——— — ou K S ELART DE 50¹105 E! RLES PII DS, () 4 1aeniteen, Ptitäeee. 2uene. e, Senn, 1,rer DPemen, cinu. vnlpee eennnnennet, 2 E wmae, a C ors, Durillons Qiguons zi, va Trte, deic hue d Zi chenſen, r Sltt. P den. teen Dee Suivies dune instruc lion sommaire Sun les lngelures, les Ver rrues, les har. mités des Ongles le Chevauchement des Orteils, etles Sneurs inunoder ées des pieds. —— A— h rAR M. M. p.-. N aun! 6 Ahedne mie. Bin Kn, m 2ette, 4). 2 . 7 3 n C 2 3 — tetins istis, i non, his utere mecum. candiius imperti vonoe lu, A PARIS. Iocardt Davi Zihrawar Alnprun awir en Tänikrdkned, we eer ſa Teare I Tosh, o hn, Aowal Lakeie ebowr Ilechu e! Fes, colea Anukä altlemantan läbmel Iuäraue. Daune Zibrwrere, Cuam. dar Oy Faurrr, ro,. 181 3 4 INTRODUOCTION. LA pédicurie, pedum cura, est l'art de soigner les pieds, et de traiter les maladies qui leur sont pour ainsi dire particulières. Ainsi les cxcroissances Gpidermoiques, connues sous les noms de cors, durillons et oignons, les engelures, les verrues, le chevauchement des orteils, les maladies des ongles, les sueurs immodérées des Pieds, sont des objets sur lesquels on doit posséder des notions exactes Pour mériter le titre de Pedicure. Donnera-t-on ce titre à l'homme qui ne fait que couper, raser ou extraire les cors et les durillons, ou qui dit posséder un remède spèé- cifique contre ces inſirmités? En ce 1*¾ C1) cas, on doit appeler Dentiste iout homme dont le talent se borne à arracher les dents; on doit appeler Ocœuliste quiconque possède la com- position d'un collyre ou d'une pom- made contre certains maux d ycux. En ce cas, la pédicurie n'exige pas de grandes connaissances; et il n'est pas étonnant que cette partie de Tart de guérir reste dans un tel avilissement, que les hommes yrai- ment instruits répugnent de s'en occuper d'une manière sCérieuse et particulière. Une foule d'empiriques, dont toute la science se borne à couvrir leurs moyens curatifs d'un voile mystérieux, ont usurpé le titre de Pédicure. IIs font continuellement des dupes, très souvent des victimes. (v) Ils ont un champ libre, negligé par les hommes de l'art; qu'lls y tra- vaillent, qu'ils y moissonnent. Ce mest point pour les décrier que je publie cet opuscule, mais pour les éclairer en jetant quelques lumidères sur une partie dont les gens de mé- rite se sont trop peu occupés. Lesujet queje traite me parait mé- riter la plus scrieuse attention. Les pieds sont le soutien du corps hu- main. L'homme privé de leur usage a perdu une de ses facultés les plus précieuses, la locomotion, c'est àâ- direla faculté de se transporter d'un lieu à un autre. Son existence, alors, peut étre comparée, en quelque façon, à celle du végétal. Pour exercer avec fruit la Pédi- curie, on doit avoir des notions exactes sur la charpente osseuse des — ———— (v) des pieds. On acquiert ces notions en Gludiant, avcc soin, sur le pied d'un squelette que tout le monde peut se procurer facilement; et en prenant pour guide, dans cette étude, quelque livre d'anatomie. On ma pas les mèêmes facilités pour apprendre la manière dont les pièces qui composent les pieds sont articulées entre elles et avec la jam- be, ni pour connattre les muscles qui président aux divers mouve- ments, les trajets, la direction des tendons de ces muscles, leur in- sertion, la position, le trajet et la girection des veines, des artères et des nerfs. Quoique j'attache beaucoup d'im- portance à tous ces objets, je n'en donnerai point la description. Ca (v sont des connaissances que l'on ace- quiert plus exactement et plus fa- cilement par la dissection que par la lecture. Je me bornerai à faire observer que, dans les parties la- terales des orteils, il existe des artères et des nerfs dont la lésion n'est Pas toujours sans danger. La petitesse et la spongiosité des os du pied rendent leurs fractures extréemement rares; mais les fou- lures, les entorses y sont commu- nes, de méême que les diastases ou écartements. Le pédicure ne doit pas ignorer que les accidents qui surviennent aux articulations et les maladies qui s'y développent sont toujours redoutables. II doit aussi étudier comment s'exécutent les mouvements des pieds. Ces études vij) et ces connaissances l'aideront à se faire une juste idée des infirmités qui affligent ces parties, et lui sug- géreront peut-étre des moyens in- connus jusqu'à ce jour pour y remédier. Lorsque nous marchons sur un plan uni, le pied s'aplanit; mais lorque nous marchons sur un sol raboteux, la face inférieure devient plus convexe. Il en résulte une es- pèce de vodùte susceptible de beau- coup de variations, selon la position du pied. Quelquefois nous appuyons sur les orteils, d'autres fois sur le bord externe. Suivant la diversité de ces positions, la forme de cette voüùte varie, elle est plus ou moins régulière; mais la connexion des os est toujours telle, qu'il y a la plus grande solidité. (ix Il m'entre point dans mon plan de traiter de tous ces objets d'ana- tomie et de physiologie. Mettre tout le monde à même de devenir son propre pédicure et de pratiquer facilement le vrai moyen de se dé- barrasser entièrement d'infirmités aussi douloureuses qu'elles sont communes, voilà mon but. Ma théorie est appuyée sur la pratiquc; car, pour micux éclairer mes recherches, j'ai cru nécessaire de m'exercer dans l'art du pédi- cure. Jai multiplié mes essais, ct, quoique je me sois renfermé dans le cercle de quelques personnes aux- quelles je n'ai donné des soins que par complaisance, je n'ai pas man- qué d'occasions. J'ose dire que je me suis livré à cet exercice et à ces expériences, avec un désinté- ressement digne des motifs qui m'ont déterminé. —-— LE MANUEIL DU PEDICURE, LART DE SOIGNER LES PIEDS. CIHAPITRE PREMIER. — DES EXCROISSANCES EPIDERMoOIQuUEs. -—— D ouies les inſirmités auxquelles sont sujeis les pieds, il n'y en a pas de plus communes que les excroissances épidermoiques. On entend par cette dénomination les cors, les durillons et les oignons. Sur cent personnes, on n'en trouve pas vingt qui n'en soient plus ou moins affectées. De temps im- 012) mémorial l'espèce humaine en est affli- gée. Les souffrances continuelles, sou- vent extrèmes, que ces excroissances occasionnent, auraient dú fixer sérieu- sement l'attention des hommes instruits dans l'art de guérir. Mais, sans doute, les savants inédecins n'ont pas regardé ce mal comme digne de leurs recher- ches. Quelques-uns, tel que&yden- ham, se sont bornés à exprimer des voœeux pour qu'on donnàât une sérieuse attention à cette partie. § I. Des Cors. Le cor, clavwus pedum, est un tu- bercule inorganique, provenant de la substance de l'épiderme altéré par la compression on le froissement que produisent les chaussures. Ce tuber- cule ressemble en général à un clou enfoncé dans les chair, de là lui vient le nom de claviis pedam, par lequel Celse et les auteurs latins le désignent. 613) On doit y distinguer la couronne et le noyau qu'on appelle vulgairement et improprement la racine. Lasuperficie, ou la couronne, est or- dinairement saillante quoiqu'applatie; elle estrugueuse, surtout vers le centre. Le noyau, dur, semblable à de la cor- ne, est le plus souvent de forme poin- tue et conique. Le cor est unicuspide, bicuspide, tricuspide, etc., suivant le nombre de noyaux qui en font partie. Dans le centre de chacun on apper- coit ordinairement un point brun très- foncé, ou bien une substance cornée et transparente, qui pénétre plus ou moins profondément, se prolonge et même s'étend, tamôt jusqu'à la capsule synoviale des articulations, tantôt jusqu'au périoste. § II. Gieège des Cors. Les cors ontcommunément leur siège sur les doigts ou orteils, souvent à la plante des pieds, quelquefois entre 04) les orteils. Ceux qui se développent entre les doigts ressemblent à une ver- rue applatie; ils sont moins durs quc ceux placés sur les orteils ou sous la plante des pieds; mais la douleur qu'ils produisent est très-incommode et sou- vent insupportable, à cause de la proxi- mité des nerfs qu'ils gènent, ou avec les- quels ils forment facilement adhérence. § III. Causes. La cause la plus générale des cors est la compression que des chaussures trop étroites ou trop courtes exercent sur les pieds. IIs sont produits aussi- par des chaussures larges et dures. Les inégalités dans les bas, comme plis, reprises raboteuses et bourlets y don- nent lieu. Certains cordonniers mettent des contre-forts dansl'intéricur des souliers; pour cela, ils pratiquent des coutures qui produisent le même effet que des bourlets. D'autres n'as- sujétissent la semelle qu'avec un peu- (15) de colle; cette semelle se détache. Ramollie par la sueur, elle se fronce, forme des plis qui durcissent enséchant et deviennent la source des inſirmités dont nous parlons. Les cors viennent souvent d'une pré- disposition particulière, intérieure, et qui parait indépendante de la confor- mation des pieds ou des orteils. Il ré- sulte des observations, recueillies avec soin, qu'il y a beaucoup de personnes qui portent impunéêément des chaus- sures gêénantes, autant PDar leur peti- tesse que par leur dureté; tandis que q'autres ont les pieds parsemés de cors, quoiqu'elles fassent usage de sou- liers souples et assez bien proportion- nés pour ne causer aucune géne. Les individus dont la peau est ſine et douée de beaucoup de sensibilité, sont le plus exposés à ces excrois- sances épidermoiques; ils en sont plus incommodés. Comparez les personnes- sédentaires avec celles qui, Par état, 616) sont accoutumées à des marches frée- quentes. La sensibilité est tellement exaltée, chez les premières, que, sou- vent une simple promenade les fati- gue, le moindre froissement devien douloureux et irritant; elle est telle- ment émoussée par l'habitude, chez les dernières, que, la marche la plus longue et la plus pénible n'a rien d'in- commode pour elles. Par la mèême raison, autant que par celle déduite de la chaussure, l'habitant de la ville est bien plus sujet aux cors que l'habitant de la campagne. Chez les personnes dont la sensi- bilité est exaltée, ces tubercules se développent rapidement. Mais, chez celles qui ont la peau naturellement dure et peu sensible, ils croissent moins promptement, et ne sont pres- que jamais douloureux que lorsqu'ils ont acquis une certaine grosscur. 4 17) § IV. Manière dont se developpent les Cors. On peut établir en principe général, d'après des recherches multipliées, des expériences r éitérées, des observations recueillies avec soin et attention, que Ja formation des çors consiste dans une altération de l'épiderme à l'endroit ou ils sont placés; que ceite altération est presque toujours la suite d'une irrita- tion. Quelque légère que soit cette ir- ritation, elle trouble, dans le point où elle a lieu, le mode de vitalité. Le corps muqueux, qui sert de nourriture à l'épiderme, secrète dans l'endroit ir- rité, un suc plus ou moins abondant, qui quelquefois se manifeste sous la for- me d'une petite ampoule. Ce suc se condense et se concrète. II durcit ra- pidement, si, à la partie où il est dépo- 86, il n'y a pas assez d'humidité pour modérer la dessiccation. Il est aisé de le prouver en comparant les cors quĩ 18) croissent entre les orteils, ouùla trans- piration entretient une certaine moi- teur, avec ceux qui se développent dans les autres parties. Lorsqu'on fait usage de souliers trop étroits ou trop couris, ou bien larges mais durs, les orteils sont froissés aux articulations qui proëminent, une lé- gère inflammation s'y développe; on l'attribue à la fatigue de la marche, on la néglige. A la suite de cette inflamma- tion, il se manifeste, tantôt une rougenr avec on sans gonflemeut, tantòôt une petite ampouleé. Si l'on coupe cette am- poule, il en sortune liqueur séreuse et jaunatre; sion l'abandonne à elle-mème, elle se concrète et durcit. Les effets des frottements de la chaussure augmentent par la présence de cette concrétion. Une nouvelle irritation a lieu journel- lement, et détermine un nouvel afflux d'humeur muqueuse qui se cumule in- sensiblement et comme par couches Plus ou moins circouscrites, en raison 619) de l'étendue de chaque irritation qui pa- rait successivement se concentrer sous la couche précédente. De là cette for- me alongée et pyramidale des noyaux, dont Ia direction est tantôt droite, tan- tôt oblique, dont le nombre est ordi- nairement unique, quelquefois double et multiple, comme on le remarque dans unc espèce de cor nommé vulgai- rement ognon. La direction et le nom- bre des noyaux dépendent de la ma- nière dont s'est formée la première concrétion. Si elle est unie, il n'y aura qu'un seul noyau; si elle est granulée, il y en aura autant que de granulations; car