4 8 4 4 1 4 3 1 3 4 8 1 3 1 2. 8 en 1 ————————* er. 8— 2* 8— 8——jy— 2——*— — . .* 5** 2 gr 5 B 1 3 5 4 812 . 1 3— 8 3 4 4* 5— —— — „ .— — 4.— 8 1— ——,—. 8—————:—— 4——— 9 88 4——— r— —.———————— 1 2 8„— 2 a n—.———————— . 4 2.—ÿy“— 2„ 8—— 8———** 8*— ————.—————— ꝑ— 4 8—— — 5.— 1. 4 8 3——— —. 4 . . à * 4 1 *. 1 . .. 8 3 4 9 2* . 1 —.— 4 4 †* 5 1 8 V 4 8 8 2.* 1 21 — ⸗ = . V. — 4 b„ 4 5 b 1 1 b A 1 1 1 — . — 8 1 S 4 b 3 4 I V . 3 1 — a———--— 1.. F 2 1 4 4 8 8 8 3— — — 4 8 4. 8* 8 4 3 — 1 4 1 4⁴ . . 1 * 3 1 * 8 3 1 . . 1 3 1 1 * . * * 4 . 4 5 3 — 5 HSIOIRE NATU-URELLFE PFRROOUETS. ——, Les figures de cet ouvrage ont été dessinées d'après nature, gravées et imprimées en couleur sous la direction de Bouvourr, Professeur de dessin au Prytanée de Paris. „— HISTOIRE NAATURELLE DES PERROOUETs. FRANCOIS LEVAILLANT. TOME PREMIER. A PARIS, CHEZ LEVRAULT, FRERES, LIBRAIRES, QUAI MALAOUAI. STRASBOURG, DE L'IMPRIMERIE DE LEVRAULT. A IX(1801). ch ** » „ b 7 V (— 3 V 55 — 2. 1 OerSſta — 4 4 — — N— g CU b K8— ◻ 4 8 1.— A O (X) — —— A B. C. E L. LACEPE D E, MEMBRE DU SENAT CONSERVATEUR, L'UN DES PROFESSEURS ADMINISTRATEURS DU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE DE PARIS, Membre de l'nstitut national; de la Société des Observateurs de Homme; des Sociétés philomatique, philotechnique, et d'histoire naturelle de Paris; de PAcadémie des Curieux de la Nature de Berlin, et de plusieurs autres Sociétés savantes, tant nationales qu'étrangeères. H O MM A G E O FFERT AU MERITE EMINENP, PAR L'ESTIME ET LA RRECONNOISSANCE. . —— ————ÿ—ꝛ—ꝛ—ꝛꝛꝛ—ꝛ—ꝛ—ꝛ—ꝛ—˖— 4. n——-————————jõj—] —— —.— —ͤ PREFA GC E Lr naturaliste qui veut embrasser à la fois toutes les parties du vaste règne organique, et donner une histoire de toutes ses productions, ne peut, quelque zele qu'il y apporte, entrer dans tous les détails nécessaires à la con- noissance des animaux dont il traite. II ne peut qu'en parler d'une manieère superſicielle, et quelquefois d'après les récits les plus disparates. II n'y a que les savans mo— destes qui se bornent à Thistoire de quelques genres, qui puissent espérer d'en bien faire connoftre les espèces. Cest ainsi que celui qui, du sommet d'une montagne tres-escarpée, voudroit décrire les vastes régions dont il seroit environné, tomberoit nécessairement dans des méprises tres-multipliées, tandis que celui qui descen- droit dans la vallée, pour en visiter une partie, décou-— vriroit des objets nouveaux, qui auroient certainement échappé aux regards du premier, à cause de Péloignement. Cette considération doit suffire pour montrer combien les traités particuliers servent à Tavancement de la science. On peut dire que Phistoire naturelle ne fera de véritables progrès que lorsqu'on pourra former un traité général de tous les traités faits sur chacune de ses parties. ——äähZſſͤͤͤͤͤſͤͤſͤſ11 Lhistoire des Perroquets que je publie prouvera évi- demment combien plusieurs especes de ces oiseaux étoient encore ou ignorées ou peu connues. Je suivrai, dans leur classification, Tordre naturel, en commençant par les Aras. Une introduction, qui sera envoyée aux souscrip- teurs avec la dernieère livraison, mettra le lecteur à portée de connoftre les motifs qui m'ont dirigé dans le nouvel ordre que jai suivi. HISTOIRE NATURELLE DE S PERROOUETS. — LES ARAS. S1 la grandeur de la taille, la magnificence de la parure, sont des avantages qui doivent décider de la prééminence parmi les oiseaux d'une même famille, on ne doit pas ôtre surpris de nous voir mettre les Aras à la téte des Perroquets. Cette place leur a été assignée avant nous par Linnæus, et à bien juste titre. Une taille plus forte que celle de tous les individus du mème genre; un plumage ouù brillent à la fois l'or, le pourpre et l'azur; un regard fier et qui semble annoncer que ces superbes oiseaux sont frappés eux-méêmes de leur beauté: voilà les principaux traits qui distinguent les Aras aux yeux des per- sonnes les moins instruites. Le naturaliste qui les observe leur trouve en outre des caractères particuliers qui ne sont pas moins remar-— quables. Il les distingue par la nudité des joues, c'est-à-dire, par une membrane nue, ou du moins en grande partie dégarnie de plumes, qui couvre non-seulement toute la face, mais embrasse la mandibule inférieure du bec, et, dans quelques- uns, entoure mème le front. Cette membrane, qui enchdsse'œil, et qui par sa nudité donne à la physionomie des Aras un air dédaigneux et désagréable, s'est toujours montrée planche dans les Aras du nouveau continent, du moins dans toutes les espèces que nous connoissons jusqu'ici. Tous ont aussi une queue très-longue et très-étagée, et joignent à ces caractères particuliers les caractères de tous les autres Perroquets en général; un bec fort et crochu, dont ils se servent pour grimper; la mandibule supérieure mobile; la langue charnue, obtuse entière; les narines rondes, situées à la base du bec; deux doigts en avant et deux 1 — —,,—— 4. 2 ———— —ͤͤ— 2 HISTOIRE NATURELLE en arrière; le tarse court, dont le derrière est très-aplati, et qui forme pour ces oiseaux comme une plante des pieds sur laquelle ils s'ap- puient en marchant. b Les Aras, au rapport des voyageurs, volent ordinairement par troupes; ils se perchent sur les branches les plus élevées, se nour- rissent de semences et de fruits, principalement des fruits du palmier latanier. On les apprivoise assez aisément. On leur apprend aussi à prononcer quelques paroles, mais ils ont la langue trop épaisse pour pouvoir se faire entendre distinctement. D'une voix forte et rauque ils répètent habituellement le mot arra, dont on s'est servi pour les nommer. IIs passent pour vivre long-temps, mais ils craignent beau- coup le froid. Buffon assure qu'il n'y a pas d'Aras dans lancien continent. J usqu'à quel point cette assertion est-elle fondée? Nous connoissons aujour- d'hui deux espèces nouvelles qui habitent les Indes orientales, et qui se rapprochent tellement des Aras, que nous nous sommes déter- minés à les ranger parmi ces oiseaux. On peut aussi les considérer comme formant un genre intermédiaire entre les Aras et les Kakatoès, puisque, comme ces derniers, ils portent une huppe. Nous les décrirons donc à la suite des premiers, et avant les seconds; et nous suivrons ainsi la marche même de la nature. DES PERROOUEITS. 3 -——ℳ——— ℳK—õb— ℳ˖;õ n L'ARA MACAO. PI.A NCHE PREMITIERE. De couleur rouge; ailes d'un bleu turquin en dessus, et d'un rouge brun ou cuivré en dessous; plumes scapulaires nuancées de bleu et tachées de vert; joues nues, ridées, à lignes plumeuses. LAra rouge; BuFFON. Ara brasiliensis; Bärss. Psitaccus macao; LiNN. éd. XIII. Red and blue Maccaw, Epw. PAæARWI les naturalistes, les uns attachent une importance minutieuse aux plus légères particularités offertes par les individus qu'ils observent; ce qui fait que le plus souvent ils multiplient les espèces sans nécessité: les autres affectent de voir les objets plus en grand; ils attribuent au climat, à râge, au sexe, une extrême influence, et par suite ils sont sujets à prendre des espèces très-distinctes pour de simples variétés, et à ne regarder des caractères très-marqués que comme de simples accidens. Gmelin est trop souvent tombé dans le premier défaut; Buffon est trop souvent tombé dans le second. Aussi les ouvrages de l'un sontrils souvent aussi propres à égarer les lecteurs que les ouvrages de J'autre. Nous tächerons dans celui-ci de tenir un juste milieu, et nous cher- cherons plutòôt à exposer des faits qu'à établir des idées systématiques. L'Ara dont nous donnons la figure et la description sous le nom d'dra macao, est LAra rouge de Buffon. Ce naturaliste, souvent si ingénieux en rapprochemens, a compris sous la même dénomination d'Ara rouge un autre Ara que nous désignerons par celui dAra canga. II étoit cependant nécessaire de distinguer un de T'autre, et nous Pavons fait avec d'autant plus de raison que tous les autres naturalistes les avoient distingués avant nous. Brisson a décrit un sous le nom d'ra du Breésil, et Tautre sous le nom ddra de la Jamaigue. Linnéè a donné à un le nom de Psitaccus macao, à Tautre celui de Psitaccus Ara canga. L'Ara macao est sans contredit le plus grand de tous les Aras. Il a trois pieds depuis le sommet de la téête jusqu'à rextrémité de la queue, —— 2— 2 7 2——.-——*— A———* 8———.——— *———;—.———————————————— ————— ———— 2*-. “ ——⸗— 4 HISTOIRE NATUREL L E qui seule a deux pieds de longueur lorsqu'elle a acquis tout le dévelop- pement dont elle est susceptible. A la vérité, divers obstacles s'opposent d'ordinaire à ce développement. Dans l'état de nature, ces oiseaux, qui aiment à se percher sur les branches des arbres, endommagent par le frottement les belles plumes de leur queue, et les empéchent tout à la fois d'atteindre à leur longueur et de conserver leur lustre. Dans l'état de domesticité, les causes d'altération deviennent encore plus sensibles. On sait qu'un oiseau en captivité perd toujours quelque chose de son éclat, et que son plumage n'y acquiert jamais son entier développement voilà pourquoi il est si rare de voir dans nos collec- tions la queue de'Ara macao dans ses dimensions véritables. Non- seulement elle varie par la longueur, mais souvent elle varie aussi par la couleur. Il est des Aras macao dont la queue est entièrement bleue, d'autres qui Pont rouge et terminée de pleu; tellement qu'il est rare de trouver deux individus de cette espèce qui soient entièrement semblables. b b Il faut convenir que la nature a prodigué aux grandes espèces d Aras tout ce qui peut frapper et éblouir les yeux. Ces oiseaux sont sans contredit de tous les Perroquets les plus magnifiquement parés. Les plus brillantes couleurs ornent leur plumage. On y admire tout à la fois le bleu d'azur le plus éclatant, le rouge du vermillon, le jaune d'r, et le plus beau vert. Peut-on savoir mauvais gré aux Aras d'ètre un peu fiers de ces avantages, et de marquer par un air un peu dédaigneux qu'ils sont ravis eux-méêmes de leur parure? A leur place bien des hommes auroient encore plus d'orgueil, et beaucoup de graves personnages ont montré qu'à cet égard ils n'étoient pas plus raisonnables que les Aras. Tout le plumage de lAra macao est d'un rouge foncé, approchant du cramoisi, tant sur la tête, le cou et le dessous du corps, que sur les jambes et les petites couvertures supérieures et inférieures des ailes. Les moyennes sont en partie tachées de vert à leur pointe, et d'autres sont entièrement de cette couleur. Les plus grandes et les scapulaires, ainsi que les dernières pennes de p'aile, sont d'un bleu nuancé de vert, tandis que les grandes pennes sont d'un beau bleu d'azur, nuancé de violet. Si des ailes les regards se portent sur la queue, qui est très-étagée, on voit que ses couvertures supérieures sont d'un bleu d'outre-mer, et les inférieures, d'un bleu moins vif, nuancé de rouge et d'un vert obscur. La queue est composée de douze pennes: les trois premières velop- vosent Laux, lagent 88 Par bleue st rare ement T'Aras t sans 8. Les t à la jaune d'etre mpeu place p de 8 plus chant ie sur s des ie, et et les bleu pleu ageé; mer, 1 vert nières — DES PERROOUEITS. 5 de chaque côté sont bleues; la suivante est bleue à sa naissance, et rouge vers la pointe; les quatre du milieu sont ordinairement en entier d'un beau rouge cramoisi, mais dans l'individu que j'ai fait peindre elles sont en partie bleues, comme on le voit dans la gravure coloriée que je publie. Le dessous des pennes des ailes et de la queue est d'un rouge brun, que Buffon appelle rouge de cuivre, et Brisson, couleur de rose. La mandibule supérieure du bec est planche, suivant Linné, et noirâtre, suivant Buffon. L'expression du premier n'est pas tout-à-fait exacte, non plus que celle du second. La mandibule supérieure du bec est en grande partie d'un blanc sale, mais brunâtre à la pointe et noire à sa base. L'inférieure est entièrement d'un noir de corne. Les joues sont couvertes d'une peau membraneuse, blanche et nue, sur laquelle on remarque quelques rangées de petites plumes rouges, distribuées en pinceaux. Cette membrane couvre non-seulement les joues, mais embrasse la mandibule inférieure, et forme de plus une petite bande étroite, qui sépare les plumes du front de la mandibule supérieure. Les yeux sont jaunes; les ongles d'un noir de corne, ainsi que les écailles des doigts et du tarse par devant; mais toutes ces écailles, très-petites, ne se joignant pas les unes aux autres, laissent apercevoir entr'elles la peau, qui est planche, surtout lorsque l'oiseau est vivant. Autrefois l'Ara macao étoit fort commun dans les Antilles; mais à mesure que ces iles se sont peuplées, les Aras ont été recherchés comme objet de curiosité, ou même comme aliment, et dès-lors ces oiseaux ont dü se retirer dans les endroits les moins fréquentés et s'envoler vers la terre ferme. Est-il vrai, comme le prétend Dutertre, que l'Ara macao, pressé par la faim, mange le fruit du mancenillier, qui, comme T'on sait, est un poison pour l'homme, et vraisemblablement pour la plupart des animaux? Ce fait, qui n'est rapporté que sur un oui-dire, nous paroit devoir éêtre relégué au rang de ces fables dont les anciens, amis du merveilleux, remplirent si long-temps les livres d'histoire naturelle, et dont une sage critique doit les purger aujourd'hui. par suite de cet amour du meryveilleux, Aldrovande, sur la foi des premières relations de PAmérique, a peint les Aras comme naturellement amis de lhomme, s'approchant sans crainte des cases des Indiens, et montrant pour eux beaucoup d'affection. Cette sécurité dans ces oiseaux n'étoit pas l'effet d'un instinct plus étendu, mais d'un 2 4 H 1—— ————. 1 — — X ₰ —— ₰— 1 —— 6 HISTOIRE NATUREI. L FL instinct plus borné peut- etre; et aujourd'hui, si dans les forêéts ou ils se réfugient ils montrent une certaine assurance au bruit des armes à feu, ce n'est pas par fierté, comme le prétendent quelques voyageurs, mais plutòt parce qu'ils sont réellement des oiseaux très-stupides. Ceci nous expliqueroit le fait rapporté par Dutertre, qui nous peint le moyen dont les sauvages des Antilles se servoient pour prendre ces oiseaux vivans. Il leur suffisoit d'épier le moment où ils mangeoient à terre des fruits tombés. IIs tächoient de les environner, et tout à coup, jetant des cris, frappant des mains et faisant un grand bruit, ils voyoient ces oiseaux, subitement épouvantés, oublier rusage de leurs ailes, et se renverser sur le dos pour se défendre avec les ongles et le bec. Il leur étoit alors très-facile de les saisir. Buffon observe que de tous les Perroquets l'Ara macao est le plus sujet aux convulsions épileptiques. Un de ces Aras, qu'il a nourri, tomnboit d'épilepsie deux ou trois fois par mois. Dans les colonies, dit-il, on appelle crampe cet accident, et l'on assure qu il ne manque pas d'arriver à tous les Perroquets en domes- ticité lorsqu'ils se perchent sur un morceau de fer, comme sur un clou ou sur une tringle, en sorte qu'on a grand soin de ne leur per- mettre de se poser que sur du bois. Buffon remarque, en citant ce fait reconnu pour vrai, qu'il tient de près à T'électricité, puisque le fer y joue un rôle et que son action donne une forte convulsion aux nerfs de Foiseau. Nous ne pouvons nous empécher dy reconnoitre un véritable phénomène galvanique, et si, comme tout P'annonce, le galvanisme est une espèce d'électricité, on saura quelque gré à Buffon d'avoir deviné cette théorie singulière bien avant la découverte de Galvani. b b b LAra macao que j'ai fait graver fait partie de mon cabinet. II est arrivé de la Jamaique. ts ou armeg Leurs, . peint re ces voient out à it, ils leurs et le e plus ourri, et Ton omes- Ir un per- nt ce ſue le n aux re un re, le Zuffon rte de II est DES PERROOUETS. WA A L-ARA CAN GA. P E. A N C I ER TI.. ) 2 1—* Dun rouge écarlate lavé; plumes scapulaires jaunes, terminées de vert; pennes des ailes bleues en dessus, rousses en dessous; joues nues, ridées. Le petit Ara rouge; BuFyox, pl. enl. n.“ 641. Psitaccus Ara canga; LiNN. Ara jamaicensis; Barss. Ir suffit d'examiner avec quelque attention l'Ara macao et l'Ara canga pour reconnoitre entr'eux des différences sensibles. Ce dernier est généralement plus petit, ayant quatre pouces de moins dans sa lon- gueur totale. Ses joues sont toujours absolument nues. Le rouge de son plumage est d'une couleur moins foncée, et qui se nuance de jaune dans les plumes du cou et du manteau. Le bleu de ses ailes est beaucoup plus pur. Les grandes couvertures sont d'un beau jaune de jonquille, terminées par des taches vertes. Ces différences suffisent-elles pour constater la diversité d'espèce, ou ne doit-on les regarder que comme des accidens particuliers? L'Ara macao et l'Ara canga forment-ils deux espèces distinctes, ou ne forment-ils que deux variétés d'une même espèce? b Il faut convenir qu'ils tiennent Pun à Pautre par des rapports bien essentiels. Leur queue est étagée de même; leurs yeux sont de la méme couleur; ils ont les ailes coupées de la mèême manière, et composées du même nombre de pennes; enfin, les pieds et le bec sont conformés absolument de méême. Dira-t-on, comme certains oiseleurs ont voulu me le persuader, que l'un de ces oiseaux est le male, et l'autre la femelle? Ajoutera-t-on que la femelle seule a les joues absolument nues, tandis que le màle les a couvertes de lignes plumeuses? Ma réponse est décisive. Jai disséqué sept Aras rouges, et j'ai trouvé des femelles à joues plumeuses dans l'espèce de l'Ara macao, comme des màles à joues nues dans Tespèce de l'Ara canga. Il est donc bien constant que, si ces deux Aras ne forment pas deux espèces séparées, ils forment du moins deux races bien distinctes. — 8 HIST OIRE NATURELIL. FE L'Ara canga se trouve dans tous les climats chauds de l'Amérique méridionale. Il est fort commun dans la Guiane. Il nous est fréquem- ment envoyé de Cayenne et de Surinam, où on en voit une quantité prodigieuse. Trompé par le nom de Macaw, que Pon donne à ces oiseaux chez les Anglois et les Hollandois, Albin a cru qu'il étoit originaire du Japon, et Ta appelé Perroquet de Macao, erreur qui a été adoptée par Willughby et par d'autres auteurs. Ce nom de Macaw, ainsi que celui de Guaca, Kakatoès, sont des onomatopées ou mimologismes, qui peignent les cris de ces oiseaux babillards. L'Ara canga que j'ai fait peindre est tiré de ma collection. La planche III représente la téte et le pied de cet oiseau de grandeur naturelle. — quem- uantité aire du nsi que gismes, on. La andeur DES PERROOUEITS. 9 222———́—V éꝛòêℳò—-ℳℳ ℳ⸗——————-õ x I.' ARA RAUNA. P L. 4 WNCM A 1. Bleu en dessus, jaune en dessous; joues nues, à lignes plumeuses. LAra bleu, BuFFox, pl. enl. n.“ 36. Psitaccus Ara rauna; LiNN. Ara brasiliensis eyaneo crocea; BRIsSs. Ara jamaicensis cyaneo crocea; id. Blue and pelow Macaw; Epw. 5 22 5 5 CrrrE espèce, originaire des mêmes lieux que les deux Aras dont nous avons déjà parlé, ne se méêle pas avec eux, et ne les rencontre jamais, dit-on, sans leur déclarer la guerre. On a remarqué dans leur voix quelque différence. Les sauvages, qui sont accoutumés à les entendre, les distinguent facilement à leur cri. On prétend que l'Ara rauna ne prononce pas aussi distinctement arra que les autres. Albin a commis, au sujet de cet oiseau, une erreur non moins grave que celle que nous avons relevée en parlant de l'Ara canga. Il a pris PAra rauna pour la femelle de l'Ara macao. Buffon a relevé cette erreur, et a démontré qu'elle avoit été l'origine de la méprise de quelques nomenclateurs, qui, reconnoissant que PAra bleu et jaune d'Albin n'étoit pas la femelle de lAra rouge, avoient cru pourtant qu'il devoit différer de l'Ara bleu ordinaire, et avoient en conséquence introduit dans T'histoire naturelle deux espèces d-Aras bleus, l'Ara jaune et pleu du Brésil, et Ara jaune et bleu de la Jamaique. L'espèce de l'Ara rauna n'offre aucune variété distincte, et ses cou- leurs sont plus constamment semblables dans tous ses individus. Le male est seulement un peu plus grand que la femelle; ses couleurs sont plus vives; sa queue est ordinairement plus longue. L'un et l'autre ont plusieurs petites plumes d'un vert noirâtre sur la peau membra- neuse des joues, où elles forment des lignes plus symétriquement arrangées que dans l'espèce de PAra macao. Jai disséquẽé cinq Aras de l'espèce de l'Ara rauna, dont trois femelles et deux maâles. Ceux-ci ont trente à trente-deux pouces de longueur; celles-là, vingt-huit à trente: mais cette longueur varie quelquefois. 10 HISTOIRE NATURELLE L-Ara rauna a le front et le sommet de la téte d'un vert obscur. La gorge est entourée d'un large collier d'un noir verdatre, qui sur les bords est d'un vert plus foncé. Le plumage supérieur, c'est-à-dire, le derrière de la téête et du cou, ainsi que le manteau, les scapulaires, le dos, le croupion, les couvertures supérieures et inférieures, et méme tout le dessus de la queue, sont du bleu d'azur le plus éclatant. Le devant et tout le dessous du corps, le dessous des pennes de Paile et de la queue, sont d'un jaune luisant, qui a le brillant de Por. Les yeux sont d'un jaune pale; le bec et les ongles sont noiraâtres, ainsi que les écailles du tarse, qui laissent apercevoir la peau qui est blanche et farineuse. — . 4. 8—/ 8N 8— 3* ¹ 1 8 3 3 1 8— 1 71 4 5 8 1 28 4 4 4 8 v, 2 1 2* ¹ ä 92.*— 8 8 7 N 4 4 1 8, 2 4„— 8 2— 7 B 1“* „ 8 3 4 3 5— 4—— 3 5 3 3„ 8„ 4 3 8 4..—, 3 4 4 4 7 2— 2— ₰ 4 4 2* 4 t/. 8 1 3—, F 4 L— — E Mrre 4—————— 4₰.— 8 n.— 2—— 4—.4——— 1 1 8 8——. 8 1 eer 8—: 8 1 5— 1—* B. 3. 4 r„* .—*——„.— — e 88113333ꝝrE—ͤ—*„ 5———————.———— ——— 5—— Biir eecer—* 1 2——— 3———*—y———— 5—— 1—. ———— 8—— 3.——————————y—— 3———.———————————————— ——— ¹—.————————y———„. 1 — — „ 2.— —y ͤͤͤͤͤh———— 1——— ———————— ꝑ-—·—,—— ☚— —.—e-–˙‧“— 4 4 4 ttttu 3 bscur. La 1 sur les Kdire, le ulaires, eures, et Eclatant. ennes de eillant de noirätres, u qui est DES PERROOUETS. 11 1 AABN L'A RA MILITAIRL. 1, I N O A4. VFert; bandeau rouge sur le front; grandes pennes des ailes bleues; queue rouge, à extrémité bleue; joues nues, à lignes plumeuses. LAra vert; BurFON. Psitaccus militaris; LINN. Great green Maccaw; Epw. Novs conservons à cet Ara le nom qu'il porte dans Linnæus, édition de Gmelin, et qu'on lui a donné au muséum d'histoire naturelle de Paris, où T'on en voit un très-bel individu. Beaucoup plus rare que les espèces précédentes, celle-ci a été pareillement confondue par plusieurs naturalistes avec un Ara plus petit, de couleur verte, que nous décrirons par la suite. On ignore de quelle partie de lAmérique méridionale il est originaire. Les auteurs sont, à cet égard, partagés d'opinion. Pour moi, je n'ai vu jusqu'ici que trois individus de cette espèce: le premier, dans la collection de M. Raye à Amsterdam; le second, dans le muséum q'histoire naturelle de Paris; le troisième, chez un oiseleur de cette ville. Edwards a décrit l'Ara militaire sous le nom de grand Macaw vert. La figure qu'il en donne, n.“ 313 de ses Glanures, est exacte. Cette figure et la description d'Edwards auroient dü suffire pour convaincre Buffon que cet Ara différoit de celui dont il parle et que Sonnini de Mononcour avoit rapporté de Cayenne, ouù il l'avoit recu lui-méême des sauvages de l'Ouyapoc, qui Tavoient pris dans le nid. Mais le désir de généraliser l'ayant séduit, et voulant absolument confondre les deux espèces, il a donné une figure de l'Ara vert, n.“ 383 de ses planches enluminées, qui est un composé de l'Ara militaire dont nous parlons et du petit Ara vert qu'il a décrit. Cette confusion est très-facile à reconnoitre au bandeau rouge qu'on a placé sur le front de Poiseau, caractère qui appartient à P'Ara militaire seulement, tandis que le petit Ara vert que décrit Buffon n'a qu'un bandeau brun fort étroit, comme il le dit au reste lui-méême dans sa description, en le qualifiant de bandeau noir. —yhhͤhͤͤhnͤh11 12 HIST OIRFENATUREELL E L'Ara militaire a trente pouces de longueur, à partir du sommet de la téête jusqu'à Pextrémité de la queue, qui seule est longue de vingt pouces. Il a sur le front un large bandeau rouge. Le dessous de la gorge est d'un brun verdatre, qui, sur la poitrine, sur le devant et le derrière du cou, ainsi que sur le sommet de la téte, s'éclaircit et se change en un vert plus pur. Les petites couvertures des ailes sont d'un beau vert de pré; le manteau et les scapulaires, d'un vert bruni. La queue, très-étagée, porte douze pennes, dont les latérales sont bleues dans leurs barbes extérieures, et d'un rouge cramoisi intérieu- rement, mais de manière que cette dernière couleur domine plus, à mesure que les pennes sont plus longues. Les pennes de Taile sont d'un pleu d'azur dans toute la partie qui est visible quand l'aile est ployée. Cette même couleur orne le dos et les couvertures de la queue. Le revers des pennes des ailes et de la queue est d'un jaune d'or bruni dans toutes les parties dont le dessus est bleu, et d'un rouge brun dans celles dont le dessus est cramoisi. Le bec et les ongles, ainsi que les écailles des pieds, sont noirs. La peau membra- neuse des joues est blanche, ainsi que celle des pieds. L'iris est d'un brun rouge. L'individu que j'ai fait peindre fait partie du cabinet de M. Raye à Amsterdam. is est d'un e M. Raye DES PERROOUETS. 17 „AAInnnnnnenen AAͤO—O§ᷓ LiAnhRaA TRIGOLO R. P 2. NO A A I. Téte, poitrine et ventre rouges; derrière du cou jaune; ailes bleues; queue d'un roux cramoisi, à pennes latérales bleues; joues nues, à lignes plumeuses; mandibule supérieure du bec moins arquée que dans les autres Aras. Vorcr encore une espèce que Buffon n'a regardée que comme une simple variété de l'Ara rouge. En renvoyant, dans la description qu'il fait de ce dernier Ara, aux n.“ 12 et 641 de ses planches enluminées, il fait observer que cet oiseau a été représenté dans deux différentes planches, mais que ces deux figures lui paroissent représenter seule- ment deux races distinctes, ou même, d'après Gessner et Aldrovande, deux simples variétés.« Tous les nomenclateurs, ajoute-til, en ont fait deux espèces, tandis que Marcgrave et tous les voyageurs qui ont vu et comparé ces deux Aras, n'en ont fait qu'un seul et même oiseau qui se trouve dans tous les climats chauds de'Amérique.» Buffon nous semble se méprendre sur le témoignage de Marcgrave et des voyageurs. Ce n'est pas du petit Ara, représenté sous le n.“ 641 des planches enluminées, qui est notre Ara tricolor, que Gessner et Aldrovande ont entendu parler, mais de'Ara macao et de l'Ara canga. Nous avons adopté le nom d'Ara tricolor, sous lequel le citoyen Lacépède a désigné cette espèce dans les galeries du Muséum d'his- toire naturelle de Paris; mais peut-étre seroit-il plus exact de lui donner un nom qui le confondit moins avec P'Ara canga et'Ara macao. Le nom d'Ara nuque- jaune Pisoleroit de toutes les autres espèces, et lui conviendroit d'autant mieux qu'iil est le seul de tous les Aras connus qui ait le derrière du cou de cette couleur. LAra tricolor ou nuque-jaune est plus petit d'un tiers que lAra militaire; il mwa qu'un pied huit pouces, mesuré du sommet de la tête à la pointe de la queue. Ses ailes ont seize pouces de longueur, et »étendent dans leur état de repos à peu près vers le milieu de la queue, qui seule est longue de onze pouces. Le bec a dix-huit lignes de sa base à sa pointe, en prenant la corde de son arc. Un caracteère 4 14 HISTOIRE NATURELILLé E particulier et non encore observé dans cette espèce, est la mandibule supérieure du bec moins arquée et Finférieure plus renflée sur les côtés que dans les autres Aras. La téte, le devant et les côtés du cou ainsi que la poitrine, le ventre et les jambes, sont rouges; mais cette couleur est plus vive sur le sommet de la téte et sur le cou que sur les autres parties, ouù elle se confond dans une nuance jaunatre. Tout le derrière du cou est d'un jaune très-pur; le manteau est d'un rouge brun, frangé de jaune. Les scapulaires, ainsi que les petites couvertures des ailes, portent sur le méme fond des bordures vertes. Les flancs sont jaundtres, et les plumes des jambes sont frangées de vert. Les pennes des ailes, ainsi que toutes les grandes couvertures, sont en dessus d'un bleu d'azur violâtre, et en dessous d'un rouge de cuivre. De larges taches d'un brun rouge terni sont imprimées sur les deux dernières plumes de Taile. Le croupion et les couvertures supérieures de la queue sont, comme les ailes, d'un bleu violet. Celles du dessous de la queue sont d'un bleu päle, frangé de vert et de rouge brun. b La queue est composée de douze pennes très-étagées. Toutes les latérales ont leurs bords extérieurs et leur pointe d'un beau bleu d'utre-mer, et sont intérieurement et à leur revers d'un rouge cramoisi. Les deux du milieu, qui sont les plus longues, sont entiè- rement de cette dernière couleur, jusqu'à trois pouces de leur pointe, où elles commencent à prendre du bleu. Les plus petites couvertures du dessous des ailes sont rouges, les moyennes jaunes, et les grandes d'un léger brun verdaâtre. Enfin, le bec et les ongles sont d'un beau noir, ainsi que les écailles du tarse et des doigts. La peau membra- neuse des joues est blanche, et garnie de trois rangs de petites plumes rouges. Quant à la couleur des yeux, je ne puis la déterminer, n'ayant vu que la dépouille de cet oiseau dans les galeries du Muséum d'his- toire naturelle de Paris. ſnandibule ee sur les e, le y 3 le ventre Vlye sur le tent sur le les plumes lolätre, et pun rouge Paile. Le omme les d'un bleu outes les eau bleu in rouge nt entié- pointe, vertures grandes un beau membra- 5 plumes „ „n ayant m d'his- DES PERROOUETS. 15 AA LE GRAND ARA MILITAIRE. PLANCH E VI Plus long de près de six pouces que 1'Ara militaire; bec robuste; mandibules arrondies. Novs ne cesserons de le répéter: l'objet principal que doivent se proposer les naturalistes est de multiplier les observations. Les théories sont plus faciles et plus brillantes; mais les observations seules peuvent enrichir la science; et souvent il suffit d'un fait pour ruiner entière- ment un systéème. Que les savans soient donc réservés, et qu'ils ne rougissent pas de douter lorsque les observations ne seront pas encore assez multipliées pour affirmer quelque chose de positif, pour assigner une place particulière aux espèces dont ils écriront Phistoire. Ces considérations préliminaires sont venues se placer naturellement à la tête de Farticle que nous consacrons à Phistoire du grand Ara militaire. L'Ara que nous faisons connoitre sous ce nom le mérite-t-il comme espèce particulière ou seulement comme individu? Faut-il le distinguer de lAra militaire que nous avons décrit au n.“ 4 faut-il le confondre avec lui? Si nous observons les différences qui existent entre ces deux Aras, nous serons frappés d'abord de voir celui-ci plus long de près de six pouces, mesuré du sommet de la tôte à la pointe de la queue: nous remarquerons que ses proportions totales sont assez distinctes; que son bec est évidemment plus robuste; que ses deux mandibules sont arrondies, au lieu d'éêtre aplaties. D'un autre côté, si nous nous arrôtons aux rapports qu'ils ont entr'eux, nous ne pourrons disconvenir qu'ils se rapprochent par leurs couleurs, dont les nuances seules paroissent un peu différentes. Ils ont tous deux la peau nue de la face d'une couleur blanche, sur laquelle on remarque plusieurs lignes de petites plumes, distribuées en pinceaux; mais dans le premier elles sont toutes d'une couleur noire, tandis que dans le second elles sont rouges dans la partie de la joue qui appartient à la mandibule supérieure, et noires sur celle qui appartient à la mandibule inférieure. IIs ont tous deux le front 16 HISTOIRFE NATURELLE A ceint d'un large bandeau rouge, les pennes des ailes bleues, doublées beau- de jaune, et le plumage supérieur vert; mais ces couleurs sont R coup plus foibles dans le grand Ara militaire. Ce dernier Ara, suivant qu'il est tourné au jour, offre, sur la partie verte de son plumage, une légère teinte jaune, ou une teinte olivâtre. V Toutes les plumes qui couvrent ses oreilles, celles qui bordent la partie nue de ses joues, celles méême du dessous de la gorge, sont d'un brun qui approche du violet. Le devant du cou et la poitrine sont d'un gris brun ou d'un vert nuancé, suivant les incidences de la lumière. Les flancs, le ventre et les plumes des jambes présentent 4 b le vert le plus gai. Au bas des jambes, quelques plumes rouges forment une espèce de jarretière, qui les entoure, mais qui est plus large et plus apparente du côté intérieur. Douze pennes, dont toutes les pointes sont du méême bleu d'azur pale que les grandes plumes de Taile, et qui sont d'un rouge pourpré dans tout le reste de leur longueur, composent la queue de notre Ara. Ses pieds sont d'un brun terreux. La mandibule supérieure du bec est noire à sa base, et d'un brun de b corne vers la pointe; Finférieure est noire, ainsi que les ongles. Tignore la couleur de ses yeux, n'ayant vu que la dépouille de cet oiseau qui fait partie de la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris, et ne sachant pas même de quel canton de lAmérique il a été rapportè. D'’après la description que je viens de faire, le lecteur éprouvera Pembarras que j'éprouve moi-méême. II ne saura si le grand Ara mili- ' b taire forme réellement une espèce distincte; mais peut-étre sera-t-il porté à croire avec moi qu'il forme au moins avec'Ara militaire une b variété constante de race, dont l'existence méritoit d'ètre remarquée. En consultant les descriptions que les différens nomenclateurs nous donnent de l'Ara militaire, il est difficile d'assigner auquel de mes deux Aras on doit les rapporter; car elles sont tout à la fois si impar- faites et si obscures, qu'il est aisé de les rapporter non-seulement à celui des deux que l'on voudra, mais encore à beaucoup dautres b Perroquets. Nous laissons donc à ceux qui voudront en prendre la —— ————— peine le soin d'en faire Fapplication. ITs sont beau , SU. B l partie olivatre ui bordent la emte a gorge, somt et la poitrine incidences de es présentent duges forment plus large et tes les pointes » de Taile, et ur longueur, prun terreux. lun brun de gles. Yignore t oiseau qui le de Paris, été rapporté. r éprouvera nd Ara mili- ire sera-t-il militaire une e remarquée. Llateurs nous uel de mes ois si impar- seulement à up d'autres prendre la DES PERROOUETS. 17 1 —— L'ARA MACAVOUANNE. PLANCHE VIIT. D'un vert un peu rembruni en dessus; téte verte, mêlée de bleu foncé; gosier, gorge et partie supérieure de la poitrine roussatres; partie inférieure de la poitrine de couleur verte; ventre rouge. Psitaccus makawuanna; LINN. Perriche Ara; BuFFON. Perruche Ara de Cayenne; BARRKRE. Parrot Maccaw; LATHAN. L'ARA macavouanne est décrit par Buffon sous le nom de Perriche Ara; mais il suffit de considérer cet oiseau pour le rapporter à son véritable genre. Il est plus gros que les Perriches; il a la queue très- longue; il prononce arra, quoique d'une voix un peu rauque, et de plus il a de commun avec les Aras la peau nue, depuis les angles du bec jusqu'aux yeux. Tous ces rapports nous font un devoir de laisser à cet Ara le nom de macavouanne qu'il porte dans le Système de la nature de Linné, édition de Gmelin, et qui est celui que lui donnent les naturels de la Guiane. Au reste, si Buffon s'est trompé en assignant à cette espèce un nom et une place peu convenables, nous devons avouer que la description qu'il en fait est assez exacte, et que la figure qu'il en donne, n.“ 864 de ses planches enluminées, est une des moins mauvaises de ce recueil. L'Ara macavouanne a seize pouces, depuis le front jusqu'à la pointe de la queue, qui a huit pouces de longueur. L'aile a neuf pouces, et s'étend, dans les temps de repos, jusqu'au milieu de la queue, qui est très-étagée. Elle est au-dessus d'un vert jaundtre, nuancé de brun, et au-dessous, d'un jaune luisant, un peu terni par une nuance de brun olivatre. Le dessus de la téête est d'un bleu qui se dégrade insen- siblement en vert, à mesure qu'il descend sur le derrière du cou, qui est entiéèrement de cette couleur, de même que le dos, le croupion, les flancs, les petites et grandes couvertures des ailes, les plumes des ailes et les couvertures du dessus de la queue. Mais il faut observer que ce vert prend différentes teintes de jaune ou de brun olivâtre, 0 0. 5 0.. suivant que le jour frappe plus ou moins obliquement sur l'oiseau. 5 18 HISTOIRE NAITUR EL L E Le lecteur trouvera peut-être un peu de monotonie dans la descrip- tion détaillée que je crois devoir faire de chaque espèce; mais s'il veut bien penser que les descriptions minutieusement exactes peuvent seules servir de base solide à la science, il trouvera que c'est avec raison que je les rédige ainsi. L'Ara macavouanne a la gorge, le cou et la poitrine d'un bleu verdâtre, fortement imprégné d'une teinte rousstre. Le bas ventre est d'un rouge brun, couleur qui se montre bien foiblement sur les plumes du bas des jambes, et qu'on a trop fait ressortir dans la figure de Buffon que j'ai citée. Toutes les couvertures du dessous de P'aile sont d'un vert jaundtre. Les plus petites offrent un mélange de bleu. Dans celles du dessous de la queue, cette dernière teinte est un peu plus marquée, mais on y distingue une forte nuance de jaune olivtre. La côte des pennes des ailes et de la queue est noire en-dessus et blanche en-dessous. Le bec est d'un noir de corne, ainsi que les ongles et les écailles des tarses et des doigts. La peau nue des joues, qui embrasse les mandibules supérieure et inférieure, est d'un beau blanc. Fobserverai ici, pour plus d'exactitude, que la mandibule supérieure de cet Ara est aplatie dans son arrêt; qu'on y remarque un léger sillon vers la base, et que la mandibule inférieure est absolument plate par devant, caractère qu'aucun ornithologiste n'avoit encore remarqué. Gmelin, dans son édition du Systéème de la nature de Linnæus, donne pour caractère spécifique à PAra macavouanne un croupion d'un rouge brun. C'est peut-étre une faute d'impression; peut-tre aussi ce naturaliste comprend-il labdomen et le croupion sous la môéme dénomination. Quoi qu'il en soit, on sent combien ces méê- prises, quoique légères, sont funestes à la science, par lincertitude où elles nous laissent sur la détermination exacte des espèces, et par le danger auquel elles exposent les nomenclateurs de les multi- plier sans nécessité. — ſͤͤhͤͤͤöͤͤͤſͤſͤſͤſͤſͤſſ——* —————————,,—————“ ———,——— 3 a descrip mais s'll s peuvent c'est avec lun bleu dàs ventre at sur les la figure jaundtre. u dessous mais on es pennes 1-dessous. 8 écailles Prasse les périeure ger sillon plate par arqué. linnæus, croupion beut-6tre sous la ces mé- ertitude bces, et s multi- DES PERROOUETsS. 19 ———:—— ⸗——V+ ℳéòêòõ U—N—öêÿ—ÿß êòêęõéöꝛ/—ß—ͤö——9é—öäö——üvö———————Vj—————44ß4j L'A RA MARACANA MALE Dr,, No n t L'ARA MARACAMNA FEMELLF. PELINACEE 1 X. Front ceint d'un bandeau étroit de couleur marron pourpré; iris couleur d'or; joues nues; quelques lignes plumeuses sur la membrane qui les recouvre. Psitaccus severus; LINN. Ara vert, BUFFON. Ara brasiliensis viridis, BRISs. Ara brasiliensis erythrochloris; id. Brasilian green Maccaw; Epw. Nops conservons à cette espèce le nom de maracana qu'elle porte au Brésil, où elle habite, ainsi que dans toute la Guiane, et que lui donnent les anciens ornithologistes. Brisson en a fait une description très-exacte, d'abord sous le nom d'Ara vert du Brésil, ensuite sous celui d'Ara vert et rouge du Brésil. Buffon Ta aussi décrite avec soin sous le nom d'Ara vert; mais il la confond encore avec l'espèce d'Ara vert dont nous avons parlé sous le nom dAra militaire. Déjà nous avons relevé cette méprise, et nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit à cet égard, pour ne pas le répéter ici. LAra maracana est caractérisé par un bandeau étroit et de couleur marron pourpré, qui lui ceint le front. II a aussi, de chaque còté de la mandibule inférieure, une bande de la méème couleur, qui la borde en forme de mentonnière; ce caractère, que Brisson a très- bien saisi, n'a été que foiblement indiqué par Buffon. Ce dernier, au reste, s'est beaucoup étendu sur les habitudes domestiques d'un individu de cette espèce qu'il a eu vivant. Il nous parle de son antipathie pour les enfans; de la manière dont il étend les ailes et du cri désagréable qu'il jette quand on lui gratte légère- ment le dos; de son penchant à la jalousie; de son omnivoracité. II ——————— Gn —44j—— —ᷓ 8 8 2 „ * 1 E 4 2. 7— 4,*——— — — 20 HISTOIRE NAIURELLE peint fort bien, à son occasion, la manière dont tous les Perroquets en général se servent habituellement de leur bec et de leurs Pattés pour grimper et descendre. L'Ara maracana est un peu plus grand que le macavouanne. Le male a dix-huit à dix-neuf pouces de longueur totale, et sa queue a Près d'un pied de long. Elle est composée, ainsi que celle de tous les Aras, de douze pennes très-étagées, et les ailes, ployées, s'étendent jusqu'au tiers de sa longueur. Le sommet de la tête est d'un beau bleu, qui, suivant les divers aspects, prend un ton verdatre. Peu à peu ce dernier ton devient plus fort, de telle sorte que le cou de l'oiseau, les sca- pulaires, les couvertures supérieures des ailes, le dos, le croupion et les couvertures supérieures de la queue, sont d'un vert décidé; mais ce vert prend une teinte jaunâtre, fort brillante, ou une teinte de vert bruni, suivant les incidences de la lumière. La poitrine est d'un vert nuancé de bleu, et tout le reste du dessous du corps est du méme vert que le dos. La peau nue qui recouvre les joues est blanche, avec quelques petites rangées de petites plumes noires, peu apparentes. Sur le bas des jambes, quelques plumes forment une jarretière rouge. b Les treize premières pennes de Taile sont d'un beau bleu d'outre- mer, et présentent à leur pointe et dans leurs barbes intérieures une petite bordure noire: les dernières sont en partie vertes, bleues et noires; mais le vert seul y paroit quand T'aile est ployée. Les deux pennes intermédiaires et les pennes latérales de la queue sont bleues à leur pointe et d'un brun rouge dans le milieu, en suivant la côte dans toute sa longueur, pendant que leurs bords extérieurs sont verts. La doublure des pennes des ailes et de la queue est d'un rouge bruni, qui, suivant les différens aspects, prend une teinte d'un rouge plus ou moins pur. Un rouge de vermillon revét toutes les petites couvertures du dessous de P'aile. Celles qui sont plus près du corps ont une couleur verte. Le bec est d'un noir de corne, ainsi que les ongles, les écailles des doigts et les tarses. L'oœil est d'un jaune d'or. La femelle est un peu plus petite que le mâle. La bordure rouge du front n'est pas en elle aussi apparente. Elle n'a pas de jarretière rouge, et ses couleurs sont généralement moins vives. Il paroit que c'est d'après un individu femelle que Brisson et Buffon ont décrit cette espèce. Le dernier s'est trompé en donnant à son front une couleur noire. Jai examiné treize individus males et neuf femelles, et aucun d'eux n'avoit un bandeau noir. Il est vrai que ce bandeau erroquets ies pattes Le male de a près les Kras, jusqu'au leu, qui, e dernier 3 les SCa- dupion et dé; mais teinte de est d'un s est du oues est res, peu ent une d'outre- érieures „bleues es deux nt bleues t la côte zurs sont un rouge in rouge 3 petites lu corps que les ne d'or. e rouge grretière roit que nt décrit ont uneé lemelles— pandeau DES PERROOQOUEIS. 21 parott quelquefois noir, suivant les incidences de la lumière, et c'est la, sans doute, ce qui aura produit l'erreur de Buffon. Ce naturaliste, d'ailleurs, n'a jamais attaché une grande importance à T'exactitude minutieuse des descriptions. Cette exactitude lui sembloit trop incom- patible avec l'élégance du style. L'Ara maracana est très-commun dans toute la Guiane. On en voit là des troupes innombrables qui se jettent sur les plantations à café, où ces oiseaux, friands de la pulpe de ce fruit, quand il est mur, causent un grand dégât. Un de mes amis, M. de Baize, nouvellement arrivé de Surinam, m'a assuré qu'il en avoit vu par milliers, et tué quelquefois jusqu'à cinquante dans un jour. On en fait d'excellentes soupes, et les petits sont très-délicats, rôtis. Ce que dit Buffon, relativement à la rareté de cette espèce à la Guiane, doit se rapporter à celle du grand Ara vert, ou Ara militaire, avec laquelle il a confondue mal à propos. Il est probable, au reste, que PAra maracana est aussi commun à Cayenne qu'à Surinam, puis- qu'il n'y a que soixante lieues de distance d'une de ces colonies à lautre, et qu'elles ont les mômes productions. Les deux individus, male et femelle, dont je donne la figure, planches n.“ 8 et 9, font partie de ma collection. ₰ * 1 . N 2 2* 9. ö — f * II 3 * 3 . 5 * * 4 4 † * 5 4 * f 4 . — 1 4 . . 3 7 4 F 1 1 4. . ——. ———:—— 22 HISTOIRE NATITURELIL E BVNAᷓAAAAAAAA‚AꝗGQ — n* LARA MARACANA TAPIRE. INDIVIDU INFIRME DE L'ESPECE PRECEDENTE. EA NOAE I Jar Possédé vivant chez moi, pendant respace de deux ans, l'indi- vidu qui fait le sujet de cet article, et qui appartient à l'espèce du Maracana. Lorsque j'en fis lacquisition, il ne différoit en rien de tous les individus de cette espèce; mais je remarquai qu'à chacune de ses mues il lui poussoit quelques plumes rouges dans différentes parties 9. 9* 5*... du corps, où'on n'en voit point ordinairement dans les Maracanas 8.„.„.. communs. Cet oiseau étoit fortement attaqué de la poitrine, et respi- im roit très-difficilement. Il mourut enfin au bout de deux ans, ayant pris 4 4 à chaque mue un plus grand nombre de plumes rouges, de manière 9 5⸗ 7 qu'il est probable que, s'il eũt vécu quelques années de plus, il en auroit toujours pris davantage. Cette obs strui 3 ervation détruit un peu, je pense, la prévention des naturalistes qui pensent que les Perroquets ainsi tachetés le sont Par un procédé particulier, imaginé par les sauvages, et qui consiste, assure-t-on, à arracher les plumes de l'oiseau, et à frotter celles qui 1 commencent à pousser avec le sang d'une espèce de raine qui est commune à la Guiane(la raine d tapirer). Si ce procédé ir li 3 P peut avoir lieu, ce que Jje ne crois pas, il est certain, 4. 1 Mena que plusieurs Perroquets se tapirent naturellement et sans le moindre procédé 1 is bi p. é de T'art. Je sais bien que le sang d'un animal quelconque, ainsi que toute autre matière, Peut teindre plus ou moins fortement un iffẽ virt e plume en rouge ou en une couleur différente; mais je oute que par so- 1 4 par son action une plume qui de sa nature devroit Gtre verte, devienne ou jaune, ou rouge, ou blanche. Jai beaucoup examiné d b 6„„ Taih p 4 e ces Perroquets tapirés, ou variés de ifférentes couleurs, et j'ai 1— n6 indivi Uiterente en 1s, Lsanus en général que ces individus étoient malades: j'ai remarqué de pl 1 d'autres oulerns ue cell 14 1 eean aar dlendiem dde es dont i 1 je q s avoient déjaà quelque nuance dans leur plumagç— E. DENTE Is, rindi- espèce du en de tous une de ges tes parties Maracanas vet respi- zyant pris manière us, il en ation des le sont consiste, celles qui le qui est t certain, nt et sanls n animal ou moins ; mais je roit tre rariés de mndividus nt jamais 6 nuance ndrés de DES PERROQOUETS. 25 Guinée, tapires plus ou moins en rouge, et qui tous T'étoient devenus naturellement; il ne m'a jamais été possible d'en voir de tapirés d'une autre couleur. Ce Perroquet, qui est gris, a, comme on sait, la queue rouge. Jai vu aussi beaucoup de Perroquets amazones, tapirès en rouge; d'autres, en jaune, et quelques-uns, en rouge et en jaune. Ces Perro- 8 quets, dans leur état naturel, ont le front jaune, et du rouge aux ailes. 8 A ces observations, dont je garantis Pexactitude, il faut ajouter que, sur près de cent Perroquets vivans que j'ai vus, et qui tous étoient plus ou moins tapirés, plus des trois quarts étoient des oiseaux malades, et que ceux qui étoient le plus tapirés étoient ceux qui se portoient le plus mal. V Il est donc certain que ces variations peuvent être produites par la nature, et qu'il n'est pas nécessaire de recourir aux effets de l'art pour les expliquer. Voici comment j'imagine que l'état de maladie produit ces variations. Un oiseau quelconque(je dis quelconque, parce que tous les oiseaux en général sont, de même que les Perroquets, sujets à étre variés de différentes couleurs), un oiseau donc à plumage varié, doit nécessai- rement étre organisé de manière à ce qu'il y ait en lui une sécrétion des diverses substances destinées à former les différentes couleurs de son plumage: or, chacune de ces substances doit avoir un cours particulier, qui la fasse aboutir à Pendroit du corps ouù elle doit produire les plumes qui lui sont propres. Mais lorsqu'il survient un dérangement physique, une maladie, toute cette organisation inté- rieure doit s'en ressentir. Alors telle matière qui devoit former des plumes rouges, par exemple, ne suit plus son cours ordinaire, et reflue dans une autre partie du corps.('est ainsi que chez les hommes, lorsque la bile prend un cours différent de celui qui lui est propre, elle se mêle avec le sang, et donne une couleur jaune à toute la peau. Quant au procédé de tapirer les Perroquets par art, je pense que ..—·* 3 4 2 ⸗.—. c'est une erreur; du moins je ne crois pas, ainsi que je l'ai déjà dit, qu'il soit possible de faire pousser une plume de telle couleur, quand elle auroit naturellement dũ éêtre d'une autre. Il est sans doute pos- sible de la teindre pour plus ou moins de temps. II est plus facile encore de changer la teinte d'une plume; par exemple, de rendre jaune une plume rouge, planche une plume jaune, et brune une plume noire. II suffit, pour cela, de l'exposer plus ou moins à une forte fumigation de soufre, ou à la vapeur d'un acide. On peut, de 24 HISTOIRE NATURELL E b cette manière, varier à l'infini le plumage des oiseaux, et c'est là ce qu'on s'est permis trop souvent pour le malheur de la science. On peut voir au Muséum d'histoire naturelle de Paris tous les — anciens oiseaux de cette collection, décolorés par les fumigations G b sulfureuses auxquelles on les soumettoit autrefois pour les garantir des ¹ b insectes, et dont heureusement on ne fait plus usage aujourd'hui. Ces fumigations produisent un effet singulier sur les couleurs brillantes des colibris et des oiseaux-mouches: la fumée du soufre leur donne Féclat metallique de'or. Mais il ne faut pas trop répéter cette expéè- rience, si on veut conserver les plumes de ces oiseaux, que des V fumigations réitérées finissent par charbonner et corroder. 66 Au reste, comme les essences produisent à peu près les mèêmes V effets, il est presque impossible de voir ces brillans oiseaux dans leur n parure naturelle. De là des variations, des contradictions éternelles, parmi ceux qui décrivent le même oiseau; de laà aussi une perfide b V facilité de multiplier les descriptions fautives et de décrire des espèces V qui n'existent pas. b I D'après toutes nos recherches, nous ne voyons absolument que six espèces bien distinctes d'Aras qui nous soient connues et qui appar- G tiennent au nouveau continent. Il est cependant probable que dans une aussi vaste étendue de pays, ouù les Européens n'ont pu pénétrer encore, il existe dautres Perroquets de ce genre; mais je me suis 1 fait une loi de ne décrire que les espèces que j'ai vues, et dont par b conséquent Pexistence ne peut être douteuse, évitant de copier dans ' les autres naturalistes les Perroquets suspects, qui ne sont encore 4 connus que par our-dire. 1 b 1 Delaét a fait mention, dans sa Description des Indes orientales, d'un Ara noir de la Guiane, dont le plumage a des reflets verts, et qui a le bec rouge et les pieds jaunes. Il habite, dit-il, les terres ’ incultes, et se tient sur les montagnes stériles. Cette description convient à IAni ou Bout de Petun, qu'un ornithologiste aussi peu 8 V exercé que Delaét a bien pu prendre pour un Ara. Il a, en effet, les joues nues, quatre doigts, dont deux devant et deux derrière, 8 et de plus la mandibule supérieure surmontée d'une créte qui lui 1 G donne Tapparence d'un bec de Perroquet; mais les Perroquets, qui 4 se nourrissent de fruits, ne se retirent pas sur les rochers, sur les terres incultes. Quant aux pieds jaunes et au bec rouge que l'on 4 prête à ce prétendu Ara noir, on peut avoir peint ces parties dans 8 rindividu qu'aura vu Delaét, comme cela n'arrive que trop souvent BI ——————— vest n ce Ce. tous les nigations antir des Lhui. CEs brillantes ur donne tte expé- que des 8 mêmes lans leur ternelles, e perfide s espoèces t que six 1 appar- lue dans pénétrer me suis dont par Bier dans at encore rientales, verts, et es terres scription ussi peu- en effet, Jerrière 3 — qui lui nets, qui „sur les que Ton ties dans „souvent / DES PERROOUETS. 25 dans tous les cabinets où les préparateurs ont la mauvaise habitude de colorer, sans aucune raison, toutes les parties dénuées de plumes.“ Rien n'est donc moins certain que Pexistence de cet Ara noir, à reflet vert, dont tous les méthodistes ont fait mention d'après Delaét, et qu'aucun d'eux n'a vu en nature. Il en est peut- ètre de méèême d'un Ara africain, dont parle Hasselquitz; que Gmelin et Lathan ont décrit sous le nom dAra obscur(Psitacous obscurus), et que ni l'un ni l'autre n'ont vu. Je n'ai jamais rencontré d'Ara dans les diverses parties de lAfrique que j'ai parcourues, et je n'en ai vu dans aucun cabinet qui fút originaire de ces contrées. LAra varié des Moluques, rapporté par Brisson d'après Seba, n'est point un Ara. Il n'’a aucun des caractères qui constituent ce genre. ² Au reste, toutes les descriptions de ce compilateur sont tellement fautives, et les figures d'oiseaux qu'il a publiées sont si mauvaises, qu'il est impossible de les consulter sans danger. (1) Je puis même citer à cet égard les planches enluminées de Buffon, ou, dans la figure du grand Bout de Petun, on a peint en rouge la partie nue de la joue de cet oiseau, tandis qu'il l'a noire dans son état naturel. (2) Voyez Seba, vol. 1.*⸗, page 63, pl. 38, fig. 4. Cette figure représente un Lori, et non un Ara. — 4—— 4 4 4 T„ 4 d. 1 *. 8 8— 7 N ☛ 1 1 F 8 4 8 4 4— 8 1 1 7 8 4. 1 —— 4 1 2 9 S—— 8— 3 3/. 4 1— 8 7—“. 13.. 44§* 4 G&☛*——— 8ſ e—*„ 4 Q A32— 5 8 f 2 3 2— 4 A.——— 2 4 1 3. 2— 8 4 W. 4—. 2 2— S 4 4— 1.—ͤͤͤ 4—y—. 5 2 4—* 4 3——————-————ä44—— *** 2*——————*...—— —*————————————————. 4——————— ———.—.— n.————— er ereeufeer ree— 3 4 4 2 4.. 4.—————————— ———————————————————————. 8———*————— ——————————-—————————ᷓ’ö——.————————— 4———— ———.—.——————õ——õ—õ—ʒ———————Q—ÿ——————————— —————— 4——*———————————-—————-—— 8————.-—————— —————————** — ——““—— 26 HISTOIREFE NAITURELL E AN LESARASZ DE L'ANCIEN CONTINENT. La nature, qui a paré si magnifiquement les Aras du nouveau monde, semble avoir oublié de parer ceux de l'ancien continent; mais en ne leur donnant qu'un vêtement simple et uniforme, elle les a doués d'un organe particulier, qui les distingue d'une manière remarquable; de sorte que, si Péclat du plumage et l'élégance des formes sont l'apa- nage des premiers, les derniers s'en trouvent amplement dédommagés par une organisation plus compliquée, plus soignée, qui, ajoutant à leurs moyens physiques, doit nécessairement aussi ajouter à l'étendue de leur instinct. b Les deux seules espèces d-Aras des Indes que nous connoissions, n'ont de rapport avec les Aras de PAmérique que celui de la nudité des joues; et c'est ce rapport qui nous a déterminés à les laisser parmi ces oiseaux, puisque c'est ce caractère qui distingue principalement ces Perroquets aux yeux des naturalistes. Nous avouons cependant que, les Aras du nouveau et de l'ancien monde différant par tous leurs autres attributs, il conviendroit peut- étre de faire des derniers un genre nouveau, dont il est probable que nous connoitrons par la suite d'autres espèces analogues. b Ces deux Aras sont remarquables par une espèce de trompe, avec laquelle ils saisissent leur nourriture, à Pinstar de l'éléphant. Cette trompe, qui remplace la langue, est organisée de manière que T'oiseau a la faculté de la pousser assez loin hors du bec pour saisir avec son extrémité antérieure tout ce qui sert à sa nourriture. Les mandibules dont il est pourvu servent à préserver la trompe, qui y reste enfermée dans les momens de repos. Elles servent aussi à briser par petites parcelles les objets que la trompe doit saisir. La mandibule supérieure est d'une force et d'une grandeur remar- quables: elle est solide; et Ton y remarque deux fortes dentelures qui festonnent largement les bords. L'inférieure est très-courte, mais d'une largeur considérable; et par sa forme elle a quelque analogie avec la lévre inférieure de T'éléphant. Le bout de cette mandibule est arrondi 1 I 3 N 1 * lais en ne 5 à doueés arquable vont Tapa- lommagés joutant à Tétendue noissions, la nudité der parmi palement ependant ous leurs niers un ar la suite npe, avec nt. Cette e Toiseau avec son undibules enfermée r petites r remar- lures qui ais Gune ie avec la arrondi; DES PERROOUET S. 27 et ses bords sont profondément échancrés; de telle sorte que, ne pouvant s'appliquer par ses tranchans à ceux de la mandibule supéè- rieure, le bec ne peut se fermer hermétiquement, comme celui des autres Perroquets. Voyez notre planche XI, oùð nous avons donné la figure d'un de ces Aras ayant son bec fermé. La trompe, qui est charnue, est arrondie et d'une couleur rouge jusqu'à son extrémité, où elle se termine par un bout noir, qui a la forme d'un gland creusé à sa pointe. Ce bout m'a paru d'une nature solide, parce que, conservant toujours la mème étendue, j'ai très-bien observé qu'il n'étoit par lui-méême susceptible d'aucun mouvement spontané, tandis que T'oiseau avoit la faculté d'allonger ou de raccourcir à son gré, par une sorte de contraction, toute la partie postérieure de la trompe, sans étre obligé de la Ployert ou de la rouler sur elle-mêème. La singularité de cet organe m'a porté à en observer attentivement les fonctions. Pai remarqué que les Aras à trompe prennent leur nourriture d'une manière qui leur est particulière, et par un méca- nisme tout-à-fait singulier. Dans l'éléphant la trompe, se trouvant au-dessus de la bouche, et pouvant d'ailleurs se rouler et se ployer en tout sens, peut facilement aboutir là ou il plait à lanimal: dans notre Ara, au contraire, la trompe étant placée dans le bec, et rem- placant la langue, dont elle ne peut pas même faire l'office; n'ayant de plus ni la faculté de se ployer ni celle de se rouler; on concçoit qu'il est impossible qu'elle porte dans l'œsophage, au-devant duquel elle est posée, ce qu'elle tient à son extrémité extérieure. La nature a prévu cette diffi- culté, et Ta surmontée en placant sur le palais de l'oiseau une petite saillie, qui sert à détacher du bout de la trompe ce qui sy trouve engagé. Lorsque l'oiseau veut donc prendre sa nourriture, il commence, ainsi que je Tai dit, par la réduire en petits morceaux, en la découpant ou en la brisant, suivant sa nature, par le moyen de ses mandibules. Allongeant ensuite la trompe, il la promène et en appuye le bout à plusieurs reprises sur les alimens qu'il a préparés. Dès qu'une par- celle s'est engagée dans le petit vide que l'on remarque à l'extrémité de cet organe, il retire aussitét sa trompe dans le bec, en la raccour- cissant le plus possible: puis, la repoussant au dehors, il a soin de la faire glisser contre le palais, dont la saillie détache sans peine la parcelle de nourriture, et la fait tomber directement dans le gosier. Le gosier a son entrée absolument au-dessous de la saillie du palais; et cette entrée, se trouvant taillée à la base de la trompe même, sagrandit nécessairement à mesure que celle-ci s'allonge * — **. 44 8 * 2 ₰ 2 — — ——————— 8 HISTOIRE NATURERLLE Jai dit plus haut que le bout de la trompe est formé d'une substance solide, et qu'il n'est susceptible d'aucun mouvement qui lui soit propré. Ce qui m'en a persuadé, c'est que j'ai vu plusieurs fois la portion de b nourriture qui sy étoit engagée s'en détacher avant que la trompe ne füt rentrée dans le bec. II m'a paru que, si Poiseau avoit eu la faculté d'ouvrir et de comprimer cette partie de sa trompe, il auroit saisi les corps plus adroitement, sans éêtre obligé d'appuyer à plusieurs reprises sur les morceaux, pour en enlever machinalement quelqu'un au moyen du vide pratiqué à son extrémité. Jai observé aussi quelquefois que le morceau qui s'étoit engagé au bout de la trompe, se détachant tout seul, avant qu'il ne le füt par le contact de la petite saillie du palais, tomboit dans le bec; ce qui obligeoit l'oiseau de baisser soudain la téte et de la secouer, pour le faire retomber par terre et le reprendre ensuite à la manieère accou- tumée. Cette observation m'a prouvéè que la trompe ne peut tenir lieu de langue à cet oiseau, ni en faire J'office. Elle ne peut non plus lui servir à modifier sa voix. Tous les sons qu'il émet partent directement du gosier, ce qui les rend mono- tones et désagréables. Loiseau ne pousse de temps à autre qu'un croassement rauque, que nous pouvons imiter facilement en ouvrant fortement la bouche, et prononçant de la gorge le mot ghrrãa. Jai tenté vainement pendant deux mois de faire articuler à un de ces Aras à trompe quelques mots faciles, comme Ara, oui, Jaco, ete.; il n'a jamais paru porter la moindre attention à mes lecons. Différent en cela des autres Perroquets, qui tous marquent plus ou moins de satisfaction quand on leur parle, ou mèême quand on les regarde, celui-ci est grave, dédaigneux, et semble se soucier peu d'ètre caressé. Tous ceux de ces Aras que j'ai vus n'ont donné à leur mattre aucune marque d'attachement ni de prédilection. Une très-grosse téte, surmontée d'une belle huppe mobile, et armée d'un bec formidable, qui est toujours ouvert; un corps massif et des mouvemens lourds; une trompe qu'on voit toujours en mou- vement, soit qu'elle porte ou non la nourriture; tous ces caractères réunis donnent à ces oiseaux une physionomie étrangère, qui contraste non-seulement avec celle de tous les autres Aras, mais encore avec celle de tous les Perroquets connus. Un autre caractère qui leur est propre, c'est d'avoir une partie de la jambe dénuée de plumes, comme les oiseaux de rivage. Du reste, ils ont les doigts posés deux par devant et deux par derrière, comme mière accou- eut tenir lieu ous les sons end mono- nutre qu'un en ouvrant hrrda. ler à un de Naco, etc.; as. Différent zu moins de les regarde, dtre caressé. aitre aucune mobile, et corps massif urs en mou- s caractères ui contraste ne partié de e. Du resté; ère, eomme DES PERROOCURr S. 29 tous les scansores ou grimpeurs. Leur tarse est très-court et plat à la partie postérieure. Ils s'appuient aussi sur cette partie en marchant. Comme tous les oiseaux du méême ordre, ils s'aident de leur bec pour grimper; mais je ne les ai jamais vus se servir de leurs pieds pour saisir les objets et les porter à leur bec. Jai eu le plaisir de voir deux de ces oiseaux au Cap de Bonne- Espérance, où ils furent apportés vivans par un conseiller de Batavia. Lun étoit gris, et Tautre noir. Jen ai vu un autre, gris, également vivant, chez mon ami, M. Temminck; et enfin un quatrième, noir, chez M. Bœrs, bailli d'Huserswonde, Che⸗ qui je suis resté fort long- temps, dans la vue d'observer avec plus de soin une espèce si remar- quable. Jaurois vivement désiré que M. Beers fit le sacrifice de son Ara aux progrès de la science, et qu'il me permit d'en examiner les parties intérieures, qui devoient nécessairement offrir une organisation particulière; mais il me fut impossible de l'obtenir. Plusieurs fois j'ai essayé de saisir la trompe de cet oiseau, pour observer de plus près sa structure, en lui tenant le bec ouvert; mais il avoit une si grande force dans cette partie, qu'il n'eùt pas été sage à moi de pousser trop loin mon indiscrétion, et de vouloir m'instruire plus amplement à son égard. Trois autres de ces Aras, que j'ai vus empaillés dans différens cabinets, ne m'ont offert aucune ressource d'instruction. Toutes les parties charnues, la trompe elle-méême, ne sy trouvoient plus. Il ne nous reste donc qu'à décrire le plumage de nos deux Aras à trompe, que nous distinguerons par leurs couleurs. Nous avons cru utile de donner une téte de ces oiseaux de grandeur naturelle, ainsi qu'un de leurs pieds. Le lecteur peut consulter à cet égard notre planche XIII, qui lui donnera T'idée la plus nette de la conformation particulière de la trompe, Par laquelle ces espèces se distinguent. 30 HISTOIRE NAITURELLE A L'ARA GRIS, A TROMPE. Pr e won n IL. Plumage gris cendré; une trompe au lieu de langue; mandibule supérieure arquée, et de moitié plus longue que l'inférieure; peau nue sur les joues, de couleur rouge; une huppe de longues plumes effilées. Cur oiseau a le corps aussi gros que celui des plus grands Aras de 'Amérique; mais sa téête est proportionnellement plus grosse, et son bec beaucoup plus robuste. La mandibule supérieure a près de cinq pouces de long, en suivant sa courbure, et quatre, en prenant le coude de son arc. Son épaisseur à sa base est de près de deux pouces, et elle se termine, en diminuant insensiblement, par une pointe troͤs- acérée. Linférieure, qui est beaucoup plus petite, n'atteint celle-ci qu'à peu près vers son milieu; de sorte que la première la cache en se courbant et en se prolongeant sur elle. La joue est couverte d'une peau nue, qui, s'étendant un peu au-dessus des yeux, s'avance sur les côtés jusqu'auprès des oreilles, et embrasse la mandibule inférieure dans toute sa largeur. Cette peau, dont la couleur est d'un rouge de chair vive, forme plusieurs plis vers la bouche, ouù elle est susceptible d'une grande extension, pour se préôter à son ouverture. La tôte est surmontée d'une belle huppe de longues plumes effilées, étroites, de deux lignes, et qui toutes se terminent en pointe. Elles sont imbriquées les unes sur les autres, de manière que les plus courtes sont sur le devant, et les plus longues par derrière. Celles-ci ont quatre pouces de longueur, et Toiseau a la faculté de les dresser toutes, plus ou moins; mais naturellement il les tient toujours levées, ce qui lui donne de la grâce. Son front est ceint d'un large bandeau, composé de petites plumes d'un gris foncé noiratre, après lesquelles commencent seulement celles de la huppe. Le reste du plumage est généralement d'un gris cendré, approchant beaucoup de celui du Perroquet gris de Guinée; mais cette couleur est plus foncée sur le dos, et plus foible sur le davant du corps, sur le ventre et sous les ailes. Les grandes pennes des ailes sont sur leurs barbes exterieures du meme gris que le dos, et noirâtres intérieure- ment. La queue, qui ne forme pas le tiers de la longueur totale . 1 3 4 4 . 3 ö 11 8 3 11 3 1 4 3 8 1 1 . 3 44 4 4 * . † 1 8 3 5 1 4 4 * 2— . * 1 4. 1— —. 2 8 — 2 3 G 8 4. 1 1 — 4 ₰ℳ 1 3 8 5 5 8 f 8 4 8 4 3 4 * 3 4— 5 —. . n 3 * -₰ ‧ſ 1 4 . 5* 3. „ 3 ** 1 1 ⁴ 2 84 5. 3 ¹ ½ 3 1 8 „ 3 n * . 4 2 3 8 † 8„ 1 4 8 —1 4 . „r 7 N X 8 1 8— 3 . . 4 1 * 8* 8 X 4 4 N 1 4ℳ 1 — 8 8. 6 — — 4 3 — 1 d 1 SA 3 1 . — 1 4 8 4 . 1 4 6 3 . . 8 7 1 2 5 * 4 * u. 1 4 1 ₰ 8 — 5* A* 4 1 * *—— ——— — 1———ä——— -E. zupérieure . s Joues, de ls Aras de se, et son es de cinq prenant le ux pouces, dointe tréès- it celle-ci cache en erte d'une vance sur inférieure rouge de usceptible es effilées, inte. Elles lus courtes ont quatre zutes, plus ce qui lui smpose de nmencent pprochant te couleur corps; sur sur leurs intérieuré- leur totale DES PERROOUEITS. 31 de Toiseau, est composée de douze pennes. Elle est large, et arrondie à son extrémité par l'effet des plumes latérales, qui sont un peu plus courtes que les intermédiaires, caractère très-différent de celui de la queue des Aras du nouveau monde. Le bec est noir, et les ongles sont de la même couleur. Les pieds sont d'un gris d'ardoise, et les yeux d'un brun rougedtre. Les ailes, ployées, s'étendent à peu près au milieu de la longueur de la queue. Jai remarqué que cet oiseau a la propriété singulière de ramener toutes les plumes des cétés de son cou jusqu'à ses yeux, et d'en cou- Vvrir toute la partie nue de ses joues; ce qu'iil ne manque jamais de faire quand il a froid. 