— 8 ee 8 8 8 8 4 8 1 8 8 8 * — 4 3 —-— ——— 4——— 4 4 2 4 à „.* · . 4 *„ ** 3* 1 3 4 * 2* 2 3 1 4 4 8 3 8 — N *2 4 8 3— *— ... 4 8 4 8 3 r 1 4 „ „ 4 * 4 „. . 8 * 4 “ 4 8 5 44 F 8¾ 4 .* . 7 2 8— 4 1 8 ** 4 5 4“ 5 E——“ 2 ſ 5 a 4 3 8 1 2 1 3 34 4 4 4 3 6 8 . . 3 . 8 5 4 3 . . 3 1 * 1 * 2 X . 3. 1— 4—. 4 — 1— 4 8 — 5 5— — 8 6* 3——— 5—— 3— 8 8—— 5— 8 4 — 1 b— 3 — 1 b b 3 —. . 8 8— 8 5 e-* 8 f 6. 4.————————— 8 / 3 5* b * 1 3 3 . 8 ⸗ 3 7 4 * 5 . — 4 8* 8 2 * 8 .. . H 4 5 1 b— 4 3 4 — — ⸗ 7 1 3 „ 8 * *— 4 4 3 Aℳ 1 7„ 8 3 8 . 8 — 8 7 8 N 1 4 3 . 3 1 ISTOIRE NATURELLE OISEAUX DE PARADIS, DES ROLLIERS, DES TOUCANS ET DES BARBUS. Toutes les figures de cet ouvrage ont été dessinées d'après nature par BARRAEAND peintre, gravées par PenEE et GREMIIIIET, et imprimées en couleur par LANGLOIS et RoussEr. Lature imées HISTOIRE NAATURELLE DES OISEAUX DE PARADIS ET DES ROLLIERS, SUIVIFE DE CELLE DES TOUCANS ET DES BARBUsS, PAR FRANCOIS LEVAILLANI. TOoME SECOND. PARIS, . DENNE le jeune, LIBRAIRE, rue VIyEEXXE, n'. 10. 3 PERLET, LIBRAIRE, rue de Tounxox. b 1806. CHE 2—/— 6 L—⸗N—— Unnversitäts- Bibliothek GIESSEN. — 4— 3 TABLE DU SECOND vOLUME, CONTENANT L'HISTOIRE NATURELLE DES TOUCANS, etc. IxTRODUCTION. Le toco mâle. Le tocan... Le tocan à collier jaune PAGE Le grand toucan à gorge orange. Le grand toucan à ventre rouge Le pignancoin ou toucan à gorge jaune. Le petit toucan à ventre rouge. Le tocard. Les toucans aracaris. Le grigri ou Taracari à ceinture rouge L'aracari à double ceinture.... L'aracari à ceinture rouge, dans son extréme vieillesse. L'aracari koulik mâle de la Guyane. L'aracari koulik femelle L'aracari koulik mâle du Brésil. L'aracari verd male. L'aracari verd femelle. L'aracari baillon. HisrornE NATURELLE DES BARBUS Le barbican.. Le grand barbu.. Le barbu à gorge bleue Sa femelle, Le barbu de la Guyane male La femelle du barbu de la Guyane. Tre variété du barbu de la Guyane. II variété du barbu de la Guyane. Le barbu orangé du Pérou. Le barbu à plastron noir. Le barbu à gorge noire mäle. La femelle du barbu à gorge noire..... Le barbu à gorge noire dans son extréme vielllesse. = “ Le parbion male Le barbu rose-gorge. Le barbu élégant Le barbu à collier rouge. Le barbu à plastron rouge male. Le barbu Aà ceinture rouge Le barbican à ventre rose. Le kottorca..... Les barbus tamatias Le tamatia à plastron noir ou le grand tamatia. Le petit tamatia à plastron noir. Le tamatia à gorge rousse. Le tamatia à collier ou le tamatia rayé. Le tamatia brun. Les barbacous. Le barbacou à bec rouge. Le barbacou à croupion planc ou 1 HisrorRE NATURELILE DES JACAMARS Le jacamar mälce..... Le jacamar. femelle. Le jacamar dans son jeune äge. Le jacamar à queue rousse. 0. e barbacou ℳ 8·. 0 Le petit jacamar ou le jacamar à bec jaune Le jacamar à longue queue Des jacamars à becs courbés Le grand jacamar..... Le jacamarici..... ADpITIONS aux articles des barbus. Le barbu à front d'or... Le barbu barbichon.. Le barbion à dos rouge... FIN DE LA TABLE DU DEUXIEME ET DERNIER VOLUME. égaudé “ PAGE R vOLUME HISTOIRE NATURELLE DES TOUCANS. nnannAÖAAAAAAn———-———V!ℳ———VV—!— ⸗ò—ßℳ———— ℳℳʃV3KANAAAAANꝑꝑmQꝗęêꝑð‚„ðæGꝑ‚„‚„‚A„(Qú˖ꝗQᷓ‚ᷓᷓᷓƷᷓaAuAnAn INTRODUCTION A L'HISTOIRE NATURELLE DES TOUCANS. Ab premier aspect, les toucans paroissent avoir quelques rapports directs avec les calaos, parceque ces deux sortes d'oiseaux sont en effet très remarquables par un bec quel- quefois disproportionné à leur taille. L'un de nos plus cé— lebres naturalistes mèême, trompé par ce trait de ressem- blance, a cru, en voyant des calaos au Sénégal, y retrouver les toucans d Amérique. Ces derniers ont cependant leurs caracteres três différents, qu'il est facile de saisir au premier coup-d œil, et que nous allons détailler. Les toucans ont les doigts disposés, deux par-devant, et deux par-derriere; conformation toute différente de celle du pied des calaos. Les deux doigts de devant sont réunis en- semble à leur base jusqu' la premiere articulation;'exté- rieur, qui est le plus long, portant une phalange de plus que rintérieur: tous deux ils sont élargis sur les côtés par une membrane épaisse formant une sorte de bourrelet charnu qui, réuni à la plante du pied, couverte d'une peau chagrinée, I 2 INTRODUCTION donne à ces oiseaux Tassise large dont ils ont besoin pour soutenir leur corps épais lorsqu ils sont perchés. Le doigt intérieur de derriere, le plus court de tous, ne présente qu'une seule phalange, tandis que Textérieur en a quatre, quoiqu'il soit un peu moins long que le grand doigt de de- vant qui n'en a que trois. Chaque doigt est donc distingué par le nombre de ses phalanges; le plus petit de derriere n'en ayant qu'une, celui de devant qui lui correspond en ayant deux, lautre de devant trois, et enfin le second de derriere quatre. Les tarses sont robustes et recouverts, ainsi que les doigts, de larges écailles lisses.(Voyez la fig. A de notre planche premiere.) Le bec, grand chez tous les toucans, et meéeme dispropor- tionné dans quelques especes, est remarquable en ce que les os des maàchoires, qui, par leur prolongement, forment ce que nous nommons les mandibules, au lieu d'étre solides comme chez tous les oiseaux en général, ne conservent ici aucune force au-delà de la bouche, et semblent mème ne point se prolonger dans la partie cornée qui forme le bec: de sorte que cette partie intérieure des mandibules des tou— * 7„. cans n est réellement composée que d'une enveloppe mince, diaphane, qui fléchit sous les doigts quand on la presse, et dont la concavité est seulement remplie par des réseaux très délicats, d'une substance osseuse, friable et cassante, qui, re- couverte seulement d'une gaine cornée, fort mince, donne au bec une grande légèreté, sans laquelle ces oiseaux n'auroient sans doute pas eu la force d'en supporter le poids, attendu 9 A 1 qu Ils ne sont pas eux-mémes trés gros. Afin de rendre sen- sible cette singularité, nous avons figuré un bec de toucan du plus grand volume, et dont Tenveloppe cornée a éeté en- levée, ce qui laisse voir toute la délicatesse du travail intérieur besoin pour 16s. Le doig ne présente en à quatbe b doigt de de. onc distingue 2 derriere ren ond en ajant ad de derriers ainsi que bs g. A de notee me dispropor- een ce que b at, forment ce d'ètre solides conservent i lent méme ne forme le bec: Lbules des tob- feloppe mince, n la presse, e es réseaux tes ssante, qui- re⸗ uince, donne aul AUX I aurolent hOids, attend — ‧‧——— nn 4 — 4 2 — — ͤͤͤͤͤ, INTRODUCTION. 5 des mandibules, qu'on croiroit êétre un ouvrage en filigrane. (Voyez la fig. B de notre premiere planche.) Le bec des toucans differe donc essentiellement de celui des calaos, puisque ces derniers ont le leur doublé par le prolongement des machoires, qui conservent leur solidité jus- quau bout de Tenveloppe cornée ou elles pénetrent, et qu'ils n'ont que le casque qui soit en grande partie creux et ouvragé, à-peu-près comme lintérieur du bec des toucans(1). Ceux-ci ont encore les os de la téête dune nature plus légere que les calaos, car nous avons trouvé que le bec et la tète d'un calao-rhinocéros de la plus forte taille pesoient ensemble quatre onces, tandis que ceux du toucan nommé toco, et qui a le plus grand bec dans son genre, pesent au plus une once: le bec du premier ma pourtant pas plus de deux fois le volume de celui du dernier, quoique d'ailleurs la masse respective du corps de ces oiseaux soit à-peu-prés dans la proportion dun à quatre, le plus grand toucan pouvant équi- valoir au quart de la masse du calao-rhinocéros. Les toucans sont donc, par la difformité de leurs becs, plus monstrueux encore que les calaos. Ces oiseaux ont aussi la langue absolument différente: elle est cartillagineuse, molle, triangulaire, très courte, et placée dans le fond de la gorge chez les calaos; chez les toucans, au contraire, elle est seche, de la longueur du bec, et frangée sur ses bords par de longues barbes qui imitent si bien une plume, que plusieurs naturalistes nm'ont pas craint de dire que les toucans avoient une plume pour langue. (Voyez fig. C, planche premiere.) Les toucans ont le corps très charnu et massif, au lieu (1) Voyez notre Histoire naturelle des Oiseaux des Indes et de lAmérique, où nous avons parlé des calaos. ——y——— b 4 INTRODUCTION. que les calaos Pont efflanqué et maigre: ils m'ont point de cils autour des paupieres; mais les yeux sont placéês comme ceux des calaos dans une peau nue, épaisse, et dont la couleur varie suivant les especes. Tous les toucans ont les mandi- bules dentelées sur leur tranchant, et les ailes si courtes, que dans l'état de repos elles ne dépassent presque pas le croupion: leur queue est composée de dix pennes à peu-près d'égale longueur. Les narines sont placées à la naissance du front derriere la mandibule supérieure, et tellement cachées qu'on ne les voit pas, et que quelques naturalistes ont cru . 3., 3 que ces oiseaux en étoient dépourvus: elles nont pas de communication avec la partie creuse de la mandibule supé- rieure, quoique leur position semble indiquer le contraire; au moins est-il certain qu elles ne pénetrent que de deux ou trois lignes dans une espece de tambour osseux, creux et rond, qu'on apperçoit comme deux petites boules placées Tune à côté de J'autre prés de la téèête dans l'intérieur de la partie supérieure du bec. Les toucans different encore des calaos dans la maniere de se nourrir, car ils sont purement frugivores, tandis que . 7⸗ A„ les calaos se nourrissent d'insectes, et sont mèême carnivores. Il est vrai que, dans Iétat de domesticité, on est parvenu à former à ces oiseaux de nouveaux gouts; mais nous n'a- vons égard, en donnant Phistoire des animaux, qu à ce qu ils sont dans leur état de nature, et non à ce qu ils ont pu devenir par les habitudes qu'on les a forcés de prendre en les privant de ce qui leur convient le mieux. Les toucans fréquentent les forèts de haute-futaie, où ils nichent dans des trous d'arbres creux et vermoulus, qui ne manquent pas dans leur pays, ouùð les arbres mourant ordinai- rement de vieillesse, ils ne sont pas obligés de percer eux- Presque pas k ennes rpeuprs la naissance q- Ilement cachées ralistes ont enu es mont pas d mandibule su supe. ner le contrane, int que de deu ur osseux, crem es boules phactés Pintérieur de k dans la manen „ores, tandis Gu- mème carnivoles „On est Parieml . mais nols ur ux, quaà ce qul ce quis ont h 4s de prendrs el ux. futale, ol 3 aute- 8 qu lb INTRODUCTION. 5 meémes leur retraite à coup de bec comme on la dit dabord, et ensuite démenti, par rapport à la courbure de la pointe de leurs mandibules. La vérité est qu'aucun oiseau, pas mèême les plus grands pics, m'ont la faculté de percer un arbre sain; mais que, sachant en reconnoitre les parties pourries, ils peuvent facilement agrandir leur demeure sans y employer des moyens extraordinaires: ainsi les toucans ont le mème instinct, et mont pas besoin de chasser les pics pour s'appro- prier leurs trous. On trouve, au reste, dans toutes les forêts des arbres creux par vétusté, sans qu'aucun oiseau ait pris la peine de les perforer. Les larves des scarabés commencent enfin Touvrage, le temps Tacheve, et les oiseaux, dont le naturel est de se cacher, savent en profiter. Les toucans volent pesamment en rentrant le cou entre leurs épaules, et ils marchent en sautant: leur bec, quoique gros, a si peu de force quꝗ ils ne sauroient faire de mal en pinçant; ils peuvent pourtant couper et ouvrir les fruits mous, dont ils avalent les morceaux apréès les avoir jetés en air pour les recevoir ensuite très adroitement et les englober dans leur large gosier en ouvrant beaucoup le bec. Lorsqu ils sont perchés, ils se tiennent presque perpendiculairement, ayant le bec tout-à- fait couché sur la poitrine; et quoiqu en général ils soient d'une gravité remarquable, et que tous leurs mouvements soient pesants et maussades, ils ne laissent pas d'èetre turbulents, et très habiles à sauter de branche en branche. IIs se réunissent en petites troupes, et se tiennent sur le sommet des plus grands arbres, et de préférence sur les branches mortes, d'où on les entend pousser des cris rauques, ou quelquefois faire un sifflement particulier pour s'entr appeler. Les toucans enfin ne séloignent pas beaucoup de la con- 2 4— 2———— 65— “ 3 fß‧ —— 6 INTRODUCTION. trée qui les a vu naitre: ils font de petits vols, et leurs courses se réduisent à parcourir les différents cantons à mesure que V les fruits y mürissent, leurs petites ailes et la masse de leur corps ne leur permettant pas de sexposer à de grands voyages. Jusqu'ici on n'a trouvé de ces oiseaux que dans les parties les plus chaudes de IAmérique; comme aussi on n'a trouvé des calaos que dans les parties brúlantes de Tancien continent. Un parallélisme bien particulier encore entre ces deux genres d'oiseaux également monstrueux, et jetés sur les points correspondants des deux hémispheres, d'est qu ainsi que la nature a composé les calaos de deux grandes familles ou races distinctes, de mèême elle a partagé les toucans en deux bran- ches analogues à celles-là. Quelle admirable uniformité, quelle harmonie dans la marche productive de cette mere-commune! puisqu elle a voulu conserver le méème ordre jusque dans ses écarts, sil est permis de s'exprimer ainsi, en établissant un accord parfait, en maintenant un juste équilibre dans ce qui semble n'avoir été que le jouet de ses plus bizarres caprices; car on ne peut méconnoitre que les toucans d Amérique sont en monstruosité dans un des côtés de la balance universelle ce que sont dans Tautre les calaos de l'eancien continent. Nous suivrons donc dans l'histoire des premiers l'ordre que la nature a établi elle-méèeme, en formant du genre entier de ces oiseaux deux familles distinctes: nous la séparerons par conséquent en deux sections, dont la premiere contiendra les toucans proprement dits, et dont nous venons d'établir les caracteres génériques. Nous parlerons après des aracaris, qui sont bien aussi des toucans, mais ayant des attributs par- ticuliers qui les distinguent des autres, et que nous ferons connoitre en leur lieu. et leurs cou 1es que 6 leur la masse d grands vosages dans §81 On na troun incien contunent entre ces deun tés sur les point qu ainsi que k familles ou races 1s en deux bran- niformité, quell mere-communel jusque dans S n établissant um ibre dans ce qu lzarres caprices d Amérique sont lance universelb 1 continent. premiers lorde du genre enler 1s la Sépareroh ntiende letabhr niere co venOns( rès des aracans es attributs Par lue nous fero es partie — e—— ooo““ 8 .-.–˙‧“— 8— . A i de e PD. chetaen u. han A S C.„ Be, e, h. B, 2 h üc,tttr t, —— 2 Ühe, A. nl h —* 4 . 2 3 1. 3 3* 4 4 b—1—1———— 4 9— 4 888 1 1 3 f 8. 8—. 3. 3 4 ——— 2 2 5* 1 2+b 1 5 1 1 11 1 1 i 3 1 1 RR b 4 4 7 1 1 4 3 2 5,— 8 1. 3₰—— 7.8 7. e 2 4e, 5„, 4 4 5Ä 1 1 1 5* 4 4 3..— f. 4. 9. 27 — 4 7 7 — . — 1 255 3 7 5 4 5 2 7 3 S 1 32 4 SR“ 22 ee . — = . 7 2 nen 5(„ h 0 Ganzaband huna 7 M. ISuhromn⸗ Vaoe de Langlode. 8 haoe de —— 8 8 8 4 ZZö—“““ A. * — * *A 4* — „. — 7 — — 4— 4 HISTOIRENATURELLE DES TOUCANS. ——— zqzqõℳ———R,˖ͤꝛ₰nnAUAANAAAAAN nAANA AAAA‚A‚GA‚A‚AQA‚ARAAARAAnn LE TOCO MALE. (N 2.) Burror, en parlant de cette espece, ne lui donne que neuf à dix pouces de longueur totale, en y comprenant la tête et la queue: je pense que c'est une faute d'impression, car la mesure de sept pouces et demi que ce naturaliste donne au bec est exacte. Or, par ces dimensions, son toco auroit eu le bec presque aussi grand que le corps, depuis le front jusqu'au bout de la queue; ce qui n'est pas même supposable, quoique cet oiseau ait un bec démésurément grand et gros. Les plus petits tocos que j'aie mesurés avoient seize à dix-sept pouces de longueur, et leur bec six: les plus grands en ont dix-neuf à vingt, et le bec proportionné à leur taille. Ces oiseaux, comme on le voit, sont fort inégaux en grandeur; cela provient sans doute, d'abord de Täge, puis du plus ou moins d'abon- dance de nourriture qu'ils trouvent dans les pays qu'ils habitent, et ensuite du sexe; car, dans toutes les especes, le maàle est plus grand que la femelle. Au reste l'individu que je publie ici, et qui fait partie de mon cabinet, a vingt-sept pouces de longueur, mesuré de la pointe du bec à l'extrémité de la queue dont la dimension seule est de six pouces, et celle du bec de sept et demi, prise en ligne droite de langle de la bouche au bout de la mandibule supérieure, qui est tranchante sur son aréte, et ronde sur les cêtés: la hauteur du bec est, à sa base, de deux pouces neuf lignes; sa largeur au même endroit est de vingt lignes; et au bout les deux mandibules ont ensemble dix-huit lignes de hauteur. Les ailes ployées ont neuf pouces et demi de longueur, et s'avancent un peu au-delà de la naissance de la queue, qui est large, forte, et dont 8 HISTOIRE NATURELLF toutes les pennes sont à-peu-près égales entre elles, si ce n'est que la derniere de chaque côté est un peu plus courte que les autres. Les pieds sont robustes; les tarses épais, et les ongles gros: le grand doigt de devant enfin est de la longueur du tarse. Le bec offre dans sa base un contour plus grand que celui de la téête, ce qui donne à cet oiseau un air vraiment des plus singuliers lorsqu'on le considere en face. Buffon a très ingénieusement comparé la téête et le bec du toco à ces masques à long nez, dont on épouvante les enfants; et il n'est personne en effet qui, en voyant cet oiseau pour la premiere fois, ne croie sérieusement que son bec ne soit une enveloppe faite à plaisir, dont on auroit couvert sa face, d autant plus que ce bec, por- tant à sa base un bourrelet qui déborde toutes les parties de la téête ou il adhere, a effectivement moins l'air d'appartenir à l'oiseau que d'êétre un étui qui cache le vrai bec. 1 Du reste les couleurs les plus vives et les plus éclatantes regnent sur cette partie vraiment étonnante du toco. Une bande noire dessine le contour de la base de la mandibule supérieure, et s'élargit sur Tinfé- rieure, où elle forme de chaque côté un triangle isocele qui Tembrasse en mentonniere: une autre bande, jaune et étroite, suit ce noir dans tous ces contours. Paréête supérieure du bec est d'un beau rouge ver- millon, qui, partant du front, vient se perdre dans une large tache noire qui termine le bas de la mandibule supérieure, et se dessine en oval du côté de la téête sur chacune de ses faces: de sorte qu'en fixant le bec par son aréête cette tache forme un cœur parfait dont la partie vuide du haut est rouge. La mandibule inférieure est tout entiere d'un rouge vif, mais qui vers la base s'éclaircit un peu en se mélant d'une teinte jaune: la supérieure est de la mèême couleur dans la moitié de sa largeur, et d'un jaune plein jusqu'au rouge de son arète. L'œil, gros, très saillant, et rougeaâtre, est entouré d'une paupiere bleue, et placé dans un espace dépourvu de plumes, et dont la couleur est orangée. Les narines se trouvent sur le front, enfoncées sous le bourrelet que forme le bec dans cette partie. Les pieds et les ongles sont absolument noirs. Quant au plumage, il est noir sur la téte et le derriere du cou, sur les ailes, la queue, et généralement par-tout, à l'exception de la gorge et du devant du cou qui sont d'un beau blanc sur les parties hautes, et jaunàtres vers le bas, où chaque plume est terminée par un petit liséré rouge. Un petit pinceau de plumes blanches se montre aussi entre l'angle des yeux et les narines. Les couvertures du dessous de la queue sont fines, soyeuses, et d'un rouge éclatant; celles du dessus de la queue, qui sont au contraire très larges, et qui s'étendent jusque vers le milieu de celle-ci, sont d'un beau blanc. Pour ne rien omettre, nous dirons enfin que les os et la peau de cet oiseau sont jaunatres. — est que la Les pieds doigt de de la tete, 8 lorsqu'on a téte et le es enfants; a premiere ppe faite à e bec, por- de la téte u que d'etre regnent sur 2 dessine le it sur Tinfé- ni Tembrasse ee noir dans rouge ver- large tache e dessine en qu'en fixant ont la partie entiere d'un mélant d'une Ja moitié de Pil, gros, eue, et place est orangte. pourrelet que at absolumemt e du cou, Sdf on de la gorge Harties hautes, un petit lisér si entre Tangle la queueè sont de la queue, rs le milieu 5 VvE wans enhn zus dirons enl DES TOUCANS.. La femelle est absolument semblable au male, si ce m'est qu'elle est un peu plus petite, que son bec n'est jamais aussi gros, proportion gardée, et qu'elle n'a point de jaune au bas du cou. Dans nos cabinets, le jaune du mäale s'efface promptement, et les belles couleurs du bec s'alterent au point de devenir d'un jaune paâle, ou mèême entièrement blanc. Ces oiseaux sont très communs dans la Guyane: à Cayenne on lui donne le nom d'oiseau à gros bec; à Surinam, les colons hollandais le nomment banane beck, bec à banane, parcequ'il est très friand de ce fruit; les Caraibes le nomment kouiakey, mais ils donnent le mèême nom indistinctement à tous les toucans: j'ignore d'ailleurs s'ils en ont de particuliers pour désigner chaque espece. Buffon a décrit et figuré cette espece sous le nom de toco, que nous lui avons conservé. 10 HISTOIRE NATURELLE ——O nAB—õũ——-A L E TOCA N. (N 53.) Cs toucan a le corps, la queue et les ailes modelés, pour les proportions, sur ces parties de l'espece précédente; mais son bec n'est pas à beaucoup près aussi disproportionné à sa taille, car il n'a, dans les plus grands individus, qu'environ six pouces de longueur sur deux pouces de hau- teur, et dix lignes de largeur à la base. Ces deux oiseaux different encore par la forme de leurs becs, en ce que celui du toco est beaucoup plus épais dans toute son étendue, et que la mandibule supérieure est che⸗ lui très tranchante sur son arête, tandis que dans le tocan elle est arrondie. Les couleurs en sont aussi totalement différentes: ici, les deux mandi- bules sont terminées à leurs bases par trois bandes transversales paral- leles; la premiere, qui est noire, et qui n'a qu'une ligne de largeur, dessine les contours de ces bases; la seconde, six fois plus large, et jaune, communique, sur la mandibule supérieure, à une autre bande de méème couleur, qui longe son aréte arrondie jusqu'à la pointe de cette mandibule; la troisieme bande est noire, et moitié moins large que la seconde. Tout le reste du bec est d'un rouge brun qui imite un peu le porphire par une espece de pointillé ou de marbrure fine noi- rätre qui y domine; enfin le petit bout de la mandibule inférieure est jaune. Tel est le bec de cette espece, du moins lorsqu'elle est parvenue à son état parfait; car il varie beaucoup suivant l'äge, et se décolore promptement par plusieurs causes, et plus facilement encore chez les toucans que dans les autres oiseaux, lorsque l'individu est mort, parce- que les mandibules étant creuses en grande partie, si on n'a pas bien disséqué la téte en préparant la peau, la putréfaction des chairs qu'on y a laissées communique dans Tintérieur du bec, et le noircit. II arrive aussi très souvent qu'en tirant ces oiseaux on les blesse de maniere que le sang s'extravase dans toutes les parties caverneuses des mandibules, et en change les couleurs naturelles. Enfin, dans nos cabinets, les becs de toucans perdent bien vite leur beau coloris si'on emploie les fumi- gations sulfureuses; le grand jour seul les change totalement encore dans Tespace de deux ou trois ans. Le bec du toco, par exemple, devient entièérement jaune, et à la longue il devient même blanc, à l'exception des taches noires, qui ne s'effacent pas, mais qui brunissent cependant. **“ 3————— 9. 4“ 4 8 4.. 4* 2 4 8— 5. 2— 8 6 8 1 1 4 5* 2 3 .— 2 1— 3 2. 2 8 1 2 — — — — ——— — — — —— — — 2 8 . 8 3 ee.— 4 r, 2 „ 1— .. 1 3 4 .7 7 7„. 2 H⸗ 747 17,7563 ,15 1 178955. 2 5 7 4 S 92 7 * 27. v2 22 e. n 57.⸗ r1 ₰ 2er! 58 S257 8* C üaamn’, 7⸗.. 6 5 2.„ 7 Voe ULlmuromerle de foourel, 2 7 A Varte Juch 8 — 4 3 4 b b 4 4 4 5 b 8 4 4 b 3 3 DES TOUCANS. 1 La langue du tocan, qui imite aussi par sa structure la forme d'une plume étroite, est, ainsi que tout le dedans des mandibules, de couleur rougedâtre. Les yeux sont d'un brun rouge, et entourés d'une peau nue bleuàtre. Les tarses, les pieds et les ongles sont noirs; ils paroissent tels du moins dans tous les individus desséchés que j'ai vus. Un caractere très marqué dans le plumage de cette espece, c'est que les couvertures supérieures de la queue sont d'un beau jaune qui a le luisant de la soie écrue; et, afin d'ètre exacts, nous dirons qu'elles sont à barbes décomposées, et qu'elles ne s'étendent pas à beaucoup près aussi avant sur la queue que celles du toco, qui les a d'une nature très différente, comme nous l'avons fait observen. Le sommet de la téte, le derriere du cou, le manteau, les ailes entieres, la queue, et généra- lement tout le dessous du corps, sont d'un noir pur, qui, sur les ailes et la queue seulement, est luisant, et prend un léger ton verdâtre par les reflets de la lumiere. Tout le devant du cou est d'un blanc légère- ment teint de jaune, qui se fonce toujours un peu plus à mesure qu'iil descend jusqu'à la poitrine, ceint par un collier rouge éclatant de sept à huit lignes de largeur. On voit, entre l'angle supérieur de l'œil et les narines, un petit triangle formé de plumes blanches. Les couvertures du dessous de la queue sont à barbes rares, désunies, et du méèême rouge que le collier. Les ailes ployées ne dépassent pas les couvertures du dessus de la queue. La femelle est un peu plus petite que le male; elle lui ressemble d'ailleurs en tous points, si ce n'est qu'elle a entièrement le devant du cou d'un blanc pur sans mélange de jaune. Mais nous observerons que, dans nos cabinets, le jaune des màles s'efface très promptement, et que, comme il en est de mème du beau jaune des couvertures supérieures de la queue, et des vives couleurs du bec, les méthodistes ont fait plu- sieurs especes de ces variations accidentelles. Buffon a confondu cette espece avec le toucan à gorge jaune, en la donnant pour la femelle de celui-ci: elle porte cependant dans ses planches enluminées le nom de toucan d gorge blanche, ou tocan de Cayenne, nom que nous lui conservons: voyez son n' 262 ouù cet oiseau est figuré d'une maniere reconnoissable, quoique les proportions du bec aient été très mal observées. Gmelin, en décrivant la mème espece, d'abord sous le nom de ram- phastos piscivorus, lui donne une bande rouge sur le ventre, et un croupion blanc, ce qui n'est pas exact: cependant, dans sa Synonymie, il renvoie à la figure 262 de Buffon, dans laquelle la bande rouge est placée au bas du cou comme elle doit l'étre, et où le croupion ou les couvertures supérieures de la queue sont jaunes. Cet auteur n'est pas plus heureux en donnant les couleurs du bec, qu'il décrit ainsi:«Bec jaune avec une «tache d'un beau rouge à son sommet; mandibule inférieure bleuatre.» 2 3 ö“ 12 HISTOIREFE NATURELLE Le toucan à bec rouge, ou ramphastos orythrorynchos, du mème auteur, est encore le mèême oiseau que notre tocan; mais celui-là on le reconnoit du moins à ses couvertures jaunes du dessus de la queue, ainsi qu'au collier rouge de la poitrine, indiqué par ces mots:« Lunule sur la poi- «ᷣ trine aussi de couleur rouge.» Brisson a décrit cette espece aussi sous le nom de toucan à gorge blanche. Le tocan se trouve dans toute Amérique méridionale; il est sur-tout très commun dans une grande partie de la Guyane francaise et celle hollan- daise, notamment dans les forêèts des environs de Cayenne et de Surinam: il fréquente les bois, et a les mœurs et les habitudes du toco, c'est-à- dire qu'il se nourrit de fruits et non de poissons, quoi qu'en aient dit plusieurs nomenclateurs méthodistes. — 4„ 3 ö ͤͤſͤſ“ 8 4 4 f———— 2— tsur-iout tres celle hollan- de Surinam; toco, Cest-a- pen aient dit n. * 274 Plo 7 2 wnorle fa, S 8 8 rEIIIE 7. 72 2 71 37, 5 fabmnd, hanet 85 ) SHie, . 1 * DES TOUCANS. 13 —.--——ℳℳ--——— ℳõ————— b⁵ᷣ⸗⸗⸗-ð⸗⸗⸗-----⸗--ℳℳ- GANê— L E TOCANA COILLIEFER IAUNE. (N 4.) Cmx oiseau est nouveau; du moins je ne le reconnois dans aucune des descriptions tronquées que la plupart de nos ornithologistes ont données des nombreuses especes de ce genre d'oiseaux: on n'en trouve d'ailleurs la figure nulle part. Le tocan à collier jaune est de la plus grande taille; il peut étre mis à cet égard au rang et même à la téête des deux toucans précédents: le bec n'est cependant pas plus long que celui du tocan, auquel il ressemble absolument par sa forme, mais dont il differe par un peu plus d'épaisseur à sa base, ce qui le fait paroitre plus court au premier aspect. Sa couleur est aussi un peu différente, en ce que le bout et les tranches de la mandibule inférieure sont noirs, et que les côtés sont d'un bel orangé, au lieu d'étre porphirés de rouge et de noir. La mandibule supérieure porte une bande jaune sur son aréte et dans toute sa longueur: la base du bec est terminée par trois bandes, tellement sem- blables aussi par leurs dispositions et leurs couleurs à celles de cette partie dans le tocan, que nous restons dans Fincertitude sur la question de savoir si cet oiseau forme une espece distincte du tocan, ou s'il en est seulement une variété de climat, d'autant plus que les attributs res- pectifs ont absolument les mêmes distributions, quoique différents par les couleurs, comme il est facile de le voir en comparant les figures. Tout le devant du cou est d'un blanc jaune terni, qui s'arrète à un large collier d'un jaune d'ochre, qu'on retrouve sur les couvertures, à barbes rares et décomposées, du dessus et du dessous de la queue. Le derriere de la têéte et du cou, le manteau, le dos, les ailes, la poitrine, les flancs, le ventre, les cuisses, enfin tout le reste du plumage, ainsi que la queue, sont d'un beau noir. Les tarses et les pieds sont plombés; les ongles noirs. La peau nue qui entoure les yeux m'a paru devoir être bleuätre par la teinte qu'elle avoit conservée, quoique desséchée. Les ailes ployées ne dépassent pas le croupion de plus de deux pouces. Les pennes de la queue sont très larges et ont toutes la même longueur. Gest à Lisbonne que j'ai acquis les deux seuls individus de cette espece que j'aie jamais vus; ils my furent vendus par un capitaine portugais qui m'assura les avoir achetés lui-mèéme au Bresil: l'un est déposé dans le cabinet de mon ami, M. Raye de Breukclervvaert, à Amsterdam; lautre, 4 14 HISTOIRE NATURELLE celui que je viens de faire servir à ma description, et dont je donne la figure, fait partie de ma collection. Gmelin a décrit un toucan sous le nom de toucan proprement dit, ram- phastos tucanus, qui sembleroit d'abord éêtre le toucan dont il s'agit dans cet article; mais sa description est si incomplete, et tellement contra- dictoire avec elle-mème, que j'avoue ne pouvoir l'appliquer à mon tocan à collier jaune. Au surplus, voici les propres paroles de ce naturaliste; le lecteur jugera lui-mèême si l'on peut y reconnoitre l'espece dont j'ai parlé:«Noir; bande sur le ventre, de couleur jaune; croupion et cou- « vertures inférieures de la queue, de la mème couleur», c'est-à-dire jaune assurément, ce qui alors se rapporteroit assez jusqu'ici à mon tocan à collier jaune. Mais, après avoir établi la synonymie de son toucan proprement dit avec le toucan de Buffon, planche enluminée n' 307, et dEdwaerds Glannures, planche 529, lesquelles planches représentent toutes deux un toucan très différent, et qui certes n'a rien moins qu'une bande jaune sur le ventre, cet auteur, dans la suite de sa description, donne à la bande abdominale et aux couvertures du dessous de la queue une couleur qui tire sur le rouge. Telle est cependant la maniere dont assez généralement les oiseaux se trouvent décrits. Est-il étonnant d'après cela que chaque nouvel orni- thologue, se contentant pour T'ordinaire de faire une froide compilation pour Hublier un livre nouveau avec sa nouvelle méthode, entasse erreur sur erreur, et augmente ainsi la confusion parmi les especes? “— t je donne ſa nent dit, nam- t il sagit dans ement Contra. à mon tocan te naturaliste, pece dont ſai Supion et cou. „, Gest-A-dire qu ici à mon de son toucan née n' 307, et s représentent moins quune sa description, us de la queue ent les oiseaux ne nouvel orni- de compilation entasse efreut 7 DeCes! — 58 A 8 . 1 — 1 1 71 71 7 1 1 1 3 1 3 4 5 5 † 4 5 f f 1 8 1 ¹ 1 4 1 .11 ernAdh I 18, eS r 1 8 8 1 1 4 11 7 2 85 *— 25 S., 7,7, 1 2 27 w4,07 3 4 829 6*0 3 — 2 h anat 2 Wettttt do. ſh, V chce, S. J A, tÄ 4 4/ 2 4 4— Baeedel. Wo L. 2 weirte d wuarol MW 27F„ c 4 Durar Beus 7 3 4 4. 5 8 — ſ 3 3 1“—y— 2 6 DES TOUCANS. 