fire Trésorerie impériale, du Bureau a Guerre et de la Calcographie Piranesi. A PARIS. AASggNAgNHvNAANSNNHNVNgsNVNSVVNV SS IE R, EUR ET DOREUR b —, 7 8 ⁵ 8 4 E—————— E——————— ᷣ—— * 45 v 1 A ,7 . . 1. 1 9 3 8 * —* . 5 1 .— 1 4 . 3 **— 4 „ 4 1 4—* 5 7— 4 8 ,— — 1 „ 8 — 2 4 5 3 8 3 4 — 1 2 84 8 5 4 , .* * 8 X. 2 1 K 8 3 4 4 4 — 1—* 4. . 4 —. 7 4 ⁸ 4. 5 V . HISTOIRE NATURELLE OISEAUX DE PARADIS, DES ROLLIERS, DES TOUCANS ET DES BARBUs. ““ Toutes les figures de cet ouvrage ont été dessinées d'après nature par BAnRAAND peintre, gravées par PrREE et GREMILIIET, et imprimées en couleur par LANGLOIS et RoussEr. — 5——— ———— Dl ) après nature et imprimées .„—„–.ͤ... HISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX DE PARADIS ET DES ROLLIERS, S8S UI VIE DE CELLE DES TOUCANS ET DES BARBUsS, PAR FRANGCOIS LEVAILLANT. TOME PREMIER. PARIS, DENNE le jeune, LIBRAIRE de S. A. I. le Prince Joseph, CHEz rue VrVIENNE, n“0. 10. PERLET, LIBRAIRE, rue de TounNON. 1 806. — “ — —— [urac Le gre La fem Le pe La fen Loisea Le ma Variéte Le ma Le ma Le sit Le sit Le suj Le suj Le né Le né Le lor Femel La pi- La ſen TABLE Do PREMIER VOLUME, CONTENANT L'HISTOIRE NAATURELLE DES OISEAUX DE PARADIS, etc. ——— InrRoyvcTIO.... PAGE 1 Le grand oiseau de paradis 6méraude male..........ͤ... 9 La femelle du grand oiseau de paradis............. 135 Le petit oiseau de paradis éméraude maàle. 17 La femelle du petit oiseau de paradis............... r L'oiseau de paradis rongc.................... 2743 Le manucodo...................... 26 Variété du manucode................ 37¼ Le manucode à bouquet ou le magniſique.........„..... 36 Le magnifique, moyen âge. 39 Le sifilet en parure Le sifilet en repos 41 Le superbe en parure Le superbe en repos 46 Le nébuleux en parure 5 Le nébuleux en repos 1 Le loriot de paradis mäle..........,........ 35 Femelle du loriot, de paraddis................. 37 La pie de paradis ou Tincomparable mâle.............. 59 Ia femelle de la pie de paradis............... 62 Le calibe male............ 6 Le grand calibé ou calibe bruyant.................. 6, HisroiRE NATUREILE DES ROLIIERS ET DES GEAIS............ 71 ILe rollier à longs brins d' Afrique....... 575 Le rollier à ventre blen.................... 78 Le rollier varie ou le cuit.................... 90 Le rollier varie, jeune dge.................. 35 Le rollier à masque nolir................. 286 PLe rollier verd........................ 39343 Le rollier vulgaire male........... 90 Femelle du rollier vnlgairee...... lU............ 94 Le grand role violer...................... 96 ij Le petit role violet Le role à gorge bleue Le momot mäle ou le houtou TABLE. Le momot dombé ou le momot à téte dombée HisroIRE NATURELLE DES GEAIS Le geai d' Europe Le geai varié Le geai noir à collier planc ou le geai longup. Le geai à joues blanches..... Le geai bleu verdin.... Le gceai blen...... Le geai Peruvien........ Le geai orange...... Le geai prun roux....... Le grand jaseur........ Le petit jascur...... Le coq de roche maäle la femelle..... le moyen äge Le coq de roche du Pérou... Le casse-noix mäle....... Le petit role violet à gorge bleue. FIN DE LA TABLE DU PREMIER VOLUME. PAGE 99 103 1⁰08 113 117 119 124 125 127 129 131 13²2 134 137 141 144 147 149 152 Pxer HISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX DE PARADIS, DES ROLLIERS, ET DES PROMEROps. NNöAAAãͤANNAA————RAAAA—-—-— ℳͤeAUABÖ INTRODUCTION A LHISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX DE PARADIS. Ex parlant de ces magnifiques oiseaux, connus si générale- ment sous la dénomination d'OisEAux DE PARADͤS, et sur lesquels la nature semble avoir épuisé tous ses dons, tant par Péclat des brillantes couleurs dont elle les a parés, que par les orne- ments particuliers qui les distinguent tous, ou presque tous, nous ne nous arréèterons pas à combattre les contes puêrils que se sont plus à nous en faire les ornithologistes qui les premiers ont écrit sur ces oiseaux: nous nous bornerons à rectifier les erreurs modernes, celles qui ont été commises par ceux même qui se sont donnés tant de soins pour relever d'antiques rêéveries, dont labsurdité et l'invraisemblance ne méritoient pas Thonneur d'étre réfutées sérieusement, et qui devoient bien plutôt rester ensevelies dans le plus profond oubli, ou èêtre reléguées parmi les fables. Au reste nous engageons ceux qui auroient la curiosité de I 2 INTRODUCTION. se convaincre par eux-méèêmes jusqu'à quel point il a été pos- sible à certains hommes d'avoir porté la crédulité ou la mau- vaise foi, de lire, sils en ont la patience, tout ce qui a été imaginé au sujet de ces oiseaux dans l'Histoire naturelle et morale des Indes orientales et occidentales, par Acosta; dans Ornithologie d'Aldrovende; ainsi que dans plusieurs autres ouvrages, tels que le Museum Wormianum, les Navigations aux terres australes, et enfin dans la Collection académique d'Olton Helbigius, etc. etc.; ou même, pour plus de facilité, dans Buffon, qui, à Jarticle des Oiseaux de Paradis, rapporte et combat tout ce que les différents auteurs que nous venons de nommer ont inventé d'absurde et de ridicule sur ces oiseaux, d'après la supposition fausse qu'ils naissoient sans pieds, lors- que, pour se convaincre du contraire, il eùt suffi de relever les plumes des flancs de leurs peaux mutilées par les sauvages pour s'assurer que les pieds en avoient été retranchés. D'un autre cêté, quoique nos ornithologues modernes aient reconnu que les oiseaux de paradis avoient des pieds(après les avoir vus cependant, puisque depuis long-temps ils nous sont en effet envoyés avec ces parties), cela ne les a pas em- pèêchés de retomber eux-méèmes dans d autres méprises, tout aussi impardonnables, en leur assignant des caracteres pris de leurs mutilations; comme d'avoir une petite tète, et des yeux à peine visibles et presque dans le bec; d'avoir les pieds dé- mesurément disproportionnés à leur taille; et enfin d'avoir la téte et le col couverts de plumes hérissées, et formant un velours naturel: caracteres mal saisis, dont Tapparence n'ëtoit due quà la mauvaise préparation des peaux, et qui n'existent plus quand on voit ces oiseaux dans leur état parfait, tels que nous les connoissons aujourd'hui, et que nous nous pro- posons de les faire connoitre aux naturalistes. — avd rapporte us Venons 5 Olseaux, eds, lors- le relever sauvages 68. nes aient ds(après ils nous pas em- ses, tout s pris de des yeux bieds dé- Tavoir la mant un ce métoit 'existent lait, tels nous pro- 1INTRODUCTION. 3 II n'est pas douteux que depuis trés long-temps, et bien avant mèêème que nous ne connussions en Europe les oiseaux de paradis, les peuples des pays qu'ils habitent ne fussent dans lusage den Préparer les peaux, soit pour s'en faire des „ 2 2 3 0* trophées qu' ils portoient dans certaines cérémonies„soit pour *..... sen faire aussi des Parures distinguées, ce à quoi leurs belles plumes les rendent assurément bien propres. Ne se servant donc de leurs dépouilles que comme ornements, il 6toit bien naturel qu'on en retranchaàt toutes les parties les moins belles, qui, pouvant offusquer leurs plus longues plumes, ou cacher leurs brillantes couleurs, devenoient au moins inutiles: de là, la nécessité d'en arracher les ailes, et sur-tout les pieds, peu propres à figurer dans un plumet. C'est cependant ce procédé, si simple et si naturel en lui-mêéme, qui, ayant donné lieu à une premiere erreur, a fait naitre toutes les fables des anciens voyageurs sur Thistoire des oiseaux de paradis, et croire si long-temps qu'ils naissoient sans pattes, et qu'ils vo- loient continuellement dans la moyenne région de Tair, en vivant de la rosée du ciel, etc. etc. Comme, en écorchant ces oiseaux, les sauvages étoient aussi dans Jhabitude de leur enlever tous les os de la téte, et de faire sécher ensuite leur peau enfilée sur un roseau, soit au four, soit dans le sable chaud, il résultoit de cette opération un racornissement forcé qui difformoit nécessai- rement le corps, rappetissoit considérablement la tete, privée de son soutien, et faisoit retirer les paupieres; doù on a saisi le caractere dune petite téte, et des yeux dans le bec, à peine visibles: enfin du rapprochement inévitable des Plumes⸗ qui se trouvoient pressées sur une bien Plus petite étendue de la peau racornie, résultoit encore leur hérissement, et par 9 2. G 1 uon sobstine conséquent cette apparence de velours naturel q 1 INTRODUCTION à leur trouver. Il m'étoit certes pas besoin d'avoir vu ces oiseaux dans leur état de nature pour se convaincre que tous ces caracteres n'étoient qu'apparents, et ne devoient éêtre attri- bués quà la mauvaise préparation de leurs dépouilles. Or je demande si ceux qui ont assigné tous ces faux caracteres aux oiseaux de paradis, n'ayant point observé qu'iils étoient arti- ficiels et simplement occasionnés par un racornissement forcé de leurs peaux, peuvent raisonnablement s'èétre élevés contre ceux qui, les voyant sans pieds, nous ont assuré que la nature ne leur en avoit point donné. b Cette mauvaise préparation a occasionné beaucoup dautres erreurs, en faisant publier sous le nom d'oiseaux de paradis plusieurs especes totalement différentes, les nomenclateurs ayant fait de tous les oiseaux mutilés de la mème maniere autant d'oiseaux de paradis; de sorte que des martins-pêécheurs, des guépiers, des rolliers, des gobes-mouches, et même des perruches, et beaucoup d'autres especes qui m'ont pas le moindre rapport avec ces oiseaux, figurent cependant sous le même nom dans plusieurs ouvrages, et sont rapportés comme tels dans toutes les nouvelles ornithologies qui se publient chaque jour(1). Cest ainsi que les erreurs se renou- velant sans cesse se perpétuent et donnent lieu à d'autres erreurs plus funestes encore, et que nos connoissances sur Thistoire naturelle des oiseaux, loin davoir fait quelques progrès, sont non seulement restées au même point, mais que, se trouvant surchargées de toutes les erreurs modernes, elles tiennent aujourd hui les naturalistes dans une perpétuelle incertitude sur un grand nombre doiseaux mal dénommés, (1) Voyez Seba et plusieurs autres ouvrages, où un grand nombre d'oiseaux se trouvent figurés dans les formes que les sauvages leur ont données en les mutilant, et qui tous sont présentés comme autant d'oiseaux de paradis. ͤ——— ——— dautres paradis clateurs naniere cheurs, me des pas le nt 8ous Pportés qui se renou- Jautres ces sur nelques , mals Jernes, détuelbe ommes biseaux 8e mutilant— INTRODUCTION. 5 et si imparfaitement décrits, qu ils ne savent àâ quelle espece les rapporter, ni dans quel genre les placer. Buffon lui-méème a prétendu que les sauvages et les mar- chands indiens, dans le dessein de nous tromper, mutiloient exprès tous les oiseaux, afin de les faire passer pour des oiseaux de paradis, et nous les vendre plus chèrement: asser- tion dénuée de tout fondement; car il étoit impossible à ces peuples d'imaginer que nous attachassions plus de prix à des oiseaux de paradis sans pieds et sans ailes, quà tous autres oiseaux d'un joli plumage qui auroient eu ces parties, et ne se seroient pas nommés ainsi; il est méème plus que probable qu ils ignoroient non seulement le nom que nous leur don- nions chez nous, mais mèême Tidée que nous attachions â ce nom superstitieux, qui seul a suffi pour occasionner toutes les fables dont on nous a bercés. Il est bien plus naturel de croire que ces insulaires m'ayant pas d'autre moyen de pré- parer les oiseaux, et ne s'en servant dailleurs que pour faire des ornements, ils leur arrachoient tout uniment les pieds et les ailes à tous indistinctement, ce que nous ferions dans le méêéme cas. Au moins est-il certain que les premiers Euro- péens qui pénétrerent dans les pays quhabitent les oiseaux de paradis trouverent ces oiseaux tout préparés pour Tusage des naturels, et qu on nous les apporta sous les mèmes for-— mes: il est encore vrai qu aussitõòt qu'on eut appris à ceux-ci que nous les préférions entiers, ils leur laisserent les pieds et les ailes; de sorte qu aujourd hui on nous les envoie avec ces parties, mais malheureusement toujours desséchés au four ou dans le sable chaud; de maniere qu'il est impossible, quoique entiers, de leur rendre leurs premieres formes, at- tendu que la peau étant cuite, et par conséquent racornie, on ne sauroit la faire préeter, meme en Thumectant, comme 2 6 INTRODUCTION. d de tous les différents oiseaux des- cela se pratique à Légar 8 s autres pays lointains et qu 11 séchés qui nous parviennent de est nécessaire de ramollir avant qu ils puissent être prèparés pour nos collections. Jai essayé moi-mèême tous les procédés pour parvenir à distendre ces dépouilles doiseaux de paradis, aſin de leur donner leur grosseur naturelle, sans avoir jamals pu y réussir: c'est aussi ce qui m'a convaincu que les sauvages, après les avoir écorchés, leur passent un fer chaud dans le corps, et qu'ils les mettent ensuite sécher au four, comme le rapporte Helbigius, puisqu il est vrai que leurs peaux sont effectivement cuites; ce qui se remarque très bien lorsqu'on veut essayer de les rembourer, car ils se cassent plutôt que de se prèter à aucune extension quelconque. Il est cependant heureusement arrivé que, dans le nombre de ces oiseaux qui nous sont parvenus depuis quelques an- nées, il s'est trouvé plusieurs individus bien conservés, et préparés avec le plus grand soin, soit qu'ils laient été par quelques personnes des 6quipages européens qui ont pénétrè depuis peu dans le pays, soit que les naturels, ayant perfec- tionné lart de les conserver pour mieux nous les vendre, y mettent plus de soin. Au reste, ayant été à mèéme de voir chez quelques uns de mes amis plusieurs de ces oiseaux de paradis dans le plus parfait état de conservation, et en ayant méêéme acquis quelques especes, je me trouve heureux d'en offrir aujourd hui au public dexactes descriptions, et des portraits plus fideles, qui les fassent connoitre dans leur état naturel, bien difféerent de celui où nous les connoissions par les descriptions imparfaites et les mauvaises représentations qui en ont été publiées, et même de celui où nous les voyons figurer dans la plupart des cabinets, ouù ils offrent à lobser- vateur, qui admire leurs belles couleurs, plutét autant de -—y—— — le nombre ꝛelques an- nservés, et ent été par ont pénétré ant perfec- s vendre, y ne de voir oiseaux de et en ayant lreux den I1S, et des ss leur état sSions par ssentations les voyons tà lobser- autant de INTRODUCTION.* mannequins emplumés que des oiseaux naturels. Nous avons aussi rassemblé plusieurs especes nouvelles de ces oiseaux, ainsi que quelques femelles de celles que nous connoissions déja, quoique imparfaitement, ce qui complétera, d'une ma- niere satisfaisante pour les naturalistes, T'histoire que nous nous sommes proposé d'en publier. b Nous ferons connoitre aussi parmi les rolliers et les pro- mérops, dont le brillant Plumage et Télégance des formes ne le cedent point à ceux des oiseaux de paradis, beaucoup d'especes inconnues aux naturalistes. Les toucans ainsi que les barbus n'offriront pas moins dattraits par la singularité de leurs formes, la beauté de leurs couleurs, et le grand nombre d'especes nouvelles que nous avons rassemblées dans ces deux genres, dont nous avons complété Thistoire en réu- nissant, autant que possible, le maàle, la lemelle, et même les variétés dàges de chacune d'elles. Nous aurons grand soin d indiquer les cabinets oùð l'on pourroit voir les individus dont nous parlerons; et, fideles aux principes que nous avons adoptés, nous ne ferons men- tion que des especes que nous avons vues nous-mémes en nature, et dont l'existence ne pourra par conséquent nulle- ment étre douteuse pour les savants. * —— — 1 3 1 4 1 8 4 —— - “ “ —— ——— — — ( —— DRhara and, h 5 7 d6 — 84 1 2 — fetute we ÿõʒ ä — — — ¼ — — ÿõÿõÿõÿõÿõ ä õõõÿm 1 1 16 7 1 — 9 7⸗⸗ —˖ 0 4 8 —jjü 8 8 8 ne,, wma, me z. He k. Smperinerie k Zangfllnter 82 HISTOIRE NATURELLEL DES OISEAUX DE PARADIS. LE GRAND OISEAU DE PARADIS EMERAUDE, MALE. (Nô 1.) Nous avons assez fait appercevoir dans notre introduction les raisons qui ont donné lieu aux méprises des naturalistes qui ont parlé de cette espece d'oiseaux de paradis, pour n'avoir pas besoin de les reproduire ici, dautant plus que la description que nous en donnons suffira pour rectifier toutes ces erreurs. Les auteurs qui ont fait mention du grand oiseau de paradis éme- raude lui donnent la grosseur de notre merle, tandis que sa taille égale celle de la corbine, à peu de chose près: quant à sa téte, elle est très forte, comme on peut le voir par la figure A de la planche 3, ou elle est représentée de grandeur naturelle. On concoit, d'après ces proportions, qui ne sont pas seulement apparentes, mais réelles, que toutes les autres parties de cet oiseau, c'est-à-dire les ailes, la queue et les pieds, ne doivent plus paroitre disproportionnées, et méême ridicules, comme elles le pa- roissent en effet dans les individus qui nous parviennent préparés par les sauvages; et que ces longues plumes subalaires qui flottent sur les flancs et sétendent très loin, en dépassant la queue, au lieu de sembler surcharger Toiseau, et devoir beaucoup l'embarrasser dans Taction du vol, prennent ici un caractere bien différent, en mèême temps qu'elles forment un ornement de la plus grande élégance. Les yeux, placés comme dans la plupart des autres oiseaux, sont pro- portionnés au volume de la téête, et même plutôt grands que petits. Pour leur couleur, nous ne la connoissons pas, les voyageurs n'en ayant fait aucune mention; ce qui prouve, je pense, que pas un d'eux n'avoit vu 3 —qxᷓ;́ ——.ęCW— — 2 ——————— 10 HISTOIRE NATURELLE de ces oiseaux vivants, quoique q'ailleurs ils nous en donnent des détails qui sembleroient annoncer des observations suivies, mais qui, par leurs contradictions, nous laissent dans une incertitude absolue sur tout ce qui a rapport aux habitudes naturelles, si propres cependant à jeter du jour sur la place qu'occupe dans la nature T'espece dont nous parlons. Suivant Tavernier, ces oiseaux se nourrissent de noix muscades, dont ils sont très friands; ce qui les enivre, dit-il: Hotton Helbigius nous assure qu'ils vivent de baies rouges que produit un arbre très grand; Bontius, qu'ils sont carnivores, et quils font la chasse aux petits oiseaux; et enfin Linné, qu'ils font leur proie des grands papillons. Voilà bien des manieres différentes de se nourrir, et qui ne peuvent pas convenir à la même espece. Je pense donc qu'à cet égard il faut attendre de meil- leurs renseignements, et que quelques voyageurs instruits nous fassent part de leurs observations, après avoir étudié les mœurs de ces oiseaux dans leur pays natal. Quant au vol de Thirondelle que Bontius leur attribue encore, nous sommes très persuadés que c'est aussi une erreur. La coupe des ailes des oiseaux de paradis, et notamment de celles de espece que nous décrivons, est si difféerente de celle des ailes des hirondelles, qu'il est impossible que ces oiseaux aient la mêeme maniere de voler. Nous ne connoissons que les guépiers qui volent comme les hirondelles, et cela parcequs ils ont les ailes absolument taillées de la même facon. Au reste, je doute fort que cette espece se trouve à Ternate. Ainsi le nom dhirondelle de Ternate, sil est vrai qu'on l'ait appliqué à Toiseau de paradis, est au moins très impropre: il pourroit mème bien se faire que ce fùt ce nom seul qui eùt déterminé Bontius à nous dire qu'il avoit le vol de Thiron- delle. D'après tant de rapports faux ou au moins très suspects, et pour ne rien hasarder à'égard des oiseaux de paradis, nous nous bornerons ici à en donner des figures plus exactes, des descriptions plus vraies; et ce sera sans doute beaucoup d'avoir déja fait connoitre leurs formes naturelles, si différentes de celles qu'on leur a prèêtées jusqu'à ce jour. Nous avons conservé à lespece dont nous parlons le nom d'Oiseau de Paradis Emeraude, en y appliquant l'épithete de Grand pour le dis- tinguer dun autre oiseau de paradis, qui, ayant beaucoup de rapport avec lui, est cependant plus petit, et assez différent même par ses cou- leurs pour former une espece séparée. Le zrand oiseau de paradis émeraude a un pied de longueur du bout du bec à Textrémité de la queue, et quarante pouces à-peu-près jusqu'à la pointe des deux filets qui en font partie. Le bec est un peu arqué et se termine en pointe, la mandibule inférieure semboitant dans la supé- rieure:— 3 sa couleur est d'un bleu plombé dans toute sa base et sur son A* à«2 nete; et ſndaene vers la pointe. Les plumes frontales se trouvent par- agées par la parti eri aré gées p partie supérieure de l'arète du bec, qui, se prolongeant sur ſe front jes narl rapproc je leur qui n0 doigts eroit: croche avons et robi celui d tranch: les plu d'une? dans t en-de du pie quoiq sont c⁰ du mi Da] et la! nieres les au rissées que e nomb de la Le Tœil Sdar gue, dans ont di dol n ent pas convenir attendre de meil- nits nous fassent rs de ces oiseaux bue encore, nous oupe des ailes qes ie nous décrivons, Lil est impossible 1s ne connoissons et cela parcequ'ils Au reste, je doute mn Ghirondelle de le paradis, est au lue ce fuͤt ce nom le vol de Phiron- suspects, et pour ss nous bornerons Lions plus vraies; witre leurs formes jusquà ce jour. nom dOiseau de aund pour le dis- coup de rapport 2me par ses cou- ongueur du pout près jusqud peu- arquè et un peu lans la supé- et sur Son ant( base nt par- ze trouvent PA e prolonge — 1—— g—½ DES OISEAUX DE PARADIS. 11 le front, les sépare en deux pointes qui, de chaque côté, s'avancent sur les narines, qu'elles couvrent en grande partie: caractere qui semble rapprocher plusieurs especes d'oiseaux de paradis, des cassiques, quoique je leur trouve en général beaucoup de rapports aussi avec les promerops, qui non seulement ont ce caractere commun avec eux, mais encore les doigts à peu près semblables, et propres à se cramponer; ce qui me por- teroit à croire que les oiseaux de paradis sont insectivores, et qu'ils s'ac- crochent au tronc des arbres ainsi que tous les promerops, dont nous avons été à portée d'étudier les mœurs en Afrique. Les pieds sont forts et robustes, sans être disproportionnés: les ongles sont grands et épais; celui de derriere étant le plus grand, et celui du milieu ayant un rebord tranchant plus saillant du côté intérieur: le tarse, sur le devant duquel les plumes de la jambe s'avancent plus que par derriere, est couvert d'une seule écaille qui l'entoure entièrement, et dont la suture se remarque dans toute sa longueur du côté du pouce très large à sa base, et revéètu en-dessous d'une peau chagrinée qui couvre également toute la plante du pied: les doigis sont articulés comme ceux de tous les autres oiseaux quoique Wormius assure qu'ils n'ont chacun que trois articulations: ils sont couverts de larges écailles, et l'extérieur est réuni, à sa base, à celui du milieu.(Voyez la fig. B de notre planche n 3.) D'après les proportions du corps de cet oiseau, la grosseur de la téte, et la longueur du cou, on sent facilement que les plumes de ces der- nieres parties ne se trouvant plus resserrées ni pressées les unes contre les autres dans un bien plus petit espace, et n'étant sur-tout plus hé- rissées, elles n'offrent pas au toucher l'apparence d'un velours rude, bien que celles du sommet de la téête soient si excessivement petites, que leur nombre surpasse peut-étre celui de toutes les plumes d'un autre oiseau de la méème taille. Le front est ceint d'un large bandeau vert-émeraude, qui, passant entre T'œil et le bec, couvre la gorge, et descend sur le milieu du cou, oi il s'éélargit, et se termine circulairement en forme de plastron. Jobserverai que, sur le bord du front et sous la gorge, ce vert paroit noir étant dans Pombre; ce qui a induit en erreur plusieurs nomenclateurs, qui ont donné à ces parties cette couleur: en revanche, exposé aux rayons directs de la lumiere, il prend un brillant des plus éclatants, sans éêtre doré cependant, quoique tous ceux qui ont parlé de cet oiseau aient prétendu le contraire. Il est vrai que dans nos cabinets cette couleur se dénature promptement, et se dore par l'évaporation des sels et des odeurs qu'on emploie pour préserver les oiseaux de la voracité des in- sectes rongeurs.(1) (1) Chacun peut se convaincre de cette vérité, et en faire l'expérience. Il suffit de prendre une plume verte, de celles qui jettent un éclat métallique, telles que celles de la téête de notre canard vulgaire, de notre étourneau, ou enfin de tout autre oiseau d'un vert lustré, sur le plumage duquel on n'ap- 4 ———“— 12 HISTOIRE NATURELLE Le dessus de la tete, tout le derriere;, et les côtés du cou, sont d'un jaune de paille; mais les plumes de ces parties n'offrent cette couleur que dans la portion qui se voit lorsqu'elles sont appliquées les unes sur les autres, leur intérieur étant brun: celles de la gorge et du front sont également brunes en-dessous. Voyez les figures G et H de la planche 3, ou nous donnons une des plus grandes plumes de chacune de ces parties. Sur le bas du cou et sur la poitrine, la couleur est d'un brun sombre nuancé d'une riche teinte violàtre qui, dans l'ombre, lui donne un aspect noir. Tout le reste du plumage est d'un brun de chataigne uni- forme, plus clair sur le ventre que sur le dos: J'aile est composée de vingt pennes dont la couleur est la mème, ainsi que celle de toutes ses cou- vertures supérieures et inférieures; elle est longue, et elle atteint dans son état de repos presque l'extrémité de la queue, dont la dimension est d'un peu plus de cinq pouces, et le nombre des plumes de douze en y comprenant ses deux filets, qui ont ordinairement vingt-huit à trente- deux pouces de longueur, lorsqu'ils ont acquis tout le développement dont ils sont susceptibles. Ces filets sont bruns aussi, et n'ont de barbes qu'à leur naissance et dans un petit espace de la partie ou ils touchent à la vraie queue: dans toute celle ou ils la dépassent, ils sont absolument nuds, ronds, et de la forme d'un gros crin de la queue d'un éléphant. Dans quelques individus, les filets ont à leurs pointes une petite pa- lette de barbes comme celle que l'on voit dans notre planche n“ 3, fig. C; mais j'ai observé que ceci n'avoit lieu que dans ceux qui n'ayant point encore acquis toute leur dimension, ou dont l'individu étant encore dans la mue, ne les avoient point perdues par le frottement qu'elles éprouvent contre les branches d'arbres, à travers lesquelles ces filets passent et repassent continuellement dans les divers mouvements de l'oiseau. Seba, et beaucoup de naturalistes qui l'ont copié, nous ont assuré cependant que ces palettes étoient le caractere distinctif des maàles, ce qui est une erreur. Quant à moi, je regarde ces palettes comme un caractere de percoive point d'or. Si on mouille cette plume seulement avec de l'eau limpide, elle se dorera dans Tinstant meme; mais, en séchant, T'or disparoitra. Si on fait dissoudre un sel quelconque dans cette eau, la plume restera toujours légérement dorée; et si on l'expose au-dessus de quelque odeur forte, comme celle du camphre, de l'esprit de thérébentine, et de tous les alkalis, elle deviendra d'un or rouge, et conservera sa couleur: mais, en Texposant au-dessus d'un acide, elle se dorera bien davan- tage. La fumée du soufre produit le méême effet, et lor ne s'efface jamais. Les oiseaux réellement dorés reçoivent par ces différents procédés un éclat bien plus brillant encore, mais d'un or rougeàtre. C'est ce qui fait que tous les oiseaux mouches, la plupart des colibris et des sucriers, se trouvent souvent très dorés dans les cabinets, quoique la plus grande partie d'entre eux ne soient dans leur état de nature que d'un beau vert plus ou moins brillant. L'oiseau mouche émeraude, par exemple, sur lequel ne brille Pas un atéme d'or dans son état parfait, devient ordinairement aussi doré que le jacamar, si on lui fait subir une de ces opérations. Il en est de même de tous les oiseaux à plumes lustrées, et qui, étant impregnés des différentes drogues avec lesquelles ils sont préparés pour nos collections, finissent par se dénaturer plus ou moins: de la, la diversité qui se trouve dans les descriptions qu'en ont faites les naturalistes. Les insectes verts ou dorés éprouvent les mèmes altérations par les mémes causes. — jeunesse qans ce fllets; e ges oise se con quiaſ q'histo! zubalai gageès de tout de duve oiseaux leur dé- Ce q ce sont flancs, par de dire a6 les ont s'éleven de coul Les phi portent sont au leur co filet c couvre de jon qui so- étroites dun p sur leq placées noccuj entre!e les aut tuyaux qu'elle faculte ces be (¹) Buf dans einc de chaqus ren Sont d'un luées les r tie ou ils touchent 1s sont absolument d'un Eléphant. ates une petite pa- lanche m'3, fig. C; quin ayant Point étant encore dans qu elles éprouvent s filetts passent et „de T'oiseau. Seba, assuré cependant les, ce qui est une un caractere de lide, elle se dorera dans sel quelconque dans cette de quelque odeur forte, elle deviendra dun or bien davan- lement dorés 3 lle se dorera oiseaux réel. a or rougeätre. C'est dur avent jers, Se trouvent sor Jans leur état de zur lequel acamar, 51 soient par exemple. doré que le Slumes lustree Ilections, es, et aux à] Hour n0s 0 ptions les méêmes res uns les descr- ar qu'en altérations- DES OISEAUX DE PARADIS. 15 jeunesse. Jai examiné plus de cent cinquante individus de cette espece: dans ce nombre, je n'en ai vu que sept qui en eussent au bout de leurs filets; et je me suis convaincu que tous ceux qui en étoient munis étoient des oiseaux encore en mue„ou qui avoient récemment muéô. On peut se convaincre soi-méème de cette vérité par l'inspection d'un de ces oiseaux qui a fait partie de ma collection, et qu'on voit aujourd'hui au Muséum d'histoire naturelle de Paris: il a ces palettes, mais les deux filets et les subalaires n'ont point encore acquis leur dimension, et sont encore en- gagés dans leur base par cette pellicule blanche qui entoure les barbes de toutes les jeunes plumes. Je compare donc ces palettes à cette sorte de duvet filandreux qu'on remarque sur les nouvelles plumes de tous les oiseaux en général, et qui se détache de lui-mème quand elles ont tout leur développement. Ce qui distingue le plus particulièrement l'espece dont nous parlons, ce sont ces longues plumes à barbes décomposées, qui naissent sur les flancs, dépassent la queue avec laquelle elles se confondent, et se jettent par derriere, où elles forment par leur réunion une masse pour ainsi dire aérienne, tant elles sont légeres et transparentes. Les naturalistes les ont nommées subalaires parcequ'elles naissent sous les ailes: elles s'élevent en total au nombre de plus de six cents(1), et sont de formes, de couleurs et de nature différentes, suivant la place qu'elles occupent. Les plus grandes ont de vingt à vingt-deux pouces de longueur, et portent de longues barbes de la nature du duvet, et qui elles-mèmes sont autant de petites plumes dont on distingue très bien les barbilles: leur couleur est d'un brun clair, et elles se terminent toutes par un long filet chevelu.(Voyez la fig. D de la planche 3.) Les secondaires, qui couvrent les premieres, sont à barbes lisses, luisantes, et d'un beau jaune de jonquille.(Voyez fig. Cde la mèême planche.) Les dernieres enfin, qui sont d'une mème nature, et qui couvrent les secondaires, sont très étroites et du même jaune à leurs bases, et forment chacune une pointe d'un pourpre éclatant qui se dessine en riche bordure sur le fond jaune sur lequel elles sont distribuées par rang de taille, les plus petites étant placées le plus haut.(Voyez la fig. Fibid.) Toutes ces plumes subalaires n'occupent à-peu-près qu'un espace de deux pouces quarrés sur les flancs entre les cuisses et la poitrine: elles se trouvent pressées les unes contre les autres, et elles sont implantées si avant qu'elles montrent, toutes, leurs tuyaux sous la peau, qu'elles percent d'outre en outre; ce qui prouve qu'elles sont recues sur un muscle extenseur qui donne à l'oiseau la faculté de les hérisser à volonté, à la maniere du paon lorsqu'il releve ces belles plumes de parade qu'il porte sur le croupion, et que vulgai- (1) Buffon n'en indique que quarante ou cinquante de chaque côté: j'ai eu la patience de les compter dans cinquante individus bien entiers, à la vérité, et j'ai constamment trouvé que leur nombre s'élevoit de chaque côté aussi de deux cent soixante à trois cent dix; ce qui est bien différent. 4 14 HISTOIRE NATURELLE rement et très improprement on nomme la queue, nom qu'on a donné souvent aussi aux plumes subalaires de l'oiseau de paradis, quoiqu'il ait une très belle queue. b Dans le grand nombre d'individus de cette espece que nous avons vus dans les différents cabinets des amateurs, nous avons remarqué que plusieurs d'entre eux n'avoient point de jaune aux plumes subalaires, et que ces parties étoient blanches; ce qui a fait croire à quelques natu- ralistes que ces individus étoient des femelles; mais nos observations nous ont prouvé que cette belle couleur jaune s'effaçoit promptement dans nos cabinets, lorsque ces oiseaux se trouvoient exposés long-temps aux rayons de la lumiere. Jai eu moi-meme dans ma collection plusieurs de ces oiseaux qui, dans l'espace de trois ou quatre ans, perdirent cette belle couleur jaune, et devinrent blancs peu-a-peu; cest ce que pourront confirmer beaucoup de curieux qui ont sans doute éprouvé le mèême in- convénient. Au reste ces oiseaux ne sont pas les seuls qui perdent, à la longue, leur brillant coloris. Ainsi tous ces oiseaux de paradis de la mème espece, que nous voyons avec des plumes subalaires dont le jaune a disparu, sont des individus décolorés accidentellement, et non des va- riétés constantes, encore moins des femelles. L'ndividu, dont je donne ici la description, fait partie du superbe cabinet qhistoire naturelle de M J. Temmirck, ci-devant caissier de la compagnie des Indes à Amsterdam. Cet amateur est, jusqu'à ce moment, le seul peut- étre qui puisse se flatter d'avoir un oiseau de ceite espece dans son état parfait, par conséquent bien différent de tous ceux que l'on voit dans les autres collections, comme on peut facilement s'en convaincre par Tin- spection de la figure que nous en publions, et qui a été faite d'après nature.(1) (1) M. Temmirck recut cet oiseau dans une caisse qui renfermoit vingt autres individus de la méme espece; mais celui-ci étoit le seul qui se trouvàt dans un état parfait, les os de la téte, des cuisses et des ailes lui ayant été conservés, et la peau bourrée et recousue; preuve évidente qu'il avoit été préparé par quelqu'un de très au fait des dépouillements. Cette caisse contenoit en outre plusieurs oiseaux de paradis, de Tespece du calibé, et autres; ainsi que quelques perruches lor-papouæ, espece que Seba a décrite pour un oiseau de paradis. J'ai trouvé encore, et avec la plus vive satisfaction, dans le même envoi plusieurs individus femelles, notamment celle de l'oiseau de paradis émeraude, dont on voit la figure dans le no 2 de mes planches, et que nous allons décrire. —8—8ſſſ E que plumes subalaires e à quelques natu. 5 Observations nous nptement dans nos Ftemps aux rayons un plusie urs de ces erdirent cette belle ce que Pourront Prouvé le mèême in- s qui perdent, à la X de paradis de la laires dont le jaune ent, et non des va- du superbe cabinet ier de la compagnie bment, le seul peut- pece dans son état ne Ton voit dans les Convaincre par lin- a été faite daprès utres individus de la mème s de la tete, des cuisses et lente quil avoit été préparèé outre plusieurs oiseaux de papoux, espece que Seba 17*. zatisfaction, dans le méme „emeraude, dont on voit , & A S8. DN 8 G “ . ☛ , / mn e htu,ftt( merarttae üi, b M Cimyrumenw do ouset. DES OISEAUX DE PARADIS. 15 +—M—————O:ͤnAnN₰nͤn———NõNA—-—ͤ—-:ä¶—n˖̊nnnnnͤA AABI/G LE GRAND OISEAU DE PARADIS EMERAUDE, FEMELLE. (N'* 2.) CEELES-I sont très difféerentes des maàles, la nature ne les ayant point gratifiées des mêmes attributs: plus simples dans leur véètement, elles sont dépourvues de plumes subalaires, et ne portent les mêmes couleurs que sur les ailes, le dos, et la queue qui se trouve mèême dégagée des deux longs filets qui distinguent et peut-êètre embarrassent souvent les males dans l'action du vol. Le derriere de la tèête et du cou sont d'un brun nuancé d'une teinte jaunatre; le front est d'un brun plus décidé, ainsi que la gorge, tandis que tout le dessous du corps est d'un beau blanc: le bec et les pieds sont semblables dans les deux sexes. Cet in- dividu fait partie de ma collection. Jai vu un jeune maàle de la même espece chez M. Boers, à Amsterdam, et dont la livrée tenoit également de celui de la femelle: ses plumes subalaires commengçoient seulement à pousser à travers les plumes blanches du dessous du corps, qui elles-méêmes étoient mèélées en grande partie de plumes brunes; la gorge portoit aussi déja quelques plumes vertes, ce qui m'a convaincu qu'il en étoit de ces oiseaux comme de tous les autres en général, c'est-à-dire, que les maàles ne prennent leurs cou- leurs et leurs attributs qu'à un certain àge, et que pendant leur jeunesse ils ressemblent absolument aux femelles: cela a lieu au reste chez tous les oiseaux généralement de tous les climats et de toutes les especes. Le grand oiseau de paradis émeraude se trouve à la Nouvelle-Guinée, assure-t-on, mais bien plus communément encore dans la partie de lInde ou croissent les épiceries, et particuliérement à l'isle d'Arou, d'où les vaisseaux hollandois en rapportent en si grand nombre, que j'en ai sou- vent vu arriver à Amsterdam des caisses pleines; de sorte qu'ils sont aujourd'hui très communs dans les cabinets d'histoire naturelle. Les femelles n'étant pas aussi belles que les maàles, elles sont probablement re- butées par les voyageurs, qui, n'espérant pas les vendre aussi chèrement, ne se soucient pas de s'en charger, ce qui les rend très rares; du moins, jusqu'à ce moment, je n'en ai vu que trois qui furent adressées, commę je l'ai dit, à M. Temminck, qui a eu la bonté de m'en donner une. 2. 2.. ⸗«. Tout ce qu'il est possible d'extraire de plus positif sur ces oiseaux, 16 HISTOIRE NATURELLFE des différentes relations, se réduit à savoir qu'on les nomme, à la Nou- velle-Guinée, burong-arou; qu'ils volent en troupe, et que les Indiens leur font la chasse pour leurs belles plumes, et qu'ils les tuent à coups de fleches; ce qui laisse une grande lacune dans les connoissances qu'il faudroit avoir de ces magnifiques oiseaux pour en compléter T'histoire. Tous les naturalistes, au reste, ont parlé de cette espece: plusieurs d'entre eux ont même figurée assez mal pour la rendre presque méconnoissable. Les moins mauvaises de ces représentations sont cependant celles que Buffon et Edvvards en ont données dans leurs planches enluminées. Les auteurs latins lui ont appliqué différents noms, dont les principaux sont: Awis paradisea, paradisiaca, apos indica, parus pauo, Pay indicus, auis dei, manucodiata, manucodiata longa, et mème hirondo ternatensis. Belon l'a confondue mal à propos avec le phénix des anciens; et les Allemands lui ont donné le nom de luft voagel(oiseau de l'air), déno- mination qui tient à son histoire fabuleuse, ainsi que celle de passaros de sol, par laquelle les Portugais désignent cet oiseau. Enfin son nom est en anglais, bird of paradise, en hollandais, paradys voogel, et en indien, boëres. ——.,——— 3 Se k SGonander A,?7 dp, w, ma. v hrract, mcaee. wcete. 2— 2 Aℳ Eka/ R. Sgaae. deb lha, d nan Mdeae. Sa. 7 D e? hendn,( Wlae 2. al eee, Te hennd Vwae Slee os fauus Oidakaue da. S. W d Sanke ſlane— l— e h. Slee d, Mapides ſipa Te Kerurrtk Üan 1. Whee Kes waeeaks Calabki T. Wrea b Saak eu, 2 k. O ee d ehene,( MWalalan Dat. — — . ———— 4 3 7 1 b 2 8 f 3 ——— —yy — ——õ——— —— — Sn, 771 land ſäur 7 3 8= 38* 5 n X— — 3 a ege ☛ * 8 N 8 11,s 22e 53 aes. 2s. XX N I N N X N N N N X XN I N X N X NX N I I 4 7,, S. Ae. deun0 57 n 6775, 38. 2 2 11,, 4 1 6 9 2758,. 525 rt ereeEn 8t. 82 Heer:Sas SzfEIkO2259S45 ☛ NArToete eren Ar Icr7 ne, ( A MWue, ae, Goee 7euch 5 DES OISEAUX DE PARADIS. 17 IE PETIT OISEAU DE PARADIS EMERAUDE, MALE. (N 4) Cng oiseau est probablement celui dont Clusius a voulu parler en nous apprenant qu'il y avoit deux especes d'oiseaux de paradis: l'une, plus grande et plus belle, attachée à l'isle d'Arou, et qui est celle que nous venons de faire connoitre; l'autre, plus petite, qui se trouve à la terre des Papoux la plus voisine de Gilolo, et que nous croyons ôtre celle dont il est ici question; ce qui s'accorderoit encore avec le rapport d'Helbigius, qui ajoute que les oiseaux de paradis de la Nouvelle-Guinée different de ceux de l'isle d'Arou non seulement par leur taille, mais aussi par leurs couleurs blanches et jaunes. On ne trouve cependant dans aucun auteur la description particuliere du petit oiseau de paradis émeraude, les na- turalistes l'ayant toujours confondu avec le grand, quoique ces deux oiseaux soient assez dissemblables(comme il est aisé de s'en convainere en comparant les deux figures que nous en donnons) pour former au moins deux races distinctes, sinon deux especes séparées: il est d'ailleurs à-peu-préès certain qu'ils n'habitent pas le mèême pays, et qu'on ne les trouve jamais ensemble. Ces deux oiseaux sont aussi communs l'un que Tautre; il est mème beaucoup de cabinets où ils se trouvent réunis, et où le grand passe assez généralement pour le male, et le petit pour la femelle: opinion erronée, en contradiction avec toutes les lois de la nature, trop con- stamment uniforme dans sa marche pour avoir fait un aussi grand écart, et cela en faveur d'une espece qui, parmi les oiseaux extraor- dinaires par la pompe de leur plumage, seroit la seule dont les femelles eussent en partage les riches attributs du male. En effet, si nous passons un instant la revue d'une partie de tous ces oiseaux que la nature s'est plu à orner d'une maniere plus magnifique, nous ne voyons briller que sur les males ces belles plumes dont le luxe et la surabondance décelent une intention particuliere: le paon se distingue par les siennes, qu'il déploie en forme de roue; le faisan tricolor est remarquable par son camail, qu'il releve en fraise autour de sa tèéte; la sarcelle de la Chine par Télégance de sa grande huppe flottante, et par les deux plumes qui se redressent sur son dos; le faisan de l'isle de Java par les dernieres pennes de ses ailes, prodigieusement longues, et si richement parées: 5 ———— 2—— *—— 1——— ———————— 2 ————* 4 —— 8 ——————— ———————— — 2———*— ö——— 8s. d 4—————. 18 HISTOIRE NATURELLE nos coqs sont fiers de leur beauté; et l'on reconnoit les veuves et les moucherolles maâles à la longueur des plumes qu'ils portent à la queue. Enfin, chez tous ces oiseaux, ainsi que dans tant d'autres especes dont nous ne ferons pas ici Ténumération, il n'y a que les maàles qui soient pourvus de cet excès de plumes d'ornements, que les Hollandais seuls me paroissent avoir bien définies par le nom de pronke-veren qu'ils leur donnent dans leur langue, et que je ne rends que bien foiblement par celui de plumes de parure ou de parade„et mieux encore, pour le sens, par plumes d'étalage, puisque tous ces oiseaux les étalent effectivement dans certains moments, et sur-tout lorsque, animés par la présence de leurs femelles, ils préludent à leurs jouissances amoureuses. Il est donc clair que les individus de cette seconde sorte d'oiseaux de paradis, que je crois former une seconde espece, et qu'on qualifiera, si Ton veut, de seconde race de la mème espece, ou méèême de variété de climat, ne peuvent être considérés comme des femelles de la premiere ou grande espece; d'autant moins encore qu'il ne peut y avoir aucun doute que Toiseau de notre planche n'o 2, que nous donnons pour une femelle, ne le soit réellement, ou du moins qu'il ne soit un jeune maàle, car nous sommes convaincus qu'il est de la même espece: or, sil est un jeune maàle, il est certain que les femelles lui ressemblent; et, sil est une femelle, il est sür encore que le maàle, dans son jeune âge, porte la méme livrée. Cette derniere assertion est non seulement appuyée sur une regle générale de la nature pour tous les oiseaux, mais'observa- tion nous en a prouvé la vérité pour cette espece même en particulier, comme nous Tavons fait voir ailleurs dans la variété que nous avons décrite, et qui, prèête à quitter la livrée de lenfance, commencoit à prendre celle de l'äge muͤr. Au reste, soit qu'il plaise aux naturalistes de confondre l'oiseau de paradis de cet article avec lespece du précédent, soit qu'ils ne veuillent le considérer que comme une variété de climat, il est nécessaire, je crois, de le distinguer, puisque la nature semble avoir voulu séparer ces oiseaux en leur donnant des attributs différents par la taille et les cou- leurs, et que ces attributs distinctifs sont constants et permanents, comme nous lavons vérifié dans plus de cent cinquante individus des deux especes que nous avons comparés. Nous avons déja observé, d'après le témoignage de Clusius et d'Hotton Helbigius, que ces oiseaux n'habitent pas le même pays, et qu'on ne les rencontre jamais ensemble; raison de plus pour croire qu'ils forment deux especes bien distinctes. II ne nous reste donc qu'à faire voir leur différence par la description. Le petit oiseau de paradis émeraude n'a que dix pouces de longueur, mesuré de la pointe du bec à T'extrémité de la queue; sa masse totale est d'un tiers à peu près moins considérable que celle de l'espece précé- dente; gvec lec ztablit: jes mes quelles wont I Le! milieu mais i génera de tre flancs, notre divers- plus sépar- d'un oisea beau term un b couv lieu plastt la pa est al lätre. de pa d'une seapu de ch recou de Pa brune cou. d 9ö brun de!: bece grane eelles (e ports on veut, de climat, ne e ou grande 1 doute que femelle, ne e, car nous st un jeune sil est une e, porte la ppuyée sur s Tobserva- particulier, nous avons mmencoit à Toiseau de ne veuillent cessaire, je séparer ces et les cou- nts, comme des deux et d' Hotton luon ne les rils forment re voir leur le longueuf, masse totale spece précè- DES OISEAUX DE PARADIS. 