ces granulations sont comme autant de foyers ousc cumule l'humeur attirée nar Pirritation à laquelle le froissement donne licu. Les anciens, en comparant le cor à un clou, donnaient sur la nature de cette inſirmité une idée plus juste que celle qui natt de P'expression dont se servent les moderues, en appelant racine la 2 (20) partie enfoncée dans les chairs. L'abus des mots entraine ordinairement la con- fusion des idées. En effet, si nous consi- dérons comme une racine le noyau d'un cor, nous sommes portés à penser et à croire que ce tubercule est une végé- tation épidermoique, qui prend de l'ac- croissement par sa racine, de la mème manière qne les ongles ou un végétal: ce qui est une erreur; car l'accroisse- ment d'un cora lieu par agrégation. La substance qui le compose est inorgani- que, la matière qui le forme estunesorte de mucosité. Quand elle est sèche, elle est dure comme de la pierre et méème friable. Quand elle est pénétrée par l'eau, par la sueur, ou par quelque corps gras et onctueux, elle a une con- sistance plus ou moins forte, depuis la mollesse de la gelatine jusqu'à Ja dureté du cartilage et des os. Je tire de la pratique la preuve que les noyaux des cors ne remplissent au- cune fonction assimilatrice. Par exem- (21) ple: lorsqu'on fait l'extraction d'un de ces tubercules, sion laisse quelque point de son étendue tant soit peu épaisse, le cor prendra son accroissement sur ce point, qui en deviendra le foyer, le point central, en un mot le noyau. Si on laisse, pareillement„ plusieurs parties sur des points différents, il y aura autant de nouveaux foyers. Il est aisé de se rendre raison de ce phéno- mène, en réfléchissant sur- la manière dont se forment et se développent ces excroissances. § V. Opinions diwerses sur la nature ed la formalion des Cors. Je suis loin de dire avec un mé- decin, grand naturaliste, que le cor est lormé par un animal parasite, ana- logue, jusqu'a un certain Point, aux hydatides. Je n'embrasse pas le système de certains esprits, qui, sans se donner (22) la peine d'étudier ct de réfléchir, se bornent à des observations superſi- cielles, se laissent séduire par quel- ques apparences, ne doutent de rien et assurent: que le cor est du nombre des végétations qui repullulent tant qu'on en laisse la moindre ramiſica- tion, laquelle sert, pour ainsi dire, de nouveau germe. Suivant l'opinion des anciens et sui- vant celle de plusieurs modernes, les cors sont une production de la syno- vie qui s'épanche, se porte vers lo Point irrité, s'arrète sous l'épiderme et s'y concrète. Si les cors provenaient de la synovie, on n'en trouverait que vis-à- vis les capsules synoviales, et toujours il y aurait, soit un canal, soit toute autre voie communiquant à ces capsules, on durmoins aux glan- des qui secnètent la synovie. Cette voie existerait, dans tous les cas, aussi bien lorsque le cor n'ost que enperſiciel et xécent, que lorsque le ¹ — —— — (23), noyau pénètre profondément après avoir pris un long accroissement; or, il est impossible d'en démontrer l'exis- tence. Eh! où en serions-nous, si la synovie pouvait être détournée de sa destination par la moindre des causes qui donnent lieu à des cors! Quoque je regarde ceite opinion comme un faux système, je dois à la vérité de publier ce que j'ai remarqué dans ma pratique. J'ai vu, deux ou trois fois, en faisant l'extraction de certains cors, dont Porigine remontait à une date très-ancienne, j'ai vu, dis- je, le sommet du noyau se Prolonger en filament dans une Pelite ouverture oblongue, qui ressemblait à l'oriſice du canal de l'urètre. Aussitôt après extraction de ce ſilament, que j'entrat- nais avec de petites pinces, il suintait une espèce de liqueur roussâtre. Cette liqueur séchait rapidement au contact de P'air, et le petit trou se trouvait ainsi bouché, presque en un clin-d'oil. (24) En opérant l'extraction de ce ſilament je n'ai jamais fait éprouver la moindre douleur. Quand je le retirais, il pa- raissait tendre, flexible, élastique; il acquérait promptement de la dureté, devenait inflexible, se racornissait. Ces cas ont été si rares qu'il ne m'a pas été possible de multiplier assez mes épreuves pour en conclure quelque chose de positif. On a émis plusieurs autres opinions systématiques, qui ne sont ni plus vrai- semblables ni plus instructives; je les passe sous silence. Jetons un coup-d'ceil sur le système le plus moderne. L'auteur qui a traité cet artiele, dans. le Dictionnaire dessciences médicales, est peut-être le seul qui ait parlé dans un sens conforme à une saine théoric, et qui ait le plus approché de la vérité; je rends hommage à ses talents distin- gués en littérature ainsi qu'à ses con- naissances profondes en médecine; 25) mais je crois qu'il s'est trompé, et je ne puis m'empécher de relever l'er- reur de sa définition. Le cor, dit-il, estune excroissance inorganique qul‿ prooient do Pépaissis- Sément de l'piderme, altens par la compression quexerce la chauusstere. Cette déſinition ne me paratft pas exaéte. Le cor ne provient pas de l'épaississement de l'épiderme. Cen'est Pas l'épaississement de l'épiderme qui constitue un cor, ce sont les aspé- rités dans cet épaississement. Il y a aux pieds de beaucoup de bersonnes des callosités causées par la compression des chaussures et duée, certainement, on n'a jamais désignées par cette dé- nomination. Je suis d'accord, avec M. Fournier, que le cor est une exœroissance inor- Saνιρ. Celte définition est-elle en concordance avec les expressions ra- eine, extiper, deraciner, ou bien (26) l'auteur ne les a-t-il employées que par métaphore 2... Qu'on me pardonne ces légères ré- flexions; je n'entends nullement cri- tiquer ce que l'on trouve consigné dans le Dictionnaire des sciences mé- dicales. Je désire seulement meittre dans un plus grand jour le point de vue sous lequel les cors doivent èêtre con- sidérés, et prouver la justesse de la déſinition que j'en donne moi-mème- Poury ajouter, s'il se peut, quelques lumières, entrons dans un simple exa- men sur la nature de l'épiderme. On croit que c'est une membrane pel- lucide formée de lamelles imbriquées. Il se régénère lorsqu'il a été détruit; soumis à l'inspection du microscope, il ne présente aucune fibre dans son in- térieur. Dépourvu de nerfs et de vais- seaux, il n'a point la base commune de toute partie organisée; il est pour ainsi dire inorganique sous ce rapport. Il a un mode de vie et de reproduction aussi 627) inconnu que sa nature. II est susceptli- ble d'un accroissement rapide en épais- seur aux endroits qui sont exposés au froissement. En effet, sa densité à la plante des pieds, à Ja Daume des mains et à la surface correspondante des deigts, est remarquable. IIsemble que cet excès d'épaisscur soit formé de di- verses lames appliquées les unes sur les autres et surajoutées à la lame ordinaire de l'épiderme. L'irritation produite par le froissement parait y altérer le mode de vie et de reproduction. Que l'on fasse macérer comparativement un morceau de chair recouvert d'épiderme simple et un morceau recouvert d'épiderme épaissi par le froissement; quand la macération aura facilité la séparation, si l'onsoulève etsi l'onm sépare l'épiderme, on remarquera dans le premier mor- Ceau, sur la facc interne, de petits appen- dices ou prolongemens assez régulié- rement parsemés et qui paraissent èêtre les sommets ou les restes des extrémités 3 — (28) des vaisseaux exhalans et absorbans rompus. A la face interne de'autre, ces vaisseaux se rompentet se déchirent plus net, et au lieu d'appendices on ne voit que les traces des rides qui corres- pondent à ceux de la face externe- Faites macérer comparativement la peau d'un orteil incrusté d'un cor et celle d'un autre orteil exempt de cetie inſirmité. Vous verrez le cor se déta- cher et se séparer par le seul effet de la macération. Soulevez l'épiderme de l'une et de l'autre; vous ne trouverez aucune différence. Enfin, enlevez avec un instrument tranchant la superficie d'un cor à un homme Noir, enlevez pareillement un morceau d'épiderme sous la plante de ses pieds; vous verrez que la Portion du cor est pénétrée dela matière colorante, tandis que lemorceau épidermoiquepréè- sentera le mème aspect que l'épiderme d'un Blanc. Je conserve plusieurs cocs 029) que j'ai extraits à des Noirs, ils ont tous une teinte plus ou moins foncéc. Il faut conclure de ces expériences que l'altération de l'épiderme à l'en- droit où siège un cor, est différente de l'état que constitue l'épaississementqui survient à la plante des pieds et à la paume des mains. S VI. Comment se forme le point noir ou brun que l'on apergoit au centre de la plupart des Cors? Nous venons de démontrer que c'est du corps muqueux, appelé autrement corps réticulaire, que provient la subs- tance de ces excroissances tubercu- leuses; nous avons déja dit de quelle manière elles se forment. Le centre du tubercule acquiert presque ioujours un tel dégré de compacité que les couches suberposées s'y confondent. II paruait d'abord pellucide et d'unblanc de perle; il devientsuccessivement jaune, roux, brun et noir. Chez certaines personnes, 3 (30) V ce changement arrive plus ou moins lentement. Si, avec un instrument tran- chant, on coupe ce centre dans son Gtat de pellucidité, on sent sous la main le mème effet que lorsqu'on coupe de la corne ramollie. Si quelque dureté se ſait sentir sous l'instrument, la coupe, dans 3—- I'endroit dur, présente un point blan- 1 chaàtre et, pour ainsi dire, farineux. Si I on fait la môme expérience lorsque le point noir s'est développé, il semble que l'on coupe un morceau de bois très- dur. La partie la plus centrale est quel- quefois très-friable et se réduit souvent en poussière.— cor est accessible à l'humidité des par- 4 V Tant que la matière qui compose le 1 ties environnantes, le centre conserve une certaine transparence. Ce n'est qu'en séchant que cette matière durcit, et, suivant son degré de dureté, le noyau devient plus ou moins impé- nétrable à l'influence des sucs qui l'en- vironnent. Ainsi de l'altération produite V (31) par la compacité dépend la couleur plus ou moins foncée du Point central S VII. Eſfets de la douleter. Les personnes qui ont des cors éprouvent, en marchant, des douleurs si vives, qu'elles sont en peine de choisir les pavés et les points du sol où elles paissent poser les pieds. Si elles posent à faux ou sur un pavé conique, il leur est impossible de se maintenir dans la ligne de gravité; et, si alors elles ne trouvent un appui avec la main, leur chute est inévi- table. Un cri plaintif annonce l'excès de leur souffrance; un frémissement sefait sentir dans toute la surface du corps; une sueur froide inonde le front et les tempes. Il arrive duelquefois qu'une marche fatigante détermine une forte inflam- mation dans les parties où sont les cors; ceite inflammation est souvent (32) suivie de suppuration, dont les suites peuvent devenir funestes. L'inflamma- tion ne provient pas toujours des fati- gues de la marche; elle se manifeste quelquefois sans autre cause connue que la présence du cor; les désordres qu'elle produit alors sont très-facheux. § VIII. Opinions dioerses sur la dou- leour occasionnée par les Cors. — 1 .———— La douleur occasionnée par les cors est plus ou moins vive, suivant l'état de l'atmosphère. Un air chaud et hu- mide semble réveiller la sensibilité des parties où se trouvent ces tubercules. . Lorsque le temps est disposé à la pluie, il y a des des personnes qui 6prouvent des élancements tellement 8 douloureux, qu'elles peuvent prédire, vingt-quatre heures à l'avance, le chan- gement qui ne tardera Pas à avoir lieu dans l'atmosphère. On a cherché à expliquer d'où pro- vient la douleur qu'on éprouve dans — ———— (33) un temps chaud et humide, le pied n'étant gené par aucune chaussure. Le cor, a-t-on dit, est un corps hy- grométrique qui, gonſlé par l'humidité, exerce une pression contre les parties devenucs alors très-sensibles, et au milieu desquelles il est enchâssé. Cette explication est loin d'étre sa- tisfaisante. Les cors sont aussi durs et aussi compacts dans un temps plu- vieux que dans untemps sec. D'ailleurs, quand il fait beau, quoique les pieds soient souvent inondés de sueur, ce prétendu gonflement n'a pas lieu; la douleur est même obtuse. Enſin, lors- qu'on Prend des pédiluves, l'épiderme qui environne les cors se gonfle à la vérité, comme dans toute autre partie plongée quelques instants dans l'eau; mais on ne ressent pour cela aucune douleur. Je crois qu'on doit se borner à dire, par analogie, que le temps pluvieux exéerce sur les cors, comme sur cer- —ÿ—;’ℳ,-;——— —,—————ss— (34) taines affeclions rhumatismales, une influence qui excite des sensations dou- loureuses; mais ne prétendons pas tout deviner, tout expliquer en médecine. Au reste, l'explication d'un tel phéno- mnène ne peut étre utile, ni pour guérir, ni pour soulager. § IX. Diagnoslic.