15 LE GRAND TOUCANA GORGE ORANGE. (N 5.) Cn toucan est encore de la taille des plus grandes especes: son bec a six pouces de longueur, prise en ligne droite, deux d'épaisseur, et qua- torze à quinze lignes de largeur vers la bouche; il est arrondi sur son arète supérieure, et un peu courbé par en bas; il présente enfin les prin- cipaux caracteres qui constituent le genre auquel nous rapportons cet oiseau. Les deux mandibules ont à leurs bases une large bande jaune qui s'étend sur toute la longueur de la supérieure: le reste du bec est d'un beau noir luisant qui imite la corne polie. Les yeux sont placés dans un espace nud, dont la couleur desséchée présentoit une teinte bleuâtre, que nous lui avons conservée dans le dessin. La gorge, les côtés, et tout le devant du cou jusqu'à la poitrine, sont d'une superbe couleur jaune d'orange la plus vive. Un collier en forme de plastron, d'un beau rouge de vermillon, succede sur la poitrine au jaune du cou. Le dessus de la téte, le derriere du cou, tout le dos, ainsi que le man- teau, les couvertures extérieures et du dessous des ailes, les ailes elles-— méêémes, la queue, tout le dessous du corps, les flancs, les cuisses, et les jambes, sont d'un noir velouté, plus luisant sur les ailes et la queue: les couvertures du dessus et du dessous de cette derniere sont du rouge le plus éclatant; ses pennes, égales en longueur, et les ailes ployées, se terminent précisément à l'endroit où elle commence. Les tarses, les pieds et les ongles sont noirs, offrant, à cela près, tous les caracteres de ces parties dans les autres toucans dont nous avons déja parlé. La langue étoit frangée et noire ainsi que l'intérieur des mandibules. Quant aux yeux, nous n'en connoissons pas la couleur, n'ayant vu de cet oiseau que la dépouille dans le précieux cabinet de M. Raye de Breukclerwaert, à Amsterdam. Ce toucan habite le Pérou, à ce qu'on m'a assuré: au reste nous ne ravons vu dans aucun des envois faits de la Guyane, ouù l'on a trouvé réunies cependant un grand nombre d'especes de ce genre q'oiseaux; il n'est méme connu dans aucun de nos cabinets en France: je ne Pai vu enfin dans aucune autre collection que celle de M. Raye de Breukelerwaert. Malgré les rapports qu'il y a entre cette espece et celle du toucan gorge jaune de Cayenne, dont nous parlerons, je pense qu'ils ne doivent 16 HISTOIRE NATURELIL.LV E pas ètre confondus, et qu'ils forment, sinon deux especes bien distinctes, au moins deux races constantes et permanentes dont chacune doit occuper une place séparée. Dailleurs, en comparant cette description à celle que nous ferons du toucan gorge jaune de Cayenne, et en opposant P'une à l'autre les figures de ces deux oiseaux, il sera facile de voir qu'ils ont assez de traits de dissemblance pour former mèême deux especes isolées, d'autant plus qu'il paroft que lT'espece du toucan gorge jaune de Cayenne se trouve aussi au Bresil, qui n'est pas assez éloigné du Pérou pour que l'espece s'y fůt autant variée. Je pense, au reste, quelle que soit l'opinion des naturalistes, du public même à cet égard, qu'on ne me saura pas mauvais gré d'avoir donné ici la figure exacte d'un des plus beaux toucans connus, et qui, comparé à toutes les especes qui s'en rapprochent le plus, offre une différence très marquée, qu'il n'étoit pas inutile de constater et de rapporter. ien distinctes de doit occuper on à celle ue Posant Pune à voir quils om speces isolées, ine de Cayenne dérou pour que e soit Topinion me saura pas s beaux toucans rochent le Dlus ile de constater — ——,— — r———+— 8 .——— 4 2 7 8— 4 X 4 1*—* 8* 8 4 2 4 * 4“. 8 † 8 6 4 4 2 “ d 5 F 4 8 1 4½ 8 8 6 8 4 1 1.„ 4— 1 3. 8 4 8 1 8 8“* J 4 3““ 4 3 — 2 8„— 6 4 8¼* 8 4 8 4 4 S— 4„ 4 2 ur. ⁵ 4 3 4 2* 88 4 1 8 3 B 1 3— 2 E 4.—— 1* 3 1— 2 4 8 3— 444⁸—.— 4 —— 1 4 4 3 8 1 — 3 5 A 3 —— ½ e⸗— 21 K.N: eLe :.4. . 5 8 1ee, ene sAAdziss 3 3 8 4 Rwade ndene N „N 71 97 8 ..6.,„ 5 671745324. 22e — 1, 6,: 82 6vl— 363G 3 H e W 4*, et 2 u 1” 4 4— . 3 1 — 8. 1— 1 1 eft . 8½. „ʃ1. 17-Ans 1 3 4 1 4 — ᷣe h Iunc e Knucan, a unbze wice, ) 2 We Sbpunerwde aset. ₰ Sa R0 aſui — — 4——— 1————— 1 4 1„* 2. g.—— 8 4 — 1 K* Ain 1 1 11 6— 1 IIA n—— 1 v“ 11 A8 4“ 42— 8 2 öͤſſſ— eeeeeee——.“ DES TOUCANS. 17 ——————:———V— V— òℳ ℳV—-—- ℳꝛqℳMunnnnͤnedͤͤ—OõAnêAAêè‚nãNAAᷓANUAN V—ℳ-——— ℳêℳ—-zſööuuöW»v—————VͤℳℳͤꝛꝛN?nꝛꝛ₰nͤnͤꝛNnNmnhnhnnAAAA LE GRAND TOUCANAVENTRE ROUGE. (N 6.) Qοu ce toucan soit un peu plus petit que les précédents, nous lui appliquons l'épithete de grand, parcequ'il est nécessaire de le distinguer d'une autre espece à ventre rouge aussi, mais qui lui est inférieure de taille, dont le bec est différent du sien, et qui par conséquent doit avoir un nom qui lui soit propre. L'oiseau qui fait le sujet de cet article a vingt-un pouces de longueur du bout du bec à Textrèmité de la queue: celle-ci en ayant à elle seule six, et le bec quatre, plus neuf lignes, reste à-peu-près dix pouces pour la dimension du corps, y compris le cou. Les deux mandibules ont ensemble à leurs bases dix-huit lignes de hau- teur sur quatorze à quinze de largeur; toutes deux à tranches dentelées: la supérieure est sillonnée longitudinalement sur chacune de ses faces vers le haut, et arrondie sur son arôéte, qui se termine en pointe aigué et arquée, ainsi que la mandibule inférieure. Le bec, si on excepte une bande d'un gris verdâtre qui entoure à leurs bases les deux mandibules, et qui, sur Finférieure, forme deux pointes qui s'étendent en avant, est en entier d'un beau noir, glacé de gris bleuâtre dans les parties que le jour frappe directement. Une ligne d'un noir pur, et qui s'éleve un peu- en bourrelet, termine les deux mandibules, et en dessine les contours d'une narine à autre: celles-ci sont cachées, comme dans toutes les especes de toucans proprement dits, sous ce bourrelet. La langue est noire, et les yeux, dont nous ne connoissons pas la couleur, mais que nous avons supposé jaunes dans notre dessin, sont entourés d'une peau nue dun gris bleuatre. Tout le devant du cou de ce toucan est d'un riche jaune souci uni- forme qui descend jusqu'à la poitrine, ou il termine circulairement en forme de plastron. La poitrine et tout le devant du sternum jusqu'aux cuisses, ainsi que les flancs et le haut du ventre, sont d'un rouge écla- tant qui se remontre sur toutes les couvertures du dessus et du dessous de la queue: cette vive couleur fait d'autant plus d'effet qu'elle est coupèe par celle du bas-ventre, des cuisses et des jambes, qui sont d'un noir pur. La tête et tout le derriere du cou sont, ainsi que le dos et le man- teau, d'un noir velouté. Les ailes, qui, dans l'état de repos, n'atteignent pas tout-Afalt Pextrémité des couvertures supérieures de la queue, sont 5 — 18 HISTOIRE NATURELLE DES TOUCANS. d'un noir glacé de gris dans ses reflets, de mème que toutes leurs plumes de recouvrement. La queue est large, arrondie à son extrémité, et du méeme noir que les ailes. Enfin les écailles des tarses et des doigts sont d'un noir glacé de gris, et les ongles absolument noirs. 27 Cette espece se trouve au Pérou: jen ai vu un bel individu dans le cabinet de madame Montreuil, à Paris; j'een ai vu un autre chez le citoyen Borelly, et un troisieme dans la belle collection de Mauduit. Buffon parle d'un toucan à ventre rouge qu'il n'a jamais vu, et dont il fait sa troisieme espece, mais qu'il ne décrit que d'après les nombreux auteurs qui, avant lui, en avoient fait mention: quoiqu'il soit assez diffi- cile de déterminer ici si le toucan de cet article est ou n'est pas de cette espece, cependant, en prenant à la lettre la description de Buffon, nous ne pouvons que pencher pour la négative, car notre toucan à ventre rouge n'a pas la poitrine d'une belle couleur d'or avec du rouge au-dessus, c'est-a-dire sous la gorge, le jaune est au contraire en haut, et le rouge en bas: il n'a pas non plus le ventre et les jambes d'un rouge vif, ainsi quel eætrémité de la queue, ces parties sont au contraire noires. Au reste Thevet, qui le premier a parlé de cet oiseau, est si peu exact dans ses descriptions, qu'il est facile de voir qu'il n'en donne pas une seule de faite d'après nature; ce qui n'a empéché aucun de nos ornithologues de les reproduire toutes dans leurs ouvrages. C'est ainsi, je le répete encore, que Thistoire des oiseaux s'est encombrée d'une multitude d'especes pu- rement nominales, qu'on ne sait rapporter aujourd'hui à aucune de celles que nous connoissons. Il est donc treès vraisemblable que ce toucan à ventre rouge de Thevet est notre toucan à ventre rouge; mais qu'il n'exista jamais tel qu'il le dépeint par les couleurs: et de plus n'assigne-t-il pas au bec la longueur du corps. Disproportion extravagante que nous ne voyons pas mèême, à beaucoup près, dans le toco, de tous les oiseaux connus de ce genre celui qui a le bec le plus extraordinairement grand. L'exagération, la négligence et la plus grande inexactitude caractérisent au reste tous les rapports des anciens naturalistes sur les objets qu'ils ont décrits; de sorte qu'il n'est pas possible de les consulter sans courir le risque de s'égarer soi-méèême. / 8¹ 11 3 1 3 NS. leuts plumes remité, e au es doigts vont diviqu dans l autre chez ſe de Maudait Is vu, et dont les nombreun solt assez dift- est pas de cette le Buffon, nons oucan à ventre rouge au-desaub, aut, et le rougs rouge vif, aini noires. Au reste n exact dans Ses Has une seule de ornithologues de le répete encore de despeces po- aucune de celles que ce toucan à mais quil mexst n'assigne-til pes ante que nous he tous les oiseal- mnairement grand tude caracteérient s objets quibs en ter sans courir e — vyr———— — 3—— 4.* 3 8ꝓ* N“ 4. 3— 7 4 9 4 8 8* 8 7 9 4 3“ 1- 7 1 8 4 25— 1 3— 5 — 3 8 8 4 3 8 83 3 4* 4 92 1, 2 8 8 l ⅛⅛· 1 ——— —— — — 1 1 3 1 8 f 1 1 4 1 1 1 1 1 65 4 nS 1 4 1——. S, 3 2*.—. 2 eee e e 8 8 4 3 en, 6 —= 3 Ph 3 528 2399. 8.— 5 3 3 2 ,2=e. 3. 4 1 2*8. 1— 3 2* 5 1S 2 .. dedes 5 e 3 8 94 5 eesen 5 1 3 — 3 f 4 4 A h. e wmeaneee e O 6 Jae cca« fabenr. Do limpranerie de Kouugeb, 6 Jn naſh —— 4 4»„ r 3 1— 1 — 5[ 5 4 ¹ 1 1b 4 1 44 4½ 1— 1 1 4 — ——— 5 4— e ͤͤͤͤͤͤö—-— HISTOIRE NATURELLE DES TOUCANS. 19 ———-————— ℳòê õ ᷣ—õH́ ͦℳBV⏑V́ ê êÿê⸗ÿêV6—6—ℳ v»— ⸗ℳ 6——— ⸗ ——————————-———V—q—ð— ͤbVÜnꝛêͤnNMNNANN LE PIGNAN-COIN, 0 U IO UCANA GORGCE JAUNh. (N 7.) Vo101 Tespece de toucan que Buffon a confondu avec notre tocan, représenté planche 3 de ce volume, en considérant ce dernier comme la femelle du premier, et de telle sorte que la description qu'il en donne ne se trouve convenir ni à lun ni à lautre de ces deux oiseaux, qui bien certainement forment deux especes très distinctes. Je dis que la description du toucan à gorge jaune de Buffon ne convient ni à Pune ni à lautre de ces deux especes; car elle est un composé des traits de cha- cune delles. Voyez seulement la description du bec, conçue en ces termes, page 179 de T'édition in-I2:«Le bec est noir, avec une raie bleue à son «sommet sur toute sa longueur; la base du bec est environnée d'une « assez large bande jaune ou blanche». Or il suffira au lecteur de confron- ter nos deux planches ne 3 et 7, ou même celles de Buffon, n' 269 ou 307, et celle n“' 262, pour être convaincu de ce que j'ai avancé; car cette prétendue femelle n“ 262, qui est notre tocan, n'a pas le bec noir; et celui qui est censé être le male, et qui est le toucan de cet article, n'a point de raie bleue au sommet et sur toute la longueur de son bec. Au reste, les figures exactes et les descriptions détaillées que nous donnons de ces oiseaux suffiroient seules pour prouver aux naturalistes l'erreur de Buffon à leur égard; erreur d'autant plus impardonnable que le tocan a de fortes dentelures au bec, tandis que le toucan à gorge jaune n'en a que de très foibles: ce à quoi Buffon n'a pas fait attention, quoique son peintre l'ait très bien exprimé dans les figures que nous avons citées. Les toucans ayant a-peu-preès tous plus ou moins de jaune à la gorge, jinviterois les naturalistes à changer le nom de toucan à gorge faune, qu'on a appliqué à l'espece dont il est ici question, en celui de pignan-coin que lui ont donné les naturels de la Guyane, par allusion à son cri, qui rend ces deux mots de la maniere la plus distincte. Je crois même cette 6 20 HISTOIRE NATURELLE substitution nécessaire, attendu que ce toucan n'est pas celui dont la gorge soit le plus marquée de jaune: je pourrois mème ajouter que, rigou- reusement parlant, elle ne'est effectivement point du tout, puisque la gorge proprement dite d'un oiseau ne s'entend que de cette partie du cou 8 3.. qui correspond directement au-dessous du bec. Or cette partie est blanche du jaune. dans notre pignan-coin; et ce n'est que plus bas qu'il porte Ce toucan est d'une taille moyenne, c'est-à-dire qu'il est beaucoup moins fort que le toco, ou mème que le tocan: son bec, quoique long et épais, n'acquiert jamais non plus le volume de celui de ce dernier; car, dans les mâles parvenus à leur état parfait, cette partie ne va pas au-delà de quatre pouces et demi de long sur dix-huit à vingt lignes dans sa plus grande épaisseur: il est très arqué, la mandibule supérieure étant près du double plus épaisse que T'inférieure; la couleur extérieure en est par-tout d'un beau noir d'ébene, si ce n'est qu'à la base regne une large bande d'un gris bleuâtre, susceptible de se dénaturer, et prenant alors une teinte jaune. Cette bande est terminée du côté de la tèête par une raie noire qui dessine les contours des deux mandibules. Le dedans du bec est rougeâtre; la langue noire et formée comme celles généralement de tous les toucans. La mandibule supérieure présente sur sa partie la plus élevée une espece d'enfoncement qui fait détacher son arète en forme de côte depuis sa base jusqu'aux deux tiers de sa longueur. Les yeux sont entourés d'une peau nue, ridée, et de couleur bleuätre. Dans leur état de repos, les ailes ne dépassent pas la naissance de la queue, qui est arron- die à son extrémité, ses plumes latérales se trouvant un peu plus courtes que les intermédiaires. Le pignan-coin se distingue par une belle plaque jaune dorange, qui, du milieu du cou, descend jusque sur la poitrine, et dont T'effet est d'au- tant plus agréable qu'elle se trouve encadrée dans le blanc le plus pur qui couvre la gorge ou la partie haute du cou, et ses côtés, tandis que par en-bas elle touche à un large plastron rouge qui ceint la poitrine: ce plastron, bien différent du collier étroit que porte le tocan, s'étend, chez les mäles, jusque vers le milieu du corps. Les couvertures du- dessus et du dessous de la queue, composées de plumes soyeuses, sont du mème rouge que celles de la poitrine: tout le reste du plumage est, sur le corps, d'un noir mat; et, sur les ailes et la queue, d'un noir qui, dans les reflets, prend une nuance verte et luisante. Les pieds, couverts de larges écailles, ont les caracteres de ceux des autres toucans, et sont bleuâtres; les ongles en sont noirs: enfin, pour ne rien omettre, nous dirons que la peau de oiseau est bleue. La femelle est un peu plus petite que son male, et a le bec plus court de près dun Pouce que celui de ce dernier: la plaque jaune du cou n'est encore iei mi aussi étendue, ni d'une couleur aussi vive; et le plastron rouge, quoique au moins trois fois aussi large que le collier du tocan, ne „ dartie est blanche te du jaune. véaucoup moins ue long et épai, fuier; car, qans a pas au-dela d- des dans aa plus ieure étand peis térieure en est base regne une arer, et Prenant 6 de la tete par ules. Le dedans es généralement sur sa partie h maréte en forme . Les yeux sont ans leur état de , qui est arror eu plus courtes dorange, qui Teffet est dau- ne le plus pur tés, tandis que la poitrine: ce „Sétend, chen s du dessus ek sont du memme . sur le cofps, ans les reflets, arges zcailles, res; les onges ue la péau de pec plus cour du cou nest et le plastro9 c du tocan; DES TOUCANS. 21 savance pas autant sous le corps. On est d'autant plus surpris que Buffon ait regardé Tespece du tocan comme la femelle du toucan dont nous par- lons, qu'il avoue que les femelles sont en général, à peu de chose près, de la grandeur des maäles, tandis que la femelle se trouveroit ici beaucoup plus forte que son maàle, puisqu'il est certain que le tocan, qui est vérita- blement l'espece que cet habile naturaliste a prise pour la femelle du pignan- coin, est, en masse, à-peu-près du double plus forte que celui-ci. Gest de la gorge du pignan-coin que les sauvages de Cayenne et de Surinam, où cette espece est fort commune, se servent de préférence pour se faire des parures. On a aussi importé en Europe beaucoup de ces gorges, dont nos dames n'ont pas dédaigné de se faire des garnitures de robes ou de pelisses, et mème des manchons: la mode s'en est passée, heureusement pour les naturalistes; car ils voyoient avec peine arriver des cargaisons entieres de ces dépouilles, et rarement l'oiseau lui-méêème. En revanche, et grace au goút changeant du beau sexe, le contraire a lieu aujourd'hui, et nos cabinets abondent en individus de la belle espece que nous venons de faire servir à cet article. La meilleure de toutes les figures que les naturalistes ont publiées de cet oiseau est sans contredit celle qu'Edwards en a donnée; et Brisson T'a décrit avec cette exactitude qu'on retrouve à l'égard de toutes les especes qu'il a vues par lui-méème, et qui le fait consulter avec fruit. HISTOIRE NATURELLE LE PETIT TOUCANAVENTRE ROUGE. N 8.) CETTE espece, la plus petite de toutes celles que nous connoissions du genre proprement dit des toucans, est à-peu-prèés d'un tiers moins forte que celle que nous avons décrite sous le nom de grand toucan à ventre rouge, dont elle differe aussi par les formes et les couleurs de son bec. Nous avons cru devoir parler séparément de chacun de ces deux oiseaux comme de deux especes distinctes, parceque nous avons pensé qu'il seroit absurde de considérer le petit toucan, dont il s'agit ici, comme une simple variété du grand, vu qu'il a les tranches du bec dentelées avec plus de force. Il est bien vrai que quelques oiseaux adultes, et à bec dentelé, m'ont souvent pas dans leur jeune äge cette marque distinctive aussi pro- noncée; mais cela ne dit rien qui puisse contrarier mon opinion sur la diversité spécifique de nos deux oiseaux, puisque le petit toucan à ventre rouge, qui est, comme je T'ai déja dit, le plus petit, et qu'on supposeroit par cette raison, avec plus de vraisemblance, pouvoir n'étre qu'un jeune oiseau, est justement celui qui se trouve avoir le bec plus dentelé; et que jamais il n'est arrivé qu'un oiseau ait eu le bec naturellement plus den- telé dans son jeune âge que parvenu dans son état parfait. D'ailleurs, comme il ne m'arrive jamais non plus de décrire un oiseau que je ne raie vu, et quil est très facile de distinguer à la nature de ses plumes si un individu est dans son jeune àâge, ou sil est adulte, je puis assurer avec connoissance de cause que ceux dont nous parlons avoient atteint ge de leur état parfait. Si donc les naturalistes croient devoir les réunir, en considérant l'un comme une variété de l'autre, au moins devront-ils les considérer comme deux races constantes et permanentes, dont les individus conservent inaliénablement les caracteres respectifs; ce qui, quoi qu'on en dise constitue bien certainement deux especes. Au reste, il nous est prouvé par des exemples, que la nature a formé beaucoup d'autres oiseaux qui, pour être autant et même plus ressemblants entre eux, n'en différoient pas moins non seulement d'espece, mais souvent mèême de genre. Nous avons déja fait observer, en parlant de lespece du grand toucan à ventre rouge, que la description que donne Buffon de celle qu'il dé- signe sous le nom de toucan à ventre rollge ne Sse rapportoit Pas à la 4 1„———...“ 3„——— 8 1 E* 8 1 3* 8 4 4 4 1 2 4 3 4 6 5 4 4 5— 1 3— 4 1 8 6 4 3 4 8 4 4 3 f 4* 6 1 1 1 8 5* 3 3* 4 6 8. 4 1 4 4 8 5 3 3 8 9— 11——— 8 , 2 4 ge g„ 2. — 5 5⸗ 7 Sirei 482* 8 1 eer ee 4 Age Se 9 N D, Sdgee 2 ach Deoe llmeronerwe ke Kousgel,— 15 —— DES TOUCANS. 23 nôtre; nous ajouterons qu'elle n'est pas plus conforme à Tespece actuelle: de sorte qu'il est difficile et mèême impossible de rapporter avec certi- tude cette description de Buffon à l'un plutèt qu'à Tautre de nos deux toucans. Cependant, comme ce naturaliste dit positivement que son toucan à ventre rouge a la mandibule inférieure du bec une fois moins large, près de Textrémité du bec, que ne l'est la mandibule supérieure, il est probable que c'est notre petite espece dont il a voulu faire le sujet de sa description; et d'autant plus probable que nous voyons dans ses planches enluminées, n“ ²269, la figure d'un petit toucan, qui, toute mauvaise qu'elle est, nous paroit étre celle de notre oiseau, quoique dans la description de son toucan à ventre rouge l'auteur ne renvoie pas à cette figure, qu'il ne cite qu'en parlant de son toucan à gorge jaune, considérant comme une variété de ce dernier le toucan que représente cette figure, tandis qu'ailleurs il auroit décrit, d'après Thevet, ce mèême toucan à ventre rouge comme une troisieme espece de toucans, dont la premiere seroit le toco, et le toucan à gorge jaune la seconde. Gmelin, dans sa description du toucan à ventre rouge, ne 9, ramphaslos picatus, n'est pas plus exact que Buffon dans la sienne; car cet oiseau n'a pas, comme il le dit, la poitrine jaune, ni la queue ponctuée de rouge à son sommet. On voit clairement pardà que, confondant aussi les especes, ce naturaliste décrit, quoique d'une maniere imparfaite, notre petit toucan à ventre rouge sous le nom de toucan à gorge jaune, n'o 10, ramphastos dicolorus, description dans laquelle il renvoie à la planche 269 de Buffon, qui est, ainsi que nous l'avons fait observer, celle de notre petit toucan à ventre rouge, lequel est bien différent du véritable toucan à gorge jaune de Cayenne, ou de notre pignan-coin. D'après toutes ces observations, exactement fondées sur la vérité, ainsi que chacun peut s'en convaincre, on ne doit pas éêtre surpris de trouver tant d'incohérences parmi les auteurs en ornithologie. Quel dédale en effet, et comment sy reconnoitre, lors sur-tout que lon fait attention que presque tous les ouvrages qu'on nous a donnés sur cette matiere ne sont que de froides compilations, et que ces prétendus naturalistes n'ont jamais eu sous les yeux les objets dont ils nous parlent cependant avec tant d'assurance! Cette maniere d'écrire est des plus blamables, car elle ne sauroit jamais produire qu'erreurs sur erreurs. Le lecteur peut compter de trouver dans la figure que nous publions du petit toucan à ventre rouge le portrait fidele de cet oiseau, très rare encore dans nos collections, et dont nous allons donner une description d'autant plus exacte qu'elle a été vérifiée sur cinq individus de l'espece, que nous avons examinés à loisir, tant à Paris, dans le beau cabinet de Mauduit, chez madame de Bandeville, et M. Bargeton, qu'à Madrid che⸗z M. Davilard: le cinquieme fait partie de ma collection; et la plupart de ces individus, leurs possesseurs les avoient recus du Bresil. J'observerai 7 5 ——¼. ——— 25 HISTOIRE NATURFELLE ici que je n'ai vu cette espece ni la grande dans aucun des envois faits de Cayenne ou de Surinam. Le bec de cet oiseau, dont la longueur est de trois pouces et demi sur dixchuit lignes de hauteur, est très applati sur les côtés, où la mandibule supérieure présente dans sa partie plus élevée un enfoncement qui, quoi- qu'en s'amoindrissant toujours, se prolonge jusque près de sa pointe; ce qui détache l'arête de cette mandibule, et lui donne la forme d'une côte moins saillante vers le front. Cette arête est d'un jaune de soufre, ainsi que celle du dessous de la mandibule inférieure; couleur qui est aussi celle des tranches des deux mandibules, quoique, précisément sur les den- telures, on remarque quelques traits rougeâtres. Les parties mitoyennes du bec sont d'un verd olivâtre, et sa base est entourée d'une bande noire, à-peu-pres égale sur tous les points de la mandibule supérieure, mais qui, dans son milieu sur l'autre, prend la forme dun angle rentrant: rintérieur du bec enfin est jaunatre ainsi que la langue. La peau nue qui environne les yeux m'a paru, dans le seul individu préparé dont on n'eut pas peint cette partie, étre d'un rouge très pâle: quant à la couleur des yeux, nous ne la connoissons pas; mais nous pensons qu'à cet égard on peut s'en rapporter à la description qu'en a donnée Buffon d'après Thevet, quoique, ce que cet auteur dit d'ailleurs de cet oiseau étant fort inexact, il pút bien se faire que sa description des yeux ne le fůͤt pas moins: Liris est noire, entourée d'un cercle blanc, qui T'est lui- «meéme d'un autre cercle jaune». Le dessus de la téête, le derriere du cou, et tout le dessus du corps, y compris les ailes et la queue, sont d'un beau noir velouté. La gorge proprement dite est d'un blanc légèrement soufré, et se fonçant toujours davantage à mesure qu'il descend: tout le reste du devant du cou est d'une belle couleur jaune souci, des plus éclatants, qui, sur les bords latéraux, se dégrade insensiblement en un jaune soufre, terminé au bas par un rouge vif qui descend jusque sous le ventre. Cette derniere partie et les plumes des jambes sont noires. Les couvertures du dessus et du dessous de la queue sont effilées, soyeuses, et du mème rouge que la poitrine. Les pieds sont d'un noir verdatre, et les ongles noirs. La queue est arrondie à son extrémité; et les ailes ployées se terminent précisément à l'endroit où elle commence. 8 faits de demi Sur nandibule qui, quoi- bolnte; ce Lune eöts ifre) ainsi est aussi ur les den- nitoyennes nde noire, Lure, mals 2 rentrant: peau nue paré dont quant à la SOIS qu A née Buſfon cet oilseau Jeux ne le ſui Test lui- lerriere du , sont d'un légerement ud: tout le 4, des plus ment enl un jusque sous noires. Les 8, s0)euses, verdätre, et et les ales ence. 5 1 4 4 3 ¼ 8* 8 4 8 8 — “ * 2 , 4* ““ ¹ t N “ 8 8 8 4* 82 * 1 ¹ ·. — S — S,, „0 7 6 7 2 0/ dd ( VUo l. Vcht Wnate de onarol, 2. WSe lae fkläur 2 ö““ 4 3* DES TOUCANS. 25 ——OA‚A‚QA‚‚‚‚‚A B—-———AAAAè‚AAAAAAA NA LE TOCARD. (NX 9.) Crx oiseau, dont on ne trouve ni la description ni la figure dans aucun auteur, forme une espece absolument nouvelle, inconnue aux naturalistes, et qu'iil seroit impossible de placer ailleurs que dans le genre des toucans proprement dits; car il en a les formes et tous les caracteres, c'est-à- dire la queue arrondie, la langue cartillagineuse, plate, et barbée comme une plume, les pieds épatés, le tarse gros, les doigts réunis deux à deux, et couverts de larges écailles, les ailes courtes, et enfin les narines cachées sous le bourrelet que forme sur le front la mandibule supérieure. Les couleurs de son plumage, et leur distribution, le feroient mèême prendre au premier coup-d'œil pour une variété de l'espece du tocan, avec la femelle duquel il a quelque ressemblance par la blancheur de tout le devant de son cou; mais dont il differe par la couleur des couvertures du dessus de la queue, qui sont rouges ici, tandis que celles de cette femelle sont jaunes comme celles de son maàle: mais il differe encore, spécifiquement et d'une maniere frappante, non seulement du tocan, mais même de tous les autres toucans, par la forme et les couleurs de son bec, long de cinq pouces et demi, arrondi sur ses côtés, ainsi que sur son arête arquée en faulx, et dont les mandibules sont dentelées sur leurs tranches, et à pointes mousses: tandis que les toucans, que nous avons décrits ailleurs, ont tous le bec plat sur ses côtés, et une bande plus ou moins large à la base des mandibules; caracteres indélébiles qu'on retrouve dans tous leurs individus des deux sexes et de tout àge, et qui, manquant totalement ici, doivent nécessairement faire du tocard une espece particuliere: c'est aussi ce qui nous a déterminés à donner à cet oiseau un nom propre qui le distinguât de tous les autres toucans connus. Si des formes nous passons aux couleurs de son bec, et à leur distri- bution, nous y remarquerons des différences non moins sensibles que dans les premieres avec celles de cette partie dans ses congéneres. La mandibule inférieure du bec du tocard est tout entiere d'un brun verdaàtre uniforme, tandis que la supérieure se trouve partagée de chaque côté, et diagonalement, en deux parties presque égales, dont l'une est jaune, et rautre du même brun verdatre, par une ligne noire qui descend de la 8 hauteur des narines jusqu'à la tranche de cette mandibule. Lintérieur du 26 HISTOIRE NATURELLE DES TOUCANS. bec est orangé ainsi que la langue. Nous ne connoissons pas la couleur des yeux, n'ayant eu de cet oiseau que la dépouille qui fait partie de mon cabinet. La peau nue qui entoure les yeux, desséchée, m'a paru bleuâtre ainsi que celle des pieds. Quant aux couleurs du plumage, tout le devant du cou, depuis le dessous du bec jusqu'à la poitrine, est d'un blanc pur: celle-ci est ceinte d'un large collier rouge; couleur qu'on retrouve la méèême sur les couver- tures du dessus et du dessous de la queue. Le reste du plumage est d'un noir mat sur le corps, et d'un noir luisant et changeant sur les ailes et la queue: les dernieres pennes de celle-ci sont un peu plus courtes que les intermédiaires. 4 couleur Partie de ) mW a Daru depuis le est ceinte *s Couver- e est d'un as ailes et urtes que HISTOIRENATURFELLE DES TOUCANS ARACARIS. Lus aracaris forment, comme nous l'avons déja dit, une seconde famille dans le genre entier des toucans: ils different des toucans proprement dits par plusieurs caracteres faciles à saisir; plus sveltes de corps, et par con- séquent plus allongés, plus élancés, ils ont encore le bec moins dispro- portionné à leur taille, et d'une contexture plus solide que ces derniers; ce qui les rend aussi plus forts dans Tattaque ou la défense, et plus habiles à ouvrir les fruits dont ils font leur nourriture. Cette partie est cependant creuse ici comme chez les toucans, et remplie seulement de cloisons déli- cates; mais Tenveloppe en est plus épaisse, et c'est là que réside sa force. Les narines, placées à la naissance du front, ne pénetrent pas plus avant dans la mandibule supérieure que celles des toucans, et n'en different d'ailleurs que pour étre visibles sur le bec, leur ouverture étant taillée sur les bords de cette mandibule, dont le sommet se prolongeant sur le front y forme un profond feston, aux extrémités duquel elles se trou- vent percées. A ces caracteres distinctifs des aracaris si nous ajoutons que, vus de face, ces oiseaux ont le tour de la téte plus grand que celui du bec à sa base, et qu'ils ont toutes les plumes de la queue très considérablement étagées, on sentira qu'iils présentent une physionomie assez différente de celle des toucans proprement dits pour qu'’on doive mettre entre eux et ces derniers une petite ligne de démarcation qui, sans les séparer tout- a-fait, conserve les rangs que la nature leur a respectivement assignés. Les aracaris ont les pieds et la langue faits comme ceux des toucans; ils ont tous(toutes les especes du moins que nous connoissions) le bec dentelé, et les yeux circonscrits dans une peau nue ridée: les ailes ne s'étendent pas chez eux au-delà de la naissance de la queue, et celle-ci a aussi dix pennes. En deux mots, dans le genre des toucans, les aracaris sont aux tou- cans proprement ainsi nommés, ce que, dans celui des corinacés, les 8 —— 28 HISTOIRE NATURELLE. pies sont aux corbeaux; ce que, parmi les calaos, les calaos sans casque sont aux calaos casqués; ou encore ce que, dans le genre des perroquets, les perruches sont aux perroquets proprement dits, etc., etc. Les aracaris étant au moral ce qu'ils sont au physique, comparés aux toucans, sont aussi plus actifs que ces derniers, et n'ont pas comme eux Pair niais et stupide: le regard est ici plus assuré, les mouvements sont plus prompts, le vol est plus rapide; les aracaris franchissent méême d'un seul trait un plus long espace que les toucans, ce qui les fait aussi entreprendre des voyages de plus long cours. Comme tous les toucans, du reste, l'aracari est fru- givore, et niche dans des creux d'arbres vermoulus. La distinction que nous avons faite entre les véritables toucans et les aracaris avoit été pressentie par Buffon, quoique plusieurs méthodistes avant lui eussent confondu ces oiseaux sous une mème dénomination; erreur que Gmelin ne s'est pas contenté de partager, mais à laquelle il est venu ajouter en placant méème le momot dans le genre des toucans et des aracaris, quoique entre ceux-ci et le momot il m'y ait aucune ana- logie de mœurs et de formes. S'il étoit vrai, comme le dit Buffon, que les Bresiliens eussent appliqué à ces deux sortes d'oiseaux les noms de toucans et d'aracaris, comme ceux de kararouima et de grigri leur auroient été donnés à la Guyane par les naturels du pays, il seroit certain que ces divers peuples auroient observé entre ces oiseaux des différences marquées; et cela viendroit à l'appui de mon opinion sur les toucans et les aracaris: mais il est bien plus probable que ces noms s'appliquent, chez les Bresiliens et les naturels de la Guyane, à quelques especes particulieres, parceque des sauvages ne me paroissent pas susceptibles d'un degré dintelligence tel qu'on puisse les supposer avoir concu les divisions par genres. Lobservation que je me permets ici est d'autant plus fondée, que Buffon lui-méème, en dé- crivant sa premiere espece daracaris, sous le nom de grigri, dit très positivement qu'elle est ainsi appelée à la Guyane, parceque ce mot en exprime à-peu-près le cri aigu et bref. Ce nom n'est donc pas celui des aracaris en général, mais bien celui d'une espece particuliere d'aracaris, comme le nom de koulik est celui de la seconde espece décrite par ce naturaliste. Nous allons passer aux différents aracaris connus, auxquels mème nous avons la satisfaction de pouvoir ajouter une espece nouvelle, et plusieurs belles variétés. Cette série formera le complément du genre entier, et composera notre seconde division des toucans. s casque rroquets, § aracaris sont aussi 1 stupide: Ms, le vol t un plus es voyages IrI est fru- rans et les néthodistes dmination; laquelle il les toucans ucune ana- at applique is, comme Fuyane par es auroient viendroit à il est bien es naturels auvages Ne uon puisse ation que je eme, en de- gri, dit très 3 ce mot en das celdi des e Taracaris, serite par ce * 1 4 1 3 2 ¹.