2 — 4 9 4. —. 4 1 1 7. 4 4 2 . 8 8— 6 5. 1 N 8 1 4 4 88 4 4. V — 86 8 3 4 7 9 8—* 1 4 1 8 4— 4 2 ¹— 8 4 4 4„ 44, 3— 4 8 8 1—.— ⸗—88— 4. 8 7 ³ 4 1 8 8 1.——=—— .„— 3 4 4— 2 4. 4* 4 4 E—— 4 2 74. 77 12—.*— 1——— 4.* —————————y—— —.——.————.———*.. 8——— — 8———————** es—.——————— ———=„- R. 4. ⸗.——————.——— . 4—= 1————— 1—————————.—.———— —————— 1———...*——————— —————-———————————õ—õÿõÿõÿõÿõ—————õ—————— ͦ————————— —————————;òʃ⅔ꝛ:ꝛ-UUUUULUU;;ꝛ⸗——————————————————————— —————————————-——— 8 ———————-——.‚———————-—————ꝛꝛ̃üͤꝛꝛʒʒ———— — 2— ₰ 4 ———ÿxy—j——³ 3 ————— 32 HISTOIRE NATURLTIL.L ILL P —ͤnnn ——MOA' L'ARA NOIR, A TROMPE. PELANCH ES XI1 LA XII. Couleur d'un noir bleuâtre; ongles et bec noirs; une partie des jambes nue; mémes proportions que I'Ara gris, à trompe. — Kakatoès noir, Burrox. Grand Kakatoes noir, Epw. pl. 316, Glan. 3.“ part. (Anr Ara ne diffère de celui dont nous venons de parler que par sa couleur, qui est en général d'un noir bleuaâtre, approchant de celle de Tardoise, et dont la teinte devient plus ou moins claire, plus ou moins foncée, suivant les incidences de la lumière.('est sur les parties supérieures des ailes et de la queue que la couleur est plus noire. Le bec, les pieds et les ongles sont aussi d'un noir foncé; l'ris est d'un brun rougedtre, et la peau nue des joues d'un rouge de chair vive. Tous les autres attributs de cet Ara sont les mêmes que ceux de Ara gris, à trompe. Les figures exactes que nous donnons de ces deux oiseaux mettront le lecteur à même de juger de leur différence et de leur conformité. Ce sera à lui à déterminer, d'après ces figures, si nos deux Aras doivent étre compris dans la même espèce, ou s'ils forment réellement deux espéôces distinctes et séparées. Il seroit possible de les regarder comme de simples variétés d'àge ou de sexe, et je serois presque tenté de croire que celui dont le plumage est noir, est le male, et celui dont le plumage est gris, la femelle. Jai remarqué dans tous les traits de l'un cet air plus fier, plus menacant, plus male enfin, tandis que l'autre m'a paru doué d'un caractère plus doux, et offrir des traits plus efféminés. D'un autre côté, je suis forcé de convenir que mon avis à cet égard ne peut être encore envisagé que comme une conjecture. Pour asseoir un jugement certain, il faudroit se convaincre du sexe des individus par la dissection, et je n'ai pu m'en assurer par ce moyen. La personne qui avoit apporté au Cap les deux individus que j'ai vus vivans, m'a certifié que ces deux oiseaux sont considérés à Batavia comme deux espèces séparées, dont Tun se nomme swarte Kahatoe(Kakatou noir), et Tautre, grawe Kakatoe(Kakatou gris). II s'agiroit de savoir jusqu'à quel point cette assertion peut éêtre fondée, et si elle P'est sur quelques observations exactes. Un voyageur instruit levera tét ou tard nos doutes sur cet objet. ) n. 3.* part. r que par sa nt de celle üre, plus ou ur les parties lus noire. Le iris est d'un chair vive. ſue ceux de nons de ces r différence ces ſigures, bce, ou S'ils ariétés ddge Jui dont le est gris, la ir plus fier, zu doué d'un sà cet égard Pour asseolr es individus La personnè vivans, I omme deux katou noir), avoir jusquà zur quelques d nos doutes DES PERROOUETS. 33 On voit à Amsterdam, dans la collection de M. J. Temminck, un très-bel individu de l'espèce de l'Ara noir, à trompe. Il y en a un autre, semblable, dans le Muséum d'histoire naturelle de Paris. Quant au gris, nous ne l'avons vu encore dans aucun cabinet, et aucun auteur n'en a fait mention jusqu'à présent. LAra noir à trompe a été décrit, à ce que nous croyons, par Edwards, dans ses Glanures, sous le nom de grand Kakatou noir. A la vérité ce naturaliste ne fait aucune mention des principaux caractères de cet oiseau, et la figure qu'il en donne, planche 316, est défectueuse, quant à la forme de la huppe, dont les plumes sont mal à propos recourbées en l'air; mais Edwards n'avoit pas vu l'oiseau en nature, et sa description n'a été faite que daprès un mauvais dessin qui lui fut envoyé de Ceylan, pays où les artistes ne regardent pas de fort près aux caractères génériques. b Buffon en a aussi fait mention d'après Edwards, et la, comme lui, nommé Kakatoès noir, sans lui assigner dautre caractère que celui d'avoir les joues nues. Il nous semble que ce caractère-laà mèême auroit ddâ déterminer Buffon à ranger cet oiseau parmi les Aras. En effet, il ne tient au Kakatoès que par la huppe, caractère fort équi- voque, puisqu'il n'y a pas de genres connus qui n'offrent des espèces huppées et d'autres qui ne le sont pas; dans plusieurs espèces méême des individus naissent huppés, et d'autres sans huppe. Nous avons déjà exposé notre opinion relativement à la place qu'on doit assigner aux oiseaux que nous décrivons en ce moment. Ce ne sont précisément ni des Aras ni des Kakatoès: ils forment un genre intermédiaire, et parfaitement distinct des deux autres, quant aux formes. Ils doivent aussi avoir des mœurs et des habitudes entièrement différentes. Nous avons donné, planche XIII, la téte de grandeur naturelle d'un de ces Perroquets. On peut y remarquer la forme et la position de la trompe dans les momens de repos, et saisir tous les caractères et la forme du bec. On verra, dans la même planche, un des pieds de cet oiseau, ouù se distingue un caractère essentiel, la nudité d'une partie des jambes. Nous ne serions pas étonnés que quelque métho- diste ne se déterminât, d'après ce dernier caractère, à placer ces Perroquets parmi les échassiers. 34 HISTOIRE NATURELL E LES PERRUCHES ARAS. Noos avons montré précédemment que Buffon avoit eu tort de donner au petit Ara macavouane le nom de Perruche Ara. Sans rappeler ici les motifs qui nous ont engagés, à exemple de Linnæus, à ranger parmi les Aras une espèce qui n'auroit pas dú en étre séparée, nous observeröns seulement que nous avons cru devoir appliquer la dénomination de Perruches Aras à des espèces qui sem- blent faire la nuance entre les Aras et les Perruches. Les Perruches Aras ont plusieurs caractères qui les rapprochent singulièérement des Aras proprement dits. Elles ont, comme eux, le front élevé; la téête aplatie par dessus; la queue longue, pointue, b étagée graduellement, et plus longue que le corps. Ces caractères appartiennent, à la vérité, à beaucoup de Perruches que nous dis- N „ 4 88 ☛ tinguerons par la forme de la queue; mais il ny a que les Perruches Aras qui aient une certaine portion de la joue dénuée de plumes. — — 4 8 8 — 1 4— 2 4 7241- r 3— 83„.— 1 1— ☚*—— 1—.. 44 2— L 2———. A 4..— 6 A 1 7— 2 2 4 K 5* 1 1 7 1 1 4 4 „ 2 2————————————44— r. 2———— 8oöoöoöoööoöoſb“— ͤ ZZ— bue Seene u———.———— ———— 4——— 8——— 4—„———— B 44 4 2— 1—.„ 2—— 2— ——————————————————— 2———————-———— ——————————x————————————————————.— 1 1 -—— -————— — 4—,*.— ——— 5 ————— —;:’x—————— —————— ——. ——— —;ꝛꝛñõꝛõ;ñõñ—ͤ—— —— —,“— — A§. eu tort de le Linnæus ) du en dtre cru devoir es qui sem- rapprochent ume eux, le „ pointue, caractères nous dis- Perruches e plumes. DES PERROOUETS. 35 AIAA ———-—— ſ⸗ðℳ₰N G—ℳé— ℳzKꝛqꝛòV———êõłuVv9———— V—————ℳ;ũN—bnAA LA PERRUCHE ARA PAVOUANE. PLANCHES XIV ET XV. Couleur verte, méêlée de rouge et de jaune; partie nue autour des yeux et à la base du demi-bec supérieur; queue à peu prés de la longueur de l'oiseau entier, étagée également. La Perriche Pavouane; Burryox, pl. enl. n.“ 407 et 167. Psitaccus Guyanensis; BNss. T. IV, p. 331. Borrox a fait mention de cette jolie espèce de Perruche du nouveau monde sous le même nom de Pavouane, qu'elle porte à la Guiane, et que nous lui conservons; mais la figure qu'il en a publiée dans ses planches enluminées, n.“ 407, est très-défectueuse, comme il en convient lui-même dans la description qu'il en fait. Brisson l'a éga- lement décrite avec son exactitude ordinaire sous le nom de Perruche de la Guiane; mais ce qu'aucun ornithologiste n'avoit encore remarqué dans cette espèce, comme caractère essentiel, c'est cette partie nue qui entoure les yeux. Brisson avoit bien vu que la base du demi-bec supérieur étoit entourée d'une peau nue et blanche, dans laquelle sont placées les narines. Ce caractère, joint à celui de la nudité d'une partie des yeux, distingue les Perruches Aras des Perruches propre- ment dites, et je m'étonne qu'il ait pu échapper à un naturaliste dont l'exactitude caractérise toutes les descriptions. La Pavouane varie beaucoup dans sa taille, et même dans son plumage. Elle est plus ou moins grande, suivant les cantons qu'elle habite. En général, les oiseaux sont toujours plus petits dans les pays incultes et déserts que dans les lieux cultivés, où ils trouvent une nourriture non-seulement plus abondante, mais plus succulente. Sa taille ordinaire, dans la Guiane, est d'un pied de longueur. Aux Antilles, où se trouve aussi Pespèce, elle est non-seulement un peu plus forte, mais son plumage est plus lustré et coloré plus vivement. La queue de la Pavouane est toujours à peu près de la longueur de Poiseau entier, mesuré du sommet de la tête à Panus: elle est étagée également, cC'est-à-dire, que les pennes s'allongent graduelle- ment dans la méême proportion, depuis les deux plus latérales, qui sont les plus courtes, jusqu'aux deux intermédiaires, qui se trouvent 36 HISTOIRE NATURELL E les plus grandes. Sa couleur est par dessus d'un très-beau vert, et par dessous d'un jaune qui, suivant les incidences de la lumière, Ä varie du jaune d'or au jaune brun. Le dessous des pennes de l'aile est d'un jaune obscur. Toute la téete, le cou, le dos, le manteau; le croupion, le dessus des pennes des ailes, ainsi que toutes leurs b couvertures supérieures et celles du dessus de la queue, sont d'un beau vert, qui se fonce plus ou moins, ou prend une belle nuance de jaune brillant, suivant qu'on expose plus ou moins ces parties à la lumière. La poitrine, le ventre, les flancs et les couvertures du dessous de la queue, ainsi que les jambes, sont d'un vert plus foible. Toutes les petites et les moyennes couvertures du dessous des ailes sont d'un beau rouge vif, et les plus grandes, d'un jaune jonquille. Le bec, qui est très-gros, est blanchâtre à sa base, et brundâtre vers sa pointe. Les pieds sont gris, les yeux d'un rouge brun, et les ongles 7 noirs. Les ailes, ployées, atteignent à peu pres le tiers de la longueur de la queue; étendues, elles ont d'envergure à peu près une fois et demie la longueur totale de l'oiseau. Brisson, dans la description qu'il fait de la Pavouane, parle d'une jarretière rouge, qui entoure les jambes de cette Perruche vers le talon. Cette particularité ne s'observe que sur quelques individus qui se trouvent tapirés, comme T'étoit en effet celui qu'il a décrit. Buffon regarde comme les vieux de l'espèce les individus tapirés de rouge, et comme les jeunes, ceux qui ne sont pas tapirés. C'est une erreur; car ces oiseaux ne se tapirent qu'accidentellement, comme ———————-—-——-—-ʒ; —— ——õ— — ——õ————— tous les Perroquets en général. Jai vu plusieurs de ces Perruches — —— Aras vivantes, et j'en ai disséqué cinq; ce qui m'a fait observer que — 4.— 2 8 5 les males ne diffèrent des femelles que par des couleurs un peu — ——ͤſͤ—— 4 n 3 1 4 —————————— moins vives et une taille inférieure. Jai conservé vivant pendant plusieurs années un de ces oiseaux, dont tout le dessus de la téête, le cou et les joues, étoient parsemés de plumes rouges, qui y formoient autant de taches. Il mourut de pulmonie. Je Tai représenté, planche XV. Un autre individu m'a été envoyé de Cayenne. Dans celui-ci les taches rouges se montroient sur plusieurs couvertures des ailes et sur la poitrine; et plusieurs des petites couvertures du dessous des * 2 5 N8 2 ———rüy— ailes étoient jaunes. Celui-la est le seul en qui jaie remarqué de petites plumes rouges autour du bas de la jambe.“ (1) Gmelin, dans la description qu'il fait de cette Perruche Ara sous le mème nom de Pavouane, lui donne des pennes jaunes, bordées de noir aux ailes. C'est une faute ou une erreur. ——Xà — ☛ᷣ —————————-‚;˖·—— Kau vert, e a lumiere, mes de Palle e manteau, toutes leurs *; sont c'an belle nuance Ces pParties 1 uvertures qu t plus foible. ous des ailes me jonquille. drunàtre vers et les ongles e la longueur s une fois et parle d'une nche vers le es individus ril a deécrit. s tapirés de 6s. CG'est une ent, comme es Perruches observer que Leurs un peu ces oiseaux, ent parsemès II mourut de 8 celui-ci les V des ailes et dessous des 1 remarquè ouane, nom de Pavou u uneé erreur. DES PERROOUEITS. 37 Cette espèce est très-commune, et se trouve dans beaucoup de collections. On en voit deux individus fort beaux au cabinet d'histoire naturelle de Paris. Le citoyen Maugé, à son retour des Antilles, les y aà déposés avec beaucoup d'autres objets précieux, recueillis par lui dans son voyage d'Amérique avec le capitaine Baudin. La Pavouane se réunit en grandes troupes. Elle est très-babillarde, et par conséquent fort ennuyeuse dans l'état de domesticité, d'autant plus qu'elle est naturellement fort méchante, et qu'elle mord indis- tinctement tout le monde. Elle apprend néanmoins facilement à pro- noncer des mots, qu'elle articule très-distinctement. Jen ai vu une à Amsterdam, chez un capitaine de vaisseau, qui récitoit le pater tout entier en hollandois, en se couchant sur le dos, et joignant les doigts des deux pieds comme nous joignons les mains en priant, ce qu'on lui avoit appris durant la traversée de Surinam en Hollande. A Cayenne, et généralement dans toute la Guiane, où les Pavouanes sont très-nombreuses, on les trouve dans les forêts pendant la chaleur du jour. Le soir et le matin, elles viennent jouir de la fratcheur dans les savannes ou sur les arbres qui bordent les rivières. Elles font beaucoup de dégats dans les plantations à café, car elles sont très- friandes de la pulpe de ce fruit. Buffon rapporte qu'elles se nour- rissent de préférence, à Cayenne, du petit fruit d'un grand arbre que dans le pays on nomme l'immortel, et que Tournefort a désigné sous le nom de Corallodendron. 10 1 3 4.. 4* . 9 K r. 7 3-““— A ‧ —— 8 v— 1 3 9 3 9 I AS e 2. 2 8 8 4— 5 à 2 4— K.. —— 4 2* 1 3„—————— 2—————— —— 3.———yy—— 2— 8 —„———„ͤ———.—.— 2 — 8 4 6 — — — 3 *- 4 — 8 2 — ——ʒÿʒÿʒÿʒ —— ——ſſ—-— 38 HISTOIRE NATURELLE 4—A ˖ꝑAꝑ** NA AAA„———— LA PERRUCHE ARA A GORGE VARIEE. Front d'un bleu verdatre; gorge variée; neuf pouces de longueur totale; base de la mandibule supérieure entourée qune Peau nue et blanche; tour des yeux également nu. PfrANSIENAXVI. Perriche d gorge varice; BuFrox, pl. enlum. n.“ 144. Jolie Perruche de Cayenne; SALERN. p. 72. 8 CrrrE jolie petite Perruche Ara se trouve, comme la Pavouane, à la Guiane, et notamment à Cayenne et à Surinam, d'ouù je Pai recue plusieurs fois. Son corps est à peu près de la grosseur de notre petite grive des vignes. Elle a cependant neuf pouces de longueur totale, en y comprenant la queue, qui seule en a plus de cinq. Nous ravons représentée de grandeur naturelle dans la figure que nous en donnons. Elle a la base de la mandibule supérieure ceinte d'un bandeau étroit, formé d'une peau nue et planche, dans laquelle sont placées les narines. Le tour des yeux est également nu, et d'une couleur blanche; ce qui nous T'a fait ranger parmi les Perruches Aras, et avec d'autant plus de raison que, par son port, son attitude et la couleur rouge du dessous de la queue, elle paroit même se rappro- cher davantage encore des Aras proprement dits que la Perruche Ara Pavouane. Ce charmant oiseau a le front d'un bleu verdatre, que Buffon nomme vert d'eau. Les plumes du reste de la tête et du derrière du cou, ainsi que celles de la partie des joues qui avoisine les yeux et la mandibule inférieure, sont d'un brun foncé, lég gèrement nué de vert bleuâtre. Entre ces plumes se dessinent trèͤs- lticlemnent celles effilées et à barbes rares, qui couvrent les oreilles, et qui sont d'un brun clair. La gorge, les côtés du cou et le devant de la poitrine, sont couverts de plumes arrondies et imbriquées les unes sur les autres. Ces plumes, dans les parties les plus élevées, sont du mème brun que celles du 1 totale; base oOur des y eur g Cayenne; — Pavouane, 1ſ).. d'ou Je Pai de notre longueur cinq. Nous que nous n bandeau ont placées ae couleur » Aras, et itude et la se rappro- a Perruche que Buffon qu derrière ine les yeux rement nué stinctement get qul sont onkt couverts Ces plumès, ue celles du DES PERROOUETsS. 39 derrière de la téte, et bordées d'une ligne d'un brun clair, qui, les détachant les unes des autres, leur donne la forme d'autant d'écailles de poisson. Celles qui sont sur le haut de la poitrine sont mélangées d'une teinte verdâtre, et leurs bordures ont une nuance rougedtre. Les suivantes ont encore plus de vert, à mesure qu'elles descendent, de sorte que les dernières se confondent avec le beau vert qui colore le bas de la poitrine, les flancs, les jambes et toutes les couvertures du dessous de la queue, pendant que le ventre et le dos sont d'un beau rouge brun, pourpré. Le bas du derrière du cou, le manteau, les scapulaires, les petites et les grandes couvertures du dessus des ailes, sont d'un vert foncé très-brillant. Les couvertures supérieures de la queue sont en partie du méme vert, frangé de brun rouge. Quelques petites plumes d'un rouge vif de vermillon se font remarquer sur le poignet des ailes, ouù elles forment de jolies épaulettes. Les grandes pennes des ailes sont d'un beau bleu d'outre-mer en-dessus, avec un petit liséré vert, qui les détache agréablement les unes des autres. Toutes leurs pointes sont d'un vert bruni, ainsi que la partie la plus intérieure de leurs barbes. La queue, qui est graduellement étagée, est en grande partie d'un brun pourpréè en-dessus, avec des franges vertes sur les bords exté- rieurs de chacune de ses pennes; mais de manière que le vert prend toujours plus d'espace, à mesure que la penne est plus longue; de sorte que ce sont les plus internes, ou les plus grandes, qui ont le plus de cette couleur. Le dessous de la queue est d'un rouge brun, sur un fond noiraâtre, qui lui fait prendre un ton plus ou moins éclatant, suivant les incidences de la lumière. b Enfin, les plus petites couvertures du dessous des ailes sont vertes. Les plus grandes, ainsi qu'une grande partie de leurs revers, sont d'un vert jaune olivatre très-foible, glacé de gris. Le bec et les pieds sont d'un brun clair, les ongles noirâtres, et les yeux d'un brun rougedtre. Il faut croire que dans le temps où Buffon parla de cette Perruche elle étoit plus rare qu'elle ne P'est aujourd'hui, puisqu'il est peu de collections où on ne puisse la voir actuellement. Ce naturaliste dit qu'on ne la voit pas fréquemment à Cayenne. Nous savons cependant qu'elle y est très-commune, et généralement dans toute la Guiane. On les rencontre aussi à Surinam. Au reste, partout où se trouve en général une espèce de Perroquets, il est certain qu'elle ne peut y être rare, car ces oiseaux, vivant en troupes, pullulent nécessairement beaucoup. —————————;—————————::;ꝛõꝛꝛrerʒʒ— —yęf⸗ꝛꝛꝛB—B’BäBäBäBäBäBUBäBäBääääU—U—W.j.e——————:——⸗—ꝛ—x:—õ————————————— —— * 4— 4 4„ 1 8 1 1 4. . d——- 1 N— 3. 4 8—. 1 . 2 1 8 2. 1 1 2 9 8 4——— 1 4 f 4——— 8 4 4 V 1. 4 n 2. 8 2*—.— 4 2—„». 4 7/ E 1 8 4=„ 44* 1 8 1 2— 4 4 4 2 . 4„—„—ι 2 F— P. 4— 8 5 4 5— E 4 — 1— 1 5—*. 8 1 E—— 4 4 1 1 3— 1 8.-————————— 8 1ee„„———————* 3 3.. 3 1 8.—— 1e.eN eree een nde eehoweeed.Heekhweaeehäachenralen eeee-ͤͤͤöͤö—ͤöͤöoͤddoddͤhooͤöoöͤöh— 1.— Ke— — 8——=—„ 8—„ ooſſ„ 1— veer—— 13 7 4 4 6 2 4———————. 2.————————— * ——— ———————— —— 2 — *. ——ͤͤ 40 HISTOIRE NATURELLE ꝗæꝗꝗꝑ˖ꝑ˖ꝑ˖‚‚ꝑ‚‚‚ LA PERERRUCHE ARA A BANDEAU ROUCGE. Couleur verte; plumes de la gorge de couleur olivâtre, à bordures jaunes; pointe du bec évasée; queue plus longue que le corps. PA,AANCAEIAXII. Voror une espèce dont il n'est fait mention dans aucun auteur, et que nous regardons comme nouyvelle. Elle a de si grands rapports avec celle que nous venons de décrire, qu'au premier apercu nous avons cru que celle-ci n'en étoit qu'une variété: mais en les comparant plus scrupuleusement une avec l'autre, il nous a été impossible de méconnoitre leurs caractères distinctiks. Quoique de la même taille, celle-ci est plus svelte. Elle a le bec plus fort et surtout plus long. Ses ailes ont neuf lignes de plus de longueur, ce qui est très-considérable pour des oiseaux dont la longueur totale n'excède pas dix pouces. La Perruche Ara à bandeau rouge a de plus la pointe du bec plus évasée, et lon y remarque un sillon profond, qui partage en deux parties égales la tranche aplatie qui est à la naissance de la mandibule supérieure. Au reste, les deux Perruches étant figurées de grandeur naturelle, le lecteur saisira facilement lui-méême les différences qui, jointes à celles que lon remarquera dans leurs couleurs, nous ont paru suffisantes pour nous déterminer à les séparer. Une membrane nue, dans laquelle sont placées les narines, embrasse la base de la mandibule supérieure, et entoure les yeux. Le front est ceint d'un bandeau très-étroit, dont la couleur générale est un brun pourpré, mélé de quelques coups de pinceau d'un rouge ver- millon, qui, entre les deux narines, est plus foncé et plus apparent. La téête, le derrière du cou et les joues, sont couvertes de plumes vertes, variées de taches d'un jaune pale, terni. Celles des oreilles ont une teinte vineuse. La gorge, le devant du cou et la poitrine, sont d'un vert olivâtre, à bordures d'un jaune terne, qui n'imitent point des écailles, mais ressemblent plutét à de petits carrés. ordures rps. aunes; zun auteur, et rapports avec du nous avons 68 Comparant mpossible de Elle a le bec s de plus de eaux dont la e du bec plus tage en deux Jla mandibule s de grandeur iſlérences qui, zurs, nOus ont anes, embrasse ſeux. Le front énérale est un pun rouge ver. dlus apparent. les de plumes es des oreilles et la poitrine, qui n'imitent s carres. DES PERROOUEITS. 61 Le bas ventre, ainsi que tout le revers de la queue, est d'un rouge pâle, nué d'une légère teinte verte. Le manteau, le dos, le croupion, les couvertures du dessus et du dessous de la queue, toutes celles du dessus et du dessous des ailes, les flancs et les jambes, ainsi que les scapulaires et les pennes secondaires de l'aile, sont d'un vert plein, plus foncé cependant sur les ailes que partout ailleurs. On voit par là que cette espèce n'a pas le croupion rouge, comme la précédente. Nous avons remarqué que Pextrémité de la queue varioit de teintes, suivant les incidences de la lumière, et qu'il est des positions ouù elle prend, vers sa pointe surtout, un beau ton d'un jaune d'or. Les ailes, ployées, atteignent le milieu de la queue. Le bec est d'un brun clair; les pieds et les ongles sont d'un brun plus foncé. Nous ignorons la couleur des yeux, n'ayant pas vu l'iseau vivant. Cette jolie espèce, qui se trouve au Brésil, fait partie du cabinet du citoyen Baillon, qui a beaucoup mérité de Phistoire naturelle, puisque non-sculement nous devons à ses soins généreux la précieuse collection des oiseaux marins qui fait partie du Muséum d histoire naturelle de Paris, mais que c'est encore lui qui, depuis plus de vingt ans, peuple gratuitement les bassins du Jardin des plantes de tous les oiseaux aquatiques qu'il peut se procurer sur les bords de la mer qu'il habite. Le gouvernement récompensera sans doute un z0le aussi actif; c'est un acte de reconnoissance auquel il ne peut se refuser sans blesser la justice dont il se fait aujourd'hui gloire et honneur. 11 ——˖:DV—V—V—V—V— D:————————— öoooöoöoöoöoöoöoöoöooöoboböbbb“———— ————-— *—————„,— ———— — 42 HISTOIRE NATURELLE ——————— —— ʃ3ͤ—VV LA PERRUCHE ARA GUAROUBA. PELANONE A7I11, LE MAL E; PEANCHES XTX, LA FEMELLE; ET XX, LE JEUNE AGE. Jaune orangé; le tour des yeux nu et de couleur blanche; les pennes des ailes et les latérales de la queue bleues. CQuarouba ou Perruche jaune, einquieme espèce d queue longuc et inégale; BuFoN, pl. ..7⸗. ⸗ 8 enl. n.“ 525. Psitaccus brasiliensis lutea; BRIss. Psitaccus Garouba; GMELIN. La perruche Ara Guarouba varie tellement dans ses divers âges, qu'elle a été donnée sous plusieurs noms différens par tous les orni- thologues. Buffon, après Pavoir admise d'abord au nombre de ses Perruches à queue longue et égale, sous le nom de Perruche jaune, en introduit une autre, sous le nom de Guarouba ou Perruche jaune, parmi ses Perruches à queue longue et inégale. Cette erreur, au reste, Buffon ne la commise que d'après les nombreux auteurs qui, avant lui, avoient fait de la Perruche Ara Guarouba plusieurs espèces distinctes. Il paroit ne lavoir jamais vue, quoiqu'il ait donné une ſigure de cet oiseau, considéré dans son jeune àge, dans ses planches enluminées, n.“ 525, sous le nom de Perruche jaune de Cayenne; dénomination impropre, mème à ses yeux, puisque cet auteur con- vient, dans sa description, que l'espèce se trouve au Brésil, mais qu'on ne la voit jamais aux environs de Cayenne. Albin parle aussi du méôme oiseau: il yappelle Perroquet d Angola, tout en avouant qu'il se trouve aux Indes occidentales. Enfin, en consultant les nom- breuses descriptions tronquées qu'on en a données, on est surpris de voir qu'il n'y en ait pas deux qui soient conformes, bien qu'il n'y en ait aucune qui n'ait été puisée dans les anciens auteurs. Nous mettrons cette Perruche au nombre des Perruches Aras, parce qu'elle a autour de l'œil une peau nue, de couleur blanche; caractère qui a échappé à tous les naturalistes qui ont décrit cet oiseau: Buffon. du moins, n'en parle pas dans sa description, quoique, dans 1 planche que nous avons citée, le peintre J'ait très-bien exprimé. Nous conservons aussi à ce bel oiseau le nom de Guarouba, que Buffon — LBA EUNE Aok es Pennes des denon, p. GuELI. divers èges, tous les orni- ubre de ses ruche jaune, ruche jaune, aur, au reste, s qui, avant eurs espèces donné une ses planches de Cayenne; t auteur con- Brésil, mais in parle aussi it en avouant ltant les nom- in est surpris bien quii uy teufs. es Aras, parce che; caractère seau: Buffon, DES PERROOUETS. 4³ lui a composé d'après celui de Guiaruba que les Brésiliens lui don- nent, et qui signifie oiseau jaune. Nous eussions cependant préféré de lui laisser sans altération le nom qu'il porte dans son pays natal; mais nous avons craint d'accrottre encore ici le danger des dénomi- nations multipliées, qui sont, en grande partie, la cause des erreurs dont fourmille Thistoire des oiseaux, par la confusion qu'elles ont apportée dans la distribution des espèces, dont la plupart sont pure- ment nominales dans les auteurs classiques. Cette Perruche a été très-long-temps fort rare dans nos cabinets, mais elle y devient de jour en jour plus commune, la beauté de son plumage invitant les voyageurs à nous l'apporter. Elle est d'une taille moyenne: nous n'en donnerons pas les dimensions, parce que l'oiseau est représenté de grandeur naturelle dans les figures que nous en publions en tête de cette description, d'après les individus que j ai dans mon cabinet, individus que j'ai possédés vivans. Le plumage du Guarouba male est d'un jaune rougeatre ou couleur d'orange sur la tête, la face, le devant du cou et la poitrine, ainsi que sur tout le dessous du corps, y compris les plumes des jambes et les couvertures du dessus et du dessous de la queue: on remarque cependant dans quelques- unes de ces parties des nuances d'un jaune de jonquille, qui en relève Féclat. Toutes les couvertures supérieures des ailes sont d'un beau jaune pur, et portent, chacune, une bordure rougeâtre, qui les détache en écailles les unes des autres. Les scapu-— laires et le dos sont colorés et dessinés comme ces dernières parties. Les grandes pennes des ailes ont leurs pointes bleues et leurs bords extérieurs verts; les moyennes sont d'un bleu pur, et les dernières, vertes et jaunes. Les pennes intermédiaires de la queue sont d'un beau vert, à Pexception de leurs pointes, qui sont d'un bleu foncé: les latérales ont leur dessus du méeme bleu, et leurs barbes intérieures, d'un gris noiratre. Les yeux sont d'un jaune d'or. Le bec, noiratre à ses deux extrémités, est gris sur toute cette partie comprise entre l'une et Pautre. Les griffes sont noires, et les pieds, gris. En décrivant cet oiseau, nous T'avons considéré dans son état parfait et hors des atteintes de la domesticité ou de Fesclavage: dans ce dernier état, il varie tellement que souvent une partie de ses grandes pennes alaires, ainsi que celles de la queue, deviennent jaunes. En général, le jaune domine alors, et le rouge comme le bleu s'effacent peu à peu. La femelle est un peu plus petite que le mâle; son plumage est K 4„.—«—— ——.— 3—*———— 8.——————— ————y——————... ——ℳ——————— 6——.— v— 9— „———— b 4.————————————————— —y —————————————— * „— ——————— ————————— * * * 1. — — „ 1.—— —— 4 1 1———— ——ͤ————————ſ— 2————. *— 3———-—* 4 1 2—————— —————— 4 HISTOTIRRNATUREIL. L E d'un jaune jonquille sur le sommet de la téôte, le cou, les scapulaires, le dos, la poitrine, et sur toutes les couvertures supérieures des ailes, dont aucune n'a de bordure rougeâtre. Le rouge orangé ne se montre 8 que sur le front, les côtés de la téête et les flancs. Les plumes des jambes, celles qui couvrent le bas ventre, le croupion, les couver- tures du dessus et du dessous de la queue, sont d'un jaune maèlé de vert. Les ailes ont plus de vert et moins de bleu que celles du maàle: la queue porte aussi plus de vert, n'ayant que la bordure extérieure de ses pennes latérales et les pointes des intermédiaires qui soient bleues. b Le jeune male de la Perruche Guarouba est, sur tout le corps, d'un jaune uniforme, moins vif encore que celui de la femelle; car il ne porte aucune des teintes rougeâtres qu'on aperçoit dans certaines parties de celle-ci. Les grandes pennes des ailes, les bordures exté- rieures des latérales de la queue et les pointes de ses intermédiaires, sont bleues; dans tout le reste, T'aile et la queue sont d'un vert jaunâtre, sauf quelques bordures tout-à-fait jaunes sur les dernières pennes et les plus grandes couvertures de Taile. Toutes les autres couvertures du dessous de celle-ci sont du même jaune que le plu- mage en général, à ceci près qu'on y remarque, ainsi que sur les scapulaires, quelques taches vertes, assez irrégulièrement distribuées; ce qui me porteroit à croire que les premières plumes de cet oiseau sont entièrement vertes, et que ce n'est qu'à sa seconde mue qu'iil commence à prendre du jaune. La planche enluminée de Buffon, n.“ 525, représente ce jeune Guarouba, et non une autre Perruche de Cayenne. Le Guarouba ne se trouve ni dans la Guiane ni aux environs de Cayenne; jusqu'ici, du moins, il ne nous en est parvenu aucun individu. On le trouve au Brésil, et j'en ai eu un maäle et une femelle qui ont vécu ensemble chez moi pendant trois ans. IIs étoient d'un caractère très-doux, et fort caressans. La femelle pondit plusieurs œufs entièrement blancs et transparens, qu'elle couva à diverses reprises, mais jamais assez constamment pour qu'ils pussent éclore. Jen fis couver deux par une tourterelle, mais encore sans succès. Il est vrai aussi que je ne vis jamais le mâle côcher sa femelle. Notre climat est sans doute tro froid pour exciter les maâles à Tacte de la génération: je dis les males, car les femelles de tous les Perroquets paroissent plus portées à ramour; du moins semblent-elles souvent faire à leurs b mäales des provocations, qui le plus souvent restent sans effet. E 8 capulaires Ures des ailes ne se montne s plumes des 1, les couyer- n jaune mele que celles qu d la bordure intermédiaires vur le corps, ſemelle; car dans certaines bordures exté. ntermédiaires, ont d'un vert les dernières ies les autres ie que le plu- 1 que sur les ut distribuées; de cet oiseau nde mue quil ente ce jeune Guarouba ne nne; jusqu'ici, „On le troure vécu ensemble très-doux, et rement blancs lis jamais asse2 r deux par unè que je ne ſis ans doute troh e dis les mäles, 8 4 blus porlees eurs males des DES PERROOUEITS. 45 MN˖ßAnn A — LES PERRUCHES PROFPREMENT DITES. Les perruches que nous allons décrire, et que nous surnommons PROPREMENT DITEsS, se distinguent des Perruches Aras en ce qu'elles m'ont point une portion de la joue nue comme celles-ci: à cela près, elles en ont tous les caractères et toutes les formes; corps svelte et alongé; queue plus ou moins longue, et toujours étagée, mais étagée si diversement que nous diviserons en trois sections le genre entier des PERRUCHES PROPREMENT DITEsS. Dans la première, nous parlerons de celles dont les pennes de la queue sont étagées à peu près également, et de facon à représenter dans leur déploiement la forme d'un fer de lance. La seconde comprendra les Perruches dont nous désignerons la queue par laddition des mots en fléche(queue en flèche), parce qu'en effet elles l'ont plus effilée par le prolongement des deux pennes intermédiaires, qui s'étendent beaucoup au-delà des secondaires. La troisième, enfin, nous la destinons aux Perruches dont la queue, au lieu de se terminer en pointe, comme celle des deux premieères, est, au contraire, très-large à son extrémité. Cette dernière et petite famille, nouvelle dans toutes les espèces que nous en avons rassemblées, semble rapprocher le genre des Perroquets de celui des Touracos, et même des Couroucous. Buffon avoit, avant nous, divisé les Perruches en deux sections, et même en quatre, en séparant celles de Pancien continent de celles du nouveau monde, division que nous ne suivrons pas, par la raison que, dans l'un et lautre hémisphèére, ces oiseaux présentent les mémes caractères généraux. D'ailleurs il est souvent arrivé à ce natu-— raliste, comme nous Pavons déjaà fait observer, de décrire un mème oiseau sous différens noms, et de placer la même espèce dans cha- cune de ses divisions, erreur que nous éviterons bien certainement; car nous ne parlerons jamais que des espèces que nous aurons vues en nature, et dont, par conséquent, nous aurons constaté par nous- méme les caractères. Il est bon de remarquer ici que, dans l'état 12 6 4 8 ¹*. S 1„ 8*— 1 6— 8 4 5 8 4 4 1—— ———————— ——y—, enene* 7—* — 2— 2————— —. 2——— —*—— 4 4** 4 6 △ ————————— —= ———— * 1 1 1 ** 4 7 4 4 3 . V 1 . ₰ 4 3 1 5 * ͤ 44 4 4*1 4 1 . 3 8 1 8 I 1 4 3 4 4 2 I 4 ——* „————————————— 5 3 4 5 6 84—— 4— —————————— ————— y—ᷓᷓ ——————— r———ſſ—ſͤ—ͤͤͤͤ———— .—. 8—— ———— 46 HISTOIRE NAITURELLE de domesticité, les Perruches varient beaucoup, non-seulement par rapport à leurs couleurs, ainsi que tous les Perroquets en général, mais méème dans la forme de leur queue; car elle sy altère au point d'offrir des différences caractéristiques par l'extension extraordinaire de quelques-unes des pennes, ou latérales ou intermédiaires. Ceci a pu, sans doute encore, induire en erreur bien des naturalistes inexpérimentés; c'est aussi pourquoi nous avons toujours préféré de décrire les individus pris dans leur état de nature, et tués dans les bois. DES PERROOUEIS. 47 —ͤ-—-———— ——õ- ℳnV DES PERRUCHES A OUVEUE FER DE LANCE. LA PERRUCHE EMERAUDE. PELAVCOHE XXT Vert brillant; abdomen violacé; queue brun pourpré; mandibule supérieure plate sur son aréte. La Perruche émeraude; BuFFPoON, pl. enl. n. 85, sous le nom de Perruche des Terres magellaniques. Psitaccus smaragdinus; GMELIW. La jolie Perruche qui trouve ici sa place, et à laquelle nous conser- vons le nom que Buffon lui a donné, est une de celles qui, par la couleur tranchée de leur queue, semblent le plus se rapprocher des Aras. On remarque aussi dans son port, dans ses formes plus mas—- sives, une analogie frappante avec les Aras à petite taille; mais elle n'a point le tour des yeux dégarni de plumes, et c'est ce qui nous détermine à la séparer des Perruches Aras. Nous ne parlerons pas de ses dimensions, parce qu'elle est représentée de grandeur naturelle dans notre planche XXI. La Perruche émeraude est en général d'un vert plein, très-brillant; mais toutes ses plumes sont terminées et détachées par une bordure noiratre, qui en forme autant d'écailles très-distinctes. Le bas ventre est d'un brun pourpré, légèrement teint de bleu et de violet. La queue est entièrement d'un pourpre bruni, qui prend différens tons, suivant qu'on expose l'oiseau plus ou moins directement aux rayons de la lumière. Le bec est d'un noir lavé, et les pieds sont d'un gris brundtre. Cet oiseau fait partie de la collection du Muséum de Paris, ouù je Pai décrit d'après Pindividu môme qu'on y voit. II paroit que Buffon ne s'est servi, pour sa description du mèême oiseau, que de la planche enlu- minée qu'on en avoit faite, car elle a plus de rapport à cette mauvaise figure qu'à Poriginal, comme on peut facilement s'en convaincre. ————— 48 HISTOIRE NATURELLF Nous ne connoissons pas du tout le pays de cette Perruche, que Buffon, sur les planches de son ouvrage, place aux Terres magella- niques, tandis que dans sa description,« il n'y a pas lieu à croire;, «dit-il, que les Perroquets habitent à de si hautes latitudes.* Buffon peut avoir raison jusqu'à un certain point dans la dernière de ces assertions contradictoires. Mais nous remarquerons qu'il la fait porter sur un principe faux en lui-méême, car il n'est pas exact de dire que les Perroquets ne vivent que de fruits tendres et suc— culens: il est, au contraire, prouvé qu'ils préfèrent toujours les noyaux ou les pepins des fruits aux fruits eux-mémes. S'il est vrai que les Terres magellaniques produisent beaucoup de baies sauvages (dont les pepins sont ordinairement fort gros), il pourroit bien se faire que quelques Perruches ou Perroquets s'y transportassent dans certaines saisons de l'année, pour en profiter. Dans mon voyage au Cap de Bonne-Espérance, j'ai trouvé des Perroquets sur les hautes montagnes, ouù il fait des froids très-vifs. Ce seroit donc sans fon- dement que Buffon trouveroit qu'il y a peu d'apparence que ces animaux franchissent le tropique du Capricorne. Quant aux Perro- quets trouvés dans la nouvelle Zélande et à la Terre de Diemen par Cook, et que Buffon ne veut pas non plus admettre, il ne reste aucun doute aujourd'hui sur la véracité de T'illustre voyageur anglois. C'est ainsi que des faits détruisent peu à peu toutes les brillantes théories de Timagination. 2 6 rruche. qus Tres r, 5 magell 4. lien eu à eroire Htudes.) ns la dernigre erons qu' 5n Juil la e3 Pas exact ndres et zuc loujours les „. baie zauvages urroit bien se ortassent dang non voyage au sur les hautes onc sans fon- ence que ces at aux Perro- Diemen par „, il ne reste glois. 4 les brillantes 940 1 Fageur an DES PERROOUETS. 49 LA PERRUCHE A COLLIER ROSE. PLANCHE XXII, IE MAIE ApuULT; PLANCHE XXIII, LE JEuNE AGE, GRANDEUR NATURELLE. Verte; queue plus longue que le corps; collier rose sur la nuque; gorge noire; mandibule supérieure rouge, l'inférieure noiràâtre; une petite ligne noire du coin de l'œil aux narines. Perruche à collier couleur de rose; BuF. pl. enl. n.“ 551. Psitacca torcala; GMELIN. Crrrr belle Perruche porte un collier couleur de rose, qui, lui ceignant le derrière du cou, sétend jusques sur les côtés, où il est contigu à un autre collier noir. Celui-ci passe un peu par-dessus, embrasse toute la gorge, et se termine par une bande jaune qui, faisant un demi-tour sur le devant du cou, forme la continuation du collier rose. Un petit trait noir, qui communique de la narine à l'angle de Pœil de chaque côté du front, donne à cet oiseau une physionomie qui le distingue d'une manière toute particulière de la plupart des espèces avec lesquelles plusieurs naturalistes l'ont trèͤs- mal-à-propos confondu; notamment Gmelin, qui a donné plusieurs espèces très-distinctes pour autant de variétés de cette mèême Perruche à collier rose. Nous relèverons cette erreur à mesure que nous parle- rons des espèces qui y ont donné lieu. Celle dont il est ici question a le dessus de la téte et la face d'un . beau vert de pré; mais dans les parties qui joignent par derrière et sur les céôtés les colliers dont nous avons parlé plus haut, ce vert se mélange d'une riche teinte violette. Au-dessous du collier rose, .„ 1 le vert est pur, mais il se fonce toujours un peu plus, à mesure qu'il approche des parties basses du dos, du croupion et des cou— vertures supérieures de la queue. Les scapulaires sont du méême vert, ainsi que toutes les couvertures du dessous des ailes, dont les pennes sont néanmoins plus foncées. Le bas du devant du cou, la poitrine, le ventre, les jambes et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert imprégné d'une forte teinte jaune. Les couvertures 2 82. du dessous des ailes, et les flancs, sont d'un jaune vert. Le revers 3 13 50 HISTOIRE NATURELLFE des pennes des ailes est d'un joli gris ardoisé. Toutes les pennes latérales de la queue, qui a une fois et demie la dimension du corps, sont d'un vert jaunaâtre sur leurs bords extérieurs, tandis que celles du milieu sont d'un vert plus foncé, nuancé de bleu, et jaunes à leurs extrémités dans quelques individus. Tout le revers de la queue est jaune. Enfin, la mandibule supérieure est rouge, à sa pointe près, qui est noire: Linférieure est d'un noir tirant au rouge. Les pieds et les ongles sont gris, les yeux d'un jaune rougeàtre. Tel est le màâle de la Perruche à collier rose, considéré dans son état parfait. Quant à sa taille, elle varie beaucoup, suivant les diffé- rens pays qu'il habite, car l'espèce se trouve et dans quelques cantons de l'Afrique et dans une grande partie de l'Inde, mais non dans le nouveau monde, à moins qu'elle n'y ait été transportée; et c'est par erreur que Brisson l'a placée en Amérique, où on ne la voit, comme en Europe, que parmi les animaux domestiques. Jen ai eu dans mon cabinet deux individus, dont l'un a été apporté du Sénégal, T'autre a été tué au Bengale. Le premier n'a que de quatorze à quinze pouces de longueur totale, tandis que le second en a dix-huit; le bec de ce dernier, et méme toutes ses autres parties, sont proportionnelle- ment plus fortes aussi; mais les couleurs sont absolument les mêmes dans les deux individus. b Dans le jeune âge, le male est entièrement vert, ne portant alors ni collier rose derrière le cou, ni plaque noire sur la gorge, et son bec est noirâtre dans cet état(voyez notre planche n.“ XXIII); ce n'est qu'à l'äge de trois ans que cet oiseau commence à prendre les couleurs de son sexe. La Perruche à collier rose femelle ressemble absolument au jeune male. Il suffira donc du portrait que nous avons donné de celui-ci, pour qu'on ait de celle-là une idée exacte. II est, au reste, dans les lois générales de la nature, que chez tous les oiseaux les jeunes mäles ressemblent beaucoup aux femelles adultes. Aques cantons s non dans le e; et Cedt par a voit, comme eu dans mon mnégal, Pautre luinze Pouces t; le bec de pportionnelle- nt les mèêmes portant alors gorge, et son * XXIII); ce à prendre les ment au jeune né de celui-ci, reste, dans les 4 4 es jeunes mäales DES PERROOUETS. 51 — „„. 4ſ 1 (6 LA PERRUCHE ATETE BLEUE. PELANCNE XXTIy, LE MAL E. Verte; téte et face bleues; tache au ventre de la méême couleur; poitrine rouge; flanc jaune; mandibules d'un brun rougedâtre; collier de cette derniere couleur sur la nuque; queue aussi longue que le corps. La Perruche des Moluques, BuFFox, pl. enlum. n.“ 743. La Perruche à téte bleue varie si considérablement dans ses différens âges, qu'il est rare d'en trouver dans nos collections deux parfai- tement semblables; et c'est sans doute là ce qui a occasioné tant de discordances dans les descriptions qu'on a faites de cet oiseau. La plupart des nomenclateurs, trompés par les différens uniformes des individus, ont vu dix espèces différentes dans la même, quoiqu'à sa tête bleue, constamment la même, on edùt dũ reconnoitre cette Perruche dans tous ses états, et s'empécher de tomber dans de telles méprises. Pour nous, nous nous contenterons de décrire et de représenter 'état parfait du male de la Perruche tête bleue, celui de sa femelle, le jeune Aâge, et seulement une de ses variétés la plus extraordi- naire; car sil falloit faire plus qu'indiquer les autres changemens passagers ou variations accidentelles que la domesticité fait subir à espèce, nous aurions à donner autant de figures qu'il se trouveroit d'individus dans ce dernier état. Nos observations, au reste, à l'égard de cet oiseau, seront d'autant plus exactes et préférables, que nous en avons vu non-seulement plusieurs individus tués aux Moluques, leur pays natal, et dans l'état sauvage, mais même de vivans dans la ménagerie du Cap de Bonne-Espérance. Nous avons vu, notam- ment dans cette dernière ménagerie, le màle et la femelle qu'on y conservoit: ils y firent des petits, qu'ils élevèrent, et que nous ne perdimes pas de vue; ce qui nous mit à même de compléter l'histoire de cette belle espèce. Nous ne donnerons pas ici ses dimensions, parce qu'elle se trouve sur nos planches, représentée de grandeur naturelle, suivant notre usage, lorsque la taille d'un oiseau ne passe pas le cadre de notre format. 52 HISTOIRE NATURELLE La téte, la face et la gorge de notre Perruche, sont toutes d'un beau bleu d'azur violacé; de manière qu'elle paroit étre coiffée d'un capuchon de cette couleur, qui descend davantage sur le devant, et sy termine par un rouge vif. Ce rouge se dégrade insensiblement sur les côtés de la poitrine, en se lavant d'une teinte jaunâtre, et prend sur les flancs un beau jaune de jonquille. Le capuchon se termine sur le derrière de la téte par un collier d'un jaune pPale. On remarque entre les cuisses une belle tache de bleu violet, qui descend jusqu'au bas ventre. Les jambes sont entourées d'une jarre- riere rouge par devant, et sont d'ailleurs vertes par derrière, avec quelques traits jaunes en coups de pinceau. Sur les côtés, le bas ventre et les côtés des cuisses sont agréablement mélangés de vert, de bleu et de jaune. Tout le manteau, le dessus des ailes, le dos, le croupion, les couvertures supérieures de la queue, et ses pennes, sont d'un beau vert lustré, relevé en bleu. Celles-ci sont, au revers, d'un jaune paâle et à bordures brunâtres. Les couvertures du dessous de la queue sont jaunes, et bordées de vert. Le dessous de laile est brunatre à la pointe, jaune dans le milieu, et rouge sur les bords: les grandes couvertures en sont mélangées de vert, de rouge et de jaune. La partie supérieure du bec est rouge, et Pinférieure, jaunàtre. Les yeux sont couleur d'ocre; les pieds, gris brun. A ces traits on reconnoit la Perruche à téte bleue male, consi- dérée dans son état parfait, et n'ayant subi aucune des altérations causées par la domesticité, état dans lequel cet oiseau varie beau- coup, ainsi que tous les Perroquets. Jai vu, dans cet état, plusieurs individus qui avoient toute la poitrine jaune, et dont le rouge s'étoit- répandu sur le manteau: d'autres, au contraire, étoient tachetés de jaune sur tout le dessus du corps. Celui que Buffon décrit, et qui avoit Pocciput d'un vert brun, offre encore une légère variété de cette même espèce; ce qu'avoit très-bien pressenti ce naturaliste, en regardant avec raison cet individu, représenté n.“ 61 de ses planches enluminées, comme une simple variété de sa Perruche des Moluques, n.“ 745, et qui elle-méême, ayant le dos tacheté de rouge et de jaune, m'offre point l'espèce dans toute sa pureté. Dutes d'un iſlée T'un evant, et ziblement mätre, et puchon 8e zune pale. lolet, qui une jarre- lere, avec es, le bag 5 de vert, le dos, le 28 pennes, au revers, lu dessous s de laile les bords: uge et de jaunatre. le, consi- altérations arie beau- „Plusieurs duge sétoit achetés de rit, et qui variété de raliste, en 5 planches Moluques, de jaune, DES PERROOUETS. 53 öböb—b—b—öb—öö — LA PERRUCHE ATETE BLEUE. PLANCH E XXVI, LA FEMELL E. EIE est absolument de la force et de la taille du mäale, si ce n'est qu'elle porte la queue plus courte; ce qui lui donne un peu . P; ꝗ ¹ moins de longueur totale. Elle a, comme lui, la téête et la face bleues, et le demi-collier jaune de la nuque; mais ce collier a ici un ton plus verdatre, et le bleu de la face y est moins lustré de violet. Le man- teau, les ailes, le dos, le croupion et le dessus de la queue, sont d'un beau vert. La poitrine est couverte de plumes d'un rouge cra- moisi, terminées par des bordures vertes, qui, les détachant les unes des autres, produisent P'effet le plus agréable. Les flancs, les cuisses, les jambes, le bas-ventre et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert jaunâtre. Le revers de la queue est jaune, ainsi que le milieu de celui des pennes alaires. Les couvertures du dessous de Taile sont jaundtres, et mêlées de vert. Le bec, enfin, est d'un brun rougedtre; et les pieds ressemblent à ceux du male. On voit par cette description que la femelle n'a point, comme celui- ci, de tache bleue sur le ventre, et qu'elle n'a pas non plus les jambes rouges par devant; caractère auquel il est toujours facile de recon- noitre le maâle: car, avant méême quiil ait totalement quitté la livrée de l'enfance pour prendre celle, très-différente, de Pétat parfait, il ressemble absolument à sa femelle par la poitrine: de sorte que, dans le moyen âge, il a les plumes rouges de la poitrine terminées aussi par une bordure verte, tandis que sur les flancs elles le sont de jaune; mais, comme je l'ai fait observer, il a, dès ce moment, les plumes des jambes en partie rouges, et le ventre bleu. Cet état du male présente une des plus agréables variétés de l'espèce, par la beauté de son habit richement bigarré sur la poitrine et les flancs. La Perruche à tête bleue, dixième espèce à queue longue et égale de Buffon, est donc la femelle dont nous venons de parler, ou un ,„ jeune male, varié seulement par le brun vert de T'occiput. 14 ———————ᷓ—.—————————— ———.——————*— 2— 3———————————— ——————.———— —. . L—-.* 6 —————„ * 8—————..—— — 2— —2——— 8* 2 2. Tnn ee Ta ist at de e Seiee eeS Be, 2red 1 e eeen 1e een— 6—————-—= —— —— 8——— — 55 HISTOIRER NATURELI. E ————-——— LA PERRUCHEATETE BLEUE. PLANCHE XXII, LE IEUNE AGE. DäæXS son premier dge, c'est-à-dire, à ce moment ou elle abandonne le nid, revêtue de toutes ses plumes, cette Perruche a la téte et la face d'un bleu d'azur moins foncé, et les parties supérieures du corps, des ailes et de la queue, d'un vert moins gai que dans l'état parfait. Le devant du cou est d'un jaune pâle. La poitrine et les flancs, ainsi que tout le dessous du corps jusqu'au bas du sternum, sont d'un vert jaunâtre, encore plus lavé sur les jambes, le bas ventre et toute la région abdominale, les couvertures du dessous de la queue, et mêéme son revers. Le bec est d'un gris brun clair. Les pieds sont gris, et les yeux brundtres. La Perruche à tête bleue de Buffon, pl. enl. n.“ 192, qui forme sa quatrième espèce à queue longue et égale, n'est autre chose que le jeune dge dont nous venons de parler. La sixième espèce du même auteur, dite Perruche à tête d'azur, est encore le même oiseau, qu'il décrit d'après Albin, et auquel celui-ci a donné, dans la figure qu'il en a publiée, une queue bleue qu'il n'a pas. Lespèce de la Perruche à téte bleue se trouve à Bornéo et à Banda, d'où les Hollandois, maitres de toute cette partie de lInde, Pont importée en Europe, et en si grand nombre d'individus, qu'il est peu de cabinets en Hollande où l'on ne voie ce bel oiseau. II y en a deux superbes dans le cabinet de M. J. Temminck à Amster- dam: j'en ai vu le mäale et la femelle dans celui de M. Raye de Breukelervaert, aussi à Amsterdam: M. Holthuysem en possédoit plusieurs belles variétés dans la méôême ville. J'en ai vu encore che⸗z M. Gevers à Rotterdam, et, près de Leyde, chez M. Bœers, bailli à Asserswoude: il y en avoit, enfin, deux dans le cabinet du prince d'Orange à la Haye, les mêmes qui se trouvent aujourd'hui au Muséum dhistoire naturelle à Paris. b Les deux individus, male et femelle, que j'ai vus au Cap de Bonne-Espérance, y furent apportés directement d'Amboine par un capitaine de la compagnie hollandoise, qui les donna au gouverneur Van-Bletemberg. Celui-ci les fit mettre dans la Ménagerie, où j'eus queue, et pieds sont qui forme chose que du mème scau, qu'il ſigure qu'il ornéo et à de PInde, vidus, quii oiseau. Ily à Amster- I. Raye de V possédoit ncore chez Ts, bailli 4 DES PERROOUETS. 55 très-souvent occasion de les voir. Ces oiseaux, d'un naturel très- doux, et fort caressans, venoient se reposer sur la main de tous ceux qui la leur présentoient. IIs se caressoient aussi beaucoup réciproque- ment, et leur manière étoit de frotter leurs becs l'un contre P'autre; le mâle donnoit des baisers fréquens à la femelle, en introduisant sa langue dans le bec de celle-ci. Enfin, Fattachement que se mon- troient ces deux individus, leurs tendres caresses, et de petites atten- tions marquées, les conduisirent peu à peu à des démonstrations non équivoques. Le male côcha sa femelle à diverses reprises et pendant plusieurs jours; ce qui fit espérer qu'elle deviendroit pro- lifique. Elle pondit, en effet, un œuf sur le plancher de la volière; mais il y fut cassé. On mit alors nos deux oiseaux seuls dans un endroit plus retiré; car il y avoit dans cette volière, entre plusieurs autres Perroquets, des Loris, dont les mœurs sauvages et les cris discordans contrastoient avec ceux de ces deux jolies Perruches. Aux approches de sa seconde ponte, la femelle s'arracha une partie des plumes du ventre, les entassa dans un coin de la grande case où on les avoit logés, et pondit enfin sur ce lit deux œufs presque ronds et entièrement blancs. Elle couva très-assidument, sans que le maàle prit aucune part à cette fonction; il étoit seulement attentif à apporter à sa femelle des alimens, qu'il lui dégorgeoit dans le bec. Les petits naquirent au bout de dix-neuf jours d'incubation, et se couvrirent, au bout de quelques autres, d'un duvet cotonneux gris cendré, qui fut remplacé peu à peu par des plumes vertes sur le corps, et pleues sur la téte, telles, en un mot, que je les ai dépeintes pour le premier àge. Ils sortirent du nid au bout de trois semaines, et se juchèrent sur les bätons, où le père et la mère, indistinctement, leur apportoient de la nourriture, qu'ils leur dégorgeoient dans le bec, comme font les pigeons à l'égard de leurs petits; ils étoient même déjà âgés de six mois qu'ils se laissoient encore donner la becquée. Cela me rendit encore témoin d'une scène fort attendrissante entre le male et la femelle. Celle-ci se trouvant entre ses petits et son juchée sur le méme baton, le male, ne pouvant s'avancer jus- qu'aux petits, dégorgeoit la nourriture à la femelle, qui la passoit ensuite aux petits; ces derniers étoient absolument semblables, quoique de différent sexe. Cette ressemblance dura méême jusquà la première leur poitrine se revêtit de plumes rouges, bordées entr'eux quelques male, mue, à laquelle de vert; et ce ne fut qu'alors qu'on remarqua différences, car la tache bleue commencoit àa poindre sur le ventre ————— ——y— 56 HISTOIRE NATURELLE du male, et quelques plumes rouges se montroient au bas de ses jambes. Obligé de faire une course dans Pintérieur du pays, je né pus suivre plus long-temps les progrès de ces deux jeunes oiseaux, et à mon retour, au bout de quinze mois d'absence, la volière se 4„*.„ 7 7 trouva entièrement vide, tout ce qu'elle avoit renfermé ayant été — expédié en Europe, sans doute pour la ménagerie du prince d'Orange. Les scènes touchantes qu'on vient de lire eussent sans doute beau- ———— ———— 2* 82 — coup gagné à être décrites par une plume éloquente. Un Buffon, un — — Lacépède, y auroient répandu tout le charme qu'on trouve dans leurs célébres ouvrages; mais j'espère que le lecteur, sentant qu'on n'ap- prend point l'art de polir ses écrits en courant les montagnes, les . 8 ——— 8——y — vallées et les bois, pardonnera à mon style en faveur de mon zèle et de mon exactitude. b 2 —— ———— „ 3 —j— —— — 4 —* ₰ ——————— —— ——; —— — 4 ) . 11 * 4 5 * 4 4* 3 „ 1 1 — A — DES PERROOUEITS. 6, —A-AA VARIETE DE LA PERRUCHE ATETE BLEUE, SURNOMMEE L'ARLEOUINL. PLANCHE XXIII. CrrrE charmante Perruche nous présente une variété accidentelle des plus agréables de l'espèce de celle à téte bleue, mais une variété si grande, qu'on auroit certainement beaucoup de peine à recon- noftre aux apparences qu'elle n'est autre chose qu'une variété. Elle n'a conservé de son état primitif que les plumes rouges, à bordures vertes, de la poitrine. Le jaune s'est répandu sur tout le reste du corps, et y domine, notamment dans toutes les parties originaire- ment vertes, ainsi que sur les ailes et la queue, avec cette différence néanmoins, et cette singularité à Fégard de celle-ci, qu'une moitié des pennes est restée verte, tandis que Pautre est devenue entière- ment jaune. Cette dernière couleur s'est portée même sur les jambes, et forme sur le dos, avec le vert, une bigarrure qui plait, quoique diversement distribuée sur chaque côté du corps. On retrouve aussi sur la téête et la face quelques traces de pleu, à travers beaucoup de rouge et un peu de jaune. Le bec est orangé rougeâtre: les pieds et les ongles sont jaunes. D'après ce que nous avons dit précédemment sur les grandes variations que subissent les Perroquets en général, et des causes qui produisent ces variations, celle-ci ne parottra pas plus extraor- dinaire que celle dont nous avons fourni des exemples, lorsque nous avons parlé de'Ara maracana et de la Perruche Ara pavouane, dont nous avons aussi figuré deux variétés assez singulières. L'on voit méeme qu'ici, comme dans les autres espèces, Pindividu n'a point Pris de couleurs qui ne fussent celles de son espèce; mais qu'elles mont fait *„.* ⸗* 2.* 41 que se répandre sur d'autres parties, et sy distribuer d'une manière . 2 ⸗ plus ou moins bizarre, figurant à peu près les habits plaisamment chamarrés de rouge, de jaune, de vert et de bleu, que portent nos 4 15 58 HISTOIRE NATURELLE arlequins. Comme ce sont là précisément les couleurs de notre variété, nous l'avons surnommée P'Arlequine. Cet individu a vécu et est mort dans l'état de domesticité, à Batavia, où il avoit sans doute été envoyé d'une des autres Molu- ques, à moins que l'espèce ne se trouve aussi dans cette grande ile, comme à Bornéo, ce que nous ignorons. Il a fait long-temps partie de ma collection, et est aujourd'hui exposé au Muséum d'histoire naturelle à Paris, où chacun peut le voir sous le méême nom que je lui donne ici. mesticite 3 utres Molu- grande le, emp 8 partie u dhistoire de nom que 3 de notre DES PERROOUETS. ‿ 9 LA PERRUCHE OMNICOLOBRE. PLANCOHES XXVIT Er XXITX Taille svelte et moyenne; forme élégante; bec petit; queue de la longueur du corps; joue lilas tendre; téte, devant du cou, poitrine et couvertures du dessous de la queue, rouges. Crr oiseau, sans contredit l'un des plus beaux de la riche tribu des Perruches, se distingue par l'élégance de ses formes et l'éclat de sa parure, dont l'ordonnance des couleurs est si agréable et si bien entendue, qu'il semble que la nature se soit plu à Pembellir d'une manière toute particulière. Elle réunit, en effet, à elle seule tous les dons qu'on ne retrouve que partagés, non-seulement entre les autres Perruches, mais méême entre tous les oiseaux en général; car elle porte sur son riche vêtement toutes les couleurs primitives dans leur pureté et dans leurs plus belles nuances. Ce n'est donc pas sans raison que nous avons cru devoir la nommer Perruche omnicolore. Le rouge pourpré couvre(si on en excepte une large tache lilas tendre, qui embrasse le bas des joues) toute la téête, le devant du cou et la poitrine, en s'avancant en pointe jusqu'au milieu du corps. Cette même couleur se rencontrant sur toutes les couvertures du dessous de la queue, y forme une opposition admirable avec la tête. Le dessous du corps est, vers la poitrine, d'un beau jaune de jon- quille, qui prend une nuance plus verdâtre, à mesure qu'il sapproche des parties basses. Toute la région abdominale, les plumes des jambes, les couvertures du dessus de la queue et le croupion, sont verts. Les plumes du derrière du cou, celles du haut du dos, les scapulaires et les deux dernières plumes alaires les plus rapprochées du dos, sont d'un noir velouté, et portent toutes une bordure d'un jaune d'or, qui, en en dessinant les contours, les détache de la maniere la plus agréable les unes des autres. Les petites couvertures du poignet de Paile sont d'un riche violet: celles qui avoisinent les scapulaires, et se trouvent cachées par elles, en portent aussi les couleurs; c'est- à-dire, qu'elles sont noires et à bordures jaunes, tandis que les autres grandes couvertures du devant de l'ile sont d'un lilas tendre. Celles — — i7 M—ÿ—Xμèë— 8 ——————————————O———— ——.——— 4 — —————-—.——— 4—— —— . X ————— —— 4 4 —— 2 1 4 1 4 8 3 7 5 b * E 4 4 . 1 8 4½ * 3 * 8 . 1 ij 4 3 „ 3 3 1 8 4 1 “ f —,— 4 4 3 8 4 3 8 11 1 — 1 — 1 4 1* * 4 4 8 * 1 8 4 4 ——— ——.—— ——8ööͤhſhöoöoöoöͤöoöoöoöoöoöhoöoöoöoöoöoſ —————ͤ— ———— —— — 6⁰ HISTOIRE NATURELLE du dessous de Paile sont d'un bleu violacé. Les grandes pennes alaires sont, en dehors, d'un bleu vif, et intérieurement, d'un noir glacé, ainsi qu'à leur revers. Les secondaires sont mélangées de reri 0 de bleu, extérieurement. Les quatre premières pennes les plus extérieures de la queue, qui est étagée comme celles de toutes les Perruches dnus nous parlons dans cette série, sont, extérieurement, d'un lilas ten 3 qui, s'éclaircissant toujours davantage, blanchit vers la pointe de cha- cune de ces pennes. La suivante de chaque còôté est, 6 ernièr 6 milieu TCun beau bleu d'azur; et, enfin, les deux dernières, celles du de la queue, sont en entier d'un vert gai. Toutes, à fexception de ces dernières, sont noires dans leurs barbes intérieures, et à leur revers, dans la partie cachée par les recouvremens rouges du dessis de la queue. Nous observerons que la couleur lilas des pennes laté. rales varie de teinte, suivant les incidences de la lumière, au point méême de paroiftre presque blanche dans certaine posilion, tandis que dans telle autre elle est du bleu d'azur le plus vif. Les pieds sont gris; les ongles et le bec, gris-bruns, et les yeux, rouges. Quoiqu'à cette description très-détaillée on recontoisse toujours notre jolie Perruche, on ne sauroit se faire une juste idée de route son élégance, sans jeter les yeux sur les figures que nous en publions ici; car toutes ses couleurs ont un jeu tel que chaque position difféè- rente les varie à Pinfini, et en change les nuances et le ton, à mesure que les rayons de la lumière sont plus ou moins obliques. II a fallu, j'en conviens, les talens réunis du citoyen Barraban, chargé actuel- lement de tous les dessins de cet ouvrage, du citoyen Bouquet, qui en dirige la gravure, et enfin du citoyen Langlois, qui les imprime en couleur, pour avoir rendu avec autant de vérité ce bel oiseau. Je me complais à retracer ici les noms de ces célèbres artistes, afin que le public leur accorde à chacun le tribut d'éloge qu'ils ont cer- tainement droit d'en attendre: quant à moi, qu'il me soit permis de témoigner publiquement ma reconnoissance à chacun de ces habiles coopérateurs dans une partie aussi essentielle de mes ouvrages. La Perruche omnicolore habite les régions australes. L'individu dont nous publions Phistoire, a vécu quelque temps chez Madame Bonaparte, épouse du premier Consul de la République francoise. Jen ai vu un autre, semblable, dans la collection de M. Raye de Breukelervaert, à Amsterdam, et enfin un troisiéme, dont je pris le dessin, dans un cabinet à Leyde, chez une dame hollandoise dont j'ai oublié le nom. Ce dernier étant un peu différent des autres, nous Pavons s pennes laté- lere, au point sition, tandis vil. Les pieds , rouges. hisse toujours idée de toute s en publiong vosition diffé- on, à mesure 2s. Il a fallu, hargé actuel- Bouquet, qui les imprime ee bel oiscau. artistes, afin luiils ont cer- oit permis de le ces habiles huvrageés. ndividu dont DES pPpERROOUETS. 61 figuré dans notre n.“ 29. Sa différence consiste en ce que le derrière du cou est entièrement chez lui du mèême rouge que la tête, et que les plumes jaunes du dessous du corps portent toutes une bordure rouge. Dans tout le reste, les couleurs sont ici exactement les môêmes que chez le premier. Mais la différence que présentent ces deux oiseaux est-elle et m'est- elle qu'une différence de sexe? et, dans ce cas, lequel est le male ou la femelle?('est ce que je n'établirai pas d'une manieère certaine, ne m'en étant pas assuré moi-méême par la dissection. Cependant je dois dire que le citoyen Becœur, qui a préparé Pindividu mort chez madame Bonaparte, m'a assuré que cet individu étoit un male. L'autre seroit donc une femelle, ou peut-être un jeune male; et ceci se rapporteroit à ce que nous avons vu à Tarticle de l'espèce de la Perruche à tête bleue, dont nous avons parlé précédemment, et dont la femelle a les plumes de la poitrine lisérées d'une couleur différente de celles du male. Au reste, comme il n'y a à cet égard aucune loi générale qui puisse servir de base à nos jugemens, nous laisserons la question indécise; car rien ne s'oppose plus au progrès des sciences que de donner des conjectures pour des vérités. 16 62 HISTOIRE NATURELL E . 2.2 3 nn 22öAöAönnnnnnnnnnnnß— AA 2* LA GCRANDE PERRUCHE A COLLIER. PLANOHE XXX Grande taille; plumage d'un vert gai; large collier d'un rose foncé sur la nuque; bande rouge sur le haut des ailes; bec rouge; queue plus longue que le corps. La grande Perruche à collier d'un rouge vif; Buryox, pl. enl. n.“ 642. Ring Parraket; Epw. Glan. pl. 292. Psittacus Aleæxandri; LiNXN. ed. X. Lus nomenclateurs ont plus d'une fois confondu cette belle Perruche avec Pespèce que nous avons figurée pl. XXII 4 quoiqu'elle en diffère beaucoup, et par la grandeur de sa taille, et par la beauté de ses épaulettes d'un rouge de vermillon. Elles ont, il est vrai, l'une et 'autre, la gorge noire, et un collier sur la nuque; mais ici ce collier est beaucoup plus large et d'un rose bien plus vif: il y est d'ailleurs contigu, par en haut et par en bas, au vert gai de tout le derrière du cou, tandis que, dans l'autre espèce, la partie du dessus du collier est d'un joli lilas tendre. Le noir de la gorge se prolonge de chaque côté de la joue, en dessine les contours, et va se joindre juste au collier rouge, auquel il paroit servir d'attache. Les épaulettes sont d'un rouge foncé, et bordent, en longeant les ailes, les scapulaires, qui sont d'un vert plein, comme toute la partie supérieure du corps, les couvertures des ailes, et tout ce qui paroit de leurs pennes lors- qu'elles sont ployées. Le revers des pennes alaires est d'un noir bruni dans leurs barbes extérieures, et jaunatre ailleurs, ainsi que toutes les couvertures du dessous des ailes, et méême le revers de la queue, fort pointue et plus longue que tout le corps, du bec à l'anus. Les pennes de la queue sont, en dessus, du méême vert que les ailes; mais on y remarque, vers les pointes, une riche nuance bleudtre. Tout le dessous du corps est d'un vert tendre, nué de jaune. Le bec et les yeux sont d'un rouge vif, et les pieds grisâtres. Cette espèce habite les Indes orientales, et on la trouve plus particuliérement à l'ile de Ceylan, d'où provenoient deux de ses individus, maâle et femelle, qui ont vécu quelques années chez moi: ces deux oiseaux, d'un naturel très-sauvage et fort criards, étoient E — DLLIE E sur la nugue; lue le corps. 6⁄2. Ring 4. 1. elle Perruche le en differe eauté de ses ai, Tune et ci ce collier st Gailleurs le derrière s du collier de chaque lre juste au zulettes sont scapulaires, re du corps, pennes lors- mnoir bruni que toutes de la queue, anus. Les ne les ailes; ce bleudtre. mne. Le bec trouve plus leux de Ses chez moi: rds, stoient DES PERROOUETS. 