* Ilme paratt inutile de décriredes carac- teres qui distinguent Ies cors. Ces infir- mités sontsi communes que peu de gens s'y méprenneant. On ne peut les con- fondre qu'avec les durillons et cer- taines verrues. Le durillom n'est qu'un simple épais- sissement de l'épiderme. Par lui- méme il ne produit point de douleur; ilne se prolonge pas en pointe dans les chairs, et, quand on en diminue l'épais- * J'entends par Diagnostic l'exposé et la comparaison des signes propres à faire discer- ner les unes d'avec les autres les maladies qui ont quelque ressemblance. ———— —— (35 seur avec l'instrument tranchant, on n'y abperçoit point de granulations comme dans les cors. L'oignon est un cor à plusieurs noyaux, implanté sur une partie ou la chair parait tuméſiée, bulbeuse, mollasse et rouge, et où l'épiderme est remarquable par des feuillets sembla- bles à des pelures d'oignon qui se dé- tachent en partie. Les noyaux des oi- guons sont ordinairement petits comme des grains de millet, arrondis ou co- miques, tantôt pellucides comme de la corne, tantôt ayant dans le centre une ligne noire, qui ressemble à un brin de cheveu ou à une petite épine. Les verrues sont des excroissances qui naissent indifféremment sur toutes les partics cutanées du pied. Quand elles sont situées dans un endroit em- brassé par la chaussure, elles sont susceptibles d'ètre comprimées et ap- platies. Elles acquièrent quelquefois de la durcté dans le centre, ce qui (36) pourrait les faire confondre avec les cors; mais on les distingue facilement, en ce que leur superficie est parse- mée de granulations en coryymbe. D'ail- leurs, la dureté qu'elles acquièrent n'approche jamais de celle des cors; on y remarque en outre plusieurs radi- cules réunies en faisceau, et desquelles il suinte du sang lorsqu'on les coupe. § X. Pronostic. Le cor n'est pas à proprement parler une maladie; c'est une inſirmité ou plutéôt une incommodité extrémement douloureuse et difficile à détruire to- talement. La difficulté, pour obtenir une cure parfaite, consiste moins dans la nature du mal, que dans la négligence ou l'indocilité des malades. 6 Plus un cor est récent, plus il est — 6 aisé de s'en débarrasser. Quand il est placé sur une articu- ——— (37) lation proéminente, il est fort sujet à la récidive. Quelquefois ces excroissances dis- paraissent sans l'emploi d'aucun moyen curatif; mais ces guérisons spontanées n'ont guère lieu que chez les person- nes sédentaires et qui font, en mème temps, usage de chaussures douces, souples etadaptées, sans gène, àla forme des pieds. Les cors dans lesquels le point noir se manifeste promptement, sont les plus difficiles à guérir et très-doulou- reux.. Ceux qui ont leur siège entre les orteils occasionnent des douleurs par fois très-aigües, avec gonflement des parties environnantes. Il est mème ar- rivé que l'on a pris ces symptômes pour ceux d'une affection goutteuse- Ceux qui croissent sous la plante des pieds sont les plus intolérables- Si Pon continue de tenir les pieds sous l'influence des causes, nulle inſir- (38) n'est plus sujète à la récidive due celle dont nous Parlons. mité §. XI. Insufhsance et dangers de certaines methodes do traitement. Le traitement des cors a été donné à des empiriques plus effrontés qu'intelligens De là vient, que, malgré les fréquentes occasions de remédier à un mal si commun restée fort en arrièé des sciences médi l'on s'en rapporte dont, ch aban- „ cette partie est re dans les progrès cales. Cependant, si à tous les placards aque jour, on lapisse la capi- tale, à ces annonces que les jour- naux transmettent dans l'universalité du royaume, on trouve chez tel, chez telle, un spécifique pour la guérison radicale des coxs et de toutes les ex- croissances épidermoiques. Ici, c'est un onguent vert; la, il est jaune; ail- leurs, il est rouge, brun, noir; allez plus loin, on vous vendra quelques. — (59) feuilles ou de ſiguier, ou de lierre. ou de pourpier macérées dans du vi- naigre; partout, c'est toujours un re- mède secret, il produit des merveilles, il est infaillible. Achetez-en, faites-en usage; vous ne guérissez pas. Jai parcouru presque tous ces mar- chands de secrets; j'ai fait emplette de tous leurs remèdes; je les ai sou- mis à l'expérience; je n'ai pas vu dans aucune de mes épreuves que le meil- leur füt plus efficace qu'un simple em- plätre de vigo ou de diachylum gom- mé. Il y en a qui auraient produit Peut-étre des effets pernicieux, si je ne me fusse empressé d'y remédier en les remplaçant par du cératde Gou- lard opiacé. Il est de fait qu'aucun de ces remèdes n'a répondu aux pro- messes de ses auteurs. Ceux avec les- quels j'ai obtenu quelques avantages n'ont servi que secondairement, et lorsque j'ai eu soin d'enlever, préala- blement, au moins la superſcie des (4 ⁰) cors; je n'ai obtenu de vrais succès qu'après l'extraction. Tous les gens à secret promettent que leur spechifique ſfera disparalle, rongera et consu- mera radicalement les cors, les oi- gnons, les durillons, etc. II suflit de n'avoir que l'ombre du bon sens pour reconnaitre l'imposture. Comment, en effet, ronger et consumer, par l'appli- cation d'un topique, des tubercules aussi durs, sans ronger et sans consu- mer, non-seulement l'épiderme envi- ronnant, mais encore les parties sous- jacentes?— Cependant, sans m'arrôter à ces rai- sonnemens, sans me laisser rebuter par les difficultés, j'ai continué mes recher- ches, j'ai multiplié mes essais. J'ai mis à contribution l'ail, l'écorce d'aca- jou, le suc de titymale, la gomme ammoniaque, la pierre infernale(nitrate d'argent fondu). Par une contrariété désespérante, je n'ai obtenu de pres- que tous ces moyens actifs et caustiques (41) que des effeis opposés à mon at- tente. Plusieurs fois, quand j'ai fait usage de la pierre infernale, j'ai ob- servé que les cors reparaissaient avec plus d'intensité. Imbu moi-mème de l'erreur ou-l'on était relativementà leur mode de développement, je croyais brüler ou faire périr une racine qui n'existait que dans le langage recu et dans mon imagination trompée. Il ré- sultait de ce traitement une irritation„ en outre un racornissement, double cause, plus que suffisante, pour faire développer des cors, là même ou il n'y en aurait pas eu. § XII. Méthode curatioe. Raser les cors, les couper aussi pro- fondément qu'il est possible, n'est pas les guérir. On n'obtient par ce moyen qu'un soulagement de peu de jours, quelquefois même on n'en obtient au- cun. Extraire simplement les cors, n'est — (42) Pas non plus les guérir. A la vérité, leur extraction, quand elle est bien faite, procure sur-Ie-champ un parfait soula- gement; mais elle ne sufſit pas, et, quand on s'y borne, on voit, quelque temps apréès, un nouvcau tubercule, aussi volumineux et aussi dur que le précé- dent, se développer à la meme place. Cela n'est pas difficile à concevoir, si on réfléchit sur la manière dont se forment les cors, et surtout, si l'on observe la rapidité avec laquelle la substance dont ils sont composés se durcit au contact de P'air. Après l'ex- traction d'un cor, examinez les pe- tites aspérités dont est parsemé l'en- foncement dans lequel le tubercule était implanté; vous remarquerez avec quelle promptitude elles se durcissent. Ces aspérités deviennent molles et tendres aussitét qu'on les humecte avec une simple goutte d'cau. Bientét l'eau s'évapore et il succèéde une dureté plus forte que la précédente. Si, au licu (45) d'eau, l'on met un corps gras, le ra- mollissement a lieu, mais plus lente- ment, etce corps gras maintient long- temps une douce souplesse. Extraire les cors, appliquer ensuite, sur la Dartie où ils étaient, une subs- tauce grasse et balsamique esrle moyen le plus propre à obtenir une guérison Parfaite. II est le plus doux, le plus exempt d'inconvéniens; il est presque toujours couronné dusuccès. Rarement ila manquéson effet chez les personnes qui ont voulu se soumettre à des soins et à des précautions qui ne demandent qu'un peu d'attention et d'exactitude. Quelquefois la guérison a eu lieu sans autre chose que l'extraction du tubercule pratiquée avec soin, et une seule application d'emplatre; mais cela arrive rarement, et je recommanderai sans cesse de ne rien négliger pour se délivrer d'un infirmité aussi doulou- reuse. Il en est de celle-ci comme de toute äutre. Peut-on se promettre d'être- 4 (44) guéri d'un mal, ou mème d'ane in- commodité quelconque, par un seul pansement? Par exemple: un homme a lesdents incrustées de tartre; il les fait nettoyer. Pense-t-il qu'il suffise que le tartre soit enlevé pour qu'il ne s'en forme point d'autre? Non, sans doute. Tout le monde sait très-bien qu'il faut prendre quelques soins et quelques précautions pour éviter que ce limon désagréable et incommode ne se renouvelle. Ilen est de même des cors; il faut les extraire et empécher ensuite qu'ils ne se reproduisent. Lorsque le cor est récent, il n'est que superficiel; on peut aisément en le raclant, l'enlever soit avec les ongles, soit avec la lame d'un cou- teau. Ordinairement cela suffit pour P'empècher de prendre de l'accroisse- ment et pour le détruire. Mais lorsqu'il est un peu ancien, il faut l'extraire avec précaution. Le Pédicure se placera au côté droit (45) d'une croisée, où le jour soit beau ct bien clair; il s'asseoira sur une chaise ordinaire et son pied sera rehaussé au moyen d'un petit tabouret. La personne que l'on se dispose à opérer se pla- cera du côté gauche de la croisée, et un peu en face du jour. Pour les cors situés sous la plante des pieds, elle se tiendra assise sur un fauteuil ordinaire; Pour tous les autres, sur un fauteuil éle- vé de trois pieds, ou, à défaut d'un tel fauteuil, sur une table. Le Pédicure aura une serviette sur son genou droit, contre lequel il assujétira le pied sou- mis à l'opération. II fera mettre à sa gauche, une chaise sur laquelle il dis- Posera en ordre ses instruments et tour ce qu'il croira devoir être utile. Quand les cors seront d'une épaisseur extraor- dinaire, il commencera par les amincir un Peu avec le bistouri, ensuite il pro- cédera à Pextraction. Il doit d'abord circonscrire tout le cor en grattant à Pentour avec la —ͤJJ——— (46 pointe du quadrille ou poincon quarrè. Il imite ainsi les ouvriers qui veulent qeraciner un arbre. Apréès s'ètre frayé une petite voie du c¹16 du jour, il saisira le bord du tubercule avec des piuces à disséquer, et, pour le séparer de la dernière couche épidermoique, ille déchaussera peu-à-peu, tantét avec le furet, tantéôt avec la navellé.(Les poincons doivent êétre montés sur des petits manches. On les tient avec le pouce et les deux premiers doigis, comme une plume à écrire. Les autres deux doigts servent à Prendre un point d'appui). Quant à la manière de diriger l'ins- trument, la pratique et l'exercice en apprendront plus que tous les discours. La vue doitètre bonne, pour distinguer de la dernière couche d'épiderme ce qui compose le tubercule. La main doit être légère et assuréc, Pour suivre les ramiſications du cor dans les cavi- rés profondes et inégales, les déta- (47) ceher, jes enlever sans intéresser Ie derme et sans causer la moindre dou- leur. L'expérience apprendra que, dans l'opération, c'est un malheur si l'on fait éprouver quelque souffrance, et surtout si l'on intéresse la dernière couche d'épiderme, au point de don- ner issue à une seule goutte de sang. Le moindre inconvénient est que le sang empéèche de distinguer parlaite- ment les objets et de bien achever l'o- pération. Mais ce qu'il y a de plus fAcheux, c'est que le cor se renou- velle, dans ce cas, avec plus de promp- titude et d'intensité. Je ne parle pas des résultats redoutables qui peuvent avoir lieu lorsqu'on blesse quelques nerfs, quelques tendons, ou qu'on ouvre les capsules synoviales. Les désordres- qui peuvent en être la suite sont in- calculables. Ce qui ne sera rier chez tel individu, sera peut- ôtre funeste chez rel'autre. Cela dépend de l' btat de santé ———— ‿ (48) du reste du corps, qui peut se trouver dans une prédisposition à quelque ma- ladie de mauvais caractère, ou bien entiché de quelque virus. On portera donc la plus grande at- tention à ne pas causer de douleur et à ne pas blesser*. On ne sepressera pas dans l'opération; on détachera peu à peu le tubercule avec la pointe de l'instrument, en déchirant lé- gérement ses adhérences. Si le sommet dunoyau adhère à la capsulesynoviale, au périoste, à quelque tendon, ou à quelque