“. 4 2 * I 13 3 4 3 4 4 3 E 3 4 8— 8 1 8 S 8 — 1 1 . 1 3 3 2 7, 77 ,e 6.... 3 3 17, 1 1 8 88 8 8 N 8 e — . 8 6e. e —— 8 ù. 8 ☛ — — —— — ———— ——. 1 1 3 — era, a nne mnmne e 5 Harabemad ſölltue 2 2 Pne A ach 4 1— — 4 *— 2 A.—— 3— 3 .*— 3 1. 5 4 5 4 5 8 8 4 † 5 4 8* 4 8 4 4—— 4 3 1*——— 8 A— 8 1 3 2 12„——— 8——““ 8—— 2—————,—— Aar—* 4 DES TOUCANsS. 29 BNAVAAAAᷓAAA‚A‚„A‚A˖A‚„„ꝗAâù„(‚ᷓ‚„Ʒ„ðè‚„α LE GRIGRI, 0 U L'ARACARIA CEINTURE ROUCE. (No 10.) Buorrox s'est encore mépris à Pégard de cet oiseau, en le confondant avec une autre espece, que tous les nomenclateurs ont décrite sous le nom de toucan verd, et que nous nommons, nous, aracari verd, dans la description fidele et des deux sexes que nous en donnons. II suffiroit méème au lecteur, pour se convaincre de l'erreur de Buffon, de jeter les yeux sur les deux figures exactes, et de grandeur naturelle, que nous avons publiées des deux especes qui l'ont occasionnée, et dont l'une est du double plus forte que J'autre; différence dont ce naturaliste ne fait aucune mention, non plus que de bien d'autres qu'il nous sera facile de faire remarquer. Le nom daracari à ceinture rouge caractérisant au mieux l'espece dont nous faisons le sujet de cet article, puisqu'elle est en effet le seul des toucans connus qui ait le milieu du corps ceint d'une large bande rouge, je proposerois que ce nom lui fùt appliqué de préférence à tous autres qu'elle porte dans les différents ouvrages ou il en est question; je pen- serois aussi qu'on devroit commencer par le substituer à celui de grigri que Buffon donne à cet oiseau, parceque s'il est vrai qu'il Pait ainsi nommé par allusion à son cri aigu et bref, il ne Test pas moins que ce naturaliste ayant fait de deux une seule espece, on se trouve, mème par sa description, dans la presque impossibilité de déterminer à laquelle des deux il faut attribuer ce cri. Cette dénomination nous paroit d'ailleurs d'autant plus préférable, qu'il n'est personne qui ne reconnùt à ce nom dans une collection l'oiseau dont nous parlons, puisqu'il est, je le répete, le seul toucan connu qui ait cette marque distinctive. L'aracari à ceinture rouge, maàle, a dix-huit pouces de longueur totale; savoir, le bec quatre et demi, et la queue six; ce qui réduit à huit, à- peu-preès, la dimension du corps, y compris la téête et le cou. Le bec est “ 30 HISTOIRE NATURELLE convexe sur les faces, et trilobe à sa base. Les dentelures de la mandi- bule supérieure sont très fortement marquées; celles de l'inférieure beau- coup moins: elles sont toutes deux arquées en faulx. La premiere est blanche sur les côtés, et porte sur toute la longueur de son arète une 4 4 bande noire qui, pénétrant sur le front, y forme un triangle isocele à bordure blanche. Cette bande noire, qui, à la base du bec, occupe l'espace compris entre les deux narines, se prolonge, en se rétrécissant par degré, jusqu'à un pouce de sa pointe. De chaque côté des narines descend en- core, jusqu'à la tranche de la mandibule supérieure, une ligne noire qui se porte ensuite en avant jusqu'à la premiere dentelure, en laissant par- tout derriere elle une portion blanche correspondante à la ligne blanche de la pointe qui s'avance sur le front; ce qui produit un effet très agréable, et d'autant plus que la mandibule inférieure étant toute noire, et terminée aussi à sa base par une ligne blanche de la méême largeur qui en fait le tour, toute la face de l'oiseau se trouve comme encadrée dans un cordon blanc. L'ntérieur du bec est noir sur les côtés, et jaunâtre dans le milieu. La langue est d'un noir olivâtre, et porte sur toute sa longueur une ligne jaune; ce qui, vu sa forme, la feroit volontiers prendre pour une plume à —. COte Jauneé. La têete et le cou, si on en excepte une tache triangulaire d'un brun marron sur chaque oreille, sont entièrement d'un noir luisant; et la poi- trine, le ventre, les couvertures du dessous de la queue, d'un beau jaune. Le milieu du corps est traversé par une bande rouge qui s'élargit insen- siblement en se portant sur les flancs. Ce mèême rouge couyvre tout le croupion, et se montre encore en coups de pinceau sur le haut et à tra- vers la couleur jaune de la poitrine. Les plumes des jambes sont d'un verd olivatre, égayé de quelques traits jaunes et rouges. Le manteau, les couvertures supérieures de la queue, les pennes de celle-ci, et celles des ailes, sont en-dessus dun verd sombre: le revers de la queue est d'un verd luisant, glacé de gris; et celui des ailes d'un noir glacé de gris à la pointe, et d'un blanc jaunàâtre par-tout ailleurs. Enfin les yeux sont jaunes; la peau nue qui les entoure est bleuàâtre: les ongles sont noirs, et les pieds verds. Nous observerons que, desséchés, ces derniers paroissent noirs. La femelle de l'aracari à ceinture rouge differe du maâle par sa taille toujours plus petite, et sur-tout par son bec plus court que celui de ce dernier. Le rouge du haut de la poitrine ne se montre chez elle que très foiblement; mais, à cela près, quant aux couleurs elle ressemble absolument au male, si ce n'est encore qu'elle n'en a ni les taches rousses des oreilles, ni le rouge des plumes des jambes; ce qu'on ne retrouve pas non plus, au reste, dans les jeunes males. Buffon a publié une figure de cet aracari, n* 166 de ses planches enlu- minées, sous la dénomination de toucan verd du Bresil, quoique dans ses descriptions il le nomme grigri, en renvoyant à cette figure dont le manqi- rre beau- niere est rète une isocele à e lespace ar degre, cend en- noire qui Sant Par- blanche agréable, terminée en fait le in cordon le milieu. une ligne e plume à d'un brun Zet la por⸗ eau jaune. rgit insem re tout le at et à tra- sont d'un anteau, les t celles des ue est dun de gris àla vont jaunes; „et les pieds ent noifs. Har 83 taille celui de ce ne? elle què e ressemble ches rousses o D5 DFSTOUCANS. 31 bec est entièrement brun, et la peau nue qui entoure les yeux, rouge: telle est du moins cette figure dans mon exemplaire; car il est bon d'ob- server ici qu'il y a peu d'uniformité dans cette partie de l'ouvrage de notre immortel écrivain. Le grand Linnée a fait mention de la même espece sous le nom latin tucanus aracarii: Brisson l'a décrite sous celui de toucan verd du Bresil; et Bellon la donne pour un oiseau aquatique, apporté des terres neuves (Cest probablement ce qui a fait croire et dire à tant de nomenclateurs que les toucans se nourrissoient de poissons): Barrere en a fait un pic; et Klein un coucou: plusieurs voyageurs enfin l'ont prise pour une pie. Cet oiseau abonde dans toute la Guyane, ou il fait beaucoup de dégaàts dans les plantations de bananes, de goyaves, et mème de café: on le trouve aussi au Bresil, mais j'ignore s'il y est aussi commun que dans cette autre contrée. 8 55 ““ 3² HISTOIRE NATURELLF —--ͤ———-G————A———— VYR—d---—-A————————M9——— L.'ARACARIA DOUBLE CEINTURE. pPREMIERE VARIETE DE LARACARI A CEINTURE ROUGE. (No 11.) Or reconnoit au premier coup-d'œil que cet oiseau n'est qu'une variété de Tespece précédente, dont il differe par une seconde ceinture plus étroite que la premiere, qui lui traverse la poitrine, et dont la couleur est noire. A cela pres, tout est semblable, forme et couleurs. Cet individu a été apporté du Pérou, et fait partie du superbe cabinet de M. de Raye de Breuklervaert, à Amsterdam. Ilseroit sans doute intéressant de savoir si dans cette contrée tous les individus de cette espece ont comme celui-ci une double ceinture, ou si celle qu'ils ont de plus que notre Aracari à ceinture rouge n'y est que pour le mäle un caractere qui le distingue de sa femelle, ou bien encore s'il ne faudroit pas regarder cette seconde ceinture comme une de ces variations accidentelles, passageres, et momentanées, telles qu'on en observe parmi tant d'autres especes d'oiseaux. Les renseignements seroient ici d'autant plus utiles, qu'ils nous éclairciroient un point d'histoire naturelle qu' il im- porteroit beaucoup d'approfondir; jentends des variations que la diffé- rence des climats qu'elle habite peut faire subir à une mèême espece, ce sur quoi nous m'avons encore que de foibles appercus ou méême que des conjec- tures hasardées. Le génie créateur de Buffon suppose ces variations telle- ment considérables, qu'il lui arrive quelquefois de donner comme variété d'une espece un oiseau d'un genre différent; mais nous avons eu si sou- vent occasion de relever à cet égard les erreurs de ce grand naturaliste, et 5 d.F9,.„.,. méme de prouver que ces variations attribuées à la différence des climats étoient nulles pour ceux du midi de 1'Afrique et du nord de TEurope com- parés, que nous ny reviendrons pas ici. Cette derniere observation, quoi- qu'elle ne puisse pas èétre donnée pour la preuve d'une loi générale, c'est-à- dire qu'on ne puisse pas conclure du midi de[Afrique et du nord de l'Eu- rope pour tous les climats du globe, emporte cependant une forte pré- somption contre des variations supposées si grandes, qu'elles auroient en- tierement dénaturé les formes et les couleurs. — 1 SHuaratmenn ſät e! ⸗ * 5 8 8 eer 3. , 4 isenn S S2ee e ¹ eee War 3n 8* 2 3732 37 5. D.l Zahrunerte Teo Folttaterel. * - 61 11255 ,=S Gf 13 ,, D ee — 8“ —————᷑—COp—·-··· “——— ere eg er r 1—*„——y— 8——“— 8 — 3 A—„ 5 4 1.“ 2 3 85*.* 4 b5 4 8 3 1“————“ 4 8 9—“ 8“„ 8* 5. 8 6„ 4 84— 4. — A 4 8 6— A A 1 — 8 5 8 8— 5 3 —— K 77 H — 5 3. Ln 3 8 3 4 . s, 8 G 5 * 1 S. , 74 8 — 7 E 7. ee. eee. 5 Nen Sn N 8 K. S o. 8 8 2 — 13448 “ 8 . N8 7 e w,⸗fe feeo, Bin, c ae tn e r M e. 2 —— Sf, 7 e, Dur äa, A. hlhl 4* . 5 Gaon Jcltch 1— 81 3 4—— 1 9— 3 8 8 92 6— 3* 5 r 3 ³ 5 5. 1. 1 3 3 4 3 1—“ 2 1 2u——————————— AMe————„.„—————. 2 DES TOUCANS. 33 AAAN——-—ℳNͤARAnUnAnAꝛAnAAAzÖ —-——è-nêqõA--nUAAAAAAA˖‚Aè‚AN AMAGA—: Ä———AAAAAAn .„ LARACARIACEINTURE ROUGE, DANS SON EXTREME VIEILLESSE. (N' 12.) Cmæ individu nous offre en moins la différence que nous a montrée en plus sur les attributs de lespece de lAracari à ceinture rouge, celui de Yarticle précédent; car non seulement il manque de cette seconde ceinture noire et de luxe qui orne la poitrine de ce dernier, mais la rouge meme, celle de Tespece, se trouve entièrement effacée chez lui: je dis eacée, parcequ'iil est certain que sa disparition n'est que l'effet des ravages du temps: on en apperçoit mème encore sensiblement la trace quoique très légèrement for- mée par une foible teinte d'un jaune bruni et différent de celui du reste du dessous du corps, qui lui-mème a dégénéré et pali. Le rouge du croupion s'est changé en un jaune roussatre, et les parties blanches du bec ont aussi pris cette sinistre couleur. Cette seconde variété qui paroitra peut-être fort extraordinaire aux yeux des ornithologistes inexpérimentés ne présente cependant rien que de très ordinaire chez les oiseaux arrivés à un certain dge; observation qui, pour n'avoir pas été faite, n'en est pas moins une vérité de fait fondée elle- meéme sur cette loi générale qui pese indistinctement sur tout ce qui est dans la nature. Chaque être prend avec les diverses époques de son existence une physionomie nouvelle; et à l'égard des oiseaux, nous avons tant de fois prouvé combien ils étoient différents d'eux-méèmes, suivant qu'on les consi- déroit dans leur premier äge, dans leur état parfait, ou mème dans leur passage de l'un à Tautre état, que ce que nous disons ici n'a rien de sur-— prenant. Nous voyons dans PAracari sans ceinture un oiseau dépouillé des attributs du bel âge et qui ne nous offre plus que limage de la vieillesse ou de la caducité. Nous l'avons déja dit bien des fois, et après l'avoir vérifié sur un grand nombre d'individus: parvenus à une certaine époque de leur vie, les oiseaux perdent la faculté de se régénérer pour ainsi dire, en cessant de changer de plumage; les mues périodiques qui, tous les ans, renouve- 8 2 loient leurs plumes, et les présentoient avec la mème fraicheur de coloris, 54 HISTOIRE NATURELLE n'ayant alors plus lieu, il est certain que celles-ci, restant constamment les mêmes, doivent à la longue se détériorer, et môme se décolorer entiè- rement, tout ainsi que cela arrive dans nos collections lorsque les oiseaux sy trouvent exposés à la lumiere, quoique renfermés dans des armoires vitrées. Cest cet état de dépérissement que nous présente l'individu dont il est question dans cet article, et qui non seulement a perdu ses belles couleurs, mais qui porte encore sur tous ses traits les marques de l'ex— tréme vieillesse. Le rouge s'est changé en jaune éteint, parceque cette couleur est la base de la couleur rouge. Le blanc du bec a jauni, comme nous voyons que Tivoire, les dents, les os, et généralement tout ce qui est blanc jaunit aussi par vétusté. Tel est l'effet rapide des années, qui, en s'accumulant, changent et dénaturent, pour ainsi dire, les objets, au point de rendre méconnoissable ce qui d'abord nous avoit séduit par sa beauté. amment er entid. oiseaux armoires idu dont. es belles de Lex- lue cette 8 „comme e qui est* „qui, en. au point„ beauté.„ 8 3† 4 . 5 8 4 8. — 8 5 4. — 2—* 8 2¹* 8 3 . 8 8 — 1 4 ““ . 8 8 “ 4 *⁴ 6 4 8 2 2* 3 4 7 — 48 7 — 1 8* 4 — 1 777 271 ——-— / A 1 4 8 4 4 1 9* 9 1 4 2 — 4 —— ——— —— 2 DES TOUCANsS. 41 AQAAA AAAAA—.————V ᷣ O A— ℳʃ8-A LARACARIKOULIK MALE DE LA GCUVYAXNI. (No 13.) Ir laisse à cet aracari le nom de kouli ‚quil porte à Cayenne, et que lui ont donné les créoles du pays, parcequ'il exprime exactement son cri: il est beaucoup plus petit que l'espece de J'aracari à ceinture rouge de l'article précédent, et sur-tout bien moins long, parcequ'il a le bec et la queue, pro- portion même gardée, beaucoup plus courts qu'elle; ce qui lui donne une forme moins dégagée, et le rend aussi plus lourd. Ses ailes, dont la pointe, lorsqu'elles sont ployées, ne passe pas le croupion, sont encore remar- quables par leur peu d'ampleur, ce qui ne lui permet pas de s'élever fort haut, et donne peu de grace à son vol. Du reste cet oiseau est aussi agréa- blement paré que les autres especes de sa famille; car il en a toutes les cou- leurs, quoique différemment distribuées chez lui. Le noir y occupe la tête, tout le cou, et la poitrine jusqu'au milieu du corps; mais ce noir est relevé par une tachertriangulaire d'un beau jaune d'or qui couvre les oreilles, et par un collier aussi jaune d'or, qui le termine sur le derriere du cou. La partie abdominale, le bas-ventre, et les plumes des jambes, sont d'un verd olivätre, égayé de jaune, distribué en coups de pinceau sur le milieu du ventre, et d'un roux vif vers les cuisses. Les couvertures du dessous de la queue sont d'un rouge très éclatant: les scapulaires, le dos, le croupion, et les couvertures supérieures de la queue, sont d'un verd jaunäâtre, ainsi que les ailes et le dessus de la queue, qui ont cependant une teinte un peu plus sombre; mais les pennes de cette derniere portent toutes une tache de roux-marron à leur pointe. Le revers des ailes est en grande partie d'un blanc jaunâtre, parceque telle y est la couleur de leurs couvertures et celle des bords internes des barbes de leurs pennes, qui sont ailleurs d'un gris cendré en-dessous, et dun brun-olivätre en-dessus. Le revers de la queue, oi les taches brun-marron sont plus foibles qu'en-dessus, est d'un gris-brun. La base du bec est d'un rouge de brique plus foncé sur la mandibule supérieure que sur T'inférieure, et s'étendant beaucoup plus sur celle-ci vers la pointe du bec, qui est dans tout le reste d'un noir débene, si ce n'est que les den- telures de toute la mandibule supérieure(l'inférieure n'en a pas) sont mar- quées chacune d'un peu de rouge et d'un trait blanc qui les font parfaitement 11 — HISTOIRE NATURELLE ressortir sur le fond noir du bec. Les yeux dont nous ne connoissons pas la couleur sont environnés d'une peau nue, qui m'a paru devoir être bleuàtre, Les ongles sont noirs: le dedans du bec enfin est rou- se comme celle de tous les toucans, 4² ainsi que les pieds. geàtre; et la langue, qui est plumeu est rouge à sa base, et noire dans tout le reste. ——“—— 1 2 — . 3 . 6 8 22 drou- Cans, — — —— & 8 N K, i. WW eng 87 139 1 1717 79 , 8 8 2244 ee ue u ℳ 2 :*451 1 d 1 44 r, A . /1 . ſ Ane huſ 3 .„ . Seʒan/ ſtuu DES TOUCANsS. b 4³ * 7 AA˖ᷓAꝑᷓꝑAꝑᷓ‚‚QA‚ꝗGæ˖ᷓ LARACARI KOULIK FEMELLE. (N 14.) Conun chez tous les toucans, la femelle est ici plus petite que le maàle: mais il faut observer que, comme il y a beaucoup de variations dans la taille des différents individus de Tespece de P'aracari koulik(ce qui provient, je l'ai déja dit bien des fois, d'une nourriture plus ou moins abondante), il seroit très possible de réunir telle femelle qui fut plus grande que tel maâle: il suffiroit pour cela de prendre celui-ci parmi ceux qu'on tue dans les lieux éloignés de toutes plantations, et la femelle parmi celles engendrées et vivant proche des habitations, ouù les oiseaux sont toujours plus forts. Dans notre Europe mème, ou il est bien moins de terrains incultes que dans les colonies, et où, sil y en a, les oiseaux Peuvent se transporter plus prompte- ment dans les lieux cultivés, nous voyons que les perdrix qui habitent les montagnes et les landes sont beaucoup plus petites que celles qui vivent dans nos terres ensemencées. Et les moineaux qui habitent nos villes et nos campagnes fertiles ne sont-ils pas toujours plus gros que ceux qui vivent dans les bois? Ilen est ainsi de tous les animaux quelconques, et mèême de toutes les plantes qui, dans un terrain gras et fertile, acquierent une consistance et une vigueur qu'elles n'ont jamais sur une terre aride et seche. Nous disons donc qu'eu égard à ces variations de taille, la femelle de l'aracari koulik est plus petite que son mâle; mais elle s'en distingue encore assez par la couleur de quelques parties de son plumage, pour qu'on puisse la reconnoitre au premier coup-d'œil: elle n'a, par exemple, que le dessus de la téête de noir, tout le derriere du cou étant d'un beau marron glacé; et la gorge, le devant et les côtés du cou, ainsi que la poitrine, d'un joli gris cendré nué d'une légere teinte verdolive. Le ventre, les flancs, et toute la partie abdominale, sont q'un jaune nué de gris: elle porte aussi la tache jaune d'or des oreilles, mais n'en a pas le collier. Quant à la couleur des ailes, à celles du dos, de la queue, et de ses couvertures inférieures, elles sont chez elle absolument semblables à celles de ces mêmes parties dans le màle. Le jeune male ressemble à la femelle jusqu'à sa premiere mue, époque ou le collier jaune de la nuque commence à paroitre chez lui. C'est donc un 44 HISTOIRE NATURELLE de ces jeunes mäles que Buffon a décrit pour une femelle. Ce naturaliste a T'ailleurs bien décrit ces oiseaux, et en a donné, no 5 ßet 729 de ses planches enluminées, des figures reconnoissables, quoiqu'éloignées de la vérité de celles que nous publions ici. Les kouliks sont fort communs à Cayenne, à Surinam, et dans toute la Guyane; ils vivent dans les bois, nichent dans des trous d'arbres, et fré- quentent les lieux cultivés, où ils causent beaucoup de dégàts aux fruits. Cette espece offre une belle variété, mais variété constante, dont nous ferons le sujet de T'article suivant. * ³ ste a Dus , ————————————— .Vo. . 8 ₰ ) D 2 un A 3 ASist⸗Ii“t. 7⸗777211* 72 7. 2 7Ila . — S X . ND 4 — (X X 8 S D X—;— S 1 — △ 4 4 O 4 ⁸ 1 8 X S . T S S — — — ——Y——————,—————— 4—-————..——————.——— .—— 3———— 3— 5————————————n———;— DESTOUCANS. 45⁵ ——— 2 AAAA˖AAA AnꝗQA‚AA‚‚è‚„‚‚mQ‚‚‚A‚ ANAAANA LARACARIKOULIK MALE DU BRESII. (N 15.) Lrsrzor de l'aracari koulik n'habite pas exclusivement la Guyane: on la trouve aussi non seulement au Brésil, mais encore au Pérou, ou elle est un peu différente de ce qu'elle est à la Guyane, en ce qu'elle y acquiert des couleurs plus vives, mieux prononcées, et qui, sans avoir changé de nature, ont des teintes plus foncées, seule différence que produise le climat; car il n'agit point sur les formes caractéristiques et propres des especes d'une maniere assez sensible pour opérer en elles des altérations essentielles, comme Tont supposé quelques grands naturalistes, d'après les rapproche- ments qu'ils ont faits; supposition qui conduiroit, ainsi que je l'ai dit ail- leurs, à faire conclure que les différentes especes d'un même genre ne seroient toutes que des variétés d'une d'entre elles; et un pas de plus nous meneroit à croire qu'un seul oiseau auroit produit tous les oiseaux, quelles que fussent leurs formes, leurs couleurs, etc., ete. Rien encore n'a donné la preuve de ces grands changements: il est vrai que peu d'observations ont été faites à cet égard; et il en faudroit beaucoup pour constater de tels faits. En revanche tout a prouvé jusqu'ici le contraire: toutes les especes d'oiseaux que j'ai apportés d'Afrique, et qu'on retrouve dans le midi aussi-bien que dans le nord de l'Europe, n'ont subi d'altération que dans les couleurs quel- quefois plus brillantes dans les climats plus chauds. Jai vu aussi un grand nombre d'oiseaux d'Egypte, et je me suis convaincu que les mêmes especes dans les climats froids n'offroient pas la plus légere différence comparée aux premiers. Le paon, dont T'espece est acclimatée en Europe depuis plu- sieurs siecles, n'a-t-il pas conservé non seulement ses formes, mais encore ses brillantes couleurs? pas la moindre différence entre ceux élevés en Russie, en Hollande, en France, et ceux du cap de Bonne-Espérance, et de IInde leur pays originaire. Il en est de mème du faisan d'or de la Chine, qui est tout aussi beau dans le nord de l'Europe que dans son pays natal. Mille exemples semblables prouvent qu'en distribuant dans chaque climat les especes auxquelles il est propre, la nature n'a pas voulu que le transport que nous en ferions de un à l'autre pour notre utilité ou notre amusement 12 46 HISTOIRE NATURELLE les transformàât au point de les rendre méconnoissables. Un oiseau qui, sur un point quelconque du globe, a une queue longue et étagée, ne prendra jamais, je pense, sur un autre une queue courte, carrée ou fourchue: si cela arrivoit, toutseroit bouleversé, et toutes les idées que nous nous formons de cette sublime sagesse qui a tout ordonné ne seroient plus que fantas- tiques et variables, comme tout ce qui est selon les caprices du hasard; chose impossible à concevoir pour tout observateur attentif, qui, cherchant la vérité dans les faits seuls, laisse aux beaux esprits leurs belles théories, ou plutôt leurs réveries, pour une étude que leur imagination devance, et dont ils n'ont que faire, avec le talent de deviner d'abord ce que tant d'autres ont tant de peine à trouver dans de longues et laborieuses recherches. Revenons à notre aracari koulik du Brésil, qui, comme nous l'avons dit, differe de celui de la Guyane par des couleurs plus vives. Il suffira au lecteur, pour sen convaincre, de jeter les yeux sur les figures que nous donnons des deux oiseaux: il y verra que le jaune des oreilles a dans le koulik du Brésil une belle teinte orange, ainsi que le collier, qui est plus large chez lui; que le bas-ventre y est plus jaune; que les taches du bout de la queue y sont plus vives; que le verd du dos y est plus brillant; et enfin que les petites lignes blanches qui marquent les dentelures du bec de l'indi- vidu tué à la Guyane sont, au contraire, formées en larges taches blanches aussi sur celui rapporté du Brésil. Dans les deux, au reste, caracteres absolument semblables, même coupe dailes, même forme de bec, de queuèe,; etc.... Jai vu plus de cent kouliks de Cayenne, et pas un n'avoit les dentelures du bec marquées par les larges taches blanches, dont j'ai parlé plus haut; comme aussi pas un de ceux rapportés du Pérou ou du Brésil n'y avoit les lignes quy a celui que j ai fait représenter planche 15; ce qui prouve que, dans les deux climats, l'espece forme deux races distinctes. Nous n'avons pu comparer ensemble les femelles des deux pays, n'ayant vu que des mãles du koulik du Brésil. plus ut de enfin indi- nches teres , de Aures haut; oit les dans rayant — „e e „1 arset. “ c maunera ⸗ 7. o V. 1 DESTOUCANS. 47 —GmABnAAAAgAA L'ARRACARIVERD MALE. (N 16.) Voio1 Tespece que Buffon a confondue avec celle de notre aracari à cein- ture rouge, qu'il nomme grigri. Outre cependant qu'elles different absolu- ment l'une de l'autre par les formes et la longueur de leur bec, ainsi que par la ceinture rouge que l'une d'elles n'a pas, on remarquera qu'elles different encore beaucoup par leur taille. Toutes ces différences réunies ont paru à Buffon si légeres, qu'il ne balance pas à faire de ces deux oiseaux une seule et même espece: nous en formons, nous, deux et treès distinctes, ainsi que ravoient déja fait au reste tous les naturalistes avant lui. Il sera mèême trop facile au lecteur, par la seule comparaison des portraits de grandeur natu- relle que nous donnons des deux oiseaux, de juger par lui-méème de la mé- prise de Buffon, pour que nous croyions devoir rien ajouter à ce sujet. Nous avons donné à l'espece de cet article le nom d'aracari verd, qui ne change en aucune maniere la dénomination antérieure de toucan verd de Cayenne, que lui avoient donnée ceux qui n'avoient pas cru devoir faire deux divisions des toucans et des aracaris. Nous observerons cependant que, bien loin d'ètre plus verd que les autres aracaris, celui que nous désignons ainsi l'est encore moins; car son verd est si foncé qu'il paroit noirâtre sous certain jour. Brisson a parfaitement bien décrit les couleurs du maàle et de la femelle de cette espece sous le nom de toucan verd de Cayenne, mais il faut que l'individu qu'il en avoit vu fút extraordinairement petit ou rabougri par les préparations, puisqu'il ne le dit pas plus gros qu'un merle; tandis qu'à en juger par son épaisseur, je suis persuadé qu'il doit en avoir a-peu- près trois fois le poids; ce qui annonceroit beaucoup de différence dans la taille. 1 Cet oiseau, le màle s'entend, a la téte et tout le cou d'un beau noir; le manteau et toutes les parties visibles des ailes ployées sont d'un verd som- bre; le bout et les barbes extérieures des grandes pennes de celles-ci sont brundâtres. Tout le dessus et les grandes couvertures supérieures de la queue sont du verd du manteau; le revers en est d'un verd tendre glacé de gris; —— ( HISTOIRE NATURELLE celui des ailes est gris-brun au bout des pennes, et blanc jaunaàtre ailleurs, couleur qui est aussi celle de toutes les couvertures du dessous des ailes; le croupion est rouge. Tout le dessous du corps depuis le bas du cou jusqu'à l'anus, et les couvertures du dessous de la queue sont d'un beau jaune soufré très brillant. La partie abdominale et les plumes des jambes sont vertes; seulement sur ces dernieres on remarque quelques taches rougedtres. Le bec, qui est fortement dentelé sur les tranches des deux mandibules, porte, sur le haut et dans toute la longueur de la supérieure, une large bande jaune foncé; les côtés de cette mandibule sont d'un rouge fouetté de noir; mais ce rouge est séparé de la bande jaune par une ligne noire, et les den- telures de la même mandibule sont toutes marquées d'une ligne blanche qui les rend très distinctes; ce qui produit un effet très agréable. La man- dibule inférieure est entièrement noire, à une bande rouge près, qui en marque la base, et qui se prolonge sous le bec, en entourant les bords de toute la partie vide qui embrasse la gorge. Les yeux sont jaunes, et circons- crits dans une peau nue bleuâtre, et non jaune, comme le dit Brisson, qui, sans doute, a été mal informé à cet égard. Les pieds sont verdâtres, et paroissent noirs lorsqu'ils sont secs: les ongles, la langue, et tout le dedans du bec, sont noirs. rie, inde oir; dem- ache nan. i en de ons- son, — —————— ſſ— 1 4 1. 6 7.eIs. 3 1 S7 9 1 1 4 k, ( h b e UC, lot? ucu, / / 5 W Uineun e Lamfbur, 4 Sammltnnt, hour. 2 24 flen * —* 3 1. —. 9 . 4— DES TOUCANS. Læ femelle de l'aracari verd est un peu plus petite que son maàle, dont il est dailleurs facile de la distinguer en ce qu'elle a toute la tête„la gorge, le derriere et le devant du cou d'un beau marron glacé, au lieu q'avoir ces parties noires comme lui; à cela près les couleurs du plumage sont abso- lument les mêèmes dans les deux sexes, si ce n'est cependant encore que la femelle a une nuance plus foible, notamment sur le ventre: les taches des jambes sont aussi chez elle moins rouges, tirant plus au brun-marron: elle a de plus une petite ligne noire formée par la partie intérieure des pre- mieres plumes Jaunes du bas du cou par-devant, et qui sépare le brun du cou du jaune du dessous du corps; mais cette petite bande est très peu apparente. Les compartiments du bec sont aussi les mêmes dans les deux sexes, sauf quelques légeres teintes que la femelle a de moins dans le rouge et le jaune de cette partie. Laracari verd abonde à Cayenne, d'ouù on l'a envoyé en France en très grand nombre: aussi y a-t-il peu de cabinets où on ne le trouve. Cette espece se nourrit, comme les autres toucans„de fruits, et fréquente les bois. Il est étonnant due nous ne connoissions pas encore le nom qu'elle porte dans son pays natal, ou elle doit certainement en avoir un, qu'on pourroit lui rendre préférablement à celui que nous lui donnons ici, et qui ne la distingue pas assez des autres especes, qui toutes sont vertes dans les mémes parties qu'elle. 12 quatre et demi: le front est ce HISTOIRE NATURELLE ꝑð A——O— LARACARI BAILLON. (X 18.) Qur me soit permis de consacrer à cette nouvelle espece d'aracari un nom révéré, un nom cher aux amis de celui qui le portoit, et qui fut estimé par ses vertus morales de tous ceux qui le connoissoient, un nom cher aux naturalistes par le zele que Baillon mettoit à procurer à notre cabinet public et à tous ceux qui l'en prioient toutes les especes doiseaux qu'il pouvoit avoir à sa disposition sur les bords dé la mer qu'il habitoit. Puisse ce foible hommage prolonger le souvenir d'un citoyen estimable dont la famille et les amis déplorent aujourd'hui la perte récente! L'aracari Baillon est un peu plus fort de taille que les deux especes précé- dentes. Son bec a les méèmes formes que le leur: les mandibules en sont toutes deux fortement dentelées, la supérieure cependant plus que linfé- rieure. Les ailes sont courtes et peu amples la queue est fort étagée; de sorte qu'il ne peut y avoir de doute quil m'appartienne à la division dans laquelle nous le plaçons ici. Le bec a deux pouces trois lignes de long sur un pouce de hauteur, et autant de largeur A sa base: la mandibule supé- rieure est arquée par le bout, et dépasse dans cette forme l'inférieure. Le corps a six pouces de longueur du front à la queue; celle-ci cinq, et les ailes int Gun bandeau jaune d'or, qui couronne les yeux, et vient aboutir aux joues qui sont, ainsi que la gorge, le devant du le ventre, et tout le dessous du corps, de cette mèême couleur: vers le bas-ventre cependant et le dessous de la queue ce jaune prend une teinte verdàtre qui lui ôte son éclat. Les plumes des j ambes sont d'un verd olive terni. Le dessus de la tête, le derriere du cou, les sca- le dos, les couvertures des ailes, et toutes les parties visibles de les couvertures supérieures, et tout cou, la poitrine, les flancs, pulaires, leurs pennes lorsqu'elles sont ployées, le dessus de la queue, sont d'un verd d'olive pochetée, égayé sur la téête, le haut du cou et les scapulaires d'un ton jaune, qui»'affoiblit toujours da- vantage à mesure qu'il descend vers le croupion qui est dun rouge foncé. Le bout des pennes des ailes est brunâtre en-dessus, et d'un gris olivàtre en- dessous. Les couvertures du dessous des ailes sont d'un jaune d'or, et le revers du milieu de leurs pennes est d'un blanc jaune isabelle. Le revers de la queue est d'un jaune glacé de gris. Le bec est brun noir à sa base, et d'un jaune verd ou soufré dans tout le reste. La peau nue qui entoure ———— 277, 71u7. 5 7 27. 1 „. : 4 8 8 Me, — O ee DES TOUCANS. 