19 dente; c'est-à-dire, qu'il est approchant du volume de notre geai commun, avec lequel on pourroit le comparer. Ce dernier mode de comparaison établit mème des rapports moins incertains et plus faciles à saisir que les mesures, quelqu'exactes qu'on puisse les supposer d'ailleurs, parce- qu'elles varient comme tous les individus de chaque espece, qui jamais n'ont précisément la mèême taille. Le petit, comme le grand oiseau de paradis émeraude, porte, sur le milieu de la queue, deux filets de la mèême nature et de la mème forme; mais ils sont, proportions spécifiques à part, ainsi que je l'ai observé, généralement plus courts, car ils ne dépassent pas, ou ne dépassent que de très peu les plus grandes plumes subalaires, qui ornent aussi ses flancs, et auxquelles on peut appliquer tout ce que nous avons dit dans notre premier article sur leur transparence, leur nombre, leurs formes diverses, et la maniere dont elles sont implantées à travers la peau. Les plus grandes, et toutes celles de ces plumes qui sont à barbes touffues, séparées, transparentes, et terminées en de longs filets chevelus, sont d'un beau bplanc, tandis qu'elles sont brunes dans l'espece du grand oiseau de paradis émeraude; les secondaires, à barbes lisses, sont d'un beau jaune lustré; et les dernieres, de mèême couleur que celles-ci, se terminent en pointes d'un pourpre éclatant. Les plumes du front forment un bandeau d'un vert d'émeraude, qui, passant entre le bec et les yeux, couvre la gorge et le devant du cou sur lequel il descend; mais, au lieu de s'élargir au bas, et de se terminer circulairement en forme de plastron, il se rétrécit, au contraire, et se partage en deux pointes vers la partie inférieure du cou. La couleur de toutes les plumes de cette partie est aussi d'un riche vert d'émeraude, et celle de leur duvet d'un brun vio- lätre. Le dessus de la tête, les côtés, et le derriere du cou, sont d'un jaune de paille glacé, plus brillant sur les parties basses. Le mème jaune, nuancé d'une légere teinte brunaâtre, colore toutes les plumes du manteau, des scapulaires, et du dos, jusqu'au croupion, ouù elles reprennent du brun de chataigne pur, qui est la couleur de la queue et des plumes de recouvrements supérieurs de celle-ci. Les petites couvertures du poignet de l'aile sont d'un brun richement nué de jaune; les plus grandes sont brunes et largement frangées du même jaune paille que le derriere du cou. Le bas du devant du cou, la poitrine, le ventre, le dessous de la queue, en un mot toutes les plumes du dessous du corps, sont d'un brun clair uniforme qui approche de la couleur de la canelle. Les pennes de l'aile sont d'un brun plus foncé, semblable à celui de la queue. Le bec et les pieds, qui ont absolument les méêmes caracteres que dans le grand oiseau de paradis émeraude, ont aussi leurs couleurs semblables à celles de ces parties dans le même oiseau. Cette description doit suffire au lecteur pour lui faire établir les rap- ports et les différences qui se trouvent entre le grand et le petit oiseau 1 4 8 1 1 t 3 3 3 2 4 1 3 1 8 “ 3 . 4 1 4 ſI 8 I 1 4 8 3 4 1 1 1 4 3 4 6* 3 1 4½ ¹ . 3 5 i1 4 71 3 B 4 4 1 83 1 4 8 Ee 20 HISTOIRE NATUÜRELLE de paradis émeraude: en jetant d'ailleurs un coup-d œil de comparaison sur les figures très exactes que nous en avons données, 1l se mettra à meme de fixer son opinion sur l'identité ou la diversité d'espece de ces deux oiseaux. ⸗ 1„*.„— 9„ 1 8— 3 L'individu que je viens de décrire, et que Jai figuré, fait partie de ma collection. comparaigon l 8e mettra 1 espece de ces bait partie qe ——— ——— — — — ——— X½△ — — — ——— — — An wererEmen ——— , 85 5 8 S * 16ε 44½ 88 rg⸗ 138596 1 SD SA7dSene 8 162985b e — 9 — 3 2 l Wüce waucht: . —— —— 4—. 1 — 3 G 4 2—— ——, ——— 4 ⸗ ———— . 4 ℳ 4 4ℳ 2 2 4 4 ℳ 4 8 . 2 5 3 . 13 . 5 X . . 3 . DES OISEAUX DE PARADIS. LE PETIT OISEAU DE PARADIS EMERAUDE, FEMELLE. (N 5.) Ex comparant la femelle du petit oiseau de paradis émeraude avec son mäle, on trouvera non seulement entre eux les mèêmes rapports que ceux qui se font remarquer entre les individus des deux sexes dans le grand, mais on appercevra facilement encore que, quoique les femelles des deux especes aient aussi entre elles beaucoup de traits de ressemblance, elles different cependant autant l'une de l'autre, que les maàles de cha- cune delles different entre eux: il semble mèême, à cet égard, que la nature, tout en rapprochant ces deux sortes d'oiseaux de paradis, n'ait pas voulu les confondre pour cela, puisqu'elle a pris soin de leur con- server à chacun en particulier des traits caractéristiques qui en fissent toujours reconnoitre tous les individus, soit dans les sexes, soit dans les divers âges. Nous avons vu que le grand oiseau de paradis émeraude avoit toutes les couvertures de ses ailes, les scapulaires et le dos, d'un brun de chataigne uniforme; que la femelle conservoit cette couleur, et que les jeunes maàles l'avoient aussi sur les mêmes parties. Nous avons également observé que le petit oiseau de paradis mäale différoit spéciſiquement du maàle de la grande espece par la couleur jaune qui frange toutes les grandes couvertures de ses ailes, qui colore son manteau, et qui se répand jusque sur le poignet; eh bien! nous retrouvons ici la même analogie entre les deux sexes de la petite espece; car la femelle, dont il est question dans cet article, a aussi conservé la couleur jaune de paille du male sur le manteau, les scapulaires, le poignet, et les bordures des grandes couvertures des ailes: mais elle a de plus, comme lui, le sommet de la téête, tout le derriere du cou, jaunes, et le front ceint d'un bandeau vert qui, passant entre le bec et l'œil, couvre la gorge et le devant du cou, tandis que tout le dessous du corps, c'est-à-dire la poitrine, les flancs, le ventre, les couvertures du dessous de la queue, et les plumes des jambes, sont d'un blanc pur: elle n'a point de plumes subalaires, ni de filets à la queue; les pennes des ailes et de la queue sont d'un brun de chataigne; les pieds, d'un brun roux; le bec est bleuàtre à sa base, et jaune vers la pointe. 6 “ ö HISTOIRE NATURELLE Quoique j'aie donné cet individu(qui fait partie de ma collection) pour une femelle, j'avoue qu'il pourroit bien aussi se faire qu'il fut un jeune mäle dans le second àge, d'autant plus que j ai en ma possession un autre individu un peu plus différent encore du mäle adulte, en ce le dessus de sa tête, le derriere du cou, ainsi que le front et la gorge, sont brundtres; étant d'ailleurs en tout semblable à Tautre par ses ca— racteres, les franges jaunes des couvertures de ses ailes, et son dos jaune, il ne peut y avoir aucun doute qu'iil n'appartienne à la mèême espece; mais la nature cotonneuse de ses plumes annonce absolument dans cet individu létat de l'enfance, et qu'il n'avoit pas encore quitté sa premiere robe. Nous nous trouvons donc, à l'égard de la femelle de ce petit oiseau de paradis, dans une sorte d'incertitude de savoir si, adulte, elle a le front et la gorge verts comme le male, ou si elle les a seulement bruns comme dans le jeune àâge. Quant au jeune oiseau dont nous venons de faire mention, nous avons pensé qu'il étoit inutile d'en donner une figure, puisqu'il sera facile d'en saisir Pensemble en comparant sa description aux deux figures de la méme espece que nous avons publiées. Je finirai cet article en observant que le jaune des plumes subalaires du petit oiseau de paradis émeraude, mäle, s'efface très promptement aussi dans nos collections, lorsqu'on n'a pas le soin de les préserver des atteintes d'un jour tres vif. 22 que — ——————— a facile qen gures de la s subalaires romptement réserver des — 3* 4 3 8— 4 4— ͤ 68 4 8 8 . 8 5 4 A— 8 3 1 8 8 4 3—— 8 4 8 2 K 3 3.— 1 4 4 2 8— 8——— 4 4 4— — ———y— —— — —— 2 n ₰ . A 8 * A VVW . 7 1 1 1 2 , eue.E 7 . S oe. 2. Se, ele e 28* 4 7 N, en 338 e7 Sie f 292 8 IIe,S10 esed leeeza Wr . . 3 . 3( Zumnn. nait, Itic , ſh ft. Sogonete e Zaegflbten. 22 f 103 8 4 a 4 4 1— 1 3 1— 8 2 A 6 8 4 4 r. — 3 4. 2 4 6 84 — 2. 1 2 4* 8 —.— 7——* 4 1„ 2———.——* 4— 5 ——„* ———— 4 4 4— ———.—— ——] DES OISEAUX DE PARADIS. 23 A A—————-nBõ————————— L'OISEAU DE PARADIS ROUCGE. (N' 6.) Lr rouge est en effet la couleur dominante des plumes subalaires de cette magnifique et rare espece; mais c'est un rouge brillant, sur lequel éclate une riche teinte de pourpre velouté, qui se fonce ou s'éclaircit suivant les divers aspects. Nous lui avons laissé le nom d'oiseau de paradis rouge(paradisea rubra) que lui a appliqué M. Lacépede dans la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris, où elle figure aujourd'hui. L'in- dividu qu'on y voit faisoit autrefois partie du précieux cabinet du prince d'Orange, à qui on l'avoit adressé des Moluques, mais sans indication précise du lieu qu'il habite le plus particulièrement; et quoique depuis plus de quinze ans il eùt été déposé dans ce cabinet, où je le vis à mon retour d'Afrique, aucun naturaliste, que je sache, n'en avoit encore parlé: Daudin est le seul qui, il n'y a pas long-temps, en ait donné une courte description dans son traité élémentaire et complet d'Ornithologie, sous le mèême nom d'oiseau de paradis rouge, que nous lui conservons. Indépendamment des plumes subalaires rouges qui en ornent les flancs, cet oiseau a des attributs qui lui sont propres, et qui, malgré beaucoup de traits de ressemblance, le distinguent essentiellement des deux autres especes d'oiseaux de paradis dont nous avons déja parlé. Ces attributs caractéristiques d'une troisieme espece consistent d'abord dans la nature, la forme et la couleur des deux filets de la queue; puis en deux bouquets de plumes qui, s'élevant un peu de chaque côté de la téte, figurent deux especes de cornes à-peu-près semblables à celles que notre faisan commun, et le grebe cornu(ainsi nommé par allusion) portent, le premier sur le front, celui-ci sur le derriere de la téte. L'oiseau de paradis rouge se rapproche des deux autres par la forme et la couleur du bec, par les couleurs et la nature des plumes du front et de la gorge, enfin par la couleur du derriere du cou, de la queue et du dessous du corps. Nous ne parlerons ni des ailes, ni des pieds, par la raison que le seul individu que nous ayons vu, ayant été préparé et mutilé par les sauvages, ces parties avoient été arrachées suivant l'usage: nous avons cru cependant devoir les ajouter dans la figure que nous avons publiée, et nous pensons même ne nous étre pas trompés de —— — 24 HISTOIRE NATURELLE beaucoup dans la représentation que nous en avons fait faire, puisqu'il est très probable que, d'après tous les rapports qui se trouvent entre cette espece et les deux autres, elles doivent encore se ressembler Par la conformation des pieds: quant aux ailes, la couleur de la queue indique assez que la nuance doit aussi ètre la même; dailleurs deux ou trois des dernieres pennes de l'une des ailes, qui étoient restées attachées à leurs places, et qui sont du mème brun que la queue, prouveroient que les autres sont, à peu de chose près, de la même couleur. Du reste nous estimons que, dans son état parfait, l'oiseau de paradis rouge n'est qu'un peu moins fort que le petit oiseau de paradis émeraude, quoique, d'après Tindividu que nous avons vu, il paroisse au moins de moitié moins gros: car il en a été de cet individu comme de tous ceux qui ont été desséchés par les insulaires, je veux dire que la peau en a été racornie et sensi- blement rétrécie, et qu'on n'a pu le préparer de maniere à lui rendre sa grandeur naturelle. Les plumes du front et du dessus de la téte, celles de la face, de la gorge, et du devant du cou, sont du méême vert émeraude que les plumes de ces parties dans les deux autres especes, mais plus longues sur la téte, et formant deux petits bouquets saillants au-dessus des yeux. Il est bon d'observer ici que les plumes de ces par- ties sont tellement pressées les unes sur les autres, qu'elles prennent par cette position apparence de ce velours naturel qu'on a prèté à tous les oiseaux de paradis généralement, mais qui, ainsi que nous lavons dit ailleurs, n'a plus lieu lorsqu'elles sont écartées et replacées dans l'ordre qu'elles avoient naturellement. Il pourroit donc bien se faire aussi que ces deux petites touffes de plumes qui présentent deux cornes ne dussent leur redressement qu'au racornissement de la peau; car il est facile de voir que le cräne n'est pas conservé, et que la tèête rabougrie est beaucoup trop petite. Les plumes du derriere de la tete et du cou, le haut de la poitrine, le manteau, et toutes les couvertures des ailes, sont d'un jaune de paille; celles du dos, le croupion, et les couvertures supérieures de la queue, sont d'un jaune bruni, tandis que le bas de la poitrine est d'un brun canelle foncé. Les plumes du dessous du corps, celles qui couvrent les jambes et les pennes de la queue, sont d'un brun plus clair que celui de la poitrine. à La queue, qui est composée de dix pennes à-peu-près égales entre elles, porte sur son milieu deux filets nuds, creusés en gouttiere, et qui, sortant du croupion ou ils sont réunis sur une méme tige, se séparent ensuite en passant, lun d'un côté, l'autre de l'autre de la queue, et se prolongeant beaucoup au-delà des plus grandes subalaires; car ils ont dix-neuf pouces de longueur. Ces filets sont d'une nature de corne, et d'un noir luisant: les plumes subalaires, très nombreuses, et de grandeur inégale, sont implantées sur les flancs, et se jettent toutes par derriere, en se courbant en dedans: les plus grandes ont un pied de long; celles- q'oiseau de serVir oique, daprès e moins gros: été desséchés ornie et sensi- 2à lui rendre as de la tete, du méme vert autres especes, quets saillants es de ces par- elles prennent a prêèté à tous ous Pavons dit s dans Pordre aussi que ces ne dussent leur facile de voir est beaucoup le haut de la ont d'uun jaune supérieures de la poitrine est ps, celles qui pun plus clair 5 égales entre nttiere, et qui, e, se séparent 4 queue; et se s; car ils ont e de corne, et et de grandeu z par derriere, . zelles- Je long; celle DES OISEAUX DE PARADIS. 25 ci sont de couleur rouge de pourpre jusqu'aux trois quarts de leur lon- gueur, et terminées par un bout blanc dont toutes les barbes sont très espacées.(Voyez la fig. K de notre planche no 3.) Les suivantes sont en entier d'un pourpre éclatant, ainsi que les plus petites, qui ont le luisant de la soie.(Voyez la fig. I de la planche ibid.) Nous m'avons rien à ajouter à ces détails purement descriptifs, m'ayant aucun renseignement sur les mœurs et les habitudes de cette belle espece d'oiseau de paradis, dont au reste je n'ai vu que le seul individu qui vient de servir à cet article. 7 26 HISTOIRF NATURELLE LE MANUCODE. (N 7.) S1 l'on vouloit n'avofr égard qu'aux caracteres que les méthodistes ont donnés en général à tous les oiseaux quils ont nommés oiseaux de paradis, non seulement celui de cet article, mais aucun de ceux dont il nous reste à parler ne pourroit être considéré comme tel, attendu qu'ils different tous par des caracteres essentiels des trois premiers que * 7* nous avons décrits, et même tellement entre eux qu on peut hardiment leur assigner à chacun un genre particulier; car ils n'ont les uns avec les autres d'autre analogie que celle d'ètre tous également et extraordi- nairement parés, et pourvus de cette surabondance de plumes que la nature semble s'étre plue à prodiguer en faveur de quelques especes dans plusieurs genres d'oiseaux. Il eùt été plus naturel, ce me semble, que les naturalistes à arrangements systématiques eussent compris dans un ordre tous les oiseaux à plumes de parade, c-est-à-dire toutes les especes que la nature a pourvues de plumes surabondantes, et auxquelles elle a donné la faculté de les étaler pour s'en faire un ornement; il leur eùt suffi d'ad- mettre pour caracteres essentiels la surabondance des plumes, et la faculté de s'en parer en les étalant d'une maniere quelconque. Dans cet ordre seroit alors entré le paon, qui, de tous les oiseaux extraordinairement parés, est sans contredit le plus magnifique; y seroient encore entrés, dans le genre des faisans, le tricolor de la Chine, qui étale sa fraise autour de sa téête; dans le genre des hérons, la grande et la petite aigrettes, qui forment, comme le paon avec ses plumes dorsales, une roue avec les longs filets de leur dos; dans le genre des courlis, cette belle espece afri- caine dont tout le dos est couvert de très longues plumes effilées, d'un bleu bronzé, et qu'elle releve aussi; dans le genre des canards, la sarcelle de la Chine, qui porte deux plumes en éventail sur le dos; enfin, dans le genre mème des plus petits oiseaux, l'oiseau-mouche, dit le huppe-col, dont les plumes longues et étroites des deux côtés de la tèête représentent si bien la parure par où se distingue Tespece d'oiseau de paradis sur- nommée le sifilet, et qui elle-mèême n'est qu'un geai paré d'une maniere particuliere, comme Toiseau de paradis dit le superbe n'est qu'un trou- Piale, oiseau de paradis noir qu'une pie, et l'oiseau de paradis orange 1 ee. 1** & S 3 . 5, 7 . Sr a 2 2 Gaene ſa Dnr— 4—————.———— 3 qud parac On . une!: hone eu ꝗ de c- hoba exen de p de p quon différ d'oise nom natu entr quei le ne carac d'oise parlé paré de pa confo les co Cest⸗ natul existe veno est, nomi qu'en coôtés —— ———— “ ‧ DES OISEAUX DE PARADIS. 27 qu un loriot, et non un rollier, quoique Buffon l'ait nommé rollier de paradis. On auroit donc pu, comme je Tai dit, réunir tous ces oiseaux sous une seule série; et puisqu'iil falloit un nom qui tint à la superstition pour expliquer l'histoire fabuleuse de certains de ces oiseaux, on m'eunt eu qu'à conserver le nom de paradis, avec l'attention de le faire précéder de celui du genre de chacune des especes à placer dans la série. Le hobara, qui se distingue des autres outardes par sa belle fraise, par exemple, se seroit nommé outarde de paradis; le faisan tricolor, faisan de paradis, etc. etc.; le superbe lui-mème eùt été nommé le troupiale de paradis. Cette maniere de procéder eùt été d'autant plus préférable qu'on n'auroit pas vu alors figurer dans un même genre des oiseaux aussi différents que le sont entre eux la plupart de ceux connus sous le nom d'iseaux de paradis; car chaque espece eùũt du moins alors porté le nom du genre auquel elle appartient. Nous voyons même que beaucoup de naturalistes ont eu une certaine propension à Tadopter cette maniere: Seba, entre autres, a donné le nom d'oiseaux de paradis à une perruche à longue queue, ainsi qu'au martin-péècheur de Ternate; Linnée encore a donné le nom de pie de paradis à un gobe-mouche huppé et à longue queue, caracteres qui n'ont cependant rien de fort remarquable dans ces sortes d'oiseaux, très éloignés, pour le luxe de parure, de ceux dont nous avons parlé plus haut, et dont chacun, quoique d'un genre différent, se trouve paré d'une maniere tout aussi extraordinaire que le sont les oiseaux de paradis proprement dits, mais qui ne peuvent pas plus pour cela éêtre confondus dans un seul et mèême genre d'oiseaux, qu'il seroit possible de les confondre avec tant d'autres qui ne leur cedent pas en magnificence, c—'est-à-dire avec les especes dans tant d'autres genres qu'il a plu à la nature d'embellir d'une maniere plus ou moins extraordinaire; car elles existent ces especes privilégiées non seulement chez les oiseaux dont nous venons de nommer une partie, mais mème parmi les quadrupedes: telle est, par exemple, l'espece de la gazelle du cap de Bonne-Espérance, nommée par les colons africains pronke-boc(bouc qui se pare), parce- qu'en effet elle a la faculté de parer sa croupe en renversant sur les côtés tous les poils roux qui la couvrent, pour ne laisser paroitre que les poils blancs comme neige qui sont par-dessous; tout le train de der- riere se trouvant alors d'une blancheur éblouissante, de roux qu'il étoit dans son état naturel. En décrivant la suite de tous les oiseaux connus sous la dénomination vulgaire d'oiseaux de paradis, nous établirons donc avec la plus sévere exactitude les caracteres propres à chacun d'eux en particulier; et nous croirons ainsi avoir atteint le seul but que nous nous soyons proposé en écrivant Thistoire des oiseaux, celui de faire connoitre d'une maniere précise les especes. Les méthodes offrent, à la vérité, une perspective 8= . 3— 2 2 ⸗ 8 4 8— ———,——— A——.—— —— 3—.——— 3— 28 HISTOIRE NATURELLEFE plus brillante, et font une réputation de sciences bien plus élevée; elles ouvrent aussi à la gloire un chemin plus facile, et menent enfin à la fortune, que ne dédaignent pas toujours certains Sananes Li modestes 1 6 1„ G haut lestineé.. 1 18 dans nos prétentions, nous nenvions pas uneé s81 haute destinée: nous ferions cependant aussi une méthode telle quelle; mais, comme nous pensons que pour ne pas faire un assemblage monstrueux de parties .„— 6 9 A„ 9 3 incohérentes, il est avant tout utile, absolument nécessaire même de bien connoitre les différentes parties qui doivent composer un tout, nous fini- Trons peut-ètre par ou tant d'autres ont commencé, Nos descriptions et les figures que nous publierons des oiseaux de paradis seront d'autant plus préférables à toutes celles qu'on en a données jusqu'à ce jour, qu'elles ont été faites du moins sur des individus par- faits, et non mutilés par les sauvages; car il en est des oiseaux de paradis dont il nous reste à parler comme de ceux que nous avons déja fait connottre, c'est-à-dire que nous les recevions autrefois tout préparés d'une meme maniere, et desséchés au four: aussi les naturalistes n'ontils pas manqué de leur donner à tous pour caracteres génériques une très petite téte, et des yeux à peine visibles; ce qui, comme on l'a vu et comme on le verra encore, est loin de la vérité; car on eùt trouvé les mêmes carac- teres à tous oiseaux quelconques préparés de cette maniere: nous en avons même déja dit les raisons quelque part. Le manucode n'a donc de commun avec les grandes especes d'oiseaux de paradis dont nous avons déja parlé que les deux filets de la queue; encore en differe-t-il sous ce rapport en ce que les deux filets n'ont ici de barbes qu'à leurs pointes du côté intérieur de la tige seulement, et que chacun de ces bouts se contournant sur lui-même forme une papillote qui laisse un petit vuide dans son intérieur. Ces deux filets, dont un est représenté à part et déroulé, fig. A, planche 11, se trouvent implantés sur le milieu de la queue, et se croisent d'abord, celui de droite s'étendant à gauche, et celui de gauche à droite, en se courbant un peu l'un vers Tautre: ils sont absolument nuds, si l'on excepte leur petite boucle, et quelques barbes qui les garnissent à leur naissance; leur longueur est de six pouces. Un autre caractere très saillant dans cette petite espece, c'est qu'elle a de chaque côté de la poitrine, directement au-dessous du poignet de Taile, un petit faisceau composé d'une vingtaine de plumes, dont sept plus apparentes sont aussi plus grandes et plus largement barbées: dans l'état de repos elles s'appliquent toutes les unes sur les autres, se serrent sur les flancs; mais, dans T'action, l'oiseau a la faculté de les relever et de les déployer en éventail pour sen parer, ce qui lui fait alors des especes de nageoires. Ces plumes different absolument des subalaires des premieres especes que nous avons déja fait connoitre, car elles sont non seulement beaucoup plus courtes, mais d'une forme différente, et bien moins nombreuses: six à sept plus petites plumes effilées garnissent sur 3“ le haut zemblen plables: liges de montro. zur la Le I pase du mais el pennés excepte dessoOus la plup elles se tarsess crochu entre! den de un peu vers la capable du bec partie;“ sur laqi ment u base de peiit es sont tre de long longuen Laile a treize à lignes; que celi espace présent même Pays ne troupea cette es des ois habite „ chose d vons deéja fait préparés d'une es n'ont-iès pas une très petite net comme on mémes carae- ſere: nous en s Goiseaux de Jueue; encore de barbes quaà chacun de ces laisse un petit drésenté a part wle milieu de t à gauche, et ers autre: ils e, et quelques de six pouces. c'est qu'elle a lu poignet de es, dont sept barbées: dans ees, se serrent les relever et fait alors des Szubalaires des Lelles sont non- grente, et bien garnissent sut DES OISEAUX DE PARADIS. 29 le haut de la poitrine le pied de ces premieres plumes de parure, et semblent faites pour en cacher les tiges; on en remarque aussi de sem- blables au pied de la derniere. Nous avons mème remarqué que toutes les tiges de ces plumes d'ornement perçoient la peau de T'oiseau, et qu'elles se montroient toutes à découvert en dedans; ce qui ne laisse aucun doute sur la faculté qu'il a de les redresser à volonté. Le manucode a les narines tellement couvertes par les plumes de la base du bec, qu'on ne les apperçoit pas du tout. La queue est très courte, mais en revanche les ailes sont fort longues, et sur-tout très amples: les pennes de celles-ci sont à-peu-près toutes de la méeme longueur, si lon en excepte les deux premieres qui se trouvent étagées et très cambrées en- dessous, forme singuliere qui rend les ailes fort différentes de celles de la plupart des oiseaux en général, en ce qu'au lieu d'etre pointues, elles se terminent ici à-peu-près carrément comme une queue. Les tarses sont longs, gréles, lisses et sans écailles. Les doigts, à grands ongles crochus, sont réunis à leur base; mais cette adhérence est plus sensible entre le doigt extérieur et celui du milieu qu'entre ce dernier et celui d'en dedans. Le bec est long de sept lignes: la mandibule supérieure est un peu arquée; Tinférieure est droite, si ce n'est qu'elle se releve un peu vers la pointe, ce qui donne de la force au bec fermé, et rend l'oiseau capable de pincer fortement. Les narines, placées en long sur les côtés du bec, sont plus que recouvertes par les plumes poileuses de cette partie; car celles-ci occupent plus de la moitié de la mandibule supérieure, sur laquelle elles sont implantées perpendiculairement, et ouù elles for- ment une espece de panne ou de velours läche à très longs poils. Sur la base de la mandibule inférieure on remarque aussi de chaque côté un petit espace angulaire, couvert de très petites plumes. La téte et les yeux sont très bien en proportion. Quant à la taille de l'oiseau: six pouces de long, y compris la queue, qui n'a que dix-sept à dix-huit lignes de longueur, et qui est composée de dix pennes égales, plus les deux filets. Laile a quatre pouces et demi de longueur, et vingtune pennes; tarses, treize à quatorze lignes; doigt du milieu, l'ongle y compris, huit à neuf lignes; celui de derriere, dont l'ongle est le plus grand, même dimension que celui du milieu: de sorte que le pied occupe dans son étendue un espace beaucoup plus long que ne l'est le tarse. En masse le manucode présente des rapports étonnants avec plusieurs étourneaux; je ne serois même point surpris d'apprendre qu'iil en eùt les mœurs, que dans son pays natal il en remplit les fonctions, et que comme eux il suivit les troupeaux d'animaux sauvages ou domestiques. Nous savons déja que cette espece vit en troupe, ce que prouve irrésistiblement le nom de roi des oiseaux de paradis que lui ont donné les naturels du pays qu'elle habite, sans cependant qu'il y ait dans cette prétendue royauté autre chose de réel pour le manucode que d'en illustrer Torigine; car la même 8 f 30 HISTOIRE NATURELLE chose a lieu à légard de tous les oiseaux qui rivent en troupe, c'est-à- dire qu'il arrive souvent qu'un de ces oiseaux s'étant éecarté de sa bande par des causes quelconques, et ne la retrouvant plus, se réunit à celle d'une autre espece, et que, voyageant avec elle toute une saison, il y reste attaché, lors sur-tout qu'il se trouve transporté dans un pays ou dans un canton ordinairement inhabité par les siens. Ceci explique natu- rellement comment il se fait qu'il arrive quelquefois et tout Aà-coup dans un pays des oiseaux qu'on n'y avoit jamais vus: c'est ainsi qu'il y a deux ans on vit arriver au jardin des Plantes, parmi d'autres oiseaux, une petite troupe de becs croisés qu'on sait ne point se trouver ordinairement dans ce pays-ci. Or ces sortes de nouveaux venus dans un pays avec une bande d'une espece qui n'est pas la leur ont, pour Tordinaire, des habitudes, des mœurs, une maniere de se nourrir, le vol, et sur-tout les allures dif- férentes de ceux de leurs compagnons; ils ne peuvent donc participer à toutes les actions de ces derniers; ils conservent même toujours au milieu d'eux un air étranger, et se tiennent toujours un peu à l'écart de la bande, ce qui les fait paroitre en effet la commander et en diriger les actions: de là la dénomination vulgaire de roi de tels ou tels oiseaux, parmi lesquels se trouvent ces étrangers à l'espece à laquelle ils se sont réunis après avoir perdu leur propre bande. Gest encore ainsi que j'ai vu, l'année derniere, aux environs de Sezanne, dans la Brie, nommer roi des étourneaux une litorne qui se trouvoit seule dans une troupe de ces oiseaux, qu'elle avoit effectivement l'air de présider, ne pouvant les suivre dans leur vol, ni en imiter les évolutions tournoyantes. Aux environs du cap de Bonne-Espérance, la veuve-dominicaine(dont Tespece vit en troupe comme celle des bengalis ou des senegalis, qui y sont de pas- sage, et qu'on y nomme indistinctement roye- beckies, becs- rouges) ne porte pas d'autre nom que celui de roi des becs-rouges(Koning de roye-bechies), c'est qu'après avoir perdu sa bande, et s'tre associée à quelque troupe de bengalis ou de senegalis, telle de ces petites veuves arrive aux environs du cap avec ces derniers, sur lesquels les irrégu— larités de son vol, causées par l'extréème longueur de sa queue, ses allures particulieres, les couleurs et les attributs propres de son espece, donnent cet air de supériorité dont nous avons parlé plus haut. II est donc très probable que le manucode dont il est question dans cet article se trouve quelquefois et pour les mêmes raisons voyageant avec des bandes de Tespece de Toiseau de paradis émeraude, dont on le fait roi; mais que ses titres à cette qualité ne sont pas mieux fondés que ceux de la litorne, de la veuve-dominicaine, et de tant d'autres dont je ne ferai pas ici une inutile énumération. Ceci prouve au surplus que Pespece de l'oiseau de paradis émeraude vit en troupe aussi-bien que celle du manucode; car ces sortes d'associations d'un oiseau à la bande d'une espece à laquelle il est étranger ne sauroient avoir lieu qu'entre especes vivant ainsi. Cela rouver commu- paradis cette es des ba recevr Lal avons connueé des peu cependk ParolsS vrais, C peu d. peuple extra0 trouvé simple mises Il est s pas mie Aprê en déc! téte, c- de la qui, ti enfin s tures 8 en un certain parfaite quila Toutes pourpr celles roux e remen 80n ey une be bord! queue entière iei tres uhlch natu- a-. quil 8 dns Wux, une enl pettte aurement dans fec une bande es habitudes, les allures diſ- dne partieiper ie touſours au heu à lécart de en diriger les tels oiseaux, le ils se sont ainsi que jai , nommer roi troupe de ces rant les suivre X environs du espece vit en sont de pas- becs- rouges) es(oning de btre associée Setites veuves s les irrégu- queue, Ses son espece, haut. Il est s cet article e des bandes oi; mais què de la litorne, i pas ici une Je Toiseau de anucode; car dCe 2 laquelle t ainsi. Cela DES OISEAUX DE PARADPDIS. 31 prouveroit encore, ce me semble, que le manucode ne se trouve pas communément dans les cantons de la Nouvelle-Guinée qu'habite le paradis émeraude; car, sil se trouvoit dans ces contrées des bandes de cette espece, il est certain que ceux de ses individus qui y arrivent avec des bandes étrangeres sy réuniroient bientot aux leurs propres, et n'y recevroient par conséquent Pas le nom de rois d'autres especes. La réunion en société de ces sortes d'oiseaux est donc ce que nous avons de plus positif sur leurs habitudes: leur histoire est en général peu connue, les voyageurs s'étant contentés de nous transmeittre les fables des peuples à leur égard, sans en rechercher les causes, qu'il ne seroit cependant pas indifférent de connoitre, car, toutes ridicules qu'elles paroissent d'abord, ces fables tirent toujours leur origine de quelques faits vrais, qu'il est souvent aisé de découvrir et mème d'approfondir avec un peu dattention. Jai quelquefois trouvé dans mes voyages chez divers peuples des idées et des histoires sur les animaux, en apparence très extraordinaires, mais que je finissois, en remontant à leur source, par trouver fort naturelles. Que de choses ne trouverions-nous pas tout aussi simples dans l'histoire même des peuples, si ceux qui nous les ont trans- mises eussent pris la peine den chercher les raisons primitives! Mais il est si facile de se retrancher sur le merveilleux! et d'ailleurs n'est-ce pas mieux s'accommoder au gouùt barbare de la plupart de ses lecteurs? Apreés avoir établi les caracteres spécifiques du manucode, nous allons en décrire les couleurs: toutes les plumes de la partie supérieure de la téte, celles du front, ainsi que celles qui revêtent presque les deux tiers de la mandibule supérieure, sont fines, soyeuses, et d'un rouge jaunâtre qui, tirant toujours un peu plus sur le rouge sur Tocciput, se change enfin sur le derriere du cou, le manteau, les scapulaires, les couver- tures supérieures des ailes, le croupion, et les dernieres pennes alaires, en un pourpre vif des plus éclatants. Ces dernieres parties se glacent, à certain jour, d'un luisant particulier qui les fait paroitre vernies, et qu'a parfaitement rendu le citoyen Baraban par le moyen d'un glacé d'argent qu'il a employé dans le dessin magnifique et vrai qu'il a fait de cet oiseau. Toutes les parties visibles des pennes des ailes ployées sont du mèême pourpre, mais d'un ton moins prononcé et moins brillant que le dos; celles cachées ont leur dessus brunàâtre; et le dessous de Taile est d'un roux clair. Les couvertures supérieures de la queue, qui la cachent entiè- rement, sont d'un mordoré éteint: cette derniere, coupée carrément à son extrémité, et composée de dix pennes, est d'un gris brunãtre avecC une bordure pourpre qui longe chacune de ses pennes en en suivant au bord les barbes extérieures. Les deux filets qui partent du milieu de la queue ont quelques barbes d'un roux clair à leur naissance, et sont entièrement nuds jusqu'à la boucle dont jai parlé: ces deux filets sont ici trêès déliés et brunâtres; la boucle qu'ils forment à leur extrémité est „ 34 HISTOIRE NATURELLE q'un verd brillant, et n'est point ornée, comme le dit Buffon, de miroirs semblables en petit à ceuæ diut Paon. Les plumes de la gorge, celles des côtés et du devant du cou sont d'un beau mordoré foncé, et comme velouté: les plus longues de ces plumes, qui bordent la poitrine, ont chacune à leur extrémité une bordure chamois, et directement au-dessous T'elles se dessine circulairement un plastron d'un verd sombre, qui ceint la poitrine d'une aile à Tautre. Ce plastron, qui dans son milieu a cinq à six lignes de largeur, se termine en pointe à chacune de ses extrémités. Les premieres plumes d'ornement prennent naissance précisément à lendroit de la poitrine qui répond au poignet de l'aile, lorsque celle-ci est appliquée au corps; les autres, plantées immédiatement les unes sous les autres, sont rangées en arc de cercle, et suivent le contour mème du plastron en sen éloignant toujours davantage à mesure qu'elles descen- dent: ces méêmes plumes, qui se terminent aussi en arc de cercle, sont d'un gris de souris uniforme jusque vers leur extrémité, où les plus grandes d'entre elles prennent chacune une large bordure d'un verd éme- raude des plus brillants, et séparé du gris du corps de ces plumes par une ligne chamois semblable à celle qui borde chacune des plumes de cette partie du cou qui touche au plastron verd: admirable effet de cette belle entente dans les oppositions, et qu'on trouve toujours dans les ou- vrages de la nature, mais que'art atteint bien rarement dans ses produc- tions! Les couvertures du dessous des ailes sont d'un blanc pur, ainsi que toutes les plumes du dessous du corps depuis le plastron verd jusqu'aux couvertures du dessous de la queue inclusivement. Le revers de la queue est gris. Le bec est jaune, et non blanc, comme le dit Buffon, dont la méprise, au reste, est ici très pardonnable, parcequ'en effet le bec de cette sorte d'oiseau blanchit totalement dans nos cabinets, comme y blan- chissent ou y jaunissent en général tous les becs naturellement jaunes ou rouges. Les ongles sont jaunàtres, et les pieds couleur de plomb. Nous ne connoissons pas la couleur des yeux, que couronne un sourcil noir et fin comme du velours, touchant au coin de Poœil, et s'élevant à mesure qu'il avance sur le devant. Nous observerons enfin que le duvet intérieur des plumes pourpres du dos est chamois; celui des plumes blanches gris; et celui des plumes de la gorge et du devant du cou gris- brun. Cette description, très détaillée sans doute, peut-ètre trop mème pour certaines gens qui n'y attacheront pas un grand intérèét, ne se rapporte pas entièrement, je l'avoue, à toutes celles qui ont été données du mèême oiseau; mais je ne garantis pas moins pour cela Pexactitude de la mienne, comme ayant été faite d'après un individu de ma collection parfaitement bien conservé, et vérifiée sur trois autres non moins beaux, bien dé- pouillés, et non mutilés par les sauvages: deux de ces derniers font partie du cabinet de M. Temminck, d'Amsterdam, à qui je dois celui que je possec aussi G I' n' Latins 1 n, de Miroirs Oa de, eelles des k et comme Poitrine, ont ent au-dessous *⁴ 4 Me qui ceint milieu a eine 88 extrémités Précisément à4 orsque celle-ci t es unes Sous our méme qu uelles descen- de cerele, sont 2, ou les Plus d'un verq éme- ees plumes par des plumes de e effet de cette s dans les ou- us ses produe- pur, ainsi que ferd jusqu aux ers de la queue uffon, dont la effet le bec de vomme)y blan- lement jaunes ur de plomb. ne un sourcil ot s'élevant à que le duvet des plumes du cou gris- b meme pour se rapporte nées du mème de la mienne, b parfaitement nux, bien dé- ers font partie celui queè je DES OISEAUX DE PARADIS. 33 9 possede; le troisieme appartient à mon ami M. Raye de Breukelerwaert, aussi d'Amsterdam. Il n'est presque pas de naturaliste qui n'ait parlé du manucode: les Latins Jont nommé manucodiiata reæ, reæ avium paradisearum, avis regia, les Anglais le nomment king of birds of paradise, les Hollandais koning van de paradys voogels, les Français manucode ou roi des oiseaux de paradis; et enfin les Indiens manucodiata, qui signifie, dit-on, oiseau de Dieu. 34 HISTOIRE NATURELILE „———— —An——N8˖— Gnnn—A——— -AiõöB=x* VARIETE DU MANUCODE. (N' 3.) Nous ne connoissons dans Tespece du manucode quune seule variété, dont même nous n'avons vu qu'un seul individu(celui dont il est ici question), qui, par tous ses caracteres de Jeunesse, nous a paru Etre un oiseau encore dans le premier àge; mais que toutes les formes des diffé- rentes parties du corps qui constituent Tespece, que cette physionomie que l'habitude rend familiere, et qui fait saisir au premier coup-d œil les rapports qui se trouvent entre des oiseaux d'une mèême espece, quoique par fois différents les uns des autres par les couleurs, que tout; en un mot, nous autorise à prendre pour un manucode varié par Täge, ou peut- étre même par le sexe; car si cet individu est en effet un jeune oiseau, comme j'en suis très persuadé, il n'y a pas de doute que la fe- melle ne lui ressemble à beaucoup d'égards, puisque tous les jeunes oiseaux en général, mèême les maàles, dans cet état ressemblent, à peu de chose près, aux femelles adultes; ce que nous avons observé tant de fois et sur un si grand nombre d'especes, que cette ressemblance nous paroit étre dans les lois générales de la nature, qui n'admet que peu ou mèême point d'exceptions; du moins n'en avons-nous encore trouvé aucune. Le lecteur, au reste, saisira facilement lui-méèême tous les rapports qui se trouvent entre Toiseau de cet article et celui du précédent, en en con- sultant les portraits, puisqu'ils lui présenteront mème forme de bec, mème coupe dailes et de queue, pieds semblables, base de bec garnie des mêmes plumes, même plastron, mèême touffe enfin de plumes de parure sur les côtés de la poitrine: mais il n'en sera pas tout-à-fait ainsi des couleurs. Dans notre variété le bec est brunâtre; les plumes de la base du bec, celles du front et du dessus de la tèête, sont d'un jaune foiblement roussi: ce jaune est un peu plus foncé sur Pocciput, et se fonce toujours davan- tage sur le derriere du cou et tout le dessus du corps, mais pour se changer ensuite en un bruni jaune d'or qui, après s'ètre répandu égale- ment sur les scapulaires, les couvertures supérieures des ailes, les bor- dures extérieures de leurs pennes et de celles de la queue, se ternit un peu sur le croupion et les couvertures du dessus de celle-ci. Ce que nous avons ici de plus particulier encore, c'est qu'en regardant l'oiseau de la à téte à la queue cette couleur d'or très luisante Paroit pure, et qu'en le *. — 5 anmalband häer L h. f— E Sll. N 62 * 2 5 e. HHe 5— 4. Kaen ae. DPo Wmoronerle de Zann⸗ Vour, 8— “ —— 4 anee cuch 6 8 “ 1 “ 4——2—9— Z.= 3 3 8., 3 8 2. .= 5— 5 S. 2 2 8 ₰ ᷣ 24 2 3 4 2 2 —,— 2 S 4 DES OISEAUX DE PARADPDIS. 35 regardant en sens contraire on y remarque des traits et des teintes de couleur absolument semblable à celle des mémes parties dans l'individu parfait. Le dessous des ailes et celui de la queue sont d'un brun jaunätre. Les plumes de parure, ou ce bouquet de plumes formé sur les côtés de la poitrine, sont entièrement grises, et portent toutes une légere bordure roussâtre; elles sont aussi plus étroites et moins longues que dans l'oiseau parfait. Les plumes de la gorge et celles du devant du cou sont mor- dorées, mais d'une nuance plus foible que dans le manucode parfait; et toutes sans exception portent à leur extrémité une bordure fauve plus marquée dans le bas que sur le haut. Les plumes du plastron, sur un fond brun, portent une bordure d'un verd sombre. Tout le reste du dessous du corps, et les couvertures du dessous de la queue, qui n'a pas de filets, sont d'un blanc qui se salit un peu de gris sur les flancs et le bas-ventre. Les couvertures du dessous des ailes sont d'un blanc gris, et les pieds bruns ainsi que les ongles. Cet individu fait partie de mon cabinet. — —— , HISTOIRE NKATURELLF LE MANUCODE A B0 UoUEI. 0 U LE MAGNIFIOUF. (N 9.) Or trouve, au premier aspect, à cet oiseau quelques rapports directs avec Tespece précédente dans les caracteres primordiaux qui constituent les facultés; mais il en differe par d'autres qui n'appartiennent qu'à lui: il a bien aussi les deux filets implantés sur le croupion au milieu de la queue, mais differents de ceux du manucode tant par leur nature que par leurs formes, et ne se dirigeant pas non plus de la mèême maniere que chez ce dernier. Ces deux filets, terminés en pointe, ont ici neuf pouces de longueur, et portent de courtes barbes coloriées du còôté exté- rieur seulement: se croisant d'abord, celui de droite se dirige à gauche, et celui de gauche à droite; puis ils se contournent extérieurement, et forment chacun un grand anneau dont T'extrémité vient presque re- toucher la queue: celle-ci n'est composée que de dix pennes d'égale dimen- sion; elle est aussi fort courte, n'ayant que quinze lignes de longueur: les ailes ployées n'en atteignent qu'à-peu-près le milieu. Les plumes de parure implantées sur la nuque, au lieu de l'ètre sur les flancs comme chez le manucode, sont en outre bien plus nombreuses ici que là, et y composent un faisceau ou bouquet: les plus grandes de ces plumes, formées en masse, et coupées carrément à leur extrémité, ont quinze lignes de longueur, et s'étendent jusque sur le dos. Voyez lettre b, planche II, une de ces plumes que nous avons fait représenter. On remarque encore et enfin une petite différence de forme entre le bec du magnifique et celui du manucode proprement dit; c'est que la mandibule supérieure a chez le premier un très petit crochet de chaque côté, et que Tinférieure y est plus droite que chez l'autre. Dans les deux, les narines sont bien couvertes de plumes, mais elles n'en sont pas dé- passées ici comme dans le manucode. Les pieds sont longs, gréles, sans écailles, et les doigts réunis à leurs bases absolument comme ceux de ce 1 . . 8 E „. Wes He 8 4 „H,, e 7 2 — ℳ 5 e ₰ ₰☚ — rzunn, 2 4 de Housset ea häuſ 1 —— ——— —4— —=ͤͤͤnn——— ——— 1 —————— ———————. — 2* 8 2. —————— ————— —————— 3— ————— 5——— ——————— ——— —,— gernier 'oiseau Qual quiis paruré qe bec de mo caracte manie! qailleu dans n coté de La mordo Les p étagée le plu plume pointe. cedent qui, 8, touche aussi 81 naätres lequel i et de le velouté celles de sert de les forn dessous sont du verd 80]1 ailes son vVertures lorsquel pennes presque zur la p hordures ou en bl. est, 80 Us déclat. DES OISEAUX DE PARADIS. 3 dernier: les ongles sont aussi fort crochus, et donnent sans doute à l'oiseau la faculté de se cramponner. Quant aux mœurs et aux habitudes de ces deux oiseaux, nous estimons qu'ils doivent les avoir communes. On sent en effet que des plumes de parure diversement placées, des filets plus ou moins longs, une base de bec plus ou moins garnie de plumes, un petit crochet de plus ou de moins à une mandibule, ne peuvent avoir aucune influence sur le caractere moral d'un oiseau quel qu'il soit, ni lui faire supposer une maniere d'ètre dans ses habitudes différente de celle d'un autre, siil regne d'ailleurs dans leur ensemble un accord tel que celui que nous trouvons dans nos deux especes, et qui nous a déterminé à les décrire lune à côté de Tautre. La téte, la face et la gorge du manucode à bouquet sont d'un brun mordoré, un peu plus foncé et plus luisant sur les parties supérieures. Les plumes d'ornement, qui prennent naissance à la nuque, sont très étagées, et rangées par rang de taille; les plus petites se trouvent placées le plus près de la téête, et y forment un petit faisceau hérissé: ces mèêmes plumes, d'un brun clair, et portant chacune une petite tache noiraâtre à sa pointe, servent de recouvrements aux tiges de toutes celles qui leur suc- cedent, et dont celles qui occupent le centre sont dun jaune de paille qui, s'éclaircissant toujours davantage sur les côtés, et sur la partie qui touche au dos, y prend le blanc luisant de la soie écrue. On remarque aussi sur les bords latéraux du bouquet plusieurs longues plumes bru- natres qui lui forment une bordure le long des côtés du cou, sur lequel il s'applique dans l'état de repos. Les plumes du dos sont longues et de la forme de celles du bouquet: leur couleur est marron glacé et velouté; leur longueur annonce qu'elles sont destinées à tenir redressées celles de parure lorsque T'oiseau les releve, comme la vraie queue du paon sert de soutien à ses plumes dorsales lorsque celui-ci les déploie pour les former en roue. Le croupion, les recouvrements du dessus et du dessous de la queue, la queue elle-mème, et toute la partie abdominale, sont d'un brun terne, sur lequel on remarque à certain jour un ton de verd sombre. Les scapulaires et les petites couvertures supérieures des ailes sont de mème marron glacé que le dos: les plus grandes de ces cou- vertures sont d'un jaune roussatre; et tout ce qui reste visible des ailes, lorsqu'elles sont ployées, est d'un jaune chamois; mais chacune de leurs pennes est terminée par une bordure d'un brun très foncé, ou mème presque noir. Sur le milieu du cou, par-devant, depuis la gorge jusque sur la poitrine, on remarque une bande étroite, formée de plumes à bordures transversales, d'un verd brillant, et se changeant en verd sombre ou en bleu suivant les incidences de la lumiere. Tout le reste du plumage est, sous le corps, d'un verd sombre qui prend à certain jour un peu d'éclat. Les plumes des flancs, près des jambes, ont une bordure sem- 10 , 38 HISTOIRE NATURELIL E plable à celle du milieu du cou, mais qui disparoit totalement sous certain point de vue. Les pieds et les ongles sont d'un brun jaunätre, et les barbes des filets de la queue d'un verd changeant. Le bec est jaune à sa pointe, et brunàtre vers sa base.