri accurata Descriptio, tom. TL, pag. 47, fig, 1.), la représentation d’un animal à longue queue, donné par l’auteur comme une espèce de chien d'Amérique; mais n'y ayant rien de précis sur ce chien, et l’ou- vrage de Seba contenant plus d’une erreur sur les lieux d’où viennent les animaux dont 1l parle, 1l est impossible de fixer l’opinion au sujet de celui-ci. Les chiens de l’Amérique méridionale ne sont pas sujets à la rage; mais ils sont atteints d’une maladie qui a beauconp de rapports avec la petite vérole des hommes. Un très-petit nombre de ces animaux€n LL | Î 0ïR .| Roll T7 s. Ce ES 1i St Che, A a] Che, sent des| à { € qi a a= cl UX espèce) Moser: lc. 1| Br de gibier! Eire ls giment| À et ouge, et! rt ou sept; À@ pre lement, à 49 ve re de mil#1 dans kg Br rerum nait ŒE: deu| mi Hs] il mal à longl pe,: espèce de cl nn| précis Sur qe| ACL ki | plus du mu” | El nimaus dof D| | on au sujet à que méndid à sont all ei». nec À| Er pmbre de!# DU'CHEIEN. 194 En recherchant dans la même vue ce que les voyageurs ont dit de la forme des chiens .est exempt; ils la prennent lorsqu'ils sont encore très-Jeunes; et s’ils en échappent, 1ls en sont quittes pour toujours. Le chien qui est atteint de ee mal, qu’au Pérou on appelle la peste, a toutes les parties du corps agitées de convulsions; il mord continuel- lement autour de lui; il a des vertiges, et il jette des grumeaux de sang par la gueule. La haine que les péruviens ont conservée contre la nation qui a porté parmi eux la mort, les trai- temens les plus barbares et le plus rude esclavage, s’est communiquée jusqu'aux chiens qu’ils élèvent et qu'ils aiment beaucoup. D'aussi loin que ces animaux sentent un espagnol ou un mulâtre, ils s’élancent vers eux avec fureur; et ceux que nourrissent les espagnols, partageant la farouche cruauté de leurs maîtres, ont, à leur tour, une telle aversion contre les naturels du pays, que, si l’un. d'eux entre dans une maison où il ne soit pas particulièrement connu, il est déchiré en on instant, à moins qu’il ne se trouve quelque personne pour les contenir. ( Voyez le Voyage historique de l'Amérique méridio- nale, par don Ulloa, tome I). Le même voyageur rapporte que les chiens trans- portés par ordre des vice-rois du Pérou, dans les îles inhabitées de Juan Fernandès, pour es les chèvres sauvages qui y sont très- multipliées, n’a- boient jamais. Quelques- uns que l’on avoit mis à bord d’un vaisseau; ne commencèrent à aboyer que pm sisi sera SR RE RS TR amor ser ve prairie ave run 95! se‘ste= := D nt a NA ue sa FE rm ee on 192 HISTOIRE| des différens pays, on trouve que les chiens des pays froids ont tous le museau long et lorsqu'ils entendirent des chiens domestiques; mais, en tâchant de les imiter, ils y réussissoient assez mal, et l’on s’apercevoit qu’ils cherchoiïent à ap- prendre une chose qui ne leur étoit pas naturelle. C’est en effet une observation très-certaine, que les chiens perdent l'habitude d’aboyer dans les con- trées méridionales de l'Amérique; et que ceux qui y sont nés n’aboïent jamais. Ils ne sont pas néanmoins tout à fait muets; sauvages, ils font entendre un petit eri, une sorte de glapissement foible, lorsqu'ils sont à la poursuite du gibier; et les chiens privés hurlent quelquefois d’une manière fort incommode. Les naturels de la Guiane ont tous des chiens dont ils se servent pour la chasse. Ces animaux sont maigres et petits; ils ont le poil court et d’un blanc sale, le museau alongé et les oreilles droites; ils sont très- habiles à découvrir le gibier; mais ils ont tous les défauts du terrier.(Steedman, Voyage à Surinam et dans l’intérieur de la Guiane, traduit par Henry, tome IT, page 245.) Les galibis ont coutume, lors- qu'ils vont à la chasse, de frotter le museau de leurs chiens avec le fruit du cacoucier pourpre( cacucia coccinea. Aublet, Hist. des plantes de la Guiane, tome ÏÎ, page 452), persuadés que c’est un excellent moyen d’en rendre lPodorat plus sensible. Dans le nord de l'Amérique, les chiens aboient comme en Europe; ceux de la Floride ont tant de ressemblance avec le lonp du même pays, qu’on les les O1R lrouve(le, Chi US le mi£e lon || Viens. ns D...| biensdol CMensdon 23...| | où[a ay| » 1 y re@roy EE qu'ils ch ei, » leur étoit!, 4 eme ervation bi es: 0, qu tude d'bol D po mérique: e| rqu) ‘ Ils ne so! BCE 3 ges, 11514 4 de in| ipissement| Song| : ïbier; et 1 A pré| | manière| BE noie. ne ont tou Mas noi| e, Cesanin mis| ourt et di Sul!| illes droites Æiutte bier: nl>» int| dman, Vo Sn yuiane, tré À | de.| galibis ont} E.| || on| * frotter ke et|| Dr 1001) iconcier Pd Æ Û!| : a! des plantes,©"| | | 1e xl! jadés que c} 27| : t plus ee les! M 1 le+ tant 9 n fl me! Me! rique; DEIOHBEN ji les oreilles droites; que ceux de. la La- pomie(1) sont petits, qu'ils ont lei prendroit pour des loups, s’ils ne faisoient entendre le même aboiement que le chien. Bartram» VOYaseur an- glais, qui rapporte cette particularité, a vu dans le pays des creeks inférieurs> OU seminoles, un de ces chiens- loups, garder seul, avec beaucoup de soin et d’atten- lion, un grand nombre de chevaux errans dans de vastes bruyèrés. Si l’un d’enx s’écartoit. trop, le chien couroit à lui et le ramenoit au troupeau. Cet animal fidèle et intelligent ne gardoit ainsi que les chevaux de:son maître; il les tenoit réunis;: mais toujours séparés des autres. Lorsqu'il avoit besoin de manger, ou qu’il Youloit voir son im Venoit le soir au village, milles des pâturages aître, il éloigné d'environ cinq 5 Mais il n’y passoit jamais{a nuit.(Voyage dans les parties du sud. de 1’ méridionale, par Williams Bartram à Benoît, tome[, page 380.) Sonnini. Amérique traduit par (1) Voyage de la Martinière. Paris »1071, page 55. Il Genio vagante. Parma> 1691 y vol. IT, page 13, (2) Ils ont aussi la queue courte. Au reste, chiens sont peu nombreux en Laponie; bien dressés, et ont une mer eouvrir le gibier. les mais ils sont veilleuse adresse à dé- SONNINI.| (5) Voyez la planche du chi en de Sibérie. ToME XXIII. ss NN 194 HISTOIRE ceux de Laponie, mais qu’ils ont de même ds droites, le poil rude et le museau pr pointu; que ceux d'Islande(1), sont aussi à très-peu près semblables à ceux de Sibérie; et que de même, dans les climats chauds, comme au cap de Bonne-Espérance(2), les chiens. naturels du pays ont le. museau pointu, les oretlles droites, la queue longue et trainante à terre, le poil clair, mais long et toujours hérissé; que ces chiens soni excellens pour gardér les troupeaux, et que par conséquent ils ressemblent non ,seule- ment par la figure, mais encore par l'instinct, à nos chiens de berger; que, dans d'autres climats encore plus chauds, comme à Ma- daguscar(5), à Maduré(4), à Calicut(5), à Malabar(6), les chiens originaires de ces mmanoth (1) Voyez celle du chien d'Islande. (>) Description du cap de Bonne-Espérance, par Kolbe. Amsterdam, 1741, prem. partie, page 904. (5) Voyage de Flacourt. Paris, 661, page 1952. (4) Voyage d’Inigo: de Biervillas. Paris, 1790; prem. partie, page 178. Be (5) Voyage dé François Pyrard, Paris, 1619; tome F, page 4926. Le. 7 (6) Voyage de Jean Ovington. Paris, 1725, tome À, page 276, ci, on. | IRFE| * My nn.\. Al rude> uv pays ont tous le museau long, les oreilles nde(1) En; droites; et ressemblent éncore à nos chiens | Eh:|:- 8 à Ceux eh. de berger; que, quand même on ÿ transporte les el 1 des imâtins, des épagneuls, des barbets, des e-Expér 9: k| dogues; des chiens courans, des lévriers etc. sont| à ils dégénèrent à la seconde ou à la troisième |‘ur: génération; qu’enfin dans les pays excéssi- vement chauds;eommeen Guinée(1), cette dégénération est encore plus prompte, puis- -qu’au boùt de trois ow quatre ans ils perdent leur voix; qu'ils ne produisent plus quedes chiens à oreilles droïtesocomme celles: des renards; que les chiens:du pays sont fort Les; la| Mercure poil chu Æ il [ue ces 31 SON ès troupe Ziqu| semblent 1@ak- encore) N| incl| ; que, d qu| Jaids; qu'ils ont le: museau: pointu; les auds, tt Li dt oreilles longues et droites, la quene longue (4), a(“|: Fe. et pointue, sans aucan:poil, la peau du COTps $ org Bat| nue, ordinairement tachetée et quelquefois |#4 /d'une seule couleur j qu'enfin ils sont dés-- agréables à la vue et plus encore au tou ‘Islande. he. At,: Eh] cher. » Bonne->! F 4 On peut done déjà présumer, avec quelque 1] 1 vraisemblance, que lé chien de berger est mis, 160! z je| de tous:lés chiens célui qui:approche le plus iersills a L de la race primitive de cette espèce, puisque en. part+‘À P=; si] dans tous les pays habités par des hommes rat:| é ro: El|| GE || ë tu!(1) Histoiret générale des Voyages, par l'abbé Pres . Paris Ê| Vost, tome IV, page 229. is | … N 2 Re ee D ji D om PS ot:: pus de eee ee cm ie Le CO EE+ nd ds ARE SE”; RE, 2“+*:+>- 196 HISTOIRE sauvages, où même à demi-civilisés, les chiens ressemblent à cette sorte de chiens plus qu’à aucune autre; que, dans le conti- nent.‘entier du nouveau monde, il n’y en avoit pas d’autres; qu’on les retrouve seuls de même au nord et au midi de notre conti- nent, et qu’en France où on les appelle communément chiens de Brie, et dans Îles autres climats tempérés; ils sont encore en grand nombre:, quoiqu’on se soit beaucoup plus occupé à faire naître ou à multiplier les autres races qui avoient plus d’agré- ment, qu'a conserver celle-ci qui n’a que de l’uülité,.et quon:a par cette raison dé- daignée, etabandonnée aux paysans chargés du soin des troupeaux. Si l’on considère aussi que.ce chien, malgré‘sa laideur et son air triste et sauvage ,est cependant supérieur par l'instinct à tous les autres chiens; qu'il à un caractère décidé auquel l'éducation m'a point de part; qu'il est le seul qui naisse; pour ainsi dire, tout élevé; et que, guidé par le seul naturel, il s'attache de lui-même à la garde des troupeaux avec une assiduité; une vigilance, une fidélité singulière; qu'il les conduit avec une intelligence admirable et non communiquée; que ses. talens font l'étonnement et le repos de son maître; " to f | | | | | IRE. em- di ï L. k '\e sort que, dat 1 monde n les ret unidi de à è Où on le Brie, s, 1sso l'on$e 50 aitre ou À ivoient| celle-ci par cell > aux Pi} x. Si gré ça | pa ÿ autres quel l t| e je sel FA Œ ni. Ex à © sl Ent.| ep RTE Œsren con| anpler eut Eu q srl de: Fati œ st Slt æ ml >]; qi )1 10! li| | mi DU CHIEN. 197 tandis qu'il faut au contraire beaucoup de tems et de peines pour instruire les autres chiens, et les dresser aux usages auxquels on les Dains. on se confirmera dans Popi- nion que ce in est le vrai chien de la Nature; celui qu’elle nous a donné pour la plus grande utilité; celui qui a le plus de rapport avec l’ordre général des êtres vivans, qui ont mutuellement besoin les uns des autres; celui enfin qu’on doit regar- der comme la souche et le modèle de l'espèce entière(1). Ce chien de berger, que je regarde comme le vrai chien de nature, se trouve dans pres: que tous les pays du monde. MM. Cook ét Forster nous disent«qu’ils remarquèrent à la nouvelle Zélande an grand nombre de chiens que les habitans du pays paroissent aimer beaucoup,€t qu'ils tenoient attachés dans leurs pirogues par le milieu du ventre. Ces chiens étoient de l’espèce à longs poils; (1) Voyez dans le Discours sur la dégénération des animaux, volume X XIT, pages 369 et suiv. la conjec- ture très-fondée de Buffon, au sujet du chien qu’ Aris= tote a appelé ARE SRE, et qui, suivant toute apparence, esl le même que le chien de berger. SONNINT. N°9 193 HISTOIRE et ils ressembloient beaucoup au chien de berger de M. de Buffon. Ils étoient de di- verses couleurs, les uns tachés, ceux- ci entiérement noirs, et d’autres parfaitement blancs. Ces chiens se nourrissent de pois- sons ou des mêmes alimens que leurs maîtres, qui ensuite les tuent pour manger leur chair et se vêtir de leurs peaux. De plusieurs de ces animaux qu'ils nous ven- dirent, les vieux ne voulurent rien manger, mais les Jeunes s’accoutumèrent à nos pro- Visions(1). » À la nouvelle Zélande, disent les mêmes voyageurs, et suivant les relations des pre- miers voyages aux iles tropiques de la mer du. Sud, les chiens sont les animaux les plus stupides et les plus tristes du monde; ils ne paroissent pas avoir plus de sagacité que nos moutons; et Comme à la nouvelle Zé- lande on ne lés nourrit que de poissons, et seülement de végétaux dans lesiles de la mer du Sud ,'cés alimens peuventavoir contribué a changer leur instinct(2).» _ M Forster ajoute Cque la race des chiens des Îles de la mer du Sud ressemble. beau- mt cnest (1) Second voyage de Cook, tome I, page 256.| (2) Zder, ibider> page 275. RE Coup à En Ils ol ble à. thés Sr. | Sn Ourrisse] æ pois. alimens| PTT s tuent\l Eine de eur|&.}: ux qui re alurentri per,| tumérai! pe| | nde, div 129 116 les rebld star 8 tropiq| ve tes ann! pe 1 sistés du!©; à r plus de ei meih(ge it quedel Eos t| di sl be hu uven! rt ao DE'CHPFEN 198 ‘coup aux chiens de berger; mais leur tête est, dit-il, prodigieusement grosse: ils ont des yeux d’une petitesse remarquable, des oreilles pointues, le poil long, et une queue courté et tonffue; ils se nourrissent sur-tout de fruits aux îles de la Société; mais sur les îles basses, et à la nouvelle Zélande, ils ne mangent que du poisson. Leur stupidité à est extrème; 118 aboïent rarement ou pres- que jamäis, mais. ils hurlent de tems en tems; ils ont l’odorat très-foible, et ils sont excessivement paresseux. Les naturels les engraissent pour leur chair qu'ils aiment passionnément, et qu'ils préfèrent à celle du cochon; ils fabriquent d’atHeurs avec leurs poils, des ornemens; 1ls en font des franges, des cuirasses aux îles de la Société, et ils en garnissent leurs vêtemens à la nou- velle Zélande(1).» Et de même que l'espèce humaine paroït agreste, contrefaite et rapetissée dans les climats glacés du nord; qu'on ne trouve d’abord que de petits hommes fort laids en Laponie, en Groenland, et dans tous Îles pays où le froid est excessif; mais qu’en- (1) Observations de M. Forster, à la suite du second voyage de Cook:, tome 5; page 172. N 4 me rome a es s= at Te en er* M nr ea ss_… Se en an« PRE nine Snap Pa ar k” ME 2_- É« se ue# sen nn 2 200 HISTOIRE suite dans le climat voisin et moins rigou- Teux on voit tout à coup paroître la belle race. des finlandais, des danois, etc. qui, par leur figure, leur couleur et leur grande taille, sont peut-être les plus beaux de tous les hommes; on trouve aussi dans l’espèce des chiens le mème ordre et les mêmes rap- ports. Les chiens de Laponie sont irés-laids, très-petits, et n’ont pas plus d’un pied de longueur(1). Ceux de Sibérie, quoique moins laids, ont encore les oreilles droites et l'air agreste et sauvage, tandis que dans le climat voisin où l’on trouve les(2) beaux hommes dont nous venons de parler, on trouve aussi les chiens de la plus belle et de la plus grande taille. Les chiens de Tartarie, d’Albanie, du nord de la Grèce, du Danemarck, de l’Ir- lande, sont les plus grands, les plus forts et lies plus puissans dé tous les chiens: on s’en sert pour tirer des voitures. Ces chiens que nous appelons chiens d'Irlande, ont une origine très-anciennes'et se sont'main- tenus, quoiqu’en petit nombre, dans le cli- Dannqaes, (1) Il Genio Vagante, vol. IT, page 13. (2) Voyez le vingtième volume de cette Histoire Naturelle, à l’article des variétés de Pespèce humaine. pe arr RS, ame | | | RE mn et il Fa" Ip Parc bb $ danois Sy uleur a} in, | plus ba 2: ton aus! à| pè Ire et Cf© ry "OM SON Bi S plus| ru L Sibérie P qu e les orel Dei| ge, land! pins Lrouvela Meur| nons de Son de la ph! ds ke| rie, dAÏ tn. d| Danemard dll:| inds,, les! Mint! tous Les à 0| voiture.|@us ms dr ds 0 1e, el se F1 ak ombre, l Pr| ke Bei DU CHIEN. se 20 mat dont ils sont originaires. Les anciens les appeloient chiens d’'E pire, chiens d’Albanie, et Pline rapporte, en termes aussi élégans qu'énérgiques, lé combat d’un de ces chiens contre un lion, et ensuite contre un élé- phant(1). Ces chiens sont beaucoup plus grands que nos plus grands mâtins: comme ils sont fort rares en France, je n’en ai ja- Mais Vu qu'un, qui me parut avoir, tout assis, près de cinq pieds de hauteur» et res- sembler, pour la forme, au chien que nous di e| (2) Zndiam petenti Alewandro magno, rex Albaniæ dono dederat inusitatcæ magsnitudinis unum s CUjus specie delectatus, jussit ursos > 710% apros et deindé damas emitti> CONtemptluw immobili Jacente eo; egnilie tanti corporis offensus imperator generosi rilüs| eum interimi jussit. Nunciavit Loc itaque alterum mittens> addidit mandata ne in Parvis experiri vellet, sed in leone» elephantove; duos sibi J'uisse; oc interempto, Prætereà nullum fore. Nec distulit Alexander» leonemaque fractum Protinés vidit. Poste elephantum jussié induci, haud alio magis ‘pectaculo lætatus. Horrentibus quippe per totim Corpus villis, ingenti Primum latratu intonuit> MOXxque InCrevit assultans> COntraque belluam exsurvens hine S et illine arlifici dimicatione » QU maximè opus esses; infestans aique evitans, donec assidu& rotatam ver USine, afflixit, ad casum ejus tellure convussé. Fin. Hlist, nat. Lib. VIIT, qu& Spt- J'ama regi; 202 HISTOIRE appelons grand danois(1); mais il en diffé- roit beaucoup par l’énorimité de sa taille, it étoit tout blanc, et d’un naturel doux et tranquille. On trouve ensuite dans les endroits plus tempérés, comme en An- gleterre, en France, en Allemagne, en Espagne, en lialie, des hommes et des chiens de toutes sortes de races. Cette variété provient en partie de l’influence du climat, et en partie du concours et du mélange des races étrangères ou différentes entre elles, qui ont produit, en très-grand nombre, des || races métives où mélangées dont nous ne AN| parlerons point en particulier et dont nous | donnons les figures; mais nous observerons, autant qu’il nous sera possible, les ressem- ù blances et les différences que l'abri, le soin, US‘la nourriture et le climat ont produites NES parmi ces animaux. ÿ ii Le grand danois(2), le mâtin(3),etle| l) Il!| lévrier(4), quoique différens au premier je) coup d'œil, ne font cependant que le même 1118| chien: le grand danois. n’est qu'un matin nd (1) Voyez la planche du grand danois. (2) Zbidem. (5) Voyez celle du mâtin. (4) Voyez celle du lévrier. ‘m> 4 sm il RE: à LE GRAND DANoO1S Ka 23 L'une | Bin ours et| Me à diférentt#8 els très-gran! Me, à élangesk lun) d: nos! ve) ALT “3€ 2", particule} de mais nou! lier ra possbl br nees que!@: lu climat| Mari Le) Cas vs» CDS Ps cn Eee res = == = | 1 LE MaA'rIx C. Voysard feu | 4"FIN re: are on corde el dE Cannot ce a pti a D Sr Esp{TL| =: AR S al . A4 A, EH RDS DS 5= LE LEvRrrER f 4 de Beryer À x —= FETE LA DBDU'CHEE NN. 203 plus fourni, plus étoffé; le lévrier un mätin plus délié, plus efhilé, et tous deux plus soignés; et il n’y a pas plus de différence entre un clen grand danois, un mâtin et un lévrier, qu'entre un hollandais, un fran- çais et un lÎtalien. En supposant donc le mâtin originaire ou plutôt naturél de France, il aura produit le grand danois dans un cli- mat plus froid, et le lévrier dans un climat plus chaud; et c’estfée qui se trouve aussi vérifié par le fait; car les grands danois nous viennent du nord, et les lévriers nous vien- nent de Constantinople et du levant. Le chien de berger(1),lechien-loup,(2),et l’autre espèce de chien-loup, que nous appellérons chien de Sibérie(3), ne font aussi tous trois qu'un même chien: on pourroit même y joimdre le chien de Laponie, celui de Ca- nada, celui des Hottentots, et tous lesautres chiens qui ont les oreilles droites; ils ne dif- itrent en effet du chien de berger que par la taille, et parce qu'ils sont plus ou moins élollés, et que leur poil est plus ou moîns (1) Voyez la planche du chien de berger. (2) Voyez celle da chien-loup. (5) Voyez celle du chien de Sibérie.= 4 204 HISTOIRE rude, plus ou moins long et plus où moins fourni. s En comparant avéc le chien de Sibérie, un autre chien du même pays que l’on mon- troit à la foire Saint-Germain, et que nous avons fait dessiner d’après nature vivanle (pl. NII, fig. 2), on verra que ce sont deux races assez semblables, mais qui diffèrent néanmoins par la grandeur du poil, par celle de la queue, desjambes, celui-ci les ayant plus courtes, et le poil considérable- ment plus long, plus soyeux, tout blanc, et tombant presque à terre. Au premier coup d'œil, ce chien de Sibérie ressembloit à un gros bichon; mais ses oreilles droites étoient en même tems beaucoup plus grandes. Il étoit tout blanc, et avoit vingt pouces et demi de longueur, depuis le bout du nez jusqu’à extrémité du corps, onze pouces neuf lignes de hauteur, mesuré aux jambes de derrière, et onze pouces trois lignes à celles de devant. L’œil d’un brun châtaln, le bout du nez noirâtre, ainsi que le tour des narines et le bord de l'ouverture de la gueule; les éreilles, qu'il porte toujours droites, sont très- garnies de poils, d’un blanc jaune en dedans, et fauve sur les bords et aux extrémités. Les longs poils qui lui cou i A)|| JL vor. Le Caux pxs Bots& Cayer “=."a‘: CZ-— " SuVeux Fr|#= Re. sr- de. s: -*: an—= vs. NN Fr Se.=— NS Se terre. A-+ LI La ù 7. 7 Dr x) bérie red Œutin s oreilles coutet SeUuP, Carex DE SIBERIE#25.2787| DUÜU:CHFEEN,_ 205 vrent la tête, lui cachent en partie les yeux, et tombent jusque sur le nez; les doigis et les ongles des pieds sont aussi cachés par les longs poils des jambes, qui sont de la même grandeur que ceux du corps; la queue qui se recourbe comme celle du chièn-loup, est aussicouverte de très-grands poils pendans, longs en général de sept à huit pouces. C’est le chien le plus vêtu et le mieux fourni de tous les chiens. L’on doit encore regarder comme dela même race, le grand chien-loup dont M. le marquis d'Amezaga, par sa lettre datée de Paris, le 3 décembre 1782, m'a donné con- noissance; l’on en trouvera la—(plan- che XII).|| M. le duc de Bourbon avoit ramené ce chien de Cadix:11l a à très-peu près, quoique très-jeune, la forme et la grandeur d’un gros loup, bien fait et de grande taille; mais ce chien n’est pas, comme le loup, d’une cou- leur uniforme; il présente au contrairedeux ‘eouleurs, le brun et le blanc, bien distinctes et assez irrégulièrement réparlies: on voit. du brun noirâtre sur la tête, les oreilles, autour des yeux, sur le cou, la poitrine, le dessus et les côtés du corps, et sur ledlessus de la queue. Leblanc se lrouve sur les mâ- 206 HISTOIRE choires, sur les côtés des joues, sur une partie du museau, dans l’intérieur des oreil. les, sous la queue, sur les jambes, les faces internes des cuisses, le-dessous du ventre et la poitrine. h xy29 0| px Sa têté est étroite, son-museau alongé; et cetle conformation lui donne une physio- nome fine; le poil des moustaches est court: dés yeux sont petits et l'iris en est verdâtré On remarque une assez grandetache blanche au dessus des yeux, et une petite en: pointe au. milieu du front; les oreilles sont: droites et larges à la base. La queue a seize pouces de longueur jusqu’à l’extrémité des poils, qui sont longs de: six pouces neuf lignes. Il la porte haute; elle représente une sorte de panache:, et elle est récourbée en! avant comme celle di! chien-loup. Les poils qui sont sur le corps; sont longs d’un pouce; ils sont blancs à la racine; et bruns dans:Jeur longueur jusqu’à leur extrémité: Les poils de dessous lei ventre sont blancs, et ont: trois pouces deux: lignes;‘éeux des cuisses! ont cinq pouces; ils sont bruns dans leur-lon- gueur et blancs à leur extrémité, et eri gé- néral au dessous du long poil, il y en a de plus eourt, qui est laineux et: de couleur fauve, La tête est pointue. comme celle des ssez grand{ Bi 1, et une}%: pu L orelll| de dns À Queuea{ Suns extrémite| Me, al: pouces ne! représenté@ruie| est récout© 1) ien-loup.| sf! ont longs d Mrar;i ne..etbt envi arextrént E:pit ont band ii ue 0! : ceux d at bruns| mu jh ur ex tré at} H«= gui 1 Jong p° à€ jaineux| À 1 | EL ointuè C0 u D T ICHTEE M 207 loups-lévriers;& car les chasseurs distin- guent, dit M. d'Amezaga, les loups-mâtins et les loups- lévriers, dont lPespèce est beau- coup plus rare que l’autre: ainsi, la tête de ce chien ressemble à celle d’un lévrier; le mu- seau est pointu. Il n’est Âgé que d'environ huit mois: il paroît assez doux et.est fort ca- ressant. Les oreilles sont très-courtes et res- semblent à celles des chiens de berger: le poil en est épais, mais fort court; en dedans 1l est de couleur fauve, et Le en dehors. Les pattes, depuis l'épaule et depuis la cuisse, sont aussi de couleur fauve; elles sont larges et fortes, et le pied est exactement celui du loüp. Il marque beaucoup de desir de courir après les poules. D’après cela; j'ai pensé 71 tir oit son gris de la race primitive: J 0- pine pour qu'on,le marie avec, une belle chienne de berger. Il paroît avoir l’odorat très- fin, et ne semble. st être sensible à l'amitié p.13:::.1.; Voilà tout ce que noûüs avons pu savoir des habitudes de ce chien,-dont nous igno- rons le pays natal.: Longueur du bôùt: du museau by Pieds. Pouces._r l'anus, en ligne BOSS à à Même longueur mesurée en suivant| SE sement 208 Hauteur da train de devant..... Hauteur du train de derrière:... Longueur de la tête, depuis le bout du museau jusqu’à l’occiput... -Circonférence du bout du museau.. Circonférence du museau, prise au - dessous dés ea OO HQE Contour de l’ouverture de la bouche. Distance entre les deux naseaux.:. Distance entre le bout du museau et l'angle antérieur de l'œil..... Distance entre l’angle postérieur et 1P6retfé EU ro ere Oxverture‘de L'obih LL usie Circonférence de là tête, prise entre les yeux et'les oreilles...,;.… _ Longueur des oreilles... à 4, ns C2 HISTOIRE Pieds. Pouces. Ligneé Î Largeur de leur base, mesurée sur la courbure extérieure..... Distance entre les deux oreilles, prise day de bagtti 45.%O2"t0 Longueur duc.2£24.03idiui0a où Circonférence CN ns ni ne À= Circonférence du corps, prise der-. rière les jambes de devant... Circonférence prise à l'endroit le plus gros e e e e e. e Q e e ee e e e e 5 Circonférence prise. devant les jambes; de derrière. ss& e©. e* e e e+ e Hauteur dun bas du ventre au dessus de la terre, sous les flancs..…. II‘9 1 10 II »(8) I » h 2 » 9 » Ô» D» 4 » 3‘16 Éd. LE à. »» I 4 9 » 3 6: » 2 g » 4 6 D; I- Ch ae 2 1 L 2 JE-) £::.:0.:0 I 3.» Longueur For Î levant. 1 derrière: depuis le bo | loceipat. du muse, ‘eau, prise et A rs de bou& 4x naseaux| À à du museau| le Poil, | postérieur{# ee| c M éteorvis,€ le, priseeu|% rules...| À , Mesutée s1 ieure...|€ rux oreilles s devant. 4 è ,! ndroit le p'i 4“ tie : nt les jambl Î L 4 Î tre au desst 4 | s anti: 4 | ongl on éagin ,20e .+ SRE manon cogne pm Wose. GaiTL uit bb A EEE NES > + Goulet scuy CHIEN- Lour. > 209, 7 € f doyrarié du ot 1 25 ER NES ” € C t7 X\( ) \ TIS FE SR 071 if N COURANT À 4 m” : a = < ee < À sw be à HI ( : PE A AVE î FA i ñ t è 1 À hi Ë H F5 :# ñ F 3 H î Î} # LA xF. SSS LS RS SERVER NUE TES Va SRI ges LE > S& RSS Rae> =: TA, rk SN A ESSKos le PSN SX 1- CE Voysaré SUD. Le LE: à E BASSET& Zxmbes Drorites SSSR ERP RREERRSS à np à msn vante M= 2 SR TL Er CE LOL RE LL Æ z LEZ= Æ E È Æ LEZ RSS = ÉÉPETTESTS Z LES A 2 LT ES = D ce = LLELEZ 2 CELL LL LL LS LL EE EE ELLES LL Pr— S X IR SK RS DU CHIEN. 209 Pieds. Pouces. Lignes. Longueur du tronçon de la queue.,, 1 8» Circonférence de la queue à l’origine| | RUE 0 ue Re. Longueur de l’avant-bras, depuis le coude jusqu’au poignet,. ,... Circonférence du poignet....,.. Circonférence du métacarpe....,. Longueur depuis le poignet jusqu’ au bout, des ongle:{5 ue se Longueur de la a depuis le ge- nou jusqu'au fal0n. 4 Largeur du haut de la va ns, Largeur à l'endroit du talon,,... Circonférence du métatarse.,.. Longueur depuis le talon jusqu’au bout des- ongles,+:..."5. Largeur des pieds de devant... ,.. Largeur des pieds de derrière..,.. Longueur du plus grand ongle..,. Le chien courant(1), le bräque(2); le basset(3), le barbet(4), et même l’épa- gnéul(5), péuvent éncoré être regardés comme ne faisant tous qu'un même e chien;; (1) Voyez la Luéls du chien courant. (2) Voyez celle du braque. (5) Voyez celle du basset. (4) Voyez celle du barbet. RARBET (5) Voyez celle de l’épagneul.: Tome X XIII. oio HISTOIRE - leur forme et leur instinct sont à peu près les_ mêmes, et ils ne différent entre eux que par la hauteur des jambes, et par l'ampleur des oreilles, qui; dans tous, sont cependant longues, molles et pendantes. Ces chiens sont naturels à ce climat, et je ne crois pas qu’on doive en séparer le braque, qu’on appelle chien de Bengale(1), qui ne diffère de notre braque que par la robe. Ce qui me fait penser que ce chien n’est pas originaire de Bengale ou de quelque autre endroit des Indes, et que ce n'est pas, comme quelques-uns le prétendent, le chien indien dont les anciens ont parlé, et qu'ils disoient être engeridré d'un tigre et d’une chienne; C’est que ce même chien étoit connu en Italie il y a plus de cent cinquante ans, et qu’on ne le regar- doit pas comme un chien venu des Indes, mais comme‘un braque ordinaire. Canis sagax( vulgo brachus), dit. Aldrovande, an unius vel varii coloris sit parum refert; in «talié eligitur varius et maculosæ Llynci per- Similis, cum tamen riger color vel albus aut fulvus non sit spernendus(She 5! (1) Voyez la planche du chien de Bengale. (2) Ulrssis Aldrovandi, de quadruped, digitaé, vivip, lib, IIT, pag. 552, B offss so: Or] stinet son! lérent entre es, el par . lous, so endantes.( rene € bague, }s Qui ne d jbe, Ce qui AS Originait re endroit| dt 100 FU LE 1 indien do| À| mn AS FF ÿ disoïent ns, et qu'oi | chien ven raque ordl us}, ditA ris aût pri s et macul nager color Eve| ps|- CE Doyré PP die kB ls:| Læ BrAqQuE sé ä, à qul PL Le | L BR se g A Re* re D VITE SE F C. do Le 2 491 PP) ALL, LE Docvur NS RARES Nù NK À K KRK grrr REA a JA 7. 1. XF77ZZZ, ne songé cas de te OR ee Shtnmemens«GG dub ét TV xrx. Lx Prrrr DAxors. 23 LÉ 27; EU. ACL = RSS ASS AS RES EN RCE eu tue RSR 50 MIRE Le FX. RE SQL Fe SSS Sata uen à tre d ; Ë H l 5 à) Carex D'IsSLANDE. FT 28. f s Sr LA A Æ- Le DÜ CHIEN. sii L'Angleterre, la France, l'Allemagne, etc: paroissent avoir produit le chien courant, le braque et le basset: ces chiens même dé- génèrent dès qu’ils sont portés dans des cli= mats plus chauds, comme en Turquie, en Perse; mais les épagneuls et les barbets sont originaires d’Espagne et. de Barbarie, où la température du climat fait que le poil dé tous les animaux est plus long, plus soyeux et plus fin que dans tous les autres pays. Le dogue(1), le chien(2) que lon appelle petit danois.( mais fort improprement, puisqu'il n’a d'autre rapport avec le grand danois que d'avoir le poil court), le chien turc(3), et si l’on veut encore, le chien d'Islande(4); ne font aussi qu'un même chien, qui, trans“ porté dans un climat très-froid, comme V’Es+ lande;'aura pris une forte fourrure de poil; et dans les climats très-chauds de l'Afrique et des Indes, aura quitté sa robe; car le chien sans poil, appelé chien turc, edt encore mal nommé: ce n’ést point dans 6 climat tem be de la be Les— les chiens FOR (r) Voyéz la planche du dogue: (2) Voyez celle du petit danois:- (3) Voyez celle du chien turc: (4) Voÿéz celle du chien d'Islande.| O a 1 AO a RL 2 VUE JS, ARE———s ms do ee deg a mg der ;\ A 312 EH ES FOIRE leur poil, c’est en Guinée et dans les climats les plus chauds des Indes que ce changement arrive; et le chien turc n’est autre chose qu'un petit danois qui, transporté dans les pays excessivement chauds, aura perdu son poil, et dont la race aura ensuite été trans- portée én Turquie, où l’on aura eu soin de les multiplier. Les premiers que l’on ait vus en Europe, au rapport d’Aldrovande, furent apportés de son tems en ftalie, où cependant ils ne purent, dit], ni durer, ni multiplier, parce que le climat étoit ours trop froid pour eux; mais comme il ne donne pas la description de ces chiens nus, nous ne savons pas s'ils étoient semblables à cenx que nous appelons aujourd’hui chiens turcs, et si l’on peut par conséquent les rapporter au petit danois, parce que tous les chiens, de quelque race et de quelque pays qu’ils soient, perdent leur poil dans les climats excessivement chauds(1), et, comme nous l'avons dit, ils perdent aussi leur voix: dans de certains pays,1ls sont tout à fait muets, dans d’autres, ils ne perdent que la faculté d’aboyer; ils hurlent comme les we, OÙ glapissent (1) Histoire générale des dus, Par l’abbé Pre- vost, tome IV, page 220. tx 22 TE a nee inée db)|| des ue Lure n'est d ui, Lranspor chauds, aura aura ensuite Où lon aura remiers que|; rt d'Aldroval À s en Jtalie, où ni durer, ni Moit beaucouy mme 1} ne do lens nus,nouÿ À blables à cen: ji chuens turcs t les rapport us les chiens. 1ys qu'ilssoies climats exct me nous lave voix: dans d ait muets, dan| a faculié d'a Joups, 0 s voyages: P | ai DE:CHEEN. 