45⁵ les yeux m'a paru bleuatre: les pieds sont couleur de plomb, et les ongles jaunâtres. Lespece d'aracari que je viens de décrire a été apportée du Brésil; et Pindividu dont je me suis servi fait partie du cabinet de feu le citoyen Baillon, qui eut la bonté de me l'envoyer pour le faire connoitre; car aucun naturaliste, que je sache, n'en avoit encore parlé. Si nous terminons ici Phistoire de toutes les especes de toucans qui soient parvenus à notre connoissance, et que nous avons vus et bien re- connus dans les cabinets d'histoire naturelle, ce n'est pas que les nomen- clateurs n'aient fait mention de plusieurs autres toucans comme autant d'especes différentes de toutes celles dont nous avons parlé; mais j'estime que la plupart de ces prétendues especes ne le sont que de nom, et que chacune d'elles appartient à l'une ou à lautre de celles que nous avons décrites: tels sont, par exemple, le cochitenacatl et le æochitenacatl de Fernandez, que Buffon nomme par contraction cochicat et hochicat. Avec un peu d'attention on voit clairement que ces deux oiseaux ne peuvent être que notre aracari à ceinture rouge, défiguré dans les mauvaises et inintelligibles descriptions qu'en a données Fernandez, et que tous les naturalistes ont copiées sans se donner la peine d'en apprécier le mérite; ce qui abrege le travail. Quant à'alia-xochitenacatl, décrit par Nieremberg, et dont Buffon a fait son aracari à bec noir, avant de prononcer sur cette espece il faudroit savoir s'il est mème bien vrai qu'elle appartienne au genre toucan: mais comment savoir cela lorsque l'auteur qui est censé avoir vu ne donne aucun des caracteres de cet oiseau, et que lespece de description qu'on en a publiée ne ressemble sous aucun rapport à rien de ce qui caracté- rise les toucans? Ce que nous venons de dire de cet alia-xochitenacatl de Nieremberg on peut le dire de Paracari bleu de Buffon, que Fernandez a décrit le premier sous le nom d'altera-æochitenacatl. plusieurs naturalistes parlent encore d'un toucan blanc; mais ce toucan forme-t-il une espece, ou n'est-il qu'une variété d'une espece connue? Et dans tous les cas pourquoi ceux qui ont vu cet oiseau ne donnent-ils aucun détail sur sa taille, la forme de son bec, etc.? on ne dit pas mèême où on pa vu, ni si c'est un toucan ou un aracari; rien enfin, sinon qu'il est tout planc; descriptions insignifiantes qui laissent subsister tous les doutes sur pexistence d'une telle espece d'oiseau. Sonnini, dans sa nouvelle édition de Buffon, indique, d'après un cata- logue de vente d'une collection d'oiseaux faite à Montpellier, un toucan à gorge bleue qu'il y a vu figurer. II me semble qu'il auroit fallu voir l'oiseau avant d'en parler, ou tout au moins avoir une autorité un peu plus fondée ue celle d'une liste d'oiseaux qu'on met en vente. Il seroit prudent aux naturalistes d'etre quelquefois plus réservés. Si les especes de toucans que nous contestons ici existent, on les trouvera sans doute, et nous les con- noitrons un jour: mais je serois bien plus porté à croire qu'on ne les verra 46 HISTOIRE NATURELLE jamais; jusqu'ici du moins personne ne les a vus encore, quoiqu'il y ait fort long-temps qu'ils se trouvent décrits par leurs premiers auteurs, et qu'ils sont reproduits par tous les nomenclateurs qui ont écrit sur les oiseaux. Laracari à bec uni, donné par Latham, n'est qu'une jeune femelle de notre aracari verd..... Tous les toucans ainsi que les aracaris n'ont point de dentelures au bec dans leur jeune àge; et comme dans cet état le bec est en outre très petit relativement à ce qu'il doit étre dans son état par- fait, qu'il differe aussi un peu par ses formes et ses couleurs de celles de ce dernier état, qu'il ne prend qu'à mesure qu'iil grandit, il n'est pas sur- prenant que Latham, qui n'a pas été à même sans doute de faire ces ob- servations, ait été entrainé à donner commeèe une espece distincte ce jeune oiseau, dont les couleurs du plumage, trop analogues cependant avec celles de Fage fait, eussent du faire reconnoitre l'espece. — ——— 13 8 8 — 9 — 4 2— ———. e a — 9 8 b HISTOIRE NATURELLEL DES BARBUS. Novs diviserons le genre entier des oiseaux barbus en trois sections; savoir, les barbus proprement dits, les barbus tama- tias, et les barbus barbacous: série que nous allons suivre dans l'ordre que nous venons d'établir. En considérant les formes et la physionomie des barbus proprement dits on ne peut sempécher de les placer immé- diatement à la suite des toucans avec lesquels ils ont en effet de grands rapports; rapports encore plus marqués entre les grandes especes de barbus et les plus petites des toucans, comme si la nature eùt voulu nous indiquer elle-méême la réunion de ces deux genres d'oiseaux, en établissant le pas- sage qui les lie si bien un à l'autre dans les deux especes du barbican et du grand barbu verd de la Chine, par lesquelles nous commencerons la section des barbus proprement dits, qui se trouveroient tout aussi-bien placés, soit qu'on voulut les admettre comme terminant le genre toucan, oOu qu'on les considéràt comme commencant le genre barbu. Les barbus en général ont, ainsi que les toucans, le corps massif et lourd, la tête grosse, les jambes courtes, les tarses forts, et les pieds disposés de maniere qu'ils y ont deux doigts par devant et deux par derriere: leur bec est gros et fort, 80 HISTOIRE NATURELLE; proportionnellement: à leur taille; quelques especes ont dans cette partie de fortes dentelures, tandis que dautres ny en ont point. Les formes du bec des barbus varient ainsi beau- coup dans les différentes especes, tellement meme que si lon vouloit, comme le font les méthodistes, avoir égard à ces dif férentes formes de mandibules, il seroit facile d'établir autant de genres qu il y a d especes dans le genre entier de ces oiseaux. Les barbus fréquentent les forêéts, et nichent comme les pics dans des trous d'arbres; mais ils ne grimpent point le long du tronc comme ces derniers, quoique plusieurs nomen- clateurs les aient mal-à-propos compris parmi les oiseaux à pieds grimpants, à cause de la disposition de leurs doigts; caractere qui, comme je l'ai dit ailleurs, n'influe en aucune maniereé sur la faculté de grimper des oiseaux; car nous voyons que beaucoup d'iseaux de différents genres grimpent tout aussi-bien que les pics, quoique n'ayant pas comme eux deux doigts par devant et deux par derriere: tels sont les piculules et les talapios d' Amérique; tel est notre grimpercan d Europe; telles sont même quelques especes de pics qui, n'ayant que deux doigts par devant et un par derriere, men grimpent pas moins bien que ceux qui ont les doigts disposés deux à deux. Les barbus se nourrissent de fruits et mangent aussi des in— sectes: ils sont d'un naturel confiant, et par conséquent faciles à surprendlre, car ils entrent dans leur trou d'arbre alors méème qu'on est assez près deux; le chasseur peut aussi facilement les approcher. IIs ont le vol court et pénible, ayant les ailes courtes et la queue foible; ils se tiennent par paire, male et femelle, et lorsque les petits ont pris'essor ils se forment en petite troupe avec toute la nichée. Buffon a dit précisément le contraire de ce que je viens de dire des barbus à ces derniers DES BARBUS. 31 , 3..„„.. égards; cest que sans doute il avoit été mal informé. Jai b 7 92 A.* 3 3 4* observé par moi-méme ces oiseaux en Afrique, et je n'affirme rien ici sur des ouf-dire. Buffon avoit aussi avant nous établi dans le genre des oi- seaux barbus les deux sections des barbus proprement dits et des tamatias, division qui ne ressemble à une partie de la nôtre que quant aux noms, puisque c'est indistinctement tous les barbus d Amérique que ce naturaliste appelle tamatias, et que suivant lui ceux de l'ancien continent sont les barbus proprement dits. Jaurois pardonné à Buffon d'avoir établi cette division dapréès les climats seulement, sil n'avoit pas pu voir quelques especes de barbus dAmérique tres diffé- rentes des tamatias, si différentes qu'il lui auroit été impos- sible de ne pas reconnoitre qu'elles appartenoient aux barbus proprement dits: mais Buffon travailloit peu d après nature; il se contentoit presque toujours, pour êtablir ses descriptions et ses comparaisons, des mauvaises planches publiées par Dau- benton le jeune: ainsi il ne seroit pas étonnant qu il n'eùt pas pu voir dans les portraits du barbu dAmérique, quiil donne sous le nom de tamatia à tête et à gorge rouges(planch. enl. n“ 206, fig. 1 et 2), un vrai barbu absolument analogue aux barbus des Indes. Cependant Daubenton avoit nommèé barbus les deux oiseaux que ses planches étoient censées représenter. Il est aussi à remarquer à Iégard de ces deux détestables figures que les descriptions de Buffon sy rapportent abso- lument pour les couleurs. Buffon encore, pour autoriser son opinion sur la différence qu'il trouve entre tous les barbus d Amérique et ceux de l'ancien continent, dit que ces oiseaux ne peuvent être de méême genre ni de mèêmes especes, parce- 2½ A 7 6 7— qu Ils 1E peuvent Pas Etre supposes AVOIT Passe les Ih pour 1 6* v““————. .————⁄ 1— * 3 7 8 5² HISTOIRE NATURELLE se transporter d' Amérique aux Indes, leur corps étant si lourd, et leurs ailes si courtes. Mais il est bien d'autres oiseaux que les barbus qu'on ne peut pas supposer avoir traversé les mers, et que Buffon lui-mèeme n'en regarde pas moins comme appar- tenants à de mèmes genres, quoiqu ils soient communs aux deux hémispheres. Au reste nous verrons; ainsi que je Pai dit, qu il se trouve en Amérique des barbus proprement dits, tout comme il se trouve aux Indes des tamatias; ce qui dé- truit plus que ne le feroient tous les raisonnements opinion de Buffon, qui ne voit des barbus qu'aux Indes, et des tamatias qu'en Amérique, quoiqu' il ait lui-méême décrit des barbus dA- mérique et un tamatia de Inde, qu' il auroit reconnus pour tels, je pense, s'il avoit voulu, comme moi, prendre la peine de regarder, de comparer ensemble, d'étudier les oiseaux avant de les décrire, et sur-tout d'en déterminer les genres. —— 8 „ 3. .— . 5 8 . 84 4 — 8 3 8 3 9 4 3 4 A * . — 8 4. 2 1 *. - 3 * * 5 8 4. 4 3 2 7 4 * 1 4 8 1 — 9 8 * 4 ——— —— — — — — — ——— — 3—— —*— 8—— 5 3 1—————— K 1 4 7 eee 8 S . 7 7 3 /. 4 9 2 f l, e acl.. e 1. h Vzmfeonerte Pe Zanolots 9.2 43 Ritur. ma Hil ne maach 1 8 2 3 b b DES BARBDUS. 53 WwAAAABAAAA‚AAAAA LE BARBICAN. (Nô 19.) SI des poils autour du bec pouvoient être le caractere dominant des barbus, le barbican seroit sans contredit le barbu par excellence, car il n'est aucun oiseau de sa tribu qui en soit aussi abondamment pourvu que lui; en effet il en a en telle profusion à la base de ses deux mandi- bules que le bec en est en grande partie obstrué. Ces poils larges et plats représentent les barbes dures des plumes de certains oiseaux à plumage rude; ils naissent autour des narines, ainsi qu'à la base de la mandibule inférieure, et se portent tous en avant. Le bec est fort, épais, et sur-tout remarquable par des crans très marqués qui se prononcent mème sur les côtés du bec, ou ils forment de longs et profonds sillons, lesquels sont très apparents. Les ailes du barbican n'atteignent guere que la naissance de la queue: celle-ci est de la longueur du corps à-peu-près; elle est étagée, mais de maniere seulement qu elle s'arrondit à son extrémité; caractere qui est propre aussi aux toucans, oiseaux avec lesquels le barbu de cet article a de grands rapports par toute sa structure, ou ce qu'on appelle la physionomie, et même par toutes ses couleurs. Le plumage du barbican est en général noir et tranché par du rouge, du jaune, et du blanc, de maniere que par tout son ensemble cet oiseau remplit de la maniere la plus avantageuse et la mieux marquée l'intervalle qui sembloit séparer son genre de celui des toucans. La téte, le derriere, et les côtés du cou, le dos, les scapulaires, les ailes, et toutes leurs couvertures, le croupion, les couvertures de la queue, la queue elle-méèéme, et les plumes des jambes sont d'un noir luisant à reflet bleuàtre. Le devant du cou, depuis la gorge jusqu'à Ja poitrine, est couvert de plumes rudes d'un rouge vif, après lequel se trouve une bande noire qui ceint la poitrine d'une aile à Pautre. Tout le sternum est couvert de plumes rouges entre-mélées de jaune, mais qui sur les flancs sont blanches, et en partie gouttées de noir. Un faisceau de plumes d'un blanc pur forme une plaque de cette couleur sur le milieu du dos, mais qu'on n'apperçoit qu'à peine lorsque les ailes sont ployées et entiérement appliquées au corps. Le bec est rouge à sa base, et jaune relevé de blanc vers les crans des tranches des mandibules et le bout. Les pieds sont jaunes, les yeux d'un brun rougeàtre, et les barbes de la base du bec noir luisant. Le male et la femelle barbican se ——— 8 6 54 HISTOIRE NATURELL E ressemblent parfaitement, à quelques légeres nuances près dans les cou- leurs rouges ou jaunes, que cette derniere a moins vives; elle est aussi un peu moins forte de taille que le màle. Ces oiseaux habitent les forêèts et nichent dans des trous d'arbres. Le maàle et la femelle s'accompagnent toujours; ils ont la voix forte et sonore, et ils vivent principalement de fruits. On trouve l'espece du barbican dans une grande partie de lAfrique, puisqu'on l'a vue en Barbarie, que Geoffroi de Villeneuve l'a trouvée au Sénégal, et moi chez les grands Namaquois, dans la forèt qui avoisine la riviere des Poissons, canton ou ils sont de passage seulement, et où ils n'arrivent qu'en certain temps de T'année. Buffon est le premier qui ait nommé cet oiseau barbican, nom qui lui convient très bien, et que par cette raison nous lui avons conservé. 1 FDa⸗l Impronerie e lourgel. 4 3 4 —y—— . 1- ——— 8— — 9—— 4 ¹ 8* * ſͤͤſſſ“ 4 4 3 *. 6 5 8——— 64 DES BARBUS. 53 —.——AAAAᷓA AAA uAnAAeͤAAA—NAR——ℳ——ͤ———AAnnA——— LE GRAND BARBU. (No 20.) (CommME ce barbu se trouve être'espece la plus grande que nous connois- sions de sa tribu, Buffon l'a nommé grand barbu, nom que nous lui conservons aussi, quoique à regret cependant, parceque sil nous parvenoit (ce qui est très possible) une autre espece de barbu qui fùt plus forte en- core que celle-ci cette dénomination ne lui conviendroit plus. Dans ce cas je proposerois aux naturalistes le nom de barbacaric au lieu de celui de grand barbu, et cela par la raison que l'oiseau semble participer autant des toucans aracaris que le barbican des toucans proprement dits. En effet le grand barbu est plus svelte que le barbican; sa queue est aussi plus étagée que celle de ce dernier: or c'est aussi à ces différences qu'on distingue les aracaris des toucans. On trouve de plus entre l'espece de cet article et les aracaris autant de ressemblance dans les couleurs que nous en avons trouvée entre le barbican et les vrais toucans; de sorte que si le barbican remplit lintervalle qui sépare les barbus des toucans, J'es- pece du grand barbu ne semble pas moins avoir été destinée par la nature à former la nuance entre les barbus et les aracaris. Le grand barbu ou le barbacaric, comme on le voudra, est de la taille à-peu-près de Tespece de Taracari verd, à laquelle il ressemble aussi le plus sous d'autres rapports: toutes ses dimensions se trouvent dans la figure exacte que nous en donnons d'après un très bel individu que Ton voit au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Cet oiseau a la téète et le haut du cou d'un verd sombre relevé par une nuance bleuàtre qui fait paroitre ces parties plus ou moins d'un verd noir ou d'un verd bleu, sui- vant les différents aspects. Le bas du cou et la poitrine sont d'un brun relevé de verd, et qui se trouve comme fondu dans le verd du manteau et des couvertures grandes et petites des ailes; lequel verd domine sur le reste du plumage du dessus du corps, y compris les ailes et la queue, à Texception des grandes pennes alaires qui sont d'un noir brun. Les couvertures du dessous de la queue sont rouges. Les plumes du dessous du corps, c'est-à-dire depuis la poitrine jusqu'au bas-ventre, sont d'un verd clair glacé de bleuâtre. Le bec, fort et arqué, est jaunâtre, à sa pointe près qui est noire. Les pieds sont jaunes, et les barbes de la base du bec noires. 15 —ö———— 56 HISTOIRE NATURELLE L'espece du grand barbu ou barbacaric habite la Chine. Outre lindividu que j'en ai vu dans nos collections publiques, j'en ai vu d'autres dans différents cabinets, tant à Paris, chez labbé Aubry, Mauduit, Gigot-Dorci, M. Lerault, et madame de Bandeville, qu'en Hollande chez MM. Boers et Holthuysen. —— 4 . 1 4 6 4 * . 5 . * 3 4 8 4 8 8 4 84— 2 . 3 1 1 4 . 2 4 . 3 5 . 4₰ 4 5 4 . b 8 . 1 8 . 3 . * 4 *— — /-—·— VWe Uömprönerie e Rounrel —————— 8— —— 3 — ————— 2— ℳ 4 8. D S . 4 I M d X 8 4 0 6 X „ 15 3 4 4 N 8. 8 1 3 8 8 d N 8 ⁸ . 8 4 8 X S D 8 1 . J N —„:;· e ae 4 —— DES BARBUS. 37 —— ℳM-q-õ A-——,————————————:ͤ——AA LE BARBUA GORGE BLEUE. LE MALE(N 21.) LA FEMELLE(N 22.) Ir sagit ici d'une espece absolument nouvelle, et des plus belles de la tribu des barbus, espece qui habite les Indes orientales, et dont j'ai regu directement un male et une femelle de Chandernagor, ou ils ont été tués. Le mäle porte sur le sommet de la tète deux bandes rouges séparées par une noire, et dont la premiere ceint le front, et l'autre traverse le derriere de la tète. Les joues, la gorge, et tout le devant du cou, sont d'un joli bleu de ciel qui se termine sur la poitrine: de chaque côté de celle-ci„immé- diatement apréès le bleu, on remarque une tache rouge. Le derriere de la téte et du cou, le dos, les scapulaires, les couvertures des ailes, ces der- nieres en grande partie, le croupion, le dessus de la queue, et ses cou- vertures supérieures, tout le dessus du corps enfin est d'un verd brillant, à Texception des premieres grandes pennes alaires qui sont brunes. La poitrine, les flancs, les plumes du sternum, le ventre, les couvertures du dessous du corps, et le revers de la queue, sont d'un verd clair. Le bec est blanchâtre, à son aréete supérieure près qui est brunàâtre. Les pieds sont plombés, et les barbes de la base du bec noir-brun. La femelle est un peu plus petite que le màle, et lui ressemble abso- lument par ses couleurs générales; mais elle n'a point comme lui de tache rouge sur les côtés de la poitrine au bas du bleu du devant du cou: chez elle ce bleu ne s'étend pas non plus aussi avant sur le cou que chez le male, car il ny occupe a-peu-près que les joues et la région de la gorge proprement dite.— Comme nous n'avons recçu aucun renseignement sur les habitudes natu- relles de T'espece du barbu à gorge bleue, nous ne dirons rien à cet égard. On voit aussi au Muséum dhistoire naturelle au jardin des plantes plu- sieurs de ces beaux oiseaux envoyés depuis peu du Sénégal par Massé, voyageur plein de zele et de connoissances ‚et à qui nous devons les objets les plus intéressants qhistoire naturelle. 1 58 HISTOIRE NATURELLE „„ 5— —ʃ——òõ—————A———õ—n BNA ˖˖2—2 LE BARBU DE LA GUYANE, MALE. (No 23.) Lrsercz de ce barbu doit étre singulièrement abondante à Cayenne, car il ne se fait pas un envoi doiseaux de ce pays en Europe qui ne contienne un grand nombre de ses individus: aussi n'est-il pas si mince cabinet où Pon n'en compte plusieurs. C'est cette même espece que Buffon a confondue avec les tamatias, qu'il a décrite sous le nom de tamatia à téte et à gorge rouges, et qu'il a si mal figurée dans ses planches enlu-— minées, D“ 206, qu'l est presque impossible de ly reconnoitre. Quoi qu'il en soit, le lecteur verra facilement par les figures très exactes que nous publions ici du barbu de la Guyane, que les formes et les caracteres de cet oiseau présentent une si parfaite conformité avec les formes et les caracteres des barbus proprement dits, qu'il ne nous étoit pas permis de ne pas le remettre à sa place en le réintégrant parmi les oiseaux de cette espece, comme étant dans le nouveau monde l'analogue des barbus de lancien continent. Comme aussi l'espece du barbu dont nous parlons n'est pas distinguée de plusieurs autres barbus étrangers à FAmérique, et qui ont comme elle le front et la gorge rouges, nous n'avons pas cru devoir conserver même la dénomination que Buffon lui donne; nous préférons à toute autre celle simplement de barbu de la Guyane, par la raison que suivant toutes les apparences cet oiseau est la seule espece de son genre qui habite cette contrée. Le male de Tespece du barbu de la Guyane a le front et la gorge cou- verts de plumes d'un rouge vif, mais qui se dégrade toujours un peu plus sur la téte, jusqu'à ce qu'enfin il sy change en jaune; de sorte que le devant de la téête est rouge, et que le sommet en est jaune. Tout le plumage du reste de la partie supérieure du corps, savoir, le derriere de la téte et du cou, le dos, les scapulaires, et les couvertures des ailes, est noir, mais tranché par une bande blanc jaunãtre qui, descendant de derriere l'œil de chaque côté, passe sur le dos: des taches blanches se trouvent aussi 111 1. mAA&„.—„ sur les grandes couvertures des ailes, et sur celles de leurs pennes qui avoisinent le dos, et ou ces taches forment comme des ondes. Les grandes pennes alaires sont brunes, et à bordures olivatres. Le dessus de la queue est d'un brun noir olivacé. Le dessous du corps, depuis le rouge de la sorge jusque sous la queue, porte, sur un fond jaune paâle, des taches E.. u— 2, d . G.„ 13 ¹ A 4 4— 3 Sconktte, Soltl, Sch 2 Zel mmoramerte do Foudrsret, 6 Mdn, 65. waz, eeer ee 2nnner — — ——————— DES BARBUS. 59 noires de forme circulaire; lesquelles taches sont en très grand nombre sur la poitrine et les flancs, mais plus petites à mesure qu'elles deviennent plus voisines des parties postérieures. Le bec est noir, à la base de la mandibule inférieure près qui est blanchâtre. Les pieds sont d'un noir plombé.. 16 —— — .. 3———— —————— —— —— —— 60 HISTOIRE NATURELLE LàA FEMELLE DU BARBU DE LA GUYANE. (N 24.) LæA femelle du barbu de la Guyane differe assez peu du màle pour qu'on la reconnoisse au premier abord, car elle lui ressemble absolument pour toute la partie supérieure du corps; elle a aussi le rouge du front et de la gorge de la même étendue et du méème éclat que lui, et comme lui elle porte des taches blanc-jaunätre sur les ailes, le dos, etc. Les différences sont donc en ce qu'elle n'a de taches noires que sur les flancs, toute la poi- trine et le dessous du corps de cette femelle étant d'un jaune pur sans mélange, mais lavé ou foible. Nous observerons à l'égard de ce jaune du plumage des barbus de la Guyane que lorsque les individus de Tespece ont vieilli dans les cabinets ce jaune s'efface peu-a-peu, et y devient blanc; ce qui pourroit faire donner ces individus ainsi décolorés accidentellement pour des variétés naturelles; c'est aussi ce qui a fait que les descriptions que les différents auteurs nous ont laissées de ces oiseaux sont si dissem- plables même entre elles: cependant il est très facile de voir que ce n'est pas par-là seulement que les figures que Buffon a publiées de ces oiseaux different tant de ce que ceux-ci sont dans leur état naturel; car on n'y re- connoit aucune des formes caractéristiques des barbus; les couleurs y sont aussi fort inexactement rendues. Je vais parler dans les articles suivants de deux variétés de cette espece qui font partie de mes collections, et qui se trouvent aussi dans plusieurs autres cabinets. 49 813t 5 —— Dr Ker,— 2„M. 72 ſaueee Hrenuken ach . 1 ¹ 3—— 4 4 v e 4—————— 5 4 ———————— — —— — — 1 M. ). 3 Z. ch 24 2 ⸗* 8 — S n Pn, 4 7 7 e 2 ) Ie, eenee, Ae. 7 Znprdunerae Ao Raodso? — 6 M Mau ſtan r 2 t DES BARBUS. 61 -———ͤ———-——-nAnnennnnännͤNͤnnͤͤͤͤnNnnrnͤnnäöAnͤnnnhrßnnnhnn— PREMIERE VARIETE DU BARBU DE LA GUYAN. (X 25.) CrroE premiere variété differe de l'espece, d'abord en ce que les plumes rouges de la gorge se trouvent chez elle flambées de noir par un trait lon- gitudinal que chacune d'elles porte dans son milieu; puis en ce qu'elle a toutes les plumes noires du dos terminées par une sorte de frange jau- nâtre qui produit dans cette partie une grande bigarrure: en outre les couvertures des ailes dans cette variété sont bordées de jaune; ce qui les détache toutes sur un fond noir: les taches noires du dessous du corps sont aussi chez elle en bien plus grand nombre que dans T'espece. On verra enfin qu'elle a bien moins régulieres les taches blanc-jaunàtre des ailes, et la bande blanche qui de chaque côté descend sur les scapulaires chez les individus de l'espece dans leur état parfait. Nous connoissons au moins dix individus de la variété de cet article, ce qui prouveroit qu'elle n'est point accidentelle; mais comme nous croyons aussi qu'elle ne peut pas éêtre une espece particuliere, nous estimons qu'elle doit étre considérée simplement comme une variété d'äge. Nous ajouterons qu'ayant observé dans un très grand nombre d'especes d'oiseaux que les jeunes sont tou- jours très bigarrés, et qu'en général leurs plumes portent dans cet état beaucoup de bordures ou de rayures, nous avons quelque raison de croire que cette mème variété présente un màle de Tespece dans son premier àge, d'autant plus que tous les individus variés comme elle que j'ai vus m'ont présenté aussi les autres caracteres auxquels on reconnoit toujours les jeunes oiseaux, comme la mollesse des eaux du cràâne, le duvet très fourni de la racine des plumes, etc. — e 62 HISTOIRE NATURELLE —AnA———-—-————————BWOA—————————O——O———— SECONDE VARIETE DU BARBU DE LA GUYANE. (N 26.) CrrrF variété, dont il est impossible de ne pas reconnoitre l'espece à toutes ses formes caractéristiques, nous représente l'extrèmevieillesse, l'état de caducité d'un barbu de la Guyane. Nous devons donc ne la considérer que comme un vieil oiseau parvenu à cet äge où ayant perdu la faculté de muer et de renouveler ses plumes, celles-ci se dégradent et se déco- lorent par vétusté. Elle nous présente ainsi dans l'espece du barbu de la Guyane un exemple de ce qui arrive à tous les oiseaux en général, exemple qui n'est pas le seul que nous ayons déja eu occasion d'apporter à l'appui de cette triste vérité. Le rouge du front et de la gorge de notre seconde variété ayant été effacé par Teffet du temps, il a jauni, comme le noir a dù brunir, le blanc se roussir, et le jaune blanchir, puis se roussir. Cest aussi par-la que cet individu varié du barbu de la Guyane differe de tout autre individu adulte de la même espece. Depuis que je m'occupe de l'histoire naturelle je n'ai trouvé dans les nombreux envois d'oiseaux faits de la Guyane que quatre individus variés comme celui dont il est ici question, individus que j'ai eus tous quatre en ma possession, et que j'ai partagés avec MM. Raye de Breucklerwaert et Temminck d'Amsterdam: il m'en reste donc deux, et j'en destine un pour notre cabinet public de Paris. h 1 8 8 ui 3 8—. 8 8 3 8 N 3 E— 1 1 3 1 1—— 1 45.—— A 8 h.e ₰ 8 2 ,„ aczrle no, 2eu D ee Segee Jcuch.76 2...„ n 8— Wuaealmna hölled: 6 Do lTof dtente de Rate glödu. 4 . 4 3.——— 1 1 4 2 8 2. 1 —— 4 4 2 2.„– — ————— 1—.— ͤſſſ ſ— —+ 1+△+ X W DT. 8 K b S NX 5 3 52 „ — N X 8 — —+ . 2 8 , l . Z, , h, glotir. 8 wecerie e Lan e,, ,, Do lden 3 . DES BARBUS. 63 n VNVN—-AͤͤNnARnNAANAAAA nAnÖVAglAAAmAͤAAANN———————'——:—RAðũAnAnnͤAA AAA ¶nn LE BARBU ORANGE DU pEROU. (N 27.) Volo01 encore une espece des barbus d'Amérique dont les formes et les caracteres ne laissent aucun doute sur son genre; il a même tellement les caracteres du barbu de la Guyane des articles précédents, qu'on est tenté de le considérer comme n'en étant qu'une variété, une variété con- stante et permanente s'entend, c'est-à-dire une variété de climat, ou une race de l'espece se perpétuant comme se perpétuent chez nous les races du faisan de Bohème, du faisan à collier, du faisan blanc, qui ne sont que des variétés de Tespece du faisan vulgaire. Cependant, comme il n'est pas facile de déterminer dans l'état de nature ces filiations de races, qu'on ny en trouve mème pas, que le barbu de cet article vient du Pérou, qu'iil a été tué dans les bois, qu'il differe assez du barbu de la Guyane pour former une espece à part, mais que nous n'en-connoissons qu'un seul indi- vidu, nous nous bornons ici à lui donner un nom particulier, en attendant qu'on ait acquis sur les habitudes de l'un et de l'autre de ces deux oiseaux des renseignements assez positifs pour s'autoriser à prononcer s'ils sont ou ne sont pas de mèême espece. Le barbu orangé a les plumes du bord du front, celles de la gorge et du devant du cou, d'un orangé rougeaâtre; couleur qui se fond vers les parties inférieures, et qui se trouve tout-a-fait changée en un jaune de jonquille sur la poitrine et tout le dessous du corps. Les plumes des flancs portent des taches noires en forme de larmes; et celles des jambes et du bas-ventre ont, ainsi que les couvertures du dessous de la queue, chacune un trait noir dans leur milieu. Le dessus de la téête et le derriere du cou sont d'un jaune varié de noir. Le manteau, le dos, les scapulaires et le croupion sont noir varié de jaune. Une large bande noire, légèrement teinte d'orangé, part de derriere les yeux, et descend sur les côtés du cou en séparant le jaune du derriere, et lorangé du devant de cette derniere partie. Les ailes et toutes leurs couvertures, ainsi que la queue et toutes ses couvertures supérieures, sont d'un noir pur: cependant les plus grandes couvertures alaires ont chacune une tache jaune, et forment ainsi une bande trans- versale de cette couleur. Les dernieres pennes alaires, celles près du dos, 17 3 64 HISTOIRE NATURELLE sont aussi variées de jaune; et les moyennes ont un petit liséré aussijaune, qu'on retrouve sur les pennes latérales de la queue. Le bec est noir, et les pieds sont bruns. Ce barbu vient du Pérou, et fait partie du beau cabinet de M. Raye de Breucklerwaert à Amsterdam. ———————— ——————————— — 1 2 4———— A———— ———— 2——— —— ⸗ 5—— 8 8———— ——. n—— ———y——hhö—oö—Y * 2 . — —— ——— X — 1— 8 1 Jaune, ) et les 3. Raye 4 ö ⁰— 3 m 86 3“—————. e HRousget, Iucente De l Tmp X — . . 2 She abet ſ DES BARBVUS. 65 LE BARBU A PLASTRON NOIR. (N 28.) Ir ne faut pas confondre ce barbu avec celui que Buffon a aussi surnommé à plastron noir, et qui n'est qu'un double emploi de Tespece de son barbu à gorge noire. Cependant comme nous conservons à ce dernier le nom de barbu à gorge noire, nous donnons à l'espece de cet article celui que Buf- fon avoit mal-à-propos donné à une prétendue espece qu'il avoit déja dé- crite ailleurs: ainsi le barbu à plastron noir de Buffon, et qui figure sous ce nom dans toutes les ornithologies, est encore une de ces especes à rayer de la liste des oiseaux. Mais combien n'y auroit-il pas de ces éliminations à faire dans les ouvrages dhistoire naturelle, si l'on avoit la patience d'y porter un cil scrutateur, ce dont ils auroient grand besoin? Le barbu à plastron noir dont nous faisons le sujet de cette description est encore une espece qui appartient au nouveau monde„ et qui a été en- voyé du Brésil. On reconnoit aussi en lui tous les attributs des barbus pro- prement dits, et les formes des especes précédentes, dont il a mèême les couleurs, quoique différemment distribuées. Chez lui le rouge pur couvre le front jusque passé les yeux, et em- brasse les joues et la gorge, au bas de laquelle il adhere à un large plastron noir, qui s'arrondissant sur la poitrine, s'unit au noir des côtés du cou et du derriere de la téète. Tout le manteau, le croupion, les ailes, leurs couvertures et la queue sont d'un brun terreux; mais les dernieres pennes alaires, c'est-à-dire celles pres du corps, sont bordées de jaune extérieure- ment, et les barbes intérieures des plumes de la queue sont d'un blanc jaunàtre; de sorte que le revers de celle-ci est en grande partie de cette couleur. Les plumes du sternum depuis le plastron jusque et compris les couvertures du dessous de la queue sont jaunes, et les flancs grisaille. Le bec est noir; les pieds sont plombés, et les barbes noires. Cette belle et nouvelle espece de barbu fait partie du cabinet de M. Gevers Arntz de Rotterdam, ouù j'en ai pris le dessin et fait la description. —— —õÿõÿõÿõöm——— ———— 4 —— 66 HISTOIRE NATURFELLE . 1 aA.