63 absolument semblables par le plumage; mais la femelle étoit plus petite que le male, et sa queue de près d'un tiers moins longue que celle de ce dernier. La grande Perruche à collier est connue depuis fort long-temps; car Pline, Solin et Apulée en ont parlé: mais il paroitroit qu'elle est la seule espèce de son genre qui ait été connue des anciens; et quoiqu'on la trouve aujourd'hui dans beaucoup de collections, elle m'est cependant pas, à beaucoup près, aussi commune en Europe que celle avec laquelle nous avons déjà dit qu'elle avoit été confondue. On en voit au Muséum de Paris un bel individu, qui a fait partie de ma collection: MM. Raye de Breukelervaert, et Temminck, d'Amster- dam, en possèdent aussi chacun un. Cet oiseau porte, dans les planches enluminées de Buffon, n.“ 642, le nom de Perruche des iles Maldives, quoique ce naturaliste J'ait décrit sous un autre. Nous Tavons figuré sous les deux tiers de sa taille seulement. 6 1 — ——— 64 HISTOIRE NATURELLEFE 3 A —— 2vnnn nrnn——Aͤ——————— 6 LA PEFRRUCIHE A POTTRINE ROSE. PLANCHE XXXI. —— — * e I 7. 8 8. ¹ 4 4 4 8 1 . 3 1— A. 2 8* 8 4 1— „ X 4— . 2 3 3—— ..—— deäee 2——— ——————————— 8 1 —————————— ———————— ———————————y————— — õmõʒʒõʒÿõÿõÿõÿmämõ⅓ä⅓————————ÿy—————— ——õ—ꝛ—:—————— ͦ 53— 3—— —————————————————— ————— 4 8——*—————— —————y——=——————.—— ———————————————— ———.—.———.———————— — Grande taille; queue aussi longue que le corps; bande noire passant sur le front, et joignant les yeux; large moustache noire sur les joues; bec rouge; téte . 3 A1, d'un gris lilas; devant du cou et poitrine couleur de rose; plumage vert, mélé de jaune sur les ailes et de bleu sur la queue-. — La Perruche d moustache; BUFFON, pl. enlum. n.“ 517, sous le nom de Perruche „— de Pondichery. — t ——— —ͤͤ Borrox est le premier qui ait parlé de cette espèce, distinguée par la belle couleur rougeatre de son cou et de sa poitrine, d'où j'ai tiré la dénomination que je lui applique. Le nom de Perruche à moustache ne la particularisoit pas assez; car il y a plusieurs espèces . 3 4— 4 333oſſſſdööͤͤͤͤ 2 3 n——— de Perruches qui portent des moustaches noires. Quoiqu'à peu près aussi forte de corps, celle-ci a cependant la queue moins longue que la grande Perruche à collier. Sa téte est d'un joli gris de perle, qui prend à certain jour un ton bleuâtre ou de lilas tendre. Le front est traversé par un trait noir, aboutissant de chaque côté au coin de T'oœil, pendant qu'une large plaque noire, partant du coin de la bouche, couvre la joue, et s'y dessine circulairement. Le derrière du cou, les scapulaires, le dos, les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert foncé, qu'on retrouve sur les pennes des ailes et de la queue, mais qui, sur les intermédiaires et les plus longues plumes de celle-ci, se change en un beau bleu, ainsi que sur les ailes: ce vert prend un ton jaune sur les couvertures qui avoisinent les scapulaires, et sur les bordures extérieures des grandes pennes alaires. La partie abdominale et le ventre sont d'un vert moins foncé que le dos, et mêlé de teintes jaunatres, qui reparoissent sur les couvertures du dessous des ailes, sur le revers de la queue, et meme sur les plumes des jambes. Le bec est rouge, et les pieds sont gris. Cette espèce est représentée sur notre planche dans toutes ses dimensions, et le dessin en a été fait d'après un superbe individu faisant partie du cabinet de M. Temminck d Amsterdam, qui en e, distinguée atrine, d'ou e Perruche à eurs espèces uà peu proès longue que e perle, qui Le front est au coin de coin de la Le derrière lessous de la anes des ailes plus longues que sur les ui avoisinent undes pennés moins foncẽ zent sur les ue, et mêéme sont gris s toutes 8605 ce individu 1 enl am, qul DES PERROOUEITS. 65 ossèd 2 3— p 6 deux d'une égale beauté. Jen ai vu un autre, bien conservé dans le cabinet de M. Beers, bailli à Asserswoude. Il s'en t V l. rouve un uatrième— qu den. enfin, au Muséum de Paris, mais chez lequel la couleur rose— indivi e la poitrine est effacée. Cet individu avoit d'ailleurs été envoyèé en ma. 2 té — wie état, ensorte qu'on a été obligé de lui recoller presque . 9 veer⸗ es plumes; et c'est apparemment ce mèême individu que Buffon a fait servir à la mauvaise fi j ur 4. Hi een un sure qu'il a publiée de cette Perruche pP 1 rose. Il n'est donc pas étonnant que la description de ce maiezauote ne se rapporte pas entièérement à la mienne, qui a été .. 11.. ie d'après trois individus dans le plus parfait état de conservation a description tronquée que Gmelin a donnée de cet oiseau, est aussi inexacte que celle de Buffon, et a été copi et a été probabl e vanene lds Puflon, ⸗ P ement copiée sur elle, quoiq y trouvant pas même toujours conforme. 17 . 2 2 . 3 5 1 4* 3 — 4 14— 6 — * ————öööö== ———— 66 IISTOURFE NATUWELL EFE —— nnnnnnnnnnnnnnnnn—— LA PERRUCHE INGAMBE. PLANCHE XXAXII. Taille svelte et allongée; téête petite; queue plus longue que le corps, et fort Fec; P 3( Pplus longsue( pointue; tarses longs et grêles; ongles presque droits; ligne rouge sur le bord du front; couleur d'un vert jauntre, à bandes transversales d'un brun noir sur toutes les plumes; bec et pieds jaunâtres; ongles noirs. CrrTTE Perruche, très-remarquable par la longueur extraordinaire de ses tarses, par ses ongles presque droits, sa petite téte et la foiblesse de son bec à mandibule inférieure très-évasée et renflée sur les côtés, présente des caractères si particuliers, qu'en se distinguant de toutes les autres Perruches, elle semble s'éloigner du genre mèême des Perroquets. En destinant cet oiseau à un genre de vie différent de celui du reste des Perruches, la nature l'a aussi organisé de maniere à ce qu'il pùt subvenir à des besoins qu'il est obligé de satisfaire à terre en cherchant sa nourriture parmi les hautes herbes, dont les Perroquets auroient, en général, beaucoup de peine à se débarrasser, à cause de leurs ongles crochus et de leurs tarses si courts qu'ils sy appuient lors même qu'ils marchent. Celui-ci, au contraire, est monté sur de longues jambes qui, en élevant son corps, lui per- mettent de se mouvoir avec facilité. Des ongles crochus, surtout par derrière, l'auroient sans cesse arréèté dans sa marche, en accrochant les plantes basses et les herbes; aussi ses ongles sont-ils presque droits, comme l'ongle postérieur de J'alouette, destinée aussi à chercher à terre sa nourriture. b Nous sommes fächés que la pénurie de renseignemens nous em- péche de rien ajouter sur les mœurs et les habitudes de cette espèce; son histoire offriroit nécessairement des traits par où elle contrasteroit autant au moral avec les autres Perruches, qu'elle en diffère par sa conformation physique: on peut même d'avance conclure de celle de ses pieds, que la Perruche ingambe ne niche pas dans des trous d'arbres, comme les autres Perroquets, puisque les ongles presque droits de ses doigts de devant ne pourroient la soutenir sur le bord de ces trous, où il faudroit de toute nécessité qu'elle s'accrochât un moment avant de se glisser dedans. sur le bord Prun noir sur rdinaire de la foiblesse ir les coteés, t de toutes méme des flérent de manière atisfaire à „dont les barrasser, Irts qu'ils traire, est , lui per- zurtout par accrochant due droits, hercher à nous em- te espèce; utrasteroit ére par 8a de celle des trous s presqué le bord de rochaât unn DESPERROOQUETS 6) Le citoyen La Billardière, connu par son intéressant voyage à la recherche de Lapeyrouse, fait quelque mention de cette Perruche, qu'il a trouvée au Cap de Diemen, mais dont il rapporte seulement qu'elle ne fréquente pas les arbres, qu'elle se tient à terre, et qu'elle y court fort vite; ce qu'il étoit facile de pressentir, et ce que j'avois en effet soupconné en voyant pour la première fois cet oiseau, que je connois depuis plus de dix ans, et que j'ai étudié dans plusieurs cabinets chez mes amis en Hollande. Nous l'avons surnommeé ingambe, parce que sa marche, très-vite et bien plus régulière que la leur, le distingue 6minemment de tous ses congénaires: les Perroquets en général montrent, comme on sait, dans cet exercice, une mal-adresse, une gaucherie caractérisées. 8 Notre Perruche offre aussi, par la bigarrure de son plumage, des traits auxquels il est toujours facile de la reconnoitre; car si l'on en excepte le front, que traverse une ligne rouge, elle est partout rayée de noir sur un fond vert, imprégné d'une forte teinte jaune, mais plus approchant de cette dernière couleur sur tout le dessous du corps que sur le dessus, où les rayures sont plus larges et plus prononcées. La queue, qui est très-pointue, présente des bandes régulières, noires, en forme de V très-ouvert, sur un fond jaundâtre. Les premières pennes des ailes sont d'un vert gai, et ondées de jaune. Le bec est jaunatre vers sa pointe, et d'un gris brun à sa base. Les pieds sont d'un jaune bruni, et les ongles, noirs. Des trois individus que nous avons vus de cette espèce, un fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelervaert, d'Amsterdam; l'autre appartient à M. Gevers-Arntz, de Rotterdam, et le troisième se trouve à Paris, au Muséum dhistoire naturelle. C'est ce dernier que nous avons représenté de grandeur naturelle sur nos planches. Nous pensons qu'il difféère des deux autres, mais légèrement, ou peut-être même par le sexe ou par l'äge seulement. Je crois, par exemple, me rappeler qu'il est moins grand que celui de M. Raye de Breukelervaert; que chez lui les rayures sont moins distinctes, et que le fond de couleur y est moins jaune que chez ce dernier: nous nous proposons, au reste, de nous en assurer dans un voyage que nous devons faire incessam- ment en Hollande, et de placer sous le même numéro, à côté de Lindividu que nous publions aujourd'hui, le portrait de celui que nous venons de lui comparer, si les différences que nous soupçonnons entr'eux se trouvent confirmées. ————ö—ꝭ—ꝭQ—C—L—F—-·— —— —— R —öö ——— ——— ————— 8——— 68 HISTOILRE NATURFLLEFE ... 2—Vö——ℳ—Vö——ℳ ℳ?n—ℳ--——-——-———————————————————ℳℳ———MV—V——— 22A—* LA PERRUCHE A TRTE JAUNE. b PLANCHE XXAXIII, LE MAILE. 15 Taille moyenne; queue à peu près de la longueur du corps chez les mäles, «ℳ«2 7 7 plus courte chez les femelles; bec dun blanc jaunâtre; front et joues d'un orangé rougedtre; tete et haut du cou jaunes, ainsi que le bord des ailes en dessous; plumage d'un vert jaunâtre; pieds gris-blancs. Perriche à tete jaune; BuFFox, pl. enl. n. 499, sous le nom de Perruche de la Caroline. Psittaca carolinensis; BRISSON. Idem; LiNN. Syst. nat. ed. X- CrrrER espèce, très-commune à la Guiane, voyageant beaucoup et se répandant jusque dans la Caroline et la Virginie, ouù elle arrive en automne par bandes innombrables, n'en est pas moins assez rare dans nos cabinets. J'en ai vu, il y a environ vingt ans, plus de trois cents individus, apportés ensemble à Paris par un voyageur qui avoit rassemblé dans l'Amérique septentrionale la collection la plus consi- dérable: mais il faut croire que cette collection, composée d'au moins douze mille individus, dont quelquefois six cents d'une méême espèce, a été entièérement détruite par les insectes rongeurs, car peu de curieux ont su en profiter. Ce qui prouve encore combien la Per- ruche à téte jaune est nombreuse dans les pays qu'elle habite, c'est que jai vu, dépouillées, adressées à un plumassier et destinées à des garnitures de robes, plus de six mille têtes de ces individus. Com- ment se fait-il donc qu'il ne s'en trouve presque plus aujourd'hui dans les collections particulières, et pas un seul au Muséum de Paris? il est, au reste, peu d'ornithologistes qui n'aient parlé de cette Perruche, et elle est trop facile à reconnoitre pour qu'on puisse s'y méprendre. Le front, le haut de la téête et le tour des yeux, sont d'un rouge orangé, qui, saffoiblissant peu à peu, se change en un beau jaune de jonquille sur Pocciput et le haut du cou. La partie des bords des ailes qui touche au corps est aussi jaune, ainsi que la bordure des pennes alaires. La partie supérieure du corps, c'est-à- dire, le manteau, les ailes entières, le dos, le croupion et le dessus de la queue, est toute d'un vert plus ou moins jaunàtre, suivant Tage de Foiseau: le dessous du corps est encore plus mélangé de jaune. On remarque une teinte bleuâtre sur le bout des plumes des beaucoup et u elle arrive 1s assez rare dlus de trois ur qui avoit plus consi- d'au moins dme espèce, car peu de bien la Per- habite, C'est stinées à des vidus. Com- aujourdhui Muséum de aarlé de cette on puisse v» veux, sont ange en un , La partié ainsi que la rps; g'est-à- et le dessus tre, sui'anl mélange 3 plumés des DES P.ERROOUETS. 69 ailes: celles-ci ont tout le revers de leurs pennes brundtre, leurs petites couvertures vertes, et leurs grandes couvertures brunes. Les „ 8 yeux sont jaunes; le bec est d'un blanc jaunatre, et les pieds sont gris. Cette espèce étant, comme je l'ai déjà dit, très-connue par les nombreuses descriptions qu'on en a publiées, et la figure que nous en donnons la représentant dans toutes ses proportions, en même temps qu'elle en rend exactement les formes et les couleurs, nous croirions inutile d'entrer dans de plus longs détails à son sujet. Dans le grand nombre d'individus que nous avons vus de la Per- ruche à tête jaune, nous n'avons pas remarqué qu'ils différassent les uns des autres autrement que par le vert du corps, qui, dans quelques-uns, se trouve seulement plus ou moins jaundtre. Les males ne différeroient donc des femelles que par leur sexe? Je réponds n'avoir du moins jamais vu entr'eux d'autre différence que celle de la queue, plus courte chez les femelles que chez les males. Suivant Catesby, ces Perruches se nourrissent de graines et de pepins de fruits, mais surtout de graines de cyprès et de pepins de pommes, ainsi que tous les Perroquets en général, qui préfèrent toujours les noyaux et les pepins de fruits aux fruits eux-mémes. D'après ce même auteur, ces Perruches nicheroient aussi par fois à la Caroline; ce qui peut paroitre assez extraordinaire; car si, comme il Tassure, elles n'y arrivent qu'en automne, il est plus que probable qu'elles ont alors fini leur ponte. Disons donc que, si elles nichent par fois dans cette contrée, c'est qu'elles y reviennent au printemps, après l'avoir abandonnée l'hiver, pour aller passer cette saison dans des pays plus chauds, et qu'ainsi elles arrivent deux fois par an à la Caroline: au moins est-il très-probable qu'elles n'y passent pas Thiver, les Perroquets en général craignant tous le froid. 18 — omo—y—-yy—y—-—yy—y—y—-y—yy————————— —— ——————QQꝑQꝑqꝑ́ꝑ́ ———O·——— 70 HISTOIRE NATURELL E —ð ——2BA——————— LA PERRUCHE A FRONT JAUNE, OU LAPUTE-IUBA. PLANCHE XXXII, LE MALE. Taille moyenne; queue à peu près de la longueur du corps; face jaune; poi- trine d'un gris roussâtre; grandes pennes alaires pleues; plumage vert, plus foncé sur le dos, plus clair sous le corps; bec et pieds gris. L'Aputé-Juba; BUFFox, pl. enl. n.“ 528, sous la fausse dénomination de Perruche illinoise- Perruche facée de jaune; Epw. Glan. pl. 234. Psittaca illiniaca; BRISSoN, Ornith. t. 4. Psittacus pertinaæ; LiNN. La Perruche à front jaune, dont le male et la femelle se trouvent sur nos planches, représentés de grandeur naturelle, offre plusieurs variétés. Nous avons cru nécessaire de donner les portraits de ces variétés les plus intéressantes pour Pexacte connoissance de T'espèce. Les représentations et les descriptions qu'on en a publiées jusqu'à ce jour, sont toutes plus ou moins imparfaites. Elles ne présentent, la plupart, que des individus variés par ldge, ou mèême par la domes- ticité; or on sait que, dans ce dernier état, tous les oiseaux en général, et plus particulièrement les Perroquets, se dénaturent à tel point, qu'ls en deviennent souvent méconnoissables: aussi les nomenclateurs mont-ils pas manqué de faire de toutes ces variétés autant d'espèces distinctes; et ce qui les rend en quelque sorte excu- sables, C'est autant le peu d'exactitude et de conformité qui règne dans les descriptions d'un même oiseau par les différens auteurs qui en ont parlé, que les mauvaises figures qu'ils en ont données. Ces descriptions et ces figures s'accordent même souvent si mal dans les exemplaires d'un méeme ouvrage, qu'il nous a fallu, pour ainsi dire, deviner que la Perruche à front jaune d Amérique, dont il est question dans cet article, et qui certainement est de la mème espèce que la Perruche facée de jaune d'Edwards, étoit effectivement'Aputé-Juba de Buffon et de beaucoup d'autres auteurs. Nous croyons qu'il en est ainsi, quoique la description de lAputé-Juba de Buffon ne se rapporte pas entièrement à la nôtre, et que, de plus, elle ne soit pas conforme à la figure qu'en a publiée ce naturaliste dans ses planches lace jaune, poi. dage vert— plus en erruche illinoise, 60 X, Ornith. t. 4 se trouvent fre plusieurs raits de ces de Tespèce. s jusqu'à ce ésentent, la r la domes- oiseaux en enaturent à es: aussi les ces variétés sorte excu- 6 qui règne auteurs qui ſonnées. Ces nal dans les T ainsi dire, est question oͤce què la puté-Juba ns quil en uffon ne 5e ne soit D 38 8es planches DES PERROOQUERTS. 71 enluminées; n.“ 528, sous le nom de Perruche illinoise. La description de Buffon dit que le bas-ventre est jaune, tandis que la figure prè- sente l'oiseau avec tout le dessous du corps jaune. Est-ce la faute des enlumineurs, ou bien, cette ſigure a-t-elle été faite d'après un individu qui avoit effectivement tout le dessous du corps jaune? C'est ce qu'il seroit sans doute difficile de décider. Cependant, si c'est inadvertance de la part des coloristes, il faut convenir que le hasard a, cette fois, servi Tauteur, puisque la Perruche à face jaune offre réellement une variété(variété qui n'est pourtant qu'un effet de la domesticité) dont tout le dessous du corps est entièrement d'un beau jaune. Nous allons, au reste, donner la description de Tespèce d'après des individus tués dans les bois et, par conséquent, dans leur état parfait: nous en ferons ensuite connoitre les variétés principales. Le male a le front, les joues et la gorge, c'est-à-dire toute la face, d'un beau jaune. Les plumes de la poitrine sont d'un gris roux- jaunâtre, nué d'une légeère teinte verdatre, couleur très-difficile à exprimer par des mots, et pour laquelle nous renvoyons le lecteur à la planche très- exacte que nous donnons de l'oiseau. Le dessus de la téte est bleudtre. Le cou, le dos, les scapulaires, le croupion, le dessus de la queue, toute la partie supérieure du corps, sont d'un beau vert luisant, ainsi que les couvertures des ailes. Les grandes pennes de celles-ci sont toutes bleues, tandis que leurs moyennes ne le sont que sur leurs bords extérieurs. Les flancs, le ventre et les couvertures du dessous de la queue sont d'un vert clair, méelé de jaune sur le ventre. Le revers des pennes alaires est d'un noir bruni, et celui de la queue, d'un jaune brun. Le bec et les pieds sont gri- satres, et les yeux d'un jaune foncé. On remarque bien autour des yeux un petit espace nu, mais qui m'est pas aussi fortement prononcé que dans les espèces que nous avons comprises parmi les Perruches Aras. Nous avons déjà eu occasion d'observer que toutes les Perruches, et même beaucoup de Perroquets, avoient les yeux circonscrits par un espace nu, plus ou moins grand, espace que les empailleurs d'oi- seaux agrandissent souvent beaucoup, en bourrant outre mesure la cavité des yeux, après les avoir arrachés. Cette opération, lorsqu'elle se fait par le dehors, étend prodigieusement les paupières. Il est donc extrémement utile de voir la nature vivante pour déterminer avec exac- titude certains caractères, que dénaturent ou détruisent totalement les mains mal-adroites de la plupart des préparateurs d'oiseaux. -—**—— ——————————— 4. ³ —— — —— —— ———— „„ HIISTOIRE NATURELL E .—— ....ͤ..ͤͤ———..———ℳõ 28 LA PERRUCHE A FRONT JAUNE, OU LAPUTE-IUBA. PEIANCHRE XXXY, LA FEMELLE. ComMME chez tous les Perroquets, la femelle est ici plus petite que son male, et a surtout la queue plus courte que lui. Elle en diffère aussi un peu par ses couleurs, en ce qu'elle m'a de jaune décidé que sur le bord du front, et sur une partie des joues voisine des oreilles: les autres parties de la face, jaunes sur le male, sont roussâtres chez elle, ainsi que le devant du cou et la poitrine. Partout ailleurs les couleurs sont les mêmes dans les deux sexes, si ce n'est cependant encore qu'elles sont ici moins vives. b Dans le jeune age, le male et la femelle se ressemblent totalement, et wont point de jaune sur la face: toute cette partie, ainsi que le devant du cou, la poitrine et les flancs, sont roussatres, comme le cou et la poitrine de la femelle adulte; et les pennes des ailes n'ont extérieurement que de légères bordures bleues. Nous avons cru inutile de donner la figure de l'oiseau dans cet état, le lecteur pouvant faci- lement s'n faire une idée exacte en jetant les yeux sur la planche qui représente la femelle; car il suffiroit d'effacer le jaune pur qui sy trouye, et d'y substituer la couleur du reste de la face, pour en avoir un portrait fidèle. Cette espèce se trouve communément à Cayenne, à Surinam, et généralement dans toute la Guiane, meême au Brésil. II n'y a pas d'apparence qu'elle voyage, comme l'a cru Brisson, jusques chez les Illinois, puisqu'aucun voyageur n'assure l'y avoir trouvée. A Cayenne on la nomme Perruche-pou des bois, parce qu'elle niche dans les ruches de ces insectes; c'est du moins ce que rapporte Buffon. Nous pensons que le nom de Perruche illinoise, que Brisson a donné à cette espèce, ne vient que de l'erreur qu'il a commise en la prenant pour la Perruche dite par les anciens se trouver dans ces contrêées; espèce qui n'est effectivement que celle de notre Perruche à téête jaune, et qui, se trouvant à la Caroline et à la Virginie, peut bien, dans ses voyages, passer par fois chez les IIlinois. b — zêz 1 lus petite que Elle en differe nune décide que ine des oreilles. roussdtres chez out ailleurs les nest cependant nt totalement, „ainsi que le es, comme le des ailes mont ons cru inutile pourant faci- ur la planche jaune pur qui face, pour en à Surinam, et U. II ny a pas ques chez les e. A Cayenne niche dans les Buffon. Nous on a donné à en la prenanl contrées; à téte bien; Ces DES PERROOUETS. 75 ——————————————-——OA... PREMIERE VARIETE DE LA PERRUCHE A FRONT AUNE. PLANCHE XXXVI. JTar vu, de cette espèce. plusieurs variétés qui, dans létat de domes- ticité, se couvrent plus ou moins de jaune sur les différentes parties du corps. L'une de ces variétés, que j'ai trouvée vivante à Amster- dam chez M. Ameshof, et qui avoit été apportée de Surinam, avoit tout le dessous du corps, à partir de la gorge jusques aux couvertures du dessous de la queue, inclusivement, d'un beau jaune de souci; le front étoit aussi de cette couleur: mais, dans toutes ses autres parties, cette variété ne différoit en rien, quant aux couleurs, de l'état ordinaire, sinon que les plumes du derrière du cou étoient lisérées d'une bordure tirant sur le gris. Elle est représentée sur notre planche XXXVI: on verra qu'elle a quelques rapports avec individu représenté n.“ 528 des planches enluminées de Buffon, sous la dénomination de Perruche illinoise. b 19 ————— —————.. —— 74 HISTOIRE NATURELIL E —— —————— SECONDE VARIETE DE LA PERRUCHE A FRONT JAUNE. PLANCHE XXXVII. CzrrE autre variété de la mèême espèce que la précédente, que nous avons aussi figurée n.“ XXXVII de nos planches, a le front, le tour de la face, la gorge et le devant du cou, d'un brun roussdâtre. Le dessus de sa téête est d'un bleu terne, qui se fond peu à peu dans le vert qui couvre la nuque, le derrière du cou, le dos, les scapulaires, le croupion et le dessus de la queue. Les couvertures des ailes sont de ce même vert; mais les pointes de leurs grandes ennes, et les bords extérieurs seulement de leurs pennes moyennes, P— sont pleus. Le vert du devant du cou est mélé d'une teinte roussâtre, très-foible, et tout le dessous du corps est d'un vert plus clair que celui du dos. Le bec et les pieds sont grisatres. On trouve figurée dans les planches enluminées de Buffon, n.“ 838, une petite Perruche, sous le nom de Perruche à front jaune de Cayenne: cette figure, toute mauvaise qu'elle est, nous parott assez se rapprocher de cette seconde variété de la Perruche à face jaune, quoiqu'il n'en soit fait aucune mention chez ce naturaliste, qui pour- tant assure, dans sa préface, que ces planches enluminées ont été faites pour son ouvrage. S'il en étoit ainsi, pourquoi y trouveroit-on des figures qui n'appartiennent à aucune de ses descriptions? Pourquoi, encore, la plupart des oiseaux y portent-ils sur les planches qui les re- présentent, des noms qui ne sont pas ceux sous lesquels ils sont décrits? Le male et la femelle de la Perruche à frontj jaune, que j'ai figurés planches XXXIV et XXXV, ont été apportés de Cayenne. On voit au Muséum de Paris deux très-beaux individus de cette espèce. Jen ai vu aussi plusieurs dans d'autres cabinets. La variété n.“ XXXVI est arrivée vivante de Surinam, pour la ménagerie de M. Ameshof: celle n.“ XXXVII, que j'ai vue chez M. Bœrs à Asserswoude, provenoit du Brésil. Le jeune âge est très-commun dans les cabinets, comme cela a lieu pour la plupart des Perroquets en général, parce que les jeunes, moins méſians que les vieux, sont aussi d'une acquisition plus facile. AUN cedente, que 8, a le front, dun roussätre. ad peu à peu u, le dos, les s couyertures leurs grandes es moyennes, tte rousdtre, lus clair que ffon, n.“ 838, nt jaune de paroit assez ſace jaune, ste, qui pour- inées ont été trouveroit-on as Pourquoi, nes qui les re- sont décrits? ue jai ſigures e. On voit au éce. Jen ai XXXVI est meshof: celle grovenolt du omme celaa ne les jeunes, 4 acile. I plus la DES PERROOUETS. 75 —— zòðõ—————— ℳꝛqꝗꝛ?—“,/yy—————-———— LA PERRUCHE SOURIS PLANCHE XXXVIII. Taille moyenne; corps épais; queue de la longueur du corps; front, gorge, devant du cou et poitrine d'un gris de perle, nuancé de bleu; bec brun- rougedâtre; pieds gris. La Perruche Souris; BuFFox, pl. enl. n.“ 768, sous la dénomination de Perruche à poitrine grise. Nopus laissons à cette Perruche le surnom de Souris que lui a donné Buffon, quoique la couleur grise de sa face, qui le lui a valu, ne soit effectivement point celle de la souris. Buffon, qui, le premier, l'a décrite et figurée, s'est encore mépris à l'égard de cette espèce, en la rapportant à la Perruche verte à capuchon gris, dont il est question dans un Voyage à l'Ile de France, quoique la grosseur d'un moineau, que lui donne le voyageur, eùt du suffisamment l'avertir de ne pas commettre unée erreur d'autant plus étonnante chez ce naturaliste, qu'il décrit lui-même la Perruche verte à capuchon gris, parmi ses Perruches à queue courte, et sous la dénomination de Perruche à téte grise. b Comme nous représentons de grandeur naturelle sur nos planches la Perruche Souris, nous nous bornerons ici à parler de ses couleurs: le front, le tour de la face, la gorge, le devant du cou et toute la poitrine, sont d'un joli gris de perle, qui dans ses reflets, prend un ton bleuâtre. Les plumes de toutes ces parties sont lisérées d'une ligne planchaàtre, et se détachent ainsi en écailles les unes sur les autres. Le dessus de la téête, le derrière et les côtés du cou, le manteau, le croupion, les couvertures du dessus de la queue„toutes celles des ailes, et tout ce qui reste visible sur ces dernières, lorsqu'elles sont ployées, sont d'un vert olivatre, prenant, suivant les incidences de la lumière, des tons jaunes qui lui donnent de l'éclat. Les premières pennes alaires, toutes celles de la queue, sont, en dessus, d'un vert plus foncé qu'ailleurs, et en dessous, d'un vert jaunatre, glacé de gris. Le ventre, les plumes des jambes et toute la partie abdominale, sont 76 HISTOIRENAIURELL E d'un vert jaunatre, ainsi que les couvertures du dessous de la queue. Les pieds sont gris, et les yeux d'un brun rouge. Le bec est d'un brun clair, tirant foiblement sur le rouge. C'est au Cap de Bonne-Espérance que j'ai vu le seul individu que je connoisse de cette espèce. Il y fut apporté vivant par un capitaine négrier, qui l'avoit eu en échange sur les côtes dAfrique. Cet oiseau étoit d'une docilité remarquable, parlant très-bien, et prononçant fort distinctement plusieurs mots francçois et portugais, mais mieux encore les juremens et les imprécations qu'il avoit ap- prises de son mattre. DES PERROOUETS. 77 222öðVbAö—ℳℳ2vöͤASͤAnAnn——ʒA—— Vͤö2A——V—— ℳꝛ— zòõℳ—ℳ—--————ℳ—-õqA 22222VöAAA .— LA PERRUCHE A DOUBLE COLLIER. PLANCHE XXXIX. Taille moyenne; corps svelte; queue auss longue que le corps, y compris la téte et le cou; deux colliers contigus, Tun bleu, Tautre rouge, sur le haut du cou; gorge noire; plumage vert, plus foncé sur le dos et les ailes que sur le ventre; mandibule supérieure rouge, inférieure dun noir brun-rougeâtre; pieds gris. La Perruche à double collier; BuFFoON, pl. enlum. n.“ 215, sous le nom de Perruche de Pile de Bourbon. C'nsr encore par erreur que Buffon rapporte cette Perruche à celle décrite par Brisson, tom. IV, pag. 328, sous le nom de Perruche à col- lier de l'ile de Bourbon, Psittaca Borbonica torquata. La description de ce dernier auteur porte simplement qu'au-dessus de l'occiput de Poiseau est une étroite bande couleur de rose, qui s'étend de chaque côté du cou, devient plus large en approchant de la gorge, et forme une espèce de collier, au-dessus duquel le vert est mêlé d'un peu de bleu. Or ce vert méêlé d'un peu de bleu, on ne peut assurément pas le prendre pour un collier bleu fort distinct, au-dessus de celui cou- leur de rose; et l'on voit clairement que Brisson a fait ici, à l'égard de cette Perruche, comme il l'a fait ailleurs à l'égard de tant d'autres, un double emploi, sa Perruche de l'ile Bourbon étant bien certaine- ment la même que sa Perruche à collier, Psittaca torquata, espèce que nous avons décrite et figurée sous notre n.“ XXII, et qui n'est pas la Perruche à double collier de Buffon. Nous regardons, au reste, cette dernière comme une simple variété de la Perruche à collier rose, dont elle ne differe que par son second collier bleu, qu'elle porte sur le derrière du cou, au-dessus du collier rose, et par son plumage un peu plus foncé que celui de Tespèce proprement dite: à cela près, tous les rapports extérieurs sont absolument les mêmes chez l'une et chez l'autre. Nous convenons cependant que la Perruche à double collier pourroit bien elle-méeme être une espèce particulière; mais, en attendant que des naturalistes instruits nous aient donné des renseignemens positifs sur cet oiseau et sur les pays qu'il habite, nous croyons aussi qu'il est plus sage de ne le considérer que comme 20 55 HISTOIRE NAT URELL E variété de la Perruche à collier rose, avec laquelle nous lui trouvons plus de rapports qu'avec toute autre. Gmelin, qui, ainsi que nous ravons fait remarquer, a décrit la Perruche à collier rose comme variété de la grande Perruche à collier et à épaulettes rouges de notre n.“ XXX, parle aussi de celle à double collier, qu'il ne considère encore, ainsi que beaucoup d'autres Per- ruches, que comme variété de la même espèce. Mais si la Perruche à double collier n'est, ainsi que nous pensons, qu'une variété de celle à collier rose, il est certain qu'elle n'en est pas une de la grande Perruche à collier; car ces deux dernières forment indubitablement deux espèces séparées et très-distinctes. Quant à la description que Buffon donne de notre Perruche à double collier, il est facile de s'apercevoir qu'elle n'a été faite que d'après la mauvaise figure qu'il en a publiée dans ses planches enlu- minées, ouù il ne seroit pas possible de la reconnoitre sans ses deux colliers. b Nous n'avons vu que deux individus de cette Perruche, l'un dans le beau cabinet de Mauduit à Paris, Jl'autre dans celui de M. Bœrs à Asserswoude; et c'est d'après ce dernier individu que nous avons établi notre description, en comparant'oiseau avec quelques autres individus de respèce dont nous le soupconnons n'être qu'une variété; doute dans lequel cette comparaison n'a fait que nous fortifier. Buffon donne la Perruche à double collier pour éêtre de l'ile Bour- bon; mais ce n'est que parce qu'il ne la considère que comme étant elle-méême la Perruche à collier de T'ile de Bourbon de Brisson, qu'il la donne pour telle. Ainsi le pays, ou plutòt le canton, qu'elle habite particuliérement, n'est réellement pas connu; nous n'avons du moins pu le savoir des personnes mêmes chez qui nous Tavons vue, quoi- que nous ayons la certitude qu'elle appartient à Tancien continent. 1 P 1 3 8 lui trouvon er„ † 4 „a decrit la ruche à collier celle à double p dautres per. si l Derruche rariété de celle de la grande dubitablement re Perruche 4 a eté faite que planches enlu- sans ses deux he, Jun dans ni de M. Baœrs ue nous avons uelques autres u'une variété; ortifier. de Pile Bour- comme étant Brison, quiil qu'elle habite ons du moins us vue, quoi- en continent. DES PERROOUETS. 79 ASnnnnnennnneene——A':————Ann—————G——-—— ℳ ⸗·—ℳkℳꝛk—:-——ðdðð——Nℳ˖iAeiÖ8G8B*—2AN LA PERRUCHE A FRONT ROUCE. PLA NCHE AXI. Taille moyenne et dégagée; queue un peu plus longue que le corps; front dun beau rouge de vermillon; sommet de la tête et grandes pennes alaires dun beau bleu; plumage de la partie supérieure du corps d'un vert de pré, celui de la par- tie inférieure d'un vert jaunâtre; bec cendré; pieds couleur de chair; yeux jaunes, entourés dune peau nue, orangée. La Perruche à téte rouge et bleue; Epw. tom. IV, pl. 176. La Perruche à front rouge du Brésil; BRISs. tom. IV, pag. 339. La Perruche à front rouge; Bopr. pl. enlum. n.“ 767. Psittacus canicularis; GMELIN. La Perruche à front rouge, un peu moindre de taille que celle à collier rose, et que nous représentons de grandeur naturelle, est très-bien caractérisée par le bandeau qui l'a fait ainsi nommer, et qui, lui ceignant le front, vient aboutir de chaque côté à l'angle de Pœil: elle ne l'est pas moins encore par sa queue pointue et plus longue d'un tiers, à peu près, que le corps, pris du bec à l'anus. Le sommet de sa téête est d'un beau bleu d'outre-mer, qui prend une teinte verdâtre, de plus en plus sensible, à mesure qu'il avance vers la nuque, pour sy changer enfin en un riche vert de pré, cou- leur qui est absolument celle du cou, du dos, des scapulaires, du croupion, et du dessus, ainsi que des couvertures supérieures de la queue. Tout ce qui reste visible des grandes pennes des ailes, celles-ci ployées, est bleu; leurs moyennes et petites pennes, ainsi que générale- ment toutes les couvertures du dessus, sont du mèême vert que le dos. La gorge, la poitrine, les flancs, le ventre, les couvertures du dessous de la queue et des ailes, sont d'un vert clair, nuancé de jaune. Le revers des pennes des ailes et de la queue est d'un vert bru- nâtre glacé, et légèrement nuancé de jaune sur les bords des barbes. Le bec, d'un gris blanchàtre sur sa partie supérieure, est, en dessous, d'un gris brun. Les yeux, qu'entoure un très-petit espace nu et jau- nätre, sont d'un jaune orangé, et les pieds sont couleur de chair. J'ai vu à Lisbonne, chez un marchand d'oiseaux qui m'en vendit un six piastres, six individus vivans de la Perruche à front rouge: 8⁰ HISTOIRENATURELL E ils y avoient été apportés du Brésil, seule partie de l'Amérique que cette espèce paroisse habiter. II est, du moins, à peu près certain, qu'elle ne se trouve pas à la Guiane; car dans les nombreux envois d'oiseaux faits de cette contrée, on n'en a pas vu jusqu'ici un seul individu. Elle est si rare dans les cabinets en Europe, qu'on ne la trouveroit, je crois, dans aucun autre que dans celui de M. Bœrs, à Asserswoude. L'individu que j'en ai eu vivant, étant mort dans sa mue, je reconnus par la dissection qu'il était mâle. J'ignore si les femelles different des males dans cette espèce: il paroitroit que non, d'après les six individus que j'ai vus à Lisbonne, absolument sembla- bles, et parmi lesquels il est très-présumable qu'il devoit se trouver quelque femelle. volt que non 7 unent sembla- olt se trouyer DES PERROOUEITS. 84 LA PERRUCHE COURONNEE D'OR. PLANCHEAXILI. Taille moyenne; corps élancé; queue de la longueur du corps; dessus de la téte d'un jaune d'orange vif; plumage du dessus du corps vert foncé, clair et tirant au jaune en dessous; plumes de la gorge et du haut du cou marquées de rouge; yeux entourés d'une peau nue, couleur de chair; mandibules noiràtres; pieds d'un rouge pale. *½ Perruche couronnée d'or, Epw. Glan. pl. 235. La Perruche du Breésil, BRiss. t. IV, n. 61. La Perruche couronnée dor, Bury. Idem, GMELIN, Psittacus aureus, n.“ 56. EpwaAnps est le premier ornithologiste qui ait fait connoitre la Perruche dont il est ici question, et que nous surnommons avec lui couronnée d'or, quoique la tache du dessus de sa téte, qui lui a fait donner ce nom, ne présente point la forme d'une couronne, ni méme la couleur de l'or, car elle est d'un orangé foncé ou fleur de souci. L'individu qu'avoit vu ce naturaliste étoit une femelle, puisqu'il a pondu plusieurs œufs en Angleterre pendant le cours de quatorze ans qu'il y a vécu. Quant à celui que nous faisons servir à cette description, nous pensons qu'il est male, attendu que la tache jaune qu'il porte sur sa têôte, est plus étendue et plus foncée en cou- leur que ne P'indique la figure publiée par Edwards. Il est aussi plus grand de taille, et ses couleurs, en général, nous ont paru plus vives: mais, à ce dernier égard, la différence pourroit bien n'être que'effet de quelque altération que'état de domesticité auroit fait éprouver à Pindividu femelle dont nous avons parlé plus haut; car les oiseaux perdent beaucoup dans cet état, notamment les Perroquets. Celui-ci a tout le dessus de la téête couvert d'une plaque jaune de souci. Le derrière et les côtés de la tête, la partie supérieure du corps, ou le cou, le dos, les scapulaires et le croupion, sont, ainsi que les couvertures du dessus de la queue, d'un vert foncé très- brillant. Les plumes de la gorge et du haut du cou sont d'un rouge foible dans leur milieu, et d'un vert jaunaâtre sur leurs bords; ce qui produit un effet des plus agréables, semblable à celui des plumes de la poitrine chez la Perruche Ara à gorge variée, qu'on trouve figurée 21 82 HISTOIRE NAIURELLEFE n.“ XVI de nos planches. La poitrine, les flancs, le ventre, les plumes des jambes, tout le dessous du corps, les couvertures du dessous de la queue, méême celles du revers des ailes, sont d'un vert clair, imprégné d'une légère teinte jaune. Les ailes ont leur dessus du méme vert que le dos; mais elles y portent sur leur milieu et dans toute leur longueur une bande bleue, qui se trouve formée par les bordures de plusieurs des grandes plumes de recouvrement, par les barbes extérieures de quelques- unes des moyennes pennes alaires, et enfin par les pointes des plus grandes de ces pennes. La queue, fort pointue, est en dessus du vert foncé de la partie supérieure du corps: son revers est, ainsi que celui des ailes, d'un jaune sombre ou rembruni. Le bec et les ongles sont noirAâtres; les tarses et les doigts, couleur de chair. Edwards, qui a vu'oiseau vivant, dit qu'il a les yeux orangé-vif, et que le petit cercle de peau nue qui les entoure, est couleur de chair bleudâtre. b Cette espèce se trouve au Brésil. Buffon la place aussi à Cayenne, Pays que je ne pense pas qu'elle habite; du moins n'ai-je jamais vu un seul de ses individus dans aucun des nombreux envois d'oiseaux faits de la Guiane, et je ne la sais dans aucun cabinet en France. L'individu que je viens de décrire, le seul que je connoisse, fait partie du beau cabinet de M. Hollhuysen à Amsterdam. s karses et les ivant, dit quil u nue qui les sii à Cayenne, i-je jamais vu vois d'oiseaux et en France. onnoisse, fait Il. DES PERROOUETS. 83 BAA—ö.-:——————— — 4 LA PERRUCHE SINCIALO. prdvoHE XLII, LE MALE Taille moyenne; corps svelte; queue beaucoup plus longue que le corps; d'un beau vert de pré sur le corps; d'un vert jaunâtre en dessous; pointes des plumes de la queue bleues; bec et pieds couleur de chair, ainsi que les pau- pières, dans les individus adultes, mais noirAâtres dans les jeunes. Smal green long tailed Parrokeet;, EpwARDs. La Perruche; BRISSON, n.“ 54. Psittacus ruſi- rostris; LiXN. éd. XII, pag. 134. Le Sincialo, première espèce à queue longue et inégale; BurFox, pl. enlum. n.“ 550, sous le nom de Perruche. Ovoreur tous les naturalistes aient décrit cette espèce, qu'on trouve très-communément à Saint-Domingue, ainsi que dans une grande partie de Amérique, elle est cependant encore fort rare dans nos cabinets en Europe. La meilleure, et même la seule figure reconnois- sable qui en ait été publiée, est sans contredit celle qu'en a donnée Edwards, n.“ 175 de son Histoire des oiseaux. Brisson l'a très-bien décrite aussi, d'après un individu du cabinet de Réaumur. La des- cription de Buffon n'est qu'une copie à grands traits de celles de Brisson et d'Edwards; et la figure qu'il a publiée n'est aussi qu'une copie, mèême mauvaise, de celle qu'avoit déjà donnée le naturaliste anglois. b Nous conservons à cette Perruche le surnom de Sincialo que Buffon lui a donné, parce qu'on la nomme ainsi à Saint-Domingue, où, comme je P'ai déjà dit, l'espèce est très-nombreuse. Elle est, à peu près, de la taille de notre merle, mais encore plus svelte que lui, et elle a la queue près du double plus longue que tout le corps, pris de la tête à lanus; ce qui lui donne un air leste qui prète de la gräce à tous ses mouvemens. Si on ajoute que cet oiseau est docile, fort caressant, et qu'il apprend bien à parler, on concevra facilement que les oiseleurs doivent en faire beaucoup de cas, quoique son plumage ne soit pas des plus variés ni des plus beaux. Les par- .„ 8 7 d 2* A ties supérieures du corps, en général, c'est-à-dire, la téête, le cou, le dos, les scapulaires, le croupion, les ailes et les couvertures supé- rieures de la queue, sont d'un beau vert de pré. La poitrine, les 84 HISTOIRE NAITUREFELLIT flancs et le ventre, tirent au jaune; les plumes du bas-ventre, celles des jambes, et les couvertures du dessous de la queue, sont tout- à-fait jaunâtres. La queue est, sur son milieu en dessus, du mèême vert que le dos, jaunissant un peu cependant sur ses bords latéraux: toutes ses pennes, trèes-pointues, sont bleues à leur pointe, et leur revers est jaunatre. Les ailes ont le revers de leurs pennes d'un gris glacé, et la partie intérieure de leurs barbes jaunâtre. Les grandes couvertures du dessous des ailes sont cendrées, et les petites jaunes. Le bec est rougedtre, si on en excepte la mandibule inférieure, qui tire au noir-brun. Le tour des yeux est nu et couleur de chair tendre, ainsi que la peau nue de la base de la mandibule supérieure, où Ton aperçoit les narines, qui sont rondes. Les yeux sont d'un jaune orangé, et les pieds d'un rouge pale. b Telle est la Perruche Sincialo mâle dans son état parfait: sa femelle lui ressemble en tous points, si ce n'est qu'elle a la queue plus courte et le bec moins rougeâtre que lui. Dans le jeune âge, la queue est entièérement verte et sans pointes bleues. Le plumage de la partie supérieure du corps y est d'un vert grisâtre, et le dessous générale- ment plus jaune que dans Tàge fait. Le bec et les pieds sont bruns. Nous avons pensé qu'il étoit inutile de donner des figures de la femelle et du jeune dge, ce que nous en avons dit devant suffire pour qu'on puisse toujours les reconnottre. Dans l'état de domesticité, cette Perruche varie au point que quel- quefois toute la poitrine et le ventre deviennent décidément jaunes. Pen ai même vu une dont quelques pennes des ailes étoient entiè- rement d'un jaune citron, ainsi que la plupart de leurs couvertures supérieures; mais ceci arrive à toutes les Perruches vertes qui ont dans leur plumage quelques parties jaunes. Jai vu beaucoup d'individus vivans de'espèce de la Perruche Sin- cialo; j'en ai aussi disséqué plusieurs qui avoient vécu dans l'état de domesticité, état ou il est difficile d'en trouver deux qui se ressem- blent parfaitement pour les teintes du plumage et la longueur de la queue; car les altérations qu'y subissent en général tous les oiseaux, sont encore plus sensibles et plus variées dans les Perroquets. On doit donc toujours préférer les descriptions faites d'après des oiseaux pris dans leur état de nature, c'est-à-dire, tués dans les bois. Je n'ai vu que trois individus du Sincialo qui fussent dans ce cas, Tun dans le cabinet de l'abbé Aubry, à Paris; autre che⸗z Mauduit; le troi- sième est dans mon cabinet, et m'a été donné par M. Foulquier, arfait: sa femelle neue plus courte e, la queue est ge de la partie sSous générale- ds sont bruns. ligures de la devant suffire voint que quel- dément jaunes. (toient entiè- urs couvertures vertes qul ont Perruche Sin- dans létat de qui se ressem- ongueur de la 1s les oiscaux, erroquets. On 6s des oiscaux s bois. Je mai cas, un dans 3 4 1 duit; le tro M. Foulquier; D ES P ERRODOUETS. 85 intendant de la Guadeloupe, qui a eu la bonté de me donner beau- coup d'oiseaux qu'il avoit apportés d-Amérique: je lui' en témoigne ici toute ma reconnoissance. Suivant Dutertre, qui parott l'avoir observée dans son pays natal, cette Perruche vole en troupe, et se perche sur les arbres les plus touffus, où elle fait grand bruit en criaillant, piaillant et jabotant, comme font, au reste, tous les Perroquets, de quelque espèce qu'ils soient. Selon le méme auteur, elle se nourrit de graines de bois d'Inde, ce qui Fengraisse beaucoup, et la rend bonne à manger. Buffon rapporte à l'espèce du Sincialo la Perrique de la Guadeloupe, dont Labat fait mention dans son Voyage aux iles d'-Amérique. Nous ne sommes absolument point de cet avis; car le Sincialo n'ayant aucune partie de son plumage qui soit rouge dans son état naturel, il ne peut jamais prendre sur la tête des plumes rouges. Cette Per- rique est donc une toute autre espèce que celle du Sincialo, toutes les descriptions qu'on a données de la première, d'après Labat, ne se rapportant à celle-ci ni pour la taille ni pour les couleurs. Nous remarquerons, enfin, que les descriptions qu'on a données de cette Perruche de la Guadeloupe ne se ressemblent même point. II faut donc éliminer encore cet oiseau de la liste des Perroquets, ainsi qu'on pourroit le faire de tant d'autres, aussi peu connus que lui, et que les descriptions qu'on en a publiées rendent pour toujours méconnoissables. 22 86 HISTOIRE NATURERLL E —— ————————˖—————————/9—òA LA PERRUCHE SOUFRE. Taille moyenne et svelte; queue plus longue que le corps; plumage d'un jaune soufre, plus foncé sur le corps qu'en dessous; bec et pieds jaunes, ongles brunaàtres. PLANOHE XLIII... Nous ignorons si cette Perruche n'est qu'une variété d'une espèce connue, ou si elle forme une espèce à part. En général, les Perro- quets verts ou rouges sont sujets à devenir jaunes, et il pourroit bien se faire que celui-ci fùt dans ce cas. C'est ici le lieu de faire une observation, à l'égard des Perroquets, qui se lie à celle que nous avons déjaà faite sur 1 manière dont ces oiseaux se tapirent pour cause de maladie. Tous les oiseaux, en géné- ral, sont sujets à devenir blancs, comme on le sait par les nombreux exemples que nous en avons journellement sous les yeux. En effet, nous trouvons très-souvent de ces sortes de variations dans un grand nombre d'espèces, dont les couleurs naturelles sont même tout oppo- sées; tels on a vu des corbeaux, des pies, des geais, des merles, des grives, des perdrix, des moineaux, des alouettes, des bécasses, des bécassines, des hirondelles, des martinets, des engoulevents, etc. etc.; dans beaucoup, enfin“, on voit des individus qui sont entièrement blancs. On Ss'est toujours imaginé que c'étoit la vieillesse qui pro- duisoit ces variations; mais il est certain que ce sont toujours, au contraire, de jeunes oiseaux qui se trouvent éêtre ainsi nés blancs, et ces oiseaux, à la première mue, revétent, ou totalement ou en partie, les couleurs propres de leurs espèces. Ceci est une observa- tion de fait, vérifiée sur plus de cinq cents oiseaux, nés tout blancs, ou seulement variés plus ou moins de plumes blanches: nous avons même prouvé que ces variations en blanc m'avoient pas seu- lement lieu dans les pays froids ou tempérés, comme on l'a cru jusqu'ici, puisque nous avons apporté du sud de l'Afrique, et que nous avons recu de Cayenne, beaucoup d'oiseaux qui étoient dans ce cas. II paroit donc certain que, dans toutes les espèces et dans tous les climats, ces variations en blanc ont assez généralement lieu. 61& ꝙp été d'une espèce néral, les Perro- t il Pourroit hien des Perroquet, naniére dont cés diseaux, en gené⸗ dar les nombreux yeux. In effet, s dans un grand neème tout oppo- des merles, des es bécasses, des levents, etc. etc., ont entiérement illesse qui pro- ut toujours, au msi nés blancs, alement ou en t une observa- 6s tout blancs, anchesü: nOus oient Pas sel⸗ e on Ta cru et que n frique— Stoient dans DESPERROOUFEILS. 87 Mais ce qu'il y a de bien singulier, avons-nous dit, c'est qu'on n'a pas encore d'exemple d'un Perroquet devenu blanc ou tacheté de blanc(bien entendu que nous ne parlons pas des Cacatoès, qui, par leur nature, ont le plumage blanc). Cependant on en voit très- souvent qui ont non-seulement beaucoup de plumes jaunes, mais méême qui deviennent entièrement de cette dernière couleur, quoi- qu'ils en aient, de leur nature, une bien différente. Nous donnerons, au reste, plusieurs individus d'espèces différentes de Perroquets qui ont subi cette variation, et dont l'espèce sera facile à connottre. Il parott évident que la couleur jaune est pour les Perroquets ce qu'est la couleur blanche pour tous les autres oiseaux en général. En effet, nous voyons que, dans la nature entière, le jaune forme la base du vert, couleur dominante des Perroquets. Il n'est pas de feuilles d'arbres qui, en se fanant et en se desséchant, ne deviennent jaunes, et ce jaune est aussi différent dans chacune d'elles que l'étoit le vert dans leur état primitif. Le jaune est aussi la base du rouge.“ Je sens bien tout ce qu'on pourroit m'objecter sur cette loi de la nature; mais comme il s'agit bien moins ici de raisons et de causes que d'effets, nous nous bornerons à cette grande vérité de fait, c'est qu'on a vu, et qu'on trouve chaque jour et parmi toutes les espèces d'oiseaux, des individus plus ou moins variés en blanc, et que jamais on n'a vu cela dans les Perroquets; ceux-ci deviennent jaunes, et jen conclus que cette variation en jaune est pour eux ce qu'est celle en blanc pour les autres oiseaux, et qu'il est probable que la cause est la même pour tous, c'est-à-dire que, dans le même cas, les uns se couvrent de plumes blanches, et les autres, de plumes jaunes. Or la Perruche dont il est question dans cet article est entièrement jaune, et comme je lui trouve beaucoup de rapport avec notre Perruche à collier couleur de rose, je soupçonne qu'elle n'en est qu'une variété. Cependant, comme il est des Perroquets qui, avec des formes et des caractères semblables, nm'en forment pas moins des espèces dis- tinctes, et que nous n'avons vu qu'un seul individu de lespèce dont il est ici question, nous ne prononcerons pas définitivement. Nous (1) Nos teinturiers n'acquerroient- ils pas des notions utiles au perfectionnement de leur art, s'ils consultoient dans la nature la détérioration des couleurs; et cela ne leur donneroit-il pas des résultats certains, ou ils puiseroient la base sur laquelle ils doivent établir leurs cou- leurs? L'étude des plumes, si richement et si diversement colorées, des oiseaux, jetteroit, je crois, les plus grandes lumieères sur cette matière: on y voit briller l'éclat des pierres pré- cieuses et des riches métaux, l'or lui- meême, et cependant il wy a rien de tout cela; c'est donc la distribution seule des couleurs qui produit ces effets merveilleux. 88 HISTOIRER NATUREL I. E serons même d'autant plus réservés que nous n'avons pu savoir si cet individu avoit vécu dans l'état de domesticité, ni de quel pays il avoit été apporté. Il nous suffira de soumettre cette Perruche à Tobservation de ceux qui se trouveront à méème de savoir si elle n'est qu'une variété, ou s'il existe quelque part une espèce qui lui soit toujours semblable. Nous avons figuré notre Perruche soufre de grandeur naturelle. Son plumage est, en général, d'un jaune soufre, plus foncé sur le dos que sous le corps; le bec et les pieds sont d'un jaune fané. Jai vu T'individu que je viens de faire servir à cet article dans le méme cabinet de Leyde en Hollande où j'ai vu la variété que j'ai publiée de la Perruche omnicolore. Le nom du propriétaire de ce cabinet ne m'est pas présent. M. Hoenkoop, libraire de Leyde, qui en avoit la clef, eut la bonté de my introduire plusieurs fois, et de me mettre ainsi à portée dy prendre les descriptions des oiseaux rares qui sy trouvoient en grand nombre. b a variété que jai vopriétaire qe ce re de Leyde, qui asleurs fois, et qe lons des oiscaux DES PERROOUETS. 89 ———————-————-————AV ò ——ᷣ PAGA- LA PERRUCHE ECARLATE. OrA WCE XAAhF. Moyenne taille; corps ramassé; queue à peu près de la longueur du corps; couleur rouge écarlate sur le dos, plus jaunàtre vers la poitrine; les trois der- niéres pennes des ailes, les plus proches du dos, bleues; épaules, extrémité des grandes couvertures alaires, bout des pennes des ailes et de la queue, d'un beau vert; bec fort et d'un rouge jaunaâtre; pieds et ongles d'un noir brun; tour des yeux et bord des narines nus et brunätres. Long tailed scarlet Lory; Epw. tom. IV, pl. 173. La Perruche rouge de Bornéo, BRIss. n.“ 77. Le Lori Perruche rouge; Buyr. Psitlacus Borneus; LINXN. Syst. nat. ed. X. * Lurs naturalistes ont cru devoir former une division des Perroquets dont la couleur dominante est rouge, et qu'ils ont nommés Loris, nom que plusieurs espèces de ces Perroquets portent, en effet, dans quelques parties de lInde, de sorte qu'aujourd'hui tous les Perroquets ou Perruches, sur lesquels le rouge domine, se trouveroient compris dans cette division. Mais on doit sentir Tinconvénient d'une méthode qui, comme celle-ci, seroit principalement, ou même uniquement, basée sur les couleurs; car celles-ci sont trèés-sujettes à varier, plus encore chez les Perroquets que chez tous les autres oiseaux; et il résul- teroit, dans ce cas-ci, de la manière de procéder des naturalistes classificateurs, que souvent un Perroquet rouge, qui seroit devenu jaune(ce qui arrive souvent), n'appartiendroit plus à la section des Loris, tandis que tel autre, d'espèce très-différente de ceux-ci, devroit y ôtre compris, si, dans ses variations, il venoit à prendre seulement beaucoup de plumes rouges, ce qui peut aussi très-bien lui arriver, pourvu qu'il ait naturellement rouge quelque partie de son plumage: nous avons même donné quelques exemples de ces différentes varia- tions; et nous ferons encore connoitre quelques-uns de ces Perroquets rouges, ou Loris, qui se sont variés au point d'étre devenus entiè- rement jaunes ou bleus, suivant la nature des couleurs propres à chacun d'eux. On conçoit donc que nous n'avons point adopté la division des naturalistes à l'égard des Loris, division aussi inconve- nante et ridicule que celle qu'on a faite des Perroquets Amazones. 23 9⁰ HISTOIRE NATURELLFE Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans ces sortes de dividions fondées sur les couleurs, c'est que ce soit Buffon qui en ait concu idée, lui qui croyoit(à ce que prouvent du moins les rapprochemens qu'il a si souvent jugé à propos de faire) que la différence seule du climat et des alimens produisoit les variations les plus étonnantes, au point mèême de changer totalement les couleurs et jusqu'aux formes d'un oiseau. Quant à nous, comme nous trouvons chez les Perroquets rouges les mèêmes caractères fondamentaux que che⸗z les autres Per⸗ roquets en général de tous les climats, et qu'ils diffèrent entr' eux comme tous les autres Perroquets ou Perruches diffèrent les uns des autres, c'est-à-dire que, comme on trouve parmi eux des espèces à queue courte et arrondie, tandis que d'autres Tont étagée en forme de fer de lance; que quelques- unes ont les deux pennes interméè- diaires très-allongées, formant le caractère que nous avons désigné par les mots de queue en flèche, et qu'il en est, enfin, dont la queue est très-large; nous placerons les espèces à plumage rouge dans les méemes divisions que les autres Perroquets ou Perruches chez lesquels on retrouve les divers caractères que nous venons d'indiquer. Buffon observe qu'outre la différence principale d'avoir le rouge pour cou- leur dominante, les Loris ont, en général, le bec plus petit, moins courbé et plus aigu que les autres Perroquets: mais ceci ne doit, comme on le verra, sentendre que de quelques espèces particulières, et non indistinctement de tous les Perroquets à plumage rouge. Quant à leur regard vif, à leur cri percant et à leurs mouvemens prompts, ils n'ont, à ces égards„rien de particulier qu'on ne retrouve dans beaucoup d'autres Perroquets, quelles que soient leurs couleurs. Vou- droit-on, enfin, séparer les Loris des autres Perroquets, parce que Edwards assure qu'ils sont les plus agiles de tous, et les seuls qui sautent sur un baton jusqu'à un pied de hauteur? Mais, cette obser- vation, le naturaliste anglois est sans doute lui-méême loin de l'appli- quer à tous les Loris; et sy appliquât-elle, on ne pourroit encore la prendre pour base dans la classification des oiseaux: nous ne sau-— rions du moins le faire, nous pour qui il s'agit bien moins, dans cet ouvrage, d'arrangemens systématiques, que de faire connoitre les différentes espèces d'oiseaux d'une manière plus précise ou, au moins, plus exacte qu'on ne T'a fait jusqu'ici. La Perruche écarlate, que nous représentons de grandeur naturelle sur nos planches(ce qui nous dispense d'en donner les dimensions), a le dessus de la téête, le derrière du cou, le manteau, le dos, les ez les autres per diſfer ent entr'eux erent les uns des Cä des espéces; etagée en forme Pennes intermé- dus avons design in, dont la queue ge rouge dans les hes chez lesquels lindiquer. Buffom rouge Pour cou- Plus petit, moims ais ceci ne doit, ces particulieres, age rouge. Quant emens prompts, ne retroure dans rs couleurs. Vou- ſuets, parce queè et les seuls qui lais, cette obser- loin de rappl- zurroit encore la . nous ne Sall- in moins, dans e connoitre les eou, au moins, ndeur naturelle es gimensions) les au, le dos, DES PERROOUETS. 91 couvertures supérieures de la queue, et le dessous du corps, d'un beau rouge écarlate, qui, sur le devant du cou, sur la poitrine et autour des yeux, prend une teinte jaundtre et formant quelquefois bordure sur chaque plume de la poitrine. Les couvertures du dessus des ailes, vers le poignet, sont vertes; les moyennes et les grandes sont du rouge du dos, ces dernières ayant de plus leurs pointes vertes. Toutes les pennes des ailes, si on en excepte les dernières ou celles voisines des scapulaires, et qui sont bleues, sont d'un rouge vif et à pointes vertes. Les couvertures du dessous de la queue sont d'un rouge cramoisi, et toutes bordées de bleu. Celles du dessous des ailes sont d'un rouge pale et à bordures brundtres. La plume la plus laté- rale de chaque côté de la queue est entièrement verte sur son bord extérieur; les autres n'ont toutes du vert qu'àà leurs pointes, et sont ailleurs, en dessus, d'un rouge cramoisi, et en dessous, d'un rouge terni de brun. Il est à remarquer que le vert du bout des plumes des ailes, et celui de la queue, ne se montrent point sur leur revers. Les yeux et la base de la mandibule supérieure sont entourés d'une peau nue, de couleur brune. Le bec est rougedtre. Les pieds et les ongles sont d'un noir brun. L'espèce de la Perruche écarlate se trouve communément à Bornéo: j'ai vu plusieurs de ses individus vivans dans la ménagerie du Cap de Bonne-Espérance; j'en ai vu d'autres encore dans plusieurs cabi- nets en Europe, tels que ceux de Mauduit et de Jabbé Aubry à Paris, et ceux de MM. Bœrs et Holthuysen en Hollande. 92 IIISTIOIRE NATURELLE —— —————:n——-—— LA PFRRUCHE A COLLIER NOIR. PLANCOHE XLI. Taille moyenne; corps ramassé; queue aussi longue que le corps; téte couleur de rose vers la face, violàtre par derrière; collier et gorge noirs; tache cramoisie 7 4 le long du poignet des ailes; queue bleue; dessus du corps vert de prè, dessous vert jaunâtre; bec fort et très-arqué; mandibule supérieure Jjaune, inférieure noire; pieds et ongles gris. La Perruche â collier, à téte couleur de rose; Epw. Glan. pl. 233. Crrrr charmante Perruche a été parfaitement bien décrite et figurée par Edwards, qui Tavoit vue dans un cabinet de Londres; mais Buffon s'est certainement trompéèé encore à'égard de cette espèce, en la rapportant à celle qu'il décrit sous le nom de petite Perruche à téte couleur de rose, à longs brins, figurée n.“ 888 de ses planches enlu-— minées, sous la dénomination de Perruche de Mahé. Je connois parfaitement l'un et lautre de ces deux oiseaux, et il ne me reste aucun doute qu'ils ne forment deux espèces bien distinctes; car, outre beaucoup d'autres traits de différence, Pun a la queue très- élancée par le prolongement de ses deux pennes intermédiaires, tandis que T'autre, celle d'Edwards, l'a en fer de lance. La description très- détaillée de ce dernier naturaliste diffère sous beaucoup d'autres rap- ports encore de celle de Buffon: il suffit de les comparer pour s'en convaincre. La Perruche de Buffon a douze pouces de longueur totale, tandis que le corps n'en a que quatre: la queue est donc, chez elle, du double plus longue que le corps, ce qui est exact. Or celle d'Edwards n'a pas la queue plus longue que le corps, ce qui est encore exact. De plus, la première n'a que les deux très-longues pennes intermé- diaires de la queue qui soient bleues(toutes les latérales étant d'un vert olivatre), tandis que les plumes de celle de la seconde le sont toutes. Au reste, nous donnons ici la figure de l'une, et nous don- nerons celle de l'autre aux articles Perruches d longs brins ou à queue en fléche, ainsi que nous les avons désignées; ce qui mettra le lecteur à portée de juger lui-mème des différences par la comparaison, et de prononcer sur Tidentité ou la diversité d'espèce; question qui n'en est llan. pl. a33. décrite e ſigurbe dres; mais Buffon tie espéece, en la e Perruche à tcte Les planches enlu- lahé. Je connois et il ne me reste distinctes; car, a la queue tres. médiaires, tandis description tres⸗ oup dautres rap- mparer pour sen longueur totale, ene, chez elle, du celle dEdward' st encore exack. pennes intermé- rales étant d'un econde le sont „et nous don- rins ou à queueé a le lecteur aetti et de Haraison’, „„ .„n'en est ion quu n DES PERROOUETS. 93 plus une pour nous, qui ne balancerons pas à décrire séparément les deux oiseaux. Le dessus de la téôte et la face de la Perruche à collier noir sont d'un joli rose, qui, vers le front, prend une teinte plus foncée. Cette teinte se charge par derrière d'une nuance bleue, laquelle donne à cette partie un beau ton lilas tendre, qui varie en plus ou moins foncé, suivant les incidences de la lumière. Une plaque noire couvre toute la gorge, et se partage au bas en un cordon qui, se prolongeant de chaque côté, entoure le cou et forme un collier qui sépare le bleu de la nuque du vert du derrière du cou. Le dos, les scapulaires, le croupion et le dessus de toutes les pennes des ailes, sont d'un beau vert plein. Les couvertures qui longent le milieu du poignet des ailes, sont en grande partie d'un rouge cramoisi; les autres sont du vert du dos. Les plumes qui recouvrent le dessus de la queue sont d'un vert nuancé de bleu. Le devant du cou, la poitrine, les flancs, le ventre, les jambes et toute la partie abdominale, ainsi que les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert jaunàtre très-brillant, couleur qu'on remarque dans les bordures extérieures de quelques-unes des grandes couvertures et sur les bords de leurs premières pennes. La queue, dont toutes les plumes sont très-pointues, et qui est étagée régulièrement en forme de fer de lance, est, en dessus, d'un bleu tendre de turquoise, et en dessous, d'un vert jaunâtre, qui est aussi la couleur du revers des ailes. La forte mandibule supérieure, enfin, est d'un jaune d'ocre, et l'infé- rieure, noire: les pieds et les ongles sont grisâtres, et les yeux, jaunes. Jai vu, dans la ménagerie de M. Ameshof, à Amsterdam, deux individus de cette espèce: Pun d'eux avoit beaucoup moins de plumes rouges aux ailes que Tautre. M. Ameshof, qui les a eus tous deux fort jeunes, me dit que, quand il les recut,'un n'avoit aucune de ces plumes rouges, et que Pautre en avoit très-peu. Cette différence pro- viendroit-elle des sexes? C'est ce que je ne pourrois dire. JTai cepen- dant toujours 66 porté à croire que les deux individus étoient males: j'en jugeai ainsi, d'abord, par leur extérieur, et ensuite, parce au ils se battoient si souvent qu'on fut obligé de les séparer. Je pense qu un male et une femelle se seroient mieux accordés; mais un mauvais plaisant, qui m'entendit faire cette réflexion, prétendit, au contraire, que ces querelles domestiques étoient une preuve convaincante qu'ils étoient mari et femme, et par conséquent mäale et femelle. 