215 comme les renards; ils semblent, par cette altération, se Dr oEnE de leur état de nature; car ils changent aussi pour la forme et pour linstinct. Ils deviennent laids(1), et prennent tous des oreilles droites et pointues. Des chiens amenés à Paris par des russes, en 1759, et auxquels ils donnoient le nom de chiens de Sibérie, étoient d’une race très- différente du chien de Sibérie dont nous avons parlé. Ils étoient de grosseur égale, le mâle et la femelle, à peu près de la grandeur des lièvres de moyenne taille, le nez pointu, les oreilles demi-droites, un peu pliées par le milieu. Ils n’étoient point efhilés comme les lièvres, mais bien ronds sous le ventre. Leur queue avoitenviron huit à neuf pouces de long, assez grosse et obtuse à son extré- mité. Le étoient de couleur noire, et sans (>) Voyage de la Boullaye le Gouz; Paris, 1657, page 257. Voyage de Jean Ovingion; Paris, 1743 tome I, page 276. Histoire universelle des voyages; par du Perrier de Montfrasier; Paris, 1707; pages 344 et suivantes. Vie de Christophe Colomb; Paris, 1681, partie première, page 106. Voyage de Bosman en Guinée, ete. Utrecht, 1705, page 240. Histoire générale des voyages, par M. l'abbé Pr évost, tome IV, page 229.| 95 z:#" Es RER FE£: Es Rx LR Le= res Rs : ï— He EE= EE anceneit Sn nie ras RE RES me Re a me 5 ‘ 214 HISTOIRE poils blancs; la femelle en avoit seulement une touffe grise au milieu de la tête, et le mâle une touffe de même couleur au bout de la queue. Ils étoient si caressans qu’ils en éloient incommodes, et d’une gourmandise, ou plutôt d’une voracité si grande, qu’on ne pouvoit jamais les rassasier: ils étoient en même tems d’une mal-propreté insuppor- table, et perpétuellement en quête pour assouvir leur faim. Leurs jambes n’étoient n1 trop grosses ni trop menues, mais leurs pattes étoient larges, plates, et même fort épatées; enfin, leurs doigts étoient unis par une petite membrane. Leur voix étoit très-forte; ils n’avoient nulle inclination à mordre, et caressoient indistinctement tout le monde; mais leur vivacité étoit au dessus de toute expression(1). D’après cette notice, il paroït que ces chiens prétendus de Sibérie sont plutôt de la race de ceux que j'ai ap- pelés chiens d'Islande, dont la figure est gravée(2), qui présente un grand nom- bre de caractères semblables à ceux qui Care hi LE 75) (1) Extrait d’une lettre de M. Pasumot» de Paca- démie de Dijon, à M. de Buffon, en date du 2 mars 1779 (2) Planche XII. ndlr CN nt en( 18 toy nenues|#4| lates, et| if doigt€ Su ne, Leur! ii nulle nl ent ndistnct Sun acité él Msssus D'après cd 2 je,| étendus Poéti » ceux d D 4 dont k!#æ# te un fi Dion jables 4} 48:41 act M. Pasun 4 1, cl daté eZ qui lacs DÜU'CHEEN. 21D sont indiqués dans la description ci-dessus. « Je me suis informé( w’écrit M. Colin- son) des chiens de Sibérie; ceux qui tirent des traîneaux et des charrettes, sont de mé- diocre grandeur; ils ont le nez pointu, les oreillés droites et longues; ils portent leur queue recourbée; quelques-uns sont comme des loups, et d’autres comme des renards, et il est certain que ces chiens de Sibérie s’accouplent avec des loups et des renards. Je vois( continue M. Colinson) par vos expériences, que quand ces animaux sont contraints, ils ne veulent pas s’accoupler; mais en liberté ils y consentent; je lai vu moi-même en Angleterre pour le chien et la louve; mais je n’ai trouvé personne qui m'ait ditavoir vu l’accouplement des chiens et des renards: cependant, par l'espèce que jai vu venir d’une chienne, qui vivoit en liberté dans les bois, je ne peux pas douter de l’accouplement d’un renard avec cette chienne. Il y a des gens à la campagne qui connoissent cette espèce de mulet, et qu'ils appellent chiens-renards(1)». La plupart des chiens du Groenland sont (1) Lettre de feu M. Colinson à M. de Buffon, datée de Londres, 9 février 1704.| O 4 216 HISTOIRE blancs; mais il s’en trouve aussi de noirs et dun poil très-épais; 1ls hurlent et grognent plutôt qu’ils n’aboient; ils sont stupides, et ne sont propres à aucune sorte de chasse. On s’ensert néanmoins pour tirer des traîneaux, auxquels on les attèle au nombre de quatre ou six. Les groenlandais en mangent la chair, et se font des habits de leurs peaux(1). Euéi chiens du Kamtschatka sont grossiers, rudes et demi-sauvages, comme leurs maîtres. [ls sont communément blancs ou noirs ,plus agiles et plus vifs que nos chiens: ils man- gent beaucoup de poissons; on les fait servir a tirer des traineaux; on leur donne toute liberté pendant l'été; on ne les rassemble qu’au mois d'octobre, pour les atteler aux iraineaux; et pendant l’hyver, on les nourrit avec une espèce de pâte faite de poisson qu’on laisse fermenter dans une fosse. On fait chauffer et presque cuire ce mélange avant de le Ieur donner(2)(3). années (1) Histoire générale des Voyages, tome XIX, page 39. (2) Ibidem, page 30: (3) Suivant le capitaine King,(troisième voyage de Cook; tome IV, page 3r5) les chiens du Kamt- chatka ont la forme et l'allure de éeax de Poméranie, | | 01n!! «" aus b LOI ls hu ET 5 1509 ils | Mesorte| y h ur rer|& UE “non! 1 qu bits de el Lu! schalkast 9 | Comme) airs blancs à np nos chi 07 sons:on| À 2x : On leur| cine . on ne| æ al , pour les Sr a Thyve,d uni pâte futé Shin re dans d Bet que cuire NC" TATLA er(2/1 ;| Se 1 3) les ch Ts | F l El re décent fu DU CHIEN.| 217 Ii paroît, par ces deux derniers passages tirés des voyageurs, que la race des chiens de Groenland et de Kamtschatka, et peut être des autres climats septentrionaux, ressemble plus aux chiens d'Islande qu'à toutes autres races de chiens; car la descrip- tion que nous avons donnée ci-dessus des deux chiens amenés de Russie à Paris, aussi _‘bien que les notices qu’on vient de lire sur dent rare avec cette différence qu’ils sont beaucoup plus gros et leur poil un peu plus grossier. Ils sont de plusieurs couleurs; mais la plus générale est le brun clair et le blanc sale. On les lâche à la fin de mai, et on leur Jaisse le soin de pourvoir à leur subsistance pendant l'été; ils ne manquent pas de retourner chez leurs maîtres quand la neige commence à tomber. Ils ne mangent durant l’hyver que la tête, les entrailles et les arêtes de derrière du saumon; on a soin de les en approvisionner; mais on ne leur en donne qu’une foible portion. On en attèle cinq à un traîneau qui me porte qu’une seule personne. On nattèle jamais les chiennes, et l’on ne se sert que des chiens coupés. Pour dresser les jeunes chiens, on les attache à des poteaux avec de petites lanières de cuir, qu'ils sont obligés de tendre de force, s'ils veulent attraper leur nourriture qu’on place à une certaine distance. Les efforts qu’ils font pour arriver à leur manger, leur donnent la vigueur des membres et l’habitude de tirer qu'on exige d'eux. SONNINI. =>$ a se= Se k TES e= SR Pen a eaie_—_ 4= =— es nn ms se== MERS ZT=+= rss x LE a= CA casnonniité dpi: 2-05 1 de DE D er OS RE ee 5 218 HISTOIRE les chiens de Groenland et sur ceux du Kamtschatka, conviennent assez entre elles, et peuvent se rapporter également à notre chien d'Islande.: Ce n’est aussi que dans les climats tem- pérés, que les chiens conservent leur ar- deur, leur courage, leur sagacité et les autres talens qui leur sont naturels; ils perdent donc tout lorsqu'on les transporte dans des climats trop chauds. Mais, comme si la Nature ne vouloit jamais rien faire d’absolument inutile, il se trouve que dans ces mêmes pays où les chiens ne peuvent plus servir à aucun des usages auxquels nous lés employons, on les recherche pour la table, et que les nègres en préfèrent la chair à celle de tous les autres animaux: on con- duit les chiens au marché pour les vendre; on les achète plus cher que le mouton, le chevreau, plus cher même que tout autre gibier; enfin le mets le plus délicieux d’un festin chez les nègres, est un chien rôti. On pourroit croire que le goût si décidé qu’ont, ces peuples pour la chair de cet animal, vient du changement de qualité de cette même chair, qui, quoique très-mauvaise à manger dans nos climats tempérés, acquiert peut-être un autre goût dans ces climats TO] El nland el LUT €nnent ai f' s: ter ta EL dk al e dans| D °nS Consé dy, t; leur| Bu dk leur so Œ x; lorsqu où Sant SIL Dp Chands à VA ouloit ju ei e, À se tn vd les chel© are des usages Æro | Les rech Esp h gres en pr æ:hcht qutes uit Mn cn narché pd Pnruir: cher que bein, T mène( sil ait au. ts le phus| ut es, etui tant Le Be qu A UE Co A DURE MOT WE nn abs bn D D AS ES. | F1 LT LL RE| | i | HE| LEA LA 44 114 Li IAE REA F4 LUE LA RE 4 |: L LIRE Hi i| fi i EPA Î Lt: LIST HE [AU TE 2 | | IAA Re| 44 ? h:1 | HAL Lo| 14 4 Le| : :| 5 15 IPF RE. IFà 14 || $ LE 114 14 IUR : | l4 14 |.# À LA L { Î i* 224 AR Cup. 7 (41, n [a EL mr a N NN AN Âl il ! 7 Ch DLL N \ \ SSTSS à SS S ele et D CHIEN Lour SSI KR < G | N D À 5 pi 4, fret [ea e = un 4 [= SE a es N N ù ai NS, BY'CHEEN 219 brûlans; mais ce qui me fait penser que cela dépend plutôt de la nature de homme, que de celle du chien, c’est que les sauvages du Canada, qui habitent un pays froid, ont le même goût que les nègres, pour la chair du chien, et que nos missionnaires en ont quel- quefois mangé sans dégoût.« Les chiens servent en guise de mouton, pour être man- és en festin, dit le P. Sabard Theodat: je me suis trouvé diverses fois à des festins de chien; j'avoue véritablement que, du com- mencement, cela me faisoit horreur; mais je n’en eus pas mangé deux fois, que j'en trouvai la chair bonne, et de goût un peu approchant de celle du porc(1)». Une variété singulière dans l’espèce du chien est celle du chien turc et gredin. La planche XII représente une très- petite chienne de cette variété, qui appartenoït à madame la présidente F Saint-F'argeau, et qu’elle a permis de dessiner. Cette petite chienne étoit âgée de treize ans, et avoit eu pour mère une gredine toute noire, plus grosse que celle-ci, qui n’avoit qu’un pied de longueur depuis le bout du nez jusqu’à (1) Voyage au pays des Hurons, par le P. Saband Theodat, recollet. Paris, 1632, page 311. our see éme less PS. Jignes au train de derrière. La tête est très- 220_ HISTOIRE Forigine de la queue, sept pouces de hauteur aux jambes de devant, et sept pouces neuf grosse à l’occiput, et forme un enfoncement É à la hauteur des yeux; le museau est court| et meuu, le dessus du nez noir, ainsi que Vextrémité et les naseaux; les mâchoires dun brun noirâtre, le globe des yeux fort gros, l'œil noir et les paupières bien mar- quées; la tête et le corps d’un gris d’ardoise clair, mêlé de couleur de chair à quelques|! endroits; les oreilles droites et longues de| deux pouces dix lignes sur quinze lignes de diamètre à la base: elles sont lisses et sans poil en dedans, et de couleur de chair, sur-tout à leur base; elles finissent en une pointe arrondie, et sont couvertes à l’exté- rieur de poils blanchâtres assez clair-semés. Ces poils sont longs, sur-tout à la base de l'oreille, où ils ont seize lignes de longueur; et comme tout le tour de l’oreille est garni de longs poils blancs, il semble qu’elle soit| bordée d’hermine. Le corps, au contraire, | É LA e”| est entièrement nu, sans aucun poil ni| | duvet. La peau forme des rides sur le cou, le dos et le ventre où l’on voit six petites mamelles. Il y a de longs poils en forme de soies blanches autour du cou et de la poi-| À Errièr ࣠11 forme! Yeux: ki ds du nez $ aseaux e, le gl el les pau] le Corps« d' Un 20 20 Le ta oi ui J vd D vu L© El"2 } 1 dut uleur de{ ES qe k {lles droil» ns le !«lignes Sl base: ns, et del se; elles| €t sont cQ nchatres{ ngs, sur it seize lg tour de| nes, 1 se . Le cor? nu, Sas pme des 1 ré où l'on D im ll eme bi is du UE dut Brant dit bep DU CHIEN. 291 trine, ainsi qu'autour de la tête. Ces poils sont duel és sur le cou jusqu'aux épaules, mais ils sont comme collés sur le front et les joues, ce qui rend le tour de la face blan- châtre. La queue, qui a trois pouces onze lignes de longueur, est plus grosse à son origine qu'à son extrémité, et sans poils ‘comme le reste du corps. Les jambes sont de la couleur du corps, nues et sans poil; les ongles sont fort longs, crochus et d’un noir ee en dessus. On voit, par cette Free que cette petite chienne, née d’une gredine. noire et d'un père inconnu, ressemble au chien turc par la nudité et la couleur de son corps. Elle est à la vérité un peu plus basse que le chien turc représenté planche XX; elle a aussi la tête plus grosse, sur-tout à l occiput; ce qui lui donne par cette partie plus de rapport avec le petit danois représenté planche X1X. Mais ce qui semble former un caractere particulier dans cette pelle chienne, ce sont ces grandes oreilles toujours droites qui ont quelques rapports avec les oreilles du rat, ainsi que la queue qui ne se relève pas, et qui est horizontalement droite ou pendante entre les jambes; cependant cette queue n’est point écalleuse comme celle eee re , Ro) l lu MINE AP an be 1 | fl tel f hi k 1} {A Jeu, ut LA (4 | | } l fETA ILA } 1 4 É| FLE LEA 4 EN 1 || MEUL 99%. HISTOIRE du rat; elle est seulement nue et come noueuse en quelques endroits. Cette petite chienne. ne tenoit donc rien de sa mère, excepté le peu de poil aux endroits que nous avons indiqués; et il y a apparence que le père étoit un chien turc de petite taille. Elle avoit Phabitude de tirer la langue, et de la laisser pendante hors de sa gueule souvent de plus d’un pouce et demi de lon- gueur; et l’on nous assura que cette habi- tude lui étoit naturelle, et qu’elle tiroit ainsi la langue dès le tems de sa naissance. Au reste, sa mère n’avoit produit de cette portée qu'un chien mort assez gros, et ensuite celte petite chienne, si singulière, qu'on ne peut la rapporter à aucune des races connues dans l’espèce du chien. En 1765, mon fils amena de Pétersbourg à Paris un chien et une chienne d’une race différente de toutes celles dont j’ai donné la description. Le chien(planche XXI) quoi- qu'encore fort jeune, étoit déjà plus grand que le plus grand: danois; son corps étoit plus alongé; les oreilles étoient pendantes comme dans le danois et le lévrier, les jambes fines et les pieds petits. Ce chien avoit la queue pendante, et touchant à terre dans ses momens de repos; mais dans les mouve- Da, TA jues 4 Ii done Lun chi#3 habitude 4 endante} l'un pouce OUS assuri laturelle, lès Le tems! te n'avoit uen mot | | || ite chien& nr la rapport es celles hien(plat ane, étoit d danois (5 qne de lu Sir Ca di | Si pe du L “te ji f7 Crex DE RUSSIE, /émele F2 f°222. À C2, CS nr,| _—— pa SR À Ac& NS ESS CHIEN DE RUSSIE Mate nr DE cup ŒU' CHIEN, 223 mens de liberté il la portoit élevée, et les grands poils dont elle étoit garnie formoient un panache replié en avant. II diffère des grands lévriers, non seulement par la grande longueur du corps, mais encore par les grands. poils qui sont autour des oreilles, sur le cou, sous le ventre, sur le derrière des jambes de devant, sur Le cuisses et sur la queue où ils sont le volés longs. Il est presque entièrement couvert de poil blanc, à l'exception de quelques taches gri- sâtres qui sont sur le dos et entre les yeux et les oreilles. Le tour des yeux et le bout du nez sont noirs; l'iris de l'œil est d’un jaune rougeûtre assez clair. Les oreilles, qui finissent en pointe, sont jaunes et bordées dé noir; le poil est brun autour du con- duit auditif et sur une partie du dessus de l'oreille. La queue, longue d’un pied heuf pouces, est très- garnié de poils blancs iongs de cinq pouces; ils n’ont sur le corps que treize lignes, sous le ventre deux pouces deux, lignes, et sur les cuisses trois pouces.|||| La femelle étoit un peu plus petite que le mâle dont nous venons de donner la des- cription; sa tête étoit plus étroite et le mu- seau plus eflilé; en général, cette chienne ET en ri ie RU he er nn Re ee# side: Rs, A os 294 HISTOIRE étoit de forme plus légère que le chien, et en proportion plus garnie de longs poils. Ceux du mâle. étoient blancs presque sur tout le corps, au lieu que la femelle avoit de très-grandes taches d’un brun marron sur les épaules, sur le dos, sur le train de der- rière et sur la queue qu'elle relevoit moins souvent; mais par tous les autres caractères, elle ressembloit au mâle. Table des dimensions du chien et de la chienne de Russie. MALE, FEMELLE. F Longueur du corps mesuré pieds. pouce. lig.| pieds: pouc.lig en ligne droite depuis le bout du museau jusqu’à Vanus...,.............:35 7::8 S141 3 Longueur mesurée suivant la courbure du corps....... 4 5‘6:: CÉ Hauteur du train de devant. 2 r 6: 2 x# Hauteur du train dederrière. 2 3% 6.1 2 2 2 Longueur de la tête depuis-| le bout du museau jusqu’à| FOGDIDRT. ar sas> NH@». 9 Circonférence du bout du os mubeauzscit.ut ie,: HE XD 576 Circonférence du museau prise au dessous des yeux.» g 3 Contour de l’ouverture de la bouche....bamianexts mnarmn6tdolinalfits Distance entre les deux na-: état. 42, SH RL USE, y 4 Distancé entre le bout du bp}m L 22 #’ 42 LL EN br QE Légère 0 1 à© din; us Burme| 4 Eux olent blan ES reg leu que| 3 ea edit( El arrony dos, sur!& ndeb eue quell Biny Roi œ\ adérs u mile, ons du ha| à Acln de Russie.|© Ni armmur mesurè pieds&. alu poue. li epuis le jusqu'à ù rss: j ë j| j avant la devat, 1m!" "LR| lerrière. 2| k à À e depuis E 1 jusqu'à l |" 11 7] fl| it du| R r— NE 201 mul| 4: es veux.| 2 are de li k"1 eus| th 1| n bout w DUÜU'CHIEN. MALE in uaseau Let l’ angle anté- pieds: pouc.lig: rieur de Pl ee Ro dE A Distance entre l’anglé posté-,,.…. rieur et l do re de nes Longueur de l'œil d’un angle... à Pantre. sers die 1315% ‘Ouverture de l’'œil.......4.»,1» 7 ‘ Distance entredes angles Le. térieurs dés Yeux.. se» vois D LUE TL Circonférence“de. la tête,| prise entre les yeux et les| oreilles.. iñes es ce vemrentls fi 17 Longueur des oreilles...,.4:.:»: 4510 Largeur de leuxr-base mesurée sur la courbure extérieure,» 2! 4: Distance. entre les deux| oreilles prises entre le bas.».3 Longueur du cou... 9,::2, D Circonférence du œoux.::.,:I..1:10 Circonférence du corps prise derrière les jambes de de-. Vants os gyrseuirre pol D..:» Circonférence prisé à Pen- ©T diéit: le plié léros® SI 25053 _Circonférence prise devant les jambes de derrière. ,: 1 6 8 Hauteur du bas du ventre au dessus de la terre sous les"HaDC,++,"+ 4628»omler Te WI La même hanteur sous la poitrineitt di CERCLE à ES Longueur“A tronçon à la AUD dt sa 4 0 0 Circonférence de la queue à l’origine du tronçon...,» 5 xx|. Longueur de l'avant- bras depuis le coude jusqu’au DOTE La hi 2064++.» 9 9 Largeur de l’avant-bras près du coude. Pan Pie toi 0 À ToME XXII. 295 FEMELLE. pieds.pouc. gs TNT LR ee 7 3 D.) II »:» 6 rh«oner8 A roc) »: 3.6 DiIolE pr DR n-.'p:6 11192187 >%:191:9 243.3 1.4: D 1,516 LL 2 1:01 HN: Gt »°Q 4 D+: 226 HISTOI RE MALE.| FEMELLE. Epaisseur de: l'avant biais. au Sidi pouce. lig.| pieds. pouc. fig, même endroit.%',.#%..1°:»-"1: 8 Les Circonférence du poignet. 05) MCD a Lau Circonférence du métacarpe: DAT ne 146 Longueur dépuis le poighei| jusqu’au bout des ongles.:» 85 6»' 6 à Longueur dela: jambe depuis à le genou jusqu’au talon”i,» 10 7 113 Largeur du haut de la ec on ee» 4 9 Epaisseur. 7 VU DSTI S#9 T Largeur à l’éendroit du tk, niet t3»y 2 3 Cir conlétend du métécarpe.:»:°:3 3|--»‘31 Lôngücur depuis: le: talon#0 F3 jusqu’au bout des ongles. 5° 8:75 T5 2 Largeur du pied de dévant: PEN 10 5559775) Lare geur du pied de derrièrés»‘1 8°»°y y1 Léngüeur des plus: i pngiese+...:. SRE ul. w"n6 0 Largeur à leur base.“HE 3-»10ÿ 83»» 3 = Dans: nos climats, 7e animaux sauvages qui approchent le A du chien, et sur- tout du chien à oreilles droites, du chien dé berger, que je regarde comme la souche et le type He l’espèce-entière, sont le renard et le Joup; et comme la conformation inté- rieure est presqu’entièrement la même, et que les différences extérieures sont assez légères, j'ai voulu essayer s'ils peurroient produire ensemble; j’espérois qu’au moins on parviendroit à Fe faire accoupler, et que, s'ils ne produisoient pas des individus féconds, ils engendreroient dés espèces de arpe. h talon les,!:| ant,| rière. rands É ur "à ls 5|"1 Li i 1} 5, les ant Est n ER plus du cl reilles droi regarde co ce entière, mé la conf ntièremenl s exiéneut% | essayer ÿ |'espéros les faure soient PS dreroient # ce Suucle Pere mil int: Gyue,d d|"1 1 ru Eu, e: ris } eçei sl DU COTE: N: mulets qui auroient participé dela: nature! des, deux(1): Pour cela, j'ai fait élever uné louve prise-dans les bois, à l’âge‘de deux ou trois mois, avec un:mâtin dé même âge; ils étoient enfermés’ensemble et seuls’, dans: une assez grande cour où aucune autre‘bête ne pouvoit'entrer, et. Où äls avoient un abri pouf se retirer; ils ne connoissoient,ai Pan ni l'autre. aucun individu de leur! espèce, ni même aucun homine:que celui:qui'étoit chargé du'soin de leur‘porter tous les jours à manger. On les à gardés trois ans, tou- jours avec la même attention, et sans les contraindre, ni les aidssluae Pendant la’ première année, ces jeunes animaux jouoient perpétuellement ensemble, et‘paroïssoient s'aimer beaucoup; à la seconde année, ils commencèrent par se disputer la nourriture, 297. :. 2. is ni. À p:* quoiqu’on leur en donnât plus qu’il ne leux en falloit. La querelle venoit toujours dé‘la Jouve. On leur portoit de la viande et des os sur un grand plat de bois que l’on posoit à PA 7 (1) Je laisse subsister le récit de ces expériences in- fructueuses, quoique Buffon ait reconnu depuis que les chiens et les loups pouvoient produire entre eux des individus féconds, ainsi qu’on le verra tout à SONNINI. A" l'heure. 228 FF TASTIROST RFE:| terre; dans linstant même la louve; au lieu de:se jeter sur la viande; commençoit par écarter..le chien, et.prenoit ensuite le plat par la tranche s1 adroïement, qu’elle ne laissoit rien tomber de ce qui étoit dessus, et: emportoit le tout en fuyant; et, comme. elle ne; pouvoit. sortir, je lai vue souvent. faire, cinq ou six. fois de suite, le tour de la.cour, tout le long dés murailles, toujours tenant le plat de niveau-entre ses dents, et ne le reposer à terre que pour-reprendre haleme.et pour se jeter sur la viande. avec voracité, et sur le chien avec fureur, lors- qu’il vouloit approcher. Le chien étoit plus fort que la louve; mais, comme il étoit plus doux, ou plutôt moins féroce, on craignoit pour sa vie, ét on lui mit un collier. Après la deuxième année, les querelles étoient encore plus vives et les combats plus fré- quens; et on mit aussi un collier à la louve, que le chien commençoit à ménager beau- coup moins que dans les premiers tems. Pendant ces deux ans, il n’y eut pas le moindre signe de chaleur ou de desir, ni dans l’an ni dans l’autre; ce ne fut qu’à la, fin de la troisième année, que ces animaux commencèrent à br les impressions de l’ardeur du rut, mais sans amour; car. diet hé Mure) | LR ri| “sk , D h| 18 aux| DU CHIEN. 22g loin que cet état les adoucit, ou les fappro: chât l’un de lautre, ils n’en devinrent que plus intraitables et plus féroces.: Ce 1’étoit plus que des hurlemeñs de douleur, mêlés à des cris de colère. Ils maigrirent tous deux en moins de trois semaines, sans jamais s’ap- procher autrement que pour se déchirer: enfin‘ils s’acharnèrent si fort l’un contre Vautre, que le chien tua la louve qui étoit devenue la plus maigre et la plus foible, et Von'fut obligé de tuer le chien quelques jours après, parce qu'au moment qu'on voulut le mettre en liberté, il fit un grand dégât, en se Jançant avec fureur sur les volailles; sur les chiens, et même sur les hommes. HS| FA J'avois dans le mème tems, des rénards; deux mâles et une femelle; que l’on avoit pris dans des pièges, et que je faisois garder, loin les uns des autres, dans dés lieux s6- parés; j'avois fait attacher l’un de ces re- nards avec une chaïîne légère, mais assez longue, ét on lui avoit bâti une petite hutte où il se mettoit à l'abri. Je le gardai péndant plusieurs mois; il se portoit bien; et, qüuüi- _qu'ik eût l'air ennuyé et les ÿeux toujours fixés sur la campagne qu'il voyoït'de'sa hutte, il ne laissoit pas de manger de très P 8 ER AE RER ere sde ne A AMAR ,_— “ Le ru EN Sac A DS M ne DS Er 0% és D de nr de—. Re en 230 HISTOIRE grand appétit. On lui présenta une chienne en chaleur, que l’on avoit gardée, et:qui n’avoit pas été couverte; et, comme:elle ne vouloit pas rester auprès du renard,:on prit le parti de l’enchaîner dans le même lieu, et de leur donner largement à manger: Le renard:ne la mordit, nine la maltraita point: pendant dix: jours qu’ils demieurèrent en- semble; 1l n’y eut pas la moindre querelle, mi le-jour, ni la nuit, ni aux heures du repas; le renard s’approchoit même assez familièrement; mais, dès qu’il avoit flairé de trop près sa compagne, le signe du:desir disparoissoit, et il s’en retournoit triste- ment dans sa. hutte; 11 n’y eut donc point d’accouplement. Lorsque la chaleur de cette chienne:fut passée, on lui en substitua une autre qui venoit d’entrer.en chaleur, et en- suite uné troisième et une quatrième. Le renard les traila toutes avec la même dou- ceur, mais ayec Ja même indifférence; et, afin de m'’assurer si c’étoit la répugnance naturelle ou l’état de contrainte où il étoit qui l'empêchoit de: s’accoupler, je lui fis amener une femelle de son espèce; il la cou- ._‘vrit, dès le même jour, plus d’une fois; et nous trouvèmes, en la disséquant quelques semaines après, qu’elle étoit pleine, et qu’elle L ‘on! N Présent Ê A avoit à ere: et d de Iprès du re ner dans| largemen: ninelant& qu'ils s den æ: à D 8 Le ts Onpi Æxe le, æ1 Se, k \ pou pas la moiy Su, nuit, ni al À ‘approchoit 4 ls, des qui npagne, le | s'en ro esilnyel orsque kel on lu en entrer en e et une( tes avec À “même il si c'était| de contri sal ù s'accou pl: desonei æ our, plus! a la disst} L ri de ve 6 hi PAT Er ht «pui S botte Brie ag >1t de #: KR le œe dr mt "1 gant kil ét lui à | Ja co PAGE œ: pet eétoitpl an FE gardent ces deux animaux auroït produit quatre petits renards. On pré- senta,‘de même successivement, a l’autre renard, plusieurs chiennes: en chaleur; où les enfermoit avecilui, dans une cour où ils m’étoient point enchaînés; iln”y eut ni haine, mi amour, ni combat, ni caresses, et ce re nard mourut, au bout de ve mois, de dégoût ou d’ennui. 7 Ces épreuves nous apprennent au moins| que le renard et le loup ne sont pas tout à fait de là même nature que le chien; que ces espèces non seulement sont ditérenfies, mais séparées et assez éloignées pour ne pouvoir les rapprocher, du moins dans cës climats; que par conséquent le chienne tire pas son origine du renard ou du loup, et que Îles niiénitetés), qui ne re- que comme des chiens sauvages, ou qui ne prennent le, chien que pour un loup ou un renard de- venu domestique, et qui leur donnent à tous trois le nom commun de chien, se trompent, pour n'avoir pas assez ae 7 la Nature. sd. 7. {r) Canis caudä(sinistrorsüm) recurvé, le chiént-| Canis caudé incurvé; le loup. Canis CRE rec!à,, le: renard. Linnæi Sysé. nat.| P 4 La me ER date 7. k ons. 232 HISTOIRE H:y à; dans les climats plus chauds que le nôtre, une espèce d'animal féroce et crue}, moins-différent.du chien que né.le sont le renard-ou le loup. Cet animal, qui s’appelle adivé ou:chacal, à été remarqué et assez -bien décrit par quelques voyageurs; on en Lrouve: un grand nombre: en: Asie et en Afrique, aux environs de: Trébisonde(a), aütour du mont Caucase, en Mingrélie(2), en Natolie(5) ,-en Hyrcanie(4), en Perse, aux Indes, à Surate(5), à Goa;a Guzarate, à Bengale, au Congo(6), en Guinée et en plusieurs autres endroits: et quoique cet animal soit regardé par les naturels des pays qu'il habité comme un‘chien sauvage, et que son nom même Je désigne; comme il A tige-prgreumé, (1) Voyages de Gemelli Carreri. Pañis. 1710141, | page 419. (2) Voyage de Chardin. Londres: 1686: page 70.| _(5) Voyage de Dumont. La Haye, 1600, tome IV, é| rene 7 DUO| ‘pages 28 et suiv. R| (4) Voyage de Chardin. Amsterdam, 1711, tome IT, page 29.”_ —{5) V oyage d’ Innigo de Bicrvillas.. Paris ÿ 2736, partie T, page 178.| (6) Voyage de Bosman, pages: 241, 331et 332. 7 é e Led Voyage du P. Zuchel> Capu£in, page 2093. ons sd| à. à| LcaSe, en vie L: Hyreani| a: le le(3),a 6d But ago(Ô).en Œxeta endroits: À@ wat S par sud nes me un ché 6 ir, 4 ne le désg Gt! elli Cri! Œuth. din. Londres| Bts! i ont. LaBiti gui tin. Amsterdi k tm 0 de Berr bi(à aan, PS” capuéll pl DUICHIEN.#55 est très- douteux qu'il se/mêlé avec lés chiens, et qu'il puisse engendrer où pro ris avec eux, nous eu ferons l’histoire à part, comime nous ferons aussi celle di Jot5, celle‘du renard, et celle de tous les autres animaux qui ,ne se mélant point en- semble, font autanñt d'espèces distinctes et séparées.|: Cen’est pas queje prélende, d’une manière décisive et absolue, que ladive, et même que le renard'et le loup ne se soient jamais; dans aucun tems, ni dans aucun climat, mélés avec les chiens. Les anciens lassurent assez positivement, pour qu’on puisse avoir encore sur cela quelques doutes, malgré les épreuves que je viens de rapporter; et j'avoue qu’il faudroit un plus grand nombre de pa- reilles épreuves, pour acquérir sur ce fait une certitude entière(1). Aristote, dont Je suis très-porté à respecter le témoignage, dit précisément(2)qu'il est rare que lesanimaux qui sont d’éspèces différentes, se mêlent en semble; que cependant il est certain que cela arrive das les chiens, les renatds ét les loups; que les chiens indiens proviennent d’une (1) Voyez ma note de la page 327.“SONNINE (2) Arist, de generat: animal, GbIT cap. 5:/ 254 HISTOIRE autre bête sauvage semblable et d’un chien: On pourroit croire que cette bête Sauvage, à laquelle il ne donne point de nom, est l’a- dive; mais il dit dans un autre endroit(1} que ces chiens indiens viennent du tigre et du chien; ce qui me paroît encore plus diffi- cile à croire, parce que le tigre est d’une nature et d’une forme bien plus différentes de celles du chien, que le loup, le renard ou ladive. Il faut.convenir qu’Aristote semble lui-même infirmer son témoignage à cet égard; car, après avoir dit que les chiens in- diens viennent d’une bête sauvage semblable au loup ou au renard, il dit ailleurs qu'ils viennent du tigre; et sans énoncer si c’est du tigre et de la chienne, ou du chien et de la tigresse, il ajoute seulement que la chose ne réussit pas d’abord, mais seulement à Ja troisième portée; que de la première fois il ne résulle encore que des tigres; qu’on at- tache les chiens dans les déserts, et qu'a moins que le tigre ne soit en chaleur, ils sont souvent dévorés; que.ce, qui fait que l'Afrique produit souvent des prodiges et des monsires, c'est que l’eau y étant trés-rare et la chaleur fort grande, les animaux de diffé- memes ER (1) Arist, Aist, animal. Lib. VII, cap. 28. # que k ui rme bien|&x Le que le lo LT Avenir qu| Ari sub 2 SON le SE à Voir ditqh SE hic ine bétesy suit nard, lt Pssqik »; etant fout hienne,nt Mt e seulen Ip: de ord, mas| Mer Ah | que del| al que des: dut dans les À ect(i » ne sui( ÿ ex, fat orés; qu 2 ouventds 985 Let e l'eau ÿ° as" de, les ail de } 4 TUE à die DU CHIEN. 