————O— A △ △ b—V———ℳMkͤ—-AAnww ARARARARNnnAANRN ——ͤ8—-B—OAͤ—— 2 LE BARBU A GORGE NOIRE, MALE. 8 (N. 29.) L'rspECOE de cet article est celle que Buffon a décrite une fois sous le nom de barbu à plastron noir, puis sous celui de barbu à gorge noire, que nous lui conservons parcequ'en effet elle n'a de noir que sur le devant du cou, et que ce noir n'a pas la forme d'un plastron comme chez T'espece de l'arti- cle précédent, à laquelle nous avons par cette raison appliqué le nom de barbu à plastron noir. Cette erreur de Buffon que nous relevons ici Latham et Gmelin P'avoient déja soupconnée. Le barbu à gorge noire est très commun en Afrique: je l'ai constam- ment trouvé depuis le trentieme degré de latitude sud jusque sous les tropiques à Pune et l'autre côte. II paroit que cette espece se trouve aussi aux Philippines; du moins Sonnerat l'a décrite sous le nom de barbu des Philippines dans son Voyage à la nouvelle Guinée; ce sont même appa- remment ces différents pays qu'elle habite qui ont occasionné l'erreur de Buffon, et peut-ètre aussi la description équivoque donnée par Sonnerat de cet oiseau. Au reste j'ai vu les individus mème que ce voyageur a ap- portés des Philippines, et je puis attester qu'il ne peut plus y avoir le moindre doute sur lidentité d'espece de ces barbus d'Afrique et de ceux rapportés des Philippines. Le barbu à gorge noire màâle a sur le front une plaque rouge dont la forme est circulaire; les yeux sont couronnés par une bande étroite jaune, qui part de chaque côté des narines et se prolonge sur les cêtés du cou, ouù elle se forme en une sorte de trefle irrégulier; mais le jaune de cette bande sefface à mesure qu'elle descend, de sorte qu'elle finit par blanchir totalement. Le derriere de la tête et du cou sont noirs; le manteau et toutes les couvertures des ailes le sont aussi, mais chacune de leurs plu- mes porte une petite tache jaune en larme: les scapulaires sont noirs frangés de blanc. Les premieres grandes pennes alaires portent toutes sur un fond noir brun un liséré jaune, tandis que les dernieres sont bordées de blanc: ces lisérés jaunes et blancet les souttes jaunes répandues sur le fond noir du plumage de cet oiseau produisent un effet très agréable. Le noir de la gorge descend le long du milieu du cou et se termine en pointe sur la poitrine; il est séparé du noir des côtés du cou par une large bande blanche coupée en feston, et adhere au blanc jaunàâtre de la poitrine et ) , A VWIoe I Impriumerte de Roupret e, 2 Hoicho elit ed A˖ D,. S. * 9 Mh Swendler dUfe 6 k. DES BARBDS. 67 de tout le dessous du corps jusques et y compris les plumes des jambes et les couvertures du dessous de la queue. Le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont jaunes, mais d'un jaune lustré qui à certain jour prend des teintes couleur de soufre ou blanchaàtres. Les plumes de ces parties sont à brins làches et désunis entre eux. La queue, légèrement étagée, est noire, frangée de jaune sur toutes les barbes extérieures de ses pennes. Le bec, armé d'une forte dent de chaque côté du milieu de la mandibule supérieure, est d'un noir de corne. Les pieds sont plombés et les yeux brun jaundtre. 18 ““ ÿäÿü e e 8 68 HISTOIRE NATURELLE — ℳM———— ——VM————OAAn ——V— ⸗——————ℳ⸗:¶—-—-A —ℳꝛB:—-6—————ℳ—— LA FEMELLE DU BARBU A G0RGE NOIRE. ( N 50.) Læ femelle du barbu à gorge noire dans un âge avancé differe du mäle en ce qu'elle est un peu plus petite que lui, que le noir du plumage est moins foncé, le jaune moins vif, le blanc moins pur, la plaque rouge du front ni aussi étendue ni d'un aussi beau rouge, et qu'enfin les taches jaunes sont chez elle plus petites et moins nombreuses que chez ce dernier: son blanc est aussi mélé sur la poitrine et les flancs de quelques légeres traces grisàtres qu'on ne retrouve pas sur le mâle. Dans la premiere année de son äge elle est encore plus facile à distinguer de celui-ci; car alors elle n'a absolument point de rouge sur le front, et tout le dessous de son corps est sur un fond blanc sale olivâtre semé de traits légers grisaille et comme formés par coups de pinceau. Ainsi c—'est une jeune femelle que nous avons figurée ici sous le n 3o. L'espece du barbu à gorge noire habite les foréts de Mimosas de la côte est et ouest dAfrique: à Test on commence à trouver ces oiseaux vers la riviere Gamtòs, et à Touest vers le Naméroo et les Monts-Camis; ce n'est du moins que dans ces endroits-là que j'ai commencé à les voir: ils sont fort communs dans tous le pays des Cafres et dans celui des grands Nama- quois. Is sont naturellement peu farôuches, et d'ailleurs comme ils volent très pesamment, en raison de la lourdeur de leur corps et de la petitesse de leurs ailes, on les approche presque toujours d'aussi près que l'on veut pour les tirer. Leur ramage exprime très distinctement le mot cou, qu'ils répetent à plusieurs reprises, à petits intervalles, et d'une voix si forte et si sonore qu'on est tout étonné d'avoir entendu des oiseaux aussi médiocres de taille que le sont les barbus à gorge noire. Nous avons re- présenté Tespece de grandeur naturelle dans nos planches. Ces oiseaux se nourrissent d'insectes et de fruits, notamment d'un petit fruit en grappe qui croit sur une espece de saule; ce fruit est plat et de la forme d'un ro- gnon; le goðt en est acide, et il est très rafraichissant et agréable à ma- cher quand il fait chaud. Le maâle et la femelle du barbu à gorge noire vont toujours ensemble et paroissent fort attachés lun à rautre; car lors- qu'il m'arrivoit de tuer run d'eux j'entendois aussitôt l'autre appeler son compagnon, et ce rappel s'exprimoit par la meme syllabe cou, mais répétée plus précipitamment qu'à l'ordinaire, huit ou dix fois coup sur coup sans — 4 Vun, luns, v n,e feno M h 3 39. u, d, f, h „.. 2. üee J l Smfeonerde Te flodurret Ge nnbee, s Sh inte d'ar ————— 12— 2„——[—— ——————————— N—————,——--———— 2ö523428(3 25=— C 8 S2ͤe=ͤa=2ͤS8’Söͤ'A=———— 2 2=2 2 S ęSOAy Sy„—+—— —————————,——————————=——— S— S ——— —— 3 2 4 8 DES BARBUS. 69 interruption. Le temps des amours venu, le couple choisit un trou d'arbre, et à la maniere des pics, sans préparations, la femelle dépose sur la poussiere du bois vermoulu quatre œufs blancs que le maàle couve tout aussi-bien qu'elle à son tour. Au sortir du nid les petits se forment en petite bande avec le pere et la mere, et toute la famille vit ensemble tant que les secours de ces derniers sont utiles aux autres: les jeunes se séparent à leur tour par paire, et chaque couple vit de son côté. Il est à remarquer que parmi les quatre petits il y a toujours deux mäles et deux femelles; je l'ai du moins constamment vu dans vingt-trois nichées que j'ai eu sous les yeux, et que j'ai bien examinées. Ces oiseaux sont tellement communs et dailleurs si peu craintifs qu'il est extrèmement facile de trouver leur nid; il n'y a mème qu'à suivre la petite bande de près vers le soir, et elle vous indique le trou dans le- quel pere, mere, et jeunes, ne manquent pas d'aller coucher tous les soirs, et oùð ils entrent d'autant plus vite qu'iils voient qu'on les observe: il m'est ainsi arrivé souvent de prendre vivante toute la petite bande- Cest une chose assez remarquable que tous les oiseaux qui nichent dans des trous d'arbres se retirent dans ces mèêmes trous pour y coucher; tandis que tous les autres oiseaux, une fois que les petits ont pris Pessor, ne reviennent plus dans leur nid. Jai trouvé quelquefois dans le pays des Namaquois plusieurs barbus établis dans les cellules d'une espece de grand nid que batissent en commun des oiseaux, que pour cette raison j'ai nommés les républicains dans mon Histoire naturelle des oiseaux d'Afrique. Jai aussi remarqué que tous les oiseaux qui ne font point de nid, et qui se contentent de trous d'arbres ou de creux de rochers, sont sujets à s'emparer des nids des autres, mais seulement de ceux qui sont fermés: les oiseaux qui ont leur nid ouvert n'ont rien à craindre de ces envahisseurs; c'est qu'un nid ordinaire ne les abriteroit pas assez: ainsi sans doute l'a voulu la nature; et l'instinct des animaux les porte toujours à ne faire que ce qui leur est propre. Un couple barbu manque-t-il d'un trou d'arbre pour y élever ses petits, il trouve un oiseau qui a fait un nid entièrement fermé; il est le plus fort, il chasse oiseau, et il s'empare du nid, parcequ'il y trouve l'équi- valent de son trou d'arbre, et que c'est un trou ou T'équivalent d'un trou qu'il lui falloit; sil manque de l'un et de l'autre, il ne nichera pas cette année-là: mais il faut qu'il propage son espece, telle est la loi que la nature a imposée à tous les étres. L'oiseau que la nature a privé de l'intelligence nécessaire pour faire un nid doit donc en trouver un tout fait, ou par les larves des scarabés, qui, ayant miné un tronc d'arbre, lui facilitent les moyens de s'y établir, ou dans celui d'un autre oiseau qui lui conviendra par sa forme. Cet autre oiseau qui aura fait le nid dont se sera emparé le barbu fera un autre nid, car la nature lui en a donné les moyens et le besoin: de même, n'ayant pas voulu 70 HISTOIRE NATURELLE que les coucous couvassent leurs œufs, ni qu'ils élevassent leurs petits. les coucous pondent dans le nid des autres oiseaux, et les autres oiseaux couvent les œufs des coucous, et élevent les jeunes coucous. Mais ne croyons pas que le coucou dépose son œuf dans le premier nid quil trouve: il sait que, ne mangeant pas lui-méèême de graines, ses petits n'en mangeroient pas non plus; il choisira donc un nid qui convienne à ses petits, le nid d'un oiseau qui vit d'insectes: la nature lui a appris que sil laissoit ses œufs dans le nid d'un ramier ou d'une tourterelle, ceux-ci ne donneroient que des graines à ses petits; et que s'il les dé- posoit dans celui d'un épervier ou d'un émerillon, ils seroient mangés. Savants qui donnez la raison et qui savez le pourquoi de tout, il y a là de quoi exercer votre entendement pendant des siecles! Nous avons dit plus haut que dans l'espece du barbu à gorge noire les vieux avoient beaucoup d'attachement pour leurs petits; nous avons aussi beaucoup d'exemples qui prouvent que cette affection naturelle à tous les êtres va plus loin chez les oiseaux que chez les autres, et qu'on l'y trouve méeme dans chaque individu pour toute son espece; car nous voyons, par exemple, des vieux moineaux étrangers à des jeunes qu'on a enlevés du nid paternel, leur apporter à manger à travers les barreaux de leur cage; on a mèême vu cela entre des vieux moineaux dont les uns se trouvoient enfermés et manquoient de nourriture. Jai aussi la preuve que la recon- noissance est propre aux oiseaux; et à cet égard le barbu à gorge noire me fournit une anecdote qui mérite d'éètre rapportée, et dont je ferai le sujet de l'article suivant. Nous y verrons que chez les animaux il existe des sentimens naturels de bienveillance qui feroient rougir Pespece humaine, si Ton ne savoit que ce n'est qu'au mépris des lois de la nature que les hommes doivent la plupart leurs institutions sociales, cause de tous leurs vices. etits, Seaux ls ne qu'il petits ienne appris erelle, es dé- angés. Äy2 dire les s aussi ous les trouve 1§, par 2vés du ir cage; uvoient mrecon- oire me le suſet iiste des umaine, que les dus leurs 0 he. 3 or 2 2 8 8. S . S S . 8 4 Saa Lamr 3 2De, Mp DES BARBIS. 71 LE BARBU A GORGE NOIRE, MALE, DANS SON EXTREME VIEILLESSE. (N' 31.) Novs avons dit que les barbus à gorge noire nichoient dans des trous d'arbres, mais qu'ils étoient sujets à semparer des nids de quelques autres oiseaux pour y faire leur ponte, et que souvent on les trouvoit établis dans les cellules de ceux que se baâtissent en commun certains oiseaux d'Afrique, que pour cette derniere raison j'avois nommés les républicains. C'est dans un de ces vastes nids de républicains que je découvris un jour sur un très grand aloës dichotome, que je trouvai lindividu barbu à gorge noire de cet article. Je m'étois proposé de prendre vivants un cer- tain nombre de républicains: à cet effet je me rendis le soir au pied de l'aloés, et je me mis à retirer de chaque cellule du nid les oiseaux qui y étoient couchés; étoient ordinairement un mäle et une femelle. Ce- pendant dans l'une de ces cellules je trouvai cinq oiseaux; et ayant senti, aux cruelles morsures qu'ils me firent à la main, que javois affaire à d'autres hôtes qu'à des républicains, je me doutai d'abord que c'étoient des barbus, ainsi que cela m'étoit arrivé dans d'autres occasions, ou de petits perroquets qui s'établissent aussi quelquefois dans ces nids de républicains. Je retirai les cinq oiseaux, et, de retour à mon camp, je reconnus en eux cinq barbus, dont un se trouvoit tellement caduc quiil ne pouvoit ni marcher ni voler; ses couleurs, absolument détériorées, annoncoient un oiseau très vieux et parvenu au dernier période de la vie. Quoiqu'impotent à ne pouvoir sortir de la cellule douù je Tavois tiré, ni par conséquent se procurer par lui-méèême de la nourriture, cet individu me parut intéressant à observer. Il étoit évident que les autres individus de Tespece que j'avois trouvés avec lui devoient pourvoir à ses besoins; et je ne tardai pas à en avoir la preuve, lorsqu'ayant mis mes cinq barbus dans une cage faite de roseaux, et leur avoir donné des in- sectes et des fruits dont je savois qu'ils faisoient leur principale nourri- ture, je vis les quatre barbus bien portants s'empresser à donner à manger au moribond relégué dans un des coins de la cage, appuyé toujours sur le ventre, les jambes écartées sur les côtés du corps; enfin les pieds étoient crochus, et les articulations des ailes et des doigts tellement gonflées 19 — — rrwerrrarerwwerr 72 HISTOIRFE NATURERLLE et paralysées que tout mouvement étoit interdit au pauvre animal.— Je me transportai de nouveau sur les lieux ouð j'avois pris mes cinqꝗ barbus pour examiner la cellule dou je les avois tirés, et j'y fus convaincu, par beaucoup de débris d'insectes et une quantité prodigieuse de noyaux entassés des fruits que mangent ces oiseaux, que depuis long-temps le barbu caduc étoit nourri par les quatre autres. Ce fait intéressant pour Thistoire ornithologique, les naturalistes me sauront peut-ètre quelque gré de l'avoir rapporté; ajouté à ce que nous connoissions déja des soins que les vieux oiseaux donnent aux jeunes de leur espece lors mème qu'ils n'en sont pas les pere et mere, il prouve invinciblement l'existence d'un sentiment de bienveillance naturelle chez les volatiles. On ne' se refusera pas sans doute à reconnoitre pour appartenir à Tespece de barbu que nous surnommons à gorge noire, le barbu varié dont il est question dans cet article. Il est bien vrai que ses couleurs sont tellement détériorées qu'il semble différer totalement sous ce rapport des autres individus de cette espece; mais, d'après ce que nous avons déja dit sur la détérioration des couleurs des oiseaux à cet âge ou ils perdent la faculté de renouveler leurs plumes, celles-ci changent de nuance: or, en examinant avec attention le barbu que nous avons figuré en téête de cet article, on verra que le rouge du dessus de la téte de loiseau est devenu jaune, le noir de la gorge et du fond général du plumage brun, et qu'enfin le jaune a planchi; effets très naturels de la dégra- dation de ces mèêmes couleurs, et si naturels, que je suis persuadé qu'un barbu empaillé dans son état parfait(tel que nous'avons représenté en son lieu), et qui auroit vieilli dans un cabinet très éclairé, se trouveroit par toutes ses couleurs absolument semblable à notre barbu dans la caducité. Cest aussi à cette grande différence qui existe entre des indi- vidus bien conservés d'une espece, et d'autres individus de cette espece mal préparés, et qui auroient vieilli dans des collections, que je dois le reproche que me font quelques ignorants, ou quelques intéressés, de publier des oiseaux plus beaux qu'ils ne seroient dans l'état naturel. Jai invité plus d'une fois ces beaux diseurs à venir s'assurer chez moi que, quoique les figures que je publie soient sans doute fort belles, elles sont encore au-dessous des objets qu'elles représentent; mais ils se gardent bien de venir!... Partenir à arbu vari leurs sont ce rapport nous avons age ou is nangent de vons figuré de Foiseau u plumage e la dégra- uadè qumm présenteé en 2 trouverolt bu dans k re des indi- rette espece e je dois le éressés, de naturel. Jai z moi que, s, elles sont s gardent —— “ — “ . ———— —— 9Seeeeee Wernt enen rer eeeee: —— 8 1 E X .8 8 O D .—+ . 3 8 2 TT. „ ——:—B— 4 * DES BARBUS. 73 —-— ℳḾ——A˙’ͤͤAgmernꝛRNmãAARNAêꝙA———-———-— êℳK——:-ℳℳkꝛR—————————vq— p:ęꝑqp ⸗———⸗———— ʃℳõ—łãAnAAA LE BARBION MALE. (N 32.) Cn nouveau barbu, d'une très petite taille, se trouve aussi en Afrique, et habite les mêmes cantons que Tespece précédente, avec laquelle il a beaucoup de rapport par ses couleurs, tellement mèême qu'à la premiere inspection, et sans les caracteres particuliers qui l'en distinguent d'ail- leurs, il seroit possible qu'on le regardât comme n'en étant qu'une simple variété d'äge ou de sexe. Le bec est par sa forme l'endroit par lequel ces deux oiseaux different le plus lun de l'autre; différence qui seule suffiroit pour faire prendre le barbion pour un tout autre oiseau que pour un barbu, si les autres caracteres du genre étoient moins bien prononcés. En effet le bec du barbion est conique, tout droit, la man- dibule supérieure n'ayant aucune échancrure: celle-ci est treès aigué, ainsi que Tinférieure, qui tend à se relever un peu vers la pointe; ce qui rend ce bec absolument différent non seulement de celui du barbu à gorge noire, mais même de ceux de tous les autres barbus; ce qui confirme aussi ce que j'ai déja prouvé plusieurs fois qu'ils'en falloit bien que la nature eùt donné à toutes les especes d'un mèême genre aussi rigoureusement la même forme de bec qu'il le paroitroit d'après nos méthodistes. Le barbion a, comme le barbu à gorge noire, une plaque rouge sur le front; mais ici le rouge est plus vif. Les couleurs du dessus du corps depuis la tête jusque sur la queue sont aussi à-peu-près les méêmes dans les deux especes, avec cette différence cependant que dans 'autre le noir domine davantage, et que chez le barbion, au lieu d'y éêtre répandu en larmes sur le milieu de chaque plume, le jaune occupe la moitié de chacune de ces plumes, dont lautre moitié est noire. Les cou- vertures des ailes du barbion, ainsi que les bords de ses pennes alaires, sont d'un beau jaune d'or sur un fond noir, et les plumes de sa queue, toutes d'égale longueur, sont frangées de jaune soufre; une étroite bande blanche qui entoure la base de la mandibule supérieure se prolonge sous les yeux, et adhere à une autre bande blanche qui descend sur le côté du cou, et s'y trouve resserrée entre deux autres bandes noires plus larges: si nous ajoutons qu'une ligne noire sépare la plaque rouge de la tète de la bande blanche des narines, et que toute la gorge est dun beau jaune, 5 l'on concevra que toute cette distribution de couleurs produit un très 2 2 8— 5 4 4 ͤ“ 8 8 1 74 HISTOIRE NATURELLE bel effet. Tout le dessous du corps est d'un verd-jaune couleur de soufre; le bec est noir, et les pieds sont bruns; les barbes de la mandibule su- périeure sont blanches, et celles de linférieure noires; les yeux sont bruns. La femelle du barbion ne differe du maàle que par des couleurs un peu moins vives; car elle a aussi la tache rouge du front: dans le jeune àge elle n'a pas cette tache rouge qu'on appercoit déja chez le jeune male. Lespece habite lintérieur des terres de TAfrique. Je ne l'ai trouvée qu'à mon retour du pays des Cafres, sur les bords du Sandag, du Swarte-Kop, et dans tout le Karow, ouù on trouve aussi l'espece du barbu à gorge noire: cependant à la côte ouest du pays et chez les Namaquois, où cette der- niere est très commune, je n'ai pas trouvé le barbion. Ces petits barbus vivent en petites troupes, c'est-à-dire par famille: ils fréquentent les mimosas, sur les branches desquels on les voit se suspendre en tous sens comme nos mésanges, et béqueter les écorces pour en détacher les petits insectes et les œufs de papillons: ils ont un petit cri d'appel pirépiripiri- piriri piri, qu'on leur entend continuellement faire pendant qu'ils sont en recherche de leur proie; ce qui donne assez de facilité pour les reconnoi- tre et les trouver. Dans le temps des amours on ne voit plus ensemble que le male et la femelle, et dans cette saison le màle fait entendre une espece de chant formé des cris piron-pion-piron-pion, qu'il répete pendant des heures entieres perché sur le sommet des plus grands arbres, ouù il est impossible de le tirer. La femelle pond six œufs blancs dans le trou d'un arbre, et le môle les couve à son tour. Lespece du barbion est beaucoup moins nombreuse que celle du barbu à gorge noire: je n'ai pu apporter en Europe que quatorze de ces individus tant males que femelles, et que jai partagés avec mes amis. soufre; bule Su- dux sont 8 un peu dune äge ne maͤle. avée qun zrie Rop, e nolre: celte der- ls barbus etent les lous sens les pelits ri piri piri ils sont en reconnot- ensemble endre une te pendant es, ouilest trou dun tbeaucoup u apporier les, et que —— 9 d 9 * ½. 3 — 3 8 X 8 1 5 — — X 5 X S I 8 S 1 S 1 2 6 .— 8 ——X b — D —— 2 Haralmnna he zWeat 2 —— ———— ö“ DES BARBUS.„5 —ℳRN—₰Nͤ—— é⸗ ÿtê8 ÿℳéê ò—ℳ ℳ—ℳ——-——nnnnn—— nnnnnͤꝛꝛnnnn—:¶VGõ——————V ò ℳRäNV————Cℳℳ⸗õ-⸗⸗⸗⸗⸗-⸗-—-—ò ʃN7m——äää:ä—⸗—⁊⁊yõ—— LE BARBU ROSE GORGE. (N' 33.) Cn beau barbu, dont aucun naturaliste que je sache n'avoit encore parlé, habite Tisle de Java, d'où ila été envoyé à M. Temminck d'Amsterdam, qui le conserve dans son précieux cabinet. Il est à-peu-près de la taille des barbus de la Guyane; et à cet égard on peut s'en rapporter à la figure que nous publions de cet oiseau, ainsi qu'à celles que nous donnons de nos autres barbus, car ils y sont tous de grandeur naturelle. La couleur rouge rosacé qui enveloppe la gorge et tout le devant du cou de celui-ci, m'a déterminé à lui donner le nom de barbu rose gorge(1). Le front est de ce mèême rouge, et au-dessous des yeux est une tache formée en croissant qui sétend du coin de la bouche au-delà de ces derniers. La poitrine est d'un verd jaunâtre qui dégénere en gris blanc teinté de verd jaunatre sur le sternum et tout le dessous du corps; mais toutes les plu- mes de ces parties ainsi que celles rouges du devant du cou portent dans leur milieu un trait noirâtre qui s'agrandit successivement à mesure qu'il descend vers les parties postérieures. Les joues sont noiràtres. Le dessus de la queue, le derriere du cou, le dos, les scapulaires, toutes les couver- tures des ailes, le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d'un beau verd nuancé de jaune, brunissant un peu sur les cêtés du cou. Les pennes alaires sont d'un noir brun, mais bordées de verd changeant en bleu; celles de la queue sont en grande partie vertes et se terminent en noir brun. Le bec et ses barbes sont noirs et les pieds jaune pale. La couleur des yeux ne nous est pas connue. L'individu que je viens de décrire est le seul de espece que j'aie jamais vu, et je le crois mäle. 1 (1) Cette couleur se trouve un peu trop foncée sur mes planches. 20 figure a été faite d'après un individu préparé à la manier 56 b HISTOIRE NATURELILE. AA 4-qA— —— HL—:——————————ͤͤ——A MAAAA——;A LE BARBU ELEGANT. (N' 34.) Cnx oiseau est sans contredit, par la distribution réguliere de ses magnifiques couleurs, le plus beau de tous les barbus connus: aussi habite-t-il la contrée la plus riche de l'univers, celle où la nature semble avoir prodigué tous ses dons; celle qui si long-temps excita la cupidité des avides peuples de TEurope, dont pas un seul n'a su profiter sage- ment des avantages qu'elle leur offroit; contrée heureuse où toutes les productions portent l'empreinte de la munificence du Créateur; cet oiseau enfin habite le Pérou. Jai vu autrefois dans notre cabinet du Jardin des Plantes un très bel individu de Tespece, mais qui a eu le sort de tant d'au- tres qui ont péri, soit par les insectes rongeurs, soit par les fumigations de soufre, plus destructrices encore: de sorte que nous n'avons plus en France Tespece de ce barbu; ce qui rend plus intéressante la description vraie que Brisson a publiée de cet oiseau sous le nom de barbu des Maynas et d'après un individu qu'il avoit vu dans la précieuse collection de Réaumur; collection la plus riche qu'il y eut alors en France, dont les débris sont passés depuis au Jardin des Plantes, mais ou on ne trouveroit peut-ètre plus aujourd'hui un seul des individus qui la composoient, et cela par Teffet de la mauvaise méthode qu'on suivoità cette mèême époque dans la pré- paration des dépouilles danimaux. Buffon a fait mention de cette mème espece de barbu sous le nom de beau lamatia, comme étant la plus belle ou plutòôt la moins laide de ce Senre, parcequil la trouve plus petite et plus effilée que les autres tamatias; cependant, d'apreès la figure coloriée qu'on en voit dans son ouvrage sous le nom de barbu des Maynas, ils'en faut qu'elle ait cet air délié qu'il lui prête. La vérité est que cet oiseau n'est pas plus svelte qu'aucun autre barbu dont il a absolument toutes les formes. Quant à la figure qu'en a publiée Brisson il mw'est pas étonnant quon ny trouve absolument pas la physionomie d'un barbu, car cette e dont on préẽpa- roit alors toutes les dépouilles d'animaux, c'est-A-dire fort mal; il est aussi probable que c'est là ce qui aura occasionné Perreur de Buffon sur les ca— racteres extérieurs de l'oiseau. Quoi qu il en soit, nous avons la satisfaction de donner ici le portrait fidele et de grandeur naturelle de Tespece de ce Saenzbae hionue. 2. 27. Ih. Ic. 7 7.. leemlke,.2 cuach 0 6 —— 28—— 8—-— —— M 8 “ 8 5 4 “ —= 2 B— 2 DES BARBUS. 7- barbu d'après un très bel individu parfaitement bien conservé, què j'ai vu à Madrid chez M. Davila, et qui avoit été envoyé du Pérou. Les caracteres de cet oiseau sont absolument semblables à ceux des autres barbus du nouveau monde. Le bec est fort, uni sans échancrure absolument aucune; les ailes sont courtes, et la queue est étagée dans les trois pennes les plus latérales de chaque côté, les quatre du milieu étant égales entre elles; ce que Brisson avoit bien vu aussi. Le devant de la téête et la gorge sont d'un rouge vif, et les plumes de ces parties sont ru- des comme chez les autres barbus qui ont ces mèêmes parties rouges. Les joues dans ce qui est compris entre le coin de la bouche et les oreilles sont dun beau bleu d'outre-mer, qui, dans les endroits ouù il touche au- rouge de la gorge et du devant de la téête, prend un ton violacé; cette plaque bleue, dont la forme se trouve éêtre triangulaire, jette de chaque angle de sa base une bande bleue, dont l'une termine sur T'occiput le rouge de la téête, et lautre frange le bas de celui de la gorge; ce qui pro- duit Peffet le plus agréable. Locciput, le derriere du cou, le manteau, les ailes et leurs couvertures, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, le dessus de celle-ci, tout le dessus de Toiseau enfin est d'un verd brillant semblable à celui des barbus des Indes. Le bas du devant du cou et la poitrine sont d'un jaune jonquille auquel succede une large plaque rouge, qui couvre en forme de plastron le milieu du sternum; le ventre, les flancs, le bas-ventre, et les couvertures du dessous de la queue sont d'un blanc jaunàtre avec des traits verdatres et pointus sur le milieu des plumes de ces parties. Les couvertures du dessous des ailes sont d'un jaune foible; leurs premieres pennes sont brunes, les autres sont exté- rieurement du même vert que le dos, brunes vers leurs tiges, puis blanc jau- nätre; de sorte que le milieu du revers des ailes est de cette derniere teinte. Le bec est entièrement couleur de plomb, à Texception de la pointe et du bord des tranches qui en sont jaunes; les pieds sont aussi couleur de plomb. Tel est exactement ce bel oiseau que Buffon a trouvé assez difficile à décrire pour renvoyer tout simplement le lecteur à la figure qu'il en a donnée. II est vrai que les descriptions très détaillées d'oiseaux prètent peu à lélégance du style; et Buffon tenoit sans doute trop à cet avan- tage pour le sacrifier à tout autre: pour moi, qui ne l'ai jamais ambi- tionné, j'ose espérer que mon exactitude fera pardonner à la simplici- té de mes écrits. Jai cru devoir changer les dénominations de beau tamalia et de barbu des Maynas, données à Pespece du barbu de cet article, en celle de barbu légant, puisqu'en effet cet oiseau n'est pas un tamatia, et qu'il se trouve 3 ailleurs qu'aux Maynas; il ne faut pas, autant que cela est possible, que les dénominations viennent favoriser des erreurs déja trop faciles à commettre. 5 3 3 78 HISTOIRE NATURELLE* AðAaenenöͤ—— ℳꝛMℳ———ℳ—W⸗——— ℳ:—-——A ————————————AA˖̊˖ᷓð˖ð˖ðᷓAAA‚gAA‚gAA‚AæA LE BARBU A COLLIER ROUGE. (N 38.) Cu barbu, qui habite une grande partie de IInde, est trop bien caractérisé par le collier rouge bordé de noir qui lui traverse le devant du cou immédiatement au bas de la gorge pour qu'on ne lui laisse pas le nom que je lui donne ici de préférence à celui de barbu des Philippines, sous lequel il se trouve très mal figuré dans Buffon, qui le décrit ensuite sous le nom de barbu à gorge jaune; caractere commun à plusieurs bar- bus, et par conséquent insuffisant à établir entre eux aucune distinction. Celui-ci a le bec très fort relativement à sa taille; la mandibule supérieure 2* 9„-„ 8 2„„* 7 est chez lui sans échancrure, et déborde à sa base Tinférieure, qu'elle couvre et emboite; un sourcil étroit et de couleur jaune de soufre cou- ronne les yeux, au-dessous desquels on voit encore une tache aussi jaune de soufre, formée en larme, dont la pointe aboutit au coin de la bouche et la base aux oreilles; le front est couvert d'une plaque de rouge vif qui se termine circulairement par derriere; le reste du dessus de la téete, focciput, et la partie des joues qui n'est pas jaune sont d'un verd sombre qui dans Tombre semble noir. Le derriere du cou, le manteau, le croupion, les couvertures du dessus, le dessus mèême de la queue, les couvertures des ailes et les bords extérieurs de leurs pennes sont d'un verd plus ou moins brillant, teinté de bleu ou nuancé de brun, suivant les incidences de la lumiere; la gorge est d'un jaune pur, que termine un collier rouge bordé de noir; le bas du cou et la poitrine sont toutes d'un jaune plus foible que celui de la gorge, lequel jaune couvre le reste du dessous du corps en se dégradant toujours davantage: cependant toutes les plumes de ces dernieres parties portent sur leur milieu un trait longitudinal d'un verd brun. Le bout des pennes alaires est brun; leurs barbes sont aussi brunes vers les tiges, mais d'un blanc sale à leurs bords intérieurs, ainsi que les couvertures du dessous des ailes. Le bec, qu'om- bragent de longs poils roides et saillants, est brun; les pieds sont jau- natres, et les ongles bruns; le revers de la queue est d'un gris bleuàâtre. Buffon a rapporté cet oiseau à lespece du barbu des Philippines de Brisson; ce que je présume ôêtre une erreur que beaucoup de nomencla- teurs ont aveuglément adoptée. Brisson a toujours été trop exact pour qu'il soit à croire qu'il et placé une large bande rouge sur le bas du 2, Sneed E., S. Sh 8. SKarakaed föiue. 6, WMe WGinprameriue de Nouuset 0 Gein Vn de ahe? „ ..ͤ — — — 2 — DES BARBUS. 