nerf, on redoublera de soins et de précautions; on ne s'obstinera pas à pénétrer jusqu'à l'extrémité la plus profondc. Il convient mieux de procéder à une nouvelle opération au bout de huit jours. Il faut mème, dans * Quand les cors sont très-gros, on en diminue l'épaisseur avec l'instrument tran- chant; et, par ce procédé, on parvient a découvrir plus facilement ses ramiſications. tous les cas, visiter l'état des pieds dans la quinzaine, pour y toucher’ s'il est nécessaire. Alors on verra l'ex- cavation, que le cor occupait, comblée par les bienfaits de la nature, dont les efforts tendent toujours vers le mieux. Les résidus, non emportés dans la première opération, se trou- veront soulevés à la superſicie. II en sera de mème des petites parties qu'on aurait respectées à cause de leur ad- hérence aux nerfs, aux tendons, au périoste ou aux capsules synoviales- On en fera l'extraction; ces résidus, ces petites parties, seraient comme au- tant de noyaux qui donneraient infail- liblement lieu à des cors, si on n'avait le soin de les enlever. Après l'extraction, on met les pieds dans l'eau, environ un quart d'heure. Par cemoyen, les dépendances du cor qui n'ont pu être extraites se gonflent; elle forment une élévation blanche et spongieuse qu'on essuye bien et qu'on (50) asoin de tondre, soit avec l'instrument tranchant, soit avec la pierre bonce, ou une lime. Aussitot que l'opération est achevée, on met dans l'excavation une goutte de baume de Fioraventi; on essuie et on applique de la baudruche, re- couverte d'un coté d'une légère couche de diachylum gommé, reudu plus ag- gluunatif, plus mou et plus balsamique- par l'addition d'un peu d'essence de térébenthine. Il est inutile, et souvent dangereux 2 de faire usage de ces onguens colorés soit en vert, soit en rouge, dont la base est unc substance plus ou moins corrosive, comme le vert de gris, (oæicdde vert de cuiore) ou ſe cinabre ( oœidle Sulfurs rouge de méercure). Au reste, j'ai mis à l'épreuve tous ces moycus, et nul ne m'a paru pro- duire un meilleur effet que le dia- chylum sur de la baudruche; parce que cette pellicule, sorte de parchemin (51) dont seservent les batteurs d'or, mince comme une pelure d'oignon, s'applique exactement sur quelque partie que cc soit, ne forme aucun volume, et, par son imperméabilité, empèche que les bas ne s'imprégnent d'eiplàtre. En recommandaut l'usage du baume de Fioraventi je n'examinerai pas si l'épiderme, que l'on a déchiré en opé- rant, a besoin d'un baume consola- teur. Son mode de vie, sous ce point de vue, est trop inconnu pour que je me permette de hasarder une opi- nion. Je ferai seulement observer que 'addition du baume proquit toujours un avantage sensible pour la guérison. L'opération est bien faite, lorsque, aussitôt après le pansement, on n'é- prouve aucune douleur, et que le pied se trouve dégagé comme si jamais on n'avait eu de cor. Mais lorsqu'on sent des élancemens, quelque lègers qu'ils soient, c'est un indice quiil faudra, sous huitaine, revenir à une secontle 5 5²) extraction; sinon le cor ne tarderait pas à se développer de nouveau, et ce serait toujours à recommencer. La première opération est toujours la plus longue; c'est celle qui offre le plus de difficultés, s'il est vrai qu'il y en ait pour une main un peu exercéc. Il faut vraiment qu'un Pédicure soit bien maladroit s'il fait souffrir ou s'il plesse. Cependant, quelque facile que soit'extraction des cors, je ne conseil- lerai jamais de se livrer à des gens peu expPérimentés ‚„ lorsque ces inſirmités sontsituées profondément ousurles tra- jets des nerfs. Les dangers qui les envi- ronnent sont grands, Pinexpérience peut causer des désordrès irr éparables. Il est mille fois préférable de faire soi-méme l'opération; il est vrai que lorsqu'on opère soi-même, on ne peut discerner assez distinctement les plus petites parlies du cor, pour quc Fex- traction soit aussi parfaite que lors- qu'elle est exécutée par un habile 2* (53) Pédicure; mais on a l'avantage de renouveler l'opération quandon veut, avantage d'autant plus précieux, que les extractions réitérées finissent tou- jours par faire disparattre entidrement T'inſirmité, et que celui qui saura être son propre Pédicure, Dourra toujours se mettre à'abri des souffrances„dans le cas où quelque cause inconnue s'op- Poserait à la guérison parfaitc. Je puis certiſier que j'avais mes pieds garnis de cors très-douloureux, je men suis totalement débarrassé moi-mêeme en les extrayant à plusieurs reprises. Ce que j'ai fait, un autre peut le faire; j'en ai la preuve dans beaucoup de Personnes qui n'ont eu besoin que de suivre mes conseils et d'imiter mon exemple; ce qui est très-facile, je l'assure. Quand on a enlevé des cors à la plante des pieds, on fait usage d'une semelle de feutre de chapeau à laquelle on pratique des trous qui correspondent . 5 X 2 — —yyx (54) aux endroits où ces tubercules étaient placés; on fixe cette semelle aux bas ou aux chaussons par quelques points de suture, pour qu'elle ne se dérange pas en glissant par l'effet de la mar- che. Cette méthode a non-seulement l'avantage de procurer un grand sou- lagement, mais encore est très-néces- saire pour empéècher que le poids du corps n'exerce une pression directe sur le siège primitif de la maladie, ce qui entrainerait inévitablement la récidive. Une remarque singulière que j'ai faite, et que tout le monde peut sou- meitre à l'expérience, c'est que l'ex- traction n'a d'heureux succès que lors- qu'clle est faite au déclin de la lung. Quelle influence peut avoir cetastre sur ces excroissances épidermoiques 2..., Je n'en sais rien; je laisse à d'autres le soin d'expliquer ce phénomène. La méthode de couper le tubercule avec un instrumént tranchant, loin de (255) procurer la guérison, ne sert qu'à fa- voriser l'accroissement du mal. On n'est pas toujours maitre de diriger à son gré la lame d'un rasoir ou d'un bis- touri lorsqu'elle est engagée dans une substance dure et imbriquée comme celle des cors; et, si l'on coupe jus- qu'à effusion de sang, il peut en ré- sulter des accidents facheux. La méthode de consumer, soit par le feu, soit par des acides concentrés (oitriol, eauforte), ne compte que des victimes. Elle expose à des accidents graves et dont le moindre est une vio- lente inflammation, de laquelle je dirai queldues mots à la fin de ce cha- pitre. La méthode d'extraire est la scule qu'on doive raisonnablement suivre. Parlons des soins consécutifs qui en assurent le succès. § XIII. SCoins conseécutiſs. Il faut, deux fois, ou au moins une (56) fois, parsemaine, changer l'emplatre. A chaque pansement on examinera l'état du cor. Les premiers mois, il parait être remplacé par une épaisse lame d'épiderme, que l'empltre maintient dans un état constantde ramollissement. On en tire bon augure, lorsqu'on peut y exercer impunément diverses pres- sions avec les doigts, sans ressentir ni douleur ni'élancemens; insensible- ment cette couche et toutes les traces du cor disparaissent. Si on néglige les pansemens, la couche épidermoiquc dont je viens de parler se duroit. Comprimée ou froissée par les souliers, elle occusionne un point d'’irritation auquel succède un nouveau tubercule. Ainsi ilne faut pas négliger d'entretenir la souplesse dans les endroits ou il y a eu des cors. On ne doit point se flatter de parvenir à ce but en prenaut fréquemment des pédiluves. L'eau ne ramollitl'épiderme que momentanément; elle contribue +. 6(57) au contraire à le rendre plus dur, en lui enlevant la matière onctueuse qui trans- sude à travers les vaisseaux exhalans. Ainsi, lorsque par motif de propreté, ou par habitude, ou aura mis les pieds au bain, il faudra prendre soin, après les avoir essuy és, d'appliquer, desuite, un nouvel emplätre. 8* Pour favoriser, pour haàter et pour assurer la guérison, il faut porter des chaussures qui n'aient poiat les in- convénients de celles qu'on peut con- sidérer comme la cause la plus com- mune des cors; je les ai désignées (page 4). II ne serait peut être pas hors de propos d'indiquer comment doivent ètre confecuonnés les souliers ou les bottes, pour ne pas donner licu aux divers états pathologiques des pieds; mais la mode, trop impérieuse, qui sacrifie à ses caprices la facilité des mouvements„ l'aisance de la mar- che et la solidité de la station, ne 58]) manquerait pas de jeter du ridicule sur mes conseils. Je me bornerai à dire peu de choses sur ce point. Les personnes qui ont eu des cors, soit par prédisposition naturelle, soit par quelque cause occa- sionnelle, renonceront aux souliers dont le bout est prolongé en pointe et qui sont trop étroits du côté des or- teils. Elles choisiront des chaussures dont la forme soit en rapport avec celle du pied, et dont l'empeigne prin- cipalement soit douce et souple. Elles veilleront à ce que le cuir ne se dur- cisse ou ne se racornisse point. L'cndurcissement a souvent lieu, lorsque, après certaines marches, on qnitte les souliers imbibés d'eau, in- crustés de boue, et que, sans les nettoyer, on les dépose dans quelque recoin où ils sont oubliés. En séchant ils se durcissent; lorsqu'on les reprend, les pieds n'y entrent qu'avec diſſiculté et s'y trouvent à la géuc. (59) Le racornissement est presque tou- jours produit par l'action du feu. Il a lieu, par exemple, lorsque pour se chauffer les pieds, on les rapproche lout chaussés trop près des cendres ou de la braise, comme en les placçant sous un poèle ou sur une chaufferette. Je terminerai ce que j'ai à dire du traitement des cors, en fixant notre attention sur les cas d'une vive in- flammation, dont la suite, comme je l'ai fait observer, peut devenir terrible et funeste. On se hâtera d'y remédier. Jamais on ne doit perdre de vue que tous les maux des pieds, quelque légers qu'ils soient, sont toujours redoutables. Les os de ces parties, généralement spongieux, sont très-susceptibles de se carier. La première chose, la plus essen- tielle et toujours indispensable, est le repos. Si l'inflammation n'est pas vio- lente, il suffit souvent pour la dissiper- Mais si elle se manifeste avec des (60) douleurs pulsatives, on a tout lieu de craindre la formation d'un abcès. En ces cas, on couvrira la partie enflam- mée d'un épais cataplasme de farine de graine de lin, détrempée dans une déçoction de guimauve. On fera usage d'une tisane rafraichissante et l'on se soumeitra à une diète tempérante. S'il y a des signes d'embarras gas- trique, on emploiera un vomitif. Jai vu plusieurs cas d'inflammation de ce genre se dissiper promptement par ces simples moyens; mais aussi j'ai vu des inflammations négligées, ou dont le principe tenait à un vice SBénéral, tel que le vice scrophuleux, scorbutique, vénérien, etc., èêtre sui- vies de carie, entratner la chate d'un ou de plusieurs orteils. II n'est Pas sans exemple que, dans des cas de cette nature, les meilleurs praticiens, après avoir inutilement employé une multi- tude de remèdes, ont été contraints de recourir à l'amputalion pour sauver ( 61) les jours du malade. On a même vu des terminaisons plus funestes. Ainsi dans toute inflammation ou affection un peu grave des pieds, il importe de consulter soit un méde- cin, soit un chirurgien sage et exbé- rimenté. Ne suivoz pas aveuglément les conseils des personnes étrangères à l'art de guérir. Ces conseils sont sans doute dictés par des motifs loua- bles, mais ils manquent de cette clair- voyance, de ceite sagacité néces- saires pour en apprécier les etffets, pour en modiſier l'exécution, suivant les causes du mal et les circonstances dans lesquelles se trouve le malade, suivant son àge, son tempérament, ses habitudes. § XIV. Des Durillons. Les durillons sont des callosités dont le premier aspect est ressemblant à celui des cors. IIs sont produits par- les mêmes causes. Mais comme ils ne (6²) sc prolongent pas en pointe comme ceux-ci, ils ne sont point douloureux, et ce n'est qu'autant qu'ils acquièrent trop de grosseur qu'ils deviennent in- commodes. On peut les traiter par l'ex- traction comme les cors; cependant on se contente de les amincir avec un instrument tranchant. La pierre Donce ou une lime sont préférables, et l'attention de faire cette opération au déclin de la lune n'est pas à né- gliger. Je ne saurais en donner d'autres raison que l'expérience. § XV. Des Oignons. Les oignons sont de véritables cors. J'en ai donné la description(pag. 35). Pour les guérir, on emploie le memo traitement. (63) OHAPITRE DEUXIEME. DES ENGEILURES. § ler. Lus engelures sont une sorte d'érysi- péle phlegmoneux. Elles consistent en un gonflement inflammatoire occa- sionné par le froid, et surtout par le froĩid humide. Les douleurs qu'elles excitent