255 rentes espèces se rencontrent assembiés en srand nombre dans le même lieu. boire; que c'est là qu'ils se familiarisent, s’ACCOU= plent et produisent. Tout cela me par oit CON jectural, incertain, et même assez suspect, pour ny pas ajouter foi; car plus on observe la nature des animaux, plus on voit que lin: dicele plus sûr pour en juger, c’est l'instinct: L'examen le plus attentif des parties inté- rieures, ne nous découvre que les grosses différences; le cheval et lâne, qui se res- semblent parfaitement par la conformation des parties intérieures, sont cependant des animaux d’une nature différente; letaureau, le bélier et le bouc; qui ne différent en rien les uns des autres pour la conformation inté- rieure de tous les viscères, sont d'espèces encore plus éloignées que lâne et le cheval; et il en est de même du chien, du renard et du loup. L’inspection de la forme extéeure nous éclaire davantage; maïs comme dans plusieurs espèces, et sur-tout dans celles qui ne sont pas éloignées, il y a, même à l’exté- rieur, beaucoup plus de péfitarifianes que de différence, cette inspection ne sufht pas encore pour décider si ces espèces sont dif- férentes ou les mêmes: énfin, lorsque les nuances sont encore plus légères, nous ne # 236 HISTOIRE pouvons les saisir qu’en combinant les rap ports de l'instinct. C’est en effet par le natu- rel des animaux qu’on doit juger de leur nature; et si l’on supposoit des animaux tout semblables pour la forme, mais tout diffé- rens pour Îe naturel, ces deux animaux, qui ne voudroient pas se joindre, etquine pour: roient produire ensemble, seroient, quoique semblables, de deux espèces différentes. Ce même moyen auquel on est obligé d’a- voir recours pour juger de la différence des animaux dans les espèces voisines; esby'à plus forte raison, celui qu’on doit employer de préférence à tous autres, lorsqu'on veut ramener à des points fixes les nombreuses Variétés que l’on trouve dans la même es- pèce; nous en connoissons plus de trente dans celle du chien, et assurément nous ne les connoïssons pas toutes. De ces trente va- riétés, il y en a dix-sept que l’on doit rap porter à l’influence du climat; savoir, le chien de berger, le chien-loup, le chien de Sibérie, le chien d'Islande et le chien de Laponie, le mâtin, les lévriers, le grand danois et le chien d'Irlande, le chien cou- rant, les braques, les bassets, les épagneuls et le barbet, le petit danois, le chien-turc et de dogue; les treize autres, quisont le chien- 4. f H; 4 ae uk ] dl Mr| x S NT Se Joindra M; Se ax semble è,4 NL Ux especes Men n auquel 4 Æ ii, 1 Bu ; especes 1 lei à à Celui quoi Mwbyr Jus autres} Mu veit jints fixes! es trouve da Un ième onnoisont Ace tr on, étassu} Mgerions 1 stouks. D Sont hix-septqu MIO ce da cl Je chien-4@ctt| 'Islndd® acheté a, les a\ gl ect Ë ue D Ü iCHTIE N: 237 iurc métis, le lévrier à poil de loup, le chien bouffe, le chien de malte ou bichon, le ro- quet, le dogue de forte race, le doguin ou mopse, le chien de Calabre, le burgos, le chien d'Alicante, le chien- hon; le petit barbet et le chien qu’on appelle artous, islois ou quatre-vingt, ne sont que des métis qui proviennent du mélange des premiers; et en rapportant chacun de ces chiens métis aux deux races dont ils sont issus, leur naiure est dès-lors assezconnue; mais, à l'égard des dix-sept premières races, si l’on veut con-— noître les rapports qu iles peuvent avoir entre elles, il faut avoir égard à instinct, à la forme et à plusieurs autres circonstances. Jai mis ensemble le chien de berger, le chien-loup, le chien de Sibérie, le chien de Laponie et le chien d'Islande, parce qu'ils se ressemblent plus qu’ils ne ressemblentaux autres par la figure et par le poil; qu'ils ont tous cimg le museau pointu à peu près comme: le renard; qu’ils sont les seuls qui aient les oreilles droites, et que leur instinct les porte: à suivre et garder les troupeaux. Le mäâtin, le lévrier, le grand danois et le chien d’Ir- lande, ont, outre la ressemblance de la forme et du long museau, le même naturel; ils ai- ment à courir, à suivre les chevaux, les Asie nr er Es Su z HR à on sante . “, 1: + # Fan ré KE e OU ns n PR 208 HISTOIRE équipages; ils ont peu de nez, et chassent: plutôt à vue qu’à l’odorat. Les vrais chiens de chasse sont les chiens courans, les bra- ques, les bassets, les épagneuls et les barbets; quoiqu’ils différent un: peu. par la forme du: corps, 1is ont cependant tousle museau gros; et comme leur instinct.est le même, on ne peut guère se tromper:én les mettant en- semble. L’épagneul; par exemple, a été ap- pelé par quelques naturalistes, canis aviarius terrestris, el le barbet; canis aviarius aqua- ticus; et en ellet, la seule différence qu'ily ait dans:le naturel de ces deux chiens, c'est que le barbet, avec son poil touffu, longet frisé, va plus volontiers à l’eau que l'épa- gneul, qui a le poil lisse et moins fourni, ou que Îles lrois autres qui lont trop court et trop clair pour ne pas craindre de se mouiller la peau. Enfin, le petit danois et le chien- turc ne peuvent manquer d’aller ensemble, puisqu'il est avéré que le chién- turc n’est qu'un petit danois qui a perdu son poil. Il ne reste que le dogue, qui, par son museau court, semble se rapprocher du petit danois plus que d'aucun autre chien, mais qui.en diffère à tant d’autres égards, qu’il paroît seul:former une variété différente de toutes les autres, ant pour la forme que pour l'ins- Tor(: “es SE IE À dy 4h ts Chiens à|; Sépipel D np|| 1 un ndant bu x“up, stunct est| CT PER EN| M ar. a}; par ex Qui natural% soins 1} bet, cui| ; la seu| CNT el de ces à à Hé rec SO pol MO) lngrt »ontiers| À Soulty ji] lisse el il Œur,n res qui Œ œnit pas cru] db mulkr e petit Me: tir manquer d sul réqueld Mur squier 1 que; qu|| un” bel al! Ludo rapprot su FE 1 autre Cl cui F | il pu ques ul æ; bé idéil S" fl ul ion pe” DU CHIEN. 299 tinct: il semble aussi affecter un climat par- ticulier; il vient d'Angleterre, et l’on a peine à en maintenir la race en France; les métis qui en proviennent, et qui sont le dogue de forte race et le doguin, y réussis- sent mieux: tous ces chiens ont le nez si court qu’ils ont peu d’odorat, et souvent beaucoup d’odeur. fl paroît aussi que la fi- nesse de l’odorat, dans les chiens, dépend de la grosseur plus que de la longueur du museau, parce que le lévrier, le mâtin et le grand danois, qui ont le museau fort alongé, ont beaucoup moins de nez que le chien courant, le braque et le basset, et même que Fée et le barbet, qui ont tous, à proportion de leur taille, le museau moins long, mais plus gros que les premiers. Quoique nous ayons donné toutes les va- riétés constantes que nous avons pu rassem- bler dans Pespèce du chien, il en reste néan- moins quelques-unes que nous navons pu nous procurer. Par au 56 il y a une race de chiens sauvages dont j'ai vu deux indi- vidus, et que je n’ai pas été à portée de dé- criré ni de faire dessiner. M. Aubry, curé de Saint-Louis, dont tous les savans con- noissent le beau cabinet, et qui joint à beau- coup deconnoissances en histoire naturelle, A0 ne et re art de. Rss en né ro ir orge SR ee RS Se ee en D nn 5 nt”. EE 2 ts a M(use pre un | UN Le be ie_u SE se FE ue pan, rte:,: sg im en St: à= PC 540 EH ES ET O0, LR E le goût de les rendre utiles, par la commu nication franche et honnête de ce qu’il pos- sède en ce genre, nous a souvent fourni des animaux nouveaux qui nous étoient in- connus; et, au sujet des chiens, il nous a dit avoir vu; il y a plusieurs années, un chien de la grandeur à peu près d’un épagneul de la moyenne espèce, qui avoit de longs poils et une grande barbe au menton, Ce chien provenoit de parens de même race, qui avoient autrefois été donnés à Louis XIV, par M. le comte de Toulouse. M. le comte de Lassai eut aussi. de ces. mêmes chiens, mais on ignore: ce que celte race singulière est. devenue.|| . À l’égard des chiens sauvages, dans les- quels il se trouve, comme dans les chiens domestiques, des races diverses, je n’ai pas eu d’autres informations que celles dont j'ai fait mention. Seulement M. le vicomte de Querhoënt a eula bonté de me communi- quer une note au sujet des chiens sauvages qui se trouvent dans les terres voisines du cap de Bonne-Espérance. Il dit.:« qu’il y à au cap,des compagnies très-nombreuses de chiens sauvages, qui sont de la taille de nos, grands chiens, et qui ont le poil marqué de diverses couleurs. Ils ont les oreilles droites; | courent LL. 1. | JE '|. re utiles, Em 10unête» qu x IOUS à Son SU BE om $ QU nf Sc, | iQ*. F4 des ch< QOUsA USIEURS an} ES nn peu près| rare, qu aa ns yi rbe au mé Ok du ens dem Ma gi êlé donnés Bus r Toulous ont: ® 1, ns air 6 on e ces. men : celle racd chiens sut Shi kr 8, comme| us races duvet et ps pationsqué di ja lement M La bonté dé y sujet des| ans les te spérance Ï Spo ai savags sun d |;; quil! || tort” # kr ec 25% du cou agnies tr qui son À qui on le is ont | DU CHIEN. 241 courent d’une grande vitesse, et ne s’éta- blissent nulle part fixement. Ils détruisent une quantité étonnante de bêtes fauves; on en tue rarement, et ils se prennent difMfici- lement aux pièges, car ils n’approchent pas aisément des choses que l’hommea touchées. Comme on rencontre quelquefois de leurs petits dans les bois, on a tenté de les rendre domestiques; mais ils sont si méchans étant grands, qu’on y a renoncé(1,).» (1)« Ces chiens sauvages, dit Sparrman, sont) sur-tout pour les moutons et les chèvres, les animaux les plus destructeurs auxquels soient exposés les trou- peaux, tant des colons africains que des hottentots. Ils ne se contentent pas, dit-on, d’assouvir leur faim; ils blessent et tuent tout ce qu’ils trouvent: ils marchent tonjours par troupes, et rodent nuit et jour autour de leur proie. La voix qu'ils font en- tendre en chassant, ressemble aux aboiemens de nos chiens ordinaires; elle est seulement un peu plus douce. On assure qu’ils ont quelquefois le courage de. se mesurer avec des chiens beaucoup plus forts qu’eux; tant domestiques que sauvages, et qu’ils eurent une fois la hardiesse de se retourner contre un chasseur qui les poursuivoit à cheval. On a observé qu’ils chassent eux- mêmes avec beaucoup.de sagacité* qu'ils se secondent l’un l’autre, et agissent parfaite- ment de concert; en même tems chacun d’eux en particulier fait de son mieux Pour rencontrer LomME XXIIL. Q o 242 HISTOIRE La plus ou moins grande perfection des sens, qui ne fait pas dans l’homme une qualité éminente, ni même remarquable, fait dans les animaux tout leur mérite, et _ produit comme cause, tous les talens dont Zeur nature peut être susceptible. Je n’entre- prendrai pas de faire ici l’'énumération de toutes les qualités d’un chien de chasse, on sait assez combien l'excellence de l’odorat, CCC attraper le gibier, qui devient à la fin une curée commune. Maigres comme des squelettes, avec des places pelées sur le corps, ils sont toujours hideux. Il y en a, dit-on, de deux espèces; les uns plus grands, d'une couleur rougeaätre avec des taches noires; les autres moins grands et plus bruns. Ceux que je vis alors à la distance de deux cents pas, étoient probablement de la plus grande espèce. Ils avoient deux pieds de haut, le poil court et rous- sâtre. Personne n’a encore essayé de les apprivoiser. On pourroit cependant éprouver à quel dégré ces hideux et féroces animaux peuvent être alliés avec les épagneuls civilisés et mignons, que le beau sexe honore de sa faveur et de ses soins(*).» SONNInI. (*) Il est possible qu’il y ait encore, en Afrique, une autre espèce de chiens sauvages; Car un paysan, nommé PoTTGIETER, me dit que, dans Mosel-bay, il avoit vu un animal de la gran- deur et de la forme d’un dogue ordinaire, mais avec de plus grandes oreïlles, marqué de blanc sous le ventre, et brunatre par tout le reste du corps. Son compagnon le tira et manqua son COUP. L k | jointe | desup | çes dé : Jhaston “ttles n Naturs ea UN où poñ leux 4 de la# Le& pis e1 4 apécet “aux f pelts. pis if en 14 Hs les df collés qu si Pière dl our& $ grande pas ds"À mi mêm mel Lux lou| | » ls re a re je f d'un chiet l'excellen qui devient 4 omme des sq sorps, Us 0 de deux es ur rougedir oins grands a distance d t de hp Je haut, k| encore WAY ant épuré nimaux Pl 4 el et de ses li? + 4 td pr "4 4 car ui d- Jar re un dog ue La de blaut«04 rp* sn l'O Son Le atenonts Bt k QU we 2 roule BLier 1 k Lens 7. 5: 2er Æxniu lui« D: lon Us ua L 2 UT ot uen. Bu ji PARU dc vus Ü Spot 2 NILS y A è£ dégt$ y j alhesat ..: beat re Goyl DÜ CHIEN. 243 jointe à l'éducation, lui donne d'avantage et de supériorité sur les autres'animaux; mais ces détails n’appartiennent que de loin-à l'histoire naturelle, et d’ailleurs les ruses et les moyens, quoiqu’émanés de la simple Nature, que les animaux sauvages mettent en œuvre pour se dérober à la recherche, ou pour éviter la poursuite et les atteintes des chiens, sont peut- être plus merveil- leux que les méthodes les plus fines de l'art de Ja chasse. 5 9 TN" Le chien, lorsqu'il sent de naître, n’est pas encore ctitiéément achevé: dans cette espèce, comme dans celle dé tous les ani- maux qui produisent en grand nombre, les petits,au moment de leur naissance, ne sont pas aussi parfaits que dans les animaux‘qui n’en produisent qu’un ou deux: Les chiens naissent communément avec les yeux fermés; les deux paupières ne sont pas simplement collées; mais adhérentés par üné membrane qui se déchire lorsque le muscle de la pau- pière supérieure est deveñti assez fort pour la relever et vaincre cet obstacle, et la rs part des chiens n’ont les yeux. bhavèrts<æ au dixième ou douzième jour. Dans ce même tems, les os du crâne ne sont pas achevés, le corps est bouffi, le museau gonflé, etleur Q 2 244 HISTOIRE forme n’est pas encore bien dessinée; mais en moins d’un mois ils apprennent à faire _ usage de tous leurs sens, et prennent ens uite de la force et un prompt accroissement. Au quatrième mois ils perdent quelques-unes de leurs dents, qui, comme dans les autres animaux, sont bientôt remplacées par d’au+ tres qui ne tombent plus: ils ont en tout quarante-deux dents, savoir; six 1nCisives en haut et six én bas, deux canines en haut et deux en bas, quatorze mâchelières en hauùt et douze en bas; mais cela n’est pas constant; il se trouve des clriens qui ont plus ou moins de dents mâchelières. Dans ce premier âge; les mâles comme, les fe- melles s’accroupissent un peu pour pisser; cen’est qu'à neuf ou dix mois que les mâles, etinème quelques femelles; commencent à lever la cuisse, et.c’est dans ce même temns qu'ils‘commencent à être‘en, état d’en- gendrer. Le mâle peut s’accoupler en tout tems; mais la femelle ne le reçoit que dans des tems marqués; c’est ordinairement deux fois par an, et plus fréquemment en hyver qu’en été: la chaleur dure dix, douze et quelquefois quinze jours;. elle se marque par. dés signes extérieurs; les parties de la génération sont humides, gonilées et pro- | dre! | gent | et 0 pent€ | jrs à bin la mais© où se} entre ae COUS même qu'on Eur 4 1 préct “lors, Jours(4 grande P'Opoy EE chier) hd W Con,” PL art cat, | perdent à Eu Come( dis dut | At rempla 2x ds à plus:© à li ls, savoir! Bladi as; deux cd nier bn qualorze il Eva bas; ms| ai a puve des c| Ms dents mad M: les anäles 0 TI sent un pd Qt ju dix moi uit femelles,| d'est dust% 2\eus queuti BU'CÉHEEN. 245 éminentes au dehors; il y a un petit écoule- ment de sang tant que cette ardeur dure, et cet écoulement, aussi bien que le gonfle- ment de la vulve, commencent quelques jours avant l’accouplement: le mâle sent de loin la femelle dans cet état, et la recherche; mais ordinairement elle ne se livre que six ou sept jours après qu’elle a commencé à entrer en chaleur. On a reconnu qu’un seul accouplement suffit pour qu’elle conçoive; même en grand nombre; cependant, lors- qu’on la laisse en liberté, elle s’accouple plu- sieurs fois par jour avec tous les chiens qui se présentent: on observe seulement que; lorsqu’elle peut choisir, elle préfère tou- jours ceux de la plus grosse et de la plus grande taille, quelque laids et quelque dis- proportionnés qu’ils puissent être: aussi arrive-t-il assez souvent que de petites chiennes qui ont reçu des mâtins, périssent en faisant leurs petits. M. de Muilly, de Pacadémie de Dion, connu par plusieurs bons ouvrages de litté- rature, m’a communiqué un fait qui mérite: de trouver place dans l’histoire naturelle du chien: voici l'extrait de la lettre qu'il m'a écrite à ce sujet, le 6 octobre 1772. « Le curé de Norges, près de Dijon; pos- 246 HISTOIRE sède une chienne qui, sans avoir jamais porté ni mis bas, à cependant tous les symptômes qui caractérisent ces deux manières d’être. Llle entre en chaleur à peu près dans le même tems que tous les autres animaux de son espèce, avec cette différence qu'elle ne souffre aucun mâle; elle n’en a jamais reçu. Au bout du tems ordinaire de sa portée, ses mamelles se remplissent comme si elle étoit en gésine, sans que son lait soit provoqué par aucune traite particulière, comme 1l ar- rive quelquefois à d’autres animaux aux- quels on en tire, ou quelque substance fort semblable, en fatigant leurs mamelles. El n’y a rien 101 de pareil; tout se fait selon l’ordre de la Nature, et le lait paroïît être si bien dans son caractère, que cette chienne a déjà allaité des petits qu’on lui a donnés, et pour lesquels elle a autant de tendresse, de soins et d'attention que si elle étoit leur véritable mère. Elle est actuellement dans ce cas, etje n'ai honneur de vous assurer que ce que je vois. Une chose plus singulière peut-être, est que la même chienne, il ÿ a deux ou trois ans, allaita deux chats, dont l’un contracta si bien les inclinations de sa nourrice, que son cri s’en ressentit; au bout de quelque tems, on s’aperçut qu’il ressembloit heau- Qoup | Jemer ] | cou] | fréque | nelle | olsea | sans | cepe | de la | Ces a (l! | aprés | ration) | nent: | Hs,| | ford | plnsi Vera dand App lére , k el| b. ordinaire de! L em Lissent com de lé ne son lit 4$ img arlculière| fee j. L d'autres af M ur ou quelque{ dirt gant leusné ls: : toutsehit Ms le Jait puni@: br , que cellec ds di x'on Jura do ET nt de tir! NN: si elle étoi ot Cru Îlement dr So? pus sur ue} us singule E€ Ur ane, L) al ut als, du| de gératt des l td au D d Maui al| res| PL beat ons€ DU CHEEN. 247 coup plus à l’aboiement du chien qu’au miau- lement du chat.»:| Si ce fait de la production du lait, sans accouplement et sans prégnation, étoit plus fréquent dans les animaux quadrupèdes fe- melles, ce rapport les rapprocheroit des oiseaux femelles, qui produisent des œufs sans le concours du mâle.| Une chose que tout le monde sait, et qui cependant en est pas moins une singularité de la Nature, c’est que dans l’accouplement ces animaux ne peuvent se séparer, même après la consommation de Pacte de la géné- ration; tant que l’état d’érection et de gonfle- ment hou: ils sont forcés de demeurer unis, et cela dépend sans doute de leur con- formation. Le chien a non seulement, comme plusieurs autres animaux, un os dans la verge, mais les corps caverneux forment, dans le milieu, une espèce de bourrelet fort apparent, et qui se gonfle beaucoup dans l'érection. La chienne, qui de toutes les femelles est peut-être celle dont le clitoris est le plus considérable et le plus gros dans le tems de la chaleur, présente de son côté un bourrelét, ou plutôt une tumeur ferme et saillante, dont le gonflement, aussi bien que celui des parties voisines, dure peut-être bien Q 4 248 HISTOIRE plus long-tems que celui du mâle, et suffit peut-être aussi pour le retenir malgré lui; çar au moment que l'acte est consommé, 1l change de position; il se remet à pied pour se reposer sur ses quatre jambes;1la même l’air triste; et les efforts pour se séparer ne vien- nent jamais de la femelle.| Les chiennes portent neuf semaines, c’est- à-dire, soixante-trois jours, quelquefois soixante-deux ou soixante-un, et jamais moins de soixante; elles produisent six; sept, et quelquefois jusqu’à douze petits; celles qui sont de la plus grande et de la plus forte taille, produisent en plus grand nombre que lés petites, qui souvent ne font que quatre ou cinq, et quelquefois qu’un ou deux petits, sur-tout dans les premières por- iées, qui sont toujours moins nombreuses que les autres dans tous les animaux. Les chiens, quoique très-ardens en amour, ne laissent pas de durer; il ne paroïît pas mème que l’âge diminue leur ardeur; ils s’'accouplent et produisent pendant toute la vie, qui est ordinairement bornée à quatorze où quinze ans, quoiqu’on en ait gardé quel- ques-uns jusqu’à vingt. La durée de la vie est dans le chien, comme dans les autres ani- maux, proportionnelle au tems de l’accrois- eme] rit au |poitre jaunes iues,€ | ent: | como sur le | YEUX. Ce tres-v | le plu DOS He | tre, si oute le (eson Ré | Im) Yorat | peu Tong- lead || chier | Tale QU DS Tor € celui ds Ur le x de l'acte es 3, il Se reme ire Jambes ; Pur ses femelle, Flent neufs trois Jours | SOLxan(e- le; elles p (ois jusqu'a e la plus 4 produisent (€ # >:» suffit lé ln P mn,] Æ pour se 5 wly dr BUS cg. ® lus eh Mat sx, 10: pélt Meet be Qu gnnd ttes, qui à q, et quelui ut dans ls! 1jOurs moil s tous lead ique très-ar » durer; 1 liminue le >dusent rement Do dv ne ont Oum Œsres por: x Dreuses dm nov Me roi pi &«ar, ik toute Sémtor vu DU CHIEN. 249 sement; il est environ deux ans à croître; il vit aussi sept fois deux ans: l’on peut con- noître son âge par les dents qui, dans la jeunesse, sont blanches, tranchantes et poin- tues, et qui, à mesure qu’il vieillit, devien- nent noires, mousses et inégales: on le connoît aussi par le poil, car il blanchit sur le museau, sur le front et autour des yeux.| Ces animaux, qui de leur naturel sont très-vigilans, très-actifs, et qui sont faits pour le plus grand mouvement, deviennent dans nos maisons, par la surcharge de la nourri- ture, si pesans et si paresseux, qu’ils passent toute leur vie à ronfler, dormir et manger. Ce sommeil, presque continuel, est accom- pagné de rêves, et c’est peut-être une douce manière d'exister; ils sont naturellement voraces où gourmands, et cépendant ils peuvent se passer de nourriture pendant long-tems. Il y a, dans les Mémoires de Pacadémie de sciences(1), l’histoire d’une chienne qui, ayant été oubliée dans une maison de campagne, a vécu quarante jours sans autre nourriture que l’étoffe ou la laine (1) Histoire de l'académie des sciences; année 1706, page 5. es % 250 HISTOIRE d’un matelas qu’elle avoit déchiré. I] paroît que l'eau leur est encore plus nécessaire que la nourriture; ils boivent souvent et abon- damment; on croit même vulgairement que quand ils manquent d’eau pendant long- tems, ils deviennent enragés. Une chose qui leur est particulière, c’est qu’ils paroïssent faire des efforts et souffrir toutes les fois qu'ils rendent leurs excrémens. Ce n’est pas, comme le dit Aristote(1), parce que les in- testins deviennent plus étroits en approchant de l'anus; il est certain, au contraire, que dans Le chien, comme dans les autres ani- maux, les gros boyaux s’élargissent toujours de plus en plus, et que le rectum est plus large que le colon: la sécheresse du tempé- rament de cet animal suffit pour produire cet ellét, et les étranglemens qui se trouvent dans le colon, sont trop loin pour qu’on puisse l’attribuer à la conformation des in- testins. Pour donner une idée plus nette de l’ordre des chiens, de leur génération dans les diffé- rens climats, et du mélange de leurs races, je joins ici une table, ou, si l’on veut, une espèce d'arbre généalogique, où l’on pourra (1) Aristot. de partibus animal. capite ultimo. PIN PA0N "XZ'ZZ PPT 20.11) 720 222//r2 200)/) ZZZXX V4 2097 ar A0["3? L2 2 °H0OG 24970 Y op UN) never+ re 1 1 fl j i L Î- i i i j i 1 î 1 L } 4 mm Je y HAX‘JT PrEUbPÉT Ce dau PURE) POBDIT Rep _— ‘2% 2 JUDANO) YDDUIG 72 LR | O0 D À op UO1Y) AUDI AP _—— Le rer —> DE al a” à on00T D CUT, Sap ‘Rs_ d | SOUEUOtTÉ | Sap UF [SLI tssne uos S9[[9 Jre,u mb EABP Sat Î SJEUUTT9 U[° BU SIT Jo. . S9J101p. AIROSTE ds us sé DO CHIEN 251 voir d’un coup d’œil toutes ces variétés. Cette table est orientée comme les cartes géographiques; et l’on a suivi, autant qu’il étoit possible, la position respective des climats.| Le chien de berger est la souche de l’arbre. Ce chien transporté dans les climats rigou- reux du nord, s’est enlaidi et rapetissé chez les lapons, et paroïît s'être maintenu, et . même perfectionné en Islandé, en Russie, en Sibérie, dont le climat est un peu moins rigoureux, et où les peuples sont un peu plus civilisés. Ces changemens sont arrivés par la seule influence de ces climats, qui n’a pas produit une grande altération dans la forme; car tous ces chiens orit les oreilles droites, le poil épais et long, l’air sauvage, et 1ls n’aboient pas aussi fréquemment ni de la même manière que ceux qui, dans des climats plus favorables, se sont perfection- nés davantage. Le chien d'Islande est le seul qui n'ait pas les oreilles entièrement droites; elles sont un peu pliées par leur extrémité; aussi Islande est, de tous les pays du nord, Vun des plus anciennement habités par des hommes à demi-civilisés.| Le même chien de berger, transporté dans des climats tempérés, et chez des peuples 252 HESTOIRE entièrement policés, comme en Angleterre, en France, en Allemagne, aura perdu son air sauvage, ses oreilles droites, son poil rude, épais et long, et sera devenu dogue, chien courant et mâtin par la seule influence de ces climats. Le mätin et le dogue ont encore les oreilles en partie droites; elles ne sont qu’à demi-pendantes; et 1ls res- semblent assez, par leurs mœurs et par leur naturel sanguinaire, au chien duquel:ils ürent leur origine Le chien courant est celui des trois qui s’en éloigne le plus; les oreilles longues, entièrement pendantes, la douceur, la docilité, et, si on peut le dire, la timidité de ce chien, sont autant de preuves de la grande dégénération, ou, si lon veut» de la grande perfection qu’a produite une longue domesticité, jointe à une éducation soignée et suivie.| Le chien courant, le braqué et le nés ne font qu’une seule et même race de chiens; car l’on a remarqué que dans la même portée il se trouve assez souvent des chiens courans, des braques et des bassets, quoique la lice n'ait été couverte que par l’un de ces trois chiens. J'ai accolé te braque de Bengale au braqué commun, parce qu’il n’en diffère en eflet que par la robe, qui est mouchetée; et | |: Le; nt ES Anglet 3 1Æta perdu dis» SON) à&l:enu don Sle inflne (l dogue r( roites: à al æ et sy ME et par} = duque ch Picourant où œule plus, elg ndante 0@ eut led at si de pren due 1 lon ui'oduite r >(eue éduct at ct le bi nÊtse de chi 1slt 1ème poi Lans cour lmique h} | pile ces il ul Æ Berg "if a diet » esucheltt; EE 7 Jeu?’ un ES SZ EE € SZ VOYAIT ee ZE : 4 = = na RE ne re AR Re ob S met, f; h. 1: 4 var veu DU CHIEN. 255 j'ai joint de même le basset à jambes torses au basset ordinaire, parce que le défaut dans les jambes de ce. ne vient originaire- ment que d’une maladie semblable au ra- chitis, dont quelques individus ont été attaqués, et dont ils ont transmis le résultat, qui est la déformation des os, à leurs des- cendans. Le chien courant, transporté en Espagne eten Barbarie, où presque tous les animaux ont le poil fin, long et fourni; sera devenu épagneul et barbet. Le grand et le petit épa- gneul, qui ne différent que par la taille, transportés en Angleterre, ont changé de couleur du blanc au noir, et sont devenus, par l'influence du climat, grand’et petit gredins, auxquels on doit joindre le pyrame, qui n’est qu’un gredin noir comme les autres, mais marqué de feu aux quatre patles, aux yeux et au museau. Le mâtin, transporté au nord, est devenu. grand danois; et transporté au midi, est de- venu lévrier. Les grands lévriers viennent du Levant, ceuxde taille médiocre, d’Etahe; et ces lévriers d'Italie, transportés en Angle- terre, sont devenus levrons, c’est-à-dire, lévriers encore plus petits. Le grand danois, transporté en frlande, HISTOI R E en Ukraine, en Phase en Epire, en Al- banie, est nn chien Phéhrndce etc"est le plus grand de tous les chiens. Le dogue, transporté d'Angleterre en Danemarck, est devenu petit danois; et ce même petit danois, transporté dans les cli- mats chauds, est devenu chien turc. Toutes ces races, avec leurs variétés, n’ont été pro- duites que par l'influence du climat, jointe a la douceur de labri, à leffet de la nour- riture, et au résultat d’une éducation soi- gnée. Les autres chiens ne sont pas de races pures, et proviennent du mélange de ces premières races. J’ai marqué, par des lignes ponctuées, la double origine de ces races métives. Le lévrier et le mälin ont produit le lévrier métis, que l’on appelle aussi lévrier à poil de loup. Ce métis'a le museau moins effilé que I] le franc lévrier, qui est très-rareen France.| Le grand danois et le grand épagneul ont produit ensemble le chien de Calabre, qui est un beau chien à longs poils tés Ras plus grand, par la taille, que les plus gros matins.| L’épagneul et le basset nt un autre chien que l’on appelle burgos. L'épagneul et le petit danois produisent le 254 [1h: \ 4 SE ire, li Ese;« *| Es gleten, pa Janox d Ch À PIS dans ka dl 2 Lure, 7, EE ont ét e(b ümalÿ An VE 1cation: € Spas den lu| ange à D ur desk 19) Sie can it puit lek 15! ÈS er pi au Dee 15 ef! si æ jen Fran. gr M pagnell( in(4 salabre,( Æ Lou, d}=: plist ro 190 ant é codusti Le Crex Turc dE xx. M= de la ll: > 5e£ 2144: LE PBIcHON CHIEN LIow. T23. L'add PCR‘s% LL, à Æ TES ré Le 2 Le NV IK+ NS ESS 11 LE DOGUE DE FORTE RACE. LES PSS| PSE TT TR TAC SE PS Æ. Voysard Jeup: d vies Mais pour end! luneds Le M du dobs DU CHIEN. 255 chien-lion', qui est maintenant fort rare. Les chiens à longs poils, fins et frisés, que l’on appelle bouffes, et qui sont de la taille des plus grands barbets, viennent du grand épagneul et du barbet. Le petit barbet vient du petit“eue et du barbet. Le dogue produit, avec le mâtin, un chien métis que l’on appelle dogue de forte race, qui est beaucoup plus gros qué le vrai PRE ou dogue d'Angleterre, et qui tient plus du dogue que du mâtin.| Le doguin vient du dogue d'Angleterre et du petit danois(1). Feuor ki| Tous ces chiens sont des métis éineli: et viennent du mélange dé deux races pures: Mais:l y a encore d’autres chiens qu'on pourroit appeler doubles métis, parce qu’ils viennent du mélange d’une race pure et d’une race déja mêlée. Le roquet est un double métis qui vient du doguin et du petit danois. (1) Le doguin est fort à la mode aujourd’hui, sous le nom de carlin, qu’on lui a donné à cause de l’es- pèce de marque noire, ressemblant à la figure d’un arlequin, rôle dans lequel Carlin a acquis une grande réputation. SONNINI. | 8. Poyeuré DE: 256 HISTOIRE Le chien d’Alicante est aussi un double métis qui vient du doguin et du petit épagneul. Le chien de Malte, ou bichon, est encore un double métis qui ist du petit épagneul et du petit barbet.| Enfin, il y a des chiens qu’on pourroit appeler triples métis, parce qu’ils viennent du mélange de deux races déjà mêlées toutes deux: tel est le chien d'Artois, islois ou quatre-vingt, qui vient du doguin et du roquet; tels sont encore les chiens que l’on appelle vulgairement chiens des rues, qui ressemblent à tous les chiens en général sans ressembler à aucun en particulier, parce qu'ils proviennent du mélange de races déjà plusieurs fois mêlées. CEUIENS-MULETS. [| st st Qu ï bi à Et 7 En po ICE DS|s vie l'A©, jh dB mi dl Les! ns quel: jen ES: ru ns Ms éntrl dl pa M er, pu | lan Lace racl DU CHIEN.“257 CHIENS-MULETS. PROVENANT D'UNE LOUVE E T D'UN CHIEN BRAQUE. VE. SURIREY de Boissy, que jai déjà cité(1), m'a fait l'honneur de m'écrire au mois de. mars 1776, une lettre par laquelle il m’in- forme que dequatre jeunes animaux produits le 6 juin 1775, par le chien braque et la louve, deux femelles avoient été données à des amis, et n’avoient pas vécu; que la dernière femelle et le seul mâle, produit de cetie portée, ont été conduits alors à une des terres de M. le marquis de Spontin, où ils ont passé l’automne; et qu'après le cruel accident arrivé au cocher de sa maison, par la morsure de la mère louve, on l’avoit tuée sur le champ. M. de Boissy ajoute que de ces (1) Volume XXII de cette Histoire Naturelle, pages 407 et suivantes. en Tome XXÏIL.|| R 258 HISTOIRE deux métis. la femelle, dès sa jeunesse, étoit moins sauvage que le mâle, qui sembloit tenir, plus qu’elle des caractères du loup; qu’ensuite on les a transférés en hyver au château de Florennes, qui appartient aussi à M. le marquis de Spontin; qu'ils y ont été bien soignés et sont devenus très-fami- liers; qu’enfin le 50 décembre 1775, ces deux animaux se sont accouplés, et que la nuit du > au 3 mars la femelle a mis bas quatre jeunes, etc. Ensuite M. le:marquis de Spontin a eu la bonté de m'écrire de Namur, le 21 avril 1796. que dans le desir de me satisfaire pleinement sur, les nouveaux procréés de ces animaux métis, il s’est transporté à sa campagne pour observer attentivement les différences qu’ils pouvoient avoir avec leurs père et mère. Ces jeunes sont an nombre de quatre,. deux mâles, et deux femelles; ces dernières ont les paltes dé devant blanches, ainsi que le devant de la gorge, et Ja queue très-couïte comme Jeur«mère; cela vient de ce que ke mâtin qui à couvert la louve, n’avoit pas plus de queue qu’un chien d'arrêt. L'un des mâles est d’un brun presque noir; L. ressemble beaucoup plus à un chien. qu'à un loup, quoiqu'il soit le plus sauvage de tous M et pan la m8 le pl obli,%8 ace | fair vou jeun# | pour Li | poux 4 ils& le vid Pat k2 4 ne Éd Mas i l'en u ktué droit. un, ou n Cond$ v de VE trèsh nt# 15, cale 8,€ MD: la nul a labs qu Mont Nan Æ leu dé: sir eaté roms! SE| eciportit a] ler vemell: nt{@ av Î on!& snombte eut M nells; : dE thln go] e=et R qu 4 si ml des cela 1 co s le lu d'in endi ul teiqué We | ÿ j e ani BU: CHERE N. 25g tous. L'autre mâle n’a rien qui le distingue, et paroît ressembler également au pére et à la mère: les deux mâles ont la queue comme le père. M. le marquis de Spontin ajoute obligeamment:«Si vous vouliez, monsieur, accepter l’offre que j'ai l'honneur de vous faire, de vous envoyer et faire conduire chez Vous, à mes frais, le père, la mère et deux jeunes, vous m’obligeriez sensiblement: pour moi, je garderai les deux autres jeunes, pour voir si l’espèce ne dégénèrera pas, et s'ils ne reviendront pas de vrais loups où de vrais chiens».| Par une seconde lettre datée de N amur, le 2 juin 1776, M. le marquis de Spontin me fait l’honneur de me remercier de ce que J'ai cité son heureuse expérierice dans mon volume de supplément à Phisioire na- turelle des animaux quadrupèdes, et il me mande qu'il se propose de faire la tentative de laccouplement des chiens et des renards; mais que pour celle du loup et de la chienne, il en redouteroit l'entreprise, imaginant que le caractère cruel et féroce du loup le ren- droit encore plus dangereux que ne lavoit été la louve.« Le porteur de cette lettre- ajoute M. de Spontin;“est chargé de la conduite des deux chiens de la première R 2 259 HISTOIRE génération, et de deux de leurs jeunes; entre lesquels j'ai choisi les plus forts et les plus ressemblans tant au père qu’a la mére, que je vous envole avec EUX. Il m'en reste donc deux aussi, dont l’un a la queue toute courte comme le chien lavoit, et sera d’un noir foncé. Il paroît être aussi plus docile et plus familier que les autres; cependant il conserve encore l’odeur de loup, puis- qu’il n’y a aucun chien qui ne se sauve dès qu’il le sent; ce que vous pourriez éprouver aussi avec ceux que je vous envoie. Le père et la mère n’ont jamais mordu personne, et sont même très-caressans; vous pourrez les faire venir dans votre chambre comme je faisois venir la louve dans la mienne, sans courir le moindre risque. Le voyage pourra les familiariser encore davantage; jai préféré de vous les envoyer ainsi, ne croyant pas qu'ils pussent s’habituer dans un panier, n'ayant jamais été enfermés ni attachés, etc.» Ces quatre animaux me sont en effet arri- vés au commencement de juin 1776, et Je fus obligé d’abord de les faire garder pendant six semaines dans un lieu fermé; mais, m'a- percevant qu’ils devenoient plus farouches, je les mis en liberté vers la fin de juillet, 8 ave du| 16 SMrouvu! YC{ Ë père L 1 eonne,| O1 Mure o] somme| p« Eee | aliens,| . Msvoye. 