79 cou d'un oiseau, s'il ne lui avoit vu qu'un collier étroit de cette couleur au bas de la gorge seulement, tel que l'a le barbu que nous désignons par ce collier: d'où je conclus que le barbu des Philippines de Brisson nm'est pas plus le barbu à gorge jaune des descriptions de Buffon qu'il n'est le barbu des Philippines de ses planches. Je conclus cela avec d'autant plus de raison qu'en effet nous connoissons un barbu qui, quoiqu'à certains égards ressemble au barbu à collier rouge de cet article, porte sur la poitrine cette large bande rouge que Brisson donne à son barbu des Philippines, et qui le distingue de celui que Buffon a décrit et figuré. Ainsi ce ne sera pas sans raison que nous rapporterons le barbu des Philippines de Brisson au barbu de notre article suivant, que nous nommons barbu à plastron rouge, à cause du large collier de cette couleur qu'il porte sur la poitrine...... Au reste que le barbu à gorge jaune de Buffon soit ou ne soit pas de la mème espece que le barbu des Philippines de Brisson, et que mème mon barbu à collier rouge n'appartienne ni à l'une ni à 'autre espece; ce qu'il y a au moins de bien certain c'est que ce barbu à collier rouge existe tel que nous J'avons figuré et décrit d'après plus de trente individus de espece que nous avons vus, comparés entre eux et bien examinés: or en comparant à ce barbu la figure que Buffon a donnée de son barbu à collier jaune n“ 331 de ses planches enluminées, on ne peut s'empéècher de reconnoitre dans cette figure, toute détestable qu'elle soit, notre barbu à collier rouge plutòt que tout autre barbu. Mais si, d'un autre cêté, on compare cette même figure de Buffon avec la descrip- tion que l'auteur donne de'oiseau que cette figure est censée repré- senter, on ne trouve plus aucun rapport entre l'objet figuré et l'objet décrit; car sur cette figure l'oiseau n'a pas, comme le dit l'auteur, la poitrine rouge, mais bien un collier étroit qui lui traverse le devant du cou au bas de la gorge proprement dite; ce qui n'est pas la poitrine. Buffon dit encore que la téete de cet oiseau est rouge; ce qui est encore inexact, ce que la figure ne présente même pas, puisqu'il n'y a qu'une partie du devant de la téte qui soit rouge. Si ensuite on consulte le por- trait que Sonnini a donné du barbu à gorge jaune de Buffon dans sa nouvelle édition du Buffon, pl. 127, fig. 2, c'est tout autre chose encore; car ici on nous fait un barbu qui a toute la têéte rouge et un large plastron de cette couleur sur la poitrine!... Si ce ne sont là que des inexacti- tudes, elles sont au moins telles qu'elles ont toujours produit les erreurs multipliées dont je me plains sans cesse, parcequ'elles font donner et feront toujours donner un mème oiseau trois ou quatre fois pour autant d'especes différentes. Les ornithologistes qui ne connoissent pas par eux- memes les oiseaux dont ils veulent parler, ne font que comparer entre elles les descriptions que les autres auteurs ont publiées de ces oiseaux; alors, pour peu quil y ait de différence dans ces descriptions(et il y en a toujours lors mème qu'elles seroient à-peu-près exactes), ils ne 21 80 HISTOIRE NATURELLE; balancent pas à établir des especes d'après ces differences: ce qui marri- veroit pas si le savant qui veut écrire connoissoit oiseau dont il veut parler; car quelque imparfaites que soient les descriptions d'un auteur qui a vu en nature, on reconnoit toujours, en ayant égard a sa maniere, les objets qu'il a décrits. Le barbu à collier rouge habite différentes contrées de IInde: on le trouve à Ceylan, à Java, aux Philippines, etc. Jai vu plus de trente in-— dividus de'espece provenant de ces isles et absolument semblables entre eux. Cependant, lorsqu'ils ont vieilli dans les collections, ou qu'on les a mal préparés, ces oiseaux different quelquefois sensiblement les uns des autres; le rouge palit, le verd brunit, jaunit, blanchit; le jaune même s'efface entièrement: de là les descriptions diverses, et les erreurs sans nombre qu'elles occasionnent, par les raisons que j'ai dites plus haut, et qu'il me seroit pénible de répéter. b Brown, dans ses nouvelles Illustrations de Zoologie, page 29, pl. 14, a décrit d'une maniere imparfaite notre barbu à collier rouge. Aussi les mé- thodistes n'ont pas manqué d'établir, d'après cette description de Brown et la mauvaise figure que cet auteur a donnée de l'oiseau, une espece toute différente de celle du barbu à collier rouge; espece chimérique dont Sonnini a fait son barbu d couronne rouge. Le bassenbuddo de Sonnini, donné par Latham d'après un dessin trouvé dans une collection de pein- tures, nous parott étre aussi le mèême oiseau, quoiqu'on nous dise qu'il a la tête noire; ce qui dans un dessin peut avoir dépendu de la position du sujet, puisque sous tel jour le verd-sombre paroit plus ou moins noir. Cette seule raison devroit nous faire rejeter toutes les descriptions faites sur des dessins. Je me suis déja élevé contre le dangereux usage d'ad. mettre dans un ouvrage d'histoire naturelle des especes qu'on n'a vues qu'en peinture: que seroit-ce si nous n'avions aucune preuve des talents et de l'exactitude du peintre? Je sens parfaitement avec quel avantage on pourroit aujourd'hui me contester la justesse de ces remarques; mais avec le temps, lorsque les naturalistes auront vu qu'aucune de toutes ces especes nominales doiseaux dont on encombre la science ne sest pré- sentée à eux, on sera, jespere, forcé de reconnoitre la vérité. ui marri. at il veuj un auteur maniere, de: on le trente in⸗ ables entre luon les a les uns des une mème reurs sang us haut, et 9, Pl. 14, 4 ussi les mé- nde Brown spece toute rique dont de Sonnini, lon de pein- s dise quit la position moins noix. ptions faites usage dad on nm'a vues des talenbs avantage Ol. rques; mals ſe toutes ces ne sest pfè- ded 8. D X 8 W f 1 e n LZmprdmerle do Socurret. T, nh, 2 2 K, ebe ſiun r ——— DES BARBUsS. 81 ——V ℳ—V—O——XGRn——ͤnnͤꝛͤ₰+hꝛnnꝛnnꝛnnRHnnnnͤ₰˙nnnͤℳõ--⸗-⸗--------ð---⸗-⸗-⸗⸗——-—Hᷣ-ℳℳℳ—A——O§A LE BARBUA PLASTRON ROUGE, MALE. (N 36.) Cr barbu, qu'on distinguera facilement au large plastron rouge qu'il porte sur le haut de la poitrine, habite, ainsi que T'espece de notre article pré- cédent, une grande partie de IInde; mais il est plus rare dans nos cabinets d'Europe: je Iy ai trouvé du moins plus rarement que celle-ci. Nous pen- sons, comme nous Tavons déja dit, que le barbu à plastron rouge n'est autre chose que le barbu des Philippines de Brisson, et que Buffon n'en ayant pas connu T'espece, s'est mépris en lui rapportant son barbu à gorge jaune, qui plus vraisemblablement est le mèême oiseau que celui que nous avons décrit sous le nom de barbu à collier rouge; ce que le lec- teur pourra reconnoitre par lui-méème en comparant les descriptions et les figures des deux auteurs que nous venons de citer à celles que nous donnons des deux oiseaux. Le barbu à plastron rouge a la gorge et tout le devant du cou d'un beau jaune soufre que termine sur le haut de la poitrine une large bande rouge qui aboutit de chaque côté au poignet des ailes, lorsque celles-ci sont a appliquées au corps. Tout le dessous du corps, depuis cette bande rouge jusqu'au ventre, est d'un jaune soufré, plus paàle que celui de la gorge, et qui, se dégradant toujours davantage à mesure qu'il approche des parties basses, Prend sur le bas-ventre et ſes couvertures du dessous de la queue un ton plus verdâtre; mais une gr ande partie des plumes de tout le dessous du corps porte un trait longitudinal verd-sombre sur son milieu. Le dessus de la téête, depuis les narines jusque passé les yeux, est couvert d'une plaque rouge vif. Au-dessus et au-dessous des yeux se voit une tache du mèéme jaune que celui de la gorge; de maniere que ceux-ci se trouvent renfermés entre elles; Tespace compris entre les yeux et le bec est noir ainsi que le derriere de la téte et les joues, lequel noir, en se chargeant insensiblement d'une teinte verte qui se fonce toujours davan- tage prend enfin sur tout le dessus du corps un verd-sombre tirant au brun ou à Polivâtre, suivant les incidences de la lumiere; cependant sur les couvertu- res des ailes on remarque quelques franges d'un jaune pale: les pennes alaires sont brunes et à bordures verd-bleuatre extérieurement, jaunàtres en- dessous; ce qui rend de cette derniere couleur tout le milieu du revers des ailes, dont les couvertures sont du mème ton jaune. Quelques poils 3 — L“ 82 HISTOIRE NATURELLE noirs ombragent les narines: le bec, qui est très épais, arqué, et sans échancrure, est d'un noir de corne, ainsi que les ongles; les pieds sont d'un jaune sale, et le revers de la queue est d'un gris bleuatre. Brisson dit que la femelle de son barbu des Philippines, que je crois bien être, ainsi que je Tai dit, notre barbu à plastron rouge, differe du maàle en ce qu'elle est moins forte que lui, qu'elle n'a de rouge ni sur le dessus de la téte ni sur la poitrine, et que le jaune du devant du cou est plus pàle chez elle. Comme je n'ai jamais vu d'individu de l'espece qui ressem- blât à cette femelle suivant Brisson, je ne dirai rien de positif à cet égard; seulement je serois porté à croire que l'individu femelle dont parle ce natu- raliste étoit plutét un jeune oiseau que la femelle adulte de notre barbu; car dans toutes les especes de barbus tant de l'ancien que du nouveau con- tinent que j'ai vues, lorsque les màles portent sur la tèéte une plaque rouge, les femelles adultes y en portent une aussi. II est possible au reste qu'il y ait exception dans l'espece dont il s'agit ici comme dans beaucoup d'autres peut-ètre que nous ne connoissons pas encore; car la nature est loin d'avoir suivi dans ses productions une marche tellement uniforme qu'elle ne s'écarte jamais des regles qu'il nous plait d'établir. Les individus de lespece du barbu à plastron rouge que Brisson avoit vus dans le cabinet de Réaumur avoient été apportés des Philippines par M. Poivre: trois autres, que j'ai vus en Hollande dans les collections de MM. Holtuysen et Boérs provenoient de Java; et un quatrieme, que jai vu chez M. Aubry, à Paris, venoit de Mahé. On voyoit autrefois aussi un très bel individu de la méême espece dans notre muséum de Paris. . ——— 1— ——— 2 3 ——8—8———1Z—e3ſſſſſ .——pj 8 n f„ » et Sans ieds sont je erois edu male le dessus u est plus ul ressem. cet égard; le ce natu- tre barbu; uveau con. e lue rouge, este quil up dautres re est loin me quelee 1sson avoit hilippines collections rieme, que refois aussi e Paris. 6 einkue 2cuſ 3 2 a e, inne uene ,“ 8 ..N 6 8 8 d b 4 S S — —j4½——— DES BARBUS. 83 ̃æn⸗;—ꝗNͤ-ðꝛꝛnꝛNNNꝛNNINNℳ—Z?Nꝛ₰Hnnnnnn——OAA————————— — LEF BARBUA CEINTURE ROUCGE. (N 374) Cr barbu est à-peu-pres de la taille du précédent, et il en a tous les caracteres de forme; ce qui nous porte à croire qu'il appartient aux mèmes régions que ce dernier, quoique nous ne connoissions pas précisément le pays qu'il habite. D'après son ensemble, et cet air de famille qui rarement trompe un cœil exercé, nous ne balançons mèême pas à le donner pour un barbu indien; tant il présente d'analogie avec tous les oiseaux de son genre qui appartiennent à ces contrées lointaines. Un bec fort, et obstrué vers les narines par de longs poils roides dirigés en avant, la plaque rouge du front, le verd du plumage supérieur du corps, les taches longuettes de celui du dessous du corps, tout enfin dans ce barbu a conservé, avec les traits d'une physionomie lourde, massive et écourtée, l'empreinte du moule, si je puis m'exprimer ainsi, des barbus des Indes orientales. Nous le surnommons à ceinture rouge, parcequ'il porte en effet sur le milieu du sternum une bande’transversale rouge, qui y forme une ceinture à-peu- près semblable à celle du toucan aracari à ceinture rouge que nous avons fait connoitre en son lieu; et nous croyons avoir ainsi parfaitement carac- térisé les trois especes analogues de barbus de nos no 35, 36 et 37, en les désignant, le premier par le collier rouge qu'il porte sous la gorge, le second, par le plastron aussi rouge qu'il a sur le haut de la poitrine, et celui-ci par sa ceinture; marques auxquelles on les reconnoitra toujours sans aucun danger de les confondre ni de les prendre l'un pour T'autre. Le barbu à ceinture rouge a sur le front une plaque rouge vif qui part des narines et s'éleve jusqu'à la hauteur des yeux. Immédiatement apres ce rouge le dessus de la téte est d'un noir verdissant, de maniere que le verd se prononce davantage à mesure qu'il descend vers f'occiput, tellement méême que cette derniere partie est d'un verd décidé qui colore tout le derriere et les cétés du cou, ainsi que le manteau, le dos, les couvertures supérieures de la queue, tout le dessus de celle-ci, et toutes les couvertures du dessus des ailes. Les grandes pennes sont brunes, bordées extérieu- ment de verd bleuatre et intérieurement de blanc sale. La gorge, le devant du cou et la poitrine sont aussi d'un blanc sale, mais jaunissant vers la ceinture rouge, qui traverse tout le dessous du corps vers le milieu du sternum. Le dessous du corps, depuis la ceinture jusques et y compris les 22 —jjj— —————;—— 84 HISTOIRE NATURELLE couvertures du dessous de la queue et son revers, est aussi d'un blanc qui jaunit vers la ceinture; cependant toutes les plumes du dessous du corps„meme celles rouges de la ceinture, portent un trait longitudinal noiràtre sur leur milieu. Le bec et les ongles sont brun-noir, les pieds brun-jaunäâtre, et les barbes roussâtres. Ce barbu, absolument nouveau, fait partie du cabinet de M. Holthuysen d'Amsterdam, ouù je l'ai décrit et fait dessiner sous mes yeux. Cet individu est aussi le seul de son espece que j'aie encore vu, 41 Gheon Vior. auſ heau Sl Itete h 2 f7. erref. „ 7 Vchrunerede 4 7. DES BARBUS. 85 ·ên„ NRNſV— êℳ—v——ℳê ℳAeAnnnBüAA ANͤõABenAnͤ—õA—OA—OA——ö--———ℳRA:õõ-AAA ęꝑqęAð-AAA LE BARBICAN AVENTRE ROSE. PLANCHE A. Novs terminons Phistoire des barbus proprement dits par cette seconde espece de barbican, que nous ne nous sommes procu rée que depuis fort peu de temps, et que, par cette raison, nous m'avions pas décrite à la suite du barbican de notre ne 19. Comme aussi plusieurs des barbus tamatias, dont nous allons nous occuper, se trouvoient déja gravés et imprimés, nous avons été forcés, pour ne pas interrompre Pordre de nos ne, d'indiquer par la lettre A la figure de l'espece du barbican à ventre rose; espece absolument nouvelle dAfrique, et d'autant plus intéressante, qu'elle semble être un composé du barbican et des barbus proprement dits des mèêmes contrées: elle formeroit ainsi la nuance entre ces deux familles congéneres, et sous ce rapport il étoit sans doute important de la faire connoitre, Ce barbican, beaucoup plus petit que yautre espece, a, comme cette derniere, deux échancrures sur chacune des tranches de la mandibule supérieure, avec cette différence seulement, que chez lui ces échancrures ne sillonnent pas les faces latérales du bec. Quant aux couleurs, ces deux oiseaux ont aussi entre eux beaucoup de rapports. Ils se ressemblent enfin par la forme et la longueur de leur queue étagée, mèême par la coupe et lampleur de leurs ailes. Le caractere qui rapproche le barbican à ventre rose des barbus proprement dits d'Afrique est celui de la plaque circulaire rouge du front, commune àtous ceux de ces derniers que nous connoissions encore, tandis que chez tous les barbus connus de lInde et de lAmérique le rouge du front occupe toute la largeur d'un cœil à l'autre. Ce caractere bien facile à saisir, si dans la suite on le trouve constamment dans les especes que nous ne connoissons pas encore, facilitera le moyen de diviser ces oiseaux en petites familles aisées à reconnoitre et à distinguer les unes des autres.— Le barbican de notre ne ig et le barbican à ventre rose étant figurés de grandeur naturelle, il sera facile au lecteur de les apprécier à'égard de leur taille. Celui-ci a tout le front, depuis les narines jusqu'à la hauteur des yeux, couvert d'une plaque circulaire rouge vif. Le reste du dessus de la téte et ses côtés, le derriere et les côtés du cou, sont, ainsi que les joues, qun brun-clair roussàtre; couleur qui, en se fonçant davantage, devient aussi celle du manteau ou du haut du dos et des scapulaires. Le reste du “ 86 b HISTOIRE NATURELLE plumage supérieur, qui comprend toutes les couvertures du dessus des ailes, les ailes elles-méêmes, à l'exception du bout de leurs premieres grandes pennes qui est brun, le croupion, les couvertures du dessus, le dessus méème de la queue est noir, mais d'un noir brunissant sous certains aspects. La gorge, le devant du cou, la poitrine, les flanes et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un blanc sale, tandis que le milieu du sternum et le bas-ventre sont d'un rouge terne rosacé, et les plumes des jambes noires. Le bec est plaffard; les ongles sont noiraâtres, et les pieds brun- rougedâtre. Les couvertures du dessous des ailes, et le rebord intérieur de toutes leurs pennes, sont d'un blanc sale; ce qui donne cette couleur à presque tout le revers de celles-ci. Nous ne saurions dire quelle est la cou- leur des yeux, n'ayant vu que la dépouille parfaitement bien conservée de cette intéressante espece, depuis peu apportée des côtes de l'Afrique mé- ridionale par un voyageur dont presque toute la collection d'oiseaux est passée dans mon cabinet; collection ou il se trouve plusieurs belles especes nouvelles, que je m'empresserai d'autant plus de faire connoitre aux natu- ralistes que je ne les avois trouvées dans aucune des parties que j'ai par- courues de ce vaste pays. Buffon a décrit un petit barbu qu'il a figuré n 746, fig. 2 de ses planches enluminées. Nous avons vu ce barbu dans le cabinet de Mauduit, et nous lTavons parfaitement reconnu pour être un jeune de l'espece de notre plus petit barbu, que nous avons nommé barbion. Ainsi c'est encore une pré- tendue espece à rayer de la liste des oiseaux. Il est de plus évident que, quoique la figure que Buffon a publiée de cet oiseau ne ressemble guere à notre barbion, il est, dis-je, évident que la description qu'il en donne a été faite sur cette mauvaise figure. On aura un jour la preuve de la vérité de ce que javance ici sur ce petit barbu de Buffon, 4 espece; car je défie qu'on le trouve jamais en nature tel qu'il a été figuré et décrit par cet auteur. Il est bon d'observer encore à cette occasion qu'anciennement, du „ temps de Mauduit, de Tabbé Aubry, etc., on ne connoissoit guere d'autre maniere de préserver les oiseaux des ravages du temps et des insectes que de les faire passer à de fortes fumigations de soufre; que par cette opération on dénaturoit absolument toutes leurs couleurs;et que de la est née cette quantité d'especes purement nominales que les auteurs modernes ne craignent pas de nous donner pour des especes distinctes, lorsqu'ils ne reconnoissent pas, à des descriptions faites par les anciens ornithologistes dapreès des sujets détériorés, les oiseaux plus frais et mieux préparés „.*. 121.. 3 qu'ils voient aujourd'hui dans nos collections. On peut, pour s'assurer de ceci, voir, au cabinet dhistoire naturelle à Paris, les anciens oiseaux 4„ 0 9 0 0* soufrés, qu'on a rendus méconnoissables par cette opération malfaisante et destructrice. lessus de 6 Srandes „ le dessus ertures du d sternum les jambes eds brun- atérieur qe couleur 1 est la cou- onservée de friqque mé- oiseaux est les especes e aux natu- ue jai per es planches uit, et nous enotre plus bre une preé- vident que, ꝛble guerei donne attè la vérité de car je deſie zcrit par eet anement, du uere dautre insectes que te opération est née cette odernes ne orsqu'ib ne nithologistes ux prépares vassurer de ens oiseaux malfaisante — 6 Mhh. dt: 88 Snne. K. Ve 1 Sge unerie de urse DES BARBUS. 55 ꝗᷓꝗᷓꝗᷓæv.. LE KOTTOREA. (X 38.) Ir suffit q'un premier coup-d'œil pour juger que le bec alongé de cet oiseau, ses formes, et la callosité du tour de ses yeux, ne nous permettent pas de le placer parmi les barbus proprement dits, et que nous devons le considérer a part, non cependant comme entièrement étranger à ces derniers, de la nature desquels il participe indubitablement, mais comme espece inter- médiaire des barbus proprement dits et des tamatias, dont il tient aussi, nous osons même dire plus que de ceux-la; de sorte que si T'on vouloit absolument admettre avec les uns ou avec les autres, il faudroit au moins en faire un tamatia plutòt qu'un barbu: car les tamatias ont comme lui le bec plus long que les vrais barbus, et n'ont pas plus que lui du rouge sur la téte. Quant à nous, nous sommes d'autant plus déterminés à donner cet oiseau pour espece intermédiaire des deux familles, que si dans la suite on venoit à trouver d'autres especes qui eussent des analogies avec celle-ci (ce qui est très probable), on pourroit former de toutes ces especes un groupe ou une famille dont le kottoréa seroit le premier membre que nous aurions connu. Le meilleur moyen de parvenir à avoir une idée de l'en- semble des étres c'est de les considérer dans les rapports qu'ils ont ou qu'ils n'ont pas les uns avec les autres, et de les mettre à leur place, isolés, en groupes, ou en familles qui se lient à la masse générale. Loiseau dont nous faisons le sujet de cet article se trouve dans une grande partie de l'Inde, et à Ceylan, où les naturels du pays lui donnent, à cause de son ramage plaintif, le nom de kottoréa, que nous lui conser- vons de préférence à tout autre. Cette méème espece ayant été décrite diversement par les naturalistes, elle figure aujourd'hui dans les nouvelles ornithologies sous quatre noms différents, et désignant chacun une espece bien distincte des autres; d'abord dans Buffon sous celui de barbu verd, Planc. enl., ne 870/. Latham, ayant trouvé dans la collection de dessins de lady Impey ce mème oiseau, auquel on avoit peint en rouge la partie nue qu'il a autour des yeux, en a fait une seconde espece, que Sonnini a donnée dans sa nouvelle édition du Buffon comme une variété du grand barbu. Le barbu à masque roux de Sonnini, donné aussi d'après Latham, est encore le même oiseau, qu'il décrit enfin une quatrieme fois, d'après Brown et Pennant, sous le nom de kottoréa. Or voilà le danger des 23 —“ = ſſſ— — — — ——— 3 88 HISTOIRE NATURELLEFE pour établir des especes on descriptions incompletes, lors sur-tout que ce ésentent ces descriptions. s'en rapporte uniquement aux différences que prè 8 d, Nous avons figuré le kottoréa de grandeur naturelle: ainsi quant à sa taille on peut s'en rapporter à celle de nos planches qui le représente. Nous avons vu plus de trente individus de divers sexes et àges de Tespece qui provenoient de l'isle de Ceylan. Nous en avons vu aussi plusieurs qui avoient été envoyés de Java et d'autres parties de IInde. Nous en avons vu un enfin que Sonnerat avoit apporté de Mahé; et e'est la comparaison que nous avons faite de tous ces individus entre eux, qui nous a mis a même de rec- tifier les erreurs que les nomenclateurs avoient commises à son sujet. Nous avons aussi beaucoup de raisons pour croire que le dessin que Latham 3 vu de cet oiseau dans la collection de lady Impey a été fait d'après un indi- vidu qui fait aujourd'hui partie de mon cabinet; individu que j'ai acquis à Amsterdam, et auquel on avoit en effet peint le tour des yeux en rouge, les préparateurs ayant en général, sur-tout en Hollande, la mauvaise habitude de colorier ainsi les parties nues des oiseaux. Jai méême vu un de ces barbus dont le tour des yeux avoit été peint en bleu; ce qui proba- blement nous auroit encore procuré une cinquieme espece du même oiseau, sil avoit été remarqué par certains ornithologistes. Le kottoréa est caractérisé par un bec long, large, et épais à sa base, ou la mandibule supérieure est évasée et emboite Tinférieure; celle-ci est arquée, de sorte que le bec est convexe en dessus et en dessous; Tune et Pautre mandibule se terminent en pointe acérée; de très longs poils, qui vont jusqu'au-delà des deux tiers de la longueur du bec, en obstruent toute la base. Le tour des yeux est entièrement nu, et les ailes ployées dépassent à peine la naissance de la queue, si légèrement étagée qu'elle s'arrondit au bout lorsqu'elle est étalée. La tête est grosse comme chez tous les barbus, et les pieds, robustes, n'ont rien de particulier dans la distri- bution des doigts. Quant à la couleur du plumage, il varie un peu de nuance, suivant le climat, le sexe ou T'age. Dans l'état parfait le màle a toute la tête, le cou et la poitrine d'un brun plus ou moins foncé, ondé de blanc sale ou fauve qui se dessine sur chaque plume en coups de pinceau alongés suivant la longueur de ces plumes: cependant sur le haut de la téte et le derriere du cou le brun est un peu plus foncé, et les ondes sont d'un brun roux; le brun plus léger de la poitrine est nuancé d'un verd paàle qui, prenant toujours un peu plus de ton, colore tout le dessous du corps, les couvertures du dessous, et le revers de la queue; sur le haut du dos le verd prend une légere teinte du brun du derriere d9 cou. Les scapulaires, le croupion, les couvertures supérieures de la queue, toutes celles des ailes, tout ce qui est visible des pennes de ces dernieres, le dessus de la queue, sont d'un verd un peu plus foncé que celui du dessous du corps; cependant le bout des pennes de la queue et celui des pennes alaires se chargent d'un ton brundâtre, et sur les plus petites couvertures des ailes ginsi 9 trait bl: jes barl Jdans to divid gscal,] dautre zider I s, les mäles, quecel TOUX, b ondé ¹ du cou portoit encore adultes exactes donné méme rents: et décr kottore vieillir feuille genera Ces on Plions ut à z4 e. Nous ece, qui avoient 1n enfin le nous de ree- et. Nous atham 4 un indi- acquis urouhe, nauvalse de vu un 1i proba- e oiseau, base, ou Nle-ci est Tune el poils, qui obstruent 8 ployèes ée quelle chez tous la distri- in peu de le malea , ondé de le pincead naut de la ondes soht verd päle du corps, tdu dos le apulaires- celles des dessus de essous du nes alaires s des ailes ainsi que sur le milieu de quelques unes des grandes on remarque un trait blanc sale. Le bec est d'un brun rougeàâtre; les pieds sont jaunes, et les barbes noires. Pour la peau nue qui entoure les yeux, elle étoit jaune dans tous les individus que j'ai vus de l'espece dans toute leur pureté; individus au nombre de plus de trente envoyés de Ceylan à M. Boërs, le fiscal, pendant mon séjour au Cap. Tous ces individus, qui n'avoient subi d'autre préparation que celle d'étre simplement desséchés, sans mèême les vider m'avoient fourni l'occasion de reconnoitre, par la dissection que j'en fis, les sexes de Pespece. Les femelles étoient un peu plus petites que les mäles, et leurs couleurs étoient généralement par-tout un peu moins foncées que celles de ces derniers. Che⸗ les jeunes le brun de la téête tiroit beaucoup au roux, et tout le dessous du corps, au lieu d'y éêtre d'un verd clair, y étoit ondé de brun roux et d'un blanc sale à-peu-près semblable à celui du devant du cou et de la poitrine des vieux; chacune des couvertures de leurs ailes portoit un trait blanchaâtre sur son milieu: leur bec enfin, n'ayant pas encore acquis tout son développement, étoit plus court que celui des adultes. Il est facile de juger, d'après les observations scrupuleusement exactes que nous venons de faire, que ce sont ces variations qui ont donné lieu aux nomenclateurs de faire autant d'especes d'une seule et méme espece que les ornithologistes y en avoient vue d'après les diffé- rents âges et sexes des individus qu'ils en avoient examinés séparément et décrits les premiers. Nous observerons enfin que le verd du plumage du kottoréa est très sujet à se dénaturer par les préparations, et qu'il n'a qu'à vieillir dans une collection pour prendre un ton jaune et finir par devenir feuille morte; ce qui au reste arrive à tous les barbus verds des Indes en général. ———— E A8A 8 ———-—. ‿———— ————— 7—————— 2 7 2 4—-— 7——————— 1 2——— 2— 2——,— . 2 ₰———— —η— 5————— —-——————————————— 4+——————— ——— — LES BARBUS TAMATIAsS. ———--::nnͤͤͤAmAmnUAnAN Lrs barbus tamatias se distinguent des barbus proprement dits par la grosseur et la longueur de leur bec crochu et fendu dans le bout de la mandibule supérieure; ils ont de plus relativement à leur corps la téte plus forte que ces derniers; et comme ils sont aussi plus épais, ils ont Tair plus massifs et plus lourds, quoiqu'en effet ils volent mieux qu eux, les tamatias ayant en général les ailes plus amples et la queue mieux fournie que les vrais barbus. Les barbus taamtias sont oiseaux solitaires, vivant dans Tépaisseur des forèts; ils nichent, comme les autres barbus, dans des trous d'arbres, et ne se nourrissent absolument que d'insectes, ne touchant jamais aux fruits; ce en quoi ils different encore des barbus proprement dits, qui, ainsi que nous l'avons vu, vivent et d'insectes et de fruits. Quant à la disposition des doigts, elle est la même dans les deux familles. 9² HISTOIRE NATURELLE .——ℳA8A—— nABA;ꝗQꝗA˖ęÖ-:ęę—OA'—-ry————-:eooõ——-o—————õ—-—————— LE TAMATIA A PLASTRON NOIR, OU LE GCRAND TAMATIA (N 39.) Om tamatia est remarquable par la grandeur démesurée d'un bec très épais Aà sa base, et arrondi sur ses faces: il l'est encore par sa taille plus forte que celle de tous ses congéneres; ce qui nous a déterminés à le nommer le grand tamatia, pour le distinguer d'un autre tamatia qui, quoiqu il lui ressemble beaucoup par ses couleurs, est beaucoup plus petit que lui, et forme bien certainement une espece tres distincte de la sienne. Le grand tamatia a le front ceint d'un bandeau blanc, et le dessus de la téte d'un œil à l'autre est jusqu'à l'occiput couvert d'une calotte noire. La gorge, les joues et tout le devant du cou sont d'un blanc pur qui, passant sur le derriere de cette derniere partie, y forme un demi-collier entre le noir du dessus de la téte et celui du bas du cou. Le reste du dessus du corps, y compris les ailes et leurs couvertures, la queue et ses couvertures supé- rieures sont noirs; cependant ce noir est par-tout relevé par un léger feston blanc sale qui borde toutes les plumes, mais qui sur les grandes couver- tures et les dernieres plumes des ailes, ainsi que sur le bord des pennes de la queue se prononce bien davantage. Un large plastron noir qui traverse la poitrine adhere sur les côtés au noir du dessus du corps. Les flancs sont variés de noir et de blanc, et tout le dessous du corps est d'un blancsale. Le bec et les ongles sont noirs, ainsi que les barbes de la base du bec. Les pieds sont bleuatres. Dans le jeune àge cet oiseau a le bec brun-noir, le noir de son corps est brunâtre, et toutes ses plumes du dessus du corps sont ter- minées par une bordure roussatre. Ce tamatia est fort commun à Cayenne, à Surinam, et habite probable- ment toute la Guyane: mais il faut pénétrer dans les foréêts solitaires pour se le procurer. Buffon en a donné une figure passable sous le nom de barbu à gros bec de Cayenne, no 689 de ses planches enluminées; et il en parle dans ses descriptions sous celui de tamatia noir et blanc. ſͤ 8 “ 3 4 ½ 7¹ 7 . 770723 7 C. 7 2 Mft 7 Ttfch hot, Sl. 8„...— „Sc, pakan /. ſß mer. Voe Iiw prumerle dlo folbuse!? Srcull lar Scache! 8 84. — “ ——— ᷣ——— Wlue e euach 2 5 7 L g De. “. Rrh, 8 I, S. Do Cweepnmerda k Zoaurnreol Vee, —.„ 2A. e, alene ſhlte 22. DES BARBSS. 93 ————--——ẽ—————— ⁰ õ———-——:jᷓõ————————————ð-ö—————-—-— ð—⸗--ͤ--⸗---——-—õ-———-—-õA————õO— LE PETIT TAMATIA A PLASTRON NOHIR. (N 40.) CrryF seconde espece de tamatia, que nous surnommons aussi à plastron noir, est par sa taille de beaucoup inférieure à la premiere, trop mème pour qu'on soit tenté de considérer ces deux oiseaux comme variétés l'un de T'autre. II suffira au lecteur de consulter les deux portraits de grandeur naturelle que nous en publions pour apprécier les différences qu'ils ont entre eux sous ce rapport. Quant aux couleurs du plumage, ce n'est, dans la petite comme dans la grande espece, que du planc et du noir; mais ces deux couleurs se trouvent distribuées dans l'une assez différemment pour que par cela seul nos deux tamatias forment deux especes. Que sera-ce si nous les considérons du côté de leur taille? car le volume du petit est à celui du grand à-peu-près comme 1 est à 5; disproportion immense entre deux animaux quelconques, mais qu'on a eu le secret de faire disparoitre en représentant sur les planches de Buffon le grand tamatia plus petit, et le petit plus grand que nature. Alors, s'est-il dit, ces deux oiseaux pour- roient bien ne former qu'une seule et mème espece. Le petit tamatia à plastron noir differe donc du grand non seulement par sa taille, mais encore en ce que les plumes noires du front sont chez lui piquetées de points blancs. IIn'a pas aussi de collier blanc sur la nuque comme le grand; mais en revanche il porte sur les yeux un trait de cette couleur qu'on ne voit pas à T'autre. De plus le plastron noir du petit, se trouvant partout environné de blanc, est isolé, au lieu que celui du grand adhere sur les deux côtés au noir du manteau; les plumes noires du petit tamatia ne sont point écaillées de blanc comme celles du grand, mais il a une tache blanche au bout de ses scapulaires. Enfin toutes les plumes de la queue, à exception des deux du milieu qui sont en entier d'un noir uni- forme, ont non seulement une tache blanche à leur pointe, mais de plus unesemblable tache ronde dansleur milieu; desorte que la queue porte deux bandes blanches transversales: caractere omis par tous les naturalistes qui ont décrit ce petit tamatia, peut-éètre parceque les taches blanches du milieu de la queue ne se trouvant que sur les barbes intérieures de ses pennes elles ne s'apperçoivent qu'au revers de celle-ci lorsqu'elle est res- serrée. Sous tous autres rapports ces deux oiseaux se ressemblent assez bien; et par la comparaison des deux figures exactes que nous en donnons —— 8 5 5 ——— 94 HISTOIRE NATURELLF le lecteur saisira assez facilement ce qu'ils ont entre eux de commun et de différent pour que nous ne croyions pas qu'il soit nécessaire d'entrer dans de plus grands détails à leur sujet. Nos deux tamatias habitent les mèmes contrées; ils vivent et se nourrissent de la même maniere et des mèêmes substances. Dans le grand nombre d'individus de lespece du petit tamatia, que nous avons été à même d'observer, nous en avons remarqués de plus petits les uns que les autres, et chez qui la couleur noire tiroit au brun roussaàtre et le blanc sur le gris: ceux-ci étoient probablement des femelles. D'autres individus portant tous les caracteres d'oiseaux jeunes encore, avoient des bordures rousses sur toutes les couvertures des ailes. 14* tommun et de dentrer dans ent les mémes et des moémes natia, que nous blus petits les un roussatre et helles. Dautres. re, avoient qes. 4An 8 . ——— ———— 4 G nam 8 Zangle 52 — —— — — l. Dof w ene 7⁰ 7 X I R8NB 2, etn, DES BARBUS. 