sont à la fois pulsatives, comme dans le phlegmon, et brlantes comme dans T'érysipèle. Le mot engelure dérive de gelu, gelée; parce que c'est dans le temps des gelées qu'elles se manifes- tent. Cependant, si l'on y fait atten- tion, on observe que le froid sec n'y donne lieu qu'autant que les Parties qui en deviennent le siège sont hu- (64) mectées par Ja suceur ou par l'effet de l'immersion dans l'eau. Elles se développent le plus com- munément aux mains, souvent aux or- teils et à diverses parties des pieds. Quand elles ont leur siège au talon, elles sont désignées vulgairement par le nom de Mules. On les voit quel- quefois aux coudes, au nez, aux oreilles et aux Ièvres. § II. Les personnes le plus sujettes aux engelures sont Jes enfants, les femmes et les jeunes gens d'un tempérament faible, dont la peau est tendre, trèͤs- sensible et peu habituée au froid, les individus dont la constitution est im- préguée de quelques virus, tel que lo scorbut ou les écrouelles. Oa y est sujet quand on est obligé, par état, d'avoin souvent les mains dans l'eau. On les voit plus fréquemment dans les climats tempérés, où le temps- . (65) est inconstant, que dans les pays où l'atmosphère quoique plus froide n'é- prouve pas tant de vicissitudes. Parmi les causes les plus fréquentes des engelures, on doit compter la mau- vaise habitude d'approcher brusque- ment du feu, soit des poèles, soit des chaufferettes, et même de l'âtre, les, mains ou les pieds engourdis par le, froid. On doit y compier pareillement l'exposition subite au froid, dans le moment ou ces parties sont pénétrées de chaleur. § III. Le développement des engelures est plus ou moins lent; il est aisé d'en observer tous les progrès. Dans le lieu qui doit en ètre le siège, il parait une petite teinte rouge, plus ou moins vive, accompagnéc de cha- lcur et d'un léger gonflement; bientôt quelques démangeaisons s'y font sentir, malgré soi on y porte la main, on les frotte dans le but de calmer ces démangeaisons qui, peu-à-peu, devien- nent plus vives, er à tel point qu'elles sont intolérables. Si l'on expose la par- tie à une forte chaleur, elles font éprou- ver le sentiment d'un prurit piquant. Les impressions de l'air froid que le malade recherche semblent calmer ce prurit;z mais le calme n'est que momen- tané, et bientôt la douleur se renou- velle, le mal se propage profondé- ment, la tumeur prend de l'accrois- sement, acquiert souvent une étendue considérable; le monvement de la par- tie est pPénible, quelquefois impossible. La peau passe successivement du rouge à une couleur pourprée, violacée, li- vide ou marbrée. Les douleurs pren- nent un nouveau caractère; elles de- viennent bruülantes et pulsalives. Quand le mal est parvenu à ce dégré, l'épi- derme sesoulève; de petites vésicules, remplies d'une liqueur roussatre et Acre, se forment, se distendent et (67) crèvent. Il en résulte des ulcéralions d'un mauvais aspect, irrégulières, très- douloureuses, parsemées de chairs gri- sätres et blafardes; elles se propagent rapidement aux tendons, S'étendent jusqu'à la substance des os, dont elles déterminent quelquefois la carie. Par- venues à un tel dégré, elles laissent suinter une matière ichoreuse etsouvent très-félide; leur guérison est toujours trèés-difficile. Enſin, on a vu des en- gelures amener la gangrène et mème la mort. § IV. Il est aisé de concevoir combien il est important de remédier à ces sortes d'inſirmités; puisque non-seulement elles causent une gene des plus péni- bles, mais encore peuvent avoir la terminaison la plus funeste, et dans tous les cas ne disparaissent qu'avec lenteur, laissant des traces désagrea- 6 ples, avec unc disposition toute parti- b culière à Ja récidive. § V. Le traitement des engelures est pré- servalif ou curatif. V Le traitement préservatif est celui par lequel on s'oppose à la formation de ces affections. Le moyen le plus efficace est d'habituer au froid les par- ties qui ensont ordinairement le siège. Comme toute transition subite de la chaleur au froid et du froid à Ja cha- V leur est la cause Ja plus commune des engelures, on preudra quelques pré- cautions pour l'éviter. La première est de ne point faire usage dle gants fourrés, des manchons ou d'autres objets sem- plables, dont la propriété est de conser- ver une a our qui tient les pores de la peau entr'ouverts et rend cet organe b plus susceptible des impressions que produit tout changement de tempéra- rure. On doit prendre le plus graud (69) soin, pendant l'hiver, de ne point con- server des chaussures humides, et d'avoir toujours Jes pieds secs. On fera beaucoup d'exercice; on se lavera les mains, en tout temps, avec de l'cau froide, ce dui contribue à donner du ton et de l'énergie à la peau. Aux approches de Thiver, après s'dire lavé les mains ou les pieds avec de l'cau froide, on fera des lotions avec del'eau- de-vie, ou mieux avec de l'eau de Co- logne. Les femmes, Al'époque de leurs gles, éviteront de tremper les pieds ni les mains à l'eau froide. Pendaut les rigueurs de la saison, lorsqu'on viendra de se laver, ou bien lorsqu'on se sera expPosé à l'action d'un froid humide, ou qu'ou aura ce qu'on appèle vulgairement Vongloe, il faudra éviler de sapprocher trop du feu, dans l'intention de se réchauffer prompite- ment. (Quant au traitement curatif, il faut 6* (7⁰) distinguer les engelures qui ne sont pas ulcérées, et celles qui le sont. Dans le premier cas, et au dêbut de l'iuflammation, Prenez eau commune froide,.. demi- litre. Extrait de saturne(acétate de plomb li- quide9)n. dcuæ g70s. Eau-de-vic,.... un petit verrée. Mèélez, vous aurez une eau blanche, connue sous le nom d'eau vᷣgelo-mi- nerale, dans laquelle vous tremperez quelques compresses, que vous appli- querez sur les parties affectées; et vous renouvellerez, plusieurs fois, dans la journéc, ces fomentations. Prenez un scau d'eau très-froide, plongez-y la partie malade, en ayant Ssoin de l'y tenir pendant sept à huit minutes. Réitérez plusieurs fois cette immersion. Ayez l'attention, chaque fois, de bien essuyer la partie et de la garantir du contact de l'air, en l'enveloppant d'un morceau de tafetas gommé.. (71) Frottez plusieurs fois par jour les mains ou les pieds avec de la neige, pendant quelques minutes; ayez soin de les bien essuyer et de les enve- lopper d'un tafetas gommé. Lorsque les engelures commencent à se manifester et que l'inflammation est tellement violente qu'elles occa- sionnent la fièvre, l'application des sangsues sur le siège du mal produit d'excellens effets. Je me suis souvent très-bien trouvé de faire laver les mains avec de l'ea u de mer, et mème avec celle que dé- posenrt les huitres. On a vanté la décoction de rave ou de navet, dont on imbibe des com- presses. P'ai fait souvent usage, avec suecès, des fomentations de vin chaud avec ad- dition d'un peu d'eau-de-vie. Les lotions avec l'essence de téré- benthine sont efficaces; mais l'odeur (72) de cetle substance est trop forte et trop désagréable. On a beoaucoup préconisé l'électri- cité. Les fomentations avec le mélange suivant ont eu le plus heureux suc- cès, toutes les fois que j'en ai fait faire usage. Prenez teinture dc cantharides, douæx onces Ammoniaque liquide...... dcur gros. Savon blanc de commerce,.... un gros. Quand le mélange est bien foriné, on s'en sert en imbibant des com-— Presses douces que l'on tient appliquées sur les parties malades, et que l'on humecte de tomps en temps. Lorsque les engelures sont ulcérées, le traitement doit étre secondé par le repos de la partie malade; cela est in- dispensable, si l'affection est aux pieds. Ilfaut, dans ce dernien cas, se résoudre à garder le lit, ouù Ja position du corps est aussi commode qu'elle est favora- ble au traſtement; ons'y trouve à l'abri (75) de l'influence de l'air froid, duquel il est important de se garantir. L'usage du mélange que j'ai décrit ci-dessus est avantageux dans le cas où l'ulcération présente un aspect livide et que les chairs ont besoin d'ètre un beu ani- mées. Quancl on aperçoit des fongosi- tés, on les touche avec la pierre infer- nale(nitrate dl'argent ſonclu). Si, au contraire, les chairs paraiesent vives, ony applique des plumaceaux de char- pie, enduits d'un peu de cérat, au- quel on a melé quelques gouttes d'ex- trait de Saturne. Le cérat aiusi préparé se trouve chez tous les pharmaciens; il est connu sous le nom de coret dle Goulard. On fait à chaque pansement des lolions avec l'eau végéto-minérale, tiéde. Si, pour appaiser la violence des douleurs, on est contrain de recourir à Pemploi des cataplasmes émollients, on doit les appliquer froids. Dans tous le. cas ou loes engelures ———— (74 sont ulcérées, il faut se soumettre à un régime; il est le plus puissant moyen. pour seconder les effets des remèdes et les efforts de la nature. Par régime, je n'entends pas une diète sévère et ab- solue, mais la privation des aliments indigestes et de ceux qu'on appelle en quelque façon incendiaires. Il faut en outre se régler sur la quantité; ce pré- cepte doit surtout être suivi quand la personne malade est réduite à garder le repos. On conçoit aisément qu'elle W ne peutpas digérer aussi facilement que 1 lois Ju'elle prend de l'exercice, et qu'il faut par conséquent qu'elle retranche, 1 sur sa nourriture. Le régime est aussi nécessaire aux individus chez lesquels divers symptôèmes font soupçonner ou dénotent soit un embarras gastrique. 1. soit une constitution infectée de quel- que virus. C'est alors le cas de dire avec- Hippocrate: Impura corpora quò plus nutries eò magis lœοdes. On est obligé, en outre, de faire concourir le traite- ment interne. (75) S'il y a des signes d'embarras gas- trique, on doit faire usage, pendant deux jours, d'une décoction d'orge ou d'une infusion de chicorée„ et admi- nistrer un vomitif; on a recours ensuite à quelques légers purgatifs. Dans le cas ouù le malade est infecté de quelque virus, c'est contre ce virus que l'on di- rige les soins. En un mot, ioute maladic qui coincide avec les engelures ou qui les complique, doit attirer une sérieuse attention. Lorsque les ulcères provenant des engelures, ne cédent ni aux remèdes. ni au retour de la belle saison, il F a lieu de croire qu'ils liennent à quel- qu'autre principe. IIs guérissent alors difficilement, et, s'ils se cicatrisent, i arrive souvent qu'il se développe des maladies qui frappent quelqu'organe es- sentiel à la vie. Dans cecas on administre une potion laxative„on établit un cautère soit au bras, soit à la cuisse; on l'entretient Pendant tout le temps (76) nécessaire au raffermissement de la santé, ce qui exige quelquefois plu- sieurs mois.. Un des accidents les plus terribles qui peuventsurvenir aux engelures c'est la gangreène. Elle s'annonce par des sigues précurseurs faciles à saisir. La rougeur, qui était vive, fait place à une teinte brunâtre; la chaleur sc dissipe, la sensibilité s'éteint; l'ulcère devient livide ou noiratre, il s'y forme ce qu'on appelle une escare. Tels sont les prin- cipaux caractères de l'état gangreneux. La partie reste dans un état d'affaisse- ment et de torpeur, jusqu'à ce que la nature, par ses propres forces, ou secondée par des remèdes appropriés, réveille l'inflammation, ou pour mieux dire, produise une excitation salutairc. Alors les bords de l'engelure acquièrent un nouveau dégréde chaleur, prennent une couleur vermeille. La démarca- lion entre Fescare et le cercle vif qui Penvironne est tranchante, IIs'y établit „ —xxxq ———— 2 2——————— 9 (77) une suppuration dont l'odeur devient, en peu de temps, repoussante et quel- quefois cadavéreuse. Le traitement, dans le cas de gan- grène, sera modiſié suivant la cons- titution de l'individu, son àge, etc. Il doit ètre confié à un homme instruit dans l'art de guérir. L'état de gangrène qui survient aux engelures exige, en général,''usage des potions toniques, Parmi lescnelles il faut distinguer le vin de quinquina à doses mnodérecs. Extérieurement, on saupoudre l'ul- cère avec du charbon pilé ou de la poudre de quinquina. On se sert de substances propres à favoriser la chüúte de l'escare, telles que l'onguent de slyrax, l'eau-de- vie camphrée. CHAPITRE TROISIEME. —— DES VIRRUES. — § ler, Sous le nom de verrue(verruca) on entend généralement une excrois- sance plus ou moins dure et rugeuse à sa surface. Les verrues peuvent se dévélopper sur toutes les parties de la Peau. Elles ontordinairementleur siège aux mains et au visage, quelquefois aux pieds. Ces excroissances sont trop communes pour qu'il soit besoin d'en donner une ample descriplion. Les unes tiennent à la peau par une base large, les autres par une espèce de pédicule. Les unes et les autres sont plus