24 -———— ————— —— — 2*— 94 HISTOIRE NATURELL E ; —— üüÜü üüCCü—————— nAn LA pPERRUCHE A GORGE ROUGE. PLANCHE XLII. Petite taille; corps svelte et dégagé; queue un peu plus longue que le corps; gorge rouge-foncé; couvertures supérieures rouges aussi, mais d'un rouge beau- coup moins foncé; tout le reste du plumage du dessus du corps d'un gros vert, celui du dessous presque jaunâtre: bec et pieds couleur de chair. La petite Perruche à Paile rouge; EpwaARps, Glan. pl. 236. La Perruche à gorge rouge;, 5. espèce à queue longue et inégale; BuFr. La Perruche des Indes; BRIss. tom. IV, n., 63. EpwaäAnps est le premier, on peut méme dire le seul encore, qui ait fait connoitre cette jolie petite espèce de Perruche, d'après deux individus qu'il en avoit vus. Les descriptions qu'on en a données depuis lui, ne sont toutes que des copies de la sienne. Mais cela n'empéêche pas Brisson de donner de cet oiseau une mesure très- détaillée, qu'il a sans doute prise sur la figure qu'en avoit publiée Edwards; ce qui prouve combien on doit peu compter sur T'exac- titude de ces dimensions, calculées sur un dessin oùð le corps de Poiseau est vu de face, et par conséquent en raccourci. Brisson assigne à la Perruche à gorge rouge huit pouces trois lignes de longueur, y compris la queue, et le bec, auquel il donne six lignes d'épaisseur, quoique mesuré sur un profil, et au corps, la grosseur de celui de Falouette huppée, tandis que Buffon, qui ne l'a pas vue non plus, dit que cet oiseau n'est en effet pas plus gros qu'une mésange. La vérité est qu'il est plus fort que notre plus grosse mésange, et même que Palouette huppée, ainsi que Findique très-bien, au reste, la figure qu'en a publiée Edwards. Voilà justement de ces erreurs et de ces contradictions dont je ne cesse de me plaindre, et qui jetteront tou- jours de la confusion dans T'histoire des oiseaux. Et pourquoi, lors- qu'on ne parle d'un oiseau que d'après autrui, se permettre de rien changer à la description de celui qui Ta vu? Et pourquoi avoir fait de celui dont il est ici question, une Perruche à queue inégale(sorte de queue que nous nommons, nous, queue en flèche), tauclis qu'elle a la queue également étagée, ce qu'indique encore au plus juste la — 7.. figure qu'en a donnée le naturaliste anglois? lono ue qna un rouge beau corps dun grcn, e chair. nais d 1 2 erruche à 4 Forge Touge; Baiss. tom.IV,,p seul encore, qu iche, daprès deux on en a données sienne. Mais cela une mesure us- u'en avoit publie mpter sur Teuc- n ou le corps de ci. Brisson assigne nes de longueur, lignes d'épaisseur, Seur de celui de as vue non plus, une mésange. La ésange, et même au reste, la figure rreurs et de ces ui jetteront tou- pourquoi, ors rmettre de rien rquoi avoir fal ne inégale(sorte h. tandis qu'lle to a au plus juste DES PERROOUEI S. 95 Lorsqu'Edwards en publia la description, la Perruche à gorge rouge étoit sans doute la plus petite de celles à longue queue qu'il eùt vues, comme il le dit lui-même; mais nous en ferons connottre de plus petites encore; nous en avons mèême déjaà figuré deux, de méme taille à peu près, et qui sont représentées, ainsi que celle-ci, de grandeur naturelle, ce qui nous dispense d'en donner les dimensions. La petite plaque rouge qui couvre la gorge de cet oiseau le caracté- risant au mieux, nous lui avons conservé le nom de Perruche à gorge rouge que Buffon lui a donné, d'autant mieux que celui de Perruche à Taile rouge, par lequel Fauteur anglois le désigne, ne le particu- larise pas assez, d'autres Perruches ayant également du rouge aux ailes, tandis qu'il n'en est point(de connues du moins) qui lui res- semblent par la forme de la tache rouge de la gorge, qui ne couvre absolument que le dessous du bec. La tôte, le cou, le manteau, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, le dessus de la queue elle-mème, sont d'un vert foncé, ainsi que toutes les pennes des ailes, dont toutes les couvertures sont d'un rouge pale, si l'on en excepte cependant les plus petites, qui bordent le haut de J'aile; celles-ci sont d'un vert plus clair que le dos. La poitrine, les flancs, les jambes, le bas-ventre et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert imprégné d'une forte teinte jaunâtre, qui se rencontre au revers de la queue et sur les couvertures du dessous des ailes. Le bec, les pieds et une petite peau nue qui entoure les yeux et les narines, sont couleur de chair tendre. Les yeux sont noirAdtres. Jai vu vivantes plusieurs de ces Perruches au Cap de Bonne- Espérance, où les vaisseaux de la Compagnie les apportoient des Indes orientales, particulièrement de l'ile de Java. Elles sont très- douces et fort caressantes, mais n'apprennent point à parler. Je m'en étois procuré deux, que japportois en Europe avec beaucoup d'autres oiseaux; mais, dans la traversée longue et malheureuse que nous fimes, je n'eus pas le bonheur d'en conserver un seul, le froid les ayant tous fait périr dans des parages oùð nous arrivämes au moment de leur mue, et où nous fümes obligés de rester près de deux mois, contrariés par les vents. HISTOIRE NATURELLE 8ê ——Oℳ LA PERRUCHE A FACE BLEUE. PLANCHE XLIII. Moyenne taille; corps épais; queue pointue et de la longueur du corps; face encadrée d'un cordon bleu, qui borde la base des mandibules; collier jaunàâtre sur la nuque; plumage gros vert sur les parties supérieures du corps; poitrine et cou- vertures du dessous des ailes rouges; partie inférieure du dessous du corps, dessus et revers de la queue, d'un vert jaunatre; bec jaunàtre; pieds et ongles brun-noir. La Perruche â estomac rouge; Epw. Glan. fig. 232. Or frouve de si grands rapports entre la Perruche de cet article et celle que nous avons décrite sous le nom de Perruche à téte bleue, si surtout Pon ne fait qu'une médiocre attention aux descriptions qu'on en a données, que je ne suis point surpris que nos natura— listes laient tous rapportée à Pespèce de cette dernière, quoique la description exacte et la figure qu'Edwards, qui Tavoit vue, en a donnée, eussent dú contrarier un peu cette prétendue synonymie. Il faut au reste avoir, comme moi, comparé l'un à p'autre, et avec la plus scrupuleuse attention, ces deux oiseaux, pour avoir saisi ce qu'ils ont de commun et de différent, et s'ètre enfin convaincu quéils doivent étre séparés, comme formant, sinon deux espèces, au moins deux races très-distinctes. Jestime, en un mot, que Tun est à T'autre ce que lAra Canga, qui habite la Guiane, est à'Ara Macao, qu'on ne trouve qu'au Brésil et au Pérou. Nous observerons cependant que, dans la Perruche à têôte bleue, figurée sous notre n.“ XXIV, les pennes de la queue ne sont pas pointues comme ici, caractère qu'Edwards a bien rendu dans la figure qu'il a donnée de notre Perruche d face bleue, qu'il nomme, à estomac rouge, nom que nous avons cru néces- saire de changer en celui de face bleue, qui la caractérise mieux; car il est plus d'une Perruche à poitrine rouge, tandis que celle-ci est la seule connue qui ait toute la face encadrée dans un simple cordon bleu fort étroit. Elle a de commun avec la Perruche à téte bleue un collier jaune sur la nuque. Mais la description détaillée que nous avons donnée de l'une, et celle que nous allons donner de Tautre, suffiront, je pense, pour mettre le lecteur parfaitement à même d'ap- précier les différences respectives. Un cordon bleu, de deux lignes au plus de large, entoure et LEUp; ₰ ngue Sueur du COrps, ſa h,5un lace s collien Jaunätre; 5 U Aips; poitrine et co ssous du corps, dessu „(desgus 5 et ongles brun-nof g. 232. he de ² cet article e- ruche à téte bleue, n aux descripinm 1s que nos natura- rnière, quoique k Favoit vue, en a tendue Syuon)mie. à Tautre, et axec pour avoir saisi ce in comaincu quib espèces, au moins ne Pun est à Tautre Ara Macao, quon ns cependant que, XXIV. Ies pennes actère qu'Edwardh „Perruche d face s avons cru néces ctérise mieux; Cal 5 què celle·ci est un zimple cordon e à täéte bleue un ezaillée que nous onner de Pautre, ent à mème dap- arge, entourè 6 DES PERROOUETS. 97 dessine le contour des mandibules à leurs bases, en s'élargissant un peu sur le front. Le reste de la face et tout le dessus de la téête, ainsi que le derrière du cou, que traverse un collier jaunâtre et abou- tissant aux oreilles, sont d'un beau vert de pré foncé, couleur qui est aussi celle du bas du cou, du dos, des scapulaires, du croupion, des couvertures supérieures de la queue, de celles du dessus des ailes, du dessus des pennes de celles-ci et de celui de la queue. Le devant du cou et le tour des oreilles sont d'un vert jaunissant, ainsi que les flancs, le bas-ventre, les couvertures du dessous de la queue, le revers de toutes ses pennes et les plumes des jambes, sur lesquelles cependant le jaune est plus prononcé qu'ailleurs; il se mélange aussi sous la queue d'une teinte brunâtre. Les plumes de la poitrine sont généralement d'un rouge fané; mais elles portent toutes une bor- dure rouge-foncé, qui les détache en écailles les unes sur les autres: de zemblables bordures se trouvent sur quelques- unes des plumes vertes des flancs et du bas de la poitrine. Les couvertures du dessous des ailes, si on en excepte les plus petites qui revêtent leurs bords extérieurs, et qui sont jaunes, sont toutes d'un rouge éclatant. Les onze premières pennes de l'aile sont jaunes dans le milieu de leurs barbes intérieures; mais ce jaune occupe toujours moins d'espace en largeur, à mesure que la penne est plus proche voisine du corps; les 12, 13, 14, 15, 16 et 17. sont rouges sur les parties correspondantes au rouge des premières: de sorte que tout le dessous des ailes se trouve traversé par une bande jaune, puis rouge, et beaucoup plus large du côté extérieur que vers le corps; ce qui produit un effet très-agréable, T'aile se trouvant(par le vide que laisse cette bande, d'un côté, entre elle et les couvertures, qui sont rouges, et les pointes des pennes, qui sont brunâtres, de Tautre), se trouvant, dis-je, tra- versée par cinq bandes, dont la première, très-étroite du haut, est jaune; la seconde, qui comprend les couvertures, rouge; la troisième, brune; la quatrième, jaune et rouge, et enfin la cinquième et der- nière de la pointe des ailes, brune. Nous observerons que le rouge et le jaune des pennes des ailes n'existent que dans les barbes intérieures de ces pennes, c'est-à-dire, qu'on n'en apercoit absolument rien sur leurs parties ostensibles. Le bec est jaunatre. Les pieds et les ongles sont d'un brun noir. Pai vu cette belle Perruche dans le cabinet de M. l'abbé Aubry, curé de Saint-Louis, à Paris: je l'ai vue encore dans celui de M. 1. Holthuysen à Amsterdam, où se trouvoit aussi la Perruche à téête 25 98 HISTOIRE NXATURELLE bleue, et ou j'ai eu le loisir de comparer ensemble ces deux oiseaux. On verra par les figures que j'en donne, que celui de cet article est plus épais de corps que Pautre, et plus fort dans toutes ses parties; qu'il a les plumes de la queue pointues, tandis que l'autre les a larges du bout: il y a aussi quelques différences dans les formes du bec. M. Holthuysen n'a pu me dire de quelle partie de l'Inde provenoit Pindividu qu'il avoit dans son cabinet; ce qu'il eQt été intéressant de savoir, Edwards ne nous apprenant rien du pays de celui qu'il a décrit et figuré, sinon qu'il avoit été apporté des Indes: le lieu précis qu' ha- bite cet oiseau reste donc inconnu. En attendant qu'on nous rapprenne, je pense qu'il étoit utile de parler dans cet ouvrage de la Perruche à face bleue; car, qu'elle soit ou ne soit pas une variété de celle à téte bleue, il est au moins certain qu'elle en diffèére à bien des égards, et qu'elle sera toujours une Perruche à face encadrée de bleu seule- ment. Nous ajouterons qu'ayant vu deux de ses individus absolument pareils à celui d'Edwards, et qu'ayant observé que la Perruche à téte bleue ne subissoit la même variation dans aucun de ses différens àges, puisque, dès le sortir du nid, elle a toute la tête et la gorge bleues, et que sa femelle a aussi les mêmes parties toutes bleues, nous sommes à peu près fondés à considérer la Perruche à face bleue comme spécifiquement distincte de celle à téête bleue, plutôt que comme n'en étant qu'une variété d'dge. Mais, dira-t-on, elle peut en être une variété accidentelle. Je réponds à cela qu'il me paroit très-difficile de trouver trois variétés accidentelles d'une même espèce qui soient absolument semblables. Je tiens ici à ma maxime, qu'il faut laisser au temps à décider de semblables questions, les conjec- tures ne pouvant, dans aucun cas, tenir lieu d'observations: laissons- les plutéôt indécises que de les mal résoudre; l'histoire naturelle n'a déjà que trop de ces conjectures! vrenne d d 8* de la Perruche L varie. 8 nan de celle; e 21 4₰ bien des Egaudh, 1 ree 1 221 H res de bleu seul dividus absolument 2) 1 1 la Perrucheà täte in de ses diſlerens 4 h téte et la gorge ties toutes bleues, rruche à ſace bleue bleue, plutdt que ra-t-on, elle peut . 7. 1 la quiil me parott Tune méme espece ma maxime, quil estions, les conjec- ervations: laissons- ; ttoire naturelle na DES PERROOUETs. 99 —m—-—————— ᷣάꝛꝛꝑ——---ä-yu——-—+* N ÖG ₰hAnnͤnnnnnͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤr- LA PERRUCHE A BANDEAU ROUGE. PLAVCOHE XLVIII Taille moyenne; queue beaucoup plus courte que le corps; celui-ci ramassé; le front ceint d'un bandeau rouge vif, qui descend jusqu'aux yeux, derrière lesquels il se rencontre jusque sur les oreilles; sommet de la tête bleu; plumage vert, plus foncé dessus que dessous le corps; bec brun-noiraâtre à la base, et jaune au bout; pieds grisatres. (Crrrr charmante Perruche habite les terres de la mer du Sud, et se trouve particuliérement, à ce qu'on m'a assuré, à la Baie Bota- nique. Je ne pense pas qu'elle ait été décrite encore; du moins je ne la reconnois parfaitement dans aucune des descriptions, et surtout dans aucune des figures de Perruches qu'on a publiées jusqu'à ce moment. Elle est d'une taille qui tient le milieu entre les petites Perruches et celles de médiocre grandeur. Sa queue est fort courte, n'ayant à peu près que la moitié de la longueur du corps, mesuré du bec à P'anus; et les ailes, ployées, S'étendent jusqu'au milieu de la queue. Il seroit possible que ce caractère de queue courte euùt fait ranger par les naturalistes cette Perruche parmi les Touis ou Perriches à courte queue, division que lon doit à Buffon, et que nous adop- terons, mais avec restriction. Comme les Perruches à courte queue, de tous les climats, offrent, dans cette partie, des formes différentes, puisqu'il en est à queue pointue et à queue arrondie, nous avons préféré de laisser celles qui, comme la Perruche à bandeau rouge, ont toutes les pennes de la queue pointues et étagées en fer de lance, parmi les Perruches que nous avons désignées ainsi, quel que soit leur pays; car une division simplement fondée sur la longueur des queues ou le pays natal des oiscaux, seroit sujette à erreur. Des formes constantes doivent donc, et sans contredit, être prèéférées: c'est aussi ce que nous mavons pas balancé à faire; et lorsque nous traiterons des Perruches que nous nommerons Perriches, et qui, à la vérité, ont aussi la queue courte, mais d'une forme différente de celle des Perruches qui Pont en fer de lance(ce qui a échappé à Buffon), on sentira mieux encore J'inconvénient des divisions de ce naturaliste . A et la prèférence qu'on doit donner aux notres. 100 HISTOIRE NATURELL E Nous avons surnommé à bandeau rouge la Perruche dont il est ici question: en effet, elle a tout le front rouge jusqu'aux yeux, ouù ce bandeau se trouve interrompu, mais immédiatement au-delà des- quels il reparoit pour s'étendre, en s'élargissant toujours davantage, jusque sur les oreilles, qu'il couvre entièrement. Le sommet de la téte est bleu. Le cou, par derrière et sur les cêtés, la gorge, la poi- trine, le ventre, les jambes et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert tendre. Le haut des flancs est d'un beau jaune de jonquille, qui ne paroit qu'un peu lorsque les ailes sont ployées. Les couvertures du dessous de celles-ci, une partie du revers de leurs pennes, et tout celui visible vers la pointe des pennes de la queue, sont jaunes aussi, sauf la partie haute de celles-ci, qui est rougedtre. Le bas du derrière du cou est marqué de jaune-brun, tandis que le dos, les scapulaires, toutes les couvertures du dessus des ailes, et leurs pennes, sont d'un vert de pré: ces dernières portent cependant, ainsi que les plus grandes couvertures, un liséré jaune, qui file le long de leurs barbes extérieures. La queue est, en dessus, du vert des ailes. Le bec est brun-noir à sa base, et jaune ou rouge à la pointe. Les pieds sont grisatres. La couleur des yeux ne nous est pas connue. Lindividu qui a servi à cette description et à la figure que nous publions de la Perruche à bandeau rouge, fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelervaert, à Amsterdam: nous en avons vu un autre, semblable, chez M. Bœers, à Asserswoude, et enfin un troi- sième, tout nouvellement envoyé de Londres par M. Banks, au cabinet national de Paris, où il manquoit; mais celui-ci, quoiqu'absolument semblable aux autres pour les couleurs, est plus petit d'un tiers à . peu près. „tandis que des ailes, et t cependant, „qui file le du vert des à la pointe. pas connue. e que nous cabinet de ons vu un in un troi- au cabinet absolument Pun tiers à DES PERROOUETS. 101 , LE LORI NOIR. PLANCHE XLTX. Forte taille; queue un peu plus courte que tout le corps, et étagée en fer de lance; plumage d'un noir-brun violacé; revers de la queue d'un rouge- jaunàâtre brillant; bec et pieds noirs-bruns. Le Lori noir de la nouvelle Guinée, par SoNxNERAT, Voyage à la nouvelle Guinée, page 175, planche 110. Nous laissons à cette Perruche le nom de Lori que lui a donné Sonnerat, quoique la couleur rouge ne soit pas, à beaucoup près, celle qui domine sur son plumage; car on n'en aperçoit qu'au revers de la queue, où méême le rouge est mêlé de beaucoup de jaune. Ce nom de Lori noir est, au reste, celui que, de tout temps, cet oiseau a porté dans lInde et à Madagascar, ou il se trouve, tout aussi bien qu'à la nouvelle Guinée, si mèême il est vrai qu'il habite cette der- nière contrée, comme le prétend Sonnerat. Ce nom prouve, d'ailleurs, qu'aux Indes on donne le nom de Lori non-seulement aux Perroquets chez qui le rouge domine, comme le dit Buffon, mais à tous les Per- roquets en général; car le mot Lori est, aux Indes, P'équivalent de ceux de Perroquet en francçois, de Papegay en hollandois, de Parrot en anglois, etc.; ces noms sont, chez chaque nation, celui des Perro- quets en général, et non celui d'une famille ou d'une espèce parti- culière de Perroquets. C'est pour lavoir méconnu que Buffon donne encore le nom de Papegay à une prétendue famille de Perroquets; erreur que nous devons, au reste, aux méprises des voyageurs, qui, n'entendant pas la langue du pays où ils se trouvent, en commettent beaucoup dautres semblables, et par fois de très-plaisantes, par les équivoques qu'elles offrent. C'est encore ainsi que, tant que les voya geurs ne commenceront pas par étudier la langue du pays qu'ils veulent parcourir, nous n'aurons jamais que des connoissances très- incertaines sur les mœurs et les usages des peuples qu'ils visiteront. Mais par quelle fatalité arrive-t-il que celui qui, ayant acquis cet avantage, aura connu et dit la vérité, éprouve le triste désagrément doutes? Il est donc bien dangereux de heurter les d'inspirer des 26 102 HISTOIRE NATURELLE opinions recues, quoique souvent consacrées par un mérite supposé! Hélas, combien d'hommes qui ne doivent leur grande réputation qu'au piédestal sur lequel ils sont montés! Tel, dont on n'eùt jamais parlé, est tout à coup proclamé un homme du plus grand mérite, ou parce qu'on le craint, ou parce qu'il peut beaucoup. Ces hommes-là ne pourroient-ils pas étre comparés à ces nains, montés sur de grandes échasses, que tout le monde prend de loin pour des géans, mais qui se trouvent éêtre réellement plus petits que l'homme de la taille la plus ordinaire? Revenons à notre Lori. b Le Lori noir est une forte Perruche, qui, par la structure d'un corps très-épais, ressemble plutêt à un Perroquet qu'à une Perruche; mais comme il a la queue plus longue qu'un Perroquet, et que d'ail- leurs il l'a pointue et coupée en fer de lance, nous avons cru devoir le placer parmi les Perruches de cette division. Nous ne donnerons pas les dimensions de cet oiseau, puisqu'on le trouve représenté de grandeur naturelle sur nos planches. Son plumage est, en général, sur le corps, les ailes et la queue, d'un brun-noir violacé, qui, dans Pombre, est des plus monotones, parce qu'il y paroit d'un brun-noir uniforme; mais en revanche, exposé au jour, il est d'un bleu-violacé très-brillant, partout où la lumière le frappe directement. Les plumes de cet oiseau, celles surtout du dessous du corps, ont, au toucher et à P'œil, le moëlleux du velours. Le revers de la queue est d'un rouge brillant, méêlé d'une forte teinte jaune, qui paroit d'or au soleil. Le bec est noir, et les pieds sont bruns. L'espèce du Lori noir fait Partie de mon cabinet: j'ai vu un autre de ses individus dans le cabinet de M. Temminck, à Amsterdam: j'en ai vu enfin deux autres, vivans, au Cap de Bonne-Espérance; ils y avoient été apportés d'Amboine, ouù Fespèce se trouve aussi. ¹s cru devoir de donnerons eprésenté de en général, , qui, dans brun-noir bleu-violacé Les plumes au toucher ne est d'un dit d'r au ru un autre msterdam: Espérance; ave aussi. DES PERROOUETS. 105 ò * ————ö——N LA PERRUCHE BANKsS. b Taille moyenne; queue pointue, beaucoup plus courte que le corps; front, gorge, poignet des ailes, et taches sur les flancs, rouge-carmin; dessus de la téte, et milieu des ailes, bleus; queue pourpre; corps vert, plus foncé en dessus qu'en dessous; bec, pieds et ongles, gris-brun. PLANOHE L.— Cr west pas sans éprouver le plaisir le plus vif, que je puis, à mon tour, en payant mon humble tribut d'admiration à Pillustre compagnon de Cook, dont le courage intrépide a si puissamment concouru à enrichir nos connoissances, témoigner ici, pour ma part, à M. Banks, tout ce que je lui dois de gratitude pour les jouissances nouvelles que m'ont procurées ses intéressantes découvertes. Qu'il me soit donc permis de consacrer à la charmante et nouvelle espèce de Perruche des Terres australes que je vais décrire, un nom que des services essentiels à la science et aux savans de toutes les na- tions ont, à juste titre, rendu célèbre dans les deux hémispheres. A des formes agréables la Perruche Banks joint beaucoup de régu- larité dans la distribution de ses belles couleurs, ce qui lui donne une tournure élégante et fort distinguée. Elle a le front ceint d'un bandeau rouge-carmin, auquel succède une calotte bleu d'azur, qui lui couvre le dessus de la téête seulement. La gorge est aussi rouge: cette même couleur rouge s'étend un peu sur les côtés au bas des joues, et y forme comme deux moustaches; elle marque aussi le poi- gnet des ailes, et reparott encore sur les flancs par taches séparées. Le derrière de la téte et du cou, les joues, les scapulaires, le dos, le croupion et les couvertures du dessus de la queue, sont d'un beau vert de pré. Le devant du cou, la poitrine, le ventre, les plumes des jambes et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert jaunâtre, qui, sur les flancs, prend un ton plus approchant du jaune décidé. L'espace compris entre l'œil et le bec, est d'un jaune marqué d'un peu de rouge. Les pennes alaires sont brundâtres, et portent toutes un liséré vert-jaunâtre sur leurs bords extérieurs. Les couvertures des ailes, si on en excepte celles des poignets, qui portent du rouge, sont toutes d'un bleu foncé, qui, s'éclaircissant 104 HISTOIRE NATURELLE toujours davantage, à mesure qu'il monte vers les scapulaires, prend, dans celles qui avoisinent ces derniers, le bleu tendre du dessus de la téte. La queue, qui nm'a guères que la moitié de la longueur du corps, est pointue, et a les pennes étagées de manière qu'elle forme le fer de lance: ses deux du milieu sont d'un rouge cramoisi, et à pointes bleues: toutes les autres sont lisérées de rouge, extérieu- rement, mais de manière que ce rouge s'étend davantage, à mesure que la penne devient plus intermédiaire; elles sont d'ailleurs d'un bleu violet, et à pointes jaunadtres. Le revers de la queue est d'un pourpre violâtre, et celui des grandes pennes alaires, brundtre. Les grandes couvertures du dessous des ailes sont vertes; les moyennes, d'un vert jaune, et les plus petites, rouges. Le bec(qui est petit), les pieds, et même les ongles, sont d'un gris brun. b Nous savons que cette espèce habite quelques Ues de la mer du Sud, mais nous ne saurions dire précisément lesquelles. Le seul individu que nous en ayons vu, fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelervaert, à Amsterdam. DES PERROOUETS. 105 A—————-:¶Oꝑõt—ÁAAA A8 LE LORI ECAILI. E. PLANCEE LI. Taille moyenne; queue un peu plus courte que le corps; plumage rouge terne, coupé en festons par des bordures vert sombre; bec rouge; pieds bruns. LixckhTriruUDE oOd je suis à l'égard de P'espèce de cette Perruche, dont je ne trouve de description exacte nulle part, m'a fait lui donner un nom particulier. Je dois cependant avouer qu'en la com- parant au Lori rouge et violet, sixième espèce des Loris de Buffon, figuré n.“ 6844 de ses planches enluminées, sous le nom de Lori de Gueby, je lui trouverois quelque rapport avec ce dernier, s'il étoit vrai qu'on pút s'en rapporter aux figures et aux descriptions d'un écrivain dont nous avons tant de fois reconnu les inexactitudes; mais le püt-on dans ce cas-ci, c'est-à-dire, la figure citée du Lori de Gueby füt-elle exacte, cet oiseau différeroit encore assez de notre Lori écaillé pour en éêtre une espèce distincte. La description de Buffon est, d'ailleurs, très- insuffisante, puisqu'il m'y entre dans aucun détail; elle difféère aussi de la figure à laquelle on la fait rap- porter: or tout cela rendra la question difficile à résoudre, tant qu'on n'aura pu comparer l'un à Tautre les deux oiseaux en nature. Il est donc toujours essentiel de mettre la plus grande exactitude dans ses descriptions; il Pest bien davantage encore, lorsqu'on ne donne pas de figures, ou qu'on les donne mauvaises. J'observerai, enfin, que, lors même qu'on viendroit à reconnoitre que ma Per- ruche écaillée est effectivement la même espèce que le Lori rouge et violet de la description de Buffon, ou le Lori de Gueby de ses planches, le surnom que je lui donne lui conviendroit mieux que ces deux autres, puisqu'il y a plusieurs espèces de Loris rouge et violet, et que, l'espèce que nous faisons connoitre ici se trouvant encore ailleurs qu'à Gueby, on pourroit tout aussi bien la dire d'Amboine, d'où elle a été apportée, que de Gueby ou de tout autre lieu qu'elle habite. Les noms de pays ne peuvent servir que très-improprement à faire distinguer les espèces d'iseaux, car on n'en a jamais vu rester exclusivement attaché à un méême canton. 27 ——————— —ʒ—ᷓᷓ——-ʒ; — ——————õÿõõ 106 HISTOIRE NATURELLE Notre Lori écaillé a tout le plumage, en général, d'un rouge terne: il porte cependant, sur chaque plume du dessus de la téte, du der- rière et des côtés du cou, de la poitrine et des flancs, une bordure d'un vert sombre qui paroit noir sous certain jour. La queue est cramoisie. Les couvertures du dessous des ailes sont rouges, et la plupart festonnées de vert sombre. Les pennes des ailes sont de la couleur de la queue, à Texception de leurs pointes, qui sont noiratres. Le bec est rouge, et les pieds sont noir-brun. b Jai vu plusieurs individus de l'espèce de ce Lori dans quelques cabinets de la Hollande: elle est aussi au Muséum d'histoire naturelle à Paris. duge terna. te, qu 8 me bordure Queue est uuges, et la Sont de 3 it noir Atres. 1s quelques de naturelle DES PERROOUETS. 107 ———————AN LA PERRUCHE LORI. PLANCHE LII Taille moyenne; forme trapue; queue pointue et plus courte que le corps; calotte bleue; devant du cou rouge, festonné de vert sombre; plumage supérieur vert de pré; dessous du corps vert, tacheté de jaune; dessous des pennes de la queue, rouge sur leurs parties hautes; bec rouge clair; pieds et ongles gris-brun. The Lory-Parrakeet;, Epw. tom. IV, pl. 174. La Perruche variée des Indes; BRISss. tom. IV, n.“ 73. La Perruche Lori, Burr. cinquième espèce de Perruche à queue longue et égale, Pl. enlum. n.“ 552, sous le nom de Perruche variée des Indes orientales. CrrrE charmante Perruche, qu'Edwards a le premier très-bien fait connottre par la description exacte qu'il en a donnée, habite une grande partie des Indes orientales, d'oùu on la recoit fréquemment en Europe, tant à cause de la beauté de son plumage, que parce qu'elle est naturellement fort douce et très-caressante. Je ne sache pas qu'elle apprenne, bien ou mal, à parler, n'ayant jamais vu aucun de ses individus sur lequel on eũt exercé sa patience pour le lui ap- prendre. Je suis fortement persuadé, au reste, que les Perroquets, qui ont la langue épaisse, doivent avoir aussi la faculté d'articuler les mots des différentes langues, et qu'il ne s'agiroit, pour qu'ils le fissent, que de les exercer dans celle qui a le plus d'analogie avec leur ramage naturel. Je suis suùr, par exemple, que les Aras apprendroient plus facilement, et plus vite, à prononcer quelques mots allemands ou hollandois que du francois; et, par la raison contraire, que beaucoup de Perruches et de Perroquets à voix sonore apprendroient mieux à articuler de litalien ou du françois que les mots des deux autres langues. Jai vu des corbeaux prononcer de la manièére la plus dis- tincte des mots allemands, tandis qu'il est fort difficile de leur en apprendre de françois, à moins qu'on n'en choisisse parmi ceux qui sont analogues à leur croassement. La Perruche Lori est sujette à beaucoup de variations dans l'état de domesticité. Considérée dans son état de nature, elle a tout le dessus de la téte d'un beau bleu foncé, auquel succède par derrière un crois- sant rouge, qui entoure l'occiput, et dont les deux pointes viennent aboutir derrière les yeux. La gorge, les yeux, et tout le devant du cou jusqu'à la poitrine, sont couverts de plumes rouge-vermillon, terminées par une bordure d'un vert sombre, qui, dans l'ombre, paroit noir, et qui, au jour, varie en violet: les plumes rouges du e ——— —;— —jjjj— —— — — ——— —O——xꝛꝛꝛxxꝛ—— —.——————õ————————yõ—————jj—————————————— ———————.——,— 1———————————,——ͤͤ 108 HISTOIRE NATURELLE croissant sur locciput ont de semblables festons, mais fort légers. Le derrière du cou, le dos, les scapulaires, le croupion, les couver- 3 tures supérieures de la queue, le dessus de la queue meême, sont d'un beau vert plein, ainsi que toutes les couvertures des ailes et tout ce qui se voit de leurs pennes. Sur les céôtés du cou rèêgne une suite de taches jaunes sur un fond vert, qui sépare le rouge du devant, du vert du derrière du cou. Ce jaune, fouetté de rouge et de vert, se porte sur les flancs, et sy montre un peu vers le bord des ailes, lorsque celles-ci sont appliquées au corps. Le dessous du corps est d'un vert plus clair que le dessus. Comme l'intérieur de ces parties du corps est jaune, cette couleur s'y montre par intervalle, et y forme une marbrure très-agréable. Les couvertures du dessous de la queue sont vertes, et à bordures jaunes; ses pennes, en dessous, sont rouges dans leurs parties hautes, vertes ensuite, et à pointes jaunes. Nous observerons que le rouge perce en dessus, mais qu'on ne Py apercoit pas, parce que ce sont seulement les barbes extérieures qui en sont marquées; on ly voit cependant très-distinctement quand Toiseau déploie sa queue. Le bec est orangé, et les pieds sont gris- brun. Dans quelques individus les plumes qui recouvrent les oreilles sont bleues, ce qui forme deux taches oblongues, de cette couleur, sur cette partie; mais il en est un plus grand nombre che⸗z qui on ne retrouve pas ces taches: seroient-elles un des caractères distinctifs du male? C'est ce que nous ignorons, n'ayant jamais eu la facilité de disséquer aucun de ces oiseaux pour nous en assurer, quoique nous en ayons vu beaucoup de vivans. Dans l'état de domesticité, la Perruche Lori offre, comme nous ravons déjà dit, plusieurs variations, qui la rendent encore plus agréable par la distribution et l'assortiment qui s'yy font de ses belles couleurs. Pai vu de ses individus, ainsi variés, dont tout le dessous du corps étoit jaune; d'autres, chez qui le jaune s'ëétoit répandu sur le dos, sur les couvertures des ailes; quelquefois mèême plusieurs des pennes alaires étoient entièrement jaunes. Celui qu'a publié Edwards étoit varié de jaune sur le dos. Jen ai vu un, enfin, dont le rouge du devant du cou s'étoit répandu en gouttes sur toutes les plumes du dos et sur les couvertures des ailes. Il est difficile, en un mot, de voir de cet oiseau deux individus parfaitement semblables, quand ils ont vécu en domesticité, tandis que je n'ai pas trouvé un seul exemple de ces changemens dans tous ceux tués dans les bois que jai vus dans différens cabinets. ervalle, et y dessous de la en dessous, et à pointes nais qu'on ne s extérieures ment quand 1s sont gris- les oreilles tte couleur, chez qui on s distinctifs a facilité de oique nous omme nous encore plus e ses belles le dessous pandu SuT usieurs des 6 Edwards t le rouge es plumés n mot, de 8, quand 6 un seul bois queé DES PERROOUEITS. 1⁰9 n 4 ——————-ℳ ℳêqWℳY1Nñ HOꝗðℳꝛNnNnns-n LE LORI PERRUCHE VIOLET ET ROUGE. Taille un peu plus que moyenne; queue étagée, de la longueur du corps; front, nuque, gorge, dos, jambes et dessous de la queue rouges; couvertures des ailes et plumage du devant du cou rouges, et bordées de vert sombre, violatre; téte, bande auriculaire, derrière du cou, poitrine, flancs, ventre et dessus de la queue bleus; pennes alaires brun-jaunatre; bec rouge; pieds et ongles noir-brun- PLANCHE LIII La Perruche rouge des Indes, BRIssox, tom. IV, n.“ 78, avec une très-mauvaise figure, pl. XXV, fig. 2. Le Lori Perruche violet et rouge; BuF. 2.“ espèce de Loris Perruches; pl. enl. n.“ 143, sous le nom de Perruche des Indes orientales. CrrrE magnifique Perruche est représentée chez Buffon d'une manière reconnoissable, quoique, mal à propos, elle y ait les pennes alaires peintes en beau jaune citron. Ce défaut n'existe peut-étre pas dans tous les exemplaires de l'ouvrage de ce naturaliste, où Toiseau seroit encore assez bien pour qu'on ne pùt se méprendre sur son espèce: aussi lui ai- je conservé le nom sous lequel Buffon en a donné une très-courte description. Celle, très-étendue au contraire, qu'en a donnée Brisson, suivant sa louable coutume, est fort exacte, aux nuances près des couleurs, qu'il fait plus ternes qu'elles ne sont en effet, surtout le rouge; ce qui provient de ce qu'il n'avoit vu qu'un individu du cabinet de Pabbé Aubry, individu dont j'ai fait acquisition à la vente qui s'est faite de ce cabinet, et dont les couleurs étoient effectivement ternies par les fumigations de soufre, autrefois en usage pour préserver les oiseaux de la voracité des insectes .„. d„. rongeurs. Mais comme jen ai vu d'autres très-bien conservés, je me trouve à même de réparer ces petites erreurs. Nous ne parlerons pas des dimensions de cette Perruche, attendu Pavons figurée de grandeur naturelle. Elle a le ſtont ceint ouge, qui descend sur les côtés du bec, ou i se e et du devant du cou, jusqu'à la poitrine: s terminées sur le cou par une bordure u violet, suivant les incidences de 28 que nous d'un bandeau r joint au rouge de la gorg ces plumes rouges étant toute d'un vert sombre, jouant du noir a 110 HISTOIRE NATURELLFE la lumière, elles forment sur cette partie des festons réguliers, mais plus larges en bas que dans le haut. La partie supérieure du dos, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, les scapulaires et les jambes, sont d'un rouge vif. Les dernières pennes des ailes et toutes leurs couvertures sont d'un rouge cramoisi, et terminées par une bordure en festons, semblable à celle du devant du cou, mais beaucoup plus large. Les premières plus grandes pennes des ailes sont d'un brun jaunatre, qui approche de l'olive pochetée: les suivantes sont de la même couleur, mais elles ont de plus que celles-là des bordures semblables à celles des dernières ou plus proches du corps. Le sommet de la téte est d'un gros bleu, qui descend jusqu'aux yeux, par le dessous desquels il se porte sur les côtés et le derrière du cou; de sorte que, depuis le rouge du front jusqu'au bas du cou par derrière, toute cette partie seroit bleue, si elle n'étoit coupée sur le derrière de la téte par une large bande rouge, qui a la forme d'un collet d'habit. La poitrine, les flancs ,le ventre et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un bleu varié par le rouge du dedans des plumes, qui se montre pour peu que celles-ci s'écartent. La queue est, en dessus, d'un bleu violet, et rouge en dessous. Le revers des pennes des ailes, et toutes les couvertures supérieures de celles-ci, sont rouges. Le bec est rouge, et les pieds sont bruns. Le Lori Perruche violet et rouge se trouve aux Moluques. Fertures du dedans des La queue revers des celles-ci, 1es. DES PERROOUEITS. 111 —--O—— —— LA PERRUCHE LORI A CHAPERON BLEU. Taille moyenne; corps épais; queue pointue, et moitié moins longue que le corps; ailes vert sombre, violacé et coupé de rouge; queue cramoisi; chaperon et large tache bleus, couvrant tout le sternum; face rouge; bec petit et rouge; pieds gris. PLANCH E LII. Ir crois cette charmante et rare Perruche absolument nouvelle; du moins ne la reconnois-je dans aucune des descriptions et des figures qu'on a publiées jusqu'ici des oiseaux de sa sorte. Javouerai cependant qu'il est extréèmement difficile de ne pas se méprendre à cet égard, quand on considère la quantité prodigieuse de descriptions tronquées qu'on nous a données d'un mème oiseau, et qui toutes diffèrent, non- seulement de Toiseau, mais mèême entr'elles, quoiqu'elles ne soient guères pour la plupart que des copies les unes des autres. Je pen- serois donc que, puisque cette histoire des oiseaux que je publie à mon tour, n'est pas le fruit d'une froide compilation ni d'une étude superficielle, mais le résultat d'observations suivies avec exactitude, et que mes descriptions ne sont faites que d'après nature; je penserois, dis-je, que, dans le cas d'un doute, il vaudroit mieux n'avoir aucun égard à ce qui a été fait par les autres; car donner un nom nouveau à un oiseau, qu'on fait dailleurs parfaitement connoitre une fois pour toutes, est sans doute un moindre mal que ne le sont toutes ces prétendues synonymies qui ne font que perpétuer des erreurs malheureusement déjà trop nombreuses. II est temps que la vérité prenne la place du mensonge, et que surtout'exactitude remplace cette charlatanerie de certains faiseurs de livres qui, n'ayant pas en eux-mémes les connoissances nécessaires pour étendre les progrès d'une science, abusent, et du goút du siècle pour l'étude de l'histoire naturelle, et de la crédulité publique, pour donner sous des couleurs nouvelles et sans choix les découvertes des autres, après les avoir tourmentées de mille manières pour les déguiser. Je ne pardonne pas à Pécrivain, quel qu'il soit, qui se pare ainsi de la dépouille d'autrui, quelque peine qu'il se soit donnée pour en rassortir les lambeaux. 11²2 HISTOIRE NATURELLE La Perruche que nous surnommons à chaperon bleu est caractérisée par cette sorte de coiffure qui, enveloppant le haut de la téte et le derrière du cou, fait ensuite, au bas de ce dernier, le tour entier par devant, laissant à découvert le front, les joues et la gorge, sorte qu'on diroit que la téte et des mieux qui sont d'un beau rouge; de telle 00 le cou de cette Perruche sont effectivement couverts d'un chaperon bleu foncé, dont on auroit coupẽ seulement la partie correspondante à la face. Une autre grande plaque bleue couvre tout le milieu du sternum, et y forme une espèce de cuirasse, séparée du chaperon par une large bande rouge, qui»étend sur les flancs, les jambes, la partie abdominale et les couvertures du dessous de la queue; mais ce rouge est traversé sur les flancs et le bas-ventre par- quelques bor- dures bleues, qui frangent plusieurs plumes. Le dos, les scapulaires, le croupion, toutes les petites et moyennes couvertures du dessus des ailes, ainsi que celles du dessus de la queue, sont d'un rouge cramoisi. Les pennes des ailes sont, en dessus, d'un noir qui se change, ou en violet foncé, ou en vert sombre, suivant les incidences de la lumière; mais, comme leurs barbes intérieures sont en grande partie rouges, lorsque les pennes»'écartent un peu, on apercoit quelques traits rouges en long sur celles-ci. Les grandes couvertures du dessus des ailes sont de la couleur des pennes, mais elles sont traversées par une bande rouge, qui produit un bel effet sur les ailes. La queue, qui a la moitié de la longueur du corps, est étagée, pointue et en forme de fer de lance: sa couleur est, en dessus, d'un rouge de brique, et en dessous, d'un rouge clair. Les couvertures du dessous des ailes sont rouges, et le revers du bout de leurs grandes pennes est grisatre. Le bec, qui est petit, est d'un beau rouge. Les pieds sont d'un gris rougedtre. b Nous avons vu plusieurs individus de cette espèce dans les cabinets d'Hollande: celui que nous donnons ici, figurẽ de grandeur naturelle, fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelervaert, à Amsterdam. Ces oiseaux habitent les Moluques. E 8 des mieun h hauu dek Tnier, le tour es et la gor 3 Tue la täte e un chaperon Nrespondante le milien qa de chaperon es jambes, la queue; mais quelques bor- s Scapulaires, du dessus qes uuge cramoisi. hange, ou en la lumiére; tie rouges, Aques traits dessus des aversées par Ia queue, vintue et en in rouge de 5 du dessous ndes pennes 2. Lés pieds les cabinets Ir naturelle, msterdam. DES PERROOUETS. 113 n G ——y———————O— X△ LA GRANDE PERRUCHEFE A COLLIER ET CROUPION BLEUsS. PLANOHE LVy, LE MAIL.LE. PLANOHE LVI, LA FEMELILLE. Forte taille; queue de la longueur du corps entier, du sommet de la téte à Tanus; téte, cou et dessous du corps d'un beau rouge; collier bleu au bas du derrière du cou; croupion bleu; ailes et manteau vert foncé; mandibule supé- rieure rouge; inférieure, pieds et ongles, noirs. La femelle n'a de bleu que le croupion; elle a les jambes et le bas-ventre rouges. Crrrr belle espèce, qui habite les iles de la mer du Sud, tient par sa taille un des premiers rangs parmi les grandes Perruches, comme on le verra par les figures, de grandeur naturelle, que nous publions du male et de la femelle. Elle a toute la téte, la face, les côtés et le devant du cou, ainsi que la poitrine, les flancs, le ventre, les plumes des jambes et le recouvrement du dessous de la queue, d'un rouge foncé brillant, marqué seulement de quelques taches bleues, qui frangent le bout des plus longues couvertures du dessous de la queue. Un collier d'un bleu d'outre-mer lustré traverse le derrière du cou, et sépare le rouge de la nuque du vert foncé du bas du cou par derrière. Ce vert foncé se prolonge sur tout le haut du dos jusqu'au croupion, qui est tout du même bleu que le collier et les couvertures du dessus de la queue. Les scapulaires sont d'un jaune blanchâtre, qui, sous certain jour, se lustre de bleu tendre, ce qui les fait trancher sur le vert du dos, qui est le même que celui de toutes les couvertures du dessus des ailes et des pennes de celles-ci, dans toutes leurs barbes extérieures: Pintérieur de ces barbes est noirâtre. Les pennes de la queue, au nombre de douze, comme chez tous les Perroquets en général, sont étagées, mais moins fortement ici que dans beaucoup d'autres Perruches, la différence y étant moindre entre la penne la plus latérale et la plus longue du milieu, comparées à ces mêmes plumes des autres Perruches de la méême division. Les plus longues de ces pennes, celles du milieu, sont vertes; les inter- médiaires, bleu violacé, et les dernières, lisérées de vert sur le mème 29 114 HISTOIRE NATURELLE fond bleu de celles-làa. La mandibule supérieure du bec est d'un rouge foncé partout, sa pointe exceptée, qui est noire, ainsi que la mandibule inférieure. Les pieds et les ongles sont noirs. Nous ne connoissons Pas la couleur des yeux, qui sont circonscrits dans une peau nuèe, noĩre aussi. Telles sont les couleurs du male de la grande Perruche à collier et croupion bleus. Sa femelle est plus petite que lui, et en diffèere T'ailleurs tellement qu'on seroit exposé à les donner pour autant d'espèces différentes; car elle a la têete, la face et le derrière du cou d'un vert de pré, et la gorge, les côtés et le devant du cou, ainsi que la poitrine, et de là jusqu'au ventre, d'un vert jaune: ce qui est très-différent des couleurs du male sur ces mémes parties. Cependant la nature, qui n'a pas voulu la déguiser au point de la rendre méconnoissable, lui a conservé le croupion bleu du male, et même le rouge, mais seulement sur les plumes des jambes, le bas-ventre, toute la partie abdominale et les couvertures du dessous de la queue, dont celles de dessus sont vertes chez elle, ainsi que le dos, les scapulaires, toutes les couvertures supérieures des ailes, les ailes elles-méêmes en dessus; mais ce vert est ici moins foncé que chez le male. Les ailes ont leur dessous, et les bords intérieurs des pointes de leurs grandes pennes, noirâtres. Toutes les plumes de la queue sont d'un vert nuancé de bleu, mais plus prononcé sur celles du milieu que sur les latérales. Le bec est partout d'un rouge ple. Les pieds sont d'un noir bru-— näàtre. Nous avons figuré cette femelle n.“ LVI, figure à laquelle nous renvoyons le lecteur. Les deux individus que nous avons fait figurer et servir aux descrip- tions que nous venons de donner de Pespèce dans ses deux sexes, font encore partie du superbe cabinet de M. Raye de Breukelervaert, à Amsterdam. Nous avons vu en Hollande beaucoup d'autres indi- vidus de la même espèce, absolument pareils à ceux-là, et qui tous provenoient des iles de la mer du Sud. dute la partie ont celles de aires, toutes s en dessus; les ont leur des pennes, t nuancé de les latérales. m noir bru— aquelle nous aux descrip- deux sexes, zukelervaert, autres indi- 1 tous ,et qul tou DES PERROOUETsS. 115 ———ö—ͤ—ℳ4æB—--üB LA PERRUCHE A AILES VARIEES. PLANCHE LVII. Taille petite; queue pointue, plus courte que le corps; pennes intermédiaires des ailes, blanches, mélées de jaune pale; couvertures de celles-ci jaune-citron; dessus du corps vert, dessous d'un vert gris; bec et pieds bruns. La Perriche àâ ailes pariées, 4.“ espèce à queue longue et égale Burron, pl. enl. n.“ 359, sous la dénomination de petite Perruche verte de Cayenne. Perruche de Cayenne, Balss. t. IV, pag. 334, n.“ 60. La Perruche auæ ailes d'or, EpwARps. Daissox a assez exactement décrit cette espèce de Perruche, dont il donne les justes dimensions, dimensions reproduites par Buffon; mais celui-ci n'en a pas moins compris l'oiseau dans la division des Perriches à longue queue, comme si une Perruche dont la longueur totale est de huit pouces quatre lignes, tandis que sa queue n'en a que trois et demi, pouvoit étre regardée comme un oiseau à longue queue. Au reste, nous donnons de l'espèce la figure de grandeur naturelle, et d'une telle vérité, que le lecteur pourra s'en rapporter à elle de préférence à toutes celles qu'on en a publiées jusqu'ici; car elles sont toutes plus ou moins fautives, notamment celle qu'Edwards, auteur assez vrai d'ailleurs, en a donnée, dans les exemplaires du moins que j'ai consultés, et où le jaune des ailes se trouve transformé en un rouge de vermillon. Cependant, la description de ce naturaliste étant en général exacte, cette erreur ne doit pas lui éêtre imputée; elle prouve seulement qu'il y a beaucoup de choix à faire entre les différens exemplaires de son ouvrage, comme, au reste, dans tous ceux de cette nature; car, une fois qu'un livre se débite bien, les libraires, en général, chargés de l'exécution des figures, n'y regardent pas de si praès. Malheur alors aux auteurs qui ne voient pas par eux- mémes, surtout quand ils donnent des enluminures. C'est la crainte d'un tel inconvénient qui m'a fait essayer le tirage des planches en couleurs; ce qui a si parfaitement réussi(graces à la persévérance du citoyen Langlois, qui a, dans cette partie, vaincu toutes les difficultés) que tout le monde a adopté ma manière. Ce moyen assure aux nätu⸗ ralistes plus de vérité dans les couleurs, et méême plus de duree; car, loin de s'altérer, elles acquièrent woujolns Plus de zolldité, et, par-dessus tout cela, l'avantage inappréciable d'une uniformité 4 116 HTISTOIRE NATURELLE constante, qu'il étoit impossible d'obtenir par la simple enluminure avec les couleurs à P'eau. La Perruche à ailes variées a le dessus de la téte, le derrière du cou, le haut du dos, les scapulaires, toutes les moyennes et petites couvertures des ailes, ainsi que le croupion, les couvertures supé- rieures de la queue, et celle-ci en dessus, d'un vert blaffart, un peu plus gai cependant sur la queue et vers le croupion. Sur le front et vers les yeux, ce vert se méêle d'une légère teinte bleuâtre. La gorge est d'un vert pale, tirant au gris, et qui, sur le devant du cou, sur la poitrine, les flancs, le ventre, les plumes des jambes, toute la partie abdominale, et les couvertures du dessous de la queue, prend un ton jaunaâtre. Les cinq premières grandes pennes des ailes, ainsi que les plumes qui recouvrent leurs pieds, sont d'un bleu- tendre et à bordures vert jaunatre: mais cette couleur bleue varie singulière- ment de teinte sous les différens aspects. Les treize pennes suivantes sont blanches, et ont, sur leurs barbes extérieures, un liséré jaune, qui s'élargit par degré, à mesure que la penne devient plus voisine du dos, de telle sorte qu'il occupe presque toute la largeur extérieure des dernières pennes. Celles-ci ont aussi une coupe singulière, en ce qu'elles sont taillées de biais vers le dos. Les trois dernières plumes de l'aile, qui touchent au dos, sont du vert des scapulaires. Les plus grandes couvertures des ailes sont jaune-citron dans toutes leurs parties visibles seulement, car elles ont leurs racines blanches. Le revers de la queue est d'un vert de mer à reflet gris: tel est aussi le revers des premières et dernières pennes vertes des ailes, dont les intermédiaires ont le leur d'un blanc jaunâtre. Les petites et moyennes couvertures du dessous des ailes sont d'un vert jaune, et les plus grandes sont vert d'eau clair. Le bec, les pieds et les ongles, sont d'un brun jaunâtre. Quant aux yeux, nous ne saurions dire quelle en est la couleur, n'ayant jamais vu vivante cette espèce, qui est très-commune à Cayenne, d'où J'on fait de fréquens envois de ses individus en Europe, pour les cabinets. Buffon dit que cet oiseau vit en grandes troupes(ce que font tous les Perroquets, en général); qu'il fréquente les lieux découverts; qu'il vient mèême jusqu'au milieu des endroits habités; qu'il aime beaucoup les boutons des fruits de Tarbre immortel, et qu'il apprend à parler. Il ajoute que la femelle ne différe du male qu'en ce qu'elle a les couleurs moins vives que lui, ce qui est vrai. Nous avons de plus remarqué que ces femelles ont aussi la queue plus courte d'un pouce que leurs males. lueue, prend 8 ailes, ainsi leu tendre et e zinguliere— les Suivantes e jaune, qui voisine du extérieure liere, en ce res plumes ulaires. Les dans toutes es blanches. tel est aussi les, dont les et moyennes et les plus ongles, sont dire quelle ee, qui er wvois de ses t oiseau vit général); u'au milieu 08 fruits de la ſemelle 8 vives què es femelles es. DES PERROOUETsS. 222ö22AöAöAAAn————————ℳuꝑVABANAAN BNAnN 2* 222* 8 2A8* 1 AAA LA PERRUCHE A TACHE soucl. Petite taille; queue pointue, quoique peu étagée, et moitié moins longue que le corps; ailes dépassant le milieu de la queue; plumage gros vert; tache souci sur le bord du milieu des grandes pennes; celles-ci mélées de bleu dans leur partie intérieure; bec et ongles brun jaundâtre; pieds gris. PLANCHE LIIII, LE MALE. PLANOHE LIX, LA FEMELLE. Aruns avoir compulsé toutes les descriptions qu'on a données jusquꝰ'ici des Perruches, j'ai été surpris de ne reconnoitre dans aucune d'elles Fespèce dont nous faisons le sujet de cet article: ne la retrouvant pas davantage dans les figures qu'on a publiées de ces oiseaux, je me crois autorisé à lui donner un nom. Cette Perruche est cepen- dant si commune à Cayenne, et on l'a envoyée en si grand nombre de ce pays en Europe, qu'il est, je le répète, bien étonnant qu'elle ait échappé à tant d'ornithologistes. Jaavois d'abord soupconné qu'elle étoit la même que celle que Buffon a décrite parmi ses Touis, sous le nom de Sosové, et qu'il a figurée dans ses planches enluminées, n.“ 456, fig. 2, sous celui de petite Perruche de Cayenne: mais, après un múur examen, et en comparant la description de Buffon avec loiseau dont il sagit ici, je vois que Pune ne se rapporte pas à Pautre; car Poiseau décrit par Buffon n'a sur les ailes qu'une tache d'un jaune leger, ce qui est fort différent d'une tache jaune-souci très-foncé, que porte celui-ci. D'ailleurs, le Sosové de Buffon a aussi du jaune sur les couvertures supérieures de la queue, et ma Perruche n'y en a absolument point: cependant les deux oiseaux ont le bec de méême couleur. Mais une autre difficulté, c'est que la description de Buffon ne se rapporte méme pas à la figure à laquelle il renvoie, que je viens de citer, et où je trouve une Perruche qui differe non-seulement de la mienne par toutes ses formes et tous ses caractères, mais qui ne ressemble méme en rien au osoο, car, dans cette figure, le bec est d'un rouge de vermillon, et les pieds y sont d'un rouge pale, tandis que, par la description, le 30 ——— — — — — —— —— —— ———— —;—;——⏑—⏑—:—:-————⸗—:O⸗;&d·—————— ——y— — —————’————ę—ę—ęO.——-—-—————————C—-— ———————— oöoohoohohoͤoͤhͤoſoſſh 148 HISTOIRE NATURELL E bec est blanc et les pieds sont gris. Dans cette figure, en outre, la queue est coupée carrément; ses couvertures de dessous sont jaunes, et les yeux entourés d'une large peau nue, blanche; la gorge et les joues, enfin, y sont couvertes de longues plumes, comme chez les Cacatoès: or, dans sa description, Buffon ne dit pas un mot de tous ces caractères. Ma Perruche, ayant la queue pointue, les plumes de la gorge et celles de la face très-petites, et n'ayant de partie nue que la paupière, n'est donc pas le Sosové de Buffon: la figure à laquelle renvoie ce naturaliste, m'est donc pas celle de son Sosové. Javouerai, d'ailleurs, que je ne connois aucune Perruche, soit de Cayenne ou de tout autre pays, qui ressemble à la description ou à la figure de ce Sosové, quoique Buffon en dise l'espèce très-com- mune à la Guiane, vers l'Oyapoc et l'Amazone. Espérons qu'elle nous parviendra un jour, et, en attendant, ne chargons pas la liste des Perruches avérées, de noms dont les sujets pourroient bien n'avoir jamais existé. Buffon Taura décrite, cette espèce, d'après quelque figure, et non d'après un individu. Cette supercherie lui est fami- lière, ainsi que pourroient s'en convaincre tous ceux qui porteroient sur ses descriptions et ses figures lattention que j'y ai portée moi- méme. Il est probable que le bec étoit blanc sur la figure qu'il avoit sous les yeux en décrivant son Sosové: sur celle que j'ai consultée dans ses ouvrages, il est rouge; dans tel autre exemplaire il est peut- étre jaune. Comment ne pas s'égarer en voulant se frayer un passage à travers toutes ces discordances? Ne vaudroit-il pas mieux s'ouvrir une route nouvelle et sure. Revenons à notre Perruche à tache souci, à laquelle cependant on rendroit le nom de osovw, dans le cas que ce ft à elle que les naturels de la Guiane l'eussent donné par hasard. Le caractère le plus saillant de la Perruche dont il est question dans cet article, est une grande tache d'un beau souci vif, qui occupe tout le milieu du bord extérieur de Faile; car ce sont précisément ces grandes couvertures, ayant la forme de petites pennes, qui, dans tous les oiseaux, couvrent le pied des grandes plumes des ailes, et que plusieurs naturalistes ont nommées, je crois, aile batarde, qui sont de cette couleur. Elles sont ici au nombre de sept, et toutes du méême jaune-souci: cette même couleur, un peu moins prononcée cependant, tache encore quelques- unes des autres couvertures du bord de T'aile, en remontant vers le poignet. On en apercoit, enfin, une teinte, mais presque insensible, directement sous la gorge. Le lexcription ou éce tres-com- 5 quf'elle nous s la liste qes dbien maypojr prés quelque lui est fami- iporteroient portée moi- e qu'l avoit ai consultée il est peut- r un passage jeux souvrir le cependant elle que les est question 4 qui occupe précisémenl 6, qui„dans des ailes, et patarde, qul bt, et touies ononcée 8 prononc wwerturès du ercoit, enün, 0. l la gorge. DES PERROOUETS. b 119 plumage de la partie supérieure du corps est d'un gros vert sombre, qui, dans les reflets, prend sur le corps des teintes très-brillantes, et sur le sommet de la téête, une nuance de vert aigue-marine lustré. Le dessous du corps est d'un vert plus clair que le dessus. On remarque du bleu foncé sur les plumes du milieu de la queue, ainsi que dans les parties intérieures du milieu des pennes alaires, directement au- dessous de la tache souci, seul endroit ou il reste visible quand les ailes sont ployées. Le revers des pennes des ailes, et les plus grandes couvertures de celles-ci, y sont d'un vert d'eau brillant, et leurs petites et moyennes, d'un vert jaunatre, ainsi que le dessous des pennes de la queue. Le bec et les ongles sont d'un blanc jaune, couleur de corne, et les pieds, gris. La femelle est absolument semblable au male dans toutes ses cou- leurs, si ce n'est cependant que la partie des ailes que la tache souci occupe chez ce dernier, est, chez elle, d'un vert bleuâtre. Nous avons figuré cette femelle, n.“ LIX de nos planches. 120 HISTOIR E NATURELLE 1—nBÜ—— —— B— LA PERRUCHE AUX AILES CHAMARREES. p E ANOHE 2. X. Forte taille; queue à peu près de la longueur du corps; ailes atteignant le milieu de la queue; large bandeau bleu sur le sommet de la tête; couvertures et dernières pennes des ailes bleues, bordées d'un jaune dor; tout le plumage vert, plus foncé sur le corps qu'een dessous; bec rouge; pieds bruns. La Perruche auæ ailes chamarrées; BuUFF. Pl. enl. n.“ 287, sous le nom de Perroquet de Lugon. CrrrE Perruche se distingue des autres espèces de sa tribu par un bec très-fort et par un corps massif, ce qui la rapproche beaucoup des Perroquets proprement dits: mais comme elle a la queue étagée en fer de lance, ainsi que l'ont beaucoup de Perruches, nous n'avons pas hésité à la placer dans cette division, en lui conservant le nom que Buffon lui donne dans la description qu'il en a faite d'après un individu que je présume être une femelle de l'espèce. Le male de la Perruche aux ailes chamarrées a douze à treize pouces de longueur totale, dont la queue en emporte cinq. Son bec est fort épais et d'une force remarquable. Son corps est de la grosseur à peu près de celui du Perroquet gris, nommé vulgairement Jaco. L'épaisseur de son corps et sa queue, moins longue que ne l'est ordinairement celle des Perruches, font même assez communément donner à celle-ci le nom de Perroquet: aussi l'éditeur des planches enluminées, dites de Buffon, lui a-t-il donné, dans la mauvaise figure qui la représente, celui de Perroquet de Lucon, nom impropre de toute manière, puis- que cette espèce se trouve dans une grande partie des Indes, et notam- ment dans toutes les Moluques. La dénomination de Perruche aux ailes chamarrées, que nous lui conservons, lui convient beaucoup mieux, quoique le mot de chamarré exprime assez mal le dessin régulier des couleurs bigarrées de ses ailes, dont les couvertures du poignet et les dernières pennes, les plus proches du corps, sont d'un DES PERROOUETS. traverse le sommet de la tête. Tout le plumage du dessus du corps, et le dessus de la queue, sont d'un vert de pré uniforme. Le dessous du corps est d'un vert jaunatre, et le revers de la queue, d'un vert plus jaune encore, ou vert olive. Le bec est d'un rouge foncé, et les pieds sont bruns. Nous ne connaissons pas la couleur des yeux, n'ayant jamais vu l'espèce vivante; en revanche, nous avons vu plu- sieurs de ses individus dans différens cabinets, un entr'autres dans celui de Mauduit à Paris, un second chez labbé Aubry, aussi à Paris, 121 Q* ritant l nij et plusieurs en Hollande. Jen possédois un dans mes collections, llleu......„„1.. tures et dernigr b celui-ci fait aujourd'hui partie du Muséum d'histoire naturelle„au Jar- 6 b— nn, Phus ſucs Su- din des plantes. Je le crois femelle, parce qu'il est plus petit de taille que celui que j'ai décrit plus haut, qu'il n'a pas autant de bleu sur les ailes, et qu'il est généralement d'un vert plus terne que ce e non de dernier. Buffon dit que le plumage général de la Perruche aux ailes chamarrées est d'un brun olivatre, parce que telle est, en effet, la couleur de la mauvaise figure qu'il a fait servir à sa description. tribu par un he beaucoup— queue étagée 77 nous n'ayons vant le nom faite daprès e. treize pouces n bec est fort osseur à peu . Lépaiseur rdinairement ner à celle-ci ninées, dites représente, aniére, puis- 8, et notam- erruche aux t beaucoup al le dessin verturès du 31 . — soOIlt dun 8 122 HISTOIRE NATURELLE ——— ͤͤ ͤͤ LA PERRUCHE A EPAULETTES AUNES. PLANOHE LXI. couvertures du milieu des ailes jaune- Grande taille; queue plus longue que le corps; pleu de turquoise; tout le reste d'un . A.— 1. citron; téte, queue et premières pennes alaires beau vert; bec rouge; pieds prumnoir. CrrrE charmante Perruche, que nous avons fait représenter de grandeur naturelle dans nos planches coloriées, se distingue de toutes les autres par ses épaulettes d'un beau jaune citron: cette marque la caractérise même si bien extérieurement, que nous en avons tiré le surnom que nous lui donnons. Ces épaulettes jaunes sont formées de plusieurs rangs des couvertures des ailes qui avoisinent les scapulaires. La Perruche à épaulettes jaunes a, q'ailleurs, toute la téête, le derrière et le devant du cou d'un beau bleu de turquoise: la queue est aussi toute de cette dernière couleur, mais qui paàlit un peu vers le bord de chacune des pennes. Les trois premières grandes pennes alaires sont du mèême bleu, mais d'un brun-noir à leurs pointes: toutes les autres sont d'un beau vert, et ont aussi leurs pointes d'un brun-noir. Le dos, les scapulaires, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, et toutes celles des ailes, autres que les jaunes, sont d'un beau vert. La poitrine, les flancs, le ventre, les couvertures du des- sous de la queue, les plumes des jambes, enfin, tout le plumage du dessous du corps de l'oiseau, sont d'un vert plus jaunâtre que celui du dessus. Le bec est tout entier d'un rouge de sang. Les pieds et les ongles sont d'un brun-noir; les yeux, et la peau nue qui les entoure, couleur de rose. Pai vu cette rare espèce, vivante, dans la ménagerie de M. Ameshof d'Amsterdam, qui voulut bien me permettre de la décrire et de la dessiner. Comme je ne la reconnois dans aucune des descriptions „.7—„ 1b*.... qu'on a publiées jusqu'à ce moment, je m'abstiendrai de citer aucun 1** auteur à son sujet. Cet oiseau est d'un caractère fort doux et cares- sant. M. Ameshof m'a assuré qu'il venoit de Ternate: il est probable b qu'il se trouve aussi ailleurs. le. 8* leu des ailes jaune- tout le reste d'un représenter qe ngue de toutes tte marque la mayons tiré le ont formées qe ſes scapulaires. te, le derriere leue est aussi vers le bord ennes alaires es: toutés les in brun-noir. lu dessus de s, sont dun Lures du des- plumage du tre que celui Les pieds et nue qui les M. Ameshof rire et de l descriptions b citer aucun UX et carés est probable DES PERROOUETS. 125 A22——-—ℳVéN;Gõõnnnnnn————————— 2ͤͤöARVVNAnn LA PERRUCHE LATHAM. PLANOHE LXII Petite taille; queue très-étagée et à peu près de la longueur du corps; plumes qui bordent la base du bec, et poignet des ailes, rouges; couvertures du devant des ailes, bleues; tout le plumage d'un beau vert jaunàâtre lustré; bec et pieds jaune-brun. IJr donne à cette jolie petite Perruche le nom d'un savant auquel nous devons un grand nombre de descriptions d'oiseaux nouveaux des pays qu'habite celui qui fait le sujet de cet article. Puisse cet hommage, dicté par la reconnoissance pour la part que je prends à toutes ses publica- tions ornithologiques, prouver à M. Latham mon estime particulière! La Perruche Latham est très-bien caractérisée par un cordon de plumes rouges, qui lui encadre absolument la face, en même temps qu'il lui borde la base du bec, en s'étendant ensuite sur la gorge. Les petites couvertures du poignet des ailes, qui sont aussi rouges, portent toutes une bordure bleue, qui, les détachant les unes des autres, les dessine en écailles de poissons. On remarque encore du rouge sur les couvertures latérales du dessus de la queue et sur les barbes intérieures de ses pennes. Laile bätarde et les couvertures du devant des ailes sont d'un bleu foncé brillant: seulement on trouve sur les petites couver- tures du rebord supérieur de celles-ci, quand elles sont ployées, un trait blanc, qui les détache merveilleusement du corps. Les couvertures qui se trouvent immédiatement placées au-dessus des bleues, sont d'un riche vert lustré, qui jaunit aux rayons directs de la lumière. Les grandes pennes alaires sont vertes, et finement, lisérées de jaune. Tout le plu-— mage, en général, du dessus et du dessous du corps, ainsi que sur la queue, est d'un beau vert jaunâtre, très-luisant, mais qui, sur la téte, prend une belle teinte bleuatre. Le revers des ailes et celui de la queue sont d'un brun olivâtre. Les couvertures du dessous des ailes sont d'un vert pâle jaunissant. Le bec est les pieds sont jaune-brun. Cette espèce fait partie du Muséum d'histoire naturelle do Paris, o je Pai fait peindre de grandeur naturelle: elle y a été envo je crois, par M. Banks, à qui nous devons déjà plusieurs objets précieux, qui, en embellissant notre Muséum national, alimentent en mêéme temps le zèle des naturalistes. Puisse Lillustre voyageur anglois avoir beaucoup d'imitateurs! 124 HISTOIRE NATUREL L E —»Lu—ℳℳ—:GUV—V——-——õ———————H—R—————A——ℳAé—y2———V—V——ℳℳʃM ⸗—ℳ-—-—— LA PERRUCHE A FACE ROUGE. P AINOHE LXIII. petite taille; corps svelte; queue très-pointue, étagée et plus courte que le corps; bandeau rouge sur le front, sétendant sur les joues et la gorge; collier rousstre zur le bas du derrière du cou; plumage vert, plus foncé sur les ailes et le man- teau que partout ailleurs; bec et pieds bruns. Ir s»'agit encore ici d'une petite Perruche de la mer du Sud, que nous surnommons à face rouge, parce qu'en effet elle a le front, les joues et la gorge de cette couleur. Elle a de plus, au bas du der- rière du cou, une espèce de demi-collier roux-jaunâtre, large de deux à trois lignes, et qui, sarrêètant de chaque côté aux bords des plus petites plumes des scapulaires, ne se montre par conséquent point sur le devant. Les scapulaires, le haut des ailes, c'est-à-dire, tout le manteau, sont, ainsi que toutes les couvertures du dessus des ailes, d'un vert foncé. Les grandes pennes des ailes, qui sont du même vert, méelé d'une teinte bleue, se terminent extérieurement en noir- brun. Le dessus de la téête, le cou, la poitrine, les flancs, le ventre, les couvertures du dessus et du dessous de la queue, et le croupion, sont d'un joli vert transparent, très-luisant, et variant en jaunatre, suivant les incidences de la lumière. La queue, très-pointue, a toutes ses pennes étagées, et est d'un vert-jaune éclatant. Le bec et les pieds sont bruns. Les ailes, ployées, se portent jusqu'aux trois quarts de la longueur de la queue. Cette espèce fait partie du cabinet dhistoire naturelle de Paris, où elle a été peinte de grandeur naturelle. M. Temminck, d'Amster- dam, en possède un individu, que j'ai vu dans sa superbe collection. Nous regrettons beaucoup de ne pas connoitre ses habitudes, et mal- heureusement nous serons souvent dans le mèême cas, à l'égard des oiseaux du pays qu'elle habite, car les voyageurs se sont contentés jusqu'ici de nous en faire connoitre les dépouilles. b urte ie que le co 1 4.) 3 collier Tussätre s alles et le man d Sud, que lle a le front, au bas du der- dtre, large de nux hords des r conséquent cest-A-dire, lu dessus des ont du même nent en noir- s, le ventre, le croupion, en jaunatre, nue, a toutes ec et les piech ois quarts de Ile de Paris, K. d Amster- be collection. des, et mal- 4 légard des at contentés DES PERROOQCUETS 125 22 1 282DIDDA2AAALIAAAAAN B-——-————————VWANANAAN 2-B— LA PERRUCHE PHIGV. . PLANCHE LXIV. Petite taille; corps épais; queue beaucoup plus petite que le corps, quoiqu'en- tièrement étagée; dessus de la téte, bas-ventre et plumes des jambes, bleu-de-roi; dessus des ailes et de la queue vert; dessous du corps entièrement rouge; bec brun jaunätre. Crrrr belle Perruche, fort rare encore dans nos cabinets, habite, ainsi que les deux précédentes, les fles de la mer du Sud: elle est remarquable par sa taille épaisse et sa queue fort courte, quoiqu'en- tiérement étagée, ce qui nous la fait ranger parmi les Perruches à queue en fer de lance: elle a cependant bien absolument la forme d'un très-petit Perroquet, ou des Perruches que nous décrirons sous le nom de Perriches; mais ces dernières n'ont pas la queue aussi étagée qu'elle, comme nous le verrons lorsque nous établirons les caractères propres à leur tribu, caractères qui les rapprocheroient encore plus des Perroquets proprement dits que Poiseau dont il est question dans cet article. b Au premier aspect, la Perruche Phigy ressemble beaucoup au Lori à collier, dont on peut voir la description et la figure dans les numéros suivans, si on veut apprécier par soi-méême les ressemblances et les différences qu'il y a entre elle et ce dernier. Cette Perruche a tout le dessus de la tête, depuis le front jusqu'à la nuque, d'un beau bleu foncé, légèrement violacé. Les plumes des jambes et du bas-ventre sont aussi bleu foncé, et les joues, la gorge, les côtés du cou, d'un beau rouge, ainsi que la poitrine et tout le dessous du corps, jus- qu'au bas-ventre. Les couvertures du dessus et du dessous de la queue sont vertes, ainsi que le dessus de la queue mème, les ailes, dans toute leur étendue, le croupion et tout le bas du dos. La partie postérieure du cou est d'un rouge légèrement violacé, qui, se termi- nant en bas par le vert de la partie supérieure du dos, forme à Toiseau une espèce de collier. Ses scapulaires, étant en grande partie rouges, forment aussi une bande de cette couleur, qui traverse dia- ....