— Cette espece se trouve à la Nouvelle-Guinée, oi il paroit que les sau- vages se servent de ses dépouilles comme ornement: on trouvée dans nos cabinets beaucoup de ces individus, mais la plupart sans pieds et sans ailes; je n'en connois que deux beaux, d'après lesquels j'ai fait cette description, et dont l'un fait partie des collections de M. Temminck, à Amsterdam; Pautre appartient à M. Raye de Breukelerwaert, aussi dAms- terdam. Buffon l'a bien décrite de maniere à la faire reconnoitre, cette espece; mais il se trompe lorsqu'il ne porte qu'à vingt le nombre de ses plumes d'ornement, car j'en ai compté jusqu'à quatre-vingt-dix-sept. Cette erreur de Buffon vient de ce que Tindividu quil avoit vu n'ctoit pas entier, et quil lui manquoit beaucoup de ces plumes; défaut qui, laissant proba- blement un vide entre elles, a fait aussi dire à ce naturaliste que l'oiseau avoit deux bouquets. Gest encore par suite d'une mauvaise préparation, ou de quelque dégradation, qu'il a vu les plumes de la téte du magnifique courtes, droites, serrées, et formant un velours naturel. Cet oiseau est un peu plus grand que le manucode: on peut au reste consulter nos planches ou ils se trouvent lun et P'autre représentés de grandeur naturelle. 8— ——„—— —ſ 11nn 80us certain latre, et les àt jaune à Sa que les sau. uve dans uos pieds e 2 t sans ai fait cette lemminck, 4 aussi d Ams- cette espece; e ses plumes Cete erreur pas entier, et issant proba- que T'oiseau préparation, magnifique beut au reste présentés de — 3 8 8 — 5 4 * 8—— 4 —— 3 8 — 2—————————————————— e en— 5 N X D 2 — 1 .— 8 2 8 N 3 ₰ N „ 1 8 1, 0 * 2 — nlend ſl 3 ) tt? 6 82 DES OISEAUX DE PARADIS. 39 AAU —2 —————— ℳéℳ ℳRN₰:AAÜAnnͤͤO—:n—-—---A 2 5—ℳ₰k§—ͤnꝙAꝙ́ LE MANUCODE A B0UOUET, 0 U LE MAGCNIFIOUE, DANS SON MOXYEN AGE. (N 10.) Nous avons vu dans différents cabinets plusieurs variétés du manucode à bouquet; mais nous n'en avons fait figurer qu'une des plus intéres- santes, Gest-à-dire Toiseau dans son second âge, couvert de plumes qui participent et de celles de l'enfance et de celles de l'état parfait. Les plumes qu'il conserve du premier àâge, et qu'on reconnoit, au premier coup-d'œil, à leur contexture moelleuse, pour tenir du duvet qui couvre généralement tous les jeunes oiseaux, annoncent que les couleurs de Penfance chez le magnifique sont, sur les parties hautes, d'un brun clair, nué d'un brun plus foncé; car on en voit encore les traces, dans Pindi- vidu dont il est ici question, sur la tète, les scapulaires, le dos, et les grandes plumes effilées et soyeuses du dessous de celles qui parent la nuque. Aux pointes preès de leurs pennes, qui sont duun brun noir, les ailes sont entièrement d'un brun roux. La queue est d'un brun de terre. On apperçoit sur les flancs plusieurs plumes rayées de noir sur un fond blanc; ce qui prouveroit que, dans le premier àâge, tout le dessous du corps doit être ainsi rayé de noir. Mais cet individu, jeune mäle, pris au moment ouù il commencoit à revéètir la livrée de l'état parfait, avoit méme déja refait à cette époque toutes les plumes des parties autres que celles dont nous avons parlé plus haut, puisque, comme on peut le voir sur la figure que nous publions, toutes ces plumes sont semblables pour les couleurs à celles des mèêmes parties de T'oiseau adulte de notre planche 9; excepté cependant qu'ici les plumes de la nuque ont à leur extrémité une petite bordure brune; nouveau caractere certain de jeunesse. Les deux filets de la queue y man- quent aussi, parcequ'ils ne poussent qu'à la premiere mue des pennes de —— — +—— —————— ——— HISTOIRFE NATURELLE int encore tombées dans bre de douze au lieu de les deux filets occu- 4⁰ cette derniere, et que ces pennes n'étoient po notre variété, puisqu'elles sy trouvent au nom dix, comme cela arrive toujours dans le cas contraire, pant la place des deux intermédiaires. D'apréès toutes les lois de la nature, il ne peut donc y avoi ue la femelle du magnifique mait tout le dessous du corps rayé de noir sur un fond bplanc grisâtre, tout le dessus du corps d'un brun uniforme, et 83 A 8.«* ·ℳ;;. les ailes roussâtres: on doit aussi regarder comme certain qu elle n'a ni les plumes de parure, ni les deux filets de la queue du male. Il est bien vrai que nous n'avons jamais vu de femelle de cette espece; mais nous avons toutes sortes de raisons de croire que les observations des voyageurs qui visiteront le pays qu'elle habite viendront un jour confirmer tout ce r aucun doute que nous avançons ici. Lindividu que nous avons figuré fait partie du cabinet de M. Boers, à Haserswoude, près Leyde: nous en avons vu un autre à-peu-près sem- blable chez M. Raye de Breukclerwaert, aussi à Amsterdam, mais qui étoit un peu plus avancé dans sa mue, car les deux filets avoient déja rem- placé chez lui les deux pennes intermédiaires de la queue, quoique n'ayant encore que trois ou quatre pouces de longueur. On en voit enfin un troi- sieme, plus avancé encore en àge que ce dernier, au muséum dhistoire naturelle à Paris: cet individu n'a conservé de sa premiere livrée que huit ou dix plumes, qu'on remarque sur l'un de ses flancs, et qui toutes sont rayées de noir sur un fond gris-blanc. ———r—„— 8 ℳ——— —— eu-pres sem- im, mais qui ent déja rem- ique nayant onfin un troi- m dhistoire e livrée que et qui toutes ————————————— 6 T 2 +— 8 ℳ w 2 T 4 4 4 4 4 8 2 4 * 1 1 4 ke Kounrel. nl 2 He l Tmufyre . — 4 ——— “ / 7 ———— 7 Dr? 2da ni, hin 1 M, — neee — 2 8 “ 2— R. de eree Ttt MAaen 2 V. Qemek, ſanemcn, Te, ökliehe ſc Tnu. r. A. Smne eeaele, a Schölet. T,. C ne Qhe a 2a, me Füpn ite Oſchce 2 G. A liene ke=ke, Aich 20— e M wde. D. mraland ſillter 8 Schf cf e nprvunerie. o Hauxgel, „. c. ſ A Sen 4 e en e( Ichilel.. e 4 4— 8 Aaene R. hemwmont CUl. 2 Aihiele. ke., S. Sem 2 R ſhaaeneen Be ke ſibilene 3 ele Mn—— 3 3. h E. Tene R, Füit ie A echolun Te Mele ur. I M —— ſkuch 4 Baree ha h DES OISEAUX DE PARADIS. 41 ,. 1 Seheseesehedebece————V——ℳð§ ᷣᷣͤ——-————————————:¶:¶:Ü—ꝛ⁊—⁊—ͥ··ÿyyõ——ää-———————:————-A LE SIFILEI. (N 12 ET 15.) PARMI les nombreuses especes doiseaux que la nature semble avoir pris plaisir à parer d'une maniere plus particuliere, celui-ci se distingue émi- nemment par le luxe de son plumage velouté, sur lequel on voit briller et se jouer tour-à-tour, suivant les incidences de la lumiere, les couleurs et le chatoiement radieux de toutes les pierres précieuses ou des métaux polis, et dont les différentes nuances tranchent avec d'autant plus d'éclat, qu'elles ressortent toutes sur la teinte sombre qui les environne de toutes parts: ce plumage enfin présente sur la poitrine de l'oiseau limage fidele d'un feu étincelant, qui, du sein des ténebres, fait jaillir ses rayons diversement colorés. Le bel oiseau que nous allons décrire, méconnu par tous les naturalistes qui en ont parlé jusqu'ici, n'appartient pas plus au genre de Toiseau de paradis émeraude qu'à celui du manucode ou du magnifique; mais cela n'a pas empèché les méthodistes de le placer sans aucune restriction dans lun ou dans Pautre de ces genres: c'est que les individus qu'ils avoient vus du sifilet avoient subi les mêmes mutilations que ceux qu'iils avoient vus de ces autres oiseaux, et qu'ils présentoient comme eux en apparence des ca- racteres qu'on leur a mal à-propos attribués à tous indistinctement. Aussi les figures qu'on a publiées du sifilet portent-elles toutes l'empreinte de cet état de dégradation ouù se trouvoient les individus qu'elles représentent. Quant à moi, je ne vois dans cet oiseau qu'un geai paré d'une maniere extraordinaire par les mains libérales de la nature; il est du moins certain que ensemble de ses formes offre par-tout les traits caractéristiques de ce genre d'oiseaux, dont les especes different autant les unes des autres que celle dont il est ici question differe d'elles, si Ton vouloit s'en tenir à ces traits arbitraires désignés par nos classificateurs, et qui s'appliquent indis- tinctement à toutes les especes du mème genre; comme si la nature avoit réellement procédé, le compas à la main, a la formation de tous les êtres qu'elle a destinés à remplir les mèmes fonctions; seule connoissance quiil faille avoir, je le dis encore, pour déterminer ce qu'ils sont dans fordre qu'elle a établi. Au reste, que on consente ou non à faire du sifilet un geai, et mèême, si l'on veut, un geai de paradis; qu'on s'obstine à vouloir qu'il soit un oiseau de paradis du genre de tous ceux ainsi nommés, ou toute 11 —— — 4² HISTOIRE NKATURELLE autre chose enfin, il m'en sera pas moins un oiseau qui porte de chaque côté de la téte trois filets, d'où Buffon a tiré le nom de sifilet qu'il lui donne; nom qui le caractérise parfaitement, et que nous lui conservons par cette raison, en le réintégrant toutefois parmi les oiseaux dont il approche le plus, et parmi lesquels le placeroit sans doute aussi l'histoire de ses mœurs et de sa maniere de vivre, si elles étoient mieux connues. Nous allons, en at- tendant, faire connoitre cette intéressante espece d'une maniere plus vraie w'on ne l'a fait encore, telle, en un mot, qu'elle est dans Tétat de nature; état bien différent de celui qu'on lui a prèté dans les mauvaises descriptions qu'on en a faites. Ce qui d'abord frappe le plus en considérant cet oiseau, ce sont ses six filets nus, de la grosseur d'un crin, et terminés chacun par une large palette de barbes épanouies et de la nature de celles de ses autres plumes veloutées: ces- filets, distribués en nombre égal de chaque côté de la tète précisément derriere les yeux, s'étendent à six pouces au-delà, et font un effet des plus singuliers, en ce qu'à une certaine distance ils échappent à la vue, et qu'on prendroit alors leurs six palettes pour autant de grosses mouches volantes autour de l'oiseau; ces filets ont leur pied garni d'un grand nombre d'autres petits filets, longs de huit à dix lignes, et qui tous divergent par-derriere en débordant la tète: ceux-ci tiennent lieu de ces plumes transparentes qui garnissent les oreilles de tous les autres oiseaux, et que la nature a eu soin de ne garnir que de barbes lisses et séparées afin de ne point intercepter le son. II n'est méème pas douteux que cet oiseau n'entende beaucoup mieux que la plupart des autres; car tous ces filets, grands ou petits, aboutissant chez lui aux trous auditifs, les palettes dis- tribuées au loin doivent d'abord arréêter les sons, ceux-ci se glisser le long de leurs tiges, et arriver aux nombreux petits filets, qui tous touchent à Toreille comme autant de conducteurs plus rapprochés du centre de l'ouie. Un attribut fort remarquable encore, c'est que les flancs de notre oiseau sont revètus d'un nombre considérable de longues plumes transparentes, largement barbées, et qui, s'éétendant jusqu'à moitié de la queue, en cachent tout le corps et une grande partie des pieds. Nous avons figuré une de ces plumes subalaires, lettre C de notre planche n' 11: leur nombre est au moins de deux cents sur chaque côté; ce qui fait paroitre l'oiseau beau- coup plus gros qu'il n'est en effet, car il n'est réellement pas plus fort de corps ni plus charnu que notre tourterelle commune de France. La queue, qui a quatre pouces et demi de longueur, est étagée; mais comme cet étagement n'est pas très fort, elle prend, déployée, une forme arrondie: elle est composée de douze plumes, qui à Fœil, et mèême au toucher, semblent en-dessus être de velours, tandis qu'en-dessous elles sont lisses et glacées. En examinant avec la loupe la contexture de ces plumes-velours, nous avons trouvé que dans le fait elles étoient composées de fort petites barbilles très serrées, et perpendiculairement implantées sur les grandes et ꝗ teme dleg leur d'aut plum un o Ta a peut des sifile deme riche Sur 5. lor p moin poli, lame coulW de e unes point peu nouv. aVons aque côté u donne. 3) ; Par cette hele blus, Turs et de uns, en at- b plus vraie de nature; scriptions ont ses six une large es plumes de la tate et font un ppent à la de grOsses garni d'un tqui tous eu de ces oiseaux, arées afin tet oiseau ces filets, lettes dis- eer le long ouchent à de Vouie. tre oiseau parentes, ueue, en guré une ombre est rau beau- as fort de La queue, omme cet arrondie: mtoucher, nt lisses et -velours, ort petites 58 grandes DES OISEAUX DE PARADIS. 4³ barbes: il seroit donc vrai que les inventeurs de nos étoffes de velours n'au- roient encore fait ici qu'imiter la nature. Eh! que sont-elles autre chose toutes nos belles inventions que de foibles copies, dont nous trouvons chaque jour les originaux sortis des mains du grand mattre qui a tout inventé? Ainsi que le geai et le rollier(oiseaux qui, quoi qu'en pensent les orni- thologistes, appartiennent à un même genre), le sifilet a la tète grosse et largement emplumée: les plumes des còôtés du front, dont une partie avance sur les narines, qu'elles cachent, tandis que les autres se dirigent en haut, sont noires jusqu'aux yeux, sur les coôtés ainsi que sur le bord du front; en dessus elles sont d'un blanc absolument semblable à celui de largent mat, et y présentent une plaque triangulaire, dont la pointe aboutit au-dessus des narines, et la large base aux yeux: les plumes qui forment cette plaque sont très effilées, en grand nombre, noires à leur racine, et m'ont de planc que sur la partie supérieure et visible de leur extrémité(voy. la lettre D, pl. 11, où nous avons figuré une de ces plumes vue à la loupe). Le reste du dessus de la téte est couvert de plumes d'un noir velouté et à reflet pourpre: à celles-ci en succedent de plus longues, roides, plates, formées en massue, et qui, se dirigeant sur le derriere et débordant l'occiput, imitent parfai- tement ces toupets hérissés dits à la grecque, que portoient jadis nos élégants Midas. Les plus apparentes de ces dernieres plumes sont noires à leur racine, et terminées par une bande d'un verd glacé des plus brillants; d'autres ont le luisant de Tacier poli(Voy. la lettre E, pl. 11). Ce sont ces plumes-là qui, redressées, présentent une huppe particuliere terminée par un diadéèéme éclatant, et non celles argentées du front, ainsi que Buffon Ta avancé d'après un individu mutilé, que Sonnerat avoit apporté, et qu'on peut encore voir au cabinet d'histoire naturelle à Paris, modele imparfait des figures grotesques et des descriptions tronquées qu'ont publiées du sifilet les deux auteurs que je viens de citer, et que tant d'autres ont froi- dement copiées sans examen et sans connoissances. Indépendamment de ce riche diadème, on voit sur le bas du cou de ce magnifique oiseau, et non sur sa gorge, un large plastron briller des plus belles couleurs; tantot c'est Tor pur prenant des tons verd, ou bleu, suivant que le jour frappe plus ou moins directement; dans telle ou telle autre position c'est le bleu de Tacier poli, le verd de l'émeraude, le jaune de la topaze du Brésil, ou le violet de l'améthyste: chaque point de vue enfin amene un autre ton, une autre couleur; et même on les y voit par fois briller toutes ensemble. Les plumes de cette partie sont arrondies en écailles et parfaitement imbriquées les unes sur les autres: elles sont noires à leur racine ‚et ce noir s'avançant en pointe vers le bout richement coloré de chacune d'elles, on lappercoit pour peu que ces plumes s'écartent; ces taches noires donnent alors un jeu nouveau au plastron en mèême temps qu'elles en rehaussent l'éclat. Nous avons figuré une des plus grandes plumes du bas de ce plastron, lettre F, ———— ———————— —— ———— 64 —— — 44 HISTOIRE NATURELLE pl. 11; les autres ne sont que plus petites que celles-là, et le deviennent toujours davantage à mesure qu'elles s'approchent de la gorge. Les plumes de cette derniere ainsi que généralement toutes celles du corps sont d'un noir changeant en pourpre: quant aux subalaires, elles sont, vues en masse, d'un noir mat, et séparées, d'un noir brun; les ailes, qui s'étendent jusqu'au milieu de la queue, sont aussi noires et veloutées comme elle dans toutes les parties qu'on appercoit des pennes, lorsqu'elles sont ployées et serrées au corps; leur dessous et leurs barbes intérieures sont lisses et d'un noir luisant, légèrement pourpré; le bec, dont l'aréête est tranchante, les pieds et les ongles sont noirs. Lorsque cet oiseau déploie tous ses attributs, c-'est-à-dire lorsqu'excité par lamour il étale, comme tous ceux que la nature a ainsi favorisés, toutes les richesses de sa parure, alors, dis-je, cet oiseau doit se présenter sous un aspect véritablement imposant; attitude que nous avons bien essayé de rendre dans notre planche 12, mais d'une maniere qui, quoiqu'en ap- prochant le plus possible, est sans doute encore bien éloignée de rendre ce jeu que donnent à l'étre vivant le desir qui le presse et la présence de Pobjet qui doit le satisfaire. Notre n 13 représente le même oiseau dans cet état de tranquillité où, content du succès de ses préludes amoureux, il touche au moment de jouir de son triomphe, moment délicieux où toute parure devient inutile et mèême génante.. Apres cette description fidele et vraie que nous venons de faire, et l'exac- titude des figures que nous donnons du sifilet, il seroit, je pense, inutile d'entrer dans de grands détails sur toutes celles qu'on a publiées du mème oiseau, et de rappeler ici tout ce qui a donné lieu aux différentes erreurs qu'on a commises à son sujet: nous nous bornerons donc à dire que pour connoitre les choses et en parler sainement, il faut les avoir étudiées, et qu'il paroit, qu'il est mème certain que la plupart de nos ornithologistes n'en ont rien fait jusqu'à ce jour. JFai vu plusieurs sifilets dans différents cabinets, mais je n'en connois que trois de parfaits, dont l'un fait partie du cabinet de M. Holthuysen à Amsterdam; M. Gevers Arntz, de Rotterdam, possede l'autre; et le troi- sieme, tout le monde peut le voir chez moi(1). Plusieurs naturalistes assurent que l'espece s'en trouve à la nouvelle Guinée; ce que nous (1) Cet oiseau est resté long-temps déposé avec beaucoup d'autres chez mon libraire, afin que le public put, en le comparant aux dessins et aux gravures qui en ont été faits, sassurer que je ne m'amusois point à em- bellir les oiseaux que je publiois, ainsi que certaines gens, intéressés sans doute à décrier cet ouvrage, cherchent sourdement à le persuader aux crédules. Si l'intention perfide ne se montroit ici, je serois en vérité tenté de m'enorgueillir d'un tel reproche: embellir la nature! ce seroit là sans doute un beau titre à la reconnoissance publique. O Barraband! toi dont le pinceau fidele sert si puissamment mon zele, toi que j'ai vu si souvent hésiter, craindre de ne pas rendre les beautés que j'exposois à tes regards, aurois-tu pensé que, dans le dessein de me nuire, on trouveroit que tes couleurs, savamment distribuées, surpasseroient celles de la nature? Mais consolons-nous; elle sera toujours là la nature pour donner un démenti à nos vils détracteurs. —NN —— — 4 4 8 N ☛ S 6 8 6361, S.A 8 3 eens 79 e — 8 n Te. 4 4 2 abe 2asa. 7 3— E— 4— 8. 8 8 4——„—„ 2 4 F 4—— 1 3 N — —44— — “““ 2 1.—— . 2— 8 4 ——— ——— ——————————— —„—— — DES OISEAUX DE PARADIS. 45 ignorons. II paroit au moins qu'elle y est moins nombreuse que celle de Foiseau de paradis-émeraude, puisqu'on ne recoit pas en Europe à beau- coup près autant de ses individus que de ceux de cette derniere: ils nous parviennent au reste la plupart préparés d'une même maniere, c'est-à- dire desséchés sur un bäton et sans pattes, sans ailes, ni os dans la tête; or c'est d'après ces mannequins que le sifilet avoit été décrit et figuré jus- qu'ici: on ne doit donc pas s'étonner de nous trouver si peu d'accord avec nos prédécesseurs. 12 3 46 HISTOIRE NATURELL E — AA æ NA——————————-—O———— Að AAAA LE SUPERBE. (No 14 ET 15.) LE superbe est encore un de ces oiseaux que la nature a parés d'une maniere extraordinaire par une surabondance de plumes magnifiques, mais si singulièrement distribuées chez lui, qu'elles doivent naturellement le géner dans ses divers mouvements; aussi remarque-t-on que tout cet attirail, loin de lui donner l'agréable Prestance et l'air de dignité qu'on trouve au sifilet, ainsi qu'à beaucoup d'autres oiseaux che⸗ qui ce luxe de plumes ajoute encore à la beauté des formes„dérobe ici à l'œil les parties les plus susceptibles par leur mouvement de donner de la grace au corps, qu'il fait mème paroitre engoncé et lourd. La roideur, par exemple, de celles de ces plumes qui se trouvent accumulées sur le cou de l'oiseau fait qu'elles semblent étre pour lui un fardeau; car, ne fléchissant point, elles ne se prétent en aucune maniere aux tournoiements agréables de cette partie, qu'elles cachent entièrement ainsi que tout le dos. Si nous ajoutons que le devant du cou est aussi garni de plumes droites et roides, formant comme une cuirasse, et qui, descendant Presque sur les jambes, ne participent point aux effets des mouvements du corps, on sentira facilement que ce que nous avons dit de Pair engoncé ou même lourd de cet oiseau est vrai, et que dans son état ordinaire, dans l'état de repos, il doit plutòt paroitre armé en guerre que paré pour les amours: tel du moins il m'a paru, et tel il paroitra sans doute à tous ceux qui le verront dans ce mèême état de repos. Mais lorsqu'il se pare, et qu'il releve ces plumes-velours qui cachent toutes les parties supérieures de son corps; lorsque sa brillante téte, ornée sur le front de deux aigrettes mobiles, vient à se dessiner sur ce fond de velours noir si favorable aux teintes vives et resplendissantes de l'espece de cuirasse fourchue du devant de la poitrine, c'est alors, dis-je, qu'il devient sans doute admirable, et qu'on peut à juste titre lui appliquer le surnom de superbe, que lui a donné Buffon par pressentiment de tout ce qu'il devoit être, vu dans toute sa magnificence; état que ne lui présentoit guere Tindividu mutilé qu'il avoit sous les yeux lorsquiil fit sa description, premier individu de Tespece que nous ayons eu en France, et que nous devons aux recherches intéressantes de Sonnerat, qui r'apporta de la nouvelle Guinée, et qui en a donné la premiere description ainsi que la figure dans Thistoire de son voyage dans cette partie du globe. Cet individu, que j'ai vu, est 8 G T S D L I Terpaleen, M. fän res — 8 —— ——— —, n e: 4 ½ “ . S A 4 2 “— 1 2 8 1 —.„ 1 4 4 1 6—.„ 5 —, 2a . 4 3 2— ꝑ—·—· 8 8—— .— r—... 3————— —— — — —— DES OISEAUX DE PARADIS. 47 * 3 2 31b.„. 83 aujourd'hui entièrement dégradé par les fumigations de souffre qu'on employoit autrefois pour préserver les oiseaux de la voracité des insectes rongeurs: j'en ai vu un autre dans le cabinet du prince d'Orange à la Haye, et qui fait actuellement partie du cabinet dhistoire naturelle à Paris; celui-ci est assez beau de plumage, quoique mutilé aussi. Pen ai vu un troisieme enfin chez M. Holthuysen, à Amsterdam, mais entier, parfai- tement conservé, et dans l'attitude de celui de notre planche n' 14: d'est d'après ce dernier que je fais cette description. Nous ne parlerons pas des dimensions du superbe, attendu que nos figures représentent cet oiseau dans toutes ses dimensions: quant à sa forme, ce que nous appelons physionomie, je lui trouve un grand air de famille avec certains tronpiales qui, comme lui, ont un petit crochet de chaque còôté de la mandibule supérieure; comme chez ceux-ci encore rarète supérieure du bec s'avance chez lui sur le front, et partage le toupet en deux pointes qui s'étendent sur les narines; caractere qu'il a aussi de commun avec les deux oiseaux de paradis-émeraude et le rouge, mais de différent avec le manucode, le magnifique, et le sifilet. Les tarses sont forts, et les doigts armés dongles crochus bien acérés: la queue est étagée, mais de maniere que déployée elle n'est arrondie qu'au bout; elle est com- posée de douze pennes, dont les latérales ont chacune à leur extrémité une petite pointe correspondante à la tige, tandis que celles du milieu sont arrondies; ce que le citoyen Barraband a parfaitement saisi dans les deux beaux dessins qu'il a faits de cette espece. Le front est orné de deux petites aigrettes de plumes étroites, arquées en dehors, et qui prennent naissance au-dessus des narines. Mais ce qui distingue le plus ce singulier oiseau, c'est cet assemblage de plumes taillées de différentes manieres, qui lui font comme un manteau de velours attaché sur la nuque, et qui, rabattu, se porte jusque sur le milieu de la queue: ces mèmes plumes sont im- plantées par rangs de taille depuis la nuque jusqu'au bas du cou; les plus petites du côté de la téête, et les autres grandissant successivement jusqu'à cinq pouces, à mesure qu'elles descendent plus bas. Celles qui se trouvent placées sur les cêtés sont taillées en lame de sabre et cambrées en dehors (voy. la figure G, à droite de notre planche 11). Celles plus courtes qu'elles, qui précedent ces dernieres, sont droites et coupées à-peu-pres carrément.(voy. lettre G du milieu, même planche). Enfin celles encore plus courtes du centre ont le bout arrondi.(voy. figure G, à gauche de la planche). Les longues plumes du manteau, qui sont réellement du genre des pennes, présentent absolument l'apparence d'une queue fourchue qui se trouveroit placée sur le dos de l'oiseau, telle en un mot qu'est en effet la queue des drongos(1). Ilne peut pas y avoir de doute que Toiseau mait (1) Oiseau de la famille des gobe-mouches, et dont nous donnons l'histoire complete dans notre ornitho- logie d'Afrique. — ———.— —— ———— —— 1——— ———— 8 4 K 6„. 8* I : ¹ 8 4 . 8 * * 8 4 3 8 8 1 8 3 3 3 8 — 8 . 4 * 3 4 8 3 — . 3 8 4 8 1 8 3 3 d F 4 4 6 1 4 3 8 4 8 4 6 8 3 1 4 8 —1S 4 1 „ 5 E 5 4 3 4 3 5 4 1 8 3 * E * 4 11 8 18 3 4 4 † ¼ 1 1 —B—8—8— “ 8 2 48 HISTOIRE NATURELLE la faculté de relever ces plumes et de les étaler en forme de roue; ce qui le prouve évidemment c'st que toutes les parties du dos, que cachent les plus longues plumes du manteau lorsqu'il est rabattu, sont entièrement couvertes par les plumes ordinaires, qui les revêètent toujours, et de ma- niere que le manteau, lorsqu'il est relevé, ne laisse appercevoir aucune partie nue. Nous avons aussi remarqué, dans rindividu bien conservé que je fais servir à cette description, que toutes les plumes du manteau perçoient la peau, et qu'elles étoient recues sur un muscle extenseur; ce qui, si ce que nous avons déja dit ne suffisoit pas, seroit une preuve des plus convaincantes pour ceux-là méêmes qui, n'ayant pas vu vivante'espece dont il est ici question, auroient observé tout autre oiseau pourvu de plumes d'ornement, de cette faculté de s'en parer en les étalant d'une maniere quelconque. Un autre caractere assez particulier encore dans cet oiseau, c'est cette sorte de cuirasse formée de plumes implantées au bas du cou sur un espace de cinq à six lignes. Les plumes de cette cuirasse sont dures, et cachent tout le sternum, qui n'en est pas moins pour cela couvert des plumes ordinaires de l'oiseau: ainsi cette partie qui forme ce que nous appelons la cuirasse, est aussi susceptible d'tre déployée ou relevée; car nous avons vu que ces plumes perçoient aussi la peau, dans T'intérieur de laquelle on appercoit tous leurs tuyaux(voy. les deux lettres H de la même planche 11). Enfin les ailes ployées s'étendent jusqu'au milieu de la queue; et de la base de la mandi- bule inférieure partent des plumes semblables à des poils, qui se dirigent sur le devant. Apreés avoir fait connoitre d'une maniere aussi détaillée que nous venons de le faire les caracteres distinctifs du superbe, il ne nous reste que peu de chose à dire de ses couleurs, ce dont nous pourrions mèême nous dispenser, nos planches en donnant certainement une idée bien plus parfaite qu'on ne pourroit le faire avec des mots, toujours insuffisants pour désigner au juste le jeu de ces riches teintes, variant à linfini, et échappant, pour ainsi dire, à Tœil qui cherche à les saisir, pour les peindre dans la pensée, et les faire passer de celle-ci dans le discours. Le dessus de la tête est d'un verd brillant, qui varie de teinte suivant qu'on expose Toiseau plus ou moins directement aux rayons de la lumiere: les plumes du devant du cou, depuis le bec jusqu'à la naissance de la cuirasse, sont dun noir violätre; celles des côtés de la téte sont, ainsi que les aigrettes, d'un noir velouté, à reflet pourpre ou verd, suivant les incidences de la lumiere. Tout le dessus du corps, les parties cachées par le manteau et la cuirasse, le croupion, les couvertures du dessus et du dessous de la queue, les jambes, sont d'un noir pourpre: la partie-velours du manteau est aussi de cette couleur; mais on appercoit, sous certain point de vue, sur ses grandes et moyennes intermédiaires plumes une bande d'or rembruni, qui traverse le large bout de chacune d'elles, et qui disparoit ͤ ric MN f —— ——————— e ces plumes olt tous leurs ufin les ailes de la mandi- l se dirigent nous venons te que peu de us dispenser, darfaite quon our désigner ppant, pour us la pensée, uivant qu'on ſumiere: les la cuirasse, insi que les s incidences le manteau essous de la du manteau sint de vue, bande dor ui disparoit DES OISEAUX DE PARADIS. 49 dans toute autre position. Les pennes latérales de la queue sont d'un noir richement pourpré, tandis que celles du milieu paroissent comme sablées avec une poussiere verdatre sous certain aspect; particularité qu'on re- marque aussi sur les dernieres pennes alaires, sur les scapulaires, et les bordures extérieures des autres pennes des ailes, dont les barbes inté- rieures et le revers sont d'un noir légèrement violacé, ainsi que le dessous de la queue. La cuirasse est d'un beau verd brillant, qu'on croiroit sous certain jour se glacer d'argent, tandis que sous tel autre il prend de riches teintes violettes. Enfin les différentes nuances des belles couleurs de cet oiseau varient sous une infinité de positions. II est donc vrai qu'il faut le mettre au nombre de ceux dont une description ne sauroit rendre que très imparfaitement les beautés. Buffon, Sonnerat, et plusieurs autres naturalistes ont décrit et méême figuré cette espece sous le nom que je lui ai conservé: il seroit, je pense, inutile de relever les erreurs ou omissions qu'on a commises ou faites à son égard, le lecteur pouvant en juger d'après ma description tout aussi bien que je P'ai fait moi-méême. Parceque certains oiseaux de paradis ont des filets, Buffon, ou du moins Montbeillard suppose au superbe des filets, qui peut-être sont tombés dans la mue, dit-il, à l'individu qu'il a vu. Le superbe n'a point et n'eut jamais des filets, non parcequ'il a douze plumes à la queue, tandis que les oiseaux de paradis qui ont des filets n'en auroient que dix; car les oiseaux de paradis qui portent deux filets à la queue ont effectivement douze plumes à la queue, puisque les deux filets en font partie, et qu'ils tiennent lieu des deux plumes intermédiaires, qui poussent par les deux mèêmes trous. Cela est si vrai que les jeunes màles ont les douze plumes à la queue, sans filets, et que, lorsqu'ils prennent les attributs de l'äge fait, ils n'en ont plus que dix, les deux filets ayant pris alors la place des pennes intermédiaires: mais les femelles, qui bien certainement n'ont pas de filets, conservent toujours leurs douze plumes semblables. Telle est la vérité à l'égard des oiseaux à filets dont nous avons parlé jusqu'ici; mais ceci n'est pas applicable en général à tous les autres oiseaux portant des filets ou des plumes surabondantes sur le croupion, plumes qui ne font point alors partie de la queue. La veuve dominicaine, la veuve d'Angora, la veuve à quatre brins, etc., leurs màâles s'entend, en fournissent des exemples: ils ont des plumes surabondantes sur le croupion; et comme ces plumes n'appartiennent point à la queue, leurs femelles, ainsi que les males jeunes ou adultes, y ont constamment le même nombre de pennes. Cela ne peut cependant pas s'appliquer à toutes les veuves; car il en est chez qui c'est encore tout autre chose; et rien ne prouve davantage que la nature se joue des regles que nous donnons à tout par nos systémes, et qui feront toujours un chaos de T'histoire naturelle des oiseaux. Quelques naturalistes ont prétendu reconnoitre dans le superbe, et mème dans lesifilet, deux des oiseaux de paradis désignés par Valentin sous le nom 2 19 1 R eq 50 HISTOIRE NATURELL E d'oiseaux de paradis noirs: il faut avoir bien du temps à perdre, en vérité, pour aller, dans des descriptions aussi imparfaites, et pour ainsi dire inin-— telligibles, trouver des oiseaux qu'on peut décrire soi-méème d'une maniere au moins reconnoissable. Quelle est donc cette manie de nous ramener sans cesse sur ces sentiers ténébreux tracés par des mains inhabiles, et tant de fois rebattus par des gens qui, ne se sentant pas la capacité de frayer à la science une route nouvelle et sůre, voudroient obstinément nous arréêter sur les pas plus qu'incertains de lignorance? Laissons à ces froids compilateurs l'honneur de ces recherches pénibles, et inutiles a la science, pour ne nous occuper que des moyens de découvrir la vérité. —— —— ———— U ITch nn⸗ ce ke Zdi,een — nd hillt 2 2Dl, 2 Jat? 6 3 ——-O—ññ 2—— rwt Wewewnnghyeen DES OISEAUX DE PARADIS. 51 -VNANANANAAA‚AAAAAAB LE NEBULEUX. (N 16 vr 17.) L'rsrEcE que nous nommons ainsi, par allusion à la blancheur de ses plumes dornement, mérite sans contredit de tenir un des premiers rangs parmi les oiseaux que la nature a plus particulièrement favorisés en les pourvoyant de ces plumes surabondantes qu'ils ont la faculté d'étaler pour s'en faire une parure, et dont nous avons déja eu bien des fois occasion de parler. Celles de ces plumes que porte l'oiseau que nous allons décrire nous ont aussi engagé à le mettre au nombre des oiseaux de paradis, sans cependant que nous le donnions pour appartenir à leur genre, quoique, »'il étoit vrai que les filets en fussent seuls le caractere distinctif, il ne füt pas douteux qu'iil n'y appartint plutèt qu'aucune des especes que nous en connoissions, puisqu'il porte neuf de ces filets, et peutétre un plus grand nombre; car par leur forme entortillée et la place qu'ils occupent l'oiseau se trouve souvent exposé à en perdre en volant à travers les arbres, aux branches desquels ils doivent éêtre sujets à s'accrocher, et par-là à se déra- ciner. Cette supposition a même fait que nous n'avons pas donné à cet oiseau le nom de neufilet, préférable à tous égards à celui par lequel nous le désignons ici, et qu'on pourra lui rendre, si Pon parvient à connoitre plusieurs individus de son espece, et qu'il soit constaté que ce nombre de filets est le même chez tous; ce dont nous avons plusieurs raisons de douter, d'abord parceque nous avons vu à La Haye, dans le cabinet de M. Carbintus, les débris d'un oiseau, à la vérité sans téte, ni ailes, ni pieds, mais qui ne nous en a pas moins paru appartenir à cette mème espece par ses filets et ses longues plumes blanches sans filets: or les filets étoient au nombre de dix chez cet individu. De plus nous voyons dans les Voyages du capitaine Forrest, où on a rapporté les notices vagues de Valentin sur les oiseaux de paradis, que ce dernier auteur parle de deux oiseaux, dont l'un porteroit douze filets, et l'autre douze à treize, dit-il; et comme la notice qu'il en donne se rapporte d'ailleurs en gros à notre oiseau, il pourroit bien se faire qu'il y ft aussi question de la même espece, et par conséquent qu'elle eùt eu là plus de filets que nous ne lui en trouvons ici, en supposant toutefois que Valentin eùt bien compté ceux des individus dont il fait mention; ce que T'indication vague de douze à treize ne suppose pas. D'ailleurs les descriptions de cet auteur sont toutes remarquables par la — 8—8“ ſſſſſſſ 2 —— 4—,— 52 HISTOIRE NATURELLE plus grande inexactitude, à en juger par celles des especes qu'il décrit, et oute, les connoissant parfaitement sur lesquelles il ne nous reste aucun d. p -mèêmes. P mmious on—, eignements Le mieux est donc, à l'égard du nébuleux, d'attendre des renseig sur lesquels on puisse compter davantage: au surplus nous rapportons ie ces notices de Valentin, tirées du Voyage de Forrest, afin de meitre le lecteur à même de juger si nos doutes sont fondés, et de rapporter à celle qu'il voudra des deux descriptions de cet auteur 1 espece dui fait le sujet de cet article, et à laquelle l'une et l'autre conviennent également; ce qui me feroit croire qu'ici comme là ce n'est toujours que la méème espece dont il s'agit, les différences qu'on seroit d'abord tenté de mettre entre les deux descriptions que nous allons transcrire n'étant que de détail. PREMIERE NoTICE. L'oiseau de paradis blanc est le plus rare: il y en a de deux especes; l'un entièrement blanc, et Pautre blanc et noir On en « voit très peu d'absolument blancs, et ils ressemblent par la forme à] oiseau a de paradis des isles des Papous, ou à celui de la seconde classe: les blancs «et noirs ont le devant noir et la partie de derriere blanche, et douze « filets en spirale presque nus, et couverts de barbes seulement en quel- a ques endroits Cette espece est très rare; on ne l'achete que des insulaires cde Tidor: elle se trouve sur les isles des Papous, sur-tout à Waygehoo, „ appelée aussi M adj'oo ou M ardejoo. D'autres pensent qu'on le tire de «Serghile, sur la nouwelle Guinde». Page 159, n“ 5, Voyage de Forrest. DrEUXIEME NoOTICE.«En 1689 on vit à Amboyne une nouvelle espece «. d'oiseau de paradis noir, qui venoit de Messowal:- elle n'avoit qu'un pied «de long, une belle couleur de pourpre, une petite tèéte, et un bec droit; «comme les autres oiseaux de paradis elle a sur le dos, près des ailes, des «plumes pourpres et bleues; mais au-dessous des ailes, et sur-tout du «ventre, elle est jaune comme l'oiseau de paradis ordinaire; au-dessus du a cou elle est couleur de souris, entre-mélée de verd. Cette espece est remar- « quable en ce qu'elle a devant les ailes deux touffes arrondies de plumes, « dont la bordure est verte, et que l'oiseau remue à sa volonté comme des « ailes. Au lieu de queue elle a douze à treize filets noirs et sans barbes, «qui pendent les uns à côté des autres: ses pieds, forts, sont armés d'ongles caigus, et la téte est d'une petitesse extrème; les yeux sont petits aussi et «environnés de noir». Page 160, ne 6, idem. Notre oiseau a le bec droit, et deux touffes de plumes arrondies et à bordures vertes au-devant des ailes: il a aussi des filets, mais non pas au lieu de queue, car il en a une, quoique très courte et entièrement cachée par les filets et les Iongues plumes du croupion qui se rabattent sur elle et l'enveloppent; ce qui aura sans doute empéché de la voir ceux sur-tout +— . h h 3 e. 1„ 4 5„ ⸗ h —.— 3. Ieueoe ddolttof h);„ P Vwimpfawmore de Zongflolus,—l Darralmnl ſalles: oh I 2 — 2.—— ſͤͤ 4 2— 4 e— 8* 8 8— 2—— .. — — ͤͤͤſſͤſſſſ ——x; ————————— 1 4 5 8* 8—— d— ö 1 3 3 3 2*——— .———— 1 ö“ 8 S——“— —.— ———— .—— ——— —— ————. ——— —=GGGGͤGG—— 2——— ——-— DES OISEAUX DE PARADIS. 33 qui n'y regardent pas de très près. I pourroit bien se faire aussi que les sauvages qui préparent ces oiseaux l'eussent arrachée dans l'individu qu'a vu Valentin, comme ils leur arrachent les pieds et les ailes, toutes parties qui ne sont pas plus inutiles dans un panache qu'une petite queue, qui n'y ajouteroit rien d'agréable et de parant. Quant à la téete, d'une pelitesse eætrémeè, céci, comme on l'a vu dans beaucoup d'autres cas, dépend encore de la maniere dont les oiseaux sont en général préparés dans le pays. Quoi qu'il en soit, nous allons décrire cette espece d'après un fort bel indi- vidu, le seul que je connoisse, et qu'on trouve dans le beau cabinet de mon ami M. Raye de Breukelerwaert, à Amsterdam. Le nébuleux est à-peu-près de la taille de notre merle vulgaire de France: son bec est très droit et long de deux pouces; la mandibule supérieure en est coupée de biais, et l'inférieure tant soit peu relevée vers la pointe, de sorte qu'elles s'y adaptent parfaitement bien l'une à l'autre. Du reste elles sont solides toutes deux, c'est-à-dire non creuses, si ce n'est vers la bouche de Toiseau, dont la langue doit éêtre par conséquent très courte, et collée au fond du gosier. Comme ces derniers caracteres sont les mèmes chez les promerops, il ne peut pas y avoir de doute que notre oiseau ne soit pu- rement insectivore, lorsqu'encore ses pieds robustes, armés d'ngles forts et crochus, annoncent qu'il s'accroche au tronc des arbres pour chercher sous leur écorce les insectes qui sy réfugient. D'après tout cela on seroit mème fondé à soupconner, et nous soupconnons en effet qu'iil ne soit autre chose qu'un promerops: je sais bien que nos méthodistes s'écrieront que les promerops ont le bec arqué, tandis que celui-ci l'a droit; mais nous avons tant de fois, et d'après des exemples tirés de la nature elle-mème, montré combien ces naturalistes à systémes s'étoient égarés dans leurs conséquences, que nous nous contenterons d'ajouter ici en faveur de nos soupçons sur le genre de cet oiseau, que nous avons de fortes raisons pour croire qu'ils se changeront en certitude lorsqu'on en connoitra mieux les habitudes, les mœurs, etc. Ses plumes de luxe consistent d'abord dans celles, au nombre de vingt, qui, prenant naissance au bas du cou de chaque côté, précisément la où s'applique le haut des ailes lorsqu'elles sont ployées, composent deux touffes, dont la forme est exactement celle d'un éventail; ensuite en un grand nombre de longues plumes à barbes séparées, qui naissent sur le dos et s'étendent au-delà de la queue: les plus hautes de ces dernieres plumes sont sans filets; mais celles implantées plus bas, et qui d'ailleurs ressemblent aux premieres, se terminent toutes par de longs filets nus, contournés en arc, et qui se portent bien au-delà de la queue. Toutes ces plumes du dos ont de fortes tiges qui traversent la peau; ce qui prouve que l'oiseau peut à son gré les relever et les étaler. La queue, qui est très courte et que les ailes ployées couvrent entièrement, porte douze plumes égales. Quant aux couleurs, les plumes de la tèête, du cou, de la poitrine, des 14 ——— ———— — —— 8..— 8 2— 2“— —y— 8—— 3 8—— — 8——— ——— 8——— —. 1 54 HISTOIRE NATURELLE flancs, et de toute la partie abdominale sont, ainsi que celles des jambes et les couvertures du dessous de la queue, d'un beau noir velouté, à reflet pourpre; couleur qui est aussi celle des deux touffes-éventails: mais cha- cune des plumes qui forment celles-ci ont de plus que les autres une riche bordure bleue ou verd-émeraude, suivant les incidences de la lumiere. Les ailes et la queue sont brunaàtres; les premieres plumes de parure du dos sont d'un beau blanc: ce même blanc prend sur les suivantes une légere teinte jaunàtre, et les filets de ces dernieres sont d'un brun-marron. Le bec et les ongles sont noirs, et les pieds d'un brun jaunatre. Nous bornons là notre description, le lecteur pouvant bien mieux con- noitre l'espece dont il y est question par les deux planches que nous en publions, que par les minutieux détails que Ton pourroit ajouter à ce que nous en avons déja dit. Je répete que je n'ai vu qu'un seul individu de cette espece; mais M. Woodfort, amateur zélé dhistoire naturelle, dont j'ai déja eu occasion de parler, et qui a vu aussi chez M. Raye de Breukelerwaert l'individu que je viens de faire servir à cet article, m'a assuré en avoir vu un autre chez un prince d'Allemagne, celui de Hesse-Cassel, autant que je puis m'en souvenir. ———,——.— e esbece; mais eja eu occasion ert'indiviqu que u un autre che⸗ ue je puis m'en — —— — —— ——— S S 4 NN NNN 8 8 N 8. AE AN SN 8 8 1 8 46 ent 4 eet, M 7 Liip Seu e, mnente a onee. ——— —-—— M.. V.!d. ——, 1— . 2— DES OISEAUX DE PARADIsS. 55 LE LORIOT DE PARADIS MAL). (N 18.) SüßA est, je crois, le premier qui ait fait mention de cet oiseau, dont au reste il donne une fort mauvaise figure, tome Ie, planche 64, figure 5 de son volumineux ouvrage. Celle qu'après lui en a donnée Edwards est assez reconnoissable, mais encore bien éloignée de la vérité de celle que nous publions ici. Edwards a décrit l'oiseau sous la dénomination de golden bird 2f paradise ou Toiseau de paradis d'or; Linnée en a fait un coracias; Brisson un troupiale, et enfin Buffon un rollier: il étoit cependant assez facile d'en distinguer le genre, pour que d'aussi grands naturalistes n'eussent pas du s'y méprendre. Les rapports que Buffon lui trouve avec les rolliers et les oiseaux de paradis viennent de ce qu'il a pris pour des caracteres naturels ce qu'il ne falloit attribuer qu'aux préparations des individus qu'iil avoit vus; car ce loriot reçoit dans son pays les honneurs de la mutilation qu'on fait subir aux oiseaux de paradis, proprement ainsi nommés: de là cette petitesse prétendue de ses yeux, leur situation au-dessus et fort près de la commissure des deux pieces du bec, et cette espece de velours naturel que Buffon a cru appercevoir à la gorge et sur une partie de la téte. Ces carac- teres apparents ont mème valu à cet oiseau, comme à tant d'autres préparés de la méême maniere, le nom doiseau de paradis, quoiqu'en effet il soit très différent de toutes les especes d'oiseaux de paradis dont nous avons déja parlé, et que, par ses formes et tous ses caracteres extérieurs, il soit bien certain qu'il n'est qu'un loriot; ce que prouveroit encore sa couleur: car il est à remarquer que toutes les especes que nous connoissons de son genre sont en général d'un jaune plus ou moins foncé, et toujours davantage dans les climats plus chauds. Celle-ci, qui habite la Nouvelle-Guinée, est d'un jaune aurore des plus vifs: nous l'avons surnommée de paradis, parceque la nature l'a pourvue aussi de plumes surabondantes, que cet oiseau a la faculté d'étaler pour s'en faire une parure, et qui consistent chez lui en une masse de longues plumes flexibles, formant une sorte de camail qui, revèt le der- riere du cou, et dont une partie retombe de chaque côté sur la poitrine et 15 —44 5 4 5—.