ou moins petites et ne dépassent pas la grosseur d'une noisctte. On les ——— (79) a long-temps regardées comme des ex- croissances épidermoiques; il est re- connu aujourd'hui qu'elles sont d'une nature différente de l'épiderme; cela est prouvé facilement par le sang qui en découle et par la douleur qui se fait sentir quand on les coupe. Elles ont des racines qui se prolongent plus ou moins dans le tissu de la peau. § II. 1 Quelles sont les causes des verrues? D'ouù viennent-elles? Voila des ques- tions plus difficiles à résoudre. Elles naissent, disentcertains auteurs, de l'extension vicieuse des papilles dermoides, suite d'une acrimonie acide() ou de la malpropreté. Galien les considérait comme les boutons ou pustules qvi paraissent sur la peau, où les facultés internes les Doussaient avec violence, pour se (*) Swediaur, Malad. Oeh., tom. 1er. débarrasser d'une matière hétérogène et contre nature. Nous lisons dans un autre auteur: » que les verrues sont des excrois- » sances extraordinaires des fibriles » nerveuses de la peau; que les princi- » pes de toutes ces excroissances „» Procèdent d'une humeur grossière, „ mélancolique, ou flegmatique salée, „» convertie en mélancolie, qui, desti- „ tuCe de circulation, s'épaissit insensi- » blement et forme les callosités qu'on » ap pelle verrues. Cette manièrc d'expliquer, l'origine erles causes des verrues, se ressent des siècles où le systéme des acrimonies était en vigueur. Tout ce que l'on vou- dra dire aujourd'hui ne doit émaner que de la stricte observation. Or d'après les remarques les plus suivies, il faut se borner à dire que les enfans et les jeunes gens sont plus sujets aux verrues que les vieillards. Le plus souvent elles sont une maladie (81) locale; cependant on a eu quelquefois lieu de penser qu'elles provenaient d'un vice intérieur, tel que le vice vénérien, cancéreux ou autre. Si elles se développent en grande quantité, ou si, à mesure qu'on les détruit, elles repullulent, on peut leur supposer une cause interne. § III. Les verrues ne sont point conia- gieuses, elles n'on de danger que lorsqu'elles tiennent d'un vice cance- reux. Elles sont désagréables. Elles ne deviennent incommodes que par leursiège ou par leur grosseur. Oncon- coit que lorsqu'elles sont situées sous la plante des pieds, elles causent nèces- sairement une géne pénible. Quand elles sont situées aux articulations des doigts, elles portent plus ou moins obstacle à la liberté des mouvements-. Si elles sont irritées, soit par le frois- sement, soit par quelque traitement syphilitiques si l'affection est véné- (32) inconsidéré, elles peuvent occasionner non seulement une violente inflamma- tion, mais encore des ulcères du Plus mauvais caractère. s W. Lo traitement doit être dirigé suivant que la maladie est locale ou dépend d'un vice interne. Quand on a lieu de soupçonner que les verrues ont leur source dans une affection générale et interne, on traite celle-ci par les remèdes conve- nables. Ainsi on emploiera les anti- rienne. Les verrues disparaitront par le seul effer du traitement principal. Quand elles proviennent d'un vice local, elles cèdent ordinairement à l'application des remèdes externes. On lie avec un fil ciré celles qui tiennent par un pédicule; on serre le fil bar dégrés, de manière à suspendre la circulation dans les verrues pour (85) les priver de la vie; insensiblement elles pPérissent et se détachent. On fait le noœud à deux passes, ap- pelé le nœud de Chirurgien. La cire dont on enduit les fils empêche qu'ils ne glissent et que par conséquent la li- gature ne se relàche lorsqu'on a fait une constriction convenable. On ne peut pas employer ce mode de traitement avec les verrues qui tiennent par une base large. Alors les moyens les plus sůrs et les plas expé- ditifs sont l'extirpation ou l'excision. Pour les extirper on s'y prend de la môme manière que pour extraire les cors, je veux dire qu'on les cerne légérement tout autour, soit avec le bistouri, soit avec des ciseaux. L'opé- ration est un peu douloureuse, elle doit dtre faite par un homme instruit et adroit. Si le malade redoute de se soumettre autraitementparl'instrument tranchant, on fait usage de remòdes qu'onapplique (84) sur le mal. On attribue de Lefficacitée à un très grand nombre. Quelque- fois, les premiers qu'on emploie réussissent; d'autrefois c'est en vain qu'on les met, successivement, tous à contribution. On froute les verrues avec du sel dissout dans du vinaigre, avec le suc de chélidoine, de tithymale, de figuier, de l'herbe aux verrues, etc., avec l'eau de javelle, ou la dissolution de mu- riate d'ammoniaque dans l'eau. Cette dissolution a rarement trompé mon attente; avec elle j'ai guéri une jeune demoiselle dont les mains étaient couvertes de verrues, qui avaient resisté à une infinité de remèdes. Voici la manière dont je l'emploie: Je commence par raser les principales verrues, le malade se lave, avec la dissolution ammoniacale, les parties ouù sont situées les excroissances. II répète ces lotions plusieurs fois dans la journée, sans essuyer; le soir il applique des —(85) compresses imbibées de la dissolution, Peu-A-peu les verrues paraissent s'en- trouvrir et tombent. On a proposé, pour la guérison de ces excroissances, de les enchaàsser dans un trou pratiqué à une lame de ferblanc; de les couvrir d'une couche de soufre auquel on met le feu. Ce traitement est dangereux; il a eu des suites funestes; je suis loin de le conseiller. On a fait usage d'arsenic et de sublimé corrosif; ces substances esca- rotiques, sontà redouter; elles ont souvent produit de très-mauvais effets. Ona employé plus avantageusement le sommet d'une aiguille à tricoter rougi au feu. J'ai souvent réussi en touchant, avec la pierre infernale, la verrue que j'avais préalablement ébarbée avec le bistouri. Un moyen plus doux qui ne peut avoir aucune suite facheuse, c'est de faser la verrue, et d'y appliquer de la toile d'araignée. Je connais plu- sieurs personnes qui m'assurent avoir été guéries par ce procédé, tandis qu'elles avaient inutilement employé une foule de remèdes différents. L'eau forte(acide nitrique), est conseillée par tous les auteurs; je la préfère moi-même bien souvent à tous les autres moyens. Mais quelle circons- Pection nefaut-il pas, pour faire usage d'un tel remèòde! Combien de fois n'a- t-on pas vu son emploi être suivi d'une terrible inflammation ou d'ulcérations cancereuses! Cela arrive surtout aux verrues placées au visage. Par consé- quent, on ne fera usagede ce caustique, ni pour celles qui sont sur les arti- culations, ni pour celles qui se mon- trent au visage; ces dernières doivent étre détruites, ou bar l'instrument tranchant, ou par un caustique dont les effets soient tels qu'il puisse ampor- ter le mal d'une seule fois. (87) Lorsqu'on fait usage de l'acide nitri- que, on trempe dans ce liquide extrémité d'un petit morceau de bois aiguisé comme le bec d'une plume, on fait tomber par une légère secousse la première goutte qui serait trop considérable, l'on pose ensuite ce qui reste sur le milieu de la verrue. Une combinaison chimique altère l'excroissance qui devient jaune. On réitère ce procédé, deux fois par jour, jusqu'à ce qu'on aperçoive que les racines s'écartent. Si les verrues ne proviennent pas d'un vice interne, elles tomberont et ne se repoduiront: Pas- On a l'attention de ne mettre de l'eau forte que sur les verrues les plus grosses et qui nesoient pas directement sur les articulations; l'expérience a démontré que, lorsque les plus grandes Périssent par ce traitement, les Petites subissent le môme sort. Sans doute cela provient de ce que ces ——* 84 —— ——— —— 3 excroissances tirent leur suc nourricier de la peau, et que l'acide nitrique produit dans cet organe une impression qui rétablit son mode de vie dans les conditions nécessaires à la santé. Ce raisonnement est peut-étre le seul par lequel on puisse expliquer des guéri- sons opérées par des frictions faites avec des herbes ou des plantes pota- gères, telles que les tiges des poireaux, les feuilles d'oseille, de harricots, etc. Je ne parlerai point de ces remòèdes mystérieux qui consistent à frotter les verrues avec le milieu d'une pomme que l'on a partagée en deux, que l'on réunit ensuite et que l'on fait pourrir, soit dans les latrines, soit dans du fumier, ayant la ferme conſiance, que pultot la pomme pourrira, plutòôt les verrues périront. Je laisse à penser si tremper ses mains dans l'cau d'un bénitier, a'eglise, est plus efſicace que de le faire ches soi, Prononcer des 689) mols inintelligibles en aspirant sur les verrues; prendre un fil, dans la chemise d'un mourant, sous la manche gauche, faire à ce fil autant de noœuds que l'on a de verrues, frotter une verrue avec un de ces nœuds, ensuite enterrer le fil dans un endroit humide et atten- dre que la maladie se dissipera an fur et à mesure que les nœuds tomberont en pourriture, tels sont les remèdes qui ont été proposés, non seulement par des bonnes femmes, mais mème par certains auteurs. Je conviens que ce sont des remèdes innocens et très-innocens dans toute la force da terme; je conviens que l'on peut, facilement et sans inconvénient, en faire l'expérience. Mais quand on voudra persuader, que, si la guérison a lieu, elle n'est due qu'à ces moyens, avouons qu'il faudrait une grande provision de bonhomie et de crédulité pour répondre sincèrement: ſe le groiv. — ——y—ꝑ — (90) Il se développe quelquefois, à la plante des pieds, des verrues larges, que l'on appelle improprement ics. Pai réussi à les détruire parla potasse caustique(pierre à cautère). On doit appliquer la potasse exactement comme Pour former un cautère; ainsi on prendra un morceau de sparadrap, au milieu ducquel on pratiquera une ouverture de la grandeur de la verrue, on appliquera le sparadrap sur la partie, de manière quril adhère bien dans tous les points à la peau, et que, Par le moyen de l'ouverture pratiquée, la verrue soit à découvert; on y versera une goutte d'eau, et l'on y mettra un petit morceau de potasse de la grosseur d'une petite lentille; on recouvrira le tout avec un autre morceau de sparädrap; enfin on assujétira cet appareil avec une com- presse et une petite bande. La verrue sera convertie en une escare, dont la chäte ue tardera pas „ (91) à s'effectuer. Je ne crois pas avoir besoin de faire observer que, pendant la suppuration qui a lieu et qui doit entrainer l'escare, il faut garder le plus parfait repos. C'est un précepte général qu'il ne faut pas oublier dans le traitement des plaies ou des ulcères tant des pieds que des jambes. Or la cautérisaticn dont nous parlons, est une plaie artificielle qui pourrait pren- dre un mauvais caractère, si l'on n'en favorisait la guérison par le repos. ——— CHAPITRE QUATRIEML. MALADIES DES ONGL TS. § J. Lus ongles sont des parties dont la substance est semblable à celle des cornes des animaux. Les ongles des pieds sont placés au dessus de l'extré- mité des orteils. On y distingue trois parties, la racine, le corps et l'extré- mité. La racine est logée sous un repli de la peau. Le corps est la partie moyenne, adhérente à l'orteil par la face inférieure, et libre par la face supé- rieure. L'extrémité, qui est le Prolon- gement du corps, est libre dans ses deux faces ainsi que dans ses bords latéraux et antérieurs. Elle est suscep- — (95) lble de prendre un très-graud accrois- sement. On les regarde comme des appen- dices de l'épiderme qui se replie pour les former. En effet lorsque par suite de la macération l'épiderme se déta- che, les ongles se détachent avec lui. IIs donnent aux orteils plus de ſixité dans lastation. Naturellement in- sensibles, ils sont dépourvus denerfs; on n'y a point découvert des vaisseaux. Il est vraisemblable que le corps muqueux concourt à leur formation. C'est une erreur de prétendre qu'ils croissent après la mort; mais pendant la vie, ils ne cessent de crottre, même dans! àge le plus avancé. Les Chincis qui regardent la longueur des ongles comme une marque de beauté, ne les coupent jamais. Lais sons à ces peuples des coutumes qui sont aussi bizarres que leurs moeurs, s'il faut ajouter foi à ce qu'en disent les écrivains- Ayons soin de ne pas laisser trop croitre 8 X✕ — — — — 22 — (94) les ongles, autant par principe de Propreté, que par la nullité et l'incom- modité de leur longueur, dans l'état de civilisation où vivent les Euro- péens. § II. Les ongles sont sujets à se gercer, se fendre, s'exfolier, se recourber dans la peau, se racornir, et à subir diverses altérations dont les effets sont leur difformité et quelquefois leur chate. Les altérations des ongles dépendent le plus souvent des vices