01 à sant 4| ji simon, | | 5 der ds sumél | | | dgpfetan 1 166,4) | pendu 6 vus, | ou| ut | |, € DU CHIEN. 261 et je les fis tenir dans mes jardins pendant le jour, et dans une petite écurie pendant la nuit.[ls se sont toujours bien portés au moyen de la liberté qu’on leur donnoit pendant le jour; et, après avoir observé pendant tout ce tems leurs habitudes na- turelles, j'ai donné à la ménagerie du roi les deux vieux, c’est-à-dire, le mâle et la femelle qui proviennent immédiatement du chien et de la louve, et jai gardé les deux jeunes, l’un mâle et l’autre femelle, prove- nant de ceux que j'ai envoyés à la ménagerie. Voici l’histoire et la description particu- lière de chacun de ces quatre animaux. HISTOIRE. CHIENS-MULET.S. DU MALE, PREMIERE GÉNÉRATION. Lravoit plus de rapport avec le loup qu'avec le chien par le naturel, car il conservoit un peu de férocité; il avoit l'œil étincelant, le regard farouche et le caractère sauvage; 1l aboyoiïit au premier abord contre tous ceux qui le regardoient ou qui s’en approchoient; ce n’étoit pas un aboiement bien distinct, mais plutôt un hurlement qu'il faisoit en- tendre fort souvent dans les momens de besoin et d’ennui: il avoit même peu de douceur et de docilité avec les personnes qu'il connoissoit le mieux; et peut-être que s’il eût vécu en pleine liberté, il fût devenu un vrai loup par les mœurs. 1l n’étoit fami- lier qu'avec ceux qui lui fournissoient de la nourriture. Lorsque la faim le pressoit, et que l’homme qui en avoit soin Jui don- noit de quoi la satisfaire, il sembloit lui LA MX Loire © Soit 6 Ant|| (ni 0 ceux p Moïent 1 2itinct 1} alhit en NE Go 1É eu de à apeson| 6 Beat| 1@fleven g AM: lan| 1 nt d | adessol, ] did > à dl lil HU: CHI FIN, 263 témoigner de la reconnoissance en se dres- sant contre lui, et lui léchant le visage et les mains. Ce qui prouve que c’est le besoin qui le rendoit souple et caressant, c’est que dans d’autres occasions il cherchoit souvent à mordre la main qui le flattoit. IL n’étoit donc sensible aux caresses que par un gros- sier intérêt, et il étoit fort jaloux de celles que l’on faisoit à sa femelle et à ses petits pour lesquels il n’avoit nul attachement. IE les traitoit même plus souvent en ennemi qu’en ami,et ne les ménageoit guère plus que des animaux qui lui auroient été étran- sers, sur-tout lorsqu’il s’agissoit de partager la nourriture, On fut obligé de la lui donner séparément et de l’attacher pendant le repas des autres, car il étoit si vorace qu'il ne se contentoit pas de sa portion, mais se jetoit sur les autres pour les priver de la leur. Lorsqu'il voyoit approcher un in- connu, il s’irritoit et se mettoit en furie, sur-tout sil étoit mal vêtu; il aboyoit, il hurloit, grattoit la terre, et s’élançoit enfin sans qu’on pût l’apaiser, et sa colère du- roit jusqu'à ce que l’objet qui lPexcitoit se retirât et disparüt. Tel a été son naturel pendant les six pre- mières semaines qu'il fut, pour ainsi dire, I 4 204 HISTOIRE en prison; mais, après qu'on l’eut mis en liberté, il parut moins farouche et moins méchant.[l jouoit avec sa femelle et sem- bloit craindre le premier jour de ne pouvoir assez profiter de sa liberté, car il ne cessoit de courir, de sauter et d’exciter sa famille a en faire autant. Il devint aussi plus doux à l'égard des étrangers; il ne s’élançoit pas contre eux avec autant de fureur, et se contentoit de gronder; son poil se hérissoit à leur aspect, comme il arrive à presque tous les chiens domestiques, lorsqu'ils voient des gens qu’ils ne connoïssent pas approcher de leur maître, ou même de son habitation. Il trouvoit tant de plaisir à être libre, qu’on avoit de la peine à le reprendre le soir pour l'emmener coucher. Lorsqu'il voyoit venir son gouverneur avec sa chaîne, il se défioit, s’enfuyoit, et on ne parvenoit à le joindre qu'après l'avoir trompé par quelques ruses; et aussitôt qu’il étoit rentré dans son écurie, il faisoit retentir ses ennuis par un hurle- ment presque continuel qui ne finissoit qu'au bout de quelques heures. Ce mâle et sa femelle( p/anche XXIV) étoient âgés de trois ans et deux mois, en août 1776, tems auquel je les ai décrits; ainsi ils étoient parfaitement adultes, Le mâle M D M: héri art à pra 8,1 ee lilsron î en pi de$ Mauabithe, ÉtE 0 reg enc Ë ant Œ je déltl eno|&. le job ir qAEes ru 6 dd ren éru uis em huit qu el E; MOD L Berliant CHIEN MULET FEMELLE, 2° Génération), es al Bts; dul eL mil ae eus ner enorme er étoit% av sens; À près, à quet® du mt envi® l'épai® | quel guet x Ï tert DU CHIEN. 205 étoit à peu prés de la taille d’un fort mâtin, il avoit même le corps plus épais en tout sens; cependant il n’étoit pas, à beaucoup près, aussi grand qu’un vieux loup; il n’avoit que trois pieds de longueur depuis le bout du museau, jusqu’à l’origine de la queue, et environ vingt-deux pouces de hauteur depuis l'épaule, jusqu’à l'extrémité des pieds; tandis que le loup a trois pieds sept pouces de lon- gueur, et deux pieds cinq pouces de hauteur. Il tenoit beaucoup plus du chien que du loup, par la forme de la tête, qui étoit plu- tôt ronde qu’alongée. Il avoit, comme le _mâtin, le front proéminent, le museau assez gros, et le bout du nez peu relevé: ainsi l’on peut dire qu'il avoit exactement la tête de son père chien, mais la queue de sa mère louve; car cette queue n’étoit pag courte comme celle de son père, mais presque aussi longue que celle du loup. Ses oreilles étoient recourbées vers l'extrémité, et ténoient un peu de celles du loup,se tenant toujours droites, à l’exception de l’extrémité, qui retomboit sur elle-même en touttems, même dans les momens où il fixoit les objets qui lui déplaisoient; et ce qu’il y a de singulier, c’est que les oreilles, au lieu d’être recour- bées constamment de chaque côté de la tête, 266 HISTOIRE étoient souvent courbées du côté des yeux; et il paroît que cette différence de mouve- ment dépendoit de la volonté de lPanimal; elles étoient larges à la base, et finissoient en pointe à l'extrémité. Les paupières étoient ouvertes presque horizontalement, et les angles intérieurs des yeux assez près l’un de l’autre, à proportion de la largeur de la tête. Le bord des pau- pières étoit noir, ainsi que les moustaches, le bout du nez et le bord des lèvres. Les yeux étoient placés comme ceux du chien, etles or- bites n’étoient pas inclinées comme dans le ‘loup. L’iris étoit d’un jaune fauve, tirant sur le orisâtre. Au dessus des angles intérieurs des yeux, il y avoit deux taches blanchätres, posées vis-à-vis l’une de lautre; ce qui paroisséit augmenter l’air féroce de cet ani- mal. Il étoit moins haut sur ses jambes que son père chien, et paroissoit tenir beaucoup du loup par les proportions du corps et par les couleurs du poil: cependant le train de derrière sembloit être un peu plus élevé que dans leloup, quoiqu'il fût plus bas que dans le chien; ce qui provenoit de ce que les jambes de derrière dans lé loup, sont beau- coup plus coudées que dans le chien, et c'est ce qui donne au loup l'air de marcher sur ges lé| vent à encor" reste, ainsi poirs À que du marc/® moit des pi Jongle iloier& pied FL ver® ur des fire, 0 lit deus bn SU resq F fs mou lnoit# lenue« Vol OI Si:| le la ba e: han é, ent 6 Fa san a Me ériemne C P au# Propor te. IP sy que! Bent des! 07: Let eux€ Be eh lincé© ind ane À ss truiwk ang)@æ térmk and e dé Blirine air| Beridecte it su) Île jus! )isso! Me rh tion} Morts e Fr fi| enol b ce qu”| 1e] Most land st ir Bu di pe”| DU CHIEN. ses talons. Cet animal avoit aussi plus de ventre que les chiens ordinaires, et tenoit encore ce caractère de sa mère louve. Au reste, les jambes étoient fortes et nerveuses, ainsi que les pieds, dont les ongles étoient noirs en plus grande partie, et plus alongés que dans le chien. L'animal les écartoit en marchant; en sorte que la trace qu’il impri- moit sur la terre étoit plus grande que celle des pieds du chien. Dans les pieds de devant, l’ongle externe et l’ongle qui suit l’interne étoient blancs ou couleur de chair; dans le pied gauche de derrière, les deux ongles qui suivent l’interne, étoient de cette même cou" leur de chair; et dans le pied droit de der-' rière, 1l n’y avoit que l’ongle externe qui füt de cette même couleur. La queue étoit longue, fort semblable à celle#du Isup, et presque toujours trainante; ce n’est que dans ‘ les momens de la plus grande joie, que lani- mal la relevoit: mais, dans la colère, 1l la tenoit serrée entre ses jambes, après l'avoir tenue d’abord horizontalement tendue, et l'avoir fait mouvoir sur toute sa longueur; ce quiest une habitude commune aux chiens et aux loups. Le poil de cet animal ressembloit en ot a celui du loup. Le tour des yeux étoit mêlé 267. _. 268 HISTOIRE de fauve et de gris, et cette couleur venoit se réunir avec le brun roux qui couvroit le dessus du nez; ce brun roux étoït mêlé d’une légère nuance de fauve pâle. Le bas des joues, les côtés du nez, toute la mâchoire infé- rieure, le dedans des oreilles et le dessus du ‘cou étoient d’un blanc plus ou moins sale; la face extérieure des oreilles étoit d’un brun mêlé de fauve; le dessus de la tête et du cou, d’un jaune mêlé de gris cendré; les épaules, la face antérieure de la jambe, le dos, les hanches et la face extérieure des cuisses étoient de couleur noire, mêlée de fauve pâle et de gris. Le noir dominoit sur le dos et le croupion, ainsi que sur le dessus des épaules, où néanmoins il étoit comme rayé par le mélange du gris. Sur les autres parties des épæules#sur les flancs et les cuisses, le poil étoit d’une légère teinte de jaune pâle jaspé de noir par endroits; le dessous du ventre étoit d’un jaune pâle et clair, un peu mêlé de gris; mais il étoit blanc sur la poi- trine et autour de l'anus. Les jambes étoient d’un fauve foncé en dehors, et en dedans, d’un blane grisâtre; les pieds étoient blancs, ayec une légère teinte de fauve. Sur l’extré- mité du corps, on remarqüoit de grands poils fauves, mêlés de poils blancs, qui ve- nolel Janus elle él poils l fort g' form" poils dessct étoit! | oreil Æ y, ssus d Et: els mis cl lens e la ÿ x, 4 ext me noire Es|é Lin ir da Enr quel Es let ns LES om s. Su BJatant flanct Pses cui, re tel JR le ju ndro]©— à ds 16 pè>» sir 8 étoil feu nus.| ni j deht* es pl À En » del 2 Sul? rend E kg g g DU CHIEN.. 269 noientse réunir avec ceux qui environnoient l'anus; la queue étoit bien gafnie de poils; elle étoit même touffue: la dispôsition de ces poils la faisoit paroître étroite à sa naissance, fort grosse dans sa longueur, courbe dans sa forme, et finissant par une petite huppe de poils noirs: ces poils étoient blancs par dessous, et noirs en dessus; mais ce noir étoit mêlé de gris et de fauve pâle. 270 HISTOIRE . PRE amet RTS CHIENS-MULETS. DE LA FEMELLE, PREMIERE GÉNÉRATION. Lr naturel de cette femelle nous a paru tout différent de celui du mâle; non seulement elle n’étoit pas féroce, mais elle étoit douce et caressante; elle sembloit même agacer les personnes qu’elle aimoit, et elle exprimoit sa Joie par un petit cri de satisfaction. 1] étoit * aboyoit quelguefois à l'aspect d’un objet in- connu, mais sans donner d’autres signes de colère: son aboiïiement étoit encore moins décidé que celui du mâle; le son ressembloit à celui de la voix d’un chien fort enroué. Souvent elle importunoit à force d’être ca- ressante; elle étoit si douce, qu’elle ne se défendoit même pas des mauvais traitemens de son male; elle se rouloit et se couchoit à ses pieds, comme pour demander grace. Sa rare qu'elle fût de mauvaise humeur; elle physionomie, quoique fort ressemblante à celle* nalul| mare* peau À maya* le bei queL* port ligne à “pied. | EU sa IN et la elle d Epus 0 angles. ln 4 ném| breilles lle te tourt lenot s Or] 4 pe j Ule;{ = ME pa CES EU. eme}l Ein, malé F Dei L N1 all& ee Edo l bloit&æs ne tk Oit, 1@(et de sd bin] au VA tuner l'asp} 8 an ob: iner| Bases it etq de comm. ile; 1 Ge resal n ch@rutar ao! Ole dé doul& rer md My tra uloit#3 ani r dei Qu’ f gril} fort dolls EL= oreilles courtes et toujours droites; BE CHEEN, 271 celle de la louve, ne démentoit pas ce bon naturel; elle avoit le regard doux, la dé- marche libre, la taille bien prise, quoique beaucoup au dessous de celle du mâle, n'ayant que deux pieds neuf pouces depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue: sa hauteur étoit dans la même pro- portion, n'étant que de vingtun pouces trois lignes depuis l’épaule}; JR a l'extrémité du pied. Elle avoit hein de rapport avec. sa mère louve, par la formé de la tête et la couleur du poil de ceite partie; comme la louve épals auprès des yeux; de manière que les” angles en étoient beaucoup plus éloignés l'un de l’autre, que dans le chien, et même que dans le mâle que nous venons de décrire: elle avoit aussi, comme la louve, le elle avoit, front plat, le bout du nez un peu relevé, les orbites des yeux un peu inclinées, les mais elle tenoit du chien par sa queue, qui étoit courte et émoussée; au lieu que le mâle tenoit sa queue de la louve. Elle avoit les oreilles droites, larges à la base, et finissant en pointe, sans se replier, comme celles du mâle; ainsi, elle ressembloit encore parltai- ‘le: museau.#. ps‘ tement à sa mère par ce caractère: elle étoif d’une grande légèreté, étant plus haute sur ses jambes à proportion que le mâle. Elle avoit aussi les cuisses et les jambes plus fines: elle sautoit à une hauteur très-considérable, et auroit aisément franchi un mur de six ou sept pieds; elle avoit six mamelons sous le ventre. Au reste, elle avoit, comme le mâle, le bord des paupières, les lèvres et le bout du nez noirs; l'iris étoit jaunâtre; le tour des yeux fauve foncé, plus clair au dessus des paupières supérieures; les yeux et les màâ- choires blanches: entre les deux yeux, + étoient des poils bruns, qui formoient une pointe sur le sommet de la tête. Le poil du corps étoit noir, jaspé de gris par le mélange des poils blancs: le noir étoit plus marqué depuis les épaules jusqu’au croupion; en sorte que, dans cet endroit, cette femelle étoit plus noire que le mâle. Les côtés du corps et le cou, jusqu'aux oreilles, étoient de couleur grisâtre; les poils étoient blancs à la racine, et noirs à leur pointe; Le derrière des épaules et les faces du cou étoient fauves; le dedans des oreilles, le tour de la lèvre supérieure, toute la mâchoire inférieure, la poitrine, le ventre, le dessous de la queue et le tour de l'anus, étoient plus où moins blancs; 01! À he Le o db “ (] in) deu ni} teur] En A nc Eu ‘avol œ fe & , les! ee: set| oit jal Etiletn lus cl td ; ler th ntrel= JL 1s,q{é mm de Sly de g'æœrhn noir|| dus usqui Ca endr| Psiele fr L Le ont&s:Les dk ju‘au!© Siné es pd D sietlé eur p la HL(er 7] i ter PAT T cn| Bis j) dessl| 19 hqu À ou& w J| DU CHIEN. 273 blancs; mais ce blanc étoit moins: net et moins apparent que dans le mâle;'et il étoit dans quelques endroits mêlé de jaune pâle, ou de gris cendré. Le sommet et les côtés de la tête, le dessus du museau, Le dehors des oreilles, la face extérieure des jambes, et le bas des côtés du corps, étoient roussâtres où jaunâtres; le dedans des jambes étoit, comme le‘ventre, presque blanchätre: elle n'avoit. pas, comme le mâle, des taches blanches sur les yeux ni sur le cou. Le tour des lèvres, les sourcils, les paupières, les moustaches, le bout du nez et tous les ongles, étoient noirs; la queue ressembloit à celle du père chien; elle étoit toute différente de celle du mâle, qui, comme nous l'avons dit, ressembloit à la queue de la mère louve. Celle de cette femelle étoit courte, plate et blanche en dessous, couverte en dessus de poils noirs légèrement nuancés d’un peu de fauve, et terminée par des poils noirs. En comparant la couleur du poil des pieds à cellé des ongles dans ces deux indi- vidus mâle et femelle, il paroît que la cou- jeur des ongles dépendoit beaucoup de la couleur du poil qui les surmontoit; je crois même que ce rapport est général, et se re- connoît aisément dans la plupart des ani- Tome XXIII. 5 arf HISTOIRE maux. Les bœufs, les chevaux, les chiens, etc. qui ont du blanc immédiatement au dessus de leurs cornes, sabots, ergots, etc., ont aussi du blanc sur ces dernières parties; quelquefois même ce blanc se manifeste par bandes, lorsque les jambes et les pieds sont de différentes couleurs. La peau a de même beaucoup de rapport à la couleur du poil, presque toujours blanche où le poil est blanc, pourvu qu’il le soit dans toute son étendue; car si le poil n’est blanc qu'à la pointe, et qu’il soit rouge ou noir à la racine, la peau est alors plutôt noire ou rousse que blanche. 'OI A; cheva 24,| média Er}, 1 DIT in:.: ces d Er y,. D Ÿ+| ( em, jambe& x lanchi» le N| À lesdb» tu|: poil 1} Ebay, It rot Su w| alors leriit ni, Mn TN AT LIT TLTUL Qc,.| fe DL TARN OR| k\ j MU i L\ qi é Sn L û QUIL UT :. PBerbhaut Sup: MuLETr FEMELLE 2° Generakon? DU CHIEN. 275 DU MALE, SECONDE GÉNÉRATION. L: mâle et la femelle de Ja première géné- ration, nés le 6 juin 1779, se sont accouplés le 50 décembre 1775, et la femelle a mis bas quatre petits le 3 mars 1776; elle étoit donc âgée de deux ans et environ sept mois lorsqu'elle est entrée en chaleur, et la durée de la gestation a été de soixante-trois jours, c'est-à-dire, égale au tems de la gestation des chiennes. Dans cette portée de quatre pelits, 1l n’y avoit qu’un mâle et trois fe. melles, dont deux sont mortes peu de tems après leur naissance, et il n’a survécu que le mâle et la femelle(voyez planche XXVW), dont nous allons donner la description prise en deux tems différens de leur âge. Au 5 de septembre 1776, c’est-à- dire, S 3 270 HISTOIRE à l’âge de six mois, ce jeune mâle avoit les dimensions suivantes: Longueur du corps mesuré en ligne pieds. pouces. lignes. droite, depuis le bout du nez jus- qu'à l’origine de la queue....... 2 2» Hauteur du train de devant...... 6» Hoeuteur du train de derrière..... 1 5» Longueur du museau jusqu’à l’occi- PU. mor.+. à++ 0 nes») 7» Distance du bout du museau jusqu’à à- Rat ue, 2 10 Distance de l’œil à l'oreille..... SE I 9 Longueur de l’oreille.......... 4» Largeur de l'oreille à sa base.....» 2 4 Longueur de la queue...... k» 9» Depuis le ventré jusqu'à terre.... 9 6 Il n'a pas été possible de prendre ces mêrhes dimensions sur le père mâle, à cause de sa férocité. Ce même naturel paroît s’être communiqué, du moins en partie, au Jeune mâle, qui, dès l’âge de six mois, étoit fa- rouche et sauvage; son regard et son main- tien indiquoïent ce caractère. S'il voyoit un étranger, il fuyoit et alloit se cacher; les caresses ne le rassuroïent pas, et il conti- nuoit à regarder de travers l’objet qui Pof- fusquoit; il fronçoit les sourcils, tenoit sa tête baissée et sa queue serrée entre 565 OI! à unt rè en F du nez| a:. int.. 1 e ère. .. il qua l'a '. eau jus Ets 1 | 1e — ssible| r Je pl mé nal ins ET de six on res yraclè t allo À 8 TE 5 ES 8, pu, _ — A 4 bei Ba(] te dl F ok: Qui Mpsons à op D'U: CHIEN. 277 jambes; il frémissoit et trembloit de colère ou de crainte, et paroissoit se défier aloré de ceux qu'il connoissoit le mieux; et s’il ne mordoit pas, c’étoit plutôt faute de har- diesse que de méchanceté. L'homme qui en avoit soin, avoit beaucoup de peine à le reprendre le soir dans les jardins, où il étoit avec ses père et mère pendant le jour. Il avoit, comme son père et sa grand’mère louve, la queue longue et traïnante, et tenoit de son père et de son grand- père chien, par la tête qui étoit assez ramassée, par les orbites des yeux qui étoient à peu près horizontales, et par l'intervalle entre les yeux qui étoit assez petit. Par tous ces caractères, il ressembloit exactement à son père, mais il avoit les oreilles plus grancles à proportion de la tête; elles étoient pendantes sur presque toute leur longueur, au lieu que celles du père n’étoient courbées qu'à leur extrémité, sur environ un tiers de leur longueur. Il différoit encore de son père par la couleur du poil qui étoit noir sur le dos, sur les côtés du corps, le dessous du cou et de la queue, et par une bande de même couleur noire qui passoit sur le front, et qui aboutissoit entre les oreilles et 1 yeux. Le poil étoit mélangé de fauve, de S 9 278 HISTOIRE gris et de noir sur le haut des cuisses, le derrière des épaules, le dessus et les côtés du cou; et un peu de roussâtre tirant sur le brun dans la bande qui passoit sur le front: le poil du ventre étoit fort court, aussi rude au toucher, et aussi grisâtre que celui d’un vrai loup. sé| Le sommet de la tête, le tour des yeux, les côtés et le dessus du nez, le dehors des oreilles et le dessus des jambes étoient cou- verts dun poil de couleur roussâtre ou jau- nâtre, mêlé de brun seulement sur le bord extérieur des oreilles jusqu'a leurs extrémités et sur le sommet de la tête; cette couleur jaunâtre étoit plus pâle sur la face intérieure des jambes de devant. Ea partie supérieure de la face intérieure des cuisses, ainsi que celle des jambes, le devant de la poitrine, le dessous de la queue, le tour de l'anus, le dedans des oreilles, le bas des joues et toute la mächoire inférieure étoient d’un blanc sale mêlé d’un jaune pâle en quelques endroits; les oreilles étoient bordées à l’in- térieur, de cette même couleur jaunâtre, et Von en voyoit des traces au devant de la poitrine et sous la queue. Les jambes de devant étoient comme celles des chiens, mais celles de derrière étoient coudées, et mê un | pied son pol end car sa 1 OIR: Le€ r tre è T'Ousé sn. ra jui pas Gr k L' it lort| D gs p lé, êle 1 Bu, pr nel{ des jan AT TER ouleur! : Ai e la tetl à de, &treny n seulé LS sy} sJusqu'À Me: extr: «He nv âle sur! Æ » devan api: eue,| a: dx les, lel Bees je: infériel toi: | FAT: jaune! Mn QU |!(A toië D dei | À h:| ne cou| der races| queué tl me cê et re éto Pos "vaut? nb s cd en La} Bex sup e des c|@x, ani! DU.CHEEN: z278 même plus que celles du père; elles étoient un peu torses en dedans: il avoit aussi les pieds à proportion plus forts que ceux de son père et de sa mère. Il avoit les ongles noirs, ainsi que le dessous des pieds aux endroits qui étoient sans poils, et ce dernier caractère lui était commun avec son père et sa mère. 280 HISTOIRE CHIENS-MULETS. DE LA FEMELLE, SECONDE GENERATION. Crrrr jeune femelle, âgée de six mois, le 3 septembre 1776, avoit les dimensions suivantes: Longueur de la tête et du corps me- pieds. pouces. lignes surés en ligne droite, depuis le bout du nez jusqu’à l’origine de D|... EE À 2» Hauteur du train de devant...... 1 2 6 Hauteur du train de derrière..... 1 n Depuis le bout du nez jusqu’à l’oc- St EP TES CL se de» 7 6 Du bout du nez à l’œil...... A ES 3 2 Distance de l’œil à l'oreille.*....» 2:‘4 Longueur de l'oreille....... 4: 10 Largeur de l'oreille à sa base.....» 2 3 Lonpuenr de MqUeue..:..:::...> 5 10 Depuis le ventre jusqu’à terre......» 9» On voit, par ces dimensions, que celte feme. que] plus| maux pére jeune et le st le Sence “tette: de st lasse) ilole ingue purs: toit: Dortt El père| tlle| sous; le res mas de fa noir 4 Peu a, dujer| ûl le Île,\ b St ; avoit os pat _tassent; L Corps où À puis depuis| ‘origine ré à&6 9 se, CRE j ol ynensl and DU OCOHIEIE N. 201 femelle avoit le corps un peu moins haut que le mâle du même âge: elle étoit aussi plus fournie de chair. Ces deux jeunes ani- maux ne se ressembloient pas plus que leurs père et mère par leur naturel, car cette jeune femelle étoit douce comme sa mère; et le jeuue mâle avoit le caractère sauvage et le regard farouche de son père. La pré- sence des étrangers n'irritoit nine choquoit cette Jeune femelle; elle se familiarisoit tout de suite avec eux pour peu qu’ils la flat- elle les prévenoit même lorsqu'ils étoient indifférens, quoiqu’elle sût les dis- ünguer de ses anis qu’elle accueilloit tou- jours de préférence, et avec lesquels elle éloit si caressante qu’elle en devenoit im-— portune.| Elle avoit, comme sa mère et son grand- père chien, la queue courte et émoussée; elle étoit couverte d’un poil blanc en des- sous Jusqu'à la moitié de sa longueur, et sur le reste, de fauve pâle nuancé de cendré; mais le dessus de la queue étoit né hsélhisgé de fauve päle et de cendré, et presque tout noir à son extrémité; elle avoit la tête un peu alongée, et sensiblement plus que celle du jeune mâle, les orbites des yeux inclinés, et les yeux éloignés l’un de l’autre; mais 202 HISTOIRE cependant un peu moins que ceux de sa mère, de laquelle elle tenoit encore par la couleur jaunâtre du sommet de la tête, du front, du contour des yeux, du dessus et des côtés du nez jusqu’à environ un pouce de la lèvre supérieure, du dehors des oreilles et des jambes, et des côtés du ventre; euin elle lui ressembloit encore par les poils gri- _sâtres qu’elle avoit sur le front, et depuis les yeux jusqu’au bout du nez. Cependant la couleur jaune ou roussâtre étoit beau- coup moins foncée que sur sa mère; elle tiroit même un peu sur le blanc, ce qui sembloit provenir du père, dont le poil étoit d'un jaune presque blanc sur les mêmes endroits. Elle tenoit de son père par les pieds et les ongles qui étoient blanchâtres, et par les oreilles qui étoient pendantes. À la vé- rité, il n’y avoit que sept ongles blanchätres dans le père, au lieu qu’ils étoient tous de cette couleur à peu près dans cette jeune femelle. Elle avoit aussi les oreilles entière- ment pendantes; au lieu que celles du père _ne l’étoient qu’au tiers. Elle avoit de plus comme son père, une grande tache longi- _tudinale sous le cou, qui commençoit à la gorge, s’étendoit en s’élargissant sur la poi tin de k resse chats h le infér Je« par hélé LE sa coté blan et le LD nou il pe la L du| fou Corp en C com chât veni géné. Jun tx( mo à Le ten Dr| L SOmn D à, 1 des yel 4 Eu dr| 1Squ'à 4 Fu| re, du d del bi 8 côtés! Ænin.: encore Ste pol | sur le Œi,4t bout d| x Cou 1 d TOUS#3 do Rs > que eu sur! À dei lu père, Op e blanl æ x pn pr sc Ë ent bla Mere, t ont per Es. Ah sep[ 0! bn 1 u qu'il 1 dat | près|| ue tp 1s$l les aise Jieu d els sd ers. À Bol 4) né grd Gw quil be en” s'élarg| si Ceux à BE CHFERN. 289 trine, et finissoit en pointe vers le milieu de ja partie inférieure du corps. Elle lui ressembloit encore par la couleur blan- châtre du poil sur les joues, sur le bord de la lèvre supérieure, sur toute la mâchoire inférieure, sur la face intérieure des jambes, le contour de l'anus et des pieds, et enfin par la couleur du ventre qui étoit blanchâtre, mêlé d’un gris cendré. Elle avoit de commun avec son père et _sa mère, la couleur grisâtre du dos et des côtés du corps; le mélange de fauve et de blanchâtre sur le cou, le derrière des épaules et le dessus de la face extérieure des cuisses. D’après l’examen et les descriptions que nous venons de faire de ces quatre animaux, il paroît qu’ils avoient plus de rapport avec la louve qu'avec le chien, par les couleurs du poil; car ils avoient, comme la louve, toute la partie supérieure et les côtés du corps de couleur grisâtre, mêlée dé fauve en quelques endroits. Ils avoient aussi, comme la louve, du roussâtre et du blan- châtre sur lartôte, sur les jambes et sous le ventre; seülement le mâle de la première génération avoit plus de blanc et moins de jaune que sa femelle; ce qui sembleroit ve- mir du père chien qui étoit plus blanc que 284 HISTOIRE| noir: cependant la qualité du poil n’étoit pas absolument semblable à celle du poil de la louve; car, dans ces quatre animaux, il étoit moins rude, moins long et plus couché que dans la louve, qui d'ailleurs, comme tous les autres animaux carnassiers et sauvages, portoit un second poil court et crêpé immédiatement sur la peau, lequel couvroit la racine des longs poils. Dans nos quatre animaux, nous avons remarqué ce petit poil, mais il n’étoit mi si crêpé, ni si touffu que dans la louve, auquel néanmoins il ressembloit par ce caractère, puisque ce second poil ne se trouve pas communément dans nos chiens domestiques; d’ailleurs Île poil de ces quatre animaux, quoique dif- férent par la qualité de celui de la louve étoit en même tems plus rude et plus épais que celui du chien; en sorte qu'il sembloit que la mère avoit influé sur la couleur, et le père sur la nature de leur poil. À légard de la forme du corps, on peui dire que, dans le mâle et la femelle de la première génération, elle promenoit plus de la mère louve que du père chien; car ces deux animaux avoient, comme la louve, le corps fort épais de bas en haut, et beaucoup de ventre. Ils avoient le train de derrièr£ art fort: de le eoudé quole Jups que) que du ct | Qi quatr dont que| que l apr ère pend ont ls o ale a ét mer rail] ère, 1 quahté gl où y ï| ne ils d ui ‘es q} as 20 e, moi{| É, 4 di 4 sp id res an!: w. ment su A ss des"4 ax a né bi À Bu, louve, at Ms né Ce Cara 3e paye Fouve pà Ko mn omesiqu&edant animal M ou té de cel| ikle s plus 1 oLpne À À sai nue sl sl nue!||: re de le qu: orme d| 295,0” mâle et L ah “a DU CHIEN. 209 fort affaissé; ce qui étoit produit par la forme de leurs jambes de derrière qui étoient plus coudées que celles des chiens ordinaires, quoiqu’elles le soient moins que celles des pr Cela s’accorde parfaitement avec ce que j'ai dit des mulets(1), et semble prouver que la mère donne la grandeur et la forme du corps, tandis que le père donne celle.des parties extérieures et des membres. On voit aussi, par les rapports de ces quatre animaux avec le chien et la louve dont ils étoient issus, que le père influe plus que la mère sur les mâles, et la mère plus que le père sut les femelles; car le mâle de la première génération avoit, comme son père chien, la tête courte, les oreilles demi- pendantes, les yeux ouverts presque hori- zontalement, et assez voisins l’un de Pautre, les ongles et les pieds blancs; et le jeune mâle de la seconde génération avoit de même la tête courte, les yeux ouverts horizonta- lement et assez voisins l’un de l’autre, et les oreilles encore plus pendantés que celles du _ pére. Il paroït en même tems que la mère louve {1} Voyez l'article des mulets, tome XXII, et celui des serins, histoire naturelle des oiseaux. 260 HISTOIRE avoit autant influé sur la forme de la queue des mâles, que sur celle de leur corps; car ces mâles, soit de la première, soit de la seconde génération; avoient également la queue longue et traînante comme leur grand’- mère louve. Il paroît aussi que la mère louve a eu plus d'influence que le père chien sur la forme de la tête des femelles, puisque toutes deux, celle de la première et celle de la seconde génération, avoient la tête plus alongée, les yeux plus-inclinés et plus éloignés, le bout du nez plus relevé, et les oreilles plus droites; caractères qui ne peu- vent provenir que de la louve, tandis qu’au contraire ces mêmes deux femelles avoient la queue courte du grand-père chien, et la couleur blanche du dessous du cou, des pieds et des ongles; ce qui prouve encore que les parties les plus extérieures sont don- nées par le père et non par la mére. En résumant les faits que nous venons d'exposer, ilen résulte: 1°. Que le grand-père chien paroit avoir eu plus de part que la grand’mère louve à la formation de la tête du mâle et de la queue de Ja femelle de la première génération; et que réciproquement la louve a eu plus de part que le chien à la formation de la tête de la ferme j'en | 9, séné JeçUS de À quer jun jarac dd pieds {eme pe q non 5 mais L, hell du lc Bus dées, large a h parti Cont. roi| que {ere À l, à ES néraliot& dent yeux pl> hs du nez| Amel, CS:; Card ts“A : de la 1 7 TE les deux#5 hr u grand Sin lu dess( œu tué s'cœqpure plus ext Siressuit t non p Bret| g faits|(nous sulte:| -père( Sir| Ja gra œil du luril Mo ho | mière$ ÿr Jon louve rmalid b 1 DU CHIEN.:# femelle et de la queue du mâle de cette même pense généralion.— 2". 11 semble que le mâle de cette première génération ait transmis les caractères qu'ila reçus du chien et de la louve au jeune mâle de la seconde génération, et que récipro- quement sa femelle ait aussi transmis à Îa jeune femelle de la seconde génération, les caractères qu’elle avoit reçus de la louve et du chien, excepté les oreilles et le blanc des pieds et dés ongles, qui, dans cette jeune femelle, paroïssoient provenir de son père; ce qui sé prouver que le père influe non seulement sur les extrémités des mâles, mais aussi sur les extrémités des femelles. En effet, ces quatre animaux mâles et fe- melles tenoient beaucoup plus du chien que du loup, par la forme des pieds, quoiqu’ils eussent les jambes de derrière un peu cou- dées. Ils avoient, comine le chien, le pied large à proportion de la jambe; et d’ailleurs, au lieu de marcher comme le loup, sur la partie inférieure du poignet, ils avoient au contrarre, comme le chien, cette partie assez droite en marchant; de sorte qu’il ny avoit que le dessous de on pieds qui posât à terre.