— —yjjjj————— 5————— —““———— —— 56 HISTOIRE NATURELLE le haut des ailes; lautre s'étendant jusqu'au milieu du dos: cette parure n'est encore ici que Pattribut du maàle, par cette loi de la nature qui toujours se montre moins libérale à cet égard envers les femelles. Le loriot de paradis, comme on le voit par la figure de grandeur naturelle que nous en donnons, est un peu plus fort de taille que notre loriot européen; les plumes un peu longues du dessus de sa téte lui forment une espece de huppe, mais seulement lorsqu'elles sont relevées, car couchées elles n'en conservent presque pas rapparence: de sorte que cette huppe n'en est point une à proprement parler, puisqu'elle n'est point permanente et toujours visible comme l'est celle des oiseaux véritablement huppés mème dans l'état de repos; c-'est que les plumes qui composent la huppe de ces derniers dé- bordent toujours l'occiput, et que cela n'a point lieu ici: ajoutons que les plumes du dessus de la tête ne s'y terminent pas mème en pointe, qu'elles y sont au contraire larges et arrondies en écailles, ce qui est en quelque sorte incompatible avec les huppes proprement dites, excepté les cas néan- moins ou elles se trouveroient implantées perpendiculairement, et où les plumes qui les formeroient alors seroient fort longues, ou assises sur de lon- gues tiges. Quoi qu'il en soit de la huppe de notre loriot, toute cette partie du dessus de sa teête et tout le camail, sont d'un beau jaune aurore foncé qui prend des tons plus rougeatres dans certaines parties, et les plumes en sont gla- cées, et ont le brillant de la soie écrue; la gorge est noire jusqu'aux yeux, et ce noir se termine en pointe vers le bas du cou. Nous observerons que toute cette partie noire paroit sur le milieu du cou comme dans un enfonce- ment, par rapport aux plumes du camail qui retombent sur ses côtés, ouù elles sont bouffantes, et que ni les plumes de la gorge ni celles de la tête ne sont de la nature du velours. Le croupion, les couvertures du dessus de la queue, celles en grande partie des ailes, et les scapulaires, sont d'un jaune d'or; tout le dessous du corps est d'un jaune jonquille; les premieres gran- des pennes alaires sont noires; les suivantes sont jaunes, terminées de noir; et les dernieres entièrement jaunes. Les pennes de la queue, au nom- bre de douze, et toutes d'égale longueur, sont d'un noir glacé d'olivâtre, et ont chacune une petite tache jaune vers leur pointe, mais ces taches ne s'apperçoivent que sur le dessus de la queue; les couvertures du dessous des ailes sont jaunes; la mandibule supérieure est noire; l'inférieure ne Test qu'à sa pointe, étant brunàtre sur la base; les pieds et les ongles sont d'un noir brun: nous ignorons la couleur des yeux. es derniers dé. dutons que les dointe, quelles est en quelque té les cas néan- ment, et ou les sises sur de lon. artie du dessus ancé qui prend es en sont gla- squ'aux yeux, serverons que as un enfonce- wses côtés, ob es de la tète ne du dessus de la vont dun jaune vremieres gran- terminées de ueue, au nom- acé dolivätre, ces taches ne es du dessous Pinférieure ne es ongles sont S,, 5 2 C chcor ttt Dbf de Houre . Wertee Vo Minpr 2aree 77 . Saeadke ſßle — — ——— — —— — DES OISEAUX DE PARADIS. 57 BAAAVNA LE LORIOT DE PARADIS FEMELLE. (No 19.) ErrE est un peu moins forte que son maâle, et en differe encore plus par ses couleurs généralement par-tout olivätres: chez elle les plumes du derriere du cou, n'ayant aucun prolongement, ny forment pas non plus de camail; la gorge s'y trouve grivelée d'olivâtre sur un fond noir brun; le bec'et les pieds sont d'un brun noir. Le male dans son jeune àâge ressemble absolument à la femelle; dans son moyen àge il se trouve bigarré des couleurs des deux sexes: on en voit un assez bel individu dans ce dernier état au muséum national dhhistoire natu- relle à Paris; individu qu'a figuré le citoyen Vielot dans l'ouvrage qu'il pu- blie des Oiseaux de paradis, à la suite de Fhistoire des Colibris par Au- debert. L'espece du loriot de paradis se trouve à la Nouvelle-Guinée, d'où les Hollandais Pont importé en très grand nombre chez eux: aussi est-il peu de cabinets en Hollande ouù on ne la voie sous le nom d'oiseau de paradis orange, oranje paradys voogel. Elle est au contraire rare en France: je crois aussi être le premier qui ly aye introduite. Des trois individus que j'en ai eu dans mon cabinet, l'un est passé dans celui du jardin des plantes, l'autre chez M. Paris, et le troisieme me reste; mais de tous ceux que j'aye jamais vus, je n'en connois que deux de parfaits, c'est-à-dire qui n'aient point subi les mutilations ordinaires: ces deux individus font partie des collections de MM. Raye-de-Breukelerwaert et Temminck à Amsterdam. Quant à pres- que tous les autres, il leur manque les pieds, ainsi qu'en général les grandes pennes des ailes, quoique souvent il arrive que, pour les rendre d'une défaite plus facile, les empailleurs donnent à ces oiseaux ainsi mutilés d'autres pieds et d'autres ailes; ce qui fait qu'on y est souvent trompé; ce qui explique aussi les méprises des naturalistes peu experts qui ont décrit l'espece d'après de tels individus, sans s'appercevoir de ces super- cheries. 2 „ ——— 3— 4 7 1—— “ 3— 1“ ——— HISTOIRF NATURELLE 58 cet oiseau, n'ayant pu nous pro- Nous ne dirons rien des habitudes de 1 5. 3 5 — 8 2 8 E 8 8 ◻ 2 2 2 ◻ 8.5..5 — 5 C 2..,. — 8 828 5 5 5 2 —— 5H—O¼ 22— 2 58 .5.9„ 2 3 5 5 .—8‚— — 8— — 9O 8 ——„ 3 S 5 5 3 „ 2 2.3 8 ☛ 58 5 2— G 25.O. 5 5 ,2 3 — Z 0 2— 5 —8 8. 5 5 ₰ 8 85 X 2„ 55 5 3 2ꝗ 8— 5 2 2 3 5 D.= O0 5 + 8D— 2 H8 = 5 3 D. 3 ⁵⁸ 889 5 — ——.—— ——ö— WC⁰capÿeõeçʒ———— — 7 Wlelnh pmih ſll. 4 — M FI , 8 — = DES OISEAUXDEPARADIS. 59 ——AA—————NBNAAA—ℳMRmæ-AA—AA LA PIE DE PARADIS oOu LINCOMPARABLE, MALE. ℳ (N 20 et 21.) Ey surnommant incomparable cette belle pie que la nature s'est plu à orner de la maniere la plus distinguée, nous ne faisons que remplir un en- gagement que nous avons contracté à cet égard avec M. Gevers-Arntz de Rotterdam, chez qui se trouve déposé P'individu parfait que nous faisons servir à la description et à la figure que nous en publions ici. M. Gevers- Arntz est, je crois, le premier en Europe qui T'ait eue en sa possession; car il y a plus de vingt-cinq ans qu'elle embellit son cabinet sous le nom d'in- comparable, qu'il lui avoit donné, et que nous avons promis de lui conserver: nous le surnommons encore pie de paradis, pour rappeler ainsi et tout à la fois le genre et la parure de cette magnifique espece, chez laquelle, de. chaque côté de la téète au-dessus des yeux, s'élevent en diadéme rayonnant deux touffes de plumes arrondies, et qui, épanouies, y présentent chacune abso- lument la forme de la valve bombée d'une coquille pétoncle, dont la con- cavité seroit tournée en dehors, et la charniere placée directement sur la partie élevée de la téte ou se termine la cavité de P'œil; de sorte que ces deux touffes couronnent les yeux de Toiseau, qui sans doute a la faculté de les resserrer ou reployer à volonté: elles doivent alors prendre une forme, qu'il est trop facile de se représenter pour que nous ayons cru nécessaire de figurer notre pie dans cet etat, d'autant plus qu'en en donnant déja deux figures, dont l'une la présente de face, et Tautre en sens contraire, c'eùt été grossir assez inutilement les dépenses énormes qu'occasionne cet ouvrage, et que couvrent à peine les souscriptions, quoique remplies en grande partie. Outre ce bel ornement de téête la nature a pourvu à cet oiseau d'une queue volumineuse, composée de longues et fort larges pennes, qui lui donnent un air vraiment imposant: enfin la richesse de tout son plumage, sur lequel brillent les couleurs les plus rares, justifie le surnom d incomparable que l'amitié et la reconnoissance nous ont fait un devoir de lui conserver, et qu'il mérite à tous égards, comme on le verra par les deux figures de gran- deur naturelle que nous en publions, et dans les dessins desquelles le ci- 16 —— * 8 8 4 1 3 3 3 4 8 . 4 3 S f 4 3 2 8 . ö 6 I 4 1 4 1 1 1 1 3 4 8 3 I 8 “ 3 3 1 * 1 5 4 1 5 . I 8 I 3 5 3 5 f 3 3 3 4 3— 1 4* 3 1 3 8 4 60 HISTOIRE NATURELLE toyen Barabant s'est pour ainsi dire surpassé pour la verité des couleurs et des teintes fugitives qu'elles offrent sous leurs divers aspects: nous y ren- voyons mème le lecteur pour les beautés de détails, qu'une description ne sauroit rendre que très imparfaitement. L'oiseau dont nous parlons a le corps à-peu-près de la force de notre pie vulgaire dEurope, et sa queue, composée de douze plumes étagées, a trois fois la longueur de son corps du bec à Tanus: ses ailes ployées ne vont que jusqu'à la naissance de la queue; elles sont taillées absolument comme celles de toutes les pies, et peu amples: ce qui prouveroit que l'oiseau doit avoir de la peine à voler, sur-tout quand le vent est un peu- fort, la longueur d'une queue aussi volumineuse que la sienne n'étant pas contre-balancée par renvergure des ailes. Les pieds sont forts et recouverts d'écailles; les narines sont om- bragées par des poils roides qui se dirigent sur le devant, ainsi que de longues plumes poileuses, qui, partant de la base de la mandibule infé- rieure, cachent toute celle du bec. Celui-ci est un peu courbe; les man- dibules en sont unies sans aucune échancrure; sa téte est fort grosse, la bouche large, et les yeux sont grands: tels sont les caracteres qui distin- guent l'espece de ce bel oiseau. Quant aux couleurs de son plumage, le front, les joues, la gorge, et le devant du cou, sont d'un noir velouté à reflet pourpre; du coin de chaque œil part une bande de plumes q'une couleur hyacinthe des plus éclatantes. et qui, longeant les côtés du cou, se termine circulairement sur la poitrine; ce qui forme une espece de collier qui encadre tout-a-fait le noir pourpre du devant du cou. Les plumes de parure de la tèête, étroites à leur nais- sance, s'élargissent à mesure qu'elles s'alongent, et se terminent en arc; elles sont de différentes tailles, et rangées symétriquement, ou de maniere que les plus longues, celles qui occupent le derriere, ont leur racine recou- verte par d'autres plus courtes, et que celle de ces dernieres l'est par d'autres qui le sont encore davantage, et ainsi de suite jusqu'au-dessus des yeux, ouù se trouvent les plus petites. Toutes les plumes de cette partie sont de la nature du velours dans tout ce qu'elles ont de visible, et d'un beau noir à reflet verd ou pourpre, suivant les incidences de la lumiere. Le sommet de la téete et tout le derriere du cou sont couverts de plumes, dont Textrémité est d'un verd émeraude éclatant, qui se dore aussi plus ou moins suivant les coups de lumiere qu'il recoit; et comme cette belle couleur verte est séparée du duvet de chacune de ces plumes par une bande de couleur hyacinthe, on voit s'échapper des éclats de cette riche teinte de tous les endroits où les plumes se séparent un peu. Le manteau, les scapulaires, le dos, le croupion, et les plumes des jambes sont d'un noir brun nuancé de pourpre. Tout le dessous du corps, depuis la poitrine jusqu'au bas du ventre, est d'un beau verd soyeux de malachite polie. On voit sortir des flancs, à travers cette belle couleur, des reflets hyacinthe, parceque les plumes de cette partie portent aussi une bande de cette derniere couleur 2 3 Ghn, l. 18s 2 h morbelieh 2 iouelcku, J — — an 1,27 —, 2* —. A r Naey. 9 5. A N 8 2 Ke, „ 2 A321s 4 Wkrnd WWDD 11SSAnn 94 5 AM 6 8¹ 2à S T,,, S77— 7, A aAn, F EF 276, „79 r., 48 5 7,,A2A, S 4 . 5 2 . 25 IN 8 2 . Dien, nif me ewen, 7 Nre ¼.* 9 9 — panuf men,— T Veo,h, hh G 4 4 1 8 4 .————— 4—— ——— 4—————— 2 9 — — 2 * * 8 6 9 * —— 3 3 3 . .* 3 3 4. . 2 * 6 ————————————— 1 ———————*— 8 5 — 8 —— 3 4 ** — . 2 .. ——. „ . 2 . 2* 8 4 ⸗ . ⸗ . 8 4 .. . 4 8 8 3 4. 8 b 4.— 4 8—— 8. 3 8* 8—— * 3— 2 85— 1 — 3 4. .. 4 5 X—. 8 * 1— 4 4. 4 . 88 DES OISEAUX DE PARADIS. 61 entre leur partie verte et leur duvet. Les ailes sont noires dans toutes leurs parties cachées, et dans celles visibles elles sont lustrées et changeantes en pourpre ou en verd sablé, suivant le jour sous lequel l'oiseau se trouve placé. Les couvertures du dessus de la queue sont violàâtres. La queue est composée de douze plumes, étagées de maniere que la plus courte latérale de chaque côté est du quart de la longueur des plus longues: celles-ci, fort larges, sont en-dessus, exposées au jour, d'un violet magnifique, que l'on voit aussi se jouer sur les bords extérieurs de toutes les latérales; et, ce qu'il y a de particulier, c'est qu'à certain jour toute cette queue paroit en-dessus et en-dessous coupée par des lignes transversales qui disparoissent dans toute autre position. Le revers des ailes et celui de la queue sont d'un noir brun glacé. Enfin le bec et les pieds sont noirs. Le bel individu que je viens de faire servir à cette description se trouve, comme je l'ai déja dit, dans le cabinet de M. Gevers Arntz, à Rotterdam: jen ai vu un autre aussi beau et non moins bien conservé que celui-ci dans la précieuse collection de M. Temminck de la méême ville; et M. Raye de Breuckelerwaert a en sa possession un maâle de la mème espece. II paroit qu'il y en a aussi un à Londres; du moins M. Latham a donné la description d'un individu de cette espece sous le nom d'oiseau de paradis à collier d'or: mais ce naturaliste ne fait aucune mention de la parure de tète dont nous avons parlé; ce qui feroit croire que lindividu u'il a décrit avoit subi les mutilations en usage chez les insulaires de la Nouvelle-Guinée, d'où tous ceux dont j'ai parlé avoient été rapportés. Jai vu encore dans différents cabinets plusieurs individus du mèême oiseau; mais ceux-ci ayant été mutilés aussi par les sauvages, les ailes et les pieds leur manquoient ainsi que les os de la tète, qui, se trouvant par- là rétrécie et déformée, les eùũt rendus tout-à-fait méconnoissables, sans la queue et les belles plumes des autres parties du corps qu'on laisse d'or- dinaire à ces peaux dégradées, qui nous parviennent desséchées sur un rOsead. 62 HISTOIRE NATURELLE . n—A-A —A————— n“. 4 5 AAAAÖÖ———O LA FEMELLE DE LA PIE DE PARADIS OU DE L'INCOMPARABLE. (N 22.) CrrrE femelle differe tellement de son maàle et par ses attributs et par ses couleurs, qu'on se refuseroit presque à la reconnoitre pour appartenir à 'espece dont il est ici question. II ne peut cependant y avoir aucun doute que T'oiseau que représente notre planche 22 ne soit une femelle de notre pie de paradis. Nous sommes mèême convaincus que le male dans son jeune àge ressemble absolument à la femelle; car, nous avons vu à la Haye, chez M. Carbintus, un individu male de cette espece entre les deux àges, c'est- a-dire commencçant à prendre la livrée de l'àge fait, et par conséquent bigarré des couleurs de la femelle et de celles de l'äge adulte; état qui ne laisse jamais de doute sur l'identité d'eespece de l'une et de l'autre, quoi- qu'absolument différente de plumage dans un âge plus avancé: nous avons tant de fois prouvé cela par des exemples, dans le cours de nos différents ouvrages sur les oiseaux, qu'on ne doit plus en éêtre surpris. Cette loi de la nature est générale à l'égard des oiseaux, sur-tout pour ceux qu'elle a le plus favorisés; et il est à remarquer que plus les maàles sont parés, moins leurs femelles le sont, tandis que parmi les oiseaux simplement véètus, le male et la femelle se ressemblent ordinairement beaucoup, et mème au point que souvent on ne peut distinguer l'un de l'autre que par l'inspection des parties sexuelles. Nous disons que la femelle de l'incomparable differe totalement de son male, en ce qu'elle n'en a pas les attributs, et par ses couleurs qui, sur la téte, le cou, la poitrine, le manteau, et le croupion, sont d'un brun noir légè- rement violacé; la queue, qui n'est pas à beaucoup près du volume de celle du màle, quoiqu'étagée aussi chez elle, y est d'un noir brun à reflet bleuãâtre —,— — ⁴☛ 8 7 776:⸗ 8 8 5847er, 28 „ en „09, A 3428 82Sa1ds reuen sealf er 247: an 12152 ,211 171272121121217203 1 1EITIE2I2E22714 185 IE. 41* 16 4ʃ 1 12 8 3 nss An 1 44*⁷ 8 64 N 5 Aws de 6* ,. Ae 3,635 * Ain n or A en 856 8 256' Aen353 8SS 23 4 14K9 es, Na KN AN Mld, D be E 4 1„ 2enbe k. A ee Hel Impronende do HSousget.( Genale Wuſe 3 4 A —— —— 8 L rr— 8 3——— s n 1„ 72— 2————————————y——————————— — 6 ₰ ——ÿy ——— —— DES OISEAUX DE PARADIS. ou pourpre, suivant les incidences de la lumiere; elle y paroit aussi barrée par des lignes transversales, qui disparoissent à certain jour, comme chez le male. Les ailes sont d'un noir luisant, chatoyant en bleu pourpre; tout le dessous du corps, la poitrine, les flancs, la partie abdominale, et les couver- tures du dessous de la queue, sont d'un brun terreux unifor versalement par des lignes d'un gris roussàtre: le bec et les Cette femelle dont nous donnons ici la description, notre planche 22, fait partie du cabinet de M. Temminck, a eu la bonté de me l'envoyer à Paris en nature: qu'il me en témoigner publiquement ma juste reconnoissance. Cette femelle ne seroit-elle pas l'oiseau de paradis noir des nomencla- teurs? La mauvaise figure qu'on en voit dans Séba lui ressembleroit, quoique faite d'après un individu très mutilé sans doute, puisquil y est représenté non seulement sans ailes, mais mèême dans les formes sous les- quelles les insulaires de la Nouvelle-Guinée nous font parvenir tous les oiseaux préparés par eux. 63 me, coupé trans- pieds sont noirs. et que représente d'Amsterdam, qui soit permis de lui 64 HISTOIRE NATURELLE ——-—-— . I. E CALIBE MAL F. (N 253.) CRTTE espece, qui ne doit Pavantage d'avoir été admise parmi les oiseaux de paradis qu'à la mauvaise préparation des premiers individus qui nous en étoient parvenus de la Nouvelle-Guinée, son pays natal, se rapproche beaucoup par son genre de celui des choucas: elle a effectivement des parties dont les plumes paroissent au toucher et à l'oœil être de la nature du velours, et telles sont réellement toutes celles qui garnissent la téte et tout le devant du cou de cet oiseau; mais on remarquera facilement qu'en revanche il n'a ni une petite tèête ni des yeux moins grands que ne le com- porte sa taille; caracteres attribués généralement par tous les naturalistes aux oiseaux nommés de paradis, et dont nous avons trop souvent prouvé la fausseté pour que nous y revenions au sujet du calibé. Celui-ci subissant dans le pays qu'il habite les mèmes mutilations que les insulaires font subir à tous les autres oiseaux des mêmes contrées, offre aussi les mèmes dégra- dations, c'est-à-dire que, comme tous les oiseaux de paradis, il nous arrive ordinairement sans pieds, sans ailes, et desséché sur un roseau; ce qui seul, comme nous Tavons dit, l'a fait placer parmi ces derniers, quoiqu'il n'ait point, comme eux, recçu de la nature cette surabondance de plumes dont ils sont pourvus, et avec lesquelles ils savent si bien se parer. Quant aux plumes de la nature du velours, elles ne sont point un attribut nécessaire et exclusif des oiseaux de paradis, puisque, comme nous Tavons vu, plusieurs especes ainsi nommées n'en étoient nullement pourvues, et que beaucoup d'autres oiseaux présentent ce caractere: le paon, par exemple, de tous les oiseaux connus celui que la nature a le plus favorisé du côté de ces plumes veloutées, et qui de plus est paré de la maniere la plus pompeuse, pour- quoi ne T'auroiton pas rangé parmi les oiseaux de paradis? ajoutons que le paon a unè très petite tète relativement à sa taille, puisqu'au moins dix fois plus gros de corps que le plus grand oiseau de paradis qu'on connoisse(le grand émeraude), sa téête n'est réellement pas plus forte que celle de ce dernier. Mais, disons-le, il n'a manqué au paon pour être un oiseau de paradis, que de nous avoir été envoyé aussi sans pieds, sans ailes, et desséché sur un baton. Au reste, qu'on considere comme un oiseau de paradis, ou comme un choucas l'espece du calibé, voici ses caracteres: Ila le bec alongé, fort, un peu arqué, et portant au bout de la mandibule Sark, 3 ſtwee⸗ 6 VSe U. unerie e homren ( 7 2. —, . 2 1 DES OISEAUX DE PARADIS. 65 supérieure deux échancrures très apparentes: cette mandibule se prolon- seant profondément sur le front, sy élargissant, et sy terminant circulaire- ment, divise les plumes du toupet en deux Parties, qui se portent jusque sur les narines qu'elles couvrent Presque totalement. Ce caractere, que le calibé pPartage avec les oiseaux du genre des cassiques et des carouges, est encore, ainsi que nous T'avons vu, commun au grand, au petit émeraude„Het à Toiseau de paradis, rouge; mais il est très différent dans les autres especes, notamment dans le manucode, car chez celui-ci les plumes du front cou- vrent les deux tiers de la base de la mandibule supérieure. Les pieds du calibé sont robustes, assez longs, et coupés par écailles dans toute étendue des tarses: les pennes de la queue sont d'une largeur remarquable, ainsi que les dernieres plumes des ailes qui avoisinent le corps; la queue est com- Posée de douze pennes, dont les trois plus latérales sont étagées, de maniere qu'épanouies, leur extrémité décrit un demi-cercle parfait: les couvertures du dessus des ailes sont larges et terminées en cercle, de sorte qu'elles for- ment de grandes écailles. Quant à la couleur du plumage de cet oiseau, quoiqu'au premier apperçu il paroisse être entièrement noir, exposé à la lumiere il est très brillant, et offre des teintes très variées. Les plumes de la téte et du devant du cou sont d'un verd brillant à leurs pointes, mais au jour ce verd prend des points lumineux qui le font paroitre sablé d'or ou d'argent, suivant les positions. Tout le dessous du corps est glacé de violet, changeant du pleu au verd aussi suivant les jours: le haut du dos, les scapulaires et toutes les couvertures du dessus des ailes ont un éclat mer- veilleux, et jettent des feux diversement colorés, soit en violet, ou en bleu; ces parties présentent enfin l'aspect de ces brillants groupes de cristaux de fer de Tisle d'Elbe: les ailes et la queue ont à-peu-près le mèême éclat sur fond noir: les couvertures du dessous des ailes ainsi que celles du dessus et du dessous de la queue, sont d'un noir à reflet verd ou bleu, et changeant en violet; enfin le revers des ailes et celui de la queue sont noirs, ainsi que le bec, les pieds, et les ongles. L'espece du calibé est très commune, à ce qu'il paroit, à la Nouyvelle- Guinée; car je T'ai toujours vue en nombre dans les différents envois d'oiseaux faits de ce pays, mais malheureusement presque toujours mutilée, et manquant en général de pieds et d'ailes: j'ai été à mème de voir les indi- vidus entiers qui nous en étoient parvenus en Europe: celui qui se trouve au Muséum d'hhistoire naturelle à Paris, et qui provient du cabinet du stathouder, a une partie de ses ailes, mais il est sans pieds: j'en ai vu un parfait à Amsterdam, chez M. de Raye de Breuckelerwaert, Et un autwe 3 la Haye, chez M. Carbintus, qui me fit voir aussi une variété de la méme espece. Cette variété étoit encore un jeune oiseau, de couleur en général brune et à reflet violâtre sur les ailes et la queue; tout le dessous du corps rayé de brun sur un fond noir. Les caracteres et la forme de cet Oiscau étoient si absolument conformes à ceux de notre calibé, qu'il ne peut y avoir — 66 HISTOIRE NATURELLE de doute quiil n'appartienne à la mèême espece: il est aussi certain que c'étoit un jeune oiseau; ce que j'observai à la nature cotonneuse de toutes ses plumes; d'où je conclus aussi, d'après toutes les lois générales de la nature, que la femelle du calibé ne doit pas beaucoup différer de ce jeune oiseau. Tous les naturalistes modernes ont parlé de'espece du calibé sous le méème nom que nous avons cru devoir lui conserver. Sonnerat est, je crois, le premier qui nous pait fait connoitre en France, en en publiant une des- cription et une figure dans son Voyage à la Nouvwelle-Guinée: mais il est bien étonnant que ce naturaliste qui a visité les contrées qu'habitent ces beaux oiseaux, ne nous en ait apporté que de mutilés, et ne nous apprenne abso- lument rien sur leurs mœurs et leurs habitudes. Nous n'avons pas donné les dimensions du calibé, parcequ'il se trouve représenté sur nos planches dans toutes ses proportions naturelles. 1 1 1 4 8 4 4 3 3 4 1 1 4 8 * 4 1 8 3 ö 3 3* 1 1 4½ 1 8 1 4 1* 4 3 4 —;ÿ * aussi certain que onneuse qe toutes s générales de ha férer qe ce jeune du calibe SoOus le eerat est, je crois, Subliant une des- e: mais il est bien bitent ces beaux s apprenne abso- rcequil se trouve naturelles. ——— — — ———————— I 29 er fod 4 „ 7 eMt. 6 A — 4 * 3 5 4 V 8 3 54 1 . G , F I 1 * 2 ⁸ 5 4 4 3, 3„ S V 8 1 87, S 8 * .8 S G b WMlirtr S S S 7 K 8₰½„ — 8 8 8 7 8 8 1 „ * 8 8—.— — 8 85 1 1u NIAn 1. 1 * 6 8 * 1 b „„ E lan hiuur. —— 8 1 b W 5 8 b T ₰ 1 +‿ 1 —*— —— ——— ———— —ͤͤſſ“ — — DES OISEAUX DE PARADIS. 67 -—A— —y—--—--——--—————V—V—ê—âêꝛếBu¾—————————AA————Vͤ———-—-õ nͤꝛ——— ℳ—:———— êêłqNK;——-—õA—— LE GRAND CALIBE oOuv CALIBE BRUVYANT. (N 24.) Ir s'agit ici d'une espece fort rare qui réunit dans la construction de son bec et de ses pieds absolument toutes les formes de ces parties du calibé de l'article précédent, et que nous avons été déterminés par cette raison à décrire à la suite de ce dernier sous le nom de grand calibé, parcequ'en effet il a la taille beaucoup plus forte que lui, ou a-peu-près celle de notre corneille vulgaire. Lespece du grand calibé se distingue encore du petit calibé par des attributs qui lui sont propres et qui la caractérisent d'une maniere précise: elle a, par exemple, la queue carrément coupée, c'est-à-dire que les pennes de celle-ci sont toutes égales entre elles; et, si pour spécifier un oiseau on peut admettre les caracteres négatifs, nous ajouterons que le grand calibé n'a point de plumes épaisses de la nature du velours. Quant à ses couleurs, elles sont aussi simples que celles de lautre espece sont brillantes; un noir brun, grisatre, plus foncé sur les parties supérieures du corps que sur les inférieures, se trouvée un peu relevé chez lui par une large tache blanche, qu'on remarque sur les premieres grandes pennes des ailes; la queue est blanche à sa naissance, noire ensuite, et terminée par un frangé blanc de toutes ses pennes; les pieds, recouverts de grandes écailles, sont noirs; le bec est blanc à sa pointe, et noir dans le reste. Cette espece habite la Nouvelle-Hollande: nous avons à Paris deux de ses individus, dont l'un est au cabinet national, et a été donné par l'illustre M. Banks Pautre fait partie du cabinet de M. Dufrene. Latham, qui a décrit notre grand calibé sous le nom de coracias strepera, le range parmi les rolliers, avec lesquels il est trop facile de voir qu il n'a aucune analogie; aussi Dandin, quoiqu'iil ne décrive le mèême oiseau que .*„ 7 7„ 4 d'après le naturaliste Anglois, a-t-il préféré avec raison d'en faire un genre .„⸗, 5. distinct qui ne consiste qu'en cette seule espece, qu'l nomme réveilleur de Visle Norfolk: ces surnoms de strepera(bruyant) ou de réveilleur nennent aux habitudes de cet oiseau qui, dit-on, quoique de moeW douces, n passe pas moins les nuits à s'agiter, et à pousser des eris qui interrompent le sommeil des hommes et des animaux: il est propable cependant que ces agitations et ces cris nocturnes n'ont lieu que pendant le teimps des Ais seulement; comme cela arrive à tous les animaux diurnes qui passent les nuits à chanter ou à crier. 3 ———y —— — 68 HISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX DE PARADIS. Nous terminerons cet article en observant que si les naturalistes persistent à regarder le calibé de notre n' 23 comme un oiseau de paradis, ils ne doivent point hésiter à considér ver aussi comme tel celui de cet article. Quant à moi, s'il m'est permis de dire ce que j'en pense, je dirai que ces deux oiseaux ne sont point oiseaux de paradis, et qu'ils n'appartiennent à aucun des genres dont se compose la série des oiseaux que nous avons fait con- noitre sous ce nom, et qui, quoique de genres différents, ont toujours au moins de commun les plumes, plus ou moins surabondantes, que chacun d'eux fait servir à sa parure en les étalant d'une maniere quelconque, et qui manquent à nos deux calibés. Les naturalistes font encore mention de plusieurs autres oiseaux de paradis, dont nous ne parlerons pas, parceque nous ne les avons jamais vus, et que nous nous sommes fait une loi de ne publier aucun oiseau dont nous n' ayons acquis par nous-mèmes une connoissance parfaite. “ — DES SECONDE PARTIE. DES ROILLIERS ET DES GEAIS. 1 5 —— — 22 — 9——————— 4————.————. —— 4 8 8 3— ————— 5 8 8 4 4 3 8 8 ————ſſſſſ“ 1“ 1 3— —— 4— 4— 3 3———. 5 g— 1 2. 8 2— 8——..— 2 2———.————y ͤͤ— 2—. eee teress rA eteene——ſW- 2— ͤͤͤ“ HISTOIRENATURELLE DES ROLLIERS ET DES GEAIS. Nous avons cru devoir reunir les rolliers et les geais, quoique jusqu'ici les naturalistes les aient séparés. Ces oiseaux ayant entre eux beaucoup danalogie, et leurs mœurs et leurs habi- tudes étant absolument semblables, ils ne doivent donc point étre considérés comme formant deux genres distincts; ils le doivent d'autant moins que le caractere le plus saillant qu'on ait indiqué pour autoriser leur séparation est celui d'avoir les narines couvertes ou découvertes; caracteres trop équivoques, et qui minfluent pas assez(qui n'y influent même en aucune maniere) sur les fonctions de la vie animale pour qu ils puissent étre pris en aussi grande considération. Il est dailleurs cer- tain que plusieurs rolliers ont les narines tout aussi couvertes que le sont celles des geais, comme on le verra lorsque nous donnerons les caracteres propres à chaque espece en parti- culier de ces oiseaux. Nous verrons aussi qu'en considérant les geais et les rolliers comme formant deux genres séparés, par la raison qu'on en donne, on trouveroit que les différentes especes de chacun deux different entre elles, et à plusieurs égards, beaucoup plus que ne différeroient entre eux les deux 19 HISTOIRE NATURELIL E 72 genres supposés, et que de cette sorte il seroit facile à un mé- thodiste scrupuleux d'établir autant de genres quꝗil y a d'es- peces de geais et de rolliers, ou même d'oiseaux généralement quelconques; car si Ton vouloit à la rigueur exiger pour'ad- mission d'une espece, dans un genre, qu'elle réunit tous les caracteres assignés à ce genre, je doute qu'il se trouvãt deux oiseaux qui appartinssent à un même genre; cest que la na— ture a diversifié les formes dans les especes mèmes de chaque genre, afin que les facultés de chacune d'elles répondissent aux fonctions auxquelles elle étoit destinée. Il suffit, pour se convaincre de cette grande vérité, de comparer la nature à la nature; par-tout on y verra que les caracteres qui constituent les facultés sont modifiées de maniere qu elles conviennent toujours aux fonctions particulieres de chaque espece. Pense- t-on, par exemple, que dans la grande tribu des oiseaux in- sectivores, destinés par la nature à maintenir par la destruc- tion un équilibre nécessaire; pense-t-on, dis-je, que tous ces oiseaux vivent indistinctement de toutes sortes d insectes? non assurément; certaine espece de ces derniers est condamnée à devenir la proie de tel insectivore, et telle autre celle de tel autre exclusivement: d'ouù il résulte que pour Texécution de ses desseins la nature a dü diversifier les facultés destruc- tives de Tun, et les proportionner aux moyens de défense de lautre. Ainsi telles especes de gobe-mouches ayant été des- tinées à prendre les insectes au vol, on les reconnoit dabord à leur large bec aplati, muni de longs poils roides, et formant de chaque côté de la bouche un réseau qui empéêche les mou- ches de séchapper une fois qu elles sont engagées dans'ou- verture du bec, tandis que celles qui vont chercher les insectes dans leur cachette, manquent totalement de ces longs poils, ——.,—* “ “ ger pour lag e réunit tous les Se trourdt deun cest que la ma- némes de chaqus lles répondissent Il sufft, pour ze rer la nature à h 8( lui constituent les conviennent e espece. Pense- des oiseaux in- par la destruc- Je, que tous ees s dinsectes? non s est condamnee le autre celle de pour Texécutiom facultés destruc- ns de défense de s ayvant été des⸗ econnolt Gabord s, et formant che les mob- oide mpè b gagées dans lou- rcher les inseclés olb, 8 Ce8 longs po DES ROLLIERS. 53 qui, d'une nécessité absolue aux premieres, nuiroient infailli- blement à celles-ci, puisque souvent ces poils débordent la pointe du bec dans les gobe- mouches proprement dits(1). Voyons les drongos, qui, quoique confondus par nos savants, tantòt avec les pie-grieches, tantoôt avec les corbeaux, d'autres fois avec les merles, n'en appartiennent pas moins à la tribu des gobe-mouches; la nature qui les destina à la destruction des abeilles, leur donna en mèéme temps un large bec, pour qu ils pussent les happer au vol; mais ce bec est en outre épais et fort, proportionné enfin aux moyens de défense de ces in- dustrieux insectes(2). Si des oiseaux insectivores nous passons aux oiseaux pure- ment frugivores ou granivores, nous remarquerons que ceux qui se nourrissent de fruits mous ou de graines tendres, ont le bec foible, tandis que ceux qui sont obligés den entamer de plus solides, ont aussi le bec plus robuste. Il est donc essentiel d' étudier les mœurs et de bien connoitre les fonctions de chaque espece, pour ne pas se méprendre sur la place qu elle occupe dans l'ordre de la nature. C'st par le défaut de ces connois- sances que Thistoire naturelle des animaux, des oiseaux sur tout, n'est encore qu'un chaos livré à des vues arbitraires, et changeantes à mesure qu'il se présente des objets nouveaux à ranger parmi ceux déja connus. La masse, l'ensemble des faits pourront seuls un jour servir de base à une bonne his- toire naturelle. Nos pédants à systémes ont beau se récrier contre ces faits qu'ils redoutent, parcequ'il n'en a souvent fallu qu un seul pour détruire tout T'étalage de leurs pompeuses théories; on y reviendra toujours, et toutes les fausses spécu- (1) Voyez Phistoire des gobe-mouches, Histoire des oiseaux d'Afrique, tome III. (2) Voyez histoire des drongos, ibid. tome IV. 24 HISTOIRE NATURELLE lations de l'esprit humain auront ici le sort de toutes celles qui m'ont un instant brillé sur la scene polémique que pour s'éclipser à jamais. Qu'on fasse en un mot dans les systémes tous les changements qu'on voudra, le meilleur de tous ne sera jamais que le moins mauvais; ils varieront à linfini d'àge en àge, tandis que la nature, toujours constante, toujours uni- forme dans sa marche, présentera toujours les mêmes causes, et les faits dérivant naturellement de ces causes, dont elle semble défier les hommes de découvrir entièrement les res- sorts cachés. —.—— .— 5 8 w* 8 — 4 1 8— 4 3 8 4 NX 8— 8 5** 4 8.— 3 5 2— 2 A 8 4 d.——* 8 4 8 4— 2 4 3 4 3 2— 8 * b. — — 95———— ——— — — — — —— —— = ——— —— — — 7.. 5, 7,— 22₰ 145 A4 SA 448 alt een“ 8 1 2 4 7 1er,dts, d,en 2ir 1421214 81 7 44. le, 71:* aKN 4 4 1r, AeNIa A8F E 4 1182 ,36 27T2, 42e4,? 2 21817777, Aree 4 1 eias. 8,(e2rIr. 837)2r G e Whch Sen, k 8— I I wern, 22.— 4 Pianerae k HGourren. Aene⸗ eaſe ———— 4 2 1——————— 3 4 —— iIII 4———— ↄↄpdp—⸗"d"⸗˖. 8——.— — 4—. ,*“— 1* 7 4 5—— — ☛——“—ͤ——.—— 6— —— 4————————ÿö—j 1 4 — DES ROLLIERS. 75 AAę—. AANAAA———y—-———————————--————--—-——⏑—äää———— LE ROLLIER A LONGS BRINS D'AFRIQOVUE. 6No 25.) Tovs les naturalistes ont parlé de ce rollier sous le nom de rollier d'Abyssinie; mais comme l'espece n'habite point exclusivement cette portion de'Afrique. puisqu'elle se trouve également au Sénégal ainsi que dans plusieurs autres cantons de ce vaste continent, et mème sous le 26* degré de latitude sud, vers le cap de Bonne-Espérance, j'ai cru devoir le nommer rollier à longs brins d'Afrique, plutôt que de lui conserver son ancienne dénomination: j'ai été d'autant plus encore autorisé à faire ce changement, qu'il y a en Abyssinie beaucoup d'autres rolliers à qui le nom de rollier d'Abyssinie pourroit aussi bien s'appliquer qu'à celui-ci, et qu'alors il pourroit y avoir confusion dans les especes; inconvénient grave en histoire naturelle: il doit dailleurs paroitre absurde d'appeler d'un nom de pays un oiseau quelconque, lorsqu'on sait positivement que cet oiseau vient, non seulement d'un canton très éloigné, mais souvent mème d'un pays situé à Topposé de celui dont on lui feroit porter le nom. Jai trouvéê, pendant le cours de mes voyages en Afrique, l'espece du rollier dont nous faisons le sujet de cet article entre la riviere d'Orange et la grande riviere des Poissons(Visrivier); mais elle y est seulement de passage, puis- qu'elle ny arrive que pendant lasaison des chaleurs, et qu'elle en repart aussi- töt que celle des vents et des pluies, qui font l'hiver du pays, vient à com- mencer; temps où ces oiseauxont fini leur ponte, et ou leurspetits ont acquis la force de les suivre. Pendant le temps des amours on rencontre toujours ces oiseaux par paires, c'est-à-dire le maàle et la femelle ensemble, et ensuite par famille; car dès que les petits sontsortis du nidils suivent leurs pere etmere, et ne les quittent plus; ils se forment alors en petites bandes de six individus au plus; car la ponte n'est que de quatre œufs, et qu'il arrive souvent des acci- dents pendant lincubation, ou aux petits, qui sont très niais, et sujets ainsi à devenir la proie des oiseaux carnivores dont le pays abonde. Ces rolliers fréquentent les bois, etse nourrissent indistinctement de fruits ou d'insectes, quoiqu'à ce qu'il m'a paru ils préferent toujours les premiers. Les seuls insectes que j'aie trouvés dans l'estomac des individus que j'ai tués sont quelques chenilles lisses, des sauterelles, ou des menthes. Jai trouvé leur nid dans les enfourchures des arbres, près du tronc; ce nid, très volumineux, et par conséquent facile à découvrir, est composé de bois entrelacé d'herbes 2o HISTOIRE NATURELLE lement d'un lit de feuilles seches; 76 et de mousse, et revètu dans l'intérieur seu les œufs sont à-peu-préès de la grosseur de ceux de nos pigeons fuyards, et leur couleur est verdatre pointillée de roux. On reconnoit dans notre rollier à longs brins d'Afrique le port, le vol et les attitudes du geai européen; il a méême jusqu'au cri, qui a valu à ce dernier le nom qu'il porte, parcequ'en effet il le prononce d'une maniere très distincte. Cet oiseau est d'un naturel très curieux; on le voit arriver au moindre bruit extraordinaire, mais il fuit dès qu'il se sent averti du plus petit danger; caractere moral qu'il a de commun, non seulement avec notre geai dEurope ‚mais avec tous les geais et tous les rolliers, selon du moins que je l'ai constamment observé dans toutes Ies especes que j'ai vues de ces oiseaux, et qui ont toutes aussi un cri semblable à celui de geai, geai. IIn'est enſin personne qui, connoissant bien les allures de notre geai, ne dise en voyant ou en entendant un rollier, voilà un geai; et il m'est arrivé à moi-mèême de m'y méprendre au point qu'en en jugeant par les rolliers que j'avois vus ou entendus en Afrique, avant d'en avoir tué aucun, j'étois dans la ferme persuasion que notre geai dEurope se trou- voit aussi dans cette autre partie du monde; cela me paroissoit d'autant moins extraordinaire que j'y avois déja trouvé alors notre coucou, ainsi que plusieurs especes de nos pie-grieches, et de nos chouettes. Le rollier à longs brins d'Afrique a la mandibule supérieure arrondie sur toutes ses faces, un peu arquée, et terminée en un petit crochet très délié; cette mandibule avance un peu dans les plumes du front, et les divise en deux parties, qui se portent jusqu'aux narines, qu'elles cachent mème en- tierement. La mandibule inférieure, aplatie sur les côtés, s'arrondit un peu vers sa pointe mousse et légerement courbée. Les tarses sont courts, forts, et coupés en écailles dans toute leur longueur, et les doigts entière- ment séparés jusqu'à leur racine. Les ailes ployées s'étendent jusqu'aux deux tiers de la longueur de la queue. Les pennes latérales de celle-ci se prolongent en deux longs brins déliés, qui se portent beaucoup au-delà des autres pennes toutes égales entre elles, et qui forment un caractere particu- lier: ces brins sont plus ou moins longs suivant l'age de l'oiseau; dans les vieux ils acquierent une longueur de plus du double de celle des autres plumes de la queue; il est aussi à remarquer qu'ils sont d'autant plus déliés qu'ils sont plus longs, c'est-à-dire que leur longueur se fait aux dépens de leur largeur. Nous allons maintenant décrire les couleurs de ce bel oiseau: Les plumes du front et de la gorge sont d'un blanc laiteux, ainsi que celles qui bordent les côtés de la base des mandibules; le dessus de la téte, V le derriere, les côtés, et le devant du cou, sont d'un beau verd bleuàtre luisant, imitant la teinte du verd-de-gris; mais les plumes du devant du cou sont toutes marquées d'un trait verd clair, qui sous certain jour prend un ton blanchatre: tout le reste du dessous du corps, y compris les plumes des jambes, les couvertures du dessous de la queue, et toutes celles du revers des ailes, sont du même ton verd du cou, quoique d'une teinte un ———— 2 ———— 4 4———— 3“ ö connoissant bien ant un rollier, voila e au point quen en ſue, avant den avoit ĩ d Europe se trou- paroissoit G'autant coucou, ainsi que d. jeure arrondie zur crochet tres deli; at, et les divise en rachent mème er- dés, Sarrondit un tarses sont coufts, les doigts entiere- tendent jusqu aus ales de celle-ci se ucoup au-delà des caractere particu- Toiseau; dans les celle des autres autant plus doits nit aux dépens de de ce bel oiseau: DES ROLLIERS. 77 peu plus foible. Le haut du dos, les scapulaires, et les deux dernieres plumes des ailes du côté du dos, sont d'un roux nué de verd. Les plumes du croupion et les couvertures du dessus de la queue, sont d'un bleu vif, qui est aussi la couleur de toutes les couvertures du poignet des ailes: les moyennes et grandes couvertures de celles-ci sont du verd du dessous du corps: telle est aussi la couleur des pennes des ailes à leur naissance ‚tandis qu'elles ont leur autre extrémité d'un beau bpleu vif; de sorte que le dessus de l'aile est partagé en trois larges bandes transversales, dont le verd occupe le milieu, et le bleu les deux extrémités; tandis qu'au revers elle est seule- ment bleue au bout, et verte en haut. Nous ajouterons que la pointe des pennes alaires est noire, et qu'on remarque dans les barbes extérieures des premieres vers cet endroit un liséré verdâtre. La queue, qui est com- posée de douze plumes, est bleue et verte, le bleu occupant le centre, et le verd les extrémités; mais les deux filets sont d'un bleu extrémement foncé, et les deux pennes du milieu d'un verd olivatre, imprégné d'une teinte brunâtre. Le bec et les ongles sont d'un noir de corne, et les pieds d'un brun roux, ainsi que les yeux. La description que nous venons de faire de l'espece du rollier à longs brins dAfrique est celle du mâle, que nous donnons aussi représenté sur nos planches de grandeur naturelle, d'après un individu qui fait partie de mes collections, et que j'ai apporté dAfrique. La femelle est un peu plus petite que le male, et les couleurs sont absolument les méêmes dans les deux sexes: nous observerons seulement qu'elles ont une teinte moins vive chez la femelle, qui différeroit par conséquent peu du mäle, si on ne dis- tinguoit d'abord celui-ci à la longueur des brins des plumes de sa queue; car, dans la femelle, ces brins ne dépassent pas les autres pennes de plus de trois pouces, tandis que ceux du male se prolongent quelquefois à plus de six pouces au-delà. Dans le premier aâge le front, la gorge, la poitrine, et les flancs, sont roussâtres: le bleu des ailes et du croupion y est mêlé de beaucoup de verd nuancé en général d'une forte teinte roussàtre. Dans cet état les plumes latérales de la queue se portent déja chez le maâle à un pouce au-delà de celle ci, tandis que chez la femelle on n'apperçoit encore aucun prolonge- ment de ces brins. Nous n'avons pas cru nécessaire de donner la figure du rollier à longs brins dAfrique dans son jeune àge, parceque dans cet état il ressemble un peu à la femelle du rollier dEurope, que nous avons beaucoup de raisons de considérer tout au moins comme une seconde race de la mème espece. Nous renvoyons au surplus le lecteur à'article du rollier vulgaire, où nous établissons les différences respectives; ce qui le mettra à mèême de juger de la diversité ou de lidentité d'espece de ces oiseaux. —n ——p—O—jÿy— ——— ———— — —— –— ͤſſſſſ““ 85 —* 78 HISTOIRE NATURELLE —A-— 2———O—-----————ℳꝛ₰tꝛ——ð—qé—êWVöͤ—— n——— LE ROLLIERAVENTRE BLEV. (N 26.) Cm rollier, que caractérise aussi un prolongement des deux plumes les plus latérales de sa queue, étant le seul connu de sa tribu qui ait le ventre bleu, nous avons cru devoir le distinguer par-là comme l'endroit le plus saillant par ouù l'on puisse le reconnoitre d'abord. Cette espece, absolument nouvelle, habite lisle de Java, d'ou M. Temminck, d'Amsterdam, a regu directement lindividu que je possede, et qu'il a eu la bonté de me donner. Nous regrettons que le défaut de renseignements sur les mœurs et les habi- tudes de cet oiseau ne nous permette pas den faire connoitre Thistoire: nous nous bornerons donc à donner une bonne figure et une description détaillée de la belle et rare espece du rollier à ventre bleu, en attendant que quelque voyageur éclairé veuille bien nous en apprendre davantage. Ce rollier est a-peu-près de la taille de notre geai, ainsi qu'on le voit par la figure de grandeur naturelle que nous en publions. Il a le bec et les pieds absolument conformés comme ceux du rollier à longs brins d'Afrique, mais plus forts en raison de sa taille. Les plumes du front se trouvent aussi ici divisées par la mandibule supérieure en deux parties, qui se portent jusques au bout des narines, ou elles se terminent en pointe; les narines n'en étant cependant pas entièrement couvertes, on apperçoit très distinc- tement leur ouverture longue et étroite. Quoique, comme l'espece précé- dente, le rollier à ventre bleu ait la queue prolongée dans ses plumes laté- rales, il y a cependant chez lui ceci de particulier et de fort remarquable que toutes les plumes intermédiaires de la queue y sont étagées de maniere que les deux du milieu sont les plus courtes, et que chacune des autres est un peu plus longue que celle qui la précede; c'est-à-dire que la queue de ce rollier est entièrement fourchue comme celle de nos hirondelles de cheminées, si communes en Europe. Les ailes sont aussi plus amples et plus longues dans l'espece dont nous parlons que dans le rollier à longs brins. Elle est encore distinguée de ce dernier d'une maniere particuliere, par la distribution de ses couleurs, car elles lui forment un habit tout diffé- rent du sien, quoiqu'elles soient en mème nombre et de mème nature dans les deux especes. Toute la téte, le cou, et la poitrine, sont d'un roux noisette, nué de verd, d'ouù résulte une teinte particuliere, variant du verd au roux, et du roux au verd, suivant les incidences de la lumiere. Le — ea t far hke per eeber ———— —Q— V 5. 