vénérien, scrophuleux ou scorbutique. En ce cas on ne peuty remédier radicalement qu'en détruisant la cause par un traite- ment général et approprié. Quant aux altérations qui ne dépendent d'aucune cause interne, on se contente du trai- tement local. Les ongles qui se gercent, se fendent ou s'exfolient, demandent à peu proͤs les mèmes soins. On les enveloppe — (95) dans un peu de toile enduite d'un onguent gommo-résineux, comme le diachylum; souvent la poix dont se servent les cordopniers sufſit. L'ongle qui se recourbe et pénètre dans la peau est ce que les nosologistes appellent ongle entre dans la ohair. Cette maladie a son siège quelque- fois aux mains, communément aux pieds et principalement au gros orteil. Il est hors de doute que la cause la plus ordinaire de cette inſirmité émane directement de l'usage des chaussures étroites qui impriment aux ongles des déviations vicieuses. La pression ayant lien latéralement, l'ongle se recourbe en forme de cylindre; le bord est replié contre la chair, il y cause une gène à laquelle on n'attache sou- vent nulle importance. Quelquefois, dans l'intention dese procurer quelque soulagement, on coupe l'ongle en rond, on détruit autant que l'on peut le bord qui gène. Le soulagement n'est —— — —— Das de durée; l'ongle croit rapidement, le bord hérissé de divers Petits angles résultant de la coupe pratiquée avec les ciseaux pénétre plus vivement. Ce n'est plus une simple gène qu'il cause, c'est une douleur suivic d'inflam- mation; enſin il s'enfonce dans les chairs, les entame et détermine une suppuration opiniâtre. Si le malade se livre à quelque marche fatigante, il Peut en survenir les suites les Plus funestes. § III. La cure de ceite maladie consiste à corriger la déviation de longle et à s'opposer à la récidive. On commen- cera par racler le dessus„ tout le long du côté malade; on aura soin de le faire assez Pour que l'ongle, devenu souple, puisse être redressé dans le sens contraire à sa courbure. Pour faciliter Ieredressement du bord, on le soulèvera avec une Petite lame de 82 (97) plomb qui sera rabattue audessous de l'orteil; cette lame doit, ensuite, être ſixée au moyen d'une compresse et d'une bande roulée. De cette manière les chairs sont affaissées, et dégagées de l'ongle; J'irritation cesse, le calme se rétablit et après un traitement, tantét de peu de jours, tantêt de deux ou trois mois, suivant l'ancienneté du mal, la guérison est parlaite. Il y a des chirurgiens qui se servent d'une lame de ferblanc au lieu de plomb, parce qu'ils ne croient pas celle-ci assez consistante pour relever le bord. II est vrai qu'il faut un certain dégré de force, lorsqu'on n'a pas eu le soin de racler suivant la méthode que j'indique, parce qu'alors l'ongle inſlexible, et qui adhére par sa surface concave, oppose unc forte résistance qu'on ne peut vaincre sans un effort proportionné, et sans produire un tiraillement douloureux. Quand on a soin d'amincir ongle, ou de le rendre — souple, on en relève le bord avec facilité et saus faire éprouver, pour ainsi dire, de douleur. Je ne parle pas de diverses méêthodes qu'on a employ ées sans succès; comme d'arracher l'ongle qui ne tardait pas à renattre et à reproduire les mèmes désordres. Au reste, quelque méthode que l'on emploie, il faut prendre des précautions pour empéêcher la récidive. La première est de renoncer aux chaus- sures trop étroites. Une autre non moins importante, est, quand on cou- pera les ongles, de faire attention à leurs bords, de ne jamais les couper en rond, mais quarrément, de manière que les parties latérales débordent par dessus la peau. Si l'on s'aperçoit qu'ils tendent à se recourber, on inter- calle un peu de charpie, ou mieux une pPetite lame de plomb. Catius est Prœnene J¹‿ν Culrare. J'ai donné des soins à une jeune demoiselle, àgée de dix-huit ans, qui — (99) avait cette maladie, à l'index de la main droite; deès le commencement on avait regardé le mal comme un pa- naris, mais unesuppuration opiniâtre, pendant quatre mois, avec douleur— gonflement du doigt, fongosité charnue à la racine, firent changer d'idée sur la nature de la maladie, cependant ne ramenèrent Das au vrai diagnostic; et d'une erreur on tomba dans une autre. 4 Divers cathérétiques, comme le nitrate d'argent fondu, divers on- guents, tels que le baume d'Arcoœus, avaieut été inutilement employés, lors- que je vis la malade pour la première fois. Je sondai le mal, et je reconnus que de bord de l'ongle se recourbait, à sa racine, du côté interne, ja ne doutai Das que ce ne faàt la véritable cause de cette inſirmité. Je raclai l'ongle à 8 sa partie convexe près de la courbure, aſin de le rendre souple et pouvoir ainsi soulever la portion qui entrait daus 9 3 — — —— (100) la chair; ce que j'exécutai avec beau- conp de facilité, et la douleur que je ſis éprouver en redressant fut à peine sensible. Le bord recourbé était tran- chant et se faisait remarquer par deux petites aspérités pointues. Je découpai par précaution ces aspérités, quoique, une fois soulevées, elles ne fussent plus en état de nuire. Au premier pansement, je me contentai de proté- ger la chair avec un peu de charpie. Le lendemain j'interposai une petite Jame de plomb qui fut sufſisante pour soutenir'ongle déjh aminci. A chaque pansement le doigt était baigné pendant une demirheure dans une décoction de son. Au bout de dix jours la guérison fut parfaite. § IV. Souvent l'ongle du gros orteil porte sa croissance en se contournant vers l'orteil voisin qu'il gêne, froisse et entame quelquefois. Quand, pour (101) remédier à cet accroissement vicieux, on retranche, avec les ciseaux, le sommet qui se contourne, on fait précisément ce qui est entièrement contraire au but que l'on se propose. Un principe généralement reconnu, confirmé par l'expérience de tous les jours, c'est que plus on coupe les ongles, plus ils croissent rapidement. On dirait qu'ils jouissent à cet égard des mêmes Propriétés que les cheveux ou la barbe; et que la coupe appelle, sur le point ouù elle est effectuée, une activité vitale toute singulièére. Les Physiologistes n'ont encore déduit de ce principe aucune conséquence utile pour certains cas pathologiques, tels que la direction vicicuse de ces Parties. §V. Les ongles ont une pellucidité à tra- vers laquelle il est facile d'apercevoir, sous leur concavité, le pus qui s'y forme, 9 12 (102) de mèéme que les corps étrangers qui peuvent s'y étre introduits en péné- trant entr'eux et la peau.— Lorsqu'aà la suite d'un coup ou d'un panaris, il s'est formé une collection de pus dont le foyer est précisément sous l'ongle, on ratisse celui-ci et on T'amincit au point d'avoir autant de fa- cilité pour le percer que pour faire une incision à la peau. De cette manière on donne issue à la matière purulente dont le séjour trop prolongé pourrait produire des désordres. S'il s'engage, quelque corps étranger sous les ongles, comme une épine ou une écharde, on s'empressera d'en faire'extraction. Si ce corps est telle- ment engagé qu'on ne puisse le retirer par l'ouverture qu'éil s'est frayée en y pénétrant, on en pratiquera une, à l'ongle mèême, apres l'avoir aminci avec un morceau de verre ou un gratoir; ce procédé est plus facile et moins douloureux, que celui par „ (105) lequel on agrandit l'ouverture qui a servi de Passage. On peut faire usage Pour extraire les épines ou les eschar- des, soit d'une aiguille soit d'une épin- gle, ou mienx d'un petit poinçon. On est obligé quelquefois de recourir à de petites pinces pour saisir et entrai- ner au dehors le corps étranger. Je n'ai jamais vu des cors se déve- lopper sous les ongles, mais bien aux côtés de la racinc. S'il arrivait cepen- dant qu'il s'en formaàt précisément sous l'ongle, il faudrait préluder à leur extraçtion, comme pour tout autre corps étranger, suivre ensuite le pro- cédé qui a été décrit(page 45) et y donner les soins consécutiks. tr ——— (1 ½) CHAPITRE CINOUIEME. DuUu cHEVAUCHEMENT DES ORTEII.S. —— § 1. Lr chevauchement des orteils est une direction vicieuse de ces parties. II consiste en ce que l'orteil qui chevau- che se contourne à droite ou à gauche, de manière qu'il empiète sur la place du voisin et se trouve obliquement dessus ou dessous. C'est une difformité inconnue des anciens dont la chaussure ne génait nullement la croissance ni le développement des pieds, et m'avait d'autre but que de les défendre contre paction des agens extérieurs capables de les écorcher ou de les blesser. Les caprices de la mode ont amené inseu- (405) siblement Pusage des souliers et des bottes. Dans les chaussures de nos jours, les pieds serrés comme dans un étau, doiventnécessairement sopréteraladif- formité qu'entraine une pression cons- tante et contre nature. Je n'examinerai pas comment s'est accrédité, parmi les peuples modernes, l'usage de chaus- sures aussi incommodes(1). Le chevauchement des orteils rend tellement impropres à la marche les personnes qui en sont affectées, qu'il a Gté compris par le législateur daus le cadre des maladies pour lesquelles on réformait dans l'état militaire. (1) Le désir d'avoir le pied mignon a, sans doute, fait recourir à des chaussures étroites. On a cherché à s'accommoder aux fausses idées dont on est imbu sur la belle conformation. La mode s'en est mêlée; son empire a prévalu, quoique les piods peu larges soient désavanta- geux à la progression. Ces parties, sur les- quelles repose nolre corps, et qui devraient jouir lbrement de leurs mouvemens, ont eté, „ d 106) § II. Cependant l'inſirmité dont nous parlons n'est pas incurable; il suffit, pPour la faire disparaitre„ d'entrelacer les orteils, avoc un ruban de soie, de la mèême manière que l'on fait l'entre- lacement des. paniers d'osier. Les or- teils ainsi maintenus dans leur direc- tion convenable, les uns à côotéè des autres suivant l'ordre de la nature. on s'exercera beaucoup à la marche, en ayant soin d'avoir des chaussures fort larges, où le pied puisse facilement s'étendre en tout sens. Insensiblement l'orteil perdra sa déviation, reprendra — pour ainsi dire, enfermees et comprimées dans une étroite prison. II est étonnant que les dou- leurs atroces, souvent causées Par celte com- pression, n'aient pas fait proscrire un usage aussi contraire aux lois de la nature. IIéGlas! nous voyons, mèême, des personnes faire l'é- loge des cordonniers qui les chaussent de cette manière. * —=————y (107) sa disposition naturelle; la station de- viendra plus solidé, et tous les mouve- mens s'exécuteront avec une entière facilité.. Je ne puis offrir qu'un seul exemple tiré de ma pratique. Un jeune homme avait été exempté de la conscription militaire pour cette infirmité; je n'ai employé d'autre moyen que celui que je viens d'indiquer. Au bour de six mois le jeune homme n'a plus eu besoin d'en- trelacer ses doigts; il a été parfaite- ment guéri. —.— ( 108) OIIAPITRE SIXIIME. SUEUnRS IMAMODEREES DES PIEDPs. y— 8 ler. 2 Læ sueur immodérée des pieds est plutôt une incommodité qu'une mala- die. La puanteur quis'exhale de certains Pieds, est quelquefois tellement insup- Portable qu'on ne peut demeurer dans la société des personnes atteintes de cette incommodité, sans éprouver des nausées ou des défaillances. Ces per- sonnes mème en sont quelquefois très- affectées, et d'une manière d'autant plus désagréable qu'elles trainent, avec elles, un principe d'infection qui ne cesse de corrompre l'ir qu'elles res- pirent.. —ꝛꝛj— (1⁶9) § I. Les sueurs immodérées et inſectes des pieds reconnaissent pour cause principale une prédisposition naturelle. Mais ce qui y donne souvent lieu, c'est l'usage de porter des souliers ou des bottes sans bas ni chaussons. Il arrive aux pieds enfermés, pour ainsi dirc, dans une poche de cuir, ce ui arrive à toute autre partie du corps enveloppée, soit d'une vessie, soit de lafetas gommé. La transpiration insen- sible ne pouvant s'évaporer et n'étant Pas absorbée par des tissus de lin, de Jainc ou de soie, se condense et forme, autour du pied, une atmosphère hu- mide qui maintient les pores ouverts et excite une perspiration plus abon- dante. La même chose a lieu lorsqu'on néglige de changer souvent de bas ou de chaussons qui par cette négligence s'incrustent de crasse. Un tel défaut de propreté a pour résultat inévitable —— —— — ———;—;——— (110) Pinfection de la sueur qui délaye la Crasse extrémement putrescible et qui répand, alors, une odeur d'oœuf pourri tirant sur Paigre. Outre les désagré- mens de cette odeur, les sucurs immo- dérées causent quelquefois par leur acreté des écorchures, des gercçures, des éruptions érysipélateuses suivies de douleurs Profondes et tellement aigies qu'elles empéchent le sommeil; de plus, elles prédisposent aux enge- lures. § III. La sueur des pieds, quand elle n'est pas excessive, n'exige que des soins de Propreté, et l'on doit bien se garder de la supprimer ni dy remédier par des décoctions astringentes et alumi- neéuses, ou par des poudres absorhantes t styptiques. On a vu une pareille méthode entratner des maladies gr. d- ves et redoutables, comme les verti- Ses, la toux, la suffocation, divers en- —-·—Q—— (I1) gorgemens de glandes, des douleurs violentes, soit dans les membres, soit à la téte, à la poitrine ou à l'abdomen. On doit considérer la sueur des pieds comme un exutoire que l'on ne peut supprimer qu'avec les plus grandes pré- cautions. II faut mème, dans certains cas, l'entretenir, ou y suppléer par un émonctoire artiſiciel, en établis- sant un cautère. Nous poserons en principe que le vrai moyen de remédier, sans in- convénient, aux sucurs immodérées des pieds, est la propreté. Quand on porte des bottes ou des souliers, la première attention doit être de faire usage de bas ou de chaussons. La se- conde, de changer souvent les bas et les chaussons, pouæ ne pas les laisser incruster de crasse. La troisième de se laver les pieds. II n'est pas né- cessaire pour cela de les laisser trem- per; ilsuffit de les laver comme on lave les mains. 