„„. gonalement la partie élevée des ailes. Le bec est d'un jaune brun; 32 A.— 126 HISTOIRE NATURELLE les ongles sont noirs, et les pieds, d'un jaune plafard. Le revers de la queue est jaunatre. Lespèce de la Perruche Phigy se trouve dans les collections du Muséum qhistoire naturelle, au Jardin des plantes, sous le nom de Perroquet Phigy, nom que nous lui avons conservé, tout en la réêta- blissant parmi les perruches à queue en fer de lance. Jai vu aussi un individu de cette espèce chez Labillardiere, qui Pavait acquis dans son voyage à la recherche de Tinfortuné Lapeyrouse, et que nous avons fait représenter de grandeur naturelle sur nos planches. N DES PERROOUETS 127 Su-üBüÖB———————— 2NAi MOM—Mnun õ LA PERRUCHE ARIMANON. PLANCHE LXV. Taille petite et svelte; queue plus courte que le corps, étagée et terminée en pointe; gorge, bas des joues, devant du cou et poitrine, blancs; tout le reste du plumage d'un bleu foncé; bec et pieds rougedtres. LArimanon; BuFr. pl. enlum. n.“ 455, fig. 2, sous le nom de petite Perruche de L'ile d' Otaiti. Ox distingue cette jolie Perruche à la petitesse et à la légèreté de sa taille; ce qu'elle a encore de particulier, c'est que sa langue est terminée par un faisceau de petites fibres cartilagineuses, que Buffon nomme poils, et qui lui servent à tirer le suc des fruits dont elle fait sa nourri- ture. Le même auteur qui nous a donné de cette espèce une descrip- tion et une figure exactes, nous apprend, d'après Commerson, qu'elle se tient habituellement sur les cocotiers dans l'ile d'Otaiti, où elle est très-commune; qu'elle vole par troupes; qu'elle est très-piaillarde; qu'elle mange des bananes, et, enfin, qu'elle est difficile à élever dans e'état de domesticité. Le nom que les naturels d'Otaiti donnent à l'Ari- manon, signifie, aussi d'après Commerson, oiseau de coco. L'Arimanon a le dessus de la téte, le derrière du cou, le manteau, les ailes, la queue et tout le dessous du corps, depuis la poitrine, y compris les couvertures du revers de la queue, d'un beau bleu foncé. La gorge, la partie des joues au-dessous des yeux, le devant du cou et le haut de la poitrine, sont plancs. Le bec et les pieds sont rougedtres. Cette Perruche fait partie du Muséum d'histoire naturelle à Paris: on y a vu même deux de ses individus, dont un m'a été donné en échange pour d'autres oiseaux qui y manquaient. J'en ai vu aussi un troisième chez labbé Aubry, un quatrième chez Mauduit, et, enfin, MM. Temminck et Raye de Breukelervaert en possèdent chacun un dans leurs belles collections à Amsterdam. Je n'ai remarqué aucune différence entre tous ces oiseaux, ce qui me fait penser qu'il m'y en a aucune entre les males et les femelles; car il est probable que, dans les six individus de l'espèce que j'ai vus et bien examinés, il s'y en trouvait de l'un et de Pautre sexe. Celui que j'ai fait peindre sur mes planches, est de grandeur naturelle. 128 HISTOIRE NATIURELL E —— —.—.— Vn LA PERRUCHE SPARRMAN. pErANOHE LXVI Petite taille; queue plus courte que le corps; tout le plumage, en général, d'un bleu foncé; bec et pieds rouges. perruche bleue d' Otaiti; SpPARRMAN. Ir est sans doute difficile de ne pas considérer la Perruche de cet article comme appartenant à espèce précédente, puisqu'elle n'en dif- fere que par un peu plus de grandeur et pour n'avoir du blanc sur aucune de ses parties. Cependant, comme le docteur Sparrman, natu- raliste suédois, connu par son intéressant Voyage à la côte-est d' Afrique, et Pun des compagnons de Pintrépide Cook dans la première expédi- tion de ce dernier autour du monde, a décrit et figuré cette espèce en la distinguant de l'autre, et qu'il était à méme de prononcer à cet égard, puisqu'il a visité pile d'Otaiti, où elles se trouvent toutes deux, nous avons cru devoir aussi len séparer; et, le nom de Perruche bleue d'Otaiti pouvant la faire confondre avec cette même Perruche de l'ar- ticle précédent, qu'on nomme assez ordinairement ainsi, nous nous sommes déterminés à lui faire porter le nom du naturaliste estimable qui a décrite le premier. La reconnaissance me faisait un devoir de rendre cet hommage à un voyageur qui m'a, pour ainsi dire, frayé la route que jai tenue dans mon premier voyage jusque dans la Caffrerie. La Perruche Sparrman est an peu plus forte de taille que celle nom- mée PArimanon. Elle a aussi la queue plus largement barbée et plus fournie que cette dernière; mais elle sen distingue encore davantage en ce qu'elle est entièrement d'un gros bleu, n'ayant rien de blanc sur le devant du cou. Cette espèce a, comme la précédente, le bec et les pieds rouges, et la langue terminée en pinceau. Pai vu la Perruche Sparrman chez M. Carbintus, à la Haye. en génénl„ dun erruche de cet jelle wen qit. r du blanc sur arrman, natu- est dAfrique, mière expédi- ette esppèce en mnoncer à cet toutes deux, rruche bleue ruche de lar- 1, nous nous ste estimable un devoir de dire, frayé h s la(affrerie. -ue celle nom- arbée et plus ore davantage jen de Danc dente, le bec n Haye. DES PERROOUETS. 129 —V—ℳͤöVAön:enAaAA——ℳℳ—ℳℳNUAA—V—VMéℳℳ4˖ͤõA 2NAAAAANA——ℳ—ℳqV:⸗—ê[¶⁊“ͤ44—2uARBöun—-———:AA LA PERRUCHE A JoUEs GRISEsS. Taille moyenne; queue tant soit peu plus courte que le corps, et très-pointue; petites plumes du bord du front grises, ainsi que celles de la gorge et de la partie comprise entre les yeux et le bec; grandes couvertures du haut des grandes pennes alaires bleues; tout le plumage du dessus du corps vert de pré; celui du dessous vert jaunâtre, glacé de gris sur la poitrine; bec et pieds gris-blanc. PLANCHE LXVII. N reconnoissant cette espèce dans aucune des descriptions et des figures qu'on a publiées sur les Perruches, nous la caractérisons ici par Tattribut qui lui est le plus propre, par la couleur grise de ses joues: elle n'est, d'ailleurs, remarquable que par une tache bleue qu'elle a sur le milieu du bord des ailes. Cette tache n'est formée que par les grandes couvertures qui cachent les racines des grandes pennes alaires. Tout le reste du plumage du dessus du corps, le dessus des ailes et celui de la queue, sont d'un vert de pré. Le bord du front est marqué par une ligne de plumes grises, qui se porte jusqu'aux yeux, de chaque côté, et qui couvre ensuite toute la partie comprise entre ceux-ci et les coins du bec. Les plumes du dessous du bec sont aussi grises, et le devant du cou' est, ainsi que la poitrine, d'un vert clair, glacé de gris. Tout le reste du dessous du corps, et même les couvertures du dessous des ailes, sont d'un vert pale, jaundtre. Le bec, assez fort, relativement à la taille de Toiseau, que nous avons fait représenter de grandeur naturelle sur nos planches, est d'un blanc grisatre. Les pieds sont de la même couleur. b Cette Perruche se trouve à Cayenne: elle est encore assez rare dans nos cabinets d'Europe, sans doute parce qu'elle n'a rien d'agréable dans son plumage. J'en possède un individu; j'en ai vu un autre chez M. Dorcy, à Paris. 33 ——ℳ—xℳ—— 130 HISTOIRE NATURELLE — ꝑ ú́ùꝰHnnn———õ 2* LA PERRUCHE EDWARDS. Taille moyenne et dégagée; queue de la longueur du corps; front, devant de la joue et les ailes, d'un bleu tendre; dessus du corps et de la queue vert olivâtre; dessous du corps de la même couleur, mais tirant au jaune; tache orange sur le ventre; bec petit et blanchâtre; pieds bruns. PLANCHE LXIVIII. ConME je ne reconnois pas plus cette Perruche que la précédente dans les descriptions de nos nomenclateurs, je la nomme Perruche Edwards, du nom du célèbre naturaliste Anglois qui, le premier, nous a donné sur les oiseaux des descriptions exactes et des figures reconnoissables. Ce mérite, inappréciable en histoire naturelle, est digne, sans contredit, de l'hommage que je me plais à rendre, en cette occasion, à la mémoire d'un auteur dont les ouvrages seront toujours consultés avec fruit. Edwards a eu le bon esprit de ne décrire que les objets qu'il avoit sous les yeux, exemple qu'on a trop peu imité. La Perruche Edwards, que nous avons représentée dans toutes ses dimensions naturelles, a la taille dégagée, svelte. Sa queue, qui est de la longueur du corps, et fort pointue, lui donne un air élancé, qu'en général on ne retrouve pas dans les Perruches à courte queue. Elle est très-bien caractérisée par le bleu tendre du dessus de sa téte et du devant de ses joues, c'est-à-dire, de la partie qui se trouve entre les yeux et le bec. Ce même bleu règne aussi sur toutes les cou- vertures des ailes, ainsi que sur leurs grandes pennes. Le derrière de la téte et du cou, le manteau, le dos, le croupion, les couvertures supérieures et le dessous d la queue, sont d'un vert-brun olivacé; la gorge, le devant du cou, la poitrine et les flancs, d'un jaune oli- vätre. Le ventre est marqué d'une tache orange, qui, s'éclaircissant sur la partie abdominale et les couvertures du dessous de la queue, prend un ton plus jaunâtre au revers des pennes de celle-ci. Le bec est blanchâtre. La pointe en est marquée de brun, ainsi que la base de la mandibule inférieure. Les pieds sont brundtres. Cette espèce se trouve dans les iles de la mer du Sud; c'est, du moins, ce que m'a assuré M. Temminck, qui en possède un bel indi- vidu, sur lequel j'ai fait faire le dessin, qui la représente de grandeur naturelle. uyrages seront de ne décrire op peu imité. ans toutes ses neue, qui est n air élancé, ourte queue. dessus de Ssa qui se trouye outes les cou- e derrière de s couvertures brun olivace; uun jaune oli- Séclaircisant de la queleè, le.ci Le bec i que l base ud; cest; du un bel und de grandem r0 T S. 131 XTDTNANNIAIAAAAAAA—öA —‚A BA—2- 2222A 4—-—— 2V2VAA LA PEFRRUCHE AVANE PLA NoHRE CXIT. Taille ramassée; queue beaucoup plus courte que le corps; grandes couvertures des ailes, ainsi que leurs trois dernières pennes, jaunes, et bordées de bleu à leurs pointes; poitrine et dessous du corps vert de alaires noir-brun; queue violet tendre, avec un pieds brun foncé. Pomme; manteau et grandes pennes e bande noire à Textrémité; bec rosé; La Perruche auæ ailes variées; BuFF. pl. enl. n.“ 791, fig. 1, sous la dénomination . de Perruche de Batavia. Nous changeons la dénomination de Perruche aux ailes variées, que Buffon a donnée à cette espèce, parce qu'elle avoit été déjà donnée à une autre Perruche. Nous changeons aussi le nom de Perruche de Batavia, sous lequel cette même espèce est ſigurée dans les planches enluminées du méême auteur, parce que Batavia est vraisemblablement le seul endroit de P'ile de Java où cette Perruche ne vienne jamais; car les Perroquets fuient ordinairement les villes. Le nom de Per-— ruche Javane lui convient donc mieux que ces deux autres, puisqu'elle est, en effet, très-commune dans P'ile de Java. Cet oiseau est ramassé dans sa taille, et sa queue, très-courte, lui préte aussi un air lourd et massif. En le placant parmi les Perruches à queue en fer de lance, nous convenons que, de toute cette tribu, elle est celle qui se rapproche le plus de ces autres Perruches que nous nommons Perriches; car, quoique toutes les plumes de sa queue soient étagées, elle le sont si peu que, déployées, elles forment un demi-cercle: toujours est-il vrai qu'elle a la queue bien plus étagée que les Perriches, puisque, chez celles-ci, les trois dernières pennes latérales de chaque côté de cette partie sont les seules qui le soient, toutes les autres étant égales entr'elles. La Perruche Javane est donc, par sa nature, très-propre à former la nuance entre les Perruches à queue en fer de lance et les Perriches. Nous remarquerons que, dans la mauvaise figure que Buffon en a donnée, la queue se trouve composée de plumes encore moins étagées que dans la nôtre, 4 que les ailes s'y étendent jusqu'au bout de la queue, presque carrè- ment coupée, ce qui formeroit une défectuosité, quand, d'ailleurs, 2———————— 4——————:’——— ————— — 152 HISTOIRE NATURELLF les couleurs de cette figure ne seroient pas des plus inexactes, ains que les pieds et le bec, qui sont d'une grandeur démesurée. La Perruche Javane a le dessus de la tête, les joues et le devant du cou, d'un vert jaundtre. Les plumes du derrière du cou sont d'un vert brun, et forment des gcailles détachées les unes des autres par leur bordure d'un vert plus prononcé. Le manteau, le dos et le crou- pion, les moyennes et petites couvertures des ailes, les ailes bâtardes, et les grandes pennes alaires, sont d'un noir-brun velouté. Les plus grandes couvertures des ailes sont jaunes, ainsi que les trois dernières pennes des ailes; mais ces couvertures et ces trois pennes se terminent toutes en bleu; ce qui produit un effet admirable sur le milieu des ailes. Les premières grandes pennes alaires ont un petit liséré vert sur leurs bords extéerieurs. Le bas du devant du cou, la poitrine, les fancs, le ventre, les plumes des jambes, toute la partie abdominale, et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un vert nommé vulgairement vert de pomme. Les plumes de la queue sont d'un joli violet tendre ou lilas, et portent toutes, transversalement, une zone noire vers leur pointe: ces zones se forment en arc, lorsque la queue est déployée. Le bec est couleur de rose, et les pieds sont brun foncé. Sonnerat, qui a vu cette Perruche à l'ile Lucon, dit, dans la descrip- tion qu'il en donne dans son 7yage à la Nouvelle Guince, p. 78, qu'elle a l'œil et le bec d'un jaune rougedtre, et les pieds gris. Quant A nous, nous donnons au bec et aux pieds de la Perruche Javane les couleurs que nous y avons vues sur huit de ses individus, dans différens cabinets; à Amsterdam, chez MM. Raye de Breukelervaert, Temminck, Boers et Holt-Huysen; à Paris, chez Mauduit, Tabbé Aubry, M. we de Bandeville, et au J ardin des plantes. L'individu qui se trouve au Jardin des plantes, est aujourd'hui entiéèrement dégradé, et celui que nous avons fait peindre, fait partie des belles collections de M. Raye de Breukelervaert d'Amsterdam. b n vert nommé sont dun joli ent, une zone sque la queue ut brun fonct. n la descrip- zuinée, p. 78, 1s gris. Quant he Javane les dans différens rt, Temminck, Rubry, M.“- de ouve au Jardin celui que nous le M. Raje dé DES PERROOUEITS. 133 TAIAAIAAAAAAA A . 22AͤAN—2Ann———-A — LA PERRUCHE TVUI. PEANOHE LXX Très-petite; taille svelte; queue plus courte que le corps; dessus de la téte jaune; cou et téte vert nuancé de bleu; dessus du corps, ailes et queue, vert de pré; dessous du corps vert jaunâtre; bec et pieds jaune brundtre. Variété de Toui à téte d'or, du Brésil; Buyr. Pl. enl. n.“ 456, fig. 1, sous la dénomination de Perruche de l'ile Saint-Thomas. SANs chercher à voir dans cette Perruche, ainsi que Buffon l'a fait, une variété du Toui à tête d'or, nous en donnerons une bonne ſigure et une description exacte. La Perruche Tui est d'une taille très-petite, mais dégagée, quoi- qu'elle ait la queue plus courte de moitié que le corps. Elle est facile à reconnottre à une petite calotte jaune, qui lui couvre le dessus de la téte entre les narines et le haut des yeux. La tête, la gorge et le cou, sont d'un vert faiblement nuancé de bleu. Le manteau, les ailes, le croupion et le dessus de la queue, sont d'un vert de pré, tandis que la poitrine, les flancs, le ventre, les plumes des jambes, la partie abdominale, les couvertures du dessous et le revers de la queue, sont d'un vert jaune. Cette espèce se trouve très-communément à Cayenne; du moins tous les individus que j'en ai vus en venoient, et se trouvoient dans les mêmes envois que beaucoup d'autres de ce pays. A la vérité, labbé Aubry en possédoit un qu'il me dit avoir recu de l'ile Saint-Thomas, individu que j'ai acquis à la vente qui fut faite du cabinet de cet amateur, et qui, maintenant, se trouve déposé au Muséum d histoire naturelle du Jardin des plantes. J'avoue aussi qu'après avoir comparé cet individu avec tous ceux qui provenoient de Cayenne, je m'ai pas remarqué qu'il y eùt entre eux aucune différence. 134 HTISTOIRE NATURELLE —2————VA-Bê—2xn 22—VB———O——— ℳ— 2*—— LA PERRUCHE FRINGILLAIRE. petite taille ramassée; queue beaucoup plus courte que le corps; front vert; sommet de la téte bleu; joues, gorge, devant du cou et ventre rouges; bas-ventre et cuisses en dedans bleus; plumage du dessus du corps vert foncé; celui du dessous idem, moins foncé; bec rougeatre; pieds blafards. PLANCHE LXXI. CrrrE Perruche, distinguée par la richesse et la régularité de ses couleurs, est extrémement rare dans nos cabinets; mais, comme elle est fort belle, il faut espérer que les voyageurs s'empresseront de nous rapporter des iles de la mer du Sud, qu'elle habite. Elle est d'une forme épaisse, et sa queue, entièrement étagée, la place naturellement parmi les Perruches à queue en fer de lance, quoique ses pennes ne se terminent pas autant en pointe que celles de cette partie, chez beaucoup d'entre ces dernières. La Perruche fringillaire a le front ceint d'un bandeau vert, fort étroit, après lequel un riche bleu violacé se répand sur tout le dessus de la téte jusqu'à la nuque; ou il nuance le vert du derrière du cou. Le manteau, le dos, le croupion, les couvertures supérieures de la queue, le dessus de celle-ci, toutes les couvertures et les pennes des ailes, sont d'un vert-foncé brillant. Les joues, jusqu'au-dessus des yeux, la gorge et tout le devant du cou, sont rouges, mais d'un rouge velouté, qui prend des teintes violettes ou pourpre, suivant les incidences de la lumière: tel est aussi le ventre, immédiatement au- dessous du sternum. Le bas-ventre et les cuisses en dedans sont, ainsi que les plumes voisines du talon, d'un beau bleu violet. Les couver- tures du dessous de la queue sont vertes, nuancées de bleu violâtre dans leur partie haute. Les côtés du cou, la poitrine, sur laquelle le rouge du cou se termine circulairement, sont, ainsi que les flancs, d'un vert légèrement nuancé de jaundtre. Le revers de la queue est olivacé; le bec, d'un rouge paâle. Les ongles sont bruns, et les pieds jaunâtres. J'observerai, en passant, que le bec et les pieds de cette Perruche pourroient bien éêtre rouges dans l'animal vivant; car ces parties nous ont présenté l'apparence d'un rouge effacé. Cependant, COrns- orps; front ven ges égularité qe 65 ais, comme elle esseront de nous . Elle et d'une e naturellemem le ses pennés ne tte partie, chez deau vert, fort r tout le dessus lerriere du cou. mperieures de k les pennes des 'au-dessus des ges, mais d'un dre zuivant les 6diatement au- Jans sont, ainsi et. Les couyer- e bleu violätre sur laquelle le nue les Hanés, le la queuè 6st s, et les hied le celle pieds car Cls ivant; 6 Cependant- DES PERROOUETS. 135 3 A 5.* 7 Ppour etre exacts, nouùðs n avons Pas Cru devoir les repréesenter autre- 9... ment qu'elles ne le sont dans le seul individu que nous ayons vu de T'espèce, individu qui est déposé au Muséum de Paris sous le nom de Perruche fringillaire, que nous lui avons conservé, et où M. Barraband la peint de grandeur naturelle; mais nous savons aussi, et je Tai déjà observé plusieurs fois, qu'il n'est pas de bec ni de pieds d'oiseaux rouges qui ne jaunissent dans les cabinets. Si donc nous avons com- mis quelqu'erreur à cet égard, ce n'a été que pour ne rien donner aux conjectures. Nous croyons devoir terminer ici Phistoire des Perruches à queue en fer de lance. Il se peut que, dans le grand nombre des Perruches publiées par les naturalistes, il y en ait qui appartiennent à cette division; mais, comme nous n'avons vu nulle part des individus de ces espèces, et que nous nous sommes fait une loi de ne décrire que celles dont nous pouvons donner une figure exacte, nous ne risque- rons pas de commettre des erreurs qu'on reproche trop souvent aux naturalistes, pour avoir désigné le même oiseau sous plusieurs noms différens. Il est très-difficile de se faire l'idée d'un oiseau qu'on ne connoit que par une simple description; il faut P'avoir sous les yeux Ppour bien le reconnoitre et pour ne pas confondre les genres. Si les naturalistes se pénétroient bien de ces vérités, la science y gagneroit beaucoup. Füin du Tome premier. — — — — — — — — — —₰½ . +̊Q̃ — DES PERROOUETS. 1. ture, gravées Les figures de cet ouvrage ont été dessinées d après na ion de BououEy, Professeur couleur sous la d Irect 7 et imprimées en de dessin au Prytanée de Paris. HISTOIRE NATURELLE DES PERROOUETS. nanne, ded FRANOCOIS LEVAILLANT. vEr, Professeur TOME SECONp. A PARIsS, CüuEz LEVRAULT, SCHGLL ET C.*, RuE DE SEINE S. G. STRASBOURG, DE LIMPRIMERIE DE LEVRAULIT. AN XIII(1805). 2 2———— ——— ‿ TABLE Du second volume de'histoire naturelle des Perroquets. ——— ℳnY1l 3ꝗ/O/-nbnqnAAUéqͤãNͤꝛãꝛAͤꝛnlNANNAAêANAN Das Perruches à queue en fléche, pag. 1. La Perruche à nuque et foues rouges 4. La Perruche à epaulettes rouges.. 6. La Perruche F iytutan....... 7. La Perruche à collier faune, le mäle æt a femelsle,.......... 8. La Perruche Iori Pufo. 9. La Perruche à large queue. 12. e grand hazrc.......... 15. Oe peist Vaza........:....... 17. Le Perroquet à bec couleur de sang 19. 8 . Les Perroquets proprement dits... 21. Le Perroquet Amazone, le mäle, 23. Le Perroquet amazone, la femelle, 26. Le Perroquet Amazone àâ téte faune, Hremlene varird,....... 27. LAmazone calotte bleue, seconde Srite,.........)...... 28. L'Amazone tapiré de rouge, troi- Steone va, td,.............. 29. LdAmazone tapiré de jaune, qua- triene vardte,............ 30. LAmazone faune, cinquieme va- 7616............. 31. Ee Perroguen Ouafresne..... 34. Le Perroquet Meunier....30. Le Perroquet Lori à franges bleues 38. Le Perroquet Lori Radhia.... 39. Le Perroquet Lori à collier faune. 4o. Le Perroquet Lori-NMoira...... 4². Le Perroquet Lori d queue bleue.. 43. Le Perroquet a&paulettes jaunes, le mdle et la fenelle..... 44. Le Perroquet cendré ou le Jaco... 66. Le Perroquet cendrétapiréderouge, HPremene variere,........ 48. Le Perroquet cendré noir, seconde varlété, Le Perroquet cendré a queue faune, trousiene vVaricte,.. 50. Le HPerroquet brun. hag. 53. Le Perroguet vert......... 55. Le Perroquet dâ foues bleues....... 57. Le Perroquet à face rouge, le mäle, 59. Le Perroquet à face rouge, la femelle, 62. Le Perroquet à face rouge dans son Prenmien G................ 63. Le Perroquet Aourou Couraou... 65. Le Perroquet d1 foues orangées. 66. Le Perroquet Geoffroy, le mäle et g2a fenresle,.............. 68. Le Perroquet à camail bleu, le mãle, 70. Le Perroquet à camail bleu, la Fenelhe,.................... 72. Le Perroquet à téte grise, le mäle et e femesse,.............. 74- Variéete du Perroquet à téte grise. 76. Le Perroquet Maipouri, le mäle, le feune age,................. 77. Le Perroquet à calotte bleue...... 80. Le Perroquet d face bleue...... 81. Le Perroquet Lori d scapulaire bleu, le mle et la Ffoneele,....... 83. Le Perroquet Lori unicolore.... 85. Le Perroquet grand Lori, le mãle, 86. Le Perroquet grand Lori, première et seconde varietés,........... 88. Le Perroquet Tavouc... ö 89. Le Perroquet ù franges souci, lemãle, 91. Variété du Perroquet ù franges souci 98. Le Perroquet à flancs rouges.... 99. Ee Herroquets Qaica......... 100 Ae Caica HanabanM............ 102 o Peorroguet Bouçuet.... ꝓ... 104. Le Herroquet anglois... 105 Le Perroquet faune écaillé de rouge, ou le Perroquet de Cuba des natu- zaltCS,............ 106. Le Perroquet Ad or............ 109. Le Perroquet Mascarin......„ 111 Fin de la Table du second volume. — —-ͦ-— HISTOIRE NATURELLEFE; DES PERROOUETS. ——— ℳ—-—V-————⸗—ê—ßVéü₰:—ê—ê ℳꝛℳꝙdͤ—B——O—B—Oℳᷣ—-:n——n—V————p DES PERRUCHES A OQVUVEUE EVY FEzEOHE. Novs appelons ainsi les Perruches dont les deux pennes intermé- diaires de la queue se portent si fort au-delà des autres, qu'elles forment, en effet, une sorte de flèche. Buffon a désigné ce caractère par queue inégalement étagée, comme il avoit déjà signalé par queue également étagée les Perruches que nous avons cru devoir caractériser par queue fer de lance. Nous croyons les dénominations que nous avons préférées moins vagues et par là plus conformes à l'idée qu'on doit se faire des objets; car il n'est pas exactement vrai que les Per- ruches de ces deux divisions aient, les unes plus que les autres, la queue également étagée. Pour qu'on puùt dire qu'un oiseau a la queue également étagée, il faudroit, je pense, que chez lui la plume la plus latérale de cette partie füt à la seconde comme celle-ci seroit à la troisiéme, la troisième à la quatrième, ainsi de suite: or c'est ce qui n'a jamais lieu, non-seulement chez les Perruches, mais pas mèême dans aucun oiseau à queue étagée. Ce que nous disons à cet égard des oiseaux à queue en flèche ou fer de lance, il faut aussi l'entendre de ceux à queue fourchue; l'éta- gement inverse de la queue de ces derniers est toujours proportionné /„„ à la longueur de la penne: observons seulement qu'on n'a point 2 4 2 HISTOIRE NATURELLE encore trouvé de Perroquet à queue fourchue. Il n'est donc Perruche, pas mèême d'oiseau, qui, à la rigueur, ait la queue egale- ment étagée. Buffon n'a pas, sans doute, voulu désigner par là des queues dont les pennes correspondantes seroient également étagées; car alors sa désignation de Perruches à queue inégalement étagée donneroit une idée fausse, puisqu'il n'est pas une Perruche, pas un oiseau quelconque, dont les pennes correspondantes de la queue, méme des ailes, ne soient exactement égales entr'elles, et conformées de la meme manière, du moins dans l'état naturel et lorsque les plumes ont acquis toute leur croissance: je dis du moins dans I'etat naturel, parce que, dans la mue, un oiseau offre à cet égard diffé- rentes variations, qu'aura causées le retard de la crue d'une plume, d'un côté, tandis que, de l'autre, sa correspondante aura acquis toute sa longueur. L'état de domesticité cause aussi, sous ce rapport, beaucoup de variations: j'ai vu des Perruches, dans cet état, avoir réellement la queue inégalement étagée, si inégalement même qu'au- cune des plumes n'avoit la mèême dimension que celle qui lui cor- respondoit. Il arrive, enfin, quelquefois, que des plumes latérales sont beaucoup plus longues que d'autres, plus voisines du milieu, que celles du milieu méême de la queue. Mais combien de fois tous ces jeux de la nature, ou, pour mieux dire, ces monstruosités produites par un dérangement physique, si commun chez les animaux tenus en cage, Pas de n'ont-ils pas occasioné de méprises, en faisant illusion aux naturalistes de cabinets! Nous avons déjà vu que Buffon avoit décrit la Perruche à collier rose parmi ses Perruches à queue inégalement étagée, parce qu'il n'en avoit vu que des individus pris dans l'état de domesticité, ouù toutes les Perruches deviennent, en effet, assez souvent, et dans toute la force du terme, des Perruches à queue trèͤs-inégalement étagée. Nous verrons ailleurs que le manque des deux pennes inter- médiaires de la queue d'une de nos Perruches à queue en flèche a fait commettre à ce grand naturaliste l'erreur contraire, c'est-à-dire, qu'il a fait de cette Perruche une Perruche à queue également étagée: il n'est cependant pas bien difficile de s'assurer si le nombre des pennes de la queue, même des ailes, d'un oiseau est complet; sans même en savoir le nombre, on s'apercoit d'abord s'il en manque une ou plu- sieurs. Ces vérifications, pour être faciles à faire, n'en sont pas moins d'une nécessité absolue lorsqu'on veut décrire une espèce; mais encore faut-il regarder quelque individu de cette espèce, et attacher quelque mérite à éêtre exact, mérite assez rare jusqu'à ce jour. 50us ce rapport, 5 cet état, avoir t méme quau- elle qui lui cor- ꝛes latérales sont ullieu, que celles Ous Ces jeux de roduites par un tenus en cage, aux naturalistes crit la Perruche int étagée, parce de domesticité, ouvent, et dans res- mégalemenl a pennes inter- en flèche a Hait est-A-dire, quil ment tagee: ubre des pennes sans méeme en ue une ouu plo⸗ sont Pas molns ce; mais encoreé tacher quelque DES PERROOUETS. 3 Nous disons que les Perruches à queue en flèche different des Per- ruches à queue fer de lance par le prolongement considérable des deux pennes intermédiaires de leur queue, deux ou trois fois plus longues dans quelques espèces que la plus grande latérale: leur queue, très-élancée, comme T'on voit, prête beaucoup de grâce à ces Perruches. Il est aussi à remarquer que, sans ces deux pennes intermédiaires, la queue seroit ordinairement très-courte chez elles, et que, dans la mue, pendant laquelle ces deux longues pennes se détachent souvent les premières, ces oiseaux paroissent absolument différens de ce qu'ils sont, leur queue étant alors beaucoup plus courte que leur corps. Entre ces deux familles de Perruches, au reste, il'y a aucune autre différence bien sensible. Cependant les espèces ne sont pas autant multipliées dans celles à queue en flèche que dans celles à queue fer de lance: toutes les espèces même que nous connoissons des pre- mières appartiennent à l'ancien continent. 4 HISTOERE NAATURELLE 2A2AAnnnnnn————ℳ——ℳ—õℳℳ.— õℳM———ä;ſ——ℳM———— VK 2A-—— ℳ Mę—— ʃℳN LA PERRUCHE A NUOUE ET JOUES ROUGES. PLANCHE LXXII. Grande taille; corps svelte; queue fort longue par Textension de ses deux pennes intermédiaires; nuque et joues rose violacé; moustaches noires; plumage vert lustré, plus foncé sur les ailes et le dessus du corps; du bleu à la naissance des pennes alaires et sur les pennes du milieu de la queue; mandibule supérieure rouge, inférieure 2⁴ A*. brun jaundâtre; pieds gris. La grande Perruche à longs brins, 3. espèce à queue longue et inégale; Buyr. Pl. enl. n.“ 887, sous le nom de Perruche de Malac. CrrrE Perruche, dont la longueur totale est de seize à dix-huit pouces, mesurée du bout du bec à Pextrémité des deux pennes inter- médiaires de la queue, lesquelles ont trois fois la dimension des deux plus grandes latérales, se distingue par la légèreté et l'élégance de sa taille et par la beauté de ses couleurs. Elle a la téête couverte d'une calotte d'un beau vert luisant, et qui occupe cet espace compris entre les narines,'occiput et les yeux. A ce beau vert succède une jolie couleur rose tendre, violacé, qui couvre le haut du derrière du cou, et s'étend sur la face et les joues, où elle est terminée par une large moustache noire, qui, partant du coin de la bouche, se dessine cir— culairement jusqu'aux oreilles. La gorge, le devant et le derrière du cou, le haut du dos et la poitrine, sont d'un vert gai très-brillant, qui jaunit un peu sur les flancs, le bas-ventre, le croupion et les couver- tures du dessus de la queue. Toutes les couvertures du dessus des ailes sont d'un vert plein. Les grandes pennes alaires sont bleuâtres à leur naissance, et d'un vert foncé partout ailleurs, jusqu'à leur pointe, qui est noirätre. La queue, qui est d'un vert gai sur ses bords latéraux, est d'un beau bleu violacé dans son milieu et dans toute la longueur de ses deux pennes intermédiaires, dont cependant le bout est vert. Le revers des pennes alaires est d'un noir glacé; celui des pennes de la queue est d'un jaune glacé de vert sur les latérales. Les couvertures à de ges deux peunes Plumage vert lustre, dce des pennes llaires re rouge, inſetieure et inégale; Bvpr. lac. eize à dix-huit x pennes inter- ension des deux TGlégance de sa couverte d'une e compris entre nccéde une jolie qerrière du cou, Be par une large . ze desine cir- t le derriére du res-brillant, qui in et les couyer- 1 dessus des ailes bleuatres Aleur leur pointe, qul bords latéraux, zute la longueul le bout est vert des pennes 6 1 Les coufer tures DES PERROOUETS. 5 du dessous des ailes sont vert gai. La mandibule supérieure, enfin, est d'un rouge vermillon; linférieure, d'un brun jaundtre. Les pieds sont gris, et les yeux rougedtres. Les principaux traits de cette description ont été pris sur un indi- vidu de P'espèce que j'ai vu vivant dans la ménagerie de M. Ameshof, à Amsterdam: j'en ai vu plusieurs autres dans différens cabinets, che⸗z MM. Temminck, Raye de Breukelervaert, Bœrs d'Asserswoude, et Holthuysen, aussi d-Amsterdam, et à Paris, chez MM. Gigot d'Orci, Mauduit et l'abbé Aubry. La seule différence que j aie remarquée dans tous ces individus, c'est que chez quelques- uns les moustaches, au lieu d'étre entièérement noires, étoient parsemées de plumes vertes: j'observerai même que, comme ces individus à moustaches entre- mélées de plumes vertes et de plumes noires présentoient quelques caractères d'oiseaux encore jeunes, je soupçonne beaucoup que, dans le premier âge, tous ceux de Fespèce ont les moustaches entièrement vertes.“ Cette espèce ne se trouvant pas seulement à Malac, et n'étant pas la seule qu'on y trouve, puisqu'elle habite une grande partie des Indes, et qu'on trouve à Malac beaucoup d'autres Perruches, j'ai cru devoir supprimer le surnom que Buffon lui donne dans ses planches enlu- minées, ouù elle est, au reste, figurée d'une manière reconnoissable, quoiqu'on lui ait fait un dos bleu qu'elle n'a pas. Je pense donc que le nom de Perruche à nuque et à joues rouges, caractérisant beaucoup mieux que celui de Perruche de Malac l'espèce dont il est ici question, doit aussi lui étre préféré. 8 HISTOIRE NATIURELL F ———-:u-=A:e-A-———Vℳü————»-——yÿü—————V—V——V— ℳ—-—ꝰv2õ-———ℳq——⸗——ℳêò ℳ4:———-A— LA PERRUCHE A EPAULETTES ROUGES. PELANOHE LXXIII Grande taille; corps fourni; pennes intermédiaires de la queue plus longues à peu- „ 4 4.„ 5 9, près du triple que les latérales qui les précèdent immédiatement; plumage supérieur vert plein, inférieur moins foncé, et tirant plus au jaune; épaulettes et bec rouges. La grande Perruche auæ ailes rougedtres, 4. espèce à queue longue et inégale; Bur. Pl. enl. n. 239, sous le nom de Perruche de Gengi. Perruche de Gengi; BRiss. Ornith. t. 4, p. 343. CnrrEr Perruche est, à peu près, de la même longueur que l'espèce précédente; mais elle a le corps plus gros, plus fourni, et la queue plus élancée dans ses deux pennes intermédiaires, trois fois aussi longues que les deux latérales qui les précèdent immédiatement. Elle n'a rien de distingué que ses épaulettes rouges, lesquelles font partie des couvertures des ailes qui avoisinent et longent les scapulaires. Le reste du plumage est d'un vert plein sur la téte, sur le derrière du cou, le dos, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, les pennes intermédiaires de celle-ci, les couvertures des ailes, les scapulaires et les pennes alaires: le rouge vif des épaulettes tranche sur cette couleur. La gorge, la poitrine, les flancs, le ventre, les couvertures du dessous de la queue, tout le dessous du corps enfin sont d'un vert jaunâtre. Le revers de la queue est couleur d'olive. Le bec et les pieds sont d'un beau rouge. Cette espèce est fort rare dans nos cabinets, car je n'y en ai vu en- core que deux individus, dont l'un est en ma possession; individu que j'acquis à Paris, à la vente qui y fut faite du cabinet de feu l'abbé Aubry qui le tenoit de M. Poivre; ce dernier Pavoit apporté de Gengi. C'est d'après ce même individu que Brisson a fait la description détaillée et exacte qu'il a donnée de l'espèce; exacte à ceci près cependant, qu'il donne un rouge obscur aux épaulettes: mais le rouge en cet endroit s'étoit en effet éteint dans l'individu vieilli dans le cabinet de l'abbé Aubry, où d'ailleurs les continuelles fumigations de soufre qu'on faisoit subir aux oiseaux pour les préserver de la destruction, détério- roient toujours les couleurs de leur plumage. Le second individu que jai vu de P'espèce et qui étoit parfaitement conservé, faisoit partie du cabinet de M. Holthuysen d'Amsterdam. On pense bien que j'ai prè- féré de donner ma description d'après celui de ces individus dont les couleurs n'étoient point altérées. diatement. Flle eelles font partie s Scapulaires. sur le derriere s de la queue, des ailes, les ulettes tranche le ventre, les du corps enfin leur G'olive. Le n'y en ai vu en- n; individu que eu labbé Aubry le Gengi. Cest tion détaillée et 1 ependant, qu en cet endroit , binet de labbe ) e soufre qu on DES PERROOUETS.. ——B—— ℳ3MäͤAUÜAnAAA 2—:—ͤ———ℳ—ℳ—n““ 2———A nAn — LA PERRUCHE FRIDYTUTAH. PLANCHE LXXIV. Taille moyenne; corps svelte; queue très-élancée; les deux pennes intermédiaires de celle-ci plus longues du double que les deux plus grandes latérales; front et face rouges, violets sur Tocciput et les joues; téte entourée d'un cordon noir; nuque et épaulettes des ailes vert aigue-marine; cou, poitrine, dessous du corps, vert très- jau- nâtre, ainsi que les scapulaires; ailes vert plein; plusieurs plumes du milieu de leur poignet rouges; dernières pennes intermédiaires de la queue d'un beau bleu violet, „ 4 4 9 4 0 4 4 2 8 8 9 7 terminé par du blanc jaunàtre; latérales vert tendre, terminé par du jaune; mandi- bule supérieure blanchdtre, inférieure brune; pieds gris-noir. La petite Perruche à téte couleur de rose, à longs brins, 2.“ espèce à queue longue et inégale; BuFr. pl. enl. n.“ 888, sous le nom de Perruche de Mahé. La Perruche de Bengale; BRIss. Ornithol. tom. 4, pag. 348. b Novs avons déjà fait voir que c'étoit par erreur que Buffon et Brisson avoient rapporté cette Perruche à l'espèce qu'Edwards a décrite dans ses Glanures sous le nom de Perruche à collier, à tête couleur de rose, et qu'il a figurée sous le n.“ 235 de son ouvrage. Nous renvoyons donc le lecteur à l'article où nous avons donné une figure exacte de cette espèce, sous le nom de Perruche à collier noir, n.“ 45 de cet ouvrage. Quant à celle dont il est ici question et qui diffère principalement de lautre par la forme et la couleur de la queue, elle se trouve en effet au Bengale, dont je l'ai reçue directement: c'est aussi celle que les naturels du pays nomment Fridytutah, nom que nous avons justement préféré à tout autre. b Les deux pennes intermédiaires de la queue de la Perruche Fridy- tutah sont du double plus longues que les deux grandes latérales. Ces deux mémes pennes sont d'un beau bleu changeant en violet, et ont leurs pointes blanc jaunâtre, tandis que toutes les autres plumes de la méme partie sont vertes et ont leurs pointes jaunes; ce qui distingue parfaitement l'oiseau de l'espèce de la Perruche à collier noir, à laquelle il ressemble d'ailleurs beaucoup: car ces deux Perruches ont la téte couleur de rose par devant et violacée par derrière; elles ont aussi toutes deux du rouge sur le poignet des ailes. Cependant, si le lecteur prend la peine de comparer les figures que nous avons données de ces deux oiseaux d'après des individus de la plus parfaite conservation, 1 lui sera facile de voir qu'ils différent assez l'un de T'autre pour former deux espèces bien distinctes, qu'il falloit par conséquent séparer. 8 HISTOIRE NAIURELLE —AQAA õꝛnnnngõyy———ͤ—ℳqé-GbA»— 2—-——ℳ——VVöqAö* LA PERRUCHE A COLLIER JAUNE. Taille moyenne, corps dégagé, queue plus longue que le corps; les deux pennes intermédiaires de la queue à peu près du double seulement plus longues que les deux latérales suivantes; téte bleu tendre dans le male, et gris dans la femelle; collier jaune; dessus du corps vert brillant, dessous vert très-jaune; pennes intermédiaires de la queue bleues, terminées de blanc jaunàtre; bec citron; pieds gris. PI. LXXV, LE MALE. PI. LXXII, LA FEMELLE. Ir s'agit ici d'une nouvelle espèce de Perruche à queue en flèche et que nous désignons par son collier jaune. Le male a toute la tete d'un beau bleu tendre qui, sur le front, les joues et la gorge, se fond dans une teinte brunâtre. Son collier, d'un jaune citron, termine absolument le pleu de la tête et entoure entièrement le cou: le reste du derrière de cette dernière partie, le dos, les scapulaires, toutes les couvertures des ailes, le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d'un vert gai chatoyant en jaundâtre. Les couvertures du bord des ailes et leurs grandes pennes sont d'un vert plus décidé que le dessus du corps, et portent chacune extérieurement un liséré jaune citron et brunissant vers les bords intérieurs. Tout le dessous du corps, c'est-à-dire, le devant du cou, la poitrine, les flancs, le ventre, les plumes des jambes et les cou- vertures du dessous de la queue, sont d'un vert fondu dans beaucoup de jaune. Les quatre pennes intermédiaires de la queue sont bleues, et chacune d'elles se termine par une palette d'un blanc jaunatre: les laté- rales sont du vert du dessus du corps et ont leurs pointes jaunes. Les plumes latérales du revers de la queue sont toutes jaune-citron, et les intermédiaires jaune blafard à leurs pointes et d'un brun jaunàtre par- tout ailleurs. Les grandes couvertures du dessous des ailes sont d'un vert aigue-marine; les plus petites sont jaundàtres, et le revers des pennes alaires est d'un grisglacé. La mandibule supérieure est d'un jaune-citron, et Tinférieure, d'un brun jaundâtre. Les ongles et les pieds sont grisaille. La description que nous venons de donner est celle du male, que nous avons figuré de grandeur naturelle, n.“ 75. La femelle de la Perruche à collier jaune est un peu plus petite que le maàle, et differe encore de lui en ce qu'elle a la tête grise. Voyez n.“ 76. Jai recu de Chandernagor les deux individus, maàle et femelle, de l'es- pPèce: ils font l'un et l'autre partie de mes collections. Jai vu encore une femelle de cette Perruche dansle beau cabinet de M. Gigot d'Orci à Paris. nes interma. 8 ntermédiaires de FEMELLE een fléche et que la téte c'un beau 6 fond dans une ne absolument e e du derrière de couyvertures des e sont d'un vert les ailes et leurs us du corps, et n et brunissant dire, le devant mbes et les cou- dans beaucoup e sont bleues, et zundtre: les laté- ntes jaunes Les me-citron, et les un jaundtre par- es sont d'un vert wers des pennés un jaune-citron, .La ſemelle de le male, et gez n.- 66. ſemelle, de les- ai vu encore une ot T'Orcià Paris- lue DES PERROOUETs. 9 ———————-—ℳò’ℳ’::OB:¶———õ——————-ʒõ——-:ö—ʒ—jÿyÿõͤ—-:¶ͤð△ntnn-—ͤℳ-ꝛnꝛnꝛꝛͤnANnA LA PERRUCHE LORI PAPOVU. PA NOEE LAX/VII. Taille petite et très- dégagée; queue plus longue que le corps; plumes inter- médiaires de la queue très-effilées et du double plus grandes que les latérales qui les précèdent; ailes fort longues; plumage en général rouge sur le cou et tout le dessous du corps; du bleu sur la nuque, le croupion et le ventre; du jaune jonquille sur les côtés de la poitrine, ainsi que sur les flancs, et du jaune rougeàtre au bout des plumes de la queue; ailes et milieu de la queue gros vert; bec rouge; pieds brun rougeàtre. Le petit Lori Papou; SoxNERAT, Voyage à la nouvelle Guinée, pl. III, pag. 175. OEA est, je crois, le premier qui ait publié une figure(mauvaise) de cette charmante Perruche, qu'il donne pour un oiseau de Paradis, par la raison que, cet oiseau habitant le même pays que les oiseaux de Paradis, les insulaires Py préparent de la mèême manière que ces derniers, c'est-à-dire, qu'ils lui arrachent les pieds et les ailes, et qu'ils la font sécher sur un roseau; c'est du moins dans cet état que nous recevons ordinairement tous les oiseaux qui nous parviennent de ce méème pays: aussi est-il bien peu- de cabinets où J'on trouve la Per- ruche Lori Papou dans son état naturel et parfait; presque dans tous on a substitué aux pieds et aux ailes qu'on lui avoit arrachés, des pieds et des ailes d'autres Perruches; ce qui la dénature et la rend méconnoissable. Qui sait encore combien de fois cette Perruche aura 6té décrite sous ses différens travestissemens! Chercher à la recon- noitre dans tant de mauvaises descriptions d'oiseaux encore plus mal vus, seroit une tâche aussi inutile que fatigante. Je me bornerai donc tout simplement à la faire connoitre de manière à ce qu'il ne reste plus aucun doute sur son existence comme espèce particulière. Tant de gens attachent un si grand mérite à fouiller dans des descriptions énigmatiques pour y deviner des espeèces, que je leur abandonne cette gloire pour ne m'attacher qu'à décrire exactement ce que je connois bien. Lélégante Perruche dont il est ici question habite la terre des Papoux, ouù elle est très-recherchée des naturels, qui font zervin ses belles plumes à leur parure. Jai vu plus de cent individus de l'espèce 3 2 10 HISTOIRE NATUREL L E arriver en Hollande dans les méêmes caisses que les oiseaux de Para- dis, mais tous mutilés et préparés comme je Tai dit plus haut. En revanche j'en ai vu trois autres parfaits, dont l'un est à Paris et fait partie de la belle collection de M. Dufresne; cC'est celui d'après lequel nous donnons notre description, et que nous avons figuré de grandeur naturelle: les deux autres sont en Hollande, chez MM. Raye de Breukelervaert et Temminck. On reconnottra facilement dans les cabinets les individus de la Perruche Lori Papou auxquels on auroit adapté des ailes d'autres Perruches; car celle-là doit les avoir fort longues, proportionnellement à sa taille: or il n'y a aucune petite Per- ruche connue qui les ait aussi longues qu'elle; celles donc qu'on auroit substituées aux siennes seroient toujours courtes, c'est-à-dire, qu'elles ne vont, pour Pordinaire, que jusqu'au croupion, tandis qu'elles de- vroient presque atteindre le tiers de la longueur de la queue, non compris le prolongement des deux pennes intermédiaires. Les ailes du Lori Papou doivent aussi étre d'un vert foncé, semblable à celui de sa queue. Ses riches couleurs sont, en outre, si régulièrement dis- tribuées, qu'on ne pourroit en avoir déplacé la moindre partie sans qu'on s'en apercùt au premier coup d'oœil. Ces sortes de déplacemens ont souvent lieu par le fait de ceux qui se mèlent, en Europe, de prépa- rer les oiseaux qu'on y recoit dégradés, ce qui de tout temps a trompé, et trompera toujours, les naturalistes inexpérimentés, qui n'ont besoin que de voir un individu quelconque pour déterminer une espèce ou mêème un genre: heureux encore s'ls ont daigné voir cet individu! Ces différentes contrefactions, et les méprises qu'elles occasionnent, donnent peut-étre la raison de ces trois différentes variétés dont par- lent les nomenclateurs, et qu'a rapportées Virey dans la description qu'il a donnée de la Perruche Lori Papou, d'après Sonnerat et sous le nom de petit Lori Papou, nom que nous lui conservons, mais en la replacant dans sa tribu, qui est celle des Perruches et des Perruches à queue en flèche, comme il est facile de le voir par la belle figure que nous publions ici de cet oiseau. La Perruche Lori Papou a, sur le sommet de la tete, une large tache bleue, irrégulière, qui à certain jour paroit noire; elle descend aussi un peu sur la nuque. A cette tache près, toute la téête, le derrière du cou, la gorge, la poitrine, les flancs et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un rouge vif, sur lequel tranche, de chaque côté de la poitrine, vers le haut des ailes et le bas des flancs, un jaune jon- quille, qui forme comme deux taches sur le beau rouge du dessous ucune petite per on qu'on auroit t-à-dire, qu'elles undis qu'elles qde. k queue, non liaires. Les ailes emblable à celui guliérement dis- adre partie sans de déplacemens rope, de prépa- emps a trompé, lui mont besoin une espèce ou r cet individu! s occasionnent, ariétés dont par- 1s la description Jonnerat ét sOus ervons, mais en et des Perruches rla delle ſigure une large tache le descend aussi le derrière du DES PERROOUEITS. 11 du corps. Le bas-ventre, précisément entre les cuisses, est d'un gros 8 bleu violacé. Le manteau, les scapulaires, toutes les couvertures des ailes et les bords extérieurs de leurs grandes pennes, sont d'un gros vert: ces grandes pennes sont noirâtres dans leurs barbes intérieures et à leur revers. Le croupion et les grandes couvertures du dessus de la queue sont d'un beau bleu violet. Cette dernière est du même vert que les ailes dans sa partie élevée et sur les bords extérieurs de ses pennes latérales, toutes terminées par un jaune orangé ou rougedtre: ses deux pennes intermédiaires sont vertes aussi, mais seulement jus- qu'à peu près la moitié de leur longueur; chacune d'elles se termine ensuite en deux flèches très-effilées et d'un rouge jaunâtre. Le revers de la queue est jaune; le bec est rouge, et les pieds sont d'un brun rougedtre. Si nous terminons ici Fhistoire des Perroquets à queue pointue (histoire comprise dans nos quatre divisions, des Aras, des Perruches Aras, des Perruches d queue en fer de lance, et enfin des Perruches à queue en flèche), ce n'est pas que nous ne soyons très-persuadés qu'il existe beaucoup d'autres espèces de ces oiseaux, si surtout on consulte la nomenclature considérable qu'en ont faite plusieurs mé- thodistes: mais, comme nous ne connoissons pas par nous-méêmes toutes ces espèces, nous attendrons pour en parler que nous les ayons vues, examinées et comparées. A cet effet, nous nous proposons de parcourir encore, lorsque cet ouvrage sera terminé, les principaux cabinets de Europe, pour y étudier à loisir les espèces nouyvelles dont ils se seroient enrichis, et nous prenons l'engagement avec le Public de publier alors, sous la forme d'un supplément, toutes les connoissances que nous aurons acquises sur des Perroquets nouveaux; ce qui complètera, nous espérons, d'une manière satisfaisante l'his- toire d'une des plus belles et des plus riches familles des oiseaux. Qu'il me soit permis, en attendant, de témoigner ici toute ma reconnoissance aux amateurs d'histoire naturelle qui ont bien voulu seconder mon zéle dans ce travail pénible par la communication libre qu'ils m'ont laissée de leurs cabinets, et la permission que j'ai eue de disposer à mon gré de toutes les espèces de leurs collections. 12 HISTOIRE NATURELLE —————--——-————— LA PERRUCHE A LARGE OUEUE. PL. LXXIVIIII, IXXIX Er LXXX. Plumage rouge; moustaches bleues; queue bleue, longue et étagée, mais s'élargissant beaucoup; tarses allongés; bec jaunätre. Toowrs les Perruches dont nous avons parlé jusqu'ici sont en géné- ral caractérisées par la forme pointue de leur queuè, tandis que celle de cet article, que nous surnommons à large queue, en porte une qui, en s'élargissant à mesure qu'elle s'allonge, prend un caractère particulier et tout différent de celui de cette partie des Perruches que nous avons surnommées à queue en fer de lance ou d queue en flèche. La Perruche à large queue diffère encore des autres Perruches en ce qu'elle a les tarses plus longs qu'aucune de celles du nouveau conti- nent et même des Indes. Elle se rapproche donc, par la longueur de ses tarses, de l'espèce de Perruche que nous avons nommée Perruche ingambe et qui habite aussi les terres australes. Elle semble donc très-propre à lier les Perroquets au genre des Touracos, oiseaux d'Afrique auxquels j'ai toujours trouvé assez d'analogie avec les Per- roquets pour avoir pressenti que nous découvririons quelque jour un intermédiaire entr'eux et ces derniers. Il est même plus que probable que la Perruche dont il est ici question n'est pas la seule qui soit caractérisée par la largeur de sa queue, et qu'avec le temps nous découvrirons quelques autres espèces de Perruches à queue également large, dont les naturalistes pourront former une nouvelle section sous le nom de Perruches à large queue: dans ce cas on pourra désigner celle de cet article sous le nom de Perruche à moustaches bleues; car elle est caractérisée par là d'une manière qui la fait toujours reconnottre, puisqu'elle conserve ses moustaches bleues à travers tous ses changemens de livrée, laquelle varie à chacun de ses âges. Nous avons figuré trois individus de cette belle espèce, tous trois différens dans leurs couleurs principales. Nous en avons vu beaucoup d'autres différant un peu de ceux-ci, mais pas assez pour que nous ayons cru nécessaire de les figurer aussi; car les trois que nous pu— blions représentent tous les passages du jeune âge à l'àge fait. Notre n.“ 78 présente l'oiseau dans son état parfait et de grandeur naturelle. o EUp. X le„ et etagée, maig tunatre * .. 1lcl 0 n n en géné. tandis que celle ne, en Porte une end un car les berruch actère 168 que d queue en fléche. Perruches en ce u nouveau conti- ir la longueur de ummée Perruche le semble donc uracos, oiseaux ſe avec les Per- quelque jour un lus que probable la seule qui soit le temps nous queue également velle section sous V pourra désigner zustaches bleues; ſa fait toujours es à travers tous 8es ages. pèce, tous trois ons vu beaucoup DES PERROOUETS. b 13 Dans cet état, la téête, le cou, la poitrine, les flancs, le bas des jambes, le ventre, le croupion, les couvertures du dessus et du dessous de la queue, sont d'un beau rouge moelleux. Le manteau et les scapulaires sont noirâtres et bordés de rouge dans toutes leurs plumes. Une large moustache se dessine sur les joues, et occupe tout l'espace compris de chaque côté entre le bec, les oreilles et les yeux. La queue, qui est de la longueur de l'oiseau, est d'un bleu clair sur ses bords latéraux, et d'un bleu foncé dans son milieu. Les couvertures des ailes sont d'un bleu tendre violacé, et en grande partie bordées de rouge. Les pennes alaires sont d'un gros bleu, mais bordées extérieurement de bleu tendre. Le bec est gristre à sa base et jaune à sa pointe. Les pieds sont bruns, et les yeux brun-noir. Nous avons vu plus de vingt individus vivans de Fespèce, et plus de vingt autres dans différens cabinets. Cette Per- ruche est trop belle pour qu'on ne l'eùt pas envoyée en grand nombre en Europe: mais comme la plupart de ceux de ces individus que nous avons vus dans les cabinets avoient vécu dans l'état de domesticité, nous avons préféré d'en décrire et figurer un qui avoit été tué dans les bois, et que M. Boœers, bailli d'Asserswoude, avoit recu directement de la Baie-Botanique, ouù il avoit été tué. Nous avons vu un autre individu de l'espèce, apporté par Labillardière, et qui étoit dans le mèême cas que le précédent; ce qui nous a mis à mèême de comparer, et de remarquer que dans l'état de domesticité la queue de cette Perruche s'effile et que par conséquent elle y devient moins large que dans l'état de nature. M. Dufrène, aide-naturaliste au cabinet d'histoire naturelle à Paris, qui connott parfaitement bien les oiseaux, me dit, lorsque je lui fis part de mon observation, T'avoir faite lui-même à Londres en voyant en cage et vivantes quelques- unes de ces môémes Perruches qu'il avoit comparées à celles tuées dans les bois. Notre n.“ 79 présente un second individu de la Perruche à large queue, mais qui differe de celui du numéro précédent en ce que les deux pennes intermédiaires de la queue sont vertes chez lui, et que tout le dessous du corps, depuis les moustaches jusqu'à la queue, y est d'un vert olivatre, tandis que ces deux pennes sont bleues chez Pautre et que cette partie du dessous du corps y est rouge. Ce n.“ 7⁷9 représente un oiseau jeune encore, parvenu cependant à l'époque de sa seconde mue, époque où il a même déjà pris en grande partie la livrée de Taàge fait, puisqu'il m'a plus à refaire que ses plumes du dessous du corps et les deux pennes intermédiaires de sa queue. Cet individu fait partie de mon cabinet; jen ai même un second, mais 4 2 ——— ——— ———— —— — — Zö“ ——— ͦ ¾ ÿÿ ———— *—— 14 HISTOIRE NATURELLFE un peu plus avancé en âge, car il a déjà refait à peu près moitié de ses plumes rouges du dessous du corps: j'ai pensé qu'il étoit inutile de le faire figurer. 7 21 2** 1 1 Notre n.“ 80 présente un troisième individu de la Perruche à large queue, bien reconnoissable par ses moustaches bleues: mais cet indi- vidu est plus jeune encore que celui du n.“ 79, car il n'a refait que les plumes rouges du front; toutes les autres, qui doivent étre rouges aussi dans l'âge fait, ne sont encore chez lui que d'un jaune olivacé. Les six pennes intermédiaires de sa queue sont vert-olive. Le dos, les scapulaires et les grandes pennes alaires, sont d'un brun olivâtre, nué de bleu; cependant le bleu vif se prononce déjà sur les épaules et une partie des couvertures des ailes. Toutes les différences qui se trouvent entre ces deux jeunes indi- vidus de la Perruche à large queue, m'ont convaincu que dans le premier âge, c'est-Aà-dire, au sortir du nid, Fespèce de cette Perruche est entièrement d'un vert olivatre sur tout le dessus du corps, les ailes et la queue; qu'elle a les moustaches bleues; que tout le dessous du corps est d'un jaune plus ou moins olivâtre, et que par conséquent la femelle adulte doit beaucoup se rapprocher de l'individu représenté n.“ 80. Le temps nous apprendra si je me trompe dans mes con- jectures. Lindividu figuré n.“ 80 fait partie du Muséum d histoire naturelle de Paris, où je T'ai fait dessiner. ir I! m'a* P re roud Uges Pun jaune olivace. ahe Le dos, un brun olivatr ja sur les zui deux jeunes indi. incu que dans le de cette Perruche lu corps, les ailes ut le dessous du par conséquent lividu représenté dans mes con- uséum Gqhistoire DES PERROOUETS. 15 A. LE GRAND VWITA. PLANCHE LXXAI. Grande taille; plumage noir, glacé de gris ou brun, suivant les incidences de la lumière; queue large et de la longueur du corps, très-peu étagée et arrondie à son extrémité; ailes ne s'étendant qu'au tiers de la longueur de la queue; bec blanchätre; yeux entourés d'une peau nue; pieds noirs. AyvAxr de passer à la description des Perroquets proprement dits, nous allons parler de deux espèces de Perroquets qui, différant de ceux-là par la longueur de leur queue et la légèreté de leur taille, doivent étre considérés comme formant une petite famille à part, laquelle, se rapprochant de quelques espèces de Kakatous, semble aussi avoir été destinée à lier les Perroquets proprement dits aux Kakatous qui en général ont la queue plus longue que les Perro- quets. L'une de ces espèces de Perroquets à grande queue est celle que nous nommons le grand Jaza pour la distinguer de l'espèce con- nue sous le nom de Vaza ou de Perroquet noir de Madagascar, dont plusieurs naturalistes ont parlé sous l'un ou l'autre de ces noms, et dont nous parlerons aussi sous celui de petit aza; car il est en effet bien moindre de taille que l'autre, le grand Vaza égalant presque sous ce rapport les grands Aras. Cependant le grand n'a pas la queue plus longue que le corps; il ne l'a pas non plus pointue, comme ces der- niers, mais large, au contraire, à son extrémité: ainsi cet oiseau n'est point un Ara; ce qui le prouve encore, c'est qu'il m'y a chez lui qu'une partie du tour des yeux qui soit sans plumes, tandis que les Aras ont toutes les joues entièrement nues et blanches. Nous insistons sur ces caractères, parce qu'il se pourroit bien que'Ara obscur des nomen- clateurs ne fút autre chose que notre grand Vaza; mais la description de cet Ara obscur est elle-méme si obscure qu'il sera toujours difficile de résoudre cette question. Quoi qu'il en soit, notre grand Ara a vingt- un pouces de longueur, mesuré du sommet de la téête au bout de la queue. Son bec est très-gros, et en cela il diffère encore du petit ...* 6 1. Nous croyons devoir écrire Kakatou et non Kakatois ou Kakatoes, comme on l'a fait . 2 2 4 7. d jusqu'ici; nous en donnerons la raison en son lieu, c'est-à-dire, aux articles où nous par- lerons de ces Perroquets. 16 HISTOIRE NATIURELL E Vaza, qui est remarquable par la petitesse du sien. Son corps est de la force et de la grosseur, à peu près, de celui des grands Aras de PAmérique; de sorte que, sil avoit la queue aussi longue que ces derniers, il ne leur céderoit point en grandeur. La couleur de son plumage est des plus simples et des plus monotones. On ne retrouve plus ici ces riches nuances qui distinguent si particulièérement les Per- roquets en général: celui-ci semble être en deuil; il est entièrement noir, mais d'un noir qui prend un glacé grisaille ou brundtre, suivant les jours. Le bec est d'un blanc de corne, et les pieds sont noirs. La peau nue du tour des yeux étoit brundâtre dans les individus que j'ai vus, mais elle est peut-étre, sans doute même, blanche lorsque l'oi- seau est vivant. b b L'individu que j'ai figuré fait partie du beau cabinet de M. Raye de Breukelervaert à Amsterdam. Jen ai vu un second à Paris, chez M. de Richebourg, ci-devant administrateur des postes. On m'a assuré que l'espèce du grand Vaza appartenoit aux terres de Afrique méri- dionale: ce qu'il y a de certain, c'est que je ne Tai point trouvée dans tout ce que j'ai parcouru de cette partie du monde. binet qe M. Raye ond à Paris, Che tes. On m' assurè le TAfrique meéri- oint trouyée dans DES PERROOUETITS. 17 ——— —————-——-———-——-—— ℳN———— LE PETIT VAZA. G PT. TrXXXITIT Taille moyenne; corps svelte; queue large, arrondie et à peu préès de la lon- gueur du corps; bec petit et noir lavé; plumage noir-brun, glacê de gris; pennes des ailes et latérales de la queue bleuâtres sur les barbes extérieures; pieds brun avivé; yeux brun rougeäâtre. Le Vaza ou Perroquet noir, 4. espèce de Perroquet; Burr. pl. enl. n.“ 500. Le Perroquet noir de Madagascar, BRISs. tom. IV, p. 3⁰7, n.“ 53. Psittacus brachyurus niger; LiNXN. Syst. nat. ed. X. Perroguet noir de Madagascar; EpwäARps, tom. I, pag. 5, pl. 5. Lr petit Vaza diffère beaucoup du grand par sa taille, puisqu'il n'a que quatorze pouces de longueur, y compris la queue, qui en a six. II en diffère encore en ce qu'il a le bec proportionnellement plus petit et moins robuste que lui. Quant aux formes générales du reste du corps, tout est à peu près semblable dans les deux espèces, à ceci près cepen- dant que le bout de la queue épanouie se trouve plus élargi chez la petite que chez la grande. La couleur du plumage est aussi à peu près sem- blable dans les deux oiseaux, avec cette différence encore que la partie extérieure des pennes des ailes et des latérales de la queue du petit Vaza est bleudtre, couleur que Brisson donne pour verte, quoique, dans le fait, elle approche de la teinte d'une turquoise foible de ton; ce qui est plutt bleu que vert. La peau nue qui entoure les yeux, est d'un blanc légèrement rougedâtre. Le bec est, pendant l'été, de cette dernière couleur; mais pendant l'hiver il est d'un noir lavé. Les yeux sont couleur de noisette foncé ou brun rougedtre. Pai eu chez moi pendant l'espace de dix années un petit Vaza vivant, et c'est plus particulièrement par la différence que j'ai remarquée entre *⁴ 9 0„ 7 son naturel et celui des autres Perroquets auxquels je Yai comparé, que j'ai cru devoir séparer les Vazas des Perroqllets proprement dits; qui tous, gênéralement, sont d'une gaucherie et qune lourderie qui semblent leur éêtre propres. Le petit Vaza a, au contraire, les monye mens vifs et dégagés: toutes ses attitudes ont une grace merveilleuse; elles sont absolument celles du Touraco, oiseau d'Afrique aussi élé- gant que les Perroquets sont maussades. Il y a aussi une analogie frap- le cri du petit Vaza et celui des Touracos. Rien enfin de pante entreé 5 7 2 6 1 4 ¹ 4 1 3 ” 4 h 4 I 1 1 1 — —— ———— ——— —————— — — — 18 UISTOFIRER NATURELLE si aimable, de si doux et de si caressant que le petit Vaza. Je ne T'ai jamais vu mordre personne. Timide d'abord avec les gens qu'il ne connoissoit pas, celui que j'ai eu finissoit par rendre toutes les ca— resses qu'on lui faisoit, et exprimoit le plaisir qu'il en ressentoit par une sorte de cri cadencé qui rfavoit rien de désagréable. Il apprenoit facilement à siffler une partie de différens airs, mais jamais je n'ai pu lui apprendre à répéter des mots. Lorsque je sifflois un air, il écoutoit avec la plus grande attention et le répétoit seul jusqu'à ce quil Teut appris. II étudioit aussi et finissoit par imiter parfaitement tous les sons qui frappoient son oreille. Il contrefaisoit si bien le chant de Talouette qu'on s'y seroit mépris; c'est que sur une fenòtre vis-à-vis de chez moi il y en avoit une dont les accens lui avoient plu. Enten- doit-il siffler dans la rue? à l'instant il siffloit de la même manière; ce qui n'étoit pas très-amusant, car il avoit le sifflet très-aigu. Il imitoit aussi Taboiement des chiens, le miaulement des chats et jus- qu'au criaillement d'une porte qui tourne sur ses gonds desséchés. Quelquefois encore, lorsqu'un serrurier mon voisin limoit une barre de fer, ou que quelqu'un scioit du bois, il nous déchiroit les oreilles par la manière précise avec laquelle il imitoit tous ces bruits désa- gréables. II ne s'agiroit enfin, pour tirer tout le parti du naturel imi- tateur de ce charmant oiseau, que d'éloigner de lui tout ce qu'on ne voudroit pas qu'il apprit, et de le mettre à portée de n'entendre que des chants agréables. L'espèce du petit Vaza se trouve à Madagascar. Bn le chant de tenetre vis-A-vis ient plu. Enien- méème maniere; lel tres-aigu. I les chats et jus. onds desséchés moit une barre roit les oreilles s bruits désa- lu naturel imi- u ce qu'on ne rentendre que DES PERROOUEITsS. 19 —yy—ÿ—ÿ—ÿÿ———————————O LE PERROOUET A BEC COULEUR DE SANG. PL. LXAXAII. Forte taille; corps gros, massif; queue un peu plus courte que le corps, mais large et étagée; bec robuste et d'un rouge vif; plumage vert trèés-lustré; dos bleu- d'aigue-marine; ailes bleuàtres; couvertures de celles-ci noires en grande partie et bordées de jaune d'or. Le Perroquet à bec couleur de sang, Bury. pl. enl. n.“ 713. Borrox est le premier qui ait décrit ce beau Perroquet, et la descrip- tion qu'il en a faite est exacte; mais la planche qui chez cet auteur est destinée à représenter l'oiseau, est des plus mauvaises, parce que l'in- dividu qu'il y avoit alors au cabinet du roi, et qu'il avoit fait servir à cette planche, étoit absolument déformé par la manieère dont il avoit é6té préparé. Il y a aujourd'hui dans ce méême cabinet un superbe in— dividu de Pespèce, lequel est de la plus parfaite conservation, et sur lequel nous avons établi la figure et la description que nous publions ici du Perroquet à bec couleur de sang. On peut voir par les formes de ce bel oiseau qu'il differe aussi, à quelques égards, des Perroquets proprement dits, qui n'ont pas la queue aussi longue ni autant étagée que lui. Cette espèce parottroit donc devoir remplir Pintervalle qui se trouve entre les grandes Per-— ruches et les Perroquets; car celles-là ont la queue plus longue et plus étagée qu'elle. Nous observerons aussi que la petitesse de notre cadre ne nous a pas permis de représenter cette espèce de grandeur naturelle, et qu'on doit se la figurer d'un tiers plus grande et plus forte qu'elle ne paroit ici. Le Perroquet à bec couleur de sang a été ainsi nommé par Buffon, et nous lui conservons cette dénomination, quoiqu'il y ait bien d'autres Perroquets à bec aussi rouge que le sien; raison pour laquelle il auroit peut- tre encore mieux valu le nommer Perroquet à gros bec, puisque de tous les Perroquets connus il est celui qui a le bec le plus fort, 20 HISTOIRE NAIURELLE proportionnellement à sa taille du moins. Les plumes de la téête, du cou et de la queue de cet oiseau, sont d'un vert éclatant, rehaussé de bleu sur le manteau et les ailes. Les grandes pennes de celles-ci, d'un riche bleu et lisérées de vert aigue-marine, se terminent toutes par du brun foncé; celles de leurs couvertures qui avoisinent le dos, sont noires et bordées de vert; les moyennes et quelques-unes des grandes sont, sur le même fond noir velouté, bordées de jaune dor un peu orangé. La gorge, le devant du cou, la poitrine, les flancs, les jambes, les couvertures du dessous de la queue et tout son re- vers, sont d'un vert jaunâtre. Le bec est d'un rouge vif, et les pieds sont bruns. Cette espèce est très-rare dans les cabinets: elle habite la nouvelle Guinée. DES PERROOUETITS. 