2 Wwroa ziena ſeede 3 4 ☛ ☛☚ ☛ 2— . N A N 71., 777 441, 1 , 4 16 BDo Stweoraneorie e LSangtbur, 2I. — DES ROLLIERS. 79 ventre, les flancs, la partie abdominale, les plumes des jambes, ainsi que les couvertures du dessus et du dessous de la queue, et tout le croupion, sont d'un bleu foncé qui prend beaucoup d'éclat lorsque T'oiseau se trouve exposé aux rayons directs de la lumiere. Les couvertures supérieures des ailes, y compris les petites pennes qui couvrent les tiges des premieres grandes pennes de celles-ci, sont aussi d'un bleu foncé. Les pennes alaires étant en partie vertes dans le milieu, et d'un beau bleu ensuite jusqu'à leurs pointes, qui sont noires, les ailes se trouvent coupées de verd et de bleu, mais d'une maniere moins réguliere que dans le rollier de T'article précédent. Les petites couvertures du bord des ailes et les barbes exté- rieures des trois plus grandes pennes étant vertes aussi, elles forment une bordure de cette derniere couleur, qui détache agréablement les ailes du corps dans l'état de repos. La queue est en dessus et en dessous d'un verd changeant, qui, regardé contre le jour, semble terne, mais qui en revanche, exposé à la lumiere, devient très brillant. On remarque au bout des pennes intermédiaires de la queue une belle nuance de bleu ‚et le bout prolongé de ses latérales est d'un noir bleuâtre. Le haut du dos et les scapulaires sont d'un brun olivacé; de sorte que le manteau est tout entier de cette derniere couleur. Les couvertures du revers des ailes sont vertes; le bec est noir; les ongles sont d'un brun de corne, et les pieds gris-bruns. Quant aux yeux, nous n'en connoissons pas la couleur. 21 80 HISTOIRE NATURELLE LE ROLLIER VAhIE ocLE CUII. (No 27 EIT 28.) Cnrær belle espece de rollier se trouvant dans plusieurs cantons de Afrique, ainsi que dans une grande partie de IInde et des Moluques, nous avons cru pouvoir supprimer la dénomination de rollier de Mindanao, sous la— quelle elle a été jusqu'ici généralement décrite, pour lui appliquer celle de rollier varié, qui lui convient mieux à raison de la bigarrure de son plu- mage; et comme on remarque quelques légeres différences dans les teintes du plumage entre les individus de l'espece qui habitent les Moluques et ceux qu'on trouve en Afrique, et dans une partie de lInde, nous avons aussi pensé qu'il étoit utile et mème nécessaire d'en publier un de tué aux Moluques, et un autre que j'ai apporté du pays des Cafres, dont le climat est bien moins chaud que celui des Moluques. Ces deux sujets prouveront mieux par leur comparaison que ne pourroient le faire tous les raison- nements, que si la différence des climats en apporte un peu dans les cou- leurs, elle ne les change jamais totalement, et qu'elle influe bien moins encore sur les caracteres essentiels d'une espece: le préjugé contraire a fait commettre à l'un de nos plus grands écrivains des erreurs sans nombre dans les rapprochements qu'il lui a fait faire; erreurs que nous avons sou- vent eu occasion de réfuter par des preuves convaincantes, et en remettant à leur place beaucoup d'especes très différentes, qu'on nous avoit données pour de simples variétés de telle ou telle espece, quoique la plupart du temps elles m'appartinssent pas méème à un même genre. Nous allons donc décrire d'une maniere précise un individu de lespece du rollier varié, que j'ai tué moi-mème au cap de Bonne-Espérance, ou tout au moins à la côte est d'Afrique, dans la Cafrerie, canton ouù je T'ai trouvé ainsi que sous la même latitude à-peu-près, chez les grands Nama- quois; et nous nous contenterons d'indiquer les différences qui existent entre les individus de la mème espece apportés des Moluques. Remarquons que la même espece se trouve aussi au Sénégal, au Bengale, et à Tisle de Ceylan, et que les individus apportés de ces contrées sont absolument sem- blables à ceux du pays des Cafres, ce dont je me suis bien convaincu par une comparaison rigoureuse. II n'est donc pas probable que la chaleur seule du climat opere quelque différence sensible dans les teintes du plu- mage des oiseaux, puisqu'au Sénégal il fait plus chaud que dans la partie —— ———. ——————— *..—y— —— — ——-—— ——qè — — — — S* X 22 ¹ 2 1 Do llwm unerte de Lanlu Ne S, 2 Ie. l. gla le,—2 ℳæ. 4 eaken Ihined ——ʒ————— ————————— 5 4 8 4 4 4 . X 3 — 3 1 6 WerwereNe e, eeenee e —— 4 h 5 ierner Samna hall E S, * S, VMa.l. Poch dn a2fine e Pan glbur. ½ ——— ——— — —— — . DES ROLLIERS. 81 de la Cafrerie, ouù j'ai trouvé Tespece, et que, sous le rapport de la chaleur, le Sénégal doit avoir beaucoup d'analogie avec les Moluques; de sorte que si la chaleur opéroit le changement dont nous parlons, les individus vivant au Sénégal devroient plutèt ressembler à ceux de la mêeme espece vivant aux Moluques, qu'à ceux qui se trouvent vers la pointe sud de IAfrique: mais, je le répete encore, c'est par préjugé qu'on attribue à lardeur du soleil la beauté des couleurs chez les oiseaux, et nous renvoyons le lecteur aux nombreux endroits où nous en avons donné les preuves, pour ne pas reproduire ici ce que nous avons dit ailleurs. Je crois enfin que si on pou- voit transporter en Europe et y acclimater les colibris, les cotingas, les tangaras, les sucriers, ou tous autres oiseaux brillants de couleurs; je crois, dis-je, qu'ils resteroient tout aussi beaux chez nous que dans leurs propres pays. II est encore très vrai que les genres doiseaux riches de couleurs que nous avons en Europe, et qui se trouvent aussi dans les pays chauds, ne sont pas moins beaux en Europe que dans ces autres pays: notre martin- pêcheur, par exemple, le seul martin-pèécheur que nous ayons, est tout aussi vivement coloré qu'aucun des martin-pécheurs des pays chauds; cet oiseau se plait mème dans les pays glacés. Nous n'avons aussi en Europe qu'un rollier et qu'un geai; mais certes, à moins de n'être bien prévenu, il est impossible de ne pas convenir qu'ils ne cedent pas en beauté aux especes du mèême genre des climats brulants. Un autre vieux préjugé, que Texpérience détruit enfin chaque jour, étoit que les pays chauds n'avoient point d'oiseaux chanteurs; or nous avons prouvé, et d'autres l'avoient fait avant nous, que les oiseaux d'Afrique et dAmérique qui appartenoient aux genres de nos oiseaux chanteurs, y chantoient tout aussi bien que leurs congéneres en Europe. Mais sur quoi les préjugés n'ont-ils pas étendu leur empire chez les peuples civilisés, et à combien d'erreurs n'ont-ils pas donné lieu! Le rollier varié male est a-peu-prés de la taille de notre geai; il a, comme ce dernier, la téte très grosse et toutes les formes du corps absolument les mémes que lui, tandis que son bec a précisément celles des deux especes de rolliers que nous avons précédemment décrites. Le dessus de sa téête est couvert d'une calotte d'un verd terne, qui s'éclaircissant sur la partie voi- sine des yeux, lui forme deux especes de sourcils verd aigue-marine: les plu- mes du front qui se portent sur les narines, sont d'un roux clair, ainsi que celles du dessous du bec: les joues et tout le devant du cou sont d'un violet clair; mais toutes les plumes de ces parties ont un trait blanc roussâtre, longitudinal dans leur milieu, et tirant toujours plus au roux à mesure qu'elles descendent vers la poitrine; de sorte que ces plumes offrent une agréable marqueterie: le bas de la poitrine jusqu'au milieu du sternum est d'un roux violâtre: le bas-ventre, les plumes des jambes, la partie abdominale, et les couvertures de la queue, ainsi que toutes celles du revers des ailes, sont d'un verd aigue-marine, ou verd-de-gris; couleur que je vois 82 HISTOIRE NATURELLE souvent donnée pour bleue par différents naturalistes, ce qui a plus d'une fois occasionné des erreurs chez les compilateurs, qui travaillant sans voir les objets en nature, s'attachent aux mots plutòt qu'à la chose, et multi- plient fort gratuitement les especes. Je crois, quant à ces couleurs équi- voques qu'il est si difficile d'exprimer par des mots, qu'on pourroit en donner une idée plus juste en les désignant comme on désigne assez généralement le verd sombre, par verd canard, et qu'ainsi on désigneroit fort bien l'aigue-marine ou verd-de-gris, dont il est ici question par verd rollier, puisque presque tous les rolliers se trouvent en avoir plus ou moins sur leur plumage. Le derriere et le bas des côtés du cou ont dans notre rollier varié une teinte vineuse, qui dégénere insensiblement vers le dos en un verd gris, nué de roussâtre, qui est la couleur de toutes les plumes scapulaires, et des dernieres pennes alaires les plus proches du corps; en sorte que T'oiseau paroit avoir un manteau de cette derniere couleur. Les petites couvertures du poignet des ailes sont bleu foncé violatre, et les suivantes du verd du dessus de la téète, mais fondu avec du bleu; les plus grandes sont terminées par le mème verd qui occupe le dessous du corps. Les petites pennes qui couvrent les tiges des grandes pennes des ailes sont aussi du verd du dessous du corps. Les pennes des ailes sont gros bleu dans leur milieu, puis verd aigue-marine, et enfin bleues à leurs pointes: elles se trouvent ainsi coupées irrégulierement par toutes ces différentes couleurs, dont l'ensemble offre un aspect très agréable, et que le lecteur ne pourra bien apprécier qu'en consultant les figures parfaites que nous donnons de ce magnifique oiseau. Le croupion et les couver- tures des ailes, sont du mème bleu que celui des ailes. Quant à la queue, dont toutes les pennes sont d'égale longueur, elle a ses deux intermé- diaires de la couleur du manteau, et toutes ses latérales bleu violatre à leur naissance, verd aigue-marine daus leur milieu, et terminées par du pleu: elle est ainsi coupée par trois bandes transversales paralleles, dont deux bleues qui touchent au verd de celle du milieu, et qui étant elles- mémes divisées en sens contraire en deux parties égales par les deux plu- mes du milieu, et de couleur différente de celle des autres, font qu'elle présente de chaque côté en-dessus trois compartiments d'un tres bel effet. Les pennes des ailes et de la queue ont leur revers des mêmes couleurs que leur dessus: le bec est noir: les pieds sont roussatres, et les yeux d'un brun maron. La femelle du rollier varié est un peu plus petite que le maàle; le roux qui couvre les narines de ce dernier s'étend davantage sur le front che⸗ elle, et y a un ton plus blanchaàtre; les joues et le devant du cou y sont moins lustrés de violet, mais en revanche les bandes blanches longitu- dinales des plumes de ces parties y sont plus larges et plus apparentes; le roux de la poitrine s'y étend aussi plus bas, et arrive jusqu'aux cuisses: — — toutes le droches d U corps; derniere couleur foncẽ violatre, et Navec du bleu; les upe le dessous qu andes pennes des nes des ailes sont alin bleues à leuss at pPar toutes ces agréable, et que s figures parfaites bion et les coufer- Quant à la queue, ses deux intermé- ales bleu violätre à terminées par du es paralleles, dont et qui 6tant elles s par les deux pur utres, font quelle pun tres bel eſfet „ memes couleur 2s, et les Jelx dun mäle; le roux ie le e front cher e sur! zant du „Wgillh blanches longit 36 ⸗ſe dlus apparenlési —„umss§. jusqu aux culsse coul ſ soOnt DES ROLLIERS. les autres couleurs enfin ont ici une teinte moins vive, quoique semblables à celles du male et distribuées de la même maniere que les siennes. Nous avons pensé qu'iil étoit inutile de donner la figure de cette femelle, dont on peut facilement se faire une idée par la description que nous venons d'en faire. Pour le jeune àâge, le rollier varié y est si différent de ce qu'il est adulte, que nous avons cru devoir consacrer T'article suivant à le décrire et à le figurer dans cet état„Ppour qu'il ne plaise point aux naturalistes d'en faire une espece particuliere. Le rollier varié se plait en Afrique dans les bois: il construit son nid sur la téte du tronc des plus grands arbres, et le compose en dehors des mémes matieres que celles qu'emploie le rollier à longs brins, son con— génere; mais le dedans il le garnit de plumes: la ponte est de quatre œufs roussatres. Ces oiseaux sont très farouches et de difficile approche pour le chasseur, quoique naturellement fort curieux. Leur cri d'effroi est aussi absolument le mème que celui de notre geai dEurope, dont ils ont encore, au point de s'y méprendre, le vol, les attitudes, et tous les mou- vements: ils se nourrissent de fruits et d'insectes. Mon fidele compagnon de voyage Klaas, m'apporta un jour une nichée entiere de quatre de ces rol- liers variés, qu'il avoit pris, après avoir tué le pere et la mere: je les nour- rissois de jaunes d'œufs d'autruche cuits, qu'ils me paroissoient manger avec plaisir; ils devinrent cependant d'une maigreur extrème, et moururent au bout de huit ou dix jours. Cette espece n'est que de passage dans la partie dAfrique où je Tai trouvée, et m'y est pas méème très commune; elle arrive au commencement de T'été, et repart lorsque la saison des fruits est passée, et que les jeunes sont en état de suivre les vieux. Jai remarqué que tous les oiseaux qui sont de passage en Afrique arrivent et partent dans les mémes saisons, ceux du moins qui y font un long séjour. En comparant la figure de l'individu de l'espece du rollier varié qui habite les Moluques, et qu'on trouve représenté n“ 27 de nos planches, à celle de l'individu apporté d'Afrique, n“ 28, le lecteur sappercevra facile- ment que toutes les parties du cou, qui dans ce dernier n'ont qu'une teinte violette purpurine, sont dans le premier d'un beau violet pourpre, et que les autres couleurs y sont aussi plus vives et plus prononcées, quoiqu'en général elles soient absolument distribuées de la même maniere dans l'un et dans Fautre. Quant aux formes, pas la moindre différence. Lindividu que nous avons fait peindre fait partie du cabinet de M. Raye de Breukelerwaert, à Amsterdam: jai vu encore beaucoup d'autres indi- vidus de la même espece dans différents autres cabinets, et qui tous pro- viennent des Moluques. IÜne nous reste plus qu'à décrire le jeune äge du rollier varié, pour avoir complété T'histoire de cette belle espece. 22 —— —— —— 84 HISTOIRE NATURELLF ——ℳküB—-—O—————R‚RNGeAn— ͤ————— r—ℳℳ,.;ͤnAnõ—————————— AA„ LE ROLLIER VARIE DANS SON JEUNE AGk. (N 29.) Lu rollier varié differe beaucoup dans son jeune àge de ce qu'il est dans l'état parfait, ainsi que nous l'avons déja dit, et que nous allons le prouver par la description et la figure que nous publions ici. On reconnoitra cepen- dant dans les deux états que Toiseau y a les mèmes caracteres et les mêmes proportions, les pennes de la queue coupées de la même maniere, les tarses courts, la même forme de bec, la mèême longueur dailes, etc.; avec un peu d'attention on y trouvera aussi beaucoup d'analogie dans les cou- leurs les moins éclatantes, qui sont celles qui poussent les premieres. Mais, comme j'ai observé l'espece dans son état de nature, et que j'ai élevé les jeunes pris dans leur nid après que le pere et la mere en avoient été tués, il ne peut y avoir aucun doute sur l'identité d'espece ici, puisque ce n'est pas sur de simples conjectures que nous'établissons. Les jeunes oiseaux de l'espece du rollier varié ont les petites plumes du front blanches, ainsi que celles qui recouvrent les narines; cette couleur se prolongeant au-dessus des yeux, forme à ceux-ci des especes de sourcils, et se remontre encore autour de la base du bec et sur la gorge, encadrant ainsi toute la face de l'oiseau. Le sommet de la téte est d'un roux clair vineux, qui se fonce davantage sur le derriere et les côtés du cou. Les joues, le devant du cou, la poitrine, et tout le dessous du corps, y compris les flancs, sont d'un roux nué de violet; mais les plumes de ces parties por- tent toutes un trait longitudinal blanc dans le milieu, lesquels traits de- viennent toujours plus larges à mesure qu;ils approchent des parties basses. Le bas-ventre est d'un blanc roux: le manteau et les plumes intermédiaires de la queue sont d'un verd terne olivâtre, teinté de roux clair: les cou- vertures du dessus des ailes sont d'un roux violatre, et celles formées en petites pennes, qui recouvrent le pied des grandes pennes alaires, sont bleues: ces dernieres, à l'exception des trois premieres qui ont une bor- dure verte sur leurs barbes extérieures, sont violâtres à leur naissance, et bleues ensuite jusqu'à leurs pointes, qui sont noires. Les cinq pre- mieres plumes de chaque còôté de la queue sont d'un bleu violet, légè- rement nuancé de verd. Les couvertures du dessous des ailes sont d'un roux violâtre et tachées de blanc. Les pennes des ailes de la queue ont — — 2 8 8 3 2 5 1— 3 3— 3 . 1 1 3 4 3 1 8 X 4 8 3— 1 8 * “ 4 8△ 88 88 S N 8 1 8; An dnn 2 4 .. f. 2 6„ S,, ff 2 ₰ //, Shh 7 4 8 8 A cf..* 4/ ₰. 4 0 — 24— 8—. 3 4 ₰ℳæ 2 4 4„— 1 . M 3 ⸗ 2 2 4 E 3„. 4 Uooe farttlhe . 6 Vol Lmpromerid Fongsel,—— j BHuarottlann I. ſſunvr. M 7-hDn I 2 1 2 DES ROLLIERS. 85 leur revers de la même couleur que leur dessus. Le bec est brun, et les pieds sont roux. Lindividu que nous avons fait servir à cette description étoit un jeune mäle, sexe qu'on reconnoit déja à cet àge au ton plus violaàtre qui se trouve répandu sur les plumes dans l'espece du rollier varié. — 86 HISTOIRE NATURELLE —,-:AV-———————-—-ðℳõ ℳNz—ℳ ℳqꝛ:ꝛℳMM—!:6—ℳ3K—ℳkB ———G——O—— ..——————OA—— AAA—OA—; LE ROLLIER A MASOUE NOIh. (N 30.) Rirx de plus simple et de plus uniforme que le vèêtement du rollier dont nous faisons le sujet de cet article, et qui par-là differe essentiellement des autres especes de son genre, toutes distinguées par des couleurs plus ou moins éclatantes, dont on ne retrouve ici aucune trace. Nous avons tiré le surnom que nous donnons à cette espece, absolument nouvelle, d'un masque noir qui lui couvrant la face, s'étend ensuite sur tout le devant du cou, qu'il embrasse entièrement: cette dénomination lui convient au mieux, et servira toujours à le faire reconnoitre, puisqu'il est le seul de tous les rolliers connus jusqu'à ce jour qui ait cette marque distinctive. Le rollier à masque noir étant représenté de grandeur naturelle dans la figure coloriée que nous en donnons, nous ne parlerons pas de Ses dimensions. Son bec a les formes de celui des especes que nous avons pré- cédemment décrites, à ceci près cependant que la mandibule supérieure s'arque un peu plus ici sur son arêéte, laquelle est aussi un peu moins arrondie sur ses surfaces: les plumes des narines se portent jusqu'au bout de celles-ci, qu'elles cachent entièrement: les pieds sont courts, robustes, et les doigts forts. Tous ces caracteres que cet oiseau partage avec toutes les especes de sa tribu, joints à cet air de famille si facile à saisir pour des yeux exercés, ne laissent aucun doute sur la place que la nature lui a assignée. Ses ailes ployées, ou dans l'état de repos, vont jusqu'au-delà du milieu de la queue, dont les plumes sont toutes étagées entr'elles: le front jusques vers le milieu du dessus de la téête, la partie comprise entre les yeux et le bec, et ensuite toute la gorge jusqu'aux deux tiers passé de la lon- gueur du cou par devant, sont d'un noir pur. Le sommet de la tête, le reste du cou, le dos, les scapulaires, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, toutes celles du dessus des ailes, la poitrine, les flancs, le ventre, et les couvertures du dessous de la queue, tout le plumage enfin, à fexception des pennes des ailes et de celles de la queue, sont d'un joli gris bleuàâtre nuancé d'une légere teinte purpurine: cette couleur cependant est un peu plus foncée sur les parties hautes que sur le dessous du corps, et blanchit vers le bas-ventre, ainsi que sur les couvertures du dessous de la queue. Toutes les couvertures du dessus des ailes, à lexception du second rang de petites pennes qui couvrent les tiges noires des grandes, sont du — —— Raede ſeunee.6 e Wprönera de Roderet. C A. Gamüäbeer ach 77 ———— 8—— DES ROLLIERS. 87 gris purpurin du dos: les pennes de l'aile sont noires intérieurement, ainsi que celles de la queue, qui de plus sont frangées de gris à leur extrémité: les couvertures du dessous des ailes sont d'un blanc gris; le bec d'un gris bleuâtre à sa base et noir vers la pointe: les ongles sont noirs aussi, et les pieds brun-roux. Nous ne connoissons pas la couleur des yeux, n'ayant vu aucun individu vivant de cette espece, très rare encore, et qui fait partie du magnifique cabinet de M. Temminck, d'Am- sterdam, seul cabinet où je l'aie vue. M. Temminck m'a assuré que T'in- dividu qui a servi à cette description lui avoit été envoyé du Cap de Bonne-Espérance. Si ce rollier n'a pas été envoyé d'un autre endroit au Cap, javoue que cette espece auroit échappé àmes recherches dans cette partie du globe; ce qui au reste ne seroit pas surprenant, puisque les rolliers n'étant que des oiseaux de passage au Cap, il suffiroit que je me fusse arrèté dans le canton ou il arrive, précisément dans la saison ou il en seroit parti, pour que nous n'eussions pas pu nous rencontrer. —B—B§—:§—;j 11 88 HISTOIRE NATURELLE —2AA ——ℳẽMRAnn—ℳ—ℳ———ℳqVͤõö————-—-—bſHtcöböb—-ä:¶:õͤõ——òℳ ä————är—ꝛ¶r¶ꝛV—ℳRꝛA—ℳ3AAn˖nnnn⸗o-on———————- . LE ROLLIER VERD. (N'31). Voiorencore une espece nouvelle, qui paroit se rapprocher beaucoup du rollier vulgaire, mais dont il differe cependant asse⸗ pour former une espece distincte et séparée. Nous ne connoissons pas le pays natal de cet oiseau, du moins le canton de IInde d'ou il a été importé en Europe par M. Poivre, voyageur zélé pour les progrès de Phistoire naturelle, et à qui cette science doit beaucoup par la grande quantité d'especes qu'il nous a fait connoitre, et qu'il avoit rassemblées dans ses longs voyages, entrepris par ordre du gouvernement pour un but plus utile encore, et qu'il a rempli avec cette intelligence qui caractérise les grands hommes. Ce rollier, que nous appelons verd, parceque le verd est en effet la couleur dominante de son plumage, a tous les caracteres et toutes les formes du rollier vulgaire, dont nous donnons la description dans T'ar- ticle suivant; mais il est un peu moins fort de taille que lui, comme on le verra en comparant les figures de grandeur naturelle que nous donnons de l'un et de l'autre: il a les plumes du front jusqu'aux yeux, ainsi que celles qui avoisinent la base du bec et la gorge, d'un blanc roussatre: la téte, le cou, le haut du dos, toutes les plumes scapulaires, les plumes alaires les plus proches du corps, et généralement toutes leurs couver- tures supérieures sont d'un verd aigue-marine: toutes les plumes du dessous du corps, depuis le blanc roussâtre de la gorge jusqu'au bas- ventre, sont aussi verd aigue-marine, mais d'un ton plus clair, et qui, prenant une nuance blanche vers le bas-ventre, devient enfin d'un blanc légeèerement teint du mème verd sur les couvertures du dessous de la queue: les six premieres grandes pennes alaires sont d'un beau bleu violàtre; les suivantes sont de plus légèrement bordées de verd à leurs pointes: les plumes du croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d'un verd bleudâtre, ainsi que les deux plumes intermédiaires de celle-ci, bleues par-tout ailleurs tant en-dessus qu'en-dessous, où ce bleu est cependant un peu plus clair: le bec est noir, et les pieds sont roux. “ 4— 4.. 2 3 3 4 8 . . . 4 8 27 2 7 63 3 has, 5 3 1 . 2 2 ene, ſiae. 2 8— 2, Mℳ. SGeinaker Feach. 2 . —— — ——— —— 4 DES ROLLIERS. 89 L'espece du rollier verd est encore très rare. Le seul individu que j'en aie vu fait partie de mes collections, et me vient du cabinet de feu M. Aubri, curé de Saint-Louis à Paris. Je Tacquis à la vente qui fut faite de ce cabinet à la mort du propriétaire, lequel m'avoit assuré de son vivant le tenir de M. Poivre, qui l'avoit apporté des Indes orientales. 60 HISTOIRE NATURELLFE —-ℳ‚?—ꝰ—ꝰ—NV—t—GzbÜſͤ—————V4——————-——ℳ— ℳ——-—-—NI—————————————— ℳ—ſêV————— ℳêꝛ Mr—ℳK——A— LE ROLLIER VULCAIRE MALE. (N 32.) Cr rollier, qui se trouve dans une grande partie de TEurope ainsi que dans le nord de IAfrique, et même dans une partie de l'Inde, a des rap- ports si directs avec celui que j'ai décrit sous le nom de rollier à longs brins, que la plupart des naturalistes ne les ont regardés jusqu'ici que comme variétés l'un de l'autre, quoique, par les raisons que nous allons en donner, on puisse les regarder comme deux races d'une mème espece, si même dq'après ces raisons on ne doit pas plutòt les considérer comme formant deux especes distinctes. Sans rien préjuger à cet égard, nous indiquerons ici ce que ces deux oiseaux ont de commun et de différent, afin de mettre les ornithologistes à même de prononcer sur la question de savoir s'l faut les réunir ou les séparer. Les caracteres primordiaux, c'est-à-dire le bec, les pieds, et généralement toute la structure du corps, sont absolument semblables dans ces deux rolliers; les couleurs en général y sont aussi les méèmes, quoique beaucoup moins éclatantes dans le rollier vulgaire que dans celui à longs brins. Les différences sont que le rollier vulgaire est un peu plus fort de taille que ce dernier; mais son bec, quoique plus grand et plus épais, et ses ailes, quoique plus longues que ne le sont ces mèêmes parties dans celui-ci, moffrent cepen- dant rien d'assez extraordinaire pour qu'on doive l'en séparer totalement, puisqu'il est naturel que celui des deux oiseaux qui est le plus petit ait aussi toutes ces parties moindres qu'elles ne sont chez l'autre. Le rollier vulgaire a du blanc, ainsi que le rollier à longs brins, autour des narines et sous la gorge; mais ce blanc est moins étendu et moins pur chez lui que chez l'autre, et le bleu du haut des ailes, qui forme une large bande sur le poignet de celles du rollier à longs brins, ne fait ici que dessiner les contours de cette partie: toutes les couvertures des ailes y sont aussi beaucoup plus grandes et plus larges. Les pennes des ailes du rollier vulgaire ne sont en général en-dessus que d'un noir-brun imprégné d'une teinte bleue; les premieres ou les plus grandes sont cependant de plus bordées de verd bleuàtre sur leurs côtés, et les suivantes de rous- sätre à leur pointe; le revers de ces mèmes grandes pennes est d'un beau bleu azuré: or nous avons vu que les pennes alaires du rollier à longs brins sont d'un beau pleu en-dessus et en-dessous, qu'elles ne portent de 8 8 3“ . 3 8 — 3 2 1 2 4 8 3— 3 4— 5 1 4 4 4— 4 8 3 2 3 2 2 8 2 4 5 . 4 4 2 8 4 * 1 4 TII 7 DI. VA 777 1 8* . 5 8 8. .* 8, 92J-en,* —, 44 939 522 „'*n 11553 . 44 LAn * Io SGlyp vnerne œlnusrelt. 8 4 4 4 1.. 3 1 — . 2 4 ee acttose. 1. — — —— ———— — DES ROLLIERS. 91 bordure qu'à leur pointe, et que cette bordure est noir-brun. Ce der- nier a aussi, comme nous T'avons dit en son lieu, le croupion et les couvertures du dessus de la queue bleus; tandis que le rollier vulgaire n'a que le croupion de bleu, puisque les couvertures supérieures de sa queue sont vertes; d'autres différences dans la queue sont que cette partie chez le rollier vulgaire a beaucoup moins de bleu et plus de verd aigue-marine en-dessus que chez le rollier à longs brins, les deux pennes intermédiaires étant dans le premier d'un verd terne, roussaâtre, ou olive. Toutes les latérales, qui dans leur milieu sont du mèême verd que che⸗z Fautre oiseau, n'ont du verd aigue-marine qu'à leur extrémité, avec une légere nuance bleue sur les bords extérieurs des plus latérales de ces pennes, et du bleu foncé à la pointe de la derniere de chaque côté, qui débordent de quelques lignes seulement celles qui les précedent: ces deux pointes débordant un peu les autres pennes de la queue, montrent à la vérité dans le rollier vulgaire une sorte de tendance à s'étendre davantage et à former des brins alongés comme ceux du rollier que nous avons nommé à longs brins à cause de ce caractere; mais on conviendra qu'il y a une grande différence à l'égard de ce prolongement dans ces deux oiseaux. On a pensé, on a mèême pu croire que la chaleur du climat pou- voit produire cette extension extraordinaire; mais si cela étoit, pourquoi en Italie, en Espagne, ou le rollier vulgaire se trouve, les individus de cette espece qu'on en apporte n'ont-ils pas les deux plumes latérales de leur queue plus longues que les individus qui nous viennent du nord de TEuropeꝰ pourquoi les individus de cette mème espece qui habitent les Indes orientales, ouù il fait aussi chaud qu'en Afrique, n'ont-ils pas plus de prolongement à la queue que ceux qui vivent dans le nord et dans le midi de IEurope? De sept rolliers vulgaires que j'ai eus de M. Temminck, dAmsterdam, qui les avoit reçus des Indes orientales dans'esprit-de-vin, et qu'l eut la bonté de m'envoyer à Paris, aucun n'avoit la queue plus prolongée que ceux qu'on trouve en Europe: la chaleur n'influe donc en rien sur Textension des plumes d'un oiseau: ce qui le prouve encore c'est que les perruches à longue queue, qu'on nous apporte des pays chauds, bien loin de perdre à la longue quelque chose à cet égard, y gagnent au contraire. Cependant, si toutes les différences que nous venons d'indiquer entre le rollier à longs brins et le rollier vulgaire ne peuvent constituer deux especes, en voici une dans la forme des ailes, qui a échappé à tous les naturalistes, et qui peut-èêtre les déterminera à séparer ces deux oiseaux: chez le rollier à longs brins la premiere grande penne des ailes est un peu plus courte que les seconde et troisieme, qui sont égales entre elles; la quatrieme est un peu plus courte que celles-ci, la cinquieme et les suivantes décroissent également un peu jusqu'à la neuvieme; après quoi les autres sont toutes absolument égales entre elles; de sorte que le der- riere des ailes se trouve coupé carrément chez ce rollier. Chez T'autre les 24 92 HISTOIRE NATURELIL E neufs premieres grandes pennes des ailes ont absolument les mêmes pro- portions que dans le rollier à longs brins; mais les suivantes au lieu d'y étre égales entre elles comme che⸗ celui:ci, vont toutes en croissant à me- sure qu'elles approchent du dos; c'est-à-dire que la derniere de toutes ces pennes a ici un pouce et demi de plus que la neuvieme, qui est la plus courte, et qu'elle atteint à la quatrieme grande penne quand les ailes sont ployées. Ces deux oiseaux ont donc, comme ont le voit les ailes coupées Tunèe maniere bien différente: ainsi, en n'ayant mème aucun égard à ce que le rollier vulgaire se trouve aux Indes absolument tel qu'il est en Europe, puisqu'on peut objecter que les individus qu'en avoit recus M. Temminck pouvoient bien avoir été importés dEurope aux Indes, et avoir ensuite été rapportés des Indes en Europe; on ne peut admettre, je pense, que d'un côté la chaleur du climat ait donné une plus grande extension aux deux plumes latérales de la queue, et raccourci les plumes alaires, tandis que de l'autre le froid auroit au contraire raccourci les plumes de la queue, et alongé celles des ailes dans la mème espece; une telle maniere de voir, si elle étoit adoptée, renverseroit toutes les idées, et mettroit en doute les vérités les mieux établies. Le rollier vulgaire nous fournit encore la preuve que l'ardeur du soleil n'influe pas autant qu'on l'a pensé sur les couleurs, puisque c'est le revers des pennes de ses ailes ainsi que celui des plumes de sa queue, par conséquent les parties qui sont le moins exposées aux rayons brulants de cet astre qui sont le plus vivement colorées en bleu. Nous croyons en avoir dit assez pour avoir mis les naturalistes dans le cas de prononcer sur l'identité ou la diversité d'espece du rollier vulgaire et du rollier à longs brins. Ilne nous reste plus qu'à décrire dans l'article suivant la femelle du rollier vulgaire. Quant aux mœurs de cet oiseau, nous ne pouvons en dire que bien peu- de chose, est-àA-dire que ce que les autres en ont dit avant nous; car je n'ai pas été à portée de T'étudier dans les pays qu'il habite plus particulière- ment. A l'égard de ses migrations, nous savons qu'il passe en automne dans la Lorraine; du moins, pendant mon séjour à Lunéville, un garde-chasse m'apporta un individu male de'espece, qu'il avoit tué dans une foréèt voi- sine, ouù il en avoit rencontré, me dit-il, une grande bande: on m'a assuré aussi qu'on en voyoit de temps en temps aux environs de Paris; mais il faut observer que les oiseaux qui vivent dans'épaisseur des forêéts échap- Ppent souvent aux savants, qui rarement courent les bois Ppour y observer la nature, qu'ils trouvent plus commode d'étudier dans les cabinets, lais- sant ceux qu'ils dénigrent souvent leur aller chercher des matériaux neufs à ranger méthodiquement: aussi remarque-t-on que ce sont toujours ces observateurs de dépouilles d'animaux qui sont le plus opiniâtréèment attachés aux méthodes, et mèême les seuls qui les aient imaginées: mais, ce qui est encore plus extraordinaire à Tégard de ces méthodes, c'est de voir les conchiologistes classer aussi les animaux à coquille seulement n 4 6 u 6s s suivant au! 33 int tout d en dis 4 SSant an, ci les plumes alaires, uu vurci les plumes qe n qpene 3 une telle maniere de wi- Les, et mettroit en douté b ous fournit encore la preune la pensé sur les couſeun ainsi que celui des Thums sont le moins exposees am ivement colorées en hieu mis les naturalistes qans! d espece du rollier rulzän s qu'à déerire dans latio Suvonhs en dire que bien hel ont dit avant nous; car ſ uil habite plus partieulien quil passe en automme Gans Lunéville, un gardechase woit tué dans une ſortt 1 rande bande: on ma zr environs de Paris; ms ur des fordts êchay daisse— pour) obverie nt les bols 10isen ſjes cabinebs, lai zer dans diere riaux velp gercher des mate ue ce sont touſodu 94 iniätremel ont le plus 0 eux par leurs formes, leurs mœurs, DES ROLLIERS. d'après les maisons qu'ils habitent; car qu'est-ce autre chose qu'une de- meure ou une maison que cette partie rai et qu'on nomme coquille? du pole austral„par exem pour un instant tous les habitants détruits, tandis seroient restées intactes avec leurs édifices; ne seroit-i de voir cet homme chercher à nous classer, nous au especes et par genres, d'après Taspect et la couleu demeures? Je doute qu' 3 de nos grands comparé à l'humble chaumiere de l'i b 2 4 Thomme qui habitoit Pun füút de la méme espece que celui qui habitoit nt donc étre les systémes et les classifi— onnoissance des animaux, si on n'a étudié n n'a comparé les rapports qu'ils ont entre leur accroissement, etc., etc? ope, dont je suppose que toutes les villes Ipas plaisant, dis-je, tres Européens, par r de nos différentes 8 5 4 —— —— HISTOIRE NATURELLE FEMELLE DU ROLLIER VULGAIRE. (X 33.) 14 femelle du rollier vulgaire differe de son male en ce qu'elle lui est un peu inférieure par sa taille; elle en differe encore et davantage par ses couleurs qui, quoiqu'en général les mèmes sur les parties supérieures du corps, y sont cependant d'une teinte moins vive: chez elle le devant du cou est d'un verd nué de roux, et la oitrine et les flancs y ont une teinte , P J plus décidément roussatre; de sorte qu'on la reconnoit d'abord à cette derniere couleur: toutes les plumes de sa queue sont égales entre elles sans le moindre prolongement aux extérieures. Nous regrettons de ne connoitre ni le maàle ni la femelle du rollier vulgaire dans son jeune äge; ce qui, avec la nidification et la couleur des œufs, que nous ne connoissons pas non plus, en auroit complété Phistoire, et auroit entiéerement résolu la question sur T'identité ou la diversité d'espece du rollier vulgaire et du rollier à longs brins, si cependant elle paroissoit ne l'étre pas encore par les différences que nous avons établies entre l'un et l'autre. Les faits relatifs aux mœurs du rollier dont il est ici question, et qu'on a nommé indistinctement geai de Strasbourg, pie de mer ou des bouleaux, et mèême perroquet d'Allemagne, se réduisent à ce qu'il niche sur les arbres, et de préférence sur les bouleaux. Le docteur Shaw, qui a observé cet oiseau dans le nord de lAfrique, où il se trouve en effet, et où on le nomme sahga-rag, assure qu'il y niche dans des trous pratiqués le long des berges des rivieres. Un autre fait, attesté par un chasseur qui a assuré à M. Codeheu avoir vu sortir d'une butte de terre un de ces rolliers, qui y avoit fait son nid et pondu deux œufs;, dont on ne dit pas la couleur, contrediroit un peu lobservation de Shaw, attendu que les oiseaux qui nichent dans les berges, ou ils sont à l'abri des petits animaux carnassiers, ne nichent pas pour cela dans des trous à plate terre. Klein a dit aussi que les petits de notre rollier vulgaire, contre l'ordinaire des autres oiseaux, font leurs excréments dans le nid; ce qui a fait croire à d'autres que ce nid étoit enduit qexcréments humains, ainsi que, par erreur, on T'avoit déja dit de celui de la huppe. Schwenck-Feld et Willughby ont aussi rap- porté qu'on voyoit lespece du rollier vulgaire se réunir aux pies et aux corneilles dans les terres labourées, pour y ramasser des grains, des ra— cines, des vers, et que mèême elle se rabattoit sur les charognes; d'autres An 2 8 . 8 8 42 DES ROLLIERS. 95 'ont vue manger des sauterelles, des scarabés, et mème des grenouilles; il en est enfin qui disent qu'elle se nourrit de baies. On conviendra que, d'apréès des faits si contradictoires, le mieux est d'attendre de nouveaux renseignements et de meilleures observations sur les mœurs et les habi- tudes de notre rollier vulgaire. 25 8 f,„,.————yÿä 1 1.— —=——— —. hbhd u. h. We ee.— — ,“ — 8*— 5— 96 HISTOIRE NATURELLEFE ——-—K ℳ4 L.E GCRAND ROLLE VIOLEI. (N 33.) Las rolliers dont il nous reste à parler, différant essentiellement par les caracteres du bec de ceux que nous avons précédemment décrits, nous avons cru qu'il étoit aussi nécessaire de tirer entre eux et ces derniers une petite ligne de démarcation, en nommant rolles ceux dont il va être ques- tion; nom que porte au reste déja dans les planches enluminées de Buffon espece qui fait le sujet de cet article, et à laquelle nous appliquons l'épi- thete de grand, pour le distinguer d'une autre espece ou variété qui en differe, non seulement par sa taille, moindre de moitié, mais encore par d'autres caracteres que nous indiquerons en son lieu. Les rolles different donc des rolliers proprement dits en ce qu'ils ont le bec plus court, plus épais, sur-tout beaucoup plus large, et par consé- quent la bouche bien plus ample que ceux-ci; c'est que, destinés sans doute par la nature à entamer des fruits plus durs ou plus gros, et à dévorer des insectes plus robustes, il falloit qu'elle leur donnàt les facultés nécessaires à cette fin. Ces oiseaux different encore les uns des autres en ce que les rolles ont les ailes plus longues que les rolliers proprement dits. L'espece du grand rolle habite plus particulieéerement Madagascar; tous les individus du moins que nous en ayons vus avoient été apportés de ce pays, et C'est, je crois, par MM. Poivre et Sonnerat, qui les premiers nous la firent connoitre à Paris sous le nom de rollier de Madagascar, que lui a conservé Buffon dans sa description. Cette espece se distingue d'abord de tous les autres rolliers par les caracteres que nous avons indiqués, mais sur-tout par la distribution de ses couleurs; car, quoiqu'elle m'ait comme eux que du roux, du verd aigue-marine, du bleu, et du violet, cette der- niere couleur occupe chez elle une telle étendue, qu'elle y est dominante, ce qui n'a lieu dans aucun autre des rolliers que nous connoissons, et nous a déterminés à lui appliquer le nom de rolle violet; d'autant plus qu'il est très probable que cette espece n'habite pas exclusivement l'isle de Mada- gascar: le bec est épais, large et fort; la mandibule supérieure en est arquée et courbée à sa pointe, de maniere que l'inférieure vient s'y em- boiter: les plumes du front se portent sur les narines, qu'elles ne couvrent cependant pas entiérement, car on en apperçoit louverture longue et * „* 1. „ 7 65 A 7 7. et.... eehel ſane 6 ZWw lUlmprimere e bargel „ — 3——— f— 3— 3 3 1 4 1* 4 8 3 3 1 3 8 ⸗ 8 4 8 4 5 4 4 — 3 5 3* 4 1 4 * * 3 1 — 4 4 4 2 3 4 6 1 4 ö —————————————Vöx———m—m———õ—::——G“Gʒ— —————— 8* 4 5 2— 8— 5— -———— —————— 4————— ſie ſe baser un verd aigue- dermédiaires, ſuche porte à8o gi zes couvertt edhement quſel leber et dunj Nous avons: leniolet qui enons de faire ele de cet a Gyendant un ſernaert à Ams gile mäle dune lordées de rou lis que les So dbeau qui pas Nous somm, aſee du gran wine en ſaisan ns observer, obable que b Rons parle 1 teläat ele liham. went rendu; dlafan bas vcar, en bachi dian a 36 ““ DES ROLLIERS. 97 étroite; la téète est grosse et largement emplumée, sans présenter cepen- dant lapparence d'une huppe; les tarses sont courts, recouverts d'écailles, et les pieds offrent tous les caracteres de ceux des autres rolliers; la queue est à-peu-près de la longueur du corps, non compris le cou, et elle est un peu fourchue; les ailes ployées s'étendent jusqu'aux trois quarts de la longueur de celle-ci. Quant aux couleurs, le dessus de la téte et le derriere du cou sont d'un roux violacé, formant une nuance particuliere qui joue du roux pur au violet, et du violet au roux, suivant les incidences de la lumiere; le dos et les plumes scapulaires, fort longues, sont, ainsi que toutes les couvertures du poignet des ailes, d'un roux approchant de celui de racajou poli; les grandes couvertures et toutes les pennes des ailes sont d'un beau bleu-iolet; les joues, la gorge, le devant et les côtés du cou, la poitrine, les flancs, les plumes des jambes, sont d'un beau violet pour- pré; et le bas-ventre, les couvertures du dessus et du dessous de la queue d'un verd aigue-marine: cette derniere, à Texception de ses deux pennes intermédiaires, qui sont d'un verd brun olivacé, et d'une bande bleue qu'elle porte à son extrémité, est entièrement du mèême verd aigue-marine que ses couvertures: à l'égard de cette bande bleue, nous remarquerons seulement qu'elle est plus large au milieu de la queue que sur ses bords: le bec est d'un jaune citron, et les pieds sont d'un brun rougeatre. Nous avons vu dans différents cabinets plusieurs individus du grand rolle violet qui tous se rapportoient exactement à la description que nous venons de faire de celui dont on trouve la figure de grandeur naturelle en téte de cet article, et qui fait partie du cabinet de M. Dufrènc à Paris. Cependant un de ces individus, que j'ai observé chez M. Raye de Breuke- lerwaert à Amsterdam, avoit l'extrémité des pennes de la queue d'un bleu pâle mélé d'une forte teinte roussâtre; les pennes de ses ailes étoient aussi bordées de roux à leurs pointes, et leurs grandes couvertures de mèême, ainsi que les scapulaires. Cet individu m'a offert tous les caracteres d'un oiseau qui passe du jeune àâge à l'ge fait. Nous sommes fâchés que la pénurie des renseignements sur la belle espece du grand rolle nous laisse dans rimpossibilité d'en compléter l'his- toire en faisant connoitre les différences qui se trouvent entre les sexes: nous observerons seulement que, d'après toutes les lois de la nature, il est probable que la femelle a beaucoup de rapport avec l'individu dont nous avons parlé plus haut, et qui, j'en suis sůr, n'est qu'un jeune màle passant de létat de enfance à celui de làge muͤr. Latham, qui a décrit cette espece sous le nom dAfrican roller, l'a telle- ment rendu méconnoissable par sa description, que Dandin et Sonnini ne layant pas reconnu pour être le mèême oiseau que leur rollier de Ma- dagascar, en ont fait une espece différente; le premier sous le nom de rollier d Afrique, et le second sous celui de rollier rouge, parcequ'en effet Latham a désigné le roux du dessus du corps de cet oiseau comme étant —— ——————————————·* —— n ——— ———.ͤ J— CO¶.——— 4 ———*„ ——————..— ——— 8———* —————— 2— — 8 8—————————— 2“..——— 8.—————————— 4=—— ———*— S„„—— 8*——— ———————————————— — 4——— d————— 4 8 8 ,—“— 2 — 5 8 3—.————— —————————— 8—— 3——— —— 8*— 4* 4 2 8 3—.2ts aaes— — 8—.———. ————————————— ——— 2————————— ——— 2—*— 2—— S———— 2———— ————————————— 5— 1——— 5 8—— ——————— —— —r1öoöoooo“““ — 8] 98 HISTOIRE NATURELLE d'un rouge de brique, et le violet pourpréè du dessus rouge pourpré- tel est'effet inévitable des descriptions inexactes et tronquées dont je ne cesse de me plaindre. Les deux naturalistes français sont d'ailleurs d'au- tant plus excusables de n'avoir pas reconnu ce prétendu rollier rouge de- brique, décrit par Latham, que ce dernier avoit déja lui-mème fait une seconde espece du rollier de Madagascar, rapporté dans son Systéme ornithologique sous le nom de coracias Madagascariensis: au reste ces erreurs, je le répete, auront toujours lieu tant que les naturalistes ne travailleront que sur les livres les uns des autres, et qu'ils ne connoitront pas par eux-mémes les especes dont ils voudront parler. ih 6 d enalle, ſ 8 2 0 3 .— 1 3* 1 8 T T 8 8 8 8 8 8 N D 8 8 „ S 84 1 8 S 8 —+ D S X 4 DES ROLLIERS. 