3 (112) On évitera les pédiluves fréquens et chauds, à moius qu ils ne' soient ordon- nés pour remédier à quelcque maladie; fréquens, ils attendrissent tropla peau et rendent les pieds très-sensibles; chauds, ils excitent une fluxion locale qui tend à augmenter la sueur et h la rendre immodérée. Je ferai ici une observation importante relativement aux pédiluves que l'on prend dans l'intention d'obte- nir une révulsion du sang qui paratt se porter vivement à la téète; c'est de ne tenir les pieds dans l'eau qu'environ dix à douze minutes; car, au-delà de ce terme, plus on reste dans le bain, moins on obtient l'effet désiré. Les femmes, dans le temps du flux menstruel, doivent éviter l'immersion des pieds, soit dans l'eau chaude, soit dans'eau froide;'une peui provoquer une perte, l'autre une suppression des règles. Voici en peu de mots une méthode exempte d'inconvénient pour tenir les —— —— 6 113) Pieds dans un état de propreté et obvier, en méèême temps, aux sueurs immo- dérées. Lorsqu'on prend un pédiluve, par motifde propreté, on falt chauffer l'eau à un dégré de température tiède, et méôme plutôt froide que chaude. On y ajoute une poiguée de son, et l'on ne laisse tremper les pieds que, tout au plus, une demi heure. Ondoit prendre le bain, le matin à jeun, ou, dans la journée à une distance de quatre à cing heures après avoir mangé. Si les pieds sont sujeis à la sueur immodérée, on a le soin, chaque matin, en sortant du lit, de les essuyer avec un linge doux, bien chaud et bien sec. On enlève ainsi la moiteur dont ils sont recouverts; ensuite, on les lave avec une éponge imbibée de partie égale d'eau de fontaine ou de rivière, et d'cau de cologne, ou bien d'eau- de-vie. Pendant la journée, quand on vient — de faire une course un pen fatigante, ou que l'on sent les pieds inondés de sueur, on change de chaussures; mais avant d'en mettre de nouvelles, il faut essuyer les pieds et les jambes, y faire les mêèmes lotions que le matin. Le soir, au moment de se coucher, on lave les pieds, régulièrement tous les jours; pour cet effet, on se sert d'eau tiède dont on jmbibe une éponge ou le coin d'une serviette, què l'on PDasse enitre les orteils et derrière le talon; aussitôt après, on essuie le tout avec un linge bien sec. Ces soins paraitront Peut-étre trop assujétissans; mais ils sont les plus Convenables. Je puis assurer, d'après l'expérience, qu'ils modèrent la sucur excessive des pieds, et que, loin de Ponter préjudice à la santé, ils lui sont très-favorables. Le bienètre qu'on en retire, dédommage amplement des peines que l'on se donne. — OVn— (115) INSTRUMENS at Objets nécessatres pour le traitement des excroissances picdlormoiques. 1* Un poingçon quarré.(Quadrille.) 2* Un poingçon dont le sommet soit émoussé et de la forme d'un grain d'orge applati.(Na- 90l). 3° Un poinçon rond dont le sommetsoit emous- 66.(Furet). 4 De la Baudruche, enduite de diaghylum 4— gommé sur un côl(1). X 5° Un peu de beaume de Fioraventi, dans une petite fiole.- (1) On trouve de la baudruche, ainsi préparée, chez 7.,..*. M. Chereau pharmacien ‚rue Saint-Martin, no 1971 près le passage de'Ancre-Royale- On y trouve égalome nt une gelde balsamigue, excel- lente pour prévenir et Dour gucrir les eugelures. 10 —— 6e Un bistouri on un rasoir pour amincir un peu les cors, s'ils sont trop épais. 7o Une pierre ponce ou une lime fine. 80 Une bonne loupe. (7) TABLE ANALVYTIOUE DES MATIERES. — Ixrnopucriox.— Maladies ou inſirmités du do- maine de la Pédicurie, page iij. Empiriques soi-disant Pédiouves, jv. Notions ou connais- sances due le Pédicure doit posséder, v— viij. But de l'ouvrage, jx. CHAPITRE PREMIER. Eæoroissances Gépidermoiques. Cors, Durillons et Oignons, age 11. Ces excroissnnces sont trés- communes, 11. De- vraient fixer Pattentlion des hommes insteuils dans l'art do guérir, 12. Pourquoi les mèdecins ne s'en occupent pas, 12. § ler Des Cors.— Ce que o'est; à quoi ils res- semblent, 12. Deux parties dislinctes: la Cou- ronné el le Noyau, appelé improprement ra- cine, 15. Description de ces deux parties, 15. — § II. Sicge des Cors, 15.— Différence de leur 85 7 Glat, suivant l'endroit ouù ils sont, 14. § III. Causes.— Les principales sont les chaussures lrop Gtroiles ou trop courtes, ou bien trop larges et dures, 14. Plis ou autres inégalités dans les bas, 14. Prédisposition indi- viduelle, 15. Quelles personnes sont plus ou moins sujettes à ces inſirmités, 16. § IV. Maniere dont les cors se développent, 17-19. Les an ciens les comparaient, aveo rai- son, à un clou, 19— 20. Leur accroissement n'a pas lieu par fonction assimilatrice„ mais Par agrégalion„ 20. § V. Le cor n'est pas formé par un anima] Parasyte, 21. II n'est pas une végétation, 22. II n'est pas un épanchement de la synovie, 22. Remarqueparticuliére, 25— 24. Doctrine d'un nulteuy moderne, 25. Inexactitude de sa défi- nition; erreur ouù elle entratne, 25— 26. Dis- zertalion et exbériences Physiologiques sur l'épiderme, 26.— Ls épaississement à la plante des Pieds est différent de celui des cors, 25. Les cors des Noirs sont péênétrés de la malière co- lorante, 29. § VI. Point noir ou brun, au centre de la (119) plupart des cors, 29. C'est une altéralion pro- duite par l'état de compacité, 51. § VII. Eflet de la douleur occasionnéèe par ces tubercules, 51. Difficulté dans la marche, 51. Inflammation, 52. § VIII. L'air chaud et humide réeveille cetle douleur, 3a. On a faussement comparé ces excroissances à un corps hygrométrique, 55. Ce qu'on doit raisonnablement penser sur l'in- fluence de l'air chaud et humide, 35— 34. § X. Diagnoslio.— signes qui Gtablissent la diſférence entre les cors, les durillons, les oignons et les verrues, 54—35. §X. Pronostic.— Le cor west qu'une in- ſirmité.— La négligencc et'indocilité des ma- lades rend la cure difficile, 56. Quand il est récent, onle détruit aisément.— Placéè sur un endroit proéminent, est sujet à la récidive„57. Les cors guérissent duelquefois spontanément. — Quels sont les plus difficiles à guérir„— les plus douloureux,— les plus intolérables, 57.— Cause la plas ordinaire de la récidive„ 57 — 38. § Xl. Imposture des empiriques, soi-disant —— — .(120)) pédicures, 58. Insuffisance et dangers de leurs prétendus spéciſiques, 39— 41. § XII. Traitement.--Raser, oouper les cors, n'est pas les guérir, Ar. Les extraire ne suffit pas.— il faut des soins consécutifs, 42— 44. — Lorsque les cors sont récens, manière ai- sée de les détruire, 44. Lorsqu'ils sont anciens, procédé opératoire, 45— 46. L'extraction par ce Procédé est sans donleur ebsans effusion de la moindre goutte desang, 47. Comment on doit agir dans les cas difficiles, 48. Premiers soins après l'extraction, 40— 50. Signes qui annon- cent que l'opération est bien faite, 51. Avan- tages d'opérer soi-même, 55. II y a plus de douleur à couper les cors qu'dà les extraire, 54. Altentions et soins quand on extrait quelqu'un de ces tobercules à la plante des pieds, 54. Tems le plus favorable au succès de l'opéra- tion, 54. Il est toujours dangereux de cher- cher à consumer par le feu ou par les causti- ques, 55. § XIII. Soins consécut“i ſs,— Ne pas négli- ger les pansemens, 56. Faire usage de chaus- sures souples et aisées, 57. Eviter l'endurcis- sement et le racornissement du cuir, 58. Com- ment a lieu l'endurcissement, 58. Le racornis- sement, 59. ((121) Prattement, dans les cas d'inflammalion ou de suppuralion, 59— 61.. § XIV. Des durillons, 61. § XV Des oignons, 62.— V CHAPITRE DEUXIEME. Engelurèes. § Ier. Les engelures sontunérysipèle phleg- moneux, 65. Leur étymologie, leur siège, 64- Mules, 64. § II. Causes les plus communes des enge- lures, 65. Personnes les plus sujeltes à cette maladie, 65. § III. Les engelures débutent par une pe- tite teinte ronge, 65. Démangeaison,— dou- leur,— tumeur,— changement de couleur, „„ 8 — ulcérations,— ravages profonds, 66— 67. § IV. Importance d'y remédier, 67. §. V. Traitement préservatif.— Ne pas exposer les parlies à un froid humide,— Svi- ier la transition subite de la chaleur au froid et du froid à la chaleur,— fortiſier la peau pan des lotions appropriées, 68— 69. Trailement curatif, 69- Eau végéto-minè- (r122) rale,— Eau froide, 7o. La neige,— sangsues, — eau de mer,— décoction de rave ou de na- vet,— vin chaud et eau-de-vie, 71. Essence de térébenthine,— P'électricite„— liniment tonique et excitant, 72. Conduite, dans le cas d'ulcération„— dans le cas de complication de quelque maladie, — dans le cas de gangrène, 72— 77. CHAPITRE TROISIEME. Verrues. § ler. Les verrues ne sont pas des excrois- sances de l'épiderme;— elles tiennent à la peau bar une base large ou par un pédicule, 78- 79. § II. Causes,— suivant Swédiaur,— suivant Galien.— suivant un auteur anglais, 80. Elles sont idiopathiques ou symptomati- ques, 81. §. III. Pronostic.— Les verrues ne sont pas contagieuses.— Selon leur siège, elles sont plus ou moins désagréables et incommo- des, 81. Irritées, elles Peuvent avoir une ter- minaison funcste, 82. § IV. Traitement; quand elles sont symptomatiques, 82. Quand elles sont idiopa⸗ (123) thiques,— Si elles tiennent par un pédicule. — par une base large, 82—85. Extraction, excision, 85. T'opiques, 84. Dissolution ammo- niacale, 846.— Combustion par le soufre, 85 — Arsenic, sublimé corrosif, 85.— Fer rougi 3 au feu, 84.— Pierre infernale, 85.— Toile d'araignée, 86.— Acide nitrique le plus sou- vent préférable, 86.— Manière de Pemployer, 87— 88. Méthodes ridicules, 88— 89. Trai- tement des verrues situées à la plante des Pieds, 90—91. CHAPITRE QUATRIEME. Maladies des ongles. §. Ier. Les ongles sont d'une substance sem- blable à celle des cornes des animaux, 92.— On les regarde comme des appendices de l'é- piderme, 95.— Ils ne croissent pas après la mort, 95.— Par principe de propreté, on ne doit pas les laisser trop croitre, 95— 94. §. II. Défectuosités et inſirmités dont ils sont susceptibles.— T, eurs altérations dépendent le plus souvent de cause interne, 95.— Dongle entré dans la chair, 95.— Comment arrive cette infirmité, 95— 96. §. III. Traitement de Pongle entré dans la 11 — (124) chair, 96— 97. Comment on doit couper les ongles, 98.— Observations, 98— 100. § IV. Déviation vicieuse des ongles, 101. — Corps étrangers qui s'engagent sous les on- gles, 102.— Exoroissances épidermoiques qui s'y développent.— Méthode curative, 10a. — 105. CHAPITRE GINOUIEME. Chevyauchement des orteils. § Ter. Le chevauchement des orteils est une direction vicieuse, inconnue des anciens, 104. Cette inſirmité est due aux caprices de la mode, 10— 105. A ëté mise au rang des maladies peur lesquelles on réformait dans l'état mili- taire, 105. §. II. Moyens curatils et simples, 105— 106. Observalion, 106. CHAPITRE SIXIEME. Sueur immodérée des pieds. § Ier. Eflets désagréables de la sueur immo- dérée des pieds, 108. § II. Causes;— prédisposition naturelle, — usage de soulicrs ou de bottes, sans bas ni —y— — — (125) chaussons, 109.— Effets pernicieux de cetle incommodité, 110. §. III. Traitement,— modérer la sueur, non la supprimer, 110. Moyens essentiels con- sistent dans certains soins de propreté, III. Remarque sur les pédiluves, 112. Avis aux Dames, 112. Méthode exempte d'inconvéniens, 113—114. Instrumens et objets nécessaires pour le 1r i- tement des excroissances épidermoiques, 115. FIN. DE LIMPRIMERIE DE C.-F. PATRIS, rue de la Colombe, ne 4, quai de la Cité. * 8