| Autant le mélange physique des sr 208 HISTOIRE du corps du chien et de la louve se récon- noissoit vite dans ces quatre animaux, au- tant le mélange qu’on pourroit appeler mo- ral, paroissoit sensible dans leur naturel et leurs habitudes.| 1°. Tout le monde sait que les chiens lèvent une jambe pour uriner, lorsqu'ils sont adultes; car, quand ils sont trop Jeunes, ils s’accroupissent comme les femelles: notre mâle adulte, c’est-à-dire, celui de la première génération, levoit la jambe de même, et le jeune mâle, âgé de six mois, s’accroupissoit. 2°. Les loups hurlent et n’aboient pas; nos quatre animaux aboyoient, à la vérité d’un ton enroué, et en même tems ils hurloient encore comme les loups, et ils avoient de plus un petit cri, murmure de plaisir ou de desir, comme celui d’un chien qui approche son maître. Quoiqu’ils parussent aboyer avec dificulié, cependant ils n’y manquoient Ja- mais, lorsqu'ils voyoient des étrangers où d’autres objets qui les inquiétoient.[ls fai- soient entendre leur petit cri ou murmure dans le desir et la joie,«et ils hurloient toujours, lorsqu'ils s’ennuyoient ou qu'ils avoient faim; mais, en ceci, 1ls ne faisoient que comme les chiens que l’on tient trop long-tems renfermés. fls sembloient sentir d'avance POI: à À de la#!, 7 © AU tan, | )n pon} 10 pv,: 1ble dd[ET lily, nde DE 27 Pour| lny uand 1j Otyn A omne| Badas dire, cé és k pie 1} (| la jam SLT lent et1# Sion / six mol à pu: k 1 oyoient& 1% mème{ Æsrikhh loups ,| Bari aurmut Dbpart d'ucl Bu ls part>| 1t ils a} Œrique voient!&s tu les ing Bit r pet eu” | joie à ÿ s'ennt Qi#| les entend hurler dans les 3: pu| DU CH TE N,. d'avance les changemens de hurloient plus fort é 28q Pair; car ils t pius souvent aux approches de Ja pluie et dans les tems hu- mides, que dans les beaux tems. Les loups dans les bois ont ce même in stinct, et on Mauvais tems et les deux jeunes nérallon aboyoient avec moins de difficuité que ceux de la pre- mière; ils ne hurloient pas aussi-sou vent, et ce n'étoit Jamais qu'après avoir aboyé;, qu'ils faisoient entendre leur hurlement. Ils paroissoient donc se tapproc avant les orages. Au reste; animaux de la seconde gé her, par la voix, beaucoup plus de l'espèce du chien que de celle du loup.| $. Is-avoient une habitude assez Sing» lière,.et qui n’est pas ordinaire à nos chiens; c'est de fouiller la terre avec leur m useau, pour cacher leur ordure, ou pour serrer le reste de leur imanger, tandis que les chiens se servent pour cela de leurs ongles. Non seulement ils faisoient de petits trous en iérre avec leur museau, mais ils se creu- soient même une forine assez grande pour sy coucher; ce que:nous n'avons jamais vu dans nos chiens domestiques.| 4. L'on a vu que de nos quatre animaux, les deux mâles étoient farouches et méchans, Tome XXI!E. TT 290 HISTOIRE et qu’au contraire les deux femelles étoient familières et douces; le vieux mâle exerçoit même sa méchanceté avec toute sa famille, comrie s’il ne eût pas connue; s’il caressoit quelquefois sa femelle, bientôt il la maltrai- toit ainsi que ses petits; il les terrassoit, les mordoit durement, etne leur permettoit de se relever que quand sa colère étoit passée. Tes femelles, au contraire, ne s’irritoient contre personne, à MOINS qu’on ne lés pro- voquât; elles aboyoïent seulement contre les gens qu'elles ne connoissoient pas, mais elles ne se sont jamais élancées contre eux. b°.. Le mâle et la femelle de la première génération avoient Podorat très-bon; ils sen- toient. de très-loin; et sans le secours de leurs yeux, ils distinguoient de loin les étrangers et ceux qu'ils connoissoient; ils sentoient même à travers les murs et les clôtures qui les ren- fermoient, car ils hurloient lorsque quel- qu'étranger marchoit autour de leur écurie, et-témoignoient au contraire de Ja joie lors- que cétoit des gens de-connoissance; mais on a remarqué que c’étoient les mâles qui sembloient être avertis les premiers par l'o- dorat, car les femelles n’aboyoient où né hurloient dans ce cas qu'après les mâles. 6. Ils exhaloient une odeur forte qui deux fe Sn 1 Vieux Et avec d EN bn is conn| Lean e, bient& Ja mi, ils; ill LL etne let Li tél À sa col;} pu ontraire nie moins q| Ee ls lo | olent 4 SSltun CONNOLSS> ja ui 1S élan Peter à femellt May l'odorat|&suihrt et sans lé Butte mmtdeloi#f tnt vient; Saint t Jesclà nike hurloiet 4 que jt auto pur, ontrait 9: il de col ou” DU;'CHIEN 291 tenoïit beaucoup de l’odeur du loup; car les chiens domestiques ne s’ÿ Méprenoient pas, et les fuyoient comme sils cussent.été: de Vrais loups. Dans le voyage de nos-qu animaux, de Namur à Paris; les: chieng des campagnes, loin.de-s’en approcher, des fuyoient au contraire, dès qu’ils venoient de les apercevoir! ou de les-sentir: af atre 7. Lorsque ces quatre animaux Jouoient ensemble, si lun d'eux étoit: mécontent;: et s’il erioit parce qu'il se‘sentoit froissé: ow blessé, les: trois: autres se Jetoient-aussitôt sur lui, 1e rouloient;.Ié liroient par laquèue j par les pieds, etc, Jusqu'à ce qu'il'eût cessé de se plaindre, et ensuite ils Continuoient de jouer avec lui comme auparavant. Pas vu la même chose dans plusieurs autres espèces d'animaux, et mêmedans célle des souris. En général, les animaux) ne peuvent souffrir le cri de douleur dans un de leurs semblables, et 1ls le punissent s'ilrend ce cri mal à pro- 08. af: La : 8°. Je voulus savoir quel$eroit l'instinct de nos quatre änimaux, soit en:aversion 2 soit en courage; et comme les chats sont ceux que les chiens haïssent de préférence, on fit entrer un chat dans le jardin fermé où on les tenoit pendant le Jour; dès qu'ils LÉ 2 ed 202 HISTOIRE laperçurent, ils s'empresserent tous de le poursuivre: le chat grimpa sur un arbre, et nos quatre animaux s'arrangèrent comme pour:le garder el n’ôtérent pas la vue de dessus la proie qu'ils attendoient. En effet, dès qu'on fit tomber le chat, en cassant la branche sur laquelle il se tenoit, le vieux mâle le saisit dans sa gueule avant qu’il mweût:touché terre; il acheva de le tuer à Vaide:de:sa famille qui se réunit à lui pour cette expédition, el néanmoins ni les uns ni les autres ne mangèrent de sa chair, pour la- quelle ils marquérenñt autant de répugnance que les chiens ordinaires.en ont pour cetle sorte de viande.| Le lendemain, on fit entrer dans le même jardin‘une grosse chienne de la race des dogues, contre laquelle-on licha le vieux mâle, qui s’élança tout aussitôt vers elle; et la chienne, au lieu de se défendre, se coucha ventre à terre; il la flaira dans cette situa- tion, et dès qu’il eut reconnu son sexe, il la laissa tranquille. On fit ensuite entrer la vieille femelle:qui, comme le mâle, s’élança abord vers la chienne, puis se jeta dessus, et celle-ci s'enfuit et se rangea contre un mur où elle fit si bonne contenance; que la femelle se contenta d’une seconde attaque, R# ren fi is de NS SE cop ndd IE dk hat, Sn) > te Æolk vx UeU ant gl heŸ à lt! ét Edge none lui! sa Æl'purk| aol= ur en| Expat tré Eh ne! int on! lui 1ssi) Bars di 4 \éfe ms cu q a dé Metteur: né es| ei| je| PE ti| juil et| ral PAL Oil(+ 402 se Mo’! 10 gl MUR DU'CHTIEN. 209 dans laquelle le mâle se rendit médiateur entre sa femelle et la chienne; il donna même un coup de dent à sa femelle pour la forcer à cesser le combat. Cependant, ayant mis le médiateur à la chaîne pour laisser toute li- berté à sa femelle, elle ne fit qué:voltiger autour de‘la chienne, en cherchant à la prendre parderrière;, et c’est-là la vraieallure du loup, qui met toujours plus de ruse que de courage dans ses attaques; néanmoins le vieux mâle paroïssoitavoir de Ja hardiesse et du courage, car il ne balançoit pas à 6e jetér sur les chiens; il les attaquoit en brave ,'et sans chercher à les surprendre parderrière. Au reste, ni le mâle, ni la femelle de nos animaux métis n’aboyoient comme font les chiens lorsqu'ils se battent: leur poil se hé- rissoit, et ils grondoient seulement un peu avant d'attaquer leur ennemi. Quelques jours après, on fit entrer un matin à peu près aussi grand el aussi fort que notre vieux mâle, qui n’hésita pas! à V’attaquer. Le mâtin se défendit d’abord assez bien, parce qu’il étoit excité par son maître; mais cet homme ayant été forcé de se retirer, parce que notre vieux mâle vouloit se jeter sur lui, et l’avoit déjà saisi par ses habits; son chien se retrancha aussitôt contre la és 394 HISTOIRE porte par laquelle son maître étoit sorti, et il n’osa plus reparoître dans le jardin. Pen- dant tout ce tems, la vieille femelle marquoit beaucoup d’impatience pour combattre; mais, avant de lui en donner la liberté, on crut devoir attacher son mâle, afin de rendre le combat égal. Ayant donc mis cette femelle en liberté, elle s’élança tout de suite sur le chien qui, n'ayant pas quitté son poste, ne pouvoit être attaqué que pardevant; aussi, dès la première attaque, elle prit Le parti de ne point hasarder un combat en règle; elle se contenta de courir lestement autour du chien pour tâcher de le surprendre parder- rière, comme elle avoit fait quelques jours aupardvant avec la chienne, et voyant que: cela-ne lui réussissoit pas, elle resta tranquille. Comme l’on présumoit que le peu de résistance et de courage qu'avoitmontré ce mâtin, qui d’ailleurs passoit pour être trés- fort.et très-méchant; que ce‘ peu de courage, dis-je, venoit peut-être de ce qu'il étoit dépaysé, et qu'il-pourroit être plus hardi dans la maison de son maître, on y conduisit le:vieux mâle par la chaîne; il y trouva le mâtin. dans une petite Cour; nôtre vieux mâle n’en fut pas intimidé et-se promena || tre D vx, side een Br Jur@ ten| la li Æ me €, a ren, cn Me fn tou! Si su. quil DE jui» ñ à pa> ll:4n au| el mr ut en med ostul D niré surf= tp QUE di mien! bus nn ssoit Per de it! ment DL CHIEN. 295 fièrement dans cette cour; mais le mâtin, daeese sur son pailler> parut très-effrayé, et n'osa pas quitter le coin où il s’étoit ren- coigné; en sorte que, sans combattre il fut vaincu; car étant chez son maître! il n’auroit pas manqué d'attaquer notre mâle, s’il n’eût pas reconnu, dès la première fois, la supé- riorité de sa force.| On voit, par ces deux épreuves, et par d’aütres faits semblables que les conduc- teurs ou gouverneurs de ces animaux nous ont rapportés, que Jamais aucun chien n’a osé les attaquer; en sorte qu’ils semblent reconnoître encore dans leurs individus leur ennemi naturel, c’est-à-dire, le loup. 296 HISTOIRE CHIEN SANU LE; TS. DE LA FEMELLE, TROISIEME GENERATION. LS le mois de novembre de l’année 12776, je fis conduire;/ dans ma terre de Bufton. le male et la femelle de la seconde 9 F5 génération, qui étoient nés le 5 = mars pré- cédent. On les mit, en arrivant, dans une grande cour où ils ont resté environ deux ans, et où je leur fis faire une petite cabane pour les mettre à couvert dans le mauvais tems et pendant la nuit. Ils y ont toujours vécu dans une assez bonne union, et on ne s’est pas aperçu qu'ils aient eu de laversion Pan pour l’autre; seulement le mâle parut, dès la tin de sa première année, avoir pris de lautorité sur sa femelle; car souvent il ne lui permettoit pas de toucher la première à la nourriture, sur-tout lorsque c’étoit de la viande. LS avec quil moIS elx. CAT 1 certe retot bien cons. sant pro de fi du le teme fs à {pe| l fin sien | ilëme don ent out les in les ar 1 Les Al emel [R# | | | | —=== RE OU \ f MA) EN Et Feu] 2e lu| dans S ri! nellt E> leu| ks|® mp arri} Æ UN, este! br ton| eut ey te ce| 1 dd ee mare [ls|© tt le u! G ALIIS nt et M ut! ent!& dep, Voir| ant le: À ppuvel such apr| étoilé!| lori mc!| DUCHIEN 297 qu’on ne les laissât pas aller avec les chiens du village, sur-tout dès qu'ils eurent atteint l’âge de dix-huit à vingt mois, afin de les empêcher de s’allier avéc eux. Cette précaution me parut nécessaire, car mon objet étant de voir si, au bout d’un certain nombre de générations, ces métis ne retourneroient pas à l’espèce du loup, ou bien à celle du chien, il étoit essentiel de conserver la race toujours pure, en ne fai- sant allier ensemble que les individus qui en . On sent bien que si, au lieu de faire unir ensemble ces animaux métis, on les avoit fait constamment et successi- vement allier avec le chien, la race n’auroit pas manqué de reprendre petit à petit le type de cette dernière espèce, et auroit, à la fin, perdu tous les caractères qui la fai- soient participer du loup. Il en eût été de même, quoiqu'avec un résultat différent, si on les eùt alliés, au contraire, constam- ment et successivement avec le loup; au bout d’un certain nombre de générations, les individus n’auroient plus été métis ,; mais des animaux qui auroient ressemblé en tout à l’espèce du loup.| À la fin de l’année 1779, ce mâle et cette femelle deseconde génération parurent avoir 298 HISTOIRE acquis tout leur accroissement; cependant ils ne s’accouplèrent que le 30 ou 31 décembre 1776, C'est-à-dire, à l’âge d'environ deux ans et dix mois. C’est aussi à peu près à cet âge que l'espèce du loup est en état de produire; ét dès-lors il paroît que nos animaux métis avoient plus de rapport avec le loup, par le tems auquel ils peuvent engendrer, qu’ils n'en avoient avec le chien,, qui produit or- dinairement à l’âge d’un an etquelques mois. À ce premier rapport entre le loup et nos animaux mélis, on doit en ajouter unsecond, qui est celui de la fécondité, laquelle pa- roissoit être à peu près la même. Nos métis, tant de la première que de la seconde géné- ration, n’ont produit qu’une seule fois en deux ans, car le mâle et la femelle de la pre- mière génération qui ont produit pour la première fois le 3 mars 1776, et que j'ai envoyés à la ménagerie de Versailles au mois de novembre de la même année, n’ont pro- duit pour la première fois qu'au printems de 1776; et de même, le mâle et la femelle de la seconde génération, qui ont produit pour la première fois dans ma terre de Buffon, n’a- voient pas donné le moindresigne de chaleur ou d’amoûr vingt-un mois après leur pre- mière production. | ft; du lot ayons pis al qu'a née, [o1s Q ar,| toit b dust sbroul gueri dœ n sembl eus qi lerni 10mb oule ous Î que lt Me] Us[8 h à “901 M ed'e d'a à D ès y, Len IS) ep. ent&" rt 4 gun à ent| a: ir(| " 1 P ml ÿ nan+: tu ü ent Elan Ven|(ec inv CON> ele) L'E Æ,|, Lu la 1| e dé æs ki : qu| mile) et la E OU or, ba| j. eunt# ss L. = Cor nee" > ouf à it| ME LL O1xA roi A| m! NUL “0 to pl| sent Cs DU:ICHEEN. 301 loup; car, en prenant encore ici l’analogie pour guide, il n’est guère possible de se re- fuser à croire que la gestation ne soit pas de même durée dans lespèce du chien et dans celle du loup, puisque ces animaux se res- semblent à tant d’égards, et ont tant de rap- ports entre eux, qu’on ne peut pas douter qu’ils ne soient de même genre, et d'espèces beaucoup plus voisines que celles de l'âne et du cheval; car ces derniers animaux ne produisent ensemble que des êtres qui. ne peuvent se perpétuer par la génération, c’est- à-dire, des êtres imparfaits, auxquels la Na- ture a refusé le plus précieux de ses dons, celui de vivre ou d'exister dans une posté- rité même au-delà du terme de sa vie, tandis que le loup et le chien produisent, par leur “union, des individus qui peuvent donner à d’autres individus, parce qu’ils sont doués de toutes les facultés nécessaires à la reproduction. Quelques heures avant de mettre bas, cette femelle arrangea dans un coin, et avec beaucoup de soin, un lit de paille pour y déposer sa famille; c’étoit un creux qui avoit la forme d’un grand nid, lequel étoit défendu par un rebord élevé qui régnoit tout autour. Lorsque les petits furent nés, elle s'empressa 202 HISTOIRE de s'acquitter envers eux de ses premiers devoirs de mère; elle ne cessa presque pas de les lécher, de les caresser, de chercher à les mettre à leur aise; elle ne permettoit pas à son mâle d’en approcher, et elle sembloit craindre qu’il ne leur fit du mal: mais cette sollicitude, ces marques de tendresse et d’af- fection maternelle ne furent pas de longue durée; elles furent bientôt remplacées par une fureur barbare. Deux ou trois heures après leur naissance, la personne qui devoit soigner cesjeunes animaux, fat assez curieuse pour aller les visiter; elle vo ulut les toucher ou les manier pour les examiner de prés, et il n’en fallut pas davantage pour irriter la mère, qui se Jeta tout aussitôt sur ses petits: nouveaux nés, où les arrachoit des mains avec furie pour les dévorer ensuite et pour en faire sa proie; car elle les mangea comme s'ils eussent été sa nourriture ordinaire. Six de ces jeunes animaux qui furent ainsi tou- chés ou maniés, eurent le même sort; de manière qu'il ne nous resta, de cette pre- mière portée, que la jeune femelle dont nous donnons(planche XX VI) la figure et la des- criplion. Nous observerons à ce sujet qu’il y a plu- sieurs animaux femelles qui dévorent ainsi les pé los 10 rail romb cine: parie ire, (Op epces sique chars fil doué dress bht 1 dés| ibsol phtits blesq ne cts je Nlss: leur Ï d a A Gp ie do Au Gér }eUxs 0 1 4. CUx Pom ne Eng Aresse}4 « du(A ; elle 18 lait) üy oche}# LS (© se"| ues Q# D st, e lui Pr del bient la p Eyite au] Ed are elle ik in GO 2 0 ranté Sith t ault sw es af sie lévol AT ellel© ingratt me| ur Œrdur. x qi ii"1 rent{© que SW a us re sk euné ds let| VI Œurt ce tr| 4 PAL | ph Ded 2 tint ne DU CHIEN. les petits de leur première portée lorsqu'on les touche au moment où ils viennent de naître; les truies sont principalement de ce ns et elles y sont plus sujettes qu'au cune sit femelle: mais ces actes d’une bar barie atroce, quelqu’ étranges qu’ils puissent être, ne sont néanmoins que le résultat d’un ns orand attachement, d’une affection trop excessive, ou plutôt d’une tendresse phy- sique qui tient du délire; car la Nature, en chargeant les mères ail soin d'élever let 503 famille et de la nourrir de leur lait, les douées en même tems d’ affection et de NES dresse; sans cela elle eût manqué son vrai but, qui est la conservation et la propagation des êtres, puisqu’en supposant les mères absolument dénuées d'affection pour leurs pelits, ces derniers périroient, faute de Soin, presque aussitôt qu’ils seroient nés. On peut donc croire, avec quelque fondement, que ces jeunes mères ne forit périr leur Éailie naissante que dans la crainte qu'on ne leur ravisse, ou bien qu’elles veulent que ce dépôt précieux, que la Nature leur a confié, ne doive son bien-être qu’à leur propre soin. Au reste, la femelle métisse de la seconde génération dont nous parlons ici, a tou= jours été fort attachée à sa fille, Elle ne ao HESTOIRE souffroit pas, comme on l’a déjà dit ,que son mâle s’en approchât dans les commence mens, et ce ne fut qu’au bout de plusieurs semaines, qu'elle lui permit de prendre quelque part à l'éducation de leur petite compagne. Mais tous deux n’ont pas cessé depuis ce tems de lui donner leurs soins; ils ne la laissoient presque jamais aller seule, ils Paccompagnoient presque dans toutes ses démarches; ils la forçoient même quelque- fois à se tenir au milieu d’eux en marchant, et ils touchoient rarement à la nourriture avant qu’elle n’en eùt pris sa part. On leur donnoit souvent des moutons entiers pour leur nourriture; alors le père et la mère sembloient exciter leur petite compagne à s’en repaître la première; mais, lorsqu'elle ne pouvoit pas entamer cette proie, le père et la mère lui donnoient la facilité d’en man- ser, en l’entamant eux-mêmes. Cette jeune femelle de la troisième géné- ration, née le 4 mars 17979, n’a reçu qu'une éducation demi-domestique; depuis sa nais- sañce, elle a presque toujours été enfermée dans un vaste caveau avec son père el sa mère, d’où on ne les faisoit sortir que quel- quefois pour respirer dans une cour le grand air; on se contentoit de leur donner la nour- riture DE si k. dr, | Sy! h LEE Lanta) el= is rl dt TIRT ri lé à 1 | LE j(Un pau| ee| ui lit ji)| * Cf BrotLe | f ss it te den nt Mi e| or WE: mi Iqt 2 qui ul À di ok eu. | a don pitt q| 50) le y Qué” ns put| ed bu”| 1: DU CHIEN#5 “iture à certaines heures, et où croyoit inutile de donner à cette jeune femelle des mœurs familières et sociales, parce qu’en effet mon but, en conservant ces animaux, n’a été que d'observer le produit de leur gé- nération. Aussi cette jeune femelle étoit-elle très-timide et très--sauvage, mais néanmoins elle n’étoit ni féroce ni méchante; elle étoit au contraire d'un naturel tout à fait doux et paisible. Elle se plaisoit même à jouer avec les chiens ordinaires, sans chercher à leur faire du mal, quoiqu’elle fût âgée de vingt- un mois, et qu’elle eût par conséquent déjà assez de force pour attaquer ou pour se dé- fendre; mais je dois remarquer que les chiens ne s’en approchoiïerit qu'avec répugrance; et comme s'ils sentoient encore en:ielle Po- deur de leur ennemi. Si on entroit dans l’en: droit où elle étoit enfermée, elle se conten- toit de se tapir à terre, comme si elle se croyoit alors bien cachée; de suivie; aveë des yeux inquiets, tous les mouvemens que l’on faisoit, et de ne pas toucher à sa rioui= viture pendañt qu’on la regardoit. Si, lors- qu’on étoit auprès d'elle, on lui tournoit le dos et qu’on laissät belidsé ses mains; elle s’approchoit doucement et venoit les lécher; mais, dès qu’on se retournoit de son côté; Dons XXHE à À 506 HISTOIRE elle se retiroit bien vite, et se tapissoit de nouveau sur la terre où on pouvoft la tou- cher, lui prendre les oreilles et les pattes, et même lui ouvrir la gueule sans qu’elle montrât aucune envie de mordre. Si on lui donnoit la liberté dans un jardin, elle m’étoit pas à la vérité fort aisée à reprendre, parce qu’elle fuyoit dès qu’on vouloit en appro- cher; mais lorsqu'elle étoit une fois prise, elle se laissoit emmener, et même emporter si lon vouloit, sans faire de résistance et sans montrer de colère. On peut donc dire que cette jeune femelle, quoique timide et sauvage, tenoit néanmoins, par la douceur de ses mœurs et de son naturel, de sa grand” mère et de sa mère, lesquelles ayant reçu une éducation toute domestique, ont tou- jours.été très- douces, très- caressantes et très-familières; et c’est une nouvelle preuve de cé que nous avons dit au sujet de ces ani- maux; savoir, que le chien, en s’alliant avec la louve, semble avoir donné aux femelles qui sont provenues de cette union, son na- turel et ses mœurs, et que les femelles ont aussi transmis ces mêmes qualités intérieures aux autres femelles dont elles ont été mères; que: réciproquement la louve, en s’alliant ‘avec le chien, avoit donné aux mâles qui i À 7 oh, all de nl au ny Il mac, Su 0 NL b lis, à| ire R | AE?€ ap, 1 ol@| los pi| et æri ape: Lré 2 ban OF dm à .d| imif tb tt= y sql E“sir me Jeu tot— arevale in avale al td, el CRUE Len—— el ses mœurs, DÜ: CHEEN. 907 sont proyenus de cette union, son naturel et que ces mâles ont aussi transmis ces mêmes qualités intérieures aux autres mâles dont ils ont été pères. Nous al- lons donner la description de cette femelle qui nous est restée de la troisième généra- tion: nous exposerons d’abord ce que cette jeune femelle avoit de commun avec le loup, et ensuite les rapports qu’elle pouvoit avoir avec le chien, et nous verrons par cette com- paraison, qu’elle avoit, comme toutes les autres femelles de cette race, beaucoup plus de ressemblance avec le loup qu'avec le chien. Il eût été bien à desirer d’avoir aussi un mâle de la même portée, comme nous en avions pour décrire:les deux générations précédentes,: nous aurions vu si ce mâle eût élé, ainsi que son grand-père et son RÊTE» plus semblable, par la forme de la tête, à l’es- pèce du chien qu’à celle du loup, et si ses mœurs eussent été analogues à celles de ce dernier animal; cela auroit confirmé ou in- firmé ce que nous avons dit précédemment au sujet de l'influence des mâles et des{e- _melles dans la génération de ces animaux. 1°. Cette jeune femelle de la troisième génération, avoit par son air, Sa marche, L. 1.474) sa manière de courir, et la faculté qu’elle V 2 k 308 HISTOIRE avoit de hurler, beaucoup d’analogie avec le loup; on ne l’a point entendu aboÿer, mais le ton et les inflexions de sa voix, lorsqu’elle hurloit, étoient exactement les mêmes que ceux du loup; 2° elle avoit aussi, comme le loup, le corps fort épais de bas en haut vers le ventre, et plus élevé au train de devant qu’à celui de derrière, qui alloit en s’abaissant fort sensiblement jusqu’à l’origine de la queue; 3° elle ressem- bloit encore au loup par la forme de sa tête, dont le museau étoit épais auprès des yeux, et mince à son extrémité, et par les oreilles qui éloient courtes; droites et terminées en pointe; 4° par lés dents canines, qui, à pro- portion de la taille de l'animal, étoient plus grandes et plus grosses que celles des chiens ordinaires: voila les principaux caractères qui rapprochoient cette femelle de lespèce du loup, et qui paroissent avoir été transmis à toutes les femelles de la première géné- ration. Nous remarquerons seulement que dans la planche qui représente la femelle de la seconde génération, c’est-à-dire, la mère de celle que nous décrivons ici, les oreilles sont à demi-courbées, parce que, l'animal étoit jeune lorsqu'il a été dessiné, et que ses oreilles n’avoient pas encore acquis la pro- yriét lept “oTnN jou Im cripl de pc up jemt “Mere Fapl Avo LE Dur le d BE D le fr joul prés L'est li q brur à l'c icqu ensu leme bror que [18 1p Si] Le fl t (lo)}. 2 y ent fl nl ue y| eu à der la! æ chat is! f 2sdapr| 10 th) Lei bmp| a ie NE ud=) ne Bec en l. fe& dit, tal Bot ti! là Œoit La 4 où& Int si te l ni ë is ai MS a . aus de de, | F| DU CHIEN, 309 priété de se tenir tout à fait droites; mais depuis elles Pont été, et ont eu la même forme que celle des autres femelles. Nous ajouterons encore que la femelle de la troi- sième génération dont il s’agit dans cette des- cription, avoit la queue longue, bien fournie _ de poil, et exactement semblable à celle du loup; et que, par ce dernier caractère, elle _sembloit s'éloigner de sa grand’mère et de sa mère, qui avolent la queue courte, et se rapprocher de son aïeul et de son père qui avoient la queue fort longue. Elle tenoit de son père, 1° par la couleur brune mélangée de grisâtre qu'elle avoit sur le dos, les côtés du corps, le dessous du cou, et par le noirâtre qui étoit sur la tête et sur le front. Nous observerons, au sujet de cette couleur du poil, que dans la planche qui re- présente le mâle de la secoride génération, c’est-à-dire, le père de la femelle dont il est ici question, le poil est d’une couleur plus brune, parce que ce mâle, qui a été dessiné à l’âge de six à sept mois, n’avoit pas encore acquis sa véritable couleur, laquelle a été ensuite à peu près semblable à celle de la femelle dont nous parlons ici, c’est-à-dire, brune mélangée de gris; nous ajouterons. que cette femelle avoit de plus que son père V à 510 Mrs POLE et sa mère, du noirâtre sur toute la partie supérieure du museau. 2 Elle tenoil de sou père par le gris mélangé de blane sale qu’elle avoit sous le corps, depuis le bas de la poi- trine jusqu’auprès du ventre, par le rous- _ sâtre qui étoit sur le côté extérieur des jambes, sur les côtés du nez et sur le dehors des oreilles, où il étoit nuanté de brunätre, et par le noirâtre qui bordoït les oreilles; par le blanc qui étoit sur la surface intérieure des oreilles, le bas des joues, la mâchoire inférieure, la partie intérieure des cuisses et des jambes, et sur le bas-ventre et autour de l'anus; mais nous devons remarquer à ce sujet, que, dans tous les individus males et femelles de cette race de métis, il y avoit toujours eu plus ou moins dé blancsur toutes ées différentes parties, et que par conséquent les pères et les mères peuvent avoir égale- ment contribué à leur transmettre cette cou- leur. 3° Enfin cette femelle tenoit de son père par la couleur de tous les ongles, et par la forme et la situation des yeux, dont les orbites étoient comme dans le chien, posées à peu près horizontalement; mais elle teuoit du père et de la mère par la qualité du poil qui n’avoit point de duvet à sa racine,€t qui, sans Ôtre aussi rude au toucher que il e‘ de sl SI à‘Inter in OÙ 71 the et Es baux! = tnt oi Ca it| ge hmat| Fe ir, 40e a] qu q Con uUY PAT ins TU 4 nel F aol 04 BU: CHIEN‘ Da celui du loup, l’étoit néanmoins ES à plus que celui du chien. En comparant cette description avec les précédentes, on verra qu’elle tend à con- firmer la plupart des raisonnemens que nous avons déjà établis au sujet de ces animaux métis; cependant il est vrai que la mère ne paroissoit pas avoir influé ici sur la forme des yeux qui, dans toutes les femelles, ont toujours été inclinés comme ceux du loup, tandis que ceux de notre femelle, troisième génération, étoient‘posés horizontalement comme ceux du père, ou plutôt comme ceux du chien: d’ailleurs, au lieu d’avoir la queue courte et émoussée comme sa grand’”- mère et sa mère, elle l’avoit au contraire| fort longue et traînante; ce qui semble in- diquer qu'ici le mâle avoit plus influé sur ces différentes parties, que les autres mâles dans les générations précédentes. Au reste, tous ces faits bien considérés ne détruisent pas ce que nous avons précédemment éla- bli, puisque nous avons toujours cru que les mâles influoient plus que les femelles sur la forme des extrémités du corps; mais, malgré ces expériences déjà réitérées, on sent bien qu’il n’est guère possible de rien . établir encore de bien positif sur l'influence V 4 912 HISTOIRE réciproque des mâles et des femelles dans la génération, et qu’elles ne suffisent pas pour reconnoître et saisir la marche ordi- naire de la Nature. Il y a tant de causes qui peuvent induire en erreur dans un sujet aussi délicat, que quelque sagacité que puisse avoir un observateur naturaliste, il aura toujours raison de se méfier de ses opinions, s1l n’a pas un corps de preuves complet pour les appuyer. Par exemple, il est assez probable que, s’il y a de la différence dans la vigueur et le tempérament de deux ani- maux qui s’accouplent, le produit de cet accouplement aura plus de rapports avec celui des deux qui aura le plus de vigueur et de force de tempérament; et que s1 c’est le mâle qui est supérieur à cet égard, les petits tiendront plus du père que de la femelle.| dé a vire| e| ælkre| \ nl be quais|| LE 1 F eut e 7|— Æ 0 Lxxr2Z. CHIEN Murer FEMELLE Z Gernerakon Ÿ.2 je 1 LP“D puy CD 7 327. dt ÿl # f, "{) W dl BP CHrEx Murer MALE£° Generation aCJUOY DU CHIEN. CHIENS-MULETS. DU MALE, QUATRIÈME GÉNÉRATION. L femelle de la troisième génération étant devenue en chaleur, fut couverte par son père, et mit bas, au printems de l’année 1781, quatre petits, tant mâles que femelles, dont deux furent mangés par le père et la mère; il n’en resta que deux, l'un mâle et l’autre femelle. Ces jeunes animaux étoient doux et caressans; cependant ils étoient un péu voraces, et attaquoïent la volaille qui éloit à leur proximité. Le mâle de cette quatrième génération conservoit toujours la physionomie du loup; ses oreilles étoient larges et droites, son Corps 5’alongeoit en marchant comme celui du loup; la queue étoit un peu courbée et pendante entre les jambes; il tenoit encore du loup par la couleur du peu sur la tête et sur le corps. E. 314 HÉSTOIRE fl À lâge de près d’un an, sa longueur, me- D surée en ligne droite du bout du nez à l’anus, étoit de deux pieds huit pouces six lignes; et( suivant la courbure du corps, de trois pieds quatre pouces neuf lignes. Il avoit les paupières, le nez et les narines noires, les joues blanches, ainsi que le des- sous de la mâchoireinférieure, et l’on voyoit aussi du blanc à la poitrine et sur les faces internes des jambes et des cuisses; le dessous[. du ventre en gagnant la poitrine, étoit d’un blanc sale tirant sur le jaunâtre. la La queue avoit neuf pouces six lignes de se longueur; elle étoit grosse et garnie d’un Le poil touffu et assez court, noirâtre au dessus î de la queue, jaunâtre en dessous, et noir à l'extrémité. poul ælmi| se) Renitn À ….. , D uk| à DO CHÉEN 5 CHIENS-MULETS. DE LA FEMELLE, QUATRIÈME GÉNÉRATION. Curre louve-chienne, de la même portée que le loup-chien précédent, teuoit de sa bisaïeule la louve par sa physionomie, son regard, ses grandes oreilles et la queue pen- _dante entre les jambes: elle étoit un peu plus petite que le mâle, et plus légère dans les formes du corps et des jambes. Au même âge de près dun an, sa lon- gueur du bout du nez à l'anus, mesurée en ligne droite, étoit de deux pieds quatre pouces une ligne, et suivant la courbure du corps, de deux pieds huit pouces neuf lignes; ce qui faisoit quatre pouces cinq lignes de moins que dans le mâle. Cette fe- melle en différoit encore par Îles formes du COTpPS; moins lourdes, et tenant plus de son bisaieul chien; elle avoit la tête plus alongée et plus fine que son frère, la queue beau- coup plus Îongue, ainsi que les oreilles, 310 HISTOIRE dont l'extrémité étoit tombante, au lieu qu’elle étoit droite dans le mâle: les couleurs de son poil tenoient en général beaucoup plus de celles du chien que de celles de la louve, dont elle tiroit son origine. Le bout du nez, les naseaux et les lèvres étoient noirs. Elle étoit encore plus douce et plus crain- tive que le mâle, et souffroit plus patiem. ment les châtimens et les coups, Ii" ME ase} 4 ln b, dou 2 or| a Din, es c|© DÜ CHIEN. SUITE DES CHIENS MÉTIS, sé IVL. Lrroï, lieutenant des chasses et inspecteur du parc de Versailles, par sa lettre du 13 juillet 1978, m'a fait part des observations qu’il a faites sur le chien- loup que je lui avois envoyé.