99 ———————————ͦõ9uxuö—†—9ꝛ—————— ℳℳ— LE PETIT ROLLE VIOLET. ———— —„*——— —-ꝰÿ (N. 35.) — — ——— Cr petit rollier, le plus petit de tous ceux que nous connoissions encore, ressemble tellement par ses couleurs à celui de P'article précédent, qu'il est bien difficile, j'en conviens, de ne pas le considérer comme formant tout au moins une seconde race de la même espece. Nous avons cependant des exemples d'oiseaux qui se ressemblent encore plus que ceux-ci, et qui n'en different pas moins, non seulement d'espece, mais mèême de genre. Nous nous bornerons ici à établir les caracteres respectifs de nos deux rolliers 3 laissant les naturalistes décider eux-méêmes si le petit rolle n'est qu'une variété du grand, ou s'il doit étre considéré comme formant une espece distincte: mais comme les naturalistes ne se sont pas bien expliqué jus- qu'à ce moment sur ce qu'ils entendent par variété d'une espece, et qu'il regne par conséquent à cet égard beaucoup de différence dans leurs opi- nions, je saisirai cette occasion pour dire ce que j'entends par seconde race et par variété d'une espece; je me vois même d'autant plus engagé à cette sorte dexplication, que je me suis plus d'une fois apperçu que sur ce point les opinions des autres n'étoient pas les miennes, et que pour s'accorder il faut avant tout s'entendre. Fentends par variété d'une espece un individu qui, quoique de couleurs différentes de celles propres à'espece, provient cependant de cette mème espece et a été engendré par elle; ainsi les individus tout blancs ou tachetés de blanc, qu'on trouve souvent de toutes nos especes d'oiseaux d'Europe, comme la pie blanche, la pie café au lait, la pie tachetée de planc, le geai planc, la bécasse blanche, le merle blanc, etc., etc., tous ces individus ne sont que des variétés de Tespece de la pie, de l'espece du geai, de celles de la bécasse, et du merle d'Europe, puisqu'ils proviennent de ces mêmes especes, et qu'ils ont été engendrés par elles: je les appel- lerai donc variétés des especes auxquelles ils appartiennent respectivement, 3 mais variétés accidentelles, pour les distinguer d'une sorte de variété que nous nommons variété d'äge: celle-ci est constante, et tous les individus d'une espece y sont assujettis; car il n'est point d'oiseau qui dans le jeune äge n'offre plus ou moins de différence de ce qu'il est dans l'état parfait. L'étourneau brun, par exemple, qu'on trouve en Europe, et dont plusieurs naturalistes ont fait une espece différente de celui dont le plumage est 26 100 HISTOIRE NATURFELLE tacheté de larmes blanches sur un beau fond pourpre et azuré, m'est u'une variété d'äge de ce dernier, puisque tels sont tous les individus de l'espece depuis le moment ou ils quittent le nid jusqu'à leur premiere mue. Tous les oiseaux ont donc leurs variétés d'äge: il est par conséquent nécessaire, pour avoir une entiere connoissance d'une espece, de savoir ce qu'elle est dans ces différents àges: c'est aussi ce qui a plus particulière- ment fixé mes observations ornithologiques; et sous ce rapport je puis peut-être espérer d'avoir fait faire un pas de plus à nos connoissances dans cette partie intéressante de l'Histoire naturelle. Il y a donc deux sortes de variétés à considérer dans les oiseaux, les variétés accidentelles, et les va- riétés d'àges de chaque espece. Cependant il est souvent arrivé qu'à force de soins on soit parvenu à for- mer de ces variétés accidentelles des races particulieres qui se maintiennent toujours les mèmes; tels sont chez nous le faisan blanc ou panaché, le paon blanc ou tacheté de blanc, la pintade blanche, la pintade fauve, etc.; ces oiseaux, se propageant toujours dans leurs couleurs variées, forment autant de races distinctes: mais il y a à cet égard une observation à faire, et bien digne de fixer l'attention des philosophes, c'est que ces races variées ne se forment et ne se perpétuent que dans l'état de domesticité; car on n'a pas d'exemple jusqu'ici qu'aucune variété accidentelle d'espece quelconque se soit propagée dans l'état naturel; preuve sensible de cette sagesse profonde qui a présidé au grand œuvre de la formation des êtres, et qui les maintient dans toute leur intégrité malgré les accidents passagers qui sembleroient devoir y porter atteinte. On a essayé, je le sais, de perpétuer dans l'état de nature les faisans blancs, mais tous les essais à cet égard ont échoué; car dans le court espace de deux ans la nature ayant repris ses droits, les fai- sans blancs se sont couverts de leur livrée primitive, de celle propre enfin à l'espece; ce qui prouve encore combien la nature a mis d'importance à conserver les especes dans toute leur pureté, c'est que, malgré que nous soyons parvenus par les moyens particuliers qu'on emploie à cet effet à obtenir un produit de accouplement de deux especes différentes, mais analogues, l'animal produit reste toujours inhabile à se propager non seule- ment avec ses semblables, mais mème avec les especes qui Tont engendré. Si la nature n'a donc pu en quelque sorte empêècher un premier écart ou forcé ou nécessité par des circonstances particulieres, elle a su du moins en réprimer les abus en en arrétant les progrès. Nous remarquerons mème que ces premiers écarts n'ont absolument lieu que dans l'état de domesti- cité, et même par des soins particuliers; on n'a du moins pas la preuve encore qu'ils aient jamais eu lieu dans l'état de nature. Depuis plusieurs siecles, par exemple, que les animaux et les oiseaux de France sont à-peu- près tous connus, on n'a pas vu qu'il s'y soit formé une espece nouvelle. Cependant Buffon et plusieurs naturalistes ont pensé que les faits du croi- sement des especes avoient lieu dans l'état de nature: il en est meme qui — nécessai de cet u Dapr oouter, que zil nicité, il nature, tout ce a quelq Uuſa doute u auquel: dincom Al ei comme les clim les nual caractér Observa despece dans ce Le P ungue; tera pa acquis: et qui nest pj zn 1 estme Ji dor Däs sur on soit Parvenu aà for s qui se maintiennen, c ou panaché, le pon ntade fauve, ele.;e ariées, forment autand dation à faire, et hin es races varises nex ticité; car on m 1 spece quelconque e elte sagesse profonde et qui les maintiem gers qui semblercient rpétuer dans létatd gard ont échoué; er ris ses droits, les fi- de celle propre enim a mis dimportaneei ne, malgré que nol- emploie à cet elet: ces différentes, mab e propager nom eule s qui font engendli un premier Scart 6 elle a su du molls neme remarqueros mem ins'état de domest- moins pas la hreme re. Depuis plusiem „France sont rped- ine espece nomele ſaits du cror que les falls zt meme gü ril ene DES ROLLIERS. 101 ont appuyé cette opinion, mais sans aucun fondement, en admettant des especes comme produites par laccouplement de deux especes différentes. Vosmar a osé donner le kouaga du cap de Bonne-Espérance pour avoir été engendré par le zebre et àne, quoique ce dernier ne se trouve point dans cette partie de[Afrique; et Montbeillard s'est imaginé que pParceque les anciens n'avoient point parlé de la corneille mantelée, que celle-ci provenoit du mélange de deux autres especes de nos corneilles. Pour avancer de tels faits il me semble qu'il faudroit être appuyé par quelque chose de plus que des conjectures, lors sur-tout que nous avons des preuves convaincantes que mème dans l'état de domesticité il faut em- ployer beaucoup d'art pour parvenir à ces accouplements illicites que repousse la nature, et dont les suites, si elles avoient lieu, tendroient nécessairement à bouleverser l'ordre établi par elle pour la conservation de cet univers. D'apréès tout ce que nous venons de dire, et ce que nous aurions pu y ajouter, si ces observations n'étoient en quelque sorte déplacées ici, il suit que s'il est facile de constater les races d'une espece dans l'état de domes- ticité, il doit ètre au contraire très difficile de les déterminer dans l'état de nature, en supposant, contre toute probabilité, qu'elles y aient lieu. Ainsi tout ce qu'on peut dire et conclure à cet égard, en décrivant un oiseau qui a quelques rapports avec un autre oiseau, ne peut éêtre que conjectural. Il ny a donc point, il ne peut y avoir d'inconvénient à donner en cas de doute un oiseau qui differe par des caracteres essentiels d'un autre oiseau auquel il ressemble d'ailleurs par les couleurs; il ne peut, dis-je, y avoir d'inconvénient à donner un tel oiseau pour une espece particuliere; et »il y en avoit, il y en auroit encore moins qu'à ne le considérer que comme une variété; car toutes les variations que subissent les especes dans les climats les plus oposés se réduisent à quelques différences légeres dans les nuances des couleurs, l'oiseau varié ne perdant jamais rien des formes caractéristiques de son espece: tel est du moins le résultat de toutes les observations que j'ai été à portée de faire par des comparaisons suivies d'especes de climats les plus opposés. Revenons à celle dont il est question dans cet article. Le petit rolle est moitié moins fort de taille que le grand: on le dis- tingue aussi à sa queue, proportionellement plus courte. On ne m'objec- tera pas, je pense, que la queue de cet oiseau n'avoit peut-être pas encore acquis toute sa longueur; objection qui m'a souvent été faite en pareil cas, et qui prouve le peu d'expérience de ceux qui me la faisoient: car rien n'est plus facile que de distinguer au premier coup-d'cœil si les plumes d'un oiseau ont pris toute l'extension dont elles sont susceptibles; ce dont il est mème essentiel de s'assurer avant de décrire un individu quelconque. Jai donc constaté ce caractere du petit rolle violet, et je lai constaté non pas sur un seul individu, mais sur cinq, dont l'un, celui que j'ai figuré, — ——— 8——— ———yä— 3——— 1—— — 7 8—————— 3—— 1ESe*— iee eblccaete stu ite erne. 1e, bre Lberere— 4——— 3——— “= 102 HISTOIRE NATURELLE fait partie de mes collections. On remarquera encore que la queue du petit rolle violet n'est pas seulement plus courte, mais qu'elle est aussi plus fourchue que celle du grand: nous observerons que toutes ces diffé- rences sont trop légeres pour constituer même deux races de ces oiseaux; mais le bec du petit rolle est très différent de celui de l'autre, en ce qu'au lieu d'éetre épais comme chez ce dernier, il s'aplatit chez lui toujours davantage à mesure quil s'alonge. En comparant les figures que nous don- nons de ces deux oiseaux, le lecteur saisira trop facilement tout ce qu'il y a de différent entre l'un et l'autre pour qu'il soit nécessaire que nous nous y arrétions plus long-temps: il y verra aussi, quant aux couleurs, qu'elles sont absolument les mèmes dans les deux oiseaux. Nous terminerons donc cet article en disant que le petit rolle violet se trouve au Sénégal, d'ouù les cinq individus que j'en ai vus avoient été rap- portés: mais le climat du Sénégal et celui de Madagascar sont-ils assez différents, et la différence des climats a-t-elle assez d'influence sur les caracteres des oiseaux pour avoir opéré des changements tels que ceux que nous venons de voir, dans la forme du bec sur-tout, lorsque nous avons tant de fois prouvé que des températures les plus contraires n'en avoient proöduit absolument aucune sur d'autres especes? je laisse le lec- teur prononcer lui-même sur ces questions. En faisant connoitre ces deux rolliers, et en indiquant les différences qu'il y a entre l'un et l'autre, j'ai rempli à cet égard la täche que je me suis imposée en écrivant Thistoire des oiseaux. Je rassemble des faits, et laisse de còôté tout ce qui n'est que théorie et systéme: si ces faits sont un jour de quelque utilité, j'aurai servi la science et satisfait mon ambition. le petit rolle violetz al vus avoient Ete nnp dagascar Sontib 3ssen dez dinfluenee zur le gements teès que ceu ur-tout, lorsque nolb » plus contraires en peces? je laisse le be int connoitre ces qemn tre Pun et lautre, ji en écrivant lhistohe tout ce qui nest qur ue utilité, jaurai eni 2 — K 1— 8 2 82 A T 3 . d— — — . .— S ₰ . X b X 8 4 4 4 N S 8⁸△ X 4 8 S J 2* 3 4 8 225 8 S 8 2 N 1. 88 — R2 S 8 S 8 3 2 S S 8 S X 8 22 N8 8— S 2 N S — X 8 3 8 ve 72 K Y * 4 — 4 K T X 2 8 + 8 ⁸+ — .—,—⁸ 8 ₰4 * 8 —ᷣ—;:;˖— —— — 2 — ———— — — —— — DES ROLLIERS. 103 LE ROLLE A CORGE BLEUE. (N 36.) Cu rolle a le bec plus large à sa base, et par conséquent la bouche plus ample encore que celui de article précédent, quoique les formes de cette partie soient absolument les mèêmes chez eux. Le rolle à gorge bleue dif- fere encore du rolle violet par la distribution de ses couleurs et par plus de longueur dans les ailes, qui, lorsqu'elles sont ployées, se portent chez lui jusqu'au bout de la queue, qu'il a aussi un peu fourchue: mais le peu de différence qu'il y a entre ces deux oiseaux dans les caracteres que nous venons d'indiquer nous a déterminés à placer celui dont il est ici question dans la division que nous avons faite des rolles; division que Buffon avoit aussi déja faite, mais dans laquelle il a admis des especes qui n'appartien- nent point au genre rollier; car son rolle de la Chine n'est qu'une pie des mieux caractérisées, ainsi qu'on peut s'en convaincre en consultant mèême le n' 620 de ses planches, ou il a figuré cet oiseau, que j'ai eu dans mon cabinet, et que j'ai bien reconnu pour appartenir au genre de la pie. Quant au grivert, dont Buffon a fait aussi un de ses rolles, cet oiseau est du genre de celui que le mème auteur a décrit sous le nom de tangara des grands bois de Cayenne, et n'appartient pas plus au genre tangara qu'à celui des rolliers. II suit de tout cela que le genre ou la division des rolles de Buffon se trouve détruit; et, par une de ces bizarreries si com- munes dans l'ouvrage de cet auteur, on voit dans ses planches enluminées le nom de rollier appliqué à l'un des rolles de ses descriptions, tandis que 'un des rolliers de ses descriptions porte dans ses planches le nom de rolle (planches enluminées, n' 620 et 501). Cependant les erreurs de cette na- ture sont un peu trop fréquentes chez ce naturaliste pour qu'on puisse les regarder comme des fautes d'impression; et on peut en conclure, quoi qu'il dise en parlant de son livre que les figures enluminées ont été faites pour son ouvrage, que celui-ci n'a pas du moins été fait pour les figures: mais il n'est malheureusement encore que trop vrai pour la science que les descriptions de Buffon n'ont été faites que d'après de mauvaises enlu- minures, et jamais d'après les oiseaux eux-mèmes; ce qui a nécessairement beaucoup contribué au peu d'exactitude qu'on trouve dans ses descriptions lorsqu'on les compare à la nature. Revenons à notre rolle: la belle plaque bleue qui couvre la gorge et une partie du devant du cou de cet oiseau le 27 104 HISTOIRE NATURELLE caractérise d'une maniere si particuliere, que nous avons cru devoir en tirer la dénomination de rolle à gorge bleue que nous lui donnons, plutòôt que de lui conserver le nom de rollier des Indes qu'il Porte chez les nomen- clateurs, et qui ne convient pas mieux à cette espece qu'à toutes celles qui se trouvent aussi dans cette partie du monde. La tôte et le derriere du cou sont dans le rolle à gorge bleue d'un brun terreux nuancé de verd brunàtre, qui sur le manteau approche plus de cette derniere couleur, et tire à l'aigue- marine sur les bords latéraux des scapulaires; le bas du cou par-devant, la poitrine, le ventre, les plumes des jambes, les couvertures du dessus et du dessous de la queue, tout le dessous du corps, et méeme les couvertures du revers des ailes sont aigue-marine, mais un peu plus terne que chez les autres rolliers; la queue est à sa naissance et en-dessus de cette mèême couleur, qui s'éclaircit sur son milieu pour se changer en noir brun ver- dissant vers la pointe; le dessous de la queue est d'un verd d'eau; les cou- vertures supérieures des ailes sont verd aigue-marine teinté d'un brun plus prononcé sur les poignets; les petites pennes qui couvrent le pied des grandes pennes alaires sont bleues; celles-ci sont en-dessus et en-dessous verd aigue-marine à leur naissance, puis bleues, et enfin toutes noires extérieurement; le bec est d'un rouge orangé; les pieds sont d'un jaune brun, et les ongles noirs.. Le bel individu que nous venons de décrire, et que nous avons fait figurer, fait partie des collections du muséum d'histoire naturelle de Paris, ou il a 6té déposé depuis peu: celui qu'on y voyoit auparavant a été entiè- rement détruit tant par les fumigations de soufre que par les insectes rongeurs: nous avons aussi vu Tespece dans plusieurs autres cabinets. Nous terminons ici Phistoire des rolliers et des rolles, quoique les natu- ralistes aient parlé de beaucoup d'autres especes que nous n'avons jamais vues en nature, et que, pour cette raison, nous ne reproduirons pas dans cet ouvrage. Nous voyons, par les exemples du rolle de la Chine, et de celui surnommé le grivert, qu'il est très prudent de n'admettre que d'après de bonnes autorités les especes d'un genre quelconque qu'on ne connoit pas par soi-mèême. Je crois donc qu'il est sage de supprimer de la liste des oiseaux du genre dont nous venons de nous occuper tous ceux dont l'exis- tence nous paroit tout au moins douteuse. Quelle foi, par exemple, peut- on ajouter à tous ces rolliers décrits par Latham sur des dessins qu'il a trouvés rassemblés dans des collections, lorsqu'il n'a jamais vu en nature les oiseaux qui y sont représentés? ne seroit-ce pas chercher à introduire la plus grande confusion dans une science dont Texactitude doit éôtre la premiere base? Et comment se fier à des dessins faits par des peintres qui n'attachent ordinairement aucune importance aux caracteres, dont la connoissance est cependant si nécessaire aux naturalistes? Quelle peine n'avons-nous pas nous-méêmes à faire saisir ces caracteres aux artistes qui travaillent sous nos yeux et guidés par nos observations? On ne sauroit ſer en noir brun we- n verd deau; les cou- ine teinté dun brun icouvrent le pied de dessus et en-desson, t enfin toutes noirs ieds sont dun jamm que nous avons ſü- re naturelle de Pus paravant a été enti- que par les insecte ars autres cabineb. es, quoique les natu- nous mavons jamab produirons pas dals e de la Chine, etdo admettre que dapts ue quon ne connolt riimer de la löste des ous ceux dont Texis par exemple, heu⸗ des desins quil: vu en nature aintroduin oit etre 3 jamais nercher ctitude d peintres q ar des pal entä caracteres, 0. 6 stes! Quelle peu res aux artistes qu aurolt ns? On ne Aüro ons. DES ROLLIERS. ros donc éêtre trop sur ses gardes lorsqu'il s'agit de dessins dont on ne connoit pas mème T'auteur. Une autre considération plus forte et qui m'a déter- miné à éliminer de mes ouvrages tous les oiseaux que je n'aurois pas vus, c'est le peu d'accord qui regne dans les livres à l'égard de la plus grande partie des oiseaux, dont on voit une même espece placée par lun dans un genre, et par tels autres dans des genres tout opposés. II faut avoir beaucoup d'expérience et de pratique, il faut avoir beaucoup vu et comparé les oiseaux ensemble pour les bien connoitre et ne pas se tromper sur les genres: ceux qui croient qu'il leur suffit pour cela de Texamen de ces caracteres insignifiants donnés par nos méthodistes se trompent fort. Ces petites échancrures au bout du bec de certains oiseaux, ces poils qui naissent autour des narines, et couchés en avant ou en arriere, ces phalanges plus ou moins réunies ou séparées entièrement, etc. sont de foibles indices pour juger de l'analogie des especes; elle se dé- cele bien mieux cette analogie par cet accord dans la conformation des parties qui constituent les facultés, et qu'on saisit au premier coup- d'oœil lorsqu'on s'est exercé à voir non des dépouilles ou des squelettes desséchés, mais la nature vivante. Tenter de redresser toutes les erreurs ornithologiques en remettant à sa place chaque espece décrite, réunir dans une seule espece toutes celles qui ont été données sous différents noms comme autant d'especes différentes, éliminer et faire justice de tous ces oiseaux qui n'existent réellement pas, et qui ne sont que des oiseaux fabriqués de débris d'autres oiseaux, et que plusieurs natura- listes ont cependant décrits faute de cette pratique si nécessaire à l'étude de l'histoire naturelle, seroit une täche au-dessus de mes forces, et pour laquelle ma vie entiere suffiroit à peine; aussi ne l'entreprendrai-je pas: mais chemin faisant, et lorsque les occasions s'en présenteront, je con- tinuerai de m'occuper de tous ces redressements, quoique souvent ils me vaillent d'injustes diatribes. La vérité doit l'emporter, et dussé-je encourir lanathéme de tous les savants mes contemporains je la ferai toujours connoitre lorsque je croirai lavoir trouvée. Le temps viendra peut-êètre où l'on rendra quelque justice à mon zele: en attendant nous allons relever quelques erreurs à l'égard des rolliers, puisque nous en sommes sur ce sujet. Le rollier dAngola, de Buffon, qu'il donne pour une variété de celui de Mindanao, qui est notre rollier varié, malgré la différence de nos descriptions, n'est qu'un rollier d'Abyssinie ou notre rollier à longs brins, sur le corps duquel ont été entés une téête et un cou de rollier de Min- danao; chose dont je suis sůr, puisque j'ai vu en nature l'individu même qui a servi à la description de ce naturaliste, et que par là je me suis convaincu de la supercherie dont ne s'étoit pas apperçu en premier lieu Daubenton le jeune, véritable éditeur des planches enluminées dites de Buffon; lesquelles planches, quoique copiées généralement sur des oiseaux — 2— 8 1—————— 4* —— 3——*——— —* 8 88“———8ſͤſſͤſ13“—— — 1 4 1 3 ⁵ ———ß—————— n7—— —*———— a— 2———— —. 5—— 5—————— ———y————— ——————,——— 5 —— 3— 1 1— „— 42 8—————— 3 ———.— 8* 8„—* 2 3 1— 8 3* . 1 4 ———————— ——————— —— 2 3 3 —— 2——————— 48 ———————————————— 5.—“—*—————* — 2-——— 3 3. 5— —— 2— 106 HISTOIRE NATURELLE dénaturés, Buffon ne les en a pas moins fait servir seules à ses de- scriptions. Cest encore ainsi que Buffon s'est laissé tromper à l'égard de sa breve des Philippines; car cette breve est un composé du corps de la breve de Ceylan, décrite par Edward sous le nom de pie à courte queue des Indes, et de la tete et du cou de notre merle d'Europe: cet oiseau ainsi fabriqué faisoit partie des collections de abbé Aubry, curé de Saint- Louis à Paris; l'ayant acheté à la vente qui fut faite de son cabinet, je reconnus cette fourberie de quelque empailleur qui, sans doute, avoit trompé le bon curé. Ces sortes d'impostures de la part des empailleurs q'oiseaux ne sont malheureusement que trop communes, car il n'y a pas de jour où les amateurs et meme certains ornithologistes ne sy voient pris. Je soupconne beaucoup aussi le rollier du Sénégal de Buffon, quiil donne pour une variété du rollier d'Abyssinie, de n'être que ce dernier, sur le derriere du cou duquel on aura collé des plumes du manteau, parceque sans doute celles du cou se trouvoient froissées, ou qu'elles avoient été arrachées; transposition dont les marchands dhistoire natu- relle ne se font aucun scrupule, pourvu qu'ils puissent tirer quelque parti d'une peau défectueuse: Tant pis, disent-ils, pour celui qui ne sy connoit pas! et malheureusement pour la science il n'est que trop de ces naturalistes qui ne s'y connoissent pas. Qui donc pourroit distraire de tous les ouvrages prétendus d'histoire naturelle tous ces oiseaux mons- trueux, dont on retrouve dans presque tous les cabinets quelques échan- tillons? La grande pratique que j'ai des oiseaux m'a donné une telle facilité à démasquer au premier appercu ces especes de fabrique, que jamais je ne m'y suis laissé tromper; je n'ai jamais manqué non plus de les dénoncer aux amateurs qui en avoient en leur possession, et de leur prouver ce qu'il en étoit: cependant, le croiroit-on? loin de me savoir quelque gré de ma franchise, j'ai vu plus d'une fois de ces dupes étre très mécontentes de l'avis que je leur donnois; j'ai aussi rarement vu qu'on se débarrassàt de ces monstres, soit que par une sorte d'amour- propre mal entendu on ft honteux de s'ètre laissé tromper, ou que les ayant payés fort cher on eùt regrettẽé son argent, soit peut-être encore qu'on sentit cette sorte de plaisir assez naturel aux curieux de montrer un oiseau dont on est seul possesseur: il est au moins certain que tous ceux de ces oiseaux fabriqués que les insectes et les fumigations n'ont malheureusement pas détruits, on les retrouve encore dans les anciens cabinets; il n'y a pas long-temps méme que j'en désignai un à certain auteur très vanté, qui P'avoit décrit et figuré, et qu'il étoit temps encore de supprimer de son ouvrage; mais comme je n'avois pas vu'oiseau, et que je ne ravois jugé factice que d'après ce qu'il m'en avoit fait con- noitre verbalement, il ne voulut pas m'en croire. Un auteur convient rarement de certaines bévues; cependant le hasard m'ayant procuré l'occasion de voir le rare oiseau, qu'on m'avoit soigneusement caché, 4 nwdi a part des empailleun mune 1 8, car ilme ulaenend ahe „,„9 Fvolent denegi deule le m'tre que ce deniis s plumes da manteal at froissées, ou quche rchands GThistoire matr puissent tirer puelöe s, pour celui qui nes, ce il n'est que twp 1 done pourroit däötei tous ces oiseaux mohy- abinets quelques tchr- Ix ma donné une tub peces de fabeique, mais manqué non leur possession, d 4 roiroit-on? loin de m C'une fois de ces dupe ois; jai aussi raremel par une sorte damou- s8é tromper, Ou que 3 peut:ètte ecohe aontrel 1, s0i aux curieux den moins certain que h t les ſumigatiol nun dans les ahele ncore til ésignai un à as luil 6toit tempy unn avois pas m laje il men avoit falte nd — DES ROLLIERS. 107 il me fut si facile de prouver la falsification ‚que je fus étonné que tout autre ne sen fůt pas apperçu avant moi, tant elle avoit été mal-adroi- tement combinée. Les planches, quoique tirées, furent cependant réfor- mées; mais cette découverte m'a valu une haine implacable de la part de 'éditeur de Touvrage dont l'oiseau en question étoit destiné à faire partie. Certes ce n'est pas la la premiere injustice que m'aient fait éprouver quelques hommes que blessent sans doute et ma franchise et la vérité. 28 ———— — —— ———— ——————— — —. 3 4 8 1 4 4 8* 3 5 5 4 4 Ln 1 4 H 1 3 3 4 1 3 108 HISTOIRE NATURELLE ————§õ— ——O———————— LE MOMOT MALE, 00 LE HO UTOU. (N' 37 et 58.) EpwæARp est de tous les naturalistes le seul qui ait reconnu le momot pour ce quiil est, puisqu'il Ta placé parmi les rolliers dans la description exacte qu'il en a donnée sous le nom de rollier à bec dentelé du Brésil. Cet oiseau appartient en effet à la tribu des rolliers et des geais sous tous les rapports du genre, car il ne differe des autres especes de ce genre que par les caracteres propres à la sienne; c'est-à-dire qu'il en dif fere comme elles different toutes entre elles, comme toutes les especes d'un genre d'oiseaux quelconque different les unes des autres par des attributs particuliers ou par des caracteres analogues aux fonctions aux- quelles la nature les a destinées. Le momot ou le houtou, comme on le nomme à Cayenne d'après son cri, est donc un rollier ou un geai ayant le bec dentelé, la queue longue et fortement étagée; mais certes il s'een faut bien qu'il ait le moindre rapport avec les toucans, parmi les- quels cependant le rangent Linné et Gmelin à cause des dentelures de son bec. Cet oiseau n'a non plus rien de commun avec les calaos, les martins-pécheurs, les guêpiers, les manakins, qui eux- méêmes n'ont aucun rapport entre eux, et avec lesquels il n'en forme pas moins le quatorzieme ordre de Brisson, qui au reste l'a décrit avec son exactitude ordinaire. En comparant les figures exactes et de grandeur naturelle que nous donnons du momot adulte et dans le jeune àge, on remarquera facile- ment que la forme extérieure de son bec est conique, alongée, un peu arquée, et que par-là cet oiseau ne differe presque pas des autres rol liers: mais chez lui les bords des mandibules sont dentelés comme une scie; la tète est forte, largement emplumée, quoique non huppée; les plumes du front se portent jusque sur les narines, et n'en laissent apper- h). Röarnalanl haene Ae. T. Locfn dmenee ee I, V gloto. 27 2en „ — 2 .— . 7, I.r: 111777124 12: 717m 711,1unn 7 111 2, 277: 7,2 — , S 3 9 8 5 4* 5 4 4 vee 2 5 4 2*. 8. 4 1 e 4 8 8 3 4 3 83“ 4 . 4—* 5 8 4* 4 4. . 1 1“ 8““. 2 1 8— 3.. 4— — 8 2— 1 2 1 2. 2—— 18————.„ — b— 2—— 3 8 3 5*— 5 3“ 4 g—— 2 2— 5 3 4 8 1 3 8— 4 2— 4 4 8 84 1 3 5 5 5 8 3 1 1 11 3 1 8. A. „ 7,n, a⸗ * 8 2 8 1754 15 1ri1 2rr uee 3 5 eerise. isror 55 11&½, 1. 1AA. 1 S K.I7, 22! 85 ,11fT. 7 Ite 72 8 77. re, e eShnn,22924 1sIN⸗ 11465 3744[8 11111122 1571, 1 S 411, 77, 22ts 4 ISs rI7 ¹ 2v147, 27 4 3 225⁵ .t2ve5, 9 9 1 o ℳ h/h / h——.„ h k 2 2 2— 4.. — 4 1 Saee ſa 2 2— l eekak M.— 8 5— 4— 5— 2— 8. *-„————— 8 — 9*“ ⅛—=— N 4 — E——.———**— 1— 2 E P2——— 3———— 7 ₰ ᷣ ———————— 2—————— p·—.———————..———½———— S 8= 8 9» S—8 S 2= 8=g=' 1+= 8 SZ=é2Söͤ—= SS”= S— S. 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L'oiseau arracheä-t-il lui-mèême ces barbes, ou tombent- elles naturellement? Cette question est loin d'avoir été résolue par tout ce qu'on a dit jusqu'à présent à ce sujet. Quant à moi je ne crois pas plus que le momot s'amuse à arracher ces barbes que je crois qu'elles tombent d'elles-mêmes. Les animaux ont un instinct qui les porte à ne faire que ce qui leur est utile: or je ne devine pas l'utilité qu'il pour- roit y avoir pour cet oiseau d'avoir ébarbé une partie de la tige des deux plumes intermédiaires de la queue; je ne pense pas non plus qu'il s'a- gisse ici de barbes qui tomberoient d'elles-mèêmes pour former à Toiseau un ornement, parcequ'alors il y auroit plus de régularité dans cette partie ébarbée qui n'en offre même aucune dans les différents individus que jai vus et comparés ensemble à cet égard. Je présume donc quiil en est de l'ébarbement d'une partie des deux pennes intermédiaires de la queue du momot comme de la nudité du front de notre freux, et de celle de la téte entiere du prétendu choucas chauve des nomenclateurs(1), et qu'il ne faut TYattribuer qu'à quelque habitude particuliere de l'oiseau. Sil étoit vrai, comme on T'a dit, qu'il nichât dans un trou en terre, il n'en faudroit certainement pas davantage pour qu'il usàt sa queue pré- cisément à l'endroit où les deux pennes ébarbées commençant à dépasser les autres elles ne sont plus préservées par ces dernieres: au surplus tout ce qu'on a dit des mœurs du momot est très apocryphe; Pison rap- (1) Nous avions très bien jugé, lorsqu'en décrivant ce prétendu choucas parmi les cotingas sous le nom de chauve, dans notre Histoire naturelle des oiseaux des Indes et d'Amérique, nous avions dit qu'il ne devoit aussi la callosité de sa téte qu'à quelque habitude particuliere; car j'ai recu depuis de Cayenne un individu de l'espece dont la téte est entiérement emplumée; ce qui leve tous les doutes. —— 4 1 * 8 4* * 4 4 1 ff 4 1 † 2* * “ 110 HISTOIRE NATURELLE porte qu'il se nourrit de fruits, et qu'il niche sur les arbres; d'autres veulent qu'il niche sous terre, et qu'il ne vive que d'insectes: tout est contradiction à ces différents égards. Mais qui faut-il donc croire? Je ne saurois trop le répéter; le mieux est d'attendre dans ces sortes de cas les renseignements de quelque observateur qui aura étudié par lui- méème l'espece dans son pays natal. Je n'ai jamais vu le momot vivant; cependant je suis persuadé d'avance, par la nature seule de ses plumes pleines et moëlleuses, qu'il vit de fruits beaucoup plus que d'insectes; je crois aussi, comme je T'ai déja dit, que l'ébarbement des deux pennes intermédiaires de sa queue n'est dù qu'à ses habitudes, puisque jeune ou adulte, venant de muer, ces deux méèêmes pennes ont toutes leurs barbes. On voit par la figure de notre planche n' 38 un momot qui a ces deux plumes entieres; mais lindividu qu'elle représente est encore dans le jeune àge: on reconnoit l'oiseau à cet àge, en ce qu'il n'a point sur la poitrine ce petit bouquet de plumes noires qu'il porte lorsqu'il est adulte. La couleur du jeune momot est aussi plus roussâtre sur le cou, la poitrine, et tout le dessous du corps, que celle du momot adulte. Loiseau a sur le sommet de la tête une calotte noire lustrée de verd, et entourée de plumes verd aigue-marine, qui sur le front forment un large bandeau de cette couleur; le bandeau se partageant ensuite de chaque côté en deux branches, dont chacune d'elles passe au-dessus des yeux, ouù elles prennent une nuance bleue, elles terminent par derriere, où en se réunissant elles deviennent d'un beau bleu d'outre-mer violacé; ce qui forme aàa l'oiseau une belle couronne dont le centre est noir. Les plumes de toute cette partie de la couronne et du sommet de la téête étant fort longues doivent former une belle huppe à l'oiseau lorsqu'il les redresse; ce dont il a certainement la faculté. Les petites plumes de la base du bec, celles qui couvrent Tespace compris entre les narines et les yeux, celles du tour des yeux eux-mèmes, sont d'un noir foncé. De la base de la mandibule inférieure de chaque côté de la bouche part une espece de moustache noire, qui, passant sous les yeux, s'y confond avec le noir qui les entoure, et s'é- tend ensuite en pointe jusqu'aux oreilles; mais cette partie des moustaches se trouve relevée par un liséré verd aigue-marine qui en dessine agréa- blement les bords extérieurs. Le derriere du cou, immédiatement après le bleu de Tocciput, est d'un roux marron qui, se méêlant toujours da vantage de verd à mesure qu'il approche du manteau, devient sur ce dernier, ainsi que sur le dos, le croupion, toutes les couvertures supé- rieures des ailes, et toutes les barbes extérieures de leurs pennes, d'un beau verd plein plus ou moins éclatant, suivant les différents aspects. Les couvertures du dessus de la queue, le milieu de celle-ci, et les plumes des jambes sont de ce mèême verd. Les grandes pennes des ailes, les bords des pennes latérales de la queue, et le bout de celles de son milieu, terminées par une bande noire, sont en dessus d'un riche bleu. 1* da utr limwee uut 1 est d 4 eroire) des dorte de d etuci bar lui eul momot zikant 4 üe se lume 5. lu dinsectes nt des qe 2deux penne des b n er quil ma point luil porte lorsquil us roussatre sur!e e celle du momot te noire lustrée qe ir le front forment tageant ensuite de asse au-dessus des nnent par derriere, outre-mer violaci; entre est noir. Les met de la tète étant orsquil les redresxe, s de la base du bec, tles yeux, cellesdu ase de la mandibule le moustache noite, les entoure, et se rtie des moustaches jen dessine agrir médiatement aprss nélant toujours da nu, devient suf ec couvertures zvpe leurs pennes, du düſtérents opecbs ge celle-ci, et le es pennes des aie ot de celles de 80 zus dun riche bleu DES ROLLIERSA. 111 Le revers de la queue est d'un noir glacé, et comme croisé par des lignes plus foncées, qui disparoissent à certain jour. La gorge, le devant et les côtés du cou, la poitrine, les flancs, le ventre, et les couvertures du dessous de la queue sont d'un verd fondu dans du roux, et de maniere que cette couleur paroft ou plus rousstre ou plus verte, suivant les incidences de la lumiere. Il sort du milieu du cou quatre plumes effilées noires, bordées de verd aigue-marine, qui, tombant en épi sur la poi- trine, y forment un ornement fort agréable. Le bec, à lexception d'un liséré blanchâtre qui se trouve au-dessous de sa base, est, ainsi que les ongles, d'un noir de corne. Les doigts et les tarses sont brunâtres. Nous ne connoissons pas la couleur des yeux, que nous avons supposés jaune- brun. Le revers des ailes enfin est d'un noir glacé de gris blanchâtre sur les pennes, et d'un verd roux sur les couvertures. Tel est le momot parvenu dans son état parfait, et que nous repré- sentons de grandeur naturelle n' 37 de nos planches. L'individu figuré no 38 est indubitablement dans le jeune äge encore; état que nous lui avons reconnu aux caracteres non équivoques que nous avons indiqués nombre de fois ailleurs. Dans cet état Toiseau est donc, comme on le voit bien, plus petit que les momots adultes, et manque des quatre plumes noires en épi qui ornent la poitrine de ces derniers; sa couleur verte est aussi généralement plus mélée de roux, sur-tout le dessous du corps; et les deux pennes intermédiaires de la queue n'ont point de partie ébarbée: mais on remarque que dans ce mèême endroit des deux pennes intermédiaires de la queue, oùð dans les individus adultes les barbes ont disparu, il y a dans les jeunes une espece d'étranglement naturel; je dis naturel, parceque cet étranglement n'est point l'effet d'un commencement de dégradation, ce que j'ai bien reconnu en examinant avec la loupe onze individus dans le même état de jeunesse que celui dont il est ici question. Jai vu aussi trois individus adultes du momot, mais qui étoient en- core dans la mue lorsqu'ils furent tués, puisque la plus grande partie de leurs plumes étoient encore enveloppées dans leur tuyau, notamment toutes celles de la queue, qui n'avoit pas la moitié de la longueur qu'elle devoit avoir. Ces trois individus adultes et en mue avoient tous les deux pennes intermédiaires de leur queue entieres et étranglées aussi dans la partie qui d'ordinaire s'ébarbe. D'après ces derniers faits il est évident que l'ébarbement des deux pennes intermédiaires de la queue du momot n'est point naturel; c'est-à-dire que les barbes de la partie de ces deux pennes dont il s'agit ne tombent point d'elles-mêmes comme tombe le duvet de la téête des vautours, que la nature a destinés à avoir cette partie nue, ni comme se détachent les plumes de la tête et du haut du cou des dindons, qui en naissant ont ces parties recouvertes d'un duvet, et que vieux ils ont nues et rouges. I ne peut donc y avoir de doute que ce 29 3 ““ — ——— 5 ö—- “ 11² HISTOIRE NATURELLE ne soit par l'effet de quelque habitude du momot que les deux pennes intermédiaires de sa queue s'ébarbent: mais quelle est cette habitude? c'est ce qu'assurément je saurois de la maniere la plus positive si j'avois été à portée d'observer lespece dans son pays natal; car ces sortes d'ob-— servations sont celles qui ont toujours le plus piqué ma curiosité, par 'attrait invincible qui me porte sans cesse à rechercher la cause des effets dans la nature. Que je suis loin d'tre entièrement satisfait à cet égard, et combien il me reste de choses à savoir sur la foible partie de Thistoire naturelle, qui seule a fixé mes regards! L'espece du momot doit être fort commune à la Guyane, car on l'a envoyée en si grand nombre de Cayenne en Europe qu'on ly voit dans tous les cabinets; aussi ai-je comparé entre eux un grand nombre de ses individus. Paime ces sortes de comparaisons; je ne mnanque jamais de les faire toutes fois que j'en ai l'occasion, parceque je les regarde comme le plus sůr moyen de bien connoitre les especes. Comme à r'égard de celle du momot je n'ai pas remarqué d'autres différences entre ses vieux et ses jeunes individus que celles que j'ai indiquées, je pense qu'il ne doit pas y en avoir de bien sensible entre ses maäles et ses femelles: tous les vieux momots que j'ai vus du moins étoient absolument sem- blables pour les couleurs, et très certainement il y en avoit de l'un et de Tautre sexe dans le nombre d'au moins trois cents. Quant à lindividu adulte que j'ai figuré, je suis sür aussi qu'il est male; car l'ayant reçu simplement desséché, mais entier, je le ramollis, et lui reconnus à la dissection les parties internes de son sexe. A l'ouverture de P'estomac, que je trouvai musculeux, je ne vis aucun débris quelconque d'insectes, mais il étoit plein d'une matiere mollasse, pâteuse, qui s'étant entière- ment dissoute dans l'eau ne laissa qu'un résidu dont je ne pus déter-— miner la nature. On peut voir chez les différents auteurs qui ont parlé du momot les genres de vie contradictoires qu'on lui a donnés: je ne connois pas asse⸗z ses mœurs par moi-méme pour rien ajouter à la description exacte que je viens de donner de cet oiseau. Je répéterai seulement que je suis bien persuadé que le momot ou le houtou appartient à la tribu des rolliers et des geais; et je conclurai que la nature lui ayant imprimé sur tout son ensemble le sceau caractéristique de ce genre d'oiseaux, il est plus que probable qu'elle l'a aussi destiné aux méêmes fonctions, et lui a donné les mêmes facultés morales, modifiées sans doute pour les climats et le sol qui le voient naitre. ſe les regarde ume à légard Ces entre Ses je pense qull zes femelles: ſument sem- it de Pun et tà Tindividu ayant reeu econnus à la de lestomac, üe dinsectes, stant entiere- ne pus deter- u momot les dois pas asser n exacte que je suis bien des rollien zmé sur tout , il est plus ns, et lui à ir les climab ———,— M. C Oe! 2„ N ₰ 2 — S S 8 ¼ I — X N — ——— — ſ I ue 2, 2 „ Saezee 2 e —yy————õÿõõ — — — — DES ROLLIERS. 113 ——ℳõM———,—--A/ꝝ—————-—-——êçêꝛèò᷑ᷣ:————ℳ—.- LE MOMOT DOMBE. 0 U LE MOMOT A TETE RobUsst. (N 39.) Lus naturalistes anciens ont fait mention de deux especes de momots, dont l'une est celle qui a fait le sujet de Tarticle précédent: quant à la seconde, à laquelle ils ont donné la taille de notre étourneau, il n'y a pas d'apparence qu'on doive lui rapporter le momot dont il est ici ques- tion; on le doit d'autant moins que la description de cette seconde espece des anciens, rapportée par Brisson sous le titre de momot varié, est si imparfaite, qu'il sera toujours difficile de la bien reconnoitre. Cependant Buffon ne manque pas de la confondre cette espece avec le momot ou houtou de notre n' 37; et, pour justifier son erreur, ce naturaliste dit que les couleurs en général du houtou varient suivant làge ou le sexe, et qu'on en voit de plus tachetés les uns que les autres; or je pense que le mot tacheté ne peut guere sappliquer aux couleurs régulieres du momot, car cette belle couronne du dessus de sa téte, qui le caractérise si bien, n'y forme pas de taches, et celle de la poitrine est unique. Quoi qu'il en soit de cette seconde espece de momot des anciens, dont tous les nomenclateurs ont parlé, et qu'aucun d'eux n'avoit vue, en voici une bien caractérisée, et différente de la premiere en ce qu'elle a tout le dessus de la téte roux, et qu'elle n'a point de partie ébarbée à la queue, ni d'épi noir sur la poitrine. Tout est d'ailleurs semblable pour les cou- leurs dans ces deux especes, si ce n'est que le verd du dos et des ailes, et le bleu des pennes intermédiaires de la queue et des premieres pennes des ailes, sont plus purs chez le momot dombé que chez T'autre. La taille de ces deux oiseaux est aussi à-peu-près la mème; il y a cette différence entre leur queue, que les quatre pennes intermédiaires de celle du momot de cet article sont d'égale longueur. Nous devons cette seconde espece à Dombé, naturalisté zélé, plein de connoissances, et d'une mo- 114 HISTOIRE NATURELLE destie rare qui le faisoit chérir de tous ceux qui le connoissoient. Au retour de son voyage au Pérou, entrepris par ordre du gouvernement français, il vint à Paris, où il fut comblé des bienfaits du roi: j'eus le plaisir de faire sa connoissance; j'admirai chez lui la belle collection de minéraux qu'il avoit recueillis dans ces riches contrées, et qui fait aujour- dhui partie du Muséum dhistoire naturelle de Paris; il eut la bonté aussi de me faire voir plusieurs magnifiques oiseaux du Pérou, du nombre desquels étoit Jespece du momot à laquelle je donne son nom; foible témoignage de T'estime particuliere que je lui avois vouée en reconnois- sance de ses franches communications. Tout ce que je vis chez Dombé des productions de la partie de'Amérique qu'il avoit fouillée, et tout ce qu'il m'en a dit, me donnent un vif regret de n'avoir pas fait une course dans ce beau pays, où la nature semble avoir prodigué ses bien- faits, mais dont elle a ainsi occasionné la ruine et le malheur de tous les paisibles habitants, bien vengés par tout ce qu'a valu à leurs barbares persécuteurs tout Por que leurs mains cupides leur avoient arraché le ſer à la main, quand il étoit si facile de l'obtenir sans crimes de peuples, qui certes m'y attachoient pas assez de valeur pour s'exposer à le défendre au prix de la vie d'un seul des leurs. Nous n'étendrons pas davantage la description du momot dombé, parceque la figure exacte que nous en avons donnée mettra le lecteur qui le comparera à celui de l'espece précédente, à même de saisir les rapporis et les différences qui existent entre eux. Le houtou se trouve à la Guyane, et le momot dombé habite les forèts des environs de Lima. où le voyageur que j'ai nommé m'a assuré qu'il étoit très commun, et qu'il n'avoit remarqué aucune différence entre beaucoup d'individus qu'il avoit vus de l'espece et les deux qu'il avoit rapportés, dont l'un fut dé- posé avec plusieurs autres beaux oiseaux du Pérou au cabinet du roi. Il est fächeux que cet individu ait été entièrement détruit par les fumi- gations de soufre et les insectes: quant à Tautre nous ne savons ce qu'il est devenu. Comme nous avons fait remarquer que le momot ou houtou de la Guyane avoit déja dans son jeune àge la belle couronne dont nous avons Parlé en son lieu, et qu'il est plus que probable, d'apréès mes observations, que la femelle l'ait aussi, il ne peut pas y avoir de doute, je pense, que le momot de cet article ne forme une seconde espece, d'autant plus que les deux individus que j'en ai vus avoient tous les caracteres d'oiseaux adultes, ou parvenus à leur état parfait. Quant à la nature des momots, en les admettant entre les rolliers et les geais, nous croyons leur avoir assigné la place qu'ils tiennent en effet par tous les rapports extérieurs qu'ils ont avec ces oiseaux; ce qui n'em- péêche pas d'en faire un genre particulier, si on le juge nécessaire, pourvu cependant qu'on ne les confonde plus avec les calaos, les martin-— s de peuples, aà le défenqre mot dombê, tra le lecteur de saisir les tou se tromfe ons de Lima, commun, et individus qui- at Tun fut dé- abinet du rdi. par les fumi- aavons ce qul- houtou de lä ant nous avO¹s observations, ute, je pende, T'autant hlus eres d'oiseaus les rolliers ei anent en elle zaire, poufV- les martllr DES ROLLIERS. 