21 “ 3—-———ℳ-—n———-——ℳ ò H——-----------⸗-⸗ß--—ꝛ---—— LES PERROOUFETS PROPREMENT DIT“S. Cus Perroquets diffèrent des Aras et des Perruches, principalement par la forme de leur queue, qui est non-seulement toujours courte, mais encore composée de pennes à peu de chose près égales entr'elles en longueur; on pourroit même dire égales, car en effet la petite différence qu'on y remarque plus particulièrement aux deux les plus latérales, et qui sont aussi les plus courtes, ne provient que de ce qu'étant implantées un peu plus haut que celles du milieu, elles ne sont qu'en apparence un peu moins longues que celles-ci, puisque, lorsqu'on les détache du croupion, elles leur sont presque toujours égales. Je dis presque toufours, parce qu'il y a quelques Perroquets chez lesquels les pennes de la queue sont un peu plus étagées que chez d'autres, mais qui n'en diffèrent pas moins, par la forme, de cette partie des Perruches proprement dites; car ces dernières ont toutes la queue effilée. Les Perroquets dont nous allons nous occuper dif- ferent donc des Aras, des Perruches à queue fer de lance et de celles à queue en flèche, en ce qu'ils n'ont pas comme ces derniers la queue pointue. IIs difféèrent des Perruches à large queue, ainsi que du grand et du petit Vaza, et du Perroquet à bec couleur de sang de notre n.“ 83, en ce qu'ils ont la queue beaucoup plus courte qu'eux. Nous verrons qu'ils différent des Kakatous en ce qu'ils n'ont pas de huppe. Nous avons donc été fondés à diviser le genre entier des Perroquets en plusieurs familles, et en cela nous n'avons fait que suivre les indications que la main de la nature a tracées dans les formes caractéristiques et constamment propres de chacune d'elles. Ce mode me semble en tout préférable à Pordre établi par Buffon, qui a fait ses divisions des mémes oiseaux d'après les climats qu'ils habitent et d'après leurs cou- leurs. La distinction, par exemple, que fait ce naturaliste des Perro- quets Amazones d'avec ceux qu'il nomme Cricks, à cause du rouge que les premiers ont aux fouets des ailes, est d'autant plus extraor- .. 1*„ dinaire qu'il décrit parmi ses Amazones des espèces qui m'ont pas ce 6 2 —— ———————— 1 6 1 1 1 1 I 1 4 1 —— ——— ölͤͤͤbö ——— 25 HISTOIRFE NATURELL E rouge. Voyez IAmazone à téte blanche; Buffon, 3.ö espèce de Per- roquet Amazonèe; voyez surtout ses pl. enl. n.“ 549, où ce Perroquet est nommé Perroquet de la Martinique, tandis qu'il se trouve encore figuré n.“ 335, sous le nom de Perroquet à front blanc du Séenégal. Il est bien vrai que ce naturaliste répare cette erreur. Mais par quelle fatalité se fait-il que ce méème oiseau se retrouve dans une autre divi- sion de Buffon, dans celle des Papegais(nom hollandois des Perro- quets en général, et que Buffon applique à une famille seulement), sous le nom de Papegai à ventre pourpre, pl. enl. n.“ 548 2 Ce n'est pas tout: la même espèce figure encore sous le nom de Papegai d bandeau rouge, pl. enl. n.“ 792, sous la dénomination de Perroquet de Jaint- Domingue; car ce Perroquet à bandeau rouge n'est autre que la femelle des premiers. Nous ferons encore remarquer d'autres Perroquets dont le male se trouve dans une division et la femelle dans une autre. On peut juger d'après cela des divisions que Buffon a établies et du fond qu'on peut y faire. Je pardonne à un ignorant qui croit tout savoir, d'avoir la présomption d'écrire sur une partie qu'il ne connoit absolument pas: mais Buffon, lui dont on admire avec raison le génie et le savoir, je ne concois pas comment, sachant certainement qu'il ne connoissoit pas les oiseaux, il a pu se décider à écrire leur histoire. Les grands hommes ont donc aussi leur foi- blesse; et certes je pense que c'en a été une grande de la part de celui-ci. II s'en faut bien cependant que je veuille porter quelque atteinte à sa réputation ou que je cherche à détruire la haute consi- dération qu'il sest si justement acquise; je déclare, pour la dixième fois peut-être, que je suis un des plus grands admirateurs de Buffon: mais je persiste aussi à espérer que ceux qui lisent mes critiques me sauront quelque gréê d'avoir osé être exact et dire la vérité au milieu de quelques personnes intéressées à ce que cela ne ft pas. Les Perroquets proprement dits ont les mêmes formes de bec et de pieds que tous les autres Perroquets en général. IIs ont le corps massif; ils sont lourds, gauches et très-bruyans; ils marchent de mau- vaise gräce, mais ils apprennent à parler mieux que les Perruches; ils prononcent surtout plus distinctement. IIs nichent dans de grands trous d'arbres, et vivent en bandes considérables. ouge narquer d'aufres on et la femelle lons que Bufdon e à un ignorant sur une partie lont on admire ument, sachant pu se décider aussi leur foi- de la part de porter quelque la haute consi- vour la dixieme eurs de Buffon: des eritiques me vérité au milieu pas rmes de bec et Ils ont le corps rchent de mau- 8 Perruches; 1 lans de grands * Il est autre DES PERROOUEITS. 25 EEEE AA ———————ℳ-:-—-—:—ℳcͤ- LE PERROOUET AMAZONI. Forte taille; corps épais; bandeau bleu sur le front, jaune autour des yeux, sur les joues, la gorge et près du talon; du rouge sur le poignet des ailes, le milien de leurs pennes intermédiaires et les barbes intérieures de celles de la queue, qui est courte et étagée, mais seulement dans ses pennes les plus latérales; plu— mage vert brillant; bec noir. PLANCHE LXXXITV, LE MALE. Ir west point de Perroquet dont l'espèce et les variétés nous aient donné autant que celui-ci de peine à reconnoitre et à bien distin- guer. Javoue mèême que, malgré toutes mes recherches à cet égard, je suis encore loin de penser avoir absolument résolu la question de savoir si l'on doit considérer la plupart des Perroquets que nous donnons sous le nom de Perroquets Amazones comme autant d'es- pèces différentes ou seulement comme n'étant que de simples variétés accidentelles d'une même espèce, lesquelles, se propageant ainsi, for- meroient autant de races séparées; question sur laquelle il n'y aura jamais qu'un ornithologiste expérimenté et instruit par lui-méême sur les lieux qu'habitent ces oiseaux, qui puisse lever tous les doutes. Ce qu'il y a de certain, c'est que, parmi les nombreux individus des Perroquets dits Amazones qui vivent dans l'état de domesticité, il n'est guère possible d'en trouver deux qui se ressemblent parfaite- ment; il est aussi malheureusement trop vrai que, dans les envois d'oiseaux qu'on fait journellement en Europe des pays qu'habitent ces Perroquets, nous n'en recevons que bien rarement et bien peu qui aient été tués dans les bois. Depuis plus de trente ans que je m'occupe à étudier les oiseaux et que je suis tous les envois qui s'en font, je n'ai vu que cinq Perroquets Amazones qui eussent été tués dans Fétat sauvage: j'en ai recu moi-mèême deux directement, et qui m'étoient adressés, l'un comme male, l'autre comme femelle; ce sont ces deux mêmes individus qui figurent ici, qui m'ont servi de type pour F'espèce, et qui, par la comparaison que j'en ai faite avec tous les autres individus que j'ai vus de l'espèce, tant en cage que dans les collections, m'ont mis à même de donner un apercu de T'identité 1 1 8 2 ½ 3* —ÿĩ—— ————— ——. ——E—ſſ 24 HISTOIRE NAIURELL E probable d'espèce de tous ces oiseaux, à chacun desquels nous don- nons cependant un surnom différent, d'après les attributs qui lui sont particuliers, mais qui ne toucheroient pas à l'espèce.('est ce dont le lec- teur pourra juger lui-méême sil veut comparer l'oiseau maàle et ſemelle, n.“ 84 et 85, avec ceux des numéros suivans jusqu'au n.“ 90, et s'aider des rapports que nous établirons, d'après les observations les plus exactes, entre tous ces oiseaux, à mesure qu'ils se présenteront. Nous observerons d'abord, que les individus Amazones tués dans les bois, que nous avons vus, étoient tous parfaitement semblables entr'eux, tandis que ceux qui sont ou qui ont vécu dans l'état de domesticité, diffèrent plus ou moins les uns des autres, tellement méme qu'il nous eùũt été possible de décrire et figurer comme autant d'espèces différentes au moins vingt Perroquets Amazones. Ceci établi sans que personne puisse le contester, puisque chacun a la facilité de voir dans un même jour, à Paris surtout, peut- etre plus de cent Amazones, tous différens les uns des autres, il est clair que ces Perro- quets, de même au reste que tous les Perroquets en général, varient beaucoup dans l'état de domesticité. En comparant ces faits avec ce que nous avons déjà dit des variations de tant d'autres Perroquets, il ne sera donc pas difficile d'établir l'échelle que formeroient les individus figurés n.“ 86, 87, 88, 89 et méême 90, de nos planches, ainsi que nous le ferons voir lorsque nous aurons décrit espèce dans toute son intégrité, c'est-à-dire, telle qu'elle existe dans l'état de na- ture. Dans cet état, et à en juger par six individus tués dans les bois, le Perroquet Amazone male a le front ceint d'un bandeau bleu qui traverse d'un œil à l'autre. Immédiatement après ce bandeau on re- marque quelques plumes blanches sur le milieu du sinciput, et qui adhèrent à des plumes d'un jaune foncé, qui couronnent les yeux; ce méême jaune colore les joues et la gorge, en descendant en pointe 8 sur le milieu du cou. Le sommet de la téte, après la tache blanche dont nous avons parlé, les plumes de P'occiput et du derrière du cou, sont d'un beau vert et bordées de noir. Les plumes voisines de celles qui sont jaunes, la poitrine, le ventre, tout le dessous du corps et le manteau, sont d'un riche vert brillant, relevé de bleu et jaunissant sur le bas-ventre, les flancs, les couvertures du dessous de la queue et la partie des jambes près du talon, ouù le jaune pur forme une sorte de jarretière intérieure. Les petites couvertures du poignet des ailes sont d'un beau rouge vif; les moyennes et les grandes, ainsi que les scapulaires et les dernières pennes alaires prêès du dos, sont gros vert. ment semblables u dans Pétat de utres, tellement r comme autant ones. Ceci établ' a la facilité de de plus de cemt que ces Perro- général, varient es faits avec ce 8 Perroquets, brmeroient les nos planches, t Tespèce dans us Pétat de na- s dans les bois, adeau bleu qui bandeau on re- inciput, et qui ent les yeux; ce dant en pointe ntache planche erriére du cou, isines de celles du corps et le u et jaunissant us de la queueé orme une sorte ignet qes ailes .. les „ainsl que 98 vert- sont 9108 DES PERROOUETS. 25 Les premières grandes pennes alaires sont extérieurement d'un bleu foncé, tirant au violet; les moyennes sont de cette mèême couleur à leurs pointes, mais rouges sur leurs bords extérieurs. Ce rouge forme ainsi une longue bande dans le milieu des ailes; mais souvent on ne Taperçoit pas lorsque les ailes se trouvent appliquées au corps de T'oi- seau. La queue, qui est gros vert des ailes en dessus, et jaunàtre en dessous, a aussi du rouge au haut de chacune de ses pennes, mais qui ne s'apercoit dans ce dernier sens que quand elle est resserrée. Le bec est noir-brun et les pieds sont d'un gris blanchàtre dans l'oiscau vivant. Dans tous les individus que j'ai vus vivans les yeux étoient d'un jaune plus ou moins foncé. Le maàle que j'ai ſiguré avoit quatorze pouces de longueur totale, y compris la queue, qui n'en avoit que cinq, et qui est composée de douze plumes. Le Perroquet Amazone se trouve dans une grande partie de lAmé- rique méridionale; il abonde à la Guiane, mais surtout à Surinam, où il cause de grands dégàts dans les plantations. Il niche au milieu des forêts impénétrables. La femelle pond quatre œufs blancs dans un grand trou d'arbre. Les petits naissent absolument nus, et se cou- vrent ensuite d'un duvet gris-blanc, qui est remplacé peu à peu par des plumes. Au sortir du nid, le male et la femelle se ressemblent, et n'ont, ni l'un ni Pautre, de rouge au poignet des ailes; ils m'ont de méme qu'une petite tache jaune sur le front. Enfin, dans cet état, ils ont absolument les couleurs de la femelle adulte, avec cette dif- férence seulement, que le vert du dessous du corps est plus jaunâtre, et que celui du dessus est comme saupoudré d'une poussière plan- chätre; ce qui fait souvent confondre l'espèce du Perroquet Meunier avec'Amazone dans son jeune âge, parce qu'aucun naturaliste n'a indiqué les caractères distinctifs des uns et des autres: inconvénient auquel nous obvions en donnant la description du Perroquet Meu- nier, n. 92. ₰ —Q———— —õ—õ— ³a———— —— — 4 —— 3 t „ *—— “ — —.— 26 HISTOIRER NAT UREI. L E ————-—ℳ—. —————— ℳℳ————’öO—O———— LE PEFRROOUET AMAZON. PLANCH E LAXXIP, LA FEMELLE. LA femelle Amazone diffère du male principalement en ce qu'elle n'a qu'une tache jaune sur la tête, entre le front et le sinciput; elle n'a pas non plus de rouge sur le poignet des ailes, mais elle porte aussi une barre de cette dernière couleur sur leurs pennes intermédiaires. Chez elle le vert du dessus du corps, celui du cou et de la téête, sont relevés par un bleu clair, comme saupoudré. La gorge et le devant du cou sont vert jaunâtre, et tout le dessous du corps, savoir, le ventre, les flancs, les couvertures du dessous de la queue et les plumes des jambes, d'un vert terne, approchant de la couleur d'olive. Le dessus de la queue est d'un gros vert, jaunissant un peu sur les bords et à la pointe. Le dessous en est d'un jaune verdaâtre; on apercoit cependant entre les barbes un peu de rouge foible, mais seulement lorsqu'elle est tout-à- fait étalée. Le bout des grandes pennes alaires est bleu. Le bec est d'un gris blafard, et les pieds sont gris-brun. Telle étoit du moins la femelle Amazone dont la dépouille m'avoit été adressée directement de Cayenne avec le mâle que nous avons figuré n.“ 84. Je dis la femelle, d'après rinspection seule de la dépouille de T'oiseau, parce qu'ayant disséqué moi-méême et reconnu pour femelles trois autres individus de l'espèce, il s'est trouvé qu'il n'y avoit entr'eux et celui-ci que quelques différences purement accidentelles et trop légères pour ne pas les regarder comme appartenant à une même espèce et à un même sexe. En effet, ces dif- férences ne consistoient qu'en ce que le jaune s'étendoit sur la têéte plus chez les uns que chez les autres, et que quelquefois il embrassoit les joues et une partie de la gorge: ainsi il paroit constant que les femelles du Perroquet Amazone n'ont point de rouge au poignet des ailes, ni de bleu au front. Un autre individu femelle de Pespèce, que j'ai vu dans les collections de M. Raye de Breukelervaert, ressembloit absolu- ment à celui dont il est ici question, et que j'ai figuré n.“ 85; il avoit cependant le rouge de la queue mieux prononcé que ce dernier, et une partie des premieères pennes de ses ailes étoient entièrement jaune. Mais cet individu et les trois dont j'ai parlé plus haut, avoient vécu quelque temps en cage. Les différences qu'il y avoit entr'eux tous et celui de cet article, n'étoient donc que des effets de l'état de domesticité ouù ils avoient vécu; effets ordinaires de cet état sur tous les Perroquets et Perruches à plumage vert. † L. P X M☛ — 0 NE. LLP 4* 1 en ce ce qufele na Liput; elle na Das aussi une ermédiai neinires.(N léte, sont releyés le dey evant devant du con vir, le ventre, les umes des jambes 4— essus de la queue t à la pointe. Le endant entre les e porte nelle est tout-ä- Le bec est d'un noins la femelle ent de(ayenne femelle, daprès fayant disséqué Idus de lespèce, Iques diſférences regarder comme on effet, ces dif it sur la téte plus I embrassoit les que les ſemelles net des ailes, ni éce, que jai V zembloit absolu- n. 85; 1 avoit dernier, et une nent jaune. Mais DES PERROOUETS. 27 AA ———-———-————————-———— K——— LE PERROOUET AMAZONE A TETE JAUNE. PREMIERE VARIETE. PLA NOHE LXXXVIT LAmazone d téte jaune; Burrox, premieère espeèce. Ox reconnoit encore dans cet individu varié tous les caractères du Perroquet Amazone; il a, comme celui-ci, du rouge au poignet et au milieu des ailes, ainsi que dans les barbes intérieures des pennes de la queue; il a aussi du jaune autour des jambes près du talon: mais le bleu du front a disparu chez lui, et sy trouve remplacé par le jaune qui couvre le sinciput et s'étend sur les joues. Le vert de cet individu est aussi plus terne que celui de PAmazone. Il a le bec, les pieds et les ongles jaunâtres. Ce mèême individu a vécu trois ans en cage chez moi. Quand je l'acquis, on remarquoit encore sur son front quelques légères traces de bleu mélé avec le jaune de cette par- tie, qui ne couvroit alors que le dessus de la téête; son bec et ses Pieds étoient bruns. Il mua régulièrement une fois par an, et à chaque mue le jaune s'étendoit davantage sur les joues et le bleu du front s'effacoit entièrement. A sa mort je le disséquai, et je reconnus qu'il étoit male. Je pense donc que celui-ci et plus de trente autres indi- vidus variés de la même espèce, que j'ai examinés, et chez quelques- uns desquels le jaune embrassoit toute la téte et môême tout le cou, ne peuvent être regardés comme formant autant d'espèces séparées, quoique les naturalistes en général, notamment Brisson, qui sans doute ne connoissoit pas l'Amazone dans son état naturel et sauvage, aient fait de plusieurs de ces variétés autant d'espèces distinctes; on voit même que celle de ces variétés dont il est question dans cet article, a été donnée par Buffon comme le type de Tespèce du Per- roquet Amazone. 8 11418 v 3 ö 3 2 3 1 t 4 3 4 3 1 ½ . „S 8 1 t 4 1 — 4 ö 4 — ö 6 6 1 — 4 4 ö 8 4 8* 3 4 8 öͤͤ 4 4 4 4 * t † 1 6 6 6 3 5 3 I † 4 v 8 ö 8 1 4 3 A 4— 1 1 3 1 . “ 8 5 — 4 r 6 1 4 . 1 4 1 8 f 3 1 4 4 4 8 41 5 1 1 1 8 4 4 8 4 4 1 1 4 6 3 4 1— 1 1 e 1 4 3 4 8 3 8 1 8 „ 3 8½ 4 8 1 1 4 3 4 4 6 5 1 1 4 8 4 3 4 1 * 4 4 3 1 1 4 3 “ — 3 4 28 HIST OIRE NATUREI. IL. E ͤ——-:————— —— ℳ—Rãͤ- LAMAZONE A CALOTTE BLEUE. SECONDE VARIETE. Memes caractères que les précédens; dessus de la téte bleu. PLANCHE LXXXIZVII. Cer oiseau, que nous regardons comme une seconde variété de 'Amazone, et qu'aucun naturaliste n'a indiqué, ressemble plus par la téte à l'individu de notre n.“ 84 que la variété représentée n.“ 86; car, au lieu de m'y former qu'un bandeau sur le front, comme dans rindividu du n.“ 84, le bleu occupe chez lui tout le dessus de la téte. Ses joues et ses yeux sont entourés de jaune, et ce jaune se porte ici jusqu'au milieu du cou, à peu près comme dans T'autre variété. Mais ces deux oiseaux, semblables d'ailleurs entr'eux à quel ques légeres teintes près, et ayant l'un et l'autre du rouge au poignet et au milieu des pennes des ailes, il ne peut pas être douteux que „ A 0. ³ Amazone à téte jaune et celui à calotte bleue n'appartiennent à P'es- pèce de l'Amazone proprement dit. II suffira au lecteur d'examiner avec quelque attention les figures exactes que nous donnons de ces . 7 27 5 1 ·*„„. ⸗ deux variétés et de l'espèce dans toute son intégrité, pour saisir les rapports qu'elles ont entr'elles. · 2.* 0⁴. 1 Lindividu qui a servi à la gravure que nous donnons de l'Ama- zone à calotte bleue, et que nous croyons fermement n'eêtre qu'une seconde variété de T'espèce de l'Amazone, fait partie du cabinet de M. Dufresne, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle à Paris. Nous avons vu plusieurs autres individus Amazones, variés à peu près comme celui-ci, et ayant tous le dessus de la téte bleu, mais diffé- 2 2 2. rant entr'eux par plus ou moins de jaune sur les joues et la gorge. Tous ces individus, ainsi que celui de cet article, avoient vécu dans état de domesticité. — * onde variste de essemble plus par présentée n.- 86; ont, comme dans le dessus de h et ce jaune sé me dans Pautre entr'eux à quel- vouge au poignet ire douteux que artiennent à l'es- cteur G'examiner donnons de ces 6, pour zaisir les nons de'Ama- ent m'tre quune e du cabinet de naturelle 4 Paris. variés à peu près bleu, mais diffeé- zues et la gorge: voient vécu dans DES PERROOUEIS. 29 — ———————————— LAMAZONE TAPIRE DE ROUGE. TROISIEME VARIETF. PLANCHE LXXXIVIII. Ir s'agit dans cet article d'une troisième variété de PAmazone, mais qui n'offrira rien de bien extraordinaire d'après ce que nous avons dit des causes qui produisent les variations des Perroquets et de la manière dont elles s'opèrent. Ici le rouge, au lieu de se porter sur les parties du corps qu'il colore dans l'espèce, se trouve répandu sur plusieurs autres parties, dont il tache très-irrégulièrement toutes les plumes; le bleu du front a disparu, ainsi que le jaune de la tête: mais à toutes ses formes il est impossible de ne pas reconnoitre P'es- pèce de l'Amazone proprement dit. L'individu que je fais servir à cette description, fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelervaert, d'Amsterdam, et a vécu dans état de domesticité. Jai vu plusieurs autres individus de l'Amazone tapiré, qui étoient dans le même cas, et chez lesquels il restoit encore un peu de rouge au poignet des ailes et au milieu de leurs pennes intermédiaires, ainsi que sous la queue: individus que je regarde tous comme appartenant à l'espèce de l-Amazone, tout aussi bien que ceux de nos articles précédens. Le Perroquet Tarabé du Brésil, décrit par Marcgrave, et dont Buffon parle d'après cet auteur sous le nom d'Amazone à téte rouge (seconde espèce), pourroit bien n'être qu'une variété chez laquelle le rouge auroit abondé sur la téte et la poitrine seulement. Au reste, la description de ce Tarabé est si incomplète qu'il n'est pas permis de rien établir à son sujet. 2 HISTOIRE NATURELELL E ——————— —— ——O—— ò L'AMAZONE TAPIRE DE AUN. OUATRIEME VARIETE. PLANCOHE LXXXIX. Pan la manière dont la variation s'st opérée ici, ce m'est plus le rouge qui s'est porté sur les différentes parties du corps de T'oiseau, C'est une partie du jaune qui, sétant détournée, s'est répandue sur le dos, les ailes, la poitrine et les flancs. Mais Poiseau a conservé le bleu de la téte, qui même, ayant dominé chez lui, s'eest porté sur la partie comprise entre les yeux et le bec. Il a aussi conservé le rouge du poignet des ailes, celui du milieu de leurs pennes intermédiaires, et même celui du dessous de la queue. Cet oiseau présente donc une quatrième variété dans Pespèce de PAmazone, variété dont on voit, n.“ 120 des planches enluminées de Buffon, un autre individu aussi tapiré de jaune; mais ce naturaliste, n'en ayant pas reconnu l'espèce, se contente de dire, après avoir indiqué la manière dont on a fort mal à propos prétendu que les sauvages tapirent les Perroquets et surtout les Criks, que ce Perroquet tapiré devoit être rapporté à un Perroquet publié par Klein et par Frisch, et que ces auteurs avoient pris pour un Perroquet naturel. Voyez dans Buffon Tarticle du Crik à téête violette, 7.“ espèce. Lindividu que nous avons figuré ici, fait partie du cabinet de M. Dufresne, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle à Paris, et a vécu dans l'état de domesticité. Cette variété est très-commune. Jai vu plusieurs de ses individus, tous plus ou moins tachetés de jaune, dont un étoit même presqu'en- tièrement devenu jaune. le orps de loisean, répandue sur le ce n'est plus au a conservé le s'est porté sur la onservé le rouge intermédiaires, sente donc une dont on voit, individu aussi connu lespece, dont on a fort s Perroquets et 1 rapportè à un auteurs avoient particle du(rik du cabinet de aturelle à Parts, ſe ses individus, 'en- néme presqu DES PERROOUELS. 31 ——— ————--———q—ê êꝗêqꝛçůℳðòuùNhſro—————— ℳö—⸗⸗-öͤ--------öäeiꝑõ—————-————ä'—— L'AMAZONE JAUNE. CINOUIEME VARIETE. PLANCHE AXC. Méme taille et mémes formes que l'Amazone proprement dit; du rouge au milieu des pennes intermédiaires des ailes et sur les barbes intérieures de celles de la queue; grandes pennes alaires grisätres, ainsi que le sommet de la téte et la peau nue du tour des yeux; bec et pieds blafards; plumage général jaune citron sur le corps, jaune verdaâtre en dessous. L'Amazone jaune, BUFF. 4. espèce; pl. enl. n.“ 13, sous le nom de Perroquet jaune. Le Perroquet jaune; BRiss. n.“ 47. Apnfäs avoir reconnu la variété de'Amazone tapiré en jaune, dont nous avons parlé dans notre précédent article, il nous est impossible de douter que celui-ci ne soit encore un individu de la mèême es- pèce, devenu entiérement jaune dans les parties qui pouvoient et devoient nécessairement prendre cette couleur par leur dégradation totale; et telles sont celles qui étoient vertes ou rouges; car la dégra- dation de ces deux couleurs produit nécessairement le jaune qu'elles ont l'une et l'autre pour base. Le bleu, en se dégradant, a produit la couleur grisaille du sommet de la tete et du bout des pennes alaires de Pindividu dont il est ici question. Cette variété présente ainsi à peu proͤs le dernier degré de labatardissement des couleurs naturelles de PAmazone dans son état parfait. Je dis d peu près, parce qu'on remarque(voyez la figure que nous en publions) que cette variété conserve encore un peu du rouge des pennes des ailes et de celui de la queue de espèce. On voit aussi que cet individu est encore généré que ceux qu'ont décrits Brisson et Buffon; car chacun plus dég de ceux-ci avoit conservé le rouge du poignet des ailes; mais tous 2 X les trois avoient le bec, les pieds et les ongles blanchâtres. Quant 2 5 9 24 2 71 aux formes de tous ces Amazones Jaunes, ainsi qu a r'étagement des penneés 1„.. tous les caractères de'Amazone proprement dit. Lindividu décrit de leurs ailes et de celles de leur queue, jy ai bien reconnu ———— 2—*— 3*— o——₰—y—⁴——————O—————— — —õ— ——— — —— 32 HISTOIRE NAILURELLE par Brisson avoit appartenu à labbé Aubry, et je TYacquis à la vente qui fut faite de son cabinet. Celui décrit par Buffon fait encore aujourd'hui partie du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Ces deux individus différent de celui que j'ai figuré et qui fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelervaert, d'Amsterdam, en ce qu'ils ont le dessus de la téête entièrement jaune. Ce dernier a méme en- core des teintes verdatres dans toutes les parties du dessous du corps; ce qui décèle évidemment la couleur primitive. Jai vu, dans la riche collection de M. Temminck, une autre de ces variétés, qui avoit aussi le dessus de la tête et le bout des pennes alaires grisailles, mais dont tout le jaune avoit encore une teinte verdaâtre. Jen ai vu enfin une cinquième, vivante, qui avoit déjà tout le dessous du corps, la téête et le cou, jaunes; le dos et les ailes étoient chez elle encore mélangés d'autant de plumes jaunes que de vertes: cette même variété avoit conservé le rouge du poignet des ailes, ainsi que celui du milieu de leurs pennes intermédiaires et de la queue. b D'après toutes ces observations sur'espèce du Perroquet Amazone, observations qui sont le fruit de trente années de recherches et de comparaisons, on doit, ce me semble, rester convaincu de lunité d'espèce de tous ces Amazones variés, dont nous avons présenté la série principale comme nécessaire et suffisante pour prouver aux na- turalistes que ce n'étoit point sur de simples présomptions que nous avions établi une opinion contraire à celle de ceux d'entr'eux les plus recommandables par leurs connoissances ornithologiques, mais qui avoient fait de la plupart de ces méêmes Amazones variés autant d' ¹— r. espèces différentes. 1 1 ——— ͤ — Il est peut-être utile ou mèême nécessaire de faire encore remarquer ici, à légard des variétés de Amazone que nous avons présentées, que les quatre premières offrent une nature de variations différente de celles de la cinquième et dernieère. En effet, chez celles-là il n a eu qu'une simple transposition dans la plupart des couleurs, comme dans PAmazone, par exemple, chez lequel le rouge, ayant abondé et sétant dérangé de son cours par quelque cause locale, s'est porté sur des parties autres que celles de sa destination naturelle dans l'espèce; ce que nous avons déjà remarqué dans d'autres Perroquets, et ce dont nous donnerons encore quelques exemples. Dans la variété de notre n.“ 86, C'est le jaune qui a prédominé et qui a pris sur la téte la place du bleu: dans celle n.“ 87, c'est au contraire le bleu qui a préé 1. valu et qui couvre le dessus de la téte, ainsi que dans la quatrième —24ſ ————= —— ——— — —— mme variah e variété ayoit celui du milieu qe rroquet Amazone, recherches et de vaincu de Punite avons présenté k prouver aux m. uplions que nous ux d'entr'eux lés thologiques, mais Dnes variés autant encore remarquer vons présentées, jations döfférente 2 celles- il ny vouleurs, comme avant abondé el v'est porté Su le dans lespecei uets, et ce dont variété de nolfe „ sur k tete— b pleu qui à Pre- jeme us la quall DES PERROOUEITS. 33 variété, dans laquelle le jaune s'est de plus répandu sur une grande partie des plumes. Mais ici, dans notre cinquième variété, où tout ce qui étoit vert et une partie du rouge ont jauni, et où le bleu de la téte et du bout des ailes est devenu gris, aucune des couleurs primitives n'a été dérangée; seulement elles ont été détériorées, effa- cées même, par l'épuisement, le presque-anéantissement des forces vitales de l'oiseau. Cet oiseau enfin n'est autre chose que le Perroquet Amazone dans son état de vieillesse, de caducité. C'est l'image du vieillard vénérable, dont la téête et la barbe, de noires qu'elles étoient dans son printemps, ont grisonné dans l'äge mur et blanchi dans sa vieillesse. Tout est soumis dans la nature aux memes lois. Nous en avons déjaà donné plus d'un exemple dans des oiseaux qui ne conservoient plus rien d'aucune de leurs couleurs primitives. Les oiseaux perdent à un certain àge la faculté de muer, et par conséquent de renouveler leurs plumes: il en est aussi chez lesquels l'épuisement occasioné par l'âge ou par quelque dérangement dans les organes, fait dégénérer la matière colorante de leurs plumes; et c'est le cas ou s'est trouvé notre Perroquet Amazone, devenu jaune. 3 4 HISTOIRE NATURELI. E —————-b ℳð ℳ-R Oö ℳ ⸗êℳꝛõ ꝛℳℳ-⸗——ℳ⸗———--—-ä:¶e———-——-o—————A———ℳꝑ——— M—— LE PERROOUET DUFRESNE. PLANCHE XCI. Forte taille; front ceint duun bandeau rouge orangé, sétendant jusquaux yeux et y prenant un ton plus jaune, décidé; joues, gorge et côtés du cou, bleuâtres; tache de couleur orangée, transversale, sur le milieu des grandes pennes alaires, vertes à leur naissance et bleues à leurs pointes; plumage vert plein, lustré de bleu; bec robuste, brun jaunâtre; pieds bruns. Cr Perroquet, de la taille des plus forts Amazones, est de la plus grande rareté dans les collections; la seule même ou je l'aie jamais vu est celle de M. Dufresne, aide-naturaliste au Muséum qhistoire naturelle de Paris, collection dont j'ai eu souvent occasion de parler avec avantage. Je donne à cette espèce, dont je ne sache pas que per- sonne ait encore parlé, le nom de M. Dufresne, comme un témoignage de Famitié qui nous lie et de ma reconnoissance pour la manière obligeante avec laquelle il a la bonté de me laisser la plus grande liberté de disposer de tous les oiseaux de son cabinet, soit que je veuille les faire peindre ou les comparer à d'autres individus de mémes espèces. Cette complaisance rare, et que M. Dufresne a éga- lement pour tous ceux qui s'occupent de la science de lhistoire naturelle, lui a valu, indépendamment de son mérite personnel, une bienveillance générale et l'stime particuliéère de ceux qui le connoissent. b Comme nous avons figuré le Perroquet Dufresne de grandeur na- turelle, nous ne nous arréêterons pas à en donner ici les dimensions. Cet oiseau a le bec très-fort et large à sa base. La mandibule infé- rieure porte sur son milieu une vive arète saillante, qui semble la partager en deux; la supérieure est, au contraire, aplatie sur son arète. Un bandeau orangé rougedtre près des narines, et jaune à ses extrémités, ceint le front d'un œil à T'autre. Les joues, les côtés et le devant du cou, sont bleus, mais d'un bleu tellement mêelé de vert que ces parties paroissent plus bleues ou plus vertes suivant les inci- dences de la lumière. Le dessus de la téête est vert jaundtre, nué aussi de bleu; mais, ce bleu se disséminant à mesure qu'il descend Dnes, est de la plu e ou je raie jamais Muséum dhistoire occasion de parler sache pas que per- me un témoignage pour la manière er la plus grande oinet, soit que je Ctres individus de I. Dufresne a égr ſence de Phistoire mérite personnel, 2 de ceux qui le e de grandeur na- ci les dimensions. a mandibule infé- te, qui zemble la 1 aplatie aur vn t jauné à 3s zues, les c0tés et eent méleé de zert inci- suivant les in es, E c . atre nll *l descen ire qu 1 D E S PERROOUEITS. 35 vers le derrière du cou, cette dernieère partie, le manteau, les sca- pulaires, le dos, les couvertures des ailes, leurs dernières pennes, les couvertures du dessus de la queue, le dessus même de la queue, sont d'un vert plein. Les petites couvertures des bords des ailes, leurs premières grandes pennes et le bout de leurs moyennes, sont d'un bleu foncé. Les pennes intermédiaires alaires sont d'un orangé vif dans le milieu de leurs barbes extérieures, ce qui forme une tache allongée de cette couleur vers le milieu du bord des ailes. La poitrine, toutes les plumes qui couvrent le sternum et le ventre, sont d'un vert lustré de bleu. Les flancs, le bas-ventre, les plumes des jambes, les couvertures du dessous et le revers de la queue, sont d'un vert terni d'olivatre. La mandibule supérieure est d'un jaune brun, rougissant à la base: linférieure et les pieds sont brundtres, et les ongles noirs. M. Dufresne s'est assuré que cette espèce provenoit de Cavenne. P P J 1 3 3 1 1 4 1 * 4 4 6 4 8 3 3 4 5 1 31 3 4 4 1 1 8 6 1 1 4 3 1 4 4 4 1 1 1 1 6 4 8 ¹ ¹ 1 * 3 3 4 3 4 4 3 4 —— — 36 HISTOIR E NATIURELLE —————————— —Bò-ℳ—VöB——— 222VBVAöé—-A—— LE PERROOUET MEUNIER. PLANCHE XCII. De la plus grande taille; petite tache jaune sur le sinciput, rouge sur le bord des ailes, vers le poignet, ainsi que sur le milieu de leurs moyennes pennes; premières pennes des ailes et bout de celles qui sont rouges, bleus; queue plus longue que celle de TAmazone; penne la plus latérale de chaque côté de la queue, bleue sur ses bords latéraux; plumage général du corps vert gris; yeux jaunes; bec gris noirâtre dans quelques individus et blanc de corne chez dautres. Le Meunier ou le Crik poudré, seconde espèce; Bupr. pl. enl. n.“ 861. Nops avons conservé à ce grand Perroquet d'Amérique le nom de Perroquet Meunier que les habitans de Cayenne, ou il se trouve, lui ont donné, parce que le vert de son plumage semble en effet sau- poudré de blanc. II est vrai cependant que tous les Perroquets verts en général, quand ils sont jeunes ou au moment qu'ils viennent de muer, sont aussi poudreux: ce qui a même occasioné plus d'une méprise; car j'ai vu souvent prendre pour des Perroquets Meuniers, étiquetés comme tels, de jeunes Amazones ou leurs femelles. Il est vrai encore qu'il y a de grands rapports et une ressemblance frap- pante au premier coup d'œil entre le Perroquet Meunier et certains individus Amazones femelles, surtout si ceux-ci viennent de muer: mais, avec quelque attention sur les différences que nous allons éta- blir, il sera facile au lecteur de saisir les caractères qui font du Perroquet Meunier une espèce différente de celle de l'Amazone. Le Perroquet Meunier est non-seulement plus grand, mais il a encore la queue proportionnellement plus grande que Amazone; car, si on mesure le Perroquet Meunier, on verra que le corps de l'oiseau n'est qu'une fois et demie aussi long que sa queue, tandis que chez les Perroquets Amazones la queue n'a que le tiers de la longueur du corps. De plus, lAmazone n'a pas de rouge sur les bords des ailes, vers le pouce, comme le Perroquet Meunier. Ce dernier a aussi le bord extérieur de la plume la plus latérale de la queue bleu; ce que n'a pas l'Amazone. L'Amazone enfin a du rouge dans les barbes inté- rieures des pennes de la queue, et le Perroquet Meunier ny en a meérique le nom G ou il se troufe, lu emble en effet au- les Perroquets vert qu'ils viennent de casioné plus dune rroquets Meunien, zurs femelles. II&i resemblance fiap- Meunier et certains viennent de muer: ſue nous allons éta- ttéres qui font du de l'Amazone. le I. mais il a encore mazone; car, 4l OI- 5„ diseau I eSl ps de! ue chez les andis q le la longueur du les bords des aies dernier a aus 6 e Pleu; ce Iit ns les parbes inke- V enl 1 Meunier n) en?. ueu pas. Il est donc vrai qu'il n'y a rien de si facile à distinguer l'une de l'autre que ces deux espèces d'oiseaux; et si j'ai cru qu'il étoit utile d'entrer dans le détail de leurs caractères respectifs, c'est que la femelle ou le jeune màle Amazone, n'ayant pas, ainsi qu'on l'a vu, d'épaulettes rouges comme les màales adultes, et étant d'ailleurs poudreux au sortir de la mue, il étoit à craindre qu'on ne se méprit, c'est-à-dire, qu'on ne confondit la femelle ou le jeune mâle Amazone avec le Perroquet Meunier. Le Perroquet Meunier a une petite tache jaune sur le sinciput, et les plumes de la téte, du derrière et des côtés du cou, bordées de brun violâtre sur un fond vert poudreux. Le dos, les scapulaires et toutes les couvertures des ailes, leurs dernières pennes près du dos, le croupion et les couvertures du dessus de la queue, sont aussi d'un vert poudreux; et les plumes de toutes ces dernières parties portent un petit liséré fin, brunâtre aussi, mais bien moins apparent que celui des premières. Les joues, la gorge et la poitrine, sont d'un vert gai jaundtre, légèrement poudreux sur la poitrine, dont les plumes sont bordées de brun. Le ventre, les flancs et les plumes des jambes, sont d'un vert gris, et les couvertures du dessous de la queue, d'un vert jaune. Le dessus de la queue est gros vert, mais jaunissant vers la pointe de chacune de ses plumes, le revers en est entièrement vert très-jaune. Le bout des moyennes pennes alaires, qui portent du rouge, ainsi que les grandes, à cet endroit, sont d'un beau bleu. Les yeux sont jaunes, et la peau nue qui les entoure, est blanche. Le bel individu qui a servi à la figure que nous publions du Per- roquet Meunier et à cette description, fait partie de mes collections. Jai vu plusieurs autres Perroquets Meuniers dans différens cabinets, quoiqu'en général ils ne soient pas très-communs. Buffon dit qu'on fait grand cas de ces Perroquets, comme très-dociles et apprenant bien à parler; ce que j'ignore, n'ayant vu qu'un petit nombre de ces oiseaux dans l'état de domesticité. Il'se pourroit aussi que Buffon eùt pris quelques Perroquets Amazones pour des Perroquets Meu- niers, car les oiseleurs qui les vendent sont fort sujets à donner les uns pour les autres. 10 ——————ͤͤͤͤͤͤ⸗⸗ — 3 1 1 1 4 D 8 4 4 38 HISTOIRE NAIURELL FE —B ———ℳ——ℳ—':nnA—Oö—ℳ——————ℳ M——G——⸗—⸗—ℳℳêℳ M—Vℳℳ——— ₰ℳòℳqꝗBMuCÜ——ℳ—⸗———— ℳkV-—*△ LE PERROOUET LORI A FRANGES BLEUEs. Taille moyenne; queue étagée et sarrondissant au bout à mesure quelle s'étale; plumage rouge; queue cramoisie; scapulaires et partie du haut du dos bleu, formés en franges; premieères pennes alaires, extrémité des dernières et bout des plumes de laile baâtarde, noir violâtre; bec jaune, pieds noir- brun. PLANCHE XCIII. Ne reconnoissant ce beau Perroquet, de la famille des Loris, dans aucune des descriptions et des figures d'oiseaux publiées jusqu'à ce moment, nous lui donnons le nom de Lori à franges bleues, parce qu'en effet le bleu qui se trouve répandu chez lui sur les scapulaires, ainsi que sur le haut du dos, et qui s'y dessine en large feston, forme une sorte de frangé qui le caractérise au mieux. Cet oiseau a de plus les grandes pennes, le bout des dernièéres alaires et l'extrémité des plumes de T'aile bâtarde, d'un noir violätre, qui fait aussi P'effet d'une frange sur le bord des ailes, celles-ci étant rouges partout ailleurs, comme le reste du plumage en général, excepté la queue, qui est en tout sens d'un rouge cramoisi. Le bec est jaundâtre. Les pieds et les ongles sont noir-brun. L'espèce de ce Perroquet habite les Moluques. Aussi la voit-on dans beaucoup de cabinets en Hollande, tandis qu'elle est fort rare en France. L'individu que j'en ai figuré fait partie du Muséum dhis- toire naturelle de Paris, et provient des belles collections du Stathou- der. Fai vu au cap de Bonne-Espérance beaucoup de ces Perroquets vivans, qui y avoient été apportés des Moluques. E8. bout; esure quel Pariie du haut du t nité de m de dernieres et h pieds noir- hrun nille des Lar les Loris, dan publiées jusqun e franges bleues, parce u sur les scapulairs, V large feston, forux Cet oiseau a de plo s et Textrémité qE lui fait aussi leſte tant rouges Partout excepté la queue, dc est jaundtre. Le s. Aussi la voit-on qu'elle est fort rare du Muséum dlis- ections du Stathou- de ces Perroquets DES PERROOUETS. 39 22nAnn ———-———q ℳ- ⸗A-õↄ⸗-—-———êçêꝛçü———bõön————ℳℳ——— ℳAA LE PERROOUET LORI RADIHIA. PLANCHE XCIV Rouge; occiput, ailes, bas de la jambe et collier, jaune-citron; bec jaune docre; pieds noiräâtres. Losr Radhia est le nom que ce magniſique Perroquet porte aux Moluques, où ce nom signifie, suivant ce qu'on m'a dit, roi des Loris; et c'est aussi par cette raison que nous l'avons préféré à tout autre. Cet oiseau est non-seulement rare dans nos collections d'Europe; il Fest encore, à ce qu'on m'a assuré, dans son propre pays: ce qui, joint aux rapports qu'il a avec le Perroquet Lori à collier jaune de notre article suivant, me feroit soupconner qu'il pourroit bien n'être qu'une variété de ce dernier. Mais comme je connois trois Loris Radhia en tout absolument semblables entr'eux, et qu'il est difficile de trouver cette ressemblance parfaite entre plusieurs individus d'une môme espèce, variés, et surtout variés accidentellement, je préfère, en attendant le témoignage d'un voyageur éclairé, considérer à part le beau Lori Perroquet de cet article, et lui laisser le nom qu'il porte dans le pays qu'il habite. b Nous avons figuré cet oiseau de grandeur naturelle sur nos planches; ainsi nous ne parlerons pas de sa taille. Il a le derrière de la téte et les ailes entières jaune-citron, ainsi que les plumes du bas de la jambe, autour de laquelle il porte comme une jarretière violâtre, et P'espèce de collier qui lui passe au bas du cou par devant. Tout le reste du plumage, y compris toute la queue, est d'un rouge moelleux; cette dernière est étagée de manière qu'elle s'arrondit au bout lorsque T'oi- seau la déploie. Le bec est jaune d'ocre, et les pieds sont noirâtres. Lindividu que nous avons figuré, fait partie du cabinet de M. Temminck d'Amsterdam. M. Boers, bailli d'Asserswoude, en avoit un autre dans ses collections, et M. Bœrs, ancien fiscal du cap de Bonne-Espérance, en possédoit un troisième. Celui-ci et les deux autres sont les seuls que j'aie jamais vus. 1. Il est certain que, partout où il se trouve quelque espèce de Perroquets, elle y abonde, ou du moins n'y est jamais rare; car ces oiseaux engendrent beaucoup et ne vivent qu'en grandes bandes. Mais il est possible qu'on les ait supposés rares dans leur pays natal, parce qu'il est peut-étre difficile de s'y en procurer de vivans, et que les Indiens sont trop peu amateurs de leurs dépouilles pour s'amuser à les chasser. 8 d—ds8—shh—d—d—ſGGGGG. 3 ͤſ— 40 IISToOIRE NATITURELLFE — 3——ł— M— n———————————— LE PERROOUET LORI A COLLIER JAUNE. PLAVCHES XOCV ET XCV bis. Ailes vertes, tachées de bleu aux poignets; sommet de la téte bleu-noir vio- lacé; bec rouge foncé; pieds brun clair; collier jaune au bas du cou, mais dans quelques individus seulement. Le Lori à collier, seconde espèce; Buyrox; pl. enl. n.“ 119, sous le nom de Lori mdle des Indes orientales. Cr beau Lori est aussi commun dans les collections que l'espèce précédente y est rare; aussi est-il peu de naturalistes qui n'en aient parlé. Mais Pespèce varieroit beaucoup s'il falloit s'en rapporter aux descriptions qu'ils en ont faites; car il en est bien peu qui saccordent exactement entr'elles. Jai vu cependant beaucoup de Loris à collier jaune, et je n'ai pas remarqué qu'ils fussent si différens les uns des autres qu'il ne füt très-facile de reconnoitre l'espèce. Il en est quel- ques-uns, par exemple, qui n'ont pas de collier jaune, et que Buffon prend pour des femelles: je pense au contraire que, si le collier faisoit toute la différence qu'il dùt y avoir entre les màles et les femelles, ce seroient les maâles qui ne l'auroient pas. Au surplus, comme je n'ai jamais été dans le cas de disséquer aucun de ces Perroquets, et qu'il est probable que Buffon n'en a pas plus que moi vérifié le sexe par lui-méême, il vaut mieux, dans le doute, laisser la question indécise, et nous borner à figurer deux individus de l'espèce, dont l'un, n.“ 95, à collier jaune, et Tautre, n.“ 95 bis, sans collier jaune et comme variété du premier. Le temps nous apprendra lequel des deux est le male ou la femelle, s'il est vrai qu'ils soient de sexe différent. Le Perroquet Lori à collier jaune a tout le dessus de la téte couvert d'une calotte qui paroit être noire, mais qui, exposée à la lumieère, prend un ton bleu violâtre foncé, le violet se prononçant cependant davantage vers la nuque et lustrant le rouge du derrière du cou. Les ailes, à Texception des petites couvertures bleues des poignets et qui y forment épaulettes, sont, en dessus, d'un vert plein: le revers de leurs pennes est jaune dans une partie des barbes extérieures; ce qui epece alistes qui men aient t sen rapporter aun peu qui saccordent p de Loris à coller lifférens les uns ds éce. Il en&t quel aune, et que Bufn e, si le collier fabsoit es et les femelles, ce lus, comme je na Perroquets, et quil i vérifié le sexe par 1 question indécise, , dont Jun, n- 9⸗ r jaune et comme uel des deux et l xe différent. ſe la téte coutert 4 la lumière, 8 0( 0sée noncant C Les rière du cou. b . s et U le poignes ei- „s(le lein: le revets. zee qul atérieures; de. DES PERROOUERTS. 41 forme une grande plaque de cette couleur sous les ailes, et qui ne se montre pas en-dessus, à moins qu'on n'écarte beaucoup ces mêmes Ppennes jaunes. Tout le plumage du reste du corps, si Pon en excepte une sorte de collier ou plutòôt de hausse-col jaune-citron, qui marque le haut de la poitrine, et les plumes des jambes qui sont d'un beau bleu violet, est rouge, mais d'un rouge plus sombre sur le dos que sous le corps. La queue, qui est étagée, mais seulement de manière à s'arrondir en s'étalant, est d'un rouge brun vers la pointe et d'un rouge plus clair à sa naissance. Le bec est d'un rouge sombre, et les pieds sont bruns. L'individu représenté n.“ 95 bis de nos planches, sous le nom de variété du Perroquet Lori à collier jaune, ressemble en tout absolu- ment à celui dont nous venons de donner la description, au jaune de la poitrine près, qu'il n'a pas. Une seconde variété est celle qu'a figurée Buffon, n.“ 844 de ses planches, sous le nom de Lori des Indes orientales, et qui, si elle n'a pas le collier jaune, a au moins, d'après la figure citée, les der- nières pennes des ailes bordées de rouge; ce qui ne doit pas parottre extraordinaire d'après les nombreux exemples de variations que nous avons donnés, de Perroquets surtout. Mais si le Lori à collier des Indes, donné par Brisson, tom. IV, pag. 230, d'après Albin, étoit en effet, comme le pense Buffon, encore une variété de r'espèce du Lori à collier que nous venons de décrire, il faut avouer que cette variété seroit fort extraordinaire par le blanc dont elle seroit tachetée. Cette description d'Albin m'est fort suspecte, et elle me le seroit encore davantage s'iil étoit vrai que P'oiseau qu'il a décrit appartint à Tespèce de notre Lori à collier. Je concois au reste que quelque empailleur pourroit s'étre amusé à varier en blanc un oiseau rouge, pour le rendre plus curieux et le vendre plus cher, supercherie qui n'a eu que trop souvent lieu par malheur pour la science. Le Lori à collier se trouve aux Moluques. 11 . 1 3 4 3 1 4 „ 8 3 : 1 4 4 b 42 HISTOIRE NAITURFELL E —2A —————————VVO—————OA——————N˖ — LE PERROOUET LORI-NOIRA. PLANCH E XCVr. Rouge; épaulettes et tache sur le dos jaunes; ailes, bout de la queue et plumes des jambes, vert plein; bec jaune; pieds noirAtres. Le Lori-MNoira; BuFr. première espèce; pl. enl. n.“ 216, sous le nom de Lori des Moluques. Lori des Moluques; BRiss. tom. IV, pag. 219. Cr Perroquet rouge diffère de l'espèce précédente en ce qu'il a sur le haut du dos le jaune que celle-ci porte sur la poitrine, et qu'au lieu d'avoir comme elle les épaulettes bleues, il les a jaunes. Chez lui aussi l'extrémité de la queue est verte, tandis qu'elle est rouge dans l'autre espèce. Il a encore les plumes des jambes vertes, au lieu de les avoir bleues, et le dessus de la téte du mèême rouge que son plumage général, au lieu de lavoir bleutre comme le Lori à collier. Ses pennes alaires, enfin, sont en partie rouges en dessous, tandis que ce dernier y a les siennes jaunes. Ajoutons que le Lori-Noira a le bec jaune, les pieds noirâtres, et que son plumage est d'un rouge plus brillant que celui du Lori à collier. Mais toutes ces différences constituent-elles bien deux espèces différentes? C'est ce dont il est permis de douter, lorsqu'en comparant ensemble ces deux oiseaux, on leur trouve absolument les mêmes formes. Que sera-ce si l'on réfléchit sur les grandes variations qu'éprouvent les Perroquets dans Tétat de domesticité par le dérangement des couleurs qui leur sont Propres? Malheureusement sur plus de cent individus Lori-Noira .»„„.„.„. 2. que Jjai vus, il n'en est aucun qui n'et vécu en cage. Aussi crois-je devoir, en attendant des renseignemens positifs, considérer à part chacun des deux oiseaux en question, et leur conserver les noms que les naturalistes leur ont donnés. Non-seulement le Perroquet Lori-Noira se trouve dans les méêmes pays que le Lori à collier, mais encore on les y voit ensemble dans A. d 7 ·.* 7. les mêmes bandes, à ce qu'on m'a assuré du moins. Si cela étoit vral, ce seroit une raison de plus pour les croire de la méême espèce. 3 4 ente en ce qui 1 Poitrine, et qu— i les a jaunes. Che dis qu'elle est rouge ambes vertes, au lieu nème rouge que zon une le Lori à coller shen dessous, tandis que le Lori-Noiraa mage est dun rouge outes ces differences C'est ce dont il&t le ces deux oiseam, Que sera-ce s Lon les Perroquets dans lleurs qui leur sont dividus Lori-Noir cage. Ausi erov⸗je considérer à part onserver les noll dans les mémes emble dan Sj cehe dbwit ve oit el oins. 4 e la méme espece DES PERROOUETS. 43 AAnnnnnn———-O-———ℳℳBG-—M——-õ 222VAA2A AA LE PERROOUET LORI A oUEUE BLEUE. Rouge cramoisi; queue, scapulaires, bas-ventre, bleus, ainsi que les dernières plumes des ailes et quelques-unes de leurs grandes couvertures; pennes noir- brun; bec jaune. 2EAINOMER AC/II. Lr Lori que nous surnommons à queue bleue, parce que telle est en effet chez lui la couleur de cette partie, a, il est vrai, beaucoup de rapport par ses couleurs générales avec le Lori à franges bleues de notre n.“ 93; mais sa queue, très-courte et aussi très-différente par sa forme de celle de ce dernier, atteste, à n'en pouvoir douter, que ces deux oiseaux forment deux espèces bien distinctes, que nous n'hésitons pas à donner pour telles. b Le plumage général, c'est-à-dire, celui de la tête, du cou, du dos, du croupion; les couvertures du dessus de la queue, la poitrine, les flancs, les plumes des jambes du Lori à queue bleue, sont d'un rouge foncé, tirant au cramoisi. Toutes les couvertures des ailes sont du rouge cramoisi du corps, à l'exception de trois ou quatre de celles du milieu, qui sont bleu foncé; quelques autres de celles du milieu et les plus grandes sont lisérées de bleu. Les scapulaires, les deux dernières plumes des ailes près du dos, le bas-ventre et la queue entière, sont aussi bleus. Les grandes pennes alaires sont d'un noir brun. Le bec est d'un jaune d'ocre, et les pieds sont noirs. L'espèce du Lori à queue pleue se trouve plus communément à l'ile Bornéo. Lindividu que nous en avons figuré de grandeur natu- relle, fait partie de la belle collection de M. Raye de Breukelervaert, à Amsterdam. —- ———— —————— — — 44 HISTOTIRE NATURELLE — n——O§———— —x*—-—————ℳ:—é—*⸗ ö2vövuAnA BA—— LE PERROOUET Aà EPAULETTES JAUNEsS. Vert lustré; front blanc; téte et une partie du cou jaunes, ainsi que les plumes des jambes et le poignet des ailes; du rouge au milieu des moyennes pennes alaires et à la naissance de la queue; du bleu au bout des pennes des ailes et sur les bords latéraux de la qucue; bec blanc; pieds blafards. PrANCHE XCVIII, LA FEMELLE. PELANCHE XCVIII bis, LE MALE. Le Crik à téte et à gorge jaunes; Buyr. première espèce. Le Perroquet Amazone à gorge jaune; BRISs. tom. IV, pag. 287, n.“ 38. Ovorour cette espèce soit assez commune dans l'état de domesticité, et par conséquent dans les cabinets, Buffon ne l'a pas figurée dans son ouyvrage. Ainsi on ne sera pas fäché sans doute de trouver dans celui-ci le portrait d'un des plus beaux Perroquets d-Amérique, et qui se trouve, comme l'Amazone, sur les bords du fleuve fameux de ce nom. Ceux qui n'aiment pas à voir changer les noms des oiseaux, voudront bien nous pardonner d'avoir encore osé changer celui du Perroquet de cet article. Ce qui nous y a déterminés, c'est que la couleur jaune de la téete et du cou de ce Perroquet ne la faisoit pas assez distinguer de P'Amazone, qui a ces mêemes parties aussi jaunes; la couleur de ses épaulettes, au contraire, P'en distingue parfaitement: raison de plus pour que nous ayons dù préférer le nom de Perroquet d εpaulettes jaunes. Ce Perroquet a les plumes du front blanches, ainsi que celles qui couvrent l'espace compris entre les yeux et le bec. Les joues et la gorge sont d'un beau jaune jonquille des plus vifs. Telle est aussi la couleur des plumes des jambes, du poignet des ailes, et celle des couvertures de celles-ci, sur lesquelles cette couleur jaune forme deux grandes épau- lettes. Cependant toutes les plumes du front, ainsi que les jaunes, sont rougeâtres à leur naissance, couleur qui ne paroit qu'un peu lnes„. eu des les plumes es moyenn —— t lafards. MELLE. MALE. Ie Perroquet Amarone n. 38. Tétat de domesteit, pas figurée dans w trouver dans celurci ique, et quise womhe ux de ce nom.(emx eaux, voudront bien du Perroquet de ct couleur jaune de k assez distinguer de la couleur de se ent: raison de pls 7 6 roquet ã qpaulett ainsi que celles qul s joues et l gol a couleur ertures est aussi! Ile des couy deux gandes dpau es jaunes 2] n pel 4( uu paroil *²—V—V—‧˙ʃ— DES pPERROOUETS. 45 vers la gorge, à moins qu'on ne soulève et n'écarte les plumes. Le der- rière de la tête et du cou, le manteau, les couvertures des ailes autres que les jaunes, sont, ainsi que les dernières plumes des ailes, d'un vert gai, brillant, lustré de jaune. La poitrine, les flancs, toutes les plumes qui recouvrent le sternum et le bas-ventre, les couvertures du dessus et du dessous de la queue, sont d'un vert- jaune nuancé de bleuâtre. Nous observerons que toutes les plumes vertes de ce Perroquet, particulièérement celles du haut du corps, sont, tant en dessus qu'en dessous, lisérées de brun noirâtre; ce qui semble les détacher fort agréablement les unes des autres: nous observerons aussi que celles du bas-ventre sont rougedtres vers leur racine. La queue est un peu étagée; la plume la plus latérale de chaque côté de cette partie est d'un bleu tendre, et toutes elles ont du rouge à leur naissance, sont vertes au milieu et jaundtres au bout. Les grandes pennes alaires sont vertes à leur racine et bleues à leurs pointes: les moyennes se terminent aussi en bleu, mais elles sont rouges à leur autre extrémité. Le bec est blanc, et les pieds sont blafards. Ce Perroquet, qui a beaucoup de jaune dans son plumage, est sujet, dans l'état de domesticité, à se tapirer entièrement de cette couleur. Nous avons vu plusieurs de ses individus ainsi tapirés; nous n'avons pas cru nécessaire de les faire figurer: nous avons mèême été sur le point de ne donner qu'une seule figure, n'ayant à notre dis- position qu'une femelle de cette espèce; mais, quoique celle-ci füt déjà gravée lorsque je vis chez M. Daudin un male de l'espèce, très- bien conservé, que ce naturaliste venoit d'acquérir tout récemment, nous n'avons pas voulu, pour épargner les frais d'une figure, priver le Public du portrait d'un oiseau bien plus vivement coloré et à épaulettes bien plus amples que celui que nous avions d'abord à lui offrir. Ce Perroquet à épaulettes jaunes, mâle, a été dessiné par M. Barraband, et c'est aussi celui sur lequel nous avons établi notre description. Il sera assez facile au lecteur, en comparant les deux figures, de saisir les différences qu'il y a entre le mäâle et la femelle de T'espèce du Perroquet à épaulettes jaunes, pour que nous puissions nous dispenser de nous arréêter plus long-temps à leur description. 1 2 ———ÿyüü—— 2—— ————yÿy ——— ——— ——— —— ——— ———õ—— — — — ————y———-— ————— ———y———— —————————— — ——⁴⁴=— 46 HISTOIRE NATURFELLE —O—V—ͤ———————————— ℳMm————-—————-— õ—Rę—VA ——V—A* LE PERROOUET CENDRE ——= —— — ——— — OU LE JACO. m— — Gris-ardoise chez quelques individus, gris-blanc chez d'autres. Flancs, bas- ventre et plumes dées jambes, blancs; queue rouge; bec, pieds et bout des grandes pennes alaires, noirs; yeux jaune pale. PLANCHES XCIX ET G. Le Jaco ou Perroquet cendré; BuFr. pl. enl. n.“ 311. Le Perroquet cendré de Guinée; BRISss. tom. IV, pag. 310, n.“ 49. Dovorun des mœurs, docilité, attachement pour son maitre, toutes ces qualités domestiques se retrouvent dans l'espèce du Perroquet cen- dré. Aussi est-ce de tous les Perroquets celui dont on fait le plus de cas, qu'on apporte le plus volontiers en Europe, et qu'on préfère d'éle- ver et de nourrir en cage. Ce Perroquet est également celui auquel les nègres de la partie d'Afrique qu'il habite, s'attachent davantage: ils le prennent tout jeune dans le nid et l'éleèvent, pour l'échanger ou le vendre aux Européens qui font la traite. Ce commerce leur vaut même beaucoup; car il m'arrive pas un vaisseau négrier dans les colonies qui n'ait à bord un grand nombre de Perroquets cendrés: tous les matelots et la plupart des nègres esclaves en ont chacun un ou plusieurs en propre. Le premier acte de déférence de l'esclave qu'on vient d'acheter envers son nouveau maitre, c'est de lui offrir son Perroquet cendré, ce compagnon fidele, avec lequel il partageoit le peu de nourriture qu'on lui distribuoit à bord, et dont le sort devient ensuite souvent meilleur que le sien. —————————————————— äb ———— Buffon s'est beaucoup étendu sur Thistoire domestique du Per- roquet cendré, et nous renvoyons le lecteur à son ouvrage, parce qu'on y trouve les détails les plus satisfaisans et les plus vrais à cet égard. Brisson ayant aussi décrit ce Perroquet avec l'exactitude qui le caractérise, nous nous contenterons d'en donner les figures les meilleures sans contredit qu'on en ait publiées jusqu'à ce jour. Cet oiseau est d'ailleurs tellement connu qu'il suffit de le nommer pour “““ ÿm⅓⅛⅓³⅓“ ycccc dré de Guinée; aitre, toutes roquet cen- tle plus de Léfére d'ele- elui auquel davantage: échanger ou ce leur vaut ier dans les ets cendrés: chacun un de lesclave de lui offrir T partageoit lont le sort —y—— DES PERROOUETS. 47 que chacun le reconnoisse. Nous observerons cependant que l'espèce offre deux variétés, dont rune, constamment tres-foncée en couleur, est d'un gris-ardoise, et autre, d'un gris blanchaàtre. Javois d'abord pensé que ces différences constituoient les sexes(et c'est même T'opi- nion de presque tous les oiseleurs, qui vendent les foncés pour mäles et les autres pour femelles); mais, ayant eu ensuite de fréquentes occasions de disséquer ces Perroquets, j'ai trouvé des males et des femelles parmi ceux foncés en couleur aussi bien que parmi les autres. II est donc certain que les différences de teinte chez eux n'indiquent nullement les sexes, et qu'il m'y en a aucune, quant aux couleurs, entre les màles et les femelles. Il est plus probable que ces différences de teinte sont un effet de rage, et que les individus gris-foncé sont les plus vieux: au moins en ai- je vu de très-vieux dont le gris étoit encore plus foncé que celui de notre n.“ 99. Peut-tre aussi l'espèce de nourriture qu'on leur donne opère-t-elle ces variations. Pour asseoir un jugement à cet égard, il faudroit avoir vu des Perroquets cendrés tués dans les bois, et c'est ce qui ne m'est jamais arrivé; car on reçoit en Europe peu d'oiseaux de la partie dAfrique qu'ils habitent: j'bserverai méême qu'à mon grand étonnement je n'ai rencontré le Perroquet cendré dans aucun des cantons de cette dernière partie du monde que j'ai Parcourus, ce qui prouve que T'espèce n'est pas très-voyageuse. b f 1 1 4 6 8 —— —————— ——n—— — 48 HISTOIRE NAITURELLE .—êB ———Vê—öv—ℳNꝛͤ———ℳʃN8:nn—————ℳ—ℳ—ℳ—ℳ-——õ— LE PERROOUET CENDRE TAPIRE DE ROUGE. PREMIERE VARIETE. PLANCHE CI. Crrrr variété purement accidentelle, qui se forme dans l'état de domesticité et par les méêmes causes que toutes celles des Perroquets tapirés, n'est pas très-rare. Buffon, Brisson et Edwards en ont parlé: ce dernier en a même donné une figure; mais l'individu qu'elle représente étoit encore moins tapiré que celui que nous publions ici et qui fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelervaert, d'Ams- terdam, individu chez lequel la matière qui colore les plumes en rouge avoit tellement abondé, qu'il seroit, suivant toute apparence, devenu tout rouge sil eùt vécu plus long-temps. On voit aussi au Muséum d'histoire naturelle à Paris un individu de la même espèce varié en rouge, mais qui a peu de cette couleur, moins encore que celui d'Edwards. ʃ lans Pétat de 8 Perroquets n ont parlé: vidu qu'elle publions ici ert, d'-Ams- plumes en apparence, un individu ette couleur, DES PERROOUEITS. 49 AAA ⸗. ABA—. LE PERROOUET CENDRE NOIR. SECONDE VARIETE. PLANOHE CII— Cerrr seconde variété du Perroquet cendré présente un oiseau dont le plumage est devenu presqu'entièrement noir, à'exception des jambes et de toute la partie abdominale, qui ont conservé un ton blanchâtre, mais moins pur qu'il ne l'est sur ces mêmes parties dans létat naturel. Les plumes rouges même de la queue et de ses cou- vertures sont noires, à une teinte rougeâtre près, qu'elles ont encore. Le bec est devenu brun. Ce Perroquet est aussi beaucoup plus petit qu'aucune des autres variétés de T'espèce. Il a vécu plus de trente années dans l'état de domesticité; on le nourrissoit principalement de graines de chanvre.“ Lorsqu'il fut mort on me envoya, et il fait encore aujourd'hui partie de mon cabinet. — 1. Nous avons observé ailleurs que cette graine très-huileuse produisoit le même effet sur tous les oiseaux auxquels on la donnoit pour seule nourriture. 50 HISTOIRE NATURELL E AA 22AN——————————AA——-——— LE PERROOUET CENDRE A OQUEUE AUNE. TROISIEME VARIETE. prA VOHE CIII. (rry troisième et fort intéressante variétée du Jaco ou Perroquet cendré nous présente l'oiscau dans son extrème vieillesse, dans son état de caducité; c'est la représentation d'un Perroquet qui a vécu trente-deux ans à Amsterdam chez un marchand(M. Meninck- Huysen), et que ce marchand avoit eu en héritage d'un de ses oncles qui lui-mèême l'avoit eu en sa Possession pendant quarante-un ans. Ainsi cet animal a vécu soixante-treize ans dans l'état de domes- ticité: sans doute qu'il en avoit au moins deux ou trois lorsqu'il fut transporté de son pays natal en Europe; ce que cependant je n'ai pu savoir au juste. b Lorsque je vis ce Perroquet, il vivoit encore, si Pon peut appeler vivre létat de langueur et de tristesse dans lequel je m'apercus qu'il étoit. IIne se perchoit plus depuis plus de deux ans, époque à la- quelle toutes ses facultés, qui depuis quatre ou cinq déclinoient in- sensiblement, Tavoient abandonné. Il perdit à la fois ses forces, la mémoire, la vue, et dès ce moment l'existence ne fut plus pour lui qu'un état de léthargie continuelle. Dans ces derniers temps il ne mangeoit plus que du biscuit trempé dans du vin de Madéère; encore étoit-on obligé de le lui entonner de force. Quant aux talens et à la bonne éducation de Kaarle(Charles: c'est ainsi qu'on nommoit notre vieux Perroquet), voici ce que jap- pris de la bonne dame Meninck-Huysen, qui ne tarissoit pas et qu'il me falloit complaisamment écouter d'un bout à T'autre, parce que j'avois moi-méême à faire des questions que j'étois bien aise qu'elle écoutât à son tour pour y répondre. Charles parloit presque aussi bien que Cicéron; car je composerois un volume de toutes les — ou Perroquet se, dans son t qui a vécu 3I. Meninck- de ses oncles mte-un ans. de domes- lorsqu'il fut int je m'ai pu peut appeler rapercus quil époque a la- léclinoient in- zes forces, la plus pour lui 5 temps i ne adére; encore irle(Charles— ci ce què jap arissoit Ps et Pautre, prce lois bien aise arloit resdu de toutes l DES PERROOUEIS. qu'il faisoit et qu'on me répétoit sans en oublier une syllabe. Prompt au commandement, il alloit aussi chercher le bon- net de nuit ou les pantouffes de son mattre, et appeloit la servante lorsqu'on avoit besoin d'elle dans la chambre. Toujours dans la bou- tique, s'il entroit quelqu'étranger en l'absence des maitres, il crioit à tue-tête jusqu'à ce qu'on füt venu...... Tels étoient T'instinct et les fonctions domestiques de Kaarle. Je ne doute point qu'avec de la patience on n'en pút obtenir autant de tous les Perroquets en 1 belles phrases b général. Mais je rentre dans la partie qui m'intéresse le plus dans Thistoire de celui qui est le sujet de cet article. II avoit la mémoire bonne, et apprenoit très-promptement des phrases entières en hol- landois, langage très-favorable à la voix naturelle des Perroquets: cependant il ne conserva cette faculté que jusqu'à l'àge de soixante ans, époque fatale où, loin de rien apprendre de nouveau, il ou- blioit tous les jours une partie de ce qu'il savoit déjà; car il ne répétoit plus que la moitié d'une phrase, en en transposant mèême les mots, ou en mélant ceux de l'une avec ceux de autre, ce qui occasionoit souvent dans la société de M. et de M.ze Meninck-Huysen des scènes amusantes par les équivoques que faisoient nattre tous ces galimathias. Le Perroquet perd donc la mémoire et la faculté d'apprendre à soixante ans. Je ne pense pas que les mêmes facultés se conservent plus long-temps chez les hommes; je ne sais même si elles vont jusque-la. Jajouterai que les vieux Perroquets, tout rabacheurs qu'ils sont, n'ennuient pas, et que sous ce rapport ce genre d'oiseaux auroit un grand avantage sur l'espèce humaine. Charles muoit régulièrement tous les ans, mais à soixante-cinq ans à peu prés il perdit cette faculté. Celles de ses plumes qui tomboient, n'étoient alors plus remplacées par de nouvelles. Les pennes de la queue chez lui se renouveloient cependant encore de temps à autre, mais une à une, et à des époques irrégulières et éloignées; et celles qui les remplacçoient, au lieu d'ètre rouges, étoient jaunes. C'est ainsi que dans un espace de trois ans sa queue se trouva entièrement jaune, de rouge qu'elle étoit. Depuis cette dernière époque elle resta toujours la mèême, et ne se renouvela plus. L'oiseau mourut enfin, et sa mattresse toute en larmes me T'ap- porta dans ma chambre. Joffris de le préparer et de le mettre en 4. 27 8- 2 2 8 état d'ètre conservé sous verre; mais, de crainte que l'aspect de son cadavre ne fit qu'augmenter les regrets de la famille, on se décida —-.* 84*— ——————„—————=— —————————-— 2.———,— — 3——— ſſ“ 2 8 3 6 1 3 I * 3 1 1 1 † 3 3 1 1 4 4 1 3 1 8 8 52 IISTOIRE NAITUREL IL. E à me Tabandonner, sous la condition expresse que je le conserverois et que j'en éterniserois la mémoire. Je täche aujourd'hui, autant qu'il est en moi, de remplir mon engagement, et je le fais avec d'autant plus de plaisir que le lecteur trouvera peut-être dans cet article quel- ques observations intéressantes sur la nature du Perroquet, sur ses facultés physiques et morales. A la dissection je reconnus que celui dont il est ici question étoit male. Il fait partie de mon cabinet; mais maintenant qu'il est décrit et figuré, je me propose de le déposer dans le cabinet du Muséum d'histoire naturelle à Paris. * Taille sommet queue mordor Dush Epw- du Pe nomer ce qui parfaite moins: car cet lecteur exacte vu, et naura c leurs da beaucou N0Ous do jamais a Le br T Jest r dans tou Une cal tete. Les milieu q vont d'un Fertes ou sont du ailes, qu 2 DES PERROOUETS. 