« J'ai, dit-il, _à vous rendre compte des chiens-loups que vous m'avez confiés; d’abord ils ont pro duit ensemble comme ils avoient fait chez vous: J'en ai donné deux à M. le prince de Condé; M. d’Amezaga doit les avoir suivis, et 1] pourra vous dire ce qu’ils ont fait. J'en ai gardé un pour voir s’il devien- droit propre à quelque usage. Dans son enfance, on l’a laissé libre dans une maison ‘et dans un grand enclos; 1l étoit assez fa- milier avec les gens de la maison, se nour- rissoit de tout, mais paroissoit préférer la viande crue à tout le reste. Sa figure res- sembloit beauconp à celle du loup, à la queue près, qui étoit plus courte, mais qui 518 HISTOIRE étoit tombante comme celle des loups. Il avoitsur-tout dans la physionomiece torvus, qui appartient particulièrement au loup. Sa manière de courir et de marcher étoit abso- lument semblable à celle de cet animal. Lorsqu'il étoit appelé par quelqu’un de ceux avec lesquels il étoit le plus familier, il ne venoit jamais directement à lui, à moins qu'il ne fût exactement sous le vent; sans cela, il alloit d’abord prendre le vent, et ne s’approchoit. qu'après que le témoignage de son nez avoit assuré celui de sès yeux. En tout il n’avoit rien de la gailé folâtre de nos jeunes chiens, quoiqu'il jouât quel- quefois avec eux; toutes ses démarches étoient posées, et annonçoient de la ré- flexion et de la méfiance. Il avoit à peine .six mois qu’on fut obligé de l’enchaïner, ‘parce qu’il commentçoit à faire une grande destruction de volailles. On avoit essayé de le corriger; mais, outre qu’il m’étoit ni aisé ni sûr de le saisir, le châtiment ne produisoit en lui que de l'hypocrisie. Dès qu’il m’étoit pas aperçu, son penchant à la rapine agissoit dans toute son énergie; parmi les volailles, il préféroit sur-tout les din- dons. Lorsqu'on le tint attaché, sa férocité ne parut pas s’augmenter par Ja perte. de rês q©© bi ré« Lie sm) n d ail que Dei L outé& tk! not oi kite nee} M ré| * 1 Es we les.| BCarols ouf à: ji| ir 5 7 cul} de! uit”:){ À pe te! bre it| au tal o. À ji| atel q! hf DU: CHIEN.| 519 sa liberté. Il ne devint pas non plus propre à la garde; il aboyoit rarement, ses aboie- mens éloient courts et ne marquoient que limpatience; il grondoit seulement quand il étoit approché par des inconnus, et la nuit 1l hurloit souvent. A l’âge d’un an, je Vai fait mener à la chasse, et comme il pa- roissoit hardi et tenace, j'ai voulu essayer s’il donneroit sur le sanglier; mais son audace lui a été funeste, il a succombé à la première épreuve; on l’a lâché avec d’autres chiens sur un sanglier qu’il a atta— qué de front, et qui l’a tué tout roide. Voilà - Vhistoire de cet individu. « J’ai marié son père, l’un de ceux que vous m'aviez donnés, avec une jeune louve que nous avions à la ménagèrie; comme il étoit plus fort qu’elle, il a commencé par s’en rendre maître, et quelquefois il la mor- doit très- cruellement, apparemment pour l’assujettir. Le bonne intelligence s’est en- suite rétablie. Lorsque la louve a eu environ dix-huit mois, elle est devenue en chaleur; elle a été couverte, et il en est venu trois petits qui tiennent beaucoup moins du chien que des individus de la première production: entre autres choses, le poil est pareil à celui du louveteau. Une chose assez rare, c’est 520 HISTOIRE que cette louve étant pleine, et à uri rois près de mettre bas, elle a souffert le mâle; il Va couverte en présence d’un des garçons de la ménagerie, qui est digne de foi. Il dit qu’ils sont restés attachés ui moment ensemble, mais beaucoup moins long- tems que ne restent nos chiens.......: Je fais élever séparément deux de ces louveteaux, pour voir si l’on pourra en tirer quelque parti pour la chasse; je les ferai mener de bonne heure en limier, parce que c'est de cette seule manière qu'on peut espérer d’eux quelque docilité. Je donnerai le troisième pour mari à la louve, afin que l’on voie quel dégré d'influence conservera sur la troisième génération, la race du grand-père qui étoit ün chien.» SECONDE ñ pl à ont 1[= 210 Du“| ei lui vel er lat| DU'OHTIEINX, SECONDE SUITE DES CHIENS MÉTIS. À ce premier exemple de la production très-certaine d’un chien avec une louve, _ nous pouvons en ajouter d’autres, mais dont les circonstances ne nous sont pas, à beau- Coup près, si bien connues: On a vu en Cham: pagne, dans l’année 1796, entre Vaitry-le- Français et Chäloris, dans une des terres de M. le comte du FHanbl: une portée de huit louvéteaux, dont six étoit d’un poil roux bien décidé, le septième d’un poil tout à fait noir, avec les pattes blanches; et le huitième, de couleur fauve mêlée de gris. Ces louve- teaux remarquables par leur couleur, n’ont pas quitté le bois où. ils étoient nés, et ils ont été vus très-souverit par les habitans des Villages d’Ablancourt et de la Chaussée, voisins de ce bois. On m'a ässuré que ces louveteaux provenoient de l’accouplement d'un chien avec une louve, parce que les Tous XXIIT. À. 599 HISTOIRE j louveteaux roux ressembloient, au point de sy méprendre, à un chien du voisinage; Ce néanmoins. avec cette présomption, il faut là, encore supposer que le chien roux, père de qu ces inétis, avoit eu pour pére ou pour mère pi un individu noir. Les peaux de ces jeunes ga animaux m'ont été apportées au jardin du de roi, et en consultant un pelletier, 1l les a pe: prises,au preinier COUP d'œil, pour des peaux. fn de chien; mais, en les examinant de plus lo près, il a reconnu les deux sortes de poils te qui distinguent le loup et les autres ani-| maux sauvages des chiens domestiques. C’est Jo à M. de Cernon que je dois la connoissance bn de ce fait, et c’est lui qui a eu la bonté de il || nous envoyer les peaux pour les examiner; ji |:] m'a fait l'honneur de m'écrire une lettre, a du 8 octobre 1776, dont voici l'extrait: dr « Le jour fut pris au 4 novembre pour és donner la chasse à cette troupe de petits HT loups....... On fit battre le bois par des kr chiens courans accoulumés à donner sur le in loup; on ne les trouva point ce jour-là; M quoiqu’ils eussent été vus deux jours aupa- ch | yavant, par M. d’Ablancourt, qui, à pied et F sans armes, s’étoit amusé à les considérer ma assez long-tems à vingt toises de lui autour is du bois, et avoit été surpris de les voir x ré qi,| hi 0 1 Œ pes np Bi 1h ex ut d ii] deu Seb, ) el in: ns d, degli| doit se| qui| Éibke| pot Peu mé Sul vo Œuni| tré is”) FE TU ! j | pl fe 0” l'œil Sep DU CHIEN, 323 si peusauvages. Je demandai, dit M. de Cernon, au pâtre d'Ablancourt qui setrouva là, s’il avoit vu ces loups; il me répondit qu'il les voyoit tous les Jours; qu’ils étoient privés comme des chiens; que même ils gardoient ses vaches et jouoient au milieu d'elles sans qu’elles. en eussent la moindre peur: il'ajouta qu’il y en avoit un tout noir, que tous les autres étoient roux, à l’excep- üon encore d’un autre qui étoit d’un gris _Cendré,: » Le 5 novembre, nous trouvâmes ces loups:dans une remise de broussailles, située entre Mery et Cernon, et nous nous mîmes à leur poursuite; et après les avoir SULVIS à pied une Jieue et demie, nous fûmes obligés, Ja nuit venant, de les abandonner; Mais nous avions très- bien distingué les couleurs de ces Jeunes animaux, et leur mère qui.étoit avec eux.:| Hu vor Root » Le 7, nous fûmes informés que les loups avoient été vus à Jongy; que le concierge de M. de Pange en avoit tué un; que le garde chasse en‘avoit blessé.un autre, et tiré sur le noir de fort près. et paroissoit lavoir manqué; il les vit-aller de là à l’endroit.-où ils étoient nés. Les chasseurs se rassemblé- rent et allèrent, trois, jours. après, les à 4 XX À 324 HISTOIRE célancer. La mère louve fut vüe la pre- nière, et tirée par mon fils; n'étant pas vestée à son coup, elle fut suivie de près par Les chiens; et vue de presque tous les Chagséurs dans la plaine, et ils n’y remar- queérent rien dé différent des louves ordi- maires:.. Ensuite on tua, dans le bois, un de‘ses louveteaux qui étoit entièrement roux, avec le poil plus court et les oreilles plus longues que ne les ont les loups; Le bout des oreilles étoit un peu replié en dedans, et quelque chose dans l'ensemble plus ap- prochant de la figure du mâtin alongé, que dé célle d’un loup. Un autre de’ces louve- teaux ayant été blessé à mort, il cria sur le coup, précisément comme crie un chien qu’on vient de frapper. Le garde chasse qui Pavoit tiré, fut même effrayé de la couleur et du cri de ce louveteau, par la crainte qu'il” avoit d’avoir tué un des chiens de la meute qui étoit de mème poil; mais en le poursui- vant il fut bientôt détiompé, ét le reconnut pour être un louvétéau; cependant il ne put pas le saisir, car cet animal blessé se fourra dans un terrier où il a été perdu. » Le garde chassé de M. Loisson, qui a coutume de tendre des pièges, trouva, en les visitant, un de ces louveteaux saisi par l l di À‘a: ont. ep 0 à Mob en By lu n Mure| Li| Lau mt Erut| on!© ut| Le Æstuvt| A ë k ct| a! Ms: hi| megane BTE:CHPE N 325 la jambe, et il le prit pour un chien; quel- ques autres hommes qui étoient avec lui en jugèrent de même; en sorte qu'après l'avoir tué, ils le laissèrent sur la place, ne croyant pas que ce fût un louveteau, mais persuadés que c’étoit un chien... Nous envoyämes chercher ce prétendu chien qu’ils venoient de tuer, et nous reconnümes que c’étoit un lou- veteau entièrement semblable aux autres, à l'exception que son poil étoit en partie roux et en partie gris; la queue, les oreilles, la mâ- choire, le te étoient bien décidément pre— _» Enfin, quelques jours après on trouva le reste de cette troupe de louveteaux dans un bois, à une lieue de Châlons: on en tua un qe étoit roux, et pareil à celui dont; J'ai envoyé la peau au 2e du roi. » Enfin, le 18 novembre 1776, M. Loisson tua deux de ces louveteaux à quelque dis- tance de son château, et cesont les deux dont j'ai envoyé les peaux; l’un étoit roux et l’autre noir; le premier mâle et le second une femelle, qui étoit plus petite et couroit plus légèrement que le mâle.» D’après les faits qui viennent d’être expo- sés, 1l y a quelqu’apparence que ces louve- teaux pouvoient provenir de l’union d'un || X.3 520 HISTOIRE chien avec la louve, puisqu'ils avoient tant de ressemblance avec le chien, qu’un grand nombre de chasseurs les ont pris pour des chiens.| De ces huit louveteaux, il yen avoit six TOUX, qui, par cette couleur, ressembloient, dit-on, à un chien du voisinage,et ils avoient les dits à demi-pendantes; cela fonde la présomption qu ils pouvoient pr ovenir de ce chien. Mais il y en avoit un septième, dont le poil étoit grisätre, et qui par consé- quent pouvoit provenir du loup. Le hui- tième, qui étoit noir, pouvoit aussi provenir d’an loup; car cette couleur noire n'est qu’une variété qui se trouve quelquefois dans FRspece du loup, comme je le dirai. \ ] dan!& dan UVOL Ærroienk 1 re,|@ pans AURONT TE dr(Begue our! à mr, cod Eu| ouv( Cr quil| De| Sn| TROISIÈME EXEMPLE DU PRODUIT D'UN CHIEN ET D'UNE LOUVE. Extrait d’une lettre de M. de Cerjal,& Lausanne, au baron de Woellwarth, à Paris. « S: vous voyez M. le comte de Buffon, je vous prie de lui dire que personne ne peut mieux que moi attester la vérité d’une note de la vingt-unième page de son histoire des animaux quadrupèdes, ayant moi-même dressé deux petits provenus d’un chien d’ar- rêt, et de la fille du loup dont lord Pembroke avoit écrit à M. Bourgelas; qu'avec beaucoup de peine et de douceur je les avois amenés à chasser et arrêter, de compagnie avec une trentaine de chiens d'arrêt; qu’ils avoient du nez, mais du reste, toutes les autres mau- vaises qualités du loup; qu'il a fallu beau- X. 4 { 58 HISTOIRE coup de tems pour leur apprendre à rappor- ter; et qu’étant grondés le moins du monde, ils se retiroient derrière mon cheval, etne chassoient plus de quelques heures; et que _m’étant que très-médiocrement bons, je ne les ai gardés qu’en faveur de leur naissance peu commune, et les ai ensuite rendus à lord Pembrake». LT bois à jeun Apres de la pas se de ilest 4 chien& sur 4 bant 8 Extré L Ê Ceux LI k | | jes pi à Dance intan à présu 4 Louve, — _— En+.; EE 5 DU: CHIEN. QUATRIÈME EXEMPLE DU PRODUIT D'UN CHIEN ET DUNE LOUVE | « Éc a été attaqué, le 11 août 1784, dans les bois de Sillegny, à trois lieues de Metz, un jeune loup mâle, qui a été pris en plaine après une heure de chasse, par l’équipage de la louveterie. Le pelage de ce loup n'est pas semblable à celui des loups ordinaires; il est plus rouge, et approche de celui du chien: sa queue est conforme à celle du loup; ses oreilles, au lieu d’être droites, sont tom- bantes depuis le milieu de l'oreille jusqu'aux extrémités; ses yeux sont plus grands que ceux des be ordinaires, dont il paroït différer aussi par le regard; l'extrémité de ses pieds de derrière, près des ongles, est blanche; et en tout cet animal paroît tenir autant du chien que du loup, ce qui feroit présumer qu’il a été engendré par une louve couverte par un chien. 330 HISTOIRE » On a empêché les chiens de l’étrangler, et M. le comte d’Haussonville, grand lou- vetier de France, le fait élever pour l’en- voyer à la ménagerie. On a déja observé qu'il lappe de la même manière que les chiens».| DU CHIEN. CINQUIÈME EXEMPLE DU PRODUIT D'UNE LOUVE AVEC UN CHIEN. » Ex 1774, parut une louve en Basse-Nor- mandie, qui se retiroit dans le bois de Mont- Castre, proche le château de Laune et le bourg de la Haye-Dupuis. » Cette louve ayant pris plusieurs bestiaux dans les landes et marais des environs, les habitans du canton lui donnèrent la chasse, firent des battues à différentes reprises, mais toujours en vain: l'animal, fin et subtil sût s’esquiver; ils parvinrent seulement à l’ex- pulser du pays, après qu’il y eut séjourné près d’un an.| » Mais ce qui étonna beaucoup dans les battues que l’on fit, fut de voir plusieurs fois avec cette louve un chien de l’espèce du lévrier, qui s’étoit Joint à elle, et qui appar- tenoit au seigneur de la paroisse de Mobec, voisine de la forêt de Mont-Castre. » On sut que cette louve, étant sans doute 352 HESET OI RE: en chaleur, venoit la nuit dans les environs de la maison du seigneur de Mobec, faire des hurlemens pour attirer à elle le chien, qui en effet alloit la joindre; ce qui fit faire des représentations au seigneur de Mobec pour se défaire de son chien, qu’en effet il fit tuer. » Maïs la louve étoit pleine; elle mit bas ses petits peu de tems après: les habitans en trouvèrent cinq; on en apporta deux au chà- teau de Laune; le curé d'Angoville en éleva pendant quelque tems un, qui paroissoit tenir du loup et du chien; mais il devint si méchant et si funeste à la basse-cour, qu’on fut obligé de le faire tuer. _.» Le lévrier tué, les petits louveteaux pris, la louve ne reparut plus dans le pays. » Il estcertain qu’elle étoit pleine du chien, puisqu'on les avoit vus plusieurs fais en- semble; qu’il n’y avoit pas de loup dans le canton, et qu’elle mit bas ses petits environ trois mois après qu’on se fut aperçu de leur union et des hurlemens qu’elle faisoit pour attirer à elle le chien.| » Tout cela s’est passé depuis l'été de 1774, jusqu’à l’été de 1775, et est à la connoissance de tous les habitans du canton. » On a vu, chez M. lecomte deCastelmore, un petitchien, âgé d'environ un an, et d’une ÉD 602]: d'ane| ait d° 1790)| Tov* riens conné" chien* avec l° un) D puis! len;| ÆEsldn| ||| la D D pie ACT,! es pl BBanrten|| at pl Menu| étol She, pl Su pas| Me p ln!|| TE: EL e lul su WA qu) Blue dep it st à an ant# nt Bb") gui}| ron DE CHIEN. 333 assez jolie forme, que l’on assuroit provenir d’une petite chienne et d'un renard».(Ex- trait d’une lettre écrite de Paris, le 12 juin 1779). Tous ces faits confirment ce que les an-. ciens avoient avant nous observé ou soup- conné; car plusieurs d’eux ont écrit que les chiens pouvoient s’accoupler et produire avec les loups et les renards. 554 HISTOIRE re| ste presque priant À. D: EEE O0: Noix pur de | jobt es A ARTICLE DU CHIEN, dont en LE cr|| sesib} go nie dE varqu FIL DUÜUNELNL k ||{ièmes dan LL est la dépravation de l'espèce mail;1 humaine, qu’elle est souvent obligée de cher- chien cher hors d’elle-même l’exemple comme la fossé | pratique habituelle des vertus les plus re- den. | commandables. S'agit-il d’un gardien incor- maitre ‘il ruptible, d’un compagnon fidèle et désin- fait co) ll téressé, d’un ami que l’adversité n’éloigne ce reg LL pas; 51 l’idée de l’homme se présente, ce n’est raistr que pour exciter d’inutiles regrets sur la lesers nécessité d'effacer ces vertus précieuses de sncec l’histoire des sociétés, ou pour en rappeler Qui ne quelques traits isolés, comme des actes ex- CE sc traordinaires que l’on se contente d’admirer, lon? sans être tenté de les rendre moins rares. Qu Une espèce nombreuse d'animaux s’offre au Dre| contraire toute entière, riche des dons"1 ul exquis du sentiment, et heureuse d’en con- sacrer, sans réserve, l'exercice à cette mème ()i uvel©}| > Leg Brie| ACT SIT TI Le du gnoi Œikilu| l'ad Este ii! ne 54 neo utile mal vert à eéomni| où À Œuen r| om Mess ackf|| » col te d'abt)| reni 01 f| dal@rx|| 15:| hel 24" us| cert Sci DU CHIEN. 535 espèce humaine, qui ne sait qu’en abuser, et presque jamais les ennoblir en se les appro- priant. L'épreuve que nous faisons chaque jour de l’intelligence des chiens, est, pour tout esprit accoutumé à réfléchir, un sujet d’étonnement et d’admiration; et toute ame sensible ne peut se défendre d'émotion aux marques de constance et d’attachement ex- trêmes qu’ils ne cessent de nous prodiguer. « J'ai veu, dit Montaigne, dans son langage naïf; mais très-philosophique; j'ai veu un chien conduisant un aueugle le long d'un fossé de ville, laisser un sentier plain etumi, eten prendre un pire, pour esloigner son maître du fossé. Comment pouvoit-on avoir fait concevoir à ce chien que c’estoit sa charge de regarder seulement à la seureté de son maistre, et mespriser ses commoditez pour le servir? Et comment avoit-1l la cognois- sance que tel chemin luiétoit bien assez large, qui ne le seroit pas pour un aueugle? Tout cela se peut-il comprendre sans ratiocina- tion?»(1) Quel attachement peut être comparé en force et en durée à celui de ce chien, que ps 2 is |(3) Éssais, Liv. II, ch. ra. 556 HISTOIRE tout Paris a vu, en 1660, fixé pendant plus sieurs années sur le tombeau de son maitre, au cimetière des Innocens? L’on employa vainement les caresses pour lui faire aban- donrier des restes chéris; rien ne put larra- cher à ce lieu de fidélité et de douleur. L'on éssaya plusieurs fois de Pen tirer de force, et de l’enfermer à l'extrémité de la ville; dès qu’on lé lâchoit, il retournoit au poste que sa constante affection lui avoit assigné, étoù, exposé à toutes les intempéries de l'air, ilbravoit la rigueur des hyvers les plus durs. Les habitans de ce quartier, touchés de la persévérance de cet intéressant animal, ne le laissoient pas manquer de nourriture, qu’il ne sembloit recevoir que pour prôlon- ger sà douleur et l'exemple’ d’une fidélité vraiment héroïque.| Plus récemment, Valenciennes a été té- moin d’un trait semblable: Un habitant de cette ville meurt; son chien le suit au cime- tière, et se couche sur sa tonrbe: on lui porta de la noutriture, à laquelle il refusa de toucher pendant trois jours. Après avoir mis à toutes sortes d'épreuves sa constance infatigable, on lui bâtit une huite sur la tombe même; il y demeura pendant neüË années, sans jamais s’en éloigner de plus de douze ntére Eu| nquel Je unie! Voir! ul jt| | remf 4|. 110 lalen Saiti fl ble ÜU bat: chiel Si us sa td) den aqué ; jot pret ps) ut net n él g”' Ù qu gnesh chiens rechel neiges | où Eu TR)» RSS Nr ECS“se CHIEN MULET FEMELLE, ds. Ÿ‘4 ELEC AUON, DU CHIEN. 35m douze ou quinze pas, et il y mourut accablé de vieillesse: et de douleur(1). Ce n’est pas seulement à l'égard de son maitre que le chien développe toute la su périorité de son instinct. L/on en voit pour qui tous les hommes indistinctement sont des objets de dévouement et de sollicitude. Il existe, par exemple, sur les hautes mon- tagnes des Alpes, une race particulière de chiens, dont l'unique destination est la recherche des voyageurs surpris par les neiges, égarés au milieu de brumes épaisses, ou engagés dans des routes. impraticables pendant les tempêtes de lhyver. Les reli- _ gieux du mont Saint- Bernard, habitans hospitaliers de ces hauteurs glacées et pres- : qu'inaccessibles; ne manquent pas d’en- _voyer, chaque jour d’hyver, un domestique de confiance, accompagné de deux chiens, à la rencontre des voyageurs du côté. a Valais, jusqu’à Saint- Pierre. Les chiens suivent la trace de l’homme qui a perdu son chemin; ils: Jatteignent, le ramènent et larrachent à une mort inévitable. La | plancle RASE donne la figure d’un de ces G) Cours d’histoire naturelle, où Tableau de la Nature; Paris, 1770 ,;tome IT, page 105. TouME XXTEL,- ee 356:. HISFOFKRE| chiens des Alpes, prise sur le vivant. Ce bel animal est nourri, avec sa femelle, à Surenne, près de Paris, dans la maison de campagne du secrétaire-général du consulat, Lagarde, qui a permis de le dessiner. Son poil est blanc avec des taches noires autour des oreilles, et quelques autres plus petités de couleur fauve près des yeux. Il est à peu pres de la taille d’un mâtin; ses longs poils, son museau effilé et presque toute l’habitude de son corps le rapprochent beaucoup du chien de berger, dont il paroît descendre par un mélange peu ancien de ce chien avec le mâtin. Cette race est aussi très-bonne pour la garde; de sorte qu’elle réunit les bonnes qualités des races auxquelles son origine est due, l'intelligence du chien de berger et la vigilance de nos chiens de basse-cour. Les caractères distinctifs des chiens sont à l'extérieur: les poils dont le corps est Île plus ordinairement couvert, et qui sont épais, plus durs sur le dos, et à peu pres de la même longueur sur toutes les parties du corps; la tête oblongue, se retrécissant devant les yeux; le crâne élevé, et son sommet en arête; le derrière de la tête ter- miné par des prolongemens de l’occiput, qui s'étendent en arrière en forme de crêtes el: cha SON des rie yo! ces nk I sur| R \Vec| Int L"4 CUX, LOT ja ses À 2 ik 1 e toul fu ni be#0} jit la pu de ce} Melrre à|| ussi À dE pur Île rt Minne uelks:(UE chi! Bd s de à œil cuis| Mers;| dont!@:5t ver»| e dos LCJu| sur td 25 pi L. | de rtisil ngut{ "SE cranê 4." crier 0| med pu) Cut À een] ut(| iches©: ae| autre re| il; À le qu DU CHIEN. 539 et alongent la partie supérieure de la ifte: la lèvre supérieure obtuse, et couvrant 5x chaque côté celle d’en ss dont les bords sont dégarnis de poils et comme dentelés par des excroissances molles et charnues:* des muscles très-robustes donnant le mou- vement aux mächoires; sur la lèvre supé- rieure, des Mouse formées de soies roi recourbées en avant, et implantées sur des espèces de VeITUEs; plusieurs de ces verrues, à soies moins longues, gar- nissant en devant la lèvre inférieure; le nez obtus, nu, ridé et toujours bunide du moins“apépd le chien n’est pas He les ouvertures des narines arrondies; six but incisives et deux canines à dou mächoir€) six dents molaires de chaque côté à la mâ- choire supérieure, et sept, aussi de chaque côté, à la mâchoire inférieure, en tout qua- rante-deux dents; maisce nombre n’est point constant dans tous les sujets; plusieurs ont quelques dents de moins et quelques- uns en ont davantage; d’où l’on doit conclure queles méthodes qui ont pour base lenombre des dents sont des distributions insuffisantes et fautives; toutes les dents incisives de la es supérieure, marquées sur leur face antérieure par deux petites cannelures, Y 2 34O HISTOIRE qui semblent les diviser en trois lobes ou parties distincles, dont celle du milieu est la plus grande; une pareille cannelure sur les premières dents, et quelquefois sur les secondes, de la mâchoire de dessous; les sourcils peu apparens; plusieurs verrues sur la face; le cou un peu arrondi et pres- qu’aussi long que la tête; treize côtes, neuf vraies et quatre fausses de chaque côté; le même nombre de vertèbres dorsales, et sept lombaires; les os des hanches en forme de cuiller, étant convexes en dedans et concaves en dehors; les pieds de devant divisés en cinq doigts, ceux de derrière en quatre ou cinq; ces doigts séparés les uns des autres, sur la longueur de la seconde el de la troi- sième phalange, et armés d'ongles convexes, obtus, creusés en goutière, et que animal me peut retirer ni faire sortir à volonté; léperon, ou cinquième ongle des pieds de devant, se trouvant quelquefois double et même triple; sous chaque doigt‘un petit tubercule arrondi; derrière eux, la pomme “est garnie d’un gros tubercule figuré en treile; ‘une callosité au pli du poignet; dix ma- melles, quatre à la poitrine, et six sur le “ventre; le mâle n’en a que six placées sur cette dernière partie; mais ce nombre des TA (CO: res do nches u deda , der: rire : | ls d $ d'onf ère, à#3 | e sr onglé< jelquel H “| ère 4 x culel} poigt| que S Æ ais À% | Condé PDU.CHLEN:‘4 mamelles varie beaucoup, et fournit un ca- ractère de divisions méthodiques aussi in- certain que celui des dents; la queue ronde, couverte de poils; animal lagite en signe de joie, et il la laisse pendante entre ses jambes, lorsqu'il est affecté par la crainte. Le chien a le palais profondément sillonné en travers, la langue arrondie et très-mince à son extrémité, large et aplatie dans sa lon- gueur, et comme partagée en deux par une ligne creusée dans son milieu; le cerveau assez considérable; l’œsophage formé par six tuniques; lestomac d’une assez grande capacité, s'étendant presqu’autant à droite qu’à gauche, ayant sa grande convexité en bas, semblable à celui de l’homme, mais moins épais et plus rouge; le colon plus gros et plus ample que les autres intestins; le cæcum grand, oblong, se repliant sur lui- même en deux endroits, presque toujours rempli de mätières liquides, et gonflé par des vents; le cœur placé au milieu de la poi- trine, sa pointe tournée en arrière; le foie d’une figure irrégulière; la vésicule du fiel en forme de poire; la rate oblongue et d’un rouge plus foncé en dedans qu’en dehors; enfin, le poumon droit divisé en quatre lobes, et le gauche en deux seulement. LS #is Dans les espèces d'animaux que l’homme a soumis à la domesticité, ou plutôt à la servitude, la Nature, souvent contrariée, produit fréquemment des monstres par excès ou par défaut. Je citerai exemple d’un chien nmionstre de cette dernière sorte, comme une nouvelle preuve et de la perfection d’instinct dans le chien, et des ressources de la Nature. T1 a été publié par M. Peret fils, dans le Jour- nal de physique du mois d'août 1790. - Au mois de juillet 1788, une chienne épagneule noire, à taches couleur de feu, mit bas huit petits; on ne lui en laissa que quatre; mais le choix que l’on en avoit fait ayant été très-superticiel, lon s’aperçut quelques jours après que l’un de ces quatre petits étoit une chienne dépourvue des pattes de devant; on s’imaginoit qu’elle ne vivroit pas, mais ce défaut de conformation n’empêcha pas qu’elle ne prit autant de croissance et de vigueur que les autres, et elle avoit deux ans lorsqu'on en fit la des- cription. _ Deux- pattes tient beaucoup du chien- loup; mais elle a le corps plus alongé. Son poil est long, un péu rude et de couleur brune; elle a souvent les oreilles droites; sa queue REA beaucoup à celle du renard, 178 Œuvre L hes 4#5k/n, À ne} Mur LM: pue lot mmstht ciel,| om e lui Mequtr ne À tox à| mag Me qut da Œorr L ne pl à My à r qué ait| qui mu ul La je S pli Bb: ei( à s, ps|| orell À Ve-oi| D j cé 0 La U CHIEN. 343. mon seulement par sa forme, maïs encore par la manière dont la chienne la porte. Cette chienne est fort caressante; elle vient aux personnes qu’elle connoît, sur ses deux seules pattes de derrière qu’elle tient écartées et les doigts fort'ouverts. Siellé veut arriver vite, elle se sert du dessous de son cou, comme d’une troisième jambe pour sap- puyer; elle avance alors assez vite par une suite de sauts et d’élancemens; maïs cette: marche contrainte la fatigue beaucoup, sa respiration se trouve comme coupée à cha- que fois que son cou touche la terre, et pour sauver sa tête et son museau des chocs qu'ils recevroient, il est nécessaire que les muscles. du cou soient toujours en contraction, de manière que la tête soit sans cesse relevée. Si Deux-paites entend quelque bruit, elle se tient droite, même pendant un tems con- sidérable. Dans la campagne, on laprendroit de loin pour un lièvre faisant le chandelier; sielle veut monter un escalier, en s’élançant sur chaque marche avec l'appui de sén cou, elle en vient facilement à bout; mais al lux _est impossible de le descendre. L'on ne peut guère s'assurer au toucher, de la conformation des os de cette chienne:+ on croit ne sentir Vomoplate et rien Fe + Hhé HISTOIRE | fl plus. Cependant, lorsque l’animal s’est placé de. lui-même sur son derrière, à la manière des chiens dressés à faire la révérence, et qu’il semble vouloir exprimer son affection ou ses desirs, on aperçoit un mouvement bien sensible sous la peau, à l'endroit où les jambes de devant devroient être attachées; mais il. est probable que ce mouvement dé- pend du jeu des muscles. Cette chienne extraordinaire a fait, en décembre 1789, six petits, dont aucun ne partcipoit au vice de sà conformation. La force digestive de l'estomac du chien est tee aliii:; les os ÿ sont ramollis et digérés avec autant de facilité que les | imächoires en ont à les casser. Les sucs ll gastriques font tout le travail de cette di- il gesuon; la trituration n’y contribue point. Et sur, ce point de physique. animale, deux, grands observateurs, Boerhaave et Spallanzani, ne. sont point d’accord: le premier prétendoit que. les chiens ne digé- roient pas la chair en entier, qu’ils ne fai- soient. que la dépouiller. de ses sues,.et qu’ils en rejettoient les fibres; qu’ils ne digéroient pas mieux les portions line qu'on leur faisoit avaler, et enfin, que les.os restoient, intacts dans lie estomac. Mais M. Spallan- ganl des] lente mnt canti ellee les cl Ce: el 1ls sorte sion seau sauy dépra lés ve rare solgn qu'on règne aÿec| tre, nè Ma quelq pour elle-n otdnt ÎS; î acul( fm, le sl 6: din| sus Mio t à À les cf Mrs us tr D Ale de| | BH. ny Mrqu phys( deu, eurs,| bat! point dt| dé cl a ter} U mb des$ œ“| | Pas ti, Mu y ül: ln à DU: CHIEN‘54 -zani a prouvé que la digestion de la chair et des parties d’intestins, quoique s’opérant lentement, s'achève néanmoins complette- ment, non seulement quant aux sucs qu’elle contient, mais encore quant aux fibres dont elle est composée. Ons’est de même assuré que les chiens digèrent parfaitement les os(1). Ces animaux sont d’une grande voracité, et ils s’'accommodent assez bien de toutes sortes d’alimens. Cependant ils ontune aver- sion invincible pour plusieurs espèces d’oi- seaux, dont la chair a une odeur forte et sauvage; mais, par une suite d’un goût plus dépravé, ils préfèrent aux viandes fraîches, les voieries les plus infectes; et il n’est pas rare de voir le chien; le pins délicatement soigné, quitter les no thyes de’ choix qu’on lui prodigue, pour courir à des cha- rognes, les déchirer avidement, et se rouler avec délices sur leurs lambeaux en pourri- ture. Naturellement carnivores, les chiens ne mangent guère de végétaux cruds; et, si quelques-uns aiment la salade, c’est plutôt pour son assaisonnement que pour Fa plante elle-même. J'ai vu un roquet qui, pendant (1) Voyez le Dicti ionnaire d'histoire naturelle; pax V almont de Bomare, à l’article orseau. 546 HISTOIRE une longue vie, n’a cessé d’avaler chaqué jour une quantité assez forte de tabac en poudre; dès que l’on ouvroit une tabatière, il tourmentoit jusqu’à ce qu’on lui eût mis daus la gueule une bonne pincée de cette poudre.