115 péècheurs, les guépiers, les toucans, avec lesquels ils n'ont pas la moindre analogie. Comme je n'ai pas été à portée d'observer par moi-méème les habitudes des momots dans leur Pays natal, on trouvera peut-èêtre mon sentiment prématuré, ou tout au moins hasardé, sur-tout d'après l'opi- nion de Buffon, qui, n'admettant pas ce que Pison rapporte du houton ou momot, c'est-à-dire qu'il nichoit sur les arbres, qu'il se nourrissoit de fruits, et qu'il étoit facile à apprivoiser, prétend au contraire, d'après Marcgrave, que cet oiseau ne vit que d'insectes, qu'il fait son nid dans un trou sous terre, et qu'on'ne sauroit Tapprivoiser; ce qui est absolu- ment supposé. Je crois l'assertion de Pison la plus probable, et cela d'après la grande habitude que jai des oiseaux, que j'ai toujours bien jugés à la seule inspection des parties extérieures, et à la nature des plumes et des formes constitutives. Or quil vole peu ou mal, qu'il niche à terre ou sur les arbres, qu'il soit facile ou difficile à apprivoiser, tout s'accorde à faire des momots, sinon un geai ou un rollier proprement dit, tout au moins une branche ou un genre de la tribu ou de l'ordre des geais et des rolliers. La question de savoir si cet oiseau est ou non facile à apprivoiser me paroit difficile à résoudre; il faudroit pour cela multiplier les essais. La difficulté d'apprivoiser un animal vient souvent de la maladresse de ceux qui lentreprennent; et Pon sait que s'iil est des gens qui apprivoisent les tigres, il en est d'autres qui feroient de lanimal le plus doux une béte féroce. Au surplus si le momot vole peu, s'iil aime à se poser à terre, sil fréquente les bois, et ne se perche que sur les branches basses des arbres, il a tout cela de commun avec tous les geais et les rolliers, qu'on voit très souvent à terre, et qui sautant d'arbre en arbre, traversent des forèts entieres sans faire de grands vols, quoiqu'ils aient les ailes fortes, et qu'ils volent très bien quand ils ont besoin de tra- verser des plaines; ce que doit bien faire aussi le momot, qui a T'aile aussi ample et de la méème forme que notre geai. 30 8 ——y — X — — v8ͤö8öͤͤͤͤͤͤoͤ“ HISTOIRENATURELLE DES GEAIS. EN parlant de la grande analogie que les rolliers et les geais ont les uns avec les autres nous n'avons entendu parler que des geais proprement dits, ou des oiseaux qui appar- tiennent à leur genre, et non de tous ceux qu il a plu aux nomenclateurs de comprendre gratuitement sous leur nom. Ainsi nous aurons à retrancher de la liste des geais plu- sieurs especes qui ne sont pas plus des geais que le grivert de Cayenne, le rollier à bec rouge, et le rolle verd de la Chine, ne sont des rolliers. Ne sont donc pas des geais le garlu ou le prétendu geai à ventre jaune de Cayenne, qui n'est qu'un tyran, et le blanche-coiffe, qui n'est qu'une pie; ce dont nous avions déja et depuis long-temps averti nos lecteurs: nous avons mème eu la satisfaction de voir que dans quelques nouveaux ouvrages on avoit éliminé ces deux oiseaux de la liste des geais. Nous observerons seulement ici, à légard des véritables geais, qu'il y a cependant en géné- ral quelque légere différence de conformation entre ceux de Tancien et ceux du nouveau continent: les premiers se rap- prochent beaucoup plus des rolliers que les autres, qui en different principalement en ce qu'ils ont la queue plus longue, plus fortement étagée, les tarses plus longs aussi, plus gréles, — ———————y — ——yy ——. p —ooq— *— ———— 118 HISTOIRE NATURELLFE et le corps en général plus dégagé. De méême donc que nous avons fait deux sections des rolliers en les divisant en rolliers proprement dits, et en rolles, nous pensons qu'il seroit utile de faire aussi des geais deux autres sections, dont la pre- miere comprendroit les geais à tarses courts de l'ancien con- tinent, et la seconde ceux à longs tarses du nouveau monde. Ces sections, dont on pourroit à la rigueur former autant de genres, composeroient ensemble un petit ordre, qu'on pour- roit étendre en y rapportant le jaseur, le coq de roche, et le casse-noix, dont nous donnerons les figures et les descriptions à la suite des geais, comme membres éloignés de la tribu, c'est-à-dire comme ayant plus ou moins de rapports avec ces derniers. Les cotingas les loriots, même les grives et les merles, pourront aussi entrer dans cet ordre. Une telle maniere de procéder en ornithologie seroit dans tous les cas bien plus conforme à la nature que tous ces classements qui ont été faits jusqu'à ce jour par les différents méthodistes d'apréès des caracteres insignifiants, adoptés par les uns, rejetés par les autres, et qui en général sont loin d établir d'une maniere certaine les rapports entre les especes d'un genre entier quel- conque, et plus loin encore de déterminer Tanalogie d'un genre à un autre. ai en rollien lseroit uul domd l pre⸗ ancien con. Veau mondt, ner autant qe quon Dour- e roche, et G descriptions de la triba, vorts ayec cès et les mellé; 2 maniere qe as bien plo qui ont ete l'stes daprs s, rejetés pu lune maniere te entier quet analogie dun — 3 1 5. b b 1 S 8 — d S 1 b S 8½ . 1 4 . 5 1 4* 1 8 S 1 X 1 8 S —* — DES GEAIS. 119 nA˖BAAAANN 3 nAMNn mABAAABAA— AiBꝑ— LE GEAI D'EUROpE. (N'o Er 41.) L'rspnoE du geai est tellement répandue dans les diverses parties de TEurope et si généralement connue, quiil suffiroit de la bonne figure de grandeur naturelle que nous en donnons, la meilleure et la seule exacte de toutes celles qu'on en ait publiées jusqu'à ce jour, pour que chacun püt Py reconnoitre du premier abord. Nous nous étendrons donce peu sur histoire de cet oiseau, et cela avec d'autant plus de raison que Buffon l'a faite de la maniere la plus vraie, et que Sonnini de Manoncour y a ajouté depuis des observations qui ne laissent rien à desirer. Le geai“, oiseau ainsi nommé par allusion au cri qu'iil fait dans cer- taines occasions, habite les foréts et niche sur les grands arbres: son nid est un tissu de petites racines flexibles; il le pose assez négligemment, mais toujours à Pinsertion des premieres grosses branches; de sorte qu'iil est solidement appuyé contre le tronc de l'arbre. La ponte est de quatre, quelquefois de cinq, rarement de six œufs, d'un gris verd ponctué de roux: le maâle partage avec sa femelle les soins de l'incubation. Cette espece se nourrit assez indistinctement de toutes sortes de fruits, de graines huileuses, d'insectes, et même de chair; car dans l'état de do- mesticité elle avale très gloutonnement de fort gros morceaux de viande, et dans l'état sauvage elle attaque souvent les jeunes oiseaux et les dévore. Comme elle passe lhiver dans le pays, et que dans cette saison elle ne trouve pas toujours les aliments qui lui sont nécessaires, elle a la pré- voyance de faire des provisions et de les cacher dans des trous d'arbres ou dans des terriers abandonnés. Cet instinct, qui mèême dans l'état de domesticité la porte à cacher des provisions alimentaires, lui fait aussi déplacer quantité dobjets qui ne peuvent lui être d'aucune utilité; et c'est de là qu'est née cette comparaison de voleur comme un geai, ou comme une pie, car celle-ci en fait autant. Quoique les geais vivent dans les bois, ils sapprochent souvent des habitations voisines des forèts, de celles sur-tout autour desquelles il se trouve des noyers, car ils aiment (1) Dénomination que le peuple change souvent, à légard des individus qu'il éleve en cage, en celle de jäque, mot que l'oisean exprime aussi tres nettement. 31 120 HISTOIRE NATURELLE beaucoup les noix, qu'ils emportent tout entieres pour leurs provisions d'hiver; ils profitent pour cela du moment ou elles se dégagent de leur enveloppe et tombent naturellement; aussi pendant lautomne trouve-t-on les geais toujours à terre au pied des noyers, et ramassant toutes les noix tombées: cela fait, ils savent aussi reconnoitre celles dont le brou com- mence à se fendre, et les abattre d'un coup de bec. Le geai est très criard; et, quoique farouche à l'aspect d'un danger, il est attiré par le moindre bruit extraordinaire: il suffit de contrefaire la chouette, ou mèême de souffler sur le tranchant d'une feuille(ce que les oiseleurs appellent frouer) pour les voir arriver à l'instant par bandes; ce qui donne une grande faci- lité pour les tuer: il faut cependant bien se cacher pour réussir à cette chasse; car une fois effarouché l'oiseau n'approche plus le chasseur. Si Ton a blessé un geai ou tout autre oiseau, et qu'on le fasse crier, tous les geais des environs accourent sur les lieux. Rien n'est donc plus facile que de se procurer cet oiseau, très curieux de son naturel, arrivant au moindre bruit, mais fuyant, comme je l'ai dit, au plus petit danger reconnu par lui. Ceci ne s'eentend que des vieux geais, car les jeunes sont très stupides; aussi les oiseaux de proie en font-ils une grande destruction: le peuple, de son côté, recherche avec plaisir leurs nichées pour les enlever; ce qui fait que le nombre des geais reste toujours à-peu-prèés le mème. II y a aussi des personnes qui les mangent, quoique leur chair soit loin d'ètre un mets délicat; cependant les jeunes, rôtis après avoir été bouillis, peuvent étre appréciés par certaines gens: quant à moi, qui ne suis pas plus difficile que beaucoup d'autres, j'avoue qu'il s'en faut bien que je les compare aux grives. On trouve dans plusieurs auteurs beaucoup de différentes manieres de prendre les geais; mais la plupart de ces moyens ne sont que de pures fictions imaginées à plaisir: tel est bien certainement celui du plat d'huile qu'on expose dans un endroit fréquenté par les geais, lesquels venant se mirer dans le plat prennent leur propre image pour d'autres geais qu'ils cherchent à combattre; leurs ailes venant alors à s'imbiber, ne se préètent bientôt plus aux efforts qu'ils font pour s'envoler, et laissent au chasseur le temps de les prendre; tel est aussi, entre beaucoup d'autres que je ne rapporterai pas, celui du geai vivant qu'on attache fortement sur le dos, et qui dans cette position saisit et serre si vigoureusement ceux de ses cama- rades qui viennent l'entourer, qu'on peut aller les prendre à la main. Cette derniere maniere est très bonne pour attirer les geais sur un arbre chargé de gluanx, ou aux environs duquel le chasseur se met en embus- cade; mais il est bien certain que les geais libres se garderoient d'ap- procher celui qu'ils verroient dans la gêne; il faut au contraire pour réussir à cette chasse avoir le plus grand soin de cacher celui qui, par ses cris seuls, doit servir à leurer les autres, puisque dès qu'ils rapper- cevroient garrotté ils fuiroient tous pour ne plus revenir. chasseur. S Ton ler, tous les es us ws 4 que de vant au moindy- reconnu par lui nt tres Kupides; btion: le peupee enlever; ce qu le même. lra soit loin qäbe zir été bouilb, qui ne Suis des bien que jele ntes manieres de int que de pures ni du plat dhule squels venanté utres geais quib er, ne se prêtent sent au chasseur autres que je ne nent zur le dos, eux deses cama- adre à la mai. ais sur un arbre met en embur arderoient dap contraire poul r celui qui, pa 8 quils lapper- T. DES GEAIS. b 121 La meilleure maniere de prendre les geais et tous autres oiseaux, C'est ⸗«.«ℳ A 2 7 d'avoir une chouette vivante, ou même empaillée, qu'on attache sur une grosse branche au bas d'un arbre chargé de gluaux; on se cache très soigneusement, on froue à petit bruit pour seulement faire approcher un oiseau quelconque; le premier qui arrive, n'importe lequel, se met, en voyant la chouette, à faire un cri d'effroi qui appelle tous les autres oi- seaux: vous voyez alors accourir les geais, les grives, les merles, tous les oiseaux d'alentour, mème les plus rusés, jusqu'à la méfiante pie, le plus avisé des volatils. Restez caché jusqu'au moment ouù tous vos gluaux sont à bas; puis ramassez tous les oiseaux pris, qui lorsqu'ils n'ont vu Personne se montrer, surpris de se trouver englués et arrétés, restent assez ordinairement tranquilles dans lendroit où ils tombent: si vous vous montrez un instant, vôus gàtez la chasse, vous perdez tout le fruit de vos peines; et ce n'en est pas une petite que de préparer un arbre à recevoir les gluaux, et de les y poser. On sent bien que les chouettes vivantes sont dans cette chasse préférables aux empaillées: la cheveche est aussi Tespece qui convient le mieux, parcequ'elle est la plus docile, la plus facile à apprivoiser, la plus petite, et par conséquent la moins embarrassante à transporter. Le geai est caractérisé par une grosse tète largement garnie de plumes longues, soyeuses, douces au toucher, et qu'il redresse à volonté; il a la queue coupée carrément, et ses ailes ployées dépassent le croupion de deux pouces. Les mandibules sont fortes, et le bec a l'apparence d'un coin arrondi; aussi est-ce à coups de bec qu'il fend une noix et qu'il ouvre les glands: il a beaucoup de peine à casser une noisette entiere; mais si un ver y a pratiqué le moindre trou, il en vient facilement à bout en assujettissant sous son pied, et en donnant des coups de bec sur le trou méme jusqu'à ce qu'elle se partage ou qu'il emporte une partie de la co- quille. Pour se faciliter au reste le moyen de faire usage de ces sortes de fruits durs il les entasse dans un trou d'arbre ou dans un vieux terrier abandonné: Thumidité de ces lieux gonfle l'amande, et les coquilles se partagent naturellement; ces fruits s'ouvrent aussi d'eux-méèêmes deès que le germe vient à se développer. La langue du geai est membraneuse, noire, et fourchue, ce qui ne l'eempéèche pas de contrefaire tous les sons qu'il entend, ni même de prononcer des mots, sur-tout ceux en r, d'est aussi ce qui fait que ceux qu'il prononce le plus distinctement sont ceux des langues allemande et hollandaise: il contrefait à s'y méprendre le miaulement d'un chat, ainsi que Taboiement d'un petit chien à voix rauque. Le trait le plus marqué de son plumage consiste dans ces belles plumes bleues rayées transversalement de noir, qu'on remarque sur le haut des ailes, et dont autrefois nos dames ne dédaignoient pas de se parer. Dans ces temps on devoit çruellement faire la guerre à ces oiseaux; car il falloit certainement plusieurs centaines de geais pour compléter la gar- 1 4 1 1 3 5 1 3 AI ¹ 3 4 4 3 1 3 4 1 4 3 1 3 4 4 ; 1 1 8 3 12²² HISTOIRE NATURELLE niture d'une de ces grandes robes à paniers, auxquelles on faisoit servir ces belles plumes, les seules qu'on y employàt, qui sont en petit nombre, et qui n'appartiennent absolument qu'aux couvertures des grandes pennes alaires. La couleur roussàtre, un peu vineuse, du plumage supérieur du geai, quoique simple, est agréablement relevée par le blanc qui longe les pennes alaires, et qui couvre le croupion; ce blanc se remontrant sur le bas-ventre et sur les cuisses, tranche très bien sur le noir de la queue et celui des ailes. Une moustache noire, qui se dessine en carré long sur les joues, donne aussi à cet oiseau une physionomie hardie, que favo- risent encore de grands yeux d'un gris bleuâtre. Le male et la femelle du geai se ressemblent beaucoup quant aux couleurs; cependant en les comparant ensemble sous ce rapport on distingue facilement le premier de celle-ci; la couleur rousse est plus vive, et les plumes de la téte sont un peu plus longues che⸗ lui; cette derniere particularité lui fait aussi une téte en apparence plus grosse: le geai male enfin est un peu plus fort de taille que sa femelle. Dans leur premier àâge ces oiseaux ont non seulement les belles pla— ques bleues des ailes, mais ils ont encore du bleu sur le haut des bor-— dures blanches des pennes alaires, et à la naissance de la queue; ce que nm'ont jamais les vieux geais: chose aussi fort remarquable, car en général les jeunes oiseaux ont toujours en moins les couleurs les plus éclatantes des vieux. D'après ce que rapporte Buffon sur les couleurs du geai il paroitroit cependant que jeune il a moins de bleu qu'adulte; mais ce na- turaliste nous fait voir le danger qu'il y a d'appliquer des lois générales à des cas particuliers sans examen. L'espece du geai offre plusieurs variétés accidentelles; on en voit d'en- tièrement blancs, ayant le bec, les pieds méême de cette couleur, tels que jen ai vu moi-mèême plusieurs dans quelques cabinets: mais jai remarqué que ceux-ei étoient de jeunes oiseaux nés variés, et qui probablement auroient repris les couleurs primitives de l'espece si on les eut laissé vivre, car cela arrive généralement à tous autres oiseaux de différentes especes, nés tout ou plus ou moins blancs. Ces sortes d'individus sont vraisem— blablement des étres mal constitués, et chez lesquels la matiere qui pro- duit la couleur des plumes ne s'est encore que peu ou point développée. Ce qu'il y a au moins de certain à cet égard c'est que nous n'avons point une race de geais blancs, et que ce n'est que de temps à autre qu'on en rencontre, comme on voit quelques autres oiseaux d'especes différentes tout blancs, ou qui n'ont que quelques parties blanches dans leur plumage. Un de ces geais blancs, que j'ai vu dans le cabinet de l'abbé Aubry, avoit conservé les plaques bleues de ses ailes;-'est celui que Ton voit représenté sur notre planche n- 41. Jen ai vu un autre dans l'état de domesticité, et qui étoit devenu presque noiràtre: je n'en fus pas surpris lorsqu'on m'eut dit qu'on ne le nourrissoit que de chénevis; car j'avois déja remarqué que 1 N— 8 5 4 32—— 5 234 4 3 3 4 4 1 — 2* * ₰ 46 4 3 521„121** II IIAAAISEe 114 Ann b. 2*„— 7111 5: „ L 1 22 ew 1 71: 34KgS 2 4.1 3. 1 1is ee. 3 4. 61114 . in unre. ) 8 4 3 2.. Aaaoe odute, 2 arae Saee, ſölzne ZDoelndhen oneene Ao Zangfléote.— 6 h — —— —ͤͤͤ— ————— —sshsö—oöoo ——— — weiteee den — DES GEAIS. 125 cette graine très huileuse produisoit le mèême effet sur tous les autres oiseaux auxquels on la donnoit pour toute nourriture; jai vu mème un perroquet gris dans ce cas, ainsi que plusieurs alouettes, des moineaux, et des linottes. Il seroit curieux, peut-tre meéme intéressant de savoir pourquoi la graine de chanvre produit cet effet sur les oiseaux; on dit encore qu'elle les rend aveugles. 32 — 4 3—* ————.——— — — 8 ——— —— 4 ſſſſſ“ — 1 — b ſſ ——ÿ— 2 “ 4 4 ¹ 8 * 3 3 8 1 1 3 4 4 3 V 3 1 V 3 ½ 1 3 ———— K— — —.—[ ———— * ——— 124 IHIISTOIRE NATURELLE AAAnAA— w—NnͤͤꝛnNnnnͤͤͤꝛò»N—-nnꝛ₰nͤnnnn—-—-—————ℳ——õ———-ℳℳℳA——ℳ—-—õnnAn—nn——— LE GCEAI NOIR A COLLIER BLANC, 0 U LE GEAI LONGUhp. (N A2.) Srcette espece étrangere de geai n'est caractérisée par rien de très brillant dans les couleurs, elle l'est du moins par une huppe dont deux des plumes, très longues, et semblables à des pennes par leur forme, s'élevent perpen- diculairement sur le derriere de la têete, et forment à l'oiseau un panache très distingué. Ce geai a la queue ample et étagée dans ses quatre pennes les plus latérales de chaque côté, et ses ailes atteignent ployées le tiers de la longueur de celle-ci; son bec et ses pieds, conformés comme le sont ceux de notre geai européen, ne permettent pas de le séparer du genre de ce dernier: au surplus, à lexception d'un large collier blanc qu'il porte sur la nuque, et qui ne passe pas les côtés du cou, tout le plumage de cet oiseau est entièrement noir, ainsi que son bec; ses pieds sont noirs-bruns. Nous ne connoissons pas la couleur de ses yeux, et nous n'avons rien à dire de ses mœurs. Le seul individu que nous ayons vu de cette espece étant figuré dans nos planches de grandeur naturelle, nous croyons pouvoir nous dispenser d'en donner les dimensions: nous ajouterons seulement qu'il est plus que probable que l'oiseau n'a pas toujours les longues plumes de sa huppe relevées, ainsi que nous Pavons dit, et qu'il a la faculté, comme tous les oiseaux huppés, de les coucher; car autrement elles deviendroient fort gèênantes pour lui dans l'action du vol. Au reste nous ne prétendons ici que signaler l'espece; car nous pensons que pour la bien faire connoitre il faudroit avoir vu et comparé ensemble un certain nombre de ses indi- vidus. Cet oiseau est un de ceux que nous recommandons aux observa- tions de quelque voyageur, comme remarquable par la singularité de la conformation de sa huppe, dont on trouveroit peu d'exemples dans la nature. Ce geai, absolument nouveau, habite lisle de Java, d'ouùu il a été envoyé à M. Temminck, qui le conserve dans son beau cabinet à Amster- dam, ou je P'ai décrit et dessiné. —]——— — 3—— 5 3 4 d 1—— 1——— 2— R— 2—— W 8 3„ ₰ 3 b 4— * SS 8 8 8 8 Se 511823 ae 8 3 ——̃ — n. N 1 8 — ſ„ Hanadte, ſöu M 88 A e D'e Gimprunetie do Housgol R Herpabatthe ſtleue. . 3 3. 1— 1 3————— — ———— 4 8 2. 2— 4*. 5 4 X K.. — 1 XD 3 1 1 b. .+ 28. X 8 17 J 8 1 — 8 4 8 4 . S — X—. N8NA 41 «*— S 4 R 5* — T N ℳæ 1 1 — 8 8 . 8 D 5 5 8 8. W —₰½ DES GFAIS. 12 ₰ ——OAqANõ₰nsnͤnAnͤꝛꝛͤͤ-ͤnAAnͤ ¶˙+hnnünͤA—Aͤ ꝗAeenngüͤꝛꝰ—õnn neneüͤnnßͤͤͤꝛ»n ℳ-ͤn— LF GEAIAJOUFES BLANGIIES. (N 45.) Nous croyons devoir changer la dénomination de petit geai de la Chine, que Sonnerat, le premier qui P'ait décrit, avoit donnée à cet oiseau: nos raisons pour cela sont que, sil se trouvoit en Chine quelque geai plus petit encore que celui dont il est ici question, l'épithete de petit ne lui seroit plus applicable; et en second lieu que ce méème oiseau se trouvant dans plusieurs parties de IInde autres que la Chine, il pourroit y avoir confusion dans les especes, ce qui n'est pas un petit inconvénient. Lorsqu'on dénomme les objets d'histoire naturelle, il ne suffit pas de donner aux especes des noms qui les caractérisent vaguement ou à-peu- près, il faut en trouver qui les caractérisent exclusivement, toujours, et dans tous les cas. Or le petit geai de la Chine de Sonnerat aura dans tous les temps les joues blanches, quel que soit le pays qu'il habite. Le nom de geai à ſoues blanches que nous lui donnons lui convient donc mieux que tout autre. Cet oiseau est remarquable par la longueur de son bec proportion- nellement à sa taille, et relativement à celui des autres membres de sa tribu; ses tarses sont aussi plus robustes et ses ongles plus grands que ne le sont ces mêmes parties chez les autres geais de l'ancien continent: il se rapprocheroit donc par là des geais dAmérique plus qu'aucun de ceux de ses congéneres que nous connoissions encore; il rempliroit ainsi l'intervalle ou la petite distance que la nature semble avoir voulu mettre entre les geais du nouveau et ceux de Tancien continent. Les autres mar- ques distinctives du geai de cet article sont que les ailes ployées se portent un peu au-delà de la naissance de la queue: celle-ci est à-peu-près de la longueur du corps de l'oiseau, ets'arrondit à son extrémité, parceque ses pennes latérales sont un peu plus courtes que ses intermédiaires. Les plumes du front qui avancent sur les narines, celles qui se trouvent entre les yeux et le bec jusqu'à la gorge, sont noires ainsi que celles du haut du cou par-devant. Le toupet, qui forme une sorte de huppe quand l'oiseau releve les plumes dont il est composé, est aussi noir, mais chacune de ces plumes est terminée par une tache alongée d'un bleu päle. Le reste du dessus de la téête, les côtés, le bas du cou, et la poitrine, sur laquelle le noir de la gorge se termine en pointe, sont gris perlé. La jolie tache n 3 4 Oao,a(———— — ————=x—— ꝗͦ—..———— 1 4— —*————— 4—————————.————— 2 8— 3————————— 3 ——*— Reee———. .— 4— E— K 2 3 2. 1— 6—— 4—.——*— 1 — 3„— q.ͤ.éöéG—·⅛¼¾ 4 1— 3——— 2— 4 — 2— Ae, — 4— 4 4——————— ————————“ 3—. .— 8* 5 4 4*———————. 1ees—““ 88 Er Seren— 1 5 2 8 ——.—*— 4——— ———————.—————————————————————— 8 3 —————————— 4—————————— ——.—.————————— 8— 5—— ————————— 4 4 4—— 1——— 8—————— Be een— 2— 2 2——————————— ae————————————.——— —————— ſſſſ———— — —— —— 8 —yͤhͤ“— ————y—— 126 HISTOIRE NATURELLE blanche des joues, qui releve singulièrement la physionomie de ce geai par son opposition avec le noir de la gorge, prend naissance au-dessous des yeux, ets'étend en cercle jusqu'aux oreilles, qu'elle couvre entièrement. Le derriere de la téte est d'un brun nuancé d'olive, couleur qui est aussi celle, si ce n'est cependant qu'elle y est un peu plus olivacée et comme glacée de gris, de toute la partie supérieure du corps, des scapulaires, des couvertures des ailes, du dos, du croupion, et des couvertures du dessus de la queue. Cette derniere est T'un brun olivatre sur les bords de ses pennes; tels sont aussi ceux des pennes alaires, dont le fond est d'un brun très noir. Toutes les plumes du dessous du corps, depuis le gris de la poitrine jusqu'au bas-ventre, sont d'un brun olivacé un peu plus clair que celui du dessus du corps. Les couvertures du dessous de la queue sont rousses. Le bec est noir vers la pointe, et d'un brun clair à sa base. Les pieds sont bruns, et les ongles couleur du bec: la couleur des yeux ne nous est pas connue; Sonnerat les dit d'un jaune roussaâtre. Jai vu Tespece du geai à joues blanches dans plusieurs cabinets; à Amsterdam, chez MM. Raye de Breuckelerwaert, Temminck, et Hol- thuysen; et à Paris, chez feu Mauduit, labbé Aubry, et M. Gigot d'Orcy. Si l'on compare ce que nous venons de dire de cet oiseau avec ce que les naturalistes en ont dit avant nous, on trouvera bien quelques diffé- rences entre leurs descriptions et la mienne; mais cela ne doit surprendre personne, car il n'y a que des descriptions également exactes qui puissent coincider ensemble: or jusqu'à ce moment les naturalistes ont attaché si peu d'importance à cette exactitude! et comment l'auroient-ils pu, les uns n'ayant la plupart du temps décrit que des objets qu'ils n'avoient jamais eus sous les yeux, et les autres n'ayant fait que copier des descrip- tions ainsi hasardées? un peu plus qai §Sous de Ja queue un clair à 3a baxe ouleur des Feuxne atre. sieurs cabinets: emminck, et R- et M. Gigot dOr- diseau avec ce Ju en quelques dift- ne doit surprendn kactes qui puissemt alistes ont attache nuroient-ib pu, d els quib mavoient copier des deseri e ““ dcucht. nol 4 2 Sdlch. 6 — A 4 N . S 2 X 1 N 3 8 . X 6 8— D— NX 4. X X — 5 „S ¹ S T 4; 8 N S 8 S 8 1 3 N N.N 7 X 1 X 8 I 8 3 8 S S 3 . ⁸ 8 2 4 N 1 7. 1 , ⸗ 4 12 5 4 1 2 ee * 1 4 f 1 4 5 2— 4 1 — 1 U 43 1 — X. D S N⁸ * X S X 4 8 S 4 S 8 — X .³— 5 3 “ — „ DES GEAIS. 127 ABAUANA LE GEAI BLEU VERDIN. (Né 44.) ConmE ce geai paroit au premier abord avoir de grands rapports avec le geai bleu de la Caroline, je ne serois pas surpris qu'on le considéràt comme n'en étant qu'une variété: mais pour cela il faudroit supposer que les geais bleus d'Amérique eussent pu passer de la dans les isles de la mer du Sud, d'ou l'espece de cet article a été apportée, à ce que m'a assuré M. Gevers-Arnts, de Rotterdam, qui la conserve dans son beau cabinet; il faudroit supposer de plus que la différence du climat eùt pu- changer leurs caracteres au point ou ils le seroient. Cependant j'ai com- paré avec soin l'oiseau dont il est ici question avec le geai bleu de la Caroline, et je ne doute pas, d'après les différences qui existent entre lun et autre, et que j'établis plus bas, que ces deux oiseaux ne forment deux especes distinctes. Dans le geai bleu les plus longues plumes de la huppe sont sur le der-— riere de la téte; ici, au contraire, elles sont sur le devant et s'étendent jusqu'à l'occiput; ce qui forme deux caracteres de huppe fort différents: toutes les pennes de la queue sont aussi beaucoup plus étagées chez ce dernier que chez f'autre, Le geai bleu se distingue encore du geai bleu verdin par les grandes taches blanches qu'il porte sur la queue et sur les ailes. Les descriptions au reste, et sur-tout les figures exactes et de grandeur naturelle que nous publions de l'un et de J'autre, les feront dis- tinguer au mieux par tous ceux qui prendront la peine de les comparer ensemble. La couleur générale de la téte, du cou, et de la poitrine du geai bleu verdin est une sorte de mélange ou le bleu et le verd, fondus dans un brun clair-terne, produisent un ton particulier qui joue tour-a-tour entre ces trois teintes suivant les incidences de la lumiere: seulement sur le croupion et sur le ventre le verd domine, et sur les ailes et la queue le bleu se prononce davantage; ces dernieres parties sont rayées transver- salement par des bandes noires, moins nettes et plus espacées cependant que chez le geai bleu; car ces rayures se trouvent dans les deux oiseaux: c'est aussi par là qu'ils ont le plus de rapport entre eux; et ce qu'il y a de particulier encore à l'égard de ces rayures c'est que les plumes bleues de notre geai d' Europe portent aussi les mèmes rayures noires transversales. 33 —— — 4 —————— e —. 4 1 4 1 * 1 — 3 * 3 1 1 3 41 4 18 1 4 — —-—— .GGGG—..— 2 ————————— — Lee 4 ——— —— — 128 HIISTOIRE NATURELLE Ce rapprochement dans des especes d'un méême genre et qui ont du bleu dans leur plumage est des plus intéressants eu égard à l'espace im- mense qui sépare les climats qu'elles habitent. Pai vu un second individu de lespece du geai bleu verdin chez M. Gigot d'Orcy, à qui M. Wodfort, de Londres, l'avoit envoyé avec plusieurs autres oiseaux de la mer du Sud, pour qu'ils fussent dessinés par le même peintre qui avoit déja peint tous mes oiseaux d'Afrique. 1 Les naturalistes parlent d'un geai qui se trouve à la baie de Nootka, et sur les céôtes du canal du Roi-Georges: la description qu'ils font de cet oiseau convient assez à notre geai bleu verdin; cependant la dimension de quatorze pouces qu'ils lui donnent, ce qui en fait un gros oiseau, ne s'accorde plus avec celle de ce dernier, plus petit encore que le geai bleu: on nepeut donc pas les confondre ensemble. On ne peut non plus rien statuer à l'égard de ces variétés ou races du geai bleu dont parle Bartram, et qu'il a vues dans les parties sud de lAmérique septentrionale, ni de celles que La Perouse avoit trouvées à la baie Monteray; car il ne faut prononcer que sur ce qu'on connoit bien. ————„ Pientrionale, ui qe eray; car il ne faud — 3 — 4 — 8 8 * 4 1 4 4 * 68 4 * do Horcset 2 „ 2 72 2,4,14( De Enprame —— — — — 2 — —— mn= — DES GEAIS. 129 ò́— 3 R LE GFRAI BLE U. (N'45.) L'rsrEoE du geai bleu appartient à la partie septentrionale du nouveau monde; il est même à croire qu'elle y est fort commune, sur-tout à la Ca- roline et au Canada, d'où on l'expédie en grand nombre pour'Europe. Ce geai est un des plus beaux oiseaux de son genre: sa taille dégagée et les belles couleurs de son plumage le rendent très remarquable au milieu d'une collection; aussi est-il peu de cabinets où l'on ne trouve plusieurs individus de son espece. Jen ai vu un vivant dans la voliere de M. Boers, bailli à Hasserswonde, près de Leyde: cet oiseau avoit la viva- cité, la pétulance, et mèême les gestes de notre geai d'Europe; il en avoit aussi absolument le cri geaigeai, qu'il prononcçoit cependant d'un ton plus foible que ne le fait ce dernier. Je n'ai pas remarqué qu'il eùt la voix agréable, comme T'a dit Pennant en parlant de lespece dans son Arctic- Zoologie, mais il se pourroit que le changement de climat et même de nourriture eùt apporté quelques modifications dans son chant, que, comme tous les oiseaux chanteurs, il ne fait peut-éêtre entendre dans son pays natal que dans certaine saison de l'année, qui est ordinairement celle des amours: il étoit aussi seul de son espece, et je TPai vu pen- dant Fhiver; raisons sans doute pour lesquelles je ne l'aurois pas entendu chanter aussi agréablement que l'auteur que je viens de citer, et dont la véracité m'est bien connue. Je suis cependant loin de penser, comme Sonnini, qu'il faille, à cause de son chant, rayer l'espece dont il est ici question de la liste des geais, oiseaux criards et à voix rauque et grossiere. Nous avons déja fait connoitre parmi les oiseaux d'Afrique un aigle(le vocifer), un faucon(le faucon chanteur), et un engoulevent à collier, qui different totalement par leur chant des autres especes de leurs genres: or pourquoi la nature n'auroit-elle pas donné à quelques especes de tel autre genre d'oiseaux un organe différemment ou plutôt mieux con- formé que chez les autres especes de ce genre? Pespere que malgré leur chant le vocifer sera toujours un aigle, le faucon chanteur un faucon, et l'engoulevent à collier un engoulevent. Qui nous a dit qu'il n'y avoit pas beaucoup de ces sortes d'exceptions? Connoissons-nous Phistoire des oi- seaux? Et qui sont ceux qui jusqu'ici s'en sont occupés? beaucoup de voya- geurs ont apporté des dépouilles d'animaux; mais combien en est-il qui 130 HISTOIRE NATURELLFE aient fait des observations sur les animaux vivants? Je le dis encore, gardons-nous de prononcer avant de bien connoitre, et n'oublions pas que pour connoitre les choses il faut avant tout les étudier. Le bleu qui domine sur le plumage supérieur du geai de cet article lui a valu le nom de geai bleu que nous lui conservons: ce bleu est rehaussé chez lui par une légere teinte purpurine qui lui donne un grand éclat, et qui se trouve en opposition avec les belles taches blanches du bout des pennes de la queue et celles dispersées sur les ailes, rayées transversale- ment ainsi que la queue par des bandes noires plus prononcées sur les pennes intermédiaires de la queue et sur les dernieres plumes des ailes. Un collier noir en forme de plastron traverse le bas du cou et tient à deux branches aussi noires, et qui remontant sur les côtés du cou' se re— joignent sur le chignon et couvrent tout le derriere de la têéte, d'où se détache, en se prolongeant, une huppe que l'oiseau redresse ou couche à volonté. Le front est aussi ceint d'un bandeau noir étroit; mais le tour des yeux est blanc ainsi que tout l'espace compris entre le plastron et ses branches. La poitrine est d'un gris vineux qui se dégrade sur les flancs et qui blanchit à mesure qu'il descend sur les parties postérieures; de sorte que le milieu du sternum, le ventre, les cuisses, et les couvertures du dessous de la queue sont d'un blanc pur. Le bec et les pieds sont d'un noir plombé, et les yeux gris-bleuâtres. Suivant Pennant cette espece vole en troupe et se rabat dans les champs de mais, ou elle cause de grands dégàts; elle se nourrit de chataignes et de glands; elle mange des vers, des serpents aussi, mais très petits sans doute: ces oiseaux enfin placent leur nid dans les lieux couverts et humides; la femelle y pond au mois de mai des œufs couleur d'olive, tachetés de gris noirâtre. Tels sont tous les renseignements que nous pouvons donner, et qu'il a été possible d'extraire de tout ce qui a été rapporté sur cette belle espece de geai. Si nous n'avons rien à y ajouter, on nous saura peut- être quelque gré de la figure vraie ue nous donnons de l'oiseau. Nõus observerons que dans le plus grand nombre d'individus adultes que nous avons vus de Tespece, nous avons remarqué pour toutes différences qu'il y en avoit qui étoient plus petits, et qui avoient des couleurs moins vives, la huppe plus courte, et le ban- deau noir du front sur-tout bien moins prononcé que d'autres. Nous pré- sumons avec quelque fondement que ces individus plus petits n'étoient que des femelles. D'autres individus qui portoient tous les caracteres de jeunes oiseaux, étoient semblables à ces derniers, mais ils étoient encore moins colorés qu'eux, et leur huppe étoit à peine visible. — 4 1 3 4 5 1 3 1 1 1 4 8 — 4 1 3 * 6 8 b 1 1 4 4 3 2* 4 3 * 4 ¹ 4— 1 4 4 1 3 4 1 4 8 3 4 5 8 1 3 1 8 5 1 4 3 . 4 8 1 1 3 4 3 4 4 1 * 4 8 1 8— 3 8 4 4 4 4 54 1 4 a 3 3 4 “ 8 4 1 4 ³½ 4 4 1 4 1 8 4 8 1 4 4 ö 4 A 4 4 4 3 2 4 1. 4 4 1 4 8 5 4 5 “ 4 4 3 3 3 3 8 8 4 1 4 2 1 1 —— 8 4 8 —— n— du cou et lient; cotés du cou se fe. de la täte, Tou 3 dresse ou couchea ktroit; mais le tour re le plastron etées ade sur les ſaneset blérieures; de solt les couvertures u les pieds sont dun nnant cette epece èlle cause de gand lle mange des ſeb, seaux enfin placent ey pond au mosdd 2. Tels sont tous l é possible dextraire geai. Si nous NaroObs e de la figure rraie dans le plus grand espece, n0us anohö Gloient plus petib- as courte, et le ban⸗ Tautres. Nous hie plus petits ränin us les caractefes de iis ils étoienl encofe ble. So, enhe ch, 0 G Voe Imprwmei k wanet h DES GEAIS. 131 —,——-—— ℳêâℳ:.⸗-——õℳͤ⸗n-i—G—NnNꝛð—»M———eͤRnAᷓêᷓếqͤ—-ͤͤAMʒꝛMͤMUAAAARAARAAAAAN LE GEAI PERUVIEN. (N' 46.) Volc1 sans contredit le plus élégant et le plus beau de tous les geais que nous connoissions encore. Son plumage est bien de cinq couleurs toutes différentes, et tranchantes les unes sur les autres; mais la nature a mis tant d'art dans leur opposition, qu'elles n'offrent rien de dur, rien de choquant à T'oœil; ici sur tout le manteau, sur les ailes, et les pennes intermé- diaires de la queue, un beau verdsemble empruntertoutson lustre dela cou- leur d'or des pennes latérales de la queue et de tout le dessous du corps, sur laquelle couleur il repose et ressort avec éclat; là, sur la gorge et le devant du cou, le noir mat et velouté contraste avec le blanc pur qui Tenvironne, et qui, se chargeant par degrés d'une légere teinte céleste, va se marier d'un côté au bleu plus prononcé de la face, et de l'autre à celui du derriere du cou, qui lui-même va se fondre dans le verd du dos; de sorte que toute la rudesse qui sembleroit devoir résulter du mélange du jaune et du verd opposés au noir se trouve adoucie par les oppositions ménagées des demi-teintes bleues fondues dans le blanc avec cette intel- ligence qui n'appartient qu'à la nature, et qui fait que les yeux se repo- sent agréablement sur l'ensemble de cet oiseau, distingué dailleurs de ses congénaires par des formes plus sveltes, plus dégagées. La queue du geai péruvien est longue et étagée, et les plumes du dessus de sa téte se boursouflent en forme de huppe; le bec est noir, et les pieds sont noir- brun. Cette belle espece se trouve au Pérou; mais elle est encore de la plus grande rareté dans nos collections dEurope, car on ne la voit qu'à Madrid, dans celle du roi dEspagne, seul cabinet ou je lai vue, et ou M. Davila, qui en étoit le directeur, me permit de la décrire. Javois ce- pendant déja vu le même individu à Paris, entre les mains de M. Leraut, à qui Mauduit l'avoit donné à préparer ainsi que plusieurs autres oiseaux du Pérou qui avoient été adressés d'Espagne à ce dernier, et à cet effet, par le même M. Davila: c'est aussi ce méme individu que Daubenton a fait servir à la mauvaise figure coloriée qu'il a donnée de l'espece dans les planches enluminées du Buffon, n' 625. 131 HISTOIRE NATURELLEF . LE GEAI ORANGE. (N 47.) Cnæ oiseau a, par tout son ensemble et tous ses traits caractéristiques, trop de rapports avec les geais à longues tarses et à queue fortement éta- gée du nouveau monde pour que nous ne le rangions pas dans la mème catégorie que ces derniers. Nous le nommons geai orangé, et non, comme Buffon, geai de Sibérie, car Pespece n'habite pas exclusivement la Sibérie: nous savons qu'on la trouve aussi en Pologne et dans quelques provinces de la Suede; il est méème probable qu'elle habite une grande partie du nord de lEurope. La figure que Buffon a publiée de cet oiseau, quoique défectueuse, est cependant préférable à celle tout-à-fait mau- vaise qu'on voit parmi les figures coloriées de la nouvelle édition du Buf- fon par Sonini, tome 44, planche 79. Cest sans doute par erreur que l'oiseau est encore nommé là geai de Sibérie, et surnommé blanche coο⁸e, surnom qui appartient à un autre oiseau dont on trouve la figure au bas de la mèême planche du méèême ouvrage: cependant Sonini a rapporté la description assez exacte de l'espece du geai de Sibérie, que Mauduit, qui possédoit un bel individu de cette espece, avoit publiée dans IEncyclo- pédie mêéthodique. Cette description Buffon n'avoit sans doute pas jugé nécessaire de la donner; car il s'étoit contenté de renvoyer à la figure enluminée de son ouvrage qui étoit censée représenter Toiseau. II me paroitroit raisonnable que dans des cas semblables un auteur s'assurât du moins de l'exactitude des figures qu'il publie. Nous avons figuré de grandeur naturelle Toiseau dont il est ici question, et que nous nommons geai orange: on verra par cette figure que je n'ai pas trouvé à l'oiseau les dix pouces de longueur que lui avoit donnés Mau- duit d'après l'individu qui faisoit partie de ses collections. II n'y a pas beaucoup à se fier en général aux mesures prises sur des oiseaux empail- lés: nous en avons déja dit la raison, c'est qu'l est très facile en les em- paillant de raccourcir ou d'alonger les oiseaux, cela dépend entièrement de la maniere d'opérer dans cet art; si Ton ne bourre pas assez, T'oiseau s'alonge nécessairement; si Ton bourre trop, il se raccourcit. La téète du geai orangé est largement emplumée, ce qui forme à T'oiseau une sorte de huppe dont la couleur est d'un brun gris roussàtre; le front, les joues, la face et la gorge sont d'un blanc sale; le derriere du cou, les scapulaires, — 9 Baenraland ſana 66 De ltoprwneride de langllr. 1 / ID oclgfttel cuch — ————— —— ———————————Zöſ — —y ₰ 1 — ————— — — DES GEAIS. 133 le dos, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, les deux pennes intermédiaires de celle-ci, toutes les couvertures alaires, tout le dessus du corps enfin est d'un brun roussâtre glacé de gris: ces différentes teintes jouent tour-à-tour et plus ou moins suivant les incidences de la lumiere. Le blanc de la gorge se charge insensiblement de roux orangé à mesure qu'il descend vers la poitrine, au bas de laquelle et sur tout le dessous du corps il prend un beau ton de roux orangè vif, qui regne aussi sur les couvertures du dessous de la queue, ainsi que sur toutes les pennes latérales de cette derniere; on voit encore cette couleur se dessi- ner en bordures sur le haut des ailes⸗ les pennes alaires sont d'un noir glacé de gris; le bec et les pieds sont noiràtres. Nous ne dirons rien des mœurs de cette espece, parceque nous m'en connoissons que les dépouil- les que nous avons vues à Paris chez Mauduit, labbé Aubry, et M. Ri- chebourg; et en Hollande che⸗ M. Carbentus. — 134 HISTOIRE NATURELLE BWnAnmᷓmnmnnmnmamenmhennnAABV+——ℳꝰ—õN— ℳ—:nn————¶——————õö—————————————— LE GEAI BRUN-ROCX. (X 48.) BurFox dit que sil étoit possible de supposer que notre geai dEurope eùt pu traverser les mers pour passer en Amérique, il seroit tenté de re- garder l'espece du geai brun du Canada, dont nous faisons sous le nom de geai brun-roux le sujet de cet article, comme n'étant qu'une simple variété du geai d'Europe; car ce naturaliste admet bien que ce geai brun, qui ne se trouve que dans lAmérique septentrionale, differe du geai d'Europe par sa taille et sa couleur ainsi que par la longueur et la forme de sa queue, mais il pense aussi que ces différences pourroient à la ri- gueur ne s'attribuer qu'à Tinfluence du climat: quant à moi, qui n'ai pas à beaucoup près la même opinion sur les prétendues influences des cli- mats, contre lesquelles même j'ai des exemples sans nombre, je pense qu'il seroit moins absurde de supposer que notre geai d'Europe eut pu traverser les mers qui séparent notre continent de celui dAmérique, que de supposer que l'ayant fait, il se fút dénaturé au point ou il le seroit, puisque tant d'autres especes que nous connoissons et qui habitent des climats encore plus différents entre eux que ne le seroient les continents d'Europe et du nord de lAmérique, n'ont subi aucune altération sensi- ble non seulement dans leurs formes, mais pas méême dans leurs cou- leurs. Au surplus le lecteur jugera par lui-méèême, en comparant les figu- res exactes et de grandeur naturelle que nous donnons de l'un et de l'autre, de cette grande ressemblance que trouve Buffon entre le geai brun dAmérique et le geai dEurope; ressemblance qu'on est mèême plus quétonné que cet auteur ait pu établir, lorsqu'en jetant les yeux sur la planche coloriée, n' 530 de son ouvrage, laquelle est censée représenter le geai brun dAmérique, on voit que cette mauvaise enluminure n'a aucun des traits qu'il indique dans sa description, et qu'elle ressemble si peu à T'espece dont il est question, qu'on croiroit que c'est par erreur que cette figure porte le nom de geai brun du Canada, et que Buffon n'a pas connu ce geai; il sembleroit enfin que son geai brun du Canada n'est ab- solument pas de Tespece de notre geai brun-roux: mais nous avons tant eu d'occasions de citer d'autres exemples du peu d'exactitude des planches coloriées de Buffon, et mêème de ses descriptions, que celui-ci doit en paroitre moins surprenant. Quoi qu'il en soit, voici exactement le geai HDe l Tmpronerle do Ian glole. ( 85 . l. 70 Saeln, I. hil — — . 8 4 8 3 8 2 ³ * — 3 „ 1 1 — 4 7 . 1⁴ 8 3 d — 1 . 1 6 . 1 8 . 1 2 4 4 — — — 4 9 n Jeudhe: 7 6 2, 4 Vo lI. Supruneie NVo ZLanglour. 6 Smeakml ſiluer 6 — — — DES GEAIS. 135 brun de lAmérique méridionale, tel que nous le connoissons, tel que nous l'avons vu et examiné à loisir dans plusieurs cabinets. Nous ne par- lerons pas de ses dimensions, la figure que nous en donnons le représen- tant de grandeur naturelle; sa téte, forte et abondamment fournie de longues plumes soyeuses qui lui forment une espece de huppe hérissée, assez semblable à celle de notre geai d Europe, est d'un brun terreux clair qui se répand sur le derriere du cou, le manteau, le dos, et les pennes intermédiaires de la queue; la gorge est blanchàâtre, mais ce blanc se charge d'un gris roussaàtre sur les joues, et à mesure qu'il descend sur la poitrine il finit par être tout-à-fait roux sur les flancs et sur les couver- tures du dessous de la queue; le croupion et les pennes latérales de la queue sont aussi roux; les petites couvertures du poignet des ailes sont gris-brun, les moyennes et les grandes rousses; les pennes alaires sont en général d'un brun-noir et portent une bordure rousse qui file sur les bords extérieurs de leurs barbes vers leur naissance; le bec, les pieds et les ongles sont bruns. Jai vu cinq individus de lespece du geai brun-roux, dont un chez M. Holthuysem; à Amsterdam, le mieux conservé de tous, celui aussi que j'ai fait servir à la figure que j'en donne; le second fait partie du cabinet de M. Raye de Breuckelerwaert, même ville; M. Boers, bailli d'Hasserswoude, près Leyde, en possede un autre; l'abé Aubry enfin et Mauduit en avoient chacun un dans leurs beaux cabinets à Paris. Nous ne connoissons pas par nous-méèmes les mœœurs de cet oiseau; mais Pen- nant, qui paroit l'avoir observé dans son pays natal, rapporte qu'il n'ha- bite pas seulement le Canada, mais qu'il a trouvé encore à la baie d Hud- son, à Terre-Neuve, et même sur d'autres parties de la côte occidentale du nord de lAmérique; cet auteur ajoute que l'espece habite les forêts, et que pendant l'hiver elle approche des habitations, ouù elle se fait détes- ter par ses voleries et les dégaàts qu'elle y fait; car, comme notre geai d Eu- rope, celui-ci fait des provisions d'hiver; à défaut de grains il se nourrit d'algues, de vermisseaux et de chair: il fait son nid sur les pins, et ses cœufs sont de couleur bleue. Si nous terminons ici Phistoire des geais sans parler des especes que les naturalistes ont rapportées à ce genre, c'est que nous ne les avons jamais vues en nature, et qu'il sera facile au lecteur de suppléer à notre réserve en consultant la nouvelle édition de Buffon par Sonnini, ouù il trouvera rassemblées, d'après les différents auteurs qui en ont parlé les premiers, toutes ces especes, sur lesquelles nous ne pouvons établir notre opinion: nous ferons seulement observer que lespece donnée par Sonnini sous le nom de rollier geai est un double emploi du cuit ou rollier de Minda— nao de Buffon, qui est notre cuit ou rollier varié: il suffira pour s'en con- vaincre de voir qu'à Tarticle du cuit ou rollier de Maindanao de Buffon, méme dans la nouvelle édition par Sonnini, on renvoie à la planche 326 dEdwards, ouù ce dernier donne le cuit en effet sous le nom de geai bleu 35 136 HISTOIRE NATURELLE des Indes orientales, tandis que cette même planche 526 se trouveroit, aussi d'après Sonnini, représenter encore son rollier geai: or ce cuit étant le mêème oiseau que le geai bleu des Indes dEdwards, comment le donner pour une seconde espece sous le nom de rollier geai? il est surprenant que cette méprise ait échappé au judicieux continuateur de Buffon. Nous allons donner à la suite des geais plusieurs especes qui, se trou- vant avoir quelque analogie avec eux, semblent avoir été destinées à rem- plir les intervalles qui les séparent d'autres genres voisins du leur; telle est celle des jaseurs, qui lient les geais aux cotingas; tel est le coq de roche, quiil est impossible de se refuser à rapprocher des geais et des rolliers; tel est enfin le casse-noix, qui, participant autant des pies que des geais, lie pordre des corinacés à celui de ces derniers. Cette maniere de procéder ne pouvant qu'apporter les plus grandes lumieres sur les genres à réunir dans un seul et mème ordre, comme on réunit des ordres pour former des classes, servira peut-ètre un jour à jeter les fondements d'une méthode de classification moins arbitraire que ne le sont celles de la plupart de nos savans. Nous allons commencer cette série d'oiseaux qui se lient aux geais par Tespece du jaseur d'Europe, et nous la terminerons par celle du casse-noix. es pour former de 1s dune méthode de le la plupart de w lient aux geai 1 rcelle du casse-nch DES GEAIS. 