53 VAAVNLAAAAA 2222A2AAAA A2AA ——————-—-——ℳ ò———————VNVV LE PERROOUET BRUN. PLANCHE CTV. Taille moyenne; Sorge et pennes latérales de la queue bleues extérieurement; sommet de la téte et scapulaires brun nué de vert; couvertures du dessous de la queue rouges; joues, nuque et ailes vert plein; dessous du corps brun rouge ou mordoré; bec rouge, jaunissant vers sa base; pieds gris-brun. Dusky Parrot; Epw. Hist. of Birds, p. 167. Perroquet de la Nouvwelle Espagne, BRiss. tom. IV, p. 303. Le Papegai brun, 9. espèce; Bupr. EpwAnps est le premier ornithologiste qui ait décrit et figurê l'espèce du Perroquet brun, qu'il avoit eu occasion de voir à Londres: les nomenclateurs qui en ont parlé après lui, n'ont même fait que copier ce qu'il en avoit dit, et Buffon, jugeant de l'oiseau par la figure im- parfaite qu'il en avoit vue dans cet auteur, prétend qu'il est un des moins beaux de son genre. Nous ne sommes pas de lavis de Buffon; car cet oiseau est au contraire très-agréablement paré, ainsi que le lecteur pourra s'en convaincre en jetant un coup d'cœil sur la figure exacte que nous donnons d'un individu de l'espèce que nous avons vu, et que nous présumons ôtre le male. II est probable qu' Edwards n'aura décrit qu'une femelle de cette méême espèce, puisque les cou- leurs dans la figure qu'il en a publiée sont, en les supposant exactes, beaucoup moins vives que dans Pindividu que nous avons vu et dont nous donnons le portrait. Les femelles Perroquets ne sont en général jamais aussi fortement colorées que les maàles. Le brun est la couleur dominante dans l'espèce de cet article, mais il y est relevẽè par de riches nuances, qui lui donnent beaucoup d'éclat dans toutes les parties directement exposées aux rayons de la lumisère. Une calotte brune, nuancée de vert, couvre tout le sommet de la téte. Les joues, les côtés du cou et la nuque, sont d'un vert plein. Le milieu du dos, le croupion, les couvertures supérieures de la queue, sont d'un vert brundâtre, mais tel que ces parties paroissent ou plus vertes ou plus brunes, suivant les différens aspects. Les scapulaires sont du même brun nuancé de vert que le dessus de la têôte. Les ailes, qui dans l'état de repos se portent jusqu'aux deux tiers de la 2 14 —— ——————— —õꝛõ— —————õy—————— . C ———;ʒꝛ— ——. 6 A 4 5. 1 1 54 HISTOIRE NATURELLE longueur de la queue, sont, à l'exception des dernières, qui ont un liséré jaune sur les bords extérieurs, d'un vert plein dans toutes leurs parties visibles en dessus. La gorge est d'un beau bleu vif, auquel suc- cèéde un brun nué de pourpre, qui colore tout le reste du dessous du corps, le bas-ventre et même les plumes des jambes, tandis que les couvertures du dessous de la queue sont d'un rouge vif. Le dessous de celle-ci est vert-brun, et son dessus du méême vert que les ailes; mais elle a de plus que ces dernières ses deux pennes les plus exté- .„,. A rieures de chaque côté bordées extérieurement du même bleu que celui de la gorge. Le bec est noir sur son arète supérieure et d'un beau rouge sur les côtés, mais qui jaunit vers la base. Les ongles sont noirs, les pieds gris-brun, et les yeux d'un brun rougedâtre. En- fin, les couvertures du dessous des ailes sont d'un vert nuancé de brun, et le revers de leurs pennes est d'un brun noirAâtre. Jai vu vivant, chez M. Millet, fabricant de chapeaux à Lisbonne, mais François d'origine,'individu de l'espèce du Perroquet brun que je viens de décrire. Il eut la bonté de me permettre d'en prendre le dessin et d'en faire la description. Il me dit Tavoir acheté, tout jeune encore, d'un capitaine de vaisseau qui arrivoit du Brésil. II m'assura de plus que, lorsqu'il lacquit, il étoit très différent de ce qu'il étoit au moment odù je le voyois; que, presqu'entièrement vert, il n'avoit encore dans son premier état que quelques plumes qui indiquoient seulement les couleurs de ses différentes parties; mais qu'après avoir fait une forte mue, ouù il faillit périr, l'animal avoit pris son beau plu- mage varié, qu'il gardoit constamment depuis sept ans, quoique chaque année, et à la même éèpoque, il et mué régulièrement. Ce Perroquet étoit d'un caractère fort doux et très-caressant, il ne mordoit jamais personne, mais il étoit un peu criard: il prononcoit très-distincte- ment plusieurs mots francois et portugais. Cette espèce est sans doute très-rare en Europe, puisque je ne l'y connois dans aucun cabinet. Cela vient apparemment de ce qu'il n'y a pas de spéculateurs sur les oiseaux dans les pays qu'elle habite; car il est plus que probable qu'elle est aussi commune dans le canton du Brésil où on la trouve, que le sont généralement tous les Perro- quets dans les contrées qui les voient nattre. 2** E . toutes leurs auquel suc- u dessous du undis que les II. Le dessous b gue les ails, les plus exte eme bleu . que rieure et Cun ze las ongles rougedtre. En- ert nuancé 8 atre. X à Lisbonne, quet brun que en prendre le , tout jeune I. II m'assura ce quil ttoit ert, mavoit ui indiquoient qu'après avoir son beau plu- ſuoique chaque „(e Perroquet mordoit jamaib trés-distincte- uisque je ne ly de ce quil 1') quelle habite; „dans le canlon lous les Perro DES PERROOUEITS. 55 2A2AAASnnnnnnn AN V2A 2 22——V————₰—— AAAn LE PETIT PERROOUET VERT. Taille moyenne; dessus du corps vert gai, nuancé de bleu; dessous vert jau- naͤtre; grandes pennes alaires bleues extérieurement, noiratres dans leur intérieur et en dessous; grandes couvertures de ces pennes à leur base rouges; tout le haut du revers de la queue rouge; bec et pieds gris; yeux brun-rouge. PLANCHE CV. EpwäAnps a décrit et figuré un Perroquet qui a beaucoup de rapport sans doute avec celui dont nous faisons le sujet de cet article, et qu'il nomme aussi petit Perroquet vert de TAmérique méridionale, little green Parrot from the West Indies; Hist. ¹f Birds, pag. 168; mais il est certain que cette prétendue espèce d'Edwards n'est, ainsi que le Crik de Buffon, cinquième espèce, qu'une simple variété d'age de celle du Perroquet Aourou Couraou de Cayenne, et en conséquence nous avons cru pouvoir appliquer le nom de petit Perroquet vert à une espèce réellement distincte de celles imaginées par les deux natu- ralistes que nous venons de citer. Il faut donc supprimer de la liste des Perroquets le petit Perroquet vert d'-Edwards, et le rapporter à 'Aourou Couraou dans le jeune âge. Voici maintenant en quoi l'on distingue facilement notre petit Perroquet vert de ce jeune Aourou Couraou. La tache rouge que celui-ci, soit jeune, soit adulte, porte sur les ailes, appartient aux moyennes pennes alaires, dans chacune desquelles ce même rouge marque le milieu des barbes extérieures; de sorte que, lorsque les ailes sont entièrement fermées, la tache parott peu ou même ne parott pas du tout, se trouvant souvent ca- chée par le rebord des plumes qui suivent immédiatement celles qui ont du rouge. Chez notre petit Perroquet vert, au contraire, la tache rouge des ailes m'appartient absolument point à leurs pennes; car il n'y a chez lui que les longues couvertures de la base des premières grandes pennes alaires qui soient rouges, couvertures qui ont elles- mémes la forme de petites pennes. D'ailleurs le petit Perroquet vert d'Edwards et le Crik de Buffon, cinquième espèce, que ce dernier rapporte dans sa description au petit Perroquet vert de celui-là, ont tous deux du jaune sur les joues, ce que n'a point l'espèce dont nous parlons ici. 56 HISTIOIRE NAITURELLEF Le petit Perroquet vert a tout le plumage supérieur, savoir, le sommet de la tête, le derrière du cou, le manteau, le croupion, les couvertures et les dernières pennes des ailes, ainsi que les recouvre- mens du dessus de la queue et les deux pennes intermédiaires de celles-ci, d'un vert gai nuancé de bleu. Les joues, la gorge, le devant du cou, la poitrine, les flancs, le ventre, les couvertures du dessous des ailes et celles du dessous de la queue, sont d'un vert pale, tirant au jaunâtre. Les premières grandes pennes des ailes sont d'un beau bleu extérieurement, et noirâtres dans leur milieu et leur doublure. Toutes les pennes de la queue autres que les deux intermédiaires, en- tiérement vertes, sont du même vert que celles-ci dans leurs barbes extérieures, et rouges dans leur partie intérieure depuis leur racine jusqu'aux deux tiers de leur longueur; de sorte qu'en dessus la queue est toute verte, et qu'en dessous elle est rouge en grande partie et terminée par une bande verte. Le bec et les pieds sont gris, les yeux brun-rougedtre. b Ce petit Perroquet vert, que nous avons figuré de grandeur natu- relle sur nos planches, faisoit partie des collections de feu l'abbé Aubry à Paris: on l'y avoit étiqueté sous le nom de Perroquet vert du Brésil. La scrupuleuse attention avec laquelle je Tai comparé aux différentes espèces de Perroquets, notamment à l'Aourou Couraou et aux variétés d'dâge et de sexe de ce dernier, avec lesquelles il eũt été facile de le confondre en ne s'en rapportant qu'a de premiers apercus, me donne la confiance qu'on ne balancera pas à regarder comme espèce propre T'oiseau que je viens de faire connottre. E 8, avoir, 4 roupion, ſe es recouxre. médiaires de ge, le deant s du dessous P dle, tirant it d'un bean uur doublure, édiaires, en. leurs barbes leur racine Sus la queue de partie et ris, les yeux ndeur natu- 2 feu l'abbé roquet vert omparé aux du Couraou luelles il eut de premiers s à regarder oitre. DES PERROOUEIS. 57 uNͤ—————V—V—B——yj'enen——— é—ſsſn—————-õℳ ℳV-õ—————⁊õõ?yy—————-——————-—nnmU LE PERROOUET A JoUuEs BLEUEs. PLANOHE OVI Taille forte, approchant de celle de PAmazone; face rouge, joues bleues; dessus du corps vert brillant, dessous vert lustré de jaune; grandes pennes alaires bleues; plume la plus extérieure de chaque côté de la queue idem, la suivante rouge, les autres vertes, et toutes terminées par un frangé jaune jonquille; bec d'un blanc rosé; pieds gris. Brasilian green Parrot; Epw. Hist. of Birds, pag. 161, avec figure. Borrox a cru devoir parler de ce beau Perroquet comme d'une simple variété de son Crik à téte bleue, quoiqu'Edwards l'edùt décrit et figurẽé de manière à ne laisser subsister aucun doute sur son exis- tence comme espèce particulière. Cette erreur de Buffon, que tous les nomenclateurs ont copiòée, sera aisément apercue du lecteur à la seule inspection de la figure exacte que nous donnons, n.“ 138 de nos planches, du Crik à têéte bleue de Buffon, sous le nom de Perroquet Bouquet, et du Perroquet à joues bleues de cet article. Par cette comparaison on se convaincra même du peu d'attention qu'apportoit ce naturaliste à ses réductions, presque toutes aussi peu vraies que celle-ci; car il n'y a certainement, entre les deux oiseaux que ces deux figures représentent, d'autres rapports que ceux du genre, puis- qu'ils diffèérent non-seulement de taille, mais encore par la distribu- tion de toutes leurs couleurs. Lespèce du Perroquet à joues bleues m'est pas non plus la seule que Buffon associe comme simple variété à son Crik à téête bleue: nous citerons entre les autres celle que nous avons figurée n.“ 111, et le Perroquet Cocho;, désigné par Fernandez d'une manière si confuse qu'il sera sans doute long-temps encore difficile de reconnoitre ce qu'il est réellement. Il faut en con- venir, et je suis fäché d'etre obligé de le dire, des réductions telles que celles de M. de Buffon m'ont pas dú coũter de grands efforts ni d'immenses recherches. Le Perroquet que nous surnommons à joues bleues, parce qu'en effet il est très-bien caractérisé par la couleur bleu d'indigo qui lui couvre entièrement les côtés de la téête, a toute la face encadrée dans 15 2 ———— ſſ —— — 44 1 3 4 3 4 4 1 1 8 4 . 4 — 4 1 4 4 “ 3 1 ö 3 4 1 8 3 4 4 f 3 ͤ 1 1 3 “ 4 4 3 4 4 “ † 1 1 1 3 1— 4 1 4 3 3 1 4 4 3 1 4 1 58 HISTOERENAITURELIL E un bandeau rouge vermillon, qui, embrassant largement le front après avoir jeté deux branches en forme de sourcils, descend en menton- nière jusque sous la gorge. Le rouge du front, qui tire insensiblement au jaune, prend au sommet de la téte une belle teinte jonquille, qui elle-méêéme va se fondre dans le beau vert lustré de bleu turquoise, qui colore l'occiput, le derrière et les cétés du cou, pour se répandre ensuite sur le dos, les scapulaires, les petites couvertures des ailes, le croupion et les couvertures du dessus de la queue. Les grandes cou- vertures et les dernières plumes des ailes qui avoisinent le dos, sont du méme vert que ces dernières parties; mais elles portent toutes un liséré jaune jonquille, qui semble les détacher les unes des autres. Le dessous du corps, depuis le rouge de la gorge jusque sous la queue, et même les couvertures du dessous de celle-ci, sont d'un vert lustréè et jaunissant toujours davantage, à mesure qu'il descend vers les par- ties postérieures. Un liséré jaune borde la partie latérale du haut des ailes, et prend une teinte rouge en se portant vers la base des pre- mières pennes alaires, où il devient d'un beau rouge. Les grandes pennes des ailes sont bleues en dessus et noirâtres en dessous. La plume la plus extérieure de chaque côté de la queue est bleue depuis sa racine jusque vers sa pointe, qui est jaune: la suivante est rouge, mais seulement aussi dans ses barbes extérieures, et comme l'autre elle se termine en jaune. Toutes les autres sont vertes, et encore ter- minées par du jaune; de sorte que la queue porte à son extrémité une belle bande jaune, que le milieu en est vert, et que deux bandes perpendiculaires, l'une bleue et l'autre rouge, encadrent de la manière la plus agréable toute la partie verte. Les couvertures du dessous des ailes sont d'un vert jaune; le bec est couleur de rose tendre, et les pieds sont gris. Les yeux sont entourés d'une peau nue d'un blanc rosé; quant à leur couleur, comme nous n'avons vu que la dépouille de l'oiseau, nous ne saurions la dire. b Cette description ne differe de celle du naturaliste Anglois, qui le premier avoit fait connottre cette belle espèce de Perroquet, que par un plus grand nombre de détails oùð nous avons cru devoir entrer. Enfin, d'après la figure que cet auteur a publiée de l'oiseau, il ne peut rester aucun doute que le Perroquet vert du Brésil d'Edwards ne soit notre Perroquet à joues bleues. Edwards avoit vu à Londres ''individu qu'il a décrit: j'ai vu celui que j'ai fait servir à cet article chez M. Davila à Madrid, qui me permit de le décrire et de le des- siner; il lui avoit été envoyé du Pérou. “ dessous. La leue depuis est rouge, une Pautre encore ter- n extrémité deux bandes e la manièére dessous des adre, et les d'un blanc la dépouille lois, qui le et, que Par woir entrer. seau, il ne TEdward 141 Londres A cet article de le des DES PERROOUEITS. 59 XNTNLUANAAAAAAAAAAA A2AAAAAAAAAAIAA 222—ℳRꝛnnnn ö—: ⸗:—₰ g———qdA LE PERROOUET A FACE ROUGE. Pr. onr Ar ur 8s, LE MALE. Taille moyenne, moindre que celle de l'Amazone; du rouge éclatant sur la face, la gorge, le devant du cou et sous la queue; le ventre rouge-brun vio- lacé; sommet de la téte blanc laiteux; grandes pennes alaires bleu de ciel; plu- mage vert foncé; bec blanc, pieds gris, et yeux rougeâtres. LAmaszone à téte blanche, 3.“ espèce; Burr.; pl. enl. n.“ 549, sous le nom de Perroquet de la Martinique, et n.“ 335, sous celui de Perroquet à front blanc du Sénégal. Le Perro- quet à téte blanche; Epw. Hist. of Birds, pag. 166. Perroquet de la Martinique; BRiss. Ornith. tom. IV, pag. 242. Cr Perroquet, très-facile à reconnoitre dans son état parfait, varie tellement dans ses différens dges, et même dans l'état de domesticité, que beaucoup de ses variétés ont été données pour autant d'espèces. On en voit le male figuré deux fois sous des noms différens dans les planches enluminées de Buffon, erreur que cet auteur répare, il est vrai, dans sa description; mais en a-t-il moins commis celle d'avoir fait une espèce particulière de la femelle, sous le nom de Pa- pegay à bandeau rouge, pl. enlum. n.“ 792, et celle encore d'avoir donné un autre individu de la même espèce sous le nom de Pape- gay à ventre pourpré, pl. enlum. n.“ 5482 Nous ne finirions pas si nous voulions relever ici toutes les erreurs faites au sujet de l'espèce du Perroquet dont nous parlons. Nous nous contenterons donc d'in- diquer les variétés accidentelles de ce Perroquet, et de ne figurer que celles constantes d'dge et de sexe, ce qui doit suffire pour mettre les naturalistes à même de reconnoitre l'espèce sous tous ses traves- tissemens. Nous avons changé le nom d'Amazone à téête blanche, que Buffon avoit donné à Poiseau, en celui de Perroquet d face rouge, d'abord parce qu'il n'a de la téête à peu près que le sommet qui soit blanc, et en second lieu, parce qu'il existe une variété de PAmazone proprement dit qui a effectivement le front blanc; variété que nous ne connoissions point lorsque nous avons donné Thistoire des Amazones, et que nous pourrons un jour publier, si nous nous 60 HISTOIRE NAITURELI. E déterminons à faire paroitre un supplément lorsque nous aurons re- cueilli un nombre suffisant d'espèces nouvelles, arrivées trop tard en Europe pour entrer dans ces deux volumes. Le Perroquet à face rouge, le male, dans son état parfait s'entend, a toute la face, depuis le dessous des yeux jusqu'à la gorge, et mème le devant du cou, d'un rouge vif. Le front et une partie du sommet de la tête sont d'un blanc laiteux, auquel succède un bleu tendre, dégénérant insensiblement en un vert foncé, qui va se répandre sur tout le derrière et les cétés du cou: ce vert foncé est aussi la cou- leur du manteau, de toutes les couvertures alaires, du croupion, du bas du cou, de la poitrine, de tout le plumage en général enfin, si ce n'est que sur le milieu du sternum se trouve une grande plaque rouge-brun violâtre, y formant plastron et descendant jusqu'au bas- ventre. Les barbes intérieures du milieu de la queue sont aussi d'un rouge vif, mais qui ne se montre qu'en dessous de celle-ci lorsqu'elle est serrée. Nous observerons encore que toutes les plumes vertes de ce Perroquet paroissent tronquées, se terminant toutes par un liséré brunaâtre, qui les détache les unes des autres. Les grandes pennes alaires sont bleu de ciel extérieurement et noirâtres dans leur inté- rieur. Le méème bleu colore également les bords extérieurs des deux pennes les plus latérales de la queue. Enfin, les dernières pennes alaires, voisines du dos, sont gros vert. Le bec est blafard; les pieds sont gris, et les yeux, qui sont entourés d'une peau blanche, fari- neuse, sont rougedtres. Telles sont les couleurs du Perroquet à face rouge dans son état naturel, c'est-à-dire, dans l'état sauvage et lors- qu'il a acquis par l'aàge tous ses développemens. Dans l'état de do- mesticité nous avons vu des individus de lespèce dont le rouge de la face embrassoit le front, et d'autres chez lesquels le blanc du sommet de la téôte s'étendoit sur une partie de la joue: nous y en avons vu enfin de tapirés, chez qui le rouge s'étoit répandu sur une partie du corps, et tachetoit quelques couvertures des ailes et les plumes du cou. Ce sont sans doute toutes ces différences purement accidentelles qui ont occasioné une partie des erreurs dont nous avons parlé plus haut. Toujours est-il certain que le maâle du Per- roquet de cet article est exactement tel que nous l'avons décrit et figuré d'après onze individus de divers sexes et âges, tués dans les bois, que nous avons comparés ensemble, et qui nous avoient été envoyés directement de Saint-Domingue, où P'espèce paroit être très- abondante, du moins suivant les informations que nous recumes à cet △—= — 0.8H☛⏑ yrͦ— 4 — rop tarq en ät entend, de, et meme d sommet 3 eu tendre, epandre dun aussi la cou- roupion, du ral enſin, a ande Plaque lusqu'au bas- at aussi q'un ci lorsqw'elle des vertes ge zar un liséré des pennes as leur inté- rs des deux tres pennes d; les ieds lanche, fari- oquet 4 face vage et lors Pétat de do- le rouge de le blanc du nous) en ndu sur uneè ailes et les es purement dont nous ale du per- ens décrit et 1ués dans 5 avoient ete roit etre de 4 ft ecumes ¹ 1 DES PERROGCGUETS 61 égard de M. Foulquier, à qui je dois une collection très-précieuse d'oiseaux des contrées de l-Amérique qu'il avoit parcourues pendant le cours de son intendance à la Guadeloupe, collection d'autant plus précieuse pour moi que celui qui T'avoit faite avoit eu le soin d'in- diquer le sexe de chacun des individus qui la composent. Comme je n'ai jamais vu le Perroquet à face rouge dans aucun des envois d'oiscaux faits de la Guiane, il est plus que probable qu'il n'habite pas la partie méridionale de l'Amérique, et il est certain qu'il ne se trouve pas non plus au Sénégal ni dans aucune partie de l'ancien continent; ce qui n'empéche pas qu'on ne le trouve très- communément en Europe dans l'état de domesticité, tant à cause de la beauté de son plumage que parce qu'il est d'un naturel fort doux et qu'il apprend facilement à parler. Les oiseleurs lui donnent le nom d'Amasone d téte rouge. Nous avons figuré, n.“ 107 bis, une très-belle variété du Perroquet à face rouge, variété chez laquelle les plumes rouges de la face, ainsi qué celles du sternum, sont toutes terminées de vert. Cette variété existe, au moment oð j'écris, chez un oiseleur de Paris, où j'en ai pris le dessin. 16 d ——— —— — — öoöoöooöoöoſͤſͤſͤſſſ “ “ ——— 62 HISTOIRE NAIURELLEL — —ö— zℳM0ͤ——-—õ———nh-A-A——————-——-U——---——— 2 LE PERROOUET A FACE ROUGE. PLANCHE CVIII, LA FEMELLE. L'rxpIvIpu que nous représentons ici, et dont nous allons parler, faisoit partie de'envoi de M. Foulquier: il étoit étiqueté comme femelle du Perroquet de T'article précédent, et, d'après tous ses carac- tères extérieurs, il est impossible de ne pas reconnoitre dans cet oiseau Pespèce du Perroquet à face rouge. Ainsi il est à croire que Buffon, si fort porté d'ailleurs à faire des réductions, n'avoit pas vu en nature Foiseau qu'il a décrit sous le nom de Papeęgay à bandeau rouge; car il lui auroit été d'autant plus ſacile de le reconnoitre, qu'il paroit, d'après la description qu'il en donne, que cet oiseau avoit déjà en partie la tache rouge du milieu du sternum, tache que la femelle du Perroquet à face rouge prend en effet lorsqu'elle est avancée en âge. Le Papegay à bandeau rouge de Buffon n'est donc qu'une vieille femelle dans l'espèce du Perroquet à face rouge, ce dont nous nous sommes assurés par Pexamen que nous avons fait de plusieurs individus de cette espèce, que nous avons reconnus pour femelles, tant à la dissec- tion qu'à la préparation, lesquels individus se trouvoient absolument semblables à celui que nous représentons ici. Ainsi ce n'est plus par de simples conjectures, mais par l'expérience et l'observation, que nous nous trouvons fondés à éliminer comme espèce de Thistoire des Perroquets celle prétendue du Papegay à bandeau rouge de Buffon et de tous les naturalistes qui ont copié son erreur, et à donner cet oiseau pour ce qu'il est en efſet, la femelle du Perroquet à face rouge. La femelle du Perroquet à face rouge est un peu plus petite que le mäâle: son plumage est en général d'un vert foncé, semblable à celui de ce dernier. Chez elle, comme chez le male, les plumes sont coupées par écailles, c'est-à-dire, toutes terminées par un liséré bru- natre: mais elle n'a point de rouge sur la face ni sur le sternum; elle n'a pas même le dessus de la tête blanc. Un bandeau rouge lui ceint le front, et le sommet de sa tête est d'un vert bleuâtre, auquel succède le vert plein du reste de son plumage. Ses grandes pennes alaires sont bleues extérieurement, comme chez le maâle. Le bec, les pieds et les yeux, sont colorés dans l'un comme dans l'autre sexe. Nous renvoyons au surplus le lecteur à la figure exacte que nous donnons de cette femelle. tous 8e letagen ports d un cil tient en Dans kemelle, gexes 56 toujours ral est trine, l l queue les bord autres c couleur Touge. Al nest qu qui r'es son éka autant mäle, i oiseaux general avoit déji en la ſemelle du ée en äge. Le ieille femelle nous sommes individus de nt à la dissec- t absolument m'est plus par ervation, que e Phistoire des gee de Bufſom à donner cet t à face rouge. lus petite que semblable s plumes sont un liséré bru- sternum; elle lui ceint ſe DES PERROOQUEIS. 63 AANAm.. ᷣ————————V—VVV õUℳHſ——-————-—ääͤtr——A LE PERROOUET A FACE ROUCGE DANS SON PREMIER ETAT. PLANCHE CIITIII, bis. PIANCHE CIX, UN JEUNE MALE. Av sortir du nid le Perroquet à face rouge est tellement différent de ce qu'il devient par la suite, qu'il ne seroit pas étonnant, eu égard à la manière légère dont certains naturalistes voient les objets, que dans cet état il eQt été donné pour une espèce particulière, quoique tous ses caractères extérieurs, la forme de son bec et de ses pieds, l'étagement de sa queue et la coupe de ses ailes, ainsi que ces rap- ports de conformation et cet air de famille qui n'échappent point à un œil exercé, fassent aisément reconnottre celle à laquelle il appar- tient en effet. Dans cet état de premier âge, le Perroquet à face rouge, mâle ou femelle, n'a aucun des attributs de l'age fait: les individus des deux sexes se ressemblent parfaitement, à la taille près, que les maâles ont toujours un peu supérieure à celle des femelles. Le plumage en géné- ral est absolument vert, c'est-à-dire que toute la téête, le cou, la poi- trine, le ventre, le croupion, les couvertures des ailes et le dessus de la queue, sont de cette couleur; cependant toutes les plumes ont déjà les bordures brunes des autres âges, et qui les détachent les unes des autres comme des écailles. Les premières pennes alaires ont aussi leur couleur bleue, et celles du milieu du revers de la queue, un peu de rouge. Le bec et les pieds sont grisaille. A la première mue le male prend du blanc sur la tête; mais ce m'est que peu à peu et à différentes époques qu'il revêt sa helle livrée, qui n'est tout ce qu'elle doit étre qu'à la troisième mue, époque de son état parfait: jusque-là il offre annuellement, à chaque mue, autant de variétés différentes. Ce que nous disons à cet égard du male, il faut le dire aussi de la femelle. Le passage, au reste, de ces oiseaux par tous ces différens états est commun à tous les oiseaux .„. 3. généralement quelconques; car il n'en est aucun qui, dans le jeune 64 HISTOIRE NATURELLE àge, ne diffère plus ou moins, et toujours beaucoup, de ce qu'il est dans T'age fait. Nous avons figuré, n.“ 109, un jeune male de l'espèce du Perro- quet à face rouge, lequel avoit, dès P'instant de sa première mue, pris les plumes blanches du dessus de la tête. Nous observerons que cette variété avoit été donnée comme espèce particulière par Latham et Sparrman, et que Virey vient tout récemment, d'après ces deux naturalistes, de la publier comme telle dans sa nouvelle édition du Buffon, sous le nom de Papegay à front blanc. Nous pensons que les cinq figures que nous donnons de l'espèce du Perroquet que nous surnommons à face rouge, suffiront pour mettre les naturalistes à même de reconnoitre toutes les variétés de cet oiscau, et de relever eux-mémes les doubles emplois que les nomenclateurs m'ont pas manqué de faire de toutes ces variétés; täche désagréable pour nous, et dont nous avons cru inutile de sur- charger cet ouvrage. b Nous ferons remarquer, en terminant nos observations sur Pespèce du Perroquet à face rouge, que Buffon, pour faire du mâle un Ama- zone, lui donne une tache rouge dans le fouet de T'aile, ce qui est absolument controuvé, puisque dans aucun de ses divers états ce Perroquet n'a cette tache rouge, dont le même auteur fait le principal caractère des Amazones. Aussi avons-nous vu que cette même espèce figure dans son ouvrage parmi trois familles bien distinctes. Cepen- dant, d'après les caractères qu'il a établis lui-méême, le lecteur pourra aussi s'apercevoir que dans les planches enluminées de Buffon on n'a pas oublié, dans celle qui représente son Amazone à téte blanche, la tache rouge en question. Voilà donc encore une preuve convain- cante que c'est d'après ces mauvaises enluminures que Buffon a établi ses descriptions et les caractères des oiseaux dont il parle, raison bien suffisante pour expliquer les erreurs sans nombre dont fourmille la partie ornithologique de son immortel ouvrage. ‿ ons de espace suffiront pour les variétés qe nplois que les 8 ces variétes; inutile de sur- ans sur Tespéce mäle un Ama- le, ce qui est livers états ce ait le principal e meme espece ninctes. Cepen- lecteur pourra e Buffon on ma à téte blanche, Hreuve comain- Buffon a établi rle, raison bien nnt ſourmille l DES PERROOUETS. 65 AAAAAAnnAA ANAN N 4 LE PERROOUET AOUROU CouURAOc. PLANCHE CX. Taillo un peu inférieure à celle de IAmazone: plumage supérieur vert éteint, grisaillant ou brunissant, suivant les aspects: larges sourcils bleu-d'outremer: plumes du dessus de la téte jaunes, bordées de pleu sur le front: joues jaune-orangé: des- Sous du corps d'uun vert plus pale et plus jaunätre que le dessus: grandes pennes alaires vertes à leur naissance et noires ailleurs; les moyennes rouge-orangé, terminées de bleu: pennes latérales de la queue bleues extérieurement: toutes les autres vertes, terminées de jaundtre, en dessus, et rouge foible, terminées de jaune, en dessous; mais, en écartant les plumes de la queue, le rouge sapercoit égale- ment en dessus, où il est même plus foncé qu'en dessous: bec noir-brun au bout et jaune à la base: pieds gris-brun: yeux jaunes. „ e 1 45. LUAourou Couraou; BüFFON, 5.“ espèce d'Amazone; pl. enl. n.“ 547, sous le nom de Perroquet Amazone. Perroquet Amazone; BRiss. tom. IV, pag. 257. Cr Perroquet appartient à lancien continent, et il est si commun à la Guiane, tant françoise qu'hollandoise, qu'on en expédie journelle- ment de là en Europe la dépouille pour'ornement de nos collections. Aussi est-il peu de cabinets où on ne puisse le voir: Pespèce est mème si généralement connue, qu'il suffira de notre sommaire et de la bonne figure que nous en publions, pour qu'on soit toujours à même de la reconnoitre. Nous observerons seulement que l'individu que nous avons figuré est un male; et que les femelles de l'espèce diffèrent des mäles en ce qu'elles sont un peu plus petites, que le jaune de leur téte est moins vif, s'étend moins sur les joues, et que leurs sourcils sont moins bien prononcés. Buffon a rapporté à cette espèce un grand nombre de Perroquets tandis qu'ailleurs il a donné comme qui ne lui appartiennent pas, erreurs à légard desquelles espèce particulière une de ses variétés: nous renvoyons le lecteur aux articles où nous les avons à peu près toutes relevées en parlant des espèces qui y avoient donné lieu; car, je le répète encore ici, il seroit aussi pénible pour moi que désagréable sans cesse sur des questions rebutantes pour les autres, de revenir 'ignorance marquée qui moins encore par leur multiplicité que par les a fait nattre. 2 17 *——— —— ͦ—— * ——— 1 2 1 4 8—— ———— ſ—— ſͤſͤſͤſͤſͤſͤſͤſͤ.—ÿ————— 1 4 1 „ 4 3 4* 4 4 * *n 1 4 8* 4 13 4 4 4 4 3 4*½ — ————— — ——————— r—ü———————————————————ͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤnͤGͤGͤnͤn—— 3 8 ——. 66 HISTOIRE NATURELL E ——B——ͤnͤnn-õ—C—ℳA':ͤ——OA LE PERROOUET A JouEs ORANGEEsS. PLANOHE CXI Taille moyenne; plumage vert gai, tirant plus au jaune sous le corps qu'en dessus; front rouge; dessus de la tête bleu; joues orangées; grandes pennes alaires rouges dans leur milieu, bleues à leur naissance et à leurs pointes; les deux plumes les plus extérieures de chaque côté de la queue bordées de jaune en dehors; bec blanc jaunâtre; pieds gris. Lesser green Parrot; Epw. Hist. of Birds, pag. 164, avec ſig. Ox seroit tenté d'attribuer aux typographes l'erreur commise par Buffon d'avoir donné ce Perroquet pour une simple variété de son Crik à téête bleue, si on ne trouvoit dans cet auteur des preuves de beaucoup d'autres rapprochemens tout aussi peu fondés que celui-ci. En effet il n'y a, comme on peut le voir, pas le moindre rapport entre l'espèce de cet article, que nous désignons par la couleur de ses joues, et le Crik à téête bleue de Buffon, que nous nommons Perroquet Bouquet, n.“ 135 de ce volume. D'un autre cété il ne Peut pas y avoir de doute que notre Perroquet à joues orangées ne soit de la même espèce que celui d'Edwards auquel nous l'avons rapporté: ce que prouve jusqu'à l'évidence la simple comparaison de la figure publiée par ce dernier avec celle que nous donnons en téte de cet article. Le Perroquet à joues orangées a le front ceint d'un large bandeau rouge, qui, s'éétendant d'un œil à l'autre, descend entre ceux-ci et le bec, et colore la partie des joues voisine de ce dernier, pour se dégrader insensiblement dans le bel orangé vif du reste des joues. Tout le dessus de la tête, depuis le rouge du front jusqu'à Pocciput, est d'un beau bleu d'outremer, qui, dégénérant insensiblement en vert, teint de cette dernière couleur le derrière et les côtés du cou, ainsi que le manteau, les couvertures des ailes, leurs dernières pennes, 0'est-àdire, celles près du dos, le croupion et les couvertures supé- rieures de la queue: la gorge, le devant du cou, la poitrine et toutes les plumes du sternum, sont d'un vert jaunâtre, nuancé de bleu, le corps quen es pennes Alaires ointes; Antes; les qeun des de jaune en commise par ariété de son s preuves de que celui-ci. ndre rapport a couleur de us nommons re côté il ne s orangées ne nous Tavons comparaison s donnons en large bandeau tre ceuxci et nier, pour Se tte des joues lu Pocciput, ssiblement en 20tés du cou, aières pennes ertures 58 et toutes c pleu, pe rine neë d DES PERROOUETS. 67 qui, sur le bas-ventre, les couvertures du dessous de la queue et les plumes des jambes, prend un ton jaunâtre. La queue est, en dessus, du vert du dos, et en dessous d'un vert clair: mais ses deux plumes les plus latérales portent extérieurement une bordure jaune, couleur qu'on retrouve sur les petites couvertures du bord du poignet de Taile; celles en forme de pennes, qui couvrent à leur base les premières grandes pennes alaires, sont bleu-d'indigo: ces dernières sont rouges dans leur milieu et bleues à leur extrémité. Les grandes couvertures du dessous des ailes sont vertes, et les petites d'un jaune verdissant. Le bec est d'un blanc jaunatre; les pieds sont gris, et les yeux d'un rouge orangé. Jai vu vivant à Lisbonne, chez un marchand oiseleur, l'individu de F'espèce du Perroquet à joues orangées que je viens de décrire: il parloit passablement bien, et venoit du Brésil. —— ̈c I —-—õ— ——————’’ —————————— 6—————————— ——————õ——õ—mõᷓ—=——— — —— ⁴ ——— 68 HISTOIRE NAIURELIL. E .—9A2B 2—NNͤêêͥ——nnn-O§AU AO——O—— LE PERROOUET GEOFFROX. PELANOHE CXII, LE MALE. PLANCHE CXIII, LA FEMELLE. Taille au-dessous de la moyenne; queue fort courte; plumage vert-de-pré. Le maàle a le dessus de la téte bleu violatre; le front, les joues et la gorge, rouge- orangé; le bec rougedtre, et les pieds gris-brun. La femelle est un peu plus petite que le male, et m'a sur les joues qu'une foible teinte rougedtre: partout ailleurs elle est verte, mais d'un vert moins foncé que celui du male. — 4 7 1 1 5₰—— ——— ———————— “ .———— — LaA reconnoissance que je dois à M. Geoffroy, professeur de zoologie au Muséum national d'histoire naturelle à Paris, pour la manière obligeante avec laquelle il s'est prèté à me laisser disposer des oiseaux du Cabinet que j'avois à étudier et à décrire, m'a déterminé à donner son nom à l'espèce absolument nouvelle du Perroquet que je vais faire connoitre. Puisse ce foible témoignage de l'estime particulière que j'ai vouée à cet estimable naturaliste, ne pas blesser la grande modestie qui le caractérise jusque dans sa bienveillance pour tous ceux qui s'occupent de la science qu'il professe lui-mèême: exemple rare, qui, s'il étoit imité de tous les savans, rendroit l'étude bien plus agréable à ceux qui cherchent à le devenir et qui, sous ce rapport, ont plus besoin d'encouragement que des tracasseries rebu- tantes de ces hommes qui, ne sachant montrer leur importance qu'en faisant sentir leur pouvoir, ôtent jusqu'au désir d'apprendre. Le Perroquet Geoffroy est moins que médiocre de taille, et peut avoir sa place à côté des Perroquets Maipouri et Caica d'Amérique et de celui à téête grise d'Afrique, espèces qu'il représente dans T'hé- misphéère austral. On peut, à ces divers égards, consulter les figures exactes et de grandeur naturelle que nous publions ici du male et de la femelle de ce charmant et rare oiseau. Le mäle a le sommet de la tête d'un beau bleu tendre, et le front, les joues, la sorge, toute la face, d'un rouge orangé; mais, dans toutes les parties ou ce rouge avoisine le bleu de la téte, il se forme vert-derpre. Le ln gorge, rouge- dpeu plus petite partout ailleuss r de z0ologie la manieére des oiseaux né à donner que je vais particulitre eer la grande ce pour tous mme: exemple Pétude bien qui, SOus ce asseries rebu- ortance quen rendre. aille, et peut d Amerique ae dans'bé- eer les figures du mäle ek et le front; mais, dans 1l se forme DES PERROOUETS. 69 un mélange des deux couleurs qui y donne un ton lilas. Tout le reste du plumage est d'un joli vert de pré, un peu plus foncé sur le corps que par dessous; les couvertures du dessous des ailes sont d'un bleu tendre, et le revers des pennes alaires, d'un gris argentin; enfin, le bec est rouge, et les pieds sont gris-brunàtre. La femelle, que nous avons figurée n.“ 113, est un peu plus petite que le male, et tout son plumage est d'un vert uniforme, moins vif que celui de ce dernier: elle n'a par conséquent pas la téte colorée de bleu et de rouge, quoique sur les joues on remarque de foibles teintes rougedtres. On voit au Muséum d'histoire naturelle à Paris deux individus de ce Perroquet, l'un male, Pautre femelle: ils faisoient partie de l'envoi fait de la Nouvelle-Hollande par le capitaine Baudin. Les deux que j'ai fait figurer, et qui sont absolument semblables à ceux-là, appar- tiennent à M. Becœur de Paris, qui a eu la bonté de me les préter pour les décrire et les faire peindre. Qu'il me soit permis de lui témoigner ici toute ma reconnoissance pour la liberté qu'il me donne de disposer de ceux des oiseaux de ses collections que je fais entrer dans mes ouyvrages. 18 4 I 1 I 1 1 1 8 4 f I I if e I I 1 1 - I 1 8 4 83 3 1 4 — ͦ— —— ———— —— 3 — 70 HISTOIRE NATURELLE 8 2——VAA———-———ℳ—-———— 2 —V**— LE PERROOUET A CAMAIL BLEU. PELANCHE CXIV, LE MALE. Taille moyenne; queue très-courte et arrondie; téète, cou et poitrine bleus; manteau, croupion et couvertures des ailes d'un vert jaunâtre glacé, très-brillant; grandes pennes alaires pleues; ventre vert; couvertures du dessous de la queue rouges; bec noir-brun, avec une tache rougedtre de chaque còôté, au-dessous des narines; pieds gris-brun. Le Papegay à tete et à gorge bleues, Buyy. pl. enl. n.*¹ 384, sous le nom de Perroquet à téte bleue de Cayenne. Perroquet à tete bleue; Epw. Glan. pl. 314. Ir faut croire qu'à'époque où Buffon écrivoit l'histoire des oiseaux, ce Perroquet étoit moins commun qu'il ne l'a été depuis; car il le dit assez rare, mème à Cayenne: cependant, lorsqu'il décrit la femelle de cet oiseau, qu'il a prise et donnée pour une espèce particulière, il la dit commune à la Guiane. Comment arranger tout cela? Il nous suffit de savoir qu'aujourd'hui l'espèce du Perroquet à camail bleu est très-abondante à Cayenne; car il ne se fait presque jamais de ce pays-là d'envois d'oiseaux en Europe, qu'on n'y trouve plusieurs de ses individus, males et femelles: aussi la trouve-t-on actuellement dans la plupart de nos cabinets d'histoire naturelle. Qu'il n'en ft pas ainsi autrefois, cela ne seroit rien moins qu'étonnant: les oiseaux qui aiment à vivre aux dépens des cultivateurs, ont dũ se rapprocher des lieux habités et s'y multiplier à mesure que nos plantations leur offroient une nourriture plus abondante et plus de facilité à se la procurer. Or les oiseaux frugivores sont en général ceux qui savent le mieux profiter de ces avantages. Les Perroquets, qui d'abord vivoient dans lintérieur des bois de la Guiane, ont donc du se rap- procher par la suite des habitations. Ceci explique, de la manière la plus simple, l'apparition soudaine de certains oiseaux dans un pays ouù on ne les voyoit point ordinairement.('est ainsi méême qu'aujourd'hui les plantations nombreuses d'arbres à pins ont attiré dans les environs de Paris P'espèce du bec croisé, qu'on n'y voyoit point auparavant, et qui maintenant s'arrête tous les ans au jardin des plantes, où il trouve voitrine bleus: 3; très 5 b rillant de k queue 6, au-desous i de Perroquet 4 4 214. les oiseaux, s; car il le tla femelle articulière, Ja? Il nous ramail bleu jamais de re plusieurs ctuellement wil n'en füt les oiseaux rapprocher tations leur Ilité à se ke qui zavent lui q'rabord du' se rap- manieére la un pa²*s 1 aujourdhu les envirol aravant, 8i u il troue DES PERROOUETS. 71 beaucoup de ces arbres, dont il mange les graines, après les avoir détachées par le moyen du crochet inverse qui termine chacune de ses mandibules. Comme le Perroquet de cet article n'a pas seulement la téte et la gorge bleues, mais qu'il a tout le cou et même la poitrine de cette couleur, nous avons préféré le nom de Perroquet à camail bleu, que nous lui donnons, à celui de Papegai à tête et à gorge bleues, que lui avoit donné Buffon, et qui ne le caractérise pas assez. Ce bel oiseau a donc une sorte de camail qui lui enveloppe entièrement la téte et le cou, et qui se termine sur la poitrine, où, sur un fond violacé, les plumes portent seulement chacune une bordure bleue. On remarque aussi, vers le milieu du devant du cou, quelques plumes d'un rouge foible, qui joue dans le bleu du cou. Le haut du dos est d'un vert glacé et nuancé de pleu. Les scapulaires, toutes les cou- vertures du dessus des ailes, les dernières pennes alaires, celles prèͤs du dos, et le croupion, sont d'un vert-jaune lustré, qui, à certain jour, parott comme doré, et, à tout autre, olivacé. Les grandes pennes des ailes sont en grande partie d'un bleu-de-roi extérieure- ment, et noires dans leur intérieur et vers leurs pointes. Le ventre est vert, et les couvertures du dessous de la queue, ainsi qu'une grande partie du revers de celle-ci, sont d'un rouge vif: les couver- tures du dessus de la queue sont vertes; ses pennes du milieu sont aussi vertes, et les suivantes ou les latérales, bleues en partie. Le bec est d'un noir brun, et porte de chaque cêté une tache rougedtre. Les yeux, d'un brun orangé, sont entourés d'une membrane rouge terne. Les pieds sont d'un gris brundâtre, et les ongles noirs. ₰ f 1 . I 4 1 E 1 5 4 3 1 4 1 1 8 Ä - 3 1 6 1 —— 72 HISTOIRE NAITURFELLFE * 3——-ö-A A— —— ⸗ ⸗—ß—ℳêqꝛł1z——-——-õõõ»--——ℳ——-'——————V—-Gõö———ℳUKn—-ö—— ℳMℳ?⁊õANANA—A* LE PERROOUET A CAMAIL BLEV. PLANCHE CXI, LA FEMELLE. Tops les naturalistes ont fait de cette femelle une espèce particulière. Buffon l'a décrite sous le nom de Papegai violet, et figurée sous celui de Perroquet varié de Cayenne, n.“ 408 de ses planches. Edwards avoit, avant ce dernier, commis la méême erreur, tout en publiant une bonne figure de l'oiseau sous le nom de petit Perroquet noirAâtre, Glan. pl. 315. Il est surprenant que les ornithologistes, qui connoissoient le mâle de Fespèce, n'en aient pas reconnu la femelle, tant il est difficile de s'y mé- prendre, quelque différence qu'il y ait entre les couleurs de l'un et de lautre; car tous les caractères de forme sont entièrement semblables dans les deux. Aussi cette femelle violâtre est-elle aujourd'hui géné- ralement reconnue, dans les cabinets d'histoire naturelle, pour la femelle de l'espèce du Perroquet à camail bleu. C'est pourquoi nous ne balançons pas à la donner pour telle: mais nous pensons que ces Perroquets violätres ne sont que les jeunes de l'espèce; car sur plus de soixante que j'en ai vus et bien examinés, il n'en est aucun dans lequel je n'aie trouvé tous les caractères d'oiseaux jeunes encore. Quant à Tidentité spécifique de la femelle dont il s'agit ici et du male du Perro- quet à camail bleu, j'ajouterai que j'ai vu plusieurs individus de celle-là dans le moyen§âge, et qui, ayant déjà pris en partie les plumes de l'état parfait, se trouvoient alors bigarrées des couleurs des deux âges; ce qui arrive à tous les oiseaux en général à la même époque: ainsi il ne me reste plus aucun doute sur lidentité de ces deux oiseaux. AAu reste il est assez difficile de donner une description détaillée fort exacte de cette femelle ou, comme je le crois, du jeune âge du Perro- quet à camail bleu, ses couleurs étant peu distinctes et tellement nuan- cées qu'il est impossible de les déterminer au juste. Sur les ailes et la queue le bleu paroit dominer chez elle; mais il y est richement relevé de violet, couleur qui se joue sur le haut du dos, les scapulaires et le croupion, dont le fond est d'un brun terreux noirâtre. Le front porte quelques légères teintes rougedâtres vers les narines; et sur toute la tête, la face, le cou, la poitrine et le dessous du corps, règnent différens tons de brun relevé de bleu, de violâtre, à travers lesquels percent quelques teintes de blanc, qui terminent les plumes de ces différentes tal tie ut le mile de ie de oy me de pun et dę ut semblables rd'hui géne. lle, pour la urquoi nous 60IlS que ces Car sur plus aucun dans acore. Quant ale du Perro- us de celle- umes de Teétat Kages; ce qui insi il ne me k. détaillée fort ge du perro- lement nuar- les ailes et l dement releré zulaires et le e front porlé toute la täte, ent différels uels percent es lüfférenlés DES PERROOUETS. 75 parties. Les couvertures du dessous de la queue, ainsi qu'une grande partie du revers des pennes de celle-ci, sont rouges comme chez les vieux individus. Le bec est brun au bout, jaunàâtre à la base, et porte sur chaque mandibule, chez beaucoup d'individus, la petite tache rou- — A. 5... gedtre qu'on voit au male de l'espèce. Le tour des yeux est aussi nu et violàtre, et les pieds sont gris, comme chez ce dernier. On peut remar- quer que l'individu que nous avons figuré a déjà sur les ailes quelques teintes du vert auquel elles devoient entièrement passer par la suite, ce que n'avoient pas les individus décrits et figurés par Buffon et par Edwards: ceci doit lever tous les doutes, s'l pouvoit y en avoir encore, sur l'identité d'espèce des deux oiseaux représentés n.“ 114 et 115 de nos planches. b L'espèce du Perroquet à camail bleu est très-abondante à Cayenne, à Surinam, à Exequebo et à Démérari, dans toute la Guiane enfin; on la trouve même au Brésil: j'en ai vu du moins à Lisbonne deux très-beaux individus vivans, qui y avoient été envoyés, me dit-on, de cette dernière contrée. Je ne sais si, comme le prétend Buffon, ces Perroquets n'apprennent point à parler: ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ont les organes de la voix conformés exactement de la mème manière que tous les Perroquets parleurs. Pourquoi donc n'appren- droient-ils pas à parler, ou du moins à articuler des mots, comme tant d'autres? Il est très-probable qu'ils le pourroient; mais, pour leur donner cette sorte d'éducation, il faudroit les avoir au sortir du nid. On attribue souvent à la nature de toute une espèce des défauts pure- ment accidentels ou particuliers à quelques-uns de ses individus. Il n'y a encore que très-peu de Perroquets à camail bleu qu'on tienne dans l'état de domesticité; car depuis plus de trente ans je ny en ai vu que trois, lesquels étoient dans l'état parfait. Je suis fäché de m'avoir pas été dans le cas de disséquer cet oiseau dans tous ses âges, ce qui auroit 6tabli d'une manière certaine la connoissance des sexes dans P'espèce; car, quoiqu'il soit certain que le Perroquet à camail bleu est, dans P'age fait, absolument tel que nous l'avons représenté n.“ 114, et que, jeune, il est tel qu'on le voit n.“ 115 de nos planches, cela ne dit pas que les femelles soient semblables aux jeunes: cela est ordinaire chez les oiseaux, mais n'est pas assez général pour qu'on doive s'en faire une règle invariable, applicable à toutes les espèces indistinctement. 8 . 1 1 1 1 4 4 1 1 I I I 5 4 1 1 4 3 4 t v E 3 M I ö 4 ¹ I G 1 al 6 —— 8 74 HISTOIRE NATITURELLE 2= ——ℳ—W————Vö —— ò— ℳℳN»ͤö——O—ℳ— 2-8———õ-— . LE PERROOUET A TETE GRISE. PLANCHE-XI, LE MALE. PLANCHE CXVII, LA FEMELLE. 3 2/ ⸗ 2 2. A Taille ramassée et moins que méediocre; queue courte et à pennes égales; tête et cou gris; large plastron vert, tombant en pointe sur le milieu du sternum; ventre dun beau jaune-orangé très-vif; manteau, ailes et dessus de la queue verts; bec gris-noir; yeux jaune d'or; pieds blanchätres. Le Perroquet à téte grise; Bury. pl. enl. n.“ 288, sous la dénomination de petite Perruche du Sénégal. Perruche du Sénégal; BRISs. tom. IV, p. 400. I est surprenant que Buffon, qui a séparêé des Perroquets proprement dits les espèces du Caica et du Maipouri d'Amérique, n'ait point aussi fait entrer dans la tribu de ces derniers l'espèce du Perroquet à tète grise dont nous faisons le sujet de cet article. II faut croire qu'il n'a décrit cette espèce que d'après ce qu'en avoit dit Brisson avant lui; car il est probable que, s'il eũt vu en nature le petit Perroquet à tête grise, il lui eũt trouvé tous les caractères qui l'ont déterminé à faire de ces oiseaux de médiocre taille une famille à part, comme formant la nuance en grandeur entre ses Papegais et ses Perriches du nouveau continent. On doit sentir que le systéme des séparations, déterminé seulement par la considération des tailles de différente grandeur des espèces, présente trop d'inconvéniens pour qu'on ne nous pardonne pas d'avoir suivi une marche différente. Si Buffon avoit mieux examiné les oiseaux qu'il ne paroit Pavoir fait, il auroit vu que le Perroquet Maipouri et le Caica, dont nous donne- rons aussi les descriptions, n'avoient, ni l'un ni P'autre, la têéte plus forte, proportionnellement à leur taille, que beaucoup d'autres Per- roquets d'Amérique. Il y a des différences bien plus sensibles entre d'autres Perroquets que celles dont nous parlons ici, sans que pour cela Buffon ait fait de ces Perroquets autant de familles Particulières. Au reste, ici comme dans mille autres endroits, on voit que Buffon a fait ses descriptions d'après les mauvaises figures enluminées de ses es égales; tzte 9 du stemum; de k queue petite Perruche proprement point aussi dquet à téte rre quil na a avant lui; oquet à téte miné à faire une formant du nouyeau s, déterminé randeur des us pardonne Pavoir fait, nous donne- la téte plus d'autres per⸗ DESPERROOUETS. 75 ouvrages, et qu'elles seules l'ont guidé: or, dans celle de ces figures qui représente le Maipouri, on a en effet grossi prodigieusement la téte de cet oiseau. Le Perroquet à téte grise a le corps épais, la queue carrée et courte; ce qui, avec la médiocrité de sa taille, le fait paroitre trapu, et lui donne un air lourd, qui contraste avec ses belles couleurs d'un gris argentin, nué d'une légère teinte brunâtre sur le sommet de la téte, et le vert sur toute la face et une partie du devant du cou, au bas duquel règne un large plastron d'un vert lustré, qui, embrassant le derrière du cou, tombe en pointe sur la poitrine, et se détache agréa- blement sur le beau jaune-orangé de tout le reste du dessous du corps. Le manteau, les couvertures des ailes, le croupion, le dessus de la queue, sont d'un vert gai, ainsi que les bords extérieurs des pennes alaires: les parties intérieures et les pointes de ces dernières sont d'un gris brun; leur revers est gris-luisant, et celui de la queue, d'un gris jaundtre. Le bec et les pieds sont d'un gris noiratre, et les yeux bruns. La femelle de l'espèce de ce Perroquet est un peu plus petite que le maâle: la couleur jaune est moins orangée chez elle, et les plumes grises de la tete et de la face y portent quelques bordures vertes, tandis que celles vertes du plastron y ont au contraire des bordures grises. Tout d'ailleurs est semblable dans les deux sexes. Le Perroquet à téte grise se trouve au Sénégal. Il étoit autrefois fort rare dans les collections, mais depuis quelque temps on importe vivans beaucoup de ces oiseaux à Paris; il m'est arrivé d'en voir plus de vingt-cinq faire partie de la cargaison d'un seul batiment: aussi ai-je eu occasion d'en disséquer plusieurs, et d'en vérifier les sexes d'une manière positive. Il existe en ce moment, chez un marchand de Paris, un de ces Perroquets, qui parle très-bien et qui montre beaucoup d'attachement pour son mattre; qualités précieuses et qui vaudront sans doute à Pespèce d'etre beaucoup recherchée, d'autant plus encore que ses belles couleurs et la médiocrité de sa taille la rendent très-intéressante, ainsi qu'on peut le voir par les figures exactes et de grandeur naturelle que nous donnons du male et de la femelle. — — —— ——————— 6 5.. — 2 1* 8. —————————=— .—————————— 9— —*—————*““ 2 “ — —— ——— , — 76 HISTIOIRE NATURELLE 8—————ℳ——— 2A N—-—ʃN———— 1—— VARIETE DU PERROOUET A TETE GRISE. pfAVOHE exVI Lr Perroquet à téte grise présente plusieurs variétés, dont nous ne donnerons ici qu'une des principales par la dégradation totale de sa couleur verte, dégénérée en jaune, et chez laquelle le jaune orangé meéme s'est beaucoup affoibli en même temps qu'il s'est répandu sur. la téte et le cou; T'oiseau enfin est entièérement d'un jaune citron. Cependant une telle variation n'a rien d'extraordinaire; car il n'est peut-tre aucun Perroquet vert chez lequel elle ne puisse avoir lieu, ainsi que nous l'avons prouvé ailleurs. L'individu dont il s'agit ici, ſacile à reconnoitre à toutes ses formes, avoit vécu dans l'état de domesticité, et ses couleurs avoient changé peu à peu par cause de maladie, cause ordinaire des variations du genre de celle-ci. J'ai dis- séqué cet individu, dont je conserve la dépouille et que j'ai reconnu pour mäale. J'ai vu vivans plusieurs autres individus de la méème es- pèce, et chez lesquels le jaune ne s'étoit répandu que sur une partie du dos et des couvertures des ailes, et sur la téte: ces individus se trouvoient alors tapirés de jaune, à peu près comme le sont les autres Perroquets chez lesquels la couleur d'une partie du corps se trouve transportée sur d'autres parties. Mais dans le Perroquet à téte grise, et dans les autres variétés tapirées que nous avons fait représenter sur nos planches, on voit que ces oiseaux ne prennent pas de nou- velles couleurs, et que celles qu'ils ont naturellement ne font que changer de place, abonder ici, ou se dégrader ailleurs. 4 — Cer de M les Pe pas le aussi Poise: mépr mam prenc au M habita d'eau troupe Ceux par les roquel qu'on krouyxe Jje ne! 1 est trouye quu ne 2 N Xᷣò nous ne tale de sa de orangé anndu sur ie citron. r il n'st oir lieu, jagit ici, 'état de cause de Jai dis- reconnu mème es- une partie lividus se les autres ze trouye téte gI ise, présenter s de nou- font que DES PERROOUETS. 77 ————⸗——— A LE PERROOUET MAIPOURI. Per4 VOAE CXTEX, LE MAL.E. PLANCHE CXX, LE JEUNE AGE. 7.„* De médiocre grandeur: corps ramassé; queue courte et arrondie; dessus de A— 1—. la téte noir; tache verte de chaque côté entre les narines et les yeux; manteau, couvertures des ailes, croupion, moyennes et dernières pennes alaires, vert de Pré; grandes pennes alaires noirâtres dans leur intérieur et bleues extérieurement; devant du corps couleur de café au lait; cuisses, bas-ventre, couvertures du des- sous et revers de la queue, jaune d'ocre; bec blafard; pieds bruns. Le Maipouri; Buy. pl. enl. n.“ 5276, sous le nom de petite Perruche Maipouri de Cayenne. M hite breasted Parrot; Epw. Hist. of Birds, pag. 169, avec une bonne figure. CrrrE espèce porte à Cayenne, où elle est très-commune, le nom de Maipouri, que nous lui conservons, mais en la replaçant parmi les Perroquets, dont très-certainement elle fait partie, puisqu'elle n'a pas la queue pointue comme les Perruches. Ce nom de Maipouri est aussi celui d'un grand quadrupède d'Amérique, et n'a été donné à 'oiseau qui fait le sujet de cet article, que parce qu'il imite, à s'y méprendre, dit Buffon, le sifflement de cet animal, le plus grand des mammifères connus du nouveau monde. Le méême auteur nous ap- prend que l'espèce se trouve non-seulement à la Guiane, mais encore au Mexique et jusque chez les Caraques; qu'elle n'approche pas des habitations, et qu'elle se tient de préférence dans les bois entourés d'eau: il nous dit enfin que ces oiseaux vont ordinairement en petites troupes, sans cependant avoir d'affection les uns pour les autres, et que ceux qu'on prend vieux ne peuvent s'apprivoiser ni même s'adoucir par les moyens qu'on emploie ordinairement avec succès pour les Per- roquets les plus revèches, c'est à-dire, le camouflet ou la fumée de tabac qu'on leur souffle dans le nez. Il n'est pas surprenant d'apres cela qu'on trouve si rarement cet oiseau dans l'état de domesticité; quant à moi, b je ne ai même jamais vu nulle part dans cet état: mais en revanche il est si commun dans les collections qu'il en est peu où on ne le .—. A..„„ trouve; il fait méme encore partie de toutes les pacotilles d'oiseaux qui nous viennent de Cayenne. Buffon a observé de plus que cette 20 2 78 HISTOIRE NATURELLE espèce de Perroquet avoit les plumes du ventre très-petites et comme collées sur le corps. Cette observation n'est vraie que sous un rap- port, c'est-à-dire que, quoique les plumes du ventre ne soient pas plus petites chez cet oiseau que chez beaucoup d'autres Perroquets de la même taille que lui, il est certain que dans beaucoup d'individus Maipouris on trouve toujours toutes les plumes, depuis la poitrine jus- qu'au milieu du ventre, comme poissées et unies les unes aux autres, ce qui, en en dénaturant un peu la couleur, leur donne en effet lap- parence d'tre collées au corps; mais, en lavant cette partie poissée, les plumes redeviennent très-pures, reprennent leur couleur naturelle, et n'ont plus lapparence qui a trompé Buffon. II est probable que la matière gluante qui colle ainsi les plumes du ventre et de la poitrine de ces oiseaux, ne provient que de l'espèce de fruit dont ils se nour- rissent, et dont le jus se répand sur ces plumes et les poisse, comme il arrive à nos grives de se poisser le plumage du devant du corps lorsqu'elles se mettent à manger le fruit de la plante parasite nommée gui, et dont la substance est si collante qu'elle sert à faire une espèce de glue capable d'arréter les oiseaux. Nous remarquerons en outre que toutes les plumes du Perroquet Maipouri sont rudes, et que sa peau est fort épaisse; ce qui encore, lorsque sa dépouille est desséchée, contribue à faire paroitre ses plumes plus courtes qu'elles ne le sont en effet: cela prouveroit aussi que ces oiseaux se nourrissent de fruits très-succulens et môme fort sucrés; car tous les oiseaux qui vivent de miel, comme les indicateurs d'Afrique, les sucriers, les oiseaux mouches, les colibris, qui sucent les fleurs, et même les guépiers, qui mangent les abeilles, ont la peau épaisse et les plumes rudes. Quoi qu'il en soit à cet égard, sil est vrai que l'espèce de Perroquet dont nous parlons ici n'approche jamais des habitations, que tous les autres Perroquets recherchent avec soin pour proſiter des fruits qu'ils y trouvent en abondance, du café surtout, dont ils sont très-avides, et que dans l'état de domesticité il refuse toute espèce de nourriture, il faudroit au moins en conclure qu'il se nourrit de substances diffé- rentes de celles dont s'alimentent en général les autres Perroquets. Quant à ce que dit Buffon sur le caractère farouche de cette espèce et sur ce qu'elle vit en troupe, il faut le dire de tous les autres Per- roquets, tous criards, querelleurs, difficiles à apprivoiser quand on les prend vieux, et fréquentant de préférence les forêts voisines des rivières. Il sera toujours facile de reconnoitre les Perroquets Maipouris à la u corps ommée espèce cre que a peau schée, le sont le fruits vivent oiseaux upiers, s rudes. rroquel lous les ls quils avides, rriture, s diffe- distribution régulière et par opposition de leurs belles couleurs. La DES PERROOUETS. 79 téte de ces oiseaux est couverte d'une calotte noire, qui va des narines à l'occiput et descend de chaque côté jusqu' aux yeux, qu'elle embrasse. Une petite tache vert-pomme adhère d'un côté à ce noir, et occupe l'espace compris entre les yeux, le bec et les narines. Les joues et le devant du cou sont d'un jaune d'or; le haut du cou, d'un jaune d'ocre plus foncé sur la partie postérieure que sur l'antérieure, oùð elle se fond par degrés avec la couleur de café au lait, qui est aussi celle du bas du devant du cou, de la poitrine, de P'estomac et des flancs, jusqu'au ventre. Les plumes des jambes, le bas-ventre, toutes les couvertures du dessous, méème le revers, de la queue, sont d'un jaune d'ocre plus foncé que partout ailleurs. Le dos, le manteau, toutes les couvertures et les dernières pennes des ailes, sont d'un vert gai; leurs premières ou grandes pennes, noires dans leur intérieur et bleues extérieurement; les suivantes, noires aussi en dessous, mais à bordures bleues. Le bec est gris-cendré; les pieds et les ongles sont d'un brun noiratre, et les yeux, suivant Buffon, noisette foncé. Entre le grand nombre d'individus que nous avons vus de l'espèce du Perroquet Maipouri, nous avons remarqué pour toutes différences que quelques- uns étoient plus petits et avoient les couleurs un peu moins vives que d'autres: il est probable que ceux-là étoient des femelles de F'espèce. Quelques autres de ces individus, qui présen- toient tous les caractères d'oiseaux jeunes encore, avoient les plumes du dessus de la tête d'un noir brunatre et marquées de vert. On voyoit aussi quelques bordures vertes aux plumes d'ocre du haut de leur cou et à celles de toute la région abdominale, tandis que celles du devant du corps avoient dans leur intérieur une teinte jaune et n'étoient bor- dées que d'isabelle. Le vert du dos avoit en outre chez ces individus jeunes une teinte plus jaunâtre que chez les vieux, et les grandes pennes alaires y étoient bordées de vert: ils avoient le bec jaunaâtre sur les côtés et brun sur J'aréête. Nous avons représenté un de ces oiseaux, jeune encore, dans notre n.“ 120, auquel nous renvoyons le lecteur. ——y————y ööö—— —————— 80 HISTOIRE NAIUREL L E ——V ——— ——-———OAgANéꝛI————-'-OMO———— X LE PERROOUEIT A CALOTTE BLEUE. PLANCHE CXXI. Grande taille; dessus de la tête et grandes pennes alaires bleus; bande noire des yeux aux narines; dessus du corps vert plein; dessous, vert olivacé; bec rouge; pieds gris-brun. Le grand Perroquet vert à téte bleue; BvyyF. pl. enl. n.“ 862, sous le nom de Perroquet dA mboine. Un Perroquet est de la plus belle taille; il égale sous ce rapport le Perroquet Meunier. Sa queue, légèrement étagée, s'arrondit en s'éta— lant, et les ailes, ployées, vont jusqu'à la moitié de la longueur de celle-ci. Une calotte d'un beau bleu de ciel couvre absolument tout le dessus de la téte, et embrasse l'espace compris entre les yeux et la base de la mandibule supérieure. Une bande noire, étroite, et par- tant de chaque narine, aboutit des deux côtés au coin de l'œil; ce qui fait très-bien à la figure de l'oiscau. Le derrière du cou, le dos, le manteau, toutes les couvertures des ailes, leurs mitoyennes et der- nières pennes, sont d'un vert plein. Les grandes pennes alaires sont bleues sur leurs bords extérieurs, et noirâtres à leur revers. Les joues, la gorge, le devant du cou, la poitrine, le ventre, les plumes des jambes, et les couvertures du dessous de la queue, en un mot, tout le dessous du corps est d'un vert jaunâtre légèrement olivacé. Le dessus du milieu de la queue est du vert du dos, tandis que ses côtés sont bleus, et que son revers est d'un jaune brundtre. Le bec est rougedtre, et les pieds sont gris-brun. Cette belle espèce de Perroquet, qui, suivant Buffon, se trouve à Amboine, est encore fort rare dans nos collections: je n'y ai vu du moins jusqu'à ce jour que trois de ses individus, dont deux faisoient partie, l'un de celle de Mauduit à Paris, l'autre de celle de l'abbé Aubry, aussi à Paris; le troisième, on le voyoit autrefois au Jardin des plantes, mais il y étoit en très-mauvais état, et y a péri par la mauvaise manière dont il avoit été préparé à une époque ouù J'art d'empailler les oiseaux étoit presqu'ignoré. N N noire 3 bec de DES PERROOUETS. b 81 AAAAAAA 2AAAN. 2ö— ℳ ℳNiKõ-AnAnnnnnnnn 2—ℳNͤnnnnnn LE PERROOUET A FACE BLEUE. PLANOHME CXAXILI. Taille de TAmazone; face bleue; pennes des ailes bleues; du rouge au milieu de ces dernières; tout le dessus du corps gros vert, ainsi que la queue; plumes des côtés du cou et celles des flancs d'un rouge lilas tendre, et bordées de vert; bas-ventre jaune-souci; bec et pieds noir-brun. Le Crik d face bleue; BuFr. pl. enl. n.“ 360, sous le nom de Perroquet de la Havane. CrrrE espèce de Perroquet se distingue non-seulement par la dou- ceur et lamabilité de son caractère, mais encore par la beauté de son plumage, qualités qui doivent le faire rechercher de tous ceux qui attachent quelque plaisir à élever ces sortes d'oiseaux; car celui-ci semble, par sa docilité et ses caresses, montrer de la reconnoissance pour les soins qu'on a donnés à son éducation. Jai vu cinq de ces Perroquets dans l'état de domesticité, et pas un n'a démenti ce que je viens d'avancer en leur faveur; de sorte qu'on peut avec justice, je pense, en faire honneur à espèce entière, et la mettre à côté de celle du Jaco ou Perroquet cendré, si généralement et si avanta- geusement connu. Buffon, avant nous, avoit décrit l'espèce de notre Perroquet à face bleue sous le nom de Crik à face bleue; et la ſigure qu'il en a don- née sous celui de Perroquet de la Havane, est au moins passable. Chez cet oiseau un masque bleu couvre la face, en embrassant lar- gement le front, et en descendant de derrière les yeux jusque sur les joues, qu'il couvre entièrement. Le dessus de la téte, les côtés et le derrière du cou, le dos, le manteau, le croupion, les couver- tures du dessus de la queue, la queue elle-même, les plumes des jambes, toutes les couvertures et les dernières pennes des ailes, sont d'un vert plein, glacé de bleu. Les premières pennes alaires sont pleues, les autres rouges dans leur milieu, et bleues à leur naissance et à leur extrémité. Les plumes du devant du cou, celles de la poi- des flancs et de l'estomac, sont d'un rouge-clair vineux, nuancé 21 trine, 0v„ — x— 2 4 8— X— 4. 4 ſſͤ—-ʒ) ͤͤͤ 4-— 9— “ äääääöãöãee———“—“—— *——.———————————— —————— 2——— 4 2 — ———— ——.— ——ÿ———— .——————. — ——— ———— 5 ſſſſſ —— — 1 1 1 „ 8 — 4 4 4 4 4 4 5 1 5 82 HISTOIRE NAITURELL F de lilas, et bordées de vert: cependant, comme ces bordures vertes sont fort larges sur la poitrine et sur l'estomac, on n'apercoit sur ces parties la couleur rougeâtre qu'en en soulevant les plumes; mais sur les céôtés du cou et sur les flancs les bordures vertes laissent voir cette belle couleur vineuse, et forment avec elle, le long du corps, dans l'endroit où les ailes sy appliquent, une sorte de marbrure verte et lilas, du plus bel effet. Le bas-ventre est d'un jaune d'ocre. Le bec et les pieds sont d'un noir-brun qui approche de celui de corne. Les yeux sont orangés. b L'espèce du Perroquet à face bleue se trouve au Mexique: c'est au moins de là que provenoient, à ce qu'on m'a assuré, quatre de ses individus vivans, que j'ai vus tant à Lisbonne qu'à Cadix. Celui que Buffon a décrit et figuré, venoit de la Havane. L'abbé Aubry avoit aussi dans ses collections un de ces Perroquets, mais qui avoit beaucoup moins de la couleur lilas sur les flancs que celui que j'ai figuré. Etoit-ce une femelle? Il est à croire que celui qui a servi à la description de Buffon a aussi péri; car l'espèce n'existe plus au Jardin des plantes de Paris. DES PERROOUETS 83 AAAADL AAAAAAA——jj QAAAA2 —.