96 —,————— V—————-———-——-—————ä:¶ͤ——t—-ö-————--———Ü—-—-—--———y——ä:⁊ꝛ=ͤ———————O- LE TAMATIA A GORGE ROUSSE. (N Ar.) Cm tamatia se distingue facilement de ses congéneres à la plaque rousse qui lui couvre la gorge, ainsi qu'une partie du devant du cou. La poitrine, les flancs, et le milieu du sternum de cet oiseau portent sur un fond blanc des taches noires arrondies, tandis que son bas-ventre et les cou- vertures du dessous de sa queue sont d'un blanc roussätre uniforme, sans tache aucune. Le dessus de la tête est d'un brun roussaâtre qui, sur le front, prend un ton plus décidé, et se prolonge ainsi au-dessus des yeux en forme de sourcils. Du coin de la bouche de chaque côté se détache une ligne blanchaàtre qui, passant sous les yeux, entoure la nuque, et y forme un demi-collier peu apparent, parcequ'il s'y mêle une légere nuance du brun qui colore tout le derriere du cou. Une balafre noire au-dessous de cette ligne blanche des coins de la bouche, mais qui s'arrète aux oreilles, égaie un peu la physionomie triste de ce tamatia, dont Ie reste du plumage, c'est-à-dire le manteau, les scapulaires, le crou- pion, les couvertures des ailes et même les dernieres pennes alaires, les couvertures supérieures, et le dessus de la queue, est d'un brun terreux monotone, relevé seulement par quelques bordures roussatres au bas du manteau, et sur une partie des couvertures du dessus des ailes. Les grandes pennes alaires sont brunes intérieurement, et bordées de roux en-dehors et en-dedans; de sorte que leur revers est roussatre, ainsi que le sont les couvertures du dessous des ailes. Le bec, fendu par le bout de la mandi- bule supérieure, comme chez tous les autres tamatias, est noir; les ongles sont aussi noirs; les pieds sont jaunâtres, les barbes du dessous du bec rousses, et celles du dessus noires. Le revers de la queue est d'un gris- roux; celle-ci est étagée; et les ailes, peu amples, ne dépassent que de fort peu lendroit où elle prend naissance. La femelle du tamatia à gorge rousse est un peu plus petite que le maàle, que nous avons décrit plus haut; la couleur rousse de sa gorge est aussi d'un ton moins foncé, et ne descend pas chez elle aussi bas que chez ce dernier; les taches noires du dessous du corps n'y sont ni aussi nettement découpées ni aussi foncées; le brun du dessus du corps de cette femelle est enfin plus roussâtre que celui du màle dans cette partie. Nous avons fait représenter celui-ci de grandeur naturelle sur nos planches. 25 4 — 2 2“* 4— -— 2 3 4 A 2 3 2 ———ᷣ—————————— eerne„ Ee 3 1 3 ſ HISTOIRE NATURELLE L'espece de ce tamatia habite la Guyane, et y est méême assez commun, à ce qu'il paroit, puisqu'il est peu de cabinets en France et en Hollande dont elle ne fasse partie. Buffon, qui la décrite sous le nom que nous lui avons conservé, l'a figurée aussi, n“ 746 de ses planches enluminées, sous la dénomination de barbu à ventre tacheté de Cayenne. 96 88 7 Lommu — — ——————— — 8 e cnecle, a, we, Vo lzirrdunoerie d Zandçolédee,( f0,. h, 1 — 202 eX rtfn?:. D, oi, M. zee DES BARBUS. 97 Vͤ———————— ℳ q ANAG(——nAANͤAANAAAAANN—— ẽℳʃRNõꝛ₰ñͤng ꝰ1öäꝗ-—-—ͤõ-Anͤͤ₰Hns8ꝛ—NnäneͤͤneäöͤA-õnAA—OA LE TAMATIA A COLLIER, 00 LE TAMATIA RAVI. (N' 42.) 4 uorouUE nous eussions préféré, pour mieux distinguer cette belle espece de toutes celles de son genre, de lui donner exclusivement le nom de tamatia rayé, nous lui avons cependant conservé aussi celui par lequel Buffon l'a désignée dans la description qu'il en a faite tout en figurant le méême oiseau, n- 395 de ses planches enluminées, sous la dénomination de barbu à collier de Cayenne. Les naturalistes adopteront celle qu'ils juge- ront à propos de lui laisser: cependant il est certain qu'un collier ne distingue pas plus le tamatia dont il s'agit ici que ceux dont nous avons parlé précédemment, et qui tous ont aussi un collier: le tamatia à gorge rousse en a un blanc sur la nuque; le grand tamatia, outre un demi- collier blanc qu'il porte sur le derriere du cou, a, ainsi que le petit tamatia de notre n' 40, un large collier noir qui lui tombe sur la poitrine; sorte de collier que nous préférons toujours nommer plastron ou hausse-col, suivant sa forme. Le tamatia à collier ne sauroit donc être véritablement distingué de ses congéneres que par le nom de tamatia rayé, puisqu'il est le seul de sa tribu qui ait tout le dessus du corps rayé de noir depuis la téète jusqu'à la queue, y compris mème les ailes. Ce nom auroit de plus l'avantage de ne laisser aucun doute sur lespece propre de T'oiseau; car il west personne qui, dans une collection ouù se trouveroient rangés tous les tamatias connus, ne distinguât d'abord celui-ci. Quelle que soit au reste l'opinion des naturalistes sur ces observations qui peuvent sappli- quer à beaucoup q'autres especes d'oiseaux aussi vaguement nommés que le tamatia à collier, voici la description exacte de ce dernier. Ila le corps très ramassé; sa tète, naturellement fort grosse, le paroit encore plus par la longueur des plumes qui la couvrent, et qui, en s'ébou- riffant, comme elles en sont très susceptibles, semblent lui faire porter une huppe semblable à celle de notre geai lorsqu'il gonfle son toupet. 8 “ 2 ö—ſſſ 3 6 6 — — ☛‿ 3 — ſſͤͤ ——— e⸗..—— 2 — 5 1— 2 ———Q—C—O—,O,dedy—— 1 r———— 8 o“— 8 2 — ——— 98 HISTOIRE NATURELLE La queue du tamatia à collier est étagée, et les ailes ployées ne sétendent chez lui que jusqu'à Pextrémité des grandes couvertures de celle-ci; le bec et les pieds sont conformés comme ceux des autres tamatias. Quant aux couleurs, un collier noir ayant la forme d'un hausse-col, plus étroit cependant dans son milieu que sur les côtés, ceint la poitrine et semble pendre du haut du dos, sur lequel il passe. Lespace compris entre ce hausse-col et le bec, ou la gorge et le devant du cou, sont d'un blanc pur. Le reste des plumes du dessous du corps, c'est-A-dire celles du bas de la poitrine, celles des flancs, du ventre, et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un fauve léger qui séclaircit toujours davantage à mesure qu'il remonte vers le collier noir, où ces plumes sont plus blanches que par-tout ailleurs. Celles de la téte, des joues et du haut du derriere du cou sont d'un roux orangé, qui, se fonçant toujours un peu plus, se change sur le manteau, les ailes et le dessus de la queue en un roux-brun rougeàâtre; cependant toutes ces parties rousses sont de plus traversées par des lignes noires très rapprochées les unes des autres sur la tèête, toujours moins ensuite à mesure qu'elles descendent vers la queue, ouù elles se trouvent très espacées. Les grandes pennes alaires sont d'un brun noiratre. Le bec, ombragé de longs poils noirs et durs, est noir sur son aréète, et rouge dans ses autres parties. Les pieds sont d'un brun-rouge- L'espece du tamatia à collier se trouve à Cayenne; le petit nombre d'in- dividus que nous en avons vus avoient du moins tous été envoyés de ee pays, ouù il ne paroit cependant pas qu'elle soit fort abondante, car il est peu de cabinets oùð on la possede: je ne T'ai vue en Hollande que chez M. Raye de Breucklerwaert; à Paris que chez Mauduit, l'abbé Aubry, d'Orcy, Lerault, et au Jardin des Plantes; un dernier enfin chez un de nos marchands d'histoire naturelle à qui un particulier en avoit confié la préparation: ce dernier, le plus pur et le mieux conservé de tous, et qu'on a eu la bonté de me préter, est aussi celui dont nous avons préféré de donner le portrait. IIne m'a jamais été possible de m'en procurer un pour mon cabinet. Gest par erreur que Linné a donné cet oiseau pour un oiseau du Cap de Bonne-Espérance; outre que je ne ly ai jamais vu, il est constant au- jourd'hui qu'il appartient à la Guyane; mais il est probable qu'il n'habite que très avant dans l'intérieur des terres, et qu'il sy tient dans des endroits où l'on ne pénetre guere, puisqu'on l'envoie si rarement de Cayenne, d'ouù sont venus les sept individus que j'ai eu occasion d'examiner, et entre lesquels j'ai trouvé trop peu de différence pour en occuper le lecteur: j'ai remarqué seulement que le rouge du bec de ceux de ces individus qui avoient vieilli dans les cabinets s'effaçoit, devenoit jaune, et finissoit par blanchir. des Etenden celle- ci z aatias.(ua „Nlos était ne et sembie Pris entre ee un blanc pur. du bas de h dessous qe ſa 4 mesurequ 1 s que Par-Hout du cou Sont change sur le un rougeate; par des lignes dujours moins es Se trouvent irätre. Lebee, rète, et rouge t nombre din- envoyés de ee ante, car il est ande que chex rabbé Aube), chez un de nos avoit confié vé de tous, et s avons pretert en procurer um oiseau du Ca 5 constant ab- e quil mhabite uns des endroib C. myenne, dou niner, et ente le lecteuf: ja 4 individus qui ssOlt pal et finissolt pa ͤ ö“ — ———— — 8 2 “ 8 4 * 4 3 ½ 5* 3 1 3 4 1 . 5 3 3 8 8* 5 1 4— ö 4 1 3 1 8 4 74 7 2 .* 4 4. 3 1 Wüauo Wanheee 4 Zo agpeunerius Fe Wouaet „ ſh. 7 SGcwmulte.„eupt eue————. . 1—— A 8—. DES BARBUS. 99 ——-AAͤA—A—— N——— LE TAMATIA BROUN. (N 43.) LArHAR est le premier ornithologiste qui ait fait connoitre cet oiseau, auquel il a donné, dans son General Synopsis, le nom anglais de WM hite breasted barbet, barbu à poitrine blanche ou à plastron blanc, et que Sonnini compte avec raison parmi les tamatias sous celui de Tamatia brun, que nous lui conservons ici en attendant qu'on ait bien reconnu l'espece à laquelle il faudra le rapporter: car, disons-le, six de ces tamatias bruns que nous avons examinés avec soin et les seuls que nous ayons vus, étoient tous oiseaux couverts encore de leurs premieres plumes, c'est-à-dire jeu- nes oiseaux. Celui qu'a décrit Latham et que nous n'avons pas vu, étoit présumablement dans le même cas que ces six autres, puisque d'après la description qu'il en donne il nen différeroit pas du tout. Ainsi il faut, ou que nous ne connoissions encore aucun tamatia brun dans son état parfait, ou bien que ce que nous prenons pour des tamatias bruns ne soit que des jeunes tamatias d'une des especes que nous avons décrites; ce dont je ne doute plus, étant sr, comme je l'ai dit, que les individus dont nous avons parlé plus haut métoient que des jeunes oiseaux ayant encore leurs premieres plumes, et devant par conséquent plus ou moins différer des individus adultes de leur espece. Latham soupçonnoit que ce tamatia brun appartenoit à la Guyane: il est en effet de Cayenne, et se trouve aussi à Surinam, d'uù tous ceux de ces oiseaux que j'ai vus avoient été envoyés, préparés, comme tous les oiseaux qui nous viennent de ces pays. Comme je me doutois que ces tamatias bruns n'étoient que des jeu- nes de l'espece du tamatia à gorge rousse, je les comparai avec tous leurs congénaires; or tout ce que j'ai remarqué jusqu'ici, loin de détruire ces premiers soupçons, n'a fait que les accroitre. Un seul de ces oiseaux que jeusse vu entre le jeune àge et aàge fait, c'est-à-dire portant une par- tie des plumes de lun et de l'autre de ces états, auroit confirmé ou dis- sipé tous mes doutes; mais je n'ai pas encore eu le bonheur de le trouver. Je ne donne donc ici que des conjectures que le temps fortifiera ou détruira. Je sais aussi qu'on peut m'objecter que le tamatia brun dif- fere des autres tamatias que nous avons décrits par son bec moins fort, plus effilé que le leur, et sur-tout par la mandibule supérieure qui n'est pas chez lui partagée en deux pointes; mais ces différences n'ont rien de 26 — o„f– — ——— ———. —————— ———————————— —— 8.——————————— — —— 2 100 HISTOIRE NATURELLE DES BARBUS. surprenant; car chez tous les oiseaux le bec des jeunes et celui des vieux d'une même espece ne se ressemblent jamais: ainsi on ne peut rien conclure dans ces cas dun bec plus ou moins compliqué dans sa forme, plus ou moins considérable par sa longueur ou son épaisseur. Cette observation, pour n'avoir pas été faite jusqu'ici, n'en est pas moins une vérité de fait dont nous avons donné bien des preuves. Dans les ca- laos, oiseaux à bec monstrueux, surmonté chez plusieurs d'excroissances ou casques, on ne les appercoit qu'à peine ou point dans ceux qui sont dans le jeune äge. Chez les bécasses, les bécassines, les jacamars, les courlis, la huppe, les colibris, etc. le bec est beaucoup moins long dans les individus jeunes que chez les vieux, quoiqu'ils aient déja acquis toute la grosseur de corps. Les fortes échancrures du bec des toucans ne paroissent pas non plus dans ces oiseaux avant ràge fait; pas un oiseau enfin n'a dans son premier âge le bec exactement le même que dans leur état parfait: mais plus cette partie est simple, moins grande est cette dis- semblance; et c'est là, à l'égard du bec d'un oiseau, toute la différence qu'on doive prendre en considération dans examen qu'on fait de ses dif- férentes parties pour reconnoitre T'espece à laquelle il faut le rapporter.— Apréès toutes ces remarques il ne nous reste qu'à décrire avec quelques détails le tamatia brun, soit qu'il forme une espece propre, soit qu'il ap- partienne à celle du tamatia à gorge rousse, ou méême à toute autre de celles déja connues. Les plumes du dessus du corps de cet oiseau, à partir du front et y compris les couvertures des ailes et celles supérieures de la queue, sont d'un brun terreux, et portent toutes sur leur milieu un trait roux longi- tudinal formé en larmes: entre les yeux et le bec et de chaque côté de la bouche on remarque un trait blanc; une large tache blanche se dessine en forme de plastron sur le bas du cou, et couvre en partie la poitrine. La gorge, le devant du cou et le bas de la poitrine, sont couverts de plumes d'un brun clair qui ont aussi toutes leurs cêtes d'un blanc fauve. Les plumes du dessous du corps, y compris les flancs, le ventre et les couver- tures inférieures de la queue, sont roussâtres, ondées de brun. Les pennes alaires et celles de la queue sont brunàâtres; la pointe et la base du bec sont blafards; le reste en est brun; les pieds sont aussi bruns. La queue est du brun des ailes, et légèrement étagée. Les ailes, peu amples, attei- gnent, lorsqu'elles sont ployées, le bas du croupion. Les barbes de la mandibule supérieure sont enfin d'un brun noir, et celles de l'inférieure blanchätres.. Des six individus tamatias bruns ou prétendus tels que nous avons vus, Fun est au muséum qhistoire naturelle à Paris, l'autre chez M. Dufresne, aide-naturaliste dans cet établissement- jai partagé les quatre derniers avec mes amis, MM. Raye, Temminck, et Calkoen, en Hollande; de sorte qu'il ne m'en est resté qu'un qui fait encore partie de mon cabinet. LES oise forment u et des cor gosse tét geent leu Dun autt ſement pa courbe), tamätias. Les bar aussi moll quils nicl devent leu cher leur monde, ler dsposés d (es oiseau tas quaux llus de Tra comprend n la fait; laseule qu aux métho hurt du te petits rapj 8§. et celum de on Ne peut quê dans; 83 4 Spaissenr 3t Ds moing Ans les ca- excroissance, qui sont dams 3 ſes courſis, ong dans ſe equis toute ne paroissent oiseau enfim lue dans leu eest cette qis. la differenes fait de ses di-. ² rapporter.- avee quelques „soit quil a- toute autre de du front et a queue, Sont ait roux long- haque cote de ache se dessine ie la poitrine. erts de plumes ane fauve. Les Het les couver- un. Les pennes ſa base du bec uns. La quede mamples, atte s barbes de h de inférieufe nous avOns VS, z M. Dufresne, uam dernier 6 ſlande; de sofi eabinet. LES BARBACOOS. Lrs oiseaux auxquels nous donnons le nom de barbacous forment un petit genre qui sembleroit participer des tamatias et des coucous. En effet ils tiennent aux premiers par leur grosse téte, leur corps trapu, les barbes dures qui cou- vrent leurs narines, et par celles de la base de leur hec. D'un autre côté ils se rapprochent des coucous, mais seu- lement par un bec plus effilé(très effilé du bout, où il se courbe), et par des ailes plus longues que ne les ont les tamatias. Les barbacous volant mieux que ces derniers, ils sont aussi moins solitaires; et quoiqu'ils vivent dans les bois, et qu'ils nichent dans des trous d'earbres où ils couvent et clevent leurs petits, ils s'écartent quelquefois pour aller cher- cher leur proie jusque dans les savanes noyées du nouveau monde, leur patrie. IIs ont douze plumes à la queue, les doigts disposés deux à deux, et ne se nourrissent que d'insectes. Ces oiseaux tenant donc par leur naturel bien plus au tama- tias quaux coucous, qui ne couvent jamais leurs œufs, il y a plus de raison de les placer à côté des premiers, et de les comprendre dans leur ordre, que de les confondre comme on l'a fait avec les coucous. Cette méprise au reste n est pas la seule qu on ait à reprocher aux ornithologistes, et sur-tout aux méthodistes, qui, dans leurs classifications, n'ont la plu- part du temps adopté que des caracteres insignifiants, de petits rapports extérieurs, négligeant Ou rejetant CeuxXx qui 102 HISTOIRE NATURELLE constituent la nature des êtres, ceux des mœurs et des ha-— bitudes; partie essentielle dont on ne daigne pas mème s'oc- cuper, malgré tout lintérèt qu'elle donneroit à une science qui sans cela n'offrira jamais qu'un champ aride à par- courir. 4——— ——————— —— e— 2„ „ 82 W Swec. 2 æ Roug et Sapränerie Zel. DES BARBACODSS. b 103 NAAAAAAAAAAAAAAA——— ℳVAAAA A —ℳℳkꝛZãNãõNbNAn————— Vn— nARNAnAA Ön LE BARBACOUA BEC ROUGE. (X 44 et 45). Burrox, qui le premier a décrit cette espece, quoique s'appercevant bien des grands rapports qu'elle a avec les barbus, l'a nommée coulos noir, et tous les méthodistes de Padmettre dans le genre coucou, ou elle est restée jusqu'à ce jour, mais d'ouù je crois devoir la retirer pour la mettre à sa vraie place, c'est-à-dire à côté des tamatias. Jestime aussi que si le tamatia brun dont nous avons parlé dans Tarticle précédent venoit dans la suite à étre reconnu pour former une espece particuliere(ce què je ne pense pas), il seroit bien propre à remplir le petit intervalle qui sépare les deux genres voisins des tamatias et des barbacous; car il a, comme on peut le voir, le bec bien approchant par sa forme de celui de ces derniers. Comme nous avons fait représenter le barbacou à bec rouge de grandeur naturelle, et que la figure que nous en publions est tres exacte, nous ne parlerons ici ni de sa taille ni de ses proportions; mais, ce qu'iil est bien plus intéressant de dire, c'est que cet oiseau est le seul que je connoisse chez qui la couleur rouge se trouve si profondément imprimée dans la matiere cornée du bec qu'elle ne s'efface jamais, tandis que chez les autres oiseaux, chez tous ceux que j'ai vus du moins, cette couleur dégénere peu-à-peu, jaunit, et finit par blanchir entièrement; de sorte que dans toutes nos collections tel oiseau dont le bec étoit rouge dans son état parfait, n'offre plus dans cette partie et méme dans un très court espace de temps qu'une couleur jaune päle ou blanche; dégradation que n'éprouve jamais le barbacou de cet article, chez lequel même cette belle couleur de vermillon vif colore non seulement le dehors, mais encore pintérieur du bec, ainsi que la langue, laquelle est formée d'une matiere cornée semblable à celle du bec; caractere particulier qui rapproche en- core cet oiseau des toucans, qui ont aussi la langue dure, formée d'une substance cornée. A l'exception d'un frangé blanc qui longe le pli des ailes, et qui fait partie des bords des scapulaires aussi-bien que des couvertures du dessus des ailes voisines des scapulaires, tout le plumage de notre barbacou est noir, mais d'un noir grisonnant sur tout le dessous du corps. La queue, ample et à-peu-près de la longueur du corps, est étagée légèrement et de maniere qu'en se déployant elle s'arrondit à son extrémité: les pieds sont noirs. 25 27 104 HISTOIRE NATURELLE La femelle est un peu moins forte que le maâle; à cela pres elle lui ressemble parfaitement. Dans le premier àge le bec est jaune, et le plumage en général est d'un noir plus grisâtre que dans l'état parfait. Le frangé des ailes est aussi d'un blanc moins pur chez les jeunes que chez les adultes. Un de ces jeunes oiseaux, que nous avons figuré n 45 de nos planches, nous a été commu- niqué par M. Richard, professeur au college de médecine de Paris, et connu par ses voyages dans J'intérieur de la Guyane française, d'uù il a apporté une précieuse collection dont il a déposé une partie dans le muséum dhhistoire naturelle de Paris. L'espece du barbacou à bec rouge habite la Guyane française et celle hollandaise: il est fort commun à Cayenne, d'ouù on l'a expédié en si grand nombre en Europe qu'il n'est presque pas un cabinet dans cette partie du monde ou on ne le trouve. Cinq individus de cette même espece, apportés de Surinam dans le tafia, ou ils étoient restés trente-sept ans lorsque je les en retirai pour en faire la dissection et en reconnoitre les sexes, m'avoient que peu perdu de l'éclat du rouge de leur bec; ce qui prouve encore combien cette couleur est profondément gravée dans la matiere cornée de cette partie de l'oiseau, tandis qu'elle s'efface si vite chez les autres. espere qu'on ne sera pas tenté d'attribuer au climat de la Guyane cette ténacité, puisqu'il est dans le mème pays d'autres oiseaux à bec rouge chez lesquels cette couleur s'efface très promptement. l, Swee h a dnfe, , Ie l. Zepronarie deo UGodtaset e, ziea e. Se h. Grmlbiee 2 ache 4 Des — — — ee ze S X T 8 S D 8— — 8 b 8 S — T ¾ V Meere Sam, hane 2 —= DES BARBACOS. —— ℳq⸗ℳð-B-—: V LE BARBACOU A CROUPION BLANC, O U LE BARBACOU ECAUDE. (N 46.) Cr barbacou, décrit par Buffon sous le nom de coucou, a été aussi figuré ar lui no 505 de ses planches enluminées, mais d'une maniere mécon- noissable, parceque, comme on peut le voir en consultant la figure citée, on lui a alongé prodigieusement la queue, soit par méprise, soit peut- être pour mieux le faire cadrer avec les coucous, qui tous ont en effet la queue à-peu-près de la longueur du corps. Quant aux couleurs, elles sont assez exactement rendues dans cette figure pour quiil soit facile d'y re- connoitre sous ce rapport notre barbacou à croupion blanc, caractérisé par une très courte queue, qui seule suffiroit pour le faire distinguer de 'espece précédente,»'il ne l'étoit déja par une taille beaucoup inférieure à celle de ce dernier. Cette queue très courte donne à l'oiseau un air trapu qui contraste avec ses ailes; car elles en paroissent d'autant plus longues, et atteignent en effet son extrémité dans leur état de repos. Le bec et les pieds de ce barbacou ne présentent rien de différent par leurs formes de ceux de la premiere espece. La téte, le derriere du cou, le manteau, les ailes entieres, toutes les plumes enfin du dessus du corps sont d'un noir qui prend de légeres teintes bleues, suivant les aspects. Le croupion est couvert de longues plumes cotonneuses d'un blanc pur; couleur qui se retrouve sur les couvertures du dessous de la queue, et qui borde légèrement l'extrémité de toutes les pennes de celles-ci. La gorge, le devant du cou, la poitrine, et le haut des flancs, sont d'un noir qui grisonne; le bas des flancs et le ventre sont d'un brun marron; le bec est noir, et les pieds sont d'un noir gris. Cette espece appartient aussi à la Guyane; mais elle n'est pas aussi commune dans les collections que la précédente. Py en ai cependant comparé onze individus qui, ne m'ayant offert aucune différence entre 106 HISTOIRE NATURELLE DES BARBACOOS. ..⁴. 0) eux, m'ont fait conjecturer qu'il ne devoit pas y en avoir d'autre que A 7.. 2„) celle des sexes entre les males et les femelles de l'espece; car il est très probable qu'il y avoit des uns et des autres dans les onze individus que j'en ai vus. sup que dois mall autr et 8 éche Il es Ces poin quel Com noit ue 68 ne —— — ——— (O.[.OO— HISTOIRE NAATURFELLFE DES JACAMARS. Lus jacamars, quoique souvent confondus par les méthodistes tantèt avec les pics, tantòt avec les martin-pécheurs, n'en forment pas moins un petit genre distinct appartenant à l'ordre des oiseaux barbus. Que Vosmar ait publié dans ses cahiers un jacamar auquel on avoit arraché la queue, pour un martin-pécheur extraordinaire, cela se concoit parfaite- ment; mais il est bien surprenant qu Edwards se soit trompé au point de donner aussi pour un martin-pécheur, et en lui supposant trois doigts de devant, un de ces jacamars à longue queue; car Edwards est ornithologiste; et ces deux sortes d'oiseaux eussent-ils en effet les pieds conformés de la même maniere, n'en seroient pas moins très différents les uns des autres par leur nature, et par une foule de caracteres opposés, et si faciles à saisir qu'on ne voit pas comment ils ont pu G6chapper à tant de savants qui ont confondu les deux genres. Il est bien vrai que tous les jacamars connus du temps de ces erreurs avoient le bec triangulaire, long, droit, et fort pointu, et que sous ce rapport ils pouvoient paroitre avoir quelque analogie avec les martin-pêcheurs; mais les jacamars connus de ce temps-là, comme ceux que nous faisons con- noitre aujourd'hui, different tellement de ces derniers par 28 8“ 4 — 33 —— —ÿ——— 110 HISTOIRE NATURELLE leur physionomie, par la nature de leurs plumes, et par la forme de leurs pieds, qu'iil a toujours dú êétre extrémement facile, lors mème qu'on n'auroit pas connu leurs mœurs, de juger qu' ils ne pouvoient pas eêtre du genre des martimpè- cheurs, oiseaux qu'on reconnoit d'abord à l'inspection seule de leurs plumes, de la nature de celles des oiseaux qui fré- quentent les eaux et y plongent pour chercher leur proie. Nous connoissons aujourd hui une petite famille de jaca-— mars à bec gros et courbé comme celui des guépiers: de sorte que nous formerons dans le genre jacamar deux familles, dont lune sera distinguée par le bec droit des especes qui la com- posent, et l'autre par la courbure de cette même partie; carac- teres trop saillants pour qu ils puissent occasionner quelque erreur. En commençant l'histoire de ces oiseaux par la pre- miere de ces familles, c'est-à-dire par celle des jacamars à bec droit, nous allons en faire connoitre les caracteres physiques et les mœurs. Les jacamars à bec droit appartiennent tous, que lon sache encore du moins, aux climats chauds du nouveau monde, et particuliérement à la Guyane et au Brésil, où Buffon assure qu'on les nomme facamaciri. Ces oiseaux ont les mandibules triangulaires, longues et fort pointues; la langue collée au fond du gosier, plate et de forme triangulaire; les tarses courts, robustes, et les doigts deux à deux, ceux de devant adhérants l'un à l'autre; des barbes dures garnissent les bords de la bouche et les narines; la tèête est grosse et carrée, le col court et gros; le corps est tout d'une venue, et les plumes sont longues et moélleuses; la queue est étagée et l'est d'une maniere assez extraordinaire, la penne la plus latérale de chaque côté en étant si courte et si petite qu'elle a échappé ne do resse mal³ S0us possi L gérer pend bran ceper cris rissen sur le avec! les ma couver confon Les de celui c des ois espece termin ( DES JACAMARS. 111 jusqu ici à Pœil des naturalistes. Ce caractere, les jacamars à bec droit le partagent avec les collious, seuls autres oiseaux chez lesquels je l'avois remarqué. Les ailes, quoique amples, m'atteignent ployées qu'un peu au-delà de la naissance de la queue; ces jacamars enfin ont l'attitude droite, se tenant perchés en perpendiculaire. Au surplus tout ce que nous venons de dire de ces oiseaux ne doit sentendre que de L'état naturel; car ils sont loin dy ressembler dans la plupart de nos collections, où des mains maladroites en alterent tous les traits, et nous les présentent sous tant et de si mauvaises formes qu'il est quelquefois im- possible de les y reconnoitre. Les jacamars vivent dans les bois solitaires; ils volent lé- gèrement, quoiqu'à de petites distances, ils restent tranquilles pendant très long-temps à la mèême place perchés sur les branches basses des arbres: ils sont naturellement silencieux; cependant, dans le temps des amours, ils sappellent par des cris précipités qu'on entend de loin. Ces oiseaux ne se nour- rissent que d'insectes, et ils nichent dans des trous d'arbres sur le bois vermoulu. Les jacamars ont tout ceci de commun avec les courroucous et les martin-chasseurs: ces derniers, les martin-chasseurs, forment un genre nouveau, que jai dé- couvert en Afrique, et dont toutes les especes ont aussi été confondues par les naturalistes avec les martin-pécheurs. Les deux genres courroucou et martin-pécheur, voisins de celui des jacamars, appartiennent, ainsi que ceux-ci, à Tordre des oiseaux barbus. Nous nous proposons d'en décrire les especes dans un volume qui fera suite à celui que nous allons terminer par les jacamars. 4 8Z8Z88“““—.“ ö—bd—“—ſ—¼ ſſ-- . ——— Ae —, — — t, e. Jüi,f.— S, ◻. Sheeek, ee: e mmdin hin.. De li, oe,. 3 chnonerte do Kourret—— 5 4. S⸗. 3 7 .— 7 le Lache, A ſé 1 3 8 4— 1 — 1 ꝑꝑ, 8 4 5 1 nnne 8.“ e.““—— HISTOIRE NATURELLE DES JACAMARS. 111 AN BBVA—————-——V—ę——ℳ M—:————V—V—VT—éö— ℳ⸗ ℳ õMõr—— ℳ—ℳ V6-——⸗ðòℳêqR—ͤ— ℳẽℳ⅜ℳ————— ℳêℳ Wl⸗-ℳ ℳ———-öAAg LE JACAMAR MAIL E. (N* 47.) L'ESPECOE à laquelle nous donnons le nom pur et simple de jacamar est celle que les naturalistes ont tous décrite sous la dénomination de jacamar à gorge blanche, parcequ'ayant fait de la femelle, qui a la gorge rousse, une seconde espece, ils ont voulu distinguer par la couleur de la gorge ces deux prétendues especes: mais outre qu'il est certain que leurs jacamars à gorge blanche et à gorge rousse ne sont que le male et la fe- melle d'une méème espece, le nom de jacamar à gorge blanche ne sauroit convenir à l'oiseau dont il est ici question, puisque les autres especes de jacamars ont aussi la gorge blanche, et qu'on ne distingueroit pas plus par là lune que l'autre du reste des especes du genre. Le jacamar maàle a la gorge d'un blanc pur; toutes les plumes du dessus de la téte, celles des joues, des côtés et du derriere du cou, celles du man- teau, du dos, du croupion, des couvertures du dessus de la queue et des ailes, les dernieres pennes alaires, lIe dessus de la queue, tout le dessus de Toiseau enfin est d'un riche verd doré treès brillant, et prenant différents tons jaune ou rougeàâtre, suivant les incidences de la lumiere. La poitrine est traversée par une large bande de la mème couleur et du même éclat que le dessus du corps. Le dessous de celui-ci, depuis le bas de la bande dorée de la poitrine jusques et y compris les couvertures du dessous de la queue et celles du revers des ailes sont d'un roux couleur de rouille. Les grandes pennes alaires et le revers de la queue sont d'un noir brun verdissant sous certain jour; et à quelques aspects toutes les pennes de la queue paroissent en-dessus barrées par des lignes transversales. L'éta- gement de cette derniere est ainsi conçu; la penne la plus latérale si courte qu'elle n'aboutit pas mème aussi loin que ses couvertures, la sui- vante dépassant celle-ci de quinze à seize lignes, et la troisieme seulement quatre lignes plus longue que la seconde; les quatrieme, cinquieme, et sixieme, si peu différentes entre elles, que le milieu de la queue s'arrondit. Le bec, les ongles et les barbes sont noirs, les pieds jaunàâtres, et les yeux d'un brun noirâtre: Buffon les dit d'un bleu foncé. 29 112 HISTOIRE NATURELLE A—§Aℳ-ꝰ——Bõ———j-ü—— MO§O! N—õA-—A—-»ꝗ—M— õ' —2A—A—OO— LE JACAMAR FEMELLF. (N 48.) CrrTE femelle, dont beaucoup de naturalistes ont fait une seconde espece sous la dénomination de jacamar à gorge rousse, n'est distinguée du màle qu'en ce qu'elle a la gorge rousse, au lieu de l'avoir blanche, comme ce dernier; car elle lui ressemble si bien par tout autre endroit, que l'on est surpris de ce que des méthodistes, si généralement portés à réduire les especes en considérant même souvent des oiseaux de genres très différents comme de simples variétés les uns des autres, ont été tentés de séparer ceux-ci, qui, nous nous en sommes convaincus par la dissection de neuf individus bien conservés, ne sont bien certainement, les uns que les màles, les autres que les femelles d'une seule et même espece. 6 She, al enu halnn. ,4 7 5 e, ſe 4 . 0e 2 zahe “ 34 Ah moatrblnne ſtlne 5 TUCrltt. ZCct,cl . Lmeeltee hauß 7 her DES JACAMARS. 113 ANAANAgAgAêÖgAA LE JACAMAR DANS SON JIEUNE AGE. (N 49.) DAANs le premier àâge, c'st-à-dire avant la premiere mue, le male et la femelle jacamar ont la gorge d'un roux clair qui couvre tout le dessous du corps, et même la poitrine, cette derniere partie manquant alors de la bande dorée qui la ceint dans l'äge fait. On remarquera encore que le bec des jeunes de l'espece, quoiqu'ils aient pris tout leur accroissement, est plus court que celui des vieux; que chez eux le verd du dessus du corps est moins doré que chez ces derniers; et enfin que le bord des plumes de leur queue est roussâtre, ainsi que celui de leurs pennes alaires. On distingue encore, au moment mème où le male a déja revéêtu les plumes blanches de la gorge, les vieux maàles de ceux plus jeunes, en ce que chez ces derniers la plaque blanche de la gorge est moins étendue que chez les autres. Lespece du jacamar doit être trèés commune à Cayenne, car il est peu d'especes d'oiseaux dont on ait envoyé de ce pays en Europe autant d'in- dividus que de celle-là; aussi n'est-il si mince cabinet où on n'en voie le male et la femelle. Les jeunes sont plus rares dans les collections, par la seule raison sans doute qu'étant moins beaux que les vieux, les spécu- lateurs ne se soucient pas de nous les envoyer. Un de ces derniers, habitant de Cayenne, que j'ai eu occasion de voir à Paris, et qui a confirmé mes observations sur les sexes dans l'espece, m'a assuré que la ponte du jacamar étoit de quatre ou cinq œufs d'un blanc verdatre. Nous terminons cet article en faisant observer aux naturalistes que la belle couleur verd doré du jacamar se détériore très promptement dans les cabinets, au point même de devenir entièrement d'un rouge de cuivre de rosette; effet produit par les drogues fortes qu'on emploie d'ordinaire pour préserver les dépouilles d'oiseaux, et qui dégradent mème les reflets métalliques des plumes de tous les oiseaux en général. Ainsi, pour conser- ver ces oiseaux brillants dans toute leur pureté il est absolument indispen- sable de les préparer sans préservatifs, et de les tenir par conséquent bien renfermés pour en écarter les insectes; il faut mème bien se garder de les soufrer, car la fumée de soufre ne les dénature pas moins que ne le feroient les sels, les essences, etc. Ces observations sont telles que tout le monde ͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤͤſſſ E ſſſſſ“ 8——=— ——— 4.