137 —ℳM—ℳʃM3?————————— V3 qpN ũV úp—ꝑ:—ê— ℳ⸗ℳ⸗——ℳ——zq—b—N—ð—övꝛ—ã—ꝰ———ℳ—-ͤõI-—-O-———— q8eꝛn⸗n⸗——ℳ—b——ℳ:Mõõ—õ—ℳAzꝛõꝛnͤnen₰nnnnͤnnnnnnͤA——ö— NmB—õ LE GRANbD ASEUh. (XN' 49.) Ex jetant un coup-d'œil de comparaison entre notre geai d'Europe et T'es- pece du grand jaseur dont nous faisons le sujet de cet article, et qui habite aussi l'Europe, on ne peut qu'ètre surpris qu'aucun des naturalistes qui ont parlé de ce dernier ne P'ait réuni au genre du geai, plutòt que d'en avoir, comme Brisson, fait une grive, ou comme Linnée, une pie-grieche, etc. Les Anglois seuls paroissent avoir saisi les rapports frap- pants qu'a cet oiseau avec notre geai, puisqu'entre beaucoup d'autres aoms ils lui ont donné celui de geai de Bohème, Bohemian gay: en effet ces deux oiseaux se ressemblent parfaitement par tous les caracteres ex- térieurs, ou ce que nous nommons physionomie; seulement chez celui-ci les traits de cette physionomie sont dans un plus petit module; le grand jaseur enfin est suivant nous; et dapréès tous ses attributs, un très petit geai, un geai en miniature: on ne sauroit donc sans se refuser à P'évi- dence s'empécher de le placer au moins immédiatement à la suite des geais, si Pon ne veut absolument pas le comprendre dans leur genre; ce que nous n'hésitons pas à faire, nous: il est mème à observer que le grand jaseur s'éloigne moins des geais proprement dits et des rolliers que les especes de geais d'Amérique; car celles-ci ont le bec plus plat, les tarses plus hauts, la queue plus longue et plus étagée que les geais et les rol- liers, tandis que le jaseur et notre geai d'Europe ont ces parties absolu- ment semblables, ainsi qu'il sera facile au lecteur de s'een convaincre par la simple comparaison des figures fort exactes et de grandeur naturelle que nous donnons de ces oiseaux: mais si après les formes matérielles nous considérons le port, Tattitude, les divers mouvements du grand ja- seur, c'est alors sur-tout qu'on est frappé de l'analogie qu'il y a entre lui et notre geai jusque dans T'espece de cri de surprise qu'il exprime de la gorge, et en ouvrant beaucoup le bec en mème temps quil releve sa belle huppe, plus grande encore que celle que forme ce dernier en redressant les plumes de sa téte. Ainsi Pespece du grand jaseur est très bien caractérisée, d'abord par une grande huppe, et ensuite par les appendices rouges qui terminent plusieurs des pennes moyennes de ses ailes, et qui sont formées par le prolongement de la côte de chacune d'elles au-delaà des barbes, laquelle “ 138 HISTOIRE NATURELLE partie de la côte s'applatit en forme de palette ou d'une larme alongée; ces palettes, d'un rouge vif de vermillon, sont ordinairement au nombre de cinq sur chaque aile, quelquefois de moins, fort rarement de six dans les plus vieux individus; quelques naturalistes y en ont vu, disent-ils, jusqu'à sept: quant à moi, sur quarante individus sur lesquels j'ai comp- té ces palettes, je n'en ai trouvé que cinq qui en eussent six, et aucun qui en euùt sept; tous ceux sur lesquels je n'en ai compté que trois ou quatre portoient tous les caracteres doiseaux encore jeunes. Je remar- querai à T'égard de ces palettes attachées au bout des moyennes pennes alaires, que la premiere, à partir du côté des grandes pennes, est la plus petite, et que les autres sont successivement un peu plus grandes; de sorte que, lorsque l'oiseau les étale, elles forment autant de rayons di- vergents d'une portion de cercle; ce qui produit un effet des plus agréables, car d'un côté elles ressortent toutes sur le fond noir mat des ailes, et de Tautre elles aboutissent au blanc pur du bout des pennes dont elles font partie.(Voyez l'une de ces moyennes pennes garnie de sa palette, et que nous avons fait dessiner séparément au bas de la planche qui représente f'oiseau.) La queue du grand jaseur est composée de douze plumes d'égale longueur, et se trouve ainsi coupée carrément; les ailes ployées vont jus- qu'aux deux tiers de la longueur de la queue; les tarses sont courts, et les pieds conformés comme ceux des geais et des rolliers: Ies plumes douces, fines et soyeuses de cet oiseau ont encore le moélleux de celles de notre geai dEurope; son front est ceint d'un bandeau noir très étroit, qui d'un côté se porte sur les narines qu'il couvre entièrement, et de l'autre jus- qu'au chignon, en s'élargissant vers les yeux; la gorge est aussi couverte d'une plaque noire qui descend jusqu'au milieu du cou où elle se dessine circulairement; un trait blanc sépare le noir des yeux de celui de la gorge, et se prolonge ensuite en une bande rousse, qui longeant le noir de cette derniere partie qu'elle acheve d'encadrer sur les côtés, correspond à une tache rousse aussi qu'on voit au-dessous du noir du chignon, et à un large bandeau marron qui occupe le bas de la huppe; tout cela donne à ce bel oiseau une physionomie vraiment distinguée: la huppe, le derriere et les côtés du cou, le manteau, les couvertures des ailes, le bas du cou, et la poitrine sont d'un joli brun clair roussàtre glacé de gris, ou couleur noi- sette, qui sur le croupion, les couvertures du dessus de la queue, le haut de celle-ci, ainsi que sur le ventre, les flancs, et les plumes des jambes, sechangent en un joli gris cendré; les grandes pennes alaires surun fond noir, portent chacune, excepté la premiere qui est la plus grande, une tache oblongue à leurs pointes; ces taches sont blanches sur les premieres de ces pennes, et jaunes relevées par du blanc sur les dernieres, ouù elles se trouvent coupées par le blanc du bout de celles à appendices dont nous avons parlé. Les grandes couvertures des pennes alaires, ou ce que les naturalistes nomment l'aile batarde, sont toutes noires, à Texception de — 4 ſeuls pol heau rol dues; la ſespacè- mand oférieum vemble de celte les Veu- es 801! bout des pennes 4 Lespe TLurope delAng ls bois zes indi mes ami moimer donné“ ſai suꝗ dant'h que arp pevis o volontie woit, ait lettes guilet operati ner tou te quil msatlo. dut qu les ind et dén: rents Les ine gation tructix barties che⸗ 6 duiser Consel des plus agreable mat des ailes, 6i0 anes dont elles font le sa palette, e gur nehe qui reprezente ouze plumes däg les ployees vont ſu es sont courts, etles les plumes douc, X de celles de wote tres étroit, qui du at, et de Tautre ur ge est aussl courerte du ou elle se desqice e celui de la gore,ä ant le noir de cett s, correspond à ue hignon, et à un kre cela donne à ce be- pe, le derriere et e le bas du cou, et n ris, ou couleur no- de la queue, le baut plumes des janbes iressurun fondnol- grande, une nache premieres b ernieres, ou elles x endices domt ml, ſaires, ou ce 4 3 à Texcepuio¹ zur les res, DES GEAIS. 139 leurs pointes, qui sont blanches; ce qui avec les taches des pennes et le beau rouge des palettes produit un effet très agréable sur les ailes éten- dues; la queue est terminée par une belle bande jaune jonquille, et tout l'espace compris entre cette bande et le gris du haut est noir glacé de gris; la mandibule supérieure, les pieds et les ongles sont noirs; la mandibule inférieure n'est noire qu'à sa pointe, elle est blanche à sa base; ce qui semble prolonger encore cette petite bande blanche formée par les plumes de cette couleur, que nous avons dit séparer le noir de la gorge de celui des yeux: ceux-ci sont d'un rouge brun; les couvertures du dessous des ailes sont blanches; celles du dessous de la queue, qui s'éétendent jusqu'au bout des pennes de cette derniere, sont d'un marron foncé; le revers des pennes alaires et celui de la queue sont d'un gris glacé de blanc. Lespece du grand jaseur se trouve dans plusieurs parties du nord de TEurope; elle passe aussi en automne dans quelques cantons de la France, de Angleterre, et mèême de I'talie; je l'ai vue, mais bien rarement, dans les bois aux environs de Lunéville, où un garde-chasse ayant tué un de ses individus, l'apporta pendant mon séjour dans cette ville à un de mes amis, M. Richard, qui le conserve encore dans son cabinet. Jai eu moi-méème pendant plus de six mois un de ces oiseaux vivant, que m'avoit donné M. Boers, bailli d'Hasserwoude en Hollande; c'est aussi de lui que j'ai su que l'espece du grand jaseur n'étoit pas très rare en Hollande pen- dant l'hiver, et qu'elle y passe ordinairement tous les ans à la mèême épo- que à-peu-près. Je nourrissois Pindividu que j'ai eu vivant avec des che- nevis concassés et de la mie de pain trempée dans de l'eau; il mangeoit volontiers aussi des noix, des noisettes et des amendes: cet individu n'a- voit, ainsi que celui que j'ai figuré ne 49 de mes planches, que cinq pa- lettes rouges à chaque aile: lorsqu'il mourut je reconnus à la dissection qu'il étoit màle; mais comme je n'ai point été dans le cas de faire la mème opération sur les femelles de l'espece, il me seroit impossible de détermi- ner toutes les différences qui peuvent se trouver entre l'un et Tautre sexe: ce qu'il y a de certain c'est qu'en considérant l'oiseau sous toute son orga- nisation extérieure, et sur plus de quarante individus, je m'ai pas remar- quêè qu'il y eùt d'autres différences entre eux que celles qu'on trouve entre les individus de toute autre espece d'oiseaux vieillis dans les collections, et dénaturés, soit par la maniere dont on les prépare, soit par les diffé- rents procédés qu'on emploie pour les préserver des insectes rongeurs. Les individus de lespece du grand jaseur préservés ainsi par des fumi- gations sulfureuses et qui avoient subi plusieurs fois cette opération des- tructive n'avoient plus qu'un jaune terne et effacé dans celles de leurs parties qui sont naturellement d'un beau jaune: le rouge des palettes étoit chez eux couleur de pelure doignon, et le noir brundâtre; effets que pro- quisent nécessairement sur tous les oiseaux les méêmes moyens prétendus conservateurs, et qui sont cause de tant d'erreurs de la part des ornitho- 36 — —y—— 140 HISTOIRE NATURELLE logistes inexpérimentés. Un naturaliste a osé avancer, d'après un individu mutilé qu'il aura vu sans doute, que la femelle du jaseur avoit douze pennes à la queue, et le maàle dix: cette assertion est trop ridicule pour que nous prenions la peine de nous y arrèter; on peut au surplus consub ter Buffon, art. du jaseur, si Ton veut avoir tout ce qui a été dit sur cet oiseau, quoiqu'on n'ait encore rien dit de satisfaisant sur ses mœurs, ses habitudes, etc., ce qu'il seroit cependant bien intéressant de connoitre pour compléter son histoire. Le jaseur voyage en troupe; mais cela arrive généralement à tous les oiseaux erratiques, et ce n'est pas une raison pour croire qu'il vive en société: nous savons que les cailles et beaucoup d'au- tres oiseaux voyageurs qui traversent par bandes d'immenses pays ne vi- vent pas pour cela en troupes, comme les étourneaux par exemple. Ainsi, quoique le jaseur, que nous surnommons grand, pour le distinguer du ja- seur de[Amérique septentrionale, beaucoup plus petit que lui, et dont nous parlerons dans P'article suivant, soit un oiseau d'Europe, nous ne connoissons pas plus son histoire que s'il habitoit les contrées les plus éloignées de notre continent: il faut donc encore le mettre au nom- bre de ces especes presque inconnues et qui s'offrent aux observations de quelque voyageur éclairé. Je ne vois mème pas pourquoi on a donné à cet oiseau le nom de jaseur; car quoiqu'on ait dit qu'il chantoit très bien, je m'ai entendu faire à l'individu de l'espece que j'ai eu vivant que les cris, geai, geai, gouéc, gouéc, enfin j'ai trouvé en tout à cet oiseau tant de rap- ports avec notre geai d'Europe, que je suis étonné qu'on ait pu le séparer de la tribu de ce dernier. Il est à croire que de tous les auteurs qui l'ont décrit il n'en est aucun qui Pait examiné avec attention. t dont dEurope„Nous he les contrées ſes ho le mettre au nonl ent aux obserzadio durquoi on a domné il chantoit très hien vivant que lé ers et oiseau tant de 7p don ait pule sépam les auteurs qui lem on. —— 38 5 4 h S Dllei an Bwvaband ſänue BVoe Gdinprimerie do houset., 2 Pman Le Qeuln 3 — 18——. 1 8 DES GEAIS. 141 —,———mAA 2 4————— ℳNG₰ nnnRnͤͤnnnnAA LE PETIT ASEUR. (N Po.) DAXS sa description du petit jaseur Buffon n'a considéré cet oiseau que comme une simple variété de celui de l'article précédent, que nous avons nommé, nous, grand jaseur, pour le distinguer de celui dont il est ici question; car ce dernier est en effet beaucoup plus petit que l'autre, quoi- que Buffon le dise seulement un peu moindre de taille. L'inspection seule des portraits fideles et de grandeur naturelle que nous donnons des deux oiseaux suffira pour mettre le lecteur à même de juger de cette différence dans la taille; c-'est-à-dire que comparés de masse à masse, l'un de ces oi- seaux doit étre à Tautre à-peu-près dans le rapport d'un à trois, ou que pesés, le grand jaseur peseroit a-peu-près autant que trois petits jaseurs. Mais ce n'est pas là la seule différence qui doive faire distinguer ces deux jaseurs, quoiqu'il y ait d'ailleurs beaucoup d'analogie entre l'un et autre; mais ces ressemblances et les autres différences, nous nous con— tenterons de les indiquer sans rien préjuger sur l'identité ou la diversité d'espece des deux oiseaux. Nous laissons aux naturalistes le soin de déci- der cette derniere question comme il leur plaira, notre objet à nous, n'étant que de multiplier les observations sans nous arréter à rien de ce qui peut avoir rapport aux idées purement systématiques: or de toutes ces idées il n'en seroit pas, je pense, de plus systématique que celle qui feroit supposer que notre jaseur d'Europe, ou le grand jaseur eùt passé en Amé- rique pour s' amoindrir et y former la variété du petit jaseur, ou bien que le petit jaseur eùt passé d'Amérique en Europe pour y engendrer la race des grands jaseurs: car pour que ces oiseaux ne fussent l'un qu'une variété de l'autre il faudroit nécessairement adopter l'une ou T'autre de ces deux opinions; et dans les deux cas il seroit également difficile d'assi- gner la cause d'un aussi grand changement, non seulement dans la taille, mais encore dans les couleurs de certaines parties, dans les formes, et méème dans les caracteres de l'oiseau: je dis mème dans les caracteres, parceque les méthodistes, et par conséquent les naturalistes à systémes, at- tachent en général aux moindres caracteres la plus grande importance pour l'ordre de leurs classifications. Le petit jaseur a les narines en par- tie découvertes; celles de l'autre au contraire sont entièrement bouchées par les plumes poileuses du front: le bec du premier est plus large et plus 1 — 4 4 4 142 HISTOIRE NATURELLE plat que celui du second; et à cet égard je suis bien persuadé que sans lanalogie des couleurs, de celle sur-tout des petites palettes rouges du bout des moyennes pennes alaires que portent les deux oiseaux, il ny a pas un méthodiste qui n'eùt fait du petit jaseur un cotinga. La huppe du petit jaseur est moins fine, c'est-à-dire moins soyeuse; moins transparente que celle du grand, et la plaque noire de sa gorge n'embrasse qu'un très petit espace, tandis que che⸗z Pautre elle descend fort bas. Le petit jaseur a les couvertures du dessous de la queue blanches, et le grand, marron foncé, ainsi que nous T'avons vu; les plumes du bas-ventre et des flancs sont jaune paàle chez le premier, et gris cendré chez l'autre; le petit jaseur enfin a les ailes d'une couleur uniforme, grisaille avec un petit liseré blanc sur les bords des grandes pennes, au lieu de ces belles taches blanches et jaunes qui font un si bel effet sur les ailes noires du grand. Cependant si toutes ces différences ne suffisoient pas pour constituer deux especes, en voici une qui paroitroit devoir lever tous les doutes à cet égard; c'est que la premiere grande penne de'aile du grand jaseur est la plus longue, et que toutes les autres sont successivement plus courtes, tandis que chez le petit cette premiere grande penne est plus courte que la seconde, et que celle-ci et la troisieme sont égales entre elles: quant aux couleurs du plu- mage, C'est-à-dire à celles de la huppe, du cou, de la poitrine, des cou- vertures des ailes, du manteau, et à celles ainsi qu'à la forme des palettes et de la bande du bout de la queue, tout cela, y compris la queue elle- méême, est semblable dans les deux oiseaux; si ce n'est cependant que le jaune du bout de la queue et le rouge des palettes sont plus vifs chez le petit jaseur que che⸗ l'autre; le bec du petit jaseur est noir, et ses pieds sont brunatres. Ces deux oiseaux enfin ont chacun un bandeau noir sur le front, lequel bandeau passe de chaque côté au-dessus de P'œil, et va se réunir par derriere sous la huppe. Buffon a trouvé plus de longueur aux ailes du petit jaseur qu'à celles du grand; suivant lui elles aboutissent plus vers Textrémité de la queue chez le premier: mais ceci est une erreur occasionnée sans doute par la mauvaise préparation des individus qu'aura vus ce naturaliste; c'est aussi, ou par erreur, ou par faute d'impression qu'on lit dans le mème auteur que la poitrine du petit jaseur est blanchaä- tre. Nous avons examiné plus de deux cents petits jaseurs faisant partie d'uun méême envoi d'oiseaux qui venoient de l'Amérique septentrionale, et il est très certain que je n'en ai pas trouvé un seul dont la poitrine fùt blanchaätre; ce que j'ai vu, c'est un grand nombre de ces méèmes oiseaux qui manquoient absolument de palettes, dont le nombre est ordinaire- ment de six sur chaque aile; il est probable que tous ces individus étoient femelles. Nous n'avons pas jugé nécessaire de donner aucune figure des femelles, parcequ'aux palettes près qu'elles n'ont jamais, et à quelques teintes qu'elles ont plus foibles, elles sont absolument semblables aux males. 4 55 “ Quanl dles sero du gran pable SUl fon, celu qut dans lien avoi geil vint jai ru ar. de Jla peli De tou lecteur de nyproche doute, a went la f ere entre dune ma bin de se meme gen daprés les de; l peiü ſaen uehe ecd ches e grand. Cependatz uer deux&éherss,a cet égard; ces jue est la plus longue, s, tandis que cheal ue la seconde, et 1 aux couleur dupyl- la poitrine, des coo la forme des paletss ompris la queue ele- est cependant quele sont plus viß chek est noir, et ses jieb un bandeau noir surk Sus de Iœil, etise plus de longueuf am lui elles aboutisent ais ceci est une errel qes individus quauta par faute dimpresim tit jaseur est bhanchi ſaseurs faisant han rique septentrion, 6 ſont Ja poilrin 1 ae didean, je ces mémes est ordinalte nombre b qividus ttoient DES GEAIS. 145 Quant aux mœurs du petit jaseur, nous n'avons aussi rien à en dire; elles seroient cependant bien intéressantes à connoitre, ainsi que celles du grand jaseur; car autrement comment se faire une opinion raison- nable sur l'identité ou la diversité d'espece de ces deux oiseaux, dont l'un, celui qui a fait le sujet de cet article, ou le petit jaseur, ne se trouve que dans l'Amérique septentrionale, et l'autre qu'en Europe? Buffon dit bien avoir vu un individu du petit jaseur qui venoit de Cayenne; je doute qu'il vint de Cayenne: car dans les nombreuses pacotilles d'oiseaux que j'ai vu arriver de la Guyane je n'ai jamais trouvé un seul jaseur. Jai aussi de la peine à croire que Fernandez ait vu cet oiseau au Mexique. De toutes ces observations sur l'un et T'autre jaseur il sera facile au lecteur de conclure que celui que nous avons nommé grand jaseur se rapproche plus des geais que le petit, qui, quoique du même genre sans doute, a cependant plus de rapports avec les cotingas, dont il a absolu- ment la forme de bec. La place de ces deux oiseaux paroit donc devoir étre entre les geais et les cotingas. Ces deux oiseaux confirment aussi d'une maniere frappante ce que j'ai dit bien des fois, que la nature étoit loin de s'ètre restreinte à donner aux différentes espéces d'oiseaux d'un méme genre des caractères aussi exactement semblables qu'il le paroitroit d'après les regles strictes de nos méthodistes à cet égard. — 144 HISTOIRE NATURELLE LE C00 DE ROCHE, LE MALE ADULTE, LAFEMEIIE, LE MOYEN ACE (N 31, 52, 33.) Cr bel oiseau de PAmérique méridionale portant une huppe de la forme de la crête de nos coqs d'Europe, et vivant au milieu des roches; les co- lons de la Guyane, et particulièrement ceux de Cayenne, ouù il paroit être très commun, lui ont donné le nom de coq de roche, comme chez nous le peuple a donné à la huppe celui très impropre de coq des bois; nom que les naturalistes n'ont point adopté; comme ils auroient duú aussi, je pense, ne pas adopter celui de coq de roche: car il est bien constant que l'oiseau ainsi nommé n'appartient pas au genre gallinacé. Cependant puisqu'elle a prévalu, et que c'est celle sous laquelle il est le plus généralement connu, nous lui conservons ici cette dénomination: mais quelle que soit'opinion des naturalistes sur le genre auquel il faudroit le rapporter, nous le placons parmi les geais et les rolliers, sinon comme vrai geai ou vrai rollier, au moins comme devant être compris dans leur ordre, et faire partie de leur tribu; car nous lui trouvons avec eux les plus grands rapports. Cette espece est trop généralement connue et a été trop bien décrite par plusieurs natu- ralistes pour qu'il soit nécessaire de donner de ses couleurs une description détaillée; et les belles figures que nous en publions suffisent pour faire connoitre parfaitement ses attributs et ses formes, si mal rendus dans tous les portraits qu'on nous a faits jusqu'ici d'un des plus beaux oiseaux que nous connoissions encore. Il s'en faut cependant de beaucoup que tous les individus de l'espece qu'on voit dans les collections soient aussi beaux, aussi purs et aussi vivement colorés que celui qu'on peut voir dans mon cabinet, et qui a servi de modele à la figure que nous donnons du màle adulte du coq de roche. La raison de cette différence, quoique très natu- relle, et qu'elle puisse s'appliquer à toutes sortes d'oiseaux, n'étant Pas assez généralement sentie des naturalistes, j'espere qu'ils ne me sauront pas mauvais gré de la dire avec quelque détail. Le coq de roche, comme en général tous les oiseaux, et notamment ceux qui sont le plus favorisés de la nature, soit par des attributs particuliers ou par des couleurs écla- tantes, ne parvient à toute sa beauté qu'au bout de quelques années; de 8 8. 3 2 4 4 4 4 3 4 ½ 1 3 “ 1 2 4 4 E* f M, * — — 2.. A, L⸗ 2 O 2— Smpranerze de odrr e. Gannalläee, Sah 4 anedent, hine Va An 7 6 4 4 2 . 1 8— 3 4 4*———*— — 2————— 4 8 4 8 —— eh eneerne de bres ĩÿĩÿꝑÿꝑypypyp; ————————— ———————————ͤͤͤͤſ—— 2 r—ͤ —————. 5— e. 3.— — — le c 2ſh 3 ⸗ 7, 7. 2 ) 5. zel, . G S X NX h —+ 8 T 8 8 X 8 8 — S t M — 4 3ee 5 8— — 0 5 7 4 —- ————— ——.———— b b 4 LeAh e —— 4 8 4 85 X . △. b S N. 8ö X S E8 2 N T T 8 N ͤͤͤſͤ —— . — S 5 4—— orle què aans létat e dans eu renc toujouls vubit de ch at egrd a qué l Trange vil lrun uniſo du quatre narines; 500 hrune prem flus ample encore auss tel que nou on trouve! tde celle nchetés de moins près ment revés roche soit geätre ou H en Age. Il toute sa b prend, m dans tout lemps apl pleines et! deja il&st ments et p b construd bientot apr kire une E rayons Nlement le dont au p. ne 8e prés dächiré, 6 déclore 0f ſironne; r nest do⸗ une belle udiridus DES GEAIS. 445 sorte que dans son premier âge il differe entièrement de ce qu'il doit èêtre dans l'état parfait. Nous avons trop fourni d'exemples d'une telle diffé- rence dans beaucoup d'autres oiseaux, par'attention que nous avons toujours eu de rassembler autant d'individus de chaque espece qu'elle subit de changements notables dans ses différents dges, pour qu'on puisse à cet égard conserver le moindre doute. Ce n'est donc qu'à l'àge de quatre ans que le male de l'espece du coq de roche prend sa belle couleur orangé vif tirant sur le rouge; dans son premier âge il est par-tout d'un brun uniforme, et sa huppe, très petite encore, ne s'éleve que de trois ou quatre lignes, et n'occupe qu'un petit espace sur le front prèͤs des narines; son bec et ses pieds sont bruns. Aprés la premiere mue sa couleur brune prend un ton orangé sur les ailes et la queue; sa huppe devient plus ample, et se porte déja jusqu'au-delà des yeux; mais elle n'est pas encore aussi fournie ni aussi élevée que dans l'âge fait: Poiseau est alors tel que nous avons représenté la femelle supposée. Après la seconde mue on trouve les coqs de roche bigarrés des couleurs brunes du second âge et de celles orange de l'àge fait: dans cet état, ils sont plus ou moins tachetés de brun, suivant qu'au moment où on les prend ils sont plus ou moins près de leur troisieme mue; époque après laquelle ils ont entière- ment revéètu la livrée de l'ge fait. Cependant quoiqu'alors le coq de roche soit déja très beau, sa couleur n'est pas encore de l'orangé rou- geâtre ou fleur de capucine foncé, qu'il n'acquiert qu'à mesure qu'il avance en âge. Il faut donc tuer un vieux coq de roche male pour l'avoir dans toutè sa beauté: cela ne suffit même pas; la saison de l'année où on le prend, mèême dans l'ge fait, n'est pas indifférente pour Favoir pur et dans tout son éclat: il faut choisir celle où il entre en amour, peu de temps après sa dernière mue: ses plumes ont alors toutes leurs barbes pleines et leur fratcheur. L'oiseau a-t-il commencé à travailler à son nid? déja il est souillé; ses plumes sont froissées dans les différents mouve-— ments et par les frottements auxquels tous les oiseaux sont assujétis dans la construction de leurs nids; ils couvent après avoir fait leurs nids, et bientôt après ils se trouvent en partie déplumèés; mauvais moment pour faire une collection d'oiseaux; plus tard ils sont dans un état pis encore: les rayons brulants du soleil, les pluies, Paction de l'air ont altéré sensi- plement leurs couleurs; elles ont päli ou méme disparu; et tel oiseau dont au printemps on eüt admiré l'éclat et la fraicheur de son vôtement, ne se présente presque plus en automne que couvert de haillons, fané, déchiré, dépouillé: C'est Pimage de la rose qui le matin qu elle vient clore offre à nos regards son vif incarnat, et embaume Tair qui T'en- vironne; mais qui le soir a perdu et ses couleurs et son parfum délicieux. Il m'est donc pas aussi facile qu'on pourroit bien se l'imaginer d'assortir unée belle collection d'oiseaux, Gest-à-dire une collection dont tous les individus auroient été pris dans les temps favorables et auroient ensuite 166 HISTOIRE NATURELILE. conservé toute la pureté de leurs formes et de leurs couleurs; et parmi tels oiseaux très beaux, très purs, qu'on a placés dans une collection, il en est beaucoup encore qui au bout de plus ou moins d'années deviennent méconnoissables; et le coq de roche est un de-ceux dont la dégradation des couleurs s'opere le plus promptement: on a vu des individus de l'es- pece plus foncés en couleur que d'autres et n'en devenir pas moins dans des cabinets très éclairés couleur de feuille morte, et même presque entièérement d'un blanc roux ou isabelle. L'opinion le plus généralement adoptée chez les naturalistes sur la différence des sexes dans l'espece du coq de roche est que le màâle est d'un jaune orangé, et la femelle d'un brun plus ou moins nué de jaune orange. Comme je mai jamais été dans le cas de disséquer moi-même aucun de ces oiseaux, je donne aussi sur celles de mes planches qui les représen- tent le brun orange pour la femelle de l'espece. Je dois cependant avouer que je ne suis pas tout-à-fait de l'avis des naturalistes à cet égard, et que je pense que la femelle coq de roche devient entièrement couleur d'orange comme le male lorsqu'elle atteint làge fait, quoiqu'elle n'ait jamais les couleurs aussi vives que lui, dont elle differe encore en ce qu'elle est plus petite. La raison de la restriction que je mets ici à l'opinion des natura- listes, que j'adopte néanmoins en attendant des renseignemens certains à l'égard du sexe chez ces oiseaux, c'est que sur trente-un coqs de roche, bruns, brun orangé, ou tachetés d'orange et de brun, que j'ai vus, je n'en ai pas trouvé un seul qui ne m'ait présenté tous les caracteres d'oiseaux jeunes encore; tandis que sur plus de deux cents individus adultes de P'espece je n'en ai pas vu un seul dont le plumage fút brun. Jai remarqué dans ces derniers que les uns étoient plus gros que les autres, et que les plus gros avoient des huppes plus amples et plus élevées que les plus petits, en général moins colorés aussi, abstraction faite des différents degrés de décoloration opérés par les causes que nous avons indiquées plus haut, et qui sont faciles à reconnottre pour un cœil exercé. Tout ce que nous avons pu apprendre des mœurs et des habitudes du coq de roche, c'est qu'il habite les cavernes profondes et obscures des rochers, qu'il y construit grossièrement son nid avec de petits morceaux de bois sec; que la femelle pond deux œufs blancs de la grosseur de ceux des plus gros pigeons; que l'espece se nourrit de fruit ‚„qu'elle a l'habi- tude de gratter la terre, de battre des ailes, et de se secouer comme les poules; qu'enfin le cri de ces oiseaux peut étre rendu par la syllabe, prononcée d'un ton aigu et trainant; qu'ils s'apprivoisent très facilement, et qu'on les trouve en assez grande quantité dans la montagne Luca, prèͤs d'Oyapoc, et dans celle Conrouage, près de la riviere d'Aprouack. Nous ajouterons à ces observations qu'on doit à Sonnini, qui les avoit commu- niquées à Buffon, qu'autrefois le coq de roche étoit très-rare, mais qu'au- jourd'hui il est très-recherché et déja assez commun dans nos collections d' Europe. — 2—————————— 8— ——ſſſſſſ ——jyjy —————————— 3——y44——— öÿÿÿ—— ſͤ 1 2 ———nn 27 dn vnne 5 ufn avouer nent vorie 8 in relle mait jan ee ais le en geg welle&t phu lopinion des maturs nseignemens certiim te-un coqps de rodbe, que jai vus, je en caracteres d'oteauc individus adulté de thrun. JTai remmrqus les autres, et quels ddlevées que lés llu n faite des différenb nous arons. indiqute a œil exerct- vet des habitudeés du ades et obscureé de c de petits morctéams ela groseur de ceux uit, quelle a Plabi- zecouer comme le Sollabe lé, ſacilement, montagne Luca, ſrs re èAprouacb Nobs ſui les avoit eemml res-rare, mais An all- dans n108 collecliols e u par la sent très „. —————— 2eurr———— — 2———— —— SerApen ——— ͤſſ“— — — ——— 4— 1—— ————————. 2 4 4—————— —— — — — 55 ee. * „ e. 8 8 ☛2 * BiIbrns . 6 Althe. * 2 2 wmllbte, 2 Aa. wronere Zerdoures ˖=. DES GEAIS. 147 — ————-——— LE COO DE ROCHE DU PEROU. (X' 54.) Burrox est le premier qui ait parlé du coq de roche du Pérou; il l'a décrit d'après un individu envoyé de Madrid pour être préparé à Paris; et-est d'après ce même individu que Mauduit a donné dans l'Encyclo- pédie méthodique une description de l'espece plus détaillée que celle de Buffon. Javois vu ce même oiseau avant qu'il ne fât préparé, et je Tai vu depuis encore à Madrid, dans le cabinet du roi d'Espagne, où M. Davila, qui en étoit alors directeur, me permit de le dessiner et de le décrire: ma description s'est trouvée, à quelques détails près, conforme à celle de Mauduit. Buffon ne regarde cet oiseau que comme une variété du coq de roche de la Guyane, que nous avons décrit précédemment; et en cela je ne suis pas entièrement d'accord avec lui, parce que ces deux oiseaux ont des caracteres très-différents l'un de PTautre, et qu'alors ils pour- roient bien former deux especes; mais pour s'en assurer plus positive- ment il faudroit que nous connussions celui-ci comme nous connoissons celui de la Guyane; il faudroit de plus avoir des individus des deux sexes et de tous les àges du coq de roche du Pérou; ce dont nous sommes encore loin, puisque celui dont il est ici question paroit étre le seul que nous ayons encore en Europe. Il y auroit donc de la légéreté à vouloir confondre ces deux oiseaux dans une méême espece, lors sur-tout que tout nous porteroit plutòt à les séparer; car le coq de roche du Pérou a la queue non seulement plus longue que celle du coq de roche de la Guyane; mais cette partie est légèrement étagée chez lui dans ses deux pennes les plus latérales, tandis que toutes les pennes de la queue de Pautre sont égales entre elles. De plus les couvertures du dessus de la queue du coq de roche de la Guyane sont coupées carrément et plus larges au bout; caractere que n'a pas celui du Pérou: la huppe chez ce dernier n'avance pas autant vers le bout du bec que chez T'autre, qui, ainsi qu'on peut le voir sur nos planches, en a cette partie presque entiè- rement couverte. Les plumes de la huppe de ces deux coqs de roche sont aussi différentes dans l'un de ce qu'elles sont dans l'autre, plus souples et mieux fournies de barbes dans celui du Pérou que dans celui de la Guyane. Non seulement enfin la premiere grande penne de Taile se ter- mine en une pointe déliée chez le coq de roche de la Guyane, rnais elle y pPpPpf— — — —————õÿüÜÿyÿÿÿ⅓¼ — — — — — 4 148 HISTOIRE NATURELLE. porte sur les dernières plumes près du dos de longs filets relevés en franges; ce qu'on ne trouve absolument pas dans le coq de roche du Pérou, dont au surplus la queue et les ailes sont entièrement d'un noir orangé sans bordures orange ni taches blanches, et les dernieres plumes des ailes voisines du dos d'an joli gris de perle; le reste de son plu-— mage est d'un jaune souci uniforme un peu plus foncé que sous le corps; on n'y voit pas même cette riche bordure pourpre qui circonscrit d'une ma- niere aussi élégante qu'agréable la huppe du coq de roche de la Guyane. Si toutes ces différences bien sensibles, et que le lecteur saisira d'abord en comparant les figures exactes que nous donnons des deux oiseaux, ne suf- fisent pas pour faire de ceux-ci deux especes distinctes, elles sont telles au moins qu'elles doivent, ainsi que je l'ai déja dit, nous empécher de pronon- cer sur leur identité, si l'on considere encore que le climat de la Guyane n'est pas assez différent de celui du Pérou pour qu'il ait pu dans l'un ou Fautre agir sur un oiseau de maniere à en dénaturer jusqu'aux formes des plumes, lorsque nous voyons que tant d'autres especes communes aux deux pays restent en tout parfaitement semblables. Au reste les naturalistes ne s'étant point expliqués sur ce qu'ils entendoient par varicté d'une espece quelconque, il est difficile ou plutôt inutile de rien discuter avec eux à cet égard. Quant à nous nous, avons toujours dit assez clairement ce que nous entendions par le mot varicté, pour qu'on ne puisse plus nous faire le méême reproche: aussi il y auroit apparence qu'il faudroit plutòt regarder le coq de roche du Pérou comme une espece distincte de celle qu'on trouveroit à la Guyane, puisque, pour que l'un de ces oiseaux fút une variété de l'autre, il faudroit qu'il provint de cet autre; ce qu'il sera tou- jours difficile de prouver, si tous les coqs de roche sont au Pérou sem- plables par leurs formes à l'individu que nous avons vu Buffon, Mauduit, et moi, le seul que nous ayons en Europe, et faisant partie du cabinet du roi d-Espagne à Madrid. scommunes aux deus ste les naturalistes ne variété d'une Gperr liscuter avec em det airement ce qye nos de plus nous Rire d droit plutdt regarder incte de celle jwcn ces oiseaux füt me utre; ce quil sera pr- e sont au Pérou sem- vu Buffon, Maudutt ant partie du eabimet leuuſ 4 Me. . ie .. ch.“ 04 2 85 2 lofeft, Pll., & 1e. e, 84 — 3 ae 7 Impramerie do Rolurrek 8 2 2 — 1 . 1 1 DES GEAIS. 149 ——-B— AA— LE CASSE-NOIX MALE. (X 55.) Novs terminons Thistoire des oiseaux de la tribu des geais par l'espece du casse-noix, qui, participant d'eux et des pies par ses formes et par quelques-unes de ses habitudes, est très-propre à remplir P'intervalle qui se trouve entre ces deux grandes familles d'oiseaux de l'ordre des cori- nacés. Le casse-noix a aussi des rapports étonnants avec notre étourneau d'Europe; il en a si précisément les formes, et mèême le plumage tacheté de planc, qu'on est surpris que les méthodistes n'ayent pas fait de cet oiseau un grand étourneau. Il est bien vrai que sous le rapport des mœurs et des habitudes le casse-noix differe, à beaucoup d'égards, des étour- neaux; mais combien de fois n'est-il pas arrivé que cette derniere consi- dération m'est entrée pour rien dans les systémes des naturalistes à mé- thodes? L'espece du casse-noiæ a été ainsi nommée à cause de son goũt pour les noix, goũt si décidé et qu'on lui connoit si généralement, qu'il porte presque par-tout le même nom dans les différents pays d'Europe qu'il habite ou qu'il parcourt, je dis ou qu'il parcourt, parce qu'il voyage beaucoup, et qu'il paroit ne se fixer nulle part pour long-temps: il fait aussi ses courses à des époques irrégulieres; on ne le voit mèême que dans certaines saisons de l'année dans les pays qu'il visite, mais presque tou- jours dans celle où les fruits qu'il recherche sont múrs et abondants; connoissance qu'il ne tarde pas à acquérir: ainsi dans la Lorraine, l'Al- sace, et tout le pays Messin, ouù Pon trouve une grande quantité de noyers, les casse-noix ne manquent pas d'y passer tous les ans en septembre; mais l'on a très-bien remarqué qu'ils n'y sqjournent pas et qu'ils passent outre du moment qu'ils ont reconnu que l'année étoit mauvaise en noix; sans doute qu'ils ne s'arrêtent ensuite que dans les cantons oùð ces fruits abondent: cependant, à défaut de noix, qu'ils cassent ou plutòôt qu'ils fendent très-adroitement en introduisant dans les jointures leur bec long, effilé, et grossissant toujours davantage vers sa base; à défaut de noix, disons-nous, ces oiseaux se nourrissent de diverses autres sortes de fruits, tels qu'amandes, noisettes, pignons, glands, et méême d'insectes. On a observé aussi que dans P'état de domesticité le casse-noix avoit l'habitude de cacher les objets qu'il pouvoit dérober; ce qui vient nécessairement de celle qu'a cet oiseau, dans l'’état naturel, de faire des provisions pour la 8ſſſſſſſ — — — 3 “ — 3 ———— ö—— 8— 88— 150 HISTOIRE NATURELLE saison morte. Cet oiseau ne se fixe et ne se platt que dans les pays mon- tagneux; aussi est-il commun en Auvergne, en Savoie, en Suisse, dans les Vosges, et particulièérement dans les cantons où croissent beaucoup de sapins, dont il mange le fruit avec plaisir, après ravoir épluché: il construit son nid dans un trou d'arbre vermoulu, et sa ponte est de quatre à six œufs jaunatres tachetés de noir-brun. Les caracteres du casse-noix sont d'avoir le bec droit, long, effilé, et arrondi sur toutes ses faces; les deux mandibules égales, et sapplatissant un peu vers la pointe; la langue courte, triangulaire; les narines rondes et absolument couvertes par les plumes poileuses du front, qui se portent en avant; les pieds sont robustes, les ongles grands et forts; la queue est légerement étagée, et les ailes ployées vont jusqu'au milieu de celle-ci: les trois premieres grandes pennes alaires sont aussi très-étagées. Quant aux couleurs, tout le plumage est sur un fond brun plus ou moins foncé, suivant l'äge de l'oiseau, très-régulièrement tacheté de blanc, à l'excep- tion de tout le dessus de la tête qui est d'un brun noir uniforme; les taches blanches sont en larmes, plus petites vers les joues et la gorge que par-tout ailleurs, et grandissant progressivement sur la poitrine et tout le dessous du corps jusqu'aux couvertures du dessous de la queue, qui sont du blanc le plus pur; les ailes et leurs grandes couver- tures supérieures sont d'un noir luisant; les couvertures du poignet des ailes sont tachetées de blanc sur le même fond noir, lequel noir est aussi la couleur de la queue, largement terminée en blanc, de maniere que ce blanc occupe toujours plus d'espace à mesure que la penne est plus latérale; le bec, les pieds et les ongles sont noirs; les yeux d'un brun noisette; les plumes qui couvrent les narines sont en partie blan- ches et noir-brun; et les couvertures du dessous des ailes d'un brun noir tacheté de blanc. La femelle differe du male en ce qu'elle est plus petite que lui. Chez elle le blanc est aussi moins pur et les taches moins bien dessinées; chez les jeunes le brun est fort clair, le blanc par-tout impreigné d'une teinte roussâtre, et le noir des ailes et de la queue y tire au brun. Comme le casse-noix se retire dans des trous d'arbre, et qu'il y fait sa ponte, on a supposé qu'il grimpoit à la maniere des pics: il étoit facile cependant d'induire de ce que la nature lui ayant refusé tous les attributs des oiseaux grimpeurs, il lui étoit impossible de grimper; on a même dit aussi qu'on avoit dans certains pays proscrit le casse-noix en mettant sa tête à prix, et cela parce que perçant les arbres, il endommageoit beaucoup les forêèts; erreurs populaires qu'on est étonné de voir rèpéter par beaucoup de savants et qui tendroient à faire conclure qu'il faudroit pour la conservation des bois détruire et les pics et les casse-noix, ainsi que tant d'autres oiseaux qui nichent aussi dans des trous d'arbres; ce qui feroit au contraire leur perte: car ces oiseaux détruisent les insectes, — ... e-ei tres-e g8es Quan dlus ou moins lones de blanc, àb G exeep noir uniforme; ſa es joues et la lge nent sur la poitrine du dessous de h eurs grandes comer- ertures du poigei oir, leqquel noir& blanc, de manier re que la penne es dirs; les yeux dum sont en partie hlan. ailes d'un brun woir qujelle es plus feiie s taches moins hiem dc par-tout impreigi queue y tire 1 vrm arbre, et qui · lit es pics: etoit lall fusé tous les attribub 4 rimper; on a meme asse-noix en meltant 88, Il endommagoli Je voir repeter onné de volr mipile DES GEAIS. 151 qui, rongeant le corps des arbres„F causent ces cavités dont les oiseaux ne font que profiter pour y faire leurs nids. Disons-le donc encore une bonne fois pour toutes; il n'y a pas d'oiseaux qui ne soient état de faire un trou dans un arbre sain pour s'yy loger. — — b b 152 HISTOIRE NATURELLEFE .— ———————— AnQꝑ‚———————O———— 3 LE PFTIT ROLILE VIOLET A GORCE BLEUE. (X' 56.) Cy rollier ne nous étant parvenu qu'après que nous eùũmes terminé Thistoire de ceux de ce genre, que nous connoissions alors, nous le pla- cons ici pour le faire connoftre aux naturalistes. Il est un peu plus fort de taille que notre petit rolle violet; mais il lui ressemble tellement par toutes ses formes et par tous ses caracteres essentiels, qu'il n'est pas pos- sible de ne pas le regarder comme n'en étant qu'une variété d'âge ou de sexe; car il n'en differe que par sa belle couleur bleue qui enveloppe la gorge, et en ce que les couvertures du dessous de la queue sont chez lui d'un noir-bleu violatre, au lieu d'y eétre couleur d'aigue-marine comme chez l'autre: or, d'après ces derniers caractères, qui, ainsi que nous l'avons dit, sont loin de suffire pour constituer une espece parti- culiere, je serois porté à croire que le petit rolle violet à gorge bleue est le mâle, et celui de notre n' 35 la femelle d'une seule et mèême espece; ce qui est d'autant plus présumable que ce petit rolle à gorge bleue a été aussi apporté de l'Afrique. Nous savons de plus aujourd'hui que notre rolle à gorge bleue des Indes, figure 36, est un male dans son espece, et qu'il differe de sa femelle en ce que celle-ci est un peu moins forte de taille et un peu moins verte que lui, en ce qu'enfin elle n'en a pas le bleu de la gorge. Cette derniere femelle est depuis peu de temps au cabinet d'histoire naturelle, à Paris: elle faisoit partie de la riche collection de Baudin, fruit de ses recherches et de celles des naturalistes qui Tavoient suivi dans sa derniere expédition. Nous au- rions bien desiré de la faire figurer dans cet ouvrage; mais toutes les planches étant gravées et classées par n', nous n'avons pas cru devoir déranger l'ordre dans lequel elles étoient placées. Nous aurions égale- ment pu faire figurer la femelle et le jeune âge de notre rolle à masque noir, que nous n'avions pas non plus encore lorsque nous avons donné Thistoire des rolliers; mais les mêmes raisons nous ont empéché de les faire connoitre autrement que par des descriptions; ce qui pourra en donner une idée suffisante aux amateurs. Nous nous bornerons même à dire de ces derniers oiseaux que le rolle à masque noir, no 3o de nos planches, est indubitablement un male, et que sa femelle differe de lui en ce qu'elle est un peu moins forte, que ses couleurs sont en général ——— 2. 14A 1 Sweakamu Feld De VSmprimerie de FPodçerrel A ———— ——iE — — —,—— wiolet 4 8 Lossterda I DES ROLLIERS. 153 moins prononcées, et que le noir ne fait chez elle qu'embrasser la gorge sans descendre sur la poitrine. Le jeune est entiérement d'un gris rous- sätre uniforme, et la tête et le cou, au lieu de noir, portent chez lui une sorte de grivelure roussâtre sur un fond gris-blanc. On voit aujour- d'hui au Muséum dhhistoire naturelle, à Paris, plusieurs individus màles, femelles, et jeunes de l'espece du rollier à masque noir, provenant tous des voyages de Baudin. Il paroit donc certain que si cette espece se trouve en Afrique, on la trouve aussi aux Indes; ce qui n'est pas du tout extraor- dinaire, puisqu'il est bien d'autres especes que celles-là qui sont communes à ces mêmes contrées. Lindividu que nous avons figuréè ici du petit rolle violet à gorge bleue fait partie de la collection de M. Temminck, à Amsterdam. FIN DU PREMIER VOLUME. —— 4 planche, et Après la Aprés la — — — — — — —yhhh8ſhſhſhſhhdhöhöoͤöoͤoͤohͤhoh e “ .“ 7 4 ERRATA DU I.“ VOLUME. Planche, LE SUPERBE EN REPOsS, au lieu de N.“ 16, lises: N.“ 14. ERRATA DU II. VOLUME. Après la page 54, au lieu de pages 4r. 42, 45, 44, 45, 46 47 et 48, l1sez. 55, 36, 57, 58, 59, 40, 41 ct 442.. Après la page 106, au lieu de 109, 110, 111, 112, lisez: 107, 108, 109 et 110. Pplanche, LE BARBICAN, au lieu de N. 18, lisez: N. 19. ¹ X 4 4 5* 4 — . 8 * 3 . * 3 3 3 . — » 4 8— * „ 4 4 . * . 8 2* — ——————— — eeseheeeerdeohereeds 1 * 8. 1 „ — 4 5 5 3 —-—— . 1 * 1 64 * 4 4 1 . ³ 4 4 4 4 4 . 3 4 3 4 * .. * *— 3 8 4 3 8 1 1 2 4 3 8 2 — .. *— 3. 1 3 * 4. 3 . x. 8 1 3 .. 3. 3 * 5 3 4 4 * ¹ 1 4 46* 4. 4 2 **. 4..*. 88 *„. 4 * 4 S 2 · ..* 8 3. 5— .— „. 1 „ 3. * 4 4 . 3.. ⸗ d 2.. . *. 4 4 1 8 4 8 6— 4. 4 2 . 4 3 4 „.. 4.. 3 . 4„ . 8 3.. 2. .. 4„— —* * ‿ 8 3 ö“— 8—. 5 44— — — 3 4—— 3 5 — “ — ———— ——