| Quand les chiens se sentent malades, ils coupent avec leurs dents et avalent les feuilles du chien-dent, et de plusieurs autres graminées: ce remède, que la Nature leur indique, les fait vomir et les guérit. L'on connoît la manière dont les chiens s’appro- chent et se reconnoissent entre eux; mais l’on ne sait pas généralement que cette sin- gulière habitude est fondée d’une part sur la finesse de leur odorat ,et de l’autre, sur deux glandes ou vésicules particulières, placées de chaque côté de l'anus, et qui y commu- niquent par un orifice bien apparent, Elles ont assez de capacité et la forme ovoïde; leurs parois intérieures sont lisses, etelles exhalent une odeur fétide et pénétrante. Ce ne sont pas les seuls animaux qui aient dans le même endroit des glandes de cette nature, qui con- tiennent, comme celles-ci‘Une matière très- odorante(1). (1) Daubenton, description du chien. Une chien( pdes {oujou dirécti et dou droit€ que sa 1e pas mu'éten . tudes aim: droit« Len bas, et porten Pélast dont l aubsi| mént I cha demat la pan étolen co m peloit STE eg tel TARN AE LS eo ns Ée ste R: mn & Fe 9977 “6 QU Mitim) On€| Mein ht dont k de; im 0e! tan) érlend Piou-| Joué'atuh) lei Œs:wk) s pri Ms, jai ,| h ans,| QD YU, ce bet Que LR etha fd Soit| Lis seit, | F9» " ds qu| es à dutt) DU CHIEN. Une autre particularité qui distingue le chien de presque tous les autres quadru- pèdes, est la position de la queue elle est toujours recourbée du côté gauche. Cette 547 direction vieñt de ce que le chien marche et court obliquement, et qu’il porte le côté droit en avant; de sorte qu’il est nécessaire que sa queue se jette du côté opposé, pour _ne pas opposer de la résistance à l'air. Je ne m'étendrai pas davantage sur les autres habi- tudes du chien: le grand nombre de ces animaux qui vivent au milieu de nous, ren- droit ce travail superflu. Leurs peaux servent à faire des gants, des bas, et des pièces d'estomac que les femmes poñtent la nuit pour entretenir le velouté et Vélasticité de la peau. La dépouille des chiens dont les poils sont longs ét soyeux, s'emploie aussi pour diverses fourrures, et principale= ment pour des manchons auxquels on cher- che à donner plus de valeur, en les peignant de manière à imiter Les peaux de l’once ou de _ la panthère. Les excrémens mêmes du chien étoient en usage autrefois dans la médecine, comme un astringent; c’est ce que l’on ap- peloit, en style de pharmacopée, album græcum où magnésie animale. Cette malière est tellement caustique, qu’elle détruit en- 548 HISTOIRE tièrement toutes les plantes, comme on peut Pobserver dans les endroits où l’on a tenu, pendant quelque tems, des. chiens à lat- tache; les plantes y périssent, à l’excep- tion de la renouée et du thalitron. Lister a observé que les insectes n’y touchoient jamais; et si l’on marche dessus, lorsqu’elle a été récemment rendue, le soulier fût-il tout neuf et du meilleur cuir, se trouve uséen huit jours à là place qui en a été imprégnée(1). Le chien est, pour l'habitant de la cam- pagne, un compagnon nécessaire, qui laide à découvrir le gibier, à le poursuivre et à Vatteindre. Il concourt également à notre utilité et à nos,plaisirs.; et il est intéressant de le considérer encore sous ce double rap- port. Dans les plaines, on chasse avec le chien couchant, ou chien d’arrét, ou chien ferme."Trois espèces sont propres à cette chasse, le braque, l’épagneul, et celui que les chasseurs appellent griffon:: c’est un chien métis à poil, long et un peu frisé, qui tient du, barbet. et. de l’épagneul. Le braque est plus brillant et plus léger dans sa quête; mais Ja plupart de ces chiens craignent l’eau et les ronces; au lieu que l’épagneul et le griffon {1} Dictionnaire des animaux, au mot chien. saccou porter froids; les Leu plus de de ui emploi chiens doiven Pou: * de fr un pro et que langer. man, boune Normi il yen munÊn marque poitrin serble dans le pisse) race es KIVée (1) Tr ol gs: tk 4 a| ja|| Î | rt maux, 04 na eh qu| Qt LL fe heal CET er} Mme Cou 4 Sin su;\". L ra DU'CHFEN, 549 . saccoutument aisément à chasser et à rap- porter dans l’eau, même par les plus grands froids; ils quêtent aussi dans les boïs et dans les lieux les plus fourrés: ils offrent donc _plus de ressource que le braque, et méritent de lui être préférés(1). Les moyens que l’on À emploie pour dresser ces trois races de » chiens, appartenans à l’art de la vénerie, ne n doivent point trouver place ici. Pour la chasse dans les forêts, l’on se sert de limiers et de chiens courans. Le limier est un gros chien qui ne donne pas de la voix, et que l’on emploie à quêter le gibier et à le lancer. Il y a des limiers pour la chasse du matin, et d’autres pour la chasse du soir. La bonne race de limiers vient ordinairement de Normandie. Dans le nombre de ces chiens, il y en a de noirs; mais ils sont plus com- munément d’un gris brun: les noirs sont marqués de feu, et ont aussi du blanc sur la poitrine. Comme des uns et les autres res- semblent beaucoup aux chiens représentés dans les anciens tableaux et sur les vieilles tapisseries, il y a toute apparence que leur race est très-anciennement connue et con—- servée; aussi les plus vieux chasseurs de (1) Traité de la chasse au fusil. li 4 En HISTOIRE il Normandie assurent que leurs ancêtres n’en |: ee; tn di coup. El savent pas l’origine. La taille ordinaire des. fu es..: Y. 5|: limiers est de vingt à vingt-deux pouces. Ils J'aille sont épais; ils ont la tête grosse et carrée, Üs les oreilles longues et larges, les cuisses et les| reins bien faits, et le nez très-bon: ils sont n vigoureux, hardis, et même méchans; ils se RAS battent entre eux avec tant d’'acharnement, he qu’on est souvent obligé de leur fourrer uñ Hi bâton dans la gueule pour les séparer(1).| Ki: Il paroît que l’on ne connoissoit ancien- nl. nement en France que deux races de chiens À courans, toutes deux originaires de Saint-‘ Ji Hubert; l’une de chiens noirs, l’autre de s. 1 hi blancs. Les chiens noirs avoient les jambes k | et le dessus des yeux marqués de feu, et à| | quelquefois un peu de blanc sur la poitrine: me j ils étoient de moyenne taille, peu gros et ob peu vigoureux; mais ils étoient sages. Les cb chiens blancs avoient plus de vitesse et de j je vigueur; mais 1ls étoient aussi plus emportés. 1 Saint-Louis ramena d'Orient une troisième b race de chiens courans à poils gris de lièvre, hi hauts sur Jambes, et ayant les pieds bien Er faits et les oreilles grandes: ils étoient beau- À je CL ae lions (1) Voyez l'Encyclopédie méthodique; Dictionnaire sot| des chasses, à l’article du chien,| 1H | I doi Lvec ta| ue: hi| sl Lure le pour bem till met Re . tp | Ne(À ni y\ qu i\ 4 sde din UX r) Brest ch le M0 À nu 4 ru| Il ME 8 lent" ex n ph}_ autres races de chiens courans, sans en a deb]#8 ip) Fenne Slu pi) ais 1! Mo sat = = ent 1 pl bis 1e oiental su”| a dOrt rer ans à p el br et 1yd{ Lo md Lo” ni a L LE mi sdie mel Tai a chueu = = Ea- == rennes a ii =. À |* DU CHIEN. 351 coüp plus vites que les chiens noirs; mais ils n’avoient pas l’odorat aussi fin; ils étoient d’ailleurs entreprenans, et même fougueux. Il s’est formé depuis, une autre race qui a été confondue dans celle des chiens blancs de Saint-Hubert. Louis XII fit couvrir une chienne braque d'Italie, par un de ces chiens blancs. Les produits de cette alliance furent appelés chiens grefliers, parce que la chienne appartenoit à un des secrétaires du roi, que Von connoissoit alors sous le nom de gref- fiers. La maison et le parc des Loges, près de Saint-Germain, furent bâtis pour entre- tenir les chiens de cette nouvelle race, qui réumissoient toutes les qualités des avoir les défauts; ils étoient communément iout blancs, avec une marque fauve sur le corps. L'on peut aisément s’apercevoir que nos chiens courans d'aujourd'hui provien- nent du mélange de ces différentes races. Pour qu’un chien courant aït, en même tems, de la noblesse et de la vigueur; il faut ; s 1l Fe vingt-trois pouces, et même plus, de hauteur. Quiconque connoît les propor- tions d’un beau cheval, sait aussi quelles sont les belles formes d’un chien courant. 11 doit avoir la hauteur des jambes en pro- | HR ( 352 MESTOIRE portion avec la grandeur du corps, les épaules petites sans être serrées, le pied petit, les doigts fins et un peu longs, la tèle busquée et un peu carrée, sans être trop forte, les oreilles tombantes, le nez carré, les reins courts et un peu élevés en dos de carpe, les cuisses nerveuses et char- nues, le jarret n1 trop droit, ni trop courbé, et sur-tout pas attaché trop bas: enfin, la queue bien attachée, et n1 trop mince, n1 trop épaisse. Les défauts que Pon peut re- marquer sont des jambes trop longues, les _pieds courts et de gros doigts;les chiens qui ont ces vices de conformation, sont sujets à s’écarter de la voie du gibier. Ceux dont les jambes sont courtes, les pieds mous et plats, et les épaules charnues, n’ont point de vi- sueur, n1 de légèreté, non plus que ceux dont les épaules sont sèches et serrées, les reins et les jarrets bas, et les cuisses longues et plates. Les chiens courans, qui ont la queue attachée fort haut, et retombant sur le dos en se tournant en trompe, ne sont ja- mais vigoureux; ceux qui ont le poitrail trop ouvert, sont sujets à se prendre des épaules(1). (1) Dictionnaire des chasses, à l'endroit cité. DE mel énct tem divi mn subs lére ne s est€ YLVa iOut| mêm I laut É< pu! jambes| or L ro s nues, nt Ch 3 nil 1# de,» Bus! | as,€ D su| ns CO l eu! s ls|. È DE LA NATURE. PREMIERE VUE. Ex Nature est le système des lois établies par le créateur pour l’existence des choses et pour la succession des êtres. La Nature n'est point une chose, car cette chose seroit tout. La Nature n’est point un étre, car cet être seroit Dieu; mais on peut la considérer comme une puissance vive, immense, qui embrasse tout, qui anime tout, et qui, sub ordonnée à celle du premier être, n’a com= meéencé dagir que par son châse: et n'agit encoré que paï son concours ou son consen= tement. Cette puissance est de la puissance divine la partie qui se manifeste; c’est en = même tems la cause et l’effet, le mode ét la substance, le dessein et l’ouvrage: bien dif- férente de l’art humain, dont les productions ne sont que des ouvrages morts, la Nature est elle-même un ouvrage perpétuellement vivant, un ouvrier sans cesse actif, qui sait tout employer, qui, travaillant d’après soi- même, toujours sur le même fonds, bien loin TomE XXIITIT, Z 354 DE LA NATURE. de l’épuiser, le rend inépuisable; le tems, l’espace et la matière sont ses moyens; lu- nivers son objet, le mouvement et Ja vie son but.| Les effets de cette puissance sont les phé- nomènes du monde; les ressorts qu’elle em- ploie sont des forces vives que l’espace et le tems ne peuvent que mesurer et limiter sans jamais les détruire; des forces qui se ba- lancent, qui se confondent, qui s’opposent sans pouvoir s’anéantr: les unes pénètrent et transportent les corps, les autres les échauffent et les animent; attraction et l’im- | pulsion sont les deux principaux instrumens de l’action de cette puissance sur les corps bruts; la chaleur et les molécules organiques _vivantes sont les principes actifs qu’elle met en œuvre pour la formation et le dévelop- pement des êtres organisés. Avecdetels moyens que ne peutla Nature? £lle pourroit tout si elle pouvoit anéantir et créer; mais Dieu s’est réservé ces deux ex- trêmes de pouvoir: anéantir et créer sont les attributs de la toute-puissance; altérer, changer, détruire, développer, renouveler, produire sont les seuls droits qu'il a voulu céder. Ministre de ses ordres irrévocables, dépositaire de ses immuables décrets, la sf) AT! népui Ont se FAN sien) à th| UN Vives Qt Æ mesure| Fa undent. Œ Oppuv. alr: les dértri dump| Mi kl Den: là ETS el pue} unes| pus 4e cons| lesmokt 148 ai! uepsd M eleni! Î prmalut Adiehe | 41150).| (5... squend Mg: Mir elle pod Mc tréert 2 eut! PREMIERE. VUE 355 Nature ne s’écarte jamais des lois qui lui ont été prescrites; elle n’altère rien aux plans qui lui ont été tracés, et dans tous ses ou- Vrages elle présente le sceau de l'Éternel. Cette empreinte divine, prototype inalté- rable des existences, est le modèle sur lequel elle opère; modèle dont tous les traits sont exprimés en caractères ineffaçables, et pro- noncés pour jamais; modèle toujours neuf, que le nombre des moules ou des copies, quelque infini qu’il soit, ne fait que re- nouveler. Jl'out a donc été créé et rien encore ne s’est anéanti; la Nature balance entre ces deux limites sans jamais approcher ni de l’une ni de l’autre: tâchons de la saisir dans quelques points de cet espace immense qu'elle remplit et parcourt depuis l’origine des siècles.; Quels objets! Un volume immense de matière qui n’eût formé qu’une inutile, une épouvantable masse, s’il n’eût été divisé en parties séparées par des espaces mille fois plus immenses; mais des milliers de globes lumineux, placés à des distances inconce- vables, sont les bases qui servent de fon- dement à l’édifice du monde; des millions de globes opaques, circulant autour des pre- 4 2 re 356 DE LA NATURE. miers, en composent l’ordre et architecture mouvante: deux forces primitives agitent ces grandes masses, les roulent, les trans- portent et les animent; ÉRbhtie agit à tout instant; et toutes au combinant leurs efforts, tracent les zones des sphères cé lestes, établissent dans le milieu du vuide des lieux fixes et des routes déterminées; et c’est du sein même du mouvement que naît l'équilibre des mondes et le repos de l'univers. La première de ces forces est également répartie; la seconde a été distribuée en me- sure inégale: chaque atome de matière a une même quantité de force d'attraction; chaque globe a une quantité différ ente de tre d’im- pulsion; aussi est-il des astres fixes et des astres errans; des globes qui ne semblent être faits que pour attirer, et d’autres pour pousser ou pour être poussés; des sphères qui ont reçu une impulsion commune dans le même sens, et d’autres une impulsion particulière; des astres solitaires, et d’autres accompagnés de satellites; des corps de lu- mière et des inasses de ténèbres; des planètes dont les différentes parties ne jouissent que successivement d’une lumière empruntée; des comètes qui se perdent dans l'obscurité + 11#“ sr| ones“4 fn 1s Le nl Bu| roules( Bin. du L' ondes| L va | ml|"{enat a cet diemne rl. dome ture| reduit Mur dirt del desut Bith, PREMIERE VUE. 3b7 des profondeurs de l’espace, et reviennent après des siècles se parer de nouveaux feux; des soleils qui paroissent,‘disparoissent, ce semblent alternativement se rallumer et s’é- teindre, d’autres qui se montrent une fois, et s’évanouissent ensuite pour jamais. Le ciel est le pays des grands évènemens; mais à peine l'œil humain peut-il les saisir. Un soleil qui périt et qui cause la catastrophe d’un monde ou d’un système de mondes, ne fait d’autre effet à nos yeux que celui d’un feu follet qui brille et qui s’éteint: l'homme borné à l'atome terrestre sur lequel il végète, voit cel atome comme un monde, et ne vait les mondes que comme des atomes. Car cette terre qu’il habite, à peine recon- noissable parmi les autres globes, et tout à fait invisible pour les sphères éloignées, est un million de fois plus petite que le soleil qui l’éclaire, et mille fois plus petite que d'autres ice qui, comme elle, sont subordonnées à la puissance de cet astre, et forcées à circuler autour de lui. Saturne, Jupiter, Mars, la Terre, Vénus, Mercure et le Soleil occupent la petite partie des cieux que nous appelons notre univers. Toutes ces planètes, avec leurs satellites, entraînées par un mouvement rapide dans le même sens, et | Z 3 358 DÉ LA NATURE. presque dans le même plan, composent une roue d’un vaste diamètre dont l’essieu porte toute la charge, et qui, tournant lui-même avec rapidité, a dû s’échauffer, s’embrâser et répandre la chaleur et la lumière jus- qu'aux extrémités de la circonférence.: tant que ces mouvemens dureront( et ils seront éternels, à moins que la main du premier moteur ne s’oppose et n’emploie autant de force pour les détruire qu’il en a fallu pour les créer}, le soleil brillera et remplira de sa splendeur toutes les sphères du monde; et comme dans un système où tout s’attire, rien ne peut ni se perdre ni s'éloigner sans retour, la quantité de matière restant tou- jours la même, cette source féconde de lu- mière et de vie ne s’épuisera, ne tarira jamais, car les autres soleils, qui lancent aussi continuellement leurs feux, rendent à notre soleil tout autant de lumière qu'ils en reçoivent de Jui. Les comètes, en beaucoup plus grand nombre que les planètes, et dépendantes comme elles de la puissance du soleil, pressent aussi sur ce foyer commun, en augmentent la charge et contribuent de tout leur poids à son embrâsement: elles font partie de notre univers, puisqu'elles sont lc QE à 2. ue eh» n|“y= Êl ire qu x 1 il pl delle Æipine) essplè AB nt émet ra| dut us. vi%; de ml Æeitr e sourd MécuE > seput MY an. es slt pe, hui | nt leur ds mi | à' il! utant d bri PREMIÈRE VUËÉ 359%. sijettes, comme les planètes, à l'attraction: du soleil; mais elles n’ont rien de commun entre elles, ni avec les planètes, dans leur mouvement d’impulsion; elles circulent cha- cute dans un plan différent, et décrivent des orbes plus où moins alongés dans des pé- riodes différentes de tems, dont les unes sont de plusieurs années, et les autres de quelques “siècles: le soleil tournant sur lui-même;, mais au reste immobile an milieu du tout’, sert en même tems de flambeau, de foyer. de pivot à toutes ces parties de la machine du monde.| C’est par sa grandeur même qu’il demeure: immobile et qu’il régit les autres globes’; comme la force a été donnée proportionnel lement à la masse, qu’il est incomparable- ment plus grand qu'aucune des comètes, et qu’il contient mille fois plus de matière que Ja plus grosse planète, elles ne peuvent ni le déranger, ni se soustraire à sa puissance;. qui s'étendant à des distances immenses Îles contient toutes, et lui ramène au bout d’un tems celles qui s’éloignent le plus; quelques- unes même à leur retour s’en appr ochent de: si près, qu'après avoir été refroidies pen— dant des siècles, elles éprouvent une chaleur TASER clics sont sujettes à des vicis— Z 4 560 DE LA NATURE. situdes étranges, par ces alternatives dé chaleur et de froid extrêmes, aussi bien que par les inégalités de leur mouvement, qui tantôt est prodigieusement accéléré, et en- suite infiniment retardé: ce sont, pour ainsi dire, des mondes en désordre, en compa- raison des planètes, dont les orbites étant plus régulières, les mouvemens plus égaux, la température toujours la même, semblent être des lieux de repos, où tout étant cons- tant, la Nature peut établir un plan, agir uniformément, se développer successive- ment dans toute son étendue. Parmi ces globes choisis entre les astres errans, celui -que nous habitons paroît encore être privi- légié: moins froid, moins éloigné que Sa- turne, Jupiter, Mars, il est aussi moins brûlant que Vénus et Mercure, qui parois- sent trop voisins de l’astre de lumière. Aussi, avec quelle magnificence la Nature ne brille-t-elle pas sur la terre? Une lumière pure s'étendant de lorient au couchant, dore successivement les hémisphères de ce globe; un élément transparent et léger lenvironne; une chaleur douce et féconde anime, fait éclore tous les germes de la vie: des eaux vives et salutaires servent à leur entretien, à leur accroissement; des éminences, dis- 10 urs k1 es 4 08, où dx lt |“ab Hi ÿ| dérey Laye| On en}| ous) Les atrd m«eltL arte 9 it moins| Saut rs,| im PREMIERE VUE. 361 tribuées dans le milieu des terres, arrêtent les vapeurs de l'air, rendent ces sources in- tarissables et toujours nouvelles; des ca- vités immenses, faites pour les recevoir, PAraEPsl les continens: l'étendue de la mer est aussi grande que celle de la terre; ce n'est point un élément froid et stérile, c’est un nouvel empire aussi riche, aussi peuplé que le premier. Le doigt de Dieu a marqué leurs confins; si la mer anticipe sur les plages de l'occident, elle laisse à découvert celles de lorient: cette masse immense d’eau, inactive par elle-même, suit les impressions des mouvemens célestes; elle balance par des oscillations régulières de flux et de reflux; elle s'élève et s’abaisse avec l’astre de la He; elle s’élève encore plus lorsqu'il concourt avec l’astre du jour, et que tous deux, réunissant leurs forces dans le tems des équinoxes, causent les grandes marées: notre correspondance avec le ciel n’est nulle part mieux marquée. De ces mouvemens constans et généraux résultent des mouve- mens variables et particuliers, des trans- ports de terre, des dépôts qui forment au fond des eaux; des éminences semblables à celles que nous voyons sur la surface de la terre; des courans qui, suivant la direction é, 362 DE LA NATURE: de ces chaines dé montagnes, leur donnent une figure dont tous les angles se corres- pondent, et coulans au milieu des ondes, comme les eaux coulent sur la terre, sont en effet les fleuves de la mer. L'air encore plus léger, plus fluide que Veau, obéit aussi à un plus grand nombre de puissances; l’action éloignée du soleil et de la lune, l’action immédiate de la mer, celle de la chaleur qui le raréfie, celle du {froid qui le condense y causent des agita- tions continuelles: les vents sont ses cot- rans; 1ls poussent, ils assemblent les nuages, ils produisent les météores, et transportent au dessus de la surface aride des continens terrestres les vapeurs humides des plages maritimes; ils déterminent Îles orages, ré- pandent et distribuent les pluies fécondes et les rosées bienfaisantes; ils troublent les mouvemens de la mer, ils agitent la surface mobile des eaux, arrêtent ou précipitent les courans, les forit rebrousser, soulèvent les flots, excitent les tempêtes, la mer irritée s'élève vers le ciel, et vient en mugissant se briser contre des digues inébranlables, qu'avec tous ses efforts elle ne peut ni dé- iruire ni surmonter. La terre, élevée au dessus du niveau de DCE L Li Lol isasent 4 ie} dns| Dunes€ aorint| late al Su urs Du! dés: pas mine! Oct, 1:| ot lespl Bons 1 Î nes;| Din! er, là Eu: rétentot Mois! brousse der| | Mgr| } et viel Mu digue! er hs UE Ar|| à| MTL PREMIERE VUE 565 la mer, est à l'abri de ses irruptions; sa surface émaillée de fleurs, parée d’une ver- dure toujours renouvelée, peuplée de mille et mille espèces d'animaux différens, est un lieu de repos, un séjour de délices, où l’homme, placé pour seconder la Nature, préside à tous les êtres; seul, entre tous, capable de connoître et digne d’admirer, Dieu l’a fait spectateur de l'univers et té- moin de ses merveilles; létincelle divine dont il est animé le rend participant aux mystères divins; c’est par cette lumière qu'il pense et réfléchit, c’est par elle qu'il voit et lit dans le livre du monde, comme dans un exemplaire de la divinité. La Nature est le trône extérieur de la magnificence divine; l’homme qui la con- temple, qui l’étudie, s’élève par dégrés au trône intérieur de la toute-puissance; fait pour adorer le créateur, il commande à toutes les créatures; vassal du ciel, roi de la terre, 1l PÉHÉODIEE: la peuple et l’enri- chit; il établit entre ke êtres vivans l’ordre, la bé nat bn, l'harmonie; il embellit la Nature même, il la cultive, l’étend et la polit, en élague le chardon et la ronce, ÿ multiplie le raisin et la rose. Voyez ces plages désertes, ces tristes contrées où 304 DE. LA NATURÉF. Fhomme n'a jamais résidé; couvertes ow plutôt hérissées de bois épais et noirs dans toutes les parties élevées, des arbres sans écorce et sans cime, courbés, rompus, tom- bans de vétusté, d'autres en plus grand nombre, gisans au pied des premiérs, pour pourrir sur des monceaux déjà pourris, étouffent, ensévelissent les germes prêts à éclore. La Nature, qui par- tout ailleurs brille par sa jeunesse, paroît ici dans la décrépitude; la terre, surchargée par le poids, surmontée par les débris de ses pro- ductions, n'offre, au lieu d’une verdure florissante, qu’un espace encombré, traversé de vieux arbres chargés de plantes parasites, de lichens, d’agarics, fruits impurs de la corruption: dans toutes les parties basses, des eaux mortes et croupissantes faute d’être conduites et dirigées; des terrains fangeux, qui, n'étant ni solides ni liquides, sont imabordables, et demeurent également inu- tiles aux habitans de la terre et des eaux; des marécages qui, couverts de plantes aquatiques et fétides, ne nourrissent que des insectes vénéneux, et servent de repaire aux animaux immondes. Entre ces marais infects qui occupent les lieux bas, et les forêts décrépiles qui couvrent les terres cés el che el: la CES als dé ll N bn! NAT! " te.) Ti à ‘3, Os êp Evées. Courbes 1Oncex à dd 4 A SEN| les ” qui pa 3e, np| urgs de “+ mt} ICS, tro toutes ke! TOUpSA 1 ts rot 10 S. UN RESONEE nues I! peuren!| | H _# 18 pr} | im A! More) Mn| E'/1 NS RAT 'HEL || LI PREMIERE VUE. 3565 élevées, s'étendent des espèces de landes, des savanes qui n’ont rien de commun avec nos prairies; les mauvaises herbes ÿ sur- montent, y étouffent les bonnes; ce 1rest point ce gazon fin qui semble faire le duvet de la terre, ce n’est point cétte pelouse émaïl- lée qui annonce sa brillante fécondité; ce sont des végétaux agrestes, des herbes dures, épi- neuses, entrelacées Îles unes dans les autres, qui semblent moins tenir à la terre qu’elles ne tiennent entre elles, et qui se desséchant et repoussant successivement les unes sur les autres, forment une bourre grossière; épaisse de plusieurs pieds. Nulle route, nulle communication, nul vestige d'intelligence dans ces liéux sauvages; l’homme, obligé de suivre les sentiers de la bête farouche sil veut les parcourir, contraint de veiller sans cesse pour éviter d'en devenir la proie, effrayé de leurs rugissemens, saisi du silence même de ces profondes solitudes, il rebrousse chemin et dit: La Nature brute est hideuse el mourante; c’est moi, moi seul qui peut la rendre agréable et vivante: desséchons ces marais, animons ces eaux mortes en les faisant couler; formons-en des ruisseaux, des canaux; employons cet élément actif et dévorant qu’on nous avoit caché, et que 366 DE LA NATURE. nous ne devons qu’à nous-mêmes; metions le feu à cette bourre superflue, à ces vieilles forêts déja à demi-consommées; achevons de détruire avec le fer ce que le feu n'aura pu consumer: bientôt, au lieu du jonc, du nénuphar, dont le crapaud composoit son venin, nous verrons paroître la renoncule, le treffle, les herbes douces et salutaires; des troupeaux d'animaux bondissans fouleront cette terre jadis impraticable; ils y trouve- ront une substance abondante, une pâture toujours renaissante; ils se multiplieront pour se multiplier encore: servons- nous de ces nouveaux aides pour achever notre ouvrage; que le bœuf, soumis au joug, em- ploie ses forces et le poids de sa masse à sillonner la terre; qu’elle rajeunisse par la culture; une Nature nouvelle va sortir de nos mains. Qu'elle est belle cette Nature cultivée! que par les soins de l’homme elle est bril- lante et pompeusement parée! Ilen fait lui- même le principal ornement; il en est la production la plus noble; en se multipliant il en multiplie le germe le plus précieux; elle- même aussi semble se multiplier avec lui; il met au jour, par son art, tout ce qu’elle receloit dans son sçin; que de trésors igno- À ln RES É ny (s | - orne 4” .| lip pble;€ 4# elepi mu e mu memes U ai[el À} on arl4 PT que! 7°! encor| ides pou dr te| val, sound 288: en| t lepal Shui! qu'elk; UN e nou Mur t| cette N. Mur ont& cth| |"| si | mo’ qe PREMIERE VUE. 56 rés, que de richesses nouvelles? Les fleurs: les fruits, les grains perfeclionnés, multi- pliés à l'infini; les espèces utiles d'animaux transportées, propagées, augmentées sans nombre, les espèces nuisibles réduites, con- linées, reléguées; Por, et le fer plus néces- saire que l'or, tirés des entrailles de la terre; les torrens contenus, les fleuves dirigés, -resserrés; la mer même soumise, reconnue, traversée d’un hémisphère à l’autre; la terre accessible par-tout, par-tout rendue aussi vivante que féconde; dans les vallées de riantes prairies; dans les plaines de riches pâturages ou des moissons encore plus riches; les collines chargées de vignes et de fruits; leurs sommets couronnés d'arbres utiles, et de jeunes forêts; les déserts devenus des cités habitées par un penple im mense, qui, circulant sans cesse, se répand de cescentres jusqu'aux extrémités; des routes ouvertes et fréquentées, des Communications établies par-tout comme autant de témoins de la force et de l’union de la société; mille autres mo- nümens de puissance et de gloire démontrent assez que l’homme, maître du domaine de la terre, en a changé, renouvelé la surface entière, et que de tout tems il partage l’em- pire avec la Nature, 308 DE LA NATURE. Cependant il ne règne que par droit de conquête; 1! jouit plutôt qu'il ne possède, il ne conserve que par des soins toujours renouvelés; s'ils cessent, tout languit, tout s’altère, tout change, tout rentre sous la main de la Nature: elle reprend ses droits, efface les ouvrages de l’homme, couvre de poussière et de mousse ses plus fastueux monumens, les détruit avec le tems, et ne lui laisse que le regret d’avoir perdu, par sa faute, ce que ses ancêtres avoient conquis par leurs travaux. Ces temis où l’homme perd son domaine, ces siècles de barbarie pendant lesquels tout périt, sont toujours préparés par la guerre, et arrivent avec la disette et la dépopulation. L’homme qui ne peut que par le nombre, qui n’est fort que par sa réunion; qui n’est heureux que par la paix, a la fureur de s’armer pour son malheur et de combattre pour sa ruine: excité par l’insatiable avidité, aveuglé par l'ambition encore plus insatiable, 1l renonce aux sentimens d'humanité, tourne toutes ses forces contre lui-même, cherche à s’entre- détruire, se détruit en eflet; et après ces jours de sang et de carnage, lors- que la fumée de la gloire-s’est dissipée, il voit d’un œil triste la terre dévastée, les arts em arts peu et: { SOU de: im vo: ch re] me un C6 le| le! 5(h In ieu ma lu en| am loul he( fer! r'uit ve ds, ret da à 4* ncètres rs 4 pa . Ces Gi© lon LIRE. put péri! Wu| red Mk| ilation|#© vx ubre,q! Mnoriq| 'ueth}@nquep| r de À ro l'A battre| tnt le avi ï: id| 1 INSà il SI rm rail} Our ui-0à À den dé$ 1° ng el t dé Lu sd: a terl EU 1) PREMIERE VUE 56% arts ensevelis, les nations dispersées, les peuples affoiblis, son propre bonheur ruiné et sa puissance réelle anéantie. GRAND DIEU! dont la seule présence soutient la Nature ét maintient l’harmonié des lois de l'univers; vous, qui du trône immobile de} empyrée, voyez rouler sous Vos pieds toutes les sphères célestes, sans choc et sans confusion; QUI, du sein du repos, reproduisez a“eine instant leurs mouvemens immenses, et seul régissez dans une paix profonde ce nombre infini. de cieux et de mondes; reridez, rendez enfin le calme à la terre agitée! Qu’elle soit dans le silence! qu’à votre voix la discorde et la guerre cessent de faire retentir leurs cla- meurs orgueilleuses! Dieu DE soNTÉ, au- . teur de tous les êtres, vos regards paternels embrassent tous les objets de là création; mais l’homme est votre être de choix; vous avez éclairé son ame d’un rayon de votre lumière rnmortelle; comblez vos bienfaits en pénétrant son cœur d’un trait de votre amour: ce sentiment divin se répandant par- tout, réunira les natures ennemies; l’homme ne craindra plus l’aspect de l’homme, le fer homicide n’armera plus sa main; le feu dévorant de la guerre ne fera plus tañir la TomE AXIEE À a Al 370 DE LA NATURE. source des générations; l'espèce humainé maintenant affoiblie, mutilée, moissonnée dans sa fleur, germera de nouveau et se multipliera sans nombre; la Nature acca- blée sous le poids des fléaux, stérile, aban- donnée, reprendra bientôtavec unenouvelle vie son ancienne fécondité; et nous, Dreu BIENFAITEUR, nous la seconderons, nous la cultiverons, nous lobserverons sans cesse pour vous offrir à chaque instant un nouveau tribut de reconnoissance et d’ad- miration. enl)tat$ ch) Frir à ch Bin recu PATIE | D Cond dr} la ect Din ous lot CITE SECONDE VUE 517 rit D'ÉÉENITULS SECONDE VUE. U: individu, de quelque espèce qu'il soit,. h’est rien dans l’univers; cent individus, mille ne sont encore rien: les espèces sont les seuls êtres de la Nature; êtres perpé- tuels,aussi anciens, aussi permanens qu’elle, que, pour mieux juger, nous ne considérons plus comme une collection où une suite d'individus semblables, mais comme un tout indépendant du nombre, indépendant du tems; un tout toujours vivant, toujours le même; un tout qui a été compté pour un dans les ouvrages de la création, et qui par conséquent ne fait qu’une unité dans la Na- ture. De toutes ces unités, l'espèce humaine est la première; les autres, de léléphant jusqu’à la mite, du’ cèdre jusqu’à Fhysope, ‘ sont eñ seconde et en troisième ligne: et quoique différente par la forme, par la sub- stance et même par Ja vie, chacune tient sa Aa 2 372 DE LA NATURE. place, subsiste par elle-même, se défend des autres, et toutes ensemble composent el re: présentent la Nature vivante, qui se main- fHient et se maintiendra comme elle s’est maintenue: un jour, un siècle, un âge, toutes les portions du tems ne font pas partie de sa durée; le tems lui-même n’est relatif qu'aux individus, aux êtres dont l’existence est fugitive; mais celle des espèces étant constante, leur pernfanence fait la durée, et leut différence le nombre: Comptons donc les espèces comme nous l'avons fait; donnons- leur à chacune un droit égal à la mense de la Nature; elles. lui sont toutes également chères, puisqu’à chacune elle à donné les moyens d’être, et de durer tout aussi long- tems qu’elle.| hr| Faisons plus, mettons aujourd’hui l’espèce à: la place de l'individu; nous avons vu quel étoit pour l’hommele spectacle de la Nature; imaginons quelle en seroit la vue pour un être qui représenteroit l'espèce humaine en- tière: Lorsque, dans‘an beau jour. de prin- tems,; nous voyons la verdure renaître, les fleurs s'épanouir, tous les germes éclore, les abeilles revivre, l’hirondelle arriver, le rossignol chanter l’amour, le bélier en bon- dir, le taureau en mugir, tous les êtres vivans ar | mb cd à Yu Vian| P x mn mb E $ né fon LT ti-“nf&(y » À| Pois elle W æ:(h Nanente Li l ba ombre.