— ——— ————y.. —x—— 8 —— 2—„.. 3 3 4. ——————— 2—————.— 1 ————nuͤͤͤͤ — —— — — ““ 114 HISTOIRE NATURELLE peut en un instant en reconnoitre la justesse, soit en faisant subir à un de ces oiseaux à reflets métalliques une fumigation sulfureuse, soit en l'ex- posant à la vapeur d'une essence quelconque, ou mèême du camphre seulement. Ce qu'il y a de plus fächeux en ceci c'est que les effets pro- duits par tous ces procédés ont fait commettre beaucoup d'erreurs aux naturalistes, en leur faisant multipliér très gratuitement les especes; ils en ont mèême trop commis pour que je ne me fasse pas un devoir de leur en dénoncer les causes.— — — e Aun de V en lex- amphre eis pro. Urs aux LCes; ils voir de ͤͤ —— 3— 2 3 4 Hrnubee maſ. A —] SGannn ee. ſtone 7 — Gt DES JACAMARS. 11 ——ö—— P—V——————O—A LE JACAMAR A OUEUE ROUSSE. (N. 5O.) LArnAn est le premier naturaliste qui ait parlê de ce jacamar, qu'il regarde comme une variété du précédent: ce sur quoi je me garderai de prononcer d'une maniere positive; car ces deux oiseaux me semblent différer assez Pun de l'autre pour former deux especes distinctes. En effet, en compa- rant avec la plus grande attention le jacamar à queue rousse, non avec un seul, mais avec cent individus de divers âges et de divers sexes de Tespece du Jacamar proprement dit, j'ai remarqué que le premier avoit le bec plus effilé que ceux-ci; que cette même partie rebroussoit un peu chez lui vers la pointe, et qu'enfin les deux pennes de sa queue se trou- vant plus longues d'un demi-pouce que celles qui les suivent immédia- tement, il avoit cette autre partie non seulement plus longue, mais plus ré- gulièrement étagée et plus pointue que le jacamar de l'article précédent: ce qui rapprocheroit certainement plus le jacamar à queue rousse de celui à longue queue de notre n“ 52, que de l'espece du jacamar proprement dit. Mais si des caracteres nous passons aux couleurs du jacamar à queue rousse, nous voyons qu'à Fexception du roux uniforme de toutes les pennes de la queue, non compris celles du milieu qui sont d'un verd- jaune doré, tout le reste du plumage de cet oiseau, quoiqu'ayant beau- coup de rapport avec celui du jacamar proprement dit, en differe cepen- dant à quelques égards, les plumes de la gorge et du dessous du corps étant chez lui d'un roux foible, jaunaâtre, et celles du dessus de l'oiseau d'un or verd éteint et imprégné d'une teinte fauve, au lieu d'y étre, comme chez ce dernier, d'un riche verd-doré. Or, si toutes ces différences que nous venons d'établir, et qu'on appréciera mieux encore en compa- rant les figures exactes que nous publions des deux oiseaux, ne suffisent pas pour en former deux especes, elles sont tel s du moins qu'elles doi- vent nous faire suspendre tout jugement jusqu'à ce que nous ayons acquis de nouvelles lumieres par des observations faites dans le pays qu'ils habi- tent. Faisons observer en attendant qu'il est bien d'autres oiseaux qui se ressemblent bien plus que ceux dont il est ici question, et que les natu- ralistes n'ont pas pour cela balancé à séparer comme especes. Pour ne donner qu'un exemple entre cent que nous pourrions apporter en preuve de ceci, soient les trois especes de nos bécassines européennes, la becas- 30 — 116 HISTOIRE NATURELLE sine, vulgairement nommée double-— bécassine, la bécassine Propre- ment dite, et la petite bécassine ou bécasscau, nomme Par tous les chas- seurs bécassine sourde: or ces trois oiseaux ont certainement dix fois plus de rapport entre eux que nos deux jacamars: mais comme ils vivent chez nous, et que nous sommes plus à portée de les observer que des oiseaux étrangers, on a remarqué que leur vol, leur cri et leur allure étoient tout différents; ce qui a prouvé leur différence spécifique. II faut donc attendre, ainsi que je l'ai dit plus haut, qu'on nous ait donné des rensei- gnemens positiſs plus étendus sur ces jacamars à queue rousse, avant de prononcer s'ils forment une espece distincte ou s'ils ne sont qu'une variété du jacamar proprement dit; il le faut avec d'autant plus de raison que les jacamars à queue rousse sont très-rares dans nos collections d'-Europe; du moins n'en ai-je vu que trois dans les nombreuses pacotilles d'oiseaux expédiées de la Guyane. b Sonnini, dans une note au sujet du jacamar proprement dit, et où il parle de celui à queue rousse comme d'une variété, quoiqu'il ne J'ait peut ètre jamais vu, observe que les jacamars ont la queue plus ou moins longue: erreur qu'il met là en avant seulement pour appuyer son assertion de Pidentité des jacamars proprement dits, et de ceux à queue rousse. II est certain que c'est dans le seul cas oùð des individus jacamars et même tous autres oiscaux se trouvent pris au moment de la mue, avant que les plumes aient acquis tout Jeur développement, qu'on remarque des différences sensibles dans la longueur des queues, Iorsqu'on compare ces oiseaux à d'autres individus de leurs especes qui ne sont point dans le méme cas. La cause de ces différences est trop naturelle et trop facile à reconnoitre pour qu'il soit nécessaire de s'y arrèter; mais nous dirons que ce n'est pas la premiere fois que des différences accidentelles ont servi de base anx jugements vagues et incertains des naturalistes; et à l'égard des jacamars à queue rousse, si nous ne préjugeons rien sur leur identité ou diversité d'espece avec les jacamars proprement dits dont nous avons montré les variétés d'äge et de sexe, variations naturelles dans lesquelles la queue est toujours la mème par son étagement et sa couleur uniformément verd-doré, on conviendra au moins qu'il y a plus d'appa- rence que ces oiseaux forment deux especes. Avouons cependant que, si par la suite il ne se trouve une race particuliere de jacamars à queue rousse se perpétuant aini, il seroit indubitable qu'ils ne seroient qu'une var asie du Jacamar pioprement dit, dont ils nous présenteroient peut- étre Textréme vieillesse, c'est-à-dire, des individus de l'espece tombés dans un tel état de foiblesse que, la matiere colorante étant en partie épuisée et Ayant perdu de sa vigueur, m'auroit pu abonder également par-tout, et auroit laisse rousses les plumes qu elle n'auroit pu pénétrer: il sui- vroit de la que le roux formeroit la base du plumage doré du jacamar; 6 mais 1 ment zeul er vation et od il ne Tait mmoins ssertion dusse. II tmème ant que que des pare ces dans le facile à 5 dirons Mles ont es; et à sur leur ont nous ſes dans couleur dappa- que, si 1 queue qu' une at peut- bés dans b puisce dar-touk, . il sui- acamarj DES JACAMARS. 117 mais la cause qui auroit produit une si grande différence dans l'étage- ment de la queue dans le vieil àge, je ne la devine pas, puisque c'est le seul exemple de cette nature qui jusqu'ici se seroit présenté à mes obser- vations. ⁸ 4 4 4 4 4G 8 ½ 3 * 4* 4 8 4 1 8½ 5 1 8 * 4 * * 3 8 8 4 I ½ 1 8 8 5 8 8 4 3 1 — — ——— —— 118 HISTOIRE NATURELLE. ——— LE PETIT JACAMAR, 0 U I. E JACAMAR A BEC JAUNE. (N 51.) Cx jacamar, plus petit de moitié que le jacamar proprement dit, differe encore de ce dernier par le jaune citron d'une grande partie de son bec; couleur qui s'altere très rapidement, et qui finit par blanchir chez les individus de Pespece vieillis dans les cabinets: ce qui fait que les nomen- clateurs qui ont parlé du petit jacamar n'ont pas manqué de lui donner le nom de jacamar àâ bec blonc, nom qu'il est essentiel de réformer pour ne pas laisser se perpétuer un de ces doubles emplois qu'on ne commet que trop souvent à l'égard de beaucoup d'autres oiseaux, et que l'expé- rience et un peu d'habitude d'observer les objets feroit éviter très facile- ment. Il est donc certain que notre jacamar à bec jaune est le mème oiseau que celui décrit par Latham et Sonnini, sous le nom de jacamar à bec planc: il est de plus évident que ces jacamars à bec jaune forment une espece particuliere et bien distincte de celle des jacamars proprement dits; car en faisant connoitre les différences qu'il y a entre les sexes, le bec et le jeune dge de ceux-ci, nous avons vu que dans aucun cas ils ne T'avoient jaune, tandis que dans les autres le bec est jaune non seulement chez les males, mais encore chez les femelles, et même les jeunes; ce qu'il étoit es- sentiel de reconnottre pour être entierement convaincu de leur diversité d'especes, lors sur-tout que nous savons que beaucoup d'oiseaux ayant, adultes, le bec noir, ont en partie jaune dans leur premier âge, et que dans une méême espece on trouve des individus de même sexe moitié plus grands les uns que les autres. Nous avons déja et bien des fois fait et appuyé cette observation: elle nous prouve combien il est nécessaire, pPour établir les especes, de connoitre dans chacune d'elles la différence des sexes, de l'dge, et mème les variations accidentelles qu'elles peuvent subir dans les teintes du plumage; connoissances que quelques ornytho- logistes sont loin de chercher à acquérir, lorsqu'il leur suffit de jeter un bdſſſ 5. SGeordͤla I hiren nA D 6 2ec, aroan o lmpramerte de Sonusse. 7 V jacan DES JACAMARS. 119 coup-d'œil sur les premiers individus qui s'offrent à leur vue pour se croire en état de donner un ouvrage sur l'histoire naturelle, et en droit d'établir des principes qu'ils sont ensuite surpris que chacun n'adopte pas aveuglément. Le petit jacamar differe de celui proprement dit non seulement par sa taille et le jaune de son bec, mais encore en ce que le dessus de sa téte est d'un brun rouge cuivreux, et que ses pieds sont jaunes; que le haut de sa gorge est d'un roux pale, et le bas d'un blanc pur: de sorte que cet oiseau semble tenir et du male et de la femelle de celui de ses congéneres auquel nous le comparons ici, en mèême temps qu'il tient aussi des jeunes de ces derniers, en ce qu'il n'a pas, comme eux, de plastron doré sur la poitrine. KAux différences près, que nous venons d'indiquer, les couleurs sont les mémes dans les deux especes, si ce n'est cependant encore que dans le petit jacamar male le roux, qui regne chez lui depuis le blanc de la gorge jusque sur les couvertures du dessous de la queue, a sur la poitrine une riche teinte mordorée qui s'éclaircit à mesure qu'il descend vers les parties basses; tout le dessus de l'oiseau est d'un or verd-jaunâtre plus éclatant, que tout le dessus de la queue, dont le revers est rousstre; les pennes des ailes sont extérieurement d'un noir verdissant et roussâtre sur leurs bords intérieurs, de manière qu'en dessous elles sont en grande partie de cette dernière teinte; la mandibule supérieure est d'un beau jaune citron depuis sa base jusque vers la moitié de sa longueur, la pointe en est noire; l'autre mandibule est toute entière jaune-citron; les ongles sont noirs.— La femelle du petit jacamar differe du male en ce qu'elle n'a pas comme lui une teinte mordorée dans le roux du dessous du corps, ni de blanc à la gorge.— On reconnott les jeunes individus de l'espece à leur bec, plus court que celui des adultes; chez eux aussi les plumes dorées du dessus du corps sont encore impreignées d'une forte teinte rousse qui les rend moins brillantes. En comparant avec attention le petit jacamar avec le jacamar propre- ment dit, on remarquera facilement que chez le premier le bec parott se courber un peu plus que chez l'autre, et que les plumes de la queue y sont moins étagées, tandis que les pennes alaires l'y sont au contraire davantage. L'espece du petit jacamar se trouve à Cayenne, à Surinam, et proba- blement dans toute la Guyane: elle n'est cependant pas aussi commune, à beaucoup près, dans nos collections d-Europe que les autres especes de jacamars des mêmes pays qu'elle. b 31 8s 2— *“ “ ſ 5 ————,—— ———————— ————— 5— — 4—————* HISTOIRE NATURELLE DES JACAMARS. — — LE JACAMAR A LONGUE OQUEUE (N 52.) Tovs les naturalistes ayant désigné cette espece par la longueur de sa queue, nous avons adopté le nom qu'ils lui ont donné, et sous lequel elle est le plus généralement connue. Plus fort de taille que tous les autres jacamars d-Amérique que nous connoissions encore, celuiäci s'en distingue en outre par l'étagement et la longueur de sa queue, équivalente chez lui à la dimension totale du corps, même y compris le bec. Si des formes nous passons aux couleurs, il a aussi ces dernieres tellement différentes de celles des autres jacamars, qu'elles le font reconnoitre au premier coup- d'œil: le dessus de la téête de cet oiseau est d'un brun terreux relevé par quelques légeres teintes bleuâtres; le derriere de la tête, les joues, le man- teau, le croupion, le dessus des ailes et celui de la queue sont d'un verd sombre, à travers duquel se jouent de riches nuances de bleu tirant plus ou moins au noir ou au brun, et méême au verd luisant, suivant les inci- dences de la lumiere; cependant on voit quelques unes seulement des grandes couvertures des ailes briller d'un bel or rougeâtre; les plumes du dessous du bec sont d'un brun semblable à celui du dessus de la téête, et tout le reste du devant du cou est d'un beau blanc qui se répand jusque sur la poitrine; le dessous du corps, depuis ce blanc jusque aux couver- tures du dessous de la queue, est d'un verd sombre qui, dans l'ombre, paroit noir; les flancs sont égayés par un frangé blanc qu'on trouve en bordure au bout des pennes latérales de la queue; le bec, les ongles et les pieds sont noirs.— La femelle est plus petite que le male, et a aussi la queue moins longue que lui; elle n'a pas non plus le blanc du devant du cou aussi étendu et aussi pur, et ses couleurs sont en général plus foibles.— On re— connoit au premier coup-d'œil les jeunes individus de l'espece à une forte teinte brune qui domine sur toutes les parties vertes, outre qu'ils ont en- core le bec plus court que les vieux. 1 Le jacamar à longue queue habite la Guyane, où il doit même étre fort commun; car il l'est tellement dans nos collections qu'il se voit dans tous nos cabinets en Europe. Cet oiseau fréquente les forêts et vole mieux que les autres jacamars: il est donc naturellement moins tranquille et moins sédentaire qu'eux; il a un cri ou sifflement qu'il ne répete pas souvent, et qu'on n'entend que de près. Nous ne savons rien de plus sur ses mœurs et ses habitudes; ce que nous venons d'en dire méême nous l'avons puisé dans Buffon, ne connoissant pas nous-mémes rien de particulier à cet égard * — ——— —— 1 3 S 1 ?, S. 76 t. 5 — %. — anaband hine 6 Ces j' et plus partier au mO. nous c par M. Indes Viellot de jac: en gel Amste la con lemen mais I descri de cex premi quil pense nent décrit etre qui! dans Ce DES ACAMARS A BEC COURBE. Cus jacamars qu'on reconnoit d'abord à leur grande taille, et plus encore à la courbure et à'épaisseur de leur bec, ap- partiennent aux climats les plus chauds de PIndostan. II est au moins plus que probable que les deux seules especes que nous connoissions encore, et qui ont été apportées de Banda par M. Boérs, officier attaché au service de la compagnie des Indes hollandoise, ne se trouvent pas en Amérique, d'où Viellot les a cru originaires, en donnant à lune d'elles le nom de jacamarici, nom qu'on dit être au Brésil celui des jacamars en général. Ce qu'il y a de certain, C'est que me trouvant à Amsterdam à l'époque du retour de M. Boérs, dont je fis alors la connoissance, et qui eut la bonté de me faire voir non seu- lement tout ce qu'il avoit apporté en objets dhistoire naturelle, mais mèême de me permettre de prendre le dessin et de faire la description de tout ce qui pourroit m'intéresser; ce qu'il y a de certain, dis-je, C'est que c'est chez lui que je vis pour la premiere fois ces deux especes de jacamars à bec courbe, et qu'il m'assura les avoir tuées lui-mème aux Moluques. Je pense, d'aprées cela, que ces jacamars à bec arqué appartien- nent d'autant moins au nouveau monde, que l'individu qu'a décrit Viellot, sous le nom brésilien de jacamarici, se trouve être précisément l'un de ceux apportés en Europe par M. Boérs, qui le déposa au muséum du prince d'Orange, d'ou il a passé dans le nôtre à Paris. Ces grands jacamars ont le bec épais, large à la base, et se ““ — 122 HISTOIRE NATURELLE DES JAACAMARS. courbant insensiblement dans toute sa longueur: ils semblent par là se rapprocher du genre des promérops; mais ils s'en éloignent par la conformation de leurs pieds, dont les doigts disposés deux à deux les rangent parmi les jacamars, avec lesquels ils ont d'ailleurs une analogie frappante, en méème temps qu'ils en ont les couleurs. Si donc les natura-— listes hésitent à former de ces oiseaux un genre particulier, il m'y a pas de doute que leur vraie place ne soit à coôté des jacamars à bec droit, et qu'ils ne forment une seconde fa- mille du genre de ces derniers. Si cependant des observations ultérieures sur les mœurs et les habitudes de ces grands ja- camars venoient àa nous apprendre qu'ils ont plus de rapports que nous ne leur en connoissons jusqu'ici avec les promérops, on pourroit alors les placer, comme genre intermédiaire, entre ceux-ci et les jacamars, sous le nom composé de jacamdrops. Ce nom, ne dérivant pas du grec, ne conviendra peut-ètre pas aux savants distingués de nos jours; mais je leur laisse la gloire d'en trouver un plus approprié au goùt des amateurs, fuůt-il aussi barbare que tant d'autres nouvellement et si heu- reusement créés pour lintérét de la science et la Propagation des lumieres. ———— 7 7 4 7„„ ni, f G 7 Da SEprunerie de Colunrel M e walana fan e 7. A, —— HISTOIRE NATURELLE DES JACAMARS. LE GRAND JACAMAR. (X' 53.) Lr nom de grand jacamar convient d'autant plus à cette premiere espece de la famille des jacamars à bec arqué, qu'il égale par sa taille notre geai d'Europe, ainsi qu'on peut le voir par la figure exacte et de grandeur na- turelle que nous en publions ici d'après un individu conservé dans l'esprit de vin, et qui par conséquent n'avoit perdu aucun de ses traits caracté- ristiques. On sait que ce moyen de conservation est en effet le plus sùr pour beaucoup d'animaux, et qu'il n'arrive que trop souvent qu'en passant par des mains maladroites les oiseaux mèême y perdent leur forme, et quelquefois tout ce qui pourroit aider à les faire reconnoitre d'une maniere plus certaine. La queue du grand jacamar est à-peu-près de la longueur de son corps, et étagée de maniere qu'elle s'arrondit seulement au bout lorsqu'on la déploie. Les ailes, dans leur état de repos, atteignent Textré- mité des grandes couvertures de la queue; la téête est grosse, le cou épais, et le corps massif; le bec, long de deux pouces, est large, épais à sa base, et s'arrondit sur ses faces supérieures; les deux mandibules se terminent en pointes aigués, et elles sont d'une égale longueur; la langue est courte, triangulaire, et collée au fond de la gorge. Les tarses sont robustes et courts, les doigts forts et à bases solides; les ongles paroissent propres à tenir Poiseau cramponné au tronc des arbres; ce qui, joint à la nature de ses plumes, me feroit croire qu'il niche dans les trous d'arbres. Tout le dessus de la téête, du front à l'occiput, les joues, la tête entiere enfin est d'un verd plein nué de bleu, et richement relevé par un reflet d'or: tels sont aussi les scapulaires, toutes les couvertures des ailes, et leurs der- nieres pennes, celles voisines du dos; les premieres pennes alaires ou re- miges sont d'un blanc grisonnant, et celles qui les suivent sont en grande partie bleues; le croupion et les couvertures supérieures de la queue sont T'un verd clair doré: les deux pennes les plus latérales de chaque côté de celle-ci sont blanches, les deux suivantes d'un verd-bleuâtre, et celles du milieu du verd doré du croupion; la gorge est d'un beau blanc, et le bas du cou, la poitrine, les flancs, le ventre, les plumes des jambes, les cou- vertures du dessous de la queue, enfin tout le dessous du corps est d'un beau roux mordoré, qui, passant par les côtés du cou, l'embrasse entiere- ment par derriere, et s'étend en pointe de mouchoir vers le bas An dos. 4 HISTOIRE NKATURELLE. 124 Le bec est d'un gris plombé qui blanchit à sa base; les pieds sont bru- nätres, et les yeux, que l'esprit de vin avoit fort raccornis, m'ont paru avoir dú éêtre d'un rouge foncé dans leur état naturel. Tout ce que m'a appris M. Boérs sur cet oiseau, c'est qu'il habite les grands bois, et qu'il a un cri très-aigu. —————õ——— ———— p,f h 5 Cracnaere, H.“ o amalaree, hana VSae l Smprunerie delloursek G 5, 2au 7 DES JACAMARS. 125 LE JACAMARICI. (N 54.) CrrrE seconde espece de jacamar à bec arqué ayant été décrit et figuré, par une erreur bien pardonnable sans doute, sous le nom de jacamarici, nous avons cru, pour ne pas laisser à un oiseau des Moluques un nom brésilien qui perpétuât cette premiere erreur sur le pays qu'il habite, nous avons cru, dis-je, devoir dénaturer un peu cette dénomination, sans cependant la changer entièrement. En comparant le jacamarici au grand jacamar, on trouve entre ces deux oiseaux des différences sensibles qui ne permettent pas de douter de leur diversité d'especes, quoiqu'ils habitent le mème pays. En effet, le premier n'est pas seulement plus petit que l'autre, il a aussi la queue beaucoup plus étagée que lui; cette partie présente ici absolument la forme d'un fer de lance, tandis que nous avons vu que chez le grand jacamar la queue, beaucoup plus égale, ne faisoit que s'arrondir au bout en se dé- ployant. En outre le bec du jacamarici, quoique épais, large à sa base et courbé en faulx comme celui du grand jacamar, porte sur toute la lon- gueur du sommet de la mandibule supérieure une arréte saillante qui semble la partager en deux; caracteres indélébiles qu'on ne retrouve pas chez ce dernier, et qui doivent ôter jusqu'au soupcon que l'un pút être le male, et'autre la femelle d'une même espece, ou que le plus petit ft un individu du premier âge du grand jacamar. Quant aux couleurs, si le jacamarici a la gorge blanche comme son congénere, il n'a pas comme lui les grandes pennes alaires ni les latérales de la queue de cette même couleur: le dessus de ces parties chez le jacamarici est entiérement d'un riche verd doré pleuissant sous certain aspect, et le dessous d'un verd clair, bleuâtre. Le dessus de la téête, les joues, le derriere du cou, le haut de la gorge, le manteau, les couvertures des ailes, les dernieres pennes alaires, le croupion, les couvertures supérieures de la queue, tout le dessus de Poiseau enfin est d'un verd doré, mais d'un or rougeâtre couleur de cuivre de rosette, et qui prend des tons ou plus verds ou plus rouges, suivant les différents coups de lumiere. Les grandes pennes des ailes sont noiràtres extérieurement, noir grisonnant dans leurs parties intérieures. Tout le 2 1 3 1 2 öͤ* 2 126 UISTOIRE NATURELLE DES ACAMARS desso us de l'ois 8 eaUu, a 1 les couvertures dn Tedun du blanc du dessous de la ; u ailes, est d'un roux mde. 3 la queue, ainsi que dlja, ety compris uniforme et absolument verch n ewere Aes able à celui ui de ces mèêmes. . parties. pieds 80 4 dans les Jacamars d'Améri nt brundtres. mérique; le bec est noi noir, et l 7 e8 DES NAYANTT- lire conne leur genre trois espec- guite des ja ADDITIONS AUX ARTICLES DES BARBUS PROPREMENT DLTTS. .—³-— ——— N'AXANT recu les trois especes de barbus qu'il nous reste à faire connoitre qu'après avoir terminé Thistoire de celles de leur genre que nous avons publiées, nous donnons ici ces trois especes en additions à nos précédents articles, et à la suite des jacamars. 33 68 5 Kanaa fänere HISTOIRE NATURELLE DES BARBOS. 129 ———üyj—y ſ—————O—— Q——— LE BARBU A FRONIT D'OR (N 55.) Cr barbu est sans doute une espece très voisine de celle que nous avons nommée barbu d gorge bleue, puisqu'il en a tous les caracteres primor- diaux, notamment la forme du bec et les couleurs en grande partie; mais je ne pense pas qu'on doive pour cela regarder ces deux oiseaux comme ne formant qu'une seule et même espece; car, supposé méême que le jaune d'or qui embrasse le front de celui de cet article eũt été rouge dans son origine, et que c'eùt été par dégradation que le rouge füút devenu jaune, comme nous avons vu que cela étoit arrivé dans un vieux barbu à gorge noire dont nous avons donné T'histoire, il est certain que le barbu à front d'or ayant aussi de chaque côté de la mandibule inférieure au-dessous des yeux une balafre jaune d'or, ce jaune n'a jamais pu être rouge, puisque le barbu à gorge bleue n'ayant pas de rouge sur ces mêmes parties de sa mandibule inférieure, un individu varié de son espece n'a pu prendre là de jaune provenant d'un rouge dégradé: d'ailleurs le jaune du front du barbu à front d'or n'occupe pas précisément la même partie que le rouge du dessus de la téte du barbu à gorge bleue: il est enfin constant que la dégradation des plumes rouges d'un oiseau ne donne jamais un beau jaune d'or, mais bien un jaune pale ou feuille morte. Le barbu à front d'or a le dessus de la téte ainsi que le derriere du cou d'un verd olivacé teinté de brun, et les plumes de ces parties portent toutes chez lui un trait planchatre dans leur milieu. La région des yeux et la gorge sont d'un bleu-de-ciel pale; le manteau, le dos, les ailes et leurs couvertures, le croupion, les couvertures supérieures, et le dessus de la queue légèrement étagée, sont d'un verd clair: sur les grandes couver- tures des ailes percent cependant quelques teintes bleuâtres. Les grandes pennes alaires sont d'un noir-brun intérieurement, et d'un verd paâle blan- chissant dans leurs parties extérieures. Les couvertures du dessous des ailes sont jaunàtres, et les côtés du cou, la poitrine et les flancs, d'un verd pale, ainsi que le ventre et les couvertures du dessous de la queue. Les plumes de ces parties, notamment celles de la poitrine, semblent Planchir dans leur milieu, et se foncer plus en verd sur leurs bords; ce qui produit une sorte de marqueterie assez agréable. Le revers de la queue est d'un 130 HISTOIRE NRATURELLE pleu tendre, et le bec d'un brun jaunissant; les pieds sont jaundtres, et les barbes noires. On voit au muséum d'histoire naturelle à Paris un bel individu de l'es- pece du barbu à front d'or; j'en ai depuis peu acquis un autre qu'on m'a dit avoir été tué à Ceylan. “ t — OO—B— 1 ache. 2 2r, ge. Se Saeelle S. Sb. . Werne R S 2eede, de uenret 3, 3 Sian Van, e, häne DES BARBS. 151 „ęꝑ„QQ„QQ‚„Qꝑ‚‚Q ————————jj—O—O——⏑ LE BARBU BARBICHON. (X 56.) Cr barbu ne manque pas non plus de rapports avec le barbu à collier rouge; mais ici du moins la différence des caracteres est bien marquée, un bec fort, large et très aplati, une mandibule inférieure qui se rebrousse et qui dépasse même un peu la supérieure, de très longues barbes qui se portent bien au-delà du bec; tous les attributs en un mot de ce barbu que nous surnommons barbichon, présentent des différences si bien caracté- risées d'avec ceux du barbu à collier rouge, et même de ceux du barbu à plastron rouge, qu'il n'y a pas à balancer à l'admettre comme espece par- ticuliere et très distincte de tous ces autres barbus, ses congeneres, avec lesquels il habite les climats de l'Indostan. De la taille à-peu-près du barbu à plastron rouge, et beaucoup plus petit que le barbu à collier, le barbi- chon a le front couvert d'une plaque rouge vif; une tache jaune souci se montre sur les joues au-dessous des yeux, au-dessus desquels est une autre tache de ce même jaune qui leur forme un demi sourcil. La gorge est d'un jaune souci vif qui se termine à une tache rouge au milieu du cou. Le bas de celui-ci et la poitrine sont d'un jaune orangé dégénérant insensiblement en verd, à mesure qu'il descend vers les parties postérieures et sous la queue. La plaque rouge du front est environnée de noir par derriere, le- quel noir se dégrade insensiblement en un bleu clair répandu sur les joues: ce même noir prend un ton verd sombre sur le derriere et les côtés du cou, et finit, sur le dos, les scapulaires, les couvertures du dessus des ailes et leurs dernieres pennes, ainsi que sur le croupion, les couvertures supé- b rieures et le dessus de la queue, par Gtre d'un verd plein prenant des teintes b jaunes ou bleues, suivant les jours. Le bec est jaunâtre à sa base, et cou- leur de corne au bout; les pieds et les ongles sont d'un jaune plafard, et paroissent avoir dú étre plus jaunes du vivant de T'oiseau: les poils ou parbes sont orangés à leurs racines, et noirs partout ailleurs. Les grandes pennes des ailes sont verdatres sur leurs bords extérieurs, et prun-noir dans leur milieu: elles portent sur leurs bords intérieurs un liseré jaune; les couvertures du dessous des ailes sont d'un jaune orangé. Le barbu barbichon se trouve aux Moluques. Jai vu plusieurs de ces individus dans différents cabinets en Hollande: on en voit aussi un dans notre cabinet d'histoire naturelle à Paris; et j'en possede un autre très beau, que j'ai acquis depuis très peu de temps, et qui a été tne à Java. — ————— O · ——— 132 HISTOIRE NATURELLE —-———— LE BARBION A DOs ROUGE. (N 5.) FEXN comparant ce petit barbu africain avec celui de même taille et du méme climat, que nous avons décrit sous le nom de barbion, on ne pourra s'empécher de reconoitre que ces deux oiseaux ont absolument les mêmes formes et les mêmes caracteres constitutifs, c'est-à-dire une mèême cons- titution de bec, et qu'ils different tellement par cela seul des autres bar- bus leurs congéneres, qu'on seroit presque tenté de faire de ces barbions un genre à part, s'il n'étoit vrai, ainsi que nous l'avons déja prouvé, qu'il existe des différences tout aussi bien marquées que celles-ci, non seulement entre plusieurs autres barbus habitant les mêmes pays, mais mème entre beaucoup d'autres oiseaux qui, pour différer entre eux autant que les bar- bions different des autres barbus, n'en appartiennent pas moins à un mème genre. Il paroitroit donc constant, par l'état actuel de nos connoissances ornithologiques, que les méthodes imaginées jusqu'à ce jour sont toutes plus ou moins mauvaises du côté des caracteres donnés à chaque genre, et que les naturalistes à méthodes se trouveront forcés de multiplier les genres à Pinfini pour faire entrer dans autant de genres toutes les especes auxquelles ils ne pourront pas appliquer les caracteres génériques qu'ils ont adoptés. Nous voyons même déja que dans sa nouvelle méthode La- cépède a été obligé de créer des sous-classes, des sous-ordres, et même des sous-genres: C'est sans doute qu'il a senti que les divisions anciennes étoient trop resserrées, et qu'elles ne pouvoient plus convenir à étendue de nos connoissances actuelles, et embrasser cette foule d'objets, fruit des recher- ches de nos infatigables et éclairés voyageurs. Nous renvoyons le lecteur à Particle où nous avons décrit le barbion, pour ne pas répéter ici ses caracteres absolument semblables, ainsi que nous l'avons dit plus haut; à ceux du barbion à dos rouge: chez ce dernier la téte est agréablement marquée par des bandes jaunes, dont une praès des narines, qui sépare le bec du front;z une autre au-dessus du derriere des yeux, qui forme des especes de sourcils; une troisieme au-dessous des yeux, qui va du coin de chacun d'eux jusqu'à Poreille; une quatrieme enfin pa- rallele à la précédente et partant de l'angle du bec: ces deux dernieres bandes sont séparées par du noir, et une autre bande noire et étroite longe celle jaune qui part du coin de la bouche. La gorge est jaune; le bas du —= S. gef Fe,, Se, tc,. M ek 2 02 ₰ 3 . 8 A o,. Jecæ. Ghe 3 4 l. ener. a- SAmop, nerie deo Naurrel. Slareake l hane e — —..—.ͤͤͤööö““ͤſſ““ͤſͤſſſſ ͤ—”1““““ſſ 8—jjj—i 4 m———11aa--3 DES BARBUS. 133 cou, la poitrine, le ventre, les flancs, les couvertures du dessous de la queue, sont d'un blanc teinté de jaune; et le dessus de la téte, le derriere du cou, le manteau, les ailes, et la queue noirs, mais d'un noir égayé sur les ailes par des franges jaunes transversales et formant une suite de taches. Les bords latéraux de la queue sont aussi frangés de jaune; le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d'un rouge vif; le bec et les barbes sont noirs; les pieds sont bruns, et le revers des ailes est grisdtre, ainsi que celui de la queue. Le barbion à dos rouge fait partie de notre cabinet public du Jardin des Plantes à Paris: je ne sais de quel canton de l'Afrique il est venu. FIN. —— . . — ERRATA DU I. VOLUME. Planche, LE SUPERBE EN REPOS, au lieu de N.“ 16, lises: N. 14. ERRATA DU II. VOLUME. Aprés la page 54, au lieu de pages 41, 42, 45, 44, 45, 46 47 et 48, 11sez. 35, 56, 57, 38, 59, 40, 4A1 et 42. Après la page 100, au lieu de 109, 110, 111, 112, 4sez. 107, 108, 109 ct 110. Planche, LE BARBICAN, au lieu de N.“ 18, lisez: N.“ 19. 9* “ ——— — — 9 *— , —* 1 ““ “ 4 “ 1 — 8eMe ene“ 8“ 99e 8 — . 8““ “²“. 8