-:eAGUAA AA NAIAANARAAAãA A—* LE PERROOUET LORI A SCAPULAIRE BLEU. Taille moyenne; queue arrondie; calotte noire; cou et croupion rouges; sca- pulaire bleu, descendant sur tout le devant du corps, depuis le bas du cou jusquau ventre, et tenant au haut du dos, qu'il embrasse; bec rouge; pieds noirdtres. PELANOHE CXXTITI, LE MALEF. PLANCHE CXXTV, LA FEMELLE. Le Lori trioolore; Bupr. pl. enl. n.“ 168, sous le nom de Lori des Philippines. Lori des Philippines; BRISs. tom. IV, pag. 226. First blach-capped Lori; Epw. tom. IV, pag. 170. Cr magnifique Lori, que nous placons parmi les Perroquets à cause de ses formes, nous le désignons par son scapulaire d'un bleu riche- ment nuancé de violet, et nous croyons mieux le caractériser par là qu'il ne sauroit l'étre de toute autre manière; car il est le seul de sa tribu qui porte cette marque distinctive. Le nom de tricolore ne convient pas à un oiseau qui a du noir, du vert, du rouge, du bleu, et même du brun. Ce nom, d'illeurs, pouvant s'appliquer à d'autres Loris qui ont les mèêmes couleurs que celui-ci, ne désigneroit point lun plutòôt qu'un autre. Une calotte noire couvre tout le dessus de la teéte du bel oiseau que nous allons décrire. Sa face est d'un rouge velouté, qui, passant sur la nuque, y forme un demi-collier, et se répand ensuite sur tout le devant du cou jusque sur la poitrine, où il se termine circulaire- ment. Tout le dessous du corps, depuis la poitrine, et les couver- tures du revers de la queue, sont d'un gros bpleu violàâtre, qui, traversant les cêtés de la poitrine, couvre le haut du dos seulement et remonte jusqu'au demi-collier rouge de la nuque; de sorte que, le bas du dos et le croupion étant du mèême rouge que la gorge, on diroit en effet voir un oiseau rouge, affublé d'un scapulaire gros- bleu, dont le pan de devant, beaucoup plus long que celui de der- rière, descendroit jusque sur les jambes, qui sont de ce même bleu. 86 HISTOIRR NATURELIL E Les ailes, si on excepte un frangé rouge sur le milieu de leurs bords latéraux, sont toutes d'un vert plein. Le dessus des pennes de la queue est d'un gros bleu, tirant au rouge vers leurs pointes. Le haut du revers de celle-ci est d'un rouge cramoisi, et le bas verdâtre. Le bec est rouge, les pieds sont noiraâtres, et les yeux d'un rouge brun. Tel est, dans Pétat parfait, le male de notre Perroquet Lori à sca- pulaire bleu. La femelle, dans le même état, ressemble au male, à ceci près que le scapulaire bleu, au lieu de lui couvrir absolument tout le dessous du corps, comme au male, ne passe chez elle que sur le milieu du sternum, et y laisse ainsi apercevoir du rouge sur les flancs. Le male, dans son jeune âge, ressemble totalement à la femelle; de sorte que ce n'est qu'à un certain âge qu'il prend en- tiérement son scapulaire bleu. Nous observerons que, tant que ce Lori est vivant, son bec est rouge; qu'il pâlit à sa mort, et qu'il finit dans nos collections par devenir tout blanc: ceci arrive au reste géné- ralement à tous les oiseaux à bec rouge ou jaune. L'espèce de ce Lori abonde dans une grande partie des Moluques, oùð on fait beaucoup de cas de ces oiseaux dans l'état de domesticité, à cause de leur docilité et de leur amabilité. Pendant mon séjour au cap de Bonne-Espérance je n'y vis pas arriver un seul batiment de la compagnie hollandoise à bord duquel il n'y en eòt plusieurs. Fen avois acheté cinq, que j'espérois pouvoir apporter vivans en Europe; mais nous ne fümes pas plus tôt entrés dans les régions tempérées que le froid les fit tous périr: il est vrai que nous étions alors en Décem- bre, et que nous essuydmes sur mer de gros temps, que les Perroquets ne supportent que très-difficilement. A mesure qu'ils mouroient, je disséquois les individus de l'espèce que j'avois avec moi. Pendant mon séjour au Cap j'avois aussi eu occasion de disséquer plusieurs de ces oiseaux. Ce n'est donc que d'après une connoissance certaine de leurs sexes que j'en ai établi les différences. Il parott que c'est de cette espèce de Perroquets que l'on a pris la dénomination générale de Lori, mot qu'elle prononce en effet d'une manière très-distincte et d'une voix douce; dénomination qu'on donne aux Perroquets chez lesquels le rouge domine. urs borqg es de k Le haut datre. Le uge brun. ri 1 8Ca- mäle, à solument elle que rouge sur ment à la Pprend en- at que ce qu'il finit este génô⸗ loluques, mesticité, séjour au- iment de eurs. Jen Europe; perées que en Décem- derroquets woient, je dant mon urs de cés e de leurs de cette nérale de stincte et luels che⸗ DES PERROOUETsS.. 65 — — ·ʒQęQAAAA LE PERROOUET LORI UNICOLORE. PLANCEE CXAP Taille moyenne; queue courte et étagée dans ses plumes latérales; plumage rouge, un peu plus cramoisi sur le dos, le croupion et la queue; grandes pennes alaires noir-brun; bec rouge; pieds brundâtres. * L'oxrronwirE de la couleur du plumage de ce Lori nous a déter- miné à lui donner le surnom d'unicolore; et cette couleur est d'un rouge pale sur la téête, le cou, la poitrine, P'estomac, le ventre et les couvertures du dessous de la queue. Le manteau et le croupion, les couvertures des ailes et celles de la queue, la queue elle-mèême, sont aussi rouges, mais d'un rouge foncé, presque cramoisi. Les grandes pennes alaires sont d'un noir brun vers leur pointe. Le bec est rouge, et les pieds sont d'un brun terreux. b L'espèce de ce Lori se trouve aux Moluques. M. Temminck, d'Ams- terdam, qui avoit deux de ces oiseaux dans sa belle collection, eut la bonté de m'en donner un. Ces deux individus sont les seuls de respèce que j'aie jamais vus. 22 86 HISTOIRENATURELLE —— —-—————O———— —— 3 2 LE PERROOUET GRAND LORI. PLANCHE CXXII, LE MALE. Grande taille; queue légérement arrondie; téte, cou, scapulaires et couvertures des ailes, rouge cramoisi; poitrine et sternum couverts d'un plastron violet tendre, qui entoure la partie de derrière du bas du cou; grandes pennes alaires bleues; croupion et queue cramoisis; bout de celle-ci jaune d'or; bec et pieds noirs. Le grand Lori, Burr. pl. enl. n. 683. Dorrom n'a pas connu, à ce qu'il parott, cette espèce de Perroquet dans son état parfait. L'individu qu'il a fait servir à sa description n'étoit encore que dans son jeune âge. Ce n'est donc que d'un jeune grand Lori qu'il a voulu parler. Cette espèce, la plus grande que l'on connoisse de la riche tribu des Loris, égale presque par sa taille les plus grands Perroquets Amazones; car l'oiseau a au moins treize à quatorze pouces de longueur totale. La téte et le cou, le dos, les sca- pulaires, toutes les couvertures des ailes, le croupion, le bas-ventre, sont d'un rouge cramoisi. La poitrine, les flancs, tout le devant du corps jusqu'au ventre, sont couverts d'un plastron violet, qui, passant par les céôtés du cou, en embrasse le derrière et semble y étre comme suspendu. Les petites couvertures qui bordent le pli des ailes et les grandes pennes de celles-ci, sont d'un bleu violet: leurs dernières plumes, celles plus près du dos, sont du cramoisi de cette dernière partie. Le dessus de la queue est aussi cramoisi dans les deux tiers de sa longueur, et le reste, c'est-à-dire le bas, est d'un jaune d'or: les couvertures du dessous et le revers de la queue sont de ce mème jaune. Le bec, qui est d'une grosseur remarquable, est noir. Les pieds et les ongles sont aussi noirs. Ce grand Lori, qui habite les Moluques, se trouve assez com- munément dans nos collections. Je P'ai vu chez MM. Temminck, Raye de Breukelervaert, Holthuysen et plusieurs autres personnes d'Amsterdam; je Pai vu encore chez M. Bœrs à Asserswoude, chez V —.— ouvertures let tendre, es bleues, 5 noirs. erroquet scription un jeune que Ton taille les treue à s, les Sca- as-ventre, levant du i, Passanlt re comme iles et les dernières derniere deux tiers nune d'or: ce moͤme Les pieds ssez Coll- eruminch— dersonnes ude che DES PERROOUETS. 87 M. Gevers à Rotterdam: il est peu de cabinets en Hollande, enfin, où on ne le voie. A Paris, MM. Mauduit, Poissonnier, Aubry, Lerault et M.me de Baudeville, Pavoient aussi. Moi-même, j'en ai conservé un individu fort long-temps; mais il fait aujourd'hui partie du cabinet du Jardin des plantes, où l'on en voit en mèême temps deux autres: Pun desquels est une variété intéressante de Pespèce; variété dont nous avons à parler, et qui est probablement l'oiseau qui a servi à la description que Buffon a voulu nous donner du Lori de cet article. * — — 1 ½ 4 1 3 1 4 6 1 1 4 * 3 * 1 4 8 8 4 3 3 4 4 3 4 1 * 4 4 1 — 8 —ÿ nnnnẽnẽnẽõõõõégéêéq----—!&!l&lE·-·—··-·!ͥͥNͥ!—!ᷓᷓᷓ»»»vllllll⁊ĩ⁊ĩ⁊ĩ⁊—⸗⸗⸗⸗⸗⸗⸗⅛⅞„.. ——— S“ ſſſſſ .—„———— ——————————————— ———————— —————— ———————.—————— 88 HISTOIRE NATURELL E ——— — ö—ͤXꝰv—IæNb—— ᷣQ-------—---—-—--ͤo——-——-—— V————— õV——. LE PERROOUET GRAND LORI. PREMIERE VARIETLE. PLANCHE CXXIII. SECONDE VARIETE. PEANCHE CXXVIII. C.. 2„„. ·1..1 ETrE première variété, dont nous n'ävons vu qu'un seul individu, qui se trouvoit chez M. Carbentus à la Haye, diffère de tous ceux dont nous avons parlé dans notre précédent article, en ce que, chez elle, les plumes du devant du sternum étoient toutes frangées de vert, et que toute la bordure de ses ailes étoit bleue. Tout d'ailleurs est si semblable entre elle et ceux de ces autres individus parvenus à létat parfait que j'ai eu occasion de voir, qu'il ne me reste aucun doute sur son identité d'espèce avec eux. Nous présumons donc que cette variété présente le moyen âge de l'espèce, état qui est probable- ment celui où entrent tous les individus de cette espèce du moment qu'ils ont quitté leur première livrée. Ce qui donne à cette conjecture une sorte de probabilité, c'est qu'un autre individu que j'ai vu de P'es- pèce, et qui offroit tous les caractères d'un jeune oiseau encore couvert en grande partie de ses premieères plumes, avoit presque toutes celles du sternum absolument vertes: et il est à remarquer que ce sont pré- cisément ces mèêmes plumes vertes qui par leur nature nous ont prouvé que Findividu qui les portoit étoit dans le jeune àge; car les plumes de ses autres parties étoient absolument semblables, tant par leur con- formation que par leurs couleurs, à celles des mêmes parties des vieux individus de l'espèce. II seroit donc à peu près certain que, couvert de ses premières plumes, le grand Lori a au moins toutes celles du sternum vertes; qu'après la première mue il n'y a plus chez lui que les bords de ces mèêmes plumes qui soient de cette couleur, et qu'enſin ce n'est qu'à la troisième ou quatrième mue que Foiseau prend ce beau violet de tout le devant du corps. Nous avons figuré, n.“ 128, cette seconde variété du grand Lori, laquelle fait partie du cabinet d'his- toire naturelle au Jardin des plantes. Grande ciel; gran nuancd de (L" berr que ce ca hbien, porl lui a laisse tout le ba que lorscq encore ch ze prolong epéce de nuance le le reste d plus prom mais le ve couyerture celles prés reyers de premières itre. Los bleu, et l piedh et le 1 paroit ne l voit 1 ſällnis trou hits de ce mesticite des diſteren 2 ndividu, zus ceux ue, chez gées de Tailleurs venus à e aucun onc que vrobable- moment onjecture u de l'es- e couvert tes celles sont pre- nt prouvè s plumes leur con- des vieux — couvert celles du 2 lui què qufenii d ce beal 28, celle nel dhis DES PERROOBUETS. 89 ——X—-Väé-OA—O LE PERROOUET TAVOUA PLANCH E CXXX Grande taille; queue légèrement arrondie; front rouge-cramoisi; sourcil bleu de ciel; grandes pennes alaires gros bleu; tout le plumage vert, et presque partout nuancé de bleu tendre; croupion rouge vif; bec gris-noir; pieds bruns; yeux jaunes. Le Tavoua, Burr. 3.“ espèce de Papegai; pl. enl. n.“ 840. Cr Perroquet, qu'on auroit pu surnommer à croupion rouge, parce que ce caractère, très-remarquable chez lui, le désigneroit parfaitement bien, porte à la Guiane, son pays natal, le nom de Tawoua, que Buffon lui a laissé et que nous lui conservons. Outre le beau rouge qui couvre tout le bas du dos et le croupion de cet oiseau, mais qu'on n'apercoit que lorsqu'il étale, soulève ou laisse pendre ses ailes, on remarque encore chez lui un bandeau rouge-cramoisi qui, lui ceignant le front, se prolonge de chaque côté jusqu'au coin de l'œil, d'où se détache une espèce de sourcil bleu de ciel, qui couronne celui-ci: ce mèême bleu nuance le dessus de la tête, les joues et la gorge, sur un fond vert. Le reste du plumage est d'un vert gai, nuancé aussi de bleu tendre, plus prononcé sur les ailes qu'ailleurs, et mêlé d'un peu de jaune; mais le vert est plus foncé sur le derrière du cou, le manteau, les couvertures des ailes, toutes les moyennes et dernières pennes alaires, celles près du dos, et sur la queue, que sur le dessous du corps et le revers de celle-ci. Les grandes couvertures du bord des ailes et leurs premières pennes sont d'un gros bleu, qui à certain jour parott noi- ratre. Les couvertures du dessous des ailes sont d'un vert nuancé de pleu, et le revers des pennes est noir. Le bec est d'un noir gris; les pieds et les ongles sont brundtres; les yeux, d'un jaune d'or. Il paroit que cette espèce n'est que de passage à la Guiane, et qu'on ne la voit même que fort rarement à Cayenne; car elle ne s'est presque jamais trouvée dans les nombreux envois d'oiseaux qui nous ont été faits de ce pays. Il est aussi fort rare de la trouver dans l'état de do- mesticité: depuis le temps, du moins, que je m'occupe de rassembler les différentes branches de cette belle famille d'oiseaux, je n'ai vu que 23 2 90 HISTITOIRE NAITITURELL F trois individus vivans de l'espèce de celui-ci: je n'en ai connu mème que cinq d'empaillés, dont deux à Amsterdam, chez MM. Raye de Breukelervaert et Holthuysen; deux à Paris, chez Mauduit et l'abbé Aubry: le cinquième fait encore partie du cabinet d'histoire naturelle de Versailles. L'un des trois individus vivans que j'ai eu occasion de voir chez M. Marvi, huissier-priseur à Paris, er qu'il avoit depuis long- temps, étoit entiérement tapiré sur les couvertures des ailes, ainsi que sur le cou et le ventre. Le rouge du dos avoit tellement dominé dans cet individu, qu'il sy étoit répandu partout; ce qui, ainsi que nous avons fait voir ailleurs, arrive à tous les Perroquets à la suite d'un dérangement physique quelconque. Dans les premiers temps de son état de domesticité celui-ci m'avoit rien de différent des autres Tavouas de son espèce; mais au bout de quatre à cinq ans il prit quelques plumes rouges sur les ailes, et depuis ce moment à chaque mue il lui en pous- soit encore, de sorte qu'à la fin il se trouva avoir sur le corps autant de plumes rouges que de vertes. Comme nous avons eu assez souvent Toccasion de fournir des exemples d'une telle variation dans d'autres espèces ayant naturellement déjà cette couleur sur une partie quel- conque de leur plumage, nous avons cru qu'il étoit inutile de figurer ici ce Tavoua tapiré en rouge. Le Perroquet Tavoua m'est pas seulement remarquable par la beauté de son plumage; il a encore un talent particulier pour retenir et répéter les mots qu'on veut lui apprendre: aussi Buffon le met-il, sous ce rapport, au-dessus de tous les Perroquets; mais, suivant le meme auteur, cet oiseau auroit un caractère méchant et trattre au point de méditer ses mauvais coups, et de feindre de vouloir caresser, pour saisir l'occasion de mordre plus srement. Quant à moi, je n'ai pas reconnu ce défaut au petit nombre d'individus vivans que j'ai vus de Fespèce: lun d'eux méme, qu'un oiseleur promenoit, il n'y a pas long- temps, juché sur sa main ou sur ses épaules dans toutes les rues de Paris, étoit si doux et si accessible qu'il se laissoit prendre indistinctement de tout le monde, sans jamais chercher à mordre personne. Il en est donc probablement du Tavoua comme de tous les Perroquets, de tous les oiseaux, même de tous en général, dont le caractere doux ou malfaisant d de éducation qu'on leur a donnée; et certes il s'en qu'il appartienne indistinctement à chacun d'en do les animaux épend beaucoup faut de beaucoup ½ 4 3 1 . 1 4 1 4 4 3 4 1 4 1 † 1 3 1 1 1 3 1 4 6 1 3 I 5 t t nner une bonne. ———————— ———— 1 méeme Kaye de t Tabbe naturelle 1sion qe Uis long insi que in6 dans lue nous nte d'un 3 de 80n Tavouas splumes en Pous- 's autant souyent dautres ie quel- e figurer la beauté et repéter .sous ce le mème au point caresser, moi, je vans que nenoit, il ales dans ge laissoit ercher ¹ omme de animaux beaucoup beaucoup e bonne- DES ERROOUETS 91 A —⸗⸗ℳ—-—-———————————⸗—⸗ℳęℳ MℳK— H ↄ AAAA LE PERROOUET A FRANGES SOUCI. PLANCHE CXXX, LE MAILE. Taille moyenne; corps robuste; queue courte, un peu étagée; ailes atteignant aux trois quarts de la longueur de cette dernieère; téte, cou et poitrine, d'un gris- brun olivacé; estomac, ventre, croupion et jambes, vert-de-mer brillant et lustré; manteau, couvertures des ailes, vert-brun; grandes pennes alaires et plumes de la queue brunes, avec quelques bordures vertes; bord des ailes frangé de souci; jarretiéres de cette couleur au bas des jambes; bec fort et blanc; pieds grisaille. Cr Perroquet est la seule espèce de Perroquets proprement dits que j'aie trouvée dans toute la partie de l'Afrique que j'ai parcourue à des- sein dy observer les oiseaux. Il ne fréquente que les grandes forêèts de la céôte de l'est, et n'avance par conséquent vers le cap de Bonne-Espé- rance que préêcisément jusque-là où elles commencent par rapport à nous, c'est-à-dire, à une quarantaine de lieues environ de ce fameux b promontoire. Il est donc vrai qu'on trouve des Perroquets au-delà des tropiques, puisque celui-ci habite sous le trente-deuxième degré de latitude sud, et qu'il est même très-probable que, si les arbres qui portent les fruits dont ils se nourrissent croissoient plus sud encore, ces oiseaux y descendroient. Le fait, au reste, que je rapporte ici, n'est pas le seul que nous ayons à opposer à l'opinion contraire de Buffon à ce sujet: d'autres voyageurs ont aussi trouvé des Perroquets bien au-delà des tropiques. C'est ainsi que chaque jour Pexpérience vient détruire les erreurs du génie. Cherchons la vérité dans des faits cons- tans et avérés, sans prétendre l'établir sur de simples conjectures. Viendra peut-étre un second Buffon, qui, s'emparant de tous ces faits et les ennoblissant par la magie du style, en fera sortir des traits de lumière qui, en éclairant les hommes, fixeront peut-étre leurs con- noissances en histoire naturelle. Vouloir établir ces connoissances sur des idées enfantées par l'orgueil ou l'ignorance, c'est vouloir, dans un désert aride, élever un monument durable sur un sable mouvant, que le vent agite, soulève et finit par disperser au loin:'édifice, laissé sans fondement, croule alors sur lui-méême, et n'offre plus aux yeux éton- nés qu'un amas informe de débris épars ou confusément entassés! 4 4 1 1 4 1 b —— — ͤZöZö—ö—ö—öoö—öö—o—ö—öoöoöoobo 155 ſ —-—————y— 9² HISTOIRE NATURELL E On ne commence, ainsi que je J'ai dit plus haut, à voir sur la côte est du sud de l'Afrique Pespèce du Perroquet que nous surnommons à franges souci, que là où croissent les premières forèts qu'on trouve en descendant du cap de Bonne-Espérance, c'est-à-dire, vers les petite et grande rivières Saumache: on le voit ensuite jusque chez les Cafres. Si je ne l'ai trouvé nulle part sur la côte ouest, c'est sans doute parce qu'il n'y a pas sur cette cêôte un seul des fruits dont cet oiseau aime à se nourrir, et qui sont ceux que donnent les arbres nommés dans le pays geele Hoult(bois jaune), wilde Kaersen(ceri- sier sauvage); arbres dont j'ai parlé dans mon premier 7 oxyage. Mais, si ces arbres ne croissent pas à P'ouest du sud de P'Afrique, on y en trouve d'autres dont les fruits attirent une espèce de petit Perroquet que je ferai connoitre à Particle des Perriches, après avoir parlé des Cacatous. b Les Perroquets à franges souci arrivent en grandes bandes par le côté de la ligne, pour se répandre dans les forêèts de l'est du Cap; ils passent dans ces foréts toute la belle saison, qui pour eux est celle des chaleurs, et s'en retournent par le même côté à l'approche de la mousson pluvieuse, lorsqu'ils ont fait leur ponte et élevé leurs petits. Ces oiseaux ne se tiennent que dans les bois; ils vivent en troupe, et volent à une si grande hauteur que souvent on les entend crier dans les airs sans que pour cela il soit possible de les y voir. Quoique natu- rellement très-bruyans, ils décèlent au chasseur l'endroit où il peut les trouver; il n'est pas toujours facilé de les y surprendre, surtout à certaines heures. Voici au reste dans le plus grand détail tout ce que j'ai observé sur les habitudes de'espèce; ce que je vais dire peut en grande partie, je crois, s'appliquer, à quelques modifications près et qui tiennent à des causes locales, à toutes les espèces de cette riche et belle tribu d'oiseaux. Quoique vivant en troupe, le Perroquet à franges souci s'apparie, c'est-à-dire que chaque male a sa femelle propre, et qu'on le voit toujours perché à côté d'elle. Le temps des amours arrivé, chaque couple se choisit un domicile à part, soit dans un trou d'arbre, soit dans un creux de rocher, et c'est là que la femelle fait sa ponte sur des feuilles sèches, de la mousse, ou sur la poussière du bois vermoulu. La ponte est de quatre œufs blancs, presque ronds et de la grosseur à peu près de ceux de nos pigeons domestiques. Le male les couve aussi bien que la femelle; mais la durée du temps de l'incubation ne m'est pas connue, ce qu'on a pu trouver d'œufs de ce Perroquet ayant d cdie unons trouve Ts les chez 5t sans ont cet arbres (ceri. Mais, I y en roquet rlé des par le ap; ibs t celle de la petits. upe, et er dans ne natu- peut artout à ce queè peut en près et te riche pparie, le voit chaquè bre, soit sur des moulu. grossell es couye ation! ne det afant DES PERROOUETS. 93 été aussitét abandonné par le père et la mère. Quoique je n'aie donc pu me procurer à cet égard des notions exactes, je crois cependant pouvoir donner pour certain que les petits éclosent dans moins de vingt-quatre jours. On les trouve quelquefois seuls; mais le père et la mère ne les quittent jamais que passagèrement. Les petits Perroquets naissent abso- lument nus, et se couvrent ensuite d'un duvet blanc sale, à travers lequel percent, au bout de cinq à six jours, les tuyaux de leurs plumes. Rien de si hideux qu'un jeune Perroquet pris au moment ouù ses plumes, commencant à pousser, sont encore enfermées dans leurs cap- sules. Une masse lourde, informe et toute couverte de pointes roides, perçant à travers un duvet cotonneux; cette masse surmontée d'une grosse téte, armée d'un bec très-fort: tel est le portrait fidèle du petit monstre. Qu'on ajoute à cela un regard étonné, des mouvemens rustres et toujours à contre-sens, un air maussade et déplaisant; et l'on se sera fait une idée de ce qu'est un de ces Perroquets à lâge de douze ou quinze jours. Au bout de six semaines toutes ses plumes, étant dégagées, lui couvrent entièrement le corps: dans cet état il est au moins reconnoissable; mais à cet âge il est encore dans le nid. Quoi- que déjà à peu pres aussi fort que les vieux, et quoique ses ailes aient presque toute leur ampleur, il n'ose pas prendre P'essor, et s'il hasarde de sortir de son trou, il reste perché sur le premier arbre, où le pèere et la mère continuent à lui apporter de la nourriture, qu'ils lui dégor- gent dans le bec. A deux mois les jeunes Perroquets ont acquis toute leur grosseur, et mangent seuls: déès-lors ils suivent les vieux dans leurs différentes courses, sans doute pour apprendre à connoitre et à trouver les alimens qui leur conviennent. Une fois qu'ils peuvent suf- fire à ce dernier besoin, ils font bande à part; les vieux les chassent pour ne plus s'en inquiéter, et chaque bande vit de son côté. II est toujours facile au chasseur de distinguer les bandes de vieux Perro- quets de celles des jeunes; car autant les premiers sont difficiles à surprendre, autant les derniers sont faciles à approcher et à tirer. Jai remarqué que régulièrement tous les jours et aux mèêmes heures les Perroquets à franges souci se rendent à l'eau, pour sy désaltérer et se laver, le bain étant un besoin en même temps qu'un grand plaisir pour eux: les heures du repas sont aussi fixes, de sorte que la journée de ces oiseaux est absolument réglée. Le matin, dès l'aube du jour, tous ceux de chaque canton s'assemblent respectivement et à grand bruit sur un ou plusieurs arbres morts, suivant que la 4 1 4. troupe est plus ou moins nombreuse; et là, déployant leurs ailes 24 2 94 HISTOIRENAIURELELLE pour les exposer aux premiers rayons du soleil, ils semblent nous rappeler ces peuples antiques dont Phistoire nous fait connoitre les mœurs simples, et qu'elle nous montre assemblés sur une colline élevée et y chantant des hymnes de reconnoissance à chaque appa- rition de l'astre bienfaisant de la lumière. Mais quel est le motif qui porte ces Perroquets à sattrouper ainsi? Au Cap, comme en général dans tous les pays chauds, les nuits sont quelquefois très- froides et surtout fort humides; or les Perroquets sont très-sensibles aux effets de ces variations atmosphériques. IIs n'ont donc pour but dans leur premier rassemblement que de se réchauffer, et de ressuyer F⸗ 1 8—.— ——.—,.. 3.——..— leurs plumes que des rosées abondantes ont imbibées; ils choisissent pour cela les arbres morts, parce qu'ils y jouissent plus à découvert —— des premiers rayons du soleil. Une fois réchauffée et séchée, la troupe se détache et se rend Par pelotons dans les lieux où abondent les —— fruits que recherchent ces oiseaux, et dont ils cassent le noyau pour en manger seulement l'amande. Gest en général la manière de vivre de tous les Perroquets; ils préferent toujours les noyaux aux fruits méêmes: aussi dans l'état de domesticité les noisettes, les noix, les amandes, le chènevis, sont-ils Pespèce de nourriture qu'ils aiment le plus. Si on leur donne des fruits, comme des cerises, des prunes, des abricots, etc., on les voit souvent en dépecer la substance pour s'attacher au noyau de préférence. Ce n'est pas cependant qu'ils n'ava- lent aussi quelquefois la pulpe des fruits succulens; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ne la préferent jamais, et qu'il leur faut une nourriture plus substantielle. Quoiqu'il y ait dans les forêèts du cap de Bonne-Espérance plusieurs sortes de fruits agréables à manger et recherchés par les oiseaux purement frugivores, je n'ai jamais trouvé dans Festomac des Perroquets que j'y ai tués que les amandes de ces fruits. Le repas du matin dure jusqu'à dix ou onze heures. A cette heure tous les pelotons se rendent séparément à Pabreuvoir et de Tabreuvoir au bois. Le moment de la chaleur étant venu, ils se réfugient encore par pelotons dans le milieu des arbres les plus touf- fus, pour y étre à l'ombre et jouir en silence de la fraicheur qu'ils y trouvent: je dis en silence, car alors, et contre leur ordinaire, les Perroquets sont tellement tranquilles, qu'il m'est souvent arrivé de m'asseoir, excédé par la chaleur, au pied d'un de ces arbres et dy rester des heures entières sans me douter que j'avois au-dessus de moi une légion de Perroquets, et de ne m'en apercevoir que quand, tirant par hasard un oiscau qui se trouvoit à ma portée, le bruit les faisoit — 1 88ͤ 1 8 7 1 8 1 8 34 4¹ 4 3 3 4 1 3 4 1 1 4 — — ͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤſ ö —————yy——— noug re les olline appa- motil me en 8 très. nsibles ur but ssuyer sissent uyert troupe ent les u pour e viyre fruits xX, les aiment prunes, ee pour s'aya- uuil ya aut une du cap anger et 5 trouvè ndes de zures. A uvoir et u, Ils se lus touf DES PERROOUELIS. 95 partir tout à coup avec la rapidité d'un éclair, et en piaillant sur tous les tons discordans du cri d'effroi ordinaire de ces sortes d'oiseaux. Mais une fois au fait de cette manœuvre, j'avois les yeux aux aguets, et me trouvant averti par quelques indices, par les crottes fraiches que je voyois au bas de l'arbre mystérieux, même par celles qui me tomboient sur le corps de temps à autre, je m'éloignois à la dis- tance de la portée du fusil, puis tirant mon premier coup dans'en- droit le plus touffu de J'arbre, et ajustant plus sürement du second coup les Perroquets au moment de leur départ précipité, il m'arri- voit d'en tuer plus ou moins suivant que la troupe étoit forte et que le hasard m'avoit bien ou mal servi dans la direction du pre- mier coup. Cette espèce de sieste des Perroquets dure tout le temps de la forte chaleur: ils se répandent ensuite dans les endroits ouù ils trouvent de la nourriture; et ce dernier repas fini, il se fait un rassemblement général de tous les pelotons d'un canton, rassemble- ment extraordinairement animé, bruyant, et qui amène le départ pour le bain, qu'ils vont prendre quelquefois fort loin; car il faut à ces oiseaux une eau pure, limpide, courante, et une plage com- mode. C'est là qu'il faut les voir arriver, se précipiter pèle-méle les uns sur les autres sur le sable ou le gazon du bord des rivières, folâ- trer, se jouer, plonger leur tête dans reau, y tremper leurs ailes pour la faire rejaillir sur toutes leurs plumes, présenter enfin une scène des plus animées, délicieuse pour eux, et la plus agréable à voir. Qui n'a admiré le plaisir qu'éprouvent nos Perroquets domes- tiques en pratiquant cette sorte d'ablution, tellement nécessaire à leur existence, que négliger de leur en faciliter l'usage, c'est les pri- ver d'une de leurs plus grandes jouissances, et sexposer aux regrets de les voir souffrir et bientét mourir de langueur? Du bain général les Perroquets s'acheminent vers les mêmes arbres morts où ils »'éétoient réchauffés et essuyés le matin; arbres de choix et de pré- dilection, qu'ils n'abandonnent jamais à moins qu'on ne les y ait troublés. C'est là qu'en se secouant et en faisant passer par leur bec toutes leurs plumes, tant pour en faire sortir la vermine que pour en exprimer l'eau, ils achèvent leur toilette, préparée par le bain qu'ils viennent de prendre. Cette opération terminée, on voit chaque couple défiler, Pun après JTautre, vers le lieu secret de sa retraite pour y rester en repos jusqu'au lendemain, qui, avec les mêmes besoins, ameène les mêmes scènes. N'est-ce pas ainsi que dans la vie paisible des champs tous nos jours se ressemblent, tandis qu'au sein des 96 HISTOIRRE NAIURELL E de poules. II ne nous reste plus qu'à décrire les couleurs de espèce du Perroquet de cet article. b Sa taille est presque égale à celle du Jaco ou Perroquet cendré de Guinée, et, en comparant ensemble ces deux oiseaux, on trouve entre leurs formes des rapports étonnans; ce qui seul prouveroit à des yeux exercés qu'ils sont congénères, s'il pouvoit y avoir du doute sur le pPays natal de l'un ou de P'autre. La tête, la face, le cou et la poitrine du Der nt . grandeurs et du tumulte des sociétés bruyantes, chaque instant est 8 subordonné à des circonstances qu'on n'a pu ni prévoir ni éviter? qu! 5 Nous avons vu que, pendant l'espèce de sieste que font ces Perro- le ze quets dans le moment de la plus forte chaleur du jour, ils étoient uné 4 silencieux et ne bougeoient pas, quoique dans tout autre ils fussent nos Pla b très-bruyans et difficiles à approcher. Ceci n'a rien de surprenant: la resse il en est ainsi non-seulement de tous les oiseaux, mais de tous les gert br animaux, dans tous les pays, même dans nos climats tempérés. II zes bor n'est pas chez nous un chasseur un peu expérimenté qui ne sache tures d que l'heure ou le soleil est le plus élevé est aussi celle qui est la plus vert-d - favorable pour surprendre le gibier, et qu'alors il faut pour ainsi dire pord G 1 mettre le pied sur les lièvres, les perdreaux et les cailles, pour les welle faire partir; à ces heures l'animal le plus méfiant reste blotti, et le d lon rossignol cesse de chanter. Jai parlé des moyens de reconnottre les lieux qui servent d'abri aux Les p. Perroquets; voici maintenant les ruses que j'ai employées pour me 9 ſinn procurer de différentes autres manières, et tout à mon aise, autant Jeulx de ces oiseaux que j'en voulois: reconnoitre les arbres morts où les Les Perroquets se rassemblent; chose facile, car ces arbres sont telle- quen“ ment blanchis par les crottes de ces oiseaux qu'on les croiroit peints verte e en blanc: se rendre long-temps avant les Perroquets sur les lieux Les. du rassemblement, s'y tenir bien caché et à portée d'un des arbres le cou reconnus; attendre qu'il soit bien chargé, et tirer dessus. Si l'on con- que ce noit leur abreuvoir ou le lieu du bain, qu'on aille s'y cacher et attendre jambes le moment de leur arrivée. Rester blotti aux environs d'un arbre chargé hec es des fruits qu'ils mangent, est encore un moyen facile de tuer quelques- Con uns de ces oiseaux, mais qui est loin de valoir celui de P'affut sur les Gingin lieux de rassemblemens du matin et du soir. Dans tous les cas il faut noir e charger son arme de gros plomb, car les Perroquets sont durs à tuer. AI. b Ces oiseaux sont mangeables: les vieux, après avoir fait une excellente 1 soupe, peuvent être fricassés; les jeunes sont bons de toute manière, ui 20 méme rôtis. Leurs œufs sont très-délicats et valent, à mon avis, ceux Aolt ant est riter? Perro- Gtoient fussem Lenant: Ous les erés. I e sache l plus nsi dire vour les ti, et le abri aux our me autant ou les t telle⸗ t peints es lieux s arbres von con- attendre e charge uelques Hsur les as il faut s à tuer. cellente nanière, ris, Celld respece endre de Ive entre des yeux e Sur d poiurine DES PERROQUEIS. 97 du Perroquet à franges souci, sont d'une couleur fort équivoque, tenant du gris, du brun, du vert et du jaune olive, telle en un mot qu'il a été beaucoup plus facile au peintre de l'imiter qu'il ne nous le seroit de la rendre par des mots: nous ne saurions donc donner une plus juste idée de cette couleur, qu'en renvoyant le lecteur à nos planches, où Foiseau est représenté d'une manière frappante pour la ressemblance. Le manteau et les couvertures des ailes sont d'un vert brunâtre, mais plus bruns au centre de chaque plume que sur ses bords. Le sternum, les flancs, le ventre, les jambes, les couver- tures du dessous et du dessus de la queue, le croupion, sont d'un vert-de-mer lustré, très-brillant. Toutes les petites couvertures du bord des ailes, dans l'endroit où celles-ci s'appliquent au corps lors- qu'elles sont ployées, sont d'une belle couleur de fleur de souci, couleur qui ceint aussi en forme de jarretière le bas de la jambe. Les pennes des ailes et celles de la queue sont d'un brun noirâtre et frangées de vert. Le bec est blanc; les pieds sont grisaille, et les yeux d'un brun rougedtre. Laes males et les femelles de l'espèce de ce Perroquet ne diffèrent qu'en ce que ceux-là ont un peu plus de taille, et les couleurs, celles verte et souci surtout, un peu plus vives que ces dernieères. Les jeunes, encore couverts de leurs premières plumes, ont la tôte, le cou et la poitrine, d'un vert gris; le manteau d'un vert moins brun que celui des vieux: les plumes vertes du ventre, du croupion et des jambes, portent toutes chez eux un trait brun dans leur milieu: leur bec est d'un bplanc jaunàâtre. Comme j'avois apporté d'Afrique en Europe un certain nombre d'individus de l'espèce de ce Perroquet, j'ai eu la satisfaction de pou- voir en distribuer plusieurs entre M. Temminck d'Amsterdam et MM. Raye de Breukelervaert, Holthuysen et Bœrs: on en voit aussi un au cabinet dhistoire naturelle au Jardin des plantes à Paris. Il y avoit dans ce nombre deux individus variés, dont nous allons parler. 1 4 1 1 8 1 4 4 1 4 4 6 1 † 4 4 ³* 4 1 3 3 3 4 1 1 1 1 4 6 4 4 4 1 4 1 98 HISTOIRE NATUREL.I. E VARIETE DU PERROOUETA FRANGES SO0CI. PLANCHE CXXXI Crrer variété offre dans son espèce le même accident qui est com- mun à tous les Perroquets qui se tapirent naturellement, et l'on voit ici comme ailleurs que Toiseau varié n'a pas pris une couleur qui ne lui für déjà propre. La couleur de cet individu est celle orangée du bord des ailes et des jarretières, laquelle, ayant abondé chez lui, s'est répandue sur différentes parties de son corps. Cet oiseau est un de ceux que j'avois pris tout jeunes dans le nid et que j'avois élevés: après avoir vécu quelque temps en parfaite santé, il devint languis- sant, et il lui poussa alors dans une mue quelques plumes souci sur la téte; depuis et à mesure qu'il lui tomboit une plume, elle étoit remplacée par une autre de cette dernière couleur. Il mourut enfin sur le vaisseau qui me ramenoit en Europe. Je reconnus à la dis- section qu'il étoit mâle. Dans le nombre des Perroquets de l'espèce que j'ai tués dans les bois, je n'en ai trouvé qu'un seul qui fôt aussi tapiré; il n'avoit même que quelques plumes souci sur le front: cet individu fait partie de la collection de M. Temminck, à qui je Pai donné. Jai trouvé encore dans des envois d'oiseaux faits de Cayenne b Nenne deux Perruches Aras Macavouanne, tapirées en rouge, quoiqu'elles eussent été tuées dans les bois; ce qui ne doit pas étonner, car il y a tout lieu de croire que les causes qui agissent dans l'état de domes- ticité agissent aussi dans l'état de nature. mage epau Le! CE Molu porte son) est b tion; de ce mêème bien: crupe rise d tous le Cel le des chacu à dist les cor Cou, e Alaires intérie les aile W st com. on voit eur qui orangée hez lui, mest un élevés: languis- duci sur le étoit ut enfin mla dis- lespèce ft aussi ont: cet ui je Tai Cayenne viquelles „car iy 2 domes- DES PERROOUEI S. 99 — Q+AAAAA. +NA——--—:——-———:I———N«-AGAAANVÖVÖV LE PERROOUET A FLANCS ROUCGES. Pf NOHE CXXXII. Grande taille; bec robuste; mandibule supérieure rouge, infèérieure noire; plu- mage général vert lustré; flancs et petites couvertures du dessous des ailes rouges; epaules et grandes pennes alaires bleues; pieds noir-brun. Le Perr oquet vert; BuFr. 2.“ espèce, avec une figure détestable, n.“ 514 de ses pl. enl. Perroquet vert et rouge de la Chine, Epw. Glan. figure passable, n.“ 231. Cr Perroquet, l'un des plus grands de Pancien continent, se trouve aux Moluques, et non à la Chine, quoi qu'en dise Edwards. Sonnerat l'a im- porté en Europe de la Nouvelle-Guinée; car'oiseau dont il parle, dans son Zoyage, sous le nom de grand Perroquet vert de la Nouvelle-Guinée, est bien certainement de la meme espèce que celui dont il est ici ques- tion; mais cela n'a pas empéêché les nomenclateurs de faire deux espèces de ce mèême Perroquet. Les noms de grand Perroquet, de Perroquet vert, méme celui de Perroquet vert et rouge, pouvant sappliquer également bien à beaucoup d'espèces de Perroquets autres que celle-ci, nous avons cru pouvoir les changer en celui de Perroquet à flancs rouges, qui caracté- rise d'autant mieux l'oiseau, que ce Perroquet est en effet le seul connu de tous les Perroquets proprement dits qui ait les flancs marquéêés de mèême. Cette belle espèce a la téte, le cou, la poitrine, le croupion et tout le dessous du corps, d'un vert vif, soyeux et très-éclatant. Il porte sur chacun de ses flancs une grande plaque rouge, qui le rend très-facile à distinguer de tous les autres Perroquets. Les scapulaires et toutes les couvertures du dessus des ailes sont du méême vert que la téête, le cou, etc.; mais ce vert brunit ici sous certain jour. Les grandes pennes alaires sont bleues en dessus et bordées de vert extérieurement: leur intérieur et leur revers sont noirs. Les petites couvertures qui bordent les ailes sont bleues. La queue est verte jusqu'à moitié de sa longueur; plus bas elle est d'un jaune verdissant: on remarque du rouge sur son revers, vers la racine de chacune de ses pennes. Toutes les couvertures du dessous des ailes sont du rouge des flancs. La mandibule supérieure est rouge, et inférieure noire. Les pieds sont d'un brun noir. On voit deux très-beaux individus de l'espèce dans le cabinet public q'histoire naturelle à Paris. Jen ai vu plusieurs autres en Hollande, no- tamment chez MM. Temminck et Raye de Breukelervaert, à Amsterdam. 1 1 “ — v ö ——————— — 3———————— ——ÿy—— 100 HISTOIRE NAITURELLE .—— ———õ ——-A—A— LE PERROOUET CAICA. PLANCH E CXXXIII. Taille au-dessous de la médiocre; capuchon noir, embrassant toute la téte; cou et poitrine jaune-brun olivacé; plumage général vert brillant; bout de chaque penne de la queue bleu; grandes pennes alaires bleu-noir, bordées de vert; bec rougeaâtre; pieds gris. Le Caica, Bupr.; pl. enl. n.“ 744, sous le nom de Perruche à tẽte noire de Cayenne. Cr joli petit Perroquet, que nous avons figuré de grandeur natu- relle sur nos planches, habite la Guiane, et y est connu sous le nom de Caica, nom que les ornithologistes ont adopté et que nous lui conservons. Il n'est pas très-commun de le trouver dans nos cabinets d'Europe: on ly voit cependant dans plusieurs, mais pas si commu- nément que le Maipouri, dont nous avons déjà parlé; ce qui prou- veroit que l'espèce du Caica n'est pas aussi abondante à Cayenne que celle de ce dernier. En effet je n'en ai jamais vu que peu d'n- dividus dans les nombreuses pacotilles d'oiseaux expédiées de la Guiane pour Europe: même jusqu'’à ce moment il ne m'a pas été possible de m'en procurer un seul assez bien conservé pour ma collection. b L'espèce du Caica est parfaitement bien caractérisée par un capu- chon noir, qui, embrassant toute la téête, enveloppe le haut du cou et s'étend sur la gorge. La poitrine et le devant du cou sont d'un jaune-brun olivaàtre qui, sur le derrière de celui-ci, prend des tons plus orangés. Le haut du dos, les scapulaires, le croupion, toutes les couvertures des ailes, celles du dessus de la queue, et la queue elle-méème en dessus, sont d'un vert gai très-brillant, lorsque ces parties se trouvent directement exposées aux rayons de la lumiére. La pointe de chacune des pennes de la queue est bleue: le dessous de celle-ci est jaunâtre dans l'intérieur. Depuis la poi- trine jusqu'au bas-ventre le vert est lustré de jaune. Les petites cou- vertures du bord des ailes sont d'un beau bleu, et leurs grandes — pennes et les! rière di ait le s elle dan de Caic Muséum le derric autre qu lande. pour- 868 tés: M. sont les 4 w. z téte; bout de rdées de Cayenne. ar natu- le nom nous lui cabinets commu- ui prou- Cayenne peu d'in- es de la a pas ete pour I un capu- it du cou vont d'un rend des croupion; queue; et — prillant— ravons de e bleue: uis la Pol tes cou- — zell rs randes 2 DES PERROOQOUEILS. 101 pennes d'un bleu noir et à bordures vertes. Le bec est rougedtre, et les pieds sont gris. Chez quelques individus de T'espèce le der- rière du cou, au lieu d'étre marqué d'orangé comme chez celui qui fait le sujet de cet article, est du vert du dos. Cette difféerence seroit- elle dans les sexes? C'est ce que nous ignorons, n'ayant jamais vu de Caica vivant, ni eu occasion d'n disséquer aucun. On voit au Muséum d'histoire naturelle à Paris un individu de r'espèce qui a le derrière du cou orangé, et qui est absolument semblable à un autre que j'ai vu chez M. Bœrs à Asserswoude, près Leyde en Hol- lande. Mauduit, Pabbé Aubry, et Lerault, si connu des amateurs Pour ses préparations ornithologiques, avoient à Paris les deux varié- tés: M. Gigot d'Orcy y avoit la seconde dans son beau cabinet. Tels sont les individus que j'ai vus de Pespèce du Perroquet Caica. 26 102 HISTOIRE NATURELLL E 3 2 5“ ————-BnͤR₰ꝛnnnnnnnnͤ—nnͤ—O-———O— LE CAICA BARRABANp. PLA NOHE CXXXIIV. Les rapports qui se trouvent entre ce Perroquet et celui de Particle précédent, nous ont déterminé à comprendre les deux sous la même dénomination de Caica. Ce n'est pas cependant qu'ils ne diffèrent assez entr'eux pour qu'on doive, sinon les séparer entièrement comme formant deux espèces distinctes, au moins regarder celui de cet article comme une variété constante et permanente de l'autre, enfin comme une seconde race, habitant le Brésil, et non la Guiane comme le Perroquet Caica de T'article précédent. Nous distinguerons donc le Caica du Brésil du Caica de la Guiane, en surnommant celui-là du nom de Partiste distingué dont les talens ont secondé de la maniere la plus efficace le désir que j'ai toujours eu de satisfaire au vœu des naturalistes, en publiant des figures tellement exactes qu'elles pussent une fois pour toutes fixer la connoissance des espèces d'une manière invariable: or sous ce rapport nous devons tous beaucoup à Thabi- leté de ce peintre de la nature; car sans lui et les hommes à talens (MM. Bouquet et Langlois) qui, chacun dans son art, ont aussi bien mérité du public, mon zele se seroit peut- tre fort ralenti. Puissent les naturalistes qui mettent quelque prix à notre exactitude, attester ma reconnoissance particulière envers ces artistes célèbres en en conservant les noms aux espèces auxquelles je les ai donnèés pour en perpétuer la méêmoire! Le Caica Barraband se distingue du Caica de la Guiane par une belle moustache jaune souci, qui, sur chacune de ses joues, ressort avec éclat sur le beau noir qui lui enveloppe entièrement la téte, et en ce que chez lui on retrouve cette mèême couleur jaune souci au bas des jambes, en forme de jarretière, et sur le bord des ailes, dont toutes les couvertures de dessous sont d'un rouge vif. A ces différences près les couleurs sont les mêmes dans les deux races, si ce n'est cependant encore qu'elles sont plus distinctes, plus belles, plus vives dans le Caica Barraband, et que son bec est noir. Au surplus le lecteur m'aura qu'à comparer entr'elles les deux figures du ere des bent iere abi- lens ussi enti. ade, sen SOul uné 880 t täte, vuci ailes— cès 28, ö elles, Au gures bES PERROOUNITS. 105 exactes que nous publions en téête de nos descriptions, pour appré- cier au juste ce qu'il y a de commun et de différent entre ces deux oiseaux, dont l'un, ainsi que nous l'avons déjà dit, se trouve à Cayenne et l'autre au Brésil. Il y a au Muséum d'histoire naturelle à Paris un très-bel individu de la race du Caica du Bresil, lequel a été donné par feu Baillon, qui lavoit trouvé avec plusieurs autres oiseaux rares au bord de la mer, parmi les débris d'un vaisseau naufragé sur les cètes de Nor- mandie. Ce vaisseau arrivoit du Brésil; ce qui a fait présumer avec quelque raison que Poiseau appartenoit à ces contrées: mais ce qui le confirme, c'est que j'ai vu à Madrid un second individu de la meme variété, qui venoit aussi du Brésil, tandis que je n'en ai jamais vu aucun dans les envois faits de Cayenne. Or cet oiseau est trop beau pour pouvoir supposer que, s'il se trouvoit dans ce dernier pays, les collecteurs d'oiseaux ne se fussent pas encore avisés de nous Pexpédier. 104 H ILS T OIRE NATURELLL E — ————'¶-————————V-——————————--——————-——— ę————-':—ℳ ℳ ℳꝛ˖———-——— LE PERROOUET BOUOUET. PLA NOHE CXXXV. Taille moyenne; grandeur naturelle sur nos planches. Face bleue; gorge et devant du cou rouges; plumes du dessus du corps vert-plein; celles du dessous vert-jaunâtre; queue égale, et gros vert dans la partie haute, jaunätre au bout; grandes pennes alaires bleu d'indigo; du rouge dans le milieu des pennes inter- médiaires des ailes, ainsi que dans les barbes intérieures des plumes de la queue; bec cendréè, portant une bande rougedtre sur les faces latérales de la mandibule supérieure; pieds et peau du tour des yeux couleur de chair. Le Perroquet facé de bleu. Epw. Glan. pl. 230. Le Crik d téte bleue, BuF. 6. esp. de Crik. Lr Perroquet Bouquet a la face bleue, mais d'un bleu tirant au violet, et qui, sur le front et vers les oreilles, prend un ton rou- geatre. Tout le devant du cou est d'un rouge vif, qui se termine en pointe sur la poitrine. Le plumage supérieur du corps, c'est-à-dire, celui du derrière de la tête, le derrière et les cétées du cou, le dos, les scapulaires, toutes les couvertures des ailes, leurs dernières pennes, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, celle-ci dans toute sa partie haute, sont d'un beau vert plein, qu'Edwards appelle b un vert charmant. Le bas de la queue, ses couvertures inférieures, le bas-ventre, les flancs, les plumes des jambes, tout le dessous du corps, sont d'un vert jaunâtre. Les premières grandes pennes alaires sont d'un beau bleu: les suivantes sont rouges au milieu et bleues à la pointe: les dernières, celles près du dos, sont vert-plein. Les cou- vertures du dessous des ailes sont d'un vert jaune: le revers de leurs pennes est noir, et celui de la queue, jaunâtre: les plumes de cette dernière ont un peu de rouge à leur naissance. Le bec est cendré, à une zone rougeatre près qu'on remarque sur les cêtés de la mandibule supérieure. Le nu du tour des yeux et les pieds enfin sont couleur de chair. Jai vu un individu vivant de'espèce à Amsterdam: Mauduit et Tabbé Aubry en avoient aussi chacun un dans leurs collections à Paris. Le Perroquet Bouquet se trouve au Brésil. Buffon le dit de la Guiane: cependant nous ne l'avons jamais vu dans aucun des envois d'oiseaux faits de ce Pays. ☛ rge et eSSOus bout; 3 inter- queue; dibule Crik. nt au rou- ne en dire, 8s, les nes, dans ppelle eures, us du alaires eues à s cou- leurs eette dré, à dibule elT de luit et Paris. de k envols DES PERROOUETS. 105 — ͦ N „ —ℳ—y—-—ℳℳ---::õõö:b-——-—-— ℳ òðèò òõõ—ę——-'ä¶ͤA— LE PERROOUET LANGLOIsS. PLANCH E CXXXIVI. Taille moins que médiocre; queue arrondie; front, poitrine et collier sur la nuque, rouges; plumage vert-céladon, plus vif et plus foncé sur le corps qu au- dessous; bec rosé; pieds gris. Grandeur naturelle sur nos planches. Cr charmant Perroquet est absolument nouveau; nous ne le recon- noissons du moins dans aucune des nombreuses descriptions qu'on a publiées jusqu'ici des oiseaux de la famille à laquelle il appartient: nous ignorons méème son pays natal, M. Holthuysen d'Amsterdam, dans le cabinet de qui nous Tavons vu, n'ayant pas pu nous dire d'ouù il provenoit; mais, d'après toutes ses formes et sa physionomie, nous croyons pouvoir assurer qu'il est du pays des Caicas, d'Amérique par conséquent. Le temps confirmera ou détruira cette opinion. L'espèce du Perroquet Langlois est des mieux caractérisée par un plastron rouge qui s'étend depuis le milieu du devant du cou jus- qu'au-delà du milieu du sternum; par son bandeau, aussi rouge, et par le collier en forme de croissant, qui lui traverse le derrière du cou. Son bec, armé d'un fort crochet sur chacune des tranches de la mandibule supérieure, est rosacé. Les pieds sont grisaille, et tout le plumage de la partie supérieure du corps est d'un riche vert bleuâtre, qui sous le corps prend un ton jaune. Nous n'avons vu qu'un individu de Pespèce, ce qui nous laisse dans P'impossibilité de rien dire sur ce qui en distingue les sexes. „— O.ꝭ.O—— — ———— 5 r———::ꝛ,,õõõõõõõõõõʒõʒõõʒõʒõʒ22——. —yhöͤͤſͤſͤſͤſſ 1 1 3 † 5 4 4 4 4 3 4„ 4 4 6 1 1 3 4 1 4 3 ³ 1 1 4 1 106 HISTOIRE NATURELLE * — zℳẽℳKvænAAAAAA=ͤͤͤͤſ LE PERROOUET JAUNE ECAILLE DE ROUGE, OU LE PERROOUET DE CUBA DES NRATURALISTES7 Forte taille, égale à celle de l'Amazone; front et premières grandes pennes alaires gris-de-perle; du rouge dans le milieu des pennes intermédiaires des ailes et sur les barbes intérieures des pennes de la queue; toutes les plumes jaune-jonquille bordées de rouge; pieds blafard. b PLA NCHE CXXXVII. Le Perroquet jaune de Cuba; Balss. tom. IV, pag. 308, n.“ 48. Le Papegay de Paradis, Burr. pl. enl. n.“ 336, sous le nom de Perroquet de Cuba. Cr Perroquet, connu des naturalistes sous le nom de Perroquet de Cuba, forme-t-il bien réellement une espèce particulière, ou n'est- il qu'une variété de quelque autre espèce? Cette question paroitroit ridicule si nous m'avions déjà montré dans cette classe d'oiseaux un grand nombre de variétés analogues à celle que présenteroit l'indi- vidu que nous donnons ici, et si nous m'avions prouvé qu'il n'est aucun Perroquet vert ou rouge qui ne soit susceptible de devenir jaune. Cependant, s'il étoit vrai qu'il se trouvât à l'ile de Cuba un Perroquet jaune écaillé de rouge, comme'est celui-ci, et qu'il se perpétuaàt constamment dans les méêmes couleurs, il n'y auroit au— cun doute qu'il ne constituàt une espéce; mais d'après tout ce que nous avons recueilli de renseignemens sur cet oiseau, il n'existe point à Cuba une race de Perroquets jaunes écaillés de rouge: c'est du moins ce que m'ont assuré plusieurs voyageurs qui ont séjourné dans rile de ce nom. Si, d'un autre côté, nous consultons les descriptions que différens ornithologistes ont données de ce prétendu Perroquet de Cuba, nous voyons qu'elles different toutes entre elles à certains égards, ce qui seul laisseroit du doute sur son existence comme espèce. Dans Brisson, par exemple, il n'y auroit que les plumes du dos et du croupion qui fussent écaillées de rouge sur fond jaune, tandis que la pennes res des plumes radis, jet de west⸗ oitroit ux un rindi- 1m'est levenir ba un u'il se bit au- e que M point est du 6 dans iptions DES PERROOCETS 107 gorge, le bas du cou et le ventre„seroient uniformément rouges: dans Buffon T'oiseau est entièrement jaune, écaillé de rouge; et sil falloit s'en rapporter aux figures qu'en ont publiées Brown, Klein et Catesby, ce seroit encore autre chose. Mais toutes ces descriptions et ces figures ont-elles été faites d'après nature? Les naturalistes qui les ont publiées avoient-ils bien réellement vu chacun un individu de leur Perroquet de Cuba, ou n'ont-ils fait que se copier les uns les autres, et fort inexactement, comme cela arrive presque toujours? Pour ne citer à cet égard que Brisson, il est à peu près hors de doute qu'il n'a jamais vu T'oiseau, puisqu'il n'indique pas le cabinet où il Pauroit vu; ce qu'il ne manque jamais de faire en pareil cas: sa description d'ailleurs paroit n'étre qu'une copie de celle de Catesby. Or le Perroquet jaune écaillé de rouge, que nous donnons ici, non d'après les autres, mais d'après un individu que nous avons vu, bien examiné et comparé à d'autres Perroquets, notamment à toutes les variétés de PAmazone, nous a présenté tous les caractères de formes de ce dernier, dont il n'est, nous le croyons fortement, qu'une variété accidentelle. Je pré- sume fort aussi que le Perroquet de Cuba de Brisson, ou plutòt celui de Catesby, plus petit que le mien, n'est qu'une variété accidentelle de notre Perroquet à face rouge; variété chez laquelle le rouge de la face, du ventre et du dessous de la queue, se seroit non-seulement conservé dans toute sa pureté, mais où il auroit abondé au point de se porter en bordures sur toutes les plumes vertes devenues jaunes. Les pennes alaires étant d'un bleu pale dans l'espèce du Perroquet à face rouge, seroient devenues blanches dans le Perroquet de Cuba de Brisson, tandis que celles de l'Amazone, qui les a gros-bleu, ont dù, en se dénaturant, prendre un ton plus gris, comme elles l'ont en effet dans le Perroquet de cet article. Cependant ce que nous disons ici du Perroquet de Cuba de Brisson n'est, nous le répétons, qu'une conjec- ture; il faudroit, pour asseoir un jugement à ce sujet, que nous eus- sions vu en nature J'individu décrit par ce naturaliste ou par Catesby: ainsi les naturalistes feront sagement d'attendre, pour prononcer sur ce Perroquet, qu'il se présente quelque occasion d'observer par soi-même un de ses individus à gorge et à ventre rouges. Quant à moi, c'est la persuasion où je suis qu'il n'est aucun Perroquet vert qui, portant du rouge dans son état parfait, ne puisse, en se dénaturant, devenir jaune plus ou moins écaillé de rouge, comme nous Tavons prouvé par plus d'un exemple; c'est, dis-je, cette persuasion qui me fait élever des doutes sur T'existence, comme espèce, de cet oiseau. 1 3 8½ 5 6 ö 4 4 1 11 1 4 1 ö“ 1 4 3 4 3 “ 1 ¹ 4 1 8 1 1 4 8 † 4 1 1 5 4 1 4 1 5 1 4 4 3 3 1 3 13 “ 4 8 1 4 4 3 4 3 † 34 1 4 1 1* 3 D 8 3 3 1 1 1 4 1 8 3 ö 4 4 4 8 f 1 108 HISTOIRE NATURELLE Mon Perroquet jaune écaillé de rouge a le front et toutes les grandes pennes alaires d'un gris bleuâtre(les Amazones les ont gros- bleu); il a du rouge dans le milieu des pennes intermédiaires des ailes et dans les barbes intérieures des pennes de la queue, précisé- ment dans les méêmes endroits que chez PAmazone; et toutes les plumes, à Texception de celles de la gorge et du milieu du zterruann, qui sont d'un jaune uniforme, sont écaillées de rouge sur le même fond jaune, plus foncé cependant sur le dos que partout ailleurs. Le bec et les pieds sont bplafard. Si on prend la peine de comparer la figure de ce Perroquet jaune, écaillé de rouge, à celle que nous avons donnée d'un Amazone devenu entièrement jaune, on verra que ces deux oiseaux ne diffèrent qu'en ce que dans Pun le rouge, ayant abondé, s'est porté sur toutes les plumes du corps, tandis que dans T'autre il s'est au contraire détérioré et changé lui-méême en jaune. Nous avons sous les yeux une Perruche Ara Pavouanne, devenue entiè- rement jaune, écaillée de rouge, absolument telle que notre Perroquet. Or on sait que la Perruche Ara Pavouanne, dans son état naturel, est verte, et qu'elle a du rouge au bord des ailes et sous les ailes. Cette variation n'a même rien de surprenant; mais elle prouve encore que tous les Perroquets à plumage rouge et vert peuvent devenir des Per- roquets de Cuba, dont on reconnoitroit cependant toujours l'origine dans les formes et les caractères propres des espèces auxquelles ils appartiendroient comme variétés. Latham a donné, dans un de ses Supplémens, une charmante Perruche jaune à téte violette, qui n'est absolument que le Perroquet Frichtutah, dont la couleur verte est devenue jaune, mais dont la tête est restée violette. Nous sommes sůrs aujourd'hui que notre Perruche soufre n'est qu'un individu varié de 'espèce de la Perruche à collier couleur de rose, dont le vert s'est aussi changé en jaune. Nous connoissons même un individu de Pespèce de notre grande Perruche à collier et à épaulettes rouges, dont le vert est encore devenu jaune, mais dont le collier et les épaulettes sont restés rouges. Il y a enfin au Muséum d'histoire naturelle à Paris un individu de l'espèce du Lori à collier, dont la moitié des plumes rouges sont devenues jaunes, de sorte qu'il se trouve entièrement bigarré de ces deux couleurs. Toutes ces observations, quelque exactes qu'elles puis- sent être, doivent mettre les naturalistes sur leurs gardes, et les obli- ger à bien examiner un oiseau avant d'en déterminer l'espèce; ce qui demande une grande attention, beaucoup de comparaisons, et surtout une grande habitude, que la pratique seule peut donner. -luet. est ette que Der- gine 8 ils 2 8es mest e est sürs de aussi 6 de 1 est reslés lvidu S0nt je cés puis- — obli⸗ e; C 18; et DES PERROOUETS. 109 A A 7 —— ℳMͤhꝛnn—Ng ngüͤ ꝛꝰò²»nhnnnn——-—ℳMAA LE PERROOUET D'OR. Taille moyenne; queue arrondie; plumage jaune d'or sur toute la partie du corps, jaune foible sur le sternum et sous la queue; petites couvertures du bord des ailes rosacé; bec blanc rosé; pieds couleur de chair, ainsi que la peau nue du tour des yeux et du bord des narines. Grandeur naturelle sur nos planches. PLANCOHE CXXXVI Cu charmant petit Perroquet, qu'on ne sera pas tenté, j'espère, par ce que nous avons dit des variations de cette classe d'oiseaux, de regarder comme dégénéré de tout autre Perroquet, forme bien dis- tinctement une espèce propre, puisqu'il diffère absolument par ses formes de toutes celles avec lesquelles on essaieroit de le confondre. En effet, si on prend la peine de le comparer aux Perroquets Caicas et au Maipouri d'Amérique, au Perroquet à téête grise d'Afrique, au Perroquet Geoffroi de la mer du Sud, au Perroquet Langlois enfin, seules espèces connues avec lesquelles il paroitroit avoir quelque ana- logie par sa taille, on ne tardera pas à reconnoitre qu'il ne peut appartenir à aucune de ces espèces. Ces comparaisons, nous avons eu nous-même grand soin de les faire. Nous avons plus particulière- ment comparéè'oiseau à la variété du Perroquet à tête grise d'Afrique que nous avons publié, et qui, étant aussi entièrement jaune, res- semble le plus par ses couleurs à notre Perroquet d'or. Le lecteur pourra comparer à son tour; il n'aura pour cela qu'à consulter les figures très-exactes que nous donnons de toutes les espèces que nous avons énumérées plus haut et de celle-ci. Nous ne doutons pas non plus qu'il ne reste bien convaincu avec nous que le Perroquet d'or, ne pouvant ôtre une variété d'aucun des Perroquets auxquels on pour- roit plutôt le rapporter, doit èêtre compté comme espèce dans la liste de ces oiseaux: il le doit d'autant plus, que son jaune est trop vif et trop pur pour n'être que le résultat d'un vert ou d'un rouge dégé- néré, et que la ligne rose, qui termine chez lui le bord des ailes, forme un caractère qui n'appartient qu'à lui; ses formes enfin pré- sentent absolument celles d'un Amazone en miniature. Si nous avions vu beaucoup d'individus de l'espèce du Perroquet dor, et que cet 28 2 2 3 1 4 1 † 4 1 4 4 1 3 3 4 4* † 3 1 8 1 — 1 5 4 4 † 4 1 1 4 4 4 1 4 4 4 1 1 1 3 4 8 1 † 1 1 3 3 8 4 1 † 1 1 ¹ 4 3 “ 4 1 1 —————— — ————— “ 68 2 .—jj—— — 2—— — 110 HILSTOIRE NATITURELLE oiseau eüt été mieux connu, sans doute nous nous serions abstenu d'entrer dans une grande partie des détails qu'on vient de lire; mais nous n'avons que deux de ces Perroquets, et il étoit nécessaire de ne rien laisser à désirer sur une espèce qui présente tant de rapports avec un si grand nombre d'autres Perroquets jaunes qui ne sont que des variétés accidentelles d'espèces très-connues. b b Le Perroquet d'or a la tête, le cou, la poitrine, le dos, le man- teau, toutes les couvertures du dessus des ailes, le croupion, les cou- vertures supérieures. de la queue, le dessus de celle-ci et les grandes pennes alaires, d'un jaune d'or le plus pur et le plus brillant; le sternum, les flancs, le ventre, les plumes des jambes, sont d'un jaune pale, ainsi que les couvertures du dessus de la queue, son revers et celui des ailes; les petites couvertures du bord des ailes sont couleur de rose; la peau nue du tour des yeux, les narines et les pieds, cou- leur de chair; le bec est d'un blanc rosé. Jai vu à Madrid un individu vivant de l'espèce du Perroquet d'or chez un marchand oiseleur, qui m'en demanda cent vingt piastres. Jen ai vu un autre à Paris chez M. de Calonne, qui me dit qu'iil le croyoit d'Afrique. Le marchand espagnol croyoit que le sien prove- noit du Brésil; de sorte que nous n'avons rien de certain sur le pays natal de cet oiseau. DES PERROOUEIsS. 111 AAAAAA △ —.22A*——— 8 △η LE PERROOUET MASCARIN. PLANCHE CXXXIX. Grande taille, un peu inférieure cependant pour la grosseur à celle des Amazones; queue légèrement étagée et de la longueur du corps; masque noir; dessus de la téte et cou gris cendré, violacé; plumage brun, plus foncé sur le corps qu'au-dessous; queue blanche à sa naissance et brune partout ailleurs; bec rouge; pieds couleur de chair. Le Mascarin, Burr. pl. enl. n.“ 35. Le Perroquet Mascarin; BRIss. tom. IV, p. 315, n.“ 52. AvANT de passer à T'histoire des Kakatous ou Kakatoès, comme les naturalistes les nomment très- improprement, nous terminons celle des Perroquets par l'espèce du Mascarin, qui, par sa forme et la longueur de sa queue, diffèere à certains égards des Perroquets pro- prement dits pour se rapprocher des espèces du grand et du petit Vaza, et même des Kakatous. En effet, il ne lui manque qu'une huppe pour appartenir à la famille de ces derniers, qui tous ont la queue plus longue que les Perroquets. Ainsi cet oiseau paroit bien propre à remplir le petit espace qui semble séparer la famille des Perroquets huppés de ceux qui ne le sont pas. Le Mascarin est très-facile à reconnoitre à son masque noir qui, bordant le front, embrasse le devant des joues tout autour du bec et descend sur la gorge, du bas de laquelle il s'étend sur les côtés en forme de deux cordons qui semblent lui servir d'attache: le reste de la téte et le cou sont d'un gris cendré légèrement violacé; le haut du dos, le manteau, le croupion, les ailes et toutes les couvertures, sont d'un brun terne, grisonnant à certains aspects; la poitrine et tout le dessous du corps sont bruns, mais d'un ton plus clair que le dessus; les pennes latérales de la queue sont blanches à leur naissance et brunes dans tout le reste de leur longueur; celles du milieu, uni- formément du méême brun. Brisson, qui a vu un individu vivant de l'espèce, dit que le bec, la peau nue du tour des yeux, celle des narines et l'iris, en sont rouges, et les pieds couleur de chair. 8——]I1ööTöößßßßſſſöI“ —..———— ——— 46— — — 8——— ———————— — 1 “ —— ——ℳ—⸗—⸗—⸗ê õℳRO——B 112 HIS T. NAATUR. DES PERROOUETS. Le Mascarin se trouve à Madagascar, et mèême, assure-t-on, à Pile de Bourbon. II est encore très-rare dans nos cabinets; du moins n'y ai-je vu que trois de ses individus, dont l'un chez Mauduit, Pautre chez labbé Aubry, et le troisième au Muséum d'histoire natu- relle à Paris. b En terminant ici ce second volume de'histoire des Perroquets, nous nous réservons de donner, sous la forme d'un supplément, celle des Kakatous et des Perriches, qui manquent à cet ouvrage, mais qui, avec les nouvelles espèces que nous nous sommes procurées dans cha- cune des familles dont nous nous sommes déjà occupés, des Aras, des Perruches-Aras, des Perruches à queue fer-de-lance, et de celles à queue en flèche, complètera de la manière la plus satisfaisante pour les naturalistes Thistoire générale des Perroquets. FIN. TABLE Du premier volume de Phistoire naturelle des Perroquets. H... pag. vij.?ene huba, la femelle, pag. 72. ........ 1. Premiere variété de la Perruche LAra Macao......... 3. æ front jaune............. LAra Canga.„„„„„. 7. Seconde varicté de la Perruche L. Kra Haune............... g9. à front jaune...... 74. L.Kra miltatre............ 11.*A Herraohe Souni5.......... 75. L'Ara tricolor.......... 13. La Perruche à double collier.... 77. Le grand Ara militaire........ 15. La Perruche à front rouge...... 9. LAra Maccavouanne....... 17. La Perruche couronnée d'or..... 81. LCAra Maracana mdræ...... 19 La Perruche Sincialo, le mäle, 83. L'dra Maracana femelle..... ib. La Perruche soufre.... 86. LAra Maracana 12pr.22 La Perruche écarlate...... 89. Les Aras de Pancien continent. 26. 1 Perruche à collier noir...... 92- LAra gris à trompe........ 30 CLa Perruche à gorge rouge. 94. LAdra noir trompe..... 32. La Perruche à face bleue....... 96. Les HPerruches Aras........... 34. La Perruche à bandeau rouge... 99. La Perruche Ara Pavouane.... 35. Le Lori noirr...... 101. I Peeehe An n goyge wanike, 38. La Perraohe Hankds........... 103. La Perructe ta us bandaan rouge do. Leo or, Sca⁵se.... 105. La Perruche Ara Guarouba... 42. La Herraohze O75.............. 107 Les Perruches proprement dites... 45. Le Lori Perruche violet et rouge. 109. Des Perruches à queue fer de-lance. La Perruche Lori ua chaperon bleu. 111 La Perruche émeraude...... 47. La grande Perruche à collier et La Perruche à collier rose. 49.„ S eence euu 113 La Perruche à téte bleue, le mäãle, 51. 2 2„ 2. Pch, de,t 15 La Perruche atéte bleue, la femelle, 53. 7. Iæ Baenuache a 2ate Dlene, le jeune La Perruche 4 alles hnuar, ees.. 120. “ 54 La Perruche à épaulettes faunes.. 122. Eeoi, d, e, Pereache d z4e ſLa Perrache Lathane.......... 123. bleue surnommée'Arlequine. 59. La Perruche à face rouge...... 124. La Perruche omnicolore....... 59. La Perrache ugy.......... 125. La grande Perruche à collier.. 62. La Perruche Arimanon....... 127. La Perruche a poitrine rose. 64. La Perruche Sparmaunun 128. La Perruche ingamb»e 66. La Perruche à foues grises. 129. La Perruche à téte jaune. 68. La Perruche Edwards.........„ 13o0. La Perruche à front jaune ou l'A- La Perruche favane.... 131. putéẽ-Juba, le mäle,..... 0. La HPerruche 7ur............ 133. La Perruche aà front jaune ou La Perruche fringillaie. 1434. Fin de la Table du premier volume. — öä — —-- — 1— ——— 3 — —— 44 e— n, en. — — — 4 8 4 —j 4 4ℳ 1 1