(| Mrs du ousErou) Em| Yroit él}(ne à| À sont bd ere| ae el éle| » der M| | hot jonsanet Ep dun ul pt#4 jt l'espeg I* Int dr an Lt L'| “ln à;“ à: SECONDE VUE. 373 se chercher et se joindre pour en produire d’autres; nous n’avons d’autre idée que celle d’une reproduction et d’une nouvelle vie. Lorsque, dans la saison noire du froid et des frimats, l’on voit les natures devenir indifférentes, se fuir au lieu de se chercher, les habitans de l’air déserter nos climats, ceux de leau perdre leur liberté sous des voûtes de glace, tous les insectes disparoître ou périr, la plupart des animaux s’engour- dir,se créuser des retraites; la terrese durcir, les plantes se sécher; les arbres dépouillés se courber, s’affaisser sous le poids de la neige et du givre; tout présente l’idée de la langueur et de l’anéantissement. Mais ces idées de rénouvellement et de destruction, ou plutôt ces images de la mort et de la vie, quelque grandes, quelque générales qu’elles nous paroïssent, ne sont qu'individuelles et particulières. L’homme, comme individu, juge ainsi la Nature; l’être que nous avons mis à la place de l’espèce la juge plus gran- dement, plus généralement; il ne voit dans cette destruction, dans ce renouvellement, dans toutes ces successions, que permanence et durée: la saison d’une année est pour lui la même que celle de l’année précédente, la méme que celle de tous les siècles;le millième Aa$ 374 DE LA NATURE. animal dans l’ordre des générations, est pour lui le même que le premier animal. Et en effet, si nous vivions, si nous subsistions à jamais, si tous les êtres qui nous environnent subsistoient aussi tels qu’ils sont pour tou- jours ,et que tout füt per pétuellement comme tout est aujourd’hui, l’idée du tems s’éva- nouiroit, et l'individu deviendroit l'espèce. Eh! pourquoi nous refuserions-nous de considérer la Nature pendant quelques ins- tans sous ce nouvel aspect? À la vérité l'homme, en venant au monde, arrive des ténèbres; lame aussi nue que le corps, il naît sans connoissance comme sans défense; il n’apporte que des qualités passives; il ne peut que recevoir les impressions des objets, et laisser affecter ses organes; la lumière brille long-tems à ses yeux avant que de éclairer: d’abord, il recoit tout de la Nature, et ne lui rend rien; mais, dès que ses sens sont affermis; dès qu'il peut comparer ses sensations, il se réfléchit vers Punivers; 1l forme des idées, il les conserve, les étend, les combine: l’homme, et sur-tout l’homme instruit, n’est plus un simple individu; il représente en grande partie l'espèce humaine entière; ila commencé par recevoir de ses pères les connoïssances qui leur avoient été € péndan] nu el| À Û ll 1 au mot€ ne wi Mere da ssl ne(1 dn pra&\v s impres Mens| ses oui untr ‘es mL à{| mais,(À| pe| SECONDE VUE. à72: transmises parsesaieux;ceux-ciayanttrouvé l'art divin de tracer la pensée et de la faire passer à la postérité, se sont, pour ainsi dire, identifiés avec leurs neveux; les nôtres s’identifieront avec nous: cette réunion, dans un seul homme, de l'expérience de plusieurs siècles, recule à l'infini les limites de son être; ce n’est plus un individu simple, borné, comme les autres, aux sensations de l'instant présent, aux expériences du jour actuel; c’est à peu près lêlre que nous avons mis à\à place de l’espece entière; il lit dans le passé, voit le présent, juge RER: 64 dans le torrent des tems quiamène, entraine, absorbe tous les individus de l'univers; 1l trouve les espèces constantes, la Nature invariable: la relation des choses étant tou jours la même, l’ordre des tems lui paroït nul; les lois du renouvellement ne font que Mars à ses yeux celles de sa perma- nence; une succession continuelle d'êtres, tous be entre eux, n’équivaut, en effet, qu’à l’existence perpétuelle d’un seul de ces êtres. À quoi se rapporte donc ce grand appareil des génér ations, cette immense profusion de germes dont 1l en avorte mille et mille pour un qui réussit? Qu'est-ce que cette propa- A a 4 376 DE LA NATURE. gation, cette multiplication des êtres, qui sé détruisant et se renouvelant sans cesse, n’of- frent toujours que la même scène, et ne remplissent ni plus ni moins la Nature? D'oùviennent ces alternatives de mort et de vie, ces lois d’accroissemens et de dépérisse- ment, toutes ces vicissitudes individuelles, toutes ces représentations renouvelées d’une seule et même chose? Elles tiennent à l’es- sence même de la Naiure, et dépendent du premier établissement de la machine du monde; fixe dans son tout, et mobile dans chacune de ses parties, lés mouvemens gé- néraux des corps célestes ont produit les moôuvemens particuliers du globe dela Terre; les forces pénétrantes dont ces grands corps sont animés, par lésquelles ils agissent au join et réciproqu ement les uns sur les autres, animent aussi chaque atome de matière, et cette propension mutuelle de toutes ces par- tes les unes vers les autres, est le premier lien des êtres, le principe de la consistance des choses, et le soutien de l'harmonie dé l'univers. Les grandes combinaisons ont produit tous les petits rapports: le mouve- ment de la Terre surson axe ayant partagé en jours et en nuits les espaces de la durée, tous les êtres vivans qui habitent la terre ont ten po tio es un vel f“"i Css b, à pe LAN Ne. la à( 1 QI \al Alure, e{| Pat | lent de+ av4 1}! oui, ME:(y Us ls 1 My# Cdestes on L'H iles) ser| Les dont pion| esquells| at ent lesur! de| jé ame h 4«ed ituellede! Mme autre Le veut| nc! ipe de| de!®| De lé pp; t son ax( 4# il£ $ ESP x 4 10° qu| h hr SECONDE VUE. 377 ont leur tems de lumière et leur tems de ténèbres, la veille et le sommeil: une grande portion de l’économie animale; celle Fe Pac- tion des sens et du mouvement des membres, est relative à cette première combinaison. Ÿ auroit-il des sens ouverts à la lumière dans un monde où la nuit seroit perpétuelle? L'inclinaison de l'axe de la terre produi- sant, dans son mouvement annuel autour du soleil, des alternatives durables de cha- leur et de froid, que nous avons appelées des saisons;tous les êtres végétans ont aussi, en tout ou en partie, leur saison de vie et leur saison de mort. La chûte des feuilles et des fruits, le desséchement des herbes, la mort des insectes dépendent en entier“dë cette seconde combinaison. Dans les climats où elle n’a pas lieu, la vie des végétaux n’est jamais suspendue; chaque insecte vit son Âge; et ne voyons-nous pas, sous la ligne, où les quatre saisons n’en font qu'une, la terre toujours fleurie, les arbres continuel- lement verds, et Ja Netüre toujours au prin- tems? La constitution particulière des animaux et des plantes est relative à la température générale du globe de la terre, et cette tem- pérature dépend de sa situation, c’est-à-dire, 576 DE LA NATURE. de la distance à laquelle il se trouve de celui du soleil. À une distance plus grande, nos ani- maux, nos plantes ne pourroient ni vivre, ni végéter. L'eau, la sève, le sang, toutes les autres liqueurs perdroient leur fluidité; à une distance moindre, elles s’évanoui- roient et se dissiperoient en vapeurs. La glace et le feu sont les élémens de là mort; la chaleur tempérée est le premier germe de la vie. Les molécules vivantes, répandues dans tous les corps organisés, sont relatives, et pour l’action et pour le nombre, aux mo- lécules de la lumière qui frappent toute matière, et la pénètrent de leur chaleur; par-tout où les rayons du soleil peuvent échauffer la terre, sa surface se vivifie, se couvre de verdure et se peuple d'animaux: la glace même, dès qu’elle se résout en eau, semble se féconder; cet élément est plus fertile que celui de la Terre; il reçoit avec Ja chaleur, le mouvement et la vie. La mer produit à chaque saison plus d'animaux que la terre n’en nourrit; elle produit moins de plantes; et tous ces animaux qui nagent à la surface des eaux, ou qui en habitent les profondeurs, n'ayant pas, comme ceux de la terre, un fonds desubsistance assuré sur les le] se de au) À,“À b, Pour ON N æ L| Perdre Si ‘dr, e"a Peroient 4 4 M| Les en b an! rèe et Le À ï AT LL. Ve, 1 0 ln Fes Os re 4 jou Le non! Sn ILeTe re qu É Afquut ait! Air, ef à Bla, FT Belle à! L es pag b mu! qu'elle! eut! ACL© js! Te 4 ir) remen ill Lis son lus| gun d ll pr Evo ass VU;| st SECONDE VUE. 379 sat tanees végétales, sont forcés de vivre les uns sur les autres; et c’est à cette combinai- son que tient leur immense multiplication, où plutôt leur pullulation sans nombre. Chaque espèce et des uns et des autres ayant été créée, les premiers individus ont servi de re à tous leurs descendans. Le corps de chaque animal ou de chaque vé- gétal, est un moule auquel s’assimilent in- différemment les molécules organiques de _ tous les animaux ou végétaux détruits par la mort et consumés par le tems; les parties brutes qui étoient entrées dans leur com- position, relournent à la masse commune de la matière brute; les parties organiques, toujours nes, sont reprises par les corps organisés; d’abord repompées par les végétaux, ensuite absorbées par les animaux qui se nourrissent de végétaux, elles servent au. développement, à l'entretien, à l’accrois- sement et des unset des autres; elles cons- tituent leur vie, et circulant continuelle- ment de corps en corps, elles animent tous les êtres organisés. Le fonds des substances vivantes est donc toujours le même; elles ne varient que par la forme, c’est-à-dire, par la différence des représentations. Dans les siècles d'abondance, dans les tems de 280 DE LA NATURE. la plus grande population, le nombre des hommes, des animaux domestiques et des plantes utiles semble occuper et couvrir en entier la surface de la terre; celui des ani- maux féroces, des insectes nuisibles, des plantes parasites, des herbes inutiles, repa- roît et domine à son tour, dans les tems de disette et de dépopulation. Ces variations, si sensiblés pour l’homme, sont imdifférentes à la Nature; le ver à soie, si précieux pour lui, n’est pour elle que la chenille du mü- ricr. Que cette chenille du luxe disparoisse; que d’autres chenilles dévorent les herbes destinées à engraisser nos bœufs; que d’au- tres enfin minent, avant la récolte, la sub- stance de nos épis; qu’en général Phomme et les espèces majeures dans les animaux soient affamées par les espèces infimes, la Nature n’en est ni moins remplie, ni moins vivante; elle ne protège pas les unes aux dépens des autres, elle les soutient toutes; mais elle méconnoïît le nombre dans les individus, et ne lés voit que comme des images successives d’une seule et même em- preinte, des ombres fugitives dont l'espèce est le corps. IT existe donc sur la terre, et dans Pair ct dans l’eau, une quantité déterniinée de #8 at|»; è | Ones} ff Eu ” JO, Ÿ Mu quhol fe ni Îles dérog| 14 se dos but Le| amntht Mat | qu'en sé ro| ares du} lin! les ep Breus,k noins re Gina olège mi@ersu| lle les| ut| | Je not mat) vol don ë| ! NA une seul h É. à”; fugtire PIC de e re j 3 si #1 SECONDE. VUE. 581 matière organique que rien ne peut dé- truire; il existe en même tems un nombre déterminé de moules capables de se l’assi- miler, qui se détruisent et se renouvellent: à chaque instant; et ce nombre de moules ou d'individus, quoique variable dans chaque espèce, est au total toujours le même, tou- jours proportionné à cette quantité de ma- tière vivante. Si elle étoit surabondante; si elle n’étoit pas, dans tous les tems, éga- lement employée et entièrement absorbée par les moules existans, il s’en formeroit d’autres, et l’on verroit paroître des espèces nouvelles; parce que cette, malière vivante ne peut demeurer oisive, parce qu'elle est toujours agissante, et qu'il sufht qu’elle s’u- nisse avec des parties brutes, pour former des corps organisés. C’est à cette grande combinaison, ou plutôt à cette invariable proportion que tient la forme même de la Nature. Et comme son ordonnance est fixe pour le nombre, le maintien et l'équilibre des espèces, elle se présenteroit toujours sous la même face, et seroit, dans tous les tems et sous tous les climats, absolument et re- lativement la même, si son habitude ne va- rioit pas, autant qu'il est possible, dans 582 DE LA NATURE. toutes les formes individuelles. L’empreinte de chaque espèce est un type dont les prin- cipaux traits sont gravés én caractères inef- facables et perinanens à Jamais; mais toutes les touches accessoires varient, aucun indi- vidu ne ressemble parfaitement à un autre; aucune espèce n'existe sans un grand nom- “bre de variétés. Dans l’espèce humaine, sur laquelle le sceau divin a le plus appuyé, l'empreinte ne laisse pas de varier du blanc au noir, du petit au grand, etc.: le Japon, le patagon, l’hottentot, l'européen, l’amé- ricain, le nègre, quoique tous issus du même père, soht bien éloignés de se res- sembler comme frères. Toutes les espèces sont donc sujettes aux différences purement individuelles; mais Îles variétés constantes, et qui se perpétuent par les générations appartiennent pas égale- iment à toutes; plus l’espèce est élevée, plus le type en est ferme, et moins elle admet de ces variétés. L'ordre, dans la multiplica- tion des animaux, étant en raison inverse de l’ordre de grandeur, et la possibilité des différences en raison directe du nombre dans le produit de leur génération, il'étoit néces- saire qu'il y eût plus de variétés dans les petits animaux que dans les grands. ITY a | Wen« élu ra res,’ sont: La nl nr 4 EMI et Œuiy prie 5 él; s espèce! Des| né, nl art: rdre, du| Bi 1]| tant en! Ms 0e mr, 4 il ji Qi ire tt bre nérabc or| 4 js| sd Bus 15 de dans ë ee” SECONDE VUE. 385 aussi, et par la même raison, plus d'espèces voisines; l’unité de l'espèce étant plus res- serrée dans les grands animaux, la distance qui la sépare des autres est aussi plus éten- due. Que de variétés et d'espèces voisines accompagnent, suivent ou précèdent l’écu- reuil, le rat et les autres petits animaux, tandis que l’éléphant marche seul et sans pair à la tête de tous! La matière brute, qui compose la masse _ de la terre, n’est pas un limon vierge, une substance intacte, et qui n’ait pas subi des altérations; tout a été remué par la force des grands et des petits agens, tout a été ma- nié plus d’une fois par la main de la Nature; le globe de la terre a été pénétré par le feu, et ensuite recouvert et travaillé par les eaux; Le sable, qui en remplit le dedans, est une matière vitrée; les lits épais de gléiso. qui le recouvrent au dehors, ne sont que ce même sable décomposé par le séjour des eaux; Île roc vif, le granit, le grès, tous les cailloux, tous les métaux ne sont encore que cette même matière vitrée, dont les parties se sont réunies, pressées ou séparées, selon les lois de leur anité. Toutes ces substances sont parfaitement brutes; elles existent et exis- leroient mdépesdiiamnerit des animaux et & se. au or aler re eo 7 Vote nl nm mn ati * 584 DE LA: NATURE. des végétaux; mais d’autres substances, en très-grand nombre et qui paroissent égale: ment brutes, tirent leur origine du détri- ment des corps organisés; les marbres, les pierres à chaux, les graviers, les craies, les marnes, ne sont composés que de débris de coquillages et des dépouilles de ces petits animaux, qui, transformant l’eau de la mer en pierre, produisent le corail et tous les ma: drépores, dont la variété est innombrable, et la quantité presque immense. Les char- bons de terre, les tourbes et les autres ma- tières qui se trouvent aussi dans les couches extérieures de la terre, ne sont que le ré- sidu des végétaux plus ou moins détériorés; pourris et consumés. Enfin d'atitres ma- tières en moindre nombre, telles que les pierres ponces; les soufres, les mâchefers, les amiantes, les laves, ont été jetées par les volcans, et produites par une seconde action du feu sur les matières premières. L'on peut réduire à ces trois grandes com- binaisons, tous:les rapports des corps bruts; et toutes lés substances durègné minéral. -: Les lois d’affinité par lesquelles les parties constituantes de ces différentes substances se séparent des autres pour se réunir entre elles et former des matières homogènes, sont Les | mêmes SIOrmant BR: OÙ Le cor; b A| Vanéle ei@ be que imme ich L: bre) LÉ Prog NUUFOES et Mc 1 | eme, ne À dr plis où mo ds, les, En ve| noubre| SËlu hs. soufre,|“ ile! res, nt PCT pl k dues pl œeut| les matiel E ae ces trous! Ms ct | L\- pars(4 10 bé, ï : ; ar se rl $ hou: es dard al| Î ar|: ar lesqua puis| Lonté en" iFerente CL 4 IL'AU Où mé| SECONDE VUE. 985 mêmes que la loi générale par laquelle tous les corps célestes agissent les uns sur les autres; elles s’exercent également et dans les mêmes rapports de masses et de distances- un globule d’eau, de sable ou de métal agit sur un autre globule, comme le globe de la terre agit sur celui de la lune: et si Jusqu'à ce jour l’on a regardé ces lois d’affinité comme différentes de celles de la pesanteur!, c'est faute de les avoir bien conçues, bien saisies; C’est faute d’avoir embrassé cet objet dans toute son éténdue. La figure qui, dans les corps célestes, ne fait rien ou presque rien à la loi de l’action des uns sur les autres, parce que la distance est trés-grande, fait au contraire presque tout lorsque la distance est très- petite ou nulle. Si la lune et la terre, au lieu d’une figure sphérique, avoient toutes deux celle d’un cylindre court, et d’un diamètre égal à celui de leurs sphères, la loi de leur action réciproque ne seroit pas sensiblement altérée par cette dif férence de figure, parce que la distance de toutes les parties de la lune à celles de la terre, wauroit que très-peu varié; mais, si ces mêmes globes dévenoiént des cylindres très-étendus et voisins l’un de l’autre, la loi de Paction réciproque de ces deux corps Tome XXIII, Bb «ee DE: GA“ NATURE. JO paroitroit fort différente, parce que la dis- tance de chacune de leurs parties entre elles, et relativement aux parties de autre, auroit prodigieusement changé; ainsi, dès que la figure entre comme élément dans la distance, da loi paroît varier, quoiqu’au fond elle soit toujours la même. D’après ce principe, l'esprit humain peut encore faire un pas, el pénétrer plus avant dans le sein de la Nature. Nous ignorons quelle est la figure des parties constituantes des corps; l’eau, lair, la terre, les métaux, toutes les matières homogènes sont certaine- ment composées de parties également sem- blables entre elles,‘mais dont la forme est inconnue: nos neveux pourront, à l’aide du calcul, s’ouvrir ce nouveau champ de con- noissances, et savoir à peu près de quelle figure sont les élémens des corps; ils parti- ront du principe que nous venons d'établir; ils le prendront pour base. Toute matière s’attire en raison inverse du carré de-la dis- tance, et cette loi générale ne paroët varier; dans les attractions particulières, que par l'effet de la figure des parties constituantes de chaque substance, parce que cette figure entre comme élément. dans da distance. Lorsqu'ils auront donc acquis, par des expériences Le ana.| 2 quiqus ok; ipe, sp lux ll Seth Pers : Nature| fon > esprit us laur,h ter 48, aus hong dote Le arts à sr diet veux put rt , nouveau| Mdr: or qu|&" qi mens desc Msn ll qe nous‘| toi | L 1Ù fe, our base. fes |} y( were d| N° hé | 1 TL rnérak| we| | | | | | | 1 : pariel 8 né SECONDE VUE réllérées; la connoissance de la Joi d’attr tion d’une substance particulière, ils pour ront trouver par le calcul, la figure de ses parties constituantes. Pour le faire mieux sentir, supposons, par exemple, qu’en met- tant du vif argent sur un plan parfaitement poli, on reconnoisse par des expériences, que ce métal fluide s’attire toujours en r aison inverse du cube de la distance, 1] faudra chercher, par des régles de fausse position 5 quelle est la figure qui donne cette expres= sion, et cette figure sera celle des parties constituantes du vif argent: si l’on trouvoit par ces expériences que ce métal s’aitire en raison inverse du carré de la distance, il seroitdémontréque ces parties constituantes sont sphériques, puisque la sphère est la seule figure qui donne cette loi, et qu’à quelque distance que l’on place des globes, Ja loi de leur attraction est toujours la même, Newton a bien soupçonné que les affinités chimiques, qui ne sont autre chose que les attractions particulières dont nous venons de parler, se faisoient par des lois assez sembla- bles à celles dela gravitation; mais ilne paroît pas avoir vu que toutes ces lois particulières n’éloient. que de sunples modifications de la B b 2 ac= 388 DE LA NATURE. loi générale, et qu’elles n’en paroissoient dif- férentes que parce qu'à une irès-petite d's- tance la figure des atomes qui s’attirent, fait autant et plus que la masse pour l'expression de la loi, cette figure entrant alors pour beaucoup dans l'élément de la distance. C’est cependant à celte théorie que tient la connoissance‘intime de la composition des corps bruts; le fond de toute matière est le même; la masse et le volume, c’est-à-dire, la forme seroit aussi la même, si la figure des parties constituantes étoit semblable. Une substance homogène ne peut différer d’une autre qu'autant que la figure de ses parties primitives est différente; celle dont toutes les molécules sont sphériques, doit être spécifi- quement une fois plus légère qu'une auire dont les molécules seroient cubiques, parce que les premières ne pouvant se toucher que par des poinis, laissent des intervalles égaux à l’espace qu’elles remplissent, tandis que les parties sup posées cubiques peuvent se réunir toutes sans laisser le moindre intervalle, et former par conséquent une matière une fois plus pesante que la première. Et quoique les figures puissent varier à l'infini, il paroît qu’il n’en existe pas autant dans la Nature que l'esprit pourroit en concevoir; car elle er Bu, pre 201: ddelue! Myt Le ol| em, 2 in| lanène,) Pris es éloit se7 WU ee peu| lu chégued entleW da rique, dut ME us lg! Mt seroienteul My pt pour{ 0! qu nt des 1 LS mplissen' TI vont TOI! ru piques pe ir moin at une md remiéré| p qu L. Ÿ LL il 1 SECONDE VUE 389 _a fixé les limites de la pesanteur et de la lé- séreté: l’or et l'air sont les deux extrêmes de toute densité; toutes les figures admises, exécutées par la Nature, sont donc com- prises entre ces deux termes, et toutes celles qui auroient pu produire des substances. plus pesantes ou plus légères, ont été re- jetées.(| Au reste, lorsque Je parle des figures employées par la Nature, je n’entends pas qu’elles soient nécessairement ni même eXaC- tement semblables aux figures géométriques qui existent dans notre entendement; c’est par supposition que nous les faisons régu- lières, et par abstraction que nous les ren— dons simples. Il n’y a peut-être ni cubes exacts, ni sphères parfaites dans l'univers; mais comme rien n’existe sans forme, et que selon la diversité des substances, les figures de leurs élémens sont différentes, il y en à nécessairement qui approchent de la sphère ou du cube, et de toutes les autres figures régulières que nous avons imaginées. Le précis, l'absolu, Pabstrait, qui se présentent si souvent à notre esprit, ne peuventse trou- ver dans le réel, parce que tout y est relatif, tout s’y fait par nuances, tout sy combine par approximation. De même, Jorsque j'a Bb 5 399 DE LA NATURE. parlé d’une substance qui seroit entièrement pleine, parce qu’elle seroit composée de partües cubiques, et d’une autre substance qui ne seroit qu’à moitié pleine, parce que toutes ses parties constituantes seroient sphé- riques; je ne l’ai dit que par comparaison, et je n'ai pas prélendu que ces substances exis- tassent dans la réalité; car l’on voit, par lex- périence des corps transparens, tels que le verre, qui ne laisse pas d’être dense et pesant, que la quantité des matières y est très-petite en comparaison de l’étendue des intervalles, et l’on peut démontrer que l’or, qui est la inalière la plus dense, contient beaucoup plus de vuide que de plein. La considération des forces de la Nature est l'objet de la mécanique rationnelle, celui de la mécanique sensible n’est que la com- binaison de nos forces particulières, et se réduit à l’art de faire des machines; cet art a été cultivé de tout tems, par la nécessité et pour la commodité; les anciens y ont excellé comme nous; mais la mécanique rationnelle est une science née, pour ainsi dire, de nos jours; tous les philosophes, depuis Aristote a Descartes, ont raisonné, comme le peuple, sur la nature du mouvement; ils ont unani- méèment pris l'effet pour la cause; ils ne con- e; Car lo| dk LE IT asdéted4 ÿe su, Dalières ÿ à FT und 10|| L LA tique ik aux 4 RE Que Lol pi}| Ne, conter) mi I CD,|! 6 cles forces|(Eur: nique nt Us sible nt| Boo| ces parie de| e desmeh tit ems,par But s ance®| TT méaniqul Wei our ans| ne : Li jp hes, ef est né, coul si mé: # ment: il Qui ç la aus FEU SECONDE VUE. 3gr noissoient d’autres forces que eelle de Fim- pulsion, encore la connoissoient-ils mal; ils lui attribuoient les effets des autres forces; ils vouloient ÿ ramener tous les phénomèncs du monde. Pour que'le projet eût été plau- sible et la chose possible, il auroit au moins fallu que cette impulsion, qu'ils regardoient comme cause unique, füt un effet général et constant qui appartint à toute matière, qui s’exerçât continuellement dans tous les tems: lecontraireleurétoitdémontré. Ne voyoient- ils pas que dans les corps en repos, cette force n'existe pas; que dans les corps lancés, son effet ne subsiste qu’un petit tems; qu’il est bientôt détruit per les résistances; que pour le renouveler il faut une nouvelleimpuision; que par conséquent bien loin qw’elle soit une cause générale, elle n’est au contraire qu'un effet particulier et dépendant d'effets. plus généraux? Or, un effet général est ce qu'on doit appeler une cause; car la cause réelle de cet effet général ne nous sera jamais connue, paree que nous ne connoissons rien Que par comparaison, et que Veffet étant supposé général et appartenant également à tout;, nous ne pouvons le comparer à rien, ni par conséquent le connoîlre autrement que Bb 4 ëg2 DE LA NATURE. par le fait; ainsi l'attraction, ou, si l'on veut, la deb te étant un effet général et commun à toute matière, et démontré par le fait, doit être regardée comme une cause, et c’est à elle qu'il faut TApporier les autres causes particulières et même l'impulsion, puisqu'elle est moins générale et moins constante. La difficulté ne consiste qu’à voir en quoi l'impulsion peut dépendre en effet de l’attraction: si l’on réfléchit à la com- munication du mouvement par le choc, on sentira bien qu'il ne peut se transmettre d’un corps à un autre que par le moyen du ressort, et l’on reconnoitra que toules les hypothèses que l’on a faites sur la trans- mission du mouvement dans les corps durs, ue sont que des jeux de notre esprit qui ne pourroient s’exécuter dans la Nature. Un Corps parfaitement dur n’est en effet qu’un être de raison, comme un corps parfaitement élastique n’est encore qu'un autre être de raison; ni l’un ni l’autre n’existent dans la réalité, parce qu’il n’y existe rien d’absolu» rien d'extrême, et que le mot et l’idée de parfait n’est jamais que l’absolu ou l'extrême de la chose.| S'il n’y avoit point de ressort dans la malière, 1] n’y auroit donc nulle force d’im- 1 que pu 8:| loanara( LA ( ils sl k| ent dans ë| ur, | de nur à M r dans là| ali| ur nest€ ù ET un cons Sin| e qu'un ul“LA en ds! v'existené bd 1e le mot| 8E à st bé l'absolu 0] | de rs}| line bocal x" SECONDE VUE 393 pulsion; lorsqu’on jetie une pierre, le mou- vément qu'elle conserve ne lui a-t-il pas élé communiqué par le ressort du bras qui Va lancée; lorsqu'un corps en mouvement en réhbdiiteg un autre en repos, comment peut-on concevoirqu'il lui communique son mouvement, si ce n’est en comprimant le ressort des parties élastiques qu’il renferme, lequel se rétablissant immédiatement après la compression, donne à la masse totale la même force qu’il vient de recevoir. On ne comprend point comment un corps@parfai- tement dur pourroit admettre cette force, ni recevoir du mouvement; et d’ailleurs il est très- inutile de chercher à le comprendre, puisqu'il n’en existe point de tel. Tous les corps, au contraire, sont doués de ressorts; les expériences sur l'électricité prouvent que sa force élastique appartient générale- ment à toute matière; quand il n’y auroit donc dans l’intérieur des corps d'autre res- sort que celui de cette matière électrique, il sufliroit pour la communication-du mou- vement, et par tonséquent c’est à ce grand ressort, comime effet général, qu’il faut attribuer la cause particulière de Pimpul- sion. Maintenant, si nous réfléchissons sur la 394 DE LA NATURE. mécanique du ressort, nous trouverons que sa force dépend elle-même de celle de l'at- traction. Pour le voir clairement, figurons- nous le ressort le plus simple, un angle solide de fer ou de toute autre matière dure; qu'arrive-t-il lorsque nous le comprimons? nous forçons les parties voisines du sommet de l'angle de fléchir, c’est-à-dire, de s’écarter un peu les unes des autres; et dans le mo- ment que la compression cesse, elles se rapprochent et se rétablissent comme elles étofentfauparavant; leur adhérence, de la- quelle résulte la cohésion du corps, est, comme l’on sait, un effet de leur attraction mutuelle; lorsque lon presse le ressort, on ne détruit pas cette adhérence, parce que, quoiqu’on écarte les parties, on ne les éloigne pas assez les unes des autres, pour les mettre hors de leur splière d'attraction mutuelle; et par conséquent dès qu’on cesse de presser; cette force qu'on remet, pour ainsi dire, en liberté, s'exerce; les parties séparées se rapprochent, et le ressort se rétablit: si, au contraire, par une pression trop forte, on les écarte au point de les faire sortir de leur sphère d'attraction, le ressort se rompt, parce que la force de Ja compression à été plus grande que celle der ES ue nous|:|| mA hi res on Bb D] Cestids LP| CS autres: 4 8: Dpresson 1"M ÿ #0: L: kuradé dk codésion dÿ MO: 4, meltde ke run je Jon pret(fi, 1 celle all! Mr:pue anteksput ent Jes unes des M, pu! . kur: le L'EU| pu 4{ p au ul sé, ln L, pi || si pchent,€ l el ntraire, P gear al 0 = r sphere ie :|| parce Qu? plus gr! SECONDE VUE 895 la cohérence, c’est-à-dire, plus grande que celle de Lébtrdaion san qui réunit les parties: le ressort ne peut donc s'exercer qu’autant que les parties de la matière ont de la cohérence, c’est-à-dire, autant qu’elles sont unies par la force de leur attraction mutuelle, et par conséquent le ressort en général qui peut seul produire l’impulsion, et l'impulsion elle-même, se rapportent à la force d’attraction, et en dépendent éomme des effets particuliers d’un effet général. Quelque nettes que me paroissent ces idées, quelque fondées que soient ces vues, je ne m'attends point à les voir adopter; le peuple ne raisonnera jamais que d’après ses sensations, et le vulgaire des physiciens d’après des préjugés: or, il faut mettre à part les unes, et renoncer aux autres pour juger de ce que nous proposons; peu de gens en Jugeront donc, et c’est le lot de la vérité; mais aussi très-peu de gens lui suf- lisent; elle se perd dans la foule; et quoique toujours auguste et majestueuse, elle est souvent obscurcie par de vieux fantômes, ou totalement effacée par des chimères bril- Jantes. Quoi qu’il en soit, c’est ainsi que je vois, que j'entends la Nature( peut- être est-elle encore plus simple que ma vue); Énnnntnes se Rs odai me AE ç 396 DE LA NATURE une seule force est la cause de tous les phé- nomènes de la matière brute, et cette force réunie avec celle de la chaleur, produit les moléculés vivantes, desquelles dépendent tous les effets des substances organisées. Fin du vingt-troisième Volume. FA-B-LE B Wii j 4 in.«a| De ce qui est contenu dans ce k ets Ba vingt-troisième Volume.| | LE Bœuf. SU Page L trie| Le Addition à l’article du Boœuf, par_— | La Brebis.|»:.. 6x | Addition à Core de la Brebis, par Son- nini. 87 La Chèvre. ot Addition à l’article de la Chère par Son ninui. 109 Le Cochon. Le Cochon de Siam. Le San- glier. 119 Addition à l’article du Cochon, par S'on—- nint.|: 149 Le Chien. 163 ë Chiens-mulets, provenant dune Lowe et: d’un Chien brague.| 257+4 Du Mäle, premiére Génération. 262 Fe De la Femelle, première Génération. 270|| Du Mâle, seconde Génération. 270 fl De la Femelle, seconde Génération. 260 if De la Femelle, troisième Génération, 296 998 T À B L E. Du Mâle, quatrième Génération. 515 De la Femelle, quatrième Génération. 515 Suite des Chiens métis.| 517 S'econde Suite des Chiens métis. 921 Troisième exemple du produit d’un Chien et d’urie Louve. 327 Quatrième exemple du produit d’un Chien et dune Louve.| 320 Cinquième‘exémple du produit d'une Louve avec un Chien. 931 Æddition à l’article du Chien, par Sonnini, 334 De la Nature. Première lue. 353 De la Nature. Seconde Vue. 97i Tin de la Table du vingt-troisième Volume, — 3—* S—— “ ☛*——